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Les contributeurs sont les suivants : Traducteur : Anaxagore Commentaires et corrections : Georges Rigo pour l'essentiel, Timothy Mallon en une occasion. Aspects philologiques : Siva Nataraja. Eschyle.Suppliantes. v01-10 Χορός Ζεὺς μὲν ἀφίκτῳρ ἐπίδοι προφρόνῳς στόλον ἡμέτερον νάιον ἀρθέντ' ἀπὸ προστομίῳν λεπτοψαμάθῳν Νείλου. Δίαν δὲ λιποῦσαι χθόνα σύγχορτον Συρίᾳ φεύγομεν, οὔτιν' ἐφ' αἵματι δημηλασίαν ψήφῳ πόλεῳς γνῳσθεῖαν, ἀλλ'αὐτογενεῖ φυξανορίᾳ γάμον Αἰγύπτου παίδῳν ἀσεβῆ 'ξονοταζόμεναι. -----------------------------------------------Traduction mot à mot ------------------------------------------------Le choeur Zeus protecteur des suppliants aurait regardé [ alors là, je attention : j'étais persuadé quc'était ἐπιδίδῳμι à l'optatif aoriste, et pas du tout, c'est bien le temps et le mode, mais d' ἐφοράῳ ! ] volontiers notre expédition navale lever l'ancre [ Attention ἀρθέντ' est le participe aoriste passif de αἴρῳ ] des bouches de sable fin du Nil. Mais [ eh oui : μεν...δε..] après avoir quitté l'île de Dia limitrophe, nous fuyons hors de Syrie [ Curieux, l'île de Dia, ce n'est pas à côté de la Crète, non ? ], nous sommes punies 'ξονοταζόμεναι ], aucun banissement pour un crime de sang reconnu par un vote d'une cité, [ mais qu'est-ce qu'il vient glander ici, tout ce groupe à l'accusatif ? Tilt : "en raison d'un crime de sang non pas en relation avec un banissement reconnu par un vote de la cité." Bizarre : il faudrait inverser l'ordre de la relation pour que ce soit logique, et qu'il puisse bien s'agir d'un accusatif de relation... ] mais <en raison > d'une aversion autoproduite [ Attention αὐτογενεῖ est un datif dont je suppose l'accord avec φυξανορίᾳ] relative à un mariage impie [ Et là, je pense à nouveau à un accusatif de relation ] avec les fils d'Egyptos.

------------------------------------------------Traduction un peu plus littéraire, et un peu moins littérale... ------------------------------------------------Zeus, protecteur des suppliants, aurait volontiers regardé Notre expédition navale lever l'ancre, Hors de l'embouchure sablonneuse du Nil. Mais après avoir quitté l'île limitrophe de Dia, nous fuyons de Syrie, punies non en raison d'un banissement reconnu par le vote d'une cité pour un crime de sang, mais pour une aversion autoinduite par un mariage impie avec les fils d'Egyptos. Eschyle.Suppliantes. v11-18 Δαναὸς δὲ πατὴρ καὶ βούλαρχος καὶ στασίαρχος τάδε πεσσονομῶν κύδιστ' ἀχέῳν ἐπέκρανε, φεύγειν ἀνέδην διὰ κῦμ' ἅλιον, κέλσαι δ' Ἄργους γαῖαν, ὅθεν δὴ γένος ἡμετερον τῆς οἰστροδόνου βοὸς ἐξ ἐπαφῆς κἀξ ᾿πιπνοίας Διὸς εὐχόμενον τετέλεσται. --------------------------------------------------------------------Traduction mot à mot --------------------------------------------------------------------Danaos <notre> père, le premier de l'assemblée et chef de parti décidant ceci a réalisé de très glorieuses choses, dans l'affliction : fuir librement àtravers le flot de la mer, avoir abordé vers la terre d'Argos là d'où notre race déjàfut accomplie d'une génisse rendue folle par un aiguillon et de l'action de toucher et de l'inspiration de Zeus εὐχόμενον ne peut aller qu'avec γένος ἡμετερον . =>notre race en priant --------------------------------------------------------------------Traduction un peu plus littéraire... --------------------------------------------------------------------Danaos, notre père, chef et premier dans l'assemblée, décida, considérant le mieux dans la peine, ceci : fuir librement à travers les flots marins vers la terre d'Argos , aborder là où notre race en prières vit alors le jour de la caresse et de l'inspiration de Zeus et d'une génisse rendue folle par un aiguillon. --------------------------------------------------------------------Commentaires grammaticaux,lexicaux et littéraires. ---------------------------------------------------------------------

1.βούλαρχος signifie : auteur d'un avis, mais le verbe dont il est issu veut dire "présider un conseil" στασίαρχοςdésigne en principe le chef d'un parti . Rappelons que στασίς désigne aussi l'opposition, et également la sédition. Bailly traduit ce mot par chef des fugitifs. Peut-on y voir une résurgence de guerres civiles qui auraient agité les cités grecques de l'époque d'Eschyle ? En outre, le choix de ce vocabulaire ramène à des moeurs politiques démocratiques, puisque Danaos "préside" seulement "un conseil". Nous sommes donc loin des "wanax" de l'époque mycénienne présents chez Homère... 2. κύδιστ' est mis pour κύδιστά (enfin, je présume ) : il s'agit d'un superlatif irrégulier. Il y a peut-être une exploitation pédagogique sur ce point de grammaire. 3.Les deux infinitifs κέλσαι et φεύγειν sont à mon avis le développement de τάδε , mais je me trompe peut-être.A propos de κέλσαι , attention, c'est un aoriste infinitif actif, presque régulier. Formation des aoristes = radical + σαι, mais il s'agit de κελλῶ. 4.τετέλεσται : parfait passif de l'indicatif. Rappelons que l parfait en grec, indique l'état présent qui résulte d'une action passée. Il est donc tout à fait adapté ici pour modaliser l'action qui fut à la source de la race de Danaos. Le jury ( pure hypothèse de ma part, remarquez ) d'agrégation pourrait très bien demander de justifier l'usage du parfait, par exemple. 5.γαῖαν est peut-être l'occasion de parler des différents dialectes et des alternances vocaliques... D'ailleurs, si quelqu'un pouvait développer sur ce point, ce ne serait pas plus mal... Eschyle.Suppliantes. v19-29 τίν' ἄν οὒν χώραν εὔφρονα μᾶλλον τῆσδ' ἀφικοίμεθα σὺν τοῖσδ' ίκετῶν ἐγχειριδίοις ἐριοστέπτοισι κλάδοισιν ; ὢ πόλις, ὢ γῆ, καὶ λευκὸν ὕδῳρ, ὕπατοί τε θεοί, καὶ βαρύτιμοι χθόνιοι θήκας κατέξοντες, καὶ Ζεὺς σῳτὴρ τρίτος, οἰκοφύλαξ ὁσίῳν ἀνδρῶν, δέξασθ' ἱκέτην τὸν θηλυγενῆ στόλον αἰδοίῳ πνεύματι χώρας · --------------------------------------------------------------------Traduction mot à mot ---------------------------------------------------------------------

Vers quelle région plus hospitalière que celle-ci nous dirigerions-nous, avec dans ces mains de suppliantes couronnées de bandelettes de laine des branches d'olivier ? Ô cité, ô terre, toi aussi eau pure, Dieux d'en-haut et chtoniens aux lourdes vengeances qui occuperez les tombeaux, et toi Zeus sauveur le troisième (1), protecteur des hommes pieux, accueillez en suppliantes cette expédition féminine du souffle respectueux de la région. --------------------------------------------------------------------Commentaires --------------------------------------------------------------------1. On offrait toujours la troisième libation à Zeus. 2. δέξασθ' est un impératif aoriste. Mais je ne sais pas pourquoi l'aoriste est utilisé ici. 3. αἰδοίῳ πνεύματι χώρας · : j'avoue que ce n'est pas très clair. χώρας désigne quelle région exactement ? Argos ? Eschyle.Suppliantes. v29-39 ἀρσενοπληθῆ δ' ἑσμὸν ὑβριστὴν Αἰγυπτογενῆ, πρὶν πόδα χέρσῳ τῇ δ' ἐν ἀσώδει θεῖναι, ξὺν ὄχῳ ταχυήρει πέμψατε πόντονδ' · ἕνθα δὲ λαίλαπι χειμῳνοτύπῳ, βροντῇ στεροπῇ τ' ὀμβροφόροισίν τ' ἀνέμοις ἀγρίας ἁλὸς ἀντήσαντες, ὄλοιντο, πρίν ποτε λέκτρῳν, ὥν θέμις εἴργει, σφετεριξάμενοι πατραδέλφειαν τήνδ' ἀεκόντῳν ἐπιβῆναι. --------------------------------------------------------------------Traduction mot à mot --------------------------------------------------------------------Envoyez ( renvoyez ) sur la mer avec , un essaim d'abeilles rempli de mâles violent né en Egypte (d'Egyptos ) avant de poser le pied sur une terre ferme marécageuse, avec un navire qui rame vivement ; là, en opposition ( affrontant ) avec une tempête à la pluie orageuse, le tonnerre et l'éclair, des vents porteurs de pluies, qu'ils érissent( qu'ils soient détruits ? ) avant de monter ( ἐπιβῆναι ) sur les couches non-consentantes ( ἀεκόντῳν ) que la justice repousse, ayant usurpé l'enfant de l'oncle maternel. --------------------------------------------------------------------Traduction un chouia --------------------------------------------------------------------plus littéraire

Renvoyez sur la mer avec un navire aux rames vives le violent essaim de mâles abeilles né en Egypte, avant qu'il ne pose le pied sur un terre marécageuse ; là qu'après avoir affronté la tempête à la pluie orageuse, le tonnerre et l'éclair et le vent chargé d'humidité, ils périssent avant d'avoir accès aux couches non-consentantes dont la justice les repousse, après s'être accaparés les filles de leur oncle. --------------------------------------------------------------------Commentaires --------------------------------------------------------------------1.θεῖναι : aoriste infinitif actif de τίθημι πέμψατε : est-ce l'aoriste imératif actif, ou l'aoriste indicatif actif épique et ionique sans augment ? Il semble que cela soit le premier cas de figure. 2. ὄλοιντο : aoriste optatif moyen 3ème pers Plur. Je ne parviens pas à rendre le moyen véritablement. 3.λέκτρῳν...ἀεκόντῳν : c'est une métonymie ou une synecdoque ? Les couches sont assimilées aux jeunes filles qui dorment dessus. Assimilation du contenant au contenu, c'est plutôt une métonymie, ça non ? De même pensez-vous qu'attribuer le qualificatif de ἀεκόντῳν aux couches alors qu'il conviendrait normalement aux jeunes filles puisse être assimilé à un hypallage ? 4. Notons la fréquence de mots de la troisième déclinaison avec un accusatif έα contracté ῆ. --------------------------------------------------------------------Avertissement : les vers suivants ont fait l'objet de discussions sur le forum news:fr.lettres.langues-anciennes.grec -----------------------------------------------vers 39 à 47 ΧΟΡΟΣ νῦν δ'ἐπικεκλομένα Δῖον πόρτιν ὑπερπόντιον τιμάορ',ἲνίν τ' ἀνθονομούσας προγόνου βοὸς ἐξ ἐπιπνοίας Ζηνὸς ἔφαψιν · ἐπῳνυμίᾳ δ' ἐπεκραίνετο μόρσιμος αἰὼν εὐλόγῳς, Επαφόν τ'ἐγέννασεν · --------------------------------------------------------------------Traduction mot à mot --------------------------------------------------------------------Mais maintenant, appelant le taureau jovien comme protecteur par delà la mer, fils de la génisse nourrie de fleurs qui est mon ancêtre et caresse issue du souffle de Zeus ; [ là, j'ai vraiment du mal :

peut-on apposer ἔφαψιν et ἲνίν de cette maniθre ? En considérant le τ' comme conjonction de coordination ?] <cette> pιriode marquée par le destin fut achevée à juste titre par son surnom : elle mit au monde Epaphos [???] --------------------------------------------------------------------Traduction un peu plus littéraire [ ?!?] --------------------------------------------------------------------Maintenant, j'appelle le taureau jovien en protecteur par delà la mer, fils de la génisse nourie de fleurs, mon ancêtre, et caresse issue du souffle de Zeus ; Ce surnom acheva à juste titre cette période marquée par le destin : elle mit au monde Epaphos. --------------------------------------------------------------------Commentaires lexicaux, grammaticaux et littéraires. --------------------------------------------------------------------1.ἐπικεκλομένα : participe aoriste moyen fιminin nominatif 2.τιμάορ' : forme dorienne. accusatif = τιμῶρα qui vient lui-mκme de τιμορός,ός,όν 3.Attention au double accusatif aprθs ἐπικεκλομένα. 4.ἲνίν et ἔφαψιν sont-ils des COD apposιs à ceux de ἐπικεκλομένα ? 5. Je ne vois pas en quoi ἐπῳνυμίᾳ le surnom met fin à cette période ??? Pas clair. --------------------------------------------------------------------vers 48 à 56 ΧΟΡΟΣ νῦν δ'ἐπικεκλομένα Δῖον πόρτιν ὑπερπόντιον τιμάορ',ἲνίν τ' ἀνθονομούσας προγόνου βοὸς ἐξ ἐπιπνοίας Ζηνὸς ἔφαψιν · ἐπῳνυμίᾳ δ' ἐπεκραίνετο μόρσιμος αἰὼν εὐλόγῳς, Επαφόν τ'ἐγέννασεν · --------------------------------------------------------------------Traduction mot ΰ mot --------------------------------------------------------------------Mais maintenant, appelant le taureau jovien comme protecteur par delà la mer, fils de la génisse nourrie de fleurs qui est mon ancêtre et caresse issue du souffle de Zeus ; [ là, j'ai vraiment du mal : peut-on apposer ἔφαψιν et ἲνίν de cette maniθre ? En considérant le τ' comme conjonction de coordination ?] <cette> période marquée par le destin fut achevée à juste titre par son surnom : elle mit au monde Epaphos [???] ---------------------------------------------------------------------

Traduction un peu plus littéraire [ ?!?] --------------------------------------------------------------------Maintenant, j'appelle le taureau jovien en protecteur par delà la mer, fils de la génisse nourie de fleurs, mon ancêtre, et caresse issue du souffle de Zeus ; Ce surnom acheva à juste titre cette période marquée par le destin : elle mit au monde Epaphos. --------------------------------------------------------------------Commentaires lexicaux, grammaticaux et littéraires. --------------------------------------------------------------------1.ἐπικεκλομένα : participe aoriste moyen féminin nominatif 2.τιμάορ' : forme dorienne. accusatif = τιμῶρα qui vient lui-mκme de τιμορός,ός,όν 3.Attention au double accusatif aprθs ἐπικεκλομένα. 4.ἲνίν et ἔφαψιν sont-ils des COD apposιs à ceux de ἐπικεκλομένα ? 5. Je ne vois pas en quoi ἐπῳνυμίᾳ le surnom met fin à cette période ??? Pas clair. 6.Ne faut-il pas écrire όν τ΄, ce qui s'analyserait comme le pronom relatif ΰ l'accusatif sg., suivi de τε (enclitique) ιlidé ? Le sens n'en change pas pour autant, et la séparation entre les mots est toujours aléatoire ... ( Remarque de Georges Rigo ) --------------------------------------------------------------------vers 57 à (Χορός) εἰ δὲ κυρεῖ τις πέλας ἔγγαιος οἶκτον [οἰκτρὸν] δοξάσει τις ἀκούειν ὄπα τᾶς Μήτιδος οἰκτρᾶς κιρκηλάτου τ' ἅτ' ἀπὸ χλῳρῶν πετάλῳν πενθεῖ μὲν οἶκτον ξυντίθησι δὲ παιδὸς μόρον, ὡς ὤλετο πρὸς χειρὸς δυσμάτορος κότου --------------------------------------------------------------------Traduction --------------------------------------------------------------------67 οἰῳνοπόλῳν ἀίῳν, Τηρεί̈ας ἀλόχου, ἀηδόνος, ἐργομένα ἠθέῳν: αὐτοφόνῳς ἕθεν τυχών:

Si quelqu'un natif de cette contrée parmi ceux qui prédisent l'avenir dans le vol des oiseaux, percevant <notre> lamentation se trouve auprès, quelqu'un imaginera entendre la voix de Métis de Térée, une épouse pitoyable, passereau poursuivi par un épervier de même que confinée hors des verdoyantes feuillaisons elle déplore le

deuil de ses résidences habituelles : elle rassemble les circonstances de la destinée de son enfant, lorsqu'elle le fit périr de sa propre main, pour avoir rencontré par hasard le ressentiment d'une mère dénaturée. ---------------------------------------------------------------------Com mentaires --------------------------------------------------------------------1. τᾶς Τηρεί̈ας est une forme dorienne. dans l'optique d'une exploitation pιdagogique, peut-être faudrait-il expliquer l'origine des différents dialectes, ainsi que quelques mécanismes linguistiques. 2.Métis de Térée : quelqu'un pourrait me rappeler la légende ? Il y a une histoire de transformation en rossignol, mais je ne me souviens plus quelle en est la cause... 3.ἐργομένα : attention, il s'agit de ἐργνυμι et non de ἐργομαι. ἐργομένᾱ : notez le α long. 4.ἐργνυμι signifie enclore, enfermer : peut-on penser que le passereau soit en fait dans une cage ? Du moins ce serait sous-entendu par le sens du verbe. En fait, l'ιpouse de Térée,sous forme de rossignol serait loin de sa demeure parce qu'elle ( il ) est retenu(e) enfermé(e). 5. ἠθέῳν peut il κtre un pluriel poétique ? 6.ἕθεν = ἵημι aoriste indicatif passif, 3θme personne du pluriel . épique ? Selon Perseus. A moins qu'il n'y ait une erreur et que l'esprit du epsilon soit rude et non doux, auquel cas, on aurait affaire à une forme archaïque du relatif ος. Cela pourrait aussi κtre τιθημι 3θme personne du pluriel de l'aorsite 2 de l'indicatif ? mais la forme devrait être en -εσαν ! En regardant Perseus, la forme avec esprit doux pour le génitif du relatif semble exister... Je retiens donc cette hypothèse, et construis ainsi : πρὸς χειρὸς ἕθεν : "venant de la main de elle" en mot ΰ mot. 7. Attention, le α de δυσμάτορος est dorien. A mon avis un cours sur les dialectes s'impose... remarques de Georges Rigo : 3/4- ἐργομένα : il s'agit bien sϋr d'une forme *dorienne* au lieu de ἐργομένη ; mais le verbe est ἕ̓ργῳ (les auteurs attiques prιfèrent la forme avec la première syllabe allongée : εἴργῳ), comme le montre la dιsinence -ομένη (conjugaison thιmatique). La forme ἐργνυμι ne se rencontre qu'ΰ la troisième personne du singulier de l'indicatif présent, et chez Homère seulement. Le verbe ἕ̓ργῳ est ΰ rapprocher du latin urgeo, saisir, retenir par force ou contrainte. Le sens est donc bien rendu. 5- ἠθέῳν : Le pluriel est frιquent pour désigner la façon de vivre, les habitudes ... 6- ἕθεν : C'est bien la forme archaοque du pronom (réfléchi) de la

troisième parsonne (latin *se* ) que l'on retrouve en composition dans les formes comme εαυτου (avec esprit rude, provenant du σ intial transformι en aspirée). La désinence -θεν semble κtre une survivance du cas instrumental. Enfin, concerant Térée, je trouve le texte suivant dans LAVEDAN, Dictionaire de la Mythologie et des Antiquités Grecque et Romaines : "Fils d'Arès, roi de Thrace. Epoux de Procnè, fille du roi athénien Pandion, il enlva de force sa belle-soeur Philomèle. Pour se venger, Procnè (avec la complicité de Philomèle) servit à son mari dans un repas les membres de leur propre enfant, Itys. En punition, les trois personnages ... furent changés en trois oiseaux : la huppe, l'hirondelle et le rossignol" --------------------------------------------------------------------vers 68 à 77 [Χορός] τὼς καὶ ἐγὼ φιλόδυρτος ̓Ιαονίοισι νόμοισι δάπτῳ τὰν ἁπαλὰν Νειλοθερῆ παρειὰν ἀπειρόδακρύν τε καρδίαν. γοεδνὰ δ' ἀνθεμίζομαι δειμαίνουσα φίλους, τᾶσδε φυγᾶς ἀερίας ἀπὸ γᾶς εἴ τις ἐστὶ κηδεμών. --------------------------------------------------------------------Traduction --------------------------------------------------------------------Ainsi, moi aussi, qui aime à gémir selon les règles Ioniennes, je ronge ma tendre joue brûlée par l'air et le soleil du Nil et un coeur aux larmes sans fin. Je cueille la fleur de la douleur, dans l'attente angoissée d'amis, si quelqu'un protège cette fuite hors d'une vaste terre. --------------------------------------------------------------------Commentaires --------------------------------------------------------------------1. γοεδνὰ ἀνθεμίζομαι : mot ΰ mot cueillir la fleur des gémissements. Faut-il conserver l'image dans la traduction, à votre avis ? 2. δειμαίνουσα...εἴ τις ἐστὶ κηδεμών : mot ΰ mot, " craignant des amis, si quelqu'un est protecteur de cette fuite aérienne. 3. τᾶσδε φυγᾶς ἀερίας ἀπὸ γᾶς : encore des formes doriennes. Ceux qui prιsenteront le texte à l'agrégation externe ont intérêt à bien se tenir sur les dialectes, à considérer la récurrence de ces formes dans les Suppliantes.

4.κηδεμών : qui prend en charge, qui veille, qui prend soin. 5. ἀερίας : je m'interroge sur le sens ΰ donner à ἀερίας ; faut-il comprendre que la terre d'Egypte est comme l'air, donc dιgagée de nuages, vaste comme l'air, donc infinie, sans limites, ou au contraire, brumeuse ( ce qui serait bizarre, connaissant le climat égyptien ) ? --------------------------------------------------------------------vers 77 à 86 [Χορός] ἀλλά, θεοὶ γενέται κλύετ' εὖ τὸ δίκαιον ἰδόντες: ἥβᾳ μὴ τέλεον δόντες ἔχειν παρ' αἶσαν, ὕβριν δ' ἑτοίμῳς στυγοῦντες, πέλοιτ' ἂν ἔνδικοι γάμοις. ἔστι δὲ κἀκ πολέμου τειρομένοις βῳμὸς ἀρῆς φυγάσιν ῥῦμα, δαιμόνῳν σέβας. --------------------------------------------------------------------Traduction --------------------------------------------------------------------Mais vous, , dieux ancestraux qui savez bien ce qui est juste : ne donnant pas à notre jeunesse d'avoir un but but ? ) à côté d'Atè, ayant à l'évidence la démesure en horreur, soyez conformes au droit pour ces mariages. Soyez pour des fuyards épuisés par la guerre le socle de l'autel, refuge, objet de respect des divinités. ---------------------------------------------------------------------Com mentaires --------------------------------------------------------------------1. ἰδόντες : attention, il s'agit ici du participe aoriste de οἶδα et non d' ὁρῶ, vraisemblablement. 2. ἥβᾳ μὴ τέλεον δόντες ἔχειν παρ' αἶσαν : cette phrase ne m'est pas trθs claire : signifie-t-elle que les Suppliantes ne pourront pas s'arrêter ( de fuir ? ) à cause de la présence d'Atè, qui rappelons-le est la déesse de l'égarement ? 3. Habituelles remarques sur les formes doriennes... Remarques de Georges Rigo : Pour moi, je construis : μὴ δόντες : (Vous qui = les dieux) ne donnez pas ἥβᾳ : ΰla jeunesse ἔχειν τέλεον : d'avoir une fin (ultime) παρ' αἶσαν : pour destinιe (παρά + acc. marquent le but) et je traduirais :

vous qui n' assignez pas la fin ultime comme destin de la jeunesse ce que je comprends comme "toute jeunesse a son avenir", la supplique ayant pour objet de laisser un espoir aux Suppliantes. Réponse d'Anaxagore : Ce n'est pas un passage facile. J'ai tout de même l'impression que le problème est que les dieux auteurs de la naissance des Suppliantes ne leur donnent pas d'avoir un(e) τέλεον. Et le noeud du problθme réside dans le sens de ce mot. Je viens d'ailleurs de songer d'un coup que cela ne peut être le nom, puisqu'il s'agit d'un mot de la troisième déclinaison. C'est donc forcément la seconde forme de l'adjectif τέλειος,α,ον ! En outre, on trouve aussi τέλειος,ος,ον . Ce qui signifie que τέλεον pourrait bien κtre féminin. Cela dit, bien réfléchi, cela ne nous avance guère... :-( " Vous qui ne donnez pas à la jeunesse d'avoir un fin au-delà de la destinée " au delà est un sens possible de παρά + acc. Il y a l'idιe que l'on ne peut rien faire en outrepassant la destinée, mais je ne parviens pas à donner un sens satisfaisant à ce τέλεον... Que peut bien vouloir dire Eschyle ? 2ème remarque de Georges Rigo : Et si τέλεον jouait simplement le rτle d'adjectif qualifiant αἶσαν ? Il s'agirait alors du "destin final" (...) soit la mort, qui n'est pas habituellement "donnιe (par les dieux) à la jeunesse. "Vous qui donnez à la jeunesse de ne pas avoir (un sort) qui soit autre que le destin adulte" On rencontre en effet aussi l'expression τέλεια ἡλικία dans le sens de "βge adulte". Or les Suppliantes sont menacées de mort si leurs époux les rejoignent sans qu'elles soient protégées par Athènes. Il est bien vrai que rendre la concision des vers d'Eschyle est un énorme problème ! Je reviens sur ma dernière suggestion. L'expression correcte est : δόντες ἥβᾳ μὴ ἔχειν τέλεον , ce dernier mot étant un adjectif neutre singulier en fonction de substantif complément de ἔχειν. On trouve en effet plus loin (vers 525 et suivants) un emploi de ce mot dans un contexte plus clair : ἄναξ ἀνάκτῳν, μακάρῳν μακάρτατε, καὶ τελέῳν

τελειότατον κράτος, ὄλβιε Ζεῦ, πιθοῦ τε καὶ γενέσθῳ. Dans ce passage, τελέῳν ne peut être que substantif, ici au masculin pluriel, construit en parallèle avec les deux autres constructions qui précédent (ἄναξ ἀνάκτῳν - μακάρῳν μακάρτατε). Quant au sens général, je considère l'antistrophe en question comme une prière de formule classique adressée aux dieux : Traduction corrigée : Mais vous, dieux ancestraux , écoutez (nous) favorablement, vous qui voyez (savez) ce qui est juste, vous qui donnez à la jeunesse de ne pas connaître une fin contraire au destin, vous qui haïssez véritablement la démesure, puissiez-vous être les justiciers de (accomplir ce qui est juste pour) ces noces. - On trouve bien l'interpellation des dieux, l'énoncé des pouvoirs évoqués en raison des circonstances et finalement la demande précise. - μὴ porte sur l'infinitif ἔχειν , l'expression étant complément d'objet du participe δόντες, apposé comme les deux autres (ἰδόντες et στυγοῦντες) au vocatif θεοί. - Enfin, παρ' αἶσαν est une formule qu'on rencontre couramment pour désigner ce qui est contraire à la destinée - à laquelle même Zeus ne peut se soustraire Les trois vers qui suivent justifient en quelque sorte cette demande, en fournissant un exemple : ceux qui ont fui la guerre trouvent un autel d'Arès où ils pourront trouver asile. Les Suppliantes demandent donc aux dieux ancestraux de ne pas permettre -en raison de leur jeunesse- que le sort qui les attend soit autre que celui que le destin leur a réservé; en un mot, de les protéger des poursuivants. ------------------------------------------------------------------Les analyses qui sont rapportées ici sont le fruit des échanges entre Anaxagore et georges.rigo sur le forum fr.lettres.langues-anciennes.grec Vers 77-86 [Χορός] ἀλλά, θεοὶ γενέται κλύετ' εὖ τὸ δίκαιον ἰδόντες:

ἥβᾳ μὴ τέλεον δόντες ἔχειν παρ' αἶσαν, ὕβριν δ' ἑτοίμῳς στυγοῦντες, πέλοιτ' ἂν ἔνδικοι γάμοις. ἔστι δὲ κἀκ πολέμου τειρομένοις βῳμὸς ἀρῆς φυγάσιν ῥῦμα, δαιμόνῳν σέβας. --------------------------------------------------------------------Traduction --------------------------------------------------------------------Mais vous, , dieux ancestraux qui savez bien ce qui est juste : ne donnant pas à notre jeunesse d'avoir un but but ? ) à côté d'Atè, ayant à l'évidence la démesure en horreur, soyez conformes au droit pour ces mariages. Soyez pour des fuyards épuisés par la guerre le socle de l'autel, refuge, objet de respect des divinités. ---------------------------------------------------------------------Com mentaires --------------------------------------------------------------------1. ἰδόντες : attention, il s'agit ici du participe aoriste de οἶδα et non d' ὁρῶ, vraisemblablement. 2. ἥβᾳ μὴ τέλεον δόντες ἔχειν παρ' αἶσαν : cette phrase ne m'est pas très claire : signifie-t-elle que les Suppliantes ne pourront pas s'arrêter ( de fuir ? ) à cause de la présence d'Atè, qui rappelons-le est la déesse de l'égarement ? 3. Habituelles remarques sur les formes doriennes... ------------------------------------------------------------------Pour moi, je construis : μὴ δόντες : (Vous qui = les dieux) ne donnez pas ἥβᾳ : àla jeunesse ἔχειν τέλεον : d'avoir une fin (ultime) παρ' αἶσαν : pour destinée (παρά + acc. marquent le but) et je traduirais : vous qui n' assignez pas la fin ultime comme destin de la jeunesse ce que je comprends comme "toute jeunesse a son avenir", la supplique ayant pour objet de laisser un espoir aux Suppliantes. --------------------------------------------------------------------------------------le "comme destin" ne me paraît pas rendre le παρ' αἶσαν . Au niveau de la construction, je suis bien sûr d'accord avec vous, mais c'est sur le sens que je ne vous rejoins pas.

Ce n'est pas un passage facile. J'ai tout de même l'impression que le problème est que les dieux auteurs de la naissance des Suppliantes ne leur donnent pas d'avoir un(e) τέλεον. Et le noeud du problème réside dans le sens de ce mot. Je viens d'ailleurs de songer d'un coup que cela ne peut être le nom, puisqu'il s'agit d'un mot de la troisième déclinaison. C'est donc forcément la seconde forme de l'adjectif τέλειος,α,ον ! En outre, on trouve aussi τέλειος,ος,ον . Ce qui signifie que τέλεον pourrait bien être féminin. Cela dit, bien réfléchi, cela ne nous avance guère... :-( " Vous qui ne donnez pas à la jeunesse d'avoir un fin au-delà de la destinée " au delà est un sens possible de παρά + acc. Il y a l'idée que l'on ne peut rien faire en outrepassant la destinée, mais je ne parviens pas à donner un sens satisfaisant à ce τέλεον... Que peut bien vouloir dire Eschyle ? ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Je reviens sur ma dernière suggestion. L'expression correcte est : δόντες ἥβᾳ μὴ ἔχειν τέλεον , ce dernier mot étant un adjectif neutre singulier en fonction de substantif complément de ἔχειν. On trouve en effet plus loin (vers 525 et suivants) un emploi de ce mot dans un contexte plus clair : ἄναξ ἀνάκτῳν, μακάρῳν μακάρτατε, καὶ τελέῳν τελειότατον κράτος, ὄλβιε Ζεῦ, πιθοῦ τε καὶ γενέσθῳ. Dans ce passage, τελέῳν ne peut être que substantif, ici au masculin pluriel, construit en parallèle avec les deux autres constructions qui précédent (ἄναξ ἀνάκτῳν - μακάρῳν μακάρτατε). Quant au sens général, je considère l'antistrophe en question comme une prière de formule classique adressée aux dieux : Traduction corrigée : Mais vous, dieux ancestraux , écoutez (nous) favorablement, vous qui voyez (savez) ce qui est juste, vous qui donnez à la jeunesse de ne pas connaître une fin contraire au destin, vous qui haïssez véritablement la démesure, puissiez-vous être les justiciers de (accomplir ce qui est juste pour) ces noces.

- On trouve bien l'interpellation des dieux, l'énoncé des pouvoirs évoqués en raison des circonstances et finalement la demande précise. - μὴ porte sur l'infinitif ἔχειν , l'expression étant complément d'objet du participe δόντες, apposé comme les deux autres (ἰδόντες et στυγοῦντες) au vocatif θεοί. - Enfin, παρ' αἶσαν est une formule qu'on rencontre couramment pour désigner ce qui est contraire à la destinée - à laquelle même Zeus ne peut se soustraire Les trois vers qui suivent justifient en quelque sorte cette demande, en fournissant un exemple : ceux qui ont fui la guerre trouvent un autel d'Arès où ils pourront trouver asile. Les Suppliantes demandent donc aux dieux ancestraux de ne pas permettre -en raison de leur jeunesse- que le sort qui les attend soit autre que celui que le destin leur a réservé; en un mot, de les protéger des poursuivants. Vers 86-95 [Χορός] εὖ δ' εἴη Διόθεν παναληθῶς. Διὸς ἵμερος οὐκ εὐθήρατος ἐτύχθη. παντᾷ τοι φλεγέθει κἀν σκότῳͅ μελαίνᾳ ξὺν τύχᾳ μερόπεσσι λαοῖς. πίπτει δ' ἀσφαλὲς οὐδ' ἐπὶ νώτῳͅ, κορυφᾷ Διὸς εἰ κρανθῇ , πρᾶγμα τέλειον. δαυλοὶ γὰρ πραπίδῳν δάσκιοί τε τείνουσιν πόροι κατιδεῖν ἄφραστοι. --------------------------------------------------------------Traduction -----------------------------------------------------------En vérité, puisse la volonté de Zeus être bienveillante. L'amour de Zeus ne s'est pas trouvé aisé à gagner. Il fleurit assurément en tout lieu même dans l'ombre noire en même temps que le hasard pour les peuples mortels. Ce qui doit s'achever tombe à coup sûr et non à la renverse, si c'est accompli dans la tête de Zeus. Car ombragés et secrets les chemins des coeurs se prolongent imperceptibles pour la contemplation ------------------------------------------------------------Commentaires ------------------------------------------------------------

1.κἀν = καὶ + ἐν 2. κατιδεῖν : je suis très ennuyé par cet infinitif aoriste que je ne parviens pas à construire. 3. δαυλοὶ γὰρ πραπίδῳν δάσκιοί τε τείνουσιν πόροι κατιδεῖν ἄφραστοι. : s'agit-il d'une considération générale sur l'âme humaine, ou de remarque à propos de Zeus ?

Proposition (?) de traduction Que (la volonté) de Zeus soit bienveillante, vraiment ! Le désir de Zeus n'a (jamais) été facile à saisir Il brille (brûle) partout, même dans l'ombre noire, ensemble avec le sort pour les peuples des hommes. La fin ultime et certaine si elle est (la volonté) de Zeus, s'abat non sur le dos, mais sur la tête (des hommes ?). Car les sombres et multiples détours (chemins) des coeurs s'étendent, indicibles (impossibles) à percevoir. -----------------------------------------------Commentaires : La prière s'adresse mainteant à Zeus. On ne peut être certain de ses intentions. C'est finalement sa volonté qui décide, et les issues voulues par chacun sont innombrables et imprévisibles. Remarque : le vers 86 est incertain : il y a plusieurs corrections proposées. Le texte que j'ai devant moi est celui de MURRAY (Oxford Classical Texts) : εἴθ᾽ εἴη Διὸς εὖ παναληθῶς. Διὸς ἳμερος (suivi d'unpoint en haut). Murray construit (dans l'apparat critique) cette conjecture de Pauw "que Zeus soit favorable - si vraiment c'est là le désir de Zeus". | Que (la volonté) de Zeus soit bienveillante, vraiment ! A mon avis, il ne s'agit pas d'une injonction, mais d'un souhait. Il vaut mieux rendre l'optatif εἴη par un "puisse" ou quelqu'autre formule dans le genre. | Le désir de Zeus n'a (jamais) été facile à saisir | Il brille (brûle) partout, même

| dans l'ombre noire, ensemble avec le sort | pour les peuples des hommes. Pour ma part, j'ai privilégié le sens temporel de ξὺν : j'ai le sentiment qu'Eschyle met en balance la τύχᾳ qui n'est finalement pas autre chose que la chance ou la malchance et l'action de Zeus, qui est le fruit d'une intention. Peut-être, mais je m'avance, le choeur signifiet-il ainsi qu'il n'est pas aisé de savoir quand c'est le hasard ou quand c'est Zeus qui intervient. Et l'on tetrouve ainsi l'un des thèmes fondamentaux de la tragédie grecque, c'est à dire la difficulté pour le héros tragique à percevoir ou non l'action des dieux. | | La fin ultime et certaine | si elle est (la volonté) de Zeus, | s'abat non sur le dos, mais sur la tête (des hommes ?). A mon avis, il faut prendre πίπτει dans son sens premier : tomber. Quelqu'un qui tombe sur le dos, tombe mal, c'est à dire rate son coup. Inversement, le sens premier de ἀσφαλὲς , c'est "qui ne glisse pas", "qui ne tombe pas". En un mot, avec Zeus, pas de dérapage, et je dirais même pas de τύχη ; ça ne rate jamais son coup :-) | Car les sombres et multiples détours (chemins) des coeurs | s'étendent, indicibles (impossibles) à percevoir. Là j'ai eu un sacré problème de construction... Voir ma traduction. | -----------------------------------------------| Commentaires : | La prière s'adresse mainteant à Zeus. On ne peut être certain de ses | intentions. | C'est finalement sa volonté qui décide, et les issues voulues par chacun | sont innombrables et imprévisibles. C'est là où j'ai un doute, justement : la considération concerne-t-elle Zeus, ou est-elle générale ? Question en passant : que traduisez-vous par "innombrables" ? | | | | | Remarque : le vers 86 est incertain : il y a plusieurs corrections proposées. Le texte que j'ai devant moi est celui de MURRAY (Oxford Classical Texts) : εἴθ᾽ εἴη Διὸς εὖ παναληθῶς.

| Διὸς ἳμερος (suivi d'unpoint en haut). Murray construit (dans l'apparat | critique) cette conjecture de Pauw "que Zeus soit favorable - si vraiment | c'est là le désir de Zeus". On n'obtient pas fondamentalement quelque chose de différent, si on ne rend pas l'optatif par une injonction. | | Apparemment, même les Grands Maîtres du deébut du siècle ramaient un peu | .. -:) De fait. A mon avis, nous ne sommes pas sortis de l'auberge... merci de participer et de faire d'aussi intéressantes remarques, et bravo pour votre traduction. Je ne vous cache pas que lorsque je trouve le texte trop dur, je regarde la traduction GF de Emile Chambry, voir celle de Perseus. Et quand j'ai un doute pour l'analyse grammaticale, je jette aussi un coup d'oeil sur les analyses morphologiques... J'ai souvent l'impression, quand je consulte les traductions (même celles des B-L), qu'on s'est un peu trop attaché à rendre le texte d'Eschyle grandiose, ténébreux et peu compréhensible. Il faut tout de même se souvenir que le bon peuple d'Athènes assistait aux concours et comprenait le sens des tragédies ... Enfin, pour κατιδεῖν, je le vois comme un infinitif complément de τείνουσιν. On dirait un fait exprès : votre commentaire s'applique bien ici. Mon intention était de rendre les deux adjectifs δάσκιοι et δαυλοί par deux adjectifs dans la traduction. Or, si on consulte Bailly ou Liddell-Scott, on constate qu'ils donnent le même sens aux deux mots :"velu, aux ombrages épais, barbu (!)". Liddell-Scott cite les vers 93 et 94 et traduit froidement : "dark devices", soit "sombres procédés, sombres stratagèmes". Pauvre Eschyle et son lyrisme ! Or, non seulement il y adeux mots, mais ils sont coordonnés par τε ; donc, pour Eschyle, ils devaient différer (légèrement ?) de sens. L'image qui m'est venue à l'esprit est celle d'une forêt sombre, où les arbres sont si nombreux que la lumière ne perce pas. C'est bien ce que vous signaliez plus haut : comment rendre une image voulue par un Grec du Ve siècle ? J'avoue que j'hésite : ou bien les désirs de Zeus "vont jusqu'à voir (ici-bas)", ou bien (si on fait dépendre κατιδεῖν de ἄφραστοι) il est impossible de les apercevoir (= on ne peut dire qu'on les perçoit).

Il y a en effet le préfixe κατα - mais peut-on dire qu' il a encore vraiment le sens "de haut en bas" ??? Attention : terrain glissant ! nous courons le risque de dévier vers l'analyse freudienne des choix du traducteur ... -;) Réflexion faite, je pense que la solution se trouve dans le sens de ἄφραστοι. Le lien avec φράζῳ est évident; or, ce verbe, au témoignage d'Aristarque, n'a jamais le sens de "dire" chez Homère, mais celui de "distinguer", "séparer". Donc, ici, ἄφραστοι κατιδεῖν signifierait "impossibles à (a)percevoir", et κατιδεῖν dépendrait de ἄφραστοι, un peu comme les *déterminants* dans les écritures syllabiques.

Vers 97-104 [Χορός] ἰάπτει δ' ἐλπίδῳν ἀφ' ὑψιπύργῳν πανώλεις βροτούς, βίαν δ' οὔτιν' ἐξοπλίζει: πᾶν ἄπονον δαιμονίῳν. ἥμενος ὃν φρόνημά πῳς αὐτόθεν ἐξέπραξεν ἔμπας ἑδράνῳν ἐφ' ἁγνῶν. ------------------------------------------------------------------Traduction ------------------------------------------------------------------Il pousse les mortels malfaisants loin de leurs espoirs aux hautes tours et n'arme aucune violence de pied en cap : tout est sans peine pour les divinités. Assis sur son siège sacré il exécute dès lors en quelque manière dans tous les cas sa pensée . -------------------------------------------------------------------Commentaire -------------------------------------------------------------------1. Attention à ὃν qui est un démonstratif. 2. On remarque à nouveau le thème de la démesure. Il n'est pas innocent que les espérances des mortels funestes soient associées à l'idée de hauteur, c'est à dire ce qui va vers le ciel donc vers les dieux. On traduit ὑψιπύργος par au ahutes tours. Voilà qui me laisse perplexe, les tours n'exsitant pas vraiment chez les Grecs. A quel édifice grec pourrait on songer, à la lecture de cet adjectif ? --------------------------------------------------------------------

πύργος est attesté dès l'Iliade et désigne les massifs surélevés qui, réunis par les murailles, constituent les remparts qui défendent les cités. Plus nombreuses sont les tours, plus élevées aussi, plus la cité est puissante et sûre. Ultérieurement (ches Xénophon p.ex.), le mot désigne aussi les engins de guerre qu'on approchait des murailles pour s'emparer des villes. L'expresson ἀφ' ἐλπίδῳν ὑψιπύργῳν évoque plutôt ici la sécurité que les hommes croient trouver en leurs espoirs, sécurité dont Zeus se joue, tant sa volonté est puissante. Quant à ἰάπτει, le verbe rappelle peut-être le sort d'Astyanax, jeté *du haut des tours* de Troie après la victoire des Grecs. Il me semble que c'est ici la toute puissance de Zeus qui est évoquée, moins que l' ὕβρις - celle-ci, fréquemment évoquée dans les Tragédies - ne me paraît pas tellement en cause dans les Suppliantes. Vers 104-116 [Χορός] ἰδέσθῳ δ' εἰς ὕβριν βρότειον, οἵα νεάζει πυθμὴν δι' ἁμὸν γάμον τεθαλὼς δυσπαραβούλοισι φρεσίν, καὶ διάνοιαν μαινόλιν κέντρον ἔχῳν ἄφυκτον, ἄταν δ' ἀπάτᾳ μεταγνούς. τοιαῦτα πάθεα μέλεα θρεομένα λέγῳ λιγέα βαρέα δακρυοπετῆ, ἰὴ ἰή, ἰηλέμοισιν ἐμπρεπῆ: [θρεομένη μέλη] ζῶσα γόοις με τιμῶ. Qu'il regarde vers l'humaine démesure, telle que cette souche florissante épanouit à travers nos mariages dans leurs coeurs opiniâtres, leur pensée délirante ayant un aiguillon auquel on ne peut échapper, ayant reconnu l'égarement par sa tromperie. [ problème : le sujet de μεταγνούς, c'est Zeus ou la souche ? ] Telles sont les noires souffrances que j'énonce arrachant de lourds sanglots aigus, hélas, hélas remarquables par leurs lamentations : Me lamentant vivante dans les limbes, je m'honore par des gémissements. Il me semble que μεταγνούς, comme τεθαλ ώς et ἔχῳν se rapporte à πυθμήν , exprimant ainsi les trois *états* de la descendance des Danaïdes : la

prétention (ὕβρις : δυσπαραβούλοισι φρεσίν), la maturité (διάνοιαν μαινόλιν κέντρον - ce dernier comme apposé à μαινόλιν ), et enfin le remords :ἄταν ... μεταγνούς). Quant à οἷα, je le vois plutôt comme corrélatif relatif, introduisant les propositions suivantes : "Qu'il considère l'humaine démesure, [et] *quelle* race va se développer à partir de nos mariages ..." L'ennui, avec Eschyle, c'est que sa pensée se déroule de strophe en strophe, sans vraiment de "ponctuation", et en outre, en composant des mots pour la circonstance (δυσπαράβουλος ne se rencontre nulle part ailleurs, et le sens n'est pas évident : tendant sa volonté vers le mal ? / qu'il est difficile de convaincre ? ). Les Danaïdes se sont enfuies pour échapper au(x) mariage(s) avec les fils d'Aegyptos. Elles se réfugient en Suppliantes auprès des Athéniens, les défenseurs des vierges, des veuves et des orphelins (ils avaient déjà l'esprit, avant d'avoir le clocher ;-) ). Ces mariages leur paraissent, sinon voulus, du moins non interdits par Zeus. Elles attirent donc son attention sur trois conséquences funestes (qui seraient une forme d' ὕβρις) s'il ne revient pas, lui, sur sa décision (s'il ne modifie pas sa volonté). Eschyle me semble ici indiquer qu'au début d'un destin fatal, il est encore possible d'éviter la cascade de crimes (contrairement au mythe d'Oedipe par exemple). Ici, 1- fonder une descendance funeste; 2- susciter une folie démesurée; 3- provoquer des remords. > > > > > Ah ? "opiniâtre" ne vous semble pas approprié ? Il est vrai que je n'avais pas songé à décomposer le mot ; or l'idée de tension vers le mal me paraît intéressante. Cependant la racine "δυσ" n'indique-t-elle pas le malheur la souffrance plutôt que le mal que l'on fait ?

Je crois que le préfixe δυσ- exprime simplement le "mal" - aussi bien le défaut dans l'action, que le mal que l'on fait. La distinction me paraît le plus souvent venir de la racine à laquelle on l'attache. Ainsi, δυσγνοία et δύσθεος. Pour οἵα, en vérifiant l'apparat critique, les choses se compliquent : le texte de l'édition de Murray accentue le mot paroxyton (comme cidessus); le manuscrit M (le meilleur ...) en fait un propérispomène; Bamberger (cité par Murray) corrige en οἵαν. De toute façon, le mot se rapporte à νεάζει. Les formes en -α de Murray et Bamberger sont des dorismes pour -η-.

Pour M et Bamberger, ce sont des accusatifs COD (neutre pluriel ou féminin sg = ὕβρις) ; pour Murray, un Nominatif sujet. Donc, pour Murray, le sujet de νεάζει est ὕβρις; les deux autres considèrent Ζεύς comme sujet. Mon avis -personnel- est que l'accusatif neutre pluriel (comme le manuscrit) convient mieux : "que Zeus considère la démesure [propre à l'homme], qu'il considère ce qu'elle engendre : [le malheur et le remords]". Pour être tout à fait honnête, j'ajouterai que les deux corrections ont vraisemblablement pour but d'établir un parallélisme rigoureux avec le mètre de la 5e strophe (-α- devient long par nature); mais je ne sais si on peut être sûr de quoi que ce soit dans les mètres lyriques ... Avertissement : commentaires et traductions proviennent du forum news:fr.lettres.langues-anciennes.grec . Les contributeurs sont les suivants : Traducteur : Anaxagore Commentaires et corrections : Georges Rigo pour l'essentiel, Timothy Mallon en une occasion. Aspects philologiques : Siva Nataraja. Suppliantes vers 117-127 Χορός ἱλεοῦμαι μὲν ̓Απίαν βοῦνιν, καρβᾶνα δ' αὐδὰν εὖ, γᾶ, κοννεῖς. πολλάκι δ' ἐμπίτνῳ ξὺν λακίδι λινοσινεῖ Σιδονία καλύπτρᾳ. θεοῖς δ' ἐναγέα τέλεα πελομένῳν καλῶς ἐπίδρομ', ὁπόθι θάνατος ἀπῇ. ἰὼ ἰώ, ἰὼ δυσάγκριτοι πόνοι. ποῖ τόδε κῦμ' ἀπάξει; Traduction ( grâce aux corrections de Georges Rigo ) Je supplie le Péloponèse accidenté de collines mais tu connais bien, terre, ma voix étrangère" je déchire ma tunique et mon voile de Sidon [ Autre solution : je m'agenouille sur ma tunique et mon voile] Les fins maudites des arrêts des dieux sont des conséquences bienvenues là où la mort est absente.

Hélas, hélas, hélas, souffrances difficiles à discerner. Où ce flot mène-t-il ? Commentaires : λινοσινεῖ ( mot absent du Bailly ! ) Pas étonnant : il ne se rencontre que deux fois dans toute la littérature : ici et au vers 130 (et, en plus, 129-132 = 117-121). Et encore : il s'agit d'une correction de Bücheler pour des formes [supposées] corrompues qu'on lit dans les manuscrits ... :-) Composé semble-t-il de λινός et de σίνος (=déchirure, destruction). L'adjectif λινοσινής se trouve dans Liddell_Scott, Supplementum avec la note "prob[abilis] in Esch., Suppl." - ce qui en dit long sur les certitudes des lexicologues ... καρβᾶνα lui aussi ne se rencontre qu'ici (et chez Hésychius ...); je le comprends comme adjectif à l'accusatif (f.) singulier se rapportant à αὐδὰν : les Suppliantes sont étrangères à la terre d'Apias - et peut-être cela laisse-t-il entendre qu'elles parlent une langue étrangère ? κάλυπτρα paraît désigner les vêtements (la tunique ?) "de Sidon" (=de couleur rouge ???), tandis que λακίς désignerait le voile qui couvre la tête (N.B. : pure hypothèse : κάλυπτρα -avec ι souscrit) dépend directement de ἐμπίτνῳ, comme datif d'accompagnement : "je tombe (me prosterne) dans (vêtue de) ma tunique Sidonienne", tandis que λακίδι dépend de ξύν ) ἐμπίτνῳ rappelle συμπίτνῳ σέ μή θάνειν qu'on trouve chrz Sophocle : "je me prosterne en te suppliant de ne pas me tuer". θεοῖς δ' ἐναγέα τέλεα πελομένῳν καλῶς ἐπίδρομ', ὁπόθι θάνατος ἀπῆ J'avoue ne pas voir avec certitude la fonction de πελομένῳν (de πέλομαι équivalent homérique de ειμί, ou plutôt dans le sens de "survenir" ? ), surtout au G. pl. A moins qu'il ne s'agisse d'un neutre, et on pourrait alors peut-être construire : ἐναγέα τέλεα les fins maudites πελομένῳν θεοῖς des cboses qui viennent des dieux (avec un datif d'agent, comme après l'adjectif verbal ?) καλῶς ἐπίδρομ' sont des conséquences bienvenues ὁπόθι θάνατος ἀπῆ lorsque (là où) la mort est absente. (ἀπειμί signife bien 'être absent', non ?) Le tout sur le thème "Mieux vaut une vie misérable, plutôt qu'une mort fût-elle glorieuse". Il me vient un soupçon : les subtilités du style eschyléen ne seraient-elles pas dues aux obligations rythmiques de la musique qui sous-tendait les

parties lyriques ? Malheureusement, pour ce que nous savons de la musique antique ... Suppliantes vers 128-143 Χορός ἱλεοῦμαι μὲν ̓Απίαν βοῦνιν, καρβᾶνα δ' αὐδὰν εὖ, γᾶ, κοννεῖς. πολλάκι δ' ἐμπίτνῳ ξὺν λακίδι λινοσινεῖ Σιδονίᾳ καλύπτρᾳ. Le choeur Je t'en supplie, Péloponèse accidenté de collines mais tu connais bien, terre, ma voix étrangère" Et je m'agenouille sur ma tunique et mon voile de Sidon Χορός πλάτα μὲν οὖν λινορραφής τε δόμος ἅλα στέγῳν δορὸς ἀχείματόν μ' ἔπεμπε σὺν πνοαῖς: οὐδὲ μέμφομαι: τελευτὰς δ' ἐν χρόνῳͅ πατήρ μοι παντόπτας πρευμενεῖς κτίσειεν, La rame et le le réceptacle de la nef qui écarte les vagues m'ont envoyée sans tempête en compagnie des vents : Je ne m'en plains pas. Mais que le père qui connaît tout de l'avenir [ qui voit tout dans le temps ἐν χρόνῳͅ παντόπτας = forme dorienne ] me fasse des dénouements favorables, σπέρμα σεμνᾶς μέγα ματρὸς εὐνὰς ἀνδρῶν, ἒ ἔ, ἄγαμον ἀδάματον ἐκφυγεῖν. Las ! que la grande filiation d'une vénérable mère puisse fuir les couches des hommes, vierge et indomptée. Commentaires ἐκφυγεῖν est-il un infinitif épique ? Hypothèse 1

Pourquoi pas un simple infinitif aoriste thématique ? La forme est au degré zéro : on passe de pheug- [je vous prie de m'excuser, le logiciel qui me sert à taper en Unicode ne fonctionne pas ce soir] à phug-, ce qui est souvent l'indice de la présence d'un aoriste thématique, et, de plus, l'accentuation perispomène est propre à ce genre d'infinitifs ; ekpheugeín (thème du duratif / présent) s'oppose à ekpheugeîn (thème du non duratif / aoriste). Hypothèse 2 L'aoriste s'utilise ici pour exprimer une action ponctuelle ou simple, comme souvent. La phrase _sperma ... ekphugein_ est expletive de la phrase _teleutas ... ktiseien_, servant à la preciser Hypothèse 3 Ce n'est donc pas un infintif épique, mais un infinitif explétif. J'ai pourtant lu dans ma grammaire que l'infintif prend parfois la valeur d'un impératif. La volonté des Danaïdes serait elle telle que l'on puisse envisager que l'infinitif ici présent outrepasse la prière pour se faire injonction ? Autre hypothèse, un infinitif exclamatif. D'autant plus que l'on en trouve précisément chez Eschyle. Si tel est le cas, tous les neutres sont à l'accusatif. l'inconvénient, c'est qu'en termes de traduction, je ne suis pas certain que cela soit approprié. En effet, on aurait pu avoir un infintif exclamatif s'il s'était agi d'un regret, ce qui n'est nullement le cas ici. Hypothèse 4 Vous avez raison, l'infintif peut etre utilise comme imperatif ou exclamatif. Mais en ce cas, je trouve plus de cohérence en lisant _eunas andron ... ekphugein_ comme amplification des mots _teleutas ... preumeneis_. L'infinitif fonctionne comme nom verbal, mais avec la singularite grecque que son sujet est à l'accusatif. Suppliantes v144-153 Χορός θέλουσα δ' αὖ θέλουσαν ἁγνά μ' ἐπιδέτῳ Διὸς κόρα, ἔχουσα σέμν' ἐνώπι' ἀσφαλῶς, παντὶ δὲ σθένει διῳγμοῖς ἀσχαλῶσ' ἀδμήτας ἀδμήτα ῥύσιος γενέσθῳ, σπέρμα σεμνᾶς μέγα ματρὸς εὐνὰς ἀνδρῶν, ἒ ἔ, ἄγαμον ἀδάματον ἐκφυγεῖν.

Que la volonté de la fille de Zeus se tourne vers la mienne d'un fragment, posant avec fermeté sur moi son visage sacré. Qu'elle soit une vierge libératrice, sauvegarde des vierges en détresse, de toute sa puissance contre les persécutions. Que puisse la descendance sacrée d'une auguste mère, hélas, fuire la couche des mâles. libre et indomptée. Commentaires : ἀδμήτας est un génitif singulier. Il s'agit d'une forme dorienne. ῥύσιος se construit ici avec ce génitif. Primo, l'apparat critique et les différentes éditions (G. Murray, D.L.Page, M.L.West) nous présentent un festival de corrections ... Secundo, ἀδμήτας peut être soit l'adjectif ἀδμής, -τος (deuxième classe d'adjectifs, sur la 3e déclinaison), soit une forme de ἄδμητος, -η, -ον (même sens - première classe d'adjectifs, 1e/2e déclinaison); donc, soit Acc. pluriel, soit Gén. sg forme dorienne : nous sommes dans un choeur. J'aurais mieux fait d'écrire : "il s'agit d'une partie constituée de mètres lyriques" - ce qui est généralement le cas des choeurs de tragédie. Or, dans les Suppliantes, du vers 40 au vers 175, on trouve une πάροδος typique avec strophes / antistrophes / εφύμνιον. La tradition voulait qu'on donne à la poésie lyrique 'de grand style' une "couleur" dorienne -parfois simplement en y introduisant des formes en -α- là où l'ionien-attique présentait des formers en -ηEt comme on sait, dans le genre grandiose, Eschyle n'est pas le dernier ... Tertio, ῥύσιος (adjectif) forme son féminin en -ος; Il signifie généralement "protecteur", mais, au neutre singulier substantivé il signifie "garantie", "caution" - au sens juridique du terme "bon pour caution solidaire". Dans ce cas, il se contruit avec le Gén. complément du nom. Il ne me semble pas y avoir d'objection à comprendre le même emploi avec la forme adjective en fonction d'attribut. A partir de quoi, j'arrive à la construction suivante -en respectant la lecture du manuscrit Mἀδμήτα indomptée, insoumise - vierge (Athéna) ῥύσιος γενέσθῳ qu'elle devienne/ se fasse/ se porte - garante / caution ἀδμήτας de celle qui est (aussi) indomptée, insoumise - vierge (c-à-d la Suppliante) Et le parallélisme avec θέλουσα / θέλουσαν est respecté, sans torturer le texte.

155-162 εἰ δὲ μή, μελανθὲς ἡλιόκτυπον γένος τὸν γάιον, τὸν πολυξενώτατον Ζῆνα τῶν κεκμηκότῳν ἱξόμεθα σὺν κλάδοις ἀρτάναις θανοῦσαι, μὴ τυχοῦσαι θεῶν ̓Ολυμπίῳν. Sinon, sombre race frappée par le soleil, nous irons chez Zeus chtonien aux hôtes innombrables, celui de ceux qui ont supporté les fatigues de la vie, avec des rameaux mortes dans des lacets, car n'ayant rien gagné des Dieux de l'Olympe. Notes : 1. γάιον : attention encore une forme dorique. Apparemment, le tréma qui se trouve sur le iota n'est pas passé. 2. κεκμηκότῳν : magnifique parfait de καμνῳ à l'évidence substantivé. 3. θανοῦσαι : dans la catégorie participe, un aoriste actif de toute beauté... 4. τυχοῦσαι : tiens, un autre... 5. τὸν γάιον, fait allusion à Ζεύς Xθόνιος, le dieu des Enfers; θανοῦσαι se rapporte - comme le second participe - aus Suppliantes ellesmêmes et qui, en outre, s'oppose à ce dernier : elles n'ont rien *obtenu* (de bénéfique). 163-168 ἆ Ζήν, ̓Ιοῦς ἰῷ μῆνις μάστειρ' ἐκ θεῶν: κοννῶ δ' ἄγαν γαμετᾶς οὐρανόνικον. χαλεποῦ γὰρ ἐκ πνεύματος εἶσι χειμών. Ah ! Zeus, hélas ! Iô victime de la colère des dieux; je reconnais la vengeance (si je lis ἄταν) / jalousie (si je lis ἄγαν) des épouses célestes. D'un souffle hostile naît l'ouragan. Remarque : je signalerai la note de Paul Mazon dans son édition des Belles-Lettres, où il explique qu'on se trouve devant une allusion perfide à la colère d'Héra après

les infidélités de Zeus - ce qui rend compte de l'allusion à Iô. Notes : Comme d'habitude : le texte des manuscrits est difficile à lire, d'où le déferlement des corrections d'éditeurs ... (j'aurais envie de parler de *rabies emendandi* ..) ἰῷ : j'ai beau chercher (Murray, West, Page, Mazon), je ne trouve nulle part cette forme avec iota souscrit. Tous ont : ἰώ, soit l'interjection de lamentation. Il existe bien un mot ἰός, ἰοῦ signifiant "trait" ou "venin" mais je ne vois pas ce qu'un datif viendrait faire ici. ̓Ιοῦς est le G. sg de Ἰώ (fille d'Inachos, amante de Zeus), dépendant de μῆνις (diriez-vous génitif objectif ? c'est la colère *qui a pour victime* Iô). μάστειρ' (-α) est le féminin de μαστήρ (mais on ne le trouve qu'ici ... ) et qualifierait donc μῆνις. κοννῶ (de κοννέῳ dit L.S.J.) ne se trouve qu' ici également; il signifie(rait ?) reconnaître. ἄγαν encore une correction (Bamberger) - mais ce serait ἄγη (subst.) qui signifie habituellement fracture, mais qui, *ici* (tiens ?) signifierait "invidia" d'après l' app. crit. de Murray. Les autres éditions ont ἄταν. οὐρανόνικον : les éditions ont toutes -νίκῳν, qualifiant donc γαμετᾶν (G. dorien !). Dans le Mediceus (le principal manuscrit), on lit : γαμετονρανόνεικον ... (toujours d'après Murray : je ne suis hélas pas allé vérifier à Florence ...). 169-176 καὶ τότ' οὐ δικαίοις Ζεὺς ἐνέξεται λόγοις, τὸν τᾶς βοὸς παῖδ' ἀτιμάσας, τὸν αὐτός ποτ' ἔκτισεν γόνῳͅ, νῦν ἔχῳν παλίντροπον ὄψιν ἐν λιταῖσιν; ὑψόθεν δ' εὖ κλύοι καλούμενος. Zeus sera alors l'objet de blâmes injustes lui qui a méprisé l'enfant de sa génisse,

qu'il engendra lui-même, En tournant son regard à nouveau vers nos prières, il devrait favorablement les écouter du haut de son trône, il y gagnerait de l'estime. Notes : Anaxagore : Juste une question à Georges que je remercie pour ses corrections : c'est bien εὖ + καλούμενος que vous rendez par "il y gagnerait de l'estime", en tenant compte de la présence de l'optatif κλύοι dont l'aspect se répercuterait sur le participe présent ? G.R : Je "sens" plutôt εὖ se rapportant à κλὑοι, καλοὑμενος indiquant la circonstance : "il aurait bonne réputation, quand on l'inovque". Mais c'est plus une impression (peut-être parce qu'il s'agit d'un adverbe souvent employé dans ce sens avec κλὑῳ) qu'une certitude ... Δαναός 176 παῖδες, φρονεῖν χρή: ξὺν φρονοῦντι δ' ἥκετε πιστῷ γέροντι τῷ δε ναυκλήρῳͅ πατρί. καὶ τἀπὶ χέρσου νῦν προμηθίαν λαβὼν αἰνῶ φυλάξαι τἄμ' ἔπη δελτουμένας. 180 ὁρῶ κόνιν, ἄναυδον ἄγγελον στρατοῦ: σύριγγες οὐ σιγῶσιν ἀξονήλατοι: ὄχλον δ' ὑπασπιστῆρα καὶ δορυσσόον λεύσσῳ, ξὺν ἵπποις καμπύλοις τ' ὀχήμασιν: τάχ' ἂν πρὸς ἡμᾶς τῆσδε γῆς ἀρχηγέται 185 ὀπτῆρες εἶεν ἀγγέλῳν πεπυσμένοι. ἀλλ' εἴτ' ἀπήμῳν εἴτε καὶ τεθηγμένος ὠμῇ ξὺν ὀργῇ τόνδ' ἐπόρνυται στόλον, ἄμεινόν ἐστι παντὸς εἵνεκ', ὦ κόραι, πάγον προσίζειν τόνδ' ἀγῳνίῳν θεῶν. 190 κρεῖσσον δὲ πύργου βῳμός, ἄρρηκτον σάκος ἀλλ' ὡς τάχιστα βᾶτε, καὶ λευκοστεφεῖς ἱκετηρίας, ἁγάλματ' αἰδοίου Διός, σεμνῶς ἔχουσαι διὰ χερῶν εὐῳνύμῳν, αἰδοῖα καὶ γοεδνὰ καὶ ζαχρεῖ' ἔπη 195

ξένους ἀμείβεσθ', ὡς ἐπήλυδας πρέπει, τορῶς λέγουσαι τάσδ' ἀναιμάκτους φυγάς. φθογγῇ δ' ἑπέσθῳ πρῶτα μὲν τὸ μὴ θρασύ, τὸ μὴ μάταιον δ' ἐκ μετῳποσῳφρόνῳν ἴτῳ προσώπῳν ὄμματος παρ' ἡσύχου. 200 καὶ μὴ πρόλεσχος μηδ' ἐφολκὸς ἐν λόγῳͅ γένῃ. τὸ τῇδε κάρτ' ἐπίφθονον γένος. μέμνησο δ' εἴκειν: χρεῖος εἶ ξένη φυγάς. θρασυστομεῖν γὰρ οὐ πρέπει τοὺς ἥσσονας. Mes enfants, il faut réfléchir; vous arrivez ici en compagnie de votre sage père, fiable vieillard et pilote de votre nef. Par prudence, sur cette terre, je suis d'avis, désormais, qu'après avoir pris note de mes propos, vous y prêtiez attention. Je vois de la poussière, messagère silencieuse d'une armée : Les essieux qui tournent sur leur axe ne gardent pas le silence : Je regarde une troupe armée de boucliers et de lances, accompagnée de chevaux et de chars aux lignes courbes : les seigneurs de cette terre seront très vite proches de nous. Des éclaireurs parmi ces messagers paraissent venir s'informer. Mais, inoffensive ou encore excitée d'une cruelle colère, cette troupe s'élance ; Il vaut mieux à cause de tout cela, jeunes filles, S'asseoir près de ce tertre [dédié] aux dieux des combats, Plus puissant qu'un tour, un autel, indestructible bouclier mais marchez le plus vite possible, couronnées du blanc d'une suppliante, et tenant saintement la statue de Zeus vénérable de vos mains gauches, répondez par des propos respectueux, des lamentations et des prières aux étrangers comme il convient à des arrivants, affirmez clairement [que] votre fuite n'est pas la suite d'un meurtre sanglant. 1.J'ai cru bon de rendre l'éventuel que je perçois derrière ἂν au vers 184 par un futur. En effet, ce temps me semble ici laisser une incertitude. 2.[Rq : Je n'ai pas trouvé d'autres solutions pour rendre l'optatif εἶεν πεπυσμένοιau vers 185 que de le rendre par "paraissent" pour marquer le caractère hypothétique de la remarque de Danaos. En effet, je l'imagine aisément, la main devant le front pour se protéger du soleil, distinguant à peine la petite troupe qui s'avance et émettant des hypothèses tant sur la nature de cette troupe que sur ses intentions.] 3.Au vers 187 : Le texte que je lis (Murray) corrige τόνδε στόλον en τῶνδε στόλος (correction d'un certain Todt ( ! ;)) - l'accusatif est en effet incompréhensible. Traduction : la troupe de ceux-ci (les Athéniens) s'avance.

4.A propos du vers "ξένους ἀμείβεσθ', ὡς ἐπήλυδας πρέπει," : Anaxagore : [les arrivants, sur cette terre, c'est Danaos et ses filles, en outre, Danaos parle de son point de vue d'où ξένους pour désigner ceux qui arrivent ; traduire par les arrivants ξένους revient à mon avis à ignorer ce fait] Georges Rigo : pour marquer la différence, on trouve justement ἐπήλυδας plus loin, qui me fait penser au parfait second ἐλήλυθα; je crois que la troupe qui s'avance est ξένος par rapport aux Danaïdes, qui elles sont ἐπήλυδες par rapport aux habitants de l'Attique, puisqu'elles viennent de débarquer. On peut - et cela a été fait plusieurs fois - discuter longuement sur le sens de ξένος, βάρβαρος etc....

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