Chaumont

Festival 2005

-sur-Loire (41)

Thème : LES JARDINS ONT DE LA MÉMOIRE
Les jardins sont-ils un lieu où s’exprime la mémoire de notre monde ? Sontils des lieux de démonstration, d’expérimentation pour l’avenir ? Qu’imaginons-nous quand nous pensons à un jardin resté dans notre mémoire ? Que projetons-nous comme images ? Lorsque nous avons commencé à travailler ce sujet, nous avons pensé, comme les années précédentes, théoriser un peu sur le thème de la mémoire. Nous avons orienté les candidats vers Nora, Yates, Hartog. Nous leur avons proposé des pistes dans l’histoire des jardins ou des collections botaniques. Très rapidement, nous nous sommes aperçus du paradoxe : la subjectivité de la mémoire s’accommodait mal des consignes. Alors, nous les avons laissés aller. Mais nous avons décidé de renouer avec un exercice que nous n’avions plus pratiqué systématiquement depuis la première année (mémoire quand tu nous tiens) : nous avons demandé à des invités de nous raconter ce qu’évoquait pour eux le sujet. On ne s’étonnera donc pas qu’à part égale cohabitent ici de jeunes créateurs inconnus et des personnalités comme Peter Greenaway, Richard di Rosa, les rosiéristes Guillot, un hommage à Burle-Marx ou à Monet, Louis Benech, Vincent Floderer et tant d’autres. Les jardins permanents se sont eux aussi adaptés au thème : Le jardin expérimental se remplit d’odeurs et de parfums qui bouleversent nos souvenirs d’enfance. Dans le Vallon des Brumes, l’atmosphère humide évoque les voyages anciens dans les jardins du Japon ; les ouvertures vers la Loire du Sentier des Fers Sauvages permettent de rêver, confortablement, à l’ombre des grands arbres. La grande serre présente une collection d’orchidées : à vous de reconnaître les vraies des fausses…

Les Jardins du Festival
Jardin de cairns Les roses d'autrefois Burle-Marx est parmi nous Mon jardin à moi Sétois Les fleurs de la ville de Blois 1465-2005, Mémoire brodée Transparences ... J'ai 2 ans Un champ de ruines Stumpery Le nid à fleurs Butterfly La mémoire des cannettes chambre intérieure Le jardin d'ombre et de bleu Babel Mind Mist De branche en branche Tohuwabohu Mémoire tactile De bouche à oreille Le Mémorial de Tulse Luper L'oeil de Claude Monet Dans les replis de la mémoire Topiaires Jardin de soleil et de rouge L'archéologie du cristal

conservatoire international des parcs et jardins et du paysage ferme du château - 41150 Chaumont-sur-Loire tél. : 02 54 20 99 22 / fax : 02 54 20 99 24 www.chaumont-jardins.com

Thème : LES JARDINS ONT DE LA MÉMOIRE
A l’arrivée, cinq tendances se dégagent : D’abord, celle des souvenirs d’enfance, lorsque nous étions tout petits, quand les plantes, les objets nous paraissaient énormes et menaçants (Je sais que c’est pas vrai mais j’ai deux ans). Plus ludique, un potager familier familial sonore et joyeux (Mon jardin à moi Sétois). Le nid à fleurs évoque la matrice originelle et confortable et Chambre intérieure nous invite à remonter le temps. De bouche à oreille, enfin, nous fait entrer dans le monde du souvenir des sons. Deuxième groupe de jardins, ceux qui rendent hommage au passé : hommage à des personnages réels, comme le jardin Burle-Marx est parmi nous ou L’oeil de Claude Monet ; hommage à des personnages mythiques comme le Mémorial de Tulse Luper. Evocation de la confrontation entre réel et imaginaire avec les films opaques de Transparences ou même de la mort avec les stèles de Mind Mist. Thème récurrent de l’art des jardins, la fascination des ruines, avec Un champ de ruines, où le monde s’enfonce dans la terre et l’oubli, L’Archéologie du cristal où émergent du sol des merveilles que l’on croyait à jamais perdues, un Jardin de cairns, témoin d’inlassables pèlerinages auxquels les visiteurs eux-mêmes pourront se livrer. Les boissons modernes, avec la Mémoire des cannettes, se hissent, improbable troupe d’armures siglées des meilleurs marques, au rang de mythe joyeux. Comme à Este où une fontaine évoque l’incendie de Rome, ici, Dans les replis de la mémoire raconte, avec des feuilles de métal pliées et agitées de mouvements, un récent raz de marée et les mouvements sous-marins de plaques tectoniques qui l’ont provoqué. Tohuwabohu revient pour une deuxième saison, enrichi d’une année d’arrivée de graines portées par le vent. Les techniques jouent un rôle important dans ce thème, comme le jardin De branche en branche qui évoque l’histoire et le devenir du plessage, technique millénaire d’assemblage de bois, ou Stumpery, qui raconte l’art typiquement anglais de la souche empilée, ou les extraordinaires Mémoires brodées où des étudiantes nous projettent à la fois dans les jardins de broderies du XVIème siècle et dans le plus avancé de la recherche en broderie de notre époque. Une collection de topiaires destinées au Château de Versailles ou de Villandry permet de comprendre à quel point les arbres gardent la mémoire des traitements qu’on leur a fait subir (Topiaires). En mettant face à face deux grandes époques de l’histoire de son fleurissement la ville de Blois nous montre que les modes et les techniques vont et viennent (Les fleurs de la ville de Blois). Les collections de plantes constituent le dernier thème de ce Festival, évoquant comment un végétal ramené du bout du monde passe du statut de rareté à celui de familier. Les roses d’Autrefois du rosiériste Guillot nous racontent la saga d’une famille folle d’innovation, mais qui retourne toujours sur ses traces pour mieux faire. Louis Benech, dans Benech is a Butterfly, joue de l’«effet papillon» pour assembler une collection de giroflées, de soucis, de cosmos. Mémoire Tactile se sert d’une collection de fougères pour nous inviter à visiter les volutes de la mémoire, tandis que la spirale de Babel, couverte d’une multitude de fleurs nous invite à descendre physiquement, par un escalier hélicoïdal au plus profond de nos souvenirs. Un jardin d’ombre et de bleu et Un jardin de soleil et de rouge nous racontent, seulement avec des végétaux, la mémoire enfouie et la mémoire accessible.

Jardin de cairns
Flora Peregrina : Marguerite Aimé-Sintès, paysagiste & Damien Provendier, écologue, France

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On retrouve des cairns dans de très nombreuses civilisations. Ces empilements de pierres que l’on croise en montagne, souvent dans des lieux spectaculaires ou inhospitaliers, sont l’expression du passage de l’homme. Celuici, par un geste esthétique, a besoin de laisser son empreinte dans le paysage comme pour lui rendre hommage. Le cairn garde la mémoire de ceux qui sont passés dans un lieu. Le jardin de cairns s’inscrit dans la longue tradition des jardins de pierre, notamment dans celle des jardins chinois. Le visiteur est ici amené à participer à la composition du jardin. En laissant sa trace, il fabrique la mémoire du lieu. Les pierres de toutes formes, de toutes tailles et de toutes couleurs, sont autant de mots différents, avec lesquels l’homme écrit l’histoire de la mémoire du jardin. Ces phrases minérales jouxtent des « pierres-mots », comme pour dire la même chose de manière différente. Le cairn est une variation du langage. Les visiteurs s’approprient alors l’espace du jardin en perpétuelle recomposition, décryptant les traces de ceux qui sont déjà passés et annonçant ceux qui vont encore venir. C’est un flux de mémoire qui structure ce jardin. Au fil du temps, ce jardin va évoluer, se transformer sous l’effet de la pluie, de la solidité des empilements ; il est exempt de nostalgie : les matériaux du passé servent au futur avec un nouvel élan créateur. L’homme écrit l’homme, l’homme écrit le monde, et le sol garde la trace dans sa chair de cette intervention. La végétation de ce jardin rappelle la végétation pionnière. On y trouve de jeunes arbres qui ne dépassent pas 1,50m (bouleaux, sorbiers, noisetiers) dont la fragilité tranche avec l’assurance des graminées conquérantes. Principales plantes du jardin
Betula verrucosa Corylus avelana Salix aurita Sorbus aria Sorbus aucuparia Achillea millefolium Agrostis capillaris Allium tuberosum Asphodelus albus Briza media Bupleurum falcatum Calamintha nepeta Deschampsia flexuosa Epilobium dodonai Eryngium giganteum Festuca gautieri Festuca ovina Helianthemum ‘elfenbein glanz’ Hieracium pilosella Holcus lanatus Saxifraga cuneifolia Scabiosa columbaria Sedum sp. Sempervivum tectorum Sesleria automnalis Silene alpestris Silene vulgaris Stipa tenuissima

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Les roses d'autrefois
Roseraie Guillot, pépiniére, obtenteur & les jardiniers du Conservatoire, France
1829, à Lyon. La Maison Guillot commence à créer des roses.

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On se promène dans leur jardin de Monplaisir à l’ombre de parasols fleuris. Les rosiers poussent comme des arbres, les massifs semblent s’enchevêtrer. C’est ici que sont nés, à partir de 1842, des dizaines d’hybrides de Bourbon, les premiers hybrides de thé. En 1975, apparaissent ici les premiers polyanthas. Bref, c’est ici que cela se passait. Les plus belles roses du monde viennent de cette pépinière d’apparence modeste. La mémoire intacte de ces créations toujours reproduites permet de développer de nouvelles roses, les «générosa» inspirées des modèles anciens. A Chaumont, c’est toute l’atmosphère de cette exceptionnelle roseraie ancienne qui est recréée avec plus de trente roses différentes.
En savoir plus : www.rosesguillot.com Jardin réalisé avec le soutien de la Roseraie Guillot (38 - Chamagnieu)

Les roses du jardin
'Désirée Clary' (2001) Generosa 'Institut Lumière' (2003) Generosa 'Catherine Guillot' (1861) rose de Bourbon 'Horace Vernet' (1866) hybride remontant 'Jacques Porcher' (1914) hybride de thé 'La France', buisson, (1867) hybride de thé 'Mme Pierre Euler' (1907) hybride de thé 'Elisa Boelle' (1869) hybride remontant 'Comtesse d'Oxford' (1869) hybride remontant 'Eugénie Verdier' (1869) hybride remontant 'Madame Joseph Bonnaire' (1892) hybride de thé 'Adrienne de Cardoville' (1865) rose de Bourbon 'Lisette de Béranger' (1867) hybride remontant 'Lord Raglan' (1854) hybride remontant 'Augustine Halem' (1891) hybride de thé 'Anne-Marie Cote' (1878) noisette 'Felicité Perpétue' (1828) sempervirens 'Ghislaine de Féligonde' (1916) multiflora 'Madame Eugène Résal' (1894) bengale 'Old Blush' (1793 ) bengale 'Reine des neiges' (1900) hybride remontant 'Souvenir de la Malmaison' (1843) rose de Bourbon 'Zephyrine Drouin' (1868) rose de Bourbon 'Mozart'(1937) hybride de Moschata 'Penelope'(1924) hybride de Moschata 'Robin Hood' (1912) hybride de Moschata 'Ballerina' (1937) hybride de Moschata

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Burle-Marx est parmi nous
Mathilde Lenglet, paysagiste & les jardiniers du Conservatoire, France

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Le thème ne serait pas complètement traité sans célébrer la mémoire d’un grand paysagiste. D’où l’idée de rendre hommage à une personnalité qui a marqué son siècle, mais qui a également, en son temps, embrassé les concepts développés à Chaumont-sur-Loire de créativité et d’expérimentation. Plus de dix ans après sa mort, le choix s’est naturellement porté, dans le cadre de l’Année du Brésil en France, sur le grand paysagiste Roberto Burle-Marx avec pour objectif de montrer au grand public l’influence qu’il a eu sur l’art des jardins. Paysagiste marquant du vingtième siècle, assez peu connu du grand public en Europe, il est représentatif du style et de l’image moderne du Brésil de l’après-guerre en particulier dans le cadre de ses travaux à Brasilia et de ses collaborations avec Oscar Niemeyer. Il était également un artiste complet : outre des jardins et des peintures qui sont ses réalisations les plus connues, il a créé des décors de théâtre, des tableaux muraux, des murs en céramique mais également des nappes, des bijoux, des objets décoratifs et des aménagements floraux. Son influence a ainsi marqué des générations de paysagistes, de designers, de peintres...
Mathilde Lenglet est paysagiste et collabore chaque année avec le service jardins du Festival pour le suivi de la réalisation des projets sélectionnés. Jardin réalisé dans le cadre de Brésil Brésils (année du Brésil en France)

Principales plantes du jardin
Pensée rouge Pensée orange Pensée rouge maculée Gunnera Bananier Plantes aquatiques

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Mon jardin à moi Sétois
Richard Di Rosa, sculpteur, France

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Conversation saisie sur le vif à la terrasse d’un café à Sète : - Un jardin ? On t’a demandé de faire un jardin ? Mais t’es pas jardinier ! - Et pourquoi pas ? On a bien vu des jardiniers devenir des sculpteurs ? - Comment ça ? - Ben oui, le drôle de pot que t’as vu à Paris devant Beaubourg, c’est Reynaud, un ex-jardinier. - Si tu le dis…

Souvenir d’enfance : J’aime l’idée d’un jardin comme champ de mémoire : le jeu dans l’espace ne peut qu’impliquer un jeu dans le temps. Le terreau de mon jardin se trouve du côté de l’enfance : tous les dimanches, c’était macaronade à déjeuner et après-midi au jardin de Balaruc. Ce n’était pas un jardin à la française. Plutôt du genre jardin ouvrier. Avec un semblant de potager, des fleurs et surtout un poulailler. Mais attention, un poulailler sans poule. Qu’avec des canards. De chasse, les canards. Des appelants. Un poulailler comme on n’en fait plus. Fait de bric et de broc. Une vraie installation d’art moderne qui était pour moi propice à toutes les rêveries. Encore aujourd’hui, mon atelier du sud n’est distant de ce jardin que de quelques mètres. Souvenir imaginaire : Mais le jardin de la mémoire est aussi la mémoire du jardin, des jardins, particuliers ou publics. Je cherche depuis quelques années à travailler avec des topiaires car je pense qu’en elles se nouent la rencontre entre le jardinier et le sculpteur, la nature et l’artifice, le raffinement et le mauvais goût ou goût kitsch comme avec par exemple la mosaïculture. Mais travailler sur cette mémoire-là m’intéresse, de même que je songe aussi à un jardin zoologique imaginaire mettant en scène les espèces animales disparues comme un pied de nez à toutes ces expositions exhibitionnistes et un authentique devoir de mémoire : la sculpture ou rendre présent ce qui est irrémédiablement absent.
Richard Di Rosa, dit Buddy, est né en 1963 à Sète. Si au tout début de sa carrière cet autodidacte de l'art a parfois semblé influencé par la vision de son frère Hervé, avec qui il fût un des principaux artisans du mouvement français de la "Figuration Libre", renouveau de la peinture dans les années 1980, il a très rapidement créé un univers à part. La couleur, les formes rondes et décomplexées de ses personnages témoignent d'une proximité esthétique avec Joan Miró ou encore Max Ernst. La culture africaine, la musique et les animaux (ses fameuses poules en particulier) sont autant de thèmes d'inspiration pour ce sculpteur. En savoir plus : http://buddy.dirosa.free.fr/

Principales plantes du jardin
Sedum acris en plaque au pied Echeveria desmetiana Alternanthera chromatella rubra Achyrante carminata Pyrethre mousse

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Les fleurs de la ville de Blois
Ville de Blois, Service des Espaces Verts : Nathalie Bernard et les jardiniers de la ville, France

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Blois se souvient de ses fleurissements d’antan dans ce jardin. La ville était constellée de chefs d’oeuvre de mosaïculture, les fleurs étaient disposées sagement, en couleurs vives et contrastées. A la fin des années 80, changement radical pour faire oublier ce qui, il faut bien le reconnaître, commençait à dater sérieusement. Apparaissent des associations folles de légumes et de fleurs ; ce ne sont plus des banquettes de terre qui créent le volume mais les hauteurs différentes des végétaux. Ce ne sont plus les couleurs vives qui s’opposent ou les géométries qui se conjuguent mais les tons pastel qui dominent et les formes végétales généreuses qui prennent le dessus. Ce jardin dont les deux grandes parties sont séparées par un mur de pierres enfermées dans du grillage raconte cette histoire qui a fait date dans la mémoire des habitants de la ville.
Les jardins de la ville de Blois avaient une forte tradition de mosaïculture jusqu'en 1990 où une évolution de style se fit au profit de fleurissements évolutifs aujourd'hui reconnus et adoptés dans toute la France.

Principales plantes du jardin
Massif libre Canne à sucre pourpre Nicotiana sylvestris Amaranthe caudatus Viridis (=Queue de Renard blanche) Ami visnaga Chou Reflex Molucella laevis Zinnia Rainette à fleurs de dahlia Dahlia Bach Millet Purple Majesty Rudbeckia Yeux Irlandais Cineraire maritime Neew Look Coleus Or de Pyrennées Ipomea batatas Margaritacea Pelargonium Lady Plymouth Massif de mosaïculture Alternanthera bettzickiana Aurea Alternanthera Magnifica aurea Alternanthera Allumette jaune Achyranthes panaché de Bailly Coleus Or des Pyrénées

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1465-2005, Mémoire brodée
Lycée Diderot de Lyon, 1ère année de BTS Textile, Françoise Tellier, enseignante, France

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Ce jardin réalisé par les étudiants de design de mode, textile et plasticien environnement du lycée Diderot de Lyon et les équipes de jardiniers de la Ville de Lyon, est un théâtre. Il évoque avec humour et poésie les promenades et les conversations échangées à l’ombre du château pendant plus de cinq siècles. Derrière un écran de « dentelles » (tissus techniques découpés au laser) qui protège l’entrée, on découvre les sièges des spectateurs, la scène, le décor et les acteurs. Tout près, des fragments de costumes fantomatiques émergent du sol timidement entre les graminées et les galets cendrés. Plus loin, des perles et des paillettes flottent dans les reflets du « fleuve » et sur l’autre rive on distingue des carcasses de crinolines et de vertugadins batifolant entre les saules tortueux et la nummulaire. Les jardiniers de la Ville de Lyon assurent l’implantation des compositions végétales. Les élèves construisent les structures métalliques et les habillent avec de nombreux tissus et matériaux techniques en les détournant et en les valorisant par des broderies et des dentelles surdimensionnées qui devraient intéresser tous les designers et les amateurs d’espaces végétaux.
En savoir plus : http://lycee.diderot.lyon.free.fr Jardin réalisé en partenariat avec les Espaces verts de la ville de Lyon et le groupe de recherche Ratho, et avec le soutien des sociétés Diatex, Dimatex, Sasa Trefil’Alu et Texinov.

Principales plantes du jardin
Sous-bois Lysimachia nummularis Aurea Euphorbia cyparissias Euphorbia “ Characias ” Helebore “ withe beauty ” Polystichum aculeatus Polystichum setiferum “ Dahlem ” Driopteris erytrosa Nephrolepsis exalta Boston Aquatiques Acorus calamus “ variégatus ” Butomus umbellatus Cyperus asper Juncus effussus spiralis Espace circulable Stipa tenuifolia Pennisetum villosum Calamagrostis “ Overdam ” Artemesia arborescens Thymus serpyllum Geranium sanguineum “ album ” Gypsophila repens Bacopa Alyssum maritimum blanc Ocymum noir Ammis visnaga Cosmos sonata blanc Lianes Solanum Jasminoides blanc

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Transparences
Alessandro Escher, paysagiste & Irene Kubicek, plasticienne,
Italie

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a visite de ce jardin demande une attention particulière. L’ambiance ici est feutrée, silencieuse. L’espace central est vide et ombragé. Des rais de soleil strient le sol. L’horizon est déterminé par une paroi souple et lumineuse qui crée une atmosphère propice à la magie : quelque chose va se passer. Sur cette surface laiteuse, le visiteur observe l’ombre des végétaux que l’on a plantés derrière la paroi. On s’assoit et on regarde ce spectacle comme un théâtre d’ombre chinoise. A certain moment, le voile se déchire : un jardin coloré apparaît, avec différentes variétés de dahlias et de cosmos et un potager où se devinent des courgettes, de la rhubarbe et des tomates cerise. Le vent joue dans les plantes qui se mettent alors à danser. L’ombre est de même nature que le souvenir : la mémoire ne garde que la silhouette des évènements réels, comme les ombres ne sont que des images appauvries. Le visiteur est mû par le désir de déchirer le voile du temps et de retrouver l’objet original, dans sa totalité sensitive. Les ombres ne font que lui rappeler des choses qu’il connaît et qu’il a déjà vues. Ce jardin est en quelque sorte une caverne végétale au sens de la caverne de Platon transposée dans le jardin. Les visiteurs ne voient ici que les ombres des végétaux de la même manière que les prisonniers de la caverne ne voyaient que l’ombre des objets projetés sur le mur par le feu. «Aux yeux de ces gens-là, la réalité ne saurait être autre chose que les ombres des objets confectionnés.» (Platon, la République).
Alessandro Escher est un paysagiste né en 1950. Il participe à de nombreuses interventions artistiques dans la nature en France dont plusieurs fois avec Irene Kubicek. Celle-ci, née en 1945, est membre de l'Académie des arts de Francfort-sur-Maine et expose régulièrement en Allemagne, Suisse, Autriche et Grande-Bretagne.

Principales plantes du jardin
Alcea rosea ‘Charter’s Double’ mixed Buddleja davidii ‘Nahno Blue’ Capucines (diverses variétés) Carex buchananii Dahlia ‘Bishop of Llandaff’ Dahlia ‘Chat Noir’ Echinops ritro Gaura lindheimeri Polygonum aubertii Tagetes (diverses variétés)

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Je sais que c’est pas vrai mais j’ai 2 ans
Green concept, architectes-paysagistes : Patrick Bidegain, Renaud Ducher, Hermeline Sangouard, Raphaël Colson, Benoît Bouthinon, Annick Vialette, Séverine Tomas & Charlotte Raymond, France

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Tout se passe ici comme dans un rêve, celui dans lequel nous redevenons des enfants. La composition du jardin est basée sur un jeu d’échelle qui aboutit au surdimensionnement de tous les éléments du jardin. Il s’agit de redonner au visiteur l’occasion de revivre son environnement dans la peau d’un enfant de 2 ans, du haut de ses 80 centimètres. Tout a été multiplié par le coefficient 2,2 pour matérialiser cette remontée dans le temps. Ce jardin se vit au sens plein du terme. Il est une aventure ludique dans tous ces endroits que la mémoire nous restitue infidèlement : le potager de grand-père, le jardin fleuri de grand-mère, la terrasse aménagée pour les vacances à la campagne. C’est ici une expérience de la mémoire qui nous est proposée : une confrontation du souvenir avec la réalité. Enfin, l’effet de gigantisme du décor est encore aggravé par le choix des végétaux à floraison et à feuillage démesuré, et leurs situations en hauteur par rapport au chemin. Des Tournesols, des Queues de renard, des Dahlias géants, des Daturas, des Chardons bleus, des roses trémières et des marguerites composent entre autres le spectacle floral du jardin de Mamie. De la même manière, Papi cultive des Choux, des Courges, de la Rhubarbe, et du Maïs, tous plus grands les uns que les autres, notamment une inquiétante girouette. C’est tout un monde qui est alors revécu comme si la mémoire de l’enfance s’incarnait tout à coup.
Cette agence de paysagistes basée à Lyon, et qui possède également une antenne à Avignon, a été créé en en 1987. www.greenconcept-fr.com Jardin réalisé avec le soutien de l’INH d’Angers (Institut National d’Horticulture) et les Pépinières Daniel Soupe (01-Chatillon-sur-Chalaronne)

Principales plantes du jardin
Cardon Chardon bleu Chou Cléome Cosmos Courge Dahlia géant Datura Géranium Gunnera manicata Haricots à rame Hortensia Maïs Marguerite Paulownia Poirées Rhubarbe Ricin Rodgersia Rose trémière Tabac Tournesol Verveine

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Un champ de ruines
Charlotte Ruph & Marie Plessier, paysagistes, France & les jardiniers du Conservatoire

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Ce jardin, créé en 2004 et repris en 2005 par les jardiniers du Conservatoire, reprend la tradition de la représentation des ruines dans les jardins telle qu’elle s’est pratiquée depuis le XVIème siècle. La fascination des ruines a en effet été l’un des grands thèmes d’inspiration des jardins du XVIIIème siècle : à Schönbrunn, c’est un temple grec qui semble s’être enfoncé dans la terre ; à Sans Souci, près de Berlin, toute une colline (le Ruinenberg) rappelle aux occupants des palais qu’elle domine la vanité des richesses et de la puissance. Ici, cette maison évoque la maison penchée de Bomarzo ou les ruines de Potsdam. A Chaumont, des traces de l’histoire semblent s’être concentrées dans ce jardin marécageux envahi par les roseaux : une maison enfoncée dans la terre surnage à peine : une «villa Hamilton» déformée par le temps est envahie de roseaux et de ronces. Seul un axe, très étroit, très éphémère permet d’imaginer à quel point elle a pu être belle. Une immense roue à aube métallique semble réchappée d’un désastre industriel. Au sol, des plaques de pierre, éclatées en morceaux, laissent encore entrevoir une maxime incompréhensible. Une tête dorée vient d’être découverte par des archéologues. Et tant d’autres choses encore qui réveillent notre mémoire et notre subjectivité. Principales plantes du jardin
Acorus calamus Alisma plantago Butomuys umbellatus Hippuris vulgaris juncus inflexus Rosiers Tige rouge sagittaria sagittifolia salix rosmarinifolia sparganium erectum Typha angustifolia Ricinus communis 'Carmencita' Ricinus communis 'Zanzibar' Fenouil commun Canna edulis Nicotiana sylvestris Salvia uliginosa Leucanthemum maximum 'Reine de Mai' Thuya 'Emeraude' Amaranthe paniculatus 'Hot Biscuit' Amaranthe 'Tête d'éléphant' Amaranthe 'Queue de Renard' Verge d'or Trollius 'Lemon Queen' myosotis palustris Verbena bonariensis

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Stumpery
Les jardiniers du conservatoire, France

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En 2004, nous avions renoué avec les «Stumperies», art typiquement anglais de l’empilage de souches. Relancée par le Prince Charles, cette pratique prend la forme d’arcs de triomphe, de labyrinthes mais l’effet recherché est toujours dramatique. L’assemblage que nous avions réalisé avait la forme d’une spirale partant d’une arche. Nous avons décidé cette année de le conserver et de l’agrandir avec des souches que nous avons déterrées tout au long de l’hiver. Au fil des années, cette «stumpery» sera sans doute déplacée, mais elle continuera de grandir, de proliférer dans la grande tradition des jardins anglais du XIXème siècle. Principales plantes du jardin
souches glanées autour de Chaumont Astilbe ‘Montgomery’ Bardane Carex pendula Chèvrefeuille Dahlia imperialis Digitalis purpurea Miscanthus floridulus Miscanthus sinensis Myosotis élevé des Alpes Bleu Polystichum polyblepharum Polygonum ‘Dragon Noir’ Rudbeckia ‘Herbstsonne’ Soleirolia soleirolii Thalictrum aquilegifolium ‘Thundercloud’ Verbena bonariensis Vinca major

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Le Nid à fleurs
Serge Rodrigues & Jean-Hubert Chow, architectes, France

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e jardin est dominé par un fort contraste qui dirige les pas du visiteur. Ce dernier emprunte une passerelle en spirale, qui traverse un désert minéral ponctué de cactées. Elle est une invitation à voyager dans le temps, le ramenant vers le lieu originel : le nid. C’est là que tout commence et là où tout finit. Ce jardin symbolise la quête de l’homme vers l’absolu, en le replaçant au centre d’un rapport cosmique entre lui et la nature. L’homme est obligé d’en sortir pour s’accomplir. Il garde pourtant en mémoire une image de ce lieu originel, et il tente de le garder en permanence en mémoire. Alors, le jardin est le témoignage de cette mémoire première : il est à chaque création une tentative de reproduction de l’univers. A la sortie du nid, c’est l’espoir, le renouveau : l’allée de bambous guide son pas vers la plénitude. Ici chacun peut décider de rester dans le nid, ou au contraire d’apprivoiser le désert. Mais dans tous les cas, le visiteur garde en lui une trace de cette renaissance des arts, de la nature et des sciences qui devient alors possible à tout instant. Le nid propose une nouvelle vision du monde qui abolit les époques et les distances. Dans ce jardin, la mémoire est vivante : son cycle est rythmé par le passage des visiteurs, comme des pulsations cardiaques. Chaque mémoire individuelle nourrit la mémoire collective du jardin.
Ce jardin a reçu en 2006 le prix du Meilleur projet terrasse - piscine dans le cadre des Lauriers de la construction bois décerné par les professionnels de la filière bois.

Principales plantes du jardin
Petunias : rouge, rose vif, cerise, violet, pourpre, bleu Cactus Bambou japonais

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Benech is a Butterfly
Louis Benech, paysagiste, France & GECHI : Ilaria Rossi Doria, architecte, Giorgia Biasini, chercheur, Chiara Principe & Eleonora Zilianti, architecte-paysagiste, Italie

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Le célèbre paysagiste français Louis Benech a repris le fleurissement de ce jardin conçu pour le festival 2004. Ce jardin tout en géométrie, celle de l'attracteur étrange de Lorenz, dont la représentation graphique fait penser aux ailes d'un papillon. Ses courbes qui s'enroulent autour de deux centres de gravité et ne se croisent jamais créent une double spirale en 3 dimensions et sont d'une complexité infinie. Jamais répétitives, mais jamais hasardeuses non plus. Les ombres qui se déplacent au cours de la journée créent des courbes toujours renouvelées, un double pendule reproduit ce mouvement dans l'espace, un petit plan d'eau à peine en mouvement… et des papillons bien sûr !
Louis Benech, sans diplôme dans sa spécialité,se fait parfois traiter avec mépris de... botaniste. Il s’en flatte au contraire et revendique plutôt le double héritage d’un père architecte et d’une mère éprise des plantes. Un mariage qui séduit commanditaires privés et publics. Il travaille beaucoup en France, a réalisé notamment la rénovation du Jardin des Tuileries avec Pascal Cribier, le parc de Pange, mais aussi en Grèce, au Portugal et en Israël. Il a réalisé un jardin pour le premier festival des jardins en 1992.

Principales plantes du jardin
Carex bucchananii Printemps Eremurus bungii Pavot d’island rouge Pensée orange Trollius rouge Tithonia rotondifolia ‘Fiesta del Sol’ Trollius ‘Orange Princess’ Viola x wittrockiana orange Eté Cosmos sulphureus Erysimum Tagetes rouge Tithonia restundifolia

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La mémoire des cannettes
Fabrice Moireau & les jardiniers du conservatoire, France Anouk van Oordt, Marcellin Barthassat & Eric Van Oordt, Suisse

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Un jour qu’il se promenait au centre d’un carrefour circulaire, l’auteur de ce jardin a été fasciné par le grand nombre de cannettes métalliques qui y avaient été jetées : coca-cola, bière, limonade. Beaucoup avaient été intégrées à un pan de mur de ciment ; la plupart étaient écrasées ou rouillées. Mais toutes, si on savait les regarder, évoquaient des personnages prêts à se mettre en marche. Comme si une nouvelle vie pouvait s’installer dans ce lieu ingrat pour ces déchets oubliés. Voilà, c’est cette armée des ombres, rigolarde, déhanchée, éclopée, comique ou poétique, qui s’apprête à sortir d’un jardin dont le plan et la structure ont été conçus pour le festival 2004.
Passionné par le patrimoine architectural mais également par les jardins et les plantes, Fabrice Moireauest aquarelliste et scénographe. Il a conçu plusieurs expositions (Vinexpo, Foire de Paris, etc.) et a participé à plusieurs jardins du festival de Chaumont. Aquarelliste de renom, il a publié de très nombreux ouvrages, dont les trois premiers catalogues du festival des jardins et un ouvrage sur la Vallée de la Loire.

Principales plantes du jardin
Achillea ‘Terracota’ Carex buchananii Miscanthus sinensis ‘Yaku Jima’ Phormium tenax Stipa tenuissima Scabiosa caucasia ‘Alba’ Salvia pratensis

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Chambre intérieure
Atelier VERTEX : Brigitte Perroto, plasticienne & Christophe Marchalot, architecte, France

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Ce jardin est un jardin de mots pour soigner les maux. Une imbrication de mémoires collective et individuelle. Un jardin dans un jardin dans un jardin, comme un jeu de poupées russes. Entre deux palissades de charmille, une allée donne accès à la chambre incluse par le côté opposé : une façon d’aller à rebrousse chemin comme on remonte le temps. Et là, on découvre un lit sur un miroir d’eau, le reflet d’un château, une invitation au repos. Guérir au jardin, source et ressource. Flânerie dans un joyeux inventaire de plantes singulières : toutes ont des noms vernaculaires imagés qui soulignent leurs particularités morphologiques ou leurs vertus cachées. Les mots, gardiens de nos représentations mentales, construisent et transmettent le savoir par-delà nos vies éphémères. Ce jardin est aussi un hommage au langage.
Après des études d'architecture, Brigitte Perroto se tourne vers le champ de l'art contemporain, avec une pratique pluridisciplinaire affirmée. Son travail est axé sur les questions du paysage dans toutes ses extensions (naturel, construit, virtuel, mental...) et à toutes les échelles, de l'objet au territoire. Elle développe ainsi des installations poétiques mêlant végétaux et objets détournés qui proposent des usages et points de vue insolites, comme autant d'expériences sensibles du paysage naturel ou urbain. En 2004, elle fonde _VerteX_, atelier art-paysage auquel se joignent les architectes Emmanuelle Lecomte et Christophe Marchalot. www.sibilis.net

Principales plantes du jardin
Amaranthus caudatus (queue de renard) Antirrhinum majus (gueule de loup) Arum maculatum (pied de veau, lords and ladies ou Adam et Eve) Asphodeline lutea (bâton de Jacob) Aster amellus (oeil du Christ) Dahlia cactus (étoile du diable) Delphinium (pied d’alouette) Dicentra spectabilis (coeur de Marie) Dipsacus fullonum (cabaret des oiseaux) Helichrysum orientale (immortelle) Lagurus ovatus (queue de lièvre) Laurus nobilis (laurier-sauce) Nigella damascena (cheveux de Vénus) Oxalis acetosella (pain de coucou) Sparganium erectum (ruban d’eau)

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Le jardin d’ombre et de bleu
Jardiniers du conservatoire, France

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Jardin d’ombre, le jardin bleu fait référence à nos souvenirs intimes. Il évoque la nuit, le secret. Il porte en lui le calme et la sérénité. Nos souvenirs s’attachent souvent à ces atmosphères où l’infinie variation des bleus illumine le présent.

Principales plantes du jardin
Aconitum ‘Henry Spark’ Aconitum carmichaelii ‘Arendsii’ Ageratum de bouture Ageratum élevé Anchusa azurea ‘Loddon Royalist’ Anemone x hybrida ‘Honorine Jobert’ Aquilegia alpina Aquilegia caerula ‘Spring Magic Blue White’ Aquilegia caerula ‘Spring Magic White’ Athyrium spp. Brunnera macrophylla ‘Betty Bowring’ Delphinium ‘Finsteraarhorn’ Hosta lancifolia Liriope muscari ‘Gold Banded’ Liriope muscari ‘Silver Dragon’ Liriope muscari ‘Variegata’ Lobelia ‘Azuro’ Lobelia ‘Diva Bleue’ Luzula sylvatica Meconopsis grandis Pelargonium ‘Brookside’ Polystichum setiferum Salvia farinacea Salvia patens Scabiosa caucasica ‘Clive Greaves’ Vinca minor Vinca minor ‘Alba’

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Babel
Claudia Maria Buccelli, Brunella Lorenzi, Raffaella Rinaldini & Valentina Roselli, Italie & les jardiniers du Conservatoire, France

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Ce jardin conçu pour le festival 2004 adopte la forme de deux spirales qui s’enroulent l’une dans l’autre en sens inverse. Une spirale monte tandis que l’autre descend mais toutes deux partent du centre, point d’équilibre parfait. Elles s’achèvent au bord d’un cercle parfait. Au delà de ce cercle, un monde fractal de végétaux. Les trois éléments se déclinent sous de multiples formes à travers les matériaux - bois lisse et petits copeaux pour l’ordre, bois rude et caillou pour le désordre, miroirs, verre brisé -, ainsi se déclinent les végétaux. L’extrême raffinement de la construction porte témoignage de cette lutte entre simplicité et complexité, ordre et désordre.
Les quatre conceptrices du jardin conçu en 2004 sont originaires de Florence.

Principales plantes du jardin
Buxus sempervirens 'Arborescens Giroflée 1/2 'Tom Pouce' violet Giroflée 'Ivory White' Blanc Giroflée 'Roi des feux' Écarlate Lunaire variegata violet Tulipa 'Fancy Frills' dentelle Tulipa 'Maytime' fleur de lys Tulipa 'Royal Sphinx' dentelle Achillea philipendula Achillea tomentosa Allium giganteum ‘Regel’ Ceratostigma plumbaginoides Delphinium x pacific Desmodisum penduliflorum ‘Oudem’ Eleagnus x ebbingei Iris ssp. Jasminum officinale Kniphofia macowanii ‘Baker’ Lathyrus odoratus Laurus nobilis Lonicera caprifolium Nandina domestica Phormium cookianum ssp. Hookeri « Tricolor » Plumbago capensis Punica granatum var.nana Salix viminalis Teucrium fruticans Trachelospermum jasminoides

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Mind Mist
Architecture School of Barcelona of UPC : Miquel Vidal, enseignant, Ekain Olaizola Lizarralde, Mari Torres Roser, Laia Solé Raventos, Carlos Corral Escriche & Jordi Hernadez de Gispert, étudiants, Espagne

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Le minimalisme de ce jardin permet d’y entrer plus facilement. La première sensation est celle que l’on identifie aux promenades dans les cimetières, et notamment les cimetières anglais où de simples stèles, sans dalle funéraire, ponctuent régulièrement le gazon. La topographie est modelée en permanence par le cheminement des visiteurs. 3 types de matériaux composent les stèles : le béton, le bois, et le métal. Chaque élément est plus ou moins résistant aux intempéries, à la pression du public. Leur altération au fur et à mesure du festival est le signe de leur temporalité, comme des souvenirs sur lesquels on regarde le temps passer. La mémoire range ces derniers les uns sur les autres, comme des couches sédimentaires. Les premiers qui nous reviendront en mémoire, les moins anciens, n’auront pas encore subi la dégradation du temps et leur incarnation sera parfaite. Les derniers, à la fin de la promenade, plus anciens, seront plus vagues et plus flous, mais plus durables que les autres, et les stèles qui nous les évoquent, plus abîmées. 3 types de végétaux sont employés de façon très distincte dans ce jardin. La végétation masque les stèles, les décompose, les diffuse et l’oeil du visiteur n’en perçoit plus que les fragments. Le choix des essences joue un grand rôle dans la symbolique du lieu. Les bambous avec leurs feuilles persistantes composent un rideau fin, comme un premier filtre des souvenirs, et tranchent avec les arbustes, les herbes folles qui composent le reste des végétaux de ce jardin.
L'université polytechnique de Catalogne (UPC) est une université publique spécialisée dans les domaines de l'architecture, de la technologie, des sciences économiques, des sciences de la santé et des mathématiques appliquées. www.upc.es

Principales plantes du jardin
Miscanthus saccariflorus Phyllostachys aurea Phyllostachys nigra Sasa palmata Tamarix Buddleija davidii

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De branche en branche
Franck Viel, Andréa Németh & Olivier Raquois
avec Ronan Virondaud, Gabrielle Cesselin, Alain Charles, France

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Ce jardin présente deux aspects majeurs : la mémoire du plessage, un savoirfaire que des générations d’agriculteurs se sont transmis et la recomposition de l’histoire d’un paysage rural caractéristique du bocage. Le plessage est le fil d’Ariane qui guide le visiteur dans le jardin et lui confie son histoire, depuis son invention jusqu’à nos jours. La haie apparaît au départ comme sortie d’un buisson sauvage issu de la forêt hostile (bouleaux, chênes) devenue nourricière une fois apprivoisée par le tressage. Elle se prolonge par des essences fruitières sauvages (noisetiers, baies), des légumes anciens (fèves) et des plantes médicinales. A l’intérieur, le visiteur est initié à la technique du plessage par la présentation d’un plessis mort rappelant l’état hivernal de la haie avec de l’aubépine. Les guerres et les épidémies ruinent le travail de la terre et la haie retourne à l’état sauvage. Puis, en temps de paix, elle est reprise pour délimiter les prairies et faire du bois de chauffage. Dans un contexte de remembrement agricole, elle est ensuite menacée : avec elle une partie de l’identité agricole peut disparaître. Le fil barbelé la remplace. Et puis la mode remet la haie champêtre à l’honneur, valorisant ses qualités productives, paysagères et sensorielles. Alors elle sert cette fois à marquer la propriété privée, à orner les jardins et les promenades. On y trouve du Jasmin, du Laurier thym et des Forsythia. Aujourd’hui l’efficacité du tressage en plessis et ses qualités esthétiques sont reconnues : on s’en sert pour consolider les talus et retenir la terre dans des zones en pente à Versailles par exemple, ou pour consolider les berges d’une rivière. La haie plessée propose une infinité de couleurs, d’odeurs et de formes, laissant une grande part à la créativité. Ce qui pourrait appartenir au passé est un creuset pour la création contemporaine. La richesse de cette pratique vient de la qualité de la mémoire qu’elle porte en elle.
Franck Viel, tresseur et plesseur de haies, possède un savoir-faire ancestral : former une haie champêtre en cloture végétale vivante. En haie décorative, en clôture vivante ou en berge pour retenir les cours d’eau, l’osier aurait ainsi cette fonction de protéger les sols, et de servir de réservoir biologique pour le bétail et le gibier. Il anime plusieurs fois par an des ateliers sur le plessage des haies.

Principales plantes du jardin
Corylus avellana (Noisetier) Castanea sativa (Chataîgner) Plantago lanceolata (Plantain lanceolé) Achilea millefolium (Achilée millefeuille) Hypericum perforatum (Millepertuis perforé) Carlina acaulis (Carline) Myosotis sylvatica (Ne m'oubliez pas) Rosmarinus officinalis (Romarin) Reseda luteola (Gaude des tenturiers)

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Tohuwabohu
Atelier Dreiseitl : Katja Schlichting, Claire-Marie Dreiseitl & Georg Hilsenbek, paysagistes hydroliciens, Allemagne

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Ce jardin conçu pour le festival 2004, nous conduit aux origines du monde. A cet instant, avant la création, où tout est possible, où la liberté semble totale. Le jardin est une immense coupe de terre crue, lisse, comme façonnée par un potier. C’est le temps qui va façonner ces murs : la terre va craquer, l’érosion attaquer les bords. Dans les craquelures de la terre, le vent va apporter des graines qui vont germer, contribuer elles aussi à transformer la surface de la coupe. Les graines d’equisetum (l’une des premières plantes venues sur la terre) vont germer, les jets des brumisateurs, la pluie vont éroder le sol. Ce milieu va évoluer d’une façon totalement impossible à prévoir. Pour le contempler, seulement une passerelle surélevée et un tableau où des photos montrent chaque mois la progression dans l’espace et dans le temps du chaos créatif.
L'atelier Dreiseitl a été formé en 1980 par Herbert Dreiseitl avec pour but de favoriser des projets de développement durable et une pratique pluridisciplianire spécialisée dans l'hydrologie urbaine, la technologie environnementale et l'architecture de paysage dans un contexte urbain. Il a développé un savoir-faire mêlant art et usage de l’eau, aspect esthétique et respect de l’environnement dans les parcs, les places urbaines, les piscines et autres interventions qu’ils réalisent. En savoir plus : www.dreiseitl.de

Principales plantes du jardin
Equisetum hyemale Amophila arenaria Luzula “oreomargimata” Sedum album “coral carpet”

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Mémoire tactile
Philippe Coignet, paysagiste & David Serero, architecte, France

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Imaginez un champ de fougères infini : où que se portent vos yeux, vous voyez des fougères, encore des fougères, toujours des fougères. Et pourtant le jardin a une limite… L’étonnement naît de cette riche exubérance colorée. Un écran est responsable de ces effets. Il est composé de plis successifs de feuilles de plastiques et de chrome. Le dessin de ses formes s’inspire de la structure même de la plante. La topographie du jardin est accidentée de façon à multiplier les angles de réfraction entre l’écran et les fougères. Ce n’est pas un hasard si nous nous trouvons dans un jardin de fougères : le développement de cette plante est ici une métaphore du fonctionnement de la mémoire. La plante naissante est enroulée, puis elle se déploie peu à peu dans le temps avant d’atteindre sa taille adulte. De la même manière, le souvenir, pris dans la volute de la mémoire ne s’épanouit qu’avec le temps. Le reflet à l’infini des fougères ondulant sous la brise est à mettre en relation avec le fourmillement des souvenirs. De plus, le dispositif de réflexion est une traduction sensible du processus de la mémoire : le mur de chrome ondule et déforme l’image de la plante et de la lumière, comme la mémoire s’altère avec le temps et déforme nos souvenirs. Ils sont grossis, rétrécis, multipliés, disséminés, étirés, métamorphosés… Le mimétisme végétal est détourné, ou plutôt retourné à l’infini : les limites du jardin sont renversées vers l’intérieur et se perdent avec le regard du visiteur. L’aventure de ce jardin est une hésitation permanente entre réel et imaginaire : c’est le mouvement du corps du visiteur qui construit l’espace en perpétuelle recomposition. La promenade est alors créatrice d’une identité propre et chaque visiteur possède la mémoire privée de son expérience personnelle du lieu. Se souvenir c’est réfléchir au sens propre.
Philippe Coignet est diplômé en 1998 de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Pendant ses 6 années aux Etats-Unis, il obtient un master d'architecture de paysage en Pennsylvanie et travaille chez Peter Walker and Partners en Californie. En 2005, il fonde l’Office of Landscape Morphology à Paris après être lauréat avec les architectes Serero+Fernandez du concours international pour le parc d’Hellenikon à Athènes. www.o-l-m.net David Serero est diplômé d'architecture de Paris-Villemin en 1998 et d'un master d'architecture de l'université de Colombia. Depuis 2000, il travaille à New York et à Paris, à des projets combinant la recherche et la conception dans les domaines de l'architecture, du paysage et d’urbanisme. En 2005, il a été lauréat de la Villa Médicis à Rome pour un travail sur les dômes accoustiques. www.serero.com Outre Chaumont, ils ont réalisé ensemble un jardin pour le festival de Métis au Canada.

Principales plantes du jardin
Dryopteris erythrosora Matteucia struthiopreris Polystichum setiferum Polystichum polyblepharum

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De bouche à oreille
Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rennes : Aurélie Le Faurestier, Nadège Pannetier & Aurélie Rousseau, étudiantes & Luc Larmor, designer sonore, France

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A l’image des contes populaires où l’on voit le personnage confier son secret à un arbre et qui par le bruissement de ses branches va dispenser les paroles qu’il devait sceller, ce jardin est un jardin un peu bavard. Nous concédons au jardin un statut de confident qui avoisine celui d’une personne. En personnifiant le jardin, il devient réceptacle et témoin de vos secrets. Le visiteur est amené à prêter son secret au pavillon de l’oreille du jardin. Son « empreinte vocale » est mémorisée, retenue, infusée, puis diffusée par les bouches de la terre en se propageant en ondes sonores. C’est comme si de la terre émanait un murmure mêlé au bruissement du vent dans les bambous. Enregistrer la voix c’est comme en faire le moule, la pérenniser. Mais ce n’est pas seulement la retenir, c’est aussi la transmettre, l’écouter, la décoder comme des inscriptions de signes d’amour gravées dans l’écorce d’un arbre, comme des messages dilatés, transformés.
Projet conçu par des étudiantes en option design supervisées par leurs professeurs Vincent Dupont-Rougier et Bruno Dubois. www.erba-rennes.fr Jardin réalisé avec le soutien de Total France

Principales plantes du jardin
Dicentra spectabilis ‘Alba’ (coeur de Marie) Heuchera micrantha ‘Palace purple’ Hosta (plusieurs variétés) Foeniculum vulgare Crocosmia’Lucifer’ Cynara cardunculus ‘cardon’ Gunera manicata Ricinus comunis ‘Rincin’ Ophiopogon planiscapus Nigrescens Miscanthus floridulus Luzula sylvatica Rheum palmatum Polygonum macrophyllem Cyrtomium faleatum Dicondra

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Le mémorial de Tulse Luper
Peter Greenaway, cinéaste, Grande-Bretagne

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La vie de Tulse Luper, au coeur des projets cinématographiques actuels du réalisateur Peter Greenaway, est une fiction qui raconte les péripéties d’un homme et de ses prisons. Nous sommes tous prisonniers de quelque chose : de l’argent, de la société, des habitudes… Tulse Luper fait et défait ses valises lors de son périple autour du monde. Il est écrivain, collectionneur, collationneur et classeur invétéré. Disparu en 1989, son corps n’a jamais été retrouvé. Peter Greenaway a décidé d’y réaliser son cénotaphe à Chaumont. Tulse Luper, l’attrapeur d’images, contemple ici le jardin idéal : jardin multiple et insaisissable. Parfois il pense qu’il pourrait ressembler à celui de Vauxle-Vicomte, cause de la disgrâce du Surintendant Fouquet, désavoué par Louis XIV. D’autres fois, il croit qu’il l’a trouvé à Dinard, dans un lieu où tous les personnages ont le visage des portraits d’Ingres, ou encore à Groombridge dans le Kent, ou dans un jardin à côté de Kyoto, où il est resté volontairement prisonnier dans les années 60, et duquel il a ramené des feuilles. La contemplation de ces jardins, depuis des points de vues variés, l’ont fasciné et ont laissé une trace indélébile dans la mémoire de Tulse Luper. Il s’agit ici d’ouvrir l’oeil. C’est le jardin du voyeur. On peut y voir ce qu’on ne voit jamais. Un plateau, portant une forêt colorée, à hauteur d’homme, permet au visiteur de mieux appréhender la matière du sol et des végétaux qui composent le jardin. On finit par s’y absorber complètement. Le rêve succède à la réalité, et comme un dormeur assoupi dans l’herbe printanière, on finit bientôt par appartenir à ce jardin.
Peter Greenaway, britannique né en 1942, débute sa carrière dans la peinture avant de se lancer dans l'écriture et l'illustration de livres. C'est à partir de 1965 qu’il aborde le cinéma, en officiant en tant que monteur au Central Office of Information mais également en réalisant de nombreux courts métrages expérimentaux. En 1982, après un premier long métrage étrange déjà porteur d'un ton et d'une originalité hors-norme, il est révélé au niveau international avec Meurtre dans un jardin anglais, drame érotique sur fond d'art pictural et d’art des jardins. Suivent alors Le Ventre de l'architecte (1987), situé dans le monde de l'architecture, et le thriller Drowning by numbers (1988). Peter Greenaway construit une carrière jalonnée d'oeuvres ambitieuses, expérimentales, souvent cruelles et violentes, dont la mise en scène privilégie la lenteur et le sublime jusqu'à créer un malaise chez le spectateur. L'art et une certaine fascination pour les nombres et la couleur sont également souvent au coeur de ses films. 2003 marque la sortie de The Tulse Luper suitcases, porté par un casting prestigieux et présenté en compétition à Cannes, et premier volet d'une trilogie cinématographique mais aussi d’un vaste déploiement d’oeuvres multimédias : films, expositions, films d’animations et sites Web multimédias. www.tulselupernetwork.com

Principales plantes du jardin
Carpinus bethulus Sedum acris

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L’oeil de Claude Monnet
Les jardiniers et stagiaires du Conservatoire, France

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Exercice de style pour stagiaires : Quand on vous parle de Monet, qu’est-ce que cela évoque pour vous ? Avez-vous visité Giverny ? Qu’est-ce qui vous revient à la mémoire quand on l’évoque ? Il y avait beaucoup de taches de couleurs, dans des tons très clairs : des jaunes, des roses, beaucoup de blanc. C’étaient des iris. Il y avait aussi des pivoines et des roses. Je me souviens aussi au printemps des narcisses, des rhododendrons. Plus tard, des coquelicots, des dahlias. La fameuse glycine blanche, les glaïeuls, les mufliers et les pieds d’alouette. Et les ipomées en plein été. Et puis, bien sûr, les nymphéas du jardin d’eau, ceux qu’il a peint et qu’on trouve au niveau bas de l’Orangerie à Paris. Une grande impression de profusion, presque de jungle, et pourtant, reviennent à la mémoire des planches de fleurs bien rangées, un verger très net. Et aussi les draperies de clématites et de roses grimpantes qui bougent au vent. Il y a aussi ce chemin entre les arceaux envahis par les capucines. Voici ce qui a servi de base à ce jardin, où l’eau calme de l’étang est remplacée par la vue de la Loire. Principales plantes du jardin
Alcea ‘Charter’s Double’ Campanula carpatica Campanula lactiflora ‘Prichard’s Variety’ Giroflée orange Helianthus x multiflorus ‘Capenoch Star’ Heliotropum peruvianum ‘Kew Garden’ Hesperis matronalis blanc Hesperis matronalis violet Iris bleu foncé Iris violet Myosotis Rosier-tige Tropaeolum à fleurs doubles Viola cornuta ‘Lemon Chiffon’

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Dans les replis de la mémoire
Le CRIMP : Vincent Floderer, artiste & Junior Jacquet, France

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La terre est un (petit) jardin : les forces de pliage sont à l'origine de nombreuses formations naturelles : plaques continentales, chaînes de montagnes, dorsales océaniques, volcans, cristallisation... dès les origines ces replis géologiques ont permis l'apparition des premières formes de vie, elles-mêmes largement constituées de plis : enveloppes, membranes, nervures, écorces... Ces plis sont la trace, la mémoire des énergies qui ont permis leur émergence. Un passage à gué permet au visiteur d'effectuer un parcours au milieu de paysages flottants évoquant l'histoire de la formation de la terre et la dérive des continents. Actionnée par l'eau et le vent, la trace de leur mouvement est "enregistrée" en continu à la surface du bassin par une couverture de lentilles d'eau. L'entourage du bassin offre quelques exemples évidents de structures pliées dans le monde végétal. D'autres modèles immergés évoquent les migrations du vivant dans les différents milieux. Ce jardin réalisé en films d’aluminium patiné s’apparente aux jardins de ruines occidentaux ou aux micro-paysages des jardins du Japon.
Le CRIMP, Centre de Recherches Intenational en Modélisation par le Pli, est un réseau international de plieurs réuni autour de l’artiste Vincent Floderer en vue de la création d’expositions, de stages, d’animations autour du pliage. Leurs champignons, capsules, fleurs, papillons, chapeaux et autres inventions en papier ou tôle pliés s’exposent chaque année à Terrasson et, en 2005, ont occupé les appartements de la Princesse au château de Chaumont-sur-Loire. www.le-crimp.org

Principales plantes du jardin
Ipomea ‘bleu’ Miscanthus floridulus Houblon doré Mina Lobata Clematis montana Verbena bonariensis Carex pendula Helxine Polygonum aubertii

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Topiaires
Gerhard Höepfner, Pépinières Bruns, Allemagne

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Les arbres gardent la mémoire des contraintes physiques qu’on leur a imposées. Au coeur de l’histoire des jardins, les topiaires, ces arbres taillés aux formes bizarres qui bordaient les allées et les massifs. Ils étaient un contrepoint libre, voire comique, à la rigueur des grands alignements. Souvent, ils marquaient par leur fantaisie des sculptures trop rigides. Ils étaient sans doute aussi le plaisir des jardiniers. Au fil du temps, ces arbres ont disparu, trop complexes à obtenir, trop chers à entretenir. Les faire réapparaître était un acte complexe. Les recherches dans les archives permettent de découvrir des formes étonnantes, bizarres, voire comiques pour certaines d’entre elles. Ont-elles vraiment existés ? Oui, si on observe à la loupe les gravures d’époque. D’ailleurs, on retrouve des factures, des listes, des dessins de gabarits qui permettaient de donner les formes. Ce jardin montre toutes les étapes du processus dans le temps : jeune arbre libre, contrainte par des cordes et des poids, remplissage progressif des gabarits, jusqu’au sujet adulte. Ce jardin isé il y a Höepfner connaître fait également écho à celui réalexactement dix ans par Gerhard qui avait permis de faire mieux au public les topiaires.
Plus d’informations : www.bruns.de Jardin réalisé avec le soutien des Pépinières Bruns Pflanzen

Principales plantes du jardin
Taxus baccata (formes diverses) Amelanchier Lamorckii Buxus sempervirens (formes diverses) Eononymus alatus Prunus serrulata « Kanzan »

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Jardin de rouge et de soleil
Les jardiniers du conservatoire, France

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Qui ne se souvient pas de ces après-midi écrasées de chaleur, où l’on ne pense même plus à échapper à la brûlure du soleil ? Les rouges explosent, les jaunes rayonnent. La lumière est si dure que le souvenir que nous en gardons reste ébloui.

Principales plantes du jardin
Acer palmatum ‘Dissectum Atropurpureum’ Printemps Dianthus plumarius ‘Desmond’ Lychnis calcedonica Papaver orientale brillant Phlox subulata ‘Candy stripes’ Polentilla atrosanguinea Heuchera ‘Palace Purple’ Eté Artemisia ludoviciana ‘Silver Queen’ Astilbe arendsii ‘Glut’ Canna ‘Ibis’ Canna ‘Roi Soleil’ Canna ‘Strasbourg’ Canna ‘Talisman’ Canna ‘Viva’ Capucine ‘Red Wonder’ Carex buchananii Centaurea ‘Steenbergii’ Dahlia ‘Brasilia’ Dahlia ‘Carmoun’

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L’archéologie du cristal
Serge Mansau, artiste verrier, France

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C’est un curieux chantier de fouilles archéologiques ou géologiques qui vient d’être découvert ici : face à la Loire et à la principale tour du château, d’énormes carottages dans le sous-sol ont permis d’extraire d’étonnantes colonnes de cristal. Des fragments de sculpture, parfois importants, apparaissent, noyés dans la glaise : des fragments de formes d’éléphants, de fleurs, de chevaux, de branchages, de personnages, de grenouilles brillent au soleil. On s’imagine projeté en 2105. L’explication est simple : à la cristallerie Daum, on ne produisait, en 2005, que du cristal d’art. L’exigence de perfection dans la réalisation des sculptures était telle, que le déchet était très important. Les pièces étaient cassées et enterrées profondément pour ne pas faire l’objet d’un trafic. Le sculpteur Serge Mansau s’est souvenu de ces fouilles secrètes de Lorraine.
Serge Mansau est tout à la fois un sculpteur reconnu et le créateur de la plupart des flacons de parfums les plus célèbres du XXe siècle. Bien que dans le grand public peu de personnes connaissent les noms des créateurs de flacons de parfum, il est une star dans son domaine, et un artiste reconnu dont chacun possède sans le savoir au moins l’une des créations. Il a en effet réalisé les écrins des grands parfums de Dior, Lancôme, Scherrer, Lanvin, Kenzo, Hermès, Givenchy, Cartier, Guerlain, etc… et compte quelque 200 créations à son actif. Jardin réalisé en partenariat avec l’Atelier de création de la Cristallerie DAUM Daum est une cristallerie créé en 1875 à Nancy, région célèbre pour sa tradition cristallière. Aujourd’hui encore toutes les pièces sont fabriquées à la main selon une tradition ancestrale. Des collaborations nombreuses avec des artistes verriers et contemporains sont régulièrement mises en place. www.daum.fr

Principales plantes du jardin
Hemerocalle Solidago Graminées Plantes herbacées

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