Mouvement des Jeunes Socialistes

2012, comment faire la révolution fiscale?
Formation

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Introduction
Après dix ans de politiques fiscales qui ont favorisé les classes aisées, nous nous devons de faire de 2012, le temps de la révolution fiscale. 2012 sera le moment de rompre avec des décennies de baisse d'impôt et de sape de l'impôt progressif au profit des impôts proportionnels. Mais quelle révolution fiscale prôneronsnous? Il faudra profondément changer notre système fiscal pour qu'il puisse à la fois nous donner les moyens de financer nos politiques publiques et nous permettre de tendre vers plus d'égalité dans notre société Nous devons engager cette réflexion au moyen de trois principes essentiels de notre corpus idéologique : l'égalité fiscale ("à revenu égal, impôt égal"), la progressivité de l’impôt (plus on gagne d'argent plus on est taxé en proportion de son revenu) et la démocratie. Sur ce dernier point nous devons rendre plus transparent l'impôt pour mieux le comprendre et mieux l'accepter et permettre un meilleur contrôle démocratique en augmentant les outils d'évaluation et de simulation des politiques fiscales. L'impôt est au cœur de notre système étatique. Parler de fiscalité c'est parler de nos choix de société. Tous les Français se posent des questions sur la fiscalité sans en connaître les tenants et les aboutissants c'est pourtant la clef des réformes de ce pays. C'est ainsi par l'impôt et les finances publiques que les choix de société sont faits en avantageant telle couche sociale ou telle pratique sociale. Les enjeux de ce kit de formation sont donc : comprendre l’organisation de notre système fiscal et son obsolescence, analyser les antagonismes politiques sur la fiscalité, et enfin apporter une solution concrète pour une réforme fiscale en 2012.

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I Comprendre l’impôt et la fiscalité
1°) Lexique des termes de la fiscalité Impôt Un impôt est un prélèvement obligatoire de l'Etat sur les revenus ou le patrimoine d'une personne physique ou morale. L'impôt est la source de financement principale de l'Etat. Ainsi, il sert donc à financer les dépenses publiques, à orienter l'économie en favorisant fiscalement certains secteurs, à modifier ou corriger certains comportements par des incitations fiscales ou des niches fiscales (pratiques écologiques…) et enfin à corriger les inégalités entre les différentes couches de la population. L'impôt est l'outil de la redistribution et de la justice sociale. Evasion fiscale Mythe de la droite sans grand fondement théorique, l'évasion fiscale est surtout un éventail qui sert à justifier les diminutions d'impôts pour les plus riches (bouclier fiscal, réduction de l'ISF…). Légalement parlant, l'évasion fiscale est une fraude fiscale et nous ne pouvons pas accepter que certains revenus ne contribuent pas à la solidarité générale. Les solutions pour lutter contre cette fraude fiscale sont multiples: la faire relever du pénal ou encore faire un impôt national (toute personne de nationalité française doit payer des impôts à la France). Quotient familial Avantage fiscal en fonction de la nature du ménage. Ainsi, le mariage et les familles nombreuses bénéficient d'avantages par rapport aux célibataires et aux couples non mariés. Revenu brut d’imposition Revenu à partir duquel on calcul l'impôt. Taux global d’imposition:
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Moyenne du pourcentage d'imposition sur l'entièreté d'un revenu. Taux marginal d’imposition: Taux d'imposition sur une certaine partie définie du revenu dans un système par tranche. Déciles/centiles Moyen de découper la population en dix ou cent groupes du même nombre d'individu selon leur richesse. Patrimoine Ensemble des propriétés mobilières (actions, comptes en banque…) et immobilières (biens physiques comme des terrains, des immeubles…) d'un individu ou d'un ménage. Valeur locative cadastrale Base de calcul des impôts locaux, elles n'ont pas été révisées depuis les années 60-70. Foyer fiscal Un foyer fiscal représente la base de calcul de l'impôt en France. Ainsi, les revenus et le patrimoine ne sont pas calculés en fonction d'un individu mais de son ménage (mari, femme, enfants) Assiette de prélèvements Montant à partir duquel on calcule un impôt. C'est l'ensemble des revenus ou du patrimoine que l'on prend en compte pour calculer cet impôt. Néo-libéralisme Doctrine économique et politique basée sur l'idée que seul le marché peut réguler l'économie et que l'Etat n'est nécessaire que pour assurer les conditions pour que le marché puisse fonctionner. C'est la doctrine dominante dans la

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pensée économique actuelle. Cette idéologie est totalement contraire à nos valeurs socialistes et empêche la réduction des inégalités dans le monde. Déficit public Solde négatif annuel entre les dépenses et les recettes de l'Etat, calculé en pourcentage du PIB. Ce déficit public entraine des emprunts pour financer les politiques publiques. Dette publique Calculée en pourcentage du PIB, elle est l'agrégat des emprunts que la France a contractés et doit donc rembourser dans un laps de temps indéfini. PIB Le Produit Intérieur Brut est un indicateur économique qui mesure la création annuelle de richesses dans un Etat. Ce calcul comprend la consommation, les dépenses publiques, l'investissement privé et le solde de la balance commerciale (les exportations moins les importations). RGPP La Révision Générale des Politiques Publiques est la politique de rationalisation de l'Etat engagée par le gouvernement Fillon en 2007. Son principe conducteur est le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonctio n publique; c’est-à-dire la réduction des effectifs de l'Etat. Nous ne remettons pas en cause la nécessité de réformer la fonction publique pour un meilleur service à l'usager et une meilleure répartition territoriale. Mais cette politique va dans le sens de la réduction de l'Etat et de la sape du service publique. 2°) Concepts économiques et fiscaux Le budget de l’Etat : Le budget de l'Etat est l'ensemble des dépenses et des recettes de la France sur une année donnée. Il s'élève à 457 milliards d'euros en termes de
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dépenses pour l'année 2010. Les recettes, détaillées ci-dessous sont de 308 milliards d'euros. Par conséquent, le déficit qui correspond à la somme empruntée par l'Etat s'élève à 149 milliards d'euros, soit 34% du budget ou 7,7% du PIB. L'exécution et l'élaboration de ce budget est établi chaque année dans une Loi de Finance dont l'organisation est codifiée par la Loi Organique relative aux Lois de Finance (LOLF) du 1er août 2001. Il ne faut pas confondre le budget de l'Etat avec les comptes sociaux (budget de la sécurité sociale…) qui s'élèvent à plus de 600 milliards d'euros. Ces comptes sociaux sont financés par les cotisations sociales, la CSG et la CRDS.

Recettes totales de l'Etat (308 mds)

Autres recettes non fiscales (54 mds)

Impôt progressif: L'Impôt progressif est un impôt dont la proportion du revenu versée en impôts par le citoyen augmente avec son revenu. En effet, plus les revenus augmentent moins ils sont dépensés en biens de consommation pour pouvoir
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vivre correctement. L'argent qu'il reste est consacré à l'épargne. L'impôt sert donc à réallouer cet argent qui aurait été épargné de façon plus utile et plus efficace pour l'intérêt général.

Cette progressivité est la clef de la justice sociale. Principe fondateur de notre fiscalité, elle a été théorisée dans l'article 13 de la Déclaration d es Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789: " Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés. " Et répond au principe que chacun contribue selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins. Le contraire de l'impôt progressif est l'impôt dégressif (ou régressif). Pour l'anecdote, un canton suisse a déjà accepté un tel impôt par votation citoyenne…

Impôt proportionnel:

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Un impôt proportionnel ou Flat tax en anglais est un impôt dont la proportion du revenu versée en impôt est la même pour tous. Sous ses faux d'airs de système égalitaire, l'impôt proportionnel pose un sérieux problème de justice sociale. C'est le système idéal des néo-libéraux et de ses avocats de la fin de l'Etat. Seul exemple: payer 15% de son revenu en impôt n'a pas la même incidence dans la vie d'un smicard et de Liliane Betancourt.

Impôt par tranche: Le système par tranches est basé sur un calcul par taux marginaux. Des taux différents sont appliqués selon la partie des revenus concernée. Ce système de calcul est difficilement compris par les français et il est ardu de connaître directement le taux global auquel ses revenus sont imposés. Pour calculer le montant de l'impôt avec un système par tranches, on applique à chaque tranche du revenu un taux particulier (sections horizontales de la courbe bleue). On ajoute ensuite ces différentes parties de l'impôt pour obtenir son montant final. Le calcul du taux global s'obtient par la formule suivante: [(contenu de la tranche 1)*(taux de la tranche 1)+(contenu de la tranche 2)*(taux de la tranche 2)+…]/(revenu global imposable). Cet impôt lie toutes les catégories de contribuables ensemble. Dès lors que l'on augmente ou l'on baisse un taux marginal tous les contribuables qui ont une fraction de leur revenu dans cette tranche sont concernées. Les augmentations

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d'impôts ciblées sur les plus hauts revenus ne peuvent donc se faire qu'à la marge sur la dernière tranche.

Impôt à taux réel Pour calculer le montant de l'impôt avec un système à taux réel, il suffit de repérer sur la courbe quel taux d'imposition correspond à son revenu. On applique ensuite ce taux à ce dernier pour calculer le montant de l'impôt à payer. Le taux global d'imposition est directement visible dans le calcul. Les avantages de ce système sont nombreux: la simplicité, l'impératif démocratique de transparence et une plus grande efficacité de l'outil fiscal. En effet sur le dernier point, il est plus facile de cibler des modifications de taux d'imposition sur des groupes définis. Il suffit de modifier le dessin de la courbe sur les groupes visés.

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Petite idée d'exercice à partir du graphique suivant: s'amuser à calculer les taux d'impostion de différents revenus avec la courbe.

3°) Une petite chronologie de l'impôt XIXe siècle: Avant le système fiscal que l'on connaît, un système fiscal sur quatre piliers, "les quatre vieilles" mis en place par la Révolution. Ces quatre vieilles sont la contribution foncière (sur les terrains), la contribution mobilière (sur les revenus non tirés du commerce ou de la terre), la patente (selon la profession) et l’impôt sur les portes et les fenêtres (peut-être l'un des premiers impôts progressifs) Les premiers débats sur l'impôt sur le revenu interviennent dès le début de la IIIe République. Mais à chaque fois les propositions de loi sont rejetées par la droite par peur de l'évasion fiscale et de baisse de la compétitivité du pays. 15 juillet 1914 : Adoption de l'IGR (Impôt général sur le Revenu), conforme au projet de loi de Joseph Caillaux, ministre des finances, de 1907. Cet impôt est progressif et par tranches. 1936-1941 : Le Front populaire transforme l'imposition par tranche en imposition par taux réels. 1954: Création de la TVA

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1982: Création de l'IGF (Impôt sur les Grandes Fortunes), prédécesseur de l’ISF, sous le gouvernement Mauroy. 1987: Suppression de l'IGF par le gouvernement Chirac. 1989: Création de l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), sous le gouvernement Rocard. 1990: Création de la CSG, sous le gouvernement Rocard 1995: Création de la CRDS, sous le gouvernement Juppé 2007: Instauration du Bouclier fiscal, sous le gouvernement Sarkozy/Fillon

Pour aller plus loin: http://fiscafrance.free.fr/.
4°) Le système fiscal français aujourd'hui: A) Etat général Le système fiscal français est hautement complexe. En effet, il existe de multiples possibilités de baisser son revenu brut d'imposition entre les niches fiscales, les réductions fiscales et le dédale du quotient familial. Les contribuables les plus riches ont à leur disposition des fiscalistes spécialisés dans les stratégies de baisse de l'impôt. Par conséquent, tout le monde n'est pas égal face à l'impôt. A revenu égal, on ne paye pas forcement la même chose si on applique une stratégie fiscale qui minimise l’impôt. Si l’on suit la démonstration de Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez dans Pour une révolution fiscale, on remarque que la fiscalité française est régressive, en tous cas la progressivité de cette dernière est remise constamment en cause par la droite.

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Pour illustrer cela, quelques chiffres. La moyenne générale du taux global d'imposition (tous impôts et cotisations confondus) s’élève à 47% du revenu brut. En détaillant, elle est de 40% pour le premier décile (les plus pauvres) et se maintient vers les 50% jusqu'au 95e centile. Mais cette tendance s’inverse pour les plus hauts revenus. La fiscalité devient très régressive à partir du 99e centile (à partir de 14 000€ par mois). Ainsi, le taux global d’imposition passe à moins de 40% à partir de 63 000€ par mois et chute vers les 32% pour les plus riches (plus du million d’euro de revenus mensuels). L’impôt assure donc de moins en moins la justice sociale et la redistribution des revenus. Il n’est plus progressif. Il participe à l’augmentation drastique des inégalités. Nous sommes quasiment revenus à un niveau de partage des richesses et des revenus digne de celui de la Belle Epoque ; époque de notre histoire où les inégalités ont été les plus élevées.

Pour aller plus loin, lire : LANDAIS Camille, PIKETTY Thomas, SAEZ Emmanuel, Pour une révolution fiscale, Seuil, Paris, 2011
B) Tableau de la fiscalité nationale

L’Impôt sur le Revenu (IR) est un impôt direct progressif sur les revenus. C’est un système composé de 5 tranches (5 intervalles de revenus) qui calcule l’impôt selon des taux marginaux (de 0 à 41% selon les tranches). Un système par parts
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incluant des quotients familiaux et conjugaux permet des avantages en fonction de la structure du foyer fiscal concerné. Son assiette englobe environ 20% des revenus nationaux. Cet impôt représente 20,5% des recettes fiscales de l'Etat soit 52,1 milliards d’euros en 2010. L’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) est un impôt direct progressif sur la fortune payé par des personnes au patrimoine de plus de 1 300 000€ (sachant le patrimoine moyen pour les Français est de 182 000€) depuis la réforme de l’été 2011. En 2010, au moment où son plancher était de 800 000€, l’ISF concernait 562 000 foyers soit 1,5% des foyers fiscaux français. L’ISF r apporte 4,46 milliards d’euros en 2010 soit 1,75% des recettes fiscales de l’Etat La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est un impôt indirect sur la consommation elle est seulement payée par le consommateur final du produit. C’est un impôt proportionnel à trois taux: le taux normal de19,6% pour la plupart des produits et les taux réduits de 5,5% (pour les produits de première nécessité, les livres, le savon…) et de 2,1% (pour les médicaments remboursés et la presse). La TVA rapporte 130,6 milliards d'euros en 2010. C’est la plus forte source de financement des politiques publiques soit 51,3% de la recette fiscale globale. L’Impôt sur les Sociétés (IS) est un impôt sur l’excédent brut d’exploitation des entreprises sont taux légal est de 33% mais entreprises du CAC 40 ne payent qu’en moyenne 8%. Seul un tiers des entreprises françaises est assujetti au payement de cet impôt. Représentant 17,4% des recettes fiscales de l’Etat, l’IS est la troisième source de recettes fiscales pour l’Etat et dégage 44,3 milliards d’euros. La Taxe sur l’importation des produits pétroliers est une taxe sur l’essence et les différents produits pétroliers. Elle rapporte à l’Etat 15 milliards d’euros. C) Impôts affectés aux comptes sociaux

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La Contribution Sociale Généralisée (CSG) a été créée en 1990 par le Gouvernement Rocard en vue d'imposer un plus grand nombre de revenus pour financer la sécurité sociale. C’est une contribution proportionnelle dont les taux varient selon le revenu imposé. Ils sont en moyenne de 8%. La CSG rapporte en 2010, 94 milliards d'euros, soit quasiment deux fois plus que l'IR. Mais ce revenu n’est pas compté dans les recettes fiscales de l’Etat puisqu’ell es vont directement à la Sécurité Sociale, c’est-à-dire aux comptes sociaux. La Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) a été créée en 1995 par le gouvernement Juppé sur le même modèle que la CSG pour financer la caisse d'amortissement de la dette sociale. Avec un taux de 0,5% sur une assiette large de revenus elle rapporte environ 15 milliards d'euros aux comptes sociaux.

D) Tableau de la fiscalité locale Financer les collectivités territoriales : La décentralisation est une valeur constitutionnelle de notre pays (article 1er de la constitution de 1958). Pour assurer cette décentralisation les collectivités locales ont la compétence de lever et percevoir des impôts locaux. Les différentes collectivités locales sont financées de deux façons: d’une part par une Dotation Globale de financement (DGF) qui est versée par l’Etat à la collectivité. L’ensemble des DGF représentait 38 milliards d’euros en 2006. D’autre part, les collectivités sont financées par des ressources propres issues de la fiscalité locale. Ombre au tableau, la réforme des collectivités territoriales de 2009 tend à augmenter la part de financement des collectivités territoriales via la DGF au détriment des ressources propres. Cela nous pose deux problèmes. L’autonomie des collectivités territoriales dans leur financement est menacée, ce qui fait que la réforme des collectivités territoriales ressemble fortement à un acte de recentralisation. De plus, l’Etat met sous pression financière les collectivités territoriales en leur déléguant de plus en plus de pouvoirs sans pour autant opérer les transferts financiers suffisants.
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La Taxe Professionnelle (TP) représentait 50% des ressources des collectivités territoriales avant la réforme de 2010. Payée par les entreprises, elle était calculée en grande partie sur la valeur locative de l’immobilier et une partie des recettes seulement pour quelques professions. La TP est remplacée en 2010 par la Contribution Economique Territoriale composée de : la cotisation foncière des entreprises (CFE) assise sur les bases foncières et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) assise sur la valeur ajoutée . Mais cette réforme de la fiscalité locale n’é pour effet que de diminuer cette contribution des entreprises envers les collectivités territoriales. La Taxe Foncière (TF) est un impôt local direct payé par les propriétaires sur le bâti et le non-bâti. La TF est calculée selon un taux voté par les collectivités territoriales et la valeur locative cadastrale du bien sujet à l’imposition. Cet impôt rapporte environ 23 milliards d’euros aux collectivités. La Taxe d'Habitation (TH) est payée tous les ans par les personnes disposant d’un bien immobilier au 1er janvier de l’année fiscale. Elle est calculée sur le même modèle que la taxe foncière. Elle rapporte environ 13,3 milliards d’euros aux collectivités territoriales.

II La droite et l'impôt
1°) Une relation de défiance "millénaire" Il est intéressant d’analyser les discours de la droite sur l’impôt pour pouvoir les combattre plus fortement. Ce qui est assez cocasse c’est que les mêmes discours ont toujours été proférés contre l'impôt. Ainsi, quelques petits exemples datant du vote de l'impôt sur le revenu permettent de démontrer que les arguments de la droite se sont souvent révélés économiquement faux. Au début du XXe siècle, les opposants à l'impôt sur le revenu voient en lui une réincarnation de l'Ancien Régime, un retour à l'inquisition fiscale de l'administration. C’est l’"immoralité écrite en loi" selon Thiers. D'après la droite, le
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projet d'impôt sur le revenu s'oppose aux principes d'égalité et de liberté de l'individu qui garantissent son anonymat par rapport au fisc. Mais c'est surtout le principe de la progressivité de l'impôt qui est condamné parce qu'il serait contraire au principe de l'égalité des citoyens. La progressivité pénaliserait les riches. Il est l'instrument de la révolution sociale, "un instrument admirable de confiscation et de nivellement des fortunes" selon Méline (Président du Conseil en 1896). Enfin, l'impôt sur le revenu est déjà vu comme néfaste pour l'économie. Surtaxant les riches, il stérilise le capital et arrête le moteur de l'économie au contraire d'une fiscalité fixe et non progressive encourageant l'épargne et stimulant l'esprit d'entreprise. 2°) Les réformes fiscales entre 2002 et 2010 et leur conséquences La baisse massive des prélèvements obligatoires et des impôts a été une promesse de campagne commune à Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ces promesses classiques de campagne sont motivées par la croyance en une théorie économique néo-libérale qui a fait du mal aux pays qui l'ont appliquée durant les gouvernements Thatcher (79-92) au Royaume-Uni et Reagan (80-88) aux EtatsUnis : la théorie du ruissellement. Dans le cadre de cette théorie d'économie politique, la meilleure façon d'aider les pauvres c'est d'aider les riches puisque plus les riches sont riches plus ils le font bénéficier à la société. L'argent et ses bénéfices ruissellent du haut vers le bas de la société. Il faut par ailleurs exprimer les limites de cette théorie. Dans tous les cas où elle a été appliquée, les déficits se sont creusés, la dette s'est envolée et les inégalités n'ont jamais été aussi élevées. On peut donc être sûr de son invalidité. La droite a fait doubler la dette en 10 ans de gouvernements. Entre 2002 et 2007, la droite a observé un strict non-respect des règles budgétaires imposées par l'UE et tant défendues par la droite. Les budgets ont toujours été présentés avec un déficit de plus de 3% et la dette publique a toujours été supérieure à 60%. Sur les trois dernières années (2008-2011) même si la crise n'est pas pour
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rien dans l'augmentation de la dette. La Cour des Comptes a démontré que deux tiers du creusement de la dette est dû à la politique fiscale de Nicolas Sarkozy. Ce que l'on peut remarquer en général est que la gauche gère mieux les comptes de l'Etat que la droite. Simple exemple sur le déficit, le gouvernement Jospin l'avait ramené à 1,5% du PIB et Martine Aubry a réussi à ramener les comptes sociaux dans le vert entre 1998 et 2001.

(Choisir quel graphique est le plus utile pour la formation)

On peut également rajouter que la droite a une fâcheuse tendance à ne pas compenser les nouvelles niche fiscales ou sociales par de nouvelles recettes; d'où les déficits de l'Etat ou de la Sécurité Sociale. Cette fâcheuse tendance se traduit par des cadeaux fiscaux qui coûtent très cher: baisse de la TVA sur la restauration (3 milliards d'euros), crédit d'impôt
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sur les intérêts d'emprunt immobiliers (1,5 milliard d'euros), défiscalisation des heures supplémentaires (4,1 milliards d'euros en allègement de cotisations sociales donc en moins pour le système social), bouclier fiscal (600 millions d'euros), diminution des droits de succession et donations (2 milliards d'euros) … Pour quand même compenser ces dépenses nouvelles, la droite augmente les prélèvements obligatoires. Ainsi, en plus de réduire la taille de notre Etat par les privatisations et la RGPP, la droite fait peser de plus en plus le financement de l'Etat sur les foyers modestes en augmentant les taxes et impôts proportionnels au détriment des impôts progressifs.

Pour le détail du cas particulier de la loi TEPA et du BF, lire : MUET PierreAlain, Abroger le bouclier fiscal, Note 57 de la Fondation Jean Jaurès, 10 juin 2010.

Pour aller plus loin dans l'analyse des politiques fiscales de la droite entre 2002 et 2010, lire la première partie de MUET Pierre-Alain, Un impôt citoyen pour une société plus juste, Fondation Jean Jaurès, Paris, 2009 Pour encore plus d'analyse sur les finances publiques:
http://bercy.blog.lemonde.fr/ 3°) Suppression du fiscal et diminution de l'ISF en 2011 La dernière réforme fiscale issue de la loi de finance correctrice de juillet 2011 a fait beaucoup de bruit en supprimant le bouclier fiscal. On pourrait croire que de facto les comptes de l'Etat se voient augmentés de 600 millions d'euros. Cependant, la réforme de l'ISF inclue dans cette loi compense pour les anciens bénéficiaires du BF, la perte d'avantage fiscaux. Ainsi, le plancher de l'ISF se voit relevé de 800 000 à 1,3 millions d'euros, ce qui exonère plus de 280 000 foyers fiscaux de cet impôt. Le gouvernement a

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fait passer le nombre de tranches de 7 (qui s'échelonnaient de 0,55% à 1,80%) à 2 (0,25% et 0,5%). La progressivité de cet impôt est donc remise en question. Le bilan de cette réforme fiscal est une perte pour l'Etat estimée entre 900 millions et 2,3 milliards d'euros.

Pour plus de détails: http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/04/19/reforme-de-lisf-uncadeau-fiscal-aux-plus-riches/ Peut-être le seul point positif de cette réforme, l'introduction d'une exit tax pour enrayer l'évasion fiscale. Les dispositions de cet instrument ne seront pas efficace, mais il est plutôt positif d'introduire un tel dispositif dans notre droit fiscal. 4°) Orientations de l'UMP pour 2012 Le projet fiscal de la droite pour 2012 prévoit de renforcer les plafonds de déduction fiscale ISF/PME et Madelin. Si le projet de la droite évoque un rééquilibrage de l’impôt sur les sociétés pour les PME, on n’y croit guère, de la part d’un parti si lié aux grands groupes qui profitent aujourd’hui largement des exonérations et autres ristournes fiscales. Plus généralement, l’UMP se « lâcherait » sur le plan fiscal ! Au programme, une bonne dose de démagogie avec un impôt fléché pour une partie, un impôt minimal assez insolent pour le parti qui a créé le bouclier fiscal pour les plus riches, et surtout une menace énorme pour la protection sociale. En effet, l’UMP propose de remplacer les cotisations sociales par une soi-disant « TVA antidélocalisation », un impôt particulièrement injuste car non-progressif.

III 2012, le temps de la réforme: la révolution fiscale
1°) Les propositions des économistes et du PS

Pour aller plus loin et simuler une réforme fiscale : http://www1.revolutionfiscale.fr/
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Pour les propositions de fiscalité du PS, lire MUET Pierre-Alain, Une fiscalité au service d'une croissance durable, Fondation Jean Jaurès, Paris, 2009
2°) Les propositions du MJS Nous, Jeunes Socialistes, ne voulons plus d’une politique fiscale qui fait reculer la justice sociale. Cette politique est dans les faits du clientélisme fiscal qui pénalise l’emploi et qui menace le financement de la solidarité nationale. Au contraire, nous voulons engager une réforme fiscale globale qui repose sur les quatre grands principes suivants : rendre notre système fiscal plus juste et plus équitable, mettre l’outil fiscal au service de la croissance et de l’emploi, insérer une fiscalité écologique dans cette démarche globale et enfin être responsable face à l’ampleur du déficit et de l’endettement afin d’assurer et de conforter le financement de nos politiques de solidarité nationale. Pour ce faire, nous prônons deux orientations complémentaires entre elles: la simplification de notre système fiscal et privilégier une large assiette d’imposition pour pouvoir jouer de manière plus fine sur les taux d’impositions.

a) Un grand impôt citoyen sur le revenu
Pour mener la réforme de l'impôt sur le revenu et de la CSG, n ous réduirons tout d'abord les dépenses fiscales (les niches fiscales qui s'élèvent à 71,6Mds€) qui ne produisent pas d’effets vertueux sur les créations d’emplois (comme par exemple les 3Mds€ pour la TVA sur la restauration), et qui n’ont aucune effet incitatif, permettant seulement aux ménages les plus riches de faire de l’optimisation fiscale. Ciblée sur les niches dites d’optimisation fiscale, la réduction de la dépense fiscale pourrait dégager 29Mds€. C’est sur la base de cette remise à plat que nous construirons le grand Impôt citoyen fusionnant l’IRPP et la CSG. Ce nouvel impôt citoyen sera individualisé, pour établir une véritable égalité fiscale entre hommes et femmes et entre les différentes formes de vies à deux, et prélevé à la source, pour assurer
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sa transparence et l'adaptation aux variations du revenu. Un système efficace d’imposition très progressif devra être établi pour ce nouvel impôt citoyen, à l’opposé de leur réduction considérable depuis 10 ans. Avec 10 tranches progressives ou avec un système à taux réel d'imposition très progressif, nous pourrons ainsi dégager 16Mds€ de recettes supplémentaires, sans augmenter les prélèvements sur les 9 premiers déciles de l’échelle des revenus en France : jusqu’à 4500€ de revenus mensuels déclarés, les salariés ne verront pas leur contribution globale augmenter.

b) Lutter contre la reproduction sociale
La réforme de nos finances publiques doit permettre une meilleure lutte contre la reproduction sociale. La seule réduction des droits de succession en 2007 coûte depuis 2,3Mds€ par an, alors qu’elle ne profite qu’aux ménages les plus riches (avant 2007, 90% des transmissions entre époux, et 80% des transmissions en ligne directe étaient déjà exonérées des droits de succession). La création d’un nouvel Impôt Général du Patrimoine (sur la transmission et la détention), avec une assiette large annulant les effets des exonérations actuelles, et plusieurs tranches pour assurer sa progressivité, permettrait de dégager de nouveaux rendements sur la base des critères suivants : - Transmission : franchise de base de 40 000€ et abattement sur la résidence principale de 400 000€, puis tranches d’imposition allant de 5 à 40% ; - Détention : franchise de base de 500 000€, et abattement de 400 000€ sur la résidence principale. Ainsi, 15Mds€ de nouveaux rendements seraient dégagés, sans imposer de nouveaux prélèvements à 90% des ménages. Enfin, dans la perspective de la mise en place d’une allocation autonomie pour les jeunes en formation, la suppression du quotient familial pour les jeunes de plus de 18 ans inclus dans le foyer fiscal de leurs parents représentera 1,66Mds€.

c) Une TVA sociale et écologique

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La TVA, en tant qu'impôt proportionnel, est l'impôt le plus injuste de notre système fiscal. Nous proposons d'établir une forme de progressivité selon le type de produit acheté. Il faut créer une TVA différencié à la nature de la dépense. Ainsi, les produits de première nécessité seront exonérés ou soumis au taux réduit de 2,1%. Les dépenses courantes seront soumises au taux modéré (2,1% ou 5,5%). Les dépenses de confort seront soumises à un taux plus important de 33%. Enfin nous soumettrons les dépenses de luxe ostentatoire à un taux très élevé de 49%. Il faudra également prendre en compte dans le calcul de cette nouvelle TVA les composantes sociales et écologiques. Ainsi nous devront considérer les externalités négatives issues de la production. C’est-à-dire, sur le plan social: se concentrer sur la provenance du produit et le respect des droits sociaux et sanctionner par la nouvelle TVA les produits qui ne sont pas « socialement responsables »; et sur le plan écologique: tenir compte de l’empreinte écologique globale du produit

d) Une fiscalité progressive des entreprises
La justice fiscale doit également être réinstaurée dans le dom aine de la fiscalité des entreprises. Pour cela nous voulons créer un impôt progressif sur les sociétés en fonction de leur nombre de salariés, de leur politique salariale et leurs pratiques en termes de respect de l'environnement. Au-delà de cette modulation du barème de l’impôt sur les sociétés, une réévaluation des niches sociales (35,5Mds€) et des exonérations de cotisations sociales (27,5Mds€) doit permettre de dégager de nouveaux moyens, notamment pour la Sécurité sociale. Notre politique fiscale pour les entreprises doit inverser la tendance actuelle, où les entreprises du CAC 40 bénéficient ne s’acquittent que d’un taux de 8% de l’Impôt sur les sociétés, quand il est de 22% en moyenne pour les TPE et PME qui sont créatrices d’emplois. La baisse du seuil de sortie des exonérations générales à 1,4 SMIC au li eu de 1,6 SMIC rapporterait 5Mds€, et permettrait de lancer une première évaluation pratique d’un dispositif qui prive l’Etat de recettes importantes sans efficacité avérée sur l’emploi.

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Diverses mesures de réduction des niches sociales dont l’efficacité est la moins avérée (sur les indemnités de rupture de contrat, les retraites chapeau, etc.) peuvent rapporter 10Mds€ de recettes supplémentaires (Cour des comptes 2010). Enfin nous défendons l’institution d’une contribution climat énergie universelle assise sur les modes de production, de transport et consommation énergétique des entreprises dont le produit sera reversé aux plus vertueuses d’entre elles, ce afin de favoriser les comportements éco-responsables.

e) Pour une fiscalité locale juste
La fiscalité locale est un élément important de notre révolution fiscale, dans le cadre d'une réforme territoriale plus large. C'est un système obsolète, opaque et injuste dont les différentes bases de calcul n’ont pas été révisées depuis 1970. La suppression de la taxe professionnelle a conduit à une diminution des ressources des collectivités territoriales de plus de 7 milliards d’euros et leur autonomie fiscale et budgétaire s’en est vue menacée. Il faut revoir les valeurs locatives cadastrales de la taxe d'habitation et de la taxe foncière. Réindexées chaque année sur des bases de calcul qui datent de 1960 pour le non-bâti et de 1970 pour le bâti, elles sont aberrantes: il est courant qu'à taux d’imposition et surface égale, la taxe d’habitation d’un appartement de centre-ville soit moitié moins élevée que celle d’un HLM en périphérie. En 2012, nous devons revoir ces VLC au niveau national au moyen d’une concertation tripartite (Etat, particuliers, professionnels) et inscrire dans le Code Général des Impôts l’obligation d’engager de telles révisions générales tous les cinq ans. De la même manière, la prise en compte, à hauteur de 50% des revenus du contribuable dans le calcul de la base des taxes foncière et d’habitation renforcera le caractère juste et progressif de l'impôt local. Une Contribution Economique Territoriale (CET) plus efficace. Même si l’imposition de la valeur ajoutée des entreprises est une avancée, cette réforme a durement pesé sur les finances locales. Son barème est trop favorable aux grandes entreprises et a substantiellement augmenté la pression fiscale sur les TPE et les PME. Relevons le plafond de la CET et renforçons la progressivité de la
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part sur la valeur ajoutée en étendant la progressivité au -delà de 50 millions d’euros. Les collectivités pourraient utiliser ce levier pour favoriser les entreprises qui participent au développement territorial. La fiscalité locale doit réaffirmer le principe d’autonomie des collectivités territoriales et par là même le principe de décentralisation et prendre en compte de nouveaux mécanismes de lissage des inégalités territoriales ; de nouveaux mécanismes de péréquation à la fois horizontale mais aussi verticale entre les collectivités. La règle de n’avoir aucune collectivité territoriale avec des ressources financières en dessous de 80% ou au-dessus de 120% de la moyenne par habitant de la même catégorie de collectivité doit être inscrite dans le code des collectivités territoriales. Le bloc communal est mieux doté en matière d’impôt que les régions: nous devons doter chaque échelon d’une capacité fiscale à la hauteur de ses compétences.

Pour aller plus loin:
   http://www.performance-publique.gouv.fr pour les outils d’évaluations des politiques publiques et fiscales françaises http://www.minefi.gouv.fr Ministère des Finances www.budget.gouv.fr Ministère du Budget

Fondation Jean Jaurès: http://www.jean-jaures.org/
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