Espèces

Migratrices

les actifs biologiques, culturels et économiques des Amériques

© WWF-Cannon / Jürgen FREUND

Les espèces migratrices parcourent même des milliers de kilomètres dans un cycle qui garantit leur survie.

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© WWF-Cannon / Carlos DREWS

Espèces

Migratrices
On pense qu’elles ont une horloge biologique et qu’elles sont bonnes géographes parce qu’elles reconnaissent des rivières, des montagnes et des villes, et de certaines on dit même qu’elles sont de grands astronomes car elles se guident au moyen du soleil, des étoiles et même par le champs magnétique de la Terre; d’autres reconnaissent des odeurs chimiques et les courants marins. Ce qui est une réalité c’est que toutes les années, des millions d’espèces migratrices parcourent d’énormes distances que ce soit à travers l’eau, la terre ou l’air, tout le long du continent américain et au delà à la recherche de meilleures conditions climatiques, d’aliments plus abondants ou d’un milieu adéquat pour se reproduire, ce qui en général coïncide avec l’époque la plus chaude. Dans cette odyssée, non exempte de grands défis, certaines des espèces voyagent jusqu’à 32,000 km aller-retour. Cela se passe ainsi avec des espèces de baleines, des chauves-souris, des oiseaux, des poissons, des tortues marines et même des insectes tel le papillon monarque. La plupart fuit de l’hiver de l’Amérique du Nord pour chercher des aliments dans le sud du continent, et ensuite retourne à ses champs d’alimentation dans le nord, quand le printemps fait pousser à nouveau l’aliment si précieux. Mais il y a aussi les

les actifs biologiques, culturels et économiques des Amériques
migrations qui se réalisent de l’est à l’ouest du continent et vice-versa, depuis les zones continentales aux zones côtières, le long des rivières et des torrents, et d’autres de type altitudinal, c’est à dire du haut en bas des montagnes, comme c’est le cas du quetzal, qui à une certaine époque de l’année migre vers des terres basses pour chercher son aliment. Des espèces si petites que le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris), qui ne mesure que 10 cm, vole sans repos durant 26 heures du Canada et des États Unis jusqu’à l’Amérique Centrale à une vitesse de 45 km/h pour faire une traversée de 1,050 km dans laquelle, il traverse même le Golfe du Mexique. Si la paruline rayée (Dendroica striata), de seulement 13 cm, au lieu de brûler sa graisse brûlait de l’essence, elle ferait 1,152,000 km/gallon. Les habitudes de beaucoup de ses admirables voyageurs arrivent même à concurrencer avec l’aviation commerciale, non pas en temps, mais en hauteur. Par exemple, le buse de Swainson, qui dans son voyage de l’Amérique du Nord au Cône sud migre uniquement dans la journée pour profiter des courants d’air chaud pour s’impulser, peut atteindre des hauteurs qui dépassent les 6,000 m et il parcourt des distances de même 60 km sans perdre cette altitude. Il voyage un total de 10,000 km en peu moins de deux mois. La tortue Luth (Dermochelys coriacea) n’est pas seulement une des tortues marines les plus surprenantes de par sa taille, car sa carapace peut atteindre 1,8 m et elle peut peser jusqu’à 400 kg, mais aussi parce qu’elle parcourt les distances les plus amples jamais enregistrées chez les reptiles, parcours qu’elle réalise depuis les endroits où elle s’alimente jusqu’à la plage où elle est née, pour y pondre. Par exemple, une femelle qui a pondu en juin 2005 sur la plage Samsambo au Surinam, a voyagé à travers l’océan Atlantique, a visité les côtes de l’Afrique et de l’Europe pour réaliser un parcours de 14,500 km, avant de commencer son retour au Surinam. Et la migration individuelle la plus longue connue d’un mammifère a été celle d’une baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), regardée initialement dans la Péninsule Antarctique et ensuite dans la Péninsule de Santa Elena, au Costa Rica, pour un parcours total de 11,500 km.

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© Merlin D. TUTTLE / Bat Conservation International

Espèces

bénéfiques
Dans notre continent, depuis l’Arctique jusqu’à l’Antarctique, les espèces migratrices sont des ressources écologiques et économiques vitales, partagées par les pays et les habitants de l’hémisphère occidental. Ce sont des sources de nourriture, des moyens de vie et de récréation et ont une valeur biologique, culturelle et économique importante pour la société.

Comme il arrive avec grand nombre d’espèces d’oiseaux qui migrent, le buse de Swainson (Buteo swainsoni), appelé aussi busard mangeur de sauterelles ou busard mangeur de criquet, s’alimente aussi d’animaux nuisibles pour l’agriculture, et malgré cela, il est chassé dans beaucoup de pays et il souffre de l’application de pesticides dans les champs ouverts au sud du continent, où se concentre grand nombre de populations de cette espèce. Il existe presque 200 espèces d’oiseaux migrateurs néo tropicaux qui se reproduisent en Amérique du nord durant l’été et qui voyagent en hiver au Mexique, en Amérique Centrale et dans les îles des Caraïbes, où ils s’alimentent surtout du nectar, et provoquent la pollinisation de centaines de plantes qui servent d’aliment, de médicament ou de décoration aux américains. Pour cela, protéger les espèces migratrices n’aide pas seulement à leur survie, mais aide aussi à l’équilibre des chaînes alimentaires et, avec cela, au bon fonctionnement des écosystèmes et des services que ces espèces environnementales naturelles offrent à d’autres espèces et à l’être humain.
Carte de migration du buse de Swainson Carte crée par eNature/NWF

Par opposition à leur apparence et aux mythes qui les entourent, les chauvessouris offrent de grands bénéfices à l’être humain.

Clés dans la
Le buse de Swainson s’alimente d’animaux nuisibles pour l’agriculture tout le long de sa route de migration.

nature

© Fort Photo

Les chauves-souris sont un exemple de valeur biologique des migrations. Malgré leur aspect et les mythes qui les entourent, elles remplissent une fonction clé dans les écosystèmes. Elles ne dispersent pas seulement les graines d’une grande variété d’espèces, arrivant ainsi à maintenir et à récupérer les forêts et aidant aussi beaucoup de plantes à survivre même dans des écosystèmes arides, mais elles sont aussi des contrôleurs importants des fléaux des cultures. La chauve-souris tadarida du Brésil (Tadarida brasiliensis), qui vit au Mexique durant l’hiver et aux Etats Unis en été, s’alimente par exemple, de poulettes qui attaquent le maïs, le coton et d’autres cultures à grande importance économique. Une colonie protégée de cent mille de ces chauves-souris peut consommer jusqu’à une tonne d’insectes par nuit.

Le b

Été (reproduction) Hiver (non reproduction) Migration

use de S nso wai n

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Conservation internationale de papillons.
En 1986 a été créée la Réserve de Biosphère du papillon Monarque dans la zone d’hibernation du papillon, au Mexique, mais l’abattage illégal a mis en risque cet important habitat. En 2000 les limites de la réserve ont été agrandis de 16,100 hectares à un peu plus de 56,000 et on a créé le fonds de conservation de la Monarque, un schéma financier administré qui offre l’appui économique aux communautés en compensation par la perte de leurs revenus à cause des activités à court terme, ainsi que pour leurs projets de conservation. On réalise aussi des recherches scientifiques, éducation et restauration et protection de l’habitat. Ceci a permis au papillon monarque de se transformer en un symbole d’identité et de surveillance pour les communautés mexicaines situées dans les alentours de l’habitat du papillon et qui les transforme en ses alliés principaux.

Symboles des

cultures locales

Beaucoup d’espèces migratrices ont une valeur culturelle importante pour les populations locales dans le continent, et représentent même un symbole de leur identité. C’est le cas du papillon monarque (Danaus plexippus), originaire du nord des États Unis et du sud du Canada, elle offre l’un des spectacles migratoires les plus impressionnants quand quelques 120 millions de ces exemplaires voyagent environ 5.000 km chaque automne jusqu’à dans les montagnes aux bois de pins, de chênes verts et de sapin d’oyamel, entre les limites des états de Michoacán et de Mexico, pour passer l’hiver nordique. Grâce à ce spectacle unique, l’économie locale est fleurissante avec de multiples services touristiques qui sont offerts à plus de 250.000 visiteurs qui arrivent à la région pour y regarder ce phénomène naturel. Le sterne pierregarin (Sterna hirundo) est une espèce symbole de Samboronbón, dans

la Terre du Feu en Argentine. Un programme d’éducation environnementale avec des écoliers de cette région de l’Argentine, les fait s’identifier avec l’espèce, qui voyage depuis l’Amérique du Nord et leur permet de participer à des activités de baguage des oiseaux conjointement avec les scientifiques, dans le nettoyage des plages et la participation à des concours artistiques pour connaître et créer une conscience sur l’importance de la conservation des oiseaux migrateurs comme le sterne. On réalise aussi des échanges culturels avec des écoles d’autres provinces, où ils connaissent d’autres espèces d’oiseaux durant leur migration. Dans la mythologie américaine la chauvesouris, de son côté, était l’une des divinités les plus remarquables et elle était fréquemment représentée comme telle dans les stèles, les codex et les poteries mayas. Elle était aussi très présente dans d’autres cultures indigènes, car par exemple elle a été forgée en or dans les pièces du trésor artistique péruvien et dans des représentations zoomorphes des cultures précolombiennes de Saint Domingue et de Cuba.

La chauve-souris est présente dans la culture maya en forme de divinité.

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© WWF-Cannon / Fritz PÖLKING

Le papillon monarque offre un grand apport à l’économie locale grâce à son attraction touristique.

Animaux qui font un apport

à l’économie

© WWF-Canon / James FRANKHAM

Beaucoup d’espèces migratrices, tel le cas des oiseaux, les tortues marines et les baleines, sont une attraction touristique de grande valeur économique pour des pays en voies de développement. L’observation touristique des tortues marines génère des ressources locales presque trois fois supérieures à celles qui sont dérivées de la vente des produits qui y sont obtenus, beaucoup d’entre eux de manière illégale. À plage Tortuguero au Costa Rica, les efforts de conservation réalisés durant plus de 50 ans par les ONG, les gouvernements et la communauté locale, ont donné l’occasion d’encourager le tourisme des tortues vertes et des luths et qui génère prés de 7 millions de dollars annuels. Dans le littoral brésilien, la conservation et le tourisme des tortues marines donne emploi à plus de 1,200 villageois, dont 60% ce sont des femmes. Les observateurs d’oiseaux sont un segment du tourisme qui va en augmentation et qui offre des millions de dollars par an aux pays du continent. Beaucoup des espèces que ces touristes cherchent, ont réalisé des arrêts tout

le long de leur migration pour s’alimenter, reprendre des forcer et remonter leur vol. Ils le font dans des environnements naturels riches en nutriments, comme les marais et les zones humides, qui se trouvent souvent dégradés et qu’il faut protéger. Comme les espèces ne connaissent pas les frontières, il faut conserver leurs zones de repos, d’alimentation et de reproduction tout le long de l’hémisphère pour sauvegarder les ressources locales que les ornithologues génèrent. Plus de 15 mille personnes par jour, dans au moins 87 pays observent de même les cétacés, parmi leurs espèces migratrices on trouve la baleine bleue (Balaenoptera musculus) et la baleine à bosse (Megaptera novaengliae). On estime qu’il y a 500 communautés impliquées dans l’observation commerciale de ces espèces si charismatiques. Conformément à un rapport récent, entre 1998 et 2006, en Amérique latine seulement, l’observation de baleines a expérimenté une forte croissance avec un taux moyen de 11,3% par année, Actuellement, l’activité dans la région comprend 91 communautés dans 18 pays avec un total de 885.679 personnes qui observent annuellement des baleines et des dauphins.

L’aperçu de cétacés est une activité touristique qui va en augmentation tous les ans, et qui bénéficie les communautés côtières.

Nids estimés de tortue verte Touristes qui entrent dans le Parc National Tortuguero Touristes qui participent à des tours d’observation de tortues 10000 8000 6000 4000 2000 0 1970 1980

© Caribbean Conservation Corporation

1990

2000

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Les efforts de conservation valent bien la peine: la population de tortue verte qui pond à Tortuguero, au Costa Rica, est en croissance; ainsi que le nombre de touristes qui visitent ce parc national et qui font partie des tours guidés d’observation de tortues qui appuient les communautés locales.

Au Costa Rica seulement, plus de 62 tours opérateurs se dédient à cette affaire, dont l’activité est maintenant contrôlée par un règlement pour l’observation responsable des cétacés. Beaucoup d’organisations promeuvent l’observation responsable et éducative des baleines et des dauphins dans le continent américain, dans le but de bénéficier tant les espèces que les communautés. Le tourisme de plongée sous marine produit aussi des millions de dollars chaque année tant dans la Grande Région des Caraïbes que dans le Pacifique Oriental tropical. L’une des espèces migratrices qui provoque la plus grande fascination dans ce marché est le requin marteau halicorne (Sphyrna lewini), qui se trouve en Amérique depuis les côtes californiennes jusqu’à possiblement le nord du Pérou. Sa distribution comprend des destinations de plongée sous marine à renommée mondiale, inclus les zones marines protégées des Îles Galápagos (Équateur), l’Île du Coco (Costa Rica), Malpelo et Gorgona (Colombie) et Coiba (Panamá). Des projets de télémétrie par satellite, appuyés par différentes ONG et par des instituts de recherche, sont menés à bien dans

les zones protégées du Pacifique Oriental pour déterminer les mouvements quotidiens et les migrations du requin marteau halicorne et pour affiner les mesures de conservation. Il existe une théorie qui dit que les îles volcaniques possèdent des champs magnétiques utilisés par les requins comme boussole pour s’orienter autour de la zone où ils s’alimentent. Ce qui est vrai c’est qu’on a détecté que ce squale peut voyager jusqu’à 600 km en deux semaines en troupeaux d’entre 30 et 200 individus, et offre un spectacle qu’aucun touriste plongeur ne voudrait manquer. Beaucoup de poissons arrivent jusque dans nos assiettes, tel les thons, les daurades et les espadons, qui réalisent aussi des migrations. Certains d’entre eux s’accouplent, voyagent à la limite de la plate-forme continentale, où ils pondent leurs oeufs pour les protéger des possibles prédateurs. Les nouveaux nés nagent vers les zones des mangroves dans la côte pour s’alimenter et quand ils grandissent ils se déplacent vers des eaux plus profondes ou même vers la haute mer, où ils continueront avec le cycle. Protéger ce cycle est aussi garantir la sécurité alimentaire et la valeur économique de la pêche dans les pays du continent américain.

La pêche responsable est essentielle pour garantir que beaucoup d’espèces arrivent jusqu’à dans nos assiettes.

Projet de baleine franche australe
Tout le long de la côte de la province de Santa Cruz, en Argentine, des études sur l’état des populations et sur l’utilisation de l’habitat par la baleine franche australe (Eubalaena australis) indiquent qu’une zone située à plus de 500 km de la Péninsule de Valdés serait la zone la plus australe pour cette espèce en Argentine. En plus du développement de la recherche scientifique, le projet travaille avec la communauté locale dans des propositions éducatives et forme des tours opérateurs dans l’observation des cétacés, entre autres activités. De 1991 à 2004, le nombre de touristes qui ont participé aux tours d’observation de cétacés dans la Péninsule de Valdés a augmenté de 14% par année et est passé de 17,400 à 96,400.
© WWF-Cannon / Cat HOLLOWAY

Le requin marteau, un grand prédateur, est aussi une espèce hautement migratrice.

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Engagement hémisphérique
pour la protection des espèces migratrices
Malgré leur valeur biologique, culturelle et économique, beaucoup d’espèces migratrices sont menacées dans l’hémisphère occidental. Les actions humaines tel la surexploitation, la contamination de l’eau, l’altération et la destruction des habitats de reproduction et d’hibernation comme les forêts et les zones humides, le trafic illégal, l’utilisation de pesticides, et plus récemment le changement climatique, qui modifie les habitats terrestres et marins, les ont mises en grave danger. Étant donné que les espèces migratrices ne connaissent pas les frontières, seulement un travail conjoint entre les pays de l’hémisphère pourra permettre la conservation de ces espèces, de leurs habitats et des routes migratrices, et par conséquent, les multiples bénéfices qu’elles offrent aux habitants américains. Il y a des conventions internationales qui cherchent précisément ce travail et cet engagement conjoint. cet effort de conservation. La mission de l’ WHMSI est d’améliorer de manière significative la conservation des espèces migratrices partagées tout le long de l’Amérique par le renforcement de l’engagement politique, de la coopération et des alliances publiques et privées au niveau régional, national et local. Le mécanisme principal de l’ WHMSI pour atteindre sa mission est la coordination entre les personnes, les sites, et les initiatives concernant les espèces migratrices et leurs habitats tout le long de l’hémisphère. L’WHMSI se base sur la reconnaissance que tous les pays de l’Hémisphère Occidental font partie des conventions internationales, des traités et des accords à travers lesquels ils sont engagés avec la conservation des espèces migratrices. L’WHMSI cherche à assister les pays dans l’accomplissement de ces engagements. L’initiative a été développée par les directeurs des agences de vie sauvage et d’autres fonctionnaires clés dans l’Hémisphère Occidental, réunis au Chili en 2003 pour développer un mécanisme coopératif hémisphérique dirigé à la conservation des espèces migratrices partagées. Á ce moment là a été crée un comité Directeur Intérimaire, pour faciliter le travail pour y aboutir. Basé sur les priorités identifiées au Chili, l’WHMSI cherche à: • Construire les capacités des pays pour conserver et gérer la vie sauvage migratrice. • Améliorer la communication hémisphérique sur les thèmes de la conservation à intérêt commun. • Renforcer l’échange d’information requise pour une prise de décision informée. • Créer un forum dans lequel les thèmes émergeants puissent être identifiés et abordés. L’WHMSI est un mécanisme non inaliénable qui n’aborde d’aucune manière des réclamations de souveraineté de territoires en dispute entre quelconque des États intéressés. Ses principes et ses objectifs représentent le consensus de tous les participants. Étant donné qu’elle ne prescrit pas et qu’elle a été créée pour faciliter la coopération entre les intérêts gouvernementaux et non gouvernementaux tout le long de l’hémisphère, l’WHMSI est orientée uniquement à des thèmes concernant la conservation des espèces migratrices à grand intérêt commun, surtout ceux qui apporteront des résultats positifs sur le terrain.

Deuxième conférence de l’WHMSI
La Deuxième Conférence de l’WHMSI a eu lieu en 2006 au Costa Rica, et son but a été d’identifier des alliances pour la formation et pour la construction des capacités. Le thème a été ainsi décidé car il représente: • Une priorité spécifique identifiée par les pays de l’hémisphère. • Un thème clé pour atteindre une conservation effective. • Une préoccupation qui a reçu une attention limitée malgré son importance.

L’Initiative des Espèces Migratrices de l’Hémisphère Occidental (WHMSI)
L’Initiative des Espèces Migratrices de l’Hémisphère Occidental (WHMSI) est un mécanisme pour faciliter la coopération entre les fonctionnaires gouvernementaux responsables de la vie sauvage migratrice dans l’Hémisphère Occidental, et qui en même temps engage la grande communauté des ONG en tant que partenaires égalitaires dans

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La conférence de 2006 a servi en tant que partie du processus de planification qui cherche à développer une stratégie hémisphérique qui abordera la construction de capacités et la formation requises pour conserver la vie sauvage migratrice dans la région. Les participants, qui étaient des représentants de 30 pays, et de 60 ONG de l’hémisphère, ainsi que des conventions internationales, ont identifié et ont priorisé leurs besoins de formation. Ces besoins ont été intégrés dans un plan plus ample de construction de capacités qui cherchera à former les preneurs de décisions de la vie sauvage, les fonctionnaires du gouvernement, les gérants (inclus les administrateurs des zones protégées) sous le cadre de l’WHMSI.

Comité intérimaire de l’WHMSI
Le Comité directeur Intérimaire de l’WHMSI est unique parmi les corps gouvernementaux internationaux. Il est composé par des représentants des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des traités et des conventions internationales. Les membres du comité incluent: les États Unis (qui préside), la Colombie, le Costa Rica, la Sainte Lucie, l’Uruguay, l’Organisation des États Américains (OEA), la Convention sur les zones Humides à Importance Internationale (convention Ramsar), La Convention sur les Espèces Migratrices (CMS), La Convention Interaméricaine pour la Protection et la conservation des Tortues Marines, le Protocole sur les Zones Protégées Spéciales et Vie Sauvage des Grandes Caraïbes (Protocole SPAW), l’American Bird Conservation, Birdlife International, le Réseau de Réserves des Oiseaux des rivages de l’Hémisphère occidental et le Fonds Mondial pour la Nature.

le Centre Régional Ramsar pour la formation et la Recherche relatives aux Zones Humides dans l’Hémisphère Occidental (CREHO), la Société pour la Conservation et l’Étude des Oiseaux des Caraïbes (SCSCB), la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices et les Animaux Sauvages (CMS) et le Manatee Conservation Trust de Trinité et Tobago. Des mémorandums d’entente avec d’autres organisations sont en processus de signature.

Le Sentier des Espèces Migratrices de l’Hémisphère Occidental
L’Initiative du Sentier des espèces Migratrices de l’Hémisphère Occidental de l’Eco-Index (www.whmsi-pathway.org) appuie les finalités de l’WHMSI de conserver les espèces migratrices au moyen de la coopération internationale et de la communication. L’initiative cherche à créer une communauté internationale intégrée dans des organisations gouvernementales et non gouvernementales qui travaillent ensemble pour conserver les espèces migratrices, et offrir un espace bilingue afin que les preneurs de décisions puissent facilement partager des informations précieuses, de meilleures pratiques et des publications, qui dépassent les barrières géographiques et du langage. L’initiative montre près de 500 listes dans sa section de “Projets et Outils”, qui associent les besoins prioritaires de conservation des espèces migratrices que les acteurs de l’WHMSI ont identifiées, avec les ressources qui y sont disponibles pour les aborder.

Appui aux projets régionaux
En 2006, l’WHMSI a offert son appui pour le projet régional: “Construction de Capacités pour les soins des tortures marines malades et blessées”: Directrices et Critères standards pour la Grande Région des Caraïbes”, mis en application par le réseau de conservation de tortues marines de la Grande Région des Caraïbes (WIDECAST)”. Ce projet a abordé l’appel de plus de 30 états et territoires des Caraïbes qui ont accordé à l’unanimité de créer “Des corps de réponse aux traumatismes des tortues marines”, dans le but de renforcer et de coordonner des efforts pour répondre aux tortues marines menacées en crise, que ce soit en haute mer ou échouées dans les côtes. Le manuel de terrain, appuyé par l’WHMSI, montrera un guide amiable pour l’utilisateur des “premières réponses”, qui inclut des directives dans le traitement sur le terrain et pour s’occuper des urgences à cause de traumatismes divers, inclus les animaux attrapés dans les filets de pêche, les hameçons, la pollution par pétrole, des coups reçus par les bateaux et les attaques des prédateurs.

Mémorandum d’entente avec les organisations associées
Comme suite à une décision plénière de la Deuxième Conférence d’ WHMSI de 2006 pour renforcer les rapports avec les organisations associées, des mémorandums d’entente ont été signés avec un certain nombre d’organisations actives importantes dans le domaine de la conservation, inclus le Comité des États Unis de l’Initiative de Conservation des Oiseaux de l’Amérique du Nord (U.S NABCI), le Secrétariat de la Convention pour la Protection et le Développement de l’environnement Marin de la Région de la Grande Région des Caraïbes (Carthagène, Colombie), le Réseau des Réserves des oiseaux des Rivages de l’Hémisphère Occidental (WMSRN),

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© Bill Hubick

Troisième conférence de l’WHMSI
La troisième conférence des Espèces migratrices a eu lieu à Asunción, au Paraguay, en juillet 2008, sous les auspices des Ministres de l’environnement et du Tourisme du Paraguay, et de Guyra Paraguay. La conférence a réuni des fonctionnaires gouvernementaux de vie sauvage et des représentants des organisations non gouvernementales et des conventions intéressés au dialogue international et à la coopération sur les espèces migratrices. Les objectifs de la réunion ont été: d’actualiser des activités depuis la conférence de 2006 au Costa Rica, d’avancer dans l’établissement d’un forum permanent pour la conservation des espèces migratrices de vie sauvage, de conduire des séances thématiques d’intérêt pour la région, d’inclure des thèmes comme l’adaptation au changement climatique, la conservation des tortures marines et la conservations des oiseaux migrateurs.
La conférence a été ouverte à toutes les organisations intéresées par la conservation des espèces migratrices de l’Hémisphère occidental. Les résolutions des conférences de l’WMHSI sont publiées dans le site web de l’WHMSI. Tous les pays de l’Hémisphère Occidental se bénéficieront de la coopération renforcée entre les nations et d’autres acteurs dans la conservation des espèces migratrices – les animaux en question se déplacent tout le long de l’Amérique. Pour ce faire, l’WHMSI propose un forum effectif pour le dialogue, ainsi que des alliances focalisées sur la conservation de nos espèces migratrices partagées.

D’AUTRES CONVENTIONS

INTERNATIONALES
L’WMHSI est une initiative globale qui aide les États à respecter les différents engagements internationaux concernant la conservation des espèces migratrices. Ceci créé un pont entre différents instruments internationaux dans la région afin de créer des synergies et une collaboration efficace entre les États, ainsi qu’entre les organisations locales et non gouvernementales. Une petite sélection illustrative de ces instruments est présentée ci-dessous. Au niveau global, il existe une convention spécifique pour la conservation des espèces migratrices, connue comme la CMS ou la Convention de Bonn, sous les auspices du programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Son but est de contribuer à la conservation des espèces terrestres, marines et aviaires dans toutes ses étapes et considère aussi des mesures pour la conservation et la gestion durable de leurs habitats. La CMS est entrée en vigueur en 1983 et pour février 2008 elle compte avec 110 nations membres et 13 signataires de l’Hémisphère Occidental. La Convention pour la Protection de l’environnement Marin et la Zone côtière du Pacifique Sud-Est (La Convention de Lima) est entrée en vigueur en 1986 et elle exécute son mandat au moyen de la Commission Permanente pour le Pacifique Sud-Est (CPPS). En addition aux protocoles pour combattre la pollution marine et pour gérer les zones protégées, on a développé des plans d’action régionale, spécifiques pour les tortues marines (2007) et les mammifères marins (1991). Le Chili, l’Équateur, le Pérou, la Colombie et le Panama sont les parties signataires.

© WWF-Cannon / Mark EDWARDS

La dégradation des environnements naturels, comme les zones humides et les forêts, nuit non seulement les espèces migratrices mais aussi les communautés humaines.

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La CITES (Convention sur le Commerce international des Espèces de Faune et de Flore Sauvage menacées d’extinction) veille à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages, inclus une grande quantité de migrateurs, ne devienne pas une menace pour leur survie. CITES est entrée en vigueur en 1975 et actuellement compte avec 172 États membres. La CIAT (Commission Interaméricaine du Thon Tropical) est un accord spécifique pour mettre en ordre et conserver les pêcheries de thon et d’autres espèces capturées par des bateaux thoniers dans l’Océan Pacifique Oriental. Elle a été établie comme une convention internationale en 1950 et en font partie la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, Le Salvador, l’Espagne, les États Unis, la France, le Guatemala, le

Japon, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Pérou, la République de la Corée , le Vanuatu et le Venezuela. Font office d’organisations de pêche coopérantes le Belize, le Canada, les îles Cook, l’Union Européenne et la Chine. La Convention Interaméricaine pour la Protection et la conservation des tortues Marines (CIT IAC) est spécifique à ces reptiles marins. Les États Unis, le Mexique, le Guatemala, le Belize, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, le Venezuela, l’Équateur, le Pérou, le Brésil et l’Uruguay sont les États signataires de l’ IAC. La convention est entrée en vigueur en 2001 et entre temps elle a émis des résolutions orientées à la protection et à la conservation des tortues luth et de caret et ont abordé des thèmes tel la pêche incidente, entre autres.

Conservation et gestion durable des ressources naturelles dans la Grande Région des Caraïbes
La Convention de Carthagène a créé en 1986 le cadre pour que les pays de la Grande Région des Caraïbes atteignent un équilibre entre le développement et la protection de l’environnement marin. Dans ce but, les parties contractantes adoptent, que ce soit de manière individuelle ou de manière conjointe, les mesures pour prévenir et pour contrôler la contamination et garantir l’aménagement rationnel du milieu, inclus l’élaboration de protocoles et d’accords qui promeuvent l’application de la Convention. La convention a été ratifiée par 23 États membres des Nations Unies dans la Grande Région des Caraïbes. Le protocole SPAW de cette convention cherche depuis l’année 2000 à offrir la protection des animaux et des plantes sauvages, inclus plusieurs espèces migratrices, tel les mammifères marins, les oiseaux des rivages et les tortues marines. À la fois, il établit des exceptions pour la subsistance traditionnelle et pour les nécessités culturelles des populations locales et aussi pour des finalités scientifiques, éducatives et de gestion. Le protocole protège les écosystèmes et les habitats fragiles dans le Golfe du Mexique, la mer des Caraïbes et dans les zones de l’océan Atlantique adjacentes à la Floride. Il inclut aussi les eaux internes d’eau douce. Jusqu’à présent, 16 nations des Caraïbes se sont unies au Protocole SPAW. Les Parties contractantes sont: La Barbade, la Colombie, le Cuba, la République Dominicaine, la France, la Hollande, le Panama, la Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenade, Trinité et Tobago, les États Unis et le Venezuela.

La Barge hudsonienne (Limosa haemastica) migre depuis le sud de l’Arctique jusqu’à l’extrême sud du continent américain, et parcourt plus de 15.000 km aller-retour. Peu de sites d’arrêt ou de routes de migration sont connus. Des actions de conservation incluent la protection de sites de non reproduction au Chili et en Argentine, la définition de routes de migration annuelles et la réduction de menaces dans les zones de reproduction. Le changement climatique est une grande préoccupation pour l’avenir de cette espèce. .

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© Blair NIKULA

Un autre instrument pour la gestion durable des ressources marines côtières de la Grande région des Caraïbes est le Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées (SPAW), qui fait partie de la Convention pour la Protection et le développement de l’environnement Marin de la Grande Région des Caraïbes (mieux connue sous le nom de Convention de Carthagène). Conformément au Programme des Nations Unies pour le Développement, plus de 70% des 80 millions d’habitants de la Grande Région des Caraïbes habite dans les zones côtières et une grande partie de leur économie dépend des ressources côtières provenant du tourisme et de l’industrie de la pêche. Les ressources naturelles des Caraïbes se voient réduites à un taux alarmant – 35% des ressources des poissons sont surexploitées et 22% des récifs de coraux de la région sont considérés perdus, tandis que d’autres menacés pour des causes naturelles ou anthropogéniques. Malgré le fait que durant les 20 dernières années on a déclaré 300 zones protégées, uniquement près de 30% d’entre elles ont une gestion et une protection appropriées.

La protection des habitats des espèces migratrices est fondamentale pour leur survie. La convention Ramsar ou Convention sur les Zones Humides est un traité inter gouvernemental adopté le 2 février 1971, qui est entré en vigueur en 1975, et qui reconnaît la valeur qu’ont les zones humides, non pas seulement comme habitat pour les oiseaux aquatiques, mais aussi comme écosystèmes de grande importance pour la conservation de la biodiversité et le bien-être des communautés humaines, grâce aux services environnementaux et aux ressources qu’ils offrent. Sa mission est la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides au moyen des actions locales, régionales et nationales et grâce à la coopération internationale comme contribution à la réussite d’un développement durable partout dans le monde. Dans l’actualité la Convention compte avec 158 États membres. Grâce à elle, plus de 1,743 zones humides ont été désignées à importance internationale pour leur protection, elles comprennent une surface de 161.177.358 millions de kilomètres carrés, équivalents à une surface supérieure à celle de la Colombie et le Paraguay ensemble. Dans

le continent américain il existe 237 sites Ramsar ou Zones Humides à Importance Internationale, qui comprennent 48 millions d’hectares qui correspondent à 40% de a surface totale des sites Ramsar dans le monde entier.

Défis de

Conservation
et solutions
Protéger les espèces migratrices n’est pas une tâche facile à cause des multiples menaces qu’elles affrontent et à leurs amples rangs de déplacement géographique. En plus de l’accomplissement des accords internationaux, il est important de développer et de contribuer aux initiatives locales et régionales pour générer un impact et atteindre une conservation efficace de ces espèces bénéfiques pour notre continent. La destruction de l’habitat à cause de l’activité humaine tel l’abattage des forêts, le déboisement, le dragage, les déchets et en général l’avancement de la frontière agricole et urbaine vers l’intérieur et vers les côtes, ont provoqué, entre autres, qu’un grand

© Hepworth Images

Protéger les oiseaux migrateurs signifie aussi protéger leurs habitats, qui offrent beaucoup de bénéfices aux êtres humains.

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nombre d’espèces migratrices se trouvent menacées. Étant donné qu’elles ne connaissent pas les frontières, il faut travailler sur des initiatives conjointes entre les pays de l’hémisphère. La dénomination de zones protégées le long des routes de migration est indispensable pour garantir des sites de repos et d’alimentation pour les différentes espèces. Il existe plusieurs initiatives dans l’Hémisphère Occidental qui cherchent à protéger l’habitat d’espèces migratrices d’une manière plus ample. Dans le but spécifique de protéger les oiseaux des rivages et leurs habitats, en 1984 a été lancé le Réseau Hémisphérique de Réserves pour les oiseaux des Rivages (RHRAP) comme une stratégie de conservation. Durant les 20 dernières années, on a réussi à placer plus de 8 millions d’hectares d’habitats des oiseaux des rivages sous les auspices de la RHRAP . Ceci a garanti que les sites clés dans le continent américain comptent avec des populations de ces espèces en bonne santé, et qui par conséquent, garantissent leur conservation et leur vol migratoire tout le long du continent. En 1990 a été créée pour l’Hémisphère Occidental, l’Initiative Compagnons de Voyage (PIF, de par ses sigles en anglais), qui cherche à combiner, à coordonner et à augmenter les ressources et les actions entre les organisations publiques et privées en Amérique du Nord et dans le Sud, pour atteindre la conservation des oiseaux de l’hémisphère au moyen d’un réseau de collaboration. Au début, l’initiative s’est focalisé sur les oiseaux migrateurs néo tropicaux, qui sont ceux qui se reproduisent en Amérique du Nord et qui passent l’hiver en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, mais maintenant leur tâche s’est élargie à d’autres espèces d’oiseaux et compte avec beaucoup d’autres organisations comme alliées.

Conservation multinationale des oiseaux dans le nord des Andes
Un effort multinational cherche à éviter la dégradation de l’habitat des oiseaux migratoires dans la région du nord des Andes, foyer de plus de 100 espèces qui voyagent par l’Amérique Centrale chaque automne pour passer huit mois dans les montagnes qui s’étendent du Venezuela jusqu’au nord du Pérou. L’initiative est une alliance d’organisations de conservation des États Unis, la Colombie, l’Équateur et le Pérou. Ces organisations ont développé un programme de surveillance et de conservation d’oiseaux et gèrent près de 29,000 hectares en 20 réserves naturelles. Leur personnel de terrain est de plus de 100 personnes au nord des Andes. Ils réalisent aussi des festivals régionaux qui comprennent les trois pays, des activités d’éducation environnementale avec les communautés qui avoisinent les réserves, et des ateliers de formation adressés au public des domaines tel l’agronomie, le tourisme et la biologie.

Fort Faible

Le lien biologique entre la province de Canada et le reste de l’hémisphère est révélé par les zones d’hibernation de 54 espèces migratrices d’oiseaux qui ont passé l’été à Saskatchewan (en bleu). La forteresse de ce lien est indiquée par l’intensité de la couleur.

Source de la carte : carte adaptée d’une carte de Partners in Flight

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Un autre défi d’une grande importance pour la conservation des espèces migratrices est, sans aucun doute, le changement climatique, qui peut toucher les cycles de migration à cause de l’augmentation de la température et du niveau de la mer, la fréquence et l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes comme les pluies ou les sécheresses, et la propagation de maladies, entre autres. Tandis que plusieurs habitats se modifient ou se déplacent, certains écosystèmes de montagne pourraient même arriver à disparaître.

Dans le milieu marin, comme une manière de s’anticiper à ces effets, le programme de Tortues marines et de Changement climatique pour l’Amérique latine et les Caraïbes promeut des mesures d’adaptation, prouvées dans au moins six sites de conservation des tortues marines dans la région, comme partie des plans de gestion et des politiques de développement. Les tortues marines sont certaines des espèces les plus vulnérables au changement climatique, à cause, entre autres, des altérations dans leurs plages de

ponte et d’alimentation, qui mettent en danger leur survie. Le programme plaide aussi en faveur d’une réduction globale des émissions de gaz qui diminue les conséquences du réchauffement de la planète. Avec des actions conjointes, de l’expérience et des ressources partagées, nous pouvons garantir que les bénéfices écologiques, sociaux et économiques des espèces migratrices soient présents maintenant et dans l’avenir.

Les routes de migration des tortues luth, révélées par la télémétrie par satellite entre 2005 et 2008 dans l’Océan Atlantique, montrent que les efforts de conservation pour les espèces marines hautement migratrices doivent couvrir les zones juridictionnelles de plusieurs nations, en addition des mesures accordées par les eaux internationales.

Réduction de la pêche incidente de tortues marines
La recherche scientifique est nécessaire pour déterminer la situation des espèces et pour développer des stratégies efficaces pour leur conservation. C’est le cas d’un groupe d’organisations, dont la CMS, associées à l’Initiative de Conservation Transatlantique pour la Tortue Luth (TALCIN, de par ses sigles en anglais). Ces organisations cherchent à remplir les vides d’information sur les migrations de ces reptiles au moyen de l’emplacement sur les tortues de balises à identification par satellite, au Canada, dans les îles des Caraïbes, au Costa Rica, au Panama, au Surinam, en Guyane française, au Brésil, en Uruguay, en Argentine et au Gabon. L’objectif est d’identifier les sites et les temps d’échange entre les luth et les pêcheries afin de prendre des mesures pour réduire leur capture incidente. Des études dans le Pacifique Oriental ont montré que l’utilisation de hameçons à forme circulaire plutôt que ceux qui ont la forme d’un crochet, réduit de manière significative la pêche incidente des tortues. La mesure est en train d’être mise en place dans plusieurs pays membres de la Commission Interaméricaine du Thon tropical (IATTC) et contribuera à réduire la mortalité de ces espèces qui sont si menacées..

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© WWF-Cannon / Sylvia EARLE

Concept et texte: Katiana Murillo, Soledad Prado, Marta Pesquero et Carlos Drews Design: Jeffrey Muñoz Traduction en Français: Eugenia M. Cartin Des copies en papier de ce document sont disponibles en Anglais, Espagnol et Français et elles peuvent être demandées à: Chef, Section pour Amérique Latine et les Caraïbes Division de Conservation Internationale Service de Pêche et de Vie Sauvage des États Unis 4401N Fairfax Dr., Suite 100 A Arlington, VA, 22203 EE.UU. Des versions digitales peuvent être obtenues sur: http://www.fws.gov/international/WHMSI/ whmsi_documents.htm

Reconnaissances:
Beaucoup de gouvernements, d’organisations et d’individus sont la force qui pousse derrière les efforts de conservation des espèces migratrices de l’Hémisphère Occidental. Il est impossible de faire une reconnaissance explicite du travail de chacun d’eux dans ce court document. Nous voulons néanmoins, remercier quelques unes des organisations qui ont contribué directement dans l’amélioration des contenus de cette brochure, soit par la remise d’information sur des projets, du matériel graphique et/ou par la réalisation des éditions du manuscrit : American Bird Conservancy, Asociación Ecosistemas Andinos, Bat Conservation International, CMS, Caribbean Conservation Corporation, Fundación Cethus, Fundación Jocotoco, Fundación ProAves, MANOMET, Mexico Nature Conservation Fund, Secrétariat Ramsar, Secrétariat SPAW, TAMAR Brasil, Fundación Telmex, Red Hemisférica de Reservas para Aves Playeras, Whale and Dolphin Conservation Society, USFWS y WWF. Si vous avez des questions sur WHMSI, contactez Herb Raffaele, Président du comité Directeur Intérimaire d’WHMSI, à l’adresse: herb_raffaele@fws.gov

www.whmsi.net
Avec l’appui de:

Citez ce document comme: Cartín E., Prado S.,Pesquero M. y Drews C. 2008. Espèces Migratrices: les actifs biologiques, culturels et économiques des Amériques. WHMSI, USWS, WWF, San José, Costa Rica.

ISBN: 978-9968-825-36-8