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LITTERATURE: TEXTES THEORIQUES ET CRITIQUES, édition Nathan université Partie I: Qu'est-ce qu'une œuvre littéraire?

Chap 1: Spécificité du texte littéraire Ds lignée des gds écrivains du 19 e, voués au culte de l'idéal et du beau, on a lgtps évoqué les qualités formelles, condition de la survie de l'oe littéraire: appartenant au domaine esthétique, celle-ci ne se laisse définir que cô une forme parfaite, produit d'un travail artistique. A ce titre elle est opposée aux écrits qui visent une fin utilitaire, notamment la connaissance scientifique (Lanson). Le dvlpt des sciences du langage a permis de dépasser cette définition trop générale en prenant en compte la nature particulière de la communication littéraire (Jakobson). Ds cette perspective, la spécificité linguistique de la litté par rapport aux autres arts est de constituer un signifiant second (Barthes). "Œuvre seconde", le discours littéraire peut ainsi dénoncer les représentations idéologiques que véhiculent le langage ordinaire (Macherey). Mettant l'accent sur "l'interaction fondamentale pour tte œuvre littéraire entre sa structure et son destinataire", la théorie de la réception présente une nvle conception de l'œuvre, qui ne se réduit pas à un texte: le rôle du lecteur est déterminant (Iser). Celui-ci, confronté à l'unicité caractéristique de tte œuvre, est contraint de faire "l'expérience d'un dépaysement": contrairement à la communication ordinaire, la communication littéraire ne comporte que deux éléments concrets: le message et le lecteur (Riffaterre). 1.Gustave Lanson: "la littérature et la science" (1895) Auteur célèbre d'études sur Bossuet, Boileau, Corneille, Lamartine et d'une célèbre Histoire de la littérature française, GL a fortement contribué au dvlpt de l'histoire littéraire positiviste autour de 1900. Exposé à de vilentes attaques, dt celles de C.Péguy qui accusait la "méthode moderne" de "ne point saisir le texte" et de se perdre ds d' interminables considérations historiques, biographiques, philologiques, il a ensuite été victime du discrédit qu'a jeté sur l'histoire littéraire le mvt de retour au texte avec le dvlpt de la linguistique et de la nvle critique ds les années 60. Ds un article de 1895 intitulé "La littérature et la science", GL affirme la spécificité de la litté et récuse les prétentions scientifiques de Zola. Paradoxalement, c'est parce qu'il poursuit un but purement artistique que l'écrivain peut saisir et transmettre la vérité de son époque. Cô Flaubert et Valéry, L déclare que la forme et le fond sont inséparables et qu'une œuvre qui se réduit à un message est ss valeur. Tel n'est pas le cas des Rougon-Macquart, que la critique actuelle ne réduit nullement à un témoignage laborieux. Les écrits de Z font d'ailleurs une large place à la personnalité et au projet esthétique de l'artiste. "Toute idée de roman ou de poème qui n'est pas réalisée en sa forme parfaite n'est qu'un projet ou une ébauche d'idée, enfin une intention sans valeur. Rien n'est plus funeste à la littérature que cette sorte de matérialisme qui fait subsister l'idée indépendamment de la forme, et qui fait abstraction du travail artistique pour regarder l'objet dans sa réalité physique, extérieure et antérieure à l'art." ⇒ une œuvre littéraire n'est pas un document, elle vaut par sa forme achevée qui transmet "une émotion esthétique". L'écrivain n'atteint à la vérité historique qu'indirectement, s'il a d'abord satisfait à cette exigence artistique.

2.Roman Jakobson, Essais de linguistique générale (1963) L'ouvrage a fait connaître les recherches des formalistes russes qui ont appliqué à la littérature les méthodes d'analyse structurale empruntées à la linguistique. Reprenant les travaux de Saussure qui analyse la langue cô un système de signe dt chacun se définit négativement par opposition aux autres, J distingue "deux modes fondamentaux d'arrangement dans le comportement verbal: la sélection et la combinaison". Ils constituent

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respectivement l'axe paradigmatique et l'axe syntagmatique, que présente le dernier paragraphe de notre extrait. La linguistique structurale, sur ce modèle et en réaction contre les approches historiques, esthétiques ou impressionnistes de la litté, étudie l'œuvre comme une structure verbale relativement autonome ds laquelle les différents éléments prennent sens. Cette analyse formelle du texte prend pour objet la littérarité, "c'est-à-dire ce qui fait d'une œuvre donnée une œuvre littéraire". L'article entend "esquisser une vue d'ensemble des relations entre la poétique et la linguistique". J y rappelle les 6 fonctions du langage: le DESTINATEUR (fonction expressive) envoie au DESTINATAIRE (fonction conative) un MESSAGE (fonction poétique) qui fait référence à un CONTEXTE (fonction référentielle) commun aux deux interlocuteurs; un CODE (fonction métalinguistique) et un CONTACT (fonction phatique) st aussi indispensables à la communication. La fonction poétique du langage peut être définie d'une façon purement linguistique, indépendamment de tout jugement de valeur subjectif. "La fonction poétique projette le principe d'équivalence de l'axe de sélection sur l'axe de combinaison." ⇒ l'art du langage a recours à la fonction poétique qui prend en compte les caractéristiques des signes linguistiques: la syntaxe, la sémantique mais aussi la forme des mots président à leur arrangement. 3.Roland Barthes, Essais critiques, 1964 RB, ds les années 60-70, a été le champion de la nvle critique, du structuralisme, contre la critique universitaire de l'époque (Critique et Vérité, 1966). Son œuvre, inspirée par le marxisme, la linguistique, l'anthropologie, a psychanalyse, est celle d'un sémioticien (la sémiotique se définit cô la science des signes) qui a pris pour objet la langue (Le Degré zéro de l'écriture, 1953), les usages sociaux, le récit. Pour B, tout est langage, le texte et le lecteur ; aussi, plus qu'une critique, définit-il une science du discours qui tentent d'analyser ds l'œuvre littéraire, foncièrement polysémique, des structures, des figures, le lecteur devenant "un producteur du texte". Réflexion sur le théâtre et la litté, analyses d'auteurs aussi différents que Voltaire ou Robbe-Grillet, les Essais critiques reflètent le cheminement de B pdt une dizaine d'années, de 1954 à 64. Il situe ses analyses ds la période de "montée de la sémiologie", en précisant que ces textes st "polysémiques" et ne doivent donc pas être réduits à l'illustration d'une méthode critique historiquement datée. La nature langagière de la littérature apparaît pleinement ds cet extrait: elle communique en utilisant un matériau, le langage, qui a déjà pour fonction de communiquer. Définie comme un système second et parasite du langage, elle ne peut renvoyer qu'au langage et non au réel. B montre ainsi la spécificité de la litté par rapport aux autres arts: en raison de l'arbitraire du signe, la litté n'imite pas le réel, contrairement à la peinture figurative. Mais inversement, alors qu'un tableau apparaît au premier abord comme art et artifice, la littérature ne se distingue pas toujours de l'usage courant du langage: "si vous isolez une phrase d'un dialogue romanesque, rien ne peut a priori la distinguer d'une portion du langage ordinaire". C'est pourquoi certains écrivains ont dénié au roman tte valeur artistique (cf Valéry, Breton, Gracq). "Il y a un statut particulier de la littérature qui tient à ceci, qu'elle est faite avec du langage, c'est-à-dire avec une matière qui est déjà signifiante au moment où la littérature s'en empare: il faut que la littérature se glisse dans un système qui ne lui appartient pas mais qui fonctionne malgré tout aux mêmes fins qu'elle: communiquer. Il s'ensuit que les démêlés du langage et de la littérature forment en quelque sorte l'être même de la littérature: structuralement, la littérature n'est qu'un objet parasite du langage (…) ambitions bien connues du discours littéraire; c'est un discours auquel on croit sans y croire, car l'acte de lecture est fondé sur un tourniquet incessant entre les deux systèmes: voyez mes mots, je suis langage, voyez mon sens, je suis littérature. (…) On est ainsi ramené au statut fatalement irréaliste de la littérature, qui ne peut "évoquer" le réel qu'à travers un relais, le langage, ce relais étant lui-même avec le réel ds un rapport institutionnel, et non pas naturel. L'art (pictural), quels que soient les détours et les droitd de la culture, peut toujours rêver à la nature (et il le fait, même dans ses formes dites abstraites); la littérature, elle, n'a pour rêve et pour nature immédiate que le langage." 4. Pierre Macherey, Pour une théorie de la production littéraire, 1966 Au moment où la critique structuraliste affirme l'autonomie radicale de l'œuvre littéraire, PM, ds une perspective marxiste, s'interroge sur les conditions de sa production. Bien qu'autonome (et irréductible à ce

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message), l'œuvre n'est pas pour lui indépendante puisqu'elle utilise le langage et s'inscrit ds l'histoire de la production littéraire. Elle se caractérise par son pouvoir d'illusion, qu'elle tire de sa logique propre. Le discours litté développe là une propriété fondamentale de tout langage qui, loin d'exprimer directement la réalité des choses, ne parle js que de lui-même et transmet tte une série de représentations + ou – inconscientes: il n'est pas connaissance mais illusion. Elaborée à partir du langage, la litté constitue "une œuvre seconde" qui reproduit, confronte et par là-même conteste ces représentations idéologiques: l'imitation de la réalité, ici nécessairement parodique, a valeur de dénonciation. M distingue l'illusion, caractéristique du langage ordinaire "informe", et la fiction, "représentation déterminée" que l'œuvre litté donne de cette illusion. Même si elle est trompeuse, la fiction est libératrice par cela seul qu'elle met en scène la "feinte plus radicale" que constitue l'illusion .Par sa forme achevée, elle tient toujours à distance ce qu'elle représente: c'est pourquoi l'œuvre ne saurait se réduire à un message. 5.Wolgand Iser, L'Acte de lecture, 1976 Pr WI et les critiques de l'école de Constance (à laquelle appartient aussi Hans Robert Jauss), l'analyse litté a restreint, jusqu'alors, son champ d'application à l'œuvre et à l'auteur, négligeant la part fondamentale du lecteur, destinataire du message litté et sans la participation duquel l'œuvre n'aurait pas de sens. Le lecteur, actualisateur de l'œuvre, voit donc son rôle pris en compte au travers d'une description analytique et précise de "l'acte de lecture" et de la "réception". L'ouvrage de WI se veut une "phénoménologie de la lecture". Il montre que le rôle du lecteur est essentiel ds la prod de "l'effet esthétique": l'œuvre n'est pas le texte seul, elle se constitue par un processus dynamique, un rapport d'interaction entre lecteur et texte . Cette interaction est rendue nécessaire par la nature même du texte litté: d'une part il se caractérise par des manques, son incomplétude qui appellent les représentations différentes des lecteurs; d'autre part, il comporte des "ensembles complexes de directives" qui s'imposent aux lecteurs et contrôlent leur action. Par ses structures, chq œuvre définit ainsi son "lecteur implicite" et "offre un certain rôle à ses lecteurs possibles", que ceux-ci interprètent à leur manière. Cela explique à la fois la survie de l'œuvre et la pluralité de ses réceptions. Ainsi l'oe litté peut-elle être définie par sa bipolarité, qui met en relation le texte ("pôle artistique") et le lecteur (pôle esthétique") selon une dynamique qui n'est pas entièrement régie par le texte: "cet hiatus fonde la créativité de la réception". La référence à Sterne (qui a influencé Jacques le Fataliste de Diderot) montre que certains écrivains avaient bien conscience que cette collaboration du lecteur à l'élaboration de l'œuvre fonde le plaisir de la lecture. "le texte n'existe que par l'acte de constitution d'une conscience qui la reçoit, et ce n'est qu'au cours de la lecture que l'œuvre acquiert son caractère particulier de processus. Désormais on ne devrait plus parler d'œuvre que lorsqu'il y a , de manière interne au texte, processus de constitution de la part du lecteur. L'œuvre est ainsi la constitution du texte dans la conscience du lecteur." ⇒ L'œuvre ne se réduit pas au texte, elle comprend aussi l'effet qu'il produit sur le lecteur. Cet effet est provoqué mais non entièrement contrôlé par le texte. Le plaisir de la lecture réside ainsi dans la part de créativité que le texte laisse au lecteur. 6.Michael Riffaterre, La Production du texte, 1979 MR postule l'unicité du texte littéraire: "le style, c'est le texte même", écrit-il en corrigeant Buffon ("le style est l'homme même"). Cette définition de la la littérarité est vérifiée selon lui par le fait que pour le lecteur l'expérience littéraire est un "dépaysement". Il analyse d'autre part le "phénomène littéraire", défini comme "le texte, mais aussi son lecteur et l'ensemble des réactions possibles du lecteur au texte" et signale les lacunes de la narratologie, qui ne rend pas compte de la "production du texte" dans l'esprit du lecteur. Etudiant une nouvelle de Balzac, La Paix du ménage, il montre qu'elle tire son unité des variations métonymiques et métaphoriques qui associent les personnages féminins, un diamant et un candélabre, représentant dans le texte l'amour et sa duperie, en référence à une phrase matricielle qui s'impose à la pensée du lecteur: Tout ce qui brille n'est pas or. Le récit est donc "expansion textuelle d'un sens, variation mélodique, ou exercice musical sur une donnée sémantique".

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Chap 2: Les critères de qualité Question tradi: qu'est-ce un chef-d'œuvre? Le jugement esthétique n'est-il pas une affaire de goût? Ms ds la mesure où écrivains et critiques ont voulu dépasser cette simple référence à la subjectivité, il paraît légitime de chercher à définir des critères de qualité en litté. Le pb peut d'abord ê posé du pt de vue du public pour lequel un gd écrivain crée une forme nvle de beauté que le lecteur perçoit comme unique et énigmatique (Proust). Elle lui demande un effort d'adaptation car elle se caractérise par "l'écart esthétique" qui sépare les habitudes de lectures de son époque. Du pt de vue de l'auteur, la relation avec le public est à la fois déterminante et déterminée: contrairement aux "faiseurs de livres", l'écrivain authentique ne vise pas un public particulier, l'œuvre de qualité est pour le lecteur –mais aussi pour l'auteur- l'occasion de se connaître (Butor). C'est bien un critère de qualité ds la mesure où la capacité d'une gde œuvre à supporter de multiples lectures peut ê considérée comme la garantie de sa survie et de sa richesse (Valéry). 7.Marcel Proust, La Prisonnière (1923) La Recherche (1913-1927) est l'autobio fictive d'un écrivain. Les 7 romans qui composent ce cycle intéressent d'abord par le récit des aventures du narrateur (hist de son admission ds la société du faubourg St-Germain, hist de ses relations amoureuses) et d'autres (hist d'amour de Swann, mystère de Charlus). Ces récits font aussi une large place aux analyses psychologiques (sur la jalousie par exemple) et sociologiques (peintures de mœurs de la gde bourgeoisie et de l'aristocratie). Ms l'originalité est stt de présenter une réflexion sur la litté, en rapport avec la "vocation invisible dont cet ouvrage est l'histoire". Le narrateur expose ds son dernier volume comment sa vocation a été tardivement révélée par trois expériences de mémoire involontaire. Elle le conduit à entreprendre le "déchiffrage" du "livre intérieur de signes inconnus" composé d'"impressions obscures" et de réminiscences" que la vie passée a déposées en lui et qui constituent les "matériaux de l 'œuvre littéraire". Le but de l'art, inaccessible à l'intelligence, et qui fait de l'écrivain un "traducteur", est en effet d'interpréter ts ces souvenirs, de nous révéler "notre vraie vie, la réalité telle que nous l'avons sentie": bref, l'œuvre d'art est le moyen de retrouver le temps perdu. "Le Beau est toujours étonnant", disait Baudelaire ds le Salon de 1859. Pr P aussi l'originalité constitue la marque du génie: celui-ci offre à ses contemporains une "nouvelle et unique beauté, énigme à son époque où rien ne lui ressemble ni ne l'explique"; cette nouveauté concerne la forme et non le contenu de l'œuvre, ce qui explique d'ailleurs la difficulté du public à recevoir et à assimiler une œuvre nvle. Ms une fois cette accoutumance réalisée, le lecteur est sensible à l'unicité de l'œuvre, au retour des mêmes motis qui s'ordonnent ds "un même monde", ds une vision du monde nvle accordée à un nv style. L'œuvre d'un gd écrivain se caractérise ainsi par sa "monotonie". Pr montrer à son amie Albertine – et à ses lecteurs- la valeur de cette loi, le narrateur choisit ses exemples ds différents arts: litté (Barbey d'Aurevilly et Stendhal), peinture (Ver Meer), et musique (Vinteuil). Contrairement aux trois autres artistes, le musicien n'est qu'un personnage imaginaire de la Recherche. "Cette qualité inconnue d'un monde unique et qu'aucun autre musicien ne nous avait jamais fait voir, peutêtre était-ce en cela, disais-je à Albertine, qu'est la preuve la plus authentique du génie, bien plus que le contenu de l'œuvre elle-même. "Même en littérature? Me demandait Albertine. – Même en littérature." Et repensant à la monotonie des œuvres de Vinteuil, j'expliquais à Albertine que les grands littérateurs n'ont jamais fait qu'une seule œuvre, ou plutôt réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu'ils apportent au monde."  plus que son contenu, l'œuvre d'un gd artiste se distingue par la beauté des formes nvles qu'elle impose au public. La récurrence de ces mêmes motifs originaux constitue un critère de qualité. 8.Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, 1972-1975 HRJ a renouvelé l'approche des textes et de l'hist litté en la centrant sur la notion de réception et en en définissant les concepts d' "horizon d'attente" et d' "écart esthétique". J constate d'abord qu'une œuvre s'insère ds le système de références fourni par les lectures antérieures: c'est l' "horizon d'attente du lecteur". Cette notion débouche sur celle d' "écart esthétique" défini comme "l'écart

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présente une analyse très voisine. conformément à des programmes.Michel Butor. 9. De ce pt de vue. que c'est le texte lui-même qui va le révéler. fournit évidemment un critère pour le jugement de sa valeur esthétique. au moment où elle apparaît. On pourrait dire: l'auteur d'un manuel scolaire pour la classe de seconde ne peut considérer celui-ci comme une œuvre au sens plein du terme que dans la mesure où il n'est pas seulement destiné aux élèves de seconde. qui constitue pour les deux interlocuteurs une véritable recherche. le destinataire mais aussi le destinateur se révèlent ds l'écriture. à une reconstruction du récit privé de ses structures narratives conventionnelles (histoire. L'un d'eux. développent par ailleurs une riche réflexion sur la litté. où presque rien n'est à construire" ( Le Vent Paraclet. intégreront l'œuvre à leur horizon d'attente à venir. analyse la relation entre le destinateur et le destinataire de l'œuvre: " On écrit toujours "en vue" d'être lu (…) Ds l'acte même d'écrire il y a un public impliqué". c'est-à-dire le choix d'un public par l'écrivain. qui ont 5 . va s'effacer pour les lecteurs ultérieurs qui. "L'auteur d'un manuel scolaire écrit pour la classe de seconde. personnages. lorsque ceux-ci auront changé. détermine. pour l'esthétique de la réception. temps. L'Emploi du temps (1956) et La Modification (1957) modifient les rapports habituels entre écrivain et lecteur. Cette interprétation définit le "classicisme" des "chefs-d'œuvre". Une fois intégré ds le champ de l'expérience esthétique. bouleverse les habitudes de lecture et les attentes du public. réunis ds différents Répertoires. où il a l'impression d'apporter "quelque chose" qui peut intéresser quelqu'un d'autre. L'écart esthétique. il adaptera ses ouvrages C'est ce qui se passe pour toute littérature "commerciale". ou des romanciers réalistes. De nbx essais. Cette attitude s'oppose à celle de l'écrivain authentique qui s'adresse à un lecteur pour une large part indéterminé. flatte le goût dominant et coïncide avec l'horizon d'attente: cet "art culinaire". encouragée par les déclarations des classiques. Répertoire II. ds une telle œuvre. le caractère proprement artistique d'une œuvre littéraire"  une œuvre vaut d'abord par sa rupture avec les conventions du moment. cette litté de consommation ne les oblige pas à remettre en question leurs cadres esthétiques et à faire une expérience nvle. Or la nature de cette relation. L'écart entre l'horizon d'attente et l'œuvre. obligeant ce dernier à un décryptage. La notion d'écart esthétique fournit à J un critère de qualité: une gde œuvre rompt avec des formes préétablies. "La façon dont une œuvre littéraire. la dépasse. au contraire. L'œuvre commerciale. L'œuvre de qualité dépasse son public Une œuvre "commerciale" est étroitement adaptée au public visé. Michel Tournier. 1977). au gd renouvellement des formes romanesques dont Robbe-Grillet fut le théoricien. elle devient classique. détermine la valeur de l'œuvre." Chap 3: L'œuvre et le réel La réduction de l'oe au réel correspond à une attitude de lecture spontanée . intitulé "Le critique et son public".entre l'horizon d'attente préexistant et l'œuvre nouvelle" et comme la condition du caractère artistique de l'œuvre. assimilant la nouveauté. Le critère de la supériorité d'une œuvre "se trouve selon [lui] dans la quantité et la qualité de la co-créativité que le créateur attend et exige du "receveur". entre ce que l'expérience esthétique antérieure offre de familier et le "changement d'horizon" requis par l'accueil de la nouvelle œuvre. J'appelle mineur une art qui ne demande que réceptivité passive et docilité amorphe à ceux auxquels il s'adresse. répond à l'attente de son premier public. J l'illustre en montrant l'exemple de Jacques le F où D déjoue l'horizon d'attente des lecteurs (le schéma romanesque à la mode du récit de voyage) en démontant les mensonges inhérents à la fiction. mineure une œuvre où presque tout est donné. ou pour l'Ecole polytechnique. espace). "Nouveaux romans". la déçoit ou la contredit. avec Claude Simon et Nathalie Sarraute. pour qui l'imitation de la nature était un impératif. dt les œuvres recourent ptt à des modes de narration plus traditionnels. 1964 MB a participé. l'œuvre de qualité est celle qui dépasse son projet et son public. […] il faut bien se rendre à cette évidence que le destinataire ne peut être jamais entièrement connu par avance. ressenti d'abord comme étonnement puis comme plaisir.

la réalité absolue. 10. les écrivains fournissent 3 réponses différentes qui affirment la spécificité de la litté. en une sorte de démonstration par l'absurde. A cette question. H a cherché à ouvrir la litté à ts les aspects de la vie. mais ce qu'il voit". on sait que la couleur et la lumière perdent à la réflexion simple. Il a. le drame romanesque ne connaît d'autre modèle que la nature. qui a valeur de manifeste romantique. la reproduction exacte de la nature étant présentée comme la négation même de l'art. "Le caractère du drame est le réel. non ce qu'il rêve. la littérature est au contraire la conscience même de l'irréel du langage " (Barthes). des moyens d'exécution. A titre de prolongement. […] On doit reconnaître. qui fasse d'une lueur une lumière. Il exalte au contraire la "reine des facultés": "l'imagination est la reine du vrai. que le domaine de l'art et celui de la nature sont parfaitement distincts. Poussant cette logique à son terme. Soucieuse de ne pas réduire l'œuvre à un document. ou plus exactement. ce qu'un domaine de la critique moderne analyse en termes d''intertextualité (Jenny). de "l'unité d'ensemble": le romantisme n'est pas confondu avec ce que l'on n'appelle pas encore le réalisme. des formes. Préface de Cromwell. Défini comme "un point d'optique". dont la "grammaire et la prosodie".Victor Hugo. un nv type de lecture sociologique montre que la litté aborde le réel sue le mode de la "dénégation" et de la "sublimation" et permet ainsi "l'émergence du réel le plus profond" (Bourdieu). loin de les affaiblir. il a prôné ds la préface de Cromwell. et le peintre devient de plus en plus enclin à peindre. L'art. Mais si ce miroir est un miroir ordinaire. La métaphore du miroir ne réduit donc nullement le drame à un reflet fidèle et plat de la réalité puisque le drame est défini comme un "miroir de concentration". […] tout ce qui est dans la nature est dans l'art": l'homme étant conçu. le théâtre doit unir le sublime et le grotesque et répudier la vieille unité de ton. ramasse et condense les rayons colorants. c'est l'irréel même. se prosterne devant la réalité extérieure. elle ne nie pas qu'il existe une relation entre ces deux termes: l'art doit être "un miroir de concentration" qui permet de donner une image de la nature plus expressive." 6 . C'est au nom de cette exigence de liberté que. a une partie terrestre et positive. B critique "la doctrine. Enfin est apparue la conscience que les oe renvoient moins au réel qu'à d'autres oe (Malraux). Autres conventions du théâtre classique. il est encadré par la grammaire et la prosodie. Cpdt. Elle est positivement apparentée avec l'infini". symbolisées ici par deux écrivains classiques. Les critiques contemporains mettent plutôt l'accent sur la "condition verbale de la littérature" selon l'expression de Valéry. rappelons que ds son compte rendu du Salon de 1859. La nature et l'art sont deux choses. Le dramaturge établit. d'une lumière une flamme. plus intense (Hugo). 1827 Ecrivain polygraphe. Plus radicalement encore. c'est la notion même de réalité que met en cause Maupassant dans la préface de Pierre et Jean (" Quel enfantillage de croire à la réalité puisque nous portons chacun la nôtre dans nos pensées et dans nos organes"). pour ses créations les plus capricieuses. consiste à opérer une distinction radicale. les unités de temps et de lieu sont aussi refusées. Ainsi le romancier ne peut que "reproduire fidèlement [son] illusion" du monde. dans une perspective chrétienne. une surface plane et unie. ennemie de l'art" qui se donne pour idéal la représentation de la nature et aboutit à "l'invasion de la photographie": "de jour en jour l'art diminue le respect de lui-même. entre Vaugelas et Richelet. et le possible est une des provinces du vrai. mais décolorée. H réaffirme ici la nécessité de l'élaboration esthétique. Il faut donc que le drame soit un miroir de concentration qui. un renouvellement du genre théâtral. L'œuvre elle-même n'existe pas en dehors de cette mise en forme artificielle qui recours à divers "instruments".souvent défini leur oe comme le miroir du réel. Se pose alors la question de la spécificité de l'art. sous peine de l'absurde. cô un être fondamentalement double (à la fois âme et corps). il ne renverra des objets qu'une image terne et sans relief. Quoi qu'il fasse. qui ne connaît que l'imitation. fidèle. bien loin d'être une copie analogique du réel. ainsi que l'ont dit plusieurs. le narrateur de la Recherche affirme que "la seule réalité pour chacun [est] le domaine de sa propre sensibilité" que l'artiste doit s'efforcer d'exprimer (Proust). que la nature n'entre pas directement sur la scène. La première. fréquente au 19e. sans quoi l'une ou l'autre n'existerait pas. tout un matériel à remuer. […] le drame est un miroir où se réfléchit la nature. outre sa partie idéale. Vaugelas et Richelet. L'art ne peut donner la chose même. chef d'école. "La littérature. L'art ne reproduit pas la nature Désireux de montrer que le romantisme n'est pas simplement un mvt négateur. "la vérité de l'art ne saurait être.

quand. l'oe ne reproduit pas exactement le réel. car elle coupe brusquement toute communication de notre moi présent avec le passé. il dégagera leur essence commune en les réunissants l'une te l'autre pour les soustraire aux contingences du temps. la vérité ne commencera qu'au moment où l'écrivain prendra deux objets différents. que l'on pourrait décrire simplement. d'autoanalyse. 12. L'art doit dégager l'essence de la réalité P procède à une redéfinition de la "réalité". "la littérature qui se contente de "décrire les choses". si "mettre en forme. c'est aussi "mettre des formes". Le problème du "réalisme" et du "référent" du discours litté est dc posé en termes nvx. 1927 Pr P. Genèse et structure du champ littéraire . et les souvenirs qui ns en restent conservant l'essence de notre moi. et l'avenir. dans une métaphore. Une telle conception de l'art et de la réalité indique une totale condamnation du réalisme. n'a aucune valeur. seule capable de mener jusqu'à son terme le "retour du refoulé" contrôlé (donc limité) par l'écrivain. Celui-ci atteint la vérité en usant d'artifice (versification. Il montre d'abord comment s'est constituée l'autonomie de la litté dans la société du 19e siècle. d'en donner seulement un misérable relevé de lignes et de surfaces. D'autre part. posera leur rapport. dont les choses gardaient l'essence. 1992 Le sociologue PB poursuit ici un double dessein. Le Temps retrouvé. la fiction constitue la sublimation d'une vérité refoulée. comparée à un "euphémisme généralisé". L'Education sentimentale est alors analysée comme "une entreprise d'objectivation de soi. La litté dite réaliste manque la réalité puisqu'elle se contente de saisir l'apparence des choses.Pierre Bourdieu. Ainsi. ainsi que la vie. qui seule intéresse l'artiste. D'une part. Ms cette "réalité littérairement déréalisée" produit chez le lecteur "un effet de croyance" et fonde la complicité de l'auteur et du lecteur. est la plus éloignée de la réalité.Marcel Proust. langue. il entend aussi " proposer une analyse scientifique des conditions sociales de la production et de la réception de l'œuvre d'art ". de socioanalyse". L'écrivain ne peut faire l'économie d'un travail d'interprétation et d'écriture: "un beau style". Cette "vérité qui. la fiction romanesque "permet de savoir tt en refusant de savoir ce qu'il en est vraiment" et assure " l'émergence du réel le plus profond ". l'artiste n'est plus conçu cô un génie transcendant mais cô un créateur qui affirme son originalité ds un champ de déterminations sociales et mentales. Les règles de l'art. […] Ce que nous appelons réalité est un certain rapport entre ces sensations et ces souvenirs qui nous entourent simultanément (…) rapport unique que l'écrivain doit retrouver pour en enchaîner jamais dans sa phrase les deux termes différents. serait insupportable" doit être mise au jour par l'analyse sociologique de l'œuvre. c'est-à-dire voiler. PB analyse les rapports entre la litté et le réel en termes freudiens: l'oe litté voile et révèle à la fois "la structure du monde social dans laquelle elle a été produite". composition) qui lui donnent un pouvoir de révélation dont serait dépourvue une reproduction intégrale. La réalité brute. Pr lui. dite autrement. Ds cette perspective. On peut faire se succéder indéfiniment dans une description les objets qui figuraient dans le lieu décrit. tout en s'appelant réaliste. en rapprochant une qualité commune aux deux sensations. elle le nie par sa "mise en forme". Des rapports nvx s'établissent entre l'art et la réalité. analogue dans le monde de l'art à celui qu'est le rapport unique de la loi causale dans le monde de la science. Dénonçant à la fois ceux qui affirment le caractère ineffable de l'expérience litté et ceux qui réduisent l'oe à un document sociologique. immédiate."  la réalité n'est pas une donnée brute de l'expérience mais le produit d'une élaboration esthétique qui révèle l'essence du moi. celle qui nous appauvrit et nous attriste le plus. où elles nous incitent à la goûter de nouveau. 7 . et les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un beau style. La réalité n'est js transcrite directement par l'art. même. est celle qui. ns avons une perception subjective du réel: nos impressions du moment st mêlées aux choses. 11. une métaphore st porteurs de cette vérité unique que lui seul pouvait exprimer. le gd écrivain est d'abord à la recherche de son moi véritable.

ns apparaît par les formes qu'elle a prises. qui ne prennent forme que par leur contenant. L'imaginaire de l'artiste est "un domaine de formes. Celui-ci peut être envisagé comme le résultat d'un lg travail et la critique génétique a entrepris de rendre compte de la spécificité d'un txt en étudiant son mode d'engendrement à partir des traces laissées par l'auteur. L'intertextualité est dc présente ds le code même. Cette critique formelle (ou textuelle) ne constitue pas pour autant la seule approche du txt litté. reprise ensuite par Julia Kristeva. 13. La Condition humaine. qui véhicule tt un système de représentations. le sens de la vie. Balzac s'est battu avec le roman de son temps. "la stratégie de la forme" En réaction contre la critique traditionnelle des "sources" et sous l'influence de la linguistique structurale. L'artiste cherche moins à imiter le réel qu'à echapper au destin humain: "l'art est un anti-destin". c'est pourquoi la "création littéraire naît dans le monde des créations et non dans celui de la Création". et les œuvres les plus divergentes.André Malraux. L'artcle de lJ. L'autonomie du txt a été aussi relativisée par les travaux du critique soviétique Bakhtine qui a mis en avant la notion de dialogisme: le discours romanesque se compose de diverses voix. "Un poète ne se conquiert pas qur l'informe. La notion d'intertextualité. L'unité de cette oe (et d'une vie consacrée à l'engagement politique. L'oe s'inscrit ds une relation non avec le réel mais avec le "monde-d'un-art" qui échappe aux lois de l'espace et du temps humains: c'est le musée imaginaire pour la peinture. Ms cette vérité doit être mise au jour par une lecture sociologique seule capable de rendre compte de la forme même de l'œuvre. le destin. mais sur les formes qu'il admire. gaulliste ensuite) peut être cherchée ds la permanence de l'interrogation métaphysique sur la mort. considéré comme une structure relativement autonome. la structure du monde social est àa la fois refoulée et sublimée. se fonde sur le fait que la litté travaille sur des langages déjà constitués et qu'un texte s'insère "dans l'ensemble social considéré comme un ensemble textuel". 1937). lorsqu'elles se rassemblent dans le musée ou la bibliothèque. définit d'abord l'intertextualité comme la "condition de la lisibilité littéraire " puisque l'oe travaille le langage. L'intertextualité peut être plus ou moins explicite ds les oe qui pratiquent les diverses formes de l'imitation. antifasciste d'abord. que la "pratique d'une multiplicité de textes" rend possible. M dénonce ainsi l'illusion qui voit dans la litté une transcription de la réalité. ds les arts plastiques et ceux du langage. Une telle analyse conduit dc à faire de l'intertextualité (bien que M n'utilise pas le terme) une caractéristique essentielle de l'oe litté. (…) Nous appelons réalité le système des rapports que nous prêtons au monde –au plus vaste englobant possible. non à leur ressemblance: à ce qui sépare Madame Bovary de tout modèle" 14. 1977 (posthume) Il est commode de distinguer plusieurs volets ds l'oe de Malraux: romans (Les Conquérants. L'homme précaire et la littérature. paru dans un numéro de la revue Poétique. ne s'y trouvent pas rassemblées par leur rapport à la réalité. Le texte reçoit là une nvle spécificité: il impose au lecteur un déchiffrage particulier. mais sur le monde de l'écrit dont il est habité. ce qui permet à la litté d'exprimer une vérité plus profonde. Avant de concevoir La Comédie humaine et de se battre avec l'état civil. semblable aux liquides. essais (Le Miroir des limbes). Il n'y a pas de création sans forme esthétique. la Bibliothèque pour le roman. 1928. aussi Balzac a-t-il construit son oe moins en faisant "concurrence à l'état civil" qu'en s'en appropriant et en renouvelant les formes romanesques de son temps. de divers discours qui lui préexistent dans la société et ds la litté. La création. le texte littéraire n'est pas un document sociologique directement lisible. écrits d'art (Le Musée imaginaire). Ds la fiction romanesque. "Je suis en art comme en religion" déclarait-il en 1945. (…)Car la création. Un romancier aussi. Son oe posthume réaffirme la distinction fondamentale entre la litté et le réel. la critique moderne (précédée par le Contre Sainte-Beuve) a été marquée par un mvt de retour au texte.Laurent Jenny . ms aussi ds le culte de l'art. 8 . alors qu'elle se fonde sur d'autres. elle ns apparaît encore dès que nous nous attachons à leur dissemblance. Ds sa réflexion sur la création artistique. semble la transcription fidèle ou idéalisée de ces rapports. (…) La création n'est pas le prix d'une victoire du romancier sur la vie. M oppose constamment le monde des formes et la vie. ms par leurs rapports entre elles.(…) Toute narration est plus proche des narrations antérieures que du monde qui nous entoure.

comme l'a noté Sartre. Qd elle n'est pas explicitement déclarée. les dégoûts…mais qui voient seulement un magnifique dessein réalisé d'un coup" ( Tel quel). un dieu…". dt le nom est associé à l'idée d'un labeur forcé. qui tranche le débat. ds le 2 ème. tout texte est absorption et transformation d'un autre texte. se justifier. de Malesherbes. On peut penser qu'aujourd'hui. le 12 janvier 1762 Malgré l'importance de son oe. ds les dernières années. 15. la création est "gouvernée et instinctive". une phrase mystérieuse et gratuite s'impose à la conscience de l'écrivain comme un incipit et déclenche le processus de création. Pour M. recherches pour une sémanalyse : "tout texte se construit comme mosaïque de citations.elle appartient alors au contenu de l'oe. Certes." Partie II: L'expérience de l'écrivain L'expérience de l'écriture et de la lecture semblent radicalement différentes: selon Valéry. les tâtonnements. la médiatisation de la litté aidant. Lettre à M. Tte son oe est inspirée par une gde sensibilité. Flaubert souhaitait provoquer chez son lecteur une "espèce d'ébahissement". un au-delà de l'humanité. C'est bien pourquoi on ne peut établir de relation privilégiée entre l'homme et l'oe. goûter par la fiction ou les mémoires un bonheur que lui mesurait chichement une vie difficile et. R ne s'est js considéré comme un écrivain de métier. Les expériences évoquées st de 2 ordres. l'écrivain ne peut jouir de "l'effet instantané" que produit son texte. qui ne savent pas les lenteurs. au moins. les 4 lettres à M. et le langage poétique se lit. Certains écrivains déclarent avoir conçu leur oe ss l'effet de l'illumination (Rousseau) ou d'un besoin impérieux de noter des phrases qu'aucune réflexion n'appelait (Aragon). Chap 4: La création littéraire Robbe-Grillet notait en 1957 dans Pour un nouveau roman que "les mythes du XIXe siècle conservent toute leur puissance": l'artiste est encore vu comme un "médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure. A la place de la notion d'intersubjectivité s'installe celle d'intextextualité. Ds le premier cas. La notion d'auteur au sens d'individu entièrement conscient des buts et des moyens de sa création doit être remise en cause: l'écriture et ce qui s'y joue manifestent une série de déterminations intérieures et extérieures à l'écrivain. R n'a pas "écrit pour écrire" mais pour satisfaire 3 exigences vitales: intervenir ds les gds débats de son temps. le sentiment de sa valeur et de sa singularité et une haute exigence morale. Délaissant le problème de l'inspiration poétique. de Malesherbes racontent comment Rousseau est devenu écrivain. il eut la soudaine intuition de son système en découvrant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon "si le rétablissement des Sciences et des Arts a contribué à épurer les mœurs". Ms il y trouve sa personnalité d'artiste et non l'individu qui intéresse le biographe. cette sensation étant réservée aux lecteurs "qui ne connaissaient pas cet ouvrage. un esprit éternel. allant rendre visite à son ami D emprisonné à Vincennes. Sémiotiké. Celle intuition aboutit au Discours sur les sciences et les arts et aux autres œuvres de R. une forme d'inspiration révèle un système de pensée qu'il faudra ensuite mettre en forme. contrairement à l'artisan qui peut objectiver son ouvrage. affirme lui que le mécanisme créateur lui est resté mystérieux. ns choisissons de présenter divers témoignages de prosateurs. Avant-texte des Confessions. Balzac. Aragon et Balzac.  // Julia Kristeva. La création litté doit-elle dc rester un mystère pour le lecteur? Mérite-t-elle de retenir notre attention puisqu'aujourd'hui la critique s'intéresse à la poétique de l'œuvre plus qu'à son auteur? Selon les témoignages de Rousseau. la création litté est régie par des mécanismes qui échappent partiellement à la conscience claire de l'écrivain. son repérage dépend des compétences du lecteur. 9 . le romancier apparaît davantage au public comme un honnête artisan capable d'expliquer ce qu'il a voule dire ou faire. Rousseau. En 1749. qui n'ont pas vécu avec lui. comme double. l'artiste "ne trouve jamais que [lui] dans son œuvre" parce qu'il a lui-même inventé les règles de sa production.

1964 le mécanisme de la création romanesque y est évoqué de manière concrète. métaphore ou comparaison. 16a. les écrivains disposent de trois "puissances": au couple de capacités constitutives du talent (observation-expression)." 17. unité de cette œuvre discontinue se révèle ds la permanence chez l'homme et l'écrivain d'un questionnement sur soi et de la référence au surréalisme. La préface de La Peau de chagrin. est inspiré par un désir d'autojustification. je les ai lus. Je n'ai jamais appris à écrire ou les Incipit. jusqu'à ce que la crise politique de 1956 (déstalinisation) amène un renouveau des formes et de l'inspiration. c'était le caractère d'incipit de cette phrase: je l'imaginais dans une table des matières…Cela ne fit rire personne quand Guy appela M. le parcourant comme tout lecteur. 16b. sont essentielles au génie." 10 . Tte imagination semble répudiée au profit de la stricte observation du réel. j'ai toujours été devant eux dans l'état d'innocence d'un lecteur. une première courte phrase. et n'ayant à ma disposition pour le connaître autre méthode que sa lecture. s'ajoute celle qui définit les gds artistes comme doués d'une "sorte de seconde vue qui leur permet de deviner la vérité dans toutes les situations possibles" sans avoir à se déplacer. retour à la poésie versifiée avec les recueils de la Résistance et les poèmes d'amour. à partir de la première phrase.Témoignage authentique? Les manifestations physiques et morales de l'enthousiasme de R sont impressionnantes. Cpdt. Ce processus créateur répond à une nécessité intérieure et constitue une aventure personnelle. Comprenez-moi bien: ce n'est pas manière de dire. Tout ce qu'il y avait d'inconscient ici. donne ptt une autre vision de la création romanesque: le pouvoir du romancier est comparé à un "miroir concentrique où.Aragon. L'intuition. A rapporte comment il a écrit ce roman à partir d'une phrase venue spontanément ss sa plume et tt de suite comme la phrase initiale d'un texte. 30 ans après sa publication. tout à fait comme si j'étais encore eu temps de l'écriture automatique. Et une 3ème faculté distingue le romancier de génie. un roman". Romanet papa (…) au-delà de ces mots s'enchaînait. une histoire cohérente. il y a dc une expérience voisine de celle décrite ds le Manifeste du surréalisme où Breton raconte sa découverte de l'écriture automatique. la force entraînante de l'incipit Œuvre et vie marquées par des engagement différents: aux txts provocants et éclatants d'invention du jeune surréaliste succède la production plus "rangée" du communiste et du chantre d'Elsa: réalisme socialiste des romans du Monde réel. "j'écrivis. B se présente comme un historien. Ainsi la capacité d'observation du monde est inséparable de celle qui permet à l'artiste d'en donner une vision conforme à sa personnalité. Ms on n'oubliera pas que ce texte. la voyance. l'univers vient se réfléchir". du geste d'échangeur qu'elle a comme par hasard. "conjonction de mots" donnée par "accident" et engendrant l'ensemble du roman. il constitue le germe d'une création qui s'opère en dehors de la conscience du romancier: l'auteur est un autre. Tout s'est toujours passé comme si j'ouvrais sans rien en savoir le livre d'un autre. un "secrétaire" du réel. je n'ai jamais écrit mes romans. suivant sa fantaisie. L'entreprise romanesque perd ainsi cette apparence de jeu gratuit et pauvrement inventé qui lui valait le mépris de Breton. Pour "reproduire la nature par la pensée". Postface des Cloches de Bâle. s'articulait un livre épais. "Les hommes ont-ils le pouvoir de faire venir l'univers dans leur cerveau. A l'origine du processus créateur. comme une provocation. une phrase. 1831 En 1842. "Mes romans. composé plus de 12 ans après l'événement pdt une crise profonde marquée par la rupture avec les philosophes. Le type de phrase qu'il m'eût naguère encore paru inadmissible d'écrire (nb: allusion à la double condamnation du réalisme et du roman par les surréalistes). 16. Balzac. 1969 L'incipit y voit sa fonction créatrice systématisée. en reprenant la métaphore romantique du reflet. Préface de La Peau de chagrin. qui a constitué la pierre de touche du premier surréalisme. ou leur cerveau est-il un talisman avec lequel ils abolissent les lois du temps et de l'espace?…La science hésitera longtemps à choisir entre ces deux mystères également inexplicables.

d'une puissance qui joue "des secrètes harpes qu'elle s'est faites du langage". se trouve ainsi partiellement dépassé er révélé par sa création. intellectuelles et pratiques " d'un groupe (Goldmann). Il est la part privée du rituel. la forme litté correspond au choix de l'écrivain confronté à la double détermination de la langue et du style. limitant ainsi la liberté de l'écrivain. 19.Paul Valéry. s'inscrit dans une "aire sociale" et ds les gdes "crises de l'Histoire". 1924 Dans les volumes de Variété. acte individuel. Par l'écriture. la langue s'oppose à la parole. 1953 Selon B. Le style. il n'est nullement le produit d'un choix. 18. elle n'est pas l'œuvre d'une inspiration transcendante mais d'un "instinct". Qu'en est-il alors du sujet de l'écriture? Il ya chez le poète une part obscure mais féconde qui interdit de percer le mystère de l'"arcane de la génération des poèmes" (Valéry). "Jamais innocent". il s'élève à partir des profondeurs mythiques de l'écrivain (…) Le style est un phénomène d'ordre germinatif. Celui-ci s'engage en inventant une autre forme. sur l'art et sur sa propre pratique de poète. Elle exprime ainsi l'unité profonde du 11 . cette dualité devient une multiplicité: le je de l'auteur s'analyse en une série de "strates" (Calvino). Si la création n'est jamais entièrement dirigée. le langage conserve des significations anciennes au sein même d'une "nouvelles problématique du langage littéraire". l'écrivain invente une écriture. le style est toujours quelque chose de brut: il est une forme sans destination. Variété. Indifférent et transparent à la société. Le Degré zéro de l'écriture. "créateur créé". motivé par la distinction radicale entre l'homme vivant et l'homme écrivant. la politique. non d'une intention (…) il est la "chose" de l'écrivain. l'écrivain affirme des valeurs ("il n'y a pas de littérature sans une morale du langage" dit B). Trois principes soustendent sa conception de la création litté: 1° le refus de l'inspiration et du roman 2° l'affirmation du primat du langage et de la forme : une "espèce de matérialisme verbal" prévaut chez le poète qui. sa splendeur et sa prison. Théophile Gautier: " J'ai maintes fois été étonné que la grande gloire de Balzac fût de passer pour un observateur. V a mené une réflexion constante sur la litté. un ornement destiné à donner la qualité litté à un langage transparent qui désignerait directement son objet. historiquement datées. Admirateur et continuateur des classiques mais aussi contemporain des linguistes de la première moitié du 20 ème. il est la transmutation d'une humeur. "Quel que soit son raffinement. l'écriture. selon Barthes. démarche de la personne. "phénomène d'ordre germinatif".Roland Barthes. c'est-à-dire hors du pacte qui lie l'écrivain à la société."  soumis à des déterminations biologiques (le style) et sociales (la langue). le réel ou le message de l'auteur. il m'avait toujours semblé que son principal mérite était d'être visionnaire. est l'expression de la nature de l'écrivain. "au sujet d'Adonis". la langue et le style ne relèvent pas de la responsabilité de l'écrivain. Si l'on approfondit la réflexion. Mais une nvle détermination pèse sur l'écriture: celle des formes litté. il est le produit d'une poussée. (…)Par son origine biologique. le style se situe hors de l'art. Engageant à la fois ce qui relève du plus secret et de l'Histoire (des hommes et des formes). la philo. 3° le rejet de la biographie. d'une réflexion sur la Littérature. Cf Baudelaire. Chap 5: L'écriture et ce qui s'y joue Ecriture = autre chose qu'un beau style. Mais cette liberté est encore réduite par le poids des formes litté anciennes. V oppose "l'ouvrier d'un bel ouvrage" et le "personnage peu considérable" que livre la biographie de l'auteur. le langage litté se trouve à l'articulation de l'individuel et du social. Produits naturels du corps et du temps. La sociologie de la litté ajoute une autre dimension à l'écriture en considérant que l'écrivain donne forme et cohérence aux "tendances affectives. Code social. Comme Proust. Ecrivain = celui qui travaille sa parole. sa solitude. et ce travail n'est pas une opération simple. "Un connu et un inconnu" coexistent dans l'être qui crée. et visionnaire passionné". il a nettement opposé la litté et le réel. il renvoie à un "passé".

Se réclamant du matérialisme dialectique. 1964 LG a largement contribué au renouveau des études litté. Il n'engage pas l'homme de la biographie mais le moi profond de l'artiste. du genre de vie. en appliquant cette méthode au roman. et de tout ce qui peut figurer dans une biographie. Qu'une personne se mette tout entière dans l'œuvre qu'elle écrit. Ainsi le je de l'écriture est un " "je" fantomatique". c'est pourquoi le roman balzacien se présente cô la biographie d'un "héros problématique".Italo Calvino. Pour une sociologie du roman. une création de l'œuvre: l'auteur de Madame Bovary n'est pas l'auteur de Salammbô. apparaît ainsi comme un individu problématique et le roman comme "l'histoire d'une recherche dégradée de valeurs authentiques dans un monde inauthentique" (G développe les théories de Lukàcs et de Girard). 12 . aujourd'hui nous ne pouvons plus oublier que les livres sont faits de mots.dans l'acte même des Muses. C'est pourquoi il peut servir de médiation à la culture collective.Moi qui ne se connaît pas lui-même et se révèle dans l'œuvre: l'auteur n'existe qu'en tant qu' il est "fils de son œuvre"(Tel quel). C a réuni ses réflexions ds La Machine littérature. une autre part reste anonyme et collective.Lucien Goldmann.. qui n'est pas l'individu Flaubert. L'auteur du roman n'est pas l'homme de la biographie mais une image particulière que ce texte donne de lui. en les rapprochants de la pensée janséniste et aussi de la situation sociale et économique des gens de robe sous Louis XIV"(Le Dieu caché)." > acquis de la critique moderne. Le romancier italien confirme l'analyse de Robbe-Grillet selon laquelle ns sommes dans une "époque de fiction où les problèmes de l'écriture [sont] envisagés lucidement par le romancier". un "lieu vide". ds laquelle la qualité et la valeur d'usage st dégradées en quantité et en valeur d'échange. des incidents. Traducteur de Ponge et membre de l'OuLiPo. 1984 "Si autrefois la litté était vue comme un miroir du monde. que dans tout livre. Ainsi "les tragédies de Racine. voilà quelque chose qu'on entend fréquemment mais qui ne correspond à aucune vérité. ou comme l'expression directe de sentiments. 20. nous ne pouvons plus oublier que ce que les livres communiquent restent parfois inconscient à l'auteur même. en partie tout au moins. qui privilégie des critères qualitatifs. La Machine littérature. On pourrait ajouter que ces trois "strates" autorisent des lectures différentes faisant appel respectivement à l'intertextualité. . de procédés de construction.est indépendant des aventures. Il a élaboré une "méthode sociologique et historique qui se sert du concept de vision du monde". si une part relève de l'auteur. et ce peut être la projection d'une vraie part de soimême comme la projection d'un moi fictif" 21. à la sociologie ou à la psychologie. lui-même conçu comme un "élément de l'ensemble qu'est le groupe social": aucune œuvre importante ne peut être l'expression d'une expérience purement individuelle (biographie et psychologie st d'ailleurs récusées comme étant à la fois externes à l'oe et impossibles à établir scientifiquement). Analysant les "niveaux de réalité en littérature". L'économie libérale valorisait la vie individuelle. que ce que les livres disent est parfois différent de ce qu'ils proposaient de dire. En 1964. Ce qu'il y a de plus important. "Tout se passe dans l'intime de l'artiste comme si les événements observables des son existence n'avaient sur ses ouvrages qu'une influence superficielle. s'expliquent. G établit une homologie de structure entre la forme romanesque et la société individualiste née du capitalisme. "La condition préliminaire de tte œuvre litté est la suivante: la personne qui écrit doit inventer ce premier personnage qui l'auteur de l'œuvre. de signes. L'écrivain. si peu éclairées par sa vie. C signale "la multiplication du sujet de l'écriture". le critique entend expliquer la pensée par "l'homme vivant et entier"."  le poète effectue un travail sur le langage dont les motivations ne lui sont pas toutes connues. à l'époque historique ou aux sédimentations profondes de l'espèce". Ce n'est jamais qu'une projection de soi que l'auteur met en jeu dans l'écriture. Qd le marché libéral et individualiste est dépassé apparaît le Nouveau Roman "à caractère non biographique".

Au XIXème siècle s'oppose à l'impersonnalité hautaine de l'artiste (Flaubert) l'engagement moral du romancier qui désire être compris et éclairer ses lecteurs (G.Gustave Flaubert. Au déballage de cette sensibilité féminine. "le caractère collectif de la création littéraire provient du fait que les structures de l'univers de l'œuvre sont homologues aux structures mentales de certains groupes sociaux ou en relation intelligible avec elles. Le culte de la forme et du style est poussé jusqu'à une "espèce de mysticisme esthétique". l'Idée n'est plus".Ds les dernières pages de son livre. si "un livre est le produit d'un autre moi". Mais le domaine de l'art est toujours "le Vrai". 22a. au lecteur d'en retrouver la trace ds l'oe en s'aidant des données biographiques. en voulant philosopher et intervenir dans la vie de son temps. qui –par l'intermédiaire du créateur. et visible nulle part. c'est le W de la forme et non l'expansion du moi qui exprime les plus intenses et les plus vrais sentiments de la vie." 22c. F oppose la force virile du style. Un chefd'œuvre se distingue de l'oe médiocre par sa capacité à exprimer de façon rigoureuse la structure virtuelle d'un groupe. le sujet de l'écriture n'est pas la personne qui écrit. présent partout. le questionnement biographiques perd son intérêt (Proust). 22b. D'autre part cette tradition se fonde sur une conception réductrice du travail de l'écrivain. l'exigence d'impersonnalité F est ss doute le premier écrivain à avoir accordé une aussi gde place à la réflexion sur sa pratique de romancier. juillet 1862) Selon F. doit être comme Dieu dans l'univers. manque. Le refus de l'engagement (lettre à Mme Roger des Genettes. revient cô un leitmotiv ds la correspondance. dt Lamartine est la figure emblématique. en effet. ce que Balzac dénonçait ds la préface de La Peau de chagrin: "difficile de persuader au public qu'un auteur peut concevoir le crime sans être criminel!". Or. Chap 6: L'homme et l'œuvre Une solide tradition scolaire fait de la connaissance de la vie de l'écrivain un préalable à l'étude de l'œuvre. Cela exige aussi " l'impersonnalité de l'œuvre (…) il ne faut pas s'écrire" si l'on veut atteindre le Beau. auquel il permet d'objectiver et de comprendre ce qui. G précise la relation entre l'œuvre et " le groupe social. le romancier peut donner une vie saisissante à son oe. comme l'a montré la section précédente. //Baudelaire qui condamne la "poésie du cœur". (…)il n'est pas permis de peindre si faussement la société quand on est le contemporain de Balzac et de Dickens" 13 . Or cela favorise la confusion du personnage et de l'auteur. Le refus de la sentimentalité romantique (Lettre à Louise Collet du 22 avril 1854) La critique du romantisme larmoyant. 22. Le sujet est secondaire: "il n'y a pas en littérature de beaux sujets d'art (…) l'artiste doit tout élever". c'est-à-dire de la création d'univers imaginaires régis par ces structures. qui procéderait à la mise en forme d'une pensée ou d'une expérience préexistantes au texte.se trouve être en dernière instance le véritable sujet de la création". Sa correspondance constitue une sorte d'art poétique où il expose ses principes esthétiques. C'est la position qu'adopte la nvle critique d'inspiration psychanalytique qui s'intéresse à "l'inconscient du texte" (Bellemin-Noël). fait système. L'exigence d'impersonnalité (Lettre du 9 déc 1852) Omniprésent mais impassible. Cela implique la critique des lieux communs et le retrait de la vie sociale: "le vrai n'est jamais dans le présent". L'utilisation de l'aspect immédiat de son expérience individuelle pour créer ces univers imaginaires est sans doute fréquente et possible mais nullement essentielle (…) et secondaire de l'analyse littéraire"  tte gde œuvre litté ou artistique du passé est l'expression d'une conscience collective.Sand). dans son œuvre. le beau style étant la forme exacte de la vérité: "où la Forme. Hugo s'est éloigné du vrai et de l'art. ds ses façons de penser et de sentir. "L'auteur. l'écrivain a une liberté totale. Paradoxalement. alors que sur le plan des contenus. "Les Misérables m'exaspèrent (…) je ne trouve dans ce livre ni vérité ni grandeur.

23. Je l'ai compris. Désireuse de rendre "moins malheureux ses lecteurs". 1869). Figure maternelle et artiste respectée. lettre à Flaubert. Car du moment qu'une chose est Vraie. s'il veut entendre l'histoire que vous lui racontez. 1954 (posthume) S-B écrivait ds une étude au titre significatif "Chateaubriand jugé par un ami intime en 1803": "je puis goûter une œuvre. le but de l'écrivain est de composer une oe qui s'imose par ses qualités esthétiques. laisser par conséquent le lecteur incertain sur l'opinion qu'il doit avoir. L'Education sentimentale a été un livre incompris (…)tous les personnages sont faibles et avortent. en suivant l'exemple de Freud (cf son étude de la Gradiva de Jensen) aient entrepris de lire les textes littéraires à la lumière de la psychanalyse. sauf ceux qui ont de mauvais instincts. "un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes. il déchiffre le "livre intérieur de signes inconnus" que les impressions fugitives ont laissé en lui. dans la société. auquel elle répète qu'une œuvre doit exprimer "une vue bien arrêtée et bien étendue sur la vie". on comprend que certains critiques. et c'est là ce que tu lui refuses avec hauteur. qui s'attachent à la personne de l'écrivain et souhaitent qu'il exprime clairement ses opinions sur les personnages. dans nos vices. Pour elle. Vers l'inconscient du texte. S prodiguait conseils et encouragements à F aigri par des revers de fortune et des échec littéraires (L'Education sentimentale. 24. mais il m'est difficile de la juger indépendamment de l'homme même. c'est toujours notre faute. elle refuse de ne montrer que le mauvais comme le réalisme (ds lequel F ne se reconnaissait nullement) et récuse le culte de la forme et l'impersonnalité qui ne s'adresse qu'à des lettrés alors qu' " on est homme avant tout". L'art poétique de GS s'oppose en ts points à celui de F."  // Paul Valéry. Tel quel: "l'auteur est une création de l'œuvre".Marcel Proust. E lecteur doit effectuer. c'est vouloir n'être pas compris. ce qui exclut tte expression personnelle et tt engagement. ou que le livre est faux du point de vue de l'exactitude. c'est que le lecteur est un imbécile. c'est de pénétrer notre pensée. elle est bonne". voilà le reproche qu'on te fait. votre récit est une causerie entre vous et lui. La réponse de F montre qu'il ne renoncera pas à ses principes: "si le lecteur ne tire pas d'un livre la moralité qui doit s'y trouver. l'auteur doit guider le lecteur en jugeant clairement ses personnages. 25. ptt. les deux écrivains ont été liés par une amitié dt témoigne la correspondance qu'ils ont échangée de 1866 à 1876. le lecteur vous quitte: car. Il croit que tu le méprises et que tu veux te moquer de lui.George Sand."  la volonté d'impersonnalité expose le romancier à n'être pas compris des lecteurs. Une place particulière doit être accordée à la "psychocritique" de Charles Mauron qui. et je dirai volontiers: tel arbre. Ainsi l'idée que P se fait de l'art conduit à distinguer radicalement l'homme de l'œuvre et à réévaluer le rôle du lecteur. parce que je te connaissais. 1979 S'il est vrai que "le fait littéraire ne vit que de receler en lui une part d'inconscience". et. tel fruit. Plus tard. parce qu'on a pas compris que tu voulais précisément peindre une société qui encourage ces mauvais instincts et ruine les nobles efforts: quand on ne nous comprend pas. c'est à la condition que vous lui montriez clairement que celui-ci est un fort et celui-là un faible.Jean Bellemin-Noël. Ce que le lecteur veut. "Cacher sa propre opinion sur les personnages que l'on met en scène." L'auteur de la Recherche s'est élevé contre cette fameuse méthode au nom d'une conception radicalement différente de la litté et de l'art: le gd écrivain ne retranscrit pas les incidents de sa vie. C'est dc bien la question du public qui oppose les deux romanciers. par une méthode rigoureuse de superposition des textes. Contre Sainte-Beuve. dès lors. moi. janvier 1876 F a longtemps considéré GS comme le modèle de l'écrivain sentimental et sans style. par "un effort de [son] cœur" un travail "au fond de [lui-même]" pour "recréer" le moi profond de l'auteur.(…) vous aurez beau faire. met en évidence des réseaux d'associations et d'images qui ordonnent l'ensemble de l'oe puis dégage une structure 14 .

J B-N choisit d'aller vers l'inconscient du texte sans "jamais faire appel à l'auteur des textes mis en lecture". conscients et inconscients. cas limite. Hippolyte (le Moi) tente d'échapper à une mère possessive (Ca) et se heurte à un père implacable (Surmoi). Qt à la lecture critique. c-à-d une situation de lecture ds laquelle interviennent des déterminations individuelles et collectives (Goulemot). Expliquons: le lecteur ne s'approprie pas purement et simplement le je de la fiction. c-àd les différentes modalités de l'acte de lecture. la séduction mystérieuse de la litté. dt la sensibilité et le jugement st déterminées par les conventions esthétiques de son époque. Il est dc fondamental d'analyser ce processus qui actualise la structure de l'oe et lui donne sens. dt le critique cherche ensuite confirmation ds les données biographiques. Il importe donc d'envisager la relation entre l'oe et le lecteur. l'oe de Racine exprime sa lutte contre "la menace de la névrose janséniste". elle ne cherche pas à découvrir la vérité de l'oe en la confrontant au monde.  le txt litté met en relation plusieurs sujets. Ms l'expérience esthétique est d'abord intersubjective ds la mesure où une oe nvle est perçue par le public à travers le système de références créé par les oe antérieures et qu'elle contribue à modifier (Jauss). par son 15 . forme qio n'existerait que par elle-même. C'est ce que montrent les théoriciens de la réception qui caractérisent le txt litté par son incomplétude et sa polysémie et définissent l'oe comme "la constitution du texte dans la conscience du lecteur". Chap 7: Qu'est-ce que lire? L'oe n'existe pas sans sa lecture. ce sens se constituant progressivement ds l'histoire "chaque fois que les conditions historiques et sociales de la réception se modifient". Phèdre transpose ainsi un fantasme oedipien: en aimant Ariste. il est contraint de composer avec lui. inconsciente. Le risque est de s'intéresser à l'homme plus qu'à l'œuvre. ms à la décrire avec le langage et les concepts de son époque (Barthes). Le je(u) littéraire Il y a ds le txt "un effet de désir" que le lecteur met en scène par son travail. L'interconnexion entre les inconscients du txt et du lecteur est à la source du plaisir de la lecture. Les romanciers se st eux aussi intéressés au rapport au point d'en faire le sujet du roman (Calvino).symbolique fondamentale. la réception de l'oe par ses contemporains puis par les générations ultérieures qui assurent sa survie. Sartre avait déjà conclut que 'il n'y a d'art que pour et par autrui" (Qu'est-ce que la littérature?). héritage de l'éducation rigoriste reçue à Port-Royal. susceptible de le transformer. 26. La théorie de la réception accorde une place encore plus grande au lecteur. Jauss. La lecture du fameux incipit de la Recherche met ainsi en relation toute une série de sujets: Le monde le texte le lecteur Marcel Proust JE: l'auteur implicite du récit je: le moi conscient du lecteur Je: le narrateur explicite "je": le moi inconscient du lecteur Je: le personnage du récit C'est ds ce "jeu des je" que réside. Il n'y a dc pas de txt sans hors-texte. de faire une expérience nvle. Partie III: L'œuvre et ses lecteurs Il n'est plus possible aujourd'hui de considérer l'oe en soi. comparable au sens latent d'un rêve. Pour une esthétique de la réception. Pour se prémunir contre le beuvisme. l'oe "englobe à la fois le texte comme structure donnée et sa réception ou perception par le lecteur". 1972-1975 Selon J et les théoriciens de l'école de Constance. J analyse deux moments de l'expérience esthétique. selon J B-N. Plus généralement. celui de la découverte d'une oe nvle et celui de son interprétation. aussi cet inconscient du txt ne peut-il être js isolé et attribué au sujet-créateur. Todorov a reproché à la psychocritique de "postuler l'existence d'un original" biographique alors que le texte "est toujours la transformation d'une autre transformation". L'oe n'est js reçue "comme une nouveauté absolue" par un esprit vierge: dès le début.

(…) Lire. Si par une nuit d'hiver un voyageur. une lecture actualise "une des virtualités signifiantes du texte". Production de l'intérêt romanesque: "la narration a pour but la maîtrise du lecteur (…)elle s'en fait le guide. elle évoque "des choses déjà lues" et pd place ds le système de références du lecteur. la lecture est dc une part "guidée". un Lecteur et une Lectrice. Il est rare qu'on lise l'inconnu. Si par une nuit d'hiver un voyageur porte la trace de ces recherches formelles. en quête d'un roman dt ils n'ont lu que le début. La liberté (éventuelle) du lecteur consiste au plus à prendre ou ne pas prendre le volume proposé. L'analyse de J-M G sur la réception de L'Education sentimentale avant et après 1968 peut être prolongé par l'analyse de Sartre sur "l'historicité" du lecteur: Le Silence de la mer était adapté au public de 1941. une histoire et une bibliothèque". La personnalité souvent évoquée du lecteur. la technique narrative. les réfces à des pays géographiquement et politiquement typés. phrases) qui rappelle ss cesse que le lecteur est en train de construire l'histoire à partir des données du texte et selon les modèles narratifs du roman policier.genre er son style. l'histoire et la culture du lecteur. Cet horizon d'attente est en outre ss cesse modifié par la succession de "signaux" inscrits ds la stratégie textuelle de l'oe. Les deux héros. en découvrent neuf autres qui s'interrompent ts au moment le plus palpitant. l'auteur et la société. c-à-d ds "un ensemble d'attente et de règles du jeu avec lesquelles les textes antérieurs l'ont familiarisé". n'est qu'une feinte du roman. cette altérité que le texte suppose comme partenaire dans son "dialogue". Le rôle de la biblio s'analyse en des termes d'intertextualité et d'horizon d'attente. Le texte litté étant polysémique. Ds cette perspective. Celui-ci est déterminé par l'expérience esthétique –individuelle et intersubjective. (…) la culture institutionnelle nous prédispose à une réception particulière du texte. mais la nouvelle a perdu son efficace en 1942 qd la résistance contre la barbarie nazie a pris des formes plus radicales ( Qu'est-ce que la littérature?). Ms loin de se réduire à un exercice de style.une petite gare de province d'avant l'électrification qui sert de cadre à l'action d'un inconnu à la recherche d'un mystérieux contact . Il commence par rappeler quelques évidences établies par la critique moderne: la lecture est un "procès d'appropriation et d'échange" qui réunit le lecteur et le "hors-texte". de compréhension et de jouissance". 16 . Ces débuts constituent autant de parodies où C manie avec virtuosité l'écriture. La situation de lecture est déterminée par 3 facteurs: "une physiologie. l'invitant à na pas sympathiser avec les Allemands. ss cesse corrigée par les données textuelles. le lecteur. L'OuLiPo s'est intéressé aux contraintes et aux procédures qui président à l'engendrement des oe litté et s'est attaché soit à en inventer de nvles (ex le lipogramme utilisé ds La Disparition) soit à analyser celles qui donnent forme aux oe du passé. sitôt dans ses mains pourtant le livre lui dérobe totalement sa liberté. ce serait donc faire émerger la bibliothèque vécue. le roman constitue une réflexion sur les relations entre le livre. Pratiques de lectures.Jean-Marie Goulemot."  la lecture est un processus complexe qui met en jeu le corps.  la réception d'une oe n'est pas un acte individuel relevant de la pure subjectivité ms s'inscrit ds un horizon d'attente. Cf Charles Grivel." 27. L'incipit mêle malicieusement deux univers normalement disjoints ds la csce du lecteur: . ds cadre d'un "système sémiologique". l'interprétation d'une oe n'est pas un phénomène strictement individuel et subjectif: elle s'inscrit ds "l'horizon d'une expérience esthétique intersubjective préalable qui fonde toute compréhension individuelle d'un texte et l'effet qu'il produit". 1985 J-M G analyse "la pratique d'une culturelle. alinéas.Italo Calvino. lieu de production du sens.du lecteur. 28. c'est-à-dire la mémoire des lectures antérieures et des données culturelles.le roman ds sa matérialité même (chapitres. se constitue comme dirigisme intégral. 1979 IC fut le correspondant italien de l'OuLiPo qui réunit des écrivains comme G Perec et R Queneau. mise en rapport du livre avec d'autres livres. Une lecture aussi déterminée par "la mémoire des lectures antérieures" et par les différents modèles narratifs qui coexistent à une époque donnée. " toute lecture est une lecture comparative.

Inversement. distingue le "roman pour les femmes de chambre" et "le roman des salons" (projet d'article sur Le Rouge et le Noir). C'est pourquoi B dénonce "la critique positiviste" et le "lansonisme" auquel il reproche de "couvrir de drapé moral de la rigueur et de l'objectivité" des fondements idéologiques discutables selon lesquels "les détails d'une œuvre doivent ressembler aux détails d'une vie". il destinait son oe aux happy few. Diderot. n'est pas Céleste Albaret. Stendhal. le choix du présent puis le remplacement de la 3 ème personne par les deux premières obligent le lecteur à voir ds les éléments du récit des indices à interpréter. Eco définit le txt litté comme un "tissu d'espace blancs. Ds ce début discrètement parodique. et pour tout dire la systématique. le roman policier apparaît comme la métaphore de tout roman. le personnage de la Recherche. à celui de l'œuvre. Aujourd'hui le champ litté est ordonné par "le système médiatique" qui conduit à un appauvrissement de la litté (Ernaux). mais seulement sa soumission au système de signes que s'est fixé l'auteur.Umberto Eco. Se pose alors la question de la liberté d'interprétation du lecteur: l'actualisation du contenu est-elle 17 . qui emprunte à son époque des concepts et des principes. Essais critiques. la logique. Les règles qui assujettissent le langage litté ne concernent pas la conformité de ce langage au réel. La qualité d'une bonne critique n'est dc pas d'être vraie mais systématique. en signalant "l'immense consommation de romans qui a lieu en France". Une oe originale. elle s'apparente au discours logique et utilise des instruments nvx pour rendre compte des oe antérieures. sa validité se mesure à sa capacité à saturer l'oe. défini comme un système de signes lacunaires mais construit pour permettre au lecteur de reconstituer facilement "une atmosphère qu'[il] connaît par cœur". tte critique se fonde sur des principes idéologiques. Est ainsi récusée la démarche positiviste qui cherchait à expliquer une oe par ses rapports secrets avec le monde de l'écrivain: Françoise. 29. il est valide ou il ne l'est pas: valide. Iser. "langage second ou métalangage". en effet.Roland Barthes. Lector in fabula. un langage n'est pas vrai ou faux. est tjrs d'accès difficile: demande effort d'adaptation avt d'ê acceptée et de modifier vision du monde (Proust). puisse recueillir. d'interstices à remplir". c'est-à-dire constituant un système cohérent de signes. En soi." Chap 8: L'œuvre et son public Les romanciers se st très tôt posé ce problème. 30. soumet un lecteur pudibond et prisonnier des codes narratifs et moraux de son tps aux critiques d'un auteur malicieux et provocant.Les variations de l'énonciation provoquent et contrôlent à la fois l'identification du lecteur au héros. La critique confronte son langage. soit qu'une partie de son contenu n'est pas manifestée au plan de l'expression. conscient de déranger les habitudes de lecture contemporaines. 1964 B commence par rappeler que tte oe litté est d'abord langage: on ne peut dc apprécier en termes de vrai ou faux un discours dt la référence au monde est problématique. Ds la 1ère moitié du XIXe. et à ce titre elle obéit à des déterminations historiques et existentielles qui engagent son auteur. La diversité de la nvle critique montre d'ailleurs que le discours critique n'a pas pour objet la "vérité". La critique est elle-même langage . c'est-à-dire au système formel de contraintes logiques élaboré par l'auteur selon sa propre époque. 1979 Ds une perspective proche de celle de W. (…) son rôle est uniquement d'élaborer elle-même un langage dt la cohérence. Ce txt peu ê l'illustration de la thèse de Jauss selon laquelle la perception du lecteur est ss cesse "guidée" par les "signaux" qu'il repère ds le txt. l'innovation formelle heurte les habitudes de lecture du public cf Madame Bovary (Jauss). Son objectivité est illusoire. Les commentaires du narrateur. Seul lecteur peut le faire fonctionner en actualisant ce qui n'est pas exprimé explicitement. l'oe tend à devenir une marchandise et l'auteur peut ê tenté de s'adapter aux attentes du public comme le montre l'ex des Mystères de Paris (Eco). cela veut dire que sa tâche n'est nullement de découvrir des "vérités". la domestique de Proust. ds JleF. "si la critique n'est qu'un méta-langage. comme un bon menuisier qui approche en tâtonnant "intelligemment" deux pièces d'un meuble compliqué. C'est pourquoi le txt suppose (et construit) un "Lecteur modèle" doté de certaines connaissances et capable d'en acquérir de nouvelles. le langage que lui fournit son époque au langage. ms seulement des "validités". ou mieux encore "intégrer" la plus grande quantité possible de langage proustien (…) d' ajuster.

32. initialement destinés au public cultivé. loin de se réduire à des divertissements futiles que n'inspirent aucun projet esthétique nu interro sur le monde. A côté de Bergotte. "l'écrivain-vedette" doit se soumettre aux lois du marketing: entretenir l'intérêt du public. gymnastique difficile qui demande apprentissage: faut franchir l'obstacle d'un style nv. L'adaptation de la litté au gd marché conduit à une double perversion: l'oe devient une marchandise et. P met l'accent sur travail d'accommodation du lecteur. à laquelle le lecteur peut adhérer. En effet. dérouté par une forme nvle. 1972-75 Selon J. dt l'apparition ds les médias est considérée par le gd public cô un critère de qualité. Pr conserver sa place ds un domaine soumis à une dure concurrence. perception qui reste inaccessible à l'intelligence : l'artiste est seul à pouvoir exprimer la sienne au terme d'un travail d'écriture. dt l'auteur veut décrire la sentimentalité romanesque. 31. Avec les Mystères de Paris. cultiver la nouveauté. "l'écrivain en terrain miné". devrait continuer à exercer sa fonction "dans tous les domaines". Ainsi même un txt fermé ne contrôle pas totalement son actualisation. Pour une esthétique de la réception. produire des oe nbses et faciles. Le procédé artistique consiste à présenter le discours intérieur du personnages (…) il en résulte que le lecteur doit décider lui-même s'il lui faut prendre ce discours comme l'expression d'un vérité ou d'une opinion du personnage" 33. 1985 AE alerte l'opinion sur les dangers que le "système médiatique" fait peser sur la litté. 18 .Jauss. L'enjeu moral est évident. et le public. C'est "la littérature-spectacle". qui y a vu une oe révolutionnaire.Annie Ernaux.Proust. le propre d'une gde œuvre est de rompre avec "l'horizon d'attente". le choix d'un mode de narration impersonnel pose pb à partir du moment où il ne permet pas aux lecteurs de déterminer avec certitude l'origine des propos rapportés. y a vu "une glorification de l'adultère". peu rompu à ce type de narration. 1920 P > chq individu perçoit le monde d'une manière unique.entièrement réglée par le txt? Eco définit alors 2 types: contrairement au txt " fermé". le txt "ouvert" ne cherche pas à imposer une seule lecture. Renoir illustre parfaitement le renouvellement des formes qu'apporte un gd artiste: ce peintre représente en effet une école dt la modernité fit scandale et à laquelle les critiques lui reprochaient de mal restituer la réalité. Se pose alors le pb de la communication entre artiste et public: la singularité de l'oe n'est-elle pas un obstacle à sa réception? On sait que la passivité est interdite au lecteur proustien qui doit "recréer en [lui] "le moi profond de l'artiste. La réflexion de P anticipe sur les travaux de Jauss qui montrent comment la réception d'une oe nvle est réglée par codes hérités d'oe anciennes et reconnues. Ms cet " écart esthétique" peut susciter l'incompréhension du public. Le txt "fermé" est adapté à un public spécifique qui n'a dc pas besoin de se montrer particulièrement coopératif: les volumes de Fantômas visaient ainsi le public populaire des années 1911-13. habitué au "jugement moral univoque et garanti sur les personnages" par le narrateur balzacien. Ms son message n'a pas été bien compris du peuple. L'originalité de l'œuvre constitue dc un critère de qualité. Eco montre que l'adaptation de l'e au public a pu se faire pdt la rédaction: la publication en feuilletons a permis à Eugène Sue d'orienter son roman ds un sens moralisateur et réformiste qd s'est rendu compte de son succès. Le Monde. Le Côté de Guermantes. ms l'opinion tte subjective du personnage. "l'accusateur de Flaubert était victime d'une erreur que l'avocat ne se fit pas faute de relever aussitôt: les phrases incriminées ne st pas une constatation objective du narrateur. Une métaphore fait de l'artiste original un oculiste qui modifie la vision du lecteur en lui révélant des "rapports nouveaux entre les choses". l'écrivain doit offrir au public "une image médiatique". Cette satire des mœurs est conduite au nom d'une conception de la litté qui. ms tt en assurant une cohérence des interprétations. J donne ainsi l'ex du procès que valut à F la publication de Madame B en 1857: les lecteurs qui avaient en tête les normes romanesques du roman balzacien furent déconcertés par l'impersonnalité et l'emploi novateur du style indirect libre. Tt en reconnaissant ds le désir d'ê reconnu une motivation légitime de l'écrivain. elle déplore que la consécration litté dépende essentiellement de la télé: l'oe est alors confondue avec l'auteur. pour assurer sa promo.

de "l'être même". Qu'est-ce qui permet à l'oe de qualité de résister au tps? -> une "forme efficace" = qui participe de la "structure". Cette question subit déplacement significatif chez C qui se demande plutôt comment on lit les classiques que pourquoi on les lit.9). 19 . Ms c'est la lecture complète de l'oe et non des morceaux choisis qui révèle cette " contexture intime du langage". 34. Ainsi ce st les éléments les + dénués de signification (rythmes. Une telle forme a qlqch d'essentiel en cela qu'elle s'appuie sur la "nature constante de l'homme". Article de C pd forme d'une série de réflexions ponctuées de 14 défs originales. forme est seule réalité de l'oe . explique aussi leur fonction civilisatrice: ils touchent la sensibilité et nourrissent la mémoire (2. notamment poétique (Valéry).7. 35. V définit litté cô un langage avt tt et affirme le caractère inessentiel du message ou du sujet. vite dégradées. bref une oe que l'on puisse considérer sur les plans artistique et moral ds la tradition des humanités.Italo Calvino. la lecture conduit "au seuil de la vie spirituelle": "la puissance de notre sensibilité et de notre intelligence.8). Ds domaine esthétique. jugement des hommes aussi. Vie humaine vouée au chgt et à dégradation. qu'aurais-je fait fidèle?". rimes. + largement. Ce discours humaniste est tenu à la fois par l'institution scolaire et par certains écrivains comme Claude Roy. La lecture obéit à des déterminations complexes qui mettent en jeu série de relations dialectiques entre le présent et le passé. Analyses modernes ajoutent considérations fondées sur la réception de l'oe: le chef-d'oe supporte des interprétations successives.5. Une longue note emprunte ainsi à Andromaque des ex de ces "belles lignes brisées": "Je t'aimais inconstant. P s'interroge sur l'intérêt des gds écrivains pour les ouvrages anciens. qui assure leur survie. épargnée par le tps. Ils contribuent à définir l'honnête homme. que se fait l'éducation des 'façons' de l'esprit". le désir d'instruire en distrayant. "c'est ds ce contact avec les autres esprits qu'est la lecture. Pastiches et Mélanges. capacité à intéresser à un autre public que le contemporain.6.Chap 9: Qu'est-ce qu'un classique? Notion désigne d'abord une gde oe du 17 e conforme à une esthétique fondée sur l'imitation (Anciens. "Victor Hugo créateur par la forme". Cette richesse. Peut ê appréciée cô un témoignage d'un état de langue disparu (Proust) ou au contraire rejetée au nom du refus du conformisme et de la création de nvles formes adaptées au public contemporain (Artaud). permettent à l'homme de se connaître (11) et de se situer ds le tps (13. durée et utilité de l'oe litté. "Journées de lecture". formes changent. considérée comme un "miroir de la vie": ils goûtent un plaisir d'esthète à découvrir les "traces persistantes du passé à quoi rien du présent ne ressemble" ds la syntaxe à la fois ciselée et audacieuse des auteurs classiques. nature). Ms cette pratique n'est js stérile. nous ne pouvons la développer qu'en nous-mêmes". Spécificité des classiques se manifeste ds le rapport particulier qu'ils entretiennent avec le lecteur. La Machine littérature.3). l'individuel et le collectif: c'est pourquoi on peut multiplier les défs d'un classique (Calvino). il y eut "une figure rythmique vide". Elle l'est d'abord comme schème: à l'origine du Cimetière marin. Durée.14). figures) qui assurent la survie de l'oe parce qu'ils échappent au vieillissement des pensées et des codes. du "fonctionnement de l'organisme humain". est svt évoquée cô critère de qualité mais quel est le principe de durée? Non pas les idées. mais la "forme".Valéry. synthétisent l'expérience humaine (10). est ss cesse "re-produit". s'applique à tte oe qui a trouvé sa place ds notre patrimoine culturel et que l'on étudie en classe. le respect du public (bienséances. Variété Pr V. c-à-d du goût raffiné. on répond svt que leur fréquentation jouent rôle essentiel ds formation de l'individu et du citoyen.Proust. 1905 Pr P. goût) et de conventions. ils apprécient la beauté d'une langue disparue. Ms plasticité pas tjrs reconnue: oe ancienne datée par sa forme. la lecture privée et libre laisse place à une lecture collective et guidée: ces txts vénérés st d'abord connus "par ouï-dire" et à travers un discours critique (1. et définissent une "continuité culturelle" (12) 36. la richesse infinie des classiques supporte de multiples relectures (4.  notion s'articule sur qualité. Outre la possibilité de "sortir de soi" et de l'univers qui est propre à chacun. 1984 A la question de l'intérêt des gdes oe du passé. En revanche. la raison.

G définit "mode narratif" avec 2 outils narratologiques. outre sa fonction mimétique. Utilisant modèle verbal. De même. La topographie romanesque. en outre. Le lecteur naïf lit une histoire or cette histoire. "En finir avec les chefs-d'œuvre". Metteur en scène ms aussi analyste des pratiques théâtrales. La poétique. d'abord abordée en termes psycho. le pt de vue etc). lui-même produit par un narrateur qui n'a d'existence que ds le txt du roman."  le culte du chef-d'œuvre relève du "conformisme bourgeois".Ce vœu de Flaubert semble avoir été exaucé depuis la linguistique structurale. a été ensuite traitée ds une perspective structurale et sémiotique. réunis ds Le Théâtre et son double. auteur ou lecteur). "distance" et "perspective". A adhère au surréalisme qui lui permet de donner libre cours à ses idées radicales. On cherche à élaborer une poétique qui prenne en compte à la fois la variété et l'unité de tte oe litté. Partie IV: Structures du récit "Où connaissez-vous une critique qui s'inquiète de l'œuvre en soi. il expose ds des articles. un groupe liégois établit un classement des divers types de focalisation (groupe µ). du pt de vue narratologique. 1938 En 1924. est le signifié du récit (signifiant). Des critiques comme Todorov ou Genette illustrent cette démarche analytique qui envisage les rapports entre les divers élé du récit selon le modèle syntaxique. L'exemple d'Œdipe Roi de Sophocle montre que ce n'est pas le thème qui est étranger à la foule d'aujourd'hui ms son langage. d'une façon intense?" (lettre à G. A estime que la forme de l'oe est le principe de son vieillissement. la description a aussi vu sa fonction changer avec le Nv Roman. et fixés en des formes qui ne répondent plus aux besoins du temps. analysant l'oe ds sa littérarité. Cette ambition "métaphysique" suppose un engagement total des acteurs et une constante inventivité. Le théâtre est conçu cô un spectacle total tjrs renouvelé pour s'accorder à la sensibilité changeante du public. le danger est dc de "s'attarder artistiquement sur des formes". Ainsi. ils ne sont pas bons pour nous . il s'attache à définir notion d' "instance narrative" en la différenciant de celle d'auteur ou de point de vue.Genette. c'est-à-dire fixés. contrairement à Valéry. Analyses rhétoriques apparaissent directement impliquées ds réalité de la création romanesque puisqu'un écrivain les met en scène ds une sorte d'auto-réflexion sur la compo et l'élaboration de son roman (Kundera). une tendance de la critique litté consiste à analyser l'oe ds son fonctionnement interne (# rapport avec contexte. Instable. atteint de troubles psychiques. 1972 20 . D'où analyse des " modalités de la représentation narrative" (sur la narrateur. Chap 10: Modes du récit Dps les Formalistes russes. Cette négation de l'art se fait au nom de l'utilité du théâtre. A l'origine de l'illusion référentielle que produit le roman réaliste. Ds même esprit. qui a pr objet d'élaborer "une théorie générale des formes littéraires" (Genette) s'est attachée à l'étude du récit (narratologie). ses formes.Sand de février 1869). Txt dénonce l' "idolâtrie des chefs-d'œuvre fixés" qui conduit à proposer au public des formes désuètes. du personnage et de la description.Antonin Artaud. 38. expression de la souffrance existentielle de l'hô. Figures III. manifestes. conférences. La notion de personnage. s'inscrit ds des structures spatio-temporelles qui fondent sa véracité. à travers catégories permettant d'établir une "grammaire su texte". Le récit. "Les chefs-d'œuvre du passé sont bons pour la passé. est liée au système de personnages auxquels elle fournit un "espace de jeu". Il est analysé en tant que participant à une sphère d'actions et comme un signe doté d'un signifiant et d'un signifié. C'est dire que l'histoire n'a rien de naturel et pourrait ê représentée autrement. Bakhtine a montré comment le tps et l'espace romanesques ordonnent le monde selon une vision particulière à l'auteur. le genre ou l'époque.(…) Si la foule ne vient pas aux chefs-d'oe litté. "il faut croire à un sens de la vie renouvelé par le théâtre" déclare-t-il ds la préface. Le théâtre et son double.37. ses théories théâtrales et sa conception du "théâtre de la cruauté". c'est qu'ils sont litté. il tente de trouver une thérapie ds l'écriture poétique ( Le Pèse-Nerfs) puis ds le théâtre.

c-à-d " les modalités de la représentation narrative ". Ses réflexions sur le roman st réunies ds L'Art du roman. Ds passage de La vie est ailleurs. 2) l'instance narrative Utilisant tjrs le modèle grammatical. Et variations de instance narrative au cours du récit. "Vision avec" 4°la permutation des points de vue des personnages est représentée par le roman par lettres ex Les Liaisons dangereuses. 1973 Analyste lucide des mécanismes et des idéologies des sociétés contemporaines. Ex le N balzacien analyse et juge les personnages (N > personnage). K affirme clairement ses choix esthétiques: refus du lyrisme. . Narratologie doit envisager alors aussi une instance productrice du discours romanesque et dc analyser "voix" qui rapporte récit. consciente et/ou inconsciente. établie en linguistique. individuelle et/ou collective. qui substitue à représentation du N la perception subjective d'un personnage. définies comme la quantité d'informations transmise au lecteur et la façon dt s'opère cette transmission. 1) le mode narratif G définit le "mode narratif" du txt. 3°la suppression-adjonction. Narrateur = "rôle fictif" situation narrative "ne se ramène jamais à la situation d'écriture". "Vision du dehors" 2° l'adjonction de la représentation du narrateur crée la "vision omnisciente". interventions constantes du N. K met en scène N qui réfléchit. Milan Kundera. 1° la suppression de la représentation du narrateur apparaît ds certains romans américains (q Sartre a opposés à Mauriac ds un article de Situations I). à travers élaboration de son propre roman. la critique doit s'orienter ds une autre perspective définie comme " une exploration des divers possibles du discours" centrée non sur "la littérature mais sur la littérarité". La "perspective" définit le point de vue à partir duquel st données ces infos. Mais pb confusion instance narrative avec support de la focalisation.Groupe µ. les personnages st présentés de l'ext selon un type de narration behaviouriste (Narrateur < personnage). cette notion pd sens plus large. G propose dc ds Figures III une théorie du récit élaborée à partir de la Recherche. créatrice et/ou réceptrice". le roman est devenu poésie depuis Madame Bovary (roman = poésie antilyrique). Ds Des souris et des hommes de Steinbeck. Récit analysé avec les 3 catégories temps. est illustrée par L'Etranger ou Le Horla. "la régulation de l'information narrative" s'opère au moyen de deux modalités essentielles: la "distance" et la "perspectives "narratives. humour. Ds récit. aux conditions de la mise à forme romanesque.Ds le chap 1 du livre. Il a recours au modèle grammatical pour fonder une "grammaire du texte" utilisant les catégories du verbe afin de mettre en évidence les structures organisatrices du récit. adjonction. Rhétorique générale. Pr lui. de l'Est comme de l'Ouest. est analysé comme aboutissement de techniques qui mettent en oe 4 opérations fondamentales: suppression. entre énoncé (parole non située) et énonciation (parole située ds processus de com) mettant en jeu instance productrice. + confusion instance narrative/ instance productrice du récit: narrateur/auteur. le sujet étant non seulement "celui qui accomplit l'action" mais "celui (le même ou un autre) qui la rapporte". refus de l'illusion réaliste. perspective à travers laquelle st restitués les évéts ou les personnages de la fiction. Pr K. permutation. 1970 > groupe de recherche sur les pbs de l'expression. entre voix qui rapporte récit et personnage dt point de vue oriente la perspective. définit litté comme "un usage singulier du langage". > focalisation interne. > confusion "qui voit" et "qui parle". Le récit peut par exemple donner les infos à partir des "capacités de connaissances de telle ou telle partie prenante de l'histoire (…) dt il feindra d'adopter la "vision" ou "le point de vue" ". Applicable au point de vue narratif. Le "fait de style" qui fonctionne comme écart par rapport à norme. G met en oe la notion de "voix" définie grammaticalement comme "l'aspect de l'action verbale considérée ds ses rapports avec le sujet". G signale que la "fonction essentielle de la critique (…) reste d'entretenir le dialogue d'un texte et d'une psyché. Rhétorique générale a pour objet la "connaissance des procédés de langage caractéristiques de la littérature". > pb de "'instance narrative du récit". mode et voix. suppression-adjonction. La vie est ailleurs. Le critique part de la distinction. "points de vue croisés" 41. 40. La "distance" peut "fournir plus ou moins de détails" et les fournir de "façon plus ou moins directe". 21 . Appliquée en narratologie.

identité et devenir des personnages (Mitterand).Analysant la façon dt st présentés ds le roman le personnage de Jaromil. "Ici l'espace détruit le temps. Cette anisochronie. exige à la fois localité et temporalité " (C." Chap 11: Temps et espace "le récit pour s'inaugurer. Armature fondée sur une chronologie repérable . celle du XIXe. constitue armature du récit. Activité textuelle par laquelle narration crée effet temporel repose sur un rythme narratif. reproduction illusoire de la temporalité réelle. produit de types de durée. temps et description. mais la cinquième partie. recours à psycho. "La première partie de notre récit englobe environ quinze ans de la vie de Jaromil. S'attache dc à déconstruire "quelques notions périmées" à base du roman tradi: personnage. Le roman se fabrique un temps pour être. le N donne cohérence et forme particulières à narration. le temps sabote l'espace. ellipse (Genette). constitué. le romancier permet au lecteur de pdre conscience des modalités de la mise en forme romanesque: traitement du temps et utilisation d'une perspective qui détermine tt le récit. ds roman tradi. suffisant. Ainsi Nv Roman choisit de déconstruire temporalité traditionnelle par dilatations et concentrations qui restituent subjectivité des personnages (Robbe-Grillet). autres possibles narratifs. scène. 1963 Théoricien et praticien de l'écriture romanesque. qui est pourtant la plus longue. Ce "tempo narratif" s'organise autour de 4 mvts: pause. sommaire. la durée diégétique (à l'image de la temporalité réelle) et la durée textuelle. centré sur le "destin" d'un héros dt l'histoire réalise le "devenir". tourne en rond. Le récit se construit ds l'esprit du lecteur dt rôle se rapproche de celui de l'écrivain.Grivel. La description piétine. Support de l'effet de réel ds roman traditionnel. Choix garant de la cohérence interne du roman limite champ ouvert à la fiction: J ne sera js le Xavier dt il rêve. variations. l'étirer ou le concentrer. Ce tratement apelle lecteur à "un autre mode de participation que celui dont il avait l'habitude". l'espace revêt ds univers zolien fonction supplémantaire car conditionne étapes mêmes de l'action. Il "n'accomplit plus rien". il n'y a pas d'autre ordre ni d'autre réalité que la succession des phrases. se contredit. ds ce livre. Pour que roman soit "d'autres romans". se développer comme un monde clos. répétitions et contradictions. à peine une année. L'instant nie la continuité".Robbe-Grillet. Temps. il faudrait déplacer le "poste d'observation". Structures soumises à traitement différents selon esthétique qui préside à leur mise en oe. selon terminologie de Genette (effet de rythme obtenu par distorsion entre durée de l'histoire et longueur du txt). Donc. Le tps n'est plus linéaire: marqué par nbrses ruptures. se maintenir. leur importance relative et finalement l'histoire elle-même: le roman ne donne à voir que "J et sa mère". 22 . Production de l'intérêt romanesque) > impttce structures spatiotemporelles au sein du fonctionnement de la narration. 42. Pour un nouveau roman. R-G tente de définir ici la spécificité de ce courant qui englobe "tous ceux qui cherchent de nouvelles formes romanesques capables d'exprimer (ou de créer) de nouvelles relations entre l'homme et le monde". Choix d'une attitude narrative déterminant: en adoptant un "poste d'observation" à partir duquel est "vue" toute l'histoire. Distorsion entre le temps de la fiction et tps de la narration s'explique par fait que récit ordonné ) partir de la mort du héros. le roman est beaucoup plus libre. Ds Nv R. Choix influe d'abord sur rythme du récit. Chronotope rabelaisien révèle nvle vision du monde rompant avec celle du M-A (Bakhtine). ce qui rejette son enfance ds lointain. Le concept de chronotope permet analyser manière dt une oe ordonne le monde à travers 2 catégories fondamentales de la perception. montre que N libre d' organiser tps à sa guise. S'insurge contre une approche figée du roman qui érige en "modèle" une pratique du roman historiquement datée. le temps s'écoule à un rythme inverse du rythme de la vie réelle (…)Si l'homme ne peut nullement sortir de sa vie. De ce choix dépendent mode de présentation du personnage.

Pr lui. ss la forme de 7 séries (corps humain. telle qu'elle a été assimilée par la littérature": une oe est caractérisée par la façon dt elle ordonne le monde ds les catégories de l'espace et du temps. comme le langage. instaurant un nouvel ordre du monde. 45. Ms il est aussi vain de vouloir isoler le contenu. Donc: TR < ∞ TH. 1990 Spécialiste du roman du XIXe. Cet univers poétique si rigoureusement ordonné est svt menacé par la désorganisation brutale: ex le train fou de Nana ou la cata minière de Germinal. st systèmes de signes inscrits ds une communauté sociale. en confrontant durée de l'histoire (diégèse) et durée du récit. un "espace de jeu" . Donc: TR ∞ > TH scène : TR= TH sommaire: TR < TH ellipse : TR= 0. TH= n. c-à-d une 23 . "On pourrait assez schématiser les valeurs temporelles de ces quatre mouvements par les formules suivantes. produit 2 effets contradictoires: par sa valeur mimétique. Le chronotope de Rabelais B note que R établit une "proportionnalité directe" entre la qualité et la quantité: tt ce qui a de la valeur tend à occuper l'espace et le temps. Esthétique et théorie du roman. tjrs très défini ds les dossiers préparatoires de Zola. ne peut ê étudiée d'un point de vue strictement linguistique. 1975 B entend dépasser la rupture entre un" "formalisme" abstrait et un "idéologisme" qui ne l'est pas moins". S'intéresse ici à la manière dt Zola construit et transforme son espace romanesque comme condition a priori de l'invention d'un personnel et d'une action romanesque". les critiques structuralistes l'envisagent "non comme un être mais comme un participant". Définit ainsi la "vitesse du récit". point nodal du récit. un "espace de manœuvre. R établit des "liens logiques inattendus" entre les choses et les idées. TH= 0. Si Robbe-Grillet considère pers comme une "notions périmées" du roman tradi.43. Approche psycho remise en cause ds litté contemporaine. 1972 G envisage le pb de la durée romanesque. Henri Mitterand. l'oe litté. mort. montre que les structures spatiales contribuent à définir les personnages (qui s'y intègrent ou en st exclus) et leurs aventures (selon qu'ils manifestent ou non leur évolution ds espace social hiérarchisé). affirmant ds Pour un nouveau roman qu"il appartient bel et bien au passé". Zola. boisson. B définit le roman comme "un jeu proprement littéraire avec les langages sociaux"." 44. qi est langage. Figures III. Cette nvle vision du monde rompt avec la conception eschatologique du M-A et postule une réévaluation de la vie terrestre. ms il constitue une forme abstraite. Faisant référence à divers personnages des Rougon-Macquart. C'est le chronotope qui "détermine l'unité artistique de l'œuvre litté ds ses rapports avec la réalité". Chap 12: Le personnage Support de l'action. vêtement. rapport entre durée de l'histoire et longueur du texte. C'est la fonction assignée au "type" (Hugo). Il remarque que l'espace. Distingue 4 "mvts narratifs" qui st selon lui les "formes canoniques du tempo romanesque". ou temps conventionnel. Articulant linguistique et sociologie.Genette. les idéologies.Bakhtine. il est un ressort de l'illusion réaliste. de l'analyse psycho. Notion empruntée à la théorie de la relativité d'Einstein désigne la "corrélation essentielle des rapports spatio-temporels. accordée à l'optimisme de la première Renaissance. Zola et leurs épigones à des documents humains: il entend étudier la " poétique du réalisme et du naturalisme ". excréments). L'histoire et la fiction. de récit: pause : TR= n. Analyse tradi le voit cô moyen de reconnaître des données psycho concentrées ds ê fictif ms fidèle à réalité humaine qu'il condense en conciliant particulier et général. pers = vecteur fondamental de l'intérêt romanesque. nourriture. produit d'une observation ethnographique. où TH désigne le temps d'histoire et TR le pseudo-temps. sexe. HM récuse les idées reçues qui réduisent les oe de Balzac. au sens guerrier du terme" adapté aux personnages et au "programme narratif". Flaubert. de la fiction et des contraintes qui s'y attachent. Topographie pas simple décor.

Poétique du récit. et rassemblées par acte de mémorisation du lecteur. description (Introduction à l'analyse du descriptif). il se définit par double articulation signifiant-signifié. Indices aboutissent à constitution psycho et sociale. sa valeur". rapports de "ressemblance. William Shakespeare. Système fait intervenir 3 coulpes d'actants distribués sur 3 "grands axes sémantiques" q ns repésentons ainsi: Trois couples d'actants Destinateur destinataire Sujet  _______ objet adjuvant  opposant 48. 1864 L'imptt est valeur psycho et rôle du pers. échappe aux dangers de l'abstraction et vit ds les consciences d'une vie spécifique. Le type est "miroir". toujours. "concept sémiologique". c-à-d "son sens. "fonction". renouvelle analyse du pers litté en le coupant de tte référence psycho et en utilisant données de la linguistique. Signe. pour n'envisager que la fonction de "l'actant". Ms pers n'est pas seulement caractère.force agissante définissant une sphère d'actions. devient dc "concept sémiologique" analysable selon données de la linguistique. "le personnage est donc. Type doit combiner. est "discontinu" car est aboutissement d'un certain nbre d'infos. celui de la narration. Ce recentrement sur les pers envisagé comme agent permet établir système typologique. celui des actions (niveau où interviennent les pers conçus cô actants). préface: type = "personnage qui résume en lui-même les traits caractéristiques de ceux qui lui ressemblent plus ou moins".Hugo. considère pers comme "un participant". d'opposition. il condense".Philippe Hamon. "il n'est pas un. 1977 Analyse critique de PH porte sur aspects spécifiques du roman: personnage (ds sa thèse sur Zola). 3 niveaus de description: celui des fonctions (unités de contenu). B distingue ainsi. définis par son rôle ds la sphère d'actions qui constitue le récit. les personnes". munie d'un sens: "l'homme est une prémisse. il est de "l'idéal réel". de hiérarchie et d'ordonnancement". le type humain. Signifié du pers. B se propose de "donner comme modèle fondateur à l'analyse structurale du récit. le type conclut". dps analyses de Vladimir Propp. les aspects. 1977 Ds article "analyse structurale des récits". Critique structuraliste. Son signifié sera dc "défini par un faisceau de relations" formé par les rapports que le pers entretient avec d'autres. Partant du constat selon lequel "la linguistique s'arrête à la phrase". Apparaît une typologie fondée su ce que "font" les personnages et non plus sur ce qu'ils "sont" (Barthes). Poétique du récit. de Poétique du récit.  Balzac. ds oe narrative. est aussi actant. Le signifié du personnage Ds analyse structuraliste. pluralité de caractéristiques psycho formant unité significative. 46. pers est actant. Ainsi le type. Il offre à l'homme son image parachevée. il est tous". la linguistique elle-même". "leçon donnée à l'homme par l'homme". Leçon incarnée ds une individualité à part entière. "unité de signification". fondés sur modèle des catégories grammaticales que B utilise cô structures organisatrices. en postulant que "le récit ent une grande phrase" où on retrouve "les principales catégories du verbe: les temps. Conçu comme instrument de connaissance de la nature humaine qu'il a pr fonction de rendre analysable. 47. "il n'abrège pas. Le langage va dc tendre au discours "le miroir de sa propre structure". Une ténébreuse affaire. le pers est un signe que le roman forme progressivement en établissant un "faisceau de relations" qui va remplir ce vide sémantique que constitue l'apparition du pers ds un roman (Hamon). une syntaxe des pers.Barthes. trois axes sémantiques axe de la communication axe du désir axe de l'épreuve 24 . par sa nature à la fois synthétique et unitaire. les modes. disséminées tt au long du récit. ss forme individuelle. la collaboration d'un effet de contexte et d'une activité de mémorisation et de reconstruction opérée par le lecteur" . propose une linguistique du discours. L'article "statut sémiologique du personnage". On abandonne le personnage-personne.

"C'est dans Gustave Flaubert que je conseille d'étudier la description. Acquiert ainsi valeur et fonction didactiques qui en font support fondamental de "l'exacte étude du milieu" (Zola). exprimant savoir-faire théorique. à atteindre leur sens profond. N'appartenant à aucun genre particulier ms se retrouvant ds tous. exploitant certain nbre de topoï. sur la base d'une nécessité socio-biologique. 25 . de "faire du texte"". Z définit visées et procédés de cette nvle façon d'envisager le roman et son rapport au monde. roman tradi qui. la peinture nécessaire du milieu. 1975 Promoteur de la sociologie de la litté d'inspiration marxiste ms adversaire du "sociologisme vulgaire".Geog Lukàcs. 3 ème personne ds récit tradi. Paradoxalement. Résultat de l'observation. Z envisage ici le romancier comme un " observateur" et un "expérimentateur".Zola. Récurrence et stabilité de l'étiquette essentielles pour "la cohérence et la lisibilité du texte". ne constitue plus "un plaisir de rhétoricien" ms "la constatation des états du monde extérieur qui correspondent aux états intérieurs des personnages". Stabilité remise en cause par roman moderne ds son entreprise de deconstruction du personnage tradi. il est résultante du développement social ". que l'on pourrait appeler son étiquette". la description apparaissait comme un concept difficilement cernable. ont proclamé légitimité de la description en insistant sur sa fonction: il na faut pas décrire pour décrire ms concevoir description comme lieu où se noue un sens . Richesse de l'étiquette varie de l'initiale au portrait. celui des personnages et/ou celui d'une vision du monde. (Hamon) 49. Plus précisément. Problèmes du réalisme. On a alors posé série de règles visant à homogénéiser descriptions au sein du txt. ds essai de 1936 "raconter ou décrire?". 1880 Ds ce manifeste du naturalisme. Auteurs réalistes. rapport que le signifiant entretient avec le contenu sémantique du pers. selon Robbe-Grillet. périphrases etc. lieu référentiel par excellence. et qui constituent peu à peu son signifiant. c'est au récit épique du réalisme balzacien que la critique marxiste attribue pouvoir d'élucidation du réel (Lukàcs). GL (1885-1971) met en relation les formes litté et les différentes phases de l'univers social: ainsi le "roman est l'épopée d'un monde sans dieux" parce qu'il mat en scène un individu problématique ds un monde contingent (La théorie du roman). est construite sur plusieurs types de procédés visuels. des théoriciens qui de La Harpe à Valéry. Le roman expérimental. Peut dc ê définie comme la restitution d' "un état du milieu qui détermine et complète l'homme" . "elle semble maintenant détruire les choses" au lieu de les montrer (Robbe-Grillet). l'ont perçue comme ornement du discours dt abus menace unité harmonieuse de oe. Cpdt. Critiques contemporains s'attachent à définir les particularités de son fonctionnement textuel en la détachant du "piège référentiel". Description ne se conçoit plus comme moyen de "reproduire. par la description. chaque fois qu'il complète ou qu'il explique le personnage". Gobeseck/gobe sec). Description . Motivation de l'étiquette. Surface des choses ayant cessé d'ê "le masque de leur cœur". devient enjeu romanesque de premier ordre. Ainsi liée à quête des profondeurs du monde er des ê. Chap 13: La description Ds Introduction à l'analyse du descriptif . Lieu formel très codé. semble non indispensable à l'éco du récit . plus qu'à la description naturaliste. cherche à venir à bout du réel "en lui assignant un sens". on valorise désormais sa "fonction créatrice" . acoustiques ou morphologiques (ex jeux onomastiques sur Bovary/bœuf. la description est remise en cause par le Nouveau Roman. copier" un monde dt elle affirmerait l'existence et le sens. le description naturaliste n'a rien de commun avec les "exercices de peintre" de la litté tradi. il dit: " tout style nouveau naît de la vie. Description voit non seulement changé son statut et ses finalités ms aussi son statut critique et ses analyses. on ne cherche plus . PH constate que description a lgtps été vue "comme un moyen (…) de l'amplificatio (…) qui recouvre ts les moyens de "gagner du texte". Partant du modèle scientifique ( Introduction à la médecine expérimentale de Claude Bernard). D'où éloge des descriptions flaubertiennes. instrument de l'analyse. Marques variables selon choix de l'écrivain: ex je/me/moi ds l'autobio. en passant par nom propre.Le signifiant du personnage Le personnage est "pris en charge et désigné sur la scène du texte par (…) un ensemble dispersé de marques. A ainsi provoqué méfiance. voire refus. au contraire. 50.

Chez Balzac. Ainsi. n'est que la scène des drames intérieurs des hommes (…) le drame des personnages principaux est en même temps ici le drame de l'institution à laquelle ils collaborent. PH. Description ne construit plus ordre cohérent. lieu textuel où "se manifeste une utopie linguistique. en écrivant: "Toutes les maisons. Récit balzacien permet de comprendre comment s'opère cette transformation . du lieu où ils livrent leurs combats. termes eux-mêmes définis par série de prédicats. Cf Julien Gracq. la représentation. le théâtre. Ds intro de l'ouvrage. PH définit le txt descriptif cô un système de mises en équivalence .Balzac. Description induit du lecteur attitude particulière: tend à "solliciter une certaine compétence linguistique" stt lexicale. on peut voir ds ce jugement sévère de L sur Z une défense du roman et de ses pouvoirs: fondé sur description d'un "milieu". Pour lui. Or "le récit structure. la description zolienne. NR oppose "une image (…) mise en doute à mesure qu'elle se construit". est posé comme équivalent à une série de termes. Après 1848. naturalisme tend à réduire part des pers et diégèse alors que fiction est porteuse d'une vérité que ne peut fournir la seule exploitation des docs. à l'inverse de ceux de Balzac. En lisant." 51. il ressortit à l'énoncé poétique tel que le définit Jakobson. des objets par lesquels s'expriment et sont médiatisées leurs relations. évacuant "les pièges de l'approche référentielles". se définit comme un exercice de style et se prive du pouvoir d'éclairer en profondeur la société de son temps. sentent la fiche et le catalogue. des choses dont ils vivent. Pour un nouveau roman. description zolienne se contente de montrer résultat. 1981 Partant du constat selon lequel le txt descriptif n'a pas de statut théorique défini. tous les costumes des romans de Zola. "l'expansion". en se substituant au récit. "cette exhaustivité des objets matériels est absente chez Balzac. d'une langue monopolisée par sa fonction référentielle d'étiquetage [du] monde". Le monde romanesque ne se conçoit plus cô la réduplication du réel. 52. non par similarité avec réalité. A valeur mimétique de la description tradi qui assure légitimation de la fiction. ms par une vie spécifique issue de la seule écriture. s'interroge sur ce qui constitue la spécificité de la description en cherchant à "circonscrire un certain effet de texte ". Oppose descriptions des romans tradi et celles du Nouveau Roman. Txt descriptif aussi "lieu rhétorique particulièrement déterminé " riche en figures de style. souligne particularité du descriptif. description au service du récit: théâtre sert de cadre aux aventures dramatiques du poète Lucien qui découvre que la société capitaliste ne reconnaît à la litté qu'une valeur marchande. Un mot. "détermination". la description nivelle" comme le montre comparaison Nana(1880)/ Illusions perdues(1837-43). description du théâtre n'a pour L ni le même statut ni la même fonction.Hamon. 1963 RG constate mauvais accueil fait aux descriptions du NR. le fait social figé et comme naturalisé. Dickens. prend forme d'un "tableau" qui ne fait pas progresser l'action. Jugement négatif s'explique selon ui par méconnaissance des buts et des sens de ces txts jugés avec critères inadaptés "établis sur les grandes œuvres de nos pères": référence au roman tradi érigé en modèle normatif fige critique qui condamne oe contemporaines. celle de la langue comme nomenclature. Ds ces 2 romans. tous les jardins."  selon L. Partie V: Le roman 26 . Zola et Flaubert ne st plus que les "observateurs critiques" de la "société bourgeoise". visant à "l'exhaustivité monographique". Chez Zola. tous les mobiliers. elle constitue morceau de bravoure ds lequel romancier a mis tt son métier et qui suscite admiration du lecteur. énoncé qui "tend à disposer dans des dispositions équivalentes des unités équivalentes". Au-delà d'une préférence marquée pour B. ils substituent au récit une "méthode descriptive". celle d'une langue dont les fonctions se limiteraient à dénommer ou à désigner terme à terme le monde. désignant le référent. Tolstoï ont participé à la transformation de la vieille société en une société capitaliste. ne prétend plus reproduire réalité pré-existante ms affirme sa " fonction créatrice". c'est un univers autonome fonctionnant. Introduction à l'analyse du descriptif. Robbe-Grillet.

roman est appelé à connaître dvlpts qui en feront égal de poésie (Flaubert). S'est prononcé pour le réalisme socialiste ms revendique liberté d'invention. autobio. Les Voyageurs de l'impériale. d'autre part à facilité. Aurélien et Les Communistes. Condamnation radicale et définitive du roman s'inscrit ds "procès de l'attitude matérialiste" par lequel s'ouvre le Manifeste: en 1924. Postface aux Cloches de Bâle. Etablit relations particulières entre fiction et réalité. 54. 53. associé d'une part à artifice. A rompt avec surréalistes et se consacre au roman. Notions de fiction et de vérité s'articulent aussi ds analyse de la narration et du personnage. mensonge. Romanciers modernes ont alors affirmé que roman est travil sur langage et que le "feint" entre ds un rapport dialectique avec le "vrai". Roman doit permettre arriver à connaissance intuitive du réel selon une "méthode poétique".André Breton. observation du réel ne fournit que "images de catalogues". assure consécration sociale que l'écrivain cherchait autrefois au théâtre (cf Balzac. et le rationalisme. "genre bâtard dont le domaine est vraiment sans limites" (Baudelaire): échappant à tte codification. J Gracq s'est employé à le justifier: "le mécanisme romanesque est tout aussi précis et subtil que le mécanisme d'un poème. Publie de 1934 à 1951 Les Cloches de Bâle. a pu concurrencer les autres genres. Réalisme. Zola). a fonction référentielle 2)satisfait besoin essentiel de l'homme en lui permettant de comprendre les aspects les + secrets du monde 27 . Légitimité du roman pas toujours paru évidente. se renouvelant ss cesse. Valorisé par prix et adaptations cinématographiques. spécificité du roman a été cherchée ds polyphonie (Bakhtine). écriture est expérience authentique. > positon de Valéry et Breton suppose méconnaissance de la forme romanesque. Postface s'ouvre sur plaidoyer en 4 points en faveur du roman réaliste: 1)le roman postule tjrs existence du réel. à cause des dimensions de l'ouvrage. de "tous les empiriques du roman qui prétendent mettre en scène des personnages distincts d'eux-mêmes". seulement. rejeté pour raisons: -esthétiques: produit oe médiocres. en privilégiant la "vie réelle". a amputé l'hô d'une partie de lui-même et réduit les ressources de son esprit. est ici désigné cô symbole de ces romanciers. Manifeste du surréalisme. le surréalisme naissant s'élabore en réaction contre le positivisme qui. caractères des pers et aventures étant tjrs prédéfinis par formes stéréotypées qui limitent liberté du lecteur. en écrivant). Style a pu fournir légitimation: défini comme art de la prose." ( En lisant. des "lieus communs" -morales: correspond à un divertissement stérile. Pour lui. Nbrx st romanciers qui justifient leurs choix esthétiques et d'abord le recours à la fiction. qui faisait figure d'écrivain officiel.Louis Aragon.Lgtps considéré cô genre inférieur. Les Beaux Quartiers. roman aujourd'hui hégémonique ds public et ds critique. promu par médias et diffusé cô gd produit de conso. le récit est quête de soi: "Qui suis-je?" se demande-t-il au début de Nadja avt de chercher réponse ds divers signaux que lui offre épisode de la vie. Paradoxe: doit son succès au mépris qui l'a frappé. Mépris de "la litté psycho à affabulation romanesque". C'est au nom de l'excellence de la forme poétique que Valéry condamne roman (cf anecdote fameuse de son refus à écrire "La marquise sortit à cinq heures"). Chap 14:Le roman en procès Roman méprisé au nom de double exigence authenticité et qualité artistique: quel crédit accorder à ouvrage d'imagination où écrivain semble ne rien mettre de lui-même et quelle valeur reconnaître à récits imitant platement réalité insignifiante? C'est en vertu d'un impératif moral que groupe surréaliste a définitivement condamné ce genre (Breton). permettant au lecteur de satisfaire aussi bien son goût de l'extraordinaire et du dépaysement que celui de l'observation et de la réflexion. Mot a pu prendre connotation péjorative. aborder ts les sujets. D'autres affirment que fiction satisfait besoin ontologique de homme en proie à "fièvre de l'unité" (Camus). B n'a pas pratiqué la litté pour elle-même. stt représenté par le roman. vitale. De +. Anatole France. Réalisme du XIXe a servi à légitimer roman en lui donnant caution du "réel". il décourage le travail critique exhaustif que l'analyse d'un sonnet ne rebute pas. 1964 En 1932. Fiction romanesque n'a rien à voir avec véritable imagination et romanciers sans ambitions. 1924 Poète et théoricien du surréalisme. Certains montrent que "conscience du réel" est inhérente au roman et que détour par imagination est condition d'une vérité supérieure (Aragon).

qui se tiendrait de lui-même par la force de son style (…) un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait invisible. 57. un livre sans attache extérieure. En matière de style. "aucun artiste ne tolère le réel". Les Justes. roman offre pers qui lui ressemblent à cette différence qu'ils "courent jusqu'au bout de leur destin" parce qu'ils st imaginaires. Il est vrai. Le Mythe de Sisyphe. à nostalgie de l'unité. effraierait lecteur. à absence de limites.Bakhtine. "Ce qui me semble beau. ce que je voudrais faire. sensualité de la sonorité et précision de la pensée cf lettre du 24 avril 1852 à Louise Colet. mais aucun artiste ne peut se passer du réel". plus l'expression se rapproche de la pensée. si cela se peut.Flaubert. C'est une "démarche antiphilosophique". Or C lui-même a souligné qu'au cycle de l'absurde (L'Etranger. 1975 28 . c'est que pour comprendre le réel objectif. présentée directement. (…) le roman est une machine inventée par l'homme pour l'appréhension du réel dans sa complexité (…) l'extraordinaire du roman. l'anti-modèle est Lamartine. A ce romantisme efféminé. L'Homme révolté. le monde ne donne pas de réponse. toujours dirigée dans le même sens. il invente d'inventer" "ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité? On ne se passera jamais du roman pour cette raison que la vérité fera toujours peur (…) le roman. Opposition habituelle mensonge/vérité dépassée selon une problématique du "mentir-vrai" particulière à A qui a svt utilisé invention romanesque pour dire les déchirements de sa vie sentimentale et politique. il avait fait succéder le cycle de la révolte qui implique l'action (La Peste. "la contradiction est celle-ci: l'homme refuse le monde tel qu'il est. Romancier permet à hô de satisfaire "besoin métaphysique". Roman devient poésie. le détour par la fiction est indispensable à révélation de la vérité qui. L'Homme révolté). oe d'art définie par les seules contraintes que artiste s'est données. dit Nietzsche. c'est la clef des chambres interdites de notre maison" 55. "tout roman n'est pas réaliste. celui de posséder monde. Pour C.3)ceux qui condamnent fiction romanesque confondent le roman de consommation ("pour femme de chambre") avec celui qui remplit sa fonction de dévoilement du réel. Correspondance (1852) Ambitions de F en matière de style: prose romanesque devient art aussi accompli que poésie. Roman s'en racine dc au plus profond de la condition humaine en proie à dispersion . 4) paradoxalement. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. que l'artiste effectue sur son expérience". suivant le désir de l'homme. à la fois musical et scientifique: la belle phrase qui allie solidité de la composition. c'est un livre sur rien. 1951 On place svt oe de C ss signe de l'absurde et de la négation: à l'hô moderne qui s'interroge sur mal et mort. (…) l'essence du roman est dans cette correction perpétuelle. de affranchissement de tte convention. Esthétique et théorie du roman. C'est là justification du roman: à l'homme qui vit ds déchirement de ne pouvoir donner forme au "monde éparpillé". plus c'est beau." "le style étant une manière absolue de voir les choses" (lettre du 16 janvier 1852 à Louise Colet). Ambivalence caractérise attitude de artiste: "l'art est aussi ce mouvement qui exalte et qui nie en même temps. Caligula). même pour s'y opposer. "le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci. -modernité ds mesure où au nom de la liberté. de saisir sa vie comme un destin. sans accepter de lui échapper". plus le mot colle et disparaît. F oppose idéal fait de classicisme et de modernité: -classicisme (réfce à Boileau ds lettre de sept 1853) puisque F définit idéal de justesse. Art répudie tte hiérarchie des sujets et réside ds traitement qu'il leur impose.  roman satisfait" besoin métaphysique" de l'homme en lui montrant image d'un monde qui a cohérence d'un destin. Mais tout roman fait appel à la croyance au monde tel qu'il est.Camus. 56.

"Un roman. voire polyphonique". dans son action individuelle et sociale. 1)Stendhal" (Le Rouge et le Noir. Le discours du narrateur. qui permettent au plurilinguisme de pénétrer dans le roman. le roman orchestre tous ses thèmes. 58. Zola). Méta de l'histoire déjà utilisée par D ds JleF ("je n'aimme pas les romans (…) je fais l'histoire") est reprise par Balzac. alors dépourvue de tte valeur artistique. refuse catégoriquement opposition que B établit entre roman polyphonique et poésie monologique. dont la lecture était dangereuse pour le goût te pour les mœurs" écrivait D ds son Eloge de Richardson." Chap 15: roman et réel: le réalisme en question "par un roman. diversité littérairement organisée. "La société française allait être l'historien. les genres intercalaires. c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin" 2)Balzac (Avant-propos de 1842 à La Comédie humaine). reflet fidèle du réel pour Stendhal. la personnalité par ex (Zola). Stendhal. (…)Au bout. Ce jeu entre fiction et réalité définit roman comme "genre oedipien" où illusion mise au service d'un apprentissage de la vie (Robert).Stendhal. Double énonciation apparaît au théâtre et ds énoncés ironiques.Pour B. Ss mettre en cause analyse de B.(…) Grâce à ce plurilinguisme et la plurivocalité qui en est isuue. 1880). F en travaillant sa phrase. Chez rélaistes du XIXe. On a pu montrer que illusion référentielle inhérente au roman qui emploie ttes ses ressources à faire passer la fiction pour vie même (Diderot). Daniel Delas considère que les "textes poétiques s'ouvrent à la dimension dialogique. "c'est l'homme qui parle et sa parole"." 59. Z en précisant que le "sens du réel" ne dispense pas de 29 . celle d'un locuteur et celles d'énonciateurs. on a entendu jusqu'à ce jour un tissu d'événements chimériques et frivoles. il y a la connaissance de l'homme. En revanche. Balzac. légitimation du roman par vérité ou réel s'exprime à travers méta du miroir. Or réalistes ont été les premiers à revendiquer leur qualité d'artistes: B en mettant accent sur la "seconde vue" qui identifie le romancier de génie.Ducrot a esquissé une "théorie polyphonique de l'énonciation": "l'énoncé signale. qui disait suivre la voie de Buffon et Geoffroy Saint-Hilaire (espèces sociales //espèces zoologiques). Zola: l'affirmation du réalisme "all is true" affirme le narrateur du Père Goriot. "le romancier est fait d'un observateur et d'un expérimentateur. Linguiste O. dialogue de langages sociaux divers qui renvoient à différents cultures. dans son énonciation. Henri Mechonnic. Face au discrédit jeté sur roman pour son délit d'imagination. façon commode de récuser accusation d'immoralité. la superposition de plusieurs voix". Notions de dialogisme et de polyphonie ont dps fait objet d'approfondissements. parfois de langues et de voix individuelles. ne sont que des unités compositionnelles de base. Ms ont été aussi les premiers à revendiquer autres qualités que la seule observation. de l'historien ou du savant: le roman est un "miroir". "Le roman c'est la diversité sociale de langages. les paroles des personnages. je ne devais être que le secrétaire" 3)Zola (Le Roman expérimental.Zola et le "tempérament" Vanter perfection de l'observation = risquer de nier le roman en tant qu'oe d'art. écrivains de D à aux romanciers réalistes se st réclamés de la conformité au réel. prenant lui modèle sur Claude Bernard et son recours à méthode expérimentale. représenté et exprimé. Roman est polyphonie. tout son univers signifiant. spécificité du genre romanesque et qui crée son originalité stylistique. Z s'autorise de son exemple pour faire roman scientifique. se st élevés contre la fiction et ses formes convenues (Balzac. 1831). Détracteurs du réalisme ont prolongé méta du miroir par celle de la photographie. la connaissance scientifique.

Roman des origines et origine du roman. Scénario inspire romanciers réalistes. analyse lui-même son "tempérament lyrique": sa vision hyperbolique et symbolique déforme le réel pour mieux le dévoiler)."l'expression personnelle". Oppose au "conte historique" (récit réaliste) le "conte merveilleux" à la manière d'Homère. critique les conventions des "faiseurs de roman" d'aventures et prétend rapporter hist vraies.  Ds son Eloge de Richardson (1762). Aurélia.) Au stade oedipien. Ms cette imitation n'exclut pas l'art. avouant de prime abord n'être qu'un jeu de formes et de figures. JleF. ne peut ê défini par des formes litté. Ds perspective classique. 60. Sur plan esthétique. D distingue 3 sortes de contes selon leur degré de conformité au réel. qui présente une nature exagérée. L'art le plus réaliste est séduction. renonçant à exploiter le goût du public pour le "romanesque" et la "débauche". à sa croyance naïve en un monde ordonné et intelligible > ne convient plus aux recherches des romanciers modernes (Robbe-G). fantastique. "je crois encore que je mens pour mon compte dans le sens de la vérité. "l'illusion romanesque peut être traitée de deux façons: ou bien l'auteur fait comme si elle n'existait pas du tout.  Ds Les Deux amis de Bourbonne (1770). 61. Maupassant reprend argumentation comparable ds Pierre et Jean: les réalistes se font une image perso du monde et sont des "illusionnistes". a donné ses lettres de noblesse au roman. l'autre qui. 1972 Spécialiste de litté allde et de psychanalyse. etc. se tient quitte de toute obligation qui ne découle pas immédiatement de son projet. à propos de Germinal. 62.Diderot. Notion d'aventure ne va pas de soi: étrangère à la vie. Or le roman. D admirant chez R une profonde vérité psycho. qui ne respecte aucune règle. certaine forme chronologique de récit contribue largement à donner au lecteur illusion de réalité. à la fois roman et anti-roman. et le "conte plaisant à la façon de La Fontaine" où le conteur "ne se propose ni l'imitation de la nature. à moins de céder à "l'illusionnisme" qui voit ds art simple reproduction du réel (Malraux). l'un qui prétend prélever sa matière sur le vif pour devenir une "tranche de vie" ou le fameux "miroir qu'on promène sur un chemin". Son unité est à chercher ds une structure psychique inconsciente que Freud appelle le roman familial. Attaché au XIXe siècle bourgeois. 1963 30 . MR tente d'élaborer une théorie du roman qui rende compte de la diversité de ses réalisations. Ainsi roman peut passionner lecteur qui se reconnaît ds pers et l'instruire mieux que l'histoire. Il y a donc deux types de roman. illusion. La vérité monte d'un coup d'aile jusqu'au symbole. n'existe pas en dehors d'une structure narrative qui seule donne cohérence à existence humaine soumise à contingence (Sartre). ou bien il exhibe le comme si qui est sa principale arrière-pensée. l'enfant se rêve bâtard. s'attribue le rôle de l'enfant trouvé qui va rejeter ses parents adoptifs pour vivre avec vraie famille ds autre monde. Pr D. roman doit se faire roman de mœurs et représenter "le monde où nous vivons".Robbe-Grillet. naturaliste ou simplement fidèle à la vie. A cet âge correspond le roman fantastique ( Don Quichotte. récit ne peut rendre compte de la valeur d'un roman et ne pt ê isolé de l'ensemble de l'oe. Pour un nouveau roman. biographie fabuleuse que s'invente le petit enfant confronté à nécessité de se détacher de ses parents. subjective. roman doit peindre les "caractères" et les "passions". J'ai l'hypertrophie du détail vrai.Marthe Robert. fils d'une mère adultère et d'un père puissant ms inconnu. Pour un roman "vrai" D a fait profession de foi de réalisme bien avt les romanciers du XIXe. > les deux "attitudes romanesques possibles" relèvent d'un désir "préhistorique" de "refaire la vie dans des conditions idéales": la réalité qu'évoque le roman est tjrs fictive." (lettre à Henry Céard du 22 mars 1885 où Z. De fait. et l'œuvre passe pour réaliste. ni la vérité. il s'engage ds le monde pour y conquérir sa vraie place." Chap 16: roman et récit Roman facilement réduit à récit d'aventures. ni l'illusion". ou encore rangée sous la rubrique plus large du symbolique. Ds premier stade narcissique. et dans ce cas l'oe est dite onirique. le saut dans les étoiles sur le tremplin de l'observation exacte. D célèbre en l'auteur de Paméla et de Clarisse l'écrivain qui. accusée de pallier par invention trous de la documentation alors que romancier copie d'après nature.

premier roman. Raconter est devenu proprement impossible. si la désagrégation de l'intrigue n'a fait que se préciser au cours des dernières années. conception superficielle des types ne correspond plus à un Moi divisé et morcelé: nvx romanciers ont répudié notion même de pers sur plan théorique comme ds leur pratique d'écrivain (Sarraute). que critique aussi R-G. tantôt gouvernées et tantôt instinctives. activité. il n'atteindrait aucune vérité psycho (Mauriac). contingence et comme il l'a dit lui-même à propos de la temporalité chez Faulkner. devient ê vivant (Cf début de Bel-Ami où le héros se détache progressivement des "vrais" promeneurs des gds boulevards comme s'il était tiré directement de la vie). Mais quand on raconte la vie. Récit tradi est principal facteur de l'illusion réaliste. "une technique romanesque renvoie toujours à la métaphysique du romancier" (Situations. La Nausée. Le récit moderne a ceci de remarquable: il affirme de propos délibéré ce caractère. voilà tout.Pour lui. elle avait déjà cessé depuis lgtps de constituer l'armature du récit. pers pas confondu avec personne réelle: est une abstraction et c'est ce qui permet de toucher l'intelligence et la sensibilité du lecteur (Proust). existence. Oe litté évoquent notions philo comme liberté. pièces de théâtre. Défini comme une imitation." 63. dont chacune se répercute. "Quand on vit. "l'histoire" est une des "notions périmées" sur lesquelles se fonde le roman réaliste. est (…) une intervention. (…) il suffit de lire les grands romans du début de notre siècle pour constater que. romans. en le situant ds tps et espace. Malgré prétentions réalistes. c'est une addition interminable et monotone. Les jours s'ajoutent sans rime ni raison. ce "trucage". Le roman n'est pas l'interprétation d'une partition qui serait l'histoire: on ne peut isoler l'histoire de la forme qu'elle prend ds l'écriture et la composition ss détruire la valeur artistique du roman. Les décors changent. pour Faulkner que pour Proust. L'Homme précaire et la littérature. "le génie du romancier esr dans la part du roman qui ne peut être ramenée au récit. 31 . notion soumise à analyses nvles: pers st ê de papier. pour Beckett que pour Faulkner…Il s'agit désormais d'autre chose. c'est justement qu'il invente. Ptt. oe s'inspire non de la réalité ms des oe qui l'ont précédée. aussi bien chez les classiques que chez les romanciers réalistes. il n'arrive rien. 1938 A l'articulation de la philo et de la litté. Telle conception lui paraît inacceptable pour raisons philosophiques et esthétiques.Malraux. "Le livre est le résultat d'une élaboration. 1977 M a érigé en principe l'autonomie de l'art: pour lui. sans modèle. se présente comme journal intime d'un pers qui s'englue ds vie morne. ds présent ss perspectives. une stylisation de l'humain. comme toute forme d'art. Identification au pers cpdt réhabilitée ds perspective humaniste: se détacher de soi pour mieux se comprendre (Sallenave). Ss ce grossissement. "l'écriture. M critique "l'illusionnisme" réducteur qui se fonde sur conception simpliste de la création artistique: celle-ci ne met pas seulement en jeu l'observation mais des opérations. les gens entrent et sortent. La Nausée. ds lesquelles le grand romancier trouve une coordination qui lui appartient comme le timbre de sa voix" Chap 17: Roman et personnage Pas de roman ss pers. Déf du romancier comme créateur de formes et de relations nouvelles. qu'il invente en toute liberté. Les exigences de l'anecdote sont sans aucun doute moins contraignantes pour Proust que pour Flaubert. Crise existentielle lui révèle contingence de l'existence. c'est vivre. S a rédigé oe immense comprenant essais philo sur l'existentialisme et le matérialisme dialectique. Sartre. Il n'y a jamais de commencements. des constructions du txt et on peut les caractériser cô un ensemble de signes et de fonctions > lecture projective impossible. deviennent à la limite le sujet du livre. I). tout change" 64. //t. psycho. roman ne reproduit pas réel: romancier invente un monde qui lui est propre et qui est la marque de son génie. Ms avec dvlpt des sciences humaines. (…)Ca. récits autobio.l'imagination. Mise en cause des formes narratives suppose lecteurs actifs et capables de s'intéresser à romans déceptifs comme La Jalousie où l'on cherche vainement intrigue progressive. C'est pourquoi le pers de roman perçu comme entité "naturelle" et de fait joue rôle essentiel ds création de l'illusion romanesque: en lui donnant nom. à tel point même que l'invention . d'une suite de parties. essais critiques et politiques. Ce qui fait le force du romancier.

décolonisation. Passage articule notions de vérité et de mensonge romanesques. Réflexion sur romancier et pers se fonde sur deux principes: . Analyse 32 . Refus du pers tradi au nom des acquis modernes suppose lecteur actif et même créateur. que seuls peuvent faire naître des ê fictifs.Nathalie Sarraute.Proust. Ms interros du moraliste et du chrétien ne l'ont pas écarté des pbs politiques et sociaux: gde activité d'essayiste et de journaliste marquée par choix affirmés (Résistance. L'écrivain parle de soi et dc doit renoncer aux "types littéraires" et au "ton impersonnel". lecteur cherche à s'approprier "la richesse philosophique" et la "beauté du livre" que lui ont conseillé un prof ou un ami. Ce point conduit à analyser nature du pers de roman. ds une autre étoile. ds domaine des émotions. la simplification qui consisterait à supprimer purement et simplement les pers serait un perfectionnement décisif.pouvoirs du romancier illimités et crée "image transposée et stylisée" qui ignore déterminations de l'inconscient et ne peut "faire concurrence à la vie" . si j'ose dire. " l'ingéniosité du premier romancier consista à comprendre que ds l'appareil de nos émotions.Sand." 68. P montre que c'est justement parce qu'ils ne st pas réels qu'ils plaisent au lecteur. s'analysent" 67. n'est jamais exprimé. Selon elle. L'essentiel. 1933 M a écrit romans qui donnent image sombre de la condition humaine déchirée entre exigences du monde et de la chair et le souci de grâce.Danièle Sallenave. Conception critiquée par Sartre qui prenait comme modèle roman anglo-américain. tels que les concevait le vieux roman (et tout le vieil appareil qui servait à les mettre en valeur). dans la vie. "les personnages. Précise que pers st artificiels car vont au bout d'une passion qui est à travers eux explicitement analysée. Roman a pr sujet "nousmêmes" et ns permet d'échapper à notre condition et de mettre à l'épreuve situations fictives. Acte de lecture se fait selon double mvt: ds domaine de la pensée. Paradoxe s'appuie sur conception de la nature humaine selon laquelle nos sens ne ns donnent pas accès aux émotions d'autrui: ns ne les partageons q si ns pouvons les représenter ss forme d'"images". Au lieu. de la révéler. dps Joyce. 1991 Pr DS. Reproche à M de ne laisser aucune liberté à ses pers en adoptant "le point de vue de Dieu" alors qu'"un "roman est une action racontée de différents points de vue" (Situations). "Le drame d'un ê vivant se poursuit presque toujours et se dénoue dans le silence. (…)Un roman tout à fait pareil à la vie ne serait finalement composé que de points de suspension" alors que "le monde des héros de roman vit. Le Romancier et ses personnages. l'image étant le seul élément essentiel. Le Don des morts. ce st les sentiments du lecteur. Contrairement à préjugé populaire -représenté par Françoise. gaullisme)." 66. connaît "le foisonnement infini de la vie psychologique et les vastes régions encore à peine défrichées de l'inconscient". ils l'escamotent.étoile où les ê humains s'expliquent. comme autrefois. L'Ere du soupçon = premier manifeste du Nouveau Roman. Paradoxe: c'est ds mesure où ils échappent à insignifiance de vie réelle que ces ê truqués constituent types riches d'enseignement en ns permettant de mieux ns comprendre. Ouvre voie à réflexion moderne sur le pers en montrant qu'il n'est qu'un ensemble de représentations et qu'il ne se constitue que ds intelligences et sensibilité du lecteur. expérience litté est expérience vitale qui donne accès à monde revisité. 1956 Rejet du pers de type balzacien et de la "vieille analyse des sentiments". participe intensément à action dramatique que vivent pers. ne parviennent plus à contenir la réalité psychologique actuelle.65. Proust et Freud. prêt à se rendre "sur le terrain de l'auteur". pers romanesque ne paraît plus crédible au lecteur moderne qui.qui dénier tt intérêt aux ê de fiction. Du côté de chez Swann.Mauriac.légitimité du roman ne vient pas de capacité à reproduire réel ms de portée morale: il contribue à "connaissance du cœur humain". L'Ere du soupçon. 1913 cf qd narrateur écoute mère lire G. se confient. P dépasse opposition réalité/fiction: ce qui est vrai. Sur la littérature. .

et mots objets esthétiques. en tt qu'utilisations radicalement différente du langage. codifiée. cette transmutation provisoire par quoi j'accède au sens. Suppose réévaluation du rôle du pers." Partie VI: La poésie Poésie tjrs apparue cô genre noble. Qu'est-ce que la littérature?. Sens polysémique. Langage poé établit "entre le mote et la chose signifiée un double rapport réciproque de ressemblance magique et de signification". Sens est défini et certain. Mot n'est plus "signe" d'un aspect du monde mais son "image". ayant fait le deuil de moi-même. produit d'une élaboration artistique et expression authentique de sensibilité ou sagesse de hô. Poésie a valeur esthétique: forme se conserve et se répète. il se fait une âme ouverte.Valéry. langage poétique ne se réduit pas à transmettre. la forme conservée. Langage poétique revêt caractère nécessaire car pd en compte signifiant. . qui est le ressort de la puissance poétique. "l'illusion littéraire suppose un consentement à la croyance temporaire dans la réalité imaginaire de choses fictives. 69. prose subordonnée à idée dt elle a pr fonction d'assurer transmission. pouvoirs du poète. Refus de la "psycho vieillote" ne doit pas conduire à faire des pers simples "figures de papier". afin de devenir moi-même et. Se pose pb des contraintes ds création poétique et lecture du poème. commentaires de Charmes. Chap 18: Le langage poétique Spécificité svt défini par rapport à prose. la limite d'existence de la prose pure". Succès mesuré à impttce des mythes sur mystères de la création. Le sens "est l'objet. ou plutôt exactement reproduite comme unique et nécessaire expression de l'état ou de la pensée qu'elle vient d'engendrer au lecteur. Le message compris. comme "sujet libre qui réfléchit sur sa vie afin de la gouverner". On retrouve spécificité du lanage poétique telle que la définit Jakobson ds ses Essais de linguistique générale. poésie opposait forme socialement reconnue. le forme s'évanouit. capable de comprendre ce qu'il en est de ma vie. A facilité du roman. est tjrs réfce au monde et engage "quête de sens". Reconnaître polysémie de la poésie ne réduit ppt pas fonction du poète. 1936 Elabore théorie des fonctions du langage en rapport avec recherches poétiques. une sensualité dt les prive communication courante.Sartre. par l'impropriété. A ces questions anciennes s'est ajoutée réflexion proprement linguistique sur spécificité du langage poétique et sa réception. C'est la forme "qui est le ressort de la puissance poétique". en la tenant à distance.chacun porte une tête multiple sur ses épaules. Ponge attaché à leur matérialité graphique et sonore + désir de restituer. Un beau vers renaît indéfiniment de ses cendres "  prose correspond à langage utilitaire. un cœur régénéré. (…) si nous avons compris. ds tradi des Lumières. prose informe et multiforme. Conception de la litté fondée sur conception de homme défini. fiction ns permet de "comprendre le sens de nos actions et de nos passions" > catharsis. "La poésie na pas le moins du monde pour objet de communiquer à quelqu'un quelque notion déterminée. 1948 33 . Pr Valéry.appuyée sur deux concepts d'Aristote: fiction est mimesis. Poème devient "appareil" formel. Poème élabore forme aboutie en travaillant langage et en lui donnant lois. passant par ma propre absence. ns sommes en possession d'exprimer ss d'autres formes l'idée que le discours avait composée en ns. à la compréhension.à quoi la prose doit suffire. Oe n'est pas pur langage. (…) c'est au contraire le retour. histoire divertissante oscillant entre fantaisie débridée et pâle reflet du réel. Grâce à la fiction . Au contraire. Sartre part du même constat: poésie n'utilise pas mots comme prose. ms en la transfigurant. la loi. (…) Autre par le médiation du pers. 70. Poètes considèrent "les mots comme des choses et non comme des signes" ou des "conventions utiles". tt ds mode de fonctionnement que ds finalités. C'est ce que Sartre appelait la "générosité" du lecteur: cette mort feinte. Oppose prose et poésie.

34 . Ion. Invente langage polysémique. Rimbaud affirme possibilité. "Les poètes sont des hommes qui refusent d' utiliser le langage. 73. Breton. poète ne crée que qd est possédé par un dieu. Pas sa volonté de prendre en compte leur forme autt que leur sens. S affirme nécessité de l'engagement. Inspiration. [la]lumière de l'image" > résultat de "l'activité surréaliste". "l'impropriété des termes" redonne chaleur à ces signes que usage ordinaire réduit à abstractions. leur mystère et leur évidence. Apologie de l'enthousiasme. pour le poète. "Hymne de l'automne" s'ouvre sur prélude où R. fonction de la poésie étant d'apaiser les contradictions de l'âme humaine. Doctrine reprise par ceux qui ont vu ds les poètes des prophètes apportant vérité aux hô (Ronsard) soit récusée par ceux qui y ont vu "des monuments d'intelligence et de travail soutenu" (Valéry). Ms poète rejeté par ses semblables irrités par cette différence qu'ils ne comprennent pas. précise que cette notion n'a pas de sens en poésie compte tenu de spécificité du langage poétique. la 3 ème le prophétisme et la 4 ème l'amour. immense et raisonné dérèglement de tous les sens". Valéry défend thèse adverse. la 2 ème l'intelligence des mystères et des secrets des religions. poèmes d'inspiration mythique et cosmique. rompant avec emploi utilitaire et définitionnel. voit son rôle restreint par "une sorte d'énergie individuelle propre au poète". de "cultiver" sa nature particulière "par un long.Ponge. création est effet d'une "faveur divine" dt tt homme peut bénéficier. Ds poèmes. 4 fureurs s'enchaînent l'une à l'autre ds gradation. Remise en question pas pr autt désacralisation du poète: ce st les tenants de l'inspiration divine qui réduisent poète à rôle passif. P inventeur d'une langue poétique qui entend prendre parti pris des choses ds leur matérialité. retrace sa destinée poétique.Pierre de Ronsard. Mythe litté du poète maudit trouve plein épanouissement au XIXe. Ronsard reprend thèse platonicienne ms voit ds cette "fureur d'esprit" divine un clivage entre poète et hommes qui ne comprennent pas génie poétique. génie ou labeur? Pr Platon. comme s'il n'appartenait pas à la condition humaine (…) le langage tout entier est pour lui le Miroir du monde.Platon. poésie est aussi jeu sur le signifié: réactivant des sens oubliés. le poète n'est qu'un instrument des dieux. P aborde le pb de la création poétique: pr lui. Alors que parleur les utilise pour nommer monde avec structures conventionnelles du langage. il voit les mots à l'envers. de flatter passions et dc de menacer ordre de la cité >bannie de l'état idéal. "Hymne de l'automne". mots st "objets mystérieux perceptibles" par vue et ouïe seulement. Jeu sur le signifiant. Socrate démontre que rhapsodes agissent en détenteurs non d'un art ms en instruments d'"une puissance divine". Aspect phonique des mots est aussi source de plaisir émotionnel et esthétique. Poète reprend doctrine des quatre fureurs que Marcile Ficin. R fidèle à théorie platonicienne: le "démon qui préside aux Muses" lui "donna pour partage une fureur d'esprit". ss ê niée. célèbrent monde ds sa variété. 1564 Les Hymnes. 1948 Célébrité grâce au Parti pris des choses. Peu après. Poète garde pouvoir sur sa création car "se fait voyant". fait le procès de la poésie: accusée d'ê une mimesis très éloignée de la vérité. le poète apprécie leur réalité graphique. 1ère fureur: la fureur poétique ou don des Muses. lui." 71. traducteur et commentateur de Platon. les amener à l'expression explorant ttes les ressources du langage: "PARTI PRIS DES CHOSES égale COMPTE TENU DES MOTS". (…)Le poète est hors du langage. Proêmes. analyse création poétique au travers du surgissement des images ds la conscience du poète: "c'est du rapprochement (…) fortuit de deux termes [que] jaillit une lumière particulière. 72.Ap Seconde Guerre mondiale. Nouvelles Poésies. vers 380 avt J-C Ds la République. Poésie ne se sert pas des mots. poète sensible à leur forme visuelle et sonore et les considère comme images du monde: établit entre signifiant et signifié relation motivée et non arbitraire. Avt tt traitement poétique. il "cherche lui-même". Chap 19: La création poétique Sujet controversé: inspiration ou travail. avait éléborée. Critique apparaît ss forme plus ambiguë ds Ion. le poète leur donne une "condition plus noble". alternat considérations générales et confidence biographique.

Cherche à définir le surréalisme poétique par des "effets mystérieux" et les "jouissances particulières qu'il peut engendrer". organisée et finalisée consiste à expérimenter des sentiments. B utilise un article de Reverdy définissant l'image comme "création pure de l'esprit". Variété." Chap 20: Lire le poème Chgt ds méthodes d'approche du txt poétique. de la recherche. la 35 . consiste à lire le poème afin d'en découvrir le sens. à en épuiser "tous les poisons pour n'en garder que les quintessences". sociologiques etc. Dualité du poète a été ignorée par les Romantiques qui se st crus les maîtres de leur création alors que leur poésie prouve que "la chanson" est rarement "la pensée chantée et comprise du chanteur". La valeur poétique de l'image dépend de la déflagration produite par ce rapprochement: "la plus forte est celle qui présente le degré d'arbitraire le plus élevé". et par cette ascèse qui peut conduire à la folie ou à la mort. V clame ne pas vouloir "rougir d'être la Pythie" > condamne théories de l'inspiration et insiste sur le rôle et la valeur du travail. Avenir de la poésie. il peut "se faire voyant". A choisi de s'engager ds profonde réflexion sur exercice et fonction de la poésie. Table ou cuvette. 76. Ms inspiration ne suffit pas à définir le génie poétique." Or les poèmes sont "des chefsd'œuvre de labeur". et je travaille à me rendre voyant". et à apprécier le phénomène lumineux. L'arbitraire devient source de révélation et permet de "découvrir les moyens de mettre en application [le] mot d'ordre de Rimbaud". Conception de R est pour B preuve de l'aspect inconscient de la création poétique . matière même de sa création. sur autonomie du txt élaboré. la raison se bornant à constater. Selon R. Cette démarche méthodique. B insiste moins sur la justesse des rapports que sur leur arbitraire. Poète se met ainsi au ban de la société ms il se définit comme un "travailleur". B place son analyse ss signe de Baudelaire. R définit d'abord notion d'auteur en affirmant que création poétique échappe à conscience claire du poète: "Je est une autre".Riffaterre analyse opération de lecture et distingue deux "phases": la première. Condamne poésie classique sf poésie grecque. Image poétique relèverait de processus inconscient. de la volonté et de l'analyse. Permet envisager lecture de poème comme résultante de leur interaction. psycha. écrit à son professeur Izambard "je veus être poète. en somme. par question banale "Qu'est-ce que cela veut dire?" souligne points fondamentaux. 1871 Ambition poétique de R nettement perceptible ds sa correspondance: en mai 1871. notamment ss influence de linguistique et structuralisme. Analyse l'image surréaliste et son processus de surgissement. On note une radicalisation de la pensée de R. "Un poème peut donc être toujours relu". immense et raisonné dérèglement de tous les sens". Txt poétique est polysémique: différentes directions de lectures qui "n'épuisent jamais le texte" et qui peuvent ê complétées par points de vue autres. M. Théories "réduisent le poète à un rôle misérablement passif". Le poète doit cultiver ce don "par un long. mais point un dieu.le contraire d'un dieu.Breton. "heuristique". l'image surgit de façon fortuite et arbitraire. le contraire d'un Moi. qu'ils sont les produits simultanés de l'activité que j'appelle surréaliste. le moi qui vit n'est pas le moi qui crée. lettre à Paul Demeny. programme qu'il détaille ds fameuse lettre dite "du Voyant". . Valéry: un précurseur < insiste sur rôle du lecteur. "Force est donc bien d'admettre que les deux termes de l'image ne st pas déduits l'un de l'autre par l'esprit en vue de l'étincelle à produire. 1957 Ds Tel quel. rapprochant les images surréalistes de celles provoquées par l'opium.Rimbaud. artificiel. garant de l'aspect inconscient de la création. Daniel Delas.74. historiques.  Paul Eluard. Racine et romantisme. 75. un "suprême savant" charger de révéler aux hô "l'inconnu". 1924 Rôle joué par inconscient ds création poétique est une des préoccupations majeurs de B. 1937: "le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré". "font de lui ou une sorte d'urne en laquelle des millions de billes sont agitées. "rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées". "Propos sur la poésie". coupé de la vie. poésie est devenue divertissement gratuit. ou une table parlante ds laquelle un esprit se loge.Valéry. Manifeste du surréalisme.

La première phase de lecture heuristique saisit le sens du poème: lecteur exerce sa compétence linguistique et perçoit l'aspect référentiel du langage: il "passe par la mimesis" puisque ds cette phase "les mots semblent bien tout d'abord établir des relations avec les choses". caractérisée par une absolue nécessité. Valéry. DD et Jacques Filliol définissent txt poétique comme une "unité auto-fonctionnante": "il n'a pas de référent". "Libre de tte idéologie". Oppose pensée à parole poétique. Chap 21: Fonction de la poésie Figure poète a pris visages pfs antagonistes: poéte mage. sonore etc. combattant.Daniel Delas. 1980 Ds ouvrage intitulé Linguistique et poétique. 1978 Renonçant à approche linguistique et stylistique qui ne donne accès qu'aux "structures de surface". 77. Ds lettre "du Voyant". je donne mon souffle et les machines de ma voix. Ds "l'amateur de poème". elle s'affirme comme moyen de rompre inertie. elle est puissance".La mise en relation de ces plans. qui se concilie avec le silence. Or txt poétique dt contxt n'explicite pas relation univoque est dc sémantiquement ambigu. Ms avt d'atteindre signifiance. solitaire > autt de façons de concevoir fonction et mission du poète. Scde phase herméneutique élabore signifiance du poème: scde lecture rétroactive permet "décodage structural" fondé sur mise en rapport des éléments textuels qui avaient pu d'abord paraître dissociés. incontournables et. accorde rôle privilégié au signifiant. à chaque fois. et leur réunion qui met au jour les rapports que "la connotation entretient avec le dénotation". pour refaire un cheminement qui a intrinsèquement autant de valeur (…) Il y a du sens qui se cristallise à partir de certaines configurations du texte. R définit poème comme variation à partir d'un motif. j'ai désormais tte liberté pour re-produire ce travail. des "configurations". ou seulement leur pouvoir. en lisant son texte. Polysémie s'explique par nbr de facteurs q DD met en évidence. 1929 Reprend certains poèmes de V publiés ds diverses revues symbolistes de la décennie précédente. Les Amis inconnus. R affirme q doit ê rôle du poète: doit trouver langue nvle qui permette d'exprimer la "qualité d'inconnu s'éveillant en son temps ds l'âme universelle". analyse spécificité du rapport entre lecteur et poème. oriente lecteur vers décodage préétabli par le fonctionnement textuel lui-même. Poésie est partie prenante de tout ce qui constitue la vie de l'homme: "les mots disent le monde et les mots disent l'homme" (Eluard). Album de vers anciens. Langage poétique. Langage poétique emprunte ses termes au langage ordinaire qui a recours au contxt pour définir acceptions.l'analyse des divers plans du txt (syntaxique. Pr Baudelaire qui rejette tte finalité morale ou didactique. Lecture des Amis inconnus. Sémiotique de la poésie. Pour Saint-John Perse. fonction est "l'aspiration humaine vers une beauté supérieure". je me substitue à lui. 36 . je respire une loi qui fut préparée. "transformation d'un mot ou d'une phrase en texte". Fin du poème = lieu où se noue le maxi d'effets de sens car permet lecture rétroactive totale: " c'est le texte entier qui constitue l'unité de signifiance ". Discours poétique est langage de connotations. pendant laquelle. D applique méthode à txt de Supervielle. "un poème est une durée.deuxième. lecteur. Récuse lecture linéaire pour décrypter les "mises en relation qui parcourent le texte en tous sens ".(…)c'est moi lecteur qui suis l'auteur. Son décodage se fait en 2 temps: ." 78. pensée "merveilleusement prévoyante".Michael Riffaterre. "elle est action. sert à former autre interprétation en analysant les éléments par un "décodage structural" ds lequel lecteur modifie sa première compréhension. a condition bien entendu de respecter la lettre du texte" 79. elle est passion. Recourt à la figure de façon à briser automatismes de l'écriture. "L'auteur a écrit un texte mais ce texte ne lui appartient plus.) . poésie ne se limite pas à son aspect esthétique. ainsi conçue. "le lecteur doit passer par la mimesis". Forme perçue comme un "détour autour de ce qu'il signifie". poésie fait de lui "un multiplicateur de progrès". spécifiques. "herméneutique".

apporte aux hommes un affranchissement et dignité supérieure. couleurs". Les Sentiers et les routes de la poésie. Anabase. Par "grâce poétique. 83. "fête musicale": "refusant de dissocier l'art de la vie".Saint-John Perse. Amorce par interro sur rapport poésie /science: poète et savant ne doivent pas ê "frères ennemis" car même interrogation. s'assimiler à la science ou à la morale. N'est pas pr autt discours autarcique. N'est dc pas simple objet esthétique. l'étincelle du divin vit à jamais ds le silex humain". Elabore une esthétique de la modernité. elle n'a pas le Vérité pour objet. dont l'autre côté est l'éternel et l'immuable". Langue sera nvle. "novation toujours qui déplace les bornes". 1952 2 axes ppx structurent poésie d'E: amour et engagement. 37 . Poésie retrouve alors fonction morale indirecte. synesthésique: elle "résum[era] tout. sous peine de mort ou de défaillance. Dimension ontologique car "tient liaison avec la permanence et l'unité de l'être". ds mesure où oriente hô vers perception du Beau.80. permettant de "tirer l'éternel du transitoire". L'Amour.Rimbaud. Amers: poésie cosmique. peut ennoblir mœurs à condition de poursuivre ce but: par intermédiaire du sens esthétique. c'est de nourrir l'esprit de l'homme en l'abouchant au cosmos. sons. Poésie ouvre voie à une démarche de rédemption métaphysique et sociale de l'être humain. elle n'a qu'Elle-même. Poésie s'oriente ensuit vers expression du mythe ds récit poétique épique. Avec moyens propres. par et à travers la musique que l'âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau. parfums. Méthode: "selon moi la fonction de la poésie. "si le poète a poursuivi un but moral. Elle est plus: "mode de vie – et de vie intégrale". Cf Capitale de la douleur. vers une transcendance que sa nature humaine imparfaite ne lui permet pas de contempler autrement que par l'émotion esthétique. Poésie de l'amour (douloureux) autour de 3 figures féminines: gala. d'une postulation des nerfs. où s'exprime "le transitoire.(…) C'est à la fois par la poésie et à travers de la poésie. "elle est action . Souvenir de enfance émerveillée par luxuriance de la nature est matrice poétique des vers lyriques de SJP." 81. le contingent. la moitié de l'art.Baudelaire. atteint surréalité interdite à science et pousse réflexion méta plus loin que philo. le fugitif. Beauté définie d'une façon radicalement neuve. Fonction consiste alors à trouver langue qui rende compte de ces "inventions d'inconnu". la négativité du vice est ressentie comme une "espèce de faute contre le rythme et la prosodie universels". 82. elle fait du poète "celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance". "Allocution au banquet Nobel". Notes nouvelles sur Edgar Allan Poe. Etincelle dérobée se concrétisera par langage poétique nv car "les inventions d'inconnu réclame des formes nouvelles".Eluard.elle est passion". mai 1871 Poète a triple fonction: 1° Rôle prométhéen: il est "voleur de feu": comme le héros mythologique. elles sont bien plutôt le témoignage d'une mélancolie irritée. La poésie ne peut pas. inventaire fasciné des richesses du monde ms aussi de la richesse onomastique d'une langue incantatoire. il a diminué sa force poétique. et il n'est pas imprudent de parier que son oe sera mauvaise. C'est au cours du banquet suivant remise du prix que P prononce discours où réflexion sur nature et fonction de la poésie. à morale et à science. 2° Rôle métaphysique dynamique car définit "la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps ds l'âme universelle" 3° Rôle social en tt que "multiplicateur de progrès": reprend thèses de certains écrivains comme Lamartine ou Hugo. est le dernier refuge de la spiritualité ds monde de plus en plus soumis au matériel. 1857 Oe de B se double d'une entreprise critique sur les moyens et la spécificité de art. Exil. et quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux. Engagement à la fois esthétique. 1960 Né en Guadeloupe. lettre à Paul Demeny. Aspiration éternelle et irréductible de l'hô. d'une nature exilée ds l'imparfait"  Ponge. ds son principe même. B affirme autonomie et suprématie de poésie par rapport à autres domaines: elle est étrangère. Poésie = " mode de connaissance". Nush et Dominique. ces larmes ne sont pas la preuve d'un excès de jouissance.

mais aussi très éloignée d'elle. Théâtre est dc "machine cybernétique" faisant intervenir simultanément infos multiples (txt. Celle-ci réunit plusieurs éléments: le txt. largement déterminée par choix du metteur en scène. formant cette "épaisseur de sign" qui constitue l'essence de la théâtralité. Spectateur confronté à véritable "polyphonie informationnelle" qui est l'essence même de la théâtralité (Barthes). sans exclusive ni préjugés esthétiques. "langage représenté" dépendant de ses conditions d'énonciation.. Partie VII: Le Théâtre Théâtre a lgtps souffert de la tradi scolaire. Thèse: théâtre est lieu où s'opère transmission de messages multiples.Barthes. fonctionne selon ppe d'une "double énonciation" (Larthomas). il est médiatisé par comédiens qui incarnent pers et leur donnent vie par physique. de nvles interprétations des oe canoniques et meilleure compréhension de la com théâtrale. Est de ttes les manif dadaïstes puis surréalistes et vie avec acuité conflits idéolo et politiques qui agitent le groupe. gestes. Le Langage dramatique. imitant même ses imperfections qui prennent alors une valeur esthétique. etc. éclairage etc. Le langage dramatique procède du dit ET de l'écrit "sans se confondre ni avec l'un ni avec l'autre": "très proche de la parole." Spécificité: La parole théâtrale s'adresse au(x) personnage(s) ET au public: double destinataire. gestuelle etc. action. Elle est partie intégrante de la vie des mots et partage leur pouvoir. plus enchaînée. différents et simultanés ms transmis selon rythmes spécifiques. De la mise en scène. "toute représentation est un acte sémantique extrêmement dense". En 1932.Pierre Larthomas. Renouvellement conjoint de la critique et de la mise en scène a permis. Poésie engagée dès 1938 avec Guerre d'Espagne. ne pd pas en compte distinction tradi tragédie/comédie. contexte. à partir des 60's. situation. Par son incomplétude même. 85. Spectateur confronté à " polyphonie informationnelle".). ss jamais ptt se confondre avec elle" 38 . 1972 Ds préface. plus rythmée. 84. Ap mort de Nush. volontairement non historique. Com théâtrale se caractérise par densité et diversité des dignes transmis par représentation. "la poésie est dans la vie" > dc doit rendre compte de tt ce qui fait la vie. E rompt avec Aragon accusé de soumission à Moscou. permet représentation et oblige metteur en scène à prendre parti (Ubersfeld). Cherche à définir "éléments communs" qui assurent cette efficacité. plus soucieux d'effets. Chap 22: La communication théâtrale Théâtre n'utilise pas seul langage cô vecteur des effets sur destinataire. Poésie = arme de combat ( Poésie et Vérité). Participe à Résistance. engagé ds combat révolutionnaire ms opposé à subordination de art au politique. > ne dépend pas seulement des effets voulus par l'auteur. Poésie = fraternité: doit ouvrir son espace à tous. Sa démarche stylistique. Pas de domaine proprement poétique. par opposition à la "monodie litté" (nb: monodie = chant à une seule voix) qui n'utilise que langue écrite. décor. c-à-d combinaison de plusieurs canaux d'infos qui lui parviennent en même tps. Met en jeu txt + conditions de réalisations particulières: concrétisé le tps d'une mise en scène. "langage total" en l'opposant au langage spontané: "les éléments proprement verbaux prennent un relief extraordinaire" par "tout ce qui les accompagne. Rencontre avec Dominique réoriente vers lyrisme amoureux ( Le Phénix). les praticiens et le public. Txt théâtral marqué par ses conditions de réalisation: donnée fondamentale ds analyse du théâtre. "langage en représentation". Très proche parfois de la langue écrite. Existence d'un destinataire collectif conduit à analyser relation entre théâtre et public.litté et politique. S'agit de cerner spécificité du langage théâtral. on exige svt fidélité impossible. 1964 Recherche inspirée par linguistique structurale et nommée "sémiologie". et à définir fonctions du théâtre. costumes. système polyphonique. Essais critiques. E dépasse douleur ds poésie fraternelle. L remarque que point commun aux gdes oe dramatiques est leur "efficacité".

Souligne ainsi que metteur en scène doit dépasser lectures autrefois vivantes ms que l'évolution sociale.86. 1938 On sait qu'A a dénoncé culte des chefs-d'oe. condition de la représentation. historique. Lire le théâtre. Propose analyse qui intègre aussi bien txt que sa représentation. qui donne au metteur en scène nécessaire liberté d'interprétation. Or A dit explicitement que "ce langage fait pour les sens" doit d'abord les satisfaire et "développer ensuite toutes ses conséquences intellectuelles". A a su imposer "cette utopie d'un théâtre à l'état brut.Antonin Artaud. esprit de l'oe n'est que "l'opinion majoritaire".Anne Ubersfeld. Le txt n'est qu'un élément de la représentation" 88. idéolo ou litté rend obsolètes. 89. pr découvrir ds oe ce qui est ouvert sur "les fluidités infinies des sens". Selon Umberto Eco. Manques encore plus importants ds txt théâtral.Daniel Mesguish. oppose dialogue à scène. (…) Attitude qui suppose une idée de base. indépendant de parole. (…) c'est le refus. 1980 Précise ds préface qu'il s'agit de définir spécificité du txt théâtral selon démarche sémiotique . "Didascalies" de auteur fournissent infos au metteur en scène et st transmises par comédiens par signifiants non verbaux. Publiée. tourné vers satisfaction des sens et non seulement de esprit. l'ensemble des signes représentés et l'ensemble des signes textuels. codée. Pose pb de la fidélité au txt. celle de l'équivalence sémantique entre le txt écrit et sa représentation. "troué" par nature. Discours théâtral composé de deux strates txtuelles. 1977 Ds com théâtrale. Le Théâtre. Selon AU. et l'imagination des "interprètes" (…) le plus grand danger est de privilégier non le txt. AU a montré que ces thèses ont été svt compris cô "refus radical du théâtre à texte". voire "les idéologies qui l'encrassent" ainsi doit combiner "l'absolu de la littéralité" et "la relativité de l'interprétation" (Mesguish). 87. Ds le "dialogue". qui mêle l'expérience immédiate du 39 . Ds ses réalisations." "Le danger principal de cette attitude réside certes ds la tentation de figer le txt. affranchi de toute forme contraignante. parfois radical. paroles d'un pers s'adressent à double destinataire. s'interroge sur leurs rapports. txt romanesque est "machine paresseuse" qui présente "blancs" appelant activité du lecteur. "lieu physique et concret" qui appelle langage lui-même physique et concret. Com théâtrale ne se réduit dc pas au seul txt. La réplique célèbre de Tartuffe "Le pauvre homme!" ne pd sens que pour qui connaît ses conditions d'énonciation. le refus de cette nécessaire distinction détermine "des attitudes réductrices eb face du fait théâtral". mais une lecture particulière du txt. AU montre que dialogue de théâtre n'a de signification que ds un "contxt énonciatif". oe est alors offerte aux lectures relatives qui la concrétisent sur scène. Cette fétichisation de art conduit Occident à réduire le théâtre au livre. idéologiquement déterminée" "l'autre attitude. Le Théâtre et son double. sur rôle du metteur en scène et celui du spectateur. constate incomplétude du txt théâtral. A s'interroge sur assimilation du théâtre à la seule forme dialoguée. "la première attitude possible est l'attitude classique "intellectuelle" ou pseudo-intellectuelle: elle privilégie le texte et ne voit ds la représentation que l'expression et la traduction du txt litté. "émetteur double": 2 systèmes de signes dt mis en relation. 2 tendances opposées: la mise en scène qui est fidèle au txt litté ou celle qui s'en détache davantage (Ubersfeld). Chap 23: Théâtre et mise en scène Txt théâtral vit par sa représentation scénique. Voulant libérer théâtre de "cet assujettissement à la parole". ce qui coupe culture de la vie.Anne Ubersfeld. D'où "double situation de communication": "émetteur double" = auteur et praticiens et récepteur jamais isolé comme lecteur. de le sacraliser au point de bloquer tt le système de la représentation. Artaud propose lui un théâtre qui s'adresserait "d'abord aux sens au lieu de s'adresser à l'esprit". Selon un metteur en scène contemporain. En s'appuyant sur distinction linguistique entre énoncé et énonciation. du txt: le théâtre est tout entier ds la cérémonie qui se réalise en face ou au milieu des spectateurs. 1991 Cô AU. Celle-ci se réfère aux didascalies. L'Eternel Ephémère. indications du dramaturge pour metteur en scène.

et c'est ce va-et-vient du présent à l'absent. 1991 Part du constat que théâtre. ou ne veut pas le croire. que ce soit cet univers qui bascule ds la dénégation" 91. "lire sans travail". ils se trouvent en même temps niés (…) tout ce qui se passe sur la scène est frappé d'irréalité (…) Pour Freud. Mvt // pour le roman avec Umberto Eco. mais un être à la fois présent et absent.Ubersfeld. du réel à la figure. en même temps que les lois qui les régissent paraissent ds un imaginaire retrait. par la construction du fantasme. qui voit s'accomplir ou s'exorciser ses craintes et ses désirs" "il n'y a pas d'illusion théâtrale. Chap 24: Théâtre et public Txt théâtral trouve sens ds représentation. soit une culture théâtrale. pour ê déchiffrés. Spectateur dc impliqué ds représentation théâtrale ms implication différente selon modalités de la mise en scène." 40 . "paresse intellectuelle" que fustige M aboutit à formes théâtrales appauvries. de rapprochements. c'est-à-dire de l'imitation des êtres et de leurs actions. il appartient au spectateur: c'est lui. Contre le "théâtre récréatif" qui implique émotionellement spectateur ds action. les marque du signe d'irréalité.spectateur et la vie. le lecteur de signes et. Illusion théâtrale favorise catharsis du spectateur. 90. Le Théâtre. toujours actuelle au théâtre. Réception met en jeu ensemble de signes qui. tt en ayant affaire à éléments du réel. ds réception par public. de la mimésis. L'Eternel Ephémère. et de cette présence-absence. 92. et qui met en jeu une "mémoire". libère le spectateur. ce travail interprétatif révèle que "c'est le spectateur qui est en définitive le maître du sens: mais le sens ne lui est jamais donné. leur constructeur. 1977 "l'illusion théâtrale" est selon elle expression convenue et trompeuse qu'elle s'attache à déconstruire en analysant processus complexe de com qui s'instaure avec public pdt représentation. comme le cinéma. A chaque instant la perception du spectateur oscille. Ubersfeld. "art de la répétition". Nécessaire "apprentissage". des objets et des personnes dont l'existence concrète n'est jamais mise en doute. il est toujours à construire" (Ubersfeld). Telle est la catharsis: de même que le rêve accomplit d'une certaine façon les désirs du dormeur. du maintenant au passé. mise en oe d'une sorte d'intertextualité. Cf Mesguish: "on n'entre pas au théâtre sans un apprentissage" "lire c'est toujours faire de la littérature comparée". se justifie la présence. en nie l'insertion ds réel.(…) le théâtre n'apporte pas au spectateur. Brecht crée le "théâtre épique" qui l'implique intellectuellement pour l'amener à prise de conscience. il va bien falloir qu'il s'arrange. Or s'ils sont indiscutablement existants (pris dans le tissu du réel). effort à rebours de ceux qui veulent un théâtre "immédiat". Sa réflexion sur fonction cathartique du théâtre s'appuie sur notion freudienne de dénégation. et fait du créateur un thaumaturge ou un gourou". est signes. Particularité de la com théâtrale est ce jeu qui veut que spectateur. Vecteur de plaisir.(…) Ainsi. De même le théâtre a le statut du rêve: une construction imaginaire dont le spectateur sait qu'elle est radicalement séparée de la sphère de l'existence quotidienne.Daniel Mesguish. "le spectacle n'appartient pas au praticien. 1980 Souligne rôle fondamental du spectateur ds perception et "maîtrise des signes" que transmet représentation. Lire le théâtre. Ces signes appellent un déchiffrement par spectateur. "ce qui figure dans le lieu scénique est un réel concret. à la limite. en fonction de laquelle déchiffre la représentation. le rêveur sait qu'il rêve même quand il ne le croit pas. Iser ou Jauss. le libére par mécanisme de la dénégation (Ubersfeld). demandent du spectateur travail d'analyse et de réminiscence par référence à autres oe. Le théâtre de l'illusion est un accomplissement pervers de la dénégation: il s'agit de pousser si loin la ressemblance avec la "réalité" de l'univers socio-économique du spectateur. de même la construction d'un réel concret qui est en même temps l'objet d'un jugement qui en nie l'insertion ds la réalité. une image toute construite ni une image abstraite. La "lecture" d'une mise en scène est faite de comparaisons. du jeu à la fiction qui constitue à la fois le travail psychique et le plaisir du théâtre. l'aventure de l'acteur et l'aventure individuelle.

préface à Lucrèce Borgia. pancartes ou diapo: "la scène commence à raconter". théâtre épique n'est pas moralisateur ds mesure où "les considérations morales n'apparaissent qu'au second plan".Ionesco. dramaturge doit "mobiliser tous les moyens possibles d'en saisir le sens profond". Théâtre didactique est "épique" (réfce à Aristote opposant forme dramatique du récit représenté sur scène/ forme épique de type narratif). Théâtre entend alors exercer "action pédagogique": tient en éveil esprit critique et "l'oblige à des décisions" ds domaine des rapports sociaux. Ms ce savoir demande à ê "assimilé" de façon à "se présenter comme littérature".Hugo. Marie Tudor. a vu tôt se poser question de sa fonction. "tribune" (Hugo). attendant dénouement et reconnaissant valeurs éternelles. "le théâtre est une tribune" qui permet transmettre parole. qui s'opère nota par utilisation de pancartes pdt spectacle et par jeu interdisant tte identification. 96. de thèmes et situations opposés. "le 'théâtre' est une reproduction vivante et qui vise à divertir d'événements rapportés ou inventés où des hommes se trouvent face à face". Chap 25: Fonctions du théâtre Lieu privilégié d'une parole adressée à destinataire collectif. 1962 41 . 1963 B pour théâtre épique qui doit stimuler intelligence du spectateur. Selon certains. Notes et Contre-notes. 95. Effets cherchent à rendre insolite la scène représentée. socio. Ecrits sur le théâtre. "tout théâtre d'idéologie risque de n'être que théâtre de patronage". permettant coexistence de registres.93. de hô et de société que théâtre entend transmettre? Mission didactique exige de auteur maîtrise des domaines d'investigations qui st les siens. Spectateur engagé ds remise en question des valeurs et données que considérait intangibles. Théâtre a dc partie liée avec secteurs de la connaissance cô histoire. 94. peut amener spectateur à prise de csce de sa situation existentielle. Suppose participation émotionnelle du spectateur. Ms a avt tt pour fonction de "divertir les hommes". conflit qui se résout par retour à ordre positif. du bien ou du mal. Théâtre peut devenir épique car des "conquêtes techniques [l']ont mis en mesure d'incorporer à ses spectacles des éléments narratifs" ss forme de panneaux. il n'en est pas pr autt rébarbatif: "son rôle est précisément d'autoriser le plaisir littéraire". doit faire "circuler partout une pensée morale" ss souci des normes habituelles du beau. Ce "théâtre didactique" tient spectateur à distance par des "effets V" (de l'alld Verfremdung): c'est la fameuse distanciation brechtienne. Ms se réclamant de la " dialectique matérialiste". Bertolt Brecht. Pr B. fonction morale ou politique n'a pas lieu d'ê car fonction cathartique suffit à justifier théâtre. une mission humaine". Fondamental qu'il "ait toute liberté de rester quelque chose de superflu" et s'il doit avoir "rôle pratique". 1833 A défini ses théories théâtrales ds nbrx txts préfaciels cf Cromwell. William Shakespeare. Permet à hô de se libérer. Art n'implique pas contenu didactique et moral ms théâtre ne doit pas se contenter de "remplir seulement les conditions de l'art". Ecrits sur le théâtre. de ses contradictions ontologiques ou de sa misère sociale. est svt investi d'une mission sociale (Brecht). "le poète aussi a charge d'âmes". Théâtre récréatif est "dramatique" car fondé sur présentation d'une crise due au conflit de forces. psycho. > pb du contenu de l'oe théâtrale: sur quoi fonder analyse du monde. Cette participation confine spectateur ds passivité intellectuelle. Théâtre pas pr autt dépourvu de tte fonction: doit permettre au spectateur de "s'arracher au quotidien" afin d'ê réintégré ds une "virginité nouvelle de l'esprit". doit éduquer peuple. ce qui implique que public conserve liberté et esprit critique. par spectacle d'actions non contenues ds limites morales ou sociales. Si théâtre peut "pénétrer au cœur des choses" grâce aux connaissance scientifiques. une mission sociale. 1963 Pr B. Esthétique du drame romantique. au contraire.Brecht. il n'envisage de reproduire monde que pour le transformer. Face à complexité de univers. ce doit ê par biais du jeu (Brecht). Pr Ionesco. de tt ce qui ds vie réelle entrave sa liberté d'agir (Touchard). A "mission nationale.

fait l'objet d'une appréciation plus nuancée de Camus et Calvino. purifiée. PB rapports litté et politique. Or c'est justement ss cette forme que théâtre peut exercer fonction idéolo ou spirituelle. Apologie pour le théâtre. s'émancipant de ses origines religieuses. Brecht. Petit organon pour le théâtre. Exposé aux attaques des censeurs qui lui reprochaient de mettre en scène vices et passions. Litté remplit fonction ontologique en affirmant dignité de hô et en renouvelant le fonds mythologique qui donne forme à âme humaine. ss finalité directe. de transmettre contenu didactique qui permette à hô de comprendre monde et de le transformer? Pédagogie et plaisir st combinés ds une pratique qui vise à divertir tt en éclairant. Libéré de tte entrave due à morale ou au réel. la litté n'aurait aucune incidence sur le monde. Partie VIII: Fonctions de la littérature Mise en demeure de se justifier et de se distinguer de l'industrie des loisirs –qd elle n'est pas accusée d'exercer influence néfaste. engagement de écrivain est au centre du débat. à l'habitude. la fonction cathartique doit ê "organisée (…) très expressément pour donner du plaisir". B se réclame d'Aristote en affirmant que selon le philo grec. Chap 26: Litté et morale Cô le déplore R-G. Tel théâtre capable de "réaliser une sorte de dislocation du réel" conduit hô "à une nouvelle prise de conscience. une gde oe donne aussi au lecteur bonheur du dépaysement en lui présentant vision du monde originale de artiste. Aujourd'hui.S'opposant à B. si svt affirmée par B. Pratiqué par Hugo et théorisé par Sartre. Récusé par Robbe-Grillet et Proust au nom de la primauté de la litté et de l'artiste. Litté bien sûr dotée d'une fonction culturelle: moyen de connaissance de soi et d'ouverture aux autres. La Bruyère moraliste. marquée par "grossissements de effets". jusqu'à farce. théâtre apporte au spectateur compensation à ce que vie implique de limites et d'interdits. à la paresse mentale qui nous cache l'étrangeté du monde. a gagné autonomie du plaisir qu'il donne aux hô. Comment alors intégrer nécessité. Racine: tragédie doit songer "autant à instruire [les] spectateurs qu'à les divertir". de la réalité existentielle ". 42 . replié sur ses propres valeurs. Dionysos. Qd échappe à ce reproche. "le théâtre n'a pas le langage des idées". il faut recevoir comme un véritable coup de matraque" 97. Théâtre. Simplificateur à l'extrême. restitue au public cette "étrangeté du monde" qu'il ne perçoit plus. à faire de la "morale" une source de plaisir. I refuse "le théâtre d'idéologie" au nom de la nature même du langage théâtral où "les nuances des textes de littérature s'éclipsent".la litté se cherche légitimité en affirmant sa fonction morale: ce fut le cas au XVIIe où théâtre et litté se situaient ds perspective humaniste. perçue cô simple divertissement. c'est pr affronter celui de gratuité: monde clos. de les défendre ou de les illustrer. 1968 Envisage théâtre et ses fonctions ds perspective psychologique et psychanalytique qui l'amène à retrouver les pples caractéristiques de la catharsis aristotélicienne. pr lesquels écrivain s'exprime au nom de cuex qui subissent l'histoire.Pierre-Aimé Touchard. Une esthétique théâtrale de l'outrance et du paroxysme . "Pour s'arracher au quotidien. 1963 Tt théâtre est légitimé par le plaisir que spectateur prend à représentation. "désarticulation du langage". Ms autres considèrent litté cô moyen de transmettre valeurs morales. "la litté est rejetée ds la catégorie du frivole". recours à "charge parodique extrême". 98. théâtre classique a cherché légitimité ds finalités didactiques et morales. purgation des passions par biais de la pitié et de la crainte provoquées par représentation mimétique. Paradoxalement. Molière rappelle que comédie destinée à "corriger les hommes en les divertissant". un Sojenitsyne voit ds litté unique moyen pour individu de dépasser son expérience limitée et de s'ouvrir à diversité des situations humaines. Jugement conforté par les écrivains prônant art pour art.

Bien que litté contemporaine orientée vers perspectives très différentes. 1694 En soulignant ds préface fonction morale et ontologique de son oe. théâtre méprisé par Eglise cf attaque des "dévots" contre Molière. Condamné ss jugement à 8 ans de déportation ds camp de travail. Cpdt. M se défend ds placet. religieuse et litté pdt 5 ans. n'avait pu le recevoir officiellement. obliger artiste à "ne pas s'isoler". Dès lors. Ap exil aux USA. 99-100. Réhabilité en 1957. refuser de prendre parti. R conçoit tragédie cô drame exemplaire qui. Molière. Engagement ne peut ê que litté. n'est pas destinée à vivre pr sa beauté propre ms pour servir progrès. pr libéralisation du régime. pendant leur bref séjour sur la Terre. de s'inscrire ds temps et ds ses conflits. LB assigne à litté finalité didactique qui rejoint celle du discours religieux. souligne contradictions de vie humaine à travers destin d'un héros. Comédie est observation critique de vie sociale dt fustige travers. Discours de Stockholm. Litté doit se mettre au service de ceux qui n'ont la 43 . a aussi fait études d'hist. je n'avais rien d mieux à faire que d'attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle" Racine. arrêté pour avoir émis ds lettre privée doutes sur compétences de Staline. Chaque silence aussi. Soljenitsyne conçoit litté cô moyen partager expérience d'autrui. "le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité. "L'art transmet d'un homme à l'autre. avec ses fardeaux. Pour Proust déjà. Théâtre et morale au XVIIe siècle Louis XIII et Richelieu ont favorisé dvlpt d'un théâtre reconnu socialement. menace pour humanité tte entière. j'ai cru que. Attaque des dévots pr faire interdire pièce avt même représentation en 1664. Pdt 2 ème GM. "Premier placet envoyé au roi. ses couleurs. préface aux Caractères. et c'est ce que les premiers poètes tragiques avaient en vue de toute chose. Influencé par éduc janséniste. accède à notoriété avec nouvelle Une journée d'Ivan Denissovitch. la sève de la vie: il la recrée ds notre chair et nous permet d'en prendre possession" Chap 27: litté et politique Selon Hugo. "le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant. M assigne au théâtre fonction didactique et morale." (Sartre). inspirant terreur et pitié. 1664 Bataille politique. discours trouve encore échos. tout le poids d'une très longue et inhabituelle expérience. de litté et de philo. dans l'emploi où je me trouve. Malgré tt. Rappelle qu'il a atténué culpabilité de héroïne en conciliant morale et tragédie. R ds préface définit finalités suivies pour mettre en oe sujet inspiré de Antiquité. Prix Nobel de litté en 1970. pr R-G.Alexandre Soljenitsyne. préface de Phèdre. Phèdre victime d'une cabale qui tenta en vain de l'étouffer. l'artiste est amené à "servir" société non pas en élaborant un "art patriotique" mais en "étant artiste". première évocation litté des camps staliniens. l'engagement sartrien est utopie: "dès qu'apparaît le souci de signifier quelque chose (quelque chose d'extérieur à l'art) la litté commence à reculer. sinon quoi hô serait replier ds sa solitude. est retourné en Russie en 1994. on ne doit parler que pour l'instruction" 101. Ap interdiction royale de 1664. Dénonciation virulente du système lui vaut d'ê déchu de nationalité soviétique et expulsé en 1974. Leur théâtre était une école où la vertu n'étaient pas moins bien enseignée que ds les écoles des philosophes" La Bruyère. 1970 Né en Russie en 1918. société. "On ne doit écrire. à disparaître". A tjrs plaidé pr abolition de censure. Mathématicien et physicien. Or risque de faire de art une "réjouissance solitaire" alors qu'il doit s'ouvrir sur autres. 1677 Fidèle aux conceptions antiques. sur la comédie du Tartuffe". en lui donnant vérité de son art. C'est là le but que tout qui travaille pour le public doit se proposer. Ft attendre 1669 pr que M puisse jouer pièce que ns connaissons. c'est façon de prendre parti: "l'écrivain st en situation dans son époque: chaque parole a des retentissements. R donne à voir vision pessimiste du monde.

La déterminera par mise en oe de sa liberté au travers de son engagement. les deux charges qui font la grandeur de son métier: le service de la vérité et celui de la liberté. Selon Calvino. le grandit. à savoir nécessité interne de sa propre création. ne peut se tenir hors du monde et de ses pbs.(…) L'utile. Zola ou Gide. et plus encore que tt hô. Utile à politique "avant tout lorsqu'elle donne une voix à 44 . 104. Recherche esthétique pas réservée à aristocratie. doit s'inscrire ds hist et mesurer sa responsabilité comme ont pu le faire Volt. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes.Proust. IL oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler. H affirme nécessité. au moment de sa création. Impose des "modèles-valeurs qui sont en même temps esthétiques et éthiques". "L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Oe est pur signe de son engagement. poli. Disc prononcé lors remise du prix Nobel. politique ou métaphysique. à la condition qu'il accepte. Litté.Calvino.Sartre. c'est pour l'écrivain. scientifiques. La Machine littérature. une oe nvle demande effort d'adaptation. 102. 1927 (posthume) Bien avt prises de position de R-G. est impliqué. sans doute aussi. Discours de Stockholm. 1945 "l'existence précède l'essence": hô doit se construire. envisagée ds ses rapports à politique. donner sens à son existence vide par actes. la seule chance de demeurer un artiste et. pour dramaturge. tandis que. présentation des Temps modernes. Si artiste cherche solitude nécessaire à création . Position de S fondée sur analyse de condition de écrivain et de oe litté: puisque " l'écrivain est en situation ds son époque". montre nécessité de action qui engagerait à la fois individu et groupe. S'agit de lutter contre tt ce qui asservit hô. doit dc faire choix qui l'engagent. la mise en marche du genre humain. cô tt hô." 106." 103.. 1957 C fait de l'action moyen de dépasser absurde. intellectuelles.Camus. Ecrivain. plus que tt autre. "Il s'agit d'être efficaces et bons". P pose pb de engagement de oe d'art. Révolte aboutit à nécessaire solidarité humaine ds laquelle écrivain. pour lui. la pleine conscience des problèmes actuels de son propre langage (…) c'est là. Cpdt "la litté est un des instruments de conscience de soi d'une société" > a rôle politique à jouer. ne cherche pas isolement et reste inclus ds société des hô auxquels voue son oe. William Shakespeare. il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. de servir un jour peut-être à quelque chose –peut-être même à la révolution" (Pour un nouveau roman). (…) l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera. Pr P. n'est ni ornementale ni superflue. ne doit pas avoir d'autre but que création elle-même: doit exclusivement tenir compte de "la vérité qui est devant lui". autant qu'il le peut. Selon lui. Apologie "art pour le progrès" "il est chargé de ce soin immense. de s'inscrire ds luttes de son temps.Hugo. Intégration de art au réel pas pour autt déperdition. Ne peut pas y avoir non plus "art patriotique" car écrivain. elle n'est pas non plus un modèle de valeurs transcendantes et intemporelles. litté ne doit pas se réduire à expression de vérités déjà connues. loin de circonscrire le sublime. élaborer "un art populaire" ou "un art patriotique" est démarche qui nie essence même de art. 1864 Partant du postulat que " toute œuvre est une action". aux plans social. par voie de conséquence obscure et lointaine. 105. Opposition de R-G: "l'engagement. en défiant l'autorité. Le Temps retrouvé. Ds romans ou essais.1984 Calvino signale paradoxe: il semble "que ce soit là ou elle est persécutée que la litté montre ses vrais pouvoirs. dans notre société permissive.parole (Camus). elle a conscience de n'être utilisée que pour créer un contraste agréable au sein de l'inflation verbale". Un art popu qui tenterait de se "rendre accessible au peuple en sacrifiant les raffinements de [sa] forme" ou en ajustant les sujets aux intérêts du public se tromperait sur sa nature.

la vie enfin découverte et éclaircie. Ss litté. aussi bien que la couleur pour le peintre. de surplomb. par biais dune "vision". Stendhalie est pour lecteur "une seconde patrie" qui lui permet. m'espace d'une lecture. P oppose "littérature de notations"/ "art véritable". hô découvre ds dialogue des chefs-d'oe façon de vaincre mort (Malraux). créateur d'un univers spécifique. lettre à Louise Colet du 27 sept 1846 C'est par la méta-filée de l'altitude. à lecture de Shakespeare. de la domination visuelle. "On n'est plus homme. 107. Litté et art st pr hô en général moyens de dépasser limites du réel et de sa propre condition. monde mesquin auquel altitude shakespearienne permet échapper. Ainsi Flaubert. est aussi. lorsqu'elle impose valeurs "esthétiques et éthiques". Cette lecture lui ouvre perspective d'espace. le style de l'écrivain. se sent devenir "plus grand. Grâce à litté. Véritable litté permet lecteur " connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons " parce que ns en avons approche incomplète. où "même le vrai malheur se transforme en regret souriant". le poids du monde s'allège" 45 . 1980 C'est aussi sur mode méta q G définit plaisir pris à lecture de S. savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre" 108. liée aux gds mythes de l'humanité par lesquels l'homme "s'arrache à l'animalité". tt disparaît et tt apparaît (…) des horizons surgissent. La première se contente d'enregistrer réel ss en dégager sens. Chap 28: litté et culture Si culture est capacité d'auto-réflexion. mythes qu'elle vivifie et empêche de mourir. cette "Stendhalie" q G définit par termes euphoriques traduisant l'atmosphère particulière des romans de S où "la vie coule plus désinvolte et plus fraîche". 1927 Ds TR. Litté apparaît ainsi cô une pensée permanente. comme je rejoindrais une maison de vacances: le souci tombe des épaules. La litté est ce qui donne sens à existence. ds l'expce créatrice d'autrui. la révélation de l'image subjective que chq csce se fait du réel. "Si je pousse la porte d'un livre de Beyle. livre permet d'accéder à "la vraie vie. "Parvenu au sommet d'une de ses œuvres. plus intelligent et plus pur". les perspectives se prolongent à l'infini" 2)Gracq. Art est dc "un anti-destin". Selon P. faculté d'analyse du moi et du monde. regard découvrant avec étonnement cette "fourmilière" dt on fait partie. N découvre pouvoirs de la litté. une forme par laquelle réel devient signifiant. j'entre en Stendhalie. de s'alléger du poids du monde et d'échapper à sa nécessité. gênée par "connaissance conventionnelle". c'est la littérature (…) le style pour l'écrivain. on est œil". la vie enfin découverte et éclaircie". image d'un univers composé par vision du dramaturge. la litté offre à hô possibilité de se l'approprier en lui donnant moyens de s'interroger. il me semble que je suis sur une haute montagne. Elle est ce par quoi l'écrivain "métamorphose l'âme de ses contemporains" (Tournier). risquons de mourir ss avoir connu "ce qui est simplement notre vie". Le Temps retrouvé. Les écrivains lecteurs Flaubert lecteur de Shakespeare et Gracq lecteur de Stendhal découvrent. En lisant. et qd tend à la politique le miroir de sa propre mise en cause. d'agrandissement intellectuel et spirituel que provoque lecture de S. Litté offre aussi possibilité de dépasser sa propre mesure intellectuelle et spirituelle. lecteurs découvrent dc réel ds sa complexité ms aussi ce qui en eux-mêmes leur échappe: deviennent "les propres lecteurs d'euxmêmes". Ms art n'est pas seulement compréhension du moi par moi. une expce perso où plaisir de lire se joint à celui d'une métamorphose intérieure provoquée par lecture. Permet claire csce de ce que vie livre furtivement. est une question non de technique mais de vision (…) Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous.qui n'en a pas". "La vraie vie.Proust. que F traduit la sensation intérieure de plaisir. la seule vie par conséquent réellement vécue. la nécessité se met en congé. en écrivant. 1)Flaubert.

concurrence monde. 110. des civili.109. cô le suggère St-Exupéry ds Terre des hommes (1939). et la victoire de chaque artiste sur sa servitude rejoint. Les Voix du silence. d'enrichir fond mythologique. L'art est un anti-destin". Roman. Ce dialogue entre artistes qui fait de Rembrandt héritier des "dessinateurs des cavernes" permet M redéfinir humanisme. Selon T. "chacun des chefs-d'œuvre est une purification du monde. // sémiotique 46 . ds un immense déploiement. ses sentiments. Consiste à refuser en l'hô animalité et mort par exercice de art." Vocabulaire: Heuristique: qui concerne la recherche Herméneutique: science de l'interprétation Motif: ds analyse littéraire. Ecrivain est celui qui crée "œuvre vivante et proliférante" qui. Phénoménologie: étude philo des phénomènes et des structures de la csce Poétique. Tirso de Molina disparaissant derrière Don Juan… "L'homme ne devient homme que grâce au bruissement d'histoires. de définir ses réflexions. Ainsi le thème de la naissance de l'amour pt s'exprimer ds roman par topos de la rencontre des héros. Celui-ci ne consiste pas à faire mieux que animal. figure stérile et immobile qui n'a plus aucune valeur ontologique. limites du réel. refoule son auteur dans l'anonymat et dans l'oubli". par travail créateur. théorie générale des formes litté Positivisme: doctrine qui définit connaissance sur modèle des sciences de la nature et ne s'intéresse qu'aux faits établis par l'expce Réalisme socialiste: doctrine élaborée en URSS ds entre-2-guerres qui prône représentation fidèle de société ds perspective de instauration du socialisme Sémiologie: science qui étudie signes. ds mesure où artiste. inscrit pers au cœur d'une réflexion sur gds mythes de humanité. des artistes qui se ft échos. Le Vent Paraclet. ms leur leçon commune est celle de leur existence. Ms mythe non réactivé se fige en allégorie. cô la plupart des autres de T. "ce long dialogue des métamorphoses et des résurrections" constitue essence de art et cett" force et [cet] honneur d'être homme". et au thème.Tournier. "il n'y a par de mort invulnérable" ds dialogue que art instaure entre des esthétiques. "l'homme ne s'arrache à l'animalité que grâce à la mythologie".Malraux. Oe d'art se répondent d'un siècle à l'autre ds dialogue qui traverse les âges et défie mort. dt le regard est un des motifs. 1977 Vendredi ou les Limbes du Pacifique lui apporta notoriété. Pr M. celle de l'art dur le destin de l'humanité. réunion stable de plusieurs motifs. le motif constitue la catégorie sémantique minimale. par opposition au topos. Fonction de la litté est dc de réanimer. Lui permet de se connaître. catégorie plus abstraite et plus générale. "devenue mythe actif au cœur de chaque homme. 1951 Art compris comme moyen de dépasser mort. au kaléidoscope d'images qui entourent le petit enfant dès le berceau et l'accompagne jusqu'au tombeau.