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Et si les Etats-Unis représentaient le plus grand risque pour l’Europe… Par Pierre Conesa * * Ancien haut fonctionnaire

, auteur, notamment, des Mécaniques du chaos : bushisme, prolifération et terrorisme, L’Aube, lieu, 2007

Est-ce la perspective du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), à Bucarest, du 2 au 4 avril, ou les incertitudes existentielles de l’Europe ? Les rapports et ouvrages sur le lien transatlantique et la relation avec les Etats-Unis se multiplient. Dans son livre, M. Edouard Balladur 1 prône un nouvel équilibre et même une Union entre l’Europe et les Etats-Unis pour gérer la sécurité du monde. Hardi, l’ancien premier ministre assimile Occident et démocratie. De leur coté, cinq anciens officiers généraux ayant assumé des fonctions dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) proposent de revitaliser l’alliance en créant une direction commune Etats-Unis-OTAN-Union européenne. Leur rapport2 décalque, non sans scrupules, des concepts de la pensée militaire américaine tel que l’emploi du nucléaire préemptif3… Un important think tank installé à Bruxelles, Security and Defense Agenda (SDA), envisage pour sa part de « revisiter » la relation transatlantique4. Tous ces écrits présentent trois points communs : ils analysent le monde extérieur à l’OTAN comme une menace (du moins lorsqu’ils l’évoquent) 5 ; ils naturalisent

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Le terrorisme islamiste et la prolifération des armes de destruction massive constituent des risques bien réels. Seul l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine prend des distances avec la bonne conscience qui traverse les autres ouvrages6. Elle devrait au moins susciter un débat parmi les Européens. enfin. Si le risque de l’unilatéralisme américain ne pèse pas directement sur la France. La réflexion sur une diplomatie propre à l’Europe s’en trouve amputée. réclament un élargissement des missions de l’OTAN. Mais en rangeant. constatant l’impuissance des armées occidentales à la lumière des interventions en Afghanistan et en Irak. les Etats-Unis au nombre des solutions. responsable d’une des pires catastrophes géopolitiques des quinze dernières années – l’invasion de l’Irak. faut-il pour autant l’ignorer ? La planète connaît une phase de transition. Elle semble taboue. on exclut d’emblée une source éventuelle de menace sur la sécurité internationale.l’idée d’un Occident uni par des valeurs communes face à une mondialisation perçue comme chaotique . A un système d’unilatéralisme militarisé dominé par une unique hyper-puissance succède progressivement un 2 . l’interrogation dépasse l’équipe actuellement au pouvoir à Washington. par accord tacite. Les Etats-Unis pourraient-ils constituer un risque grave pour la sécurité internationale dans les vingt prochaines années ? Loin d’être illégitime. ces textes. n’est pas débattue. cependant. Une question.

multilatéralisme marqué par l’émergence de nouvelles puissances (Chine et Inde. certains scénarios de guerre probables se dessinent autour des actions militaires unilatérales (comme celle des Etats-Unis en Irak) et des conflits pour le contrôle des ressources rares. par l’existence d’autres Etats dotés de l’arme nucléaire (Israël. Washington pourrait jouer un rôle déstabilisateur en décidant seul. Mis en place depuis 1991. en septembre 2001. Corée du Nord. l’unilatéralisme américain possède des caractéristiques uniques qui se sont soudainement amplifiées avec le traumatisme des attentats du 11-Septembre. Union européenne). Cela signifie d’abord le pouvoir de refuser les règles de sécurité communes. Or. la 3 . Pakistan. Le pouvoir de Washington dépasse les limites habituellement associées à la souveraineté classique et s’étend à l’ensemble de la planète. Dès l’époque William Clinton. application très « souple » de la convention biologique interdisant toute arme de cette nature (comme l’a montré. qui justifie son identité par un « particularisme sacralisé » ou un « messianisme démocratique radical ». les autorités américaines sont allées assez loin en la matière : retrait du Traité Anti-balistique missile (ABM) pour lancer le programme de défense anti-missile . Cet unilatéralisme est celui d’une puissance inégalée à l’échelle du globe. Au-delà des menaces les plus évidentes (prolifération et terrorisme). Iran demain) et par la nécessité de gérer la raréfaction du pétrole et des matières premières. dans ces deux cas.

à chaque moment. est « l’ennemi » : l’Irak (comme l’a affirmé M. celui de la « guerre globale contre le terrorisme » et contre la prolifération. Egalement repoussée : la justice collective de la Cour pénale internationale (CPI). et 4 . Al-Qaida. etc. le 6 février 2003. Ce pouvoir d’énonciation impose à la communauté internationale un agenda. George Bush de janvier 2002 dénonçant « l’axe du mal » en est un exemple. Le président américain passe sans hésitation. Le Congrès alla jusqu’à menacer de couper les subsides aux pays du Sud bénéficiaires d’aide publique américaine s’ils ne signaient pas un traité bilatéral pour s’interdire d’extrader des citoyens américains poursuivis par la CPI. A cela s’ajoute le rejet de la convention contre les mines anti-personnel aux côtés de la Chine pour « protéger les troupes américaines de Corée » et le refus de la négociation sur le commerce des armes légères. Le discours de M. Colin Powell. L’unilatéralisme. à l’ONU). c’est encore le pouvoir de décider qui. l’Iran.crise de l’anthrax produit par un laboratoire relevant du Pentagone et menant des travaux sur la militarisation de cette substance) . refus des inspections prévues par la Convention sur les armes chimiques au motif de la protection des secrets industriels – Washington se retrouvant ainsi aux côtés de la Chine et de l’Iran pour fragiliser ce traité international. au motif que le 4° amendement de la Constitution américaine ouvre un droit aux armes individuelles. pourtant proposée par le président Clinton.

La réflexion actuelle sur l’emploi de petites armes nucléaires (« mini-nukes ») et l’affirmation du principe de la guerre préemptive reflètent les grandes composantes de la réflexion stratégique d’un pays qui n’a jamais connu la guerre de destruction totale sur son territoire7 – mais qui réfléchit placidement aux moyens de la déclencher chez les autres. Au Vietnam. En témoigne le projet de Grand Moyen-Orient. en larguant. ni l’Iran n’étaient pourtant accusés de rapports troubles avec M. entre 1961 et 1971. c’est le droit que l’on s’accorde de redessiner la carte du globe. En dressant une liste précise de pays dangereux. produit particulièrement toxique que l’Europe a découvert à Seveso 8.sans cohérence. Les tribunaux américains ont accepté récemment d’indemniser d’anciens GI’s 5 . L’unilatéralisme. l’unilatéralisme. à la lutte contre la prolifération (ni la Corée du Nord. et on le voit avec l’Irak. Enfin. soit trois cent trente-six kilos de dioxine. de la guerre contre le terrorisme islamiste responsable du 11Septembre. à l’Inde et au Pakistan. reconnaissant ainsi que toutes les proliférations ne sont pas déstabilisantes. c’est également le pouvoir d’agir militairement seul : l’effort de défense américain représente la moitié des dépenses mondiales d’armements. quarante millions de litres « d’agent orange ». Les Etats-Unis sont la dernière démocratie à avoir mené une guerre chimique au cours de la seconde moitié du XX° siècle. Bush délivrait a contrario des brevets de « proliférateurs acceptables » à Israël. M. Oussama Ben Laden).

qui est une logique de déclenchement de la guerre. Le glissement stratégique de Washington. Ni la justesse de leurs définitions du Bien et du Mal9. mais ils refusent de reconnaître le droit des victimes vietnamiennes.victimes de cette arme effroyable. trouve son origine dans l’exceptionnalisme américain. Les élections américaines peuvent-elles changer la donne ? Trois éléments communs se retrouvent chez les candidats encore en lice. Barack Obama et John Mc Cain. a consolidé ce genre de « postulat ». qui fut une attaque directe et meurtrière sur le territoire américain. le moralisme. et l’exceptionnalisme qui imprègnent les élites aussi bien que l’opinion publique expliquent le sentiment consensuel que nul n’est en droit de remettre en question la pureté de leurs intentions. Mme Hillary Clinton. L’individualisme. Obama. candidat le plus sensible aux réactions internationales. n’a mené aucune audition en tant que président de la sous-commission Europe de la Commission sénatoriale des relations extérieures. Le 11-Septembre. Lequel postule que la sécurité du pays ne doit dépendre de personne et qu’elle pourrait justifier à elle seule une attaque préventive. Seul frein psychologique 6 . MM. La vision messianique des Etats-Unis subsistera avec une dose plus ou moins grande de consultation des Alliés. Même M. de la dissuasion – une doctrine de préservation de la paix qui a fonctionné pendant toute la guerre froide – à la préemption.

les néo-évangélistes revendiquent le soutien de 30 % de la population américaine . il est plus démocratique et moins islamiste que l’Arabie saoudite. M. Dans la région. Favorables au « Grand Israël ». la plupart des discours politiques comportent le terme d’islamo-fascisme. comme si l’islam avait l’exclusivité de la violence et du radicalisme 11. Richard Holbrooke a déclaré : « La question centrale en Palestine n’était pas la démocratie mais la paix avec Israël… Dans la région. leur influence redouble le rôle traditionnel de la communauté juive10. moins nucléaire que le Pakistan ou Israël.à cette dérive. Le conflit a causé entre huit cent mille et un million de morts iraniens. S’agissant du monde musulman. d’où le rôle aujourd’hui encore des 7 . » La remarque semble également s’appliquer à l’Iran. la diplomatie américaine a d’ailleurs adopté la règle du double standard. entre la paix et la démocratie. Conseiller de M Clinton. je choisis la paix sans hésiterme. qui rend plus aléatoire encore une paix durable au Proche-Orient. pays agresseur soutenu jusqu’à l’extrême par les Occidentaux. Les déclarations provocatrices de M. Seul pays de la région dont le président est élu avec 55% des voix. Mahmoud Ahmadinejad ne peuvent masquer l’origine de sa quête de l’arme nucléaire. la solidarité inconditionnelle avec Israël. la mort de quatre mille GI’s (qui pèse plus dans le débat électoral que celle des centaines de milliers d’Irakiens). Seconde constante programmatique des aspirants à la Maison blanche. Elle remonte à la guerre avec l’Irak (1980-1988).

Après la victoire 8 . Quelle que soit leur appartenance politique. un responsable politique de Téhéran peut-il croire aux garanties de sécurité donnés par les Occidentaux ? Dernière caractéristique commune à tous les candidats : une prédilection pour le surdimensionnement de l’outil militaire et pour l’usage de la force.anciens combattants (qu’ils soient Pasdaran ou Fondations des martyrs) . Dans ces conditions. Le budget militaire américain pour l’année 2009 dépasse les six cents milliards de dollars. en Afghanistan et dans le Golfe arabo-persique) et d’un nouveau pays proliférant toléré par Washington. le pays est entouré par les forces d’une superpuissance qui s’est donnée comme ambition de renverser le régime (les troupes américaines stationnent en Irak. le Pakistan. Et le soutien de l’opinion publique à l’emploi de la force ne trouve pas d’équivalent dans d’autres démocraties (82 % contre 44 % en Europe12 ). On peut d’ailleurs se demander si la suprématie militaire américaine conventionnelle n’est pas un facteur de prolifération nucléaire. les stratèges de Washington n’envisagent pas autre chose qu’une direction américaine de la sécurité du monde. Ce droit moral s’appuie sur le principe de suprématie militaire : supériorité technologique et puissance de feu conduisent l’adversaire à la défaite. Une voie qui montre ses limites en Irak comme en Afghanistan. Enfin. l’emploi des armes chimiques contre ces soldats n’a jamais été condamné par les Occidentaux.

version nouvelle de la supériorité aérienne sans risque au sol. les difficultés russes en Tchétchénie comme l’invasion israélienne du Liban en 2006 ont montré l’efficacité restreinte des outils militaires classiques et des stratégies de destruction dans les conflits d’occupation.militaire de l’OTAN au Kosovo. la doctrine adoptée est celle du containment (contention). la guerre en Irak. Chine et Russie. On y trouve d’abord les rivaux pour le leadership – les Peer competitors –. Néanmoins. A l’égard de ces puissances. Dans la Stratégie de sécurité nationale rédigée pour Mme Clinton par le Center for American progress13. Symétriquement. le chef d’état-major indien déclarait : « On ne se bat pas contre les Etats-Unis sans arme nucléaire ». voire du refoulement. en un débat sur la sous-évaluation du yuan chinois. par la grâce de la dialectique américaine. Il est intéressant de constater combien le débat sur la sous-évaluation du dollar par rapport à l’euro s’est changé. au lieu de susciter une réflexion critique. l’impasse en Irak a débouché sur une stratégie du « prompt global strike » qui permettrait une frappe sur n’importe quel point du globe avec des missiles conventionnels. La fabrication de l’ennemi par les think tanks et les stratèges demeure une mécanique très efficace. comme le montrent les multiples soutiens d’organisations non gouvernementales (ONG) américaines aux pays de la 9 . la liste des ennemis potentiels est analogue à celle des néo-conservateurs.

en 1983. Viennent ensuite les pays de « l’axe du mal ». il en va tout autrement. Plus que jamais. les besoins énergétiques de l’Inde (90 % de sa consommation) et de la Chine (80 %). Autre scénario de conflit probable : la guerre pour le contrôle des ressources. qui s’approvisionnent surtout au Proche-Orient. 10 . comme le fut l’invasion de la Grenade par M. après la révolution iranienne de 1979. les Etats-Unis importent nombre de produits de base et de ressources énergétiques. l’action unilatérale américaine n’est pas exclue. Ronald Reagan. et enfin les pays nuisibles comme la Syrie. Obama a exclu le recours à l'arme nucléaire pour frapper des cibles liées à Al-Qaida ou aux talibans en Afghanistan et au Pakistan. Mais entre ces puissances nucléaires. parmi lesquels l’Iran occupe une place à part. sont immenses. Georgie…). le Venezuela ou Cuba. en particulier pour compenser une éventuelle défaite en Irak. Le risque nucléaire existe car Washington ne supporterait pas une résistance durable. Contre l’Iran. Le choix d’une guerre gagnable contre un ennemi secondaire par un militarisme humilié est toujours possible. D’autre part. il a immédiatement été critiqué par M Clinton affirmant qu'un président américain ne pouvait écarter l'option nucléaire. Leur dépendance va croître : 66% de la consommation de pétrole et 20% de la consommation de gaz en 2030 contre 47 % et 18 % aujourd’huime. Dans leur cas. Lorsque M. le risque de guerre peu élevé : la dissuasion restera longtemps encore la règle.périphérie soviétique (Ukraine.

comme toutes les phases de mutation. En revanche. la volonté américaine de prévenir l’émergence 11 . le Pakistan et l’Inde cherchant à redessiner le tracé colonial y compris par la guerre. Stratégie classique de puissance. Les phases de paix durables sont liées à l’équilibre des puissances et non au développement ou au recul de la démocratie dans le monde.Comment Washington gérerait-il un embargo ou une captation de certaines de ces ressources par une puissance régionale (nouvelle Organisation des pays exportateurs de pétrole) ou globale (Chine en Afrique. etc. Mais la transition vers un système de multilatéralisme ouvre. les peuples colonisés contestant l’ordre colonial. Pour assurer la stabilité durant la guerre froide. une période instable. sera-t-elle vue par comme une ingérence ou comme une contribution à la stabilisation globale ? Aucun de ces scénarios n’est certain. Russes sur le marché pétrolier et gazier…) ? Par le libre jeu du marché ou par l’action armée ? L’apparition (prochaine) dans le Golfe arabo-persique de navires de guerres chinois ou indiens venus. selon la terminologie usuelle. les pays occidentaux ont soutenu ou installé des dictatures comme celle des colonels en Grèce ou des militaires en Amérique latine dans les années 1970. les phases d’instabilité internationale naissent de l’affirmation de nouvelles puissances et de leur volonté de modifier l’ordre existant : l’Allemagne contestant le diktat de Versailles après 1918. « sécuriser leurs voies d’approvisionnements ».

Edouard Balladur ou les cinq officiers généraux définissent la solidarité « occidentale ») percevra les capacités de projection de l’OTAN comme une force destinée à stabiliser une région en crise ? Où se trouve l’intérêt de l’Europe ? D’abord. dans la construction d’une sécurité internationale multilatérale qui tienne compte des intérêts légitimes de chacun et 12 . Après l’Afghanistan et surtout l’Irak. Jadis la puissance britannique avait énoncé le « double standard » : il limitait le droit d’un rival à posséder une flotte qui atteigne la moitié du tonnage de celle de sa Gracieuse Majesté. Bien sûr. les Etats-Unis ne sont pas une menace mais un risque ! La France et l’Europe doivent s’interroger sur le projet diplomatique caché derrière l’appel à un rôle renforcé de l’OTAN. La réflexion stratégique américaine se situe dans une démarche analogue. en Chine. quel pays nonOccidental (au sens où M. au mieux. en novembre 2005. expliquer aux autorités locales combien leur effort de défense est préoccupant alors que celui-ci n’atteindrait.d’un compétiteur ne constitue pas un projet de sécurité internationale. Non moins étonnantes sont les accusations répétées contre les agents iraniens qui déstabiliseraient l’Irak. comme si les quelque cent cinquante mille GI’s et les cent cinquante mille mercenaires présents sur place avaient contribué à la paix dans la région. Il est fascinant d’entendre le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. que le sixième du budget du Pentagone.

l’Europe doit cesser de se regarder en miroir de l’Amérique et se différencier sur trois choix essentiels. sont condamnables dans les mêmes termes. En premier lieu. Les mêmes excès de violence et d’illégalité. En deuxième lieu. La menace de guerre contre l’Iran présente les mêmes risques. Le Camp Delta de Guantanamó a été créé le 27 février 2002 pour les premiers prisonniers d’Afghanistan toujours pas jugés… Pour jouer son rôle. une « détention arbitraire ». Il s’ensuit une modification sensible de son rapport à l’OTAN. qu’ils soient étatiques ou non étatiques. L’union des Européens a éclaté à propos de la guerre en Irak. qui reste à ce jour le seul système d’alliance militaire sur la planète. Si le contre-terrorisme tue plus que le terrorisme. dans le cas du centre de détention de Guantanamó. la stratégie européenne de recours à la force doit se différencier des concepts américains de destruction. Mme Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. on appelle cela une prise d’otages.non pas seulement du droit des « puissances occidentales » à gérer la sécurité de la planète. 13 . Les morts palestiniens des bombardements israéliens sont aussi inadmissibles que les victimes des attentats terroristes. et avancer des stratégies de neutralisation. que dénonce-t-on ? Il en va de même pour l’enlèvement illégal et la détention arbitraire d’un individu : dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). son projet diplomatique ne peut être que celui d’une « puissance militaire sans ambition impériale ».

Peut-être vaut-il mieux en détruire le moins possible et éviter de transformer les populations « libérées » en ennemis? Enfin l’Europe devrait disposer de son propre système d’évaluation des crises et non plus dépendre des renseignements américains. elles ont pourtant une certaine actualité. Timor. 14 . Toutes ces propositions accèdent difficilement au débat public .Dans les crises récentes (Yougoslavie. Les mensonges des Etats-Unis et des Britanniques pour justifier la guerre en Irak soulignent l’urgent d’une réflexion sur les moyens européens. Kosovo. les Occidentaux ont payé le coût de reconstruction des infrastructures qu’ils avaient détruites. Afghanistan…).

ou de la Corée du Sud quand il parle de la démocratie. l’analyse sur pre-emption et prévention qui s’enchaîne avec l’option nucléaire 4 Revisiting NATO-ESDP relations. Cahiers de Chaillot. 2007. 2007 p 145 et suivantes. janvier 2006.hubertvedrine. 26-27. 10 Lire Emmanuel Todd. l’agent orange tue encore ». printemps 2005. Après l’Empire. Amiral Jacques Lanxade (France).org me Lire Emmanuel Todd . ESDP: European Disaster Relief Force. général Klaus Naumann (Allemagne). « Au Vietnam. http://www.org/ 5 M Balladur ne dit mot de l’Inde. Folio. « Towards a grand strategy for an uncertain world : renewing transatlantic partnership » . http://www.csis.org/media/csis/events/080110_grand_strategy. septembre 2002 pp. octobre 2007. Où va l’Amérique ?. Paris. Fayard Paris. me Le Monde.securitydefenceagenda.pdf 3 Voir pages 96 et 97. Fondation pour l’innovation politique. Le Monde diplomatique. Paris. 2 Général John Shalikashvili (Etats-Unis). 13 www. 9 Lire Pierre Hassner.net/publication/rapport. Paris. Revue internationale et stratégique.americanprogress. Paris. . « Etats-Unis : l’empire de la force ou la force de l’empire ».1 Pour une Union occidentale entre l’Europe et les Etats-Unis. 26 janvier 2008 12 Bruno Tertrais. http://www. 2007. général Henk Van der Breemen (Pays-Bas). Lord Inge. Après l’Empire. Folio. n° 54. Rapport pour le président de la République sur la France et la mondialisation . voir « La violence au nom de Dieu ». 6 Hubert Vedrine.pdf 7 La guerre de Sécession 1861-1865 peut difficilement être comparée à la Seconde guerre mondiale 8 Francis Gendreau. (Royaume-Uni). du Japon. 2007 p 145 et sq 11 Pour un exposé large des intolérances religieuses.