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Taksim : quel impact sur l'économie turque ?

PAR REDACTION | JEU, 20/06/2013 - 10:19
MOTS CLÉS : ECONOMIE, TURQUIE, CROISSANCE, PIB, TAKSIM, GEZI, AKP, ERDOGAN, SOCIÉTÉ TURQUE

Par Seyfettin Gürsel, économiste (université Bahçesehir, Istanbul) Les effets à court terme des soulèvements de la place Taksim sur l'économie turque ont déjà disparu. Le prouvent, entre autres, le retour des touristes et le redressement de la bourse d'Istanbul et des taux de change et d'intérêt.

La croissance sera plus élevée qu'en 2012
Qu'en est-il, en revanche, des effets des manifestations sur le moyen terme ? Voyons les dernières informations sur la croissance du produit intérieur brut (PIB), indice de mesure de la production économique d'un pays, dans notre cas la Turquie. D'après les données recueillies par l'Institut des statistiques turques (TürkStat), nous pouvons prévoir que la croissance sera plus forte en 2013 que l'année dernière et avoisinera les 4 %. Mais n'oublions pas que ces prévisions ont été effectuées avant le début des manifestations. Beaucoup de spécialistes de différents domaines ont commencé à parler en termes de «pré et post Gezi» en référence aux périodes avant et après les manifestations. Je ne sais pas encore si ces dernières feront partie de l'Histoire, mais je trouve ce point de vue très intéressant. Ainsi, les soulèvements de Taksim ont-ils, oui ou non, été à l'origine de facteurs capables d'aggraver l'économie turque déjà mal en point ? Pour moi, la réponse est oui.

La question des investissements et de la stabilité politique en Turquie
Les facteurs en question sont la confiance des investisseurs et la stabilité politique. Je ne pense pas que les investisseurs turcs, et surtout étrangers, aient changé de point de vue sur l'avenir de

par conséquent. Les investissements étrangers ont diminué et pourraient diminuer encore si le gouvernement turc continue d'accuser les Européens de mal gérer leurs économies. Il est peu probable que le parti de l'AKP perde les prochaines élections. le refus du gouvernement de mettre en place des réformes démocratiques et le style autoritaire de l'AKP risquent de menacer le processus de paix et. Je suis sûr qu'ils s'interrogent sur les capacités du gouvernement à pouvoir diriger une économie de marché ouverte tout en ayant un déficit très élevé. Je pense donc que les soulèvements du parc Gezi ont sérieusement ébranlé la supériorité morale de l'AKP et qu'ils manifestent le début du déclin du gouvernement . la stabilité politique. La stabilité politique est également en jeu. Néanmoins. Dans ce contexte. les taux d'intérêt du marché et les taux de change pourraient commencer à augmenter. car il n'y a pas d'alternative politique crédible en face.l'économie turque.