You are on page 1of 22

1

METHODES DE VALORISATION PROTOCOLES HYPOTHETIQUES ET ECONOMIE EXPERIMENTALE

Communication à l'Institut d'Etudes Catalan 4-5 Juin 1992

Michel GARRABE Marie Hélène DABAT Centre d'études de projets Université de Montpellier I

("Making decisions is like speaking prose - people do it all the time, knowingly or unknowingly.") KAHNEMAN.D. et TVERSKY.A. (1984)

2 Sommaire I-Introduction II-Les valeurs hors marché III-Les méthodes de valorisation IV-La Méthode d'Evaluation Contingente V-Protocoles hypothétiques et types d'effets. VI-Causes et conséquences de ces types d'effets. I-INTRODUCTION. Décider impose nécessairement de mesurer. Une telle mesure peut prendre la forme d'une évaluation financière ou économique.Cette dernière se décline en évaluation du qualitatif ou du quantitatif, lequel se divise en non monétaire et monétaire, qui enfin concerne le marché et le hors marché. Les méthodes de l'évaluation des effets monétaires correspondent schématiquement à quatre grands types: *Méthodes Coûts-Avantages *Méthodes Coûts-Utilités, *Méthodes des Effets, *Modèles économétriques de simulation. Le développement de ces méthodes et plus particulièrement de l'analyse CoûtsAvantages, ainsi que son extension au domaine du hors marché, effets externes, actifs naturels notamment a conduit à de nouveaux développements méthodologiques, formalisés dans ce qu'il est convenu de nommer les méthodes de Valorisation. Parmi celles-ci, une occupe une place centrale dans le débat actuel; la Méthode d'Evaluation Contingente. Cette méthode, n'est pas à proprement parler une révolution.D'une part, son origine remonte aux années soixante, d'autre part son application n'est pas sans poser de sérieux problèmes.Cependant, certains voient en elle, la seule méthode permettant de mesurer la valeur d'existence d'un actif naturel, et celà lui vaut d'être trés utilisée (plusieurs centaines d'applications). Les ouvrages de référence de BROOKSHIRE et aiii (1986), et de MITCHELL et CARSON (1989), ont quelque peu statufié un outil peut être plus délicat à utiliser qu'on a pu le croire. En effet, outre des difficultés de protocole, la méthode semble rencontrer des problèmes plus graves, à caractère limitant. Les méthodes d'évaluation des projets rencontrent aujourd'hui un certain nombre de types de préoccupation, qui sont autant de secteurs de recherche méthodologique parmi lesquels on peut souligner; *des problèmes de statut du qualitatif et du non monétaire, avec peu de production scientifique (à notre connaissance), depuis des essais sur les taux de substitution en nature. *des problèmes d'arbitraire des systèmes de pondération (multicritères, ou répartition dans les analyses Coûts-Avantages),

Disons simplement que pour un individu risque aversif..La question de leur additivité reste encore discutée. héritage. II.la chasse . car l'irrationalité des choix invalide les procédures actuelles de décision.Elle dépend donc des avantages d'option attendus en situation d'incertitude. Ce dernier problème. altruiste. car comme le souligne K.La valeur d'usage n'est pas liée exclusivement à un acte de consommation. On peut mesurer la valeur d'option par le prix qu'un individu paiera par contrat pour disposer éventuellement d'un bien donné.le prix d'option sera supérieur au surplus attendu et pour un individu préférant le risque.la pêche. intrinséque ou écologique.Elle mesure la possibilité de disposer d'alternatives de choix futurs.C'est une prime payée pour compenser l'incertitude sur les goûts .et d'un usage "non consommable".option et casi option. à un prix donné. expert s'il en est en cette matière.Au delà de l'intransitivité et du free rider.. La relation entre le prix d'option et l'espérance mathématique du surplus est complexe.les revenus et l'offre future. -La valeur de non usage..recouvre plusieurs aspects qu'il convient d'identifier pour tenter de les mesurer.Hors précisement. nous préoccupera ici davantage que les autres. -la valeur d'usage.service ou actif. *des problèmes relatifs à la rationalité des préférences individuelles. il serait urgent d'avancer sérieusement sur cette question prioritaire.C'est WEISBROD (1964) qui le premier signala son existence. par procuration. Par exemple un espace forestier peut faire l'objet d'un usage "consommable". car les Méthodes d'Evaluation Contingente ne présentent d'intérêt que si elles permettent par l'agrégation. de proposer une valeur globale de l'usage et du non usage d'un actif hors marché.(CARLSON et MITCHELL 1990 p 70). -L'utilité d'un bien dépend de deux types de valeur qu'un individu lui accorde.ARROW(1983).Une valeur d'usage et une valeur de non usage.la photo. *La valeur d'option. .Elle mesure la disposition à payer pour conserver la possibilité de pouvoir maintenir sa capacité de choix ultérieurs.Cette question ne cesse de rebondir dans la théorie économique de la décision.l'étude scientifique.J.3 *des problèmes d'identification de valeurs. de nouveaux faits ont surgi ..mais mesure aussi des comportements "non prédateur".Cette valeur d'usage peut elle même être un complexe qui comprendrait aussi éventuellement une valeur esthétique. ces phénomènes sont inquiétants. *des problèmes de développement de méthodes et de substitution entre elles.le prix d'option pourrait être inférieur au surplus attendu.mesure l'avantage présent retiré de l'utilisation d'un bien.LES VALEURS HORS MARCHE. à un moment donné.En fait la distinction est rendue nécessaire du fait du caractère complexe du bien "espace forestier" qui comprend plusieurs biens dont certains sont appropriables et d'autres collectifs.

de MONTGOLFIER et J.détruire leur rôle symbolique de refuge contre l'urbanisation. *La valeur d'existence. Une forme particulière de la valeur d'existence est certainement la valeur attachée à une utilité indirecte.POINT et B.4 "Le concept de valeur d'option n'exprime aucune valeur en réalité et la mesure correcte de la variation de l'utilité (ou du surplus) en incertitude est le prix d'option attaché à l'usage de l'actif naturel"(P.L'autoroute est un symbole répressif d'un monde auquel "on ne peut échapper". *LES METHODES DE VALORISATION FONDEES SUR L'EXISTENCE D'UN LIEN PHYSIQUE ENTRE LES BIENS OU SERVICES HORS MARCHE ET LES INDIVIDUS. -BROOKSHIRE. EUBANKS et SORG (1986) ne considèrent pas les valeurs d'héritage (inhérent values).Ce concept est dû à KRUTILLA (1970).Elle est attachée à l'assurance de la disposition future d'un bien.même s'il n'existait aucun usage.M. comme de celles fondées sur le fonctionnement de marchés hypothétiques. *La valeur d'héritage. Un débat existe pour distinguer valeur d'option et valeur de casi-option.En fait cette valeur mesure la disposition maximale à payer pour que soit préservée une situation à laquelle l'individu est attaché.NATALI (1987 p86):"Le passage de l'autoroute dans les forêts suburbaines va en les découpant .telle que la protection des espaces sauvages par exemple. La valeur d'option est en fait une combinaison de concept ex-post (surplus du consommateur) et de concept ex-ante (prix d'option). L'objet des méthodes supposant un lien physique.L'autoroute crée un barrage dans la forêt.lieu de vagabondage imaginaire.Elle est au fond une valeur de conservation au bénéfice des individus à venir.celle procuréé par le plaisir ressenti par les autres. ou simulés est de mesurer les valeurs que nous avons identifiées comme pertinentes pour exprimer l'avantage .Il s'agit pour lui d'une valeur de conservation.Elle représente un potentiel contenu dans la qualité d'un actif à autoriser des découvertes futures modifiant le bien être des individus. On distingue quatre grandes familles de méthodes de Valorisation: les méthodes directes ou indirectes.service ou actif présent pour un individu. réelles ou hypothétiques.(distinction apportée par KRUTILLA et SMITH 1982).comme devant être comptabilisées pour des avantages (même si il y a DAP) car la préférence pour la préservation n'accroit pas le Bien être (le statut quo par définition n'accroit pas le Bien être).DESAIGUES 1990 p289).Comme l'écrivent J. III-LES METHODES DE VALORISATION.Ce que l'on nomme "Vicarious value"(CARLSON et MITCHELL (1990) p64). *La valeur intrinsèque ou valeur écologique.Elle mesure l'avantage que représente l'assurance de la préservation de la disposition d'un bien pour les générations futures. Il est possible que la valeur d'existence ait une forte composante symbolique.

a-Estimation de destruction d'éléments non marchands mais renouvelables . qui s'identifie à un coût d'usage intertemporel.Celle-ci ne correspond pas évidemment au coût collectif ressenti par sa disparition.En conséquence nous aurons: Equivalent monétaire = Coût marginal de d'un dommage remplacement + coût d'écart + coût de délai Les coûts de remplacement ou de reconstitution peuvent être différents. le coût d'opportunité de l'exploitation (appelé Rente Malthusienne). Rente Malthusienne = coût marginal de remplacement . par exemple lors d'une pollution majeure. notamment. Dans le cas d'une ressource non renouvelable ou difficilement renouvelable du fait des conditions de prédation excessive. Prix économique = coût marginal d'exploitation + rente La rente. b-Dans le cas de ressources non renouvelables. La valeur de remplacement (à l'identique) est un bon indicateur de la valeur d'une ressource naturelle. Méthode de l'évaluation de l'équivalent monétaire du dommage. Il s'agit dans ce cas de mesurer. peut être estimée au coût marginal de recherche d'une unité de remplacement de la ressource surexploitée. doit être ajouté aux coûts de fonctionnement (P. De plus l'évaluation du coût de remplacement ne couvre pas la valeur des préjudices subis par les individus évidemment (GARRABE 1989).sauf à considérer que le remplacement serait parfait (substitution non identique implique un "coût d'écart") et instantané . ou le coût en ressources hors marché d'un projet(exigence) ou d'un accident (négligence).POINT 1990). la valeur de ressources naturelles détruites.5 ressenti hors marché. L'on estimera ainsi le coût économique du dommage ressenti: Equivalent monétaire = Coût marginal de remplacement ou Coût marginal de reconstitution La valeur du coût de remplacement ou du coût de reconstitution doit être estimée au prix économique (tenant compte des subventions et taxes principalement).

6 A cette rente Malthusienne on peut ajouter une autre rente liée au fait que la génération qui exploite la ressource la première profite d'un avantage dû à des rendements croissants. Il s'agit d'une méthode indirecte d'estimation des effets sans observation des préférences des individus.les effets de la pollution sur la santé."(PEARCE OCDE1989.Par exemple le colza puise ses besoins en soufre dans le dépôt de pluies acides.comme par exemple le nombre de décès.Ainsi les agriculteurs sélectionnent des variétés qui peuvent être adaptées à la pollution.signale qu'il faut tenir compte de modification de comportements des acteurs qui savent s'adapter.la croissance de la morbidité..On peut le penser..les dommages dus aux CFC ou au CO2.la dégradation des monuments etc. On peut citer comme exemple de relations dose-effet. *-LES METHODES DE VALORISATION FONDEES SUR LE COMPORTEMENT REEL OU HYPOTHETIQUE DES INDIVIDUS . Dans le cas de l'évaluation des effets de la pollution par les pluies acides notamment. Cet avantage d'usage présent doit-il s'ajouter à la rente Malthusienne pour mesurer le prix économique réel.de la pollution sur les récoltes.Donc pour prévoir les avantages de la réduction de ces pluies acides il faut disposer du modèle de comportement des acteurs.(MITCHELL et CARSON 1989).PEARCE (OCDE 1989).Cette rente est nommée rente Ricardienne (MONCUR et POLLOCK 1988).) On considère qu'à partir du moment où une relation est établie entre une cause et un dommage . Les méthodes dose-effet mesurent les coûts effectivement subis.. METHODES DIRECTES INDIRECTES ____________________________________________________ Observations des -Referendum -Prix Hédonistes comportements sur -Marchés de -Méthodes des coûts le Marché substitution de transport ____________________________________________________ Réponses à des -Méthode de -M C T H . "On tend à utiliser une relation dose-effet lorsqu'il y a de bonnes raisons de penser que la population n'est pas consciente des effets qu'entraine la pollution. (coûts d'exploitation décroissants). On peut distinguer quatre groupes de méthodes.alors le lien entre eux constitue une relation dose-effet. prix économique = Coût marginal d'exploitation + Rente d'une ressource Ricardienne + Rente malthusienne non renouvellable LA METHODE "DOSE .EFFET". La fonction de dommage est obtenue à partir de la relation estimée entre causes et effets après que l'on ait attribué un prix économique à chaque unité physique dégradée.

la valeur du sable souillé enlevé après une marée noire était fixée à 11$ le m3. l'Etat de Virginie se réfère au barème de valeurs publiées par la Southern Division de L'American Fisheries Society.aux USA. compareront l'utilité marginale du programme et la désutilité marginale de leur contribution au programme (celle ci peut être monétaire ou impliquer une modification de comportement de leur part s'ils contribuent à la pollution). Il s'agit d'observer sur des marchés substituables la valeur de certains biens ou services détruits par un projet ou un accident. Valeur du bien = Prix du bien substituable (évalué à son coût d'opportunité) Le coût de remplacement doit être estimé hors taxes et hors marges en l'absence de subvention. *M J A R :Méthode des jeux d'allocation de ressources.un certain nombre d'Etats ont fixé par décret la valeur de certains biens sur la base de leur valeur sur les marchés. Le système du referendum crée un pseudo marché du bien collectif au sens où les individus révèlent leurs préférences par leur vote. En ce qui concerne la valeur d'élements de la faune et de la flore tels que les oiseaux par exemple. des zoo ou des réserves de chasse. -METHODES RELEVANT DE L'OBSERVATION"DIRECTE"DES COMPORTEMENTS SUR LES MARCHES.Oil Spill Conference (1979). .et il est peu fréquent d'obtenir des informations suffisantes et comparables. ou des taxidermistes. pour déterminer la valeur à assigner aux différentes espèces de poissons détruites lors d'une pollution marine. Cela dit . Naturellement peut se poser le problème de la parfaite substituabilité de ces biens et services. a-Le REFERENDUM. Il est en réalité très difficile de recourir à cette méthode car les consultations électorales sont rares et spécifiques.7 Marchés hypothétiques l'évaluation -M C H contingente -M J A R (M E C ) *M C T H :Méthode des coûts de transport hypothétiques *M C H :Méthode de classification hypothétique. b-METHODES DES MARCHES DE SUBSTITUTION.En fait il faudrait pour être exact ne tenir compte que des seuls coûts en ressources (à l'exclusion des valeurs de transfert). Ainsi. il est possible de fonder une valeur des pertes à partir de marchés tels que ceux des laboratoires. En Californie (American Petroleum Institut . On peut penser que les individus en cas de consultation électorale sur un programme de lutte contre la pollution.

Cette estimation représentant une partie des avantages du parc (valeur d'usage).cette méthode ne mesure pas les avantages autres que ceux de la valeur d'usage directe. Cette méthode présente certains inconvénients: -Difficulté de tenir compte des possibilités de substitution d'un site par un autre. -Dans le cadre de telles méthodes. -Difficulté d'estimer le coût du temps (manque à gagner). L' objectif de cette méthode .on peut penser que la détérioration de ce milieu (par un projet) peut être évaluée par le prix de ces biens. Il faut remarquer cependant que la disposition à payer peut trés bien être inférieure au coût marginal du bruit . a-LA METHODE DES COUTS DE DEPLACEMENT (Hotelling 1938). Cette méthode a surtout été appliquée aux salaires et aux biens immobiliers. -Difficulté d'incorporer la qualité de l'environnement dans les coûts de transport. par exemple un parc naturel à partir de la disposition réelle à payer par les individus qui le fréquentent.avec lesquels il existe des liens significatifs. -METHODES FONDEES SUR L'OBSERVATION INDIRECTE DES COMPORTEMENTS SUR LES MARCHES. le coût du bruit. est de permettre de mesurer la valeur attachée à un bien ou service.8 Le calcul du coût d'opportunité peut faire que la valeur retenue soit différente par exemple de celle que l'on obtiendrait par la mesure de la disposition à payer. b-LA METHODE DES PRIX HEDONISTES (ADELMAN et GRILICHES 1961). C'est une méthode qui se fonde sur la considération que le prix d'un bien ou service dépend des avantages que procure le milieu dans lequel il est disponible.Notamment par l'estimation des coûts de transport et autres coûts qu'ils supportent pour y accéder. De telle sorte que si les prix de ces biens dépendent des avantages du milieu. -Enfin . on observe que le degré d'insonorisation est fonction de la dépense supportée de telle sorte que la disposition marginale à payer (équivalent monétaire du coût du bruit) est égale à la valeur marginale du silence. Les avantages procurés représentent satisfactions et plaisirs d'où le terme d'hédonistes. Cette méthode peut aussi être utilisée pour évaluer "la notoriété" d'un colloque par exemple.cela parce que la disposition à payer est . la valeur des biens hors marché peut résulter d'informations recueillies à partir du comportements des individus sur d'autres marchés. Si l'on cherche à mesurer par exemple.

entre le prix du sol de deux endroits qui ne diffèrent que par la qualité de l'environnement. Il s'agit de la méthode classique de valorisation d'un bien ou service par la disposition à payer des agents. a-LA METHODE DES COUTS DE DEPLACEMENT HYPOTHETIQUES.9 fonction du niveau de revenu. Les méthodes de l'équivalent monétaire du coût du bruit.de voisinage. -Les hypothèses sur le changement d'un bien sont rarement prises en compte. ce qui risque de conduire le décideur à conclure que le coût social du bruit est plus faible dans les zones défavorisées.de commerce. L'hypothèse de comparaison de deux terrains à une caractéristique près est évidemment discutable. ne prennent pas toujours en compte des effets comme la perte de productivité due à une mauvais repos.La différence entre le prix au m2 représente le coût de la nuisance ou la différence de qualité environnementale. -METHODES INDIRECTES FONDEES SUR DES REPONSES APPORTEES PAR DES AGENTS SUR DES MARCHES SIMULES (HYPOTHETIQUES). Le déménagement ne peut résulter qu'exceptionnellement du seul bruit. La méthode présente certains inconvénients.Un individu défavorisé ne peut consacrer des sommes importantes à son isolation phonique sans diminuer d'autres dépenses.de localisation soient les mêmes.Il faudrait que les conditions d'accès. l'agressivité.d'un aéroport ou d'une usine et des terrains équivalents à cette proximité près. -Il est presque impossible d'évaluer des changements dans des sites substitus.consiste à effectuer une comparaison dans le cas d'une nuisance. la délinquance.La seule différence est qu'on essaie d'obtenir une information à partir d'enquêtes et non à partir d'observations de déplacements réels. -Les données sont souvent érronées ou de qualité insuffisante. interviennent dans la décision.il faut que techniquement l'accroissement de dépense puisse effacer la nuisance et ses effets et par ailleurs que le coût d'opportunité de la dépense le permette. . -Les fonctions d'estimation sont multiples.L'individu peut ne pas être en mesure de dépenser d'avantage pour réduire la nuisance. Une application du principe du prix hédoniste.Hors c'est généralement le cas.les professionnels de l'immobilier savent valoriser ce genre de choses.Cependant ce problème peut être résolu en partie si l'on sait estimer ces paramêtres. Ainsi la proximité d'une route. -du recours à des indicateurs de marché -de l'estimation de la courbe de demande de silence. Il est difficile d'isoler le rôle du bruit dans la variation du prix des propriétés le marché du logement est souvent trop tendu pour que le bruit puisse avoir un réel impact. attachement affectif au lieu. déracinement anxiogène. La mesure de l'équivalent monétaire du coût du bruit peut se faire à partir. Pour que la dépense égale le préjudice. Le titulaire de hauts revenus ressent des nuisances que les autres ignorent ayant d'autres priorités.

Depuis le début des années 70 de très nombreux travaux se sont succédés aux Etats Unis. (1978) -la conservation des espèces.étant entendu que les décideurs rationnels doivent satisfaire leurs administrés sous peine de ne pas être réélus.Il faut noter des utilisations en Norvège. JONES-LEE (1976) -la pollution de l'eau.1981. (HAMMOCK et BROWN (1974) -les parcs naturels DAVIS (1963) et VAUGHAN (1974).Avant lui cependant CIRIACY-WANTRUP (1952). .POMMEREHNE et ROEMER (1991).ROEMER (1992). tels que par exemple: -la visibilité atmosphérique. les applications de la MEC sont plus récentes. Cette méthode s'adresse spécialement aux responsables de la décision publique. BROOKSHIRE et aiii (1976). b-LA METHODE DE CLASSIFICATION HYPOTHETIQUE.E.(CARSON et MITCHELL p88).La difficulté méthodologique majeure est de décrire avec suffisamment de détails chacune des catégories budgétaires pour pouvoir évaluer les modifications apportées aux avantages.Elle est destinée à connaître la distribution des budgets entre les actions possibles. Elle propose à des enquêtés de ranger certains sites . et au Canada. HORST et CROCKER.dans la mesure où les individus sont questionnés sur leur DAP pour un déplacement et non sur la valeur qu'ils accordent à un bien.par exemple. IV-LA METHODE D'EVALUATION CONTINGENTE. c-LA METHODE DES JEUX D'ALLOCATION DE RESSOURCES. et l'appliquant à tout un ensemble d'actifs hors marché. BROOKSHIRE et aiii(1979). En Europe.). -les déchets dangereux.et aiii (1979.d'étudier les substitutions entre les sites en fonction des coûts d'accès à ces sites. LOEHMAN et autres (1978). L'objet est de rechercher une maximisation du bien être collectif par des allocations successives des budgets.10 Cette méthode est considérée comme une méthode indirecte . Suède. -la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé LOEHMAN. Il semble que la première application véritable de ce qui deviendra la méthode d'évaluation contingente (M. RANDALL et aiii (1974). GRAMLICH (1977)..) remonte à DAVIS (1963).C. utilisant cette méthode. et ROBERT (1961) avaient déjà utilisé la méthode de l'interview directe pour tenter d'estimer les avantages liés à la disposition d'actifs naturels. Italie et Suisse POMMEREHNE (1987). -les nuisances olphactives. -la sécurité aérienne.ayant des caractéristiques différentes selon leur ordre de préférence.Puis. a-Historique..

DESVOUSGES et FISHER 1986) ou des méthodes hédonistes (BROOKSHIRE. (SMITH.Ils ont pu observer une surestimation de la disposition à recevoir qui peut aller de 1à10. *La DAP pour ne pas subir un coût.TRAYER. les développements méthodologiques se sont succédés. BISHOP et HEBERLIN (1979) ont établi que des différences importantes existaient entre DAP et DAR. La (M.McCLELLAND et aiii (1991). devenu le lac de la forêt d'Orient. leur mesure empirique fait apparaitre des différences. (1989). c-Conditions. *La DAR pour renoncer à un avantage. *La DAR pour accepter un coût. En fait on peut constater qu'il existe deux mesures des avantages d'une amélioration et deux mesures des coûts d'une détérioration d'une situation (PEARCE D. lui.A.SCHULTZE. -à tenter de corriger par des techniques économétriques les biais de traitement. pour bénéficier de l'usage présent (futur) ou de l'existence d'un actif.C.(1980).M. . Ces développements ont conduit par exemple: -à améliorer les processus d'enchère (enchères à la VICKREY).et D'ARGE 1982). permettent d'obtenir des courbes de demande à utilité constante situées au dessous de la courbe de demande non compensée.C) est une méthode de révélation directe des préférences individuelles. DESAIGUES et LESGARDS (1992) b-Principes. et sur la disposition à recevoir (DAR) pour en être privé.11 Plus récemment en France DESAIGUES et LESGARDS (1992).1989) . SMITH. et qui correspond à la disposition à payer (DAP). BROOKSHIRE (1979). Elle consiste en une enquête directe sur la disposition à payer (DAP) des agents. l'ont utilisée pour mesurer la valeur des bénéfices patrimoniaux et récréatifs du barrage réservoir de la Seine. GOODMAN. celle des coûts de déplacement notamment. obtenue à partir des réponses proposées par des agents sur des marchés hypothétiques élaborés à cet effet. FREEMAN (1979). à la disposition à recevoir (DAR). Ceux ci doivent beaucoup à HORI (1975). *La DAP pour obtenir un avantage. -à discuter des avantages relatifs de la méthode par rapport aux autres techniques d'évaluation des actifs hors marché. cependant. En théorie la DAP et la DAR sont les mêmes. Elles conduisent à la définition de deux catégories de surplus : -le surplus compensateur qui mesure la variation compensatrice du revenu par rapport à l'état initial. RANDALL (1980). -le surplus équivalent qui se mesure par rapport à l'état final et qui correspond.E. Les courbes de Demande Compensée de HICKS. HANEMANN (1978). Depuis DAVIS qui introduisit la méthode d'enchère. ce qui surprend les économistes mais pas les psychologues.

Il s'agira de décrire précisément les risques encourus. ont une influence sur le montant que les individus sont disposés à accepter de payer. ou l'obtention du bien.12 Un certain nombre de conditions sont requises pour qu'une M.revenu. Le phasage d'une M. -Sur la nature.Risques directs sur les individus (augmentation-diminution d'une pollution). forme (tarif ou impôt) et support.Des photos sont souvent utilisées. *Des questions relatives aux caractéristiques de l'enquêté (âge. une phase d'entretien et une phase de traitement.(2) .peut être trés utile par exemple. *Des question permettant à l'enquêté de proposer une évaluation (système d'enchères). ->*conditions relatives aux moyens de paiement. et à leur utilisation. pour la protection. Une information de l'enquêté sur la nature..il s'agira de préciser le type de bien. ainsi qu'une description détaillée des circonstances dans lesquelles ils sont mis à la disposition de l'enquété. les effets d'un projet sur le ou les biens dont on veut mesurer la valeur pour l'enquêté. la situation. une phase de préparation. on propose à un enquêté: -une photo sans usine.les photos pouvant déformer cette réalité.Il conviendra de préciser les modalités du paiement.Doivent être proposées notamment: ->*Conditions relatives à la population enquêtée Information relative à la population concernée. comprend comme toute enquête.il faut préciser ce que l'on veut évaluer.Au delà des conditions de représentativité. risques indirects(effets sur les prix relatifs:par exemple le contrôle de la pollution des rivières peut avoir comme conséquence l'accroissement du prix de bien comme le cuir ou le papier).E.par catégorie d'agent. Un risque de confusion existe lorsque notamment un bien (qualité de l'air). durée .peut lors de sa dégradation. d'un parc.(1) -une photo avec de la fumée émanant d'une cheminée d'usine que l'on n'aperçoit pas sur le cliché. Les modalités de paiement hypothétiques.avoir plusieurs effets(sur la santé . -La phase de préparation est plus délicate que pour une enquête classique pour les raisons que nous avons déjà soulignées.le recours à des photos d'une situation avec et sans pollution . S'agissant par exemple. valeur économique totale ou valeur spécifique . fréquence.C.le niveau d'utilité de référence de ce bien. il importe de connaitre la nature des valeurs que l'on cherchera à mesurer.E. Une information si possible visuelle.)à ses préférences pour le bien..la nature du droit de propriété.surles loisirs. soit mise en oeuvre. -Sur les effets enfin. -Sur la situation.C. -La phase d'entretien suppose trois phases: *Une description détaillée des biens dont on desire évaluer la valeur contingente.sur les monuments).il s'agira d'expliciter les conditions d'accès aux biens dans le temps et dans l'espace. d-Protocole. ->*Conditions relatives l'impact sur l'actif.Il faut cependant éviter une dramatisation ou une édulcoration de la réalité.

la phase de traitement. a conduit à l'observation d'un certains nombre d'effets. La question centrale du débat est de savoir si des modifications de protocole sur les marchés hypothétiques.Cette dernière enchère constituera donc la disposition maximale à payer.R. à payer ou à recevoir. moins satisfaisante. La rationalité des préférences individuelles est un des principaux débats récurrents dans la théorie de la décision. seront suffisantes pour éliminer les nombreux effets pervers que l'expression des préférences propose au cours des enquêtes. notamment par BISHOP et HERBELIN (1979). Les écarts par rapport à l'hypothèse de rationalité des préférences. DESAIGUES et LESGARDS (1992).E. au cours de nombreuses expériences réalisées.A. s'expriment sous la forme d'un certain nombre d'effets.L'enquêté doit alors indiquer s'il consent ou non à payer ce prix. enchère descendante permet de mesurer la disposition minimale à recevoir. Une autre technique peut être proposée comme par exemple donner des budgets hypothétiques à des acteurs afin qu'ils les ventilent entre différentes options.La procédure inverse. à un acteur. et la D. Cette question ouverte il y a longtemps.On évoque pour les expliquer des raisons de protocole et des raisons psychologiques.13 -une photo représentant l'usine et une importante quantité de fumée. A l'exception de la troisième méthode.A. des non réponses et des réponses nulles .La question se pose de la nature de ces effets et au delà de la rationalité des comportements.Un processus itératif s'engage alors jusqu'à ce que l'enquêté refuse une nouvelle augmentation du prix.(3) On demande à l'enquêté combien il est disposé à payer pour préserver la situation (1) d'abord de la situation (2) puis de la situation (3). elle conduit à proposer. -La formulation des questions est fondamentale.C. Ces dernières contrairement à ce que pensent MITCHELL et CARSON sont peut être plus importantes qu'on ne le croit.P. V-PROTOCOLES HYPOTHETIQUES ET TYPES D'EFFETS. une des principale difficulté de la méthode réside dans l'aide à la formulation sans que celle ci ne modifie la préférence des enquêtés. nécessite de nombreuses précautions concernant en particulier le traitement des biais. -L'enquêteur doit suggérer la première enchère (prix de départ). connait aujourd'hui une nouvelle actualité à l'occasion de la validation des M. pour permettre à l'individu enquêté de formuler lui même une réponse. et notamment à propos des différences observées entre la D. -Enfin. . La technique utilisée est celle du "jeu d'enchères". Une dernière méthode a été utilisée. La mise en oeuvre de protocoles hypothétiques pour estimer les dispositions à payer des agents. en leur proposant l'usage symbolique d'une carte de crédit. un montant donné pour une valeur donnée et à enregistrer pour ce dernier son acceptation ou son refus.

-au droit de propriété sur l'actif. Ces dysfonctionnements de protocole ont comme conséquence la mauvaise estimation de la D. relatives à l'erreur d'échantillonage par exemple.Il s'agit naturellement du phénomène du free-rider.. lorsque l'enquêté souhaite exprimer. 1-EFFETS DE STRATEGIE.On distinguera un certain nombre de différents biais liés par exemple. ou de révéler une disposition à payer fausse de façon à ne pas supporter la charge financière que sa réponse pourrait autoriser. Ces types d'effets sont nombreux puisqu'ils peuvent concerner toutes les phases de la mise en oeuvre d'un protocole hypothétique.P. -au niveau de l'enchère minimale. Les agents consultés sur leur D.Il n'est pas sûr.E.A.Cet effet peut prendre une forme particulière. ou d'exercer une influence sur le volume des actifs qui pourrait être produit .(SCHUMAN et PRESSER 1981).. -aux informations proposées dans le scénario et qui sont perçues comme des indications sur la valeur des actifs à évaluer..A. dans une M. 2-EFFETS DE COMPLAISANCE.P (surestimation ou sousestimation) pour cause d'erreur ou de protestation. Cet effet se manifeste lorsque la personne enquêtée souhaite se soumettre aux attentes d'un présumé "sponsor"..A. par exemple son appartenance à une classe sociale de revenu plus élevé.Ce dernier effet peut en effet se produire. 3-EFFETS DE PROTOCOLE. -au fait que l'actif en question est perçu comme en relation avec d'autres biens. sur un marché hypothétique. sont conduits parfois à surestimer la valeur de leur disposition à payer.14 Nous ne reviendrons pas sur l'effet d'aversion vis à vis du risque démontré et analysé par BERNOUILLI (HAHNEMAN et TVERSKY 1984).. 4-EFFETS DE MARCHE FICTIF .Les agents dépensant .etc.. ce qui la conduit à surestimer la valeur de sa disposition à payer. -au cas où l'enquêté évalue un autre bien que le bien proposé (évaluation d'un bien symbolique ou d'une valeur morale par exemple). Il s'agit de la possibilité pour un agent interrogé de ne pas révéler sa préférence. -au moyen de paiement proposé..P. (MITCHELL et CARSON 1989) . ainsi que le pensait SAMUELSON. -au pas d'enchère retenu.ce qui influence le montant de la D. Au delà des erreure possibles dans le cas d'enquêtes classiques. que ce phénomène soit si fréquent (ATKINSON et STIGLITZ 1980).C. -à la compréhension .à la rigueur ou à la crédibilité du scénario.. celle d'un effet de complaisance vis à vis de l'interviewer.

MONTGOMERY. après un accident d'avion par exemple.A.P.L'ordre semble .Il en est ainsi des préférences individuelles de certains acteurs. les auteurs établissent que la D.EFFETS DE REMANENCE. et pourtant l'acteur modifie sa préférence. 5. avait montrées comme le résultat d'observations validées.La rémanence est un effet qui peut s'estomper assez rapidement. au demeurant. refusait les préférences intransitives. au sens restrictif que nous avons retenu.EFFETS DE CIRCULARITE.A. En effet la disposition à payer est plus forte lorsque cet actif occupe la première place.Cet effet a été mis en évidence également par TOLLEY et RANDALL (1983). correspond à ce que l'on pourrait appeler l'effet de rémanence. HOEHN et RANDALL (1982) .P.EFFETS DE RANG. L'évènement ne change pas fondamentalement la probabilité. 6. pour maintenir la visibilité dans le Grand Canyon. Lorsque préalablement à l'estimation d'une préférence les individus sont interrogés sur le classement de priorités entre plusieurs types de mesures concernant des actifs naturels. pour maintenir la qualité de la visibilité dans le Grand Canyon était précédée de deux autres évaluations sur l'accroissement de la visibilité à Chicago et dans une zone à l'est du Mississippi. à l'occasion de deux enquêtes faites sur la D. des modifications irrationnelles. par exemple concernant leur modalité de déplacement.A. introduisent dans les manifestations des comportements.P.Dans l'étude de 1981. que dans le cas ou il se situe à la fin.Cet effet de rémanence ne doit pas être confondu avec l'erreur sur les probabilités. des effets de circularité peuvent apparaître.Il correspond au fait que des circonstances extérieures au choix.Il ne s'agit pas d'un effet de protocole lié à une méthode spécifique. dont la fameuse enquête sur les classements des qualités des conjoints. n'existe pas.15 plus facilement des opportunités de revenus que des revenus réels. il s'agit plus largement d'un effet de situation spécifique. relative aux risques objectifs d'accident si l'on reste dans le domaine des modalités de transport notamment. dérangeante.A. KEALY. Un autre effet largement souligné dans la littérature. DOVIDO (1991). toutes choses égales par ailleurs. se situe en moyenne autour de 90$. Des expériences ont tenté de mesurer cet écart à partir de comparaisons entre marchés hypothétiques et marchés simulés.Un tel effet peut se manifester dans l'expression d'une D.Il n'apparait d'ailleurs pas chez tous les individus. que MAY (1954).P. Déjà HICKS (1956). ont montré que l'évaluation d'un actif peut dépendre du rang qu'il occupe sur une liste. 7. où l'interrogation sur la D.la valeur moyenne attribuée au même actif.Dans une étude de 1980.Ce qui ne veut pas dire que la circularité des préférences individuelles.De nombreux débats ont eu lieu mais la théorie des préférences intransitives n'a jamais vu le jour. n'était plus que de 16$.

La particularité des biens échangeables ne s'explique que dans le contexte d'un campus étudiant.Dans le cas d'un choix entre deux situations. -L'expérience de GRETHER et PLOTT (1979). il a été demandé à des groupes d'individus de classer leurs préférences par rapport à des modalités de traitement alternatives. un individu choisira la première option. La première d'entre elles concerne un protocole d'échange entre deux biens.Dans ce cas encore. les auteurs présentent une expérience curieuse.16 donc jouer un rôle.P.On demande à un échantillon de 200 personnes quelle serait leur attitude si après avoir acheté un billet de théatre 10$.PAUKER. une chope (mug) et une plaque de chocolat (candy bar). -L'expérience de McNEIL. -L'expérience de KAHNEMAN et TVERSKY(1984).SOX et TSVERSKY (1982).Trois groupes sont formés. cette fois.L'originalité de l'expérience tient au fait que les mêmes statistiques ont été présentées aux deux ensembles de groupes d'enquêtés sous la forme de probabilité de survie.(chirurgie ou radiothérapie) présentant des probabilités de rémission au mal différentes. pour l'un. 44% dans l'autre). mais dans le cadre d'un protocole hypothétique . 12% non. et de probabilité de décès pour l'autre. les programmes sont proposés au classement à deux groupes d'enquêtés. reprend la même question.celle d'une forte probabilité d'un faible gain et celle d'une faible probabilité d'un gain élevé.A. 54% non.Les résultats obtenus attestent d'un écart de préférence entre les deux groupes réputés homogènes.Le résultat obtenu confirme le précédent.Ce qui conduit COURSEY. ils s'apercevaient avoir perdu un billet de 10$.S'agissant de traitement du cancer du poumon. -Un troisième groupe d'expériences a été proposé par KNETSCH (1989). en entrant au théatre.Accepteraient-elles d'en payer un second?46% répondront oui.L'objet de l'expression des préférences est. prendraient-ils un billet de théatre de 10$ pour assister au spectacle?88% repondront oui. L'effet d'asymétrie s'interprête comme une irréversibilité des courbes d'indifférence pour une situation donnée des termes de l'échange. HOVIS et SCHULTZE (1987) à recommander d'écarter l'incertitude dans l'évaluation des D. pour le . sous des formes de nombre de vies sauvées et de nombre de vies perdues. ils s'aperçoivent l'avoir perdu en entrant. qui reçoivent respectivement pour l'un une chope. (18% favorables à la radiothérapie dans un cas. mais affecte une plus grande valeur monétaire à la seconde.Il est alors demandé à un autre échantillon de 183 individus.Un certain nombre d'expériences ont proposé ce phénomène.Cet effet d'ordre doit d'ailleurs être étudié l'effet d'inclusion présenté ultérieurement. le choix entre deux programmes de lutte contre une maladie incurable. 8-EFFETS D'ASYMETRIE. Dans cette même étude. comment ils réagiraient si.

mais nouveau concernant la valeur d'usage. pour 100 cornets de glace n'est pas différente de celle d'un seul.Pour de tels biens d'ailleurs.P. n'est pas plus élevée que la D. a été confirmé trés recemment par KAHNEMAN et KNETSCH (1992).A. dans le cas de biens (chocolat et monnaie) et de paiements réels. Ils soulignent le fait que ce phénomène n'est pas nouveau pour les biens saturables et substituables. KAHNEMAN et KNETSCH expliquent cet effet par le fait que la D.Par contre dans le troisième groupe la préférence exprimée est 56% pour la chope et de 44% pour le chocolat. La troisième expérience concerne l'échange de revenu contre un accroissement de risque d'accident. On peut montrer que la D.pour préserver les sites majeurs d'une zone.A. Ce qui est nouveau est que un tel effet semble concerner aussi la valeur d'usage des actifs naturels. (et dans l'hypothèse de comportement non altruiste).Ces auteurs constatent qu'un actif. plutôt que celle de leurs valeurs économiques.Par contre 27% acceptent d'échanger une baisse de risque de 1% à 0.P. pour en sauver un seul.Celà parce que chaque site procure autant d'utilité que l'ensemble. 61% refusent un accroissement d'un tel risque de 0.Ainsi la D. Un tel effet (embedding). mais l'asymétrie semble évidente dans le cadre de tels protocoles expérimentaux.5 contre une réduction de 700$ de revenu.A. ce phénomène.A. puisqu'on ne peut les consommer simultanément. La question qui se pose si une telle observation est ultérieurement confirmée. La deuxième expérience se propose d'identifier les niveaux d'échanges minimum acceptables.P.offerte dans le cadre d'un protocole hypothétique.Dans le premier groupe 89% souhaitent conserver la chope.90% le chocolat dans le second groupe.Parmi les personnes interrogées. représente la mesure de la satisfaction morale de la contribution à la production-préservation de biens collectifs. est quelle est la valeur à retenir dans un protocole hypothétique. présentera une valeur plus faible s'il fait partie d'un ensemble d'autres actifs que lorsqu'il est évalué seul.Il est alors demandé aux différents groupes d'échanger les biens s'ils le désirent.Le résultat atteste encore de l'asymétrie. celle .Ce qui est cohérent avec le principe d'unicité de la valeur d'existence qui la rend indépendante de la quantité disponible d'un actif. les effets d'ordre d'inclusion se présentent simultanément. 9-EFFETS D'INCLUSION. partiellement.5 à 1% contre 700$.De plus l'ordre du bien est ici déterminant.Les individus affectent aux biens des valeurs nettement plus élevées. Nous reviendrons ultérieurement sur les raisons que l'on peut invoquer pour expliquer.P.17 second une plaque de chocolat et rien pour le troisième. lorsqu'on leur propose de s'en séparer que lorsqu'on leur propose de les acquerir (KNETSCH 1989 p1281).

hors marché stable qu'ils réalloueraient selon les circonstances entre les actifs. ou de TVERSKY et KAHNEMAN (1986). comme si une liste soumise au choix exprimait une accumulation d'actifs dont l'utilité marginale décroîtrait avec le nombre. . les conséquences futures d'un renoncement à la préservation.A.18 de l'actif isolé ou celle de l'actif inclu?De plus.? VI-CAUSES ET CONSEQUENCES DE CES TYPES D'EFFETS.P.Cet argument rejoint "l'endowment effect" de THALER (1981).M.L'explication de l'effet d'ordre pourrait être attribuée au fait que les personnes enquêtées évaluent chaque bien de façon séquentielle.Acquis de la vie dans l'expérience de McNEAL (1982).. -La prise en compte du coût du regret futur possible.Ce qui n'exclue pas pour autant que des mesures de prévention ne puissent être prises dans certains protocoles. la raison principale expliquant le niveau de valeur attribuée à un actif dans le cadre d'une M.Alors que l'on attendrait une expression indépendante de leur disposition à payer.P.E.P. ont proposé l'argument selon lequel l'asymétrie des préférences aurait pour cause le fait que les individus valoriseraient le renoncement à une situation donnée d'un montant supplémentaire expliqué par la perte d'un droit patrimonial.il en résulterait l'impossibilité de retenir cette valeur dans l'évaluation des dommages.Si celà est vérifié par d'autres expériences. KAHNEMAN et TVERSKY 1986 ont émis l'hypothèse que la distorsion entre DAP et DAR pouvait avoir comme cause la difficulté à évaluer sur un marché hypothétique.L'individu surestimant les situations connues. Un certain nombre de raisons expliquant les effets proposés sont des raisons techniques. si celle ci n'est plus reflétée par celles des D.Acquis moins anxiogène dans le cas des expériences de KNETSCH (1989). -La conservation de l'acquis semble être responsable de l'irréversibilité des préférences. -La stabilité de la D.En fait cet argument renvoie à la préférence pour la conservation.ASHFORD et STONE (1988). il s'agit bien sûr des effets de protocole. -La satisfaction morale de contribuer à la production de biens collectifs semble être pour KAHNEMAN et KNETSCH (1992). Les effets de marché fictifs sont peut être également explicables ainsi.A.Maximale hors marché. mais acquis d'actifs tout de même. -L'existence d'un droit sur l'actif dont les acteurs demanderaient compensation en cas de disparition.En fait le résultat constaté est tout à fait cohérent avec les prescriptions de la théorie économique.Tout se passe comme si les individus disposaient à court terme d'une D.A. comment dans ce cas réaliser une hiérarchie dans les priorités. Les autres sont probablement d'ordre psychologique.Il ne s'agit pas pour eux de la valeur économique des biens qui est en la circonstance proposée.Cependant il semble interressant de s'interroger sur les mobiles des acteurs.C.

c'est toute la question de l'avenir des procédures hypothétiques qui se trouve posée. On doit constater tout d'abord que. que les valeurs soient grandes ou petites et que des effets revenus existent ou non.Cela élimine tout de même quelques critiques.19 D'autres arguments doivent pouvoir également être invoqués. et les proposer sous une forme ou sous une autre.Il semble cependant que la préférence pour la conservation soit au centre de la plupart d'entre eux. est celle de la responsabilité des protocoles expérimentaux. . car il s'agit en fait d'une autre rationalité) des choix impliquent l'inéfficacité des procédures actuelles de décision . La question fondamentale que ces observations proposent. que le marché soit réel ou hypothétique.Les améliorations procédurales suffiront-elles à éliminer ces effets. incertain ou non.Et celà alors que la MEC a acquis aprés d'autres le droit d'être considérée comme procédure officielle aux USA. les effets observés se rencontrent. car l'irrationalité (au sens étroit. En tout état de cause ces phénomènes sont inquiétants. Le poids des mots et l'ordre des alternatives demeurent une préoccupation de protocole. mais il faut bien exprimer les choix. que l'échange se fasse sous la forme d'un troc ou contre de la monnaie.

P.E.R.Public Choice 36 pp 235-252 CIRIACY-WANTRUP.H.D.Q.Economic Inquiry vol 20.K.M.E. FREEMAN.D. 20.) vol 61 pp 926-930 BROOKSHIRE D.C.A revision of Demand Theory. COURSEY.J.(1982):Aggregation and Desaggregation of Program Benefits in a Complex Policy Environment:A Theorical Framework and Critique of Estimation Methods A. McGRAW-HILL .pp92-96. BROOKSHIRE D.et LESGARDS.W.J.pp 242-269.C et SCHULTZE.(1981).E.(1956). et HEBERLIN .M.J.(1952):Resource Conservation:Economics and Polities.S. HOEHN.R.A. HOTELLING. et CROCKER T. et RANDALL.H.J.L. GOODMAN.R.Perceptions in Psychology.(1992). et KNETSCH.The General Welfare in Relation to Problem of Taxation and of Railway and Utility Rates Econometrica 6. GARRABE.(1976):The Value of Life: An American Analysis Chicago University Press.. BISHOP.S.B.Baltimore FREEMAN. vol 3 N°4. et GRILICHES.D.C.C. JONES-LEE.. values. KAHNEMAN. .T.Harvard University .A. HORI.P.HOVIS.B.J. vol65 pp978-991.F.D.pp 57-70.S.An Economic Study of the Maine Woods. Journal of Environmental Economics and Management(JEEM). University of California Press .A.New.J.:Identifying Willingness to Pay for Heterogeneous Goods for Factorial Survey Methods.SCHULTZE.Z. GRAMLICH.E.:(1976).I.A.W.The Purchase of Moral Satisfaction. pp 325-346.ET SHULTZE. Vol 22 n°1 .N.:The advantages of Contingent Valuation Methods for Benefits-Costs Analysis.A.E.V.V. and Economics.J.(1991):Factorial survey Methods and Willingness to Pay for Housing Characteristics. Working Paper Cambridge ATKINSON.W.D.W.:(1979) Measuring Values of Extra-Market Goods:Are Indirect Measures Biased? American Journal of Agriculture Economics (A.(1989):Evaluation d'un Cas de Dystrophie Lagunaire.W.DABAT (1991)The deterioration of the environment. KAHNEMAN.M.A comment J. (1984): Choices.pp 341-350.R.Oxford .A. LXIX pp 623-638.(1980)Lectures on Public Economics..A.A.E. HICKS. IVES. (1961):On an Index of Quality Change.vol 41 n°2 pp 269-319. HANEMAN .. BROOKSHIRE D.D.(1963)The Value of Outdoor Recreation.A.C.pp 1-19 ASHFORD .J.B.(1978):Medological and Empirical Study of the Recreation Benefits from Water Quality Improvement Harvard University.R.R. flexibility of reactions and rent:the case of a Lagoon area.Communication Association Europeenne des Economistes des pêches :DUBLIN (IRLANDE). 10-12 Avril (18p).M.et M.American Psychologist 39.J.E.M.E.Journal of the American Statistical Association vol 56 pp 531-548. August pp 679-690. Berkeley. ET TVERSKY.M.A.E.L.20 Bibliographie ADELMAN. et STONE.A.A. DESAIGUES.(1979):The Benefits of Invironmental Improvement:Theory and Practice John Hopkins University Press . et POINT.F.B. DAVIS.H. 16.:L'Evaluation Contingente des Actifs Naturels R.S.R. (1938).(1979):Experiments in Valuing Non Market Goods IN Methods Development for Assessing Tradoffs in Environmental Management Washington D.C. (Summer Meeting). (1988):Cost-Benefit Analysis in a Environmental decision-making.4.The Valuation of Aesthetic Preferences.Travaux du Centre d'études de projets n°69 Montpellier-Décembre-(67p) GARRABE.(1990):Les méthodes de détermination d'indicateurs ayant la dimension de prix pour les composantes du patrimoine naturel.M.(1977)The Demand for Clear Water:The Case of Charles River National Tax Journal vol n°2 pp 183-194.D.(1987):The Disparity between Willingness to accept and Willingness to pay Measures of Value.M.W.P 102 pp100-122 DESAIGUES.(1992 ):Valuing Public Goods.E.ET STIGLITZ.M. GRETHER et PLOTT(1979):Economic Theory of Choice and the Preference Reversal Phenomenon.York.:(1983)Risk.E.E.J. ARROW.E..(1975):Revealed Preference for Public Goods.E. and frames.pp 58-79. ARGE.

A.A. vol 6 pp222-243.D.M.E. and Premature Verdicts.J.(1992):Arbitrary Values. 19 pp 244-263.R.:(1982):On Elicitation of Preferences for Alternative Therapies New England Journal of Medecine 306. Utility.21 KAHNEMAN .M. (1991):L'évaluation des gains d'une diminution d'un risque collectif:Le cas des déchets dangereux.McCLELLAND.A.(1991):Reliability and Predictive Validity of contingent Values:Does the Nature of the Good Matter. LOEHMAN et aiii (1979):Distributional Analysis of Regional Benefits and Cost of Air Quality Control.E.G.Report forU.:L'évaluation monétaire des avantages des politiques d'environnement .. vol 76 n°4 pp 728-741.J.E. VICKREY.G. PEARCE.W.M.DOVIDO J.E. MARKANDYA A.D (1991) :Contingent Valuation Methods and the Valuation of Environmental Resource:International Conference "Economy and Environment in the 90s"University of Neuchätel 26-27 August (18p) SCHUMAN.J. PAUKER.(1981):Some Empirical Evidences on Dynamic Inconsistence Economics Letters vol 8 pp201-207. et aiii (1991):Valuing Eastern Visibility. Oregon State University..N. TOLLEY.22 pp 71-89.International Conference"Economy and Environment in the 90s". KEALY.R.O.. WILLINGER. Good causes.(1986):Fairness as a constraint on Profit Seeking:Entitlement in a Market.C.S. et aiii (1974):Bidding Games for Valuation of Aesthetic Environmental improvements:J.S et RANDALL. vol 1. (1981):Questions and Answers in Attitude Surveys: Experiments on questions Form.S..E. (1980):A Comparaison of the Travel Cost And Contingent Valuation Methods of Recreation at Cullaby County Lake.et THALER.M. SCHULZE. POMMEREHNE.E.(1991):The Value of the Environment:A State of the Art Survey.V.W.pp 1259-1262.A. et aiii:(1985)Aggregation Problems in Benefit Estimation:A Simulation Approach.A field Test of the Contingent Valuation Method USEPA Cooperative Agreement CR -815183-01-3 MAY(1954).Journal of Finance XVI March pp 8-37. SMITH. MONCUR et POLLOCK(1988):Scarcety rents for water:a valuation and pricing model. TVERSKY.A. 1983.Intransitivity.University of Neuchâtel.C.R. et CARSON.B.(1989):Using Survey to Value Public Goods:The Contingent Valuation Method.H.K.et TVERSKY. McCLELLAND.R.D.D.T. SOX. WALMAN.C. ET PRESSER. * .M:Developpement soutenable et valeur de la préservation Séminaire de Montpellier 5-6 Décembre 1991(18p).Environmental Protection Agency Washington D.W. .Land Economics 64.pp.A..132-149. auction and competitive Sealed Tenders.M.1989. VAUGHAN .Environmental Protection Agency.J. RANDALL.C.Wording and Context.Université de Neuchâtel26-27 Août 1991.D .W.Resources for the Future Washington D. SMITH.M..W. et ROEMER.H..G.S.R.Conférence Internationale Economie et Environnement dans les années 90.E.New York Academie Press. THALER.W.and the agregation of preference pattern Econometrica (pp1-13).26-27 August 34p .. Paris. MITCHELL.E.(1961):Counterspeculation.:Establishing and valuing the Effects of improved visibility in the Easthern U.E.F.MONTGOMERY. McNEIL.pp 62-72.H.SCHULTZE.E.S.

22 .