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Infrastructure technique

d’une

chaîne de TV

Comment les nouvelles technologies transforment l’audiovisuel, de la production à la diffusion

Jean-Michel Mariani

© Groupe Eyrolles, 2003, ISBN 2-212-11353-6

Pour mieux comprendre la mixité des métiers qui en résulte. avec leurs couches protocolaires et leurs fabuleux moyens de transmission. L’arrivée des technologies informatiques et des nouveaux moyens de télécommunications bouleverse de fond en comble les métiers de l’audiovisuel. le présent chapitre répertorie les nouveautés technologiques appa53 . est désormais couramment utilisé dans l’audiovisuel et fait profiter des transmissions de contenu à distance aux fonctions aussi bien de capture (envoi d’images directement du caméscope) que de montage (envois vidéo. il ouvre aussitôt d’autres horizons au reste de la chaîne. par exemple. les réseaux font une entrée tonitruante dans l’audiovisuel. Lorsqu’un pas est accompli dans un segment particulier. le traitement ou la transmission. que ce soit pour la capture. audio et EDL). Ces nombreuses nouveautés touchent à toute la chaîne de traitement. depuis la création de contenu jusqu’à la réception chez le particulier. Internet. Les fonctions opérationnelles étaient assumées jusqu’à très récemment par la mise en relation des principaux matériels par des câbles vidéo et audio et par des télécommandes. pour chaque bloc.2 Les nouveautés technologiques Nous avons répertorié au chapitre précédent les différents blocs qui composent la suite de traitements d’une chaîne TV et avons indiqué. D’une manière plus générale. les principaux matériels utilisés. de diffusion (envoi des sujets directement dans un format compressé) ou de transmission.

qui permet l’acquisition d’images et de sons associés. la production en studio et la digitalisation. Les nouvelles solutions technologiques ajoutent des fonctionnalités dans la caméra. Elle offre ainsi une conti54 . Ces fonctionnalités concernent l’utilisation de nouveaux supports d’enregistrement.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV rues dans le broadcast ces dernières années. dans cette partie fabrication. qui permet la création de nouveaux éléments audiovisuels au format souhaité et entre donc. la caméra. Les solutions de fabrication La fabrication des médias est le premier maillon du processus de conception de programmes pour une chaîne TV. présentées par ordre chronologique dans la chaîne de traitement. en tant que telle. Toute personne issue du broadcast pourra de la sorte cerner l’ossature des nouvelles solutions qui pointent sur ce marché. Le reportage Le reportage s’appuie principalement sur la caméra de reportage. en cohérence avec les solutions de traitement du signal (montage ou solution graphique). ou numérisation. l’intégration d’un système GPS ou l’enregistrement sur disque dur du même type de contenu que celui inscrit sur le support dans un format compressé. La fabrication adresse trois blocs principaux : le reportage. Elle fait appel à l’acquisition et à son outil principal. Il est toutefois nécessaire d’élargir cette notion d’acquisition en y incluant la fonction de digitalisation des médias en vue de leur stockage sur serveur. La basse résolution intégrée La basse résolution intégrée permet de gérer un contenu parallèlement en basse et en haute résolution. des médias existants.

2. Figure 2. en couplant au système une tablette ou un agenda électronique. Windows Media File ou QuickTime. comme illustré à la figure 2.2 • Les nouveautés technologiques nuité dans l’utilisation du média. Le second avantage. toutes les caméras offriront une telle souplesse de fonctionnement. est fourni par l’émetteur RF (Radio Fréquence) situé sur la caméra.1 Caméscope avec basse résolution intégrée partie émetteurs HF partie disque dur Le premier avantage offert par ce double enregistrement est de permettre d’anticiper les phases de consultation et de montage afin d’améliorer la productivité (voir la section « La digitalisation »). Cet enregistrement s’exécute en parallèle à celui en haute résolution réalisé sur le support courant. La scripte et le réalisateur peuvent désormais contrôler le cadrage de l’action en temps réel. permet de visualiser à distance les images en cours d’enregistrement grâce à une interface réceptrice. À terme. directement visible. L’enregistrement sur un disque dur des données vidéo et audio se fait en basse résolution et dans un format compressé tel que MPEG-4 ou dans des formats plus répandus. Cette fonctionnalité nécessitait précédemment un système câblé relié à un moniteur. comme Real.1. qui. puisqu’elle le rend rapidement utilisable et transmissible. comme illustré à la figure 2. 55 .

L’antenne GPS est illustrée à la figure 2. Pour son fonctionnement. Elle est à peine visible mais assure la fonctionnalité demandée.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV Figure 2. La possibilité d’envoyer très rapidement des données en basse résolution vers un système de montage au sein de la chaîne TV 56 . qui permet de localiser le lieu même du reportage. Elles peuvent ensuite être utilisées dans le traitement de la chaîne complète de fabrication du contenu à destination de l’utilisateur. Multiplexées aux données image et son. les données de localisation simplifient le travail des graphistes pour fournir au téléspectateur le lieu exact du reportage.4. Chaque plan orbital est couvert en permanence par quatre satellites. Le système consiste en une antenne et une portion de traitement.3. l’application GPS utilise des satellites répartis comme illustré à la figure 2.2 Caméscope avec RF vers tablette ou PDA ou Scanner 20 m Le GPS intégré Une autre nouveauté consiste en l’ajout d’un système GPS (Global Positioning System) sur la caméra. Ces données sont prises en compte dans l’enregistrement en tant que métadonnées du signal principal.

représentent un gain de temps pour la suite de l’exploitation. Ces deux fonctionnalités. non utilisables directement.4 Caméscope avec réception GPS réception GPS 57 . Figure 2.3 Couverture du système GPS sur Terre Positionnement GPS 4 satellites par plan orbital 6 plans orbitaux : 24 satellites au total Figure 2.2 • Les nouveautés technologiques et de capter les données de localisation pour préparer les habillages graphiques du reportage a de fortes imbrications avec les solutions de traitement de l’image.

LG Electronics. puis aujourd’hui le laser bleu. Outre la pérennité.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV À l’heure actuelle. Matsushita. Des améliorations de ce support sont en cours par l’ajout de couches supplémentaires et la possibilité d’utiliser les deux faces du disque. Avec l’apparition du DVD. Selon le nombre de têtes de lecture et d’enregistrement. Sharp et Thomson) ont collaboré à la mise au point de ce nouveau support. sous l’appellation grand public Blu-ray. Pioneer. Sony. Même si d’énormes progrès ont été réalisés sur ces supports (bandes oxyde et métal évaporé). Hitachi. si ce n’est la trappe de mise en place du support. un laser rouge : le CD audio. les principaux constructeurs électroniques (Philips. des études plus poussées ont permis d’aboutir à un support sur disque laser utilisant. son débit varie de 72 Mbit/s à 144 Mbit/s. ou cassette. Les différences avec les caméscopes existants ne sont pas flagrantes de prime abord. deux systèmes coexistent sur l’orbite : le GPS côté américain et GLONASS coté russe. il y a quelques années déjà. dont les licences sont exploitables par d’autres fabricants éventuels. tous les caméscopes utilisés pour les reportages enregistraient les données sur un support de bande. En ce qui concerne le grand public.5 illustre un caméscope utilisant le support Blu-ray. La capacité de ce support est de 27 Go (par face et par couche) aussi bien pour le grand public que pour le domaine professionnel. la longévité de ce support dans le temps a toujours laissé à désirer. Le disque optique Blu-ray Jusqu’à présent. La figure 2. Sa durée de stockage dépend de la compression utilisée. ce support a pour avantages un encombrement réduit et une compatibilité avec le monde informatique. Samsung. Philips a fait la démonstration d’un prototype qui utilise un disque Blu-ray de 3 cm pouvant stocker jusqu’à 1 Go de don58 . Le disque optique fonctionne par rayonnement d’un laser bleu violet à ondes courtes. L’Europe a décidé à son tour de lancer son propre système sous le nom de Galileo.

offre les fonctionnalités d’une console audio classique. La production en studio La production est le deuxième bloc à profiter de manière évidente des nouvelles solutions de fabrication.2 • Les nouveautés technologiques nées. les ordinateurs de poche et les téléphones mobiles. Même si sa capacité n’est pas encore suffisante. délais.). qu’il est de surcroît possible de faire fonctionner en parallèle. notons l’arrivée. avec l’intégration de la console. Des interfaces IP (Internet Protocol) seront bientôt ajoutées à chaque matériel (voir en fin de chapitre la section « Les interfaces sous IP ») avec un objectif d’interopérabilité et de facilité d’interfaçage. Il en va de même aujourd’hui de l’audio. Pour la vidéo. sou le nom de carte SD.5 Caméscope à support disque optique disque optique Dans ce domaine des supports de médias. compresseurs. 59 . Figure 2. qui peut contenir jusqu’à 1 Go de données. Il sera possible de l’utiliser dans les appareils photo numériques. son débit atteint des performances intéressantes. de la mémoire statique. comme le mélangeur. réduction stéréo/mono. les grilles et les UMD (Under Monitor Display). les principaux matériels. qui. à laquelle sont ajoutés convertisseurs. grille et effets audio (limiteurs. sont déjà intimement reliés sur un réseau LAN (Local Area Network) et forment une partie de la solution de production telle qu’elle pourrait exister à l’état embryonnaire. etc. avec 160 Mbit/s pour chaque carte SD.

INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV Avec l’arrivée d’IP. puisqu’elle existe sur beaucoup de systèmes et s’adapte à la nature de ces derniers. La digitalisation pleine bande est disponible depuis plusieurs années. tel que MPEG-4. même si elle n’est pas à proprement parler une solution. Grâce à cette compression. C’est le moyen employé par les journalistes pour rapatrier leurs images vers le centre télévisé. MJPEG-2000 ou d’autres. les informations sont transmises rapidement sur un outil de type PC via un câble à la norme IEEE 1394. le plus souvent sur un serveur. La digitalisation basse résolution La digitalisation basse résolution consiste à enregistrer en parallèle avec l’enregistrement sur cassette ou disque les mêmes informations dans un format compressé. quoique de plus en plus acceptable. la digitalisation basse résolution et la digitalisation pleine bande. Il est donc possible de classer cette fonction dans la catégorie des solutions de production. Les plans choisis aboutis60 . Ce sujet est traité en détail à la section consacrée aux interfaces sous IP. La digitalisation La digitalisation d’un média consiste à prendre ce média dans un format donné pour le mettre à disposition dans un système. Les principales différences entre les deux résident dans la rapidité de transmission permise par la basse résolution et la qualité offerte par la pleine bande. et en permettre le traitement. en fin de chapitre. Il existe deux types majeurs de digitalisation. il est probable que toutes ces familles de matériels seront à terme reliées en réseau. Cette solution profite d’une qualité de signal assez faible. Les images basse résolution sont consultées par les journalistes du siège puis sélectionnées par séquences. La nouveauté vient de la basse résolution. pour adresser au siège de la chaîne TV les sujets en avance par rapport aux signaux pleine bande.

DIGITALISATION basse résolution Chaîne TV Téléphone partie émetteur HF Ordinateur portable Téléphone partie disque dur Figure 2.6. dite FireWire chez Apple et I-Link chez Sony. Le flux de la digitalisation basse résolution est illustré à la figure 2.2 • Les nouveautés technologiques sent à une liste nommée EDL (Edit Decision List). avec les normes IEEE 1394x.2 Gbit/s.5 à 100 m. l’EDL permet le montage automatique du sujet en un temps record. Les débits autorisés à ce jour peuvent atteindre 400 Mbit/s. allant du simple câble blindé à paires torsadées à de la fibre optique en verre. Une fois les images haut débit arrivées à la chaîne TV. Les distances sont respectivement de 4. Plusieurs types de câbles peuvent être utilisés. Elle permet de relier sans hub jusqu’à 63 périphériques. Les débits pourront atteindre dans le futur 3.6 Flux de digitalisation basse résolution La digitalisation pleine bande Il devient possible aujourd’hui de numériser du contenu en haute résolution à partir de sources de type caméra et de le transmettre vers un ordinateur portable en utilisant l’interface IEEE 1394. 61 . Une liaison IEEE 1394 est en fait un bus série.

Elles permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle ainsi que de réduire les temps de traitement avant disponibilité du média. Perspectives Ce premier maillon de la chaîne de conception du contenu. en octet Débit max. Cette même fonction permet ensuite d’effectuer un traitement du média par une station reliée au serveur. Pour acheminer les contenus des cassettes vers un système de stockage sur disques durs.2 Gbit/s 63 100 Mo/s 800 Mbit/s 63 Les constructeurs tentent donc de proposer des solutions toujours plus rapides et. Le tableau 2. la sortie d’une nouvelle norme doit permettre d’améliorer les processus d’exploitation.6 Gbit/s 63 IEEE 1394. en bit Nombre de périphériques 50 Mo/s 400 Mbit/s 63 IEEE 1394b 200 Mo/s 1. il est nécessaire de passer par une station de digitalisation. La digitalisation sur un système de stockage serveur Le principal support de stockage utilisé aujourd’hui est la cassette. un support plus pérenne que la cassette.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV Les images stockées sur ordinateur peuvent ensuite être traitées et faire l’objet d’une transmission vers le siège d’une chaîne TV. Tableau 2. bénéficie de nombreuses nouveautés techniques. la fabrication. ainsi que les enregistrements parallèles en format compressé dès la saisie de l’image. Dans un environnement toujours plus compétitif. Plus ou moins sophistiquées. Il existe plusieurs types de stations de digitalisation.1 récapitule les différentes normes IEEE 1394. comme l’illustre la figure 2.1 G I G A W I R E (FIREWIRE II) 400 Mo/s 3.7 (voir ci-après la section « Les solutions de traitement du signal »). Notons l’arrivée du DVD. plus rentables. elles offrent toutes la même fonctionnalité principale. Ces nouvelles fonctionnalités 62 . par voie de conséquence.1 Les normes IEEE 1394 IEEE 1394 (FIREWIRE) Débit max. qui consiste à transformer le média cassette en un fichier à destination du serveur.

On retrouve sur cette figure une architecture classique de réseau reliant plusieurs machines entre elles. 63 . Ces solutions de traitement s’inscrivent chronologiquement après la phase de production et incluent tous les traitements de l’image et du son.2 • Les nouveautés technologiques ouvrent la voie à un traitement plus adapté à un environnement sans cesse en recherche de compétitivité. Poste de travail Poste de travail Poste de travail Serveur Figure 2. le traitement du signal englobe les solutions de montage simple ou évolué ainsi que les solutions graphiques ou encore les montages purement audio.7 Station de numérisation reliée à un système serveur Les solutions de traitement du signal Dans une chaîne TV.

Station de digitalisation Poste de travail Poste de travail Poste de travail Serveur Station de montage Figure 2. graphiques et audio les plus répandues sur le marché. Ce type de solution présente l’avantage d’offrir un accès simultané aux images et sons associés et. La figure 2. pour certains systèmes. de monter quelques secondes après le commencement de la digitalisation du média. comme Matrox ou Pinnacle. Les systèmes les plus répandus utilisent majoritairement les cartes vidéo.8 présente l’architecture d’un système de montage.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV Le montage en réseau Le montage en réseau permet de monter des sujets à partir d’images stockées sur un serveur central.8 Système de montage en réseau 64 . Cette souplesse d’exploitation et la rentabilisation des moyens et des hommes qui l’accompagne sont les principaux apports des technologies informatiques appliquées à l’audiovisuel.

Le recours à un réseau spécialisé à haut débit garantit les performances et évite d’encombrer le LAN. le partage ainsi que l’administration des données. tels que disques Raid. Au sein du SAN. sur des canaux offrant la totalité de la bande passante nominale. etc. Consiste à placer les équipements sur une boucle avec des concentrateurs. 65 . la sécurisation.2 • Les nouveautés technologiques SAN (Storage Area Network) On ne peut évoquer un système de montage en réseau sans parler du SAN (Storage Area Network). une technologie de transport série à haut débit et longue distance. qui continue à gérer les données de commande ou de gestion entre les appareils connectés au réseau. les autres nœuds étant inactifs. Les fonctions du SAN incluent le stockage proprement dit. Le SAN est fondé sur un sous-réseau à haut débit reliant les serveurs applicatifs et les équipements de stockage. le SAN reposait exclusivement sur des liens FC (Fibre Channel). La mise en réseau des équipements de stockage en facilite l’administration et la sécurisation et permet l’évolutivité par simple connexion de nouveaux équipements. il exploite le plus souvent en combinaison les technologies de transport Fibre Channel. les échanges se font en mode point-à-point. Un seul canal est ouvert à un moment donné entre deux nœuds. À son début. la sauvegarde. La gestion physique des données est de la sorte séparée de la gestion des serveurs applicatifs. Deux topologies réseau sont en concurrence : • La boucle arbitrée. Gigabit Ethernet et ATM et utilise les protocoles FCP (Fibre Channel Protocol). Le SAN est un système installé sur un réseau indépendant du réseau local. l’architecture de stockage partagé la plus répandue. ou FC/AL (Fibre Channel/Arbitrary Loop). ou LAN (Local Area Network). la réplication. robots de sauvegarde. IP (Internet Protocol) et SCSI (Small Computer Standard Interface). Aujourd’hui.

Exploite des commutateurs pour assurer des échanges point-à-point simultanés. la protection et la restauration des données. Elle est appelée à se développer dans l’avenir pour offrir des fonctionnalités toujours plus nombreuses. Plus puissante et plus souple.9 Exemple de système graphique en réseau 66 .INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV • FC (Fibre Channel). Elle assure l’administration centralisée du réseau de stockage dédié et est composée d’un ensemble d’applications gérant la sauvegarde. PRODUCTION Poste de travail Poste de travail Station d’effets 2D/3D DIFFUSION POSTPRODUCTION Station d'effets 2D/3D Station de montage avec effets 2D/3D Automate de diffusion Figure 2. L’habillage graphique Les solutions graphiques sont utilisées dans tous les blocs fonctionnels d’une chaîne TV. La partie logicielle du SAN est importante. depuis la capture d’une image lors d’une émission jusqu’à la diffusion en passant par le montage. l’archivage. elle remplace peu à peu la boucle arbitrée.

Perspectives Cette partie centrale du processus de traitement est conçue dans la continuité des systèmes de fabrication. Cette solution complète de traitement graphique offre une compatibilité sans faille et. Ce type de solution est mis en place lorsque des habillages dynamiques sont nécessaires. Cette notion de dynamique autorise les opérationnels à changer de données en direct. Chronologiquement. Ces derniers traitent les signaux en résolution de traitement (DV ou MPEG) en profitant des progrès de l’informatique (architecture et protocoles).2 • Les nouveautés technologiques On trouve sur le marché des solutions complètes intégrant tous ces stades et offrant une compatibilité complète entre ces trois domaines différents. surtout. Ses principaux atouts dans l’objectif de compétitivité sont la facilité d’exploitation et le partage des ressources. Ces systèmes sont de plus en plus couplés à la basse résolution pour permettre le remplacement des traditionnels magnétoscopes de visionnage au sein des chaînes TV. un gain de temps dans le processus de mise en place et d’exploitation des traitements de l’image. en revanche. principalement dans le domaine des grilles audio et des outils de commande de grilles. les habillages graphiques sont conçus en postproduction puis utilisés par une production ou directement par la diffusion. sans toucher à l’essentiel des graphiques préparés en amont. Les solutions de distribution du signal Le domaine du traitement des arrivées et départs des signaux est peu marqué par l’évolution technologique. Le SAN est l’architecture privilégiée de tels systèmes. voit apparaître quelques nouveautés. comme l’illustre la figure 2. La partie distribution. 67 .9.

10 illustre l’implantation de plusieurs caissons composant la grille audio. La figure 2. Chaque caisson se compose d’entrées-sorties ainsi que de processeurs internes. L’avantage d’une telle architecture est de délocaliser les caissons d’entrées-sorties dans différentes zones d’exploitation et de bénéficier de la souplesse d’un seul et même matériel. compresseurs et inverseurs de phase. Cette architecture compose en fait virtuellement une seule et même grille. L’arrivée récente de nouvelles consoles audio numériques pour le mélange des signaux fait évoluer les grilles de manière notable. permet d’affecter dynamiquement des processeurs à des sorties suivant leur disponibilité dans le temps. la fibre optique relie les caissons entre eux et permet une grande modularité de la grille. approchant celles des consoles. Parmi les processeurs audio. ou multiplexage temporel. Ces caissons d’entrées-sorties et de traitement sont vus de manière logique comme une seule grille contenant des processeurs affectables aux sorties désirées. La technologie TDM (Time Division Multiplexing). Les caissons sont reliés entre eux par des fibres permettant le dialogue.INFRASTRUCTURE TECHNIQUE D’UNE CHAÎNE DE TV Les grilles audio Comme expliqué au chapitre 1. L’architecture modulaire des nouvelles consoles audio fait bénéficier les grilles de fonctionnalités supplémentaires. Architecture globale Coté transmission des données. Le gain financier est important en comparaison des architectures classiques distributives. Ces outils « mélangeurs » se composent d’une grille et de processeurs. citons les gains. Dans chaque caisson. 68 . Elles peuvent être équipées des mêmes processeurs que les consoles. des cartes d’entréessorties et des processeurs peuvent être logés. une grille se compose d’un ensemble d’entrées et de sorties. Sa fonction est d’affecter une des entrées à une ou plusieurs sorties. limiteurs.

69 . des signaux sortants et de la distribution interne. Il est aussi possible que ces rôles soient mutualisés et partagés entre plusieurs personnes. ces fonctionnalités ne sont pas disponibles à ce jour du fait de la bande passante encore limitée.2 • Les nouveautés technologiques Coté vidéo. Ce travail peut être réalisé par une gestion séparée des signaux entrants.10 Grille audio utilisant la technologie TDM Le contrôle des équipements Le contrôle des grilles et des équipements de traitement associés (processeurs vidéo ou audio) est généralement effectué par des systèmes informatiques bâtis sur mesure. malheureusement. comme illustré à la figure 2. OUT IN IN ‰ OU T équivalent à IN IN ‰ OUT ‰ OUT IN OUT IN OUT IN OUT Figure 2.11. Chaque chaîne TV exploite en effet d’une manière spécifique les signaux entrants et sortants. Le développement des interfaces IP (voir en fin de chapitre) pourrait conduire à remplacer les grilles vidéo par des switch de type informatique.