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REPUBLIQUE DU NIGER

UNIVERSITE ABDOU MOUMOUNI

FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES INTERUNIVERSITAIRE CIBLE DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE BP : 418 NIAMEY

PROJET (PIC) UCL-UAM/Aguié

MEMOIRE DE FIN D’ETUDE
POUR L’OBTENTION DU DIPLOME DE MAITRISE EN GEOGRAPHIE

Etude de la filière Sésame dans la zone d’Intervention du Projet de Promotion des Initiatives Locales pour le Développement d’Aguié (PPILDA) : cas de la zone de Gawaro Sud Tchadoua (Aguié).

Présenté par : IBRAHIM HABIBOU

Devant le jury composé de :
Président : Dr TOUDOU ADAM, Maître de Conférences Faculté d’Agronomie, U. A.M. Directeur: Dr YAMBA BOUBACAR, Maître Assistant FLSH Co- Directeur: Dr AMOUKOU IBRAHIM, Maître Assistant, Faculté d’Agronomie U. A.M Assesseur : Dr MARICHATOU HAMANI, Maître de Conférence, Faculté d’Agronomie U. A.M

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Année Académique: 2005-2006
SOMMAIRE GAWARO GIDAN KANÉ..................................................................................................................31 2.2.1- LE SYSTÈME DE PRODUCTION, DE CULTURE ET D’EXPLOITATION..................33 ..............................................................................................................................................................61 - A L’AVAL DE LA FILIÈRE............................................................................................................61 A LA RECHERCHE............................................................................................................................62

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INTRODUCTION Le Niger est un pays sahélien, dont le développement économique et social durable repose sur la redynamisation du secteur primaire. Enclavé et faiblement doté des ressources naturelles, le Niger connaît un climat sévère, marqué par la faiblesse et l’irrégularité de la pluviométrie. Une dégradation manifeste et continue des ressources, alimentée par le cercle vicieux de la pauvreté. La sécurité des populations ainsi que celle des animaux dépend en quasi-totalité de l’agriculture pluviale qui assure 96% de la production céréalière et fourragère. Cette base alimentaire est particulièrement fragile, du fait des aléas climatiques et la forte pression démographique qui conduit à une surexploitation des terres. La raréfaction de celle-ci rend les systèmes de productions agricoles peu performants. A cela s’ajoute l’absence d’une politique d’appui aux paysans faute de structures adéquates et de promotion des cultures secondaires de rentes. Ainsi après l’effondrement de l’exportation de l’arachide en 1977, le Niger avait tenté d’organiser la filière sésame en 1995 incitant à la production suite à d’importants contacts avec l’extérieur. Malheureusement la hausse du prix du sésame avait fait rompre le contrat entre institutions partenaires et paysans. Aujourd’hui, la culture du sésame s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. Cette activité est appuyée par les projets de développement et les ONG qui cherchent, à favoriser la production et la commercialisation des produits agricoles au Niger. La présente réflexion s’inscrit dans le cadre d’un projet inter universitaire, PIC/ULC/NIGER, qui lie des Universités belges à l’université Abdou Moumouni du Niger. Il vise à introduire des Innovations pédagogiques majeures dans l’enseignement universitaires dans le sens d’une formation qui prépare les étudiants à leur future mission d’agents de changement dans leurs sociétés, soit comme agents de développement, soit comme chercheurs. Dans cette collaboration, le mémoire est considéré comme le résultat des recherches collaboratives en milieu villageois, en particulier dans le cadre d’une relation tripartite paysanne, universitaire, et projet. Cette approche a pour but d’améliorer ou de rechercher des solutions aux problèmes paysans avec tous les partenaires ; ensuite au niveau des institutions partenaires il s’agit de changer de méthode d’approche : Celle-ci doit être collaborative et créative, de manière individuelle ou en groupe, en acceptant que les paysans peuvent être détenteurs de savoir ou connaissances qui nécessitent d’être connues, appuyées, valorisées et diffusées. La présente étude résulte de trois (3) mois de stage dans le secteur de GAWARO, dans commune rurale de Tchadoua du département d’Aguié. Le thème d’étude a porté sur «L’étude de la filière sésame dans la zone d’intervention du projet de promotion des initiatives locales pour le développement d’Aguié, cas de la zone de GAWARO sud Tchadoua». Elle répond à une préoccupation manifestée par le

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les catégories d’acteurs. les contraintes et les difficultés rencontrés. Ce travail vise à identifier les activités menées. les appuis dont la filière a bénéficié et enfin les propositions pour la promotion de cette culture. Le travail comporte trois (3) grandes parties : Une première étude les systèmes de culture et de leur évolution La seconde se penche sur le cadre méthodologique et conceptuel La troisième porte sur les résultats et discussions 4 .nouveau projet qui cherche une situation de référence pour le démarrage de ces activités.

Des lors la recherche de l’autosuffisance alimentaire devint une préoccupation permanente pour tous les pouvoirs publics qui favorisent par ailleurs une approche de développement axée sur l’implication directe des paysans dans tous les programmes et projets ruraux. les tonnages de sésame produits. l’instabilité politique a freiné les reformes engagées par l’Etat à travers la définition des grands axes stratégiques à savoir : La gestion des ressources naturelles L’organisation du monde rural La responsabilisation des populations et la modification du rôle de l’Etat La sécurité alimentaire.5% des quantités totales d’oléagineux. (FAO. Malheureusement la grande sécheresse de 1984 intervenue dans un contexte de récession économique du pays. Cette option demeura jusqu'à l’effondrement des structures d’appui aux paysans telles l’UNCC l’UNC. ont représenté 12. L’importance de la production du sésame peut être illustrée dans l’économie nationale et régionale. La SONARA. Pour la production de toutes ces cultures.6% et 4. la CNCA. Depuis la Conférence Nationale souveraine tenue en 1991. Pour le sésame depuis 1996 la production augmente. période marquée par des sécheresses avec son lot de famine. marqua le passage aux programmes d’ajustements structurels. 2000). soutenus par une politique volontariste de subventions des intrants et de soutien aux prix agricoles à travers des structures publiques servant d’intermédiaires entre l’Etat et les paysans. la relance du sésame est l’une des priorités du gouvernement pour la promotion des cultures de rentes. de la vulgarisation. l’intensification. La culture arachidière s’est considérablement développée au détriment des cultures vivrières spécialement pour approvisionner les industries européennes. Cette volonté s’est traduite à partir de 1995 par l’organisation de l’exportation du sésame nigérien. Les chiffres disponibles de 1991 à 1998 indiquent le sésame vient après l’arachide et avant le coton. de la gestion des ressources naturelles et de l’investissement rural. Cependant. En 1996 et 1998. Au Niger. suivi par le plan de développement économique et social (1987-1991).Problématique Depuis la période d’avant indépendance. et la diversification des productions Au Niger. qui atteint un niveau record en 1996 avec une production de 29753 tonnes sur une superficie de 182585 hectares plaçant le Niger deuxième (2) rang des producteurs après le Nigeria. et MAG /EL. des baisses sensibles semblent être observées. l’OPVN etc. 1995). de nombreux acquis ont été obtenus au cours de cette période notamment dans le domaine de la recherche. 5 . obligèrent les paysans à s’intéresser plus à celles vivrières. la colonie du Niger était une référence en matière d’exportation des produits agro-pastoraux. le sésame est la 2 eme culture d’oléagineux en terme des superficies cultivées et de tonnage produit. Cette logique continua jusqu’en 1970. elle porte le Niger au 5eme rang après le Nigeria en 1996 et 2 éme place en 1998 par rapport aux pays producteurs limitrophes du Niger. (SNV.

On assista progressivement à l’accroissement en dents de scie de superficies cultivées malgré une évolution des rendements. Les quelques données statistiques pour le Niger montrent que le sésame peut contribuer au budget national par la perception des taxes de douanes si l’Etat pense harmoniser l’exportation. rendant ainsi les populations vulnérables par rapport à la disponibilité et à l’accès aux denrées alimentaires. le système de production est exposé en permanence au risque de déficit de production . 2000 Malgré l’importance de cette production le Niger a des difficultés à organiser l’exportation du sésame à travers le monde et de mieux profiter de cette filière porteuse de devise. étant entendu que les cultures pluviales privilégient les céréales. SNV. 2000 Toutes ces perceptions fiscales douanières montrent parfaitement qu’il est important pour le Niger d’orienter sa politique agricole sur des filières de rentes. et seul le contrôle du circuit de commercialisation et la maîtrise des flux pouvait assainir les opérations commerciales des produits exportés. SNV. Tableau no2: Valeurs des importations et des exportations de sésame du Niger Année 1991 1992 1993 1995 1996 Importations valeur CAF FCFA 792303 20000 3577477 1538000 Exportations valeur FOB FCFA 6244000 700000 2550000 3582000 Source : DSCN/MP.Tableau n01 : Production du sésame des pays voisins du Niger. en Tonnes Pays Niger Bénin Burkina Faso Mali Nigeria Tchad Années 1996 29753 9000 13000 200 65000 13000 Années 1998 5448 10000 13000 200 60000 15000 Source : Fao et MAG/EL. Aujourd’hui le sésame est cultivé dans trois (3) grandes zones de productions : Au centre du Niger. en occurrence dans les régions de Zinder et Maradi où la production est plus importante et la culture se fait actuellement sur des grands champs collectifs (Gandou) ou des champs individuels détenus par les femmes et 6 . Compte tenu de la forte pression démographique et de la variabilité climatique.

particulièrement dans la commune rurale deTchadoua. Mais cette culture du sésame bute à une contrainte majeure. qui mobilisent un certain nombre des ressources en faveur du sésame. Toutefois. niébé. 2000). le sésame peut contribuer à l’amélioration de la santé de la population. Dans la région de Tahoua les producteurs semblent avoir opté pour un début de spécialisation dans la culture. se développe la culture du sésame. il reste à déterminer l’importance de production actuelle et ses contraintes pour évaluer tant sur le plan écologique. les initiatives se développent autour de la filière sésame avec la création des groupements de producteurs appuyés par les projets. Si le sésame représente un potentiel important dans la zone de Gawaro (sud Tchadoua).les jeunes. Le pourcentage de la main d’œuvre impliquée est plus important dans la production du sésame à Tahoua qu’au Centre. (SNV. Développer cette culture est d’une part. A l’Ouest le sésame est une culture essentiellement féminine sur des petites parcelles. Dans le Département d’Aguié . C’est un produit rémunérateur très demandé sur le marché international. - Ainsi. souchet) dans les assolements. De par ses qualités nutritionnelles et médicinales.Au plan organisationnel il existe une association dénommée HADIN KAY de DOUKOU DOUKOU. ayant bénéficié de l’encadrement de la SNV.25kg au niveau de 45 groupements de TERA et en 1995. Ce qui du coût repose la question de la valorisation de la production. 20kg de semences ont été fournis à crédit par le PDLT aux groupements féminin de SAY (SNV. une voie que l’on peut retenir dans le processus de la recherche de la diversification des cultures et de la sécurité alimentaire. économique. ses possibilités d’extension. le sésame supporte la concurrence des autres cultures de rentes (arachide. lié au fait que le Niger n’est pas actuellement référencé comme pays producteur. Le système de production de la culture du sésame présente –t – il des insuffisances pour optimiser la production ? La non transformation des produits du sésame ne diminue – t – elle pas la marge bénéficière des producteurs ? Le système de commercialisation lèse-t-il les producteurs ? Le niveau d’organisation des producteurs leur permet-il de mieux rentabiliser la production ? 7 .exportateur. le PASP a récupéré 3857. L’étude de la filière dans la zone de Gawaro devait contribuer à ressortir les caractéristiques de cette culture et les goulots d’étranglement sur la base d’un questionnement. Néanmoins des Projets fournissent des semences de sésame aux groupements féminins dans le cadre d’une stratégie de diversification de revenus. 2000). et social. La production reste handicapée par une faible superficie et l’absence de crédit et d’intrants aux producteurs. Au titre de crédit de campagne.

Les difficultés rencontrées Des investigations de terrain. et enfin appréhender le niveau d’organisation des producteurs.Objectifs de l’étude : Notre étude vise à diagnostiquer la filière sésame en vue de dégager des propositions pour sa promotion. de commercialisation en vue de déceler ses insuffisances et atouts. les sensibiliser sur les enjeux et l’objectif de cette étude. a attiré de nombreux paysans pensant se faire recenser. et à la nécessité de parcourir à pieds des distances allant de 3 à16 km pour recueillir les données et dans un contexte de la famine très grave. En outre le travail de terrain a coïncidé avec les travaux champêtres pendant lesquels les paysans étaient disponibles que les nuits. 8 . Un autre problème est que le PAIIP n’est pas intervenu dans notre zone d’étude . et que les paysans ont gardé en mémoire les actions de l’ex-projet PDRAA et surtout le passage du président de la coopose demandant aux populations de cultiver le sésame qui à trouver des débouchés. De manière spécifique il s’agit de faire un diagnostic des systèmes de production. Il a fallu s’adapter au contexte du terrain et organiser des entretiens nocturnes. Il a fallu chaque fois rappeler l’approche PAIIP et même contacter tous les chefs des villages environnants. de sonder les capacités et les possibilités de transformation du produit sésame. Tous les producteurs se sentent concerné et chacun voulait être associé à l’enquête. il ressort un certain nombre des difficultés relatives à l’enclavement de la zone d’étude. Les résultats attendus La filière caractérisée Les contraintes et les potentialités dégagées Les propositions en vue de la promotion sont faites.

1ère Partie : Cadre de l’étude et présentation de la zone de recherche 9 .

28 hbts au km2 (RGP/H-2001). est la manifestation des changements profonds intervenus au cours des décennies écoulées. Certains sont porteurs d’amélioration qui peuvent bénéficier à l’ensemble des catégories sociales. D’autres creusent au contraire de nouveaux écarts entre les peu vulnérables et les plus vulnérables. à l’Est par celui de Tessaoua au Sud par la république fédérale du Nigeria sur une longueur de 70 km et à l’Ouest par les départements de Madarounfa et de Guidanroumgi. Cette population se compose essentiellement d’agriculteurs Haoussa (80%) d’agro pasteurs Peulhs (18%) de Bouzous (2%). Carte N° 1 : Présentation de la zone d’étude REGION DE MARADI DEPARTEMENT D'AGUIE Carte: N°1 : Présentation de la zone d'étude 16°00 N 15°00 Dakoro 14°00 Mayahi Tessaoua Guidan-Roumji # Madarounfa 13°00 Aguie 8°00 7°00 ECHELLE :1/2000000 Légende Region de Maradi 30 0 30 60 Kilometers Département d'Aguié Conception : Roro Abdou IGNN Commune Rurale de Tchadaoua Cette zone se caractérise par un déséquilibre marqué des systèmes socioéconomiques.I – Cadre de recherche : Crée en 1972 le département d’Aguie a une superficie de 2800 km2 avec une population estimée à 276938 hbts en 2003 et une densité de 92. La transformation de la société agraire d’Aguié. 10 .situé au sud de la région Maradi. le département d’Aguie est limité au Nord par le département de Mayahi.

à l’issue des investigations. Ce projet a mené plusieurs actions conduites selon une approche volontariste et descendante qui ont débouché sur des résultats mitigés. le département a bénéficié de l’intervention de plusieurs partenaires dont le PDRAA. Il s’agit d’identifier les moyens de valoriser des filières agricoles et cela dans le but de réduire la pauvreté et la vulnérabilité des populations et cela conformément aux missions du projet. Ainsi.1-L’intervention PDRAA : Une décennie d’action aux résultats mitigés. Une première investigation a été conduite par l’équipe de la CTPIIP sur la question de la vulnérabilité des exploitations en utilisant la méthode de récit des trajectoires dans les villages d’intervention et avec toutes les catégories socio-économiques . Ce projet a duré 6 ans sur financement FIDA soit environ 8 millions DTS conformément à la l’accord de prêt (AP 292NG). Ces études ont révélé que toutes les composantes sociales sont exposées aux risques de vulnérabilité et que tout Projet devra tenir compte de cette réalité dans la définition de sa stratégie. En vue de réduire les écarts. Etude de la vulnérabilité selon l’approche genre . La présente étude sur le sésame s’inscrit dans cette dynamique. - Ces recommandations ont abouti à des réflexions sur le concept de la vulnérabilité et de l’inter village. l’organisation et la formation des groupes cibles pour l’adoption des techniques et des thèmes vulgarisés . qui renvoie à des différences d’objectifs. Le projet de développement rural d’Aguié (PDRAA) avait comme philosophie l’introduction des paquets technologiques . et de stratégies . 11 . le projet tire satisfaction de la volonté du Gouvernement Nigérien de capitaliser et de valoriser les enseignements tirés du deuxième projet PDRM qui avait pris fin en mars 1988. sont d’une grande diversité et d’une grande complexité. Il s’agit de : Etude des facteurs et perceptions sociales de la vulnérabilité . la mission de pré-évaluation et de formulation a fait des recommandations suivantes : La prise en compte dans le nouveau projet de l’existence au sein d’une même communauté des disparités assez significatives entre unité de production. et des études complémentaires ont été ensuite menées en collaboration entre l’Université de Niamey et l’Université Catholique de Louvain dans le cadre du Projet Initiatives Ciblées PIC. Etude des impacts des cérémonies sur le processus de la vulnérabilisation des ménages. de trajectoires.Ces changements dans lesquels est engagée la société agraire de la zone d’étude. 1. Démarré en 1992. mandaté par le Gouvernement du Niger et le FIDA pour trouver une démarche appropriée qui intègre l’approche genre. La mise en place du PAIIP.

d’identifier et de rechercher une méthodologie d’appui et de diffusion des innovations paysannes constituant la base de la formulation d’un programme d’investissement renforçant les initiatives villageoises dans les domaines divers. a tranché clairement avec l’approche descendante et peu participative du PDRAA. développeurs et chercheurs de tester.diagnostic. En effet. Ce dialogue doit 12 . La motivation profonde de cette recommandation est de permettre à une équipe locale des paysans. Il a favorisé l’implication de la composante femme dans le processus d’identification et programmation des actions en veillant à leur répartition équitable entre hommes et femmes. Ce programme mené avec le SALWA NIGER autour d’un appui méthodologique d’ENDA-GRAF. Ce programme doit susciter un dialogue et une concertation soutenue et des échanges entre partenaires dans une collaboration ou la pertinence des idées de chaque acteur est prise en compte en particulier celle des paysans. et de dégager ses points forts et points faibles et de tirer des recommandations pertinentes.- la mise en œuvre d’un ensemble de mesure d’accompagnement pour faciliter l’adoption des techniques et la pérennité des acquis tels que (le crédit. Un atelier tenu à Maradi en septembre 2000 a permis d’évaluer le VIPAF. Dans le domaine de la recherche. Pour donner suite à cette recommandation. Cela s’est traduit par des résultats mitigés par rapport à la diffusion des technologies et la matérialisation d’un développement local auto entretenu à travers des associations villageoises conformément au modèle d’organisation conçu par le projet. Cette approche avait une insuffisance liée à la faible implication des bénéficiaires dans l’identification des contraintes et des solutions à mettre en œuvre. L’évaluation finale en novembre 2000 a permis d’élargir pour une année cette approche VIPAF aux domaines de l’agriculture. 1. L’amélioration des conditions de vie des paysans les plus démunis qui s’appuient de façon significative sur l’exploitation des ressources naturelles. la formation) en vue d’améliorer les conditions de vie de populations. Le PAIIP qui a été mis en œuvre vers la fin du PDRAA. un programme de travail intitulé Programme d’Appui aux Initiatives et Innovations Paysannes (PAIIP) a été élaboré et exécuté en 2001. innovations et expérimentations des paysans. le renforcement d’un partenariat entre trois acteurs (paysans. initiatives. de l’élevage et socio organisationnel. le projet du développement rural de l’arrondissement d’Aguié (PDRAA) a initié à partir de juin 1998. un programme test de recherche participative qui s’appuie sur la valorisation des initiatives paysannes en agroforesterie (VIPAF). 2 – Le PAIIP : Une approche innovante. développeurs et chercheurs). se basait essentiellement sur l’exécution des activités de recherches synergiques et de collaboration en poursuivant entre autres les objectifs suivants : le renforcement de capacités d’auto . le PAIIP se préoccupait de lutter contre toute forme de discrimination dans l’appui donné aux initiatives et aux innovations d’où qu’elles viennent en refusant de privilégier les intérêts et stratégies des hommes au détriment de ceux des femmes.

1. commercialisation et communication. Dans la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité des populations le projet interviendra dans tous les secteurs socio-économiques et s’appuiera sur la solide approche du PAIIP. Les changements d’attitude des différents partenaires doivent s’opérer à deux niveaux : D’abord au niveau des communautés. Faire appel à un esprit qui nécessite un changement d’attitude de trois acteurs dans leur relation de partenariat. Renforcement de l’offre locale de services . IL est articulé autour de cinq composantes : Repérage. les échanges et même les appuis inter villageois. éducation. Et au niveau des chercheurs et développeurs pour comprendre la logique paysanne et de rompre avec les méthodes classiques et descendantes. concevoir et mettre en œuvre par un processus de développement local et dans un cadre logique de partenariat.3 . approvisionnement en eau. Les populations bénéficieront des appuis dans les domaines pertinents de développement rural : Santé. favoriser la responsabilisation des paysans dans la recherche des solutions à leurs contraintes . et valorisation des innovations locales . Fonds d’appui à l’initiative et innovations locales « FAIIL » . elles ont trouvé ou pas des solutions et qu’il y a lieu d’intervenir. environnement.La logique du PPILDA L’objectif général visé par le PPILDA est d’améliorer des conditions de vie et des revenus des populations pauvres vivant dans la zone du projet. Renforcement des instances locales et organisations rurales « IOR » locales .se faire non seulement entre les trois principaux acteurs mais aussi entre paysans et villages pour concrétiser le parrainage. transformation. Gestion de Projet 13 . Le PPILDA aura à intervenir dans l’ensemble du département d’Aguié et les communes limitrophes des départements de Guidan Roumji et Madarounfa. économiques et sociales afin de leur permettre de réduire la pauvreté et leur vulnérabilité. agriculture. la programmation et le suivi évaluation. élevage. où face aux difficultés ou contraintes qu’elles vivent et qu’elles sont capables elles-mêmes d’identifier et analyser. l’objectif spécifique est de renforcer les capacités des groupes cibles à définir. des initiatives et innovations techniques. la conception. n’aboutissant pas à des vraies politiques de développement.

Des stratégies d’amélioration de la production agropastorale et de la promotion des activités génératrices de revenus doivent être renforcées.. Une analyse a permis de retenir la filière sésame. Dans ces conditions on peut dire que les productions locales sont peu valorisées et qu’un effort important est à fournir pour développer des stratégies de transformation. Elle regroupe environ 28 villages producteurs du sésame dont 5 villages concernés par l’étude (cf. La présente étude s’inscrit dans cette philosophie. le poivron. les cuirs et peaux. cette zone est une référence pour cette culture. particulièrement dans la zone de Gawaro et sa commercialisation prend un essor important dans la dynamique d’échange régional. Dans le département d’Aguié. le projet a identifié un certain nombre des filières attractives et prometteuses lors des autodiagnostics villageois parmi lesquelles on peut citer le souchet. le miel et le sésame. carte de localisation). le bétail. Depuis une trentaine d’années. Cette culture de rente connaît un développement relativement important dans le département d’Aguié. Dans cette zone la culture du sésame tient une place de premier plan dans le système de culture. la demande de production agricole ne fait que croître. d’amélioration de la qualité des calendriers culturaux et de mise en marché. Le risque des famines est grand d’une année à l’autre. laissant les producteurs seuls face à des acteurs économiques fortement rodés et connaissant bien pour leur part l’extrême fragilité de l’équilibre des exploitants auxquels ils ont à faire. Les excédents céréaliers ne concernent que quelques catégories sociales de la population. C’est ce constat qui justifie le choix du thème dont les objectifs sont présentés ci-dessus. Les revenus qu’il génère contribuent efficacement à la lutte contre les facteurs de la vulnérabilité. sous l’effet conjugué des sécheresses successives.II – Présentation de la zone de recherche Elle est l’une des plus anciennes zones d’intervention du PDRM et du PDRA. Chacune constitue la porte d’entrée aux grandes zones de production. Le choix de cette zone est lié surtout à l’intérêt que porte les populations sur la culture du sésame considérée comme une spécialisation de rente. Le nouveau projet cherche à élargir son champ d’action dans le département de Madarounfa ou le sésame est plus produit. . Elle est située dans la commune rurale de Tchadoua dont le village de Gawaro se situe environ à 25 km au sud du chef lieu de la commune et le village d’accueil à 17 km du dit lieu. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. son fonctionnement. Elle se limité à l’Ouest et au Sud par le département de Madarounfa et à l’Est par la commune urbaine d’Aguié. La question de la sécurité alimentaire est une préoccupation majeure pour la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité des exploitations. 14 . le niébé. Mais d’une manière générale cette filière est méconnue dans sa spécificité . Cette zone est comprise entre 7°23’ et 7°36’ de latitude et 13°19’ et 13°27’ de longitude.

Carte N° 2 : Localisation de la zone de production REGION DE MARADI DEPARTEMENT D'AGUIE COMMUNE RURALE DE CHADAOUA Carte:N°2: Localisation de la zone de production N 7°25 7°30 7°35 Légende ' Villages de tchadoua. ' GU IDAN GAD O JAN TOUDOU ' ' BOUGOU NGABA ' ' GU IDAN BAGOUARI ALGAFIA ' WAKASSO ' KATARE HAN KAKA DAN GALADIMA ' ' ' DAN AICHA ' ALAW A ' GUIKI ' ' KOUFAN BARA ' NAKIFADA ' ' ' DAN BOUZOU DAN KALGO ' ' GU IDAN JIGO ' ' ' GU IDAN KOU BE ' ' ' Routes communes Piste automobilisable Route goudronnée Route latéritique Limite commune tchadoua Lieu d 'enquête La zone de prodction 13°40 ' GUIDAN ZOUDI ' ' 13°35 TCHADOUA (plus villages) KOUR A MOTA [C HAPKE] ' ZANGO ' ' MAI JAN GU ER O ' ' ' DAN GAMJI ' ' ' ARNAGOU BIN I ' 13°30 ' ' GUIDAN CHADOU ' ' ' GUIDAN BAJE ' GU IDAN BARA ' ' SAKI ' ' DAN GADO ' 13°30 ' JIBIA TAMAIZARI ' ' ' KAFICH ANTALI ' KAFIN BAOUC HI ' ' ' GOTC HE ' ' MAGAMI GUIDAN KARMA ' ' ' 13°35 ' FOR GA [ROU WAYE] ' GAW AR O GUIDAN KAN E DAN YAC OUBA ' ' ' GU IDAN TAMBARI ' 13°25 GUIDAN BADOUKOU ' RIJIA BER I ' ' GAW ARO MADATEY' GABALAFIA ' OUNW ALA TAOURAYE ' ' INW ALA BARMOU ' ' MARIN DAWA DAN DOTO ' ' Echelle ' MARAKE 1:200000 13°20 13°20 7°25 5 7°30 0 ' 7°35 5 10 Kilometers Conception: Roro Abdou IGNN 15 .

L’agriculture aussi bien que l’élevage fonctionne sous des contraintes foncières. Le système traditionnel d’utilisation de l’espace agricole tend vers une situation de crise. 16 . T : tonne Source rapport SDAA Aguié 2003. . et les évolutions récentes de l’environnement expliquent dans une large mesure le fonctionnement actuel des systèmes de production.000à 250. climatiques et édaphiques. du niébé ou du sésame. Rdt : rendement . Cette situation fait qu’un habitant ne dispose à peine d’un 1 hectare. c : superficie cultivée.000 représentent les superficies en HA Sup. baisse de fertilité des terres. En effet avec une densité moyenne de 100hbts au km pour le département et 250 hbts au km dans le canton de Gangara. rendements et production des principales cultures pluviales de 1999 à 2003 250000 200000 150000 100000 50000 0 Rdt/T Sup-C Rdt/tonne Sup-C Sup-C Sup-C Rdt/T Rdt-ha Rdt-ha Rdt-ha Rdt ha Rdt/T 1999 2000 2001 2002 2003 Mil Sorgho Niébé Arachide NB : les valeurs de50. L’entretien avec les agents techniques du Projet Aguié nous a révélé une situation pas du tout enviable. mauvaise technique culturale etc. 2004). de l’arachide. Elle couvre 268260Ha soit 96% des superficies cultivables (SDAA. 2. ce qui pousse certains à quitter. On est en présence d’un système de culture à base des cultures du mil et du sorgho avec en intercalaire.Les systèmes de production peu performants Les conditions particulières de la zone d’Aguié. L’agriculture. Prod : production . en partie destinée à l’autoconsommation se caractérise par des faibles rendements comme l’indique le graghique suivant : Graphique N°1 évolution de superficie.En terme de problématique de développement la situation peut se résumer par un déséquilibre marqué des systèmes de production attesté par une pénurie foncière. L’essentiel de l’activité agricole sous pluie consacre les cultures vivrières. faute de terres de culture.1 . le problème de terres se pose actuellement.Les contraintes foncières L’agriculture reste la principale activité économique des populations.

Cette situation foncière est plus remarquable dans le sud particulièrement dans les zones de production du souchet dans la commune rurale de Tchadoua. Leur importance est déterminée par le rôle qu’elles jouent dans les économies locales. niébé. imposées également par les faibles disponibilités foncières. Leur répartition spatiale répond aux différentes situations écologiques qui existent dans les terroirs villageois. A l’échelle du département l’identification de toutes les espèces cultivées ne rencontre pas avec la même fréquence et ne se distribue pas de manière homogène dans l’espace cultivé. cette capacité à tirer partie des différentes potentialités du milieu permet une relative diversification des espèces. En dépit d’une large dominance des cultures vivrières. les paysans tentent de répondre par la pratique de culture de contre-saison et le développement du manioc. Dan Gado et Dan Kada Dodo). A cette situation. autrefois systématiquement appliqué. La faible disponibilité foncière n’autorise pas le recours à la jachère comme mode de restitution de la fertilité. Les spéculations sont principalement vivrières (mil. Elles ont atteint leur amplitude maximum à Aguié de 61% (CNEDD. seules les forêts classées et protégées échappent à la pression humaine (Bakabé. Cela s’explique d’une part par le caractère très lessivé des sols très surexploités. la progression du niébé tardif et du manioc ainsi que le maintien des cultures annexes telles que le souchet et le sésame…etc. Cette tendance semble s’affirmer avec le recul des cultures de l’arachide. 2004). l’occasion d’une spéculation entre la zone et le Nigeria voisin. où cette culture a permis l’apparition des grands domaines fonciers appartenant aux commerçants et fonctionnaires. Dans cette zone agro – pastorale l’occupation est forte. sorgho) avec toutefois une contribution non négligeable des cultures de rentes à savoir l’arachide. le souchet et le sésame. 17 . Compte tenu du manque des terres l’occupation de l’espace ne tient pas compte des potentialités aux différents types de sols dans l’ordre des priorités qu’ils accordent aux différentes cultures. on assiste à une saturation foncière et une occupation de tous les espaces cultivables. Avec la disparition de la jachère. Les apports ne suffisent pas à compenser les prélèvements exercés sur les sols par les cultures. L’agriculture tient une place dans l’économie régionale et offre en plus de subsistance.La lecture de ce tableau laisse voir des faibles productions durant les cinq années illustrées par des faibles rendements. le manque de fertilisation où l’approvisionnement en intrants agricoles et d’autre part la faible utilisation du matériel agricole performant et la non maîtrise des ennemies de cultures qui provoquent des dégâts importants. Aujourd’hui des nombreuses contraintes s’exercent sur le système de production. A certains endroits la raréfaction des ressources végétales et surtout l’absence des aires de pâturages communes ont conduit à une utilisation presque complète des résidus de cultures pour l’alimentation du bétail. Malgré les efforts fournis pour rendre l’agriculture compétitive. les déficits céréaliers sont désormais structurels. D’une manière générale le système de production agricole se caractérise par la prédominance des cultures pluviales.

Quant aux techniques culturales. Il existe deux (2) types d’élevage : l’élevage de reproductive et l’embouche. asins et équins. L’activité d’élevage rencontre des sérieuses difficultés liées au manque d’aires de pâturages. mais aussi une restructuration de l’organisation sociale. Le bétail offre aussi l’avantage de produire régulièrement du fumier. Sur ces terres. Face au problème crucial des terres de culture. Dans l’ensemble les rendements fluctuent d’une année à l’autre selon le caractère des précipitations et la nature d’investissement agricole. le transfert de la fertilité se fait grâce au bétail en pacage.Cette évolution des terres agricoles a été notifiée par les travaux de DOKA et de MARIE MONIMART. et même la traction animale sont les domaines privilégiés des ménages moins vulnérables d’où le faible développement de l’intensification agricole dans la zone. les agriculteurs ont entrepris de défricher et occuper les bas-fonds. L’utilisation des engrais minéraux. la mise en culture sur des terres au potentiel agronomique très limite n’est possible au prix d’une combinaison de diverses pratiques d’entretien de la fertilité . L’examen des conséquences de la situation démographique sur les différentes ressources foncières fait certes remarquer la disparition de la jachère et la baisse de la fertilité des sols. Les petits ruminants sont les plus importants. et certains éleveurs peuls partent en transhumance généralement en direction des forêts classées. Au plan de la gestion de la fertilité et au vu de la faible performance des sols. fanes. (2002) qui font une corrélation entre les terres cultivées et la pression démographique. les femmes et les jeunes étant exclus. surtout dans un contexte ou l’exploitation devient continue faute des réserves foncières et devant l’impossibilité de pratiquer la jachère. Elle est pratiquée par la majorité de la population. camelins. Les animaux sont nourris grâce aux sous produits agricoles (tiges. elle demeure la deuxième activité après l’agriculture. et du compost. 2004). Aujourd’hui face à l’absence d’aire de pâture certains agro 18 . Quant à l’élevage. phénomène bien connu des paysans eux-mêmes sur des sols sableux lessivés. « L’importance des surfaces cultivées est fonction la disponibilité en terre et ce qui fait que l’augmentation des terres cultivées est inférieure à celle de la démographie ». l’accroissement du nombre de ménages. A titre d’exemple la production de 2004 donne comme rendement pour le mil 400 Kg/ha. Cela s’explique par une conjonction des facteurs : l’indisponibilité de l’espace . Les forêts classées et les couloirs de passage d’animaux servant de pâturage sont envahis par SIDA CORDIFOLIA herbe non appétée par les animaux. paille). elles ont timidement évolué et restent les mêmes dans les département d’Aguié. le sorgho 280 Kg/ha. caprins. Le cheptel est composé de bovins. mais il permet également la capacité de transport du fumier et une meilleure valorisation des terres. et le niébé 90 Kg/ha (PAIIP. et la péjoration climatique. soit à partir du transport du fumier sur les champs. ovins.

Depuis les sécheresses de 1973. une intensification du système de production et l’augmentation du rayon de transhumance afin de trouver les pâturages difficilement disponibles dans cette partie centrale de la région de Maradi.400.écologique. La pression foncière forte. la traction 19 E .Malgré cette insuffisance des terres de pâturages.pasteurs installent des pâturages privés. Graphique n°2 1400000 1200000 1000000 800000 600000 400000 200000 0 in s ns ns s s s C ap rin ov qu O el A U B vi in si in T : évolution du cheptel des cinq (5) dernières années 2004 2003 2002 2001 2000 C am B Source : DDEA NB : les valeurs comprises entrent 200. Aussi.000 et 1. la réaction consistant à augmenter la production agricole favorise l’intégration de l’agriculture à l’élevage et la production des ligneux sur des terres occupées par les cultures pluviales. L’élevage est pratiqué partout dans cette zone agro . le cheptel du département ne fait que croître. les tendances observées. l’importance du cheptel évolue en faveur des petits ruminants. des revenus générés grâce à la production laitière. La tendance générale est à la hausse de l’effectif des troupeaux. Cette intégration progressive avec l’agriculture est la caractéristique du système d’élevage dans la zone d’Aguié. Mis à part les risques importants dus aux cycles de sécheresse et les maladies des animaux (fièvre aphteuse et pasteurellose). Dans un contexte de pénurie croissante de terres. l’élevage dans le département d’Aguié est en plein essor. fait que l’élevage est pratiqué par toutes les ethnies dont 18 % de peuls. des possibilités grâce à la reproduction et à l’embouche. une sécurité face à la baisse croissante des rendements. L’importance de la charge animale par unité d’aire de pâture est expliquée en partie par le système d’élevage de la zone d’Aguié. Aguié connaît aussi en permanence une juxtaposition et une concurrence des activités agricoles et pastorales. L’élevage offre des possibilités d’investissement.000 montrent le nombre de têtes selon les années et par catégories. la vente de la viande. soumise à un rétrécissement des espaces de pâturages consécutif à la pression foncière. . La possession du bétail constitue une forme de capitalisation. s’orientent vers la sédentarisation des pasteurs.

Ceci est lié aussi à la proximité avec le Nigeria qui constitue un grand marché pour l’exportation du bétail sur pied. La péjoration du climat rend l’agriculture aléatoire. Les conditions climatiques permettent de distinguer deux saisons : une saison pluvieuse qui dure environ trois mois (juin . ETP : Valeur de la station synoptique de Maradi Aéroport (1974-2003) Le graphique explique le début et la fin de la saison de pluie au cours de trente (30) ans. 20 Novem bre Mars Juillet Mai . à leur variabilité inter annuelle. D’une manière générale les pluies ne commencent véritablement à tomber qu’en juin et se termine en septembre avec parfois de séquence de pluie en octobre.Les contraintes climatiques Elles sont prépondérantes et sur lesquelles. période favorable pour l‘agriculteur sous pluie. La pluviométrie est caractérisée par une grande variabilité dans le temps et dans l’espace. Ceci joue un rôle important pour la détermination de la date de semis et le développement des plantes annuelles. . .une saison sèche. il n’est évidemment pas possible d’intervenir. entre les valeurs comprises entre 300mn et 700mn Graphique n° 3 : Courbe de la période végétative à Gazaoua de1972 à 2003 200 100 0 150 100 50 0 Valeur de l'ETP\ 2 valeur de la pluviom étrie (mm) Janvier mois Pluviométrie (mm) Septem bre ETP / 2 Source : DMN . . les cultures de contre saisons se pratiquent dans ces conditions et .animale.septembre). à leur mode de répartition au cours de la saison de pluvieuse et plus encore.froide au cours de laquelle les températures journalières moyennes fluctuent entre 10 et 20°. Elles sont liées à la quantité annuelle des précipitations. Ces contraintes jouent également un rôle important dans la répartition des cultures.une saison sèche chaude caractérisée par des températures élevées oscillant entre 40 et 45°. la production du fumier et le commerce de peaux. L’importance de l’élevage dans le département tient une place privilégiée dans l’économie régionale. Ceci explique la variation du gradient pluviométrique du Nord au Sud.

De texture sableuse. stockage de l’eau en profondeur et restitution facile. En saison de pluie leur comportement hydrique donne de zone de battance. faciles à travailler et leur comportement vis-à-vis de l’eau est un atout considérable. .9 mm. Leur utilisation avec des moyens et techniques traditionnelles est moins exigeante. de même que l’exploitation en culture du mil et du sorgho. Une progression des valeurs annuelles semble être constatée. Cependant on observe d’importantes fluctuations inter –annuelles et l’analyse des tendances montre les années suivantes : DE 1981 à 1995 accusent un déficit important par rapport à la moyenne avec baisse sensible en 1984 de l’ordre 342.1 mm).sableux. bonne perméabilité. Les sols lourds ou<< Guéza » ou sols sur placages argilo.Graphique n° 4: Evolution des moyennes mobiles annuelles à Aguié de 1981 à 2003 Pluviométrie (mm) 800 600 400 200 0 19 81 19 83 19 85 19 87 19 91 19 95 19 97 19 99 20 01 20 03 19 89 19 93 Années Moyenne mobile (mm) avec pas de 5ans Moyenne (mm) Source : DMN. Au niveau de la station d’Aguié. En réalité depuis l’excédent de 1996 (464. les données disponibles datent de 1981. favorisant les conditions d’une agriculture sous pluie. La moyenne pluviométrique annuelle de la série est de 457. 21 .8 mm. ils ont une fertilité chimique très faible. la pluviométrie a tendance à progresser en l’occurrence l’année 2001 . Ils ont une faible perméabilité et fertilité chimique et le ruissellement au cours de la pluie qui déstructure le sol.Les contraintes édaphiques Les conditions édaphiques permettent de distinguer trois (3) types de sols différenciés par les matériaux d’origine : Les sols sableux ou « JIGAWA » où sols ferrugineux tropicaux sur sable (erg ancien) . Aujourd’hui sur occupés et la forte pression démographique particulièrement élevée dans le département d’Aguié fait que pour augmenter les productions agricoles la nécessité des pratiques de restitution s’impose (fumure organique ou minérale). Les sols sableux sont sensibles à l’érosion éolienne et les cultures résistent à la sécheresse.

pouvant servir à l’auto–consommation. Cette contrainte édaphique et hydrique représente le facteur déterminant pour les agriculteurs ne disposant pas des moyens techniques qui leur permettent d’adapter les modes d’exploitations aux contraintes du milieu. 2. 1979).Par contre leur travail demande l’utilisation d’un matériel moderne. Un système de production intégrant l’agriculture à l’élevage dans un contexte de crise foncière avec comme conséquence la mise en valeur des terrains adjacents. ils sont favorables pour le sorgho. il y a engorgement. En contre partie.2 . l’évaporation l’emporte sur l’infiltration.4% de matière organique. L’utilisation actuelle par l’agriculture de ces sols a atteint un niveau inquiétant dans certaine partie du Goulbi où le lit mineur même est occupé. Dans la zone d’Aguié ces sols font l’objet de très forte pression liée au manque de terres de cultures. Elle représente 3% de la population de Maradi dans les 20% que la région occupe au plan national (RGPH –  22 . Il apparaît que le système de culture dans le département d’Aguié présente deux caractéristiques fondamentales apparemment contradictoires :  Un ensemble de culture orientée vers la reproduction simple de l’exploitation. Ils étaient inoccupés jadis. est l’une des plus élevée de la région. avec une population de 276938 Hbts en 2003. un travail en profondeur de ces terres faciliterait le stockage et améliorerait la structure du sol. mais l’inexistence des nouvelles terres à coloniser et l’évolution démographique galopante ces dernières années font que ces mêmes sols subissent une forte pression. Toutefois. la fertilité y variable.Ils sont cohérents et argileux. Ils contiennent 0. Le comportement hydrique des sols : en sec ils marquent les fentes de retrait et en humidité. Leur fertilité chimique est moyenne. Ils donnent d’excellents résultats avec un bon régime de pluies mais des récoltes nulles dans le cas contraire. Ces sols peu perméables ont une capacité de rétention élevée. très riches en matière organiques et sensibles à l’érosion hydrique.Une croissance démographique mal maîtrisée Le département d’Aguié est constitué de deux cantons : Aguié et Gangara et deux groupements peulhs : Hawan Dawaki et Baoudéta. Cela implique des moyens de culture plus importants pour sa mise en valeur. 1994) Les sols de bas-fonds « FADAMA » où sols hydro morphes sur alluvions argilo sableux localisés dans le GOULBI . Ces sols sont sensibles à l’érosion hydrique (Koechlin 1980 . Jouve. Le niveau de la nappe phréatique continue de baisser et les perspectives des cultures de contre-saisons semblent être problématiques. La densité de la population qui est d’environ 100 habitants au km2. mêmes courtes d’interruption des précipitations. (PARE. Leur utilisation. Béavogui et Fodé. 1988 . La population se repartit dans 220 villages et 49 tribus peules. représente un risque pour les agriculteurs. Il couvre une superficie de 2800 km2. malgré une fertilité supérieure à celle des sols sableux. le mil tardif et le coton éventuellement. Dans de tels sols. qui minimise les risques par des techniques de culture associées et extensives et des cultures nécessitant aucun investissement. le point de flétrissement est vite atteint et les plantes ne peuvent supporter des périodes. la teneur est généralement plus élevée .

2001). La nouvelle loi nο35-2003 de la décentralisation divise le département en 4 communes dont une commune urbaine d’Aguié et trois (3) autres communes à savoir Tchadoua, Gazawa et Gangara . Ce qui caractérise cette population, c’est son extrême jeunesse puisque les moins de 15 ans représentent 50% pour la région de Maradi, 46,8% pour les groupes d’ages de 15 à 65 ans et 3,2% pour ceux dépassant 65ans (GRP/H-2001). Le rapport de masculinité fait ressortir un déséquilibre, les femmes représentent 51,2% contre 48,8%. L’aspect genre est donc un levier important pour toute politique de réduction de la pauvreté et de la lutte contre la vulnérabilité des groupes sociaux. La croissance démographique accroît les demandes en terre et en vivre. Mal maîtrisée, elle entraîne une marginalisation d’une frange de la population liée à la difficulté d’accès à la terre. Cette situation explique les éléments de crise physique et socio-économique que connaît le département à savoir :    La crise foncière qui se traduit par le morcellement des terres et la pression tellement forte qui accélère le processus de la baisse de la fertilité des sols ; La dégradation du couvert arboré, élément essentiel de protection de terres ; Le maintien de la population dans un état de pauvreté et d’insécurité alimentaire de plus en plus croissant.

Ceci a un rôle important dans l’occupation des espaces pastoraux par l’agriculture. La configuration actuelle de l’occupation du sol au niveau de la commune de Tchadoua montre que tous les espaces utilisables par l’agriculture sont actuellement occupés. Déjà en 1980 les études de J.KOECHLIN et M.STIGILANO ont montré que le taux d’occupation avoisinait 70%. L’observation du terrain montre aujourd’hui la saturation foncière est quasi complète en dehors de la forêt classée de DAN GADO. Actuellement il atteint 100% sur les sols sableux. Ce qui implique l’absence des jachères et une dégradation du couvert végétal. Au regard de la pression démographique l’extension de l’utilisation des terres en vue de compenser la diminution des rendements pour augmenter la production est à la limite du possible. Cependant un certain nombre de mécanismes se met en place pour pallier la raréfaction des terres disponibles.

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Carte N° 3 : Occupation des sols en 1980

REGION DE MARADI DEPARTEMENT D' AGUIE Commune rurale de Tchadaoua CARTE N°3: Occupation des sols en 1980
7°20 7°25 7°30 7°35

N

7°40

Guidan Gado '

Légende
' Localité

Algafia ' Mandaka

Bousoun Gaba Jan Toudou ' ' Warasso ' Katari '

Reseau routier
Piste automobilisable Route goudronnée Route latéritique Limite commune tchadoua

' ' Dan Galadima Dan Aicha '

Alawa ' Guidan ' Goboro Koufan Diki (guiki) ' ' Bara Na ki Fada ' ' Dan Bouzou ' Guidan Bouzou ' Dan Goaldgo

13°40

' Guidan Dan Malam Guidan Jigo ' Guidan Koubé ' ' Guidan Zoudi Guidan Sami ' Eyssénia ' ' Guidan chabké ' Dan Bago (Mouri Dawa)

Vegétation
Forêt classée Savane arborée ou arbustive Zone de culture avec arbres Zone de culture sans arbres

13°35

K'ouran Mota Zango ' ' Dan Gamji ' May jan guéro ' TCHADOUA ' Rijia Malam Salessou ' Guidan Moussa Bi -ni ' ' Arnagou ' Guidan Chadou '

Dajin Arjika ' Douma

13°30

'

Maroussa '

13°30

Bajé Guidan Bara Guidan ' ' ' Guidan Gabou Saki ' Dan Jaki ' Guidan Nahanchi Guidan Jariri ' ' ' Guidan Magaji Dan Gado Kafin Baouchi ' ' ' ' Makridaji Gotché ' Kafin Chantali Guidan Tambari Magami ' ' Dajin Bala ' Bougoun Gaba' Guidan Bahago ' ' Rijia Béri ' Guidan Karma Farga ' Guidan Badoukou' Eloum ' ' Jan R oua Tambarawa ' Toukia ' Rougougoua Gawaro Guidan Kané ' ' Taourey ' ' ' Oun W ala ' Dan Yacouba ' Gawaro Matadey ' ' Gaba Lafia 13°20 7°25 7°30 ' Marké 13°20 7°40 ' Jibia Tamaizari

13°25

Conception: Roro Abdou IGNN Source: Carte topographique 1/200.000 de 1980

Echelle 1:200000
4 0

7°35

4

8 Kilometers

24

Carte N° 4 : Occupation des sols en 2005
REGION DE MARADI DEPARTEMENT D' AGUIE Commune rurale de Tchadaoua CARTE N°4: Occupation des sols en 2005
7°20 7°25 7°30 7°35
N

7°40

Guidan Gado '

Légende
' Localité

Algafia ' Mandaka

Bousoun Gaba Jan Toudou ' ' Warasso ' Katari ' Alawa ' Guidan ' Goboro Koufan ' Bara ' Dan Bouzou ' Guidan Bouzou

Reseau routier
Piste automobilisable Route goudronnée Route latéritique Limite commune tchadoua

' ' Dan Galadima Dan Aicha '

Diki (guiki) ' Na ki Fada '

13°40

' Dan Goaldgo

' Guidan Dan Malam Guidan Jigo ' Guidan Koubé ' ' Guidan Zoudi Guidan Sami ' Eyssénia ' ' Guidan chabké ' Dan Bago (Mouri Dawa)

Vegétation
Forêt classée Savane arborée ou arbustive Zone de culture avec arbres Zone de culture sans arbres

13°35

K'ouran Mota Zango ' ' Dan Gamji ' May jan' guéro TCHADOUA ' Rijia Malam Salessou ' Guidan Moussa Bi -ni ' ' Arnagou ' Guidan Chadou '

Dajin Arjika ' Douma

13°30

'

Maroussa '

13°30

Bajé Guidan Bara Guidan ' ' ' Saki ' Guidan Gabou Dan Jaki ' ' Jibia Tamaizari Guidan Jariri ' Kafin Baouchi ' ' Kafin Chantali Dajin Bala ' Farga ' Guidan Magaji ' ' Makridaji Guidan Nahanchi ' ' Dan Gado ' Gotché 13°25

Guidan Tambari

'

Magami '

Gawaro Guidan Kané ' Dan Yacouba '

Bougoun Gaba' Guidan Bahago ' ' Rijia Béri ' Guidan Karma ' Guidan Badoukou' Eloum Tambarawa ' Jan R oua ' Toukia ' Rougougoua ' Taourey ' ' Oun W ala ' ' ' Marké 13°20 7°40

Gawaro Matadey ' ' Gaba Lafia 13°20 7°25 7°30

Conception: Roro Abdou IGNN Source: Enquête de terrain

Echelle 1:200000
4 0

7°35

4

8 Kilometers

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Pour sortir de la situation de vulnérabilité dans laquelle toutes les catégories sociales ne sont pas véritablement épargnées. Tous les efforts consentis par ces classes sociales vont dans le sens de la satisfaction des besoins alimentaires. les mauvaises campagnes agricoles. telles que le sésame dans le département. Ces situations les plongent davantage dans la vulnérabilité. de l’absence quasitotale des activités annexes. aux aléas climatiques constituent des véritables facteurs de vulnérabilisation. originaire d’Abalak. Beri-Beri.Une population de plus en plus vulnérable La population est composée de plusieurs groupes ethnolinguistiques dont les Haoussa (Katsinaoua.2.3 .) ne sont pas en mesure de faciliter le retour à une situation normale. seraient venus probablement à la suite de la famine de 1984. Les stratégies mises en œuvre par les exportations à haut risque et les démunis (exode. salariat agricole. L’agriculture et l’élevage constituent les deux principales activités de la population. En dehors de ces derniers ils pratiquent les petits commerces. le projet cherche à promouvoir les activités de culture de rentes. la vente des divers articles provenant du Nigeria voisin. noyau d’ancien échange. 26 . les cérémonies. / H2001) Il ressort des études antérieures que les populations de cette zone sont très vulnérables. Les peuls sont plus nombreux dans la zone de Magani. Gobiraoua. etc. Cette population de la zone de production est estimée à 14423 Habitants dont 1848 ménages (RGP. compte tenu de l’insuffisance alimentaire chronique. En effet. les Bougagé surtout répartis dans Gidan Bara. sont les principaux facteurs d’inversion de trajectoire des paysans dans la zone. Daourawa). les sécheresses. Les événements sociaux combinés. Gidan Karma et Thetanni. L’enclavement de la zone constitue un obstacle majeur au développement de toute activité.

Deuxième Partie : Méthodologie et Définition des Concepts 27 .

Idée de la recherche Dans le cadre de cette thématique. la recherche documentaire était nécessaire.2 .l . Il s’agit ici de transformer la question de recherche en atelier et soumettre aux chercheurs et développeurs. il a fallu s’entretenir avec les différents responsables techniques départementaux. 2. Cette transformation s’articule autour des points suivants : Les hypothèses de recherches.1.METHODOLOGIE L’essentiel des investigations sont appuyés sur l’application d’un guide méthodologique. • Le partage de l’esprit de l’approche PAIIP Cette démarche collaboratrice constitue le maillon essentiel de l’approche PAIIP. mais également à Aguié à travers des exposés et projections des films retraçant les différentes étapes du guide et les ajustements nécessaires auxquels l’étudiant doit faire face pour s’adapter au travail du terrain. des chercheurs ou du projet. de l’environnement. Cet exercice consiste à faire comprendre à l’étudiant qu’est –ce qui est 28 . En vue de préparer la deuxième étape de la recherche. Ceci a fait l’objet d’un atelier d’imprégnation de l’approche à Niamey .2. coopérative de production et de commercialisation du sésame dénommée « BOUNKASSA NOMAN RIDI AGUIE ». s’est penchée sur des nombreuses études portant sur la dynamique des systèmes agraires dans la région de Maradi. Le Projet cherche à comprendre le problème concret qui se pose aux paysans en vue de promouvoir cette culture de rente. intitulé : « Faire sa recherche… ». 1 . les objectifs et résultats attendus et la méthodologie.1. la nouvelle approche participative propose que le thème de recherche émane des paysans. de l’agriculture. l’analyse socio-économique des exploitations agricoles. les filières agricoles et des ouvrages généraux. En plus de la documentation écrite disponible. et de l’animation rurale et d’autres acteurs ruraux tel que le président de la coopérative filière sésame « COOPOSE » . élaboré dans le cadre de la collaboration en milieu paysan. Il s’agissait de voir la situation de référence pour le démarrage de ses activités dans la perspective d’améliorer les conditions de vie des paysans et de lutter contre les facteurs de vulnérabilité en milieu rural. 2. Cette phase a commencé depuis Niamey. la traduction de termes de références et la présentation du thème aux villageois.La préparation de la recherche Cette préparation de la recherche s’articule autour de trois points : Le partage de l’esprit de l’approche PAIIP. • La traduction de termes de références.

l’échantillonnage.1. Quatre « 4 » points ont constitué cette principale étape : l’assemblée villageoise. impôts). L’assemblée a permis d’identifier les acteurs et groupes cibles. La richesse des débats et discussions ont permis d’assainir les questions de départ et d’amender le protocole proposé. • La présentation du thème aux villageois L’appropriation de la thématique par les paysans s’est faite en assemblée villageoise (AV). 29 . Les paysans ont manifestement apprécié et accepté la thématique en se justifiant que le sésame procure des revenus monétaires et permet de faire face aux dépenses familiales (mariages. à la transformation et à la commercialisation du sésame. l’une à Magami et l’autre à Gawaro. les entretiens individuels et collectifs. les moyens et critères privilégiés pour l’identification des acteurs et groupes cibles. C’est pour toutes ces raisons que les paysans ont donné leur aval pour diagnostiquer les goulots d’étranglement.utile et nécessaire pour lui permettre de mieux affronter son sujet et aux enseignants de s’assurer que l’étudiant a compris toute la complexité et contour du sujet. il s’agissait d’identifier et de caractériser les acteurs par village. L’assemblée villageoise a recommandé aux personnes ressources de nous faciliter la recherche d’information. Compte tenu de l’immensité de la zone et du temps consacré à notre séjour cinq (5) villages ont été retenus qui couvrent la presque totalité de la zone de production.3 . au sein de la filière. de la transformation et de la commercialisation. Il s’agit de rappeler le protocole de recherche (objectifs. A chaque niveau de l’enquête. les visites dans les champs et les restitutions intermédiaires. mais qu’il y a des contraintes qu’il faille diagnostiquer au niveau de la production. les critères de classification sociale et les trois (3) personnes ressources désignées pour la collecte de l’information. Sur la base des travaux en atelier à Aguié. l’approche et les adaptations nécessaires pour la collecte de l’information. et les visites dans les champs. nous avons organisé deux assemblées villageoises. baptêmes. Cette suggestion a été prise en compte dans notre démarche. Elle met en jeu les acteurs. Les attentes des paysans après l’étude. afin de recueillir les avis des paysans sur les voies. • L’assemblée villageoise (AV) Conformément à l’approche PAIIP.Exécution de la recherche Cette étape est décisive car la responsabilité de l’étudiant est déterminante pour la conduite de l’opération. et que des solutions soient trouvées sur le problème lié à la production. un chronogramme d’activités a été établi. 2. de définir avec les paysans un canevas d’action. les conditions de la participation à la réflexion. entre dans l’augmentation de la production agricole. il revêt aussi d’une importance capitale car consommé. et résultats attendus de l’étude).

Pour ne pas créer des frustrations. Pour l’étude. les très vulnérables (TV) . la combinaison de ces critères. Notre séjour a coïncidé avec la période d’intense 30 . quatre (4) critères de classification sociale seulement ont été retenus : Le capital foncier. et Les extrêmement vulnérables (EV). Tableau n°4 : Répartition des enquêtés par sexe et par age Composition sociale Effectif Pourcentage (%) Humaines 33 66 Femmes 10 20 Jeunes 7 14 Les difficultés rencontrées au cours de l’enquête concernent l’indisponibilité des groupes cibles la matinée. Pour le besoin de l’enquête un guide d’entretien individuel a été élaboré. les moyennement vulnérables (MV) . • L’échantillonnage Un échantillonnage de cinquante (50) personnes était concerné à l’enquête formelle. sans compter que les entretiens en groupe permettent de prendre en compte l’opinion des personnes non retenues dans l’échantillon. Ainsi avec les personnes ressources. nous avons évalué la part de l’auto consommation au niveau de chaque catégorie sociale productrice du sésame. il a été utile d’informer tous les chefs des villages de la zone de production de sésame. Répartition d’enquête par catégorie sociale Secteurs d’activités Producteurs Commerçants Transformatrices Total pourcentage PV 8 1 1 10 20 MV 13 2 1 16 32 Catégories sociales TV EV 10 7 2 2 2 1 14 10 28 20 Total 38 7 5 50 100 Pour l’aspect consommation. le nombre d’actifs agricoles et le nombre des personnes à charge. il s’est avéré difficile de définir au préalable les personnes à enquêter par village. Le tableau N°3 : Caractéristiques de l’échantillon d’étude. Il a tenu compte de toutes les catégories sociales et le secteur d’activité des groupes cibles. nous ont permis de repartir les exploitations en quatre (4) classes de vulnérabilité : les peu vulnérables (PV) . le cheptel.En raison des difficultés liées aux déplacements et à l’indisponibilité des paysans. Il s’agit d’un échantillonnage systématique en fonction de nos déplacements par village et acteurs identifiés.

les hommes âgés de 40 ans au moins. il a fallu avoir l’aval de leur mari. les jeunes 14% et les femmes 20%. 2. Les données sont traitées manuellement et au logiciel Excel.1. représentent 66% de l’effectif. les investigations n’ont concerné que les acteurs locaux. Progressivement les résultats obtenus ont été restitués à la population et à la CI/PAIIP et aux enseignants chercheurs. mais aussi une école de changement de mentalité des populations face à la recherche des solutions internes aux problèmes socio-économiques. Elles tranchent avec la politique d’assistanat qui a longtemps endormi les possibilités de réflexion en milieu paysan. Cette méthode a été efficace car les paysans se sentent à l’aise chez eux et toutes les questions sont ouvertes. • Visites dans les champs Plusieurs visites et l’observation directe faites avec les paysans ont permis de poser des carrés de densité de dix (10) mètres sur 10 pour estimer le nombre de poquets à l’are selon l’association des cultures. Parmi l’échantillon d’étude. De même 3 % des producteurs sont transformatrices et 8% des producteurs cumulent la fonction des commerçants. les grossistes nigérians étant absents.4 .Analyse des données 31 . Pour les femmes. Les entretiens sont réalisés dans les soirées et même la nuit. Le tableau no5 : Répartition des personnes enquêtées par village. • Les restitutions intermédiaires Elles ont eu lieu toutes les trois (3) semaines telles que prévues dans le guide méthodologique. Villages Magami Gawara Madatey Gawaro Gidan Kané Gidan karma Badoukou Total • EV 9 1 0 0 0 10 TV 14 0 0 0 0 14 MV 7 5 1 0 3 16 PV 4 4 0 2 0 10 Total 34 10 1 2 3 50 Les entretiens individuels et en groupes A l’aide du guide de questionnement des entretiens formels et en groupe ont été réalisés sur la base de l’approche PAIIP. permettant de recueillir les informations nécessaires. Par rapport à la commercialisation. Cela a pour but d’une part de présenter l’évolution des travaux et d’autres part d’orienter les stagiaires sur des nouvelles bases permettant de corriger certaines lacunes du terrain. Cela nous a amené à prendre des rendez-vous avec les paysans selon leur disponibilité.activités agricoles. Ces restitutions intermédiaires ont été aussi un facteur de mobilisation des paysans sur les questions de leur devenir.

au cours de laquelle. nous avons utilisé des logiciels de traitements cartographiques à l’IGNN sur la base d’un fond de carte de Maradi au 1/200.5 . Ils avaient intervenu en apportant des précisions par rapport à la qualité des variétés locales cultivées.1. Photo N° 1 : Restitution finale à Magami du 32 . Il s’agit ici de la validation des résultats en présence de tous les acteurs de la recherche : Paysans. la production évaluée en sacs et mesures par unités de surface afin d’établir des équivalences en terme de poids.000. quant à leur utilisation et leur rendement sur le terrain.L’analyse des données consiste à traiter toutes les informations de façon à les rendre accessibles à tous les acteurs concernés.1-5-1 Points de vue des acteurs 2. Cette étape constitue la dernière sur le terrain d’étude.La co-validation des résultats et de la recherche. Le traitement des données et la rédaction interviennent au fur et à mesure de l’avancée du travail lors des restitutions. d’interventions des acteurs sur les résultats et de la pertinence des débats et conclusions assortis à cette étape. Le processus de co-validation est capitalisé à travers le degré de participation. • La préparation de la restitution finale au village s’est faite à Magami. autorités administratives et coutumières d’où le terme de co-validation. agents du projet.1-5-1-1 Les paysans Les paysans ont confirmé les résultats tels présentés par l’étudiant. nous avons recueilli les points de vue des participants. Le manque de la matière première empêche l’exercice de l’activité sésame chez les femmes transformatrices. la difficulté de stocker les graines et d’avoir des prix intéressants. qui doivent vendre leur récolte. chercheurs. surtout sur chez les TV et les EV. Ceci nous a amené au début de considérer les unités de mesures locales « tia ». D’autres éléments sont énumérés par les participants : l’existence des contraintes liées au manque de semences au moment du semis. la mesure et le rendement par unités de surface et par catégorie sociale. En vue d’intégrer d’autres données du terrain dans des cartes. 2. 2.

il a rappelé aux populations.2 . Lors de la co-validation. Les résultats auxquels nous sommes parvenus sont mitigés. qu’avant les autorités administratives et les services techniques exécutent des programmes de développement sans aviser les populations rurales. L’engagement que vous avez pris.5. 2 . les consommations intermédiaires. Il conviendrait donc d’élargir le partenariat aux autorités administratives. Cela doit nous interpeller tous et exiger de nous un élan de dynamisme et de changement de mentalité. (1980) le système productif se définit par ses trois composantes : le système de culture : c’est l’ensemble plus ou moins structuré des productions végétales et animales pratiquées par les agriculteurs .1. C’est pourquoi. 2.2.Le système de production.1. Le système d’exploitation : c’est le mode de fonctionnement des unités de production. la prise de conscience des villageois sera déterminante pour le suivi de cette activité. Le système de production : c’est la combinaison des ressources productives pratiquées par les agriculteurs. de culture et d’exploitation Selon Badouin R.1. le travail. est un acte de bonne volonté qu’il faille respecter et concrétiser. C’était une approche descendante et autoritaire et fonde sa politique sur une démarche moins participative et non consensuelle.Définition des concepts 2. et les biens d’équipements .2. Il s’agit ici de prendre en compte la terre.Les leçons à tirer L’application de la démarche a élargi le cercle des adeptes de la méthodologie en l’occurrence le Préfet. 33 .

monnaie d’information. 34 . économique présentée sous la forme d’un graphe.2. et le capital d’exploitation dans l’exploitation agricole. Cette caractérisation doit répondre aux questions suivantes : a) comment se réalise la production ? b) comment sont organisés les échanges. Il existe une multitude de définition se rapportant à la filière. des formes d’organisations des marchés et les rapports de force entre les acteurs ». Selon le Mémento de l’Agronomie (2002). « la notion. de comprendre le fonctionnement et l’évolution dynamique qui s’opère au niveau des exploitations. L’analyse diagnostic doit s’effectuer à partir de quatre (4) angles : La structure de la filière. Capital foncier.3 . de divers sous-systèmes productifs : systèmes de culture.Itinéraires techniques Yamba B. les rapports de force et les stratégies de différents groupes ? Les résultats économiques : Il conviendrait ici de savoir les coûts. c) quelles sont les relations entre acteurs. les quantités achetées et vendues et les quantités disponibles. Il s’agit d’une description technique. (2002) : Le système de production est la combinaison des productions et des facteurs de production. travail.2.Pour le Mémento de l’Agronome. systèmes d’élevage et systèmes de transformation. Toute activité agricole comporte un certain nombre des pratiques qui concourent à sa réalisation.2 . le prix d’achat et de vente. le flux du produit.La filière. La caractérisation du fonctionnement de la filière : organisation et circuit. Il s’agit ici de comprendre les différentes activités menées dans le cadre de la production du sésame. fonctionnement des marchés et fixation des prix . 2. Il est une combinaison organisée. L’analyse du système productif à travers ces composantes va nous permettre de décrire. définit l’itinéraire technique comme « succession de toutes les opérations techniques aboutissant à la réalisation d’une production végétale ». plus ou moins cohérente. 2. de la filière prend en compte le mode de coordination des échanges.

Audette et al. 35 . Il a ajoute aussi que la filière est défini comme « l’ensemble des agents économiques qui contribuent directement à la production. Selon Seyni H.2. l’échange. Lorsqu’on s’interroge par exemple sur les voies d’approvisionnement d’une ville en un type d’aliment donné. La filière est un mode de découpage et de représentation d’un système économique. la mévente ou les fluctuations trop fortes des prix . En économie.Le diagnostic des dysfonctionnements et l’élaboration des solutions : Deux principes sous-tendent l’analyse des dysfonctionnements : le dysfonctionnement lié à la pénurie. pour lui ces acteurs sont des agents économiques qui « des individus qui interviennent dans la production. dispositif. le dysfonctionnement lié à l’aspect organisationnel et structurel de la filière. la construction du graphe et carte de flux la typologie d’acteurs dont le but est d’analyser les stratégies l’analyse comptable permettant d’analyser les revenus et marges la réparation de la valeur ajoutée et de l’accumulation de capital et enfin l’analyse de l’organisation pour comprendre les relations entre acteurs et règles qui régissent ces relations. Le diagnostic de tous les problèmes devrait permettre de formuler des mesures et propositions concrètes d’amélioration. la surproduction. puis transformation et à la l’acheminement jusqu’au marché de réalisation d’un même produit » dans son acceptation économique. la commercialisation et la consommation. 2. (1995). l’analyse de la filière doit comporter quatre (4) étapes avec des objectifs bien dégagés : la délimitation de la filière dont l’objectif est d’identifier les acteurs et leur fonction. Il s’agit d’un concept d’analyse et non d’un type d’organisation existant que l’on chercherait à promouvoir. Pour lui. la transformation. spatiaux et organisationnels de ces fonctions et de ces relations. (2002). la filière prend en compte à la fois les enjeux techniques. on doit prendre en compte les différents stades de transaction entre producteur et consommateur. Ces acteurs assurent chacun des fonctions individuelles ou collectives et entretiennent des relations entre eux et avec l’extérieur du système. Certains auteurs parlent d’acteurs économiques.. chacun des stades peut être soumis à des contraintes particulières de fonctionnement. mais suffisante pour aborder l’étude d’une filière. IL est clair que l’étude d’une filière doit prendre en compte la production. la liste ne peut pas être exhaustive.Le graphe Le graphe de la filière représente l’ensemble des intermédiaires entre la production et la consommation et leurs liaisons.4 . comptables. acteurs. etc. On constate que tous les auteurs parlent du produit. la transformation des produits ». D’après Faibre et Dupeigne etal (2002) .

Troisième Partie : Présentation des résultats et discussions 36 .

2.50cm en longueur et 1 à 1. La taille des feuilles varie aussi de 3 à 17. 2000). S. sa diffusion a été ancienne et rapide dans le moyen et extrême orient où il a parfois été utilisé comme monnaie. généralement entre 0. Genre : Sesamum. sur la même plante et selon les variétés. Famille : Pédaliacées.Présentation du Sesamum Indicum 3. qui diffèrent selon la couleur des fleurs et graines. Les fleurs différent selon la variété et apparaissent sur l’axe des feuilles. B et Mahamadou.Origine du sésame (Sesamum Indicum) Le sésame semble être originaire de l’Afrique du Sud ou l’on trouve actuellement les formes sauvages (BEZ Paly. Sa taille varie naturellement. Son système racinaire se développe en fonction de la nature agro-pédologique et climatique. 1984). L’espèce cultivée (Sesamum Indicum) est une plante annuelle dont la tige est dressée. Le genre sesamum comprend une soixantaine d’espèces (60) annuelles ou pérennes en zone tropicale et sub-tropicale (Macoulma. 2000).7 cm de large (Emmanuel et Koré. de section le plus souvent quadrangulaire avec des sillons longitudinaux. Le sésame est une plante autogame .III. utilisée et cultivée par l’homme. Le sésame est probablement la graine oléagineuse la plus anciennement connue. Ordre : Léguminosales. de même. 37 . Cette disposition des feuilles conditionne le nombre des fleurs et graines par plante. 1986) dont les espèces les plus cultivées sont sesamum Indicum et Sesamum Orientale. la forme et la croissance. avec les conditions du milieu.1. il est introduit en Afrique de l’Ouest (Bez Paly. la taille.1. Les feuilles sont variables en taille et en forme.1. Il existe plusieurs variétés et lignée du Sesamum Indicum. Le fruit est une capsule de section rectangulaire terminée par une pointe triangulaire. 1 Classe : Dicotylédones.Généralités sur le sésame 31. mais la pollinisation par les insectes est très fréquente. L’Ethiopie est généralement considérée comme l’origine du sésame cultivé S. Elle contient 11 à 12 logues selon la variété. 1984). Espèce : Indicum. Indicum et delà.2 . .60 à 2m. que la couleur de la graine varie l’une de l’autre. (Myriam. Le sésame appartient à la famille des pédaliacées.Caractéristiques botaniques Le sésame est une plante qui s’adapte aux différentes zones climatiques des régions tropicales et subtropicales1. elles peuvent aussi être opposées ou alternes.1 . 3. En Egypte sa culture remonte entre (-1300 à -1500) ans avant JC.1 .

équivalent environ moins de 3% des superficies mondiales cultivées (SNV. caractéristique d’un champignon. le Nigeria 60 000t.3 . 3. D’ailleurs. des observations sont faites sur les plantes du sésame qui flétrissent et qui meurent par la suite sans qu’il y ait de manière perceptible les causes de ces problèmes phytosanitaires.7% de celle mondiale. la somalie (24 000t) et en Afrique de l’Ouest le Burkina (10 000t) alors que la production du continent asiatique représente 65% de la production mondiale. en Asie.Répartition géographique Le sésame est une plante très répandue et anciennement cultivée dans différentes régions du globe. Le vent nocif verse et chute les fleurs surtout en culture pure (DRA. Les études réalisées à la faculté d’agronomie (Amoukou. Le sésame ne tolère pas un sol engorgé d’eau au stade de la plantule et au cours de sa maturation. peu acides et bien aérés. au Sud de l’Europe. floraison et maturation. 1991).3. parasité par les insectes qui limitent la production. de même que le continent américain a produit 180 000t en 1997. Dans les champs.2. le sésame résiste à la sécheresse. 3.1. Le sésame se cultive en Afrique. La température joue un rôle très important au cours de son cycle végétatif et à moins à 15°C. tropical ou tempéré.1. 60% de l’exportation de L’Afrique à lui seul. 1995) et la réunion annuelle des végétaux dans le sahel. 38 . BezPaly. La pluviométrie de 300 à 700mm est suffisante pendant le cycle végétatif (besoin stade plantule. l’Ouganda (75 000t) en 1997.4 Caractères végétatifs La multiplication se fait par semi et par voie végétative à travers les opérations de démariage et repiquage. (1993) ont montré que cette mort est liée à la destruction du collet et du système racinaire.Exigences écologiques Plante annuelle et de saison chaude. même pauvre pourvu qu’ils soient perméables. Il pousse bien sur tous les types de sols (sableux ou argileux).3 . Les gros producteurs sont le Soudan. 2000) 3. la Tanzanie (26 000t).2. sa zone de production continue de s’élargir en Afrique compte tenu de la demande sur le marché International qui est supérieure à l’offre ces dernières années. La maturation intervient selon les variétés entre 90 et 120jours. elle inhibe la germination et son développement.1. Par contre la température supérieure ou égale à 25°C constitue l’optimum thermique favorable. en Amérique du Sud. le sésame est confronté aux problèmes phytosanitaires. sous climat équatorial.Maladies et ennemis de cultures Comme toutes les autres cultures. soit 6. 1984) alors que la floraison et la maturation sont favorisées par une période sèche.2 . INRAN.1.2.

1980) . 1984) . 39 . Nos investigations du terrain ont confirmé la présence des insectes tels que les chenilles déformatrices que l’ont trouvent sur la plante du sésame pendant une partie de son cycle végétatif.1 – Les producteurs et leur caractérisation 3. 1996). III. Elles sont de couleurs cendres ou noires qui sont des larves de Lépidoptères ou enrouleuses des feuilles qui attaquent les plantes de façon précoce. Asphondyllia Sesami . le taux d’infection de 1 à 3 larves par plante et entre 25 et 55 jours après la levée peuvent causer une réduction de 14% de rendement. les femmes en fonction de leur disponibilité foncière.1 – Les acteurs Les acteurs de la production se regroupent autour de trois (3) catégories : les hommes âgés de 40 au moins. détruisant ainsi le bourgeon terminal (Antigastria catalaunalis ou Archerontia Lachesis).2 – Les acteurs de la filière sésame L’organisation de la filière sésame comprend différents acteurs qui pratiquent les activités économiques de production.2. de commercialisation et de consommation.Comme champignon nous avons le Macrophomina sp et le Fusarium sp. (INRAN. Le pourcentage des plantes attaquées par le couple Macrophomina-Fusarium varie de 2 à 11% (Amoukou. 1979). soit par héritage (4) ou bien par achat (3). Les insectes rencontrés sur le terrain sont divers et variés. cultivent le sésame en culture pure ou l’associent aux céréales dans des petites exploitations individuelles acquises par prêt auprès de leur mari (3). dont l’âge varie entre 20 et 35 ans ils consacrent une superficie non moins importante. attaquant les feuilles et racines (Anon. de transformation . diptères pondant dans les fleurs développent des larves et détruisent les jeunes capsules en formation (INRAN. 1995).2. insecte. Comme autres insectes nous avons Aphis gossypii. 3.1. Rhypanochromus. cultivent le sésame dans leurs exploitations en culture pure ou associée en fonction de leur statut social. Selon Rodriguez et al (1994). Au stade jeune de la plante les passereaux causant des dégâts pendant le séchage <<simi>>. les jeunes. Ils constituent la tranche la plus importante dans les activités de production. insectes attaquant les plantes et les capsules pendant le séchage. L’affectation la plus fréquente observée ces dernières années par les agriculteurs est la chenille qui enroule les feuilles de sésame. (Irvine.

à la force du travail et à la charge familiale (nombre de personnes a charge). Les exploitations peu vulnérables (PV) Cette catégorisation des paysans selon le niveau de vulnérabilité repose dans une large mesure sur la typologie réalisée par YAMBA B. Si on considère les quatre critères retenus dans l’échantillon.00 0.00 6. Les figures suivantes donnent des indications sur chaque critère en fonction de la vulnérabilité 12.00 EV Foncier (ha) 7.00 0.Catégorisation sociale des exploitations de l’échantillon Les critères retenus au cours des discussions sont relatifs au foncier (ha) à l’importance du cheptel.00 UBT 5.00 2.00 4.00 ha 8.00 6.00 1.00 3. ceci peut être expliqué pour véritablement juger la pertinence des critères paysans de catégorisation.00 10.00 2.(2002).00 4.00 Cheptel (UBT) TV MV CATEGORIE SOCIALE PV EV TV MV CATEGORIE SOCIALE PV Graphique n°5 : Disponibilité foncière Graphique n°6 : Importance du cheptel selon selon les exploitations de la zone de les exploitations de la zone de Gawaro Gawaro Enquête 2005 40 . Ainsi les exploitations agricoles ont été reparties en quatre (4) classes de vulnérabilité : Les exploitations extrêmement vulnérables (EV) Les exploitations très vulnérables (TV) Les exploitations moyennement vulnérables (MV) et enfin ..

Par rapport au cheptel les PV et les MV se distinguent des plus vulnérables (EV et TV).00 EV TV MV CATEGORIE SOCIALE PV Nombre de personnes en Graphique n°7 : Nombre d'actifs agricoles selon les exploitations Source : notre enquête Graphique n°8 : Importance familiale selon les exploitations de la charge Par rapport au foncier. quatre groupes d’exploitations se sont dégages (EV. D’une manière générale dans les exploitations plus vulnérables on trouve des petits ruminants (ovins ou caprins) et rarement un bovin alors que les exploitations moins vulnérables disposent d’un nombre important de gros bétail variant de 2 à 10 selon les ethnies (Haoussa ou Peulhs) et au moins une dizaine des petits ruminants. d’un nombre important d’UBT et actifs agricoles. le cheptel varie aussi en fonction des catégories sociales.00 10.00 8. bénéficiant d’une superficie moyenne de 10 hectares et cultive en moyenne 5 hectares du sésame en culture pure ou associée au sorgho. Comme le capital foncier.00 0. Les exploitations plus vulnérables sont exposés aux risques d’insécurité alimentaire. Le manque de terre en milieu rural est synonyme de l’inexistence sociale chez les paysans.00 14.7. la culture du sésame obéit à la logique foncière et le niveau de vulnérabilité des ménages.00 6.00 AA 5. Sur la base des données collectées.00 3.00 EV TV MV CATEGORIE SOCIALE PV Force du Travail (AA) 18. même lorsque la pluviométrie est insuffisante. Cette situation les sécurise en cas de déficit alimentaire.00 6. Leur capital bétail est un signe de prestige mais aussi une voie de recours pour se prémunir du choc.00 4. plus le paysans possède un important capital foncier moins il est vulnérable. Des tous les critères considérés.00 0. Le facteur terre peut être combiné aussi avec la force de travail de l’exploitant.00 12.00 4. MV et PV) La terre a été de tout temps un critère clé de catégorisation des exploitations. la combinaison fait ressortir quatre catégories sociales : les moins vulnérables (PV et MV) qui jouissent d’une assise foncière.00 1. on observe des exploitants peu vulnérables .00 2.00 2. utilisant l ‘engrais et les équipements agricoles et faisant appel à la main d’oeuvre salariée. TV. Ils parviennent à un équilibre vivrier chaque année. pratiquant une culture intensive.00 16. Cette catégorie d’acteurs bénéficie des 41 .

Graphique n° 9: Mode d'acquisition foncière selon les catégories sociales à Gawaro Pourcentage (%) 150 100 50 0 PV MV TV EV Catégories sociales Héritage % Achat % Prêt % Gage % Don % L’examen de la situation foncière par rapport au monde d’acquisition. ils essayent de s’équiper en matériel non traditionnel grâce aux revenus extérieurs et cultivent en moyenne 2 ha de sésame en association binaire ou ternaire.7 ha de sésame. bénéficiant d’une superficie inférieure à 7 Ha. Il s’agit de l’héritage. cette catégorie a la possibilité d’acquérir la terre par achat (30 %). le gage et le don. Ils n’ont pas pu s’équiper en matériel non traditionnel faute de revenus non agricoles. Cette branche consacre moins d’un ha du sésame à la culture de sésame et doit vendre sa force de travail pour équilibrer le ménage. Les PV représentent 20% de l’échantillon. donne le résultat suivant.sources et revenus non agricoles (commerce) qui ont permis d’améliorer les techniques et d’en tirer partie d’une situation favorable. Le graphique n o9 donne cette répartition en fonction des catégories sociales. dispose de 65% de terres héritées. le prêt. Les exploitants extrêmement vulnérables (pour qui la terre pose problème). Leur bilan vivrier est déficitaire et certains se voient employés comme salariés et sont parfois contraints de vendre leur terre pour survivre. Ils compensent le déficit vivrier par l’achat des vivres. Les exploitants très vulnérables pour qui l’accès à la terre constitue une contrainte possèdent tout au plus 4 ha et qui consacrent 1. Ils sont en déficit vivrier chronique. sont obligés de recourir au prêt ou au don pour nourrir leur famille. . ne possèdent aucune assise foncière. Les moyennement vulnérables. l’achat.4 hectares par ménage. Il existe aussi la location ou un hectare est pris à 5000 f/ha. Cela est du au moyen financier dont ils disposent et peuvent avoir des terres en gage 42 .Situation foncière des exploitations : Cinq (5) modes d’acquisition ont été identifiés à l’échelle de notre zone d’étude. totalisent 38 % du capital foncier soit une moyenne de 9. En plus de l’héritage.

les possibilités d’accès à la terre doivent passer par des nouvelles donnes en fonction du statut social. Cette catégorie en dehors de l’héritage (96 %) de leur terre. mais disposent 19 % par achat et 3 % des terres par le gage. Tableau N°6 : Récapitulatif du mode d’acquisition foncière Catégorie % de % par Superficie % de % sociale l’échantillon rapport à moyenne terres d’achat d’étude la par ha et héritées superficie par totale ménage PV 20 38 9. Les hommes représentent 74 % des producteurs 13 % respectivement des jeunes et femmes qui produisent le sésame. On constate que les MV représentent 32% de l’échantillon. Leur mode d’acquisition est surtout lie à l’héritage 93 %.2. 43 .43 96 EV 08 09 2 93 % prêt % gage % don 5 5 3 - 4 2 3.43 hectares par ménage. ils ne peuvent acquérir la terre à travers l’achat ou le gage. Ils utilisent des équipements non traditionnels. Ils obtiennent des terres que par le prêt à travers la solidarité familiale. Leur situation d’extrême vulnérabilité explique clairement cette dépendance. Par contre les TV représentent 28% de l’échantillon. Par contre. Cette situation est aussi similaire pour la catégorie des extrêmement vulnérables qui représentent 20% de l’échantillon. car disposant des moyens autres que ceux générés par l’agriculture. mais par le prêt 5 % et le don (2 %). % sont peu vulnérables . ne peut s’en procurer par manque de moyen financier. Les opérations culturales sont exécutées aussi bien par les hommes que par les femmes. Ils jouissent en moyenne 5.2 – Caractérisation sociale des producteurs Ces catégories d’acteurs représentent 76% de l’échantillon total et se repartissent en 4 groupes de vulnérabilité dont 21. capitalisent 34 % des ressources foncières. 34% moyennement vulnérables. soit 3. 26 % très vulnérables et 18. Ces personnes moyennement vulnérables totalisent 79 % des terres héritées. La culture de sésame devient une culture pratiquée par ceux qui possèdent une assise foncière.(5 %) des personnes les plus vulnérables.1. d’où le changement des règles et pratiques foncières. Les différentes formes de main d’œuvre employées dans les exploitations sont surtout la main d’œuvre familiale. mais ne détiennent que 8 % du capital foncier total. les personnes peu vulnérables emploient la main d’œuvre salariale. totalisent 19 % du capital foncier.25 hectares par ménage. Pour pallier le rétrécissement de l’espace. soit en moyenne 2 hectares par ménage.25 79 19 TV 28 19 3.40 65 30 MV 32 34 5. dans leur exploitation aussi bien par le scarifiage et que pour le labour du sol. % extrêmement vulnérables.

Catg . engrais et produits phytosanitaires. des innovations technologiques existent et qui associent également l’agriculture à l’élevage.2 2. Les producteurs moyennement vulnérables détiennent en moyenne 6. Sup (ha) Sup MP Catg. plus ils ont la possibilité de pratiquer la culture du sésame et vis versa. Il y a trois (3) modes d’acquisitions de semences qui sont l’auto-production. 11.62 6. sorgho ou arachide .46 4.46 ha de terre et consacrent 2 ha de sésame dans leur champ . Au total. plus les paysans possèdent un important capital foncier.85 La disponibilité foncière constitue un facteur déterminant pour la culture du sésame . Ce qui pose la 44 . Les intrants agricoles : ils sont constitués des semences. Cependant.75 2 1. rouge et noir).Le tableau no7 : La répartition des producteurs par catégorie sociale. Pour les intrants agricoles semences . Les producteurs extrêmement vulnérables accumulent en moyenne 2.2 ha des terres dont 1. PDRAA). Sup MCS : Superficies Moyennes Cultivables du Sésame. et qui résultent de plusieurs années d’intervention des projets de développement dans la zone d’Aguié (PDRM. utilisant des charrettes. trois variétés sont recherchées : le sésame (blanc. Sociale PV (8) MV (13) TV (10) EV (7) Source : Notre enquête.14 ha des terres et disposent de moins d’un ha de sésame. Aujourd’hui la maîtrise des équipements agricoles non traditionnels est l’œuvre des personnes moins vulnérables. Les producteurs très vulnérables totalisent en moyenne 4. Les producteurs peu vulnérables possèdent en moyenne 11 ha de terres et cultivent 5. ils cultivent 234 ha dont 95 ha consacrés au sésame. buttoir ou canadien dans les opérations culturales. 100% des personnes moins vulnérables prélèvent leur semence à la récolte alors que les plus vulnérables s’approvisionnent au marché et dans certains cas se contentent de don.70 ha de sésame . MCS 5. les superficies moyennes possédées et les superficies moyennes consacrées en sésame. Sup MP : Superficies Moyennes Possédées .75 ha de sésame en culture pure ou associée au mil.14 Sup. o Outils et intrants agricoles Les outils les plus utilisés dans cette zone de production sont de type traditionnels. Les techniques de production et leur évolution. avec un rendement faible en travail. Sociale : Catégorie Sociale . l’achat et le don. charrues.70 0.

Les feuilles et les branches sont ensuite rassemblées en petits tas et brûlés.question de l’approvisionnement de semences de qualité. Le sésame est associé aux céréales ou légumineuses. tandis que les moyennement vulnérables tendent à s’équiper en matériels non traditionnels sans véritablement entreprendre la fertilisation chimique (15%) alors que les plus vulnérables ne recourent qu’à l’engrais chimique.000 < à 12. et de leur conditionnement pour échapper aux prédateurs. surtout lorsque la culture se fait sur des terres sableuses lessivées. les paysans utilisent de pesticide genre DDT « touroumba » en traitement de hangar. o Itinéraires techniques : Ils comportent plusieurs pratiques culturales à savoir la préparation du sol.P. ce qui stimule en grande partie la qualité et quantité de la production . La conservation se fait dans des bidons ou plastiques et parfois dans un sac lorsque la quantité est plus importante. 15. Tableau n° 8: utilisation du matériel agricole par catégorie sociale et le niveau d’investissement en engrais Catégorie sociale PV (8) Equipements non traditionnels Investissement agricole en engrais chimiques 2 à 4 sacs de 50 kg < à 1 sac Valeur en FCFA d’un Sac 12 à 48.K. et la cendre aussi obtenue. Néanmoins les personnes moins vulnérables utilisent l’engrais (engrais phosphaté ou le N. 45 . L’utilisation les engrais généralement très faible dépend en grande partie de la capacité d’investissement de l’exploitant. est utilisée comme fertilisant et selon certains agriculteurs le brûlis élimine certains insectes et prédateurs des cultures. L’absence d’engrais joue sur le niveau de productivité des champs. les entretiens des cultures. Pour lutter contre les fourmis et termites.15) qu’ils achètent au Nigeria voisin. La préparation du sol se fait en même temps que pour d’autres cultures associées par un travail de défrichage et dessouchage et apport de fumure organique.000 - Charrettes (8) Charrues (13) Semoir (3) MV (13) Charrettes (7) Charrues (9) TV (10) EV (7) Source : notre enquête Les personnes peu vulnérables utilisent les équipements non traditionnels et investissent dans la culture du sésame . Les interventions phytosanitaires sont rares malgré la forte sensibilité du sésame aux attaques parasitaires à différentes étapes de son cycle végétatif. le semis. La seule intervention s’observe au moment de la récolte où l’insecte suceur peut détruire en un rien de temps l’espoir d’un paysan.15. la récolte et le stockage.

les sémis se font parfois à sec et pour mieux doser les semis. pour minimiser l’effet des rongeurs. Cette opération s’effectue rapidement afin de mettre les graines à l’abri des insectes suceurs capables de détruire une bonne partie de la récolte en peu de temps. la sécheresse. le stockage se fait dans des sacs. le semis du sésame commence au même moment que celui des cultures associées sous pluie. du calendrier cultural et des pressions parasitaires. quoiqu’une grande partie est commercialisée. le battage. En général deux (2) sarclages sont nécessaires suivis d’apport en engrais après le premier et le deuxième sarclage. D’une manière générale du semis se fait entre le 10 juin et le 15 juillet.Cette préparation diffère en fonction de la nature du sol. les paysans mélangent les grains de sésame avec du sable qu’ils mettent ensuite dans les poquets. Les dates du semis fluctuent d’une année à l’autre selon l’arrivée des pluies. etc. qui assujettissent la productivité à cette pratique. on peut observer des resemis dus aux échecs des premiers semis du fait de l’insuffisance des pluies. Pour ce dernier cas. Les écartements entre les lignes et poquets varient selon les associations culturales entre 0. Mais. l’érosion éolienne qui couvre les plantules. Dans la zone de Gawaro. sautereaux ou insectes rongeurs. Mais quoi qu’il en soit un scarifiage est nécessaire sur des sols lourds pour faciliter l’infiltration de l’eau. Le processus de germination dure en moyenne 3 à 5 jours dans les conditions normales d’humidité et de température. des capsules contenant les graines en fonction de l’état de maturité. Les entretiens des cultures peuvent intervenir à différents stades végétatifs de la plante en fonction des exploitants. le vannage. Elle commence par les capsules de la base qui mûrissent en première position. La récolte débute généralement début octobre et dure 1 à 3 semaines. Les femmes aussi bien que les hommes participent activement aux récoltes à travers l’engrainage. de la disponibilité des semences et de la priorité accordée au sésame dans le système de culture. Cependant en fonction du calendrier cultural. Les dates de semis différent en fonction des régimes de pluies en début de l’hivernage. Elles varient entre quelques jours et un mois après les semis des autres cultures. Le séchage se fait sur des hangars après fumigation au piment et traitement d’insecticide. Il existe deux (2) types de semis : le semi en lignes pour les variétés blanches et rouges et le semis à la volée ou par la bouche par aspersion pour la variété locale « tamso » (Sesamum indicum SPP). 46 . Après la récolte.80 et 3m. D’autres pratiques concernent le démariage et le repiquage. mais aussi pour faciliter la germination. cela est lié à la superficie très limitée que consacrent les acteurs de la production ou à des considérations culturelles.

charrue juillet . appréciée de tous tant sur le marché local qu’international.  La culture pure Ce système est pratiqué en grande partie par les personnes peu vulnérables et obéit à la logique foncière. plus ou moins protégée. Septembre – octobre Défrichage et brûlis Scarifiage des sols Démariage – Coupe de tiges et « Guéza » au repiquage et 1er mise en bottes en moyen de la sarclos binage en septembre . La blanche possède une plus grande valeur marchande. En effet en culture pure les superficies consacrées par catégories de vulnérabilité représentent respectivement 72% et 15% pour les PV et les MV alors que les TV et EV détiennent 9% et 4% des superficies cultivées en culture pure. Mars – Avril Mai – juin Juillet – août . Cependant ces variétés diffèrent l’une de l’autre par la couleur des graines des fleurs et la taille des feuilles. Le système de culture : il existe deux (2) modes d’exploitation et de mise en culture dans la zone de Gawaro : la culture pure et associée. % de la variété rouge. la couleur des fleurs du blanc au violet alors que la variété rouge possède des feuilles moins larges et effilées avec des petites denticulées et cisaillements légers avec contour en dents de scie. les feuilles courtes et les graines ovales. La variété locale blanche est la plus cultivée dans la zone d’étude puisque 95% des producteurs de l’échantillon préfèrent le sésame blanc contre 5. Le cycle végétatif de ces variétés atteint 120 jours. 47 .Mode de production o les variétés cultivées et leurs caractéristiques Deux variétés locales sont cultivées (le sésame blanc et rouge) et une variété noire « tamso » de l’espèce sesamum SPP. séchage ème Semi à sec en juin 2 sarclo-binage et engrenage en en août. octobre. Transport. Le sésame blanc présente des feuilles larges avec deux (2) à trois (3) lobes présentant des denticulées et des cisaillements très prononcés. La variété « tamso » porte de fleurs violettes.Tableau N°9 : Récapitulatif du calendrier cultural.

le capital foncier est un facteur essentiel. Plusieurs facteurs expliquent cette situation à savoir la nature du sol et surtout son comportement hydrique et la capacité d’investissement dans l’acquisition des intrants agricoles et des outils non traditionnels.08 428.77 208 183. Le meilleur dispositif est l’association sésame – sorgho.5 EV (7) 6 1 Total 95 26.64 PV (8) 46 19 MV (13) 26 4 TV (10) 17 2. Les principales cultures céréalières associées sont le mil.38 0.71 Rdt/kg/ha 610.14 PM kg 1452 132. la production et le rendement. Sur un même champ on trouve des associations binaires ou tertiaires et des associations plus complexes – (5 espèces). alors que ce dernier est plus apprécié en association avec le sésame. Le sésame est semé également en culture dérobée ou intercalaire dans certains cas. L’association permet non seulement de pallier la faible disponibilité foncière en maximisant les quantités récoltées par unité des superficies exploitées et également d’offrir des opportunités financières en cas du retard du niébé.25 0. On rencontre aussi des associations sésame.5 Source : notre enquête On constate aussi que le rendement varie en fonction des catégories sociales avec une nette différence chez les PV. Ce système est caractérisé par la nature des cultures pratiquées. Cat sociale Sup tc Sup CP (ha) (ha) % 72 15 9 4 100 Sup MCP (ha) 2.niébé ou sésame. le mil est le plus représenté que le sorgho . Il est évident de constater qu’en culture pure ou associée.arachide. le sorgho. 1995). 48 .31 0.céréale. dans ces associations binaires sésame + céréales. La mise en valeur de ces terres nécessite un labour soit à la houe ou charrue après les premières pluies (Amoukou.Tableau no 10: Le système de culture pure par catégorie sociale. sésame .9 52 27. les types d’associations par catégorie sociale.  La culture associée Les superficies consacrées aux cultures associées représentent 72 % du total .

Tableau no12: Les caractéristiques de la culture du sésame suivant l’association de la parcelle de 100m2 Association des cultures Sésame pur Sésame+sorgho Sésame + mil Sésame+sorgho + niébé Sésame + arachide+ niébé Source : Notre enquête Nombre de poquets à l’are 215 116 92 70 62 Ecart entre les lignes en (m) 0. 100 5 Source : notre enquête Catég.10 TV (10) EV (7) Total 17 14.59 6 9 5 7 0.5 21 1. Sup MCA : Superficie Moyenne Cultivée en Association . La densité de semis peut être un facteur important après les facteurs de production.71 - 74.45 156 107. la production et le rendement par catégorie sociale.37 PM kg 696 RDT/kg/ha Association des cultures 206. PM : Production Moyenne RDT : Rendement On constate que la production diminue en fonction des producteurs et quelque soit le type de culture.80 3.00 2. Sup TC Superficie totale cultivée .29 5 68.46 238. Sociale : catégorie sociale .Tableau no11 : le système de culture associé.19 104. Sup CA : Superficie Cultivée du Sésame en Association .65 2.80 1. Les superficies cultivées sont plus importantes qu’en culture pure et cela est valable pour le rendement.52 Sésame + mil + arachide Sésame+sorgho Sésame + mil + arachide Sésame+niébé+ Sorgho Sésame + mil Sésame+sorgho Sésame + mil + niébé Sésame + mil Sésame+sorgho Sésame + mil + niébé Sésame+sorgho MV (13) 26 22 32 1.00 49 .69 402. Catg social PV (8) Sup TC ha 46 Sup CA ha 27 % CA 40 Sup MCA ha 3.

mais sa production évolue en dents de scie en fonction de la forte demande sur le marché International. nous avons calculé les revenus nets des producteurs par catégorie sociale. Sur la base du prix du sésame à la récolte qui est à 500 FCFA la « tia » et en fonction de la production moyenne.Ce carré de densité 10x10 a permis d’estimer la densité de semis à l’are. alors que les jeunes et les femmes. 74% des producteurs étudiés possèdent au total 234 ha et cultivent 95 ha du sésame. occupent 8% et 5 %. La production totale est de 26.924 kg repartie par catégorie sociale selon le graphique suivant. Si on tient compte de l’age et du sexe. les hommes représentent 66% de l’échantillon et 74% des producteurs totalisent 89% de la quantité totale. bien qu’ils représentent 14 et 20% de l’échantillon et 13% des producteurs. 50 . mais aussi l’écartement joue un rôle important dans le développement et l’évolution de la plante aux différents stades de son cycle végétatif. o Importance de la production Le sésame revêt aujourd’hui une importance capitale. Graphique no 10 : Pourcentage de la production par catégorie sociale (%) Pourcentage de la production par catégorie sociale PV :63% MV:26% 3 8 TV:8% EV:3% 26 63 Source : Notre enquête Ce pourcentage englobe la production en culture pure et associée. On remarque que le nombre de poquets à l’are varie en fonction du type d’association .

000 FCFA. Le scarifiage du sol lui a coûté 12. En guise de conclusion. 3.000 20.3 . Après le compte la marge bénéficiaire se chiffre à 392.000FCFA et le sarclage à 10.Les contraintes et les potentialités liées à la production Contraintes Les contraintes à la production du sésame sont liées à son environnement spécifique au nombre des quelles on peut citer la déhiscence des variétés locales. au regard de la dépendance des producteurs vis-à-vis du seul marché du Nigeria. 3 sacs d’engrais à 36. Cependant. D’autres contraintes concernent l’absence des groupements semenciers dans le département à l’exemple de Guidan Roumdji et de Madaraounfa spécialisés dans la production des semences améliorées. En effet. On note aussi les difficultés d’approvisionnent en semence et intrants agricoles d’où certains retards observés lors des semis avec un ou plusieurs semis au cours de la campagne agricole.000FCFA. l’insuffisance des terres de culture entraîne les associations culturales. a cela s’ajoutent les conditions agro.000FCFA. A titre d’exemple un PV qui cultive 3 hectares en culture pure.000 40. Le résultat des différents systèmes de culture montre un bon rendement en pure. L’association du sésame sur sols lessivés entraîne un rendement faible.pédagogiques qui déterminent la qualité des sols cultivés. On peut aussi ajouter la dégradation de la graine à une température élevée . En 2003 les groupements de Chadakori et de Jiratawa ont respectivement produit 240 et 560 kg de semences améliorées.2. l’inexistante d’autres ouvertures pourrait décourager le producteur en cas de fluctuation des prix.1. 51 . limitant leur marge bénéficiaire. Ces chiffres ne tiennent pas compte du coût de production.Tableau no13 : Revenus nets des producteurs par catégorie sociale Catégorie sociale PV MV TV EV Revenus 440. a récolté 15 sacs du sésame vendus à 450. Le parasitisme lié aux ennemis de culture . La vulnérabilité des producteurs provoque la vente précoce et le bradage du produit. il existe des contraintes socio-économiques qui limitent la production de sésame. Le meilleur système de production concerne l’association avec le sorgho. Ainsi en fonction de la disponibilité foncière le sésame est cultivé pure ou associée. la principale contrainte de la production réside la non maîtrise des pratiques et du calendrier cultural et les difficultés à assurer un traitement phytosanitaire efficace.000 Source : notre enquête Ce tableau illustre les revenus nets des producteurs en tenant compte du prix de la mesure à 500FCFA (UML).000FCFA.000 100. on peut dire que la culture du sésame est pratiquée par toutes les catégories sociales.

impôts. habillements…). A part les atouts liés à son environnent spécifique. Sur la base de ces éléments qu’ont été établis ces revenus. L’existence d’un marché du Nigeria pour le producteur et une demande régulière à l’échelle régionale et internationale est une opportunité économique.1 – Mode de transformation de la galette « ridi » : Cette opération consiste à tremper les graines dans l’eau durant une nuit puis à enlever le son et faire le séchage. Le sésame procure sur le plan socio-économique des revenus appréciables utilisés surtout dans les dépenses sociales (cérémonies.2 – Les transformatrices et leurs techniques La transformation de la graine du sésame est assurée essentiellement par les femmes à travers les activités génératrices de revenus (AGR). 52 . Le produit obtenu.2. Tableau no14: Revenus annuels des transformatrices. Ces femmes associent le sésame à l’arachide pour l’extraction d’huile mixe.750 52. Ensuite les graines grillées sont mélangées avec du jus de citron ou de tamarin.400 105. 3. La haute teneur en huile du sésame permet aux transformatrices de maintenir le niveau de production lorsque l’arachide se fait rare sur les marchés. Pour prendre en le coup de transformation. nous avons comparé l’activité des femmes selon leur catégorie sociale.2.500 Le calcul de ces revenus a pris en compte la rentabilité économique d’une mesure transformée équivalente à 625f/Kg et la taille de l’opération (quantité transformée en moyenne par an) par la catégorie sociale.2. est étalé sur une natte pour refroidir et enfin coupé en morceaux pour être vendus à 25 FCFA l’unité.000 78. localement connu sous le terme : « Nomé ». 3. Catégorie Effectif PV 1 MV 2 TV 1 EV 1 Source : Notre enquête Revenus en FCFA 260. Il intervient dans l’équilibre des systèmes de production à travers l’autoconsommation et la lutte contre la vulnérabilité.- Atouts Le sésame est connu pour sa forte adaptabilité à la pluviométrie entre 500 à 600 mm et supporte les courtes périodes de sécheresses : Il peut être cultivé en culture pure ou associée et n’exige pas une grande technicité. Les graines sont transformées en galette Ridi. Le sésame peut être une alternative au niébé en cas de retard des pluies.

non seulement à cause de la rareté.2. L’huile s’obtient à partir du malaxage de la pâte dans un mortier à laquelle on ajoute de l’eau chaude en écrémant l’huile au fur et à mesure qu’elle monte en surface. Après avoir grillé et mélangé les graines.Tableau 15 : Compte d’exploitation comparée par transformation en fonction des catégories sociales. La clientèle est en grande partie constituée des enfants gros consommateurs des produits sucrés et à des moments bien précis. Les galettes sont vendues localement en particulier lors des fêtes et d’autres cérémonies ou dans les écoles.000 FCFA. 53 . Ce bénéfice peut atteindre 7200FCFA pour les grandes transformatrices. Cependant cette activité reste artisanale et peu développée. Catégorie sociale charges Quantité de mesure (UML) transformée par jour Achat en FCFA de la mesure sésame Coût de transformation Sucre Citron Bois Eau Main d’œuvre Achat tamarin total Recette Produit Sésame Marge bénéficiaire par jour Femmes moins vulnérables 2 1000 FCFA (1) 250 FCFA 25 FCFA 100 FCFA 675 FCFA 50 FCFA 1100FCFA (2) 3000 FCFA (3) 3 – (2 +1) = 900 FCFA Femmes très vulnérables 1 500 FCFA (1) 125 FCFA 25 FCFA 100 FCFA 525 FCFA 25 FCFA 800 FCFA (2) 1500 FCFA (3) 3 – (2 + 1) = 200 FCFA Source : notre enquête. L’extraction d’huile pure est peu connue. Cette transformation du sésame en biscuits est un savoir qui reste l’apanage de quelques femmes. Les femmes l’utilisent le plus souvent au début de l’année pour compenser le déficit d’huile d’arachide. mais aussi de la cherté du sésame. elles sont transformées en une pâte à l’aide d’une machine à moudre.L’extraction d’huile mixte L’extraction d’huile mixte constitue sans nul doute une source inestimable des revenus pour les femmes locales. sa rentabilité économique sera faible parce que le tourteau n’est pas commercialisable. En tenant compte du coût de transformation. A titre d’exemple l’huile mixte de quatre 4 mesures sont vendues à 3000 FCFA à la récolte et 7200 FCFA à la soudure. Le sésame produit de l’huile mixte de très bonne qualité.2. En prenant en compte le coût de transformation les femmes moins vulnérables gagnent annuellement 189. Le mode de transformation est le même que celui de l’arachide.000 FCFA et les très vulnérables 42 .2 . 3. les femmes obtiennent un bénéfice de 1800 FCFA à la récolte et 2000 FCF à la soudure. La contrainte majeure c’est que le sésame se fait rare à la soudure et coûte très chère. apprécié pour son bon goût et sa clarté.

2. Unicef….3 . le conditionnement adéquat fait défaut et les conditions de transformation artisanale ne garantissent pas une parfaite hygiène et enfin la difficulté de commercialiser le résidu d’huile pure.2. A cela s’ajoute le manque d’information.2. il s’agit des petits commerçants des céréales qui 54 . Atouts Les Atouts sont multiples au nombre desquels on peut citer : la valeur ajoutée de la transformation .2.2.3 . 3. Cependant elle reste artisanale et la demande faible. A tous ces facteurs viennent s’ajouter la cherté et surtout le manque des moyens financiers des femmes transformatrices.2. La conservation de l’huile mixte se fait dans des bidons parce que généralement les quantités ne sont pas très importantes. la transformation d’huile mixte permet de compenser le déficit d’huile d’arachide observé à la récolte .).La transformation du sésame procure des revenus appréciables aux femmes de la zone d’étude.1 . Nous pouvons identifier : les collecteurs travaillant pour les grossistes : Il s’agit d’un commerçant qui conduit ses propres affaires en bénéficiant d’une somme d’argent que lui avance un grossiste. Il serait donc important d’améliorer le système de transformation car de nombreuses utilisations du sésame ne sont pas connues et qu’il est possible d’introduire des nouveaux modes de transformation plus efficaces. la technicité facile à assimiler et les coûts de transformation sont proches de ceux d’arachide . En général.3.4 – Les contraintes et potentialités liées à la transformation Contraintes Les contraintes liées à la transformation sont surtout l’humidité qui constitue un frein à l’exercice de l’activité pendant la saison de pluie. En outre. 3.Le conditionnement Les produits sont conditionnés dans des sachets en plastiques qui les protègent de la poussière et des mouches. l’existence des groupements féminins qui collaborent avec des projets à travers des activités génératrices des revenus (Caire. Les agents sont de petite taille au plan financier (à peine 1 à 8 sacs transformés par femme et par an). 3.Les commerçants et leur réseau de commercialisation 3.Les acteurs : Il existe toute une chaîne d’acteurs de la commercialisation.

principal moyen de transport . 55 . On distingue les grossistes et les semi-grossistes. où il joue le rôle d’intermédiaire. Certains grossistes locaux achètent du sésame qu’ils stockent jusqu’en période de soudure pour vendre. Les intermédiaires prennent de l’argent auprès des grossistes pour leur livrer des marchandises. Ils sont organisés et influencent en grande partie le prix sur le marché. Mais dans tout le cas les grossistes tirent leur épingle du jeu et n’hésitent pas à faire du chantage dans la fixation de prix. les grossistes : C’est un commerçant qui achète une certaine quantité en vue de revendre. incapable de sortir du cercle vicieux de l’endettement. Leur marge bénéficiaire est de 2000 F par sac pour une activité qui dure 2 à 3 mois après la récolte. il offre ses services et loue les mesures pour grain et reçoit une commission pour chaque sac qu’il prête aux acheteurs. Ils peuvent être subdivisés en deux sous groupes : • « Yan sarandi » : qui achète le sésame localement et qu’il introduit frauduleusement au Nigeria pour échapper aux tracasseries douanières. la présence ou l’absence d’un grossiste sur le marché local détermine largement le prix de sésame. Ces intermédiaires se déplacent du marché en marché pour collecter du sésame sur la base d’un contrat tacite entre eux et les grossistes.s’adonnent occasionnellement à cette activité. Elle met en place un système qui étrangle le producteur. les collecteurs écoulent leurs produits sur les marchés les plus importants du Nigeria. - - La relation entre les acteurs de la commercialisation se fonde sur la loi de l’offre et de la demande. privant le producteur très vulnérable des possibilités d’avoir un prix intéressant. Cette pratique reste très préjudiciable aux producteurs à l’occurrence ceux qui sont constamment endettés. « Yan acibadadi » : Ces genres d’acteurs cherchent la matière première dans les champs avant même la récolte. Le mécanisme de fixation de prix est assez complexe et met en jeu les acheteurs et les vendeurs Bien souvent. Son chiffre d’affaire dépend du nombre de ses sorties et la capacité de charge de son âne. Ces acteurs peuvent collecter 10 sacs par marché équivalent à 20 000 F de recette journalière. • - le détaillant villageois : Il réside en milieu rural et fréquente les marchés. les intermédiaires grossistes : Ils collaborent directement avec les grossistes nigérians ou locaux. En outre. Généralement ils viennent des gros centres urbains de la région ou du Nigeria. Compte tenu de la proximité de la frontière.

. 3.2.2 – La commercialisation Elle concerne les principaux circuits de commercialisation.Graphique n° 11 : graphe de la filière Producteurs Collecteurs grossistes Collecteurs (4) Semi-grossistes (1) (2) (3) Grossistes Détaillant Consommateurs (1) et (2) Circuit locaux « 3 » et (4) Circuit régionaux Autoconsommation Flux du produit Flux d’argent Le graphe de la filière montre les différents acteurs qui entrent en jeu depuis la production jusqu'à la commercialisation.3. une partie est transformée (5. Le système des échanges marchands varie des transactions internes au village jusqu’au mouvement du produit de la culture du milieu rural vers les marchés régionaux frontaliers du Nigeria. 56 . Sur la base des données collectées sur le terrain une partie de la production est autoconsommée (1%).Organisation du système de commercialisation Le système de commercialisation se compose de plusieurs types de marchés et lieux d’échanges. les fluctuations de l’offre et de la demande et les infrastructures. %) e le reste commercialisée (94%).

il s’installe dans cette zone une pénurie qui oblige parfois les commerçants du Nigeria. C’est ce qui explique les difficultés des sociétés commerciales comme la CCNI à s’imposer sur le marché national. Elle est plus accentuée à la récolte en raison de l’importante de la production. situés respectivement à 30 et 47 km de la frontière concentrent une bonne partie des échanges. Les marchés locaux de Gawaro. l’offre se raréfie. En effet après la phase de commercialisation qui va de novembre à février. importateurs du sésame à se retirer. Magami. Tibirin Karé et Bakabé) et trois (3) marchés de collecte à l’échelle du département (Tchadoua. Du coût le marché du sésame voit son prix chuter. l’enclavement de la zone constitue une contrainte majeure pour le développement du commerce frontalier en proie également aux tracasseries douanières. .o Les marchés ruraux On peut distinguer quatre (4) marchés locaux villageois (Gawaro. Ces quantités proposées ne suffisent pas à intéresser les acheteurs extérieurs. bien qu’elle soit fluctuante dans le temps. Au fur et à mesure que la campagne hivernale avance. o Les marchés Régionaux Ce sont des marchés du Nigeria ou les producteurs. L’organisation du circuit importateur basé au Nigeria utilise un réseau des collecteurs locaux. commerçants locaux ou semi grossistes vendent le sésame collecté au niveau des villages et marchés ruraux. situé à 14 km de la frontière. les charrettes et les voitures aussi bien pour les marchés locaux que ceux éloignés du Nigeria situés de 25 à 35 km .L’offre et demande L’offre est conditionnée par la bonne récolte. D’autres commerçants préfèrent stocker le sésame acheté auprès des producteurs pour le vendre en période de soudure. Aguié et Gazaoua). Dans cette zone plus proche du Nigeria la demande extérieure est forte. Gazaoua et Tchadoua. Le marché d’Aguié. L’offre parait toujours inférieure à la demande. notamment de la part des producteurs du fait de l’épuisement des stocks. Les ventes en détails concernent des quantités insignifiantes destinées uniquement à la consommation locale. o Les Infrastructures Des moyens de transport utilisés par les paysans sont les ânes. L’évolution de la demande varie selon les périodes au cours de l’année. Magami et Tibirin karé attirent les commerçants du Nigeria dont l’essentiel des échanges se font pour sur une durée allant de deux 2 à trois 3 mois. représente un pôle d’attraction de 14 marchés ruraux environnants dont certains au Nigeria. 57 . Les produits sont directement acheminés au Nigeria.

Gazaoua de 300 FCFA à 450 FCFA/kg en juin (SDAA. Après la récolte l’offre se fait de plus en plus rare.L’évolution des prix o Le prix et la qualité du sésame Sur les marchés on trouve principalement trois variétés de sésame : la blanche. Notre enquête a révélé des écarts de prix entre ces variétés.. les prix montent brusquement correspondant à des besoins de semences. Les données recueillies en 2004 au niveau des principaux marchés de collectes permettent de mettre en évidence la tendance à la hausse des prix sur les marchés : Marché d’Aguié de janvier et juillet le prix varie de 270 FCFA /Kg à 450 FCFA/kg . Les prix oscillent au cours de l’année entre 260 FCFA à 521 FCFA/kg. La variété blanche qui est la plus prisée et son prix varie du simple au double selon la période de l’année. Une hausse des prix est observée selon les lieux et marchés au cours de l’année. Cette différence de prix du sésame blanc par rapport aux autres variétés est perceptible dans toutes les grandes zones de production du Niger. voire inexistante dans certains marchés. 2000) Ainsi l’évolution du prix aux producteurs observé au niveau des trois principaux marchés de collecte de la zone en 2000 pendant 13 semaines a donné les résultats suivants : 58 .4 265 Variété bigarrée 265 265 Source : SVN. La comparaison des prix au détail des variétés par région en 1998 illustre les variations au niveau de trois marchés. En début de saison de pluie. 2000 o La variation des prix du sésame. Tableau no16 : Comparaison des prix au détail des variétés de sésame par région en 1998 FCFA/Kg Marchés Bandé Centre Zinder Maradi Centre Torodi Ouest Prix moyen variété blanche 356 356 261 Prix moyen variété brune 288 189. rouge et bigarrée.

2000 Agui 250 256 250 250 250 246 239 250 255 273 267 273 261 Gazaoua 230 240 229 229 260 229 240 196 Tessaoua 256 256 250 244 279 273 279 273 273 255 267 273 307 Le prix au producteur : Correspond au prix vendu par un producteur à un commerçant ou un revendeur à la différence du prix au détaillant correspondant au prix vendu par un détaillant au consommateur. .000 F/jour 1500F/Jour 40. Cela peut expliquer la valeur marchande liée à la nature de la variété ou dans certains cas au caractère de l’offre et de la demande locale. l’intermédiaire grossiste (2) gagne 720. ceux-ci organisent 3 sorties au cours de la semaine et au bout de 4 mois cela fait un revenu de 442. PROMEX.000 en 3 mois. du chiffre d’affaire et du nombre des marchés fréquentés par semaine au cours de 3 ou 4 mois qui dure la campagne de commercialisation. Tableau n° 18 : La répartition des revenus par acteurs Acteurs Collecteurs (dan-sarandi ) Intermédiaires grossistes Détaillant Grossistes stokeurs Source : Notre enquête On remarque que les collecteurs (2) gagnent 9000 FCFA par sortie.000 F/an/sac 59 . Le détaillant villageois (2) aura un chiffre d’affaire de 72.000 FCFA y compris les charges liées au transport.925. obtiendra un bénéfice de 3.000 FCFA en 4 mois et le grossiste stockeur (1). Revenus 9000F/jour 20.000 FCFA .Tableau no17 : Prix au producteur dans la zone d’Aguié en FCFA/Kg Semaine é 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 SNV. La marge bénéficiaire des différents acteurs de la commercialisation dépend des acteurs.Revenus des acteurs de la commercialisation. Des disparités de prix existent à l’intérieur d’une zone de production et selon les marchés.

etc. pilées permettent d’assaisonner plusieurs mets à base des feuilles telles que le cassia tora. Les graines crues. le sésame est utilisé pour sa valeur tonifiante et son huile pour ses vertus thérapeutiques. du magnésium. Tchoudé». En Afrique. Le sésame contient des nutriments «l’eau. en Chine. du potassium » et des vitamines « C1. l’utilisation des graines dans la préparation d’aliments divers. L’huile Egyptienne est utilisée pour le massage contre les maux de têtes. le sésame est peu connu pourtant l’utilisation du sésame remonte à la nuit des temps dans d’autres pays.2. B6. La principale utilisation du sésame concerne la boulangerie pâtisserie où le sésame intervient dans la production et la décoration des nombreux produits. tels «Danbou . les expectorations purulentes. mais la principale connue au Niger. D’autres utilisations médicinales sont répertoriées. on mélangeait le sésame au miel pour soigner la toux. Les feuilles du sésame entre dans le traitement médicinal. des hydrates de carbone. Sur le plan médicinal. A » (Myriam 2000). en Asie et en Europe. Moringa olifera. en Egypte. de la Malaria et d’autres pathologies courantes. utilisée exclusivement pour assaisonner des crudités.4 – Les consommateurs La consommation reste très faible à l’échelle locale. des protéines. pilées et consommées traitent de la diarrhée. La part de l’auto consommation représente 1 % de la production totale. C’est aussi une source des lipides. Les graines du sésame associées à la semoule interviennent dans la préparation des plats cuisinés appréciés des paysans. le sésame est principalement proposé par les magasins de diététique qui commercialisent une huile de sésame de première pression à froid. est celle d’être un bon tonique pour la peau et les cheveux. en Perse.2. Elle concerne les galettes sucrées. Dans la médecine gauloise. maerua crassifolia. Son utilisation dans le traitement des diarrhées. du fer. les douleurs sciatiques et les névralgies (Myriam 2000). En effet à l’échelle des ménages.La spéculation du sésame génère des devises aux différents acteurs de la commercialisation. Selon les régions le sésame a pris des formes d’utilisations différentes. des fibres » et des minéraux «du calcium. du phosphore. en Mésopotamie. mériterait d’être approfondie.5 – Les propositions d’amélioration 60 . Les graines de sésame grillées. En Inde. plus que le producteur soumis à la loi de l’offre et de la demande. On utilise le plus souvent les graines de la variété tamso (sesamum indicum SPP) dans la consommation locale. 3. B 12. l’hibiscus. notamment les pains servant dans la fabrication des humbergers » auxquels il apporte du goût. 3. L’utilisation du sésame dans l’alimentation demeure une source importante en nutriment. le sésame contribue à l’équilibre alimentaire et au-delà l’équilibre des productions.

conservation) La lutte intégrée contre les ennemis de culture (méthodes alternatives. sources d’approvisionnements à travers des semences améliorées. La promotion du sésame ne peut se faire sans la promotion de ses sous produits et ceci implique l’introduction de la transformation au niveau local. . la maîtrise d’intrants devrait être une préoccupation pour le projet. . en particulier la filière sésame nécessite l’implication de tous les acteurs depuis les producteurs en passant par les développeurs et chercheurs et enfin l’Etat. A tout cela. Le rôle premier du projet sera de former les producteurs dans les domaines suivants : la technique de multiplication des semences Les techniques culturales (semis. L’amélioration du réseau routier à travers le désenclavement de la zone peut constituer une opportunité pour la zone et participer aux renforcements des dynamiques d’échanges entre les villages frontaliers et le Nigeria. organisés et structurés dont les conditions d’investissement seront définies. Améliorer les méthodes de transformation et de conditionnement adaptées par l’introduction de la machine (presses mécaniques) . La maîtrise des flux et d’échanges peuvent être une source importante de devise pour le pays. Un appui technique à la production est nécessaire sur la base des groupements crées. Des nouvelles opportunités de marché sont par conséquent à explorer et à développer avec les intéressés.Le développement des filières de rente. redynamiser les structures paysannes locales capables d’entreprendre un partenariat avec les structures privées de commerce. Cela est possible à travers le renforcement des capacités et l’organisation des paysans en coopératives locales . La variété blanche fera l’objet d’une grande attention Le projet peut s’appuyer aussi sur des gros producteurs de sésame ayant la possibilité de stocker une quantité importante pour agir sur le marché et créer les premiers jalons de partenariats entre les paysans. sociétés). L’appui aux femmes transformatrices pourrait être une source appréciable des revenus et l’amélioration des conditions de vie de la femme rurale. une fois que les structures seront opérationnelles. La création de groupements semenciers et centres de multiplication de semences destinées à préparer les campagnes. producteurs et institutions privées (commerçants.Au projet La promotion de cette culture passe en premier lieu par la sécurisation des systèmes de production en amont de la filière à travers la limitation des effets récurrents de la sécheresse par l’amélioration de la qualité des semences et une meilleure maîtrise du calendrier cultural.A l’aval de la filière Il conviendrait de sécuriser les productions en limitant leur dépendance vis à avis des marchés. 61 .

Elle envisage pratiquement tous les problèmes liés à la commercialisation et à la politique des prix. A la recherche Le projet peut s’appuyer sur des partenaires avec les instituts de recherche sur le sésame qui sont (faculté d’agronomie et INRAN). Il apparaît qu’une politique de stockage est nécessaire si l’on veut intervenir sur le marché. L’INRAN possède une station de recherche à MARADI pourrait se pencher sur l’amélioration des variétés locales. connaissances sur les sélections variétales paysannes permettant de répondre à la demande et l’environnement régional des producteurs. Cela permettrait une meilleure connaissance des variétés cultivées et leurs caractéristiques. 62 .La transformation d’huile pure contribuerait à rehausser le niveau de carence en nutriments des populations. lui-même exportateur. La mauvaise organisation des circuits de commercialisation freine le développement de la production . surtout les groupes cibles que sont les enfants et les femmes. celle destinée à l’exportation est intégralement achetée par le Nigeria. Cela renforcerait la place des producteurs dans la filière et pourrait permettre de mieux tirer profit de leur production et par la même limiter la spécialisation néfaste et incontrôlée des commerçants. A l’Etat Pour une meilleure maîtrise et organisation de la filière sésame en vue d’améliorer l’état de pauvreté des populations Nigériennes l’Etat doit : veiller et créer les conditions d’une politique d’exploitation du sésame à travers la mise en place d’une institution privée ou publique chargée d’organiser la commercialisation au Niger. de l’acheteur en quantité et qualité suffisante.

Les perspectives On note que dans le cadre de la diversification des cultures et de la sécurité alimentaire. les 30 centres retenus pour servir de point de collecte par zone sont fixés. En plus de la station d’INRAN de Maradi. cette somme qui sera débloquée en deux phases à pour but la réalisation de trois objectifs : Le volet transformation de l’arachide. Dans le cadre de la relance de ses activités. 63 . des activités de transformation du sésame et de l’arachide à travers les AGR. À titre d’exemple ceux de Chadakori et Jirataoua spécialisés dans la production des semences améliorées ont fourni : 800kg en 2003 « SICCLA. l’argent prêté par la Banque Régionale de Solidarité servira à l’achat du sésame et éventuellement la vente en période de soudure. Dans le cadre de ce futur financement de l’ADF.IV . où des recherches sont menées. il y a eu introduction de la variété burkinabé à Aguié et . Selon le président de la coopérative filière sésame d’Aguié. elle a distribué cette année 27 mesures de la variété blanche du sésame Burkinabé pour une expérimentation. Le volet production de semence. Cette coopérative a organisé les 220 villages d’Aguié en 30 centres de collecte avec 9 délégués par centre. puis l’obtention d’agrément en 2003 de la coopérative filière sésame dans le département d’Aguié dénommée « Coopose » créée à l’initiative du PPEAP. Il s’agit des centres suivants : Carte n°5 : centre de collecte de sésame. Des groupements semenciers promettent la culture du sésame dans la région de Maradi. A toutes ces initiatives viennent s’ajouter la création.Les perspectives et recommandations 4.1. Le volet commercialisation. du sésame et des autres produits secondaires « Soumbala » . cette année. aux femmes rurales. la filière sésame promet de l’espoir. 2003 ». il y a lieu d’introduire des espèces et variétés locales répondant aux exigences de l’environnement des producteurs et d’acheteurs sur le plan qualitatif et quantitatif. Il prévu en plus des activités de production et de commercialisation.

Gari ' Guidan'chabké ' Dan Gouari Route goudronnée Zangouna ' K'anan Zoubao ' ' Giudan Kaoura K'ouran Mota Zabon Moussou Baban Arné â Route latéritique ' ' ' â ' ' ' Dan Toumbi â ' ' Tchadaoua Dan Gao ' Kongoni â Chirgagaou ' D'ébi ' â ' â ' ' â Centres de collecte de sésames ' May jan guéro ' â Aladou ' ' Gazaoua May Farou ' Guidan May Kourou Guidan Moussa Rijia W akila ' Gamji Karama Kafin Kouka ' ' ' ' Limites administratives â ' Lafia' Yaro Bi -ni ' Dan Kada Dan Kiri ' ' Guidan Bawa ' AGUIE Guidan Chadou ' ' ' Allah Dan Jiko ' ' ' Doramawa' ' â ' Douma Maroussa ' ' ' ' Guidan Kotchi Kouka Souda ' Dodo ' ' Gamji ' Ba Rana Guidan Bara Guidan Gabou ' ' ' K“na ' â ' ' Rijia Mayda ' Gazori ' ' Guidan Amia ' Kâ Léko Guidan Tanio ' ' Jibia Tamaizari ' ' ' Darouta Tambarawa ' ' Doomdayé ' G. Donc l’appui aux producteurs pour une maîtrise des marchés devait s’appuyer sur la valorisation des formes organisations existantes au niveau des villages qui semble le point de départ d’un processus visant à une grande efficacité des producteurs.' Serkin Kangou Kané ' ' ' ' ' ' Dan Arou Tambari ' ' ' Gobéraoua ' May Gochi ' ' ' ' Guidan Gaida ' Dan Saba Dan Dawa ' Carte N°5: Centres de collecte de sésame dans le département d'Aguié ' ' ' ' ' Dan Goaldgo ' ' ' ' Guidan Madougou Dan ' Kori Garjajou Kaki ' Mairi Nab'aoura ' ' Guidan Bakarou Dan Bago ' May Gaoudé ' ' ' ' ' ' Dan Dounia Reseau routier ' Mouri Kafin Abarchi ' Dan Tchiro ' ' Doundou fawa ' ' â ' ' ' Roubabia Piste automobilisable Guidan Sami ' ' Guidan Bounou ' Guidan Bawa Inyadou ' Guidan D. Un autre élément très important réside dans l’existence des sociétés privées du commerce comme la CCNI et des sociétés d’importation au Niger telle que la société Béninoise OLAM et GROSSLEYS de Kano au Nigeria. Gari ' Rigagué Kiata ' ' ' Chayin Banza ' Safia Sajé Manja 'Dan Kojio Yamma Gaba Lafia '' 'Seydi Rafa ' ' ' ' Chantali ' ' Rijia Ganda ' ' ' â Hounkouye Bourdami ' ' Guidan Chinaou ' ' ' Birnin Kouka Guidan Bassou Badéta' Zougou ' Maza Wajé Guidan Nahanchi ' ' ' NI Dajin Alilou ' ' Guidan goulé ' ' ' Zangouna ' ' ' ' G. 2000 ». Sarkin Foulani Guidan Kodaou ' ' ' Gafia Kinin Machi Damama ' ' Dan Mama ' Dan Rawéyo ' ' ' ' ' ' ' ' ' Gado' ' â Kanda (Tossa) Makridaji â Zawa Kéraou Anguoal Tambari ' ' Taka Lafia ' Boukou Dan Makéri ' 'Kafin'Baouchi ' Zawa Magagi ' Boukou ' Dan Gatamaou Rafa Gangara Rogogo ' ' ' ' Kafin Chantali ' Guidan Adamou ' Guidan Tambari â â ' ' Bardakay ' ' Magami ' Kafin Kiro May Sanfo â ' ' Guidan Jari ' Bouloun Koucha ' ' Lébo Guidan Toulou Bouché ' ' ' Dajin Bala ' Guidan Bahago Guidan Karma Galadima ' ' ' ' ' Baba ' ' Rijiyan K'a-Dira ' Farga Guidan Badoukou ' ' Guidan Tanko A-Saya ' ' Tambarawa Guidan Malam ' ' ' ' '' ' Yada Gammo Dogon Tabki Samia Bakoy â ' Guidan Makada Jimraou ' Gawaro Guidan Kané Inwala Dankarma ' ' ' ' Rougougoua ' ' Saourara ' ' ' ' '' ' â Dan Daoudou Kakou ' Daway ' ' Malan â ' Dogon Dawa ' ' â' â' Guidan Kiata ' ' Kay Kay Maywa ' Birnin GuiŠza ' ' Gawaro Matadey â Marin Dawa ' ' ' ' sabon R. M. c’est pourquoi. l’ampleur de la pauvreté et le manque d’encadrement a amoindri la pérennité et la productivité de certaines actions. PROMEX. Il n’existe pas pour l’instant des sociétés d’achat qui viennent s’approvisionner directement dans la zone . 64 . Ce fut le cas en 1988 où la CCNI n’a pu exporter que 50 Tonnes. M . Sountali Dan Kouara ' Tabkin Guiwa (Tibiri) ' ' â ' Guiéza Karfa ' Dan Laro(Guidan Doutchi) Zari ' ' Guidan Dan Malam ' ' Naki Karfi ' â Légende ' Localité Dan Fari ' ' Guidan Zigao Farga ' Guidan Gado ' Allah Sini ' Gassakoli ECHELLE : 1/300000 N ' Daga Zari ' 10 0 10 20 Kilometers Source :enquête de terrain 2005 Carte N° 5 La mise en place de cette structure permettrait aux producteurs de prendre conscience petit à petit sur la nécessité de s’organiser en groupes pour faire face à leurs problèmes. Ces sociétés sollicitent le sésame du Niger par l’intermédiaire de la CCNI qui faute d’une relation contractuelle et formelle avec les organisations paysannes n’arrivent pas à satisfaire la demande de ces sociétés importatrices. En 1998 – 1999. le regard est tourné vers le Nigeria. En effet le faible niveau d’instruction des populations. Le renforcement des capacités des paysans et de leur organisation conditionne toute réponse adaptée à tel enjeu. elle n’a pu satisfaire la demande de 500T émanant de la société Béninoise et 210 T de GROSSLEYS de Kano « SNV.

4. il est prévu de créer un cadre d’adhésion et de sensibilisation des populations.. les paysans ont formulé le souci de s’organiser d’euxmêmes en coopérative tout en élisant une structure de gestion efficace. groupes spécialisés dans l’exportation du sésame. Ces initiatives permettront de résoudre le problème de vente précoce pour obtenir des prix incitatifs. de la transformation. Il s’agit de la création d’une banque de sésame où chaque chef de ménages contribuera au ravitaillement de cette dernière selon ses possibilités allant de 10 mesures à un sac. il est important d’inciter la création des formes d’organisations répondant mieux aux exigences de la production et du marché. . une relation contractuelle et formelle entre société et organisation des productions. o de jeter les bases d’un changement de mentalité des populations rurales sur les préoccupations majeures de la vie quotidienne. l’existence des compagnies d’importations et d’exportations apparaît comme très prometteur pour notre pays qui possède un potentiel important de production. C’est pourquoi. Cela suppose que les acteurs se trouvent dans les positions commerciales équitables. Il est doté des outils et stratégies d’adaptation au contexte du terrain lui permettant: o de créer les conditions de la participation. En matière de la transformation les femmes promettent de s’organiser en groupement féminin afin de s’associer à la coopérative. Des propositions ont été formulées par les paysans. sont dirigés par des libanais qui spéculent vers le Liban.Les avis des paysans Pour résoudre les problèmes évoqués de la production. - 65 . Pakistan. une transparence de prises des décisions communes. de la mobilisation et de la réflexion en milieu paysan .2. de la commercialisation. Ce lien devait se traduire par une indépendance de gestion de la société. Japon et l’Europe. Au terme de notre étude de terrain des changements sont observés à différents niveaux d’acteurs : à l’étudiant d’avoir une meilleure vision de sa thématique avant d’aller sur le terrain à travers la remise en cause des questions de départ en atelier.Sur le plan commercial. Un tel lien entre producteurs et société privée d’exportation semble être une voie plus prometteuse et réaliste. o de mieux connaître le milieu rural et d’être acteur d’un développement durable Aux populations d’avoir une vision partagée de toute action suscitant la participation et l’adhésion de tous.L’évaluation finale du guide Le Guide méthodologique est un outil véritable de recherche en milieu paysan. obligeant producteurs et privés. dans le cas de leurs opérations communes. o de corriger les erreurs et les limites du travail à travers des séances de restitution . Maghreb. d’évacuer la question de semence et la rareté de la matière première en période de soudure. Afin d’animer cette initiative. Les compagnies commerciales AKKAD OMAM.

De rompre avec la logique d’assistanat.De prendre conscience sur la nécessité de s’organiser pour une meilleure maîtrise de tous les facteurs aggravant leur vulnérabilité .Recommandations L’application du Guide pour les travaux de recherche Organiser des ateliers d’imprégnation du Guide à l’endroit des étudiants ayant bénéficié la bource d’étude. Aux chercheurs D’avoir un outil de capitalisation des connaissances du milieu rural pour la pérennité des actions de développement 4. Clarifier certains concepts plus théoriques que pratiques D’évaluer la pertinence du Guide pour chaque étude réalisée 66 .3 .

parfois. En 1996. Pour attendre ces objectifs beaucoup des contraintes sont à lever. le Niger suite à des contacts avec d’importants partenaires extérieurs avait lancé une campagne de promotion du sésame. 585 ha avec une production record en 1996 de 29. Aujourd’hui le sésame est une culture de rente qui connaît un développement important dans la région de Maradi et donne parfois un début de spéculation. Des changements dans la pratique et le choix des variétés adaptées écologiquement doivent s’opérer pour trouver la place qu’occupe le sésame dans la production agricole. le regroupement de l’offre est très problématique. Des structures privées ont tenté de mettre en place des circuits d’approvisionnement en intrants en fournissant aux producteurs des semences et des engrais à crédit avec la promesse de racheter leur surplus de production (Jakob International et la société cotonnière du Niger) mais l’évolution favorable de prix du sésame a fait rompre le contrat avec le producteur. Cette filière s’est principalement développée à destination des marchés du Nigeria qui absorbent l’essentiel de la production. L’étude de la filière sésame dans la zone de Gawaro montre a travers l’analyse du système de production. 67 . les pratiques culturales observées ne permettent pas d’accroître de manière significative la production.Conclusion générale Dans le processus de la recherche de la diversification des cultures dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire des populations. Les superficies cultivées qui étaient de 6856 ha en 1991 avec une production du 5326 tonnes. exportent le sésame d’origine Niger sous le label de leur pays. Asie. Le sésame est générateur de devises pour les exploitants qui disposent de l’assise foncière suffisante d’une part et d’autre part l’accès aux moyens financiers et outillages non traditionnels pour travailler et fertiliser leur champ. Le marché du sésame est très développé au Nigeria ou cette plante est cultivée et appréciée. malgré l’importance croissante de la production. Le résultat est que le Niger n’est pas référencé comme pays producteur. 2000). alors que cette voie est la seule pour valoriser le sésame du Niger et contribuer à l’effort national de redressement économique. Pourtant la demande internationale est une opportunité pour le paysan de la zone d’Aguié d’améliorer ses sources de revenus. ont atteint 182. le développement de la culture du sésame est une sérieuse opportunité pour les paysans nigériens et en particulier les populations de la zone de Gawaro. il est impossible aujourd’hui pour un opérateur de trouver le sésame en qualité et quantité suffisante à exporter sur la base d’un contrat formel. depuis une dizaine d’années sur la valeur marchande et une organisation de l’exportation à travers le monde. Japon et l’Europe. 753 tonnes (SNV. Dans cette situation. Les producteurs ont été sensibilisés à produire le sésame. Les principaux acheteurs du sésame que l’on trouve au Nigeria viennent des pays arabes. Ceci fait le jeu d’opérateurs du secteur informel des pays voisins du Burkina et surtout du Nigeria qui .

Pour augmenter cette production sur le plan qualitatif et quantitatif la maîtrise d’intrants doit être une préoccupation pour les projets de développement et l’Etat. d’amélioration de la qualité des calendriers culturaux et de mise en marché. En plus des semences et d’engrais. mais aussi l’encadrement et l’organisation du milieu rural pour une meilleure utilisation des facteurs de production pour une augmentation de cette dernière et de la commercialisation du surplus. Cela est possible à travers la structuration des marchés d’approvisionnements et de commercialisation. Un effort important est à fournir pour développer les stratégies de transformation. il est important de disposer des pesticides capables de limiter l’action des ennemis de cultures. 68 .

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