6 rue Ecole de Médecine 1205 Genève Mardi à Samedi 14h – 18h ou sur rendez-vous : office@mjgallery.

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XS MEMORY
18+ , Michael Rampa
du 2 au 31 mai 2013

Pour sa première exposition, MJ a pris comme point de départ la volonté de faire dialoguer une pratique artistique traditionnelle à une pratique plus générationnelle, liée aux cultures numériques. Les travaux de Michael Rampa et de 18+, très éloignés en termes de mediums et de productions, se retrouvent dans le rapport particulier à lʼimage, au corps et à lʼespace.

Michael Rampa expérimente une forme de réalisme qui nʼest pas basée sur la copie dʼune image photographique. Son travail se fonde ainsi principalement sur lʼusage de la mémoire et le dessin dʼaprès modèle. Il en résulte des images souvent délicates et fragiles, évoquant le squelette dʼune image parfaite. Ses peintures, décrivant généralement une figure dans un espace naturel, offrent au spectateur la possibilité dʼeffectuer des allers-retours constants à lʼintérieur de lʼimage, entre les zones définies et floues, et confinent à cet équilibre inquiétant auquel lʼartiste aspire. Le mouvement, le geste, la trace et la couleur sont autant dʼéléments quʼil se plaît à faire paraître sur sa toile, plus particulièrement dans la pièce présentement exposée. Si les paysages représentés sont issus de sa mémoire, le corps reste une entité quʼil peint dʼaprès modèle, ou à lʼaide dʼun miroir lorsquʼil sʼagit dʼun autoportrait. Dans sa perception du corps, il refuse à se laisser aller à lʼerreur à laquelle pourrait se frotter sa mémoire.

Dans les clips vidéos de 18+, duo de musiciens basé entre Berlin et Los Angeles, ce sont des images de femmes en 3D, très légèrement vêtues, que lʼon aperçoit. Les séquences provenant directement dʼInternet et de jeu virtuels de type « Second Life » évoquent une imagerie du début des années 2000. Une esthétique volontairement anachronique par rapport à la technologie actuelle où les figures féminines correspondent à une réalité artificielle, de lʼordre du fantasme et de la caricature. 18+ sont de cette génération dʼartistes entièrement imbibée par les cultures numériques, où les codes qui lui sont inhérents - anonymat et réappropriation - font partie intégrante de leur démarche. Lʼinstallation présentée consiste en une projection mappée sur des morceaux de tissus en satin

faisant simultanément référence à la sensualité et la perception des corps ainsi quʼau désir dʼexpérimenter les stratégies de monstration.

Le dialogue entre les deux pratiques met en lumière lʼimage détenue par une mémoire, quʼelle soit informatique ou humaine. Lʼarticulation de lʼexposition basée sur le moment de la journée, mime le

mécanisme dʼapparition et de disparition dʼimages mentales liée au souvenir. Lʼaccent est ainsi mis sur la notion de temps à travers laquelle la mémoire se construit. Cette lecture en deux parties distinctes, permet de jour, dʼobserver la toile de Michael Rampa en regard des lambeaux de tissus en satin de 18+. Face à la toile et aux morceaux de tissus, un miroir géant met en scène le spectateur, sʼobservant dans lʼespace dʼexposition. Le dessin préparatoire de Michael Rampa ainsi que le beamer, symbolisant respectivement la mémoire humaine et informatique y sont accrochés juste au dessus. Le soir, les clips vidéos de 18+ sont projetés sur les tissus et laissent deviner la présence du tableau, sur lesquelles se reflètent les vidéos.

MJ propose en définitive un jeu de circulation dans lʼhorizon temps qui densifie la matérialité de lʼobjet, lʼobservation quʼon en fait, et sa restitution dans les sphères mentales.

Le projet MJ
MJ est un projet d’espace s'intéressant aux pratiques contemporaines autour de la musique et de l'art. Elle entend porter un regard numériques. MJ est curieuse et souhaite formuler des propositions qui dépassent l'objet numérique, en s'intéressant aux implications socio-culturelles occasionnées par l'utilisation des nouvelles technologies et d'Internet. Elle adopte ainsi un positionnement «post-numérique». Cet angle d'approche permet d'élargir le champ d'exploration et d'aborder des questions de diffusion, de communication, de monstration ou encore de matérialité vs virtualité, pour ne citer que quelques exemples. Des expositions ponctuées par des événements musicaux entre les accrochages constitueront la ligne directrice de l'espace. sur la scène artistique et musicale actuelle à travers les cultures

6 rue Ecole de Médecine 1205 Genève Tuesday to Saturday 14h – 18h or by appointment: office@mjgallery.ch

XS MEMORY
18+ , Michael Rampa
May 2nd to May 31st 2013 For its first exhibition, MJ sets as a starting point the desire to create a dialogue between a traditional artistic practice and a more generational one related to digital culture. The particular relationship to image, body and space bridges the works of Michael Rampa and 18+ together, although they are very different in terms of medium and production. Michael Rampa experiments with a form of realism that is not based on the copy of a photographic image. His work stems from the use of his memory and drawing from models. The process results in delicate and fragile images, evoking the skeleton of a perfect picture. His paintings, usually depicting a figure in a natural environment, offer the viewer the opportunity to constantly move their gaze between the more defined areas and those that are blurred, leading to the uncanny balance the artist is looking for. Movement, gesture, trace and colour are elements meant to be visible, especially in his latest painting displayed in this show. Whilst landscapes are assembled fragments of memory, the human figure is painted from a live model, whether a friend or himself reflected in a mirror. In his rendering of the body the artist is not interested in the distortions invention confers. 18+ is a duo of musicians based in Berlin and Los Angeles. Their video clips mostly feature CGI strippers found on Internet, reminiscent of a « Second Life » type of imagery from the early 2000’s. Compared to current technology, theirs is a deliberately anachronistic aesthetic where female figures are clearly artificial, within the realm of fantasy and caricature. 18 + are part of a generation of artists completely soaked in the digital, where the inherent codes - anonymity and reappropriation - are an integral part of their artistic practice. The installation presented in XS Memory - a curtain made of white satin fabric strips on which their videos are mapped - simultaneously references the sensuality and perception of the body and the desire to experience new methods of presentation. The dialogue between the two practices highlights the image held by a memory, whether synthetic or human. The articulation of the exhibition, based on the moment of the day, imitates the mechanism of appearance and disappearance of mental images associated with the memory. Emphasis is put on the concept of time through which memory is built. This reading in two separate parts allows for the viewing of Michael Rampa’s painting next to 18 +’s shreds of satin fabric by day. On the opposite wall, a giant mirror reflects the viewer in the exhibition area. Michael Rampa’s preparatory drawing and the beamer, respectively symbolizing human and computer memory, are hung just above. In the evening,

18 +’s video clips are projected onto the fabric and hint at the presence of the painting behind on which the videos also reflect. MJ ultimately offers a game of movement within the time horizon that densifies the materiality of the object, the observation of it, and its return in the mental spheres.

MJ PROJECT MJ is a new non-for-profit project space focusing on contemporary practices in art and music through the scope of digital cultures. MJ is too curious to rely solely on the specific workings of novel technologies. It is rather interested in focusing on the socio-cultural implications caused by the use of new technologies and the Internet. It adopts a «post-digital» position. This point of view allows exploring broader fields and addressing topics such as dissemination, communication, methods of presentation or materialization vs virtuality… to name but a few examples. Exhibitions punctuated by musical events between each art show will be the space’s guideline.