Géocarrefour

vol. 84/1-2  (2009) Les grands projets hydrauliques et leurs dérives - Varia
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Bruno Barbier, Hamma Yacouba, Amadou Hama Maïga, Gil Mahé et Jean-Emmanuel Paturel

Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest : les perspectives et les enjeux
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Référence électronique Bruno Barbier, Hamma Yacouba, Amadou Hama Maïga, Gil Mahé et Jean-Emmanuel Paturel, « Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest : les perspectives et les enjeux », Géocarrefour [En ligne], vol. 84/1-2 | 2009, mis en ligne le 01 juin 2012, consulté le 09 janvier 2013. URL : http://geocarrefour.revues.org/7205 Éditeur : Association des amis de la Revue de Géographie de Lyon http://geocarrefour.revues.org http://www.revues.org Document accessible en ligne sur : http://geocarrefour.revues.org/7205 Ce document est le fac-similé de l'édition papier. © Géocarrefour

Les consommateurs veulent du riz. calling for the development of more hydropower. de l’Est et du Sud (UNECA 2002). UMR hydrosciences Montpellier Jean-Emmanuel PATUREL IRD HSM. politiques publiques KEY WORDS Water management. nous analysons certains des éléments du débat qui oppose. International and national decisions makers consider large hydraulic investments again. la navigation. . But the demands are important and increasing fast.ÉOCARREFOUR VOL 84-1-2/2009 31 Bruno BARBIER CIRAD UMR G-eau Hamma YACOUBA Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement Amadou Hama MAIGA Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest : les perspectives et les enjeux RÉSUMÉ L’Afrique de l’ouest est relativement peu dotée en grandes infrastructures hydrauliques capables de satisfaire les demandes. Les décideurs nationaux et internationaux sont bien déterminés à relancer les grands projets hydrauliques. Seul le Cap Vert pourrait se trouver en situation de rareté hydrique d’ici à 2025. nous faisons le point sur la réalisation du potentiel hydraulique et les causes de la faiblesse des réalisations . nous expliquons aussi comment la planification de ce potentiel est progressivement transférée aux autorités des bassins versants qui tentent d’impliquer les acteurs locaux. Plus de 90 % des eaux qui ruissellent vont à la mer en participant peu à la production de biens et services. Dans la deuxième partie. sur l’intérêt de la relance des grands ouvrages hydrauliques en Afrique de l’Ouest. irrigation. Gil MAHÉ IRD HSM. ABSTRACT West African hydraulic infrastructure lags far behind the rest of the world. FAO/AQUASTAT. Les populations sont encore mal desservies en eau potable et le coût de l’énergie appelle à la mise en valeur du potentiel hydroélectrique. but the challenges are important. beaucoup d’experts estiment que l’Afrique de l’Ouest a besoin d’investir dans de grands ouvrages hydrauliques. en riz et en énergie ? Ces demandes ne sont-elles pas en conflit ? Les coûts environnementaux ne sont-ils pas excessifs ? Que fait-on des zones humides ? Ne vaut-il pas mieux envisager un autre type de développement basé sur l’amélioration des performances des systèmes agraires existants ? Comment gérer les bassins fluviaux ? Comment améliorer la productivité de l’eau ? Dans cet article. le Nigéria et le Togo pourraient se trouver en situation de stress hydrique. public policies Les pluies qui tombent sur l’Afrique de l’Ouest sont globalement abondantes mais elles sont principalement exploitées par l’agriculture pluviale. essentiellement sur les grands fleuves. Consumers want rice. l’élevage. le Niger. Dans une première partie. Negotiations will be difficult about the future of the remaining wetland. mais la régulation des débits des fleuves va nécessiter des négociations serrées entre États à l’échelle des bassins hydrographiques dans le cadre des organisations de bassins mais aussi dans le cadre des accords énergétiques notamment entre les États de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les négociations vont nécessiter des compromis importants. LA RÉALISATION DU POTENTIEL HYDRAULIQUE D’AFRIQUE DE L’OUEST Le potentiel hydraulique de l’Afrique de l’Ouest n’est pas fondamentalement défavorable à la satisfaction des besoins des quelque deux cent cinquante millions de citoyens de l’Afrique de l’Ouest (290 millions si on inclut le bassin du lac Tchad). le tourisme. Rural and urban populations have a poor access to drinking water and sanitation. 2005). l’irrigation. mieux vaut réfléchir à la pertinence des différentes options techniques et managériales. qu’il faut irriguer. a crop that required irrigation. Energy cost is among the highest in the world. trop dépendants des aléas climatiques. Pour valoriser ce potentiel. Rivers’ hydraulic regulation will require close discussions between states within river basins but also between countries sharing power within Economic Community of West African States ECOWAS. UMR hydrosciences Montpellier MOTS CLÉS Gestion de l’eau. réclament l’irrigation. Les cultivateurs. sont rarement déficitaires (United Nations Economic Commission for Africa -UNECA. Nous discutons des moyens alternatifs de satisfaire ces demandes et montrons sous quelles conditions ces usages peuvent être antagonistes ou entrer en synergie. la pêche et l’environnement. les grands organismes internationaux comme la Banque Mondiale ou le PNUD aux ONG et aux tenants du microcrédit. La région se placerait en retard dans ce domaine par rapport au reste de l’Afrique (Consortium pour les infrastructures en Afrique 2008). c’est-à-dire avec moins de 1 700 m3 par habitant et par an. 2002). Même les projections du stress hydrique théorique. surtout en ce qui concerne les zones humides. Avant de se lancer dans de grands investissements coûteux et parfois peu rentables. hydroelectricity. nous discutons de l’évolution des demandes en services liés à l’eau telles que l’eau potable. le Ghana. irrigation. Farmers want irrigation to deal with climate variability. La situation est bien plus préoccupante pour les pays africains situés en zone aride comme l’Afrique du Nord. These are drying and will suffer from greater flood control by the new dams. L’intérêt économique des barrages est-il évident ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de satisfaire les demandes en eau. alors que le Burkina Faso. barrages et périmètres irrigués. l’assainissement. qui met en relation les quantités d’eau potentiellement disponibles et la demande de la population. hydroélectricité. c’est-à-dire avec moins de 1 000 m3 par habitant et par an. l’hydro-électricité. déjà en voie d’assèchement du fait de la baisse des pluies et qui vont souffrir de la construction de nouveaux barrages.

c’est-à-dire que leurs débits sont abondants après la saison des pluies et presque secs durant l’étiage. ces plans sont un rhabillage des plans de développement antérieurs... Malgré une certaine reprise des pluies depuis le milieu des années 1990. Les grands barrages tels que le barrage d’Akossombo au Ghana permettent d’amortir l’impact d’une série d’années sèches (Andreini et al. La variabilité des écoulements de surface est supérieure à celle des pluies.32 VOL 84-1-2/2009 Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest Le réseau hydrographique ouest africain est relativement dense : plusieurs grands fleuves traversent la sous-région. Le lac Tchad se trouve en zone semi-aride et constitue un potentiel non négligeable pour le Tchad. au Ghana et au Togo. 2008)... le Niger. . 2002). 2002). traverse une partie importante du Sahel. Bien que le potentiel hydraulique de l’Afrique de l’Ouest soit appréciable. Une piste innovante et prometteuse est la prévision climatique saisonnière. même dans sa partie semi-aride.. remonte loin dans le Sahel avant de bifurquer vers la mer. le fleuve Sénégal. les crues sont encore plus faibles. Durant les années sèches les écoulements diminuent proportionnellement plus que les précipitations. permet de mettre en évidence un signal climatique majeur (Hulme et al. 2009) et qui concerne toute l’Afrique de l’Ouest : la rupture climatique de 1970 sépare une période humide antérieure et une période sèche récente (Paturel et al. Les GCM prévoient une augmentation modérée par rapport au reste de la planète (IPCC 2003). mais il est probable que le réchauffement de la planète provoquera une plus grande variabilité des phénomènes climatiques. Les cultures telles que le riz de submersion contrôlée. Réguler un fleuve consiste à stocker une partie du débit pendant la crue pour le restituer pendant la saison sèche.... le changement climatique soulève de sérieuses inquiétudes. Dans beaucoup de cas. 1996) pour améliorer les connaissances sur le sujet. mais quelques innovations sont proposées.. Ceci modifie le régime hydrologique du fleuve en diminuant la hauteur maximale atteinte par la crue et en augmentant le débit en saison de basses eaux. Les populations situées le long des fleuves non régulés sont confrontées à des difficultés croissantes de gestion de l’eau. Le fleuve Volta offre un potentiel intéressant au Burkina Faso. 2001 . Les grands fleuves Ouest africains ont été assez peu régulés jusque là. ce qui demande de la part des cultivateurs de grandes capacités d’adaptation. L’initiative régionale PRESAO (Prévision saisonnière en Afrique de l’Ouest) coordonnée par AGRHYMET et ACMAD à Niamey propose depuis une dizaine d’années une prévision saisonnière des pluies et des débits de la région à partir de températures marines de plusieurs océans. De même. le Nord Nigéria et le Nord Cameroun. comme le . 2000). raison pour la quelle l’Union Européenne a lancé le grand programme AMMA (Analyse multidisciplinaire de la mousson africaine) depuis 2001 (Redelsperger et al. Les modèles climatiques globaux ne reproduisent l’évolution du climat de l’Afrique de l’Ouest qu’avec une faible significativité (ArdoinBardin et al. ou de décrue sont alors très vulnérables face à cette variabilité des crues. L’Hôte et al. 2004). Le fleuve Niger. qui doivent se préparer à de nouvelles défaillances de la mousson. 2009). partant des mêmes montagnes. Les facteurs contrôlant le climat Ouest-africain sont encore mal connus.. la sécheresse persiste (L’Hôte et al. Adapter l’agriculture au climat Les pays d’Afrique de l’Ouest. Conway et al. 1997. Mahé et al. La sécheresse a connu deux paroxysmes. L’étude des sédiments du lac Bosumtwi au Ghana suggère que des sécheresses de durées et d’ampleurs bien plus grandes ont frappé la sous région dans les siècles passés (Shanahan et al. dans la plus Figure 1 : Fraction des écoulements naturels prélevés pour l’irrigation Source (FAO/AQUASTAT 2005) grande partie de l’Afrique de l’Ouest. sauf peut-être pour la température. sont appelés à élaborer des programmes visant à adapter leurs économies à cette variabilité. Quand la saison des pluies est faible. L’étude de longues chroniques de pluies et débits du XXe s. dans les années 1970 et 1980. Les débits des fleuves Ouest africains dépendent de l’un des climats les plus variables de la planète. inondée. La régulation consiste aussi à soutenir les débits d’une année sur l’autre. Les essais de prédétermination de la hauteur de la crue à partir de la relation pluie/débit en amont pourraient améliorer la capacité des paysans à réussir leurs cultures inondées et de décrue (Blanchet et al. dans la mesure où les changements globaux pourraient se traduire par un fonctionnement différent de la mousson. 2002 . avec toutefois une qualité de prévision très perfectible (Hamatan et al. 2005). alimenté principalement par les montagnes du Fouta Djalon.. sauf au Sahel où les défrichements ont augmenté le ruissellement et les écoulements au détriment de l’évaporation et de l’infiltration.

la récente crise alimentaire et surtout la réduction d’une grande partie des dettes multilatérales. Une autre piste envisagée par les pays sahéliens pour réduire leur vulnérabilité au changement climatique est la pluie artificielle. La faiblesse des réalisations hydrauliques Ouest africaines est corrélée au faible développement économique de la région. de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques 2003 . prévoir une saison déficiente permettrait de préparer des stocks à l’avance. Les institutions financières internationales souhaitent à nouveau investir dans l’hydraulique. 2004). le Nigeria et la Côte d’Ivoire ne sont pas classés parmi les pays dits « moins avancés ».. mais aussi pour créer ces emplois qui réduiraient l’émigration vers les pays du Nord. certains progrès de la démocratie. les éléments clés du débat sur la construction de la grande hydraulique ont changé. Seule une centaine de grands barrages de plus de 3 millions de mètres cubes ont été construits soit moins de 8% des barrages africains. pour favoriser l’élevage et la petite irrigation (ministère de l'Agriculture. Officiellement. Le retour des grands projets hydrauliques Depuis le début de la décennie. Certains comptent sur l’implication croissante des entreprises asiatiques pour réduire ces coûts. créent un terrain propice aux tensions autour du partage de l’eau (Schmitz.Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest VOL 84-1-2/2009 33 PRESAO déjà cité. Par exemple si la saison s’annonce nettement déficitaire on favorisera les cultures résistantes à la sécheresse comme le mil. Niasse et al. Dans la base de données Aquastat de la FAO. Sénégal et Volta. L’analyse coût-bénéfice de l’impact des pluies artificielles doit comparer les pluies de zones traitées avec celle de zones témoins et ceci sur de nombreuses années. Niasse 2004 . Seuls le Ghana. L’objectif est le plus souvent de remplir des barrages stratégiques. Si les bassins de l’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud ont été exploités pour l’irrigation. parmi les 20 périmètres irrigués les plus coûteux par hectare. il sera difficile de réduire les coûts des périmètres dans l’avenir. Mais ces grands investissements doivent faire l’objet d’une concertation étroite entre les États qui partagent ces cours d’eau internationaux. Les institutions publiques concernées ont souvent été déstabilisées par les plans d’ajustement structurel et le secteur privé n’est pas encore en mesure de relever le défi. Par ailleurs AGRHYMET diffuse les dates optimales de semis. Il faut faire appel à des compétences étrangères qui impliquent un surcoût pour le transport des machines. Les éleveurs pourront déplacer leurs troupeaux en conséquence. stocker des fourrages ou vendre une partie du cheptel. le besoin d’une gestion concertée de l’eau et de l’énergie est un fait acquis dans la sous-région. une certaine reprise économique. Avec de bonnes prévisions les paysans pourraient ajuster leur plan de campagne en favorisant les cultures et les techniques culturales plus ou moins résistantes à la sécheresse. préalablement analysés par des radars. les bassins du Sénégal et du Niger laissent passer plus de 90% des écoulements. d’autres pays l’expérimentent. Plusieurs pays sahéliens ensemencent déjà des nuages. 15 sont africains. 2008). essentiellement dans sa partie nord. Toutefois l’impact réel de cette technologie est mal connu car il faut encore démontrer que la pluie ne serait pas tombée de toute façon ailleurs ou que l’on n’assèche pas certaines zones en en favorisant d’autres. La forte interdépendance des pays Ouest-africains en matière d’eau. Les capacités techniques et managériales des États d’Afrique de l’Ouest progressent trop lentement pour envisager de renforcer les capacités régionales en termes de constructions d’infrastructures de génie civil.. Sanfo et al. Si le Burkina Faso utilise cette technique depuis de nombreuses années (projet SAAGA depuis 1998). d’alerter les agences d’aide ou de réduire les décharges des barrages hydroélectriques. alors que l’Afrique de l’Ouest représente un tiers de la superficie du continent et qu’elle est soumise à un climat variable. La majorité des grands investissements hydrauliques a été réalisée après les indépendances. Un cas particulier est le Burkina Faso qui a construit plus de 1 000 petits barrages en terre. ce qui est très difficile à réaliser. On reparle à nouveau des grands aménagements dans les bassins des fleuves Niger. Pour les décideurs. mais qui est encore très peu utilisé car encore trop qualitatif. Barrière et Barrière 2002 . conjuguée à une certaine persistance des réflexes nationalistes et la récurrence des sécheresses ou des inondations. l’Afrique de l’Ouest a relativement peu investi pour réduire les effets de son climat si variable. Un potentiel fluvial sous exploité L’Afrique de l’Ouest a relativement peu investi dans les grandes infrastructures hydrauliques. le personnel. par approche statistique à partir d’observations satellitaires. Malgré quelques efforts après la sécheresse des années 1970 et 1980. Plusieurs éléments ont permis de relancer les projets de grandes infrastructures hydrauliques : l’apaisement des grands conflits armés (comme en Sierra Léone et au Libéria). L’Afrique de l’Ouest est politiquement très morcelée. Vu le coût croissant de l’énergie et des matériaux de construction. non seulement pour relancer les économies. dont la moitié sont situés en Afrique de l’Ouest (FAO/AQUASTAT 2005). Il est vrai qu’un pays pourra difficilement viser la satisfaction des besoins . les progrès de l’intégration régionale. qui regroupe une étude comparative sur 250 périmètres irrigués dans différents pays en développement. 1991 . le matériel et le carburant. tel que le barrage d’Akossombo au Ghana.

qui ne dispose pas d’une nappe importante ni de fleuve proche. jusque là modérées. les demandes urbaines. l’aménagement des bas-fonds ou l’irrigation de complément ? La riziculture ou le maraîchage ? Dans certains pays. de l’énergie et le changement climatique sont envisagés. la demande pourrait largement dépasser les prévisions classiques. Selon les démographes (FMI. quelques questions clés se posent aux décideurs et aux populations. en nourriture. Même l’option « tout-àl’égout » consomme des quantités recyclées. Dans d’autres pays. Ouagadougou . on exploite les aquifères. le plus souvent à cause des distances des habitations à un point d’eau potable. de 250 millions actuellement. il ne devrait pas y avoir de conflits d’usage majeurs entre la . Il n’est cependant pas sûr que les organismes de bassin jouissent de suffisamment d’autonomie de décision pour résister aux pressions politiques qui peuvent déboucher sur des investissements inadéquats. D’une manière générale. Les prélèvements pour l’eau potable viendront en partie des aquifères dont les eaux sont plus propres que les eaux de surface. Son programme de gestion concertée de l’eau s’inscrit dans l’harmonisation des actions en Afrique de l’Ouest. la submersion contrôlée. quels usages faut-il privilégier ? L’irrigation. DES USAGES CONCURRENTS OU COMPLÉMENTAIRES ? Alors que les projets de grande hydraulique sont à nouveau sur les tables de l’Office de mise en valeur du Sénégal (OMVS). de l’Autorité du bassin du Niger (ABN) et de l’Autorité du bassin de la Volta (ABV). en électricité. Les villes côtières en bordure du golfe de Guinée utilisent surtout l’eau de leurs aquifères généralement très productifs. à faire converger les politiques nationales et à remplacer la gestion bureaucratique par un mode de gestion plus participatif (Boily et Gangbazo. Comme les populations rurales pourraient aussi commencer à réclamer l’adduction d’eau. un bon tiers des populations urbaines et rurales souffrent d’un accès difficile à de l’eau saine. Le concept de Gestion intégrée des ressource en eau (GIRE) vise à harmoniser les politiques sectorielles. on réfléchit déjà à l’exploitation des ressources en eau non conventionnelles telles que le dessalement ou l’utilisation des eaux usées. 1998). En milieu urbain. le Partenariat mondial de l’eau. relayé dans la région par le Partenariat ouest-africain de l’eau et par des partenariats nationaux et locaux. Le problème est plus financier que technique car l’eau est disponible dans les aquifères ou dans les barrages et les techniques d’adduction sont relativement maîtrisées. Le coût élevé du service de l’eau par rapport à la capacité des utilisateurs à payer réduit la viabilité des investissements.34 VOL 84-1-2/2009 Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest nationaux au détriment des pays situés en aval. alors que les populations manquent de moyens pour les réparer. Dakar s’approvisionne par des forages et par l’eau du fleuve Sénégal puisée dans le lac de Guiers. La gestion des points d’eau est déléguée aux populations au travers de comités villageois capables de collecter les fonds et la formation des réparateurs ruraux est peu organisée. Dans le cadre de la gestion intégrée. l’hydroélectricité ou l’hydraulique pastorale ? Quels types d’aménagements ? Les grands ou les petits barrages ? Le contrôle total de l’eau. 2009 . l’eau potable. la population Ouest africaine devrait se stabiliser autour de 600 millions de personnes au milieu du siècle (hypothèse moyenne à comparer avec les 550 millions de l’hypothèse basse et le 700 millions de l’hypothèse haute). la gestion de l’eau dans les bassins passera par des compromis. Réseau International des Organismes de Bassin. l’assainissement. Les services hydrauliques sont souvent absents dans les quartiers périurbains et dans de nombreux centres urbains secondaires. Dans tous les cas. il devient important de clarifier les priorités entre les nouveaux usages sachant que les différentes demandes en eau potable. Comme les villes croissent très rapidement et que la moitié des africains de l’Ouest vivront en ville au milieu du siècle. 2009). UN Population Fund. une grande proportion de forages est en panne. propose les grands principes pour une gestion intégrée de l’eau à différentes échelles. Il faudra probablement maintenir les latrines et fosses septiques pour économiser l’eau. les pressions des groupes environnementaux pour préserver les zones humides vont s’intensifier à mesure que ces zones s’assèchent et que la biodiversité mondiale s’amenuise. La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a placé l’eau au cœur de ses priorités. De la même manière. Selon les estimations. aux ressources en eau de surface limitées et/ou déjà en limite de disponibilité. vont représenter une part non négligeable du disponible. s’approvisionne dans les barrages proches de la ville. En Afrique de l’Ouest. De même. La priorité à l’eau potable En général les planificateurs déterminent d’abord les besoins en eau potable pour les zones urbaines. en poisson vont croître rapidement. 2004 . les nouveaux modes d’exploitation-gestion des équipements collectifs consistent à déléguer la gestion des bornes fontaine à des opérateurs privés opérant à diverses échelles depuis le gestionnaire de réseau jusqu’au marchand ambulant. même s’ils sont fossiles. En zone rurale. les urbains consomment 40 à 60 litres par jour. L’assainissement consomme peu d’eau supplémentaire. La sous-région dispose de plusieurs instances de coopération à l’échelle desquelles des réponses concertées aux défis d’ampleur transfrontalière tels que la gestion de l’eau. Dans le contexte d’une ressource limitée et d’une demande en croissance exponentielle.

Peut-on réduire les consommations d’eau dans les périmètres irrigués ? Les modes d’irrigation varient par leur conception. 1985). L’aspersion à partir de pivots. Le gravitaire en maîtrise totale de l’eau. Mais c’est aussi la faible adoption de pratiques agricoles adaptées. Les exportations de haricot vert vers l’Europe ont pratiquement disparu de la sous-région au profit du Kenya mieux organisé. grands et petits. elle. d’un puits ou d’un cours d’eau. 2005). le mode le plus répandu. mais le contrôle de l’eau est très partiel. Les meilleurs résultats sont obtenus dans les périmètres qui pompent l’eau.. les aquifères seront principalement destinés à l’eau potable et les eaux de surface aux usages agricoles et hydroélectriques. est surtout utilisée pour la canne à sucre. une lame d’eau constante et des digues de protection contre les crues. 2005).. 1995). Cultures irriguées ou pluviales ? L’agriculture Ouest africaine pourrait très bien satisfaire la demande croissante des populations urbaines. Il fait aussi vivre un grand nombre d’intermédiaires. Dans certains cas. On trouve aussi une multitude de petits périmètres situés le long des fleuves ou autour des barrages. 1999). le manque d’entretien des réseaux et la faible efficience des systèmes irrigués qui sont à l’origine des coûts de production élevés (Loquay et Leplaideur. La riziculture. génère des revenus supérieurs et améliore la nutrition. car dans beaucoup de cas il faut gérer la salinisation des sols par des lessivages massifs.. leur sophistication et leur coût. en pleine expansion... les pompes à pied ou à chaîne. 1993). en passant par les shadoufs.. Les plans d’ajustement structurel ont nettement ralenti le développement des périmètres irrigués.. La réduction des volumes d’eau sur les périmètres rizicoles est complexe. Les systèmes dits californiens avec tuyaux enterrés sont plutôt utilisés pour les cultures à haut rapport comme le haricot vert. 1990). Les faibles taxes à l’importation des pays de la CEDEAO et la surévaluation du Franc CFA par rapport au dollar défavorisent la production locale. La réduction des gaspillages est particulièrement difficile quand l’eau est gratuite. ce qui incite les irrigants à réduire la facture énergétique. de la calebasse à l’hydrovis. notamment des femmes. des pratiques inadaptées ont salinisé ou dégradé les sols (Bertrand et al. Les périmètres sont en moyenne relativement peu productifs et peu rentables. Les cultures maraîchères. mais la sous-région pourrait produire l’essentiel de sa consommation de riz (Abernethy et al.. Les rares investissements sont concentrés sur les zones sahéliennes du Nord du Nigéria (Kimmage et Adams. nécessite des sols hydromorphes ou vertiques. les motopompes. un peu moins de travail que le riz et des infrastructures moins complexes que la riziculture qui. des planages coûteux. Ceux-ci sont effectivement coûteux (Berthome et a l. les crises de surproduction sont fréquentes. même si ces dernières se tournent vers de nouveaux modes alimentaires à base de riz et de blé. dans l’ensemble. Même si les pays du Sahel exportent de plus en plus de légumes vers les pays côtiers dont le climat trop humide pénalise le maraîchage. 1988) et de Guinée Bissau. Le gravitaire est particulièrement indiqué pour la riziculture qui consomme de grands volumes d’eau.Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest VOL 84-1-2/2009 35 demande des villes et les autres demandes. . de l’Office du Niger au Mali (Bonneval. des sols et des infrastructures (Bethemont et al. dans les zones péri-urbaines ou dans les mangroves de Casamance (Posner et al. Le renchérissement des hydrocarbures devrait favoriser l’exhaure humaine et animale pour les cultures à haut rapport. 2002) ou de la SAED au Sénégal (Bélières et Touré. Il crée des emplois. Toutefois le marché du maraîchage est étroit. « adapté » pour le petit maraîchage bien que constamment promu dans les conférences. autour d’une mare. Jamin et Windmeijer. Les pompes solaires sont pratiquement inexistantes. le riz restera la culture majeure des périmètres irrigués du Sahel. L’aménagement des bas-fonds est bien moins coûteux que l’irrigation gravitaire. L’irrigation par aspersion est rare à cause des pertes par évaporation. Les périmètres irrigués représentent moins de 2% des terres cultivées Ouest africaines contre 18 % au niveau mondial et 33 % en Inde et ne contribuent que modérément à la sécurité alimentaire de la région. permettant des rendements plus modérés et irréguliers (Albergel et al. Tant que les filières maraîchères resteront désorganisées. le maraîchage peut être réalisé à peu près partout où il y a de l’eau. Sally. L’irrigation de complément des cultures pluviales à partir de petits bassins se révèle rentable sous certaines conditions de coûts d’opportunité (Fox et a l . sachant que. Les modes d’exhaure de l’eau sont également variés. est concurrencée par les importations de riz asiatique bon marché (Barbier et al. Au contraire du riz. est rare sur le terrain. privilégiée par les aménagistes. de la fragilité des systèmes et du coût du pompage sous pression. nécessite des investissements très lourds. 1993 . pouvant dépasser 15 000 euros par hectare et une gestion de l’eau complexe (ministère de l'Environnement et de l'Eau du Burkina Faso. 2001). 1996 . 2005) mais l’adoption de telles techniques pour les cultures pluviales est nulle. Le goutte-à-goutte. 1986) et plus chers en Afrique qu’ailleurs (FAO/AQUASTAT. fort rare. vont-elles remplacer la riziculture ? Elles nécessitent moins d’eau. 2003). Le manque d’expérience des irrigants et leur manque d’organisation ne favorisent pas une gestion rationnelle des eaux. Il faudra probablement continuer à importer le blé.

En outre le Burkina Faso a entamé la construction d’un barrage à Samandéni sur le Mouhoun et en . l’autogestion se révèle décevante.. en règle générale. L’irrigation. environ cinquante fois moins qu’un Français ou cent fois moins qu’un Américain. La consommation moyenne avoisine 127 kwh/habitant. estelle réellement nécessaire ? Le climat de l’Afrique de l’Ouest est relativement bien arrosée. Les zones situées sous climat soudano-guinéen à régime monomodal sont encore relativement peu exploitées et offrent un potentiel appréciable pour les cultures pluviales. 2009). La consommation d’électricité est faible dans les pays du golfe de Guinée et dérisoire dans les pays du Sahel qui ensemble consomment l’équivalent de 1 % de la consommation de la ville de New York (Minvielle. Seules les parties soudaniennes et sahéliennes de l’Afrique de l’Ouest se trouvent dans une situation défavorable aux cultures pluviales. La plupart des pays sahéliens sont proches de l’autosuffisance et voient leurs rendements moyens croître rapidement (FAOSTAT. La Banque Mondiale soutient le développement de petits périmètres privés. un barrage hydroélectrique écrête les crues et soutient les étiages. réduisant le débit du fleuve d’un bon tiers (ABN. elle atteint des records mondiaux dans les pays sahéliens enclavés. L’hydroélectricité contribue tout de même à 40% de la production totale d’électricité de la sousrégion. Les infrastructures de production et de transport d'énergie électrique sont très coûteuses. Par exemple. 2004). Elle varie de 346 kwh/habitant à 22 kwh/habitant selon les pays de la sous-région. sur le Niger (Fomi et Fello Sounga en Guinée). Leur gestion a été en grande partie remise aux coopératives et groupements de producteurs. Les sociétés d’électricité peinent à recouvrer leurs coûts car les marchés d'énergie nationaux sont étroits. 1994 . permettant de contrôler les inondations et de construire plus facilement des périmètres irrigués en amont et en aval. Ninnin. sur le fleuve Sénégal (Sambagalou au Sénégal et Manantali au Mali).(EEEAO) prévoyait l’aménagement de nouveaux sites sur la Volta (Bui au Ghana). c’est aussi dans ces zones que l’évaporation de l’eau des barrages induit le plus de gaspillage.. à cause des coûts de transport du carburant (Diaw. 2009). Les régions sahéliennes sont souvent peu peuplées et celles éloignées des fleuves tendent à se dépeupler. 2002). Un barrage qui régule un cours d’eau peut aussi augmenter le productible électrique des barrages situés en aval. Les handicaps sont à la mesure du développement économique de la région. le Ghana (11%). Les paysans encadrés produisent aisément plusieurs tonnes de grains par hectare.. Les groupements se heurtent à une certaine incohérence des politiques publiques qui passent trop vite de la gestion étatique à un libéralisme qui équivaut à un abandon (Bethemont et al. Snrech. surtout depuis la baisse des pluies des années 1970. le reste étant produit par les usines thermiques à partir de pétrole ou de gaz naturel (FMI. un barrage hydroélectrique consomme de l’eau par évaporation. Si l’électricité est très bon marché au Nigéria et abordable au Ghana et en Côte d’Ivoire. sur le Niger (Kandadji au Niger) et en Sierra Leone (le Rokel à Bumbuna) pour une capacité totale installée de 1010 MW et un coût de 1. Toutefois dans les zones arides.7 milliard de dollars US (de 1999).36 VOL 84-1-2/2009 Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest 1997 . principalement dans les pays bordant le golfe de Guinée comme le Nigéria (37%). Si c’est dans ces zones que se justifie l’irrigation. Elles sont en voie de colonisation par les populations venant du Sahel et des zones soudaniennes (Cour. les tentatives d’intégration verticale des filières maraîchères et fruitières sont restées très timides. 2003). En 1999. le projet d'Échanges d'énergie électrique d’Afrique de l’Ouest. FAO. 1995). 1994 . C’est là que se trouvent les greniers à céréales des pays sahéliens. Les abords des fleuves Niger et Sénégal permettent d’envisager un certain développement agropastoral et halieutique. 1999). Le kilowatt/heure produit par l’hydroélectricité est nettement moins coûteux que celui produit à partir de centrales thermiques alimentées par des hydrocarbures dont le prix risque encore de progresser dans les décennies à venir. 2007). soit trois fois moins que la moyenne de l’Afrique subsaharienne. De plus. Si à l’Office du Niger la participation des producteurs à la gestion est considérée comme un succès (Bonneval. le barrage de Taoussa dans la boucle du Niger au Mali évaporera une lame d’eau de trois mètres. la Côte d’Ivoire (11%) et la Sierra Leone (5%). la Guinée (26%). Legoupil et al. tels que la professionnalisation des différentes fonctions des périmètres irrigués (Compaoré et al. La réduction des volumes d’eau nécessaires à l’irrigation se heurte à la désorganisation des périmètres irrigués. Hydroélectricité ou thermique ? Les manuels décrivent l’hydroélectricité comme une utilisation non consommatrice dans la mesure où un barrage hydroélectrique relâche l’eau turbinée en aval.. favorable aux cultures pérennes et à la double culture. De nouveaux modes de gestion sont proposés. 2003). mais le mode de production capitaliste de type patron/salarié se montre rarement plus efficace que le petit paysannat. si coûteuse et souvent décevante. 2002). Les pays côtiers du golfe de Guinée bénéficient d’un climat humide de type bimodal. 2001 . Le potentiel hydroélectrique de l’Afrique de l’Ouest avoisine 25 000 mégawatts. mais aussi les cultures de coton dont l’Afrique de l’Ouest est le deuxième exportateur mondial. Le privé ne contrôle pas plus de 10 % du total de la production et les pertes en ligne sont élevées (entre 14 et 45% selon les pays). 1999 . De même. de sorte que le coût élevé de l’électricité handicape fortement la sousrégion. Dembélé et al. Ces zones sont très favorables au maïs.

des agences de développement avaient favorisé ces mouvements en éradiquant des maladies présentes dans les zones humides afin d’y attirer les populations des zones sahéliennes considérées comme trop peuplées. il faudra probablement prévoir une connexion avec des zones dont le climat est moins dépendant de la mousson Ouest-africaine comme l’Afrique centrale. Il faudra alors probablement limiter la production d’hydroélectricité et investir dans le thermique. Le non remplissage des barrages consécutif à une saison des pluies insuffisante peut affecter durement les économies de la sous-région. Il est probablement préférable de construire des barrages sous climat plus humide comme dans les pays bordant le golfe de Guinée. 2000).. En fait. les possibilités de compensation entre zones resteront limitées. Les barrages du Nord Nigéria et du Cameroun sur le Logone et le Chari ont aggravé l’assèchement du lac Tchad. Beaucoup d’industries ghanéennes ont dû acheter leurs propres groupes électrogènes pour pallier les coupures du passé. Il est relativement difficile . frappant durement les économies nationales. Dans les années 1970 et 1980. le lac Tchad de 20 000 km2 à moins de 7 000 km2. Les zones humides sont progressivement mises en culture. mais aussi l’écrêtage des crues par les barrages et les prélèvements urbains et agricoles dans les fleuves qui alimentent ces zones humides. Cependant. la CEDEAO prévoit d’investir essentiellement dans le thermique. comme le Nigéria le fait avec le Niger. Le gaz naturel reste une énergie bon marché. Que faire des zones humides ? Les grandes zones humides naturelles Ouestafricaines ont perdu plus de la moitié de leurs superficies depuis les années 1960 (Lamizana et al. Or une grande partie du gaz est encore brûlé dans les torchères lors de l’extraction du pétrole. même si dans ce cas là l’impact reste faible en crue (6%). Le delta intérieur du Niger a régressé de 37 000 km2 à quelques 15 000 km2 aujourd’hui. Sur le long terme. Les fonderies d’aluminium du Ghana sont maintenant alimentées par du gaz nigérian ce qui a permis de réallouer la production du barrage d’Akossombo aux autres besoins nationaux. Ce risque de coupure s’amenuise à mesure que les interconnexions entre réseaux Ouest africains se développent et permettent de répartir les surcharges et les déficits.Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest VOL 84-1-2/2009 37 Figure 2 : Barrages et projets de barrages en Afrique de l’Ouest envisage un autre à Noumbiel. la plaine d’inondation du Hadéjia Nguru sur le fleuve Komadugu Yobe au nord du Nigeria de 2 350 km2 à 1 000 km2 (Acharya et Barbier.. Le Nigéria et la Côte d’Ivoire sont d’importants producteurs. Les compagnies pétrolières du Nigéria sont en train de capter ce gaz pour le revendre dans la sous-région au travers d’un gazoduc off-shore qui relie depuis peu les gisements nigérians au Bénin. à partir de gaz naturel en attendant que les énergies renouvelables deviennent compétitives. toujours sur le Mouhoun. si une grande sécheresse affecte la région. même si l’augmentation du prix du pétrole induit celui du gaz. La pression sur les bonnes terres pousse les populations rurales vers les vallées et les basfonds qu’ils délaissaient traditionnellement. les barrages de Sélingué et de Markala en amont du delta intérieur du Niger ont contribué à réduire la surface inondée dans le delta intérieur du Niger au Mali en régularisant les crues (Kuper et al. au Togo et au Ghana. Les causes ne sont pas seulement la baisse de la pluviosité. à court terme. Par exemple. Un handicap majeur de l’hydroélectricité est sa dépendance au climat. Le courant produit à moindre coût pourra toujours être revendu aux pays sahéliens à coût inférieur aux conditions locales. comme en 1984 et en 1998 au Ghana et en Côte d’Ivoire quand les turbines des barrages d’Akosombo et de Kossou ont dû s’arrêter. 2000). 2008).

Point. les besoins devraient être assez facilement couverts par les aquifères et les eaux de surface. qui vont augmenter plus vite que la population elle-même. Des questions sont posées sur l’impact du barrage de Kainji au Nigéria sur le delta du Niger au Nigéria. La protection des zones humides au nom de l’environnement peut paraître secondaire pour des pays qui ont des priorités plus pressantes. Si la priorité va aux demandes en eau potable. mais s’explique aussi par le blocage imposé par les plans d’ajustement structurels des années 1980. de fonctionnement des cours d’eau. Il y a ensuite le risque d’endetter à nouveau des pays dont l’assise financière reste fragile. même si une grande partie de l’eau des fleuves Ouest-africains va à la mer. Le choix des infrastructures dépendra premièrement de l’évolution des différentes demandes. les mares. le potentiel hydraulique de l’Afrique de l’Ouest est encore important. Si les grandes ambitions hydrauliques semblent de retour.38 VOL 84-1-2/2009 Le retour des grands investissements hydrauliques en Afrique de l’Ouest aujourd’hui de convaincre gouvernements et populations qu’il est important de protéger les marécages. et que la pression des demandes en énergie. gérer les ouvrages et les différents marchés qui vont se mettre en place pour l’eau et l’énergie. mais aussi de production de bois.. en eau et en riz a décuplé. les obstacles restent nombreux. surtout pour son rôle de sanctuaire de la biodiversité. au Ghana et en Côte d’Ivoire pour réduire le coût de la facture énergétique. L’interconnexion et la mise aux normes des réseaux devraient permettre de réduire les coûts de l’énergie et de redynamiser l’industrie régionale. les États de la CEDEAO doivent développer leurs propres capacités techniques. les bas-fonds et les forêts galeries. comme cela a été suggéré sur le Haut Niger (Zwarts et al. La demande en eau par l’industrie restera probablement modérée et restera confinée aux pays côtiers humides. En somme. Les projets de grands barrages Ouest africains ont des taux internes de rentabilité relativement modestes. Les zones humides seraient même « rentables » quand on additionne l‘ensemble de leurs services en termes de fonctionnement des écosystèmes. Il a fallu construire le barrage anti sel de Diama en amont du delta pour réduire les remontés salines de l’océan. et l’énergie hydroélectrique sera gérée dans le cadre d’un marché régional libéralisé (système EEEAO). Un nombre croissant d’études tend à démontrer que l’artificialisation des cours d’eau et l’assèchement des zones humides conduit à des coûts externes suffisamment importants pour annuler les bénéfices des barrages. L’Afrique de l’Ouest dispose de plusieurs sites Ramsar où les États et les ONG tentent de créer les conditions d’un développement durable. d’où un impact sur les zones humides. ces services représenteraient une source de revenus considérables pour des millions de riverains (Sally et al. Pour réduire le recours aux compétences extérieures. Le barrage de Sélingué au Mali a quelque peu contribué à réduire les zones inondées du delta intérieur du Niger au Mali et celui de Fomi en Guinée réduira encore plus les surfaces inondées de ce même delta. la CEDEAO compte davantage sur le gaz naturel actuellement produit en abondance au Nigéria. de contrôle de l’érosion. Il faudra aussi former un nombre important d’experts africains pour satisfaire les besoins des entreprises privées africaines et étrangères. Mais la protection des zones humides est devenue une priorité planétaire. L’Afrique de l’Ouest a besoin de compétences pour mettre en valeur ses ressources en eaux de surface et souterraines. Sans être exceptionnel. En ajoutant encore les retombées du tourisme. C’est l’irrigation qui va rapidement rencontrer des limites. les décideurs envisagent à nouveau la construction de grands barrages. Niger et Volta peuvent encore supporter quelques grands barrages. Les grands fleuves Sénégal. 1994 . Il faudra renforcer les capacités du secteur public pour contrôler les travaux. 2005). de la protection de la biodiversité. Le projet du grand barrage de Bui au Ghana sur la Volta Noire inonderait la réserve naturelle de Bui de réputation internationale et éliminerait l’habitat d’une des dernières populations d’hippopotames d’Afrique. ainsi que la côte atlantique du Fouta Djalon.. Les groupes environnementaux sont de plus en plus convaincus qu’il existe des alternatives raisonnables à la construction de grands barrages. Les projets d’extension des périmètres le long des fleuves vont nécessiter la régularisation de ces fleuves. 1999). CONCLUSION La relative rareté des grands ouvrages hydrauliques de l’Afrique de l’Ouest est corrélée au faible développement économique de la sousrégion. et même sur les côtes du golfe de Guinée. Le barrage de Manantali sur le Sénégal avait considérablement perturbé l’écosystème du delta du fleuve Sénégal. de fourrage. À court terme. Maintenant que les dettes ont été allégées. surtout quand les économistes calculent les externalités environnementales. l’Afrique de l’Ouest est une des régions de la planète les plus en demande d’infrastructures hydrauliques. les lacs. La crise financière mondiale aura un impact sur la générosité des financiers internationaux. de poissons et de gibier pour les populations riveraines. Mais les nouveaux investissements seront réalisés dans le cadre des organisations des bassins versants selon le principe de la gestion intégrée. Les nouveaux projets de barrages vont accélérer la disparition des zones humides naturelles. Il faudra un certain courage politique aux agences de bassin .

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