You are on page 1of 15

La recherche de modernité dans `paroles`de Jacques PREVERT Nom Introduction Jacques PREVERT est un poète peu étudié en Chine

. Cette absence notable, pour l’un des poètes les plus marquant du XXe siècle est étonnante. On notera ainsi que, dans L’Anthologie de la littérature française du 20e siècle (Maison d’éditions Beijing Université), il ne bénéficie seulement que d’un paragraphe de 4 lignes, qui ne saurait donner la plus petite idée de ce que pu être cet auteur, pour la littérature française. Quelques critiques chinois, peu nombreux, soulignent les qualités de ses poèmes d’amour , les plus cités étant Rue de Seine, Barbara, extrait du recueil Parorles1. Ce silence chinois peut paraître étonnant, surtout si l’on songe qu’il est connu dans le monde entier, et cela depuis très longtemps. Ces dernières années ont pourtant vues un certain changement dans cette situation. On notera la publication de l’intégralité de son œuvre dans la collection de la Pléiades et la traduction en Chinois de Parole. Cette absence d’étude, nous fait penser, qu’il serait intéressant, et nécessaire de commencer des études sériées sur cet auteur. On ne saurait finalement ignorer totalement un des poètes les plus importants du XXe siècle. Paroles, avec ses colères et ses passions qui sont la marque de la jeunesse, est certes une œuvre intiment liée à son époque et non dénuée d’intérêt ; un certain nombre de poème du recueil peuvent être considérés comme des poèmes de circonstance. Pour aborder la modernité du poète, nous avons envisagé de débuter notre investigation par une approche historique et thématique. Il ne fait aucun doute, par exemple, qu’après une difficile gestation dans les dernières décennies du XIXe siècle, l’idée de République s’impose véritablement en France. Inspirés par La Révolution Russe de 1917, renforcée et stabilisée à l’éclatement de la guerre civil d’Espagne de 1936. Les intellectuels ne sont pas en reste et participent activement, à leur manière, à la vie politique ou sociale, lançant ça et là des groupes, des manifestes, des théories, qui tendent à donner une direction à défaut d’imposer un vision commune et reconnue par tous. Ce sont les premiers pas de ce que Sartre définira comme l’ « engagement », au début des années 50. Adolescent pendant la première guerre mondiale, Prévert manifeste une aversion profonde pour la guerre et les militaires. Il déteste également les prêtres, les politiciens
. ,,,,,,,, ,,,, 2001 ,, 1 , P.86 ,,L’hirondelle sur la grande murail, à l’hommage du 100e anniversaire de Jacques PREVERT, Foreign Literature No,1,2001 P.86,
1

les responsables de l’amertume de la génération. P. puis donne à son œuvre l’apparence de la vie ou encore la vie elle-même. Si l’on ajoute les influences de Moussorgski3. à n’en pas douter. un rôle déterminant dans sa forme d’écriture et son rythme. qui marquent et font la particularité de son style si particulier. Rimski-Korsakov4. 4 On pensera à son influence orientale dans son œuvre Shéhérawade 1888. pour ne citer que les plus célèbres. L’Ange de feu 1922 et plus particulièrement son conte pour enfants Pierre et le loup. Il sait saisir l’inspiration quand elle vient. A l’émergence la contestation d’une société. L’originalité de PREVERT se perçoit aussi dans son style. Ce style. A cela. 6 On pensera à des œuvres comme Chout le bouffon 1921. qu’il côtoya de façon régulière et où il se fit de solides amitiés. deux tendances principales de Paroles. Si vers la fin du XIXe siècle Rimbaud affirmait déjà.24 Avec La Nuit sur le Mont Chauve 1868. A commencé par les surréalistes. pour lui. d’Igor Stravinski5 ou Prokofiev6. il n’hésite pas à avoir recours à la langue et aux expressions populaires EXEMPLE de sorte qu’il réussit à toucher un large auditoire. qui se cherche après les massacres de la Grande Guerre. de par sa volonté de croire et d’imposer la liberté. Sidad Anwar Mohammed. 5 Avec L’Oiseau de feu 1910. ou de ses différences de styles dans ses amitiés et contacts. qui ont dues jouer. Ayant d’apparentes facilités pour écrire des chansons populaires. Eluard continue le chemin en proposant en 1952 une poésie fraternelle. Il participe à de nombreux projets de films pour enfants et n’hésite pas à illustrer ses œuvres détournées avec la musique de Kosma. il en écrira un ,l’esprit de la contestation de de l’evidence chez Jacques PREVERT ,, Dr. que la fonction du poète est , un multiplicateur de progrès , . auxquelles il croit et qui changeront l’ordre du monde. c’est le sens de ce qu’il définit lui-même comme la « porte ouverte ». ouvrira donc la voie à une démarche de rédemption métaphysique et social de l’être humain. Petrouchka 1913 et la même année avec Le Sacre du printemps. pour lui la poésie. Mais son art ne se limite pas seulement à la seule écriture. l’exprimer avec des couleurs et des mots. et qui ont tous participés d’une manière ou d’une autre à la création de sa rythmique et de son onirisme. si difficile à classer et que l’on pourrait apparenter à tant de courants. 2 3 . PREVERT montre les deux aspects de la vie.et l’armée qui sont. L’intérêt de la poésie de Prévert ne réside pas tant dans son contenu mais dans la définition de la fonction de la poésie. le poète répond en offrant à ses contemporains des valeurs pacifistes positives. En combinant l’esprit de la contestation et de l’évidence2. Peutêtre faut-il chercher l’explication de cette diversité. L’esprit de PREVERT est ouvert à la vie et à la beauté. qui sait lui communiquer un nouveau rythme.

pour dénoncer ce qu’il considère comme un traitement inhumain de l’innocence. Son style si particulier permet. Prévert dépeint à sa manière la société française du XXe siècle. qui prendra son véritable sens avec la publication de Paroles. n’hésitant pas à utiliser l’humour noir si nécessaire. pour dénoncer la bêtise. Nous traiterons de l’importance des animaux dans son œuvre. Le temps de l’espoir Le recueil poétique Parole est publié en 1946. ainsi que ses profondes mutations politiques. Son œuvre est pleine de poèmes dénonçant ces faits. Dans ce recueil. Prevert va user de ce procéder. de son monde imaginaire. Utilisant cette dernière.grand nombre7. de 1924 a 1927. Ces donnés à la fois historique et stylistique laissent à penser qu’il nous est possible de tracer un portrait plus précis de celui qui fût toute sa vie à la recherche d’une réalité différente. que ce soit par des allusions rapides. on pensera plus spécifiquement aux oiseaux. la gauche se retrouve au pouvoir. et à la faveur d’une politique d’union. à Jacques PREVERT. jeux de mots. d’enrichir sa production littéraire et grâce à son style : répétition des paroles. et une seconde fois en 1936. la première fois avec le « Cartel des gauche ». Prevert l’engagé 1. une prose à qui. Apres une difficile gestation dans les dernières décennies du XIX siècle. Cela semble aller dans son sens et sur l’idée qu’il se fait de l’écriture. Il se compose de 95 poèmes écrits entre 1930 et 1944. l’outrage ou la dictature Prevert va jouer de tout son talent pour défendre ses idées. l’idée de République et de démocratie s’imposent véritablement en France. registres variés. symbole principal. Dans son recueil Paroles. la haine et la cruauté. des paragraphes courts ou des textes plus long. A deux reprises toutefois au cours des années de l’entre deux guerres. Pour lui l’animal représente la forme d’innocence absolue et qui dans bien des cas se retrouve confronté à la bêtise humaine. 7 Petites listes . métamorphose. il donne une nouvelle dimension insoupçonnée jusqu’à lors par ses contemporains. notion héritée de la Révolution Française. allitération aux proverbes et dictons populaires. à l’aide de sa langue. La France républicaine se partage dès lors entre la gauche et la droite. I. Prevert exècre la violence. que l’on peut observer au travers de ses deux poèmes dans le recueil : Page d’écriture et l’oiseau du souci. disharmonisation des images. Prevert s’attaque au conformisme et réinvente. l’abêtissement. sociales et culturelles.

D’un diner de Têtes A Paris-France8. et deviennent de fait de plus en plus puissants. ce qui permet en même temps de voir apparaître un écart de la langue usuelle par rapport à la langue normée. De ces poèmes on ressent la tristesse de l’époque. sans penser aux souffrances qu’elle engendrera. Les syndicats (en 1921. cette armée victorieuse. De la guerre et de l’antimilitarisme Dans de longs textes. l’orthographe et la grammaire se codifient. sont nés une quantités non négligeable de textes de positions ou de postures. Tout semble tourner autours de l’armée. PREVERT est confronté très tôt à toutes ces mutations sociales. d’amours perdus et de deuils…illustrés par des poèmes comme Barbara avec : « quelle connerie la guerre » ou encore dans La rue de Bucci avec : « où est-il parti…où es. Les militaires sont partout. Enfant d’un milieu modeste.tu…le cœur de cette rue ». qui expliquent sa démarche ainsi que sa volonté de remettre en cause une société. On constate aussi une volonté de changement dans la façon d’appréhender l’éducation en cherchant à ouvrir l’accès du savoir a un public plus large. Amorcée dans les années 1880. Cet 8 date . la CGTU et la CFTC) qui défendent les intérêts des ouvriers. D’une manière plus générale. exerçant divers métiers dès l’âge de 15 ans. afin de les transfigurer à volonté. des grèves à répétition se produisent dans les corps de métiers. et comme dans une immense lanterne magique. l’école publique gratuite et obligatoire permet à des franges de plus en plus larges de la population d’accéder à la connaissance. Le programme du « Front Populaire » contenait des objectifs précis (défense de la laïcité et pression fiscale renforcée sur le « capitale »). ont été crées la CGT. Conséquence sans doute de la crise économique des années 1930-1931.avec la victoire du « front populaire ». Parallèlement. Dans des textes comme : D’une tentative de description. Prévert nous décrit les méfaits de la guerre avec son cortège de ruines. qu’il trouve factice et par trop cruelle. mais qui déjà prépare la suivante. la démocratisation du savoir se poursuit. pour mieux les refléter et les déformer. sont en effet de plus en plus nombreux à regrouper en leur sein les ouvriers français. Parisien de naissance et d’éducation. qui est devenu « Groupe Octobre » entre 1931 et 1936. qui se reconstruit après la première guerre mondiale. De sa participation extrêmement active au « Groupe de choc Prémices ». La scolarité obligatoire s’allonge et la République se donne les moyens de créer une véritable méritocratie. il s’efforce d’intégrer toutes les facettes de la société française. comme bon lui semble. 2. le souvenir tenace et la guerre à nos portes. sur de sa future victoire. il s’amuse à les capter.

il semble . La vigueur iconoclaste de la jeunesse s’épanouit dans le présent et se prolonge dans sa foi en un avenir meilleur. indiscutable. Il aborde aussi le thème de la religion. que la fierté de l’armée est ridicule en dépit du mal qu’elle fait. à l’Aigle Noir (Presque) ou dans ma maison. Le travail est présenté comme une exploitation et une humiliation. L’amour que décrit Prevert est purement charnel. L’amitié rapproche l’homme est l’animal : L’enfant joue avec l’oiseau-lyre (Page d’écriture) pour PREVERT. ce qui pour lui n’est ni plus ni moins qu’un jeu d’enfants cruels. qu’il juge délétère. La dénonciation de la violence et de la guerre sont. c’est un choc physique. il dénonce. ou dans le jardin. quand ils ne sont pas violents et blasphématoires. dans Ecritures Saintes. « Visant le cœur du monde en éclatant de rire ». l’oiseau et le chat s’en vont de concert à la fin du poème. les bombardements de la deuxième guerre mondiale dans Barbara ou le fascisme dans L’ordre nouveau. innocente. et qui en font un auteur au fait de l’histoire qui l’environne.. voit toutes les misères et toutes les injustices. Napoléon). en effet dans L’effort humain une expression résume tout : « La terrifiante chaîne où tout s’enchaîne / la misère le profit le travail la tuerie ». Prevert ne fuit pas. Prévert dénonce aussi l’emprisonnement (La chasse à l’enfant). le poète l’étend aux humains par l’offrande de valeurs positives qui changeront l’ordre du monde. aux chanteurs (Marianne Oswald. Le sentiment de complicité avec le monde animal. aussi mérite-t-il l’allégeance complète du poète (Salut à l’oiseau. Il pénètre partout. De l’amour découle l’amitié. la colonisation (L’effort humain) ou encore le système éducatif (Le cancre). Il propose la vitalité créatrice de tous les artistes. Elsa Henriquez). Picasso). aux poètes (William Blake). où il se moque des héros nationaux (Louis XIV. ressenti à la vue de la nudité féminine. aux hasards des oiseaux). Ces thèmes tendres alternent avec des poèmes plus engagés qui glorifient la révolution. pour ouvrir des voies nouvelles et la dédie aux peintres (Van Gogh. qu’il note dans son texte Fête Foraine.état de fait. pour appuyer ses thèses (guerre d’Espagne et guerre d’Ethiopie dans Lanterne magique de Picasso et La crosse en l’air. il fait également référence à l’actualité de son époque. que soit en Espagne (Alicante). seuls armes à sa disposition. à l’image de la crosse en air : le veilleur de nuit. Prévert se sert également du lyrisme dans son écriture où il exprime ce qu’il aime : l’amour.) et anticlérical (La crosse en l’air). pèse sur sa conscience et c’est avec ses mots. la nature et l’art.. l’oiseau est le symbole de la Liberté joyeuse. En contradiction avec ses thèmes révolutionnaires et contestataires. Jacques PREVERT ne veut plus « crier hurler gueuler ». et resteront les thèmes dominants de son œuvre. Antimilitariste (Le temps des noyaux. Le recueil laisse donc transparaître quelques allusions à la situation historique et religieuse contemporaine.

inventeur de la formule. tel qu’il est tout entier au nom de la beauté. la modernité en poésie cherche à rattraper les bouleversements scientifiques et techniques de la fin du XIX siècle.chercher la fraternité humaine par une autre voie : , le poème final de 1944 montre que la perspective de la Révolution a reculé. qui le fait aimer même. d’avoir introduit de l’hétérogène dans le champ littéraire. qui chasse les idées de mort. pratique le calligramme. Apollinaire. les idéologies ont montré ce dont elles étaient capables . Paris est le centre d’une vie artistique foisonnante. Gustave Kahn se lance ainsi dans l’aventure du « vers libre ». En effet. Gertude Stein ou Francis Scotte.,9 II. un moment au moins. En utilisant « Paris est une fête » d’Hemingway. nous continuons notre exploration des thèmes de l’auteur au travers d’une nouvelle définition de la poésie. soit à une simple reprise de souffles. qui fait accepter le monde indifférent mais non avec indifférence. ayant pour but de devenir universelle. Une écriture novatrice sous contrôle La réception des critiques ne manquera d’ailleurs pas de souligner. enfin. Paul Claudel explore les possibilités qu’offrent les versets. seuls restent l’art et l’amour pour abolir ces fleurs monstrueuses. A Montparnasse s’installe une foule cosmopolite parmi laquelle on peut apercevoir Ernest Hemingway. Prevert et son style 1. Évoqués par toutes les mutations sociales. qui délivre pensée. Le principe essentiel semble correspondre soit à une intention très nette. Parus dans des journaux. PREVERT a laisse à son éditeur. Max Jacob redécouvre les possibilités du « poème en prose ». ou diffusés sur les ondes. le soin de procéder aux alinéas et aux ponctuations qu’il estimait souhaitables. le rôle du poète à l’époque de PREVERT est redéfini et cherche à s’impliquer plus précisément dans une contextualité présente. ou encore mis en musique voire utiliséés dans les films. mais aussi le Hongrois Brassi ou l’Espagnole Picasso. les poèmes de PREVERT se sont suffisamment démocratisés pour admettre l’irruption de certaines libertés (abolition de la ponctuation. l’amour surtout. poème en prose). Héritée de Baudelaire. Au sortir de la première Guerre mondiale. René Bertele. les 9 Arnaud Laster : Paroles PREVERT Hatier-Paris 1972 P. Il est important de remarquer aussi que : dégagé de son rôle initial de la création lié à la beauté pure et qui l’enferme dans une tour d’ivoire. à la parution de ce recueil. non content d’avoir supprimé la ponctuation. qui semble émerger à cette époque.22 .

suivent le chemin de leur prédécesseurs de la fin du XIX siècle. Les deux. qui semble suivre un chemin complexe menant du réel vers idéal. Il fit la connaissance de Queneau (figure de style). Son sentiment de la complicité s’exprime au travers des procédés novateur. Si le recueil est composé selon un ordre chronologique. Si la guerre civile d’Espagne en 1935 constitue un premier test pour cette exigence de l’ouverture de la poésie au monde. Avec Bataille. que Prévert affirma y avoir , fait ses humanités , . Les dadaïste ou les surréalistes. la position d’une poésie fraternelle est fortement défendue par Eluard en 1946. il se moque des écrivains qui se prennent aux sérieux et qui n’ont pas compris qu’un des aspects les plus forts du langage est l’humour. ou de l’enchainement. nous sentons une suite. mais qui , sera en avant , . de collage géant. en préconisant une langue nouvelle. en ce sens qu’il transpose ses . une parfaite symétrie. qui renforcent sa poétique. Il refuse la rigidité du jargon poétique et son attirail. Sous sa plume. Les œuvres de Jacques PREVERT sont nourries à la fois de la notion de fraternité et d’une recherche novatrice dans le domaine artistique. la Seconde Guerre mondiale portera le phénomène à son paroxysme. en parcourant le recueil. et qui permet d’exprimer , la qualité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle. capable d’exprimer un réel différent. de kaléidoscope vertigineux. , . Les textes progressent selon le mode de l’association d’idées. ainsi. ,seul moyen d’éviter l’erreur,. , les poètes sont citoyens , , ils doivent élaborer une poésie qui , ne rythmera plus l’action , . répondant à la fois à une construction classique. Certes le passage de Prévert par le surréalisme. Pour eux. qu’il soit phonique ou lexical. C’est pendant cette période. l’image passe de la subjectivité à l’objectivité. de 1925 à 1930 a laissé des traces importantes dans son œuvre. qui ne va pas sans nous rappeler une sorte de tableau éclaté. chacun à leur manière ont ,forgé un langage poétique neuf , .intellectuelles participent activement à cette vie réelle.

langage contre coercitions Paroles est l’anagramme de « la prose » aimait à dire Prévert. III.35 11 A la suite des échantillons illustratifs nous indiquerons le titre du poème entre guillemets suivi du numéro de la page. Le « latin ». 111)11. au niveau du discours escorté. la « messe ». . C’est dans la même logique qu’on voit la Sainte Cène banalisée par une antanaclase issue de la double occurrence du mot « assiette » : « Ils sont à table / ils ne mangent pas /ils ne sont pas dans leur assiette / Et leur assiette se tient droite / verticalement derrière leur tête » (« LA CÈNE ». 111). Le chien qui joue à officier dans le poème « LA CROSSE EN L’AIR » parodie à des fins ironiques l’incipit de la prière bien connue : « Notre père chien qui êtes aux cieux » (p. comme pour signifier que ce titre rhématique est l’émanation d’un jeu de mots et annonce. 162). sur le plan syntaxique des postes fonctionnels qui contribuent à leur ôter de la consistance en tant que référents sacrés. toute particulière. le « vendredi saint ». espace religieusement connoté. puis au chauffeur de taxi.). on suit l’assassin. C’est bien 10 Corinne Français, ,Paroles, Breal 2002, P. Rome. aux passagers d’un taxi. un couple de pédérastes qui se sépare. tous constitutifs du motif religieux occupent. tout cela sous un ciel d’orage. le « christ ». on s’intéresse alors au chômeur. une déstructuration des canons esthétiques de la poésie en tant que genre. p. est constamment déprécié. entité transcendante. PREVERT se concentre sur la fonction poétique du langage. Même Dieu. est inséré dans le poème de façon ridicule par un actant relais qui est un chien: «Le chien de la rue de Rome vient d’arriver / il a sur la tête la mitre et il fait le pitre » (« LA CROSSE EN L’AIR ». cherche à explorer les jeux de langage. La paronomase construite autour du couple « mitrepitre » décrit l’activité de cet agent insolite qui est aussitôt transformé en officiant : « Avec tous les gestes saints / le clown aboie en latin / il aboie au christ / il aboie au vendredi saint / il dit la messe avec sa queue » (ibid. la poésie est tout d’abord un champ d'exploration du langage. un assassinat. Pour lui. Il est aisé de constater à la lecture de Paroles que la religion y est abondamment tournée en dérision. dont il accorde une priorité. Les principales composantes du sacré n’y sont évoquées que pour être aussitôt désacralisées. à la force des mots. aux gens en deuil qui viennent pleurer la mort du malade.émotions et ses sentiments sous une , écriture automatique très contrôlée10,. L’hirondelle s’envole. C’est à l’hirondelle de faire le lien entre le monde idéal et le monde affreux – un monde qui meurt. p.

sa rencontre avec un chien à l’ouverture du poème est ainsi décrite : « il [le chien] regarde l’évêque / l’évêque regarde le chien / ils se regardent en chien de faïence » (p. Naturellement. il montre à quel point recule le sentiment humain en temps de guerre.noisettes…des cache-pots pourquoi n’y a-t-il pas de cache-pape…/ point d’interrogation » (p. et leur filiation à Dieu condensée dans le groupe nominale qui clôt l’extrait : « toute la clique de notre seigneur ». L’énumération des acteurs de la guerre. 117). sont métaphorisés en lapin. « les mitrailleurs »). p. le veilleur de nuit. ce que rapporte le poète au discours indirect libre : « il comprend qu’il a confondu hommes d’église avec femme à barbe et qu’il se trouve en présence des évêques cardinaux archevêques et bedeaux…des révérends pères gras à lard brulés vifs par la Frente Popular dans les souterrains d’Oviedo… » (pp.tampons…des cachecols…des caches. 114). C’est à cette occasion que Prévert laisse émerge la figure du « catholique pratiquant » décidé de sonder la profondeur des choses : « à chaque question qu’il se pose malgré lui le catholique pratiquant a beau essayer de répondre que la question n’est pas là…la question est là…la question continue d’être en question et remet tout en question » (ibid. Dans ce poème.bedeaux » apporte une touche d’humour à l’énumération. l’absence de réponses va renforcer le sentiment d’être abandonné par Dieu : « Il voit là haut dans le ciel les frères en Jésus. 126-127. deux éléments de la sainte trinité. poème dans lequel le Père et le Fils. Cette tentative de zoomorphication se poursuit dans « ECRITURES SAINTES ». « les aviateurs ». des voix qui questionnent frontalement la religion. personnage relais dont la torche nous promène dans les dédales du système clérical. 109). La figure de l’évêque. L’orphelin relate ainsi son aventure en ces moments: « tous ceux qui étaient vivants / et qui me . comme pour en rajouter à leur faire axiologiquement répréhensible. Dans sa déambulation. Il s’agit d’un entêtement restitué de façon un peu spéciale par le poète : « C’est alors que le catholique pratiquant sent monter en lui de terribles questions / Hélas puisqu’ il y a des cache-nez…des caches. personnage hautement distingué dans l’Eglise catholique est présentée dans ce poème comme un ivrogne dont le « visage est défait comme un vieux lit » (p.archevêques.l’ajout sur la chaîne syntaxique de l’élément adventice « chien » qui porte au plus haut degré la disqualification du référent.) Le parallélisme phonique « évêques -cardinaux. Le ressassement de la « question » au propre comme au figuré trahit le désir obstiné de comprendre. Dans le poème « HISTOIRE DU CHEVAL ». Il persiste aussi dans le poème.Christ / tous ses frères en Mussolini / les archanges des saints abattoirs / les éventreurs…les aviateurs…les mitrailleurs…/ toute la clique de notre seigneur » (pp. 116). 117118).. est ici accompagnée par l’homéotéleute (« les éventreurs ». ne manquera pas d’être déçu en premier .

figure consacrée par l’institution scolaire mais dont l’idéologie religieuse est déconstruite dans un poème étonnant par sa brièveté : « Un certain Blaise Pascal / etc. L’idée d’excellence liée à l’école est aussi récusée lorsque la face reprouvée du cancre se trouve magnifiée dans un geste de révolte : « avec les craies de toutes les couleurs / sur le tableau noir du malheur / il dessine le visage du bonheur » (« LE CANCRE ». 188). 183).. Par l’humour ironique .caressaient / attendaient que je sois mort / pour me bouffer » (p. Ce symbole fort de la nation est désacralisé par assimilation à un comparant (« une orange abîmée ») spécialement placé avant le comparé (« la MARSEILLAISE ») et qui plus est. 63). Un autre lieu auquel Prévert n’hésite pas à s’attaquer c’est l’école et ses références.etc… » (« LES PARIS STUPIDES ». c’est un emblème de la nation aussi important que l’hymne national français qui est démonté : « C’est la fin du discours . fait de jeu. p. Dans le même ordre d’idées. « me caressaient -me bouffer ») témoignent d’une autre guerre menée pour la survie loin du front. c’est la figure de Napoléon Bonaparte qui est tournée en bourrique : « Tout jeune Napoléon était maigre / et officier d’artillerie / plus tard il devint empereur / alors il prit du ventre et beaucoup de pays / et le jour de sa mort il avait encore du ventre / mais il était plus petit » (« COMPOSITION FRAN. mieux une régression à contre courant de la civilisation avec cette tendance à l’anthropophagie. et celle-ci ayant pour arme la duplicité et l’hypocrisie.CAISE ». d’amour de la nature et celui que la société adulte impose. p.mort ». Ainsi le canal rituel de transmission des connaissances devient-il le point de cristallisation des ressentiments. Les paires oppositives qui se dessinent (« vivants . Dans la construction « il prit du ventre et beaucoup de pays ». Le fait pour le l’élève cancre de s’attaquer au tableau noir est assez significatif. C’est le cas de Blaise Pascal. p. le zeugme permet de relativiser le prestige lié aux conquêtes par évocation d’un physique dédaigneux. La notoriété présumée du philosophe est mise à mal par le pronom indéfini « certain » qui tend à le ramener vers la masse des aléatoires anonymes. 18). Cela est d’ailleurs marqué sur le plan syntaxique par la rallonge du groupe nominal « . Dans , page d’écriture , . comme une orange abîmée lancée très fort contre un mur par un gamin mal élevé. de chant libre. Prévert met en scène son protagoniste préféré : l’enfant. la MARSEILLAISE éclate et tous les spectateurs éclaboussés par le vert-du-gris et les cuivres. p. ivres d’Histoire de France et de Pontet-Canet » (« TENTATIVE DE DESCRIPTION D’UN DÎNER DE TÊTES À PARIS-FRANCE ». se dressent congestionnés. laisse prévaloir le sème de «la pourriture». Les , paroles , mis en en présence souligne un divorce essentiel entre le monde de l’enfant. 8).

restez unis crient les petits de l’hirondelle ». Dans « histoire du Cheval » (p. dit l’hirondelle. il s’élève contre le gavage des oies. Dans « Cataire ». l’hirondelle continue son chemin et voit à travers les brise-bise d’une autre fenêtre ». elles n’en ont pas besoin.que les animaux sont maltraités par le langage quotidien. Prévert leur associe dans son affection les enfants et les femmes. Cet amour pour le monde animal se manifeste tout particulièrement dans le long poème publié en 1951 sous le titre « Des bêtes… ». Les hirondelles portent un jugement à la fin du texte. chronométrées par mon frère Ernest le sportif ». l’élevant au rang d’homme. Prévert nous raconte le destin d’un cheval traqué par ses supérieurs. une histoire assez bouleversante. Comme très souvent dans son œuvre. il constate que les hommes ont insulté presque tous les animaux à l’exception des chats (« ils n’ont pas osé »).tableau noir » d’un complément déterminatif (« du malheur »). Dans beaucoup de textes. Prevert présente le monde idéal à l’imagination par les animaux. Jacques Prévert nous surprend en considérant la baleine comme un homme capable d’émotions et dotée d’une intelligence semblable à celle des humains. les tortures subies par les veaux nourris aux oestrogènes et enfermés dans de minuscules cages (« Irrespects humains »). Restez ensemble hommes pauvres. c'est par commodité qu'on appelle « poèmes » des textes qui ne relèvent d'aucun genre fixe et qui empruntent aux catégories stylistiques les plus variées. Dans l’ensemble.21). Il conte une magnifique performance de l’âne comme un exploit héroïque : « le tout en cinquante sept secondes. poème accompagné de photographies d’animaux par Ylla. Ainsi. Attentif à ce que la réalité peut avoir de plus libre et de plus magique. Prévert place les hirondelles comme des juges. À vrai dire. IV. Prévert ne peut manquer de débusquer dans l'hétéroclite une cohérence supérieure. Le texte qui suit s’intitule « la pêche à la Baleine ».39) que les enfants appellent « Sir âne ». Le poème « ACCENT GRAVE » réévalue indirectement la relation élèveprofesseur. qui est au moins celle de sa propre fantaisie. un monde animal Prévert a consacré beaucoup de textes aux animaux dans Paroles. . mais s’ils se séparent. Dans « Evénements ». Tendre pour les êtres simples. il lui donne la parole. Prévert parle d’un âne « Souvenirs de famille » (p. on a la nette impression que l’esthétique poétique de Paroles est essentiellement issue des jeux de mots pour détrôner tout ce que l’imaginaire social porte sur un piédestal. ils crèveront. Il remarque aussi –comme il le fait au sujet des femmes. supérieurs aux terriens : « Pour les hirondelles il n’y a pas de bon Dieu. ce qui traduit l’admiration qu’a Prévert envers les animaux volants : « Ils mangeront.

Mais voilà l’oiseau-lyre qui passe dans le ciel l’enfant le voit l’enfant l’entend l’enfant l’appelle: Sauve-moi joue avec moi oiseau! Alors l’oiseau descend et joue avec l’enfant Deux et deux quatre… Répétez! dit le maître et l’enfant joue l’oiseau joue avec lui… Quatre et quatre huit huit et huit font seize et seize et seize qu’est-ce qu’ils font? Ils ne font rien seize et seize et surtout pas trente-deux de toute façon 5 10 15 20 25 . On peut notamment souligner la très grande compassion qu’a Prévert envers les oiseaux avec beaucoup de textes portant leurs noms dans Paroles . , page d’écriture, Deux et deux quatre quatre et quatre huit huit et huit font seize… Répétez! dit le maître Deux et deux quatre quatre et quatre huit huit et huit font seize. C’est pour cette raison que nous avons voulu articuler ces procédés créatifs dans les poèmes , page d’écriture , et , les oiseaux du souci , . mais aussi porte-paroles des "petites gens". il faut se réserver de mettre cela au compte d’un simple ludisme scripturaire. Ils sont présents dans près d'une vingtaine de poèmes. dans le Parole : Pour faire le Portrait d'un oiseau. Les oiseaux du souci.mais principalement par les oiseaux. Chanson de l'oiseleur. Au hasard des oiseaux. symboles de liberté. où la voix du lyrisme personnel liée à son imaginatiion est représentée par l’oiseau-lyre et les hirondelles. Toutefois.

On voit la récitation s’arrête et la table d’addition se dévider a l’envers. 30 35 40 45 50 Nous trouvons ici qu’une salle de classe est suggérée d’emblée par la récitation choral d’une table d’addition un peu inhabituelle. ils s’animent et quittent la classe. Et les vitres redeviennent sable l’encre redevient eau les pupitres redeviennent arbres la craie redevient falaise le porte-plume redevient oiseau. La vie naturelle reconquiert la classe. Le poème est bâti sur l’opposition du monde d’enfant et le monde adulte : d’un cote il y a la récitation monotone des opérations arithmétiques. Les chiffres eux aussi retrouvent leur liberté et une volonté personnelle. l’humour et le naturel ont remplacé les contraintes de la logique. après avoir subi une première éclipse avec l’entrée du merveilleux oiseaux. et par la répétition insistante aux cinq derniers vers du verbe redevient. La presence cote à cote de ces deux monde antagonistes est . propre a l’enfant. Et l’enfant a caché l’oiseau dans son pupitre et tous les enfants entendent sa chanson et tous les enfants entendent la musique et huit et huit à leur tour s’en vont et quatre et quatre et deux et deux à leur tour fichent le camp et un et un ne font ni une ni deux un à un s’en vont également. Et l’oiseau-lyre joue et l’enfant chante et le professeur crie: Quand vous aurez fini de faire le pitre! Mais tous les autres enfants écoutent la musique et les murs de la classe s’écroulent tranquillement. elle pénètre partout. Le monde figé des opérations logiques de l’esprit. scandée par l’ordre du maitre. et de l’autre le gout du jeu et du chant. La fantansie. Mais le jeu et le chant personnels ont bouleverse les répétitions systématiques. le verbe s’écroulent et l’adverbe tranquillement. la nature triomphe et les objets. Cettre irresistible transformation magique est rendue sensible par la juxtaposition deux mots antithétique.et ils s’en vont. cherche a s’imposer a nouveau brièvement aux vers 18-19 et 22-23.

Très verlainien dans sa musicalité et sa nostalgie. Pour créer l’impression de chagrin impondérable et constant. mais glissement continuel vers la liberté et calme victoire de la vrai vie. et pluie de suie. ,les oiseaux du souci, Pluie de plumes plumes de pluie Celle qui vous aimait n’est plus Que me voulez-vous oiseaux Plumes de pluie pluie de plumes Depuis que tu n’es plus je ne sais plus Je ne sais plus où j’en suis Pluie de plumes plumes de pluie Je ne sais plus que faire Suaire de pluie pluie de suie Est-ce possible que jamais plus Plumes de suie… Allez ouste dehors hirondelles Quittez vos nids… Hein? Quoi? Ce n’est pas la saison des voyages?… Je m’en moque sortez de cette chambre hirondelles du matin Hirondelles du soir partez… Où? Hein? Alors restez c’est moi qui m’en irai… Plumes de suie suie de plumes je m’en irai nulle part et puis un peu partout Restez ici oiseaux du désespoir Restez ici… Faites comme chez vous. ce texte suit deux mouvements contradictioires. nous avons suie. et s’attache à rendre le touble profond de la conscience par un jeu de métaphores qui suggèrent le glissement et la dérive dans un univers ou la pesanteur n’est plus ressentie. dans une atomisation toujours plus poussée de la notion. celle du désespoir de l’amant après la mort de sa maitresse. PREVERT se sert tout d’abord du jeu répété sur une figure.indiquée par la simple juxtaposition des actions. celle de la synecdoque : c’est à dire plume pour oiseau . pluie pour nombreuses plumes . Il n’y a ni rupture. la logique du phénomène de sensibilité abolit l’illogisme des affirmations en imposant comme seule vraie de la logique du sentiment d’etre devenu ce qu’on ressentiait et . puis à nouveau en teintant de noir les parcelles de plumes. puis en divisant la notion . pour les résoudre en un movement d’acceuil teinté d’humor résigné Il reprend une situation traditionnelle de la poesie lyrique. La contradiction des termes Je m’en irai nullement et puis un peu partout n’est pas qu’apparente. abandon et réaction.

complaintes (Complainte de Vincent). Les formes populaires et simples employées de façon récurrentes. romances. Evènements). on y retrouve l’image d’un Paris populaire avec des portraits d’hommes à la limite du stéréotype (« un chauffeur de taxi. L’emploi de vers libres. Ce recueil paraît dans l’atmosphère de Libération d’après-guerre. Jacques Prévert crée un lien particulier avec ses lecteurs. des lieux.comme on se sentait etre. le sentiment individuel d’etre ce qu’on éprouve est résolue. Le poète raconte d’abord leur histoire.. . Souvenirs du carrousel). On pourrait presque dire que Jacques Prévert retrace sa vie dans son recueil.. qui sont sensible à ses thèmes libérateurs. De plus. de les accueillir en permanence. l’amour. Grâce à cela. des évènements historiques attirent tout de suite les foules. un assassin ». Il traite tous les sujets : le déshonneur. L’amant accepte finalement de recevoir les oiseaux du désespoir.. ce qui lui donne un écho particulier auprès des lecteurs. la mélancolie et son monde ideal imagniaire. il veut faire une sorte de portrait autodidacte de l’époque dans laquelle il vit. Il parle de ceux qu’il aime ou qu’il n’aime pas. En effet. un chômeur. insassissable. des moments de bonheurs (« Et l’enfant dans la vie ». léger. d’un style oral et familier c’est-à-dire le parler du peuple pour décrire des scènes quotidiennes. pluie. la nature. Quand les « bêtes » apparaissent dans les fables et les contes de Prévert. multiple. suie. Premier jour). Paris at night). permettent une compréhension immédiate. suggérant qu’elle ressemble parfois à la nôtre. elles ne sont pas seulement des figures symboliques de l’être humain opprimé. on sent parfaitement la volonté de Jacques Prévert de faire bouger les lignes de la création. Conclusion Avec « Paroles ». des messages d’amour (« en te serrant dans mes bras ». La dissociation fictive entre le moi et le non-moi. ce dernier souhaite l’égalité. chansons (Chansons). devenant par là l’hôte attitré du déespoir. c’est-à-dire plumes. la fraternité (« beauté frappée fraternité ».