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Charcot, Jean-Martin (1825-1893). Leçons du mardi à la Salpêtrière, professeur Charcot. Policlinique 1887-1888.

Notes de cours de MM. Blin, Charcot et H. Colin,... Tome Ier. 2e édition,... (avec une préface de J. Babinski.). 1892.

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LEÇONS

DU

MARDI

PUBLICATIONS

DU PROGRÈS

MÉDICAL

LEÇONS

DO

MARDI Professeur

A

LA

SALPtTNÈRl

C H ARGOT

POLICLINIQUE 1887-1888

Notas

de

Cours

de MM. BLIN,

CHARGOT

et

H. COLIN

ÉLÈVES DU SERVICE

TOME

I

2e ÉDITION AiVEG101 FIGURES PARIS AUX OUPROGRÈS MÉDICAL BUREAUX 14,rue desCavvnes, VVE BABÉ ET G'E LIBRAIRES-ÉDITEURS, Placede l'École-de-Médecine.

1892 Tousd-roils réservés.

PRÉFACE

L'enseignement dont l'utilité

de notre maître, depuis

M. CHÀRCOT, à. la Salpêtrière, de longues années par l'assi-

a été proclamée

duité et le nombre, des auditeurs, pects de partialité

auquel les étrangers

les moins suset

à notre égard sont obligés de rendre hommage singulièrement a été soumis, à maintenir depuis quelques

dont l'éclat a contribué la médecine Professeur française,

au premier rang années, par le

à certaines modifications doivent

qui l'ont encore perfectionné'. être divisées actuellement en

Les leçons de M. Charcot deux catégories bien distinctes, jour de la semaine, Les vendredis, le mardi

à chacune desquelles et le vendredi.

est con sacré un

le professeur étudiés

présente

à ses auditeurs

des malades

qu'il a préalablement quels il a longuement

grand soin et sur lesmédité le plus souvent. — Le but qu'il se prode montrer élucidée à ses élèves des sujets dont le diagnostic

avec le plus

pose n'est pas exclusivement l'histoire clinique soit bien

et chez lesquels

puisse être porté avec certitude sistants au courant

: il s'efforce surtout nouvelles. pensons-nous,

de mettre les as-

de ses études

Nous ferons suffisamment Leçons, en faisant remarquer

ressortir,

la portée de^ees dernières

que les auditeurs

de ces trois

II — années ont pu assister ainsi à la rénovation — l'expression n'est certes pas exagérée — que le maître a fait subir par ses travaux si importants sur l'hystérie, découverte à la neuropathologie de l'ataxie dont l'aspect, par depuis la de

mémorable Boulogne,

locomotrice

Duchenne modifié.

ne s'était encore jamais est la nature

aussi profondément

On voit quelle pourrait

de renseignement du vendredi qui relever du Collège de France. — On étudie là, non pas la

science faite, mais la science qui se fait. Ces leçons ne sont donc pas la continuation tré depuis longtemps été publiée. de celles qui ont illusa déjà

notre maître et dont une grande partie

Les Leçons du Mardi vons dit plus haut,

sont de date plus récente, et comme nous l'aessentiellement lui-même, des précédentes. de façon à

elles diffèrent

Elles sont, comme le dit le Professeur

organisées

donner plus spécialement l'image de la clinique journalière, de la po" liclinique imaginent, belU" avec toutes ses surprises, toute sa com— Ces malades sont inconnus du Professeur plexité. qui cherche à établir séance tenante dont ils le diagnostic, le pronostic et le traitement de sont atteints. — M. Charcot fait assister ainsi qu'il accomplit pour élucider ces diverses

l'affection ses auditeurs questions.

au travail

On voit comment,

dans tel cas, la simple

vue d'un

malade,

un

geste, sa parole, sa marche suffisent rant de son état, comment,

pour mettre

le.médecin

au courigou-

dans un autre cas, une analyse

reuse des symptômes

et de la marche de l'affection est indispensable intimes l'occasion dem'instruire,

« chaque instant dans ses causeries

— III — pour arriver au diagnostic, et enfin comment parfois, malgré un exail est impossible peuvent apprendre de se prononcer de cette façon des malades, imméla méet ils

men des plus approfondis, diatement. Les auditeurs

thode que le clinicien

doit suivre dans l'examen

peuvent voir dans le courant des maladies nerveuses.

d'une année les spécimens

de la plupart

Mais il y a plus. Le maître originales, présente

émet souvent

dans ces leçons des idées des ébauches de travaux

des aperçus nouveaux,

qu'il ne juge pas encore en état d'être exposés d'une façon magistrale dans ses leçons du vendredi exercer déjà une heureuse ticulièrement rations nous et dont la connaissance peut pourtant parexploQu'il

influence sur l'esprit

de ses auditeurs,

de ceux qui ont l'ambition si attrayant

de faire de nouvelles de la neuropathologie.

dans le domaine

soit permis de rapporter

à ce propos ce passage

d'une conversade

tion que nous avons eue un jour Vienne.

avec un médecin très distingué

Comme nous lui demandions étranger

son opinion sur la valeur d'un et cela avec jus-

neuropathologiste

qui jouit en Allemagne,

tice, du reste, de la plus grande notoriété, « vi son service pendant plusieurs

il nous répondit : « J'ai suienten-

mois et je ne lui ai jamais

« du énoncer une idée originale « qu'il a publié sur les maladies

qui ne fût contenue nerveuses

dans l'ouvrage son li-

: si vous avez lu

ft vre, vous en savez

sur lui autant

— Il n'en est que moi. pas de

« même, ajoutait-il, de votre maître, j'ai lu et relu ses ouvrages, je « les connais dans leurs moindres détails, et pourtant, je trouve à « d'élargir mes idées,-de modifier ma méthode de travail ; la lecture « de ses livres ne suffit pas pour le connaître et l'apprécier. »

— IV — C'est pour ces différents du service, motifs que MM. Blin, Charcot fils suivant

et Colin, élèves

ont pensé avec juste

raison,

nous, que la publication

des Leçons du Mardi rendrait

service à un

grand nombre de médecins. Elles seront accueillies sans doute avec la plus grande satisfaction

par ceux qui, y ayant assisté, seront heureux de pouvoir se les remémorer, comme aussi par ceux, et leur nombre doit être grand, qui regrettent de ne pouvoir suivre cet enseignement. La lecture de ces nouvelles leçons sans suppléer professeur à la parole du

permettra à tous, nous l'espérons, de mieux connaître les les leurs, comme le pensait le médecin

idées du maître et d'élargir viennois.

Les élèves qui ont pris l'initiative leurs efforts à l'accomplir ont fait oeuvre éminemment

de ce-travail et qui mettent

tous

scrupuleusement utile.

pourront donc dire qu'ils

J. BABINSKI.

Au malade : Vous avez été atteint de la syphilis ? A quelle époque ? Le malade : En 1880. GHAHCOT : La chose n'est pas douteuse. Il a été soigné par M. COURS DE M. Épi- 1er MAIADE. Il s'agit d'un cas complexe qui me permettra de discuter devant vous plusieurs points controversés. Ce qui est plus difficile. le Professeur Fournier. M. qui établissent l'état pathologique du malade. faciale. t. Je connais un peu.Policlinique du Mardi 15 Novembre 1887. c'est d'arriver à la connaissance des différents éléments. lepsie partielle. Fournier m'a dit quand je suis allé le trouver : votre maladie remonte à trois ou quatre mois. pour l'avoir examiné déjà une fois le malade que je vous présente aujourd'hui. Leçons du Mardi. Le diagnostic n'est pas bien difficile. 1 . Le malade : M. je puis le garantir. 'Voilà donc cet homme atteint de Syphilis. paralysie douloureuse . CHARCOT Année 1887-1888 PREMIÈRE OBJET: LEÇON 1° Syphilis. MESSIEURS. Je vais l'interroger. Je veux maintenant appeler votre attention sur lés phénomènes nerveux CHARCOT. forme 2° Monoplégie brachiale hystérique. i. ataxie locomotrice progressive. c'est une affaire entendue. il a eu une éruption sur tout le corps. En 1880. 2eédition.

Autrefois. Mais vous allez voir ce qui arrive quelquefois."on donnait au malade de l'iodure de potassium et peut-être aussi du mercure et on croyait l'avoir guéri. : Et voilà. : Mais quand vous releviezvotre paupière ? M. c'est devenu de l'ataxie locomotrice. C'était une illusion.. et qui appartiennent à l'ataxie locomotrice.. — 2 — qui ont paru dans la suite. CHARGOT Le malade : En 1884. Autrefois. CHARCOT Le malade : Alors je voyais très bien. M. quand on reconnaissait mie de ces paralysies oculaires réputées syphilitiques. M. qui est toujours vaillant comme vous savez.'Que vous est-il arrivé ensuite ? Le malade: J'ai eu des douleurs dans la cuisse. on aurait dit-un jet d'étincelles électriques. : Remarquez bien cette date: trois mois après l'éruption. M. : Quand avez-vous commencé à les éprouver ? M. la vérité est que la maladie guérissait d'elle-même. (S'adressant au malade) : Ainsi vous voilà avec des douleurs. CHARCOT Le malade : Je l'ai eue à partir de cette époque. . trois mois après. Ricord. qu'il y en a beaucoup moins qu'autrefois. mais je suis convaincu . voilà ce que vous devez avoir dans l'esprit : Est-ce syphilitique? Ne serait-ce pas le commencement d'une affection bien plus grave et indépendante de la syphilis? (S'adressani au malade) . (S'adressani au malade) : Quand avez-vous commencé à avoir une paupière tombante ? Le malade: Trois mois après l'éruption. Celadurait deux ou trois secondes et se renouvelait quelque fois cinq. une paupière qui tombe. CHARCOT : Sont-elles aujourd'hui ce qu'elles étaient à l'origine? Le malade : Autrefois. CJfcuicoï : Eh bien ! en vous rendant un compte exact de la situation où était le malâxté à l'époque ou a eu lieu la chute de la paupière. » Et en effet. CHARCOT nier vous a dit que vous étiez malade depuis quatre mois? Le malade : Depuis trois ou quatre mois. CHARCOT quand on voyait ainsi chez un individu une paupière rester tombante. je lui disais: Que sont devenues aujourd'hui ces paralysies oculaires que nous connaissions dans le temps sous le nom de paralysies oculaires syphilitiques et qu'on guérissait à cette époque: il me répondit d'un air narquois : « Aujourd'hui on a changé tout cela. il guérira . CHARCOT que la chute de la paupière s'est produite trois mois après la constatation delà syphilis. FourM. partant du centre de la cuisse et rayonnant à la superficie. je ne voudrais pas dire tant s'en faut qu'il n'y a pas de paralysie oculaire syphilitique. {S'adressani au malade) : Au bout de combien de temps la paupière s'est-elle relevée? Le malade : Elle ne s'est jamais relevée complètement. on disait : c'est un syphilitique. dix et même vingt fois par jour. et en effet la guérison survenait le plus souvent à la suite du traitement spécial. voulezvous les décrire ? Le malade: Ces douleurs me prennent plusieurs fois dans la journée. : Vous avez la vue double ? M. : Je tiens à ce que vous remarquiez cette date : Vous vous rappelez M. M. Eh bien ! rencontrant il y a quelques mois M. et beaucoup plus souvent l'hiver que l'été. • = .

Combinez dans certains cas avec le signe d'Argylt Roberlson. : En avez-vousressenti ailleurs ? M. une huitaine de jours. parce que tel peut être. dans les cas vulgaires. vous avez des imitations. mais qui de temps en temps. On remplacerait le mot M. les douleurs cubitales dont il s'agit et cela pourra suffire quelquefois pour asseoir le diagnostic. Elle en diffère cependant par des particularitéssur lesquelles j'appelle votre attention. et cela d'autant plus facilement que dans le diabète.. ont cette sensibilité exquise de la peau. M. c'est une anesthésie qui se produit sur le lieu même où la douleur est apparue._ 3 _ : La description est d'une clarté extrême. CHARCOT " " le mot par "fulgurante qu'elle serait tout-à-lait scientifique. Eh bien! n'allez pas prendre un diabétique pour un tabétique. (S'adressani au malade) : Votre peau n'est-elle pas très sensible au toucher. CHARCOT Le malade : J'en aieu quelque temps seulement dans les bras. on ne la connaissait pas. CHARCOT les membres supérieurs. et la difficulté du diagnostic est d'autant plus grande que la démarche de l'alcoolique ressemble' quelquefois à:celé de Tataxiqné. c'est le domaine du cubital.ai eu dans là cuisse gauche. Vous savez que l'ataxique lance les jambes et les pieds en avant. il y a quelquefois absence de réflexes. l'alcoolique au contraire. mais alliée à quelque chose de. si chez un malade. dans certains cas. Cela est à considérer. il y a plusieurs choses à signaler : C'est d'abord le cas très vulgaire où les douleurs fulgurantes laissent après elles des plaques d'hypéresthésie : alors la peau est extrêmement douloureuse au toucher. au frôlement dans les points ou siègent les douleurs fulgurantes ? Le malade: Non! Elle perdrait au contraire de sa sensibilité. comme par accès. il y a lieu ensuite de signaler des malades atteints d'ataxie locomotrice qui n'ont pas de douleurs fulgurantes. il y a un autre état morbide où les douleurs fulgurantes sont très importantes.particulier. le début du tabès. j'en. Le malade à eu une-sorte d'engourdissement dans les deux derniers doigts de la main. fléchit le . "électrique Ces douleurs ont-elles changé de place? Le malade : Pendant longtemps je n'en ai ressenti qu'à la cuisse droite./c'est la représentation et comme l'équivalent de la douleur fulgurante. Ces douleurs fulgurantes dont le malade a fait une description si nette sont à peu près caractéristiques de l'ataxie. Depuis une époque assez rapprochée. CHARCOT : A cet égard. Eh bien ! chez notre malade. M. Mais dans le diabète. C'est le cas de la paralysie alcoolique qui est entré dans la clinique • depuis huit ou dix ans à peu près. vous devez vous dire: Est-ce un ataxique? Ce pourrait bien être un diabétique. vous avez quelque ehose: qui ressemble à des douleurs fulgurantes. la peau tellement sensible que le moindre frôlement du pantalon leur est insupportable . On la connaît aujourd'hui. de douleurs fulgurantes qui peuvent vous tromper. ce n'est pas du tout la même chose. Auparavant. : Il y a un lieu de -prédilection pour les douleurs fulgurantes 1dans M. mais cela n'a pas duré longtemps. CHARCOT : Avez-vouseu des engourdissements dans les deux derniers doigts de la main? _ Le malade : Oui. Déliez-vous des sujets qui vous disent qu'ils ''ont de temps en temps.

. de l'alcoolique? C'est d'autant plus difficile à distinguer par soi que le tabès et le diabète peuvent se combiner et tout à l'heure. le voilà atteint de diplopie. il n'est pas forcé d'avoir un cas simple pour vous faire plaisir. et précisément. Vous allez voir tout à l'heure qu'il ne faut pas prendre l'ombre pour la proie. etc. appelé Steppeur (du Voilà divers cas auxquels il faudrait penser. Quand. c'est un vrai malade de clinique. (S'adressant au malade) : A la fin de l'hiver dernier. CHARCOT : Le voilà donc qui se met à uriner involontairement. du diabétique. certaines migraines du moins. de douleurs fulgurantes et de paralysie faciale. a commencé la paralysie faciale. Nous avons constaté chez notre malade la chute de la paupière. je vous dirai par quel concours de circonstances. Quand un client vous appelle. de plus. le rhumatisme articulaire. Tout de suite cela fait penser au tabès. . on se dit qu'avec des frictions mercurielles et de l'iodure de potassium. la goutte. si vous vous trouviez en présence d'un malade atteint de douleurs fulgurantes. Il a. les douleurs fulgurantes. etc. Voilà un homme qui a été synhlitique. je dois vous le dire. C'est ce que nous avons genou à l'excès comme les " " " " la démarche du mot anglais Slepper ). la gravelle.Mais à ce propos. il ne faut pas conclure qu'il n'est point un tabétique. Eh bien ! ces deux familles se combinent très souvent . Cette famille nosographique est en quelque sorte l'alliée intime de la famille arthritique qui elle. le malade qui est devant nous est un exemple du genre. le tabès ou ataxie locomotrice progressive appartient suivant moi à la famille neuropathologique. Puis vers le 21 septembre. Sont-ce des douleurs fulgurantes de l'ataxique. Cette maladie a duré une huitaine de jours et à cette époque. Son cas peut se présenter sous une forme très complexe. Vous savez que jveritends par là l'ensemble des maladies du sylème nerveux qui se transmettent réciproquement par voie d'hérédité similaire ou dissimilaire. Rappelez-vous notre diagnostic. on en viendra à bout. chez un malade il y a absence de réflexes rotuliens. cela a recommencé. vous avez eu des perles d'urine involontaires ? Et depuis cette époque ? Le malade : Cela a disparu complètement mais aux premiers froids. il l'est par sa complexité même. sans doute. Ce n'est pas là en effet un symptôme de paralysie alcoolique dont le caractère à peu près général est de ne pas attaquer la vessie . Quand on se trouve en face d'un malade qui a la syphilis. Ce serait une erreur profonde.— 4 — chevaux qui ont trop de feu. comprend entre autre les migraines. C'est qu'en définitive. Arrêtons-nous un instant sur ce point. la syphilis. Voilà la diplopie. de ce qu'un individu ayant les symptômes tabétiques a conservéses réflexes rotuliens. le diabète. 11n'a pas perdu ses réflexes rotuliens. La clinique est faite surtout pour étudier les aspects particuliers et les complexités des maladies. ce n'est pas non plus un symptôme du diabète. il sera nettoyé. Je vous ai prévenu que le malade est très intéressant. il recommence à voir double. M. on se frotte les mains. parce que la paralysie faciale est ici en quelque sorte une complication. mais il y a autre chose encore à signaler.

tout d'un coup. Voilà la clinique qui intervient et qui ditn Mais non. Aussi bien vous n'attendrez pas pour faire votre diagnostic. CHARCOT : Quel jour ? Le malade : Vers le 26 ou le 27 septembre. pas bien éloignée du reste. il en résulte une lésion du tronc nerveux.cela doit faire penserai! tabès. C'est bien d'une paralysie faciale périphérique qu'il s'agit. . cela n'est pas bien vieux en définitive. Vous prenez froid un jour. très dilatées ou au contraire très contractées. tandis . c'est l'absence de réaction par l'action de la lumière. Notre malade n'a pas perdu les siens. Etant donné le signe d'Argyll Roberslon. En général. ce froid se dirige sur la face. On se ligure en général que'la paralysie faciale est une maladie que l'on connaît parfaitement dans tous ses détails et ses origines. le mal ne guérira pas ou ne guérira qu'incomplètement . il n'a pas la démarche tabétique. mais il arrive aussi que dans le tabès. il n'oscille pas. Le phénomène a presque disparu aujourd'hui.que la paralysie faciale périphérique atteint aussi la partie supérieure. suivant que la paralysie est g^ave ou légère. c'est souvent une invention que cette action du froid comme cause de paralysie faciale . où elle a commencé à être observée. Les pupilles sont inégales. (S'adressa7ii au malade) : De quel côté avez-vous eu de la paralysie faciale ? Le malade : Du côté gauche.donc dans la période préataxique. vulgaire. je parle de là paralysie faciale habituelle. il y a des modifications pupillaires très importantes qui peuvent contribuer à caractériser le tabès. C'est une erreur. les pupilles réagissant cependant dans l'accommodation. il est. les réflexes rotuliens sont conservés ou exagérés. qu'ils soient dans la seconde période. comme on dit quelquefois.CHARCOT : Vers le 26 ou le 27 septembre. Eh bien ! pas du tout. 11y"a relativement à la paralysie faciale périphérique une doctrine qui règne depuis l'époque. M. quand vous serez appelés auprès des malades. la guérison pourra se faire en quelques semaines. Naturellement. la paralysie faciale n'atteint que la partie inférieure du visage. Arrivons maintenant au troisième épisode. a frigore. légère. 11n'a pas non plus le signe d'Argyll Robertson. mais ce qui est le principal phénomène. et quand il est debout et qu'il a les yeux fermés. C'est ce qu'on nomme le signe d'Argyll Robeiison. Voussavez tous que dans les cas ou elle relève d'unelésiondes hémisphères. que nous supposerons en sueur . cela remonte à Charles Bell. voilà la face qui est tirée du côté gauche. et l'oeil gauche ne peut se fermer. Vous n'avez à peu de chose près que deux alternatives : le malade est-il ataxique ou atteint de paralysie générale ? Ici c'est de tabès qu'il s'agit. à ùnepachyinéningite basilâire. tous les muscles ou plusieurs des muscles qu'il innerve sont affectés : Us le sont comme lé nerf luimême plus ou moins profondément. Il semble que ce soit là toute l'histoire de la paralysie faciale. je laisse de côté les paralysies faciales qui peuvent tenir à une carie du rocher . Grave. Vous ne voyez guère ce phénomène se produire que dans deux maladies qui sont du reste connexes : l'ataxie et la paralysie générale progressive. Mi.

: Exposé à des. et ce serait un travail fort intéressant à faire que d'étudier spécialement les maladies d'une race aussi originale que cette race des sémites qui a joué un si grand rôle dans le monde depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.courants d'air? M. on compte cinq cas de paralysie faciale. je le répète.: Et le froid? Le malade : Je travaille dans un bureau très mal placé où je suis exposé à des couimiitsd'air continuels.— 6 — périphérique. Si le malade qui estdevant vous est atteint à la fois. nous avions ici. qui tous étaient atteints d'une paralysie faciale. en particulier. ils Vous apprennent que c'est trois ou quatre ans auparavant. Les Sémites ont en effet ce privilège de présenter à un degré extrêmement accentué tout ce qui peut se voir en matière d'arlhritisme. du système nerveux. Croyez-vousque ce soient des coups de froid qui aient donné lieu à toute ces paralysies ? Il y a là évidemment une question d'hérédité. Quand on demande à un malade s'il a eu froid. Et si vous interrogez les parents quand il a éprouvé cette peur. tout ce qu'on peut imaginer en fait d'affection névropathique. Il y aurait là une très belle source d'observation de pathologie comparée. Je connais une famille faite de la façon suivante : C'est encore une famille sémite. C'est la conclusion à laquelle j'aboutis. Je ne prétends pasqjue cette action du froid-. (S'advessanl au malade) : Avez-vousressenti un courant d'air froid dirigé sur la face ? Le malaie : Je n'en sais rien ! C'est le soir.. l'épilepsie le tabès ataxique. qu'il y a des cas où la paralysie faciale reconnaît de tout autres causes. c'est de la légende. que la bouche s'est tordue. à notre dernière séance. il est des cas. . c'est ainsi que la légende se fait. l'hystérie. Dans cette famille à laquelle je fais allusion et qui est.. cela doit être. par exemple. Tout cela. depuis trois.mois. CHARGOT. CHARCOT : Qu'aviez-vousfait? Le malade : J'avais vaqué à mes occupations comme à l'ordinaire. composée de cousins germains qui se sont mariés entre eux. comme pour toutes les autres affections. mais je dis que ce n'est pas aussi de général qu'on le pense et ou a remarqué (c'est une remarque très importante M. — il y a peut-être une relation particulière entre les deux affections— de paralysie faciale et d'ataxie locomotrice. M.que cetteaction dé la peur ne produisent quelquefois les effets qu'on leur attribue . M. une famille consanguine. il est vrai. qu'il n'a pas eu peur ou que la peur n'y a été pour rien. appartenant à la famille neuro-pathologique. ce n'est peut-être pas un coup de froid qui rendra compte de la paralysie faciale. vers huit heures. la chorée. Voyez-vousces trois membres de la même famille tous atteints d'un coup de froid. de même que l'on dit souvent lorsqu'un enfant se trouve atteint d'épilepsie : C'est une peur qu'il a eue. et cela. trois Sémites. Ainsi. Neumann). Cela veut dire en réalité. où elle est en quelque sorte une maladie de famille.:GHARGOT Le malade : Oui. souvent il répond : On me l'a dit. et depuis que la paralysie s'est développée. je ne vois plus double. que j'ai senti les premières atteintes du mal. deux soeurs et un frère.

A mon avis. aux gens qui auraient des tendances tabétiques. Mais il n'existe pas un seul exemple de ce genre. ne vous gênez pas. ont contribué pour leur part à faire entrer sérieusement dans la clinique. de-certaines lésions des centres nerveux. qu'elle s'anémie: un oeil est menacé. mais l'ataxie locomotrice qui ne provient pas de la syphilis. peut provoquer un accès de goutte. qui permettent de la distinguer des cas où la syphilis serait en jeu? A un autre côté. le voilà pris. Cette thèse est fondée sur des statistiques constatant que très souvent la syphilis est un des antécédents de l'ataxie locomotrice. Par conséquent. de bien prendre garde à ne pas contracter la syphilis. Je suis un de. je n'admets pas que la syphilis soit la cause de tous les accidents que nous venons de passer en revue. c'est le traumatisme. nous pouvons nous demander. il n'y a pas grand chose à dire contre les chiffres.— 7 — : C'est-à-dire que la diplopie disparaît. CHARCOT ne faites pas intervenir la syphilis . vous constatez que la papille d'un malade devient Manche. Le traumatisme peut développer chez les individus à peu près toutes les maladies auxquelles ils sont prédisposés. Une fois le tabès déclaré.. empêchez le second oeild'être pris. le développement de l'atrophie des nerfs optiques. je ne suis point un réactionnaire au point de vue de la genèse syphilitique. Je vous rappellerai à ce propos ce qui ce passe dans le cas de l'atrophie tabétique du nerf optique. alors qu'elle1. Pourquoi la syphilis ne jouerait-elle pas ce rôle vis-à-vis des maladies nerveuses? Certainement "c'est une grosse affaire que la syphilis et si nous voyons tant d'ataxiques qui ont été syphilitiques. cette coïncidence du tabès et de la paralysie faciale chez. a-t-elle des caractères cliniques spéciaux. Il y a des maladies qui jouent par rapport aux autres le rôle d'agents provocateurs. évidemment non. quelques observateurs éminents affirment que la syphilis peut-être la cause de l'ataxie locomotrice progressive . Dès l'origine. dans ces dernières années. les accidents du système nerveux ayant pour point de départ la syphilis. autant que je sache. c'est une cause pour laquéllej ai lutté. Le premier de ces agents n'est pas à vrai dire une maladie. je ne vois pas bien l'utilité du traitement anti-syphilitique et j'ajouterai qu'il est dans l'espèce des cas où l'application rigoureuse dé ce traitement peut amener des résultats fâcheux. elle peut-être également la cause de la paralysie faciale. Pour en revenir à notre malade. la médication anti-syphilitique a-t-elle de l'Influence sur les affections tabétiques qui releveraient. où l'on ait réussi à arrêter en route par les moyens antisypliilitiques.un syphilitique ne serait pas là une preuve suffisante à l'appui de la thèse admettant la syphilis comme cause de l'ataxie locomotrice. ce malade a eu la syphilis.de la syphilis ? Non. le traumatisme. lui. cependant. De même que la scarlatine développe le rhumatisme articulaire . Je recommanderai en ce qui me concerne.ceux qui. si sans l'intervention de la syphilis. Je ne prétends pas le contraire. l'ataxie se fut jamais développée chez eux. .étaitbattue enbrèche par dés praticiens depremier ordre. et l'on ne peut pas nier que de tels cas existent. il reste l'autre. On me dira peut-être : Vous M.

nous ne sommes pas dans les conditions de longue incubation nécessaires. Mais on reconnaît aujourd'hui que cet espace de temps relativement considérable. Une des raisons pour lesquelles on doutait de la nature vraiment syphilitique de certaines lésions cérébrales ou spinales. — A cet égard donc. en clinique nerveuse. Par conséquent. il se passe quelquefois 10. le plus souvent dominés par les conditions héréditaires. . ont pu être mis en relief. mais. remarquez le bien. la mère. 15 ans et même plus. Et cependant. faut-il saisir avec empresinent l'occasiond'en profiter. ne connaissait guère la syphilis cérébrale. est justement un des caractères cliniques de cette affection. Son grandpère maternel a été atteint d'une maladie nerveuse que l'on cachait dans la famille. la syphilis vous crève les yeux.. lorsque la lumière vous arrive. que du malade lui-même et de la maladie actuelle. à ce qu'il paraît. il faut regarder en arrière . si vous ne vous occupez. vous croyez avoir entre les mains des agents capables de lutter contre elle avec efficacité. votre étude restera bien imparfaite. accidentelles. c'était qu'entre le chancre et l'apparition des accidents nerveux. dans vos recherches. ataviques. le grand-père. purement occasionnelles.ehenl.contraires. Son père a une vieille bronchite chronique. Mais cela ne doit pas vous empêcher de pousser plus loin vos investigations en matière d'êtiolegie . il y a quinze ans. vous ne soyez à peu près jamais secondé par les membres de la famille . les voici : Sa mère est diabétique. Ici. Forigine de toutle mal et que. Pas n'est besoin de faire intervenir étiologiquenient la syphilis qui ne jouerait.. Ricord lui-même. il faut vous dire que pour ce qui concerne les maladies du système nerveux. rien de mieux démontré que l'existence de lésions. Vous la considérez avec d'autant plus d'intérêt que vous la croyezpeut-être levéritable agent pathogénique. Vous serez donc rarement éclairés sur toutes ces questions qui vous intéressent pourtant au premier chef." - — 81—. Eh bien ! les antécédents de notre malade. à la production des maladies cérébrales syphilitiques. les maladies qui duns la famille à laquelle il appartient ont pu être transmises par voie d'hérédité. ' Vous venezde voir comment chez notre malade l'existence dans la famille d'une — diabétique. et d'un aliéné. nous sommes. compter l'ataxie locomotrice. tout au plus ici quele rôle d'agent provocateur. Dans le cas présent. combien de temps après le chancre le premier accident tabétique s'est-il produit? Cinq ou six mois à peine. Aujourd'hui.. la maladie actuelle ne sont que des épisodes . c'était un aliéné. vous devez vous attendre à ce que. L'homme n'aime pas la fatalité — et il s'efforce instinctivement de rattacher à des causes banales. ils s'efforceront même souvent devons barrer le-chemin et devons faire faire fausse route.syphilitiques des centres nerveux. mais encore quelles ont été les maladies des membres de sa famille pour pouvoir reconstituer l'histoire toute entière. parmi celles-ci. malgré quelques apparences. Aussi. de plias. C'est l'hérédité nerveuse et arthritique . les familles se cachent à elles-mèmesets'efforcent de cacher aux autres les lares nerveuses quiles entr. dans cette catégorie. il faudrait connaître non seulement les antécédents pathologiques du sujet. je ne crois pas qu'il faille. C'est fort bien. Vous savez que par une espèce d'instinct. dans le cas d'ataxie locomotrice progressive qui nous occupe. qui s'écoule entre l'apparition du chancre et celle 'des lésions cérébro-spinales syphilitiques. Le malade.

Ce sont les tabétiques très heureux. il y en a de légers. quelque avantage pratique à se sentir un peu fragile . et peut-être aussi la paralysie faciale. CHARCOT: Très douloureux ? La malade : Oui. du phosphate de zinc. nous l'avons étudiée avec soin et nous avons fini par reconnaître que cette dou2 GHARGOT. M. ils ne vont pas de l'avant. 1. qui a produit le tabès. et le tabétique va-t-il se pendre parce qu'on lui dit qu'il est tabétique ? 11y a. M. nous lui ferons prendre du seigle ergoté. notre richesse en agents thérapeutiques n'est pas bien grande. mais ce n'est pas en voulant le guérir malgré tout que vous serez utile à votre malade. ils s'arrêtent quand ils sesentent fatigués ou mal à l'aise. Leçonsdu Mardi. il prendra du nitrate d'argent. je le répète. le professeur Fouquier. dans sa thèse inaugurale.— je le pense du moins. on peut vous faire dumal.— 9. t. 2e MALADE (une femme). et je m'expliquerai là-dessus plus amplement un autre jour. CHARCOT : Qu'éprouvez-vous ? La malade : Des engourdissements dans le bras. qui savent se ménager. se sentant touchés. CHARCOT s'adressant à la malade: Vous. par un clinicien de notre Faculté que je n'ai connu qu'au déclin de sa carrière. de bénins.2? édition. médicaments dont l'effet n'est pas bien certain . Il y a aussi.. monsieur. ne les croyez pas . Ce n'est pas cependant une raison pour ne rien faire . on ne se laisse pas entraîner alors à des imprudences comme le font trop souvent ceux qui se croient armés contre les difficultésde la vie. enfin. comme on dit. en raison de leur forte constitution physique. Nous avons tiré de ce malade à peu près tout ce que nous pouvions pour votre instruction clinique . on fait ce que l'on peut. je connais des gens qui sont tabétiques depuis longtemps et qui l'ignorent. des tabès qui marchent avec une extrême lenteur. ils s'abstiennent des grandes entreprises . CHARCOT : C'est une femme qui nous a consulté pour une douleur du bras . ils garderont leur maladie inconsciemment peut-être jusqu'à leur mort. on lui appliquera des pointes de feu dans le dos. et d'ailleurs. Vous connaissez les raisons pour lesquelles le traitement anti-syphilitique sera exclu. M. est-ce que le goutteux se désespère parce qu'Usait sa maladie au fond inguérissable. maintenant j e vous dirai que contre le mal dont il est atteint. Quand on a affaire à un goutteux. les gens hardis qui prétendront vous guérir par tel ou tel procédé. ce n est pas un paradoxe que j'émets là.voilà revenue. .. Il en est d'autres relativement heureux encore. Depuis quand êtesvous malade ? La malade : C'est la cinquième semaine. Je dis toujours aux tabétiques : Evitez les exagérés. Je ne le leur dirai pas. s'il y a des tabès graves. M. Cela fait partie de la question « Des avantages d'une constitution iaible » traitée.

près de deux ans. MLCHABCOT: Que savez-vousdé vos attaques d'épilepsie? . le plus souvent ignorées des malades. douleurs spontanées et fourmillements intenses. c'est. M. il constate que la malade n'éprouve aucune douleur et qu'en même temps elle a perdu la notion de la position qu'on donne à ses doigts. la main. Cette malade est une hystérique. : Ce malade vientici pour la première fois. En même temps.— -m -. produites par une sorte de traumatisme. CHARCOT: autrefois des attaques hystériques tout à fait classiques. Ce qui est intéressant dans le cas présent. doigts de lamain droite assez énergiquement pour provoquer si il s'agissait d'une personne en bonne santé une sensation douloureuse. L'anesthésie et la parésie.et à la jambe. mais une hystérique dans des conditions un peu particulières. qui dans l'exercice de la profession ont été le plus exposés à la fatigue. l'anesthésie cutanée et profonde. Charcot lui tord les (L'un des élèves présents ferme les yeux de la malade). elle"allaitait son enfant. perte du sens musculaire dans ces mêmes parties. dans Pavant-bras. Cela ne se voit guère que dans l'anesthésie hystérique. c'est: un fait caractéristique dans l'espèce. perte de la notion de position.— . (S'adressant au malade):: M. Sou mari travaille beaucoup de son côté et elle travaille énormément du sien : elle fait des petits souliers d'enfants et y enfonce des clous avec un marteau tenu de la main droite. A ce métier. être accompagnée d'une assez vive douleur et d'un sentiment de fourmillement très pénible. Est-ce qu'elle n'a pas allaité ? L'interne: Oui. Ce n'est pas le cas habituel . Voilà sonhistoire actuelle: Elle est mariée à un sergent de ville. d'autant plus qu'elle passait les nuits au travail et qu'en même temps. La malade a eu M. le genou droit servant d'enclume. les paralysies hystériques sont. Le champ visuel présente des deux côtés un rétrécissement concentrique plus prononcé du côté droit. la jambe et le pied. Veuillez remarquer. Cependant. ainsi que Lasègue l'a montré. Ainsi. L'histoire d'aujourd'hui n'est qu'un épisode. de voir une hémiplégie hystérique. se sont limitées aux parties des membres droits. avec anesthésie cutanée et profonde.. son bras et sa jambe ont été très fatigués. sont limitées du côté de la racine du membre. du côté droit. elle a éprouvé une très grande lassitude générale. très-longtemps. Cela s'est fait suivant la règle connue en pareil cas. Vous n'ignorez pas que les hémianesthésies les plus absolues restent. par une ligne perpendiculaire au grand axe. que les parties anesthésiées à l'avantbras. 3e MALADE (bomnie). leur du bras était de nature hystérique.CHARCOT De mal souffrez-vous? " quel Le malade: JéLtombe dans dés attaques d'épilepsie.le plus souvent non douloureuses. dans la règle.

M. il me parlait de son bras et il me disait : Je me mords la langue du côté gauche après avoir dit. De quel côté vous. il s'est occupé de la main droite parce que c'est de la main droite qu'il tenait la plume. on y trouve ce qui se passe daiis l'accès d'épilepsie vulgaire: rigidité.et il se produit chez lui un phénomène caractéristique. CHARCOT : Tout à l'heure. mais c'est sa main gauche qui à l'origine doit surtout se tordre. CHARCOT : Avez-vous dés'symptômes qui vous avertissent ? Le malade : Je sens que le mal va me prendre.. et je conserve ma présence d'esprit pendant trois ou quatre secondes. CHARCOT D'abord. dans la doctrine des localisations cérébrales. M. je sens ma main droite qui se crispe. ma tète s'est tournée à gauche et ma langue s'est prise dans mes dents. cela m'a repris jusqu'à deux fois dans la même journée. Il y a des lois dans l'épilepsie partielle qui sont presque absolues et qui trouvent en quelque sorte leur raison d'être. CHARCOT: Avez-vous perdu connaissance toutes les fois ? Le malade: Toujours. mon porte-plume s'est échappé de mes mains. On se mord la langue du côté gauche dans un accès d'épilepsie partielle."'. je suis revenu à moi au bout de vingt minutes. La première fois qu'il a ressenti l'atteinte de son mal. lorsque que c'est la main gauche qui est envahie en premier lieu. J'étais en train d'écrire. J'étais dans l'Administration et je remplissais les fonctions de secrétaire. CHARCOT: Le malade: Toujours du côté gauche. puis trépidation : la trépidation peut manquer. mais le spasme se . l'épilepsie brachiale et l'épilepsie crurale. M. M.êtes-vous mordu ? M. je lui dis : retenez-moi. CHARCOT: Cela devait être. CHARCOT: Comment votre bras se comporte-t-il? Le malade : Mon bras tourne. c'est une épilepsie partielle 1. M. Je me suis demandé ce que j'avais. CHARCOT : Que se passe-t-il pendant ces trois oucquatre secondes ? Ze malade : Si j'ai quelqu'un à côté de moi. M. : Vous Voyez qu'il ne s'agit pas ici d'un cas d'épilepsie ordinaire.' Dans le cas d'épilepsie partielle brachiale. l'un des membres supérieursi est pris. Il y a trois formes de l'épilepsie partielle: l'épilepsie faciale. c'est celui de la main qui se relève. M. ". CHARCOT : La main s'est-elle relevée? Le malade: Je ne pourrais pas le dire. d'agitation. (S'adressant au malade) : Avez-vouseu plusieurs attaques? Le malade : Oui. CHARCOT : Vous sentez vos mains qui se lèvent ? Ze malade : Plus particulièrement la main gauche. M. CHARCOT : Combien de fois avez-vous eu ces attaques ? Le malade : Une douzaine de fois. M.• -'.-.'CHARCOT: Vous étiez en train d'écrire? Le malade : Il m'a pris comme une espèce de crampe. de spasmes. j'ai perdu connaissance. M.— 11 — Le malade : Cela m'a pris au service. Mon cou à tourné à gauche. M.. . cela n'était pas naturel.

Si on pouvait fusionner Bravais et Jackson.CHARCOT : Vous n'avez pas encore été traité? Le malade : Si. M'. je crois. S'il y a inconscience.— 12 produit toujours. en matière de syphilis cérébrale.CHARCOT .CHARGOT : Mais la période dans laquelle vous êtes conscient est-elle moins longue? Le maïade . M. C'était justice. mais enfin:l'étude de M. M. . Jackson (de Londres). M. CHARCOT : quand êtes-vous entré en traitement? • Le malade : Depuis.» ce serait plus juste . et dire l'épilepsie « Bravais-Jacksonnienne. M. le triomphe de la thérapeutique. je perds connaissance. GHARGOT: Avez-vouseu la vérole? Le malade : Non. Le malade est donc dans une catégorie spéciale. le malade tombe comme un épileptique ordinaire. M. à la suite des attaques d'épilepsie partielle. est revenu sur ce sujet et il-a traité la question d'une façon si particulière qu'il m'est arrivé quelquefois:d'appeler cette affection l'épilepsie Jacksonnienne et le nom lui en est resté. CHARCOT: La tête tourne. Monsieur. CHARGOT : Etes-vous paralysé à la suite de vos attaques? Le malade: Non. il est vrai que ce serait un peu long. il méritait bien d'attacher son nom à cette découverte. Je ne m'en rèpens pas : J'ai fait un peu de tort à Bravais.. un savant anglais. Cela daté de 1827 ou 1:8281 Maisdans ces derniers temps. puisqu'il connaît bien les produits de l'accès. L'épilepsie partielle de cause syphilitique est en effet. lé français et Panglais. Ce phénomène de l'épilepsie partielle a été pour la première fois décrit et distingué de Pêpilépsie ordinaire par Bravais qui était interne dans cet hospice. Maisvous voyez que celui-ci n'est pas un épileptique ordinaire. que se passe-t-il? Peut-être y a-t-il inconscience. qu'il se produit delaparalysie dans les membres qui ont été le siège desconvulsions. M!. M. CHARCOT : Avez-vous remarqué que la période pendant laquelle vous.1 . CHARCOT : Il arrive quelquefois. Monsieur. CHARGOT : Combien d'accès avez-vous eu ? Le malade : Une douzaine. pouvez observer votre mal devient de plus en plus longue? Le malade : Mes attaques sont moins longues. la même. M. M. Au malade : Votre jambe est-elle prise pendant les accès ? (Le malade fait signe qu'il n'en sait rien). "M. Qui vous dit que vous ne Pavez pas eue? Avez-vouseu la chaude pisse? Le malade : Non. CHARGOT: Est-ce qu'ils deviennent plus fréquents? . Elle reste. Depuis le 6 septembre. j'enaieu deux dans la même journée. Monsieur. Jackson est si importante que véritablement. Après. Plaise à Dieu que la maladie relève chez lui de la syphilis. Le malade: Premièrement. M. d'après ce qu'on m'a dit. puis vous perdez connaissance ? Le malade: lime monte comme du sang aux yeux lorsque 1mon bras gauche s'est tordu. je suis seulement très fatigué.

d'une lésion tuberculeuse.: Mais dans le cas actuel. faites ce que vous voudrez. l'effet du bromure est de modifier les attaques d'épilepsie partielle 1quelle qu'en soit la cause réelle de telle sorte que sans que la cause disparaisse. quête malade est atteint d'une lésion qui a son siège en un point déterminé. sous l'action du bromure. .— 13 — C'est dans ces cas-là que les localisateurs affirment. Peut être même pourrait-on arrivera les supprimer momentanément mais le malade ne serait pas guéri pour cela. à guérir radicalement l'épilepsie symptomatique. parfaitement supporter. L'opération avait permis d'extraire une petite tumeur que j'ai tenue dans les mains. le traitement antisyphititique. Si la syphilis n'est pas en jeu. corticale. Même en l'absence de preuves eonvaincantes. J'ai vu tout récemment à Londres un malade de M. Iforsley appartenant à celte catégorie et sur lequel on avait pratiqué cette opération. d'une inflammation locale déterminée ou non par un traumatisme. c'est la partie moyenne de la portion centrale de la frontale et de la pariétale ascendante. il s'agit peut-être d'un sarcome. Nous ne pouvons pas dans le cas. En général. et il faudrait le maintenir toujours. et j'en fais partie. Dans le cas où la cause dés accidents serait une lésion syphilitique. et ce point déterminé. actuel. je suis d'avis d'employer chez notre malade. en pareil cas. c'est-à-dire d'une épilepsie commençant par le bras. la chose serait simple et l'affection proviendrait vraisemblablement de l'existence d'une pachyméningite. à faire intervenir le trépan . Un traumatisme pourrait l'expliquer encore. dans les conditions de santé excellente où il se trouve. qu'il pourra j'en suis sûr. quelle est la lésion ? Je serais bien embarrassé pour vous le dire. à l'aide d'une médication appropriée. à titre d'essai. Le chirurgien pourrait être appelé. on pourrait arriver. les mouvements convulsifs deviennent moins violents et moins fréquents. d'une gomme localisée dans le centre corticale brachial ou dans son voisinage plus ou moins immédiat. on serait à peu près sûr de trouver là une lésion corticale ou sus-corticale. c'est que mes attaques disparaissent. désignant péremptoirement l'origine syphilitique du mal. Ze malade : Ce que je demande. Le malade a pris et prend encore du bromure à dose élevée. Lorsqu'il s'agit d'une épilepsie partielle brachiale. parvenir à discerner la cause des accidents ou d'une légère inflammation. Si le malade avait eu la syphilis. Il faut admirer cette doctrine de la localisation cérébrale qui peut donner de tels résultats.

CHARCOT (s'adressanl au malade lui-même) : Est-ce que vous m'entendez? Le malade : Je ne distingue pas très bien.a femme du malade : Au début de la maladie. ophthalmique. M. Quand vous avez vu ce malade entrer. Mi.CHARGOT: A quelle époque ? L. 3" Neurasthénie. CHARGOT : C'est de sa démarche que je veux surtout vous entretenir. (A la femme du malade): Combien y a-t-il de temps qu'il a de la difficulté à marcher ? La femme du malade : Trois ou quatre ans.PolieliniqTie du Mardi 22 Novembre 1887. Vous voyez comment les deux jambes se relèvent avec luxe et comment les personnes qui le retiennent sont poussées à droite et à gauche. . il ne faut donc pas vous y laisser prendre et donner un diagnostic qui serait basé sur ce fait qu'un malade n'aurait pas tout à fait la démarche signalée dans les descriptions classiques. CHARCOT: Quel âge avez-vous? La femme du malade : 86 ans.Les descriptions de Duchenne (de Boulogne) et de Romberg sont conformes à la réalité. Migraine : 2° Epilepsie sensoreille. Vous savez qu'on parle beaucoup de la démarche tabétique et on se figure quand on en a lu une description qu'on en connaît tous les caractères. DEUXIÈME LEÇON OBJET 1° Ataxie locomotrice. M.!! est impossible que nous entrions en rapport directement avec ce malade: il est absolument sourd. il y a douze ans. M. La démarche des tabétiques est extrêmement variable. C'est une erreur . M. il donnait l'idée d'une démarche choréiforme. La femmme du malade: Il est un peu dur d'oreille. Sa maladie a commencé par les yeux. mais elles le sont pour un certain nombre de cas seulement: les plus nombreux à la vérité. il a en un oeil qui se fermait. 1er MALADE (Homme). CHARGOT : Est-ce qu'il n'entend pas?.

Il n'a jamais été malade? M. CHARCOT La femme du malade : Un fils ? M. M. Mais je reviens à mon idée . Il v en a peut-être eu qui sont morts? . les autresjsont mortes de maladies étant déjà âgées. il faut chercher s'il n'y a pas de l'hérédité nerveuse dans le cas de cet homme. CHARCOT La femme du malade : Ses parents sont très bien portants.a femme du malade : Il a encore une cousine. on indiquait comme premiers symptômes les paupières tombantes. CHARCOT: La femme du malade : Jamais ! : Connaissez-vous la famille de votre mari ? M. c'est le dérobement des jambes. des jambes ". Vous pourriez tout d'abord vous figurer qu'il se produit une fulguration dans les membres inférieurs. CHARCOT: sent. Quand j'ai voulu jeter un regard sur la situation de sa famille. : Vous avez des enfants ? M. : C'est un symptôme un peu négligé dans les descriptions et qu'il M. Il y a dix ou douze ans. c'est il y a cinq ou six ans. L'individu marche. ma belle-mère en a 81. CHARCOT : A-t-il des cousins germains? L. Naturellement ! Voilà les protestations habituelles qui se produiM. il lui en reste encore une. M. l'absence des réflexes. puis à un moment. Les Anglais ont " pour " dérobement Nous traduirons français. CHARGOT n'est pas mauvais de connaître . tout d'un coup il s'affaisse sur lui-même parce que les jambes lui mancela une expression qui est difficile à traduire en quent. Le dérobement peut se produire sans douleur. Ils disent: way giving of'the legs". la paupière était tombante. Buzzard. ses jambes se dérobaient sous lui et il tombait. CHARGOT : A-t-il des frères ? La femme du malade: Il en a eu un qui est mort. CHARCOT La femme du malade : L'oeil gauche. M. Il marchait à peu près comme tout le monde. M. Vous rappelez-vous l'époque où sa démarche s'est transformée? La femme du malade : Oui. CHÀRCOT: Il n'v a plus d'enfants dans la famille. CHARCOT: Quel âge a-t-il? La femme du malade : 21 ans.aujourd'hui cet autre symptôme qui a été signalé par un médecin anglais. Ce n'est pas la douleur qui en est cause. CHARGOT: Comment? La femme du malade : D'une décomposition du sang. Ce n'est pas cela du tout. (S'adressant à la femme du malade) : A-t-il des soeurs? La femme du malade : Il en a eu deux ou trois.— 18 — : Quel oeil était-ce? M. on m'a fermé la porte. pas une maladie de famille. quand il est question de maladies de famille. c'est souvent la première marque de la transition entre la période prétabétique et la période tabétique. je vais essayer encore une fois de l'ouvrir. un phénomène analogue au fléchissement qu'occasionne un coup inattendu sur le jarret. Mon beau-père a 80 ans. Oh ! ce n'est. M. M. CHARCOT: Celle qui reste est-elle bien portante? La femme du malade : Oui. et on connaît .

il faut tenir grand compte de ce qui s'est passé chez les collatéraux. CHARGOT l'invite à la toucher de la main. M. niais il a des douleurs. CHARCOT : Voulez-vous nous raconter votre histoire ? Quel âge avez-vous? Le malade: 37 ans. M'étant égaré en faisant des recherches. Jusque-là j. \ M. CiiAReoT: Tantôt dans les jambes. mais il lui est impossible de le diriger. M. je me livrais à l'enseignement. M. M. M. CHARCOT : Vous avez connu ses soeurs? La femme du malade : Non. Je suis licencié ès-sciences. les renseignements nous font défaut. (S'adressant (Le malade lève la jambe. On lui ferme les yeux et on lui lève la jambe gauche.e n'avais eu aucune maladie grave. CHARCOT : A quel âge avez-vousobtenu la licence? Le malade : A 23 ans. M. les oncles et les tantes. CHARCOT: Avait-il des frères et des soeurs? La-femme du malade : Il avait deux soeurs. Le malade va entrer pendant quelque temps dans notre service. M.mais pas de frère.. nous n'avons de renseignements que sur le père et la mère .. M. CHARGOT : Eli bien ! nous recevrons le maladeanomentanement. le malade essaie de projeter le pied en avant. tantôt dans la i tête? Le malade : Elles deviennent très rares. mais cela ne prouve rien parce que. Depuis je suis parti en Norwêgepour une exploitation de sapins. 2° MALADE (Homme). CHARCOT: Un peu original? La femme du malade : Pas trop. pour les affections nerveuses. M. A-t-il quelquefois des vertiges? Est-ce quai ne craint pas tout-à-coup de \ tomber?' La femme du malade : Il n'a pas de vertiges. mais il lui est impossible de la tenir droite) elle présente des mouvements d'oscillation). M. S'il se présente quelque chose d'intéressant dans son affection. et il m'est survenu une névralgie en quelque sorte générale. CHARGOT: L'avez-vous connu? La femme du malade : Je l'ai connu très-bien portant. nous l'étudierons. ils ont vécu vieux dans des conditions de santé normales. CHARCOT : Quand son père est-il mort ? La femme du malade : En 1879. j'ai couché dans la neige. et de ce côté-là. Il y a douze ans que le mal dont je souffre a commencé. M. CHARCOT: Dans les jambes? . Le malade ne peut trouver sa jambe. CHARCOT: Eh bien ! vous le voyez. — 16 — La femme du malade : Probablement. ^ : la au Levez malade) jambe. tantôt dans les pieds. Invité à faire le simulacre de donner un coup de pied.

en réalité. Les doigts ne remuent pas. je sens un commencement de névralgie. la Bastille. c'est la sensibilité qui est affectée. M. M. i. CHARGOT Le malade : Oui. mais qui me laissent cependant une difficulté de parler qui m a forcé à renoncer à l'enseignement. j'en sens les prodromes. dans ce moment. CHARGOT Le malade : 3 semaines ou 1 mois. Le mal dont vous êtes atteint vous prend par accès? Le malade : Oui. du pied vers la racine dû membre. C'est à Stockholm que j'ai été guéri. il n'intervient que comme auxiliaire. Vous rencontrez ces phénomènes là à titre de symptômes dans des circonstances très variées dont je vous rappellerai tout à l'heure quelques-unes. Mes mains gonflent. Le malade: Dans les jambes. est-ce dans la figure ou .de la raideur dans la jambe? Le malade : Oui. puis vous avez. On . La sensation que vous éprouvez consiste en ce que vous croyez sentir votre main plus grosse. Ici. 2e éd. sensitivo-motrice. le bras n'est pas déplacé. concevoir une épilepsie. mais il ne s'y produit pas de mouvements. nous sommes en présence d'une sorte d'épilepsie partielle. réellement raide? Le malade:hs. jambe-en réalité n'est pas raide. et sous l'influence de vives émotions. côté droit. puis dans la jambe dû côté droit et même dans toute la partie droite de la figure. Le malade : Elle n'est pas plus grosse. Vous dites_ que vous commencez par éprouver dans la main une sensation particulière. je ne puis plus écrire. elle l'est réellement. mais ce sont des phénomènes de sensibilité à peu près exclusivement que nous avons en face de nous. CHARGOT : La seconde sensation que vous ressentez. puis dans l'épaule. C'est une forme de l'épilepsie qui n'est pas très bien connue. mais je ne peux plus m'en! servir. il n'en est rien. n'est-ce pas. j'étais très-. CHARCOT : Reconstituons tout cela. CHARGOT : Parlons d'abord des accès. mais je m'en suis guéri rapidement en prenant des douches. M.peut. CHARCOT. t. dans la jambe? _ Le malade : Dans les jambes. il y a six semaines. puisque je sens le contact des dents. 3 . j'ai ressenti des pesanteurs dans les bras. et il ne m'en est rien resté? : Combien cela a-t-il duré ? M. C'est un phénomène très intéressant et qu'il nous importe d'étudier aujourd'hui que nous avons affaire à une personne qui a l'habitude de l'observation et qui peut mieux que toute autre se rendre compte de sa situation. Ainsi. Je ressens ensuite la même sensation dans les bras. sur la place de. CHARCOT : Cela tient-il à ce que lajambe est. CHARCOT : Remarquez bien cela. En 1879 ou 1880. je ne peux plus marcher. (Au malade) Le fourmillement monte. Je les ressens encore .— 17 — . elles me prennent par l'extrémité des doigts. les muscles se gonflent aussi. M. séparés par des intervalles où je ne ressens rien. J'ai été pendant 8 ou 6 ans en bonne santé. dans l'estomac. : Vous mordez-vous quelquefois f M. par accès. j'ai un fourmillement dans le pied droit. ce n'est pas lé mouvement qui est en jeu. Leçons du Mardi. M. il nie semble du moins qu'elles gonflent car. Je me trouvais. mais je ne puis plus tenir une plume. la langue est projetée violemment du.

mais pas violemment. M: CHARCOT : La face a-t-elle été prise cette fois-là? Le malade : Pas beaucoup. Le malade : La face est prise presqu'en même temps que la jambe. ce n'est pas la jambe qui est. puis c'a été le tour de la jambe. CHARCOT : Cela devrait se terminer là. Il ne devrait pas y avoir de phénomène moteur. un accès m'a pris. CHARCOT : La série habituelle est-elle le bras. puis il se produit dés secousses. et je suis resté là pendant une heure. M. il y a quelques points de contact entre les épilepsies motrices et les épilepsies sensitives. mais je ne puis plus parler. si nous supposions un cas d'épilepsie partielle purement sensitive. qui monte ou qui du moins en donne la sensation. CHARCOT : Le bras était il pris? Le malade : Il a été pris d'abord. Voilà du moins ce qui me semble. M. j'ai été obligé dem'asseoir sur un banc. CHARCOT : Etes-vous bien certain que la jambe n'est pas prise la première ? Le malade : D'ordinaire. quelquefois. CHARCOT : Est-elle engourdie? Le malade : La langue est engourdie. n'ayant pas de névralgie. j'étais à côté du bureau des omnibus. les bras Que savez-vousde la fin de vos accès ? Vous avez eu des secousses dans1 et dans les jambes ? Le malade : Quelquefois les accès commencent par des fourmillements. elle y est quelquefois pressée ? Le malade : Oui. d'abord en commençant par la main. la face est ensuite envahie. la face et la jambe. d'ordinaire. CHARGOT : Je ferai remarquer en passant qu'il y a là une petite anomalie. ou du moins ce que j'appelle de la névralgie. tout d'un coup. CHARGOT : En général.prise la première. et la face? Le malade : Oui. M. mais non toute la face. mais alors apparaît un phénomène moteur qui fait crue la langue se déplace et se met entre les dents. Le malade : J'ai comme une muselière. CHARCOT : Est-ce que la tête tourne de côté? Le malade : La tête ne tourne pas beaucoup. voilà comment les choses se passent : le bras. M. la langue se met entre les dents . attendant quelqu'un . mais elle est entraînée un peu vers la droite. les deux presqu'en même temps. CHARCOT : Y a-t-il des mouvements de la face? Le malade : Il n'y a pas de mouvement de la face. après c'est la jambe et la face. la jambe. je le répète. M. Où est la langue? Le malade : La langue se porte du côté droit.— 18 — bien portant. M. c'est la main. mais je crois que . CHARCOT : Après. mais comme je le disais tout à l'heure. Ce devrait être le bras. puis la face et la jambe. l'accès commence par un engourdissement de la main: ce premier phénomène est suivi d'un fourmillement dans le bras. M. Il serait très possible que le malade se trompât . M. M. M. Vous le voyez. CHARCOT: VOUSvoyez là une fois de plus la combinaison de l'épilepsie motrice et de l'épilepsie sensitive mais les phénomènes dominants sont surtout sensitifs. M.

— 19 — c'est, quelquefois inexact ; pour me rendre compte, je me prends les mains, je me frotte, je sens que je fais des mouvements. ; Volontaires ou involontaires. M, CHARGOT Le malade : Je ne saurais dire. Etes-vous jamais tombé à terre ?• M. CHARCOT: Le malade : Jamais. : Avez-vous jamais perdu connaissance? M. CHARGOT Le malade: Jamais complètement. Cependant je l'ai peut-être perdue un peu une ou deux fois. J'ai été privé de l'usage de la parole, mais quant à me trouver . complètement mal, à être privé de la notion de moi-même et des autres, non ! : Lorsque vous avez cet engourdissement de la langue, qu'elle se M. CHARCOT porte sur la droite, vous dites que vous avez de la difficulté à parler ? Le malade : J'éprouve un très grand embarras de parole. En ce moment ci, je le ressens un peu. : Mais quand c'est beaucoup plus fort, est-ce que la parole s'arrête M. CHARCOT tout-à-fait ? Le malade : La parole s'arrête tout à fait, et c'est là je crois, un phénomène très intéressant. Je vois un bec de gaz, je veux dire : allumez le bec de gaz, cela m'est impossible, j'ai perdu la notion du mot « allumez »,je dirai: ah ! ah ! seulement; ceci se passe au maximum de l'accès. : Combien de temps cela vous dure-t-il? M. CHARGOT Le malade : J'ai eu un accès vendredi matin. 11 a commencé à huit heures, je n'ai été complètement remis, tout en restant très fatigué, que vers onze heures. M. CHARCOT: VOUS avez balbutié pendant tout ce temps? Le malade : Non je n'ai pas balbutié, mais je ne pouvais pas parler. : Est-ce que vous dites des mots les uns pour les autres ? M. CHARCOT Le malade : Je ne dis pas des mots, mais des syllabes confuses. M. CHARCOT : Dites-vous quelquefois des mots qui n'appartiennent à aucune langue, mettez-vous un mot à la place d'un autre ? Le malade : Non je ne parle pas, il y a impossibilité. M. CHARGOT : Vous prononcez cependant quelques syllabes ? Le malade : Oui, mais généralement, je suis bientôt arrêté. M. CHARGOT : Quand on ne peut pas parler, on essaye d'écrire ? Le malade :.Non ! je ne puis tenir une plume. M. CHARGOT: NOUSsavons qu'il est aphasique par suppression de mots, mais nous ne savons pas s'il est agraphique, puisqu'il ne peut tenir une plume. Avez-vous essayé de lire quelquefois, avez-vous regardé les affiches ? Le malade : Je lis, mais cela ne m'est pas arrivé fréquemment dans la rue. Déjà je vous ai entretenu de l'accès qui m'a pris sur la place de la Bastille, j'ai parfaitement reconnu alors ma belle-soeur qui arrivait. M. CHARCOT: Ce n'est pas cela que je vous demande. Je vous demande si, en fixant les yeux sur une affiche, vous pouvez la lire. Le malade : Oui. M. CHARCOT : Pouvez-vous comprendre ce qui y ' est écrit ? Le malade : Oui, mais je ne puis pas le dire. M. CHARCOT : Vous savez cependant ce que cela signifie ? ' Le malade ; Parfaitement,

— 20 — : Vous n'avez pas de trouble de la vision? M, CHARCOT Le malade : Non. : Eprouvez-vous un mal de tête dans ce moment-là? M. CHARCOT Le malade -:Non, le mal de tête me vient plus tard, par suite des efforts que je fais. : Où le ressentez-vous? M CHARGOT Le malade : Ici, vers le milieu du front, sur la droite. M. CHARGOT : Au-dessus de l'oeil. Il n'y a pas de trouble de la vision ? Le malade : Non, : Et vous n'avez pas dans l'oeil une espèce de cercle lumineux qui M. CHARCOT vibre et s'élargit. Le malade : Je sais ce que vous voulez dire et on m'en avait déjà parlé. J'éprouve cela en effet. : Qui vous en avait parlé ? Mi.CHARCOT Le malade : Un malade. M. CHARGOT : Qui a aussi la parole embarrassée ? Le malade : Non, il n'a pas d'embarras de parole. M. CHARCOT: Comment se fait-il que vous vous soyez entretenu de cela? Le malade : C'est par suite de relations de famille. : Est-ce un parent ? M. CHARCOT Le malade : Ce n'est pas un parent. M. CHARGOT : Il n'éprouve rien de semblable à ce que vous avez? Le malade : Du tout, il a simplement un trouble de la vue. M. CHARGOT : Décrivez-nous cette sensation lumineuse telle que vous la ressentez. Le malade : Lorsque l'accès est très fort, je ferme les yeux et quand je les rouvre, j'ai devant l'oeildroit une image lumineuse, formée dlibord par des radiations lumineuses disposées autour d'un cercle obscur de 8 millimètres de diamètre, puis par des sillons lumineux servant de point de départ à des radiations lumineuses, le tout formant une figure de 4 centimètres de longueur. Cette sensation lumineuse reste devant l'oeil pendant trente à quarante secondes. Les premières fois que je la perçus, elle ne me parut pas inconnue; il me sembla l'avoir déjà eue autrefois à l'âge de 9 ans, alors que j'étais sujet à des céphalées intenses. : Combien y a-t-il de temps que vous avez eu de ces accès ? M. CHARCOT Le malade: Depuis 1880 seulement; à l'origine., ils étaient moins intenses. J'avais eu un premier accès, comme je vous l'ai dit, en 1874, en Norwège, après avoir couché dans la neige, mais qui n'avait pas la même forme et dont j'avais été bien guéri, Mi.CHARGOT : Vous n'avez pas eu la vérole? Le malade : Je n'ai jamais eu de maladies vénériennes. : Vous n'avez jamais été soigné pour une maladie de ce genre? M. CHARCOT Le malade : Jamais. M. CHARCOT : Vous n'êtes jamais tombé sur la tête, vous n'avez pas eu d'accidents? Le malade : Non. M. CHARCOT: Vous ne connaissez pas les migraines?

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Le malade : Je n'en ai-pas eu beaucoup. : Les phénomènes lumineux que décrit le malade sont presque M, CHARCOT toujours l'accompagnement d'une espèce de migraine qu'on appelle la migraine des accidents du coté de oplithabnique justement parce qu'elle entraîne avec elle la vision. La migraine ophthalmique, encore imparfaitement étudiée, est très intéressante comme pouvant peut-être fournir une explication de certaines épilepsies dont les symptômes ne sont pas très-connus. Dans la migraine ophthalmique, il y a habituellement apparition d'une image que le malade ici présent a essayé de décrire et qu'on désigne sous le nom de scotôme scintillant (fïg. ï)... L'image en question, décrite et figurée de visu par un astronome anglais, Airy, rappelle par sa configuration une enceinte fortifiée à la Vauban. Les astronomes sont plus que d'autres peut-être sujets à avoir la sensation de

Fifl. 1. s cotôme sein lillant lorsqu'ils ont regardé longtemps dans une lunette ; on l'éprouve encore quand on expose brusquement l'oeil à la lumière du soleil. Je connais par expérience le scotôme pour le ressentir souvent dans ces dernières circonstances. Tantôt le scotôme présente sur la ligne de fortification des teintes jaunes, tantôt des tons rouges et verts et à l'intérieur resté obscur de la zone lumineuse on aperçoit comme une espèce de fumée,, de vapeur plus ou moins épaisse, vibrant en quelque sorte de façon à rappeler ce que l'on aperçoit dans l'atmosphère immédiatement au dessus d'un poêlé en activité. Le cercle d'abord très étroit, s'élargit progressivement et enfin finit par disparaître, un nouveau phénomène lui succède, l'hémiopie, c'est-à-dire qu'en regardant quelqu'un en face, on ne voit distinctement que la moitié de sa figure. A partir de ce moment, une douleur se fait sentir dans l'oeil affecté et au-dessus. Peu à peu les phénoinônes oculaires disparaissent mais la douleur persiste 'et dés vomissements peuvent survenir. Telle est en deux mots,*la description de la migraine ophthalmique. En bien! quel rapport a-t-elle avec l'état de notre malade qui semble présenter un cas beaucoup plus compliqué? C'est, Messieurs, qu'en dehors de la migraine ophthal-

— 22 — inique simple, vous avez à considérer la migraine ophthalmique, accompagnée de symptômes plus ou moins sérieux et de nature parfois à faire naître l'inquiétude aussi bien dans l'esprit du médecin que dans celui du malade. A peine le scotôme a-t-il paru, voilà le malade qui éprouve un engourdissement de la main, d'un côté, l'engourdissement monte, il envahit la face, il occupe la commissure, labiale du même côté en même temps que la langue s'engourdit ; au bout d'un certain temps, on veut parler et on ne le peut plus, on ne le sait plus. On éprouve de l'aphasie avec substitution de mois, on dit volontiers Monsieur-pour Madame, cependant l'intelligence est.à peu près conservée. J'ajouterai que certains malades sont atteints de cécité verbale, qu'ils sont incapables de comprendre la valeur des mots écrits, qu'ils sont agraphiques, sachant tracer des caractères peut-être, mais ne sachant plus formuler leur pensée par l'écriture. Enfin, à un certain degré, et qu'on peut reconnaître, par une analyse un peu délicate, ils arrivent à la surdité verbale. Ils ne sont pas sourds en réalité, ils entendent très bien les mots comme sons, mais ils ne les comprennent plus. C'est-à-dire que tous les éléments du mot se trouvent affectésà la suite de cette migraine ophthalmique que j'appelle accompagnée, et j'ajouterai pour faire comprendre la parenté de ce type avec les autres dont je vais parler, que, quelquefois, vous voyez des attaques d'épilepsie motrice partielle se.développer à la suite du scotôme scintillant. Eh bien ! j'insiste sur ce point. L'histoire des localisations cérébrales nous permet de reconnaître jusqu'à un certain point où se passent dans le cerveau les phénomènes de la migraine, parce que nous savons où siègent l'aphasie, la surdité verbale, la cécité verbale, l'agraphie, ou du moins que nous avons une notion de l'endroit où se passent ces phénomènes. Nous fondons notre localisation de ces affectionsnon matérielles, sur la connaissance que nous donne l'étude de la localisation des affections avec lésions matérielles. On conviendra que c'est assez logique. Nous les plaçons là où nous sommes habitués à placer les lésions matérielles organiques, correspondantes par exemple dans les circonvolutionsde Broca, le pli courbe, la première temporale, et peut-être le pied de la deuxième frontale. Mais en quoi consiste alors cette migraine? J'admettrais volontiers avec Lathain, qu'elle est la conséquence d'un spasme temporaire des vaisseaux sylviens avec anémie transitoire de toute la région qui comprend les diverses localisations des quatre éléments du mot en même temps que quelque régions sentisives, relatives aux bras et à la face, situées en arrière des circonvolutions ascendantes. C'estune anémie d'abord dont les phénomènes sont habituellement transitoires. Maisil n'y a pas, remarquez-le bien, un seul des phénomènes de cette migraine qui ne puisse s'établir à l'état permanent, si ce n'est peut-être le scotôme scintillant. Le spasme vasculaire est chose transitoire ; les vaisseaux restent sains et après avoir été contractés, reviennent à l'état normal et la circulation se rétablit, mais par suite de la fréquente répétition du spasme et de sa longue durée, les parois des vaisseaux peuvent finir par s'altérer; la maladie peut alors rentrer dans la catégorie des affections permanentes et il ne faut plus compter, comme autrefois, sur la disparition des symptômes. Voilà comment la migraine ophthalmique peut se transformer en affection organique,.'permanente.' Cela nous conduit à dire comment on doit se comporter déyant l'es gens qui en sont atteints.

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Quand elle est simple, ce n'est pas la peine d'y penser : le remède est pire que le mal. Mais voilà un accès d'aphasie qui survient, un engourdissement de la main le cours d'un ou plusieurs accès de migraine ophthalqui se manifeste pendant alors à traiter votre malade; vous pouvez empêcher mique. Ah! n'hésitez pas tout. à. l'heure l'apparition de ces phénomènes permanents dont je vous parlais et la production de cette phase organique qui peut suivre la phrase dynamique. Vous traitez le malade absolument comme un épileptique, en lui administrant du bromure de potassium, aux doses de 3, 4, S et 6 grammes par jour ; poursuivez cette médication pendant six mois, un an, et vous arrivez certainement à faire disparaître tous ces accidents qui ne sont pas fondés sur une lésion organique; vous empêcherez les malades d'arriver à cette période redoutable dans laquelle il ne s'agit plus seulement d'affections purement dynamiques, mais où naissent les affections organiques. Le malade qui ..est devant, nous a le scotôme, les douleurs, et enfin, c'est le couronnement de l'édifice, des attaques d'épilepsie partielle sensitive, variété de l'épilepsie qui se modifie comme la migraine, sous l'influence du bromure de potassium. Une observation de Galezowski, présentée au Congrès de Londres il y a six ou sept ans, vient à l'appui de l'hypothèse qu'un jour on pourra matériellement reconnaître le siège de ces lésions. Par un examen à l'ophthalmoscope, il a pu constater sur un individu atteint d'une migraine ophthalmique, une thrombose des vaisseaux de la rétine. Supposons que vous puissiez, à un moment donné, regarder à travers la boîte crânienne, si vous pouvez constater une oblitération vasculaire, vous comprendrez très bien l'intervention du ramollissement cérébral et^ par suite, donnant lieu à des phénomènes qui ne sont plus seulement transitoires, niais qui prennent.un caractère organique. D'un autre côté, la localisation des phénomènes moteurs est bien connue. Elle n'est plus un mystère pour personne. Tout récemment, nous avons assisté aux ' admirables expériences de M. llorsley. Vous vous rappelez le singe qu'il nous a présenté, vous vous souvenez qu'en touchant à tels ou tels endroits déterminés du cerveau mis à nu de ce singe, il provoquait des mouvements dans tel ou tel segment déterminé d'un membre de l'animal, si bien que ce cerveau faisait l'effet d'un clavier, mettant en jeu un mécanisme combiné par un Vaucanson prodigieux. Nous n'en savons pas autant sur ce qui se passe chez l'homme, nous ne pouvons pas nous donner le sinistre plaisir de faire sur des tètes humaines des couronnes de trépan, mais enfin l'homme ressemble tellement au singe à certains égards, que nous pouvons, sur ce point, conclure du singe à-l'homme. ^Et lorsque quelqu'un de nous a une lésion cérébrale, selon la partie du cerveau où elle se trouve, tantôt c'est la face, tantôt ce sont les membres supérieurs ou les . membres inférieurs qui sont atteints. Iei> dans le cas qui nous occupe, il n'y a pas de méningite proprement dite. Peut-être y a-t-il une irritation très légère de l'écorce, car c'est là la cause de ces épilepsies partielles qui tantôt commencent par les membres supérieurs, tantôt par la face et qui continuent leur évolution par action de voisinage.

24 Tout cela se comprend pour les épilepsies partielles motrices, vous voyez comment la série est toujours plus ou moins régulière, mais pour ce qui est des formes sensorielles,nous sommes beaucoup moins forts, parce que l'expérience ne nous dit pas grand chose. Nous savons seulement que c'est sur la région postérieure qu on trouve les lésions se traduisant par ces symptômes. Vous comprenez pourquoi vous trouvez si souvent l'épilepsie sensorielle associée à l'épilepsie motrice; c'est qu'elles ont leur siège dans des régions voisines. En passant, il y a un fait particulier que je tiens à vous signaler; c'est le fait de la paralysie générale progressive. Il y a de ces cas ou celle-ci commence par l'aphasie, d'autres débutent par des phénomènes d'épilepsie partielle, d'autres par des phénomènes d'épilepsie sensitive, absolument comparables à ceux que vous venez de voir, d'autres enfin par le syndrome « migraine opthalmique vulgaire ou accompagnée.» Il faut que vous sachiez que Pépilepsie sensitiveest surtout une affaire délocalisation. Par conséquent, dans la paralysie générale, Pépilepsie sensitive se produira, pourvu que la localisation correspondante ait lieu. Et maintenant, qu'a donc notre malade? En l'absence de syphilis et en l'absence de paralysie générale progressive dont il n'est pas davantage' atteint, cela se voit facilement à la façon dont il m'a répondu, en embrassant dans ses explications une période de neuf années et en entrant dans tous les détails qu'il nous a fait connaître, je suis forcé de vous dire que je n'en sais rien, et si j'interviens tliérapeufiquement, ce sera par analogie un peu empiriquement. J'aimerais à croire qu'il n'est pas encore sous le coup d'une lésion matérielle organique et qu'il s'agit chez lui de migraine ophthalmique accompagnée, affection purement dynamique, en ce moment, mais qui pourrait à la longue devenir une affectionorganique. Malheureusement, d'après certains indices,' l'existenceactuelle d'une semblable lésion est on ne peut plus vraisemblable. Maisalors qu'allons-nous faire ? Ce n'est pas une raison, quand on ne connaît pas la nature d'une affectionpour ne pas agir, surtout quand on connaît le siège du mal. Il y a une chose, en pareil cas, qu'il me semble être du devoir du médecin de faire tout d'abord, c'est d'agir aussi près que possible du siège du mal. Pour cela, comme nous savons combien sont étroites les relations entre les circonvolutions et les parois osseuses, on pourrait faire raser la région pariétale et y appliquer des vôsicatoires,y mettre des pointes de feu. A la rigueur même, si nous étions ici en présence d'une épilepsie motrice partielle, au lieu de n'avoir affaire qu'à une épilepsie sensitiveet que nous fussions un peu audacieux, je vous dirais : nous nous sommes laissés devancer en matière de chirurgie cérébrale par les Anglais, et M. llorsley a déjà enlevé un certain nombre de tumeurs cérébrales. Il y a deux ans, à Brighlon, dans un congrès de médecins anglais, j'ai vu et tenu dans la main une tumeur extraite par M. llorsley du cerveau d'uni homme qui était présent, qui avait encore quelques symptômes d'épilepsie, mais était débarrassé de Pépilepsie partielle, dont il avait souffert. M. llorsley lui avait fait une couronne de trépan, il avait cherché la tumeur et Pavait enlevée.C'est chirurgicalement une opération en général d'une simplicité extrême. Il serait temps que nous suivions les Anglais dans cette voie, et quand je rencontrerai des cas d'épilepsie motrice partielle j'en avertirai un de mes collègues

— 25 — en chirurgie et je l'engagerai à aller de Pavant. Car enfin, quelle est l'issue de l'épilepsie partielle motrice, sauf dans un cas où la maladie a le caractère d'une et où nous sommes presque sûrs de guérir le épilepsie syphilitique cérébrale malade par l'emploi delïodure de potassium et du mercure administrés de concert? Quand nous avons affaire à toutes les autres affectionsformées de néoplasie intracrànienne quelles qu'elles soient, l'issue en est, quelque sorte fatale et nous n'avons aucune chance de guérir le malade. Or, il est démontré aujourd'hui que les opérations du trépan bien conduites" sont exemptes de grands dangers. Il ne faut donc pas se préoccuper à l'excès des difficultés de la situation et toute les fois qu'on se trouve en présence d'une tumeur cérébrale qui ne peut être modifiée par l'emploi de médicaments, il faut penser au trépan. Un beau matin, tout le monde s'y mettra. Seulement, il est nécessaire de choisir des cas bien déterminés. Et ce n'est pas assurément celui-ci, par la raison que la localisation de l'épilepsie sensitive ne nous est pas assez connue. Ce sont, je le répète, des cas d'épilepsie motrice partielle qui, jusqu'ici, ont fourni à M. llorsley l'occasion de pratiquer l'opération du trépan, d'en surmonter les difficultés d'une façon très remarquable, et de donner un exemple que nous devons suivre. En attendant, nous allons engager notre malade à se faire raser la tête et .à se faire appliquer des pointes de feu sur la partie rasée. 11 prendra pendant une semaine, cinq grammes de bromure et pendant une autre, six, sans interrompre ce traitement pendant trois semaines, après quoi il reviendra nous voir. 11ne fera pas mal non plus de prendre de l'iodurede potassium tous les matins. Sa maladie peut provenir d'une tumeur intracrànienne ou tout simplement d'une inflammation corticale. Nous avons vu, en effet, que dans certains cas d'épilepsie partielle, il n'y avait pas de tumeur, et nous ayons trouvé chez un malade un épaississement considérable des circonvolutions frontales, une espèce de cérébrite hypcrtrophique, enfin tous les caractères d'une inflammation corticale chronique."

3° MALADE. H y a une catégorie de malades que je voudrais bien interroger devant vous, mais je n'aime pas beaucoup le faire,parce qu'ils sont insupportables.et cependant,, ils forment la grande majorité des névropathes que je vois en ville. Ce sont les neurasthéniques. Ils rédigent des mémoires sur leur affection, ils se présentent à avec un cahier à la main en vous disant qu'ils ont préparé des notes, que la yous lecture n'en sera pas longue, et le plus souvent elle n'en finit pas. . Un malade est introduit, il a, en effet, à la main des notes qu'il présente à M. Charcot. . . ...• CHAHGOT. Leoons du Mardi, t. i, 2«éd.

— 26 — ' : Vous étiez employé de bureau à Limoges, quel âge avez-vous? M. CHARCOT Le malade : 29 ans. M. CHARCOT : Comment se fait-il que vous soyezvenu de Limoges à Paris ? . Le malade : J'ai eu l'occasion de venir à Paris. M. CHARCOT: Vous êtes très éprouvé par votre maladie? Le malade : Elle ne m'empêche pas de travailler. : (Parcourant le manuscrit) « Symptômes ressentis pendant le mois M.CHARCOT de juillet, lourdeur de tête...» (Au malade) : A quel endroit de la tête ? Le malade : Au cervelet. M. CHARCOT : Remarquez qu'il a dit lourdeur et non pas douleurs. Le malade : Quand je monte un escalier, il me semble que j'ai des picotements dans le cervelet. Je ressens une sorte de pression autour du crâne; quelquefois elle monte et cela me tient dans les yeux. M. CHARGOT : C'est ce que nous appelons le casque, on distingue la partie postérieure du casque, le sommet du casque, et quelquefois lorsqu'il est bien complet, la visière. Le malade n'a alors de libre que la lace. Il ressent sur toutes les parties atteintes un sentiment de pression et c'est une sensation extrêmement pénible. Aussi, si on peut dire que ces malheureux neurasthémiques sont assommants, il faut bien reconnaître aussi qu'ils sont assommés. (Au malade) : Etesvous marié? Le malade : Oui, Monsieur. M. CHARCOT : Que deviennent chez vous les fonctions sexuelles? Le malade : Elles sont affaiblies. M. CHARGOT : C'est un cas fréquent, en général, les neurasthéniques sont atteints •de iaiblesse sexuelles ; il peut arriver qu'ils aient des pertes séminales involontaires, cependant ce n'est pas un phénomène essentiel de la maladie; dans le coït, l'émission séminale est trop prompte. (Au malade) : Vous avez la tète vide? Quand vous, travaillez, les idées ne viennent pas? Le malade : J'ai la tête lourde seulement. M. CHARCOT : Quel est votre genre de travail? Vous êtes dans un bureau, qu'y faites vous ? Le malade : Des écritures, quelquefois des chiffres. : Quand vous calculez, cela vous fatigue. M. CHARCOT 11y a de ces neurasthéniques qui croient avoir un ramollissement cérébral. En général, entait dé sensation pénible, c'est touiours de pression ou de lourdeur de tète, qu'ils parlent. Quelques-uns disent qu'ils ressentent des craquements dans la partie postérieure du cou quand ils tournent la tête rapidement; ils éprouvent dans lé crâne le sentiment de quelque chose qui pousse du dedans au dehors ; d'autres fois, c'est une main de fer qui étreint le cou, mais presque toujours le mot pression rend compte de la sensation. Il y en a qui viennent vous dire' : « J'ai des douleurs de tête affreuses, cela me tape... » ce ne sont pas des douleurs de tète affreuses, mais elles sont extrêmement gênantes. Maintenant, l'état mental est le suivant : La mémoire n'est pas perdue, mais l'exercice en est difficile, et quand il faut faire un travail de pensée, le mal de tète augmente sensiblement. Quand, ne ressentant pas de douleur, le neurasthénique se met à un travail quelconque, à écrire ou à calculer, la tête se serre. Voilà ce qui se passe du côté de la tète et assurément, c'est quelque chose.

27 Dans les rues, quand vous marchez, qu'éprouvez-vous?' Le malade : Rien, cependant il y a quelque temps, au mois de juillet, il m'est arrivé de me sentir entraîné du côté droit. : Vous ne pouviez pas marcher alors? M. CHARCOT Le malade : Si Monsieur. : Seulement, vous aviez une tendance à vous tourner du côté droit, M. CHARGOT mais cela va quelquefois beaucoup plus loin d'après, ce que dit votre note. Vous avez quelquefois des vertiges, il vous semble que le sol oscille.sous vos pieds, que. vous êtes dans une position instable, comme sur un bateau. (Lisant la note) : Ah ! le voici qui parle d'un phénomène dont nous nous sommes occupés tout à l'heure : « Fourmillements et tressaillements dans les jambes, surtout à la plante des pieds. Les objets que je regarde ne paraissent pas être stables. » « Douleur sourde au bas des reins » Cela correspond à la catégorie de ce qu'on a appelé autrefois l'irritation spinale. Il a dans les membres toutes sortes de sensations douloureuses qu'il cherche à décrire et l'un des phénomènes les plus constants qui se manifeste en lui, c'est une fatigue très grande quand il marche. Le malade : Ily a un mois et demi que je n'avais pas eu de douleurs. Hier, j'ai marché beaucoup'et quand je suis rentré, je ne pouvais plus faire mouvoir mes membres. : Ce sont là des phénomènes spinaux. M. CHARCOT Il y a une chose dont je suis étonné de ne pas le voir parler. Comment êtes vous après avoir mangé? Le malade : J'ai, le soir, l'estomac très gêné. : Qu'entendez-vous par gêné! Vous voulez dire gonflé? M. CHARGOT Le malade : J'ai l'estomac chargé. M. CHARCOT : Avez-vous le sang à la figure? Avez-vous envie de dormir? Le malade : Non, Monsieur. M. CHARGOT : Vous voyez jusqu'à quel point les phénomènes gastriques sont chez lui sur le dernier plan. On peut être neurasthénique, avoir ces vertiges qu'il nous a décrits ; cette difficulté de la marche sans que l'estomac se trouble d-une façon notable. Il arrive souvent cependant qu'on interprète les phénomènes gastriques de la façon suivante : C'est l'estomac, dit-on, qui"est cause de toutes les perturbations qui se Eh bien ! en général, c'est une erreur. L'estomac joue son produisent. rôle comme la tête et les membres inférieurs, mais la participation de l'estomac n'est pas nécessaire, et vous pouvez voir des cas où l'estomac n'est pas atteint et où se présentent tous les autres symptômes que l'on considère comme caractéristiques de la neurasthénie. Quand existe l'affection gastrique, le malade éprouve des sensations qui font qu'après avoir mangé, « il se congestionne », ce qui le rend entièrement malheureux et inapte au travail pendant une bonne partie de la journée. (Au malade) : Comment êtes.vous tombé dans cet état ? Le malade ;Le médecin de Limoges m'a dit que c'était pour avoir trop travaillé. M. CHARCOT : Comment ? Le malade : De ma profession d'employé de bureau. M. CHARCOT : Ainsi cette neurasthénie est une neurasthénie accidentelle, créée

— 28 — de toutes pièces par les conditions d'exislence surmenée que son état social lui impose. Les jeunes gens qui sortent de l'école polytechnique, qui vont par exemple se mettre à la tête d'usines, qui se cassent la tête dans des combinaisons de chiffres, deviennent souvent victimes de ces affections. Quand on a des responsabilités, qu'on joue à la Bourse, qu'on risque sa fortune à chaque instant, qu'on passe de mauvaises nuits dans l'inquiétude, on arrive souvent à cet état. Les Américains se figurent qu'ils ont le privilège de cette maladie, si bien que Beard cpii l'a décrite d'une façon à peu près complète, l'a appelée le mal américain. C'est qu'en effet, beaucoup d'Américains ont une manière de travailler qui leur est. particulière. Us s'obstinent à la tâche qu'ils se sont une fois donnée pendant une période de temps considérable et qui, quelquefois, dure plusieurs années. Ils poussent les choses à l'excès, ils y mettent de Pamour-propre, rien ne les distrait, et il arrive qu'au bout d'un certain temps, la neurasthénie s'empare d'eux. Leur pauvre cervelle, après avoir tant travaillé, ne peut plus fonctionner, et alors, que font-ils? Comme ils ont gagné un peu ou beaucoup d'argent, ils abandonnent leur travail et ils s'en vont sur le continent, comme ils disent. Us font tous à peu près la même chose. Us commencent par parcourir l'Allemagne où ils achètent quelques mauvais tableaux: ils continuent ensuite par l'Italie" où ils regardent tous les mêmes monuments, les mêmes oeuvres d'art, sanstrop savoir quelquefois juger de leur mérite. Enfin ils finissent leur tournée par la France où ils restent quelques jours et ils viennent de temps en temps me consulter avant leur départ; mais le plus souvent, cette promenade ne suffit pas pour les guérir. Je leur dis : qu'allezvous faire? « Ma place est retenue sur tel paquebot? » Que voulez-vous que je leur réponde? Je leur dis : au lieu d'aller vous promener de tous les côtés sans discernement et sans raison, vous auriez dû commencer panne consulter; maintenant,, je ne puis plus qu'une chose, vous adresser à mes collègues de New-York. Mais ce sont eux, me disent-ils, qui m'ont envoyé auprès de vous. Alors, consultez mes collègues d'Angleterre; ceux-là, quelquefois, les envoient au Cap dé BonneEspérance, aux Indes, d'où ils reviennent la plupart aussi neurasthéniques qu'auparavant. Cette promenade en mer n'a pas suffi, il faut, en général autre chose. Sans doute, le repos intellectuel a du bon, mais encore faut-il d'autres moyens, et les malades doivent être traités de façons diverses. 11ne faut pas vous figurer en effet, quand vous avez affaire à des neurasthéniques, que vous soyez toujours en présence du même cas. Sans doute, l'apparence reste la même, mais il peut se faire que le mal soit héréditaire, que le sujet appartienne à une famille de neuropathes. Alors, presque toujours, vous voyez se mêler aux phénomènes neurasthéniques, un certain nombre de phénomènes psychiques d'un autre ordre, et vous avez l'hypocondrie. Les idées tristes ne sont pas liées essentiellement à la neurasthénie, et autant il est possible de guérir un neurasthénique ordinaire, autant il est difficile de guérir un neurasthénique chez qui la neurasthénie est un phénomène d'atavisme. Maintenant ces accidents peuvent entraîner des conséquences assez sérieuses. Combien de fois ai-je vu des individus qui m'ont dit: « Il faut que j'abandonne ma carrière». C'est une erreur, et dans la plupart des cas, aujourd'hui, l'a guérison est possible. Bien souvent, j'en ai arrêté qui allaient renoncer à leurs fonctions et tout quitter sans considérer qu'ils avaiept de la faniille, Tout cela se rattache,

c'est un changement complet dans les habitudes. Au bout de ce temps. mal aérés. il avait placé le jeune homme à Arcachon chez un pêcheur. Elles sont très rebelles'au traitement.ne pouvant plus lire. Je sais bien qu'on a obtenu des guérisons par l'hydrothérapie. non ! 11ne me semble pas que l'on puisse surmener un enfant. mais à l'école primaire. Ils ont des palpitations et. a son casque. Voici ce qu'il avait fait : S'inspirant de mes conseils. Eh bien ! cet état n'a aucun rapport avec le surmenage. Vous n'avez pas que je sache d'autre moyen d'action contre cette affection. Le gamin. du surmenage qui consiste à mettre des enfants dans des endroits malsains. Sans doute. Si vous avez la profession chance qu'ils arrivent à l'époque du service militaire. J'ai vu de ces jeunes malades. mais le traitement a besoin d'être prolongé pendant longtemps. et je dois dire que je n'ai vu que très exceptionnellement des cas de neurasthénie chez les enfants. atteints de la céphalée des adolescents. faites que ces enfants puissent exercer une matérielle grossière. C'est du surmenage cérébral que je parle. allait à la pêche avec celui-ci. très délicat. versé surtout dans la science des langues. c'est de prescrire aux malades des occupations exclusivement corporelles. il nie dit: J'ai de bonnes nouvelles à vous donner de mon fils. un homme fort instruit. Cela a duré sept ou huit mois. enfant. Je ne la faisais pas. niais l'enfant ne l'est pas. je ne parle pas ici de la céplialée de surmenage. Us appartiennent à des familles arthritiques ou nerveuses. Je ne parle pas. lui. Un jour. Je ne crois pas beaucoup au surmenage scolaire. Le remède le plus sûr. Je le perdis de vue. mais dans l'enseignement secondaire jusqu'à un certain degré. il ne répond pas. Sans doute. mais il y a des périodes de repos. guérir promptement et taire un excellent service comme dragons et comme chasseurs. est venu me consulter pour son fils atteint de la céphalée des adolescents. Je lui dis comment cette affection se guérissait par des exercices du corps. récemment. L'assujettissenient à la discipline militaire constitue un . parce qu'ils avaient touj ours mal à la tète. Eh mon Lieu! je me rappelle l'impression que je ressentais quand. je l'admets à l'école polytechnique. à une question qui récemment a donné lieu à de vives discussions à l'Académie de Médecine. L'ayant rencontré un an après. l'aidant dans son rude métier et prenant part à ses travaux. le mal avait complètement disparu. Les enfants qui y sont. bien entendu. je faisais autre chose. On devient à un certain âge capable de se'surmener. Mais ne croyez pas que vous allez guérir des affections de ce genre par des procédés simples. pas le confondre avec l'état pathologique que j'ai à vous signaler et que j'ai appelé la céphalée des adolescents.soumis ont constamment mal à la tète et le travail leur devient impossible. mais il ne faut. l'époque où il faut se préparera passer des examens. Les enfants dont je vous parle ont un mal de tète constant. ne dites pas aux parents de faire leurs efforts pour les empêcher d'entrer au régiment.— 29 — comme vous le voyez. on voulait me forcer à faire une chose. là il peut se produire du surmenage. Le neurasthénique. où ils peuvent contracter des maladies. chez ceux qui ont atteint 18 à 17 ans. Si vous prenez un enfant et qu'il ne puisse répondre. En général. on a signalé l'hypertrophie du coeur chez certains d'entre eux. 11 est inerte. où ils s'ennuient. et je dis qu'il ne se rencontre guèrèchezles enfants.

quand je me repose un peu. ce que je dis. Dites à votre médecin de demander à votre patron un peu de repos pour vous. quand ils ne veulent pas travailler. qui prolongent les douches pendant deux. qu'il n'apprend pas sa leçon. c'est toute une affaire. je déclare que je ne connais pas le phénomène du surmenage cérébral chez les enfants avant qu'ils aient atteint l'âge de 18. Si vous dirigez la douche sur la nuque par ce fait le patient éprouve souvent des vertiges et de la céphalée. que. tout ce qu'on peut contre lui. prendre votre médecin? Le malade: Il me donne de Piodure de potassium. elle ne doit pas être inférieure. Donner une douche trop prolongée cela peut être grave. . quand un élève n'écoute pas son professeur. Il ne faut pas frapper avec trop d'énergie. quand il s'agit de la douche froide. Pour en finir. et que le surmenage se produit seulement par des efforts de volonté. Je ne dis ait. Avec les douches on peut faire du bien ou du mal. dans l'administration des douches. Je crois qu'ils sont incapables de l'acquérir. Du reste. C'est très dangereux. CHARCOT: Il prendra 3 grammes par jour de bromure de potassium et on lui administrera tous les matins une douche froide d'une durée de vingt secondes sur la partie inférieure du tronc et les membres inférieurs. quatre ou cinq minutes. Administrer des douches à des malades. La température de l'eau doit être de 8 à 12 degrés. Il y a des médecins. il faut insister là dessus. 16 ou 17 ans. où le médecin ne voit pas comment se comporte le malade pendant l'opération. vous aggravez le niai. ils ne travaillent pas.— 30 — excellent traitement. mais il n'en travaille pas plus et ce n'est pas pour lui une cause de surmenage. peu experts en matière d'hydrothérapie. surtout dans les hôpitaux où c'est le doucheur qui n'est pas médecin qui donne la douche. je ne sais pas si j'ai vu des malades de cette sorte appartenant à la classé ouvrière. des conditions de température très sérieuses à observer. (S'adressant au malade) : Vous croyez-vous très malade ? Qu'est-ce que vous fait. (S'adressant au malade) : Vous pourrez déjeûner avant de prendre votre douche. Je n'entends pas dire qu'il faille peser sur les enfants outre mesure et les empêcher de prendre aucun loisir. c'est que les enfants restent passifs. de lui donner des pensums. c'est de le mettre en retenue. M. Au collège. quelque chose à fairo-pour pas qu'il n'y remédier sous ce rapport à l'état de choses actuel. trois. Il faut bien vous mettre dans l'esprit que votre maladie n'est pas grave. CHARGOT: Travaillez-vous un peu moins? Le malade : Je travaille toujours. sur la partie supérieure 'du tronc. M. M. CHARCOT : Mais vous allez mieux ? Le malade : Cela se passe pendant une quinzaine de jours. Il ne faut pas dépasser vingt ou trente secondes. Il n'y a pas d'inconvénient à ce que l'estomac soit un peu lesté. Il y a aussi. Il faut qu'elles soient très courtes.

cervicale complexe. le premier. Sous cette appellation commune. Voilà la véritable chorée au sens exact du mot. tout cela. A quoi sert-il de mettre ainsi des espèces différentes sous une même rubrique . le caractère involontaire. TROISIÈME LEÇON OBJET 1° Chorée de Sydenhain.Policlinique du Mardi 6 Décembre. est introduite dans la salle du cours. et plus ou moins instantané du mouvement. accompagnée de sa mère. c'est à dire une sorte de danse. et on a constitué ainsi une classe de maladies qui ne répond à rien de naturel. soit un mouvement de pied ressemblant à celui du professeur d'escrime ou d'un artiste qui bat la mesure. Malheureusement. on a rangé non seulement des affections ayant un caractère commun. Par exemple.) M. par voie d'analogie. CHARCOT : Il ne faut pas nous occuper seulement des cas extraordinaires. 1^ faute en est à Sydenham et surtout à Trousseau. lrc MALADE (Une jeune fille. soit un mouvement du bras analogue à celui de l'ouvrier qui manie un marteau. de chorée. très probablement. pidité plus ou moins grande pendant un temps indéfini. avec une ra-. et il est fort curieux devoir qu'une maladie aussi eoinmuue et qui. et il en était ainsi autrefois. Les cas communs ont bien aussi leur intérêt. . pour l'appliquer à des cas qui. la chorée rhylmée est une maladie hystérique dans laquelle il se produit continuellement. cela ne peut que compliquer inutilement la nosographie. méningite : forme 3° Pachy- 2° Myopathie. mais des casj pathologiques essentiellement différents. 11 paraît qu'il s'agit ici d'une chorée vulgaire. ^ C'est aux cas de ce genre que la désignation de chorée (cliorea). qui ont confondu sous ce nom une foule d'affections diverses. remonte aux temps les plus antiques n'ait été discernée que par un observateur relativement moderne. on a détourné ce mot de son sens naturel. devrait être réservée. ne ressemblent pas du tout à une danse et dans lesquels il n'y a pas de rhytnie. hypertrophique. entièrement cléfeetueuse. fit la description de la chorée vulgaire . Sydenham.

dira-t-on qu'il est. parce qu'elle vient à la suite d'un rhumatisme articulaire. C'est à lui de mettre de l'ordre dans celte question denosographie . Or. il le fera certainement quelque jour. il se trouve un grand nombre d'auteurs pour faire une catégorie spéciale de l'ataxie par syphilis. chorée peut exister dans les mêmes conditions sans avoir rien à faire avec le rhumatisme cette confusion jette un désarroi absolu en pathologie. elle reste toujours la même avec quelques modifications bien légères que la maladie antérieure imprime à la maladie survenue ensuite. Delà. M.comme vous voudrezPappeler . et je ne doute pas qu'un jour. Prenons un hystérique: "De ce qu'il a été atteint auparavant de saturnisme. ne sente le besoin d'intervenir. on conclut à l'hystérie traumafique. le professeur qui occupe cette chaire. puis les écarte involontairement. est-elle malade? La mère de la malade : Depuis un mois. et qui est un très habile et très savant homme. par rapport à la chorée. elle pousse malgré elle un petit cri. -— Depuis quand. on rencontre fréquemment des hystériques hommes. un cours de pathologie générale. CHARCOT : Est-ce la première fois ? . On m'a dit. 11est évident que le rhumatisme articulaire joue. Vous avez une tendance à faire une catégorie de ce que vous appelez une chorée rhumatismale.on en conclut que cette chorée mérite le nom de rhumatismale. doit-on conclure à l'hystérie mercLirielle? Et même on arrive à faire de l'alcoolisme une cause d'hystérie : De là l'hystérie alcoolique. c'est toujours la même maladie qui est dans un cas la chorée. parce que la syphilis se rencontre souvent dans l'ataxie locomotrice progressive.Cette petite fille. Lavérité est que sa langue est animée de mouvements choréiformes qui gène l'exercice de la parole et de temps en temps. De là l'hystérie de la lièvre typhoïde. Mais au fond. Eh bien. de chorée infantile. C'est ainsi que.nous avons là un cas de chorée vulgaire. C'est toujours la grande question de la combinaison de Parthritisme avecles maladies nerveuses. Mais en réalité. qui ont suivi pendant longtemps un traitement mereuriel. Et voilà une classification complète. qu'elle présentait un peu d'aphasie . le même rôle d'agent provocateur que joue la syphilis par rapport à l'ataxie locomotrice progressive. De ce qu'à la suite de blessures l'hystérie survient. Il en est de même pour ce qui concerne la chorée. de chorée de Sydenham. D'autre part.— 32: La chorée a été considérée par plusieurs auteurs comme étant une émanation du rhumatisme articulaire. l'hystérie se raniifie-t-elle delà sorte? Non.atteint d'une hystérie saturnine? Son hystérie a-t-elle des caractères spéciaux qui dépendent du saturnisme ? Certainement non. je le fais pour mon compte car j'ai besoin de vous montrer que la pathologie nerveuse n'est pas aussi compliquée qu'on veut bien le dire. iLse produit souvent des troubles à la suite du traitement mereuriel. Je vous dis tout cela. de plus. dans ce cas. De ce que l'on voit souvent la chorée se développer à la suite d'un rhumatisme articulaire aigu.remue à chaque instant les doigts des mains : elle rapproche ses pieds l'un de l'autre le plus possible. mais en attendant. C'est la question qui nous a occupés l'autre jour. et dans l'autre l'ataxie locomotrice. vous pouvez voir se développer l'hystérie. A la suite de la fièvre typhoïde. parce qu'aujourd'hui on est disposé à tout embrouiller. mais la. Je serais très heureux que la question y fût traitée.. Il existé. à la faculté de Paris.

certaines formes de migrâmes. etc. après avoir demandé depuis quand elle existe. 2e éd. par suite de douleurs dans les jointures ? Réponse : Quatre mois. l'ataxie locomotrice. dans un lit. M. il semble que vous n'ayez plus aucun renseignement à prendre. des affections cutanées. Si vous avez cette clef. Que fait-elle? Va-t-elle en pension? Réponse : Elle travaille avec moi. Le cas. : Les deux à la fois? M. Ainsile rhumatisme articulaire existe dans les antécédents de famille.ce qu'ils peuvent vous enseigner . 5 Leçons du Mardi. i. l'hystérie. Quand vous vous trouvez devant un sujet atteint de névropathie. : Depuis longtemps ? M.— 3. tout. CHARGOT. vous devez interroger les sujets conformément aux indications qui ressortent de ce schéma. Nous allons voir s'il n'y a rien d'autre. pendant cinq à six semaines.CHARCOT: On peut considérer l'arthristisme comme formant un arbre. Si vous voulez tirer des cas qui se présentent à vous. monsieur. M. n'est qu'un accident dans l'histoire de son mal. CHARCOT Réponse : Oui. à votre connaissance. monsieur. CHARCOT tisme articulaire ? Réponse : Elle ne s'en est jamais plainte. : Son père a-t-il eu des douleurs articulaires ? M. CHARCOT Réponse : Depuis deux ans : : Cette enfant a-t-elle eu des douleurs dans les jointures. etc. son agitation est plus grande. Ainsi. CHARCOT: Est-il. resté couché. de même que chacun de nous n'est qu'un accident dans l'histoire de l'humanité. CHARCOT . pour la chorée. Que fait son père ? Réponse : Il est chauffeur dans une fabrique de vitraux d'art. t. De l'autre côté. mais de deux jours l'un. Les deux arbres vivent en quelque sorte sur le même terrain . vous devez considérer la maladie que vous avez sous les yeux seulement comme un épisode. : Par où cela a-t-il commencé ? M. vous ne sauriez vous rendre compte. CHARCOT Réponse : Autant d'un côté que de l'autre. Nous savons déjà que sa chorée est en relation avec Parthritisme. du rhumaM. toutes les catégories des vésaniés à formes héréditaires ou autres. Eh bien 1 dans le cas de cette jeune fille. dont les principaux rameaux sont la goutte. sans cela. vous comprendrez la plupart des phénomènes qui se passent dans les maladies nerveuses et dont. il est clair qu'il y a une influence arthritique.3 — Réponse: Oui. . le rhumatisme articulaire. monsieur. CHARCOT Réponse : Par les mains. Pépilepsie. il n'en est rien. ils communiquent par les racines. vous devez rechercher s'il faut considérer l'affection dont ils sont atteints comme une branche de Parthritisme ou comme un rameau de l'arbre des affections nerveuses. M. la paralysie générale progressive. et ils ont des relations tellement intimes qu'on peut se demander quelquefois si ce n'est pas le même arbre. il y a un arbre nerveux comprenant la neurasthénie.

Pas du tout. CHARGOT Réponse : Sa mère est morte à 60 ans. M. bizarre ? Réponse : Non ! Il n'y a pas dans la famille de cousin germain. la paralysie générale la paralysie générale. Ainsi il ne faut pas vous figurer que l'ataxie locomotrice engendre l'ataxie locomotrice. qui aie dés attaques. on n'y attache pas d'importance.— 34 — : Il est chauffeur et il a eu un rhumatisme articulaire. CHARCOT : Vous avez des frères ? . CHARCOT : Ils n'ont pas de maladies nerveuses ? Réponse : Non. — Et vous ? Réponse : Je n'ai jamais été malade. puis il arrive qu'après avoir entendu les interrogations du médecin on s'écrie : j'avais oublié tel ou tel fait. : Je ne lui demande pas si quelqu'un d'entre eux a eu la chorée. CHARCOT : Etait-elle originale. : Avaient-elles des attaques de nerfs ? M. CHARCOT a-t-il eu des soeurs ? Réponse : Quatre . CHARCOT Réponse: Non. L'hérédité procède là par transformations. Vous savez combien il est difficile de voir clair dans les questions d'hérédité . Son père M. il y en a deux qui sont mortes. : Et son père ? M. M. CHARCOT pas croire qu'un refroidissement trop brusque soit la véritable cause de sa maladie. M. Votre mari a-t-il des frères ? Réponse : Deux. : Et sa mère ? M. Chezlui aussi. nous trouvons donc seulement qu'il y a eu un M. CHARGOT rhumatisme articulaire. Monsieur. M. monsieur. des femmes tombant dans des convulsions ? Réponse : Non ! : Du côté paternel. l'autre à Paris. CHARGOT car les maladies nerveuses ne se transmettent presque jamais sous la même forme. CHARCOT Réponse : Non. CHARCOT: driaque. CHARGOT Réponse : Je n'en ai jamais entendu parler. un peu hypoconM. : Etaient-elles malades de la tête ? M. il ne faut M. CHARGOT : Où sont-ils? Réponse : L'un à Boulogne. CHARCOT : Les connaissez-vous? Réponse : Oui. Un paralytique engendre un hystérique et un hystérique un paralytique. il a dû y avoir des influences héréditaires. : Vous n'avez jamais eu de rhumatisme articulaire ? MVCHARCOT Réponse : Non. CHARGOT Réponse : Son père est mort à 90 ans sans avoir jamais été malade. M. : Cela ne compte pas au point de vue qui nous occupe. : Ont-ils été malades ? M. Mais il pourrait se faire qu'il y ail eu d'autres maladies dans sa famille ? Réponse : Un des frères de son père a eu une bronchite. M.

CHARCOT : Elle a une espèce de délire. écris-moi ton nom et ton adresse (Le pied lape pendant ce temps). Tu te mords la langue en parlant? La jeune fille : Oui. CHARCOT Réponse : Non. du reste\issez commune. : Quel âge a-t-il ? M. (S'adressant à la malade) : Eh bien ! Mademoiselle. : Et votre mère ? M. J'avais deux ans quand il est mort. CHARCOT l'arbre nerveux. : Voilà les mouvements des mains qui augmentent considérablement. Elle me regarde avec des yeux suppliants pour me demander de faire cesser le supplice qu'elle endure. car c'est un véritable supplice pour elle. des modifications dans le caractère. CHARCOT Réponse : Ma mère existe encore. Elle frappe du dont je parlais tout à l'heure entre pied sans aucun rhytme. nous ne trouvons qu'un cas d'arthritisme et qui dépend de M. (S'adressant à la mère de la jeune fille) : Elle ne dort pas ? Réponse : Très peu. CHARGOT : Voyons. : Elle a des douleurs de tête ? M. et être affectées ainsi d'une sorte d'aphasie combinée à un affaiblissement réel de l'intelligence . Elle a un doigt qui se"lèvequand 1il'ne le faut pas. : Et votre père ? M. un affaiblissement intellectuel momentané. CHARCOT Réponse : Continuellement. M. : On ne vous a pas dit de quoi il était mort. J'ai vu des personnes ayant plusieurs langues à leur disposition qui. le jette en Pair et dit des choses non raisonnables. se trouvant atteintes de ce mal. M. Celle affection occasionne presque toujous. Voilà cette opposition la chorée rhytmée et la chorée non rhyfmée. que ton supplice finisse. Voilà un cas de chorée qui présente celte petite particularité.. : Ainsi. CHARGOT Réponse : Je ne l'ai pas connu. Voulez-vous nous parler un peu ? Dites-moi quelque chose? (La jeune fille garde le silence). prends la plume. prend sou oreiller. Sa langue et ses lèvres sont en proie à un mouvement désordonné qui ne lui permet pas d'exprimer les mots. M. CHARCOT : Voilà une petite explosion en quelque sorte qui lui a permis d'articuler une phrase. more circulatoru-m. il est d'une forte santé ? M. : 11n'est pas nerveux. selon l'expression de Sydenham. M. Quand elle se réveille. CHARCOT Réponse : Il n'a jamais été malade. ne pouvaient plusse servir que d'une seule. M. CHARCOT Réponse : 48 ans. CHARCOT elle craint de se laisser aller à ces mouvements désordonnés qui ont fait dire que les choréiques s'y livraient exprès pour exciter les rires comme font les saltimbanques. CHARGOT : Allons. M.. Elle n'a pas écrit un mot complet. La jeune fille subitement : Je demeure cité de la Chapelle. elle découvre son lit.— 38 — Réponse : Un. de mouvements involontaires de la langue et des lèvres. C'est un cas de chorée assez intéressant. vous le savez. — Comment t'appelles-tu ? Réponse : Léonie.

d'abord parce que les ressources que la thérapeutique met à sa disposition sont minimes. M. pourquoi deux affections appartenant au groupe des maladies nerveuses nées sur un même terrain ne se réuniraient pas chez un individu prédisposé. comme je l'ai dit. Marie était mon chef de clinique. Eh bien ! l'on peut voir la paralysie générale et l'ataxie se combiner chez un seul et même sujet. CHARCOT (s'adressant à l'interne) : Voyez donc si elle n'est pas aneslhésique. pliquent font que vous pouvez voir se combiner. est de trois ou quatre mois environ. temps "pas que Heureusement. CHARCOT : Voilà donc une chorée d'une certaine intensité. et l'ataxie locomotrice progressive chez la soeur. M. la chorée peut acquérir une intensité assez grande. comme nous ne pouvons pas changer. et qui souvent Pétaient depuis quelque temps. sans être mortelle cependant . les choses s'arrangent. Eh bien ! la chorée est presque toujours une maladie bénigne et qui se termine spontanément clans l'espace de deux ou trois mois. Il s'agit maintenant de savoir ce qu'il faut faire pour le bien de la malade. CHARGOT: Est-ce qu'elle pleure? Est-ce qu'elle rit quelquefois sans motifs ? Réponse : Son caractère est tout-à-fait changé depuis qu'elle est malade. Et il y a ensuite à considérer un changement de caractère qui donne au cas une physionomie un peu spéciale. mais quant à ceux de la face. (S'adressant à la mère de la jeune fille) : Est-ce qu'elle a des attaques de nerfs? . L'interné : Il est régulier. Réponse : Souvent. il ne faut la femme sojt atteinte de chorée en de grossesse. La durée d'un accès de chorée vulgaire. M. et surtout. le cours des choses et commeil . il peut se taire que le sommeil soit troublé. la situation du médecin devient très difficile. quoiqu'on fasse. de la langue et des lèvres. les conseils qu'on peut donner et le pronostic à tirer. les chorées graves sont rares. comme il avait examiné tous les choréïques qui venaient à la consultation. cela n'a rien d'extraordinaire. Or.— 36 Quand M. des affections pouvant parfaitement exister isolément. non quant aux mouvements généraux des membres. Il arrive souvent que l'on voit la paralysie générale chez le frère. chez le même individu. L'interne : Elle n'est pas insensible. Quand cependant il s'en rencontre. il m'avertit que chez beaucoup d'entre eux. en effet. En dehors de ces cas exceptionnels. M. Les prédispositions générales que Parthritisme ou le nervosisme ex. il y avait combinaison de la chorée avec l'hystérie . et réciproquement. On sait très bien que la chorée de'l'adulte est plus grave que la chorée de l'enfant. il faut toujours tenir compte des associations pathologiques. On ne voit pas. et ensuite. De même si vous voyez naître'l'hystérie chez un choréique. CHARCOT : Veuillez écouter son coeur. Mais il ne faut pas croire qu'il en soit toujours ainsi . et qu'il n'y ait pas des cas graves. ensuite paralytique. sans quelque danger. d'abord ataxique. Il arrive un âge où il ne faut pas avoir de chorée. parce qu'il est très douloureux de voir une affectiond'une nature bénigne devenir tout-à-fait maligne et mortelle. que les mouvements deviennent extrêmement désordonné^ mais au bout de quelques semaines.

2. la chorée de Sydenham . mais quant à chercher à couper brusquement le mal. Quand il ne dort pas. Il est habituel qu'une anémie plus ou moins prononcée complique la situation. une faiblesse . qui est une forme de l'hystérie. comme le sommeil est nécessaire. une grande fille de dix:huit ans et un grand garçon dé quinze à seize ans. j'ai vu un autre cas bien curieux. j'ai été stupéfait. tant la résolution des membres. et que vous ne sachiez pas que votre malade est sous le coup de la chorée. J'aime mieux. A supposer qu'un cas semblable vous soit soumis. le frère et la soeur. Pour moi. la chorée.. j'étais presque rassuré. Je prescris souvent l'hydrothérapie : on donnera un peu d'arsenic. En fin de compte. comme on l'a proposé quelquefois. c'est en effet ce grand clinicien qui lui a donné ce nom en la décrivant le premier. de la tête et du tronc était profonde. c'est la danse de S1 Guy. ce n'est pas logique et ensuite. Maintenant. Vous pouvez avoir des récidives. Les parents. Cela se comprend. elle a guéri. n'a jamais été la chorée. Le petitgarçon avait la chorée vulgaire. Il s'agissait de deux enfants de la même famille. ne paraissait pas autrement malade. il y a la question de récidive. Les deux enfants. Voilà tout ce qu'il faut faire. vous pourriez.3. On l'a comprise dans*la nomenclature des affections choréiformes. puisqu'il est souvent issu d'arthritiques et de neuropathes. il n'y a plus qu'à attendre en disant aux parents : je ne puis guérir votre enfant qu'au bout d'un certain temps. j'aurais pu fort intéresser mes auditeurs à ce côté peu connu encore de l'histoire de la chorée. il y a des formes qu'il faut connaître . 11était atteint d'une de ces chorées de Sydenham. On a indiqué je ne sais combien de moyens. c'est de mettre le patient dans les meilleures conditions possibles. L'enfant. Après avoir été agité pendant quelque temps par les gesticulations classiques. Pexpectation. je regrette que vous n'ayez pas vu. je suis d'avis qu'on lui donne du bromure de potassium à la dose de 4 ou 8 grammes ou du chloral à la dose de 3 ou 4 grammes. et voilà tout. Vous dites aux parents: ne vous tourmentez pas ! En général. s'il s'était présenté à l'hôpital. tout ce qu'on peut faire. Après cela. 4. Or. les parents sont très effrayés de la chorée. non prévenu. il était complètement muet. Pour eux. en présence du caractère de l'état général. étaient rhumatisants. étaient atteints de chorée. vous trouver clans un grand embarras. La première fois qu'on m'a montré une petite malade atteinte de chorée paralytique. Mais il éprouvait dans les jambes. le résultat est moins que certain.— 37 — n'existé pas de thérapeutique véritablement active.8. en définitive. Pendant ces vacances dernières. bien qu'on ne soit jamais rassuré en présence de l'inconnu. pendant ces vacances. qui trompent tant de médecins : c'était une chorée paralytique. de plus. lorsqu'il s'agit de cas simples et vulgaires comme celui-ci. se tenir debout. Lcchoréique est souvent hystérique. soulever ses membres . un petit malade qu'on m'a amené. du fer. la danse de S1 Guy. si vous voulez. il avait été pris d'une telle faiblesse dans les membres qu'il ne pouvait plus se lever. D'autre part. j'appellerai la chorée vulgaire. 6 et 7 fois.

M. dans pas de rigidité des membres.CHARGOT conduire à l'hôpital pour lui faire prendre des douches . déshabillez vous. en pareil cas. Depuis quand avez-vous commencé à remarquer que vous aviez quelque chose d'anormal ? . chacun deux durant quatre ou cinq mois . Eh bien. (Le malade ne peut lever qu'à demi le bras gauche et un peu plus le bras droit.d'utiles renseignements sur cet incident de la chorée. elle fit : hou ! hou ! je lui pris la tête. on y voit parfois. La paralysie n'était que dans les jambes. mais elle ne se voit que chez les adultes elles vieillards. La soeur.38 — telle qu'il ne pouvait pas selever de son siège. les membres la résolution. ? Quel âge avezLvous Le malade : vingt deux ans. CHARCOT : Approchez . mais d'accès répétés. grande fille de dix sept à dix huit ans. le garçon présentait une chorée dans laquelle la paralysie n'était qu'un fait accessoire. Asseyez-vous. ce sont des accès qui se succèdent et surviennent plus ou moins subintrants. La précession de mouvements chroniques plus ou moins acenfués. M. était couchée dans son lit. y avait deux mois que cela durait. : Des bains d'amidon ! cela me parait fort inutile. J'interrogeai une autre soeur qui était là. pas de contractures. de chorée chronique. Vous pourriez la M. survenir quelques esquisesde gesticulation chronique : cela se voit à la face. Il est habituellement facile de saisir les intervalles qui séparent les accès. 2e MALADE (Homme). Je lui demandai ce qu'elle avait. faisant ce . Ainsi il ne s'agit pas en réalité. pour le désigner. La véritable chorée chronique existe cependant . abolition des réflexes rotuliens. La maladie avait été à l'origine de la chorée vulgaire mais elle avait pris ensuite les caractères de la chorée paralytique complète. Il était sur un fauteuil. Il est bien connu de nos confrères d'Angleterre qui. (^S'adressantà la mère de la jeune fille) .Olivier.' on lui fera prendre de trois à quatre grammes de bromure de potassium par jour. il peut yavoir ou non. Vous trouverez. sont flasques. detemps à autre. à l'inférieur. II. elle retomba comme un chiffon. bruit des lèvres que vous avez tout à l'heure entendu. CHARCOT. quel est le traitement qu'elle suit. en ce moment ? Réponse : Elle prend des bains d'amidon et une potion que le docteur m'a donnée. ce n'est pas un seul accès se continuant indéfiniment. dans la thèse inaugurale de M!. ayant précédé la paralysie qui constitue comme une seconde phase éclairera le diagnostic. Dans ces paralysies. se servent de la dénomination de lump chorea. dans l'immense majorité des cas. A côté.. dans les bras. les jambes. Mais remarquons bien cela. Levez les bras en l'air.

Nous citerons comme exemple une forme myopathique qui autrefois était considérée comme représentant une espèce à part. — Les muscles des bras sont fortement atrophiés. on reconnaît qu'il s'agit là simplement d'une forme de myopathie primitive confinant à un autre type. Nous savons aujourd'hui que les myopathies de ce genre ne procèdent pas d'une cause spinale. Je veux parler de la paralysie pseudo-hyperlrophique telle que Duehenne de Boulogne l'a décrite. 11y en a d'autres encore. Je crois que l'on peut dire que la myopathie primitive. M. Voilà ce que l'on peut apercevoir du premier coup . notre malade actuel j'aurais pu vous présenter tout à que 1 heure comme un exemple de la forme juvénile d'Erb. Le malade des muscles de la ceinture scapulaire. décrite par le prof.est complexe dans ses formes. d'épisodes dans une espèces inutilement et d'en • seule et même maladie. L'une surtout mérite d'être signalée : elle a été décrite pour la première fois par Duchemie de Boulogne sous le nom d'atrophie muscidaire héréditaire: Son caractère distinctif est d'envahir les orbiculaires des lèvres et ceux des yeux. ceux des avant-bras et des mains au contraire remarquablement respectés. Mais aujourd'hui. appartient également au dernier type que nous venons de considérer. Voilà déjà deux formes de la myopathie primitive. une réforme importante s'est faite dans l'histoire des myopathies. h'atrophie dite juvénile. CHARGOT . dans laquelle c'est comme on le voit dans notre cas d'aujourd'hui. En effet. Le malade ne peut pas fermer les yeux complètement. Ses lèvres sont proéminentes en forme de museau. Les muscles affectés ne présentant pas en général d'apparence hyperlrophique. Nous devons pousser l'analyse aussi loin que possible.multiplier les créer autant qu'il y a d'incidents. de celles qui ne dépendent pas d'une lésion de la moelle épinière.monsieur. Il faut distinguer parmi les myopathies progressives. : C'est. Eh bien justement. De nos jours. vous remarquez qu'il ne . CHARCOT : Vous pouvez-encore vous servir de vos mains ? Le malade : De mes mains ? Oui. il semble 'qu'il s'agit là d'un groupe morbide bien distinct. essentiellement distincte de lamyopatlue spinale. Au premier abord. celles qui relèvent d'une cause spinale. les groupements sont chose nécessaire. M.- 39 - Le malade : A l'âge de dix sept ou dix huit ans. la ceinture scapulaire cpii est prise surtout. le groupe musculaire de l'épaule qui est faible M. — atrophie des cellules nerveuses des cornes antérieures. incapables de remplirleurs fonctions physiologiques. CHARCOT Le malade : Je suis boucher. CHARGOT surtout. Il représente ce qu'on appelle vulgairement aujourd'hui un myopathique. Ce sont surtout les membres inférieurs qui sont envahis les premiers par la maladie. directement ou indirectement. je le répète. : Quel état exercez-vous ? M. mais qu'elleconstitueuneunité. mais je n'y faisais pas grande attention. Les classifications. c'est-à-dire une atrophie des muscles qui servent aux mouvements de l'épaule. — Vous n'avez pas de faiblesse dans les jambes ? Le malade : Non. Là les muscles sont volumineux mais faibles. Erb. Mais il faut éviter de. comme disent les présente une atrophie Allemands.

Il peut encore tant bien que mal souffler dans son instrument. il y a de l'exagération dans ce jugement sommaire. type d'Aran-Duchenne. GiiAncoT prie le malade de se retirer). d'après ce qui précède. et pour ce qui est des lèvres. MM. Elle est fondée sur des recherches anatomo-patologiques parfaitement rigoureuses. et celui que nous avons devant les yeux est un exemple du genre. en disant qu'il 1du une combinaison type d'Erb (2° forme) et du type dit héréditaire de représente Duchenne (3eforme) En passant je vous ferai remarquer que les myopathies primitives se distinguent en général cliniquement de celles qui relèvent d'une lésion spinale. en raison de cette circonstance que jouer du piston . (M. Certes. sclérose latérale avec atrophie.— 40 — peut fermer les yeux complètement. Nous voilà en face d'une catégorie de cas qui justifie en quelque sorte les railleries de Méphistophélès lorsqu'il dit cruel'oeuvre de la médecine est de faire de belles études. il y a longtemps qu'il s'est'aperçu qu'elles fonctionnaient mal. tout au plus pourra-t-on espérer un temps d'arrêt dans l'évolution de la maladie. mais il faut reconnaître que dans bien des cas encore. Vous savez qu'au contraire la lésion atroplnque des cellules des cornes antérieures spinales est le caractère univoque des atrophie spinales : Type Aran-Duchenne. Ainsi dans les myopathies primitives pas de lésions spinales ou des nerfs périphériques. . sélérose latérale amyolrophique. est devenu aujourd'hui à peu près impossible. Je ne veux pas parler du pronostic devant lui . c'est un pronostic abominable. N'oubliez pas que la distinction entre les myopathies primitives et les spinales ne représente pas seulement une vue de l'esprit.. parce qu'on n'y observe pas les secousses fibrillaires qui se rencontrent si habituellement dans celle-ci. ReclClinghausen et Eulenbourg. nous restons p ar faiteinent impuiss anls.qui lui était autrefois chose familière. sans rien changer à vrai dire au cours des choses qui marchent en somme comme Dieu le veut. Nous pouvons caractériser notre cas. car toujours nous cherchons à réagir contre le mal danslamesure denos forces.Landouzy et Déjerine ont constaté l'absence de ces lésions dans l'atrophie musculaire héréditaire de Duchenne de Boulogne. à courte échéance moins. J'avais autrefois. Plus récemment. démontré la non existence de lésions spinales dans la paralysie pseudo-hyperlrophique. non du mais parce qu'il n'y a pas pour que la vie soit menacée. mais les délicatesses lui échappent et il lui arrive souvent de faire des « couacs » épouvantables. lui d'espoir de guérison .à peu près en même temps que MM.

t. CHARGOT Le malade : Je ressens des douleurs dans le cou. et amaigris . Là. c'est seulement une pression que j'éprouve c'est comme un corset douloureux. on peut esquisser un diagnostic. (M. Le malude : Il n'y a pas plus de 3 semaines qu'il en est ainsi. M. CHARGOT Réponse : Je suis commis de nouveauté. derrière le cou. se répend dans les bras et vient faire comme une ceinture autour de la partie supérieure du thorax. CHARCOT Le malade: Elles sont moins fortes. CHARGOT : L'examen n'est pas concluant. CHARCOT : Vous n'avez pas eu la vérole? Le malade : Non. M. : Déshabillez-vous complètement.) Il a de la trépidation spinale. CHARCOT Le malade: Dans le cou. CHARGOT Réponse : Jamais. puis ceux du genou et du pied lesquels sont très exagérés. monsieur. CHARGOT: Donnez-moi la main. 2e édition. M. : Où ressentez-vous principalement ces douleurs? M. CHARCOT : Elle se propage dans les bras et vous y ressentez de l'engourdismenl ? Le malade : Qui. M. — Cela vous fait-il mal? M. CHARGOT Le malade: Non.41 3e MALADE (Un jeune homme). : Ces douleurs sont très vives ? M. CHARCOT : Quel âge avez-vous? Le malade : 19 ans. M. CHARCOT Le malade : Oui. CHARGOT . de Pavant-bras et delà main notablement affaiblis. postérieure du cou. CHARGOT (Le malade est examiné. on trouve tous les muscles du bras. surtout sur le devant. M. dans les épaules et dans lés bras. CHARCOT percute la colonne vertébrale. — Quelle est la jambe la plus faible ? Le malade : La gauche. Cependant. ce n'est pas CHARIOT. : Qu'est-ce cpie vous faites ? M. CHARCOT : Il ne peut se tenir debout. ici et là. Le malade : Un peu. La douleur que vous ressentez s'étend-elle à la poitrine ? Le malade : Dans la poitrine. : Vous n'avez jamais habité dans un endroit humide? M. Charcot explore les réflexes du poignet. : Qu'est-ce que vous avez ? M. 6 Leçons du Mardi. : Est-ce que vous ressentez une douleur sur le sommet de la tête? M. Vous voyez comment cela s'est passé. . : Elle jour ? M. i. Monsieur. cependant la douleur y est la même. les jambes fléchissent. M. je ne souffre pas. la force est plus grande du côté droit. M. la nuit. Une douleur vive se fait sentir à la partie .

Tous les cas de ce genre sont bâtis à peu près sur le même modèle et ils sont habituellement bien caractérisés par la succession des deux périodes. En réalité. Il n'y a pas d'atrophie musculaire dans ces membres._ 42 — à vrai dire une douleur. L'inflammation se propage d'un côté aux racines nerveuses cervico-brachiales et de l'autre côté à la moelle elle-même. et l'exagération des réflexes tendineux. alors que la douleur a sévi dans les membres supérieurs. Que se passe-t-il dans la seconde période de la maladie ? La moelle est affectée. CHARGOT : La douleur du cou est devenue moindre. M. D'abord. marqué actuellement par la rigidité des membres. comment cela se traduit-il?Paruneparaplégie spasmodique qui survient à un momenldonné. tant les antérieures que les postérieures. Il y a cliniquement unepériode de 4 ou 8 mois pendant laquelle la douleur est vive. était mon interne.Joffroy et moi. elle devient très forte la nuit et elle dure depuis 4 ou 8 mois. espèce morbide assez commune. c'est une pression. M. ce qui constraste avec ce qui a lieu aux membres supérieurs. tant dans les membres supérieurs et le cou que dans les parties supérieures du thorax et ici se place la question des troubles trophiques. mais. Votre douleur est moins forte maintenant ? Le malade : Depuis 18 jours. depuis trois semaines. Elle coïncide avec la dégénération qui s'opère dans les faisceauxpyramidaux. elle est enflammée et comprimée. que nous avons étudiée. s'épaissit énormément dans la région spinale cervicale. Cette douleur s'apaise le jour. elle est prise dans une certaine étendue. Pendant quelque temps cette faiblesse des membres supérieurs et cette douleur du thorax ont été la seule manifestation du mal. Mais il n'y a pas que la douleur à enregistrer dans cette période il s'y joint de l'anesthésie.au temps où celui-ci. marquée à un moment 3ni onné par la réaction de dégénérescence et aussi parfois des troubles trophiques cutanés tels que le zona par exemple. la poitrine et le cou. en pareil cas. Vous voyez que tout s'explique dans notre cas si nous admettons l'hypothèse de pachyméningite. puis la paraplégie spasmodique des membres inférieurs sans troubles de la sensibilité eomitante. Puis son membre supérieur gauche s'atrophie et s'affaiblit. je souffre pour ainsi dire moins.Ellene s'accompagne pas de troubles de la sensibilité appréciables pendant 3 ou 4 mois. ces membres sont atteints d'un certain degré de paraplégie spasmodique. Je crois le malade atteint de pachyméningite cervicale hxjperlrophique. ce sont ces lésions là déterminent l'atrophie des muscles correspondants. un peu moins le jour. l'autre côté devient douloureux aussi et un commencement d'atrophie s'y fait voir. l'envahissement douloureux des membres supérieurs. En même temps. dégénération et troubles dé la sensibilité. La paraplégie spasmodique est la conséquence de la myélite transverse. Le point de départ en est dans la névrite qui occupe les racines émanant du renflement brachial. La dure-mère. il ressent un affaiblissement m arqué des membres inférieurs. aboutissant à la paraplégie cervicale avec atrophie musculaire. On pourrait supposer chez notre homme l'existence d'une pachyméningite causée par une tubereulose vertébrale restée latente en ce sens qu'il n'existerait pas . un peu plus forte la nuit.maintenant mon collègue à l'hôpital.

lorsqu'on la recherche. parce que la régénération des nerfs et des muscles. il restera toujours. revenir à mon premier diagnostic qui me paraît représenter l'hypothèse la plus simple. tant s'en faut. mais après tout. expression de la myélite par compression spinale.mais j'aurais à faire valoir. l'existence permanente des réflexes rotuliens exagérée et de la trépidation Les massages du. par conséquent. elle. l'emploi de Tiodure de potassium à dose modérée à l'intérieur. Les applications répétées de pointes de feu sur la région spinale. sans que pour cela la guérison puisse être dite complète. Je suis même disposé à croire que c'est une affection qui guérit. les membres inférieurs peuvent récupérer la plupart de leurs fonctions. les membres inférieurs ont une tendance à se raidir. qui est si accentuée chez notre malade et qui constitue un des caractères cliniques importants de la pachyméningite cervicale hypertrophique.— 43 — de déformation vertébrale. Si cela était. mettant les choses au mieux. une paraplégie cervicale douloureuse produite par l'altération qu'auraient subi les racines des nerfs à leur passage à travers la masse caséeuse. mais vous savez que le mal vertébral de Pott peut. et il pourrait se faire qu'il se fut également. Il ne faut pas oublier que dans les cas de paraplégie spasmodique par compression. comme dans notre cas. quelque déchet. L'application intempestive de ces agents aurait pour effet de faire reparaître la rigidité des membres et le malade se trouverait menacé de voir reparaître l'impuissance motrice. . comme dans notre cas. amener la paraplégie par compression sans qu'il y ait gibbosité .e pourrais vous présenter plusieurs sujets chez lesquels la pachyméningite cervicale a eu cette issue favorable. qu'il s'agisse du mal de Pott ou de la pachyméningite spinale hypertrophique. le pronostic de la pachyméningite cervicale hypertrophique est certainement plus favorable. Mon collègue le Dr Hirtz a publié"plusieurs cas du même genre.pied. Je trouverai l'occasion d'y revenir par la suite. cette succession en quelque sorte logique des deux périodes. ainsi si la marche est trop prolongée. — Mais il y a là une question sur laquelle je ne voudrais pas trop m'étendre aujourd'hui. quand elle a été poussée un peu loin. tels sont les moyens que dans ces cas j'ai mis le plus souvent en oeuvre. produit une paraplégie spasmodique. peut-être dans la majorité des cas..que nous n'aurions pas. L'emploi à l'intérieur de la slrychinemême aboutirait aux mêmes résultats. ne se fait jamais qu'incomplètement et. nous aurions à constater. du moins partiellement. pas dêgibbosité.contre cette hypothèse. La paraplégie spasmodique. permettant l'usage régulier des membres inférieurs. et l'on observe même. permettre par exemple la marche assez prolongée. Ce n'est pas que la pachyméningite caséeuse du mal de Pott ne soit pas guérissable. Je dis partiellement. J. Je crois devoir. dans le mal de Pott. les cas de ce genre ne sont pas très rares. la mieux en rapport avec les faits et aussi la plus favorable au point de vue du pronostic. un peu intenses sont à éviter en pareille circonstance ainsi que la percussion exercée par les douches. au contraire peut guérir absolument.entre autre.

: Vous avez devant vous un homme d'une cinquantaine d'années qui M. CHARCOT exercela profession de fleuriste et qui emploie à ce titre des couleurs dont quelquesunes sont toxiques. chez l'homme. 11est diabétique. une sorte d'engourdissement douloureux qui va jusqu'à lui donner la sensation d'une crampe. dis-je. cependant. Hystérie et neurasthénie oculaires. c'est parce qu'il présente des phénomènes -d'un ordre particulier. il lui prend dans les membres inférieurs. QUATRIÈME LEÇON OBJET 1° 2° 3° 4° 5° : et diabète. troubles Migraine opthalmique. L'accès passé. il est obligé de s'arrêter. Pourquoi en est-il ainsi?— La vérité est qu'on n'en sait rien. qui ne sont pas encore parfaitement' connus et qui. mais le voilà qui se lève. se met en marche. il n'est pas rare de voir la quantité de sucre diminuer. n'éprouve rien ou presque rien dans les membres inférieurs. sont dignes de l'être. d'autant plus qu'ils ne sont pas très rares dans le diabète. Mais les diabétiques qui ont le plus de sucre dans les urines ne sont pas nécessairement ceux qui présentent les phénomènes nerveux les plus accentués. D'où provient ce phénomène? Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit pour le moment. bien qu'on ne sache pas toujours les reconnaître. notre -homme se remet en marche . Mais ce n'est pas pour cette raison que je l'ai fait venir . La quantité de sucre contenue dans ses urines est assez grande'. étant assis. Voici un malade qui. Cependant je croisque cela n'a aucun rapport avecl'affecfiondont il est atteint. il a une course à faire: au bout de dix minutes ou un quart d'heure. Lorsque le phénomène atteint son maximum d'intensité. intermittente Claudication Tic convu-lsif et coprolalie.Fo-lielimique du Mardi 13 Décembre 1887. Il y a là un inconnu qui pourra fournir un jour un sujet d'études. Lorsque les phénomènes nerveux se manifestent d'une façon redoutable. . relevant plus ou moins directement delà neuropalhologie. diabétique. Tabès. il s'assied sur le premier banc qu'il rencontre et attend que--l'accès se passe. le gauche surtout. Il est. au bout de dix minutes pu un quart d'heure. et ensuite dans les cuisses.

il s'arrête. mais que. étaient devenues volumineuses. à un moment donné. car il avait 86 ans quand il est mort. C'est la claudication intermittente. la quantité de sang qui leur arrivait était insuffisante. lorsque les membres étaient fatigués par la marche. de telle sorte que le cours du sang se faisait convenablement lorsque le malade était au repos.— 45 — l'accès se reproduit. Eh bien t il peut arriver que des hommes soient atteints de cette espèce de claudication. c'est là le mécanisme de la claudication intermittente. de nouveau. il se relève . les jambes raidies. mais au bout d'un quart cPheure de marche au trot. c'était en 1888 ou 1886. de vingt minutes. une sensation d'engourdissement dans les jambes et quelquefois une sensation de froid. . Cet homme est mort. ce qui montre qu'on n'apprend bien que ce qu'on apprend à voir. Vous voyez qu'il y avait longtemps. il part : au bout d'un quart d'heure. lorsque l'accès débute. balle que notre homme avait reçue au siège d'Alger. qui à l'état normal sont très petites. On ne fouette pas les hommes. La circulation s'était rétablie par les voies collatérales. il éprouve. Enfin. un des malades du service me raconte ne pouqu'il vait marcher plus d'un quart d'heure sans être pris de crampes dans les membres inférieurs. et moins elle bouge. Le cheval est sujet à une maladie qui a été décrite pour la première fois en France par Bouley père et après lui par Goubaux. Un jour. En somme. il se reposait. L'effet peut se produire tantôt sur les deux membres. elle avait frappé sur l'artère iliaque en déterminant un anévrisme traumatique qui avait oblitéré l'artère dans sa partie inférieure. Je l'ai trouvée dans l'intérieur du ventre. le malade est obligé de s'arrêter.. plus la pauvre bête fait d'efforts. Il ne peut plus marcher. Il y a déjà longtemps de cela. mais on fouette les chevaux. et quelquefois un peu brutalement. Voici en quoi consiste cette maladie : Un cheval est attelé. et. j'ai pu faire l'autopsie et me rendre compte de cette symplomatologie bizarre dont je n'avais jamais entendu parler. On laisse l'animal tranquille. puis recommençait à marcher et la crise se reproduisait. il doit fournir une course quelconque . et les arlérioles. auquel il avait pris part. il y avait à ce moment-là une ischémie relative. elle tombe à terre les membres rigides. et ainsi de suite. Une peut se mettre en marche sans être saisi tous les quarts d'heure de cette sorte d'accès douloureux avec contracture des membres inférieurs qui l'oblige à s'asseoir. Il Pavait reçue dans le dos et il avait été impossible d'en reconnaître le trajet. plus on la fouette. tantôt sur un seul. Le fait est qu'à l'autopsie j'ai trouvé—chose très curieuse—une balle enehatonnée dans le voisinage de l'artère iliaque. mais il n'en est rien. l'accès recommence. car certainement les cas de ce genre ne sont pas très rares. j'étais alors interne dans le service de Rayer. lès crampes et l'impossibilité de continuer la marche. en donnant tous les signes d'une grande souffrance. j'en connais aujourd'hui un certain nombre. C'est là ce qu'on appelle la claudication intermittente par oblitération artérielle. et cette absence de sang produisait l'engourdissement. parce qu'on s'imagine avoir affaire à un caprice de l'animal.

jusque-là. mon malade a suivi mes prescriptions. c'est de dire au malade : « Désormais. je n'y ai rien vu de particulier. Je vois ce malade. il aurait fallu. En l'examinant. aussi est-il arrivé qu'au bout de ces trois ou quatre mois. Lorsque je pus examiner ses membres. une vivedouleur dans le pied droit. la perte subite de la vision d'un oeil. Un des cas les plus intéressants qu'il m'ait été donné de voir. quelques années auparavant. après cruelques minutes de repos. On peut bien faire des frictions avec de la teinture de noix vomique. y a-t-il un syndrome plus frappant que celui-là ? Je laisse le cheval et la claudication intermittente de côté . il me paraît écrit en français. les uns disaient blanc. présenté aucune anomalie. Deux ou trois ans après cet accident oculaire. Eh bien I pendant trois ou quatre mois. presque en bon français. car la neuropathologiediabé. Je ne saurais-trop le dire. si ce n'est une petite coloration bleuâtre qui commençait à se montrer sur l'un des gros orteils. comme à ce pauvre homme. dans l'espoir de donner plus d'activité aux vaisseaux. il ressent. une véritable crampe. c'est un sujet qui vous intéresse encore beaucoup. chose singulière. ne marchez pas-plus de trois ou quatre minutes de suite. Je dis presque. Eh bien! s'il avait été malmené comme cet autre malade que j'ai vu dans cet hospice et dont j'ai signalé le cas dans le Progrès Médical dans une leçon où j'ai fait mention de tout ce cpie je connaissais en ce genre. Je n'ai pas-. je déclare qu'il est atteint d'une claudication intermittente par . Il s'arrête. il reprend sa marche. il s'efforçait de marcher de plus en plus. mais ce qu'on peut faire de mieux. puisque vous-savez que la claudication est là qui vous attend . Depuis cette époque. i^ais l'accès recommence et ainsi de suite. on trouva chez lui une oblitération de l'artère centrale de la rétine. toutes sortes de moyens dont il faut éviter de se servir sur un membre menacé d'ischémie. présenté à la Société de Biologie.tique est très vaste et essentiellementclinique. en se promenant. les autres noir . ni au point de vue du mouvement. ni au point de vue de la sensibilité. je lui donne le conseil que je donne toujours en pareil cas et qui est le meilleur dé tous: c'est d'éviter de fatiguer les membres malades._lui dont les membres inférieurs n'avaient. afin de se dégourdir les jambes. c'est celui-ci : Un homme d'une cinquantaine d'années avait eu. car mon mémoirede 1886. on avait employé. Et cependant. un seul médecin qui ait tenu compte de mes observations. je l'ai plusieurs fois rencontrée. c'est l'antichambre du sphaeèle. Il y avait déjà longtemps que cela durait. Au lieu de prendre du repos. dis-je. ne faites plus d'efforts comme vous avez cru devoir cmfaire pour vous guérir. je n'ai pas rencontré.oblitération artérielle. la claudication disparut presque complètement. dis-je. Il croyait ainsi bien faire. de la strychnine.n'est pourtant pas écrit en chinois.— 46 — Voilà donc la claudication intermittente chez l'homme. L'histoire de cette neuropathologie a été esquissée de 1848 à 1880 par Marchai .encore rencontré. la claudication intermittente par oblitération artérielle. il ne sortait plus qu'eu voiture. lui couper la jambe. car il s'était produit une petite escliarre au bout de quelque temps. pour essayer de le guérir.. . Il avait vu beaucoup de médecins et des médecins distingués. ne provoquez plus la claudication intermittente. il ressent. arrivons au diabète. il faisait très mal. car le sphacôle est au bout.

Par conséquent.— 47 — (de Càlvi). peut-être y trouverez vous du sucre — mais n'oubliez pas que le plus communément. chez quelques-uns d'entre eux. parce que toutes les cinq ou dix minutes il éprouve. très intéressante. la claudication intermittente relève de la sclérose artérielle. Communie. éviter l'évolution. ils m'ont raconté l'histoire que me raconte celui-ci. celle delà claudication intermittente qui. connues à cette époque. N'oubliez pas d'examiner lés urines . car je la connais depuis assez longtemps. lorsqu'ils veulent marcher. Eh bien. sont mortels. Elle était inconnue auparavant. mais je vous engage. de ces matières. il m'a semblé que je voyais commencer le second acte d'un drame dont on aurait pu. qui mentionne à peu près toutes les combinaisons. en dehors des accès. leur marche est interrompue toutes les cinq ou dix minutes par celte claudication. En 1882.l'intervention du diabète. La claudicazione intermittente conne mezzodiaanosticonei casi di diabète ' decipiens. ces sensations dont je vous ai donné la description. "Vizioli. la question du sphaeèle tient une grande place. medico^cliirurgica. . chez eux. après bien d'autres. Bernard et Féré qui étaient alors mes internes. Puis. . On discute beaucoup sur la gangrène chez les diabétiques . Mais ce n'est pas de ces gangrènes que je Yeux parler. vous voyez apparaître la coloration violacée permanente de la jambe et du pied. j'ai déjà vu quelques diabétiques atteints de ce genre de claudication . MM. vous courrez le risque. des révulsifs qui ne peuvent crue présenter des avantages appliqués à d'autres malades. ces crampes. le furoncle diabétique. de faire naître un de ces phlegmons. Je ne veux parler que de la gangrène des extrémités qui. ont écrit une petite monographie très-bien faite. si surtout. dans ce travail. voir: Raff. c'est-à-dire que. alla R. ces refroidissements. la claudication intermittente chez les diabétiques ait été oubliée. Vous savez qu'il faut être très réservé chez les diabétiques. en définitive. Je ne puis entrer dans les détails de ces combinaisons. mais elle s'est singulièrement compliquée depuis. 23fév. trop souvent. qu'il ne faut pas irriter leur peau. je dirai qu'il y en a au moins une forme qui a son point de départ dans les vaisseaux artériels. Quand vous vous trouverez en présence d'un individu qui se plaindra de ne pas pouvoir marcher. 1891. (1) Sur la Claudicationintermittentedans le Diabète. il se produit une coloration violacée des membres. je le répèle. Je suis étonné de voir que. je vous engage à étudier à tout prix cette variété dés accidents nerveux chez les diabétiques (1). j'ai appelé l'attention. Vous savez que dans le diabète.189i. ces engourdissements. des pointes de feu. en intervenant à temps. sans de très bonnes raisons et que si on a la fantaisie de leur mettre des vésicatoires. de ces anthrax épouvantables qui. Accadcmia . Il y a d'abord le phlegmon diabétique. Le sphaeèle est la terminaison fréquente de la claudication intermittente et toute les fois que j'en ai vu apparaître ces symptômes. on se demande si elle se développe dans les capillaires. n'est pas autre chose souvent que la gangrène sénile. l'anthrax.Napoli. dans les membres inférieurs. Ils l'ont fondé en grande partie sur les notes que je leur ai communiquées. . n'est pas très rare.f. si vous voulez vous mettre au courant. sur lequel. n'est pas nécessaire. à prendre connaissance de ce petit travail qui est fondé sur mes observations et que j'avais prié ces messieurs de composer.

— 48 — Nous avons donné à ce malade, le même conseil qu'à celui dont je vous ai entretenu tout à l'heure. (S'adressant au malade) : Racontez-nous un peu ce qui vous est arrivé?. Le malade: J'étais sorti de chez moi pour me rendre à la rivière où je devais monter en bateau. En roule, j'ai ressenti les premières atteintes du mal; cela m'a pris dans la cuisse, cela ressemblait à un nerl forcé. M. CHARCOT : Cela veut dire que c'était raide et dur? Le malade : Je me suis reposé ; le repos me guérit complètement, je me remis à marcher et cela me reprit. Hier, lorsque j'ai demandé à vous voir, j'étais comme il y a vingt ans, jene sentais rien du tout et je me disais : si ces Messieursme voyaient en ce moment, ils seraient convaincus que je ne suis pas malade. M.CHARGOT: Pas plus que le cheval atteint de claudication intermittente, dans l'entracte ! Le malade: Maisje ne fus pas plutôt arrivé à la salle d'électrisation que je ressentis comme un petit coup de fouet dans la jambe gauche. M. CHARGOT : Je vous ferai remarquer en passant qu'il est assez fréquent de rencontrer chez les diabétiques des fourmillements, des engourdissements dans les membres inférieurs et parfois aussi des douleurs qui ressemblent singulièrement aux douleurs fulgurantes des tabétiques. Vous savez que chez les diabétiques, ainsi que l'a démontré M. Bouchard, il y a souvent absence des réflexes rotuliens. Or, quelquefois, l'absence de réflexes rotuliens avec accompagnement de douleurs fulgurantes peut donner l'idée de l'ataxie. Aussi, de ce que vous trouvez chez un malade l'absence de réflexes et les douleurs fulgurantes, n'allez pas dire immédiatement cpie le malade est tabétique, ce serait une imprudence, car les mêmes symptômes peuvent se rencontrer chez les diabétiques. Il faut donc éclairer la situation et examiner, d'après d'autres indices, si le sujet est tabétique-. J'ajouterai cpi'il est bon de rechercher aussi s'il n'est pas alcoolique, car les mêmes symptômes peuvent se produire chez certains alcooliques. La paralysie alcoolique peut se traduire dans les membres inférieurs par des douleurs qui ne diffèrent guère des douleurs fulgurantes et par une absence des réflexes rotuliens. Ne décrétez donc pas le tabès oule diabète sans avoir au moins éliminé l'influence de l'alcoolisme. Et j'ajouterai qu'il faut encore pousser plus loin ce diagnostic dif• férentiel. Il y aune affection qui n'est pas de nos pays, c'est le béribéri, maladie de l'Amérique du Sud, qui se rencontre aussi au Japon, et je crois pouvoir le dire, à Panama où beaucoup d'Européens sont actuellement rassemblés pour le percement de l'isthme. J'en ai vu, en effet, qui en revenaient atteints de béribéri. Je parle du béribéri sec. Or celui-ci consiste précisément, comme l'alcoolisme, dans une paralysie des membres inférieurs avec absence de réflexes et s'accompagne de.douleurs dans les membres. Il faut donc que nous connaissions tout cela pour faire notre diagnostic. Dans un cas tout récent, la connaissance des phénomènes que présente le béribéri m'a servi.

— 49 — Un malade est venu me trouver, qui arrivait de Porto-Rico. On Pavait considéré dans son propre pays comme tabétique. Je l'examinai. Je trouvai qu'il avait une absence,des réflexes, des douleurs fulgurantes très nettes, mais quelque chose de particulier: ses pieds étaient tombants. Or, les pieds tombants, cela se voit dans la paralysie alcoolique, mais cela se voit aussi dans la paralysie du béribéri. Les extenseurs sont pris particulièrement, je conçus quelques doutes : la démarche du sujet n'était pas la démarche de l'ataxique, mais celle du siepper. Gela m'avait donné un peu de réserve dans mon appréciation, et je lui demandai comment ce mal avait évolué. L'évolution avait été très rapide, subite pour ainsi dire. J'examinai l'état de ses muscles ; or, dans le tabès, -il n'y a pas de modification de la contractilité électrique, et il y en a dans le béribéri, et justement chez mon malade, il y avait dans ses muscles extenseurs réaction de dégénération très prononcée : vous n'êtes pas un ataxique, lui dis-je, vous êtes un «béribérique ». C'était vrai, et la différence est grande. Si les deux maladies étaient incurables, je dirais : une petite erreur de diagnostic de plus ou de moins, ce n'est pas une grosse affaire, Mais c'est que ce n'est pas cela du tout. On peut guérir très rapidement du béribéri, tandis qu'on ne guérit jamais de l'ataxie ou que, du moins, on en guérit bien rarement d'une façon complète. Les exemples de guérison sont rarissimes. Je tiens beaucoup à ce que vous ayez dans l'esprit ce phénomène de la claudication intermittente et à ce que vous sachiez que vous pouvez le rencontrer dans le diabète. (Quelqu'un adresse quelques mots à voix basse à M. Charcot.) On me dit à l'oreille que ce malade était déjà venu dans le service et que quelques personnes, Payant examiné, avaient considéré l'affection dont il était atteint comme un pseudo-tabès-diabétique. Qu'est-ce que cela veut dire? Qu'on avait constaté ces symptômes dont je parlais tout à l'heure, absence de réflexes, douleurs fulgurantes dans les membres. C'est pour cela'qu'on avait diagnostiqué un pseudotabès, c'est-à-dire, sous les apparences du.tabès, un. diabète. C'est plus près delà vérité, mais ce n'est pas encore la vérité tout entière. C'est de claudication intermittente que le sujet est atteint. Le malade : Je dois dire cpi'il y a 18 mois, ce n'étaient pas les mêmes douleurs que je ressentais, ce que j'éprouvais, c'était ceci : lorsque je descendais un escalier,'j'avais peur de tomber, il me semblait que mes genoux faiblissaient, cpie mes jambes se dérobaient sous moi. M. CHARGOT : Eh bien ! voila un phénomène très curieux dont je vous ai souvent parlé. Je vous ai dit qu'il y avait clans le tabès proprement dit un symptôme qui n'avait pas été signalé par les auteurs français, bien qu'en définitive ils le connussent; mais qui l'a été par M. Blizzard (de Londres) c'est le dérobement des jambes. Le malade nous apprend qu'il a eu ce symptôme du dérobement sans douleur: cela peut donc exister avec le diabète, ce dont je n'avais jamais entendu parler. (En anglais « giving wayofthe legs ») M. CHARGOT (aumalade) : Fermez les yeux, rapprochez les pieds. Voyez-vous, en clinique, il faut s'attendre atout. C'est un métier- difficile que celui du clinicien. Figurez-vous une chute de la paupière qui vous paraît être un accident assez fréquent dans la catégorie des névroses diabétiques, ajoutez-y une absence de réflexes rotuliens, quelques douleurs fulgurantes, encore autre chose CHARCOT. Leçons du Mardi, t. i, 2» édition. .7

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que je ne connaissais pas, mais qui existe cependant, ce dérobement des jambes et je demande si cela ne ressemble pas à un tabès. Vous allez voir combien ces questions sont complexes. Le tabès est, suivant moi, un membre de la famille neuropathologique et je vous ai parlé souvent des alliances qui se font entre lesmembres delà lamille neuropathologique elles membres de la famille arthritique à laquelle appartient certainement le diabète. Il ne faut donc pas s'étonner de voir clans une même famille des ataxiques et des diabétiques et dans la même personne, un véritable tabès en combinaison avec le diabète, de telle sorle que, lorsque vous vous trouverez en présence d'un malade qui aura des antécédents nerveux, il faudra toujours vous demander, est-ce une combinaison du diabète avee le tabès ou bien est-ce un chezun diabétique ? Je tenais à vous signaler ces difficultés, puisque pseudo-tabès l'occasion s'en présente.

2n MALADE (Un enfant). M.CHARCOT : C'est un petit bonhomme de 12 ou 13 ans cpii restera avec nous pendant quelque temps et dont j'aurai probablement occasion de vous parler ultérieurement. Je l'ai vu hier soir,"et j'ai engagé ses parents à nous le laisser, parce qu'il est atteint d'une affection qu'il esttrès difficile de traiter dans les conditions où il se trouve dans sa famille. Cela n'a Pair de rien, au premier abord, mais au fond, c'est,une affection nerveuse d'une assez grande ténacité. 11a un tic ; devant vous, il se retient, mais, de. temps en temps, il cligne des yeux, il a des contractions des membres inférieurs qui se traduisent par certains mouvements involontaires ; de temps à autre, il frappe la terre du pied. S'il n'avait que cela, ce ne serait rien, mais, parfois, il pousse un espèce de grognement : han ! han ! han ! et il présente le phénomènede la coprolalie. Qu'est-ce que c!est que la coprolalie ? Si vous êtes un peu chatouilleux au point de vue de la valeur de certains mots, bouchez-vousles oreilles. La coprolalie, c'est la manie de prononcer le mot que Victor Hugo met dans la . bouche de Cambronne à Waterloo et qui, d'après lui, doit êlresubsfitué à la phrase héroïque que la légende a consacrée ; en d'autres termes le mol : Vous médirez : Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce que cet enfant est mal élevé ? Pas du tout, il est élevé commedoivenl l'être les enfants. Ce mot, il l'a entendu prononcer ; mais enfin, vous entendez prononcer dans les rues bien des mots qui ne sont pas de votre vocabulaire ! Eh bien ! il le profère continuellement,-malgré lui, par impulsion. Nous avons vu bien souvent cette affection chez les enfants. MM.Gilles de la Tourelle et Guinon ont traité la question : c'est la maladie des tics. Lorsque en général toute une série quelqu'un est atteint de cette maladie, il se développe de phénomènes, les uns psychiques, les autres physiques, que nous voyons se combiner les uns avecles autres.

— 51 Avec la coprolalie et les tics, se développent généralement chez ceux qui en sont atteints, un certain nombre d'idées fixes, de bizarreries, comme par exemple de ne pouvoir ouvrir une porte sans tourner trois ou quatre fois le bouton, en disant peut-être à haute voix un, deux, trois, quatre.' Mais il présente souvent bien d'autres bizarreries encore ; il a la crainte des portes fermées ; il veut toujours les ouvrir pour voir ce qu'il y a derrière; quand il se couche, il regarde sous le lit. Vous me direz: c'est de la peur — oui— mais c'est une peur spéciale, maladive ; il passe quelquefois vingt ou vingt-cinq minutes à faire celte inspection. Mettre une lettre à la poste, c'est toute une affaire: faut-il la mettre à cette boîteci ou à cette autre? À-l'on bien mis dans la lettre ce que l'on voulait y mettre et pas autre chose? Naturellement, la lettre arrive en retard. Il y a ainsi une foule de cas qui échappent à l'observation, lorsqu'on n'est pas préparé aies rechercher. Lorsque M. de la Tourelle a publié son travail, il en a découvert tout un stock auquel personne n'avait songé. La coprolalie se rencontre chez les garçons et chez les fillesetM. Pitres (de Bordeaux) m'a raconté, quand je m'occupais de cette question, une histoire dont l'héroïne était une personne distinguée appartenant à la bonne société et qui proférait, à chaque instant, le mot que vous savez. Du reste, il y avait, dans la haute société parisienne, une personne faisant partie-du monde le plus aristocratique et qui était connue pour proférer, même dans les lieux publics, des motsorduriers. Je n'avais pas l'honneur delà connaître : je la rencontrai un jour montant l'escalier du salon et je fus surpris de l'entendre dire tout d'un coup S. N. d. D. Notre petit bonhomme d'aujourd'hui se relient tant qu'il peut de prononcer son mot favori, il est probable que le mot est là, la bouche est chargée et il suffirait d'une étincelle pour le faire partir, mais enfin il ne partira pas. Nous avons vu cette affection chez un petit garçon fort bien élevé qui venait ici à la consultation. Vous allez voir qu'il n'est pas toujours agréable d'être atteint de coprolalie. Un jour, il rencontre sur l'esplanade qui s'étend devant l'entrée de la Saipêtrière des enfants qui jouaient à la fossette. Il les regarde et tout en les regardant il répète constamment Les autres l'entendent, se retournent et lui administrent une volée de coups de poing ; ils ne se doutaient pas qu'il fût malade. Et voilà comment, quand on est atteint de cette maladie bizarre, il ne faut pas regarder jouer à la fossette. M. CHARGOT : Vous pouvez emmener l'enfant. Ce que j'ai à ajouter, c'est cpie toutes les fois que vous voyez quelqu'un atteint de la maladie dés tics, mais surtout lorsqu'elle est accompagnée de phénomènes comme ceux de la c'est en coprolalie, vous êtes sûrs de rencontrer l'hérédité ; quelque sorte un produit direct de la vésanie. Je puis vous le dire maintenant que l'enfant est parti. Sa grand'mère maternelle est morte aliénée. Il a peut-être autre chose que cela à apprendre, mais nous n'ay vonspas encore étudié le cas dans tous ses détails. Nous rechercherons par exemple si cet enfant n'est pas un jiimper. Il arrive cpie les individus atteints de coprolalie répètent comme un écho les mots prononcés devant eux ; que parfois même, en entendant certains mots, ils miment l'action que ces mots indiquent, qu'ainsi, lorsqu'ils entendent parler de sauter, ils se mettent à sauter. C'est l'histoire de ces

m —. 1' Jumpers racontée par un médecin américain, le D Beard qui, il est vrai, considérait ce phénomène comme propre à certains pays, et constituant une espèce à part. Cela n'est pas exact, nous Pavons rencontré plusieurs fois, en France, clans les conditions où s'observent Pécholalie et la coprolalie, c'est-à-dire dans la maladie des tics.

3e MALADE (Homme). Cet homme est un employé de chemin de fer, âgé de 38 ans, qui, vous le voyez, est vigoureux ; la fonction qu'il remplit clans l'industrie desvoies ferrées est presque sédentaire, c'est un garde-frein. Garder les freins, vous vous figurez tous à peu près ce que c'est, il veille souvent les nuits, il faut qu'il soit toujours attentif pour éviter les collisions. Si on se trompe, devant une pareille responsabilité, c'est grave, aussi ne faut-il pas se tromper. Et lorsqu'on se sent une certaine prédisposition nerveuse, le mieux serait de ne pas être garde-frein, il ne faudrait pas avoir des antécédents comme les siens. Nous avons, dans la pathologie nerveuse, à considérer : d'abord des formes spéciales qu'on pourrait appelé/espèces. 11y avait un maître qui s'appelait Piorry et qui prétendait cpie ce mot d'espèce était détestable, parce que c'était l'aire de l'ontologie que de l'employer en pareil cas; il n'y avait, d'après lui, que des états organo-pathologiques. Lorsque je vois/un processus morbide se produire dans le corps humain, sous l'action d'un virus vaiïolique, la maladie se comporte toujours de la même façon et il y a là, en définitive, une originalité particulière, une unité qui font que la maladie peut être appelée espèce sans que l'on commette pour cela un parologisme. Eh bien ! toutes les maladies sont un peu clans ces conditions-là et c'est heureux, parce que, s'il n'y avait pas d'espèces morbides, nous ne ferions pas souvent de diagnostics. C'est grâce à cela que nous pouvons ne pas trop patauger en clinique. Il y a des espèces simples et des espèces composées ou plutôt des combinaisons d'espèces. Gela a l'air très simple, au premier abord ; mais, en définitive, on n'y pense pas toujours et il arrive qu'on se figure voir une maladie nouvelle, alors qu'il s'agit tout simplement d'une combinaison de deux affections le plus souvent distinctes. • Voilà un malade cpii est à la fois neurasthénique et;hystérique et je tiens beaucoup à vous mettre en présence de ce cas, car vous entendez certains auteurs dire que les neurasthéniques ont un rétrécissement du champ visuel et de l'anesthésie. Eh bien! je n'en crois rien, et quand des malades, offrant les symptômes de la neurasthénie, présentent ce rétrécissement du champ visuel, c'est qu'ils sont tout à la fois'hystériques et neurasthéniques : mais les deux maladies sont, en général, dans une complète indépendance l'une de l'autre, bien qu'elles puissent se combiner ou pour mieux dire s'associer.

— 53 — De la neurasthénie chez le malade présent résulte la perte des fonctions sexuelles, inaugurée par un priapisme sans idées voluptueuses, qui dure plusieurs mois. Le second phénomène neurasthénique est un phénomène d'un ordre particulier, qui consiste en un casque enveloppant toute la tête du malade avec une sensation de pesanteur. Puis, lorsque la maladie est dans toute son intensité, il semble que là tète est absolument vicie, que-la mémoire disparaisse, cpie tout travail intellectuel devienne impossible. Un autre phénomène de la neurasthénie, c'est cette fameuse dyspepsie dont les neurasthéniques ont si souvent à souffrir, et qui a fait croire aux cliniciens que tous les désordres neurasthéniques avaient pour point de départ les affections gastriques, tandis que c'est le contraire qui est vrai; c'est la neurasthénie qui commence, c'est l'affection de l'estomac qui complète le tableau. Un autre phénomène neurasthénique qui se manifeste en lui, est que, quand il marche, il est toujours entraîné à gauche (vertige de translation). Enfin, il entre dans son affection un élément psychique qui se rallie souvent aux phénomènes neurasihéniques ; il a peur de tout, peur surtout de rester seul. Maintenant, je dis qu'il est hystérique. D'abord, il a un affaiblissement de la force dynamométrique extrêmement prononcé; lequel du reste peut relever en partie de la neurasthénie; sa main gauche donne 80 seulement au dynamomètre et la main droite 60. Pour un homme de cette taille, c'est vraiment très peu et d'ailleurs, du côté gauche, il a unehémianalgésieloul à fait comparable à celle des hystériques. Le testicule du côté gauche est plus sensible que celui du côté droit. C'est un « lesliculaire » par opposition à l'ovarienne hystérique. Et ici, il faut bien cpie je réponde à un médecin de New-York qui m'accuse d'être la cause de toutes sortes de désordres épouvantables, pour avoir dit que les hystériques étaient atteintes d'ovarie. Il y aurait, d'après lui, quantité de chirurgiens qui se seraient mis à enlever les ovaires pour guérir l'hystérie. Ce serait l'abomination de la désolation. Je n'ai jamais dit sottise pareille; ce confrère se méprend sur mon état mental. Si j'ai dit qu'il y avait certaines hystériques qui étaient, ovariennes, c'est que j'en suis sûr. Je n'ai jamais dit que.l'hystérie ait pour cause l'ovarie. J'ai dit que quand les hystériques étaient ovariennes, on arrêtait les accès en exerçant une pression sur l'ovaire, mais je ne suis pas assez naïf pour avoir prétendu que l'hystérie avait son siège dans les ovaires. On peut avoir dans le dos-une plaque liystérogène sans que le dos soit la cause de l'hystérie, et jamais de la vie je n'ai conseillé qu'on enlevât les ovaires. Je ne suis pas aussi simpliste, je crois la chose beaucoup plus complexe. Ass urément, au lieu de prétendre que j'aurais mieux fait de me taire, le confrère de New-York aurait mieux fait de me lire. Il n'aurait certes pas trouvé cela dans mon enseignement; au contraire, il aurait vu cpie je proleste contre celte tendance par 1 trop radicale de certains chirurgiens à enlever les ovaires en cas d'hystérie générale. Cela n'a ni queue ni tète. Alors il faudrait enlever un morceau de la peau du dos pour supprimer les plaques hystérogvnes, iHaudrait couper les testicules" des tesliculaires. Je vois arriver main tenant, retour d'Allemagne ou retour de Suisse, des dames qui n'ont plus d ovaires. Elles ont (les cicatrices sur le ventre, elles sont tout aussi; malades qu'auparavant; un point hystérique de moins, ce n'est pas la guérison de l'hystérie.

— 54 — Notre malade a un rétrécissement du champ visuel, ce n'est pas là le fait d'un neurasthénique, c'est celui d'un hystérique. Nos contradicteurs habituels viennent nous dire qu'on trouve des épilepliques qui ont du rétrécissement du champ visuel et que. par conséquent, ce rétrécissement n'est pas un caractère univoque de l'hystérie. La vérité est que, dans l'épilepsie, il y a souvent, après l'attaque, un rétrécissement du champ visuel « temiioraire » ; mais je n'y connais pas le rétrécissement « permanent ». Assurément, nous avons vu des épilepliques avoir des anesthésies, mais ce n'est pas parce qu'ils sont épilepliques, c'est parce cpiece sont des hystéro-épilepliques, parce que, en définitive, ce sont des hystériques. Tout cela serait facile à éclaircir si on voulait s'entendre, mais il faut bien faire de la contradiction. _ Je continue : Cet homme, qui a un rétrécissement du champ visuel, est un hystérique. 11présente même l'aura classique avec de petites attaques hystériques "rappelant le « petit mal ». Ces attaques n'ont rien d'épileptique ; elles iie relèvent pas de la neurasthénie. Ce cas est intéressant. Vous voyez un homme qui a une profession manuelle dans laquelle il entre bien un peu de travail intellectuel, mais cpii ne demande que de l'attention. 11se surmène en ce sens qu'il fait souvent de la nuit le jour. Les neurasthéniques ne sont pas rares parmi les employés de chemins de fer. Notre voisine, la Compagnie du chemin de fer d'Orléans, nous fournil de nombreux clients parmi lesquels beaucoup sont neurasthéniques. Celui-ci est un hyssi térique et un neurasthénique à la fois. Il a l'allure d'un homme vigoureux q\xV, l'on se fiait à l'ancienne manière de voir, devrait être assez loin de l'hystérie, mais en ce qui le concerne, cette opinion n'a pas de valeur. Si je l'ai fait venir, c'est précisément pour vous montrer cette complication. (S'adressant au malade) : Comment sont faites les petites attaques que vous ressentez? Est-ce que vous avez des bruissements dans les oreilles, des battements dans les tempes? Vous avez le cou serré? Le malade : Oui. : Quel traitement suivez-vous? M. CHARCOT Le malade : Le traitement par Pélectrisation. : Vous êtes en congé pour suivre ce traitement? M. CHARCOT Le malade : Pour un mois. M. CHARCOT Depuis combien dé temps le mois est-il commencé? Le malade : Depuis huit jours. M. CHARGOT : Allez-vousmieux? Le malade : Je commence à sortir, cela me fait du bien. M. CHARCOT: VOUS travaillez la nuit? Le malade: La moitié des nuits. Retirezrvous. M. CHARGOT:

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4° MALADE (Homme). VOUS savez que le tabès ne débute pas toujours delà même façon M. CHARCOT. et comme les phénomènes tabétiques sont d'une grande importance, il est bon de savoir les différentes manières dont il peut commencer. Je crois qu'on peut dire, d'une façon générale, qu'une de ses premières manifestations consiste en un des vingt-quatre ou vingt-cinq symptômes, quels qu'ils soient, qui constituent les phénomènes de la série tabétique; en d'autres termes, il n'y a pas un des symptômes de la série qui ne puisse se montrer le premier isolément. Prenons quelques exemples: Un individu présente le signe d'Argyll Roberlson, qui consiste en ce cpie la pupille ne peut plus se contracter sous l'influence de la lumière, mais qu'elle peut se contracter pour l'accommodation Ce phénomène ne se rencontre que dans la paralysie générale progressive et quelqueiois, mais très rarement, dans certaines affections mal déterminées. Quand vous rencontrez chez un malade le signe d'Argyll Robertson, vous devez penser soit au tabès, soit à la paralysie générale progressive. D'autres fois, un individu est atteint de paralysie vésicale, de désordres de la vessie très manifestes, il pisse quelquefois au lit, il va chez un chirurgien cpii l'examine et cpii ne constate ni rétrécissement, ni lésion vésicale d'aucune sorte. La situation dure pendant un an, deux ans, puis on fait le diagnostic et l'on reconnaît * est qu'il tabétique. La manière lapins commune d'entrer dans le tabès, c'est d'y entrer par les douleurs fulgurantes. Quand on les ressent, on peut s'attendre à tout. Une autre façon, c'est d'y entrer par les phénomènes céphaliques. Tout-à-coup, une personne se met à voir double. Cela peut durer pendant deux mois,trois mois; d'ordinaire la durée du phénomène est courte, mais il y a cependant des cas où il a persisté pendant dix ans. Voilà un phénomène céphalique, il n'y a pas eu encore de douleurs fulgurantes, lesvoilà qui arrivent. Parmi les phénomènes 'céphaliques, il y en a un qu'on voit fréquemment inaugurer le tabès, c'est Pamhlyopie par atrophie du nerf optique. J'ai, dans le temps, appelé l'attention sur ce symptôme. C'est le cas de celle femme, que vous avez devant vous ; elle a commencé par d'abord l'oeil gauche et ensuite le droit. perdre H est probable que si elle avait le souvenir de ce qui s'est passé, elle pourrait nous dire qu'à une certaine époque, elle est devenue achromatopsique pour certaines couleurs, le rouge et le vert, mais qu'elle a conservé la faculté de voir le bleu et le jaune jusqu'à la dernière extrémité. Il ne faut donc pas croire que toutes les personnes atteintes d'achromatopsie soient hystériques, il existe une aehromutopsie tabétique. Qu'est-ce que cela veut dire, l'amblyopie tabétique^. Cela veut dire que, quand on examine les papilles, on les voit présenter une coloration spéciale ; au lieu de la couleur rose de la papille à l'état naturel, vous avez une papille d'un blanc nacré et, au milieu de l'ovale que forme cette papille qui a conservé la net-

— 56 — teté absolue de ses contours, vous voyez paraître quelques minces vaisseaux. Quand vous rencontrez chez un malade ces papilles d'un blanc nacré, vous pouvez dire, sans crainte d'erreur, que ce sont là des papilles tabétiques. Et c'est pour cela que les oculistes font souvent le diagnostic du tabès avant les médecins. On peut faire, en effet, le diagnostic rien quepar l'examen ophlhalmoscopique.fS'adtessanl à la malade): Quand avez-vous commencé à avoir des douleurs? L,a malade : En 1870, pendant la guerre. M. CHARCOT: La malade n'appartient pas à la catégorie dont je parlais tout à l'heure. Elle a eu des douleurs longtemps avant le développement de Pamaurose. Vous savez très bien que les douleurs fulgurantes peuvent persister pendant de longues années. La malade a des troubles vésicaux. Avez-vous quelquefois des difficultés d'uriner, des besoins de pisser? La malade : Oui. M. CHARCOT: dans les jambes? Que ressentez-VOUS La malade: Des engourdissements, des fourmillements. M. CHARCOT: Voulez-vous vous lever un peu, mettez vos pieds l'un à côté de l'autre, vous voyezqu'elle présente le signe de Romberg. Qu'est-ce que vous éprouvez dans les mains? La malade : Rien du tout. M. CHARCOT: Avez-vous de l'engourdissement dans les deux derniers doigts de chaque main? La malade: Non. M. CHARCOT (au chef de clinique) : Voulez-vous explorer les réflexes rotuliens. Les réflexessont absents. Ce n'est pas un cas tel que je me le figurais. Il m'avait été signalé comme un cas de tabès oculaire. 11est vrai que les phénomènes opthalmiques sontlesplus importants chez elle, les autres étant tout à fait accessoires, si bien que la malade n'en lient pas compte ; mais la malade et le médecin, cela fait deux ; et le médecin doit voir derrière l'affection oculaire l'affection spinale, et savoir cpie le malade peut présenter, à côté de l'atrophie tabétique, toute la série des phénomènes du tabès Cependant, il peut se faire, je ne dirai pas que les phénomènes oculaires s'arrêtent, en réalité ils ne s'arrêtent pas, mais cpie les phénomènes spinaux s'arrêtent et la malade peut vivre jusqu'à Page de 80 ans et plus. Je connais des gens de 78 ans qui sont tabétiques, mais qui ne sont, pas alaxiques, si vous prenez le mot d'alaxie au pied de la lettre : peut être ces gens-là mourront-ils sans jamais l'avoir été. L'affection spinale peut ainsi traîner en longueur et nejamais conduire à l'ataxie. Il n'en est pas" de même pour les yeux. Au bout de deux ans, de trois ans, toutes les tentatives que l'on puisse faire pour empêcher lesecond oeilde se prendre, quand il y en a déjà un de pris, sont absolument inutiles, et c'est une des principales objections que je fais à la doctrine d'après laquelle le traitement aiilisyphililique, lorsque le sujet a été syphilitique, serait, efficace. Lorsqu'un sujet qui aura eu antérieurement la syphilis sera atteint d'une affection tabétique oculaire, beau lui ingurgiter tout Piodure qu'un de ses yeux sera déjà atrophié, vous aurez de potassium de la création, vous n'empêcherez pas l'atrophie de s'étendre à l'autre oeil. Certes, si on pouvait faire ce tour de force, j'en serais heureux; mais mal-

— 57 — heureusement, on ne le peut pas ou, tout au moins, il n'a pas encore été fait. Eh nien ! voilà un cas dans lequel les phénomènes tabétiques sont passés inaperçus, mais les phénomènes oculaires ne peuvent pas passer inaperçus, c'est impossible. (S'adressant à la malade) : Est-ce que vous connaissez bien votre famille ? votre père et votre mère ont-ils eu des maladies nerveuses ? La malade : Non, Monsieur. El votre grand-père et votre grand'mère? M. CHARCOT: Lamalade : Je ne sais pas. VOSoncles, vos tantes? M. CHARGOT: La malade : Je n'ai ni oncles ni tantes. : Avez-vous entendu dire que vous ayez eu des cousins atteints de M. CHARCOT maladies nerveuses, de maladies noires, de maladies de la tête? La malade : Non, Monsieur. : Ainsi, elle ne connaît de la famille que son père et sa mère et ce M. CHARCOT n'est à peu près jamais chez le père et la mère que l'on peut trouver ces accidents nerveux qui président au développement de la maladie tabétique, c'est surtout chez les oncles et les tantes. C'est ce qu'on appelle l'atavisme en retour.

5e MALADE (Femme de 30 ans). M. CHARCOT : Etes-vous mariée? La malade : Oui, Monsieur. M. CHARCOT: Depuis longtemps? La malade : Depuis 9 ans. M. CHARCOT : Avez-vous des enfants ? La malade : Je n'en ai pas. M. CHARCOT : De quoi vous plaignez-vous ? La malade : J'ai très souvent la migraine. M. CHARCOT: Comment est-elle, celte migraine? La malade : Cela me prend par un éblouissement, tout d'un coup. M. CHARCOT: Vous ne voyez plus clair? La malade: Je suis tout à l'ail éblouie. M. CHARCOT : Esl-ce que vous voyez quelque chose de lumineux ? La malade : Je ne distingue pas très bien. J'ai comme un nuage devant les yeux. M. CHARCOT : Vous n'avez jamais remarqué que, lorsque vous regardiez quelqu'un en face, vous voyez la moitié de sa figure bien éclairée et que l'autre restait dans l'obscurité. Lamalade: Il m'est arrivé, quand je regardais quelqu'un, de ne voir qu'un de ses yeux. M. CHARCOT: Cela revient à peu près au même. La vision est troublée d'un côté. 8 CHARGOT. Leçons du Mardi, t. i, 2° édition.

parce qu'en effet il faut des couleurs pour en donner une image exacte. Enfin. mais je ne sais comment m'expliquer. j'ai un éblouissement puis un engourdissement dans la main. quand vous fermez les paupières. M. Je l'ai eu quelquefois. M. une image qui ressemble à un éclair traversant un nuage? L. M. Maisla nature ne se conforme pas aux besoins de l'enseignement . CHARCOT: MonDieu ! il n'est pas étonnant qu'on ne puisse décrire du premier couple scotôme scintillant. quand vos éblouissements vous ont pris. Je comprends donc qu'il soit difficile d'obtenir de celte dame une réponse précise à mes questions. J'ai des éblouissements et cela me donne la migraine. mais il paraît y avoir chez le sujet des traces d'héniiopie avec une migraine dans laquelle la malade éprouve un engourdissement de la main.La malade : J'ai des douleurs névralgiques des deux côtés de la tête. M. CHARCOT : Je ne sais pas pourquoi elle dit éblouissement. je l'ai analysé. Vous ne voyez pas un cercle qui se remue? Jja malade : Cela me fait un peu cet effet-là. cela me monte dans le bras et dans la bouche. Les premières fois cpieje l'ai remarqué. de lumineux?" La malade : Je ne vois rien de lumineux. elle a un obscurcissement du champ visuel et un engourdissement de la main. Monsieur. j'avais ou croyais avoir devant les yeux l'image d'un bouquet de feu d'artifice. M. voyez-vous quelque chose de scintillant. Nous sommes habitués à voir la migraine ophthalmique commencer par le scotôme scintillant. mais je ne vois pas dans ses paroles la description du phénomène lumineux du scotôme. qui a pris le parti de le dessiner et même de le colorier. par une analyse un peu attentive du|phénomène. Vous avez un engourdissement dans la main pendant la migraine? La malade : Oui. Je ne puis donc en vouloir à ceux qui ne voient pas le scotôme sein" Liliantdu premier coup. une espèce de cercle lumineux? Jja malade : Je ne puis pas préciser. CHARCOT: taisons tout notre possible pour vous présenter des cas comNOUS plets où les phénomènes soient bien constatés. M. M. CHARCOT : Vomissez-vous? . la sensation de l'eu d'artifice. on ne dit pas qu'on est ébloui quand on est dans le sombre. Ce n'est que plus tard. La malade dit qu'elle est éblouie. CHARCOT : Enfin. M. CHARCOT : Est-ce que vous ne pouvez plus parler? La malade : J'ai la parole embarrassée. qu'elle ne voit pas bien clair. J'ai une espèce de nuage devant les yeux. Vous n'avez jamais vu. Je l'ai regardé. il peut se faire qu'il s'en rencontre dans la catégorie de la migraine ophthalmique dont je vous ai parlé plusieurs fois et cpie celui-ci en soit un. CHARCOT : Le scotôme scintillant peut manquer. CHARCOT : Je vous demande si vous avez devant les yeux. Est-ce que vous avez aussi un engourdissement delà bouche? Lamalade: Oui. j'ai fait comme cet astronome anglais Airy. cpieje suis parvenu à découvrir qu'il s'agissait là d'une espèce de cerclecomparableà uneforlificalion à la Vauban avec des angles saillants et rentrants. il y a des cas imparfaits . puis j'ai les mains engourdies pendant un certain temps et j'ai mal dans le bras.a malade :Dans mes yeux cela remue.

Quand la migraine présente cette forme. M. CHARGOT Jjamalade : Non.— 89 — Lamalade : Non.Alors vous ne pouvez plus parler? La malade : Je parie difficilement et je suis dans un état d'hébétement pendant un certain temps. CHARGOT : Combien de fois avez vous eu ces migraines? La malade : Dans les premiers temps. c'est-à-dire la fixation de l'un des phénomènes quelconques de la migraine ophtalmique. puis vous êtes un peu malade. : Vous n'avez pas essayé de lire ou d'écrire pendant vos accès? M. je lésai eues deux ou trois fois par semaine. CHARCOT: Il ne s'agit pas seulement de la migraine ophthalmique. mais l'hémiopie. elle se plaignait de vertiges. M. CHARCOT . : Et votre engourdissement de la main. l'engourdissement de la main à l'état permanent. M. je suis d'avis de la traiter énergiquement pour empêcher ces accidents queje vous ai dit se produire. Allez-vousvous coucher ? malade : Non. de douleurs frontales sus-orbilaires et de vomissements. Heureusement. La malade: Je ne sais pas. des personnes ayant eu des affections de ce genre ? La malade : Mamère était 1resnerveuse . (S" adressant à lamalade): Avez-vous connu. La vraie migraine ophthalmique ne se compose cpie du scotôme scintillant. : Engourdissement de la main qui monte dans le bras et gagne les M. Monsieur. mais de la migraine ophthalmique. tout ce qu'elle nous relève sur son état est assez net pour nous montrer qu'il ne s'agit pas de la migraine ordinaire. M. CHARCOT : Et du côté paternel? . . CHARCOT : Vous avez des nausées ? La malade : Oui. M. elle prend un tout autre caractère. six semaines de distancé. M. mais quand elle est accompagnée. d'héniiopie. CHARCOT : Avez-vousd'autres maladies? La malade : De grands malaises. CHARCOT lèvres. nous avons des moyens de venir à bout de ces migraines. comme chez cette personne. CHARCOT : Quand avez-vouseu le dernier accès ? La malade : Il y a un mois environ. M. TJU M. des défaillances. estce que vous éprouvez un mal de tête permanent ? . mais je suis plusieurs jours malade. Tout cela vous tient deux ou trois heures de suite. l'aphasie. CHARCOT Lamalade : A peu près une heure. M. et maintenant. combien dure-t-il? M. CHARCOT : Vous m'avez dit cpi'il vous semblait parfois avoir la tête vide. Combien de temps vos accès durent-ils ? La malade : Une heure environ. j'ai très mal au coeur. mais je n'ai pas de vomissements. non pas le scotôme scintillant. M. CHARGOT : Est-ce qu'il y a longtemps cpie vous avez cet engourdissement de la main? La malade : Je l'ai toujours eu. je résiste. CHARCOT . je ne les ai plus qu'à un mois. CHARCOT : Il y a longtemps que vous les avez? La malade : Dix ou douze ans. mais de la migraine accompagnée. dans votre famille. M.

a malade: Certainement. . J'ai toujours ressenti une grande faiblesse dans la tète. CHARCOT : Le traitement à ordonner.— 60 La malade : J'ai souvent des douleurs. CHARCOT : Pas d'une façon permanente ? Lamalade : Presque continuellement. — Nous avons vu souvent la migraine ophthalmique avec des phénomènes d'aphasie se modifier singulièrement par l'emploi de ce traitement. puis recommencer. lorsque la médication est suffisamment continuée. CHARCOT : Est-ce que vous tenez des comptes? L. 2 la seconde et la troisième 4. CHARCOT : Qu'est-ce que vous faites ? La malade : Je suis dans le commerce. M. mais je ne fatigue pas beaucoup.les symptômes aphasiques en particulier. M. M. M. CHARCOT : Avez-vous des préoccupations ? L. jevends.amalade : Non. mais on fait disparaître les symptômes dangereux. CHARCOT : Depuis quand avez-vous la tête dans cet état? La malade : Il en a toujours été ainsi plus ou moins. les symptômesd'accompagnenient. M. Je ne dis pas qu'on la fasse disparaître complètement. J'ai toujours peur d'avoir le cerveau paralysé. M. c'est l'emploi du bromure d'une façon continue et dans les conditions que voici : une semaine 3 grammes.

céphalique. Il a été victime d'un accident. Il chassait. le 9 octobre. en glissant s'est porté dans la flexion forcée en dedans et le malade s'est affaissé sur la jambe gauche . l'attention des observateurs. Aussitôt le malade a ressenti une très forte douleur siégeant entre le 1er et le 2e . Le pied gauche. b) chez l'enfant.. d'une façon particulière. la lésion du nerf dont il s'agit n'a pas attiré. jusqu'ici. il voulut sauter un fossé. il y a quelques jours.Policlinique du mardi 20 décembre 1887. (Chute des dents. mais il y a dans l'homme une férocité native qui persiste en dépit de la civilisation et dont le besoin de chasser est une des manifestations les plus habituelles. M. combinée avec poplité 2° et 3° Chorée 4°Myopathie 5° Tabès phiques). par un malade dont le cas est intéressant. d'autant plus qu'il en a été puni. celle-ci s'est trouvée repliée sous le corps et toute la face externe a porté à terre. Il s'agit d'une lésion traumaticme d'un nerf périphérique : le nerf sciatique poplité externe. le corps porté sur la jambe gauche. le type myopathique à début pseudo-hypertrophique d'Erb). On n'a pas souvent l'occasion de rencontrer ces cas-là et on peut dire que. au point de vue delà santé générale. il aurait mieux fait assurément de rester chez lui et de laisser le gibier -tranquille. 6° et 7° Vertige de Sydenham: (Paralysie a) chez l'adulte. CHARCOT : J'ai été consulté. Voici un homme de 37 ans qui se porte très bien. Etant à la chasse. Je n'en veux pas à Monsieur pour cela. il y a de cela 2 mois et demi environ. CINQUIÈME LEÇON OBJET 1° Lésion du nerf sciatique : externe. troubles tro- de Ménière et son traitement. le pied droit seul atteignit le bord opposé et il retomba en arrière dans le fossé.

elles ont cessé. tandis que du côté droit tout est dans l'état normal. La jambe gauche est plus mince que la droite et on voit que c'est surtout le groupe des extenseurs et des muscles situés à la partie externe de la jambe qui se trouve atteint. tandis que le pied gauche est tombant. Le malade n'a pu se relever. Or. (S'adressant au malade) : Veuillez marcher un peu. au contraire. montré qu'il y avait de la dégénérescence. le but de ce relèvement est facile à comprendre. il fait le mouvement du cheval qui steppe . Au bout de quelques jours apparurent des ecchymoses le long de la face externe de la jambe. en effet. Je vous prie de regarder avec soin la façon dont il manoeuvre son membre inférieur gauche. par l'examen direct. chaussé de sabots. mais il lui est impossible de l'étendre. Vous voyez que. C'est chose très importante que la constatation de ce phénomène du pied tombant. groupedes muscles . C'est tellement une paralysie des extenseurs. mouvement qui consiste dans un relèvement excessif de la cuisse. Dans la marche. La sensation douloureuse remontait sur le dos du pied. Il est resté couché 21 jours.. Les douleurs ressenties au niveau de la partie lésée furent. n'est-ce pas? Le malade : Je ne ressens plus de douleurs. on l'a transporté chez lui en voiture. Les muscles de la flexion dorsale sont affectés. pendant un certain temps. l'extrémité du En sorte que si le malade était pied porte la première. toc. les réactions électriques nous ont. et ils ne sont pas les seuls.— 62 — orteil. Par musclesextenseurs. qu'il est impossible au malade de relever le pied . Ce n'est pas dffiicile. le talon ensuite. Cette douleur était tellement intense qu'il a été sur le point de perdre connaissance. M. 11y a là ce qu'on appelle le renversement de la formule. CHARCOT : Voilà ce que nous constatons. du côté gauche. mais on peut constater en outre. Aujourd'hui. 11est très visible que le pied est flasque. Cela tient-il à ce que le pied est raide? Pas du tout. Ce sont des. J'ajouterai que ces muscles ont subides modifications. qu'ils ont subi un certain degré d'émaeiation. puisqu'il prouve cpie les extenseurs sont lésés d'une façon quelconque.ou le groupeanléro-externe ('). cela est même facile. C'estdonc une paralysie des extenseurs (1). les péroniers sont aussi légèrement touchés. Vous voyez que le pied droit reste à peu près horizontal pendant la marche. et il s'agit alors de faire un diagnostic aussi précis que possible. très vives et les cicatrices de vésicatoires que vous voyez sUrsa jambe vous indiquent quel a été le siège de ces douleurs.muscles atteints de telle sorte que ce n'est qu'à la suite d'un traite- on entend des muscles de la jambe. puis sur le côté externe de la jambe en s'atténuant un peu pour se terminer au niveau du col du péroné par un point où la douleur était aussi forte qu'entre les deux premiers orteils. à la partie antérieure du premier espace intermétatarsien. extenseurs desorteilset fléchisseurs du pied sur la jambe. la galvanisation. les fait se contracter. vous entendriez très bien le bruit de la pointe des pieds touch ant la première le sol et ensuite le bruit du talon : toc. il le fléchit bien. La faradisation n'a pas d'action sur la plupart de ces muscles.

nous voyons cpie cette zone d'anesthésie correspond à la distribution cutanée du nerf tibial antérieur. faisons un peu d'analomie. le tibial antérieur innerve le jambier antérieur. . 2. En effet. attendu cpie lorsqu'un nerf mixte est touché. ce qui permet de dire. Il s'agit delà lésion d'un nerf qui n'est autre que le seialique poplité externe. cpie la lésion du musculo-cutané a été moindre que celle du. en un mot les muscles de la flexion dorsale et ceux qui servent à l'abduction et au redressement du bord interne du pied. Vous vous rappelez la distribution de ce nerf. comment le seialique se divise près du jarret. et le musculo-cutané les deux péroniers. le musculo-cutané innerve seul la peau. Le pied gauche est un peu plus froid que le droit. mais donne aussides branches musculaires. une zone d'anesthésie remontant jusqu'au tiers supérieur de la face antéro-externe de la jambe. l'extenseur commun des orteils. dans celte zone. Or. en un mot. les fibres du tibial antérieur correspondent à la partie supérieure du ruban formé par le nerf péronier au niveau du col du péroné et celles du musculo-cutané à la partie inférieure de ce ruban. Remarquez maintenant ceci : vous savez qu'à l'origine. — Or. la sensibilité a persisté. quand il existe. en donnant naissance au seialique poplité interne et au seialique poplité externe. La sensibilité est-elle atteinte aussi dans la zone innervée par le musculo-cutané ? La réponse ne peut se faire que par l'examen d'une petite zone triangulaire dont l'angle le plus aigu est au niveau de la malléole externe et dont la base comprend la moitié externe du 2e orteil. le 3° orteil et la moitié interne du 4e.— 63 — ment. il ne l'a donc été qu'au point de vue de sa motilité : nous allons voir que c'est ainsi que les choses se sont passées . ses fibres sont mélangées à celles du tibial antérieur.méthodique et prolongé qu'on pourra voir leurs fonctions se rétablir et leur nutrition redevenir normale . perfore le long péronier latéral et donne naissance au nerf tibial antérieur et au muscle cutané. donne des branches cutanées. tandis que. les muscles extenseurs. l'extenseur propre du gros orteil. le péronier antérieur. (Fig. Or. va s'accoler au tendon du biceps et pendant cpie celui-ci s'insère à la tète du péroné. et présente sur la face dorsale une coloration spéciale montrant qu'il y a là quelques troubles vaso-moteurs. le nerf contourne le col de cette dernière en prenant la forme d'un ruban. dans la région même où elle siégeait. sa sensibilité ne l'est que si le traumatisme est plus fort. ainsi il que je viens de vous le dire. si le traumatisme est léger.) Si nous examinons maintenant la distribution de la sensibilité cutanée au niveau de la face antérieure de la jambe. ce nerf cpie les auteurs allemands appellent « Peroneus ». il a eu une douleur assez vive à la face antérieure du pied et à la face externe de la jambe. quels sont les muscles qu'il anime? Tous les muscles extenseurs. passons aux troubles de la motilité.tibial antérieur. mais la chose sera certainement assez longue. afin d'établir le diagnostic d'une façon positive. dans le reste de sa distribution cutanée. Celui-ci contourne le condyle externe du fémur au niveau duquel il donne la branche cutanée péronière. Maintenant. sa motilité seule est atteinte . mais il y a. Si le musculo-cutané a été atteint. de suite. — Le sciatique poplité exlerne. le long péronier latéral et le court péronier latéral. Mais avant d'aller plus loin. Cette douleur n'existe plus. à ce niveau. en regard delà zone d'anesthésie de notre malade.

celui-ci dans sa sensibilité et sa motilité . on peut l'affirmer avec une grande. Fig . si . le musculo-cutané et le tibial antérieur sont atteints. mais ici. Appelez cela unenévrite. le sciaticpie poplité externe a donc été affecté au moment où il contourne le col du péroné. celui-là dans sa motilité. et l'on peut même clésnerfs cutanésde la faceantérieurede la jambe. — Distribution aller plus loin et dire que la lésion a siégé surtout sur la partie supérieure de la bandelette que forme le sciaticpie poplité externe. ce qui nous permet de conclure que le nerf a subi une détérioration matérielle.précision. Or.iln'enapas été ainsi et l'exploration électrique nous a montré que les muscles ont souffert dans leur nutrition.. la branche cutanée péronière est intacte . on peut voir des paralysies à la suite de traumatismes des nerfs seterminer promplement. à ce niveau. 2. une dégénérescence au-dessous du point lésé.64 Nous pouvons maintenant déterminer à peu près le lieu où la lésion s'est produite-. — Voilà deux mois et demi que ces muscles sont paralysés.

Ces sortes de fractures doivent être assez graves. Dans l'espèce. à étudier l'histoire du nerf péronier. C'est le tendon de biceps qui. lorsqu'aux antécédents viendront se joindre des troubles de la sensibilité analogues à ceux que nous avons relatés. tandis que dans les autres cas. — Mais y a-l-il eu une fracturer Je n'en sais rien. s'il y a eu fracture.— 65 — vous voulez. J'avoue que je ne l'aperçois pas bien clairement. Dans le cas présent. — Eh bien I il y a un certain nombre de fractures du péroné possibles au niveau du col . si elle n'est pas alcoolique ou saturnine ? Le diagnostic deviendra évident lorsqu'aux troubles de la motilité. i. t. il y a eu contusion . et c'est la contusion qui est l'élément principal. Je vous engage. mais la dernière de ces paralysies toxiques agit surtout sur les membres inférieurs. Vous voyez cpie nous sommes arrivés au diagnostic : contusion. peut-être encore à un arrachement du nerf. il peut cependant se présenter des exceptions de telle sorte qu'on aurait à se demander. par exemple. en raison des rapports cpii existent entre le nerf péronier et le péroné. peut subir l'impression du froid et qu'il y a des lésions du nerf poplité externe à frigore. car elles devraient durer bien longtemps. comment s'est-elle produite? Oh ! ici. une fois qu'elles se sont produites. Ce serait une grosse affaire. à ce propos. 2c édition. nous savons'. lésion peut-être due à la contusion directe. S'il n'y avait pas cela. d'abord l'arrachement. en raison de Pécartement considérable qui existe entre les deux fragments. On dit qu'il y a une petite saillie de l'os. en présence d'une affection comme celle-ci. elle est symétrique . on comprendrait difficilement cette douleur vive apparaissant comme premier phénomène morbide et ressentie entre les deux premiers orteils. comme le font les Allemands. dans un accident comme celui dont il s'agit. Leçons du Mardi. 9 . — Eh bien ! cette lésion.existe un traumatisme. le nerf est assez superficiel pour que. la paralysie des extenseurs est le fait intéressant. Nous n'avons donc à choisir qu'entre des traumatismes. s'il y a eu fracture. et notre malade s'est relevé au bout de vingt et un jours. j'aimerais mieux croire cpie c'est une fracture par choc direct. il est presque impossible cpie le nerf ne soit pas contusionné. on peut faire des hypothèses nombreuses. au point de vue de ce malade.qu'il. C'est possible. Mais ce n'est pas décela qu'il s'agit. il ait été contusionné sans que la fracture ait eu lieu. pour le désigner par un seul mot. au point de vue du diagnostic. Je crois qu'il n'y a pas eu beaucoup d'autopsies où on ait constaté des fractures de cette sorte. mais la lésion existe. d'autant plus que nous avons souvent affaire à des lésions analogues dans des maladies qui ne sont pas locales. agissant. C'est une question qui nous importe peu. histoire qui CHARGOT. naturellement. D'un autre côté. de telle sorte que. ou de tout autre nom. dont je parle et celui dont il s'agit ici. en tous cas. Vous savez. quand il y a une fracture au niveau du col. Mais il y a une très grande différence entre les cas. sur la tête du péroné. on ne sait rien de bien particulier au sujet de la fracture supposée au niveau du col. On sait que le nerf péronier. produit la fracture de l'os au niveau du col et l'arrachement de la tète. En somme. que la chute des pieds est un des caractères de la paralysie alcoolique et peut se présenter aussi dans la paralysie saturnine . vous avezune affection unilatérale. modification profonde du nerf péronier au niveau de son passage au col du péroné .

(Une femme dé 30 ans. Le nerf péronier n'a pas été. Mais il suffit cpie vous ayez dans l'esprit Panatomie de ce nerf. M. Vous voyez cpie la chose est tout à fait subordonnée à la chirurgie. Je vous disais : la chorée de Sydenham. si ce n'est delà voir récidiver et aussi parce qu'il y a connexité entre la chorée et le rhumatisme. Monsieur. mais ce sera long indubitablement. puis suit une deuxième observation de Brand. Mais ce n'est pas une affection grave qui puisse1 amener un résultat fatal. J'ai. bien qu'il soit possible de trouver un côté médical dans la question. 2° ET 3e MALADES. dans les fractures du péroné. d'une paralysie du nerf péronier. moyennes et graves. CHARGOT : Quel âge avez-vous ? Le mari de la malade : 30 ans. et cfueles paralysies graves durentlongtemps. la connaissance de ses rapports avec le péroné et sa distribution dans les muscles. Mais vous n'avez pas une histoire des maladies du nerf péronier comme vous avez une histoire du nerf radial. On n'a pas d'inquiétude. CHARGOT: NOUSavons à étudier maintenant un cas qui se rapporte à cet épisode que je vous ai signalé dans une de nos dernières séances.— 66 — n'est pas très connue. la première. cette chorée. rapports expliquant la possibilité.Cependant. CHARCOT : C'est la seule chose qu'il y ait à faire. Nous pouvons espérer ramener votre jambe à l'état normal ou peu s'eii faut. Hergott (de Strasbourg). (S'adressant au malade) : Vous vous faites éleclriser. j'ai trouvé quelques observations par ci par là. trois fois par semaine. et il nous a fallu du temps et de la patience pour trouver une description de paralysie consécutive à une fracture. pourra être une maladie grave. 1 ai-jeajouté. 11y aura lieu d'appliquer au malade la faradisation ou la galvanisation. comme l'autre. nous distinguons les paralysies bénignes. et une petite fillle de 9 ans). dans sa situation. à propos d'un cas de chorée vulgaire. . iln'enest pas toujours ainsi. et cependant. M. Quand vous voyez la chorée survenir chez une:femme enceinte. Vous savez que dans la paralysie du nerf facial. l'objet d'une attention suivie. peut-être Pélectrisation statique. datant de 1854. à propos de ce cas. ce n'est rien au point de vue du pronostic de l'affection. fait des recherches dans les écrivains spéciaux . n'est-ce pas? Le malade : Oui. . Vigôuroux s'en occupe et j'espère qu'il y aura bientôt de l'amélioration. sachez-le bien. M. Dans Panatomie de Cruveilhier se trouve une petite note où l'on fait remarquer les rapports du nerf péronier et du col du péroné. Cela équivaut à une paralysie grave du nerf facial. on pourrait dire que c'est un nerf analogue. auteur allemand. M. est due à M.

: Est-elle enceinte? Le mari :. (A la malade) : Vous ne pouvez la mettre clans votre bouche ? Prenez-la de l'autre main. CHARCOT : 11paraît qu'elle a déjà eu la chorée. Ça y est ! C'est à. (La malade obéit). tout ce qui lui tombe sous là main. des phlegmons produits par des traumatismes . il est extrêmement difficile de contenir ces malades quand ils s'agitent la nuit. je ne sais plus au juste. les couvertures. Elle n'a pas ses règles depuis 7 mois. CHARCOT : Vous ne l'avez eue qu'une fois ? Jja malade : Oui. M. CHARGOT chorée se développer à quinze ans. CHARCOT Le mari: Elle rejette loin d'elle les draps. : Je ne vois rien sur le torse qui puisse nous donner une indication M. CHARGOT : A en juger par l'état dans lequel elle est et connaissant son âge. Elle présente des traces de morsures.67 — : C'est une anomalie de premier ordre. les autres disent non. Essayez encore. Peut-elle marcher ? Le mari : Elle ne peut marcher seule . Le mari : Depuis trois mois. elle se remue toute la nuit ? M. elle prend la cuiller 1. CHARCOT. CHARGOT utile. CHARCOT: Ainsi. CHARCOT : Avez-vouseu du rhumatisme articulaire ? Lamalade : Non. : Elle ne peut dormir. M. Elle a des écorchures aux bras et aux jambes. des abcès. M. M. Monsieur. . Les grands choréïques ont constamment des mouvements intenses. Mi. (Ala malade) : Essayez de la porter à votre bouche ?'' Regardez la manière dont.l'occasion de mouvements de ce genre que Sydenham disait que les . M. M. Monsieur. M. CHARCOT (s'adressant à la malade) : Voulez-vousme dire un peu si vous vous rappelez avoir eu la danse de Saint-Guy à l'âge de 9 ans ? Jjamalade : A l'âge de 10 ou 11 ans. Il peut y avoir quelquefois sur les membres des choréïques des écorchures. Vous remarquez que cette malade ne marche pas et qu'elle peut à peine parler. on la fait marcher. Est-ce qu'elle a des plaies ? Le mari : Plutôt des taches de rougeur que des plaies. et elle avait eu la danse de Saint Guy à 8 ou 9 ans. M. CHARCOT : Elle se cogne contre le lit? Elle se mord la langue à chaque instant ? Elle est gênée pour parler? Le mari : Elle a la langue percée par les morsures. c'est un cas sérieux.Les uns disent que oui. Quand cela ? Le mari : Lors de sa première couche elle a eu une attaque. Depuis quand a-t-ellela chorée ? . Pouvez-voUs vous tenir debout ? (S'adressant à l'interne) : Donnez-lui la cuiller qui est là. Tirez cloneun peu la langue. Il est à craindre qu'elle ne prenne un caractère sérieux.CHARCOT : Savez-vous combien de temps cela a duré ? La malade : 3 mois. elle est encore plus agitée la nuit que le jour. c'en est déjà une de voir la Mi.

M. elle doit entrer ici. : Qu'est-il arrivé depuis ? M. d'autres enfants. choréejjui n'est pas la véritable danse de Saint-Guy. disait je ne sais quel traité des racines grecques sur lequel j'ai pâli en mon temps. M. Je ne dis pas cpie cela arrivera dans le cas qui nous occupe.n'auraient pas fait attention..a mère : Elle fait la grimace du côté droit.a mère : Oui. qu'effraient des choses auxquelles. CHARCOT : Combien de temps après cette peur a-t-elle commencé à faire aller ses bras et ses jambes. •. CHARCOT I.68 — choréïques s'y livraient comme pour faire rire. C'estune enfant qui a peur de tout. Mais je n'étais pas fâché de vous montrer ce que c'est que la chorée intense chez les adultes. vous les aurez plus tard. J'ai attendu que la malade fut partie pour vous parler du pronostic. voici maintenant le cas d'une petite fille de 9 ans qui. CHARGOT : A-t-elle de l'agitation dans les mains? L.'La mère : C'étaient des gens qui se disputaient.a mère : Des deux côtés à la fois. CHARCOT : Quelquefois la chorée est si peu prononcée qu'il faut regarder un malade pendant un certain temps pour apercevoir les mouvements choréïformes. CHARCOT par le droit. — Faites sortir la malade.. CHARGOT : Est-elle gênée pour parler ? La mère : Il y a des moments où elle prononce tous les mots et d'autres où elle ne peut plus articuler. CHARCOT : De quel côté l'affection a-t-elle débuté ? L. Dans les conditions où elle se trouve. Elle a eu une grande frayeur et à la suite une forte fièvre. cette enfant n'est qu'une femme en puissance et déjà'les larmes commencent pour elle.CHARGOT : Qui vous dit qu'elle y ait fait attention ? Mais qu'était-ce que ce bruit ? . . M.'. Quel âge as-tu? La mère : Elle a. M. : Vous savez que la chorée commence souvent par un-côté. Eh bien ! à côté de ce cas sérieux. Elle avait eu auparavant la fièvre typhoïde. M. Cette malade ferait donc exception. M. Il y a eu du bruit dans la maison. tantôt par le gauche. par conséquent cela devrait faire rire les autres. par conséquent.ce qui lui est arrivé ce jour-là. 11est vrai qu'elle est ehoréïque. Quand son mal Pa-t-il prise ? Lanière : Il y a trois semaines. CHARCOT La mère : Elle était assez bien portante mais très délicate. C'est.. elle laisse tout tomber. (La petite fille pleure. tantôt M.9 ans. mais cela peut arriver. : Fait-elle beaucoup de grimaces ? M. à ce qui paraît. Je ne veux pas la fatiguer.) M. ces renseignements. laisse les mains tranquilles. est aussi choréïque (S'adressant à_Venfant) : Lève-toi un peu. laisse-les tombantes.. on peut mourir de la chorée. elle ne peut pas d'ailleurs nous donner de renseignements bien précis. Cela la fait rire elle-même. Monsieur. CHARCOT : La femme est sujette aux larmes.

s'appuie fortement de la mahi gauche sur la cuisse gauche. pour se mettre debout.connaissais sa famille.CHARCOT : Voyez ce qu'elle fait avec sa main gauche. CHARCOT une fièvre quelconque ? La mère : Rien de tout cela.ans. M. Oui. elle guérira toute seule. Depuis quand avez-vous de la difficulté à marcher ? La malade : Depuis l'âge de 16 ans. M. CHARCOT: La mère: Jamais. Je m'étais aperçue qu'elle était très maladroite des mains. Voyez un . Essayez donc.. levez-vous et faites deux pas dans la salle. s'est-elle plainte d'une M. monsieur. (La malade. M. vous. M. il ne m'en a jamais parlé. CHARGOT La mère : Non plus. M.) M. Et votre mari? M. Quant à la malade. C'est déjà un renseignement. M. je. CHARCOT :Vous n'avez pas su quelles maladies avaient eu ses parents ? La mère : Non. CHARCOT: Connaissez-vous sa famille? Jja mère : Je suis venue de la campagne pour nie marier. monsieur. : Et la danse de Saint-Guy? M. je tombais souvent. la danse de Saint-Guy? M..I1 avait 24 ans quand nous nous sommes mariés.CHARGOT : Etes-vous bien sûre qu'il n'ait jamais eu de rhumatisme articulaire ? Lanière . CHARCOT . 4e MALADE (Une jeune femme de 2. nous ne sommes pas sur la voie des relations de famille. monsieur. Elle a des mollets énormes.-^ 69 — La mère : Trois ou quatre jours après. CHARCOT: façon quelconque ? A-t-elle eu d'autres fièvres que la fièvre typhoïde ? Lanière: Non. cependant.4 ans). M. CHARGOT: (S'adressant à la malade) : Quel âge avez-vous? La malade : 24 . Maintenant montrez-nous un peu vos jambes. Avez-vouseu. M. CHARGOT: Est-ce que vous tombiez souvent. CHARCOT : N'en parlons plus. s'il en a eu auparavant. A-t-elle eu des douleurs dans l'es jointures. H s'agit de savoir ce que c'est que ces mollets qui ne lui servent à rien. CHARCOT: Maintenant vous pouvez à peine marcher. CHARCOT: La mère : Non plus. quand vous étiez petite? IM malade : Je ne sais pas. des douleurs dans les jointures. M. : Et du rhumatisme articulaire.

M. M. montrant la personne qui l'accompagne : Je n'ai que celte soeur. Elle n'a pas d'affection semblable à la mienne. et cependant ils sont énormes. M. cela pourrait bien être une des formes de la paralysie pseudo-hyperirophique et c'est cela. CHARCOT: Et chez vos autres parents ? La malade : Personne. Ainsi la paralysie pseudo-hypertrophique peut se trouver combinée avec une myopathie portant sur les muscles de l'épaule. s'observent dans les amyotropliics spinales. une paralysie des muscles de la face qui serait le caractère propre.. M. souffler. en effet. ils ont comme une consistance fibreuse.a malade : Non. CHARCOT : Relevez puis essayez d'étendre le pied. ligneuse . En pareil cas. afin de juger de l'action du mollet. qui. Voyons un peu les réflexes. C'est un cas curieux. Il paraît que c'est un cas de ce genre que nous avons devant nous. ils sont. CHARCOT . la maladie date de l'enfance. quand elle était petite. elle tombait très souvent. Vous n'avez pas eu d'autres soeurs ni de frères qui fussent atteints de maladies analogues ? L. CHARCOT : Elle a autre chose dans les épaules. Est-ce que vous avez des frères ou des soeurs? Là malade. l'absence des réflexes rotuliens. on constate. Je parierais que ce n'est pas tout. Ainsi elle peut fermer les yeux complètement. au contraire. —A l'examen. durs. (A l'interne) : Il n'y a pas de troubles de la sensibilité? L'interne : Non. siffler. Cette absence des secousses est facile à constater chez notre malade. CHARGOT : Remarquez qu'elle a dit. M.) Mais notre malade d'aujourd'hui paraît ne rien avoir à la face. Par conséquent. et qu'elle nous a donné ensuite cet autre renseignement que. A la malade : Est-ce que cela vous fait mal ? La malade : Non. Je vous ai déjà montré comment il se faisait en ce moment une révision des idées reçues jusqu'ici sur Pamyotrophie progressive et comment nous étions arrivés à cette conclusion que toutes les myopathies primitives. dont on avait décrit cinq ou six formes. surtout quand la chose est un peu plus avancée. Je vous rappelle que Pamyotrophie primitive ne s'accompagne pas de secousses fibrillaires. en effet. qu'il y a autre chose que cela. chez un sujet que je vous ai présenté. qu'il n'y avait qu'une sorte de myopathie primitive comportant des formes diverses et des combinaisons variées. à l'âge de!6 ans. d'après certains nosographes. (A l'interne): faites lui étendre puis relever un peu son pied droit. M. se confondaient en une seule. de la forme dite héréditaire de Duchenne (de Boulogne. M. . les réflexes sont absents. Voilà donc des mollets cpii ne fonctionnent pas. CHAR COT : Est-ce que vous voulez être soignée ici? T^amalade : Oui. CHARCOT : De quel pays êtes-vous? La malade : Dé Perpignan. _Je crois me rappeler vous avoir montré l'autre jour. etc. (La malade ne peut pas étendre le pied). j'ai commencé à marcher très mal.- 70 - peu ses pieds. c'est-à-dire non spinales.

L'affection dont souffrecette malade est bien la paralysie pseudo-hyperirophique.ils n'existent pas . me paraît préférable... sur l'ensemble de la ceinture scapulaire. fait distincte de celles qui affectent la forme du type d'Erb dont du reste elle présente. El ces atrophies myopalhiques peuvent être opposées aux atrophies spinales-qui ont tenu si longtemps toute la place dans la nosographie. mais pour la plus grande partie ils sont formés de graisse. on admettrait que la malade est atteinte de paralysie pseudo-hyperirophique et. les caractères. Mais cela ne prouvepas que la maladie soit dans une catégorie tout'à. la myopathie primitive. à savoir qu'il n'y a qu'une seule myopathie primitive avec des variantes. La on peut rencontrer la parapseudo-hypertrophie. Vous reconnaissez ici les caractères du type d'Erb. Les premières notions anatomo-palhologicpiessur les amyotrophies primitives ont été données parEulenbourg et par moi dans les études que nous avons faites relativement à la paralysie pseudo-hyperirophique de Duchennede Boulogne — MM. Cen'est pas un caractère essentiel de la maladie. les extenseurs valent un peu mieux que les fléchisseurs. Veuillez-fléchir le bras . lysie pseudo-hyperirophique de Duchenne douée de tous ses caractères moins l'hypertrophie* Ce qui caractérise cette forme décrite par Duchenne de Boulogne. est très distinct du groupe des atrophies spinales. cpie Duchenne de Boulogne met à côté de celle de pseudo-hypertrophie. de ce côté-là. n'estqu'un accident. les muscles sont presque inertes. les avant-bras elles mains sont au contraire respectés. physiologiquemenf.— 71 — (S'adressant à la malade) : Levezvotre bras en l'air. Ce muscle gros est aussi impuissant que s'il était grêle. l'omoplate se détache. ils existent au point de vue delà forme. Vous n'en finiriez plus si les moindres variétés devaient être l'objet de classificationstout à fait puériles. Il n'y a. bien que. part. Les deux types se combinent. Elle éprouve une certaine difficulté à lever le bras. et alors j'en reviens encore ici à mon précepte favori : ne multipliez pas les espèces sans nécessité. l'atrophie porte sur les muscles des bras et des épaules. D'après les autres théories. c'est que la maladie commence par les muscles des membres inférieurs et que c'est la marche et la station debout qui d'abord présentent des anomalies. car ces muscles ont un certain relief. il y a une assez grande résistance. qu'une seule espèce nosographique. C'est donc chose bien établie. La caractéristique de la maladie c'est l'impuissance du muscle. d'autre. C'est donc un cas justifiant pleinement la théorie nosographique que j'ai mise en avant. c'est pour cela que la dénomination de paralysie.d'une amyotropnie du type d'Erb. formant une saillie. vous la divisez en plusieurs variétés et vous avez dans l'esprit l'existence de lotîtes les combinaisons possibles chez le même sujet de variétés différentes. pour ce genre d'affection. En quoi diffôre-t-il d'un muscle-plus mince? Par un peu plus ou un peu moins de graisse et de tissu cellulaire se substituant au tissu musculaire . je le répète. Landouzy et Déjerine ont complété la démonstration à propos de l'atrophie .Je dis que l'hypertrophie apparenten'est en somme qu'un accidentdans l'histoire de la paralysie pseudohyperlrophique. Le groupe des amyolrophies. et vous pourriez dire à la rigueur qu'elle a une paralysie pseudo-hyperirophique des muscles de Pavant-bras. dans lequel la moellene présente aucune lésion.

M. et je l'ai engagée à venir nous voir parce que l'affection dont elle est atteinte constitue un cas intéressant. Il y a deux ans. est une maladie de l'enfance aussi. nous sommes tous plus ou moins atteints de misonéisme. et qu'un beau matin on s'aperçoive qu'il y a des gens qui ont des muscles atrophiés. La preuve n'est pas encore faite à propos du type d'Erb. d'autre part. en face du groupe des atrophies spinales.) 5e MALADE. cependant elle peut se tardivement. décrite par le même auteur. vous verrez comment celle maladie diffère absolument de la myopathie primitive. mais il ne faut pas oublier cependant qu'il on est ainsi le plus souvent. je vous montrerai un cas de sclérose latérale amyotrophique dont le diagnostic est bien facile à faire. quand ellesn'ont pas commencé avant. de toute lésion dans ces cas-là. tandis que l'atrophie spinale est au contraire généralement une maladie de l'âge adulte. C'est une histoire curieuse que celle de ces amyotrophies découvertes par Duchenne de Boulogne. aussibien que les nerfs périphériques. CHARGOT : J'ai vu cette dame il y a quelques jours. mais sans doute elle ne tardera pas à se faire. Pourquoi voit-on si tard. Il faut savoir que ce n'est pas un caractère développer plus ou moins absolu aela maladie que d'être une maladie de l'enfance. on peut sans doute en rencontrer chez les adultes.de myopathie primitive et on n'a pas trouvé chez lui de lésion de la moelle . selonle point de vue auquel on se place. pourquoi la première mention d'un fait qu'on croit nouveau jetle-t-elle toujours un froid ? C'est qu'il faut se mettre dans la tète quelque chose' qui dérange les idées anciennes . je ne comprendrais pas pourquoi les muscles ne seraient pas malades par eux-mêmes. si mal. — Il est bien établi que la moelle épinière est exempte. admettre un groupe des amyotrophies primitives . Comment se fait-il qu'on puisse découvrir une affection qui existe probablement depuis Hippocrate. . mais elles remontent presque toutes à l'âge de 15 ans environ. phie héréditaire de la bouche en museau. Les paralysies hypertrophiques sont très communes chez les enfants: PamyotroDuchenne de Boulogne avec les yeux qui ne peuvent se fermer. C'est chose bien singulière. nous avons eu l'occasion de faire ici l'autopsie d'un malade atteint. très difficile à déterminer outrès facile. au contraire. Dans une prochaine séance. (La malade se retire.— 72 — musculaire héréditaire. si difficilement ? Pourquoi faut-il répéter vingt fois la même chose pour que la chose découverte soit comprise. Il y a une étude psychologique particulière à faire sur la façon dont on voit en médecine. la chose est clonebien prouvée : il faut. Ces atrophies ont pour caractère d'être presque toujours plus ou moins juvéniles.

CHARGOT :. M. Voilà une singulière aventure. Monsieur. Elle a de temps en temps. . est très intéressant: c'est le signe d'Argyll Robertson. t. Lamalade : Ce sont des douleurs aiguës.. mais cela me tire et la moitié de la langue me brûle comme du feu. M. mais il ne rentre pas à la vérité. dans la narine et dans les gencives gauches. M. M. M.La clinique est 10 GHABGOT. Je vous dirai tout à l'heure ce qu'a cette malade. M. M. CHARCOT : Cela vous fait crier? La malade : Cela me lient jusque dans le bras. ma main enfle. CHARCOT JuUmalade: Non. i. M. M. En ayez-vous conservé ? J^amalade : Je n'en ai pas apporté. dans les catégories vulgaires. monsieur. vous n'avez rien? La malade : Rien du lotit. dans l'espèce. Elle les cueille pour ainsi dire. CHARCOT : De petits coups ? La malade : Peu de chose.. n'est-ce pas ? La malade : Non. Naturellement on a examiné ses pupilles. ce n'est pas douloureux. CHARGOT bien ! je ne cherche plus rien parce que j'ai mon diagnostic. Eh bien ! voilà mon diagnostic si singulier qu'il puisse paraître à quelques-uns d'entre vous qui n'ont encore fait que delà nosographie et pas de clinique. Parfois. : Vous vous demandez peut-être: mais cpie diable cherclie-t-il? Eh M. Voyons ses réflexes. 2e édit. CHARCOT : Vous n'éprouvez pas de difficulté? La malade : Pas la moindre. CHARGOT : Elle perd ses dents du côté gauche de la bouche. de petits élancements. n'est-ce pas ? La malade : Oui. CHARGOT : Cela vous empêche-t-il de dormir? Lamalade : Non.— 78 — La malade se plaint d'avoir tout le côté gauche de la face insensible ou plutôt de ce que ce côté de la face est le siège d'une sorte d'anesthésie non douloureuse . CHARGOT : Et dans les jambes. Les réflexes rotuliens sont absents.Pissez-vousbien ? La malade : Très bien. M. CHARGOT : Veuilleznous en apporter. L'autre jour j'ai eu un engourdissement avec des fourmillements dans l'oeil. des douleurs d'une acuité extrême et qui ont un caractère " spécial. : Dans quelle partie de la jambe ? M. : Vous ne pissez pas quelquefois malgré vous ? M. CHARCOT La malade : Dans le genou. et cela sans douleur. nous les mettrons dans notre musée.' ractère qui. Mais il y a autre chose. la nuil. tout à fait.? Jja malade : Si. elles présentent un ca. il sagit du tabès. CHARGOT : Pas même de petites piqûres. : Et la face ? M. dans l'épaule gauche. CHARCOT : Et ses dents sont très saines. CHARCOT La malade : Cela me tire comme si on me tirait la peau avec des pinces. Leçons du Mardi.

ni les mouvements d'ineoordiiiation. il est vrai. elles tombent des deux côtés. Eh bien i je dis que cette femme est une tabétique. Ce qu'on recherche en clinique. les dents du côté gauche. Windsor. ce sont. Les dents qui tombent. dans lequel la paralysie vésicale joue un rôle très important. Mais elle présente certains phénomènes de la série tabétique. ce qu'on trouve en nosographie c'est la règle. qui occupe dans la médecine militaire un poste élevé et qui. Le diagnostic n'était plus difficile à faire du tout. j'ai tort d'être aussi absolu. au lieu de commencer par les jambes. M. êtes-vous quelquefois réveillée par des suffocations? Lamalade : Oui. il a été pris des jambes. mais c'est quelque chose. il ne s'observe que dans le tabès et la paralysie générale progressive. et il faut savoir. il est tabétique. a décrit cette espèce de tabès de la bouche qui conduit à la chute des dents. puis l'absence de réflexes rotuliens et peut-être de légères douleurs fulgurantes dans la jambe. phénomène inscrit sur le tableau tabétique par Vallin. Monsieur. membre de l'Académie de Médecine. Ce malade présentait des symptômes céphàliques comme la personne qui est devant nous. en tant que médecin. Il s'en retourna en Angleterre et mon diagnostic fut accueilli. Elle ne présente. sur lequel nous différions d'opinion. qui professait à Manchester. le premier. c'est presque toujours les exceptions. il ne se rencontre que dans deux maladies. on me dit : vous savez. chez la malade. -Et maintenant. Cecas me rappelle qu'il y a de cela il ans. le sujet était tabétique. il y a deux ou trois ans. CHARCOT: Le spasme laryngé est un ne serait pas symptôme tabétique qu'il surprenant de rencontrer dans les cas cpii. J'en avais assez pour établir que. par les médecins de Manchester. Mais nous ne sommes pas à court de symptômes propres à édifier un diagnostic solide. que le nosographe n'est pas toujours clinicien. quand je dis deux. votre fameux malade. m'envoya un malade avec l'idée que je pourrais ou que je ne pourrais pas faire de diagnostic. dans le tabès à début cépllalique. dans les cas de tabès ordinaire. mais nous avons eu soin de rechercher si la malade était diabétique et nous avons constaté qu'elle ne Pétait pas. commencent par la tète. Le signe d'Argyll Robertson que je constate chez le sujet n'est pas un symptôme de première importance.ni les douleurs fulgurantes dans les jambes. car la'clinique nous a conduits à le constater encore dans d'autres cas . du côté anesthésie. c'est une espèce de syntaxe de grammaire dans . un oculiste anglais distingué. d'une façon presque unanime par cette exclamation : c'est un peu fort !M'étant rendu à Manchester. tandis que le plus souvent. Il n'y a pas beaucoup de cas où vous puissiez observer celle chute des dents. Maintenant si je l'ai interrogée sur l'état de sa vessie. mais enfin. suivant moi. et une anesthésie particulière de la mâchoire. La nosographie est assurément une fort belle chose. D'abord des douleurs fulgurantes dans l'épaule. seulement je Pavais fait 18 ans auparavant en indiquant que le malade aurait un jour un tabès répondant à la description nosographique. second caractère. la chute des dents sans aucune espèce de gingivite.— 74 faite d'anomalies tandis que la nosographie c'est la description de phénomènes se produisant régulièrement. en général. c'est cruec'est là en effet une chose cpi'il faut étudier quand on recherche le tabès. car jamais je ne me fonde sur un caractère isolé pour conclure qu'un malade est tabétique. M. Voilà déjà un caractère. Elle existe cependant fréquemment dans le diabète. (S'adressant à la malade) : La nuit.

Nous avons déjà vu celte malade le 8 noM. là où vous avez une sensation de brûlure ? La malade : Non. je fixe mon diagnostic de la façon que je vous ai indiqué tout à l'heure. Elle était atteinte de vertige de Ménière depuis deux ans. depuis 8 ou 10 ans. trois même. elle avait pris le parti de rester assise ou couchée et de ne plus se lever du tout. il n'existe pas quelque chose de spécial. mais le clinicien doit s'appliquer à regarder. Maintenant. 11faut savoir donner leur importance aux choses qu'on néglige d'ordinaire. des bourdonnements d'oreilles. et qui m'attendait pour que je la remisse sur ses jambes. d'un côté la 5° paire normale. Quand elle est entrée dans celte salle. de l'autre la 8° paire lésée.. Le malade croit faire des culbutes. CHARCOT vembre. Deuxième période : le vertige est permanent. dans les cas qui sont soumis à son observation. lorsqu'elle est venue alors nous consulter. à savoir si la malade a été syphilitique. il existe dans le bulbe une lésion des noyaux d'origine de la 5e paire. D'abord. dans les cas où il y a anesthésie de la face et de la langue. 6e ET7e MALADE (Une femme de 52 ans et un-homme de 35 ans).— 75 laquelle vous indiquez tous les cas réguliers et les principales anomalies. Maisvous savez qu'au point de vue du diagnostic et du traitement. il y aurait un certain intérêt à remonter dans la famille. si. si vous voulez. Voilà. il prend le parti de ne plus se lever. et de l'autre elle s'appuyait sur une canne. Les douleurs fulgurantes ont leur importance. mais naturellement il ne tient pas à nous donner cette satisfaction anatomique. : Ce sont d'anciens clients. tombe par terré. M. chute des dents. C'est ce qui arrive dans les cas de vertige de Ménière intenses. Elle avait des vertiges par accès avecla crainte de tomber. Par conséquent. Il ne faut pas considérer la syphilis comme ayant une influence décisive sur le sort du tabétique. a des vomissements. M. le malade est constamment effrayé. la. C'est le vertige que j'ai déjà décrit bien des fois. la chose est absolument indifférente. mais l'absence des réflexes est aussi quelque chose. on la soutenait d'un côté. mais enfin. Elle m'attendait ou ne m'attendait pas. Chez elle. Il y a deux périodes dans celte affection. Ce serait très joli à voir sur le sujet. Monsieur. (S'adressant à la malade) : Est-ce que vous conservez le goût du côté gauche de la langue. CHARGOT: VOUS savez qu'on a trouvé la lésion qui correspond à cette particularité du tabès. C'est dans cette situation'que se trouvait la fameuse Agathe qui était dans cet hôpital. Démange (de Nancy) a montré cpie. chez notre malade. il lui était impossible de se tenir debout et de marcher. période des accès.. etc. après l'avoir considérée comme atteinte d'une affection inçompréhen- .

dirais-je.— 76 — sible pendant deux ou trois ans. nous savions cpie c'était la période où le quinine lutte. il ne faut pas craindre de le répéter deux mille ou trois mille fois. Nous ne lui rendrons pas l'ouïe. M.. crainte permanente de tomber. si je voulais représenter la réalité des choses par des métaphores. Je vous déclare qu'elle aurait pu continuer à exécuter de point en . pour la première fois. mais nous connaissions tous ces phénomènes. Puis commence une seconde période qui s'étend jusqu'à ce jour: les vertiges atténués. il me semble1que j'ai répété assez souvent cpie le sulfate-dé quinine était le remède chi vertige de Ménière.!'affaire est faite. . Elle est un peu sourde par exemple. 90 centigrammes de sulfate de quinine par jour. Eh bien ! cette femme est arrivée ici avec une jolie petite ordonnance prescrivant du bromure dé potassium. nous ne nous occupons que du vertige. Je faisais tout à l'heure cette remarqueque. cela se supporte mieux qu'on ne le croit' généralement. la médication qui convient à ce genre de vertige a été appliquée avec succès. La malheureuse était connue de tous les internes de l'hôpital. C'est finimaintenant. Ce n'était pas encourageant. avec la maladie. etc. car toutes les fois qu'on touchait à son lit. d'après lequel les symptômes étaient causés par une affectiondu labyrinthe. En général. Je reviens à lamalade qui est devant nous. Je vous ai dit alors : quoi qu'il en soit. elle nous apportait le diagnostic d'un auriste distingué. mais avez-vousle vertige ? La malade : Non. bruits d'oreilles" épouvantables. elle est en traitement depuis cette époque. on a une amélioration au bout d'un mois. Si je parle aujourd'hui de celte femme c'est parce que c'est sur elle que. : Elle tourne la tête sans ressentir cette espèce d'apeurement que M. Lorsqu'elle est entrée. elle sautait en Pair. de l'électricité. Elle éprouvait alors une sensation de culbute. CHARCOT vous lui avez vu l'autre jour. de deux mois. des purgatifs. vertiges plus fréquents. j'ai la tête bien malade. quand on a avancé quelque chose. tournez un peu autour de la salle. il m'est arrivé un jour de penser qu'elle était atteinte du vertige de Ménière poussé jusqu'à la dernière limite. par accès sont complètement supprimés et les vertiges continus s'ont très La voilà guérie ou pour le moins marchant sans canne et sans avoir besoin d'être couduite par personne. et je suis d'autant plus heureux de ce succès qui a été facile que. cette femme est entrée ici il y asix semaines. CHARCOT: Oui. nous allons la traiter et j'espère vous la montrer un jour guérie. l'application de mouches de Milan. qui s'est produit: Première semaine : exaspération de tous les symptômes. il est très difficileà obtenir. (S'adressant à lamalade): Levez-vous. quelquefois. c'était un objet de curiosité. Et bien ! c'est précisément ce qui aeu lieu. La première semaine elle a pris 90centi— Voici ce grammes de sulfate de quinine par jour et elle a continué. La malade : Seulement aujourd'hui. Allez. etc. elle restera sourde. Vous voyez qu'elle marche comme vous et moi.

il est nécessaire de faire durer le traitement plus longtemps. les vertiges continus. et je vous engage. en ce moment. Il faut avoir vu des malades atteints de ces vertiges continus pour se rendre compte de la gravité de cette affection. je fais prendre des doses régulières de sulfate de quinine aux ma- . ils sont plus forts que ce matin. CHARCOT: Les bruits d'oreilles sont-ils revenus dans ces derniers temp s? Le malade : Ils reviennent en ce moment. l'homme que voici. tandis qu'on en a fini au bout de deux ou trois mois avec le vertige ordinaire. Les cas où les vertiges n'ont lieu que par accès sont faciles à guérir que plus . à l'employer. M CHARCOT : Avez-vouseu la sensation du vomissement? Le malade : Pas beaucoup. Dans les cas de vertiges continus. CHARCOT : Avez-vousrecommencé à prendre du sulfate de quinine ? Le malade : J'en reprends depuis quinze jours. de mieux à faire. M. au contraire. Cependant. mon second témoin. lui aussi. lui semblaient faire constamment des culbutes et qu'il était confiné à la maison. M. c'est de revenir à celte médication. En général.CHARCOT: Ce qu'il y a. en effet.je l'accepte.— 77-'point ces prescriptions pendant deux ou trois ans peut-être. ils vous racontent des histoires de l'autre monde. J'ai réussi presque toujours et je ne connais pas d'exception à la règle. Il nous racontait que lui et sa voiture. CHARCOT: Dans l'oreille gauche ? Le malade: Oui. Nous l'avons traité par le sulfate . Je continuerai de traiter les vertiges de Ménière par le sulfate de quinine. de quinine et je vous l'ai montré guéri. sans aucune espèce d'amélioration dans son état. je dois vous dire qu'il y a quelquefois des rechûtes. — C'est peu de chose. il était facile de la guérir. à son propos. Il était. On a bien voulu nous laisser l'honneur de le-faire. un peintre se sentait enlevé la tête en bas par un ballon qui était entraîné dans l'atmosphère. le-cas échéant. quand il était en proie au vertige. dans cette séance. en prenant dès doses suffisantes de sulfate de quinine. Ainsi. le même exposé cpie je viens de vous faire à propos de cette femme. Il paraît qu'il a eu une petite rechute. autrefois. il me semble cpieje vais tomber. L'un dit qu'on le pend par les pieds. Le vertige permanent estime affection tout à fait sérieuse et qui peut durer longtemps. Il était marchand des quatre saisons . M. cependant. l'autre par la peau du cou. monsieur. nous a beaucoup occupé dans la clinique de l'an passé et j'ai fait. n'osant plus mettre un pied devant l'autre. il roulait à travers les rues une petite voiture contenant des légumes. Quand ce sont des individus chez qui les facultés d'imagination sont très prononcées. celui-ci qu'on le précipite par une trappe . atteint d'un vertige de Ménière assez intense. (S'adressant au malade) : Que vous est-il arrivé ? Le malade : Par moment. suivant une méthode qui n'a rien de mystérieux. M.

— 78. . qui condamne à ne plus pouvoir sortir de chez eux de pauvres gens pour qui la vie de travail incessant est une nécessité ? Cet homme a eu une petite rechute. Nous allons le traiter de nouveau par le sulfate de quinine et continuer ce traitement quelque temps pour être assurés d'achever sa guérison. mais qu'est-ce que quatre ou cinq mois pour arriver à la guénson d'un mal épouvantable qui donne la sensation du mal de mer sur le pavé des villes. au bout de quinze jours. Il peut durer ainsi quatre ou cinq mois. je prescris un temps d'arrêt et je recommence ensuite le traitement. — lades pendant une quinzaine de jours .

dans le. CHARCOT désignant l'une de ces malades : que temps dans le service. 7 heures.Policlinique du Mardi 10 Janvier 1888 (i). C'est une sorte d'embarras de la parole. CHARCOT La malade . Migraine ophtalmique dans la Paralysie générale 2° Tabès ataxique avec développement motrice des membres inférieurs. : A quelle heure vous levez-vous? M. dunouvel au 10Janvier du 30Décembre ontété interrompues parles vacances (1)Lesleçons . et qui paraît tout à fait caractéristique lorsque les oreilles y sont un peu habitués. Je M. Monsieur. s'adressant à ses auditeurs: Je ne sais si vous faites bien attention. CHARGOT : Et vous travaillez toute la journée ? La malade : Oui.. M. dans an. spécial..je vais vous en parler aujourd'hui. A. La fatigue l'accentue et le rend plus sensible . CHARCOT La malade : Dans le commerce de la volaille.. CHARGOT la fais parler exprès pour qu'elle vous donne la sensation spéciale qu'on éprouve lorsqu'on entend parler une malade atteinte de l'affection dont elle souffre. parce que la consultation n'est pas très chargée et qu'elle ne nous apas fourni de cas intéressants. SIXIÈME LEÇON OBJET : 1° Syndrome progressive. DANS LASALLE DEUXMALADES SONT INTRODUITES — Cette malade est depuis quelM....—Elle est âgée de 27 ans.. commerce. (S'adressant à la malade) : Qu'est-ce que vous faites ? La malade: Je suis.. aussi lorsque vous serez hésitants an point de vue du diagnostic. rapide de l'impuissance DUCOURS. : Dans quel commerce ? M.

et il n'est pas tout à fait inutile de savoir les distinguer. CHARCOT : Quand la dernière a-t-elle eu lieu? La malade : Il y a deux ans. CHARCOT La malade : Deux. faites attention seulement à la scansion des mots qui me paraît être le-grandicaractère de l'embarras de la parole dans la sclérose en plaques. Lorsqu'elle parle. Ainsi. Ces petits mouvements fibrillaires sont très.CHARCOT : Est-ce que vous écrivez encore bien ? La malade : Non. mais il ne faudrait pas eu tenir compte. CHARCOT (aux auditeurs ) : Remarquez cette parole titubante. CHARCOT : Elle parle avec un certain nasonnement qui ne vous a pas échappé. l'embarras de la parole diffère. Le cas de la première est peut-être un cas de paralysie générale progressive.CHARCOT : Elle prononce le mol artillerie comme s'il contenait trois r. intéressants à noter. en effet. (A la malade) : Vous avez eu des fausses couches ? Jja malade : Cinq. M-. cette seconde malade cpie j. Monsieur.oubliezdes mots ? La malade : Je ne sais pas bien écrire. Et vous . M. (S'adressant à la malade) : Tirez la langue.. vous verrez qu'elles sont agitées d'un petit mouvement fibrillaire.. atteintede Scléroseen plaques. si vous fixez les yeux avec attention sur ses lèvres. scandée par petits morceaux.. La malade : Elle saute.— 80 — des cas de ce genre un peu difficiles. M. M. écoutez-la parler (1). CHARGOT: Prononcez donc le mot : artillerie. CHARCOT: Quand avez-vouscommencé à vous apercevoir que vous étiez malade? La malade :llya à peu près deux ans. elle ne s'y trompe pas. remuaient et sautaient. (Hé-lo-iseRous-sel) M.. suivant qu'il est associé à telle ou telle affection. Gomment t'appelles-tu? La malade : HéloïseRoussel. M. c'est un conseil que je vous donne de fatiguer un peu le malade parce qu'alors cet embarras de la parole ne tarde pas à se manifester. C'est un procédé qu'on peut employer surtout dans les consultations un peu pressées. CHARCOT: Qu'est-ce qui vous empêchait d'écrire? La malde : Mesmains. mais quand l'oreille y est faite. (1)Maladedu service . Ce sont des nuances. monsieur. CHARCOT . Jja malade : Ar-tille-rrie. : Vous avez des enfauts ? M. M. Maisce n'est pas seulement le fait de l'embarras de la parole qui peut permettre dé faire un diagnostic de ce genre. M.'ai fait venir en même temps a également un embarras de la parole. M. Il y a bien d'autres choses cpie nous verrons quand nous étudierons le cas. (S'adressant à la malade) : Vous êtes mariée ? Lamalade : Oui.

vous voyezque la main manifeste un tremblement sensible qui est aussi un des caractères*de la maladie. (A la malade) : Vous avez 27 ans. t. l'étude de l'écriture n'a d'intérêt que lorsqu'on sait quelle était l'écriture du sujet avant sa maladie. Enfin de quelle année? (Pas de réponse). (S'adressant à la malade) : Levezl'autre main. Cependant. Elle se rappelle seulement qu'elle est née le 13. comme elle dit. comme je le lui demande. i. fautes d'orthographe qu'on ne commettait pas auparavant. M. et elle ne peut l'allonger hors de la bouche. Ainsi. M. de là la difficulté qu'elle éprouve pour s'en servir. Voilà une grosse lacune. Quel jour êtes-vousnée? La malade : Je suis née le 13 janvier. . vous pénétrez plus avant dans le diagnostic. une fois qu'elle a réussi à la mettre clansla position que je lui ai indiquée et qu'elle veut. Eh bien 1 avant d'être malade. mettez voire main comme cela. une très bonne élude de l'embarras de la parole spécial. elle saute. mais sa langue est constamment agitée par des mouvements involontaires. si votre oreille est bien exercée. CHARGOT : Au lieu d'écrire janvier. vous donnera déjà quelques renseignements. vous trouvez en second lieu du tremblement des lèvres. : Elle vous dit elle-même le phénomène qui se produit. (Pas de réponse). elle est née. (La malade essaievainement de projeter sa langue en avant). Nous allons essayer maintenant de la faire écrire. écartez les doigts. en l'écoutant bien. CHARGOT (aux auditeurs) : Vous pouvez faire. sur lequel je veux appeler votre attention. puis le trern11 CHARCOT. mais assez cependant pour qu'on puisse la reconnaître. La difficultéd'écrire est en général un phénomène très complexe. quel mois et même quel jour du mois il est né — car ce sont là des renseignements qu'on peut être appelé à donner à chaque instant : Eh bien ! les malades auxquels je fais allusion perdent souvent de très bonne heure le souvenir de ces choses. Vous voyez: elle a delà peine à la maintenir 1 dans un certain équilibre1. Elle a oublié l'année où. chacun doit savoir quelle année.Mais ce n'est pas seulementle tremblement qui l'empêche d'écrire . 2«édit. Leçons du Mardi. Je lui dis de tirer la langue. En même temps que vous faites écrire et précisément parce que vous faites écrire. Voilà la caractéristique d'une amnésie assez prononcée. Il est très fréquent de voir un malade ne pas pouvoir dire la date clesa naissance.-Vous avez rencontré d'abord un certain embarras de la parole qui. l'année où il est né. Vous voyez. Vous la voyez d'abord étendre la main par une sorte de mouvement de reptation . vou-Si pouvez tenter une épreuve en ce qui concerne l'état de la mémoire. la trépidation de la langue est très marquée chez elle. la chose n'est pas encore très accentuée chez elle. Recommencez. à mesure que vous avancez. Celle-cinous a dit : je suis née le 13 janvier. Il y a d'abord un peu de tremblement des mains. il faut tenir compte de l'influence de causes qu'on peut appeler psychiques : oubli des mots. Naturellement. (A la malade): Mettezvotre plume de côté. écarter les doigts. elle n'écrivait pas trop mal.— 81 — M. calculez. mais le 13 janvier de quelle année? (S'adressant à la malade) : En quelle année êtes vous née ? (Jja malade ne répond pas). elle a écrit javier. CHARCOT.

s'imaginant qu'ils sont atteints d'un cancer lingual. Nous trouvons dans ses antécédents une tante épileptique. paralysie générale progressive — vous devez vous efforcer d'apprendre à reconnaître celte maladie sous tous les aspects où elle peut se présenter.. comme on l'avait cru autrefois. c'est la mégalomanie dont nous parlions tout à l'heure qui ouvre la scène . Un mot sur l'hérédité de celte malade qui est assez intéressante. la mémoire de certaines choses et surtout des faits anciens. On a beau leur assurer qu'il n'en est rien. des nuances que notre éminent collègue M. il est possible qu'alors pendant assez longtemps encore le tremblement des lèvres et de la langue. Les signes ordinaires de la paralysie générale se manifestent par la suite. — On n'observe plus la méga- . le plus souvent peut-être cette mégalomanie fait défaut et c'est auprès du neuropathologiste que se rend d'abord le malade. la maladie est inaugurée par l'invasion d'idées sombres et de préoccupations hypochondriaques . de grandes lacunes dans la mémoire. plusieurs exemples du genre. que le cancer imaginaire de la langue marque souvent le début de celte pénible affection. ces cas-là forment un groupe particulier qui est observé particulièrememt par nos confrères de la psychialirie . Tout en maintenant. des mots qui manquent. un oncle mort d'une affection cérébrale.détromper . très judicieusement à mon avis.82 — blement des mains. ils se rendent chez des médecins et des chirurgiens qu'ils consultent tour à tour avec insistance. l'auteur insiste sur les différencesremarquables qu'elle présente au point de vue clinique dans ses premiers commencementssuivant les sujets. Dans une troisième catégorie. car la mémoire des choses nouvelles a disparu en grande partie. c'est toujours M. se plaindre par exemple de souffrir de la langue. l'unité foncière de la paralysie générale progressive. Les malades viennentvousmontrer leur langue tous les huit ou dix jours . et c'est une remarque qui a été déjà faite par d'autres auteurs. Il y a là surtout. soient absents ou ne soient pas encore bien caractérisés. et si nous voulions étudier la mémoire de notre malade d'une autre façon. Il n'est pas rare de voir des sujets. je ne veux pas dire par là que tous les malades qui souffrent imaginairement de la langue. Nous n'ignorons. bien qu'en général. vous cherchez vainement. viennent se ranger les cas où les troubles psychiques restent effacés. l'omission de certaines syllabes. soient pour cela condamnés à la paralysie générale. des fautes d'orthographe. Il n'est pas difficile de faire un diagnostic de ce genre lorsqu'on en a un peu l'habitude. Falret qui parle. Chez d'autres. mais je maintiens. Ealret a parfaitement mises en relief. pendant longtemps ils reviennent malgré tout à la charge. mais fort souvent. au début de la maladie.sur l'arrière plan à l'origine. etc. etc. ils persistent dans leur conviction. l'embarras de la parole qui sont si importants pour le diagnostic. Vous avez compris qu'il s'agit ici d'un cas de méningo-encéphalite diffuse.pas cpiela paralysie générale n'entraîne pas toujours avec elle. J'ai vu pour mon compte. des idées de grandeur marquant une véritable aliénation mentale. c'est là un mode de début assez fréquent. il y a longtemps déjà. Chezles uns. le sujet ait conservé l'apparence de la lucidité d'esprit. nous y reconnaîtrions facilement d'autres lacunes plus profondes. un père alcoolique.à les . l'écriture difficile. car ce n'est pas là une maladie rare.

pour n'invoquer que des souvenirs récents. Falret auquel je me conforme. une hémiplégie. qui se développe. est là déjà en pleine évolution . et qu'au lieu d'hyperémie. un peu de tremblement des mains complètent le tableau. même au clinicien le plus exercé. physiologiquement.jusqu'ici. sans changer de nom ou de nature.comme . de façon à plus contraster remarquablement avec l'ubiquité apparente des phénomènes psychiques. il n'a pas cessé cependant.relégués en tout cas sur l'arrière plan (1). Certainement. toujours suivant l'enseignement de. Un certain degré d'amnésie sera peut-être seul constaté. Le malade n'est pas sous le coup d'idées tristes . un homme fort distingué dans sa profession se présente devant moi de temps à autre avec un embarras très accentué et pour ainsi dire caractéristique de la parole . M. il n'est pas tourmenté par des préoccupations hypochondriques. en apparence du moins. Le mot congeslif n'a aucune de celasemble vouloir dire espèce valeur. cpieles accidents cpii se produisent sont déterminés par une certaine congestion plus ou moins rapide et survenant par accès. à propos d'autres maladies du système nerveux. cela n'est pas douteux. des vaisseaux encéphaliques. et l'on se réjouit déjà de l'issue du mal. pour le moment. Par contre. Le fait est qu'on ne sait pas exactement ce qui se passe en pareil cas. ou à la suite seulement d'un élourdissement. paralytique et les formes précédentes où les troubles psychiques s'accusent et prédominent dès l'origine. paralytique. les affectionsdu système nerveux peuvent se présentera nous dans la clinique.— 83 — lomanie ou la béatitude niaise qui souvent la remplace. les troubles psychiques sont. on ne s'est aperçu de rien si ce n'est de la difficulté qu'il a à parler. cliniquement. Un certain degré de titubation dans la démarche. Il se passe ici d'ailleurs ce que je vous ai fait remarquer déjà bien des fois. dans les cas auxquels je fais allusion. Nous ne devons jamais cesser de nous exercer à dépister les aspects indéfiniment variés dans lesquels. de prévoir tous les cas possibles. je le répète. les troubles somatiques s'accusent rapidement et souvent au haut degré. mais peu importe. Cela dure deux ou trois jours. des attaques apoplectiformes suivies d'hémiplégie temporaire.la paralysie générale. Il y a là une source d'étude pour ainsi dire inépuisable. estle mode çonge/stij. Un quatrième mode de début de cette paralysie générale. de l'ataxie locomotrice progressive par exemple . Ce qu'il y a tout intérêt à connaître. Ce malade qui habite l'Espagne y exerce la profession d'ingénieur et occupe dans son pays une position élevée. et cependant. puis tout rentre dans l'ordre. Voilà à la suite d'une pareille attaque. il s'agit peut-être-d'ischémie . Mais a succombé 4 ans après le débutdu malprésentanttousles caractères de la (1) Ce malade dëyhencè onditen Allemagne. ni'assure-t-on.comme on * l'a appelé. à peine escpiissés. le plus souvent une mono-plégie brachiale. s'il est vrai que l'évolution conforme an type créé par Duchenne de Boulogne est toujours chose fréquente. Ainsi. il est vrai égalementque lesanomalies dans le mode de début sont peut-être plus communes encore et il est difficile. cela dure depuis un an. c'est que. il se produit à l'origine. Remarquez le contraste frappant cpii existe entre celte forme surtout somatique. de s'acquitter très régulièrement de ses fonctions.

il y a des analogies incontestables et souvent une relation étroite dé concomitance entre ces accidents-là et l'épilepsie motrice partielle. à plusieurs reprises. mais n'oubliez pas cpiele diagnostic est parfois d'une difficulté extrême. à dessein. plus fréquents peut-être que les précédents. puis permanent. dans l'épilepsie sensitive. les symptômesclassiquess'accumulent. il y a six mois. puis envahissantla jambe. elle ne peut plus parler du tout. alors qu'autrefois. Revenons à notre malade. les trois principales formes de l'épilepsie Jacksonnienne. Si nous remontons dans la série des événements qui Pont amenée à l'étal où elle se trouve. c'est l'apparition de ces symptômes d'épilepsie sensitiveque je viens de vous signaler avec insistance. d'abord transitoire commel'accès lui-même. puis du bras. ses affaires avec beaucoup d'activité. débutant par le pied. supposer si la malade a été syphilitique qu'il s'agit d'une pachyméningite gommeuse. se mettant à pleurer sans cause. Transportez-les dans le domaine de la sensibilité et vous retrouverez ce que j'appelle Pépilepsie sensitive. et comme les attaques congestives sont suiviesde périodes de repos. en définitive. il peut se faire aussi que la paralysie générale commencede celte façon et justement chez . gagne la moitié correspondante de la langue et des lèvres du même côté . en somme.on ait affaire à des pachyméningites gommeuses qui reproduisent à peu près la symptomalologie cpie nous nous sommes attachés à décrire. brachial et crural que nous avonsreconnus à propos de l'épilepsie partielle motrice.d'autres cas. puis remonte à la face. Elle a éprouvé. puis en général survient un embarras de la parole. C'est qu'en effet. il y a quinze jours qu'on lui fait des frictions mercurielles sous les aisselles. Seulement. nous constatons qu'elle est malade depuis un an. On peut au début. vous êtes enchantés. dans les conditionsoùnotre malade d'aujourd'hui s'est trouvée • placée. le bras. Les attaques dites congestives se révèlent sous cette forme clinique que je baptisais l'autre jour d'épilepsie sensitive. Vousadministrez le mercure. réservezle pronostic. sans motif. et parvient à la main. car. le malade va mieux. et avecl'embarras delà parole devenu permanent. ressentant des langueurs dans les membres. puis un troisième accès. alors qu'en réalité. un engourdissement dans la face qui descendait dans le bras et dans la jambe et en même temps. On retrouve. avec embarras da la parole. oubliant des choses importantes clansson commerce. Pavant-bras.les mêmes modes de début facial. et qui parfois se montre tel que. Je ne blâme pas celte manière de faire. mais qui persiste enfin à l'état permanent. la sensation d'engourdissement gagne la main. il faut continuer. car il peut se faire que. d'abord transitoire. c'est la méningite diffusequi est en jeu. un embarras de la parole assez fort. ce n'est plus d'hémiplégie à répétition qu'il s'agit. je répète. l'iodure de potassium avec empressement. Lemalade ressent dans l'une des mains un engourdissement qui paraît remonter le long de l'avantbras. Soyez donc prudents. qu'on lui donne de l'iodure de potassium. avec ses accès d'épilepsie sensitive. Il y a un an qu'elle a commencé à donner les signes d'un caractère aigri. Il peut arriver que l'accès commence par la face. Cela rappelle.- 84 bientôt suivent un deuxième. et que la paralysie générale est chose malheureusement trop commune. Maisla véritable manifestation officielledelà maladie qui se préparait déjà depuis quelque temps. à ' elle veillait. par moments. il peut arriver qu'effectivement. Dans. où se fait d'abord sentir un engourdissement cpii ensuite descend dans le bras.

Quand cela lui arrive. sa signification clinique ? Si j'insiste dans le cas piésent sur ce syndrome : Migraine ophtalmique. l'aphasie transitoire. en éloigner le retour. non de la migraine. p. en pareil cas. mais suffisamment caractéristique. Maisle plus souvent. III.— 85 noire malade. mais de son Sosie. il faut bien reconnaître que c'est bien la paralysie générale qui est en jeu.. les chosesse sont passées comme je viens de le dire et le traitement anti-syphilitique a été appliqué dans toute sa rigueur. dans le domaine de la sylvienne. si cela est. ce n'est plus de migraine ophtalmique qu'il s'agit. d'un professeur d'histoire dans une faculté étrangère. dont jevoùs ai parlé déjà. pourra atténuer ces accidents. hémiopie. cette fois. vous devez comprendre que. Cela est intitulé Migraine oph- T. La migraine ophtalmique est. Je tiens maintenant à relever chez notre malade la présence d'un symptôme qui se rattache en somme au syndrome. quel est son rôle. et le syndrome migraine ophtalmique: ce sont deux choses différentes. elle est venue se plaindre à nous que.suivie d'hemiopie.OEuvres complètes. épilepsiepartielle sensitive. q. 72s. lesmaladiesdu système nerveux. de temps à autre. les lésions méningo-encéphaliques qui forment le substratum analomique de la paralysie générale.Eh bien. migraine ophthalmiqne subordonnée. en pareille circonstance. etc. « » mais vous n'ignorez pas que. devront reproduire le même syndrome. douleurs de lèle sus-orbitaires qui terminent la 'série. C'est àla page 72 (l). il y a 3 ou 4 ans. chez lequel nous avonsvu la paralysie générale commencer dans ces conditions. ont à la surface de Pécorce une localisation quelconque. Ce n'est pas ainsi que se passeraient les choses s'il s'agissait. Leçonssur . aux lésions de la ménihgo-encéphalite diffuse. elle avait devant les yeux ce qu'elle appelle des flammècheset elle a représenté l'image de ces « flammèches » parmi dessin grossier. Il y a la migraine ophtalmique entité morbide. une affectionrelativement bénigne. Il est clair que les accidents de la migraine ophtalmique vraie."succèdeun violent mal de tète sus-orbitaire et elle est obligée d'aller s'aliter. localisées clansles mêmes régions. l'histoire d'un homme"fort distingué. je veux parler du syndrome. J'ai raconté. et il n'est pas douteux cpiecela soit. dans le troisième volume de mes leçons. Vous le voyez: Scotôme scintillant.Il y a 15 jours. et après touC comme il s'agit d'un cas qui est cliniquement du plus grand intérêt. C'estbien là la description du syndrome. dans la règle. les faire disparaître. certains accompagnants comme j'ai proposé de les appeler. c'est bien évident : quelques grammes de bromure de potassium ne suffisent pas à conjurer les graves événements que prépare l'avenir. Mais. Mais que vient-il faire ici. delà face. sans sortir du cadre. A cette sensation lumineuse. mais les résultats ont été nuls et aujourd'hui. en réalité. l'emploi prolongé du bromure de potassium à closesuffisammentélevée. elle ne voit plus que la moitié de la figure des gens qui se présentent devant elle. cen'est pas la migraine ophtalmique elle-même que j'ai en vue. on peut bien le relire.Alors. essentielle si vous voulez. d'après mon expérience du moins. peuvent assombrir la situation : Tels s'ontles engourdissements des extrémités. migraine ophtalmique.

Il a eu alors une attaque. est âgé de « 3b ans. parésie « Il est resté troublé pendant huit jours.Onest toujours en défiancede soi-même.. Cette attaque congestive peut. L. Jamais un clinicien ne peut dormir tranquille. si vous vous y êtes placés légitimement. mais il est nerveux. Mais quand vous êtes dans ces tie un traitement à oronnées.— 86 — ihalmiqueel paralysie générale progressive. Cela a duré deux heures. de et d'engourdissement du membre supérieur droit. vous avez_ donner.. mais laiel anguisin herbâ. dési« gnée sous le nom de forme paralytique. en outre. quelquefois. professeur d'histoire. et je vous disais l'autre jour que cela pouvait bien tenir à la syphilis . c'est la paralysie générale des neuro-pathologistes.la maladie faite par la jeune femmedu malade: « Depuis deux ans.. je les en félicite. venu en France pour étudier le droit. Je reprends : « Huit jours plus tard. Au mois de février 1882. qui est presque inintelligible. oui. certaines épilepsies partielles et la syphilis vont très bienensemble. « Les premiers troubles qui ont frappé l'attention remontent au mois de septembre « 1881. ce qui semble indiquer qu'il a eu une « série d'attaques qui ont présenté cette particularité que les secousses prédomi« liaient à droite. ou de paralysie générale sans aliéna« lion » C'est bien cela. que ce cas. il paraît se remettre complètement en apparence . distinguée de la paralysie générale des aliénisles. je le répète. il a « une troisième attaque avec les mêmes symptômes de migraine. » Car cela peut aller jusque là. il est irritable. tremblement fibrillaire de la langue. scopremière « lôme scintillant et affaiblissement de la vue du côté droit.Heureux ceux qui croient tout savoir^etn'avoir plus besoin'd'apprendre ! Il paraît qu'il y en a qui sont ainsi faits . « connaissance. aujourd'hui que l'on sait qu'il « existe une forme de paralysie générale où le délire ambitieux ne figurepas. quoique le malade ait eu . il offre actuellementles phénomènes suivants: embarras spécial de la « parole. l'embarras de la parole a persisté. « il a cette fois des secoussesconvulsivesà caractère avec perte de épileptiforme. accompagnés d'ein« barras de la parole. cependant. il est entouré d'embûches de tous les côtés. » Vous dites: C'est une migraine ophthalmique. « irrité: il peut se remettre au travail. Mais l'attaque congestive. ensemble de phénomènes intellectuels et moraux « qu'on peut grouper sous la rubrique: démenceparalytique. Je rappelle les diversesmanières d'entrer dans la paralysie générale que mon collègue Fab'et a si bien décrites. cependant. « Rien déplus classique. A la suite de celte attaque. avecembarras de la parole. accès de migraine ophthalmique.• thalmiqûe et j'arrive enfin à mon malade dont je reproduis l'histoire résumée : « M. L'intelligence reste obtuse pendant 24 « heures. au mois de juillet der« nier. Je décris en quelques mots le scotôme scintillant et le syndrome de la migraine oph. Maisce qui est intéressant. c'est le plus triste métier qu'on puisse faire quand on veut l'exercer consciencieusement. lren>.être le début de la paralysie générale. et alors il faut que vous sachiez que. cela peut être aussi de Pépilepsie partielle motriceet de l'épilepsie sensitive.. La monoplégie motrice transitoire et la syphilis. puis tout est rentré clansl'ordre. méticuleux. il a eu une deuxième attaque sans perle de « connaissance. « blement spécial des mains. il a pu passer avec succès un examen de droit devant la Faculté de Paris. la monoplésensitive et la syphilis s'associent parfaitement. niais.c'est l'histoire du début de.

11pourrait bien se faire que nous assistions au début d'une paralysie générale. il est atteint de paralysie générale et que le traitement n'y pourra rien . mais gardez-vous à carreau. Je lui dis . quelquefois 10. estvenu me trouver. sa parole est à peu près inintelligible . Le médecin qui me l'a amené a émis l'avis que les accidentsrelevaient de la syphilis. La mémoire est aussi affiliéeblie que le jugement et la volonté. n'allez pas déclarer à la famille que nous sommesmaîtres de la situation. ». N'oubliez pas que tous ces accidents-là. cpienous allons à coup sûr guérir le malade. épilepsie partielle et sensitiveséparées ou combinées. de paralysie a montré générale. Le brrts droit est resté paracelysé pendant un mois. d'une écriture tremblée. mais ceil copie cependant une page. employé dans une grande administration de l'Etat. ceil ne pouvait dire autre chose que « à cause que ». dis-je. se rencontre également dans le cas de la syphilis cérébrale. pleurant ceet riant avecune grande facilité. en effet. je veux bien entrer dans votre idée. chez moi. je me répète à dessein. 15 ou 20 ans pour se produire. Je crois que j'ai agi sagement dans la circonstance et que j'ai donné. 11faut en faire sondeuil. J insiste ici sur celle épilepsie partielle sensitivo-sensorielle. suivie le lendemain d'une ceparésie du membre inférieur droit. 11 s'est plaint d'avoir. le S mai « il aune cinquième attaque. il n'a rien dans lés pupilles et il écrit encore assez correctement. Pendant les cinq ou six jours qui ont suivi. avecparésie du bras droit. etc.le sens de la vue est affecté. il est devenu très enfant . un monsieur. N'oubliez pas qu'on peut avoir eu la syphilis et devenir paralytique général et lorsque c'est bien de cette affection-là qu'il s'agit.physio« nomie est caractéristique. sa langue tremble aussi .dilatée que la gauche . Faites part à la famille de Pambiguïté delà situation. mais très mobile. mais par la convergence. Je reviens à ma lecture : « Huit jours plus tard. ses mains tremccblent. 11éprouve de temps en temps le scotôme scinectillant. au confrère un bon conseil (1). compliqué d'épilepsie partielle motrice.— 87 — la syphilis.Vous ne devezpas oublier que cette dernière doit figurer parmi les accidents dits congestifs qui inaugurent quelquefois Pavènement de la paralysie générale progressive. qu'ils'agissait (1)L'avenir . Hier. je vous assure. depuisquelque temps. le traitement antisyphiliticpie n'y pourra rien. le regard éteint. Le malade est bien dans ces données-là. il a eu une quatrième attaque du même genre avec recrucedescence de l'embarras de la parole et faiblesse du bras droit. Vous le voyez s'avancer avec une démarche titubante . 11a eu la syphilis il y a 20 ans. hérissé de difficultésde tout genre. sa. Il y a donc là un diagnostic à faire et ce diagnostic est. je le veux bien. Enfin. absolument rien. tout cela. elle n'agit que faiblement par Pexci« talion lumineuse. C'est surtout à partir de ce moment que le niveau mtelc<lectuel baisse . Sa pucepille droite est plus. Tenez-vous sur vos gardes. accèsde monoplégie transitoire. Vous savez que les accidents cérébraux delà syphilis attendent. oui. les paupières tombantes. il faut en faire son deuil. desaccès d'engourdissements avec un peu d'embarras de la parole . il est docile. Il ne peut presque pas écrire de lui-même.

survenaient dans cette même main droite des mouvements eonvulsifs toniques. dans lesquelles l'élément douleur pré. à l'origine purement dynamique. Il faut bien distinguer ces cas où le syndrome en question fait en quelque sorte partie intégrante de l'affectation dans laquelle il . M. est devenue dans ces caslésion organique plus on moins irréparable. l'aphasie qui s'y rattachent peuvent. s'établir à l'état permanent. qui bientôt se généralisaient et nous avaient fait croire tout d'abord à l'existence cle l'épilepsie partielle. dans certaines circonstances. En résumé. Vous connaissez les méfaits de la migraine ophtalmique accompagnée.venu nous trouver se plaignant d'éprouver assez souvent des migraines atroces. Le scotôme scintillant.Parinaud en faisait connaître un autre du même genre (1). de ceux où la migraine conservant toute son autonomie nosographique entre seulement en associationavec • d'autres états morbides. dans les Archives de neurologie. mais en y regardant de plus près nous avons facilement reconnu que l'hystérie était là un jeu. dont vous trouvez les divers aspects représentés sur ce dessin. précédait constamment l'accès : peu après.et un rétrécissement concentrique du champ visuel du côté droit.• sentait une intensité extrême. de la neurologie. il sentait venir un fourmillement clansla main droite. ou dans son cours à titre de comparse. et vous savez que l'héiniopie.— 88 C'est là le signe d'Argyll Robertson que vous savez être l'un des caractères de l'ataxie locomotrice et en même temps de la paralysie générale. Voici un exemple du dernier genre: Il s'agit de la petite fille d'un des profest. 57. Il existait en effet une hémianeslhésie droite. Le jeune homme est. présente. Ne perdez pas de vue cependant qu'il ne faut pas toujours s'y fier. plus de consistance encore à notre diagnostic. le rôle qu'y jouent les points hystérogènes et les convulsionsn'étaient autres que des spasmes hystériques sous forme d'épilepsie partielle. J'ai rencontré plusieurs autres cas où le syndrome migraine ophthalmique a fait partie de l'attaque hystérique. Cela est d'autant plus intéressant à connaître pour le praticien que la migraine ophtalmique primitive essentielle est relativement bénigne. et je saisis l'occasion de relever que notre malade d'aujourd'hui. Vous avez sous les yeux un dessin colorié du scotôme scintillant représenté d'après nature par un jeune homme de 20 ans qui est venu nous consulter il y a quelques mois . puis cloniques. son observation a été recueillie par MBahinski qui se propose de faire paraître. Des pleurs. des sanglots terminaient souvent la scène. s'il est possible. p. un travail sur le syndrome migraine ophthalmique hystérique. cette modification de la réaction de la pupille qui vient donner. il importe de ne pas oublier que le syndrome migraine ophtalmique peut se présenter dans les commencements de la paralysie générale. La céphalée jouait donc. L'affection. '" Puisque je me suis arrêté sur l'article syndrome migraine ophtalmique.apparaît. dans les attaques. elle aussi. fl) Archives . V. je relèverais qu'on peut la rencontrer subordonnée à une affection moins dramatique que ne l'est la paralysie générale progressive. Quelque temps après cpie j'eus observé le cas dont je viens de vous lire la description. et enfin lorsque la céphalée était portée à son plus haut degré.

connus comme ils le méritent. ne croyait guère à l'hystérie. pour débrouiller le chaos. avec engourdissement de la main droite. elle a présenté pendant longtemps les accidents les plus variés de la grande névrose. Pour ce qui est de l'élément ataxie locomotrice progressive. J'ajouterai cpie l'examen des pupilles fit reconnaître l'existence très évidente du signe d'Argyll Robertson . seurs les plus éminents qu'ait comptés l'Ecole Française. appartiennent l'une et l'autre à la même famille nosologique. de l'hérédité arthritique. depuis quelques années. avec le dessin de fortification à la V'auban était parfaite. vous considérez que goutte et migraine. la migraine ophtalmique accompagnée pouvait être modifiéepar l'emploi continu et suffisamment prolongé du bromure de potassium à doses suffisamment élevées. en deux mots. appartenant à la clinique vulgaire et qui ne sont pas encore. dans les membres inférieurs. soit dit en passant.maladie autonome. de douleurs paroxystiques. Mais je n'aurai pas à le regretter. les réflexesrotuliens faisaient absolument défaut et lorsque les yeux étaient clos. Leçons du Mardi. il voulait le plus souvent n'y voir que simulation. il y avait de l'incertitude dans sa marche. d'aphasie transitoire. c'est la goutte. cette dame souffrait d'accès de migraine fort douloureux et pendant lesquels elle était souvent prise.Ceprofesseur. celle de l'hémiopie transitoire ne laissait rien à désirer.. si je suis parvenu à fixer dans votre esprit un certain nombre de faits importants. la goutte articulaire topliacée. mais elle souffrait en plus. Depuis longtemps. Une autre association fréquente de la migraine ophtalmique. Sa petite fille est la malade que j'ai examinée avecun de nos collègues et dont je veux. Son grand'pére avait été asthmatique. si je ne me trompe. on avait imapour se rendre compte giné l'existence de je ne sais quelle névrose complexe jusqu'à présent indécrile. il y avait lieu d'admettre la présence dé deux éléments parfaitement distincts. A mon avis. En second lieu. vous conter aujourd'hui l'histoire pathologique. t. Hélas! Sa fillelui donnait bientôt un démenti. l'ataxie locomotrice relevait de l'hérédité nerveuse. i. relevait chez Madame X. — Dans ce cas. le pronostic en était naturellement bien différent. D'abord la migraine ophtalmique.même sujet. D'ailleurs. la tamille arthritique. 2» édit.. mais associéschez un. parfois d'une intensité extrême et présentant. Je me suis laissé entraîner bien loin du sujet qui a été le point de départ delàprésente dissertation.— 89 — . 12 . de ce concours singulier de symptômes. CHARGOT. dans la seconde partie du siècle. — La mère avait été hystérique. car c'est une affection qui ne dément pas son qualificatif et dans laquelle la thérapeutique reste le plus souvent bien impuissante. cette combinaisonne sera pas faite pour voussurprendre si. tous les caractères des douleurs fulgurantes classiques de l'ataxie locomotrice progressive. La description du scotôme scintillant.

éprouvez-vousdes difficultés ? Lemalade : Oui. dites-vous. M. CHARCOT : Quel genre de douleurs ? Le malade -.auparavant. M. c'est .— 90 - 3e MALADE (Homme de 30 ans. Monsieur: M. il s'est produit ici. 30 ans et vous êtes malade depuis un an? Racontez-moicomment s'est produit cette espèce de paralysie. cette sensation a gagné de plus en plus le haut de la jambe et les articulations. J'avais eu des douleurs.CHARCOT : Dans le temps même où vous n'aviez que des douleurs? Remarquez avec quelle rapidité s'est développée cette période par apiégicpie. CHARCOT Le malade : Je suis tailleur. CHARGOT: Dans ce lemps-là. M. CHARCOT : Vous avez. CHARGOT-: Pour pisser. la peau était très sensible. Le malade : Cela passait tout le long des jambes et me durait au moins 24 heures.CHARCOT : Etes-votismarié ? Le malade : Ma femme est morte. et je me servais de ce moyen pour arrêter un peu la douleur. M. vous n'avez pas eu la paupière tombante ? Le malade : Non. vous travailliez? Le malade : Oui. CHARGOT : Et de quand date votre maladie ? Le malade : Il y a 13 mois que je suis commecela. Cependant.Desdouleurs rapides. Je lui donne le nom de paraplégie.CHARGOT Le malade . CHARCOT : Donnez-nousune description de ces douleurs rapides. CHARCOT :. CHARCOT : Depuis longtemps ? Lemalade : Depuis le commencement de ma maladie. M. un état qui ne se manifeste le plus souvent qu'au bout de plusieurs années. cela me faisait même du bien.. CHARCOT . en quelques mois. vous n'avez pas vu double. je ne pouvais pas les détacher de terre. vous marchiez encore. Le malade : J'ai commencéà avoir les jambes lourdes.Quel âge avez-vous? Lemalade : 30ans. Dans l'ataxie locomotrice. cela ne me faisait pas mal. M.) M. Est-ce cpie. vous n'avez pas eu dans les yeux quelque chose d'extraordinaire. je pisse difficilement. : Et avant ? M. M. Quand'j'appuyais fort ma jambe. Ma peau devenait très sensible. M.CÏIARGOT :Combienya-l-il de temps cpi'ilvousestdevenuimpossible de marcher? Le malade : Il y a trois mois. c'était commesi on m'avait attaché des poids aux pieds. M. M. C'est un fait anormal dans l'espèce . parce qu'en effet le malade est incapable de se tenir debout et à peine capable de mouvoir ses membres inférieurs. : Que faites-vous? M.

lentement et progressivement. parfaitement constitué et qui jusque là n'avait jamais été sérieusement malade. Ici. incapables de tout mouvement. en revenant d'une promenade qu'il avait faite au PalaisRoyal. d'un sentiment de faiblesse remarquable dans ses membres inférieurs qui se dérobaient sous lui à chaque instant.18 ans avant que ne paraisse l'incoordination motrice.— 91 — d'elle qu'il s'agit . pensant que c'étaient des rhumatismes. Cet homme vigoureux. c'est dans cet état que je le vis quelques jours après ce début. mais qu'il n'en avait pas tenu compte. je ne portai pas de pronostic ce jour-là. le pronostic est aussi grave qu'on pourrait le croire au premier abord. lemalade avait de petites douleurs dans les jambes. d'après mon expérience du moins. on n'en sort jamais tout à fait. il a continué à avoir des douleurs fulgurantes et des troubles vésicaux . absolue. que j'ai été invité à voir il y a quelques années avec l'un de nos confrères de la ville. s'établissant d'une façon rapide. fin raison même de la rapidité avec laquelle la maladie s'est développée. dont le cas ressemble un peu à celui de mon militaire. quand on est entré dans l'ataxie. en réalité. les douleurs fulgurantes occupent seules la scène pendant quelques mois à peine. lorsque dans l'ataxie locomotrice l'impuissance motrice se montre ainsi prématurément. l'incoordination dure trois mois seulement et aujourd'hui.que je ne pouvais dire alors ce que je vais vous dire à propos de notre malade d'aujourd'hui. jamais cela ne l'empêchait démarcher. mais il y aune grande différence entre marcher sans canne. marcher avec une canne et être condamné à rester au lit. nous en sommes arrivés déjà à la dernière période marquée par l'impuissance presque absolue. et l'impuissance paraplégie ne se montre en général que lorsque cette dernière a persisté pendant plusieurs années. J'appris que. Je pensai à l'ataxie locomotrice et je fisdes recherches dans ce sens. on-peut. mon pronostic d'aujourd'hui. Eh bien.4. c'est la probabilité d'une restauration. depuis 10 ans. Les membres inférieurs étaient complètement flasques.10. dans ces cas-là. au bout de 3 ou 4 mois. et. ce qui n'est pas le cas lorsque la paraplégie s'est établie suivant la règle commune. inertes. s'attendre avoir survenir une période de réparation plus ou moins accentuée. parce que je n'en savais pas assez pour le faire en pleine connaissance de cause. a commencé à pouvoir remuer ses membres. âgé d'une cinquantaine d'années. Les réflexes rotuliens et les cutanés taisaient absolument défaut. d'ailleurs. comme des élancements . au contraire. De retour chez lui. . Vous comprenez cpie. Il avait aussi de douleurs dans la verge et cpielques difficultés d'uriner. à-peu près toujours. Les cas de ce genre ne sont pas tout à fait rares en clinique et il est important de savoir si. pour ainsi dire subit. temps en temps quelques Il est clair 1 que mon militaire était un ataxique chez lequel la période des douleurs fulgurantes avait tout-à-coup cédé la place à la période paraplégique dans laquelle les membres sont incapables de toute espèce de mouvements. Le cas le plus frappant de ce genre que j'aie jamais rencontré est celui d'un ancien militaire. l'impuissance motrice étant devenue bientôt complète. se sentit pris un beau jour. Mon militaire. on peut souffrir de douleurs fulgurantes pendant 3. Naturellement. il fut obligé de prendre le lit. je ne dis pas d'un rétablissement complet de l'état normal.

M. CHARCOT: VOUS êtes tailleur. Il avait eu une maladie de la jambe. dans lés cas de ce genre. plus de jambes. : De quel pays êtes-vous? M. Votre logement est-il humide ? Le malade : Nous demeurons au cinquième. dont la tête fût un peu dérangée. tout récemment encore. : (s'adressant au chef de clinique ) : Avez-vousexaminé ses pupilles? M. est-ce que vous savez où elles sont dans votre lit? Le malade: Non.CHARCOT : Voicipourquoi je lui demande cela. : El vos mains? M. (S'adressant au malade) : Qu'est-ce que vous pouvez faire de vos jambes? Le malade : Pas grand chose. chez un avocat qui demeure à Saint-Sébastien. M. CHARCOT Le chef de clinique -.92 — mais il a retrouvé la faculté de la marche et il l'a conservée. à l'âge de 30 ans. originaire de Galicie. CHARCOT Le malade : Je suis Polonais. vous voyez. :Vous ne vous rappelez pas qu'il y ait eu parmi vos parents des gens M. CHARGOT : Est-ce que vous avez encore des douleurs ? Le malade : Oui. —• Entre autre. et tout à coup. car je l'ai perdu de vue.Ellessont aussi un peu prises. on la lui a coupée. en Espagne. Le malade : J'ai ma tante qui est devenuefolle. Je suis chez mon beau-frère. on a des chances de trouver facilement la raison héréditaire delà . M. CHARCOT Le malade -. M. CHARGOT : Avez-vouscomme un corset à la base de la poitrine ? Le malade : J'ai toujours souffert dans les reins. C'est toujours la même histoire: douleurs fulgurantes pendant plusieurs mois ou années. CHARCOT: Quand vous êtes couché. c'est seulement d'une restauration relative qu'il peut être question. qu'on a affaire à des ataxiqués précoces. Je ne sais pas de cptoi mon père est mort. M. un beau jour. on ne peut espérer.Ellessont inégales et peu sensibles à la lumière M. J'ai rencontré. M. C'est toujours un peu humide. où demeurez-vous? Jje malade : Rue Boissy d'Anglas. CHARCOT .'mais rarement.vous Pavez compris. Malheureusement. toutes les fois. voir se rétablir une marche tout à fait normale. et lui. je connais bien ma famille. M. CHARCOT ayant eu des idées noires. de fait. ce malade commence à marcher. M. plusieurscas où les chosesse sont passéesde la mêmefaçon. c'est que.CHARCOT : Est-ce que vous n'avez pas entendu parler de personnes de votre famille ayant eu des maladies nerveuses ? Jje malade : Non.CHARCOT Est-ce que vous les sentez quand vous ne les regardez pas? Le malade : Pas beaucoup. Monsieur. à ma connaissance pendant plusieurs années. est réduit à l'état où vous le voyez. Je n'en puis dire plus long sur son compte. depuis.je puis à peine les mouvoir. CHARCOT (au malade) : Avez-vous bien connu votre famille ? Le malade : Oui. J'ai fait mon diagnostic et mon pronostic en me fondant sur l'expérience acquise .

CHARCOT Le malade . CHARCOT Le malade : Oui. une autre maladie hérédiliare. Vous savez ce que je pense de l'influence de la syphilis sur le développement de l'ataxie locomotrice. : Unhomme est ataxique en puissance ce M. l'hérédité soit plus imminente. s'il n'éprouve pas de grand chagrin. aie malade) : Où sont vos parents ? Le malade : Ils sont morts. pas malades. A peu près. La cause originelle. Je crois qu'on pourra le tirer de la situation ou tout au moins l'amender . Ainsion a vu plusieurs foisune chute. vous n'étiez pas malheureux ? Le malade : Je n'étais pas malheureux quand je travaillais. nous ne nous apercevons pas pas plus que lui. elle jouerait tout simplement. elle aussi. Je crois que l'hérédité nerveuse joue un rôle important dans tous les cas d'ataxie. Eh bien. La cause occasionnelle produit des résultats différents. elles aussi. Il semble que. selon cpi'il y a prédisposition différente chez les sujets. M. La cause occasionnelle ne fait que jouer le rôle provocateur. Mais si par malheur cet homme est condamné â se surmener s'il éprouve un ébranlement moral comme celui qui résulte quelquefois de la mort d une femme aimée. si ce n'est qu'une de ses tantes est devenuefolle. le rôle d'agent provocateur. c'est l'emploi souvent répété de petites pointes de feu. je la fonde sur la connaissance d'un assez grand nombre de cas qui m'ont paru fort significatifs. s'il ne se surmène pas. l'autre cpiiest prédisposée l'ataxie ressent au bout de quelques semaines des douleurs fulgurantes dans les jambes. Nous ne pouvons rien savoir de sa famille. J'ai encore deux frères et une soeur. . M. Cette assertion. nous allons essayer de mettre ce brave homme sur ses pieds. par. en pareille circonstance. Dans le même wagon se trouvent deux individus également soumis à l'ébranlement : l'un cpii est prédisposé à la goutte est pris quelques jours après d'un accès dergoutte. chez eux. fort efficaces. il est en général beaucoup plus difficilede faire la preuve de l'hérédité nerveuse. CHARGOT . (S'adressant. mais ce n'est pas elle qui a créé l'ataxie locomotrice. : Vousavez éprouvé un grand chagrin quand votre femmeest morte ? M. CHARGOT polcntia sed non actu » s'il ne lui arrive rien d'extraordinaire. sur toute l'étendue de la région spinale. ils n'ont pas d'attaques de nerfs ? Le malade : Je n'en sais rien. cette même cause. c'est la modification spéciale des centres nerveux cpie vous apportez avec vous en naissant.éxempleàPàge de 20 à 28 ans. Elle aurait pu. CHARGOT : Ils ne sont. il restera ataxique en puissance et de cela. : Vous gagniez votre vie ? M.. mais l'hérédité est facile à établir en général clans les cas précoces. Avant de tomber malade. chez les ataxiques qui sont pris des premierssymptômes. alors la révélation se fait et voilà la cause occasionnelle. les causes pliysiqties sont. notre grand cheval de bataille. tandis que dans lesataxies tardives. Monsieur.- 93 — maladie. la concentration du mal étant plus grande. en provoquer tout aussi bien l'apparition. un accident de chemin de fer provoquer chezles prédisposés l'apparition du tabès. Les causes morales ne sont pas les seules qu'on puisse invoquer en pareil cas . si le malade avait eu en puissance.

Les cas de tabès avec développement. aujourd'hui médecin des hôpitaux. mais je ne saurais dire dans quelles circonstances particulières ils se produisent. . Maisla démarche est devenue désormais celle d'un ataxique. Les réflexesrotuliens ont fait défautdès l'origine. retour progressif des mouvements dans les membres inférieurs. de caractère fulgurant. La station et la marche étaient redevenues possibles au bout du mois. ne me semblent pas tout à fait rares. Il s'agit d'un malade atteint de douleurs atroces.de l'impuissance motrice des membres inférieurs et dans lesquels par conséquent. Je pourrais vous citer encore le cas suivant que j'ai observé pendant longtemps avec mon élève et ami. paraplégie à début pour ainsi dire subit devenue complète à peine au bout de quelques heures et en même temps paralysie vésicale exigeant le cathétérisme. le Dr Gombault. la vessie est restée paresseuse. qui se sont succédées pendant une quinzaine de jours sans aucune espèce de répit. Ala fin de cette terrible quinzaine. M. le signe de Romberg est naturellement très accentué. après une période de douleurs fulgurantes qui avait duré plusieurs années. nuit et jour sans relâche.— 94 — Je vous parlais tout à l'heure de ce militaire atteint tout à coup d'impuissance motrice. la maladie va sans transition de la première période aux périodes extrêmes.pour ainsi dire subit. A la suite des applications de pointes de feu. les douleurs fulgurantes persistent à un moindre degré qu'autrefois.

permettez-moi d'entrer dans 'le détail. qui était présent. Il y a. il serait resté certainement incompréhensible pour nous. avec la chorée rhythmée). elle a donné une claque à son garçon âgé de 7 ans. entérines vulgaires. 2° Hystérie à grandes attaques. mais sur la mère. la suite d'un soufflet donné 3° De la maladie 4° Paralysie des tics (diagnostic faciale. si nous n'étions pas initiés désormais à la connaissance des paralysies hystéro-traumatiques par nos études récentes.tombé parterre. il paraît que le coup n'était pas trèsviolent. Le gamin n'a pas crié plus qu'on ne crie pour un souffletbien appliqué. Il y a environ un an. cela s'appelle. pour qu'il en soit résulté pour elle une paralysie de la main.. D'abord. C'est . le souffle donné avec la paume de la main. la seconde espèce. à distinguer deux espèces de giffies. s'est trouvé fort étonné d'en voir le résultat. bien qu'avec le temps. -—il y a un an que la claque à été donnée —ils se soient un peu atténués. en se plaçant en face de la joue qu'on veut atteindre. ce souffletétait donc énorme? Pas du tout. c'est le souffletdonné avec le revers de la main. SEPTIÈME LEÇON OBJET : 1° Paralysie hysté'ro-traumatique. non sur l'enfant. mais ce qui est rare c'est que cette correction soit pour celui qui l'inflige l'occasion du développement d'une certaine paralysie de la main dont nous pouvons reconnaître aujourd'hui encore tous les caractères. la giroflée à 8 branches.à avec le revers de la main. au moins. et le mari. La malade que vous avez sous les yeux est venue nous consulter pour un accident singulier dont l'interprétation ne sera pas très difficile-aujourd'liui . qui persiste depuis un an? L'enfant est donc. Vous direz peut-être : quel terrible soufflet cette femme a-t-elle pu donner à son enfant. Il s'agit d'une claque donnée d'un revers de main.Policlinique du Mardi 17 Janvier 1888. Ce n'est pas une chose rare dans un certain monde que ce mode de persuasion"ou"do réprimande .

Elle figure un gant remontant jusqu'au dessus du poignet. à contours plus ou moins irrégubers. elle redresse-lamain. Comment les choses se sont-elles passées? Je ferai remarquer. Il y a. Les aneslhésies résultant de la lésion du nerf radial. répondant au mode de distribution de ces nerfs.Ceux d'entre vous. et une difficulté du mouvement d'extension. Commevous le voyez. puisqu'il en-résulte une gêne fonctionnelle du mouvement des parties affeciées. ont aussi leur distribution cutanée spéciale. si la lésion portait sur ces nerfs vous auriez des distributions de ce genre. cependant. non plus que la direction qu'on lui a imprimé. de quoi il s'agit chez notre malade. compris. mais sivous tâchez de la fléchir. entière. Voilà donc un accident traumatique léger et ne présentant. doit donner lieu à toutes sortes de considérations.— 96 elle qui a le plus souffert. Voilà une aventure en apparence bien insignifiante et qui. il y a. en réalité. (A lamalade): Redressez votre main. à l'occasion d'un malade atteint d'une lésion du seialique poplité externe. 11n'en reste plus que des vestiges à la vérité fort significatifs. Ce n'est pas la première fois que l'on voit se produire des accidents du même genre. vous pouvez facilement le voir. se terminant du côté de l'avant-bras par une ligne circulaire perpendiculaire à ce grand axe du membre et qui s'appelle quelquefois ligne d'amputation. et une partie du poignet. 3 et 4). cela est bien entendu. à la suite. elle ne sait dire quel est celui qui a été déplacé. .qui sont au courant de nos nouvelleséludes. ou du cubital. ne sauraient être rattachés ici à une lésion des nerfs périphériques. une certaine résistance.quelques jours. à une distribution de nerfs . en outre. Il y a eu en mêine temps anesthésie cutanée et anesthésie profonde avec perte plus ou moins complète du sens musculaire {. durant depuis 12 mois. au contraire. par les détails qui précèdent.quandon déplace successivementles doigts du sujet.de trauniatismes absolument. marquée par une diminution très notable de la force dynamométrique. elle occupe la main tout. pour un médecin attentif. elle n'offre de ce côté aucune espèce de résistance. d'abord. quand ce sont les rameaux nerveux qui sont affectés. Par conséquent. Du côté de la flexion. Il n'en est rien. elle a ressenti quelque chose de spécial dans la main. des troubles moteurs des troubles de la sensibilité cpii sont très particuliers et très intéressants à étudier. je vous ai montré une de ces plaques d'anesthésie.légers. Si vous considérez le mode de distribution de l'insensibilité.vous reconnaissezque l'anesthésie est disposée par zones ou plaques. L'anesthésie ne répond pas chez notre malade. L'anesthésie et la paralysie motrice. capable de faire reconnaître leur origine. Il existe. La paralysie a été autrefois beaucoup plus prononcée .. ont parfaitement . et tout à l'heure je vous en citerai quelques exemples. aucun caractère de gravité. (Fig. 11n'en est pas moins à prendre en considération. que cette-paralysie affectesurtout le mouvementdu côté de l'extension. Presque immédiatement. On ne saurait invoquer non plus soit une lésion .

Mais Fig. 13 CHARGOT.hystédes troubles de la sensibilité syring'omyélique /. soit une lésion bulbaire.' riques -.~Se .— 97 — spinale (1).De plus. de même par (1)On sait aujourd'hui d o se dans rencontrer la zonesgéométriques. peut par segments membres. que..Seulement celledernière habituelle chose au contrairedans-l'hystérie.\ éxtit. Les lésions corticales organiques réalisent rarement au même degré la distribution del'anesthésie que dansl'hystérie. ce n'est guère que clans l'hystérie qu'elle s'observe d'une façon aussi régulière et aussi nette. 3 eU. syringomyélie qui dans il n'y a pas perledu essentiellement est unemaladie spinale. couches optiques ou corps striés. se rencontreassezrarementchez les. Leçons du Mardi. i. la dissociation. dite sensmusculaire. t. soit même une lésion des niasses centrales hémisphériques. Il faut remonter jusqu'à l'écorcepour trouver l'origine d'une semblable disposition des symptômes.

mis en expérience. Dans ces conditions du grand hypnotisme. c'est ce que je vais chercher à établir. La connaissance de ces paralysies dites psychiques. Vous savez que comme l'enseignent Spencer. qu'il s'agit ici. c'est déjà le mouvement de ce membre envoie de s'accomplir. lemouvement en question de celle main . par exemple. y est reçue el s'y installe à la manière d'un corps étranger. Ainsi cela n'est guère douteux. Or. soit d'une autre manière. que vous lui aurez dit. pourront être reproduites artificiellement. l'idée du mouvement d'un membre. vous comprendrez aisémentcomment chez la somnambule l'idée de l'impuissance motrice d'un membre déterminera réellement l'a paralysie de ce membre.'dans les conditions psychologiques normales. chez les sujets placés en état de somnambulisme. automatiquement. donnez au sujet. J'espère pouvoir vous rendre témoins des résultats de cette expérience clinique un de ces jours prochains. les idées imposées dans ces conditions-là. toute idée introduite dans l'esprit du sujet. dans l'état de somnambulisme où les puissances d'arrêt sont annihilées.. chezles sujets placés clansles conditionsde ce que j'appelle le grand hypnotisme. le mouvement s'exécutera réellement. Bain. expérimentalement. Oni. Ribot. ainsi nous pensons fortement au mouvementd'extension d'une main. Je vous demanderai maintenant de me concéder immédiatement la réalité de . si l'idée est poussée au plus haut degré d'intensité. j'ensuis convaincu. ce n'est pas d'une lésion organique corticale grossière. la suggestibililé est portée à un très haut degré et là est véritablement le noeud de la situation. Il y avait donc analogie entre l'état d'une femme plongée dans l'état de grand hypnotisme. Le soufflet sera donné et je crois pouvoir avancer cpie la main qui l'aura appliqué sera. être la figure a'une personne détestée. etc.— 98 — ce concours delà paralysie motrice et de l'anesthésie cutanée et profonde disposées par segments géométriques. s'il en est ainsi. mais bien d'une lésioncorticale purement dynamique et cette lésion est de celles qui. par Pexpérimentateur soif à l'aide de la parole. Pordre d'appliquer un soufflet sur un corps dur quelconque.parce fait. acquérir une intensité extrême. privées du contrôle de cet agrégat d'idées qn'on appelle le moi. suivant l'intensité de l'acte et présentera justement tous les caractères spéciaux du genre de paralysie que nous observons chez notre malade d'aujourd'hui. parésiée ou paralysée. comme cela a lieu d'ailleurs souvent clans nos rêves. etnous esquissons. Celle réalisation de l'idée suggérée se produira dans les conditions les plus favorables et. une puissance presque sans limites. est devenue d'ailleurs chose vulgaire. peuvent. sans subir de critique sérieuse de la part du moi qui reste en quelque sorte plus ou moins profondément endormi. de ce fait. pendant un temps plus ou moins long. à fortiori. au gré de celui qui les a fait naître. Et l'on sait en particulier qu'il est possible d'obtenir qu'elles persistent telles après le réveil.L'analogieexisle. et celuicPune femmehyslérique mise en colère. hémorragie. ramollissement. Je vous rappellerai en deux mots quels sont les caractères de l'état mental clans le somnambulisme artificiel : absence de spontanéité. Dans les deux cas. elle est étroite même et c'est du côté de modifications de l'état mental qu'il faut la chercher.

Elle sera mise dans un instant dans tout son jour. Si. bien étudié par Groningen. amplifiée. en général. accompagnée d'une légère anesthésie et la durée de la paralysie produite de cette façon. opérant suivant le mécanisme que je viens d'indiquer.par exemple. mais seulement quelques heures. foutes choses égales d'ailleurs. s'installer définitivement. autrement. à la suite d'une sorte d'élaboration mentale cjuej'ai désignée quelquefois du nom de méditation. à la production d'une paralysie de la main et comment cette paralysie se montrera douée des caractères particuliers que vous savez. j'en ai fait plusieurs fois l'expérience. si le moi fût resté présent et actif. immédiatement après l'accident. quelques jours après. Ainsi chez un individu robuste. non plus de sujets sains. comme l'a relevé M. Il ne me restera plus alors qu'à faire comprendre comment le choc que reçoit la main qui applique un soumet aboutira. Vous connaissez sans doute ce qu'on appelle en chirurgie le phénomène du choc local. suivant moi. l'idée exagérée. mais. la parésie sera à peine esquissée et très peu durable. Supposons qu'il s'agisse maintenant. elle explique aussi pourquoi ces paralysies ne se développent pas. et persister après que l'esprit aura récupéré les conditions d'équilibre normal. suivant les sujets.— 99 cette analogie que je disais exister tout à l'heure entre l'état psychique de la somnambuleet celui qui se développe chez une hystérique. Billroth. varieront. ainsi que son intensité. c'est sur les régions mêmes où le choc a porté que s'installent la paralysie motrice et P'anesthésie concomitante. non seulement les phénomènes de paralysie déterminés parle choc loeal se montreront plus accentués. en raison même de l'état mental spécial où ils se trouvent. dans les conditions ordinaires de la veille. sous l'influence d'une vive émotion et en particulier delà colère. il en résultera à peu près successivementun certain degré de paralysie motrice de cette main. en conséquence de l'affaiblissement du moi. mais bien soit de sujets soinnanibulisés ou d'hystériques placés sous le coup des conditions mentales particulières que développe la colère . qui préside. pour un choc d'intensité donnée. pourra acquérir un haut degré de développement. serait à peiné accusée et se montrerait transitoire. en outre. par les développementsqui vont suivre. chez un manouvrier. on vient accidentellement à se cogner la main contre un corps dur. Telle est l'interprétation physiologique ou mieux psychologique— dans l'espèce en somme c'est tout un — que je propose pour faire comprendre l'évolution des . tandis que chezun névropathe. clans ces faits d'hystéro-traunialisme par choc local. en pareil cas. elle se montrera pour la même intensité de choc beaucoup plus prononcée et beaucoup plus durable. clans les conditions que j'ai spécifiées. C'est ainsi que chez de pareils sujets la paralysie qui. dans les conditions supposées. au développement des paralysies hystéro-traumatiques et vous remarquerez que mon hypothèseexplique pourquoi. poussée à l'extrême d'impuissance motrice et d'insensibilité des parlies soumises au choc. chezune hystérique. ils ne pourront pas manquer de faire naître dans l'esprit du sujet hypnotisé ou ému. ou d'hystériques. C'est donc un phénomène d'auto-suggestion.

: En tout cas. Maisil est possible encore que. vous savez que les méridionaux de sa catégorie ont la réputation assez souvent méritée de n'être pas patients. commevous l'affirmez? Les caractères de la paralysie ne paraissent peut-être pas suffisants pour entraîner.— 100 — faits d'hystéro-lrauroalisme avec détermination locale. L'hérédité est intéressante. Elle a 31 ans. a quelques jours. inflammable. qui a reçu la claque. présentes et passées. il recevait. pas de rétrécissement du champ visuel en particulier.d'ailleurs. battements dans les tempes. Mais je vous engage à la prendre pour ce qu'elle vous parait être et à considérer seulement. pour le moment. à la suite de l'enquête à laquelle nous allons nous livrer. M. elle a eu 3 enfants. quelques-uns d'entre vous fassent encore des réserves. la conviction dans les esprits. dans des circonstances que nous avons relevées.ramenée dans les limites de l'observation pure. que dans sa familleil y ades antécédents pathologiques qui méritent bien d'être mis en ligne de compte dans l'appréciation de sa condition . je ne croispas qu'il nous soit bien difficilede prouver que la malade est une hystérique et que tout est hystérique chez elle. il ne faut peut-être pas trop lui en vouloir de se montrer fréquemment un peu trop vive et emportée. Par contre. il n'y a pas d'hémianesthésie sensitive sensorielle. il y a ses antécédents pathologiques . Nous en apprendrons peut-être encore un peu plus long sur ce sujet. les phénomènes de Phystéro-lraumatisme par choc local se présentent bien réellement. que. de reconnaître une fois de plus. M. Onprétend qu'on a dû éloigner d'elle son enfant. Eh bien. CHAKCOT : Elle est extrêmement vive. Vous serez peut-être forcés. même la question étant. Il importe de remarquer . La malade est-elle vraiement hystérique. si nous interrogeons maintenant la malade dans une certaine direction. l'observation purement empirique le démontre. J'y liens assez. suivisde quelques secousses spasmodiques dans les membres. il n'y a pas de génération spontanée et que rien ne vient de rien. Celte femme est native de Nîmes. (S'adressant à la malade) : Où sont. en dehors de toute explication. CHAUCOT matisme tant qu'il est demeuré éloigné de la maison paternelle. elle nous a donné le spectacle d'une de ces attaques avec serrement de la gorge. il est resté un peu plus à l'abri de ce genre de trauM. trop de giffles. sans plus. Monsieur. c'est bien quelque chose et il y .et qu'elles se montrent douées partiellement des caractères cliniques que nous avons mis en relief. il ne faut pas trop lui en vouloir.les autres enfants? Jja malade : Us sont morts. parce que je crois qu'elle approche la vérité d'assez près. nous constatons la présence d'une ovarie gauche des plus manifestes et aussi l'existence d'attaques fréquentes. car elle nous ramène toujours au . d'hystérie vulgaire . bourdonnements dans les oreilles. sous l'influence de l'émotion causée par nos interrogations. Jja malade : Ce n'est pas pour cela. Cen'est d'autres stigmates que ceux que nous avonsrelevés en étudiant pas qu'elle présente la paralysie de la main. qu'en matière de pathologie nerveuse. CHAUGOT : Elle est violente dans son ménage. parce qu'elle lemaltraîtraif. Est-ce que vous Pavez avec vous maintenant? La malade : Oui. C'est parce cpi'il était constamment malade. C'est l'aîné .

l'admission à la Salpètrière serait désirable. précaires. elle a été bien portante jusqu'à Page de 18 ans. et s'il est impossible d'espérer uneguérison coin- . Ainsi : hérédité. Maintenant. Mère /Morte d'une maladie du coeur. Voici les renseignements recueillis : Père âgé de 64 ans : Douleurs articulaires et gravelle. elle serait tenue éloignée de son mari. En pareille circonstance. Toutes les autres prescriptions font merveille lorsque l'Isolement a pu être obtenu. ferait le reste. pour le diagnostic. l'électrisalion statique. la suggestion hypnotique. entre nous.. époque à laquelle elle a eu un demeurait aux environs de Nîmes. 1511e passait dans son village: tout-à-coup.-réussitedu traitement • prescrit. elle n'aurait plus l'obligation immédiate de travailler pour pourvoir à la subsistance de tous. en dehors de lui. pour le moins. une paralysie d'un genre spécial. tel qu'on peut l'obtenir dans certaines maisons de santé de la ville. lamalade y serait en promiscuité avecd'autres névropathes. rien d'embarrassant. dans des conditions bien défavorables à la . il ne s'agit plus que d'instituer les règles d'un traitement approprié. De plus. de ses enfants. Je sais bien qu'on ne peut pas dire que le séjour dans l'hospice puisse être considéré comme représentant l'Isolement en règle. ce qui. elle a son importance.pour manger. attaques de sommeil. 11serait bien désirable que l'administration un jour fonder des sortes d'institutions où l'Isolement pour les hystériques et pût les malades du même genre qu'on ne peut pas compter parmi les aliénés proprement dits. et obligée en particulier de suivre régulièrement le traitement prescrit. l'emploi des toniques. attaques d'hystérie proprement dites avec ovarie.eu des douleurs articulaires. pendant une période de deux années. un beau jour. elle pourrait être soumise à une discipline. Voici maintenant le côté neuro-pathologique. Voilà pour Parthritisme. pour le moment. Puis. mais. dès son enfance. car il faut du temps. Vous savez que ces attaques sont tout simplement des attaques d'hystérie transformées. Je regrette que notre malade ne veuille pas consentir à entrer dans nos salles et qu'elle tienne absolument à suivre son traitement chez elle. elle nous prouve que l'hystérie ne vient pas seule. voilà le passé. et elle trouverait de ce côté les conditions d'un repos mental relatif. elle a manifesté les tendances spéciales qui sont aujourd'hui si fortement accusées. est fort à considérer. comme un champignon. On la réveillait seulement. Tout cela est suffisamment.caractéristique. L'hydrothérapie. et la voilà qui tombe clans une attaque de sommeil. à la suite d'une gilfle donnée dans un accès de colère. Telle est l'hérédité connue et avouée de la malade.— 101 — même principe. Sans doute. Le grand-père du côté maternel était épileptique. put être convenablement pratiqué. si elle est applicable. Réglée à 13 ans. le mécanicien donne un coup de sifflet aigu auquel elle ne s'attendait pas. le temps. Une machine agricole premier accident. cela est inévitable. Mais. les résultats sont inconstants. comme vous pouvez en juger. à la suite de laquelle elle en a éprouvé une série d'autres. ellese trouvera. obligée de veiller aux chosesde l'intérieur. En contact avec son mari et ses enfants. c'est P « Isolement » qu'il faut parmi les agents de la médecine placer sur lu premier plan. puisqu'il n'existe rien de semblable et vous comprenez cpiela réalisation d'un tel pian soitdifficile. avait.

l'heureuse influence. N'allez pas croire toutefois. cruevoulez-vous qu'elle devienne. faisaient obstacle au succès du traitement. dansces conditions-là.que la médecine deslittérateurs et des romanciers n'est pas loul-à-fait la Yraie médecine. mais encore par les familles. clans la pratique de la ville. pleure en moyenne de une demi-heure à une Heure.soit artificiellement endormie unehémianesthésie sensitivo-sensorielle. J'ai la convictionmême. on peut. après l'avoir fait maintes fois déjà. sansen riendireà personneunejeune (l)Le 20janvier1888. est une malade qui ne peut pas et ne sent pas comme clansles conditions normales : elle ne souffrira pas de la séparation cpievous redoutez si fort. autant que vous le pensez. sachant bien ce qu'il convientde dire et de faire auprès d'eux. l'importance capitale de l'Isolement. j'ai fait venirdansmoncabinet malade atteintede grandehystérie et hypnotisable. Une personne laïque ou une religieuse habituée au maniement de ce genre de malades. cas • fort fréquent. Je ne saurais trop redire. d'ailleurs. sacrifier le côté sentimental pour le bien de sa fille. que. dans bien descas à mener leschoses à bien. agissant à chaque instant sur l'esprit des sujets. On commence à comprendre. clansdiverses circonstances. sansse rendre toujours bien compte de la raison des succès obtenus par cette méthode. Vous devezvous attendre toujours^ rencontrer une forte opposition de la part de la mère. que leseulisolementsansautre adj uvant. droite. comme vousvoudrezetjepuisvousalïirmer que. l'internement des hystériques soit toujours chose facileà obtenir. elle mourra de chagrin. lorsqu'il s'agit d'une jeune fille. Le malade étantplacéedansla période ci préparée a accepsomnambulique conséquent par ter les suggestions les plus variéesje lui présentemon poingen lui faisantcroirequ'elle est . Celle-ci. Messieurs.chezeux.il à trois s'agitdansce cas de l'hyuolisme tel queje l'ai décrit. du reste. vousdira-1-on. Hélast c'est triste à dire.102 plèle dans un cas oùla maladiea poussé dans l'organisme d'aussi profondes racines. s'applanissent commepar enchantement. le médecin résident est là. de part et d'autre. Il y en a même qui ne pleurent pas du tout (1). lorsque les maladesrésidaient. etc.le sujetprésente de plusa l'état permanent soitdans périodes distinctes. peuvent rendre de signalés services. compter sur un amendement sérieux. l'étatde veille. Je crois qu'il convient de répondre. dans certaines circonstances données. très accentuée. suffirait. une fois l'isolement'constitué. et cela se comprend. pourrez-vous ajouter. messieurs. non-seulement par nos confrères. est attachée à leur personne et tient lieu de la famille . deux heures au maximum. c'est une doctrine qui commence à être acceptée. mais j'en ai fait l'expérience maintes et maintes fois . depuis une vingtaine d'années. dans le traitement de l'hystérie. en pareil cas. la jeune hystérique privée de sa mère. Il est du devoir d'une inère de ne jamais abandonner sa fille. delà séquestrationdéguisée. qui ne m'a jamais quittée. etc.Sije me sépare d'elle. par voiede persuasion et de suggestion. après ce que je viens dire il n'y a qu'un instant. Je ne veux pas médire cependant des agents thérapeutiques qui. quand cela est nécessaire. au moins. toutes lesdifficultésà peu près insurmontables qui.. que le premier devoir d'une mère est de savoir. l'établissement hydrolhérapique n'est pas une maison «fermée» La nécessité d'une application régulière et méthodique de l'hydrothérapie sert de prétexte. En ville.

et l'acepalmaire. et qui m'a été remise par mon chefde clinique. se moquant d'unefigureaffreuse d'elleet qu'ellela devaitsouffleter enprésence est administréavecle dosdelà main gauche. M. CHARCOT: La mère de la malade : Nous n'en connaissons pas. grâce à une petite note cpiej'ai entre les mains. 11serait possible que l'action de « repasser » à l'aide d'un « fer »lourd. el aneslhôsiques. minantbrusquement parune lignecirculairePerteabsodansles régions cl anesthésiées.elles'étendaux partiesprofondes. (S'adressant à la malade) qui se présente accompagnée de sa mère : Quel âge avez-vous? La malade : 22 ans. l'anesthésie qu'elleest par une lignecirculaire cuà l'axedu membre. monsieur. thésiqnc de la lesoufflet donné à la face grimaçante avaitété administré imaginaire parable Seulement el l'épaule avaientétémis en jeu. l'ait.embrassant. monsieur. Dô) et grande hypnotique maishémianesChezune autre malade.delàparalysie dansla leçondu7 et chez laquelle celteparalysie quinousa occupée produitechezla femme iiia suited'unsouffletdonnéà sonenfant dansun mouves'étaitdéveloppée immédiatement. lue du sens musculaire. hysléro-traumaliquc L'anesthésie nonseulement lu mainelle poignet. paralysées de ces paralysies artificielle dansles conditions La production que j'ai hysléro-lraumatiques. surtout à la droite. M. Y a-t-il eu une cause que vous puissiezinvoquer? M. : Vous avezdes attaques depuis quand ? M.Messieurs. maintombante paralysés 1)existeune anesthésie toutela main. que la malade présente aux deux mains. CHARCOT: Elle travaille beaucoup? Jja mère : Oui. déLes notionsdu sensmusculaire fontabsolument lanée. disposée comme chez la malade que nous avons étudiée tout à l'heure. mentdecolère (p. CHARCOT-. sansgrande que émotion. de l'extrémité remontait l'épauletoutentièreet se terdu côtédes partiesrestéessensibles. monsieur. aussi maindroiteel avecune grandeviolence . : A-t-elle fait une maladie aiguë.Cependant très fort.— 103 — 2e MALADE (Femme de 22 ans). l'avanl-bras était-ellechezcelle seconde maladebeaucoup la paralysie plus élendue. qui occupe le poignetet enfinle tiers inférieurde l'avant-briis. je constateimmédiatement cellemainsont la miseenextenne peutêtre lesdoigtset le poignel. depuis plusieurs mois. il n'y a pas transfert de la sensibilité .dansles partiesparalysées donclà une reproduction NousIrouvons pourainsidireminutieusement exacte. CHARCOT Jja malade : Depuis le 24 décembre. elleoccupait dumembrevers la racine.mais pas lesoufflet de lamaingauche.pour coup . CHARCOT.également grandehystérique comLerésultata été absolument j'ai faille même jour la môme expérience. el menaçante. Au niveaude cepoint. CHARCOT La mère : Non. gauche. elle s'énerve à tous propos depuis quelque temps.de . c'est je puis dire que. M. mais elle se contrarie facilement. maisencore le coudeet l'épaule. elle repasse. CHARCOT : Votre fille a-l-elle été contrariée ? Jja mère : Non. M. récemment? M. limitée déterminant cessebrusquement d'exister.L'anesthésie n'est pas seulement un planperpendiculaire superficielle. CHARCOT: Quel est son étal? Jja mère : Elle est blanchisseuse. un certain degré de parésie et en même temps.Aussitôt sans grandecolère. je cinqsujetsdifexpressément « » » férents. faut. se ainsidireà sûr l'ai obtenue sur indiquées. face dorsale sionsur les partiesparalysées.En pareilcas. une anesthésie cutanée. M.

2° période des grands mouvements: 3° période des hallucinations avec attitudes passionnelles. L'homme qu'elle voit est laid.CHARCOT : Un homme ? La mère : Oui. moins classiquesque dans le cas précédent. M. elle a Pair heureuse. ait pujouer le rôle d'une cause traumatique. A La mère: Quand a eu lieu l'attaque? La mère : Le 24 décembre. une attaque de nerfs s'était produite. tantôt de l'autre. (S'adressant à la malade) : Pouvez-vousdire ce que vous ressentez au moment où les attaques vont survenir ? La malade : Je sens comme des douleurs électriques dans les membres cpii se retournent et voilà tout. elle mord. pourriez-vousme dire exactement ce qui se passe alors ? La mère : Elle commence par se jeter à terre. affreux 1 M. elle déchire tout ce cpiilui tombe sous la main. elle se roule. CHARCOT : Il y a peut-être là-dessous une histoire qu'il est inutile d'approfondir en ce moment. chezun sujet hystérique. : Ainsi tour à tour les visions gaies. CHARCOT : Voilà qui n'est pas mal dit. puis agitée d'un tremblement? La mère : Oui. quelquefois elle m'appelle. A Jjamère: Au moment où elle tombe. M. puis les visions tristes. souvent. n'estelle pas d'abord raide pendant un instant. (S'adressant à la mère de la malade) : Vous avez assisté à plusieurs de ces attaques. Elle se roule. 2Ucelle des attitudes passionnelles. elle parle d'une chose. puis ellese lève. elle rit. puis. puis elle a Pair de voir quelque chose qui l'épouvante. CHARCOT pas de rétrécissement du champ visuel. Ici les caractères de la paralysie hysléro-traumalique sont moins accentuées. vous suit el se jette sur vous. mais pas toujours. Nous en savons assez pour déclarer qu'ici ce n'est pas d'émais bien d'hystérie sous la forme de grande hystérie ou pilepsie qu'il s'agit. Je sais qu'avant le développement de cette paralysie des extrémités. Cela répond exactement à la description de ce cpienous appelons « la grande . el nous pouvons reconnaître là les caractères de la grande attaque conformeà notre description: 1° d'abord c'est la période des grands mouvements. avant qu'elle se morde et se roule. se déchire. et provoquer la paralysie hystéro-traumalique parle mécanisme que j'indiquais tout à l'heure à propos de la giffle. Parle-t-elle ? Jjamère: Oui. CHACUOT : Ainsi la série est complète. sont en quelque sorte subordonnés à l'hallucination. mais quelquefois une femme. La mère : Par instants. 1" périodeépileptoïde. elle crie : son regard devient fixe. M. quelquefois un homme. : On me dit qu'il n'y a pas d'hôinianesthésie sensitivo-sensorielle. nystéro-épilepsie à crises mixtes. pendant une bonne partie du jour. CHARCOT — quelque sorte la règle. mais les attaques sont assez fréquentes et caractéristiques. c'est en M. par ce fait que l'obnubilation du sens musculaire fait défaut. puis d'une autre . puis tout à coup elle fixe ses regards sur un point : évidemment une vision se présente à elle et les mouvements qu'elle exécuteen ce momentlà.104 tantôt d'une main. M. ou bien elle dit qu'elle voit un homme à barbe.

Il s'agite convulsivement sur la chaise où il est •'''.: A 15 ans-lia eu peur d'un chien et c'est à la suite de cette peur qu'il'a commencé à avoir• de temps en temps les secoussescpievous voyez.. . à toutes les races. . M. J'aurais bien des fois l'occasion de vousle rappeler par la suite. M. 3° MALADE (Garçon de 17 ans). non seulement clansles provinces lés plus excentriques de la France. Elle était un produit de Part qui ne se montrerait jamais en dehors delaSalpêtrièire. par la « suggestion » en un mot. Monsieur1. i. — J'ajouterais cpie.. t. Suggestion à travers les âges. Vous n'êtes pas son père ?—Non.Vous voyezen quoi cela consiste":'Il élève. peu importe. Il s'agirait là en somme de phénomènes explicables par l'imitation réciproque. CHARCOT : Depuis quand a-t-il cela? Réponse : Depuis 2 ans. comme sous l'action d'un choc électrique. —On seserait épargné la déconvenue d'un jugement porté à la légère. ce n'est pas une création artificielle. — Ainsi voilà la grande attaque classique observéeavec ses trois périodes caractéristiques. goédit. en Amérique.*' CHARCOT. — Que fais-tu ? — Cultivateur. sans laconnaissance approfondie du type. si l'on eût pris la peine de compulser dans le bel ouvrage de M. de celles des « camps meetings » d'Amérique. placé. elle appartient à tous les âges.près 'pareilles depuis deux ans. on ne saura jamais bien comprendre ce qu'est l'hystérie dont une bonne partie de l'histoire est faite des transformations qu'il peut subir. etc. car cette même description se retrouve. Richer le long chapitre consacré. CHARCOT maintenant? Réponse : Elles sont à peu. Il y a là près de 200 pages de documents de bon a-loiauxquels nous renvoyons les sceptiques. CHARGOT: Puis les yeux. Il est accompagné d'un ami. : Savez-voussi elles ont été plus ou moins fortes qu'elles ne lé: sont M. puis abaisse brusquement les épaules. « hystérie de culture » a-t-ondit très pittùresquement du reste. dès lors.— 105 — attaque ». Si. CHARCOT : Quel âge as-tu ? —17 ans. CHARGOT : Il a commencé d'abord à faire aller les yeux? Lemalade : Les épaules. en Allemagne. mais encore en Russie.14. Ceci est dit surtout à l'adresse de quelques critiques qui sont venues prétendre que la grande attaque ne serait pas dans la nature. des « revivais » d'Irlande : suggestion à distance à travers les continents et les mers. à tous les pays. est bel et bien un type morbide naturel. — Où demeures-tu?— En Normandie. (S'adressant à la personne qui accompagne le malade) . car on retrouve la propre description de la grande attaque dans la relation des épidémiesdémoniaques. La vérité est que la grande attaque dont j'ai formulé les caractères. chez une malade qui n'a jamais fréquenté l'hôpital et qui jamais n'a été spectatrice d'une grande attaque hystérique.. M.à l'histoire de la grande attaque considérée dans l'histoire et dans les diverses régions où elle a été observée de nos jours. Leçons du Mardi.

il s'est marié à son retour. M. Recherchons un peu si nous trouverons quelque chose d'important à signaler dans les antécédents de famille. assezfacilement curable. depuis hier seulement. elles se succèdent avec une grande rapidité. Cries-tu quelquefois malgré loi? — Non.— 106 — puis il cligne des yeux très rapidement. M. Cesdiagnostics sont. pas d'echolalie . je le répète. rappellent ce qui se produit. Monsieur. CHARCOT (s'adressant à la personne qui accompagne le malade) : Vous l'avez chez vous depuis quelque temps? : Réponse Non. vous ne confondrez pas les tics spasmodiques avec les gesticulations incoordonnées de la chorée vulgaire. voilà bien les caractères du lie convulsif. pas même de bruit involontaire non formulé. C'est une toute autre affaire . La plupart de ceux que j'ai vus venaient du Havre. SI. que ne l'est le tic spasmodique . : Est-ce qu'il s'était marié là-bas? . c'est un médecin du pays qui Pa amené? M. presque incessantes. s'attache souvent à toute la vie. la chorée de Sydenham en général mieux encore.CHARCOT (au malade) : Tu es Normand. asymétriques d'ailleurs. Le mouvementdes épaules. La chorée rhythmée est. —S'adressant au malade : Ce n'est que depuis quelque temps que lu as commencé à faire ce que tu fais là ? Le malade : Depuis l'âge de quinze ans. — Ainsi pas de coprolalie. fort importants à faire. CHARGOT . Slonsieur. de Dunkerque ou de pays maritimes. affectionhystérique au premier chef~et beaucoup plus facilement curable. M. il a été très longtemps en Amérique cultiver la terre. CHARCOT : Je ne sais pas pourquoi les tiqueux sont souvent des bords de la mer. CHARCOT : Est-ce que sa mère n'était pas un peu originale. Monsieur.physiologiquementlorsqu'on est surpris par un bruit intense. remarquez-le bien en ce moment. CHARCOT : Est-ce que lu prononces quelquefoisdes mois malgré toi? —Non. Monsieur. Tandis que le tic convulsif. de Rochefort. de quelle partie de la Normandie es' tu? ' Le malade : Du côté de Granville. mouvementslents. CHARCOT Réponse : Non. Le cas actuel est remarquable par son intensité. un peu bizarre? Réponse : Elle était très vive. Ces secoussesse font sans aucun rhytlime. puis les voilà qui s'atténuent. SI. car ces affections que je viens d'indiquer du doigt et que l'on désigne trop souvent sous le nom de chorée. : Commentse fait-il qu'il soit allé en Amérique cultiver la terre? M. comme le clignement. le corps tout entier s'agite de secousses brusques. (S'adressant à la personne qui accompagne le malade) : Est-ce que vous connaissez son père? Réponse : Oui. une détonation. chorée de Sydenham. Vous le voyezpar moments. sont foncièrement différentes les unes des autres. L'absence de rhythme distingue ces mouvementsou mieux ces secoussesde^ceiix qui distinguent la chorée rhythmée. comme électriques. qui marque d'ordinaire un état de dégénération habituellement de provenance vésanique. vous le comprenezaisément.

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Réponse : Pour gagner un peu d'argent. SI. CHARCOT : Est-ce qu'il était irascible? Réponse ; Je ne sais pas. SI.CHARCOT : Connaissez-vousla famille du père? Le malade : Slon père avait une soeur. SI. CHARCOT : Que faisait-elle? Le malade : Elle cultivait la terre. SI. CHARCOT : Ton père est-il bien portant? Le malade : Slon père est mort. SI. CHARCOT : A-t-il eu là tête dérangée? Le malade : Non, Monsieur. SI. CHARCOT : Et ta mère ? Le malade : Elle s'est toujours bien portée. SI. CHARCOT : Elle n'a pas eu de maladie noire ? Le malade : Non. SI. CHARGOT : Avait-elledes frères, dessoeurs? Le malade : Non, Monsieur, elle était fille unique. SI. CHARGOT: As-tuconnuson père? Le malade : Il est mort très jeune. Je n'étais pas au monde. SI.CHARCOT : De quoi est-il mort? JJC malade : Delà poitrine. SI. CHARCOT: Avait-ildes frères, des soeurs? Le malade : Il avait une soeur atteinte de crises de nerfs. M. CHARGOT : Elle tombait du haut mal? Le malade : Elle tombait sans connaissance. SI. CHARCOT : Est-ce qu'elle est morte? Le malade : Oui, d'une paralysie. M. CHARCOT : A-t-elleeu la tète dérangée ? Le malade: Non, Sionsienr. SI. CHARCOT : Et du côté de ton père, y a-t-il eu des gens qui avaient la tête dérangée ? Le malade : Une soeurde mon père est morte paralysée. Elle avait le moral attaqué. : Ainsi, nous trouvons dans les antécédents une tante ayant eu le M. CHARCOT moral attaqué, une grand'tante ayant eu des attaques de nerfs. Etait-ce de Pépilepsie ou de l'hystérie? Le malade : Les attaques denerfs étaient venues après la fièvre typhoïde. As-tu des frères, des soeurs? M. CHARCOT: Le malade : J'ai une soeurvivante. J'ai eu un frère qui est mort. M.CHARCOT: De quoi est-il mort? Le malade : D'une fièvre cérébrale. : A quel âge? M. CHARCOT Le malade : A huit ans. : Combiende temps ça a-t-il duré? SI. CHARCOT Le malade : 17 jours. : Et ta soeur, où est-elle? ST.CHARCOT

— 108 — Le malade : Elle a o ans. Elle est cheznous. M, CiiAncoT:Ellen'est pas malade? Le malade : Non, Slonsieur. SI.CHARCOT : Eh bien! tu assures que ta maladie s'est déclarée à la suite de la peur que tu as eue d'un chien, en es-tubien sûr? Le malade : J'en suis très sûr. SI. CHARCOT: Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Le malade : Il m'a coursé. SI. CHARCOT : Et après, qu'esl-il arrivé ? Le malade : Le soir et pendant toute la nuit, j'ai été pris d'un tremblement qui m'a empêchéde dormir. SI.CHARCOT : Et depuis ce temps, as-tu bien dormi ? Le malade : Tout en dormant, je criais, je me relevais. Je croyais qu'on m'appelait par mon nom, je me levais sans savoir ce que je faisais, puis j'allais me recoucher. SI. CHARGOT: Combiende temps après l'accident as-tu commencé à descendre ainsi de ton lit ? Le malade : Immédiatementaprès, le jour même. SI. CHAUGOT : Tu avais descauchemars? Lemalade: Quelquefoisje rêvais que je tombais dans un trou. J'avais toutes espèces de rêves. C'était commecela toutesles nuits. SI. CHARGOT : Gela s'est-il passé ? Le malade : Non, cela ne s'est jamais passé. SI.CHARCOT : Est-ce que tu n'as jamais été à l'école ? Le malade : Pardon. J'ai fait mes études. SI. CHARCOT : Qu'appelles-tules éludes? Le malade : Je suis resté en pension jusqu'à 15 ans; SI. CHARGOT : Quand tu étais à l'école', avais-tu des tics? Jje malade : Oui. Slonsieur. SI. CHARCOT : As-tuété soigné pour tes tics ? Le malade : On m'a fait prendre des potions, du bromure, on m'a donné des douches. SI. CHARGOT : Cen'est pas à Granvillemême que tu demeures? Le malade : C'est dans la campagne, à 2 ou trois kilomètresde distance. SI. CHARGOT : Est-ce sur le bord de la mer ? Le malade : C'est sur le bord de la route, à 3 kilomètresde la mer. : Commentle médecin de Granville a-l-il appelé ta maladie? SI. CHARGOT Le malade : La chorée. : Il me semblevraiment que ce mot de chorée doive résoudre toutes M. CHARCOT les questions. Je vous*demande en quoi l'affection que vous avez sous les yeux ressemble à la chorée de Sydenham*?Pour la faire rentrer dans la catégorie des chorées,ilfaudrait, à côtéde la chorée de Sydenham,àcôtéde la chorée rhythméeque nous avons déjà, créer la chorée tiqueuse. Le malade va entrer dans nos salles. Là nous rechercherons si, commecela est vraisemblable, il existechezlui quelque stigmatede dégénération mentale : obsessions, doutes, tics d'idée, etc. En ce moment, il est trop agité pour que cetterecherche soit p ossible.

— 109 4° MALADE (Homme de 33 ans.) : Quel âge avez-vous? M. CHARCOT Le malade : 33 ans. : Nousvoilà en face d'une paralysie faciale périphérique. SI. CHARCOT (Au malade) : Fermez les yeux. Vous voyezqu'il ne peut fermer que très incomplètement l'oeil droit. Parlez un peu. Dites-moi où vous demeurez ? (Le malade donne son adresse en parlant d'une façon assez indistincte). Quand il parle, la commissure labiale gauche se relevé, des plis sefont sur la face du côté gauche, tandis cpie le côté droit reste immobile. Il ne peut pas fermer complètementl'oeil droit, tandis que l'orbiculaire gauche fonctionne parfaitement. (Au malade) : Tirez la langue. Vous voyezque quand il tire la langue, l'ouverture du côté droit estbien plusgrande que celle du côté gauche. (Au malade ) : Froncez le front maintenant. Quand il fronce le front, il y a trois plis du côté gauche et il n'y en a pas de l'autre côté, je le répète, il y a là tous les caractères de la paralysie faciale périphérique. (Au malade) : Depuis quand avez-vouscela ? Le malade : Depuisvendredi. SI. CHARCOT : Vous l'aviez en vous réveillant? Le malade : Oui. SI. CHARCOT : Avez-voussouffert auparavant? Le malade : J'ai eu très mal à la tête. SI. CHARCOT : Quand cela, la veille? Le malade : 4 ou 5 jours avant, la douleur siégeait surtout au front et à la joue. SI. CHARCOT : À quel moment vons êtes-vousaperçu que vous étiez paralysé? r Le malade : Le matin. SI. CHARCOT : Vons rappelez-vous avoir été dans un courant d'air? Le malade : Je ne sais pas. SI. CHARCOT : Les malades de ce genre invoquent souvent, vous le savez, l'action d'un courant d'air, alors même que celui-ci n'a pas existé. Notre client est plus sincère « il ne sait pas ». Est-ce que vous connaissezbien votre famille? Le malade : Sïon père est mort d'un accident. SI. CHARCOT : Quel accident? Le malade : Il s'est noyé. : L'a-t-il fait exprès ? SI, CHARGOT Le malade : Je ne puis vous le dire. Il est tombé dans la rivière. On n'a pas su si c'était par accident ou s'il y avait eu suicide. M. CHARGOT : Il n'était pas ivrogne? Lemalade : Non, il y avait un an qu'il était malade. : Est-ce qu'il s'est jetépar dessus un pont ? SI. CHARCOT Le malade : Non, on l'a trouvé dans très peu d'eau. M. CHARCOT: Avait-il la tète solide? Le malade : 11avait quelquefois des excitations du cerveau. , SI. CHARGOT : Il avait des excitations du cerveau! Sapientt, sat. Vous savez qu'une révolution sérieuse s'est faite récemment dans l'histoire de la paralysie

— 110 — faciale périphérique sous l'influence des importants travaux de M. Neumann,puis, à part les cas ou la paralysie est déterminée par la présence d'une plaque gommeuse méningée, d'une carie du rocher, d'une otite, on admet fort généralement que la maladie de Ch. Bell, est une affectiontoute locale, déterminée le plus souvent par l'action locale du froid, par un courant d'air. SI. Neumann a fait voir que c'est là, bien dés fois au moins, une étiologie de fantaisie que l'action du froid ne représente en tout cas souvent qu'une cause provocatrice, et que,-dansbien des circonstances, l'étude des antécédents de famille fait reconnaître chez les sujets atteints de celte sorte de paralysie, la preuve d'une hérédité nerveuse similaire ou dissimilaire. Cette découverte de SI.Neumann doit nécessairement modifier notre point de vue, et l'histoire de la paralysie faciale périphérique gagne par là de l'intérêt. Autrefois, étant constaté le lait de la paralysie, et par Pexamen électrique, suivant les données d'Erb, son degré, son pronostic, tout était dit. Aujourd'hui, c'est autre chose. Et l'existence d'une paralysie faciale périphérique, présente ou passée, chez un sujet, peut constituerun stigmate d'une toute autre signification. J'ai observé plusieurs cas qui viennent singulièrement plaider en faveur des ses travaux. propositions émises par SI. Neumann comme conclusionsde J ai connu en particulier une famille Israélite — vous savez que les familles Israélites nous fournissent les plus beaux sujets d'études relatives à l'hérédité nerveuse et arthritique = j'ai connu, dis-je, une telle famille dont l'histoire pathologique peut être résumée dans le tableau suivant.

Trois soeursont été atteintes de paralysie faciale périphérique qu'elles ont attribuée, naturellement, toutes les trois à un courant d'air. La soeuraînée marie sa fille au fils de la 2« soeur, celui-ci devient ataxique et présente à une certaine époque une paralysie faciale qui a guéri. Unefille issue de ce mariage, vers l'âge de 14 ans, à la suite de scarlatine, a été prise de chorée d'abord, puis un peu plus tard de paralysie faciale. Autre cas du même genre observé encore chez les Israélites. —-Nous avons, il n'y a pas longtemps, observé ici à la consultation, deux frères et une soeurqui tous avaient été atteints à diverses époques de paralysie faciale périphérique. Chez les deux frères, elle s'était développéeà peu près en môme temps, voilà des faits qui n'ont pas besoin de commentaires.

— 111 — . Vous avez vu, pour en revenir à notre malade, commentchezlui l'hérédité dissimilaire peut être invoquéedans l'étiologie. Recherchons maintenant si chezlui également il n'y aurait pas à reconnaître en outre, à litre de cause occasionnelle,l'action d'un agent dont l'intervention n'est généralementpas en pareil cas mise en ligne de Compte,mais dont Charles-Bell lui-même cependant, puis Broaddent ont fourni des exemplesfrappants. Je veux parler des émotions, des causes morales. uu malade : Vousn'avez jamais étémalade auparavant? SI.CHARCOT Le malade : Non. M. CHARCOT : Quel est votre état ? Le malade : Cocher. SI.CHARCOT : Vous n'avez jamais eu de rhumatisme articulaire, en d'autres termes, vous n'avez jamais souffert de douleur dans les membres ; jamais vos jointures n'out été gonflées, douloureuses ? Le malade : Non, La femmedu malade : Il n'y a que 4 mois cpi'il est cocher. M. CHARCOT: Que faisiez-vousauparavant? Le malade : J'étais employé au chemin de fer. M. CHARGOT : Pourquoi avez-vousquitté votre place ? La femme du malade : Il s'est emporté. Il a eu une discussion, il a perdu sa place, c'est un grand malheur pour nous. : Que faisait-il au chemin de fer? M. CHARCOT La femmedu malade : Il était employé au factage. M. CHARCOT : Vous le voyez. Ons'en tient vraiment trop souvent à la notion du courant d'air commecausedu mal. Il y asouvent bien d'autres chosesà considérer. L'étude descirconstancesantérieures, de l'hérédité nerveusen'estpas à dédaigner, et il est clair que maintes fois, la paralysie faciale périphérique peut être rattachée à la famille névropalhologique,dont elle représente alors un membre important. N'oubliez pas que notre malade a des antécédents de famille très significatifs, un suicide, et que dans ces derniers temps, peu avant le développement de la paralysie faciale, il a éprouvé une émotion morale fort pénible, puisque privé de sa place à la suite d'une discussion, il a dû exercer une profession nouvelle pour pourvoir aux besoins de sa famille. Jja femme du malade : Nous avons une petite fille. Il fait maintenant un métier qui ne lui plaît guère. M. CHARCOT: Quoiqu'il en soit des conditions étiologiques, il convient maintenant de s'occuper du traitement. Le malade sera dirigé sur le service éléctrothérapeutique, on s'occupera d'abord de l'électro-diagnostic ou si mieux vous voulez de l'élecfro-pronostic. On déterminera en d'autres termes, d'après la nature des réactions, si le cas appartient soit à la forme bénigne, soit à la forme moyenne, soit à la forme grave. Après quoi, le traitement sera dirigé suivant les renseignements ainsi obtenus.

Policlinique

du

Mardi

31

Janvier

1888.

HUITIÈME

LEÇON

OBJET :

1° Mal comitial. 2° Maladie

Automatisme

ambulatoire. agitante).

de Parkinson

(Paralysie,

M 1.CHARCOT : Vous avez là un malade que quelques-uns de vous connaissent déjà, car il est venu ici une première fois, il y a trois mois. Je vais le laisser parler, il vous racontera son histoire qui est fort intéressante. (S'adressant au malade) : Quel âge avezvous? Le malade : 37 ans. M. CHARGOT : Racontez-nousvotre première aventure. Le malade : Le15 mai 1887, je pars le matin, ayant un peu mal à la tête, de la rue Anielot. M. CHARCOT : Qu'est-ce que vous faites? Le malade : Je suis garçon livreur. Mi CHARGOT : C'est-à-dire que vous allez porter chez les clientsles marchandises de votre maison de commerce. Le malade : Oui, Slonsieur.Je suis parti de la rue Amelôtà 8 heures du matin pour aller avenue de Villiers.J'ai pris l'omnibus de la Sladeleine. SI. CHARCOT : Vous vous rappelez très bien cela ? Le malade: Oui, je me rappelle très bien être descendu en face du n° 178 de l'avenue de Villiers, j'ai même remarqué que notre client avait fait mettre son adresse sur la maison. Maisje ne suis pas monté,chez lui. SI. CHARCOT : Remarquezbien cela, c'est le début des accèsqui vont se produire successivementet l'occasion se présente rarement d'avoir à observer des phénomènes aussi singuliersque ceux en présence desquels vous allez vous trouver. Le

— 113 — voilà donc ayant trouvé le numéro de la maison où il a affaire et à partir de celte époque l'oubli complet, la nuit commence pour lui. C'est lui-même qui va nous dire quand et où il s'est retrouvé. Le malade : Après cela, je me rappelle vaguement être passé près du MontValérien. SI. CHARCOT : Où il n'avait pas du tout l'intention d'aller. Le malade : Je crois aussi être passé sur le pont de St-Cloud, avoir traversé la Seine. : Il croit, mais son souvenir est vague. Cela est intéressant à noter ; M. CHARGOT en effet, on dit généralement, et avec raison, qu'un des caractères principaux de l'affection dont nous croyons que cet homme est atteint, est l'amnésie. Maiscelte amnésie n'est pas toujours complète, il peut subsister des souvenirs vagues qui ressemblent à peu près à ceux qu'on peut avoir pendant le rêve et qui restent dans l'esprit au milieu de la nuit, souvenirs qui couvrent tous les autres phénomènes. Voilà notre'malade passant sur un pont qu'il croit se rappeler être le pont de SlCloud. Et depuis? IJC malade : Et depuis, j'ai toujours marché, jusqu'à 10 heures du soir, heure à laquelleje retrouvai la consciencede moi-même, j'étais alors place de la Concorde. : Ainsi, il s'est réveillé place de la Concorde au bout, de 14 heures, SI. CHARGOT et il avait probablement marché tout le temps. Voila un homme qui marche pendant 14 heures. En définitive, sa tenue a dû être correcte; sinon il eût été arrêté par les agents de police. Il devait avoir les yeux ouverts, sans quoi, on auraittrouYé cela singulier, on l'aurait conduit chez le pharmacien.. Donc il s'est comporté en apparence commevous et moi nous nous serions comportés, mais il n'en était pas moins inconscient, et les seuls souvenirs qui lui soient restés de toute son aventure, c'est qu'il est passé près du Slonl-Valérienet ensuite sur un pont qu'il croit être le pont de Saint-Cloud. (Encore est-il fort possible qu'il l'ait rêvé) ; enfin qu'il s'est retrouvé place de la Concorde à 10heures du soir, après être parti de son magasin à.8 heures du matin? — Il se retrouve là, très fatigué et ses souliers sont usés. (S'adressant au malade) : Vous n'aviez pas déjeuné? Le malade : Je ne me le rappelle pas. M. CHARCOT : Il a peut-être déjeuné sans le savoir. Le malade : J'avais très peu d'argent et je ne Pai pas dépensé. SI. CHARGOT : Lorsque vous êtes rentré à 10 heuresdu soir, vous n'aviez pas fait votre livraison. Le malade : Je n'étais pas allé faire une livraison, j'étais allé chercher, quelque chose chez le client. : Enfin, vous êtes rentré sans avoir fait votre commission. Où êtesSI.CHARGOT vous allé après vous être retrouvé place de la Concorde? Le malade : Au lieu de prendre la voiture, j'ai marché tout le temps, et j'ai pris par les quais. : Etiez-vousbien réveillé? M. CHARCOT Le malade : Parfaitement. SI. CHARGOT : Vous n'étiez pas sale ? ' CHARGOT. 15 Leçons du Mardi, t. i, 2e édit.

— 114 — Le malade : J'étais couvert de poussière. SI. CHARCOT: Sïais vous n'étiez pas tombé dans la rue, vous n'aviez pas vos vêtements déchirés? Le malade : Du tout. SI. CHARCOT : Vousn'aviez pas uriné dans votre pantalon? Le malade : Non, Slonsieur. SI. CHARGOT : Voici pour la première fugue. Arrivons maintenant à la seconde. Slais notez bien qu'à partir du lo mars jusqu'en juillet, son état est resté tout à fait normal. Le lendemain du jour de votre escapade, vous repreniez votre travail, n'est-ce pas ? Le malade : Non, j'étais très fatigué, j'ai repris mon travail le surlendemain seulement. M. CHARCOT: Enfin, le surlendemain, tout est rentré dans l'ordre; il a repris son travail jusqu'au 30 juillet. Que s'est-il passé ce jour-là? Le malade : Je suis parti de ia maison pour aller grande rue de Passy à 3 heures de l'après-midi. J'avais des candélabres à porter. SI.CHARCOT : Vousavez pris une voiture ? Le malade : L'omnibus. J'ai fait ma course chez le client, je lui ai parlé comme d'habitude. En descendant, un tramway passait; comme il passe toutes les dix minutes, je fis la réflexion que je pourrais le prendre en route et je m'en fus jusqu'au bas du Trocadéro. Là, la fantaisie me prit d'aller voir la tour Eiffel. Alors, je me rappelle très bien avoir vu les premières assisesde fer posées, mais à partir de ce moment et après avoir constaté que la tour était posée sur ses fondements, je ne me rappelle plus rien. M. CHARCOT : Qu'avez-vous fait? Le malade : Je suis resté deux jours et deux nuits sans qu'il me reste aucun souvenir de ce que j'ai fait pendant ce temps. SI. CHARCOT : Où vous êtes-vousretrouvé ? Le malade : Dans la Seine. : Alors, vous nagez, vous vous réveillez et gagnez le bord de la _SI. CHARCOT rivière. Y avait-il du monde ? Le malade : Il y avait des sergents de ville qui m'ont vu me jeter à l'eau et qui sont descendus sur la berge pour venir à mon secours. SI. CHARCOT : On veut le retirer de l'eau, mais il est nageur et gagne tout seul la berge. Le malade : On m'a conduit dans un poste de secours, où on m'a donné des soins. Deux heures après, j'étais complètementremis. SI. CHARCOT : Où cela s'est-il passé ? Le malade : C'est du pont national, à Bercy, que je me suis jeté dans la Seine. SI. CHARCOT: A quelle heure? Le malade: A 9 heures et demie du matin. SI. CHARCOT: Il est resté deux jours et deux nuits dans cet état d'oubli de luimême. Et de ce qui s'est passé pendant ces quarante-huit heures, nous ne pouvons savoir que deux choses. C'est qu'après avoir contemplé la tour Eiffelau champ de Mars, il s'est retrouvé dans l'eau à Bercy. Vous ne vous êtes pas couché?

— 115 — Le malade: Non, Monsieur, je n'avais pas assez d'argent, j'ai acheté du tabac et j'ai pris un billet de chemin de fer. D'après mon calcul, je devais avoir une vingtaine de sous. M.CHABCOT : Ainsi, voilà un Monsieur qui se promène à côté de vous; ètesvous bien sûr qu'il veille ou qu'il ne veille pas ? S'il y en avait beaucoup ainsi, ce ne serait pas rassurant. Il est entré dans une station de chemin de fer. Le compagnon du malade : Son intention était d'aller à Bercy. M. CHARCOT : Il a demandé au bureau un billet pour Bercy; il lui a fallu parler, déposer son argent au guichet, recevoir un billet, monter dans le train. Le voilà en chemin de fer. Il arrive sur le pont. Il avait pris place sur l'impériale, l'envie bizarre lui vient de sauter dans la rivière. Probablement il pique une tète. Le malade: Non, j'ai sauté les pieds joints. M. CHARCOT : Il a sauté comme on fait du haut de cet escalier qne, dans les bains publics on appelle la girafe. Le voilà dans l'eau. Le malade : C'est là que je me suis réveillé. J'ai été conduit au poste de secours ; là un employé du chemin de fer s'est présenté, il m'avait vu sauter et il m'a fait payer un supplément, parce qu'au lieu d'aller à Bercy, j'étais allé au Pont National, M. CHARCOT : Il se souvient d'avoir voulu aller à Bercy. C'est une idée fixe, comme le souvenir du pont de Saint-Cloud et du Monl-Yalérien. Où avez-vous couché? Le malade : Je ne me suis pas couché; j'ai continué à marcher. M. CHARCOT : La nuit, qu'a-l-il pu faire ? Il avait des vêtements intacts, sans trace de désordre? L'ami du malade : Oui, Monsieur, il avait son tabac dans sa poche. Le malade : Quand je me suis trouvé au poste de secours, ma montre était à l'heure. M. CHAHOOT : Ce qu'il y a de bizarre, c'est qu'il avait remonte sa montre. Du reste, je dois dire qu'il m'arrive parfois à moi-même quelque chose d'analogue. Quand je me mets au lit, j'ai l'habitude de remonter ma montre et très souvent, ne me souvenant pas de l'avoir fait, je la remonte une seconde fois. Lui, il a dû la remonter de même, d'une façon mécanique et inconsciente. Le malade : Oui, elle était à l'heure. M. CHARCOT : La première fois, son absence avait duré 14 heures. Cette fois, elle a duré 42 heures. L'ami du malade : En rentrant, il était exactement tel que vous le voyez. M. CHARCOT: Il n'a pas dit de choses extraordinaires? L'ami du malade : Du tout. 11a déclaré ne rien comprendre à ce qui lui était arrivé. M. CHARCOT : Nous voici arrivé à la troisième escapade, il va nous la raconter. Le malade : Le 23 août, je suis parti le matin de la maison pour faire mes courses, je les ai toutes faites, moins deux. M.CHARCOT : Où était-ce? Le malade : Dans le quartier du Marais. Je vais rue Oberkampf et là je rencontre un de mes amis qui avait besoin d'un ciseleur; j'en connaissaisun qui était

— 116 — sans ouvrage, je dis à mon ami: J'ai votre affaire. Je vais chez le ciseleur qui demeure rue du Chemin-Yert.pour lui dire que je lui ai trouvé du travail. Il était environ 11 heures et demie. Je vais en effet avertir cet homme et puis j'oublie de revenir à la maison pour déjeuner à midi, et c'est à ce moment que commence ma troisième aventure. M. CHARCOT: Quelle heure était-il? Le malade : Entre 11 heures et demie et midi. M. CHARCOT : Quandvous êtes-vousretrouvé? Le malade : Je me rappelle d'une façon certaine être passé à Claye le surlendemain. M. CHARCOT : Où est-ce, Claye? Le malade : Tout près de Meaux. L'ami du malade: C'était le.second jour, il y avait déjà un jour et une nuit passés. M. CHARCOT : A quelle distance est-ce de Paris ? Le malade : A environ 7 lieues. M. CHARCOT : Ainsi,36 heures après le commencementde son accès, il croit se trouver à Claye? Le malade : Quant à cela, je me le rappelle. Je suis entré chez un marchand de vin restaurateur, et je lui ai demandé un beefteack que je n'ai pas mangé, j'en suis sûr. M. CHARCOT : Pourquoi ne l'avez-vouspas mangé? Le malade : Je n'en sais rien. Maisle souvenirde ce beefteack que je n'ai pas mangé m'est resté dans la mémoire. M. CHARCOT : Avez-vous payé? Le malade : Oui, j'ai payé 1 fr. 15 c. Je ne me rappelle pas avoir bu de café; cependant, j'ai trouvé du sucre dans mes poches. M. CHARCOT : Et alors nouvelle absence? Le malade: Oui, on m'a réveillé à 5 heures du soir sous le pont d'Asnières. M. CHARCOT : Il paraît qu'il a un goût particulier pour la Seine. Connaissez-vous ce pays de Claye? Le malade : Je n'y avais jamais été. Je me rappelle avoir lu sur un poteau kilométrique cette inscription : Claye, 14 kilomètres. M. CHARCOT: Ainsi, après avoir été à un restaurant commander un beefteack, qu'il n'a pas mangé, commandédu café qu'il a probablement bu, et mis du sucre dans sa poche, le voilà qui se rend, par je ne sais quel chemin qu'il ne connaît pas, sur la berge de la Seine près du pont d'Asnières, ou il dort tranquillement. A quelle heure ? Le malade : A 5 heures. L'ami du malade: Il ne sait pas s'il dormait. M. CHARCOT: Il était assis, regardant la Seine. Il se trouvait là un pêcheur à la ligne qui, voyant cet homme à l'air un peu drôle et qui devait être très sale, puisqu'il marchait depuis deux jours et deux nuits, lui dit : Qu'est-ce que vous faites là? — Je regarde. '— Qu'est-ce que vous regardez? •— Eh bien I je regarde la Seine,.

CHARCOT: Yous ne trouverez pas beaucoup d'histoires comme celle-là dans les livres. je pris un tramway et je suis rentré chez moi. M. Le petit mal n'est le petit"mal qu'en apparence. il pâlit un peu. L'individu qui en est atteint cause avec vous. M. Monsieur. il brise tout. ne se serait probablement pas jeté à l'eau. Nous nous sommes dit : si nous pouvions empêcher ce brave homme de se promener ainsi par les champs et par les villes sans profit pour lui. je le remerciai. le 28 octobre. Ce mot de petit mal semblerait indiquer une atténuation dans la gravité de l'affectionet désigner un mal moins sérieux que le grand mal. il devient violent. M. sous l'influence de rêves épouvantables. Il a les mêmes conséquences que le grand mal et quelquefois. la violenceterrible des accèsest un des caractères de la folie post-épileptique et il est évident que nous ne sommes pas ici dans ces conditions. la police s'empare de lui et il se retrouve au corps de garde. qui. ce serait faire un acte utile. CHARCOT : Nous nous sommes demandé ce que cela signifiait. suivant une expression que j'ai employée quelque part pour caractériser cette situation qui consiste à marcher automatiquement sans qu'aucun caractère extérieur révèle chez l'individu en marche cet automatisme. Ces épilepliques-là peuvent assassiner quelqu'un. tout d'un coup venait. tandis que ce brave homme. M. je remontai sur le pont. se suicider. c'est de l'automatisme à forme ambulatoire. il ne l'est pas dans la réalité. parce que ma montre était arrêtée. Un individu a un accès d'épilepsie et. en deux degrés. faire la nuit. Il n'y a pas clans son cas trace de surexcitation ni de violence. En général. CHARCOT: Est-ce que vous êtes marié? Le malade : Oui. ne s'en est-il pas produit un autre? Le malade : Oui. à la première incartade. En général. devient inconscient un instant. En dehors des trois accès que vous venez de nous raconter. Remarquez que nous connaissons très bien dans l'épilepsie. dans la vie de cet homme. on dislingue ce qu'on appelle le grand mal et le petit mal. "ilest même plus grave. Mais c'est probablement la même série de phénomènes sous un autre aspect. CHARCOT: Yotre femme devait être inquiète ? Le malade : Certainement. mais ce n'est pas tranquillement. la folie postépil'ep tique. ce que c'était que ce singulier état d'inconscience. CHARCOT: Depuis que vous êtes en traitement? Le malade : Oui. Ce serait s'en faire une idée fausse. s'arrête. il casse. s'il n'avait pas su nager. Yous savez que dans les accès épileptiques. M. . au point de vue du pronostic. pour quelques heures ou pour quelques jours. M. et puis il se met à marcher. 11y a là un phénomène pathologique qui sort de l'ordinaire et qui vaut la peine d'une petite discussion. que l'affection dont il est atteint est de nature épileptique.— 117 — Le malade: Là-dessus je lui dis : Quel jour sommes-nous? Je lui demandai l'heure. j'étais en voiture. CHARCOT : Yous avez des enfants ? Le malade : Deux. J'ai pensé et j'essaierai de justifier eette opinion. on le divise en deux parties.

tandis . mais qui ont des petites secoussesconvulsives et chez qui. représentant les phénomènes convulsifs qui sont pour ainsi dire le caractère normal de l'accès épileptique.ne dure que trois ou quatre heures. à une jeune fille probablement. la différence entre les deux cas : somnambulisme naturel et somnambulismecomitial. En effet. il peut le laisser tomber. elles avaient un caractère aussi sérieux. dans lesquelles on se mord la langue. Eh bien! celte partie manque dans le vertige. il rentre chez lui. Cela ne suffit que jusqu'à un certain point pour justifier ce mot de vertige. il y a longtemps. se lever. on voit souvent. Eh bien ! ces petites attaques. Prolongez par la pensée cet état et vous aurez l'idée de ce qui vient de vous être raconté. on urine dans le lit. On se représente volontiers. tout était fini.à la suite de ce petit mal. C'est au point de vue des phénomènes psychiques que les conséquences sont h peu lires aussi sérieuses. Il y en a qui se déshabillent. un individu qui a des convulsionsdans les membres. il revient à lui et continue sa conversationtant bien que mal . et qui. d'une minute peut-être. Jackson. commettent des actes scandaleux dans la rue. mais il ne se rappelle plus du tout ce qu'il a fait. 11 peut survenir quelques petits mouvements des lèvres. la connaissancerevient. y mange en se conduisant de la façon du monde la plus naturelle. On cite notamment le cas de ce professeur de musique qui donnait des leçons dans une maison. de ce mot de vertige pour caractériser l'état de certains individus qui perdent connaissance sans avoir la sensation vertigineuse. les individus se dresser. Yous entendezsouvent dire que des épilepliques. Après cela vient le vertige. On appelle cela l'automatisme et si vous voulezlire quelque chose d'intéressant sur ce sujet qui n'est peut-être pas suffisammenttraité clansles auteurs qui ont écrit sur l'épilepsie. J'en ai connu un qui répétait sans cesse : treize. Il paie. dis-je. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'on le remercia. il ne sait pas qu'il a été au restaurant. sinon plus sérieux que les grandes. c'est ce que nous appelons l'absence. parce que ces malades ont à l'origine la sensation de quelque chose qui tourne autour d'eux ou qui les fait tourner eux-mêmes. en supposant que mon diagnostic soit juste. l'inconscience. (de Londres). Mais qu'est-ce que nous dirons alors de celui de cet homme qui est devant nous et qui reste deux jours dehors? Les cas sont semblables avec cette différence que chez le malade de Jackson. au bout de quelque temps. quatorze. faire quelques pas. prononcer des paroles singulières. On se sert à tort. puis se mettait à marcher. On cite ce cas comme un fait remarquable. On emploie cette expression. toujours les mêmes pour chaque accès. au bout d'un certain temps. quinze. se déshabille. après leurs accès. un beau jour. quand on parle d'épilepsie. je le répèle qu'on a dit qu'à un certain point de vue. après sa leçon. de colère ou de violence. et qui ont tant d'analogie avec les phénomènes du somnambulisme naturel qu'on peut se demander s'il est possible par la seule constatation des symptômes. il n'a plus la sensation de la faim.— 118 — S'il a quelque objet à la main. Au bout d'un certain temps. Yoilà le germe de l'accès ambulatoire. c est-à-dire sur la question de ces accès automatiques ambulatoires qui ont ce caractère particulier de ne pas être accompagnés d'émotions. 11 y a dans le mémoire de Jackson l'histoire d'un homme qui va au restaurant.H. Yous renconlrerez la description des phénomènes de ce genre dans les auteurs tant que vous voudrez. vous pouvez consulter un mémoire de M.

CHARCOT : Voilà encore qu'il devient inconscient. CHARCOT : Il avait les yeux ouverts. nous avons quelque chose à faire. Il venait d'avoir son troisième accès. Delasiauve. Puis il a eu un quatrième petit accès. je l'avoue. Dan\s quelle partie de la tête ? Le malade: Là. M. CHARCOT: YOUS dormiez? Le malade : Je sommeillais. CHARCOT : Il n'a pas d'autre prodrome que le mal de tète. Mais nous ne sommes plus dans les conditions que je vous signalais tout-à-1'heure. C'est que sic'est comitial. est-ce que ce ne serait pas un cas particulier de somnambulisme? Je me suis placé au point de vue comitial surtout. Il nous a été adressé par mon honoré collègue M. j'ai pensé que ce cas était un cas d'automatisme comitial. il a commencé par la rue de Billancourt. Il suit cependant son idée. Le médecin qui est là voyant . CHARCOT : Dans quel mois était-ce ? Le malade : Le 17 octobre. Là j'avais une suspension à prendre. il descend l'objet dans la voilure pour l'emporter. CHARCOT : De quel côté? Le malade : Du côté gauche. rue de Billancourt. M. M. CHARCOT : Il avait eu une assez grande tournée à faire. M.dans la voiture. L'amnésie a commencé. M. je vais chez mon patron et je lui parle. pour la seconde. mais il ne se rappelle pas l'avoir fait. Le malade: De là. de 7 grammes par jour. comment s'esl-il produit? Le malade : Un matin. Yotre quatrième accès. dans la tempe. je vais ensuite avenue deYilliers. Le malade : Déjà. je m'endormais. pour la quatrième. Donc. vous n'avez pas eu de troubles de la vision. par une raison que vous comprendrez. M. qui était à côté de moi m'a poussé pour me réveiller. dans la langue? Le malade : Non. il y a une observation très profonde sur le somnambulisme. qui dirigeait autrefois ici le service des épileptiques. Yous savez que dans Macbeth. sans savoir comment. Je décroche ma suspension et je la mets dans ma voiture. M. j'ai eu mal à la tète. pas d'engourdissements dans les mains.. je fais mes deux premières courses : rue de Billancourt et boulevard de Clichy. pour la troisième. il se rappelle que toutes les fois qu'il a eu une de ses absences. pendant toute la durée de l'accès. La proportion de bromure a été : pour la première semaine de 4 grammes. nous lui avons prescrit les bromures combinés à doses élevées. le cocher. de 6. De même pour le mois qui suivit. elle dure deux ou trois jours entiers et qu'il garde.— 119 — que chez celui-ci. Enfin. immédiatement nous l'avons traité. La patronne me regarde et dit: il a l'air tout drôle aujourd'hui. Monsieur. de 5. CHARCOT : Yous n'avez jamais eu dans l'oeilune lumière particulière.cela. il a eu mal à la tète. M. Maisme direzvous peui-étre : êtes-vous bien sûr que ce soit. un caractère de tranquillité qui l'a empêché d'ailleurs de tomber entre les mains de la police.

l'accès a été beaucoup plus court.J'ai dit au cocher qui était à côté de moi : Je suis fatigué J'avais une soif ardente. El effectivement. Le malade: Si j'avais été à pied.c'est la règle. Sa femme et tout le monde s'étaient enfuis. M. s'écrie : Yoyez. et il est probable que le médicament agissaitdéjà."Parmi les individus qui m'oîit consulté. Monsieur. je me suis senti brisé comme si on m'avait donné une volée de coups de bâton. M. CHARCOT : Yous voyez. il s'en fui à travers champs et disparut. et en effet. avait tout cassé dans sa maison. je crois ne peut se vanter d'en avoir. me dit-il. que c'était moi qui était l'auteur de tout ce dégât. Oui. se promener à travers les rues. Depuis. il n'a plus eu d'accès. toujours les yeux ouverts. il est allé prendre son billet de chemin de fer. dans un accès de ce genre. s'adresse aux autres personnages en scène et. j'ai bu de l'eau pour apaiser ma soif. notre homme avait les yeux ouverts.— 120 — lady Macbeth se lever et commencer ses actes somnambuliques. ne conservant aucun souvenir de ce qui s'était passé. cela résulte des paroles de sa patronne. Après avoir tout mis en pièces. Je ne voudrais pas me faire passer pour avoir sur le somnambulisme naturel des connaissancesprofondes et personne. Je reviens sur la ressemblance frappante entre l'accès ambulatoire de notre homme et ce que l'on raconte du somnambulismedit naturel. il est fort étonné de se trouver dans la campagne. Après. les supposant plus éclairés qu'ils ne le sont. Quelque temps après. Donc il avait les yeux ouverts. et puis cela ne saurait être contesté. Tout cela reste dans la pensée à l'état de rêve. iKrentre chez lui. Le malade : Nous avonsété ensuite faubourg Saint-Honoré. : Je ferai remarquer qu'il avait déjà pris du bromure de potassium M. j'en ai acquis la conviction. tout y était brisé. M. CHARCOT : Combiende temps cela a-l-il duré? Le malade : Environ 3 heures. Le voilà qui pénètre dans sa cuisine. Cela dure depuis trois ou quatre mois et il n'avait jamais eu de période de repos aussi longue. Quand je suis arrivé chez moi. les malades ont perdu au réveil. D'abord. Un des derniers auteurs . il n'irait pas loin sans qu'un homme de police s'en aperçut. C'est évidemmentun phénomène du même ordre que celui du souvenir que le malade qui est devant vous a gardé de ce beefteack qu'il a commandé et qu'il n'a pas mangé. il est évident que l'attention des passants serait immédiatement éveillée. Le malade: Non. Yoyez-vousun individu se promenant les yeux fermés à travers les'rues. CHARCOT : On dit généralement que dans les cas de délire épileptique avec violence. il m'est venu à l'idée que j'avais rêvéavoir tout cassé dans ma maison. Alors. Mais on peut citer des exemples du contraire. peut-être aurais-je encore marché longtemps. parce que tout le monde m'a dit. absolument tout souvenir de ce qu'ils ont fait pendant l'accès. mais sans avoir la précision du souvenirdes actes accomplis pendant la veille. il en est un qui. CHARCOT à des doses élevées.ses yeux sont ouverts! C'est justement la grosse question de savoir si on a les yeux ouverts ou fermés dans le somnambulisme. Yoyez-vousce réveil du souveniren présence des résultats de l'acte accompli.

cette rencontre du poète et du médecin est au moins curieuse. Un des caractères du somnambulisme naturel serait d'être nocturne. Mais il pourrait bien se faire. pour définir l'état de lady perturbation in nature ! to receive at once the benefit of sleep. c'est M. je dirais : C'est un individu qui paraît dormir. comme on l'appelle par opposition au somnambulisme artificiel produit par l'hypnotisme. je ne saurais le décider absolument. C'est ainsi qu'on voit parfois des enfants se lever la nuit. and do the eifects of watching. et ce n'est pas la nuit que d'ordinaire on s'applique à l'observation des malades. est une maladie de certaines années de l'enfance et de la première jeunesse. 2me édit. » Quelle différence y' a-t-il entre les paroles poète et celles du médecin nosographe qui est venu bien longtemps après lui ? Pour moi. 16 . on ne la voit guère se manifester chez les adultes et dans l'âge mûr. En général. en ce qui concerne les phénomènes du somnambulisme naturel. se promener dans leur chambre. bien que fort peu de gens aient pu assister à la production de ces phénomènes. il lui prend quelquefois la fantaisie de se jeter dans la Seine. il ne se rappelle pas ce qui s'est passé pendant son sommeil. et quand il revient à la vie normale. » « Quelle grande pertubation dans la nature ! Avoir la jouisance du sommeil et exécuter en même temps les actions de la veille ! » Que dit de son côté Joseph Franck. qu'à la période des informations. Nous avons ici une malade que vous connaissez et qui a présenté dans ces derniers temps des accès offrant les caractères assignés au somnambulisme naturel. Leçons du Mardi. Tuke. Il a sans doute de singulières idées . i. quand il veut définir le somnambulisme naturel : « Le somnambulisme est une perturbation de la nature dans laquelle le sujet a toutes les apparences du sommeil et exécute toutes les actions du qu'on exécute clans la veille.— 121 — qui ait écrit sur ce sujet des pages dignes d'être lues. et il avoue lui-même que nous n'en sommes encore. si je voulais définir l'état mental de notre malade. D'abord. Tout-à-l'heure. Macbeth: A great Shakespeare dit dans Macbeth. Je n'ai jamais entendu parler de somnambules de jour. mais qui se conduit comme vous et moi nous nous conduisons dans la veille. sa conscience dort. t. mais il n'en paraît pas moins agir raisonnablement et cependant il dort . le somnambulisme naturel. Et puis. c'est la nuit qu'ont lieu les accès somnambuliques. Il a imaginé de dresser une espèce de questionnaire sur cette question dont tout le monde parle. c'est-à-dire jouant le rôle CHARCOT. ma première pensée serait qu'il s'agit de cas de somnambulisme pathologique. accomplir des actes de l'état de veille. que ces accès fussent tout simplement de nature hystériqueou épileptique. le médecin. En ce sens particulièrement que les promenades automatiques ont lieu la nuit. je ferais comme le poète et le médecin. il a donné la même définition du somnambulisme naturel que Joseph Franck . et si j'en entendais parler. écrire leurs devoirs. de sorte que c'est souvent en définitive par des racontars de parents qu'on connaît le somnambulisme et on n'en sait pas assez pour en déterminer les principaux caractères. je vous citais un passage de Shakespeare qui s'est montré souvent un observateur profond dans les choses de la psysiologie et de la médecine comme en bien d'autres questions . les accès se manifestent presque toujours à la même heure : à minuit ou à une heure du matin.

Les élèves de service résolurent de passer les nuits pour surveiller la malade. lorsque pendant la veille elle est artificiellement. ou mieux elle ne la voit que comme un obstacle vulgaire dont elle ahâte de se détourner pour continuer son chemin. Ils l'ont vue descendre de son lit. Tucke. je n'avais jamais entendu parier de somnambulisme naturel dans la maison et il y a 28 ou 30 ans que j'y suis. on se place devant elle pour lui faire obstacle. Messieurs. monter sur le mur et se mettre à courir sur la crête. elle a la faculté singulière de négliger absolument tout ce qui n'est pas dans son programme et d'en faire. et comme elle était fermée. Ils la virent se lever et ils la suivirent dans ses pérégrinations . entre autres. pendant qu'elle est en marche. Cette malade se lève d'ordinaire à deux heures du matin. et dans l'exécution de son plan. on dirait qu'il veut donner aux nosographes de son temps une leçon de pathologie. Le cas était pour moi intéres^ sant à étudier. Si. C'est une observation très intéressante de la part d'un écrivain qui n'est pas un médecin . Chose remarquable. pour guider les observateurs qui voudraient contribuer à éclairer l'histoire du somnambulisme dit naturel. est évidemment pendant les accès en puissance d'un rêve. un dessein qu'elle s'efforce d'accomplir. sauter par la fenêtre du rez-de-chaussée dans la cour avec une agilité singulière. Le voilà qui met la main sur un caractère peut être fort important du somnambulisme naturel après en avoir donné une définition semblable à celle de Franck. elle pénètre dans le jardin. « sesyeux sont ouverts ». est prise sous l'influence des manoeuvresbien connues. Le médecin dit dans la scène de noctambulisme de Macbeth . ces contractures ne peuvent pas être provoquées dans les accès de somnambulisme spontané. littéralement abstraction. Yoici quelques autres remarques faites sur la malade dont il s'agit pendant les accès par les élèves du service : Cette femme. traîner une brouette qui se trouvait là. Ils ont fait des observations d'autant plus intéressantes que nous sommes. à relever un phénomène psychologiquebien singulier. je le répète. très à court de constatations précises sur ce genre de phé^nomènes. elle ne la voit pas . bien . chercher à sortir par la porte de service. contractures somnambuliques du grand hypnoslisme. et l'on dit qu'il en est ainsi de tous les sujets atteintsde somnambulisme prétendu naturel. on avait laissé volontairement la porte ouverte. placée en somnambulisme ce qui est on ne peut plus facile à obtenir chez elle. ils l'ont vue ensuite se recoucher. H. elle passe à droite ou à gauche. dans son imagination. Cette personne n'étant pas dans son rêve. Autre remarque : notre noctambule. sans faire attention à la personne qui lui barre le chemin. bien quenous ayons ici un service de 200 épileptiques. « Les yeux sont-ils ouverts » telle estime des premières phrases du questionnaire dressé par M.— 122 — d'équivalents de l'attaque ou de l'accès. rentre clansle service et va se recoucher dans son lit les yeux ouverts. elle se figure emporter. : II y a là. c'est une hystéro-épileptique. parce que. elle y cueille des tiges desséchées dont elle fait un bouquet que. Une autre nuit. elle a une idée qui la pousse. des contractures spéciales qui caractérisent cette phase dans le grand hypnotisme.

Je voudrais. avant que le malade se retire. à la vérité sous forme rudimentaire. Onraconte de Stuart Mill qu'il lui arrivait souvent. c'est en cliniquechose rare et difficile. car la malade est à la fois hystériqueet épileptique. Croyez-moi. l'hystérie des artisans qui y est cependant chose vulgaire. voir ce qui n'a pas été vu.plein jour automatiquement inconscient. J'incline à croire sans pouvoir établir mon opinion sur des fondements. c'est que plusieurs fois. les stigmatesfont déiaut et je ne crois pas qu'il se soit jamais produit chez lui d'accidents hystériformes. en particulier l'efficacitédesbromures.de marcher en. sans la remarquera côtéde l'ataxie locomotrice progressivequi existait peut être cependant déjà au temps d'Hippoerate. Ce qui me semble la légitimer. gravi. Et. dans les conditionsphysiologiques.équivalents des attaques hystériquesou des accès comitiaux. M. ce que nous voulonset avons appris à voir . ou bien d'accès nocturnes transformés. sans s'en apercevoir. compléterl'examen par quelques questions. Mais je ne veux pas me laisser entraîner clansles digressions. il n'est pas tout à fait propre au somnambulisme. du reste. je me suis promené en aveugle dans mes salles. Combien de générations de médecinsont passé sans la voir. c'est sijvous savez qu'il y ait eu dans . CHARCOT : Ce que je vous demande. nous ne croyonspas que chezlui l'hystérie soit un jeu: Ainsi que nous nous en sommesassurés. qui me paraissentplaider assez fortement en faveur de ce diagnostic. à la suite de ses promenades nocturnes. J'en reviens à notre homme. lorsqu'il était plongé dans ses méditationsphilosophiques. inébranlables que c'est l'hystérie qui est en jeu.on le rencontre souventà l'état de veille.pour qu'elle deBoulogne. S'agit-il chez notre hystérique de somnambulisme naturel. Nousne voyonsguère en sommeque ce que nous sommespréparés à voir.chef-d'oeuvre vint évidenteaux yeux de tous. l'escalierde sa maison et qui ne soit parvenu à sa porte en pensant. les deux affectionscoexistentchez elle sans se confondre (hystéro-épilepsieà crises séparées). Il n'y a guère plus de six ans qu'à cet égard mon éducation s'est faite. observez sans parti pris. parce que je ne savais pas la voir. Pendant bien des années.— 123 — remarquable. Il a fallu attendre jusqu'à la description géniale de Duchennede d'observationsingénues et désintéressées.à tout autre chose qu'à l'ascension qu'il exécutait. nous faisonsabstractionde tout ce qui ne l'ait pas partie de nos préjugés. on a vu la malade au moment ou elle rentrait dans son lit. — Cen'est pas un noctambule . sans se faire remarquer par personne. sans préjugé .pareillechosene nous arrive-t-ellepas à chaque instant? Il n'est peut être pas un de nous qui n'ait plus d'une fois. il marche tout aussi bien le jour que la nuit : D'un autre côté. ma grand-mère et jamais je n'ai entendu dire qu'ils aient eu des maladies ressemblant à la mienne. bien votre famille? (Au malade) : Connaissez-vous Le malade : J'ai connu mon grand-père. dans une des grandes rues les plus populeusesde Londres sans heurter les passants ou les réverbères. n'y voyantpas. Il ne nous reste guère qu'à invoquer le mal comitial et j'ai fait valoir quelques raisons. être prise d'une de ses attaques hysléro-épileptiquessi fréquentes chezelle pendant le jour.

rien de cela n'existe. c'est-à-dire qui ne vient pas à son heure habituelle. — Je connais un architecte qui vient me consulter assez souvent. CHARCOT: soit comitiales soit hystériques. soit aune époque quelconquede la vie. M. Je sais bien qu'il y a un mal comitial tardif. le jour où il est allé à Claye. M. : Des femmes. les jours. Il a de fréquentes absences pendant lesquellesil fait du cheminsans en avoirconscienceet sans appeler sur lui l'attention. M. ou il avait été pris de ses accès. CHARCOT : Jamais. il se laisse conduire jusqu'à l'extrémité de la ligne où il se retrouve comme sortant d'un rêve. Quel âge avez-vous? Le malade : 35 ans. je vous parlais d'équivalents d'attaques convulsives M. : Jamais votre femmen'a été inquiétée par vos ronflements? M. d'après les informations que nous avons prises.l'élément convulsifne soil pas représenté soit avant ou après l'accès d'automatisme. {S'adressant au compagnon du malade) : Savez-vous s'il a eu des convulsions ou des absences autres que celles qu'il a décrites.— 124 — votre famille des nerveux quelconques. sans manifester rien d'insolite. et comme celui-ci.de maladies nerveuses? Le malade : Non. et sans s'en douter.mais il estrare que chezles sujets qui présentent ces "équivalents" comme on les appelle. M. CHARCOT Le malade : Non Monsieur. CHARCOT : Par conséquent. CHARCOT comme si elle avait été mordue. et c'est à la suite de ces accidents là que surviennent habituellement les promenades automatiques. : Jamais vous ne vous êtes réveillé avec la langue douloureuse M. Maintenant. : On ne vous a pas dit que vous ayez eu des convulsions dans votre M. il est singulier de voir la névrose comiliale commencer si tard dans la vie. Tout à l'heure. il avait 34 ans à l'époque de son premier accès. afin de me renseigner sur l'attitude qu'il avait eue . Mais jamais rien de semblable à ce que vous dites ne m'est arrivé. je suis agité quelquefois. il a été négatif. CHARCOT : Je lui ai déjà fait subir un interrogatoire de ce genre. Lorsquevous étiezenfant vous n'avezjamais eu d'absences ? Le malade : Je ne me le rappelle pas. Souvent il monte en omnibus pour se rendre dans un lieu donné où il a rendez-vous à une certaine heure. De même chezle ciseleur. Il paraît que cheznotre sujet. j'ai été chez les clients qu'il avait visités. chez lequel il s'est rendu pour lui offrir du travail. et sur lequel un élèvedu service à fait un travail intéressant. Réponse : Jamais. la nuit. . des gens ayant eu des convulsions ou encore des maladies noires ? Le malade: Non Monsieur. Mais ce malade-là est sujet aux vertiges et aux attaques convulsives. CHARCOT (au malade): Il ne vous est jamais arrivé d'uriner dans votre lit ? Le malade : Non monsieur. CHARCOT première enfance ? Le malade : Non. Je me suis informé. il leur avait parlé exactement commeà l'ordinaire. CHARCOT Le malade: Je pense à mon travail. des cousines germaines ? M.

rien brisé. notez bien par écrit pendant ce temps-là tout ce qui aura pu vous arriver (1).) M. Au malade : Continuezla médication . si ce n'est le jour où il s'est jeté à l'eau. etc. 303.—Ges deux élémentssemontrent habidu mardi.. i.Depuis quand êtes-vous malade? Le malade : Il y a à peu près 6 mois. M. t. CHARCOT : Par où cela a-t-il commencé? Le malade : Par les mains. CHARCOT : Il y a longtemps? Le malade Après la guerre. vous reviendrezdans un mois ou deux. Messieurs. M. voilà des circontances. M. se compose en quelque sorte de deux éléments: 1°La rigidité.CHARCOT : Avez-vouseu des chagrins ? Xe malade: J'ai eu le chagrin de perdre de grands enfants. vous le voyez. l'absence d'excitation du sujet pendant leur durée. nous sommesen présence d'un cas insolite: Dansles annales de la science. jamais il n'a été arrêté par la police. j'ai eu depuis un coup à la jambe. ou maladie de Parkinson. il n'a molesté personne . L'absence de l'élément convulsrf. desLeçons decemalade. 2e édit. 2° le tremblement.. M. CHARCOT : Quevous est-il arrivé d'extraordinaire ? Le malade : Rien du tout. CHARCOT -. c'est bien de cela qu'il s'agit cheznotre malade. 17 . CHARCOT: La paralysie agitante. Et vos pieds ne tremblent pas ? Il n'y a que les mains ? . Il n'a rien cassé. Monsieur. M. M. mais pas tout à fait semblables. dans l'espèce. vous en trouverez sans doute d'analogues. 2BMALADE (Homme de 32 ans.p. M. CHARCOT: Combien y a-t-il de temps que vous'ne travaillez plus de votre état? Le malade : 5 mois. bien dignes d'être relevées. vous aviez déjà ce tremblement? Yousn'avez jamais eu d'accidents. En résumé Messieurs. dansle tomeII. Remarquezparticulièrementla longue durée des accès. (i) Voirla suitede l'histoire CHARCOT. CHARCOT : Que faites-vous? Le malade : Je suis maçon. Leçons du Mardi. mais il ne m'est jamais arrivé de tomber du haut d'un échafaudage.de morsure de la langue.— 125 ^ Le malade : Non. M. vous n'êtes pas tombé d'un échafaudage ? Le malade : Je me rappelle être tombé dans mon enfance. CHARCOT : Yousvous êtes mis à trembler sans aucune cause. M. CHARCOT : Mais déjà vous étiez malade.

à savoir : Immobilité du regard. avec une allure de plus en plus précipitée. Regardez les deux sujets tour à tour . phvsiomonie caractéristique. le voilà qui recule sans pouvoir s'arrêter de lui-même. messieurs. cette seule physionomie du malade suffisentà peu près pour permettre d'établir le diagnostic.m — tuellementcombinés. îa présence du tremblement n'est pas nécessaire. le tremblement existe seul ou peu s'en faut. cela n'existe pas chez l'autre. maintien soudé. est cependant imparfait puisqu'il lui manque le tremblement qui au contraire est si prononcé chez notre malade. vous le voyez. Tout cela est. il irait peut-être donner de la tète contre le mur. sans accompagnement de rigidité. les facultés intellectuelles restent chez les sujets atteints de maladie de Parkinson. Je le lire un peu en arrière par le pan de son habit.. l'homme soudéest sujet à la propulsion. jusqu'à la dernière extrémité. parfaitement intactes.Il n'en est rien cependant. Si je le poussais un peu.bien caractéristique et vous pourriez faire votre diagnostic à distance. Le second a en quelque sorte ce qui manque au premier : rigidité des membres . . sachez le bien et dans la généralité des cas. La rigidité est chez lui très prononcée. Mais je le répète. Le faciès particulier sur lequel j'appelle votre attention. la rigidité ne se voit guère. n'est pas sans être empreint d'un air d'hébétude qui fait croire quelquefoisque les facultés mentales sont en déchet. — Je le prie de marcher devant vous. mais il peut arriver que l'un d'eux prédomine remarquablement ou au contraire fasse défaut. rien qu'en examinant le port et l'allure. Autre différence. Pair d'un « bonhomme en bois ». Chez le malade d'aujourd'hui. Les muscles du iront sont rigides et plissés. Cette seule attitude.il procède la têle et le tronc inclinés en avant. ce qui est la cause de celte élévation des sourcils qui écarquiUe ses yeux et qui fait qu'il vous regarde avec un air à la fois triste et étonné. Il y a donc des cas de maladie de Parkinson avec rigidité et sans tremblement et d''autres où le tremblement. ce cas si typique dans son genre.existe seul. yous voyez. ils sont pour ainsi dire aux antipodes de la même maladie. J'ai fait placer à côté de lui un malade du service qui représente la forme opposée.le tremblementnul ou à peu près nul.

tandis d'unefaçon ensteppant querqu'ilmarchait particulière del'autre.vraisemblablememt.Policlinique du Mardi 21 Février 1888. Onpeutdoncdire qu'il degrédéjàprononcé.61. comprimé. (Traitement de la paralysie des extenseurs par l'électrisation statique. etil s'enestsuivipourlui une desextenseurs dupied. Jevous aifaitremarquer à côté dumouvecheznotrehomme.) 2° Hystérie chez les jeunes garçons. M. consistant en uneanesthésie sous ment.des troubles forme deplaque.Yous vousrappelez aifaitremarparalysie que je vous dupiedmalade. froissé.dans qui. NEUVIÈME LEÇON OBJET : 1° Lésion du nerf sciatique poplité externe. existait làunelésion assez desmuscles innervés profonde parle sciatique proplité externe etaussi dunerflui-même lachute. façon que L'examen nousa démontré à un électrique quelesextenseurs présentaient la réaction de dégénérescence.une chute dans un fossé. destroubles notables dela sensibilité. Décembre. 3° Ticcoiivulsif avec coprolalie. .CHARCOT : Yous avez dansuneprécédente leçon déjàvucemalade (1. enchassant. du cutanée desbranches sensitives répondant ' ' à •la distribution nerfpoplité. il frappait lesold'une normale. . J'aiajouté leseonintéressant encesensque quelecasétaitparticulièrement laleçon 'Voir duSO p. Isolement de la 3ephase de l'attaque sous forme d'accès délirants ambulatoires. avait été. contusionné auniveau delatêtedu péroné.) Il a fait.

.

vous aviez recouvréen partie la sensibilité. il y a quelques semaines. Yous voyezle résultat qui a été obtenu dans le court espace de temps qui s'est passé depuis. penM. j'ai relevé les effets curalifs. mais il s'agissait d'indiquer le pronostic.) Maisdans la grande majorité des cas.— 132 — naissances anatomiques relativement au trajet du nerf sciatique poplité externe et à sa distribution cutanée en tant que nerf de la sensibilitéétant établies. c'est la doctrine de M. pour ce malade. Yous comprenezque celte électrisationfaite par le malade lui-même a dû être d'un bien faible secours. Le malade relève alors à l'excèsla cuisse et exagère la flexiondu genou. il est vrai. à certains égards aux autres modes cl'électrisation. CHARCOT: Il n'en était pas résulté grand'chose. la guérison. C'estréleclrisation statique exclusivementqui a été mise en jeu. C'est clans la paralysie alcoolique typique que la démarche de steppeur est surtout bien prononcée. A l'état normal. je ne m'y attendais pas. (Le malade exécute le mouvement qui lui est ordonné. M.Le malade : Deuxmois. CHARCOT prie le malade de marcher. le malade a été traité dans le service électro-thérapique de la Salpêtrière. simulait l'ataxie. Yigouroux. c'est en pareil cas. Je craignais beaucoup. est venue très rapidement. tic. en raison de la démarche anormale qu'elle produit. (S'adressant au malade) : Combien de temps cela a-t-il duré ? . Je craignais je vous l'avoue. le steppage qui est enjeu. la marche de steppeur qui se manifeste quand le pied est tombant. il fait entendre deux bruits. toc. les mouvementsd'extension du pied sont d'ailleurs revenus à l'état normal. Je vous ai fait remarquer. A mon avis. supérieurs. Je vous ai fait remarquer aussi que dans la démarche de steppeur. assezsingulièrement appliquée. Depuis qu'il est venu nous consulter. . la chute du pied dans la marche fait entendre un seul bruit. Relevez donc votre pied. vous aviez déjà fait de l'électricité . Il n'y a vraiment pas à s'y tromper. en raison des renseignements fournis par l'éleclro-diagnostic. il ne pouvait pas relever le pied. très particuliers du Frankliuisme. CHARCOT : Quand nous l'avons vu. lorsque le pied arrive à toucher le sol. puis lebruit du talon : tic. toc. M. Yigouroux.CHARCOT dant combien de temps ? Le malade : Pendant un mois . par M. il était facile d'établir le diagnosltic . J'ai commencé à être traité le 18 décembre.) M. Déjà autrefois. que la paralysie ne s'éternisât. à propos des amyolrophies de cause articulaire. en raison du peu de succèsobtenu avecl'électricité dynamique. et celui-cine rappelle que très grossièrement la démarche clés ataxiques. Cela n'est vrai que pour un nombre de cas restreint bien décrits par mon ami le Prof. Dreschfeld(de Manchester. {Aumalade): Je voudraisbien que vous marchiez devant nous. : Avantde venir nous voir. La démarche de steppeur a complètement disparu. je l'avoue. Elle se fait sentir aux deux membres. j'électrisais moi-mêmela partie qui avait perdu la sensibilité. On a dit que la paralysie alcoolique. mais le mouvementn'était pas revenu. d'abord le bruit de la pointe. que cela ne s'éternisât.

Après sa rougeole. il est l'aîné maintenant. : Il a été un peu gâté ? M. : Et il est rentré à Passy.CHARCOT s'adressant au père : Yous n'avez jamais été malade ? Le père : Non. notre confrère. Il paraît aussi. Laissonsde côté cette quesiion-là. à la suite de cette rougeole. nerveux? M. il a obtenu une bourse. CHARCOT : Ondit qu'il est intelligent.— 133 — 2e MALAHE (44 ans. J'ai eu bien des fois l'idée de parler. n'avait jamais été malade.Onlui a donné du fer? La mère : Oui. de sa mère et de son médecin). très gâté. on a été obligé de l'envoyer à la campagne à Montmorency. parait-il jusqu'ici. : Qu'est-ceque ça veut dire. CHARCOT : Cela prouve qu'il est intelligent. grêle. et de la valériane. Il a été malade pendant longtemps. C'estun petit garçon de 14 ans. il apprend l'anglais. CHARCOT La mère : Il se contrarie pour la moindre des choses. M. CHARCOT La mère : Oui. il n'aime pas se donner de mal. accompagné de son père. J'en ai rencontré souventdesemblablesdans la cliniquede la ville. il a eu une bronchite qui s'est éternisée. Interroger le mari devant la femme c'est scabreux. je dis il paraît. mère : A Passy. J'en viens maintenant à la maladie d'aujourd'hui. M. de ce genre de crise et de vous dire ce que j'en pensais.CHARCOT : Il faudrait un peu de recueillementpour procéder à la recherche des antécédentshéréditaires. un peu. dans mes leçons. Il a pensé que le cas nous intéresseraitet il ne s'est pas trompé. l'occasionne s'en est pas présentée jusqu'ici faute d'un sujet approprié pouvant être placé sous vos yeux. CHARCOT . Il est fils unique? Le père : Non.L'enfant estassez grand pour son âge vous le voyez. on dit qu'il a poussé rapidement. il a eu de plus des palpitations. Je remercie le médecin de cet enfant. Cependant. du piano. il est resté trois semainessans pouvoir manger. parce que c'est toujours difficilede le savoir exactement. M. La mère : Il apprend tout ce qu'il veut. il étudie l'allemand. Cela prouve qu'il n'a pas beaucoup de fixité d*uisl'esprit. l'espagnol. Mais enfin. un peu trop grand peut-être . il joue du violon. il n'aime pas le travail. mais plus rarement à l'hôpital. M. Yoiciles renseignementsque m'a transmis son médecin : il a eu la rougeole au mois de mai 1887 . Nous avons eu trois enfants. d'avoir bien voulu nous l'amener. La mère : Monmari est nerveux. Il était le deuxième. il est interne. Admettons qu'il en soit ainsi. mais qui.qu'il n'y a pas de maladies nerveuses dans la famille. Ce petit malade est au collège? La. M. CHARCOT: Mais sans étudier. mais qu'il n'est pas très travailleur? La mère : Non. M. M. il n'aime pas les discussions. CHARCOT: Le cas de ce petit garçon est très intéressant.

Pour le reste tout est exact sur la fresque du Dominiquin. en pathologie hystérique. que la nuque et les orteils qui porteraient sur le sol. Alors la maladie se dessine. alors les membres supérieurs.l'enfant esquisse ce que. Ce démoniaque a été certainement peint d'après nature et je l'ai montré souvent aux auditeurs de ce cours {Fig. il a été pris à 4 heures du matin d'une espèce de suffocation qui l'a forcé à"se lever sur son lit. et. Son état a appelé l'attention du veilleur dans le dortoir. M. comme représentant un bon type d'une des phases de l'attaque hystérique. les poignets fléchis. CHARCOT : Il s'est passé là 3 ou 4 mois pendant lesquels il a toujours été fatigué. 7). après une absence de trois semaines. Il se raidissait. Le père : Pas toi. Quand celle-ci est en voie d'évolution et que l'attitude en arc de cercle se prolonge. Yoici maintenant comment les chosesse passent. alors. Alors le 18 janvier. de manière à lui faire former l'arc de cercle. c'est entendu. M. s'il était étendu à terre et non soutenu par un vieillard. Cet état s'est répété pendant plusieurs jours de suite et toujours la nuit. Il a eu 3 fois ces suffocations à Passy. puis les inférieurs se raidissent. CHARCOT : Yoiciune estampe qui est la reproduction d'une fresque du Dominiquin à Grotta Ferra!a près Rome. Monsieur. Seulement. Pendant huit jours. Elle représente St-Nil guérissant un jeune démoniaque. — Cette dispositionen arc de cercle a été constatée par les parents? La mère : Oui. M. le cou serré par accès trois fois de suite. M. appliqués le long du tronc. à S heures du malin. c'est ce qui me l'a fait retirer. étant au collège. mais bientôt elles ne constituent. . Le médecin qui l'a soigné n'a pas été témoin de cette suffocation. Yoici ce qui se passe. je ferai remarquer que celte attitude.de la sorte. CHARCOT : Il y a deux opinions opposées. tu ne le savais pas. La mère : Il a eu 2 ou 3 de ces accès en 8 jours. on ne lui en avait pas parlé du reste. C'estle fameux serrement de cou avec spasmerespiratoire qui ouvre la scène. comme cela avait lieu auparavant. c'est possible.— 134 — La mère : Oui. Le docteur. on appelle l'arc de cercle. les avant-bras en pronation forcée. Il a mis tout le monde en émoi. une fois à midi. on l'a retiré du collège : maintenant il est chez vous. il ne s'en est même pas douté. On ne faisait pas attention à ses serrements de cou. Il est rentré la veille du jour de l'an. CHARCOT : Bien. et il n'y aurait. plusieurs fois. son père peut-être. une fois à une heure du malin. au début de l'attaque. dit-on. le principal médecin de Passy ne s'en doutait même pas. L'enfant : Oui. plus à elles seules tout l'épisode. Divers phénomènes s'y surajoutent et la crise devient plus compliquée. les suffocations se produisent trois fois par jour. Lamère : Non. Le père : Il a eu des suffocations. mais moi. les membres restent étendus. « les bras en l'air » donnée par le peintre ne se voit en général qu'un instant. Il lui semblait qu'il était serré au cou. le corps se renversant en arrière. il avait le cou serré et il était comme menacé de suffocation. qui est. une fois à 6 heures du soir. L'entant est sur la pointe des pieds et renversele corps en arrière.

— Saint-Nil guérissant Fig.(Lacopieest à l'Ecoledes allumée devant et — Cette dans l'Art » par Charcot aux « Démoniaques figureest empruntée Beaux-Arts) Richer. 7.un possédé à GrotlaFerrala.—Fresquedu Dominiquin. . avecl'huiled'uneflampe une imagede la Vierge.

publiés. d'Une nous avonspubliéavecSollier l'histoire Enfin. s'est dans ces derniers temps élevé sur toute la ligne. se succèdent avec une a cetteoccasion lescasd'hystérie infantile utilederappeler quenousavons (1)Nous croyons soitdansles Archives de Neurologie et qui ont étéresoitdansle Progrèsmédical. p. 122) . il reste encore dans ce domainebien des particularités. mais modifiéequelque peu dans sa forme. c'est de la cesimulation » qu'il suffisaitd'apprendre à dépister et. ainsi : 1° période ou phase épileptoïde. pour ce qu'elle esldans la pratique vulgaire où elle n'est point rare je vous assure. qui suit celle des grands mouvements. grâce aux travaux de nos jeunes collègues. la situation est heureusementbien changée à cet égard. 149J. il y a cet égard une anomalie. Cependant. Aujourd'hui. et desenfantsidiotset arriérés >produits dansnosComptes rendusduservice desépileptiques t. IV. Entre nous. avecBonnaire (t. presque invariablement. typique. et qui réclament la mise au point.II. chaque jour. une bonnecorrection devaitle plus souventramener le calme et la santé. aies entendre.Il y en a encore une autre. mais ils ne pouvaientpas et ne voulaient pas voir cette chose là. III. familled'hystériques (p. le premier avecd'Olier(1881. bien des cas insuffisammentconnus. tome XIrenferme Ces êtreutiles deuxautres observations avecSollier). 55). puisque c'est l'arc de cercle qui ouvre la scène et succèdeimmédiatementà l'aura. letroisième (t.— 136 — Dansla grande attaque hystéro-épileptiquerégulière. ici. la tâched'unenouvelle monographie (Note de la 2eédition) (B). dans les ouvragesde ceux qui nous ont enseignéla pathologie de l'enfance. c'est que. l'arc de cercle n'est pas. (t. Le fait qui se présente à nous en ce moment appartient justement à celte catégorie là et c'est pourquoi j'y insiste.dont l'arc de cercleest une des représentations les plus caractéristiques. . p.voilà la série classique. p.le 1889). nous ne trouvons que bien peu de chose sur ce sujet là : l'hystériepour eux.2° période ou phase des grands mouvements. I. [Compte rendude l'année le cinquième avecBonnaire p.3e période ou phase des attitudes passionnelles. l'arc de cercle appartient à la 2e phase ou phase des grands mouvements. la 3e.et c'est justement le fait particulièrementintéressant du cas présent. contrairementà la règle.V. Je vous rappelle en quoi consistecelle 3e phase : Il s'agit là foncièrement de délire avec hallucinations surtout visuelles. L'hystérie infantile est reconnue. et prolongéede façonà être rendue presque méconnaissable. ici donc. Elles constituentune phase de la grande attaque. ils avaient des yeux et souventdes yeux excellentspour voir tout autre chose en pathologie. suivi par la phase dite des attitudes passionnelles: ou plus exactement. le quatrièmeavecLeftaive Dansle tomeX. du reste. typique . chez notre petit malade. p. renseignements pourront de l'Hystérie à ceuxquetenterait chezVhomme. 164). celle-ciexiste. tantôt à un sujet gai. la phase épileptoïdefaisant défaut.qui tour à tour relatives à un sujet triste ou mêmeterrifiant. le second avecDauge de Bicêlre. (t. Oncommenceà parler sérieusementde l'hystérie chezles jeunes garçons (1) et. celle-ciest précédée par une période épileptoïde plus ou moins bien dessinée.Maischez nos maîtres.je le répète. le niveau de nos connaissancesrelatives à la neuropathologie de l'enfance. Je reviens sur ce que je vous disais tout à l'heure des attitudes passionnelles. ou paraissant effacée.Ils ont paru. 87). aussibien chezles garçonsque chezles filles. 30).

Ce dernier cas est évidemmentd'une appréciation plus difficile que les autres. ces derniers temps une"demi douzaine dont trois. 18 . n'est point chose nécessaire. quelques minutes à peine. la l'e ou la seconde. l'une des deux périodes. i. sont souventles seuls phénomènes qui se manifestent au moment où le délire éclate. violent.dans l'intervalle des crises. le plus souventpeut-être.La fixitédu regard ou le strabisme convergent.tandis que tantôt au conleurs traire. pas de points hystérogènes. Il n'en est pas tout à fait de même. attitudes expriment le plaisir oula volupté. Son apparition est précédéedans les cas de parfait développementpar la successiondes deux premières périodes de l'attaque. Pour le but que je me propose actuellement. se montrant plus ou moins bien dessinés. c'est ainsi que dans cette période.lorsque le délire éclate en quelque sorte. un changement de la voix. vous le comprenez. convulsions épileptoïdes. grands. gai et parfois aussi au point de vue émotifpresque indifférent. le délire hallucinatoire delà 3e phase peut être pendant toute sa durée triste.mouvements. sous l'impressionde tableauxaimablesou érotiques. se mettent en harmonie parfaite avec ces diverses hallucinations. que.— 137 — les mouvements.les actes. pour mieuxmontrer encore les difficultésqu'on peut rencontrer dans l'interprétation des cas de ce genre. se modifier de diverses façons qu'il serait trop long pour le moment de passer toutes en revue et que c'est le plus souvent modifiés et fragmentés que les accès se présentent. Les accès maniaques occupent alors isolémentla scène.Messieurs. mais il peut arriver qu'elle se prolonge pendant une demi lieure. plusieursheures. les stigmatespermanents y fontdéfaut: pasd'hémianesthésie. parce que lavéritable lorsque. inopinément. un sujet qui jamais autrefois n'a éprouvé sans avoirété précédéde convulsions. l'évolutionde celle 3ephase est en général très rapide. sans accompagnement. peut manquer et il peut arriver enfin qu'elles manquent teules les deux. par une singulière coïncidence élaient relatifs à de jeunes seigneurs napolitains parfaitement élevéset de bonnes •manières. L'attitude. j'en ai observé dans. sans prodromes ou avec des prodromes qui ne sautent pas aux yeux et qu'il faut savoir chercher pour apprendre à les mettre en relief. en ce sens qu'elle débute d'emblée. 2°édit. Yoilà. les cas conformesau type parfait restant toujours rares.chez ou qui n'éprouve pas actuellement.1 Il importe de savoir que ce type dont je rappelle les grands traits peut.à titre de représentants monosymptomaliquesde la maladie.pas de rétrécissement du champ visuel. etc. d'accidents spasmodiques : un changementbrusque des allures et de la physionomie. souvent même les paroles grande rapidité.une heure. elil convientd'ajouter. je me bornerai à relever les variétés suivantes: La successiondes représentations mentales tristes et gaies. dans d'autres cas.En réalité.des faits quivraiment ne sont pastrès rares. CHARCOT. l'accèsde manie avec hallucinationest précédé à peu près invariablementpar la production d'un arc de cercle bien caractérisé. plus encore. tantôt sous l'impressionde visionsterribles. le diagnostic est relativement chose aisée. comme clansnotre cas actuel. t. les malades manifestent par leurs altitudes la plus grande épouvante. que je signalais tout à l'heure. un petit sanglot. la phase des attitudes passionnellesse montrant isolée. dans la clinique. Leçons du Mardi. nature du mal y est tout d'abord moins évidente.sans interruption.leurphysionomie.

des molsorduriers appris on-ne sait où. etl'on a quelquepeine à distinguer en ces moments-làs'il dort ou s'il veille. en apparence fort raisonnables. non.avecles personnesde l'entourage. l'installationpeut se faire aussi parfaiteque possible clans l'un quelconquedenos grands établissementshydrolhérapiques. il se comporte comme un véritable acrobate. Cesaccèsse reproduisaient tousles 3 ou 4 jours et ils duraient depuis 4 ou Smois en moyenneà l'époque où les enfants m'ont été amenés. la simulationne soit pas en cause et qu'il ne s'agisse tout au plus. Je ne veux pas dire que le public admirateur ou trop sympathiqueétant supprimé. Le mieux est de les supprimer tousles deux. Lesenfants sont placés sous la directionet la surveillancedu médecin résident. Maissous l'influencede la vie quasi-monastiquede l'établissement. les chosesne vont pas aussi vile. en avoir dit assez pour vousmettre à même de tirer profitconvenablementde la présence du malade. si j'en juge d'après ce que j'ai vu constamment. il transforme. mais il est inutile de les brusquer. parfaitement habitué au maniementde ce genre de malades. Cela durait un quart.tout rentrait dans l'ordre. il n'y a rien à espérer. vingt minutes. un petit sanglot se produire elles voilà qui bientôt se mettaientà frapper à droite et à gauche les personnesprésentes. saule sur les meubles. les accèss'atténuerontvite et disparaîtront bientôt. tranquillement. du reste. Le petit malade chante.une influence particulière du public sur le nombre et l'intensité des accès. On n'en finirait pas si l'on voulait même esquisserlégèrementtoutes lestransformations que peut subir dans ces circonstancesla troisième phase de l'attaque et je crois. il rentre en rapport. Il leur faut une main ferme et quelquefoissévère. les objets et les gens qu'il rencontre. Au sortir de l'attaque. —A Paris.l'expériencele démontre. C'estle cas. vocifère. c'est. de vous présenter l'hystériecomme une maladie aux trois quarts psychique et qu'il faut apprendre à" traiter psychiquement. Il s'agit du traitement approprié aux faits de ce genre. Bien qu'à proprement parler. ceux-là en être vivants : par moment. C'estdans ces cas d'hystérie infantile mâle surtout que les résultats de l'application de la méthode sont vraiment merveilleux.proférant des invectivesgrossières. déclame. ceux-ci en corps inanimés.-où les enfants ne sont en contact qu'avec des personnesau courant de la situation et qui regardent sans s'émouvoir. il y a certainement. dans certains cas. suivant les suggestionsde son délire.138 Tout d'un coup. Ton voyait chezeux la physionomiechanger.Il a été très facile d'y couj)ercourt par l'application des moyens que je vous dirai tout à l'heure. parfois jusqu'à une heure et. tant qu'ils sont en contact permanent avec leur mère. La présence du père serait à peu près aussinuisible que cellede la mère.C'est l'isolement.surtout s'il s'agit de jeunes garçons.toujours inconscient. La scène est d'autrefois un peu différente. exécutedes actes compliqués. que d'exagération.—Donc séparez les enfants de leurs mères. se livre aux exercicesgymnasliquesles plus extravagants. d'heure. 1isolement au premier chef qu'il faut prescriretout d'abord. une . absence complète du souvenirousouvenirtrès vaguede ce qui s'était passé. Il est encoreun point cependantque je veux toucher avant d'en revenir à lui. Ainsiplus de parents. plus d'assistants inexpérimentéset parfois admirateurs. la maladieva disparaître du jour au lendemain. ou jamais.

quand ilm'a vu. et disant « comment suis-je là? » : Il est curieux de voir le rêve se modifierainsi suivant les circonsM. la seconde à midi.Ce malin même. ou croit au contraire qu'on attente à sa vie et veut se défendre . il y a des exceptions. M. Celase passait le 31 janvier.il est entré dans son délire. il s'est réveillé ne se rappelant rien de ce qu'il avait fait. commeje vous l'ai dit. Nous avons profité d'un de ces moments-là. CHARCOT tances extérieures. de retour à la maison. à 2. Au contraire. Je veux dire par là qu'elles se produisent avecune sorte de régularité. où il saute. Je vais terminer l'examen de cet enfanl par quelques nouvelles interrogations. Auguste est le nom du garçon de manège où il va prendre des leçons d'équitalion. Bientôtil s'est élancé sur moi. Les applications hydrothérapiquos contribuent efficacement au succès. Il en est ainsi en général. 11est très ordinaire de voir les crises hystériques se régler de 6 à 7 heures du soir. de chevaux et. on peut alors jusqu'à un certain point entrer en communicationavec lui. Voilà-le récit qui m'a été donné par écrit d'une première journée dans laquelle on a assisté à la période délirante. parlant de manège. mais en ce qui concerne l'hystérie. à propos d'une petite épileptique qu'on avait amenée ici les crises épilepliques se règlent en général à des heures de nuit. res. après le déjeuner. ainsi que je vous l'ai dit un jour. Le père : Par moments. Je vous aidit maintes fois que lescrises hystériques se réglaient quelquefois comme se règlent souvent les crises épilepliques. et souventles personnes qui ne connaissentpas son état ne se doutent pas qu'il dort. Seule la crise du soir et celle aussi de l'aprèsmidi sont pour ainsi dire à leur place. il répond quand on lui parle. car.cela commeun automate. s'il se règle le soir vers 6 ou 7heures c'est derhystérie. il y a une lacune clanssa vie ? Uneremarque en passant.3 et 4 heures du malin. vos propres yeux? Le médecin: Tantôt son délire vientsans être précédé de convulsions. Plus rarement dans l'après-midi. Il a eu des hallucinations. ou bien le matin au réveil.d'autrefois. la troisièmeà six heures du soir. à la suite de l'arc de cercle. paraissant méprendre pour un cheval. mais il en est d'autres où il se calme. il estsorti de sonlit en disant : «Tiensvoilà Auguste » . CHARCOT Le médecin : Il y a des moments où il est très agité. La mère : Dans ces moments là. CHARCOT : Et lorsque la chose est finie.— 139 — affairede deux ou trois mois. Cepetit bonhomme a plusieurs crises par jour. après un peu d'étouffement. ayant entendu dire qu'il devaitvenir ici ce malin. : Commentavez-vouspu l'amener ici? M. Mais il ne faudrait pas trop s'y fier. on ne sait pas s'il dort ou s'il veille. On pourrait presque dire quand onvoit un accèsse produire la nuit ou le matin au réveil : c'est probablement de i'épilepsie et inversement. . une le matin au réveil.. gambadejoyeusement. il a voulu chercher la voilure lui-même et l'a amenée. mon cher confrère.Il a fait tout. nous dire ce que vous avezvu de Au médecin: Youlez-Yous. à de certaines heu.

. CHARCOT : Il se met dans la tête d'aller au gymnase chez cette dame . faisantminede la soulever.et le voilà M. il en cherche une èl saisit par hasard le bras du médecin auquel il se suspend.vousle savez. c'est bien une cordeet je ne veux pas qu'on me la chipe. Il y a des vertigeshystériques. Pourquoi était-ildans sonlit à cette heure là ? Le médecin: Parce qu'il avait encoreun peu de bronchite.sans qu'il soit nécessaired'y insister. Mais alors vous ne devez répondre de rien . répond-il.qu'il croit voir. que l'attaque délirante est bien de nature hystérique. M. Sans clouteil guérirait égalementun jour ou l'autre.c'est une dame de mes amies quia un hôtel particulier et qui y a fait installer un très beau gymnasepour son fils. M.L'accès finissaitlà. . il veut emporter le portiqueen le plaçant sur son dos el c'est sa mère qu'il prend à bras le corps. Il croit être arrivé là oùil voulait aller. L'intérêtcommencepour nousle jour où. il lui dit : Madame. ce qui a été dit devant vous. CHARCOT qui. M.on a vu survenirtoute la série des démonstrationsdélirantes.à table.Il avait eu auparavantplusieurs accèscomposésde dont je vous ai parlé. tout à coup.mais il y a aussidesdélires posl-hystériques. et s'adressanl à la dame de la maison. qu'avecun peu d'attention. Quand il est bien établi dans un cas donné.permettez-moi de faire un peu de gymnastique. : Il est pris subitement de mouvementsspasmodiques.11se croit au gymnaseet veut grimper à la corde. CHARCOT: Aprèsque la crise est passée. ces suffocations C'étaitjusque-là un hystériquevulgaire. C'est sans doute une dame qui lient un gymnase pour enfants ? La mère: Pas précisément. » Remarquezl'heure. il était dans sonlit. il a fait comme une répétition de ce qu'il avait déjà fait une fois. « Le 31 janvier. entre dans un état nouveau et dit: il faut que j'aille faire du gymnase chezMadame. il boit de l'eau el se figure qu'il boit du vin. il se figure qu'elle n'est pas allumée. à la même heure. . la rallume sans paraître savoir si il y a ounon de la lumière. Un autre jour. il prend son violon. vous parviendrez en général facilementà établir le diagnostic.C'est bien à 6 heures que tout cela s'est passé ? Le père : A 6 heures et les jours suivants. sans que vous y puissiezrien en faire. il a une lampe allumée.à la suite de cet arc de cercle et des étouffemenls. puis de l'arc de cercle.. il en joue.— 140 — Premier accès ambulatoire. vous pouvezrassurer la famille et affirmerque le malade guérira avec l'aide des moyenspréconiséstout à l'heure dansun court espace de temps. Si. à six heures du soir. Le médecinlui dit : ce n'est pas une corde. CHARCOT aux parents : Yous avez entendu.il se met. Yous retrouvez dans l'hystérie à peu près toutes les grandes formesde l'épilepsie. Dans une autre circonstance.ce qui est fort important. il l'éteint. le voilà qui se lève et marche dans la chambre endisant: nous y voilà. Remarquezque les attaques délirantes cessenttout à coup sans accompagnementde phénomènesspasmodiques. Maisvous voyez. il ne se rappelle plus ce qu'il a fait. car le pronostic s'en suit et il est bien différent. même en restant dans la famille. clansnos deux cas. la maladie pourra s'éterniseret évoluerdevant vous. un peu plus tard.

et dans les somnambulismes (1) Voy. CHARCOT: Depuis quand êtes-vous malade ? Le malade : Depuisl'âge de sept ou huit ans. Le délire hystérique (Gaz. de l'épaule. hebdom. CHARCOT Le malade : Je suis employé à la Compagniede Lyon. Yous vous exposeriez à bien des désagréments(1).Blocq. Je vous affirme que le résultai est certain et qu'il sera bientôt obtenu.— 141 — Voilà un enfant qui devrait être isolé dans les conditions que j'ai indiquées. quelquefois c'est plus fort. il m'arrive dédire : Nom de Dieu ! M. Si au contraire vous laissez aller les choses comme elles veulent. CHARCOT : Oui. A l'enfant : Eh bien mon garçon.Du somnambulisme . qu'il s'agit ici de tics convulsifs. malgré vous . Iconographie photographique . 1 890) et GeorgesGuinon. Monsieur. CHARCOT: tourner au collège et reprendre ses études. CHARCOT : Qu'est-ce que vous avez? Le malade : Des mouvements des bras. III (1876-1880). Persuadez à votre maman de vous laisser'aller dans un des établissements dont nous avons parlé. II. comme électriques. et quand il m'arrive de beaucoup travailler. c'est là un exemple de ce que M. SIVOUS suivez nos conseils. est-ce quand vous êtes contrarié ? Le malade : Oui. M. M. de proférer un mot grossier? Le malade : Si.1891) hystérique de la Salpêtriëre. Il ne vous arrive pas quelquefois. CHARCOT. — Bourneville (Progrèsmédical. Quel âge avez-vous? Le malade : 21 ans. Gilles de la Tourette a ingénieusement appelé la Coprolalîe. : Que faites-vous? M. Monsieur. La mère : Il a perdu presque une année avec sa maladie. M. peut-être qu'à Pâques il pourra reM. M. CHARCOT : Dans quelles circonstancesest-ce plus fort. Regnard. CHARCOT : Sans aucune raison. au lieu décrier.tomesI. Celan'a jamais été plus fort ? Le malade : Si. et cela n'en finira plus. Celle-ci est un accompagnementfréquent des grands tics. nous voyons. M. il faut en finir avec toutes ces histoires là. des jambes. M. vous n'y serez pas plus mal qu'au collège. CHARCOT : Poussez-vousdes cris quelquefois? Le malade : Oui. pour avoir vu plusieurs fois déjà cette année des cas semblables. CHARCOT: YOUS reconnaissezde suite.. l'année sera perdue tout entière sans compter que les attaques peuvent s'aggraver. M. des secousses brusques. 3e MALADE (homme de 21 ans).

et aussi dans l'histoire de la famille. Celaest rare cependant lorsque. elle est vivante elle aussi. mais ce qui est plus grave. . -— N'allez pas croire que le tic soit un accompagnementnécessairedes idées obsédantes. c'esl que c'est surtout les animaux qu'il ne peut loucher. quand vous rentrez chez vous. M. M. Depuis quelquesmois. Défait. Demême pour ma mère. Monsieur. à plusieurs reprises clanssa jeunesse et son enfance. de la tête ? Réponse : J'ai des soeurs. même muni de ses gants. c'esl bien cela. des soeurs?ont-ils été. CHARCOT: Ils n'ont pas de maladies nerveuses? Mais je n'ai pas entendu dire qu'ils eussent Réponse : Ils sonttrès nerveux. du côté de mon père. En présence de ces faits. A propos de Misophobie. On peut voir les tics sans dessous mental apparent. sont-ils malades des nerfs. a présenté les stigmates de la maladie du doute et du loucher. 5. est-ce que vous avez des habitudes spéciales? Yous dites que vous avez des manies. 7 quand vous ouvrezune porte. il s'agit d'un lie très accentué. CHARCOT : Connaissez-vous la famille de votre père ? Avez-vous des oncles ? Réponse : J'ai trois oncles et deux tantes. M.Pourral-il jamais la reprendre? — Cemalade n'est point tiqueux.j'ai vu ces jours-ci un cas bien remarquable dans l'espèce et bien triste à la fois. elle aussi. est-ce que vous comptez quelquefois 3. CHARCOT: YOUS ne vous lavezpas les mains 36 fois par jour ? Le malade : Non.. M. Yous arrive-t-il de faire certaines chosessans aucune raison.je fais tout cela. elle n'a pas eu de maladies de nerfs. rage. Il craint la contagion el ne rêve que contagion. CHARCOT : Yousne vous assurez pas trois on quatre foissi la porte est fermée au verrou ? Le malade: Parfaitement. rentre dans la catégorie de la neuropalhie du doute. Monsieur. la Misophobie. il aétéforcé d'abandonner sa professionjusque là lucrative. M.-142 . Le soir est-ce que vous ne regardez pas sous votre lit trois ou quatre fois? Le malade : Oui. CHARCOT : Avez-vous d'autres frères. M. (S'adressani à la personne qui accompagnele malade) : Yous êtes son frère? Réponse: Oui. M. ellesn'ont jamais été malades . c'est seulement un accompagnementfréquent. il est vraisemblable que l'interrogation nous permettra de constaterchez le sujet l'existence de certains phénomènespsychiques. CHARCOT : Le soir. CHARCOT : Cela fait partie d'une autre série. . comme dans notre cas. bacilles et microbes. Il s'agit d'un pauvre vétérinaire de province qui. d'un grand tic. M. je ne lui connais pas de maladies nerveuses. Avez-vous des manies ? Le malade : Oui. CHARCOT : Yous avez connu votre père? Réponse : Il est vivant. il lui est devenu impossiblede donner la main nue à personne el constammentil porte des gants . des marques neuropathiques plus ou moins accentuées. elles n'ont jamais eu d'attaques de nerfs. laquelle d'ailleurs. * d'affectionsparticulières. Il a eu des rhumatismes.

Je pensais trouver mieux ou plus mal. Il est rare que lorsqu'il y a un tiqueux dans une famille. le cas reste isolé. mais malgré lui.CHARCOT : Et il n'y a pas de malades parmi eux ? Réponse : Non. de manière à se faire remarquer. très faciles à surexciter. CHARCOT Réponse : Non. CHARCOT: Oui. : Pas d'attaques? M. CHARCOT Réponse : Jusqu'à présent. CHARCOT qu'ils eussent quelque chose de dérangé ? Réponse : Non. seulement ils ont été bien moins prononcés..143 — : Y en a-t-il qui soient originaux. : Il n'a pas de maladies ? M. CHARCOT Réponse : Il y en a un qui n'est pas faible d'esprit. En ce moment notre malade l'ait des efforts pour se retenir. il se débarrasse alors. Au frère : Vous l'avez entendu crier quelquefois et dire des gros mots ? Le frère : Oui quelquefois. M. : 11n'a pas de profession ? M. mais qui est très original. commevous voudrez. étant jeune. CHARCOT : Nous ne pouvons guère aller plus loin dans la voie des interrogations. mais chez les uns. Vous n'avez vous-mêmejamais été malade ? Réponse : J'ai eu moi-même. . Cela peut se rattacher à des excès de travail.CHARCOT Réponse : Oui. CHARCOT Réponse : Oui. Réponse : 45 ans. : Est-il marié? M. CHARCOT : Tout cela est peu important. tandis que chez un autre. Quel âge a-t-il?. C'est sans doute du côtéde l'oncle original qu'il faudrait pousser la recherche des antécédentshéréditaires. il se rend au jardin et là il ne se gène pas. Ma soeuren a eu également. CHARCOT pas quelque chose? Réponse : Elles sont très impressionnables. votre grand-mère.très nerveux. avez-vous entendu dire M. M. si ce n'est le cas de cet original qui ne s'habille pas comme tout le monde. CHARCOT : Deux frères et une soeur tous les trois affligés de tics. que je sache. : Avez-vousdes cousins germains ? M. non. mais elles n'ont pas de maladies. j'ai entendu dire qu'ils étaient. : Est-ce que vous connaissez vos tantes maternelles? N'ont-elles M. il s'agit de forme bénigne. le mal pourra se présenter sous une forme grave. CHARCOT Réponse : Il est fabricant de bijoux. on le voit s'agiter. . M. : Et votre grand-père. il a trois petits enfants. mais quand cela lui prend. Il ne fait rien comme tout le monde et s'habille d'une façon particulière. CHARCOT : Est-ce qu'il a fait des sottises à votre point de vue? Réponse : A mon point de vue : oui. M. M. M. bizarres ? M. les mêmes tics que mon frère. en toute liberté de son stock de paroles grossières.

M. le malade est sousle coup d'uneexacerbation de son mal depuis quelques semaines._ 144 — Le frère du malade: Il est dans unbureau où il travaille sept heures par jour. on pourra obtenir du calme. : On pourra calmer cela momentanément. avec le repos. CHARCOT: Dansce moment. mais je doute qu'il guérisse jamais dans l'acceptionrigoureuse du mot.Reste à savoir si on parM. Il est possibleque celle-cisoit la conséquence d'un excèsde travail de bureau . Cela me paraît fort difficile.CHARCOT viendra à l'extirper tout à fait. c'est de faire de l'hydrothérapie. : Ce qu'il y a de mieux pour lui. CHARCOT À quelleheure faut-il qu'il soit à son bureau ? Le frère du malade : Il peut demander une permission. Le malade est prié de se retirer. M. . l'emploi de l'hydrothérapie et de la gymnastique. Toutesa vie. il restera plus ou moins exposé aux atteintesde son mal.

CHARCOT: Il a toujours ainsi son mouchoir àsa bouche et il bave. M. M. M. t. Leçons du Mardi. remarquez ce détail. (Le malade porte un mouchoir à sa bouche). puis toux hystérique par accès réglés. M. il rend les liquides par le nez? Le fils : Non. M. CHARCOT : Qu'entendez-vouspar ces mots: peu à peu ? Le fils: Il a commencé à parler difficilement. M. : Qu'est-ce qu'il mange? Des aliments coupés en petits morceaux. CHARCOT : Quelquefois. 2° Astasie et Abasie. bon appétit. CHARCOT (S'adressant au fils du malade) : Quel âge a voire père? Le fils : 57 ans. CHAUCOT ou seulement des liquides ? Le fils : On lui découpe la viande en morceaux 1res menus. monsieur. .. surtout en mangeant. monsieur. parce qu'il ne peut pas mâcher facilement les aliments. Le fils: L'eau lui vient constamment à la bouche. 2e édit.Policlinique dii Mardi 28 Février 1888. Il a du reste. M. CHARCOT: Comment est-il arrivé à cet état: est-ce peu à peu ou tout à coup ? Le fils: Peu à peu. CHARCOT : Il a conservé la mémoire? Le fils: Oui. CHARCOT : Combien y a-t-il de temps? Le fils: Environ 14 mois. CHARCOT : Combien de temps met-il à ses repas ? Le fils : Plus d'une heure. CHARCOT: Quand cela lui est-il arrivé pour la première fois d'être gêné pour parler ? Le fils: Au mois de"décembre 1886. CHARCOT : Il peut écrire ? 19 CHARCOT. M. DIXIÈME LEÇON OBJET: — 1° Sclérose latérale amyotrophique. M. i. M. M. CHARCOT: Que lui arrive-t-il quand il boit ? Le fils : 11avale de travers. M. Cela a été de plus mal en plus mal jusqu'au moment où il a été absolument incapable de parler. Un malade se présente conduit par son fils. labio-glossoParalysie laryngée.

Eh bien! cela est très suffisant pour que nous éliminionsces deux hypothèses qui auraient pu se présenter à notre esprit. Eh bien !à moins que ce ne soitun sourd-muet de naissance. tout à fait exceptionnel.. nous vous l'avons fait connaître entre autre dans ses rapports avec la scléroselatérale amyotrophique. mais il est très rare. » L'écriture est tout à fait correcte. Le fils : Oui.Le cas qui se présente à nous nous fournil l'occasion d'utiliser cîiniquement ces études. : c<Je suis âgé de 85 ans et je demeurerue d'Aligre. de voir un véritable aphasique de ce genre écrire facilement.noussavons qu'il met beaucoupde temps à prendre ses repas. c'est l'aphasie. avecune facilité plus grande peut-être qu'à l'état normal. Nous parlons souvent ici d'émotions morales. Yous savezque je fais tout mon possiblepour vous habituel* à bien regarder les malades et bien voushabituer à tout observer chez eux. Yoilà un malade qui ne parle pas et qui écrit.' il est vrai. Monsieur. Vousne devezpas oublier que1souvent des théories et que celles-ci naturellement ne sont pas toujours fondées sur une juste interprétation des faits. En présencede cette conservationde la faculté d'écrire avecl'impossibilité-à-peu près absoluede parler. pour chercher à établir que jamais cas pareil ne s'était présenté parmi eux de mémoire d'homme. Quand on a un peu l'habitude de la fréquentationdes malades de ce genre. Je vous ai fait remarquer-souvent en présence de cas d'épilepsie.avec précipitation.la famille. de l'aphasie motricepar lésion organique. le travail instinctifqui sefait dans l'esprit des membres de. d'une « peur » par exemplequi. M. il ne faut pas en abuser. le mutismehystérique. niais c'est une aphasie d'un genre spécial.ou commeon dit encore. Vous savez que clansnos leçons du vendredi. nous avons étudié'les questions relativesà ce syndromeparalysie bulbaire.Il y a.— 146 — - ' Le fils: Il écrit très bien. CHARCOT: Veuillezlui passer du papier et priez-lequ'il nous écrive quelque chose. le plus ordinairement. Nous allons lui demander de nous faire une petite narration sur cette émotion morale qu'il prétend être la cause clesa maladie.Seuleles maladesfont ment. nous savons que sa maladie date de deux ans. et il faut écarter cette supposition. on reconnaît aisémentde quoi il s'agit.On m'a dit que celle maladie lui était survenue à la suite d'une émotion..Nous avonsvu que le malade bave et garde sonmouchoirconstammentà"labouche.n'a peut-êtrejamais existé.que de l'aphasie hystérique. Nousen savonsdéjà assezdans ce qui se présente à nous pour affirmerque nous ne sommes pas en présence de l'aphasie organique. une espèced'aphasie avecperte totale de l'articulation des mots dont le caractère est que le malade écrit avec une grande volubilité. Nous allons chercher à vous montrer surtout par quelles voiesil faudra procéder pour arriver à établir le diagnostic et le pronostic. CHARCOT : Lisons:d'abord ce que le malade vient d'écrire. non plus. c'est un élément éliologiquefort répandu parmi les névropathes.je vous .nous nous trouvons en face d'une paralysie bulbaire. Evidemment. qu'elle a marché progressivementet s'est aggravée de plus en plus. mêmeles choses qui quelquefoisparaissant indifférentespeuvent avoir un grand intérêt. L'homme. que la maladie par conséquent doit relever ou relève même très certainement d'une cause accidentelle. M. on pourrait avoir l'idée de l'aphasie. par la lésionde la troi5circonvolutionou sième aphasie de Broca. c'est là un phénomène qui ne se présente pas très fréquemment.

Il y a eu un chien enragé dans le pays.147 — l'ai fait remarquer maintes fois. CHARCOT Le fils : il y a deux ans qu'il ne travaille plus. de D ! sont prononcés très distinctement. des mots qui n'existent clansaucune langue. non relatifs à l'articulation des mots perdus d'une façon normale chez notre malade. Nous pourrons relever les symptômes cliniques qui . N. ne doit pas être la dupe de ces racontars. c'est clansla famille.Le médecin. les mots qui sont conservés dans le vocabulaire du malade. ou encore. : Nous ne sommes plus à la période où on peut analyser les sympM. il répondra uniformément: « monsieur. etc. : Combien y a-t-il de temps qu'il a cessé son service? M. Et vous verrez quelquefois l'enfant lui-même répéter l'histoire et la croire vraie pour l'avoir tant de fois entendu raconter et racontée lui-même. CHARCOT tômes. ! ! Il en est. on vous sort pour répondre à vos interrogations une légende fondée sur des mensonges quelquefois involontaires. n'aime pas la fatalité. el aussi avec la plus grande volubilité. ces"mouvements ne sont plus qu'esquissés. le voile du palais. celui qui a perdu le souvenirde ce qu'il faut faire pour articuler les mots. Il est rare que l'aphasique moteur. il avait déjà une certaine diffi' M. l'image motrice du mot pour le vocabulaire tout entier subsis- . mais ceux-ci appartiennent à la catégorie des. La recherche de l'hérédité nerveuse est une tâche des plus difficiles à mener à bien. n'émette pas cependant encore plus ou moins quelques mots qui constituent tout son vocabulaire. sont articulés sans difficulté. Pour mieux dire. parmi les solidaires comme une conspiration du silence . Chacun fait son possible pour en écarter l'idée . elle exige beaucoup de tact. fonctionnent également pour tous tes mouvements vulgaires. paraphasiques qui. ou en d'autres termes. Nous allons chercher à nous renseigner sur celte émotion morale qu'avait éprouvée noire malade. mais à toutes les questions que vous lui adresserez. ainsi «bonjour. Souvent il convient de n'aller pas trop de l'avant et de chercher à se renseigner par des moyens détournés. ou bien encore. de finesse et de patience. dont le devoir est d'approfondir les choseset de les voir telles quelles sont. c'est dire que dans l'aphasie comme dans la paraphasie. Cette analyse qui a été poussée aussi loin que possible par Duchenne de Boulogne ne peut se faire que dans l'esdébuts du niai. bonjour. monsieur. il sera capable (le prononcerquelques jurons : S. d'une façon correcte. rechercher si ce sont les labiales. . N. les palatines ou les linguales qui"sont particulièrement attaquées. les lèvres. madame. La force lui a fait défaut. et qui n'ont pour nous par conséquent aucune signification..sont uniformément affaiblis. tous les genres de mouvements de ces parties. bonjour. madame ou encore le juron S. La langue. Quelle est sa profession? Le fils : Il était employé de bureau. Quand il a-dû renoncer au travail. aussi bien ceux qui concernent l'articulation que les autres. avecle plus grand sang-froid du monde. lise présentera devant vous en disant : monsieur. vous débitent un singulier jargon. ils sont tellement affaiblis que la parole ne peut être émise avec assez de force pour parvenir à votre oreille. »Tout le reste du vocabulaire lui fait défaut . madame. CHARCOT culte à prononcer les mots ? Le fils : Il parlait comme un homme qui aurait bu.. Cependant. de D.existent entre Yalalie qui se présente à nous chez ce malade et ce qu'on appelle l'aphasie. l'enfant en "aeu peur. l'image motrice d'articulation du mot.

et par conséquent. Ils sont pensés et il y a un comM. je vous prie. une émotion vive produisant son effet un mois après seulement. vu naître des états neiiropathiques qui se rapportent le plus souvent à l'hystérie . Nous connaissons des paralysies par terreur. l'appareil d'émission (noyaux. CHARCOT : 11 n'y a vraisemblablement là qu'une coïncidence. j'ai ressenti un serrement dans « l'estomac. : Qu'est-ce que vous faites? M. j'ai perdu un petit neveu que j'affectionnais. La maladie s'est développée lentement. elles aussi. nous avons bien souvent. chez notre malade. « En octobre 1886. que l'influence élioiogique des grandes émotions peut être légitimement invoquée avec ou sans Iraumatismes. préalablement profondément altérés. le croyant encore vivant. mais je le répète. appartiennent généralement à l'hystérie. qui. CHARCOT Le fils du malade : Il lit. se seront rompus tout à coup sous l'influence de trouble circulatoire déterminé par le choc nerveux. c'est peu vraisemblable. épouvanté par la menace d'un accident de train. et l'appareil de coordination des mots estinclact. Maisici. (Au-malade) : Veuillezme dire. Mais il ne saurait être mis en jeu utilement par suite des désordres graves survenus dans l'appareil d'émission. mais ici. (Au malade) : Veuillez essayer de dire où vous demeurez ? Le malade lait entendre des sonsindistincts. quelle est celle dont il s'agit ? C'est ce que nous allons rechercher maintenant. Plus tard. si vous pouvez encore vous occuper dans la journée à faire quelque chose? Le malade fait un signe négatif.CHARCOT mencement d'exécution dans le mécanisme intérieur (3e circonvolution frontale gauche). les conditions sont tout autres. dans ces derniers temps.— 148 — te chez notre malade. M. Entre nous soit dit . CHARCOT : Combien de temps après ? Le fils du malade : Un mois peut-être. : Les mois sont là « en puissance ». la moitié du son est émise par le nez. M. » M. paralysies psychiques. mais on y distingue plusieurs formes . nerfs et muscles bulbaires) est gravement compromis pour ne pas dire plus. CHARCOT : Remarquez comme sa voix est nasonnante. mais dans les conditions du traumatisme. ma parole s'est viciée. resté intact. quelques vaisseaux. Dans l'espèce.laparalysieagitante peuvent naître aussi dans ces conditions-là. le voile du palais est absolument tombant. par émotions. la chorôe. c'est bien cette affection qui est en jeu chez notre sujet. c'est au premier chef d'une lésion organique qu'il s'agit. C'esl surtout clans les cas de maladies nerveuses. cela n'a rien été. J'ai vu cependant un chef de gare. J'ai prié sa « mère de me l'amener. chez notre malade. conformément à l'admirable description de Duchenne de Boulogne. Je vais vous lire ce que le malade a écrit très distinctement. A l'interne : Youlez-vouslui pincer le nez ? Dans ces cas. sans lésions organiques appréciables. mais ici. progressivement. je ne vois pas très bien la relation qui pourrait exister entre une vive émotion et la maladie ici présente. perdre connaissance tout à coup et présenter à son réveil tous les signes d'une paralysie bulbaire. (Reprenant la lecture des quelques mots écrits par le malade) : « Cela n'a rien . c'est de la paralysie bulbaire symptômatique de la formation d'un foyer hémorragique dans certaines régions du bulbe qu'il s'est agi .

passez-moila comparaison. aujourd'hui. Actuellement munis du renseignement fourni par l'exploration du réflexe màsséterien. les lèvres s'écartent à l'excès et le rire s'immobilise en quelque sorte . je dis bien ou assez bien toutes les « lettres de l'alphabet. Jusqu'ici restant sous la réserve. Yous comprenezpar là que le mol laryngé est parfaitement placé clansla définitionde Duchenne de Boulogne : Paralysie glosso-labio-laryngée. la mâchoire inférieurese redresse vivement par une secousse brusque. Tirons-nous de là quelque indication intéressante ? oui. molle. Remarquez aussi en passant. ce qui se passe ici.bouche. ce froncement des muscles du menton qui parait creusé de petites fossettes. puisque l'occasion se présente.) Vous voyez. toujours le même. je ne pouvais plus rien dire. cela n'en finit plus. cela fait l'effet. la paralysie bulbaire progressive se rattache chezle malade à la sclérose latérale amyotrophique. une grosse langue.Vous voyezqu'à chaque coup que je frappe sur le couteau à papier. reposant sur le plan inférieur de la.b. monotone. Nous ne trouvons pas dans ce cas. (Le malade essaiede siffler el y arrive. mais ce terme ne représente pas une unité . d.ses efforts. (M. autre chose en passant. ma parole s'est viciée peu à peu.il faudrait ajouter palaio. alors que l'envie de rire est depuis longtemps partie. » (Au malade) : Veuillez donc prononcer quelques lettres : p. ce qid se voit chez beaucoup du même genre. messieurs. M.) Sur ces entrefaites. Je dis « suivant toute vraisemblance » et ne suis pas plus affirmatil. et il y a plusieurs catégories à distinguer. de la"main droite il porte un marteau de Skoda. Il place à plat sur les dents de la mâchoire inférieure. je « parlais à peine de la gorge . (Le malade ne peut sortir la langue hors de la bouche. le rire persiste. nous pourrons aller plus loin el déclarer que. Yous le voyez. c'est seulement un syndrome.est bien dans la situation. en l'appuyant fortement la lame d'un couteau à papier qu'il tient de la main gauche . suivant toute vraisemblance. parce qu'il . nous nous sommes bornés à dire : paralysie labio-glosso-laryngée. sur lesquels se dessinent de petites secousses iibrillaires.) S'adressant aux auditeurs : Je procède à la recherche des réflexes massétériens. (Le malade profère des sons inintelligibles. CHARCOT : Tirez la langue. (Le malade s'efforcede crier). CHARCOT : Proférer un son élevéen criant est devenu chose impossible : quels que soient. mais la conversation m'est impossible. Veuillez remarquer. Cela veut dire que le réflexe que nous explorons est très accentué.- 149 — « été. M. Cet aspect. Veuillezcrier. mais faiblement. très certainement. Charcot prie le malade d'entr'ouvrir la bonche. un sillonnement de la surlace de la langue y dessinant pour ainsi dire des circonvolutions. il ne fait qu'émettre un bruit rauque. Puis. . Veuillezsiffler un peu. d'une limace sur laquelle se dessineraient des mouvementsfibrillaires. comme tuméfiée. il n'y a pas moyen d'en tirer autre chose. un peu plus haut mon ami. à l'aide duquel il frappe sur le couteau à papier. le malade se met à rire. Plus tard.

lésion des faisceaux corlicobrachiaux. Peut-il se déshaM. au lieu de débuter par lès membres supérieurs et. les avant- . etc. il ne le peut pas. le diagnostic que nôus. seulement. aurait envahi celui-ci primitivement. sans doute la preuve que. sont très notablement amaigris. pour n'envahir le bulbe qu'au dernier ternie. le dos. remarquez. la parésie et l'exagération des réflexes tendineux. lorsqu'on les examine de profil:. Nous allons recueillir.la déformation dite « pattes de singes » cela est plus prononcé au membre gauche qu'à droite. Mi CHA. : Auriez-vousla complaisance de dévêtirle malade. car un examen méthodique des membres. bien que le malade se nourrisse en somme fort bien. On pourrait dire que dans les membres. Il faut procéder maintenant que le malade est deshabillé à l'examen du tronc et des membres supérieurs. marche.Les mains. cortico-cruraux.RCOT: Cependant. Gela rend vraisemblable que déjà. Partout sur le dos. se sertde ses membres supérieur s. C'est là sans doute le diagnosticqui va trouver sa justification dans le reste de l'examen. par suite surtout de l'atrophie qu'ont subies les emmenées thénar et hypothénar. chez notre sujet. il peut se servir de ses mains pour porter des aliments àsa bouche et nous avons vu qu'il peut écrire. etc. avec atrophie concomitante plus ou moins avancée des cellules correspondantes des cornes antérieures de substance grise.sur ces détails que je suppose connus de vous par l'étude que nous en avons faite dans nos leçons du vendredi. en même temps que le syndrome glosso-labio : cela réaliserait Ceque l'on appelle « la paralysie pseudo-bulbaire » . tandis que dans le cas que nous considérons. Les mouvements des épaules sont trop faibles. présentent.etc.. le malade setient debout. devront être rattachés à la lésion des faisceaux latéraux. est essentiellementlente et progressive. avec participation des noyaux ganglionnaires du bulbe auxquels ils aboutissent..eortico-glossiques. corlico-laryngés. si nous les y observons. tandis que l'amyotrophie et les secousses fibrillaires annonceraient la participation des cellules dès cornes antérieures. de façon à intercepter le cours des faisceaux corticobuîbaires (eorlico-labiaux. Nous pourrons' trouver dans cet examen des faits importants à relever. comme c'est plutôt la règle. Yous voyezque la poitrine. par attaques appoplectiformes. la marché.— 150 — pourrait se faire que des lésions en foyer occupant dans les hémisphères de chaque côté certaines localisations.nous proposons a été fait. conformément à l'hypothèse admise. les membres ne paraissent guère intéressés dans la question . Au premier abord. la poitrine. les membres supérieurs clanstous leurs segments. les bras. ainsi qu'on l'a vu.lës cicatrices dé pointes de feu qui sont accumulées sur le trajet de la région spinale.)produisissent cette mêmeexagération des réflexesmassétériens.écrit. CHARCOT biller lui-même ? Le fils du malade: Non monsieur. fait dans une certaine direction. ailleurs. en outre de la lésion des faisceaux cortico-bulbaires.les membres inférieurs.. peut nous dévoiler d'importants symptômes qui tout d'abord ne sautent pas aux yeux. Je n'insiste pas pour le moment. Il s'agirait donc là d'une sclérose latérale amyotrophique qui. celle-ci procède dans son évolution par chocs. Mais il faut y regarder de beaucoup plus près. il y a.

quelques mois. au point de vue du diagnostic. je frappe sur les tendons fléchisseursau niveau du poignet placé en supination que je maintiens soulevé avec ma main gauche. la pathologie nerveuse est devenuemaîtresse d'elle-même. 11 ne me reste plus qu'à examiner l'état de la sensibilité: Le malade m'assurel-on n'a. et certes. L'examen est désormais terminé: nous voilà parvenus à un diagnostic précis. montrant ainsi jusqu'à quel point. voici ce que nous constatons. la main se fléchit brusquement. etc. Je ne pense pas qu'ailleurs en médecine. à chaque coup de marteau porté sur ce tendon. dans la pathologie cardiaque ou pulmonaire. Avant que le malade se retire. le chapitre « sclérose latérale amyoirophique» est un des plus complets qui existent en pathologie nerveuse organique. nous devons examiner l'état du pouls et de la respiration. un caractère de certitude.Lesmusclesdes cuissessont amaigris on y voit des secoussesfibrillaires très nettes.. la même chose existe aux mollets. tout au plus. —Nous allons examiner les membres inférieurs. le parquet.Réflexesrotuliens très exagérés. dans quelques régions de son domaine. nous pouvons et nous devons nous parler en toute franchise. Au maladeiMon ami. M. onva vousdire dans un instant ce que vous aurez à faire pour sortir de là. hepronoslie est déplorable hélas !c'est un homme perdu . à chaque pas. notre diagnostic se trouve confirmé. début bulbaire. 11est vrai que.Trépidations épileptoïdes très accentuées par redressement de la pointe du pied des deux côtés. et « frottent » un peu. nous ne constatons aucune anomalie. Vouspouvezrevêtir le malade.quele malade n'est plus là. je vous ferai remarquer que notre sujet est un peu gêné dans la marche. remarquez. CHARCOT : Maintenant. que des résultats négatifs. un coup « mort ». et on peut le dire de précision absolue. Le pouls en -particulier n'est point accéléré.' Le diagnostic en pareil cas. vous voyez se dessiner des secoussesfibrillaires très accentuées. comme au point de vue de l'anatomie et de la physiologie. Les réflexes du poignet sont donc exagérés . on puisse arriver à une plus grande précision. un an peut-être. entraîne avec lui. Mêmerésultat par l'exploration du tendon du triceps brachial au dessus de l'olécràne. de ce côté. L'exploration de la sensibilité cutanée ne fournil commevous voyez.151 bras. soit ailleurs des douleurs ou des fourmillements.. vous savez que dans l'état normal ils sont à peine marqués. le bien. ses pieds se détachent difficilement du sol. (Le malade se retire). Cela est important à relever à propos du pronostic et des traitements dont nous avons à nous occuper maintenant. le terme fatal ne se fera pas bien longtemps attendre . Maintenant que les membres inférieurs sont mis à nu.A l'aide du marteau de Skoda. De ce côté donc. Messietirs. vous pouvez vous retirer maintenant. H existe donc d'après cela un certain degré de paralysie spasmodique. Mais auparavant. On s'est assuré déjà par quelques questionsqu'il n'existe aucun trouble vésical. comme il l'est quelquefois en pareille circonstance. Sclérose latérale amyoirophique. oui la maladie dont il est atteint est . l'avant-bras s'élendbrusquement. jamais éprouvé soit dans les membres..

il s'agit de savoir si cela est vrai. il ne s'agit pas de savoir si cela est triste. anomales. Mais. qu'on a voulu bien arbitrairement clans ces derniers temps. de quelques années peut-être. mais c'est comme cela: Pour le médecin. rayer des cadres nosologiques. mais le médecin.— 152 — implacable. pour désigner le mal. Cela est arrivé pour l'ataxie locomotrice progressive: la géniale description de Dnehenne de Boulogne a dû être remaniée. n'est-ce pas déjà quelque chose? Mais il y a encore un autre point de vue à considérer en matière de pathologie nerveuse. c'est fort bien. dans celles-ci. non plus que de celles qui relèvent d'une lésion au foyer — certaines paralysies bulbaires. Lorsqu'un type morbide vient d'être créé . Une différence de quelques mois. certaines paralysies bulbaires — je ne parle pas ici des pseudo-bulbaires. est-ce donc là son rôle? On a l'air de nous reprocher quelquefois nos persévérantes études sur les grandes maladies nerveuses jusqu'à présentie plus souvent incurables.il fait presque constamment son apparition dans la clinique sous la forme d'une maladie très compliquée symptômaliquement el dont le pronostic est des plus graves. à quoi cela sert-il? On irait presque jusqu'à dire que ce n'est point là de la médecine. je suis médecin c'est vrai. que le malade vive dans l'illusion jusqu'au bout. qui se rattachent à une lésion primitive dès cellules nerveuses des noyaux moteurs du bulbe. on apprend à connaître les formes frustres. les formes relativement bénignes. je ne puis rien pour vous : vous appartenez à la catégorie des réprouvés dont nous ne nous occupons pas ! ! ! Allons. signe de fâcheux augure. procèdent . C'est que. éliminer du cadre de la sclérose latérale amyolrophique. atténuées. cela doit être. messieurs. c'est encore le meilleur moyen de trouver et peut-être. en fait foi. malgré tout. sans participation des faisceaux pyramidaux. grâce à nos efforts. d'accidents tabétiques s'est peu à peu substituée. mais malheureusement. les pratiques d'électrisation les plus méthodiques. l'alimentation deviendra de plus en plus difficile.et les troubles respiratoires se mettront de la partie. et le mal semble devenir moins implacable. vous voyez cela d'ici: mon ami. à celui à'aiaxie locomotrice qui ne répond qu'à une période de l'affectionet qui ne trouve pas d'ailleurs dans tous les cas son application littérale. Nous n'ignorons pas aujourd'hui qu'il est des tabéliques ce sans le savoir » qui continuant de vaquer à leurs affaires. le tableau change . par un diagnostic délicat. Veuillez le remarquer. les phénomènes bulbaires s'accentueront de plus en plus. la terminaison fatale est moins rapide que lorsque la paralysie labio-glosso-laryngée est liée à la sclérose latérale amyolrophique. notre devoir est autre: cherchons.qu'on a étudiées dans leurs variétés infinies et la dénomination de tabès. les révulsifs les plus énergiques. quoiqu'on fasse. l'histoire des découvertes accomplies clans le coursdes vingt dernières années. La médecine étant l'art de guérir. le verdict de demain ne sera-l-il pas le verdict d'aujourd'hui ? 11est déjà intéressant peut-être de pouvoir. modifiée et sous l'influence des travaux de la Salpêtrière. l'importance de la période préalaxique a été mise dans tout son jour. le pouls s'accélérera au dernier terme. ons'est familiarisé avec les formes frustes. cherchons toujours . seront impuissants à retarder la marche progressive du mal dont la mort « bulbaire» sera le dernier terme : c'est triste à dire. dis-je. les remèdes les plus divers et dont l'emploi paraît le plus rationnel. avec le temps. cela est humain.

Paslasie et l'abasie sont communément de nature hystérique. etc. Ainsi. : Ce petit garçon. Yoici ce qui est arrivé. sans doute. Blocq. — Les accès comitiaux. relativement bénignes et se montrant moins•in-ac— Ainsi soit-ill cesibles à l'action des moyens thérapeutiques. Cependant il pouvait marcher à quatre pattes. celte sorte d'accès se reproduit ù peu près tous les jours. s'est en même temps atténué et plus que l'exception'. Chez lui comme c'est presque la règle. pas d'incoordination motrice . inopinément l'a bien montré. 2° MALADE (Enfant de 12 ans). tous les mouvements des membres inférieurs. (Archives de Neurologie 1888. le jour même où l'àstasie s'est effacée. peut-être eût-il pu exécuter les mouvements de la nage. i. sans s affaisser à chaque instant. Il en était certainement ainsi chez notre petit malade. frustes. Il présentait alors les caractères d'une affection singulière consistant en ceci : Couché ou assis. le malade a été pris vers une heure de l'après-midi. eux aussi. . La même chose s'est produite dans le cours des dix dernières années pour ce qui concerne la sclérose en plaques. et s'il sait nager. » Remarquez cette régularité du retour des accès et aussi l'heure à laquelle ils se produisent. de grimper à un arbre. t. Il lui eût été possible peut-être. c'est-àdire sans accompagnement de stigmates. je M. on n'en a pas fait l'essai. par contraste.ues.perte de la coordination des mouvements pour la station debout (aslasie) et pour la marche normale (abasie). Les formes imparfaites. l'emsur les grands types qui ne forment la portent aujourd'hui. le pronostic de la maladie l'on cite quelques exemples de guérison. Pourquoi n'en serait-il pas de même de la sclérose latérale amyotrophique? Il faudra ici encore. 2«édit. âgé de 12 ans. Mais quand cela arrive c'est -20 CHARCOT. sauter à pieds joints. dans clinique usuelle. l'àstasie existait à l'état de monosyndrôme. étaient absolument normaux . la guérison soudaine du mal qui a eu lieu ces jours-ci. Maissa disparition a été"suiviede l'entrée en scène d'autres symptômes qui contribuent à bien établir que c'est bien ici l'hystérie qui est en jeu. compter dans l'avenir sur les formes frustes. avec conservation des mouvements coordonnés pour le saut. que vous avez sous les yeux.)— Vous savez que dans notre opinion. CHARCOT vous l'ai présenté déjà il y a quelques semaines. peuvent se régler. Si à celle courte description vous reconnaissezl'affection que j'ai décrite il y a 7 ou 8 ans el qui a été l'objet d'un très intéressant travail de notre ancien interne M.— 153 — dans la vie jusqu'à un âge avancé et meurent sans être jamais devenus ataxiq. atténuées. la marche à quatre pattes. Leçons du Mardi. Ainsi il s'agit là en somme de crises hystériques anormales « réglées. à la même heure. et il lui était tout à fait impossible d'exécuter la marche normale. aussi clans ces conditions-là. et depuis celte époque. quant à la force et à la direction. debout il ne pouvait se tenir. pas de paralysie ou de pârésie. d'une sensation-d'étouflementsuivie de toux sèche qui a duré peut-être une heure .

Il y a là un caractère important dont on peut tirer parti.mieux accessible aux médications que l'hystérie monosymplomatique et il y a pour ainsi dire exclusion de l'une par l'autre. vers 6 ou 7 heures. sous le coup d'accès réglés. le plus souventdans la soirée. est chose plutôt rare. Le voilà privé de stigmates. clans certains cas. Les crises réglées de l'hystérie se montrent au contraire dans l'après-midi. et que leur nature est alors parfois difficile à déterminer. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit chez noire petit malade. titre d'accident hystérique monosymplomatique. dans les lieux d-'élec• tion. ces malades maigrissent et. ce qui n'est pas toujours le cas. On comprend par là l'indication fort logiquement préconisée par le professeur Pitres. Il est plus habituel de la voir se présenter sous forme d'accès sans fin qui peuvent s'étendre à une bonne partie du jour. des points ou plaques hystérogènes. ou encore au moment du réveil que les accès se produisent. Les accidents nerveux paroxystiques chez notre petit malade se montrent conformes à la loi. chez lesquels il s'agissait manifestement d'hystérie et qui portaient sur les régions sus et sous-claviculaires les cicatrices indélébiles de cautères appliqués d'une main trop zélée. et j'ai rencontré bien des sujets. Il ne faut lias oublier en pareil cas que la toux se présente habituellement à. pour le diagnostic dans les cas douteux. sous forme d'accès réglés. une oreille un peu trop complaisante aura peut-être cru reconnaître dans l'auscultation des sommetsdu poumon les indicesde quelqueviceorganique déjà constitué. il faut que les conditionsqui produisent celle-ci existent déjà « en puissance » et qu'il se soit formé. Ce serait à désirer. pour qu'on puisse provoquer une attaque. à tout prendre. de provoquer les accès hystériques. menacent de s'éterniser. de plusieurs mois. La situation est clanscescas fort embarrassante . peuvent prendre les apparences de la phtisie pulmonaire. les contractures. vous le comprenez. . Cette méthode serait utilement applicable clansles cas où les accidents monosymptoinatiq*ues. marqués par des étouffemenls suivis de toux. Toussant du malin au soir. l'hystérie franche à stigmates réguliers et à attaques convulsives normales est. La toux hystérique. — Comment cela finira-t-il ? probablement par des attaques d'hystérie franche et il est possible alors que les stigmates se produisent. Il est vrai que.— 154 — dans la nuit de minuit à 2 heures du matin le plus souvent. cela arrive d'autant mieux qu'il n'est pas rare dans ces circonstances là de voir des hémoptysies neuropathiques se combiner à la toux. par l'irritation des points hystérogènes. quand cela est possible. et tourmentent ainsi les malades sans cesse et sans trêve pendant des périodes de plusieurs semaines.tels que la toux. L'une disparaît quand l'autre entre en scène el inversement.

La paraplégie alcoolique est une maladie qui s'est introduite nouvellement dans la nosologie. Lancereaux. A un moment donné. il y a une très grande différence entre arriver en temps opportun ou venir trop tôt en écl-aireur. Je le dois à mon collègue. il n'y a rien de nouveau sous le soleil. M. Yous savez qu'il y a dans une description bien faite une puissance de propagation remarquable. seulement. Je ne dis pas qu'il aurait mieux fait de se taire. Néanmoins. : J'en dirai autant de Magnus Huss qui a parlé lui aussi de la paralysie alcoolique . et il en fait un tableau qui équivaut au tableau de Duchenne de Boulogne sur l'ataxie locomotrice. M. -quoique excellent. car ce serait" commettre une grande injustice.Lancereaux et Leudet auxquels je fais allusion datent de 1868. ONZIÈME LEÇON OBJET : Paralysie alcoolique. le mémoire définitif de M. je crois.Policlinique du MarcLi 6 Mars 1888. deDeehambre). Briand. Il a donné une très belle description de la paralysie alcoolique. est hélas resté-dans l'oubli. M. Il y avait longtemps que je cherchais une pareille occasion.) : Je suis heureux d'avoir l'occasion de vous montrer un cas d'une M. Leudet (de Rouen). (Une malade est introduite dans la salle du cours.d'une lésion des nerfs périphériques et non de la moelle et que c'était une paralysie douloureuse. une très grande chose en pathologie que la description d'une espèce morbide jusque-là inconnue. comme on dit. C'est ce qui s'est fait en 1822 pour Jackson. Leudet a démontré qu'il s'agissait-la. et par dessus tout à M. Mais les temps n'étaient pas préparés et ce qu'il a dit. Lancereaux est de 1881 (Article Alcoolisme du Met. correspondant de l'Académie des sciences. médecin de l'asile deVillejuif. Il s'agit d'une paraplégie alcoolique et il y a bien longtemps que je n'en avais vu. appartiennent à M. Lancereaux a fait voir qu'elle affectaitsurtout les extenseurs des membres eten particulier les membres inférieurs. Les travaux de MM. la lumière est telle qu'elle frappe les esprits les moins préparés. un médecin américain. qui a bien voulu me prêter cette malade pour trois ou quatre jours. ce qui était jusque-là resté dans le néant commence à vivre et c'est une grande chose. Les premières descriptions crue j'en connaisse et qui m'ont instruit moi-même. il ne faudrait pas croire que ces Messieurs n'aient pas eu de précurseurs . CHARCOT affection qui n'est pas encore bien connue.

il l'a été à un moment donné. wrisi drop quand il s'agit des mains. pour procéder d'après la méthode des types. Ce que vous avezdevant les yeux est suffisamment. Il. J'aurais mieux aimé avoir un très gros cas à vous montrer tout d'abord. du pied'bot. C'est pour ainsi dire le pendant de ce que vous voyez dans la paralysie saturnine. ils sont affectés aussi. les pieds sont affectés quelquefois. il est flasque. C'est un pied bot paralytique. Il a là un premier caractère bien intéressant. sans donner de caraclèsuffisants.la flexion dorsale . Vous ne vous attendez pas à ce que tous les saturnins auxquels vous pouvez avoir affaire se présentent à vous avec une main cpiitombe. en règle. fool drop auand il s'agit des pieds. Jamais le malade et rarement les assistants ne vous éclairent.ne s'agit pas du tout de contracture. c'est que c'est surtout chez les femmes que vous voyez se produire la paralysie alcoolique. qu'elle affecte surtout les extenseurs. en tant qu'elle affecteles mouvements. bien au contraire. le pied tombant n'est pas extrêmementprononcé. et cela est. pour reconnaître qu'elle a cette paralysie des extenseurs du pied. quoique moins fortement. comme il s'agit des membres inférieurs. le wrist-drop est saturnin. il est. qui sert à établir un contraste vis-à-visde noire malade alcooli- . Pourquoi? Prédisposition. il faut que vous la deviniezvous-même. qu'il a de la paraplégie et c'est tout. offre celle particularité intéressante. la paraplégie. Les membres supérieurs ne sont pas cependant en général tout à fait dégagés . comme clinicien. Mais aujourd'hui. Sur 14 individus atteints de paralysie " alcoolique. je vais vous le montrer tout à l'heure.prendre ce accentué* pour perque l'on a. dit-on. y Chezcelle femme. cela ne crève pas les yeux. et voilà tout. forcé de procéder par soi-même quand il s'agit de paraplégie alcoolique. Et voilà justement ce qui est intéressant. Il y manque quelque chose. mais beaucoup moins que les mains. 11faut. Cependant. on s'obstine à vous cacher l'origine du mal.— 156 — et qui a eu le grand tort de ne pas la décrire minutieusement. comme celle de cet homme. La paralysie alcoolique est généralement une paraplégie occupant surtout les membres inférieurs. on n'en trouve pas toujours.tombant et en même temps. ce sont les muscles qui exécutent. Il faut en effetdistinguer le pied bot qui résulte. mais les types. si importante à connaître dans l'espèce . mais il y en a assez pour faire le diagnostic. vous n'y êtes jamais aidé. Il dit d'un sujet -qu'il est alcoolique. Le foot-drop est alcoolique. Eh bien ! le cas que vous avez sous les yeux est un cas assez net de paralysie alcoolique. Sans doute. cependant. il faut la chercher. Cen'est cependant pas un très"gros cas. Ici.de la contracture musculaire ou spasmodique. je suis un ivrogne. le pied ne peut pas se relever . mais d'une chute du pied. il y a 12 femmes. dans les cas très prononcés. surtout vrai quand il s'agit des femmes. avec cette différence que clansla paralysie saturnine. rés-aeliniques On est toujours. Je n'ai jamais vu un alcooliqueatteint de paralysie dire: oui. Cependant.. Les Anglais ont une expression •pour désigner la chute de la main dans la paralysie saturnine el dans toutes les autres affectionsoù on peut larencontrer. un cas typique. ici présent. qui résulte de ce que les muscles extenseurs son! atrophiés el paralysés. ce sont les extenseurs des extrémités supérieurs qui sont atteints et les mains qui sonl tombantes. mettre de vous montrer que c'est bien de paralysie alcooliquequ'il s'agit .

cela veut dire d'abord douleur à la pression . troncs nerveux et tendons soient douloureux à la pression. mais la paraplégie n'est pas très commune. temps que vous ferez effort pour l'empêcher de le relever. comme un certificat d'ivrognerie. Clarke). à peu près en même quantité: l'un prend la paralysie alcoolique. c'était très curieux.sa seule occupation . buvait toute la journée avec son mari. Eh bien ! en somme. tic de ce cas léger. c'esl que le foot-drop est en puissance. féminines. Sous ce rapport. . l'autre prend autre chose. L'alcool ne Je produit pas les mêmes effets chez tous les individus qui en abusent. S'il lui est impossible de le faire. En effet. je le répète. Il est assez curieux que ce soit en France que la paralysie alcoolique ait été découverte. ils buvaient ensemble du curaçao. avait pris la chose à sa manière. C'était . en Angleterre. Mais je continue ma description. Chez les hommes.et de Lancereaux. je voyais dans son lit une damé. chez des ladies. que. Il faudra vous assurer de l'étal des extenseurs dire à la malade de relever son pied en même par quelques expérimentations. Le retard qu'ont mis les Allemands à constater celte maladie est également assez bizarre. Il y a des cas légers clans la paralysie alcoolique comme dans la paralysie saturnine et si vous dites à un malade dont le pied est abaissé de le relever et qu'un de votre part l'empêche facilement de le faire. vous voyez le délirium tremens. cela vous conduit au diagnos' effort. Paralysie douloureuse. même chez les personnes de la haute société. qui boivent tous les deux de compagnie les mêmes substances. muscles. vous ai ail. les Anglais. tous les travaux venus de ce côtésont postérieurs à ceux de MM. la cirrhose du foie. le précurseur de Leudet. chez notre femme. des paralysies alcooliques qui se produisent. c'était une Française. Le mari s'en lirait avec des pituites et une trogne rouge qui était pour lui. des dames boivent. Celle-là. Je vous déclare que la première fois que j'ai vu une paralysie alcoolique pour mon propre compte. j'ai été fort surpris quand j'ai vu que la paraplégie était douloureuse. les pituites. quand celle-ci n'est pas portée au plus haut terme. c'est très remarquable. bien que ce soit plus commun en Angleterre et en Amérique. que la paralysie était bien plus fréquente chez les femmes que les hommes. après avoir lu la description de Lancereaux. les Américains et les Allemands nous dépassent de beaucoup. car notre pays est loin d'être celui où l'alcoolisme est le plus répandu. Nous trouvons aussi en Angleterre des travaux importants sur la paralysie alcoolique (Wilks-Lock. car nos voisins boivent ferme el ont pour le schnapps un goût particulièrement accentué. Il est vrai que Jackson en Amérique a été. tout à l'heure.Lancereaux et Leudet. les laryngites. l'homme et la femme. je dis paralysie douloureuse etdouloureuse de toutes façons. les différents accidents nerveux de l'acoolisme chronique. Mais la femme. et cela est intéressant au point de vue de la pathologie générale. du vermouth et par dessus tout cela de la bière pour se rafraîchir. Ces Messieursnous montrent. comme je l'ai dit. les coliques. qu'il y a. tandis que j'ai vu une vingtaine de paraplégies . 11en est de même quand il s'agit du wrist-drop de la paralysie saturnine. En France. 11 n'y a pas beaucoup de paralysies dans lesquelles les membres. du reste. qui n'épargne pas la femme non plus. Ainsi voilà deux individus. elle.— 157 — des pieds.

en effet. Il y a encore cette autre particularité que vous avezdans la paralysie alcoolique des anesthésies qui occupent surtout les membres inférieurs. qui ont souvent aussi une sorte de paralysie douloureuse. et vous trouvez qu'ils sont douloureux.. Il y avait bien d'autres petites choses qui m'avaient mis sur la voie du diagnostic. ce sont là des caractères importants. de même. [le saturnisme présente cette particularité qu'il n'est pas douloureux. afin de préparer un peu cette leçon et de pouvoir tirer tout le parti possible des phénomènes qu'elle présente. au contraire. La paralysie alcoolique est douloureuse. Cesdouleurs à caractère brusque. jusqu'à rendre la confusionpossible. et puisque nous en sommes à la sensibilité. Je dois ajouter qu'elle s'accompagne d'autres troubles de la sensibilité. il n'y a pas moyen de dormir. chez les diabétiques.j et qui paraît avoir trompé quelques auteurs. dans les paralysies hystériques. ainsi que vous le savez. elle poussa une exclamation. Et cela peut-être d'autant plus intéressant qu'il y a bien d'autres points de contactentrele syndromealaxique elle syndrome alcoolique et qu'il y a là une question de diagnostic qui peut être assez délica'. pression phénomène très important. par contre. il y avait celle-là: je lui pressai un peu fort sur les mollets. des nerfs. ce n'est pas toujours chose facile. il y a des douleurs qui surviennent comme des éclairs. les jointures. paraplégie douloureuse à la pression. même résultat . ce sontles poignets surtout qui sont pris. fourmillante et qui s'exaspère. je pressai les tendons. excepté dans des cas où il y a transitoire hypéresthésie cutanée liée aux accès fulgurants. d'épouvantables douleurs fulgurantes.plus prononcéeaux extrémités. légère. le tendon d'Achille. les tendons. par exemple. Bien que dans les membres supérieurs. spontanément douloureuse parla pression. on les voit donc aussi dans l'alcoolisme. mais les muscles. Que sont donc ces douleurs de la nuit? Il semble qu'elle ait le pied sur des charbons ardents. dit-elle. une hypéresthésie exquise de la peau. et surtout la nuit. mais aussi dans les jambes et elle est beaucoup. n'étaient pas douloureuses. des douleurs fulgurantes qui rappellent. La malade qui est devant vous. jj dois vous dire que ce n'est pas tout. Ainsi. mais beaucoup plus rarement les pieds. je le ' bien !c'est là un étaient douloureux à une même Eh répète. et dans l'ataxie locomotrice . se produisent. douleurs fulgurantes. Ici il ne s'agit pas de cela. fulgurant.'s. Yous savez que chez les gens atteints d'ataxie locomotrice. ou bien un tendon.il n'y a pas du tout de douleur à la pression. Elle ressent une brûlure lancinante. il n'y a pas douleur à la pression des muscles. — avait de temps en temps. Je vousle dirai dans quelques insta:. vous ayez ce que vousavez dans les membres inférieurs à un moindre degré. —je l'ai examinéehier. c'est là la différence de l'alcoolisme avec le saturnisme qui lui ressemble sous plus d'un rapport. Si elle s'apaise unpeu avec le jour. dansles talons. des tendons. vous prenez une partie du muscle. mais quelquefois. Maisil n'y a pas que cela. celles de l'ataxie locomotrice. elle recommenceavec la nuit. dans deux circonstances principales. mais douloureuse aussi spontanément. le retard des impressionssensitivesparexemple. qu'il s'agisse de faire un diagnostic sur un cas de paralysie alcoolique. La douleur a son siège dans les pieds surtout. ïnais entre toutes.158 Cettefemmeétait dans son lit et se présentait à moi avec des pieds tombants. C'est toujours du côté des pieds qu'il faut . Donc. et quelquefois. supposons.

il existe une sorte d'oedème périmalléolaire. doupression se compose de plusieurs leur des parties superficielles.'ils. je ne puis faire l'éloge de celte malade au point de vue de la caractéristique du type. il y a des différences capitales. La peau est chaude. Les troubles vaso-moteurs s'accusent et les pieds deviennent très-rouges. s'il y a des analogies. Ces difficultés. à la Quelquefois. alors qu'il y a certains troubles de la sensibilité commune aux deux espèces. Il. un grand caractère qu'il faut mettre en avant parce qu'immédiatement. il y a des troubles de la nutrition -. diminutions que vous apercevez au bout d'un mois ou deux. et parmi ceux-ci les péroniers des diminutions dans les formes des memprincipalement. avec leurs douleurs fulgurantes. quelquefois.d'autres.. Eh bien! anesthésie à la piqûre. ce sont donc des ataxiques? Certainement. en définitive..-. La douleur éléments : douleur des parties profondes. sauf dans des cas. il y a absence des réflexes rotuliens. parce que vous ne les trouvez pas dans l'ataxie locomotrice progressive. en outre des troubles de la sensibilité déjà signalés. l'es muscles s'atrophient. tout en y trouvant l'absence des réflexes.se ressemblent un peu el nous allons. phénomènes très importants pour le diagnostic. à tout prendre. Tout cela est caractéristique de la paralysie 'alcoolique et'ne se voit pas dans l'at-axie-. il y a anesthésie complète.se produit avec une grande facilité dans la paralysie alcoolique dès rétractions tendineuses dont je vous ai déjà padê en maintes circonstances. retard: de la sensibilité. dans l'alcoolisme quelquefois aussi Il hypéresthésie cutanée. Il y a encore bien d'autres caractères : la paralysie alcoolique est une paralysie atrophique . chemin faisant. il vous arrive de compter un certain nombre de secondes avant que l'individu soumis à l'examen dise : Je sens. pour les experts.!! le diagnostic: c'est que chez appelle votre attention et qu'il crée une difficulté pour le paralytique alcoolique. Yoici de grands signes. c'est-à-dire que lorsque vous piquez un membre. Je continue. vous constatez de la chaleur. vous les reconnaîtrez tout à l'heure. de même que vous n'y trouvez pas la douleur à la pression.exceptionnels. en particulier les muscles des jambes. vers les extrémités.le mal semble particulièrement se cantonner. Donc. ainsi vous constatez ce fait chez. c'est à la périphérie. 'D'abord. en effet. rencontrer . Mais alors. Il lui manque pas mal de choses. Il y a. les cuisses sont moins prises que les pieds. les paralytiques alcooliques. Quand vous placez votre main sur les membres inférieurs des malades atteints de paralysie alcoolique. Il n'y a pas de l'orme de la paralysie où vous ne puissiez trouver la . quand les jambes sont restées pendantes et telle est peut-être la marque de fabrique la plus caractéristique. réaction de dégénérescence. d'ailleurs. et je suis forcé de les remplacer par l'imagination pour vous figurer. et la coloration des téguments est d'un rouge violacé. que. y en a d'autres. leur démarche plus ou moins incoordonnée. difficultés.— 159 — chercher . direz-vous. Cette atrophie produit bres.-Mais je vous ferai remarquer de suite que la chute du pied des alcooliques (foot drop) ne se voit pas chez les ataxiques. anésthésie au froid. n'en sont pas pour les gens habitués à ce genre de diagnostic.notre malade. sont lisses et luisants.le type. C'est une atrophie avec modifications électriques. les paralytiques alcooliques et les ataxiques. Voilà déjà beaucoup de caractères. Il est commun de rencontrer d'autres troubles trophiques qui-ne se présentent pas chez notre malade car.

aupa- . lui répondis-je. Je demande si elle n'avait pas des crises de nerfs. C'est singulier. dans la boutique. j'ai un cas de paralysie hystérique intéressant à vous montrer. au-dessous de sa demeure. J'y vois. c'est le résultat d'un trouble trophiqu3. des liqueurs de telle ou telle espèce sans en prendre beaucoup? Je savais à. Alors je fis venir la bonne et je lui dis: Votre maîtresse travaille? Oh ! elle ne peut plus travailler maintenant. dans une espèce d'antichambre . je voulais faire de nouveau 1expérience. tout bas je lui fis part discrètement de mon Idée : Est-ce que cette dame ne boit pas un. quelquefois. dis-je. Je n'en avais pas moins mon idée. tuméfiées. je croyais être chez une rentière et non chez une personne tenant un débit d'Amer-Picon et autres. elles ont été opérées par mon collègue Terrilion et parfaitement guéries. pensai-je. avec les accessoires que je vais làcher d'y mettre. Je frappai sur l'épaule du confrère et lui dis: Qu'est-ce ce que c'est que cela? Il me dit. qui est en bas. Maisc'esl la photographie de la boutique que tient notre malade. Elle me répondit: Mais non ! je ne sais ce que voulez dire. Il y a près d'un an. avec une espèce de mise en scène que j'ai toujours trouvée dans la paralysie alcoolique. avec sa paralysie hystérique. je fus appelé rue de Charenton par un de mes confrères qui me dit : venez donc. Maison X. je dirigeai mon interrogatoire dans un certain sens et c'est ici que j'appelle particulièrement votre attention.l'avance que jamais une femme n'avoue rien de semblable. Nous laissons la malade et nous entrons dans la salle de consultation. les extenseurs des mains affectées. Une dame était là couchée. il faudra absolument couper le tendon. redresser le pied. qu'elle est hystérique. vous ne prenez pas des grogs. c'est un cas de paralysie alcoolique qu'on m'offre. de la confusion. je crois que vous pourrez la reconnaître vous-mêmes partout où elle se présentera. Il y a à peu près toujours quelque chose de mental dans la paralysie alcoolique. Le médecin médit : Oui. peu? Non 1non! me répondit-il. Il y a deux ans. des liqueurs fines ? Sans doute. N'allez pas prendre cela pour une contracturespasmodique. Elle vend donc ded'Amer Picon. les réflexesétaient absents . une photographie qui me semblait contenir une révélation . A supposer que le malade guérisse. les jambes étaient colorées. Yous ne l'avez donc pas vue en montant ? Non. de l'amnésie. j'y remarque — il faut toujours que les médecins aient les yeux bien ouverts et profilent de tout ce qu'ils voient dans l'intérêt de leurs malades. vous ne m'aviez prévenu de rien . je m'étais dit : il est excellent. je la pinçai. Une conviction s'était formée en moi. moins que ceux des pieds cependant.— 160 — rétraction tendineuse à titre de complication. lesjambes étaient atrophiées. cela représentant une boutique où tous les employés de la maison étaient représentés sur le seuil delà porte. Amer Picon. Eh bien ! si vous avez bien cela dans la tête. quelquefois. elle ne le sentait guère. mon confrère. J'y allai: C'était dans un petit appartement au premier étage. je m'aperçus qu'il y avait dans l'esprit de la malade un certain désordre. ce qui arrive dans la forme alcoolique. Je demande à la dame avec la forme la plus polie: Est-ce que. vous le savez bien. elle casse tout. liqueurs fines. brise tout. lisses et douloureuses au toucher . je tapai sur les tendonsrotuliens. Elle avait les pieds en crochet. J'avais déjà mon idée. je vous ai dit. Alors. Il y avait écrit sur l'enseigne . je vous ai montré deux femmes atteintes de paralysie alcoolique suivie de rétraction tendineuse.

vous imaginez-vous. et vous en saurez autant que moi. vous entendez réciter des choses auxquelles vous ne comprenez rien tant que vous n'en avez pas la clé. C'est comme dans les maladies où l'hérédité est en jeu. il s'y trouve une malade qui a demandé à vous consulter. Nous avons eu dans le service une femme dont le mari et la fille nous avaient raconté qu'elle avait toujours dans son armoire une petite bouteille d'eau-de-vie qu'elle cultivait avec amour et. soigneusement. t. voilà ce que disent votre fille. ils constataient à son insu la quantité de liquide contenue dans la bouteille et se rendaient compte ainsi de ce qui en avait disparu. il consentait à avouer cela. quand elle avait trop bu. vous reconnaissez la nature du mal et que vous dites à la malade vous êtes morphinomane. Il s'agit d'une paralysie alcoolique. Il en est de l'alcoolisme comme du morphinisme. montrez doiic vos jambes. c'est-à-dire le mensonge.souvent. Yous trouvez l'ennemi partout. on vous mettra un écran devant les yeux.— 161 — ravant elle était à la boutique tous les jours. se décidât à m'informer que mari et femme ne faisaient que boire toute la journée. faites votre petit travail. il a fallu qu'une bonne que j'interrogeai et à qui je promis de ne rien révéler. l'ennemi. Mon mari et ma fille disent ce qu'ils veulent. qu'il buvait de temps en temps du curaçao. si vous le voulez. ses caractères cliniques et c'est pour cela qu'il faut les connaître en expert. ne comptez pas sur les révélations. 21 .vidait. Nous l'interrogions de temps en temps par curiosité pour voir si elle finirait par confesser la vérité. Si vous ne savez pas que les femmes mentent pour la morphine comme pour l'acool (el les hommes aussi fort souvent) vous êtes perdu. Il reconnaissait. doucement. D'où cela peut-il venir? Dire que le sexe prédispose. Il en est de même de celte maladie que du morphinisme. instruisons-nous les uns les autres. Jamais vous n'arriverez à obtenir un aveu . cela n'est pas vrai. où est votre seringue de morphine. Je vous ai dit que c'étaient surtout les femmes qui étaient sujettes à la paralysie alcoolique. _Je vais vous raconter maintenant l'histoire de la malade ici présente. et n'en dites pas trop. du doux. ce n'est qu'énoncer CHARCOT. le cas de ce monsieur et de cette dame qui s'enivraient de compagnie. que j'en aie pénétré la nature grâce aux renseignements donnés par le mari ou par la femme! Pas du tout. Lorsque aux caractères cliniques. voire mari. vous ne pouvez reconnaître la paralysie alcoolique qu'à. l'eau-de-vie qui l'avait conduite à la paralysie alcoolique. Tenez. — Alors. Maintenant lisez la description de Lancereaux. lisez même. elle ne buvait jamais. par hasard. elle avait des espèces de crises de nerfs dans lesquelles elle cassait tout. Je dis au médecin : les paralysies hystériques ne sont pas faites ainsi. car si vous êtes trop curieux. elle nous répondait toujours avec le plus beau sang-froid du monde : Je ne suis pas une femme de celte sorte ! Cependant. 2° édit. mais quant à sa femme. lui. i. Leçons du Mardi. Pendant quelque temps. égaré du moins. c'esl la morphine qui les crée. elle rougit el elle dit : je prends de la morphine pour mes douleurs . clier confrère. Yous allez dans une maison. la description que j'ai donnée à une époque où la paralysie alcoolique n'était pas encore vulgarisée comme elle l'est aujourd'hui. est-ce qu'elle buvait ? La bonne levant les bras au ciel: Oh! elle ne faisait que cela. C'est celle fois. brisait tout et s'endormait ensuite profondément. Malin et soir.

en dehors de son alcoolismeest une névropathe. en vrai roi qu'il est.dit-elle. cette bête. Quand. c'était une très grosse bête. au moisde janvier comme atteinte de paralysie. faisant la place selon l'expression commerciale. àYillejuif. son alcoolisme n'a commencé qu'à un certain âge. Mais ce n'est pas d'aliénation mentale. le roi. C'était donc pendant la nuit. néanmoins. elle dormait ou croyait dormir.. à mon avis. il voit des animaux. c'est-à-dire dans un asile d'aliénés ? Elle y estvenue avec un certificat ainsi conçu. En tous cas. mais il est bon de faire remarquer que souvent. on s'en débarrasse pour assurer le repos des autres. 11mérite une étude plus profonde. en tenant compte des caractères du délire. été donnéà Beaujon«Aliénation elle trouble le repos des malades. a souvent des hallucinations. mais déjà elle avait donné des . comme elle le dit. elle avait le poil roux. C'était une paralysie alcoolique. » Elle était entrée dans le service de mon collègueX. ce n'est pas d'aliénation ordinaire qu'il est atteint. là elle a rencontré une énorme bêle qui ne ressemblait à aucun animal connu. alors il n'y a pas moyen. Il ressemble beaucoup au délire hystérique. Elle l'avait tuée. plaisir des grands ! Quoi qu'il en soit. de'garder ce malade. .. qui peuvent être le point de dépari de désordres dans une salle de malades ordinaires. qui lui a mentale. Or l'alcoolisme comporte certaines particularités nocturnes dont je vous ai déjà dit un mot.. un ichtyosaure ou quelque autre bête d'un autre âge du globe). Elle se promenait avec ses enfants et son mari dans une forêt. Comment est-elle entrée dans le servicede M. Il présente. (C'était peut-être un xiphondon. on est un peu trop sommaire. va d'un lit à un autre . il s'agite. dans l'hôpital ordinaire. des hallucinations effrayantes et comme lui des hallucinationsagréables.. elle veut s'y opposer .Elle portait une grande boîte pleine de ces échantillons et allait ainsi de maison en maison. en outre qu'il souffre surtout la nuit dans les membres paralysés. s'en empare. Et voilà comment notre malade est entrée à l'asile où elle est encore. c'est toujours comme cela que les choses se passent. Briand. Sa profession consistait à offrir des échantillons de fleurs artificielles dans les maisons de commission. Par sescris. il veut s'approprier la bête qu'elle a tuée. l'hérédité nerveuse. il y a lieu d'invoquer les prédispositionsnerveuses. on se borne à vous parler du délirium tremens. plus grosse qu'un boeuf. Mais cette paralysie n'était pas une paralysie comme les autres.. elle rêvait. que vient faire ici ce roi? Je comprendrais sa présence s'il s'agissait d'une chasse à courre. . Eh bien ! cette malade.— 162 —< un fait. des formes. dans l'acception du mot stricte. le délire des alcooliquesn'est pas là tout entier. par ses parolesincohérentes. en fait.preuves de prédispositions névropathiques. Le paralytique alcoolique. Prenons la descriptiondudélire survenuchezcettefemme la nuit dernière. à propos du délire alcoolique. et j'ai vu bien des fois Lasègue avec celte finessede diagnostic qui lui ôlait spéciale. « Yoyez-vous. constater le délire alcoolique dans des circonstancesbien difficilesà pénétrer. Elle est aujourd'hui âgée de 33 ans. comme lui. Yous savez que le délire alcoolique a des caractères spéciaux. des couleurs et un corps à peu près comme celui d'un cochon » : Drôle d'animal. Puis est survenu un roi .

comme dans le délire alcoolique. Je connaissais ses antécédents. de petits murmures. (S'adressant à la malade). le père de cette femme était alcoolique. Les hallucinations de l'ouïe sont très rares dans les rêves. à l'âge de 6 ans. Les alcooliques ne sont pas toujours ce qu'un vain peuple pense. CHARCOT : Est-ce qu'il avait la tête dérangée ? J-. Vous n'entendez pas souvent'parler dans les rêves. des fourmillements dans les pieds qui lui reviennent constamment clans la nuit . examinez aussi le côté psychique. M. D'une fluxion de poitrine. Cet officier venait avec un de ses amis me demander : Que faut-il faire pour me débarrasser de tendances alcooliques auxquelles je suis en but. L. placée dans un asile spécial approprié aux malades agités. elle cherche à s'endormir et alors surviennent ces hallucinations. elle aurait entendu très nettement la fille du roi lui dire : Si tu bouges. On avait enveloppé son mari dans la peau de la bêle. je t'étrangle. Où est-il mort? La malade : A Argenteuil. sont entraînés à s'étrangler. travestissant le mot. etc ! On ne sait que dire. avec raison. mais rarement des voix distinctes. sans qu'elle fût pour cela précisément une aliénée. CHARCOT : A-t-il cassé tout dans la maison. Elle a. de Voltaire : « c'est bien pis ». Elle est encore ainsi aujourd'hui. etc. Je reviens à l'histoire de la malade. L'alcoolisme n'est souvent que cela. Elle a eu. Elle aurait eu des hallucinations de l'ouïe.a malade : Non. CHARCOT : C'était peut-être un ivrogne simple? Sa mère est morte à 22 ans. Vous pourrez entendre des susurrements. Un cousin germain du côté maternel a eu des attaques pendant 18 mois. Une de ses tantes maternelles. Par conséquent^ en cas de paralysie alcoolique. et à ce moment. ces rêves plus ou moins effrayants et toute celte série de phénomènes qui font qu'elle passe les nuits à ne pas dormir. qu'on l'a. Je vous disais tout-à-l'heure que c'était une femme de 33 ans. Voici le récit tel qu'il est. c'est que son père est mort alcoolique. . c'était un vésanique..— 163 —. il n'a aucun plaisir à boire . Donc. comme les gens qui ont la manie du suicide. J'ai vu venir hier chez moi un officier appartenant à une famille très distinguée et dont la mère est dans un asile. une maladie pendant . Je donnerais tout pour les faire passer. la fatalité est là. M. en 1873. et qu'elle était fleuriste. ce serait peut-être le cas de dire. Voilà comment notre malade passait ses nuits à l'hôpital Beaujon et voilà ce cutifil. Les hallucinations dans les rêves sont surtout visuelles. Voilà l'état mental que vous rencontrez en dehors des symptômes somatiques. elle était très nerveuse. L'alcoolisme est quelquefois un vice en quelque sorte constitutionnel.amalade : Il l'a eue pendant 8 jours. elle a eu des hallucinations de l'ouïe. M. comme alors. M. CHARCOT : Il était souvent gris ? La malade : Presque jamais. est épileptique et hémiplégique. il y est entraîné par une sorte de fatalité. Ce qui m'a fait dire qu'elle était prédisposée à des accidents nerveux. Ce n'était pas un ivrogne. une tare héréditaire. alors elle a tenté de fuir avec lui et ses enfants.

Elle est restée 2 ou 3 ans alcoolique discrète. sans qu'il y ait gr'aiîd'chose à faire comme thérapeutique. La malade : Je ne sais pas. On se fatigue. dans ces derniers jours. Ce n'est pas convenable d'entrer chez un marchand de vins avec sa boîte. Eh bien ! il y a des industriels chez lesquels on peut. sans compter qu'ils sont quelquefois porteurs d'eau. Il n'est pas ivrogne ? La malade : Non. Tous les malades que j'ai vus et que j'ai pu suivre et traiter ont guéri. on a besoin d'excitants pour se soutenir. sans"avoir de crises. dans un café encore moins. Je vous préviens que bien des choses que je vous ai dites n'existent pas chez elle . il ne faut pas dédaigner l'intervention delà . Dans la plupart des cas de paralysie alcoolique. en qualité d'infirmière à la Salpêtrière. M. Sa situation s'est un peu améliorée. Mais tout fruste qu'il soit. C'estjecrois surtout un charbonnier du faubourg S'-Denis. Assurément. elle avait des attaques qui ont fini par disparaître. C'était peut-être de l'hystérie. C'est la première période de sa vie. et je crois que cela seul suffit d'ordinaire pour qu'ils guérissent. C'est par celte voie que notre malade est entrée dans l'alcoolisme. Elle a 2 enfants qui sont bien portants à ce qu'il paraît.. C'est alors qu'elle se fait courtière en fleurs. il n'y eût plus moyen de s'arrêter. sous ce rapport. quand la maladie n'est pas trop invétérée. C'est alors qu'elle esl entrée à l'hôpital Beaujon pour sa paralysie. la danse de S'-Guy. la guérison a lieu. Son mari. elle se débattait: elle ne se mordait pas la langue. il casse loul. les charbonniers élèvent volontiers des poules. en général. nous en avons assez pour faire notre diagnostic d'une façon précise. Celapourrait bien être la chorée. elle ne présente pas le cas complet. Mon impression. d'abord.entrer sans se faire remarquer et où l'on trouve à se réconforter sans trop dépenser. CHARCOT : Autre chose. jusqu'au moment où elle a eu une grande attaque.et enfin à l'asile pour son délire. je les fais. malheureusement. Ce sont les charbonniers. CHARCOT : Voilà le commencementde ses malheurs. charbonnier que je voudrais tien voir sévèrement puni. elle a voulu se jeter par la fenêtre. quand ce sont des personnes du monde. ou mieux certains marchands de bois el charbons. Elles mettent leur boîte dans un coin de l'officine et ellesboivent des petits verres. qu'ils font ainsi quantité de métiers qui ne sont pas le leur. J'ai remarqué qu'en général. par exemple qu'ils vendent en détail à ces pauvres femmes qui viennent s'asseoir chez eux. Voisin. on n'a pas très bien mangé peut-être avant de quitter le logis. à l'âge de . Mais voilà le comble. où ils sont enfermés et ne peuvent boire . placer dans des établissements hydrothérapiques. M. elle ne se rappelle plus à la suite de quelle circonstance.— 164 — laquelle elle a tremblé continuellement pendant six semaines. c'est que derrière leurs fagots. et quand il est surexcité. est généralement favorable. dans le servicede M. qu'elle fréquentait. A cette époque. La voilà qui se marie en 1878.19 ans. C'est ainsi qu'elle a commencé Une foisl'habitude prise. A partir de cette époque. des lapins. je crois. C'estun métier assez dur. ils ont quelquefois desbouteilles de vulnéraire. parce qu'il n'y a rien de compromettant à entrer chez des charbonniers. qu'elle va portant sa boîtede quartier en quartier. nous la voyons entrer. des oiseaux. se met facilement en colère. puis à la Maternité. Il suffit de les mettre en surveillance.

On s'embarque sur un yacht.c'est-à-dire un Monsieur qui fréquentait les courses.classes les plus élevées delà Société. Mais le voilà qui recommence sa vie de sportsman. mais n'allez pas un paraprendre. recommence à marcher d'une façon complètement régulière. Je l'avais guéri 3 fois de sa paralysie. Les sportsmen qui ont la mauvaise habitude de boire dans les bars. Eh bien !Voilà comment marchait ce M. ses pieds ne tombent plus. —Foncièrement. à l'avenir. à la démarche des ataxiques. en vrai loup de mer. La paralysie alcoolique n'est donc pas le tabès . il s'est tué pour en finir''. Ceci dit en passant. que vous tapez sur ses tendons rotuliens. qui a des douleurs fulgurantes. la nutrition se faisait mal. c'est trop souvent." etc. mais la première chose à faire. se remet à trinquer avec ses cochers. regardez-y de plus près et vous serez détrompés. qu'il était très riche et marié à une femmecharmante à tous égards. J'ai appris depuis qu'il s'était tiré un coup de revolver. il retombe. C'était un sporlsman. enfin la paralysie était guérie malgré l'atrophie des muscles. La troisième fois. hélas! de s'en aller dans un bar américain ou autre. est mort. de sa famille. on boit tout ce qu'il est possible de boire pour passer le temps et quand on a fait ainsi un voyage d'agrément dans . qui appartiennent actuellement aux . Le foie était encore plus malade cette fois. etc.. steppers. Je lui dis. car je ne sais pas si. font quelquefois du sport nautique. La première fois que je"l'ai vu. de tabès vrai sans lésion des faisceaux postérieurs. et de s'y conduire comme de vrais cochers. comme je l'appelle. c'est la seconde fois.. La guérison est une affaire de 3 ou 4 mois. et qui ressemble un peu. Remarquez que ce malheureux B. sur de fausses apparences. il me fit de belles promesses. seulement il y avait quelque chose du côté du foie. il n'y a pas de lésion de la moelle. B. appartenait à une classe privilégiée. sur le comptoir. Enfin. je serai de force à vous en tirer encore. une démarche dont je ne peux pas vous donner de spécimen aujourd'hui parce que cette femme ne l'a pas. c'est un pseudo-tabès. Tout cela dure un an. il s'est produit des rétractions tendineuses. Quand vous voyez un malade qui marche ainsi. Je lui dis : faites en sorte de ne pas recommencer. la situation devient un peu plus grave.. maintenant. Là. n'allez pas jusqu'à la troisième. comme on l'a fait plusieurs fois. mais seulement de loin. je le remets encore sur pied. plégique alcoolique pour un tabétique. Dans la paralysie alcoolique. en somme. c'est d'isoler le malade. il a fallu faire intervenir le chirurgien. il avait les pieds tombants. je reviens à M. au bout de 2 ou 3 mois. si vous voulez . B. c'est la fameuse démarche clés steppeurs... n'allez pas cliresans plus de recherches : c'est un a taxique . on montre qu'on est fort.— 165 thérapeutique. Enfin il est sorti de la maison de santé une troisième fois. Le plus grand plaisir de ces Messieurs.. et qu'il n'y a pas de réaction. tellement fort qu'on altrappe des paralysies alcooliques. ces deux états n'ont rien de commun. l'estomac était délabré. il retourne au bar. Voilà ce qui est arrivé à un malheureux dont je parle clans mes leçons de 1884 et qui. C'est ce qui était arrivé à ce pauvre B. Il n'y a pas d'ataxie. on emporte avec soi des barriques de toute espèce et.. il s'est brûlé la cervelle. on prend des petits verres les uns sur les autres. Je lui parlai de sa femme. Le voilà donc qui... il a bien fait. un homme de cheval..

Il est bon de reconnaître ces cas non seulement parce qu'il est toujours utile devoir juste. Monsieur!) . je le répète.. 10 ans peut-être que je le connais : c'est une paralysie alcoolique. Mon ami. Maisil y a. le docteur Broadbent (de Londres). Je vous assure que c'est cela et ce n'est pas seulement pour le plaisir de faire de la science el de la nosographie avec vous. ces réactions électriques qui sont déjà extrêmement modifiées. Chez B. cependant l'hypéreslhésie est plus vive.. la sensibilité au froid très vive. arrivé à ce malheureux B. ce qui était. pas un tendon qui ne fût douloureux au toucher. ces pieds tombants et flasques. l'anesthésie sur le dos du pied et sur la jambe. CHARCOT pique la malade qui ne ressent la douleur crue quelques secondes après la piqûre. la sensibilité normale à la cuisse.. Ceci à gauche. adroite. ce n'est pas une solution ordinaire. c'est à peu près la même chose. nous pourrons lui donner un peu d'opium parce que les nuits sont mauvaises. à qui il avait fallu faire une section des tendons.— 166 — lequel on a parcouru toutes les rives de la Méditerranée. ces réflexesrotuliens absents. (M... j'ai été plus heureux que cela. évidemment elle ne se serait jamais guérie. Là encore. il n'a rencontré probablement que des cas très graves. Vous pouvez constater l'absence de réflexes rotuliens. du malade était un homme très exercé.. Voyez cette perte de sensibilité. comme un phénomène dépendant de la maladie.) (Il constate ensuite qu'elle a une hypéresthésieplantaire. Moi. En tous cas. Entre nous soit dit. De l'autre côté. mais parce que cela a une grande importance au point de vue du traitement. mais comme un phénomène à côté. et puis il fera de l'hydrothérapie. Le malade a suivi ce traitement et au bout de 3 mois et demi il était sur ses jambes. il me dit très franchement : je ne connais pas cela. a cité de ces cas dans un mémoire très intéressant où il considère les maladies alcooliques sous un jour à mon avis un peu sombre. la thérapeutique est de peu de secours en cas pareil. Voyez-vous mon collègue de la rue de Charenton croyant avoir à faire à une hystérique et laissant sa cliente continuer à vendre et à boire son amer Picon.. très éclairé. je lui ai dit: Vous en avez pour trois mois et vous serez guéri. mais c'est que cela intéresse le malade.) Vous voyez qu'un léger frôlement de la plante du pied produit la douleur. vous allez reconnaître chez notre malade quelques-uns des phénomènes que je vous signalais tout à l'heure. à qui nous pouvons affirmer qu'il sera guéri dans trois ou quatre mois. paraît-il. cependant. Lui. etc. etc. n'avait pas eu de rétraction tendineuse. il n'y avait pas un muscle. des paralysies alcooliquesqui marchent avecune rapidité exceptionnelle. (La malade dont on met' la jambe en contact avec de la glace s'écrie . heureusement. nous lui gagnerons peut-être ainsi un mois . Maintenant.car je ne considère pas du tout le suicide de B. nous ferons bien aussi de le soumettre à un traitement par l'électricité dans six semaines. nous n'avons pas grand choseà faire pour le remettre sur pieds. Quand j'ai vu la personne à qui je fais allusion. je n'en ai pas encore rencontré de telles. Je lui répondis : « Il n'y a pas très longtemps. la maladie n'avait pas été reconnue dans sa nature et cependant le collègue qui m'avait conduit auprès. et qui prennent la forme de paralysies ascendantes.onrentre en France avec une paralysie alcoolique. s'il veut être sage et ne plus boire et s'il nous écoute. Oh ! que c'est froid ! Oh I que c'est froid.

signe de Romberg. : Qu'est-ce qui nous manque? De l'empâtement. Au contraire. Pas de douleur en ceinture non plus. démarche de stepper. du signe d'Argyll Robertson. Il me semble qu'on me coupe le talon. : Avez-vousquelquefois des douleurs vives ? M. si vous êtes trop précipité dans votre diagnostic. l'atrophie musculaire est assez prononcée. Mais. les pieds tombants. m'a placé dans cet embarras de diagnostic. Il ne faut pas nous en désintéresser On en voit maintenant à Paris assez souvent surtout depuis le percement de l'isthme de Panama. Les troubles de la sensibilité l'emportent. les muscles. et il peut vous arriver d'avoir à en faire le diagnostic. la réaction de dégénérescence est légère surtout dans le domaine des extenseurs. le malade a de l'atrophie musculaire des extenseurs. moins que dans l'acoolisme). CHARCOT lacée. Eh bien 1 le béribéri est calqué sur la paralysie alcoolique. un peu d'oedème qui compléterait le tableau. surtout des membres inférieurs. Les mains sont tombantes. (S'adressant à lamalade) : Venez ici. Il s'agissait d'un Monsieur de Porto-Rico souffrant d'une maladie dont il avait été atteint dans ce pays où il ne savait pas qu'elle existât . sans doute. Ce Monsieur de Porto-Rico arrive chez moi et médit: je suis atteint .— 167 — Il y a probablement un peu de rétraction des tendons fléchisseurs du genou.CHARCOT La malade : Dans le talon. On sera peut être forcé d'intervenir chirurgicalement pour lui redresser tout-àfait les genoux. J'ai vu plusieurs cas de cette provenance. vous direz : c'est une ataxique. Yous savez que la maladie existe au Japon où on l'appelle Kakki. qu'est-ce que vous ressentez ? La malade : Ça me pique comme des épingles. une affection exotique qui. Il y a deux espèces de béribéri . quelque production fibreuse de formation nouvelle .il y a absence des réflexes rotuliens. chez un alcoolique. Yous noterez aussi chez la malade l'absence de paralysie oculaire. (La malade oscille). ce qu'il y a de plus intéressant à faire ressortir dans le cas de cette malade. Yous devez aussi considérer l'évolution. mettez les jambes à côté l'une de l'autre. (A la malade): Parlez-moi de vos douleurs. Elle ne présente aucun trouble de la vessie . Il y a là. au Brésil. sur les troubles moteurs. je crois devoir vous dire qu'il y a bien d'autres affections qui ressemblent un peu à cela et ne sont pas cela. tout récemment. quelquefois. vous pourriez rencontrer l'amaurose. fermezles yeux. la marche qui n'est point celle de l'ataxie. c'est le béribéri. je crois. Elle a le signe de Romberg. entre autres. je veux parler du béribéri sec. mais dans la paraapparents de la paralysie alcoolique avec tandis que vous savez combien ils lysie alcoolique il n'y a pas de troubles vésicaux sont fréquents dans l'ataxie locomotrice où ils sont presque la règle. sont douloureux. Elle n'a pas de perte de la notion de position. en passant. : El dans les autres parties du corps ? M. je mentionne ce fait parce que j'ai toujours dans l'esprit les rapports l'ataxie locomotrice. une coloration vioM. en somme. c'est surtout dans les pieds. CHARCOT La malade : Non. en un mot de la plupart des symptômes céphaliques si fréquents chez les ataxiques. Voilà en définitive. aveescotôme central si caractéristique. et puis j'ai froid aux pieds. Joignez à cela l'absence des réflexes rotuliens . Je vous citerai.

il n'y en a pas dans mon pays. tandis qu'on peut guérir de la maladie que vous avez. mais je n'ai jamais vu de paralysies en pareil cas portant particulièrement suivies extenseurs. l'absence des réflexes. Il y a aussi des diabétiques qui ressemblent à cela : ils ont des douleurs fulgurantes. on en trouve dans le rhumatisme articulaire chronique. elle ne porte pas sur les nerfs de la sensibilité. goutte. le diabète. puisqu'on ne guérit pas de l'ataxie. Mais je me réserve de m'expliquer là-dessus plus longuement quelque jour. etc. Il est impossible que des affectionssi différentes soient toutes commandées par une lésion organique toujours la même : rhumatisme articulaire chronique. Voussavez que la paralysie saturnine relève aussi d'une névrite périphérique. au sujet de ce genre de lésion. paralysie ascendante aigùe. trop de névrites périphériques. Je pourrais citer encore en parrallèle toute la série des névrites périphériques. il était malade depuis trois mois. Peut-être sont-ce fréquemment des lésions d'un ordre secondaire. fruste. CHARCOT (revenant à la malade) : La démarche de celte femme n'est pas caractéristique. car souvent on trouve l'ataxie locomotrice sans névrite périphérique. par exemple . Le médecin qui était avec lui confirme son dire. Yous n'êtes pas un ataxique et c'est chose assez avantageuse pour vous. il peut arriver que dans certains états pathologiques. on n'en n'a jamais parlé là-bas. Je l'examinai. Il y a des analogies très grandes. M. mais il faut bien s'attendre à en rencontrer comme ceux-là. parce qu'elle n'est pas encore très avancée et qu'elle n'est pas très intense. etc. il faudra dorénavant en parler. Dans l'ataxie locomotrice. Dans l'ataxie locomotrice. il y en a beaucoup trop . c'est très curieux de voir des maladies si semblables et si différentes. dans la goutte. c'esl-à-ctirela cause principale des affectionsoù on les rencontre. ce n'est pas la cause des douleurs fulgurantes. qu'on commence à en trouver partout . je le répète. mal développé. Je ferai remarquer. le béribéri. des gangrènes. ainsi que l'a montré Bouchard. Mais Monsieur. il y a comme une dégénérescence des muscles. vous ayez des lésions de cette nature clans les nerfs qui n'aient pas l'importance syndromique qu'on leur attribue.des lésions trophiques de tout genre . Je l'ai fait électriser. Cela me donne à penser qu'il pourrait bien se faire que souvent cette lésion ne fût pas ce qu'on croit. De même qu'après la fièvre typhoïde. cacachectiques ou autres.. C'est un cas. Je crois qu'il faut faire attention à cette tendance moderne de mettre toujours en avant les névrites périphériques . Eh bien fis-je. 11n'y a pas là de ces troubles de la sensibilité que vous connaissez. dans l'alcoolisme.— 168 — d'ataxie locomotrice progressive. on trouve des névrites périphériques. je lui dis : vous avez le béribéri. Il a fallu l'étudier avec soin pour avoir un diagnostic. dans la phthisie. On en trouve en somme un peu partout. et je crois que vous en guérirez. on en trouve quand il y a des maux perforants. Cesont surtout les muscles extenseurs qui sont atteints. elles ne peuvent pas servir aussi à expliquer les symptômes de toutes les affectionsoù on les trouve. . je lui ai fait faire de l'hydrothérapie et il était guéri au bout de trois mois. Je voulais vous dire un mot de ce jeune homme que j'ai placé ici en manière de repoussoir et qui est un saturnien. une névrite périphérique étrange.

CHARCOT Le malade : Non. (Le malade porte un liseré saturnin très caractérisé. Avez-vouseu des coliques? M. i. : Est-ce la première fois que vous avez des accidents ? M. CHARCOT Le malade : Oui.) CHAHGOT. : Vous ne sentez rien dans les pieds ? M. 2e édit. t. 23 . plus de 10 fois. (Au malade) : Qu'est-ce que vous faites ? Le malade : Je suis peintre en bâtiments. CHARCOT: Le malade: Oui. Vous ne verrez jamais un alcoolique vous arriver comme cela avez les mains tombantes. Monsieur.— 169 — Car on ne se trompe pas. . Leçons du Mardi.

Comparezles trois premières malades à la quatrième. au lieu de ce mouvement monotoneelle exécutait. de telle ou telle danse.mais M. Lire est bon. En somme. le grand caractère de ce genre de .danscescas. on dirait qu'il s'agit de la formemalléatoire (maliens marteau). ne fournissentaucune formule précise . en définitive. de Friedreich. c'est tout autre chose. j'ai critiqué devantvous ce mot de chorée qui est un mot presque sans valeur tant il s'applique à des affections différentes. un mouvement rappelant un acte professionnel comme celui de frapper une enclumeen cadence. Bien des fois. Vous constatez qu'il estloujoursle même. comme cela arrive quelquefois. la chorée de Sydenham. CHARCOT voir est encore meilleur . Je parle des meilleurs. comme je l'appelle . DOUZIÈME LEÇON OBJET : 1° Trois cas de chorée 2° Deux cas de maladie vulgaire et un cas de chorée rhylhmée. les tracés sont absolument irréguliers. Tandis que si vous considérez le mouvement dont. chorée sallatoire. on peut apprendre beaucoup plus en un quart d'heure passé à voir des malades qu'en étudiant les descriptions des affectionsdont ils sont atteints dans les livres.Policlinique du mardi 13 Mars 1888. : Je vous l'ai dit souvent. Voilà quatre femmes : trois de ces malades sont atteintes de chorée vulgaire. (Quatre jeunes filles atteintes de chorée dont trois sont amenées par leurs parents et donlune appartient au servicesont introduites dans la salle du cours). mieux vaut voir que lire. et alors on dirait chorée natatoire. chezla quatrième malade. sans logique. vous le voyez. c'est-à-dire qu'il se reproduit toujours identique un certain nombre de fois par seconde. Il pourrait se faire encore que la malade exécutât un mouvement comparable à ceux de la natation. la quatrième. est agité le membre supérieur. les membres s'agitent sans trêve et sans cesse .nos exposés ne sont jamais qu'une pâle image de la réalité des choses. Les représentations graphiques. vous voyezque chezles premières. mais il n'y a rien de rhythmédans ces mouvements. etc. Si. si je puis ainsi dire. celle qui appartient au service vous offre un exemple de chorée rhylhmée. car.

et de fait. peut-être avant-hier. que d'hystérie i Cela vous paraît singulier sans doute. une série de mouvements rhythmés qui me parurent absolument caractéristiques. et l'avenir l'a montré. Alors je lui mis la main sur le sommet de la tête et j'exerçai un léger frôlement. affection considérée à tort comme très rare. c'est elle peut-être. tantôt par le dos. Eh bien. mais le fait est qu'ils ne sont pas venus. C'était en désespoir de cause qu'on s'adressait à moi. le rhythme. On croyait avoir épuisé les dernières ressources. vous le savez. Yous vous rappelez sans doute que dans une précédente leçon. paraît-il. etc. . alliée de très près au rhumatisme articulaire. je reçus chez moi une famille véritablement éplorée. si cette enfant a eu une méningite. (1)Voir la Policlinique . c'est peut-être hier. sous une forme remarquable le véritable type de la chorée saltatoire (1). et une formule précise. la femme. J'y trouvai là un confrère très intelligent du reste et très éclairé qui me conta l'histoire. des adolescents est. parfaitement éveillée. et non la chorée" vulgaire. au cou et sur la tête. je vous ai présenté une autre jeune fille qui réalise. du reste. Tout le monde pleurait. j'entreprendrai un de ces jours la démonstration de cette thèse : il y a une pseudo-méningite hystérique. Il y avait là une espèce de placrue très sensible qui me rappelait ce que nous savons des plaques hystérogènes.quelques questions : Souffrez-vousde la tête ? Oui. par des médecins très éminents. Oh ! dis-je. qui mériterait de porter le nom de danse de St Guy. un jour. Peut-être serait-il opportun de vous signaler par un exemple le service que peut rendre dans la pratique la connaissance de la chorée rhylhmée. La chorée rhythmée. est une manifestation hystérique . le mari.— 171 — chorée qui diffère du tout au tout de la chorée vulgaire. mais à coup sûr. le verdict avait été prononcé. On m'appelait. la régularité des actes en un mot. un peu. Donc. J'avais prié mes confrères de la pédiatrie de se rendre en même temps que moi dans la maison. J'adressai à l'enfant qui me paraissait. c'est un bel exemple à citer pour montrer qu'il y a des relations très intimes. Il né s'agissait cependant. pour pouvoir dire qu'on avait fait tout ce qu'il était humainement possible de faire. très étroites entre la neuropathie el Farlhrilisme. à peine m'eût-elle aperçu qu'elle se mit à exécuter à l'aide des mains. c'est la cadence. Avaient-ils clansl'idée qu'un médecin de la Salpêtriôre (Vieillesse-Femmes) n'a pas grand'chose à dire quand il s'agit de maladies des enfants ? Je me rendis quand même à l'invitation qui m'était faite par la famille. et certainement encore très peu connue. On m'avait dit que la jeune malade avait vu du Mardi24 Janvier 1883(8' Leçon. aujourd'hui c'est l'hystérie qui est en jeu. voilà une singulière méningite . Ses mains se présentant tantôt par la paume.p. La chorée vulgaire des enfants. Cela est certain. J'entrai dans la chambre de l'enfant . 150). elle. je le répète. Je ne sais ce qui les en a empêchés. je le fais remarquer en passant. frappaient avec une grande rapidité les genoux en cadence. Il s'agit d'un cas où plusieurs médecins des plus distingués avaient été conduits à déclarer qu'une jeune fillede 14 ans était atteinte de méningite. et en danger de mort.

en reçoive des caractères spéciaux. parmi les origines delà chorée. une attaque de chorée régulière dure environ trois mois. Chez une de nos trois malades. la plus jeune. un accès unique s'étendant sur une période de plusieurs mois.une autre particularité à signaler chez la jeune malade en question. entre nous. mais nous savons qu'elle a eu. l'interrogatoire ne nous conduit pas à reconnaître l'existencedu rhumatisme. sont en action . l'épilepsie. Je vous ai tant parlé déjà celle annéede la chorée vulgaire que je n'ai pas grand chose de nouveau à vous en dire. soit chezla malade elle-même. Dans le cas actuel. chez une autre. leur travail. par exemple. CHARCOT Réponse : Je suis son amie. il s'était agit d'un petit orage hystérique. la belle-mère peut être une des causes occasionnelles. Quelâge a celle grande demoiselle ? Une personne qui accompagnela jeune fille : 16 ans. les trois choréïques qui nous sont venues du dehors conlinuenl toujours. : Qu'est-ce que vous êtes pour elle ? M. — ils me regardaient avec une sorte de stupéfaction. soit chez ses parents. c'est la combinaison de symptômes . Voilà à quoi sert la connaissance de l'hystérie et de la chorée rhylhmée en particulier. C'estlà trois cas de chorée vulgaire. date de six mois. si bien que les attaques subintrantes figurent. pas plus que je ne connaisl'ataxie syphilitique. il faut placer les belles-mères. Ici. une rémission qui a fait croire qu'elle était guérie. Le cas de la jeune filleici présente confirmela règle : on dit que la maladie. Elle a une belle-mère. chez elle. mais il peut y avoir des rechutes rapprochées. Maintenant. Mon siège était fait . en réalité. l'hystérie.— 172 — double. un autre élément causal. si l'on n'y prend garde. Je ne connais pas nosographiquementla chorée rhumatismale. d'après ce que j'ai appris de la jeune malade elle-même. J'ai pu constater dans cette catégorie jusqu'à sept attaques de chorée subintrantes. CHARCOT Réponse: Sa mère est morte. pour être associée au rhumatisme. c'esl que la chorée est plus souvent associée au rhumatisme articulaire que ne le sont d'autres affections nerveuses. il y a trois mois. mais l'ataxie ne diffèreen rien chez les syphilitiques-de ce qu'elle est chez les autres. CHARCOT : Yous voyez. seules. M. je vous déclare que votre enfant n'est •— — pas le moins du monde atteinte d'une méningite en ce moment du moins et. vous l'avez remarqué. l'enfant était sur pied . c'esl la jambe droite et la main droite qui. Trois ou quatre jours après. la diplopie n'a jamais été bien régulièrement constatée. : Eh bien ! et sa mère ? M. Pendant que je parle. mais. 11 y a des ataxiques qui ont la syphilis-. le rhumatisme articulaire. Le plus souvent. c'est la jambe gauche et la main gauche. qu'elle avait vomi. La jeune malade et la personne qui l'accompagne. — à moins que je ne sois absolument aveugle. De même il n'y a pas de chorée qui. d'une année. affirment que la chorée date de 6 mois. je crois bien qu'elle ne l'a jamais été. La seule particularité. je rentrai dans la pièce où se tenaient les parents et je leur dis : Séchezvos larmes . et ce sont'probablementlà des symptômesqui ont donné du poids au diagnostic porté. Maisil faut considérer aussi peut-être. mais elle ne peut pas demeurer avec elle.

Un diabétique peut être le père d'un ataxique. comme vous voyez le rhumatisme articulaire se rencontrer avec la chorée. cela ne veut pas dire que la chorée se transforme. qu'une choréïque ait des accès hystériques.-— 173 — hystériques avec les symptômes choréïques. Voilà un individu qui est atteint d'ataxie locomotrice et qui est en même temps diabétique. comme. du moins à mon avis . Il n'y a pas fusion. cela n'a rien d'extraordinaire. Elle présente une hémianesthésie du côté droit. elles ont souvent de l'anesthésie. d'une superposition. comme je cherche à le faire. pas Vous n'irez pas admettre que la combinaison de la glycosurie avec l'ataxie résulte ici de l'extension de la lésion scléreuse ataxique au plancher du quatrième ventricule ! La raison mécanique des choses est toujours à trouver. il n'y a à chercher de mécanisme physiologique. . C'est ainsi que dans les affections nerveuses.. Donc. Entre les produits de l'un et de l'autre de ces arbres. ici. s'étend notre observation.la combinaison de la paralysie progressive avec l'ataxie locomotrice. Nous croyons fermement à la fixité des espèces morbides. et en particulier celle de paralysie générale avec l'ataxie locomotrice. à étudier non seulement les symptômes de la maladie. par exemple. Yous voyez un frère atteint de paralysie générale et l'autre atteint d'ataxie locomotrice. Pourquoi ne voulez-vouspas que le même individu soit atteint de deux affections? C'est ainsi qu'il faut argumenter et j'en dirais autant de ces cas dont il est fort question dans ce moment-ci de diabète combiné avec l'ataxie locomotrice. Comment faut-il interpréter le cas ? De la façon suivante : Nous savons très bien que l'arbre arthritique et l'arbre neuropathologique ont pour ainsi dire une même végétation. mais la raison pathologique. S'il en est ainsi. il s'agit purement d'une combinaison. . au moins dans le court espace de temps où . du moins à mon avis. mais les antécédents du malade et son histoire de famille. une ovarie du même côté et d'autres stigmates qui révèlent l'hystérie et n'appartiennent pas à la chorée. les choréïques sont souvent ovariennes. C'est tout simplement qu'elles sont atteintes de deux maladies simultanées. Lorsqu'un individu atteint d'ataxie locomotrice devient . la jeune fille ici présente est choréïque et hystérique à la fois. vous aurez à constater des cas complexes. CHARCOT fait remarquer que la malade atteinte de chorée rhythmée présente aussi la toux hystérique et que la toux elle-même est rhylhmée. nous ne sommes pas Darwiniens. Je vous ai dit bien souvent qu'en matière de nosographie. mélange de deux névroses. Quand vous vous appliquez.paralytique. Lorsque des symptômes anormaux se présentent dans l'évolution de la chorée. vous comprenez très bien les combinaisons dont je parle. un frère peut-être ataxique et l'autre diabétique. Pourquoi ne voulezvous pas que deux espèces morbides se rencontrent en activité l'une auprès de l'autre? Il est même étonnant que cela ne se voie pas plus souvent. la voilà. M. l'hystérie se rencontre avec la chorée. est-ce que vous croyez que c'est parce que la lésion spinale remonte dans l'encéphale et s'y étend ? Ce n'est pas comme cela que les choses se passent. toutes les combinaisons sont possibles. pourquoi ne voulezvous pas que les deux affections se rencontrent chez un même sujet.

Le 2e malade : Depuis l'âge de 11 ans. elil frappe le sol. qui offre des caractères spéciaux el aussi l'embarras de la parole qui.— 174 — 2e et 3° MALADES. il y a la démarche pseudo-tabétique la démarche cérébelleuse. (Le second malade marche absolument commele premier. Chez-nosdeux jeunes malades. Il s'agit donc là d'une combinaison el non d'une forme pure. nous constatons que le malade titube comme un ivrogne et qu'il dépasse tantôt à droite. — marchez. Quel âge avez-vous? Le malade (répondant avec le même embarras de la parole que son camarade) : 18 ans. chez le malade qui vient de marcher. nous retrouvons cela. S'agit-il de l'ataxie vulgaire ? Interrogeons les malades. Chez noire malade. le tabétique simple lance ses jambes étendues. M. un tabès précoce. 16 ans même. montrant ses premiers symptômes vers l'âge de 20 ans. chez nos deux malades. à 14 ans et peut-être plus tôt. lente. l'autre de 18 et l'un etl'autre affectésde la maladie de Friedreich. CHARCOT : Remarquez -l'époque du début de l'affection chezles deux sujets. de plus. lourdement. venezvers moi. tantôt à gauche. 18 ans. en M. âgés l'un de 19 ans. la ligne de marche. CHARCOT (s'adressant à l'un deux) : Venez un peu vers moi. Je ne pense pas que jamais l'ataxie locomotrice légitime se soit montrée avant cet âge. CHARCOT : Yous voyez comment il marche. Le vrai tabétique. : Nous avons à signaler.) Quel âge avez-vous? Le malade (avec un certain embarras de parole) : 19 ans el demi. dans l'espèce. rappelant ce que nous connaissons dans l'histoire symptomatique de la sclérose en plaques. l'étude de la démarche dans certaines maladies peut fournir des caractères différentiels importants.) C'estla même histoire. Nous sommes donc prévenus déjà que malgré l'apparence . Acoté de la démarche tabétique. M. (2 malades. Il suit. (Le malade marche les jambes écartées en titubant. scandée. — Il y a. tout d'abord. Yous remarquez que chez tous les deux. Depuis quand êles-voussous le coup de la maladie ? Le lor malade : Depuis l'âge de 14 ans lp2. vous le voyez. 11faut compter aussi sur les combinaisons : ainsi. sans grande déviation.) M. combinaison de la démarche cérébelleuse et de la démarche tabétique. sont introduits. etc. sa démarche rappelle à la fois celle des ataxiques el celles des sujets atteints de sclérose en plaques. l'affectiona paru à 11 ans. mais. mais cela est vraiment rare. vous avez à observer une combinaison de la démarche tabétique avec la démarche titubante cérébelleuse. avec le talon. la parole est épaisse. Efforçons-nousde pénétrer dans le diagnostic. (S'adressant au second malade) : Marchezà votre tour. est également très significatif. grâce aux travaux récents. du reste en progressant. Yous savez qu'aujourd'hui. Nous la désignerons sous le nom de tabético-cérébelleuse. retournez à votre place. sans presque fléchir le genou. au contraire. la ligne de marche. J'ai vu cela très netlemeut. CHARCOT lor lieu. hommes). la démarche.

et en particulier pas de douleurs fulgurantes. dans l'ataxie vraie. entre la maladie dont ils sont atteints. il n'y a pas de différence essentielle. je leur fais fermer les yeux.— 175 — ataxique créée par l'existence de certains symptômes. CHARCOT : En voici un qui a des douleurs fulgurantes . or j'ajouterai qu'entre eux et les autres cas communs du même groupé. J'ajouterai immédiatement que la vessie qui est si régulièrement affectée chez les ataxiques ne l'est point chez les sujets que-nous avons en vue. se présente. Mais. rappelant celles de l'ataxie locomotrice. dont un de nos malades semble offrir un exemple. je le répète. les malades oscillent et sont menacés de tomber à terre. aux genoux. l'un et l'autre se tenir debout et tout à coup. quand la paralysie générale s'en mêle. comme eux encore. Sans doute on voit survenir l'embarras de la parole chez les ataxiques. mais ce n'est pas de cela très certaitainement qu'il s'agit ici. CHARCOT: L'un a eu. les douleurs fassent absolument défaut. A titre de symptômes différentiels. dans un instant. Aussitôt que les yeux sont clos. malgré tant de traits de ressemblance. qu'il ne s'agit pas ici de deux cas isolés . Il s'agit cer- . mais cela est vraiment exceptionnel. CHARCOT : Sont-elles très-vives ? Viennent-elles subitement. Je vous dirai. cependant. La règle est que. (A l'un des malades) : Avez-vouseu des douleurs dans les jambes ? Le malade : Oui. il y a des différences capitales que nous relèverons chemin faisant. en apparence. Non. nos deux malades ne sont pas devrais ataxiques. M. (A l'autre malade) : Et vous. le signe de Romberg. il n'y apas de troubles de la sensibilité. signe de Romberg et absence des réflexes rotuliens. jamais je n'ai eu de douleurs. dans l'affection dont il s'agit. Cela rappelle donc absolument ce qu'on voit dans l'ataxie locomotrice. des douleurs qu'on pourrait considérer comme des douleurs fulgurantes. je relèverai déjà. les réflexes rotuliens sont absolument perdus. que de points de contact existent. M. il ne s'agit pas ici du tabès. Veuillez remarquer. par accès? Le malade : Oui. de la maladie Duchenne de Boulogne se présentant dans renfanee. Je les fais maintenant. à savoir. et l'ataxie vraie ! Examinons les chosesde plus près. que le tabès.de ce genre ont donc une démarche qui rappelle jusqu'à un certain point. Je ferai ressortir dans un instant bien d'autres caractères distinclifs. c'est de les présenter l'un à l'autre avec les caractères qui déterminent l'espèce. ils présentent. dans les genoux. et se distingue absolument de la maladie infantile que nous avons à observer chez nos deux jeunes sujets. il n'y pas à observer l'embarras spécial de la parole. même lorsqu'il est précoce. ordinaire. — Déjà j'ai parlé de la démarche. je n'y reviendrai pas. Monsieur. Mais. souffrez-vous? Le malade : Non. d'ailleurs. comme des éclairs. ces deux individus appartiennent à une même famille nosographique et l'intérêt de l'étude à laquelle nous nous livrons. que. junévile. Mais je veux revenir encore sur les traits de ressemblance. à part quelques exceptions rarissimes. Lesmalades. Je veux vous faire remarquer seulement que chez nos deux malades. M. celle des tabétiques . Ce dernier est dans la règle. avec tous les caractères du type. l'autre n'en a pas eu. Ils sont absolument pareils l'un à l'autre . que nous constatons chez nos deux malades.

c'est encore comme dans l'ataxie lomocotrice. Ce phénomène est à peu près également marqué chez nos deux sujets : la lenteur de l'articulation. c'est le nystagmus. il n'y a pas identité. elles se contractent encore par l'accommodatioi^alors même qu'en état de myosis. à savoir l'embarras de la parole qui ne se présente pas clansl'ataxie locomotrice progressive. La ressemblance est telle parfois qu'il semble que ce soit presque tenir une gageure que d'affirmer qu'il ne s'agit pas là de l'ataxie.' en effet. osciller de gauche à droite et de droite à gauche . Yous savez comment. les yeux étant ouverts ou fermés. el cependant nous pouvons. rappelant ce que font les oiseaux de proie. Il y a encore à considérer. elles sont extrêmement resserrées. Je ne veux pas oublier de vous montrer que chez nos deux malades assis. là aussi comme pour les symptômes céphaliques. ils n'ont pas de stabilité. Quand on leur dit de porter à la bouche un objet qu'ils ont saisi. signaler quelques particularités qui n'appartiennent pas aux ataxiques. chez nos deux jeunes malades. l'examen des pupilles fournit habituellement l'important caractère connu sousle nom de signed'Argyll Roberlson: les pupilles sont insensibles à la lumière. tant s'en faut. nous rencontrons aussi dans cet examen des phénomènes qui rappellent ce qu'on voit dans le tabès. Tous leurs mouvements imitent donc ceux des ataxiques. Yous voyez en effet chez l'un d'eux les yeux. mais quand on leur ferme et qu'on leur dit de reproduire le même mouvement. clans le regard. dans les mouvements des membres supérieurs. surtout par défaut de coordination des mouvements. lui aussi. autonome. dans la sclérose en plaques. Les analogies entre ce groupe et l'ataxie sont grandes. ils mettent à côté. tandis qu'il existe. dans l'ataxie. Lorsqu'ils ont à saisir un objet délicat. et j'ajouterai qu'anatomiquement les différences sont vraiment radicales. mais seulement chez un de nos deux sujets. un autre symptôme eéphalique qui appartient. sans doute symptomaliquement. de la sclérose en plaques. J'ai déjà fait ressortir. c'estlà encore . la scansion des mots. dès le commencement. puis s'abattre tout à coup pour le saisir. Revenons un instant sur l'examen des symptômes céphaliques qu'on peut observer chez nos deux malades. dont les deux cas que vous avez sous les yeux représentent la forme typique. il y ait une combinaison des symptômes de la sclérose multiloculaire avec ceux du tabès. Examinons les membres supérieurs . un des caractères céphaliques les plus importants. ils le font assez facilement quand les yeux sont ouverts. Ils résistent l'un et l'autre JDarfaitementaux mouvements de flexion ou d'extension qu'on voudrait leur imprimer. au contraire. Sidonc les 2 malades ne peuvent se tenir debout et marcher. la force des membres inférieurs est parfaitement conservée.176 — tainement là d'un groupe nosographique concret. Yous voyez. on voit nos deux malades faire planer leurs mains au-dessus de l'objet. il semble que. il se produit des mouvements oscillaires rappelant le tremblement dit intentionnel. . que dans l'action de porter les objets à la bouche. sont très nettement accusées. Eh bien ! vous n'avez rien de cela dans la maladie dontil s'agit. En somme. à l'histoire de la sclérose en plaques et reste absolument étranger à celle de l'ataxie.

J'ignore si une pareille combinaison a jamais été rencontrée.^jéj'c^^rfiqCJH une maladie de famille. malgré quelques apparences contraires. J'ajouterai que souvent ils se mettent à rire sans motif. les membres. 2e édit. eh somme. la maladie de Friedreich n'est point l'afa^ÇjVjilg^jÇ^fcjdjjmi^utre côté.Jedis symptomatiquement : je tiens à faire ressortir. ils ne sont tranquilles . dans l'acception rigoureuse du mot. les réflexes sont absents. Voilà pour le côté descriptif. qu'une maladie d'une génération. professeur éminent d'Heidelberg. mais d'une maladie particulière originale. à la fois dans la tête et dans les membres. nous nous proposerons de la désigner sous le nom de maladie de Freidreich. Je crois en avoir dit suffisamment pour justifier l'assertion que j'émettais tout à l'heure. parce qu'elle semble indiquer qu'il s'agirait de l'ataxie vraie ou créer une opposition en impliquant que l'atajsçi^^ra^g jji'est point héréciiwiiie. je vous l'ai fait remarquer est chez nos malades à la fois tabétique et titubante. J'ai avancé que. mais voici la différence qu'il importe de signaler ici : dans'la sclérose en plaques.est un des traits de leur physionomie. Le terme maladie de freidreich me paraît encore supérieur a celui CHARCOT. avec celles de l'ataxie locomotrice. un apanage delà sclérose multiloculaire. Cette maladie. Celle-ci. pourrait ajouter. vous le savez. 'ij ono sodo àliiosà'ico'i3r'* Or.— 177 — un trait distinctif. Jamais.110111 de l'auteur allemand. rappelant ce que l'on voit dans la sclérose en plaques. vous les trouvez exagérés. t. et je sais qu'au contraire. en effet. la diplopie si vulgaire dans le tabès ne se voient pas dans l'affection dont il s'agit. ce qui n'estM^'%}Î6JbIaÀVa même chose. que malàdig^c^jîW^eclj^gl^njfist pas. l'autopsie a montré deSjlésions dont je vous dirai un mot tout à l'heure et qui diffèrent à la fois de celles'de l'ataxie et de celles de la sclérose en plaques. J'en aurai fini avec l'examen de nos deux malades si je fais remarquer que chez l'un et l'autre. Ce mélange de symptômes de la sclérose multiloculaire et de symptômes de l'ataxie se voit bien dans la démarche. 23 . absolument comme dans l'ataxie : analogie n'est pas identité. il y a une sorte d'instabilité chorôiforme qui se manifeste alors même qu'ils sont au repos. dans les cas de la maladie qui nous occupe. le tronc. Leçons du Mardi. tant s'en faut. vous le voyez. ils remuent perpétuellement la tète. la démarche est titubante à la fois et spasmodique. i. qui l'a le premier décrite vers 1862 et en a fait connaître à la fois les principaux traits cliniques.qui tient à une sorte de béance des lèvres. si vous examinez les réflexes rotuliens. Eh bien ! la démarche titubante est. c'est-à-dire que symptomatiquement. sans pouvoir s'arrêter et qu'une certaine apparence d'hébétude. tandis que chez nos deux malades. autant une maladié. autonome. l'affection dont souffrent nos deux malades paraît être un mélange de certains symptômes de la sclérose en plaques et de certains symptômes del'ataxielocomotrice. J'ajouterai que le strabisme. d'un côté. il ne s'agissait ici ni de l'ataxie ni de la sclérose en plaques. que dans mon opinion. mort il y a seulement quelques années. il y a lieu d'admettre plus que jamais que l'atax\§ v^lgai^esl IgqL^gn^n une maladie héréditaire au même titre que les autres memb^Sj^d^lM^tfoS^F" d'ailleurs On la ropalhologique. et le singulier caractère étiologique qui a déterminé la dénomination vicieuse d'ataxie héréditaire. il n'y a pas réellement combinaison de la sclérose en plaques.

de transformation) (Hérédité Vous voyez. de faire passer sous vos yeux quelques tableaux de famille.l'élément arthritique si souvent combiné à l'élément neuropathique est représenté chez une tante maternelle du malade sous la forme du rhumatisme articulaire aigu. Cela existait justement chez le malade Trivier. Je pourrais citer bien d'autres exemples de ce genre d'hérédité. et pour ce faire.fort remarquables et l'avaient fait désigner par quelques auteurs du nom d'ataxie héréditaire. bien que je l'aie proclamé déjà bien des fois. incoordination motrice. elle aussi. Il ne faut pas oublier. mal perforant. voilà des éléments de pathologie que réunissent de puissantes affinités. parésie vésicale. Voici d'abord le tableau de famille relatif à un homme de 30 ans que j'ai eu longtemps dans mon service et chez lequel les premiers symptômes de l'ataxie locomotrice s'étaient produits dès l'âge de 20 ans. 1. absence des réflexes rotuliens. maladie de Friedreich. Paralysie générale.— 178 — d'ataxie infantile. c'est à dire vers l'âge de 30 ou 38 ans. mais. qu'oïl pourrait imaginer. TIUVIER.. La fatalité héréditaire y est écrite en caractères parfaitement lisibles. il n'y a qu'un instant. ou bien encore d'une façon tardive. La logique des choses est frappante dans ce tableau. hystérie FRÈRE. comme je vous le disais. lorsque l'ataxie apparaît à son heure. ces ataxies précoces sont remarquables par l'intensité. début à l'âge de 20 ans. crises laryngées. Il s'agit. J'ajouterai que presque toujours. atteintedecholéra arlhritis Paralysiegénérale bienportant alaxievulgaire SOEUR. MÈRE. bien entendu. comme vous le savez est la règle. CASDE TRIVIER : ATAXIE PRÉCOCE.TANTE. Il s'agit là d'un cas d'ataxie vulgaire précoce. Vous voyez que le tableau est complet. l'hérédité est moins facile à établir. il me suffira. hystérie. comme cela a lieu en général dans les cas de ce genre. la gravité et la multiplicité des symptômes tabétiques. je tiens à vous le rappeler. On pourrait dire qu'en pareil cas. non pas d'hérédité homologue qui est fort rare. chez lui. pied tabétique. la maladie produit tout ce qu'il est possible de produire.PÈRE. mais d'hérédité de transformation. l'ataxie vraie. arthritis. je pense.que l'ataxie précoce est presque une maladie infantile. elle est moins prochaine. est très accentuée. est une maladie héréditaire. Je faisais remarquer tout à l'heure que les caractères étiologiques de la maladie de Friedreich étaient. L'ataxie était caractérisée chez lui par les symptômes suivants : douleurs fulgurantes. qui. mais qui laisserait subsister l'idée d'une communauté de nature entre l'affection qui nous occupe et l'ataxie vraie. en quelque sorte. en pareil cas. telle est la rubrique sous laquelle nous désignerons désormais l'état pathologique dont il s'agit. ataxie locomotrice.d'un autre eôté. L'hérédité. Ainsi donc. Il s'agit de la . Voici d'ailleurs un second tableau encore relatif à l'ataxie locomotrice progressive. comme disent les Anglais. rhumatisme articulaire mortà Ste-Anne 2. 3. etc. le pedigree. dont voici la généalogie pathologique. au contraire . puisqu'on-peut la voir se développer à l'âge de 16 ans. aigu iitlaques.

HISTOIRE COMMUNIQUÉE PÈRE MÈRE épileptique Hémiplégique. sont fort difficiles à obtenir souvent et comme ils sont éloquents. PÈRE Paralytiquegénéral FILLE Choréeà répétition MÈRE rien FILS ataxiquea 29ans aprèssyphilis Encore la paralysie générale mêlée aux affaires de l'ataxie . les maladies de famille ou familiales sont celles qui frappent sans changer de forme. Ataxielocomotrice progressive Paralysiegénéraleprogressive bizarre.ne sépare pas très fermement ce qu'il appelle maladie de famille delà maladie héréditaire. par exemple (hérédité de transformation ou hétérologie . Portai. 1° FILS. ou pour le moins à côté d'elle. la maladie familiale est toujours homologue). Entendons-nous bien sur ce que l'on entend par une maladie de famille. PARM. tel qu'il vient d'être exposé. ce qui n'est point vrai de l'ataxie de Duchenne de Boulogne. par opposition à la maladie héréditaire. aphasique -\cérébral 2° FILS 3° FILS. dans ces cas. un traumatisme produiraient peut-être le même résultat chez le sujet prédisposé. son successeur. plusieurs enfants d'une même génération. mais que de plus et surtout elle est une maladie de famille. SIREDEY. c'est presque banal. Je dois les principaux détails de Siredey. Adams. Ces tableaux pour des raisons que je vous ai dites maintes fois. London 1814) est plus explicite. n'appartient pas exclusivement .que l'ataxie se montre chez plusieurs enfants d'un même lit. au contraire. Car il est rare. (Herediiary properiies of diseases. dans son mémoire bien connu. Quel est. Ils vous montreront d'abord que l'ataxie de Friedreich est d'abord héréditaire (hérédité de transformation) au même titre que l'ataxie vulgaire.— 179 — famille d'un artiste de grand talent et justement célèbre. Je vais également procéder par l'exposé de tableaux généalogiques. nous devons considérer l'élément héréditaire dans la maladie de Friedreich. Le caractère familial. peintre célèbre. au mêmetitre et de la même façon que l'ataxie locomotrice vulgaire.incohérent. mais certainement fort cette histoire à mon excellent collègue original. Pour lui. une chute. Actuellement. le rôle de la syphilis ? Evidemment celui d'un agent provocateur. s'il veut se borner à l'étude du malade lui-même et n'embrasse pas l'histoire de la famille entière ! Voici encore un tableau qui en dit bien long. et comme ils montrent bien que le clinicien n'a entre ses mains qu'un épisode. Il est bien entendu que la maladie familiale peut être en même temps héréditaire.

1881. par exemple. dans la paralysie pseudo-hypertrophique et. Ils en diront plus que toutes les explications que je pourrais vous donner. GOWERS.— 180 — à la maladie de Friedreich . XIV. Ainsi. Je ne puis résister au désir de citer le cas rapporté par le docteur Gowers qui. MUSSO Sulla matai. del Freidreich Rivislaclinica 1884 Absence desphénomènes de Romberg chezla plupart. En voici un d'abord et des plus remarquables que j'emprunte à M. Persistance du réflexerotulienchezun. Musso (de Turin). CLIKICAL SOCIETY OF LONDON T. lui aussi. dans plusieurs maladies encore. aussi loin qu'on puisse remonter. on voit à l'origine une grand'mère atteinte de mélancolie terminée par démence et ayant un frère ataxique (Quel genre d'ataxie ?) Le nombre des morts-nés à côté des cas de maladie de Friedreich est chose bien remarquable. G. . dans la maladie de Thomsen. est on ne peut plus instructif. à'un moindre degré. Je vais placer sous vos yeux plusieurs tableaux généalogiques propres à mettre en relief le caractère à la fois héréditaire et familial de la maladie de Friedreich. il se rencontre dans un certain nombre d'autres affections.

elle semble se multiplier à mesure . Schulze). Fig. de Friedreich. Ainsi que je vous l'ai Fig. 11. sporadiques. lial. C'est donc. — Lésiondans un cas de maladie de Friedreich(casde M. si typiques ce- Eig 8. avec celles qui s'en rapprochent le plus. la maladie de Friedreich . de dessiner sur le tableau quelques schémas qui vous permettront de comparer les lésions spinales observées dans la maladie de Friedreich. — Lésion des faisceaux cérébelleux dansun cas de compression spinale. 10. \ la maladie de Vous voyez que ni anatomiquement. Il suffira. universel. Ils représentent de cas isolés.—Sclérose rale amyotrophique. ainsi que je vous l'ai dit dès l'origine. en quelque sorte. pendant au point de vue symptomalique sont privés de ce caractère. — Ataxievraie latéFig. c'est une maladie à part. n'est pas constant. ni séméiologiquement. Friedreich ne se confond avec aucune autre. la maladie de Friedreich. si accentué quelquefois de la maladie. pour vous le montrer. Un mot maintenant sur le côté anatomo-pathologique. annoncé. mais ainsi que cela arrive dans la règle. les 2 malades que vous avez sous les yeux. car justement. considérée anatomiquement n'est pas une combinaison de sclérose en plaques et de sclérose postérieure. 9.181 J- En voilà assez sur ce point et il me paraît inutile d'ailleurs d'entrer dans de Je ferai remarquer seulement que ce caractère famiplus longs développements. une maladie à part. Pas très fréquente encore.

avec la plus grande facilité delà déformation du pied tabétique. Vous voyez comment. par cette circonstance que la déformation causée dans celle-ci par un écrasement des os du tarse consiste dans la production d'un pied plat. pas moins d'une centaine. le cou de pied est extrêmement arqué. que jamais la maladie ne s'arrête. on finit par contracter quelque maladie accidentelle. chez presque tous les malades atteints de T'a maladie de Friedreich. Cela se distingue. Vous remarquerez. appuyé sur le sol.C'estla mômechose pour le piedgauche. maintenant que les malades ne sont plus présents. Très habituellement dans celle-là. aujourd'hui. il se produit et souvent. C'est quelquefois. on finit par devenir impotent. ainsi que l'a fait remarquer M. en terminant. Un mot. presque dès l'origine. on comptait à peine une vingtaine de cas. les orteils relevés.— Pied droitde Aubryquandil s'élève.. au niveau du tarse. non Fig. elle va toujours en progressant. sur le pronostic. Le pied paraît élargi et les empreintes montrent que la plante porte partout. lorsque le pied est ballant. le plus souvent une maladie de poi- . Il y a quelques années encore. le pied creux. 12. que nous avons décrite. On peut durer dans ces conditions jusqu'à l'âge de 25 ou 30 ans. une déformation particulière des pieds qui constitue une sorte de pied bot paralytique d'un genre spécial. avec saillie considérable. c'est qu'il est déplorable. Tout ce que je puis dire. (Les malades se retirent). en outre. à appeler votre attention sur une des particularités de la maladie de Friedreich qui pourrait servir encore à la distinguer de la véritable ataxie. chez nos deux malades. un des premiers symptômes qui se dessinent. Féré etmpi.182 — qu'on sait mieux la voir. Je tiens. il en existe. grabataire. M. dans la science. du bord interne du pied. Rutimeyer. Tout cela s'efface en grande partie lorsque le pied repose sur le sol. une scoliose qui est justement fort prononcée chez le premier de nos deux sujets.

Je ne sais pas s'il y a jamais eu des enfants provenant d'individus de celte catégorie. mais il meurent assez souvent directement de la maladie ellemême qui finit par atteindre les muscles sans lesquels les mouvements respiratoires ne peuvent s'opérer. et on meurt. Il est bien peu vraisemblable. Eux aussi vivent jusqu'à 22. . et vraisemblablement. en effet. il n'y pas lieu de s'en plaindre. 25 ans. est le pendant de la paralysie pseudo-hypertrophique. à cet égard. On ne se reproduit pas. 23. 24. Cette maladie.une maladie de famille comme celle-là. qui a le même caractère d'atteindre un certain nombre de membres d'une même génération.— 183 .• trine. que les sujets issus d'une telle génération se montreraient marqués au sceau d'un relèvement de la nature.

sans qu'il y ait ataxie locomotrice. 3° Vertige loppée Miron). Je ne connais l'un que d'après une description sommaire qui m'a été donnée de sa maladie par l'interne qui l'a vu ce matin pour la première fois. Actueltabétiques. mais les troubles de la locomotion n'ont pas toujours exislé chez ces malades. N° 1.Policlinique du Mardi 20 Mars 1888. comme on disait autrefois. lement cornage permanent. en effet . avec raison d'appeler aujourd'hui préataxique. N'oubliez . En réalité. au contraire. qu'il y a. C'est une notion qui a pénétré dans les esprits. ils pourraient paraître appartenir à deux classes parfaitement distinctes. 4° Vertige de Ménière consécutif à une lésion de l'oreille déveparle fait d'une explosion (Accident de la rue Françoisde Ménière classique. Il représente le type classique. M. ils se rapprochent par les traits communs. que je connais depuis cinq ou six jours représente l'anomalie. les troubles de la locomotion ne se manifestent qu'à une époque relativement tardive de la maladie. TREIZIÈME LEÇON OBJET : 1° et 2° — Ataxie locomotrice. C'est de l'ataxie locomotrice qu'il s'agit. CHARCOT : Voici deux malades qui sont atteints d'affections qui portent une dénomination commune. deux ataxiques. depuis quelque temps et que j'ai cherché. et vous savez même que dans la règle. Ce sont deux tabétiques ou. pour ma part. Forme Début par les crises laryngées anormale. en d'autres termes. sans qu'il y ait incoordination des mouvements. N° 2. Forme normale. toute une partie de l'histoire du tabès qu'on appelait autrefois prodromique et qu'on est convenu. L'autre. à faire prévaloir autant que je l'ai pu. à un moment donné. Aujourd'hui. en proposant de substituer la vieille dénomination de tabès à celle trop précise d'ataxie locomotrice proposée par Duchenne de Boulogne. comme on dit encore ai> jourd'hui. ces deux malades auraient paru tout à fait différents l'un de l'autre et pour des observateurs inexpérimentés. On peut donc être ataxique en puissance.

sans être. n'ayant jamais dépassé la période préataxique. On peut porter avec soi une sclérose des cordons postérieurs pendant 20 ans et plus. l'atrophie tabétique avait persisté telle quelle. c'est que 1un d'eux représente le type vulgaire et l'autre comme je vous le disais. Il est des gens qui. 24 . Maisle point intéressant du rapprochement de ces deux malades. parvenueàla période ataxique. méritent de constituer un groupe qui pourrait être caractérisé par la rubrique : Tabès bénin. si je ne me trompe. Il fut une époque. l'épidémie de pneumonie infectieuse cuti a régné dans l'hospice l'an passé. Elle marchait cependant dans les cours de l'hospice d'un pas assez ferme. il n'existait chez elle aucune trace d'incoordination des membres inférieurs clans la marche. tandis que chez l'autre le diagnostic est des plus faciles. el cependant ne pas être ataxique si. Dans ces cas-là. Le diagnostic que j'avais porté. car je suppose que peut-être vous n'avez pas encore pénétré dans toutes les profondeurs de la neuropathologie. —n'auraient pas davantage reconnu la nature de l'affection chez l'un de ces deux malades. la maladie est. Mais. comme nous l'avons reconnu plusieurs fois nécroscopiquement. une absence complète des réflexes rotuliens. moins vives. et n'ayant jamais présenté la moindre trace d'incoordination motrice. Cette femme est morte à 70 ans. J'ai perdu là un de mes plus beaux sujets et clés plus intéressants. on peut dire. (S'adressant au Ie1malade. qui a vécu à la Salpêlrière pendant plus de 30 ans et que. la sclérose des faisceaux postérieurs se montre à l'autopsie. des douleurs fulgurantes caractéristiques. 11existe des cas de tabès qui. A l'autopsie. 2« édit. par ce mot. à propos de cette maladie que dans les dernières années. chaque année. Babinski. l'anormal. parfaitement accuséeTémoin. Les douleurs fulgurantes étaient moins fréquentes. il y a 20 ans. on persiste à désigner l'incoordination motrice des membres inférieurs. je montrais comme un exemple remarquable de tabès. suivant les lois d'une implacable fatalité. seule. en particulier. fixée. que celle-ci ne pardonne jamais. non encore éloignée. en raison de leur évolution lente et du peu d'intensité des syptômes. sans ataxie. Les crises gastriques avaient disparu depuis plusieurs années . chez eux. je le répète.— 185 — pas qu'on peut être tabétique depuis 18 et même 20 ans. de ce groupe est exclu absolument. le tabès clans lequel il y a atrophie des nerfs optiques. nous avons reconnu l'existence d'une sclérose postérieure très bien caractérisée et qui a été décrite avec soin à la Société de Biologie par mon chef de clinique. mais. i. il ne s'agit pas de Tabès bénin . qui représente le type normal) : Quel âge avez-vous ? CHARCOT. Chez les malades que je vous présente. Leçons du Mardi. t. cette auvergnate nommée Degoul citée dans nos premières leçons. déclarée. Je vous ferai remarquer. M. avec la réserve cependant et les précautions qu'y mettent les aveugles . pour cela ataxique. les symptômes de la maladie s'étaient notablement amendés. où vous n'auriez pas facilement reconnu et où peut être de plus exercés que vous. meurent tabétiques. l'anomalie. Cette femme présentait une atrophie tabétique des nerfs optiques. dans mes leçons. quant à présent. des crises gastriques d'une intensité remarquable. dans l'état actuel de la science. après avoir vécu une longue vie. pendant. à l'égard de celle malade s'est donc trouvé confirmé nécroscopiquement de la façon la plus satisfaisante.

(Il montre les deux derniers doigts de la main gauche. eldQiif. cela durait toute la nuit et m'empêchait de dormir. si sur les points où se produisent les douleurs. un beau jour. Et vous avez été ainsi pendant sept ou huit ans. CHARCOT : Remarquez le bien. j'ai dû renoncer à ces fonctions. vous le voyez. c'est là ce . Alors je suis entré comme contre-maître chez un de mes patrons. en quelque sorte solennelle. mais mes jambes ont refusé le service et depuis 4 ans. CHARCOT lieu de plaques d'hypéresthésie . cette paresthésie cubitale existe d'un seul côté. pendant une dizaine d'années. CHARCOT : Et au bout de huit jours ? Le malade : Elles me reprenaient principalement la nuit. puis je tombe à droite ou à gauche. la surface de la peau devient extrêmement sensible. laquelle représente le type le plus accentué de la maladie.) : Il n'est pas très rare. par une crise de douleurs fulgurantes. qu'il y ait symétriquement M. de ces deux doigts-là surtout. des plaques d'anesthésie. dans le domaine cubital. : Depuis 4 ans. je le répèle.— 186 — Le malade : 42 ans. Je n'ai pas pu continuer. c'est tout-à-fait dans les règles : 6 ou 8 jours de douleurs avec des intervalles de répit. Celuici. j'oscille un moment. il m'est impossible de marcher . CHARCOT dans l'obscurité? Le malade : Dans l'obscurité. Le début de sa maladie est marqué. CHARCOT Le malade : La première attaque m'a pris il y a 11 ans. la sensibilité paraît obtuse ou éteinte. on ne sait pas dire au juste à quelle époque elles se sont produites pour la première fois. dix jours. Dites-moi. Quelle était votre pro fession ? Le malade : J'étais graveur. Le malade : J'ai aussi quelquefois de l'insensibilité dans les mains. en ces moments. M. vous le savez. il y a. est très explicite et représente un groupe chez ces malades. si je ne me retiens pas à quelque chose. c'est un début solennel. J'allais et je venais. CHARCOT chez les tabétiques. Dans certains moments. puis l'incoordination motrice se produit. Généralement les premières douleurs sont un peu perdues dans les nuages du souvenir .le souvenir ne s'efface point (Aumalade). Chez notre malade. à ressentir de temps à autre des douleurs qui vous partaient comme des éclairs dans les jambes. un beau jour. et même. de façon que le moindre frôlement soit là difficilement supporté. anesthésie ou paresthésie. : Combien y a-t-il de temps que vous êtes malade ? M. je surveillais le travail et je marchais. en entrant dans un lieu obscur. des douleurs lancinantes très vives dans les jambes et dans les bras. au M. CHARCOT : Qu'entendez-vous par première attaque? Le malade : J'ai ressenti. sans rien ressentir. vous avez commencé à ne plus pouvoir marcher M. M. cela se voit quelquefois. CHARCOT : C'est un caractère qui a été mis en relief dans la description de Duchenne de Boulogne. il y a des moments où. CHARCOT : Oui. Le malade : Non. en vous laissant des intervalles de répit. M. je ne sens pas bien ce que je touche. sur ces points. Elles sont revenues par accès de temps en temps . M. où elles disparaissent complètement ? Le malade : Quelquefoisje restais huit jours. M. : Yous voyez.

le second malade était engagé clans une autre direction. Ecoulez attentivement le malade. el vous constaterez que ce bruit s'exagère lorsque je fais parler le malade. CHARCOT Le malade :Par moments. est à l'état rudimenlaire. Et c'est justement le point sur lequel je désire maintenant appeler particulièrement votre attention. on ne s'en dégage jamais complètement : c'est toute une iliade de maux qu'il faudra subir désormais. M. vous pouvez entendre notre second malade. Lui aussi était un tabétique. Pendant que le premier de nos malades était en proie à ses douleurs fulgurantes qui ont précédé. je le répète. puis. c'est ainsi qu'on les appelle. : Vous n'avez jamais eu une sorte de toux ressemblant à une suffoM. sous le coup de crises laryngées tabétiques. CHARCOT Le malade : La nuit surtout. mais très rarement. C'est le vestige d'une affection par laquelle là maladie a débuté chez lui et qui. c'est le larynx qui était le siège des manifestations tabétiques. pendant 3 ou 4 ans. toute la scène morbide. vous entendrez le cornage. (S'adressant au premier malade) : Est-ce que vous avez été pris du côté de la vessie? . seules. sans autre accompagnement. : Ce qu'il dit là se rapporte sans doute à un chez lui. le laryngisme tabétique a été extrêmement violent. à une certaine époque. Le malade : Tout à l'heure. tandis que chez le malade n° 2. produire une sorte de loux rauque. sans expectoration. Chez lui. CHARCOT syndrome qui. l'affection tabétique. afin que voire attention soit bien éveillée sur ce point. C'esl ce que je désignerai sous le nom de cornage. Je ne savais plus nie tenir. qui va maintenant nous occuper. la seconde. A chaque instant. Après cet amendement. toutefois. ou que je le fais marcher. Je vous en préviens. pendant cette période de temps. un médecin peu expérimenté eût pu imprudemment chanter victoire ! Mais l'Expert sait que lorsque l'on est entré dans le tabès par une voie quelconque. 11a été. il est très accentué.période. chez lui. mais un tabétique anormal. a occupé.— 187 — début de la période qu'on nomme le signe de Romberg et cela marque souvent le ataxique. L'affection laryngée dont il s'agit ici est des plus intéressantes et peut-être des moins connues du tabès. pendanl'3 ou 4 ans. je me suis trouvé dans cet état. un autre succède et ainsi de suite et vous conterai tout à l'heure la je série des phénomènes qui a conduit notre malade jusqu'à devenir un ataxique vulgaire comme l'est le premier malade que nous avons examiné. Il faisait sombre. Chez notre malade. en entrant dans cette salle. à elle seule. Il en reste seulement le cornage habituel que vous constatez aujourd'hui. ainsi que cela arrive assez souvent. à un accident qui s'amende ou disparaît. et ces crises ont représenté. : Yous est-il arrivé devoir double ? M. CHARCOT cation ? Le malade : J'ai eu des suffocations qui me forçaient à tousser. celle de l'incoordination motrice. : La nuit ou le jour ? M. intéressant à la fois l'expiration et l'inspiration indiquant maintenant une certaine gène du côté des fonctions du larynx. ces accidents se sont amendés.

la période préalaxique qui. on voit cette pupille déjà si petite. je cherche un point d'appui pour me maintenir en équilibre. frappe du talon el ne fait entendre qu'un seul bruit. elle est aujourd'hui très prononcée. flottant. L'interne (après avoir procédé à cet examen) : Il existe du myosis et le signe d'Argyll Robertson. c'est à dire que sa pupille ne se contracte pas sous l'influence de la lumière. Quand ce pauvre homme est venu me consulter chez moi — c'est un boucher qui est âgé de 33 ans et qui habile la campagne — j'ai reconnu immédiatement qu'il était atteint de cornage tabétique. lorsque je ne vois pas. Vous êtes comme si vous flottiez dans l'air? Le malade : Je me lève sur la pointe des pieds. l'extrémité tombante du pied. Ainsi que je vous l'ai annoncé. L'ataxique. et dans le sleppage. M.) Il a le signe de Romberg. puis le talon. C'est chose à laquelle nous ne pouvons pas nous habituer. {Au 1er malade) : Levez-vous. la jambe reste étendue. s'il vous plaît? La démarche est presque caractéristique et voyez-vousla différence qui existe entre le steppeur. ne se dilate pas sous l'influence de l'obscurité. chez lui. la flexion du genou est exagérée.— 188 — Le malade : Pas gravement. a duré près de 4 ans. commeon représente lesDieux de l'Olympe. Qu'enlend-on précisément par celle dénomination: crises laryngées tabétiques. chez lui. Etre au lit el ne pas avoir la sensation de reposer sur un corps résistant. (Lemalade oscille et cherche un point d'appui. CHARCOT : La vessie n'a pas été gravement prise. celui que fait la pointe d'abord puis celui que fait le talon. de deux ans. J'ai entendu dire à bien des ataxiques que cette situation est intolérable. dont nous avons parlé à propos de la paralysie alcoolique. mais cela s'est facilement passé. sivous voulez. être. Quand il a la démarche caractéristique. ne pas sentir le contact du lit qui vous supporte. au contraire. se contracter encore (Au malade) : Voulez-vousvous lever un peu et marcher. touchent le sol successivement de manière à produire deux bruits très distincts. au contraire. J'en viens maintenant à notre second malade.a été presque exclusivement occupée par les crises laryngées. j'ai eu quelquefois une petite difficulté à uriner. à un moment donné. Ces crises laryngées qui font partie intégrante de la série des phénomènes tabéli- . dans lesnuages. et la démarche de l'ataxique." c'est même pour quelques-uns un abominatile supplice. 11y a des malades qui sont au lit et qui éprouvent le malaise dont il s'agit d'une façon permanente. L'incoordination motrice date. fermez les yeux. C'est là justement ce qu'il nous faut vous rappeler. en quelque sorte dans l'air. nous autres mortels. c'est affreux à ce qu'il paraît. tandis que par l'accommodation à une faible distance. M. parce que j'ai pensé que le cas vous intéresserait. (A Vinierne) : Veuillezexaminer l'oeildu malade. les réflexes rotuliens font défaut. je n'ai aucune stabilité. Il y a donc chez lui le signe de Robertson. CHARCOT : C'est une sensation extrêmement pénible. Mais son histoire labelicme claie de beaucoup plus haut. et je l'ai engagé à entrer à l'hôpital. l'ataxique fléchit à peine les genoux. quand ils sont dans l'obscurité.

M. Je reviendrai tout à l'heure sur celle distinction. En Angleterre. en novembre 1880 et intitulé : Du spasme laryngé dans l'ataxie locomotrice. je l'ai entreprise. Cette description. M. La première est un mémoire du regretté Krishaber. c'est en France seulement que les-crises laryngées tabétiques ont été connues. — et c'est une découverte fort importante — de ce syndrome. et sont dues à M.Blizzard elM. les premières éludes sur le sujet datent de 1881. Mais des observations multipliées pouvaient seules permettre de tracer de ces accidents une description quelque peu méthodique. il est mention d'une importante et très juste distinction faite entre les accidents aigus spasmodiques dits crises laryngées et les phénomènes laryngés chroniques permanents. dans mes leçons cliniques. C'est à mon collègue et ami. mais . Mes leçons d'alors n'ont été publiées qu'en partie dans le Progrès Médical (en 1879) mais on en trouve le refiel et la substance dans deux monographies importantes que je vous demande la permission de signaler à votre attention. est l'oeuvre du docteur Cherchewski (de SaintPétersbourg) . qu'est due la découverte. publié dans les Annales des maladies du larynx. de Jean. Pour en finir avec ce court historique. Il fait entendre des respirations très brèves. n'étaient pas connues de Duchenne de Boulogne. et en particulier du Tabès à début laryngé (page 258. L'autre. d'Heidelberg (1886). et quelques autres que j'avais encore recueillies dans mon service à la Salpêtrière. Semoil. Féréol. a été relevée d'une façon très catégorique. cité plus haut. après avoir parlé un peu longtemps ou ressenti le contact d'un-corps froid. alors qu'aux observations de Féréol avaient succédé celles de Martin. à la suite d'une marche précipitée. Souvent.— 189 — crues. Vous trouverez là une remarquable description des troubles laryngés tabétiques. C'est un travail excellent contenant l'indication de toutes les observations connues à l'époque et de celles en particulier que j'avais fournies à l'auteur. Weil.i\ faut citer ensuite et recommander les travaux de M. comme dans la coqueluche. c'est une excellente élude qui a été publiée dans la Revue de Médecine (Contribution à l'étude des crises laryngées tabétiques). Il est curieux de voir que pendant longtemps. Kahler . voilà qu'un malade se met à tousser d'une toux spéciale qui ressemble beaucoup à la toux de la coqueluche. Je tiens à signaler que clans le travail de M. qui date de 1881. le professeur Erb (d'Heidelberg) émet des doutes sur la connexité « qu'on dit exister entre les symptômes laryngés et le tabès ». dans son excellent Traité de neuropalhologie. Ce travail contient aussi les vues que j'avais émises dans mes leçons concernant l'histoire descriptive des crises laryngées tabétiques. Oppenheim de Berlin (1885) et celui de M. le professeur Fournier. je citerai parmiles auteurs qui se sonloccupés de la question. et dans ce travail la relation qui rattache les symptômes laryngés à l'ataxie. plus ou moins sifflante. Weil.) Son travail est fondé sur trois ou quatre observations typiques . dans son livre intitulé : Leçons sur la période préaiaxique du tabès d'origine syphilitique. ainsi que je l'ai relevé avec insistance dans mes leçons de 1878. M. je vous recommanderai de lire l'article excellent qu'a publié M. en Allemagne. C'est ainsi crue. se succédant rapidement et qui sont enfin suivies d'une inspiration prolongée. De'fait. Elle date de 1868 (Société médicale des hôpitaux. en 1877 et 1878. Paris 1885).

qui viendront permettre d'affirmer. d'un anévrysme de l'aorte. cependant. vraiment. à peu près à l'état d'isolement pendant plusieurs années. etc. chez lui. Le malade suffoque. Il est possible cependant que chez lui. el qu'elles peuvent subsister. vous ne pouvez pas assister à ce spectacle sans effroi. se rapporte aux cas légers ou si vous voulez. de chute de la paupière. au 1er degré de l'affection. mais certainement il n'avait pas existé. que les crises laryngées existent alors même qu'il n'y a pas de douleurs fulgurantes. que le signe d'Argyll-Robertson ne s'est pas encore produit. Les crises laryngées ont existé chez lui pendant 7 ans. 5. 4. sans accompagnement d'aucun autre phénomène tabétique alors connu. se rapprochant plus ou moins du bruit de cornage que vous avez constaté chez notre malade. 7 ans ? Un malade de ce genre s'est présenté à nous en 1877.— 190 — d'un timbre moins aigu. plutôt grave. vous ne savez pas ce qui va arriver. en outre des phénomènes laryngés. on eût pu constater par une observation attentive l'existence du signe d'Argyll-Robertson . enfinla crise cesse. vous en êtes quitte pour la peur : mais il ne faut pas . Il se peut faire. c'est un fait sur lequel j'ai beaucoup insisté. le diagnostic autrement peut-être toujours un peu flottant. au moment où se produit une expectoration peu abondante. et peut-être serez-vous vous-même impressionné par cette menace. C'est ce qui est arrivé à l'homme qui est en face de vous. cesse tout à coup. lorsque la crise a pu durer 2. défait. que les réflexes rotuliens persistent encore. Mais il faut reconnaître que ce cas d'isolement parfait des crises laryngées tabétiques est. si vous ne savez pas qu'il peut s'agir de l'ataxie. 6. c'était alors un sujet bien curieux. que les crises laryngées figurent souvent comme plupart l'un des premiers symptômes de la période préaiaxique. avec insistance. mais elle peut se reproduire avec ce cortège de symptômes effrayants jusqu'à 5 ou 6 fois par jour. et alors que cela peut durer 3. La description que j'ai donnée tout h l'heure de la crise laryngée. Le patient est menacé de suffocation. il peut se faire que le malade étourdi. désormais. C'était un brave homme qui se recommandait à nous comme ayant élé le cocher de Magendie.. de douleurs fulgurantes. et c'est là un fait qu'on ne saurait trop proclamer. il a une véritable apnée . et que la des auteurs ont confirmé. tombe à terre saisi de convulsions épileptiformes. Ces crises peuvent se produire au milieu de la nuit et deux ou trois fois par jour . Vous voyezvous. Bientôt. de la disparition des réflexes rotuliens. presque inconscient. vous aurez reeonnu que ces crises plus ou moins fréquentes n'étaient pas la conséquence de la coqueluche. par exclusion. La seconde forme ou le second degré se présente encore avec un caractère plus sérieux. que les crises dont il s'agit sont de nature tabétique. le malade est placé sous l'influence de ce que l'on pourrait appeler le Laryngisme tabétique. vous médecin. presque insignifiante. d'une tumeur du môdiastin comprimant et irritant les nerfs laryngés inférieurs. cela a duré 3 ans. 3 ou 4 minutes. rare et que le plus souvent elles sont accompagnées de quelques autres symptômes tabétiques. le voilà qui devient violet. de diplopie. et vous ne tarderez pas à admettre. Quoiqu'il en soit. chez lui. consulté par un malade qui a des crises laryngées comme celles-là. Jusqu'ici.

présentent à l'autopsie des lésions irritatives. nous avons vu d'un autre côté queles nerfs sensitifs et moteurs de larynx. Il n'y a plus de suffocation vraiment menaçante. sont étroitement appliquées l'une contre l'autre. On pourrait dire que la muqueuse du larynx représente en quelque sorte une plaque hystérogène. ses accès de laryngisme n'ont pas encore disparu. l'action de parler. La terminaison fatale subite n'est plus à redouter. qui justifient amplement l'opération de la trachéotomie plusieurs fois pratiquée en pareille circonstance. les deux. plus de chute à terre surtout. l'examen laryngoscopique pratiqué. Elles aussi. 11est donc clair que la membrane muqueuse laryngée était hypéresthésiée. Il faut dire actuellement ce qu'apprend. Il y a plusieurs exemples de ce genre. le contact d'un corps froid. bien qu'ils se soient singulièrement espacés et atténués. ainsi que M. l'introduction d'une substance plus ou moins irritante. et vous verrez dans un instant. Pendant les crises. on provoquait une esquisse de la crise. mais si vous examinez le même malade dans l'intervalle des crises. ils existent toujours en germe si je puis ainsi dire. Krishaber el moi. Vous pouvez rencontrer encore clans le laryngisme tabétique une autre forme d'accidents que j'ai décrite sous le nom de vertige laryngé. ces parties là. ainsi que leurs noyaux bulbaires.On sait.el il est probable que ce cas est habituel. oui. porteur de la canule dont il ne peut pas se défaire. bien qu'il y ail. il y a un 3" degré : mors subiianea seu properala. lèvres delà glotte ainsi que nous l'avons. C'est que. en 1878. chose remarquable. près de 10 ans que l'opération a été faite. cle marcher vite.— 191 — ignorer que cela peut aller plus loin. mais c'est un point sur lequel je reviendrai tout à l'heure. bien entendu avec une pointe mousse. Or. Dans l'étude d'une malade de mon service. il peut se faire que la glotte fonctionne d'une façon tout à fait normale. qu'en touchant la muqueuse glottique très légèrement. une lésion bulbaire le plus souvent portant sur le noyau du pneumogastique et du spinal. constaté avec Krishaber. Jean l'a montré le premier. en particulier chez un ^malade auquel nous donnions des soins. soit dans l'intervalle des crises. On comprend par là comment un courant d'air. etc. On conçoit aussi qu'il puisse se produire parfois des décharges nerveuses spontanées. sont particulièrement irritables et les actions réflexes spasmodiques doivent s'y produire très facilement sous l'influence des moindres causes d'excitation portant sur la membrane muqueuse. faite avec le concours cleKrishaber. pendant la vie. d'ictus laryngé . qu'il y a dans ces cas une lésion des nerfs laryngés. c'est-à-dire jusqu'au bout: oui. ou mieux spasmogène dont l'excitation "détermine l'accès. J'en viens maintenant à vous dire quelques mots de ce qu'on sait concernant Yanalomieet la physiologie pathologiques de l'affection. C'est probablement par un mécanisme analogue que se produisent les diverses . les accès avortent. mais grâce à la canule. soit pendant les crises. à l'état rudimenlaire. il nous est arrivé'de voir plusieurs fois. provoquent si aisément les crises. el qui vit encore aujourd'hui.. dans les voies aériennes. dans le temps. particulièrement excilaJole. plus de convulsions épilepliformes. le parti qu'on peut tirer de la connaissance de ces faits par l'interprétation des phénomènes pathologiques.

sans connaissance.vous en ai prévenu. il y a bien longemps de ceia. ce même ictus peut se produire chez les tabétiques atteints de laryngisme. Cependant vous devez savoir que le syndrome en question peut se combiner au laryngisme tabétique et c'est pourquoi je vous en parle en ce moment. d'un ancien colonel sous le coup d'un accès de goutte articulaire normale et qui m'avait appelé dans l'espoir que je pourrais le soulager. Nous n'en avons pas fini encore avec le iaryngisme tabétique. (Voir le Progrès médical de 1879). le plus souvent. l'une desformes que peut revêtir la crise laryngée tabétique et c'est pour cela que j'ai cru devoir appeler votre attention sur ce sujet. 11 y a à considérer encore. 11avait.— 192 — crises viscérales de l'ataxie. Tel est sommairement l'ictus laryngé. le plus souvent dans la résolution. Les crises laryngées spasmodiques ne représentent pas. c'est. Messieurs. auprès d'un vieux militaire. sans période cleconfusion. tout ce qui les concerne. dont justement le malade que vous avez sous les yeux. . ainsi qu'il me l'apprit. et j'étais fort anxieux. ciuevoilà le malade qui revient à lui sans confusion. en quelque sorte l'aura. mais à peine avais-je eu le temps de prendre un parti. L'accès. qu'il y était habitué en quelque sorte. J'ai donné la première description de ce syndrome dans mes leçons " dé 1878. Je l'entendais qui toussait de temps en temps. ce sera un asthmatique par exemple. Il ne faudrait pas trop s'y fier cependant. mais quelquefois avec des secouses épileptiformes : qui peuvent revêtir la forme partielle.J'avoue que je ne partageai pas absolument son indifférence. contrairement à ce qui aurait lieu s'il s'agissait d'une forme comiliale. en d'autres termes. Je me trouvais un jour. éprouve au niveau du larynx un sentiment de brûlure qui représente. Ce n'est que plus tard que j'ai appris caie le vertige laryngé se termine habituellement d'une façon favorable. après quelques petites secouses d'une toux sèche. ces accès peuvent se répéter plusieurs fois par jour jusqu'à 15 ou 16 fois. ainsi que je. Le malade. el se redresse avec mon aide. perdu un instant complètement connaisance. Telle est la théorie que j'ai proposée dans le temps (1877). à elles seules. et le voilà tout à coup qui tombe à terre. le voilà qui tombe à terre comme une masse. Le malade se relève souvent lui-même. et reprend immédiatement ses sens. Elle me paraît encore en rapport avec les faits et je ne vois pas déraison d'en changer. puis quelques petites secousesd'une toux sèche se produisent. en deux mots. dans la résolution. Le vertige ou ictus laryngé n'appartient pas plus spécialement à l'histoire de l'ataxie locomotrice qu'à celle d'autres affections très diverses. en quoi consiste Yiclus laryngé. présente ac- . Je ne savais pas ce que cela voulait dire. est vite terminé. Il me dit en même temps que pareille crise lui était déjà plusieurs fois arrivée. et c'esl justement un caractère important au point de vue du diagnostic . Eh bien. et que cela ne l'inquiétait pas beaucoup-. je veux parler des crises vésicales et aussi des crises gastriques dont je vous entretiendrai probablement un de ces jours. J'en viens à vous parler du vertige ou ictus laryngé qui ne nous intéresse qu'en tant qu'il peut se présenter au cours du laryngisme tabétique. fort inquiet. Voici. les phénomènes laryngés permanents. Tout à coup.

— Elle représentela plus grandebéancepossiblede la glolte chezun sujet normal dansune profonde inspiration (Krishaber).Carlaz.) cornage permanent. possiblede la glottechez un sujet ataxique Fig. actuellement celles-ci ont disparu pour faire place aux accidents permanents qu'il nous faut actuellement mettre en lumière. 2«éclit. 15. au moment l'occlusion Fig. 23 Leçons du Mardi. t. .quiprésentait (Krishaber. —Elle représentela plus grandebéance avec cornage permanentdans une inspirationprofonde. i.Paralysie symétriquedes ericochezlamalade 1878.—Ellereprésente spasmodique des criseslaryngées a la foislescriseset le chezlamalade Lanerie. 13. Salpêlrière arylhénoïdiens dotous points au casque nousavonsactuellement sousles yeux. il a été pendant 3 ans sujet aux crises Fia. ExaCelleligures'applique mende M. Autrefois. en disant CHARCOT. de la glottechez un tabétique. postérieurs. Lanerie. laryngées spasmodiques. On peut caractériser eu un mot ces accidents laryngés permanents. Examen faitpar Krishaber.— 193 — tuellement un bel exemple. 14.

c'est beaucoup plus rare pour l'incoordination motrice. en effet. à propos de laquelle j'ai fait mes leçons de 1878. Vous voyez. à une atrophie de ces muscles. par Krishaber fl87S) et qui étaient destinés à illustrer l'histoire d'une malade nommée Lanerie. Il y a.paralysés. des crises gastriques . Cartaz. à l'autopsie. Je terminerai cet exposé sommaire par quelques mots relatifs à la thérapeutique. à l'exemple des crises'laryngées. présentait cette combinaison. Il est bon que vous sachiez. Veuillez noter que pour que le cornage se produise. il faut absolument que les deux muscles crico-aryténoïdiens postérieurs soient symétriquement. Il n'en est pas de même. montre que le cornage permanent est la conséquence d'une parésie ou d'une paralysie plus ou moins prononcée des deux muscles crico-arythénoïdiens postérieurs. bien que cela soit rare. laryngées. chez le malade présent. le plus souvent inaperçue. on peut voir les crises et la paralysie vésicale disparaître . En passant. qui. On peut voir. L'examen laryngoscopique. cle la paralysie. par ce qui précède. qui pendant les crises. les ont vu disparaître complètement. les malades ont trouvé instinctivement des moyens de soulagement. après en avoir longtemps souffert. Uneparalysie unilatérale passerait. c'est-à-dire du cornage permanent. atteinte à la fois de crises laryngées et de laryngisme permanent tabétique. Et justement la malade Lanerie. Ils portent habituellement avec eux du chloroforme ou de l'éther. Cartaz du malade que je vous présente aujourd'hui a fourni des résultats absolument conformes à ces données déjà anciennes. les fait paraître jaunâtres. Je vous ai déjà parlé de la laryngotomie qu'il serait prudent de pratiquer sans trop attendre dans les cas très menaçants. d'un autre côté. ainsi que cela a été constaté plusieurs fois. vous le savez. que chez les tabétiques il existe deux sortes d'accidents laryngés indépendants l'un de l'autre. par une béance tout à fait insuffisante de la glotte au moment des plus profondes inspirations. avec le concours de M. que l'atrophie tabétique des nerfs optiques ne pardonne guère. peuvent disparaître. Maisil ne faut pas oublier qu'il peut se présenter des cas clans lesquels les deux ordres d'accidents coexistent simultanément. par contre. laquelle se traduit laryngoscopiquement. Les accidents spasmodiques (crises laryngées) el les accidents permanents paralytiques. la perte des réflexes rotuliens. ainsi que nous l'avons reconnu dans le temps avec Krishaber et ainsi que nous l'avons constaté ces jours-ci. des accidents tabétiques qui.) L'examen fait récemment par M. J'ai fait placer sous vos yeux les dessins faits dans le temps pour moi. qu'il n'est point rare de voir les crises laryngées tabétiques disparaître après avoir sévi même pendant longtemps et avec violence. c'est peu vraisemblable. anatomiquement. je pourrais citer beaucoup de malades qui. La paralysie des muscles crico-arythénoïdiens qui cause le cornage permanent chez les tabétiques répond. Mais pour ce qui est des crises spasmodiques. pâles et décolorés. je né sais pas si l'on peut s'en tirer.— 194 — qu'ils sont d'ordre paralytique. Mais on peut dire. cesser les douleurs fulgurantes . malade que j'ai bien souvent montrée dans mes cours (1877. je le répèle.1878-1880. il en est de même des troubles moteurs de l'oeil. bien entendu. . je vous ferai remarquer que pour les crises.

M. ait existé dans ce temps.- 195 — leur servent à faire des inspirations. avec le temps par diminuer d'intensité et de fréquence. je recommande. la démarche est caractéristique : la station les yeux fermés est impossible. en y venant dans le train. CHARCOT : Quand en avez-vous eu une pour la dernière fois ? Le malade : Il y à S ou 6 jours. le premier. vous le voyez. je vous le rappelle. mais sans jamais perdre connaissance . M. tassium à haute dose. M. en l'absence des réflexes. Avez-vous encore de ces crises d'étouffements ? Le malade : Quelquefois. chez l'autre le début s'est fait par des crises laryngées qui ont occupé la scène pendant 3 ans. de 12 a 18 fois par jour. mais c'est vraisemblable : il s'est marié à 24 ans et il a un enfant qui se porte bien. par des douleurs fulgurantes . CHARCOT Le malade : Non. Quoiqu'il en soit. nous n'avons M. de temps en temps. plus intenses. Cartaz. d'abord. Je vais actuellement terminer l'interrogatoire de notre malade. CHARCOT : Je vous ferai remarquer encore une fois le bruit de cornage qu'il fait entendre. le voilà pris de crises laryngées. chez lui à faire place aux symptômes de paralysie permanente. vous le savez. les crises laryngées ont paru régner seules ou tout au moins le silence est complet delà part de tous les autres organes. : Il dit avoir contracte un chancre à l'âge de 18 ans . puis elles sont devenues plus graves. tendent donc. tout à coup. les applications de pointes de feu sur la région laryngée. M. à la suite de ses accès. : A l'âge de 27 ans. cela lui est arrivé plusieurs fois. CHARCOT pu établir si réellement il avait eu la syphilis. Yous voyez la différence entre ces deux malades que j'ai mis en parallèle : chez l'un. Nous l'avons examiné hier laryngoscopiquement avec le concours cle M. les crises laryngées ont fini. surtout quand il marche et qu'il parle. une anomalie remarqua- . Les crises spasmodiques devenues rares. la maladie a commencé suivant la règle. il est tombé par terre comme étouffé. Il n'est pas impossible toutefois que le signe d'Argyll. la constatation d'une paralysie double des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs. les réflexes sont absents. Il sera plus profitable après les préliminaires que je vous ai présentés. mais il y a. (S'adressant au malade) : A quel âge vous êtes vous marié? Le malade : A 24 ans. aujourd'hui. c'est l'inco ordination motrice et le signe de Romberg qui se sont produits . chez ce malade. enfin le bromure de po. Le résultat de cet examen a été. sur les côtés de la poitrine. Il vomissait quelquefois. il est boucher. A cette époque-là. : Yous n'aviez encore rien de tout cela ? M. Dans l'intervalle des accès. Les choses ont duré ainsi près de trois ans. après les crises laryngées. il a été soumis à cette époque à un traitement antisyphilitique qui paraît avoir été rigoureux. Le malade : Oui. lia trente-trois ans. CHARCOT de forme bénigne. CHARCOT : Avant de venir à Paris ? Le malade : Non. comme dans l'ictus laryngé indépendant du tabès.

peut-être.malade a affirmé maintes fois qu'il ne les avait jamais ressenties. Duchennede Boulogne la pratiquait instinctivement. Il faut. Maisvous ne pouvez méconnaître. autrefois crises laryngées. etc.. notre malade les a éprouvées depuis longtemps. un symptôme sur lequel M. Ce n'est pas le cas chez notre homme. absence des réflexes rotuliens. de boucher. . à le morceler. Mais. elle prend bien des malades. il les ressentait déjà à l'époque des crises laryngées et la chose était d'autant. le Professeur Pitres (de Bordeaux) a appelé l'attention : je veux parler d'un sentiment de courbature intense el profonde. aujourd'hui incoordination motrice. signe de Romberg. sont plus nombreux que ceux qui répondent à la description classique. en quelque sorte. en voilà assez pour fixer le diagnostic. En somme. l'étude des types doit être complétée par l'étude des cas frustes. le démontre. Cette faiblesse et ces courbatures. vient le tour de la seconde opération nosographique : il faut apprendre à décomposer le type. eux-mêmes. très vigoureux autrefois. Il appartient donc à celle catégorie peu nombreuse d'ataxiques sans douleurs fulgurantes . je passe à un autre sujet. La méthode de l'étude des types est fondamentale en nosographie. qui. apprendre à reconnaître les cas imparfaits. frustes. pour plus grand le médecin s'efforce de la reconnaître alors même qu'elle en est à ses premiers rudiments. aujourd'hui catégorisés. bien d'autres l'ont pratiquée avant et après lui : elle est indispensable et seule efficace pour faire sortir du chaos des notions vagues une espèce morbide déterminée. même sous une forme atténuée. plus marquée que notre malade. cornage permanent. del'ataxie ou mieux du-tabès. anormaux. le type une fois constitué. mais il a éprouvé en la place. en d'autres termes. accompagnée d'une faiblesse qui rend parfois la marche presque impossible.196 — ble:je veux parler de l'absence des douleurs fulgurantes. de fatigue non motivée. rudimentaires : alors la maladie créée par la méthode des types apparaît sous un jour nouveau. Mais auparavant je crois utile de présenter dans un tableau les symptômes divers. l'intérêt du parallèle que j'ai voulu établir entre eux .. J'ai remarqué depuis longtemps que les ataxiques qui n'ont pas de douleurs fulgurantes ont parfois des hypéresthésies cutanées survenant par accès. Le". l'équivalent. vous ne sauriez oublier qu'en matière d'ataxie ou de tabès. qui représente une grande et une longue expérience. le plus de place dans la pratique et. L'histoire de la Médecine. devant ces deux malades que j'ai mis en présence. ne pouvait qu'avec peine faire son métier. C'en est assez pour aujourd'hui sur l'ataxie locomotrice. Le champ s'élargit . très fatigant. mais je crois qu'on peut dire que chez lui ces douleurs sont remplacées par quelque chose qui est. d'ailleurs.

i™„. [ i Myosis spinal (Signe cl'Argyll Robertson.V^w j Atrophies l '. Ce malade est une des nombreuses victimes du fameux accident survenu il y a 4 ou 5 ans. dans l'impossibilité de travailler pour vivre.verre. ! [ Diplopie. je crois. du moins il l'affirme. VISGÉRA. ( ( i 2e MALADE (Homme 46 ans). i \ Anesthésie. ) Lésions cutanées (Zona) f g^ [Mal perforant SPINAUX. anales. ( ) ) ( mpATmr uq TROPHIQUES.IParésie des muscles de l'oeil. bruits d'oreilles. musculaires \ ^. lequel se déclare atteint de vertige et d'autres accidents cérébraux qui le mettent. hypéresthésie en plaques. vésicales. ) Lésions osseuses et articulaires 11^1^4^= Aitliiopathies. S. Hypéresthésie en plaques. ) Crises gastriques. )Grises néphrétiques. rue François-Miron. . à . optique auditif. [ 1 §3 Anesthésie. le Professeur Brouardel qui m'envoie un malade. ( Grises laryngées (Spasmes de la glotte). chute de la paupière. F]yj[ \ l Incoordination motrice (ataxie) i Douleurs fulgurantes. Le brave homme qui se présente à nous est. "( Absence du réflexe rotulien. et qui-paraît destiné.. Vincent) JVL. assure-t-il. Plusieurs personnes qui passaient dans la rue au moment de l'accident ont été plus ou moins grièvement frappées. effroyablement sourd. M. bulbaires. CHARCOT : Je viens de recevoir une lettre de M.TJX. d'une explosion de gaz d'éclairagedans un café. \ "J Perte cle la notion cleposition des membres et signe de ) [ Romberg. soigneusement encadré sous./Induration grise du ner.197 SYMPTOMES TABETIQUES / Douleurs fulgurantes*. Symptômes vésicaux j g^sthésie. Nous communiquerons donc assez difficilement avec lui. Il s'est agi. 11nous remet un certificat de-médecin. langue. — — Vertige de Ménière. intestinales.

Le malade (avec volubilité) : Je suis sourd. Le malade (toujours avecvolubilité et presque sans reprendre haleine) : Depuis S ans et demi. comme si on me fendait la tête avec une hachette. j'ai reçu 7 blessures dans l'explosion. il y a 6 ans. (S'adressant à son chef de clinique) : Veuillez je vous prie vous approcher du sujet et lui parler très fort dans l'oreille afin que nous puissions entendre de lui ce qu'il veut nous dire. y a-t-il une part de vérité : c'est ce qu'il nous faut chercher à déterminer. cela est intéressant sans doute. le plaignant. (S'adressant au chef de clinique) : Tâchez d'obtenir de lui qu'il nous dise dans quelles circonstances se produisent ses étourdissements et qu'il les décrive. et j'ajouterai si peu connue de beaucoup de médecins. notre malade. au milieu de ses exagération . cela importe peu.— 198 — constituer un document impérissable. est atteint d'une perforation du tympan de l'oreille gauche et que celle perforation s'est produite en conséquence de l'explosion de la rue François-Miron. Quand cela me prend. un jugement aussi sommaire serait véritablement injuste à la fois et grossier. Mais peut-être. si imprévue.. il a été depuis celte époque. Il ne suffit pas qu'un individu ail évidemmenldes tendances à exagérer ou à simuler pour le condamner du premier coup. si nous voulons être équitables et agir en vrais médecinsbien pénétrés du caractère de notre mission. qu'il ne soit disposé à en dire plus que de raison. je ne travaille plus. . j'ai la vue faible.. à ce qu'il assure. Le malade: Je n'ai pas de sommeil. Le malade : Cela me prend tout d'un coup. Cela me tient toujours au côté gauche et au sommet de la tête. CHARCOT : Cela pourrait tenir à l'affection de l'oreille qui a été le résultat de l'accident. comme on dit. CHARCOT : En voilà beaucoup à la fois . M. victime de l'accident. à multiplier les faits. dans l'impossibilité de gagner sa vie : les gens qui ont causé l'accident sont responsables. me font tomber dans la rue. il a été donné à la clinique chirurgicale de l'Hôtel Dieu. Naturellement. ce malade a évidemment une certaine tendance à amplifier. âgé de 40 ans. CHARCOT : Il a deux enfants dans la misère . comme si on me donnait un coup de marteau. M. est souvent la marque d'un état pathologique parfaitement réel.. est-ce le jour ou la nuit ? Le malade : Aussi bien le jour que la nuit. dont un descaractères est le besoin d'exagérer oude tromper. Il faut pénétrer plus délicatement dans l'intimité des cïioses et ne pas oublier qu'un certain état mental. — (M. j'ai deux enfants dans la misère. très sourd. M. 11constate que le nommé X. parfois. demande des dommages-intérêts. je le répète. j'ai des étourdissements qui. M. CHARCOT (aux auditeurs) : Je vous ai déjà fait part de mes craintes . Je crains. Charcot lisant le certificat): C'est un certificat signé de M. depuis l'accident. Le chef de clinique (parlant haut. clans l'oreille) : Quand vos étourdissements vous prennent-ils.le Profeseur Richet . j'ai des étourdissements. Il a l'air de vouloir simuler. je crains qu'il ne cherche à se faire valoir dans un but que vous comprenez aisément. c'est comme si je recevais un coup de marteau sur la tête. sans appel . Nous voulons savoir si le vertige dont il se dit atteint se rapporte réellement à la description si caractéristique à la fois. du syndrome : Vertige de Ménière. mais médicalement parlant.

déjà des écoles de mendiants. CHARCOT : Remarquez que voilà une assez bonne réponse. Racontez-moi tout simplement votre affaire : dites la vérité. en effet. CHARCOT Lé-malade : Ce sont les chocs que j'ai reçus. CHARCOT : Tiens. mais je tiens pour certain que vous exagérez . je M. cela eut constitué à mes yeux une très fâcheuse réponse. elles sentent au plus haut point l'exagération . CHARCOT: Jusqu'ici. M. L'absence de perte de connaissance est. mais je ne vomis pas après mes crises. M. parce que le malade montre une tendance à exagérer. chercher à dégager la vérité. Peut-être un jour y aura-t-il des cours de simulation où l'on apprendra aux gens à savoir éviter les exagérations flagrantes qui nuisent nécessairement à la cause devant l'expert digne de ce nom. à ce qu'on m'a dit. Le malade : Quand je marche. J'ai eu les reins cassés. voilà maintenant que vous m'entendez et cependant je ne parle pas très haut.— 199 : Qu'est-ce qui vous tient ? M. Après ? Qu'est-ce N qui arrive ? Perdez-vous connaissance ? Le malade : Non. consciemment ou inconsciemment. CHARCOT : De quel côté ? Le malade : Du côté gauche. Le malade : Toutes les nuits j'ai des cauchemars et mes oreilles sifflent. elles ne se rapportent que de bien loin à la description qui doit nous servir d'étalon. diton. vous étiez tellement sourd tout à l'heure. que j'ai prononcé ce mot de mendiant ! c'est une ruse. CHARCOT : Avez-vousdes vertiges dans votre lit. cela vaudra beaucoup mieux pour vous. cela nuit à votre cause. . CHARCOT : Combien de fois ètes-vous tombé dans la rue ? Le malade : Cela m'est arrivé depuis 1882 à peu près 7 ou 8 fois par mois. mais jamais je n'ai perdu connaissance. n'amplifiez pas . il faut aller plus loin. comme il eût dû lé faire s'il avait voulu persister dans son système d'exagération. et fort dé vos connaissances neuropalhologiques. (Aux auditeurs) : Jusqu'ici. un des grands caractères du vertige de Ménière. Messieurs . (Aux auditeurs) : C'est exprès. si vous ne voulez pas vous exposer à commettre à la fois erreur et injustice. seulement la vérité. M. M. voilà de mauvaises réponses : est-ce une raison cependant. comme on le fait trop souvent. Le malade (inopinément avec une sorte d'indignation) : Je ne suis pas un mendiant ! M. il faut au milieu des contradictions apparentes.. suivant moi. vous le comprenez. Supposez qu'il m'ait dit : je perds connaissance. bonne note de celte réponse. voilà des réponses bien peu satisfaisantes. il me prend des étourdissements comme si je recevais un coup de marteau sur la tète : mes genoux fléchissent. je suis resté ébaubi. Est-ce que vous vomissez après vous être relevé ? Le malade : Non ! Quelquefois seulement. (Au malade) : Je ne prétends pas que vous soyez un mendiant . et je tombe par terre. blanc comme du papier à lettres et tremble. Il y a. il me prend des maux de coeur . sans plus d'examen ? Non. CHARCOT : Je prends. Je me doutais que notre plaignant n'est pas aussi sourd qu'il le prétend. pour le repousser. à tromper même peut-être. Je deviens. M.

4e MALADE. (Au malade : Avez-vous perdu connaissance au moment de l'accident? Le malade : Je ne puis pas dire comment j'ai été atteint. (A la malade) : Depuis quand avez-vousvos vertiges ? . la confusion d'esprit. serattachent légitimement à la description du vertige de Ménièreet ils n'est guère douteux qu'ils soientla conséquence de l'affection de l'oreille qui s'est produite par le fait de l'explosion. du moins à ce qu'il me paraît. vous le voyez. dorénavant. seront alors mieux disposés en votre faveur et ils étudieront. : Eh bien vous le voyez. dit-il. Les experts. Comme cela.M. Je sais que je suis entré le 12 mai à l'Hôtel-Dieu. votre cas avec soin. J'ajouterai que les autres accidents nerveux. nous sert bien dans cette circonstance. n'en douiez pas. Les symptômesvertigineux décrits par le malade et qui le font. l'amnésie temporaire dont il se plaint. CHARCOT donne là une description sincère qu'il lui serait impossible d'avoir inventée. Laquelle? Le malade : La droite. ne dites que la pure et vraievérité. au milieu d'exagérations probablement inM.ois-Miron. il nous M. je vous l'affirme. évidemment. CHARCOT téressées mais peut-être inconscientes. ne faites pas de trop longs discours. sont des phénomènes fréquemment observés en conséquence des chocs nerveux du genre de celui que ce brave homme a nécessairement éprouvé en conséquence de l'explosion de la rue Franç. les médecins. vous aurez moins de chance de vous tromper. Son récit pourra être comparé à celui du sujet dont nous venons de nous occuper. elle se rapporte par tous les points essentiels à un syndrome. tels que l'insomnie. nous pouvons dégager un certain nombre de faits parfaitement réels. celle qui n'estpas blessée. je ne me rappelle pas bien. J'ai prié la personne âgée que vous avez devant les yeux (une dame de 60 ans) de venir à la leçon>parce qu'elle présente un exemple typique de vertige auriculaire. je n'en sais rien.(Au malade) : Votre procès n'est pas terminé. C'est dans ce sens très vraisembablement que nous concilieronsaprès un examen un peu plus approfondi auquel nous nous livrerons au sortir de la leçon. : Tout cela me paraît conforme à la réalité. l'impossibilité d'appliquer son attention à quoi que ce soit. CHARCOT (au malade) : Yoyez-vous. si vous êtes en présence de médecins. M. que ne connaissent pas encore très généralement. CHARCOT. même les plus instruits. tomber dans la rue.— 200 — . Le hasard. n'en dites pas trop. et quej'en suis sorti le 12 août sans être guéri. combien cela fait-il de temps que vous êtes en instance? Le malade : Cela fait 6 ans : il y a déjà une douzaine de ceux qui ont été blessés en même temps que moi qui sont morts.

mais au moment où va venir le vertige? M. d'avoir une sorte cle vertige perpétuel et cle ne pouvoir pas marcher sans tituber ? La malade : Oui. constituent comme une espèce d'aura qui précède l'impulsion. sa plus grande acuité. etc. aujourd'hui. dans le vertige de Ménière. Je suis renversée souvent. quelquefois des vomissements. M. on la perd également dans l'ictus laryngé. Le malade a quelquefois la sensation qu'on le prend par la peau du cou et qu'on le projette avec force en avant sur le sol. Néanmoins. CHARCOT : C'est bien cela qui se produit le plus souvent. je suis obligée cleme tenir aux meubles. 2c édit. (A la malade) : Est-ce qu'il vous arrive quelquefois. il est témoin de tout ce qui se passe. L'exagération du bruit d'oreilles. mais j'avais la tête libre dans l'intervalle. on la M. 26 Leçons du Mardi. et en me relevant j'ai des maux de coeur. mais elle paraît être affligée du vertige permanent. à ma connaissance. se sont cassé les dents en tombant. M. CHARCOT La malade : Ce que j'entends ressemble au bruit d'un train en marche. CHARCOT La malade : Du côté droit surtout. i. M. le malade. CHARCOT : Elle a perdu les grandes crises. elle bruit augmente. . La chute est quelquefois si brusque. CHARCOT : Le bruit devient-il plus aigu ? La malade : Cela se rapproche du son du sifflet. . CHARCOT : Yous l'aviez souvent? La malade : Cela ne me quitte plus maintenant. rares à la vérité. : On ne perd pas connaissance clans le vertige de Ménière. CHARCOT perd dans le vertige comitial. : De quel côté avez-vousdes sifflements dans les oreilles ? M. t. pendant des journées entières. Quel traitement vous a-t-on fait subir ? CHARCOT. quoique ébaubi. M. M. Maisil faut reconnaître cependant que dans certains cas. C'est que les étals pathologiques ont leur histoire naturelle. est à peu près complètement sourde. : Deviennent-ils plus aigus? Comment sont-ils à l'état normal ? M. mais il y a quelquefois des bruits de cloche. de quel côté ? La malade : Du côté droit toujours. Vous voyez qu'en portant une montre au voisinage des oreilles. CHARCOT La malade : Je sens comme si on me tirailles nerfs cle chaque côté clela nuque.— 201 — La malade : Depuis 14 ans. reste parfaitement conscient. (A la malade ) : Yous tombez quelquefois par terre. la chute est quelquefois brusque et violente.. je le répète. : Vos bruits d'oreilles sont-ils plus forts au moment où vous devez M. la droite. CHARCOT : Combien y a-t-il cle temps que vous avez cela? La malade : Depuis le commencement de 1874. je suis renversée moins souvent. M. si inopinée que plusieurs. : Perdez-vous connaissance en tombant? M. les vertiges surviennent sans avoir été précédés par des bruits d'oreilles. les crises distinctes. : Oui. Cependant. CHARCOT : Maisvos accès? La malade : Cela venait tous les 3 ou 4 mois.CHARCOT La malade : Non jamais : je suis un peu étourdie seulement. et par conséquent leurs caractères distinctifs. CHARCOT avoir vos vertiges ? La malade : Ils augmentent en effet à ce moment là. on constate que l'une d'elles.

Vous ne vous étonnerez pas après cela que j'aime à insister dans mes leçons sur une affection dont la connaissance mérite certainement d'être vulgarisée. après quoi elle viendra de nouveau nous consulter. 70 centigrammes par jour. CHARCOT : En somme. suivant la méthode que j'ai préconisée.. on m'a donné du bromure. Heureusement qu'on n'en meurt pas. la maladie paraît avoir été méconnue pendant 14 ans.— 202 — La malade : On m'a fait des fumigations dans les oreilles. el est encore vraiment trop peu répandue. Cependant ces caractères sont assez saisissants pour qu'elle soit facilement reconnue. nous allons traiter celte dame par l'emploi du sulfate de quinine. elle va prendre le médicament pendant 18 jours à la dose de 60. c'est du moins ainsi que les choses se passent habituellement. etc. . j'espère qu'elle sera délivrée de son vertige après 4 ou 8 reprises de la médication. on m'a traité l'estomac.. Comme d'habitude. Elle se reposera ensuite pendant 8 jours. appliqué des vésicatoires. M. etc.

Un de nos élèves s'est rappelé qu'il avait vu autrefois. et il l'a prié de genre se présenter aujourd'hui pour servir à la démonstration. Yous savez ce que c'est que ja démarche du steppeur. Le pied est tombant. un malade qui présentait ce de démarche.voilà. sensations diverses chez un même sujet (homme). signifiant cheval qui a cle l'action) qu'il est fort utile de connaître et de savoir distinguer de la démarche clel'ataxie locomotrice à laquelle elle ressemble.Policlinique du Mardi 27 Mars 1888. QUATORZIÈME LEÇON OBJET : 1" Démarche de steppeur et démarche un alcoolique et un ataxique. en l'imitant et en l'exagérant un peu. — il hystéro-traumatique . de la paralysie alcoolique et je regrettais de ne pouvoir vous montrer celte démarche du steppeur (dans LitIré : Steppeur. À côté -de-lui nous avons placé un ataxique qui est venu à la consultation ce matin. sujet hystérique spasme 3° Nouveau transfert glosso-labié. tabétique. Nous allons faire ressortir le contraste que leur démarche présente. mot anglais : Stepper.) Je vous ai entretenus. puis agoraphobie . Le. J'ai essayé l'autre jour de vous en donner une idée. — cas d'hémianesthésie hystérique — un autre avec spasme avec glosso-labié. vertigineuses 1er et 2e MALADES (Un ataxique et un alcoolique. 3 malades: cas d'hémianesthésie capsulaire avec paralysie faciale . il est impossible au . y a eu — un autre cas semblable. dans le service. cas de paralysie delà sensibilité. 4° Attaques hystéro-épileptiques. clans mon avant-dernière leçon. — 2 malades : 2° Diagnostic de l'hémianesthésie et de l'hémianescapsulaire thésie hystérique.

et vous savez. L'ataxique lance en avant son membre inférieur étendu. dans ce cas. en deux jours. de telie sorte que l'on entend très distinctement le bruit de ces deux chocs successifs. Voilà pour ses antécédents de famille. Yous constatez parfaitement chez notre malade les caractères de ce genre de démarche . s'il y a quelquefois des névrites périphériques dans le tabès. S'il y a des analogies. Elle a eu une vie . comme des ataxiques et présentent. Vous savez que l'alcoolique a des douleurs qui ressemblent quelquefois à s'y méprendre aux douleurs fulgurantes tabétiques. : Le cas de cette femme qui est devant moi peut paraître un cas M.— 204 — malade de le redresser . la lésion. Vous savez que. chez les ataxiques. deux femmeset un homme. Cependant les analogies ont paru telles qu'on a désigné sous le nom de pseudo-tabétiques les malades qui marchent. c'est-à-dire qu'étant debout. les genoux fléchissent à l'excès. plutôt que la démarche qui. Trois malades sont introduits dans la salle du cours. ou du moins il le fléchit très peu . ne siège pas dans la moelle. Maisil n'a cle tabétique que certaines apparences . frappant le sol du talon et produisant un bruit unique. il oscille. comme vous venez cle le reconnaître. CHARCOT vulgaire. les réflexes sont absents et qu'ils le sont aussi chez les alcooliques. il y a aussi des différences. dès l'origine. et les cuisses s'élèvent plus que déraison. presque sans fléchir le genou.un pseudo-labélique. Voici son histoire en deux mots. qu'il peut se faire qu'un alcoolique ait le signe de Romberg. 3e. vous le voyez. je n'ai rien à signaler. elle paraît siéger dans les nerfs périphériques. par mon collègue et ami. à litre d'accessoire. Et alors le pied est absolument ballant. serait. c'est un cas fort intéressant. Elle est âgée de 47 ans. bien qu'en réalité. parce qu'il soulève une question difficile à résoudre. avec celle du steppeur. est différente dans ces deux cas. le pied frappe d'abord par son extrémité et ensuite avec le talon.qu'il ne faut pas oublier. en outre. Dans la progression. ils ne soient ni ataxiques ni tabétiques. Notre deuxième malade serait un vrai tabétique ataxique tandis que le premier que je vous ai montré. M. Quant à ses antécédents personnels. Au fond. Cette femme m'a été adressée. La démarche de notre ataxique contraste. l'alcoolique. les fléchisseurs sont pris quelquefois aussi bien que les extenseurs. au contraire. En retombant sur le sol. il y a quelques jours. En somme. et c'est là ce qui rend souvent le diagnostic très difficile. son empreinte sur les faisceaux postérieurs. est toujours central et met. Debove. Le véritable tabès. il n'y a pas de tabès périphérique. certains symptômes qui rappellent ceux qu'on rencontre dans l'ataxie. son père est mort d'une attaque d'apoplexie. lorsqu'il a les yeux fermés. el que cela se rencontre aussi chez les ataxiques. C'est là ce. 4e et Se MALADES. le pied retombe.

c'est persiste. la partie du faisceau qui concerne le facial inférieur (faisceau cortico-bulbaire) passe dans pyramidal la capsule en avant du genou. Permettez-moi cependant d'entrer dans quelques détails. elle s'est couchée et le lendemain matin. Horsley. C'est une hémiplégie capsulaire vulgaire avec. en particulier sur le singe (Franck et Pitres. tandis que . lorsqu'elle s'est sentie la tête pesante . Mais le fait est que depuis un an. rarement. et elle ne se rappelle pas — car. Lorsqu'au bout de ce temps. ou dans sa partie postérieure. un soir. le plus communément. Vous me direz : Voilà un cas bien vulgaire. mais encore par l'expérimentation faite sur les animaux. on ne peut plus dire que ce soit une malade. En somme. sans cloute quelques particularités. il y a 2 ans. Je crois qu'il s'agit ici d'une hémiplégie capsulaire et je vous que la capsule interne peut rappellerai être lésée dans sa partie antérieure. le membre supérieur. que la partie antérieure de la capsule a été touchée. je le répète. les reliquats. Si l'hémiplégie des membres est habituellement prédominante. car. en avant du genou. A quoi bon en parler ? Nous connaissons tout cela. tout cela soit pris en même temps.tandis que l'estrac tus corlico-brachial et cortico-crural de ce môme faisceau pyramidal siègent en arrière du genou. ce qui serait contraire à ce qui a lieu d'ordinaire. elle était paralysée du côté droit. aujourd'hui. parce qu'en pareil cas. sur le membre supérieur et sur le membre inférieur. En effet. elle a été trouvée inconsciente. Dans les cas où la paralysie faciale et c'est un cas relativement rare. Les vestiges de celte paralysie existent encore aujourd'hui. l'expérience le démontre. elle a été atteinte de l'affection dont nous allons constater les vestiges. la partie capsulaire postérieure est détruite par le foyer d'hémorrhagie ou de ramollissement. elle est restée •— si c'est le membre inférieur complètement amnésique qui a commencé à se mouvoir où. Elle s'est donc réveillée au bout cle 14 jours. Cela est absolument démontré non seulement par l'anatomo-clinique. Elle ne peut pas dire non plus exactement l'époque où elle a commencé à marcher. le membre supérieur et sur le membre inférieur droits. elle allait se couches'. Vous comprendrez par là que dans l'hémiplégie capsulaire. paralysée complètement. la paralysie du facial persiste très longtemps dans l'hémiplégie capsulaire vulgaire. le premier en avant. c'est plutôt une infirme. paraît-il. elle est restée dans l'état où nous la voyons actuellement. encore pendant plusieurs semaines plus ou moins après le réveil. la paralysie portant à la fois sur le facial inférieur. 14 jours.— 208 — exempte de toute espèce de maladies jusqu'au moment où. elle s'est réveillée. dans un état comateux qui a duré. elle s'efface avec le temps . seule. dans d'autres cas prédominance de la paralysie du membre inférieur ou du membre ~ supérieur. Il existe donc une hémiplégie portant sur la face. le second en arrière du précédent. expériences d'excitations^). En juin 1886. il puisse y avoir quelquefois prédominance de la paralysie du facial. non loin du genou. maisd'ordre secondaire. j'ajouterai que même — ce qui est une anomalie dans un cas d'hémiplégie capsulaire — la paralysie faciale est restée beaucoup plus accentuée que la paralysie des membres. au contraire. avec cette particularité que la paralysie de la face a persisté plus longtemps que d'ordinaire. Bien qu'en général. c'est que le plus souvent ce sont les parties postérieures de la capsule qui sont atteintes.

—f. Avant-mur. b. Insulade Re'il. —A G. Celles-ciont été moins profondément atteintes. d.— 206 — la partie antérieure.Noyau lenticulaire exter(corpsslrié).— D. Noyaucaude ditede Flechsig. et sur les parties postérieures de cette même capsule. —E. celle qui concerne les mouvements de la face. c.Partie antérieure optique. Carrefour sensilif. respectant en partie les fibres cortico-brachiales qui occupent une situation intermédiaire. courbe. —g. . Faisceau corlico-brachial. Cela peut s'expliquer en imaginant un foyer linéaire. tandis que l'autre extrémité porte sur la partie la plus postérieure. 16). mais ce foyer a dû porter à la fois sur les parties antérieures de la cap- Fia. A mon avis. — Coupe du foyer. aujourd'hui remplacé par une cicatrice. c'est bien d'une lésion capsulaire dont il s'agit.— F. Couche dela capsule interne—•—a. c'est le membre inférieur qui se montre plus rapidement affecté que le supérieur. chez notre femme. 16. dont une des extrémités coupe la capsule interné en avant du genou.— Direction présumée — C.Capsule (corps ne . — — Faisceau de la capsule interne. contrairement à la règle. interne. strié). Partie dola capsule crural. Genou — e. (Fig. et il est remarquable clevoir que. Faisceau postérieure sule dont les fibres ont été profondément lésées.— B. et cette lésion consiste en un foyer hémorrhagique. corfico-labié. est seulement comprimée et non détruite.

de paralysie faciale périphérique. Yous voyez chez notre malade comment cellesci. en même temps. déviée du côté paralysé. soit au menton. elle est relevée au contraire du côté gauche non paralysé où. Eh bien. du côté de l'écorce ou dans f'écorce même . La commissure labiale est abaissée du côté droit. soit sur la supérieure. adroite. Mais il y a des sujets. Estil nécessaire de vous rappeler en passant que. mais la déviation clela bouche est parfois moins prononcée. suivant la règle. . J'ajouterai que. sur la partie supérieure du visage.de vue ce qui se voit chez notre malade. Chez elle la paralysie faciale est. ou la non-existence de cette paralysie faciale. tandis que du côté droit. quand les paralysies du facial inférieur ne sont pas très prononcées. Par contre. et que la non-participation de l'orbiculaire paipébral clans ces derniers établit un contraste avec les faciales périphériques puisque celles-ci sont totales et portent. ressemblant à celle qui résultait de la lésion du nerf facial. Il faut quelquefois y regarder d'un peu près.— 207 — Un mot sur la paralysie du facial inférieur ctue nous avons sous les yeux. très accentuées du côté non paralysé. côté paralysé. Tous ces petits détails. la langue tirée hors de la bouche est. et c'est du côté droit que siège l'hémiplégie. surtout s'il s'agit d'un sujet d'un certain âge. considérez attentivement les rides. seul. le sillon naso-labial est plus accusé. Ce n'est pas clans ce cas qu'on peut discuter sur l'existence de la paralysie faciale. dite a frigole: vous voyez qu'il lui est impossible de fermer l'oeil du côté paralysé. la peau sur ces mêmes parties est absolument lisse. En pareil cas. à la sortie du canal de Fallope. encore suivant la règle. c'est-à-dire. sont très nombreuses. II n'est pas toujours facile de la reconnaître quand elle n'est pas très prononcée. c'est-à-dire à gauche. tandis que notre hémiplégique droite par lésion capsulaire ferme complètement son oeil droit. Tout cela est dans la règle. dans l'espèce du côté droit : cela est peu prononcé chez elle. et je vous assure qu'ils ne sont pas à négliger. côté paralysé.. et l'on peut être amené à discuter sur l'existence. en d'autres paralysies termes. Mais pareille chose ne se voit jamais dans les lésions eapsulaires et dans les lésions situées au-dessus. aussi bien sur le facial supérieur que sur l'inférieur? Le second malade que j'ai fait placer devant vous est atteint. c'est la paralysie du facial inférieur qui seule se voit en pareil cas. Étudions à ce point. surtout dans les cas où l'hémiplégie est encore récente. le domaine facial inférieur est affecté dans les paralysies causées par des foyers centraux. quand il y a matière à discuter. vous remarquez que les rides sont les mêmes des deux côtés. Je vous rappellerai cependant que certaines lésions bulbo-prolubérantielles peuvent atteindre le nerf facial déjà pleinement constitué et déterminer une paralysie faciale totale. où le phénomène est beaucoup plus accentué. Il y a encore un point sur lequel i 'appelle votre attention. sont d'une grande importance. tandis qu'elles sont relativement épaisses et que la bouche est légèrement enlr ouverte du côté opposé. soit sur la lèvre inférieure. les lèvres sont minces et la bouche linéaire du côté paralysé. Je vous ferai remarquer que dans les cas d'hémiplégie où la langue est déviée. On dit à la malade : Tirez la langue. on ne les reconnaît pas toujours très facilement. mais cela est nettement appréciable cependant.

non courbé vers le côté où la bouche est déviée. 17 et 18) et. Et non seulement cette partie paralysée de son corps hémiaiiesthésie est relative au toucher. 47 ans. cela est on ne peut plus vraisemblable. aussi larges l'une que l'autre".Le père de notre femme est mort d'hémorriiagie cérébrale . J'ai peut-être examiné des milliers clefois le champ visuel des hystériques et je tiens à le proclamer une fois de plus. où est donc l'intérêt qui s'attache à votre cas ? Eh bien ! dufondde visuelde. C'est que notre malade est. absolument hémianesthésique."et dans lesquels cependant il s'agit non pas de paralysie. absolument comme sont hémianeslhésiques les hystériques . . chez elle. la moitié de la langue ne sent pas les substances amères. Yous n'ignorezpas que l'hémorrhagie cérébrale est une maladie héréditaire. suivant la règle. à la piqûre. Enfin le champ visuel est rétréci des deux côtés comme cela se voit chez les hystériques (Fig. du côté droit.. l'oreille droite entend moins bien que l'oreille gauche. comme nous allons voir que cela existe dans certains cas qui simulent l'hémiplégie du facial inférieur avec déviationde la langue. au froid.ménagère. est si prononcée qu'on peut enfoncer des épingles dans la sans qu'elle en souffre..pas de dyschromalopsie. mais bien d'une affection spasmodique . . 17 ell8.. la narine droite ne sent pas les odeurs comme la gauche.MarieB. l'hémianesthésie. c'est un point que je ferai ressortir tout à l'heure. elle-même a eu une hémorrhagie cérébrale. —Champ l'oeil. voilà ce qui fait clece cas vulgaire un cas d'étude pour le clinicien. c'est toujours l'amblyopie double plus prononcée du côté hémianeslhésié ou unilatérale. l'axe de la langue reste linéaire. non coudé. ce n'est pas de l'hémiopie qu'il s'agit. puisque l'occasion s'en présente .— 208 les deux moitiés se montrent égales. voilà où est la difficulté. Maisdirez-vous encore.—Pas delésions Fig. mais elle porte aussi sur la sensibilité spéciale .

et en effet. que certaines lésions capsulaires peuvent produire une hémianeslhésie tout-à-l'ail sembable à celle des hystériques.et sensilive : c'est peut-être du saturnisme ou c'est de l'alcoolisme parce que l'on pensait que l'alcoolisme et le saturnisme peuvent produire une hémianesthésie qui ressemble à rhémianesthésie hystérique.Je l'ai répété bien des fois depuis. voici la situation. l'hémianesthésie totale est un fait vraiment rare dans l'hémiplégie organique. se montrer dans l'hémiplégie capsulaire. Il n'est pas habituel de voir rhémianesthésie. toutes les fois qu'on rencontre. déterminée. de l'hystérie et la révèle. enfin. absolument comme s'il s'ag'issait de l'hystérie. en clinique. une hémianesthésie plus ou moins complète. Eh bien ! contre celte assertion je proteste . Eh bien! c'est là ce qu'on tend à contester aujourd'hui. en arrière de la région où passe la partie cortico-cruraledu faisceau pyramidal. on semble vouloir établir que l'héinianesthésie capsulaire n'existe point. mais elle se voit quelquefois. Ainsi. Je vous rappellerai les conditions anatoniiques dans lesquelles. faisant abstraction de rhémianesthésie saturnine et de l'hémianesthésie alcoolique qui n'ont plus guère d'existence autonome (bien qu'il y ait des anesGHAKCOT. t. conformément à l'opinion de Briquet. Cela. il me semble. par un foyer hémorrhagique intéressant directement ou indirectement la capsule interne. surtout une hémianesthésie aussi prononcée. Turck et les miennes propres nous paraissent avoir démontré. c'est l'amblyopie croisée. par exemple. Turck et suivant moi. que j'ai désigné sous le nom clecarrefour sensitif. 20(3). la formule de Ludwig Turck (Voir la fig. hystériques. Leçons du Mardi. 3" édit. L'hémianesthésie capsulaire subsiste toujours .de L. C'est quand la lésion porte sur la partie la plus postérieure de la capsule interne. quand on rencontre une hémianesthésie très prononcée chez un sujet. celle-ci relève à peu près à coup sort pour ne pas dire plus. l'hémianesthésie sensilive et sensorielle se produisent et se combinent à l'hémiplégie capsulaire. et je mecrois autorisé à le répéter encore aujourd'hui. j'aurai l'occasion un jour ou l'autre défaire jamais l'hémiopie que j'ai ressortir l'importance de cette remarque. Aujourd'hui. 16. Les observalions. il s'agit à peu près toujours d'une hystérique. 37 . parmi les membres de la jeune école. c'est que ces malades sont. Et j'ajouterai que cette hémianesthésie capsulaire. Il y eut un temps où l'on disait. et en particulier pour ce qui concerne le champ visuel. je l'ai dit il y a plus de 20 ans. en présence d'une hémianesthésie sensorielle. p. dans le lieu. et justement le cas que vous avez sous les yeux est un bel exemple du genre. en effet. Eh bien. elle est assez rare dans son développement complet. unilatérale ou double. suivant L. Ce départ étant fait. Il y a une certaine tendance. l'hémianesthôsie saturnine et alcoolique n'existent plus.209 — rencontrée . on se demandait encore si rhémianesthésie ne se rattachait pas à une lésion capsulaire. complétant à quelques égards. cela est vrai. en outre. à rééditer l'opinion de Briquet. une élude plus attentive a démontré que lorsque rhémianesthésie apparaît chez un alcoolique et chez un saturnin. ce n'est pas l'hémiopie qu'on observe en pareil cas. i. Dans le temps.. Briquet disait que. De telle sorte que. quand elle est accentuée ne diffère en rien d'essentiel de l'hémianesthésie hystérique.

avait présenté. En d'autres termes. cependant. En réalité. il existe.210 thésies alcooliques et saturnines). vous voyez que dans la clinique. C'est que. déjà longue en pareille matière. en présenee d'une parésie avec hémianesthésie sensitivosensorielle. Dans ces cas au nombre de trois. une paralysie. Un des principaux arguments que je tiens à faire valoir pour établir que notre malade hémiplégique el hémianeslhésique n'est pas hystérique. comme je l'ai fail déjà autrefois. le domaine du facial inférieur. pourra paraître paradoxale. je me crois préparé à soutenir celte thèse. que la paralysie faciale . Tout récemment. à la vérité. je le pense. tandis que dans les cas relatés par M. de Weir Milchel . ainsi que j'ai eu le soin de le faire ressortir. 11 s'agissait. d'un loyer récemment formé. dans le cours d'une hémiplégie à début brusque. dans ce cas. Yous allez reconnaître. L'affirmation appelle nécessairement la contradiction. il y a lieu de se demander s'il s'agit d'hystérie ou au contraire d'une lésion capsulaire. aujourd'hui encore. de liasse. d'Althaus.malade qui. Voilà une proposition qui. dit l'auteur. quand on y regarde d'un peu près.du côté paralysé. Nous allons voir ce que valent. dans ce cas. peut-être affectédans l'hémiplégie hystérique. du côté même de l'hémianesthésie el de l'hémiplégie motrice. dans les Bulletins de la Société analomique. ces observations contradictoires. si je ne me trompe. yous voyezparaître nombre d'observations' destinées à montrer que le facial inférieur. cependant queje ne la soutiens pas isolément et que je puis invoquer à son appui l'expérience de Tocld. contrairement à ce qui a lieu si fréquemment dans le cas d'hémiplégie organique. il s'agit d'hémia• nesthésie ressemblant. Aux observations anatomo-cliniques déjà anciennes et pendant longtemps non renouvelées sur lesquelles se fonde cette assertion. Ferrier. je ferai remarquer. si l'hémianesthésie sensorielle et sensilive n'est pas observée plus communément dans l'hémiplégie capsulaire. du facial inférieur. contrairement à votre affirmation. enfin je puis bien invoquer aussi ma propre expérience. de tous points à celle qu'on observe chez les hystériques. que l'hémiplégie hystérique porte exclusivement sur les membres et qu'elle n'intéresse jamais. L'autopsie a fait reconnaître. c'esl que chez elle. une hémianesthésie sensorielle et sensilive rappelant celle qu'on voit communément chez les hystériques. Ferrier à la Société de Médecinede Londres. sans doute. M. Déjerine a raconté l'histoire d'un. Messieurs. et à l'autopsie. on peut aujourd'hui ajouter plusieurs cas récemment communicméspar M. l'existence d'un foyer hémbrrhagique occupant la partie la plus postérieure cle la capsule interne. la lésion était de date ancienne. Du moment où vous affirmezque dans l'hémiplégie hystérique il n'y a pas participation du facial inférieur. rhémianesthésie capsulaire vient s'opposer à rhémianesthésie hystérique et il y a là matière à diagnostic. c'est que les foyers cérébraux d'hémorrhagie ou de ramollissement siègent très rarement sur les parties correspondant au carrefour sensitif. bien et dûment établie par l'observation clinique. on a trouvé des lésions occupant le carrefour sensitif à la partie postérieure de la capsule interne.

Il est vrai qu'il se contredit souvent clans ses récits et qu'il ment peut-être quelquefois. la déviation. un homme que nous allons examiner comparativement. Malade. 20. jusque-là. J'ai appelé l'attention sur cette espèce cle pseudo-paralysie faciale. — diagnostic entre l'hémiplégie capsulaire et Vhémiplégie hystérique. C'est en effet. glossoFig. sous ce nom : Spasme glosso-labié unilatéral des hystériques . par une affectionsiégeant aussi dans le domaine du facial inférieur. peut être. bien qu'appartenant au sexe masculin. —Fromond:Spasme labié gauche. le 2 février 1887. les croquisde M. Ce malade. elle aussi. d'un spasme portant sur les muscles animés par le facial inférieur et sur la langue qu'il s'agit. dans une leçon publiée dans la Semaine Médicale. paraîtra devoir ruiner la proposition que je viens d'émettre. Je le connais depuis 7 ou 8 ans. imitée jusqu'à rendre la confusion facile. Il a eu tous les malheurs possibles. il a été à peu près toujours repoussé des hôpitaux comme simulateur. depuis lors. dans ces cas-là. 19. Il s'est trouvé mêlé aux affaires clela commune et il a été envoyé à la nouvelle Calédonie. Mais il . J'ai fait placer à côté clenotre malade hémianeslhésique et hémiplégique avec participation du facial inférieur. —Hémianesthésie capsulaire avecparalysie l'aciale droite. clela langue et ladéviation delà bouche. (D'après Il résultera clecet examen un ensemble cle faits qui. il a toujours mené une existence bien misérable. appartiennent au type caractéristique aujourd'hui classique clel'hysleria major. Il est né d'une mère morte aliénée à Ste. Charcoi). et nullement d'une paralysie de ces mêmes parties. non remarquée. Il porte des stigmates très accentués et ses attaques.— 211 — des hémiplégiques organiques. produisant. Ce pauvre homme n'a jamais eu clechance. est bel et bien un hystérique avéré. avec déviation de la langue du côté paralysé. au premier abord. Anne. mais qui cependant n'est nullement paralytique. Fig. je crois. dans l'hystérie. dans lesquelles l'arc cle cercle est toujours mentionné.

regardez-y déplus près. clansle dé« lire simulé. avec rétrécissement du champ visuel et hémiparésie du même côté. J'ai eu l'occasion. les « effetssont grossis. sans examen plus' approfondi. 1 Marsl888). dans ce qu'il raconte . de telle sorte que la langue. Actuellement. car celle feinte d'une maladie mentale colistier tue un rôle écrasant. extrêmement difficile à soutenir. fort au courant delà science. L'hémiplégie motrice a été plus prononcée. mais c'est au médecin.etc. parviendrait peut-être après de longues études. sérieusement. que l'axe lingual forme une courbe très accentuée dont la concavité regarde à gauche. sans doute.. Du reste. comme on le fait volontiers pour les maladies à substratum organique. elle s'est reproduite plusieurs fois. et toute la série d'accidents que seul. il est facile de déceler la fraude en « raison des exagérations dans lesquelles tombent ceux-ci. tels que fanesthésie pharyngée. chezun hystérique. cela est vrai. comme cela a lieu dans la paralysie. il existe chez lui une foule de symptômes qu'on ne peut simuler. je le répète elles sont classiques. etc. Il y a du vrai et du faux. J'en reviens au brave homme qui est devant vous. mais vous notez. il faut tout au moins avoir étudié la maladie réelle profondément. » (Semaine Médicale. comme de la folie proprement dite et je répéterais volontiers. n'est pas aussi « fréquente qu'on pourrait le croire. On les écoule. etc. Tout cela peut s'appliquer parfaitement à l'hystérie.. forme un crochet.. Garnier. d'ailleurs. détone et produit la systématique recherche de l'extravagance . et voilà tout votre échafaudage qui s'écroule. et où l'amnésie temporaire tient une grande place. — Tout. . et l'on commet beaucoup plus rarement l'injustice cruelle de les renvoyer presque sans les entendre. et c'est l'observation clel'exagération et du clésac« cord entre les divers phénomènes qui conduit le plus souvent au diagnostic delà « simulation. Il en est. A mesure que l'hystérie virile est mieux connue. il a une hémianesthésie du côté gauche. Je me suis laissé entraîner à une digression. loin de rester rectiligiie. Veuillez remarquer ce qui suit : La langue tirée hors de la bouche est. à propos de celle-ci : « la simulation delà folie. on voit que celle-ci est fortement déviéedu côté gauche. autrefois d'assister à ses attaques.. en pareil cas. comme cela a lieu dans les hémiplégies organiques. fréquent surtout dans l'hystérie virile. direz-vous. mais pour apprendre à démasquer la simulation. disait-il. ainsi que je vous le disais l'autre jour. le sort des malheureux qui en sont atteints tend à s'améliorer progressivement. à propos cle celle-là. on les examine. Paralysies du facial inférieur. P. et quand on ordonne au malade de tirer la langue. Maisvoici le point délicat. le rétrécissement du champ visuel. c'est-à-dire du côté paralysé. déviée du côté gauche. ce malade que vous considérez comme hystérique et qui présente une hémianesthésie avec hémiparésie du côté gauche semble au premier abord avoir une hémiparésie du facial inférieur du côté gauche. Eh bien ! Ne vous prononcez pas sans autre examen. en même temps. qui doit être considérée pour une bonne part comme une affection psychique. à mettre en série régulière. et la bien connaître sous toutes les formes qu'elle peut revêtir. de l'hystérie. etc. Quel que soit le genre « de folie auquel les simulateurs aient recours. à savoir démêler ce qui est véridique et à ne pas condamner du premier coup. oui. J'ajouterai que la moitié gauche de la langue paraît plus épaisse et moins ._ 212 faut tenir compte d'un état mental encore insuffisamment étudié. un expert. ce que disait récemment M..

l'existence d'une hémiplégie bien constatée du facial inférieur peut contribuer au diagnostic quand on est conduit à rechercher s'il s'agit d'une hémiplégie organique capsulaire. L'hémispasme glosso-labié chez le brave homme que vous avez sous les yeux. tant qu'on ne m'aura pas démontré que les prétendues paralysies faciales des hystériques ne sont pas des hémispasmes. lorsqu'on dit au malade de contracter ces muscles: alors les rides sont de ce côté. dans l'hémiplégie organique. au menton. on ne parvient pas à produire artificiellement l'hémiparalysie du facial inférieur. au premier abord. il c'est justement ici n'y ait pas de paralysie du facial inférieur ? Eh bien ! MessieursT le cas de vous montrer l'état d'esprit d'un observateur dégagé de tous préjugés et qui accorde aux faits. à gauche. D'ailleurs. chez ce malade que je viens de faire entrer dans la.— 213' — cas de paralysie. que je sache. . je conteste l'existence dans l'hystérie. Tandis que. au type du parfait développement. un auteur hollandais citait un cas d'hystérie avec hémiplégie dans leaurait quel. tandis qu'il est très facile au contraire d'obtenir l'hémispasnie glossolabié. Sans doute. sur les joues même. Yous voyez par là comment. une participation du facial inférieur eu lieu. contrairement à mon assertion. par suggestion. je persisterai dans ma négation. n'ont pas suffisamment tenu compte de cet hémispasme glosso-labié fréquent dans l'hémiplégie hystérique et qui n'a tout pas encore été rencontrée. il y a peut-être une raison physiologique cachée. est suffisamment accentué pour qu'on puisse le reconnaître pour ce qu'il est. Cela ne se voit pas dans l'hémiplégie organique vulgaire et cela permet de penser qu'il pourrait bien s'agir ici encore d'un hémispasme. Eh bien ! Je dis que les auteurs qui ont affirmé l'existence d'une paralysie du facial inférieur dans l'hémiplégie hystérique. Eh bien ! Je vois par les détails du cas. les deux large que ne l'est Je côté droit. prêt à me rendre toutefois pour le cas où la paralysie faciale dont. chez lui. ces diverses circonstances suffiraient non pas d'une paralysie. que le malade soupçonné de paralysie faciale est dans l'impossibilité de tirer sa langue hors de sa bouche. quelque contraires qu'ils puissent paraître aux théories reçues. leur légitime prééminence. deviendrait bien et dûment démontrée. beaucoup plus accentuées qu'elles ne le sont du côté droit. contrairement à ce qui devrait exister s'il s'agissait d'une paralysie et non d'un hémispasme. Il en est autrement. toutes les formes de paralysie hystérique. J'ai fait voir dans le temps que chez les hystériques hypnotisables où il est si facile cledéterminer à volonté. mais il ne faut pas méconnaître qu'il ne répond pas. Maistelle n'est pas la question. pour le moment. récemment. il peut paraître singulier qu'il en soit ainsi. mais d'un spasme ou mieux d'un pour établir qu'il s'agit. à la lèvre supérieure comme à l'inférieure. Ainsi. derrière cette apparente contradiction qui éloigne tant l'hémiplégie hystérique de l'hémiplégie organique. ' hémispasme. quant à présent. Car. On me dira : Mais pourquoi ne voulez-vouspas que dans l'hémiplégie hystérique qui se rapproche si étroitement quelquefois des hémiplégies organiques. dans lés moitiés de la langue sont de même largeur . Cette première impression est confirmée par ce qu'on observe du côté des muscles de la partie inférieure de la face. Il s'agit de savoir si cela est ou si cela n'est pas. en tout semblable à celui que nous observons chez nos malades.

il est assez facile de reconnaître le spasme d'autant mieux cruela lèvre supérieure. 22. il y a près de 2 ans. pluslarge. offre un exemple clece genre. elle forme comme un crochet.. que le malade ne peut la tirer hors de la bouche. Je vous ferai remarquer. — Fromond. est presque incessamment agitée de petites secoussesconvulsives.CHARCOT : Je maintiens. cruel'hémispasme glosso-labié peut exister à l'état d'isolement. le nommé Lelog. Lelog. mais la commissure labiale étant tirée à gauche et en haut. l'hémispasme glosso-labié du côté gauche que nous avions pris. on est mieux préparé alors à reconnaître cette affectionlorsqu'elle est moins accentuée et à la distinguer de l'hémiparalysie du facial inférieur.que les affectionshystéro-traumatiques sont douées de caractères suffisammentoriginaux pour qu'on puisse les reconnaître . plus étroitel plus épais. En même temps la face est déviée . être écrasé par une grosse voiture. Fig.._ — 214 — salle et qui nous permettra de vous bien fixer dans voire esprit les caractères de cet hémispasme. car sur son compte j'ai déjà plusieurs fois disserté..— Quand tellement contracturée. (On introduit une malade qui fait partie du service). pour une paralysie du facial inférieur. ella bouche de ce côté étant comme entr'ouverte. C'estsur les cas de ce genre qui représente le type. dis-je. en terminant. que plusieurs d'entre vous connaissent peut-être. actuellement. La langue est. et c'est à la suite de cet accident qu'il est devenu hystérique. 6e MALADE.. ce pauvre homme. Notre^dernier malade. Quandil lirela langue . M. il l'aitla grimace. Fig. qu'il faut d'abord étudier le spasme glosso-labié des hystériques. très recourbé dont la concavité regarde en arrière et à gauche. Mais un examen plus attentif nous a fait reconnaître le caractère spasmodique de l'affection qui. non combiné à l'hémiplégie. rigide. du même côté gauche. est on ne peut plus évident. a failli. 21. Il porte avec lui depuis cette époque. dirigée vers la gauche. B. A. vous le savez. je dois l'avouer. Ce pauvre garçon.

l'insensibilité a complètement disparu à la main. Nous croyons même connaître jusqu'à un certain point. Voilà l'histoire cle cette jeune personne : c'est une malade du service. au poignet et jusque vers la moitié inférieure de l'avant-bras. musculaire et articulaire.. justement sont devenues anesthésiées du côté gauche (Voir figures 23 et 24). pour animer les machines statiques. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de cela clans mes leçons. très lentement tout d'abord fort heureusement. l'appareil étant au repos. et c'est à la suite de cet acte que la main était tombée. sont mues par la vapeur.flaceide. d'amyotrophie non spinale. Yous vous rappelez celte femme qui. Maisvoici ce qu'il y a de particulier clansce cas : C'est que du côté droit où l'hémianesthésie était totale avant l'accident. rien que vous ne connaissiez par nos études antérieures.. Noire malade était dans la salle attendant son tour. MM. Il nous a été facile de vous montrer qu'il s'agissait là d'une hysléro-tra liraatiqu e. avant cle pouvoir se dégager se trouve un instant comprimée entre la courroie et la roue. Je suis conduit à y revenir encore un instant aujourd'hui. Cependant la roue. "Eh bien! Yoici ce qui est arrivé il y a quelques jours. (1)Voirla policlinique . en outre de son amyotrophie. Jusqu'ici. Aussitôt. il s'agit de la forme indiquée par Duchenne de Boulogne. anesthésie profonde. à notre malade d'aujourd'hui. à tourner. il y a quelques semaines. Il y a clans le service d'éleclrisation. sans trace cle contracture. est atteinte d'hystérie classique .'anesthésie cutanée absolue remontant jusque vers la moitié supérieure de l'avant-bras et limitée par une ligne perpendiculaire à l'axe du membre. des roues qui. à l'aide de courroies de transmission. la malade fort émue. elle est hémianeslhésique du côté droit. c'esl-à-dire la main du côté non anesthésie. la théorie qui préside à leur développement. ressent. etc. Landouzy et Déjerine ont renouvelé l'histoire de fond en comble dans un très remarquable travail. par conséquent. du 17Janvier1888. se manifeste la paralysie du poignet et des doigts dont nous pouvons aujourd'hui étudier les caractères. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit pour le moment. quelque faible que soit le mouvement.— 215 dans la majorité des cas. placé sa main gauche entre la courroie et la roue. Notre jeune malade. entraîne la main gauche. Impossibilité absolue de remuer les doigts et le poignet qui est lombant. etc. exactement. de manière à figurer un gantelet . Elle avait donné un soufflet à son enfant. absence totale clela notion cle position des parties. clans la main el dans l'avant-bras gauches comme une sorte d'engourdissement. sous le nom d'atrophie musculaire héréditaire et dont tout récemment. Mais voilà que-tout à coup la roue se met. et 4 ou S minutes après seulement. et celle-ci. page95. et qui avait le poignet tombant (\ ). qui est atteinte d'atrophie musculaire. sans y prendre garde.. s'est présentée devant nous au moment où nous y pensions le moins. la nommée L. affection dont je compte vous entretenir dans le prochain semestre .. dans les mêmes parties qui. et elle avait.

.23-— Hémianesthésie droitecomplète avantl'accident.—Après l'accident : Gantclesensibilitédu côtéhémianesthësique h la zoned'insensibilité correspondant du côtégauche .Fig.

t. i. 24. CHARCOT. 28 .Fig. Leçons du Mardi. 2c edit.

du côté droit. traitée et guérie de la paralysie hysléro-traumatique. d'après nos principes. . 4 mars dernier. pareille chose s'est vue chez une autre hysléro-épilepliquc du service. autant que possible. jusqu'ici en semblable occurrence. Il n'en est plus de même quand elles ont duré. en outre delà de la sensibilité muscuparalysie flaccide. etc. quelquefois. la guérison sera probablement très-facile à obtenir. que je n'ai pas eu l'occasion clevous montrer parce qu'elle a été.etc. admirablement caractérisées . aux trois périodes bien nettes. qu'elle avait frappé. bien séparées. 11est très probable que dans la période somnambulique. Voilà ce que je n'avais par remarqué. Dans ce cas. elle est grande hystérique et rhémianesthésie siège chez elle. articulaire.. En un mot. nous aussi. Presque aussitôt se produisit dans le pied et la jambe gauches un sentiment cle lourdeur et d'engourdissement. non toujours. et même dans certaines affections organiques que l'hypnotisme réussit Ihéràpeullquement. elle présente les trois états du grand hypnotisme rendus célèbres par*les contradictions. si on le cherche.. ou de l'aimant.218 — Il y a donc eu là. en ce qui concerne la sensibilité. ces jours-ci. tout comme il se produit sous l'influence de l'application des agents seslhésiogènes. elle s'aperçut que le pied était resté tombant et complètement insensible. un véritable transfert sur les parties homologues . Eh bien I notre malade est hypnotisable . Ainsi le transfert de la sensibilité peut se produire. sous prétexte qu'il ne chauffait pas . il sera possible d'opérer une de ces guérisons par suggestion dont nous avons recueilli. une exception. âgée de 18 ans. il y avait dans le j)ied elle cou-de-pied. donne un grand coup de pied contre un poêle de la salle. la malade. Voilà ce qui est intéressant. quelques exemples . Or. ce qui s'est produit chez notre malade d'aujourd'hui à l'égard de la main et du poignet. avaient récupéré la sensibilité dans tous ses modes. que nous le voudrions bien. c'esl-à-dire les parties correspondant exactement à celles devenues maintenant insensibles du côté gauche. c'était avec le pied gauche. totale. el qu'on le rencontrera habituellement.. que vous connaissez bien comme une de nos grandes hypnolisables. El justement. pas aussi nombreux toutefois. à en croire quelques auteurs. presqu'aussitôl après son développement. transfert analogue à celui qu'on peut obtenir. Voici l'indication sommaire du cas : Il s'agit de la nomméeR. habituellement sensible. à la suite d'un traumatisme. anesthésie cutanée et profonde. le dimanche. Il est naturel de penser que le transfert de sensibilité. à la vérité.. n'est pas une anomalie. perte laire. Il paraît. et dont je maintiens toujours l'existence parfaitement légitime en dehors de toute suggestion venant. vous le voyez. Déplus. que c'est surtout en dehors cle l'hystérie. Vous savez que notre principe est qu'il ne faut pas. le pied et la partie inférieure cle la jambe. Et de même que chez celle-ci. dans un accès de colère. par l'application de plaques métalliques suivant la méthode de Burcq. dans les circonstances analogues.. il_s'était produit un transfert de la sensibilité. A l'état naissant. on constata que du côté droit ou l'hémianesthésie était auparavant générale.cle l'opérateur. En effet. pour ajouter à la ressemblance. il est en général facile de les faire disparaître. il s'est produit ici pour le pied et pour la jambe. observé clans le cas précédent. et quand la malade voulut remettre sa chaussure qui l'avait abandonnée. c'est vraiment dommage pour les hystériques. laisser durer les paralysies ou les contractures hystériques.

M. d'une collision de chemin de fer. CHARCOT : Est-ce que vous vous rappelez qu'avant de perdre connaissance. CHARCOT : Vous en êtes guéri ? Le malade : Oui. complètement. d'un accident cle voiture. vous aviezdes bourdonnements dans les oreilles. Combien de temps y êtes vous resté? Le malade : Pendant six mois. etc. CIIAHCOT : Avez-vous un souvenir quelconque de ces attaques. je ne me rappelle pas avoir eu le cou serré. presque monotone . qu'il s'agisse d'une chute du haut d'un échaffaudage. Petit à petit je finissaispar perdre connaissance. même dans le domaine de l'hystérie. c'est. bien que l'expertise médico-légale y soit largement intéressée. il y a S ans. en effet.. M. je crois comiliales. Oui. j'appelle particulièrement.la même chose dès que l'hystérie est en cause. les senliezvous venir ? Le malade : Oui cela me prenait par une espèce de vertige. un serrement du cou ? Le malade: J'avais. Vous voyez que les faits qui devront contribué à établir l'histoire naturelle des paralysies hystéro-lraum a tiques se multiplient à mesure qu'on y regarde de plus près. ainsi que me l'apprend M. C'est. 3b ans. M. S'ils veulent bien s'y intéresser. Voyezcomme tous ces faits. l'occasion cle recueillir une belle moisson de faits importants jusqu'ici encore. l'attention de nos collègues de la chirurgie. Yous avez été traité autrefois à l'hôpital Necker. CHARCOT: Quelle est la maladie pour laquelle on vous a traité ? Le malade : Pour des attaques qu'on appelait. CHARCOT : Ainsi vous ne perdiez pas connaissance tout d'un coup. toujours la même chose ou peut s'en faut. et l'hystéro-lraumalique se montre toujours la même dans tous ces cas. M. Qu'on nous parle après cela de l'hystérie prolée insaisissable ! C'est le contraire qui a lieu.— 219 — Cette fille a été guérie de sa paralysie par suggestion dans l'état somnambulique provoqué. comme un sifflement dans les oreilles. ils trouveront. M. trop peu connus. à quelques variantes près. 7e MALADE (Homme. trop peu étudiés. Le malade : Non. Labbé. en pathologie. le déterminisme règne partout. lorsqu'on les étudie méthodiquement viennent déposer dans le même sens. sur cet ordre de faits. CHARCOT : Combien d'attaques aviez-vouspar jour? . tout cela est régulier au possible. des battements dans les tempes. M. on ne saurait en douter. le docteur Labbé. CHARCOT : Ce malade nous est adressé par mon excellent collègue des hôpitaux M. (Au malade).) M. dans leur pratique spéciale.

plus elle est grande. la recherche des stigmates vient à l'esprit. je cassaistout . Pourquoi venezvous maintenant consulter? Le malade : Voici : Quand je dois traverser une place. plus j'ai peur. plus elleest vide. par exemple. l'anesthésie. CHARCOT renseignements. je me tordais. j'éprouve une émotion indicible. car je n'ose en fixant pas non plus traverser les ponts. (Au malade) : Eh bien !vous êtes depuis longtemps guéri de vos crises. la grande hystérie. je sauterai dans l'intérieur delà voiture et je traverserai ainsi le pont sansm'en apercevoir. il me semble cpieje perdrais connaissance. l'évolution de la maladie. M.CHARCOT: Et VOUS voilà complètementguéri ? Le malade : Je n'ai plus rien senti de ce genre après ma sortie de l'hôpital. vous faisiezbeaucoup de bruit dans la salle ? . mais actuellement. Le malade : Oui. le rétrécissement du champ visuel. dans un coin où il est tombé comme une masse. M. Pères. : Et vous ne pouvez faire un pas.L'épileptique. CHARCOT: Cependant. Yous voyez. qu'il ne s'est pas agi alors de mal comitial. la guérison enfin qui paraît définitive. En même temps. Messieurs. CHARCOT : Immédiatement. CHARCOT rière un omnibus pour traverser le pont des Saints Pères. ou celle de la Concorde. je crois pouvoir affirmer. : Raconteztout ce que vous éprouvezlorsque vous êtes ainsi ému à M. d'épilepsie. Je me suis décidé à suivre l'omnibus. elles sonten plomb. bien qu'il puisse se faire qu'actuellement la diathèse hystérique soit épuisée car ce qu'il raconte cle ses attaques date de 8 ans (1). presque tous les jours. comment vous y prendriez-vous ? Le malade : Celam'est arrivé l'autre jour.- 220 — Le malade : J'en ai eu jusqu'à sept par jour. M.d'après ces quelques M. CHARCOT vaincre votre malaiseet de traverser tout de même la place ? Le malade : Je ne peux pas. le malade se place derM. tout cela jamais eu indique plutôt l'hystérie. le nombre relativement considérable des attaques dans un espace de temps relativement court. je ne puis les détacher du sol. dans son attaque. (1)Un examen . sans se démener beaucoup et il ne faut. si vous vouliez absolument faire le chemin. la nuit ? Le malade : Non. CHARCOT la vue d'une grande place ? Le malade : J'ai les jambes comme coupées. M. cela durait quelquefois 2ou 3 heures et j'en avaistrès souvent. (Au malade) : Avez-vous des attaques dans votre lit. pas 4 hommes pour le tenir . CHARCOT : Quand vous aviez vos attaques à Necker. d'ailleurs. Yous efforcez-vous quelquefois de M. l'intérieur de la voiture. Je me disais: si je sens que je vais me trouver mal. sur le Pont des St. existent peut-être encore. Vous avez compris de ultérieur a montré'qu'il n'existait pas clestigmates. je me roulais. : Eh bien. je me réveille souventavecun sentiment de terreur. faitson affaire plus ou moins silencieusement. il fallait 4 hommes pour me tenir. la place du Carrousel. l'existence d'une aura spéciale. : Voilà qui est bien raconté.

j'ai eu une. perpendiculairement au sol. M. M. alors je me suis précipité hors du wagon. tantôt il vous semble que vous descendez rapidement. CHARCOT : A quoi attribuez-vous votre malaise? Le malade: Je ne sais pas si je me trompe. j'ai peur. Max. Le malade : Il m'est arrivé aussi. devons la connaissance à M. de me sentir dans le vide. CHARCOT : Est-ce que vous êtes marié? Le malade: Non. notre malade serait un véritable sujet d'étude en ce qui concerne la question des vertiges nerveux. Yous êtes né à . il est encore M. comme dit le Professeur Bail. en allant voir mon oncle à Yaugirard. Il n'est pas seulement agoraphobe. CHARCOT Le malade : Non. le vertige paraît se rapprocher du vertige des hauteurs.=. un grand malaise. c'est vrai. CHARCOT: claustrophobe. au moment où le train se mettait en marche. comme cela est arrivé à notre malade. CHARCOT : S'agit-il ici du vertige hypnagogique décrit par M. Monsieur. CHARCOT dans la même circonstance. je ne savais plus ce que je faisais. pendant la marche du train. Trois hommes se sont jetés sur moi. c'est-à-dire en wagon. Platzfurcht. Paris? Le malade : A Tours. plusieurs personnes éprouvent à l'état rudimenlaire. CHARCOT Avez-vouspeur quand vous montez sur un clocher. à Foiiteiiay-sous Bois. Tantôt il vous semble que vous êtes entraîné du côté opposé où le train marche réellement. L'autre jour. mais je ne puis guère m'emjdoyer. Simon. j'y ressens du malaise. j'éprouve alors une peur terrible. je ne voulais pas regarder autour clemoi. M. il m'est arrivé. étroit. surtout la nuit. CHARCOT: Rêvez-vous? Le malade : Je me suis quelquefois jeté en bas de mon lit en rêvant que je tombais. la nuit surtout.M. aujourd'hui. Le malade : J'ai encore bien d'autres souffrances. poussé au plus haut degré? S'il en est ainsi. à cause de ma crainte des places et clemes vertiges. je suis guéri de mes attaques. M.grande frayeur et je me suis senti ensuite pris de tremblements.) (Au malade) : Qu'éprouvez-vous encore? Le malade : En chemin de fer. : Celle fois. tant le malaise était insupportable. : Avez-vous toujours été ainsi ? . parce que je me sens enfermé. en traversant le viaduc d'Auteuil. mais j'attribue cela à une peur que j'ai éprouvée un soir. vous le voyez. d'avoir la sensation d'une descente perpendiculaire très rapide . : Ici. Yous avez probablement toujours été peureux? Le malade : Un peu. M. M. Je n'aime pas rester dans un espace clos. je suis tombé par terre dans le wagon.221 — état nerveux spécial dontnous ce quoi il s'agit : C'est qu'on appelle l'agoraphobie. . il s'agit d'un vertige ou hallucination de translation que. . c'est seulement depuis ma maladie convulsive. à un étage élevé et que vous regardez dans la rue ?" Le malade : Oui. CHARCOT: Ce n'est probablement là qu'une cause occasionnelle. M. le Professeur Weslphall de Berlin (Platzangst. au risque de me casser le cou.

Il avait eu une première attaque à Strasbourg quand-les Prussiens y sont entrés. et a pu reprendre son poste . et nous en reparlerons probablement un de ces jours.— 222 — M. constituent des espèces morbides distinctes. C'était mon oncle du côté paternel. comme exemple de combinaison d'états névropathiques divers qui. Aujourd'hui il se fait tard et nous devons nous séparer. M. la maladie l'a repris. tout cela est fort intéressant. il faut le livrer à une analyse très profonde. c'était. cette anxiété survenant au moment où il s'agit de traverser une place publique. à la suite probablement du surcroit de travail qu'il a dû s'imposer. ces vertiges.le commandant X. autonomes.. nous tenons ici la vraie cause de tout cela. CHARCOT : Vous connaissez votre famille . Ces attaques d'hystéro-épilepsie. CHARCOT: Voilà le rôle de l'hérédité. . Il en avait été complètement guéri. en réalité.. s'y Irouve-t-il des gens nerveux? Le malade : J'ai eu un oncle qui est mort fou" Il est bien connu . Pour tirer de ce cas remarquable tout le parti possible. du 2e Conseil de Guerre. Nous espérons pouvoir étudier ce cas de plus près.. on l'a nommé commissaire du Gouvernement près du Conseil de Guerre .

etc. « Je certifie. Yoici. parce que l'état pathologique qu'a provocruécet accident et qui. . CHARCOT : Yous avez 27 ans. Aujourd'hui. M. Elle est venue nous trouver de nouveau ces jours-ci. a été mordue par un chien reconnu enragé par M. 2° et 3° Diarrhée à la suite de Basedow..que MadameB. Paris le 9 avril 1888. Nous l'avons vue il y a 1 an. du 27 avril au 1ermai « 1887. après un an. n'est pas du tout du domaine de la rage. QUINZIÈME LEÇON OBJET : 1° Paralysie du membre chien enragé.PoUoliniqae du Mardi 10 Avril 1888. à un certain degré. I 10 MALADE (Femme. Elle vient nous retrouver. traitée à l'institut Pasteur. ils sont intéressants. C. ce qui lui est arrivé. en -quelques mots. Il y avait une plaie ? . etc. comme vous allez le voir — entre le médius et l'avant-dernier doigt.) M. un cas de sclérose en de la morsure d'un supérieur liée à la maladie 4° et 5° Un cas de maladie plaques fruste. Frégis. 6° Paralysie 7° Paralysie infantile faciale. vétérinaire « à Paris. comme vous le pensez bien. etc. persiste encore aujourd'hui. » L'accident a donc eu lieu il y a un an. Elle a été mordue à la main gauche et — remarquez bien ces détails. de Friedreich spinale. Yous êtes mariée? La malade : Oui. CHARCOT : C'est une ancienne connaissance. elle nous apporte le petit certificat que voici : « Institut Pasteur. depuis 10 ans. Monsieur.

ainsi qu'elle me l'a dit dans le temps. qu'est-ce que vous éprouviez ? La malade : Ils étaient très lourds. vous servir de voire main ._ 224 : La malade : Oui Monsieur. CHARCOT : Pour mouvoir sa main. Combien de temps après la morsure l'ammoniaque a-t-il été appliquée ? La malade : Presque tout clesuite. CHARCOT : Il serait bien intéressant de savoir ce qu'elle a éprouvé au juste au moment de l'accident . non plus que de votre. La malade : Non. Elle était. CHARCOT : Elle a donc ressenti une douleur à ce moment-là. et cela se comprend. C'est dans ces circonstances qu'elle s'est rendue à l'Institut Pasteur. Mais elle affirme cependant qu'elle a crié. elle ne saurait pas dire si ses blessures l'ont fait souffrir au moment même. ce qui prouve qu'elle n'était pas aneslhésique alors . elle ne sait plus rien dire. mais il ne faut pas espérer d'être parfaitement renseigné à cet égard. assez prononcée pour que la malade fut dans l'impossibilité de se servir de sa main et de porter celle-ci à sa tête . au moment où l'on a appliqué de l'ammoniaque sur les plaies. : Le troisième ou le cmalrièmejour du traitement. l'avant-bras et le bras. cesMessieursse M. Roux nous l'a adressée en nous priant de l'examiner. aussi grandes que celles des doigts de la main gauche. à cette époque. il existait en outre des troubles particuliers clela sensibilité qui persistent encore aujourd'hui. . nous dit-elle. M. Ainsi. mais pour le reste. M. et sur lesquels je reviendrai dans un instant. c'est pourquoi M. qu'elle ne se rappelle pas grand'chose. Yous n'aviez pas de douleur ni d'engourdissement? La malade: Non. (A la malade) : On les a poursuivis combien cletemps ? La malade : 25 jours. M. M. 25 jours après. tellement émue. M. tellement épouvantée même. si ce n'est qu'elle a éprouvé un engourdissement singulier. le jour même de l'accident et aussitôt. A quel endroit avez-vousété mordue ? La malade : Au menton. la malade était forcée.CHARCOT Avez-vousentendu dire que c'était la méthode intensive ? La malade : Je ne sais pas. et un peu cle faiblesse dans le membre supérieur gauche où la morsure a eu lieu. surtout dans le membre supérieur gauche . CHARCOT : Elle a été mordue aussi à la figure. M. commela paralysie motrice.bras . monsieur. à un certain degré. on a commencé les inoculations qui ont été i'aitessur les côtés cle la poitrine. CHARCOT : Il y avait des plaies ? La malade : Oui. Nous avons constaté alors l'existence d'une paralysie motrice portant sur le poignet. CHARCOT: Tout ce qui précède est relatif à ce qui existait le lendemain ou le surlendemain de l'accident. il s'agisssait d'une paralysie flaccide . (A la malade) : Yous ne pouviez pas. M. CHARCOT sont aperçus qu'il y avait quelque chose cle particulier chez la malade. de la prendre et cle la porter avec l'autre main. M.CHARCOT : Est-ce un gros chien qui vous a mordue ? La malade : C'est un petit chien d'appartement.

il s'agit ici d'un cas intéressant et qui méritait bien d'être relevé. Je tenais d'ailleurs à affirmer une fois de plus que ces paralysies hystéro-traumatiques. 25 jours après. Mais. que clansces mêmes régions. etc. traumatisme qui détermine le siège de la paralysie. il existait dans le membre où la morsure avait eu lieu. quoique moins accentués qu'alors. perte de l'a notion de position des parties et autres phénomènes relatifs à l'absence des renseignements fournis par le sens musculaire. sans exaltation des réflexes. il y a perte de la sensibilité profonde articulaire. portant surtout sur les doigts. presque à coup sûr. etc. une paralysie motrice dont les caractères bien déterminés. à cela. quoi qu'il en soit. etc. les caractères vraiment spécifiques des paralysies hystéro-traumatiques lorsqu'elles se présentent dans leur type de parfait développement. 29 Leçons du Mardi. rien qui doive surprendre sans cloute. Je vais vous faire reconnaître rapidement ses caractères cliniques que je viens de vous remettre en mémoire (A la malade) : Donnez-moivotre main.. l'avant-bras et le tiers inférieur du bras. : Soit. CHARCOT. t. le coude. existent cependant encore aujourd'hui. qu'on peut les reconnaître pour ce qu'elles sont. Je vous ai déjà bien souvent parlé cle ces paralysies hystérotraumatiques. quand on connaît le mécanisme physiologique du développement de ce genre de paralysie. le poignet. ainsi que cela a été noté M. gauche. portant sur la main. D'un côté.. Ce sont bien là. et je pourrais. . i. musculaire.— 225 —. comme on dit encore. difficilesà guérir. moins prononcée à l'épaule. c'est-à-dire il y a un an. Celle-cidate d'un an. aujourd'hui d'une paralysie motrice ilaccide. que la est accompagnée d'une anesthésie cutanée absoparalysie motrice de ces parties lue. parce qu'en somme. des paralysies psychiques. c'est que ces paralysies cle nature hystérique. Je me bornerai à relever qu'il s'agissait et qu'il s'agit encore. CHARCOT dans nos observations d'alors. remarquez le bien. vous les faire reconnaître. monsieur. Toujours est-il qu'à cette époque. et elle est loin d'être guérie. Tout cela vous est bien connu par nos études antérieures. Le traitement était terminé quand M.. je crois l'avoir démontré. elles sont vraiment vulgaires. durables. Je n'entrerai pas dans tous les détails après ce que je vous ai dit dans les précédentes leçons sur les paralysies de ce genre qui sont. bien qu'elle se soit atténuée cependant. du moins chez un certain-nombre de sujets. par conséquent. cle l'autre côté la morsure.d'une paralysie de ce genre. se présentent avec des caractères cliniques tellement frappants. quand elles sont bien développées. comme vous le voyez. alors même qu'on n'est pas en possession de l'histoire de la maladie et qu'on ne sait pas dans quelles conditions la paralysie s'est produite. Il y a un autre enseigneinent dlans ce cas. nous ont conduit à affirmer qu'il s'agissait d'une paralysie hysléro-traumatique. n'en sont pas moins des affections fort tenaces. ces caractères. Voilà donc maintenant que la morsure d'un chien enragé devient le point cle départ. : Eh bien soit. 2«édit. l'émotion ou le choc nerveux qui prédisposent aux suggestions. CHARCOT vous êtes venue nous voir la première fois ? La malade: Oui. où elle se termine par une ligne d'amputation circulaire . dynamiques. j'y reviens encore cependant. sans lésions matérielles appréciables. vous le reconnaîtrez.

Je répéterai encore que la limite des parties profondément anesthésiées est une ligne qui circonscrit un plan circulaire perpendiculaire à l'axe du membre et passant au niveau du tiers inférieur du bras. du poignet et du coude. ainsi que je l'ai démontré cliniquement et expérimentalement.25. un moignon). CHARCOT pique à l'aide d'une épingle en différents points le bras et la main de la malade sans que celle-ci accuse la moindre douleur dans les régions désignées tout à l'heure sur les deux tiers supérieurs du bras et sur l'épaule.226 (M. rien qui rappelle la distribution des nerfs. Elle com- il existede l'hypoaneslhésie. un des caractères de ces paralysies psychiques. d'un pointillé. vous le savez. C'est quelque . je le rappelle encore une fois. mais seulement analgésie. Cette analgésie se limite du côtédu cou et de la poitrine par une ligne circulaire bien tranchée en dessinant. comme c'est la règle en pareil cas. Il n'y a dans cette répartition de la délimitation des zones d'anesthésie. Dans la région de l'épaule. — Dansla régionmarquée prend les régions des articulations des doigts. Cettedivision du membre par segments ainsi délimités est. il y a seulement analgésie. Fig. -— 11y a donc une partie dumembre où l'anesthésie cutanée est absolue. il y a non pas anesthésie proprement dite.

Charcot. tome III). On constate l'absence de la notion de position du membre.997 chose de vraiment spécial. (A la malade dont un aide tient les yeux fermés) : Qu'est-ce que je vous fais ? La malade : Je ne sens rien. ils ne sont jamais aussi développés. Je vous fais reconnaître encore une fois quelques-uns des caractères de l'affection. Mais je m'aperçois que je me répète. même au bout d'un an. Je le répète. l'anesthésie n'est jamais aussi étendue qu'elle l'est dans le cas de monoplégie brachiale hystéro-traumatique. Il en est de même pour l'articulation du poignet.etc. Mais alors. la sensibilité profonde est là absolument éteinte. clans les cas de lésions graves du plexus brachial. etc. c'est l'anesthésie profonde . tracé l'histoire psychologique et clinique. lorsque la paralysie a duré. que je crois avoir découvert et qui pourrait bien être la caractéristique de l'anesthésie corticale. du moins à un certain degré.. pour peu que les paralysies ainsi produites datent de quelques semaines. Il n'y a plus de sensibilité articulaire ou musculaire. . du moins dans les points où l'anesthésie cutanée est complète. ce qui n'a jamais lieu. ainsi que je puis vous le faire constater chez notre malade. (M. pour celle du coude. avaient passé cependant à peu près inaperçus jusqu'à l'époque où nous en avons. Elle épargne en effet dans ces lésions graves tout le moignon de l'épaule et une partie de l'avant-bras (Voir les OEuvres complètes de M. rien. est donc. où ii s'agit. Mais ce que je crois pouvoir affirmer. de particulier. dans le cas par exemple delà section ou de l'arrachement des branches de ce plexus. Yous voyez que je lords les doigts de la malade. à mon avis. aussi systématiques qu'ils le sont habituellement dans le cas de l'hystérie. Sans cloute. de lésions corticales dynamiques. avec modification des propriétés électriques marquées parla réaction de dégénéralion. même un peu brutalement peut-être. elle ne sait même pas que je déplace ses doigls. Le deuxième point que je veux relever. dans l'espèce. absolument caractéristique. clansnotre enseignement. II est plus que problable en effet. il s'ensuit nécessairement un amaigrissement considérable du membre. absence de réaction cle dégénéra lion et anesthésie profonde. très vulgaires. je vous rappellerai qu'ainsi que je l'ai fait remarquer. aussi typiques. dans les lésions les plus profondes portant sur le plexus brachial. mais vous voyez que j'y vais vigoureusement. mon excuse sera que ces faits. vous le voyez. c'est-à-dire par opposition à ce que l'on voit dans les lésions graves du plexus brachial. (M. de lésions en foyer corticales. Cette combinaison des deux faits. comme vous le voyez. CHARCOT prend encore une fois la main clela malade et fait subir aux doigts des mouvements d'extension forcée). (Le bras est porté dans l'élévation). c'est que dans ces cas de lésions matérielles. Monsieur. ces mêmes troubles de la sensibilité profonde peuvent se rencontrer. Je ne veux cependant pas lui luxer le pouce. sans qu'elle éprouve rien . dans la paralysie hystérique. tout est insensible dans la profondeur du membre. CHARCOT lui tord le poignet) : Sentez-vous quelque chose ? La malade : Non. que ces caractères n'appartiennent pas en propre aux paralysies hystérique et qu'on les rencontre dans les affections organiques corticales. et que j'insiste trop sur des faits dont je vous ai maintes fois entretenus déjà .

qu'à la région clel'épaule. parce que les mouvementsde cette articulation seraient de nature à diriger la malade dans ses recherches. De la main droite. il s'agissait uniquement. notre malade aurait déjà eu une légère parésie du côté gauche .égard s'est amendéenotablement. J'ajouterai que malgré tous ses efforts. du poignet et du coude. Maistout avait disparu longtemps avant la morsure. on déplace la main gauche et on lui enjoint de l'aller chercher à l'aide de la main droite. ses attaques se sont répétées fréquemment. d'une obnubilation de sensibilité cutanée et profonde. pour compléter l'observation de celle jeune malade en quelques mois. elle donne 15 seulement . donc les mouvements imprimés à l'articulation des épaules qui ont fait reconnaître que son membre supérieur avait été déplacé. c'est fort peu sans doute. Le grand-père maternel avait des attaques . la malade avait été maintes et maintes fois placée sous le coup clemanifestationsdiverses. mais je vous ai fait remarquer tout à l'heure. le bras serait devenu faible. il n'existait point d'anesthésie dans ce membre. pendant un certain temps.cela pour démontrer encore que c'esl bien d'une paralysie hystérique qu'il s'agit ici. que l'épaule n'est pas prise au même degré que le coude et le poignet. c'est bien cet accident sans doute quia provoqué les phénomènesd'aujourd'hui. on ignore de quelle nature elles étaient et quelle a été la cause de sa mort. La malade a une légère notion du mouvement imprimé. C'esl en d'autres termes une hystérie de longue date. qu'à mon avis. l'expérience est variée et. CHARCOT La malade : Je sens que vous soulevez le bras. mais cette parésie est assez prononcée pour que la malade soit incapable cle résister aux mouvements que l'on imprime aux articulations affectées. le poice sont gnet et le coude. Elle est âgée de 27 ans. nous considérons le mouvemenl volontaire.' (La malade ayant encore les yeux tenus fermés par un aide. Messieurs. puisque l'application du causti- . Elle est d'une famille névropathique. par contraste avec ce qui a lieu pour les doigts. et déterminé le siège de la paralysie. elle est.CHARCOT : Si maintenant. cela est sans doute à peine utile. que le mariage est à conseiller chez les hystériques. Faut-il insister après tout. la malade se trompe de direction .incapable clemouvoir l'aiguille dû dynamomètre. douloureux. CHARCOT : Yous savez. je le répète. A plusieurs reprises. et je vous ai fait remarquer qu'à ce moment là. A partir de l'époque de son mariage. Ce n'est pas la terreur éprouvée au moment où elle s'est sentie mordue par le chien qui l'a rendue hystérique . N'allez pas conclure. Deux de ses soeursont eu des attaques hystériques! Depuis l'âge de '14ans.à chaque fois. Elle s'est mariée il y a 10 ans. sa situation à cet. il s'agit d'une simple parésie des mouvementsdes doigts. vous indiquer sommairement le reste de son histoire. mais il faut relever qu'autrefois. sans plus ample informé. les médecins qui conseillent de pareilles choses prennent là une responsabilité quelquefois bien grave. M. Les attaques ont momentanément à peu près complètement disparu. Je veux cependant. nou& voyons que la paralysie n'est pas complète.— 228 — : Qu'est-ce que je vous fais ? M. d'après cela. on a grand soin dans toutes les expériences de ne pas mouvoir l'épaule.) M. Je dirai même. Il paraît qu'en 1883. Elle a eu une première attaque hystérique à l'âge cle 14 ans. mais enfin c'esl quelque chose.

dans son rôle d'observateur. CHARCOT : Eh bien. cela peut paraître singulier. CHARCOT: La malade : Je sens une boule qui me remonte dans le cou. : D'où part-elle cette boule ? M. mais cela ne dure pas longtemps. M. des rêves dont. CHARCOT : Est-ce que les plaies étaient grandes à la figure ? La malade : Oui Monsieur. est que. presqu'aussi grandes qu'à la main. de paralysies. CHARCOT : El'à la figure? La malade. éloigner toute idée pré- . On me met. Mais il y a dans celle observation encore un enseignement qùeje ne veux pas manquer de mettre en relief. que l'examen du M.— 229 — que a été douloureuse. (A la malade) : Depuis la morsure.toujours par terre. M. les attaques de nerfs ont-elles reparu ? La malade : Oui. CHARCOT champ visuel a fait reconnaître l'existence d'un certain degré cle rétrécissement concentrique du côté gauche. et cela me bat dans les tempes. Mon opinion. M. mais de spasmes . s'il veut voir les choses véritablement telles qu'elles sont doit faire table rase. depuis que j'ai été mordue . cela disparaît tout de suite. les cas de paralysie faciale signalés dans l'hystérie appartiennent au groupe des déformations de la face produites par le spasme glosso-labié des hystériques. Je rappelle que la malade a été mordue aux doigts de la main gauche. PerdezM. Monsieur Comment sont-elles? M. M. rêvez-vous quelquefois cle la scène du chien enragé ? La malade : Non.: Cela s'est passé un peu plus vite. CHARCOT diez le souvenir. dans mes anciennes crises. N'oubliez pas que le clinicien. CHARCOT La malade (montrant le creux épigastrique) : D'ici.jusqu'ici. Je vous disais la dernière fois que l'existence d'une paralysie faciale hystérique n'était pas encore démontrée. CHARCOT: La malade : Oui. je ne perdais pas connaissance. Il ne s'agit donc pas dans ces cas. je vous le rappelle. J'attends encore cette démonstration. CHARCOT La malade : C'est au milieu. Cela remonte de l'estomac clansle cou? M. : Inutile d'insister. CHARCOT La malade : Ouij'entends comme des cloches. C'est bien assez pour permettre d'affirmer notre diagnostic. Il ne me reste plus à relever. : Elle vient cle décrire les phénomènes de l'aura céphalique. voici précisément ce sur quoi j'appelle votre attention. (A la malade) : Combien de temps les plaies onl-elles mis à se cicatriser ? La malade : 15 jours ou trois semaines au moins pour la main. CHARCOT vous connaissance? La malade : Oui. dans vos attaques. : Ce n'est pas d'un côté ou de l'autre de la poitrine ? M. : Faites-vous. Voilà donc un cas très simple d'hystérie traumalique. CHARCOT : Faut-il beaucoup de monde pour vous maintenir quand vous avez vos crises? La malade : Cela dépend. mais il faut bien l'admettre si cela est — et cela paraît être. au réveil vous garM. : Avez-vousdes bruits dans les oreilles? M.

d'abord le sujet répond négativement. il peut alors raisonner autant qu'il veut. au taux que vous désirez obtenir. expérimenter commeune bêle. je crois intéressant clerelever que ce n'est pas uniquement la paralysie hystéro-lraumalique qui se produit dans les circonstances analogues. il est impossible. autant que faire se peut. bien que la malade. ceci étant posé. ainsi une hystérique étant mise en état de somnambulisme. en s'appuyant sur les faits librement constatés. Je dirai presque que l'observateur clinicien doit se conformer à ce précepte. je crois. vous lui affirmez qu'elle souffre. Eh bien. je suppose sur un des côtés de la poitrine . Cela est rendu bien manifeste par les expériences chez les sujets hypnotisés . la pression exercée sur le trajet du nerf facial. tandis que les morsures cle la face. il y a lieu de placer les suggestions de douleur. mais cette fois dans la période léthargique. de suggérer la paralysie faciale.'se dégager de toute préoccupation. La récolte étant faite. si je puis ainsi dire. tandis que rien n'est plus simple que de produire par suggestion le spasme glosso-labié en tout semblable à celui qui se présente chez nos malades. il doit. Mais avant. qu'il fallait dans le laboratoire. après cela. n'y aura-t-il pas lieu de s'étonner lorsque nous voyons que chez notre malade. si mon opinion se confirme. mais elle persiste après que la compression a cessé. la douleur survient. tend à établir que les muscles de la face ne sont pas tout à l'ail sous le même régime que les membres. mais si vous insistez. répond invariablement chaque fois par la négative. on voit autre chose : à côté des suggestions cle paralysie. mais cette contracture n'est pas durable. En somme. ceux-ci entrent en contracture aussi dès que la pression est produite sur les nerfs correspondants. au moment de sa toilette n'ait à aucun moment négligé de se regarder dans la glace. n'ont produit absolument. Peut-être. interrogée à plusieurs reprises sur la question de savoir si jamais. toute sa liberté d'esprit. de tout préjugé. avoir. voilà déjà quelques arguments en faveur de l'idée que les muscles de la face ue sont pas exactement sous le même régime que les muscles des membres. cela n'a pas lieu pour les membres. que le facial ne se paralyse point dans l'hystérie.rien de semblable. Puisque j'en suis à vous présenter l'histoire d'accidents nerveux déterminés par la morsure d'un chien enragé. Déjà j'ai eu l'occasion de vous dire. chez elle. du moins dans la première opération qui doit le conduire à la constatation desfaits pathologiques. la face a été déviée. détermine une contraction très manifeste des divers muscles de la face mis en jeu. il y a là un fait que je livre à vos méditations physiologiques. Eh bien. Au contraire. elle s'élève.— 230 — conçue de quelque origine que ce soit. J'ajouterai que dans celte même condition d'hypnotisme. provisoirement. et vous êtes obligé de vous arrêter dans vos affirmations pour que l'expérience . peut-être sera-l-ou conduit à reconnaître la raison physiologique cachée de cette exception qui. que chez les sujets hystériques hypnotisés (grand hypnotisme). ellene survit pas à la pression et elle s'efface presque aussitôt que celle-cicesse de s'exercer. vousle savez. Quelquefois. presque aussi étendues el profondes que cellesde la main. autant que je sache. La malade. On assure que Magendiedisait. en un mot. d'une façon permanente et jusqu'au moment où on s'occupe à la faire disparaître à l'aide de manoeuvres appropriées. Jamais cette déviation n'a eu lieu. les morsures de la main ont produit la paralysie du membre correspondant.

» Yous regardez : Rien. Un individu arrive et vous dit : « J'ai une douleur dans la langue. avait pour foyer l'émmence hypothénar. mais n'allez pas dire qu'il s'agit. Telles sont. suivant les cas. Des résultats du même ordre peuvent se produire chez des névropathes appartenant à une autre catégorie que l'hystérie . Mais coup sûr toutes les fois qu'il est question de rage et de chiens enragés. principalement dans Pavant-bras. Voilà un exemple de ce que j'appelle algie psychique. Pour ne parler que de ce dernier cas. c'était une douleur profonde mais qui paraissait très vivement ressentie. mais qui ne l'était nullement. aucune des médications rationnelles n'avait pu la calmer. par exemple. peut se montrer spontanément clans des conditions mentales analogues à celles que produit l'hypnotisme. ce qui peut se faire artificiellement chez le sujet hypnotisé. L'imagination. croire enragé.— 231 — ne devienne pas cruelle. il le sait parfaitement. Rien n'est plus réel que cette douleur. Ce chien. elle a son point de départ dans le lieu même où la douleur est perçue et sentie . c'est-à-dire d'une algie psychique suggérée. la morsure. appelait l'attention il y a quelques mois. remontait dans le bras et empêchait tout sommeil. le malade éprouve une douleur quelquefois assez vive pour empêcher le sommeil et qui alors se répand sur toute l'étendue du membre. il n'est pas nécessaire que le sujet soit véritablement un hystérique pour que le phénomène se produise. je dois avoir un cancer. notre pauvre homme ne vivait plus à cause de l'intensité de cette douleur qui. Depuis un mois. Il y a 2 ans. Je pourrais aisément multiplier les exemples de ce genre. . Voici l'indication sommaire d'un cas de ce genre : il s'agit d'un homme de 40 ans non hystérique. ainsi qu'il l'a appris quelques jours après. a joué là un rôle prédominant. par moments. une émotion vive. la douleur s'apaise et il y a. mais certainement hypocondriaque. dans ce cas. fut mordu par un chien qu'il pouvait. je le répète.des périodes assez longues pendant lesquelles le malade n'y pense elle se réveille à plus. il y a 5 ans. une algie psychique. tantôt ce que j'appellerai. un accès de ce genre s'est produit et c'est à ce propos que le malade est venu nous consulter. a vécu plus de 2 ans après l'accident. Sur ce point. d'une chose arrivée dont j'ai le souvenir dans l'esprit. C'était à l'époque où a eu lieu la souscription pour l'Institut Pasteur. Il me suffira de vous rappeler la glossodynie sur laquelle mon ami le professeur Verneuil. d'ailleurs légère. qui. Un mois après l'individu revient à la charge et vous répète ce qu'il vous a dit déjà la première fois que vous l'avez vu. si yous le voulez. Eh bien. Vous comprenez par là que la morsure d'un chien enragé ou supposé enragé pourra. au moment. et ici je parle d'un cas concret. au lieu de relever d'une modification organique survenue dans les nerfs périphériques par exemple. un choc nerveux pour tout dire en un mot. la peur. c'est-à-dire dans le substratum des phénomènes psychiques ou autrement dit l'écorce cérébrale. seulement. d'une douleur imaginaire si par là vous entendiez dire qu'elle n'existe pas. c'est clair. Nous avons constaté alors que la douleur n'était nullement exagérée par la pression exercée sur la région désignée par le malade . a été faite sur l'émmence hypothénar de la main gauche. produire tantôt une paralysie psychique. chez certains hypocondriaques par exemple.

peuvent acquérir une importance clinique cajîitale.ici depuis quand? La malade : Depuis 2 mois et demi. à un moment donné. que je vous présente est âgée de 17 ans. etc. tant s'en faut. néanmoins. Elle est atteinte de goitre exophthalmique depuis treize mois. soignée dans un hôpital où les ressources qui sont entre nos mains n'existent pas.. vous serez poursuivi parce malade "imaginaire"-ou mieux "par imagination". Vous voyez qu'à côté des paralysies psychiques traumatismes pourront venir se placer les algies psychiques de même origine. quand il s'agit de formes frustes. chez elles.CHARCOT : La consultation d'aujourd'hui n'a pas été riche en cas intéressants et je suis obligé de prendre pour la leçon quelques malades du service. M. imparfaitement développées. Une faut pas méconnaître surtout qu'à côté des symptômes cardinaux il y a. quand un ou plusieurs des symptômes cardinaux font défaut. Elle avait été. la glossodynie n'a pas. pendant longtemps. La glossodynie a fait partie dans ce cas de l'ensemble des symptômes hypocondriaques qui souvent précèdent l'apparition de la paralysie générale progressive. Il s'agit d'un sujet atteint cle la maladie cleBasedow. Ce n'est pas sur les phénomènes vulgaires de la maladie que je veux appeler votre attention . c'est tout autre chose. la douleur persiste et gagne en intensité. les choses se sont. mais je n'étais pas fâché devons dire en passant. de la tachycardie et du tremblement. Un beau jour. tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. etc. il n'est pas difficile cleposer le diagnostic. La nommée M. Cependant. votre homme a de l'embarras de la parole. C'est un paralytique général. 2° et 3°. Aussi est-elle restée fort longtemps sans modification sérieuse dans son état. parce que c'est là une notion importante pour la pratique. : Sons l'influence du traitement électrolhérapiquè dirigé par M. de l'exoplilhalmie. CHARCOT gouroux. Mais. . Elle est. clel'amnésie de l'inégalité des pupilles. qu'elle l'a quelquefois.à considérer dans l'histoire de la maladie de Basedow. MALADES (2 jeunes filles). Sans doute. j'ai eu l'occasion de vous le dire plusieurs fois déjà. Cette fois. du tremblement de la langue et des mains. toujours cette signification. Il y en a une qui va bientôt nous quitter qui présente certains phénomènes dignes d'intérêt. il n'est plus question de cancer de la langue . YiM. si vous constatiezl'existence à la fois du goître. Pendant plus d'un an peut-être. (A la malade) : Yous pouvez vous retirer. des symptômes de second ordre qui ne figurent point dans la caractérisque mais qui. remarquablement améliorées.232 — Toujours pas de cancer. et c'est là un point que j'ai tenu à vous signaler.

— 233 — Le diagnostic était là facile.veut pas être exposé à s'égarer dans le diagnostic. C l°r ORDRE \ Goître. goitre. CHARCOT. vulgaire. tous les symptômes cardinaux étaient présents . ce que sont ces symptômes de deuxième ordre qui. le cas que je vous présente est donc en somme un cas classique. jet. A ce propos. qui appartiennent bien et dûment cependant à l'histoire cle la maladie. il y a cinq ans. depuis mon chef de Clinique. en raison de sa constance. par exemple. c'est là un signe excellent. Leçons du Mardi. qui est aujosrd'hui de connaissance vulgaire. l'absence bien constatée de la tachycardie pendant plusieurs semaines peut faire présager la guérison. alors même que persistent à un certain degré l'exophthalmie et le goitre. a joué un rôle important chez notre su. à jeter les yeux sur ce tableau dans lequel sont résumés tous les symptômes de l'affection qui nous occupe. mon interne d'abord. s'il ne. d'ailleurs. surtout quand les symptômescardinaux. je vous engagerai. mais est encore reconnaissable à l'exception de la tachycardie qui n'existe plus. parmi les symptômes cardinaux. Tel est.tels par exemple que le goître Oul'exophthalmie. exophthalmie. mais il est marqué cependant par la prédominance d'un symptôme de second ordre sur lequel je veux appeler toute votre attention. principalement s'il s'agit d'un cas fruste. SYMPTOMES Tachycardie (asystolie). Et ceci me conduit à vous rappeler. On ne peut affirmer qu'il y a apaisement ou guérison tant que la tachycardie persiste : au contraire. peuvent paraître placés au premier plan. le Docteur Marie. t. Avant d'insister sur ce point. toute une série de symptômes jusque-là restés dans l'ombre. tout d'abord. i. mais dont l'existence possible doit être prévue par le clinicien. la tachycardie n'est point permanente. Par un côté. tout cela s'est effacé. Tels sont aussi d'autres symptômes moins constants. font défaut. tachycardie. et qu'une rechute est à craindre tant que ces accès n'ont pas disparu. le tremblement spécial qui aujourd'hui figure. mais il l'étudié en tant qu'elle se présente clansses formes frustes. car on peut dire qu'elle est le grand régulateur de la maladie. 30 .quelquefois. Dans ce travail. tremblement . CARDINAUX j Exophthalmie. DE LA SERIEDE BASEDOW. cette diarrhée. qu'elle se montre par accès.moins fréquents. 2e édit. M.. anormales. 11y a fait connaître en outre et y a mis en valeur. De ce nombre est la diarrhée d'un caractère spécial qu'on pourrait appeler diarrhée de la maladie de Basedow . je tiens à vous faire remarquer que. vous allez le voir. Vous trouverez l'histoire de ces symptômes-là clansla thèse fort remarquable qu'a soutenue. ( Tremblement. Marie étudie la maladie de Basedow non plus considérée dans son type cle parfait développement. M.

— OEdèmedes \ membres inférieurs par asystolie. Revenons à notre sujet. fringale. inopinément et dont la terminaison également soudaine est suivie sans transition. Génitale \ Impuissance. ( Respiration fréquente. taches pigmentaires. remarquablement indolente. dans l'abdomen. malheureusement pour lui el pour elle. dont le début s'accuse lout-à-coup. ( Ictère. d'abord. De plus les crises gastriques tabétiques sont presque toujours accompagnées clevives douleurs dans le dos. j Convulsions. les crises gastriques sont des crises de vomissements et c'esl de diarrhée qu'il s'agit dans la maladie de Basedow. Elle avait ses époques qui furent. Quelques mots d'abord relativement aux conditions dans lesquelles la maladie s'est développée chez elle. ce qu'on appelle les crises gastriques. ( Diminution de la résistance électrique. tandis que la susdite diarrhée est. urticaire. elles en diffèrent cependant par deux points fondamentaux .. tremblante et qu'elle avait des battements de coeur. Î[ ( Vitiligo. est assez loin de la maladie de Basedow. ) Boulimie. clis-je. Il était un jour sous le coup d'un accès de délirium démens. c'est un ivrogne. Symptômesd*anginedepoitrine. elle s'est aperçue. Ces crises ne sont pas sans présenter quelques analogies avec la diarrhée de la maladie de Basedow. Fonction \ Troubles menstruels. crises épileptiformes. — Cachexie. \ Toux. Digestion Respiration C Vomissements. albuminurie. sensations de chaleurs. Elles n'ont pas reparu depuis. C'est l'existence de ces crises diarrhéïques spéciales que je voudrais faire ressortir dans l'histoire de notre petite malade. Son père est atteint de tuberculose laryngée et. par conséquent. Peau j Sueurs. celle-ci fut naturellement fort émue. en effet. Anémie plus ou moins profonde. Apro- . du retour à l'état normal. qu'elle était vibrante. fort épouvantée même. / Modifications de l'état psychique (émoti( vite). au contraire. immédiatement supprimées. urinaire ( Glycosurie. avec lésions matérielles et qui. il a brutalement frappé l'enfant. Système nerveux ) Difficulté de la convergence (Môbius).névralgies V Paralysie. c'est leur apparition sous forme de crises. signe de de Graefe.— 234 — i . Quelques jours après cette scène. mais ce qui rapproche les 2 affections. paraît-il. Sécrétion CPolyurie. il y a.dans son délire. diarrhée spéciale. deux ou trois jours au plus. Vous savez qu'il y a dans l'histoire clel'ataxie locomotrice progressive qui est une maladie organique.

mais il importe que vous sachiez que. au bout d'une quinzaine de jours. ensuite. Mais. tout à coup. — elle cessa tout à coup.235 mot. Au bout de quelques semaines.. vibrante que je viens d'employer. c'est très simple. les crises diarrhéïques sont véritablement assez fréquentes. il est vrai cpietoujours. cessa tout à coup spontanément. chose remarquable.. procéderait à la recherche de la tachycardie et du tremblement et ainsi pourrait être conduit à établir le diagnostic de la maladie de Basedow en . Mais. Dans le cas actuel. je le répète. au bout de quelque temps. tels que l'exophthalmie et le goitre. c'est-à-dire depuis l'époque où l'amélioration s'est fait sentir d'une façon marquée clans l'ensemble des symptômes. Cela est exceptionnel certainement et ces cas-là sont sans doute rares . par exemple. A partir de cette époque. C'est ainsi que sur 15 cas. du sous-nitrate clebismuth. au bout de huit jours. je ne vous parlerais pas delà malade. de douleurs. qui à cet égard peut être considéré comme un type et représente. Je crois que ces caractères des diarrhéïques sont assez spéciaux pour que. mais celte fois •—également après avoir résisté à l'emploi du laudanum. M. on lui a fait remarquer que son cou était gonflé. Marie les a vues exister dans 12 cas. que la diarrhée paroxystique appelât la première l'attention du médecin qui. Quelques jours seulement après l'accès délirant de son père. brusquement. nouvel accès diarrhéïque présentant exactement les mêmes caractères . je vous ai prévenu que c'était là encore un des caractères de l'affection. La maladie était constituée. Jusque-là. dans la maladie de Basedow. Il pourrait arriver. el dès le lendemain. et par leur répétition fréquente. mais. elle. Ainsi. la diarrhée spéciale a tenu une grande place dans l'histoire cle la maladie. mais le corps tout entier. qu'il occupe non seulement les mains. à un degré modéré. notre jeune malade a continué à avoir ses crises diarrhéïques environtous les 8 ou 10 jours et chaque fois.continuait à manger et même quelquefois avec une sorte de voracité. etc. Au bout de 17 jours. elle a été prise tout à coup d'une diarrhée qui l'obligeait d'aller à la garde-robe un grand nombre de fois nuit et jour. et que ses yeux lui sortaient de l'orbite. les garde-robes redeviennent normales. c'est depuis 25 jours seulement. Les selles étaient liquides. elles ont duré environ une huitaine cle jours. etc. vraiment un cas d'étude. elle n'avait pas perdu l'appétit. que les accès diarrhéïques ont cessé de paraître. la véritable nature de la maladie puisse être reconnue. je ferai remarquer que le trempos de ce blement daus la maladie de Basedow est souvent généralisé. elles se montrent avec ces caractères très spéciaux que nous nous sommes attachés à faire ressortir. la diarrhée qui avait résisté à l'emploi des moyens habituellement efficaces. les choses reprennent leur cours ordinaire. en l'absence même des signes cardinaux vulgaires. puisqu'elle n'a pas cessé de se montrer par intervalles depuis le commencement jusqu'à la fin. La malade affirme qu'elle n'était point accompagnée de coliques. de telle sorte que le malade étant debout est le siège d'une vibration que l'on . S'il n'y avait que cela. mais il y a eu une autre cliose.perçoit fort bien lorsqu'on applique une main sur sa tête. la diarrhée ayant cessé. tout est parfaitement classique. dans notre cas. Remarquez cette conservation de l'appétit et même cet appétit exagéré : ce sont des faits qu'on trouve signalés clans la plupart des cas du même genre. la malade s'en trouva très affaiblie. habituellement les crises sont relativement peu intenses .

Le diagnostic était resté hésitant parmi quelques-uns des médecins d'Alexandrie. a eu des idées fixes. elle a des scrupules. une de ses soeurs a des crises son Pedigree comme disent hystériques. les antécédents héréditaires méritent d'être mis en relief.. Il en est ainsi chez notre malade : je vous ai déjà dit que son père est alcoolique. son frère auquel j'ai donné des soins. Elle a une tante dont les membres sont déformés parle rhumatisme articulaire chronique (alliance de la famille arthritique et de la famille neuropalhologique). chez elle. quelques jours après le bombardement d'Alexandrie où elle résidait alors. est assez significatif. du signe d'Àrgyll Robertson et autres symptômes qui jusque-là avaient passé inaperçus. c'est l'hérédité de transformation qui est. La maladie a continué telle qu'elle jusqu'ici sans se compléter. Yous y verrez un beau cas d'hérédité de transformation et un nouvel exemple du développement de la maladie par émotion : Madame X. de l'absence des réflexes. à'été prise de tremblement.. etc. assez fréquemment combiné. Je ne yeux pas en finir avec cette petite malade sans relever que. c'est-à-dire que l'hérédité'y joue un rôle important . voilà une observation qui n'a pas besoin de commentaires. etc. avec la maladie de Basedow. sur onze frères qu'elle a. . La maladie de Basedow est un membre cle la grande famille îieuropalhologique. mais notre connaissance des formes frustes de la maladie de Basedow ne nous permettait pas d'hésiter dans le diagnostic. La terreur. est atteint d'ataxie locomotrice. Le rhumatisme articulaire aigu se voit. (maladie du doute). Voici maintenant les faits relatifs à l'hérédité : la mère de Madame X. l'existence des douleurs fulgurantes. ni exophthalmie. ont conduit le praticien éclairé à relever. quelquefois. je ne puis résister au désir de vous signaler. chez un même sujet. que plusieurs fois les crises gastriques et tabétiques. chez le sujet en cause.— 236 -v.et de tachycardie. les Anglais. Ni goître. Je n'ai pas encore rencontré de cas de ce genre. Vous voyez que son arbre généalogique. en quelques mots. à ce propos. soit dit en passant. il s'agit cle l'hérédité homologue et la maladie de Basedow est quelquefois la maladie d'une génération (maladie de famille) mais le plus souvent. mais ils ne manqueront pas certainement de se présenter quelque jour dans la clinique. Je reviens à notre malade: elle a plusieurs cousins germains cjui sont morts de convulsions. l'absence du goître et de l'exophtlialmie. prises peut-être pendant longtemps pour des accès de gastralgie vulgaire. habitant l'Egypte. eus. le cas suivant que j'ai observé récemment. une grande émotion sont souvent la cause occasionnelle du développement cle la maladie de Basedow. quatre sont morts également de convulsions . Puisque j'en suis à vous parler de la maladie cleBasedow fruste el de l'hérédité dans celte maladie. Je vous rappellerai.en jeu.

Voilà un premier caractère différentiel. la démarche est cérébello-ataxique. et qui rattache au contraire le 2e cas. il y a encore un point cle contact. L'autre. L'oscillation est. (Aux malades) : Levez-vous. Déjà j'ai relevé quelques caractères différentiels dans la marche.. Pour le moment. c'est un exemple de maladie de Friedreich. elle aussi. On pourrait dire que chez le premier. Je vous l'ai présenté il y a 15 jours ou 3 semaines. Cela peut conduire déjà à supposer que ce dernier malade appartient à la scié- . d'autres vont s'accuser si nous y regardons d'un peu près. par moments. Yous savez que la maladie de Friedreich se développe dans l'enfance. qui rapproche le 1er cas du tabès. les fléchit très notablement. tandis que chez le second . une différence capitale que vous remarquerez si vous y prêtez attention. chez l'un et chez l'autre. il y a cependant. à la manière des ataxiques. M.— 237 — 4e et 5e MALADES (jeunes gens. Notre malade N" 1 avait 14 ans lorsque se sont accusés les premiers symptômes. le malade N° 2. tantôt sur la gauche. en même temps que ses pieds frottent sur le sol dont ils se détachent avec peine. les réflexes rotuliens font absolument défaut.) C'est à peu près vous le reconnaissez. la même démarche titubante. Tous les deux vacillent en progressant. entre les deux sujets en marche. vous le voyez. Ainsi. menacés de tomber à terre. c'est que le n° 1. et chez lui. au groupe des paraplégies spasmodiques. rappelant ainsi ce qu'on observe clansla paraplégie spasmodique. elle est cérébello-spasmodique. telle chez l'un et chez l'autre qu'ils sont. ainsi que vous pouvez le reconnaître. C'est donc ailleurs que dans l'âge où se sont produites les premières manifestations qu'il faut chercher les éléments d'un contraste. très manifeste. Je dirai tout à l'heure ce qui se cache derrière ces différences dans la marche. la ligne de marche. tandis que. je tiens à faire ressortir qu'entre nos deux malades présents. celui qui est atteint de la maladie de Friedreich. chez l'autre. chez le premier. Il a maintenant 17 ans. nous allons rechercher ce qu'il a. est âgé cle20 ans. marche avec les jambes raides. au contraire. le N° 2. le n° 2. Malgré ces analogies étroites. ils sont au contraire très manifestement exaltés. puisque dans les deux cas. la maladie s'est développée dans la période juvénile. dépassant tantôt sur la droite. celui qui est atteint de la maladie de Friedreich. Sous ce rapport. les accidents ont débuté il y a plus de trois ans. en même temps que la trépidation produite parle relèvement de la pointe du pied (phénomène du pied) est. fléchissant à peine les genoux. (Les malades se lèvent et marchent. pour ainsi dire. à chaque instant. CHARCOT (montrant le malade n° 1): Voilà un malade que'vous connaissez déjà.) ' Nos i et 2. tandis que l'autre. Celui-ci"(n° 2) est âgé d'une vingtaine d'années . Je vais les faire marcher tous les deux simultanément. il existe des traits de ressemblance assez frappants pour que le diagnostic soit chose assez délicate.

que dans la sclérose en plaques. affection cérébro-spinale qui.pas moins compter. Vous savez en quoi consiste ce genre de tremblement. Ce n'est donc pas du côté des symptômes bulbaires qu'il faut aller chercher les traits différentiels.- 238 — rose en plaques. il y a des hauts et des bas. est que l'eau du verre est projetée au loin au moment même où celui-ci allait toucher les lèvres. parfois. à un moment donné. la réunion de tous les symptômes classiques qui rendent si facile le diagnostic dans la forme vulgaire. Ces fluctuations n'existent pas dans la maladie de Friedreich. Mais l'existence passée de ce symptôme. à la maladie de Friedreich. dans les cas accentués. par exemple. circonstance qui rendra l'appréciation plus difficile. le nystagnius est à peu près le même chez les deux sujets. mais aujourd'hui. Or. une maladie changeante et mobile. Je vous préviens seulement à l'avance que ce n'est pas de la forme typique de la slcérose multiloculaire qu'il s'agit. car c'est là un de ses caractères. ^ En somme. 11n'est pas rare que clans l'histoire d'un cas de sclérose en plaques un peu ancien. Yous vous rappelez que. on voie figurer parmi les premiers symptômes l'existence d'une paraplégie qui a disparu et reparu successivement à trois ouquatre reprises. cliniquement. il y a un rapprochement clinique à faire entre la sclérose en plaques et la maladie de Friedreich. L'étendue des oscillations devient cle plus en plus grande à mesure qu'on s'approche du but. il a disparu sans laisser de traces. je le répèle. quoi qu'il s'agisse là d'une maladie organique au premier chef. comme je vous le fais reconnaître est moins prononcé qu'il ne l'est chez le sujet atteint de la maladie de Friedreich. c'est cependant fort souvent au moins. pour ce qui est des symptômes bulbaires. chez le sujet N° 2. ainsi que je vous l'ai fait remarquer dans une précédente leçon. Vous allez voir que tout ce qui va suivre viendra confirmer cette opinion. qui est une maladie éminemment et fatalement progressive. chez notre malade (N° 2) qui représente la sclérose en plaques frustre. C'est probablement une des raisons qui font que la description delà maladie de Freidreich n'est pas toujours exactement la même chez tous les auteurs qui en ont traité. D'un autre côté. il s'accuse seulement aussitôt qu'on prend. et le résultat final. l'embarras de la parole. qu'entre la sclérose en plaques frustre et la maladie de Friedreich. pour le diagnostic. Dans celle-ci comme dans celle-là. Il ne faut pas oublier. vous ne devez pas vous attendre à rencontrer. Il me semble bien. mais bien d'une forme fruste. des difficultés presque insurmontables. un verre et qu'on veut le porter à la bouche. on rencontre assez habituellement l'embarras de la parole et le nystagnius. véritable supplice de Tantale. Notre malade. relevonsdonc encore une fois chez le sujet N" 1 l'absence des réflexes et la démarche rappelant celle des ataxiques tabétiques et chez le sujet N° 2 l'exaltation des réflexes tendineux et la démarche spasmodique. le diagnostic pourra présenter. des fluctuations . et c'est un fait que le clinicien ne manquera pas d'utiliser. après avoir existé autrefois d'une façon très manifeste : c'est le tremblement intentionnel des membres supérieurs. d'après . mais plutôt du côté des symptômes spinaux. vous le comprenez bien. dans ce dernier cas. Donc. Il en est un en particulier qui manque absolument aujourd'hui. ressemble beaucoup. vous comprenez d'après tout ce qui précède. n'en doit. Il n'existe pas quand le membre est au repos . quelquefois. a présenté ce symptôme-là.

reconnaît les temps d'arrêt. La description y eût gagné en clarté et en précision. et qu'il y eût tout avantage à élimiiler les cas douteux provisoirement. sont choses habituelles. L'absence de troubles de la vessie et du rectum. au contraire. j'ai oublié un point important. troubles de la miction. sclérose en plaques à forme de paraplégie spasmodique. Je vous ferai remarquer immédiatement que le malade N° 1 (maladie de Friedreich) oscille et est menacé de choir. la sclérose en plaques. M. Dans celles-ci.— 239 — l'étude que j'ai faite des observations dans quelques-uns de ces travaux. comme vous le voyez. paresthésies. la démarche est spasmodique. la sclérose en plaques fruste se détache assez facilement de toutes les affections que peuvent donner lieu à une paralysie spasmodique. de troubles marqués de la sensibilité appartient également à la maladie de Friedreich et à la sclérose en plaques. mais elle n'est pas titubante.. mais elle pourrait différencier celle-ci des paralysies spasmodiques symptomatiques d'une lésion spinale transverse où. au contraire les anesthésies. la station debout n'est nullement affectée par l'occlusion des yeux. Mais je m'aperçois que dans la comparaison entre la maladie de Friedreich et la sclérose en plaques truste sous la forme qu'elle revêt chez notre malade N° 2. Je veux parler du signe de Romberg. Ajoutons que la présence de symptômes bulbaires tels que nystagnius et embarras de la parole permet dans*ces conditions de décider la situation et d'affirmer le diagnostic sclérose en plaques. que la séparation entre les cas qui appartiennent à l'ataxie infantile et les cas de sclérose en plaques développée dans un âge peu avancé. Il serait cependant fort important de s'exercer à faire la séparation de ces deux ordres de cas. n'a pas été toujours suffisamment sévère. en effet. Aujourd'hui il me suffira de vous avoir fait pressentir les difficultés que vous pourriez rencontrer en présence d'un cas de maladie de Friedriech ou au contraire d'un cas de sclérose en plaques fruste. tandis que dans la sclérose en plaques la démarche présente un double caractère.) M. des amendements définitifs qui équivalent presque à la guérison. CHARCOT : Qu'est-ce qu'il a. CHARCOT : Quand est-ce arrivé ? . de forme spasmodique. 6e MALADE (Un enfant de 3 ans et demi porté par sa mère. Difficileà séparer de la maladie de Friedreich. tandis que chez le malade N° 2. trop rarement sans cloute. lorsque ses yeux sont fermés ainsi que cela est la règle en pareil cas. car si la maladie de Friedreich progresse inévitablement vers la terminaison fatale. Je n'ai pas le temps d'entrer aujourd'hui dans de plus longs développements concernant la question de diagnostic que j'ai soulevée. développée dans l'enfance. etc. J'y reviendrai certainement un jour prochain. cet enfant ? La mère : Une paralysie de la jambe gauche. les atermoiements et quelquefois même.

Yous avez probablement. violacé. CHARCOT : De quoi ? La mère : De la lièvre. elle s'est développée à l'âge cle 17 ans. pas de paralysie de la vessie ou du rectum. Je n'insisterai pas plus longuement. le mal était fait. même à cette époque. 2 ou 3 jours de fièvre. 11s'agit d'un exemple de paralysie infantile spinale atrophique. Cette paralysie dont vous reconnaissez les reliquats. L'électrisation méthodique pourra. au bout de trois ou quatre mois. M. l'exploration électrique décèlerait ici dans un bon nombre de muscles l'existence de la réaction de dégénération parvenue au dernier terme chez plusieurs d'entre eux. Très certainement. Le membre du petit malade. Début brusque. Elle a persisté cependant depuis cette époque à un certain degré. c'est-à-dire que l'enfant était paralysé. froid.. il s'agit là en somme d'un cas fort vulgaire. 4 quelquefois. encore quelque chose à espérer? Je le crois. CHARCOT : Comment est-ce survenu ? La mère : A la suite d'une fièvre qui a duré deux jours. la nature du cas en question. et. Depuis temps il quelque. atteinte de paralysie faciale périphérique (maladie de Charles Bell). CHARCOT : Je crois que nous n'en apprendrons pas plus long. 7e MALADE (femme). Voilà 7 mois que l'enfant a été frappé de sa paralysie. Y a-t-il après 7 mois. M. est plus maigre que l'autre. le membre paralysé est flasque. a été certainement plus prononcée qu'elle ne l'est aujourd'hui. sans doute. C'est un point sur lequel je me réserve d'appeler votre attention à la première occasion qui se présentera. pas de trouble de la sensibilité. commence à pouvoir marcher un peu mieux. de temps en temps couvert d'une sueur froide. à propos d'un cas où. rendre encore quelques services.— 240 -La mère : Il va 7 mois. Le dernier cas qui doive nous occuper est celui d'une femme d'une trentaine d'années. quand j'ai voulu le lever je me suis aperçue qu'il ne pouvait plus remuer la jambe. en se tenant aux meubles. CHARCOT : Où l'avez-vous placé tout d'abord? La mère : A l'Enfant Jésus. il ne faut pas désespérer. Le réflexe rotulien est absent. chose rare dans l'espèce. messieurs. M. CBARCOT : A-t-il paru souffrir quand il avait la fièvre ? La mère : Beaucoup. dès le premier jour. le genou se fléchit un peu volontairement. mais le pied reste inerte et tombant. j'aurai d'ailleurs l'occasion cle revenir bientôt sur cette forme cle paralysie. reconnu au peu qui vient d'être dit. L'in- . M. vous le voyez. M. il s'est montré incapable de se tenir debout.

il s'agirait d'un cas d'hérédité homologue de la paralysie faciale périphérique et ce cas vient à l'appui clela thèse récemment soutenue par M.Neumann. t. la paralysie date de 4 mois et elle ne s'est pas notablement amendée. Chez notre malade. i. peutêtre s'agit-il ici de la forme grave. 2«édit. CHAHCOT.— 241 térêt du cas est que cette femme prétend que sa mère a présenté exactement la même maladie dont elle a guéri au bout de quelques mois.rdi. Si cela est. Leçons du Ma. 31 . vraiment.

SEIZIÈME LEÇON OBJET 1° Paralysie spasmodique : de cause articulaire. 5°Mutisme. puis une rechute et une fois de plus il a fallu entrer à l'hôpital et y séjourner un mois encore. douleurs peu intenses occupant les articulations des cous-de-pieds. il y a 4 ou B mois. mais certainement les caractères en sont suffisamment déterminés pour qu'il soit possible d'en affirmer la nature. tant bien que mal. il y a eu cle la fièvre. a été atteint. des genoux. des épaules. Ce malade ne m'est pas absolument inconnu. et hémiplégie et du poignet de la main bégaiementhystériquechezriiomme- hystérique. d'examiner suffisamment. Après cela s'est produit un temps d'arrêt. M. à faire son travail.aphasie 6° Anorexie motrice.PoUolinique du Mardi 17 Avril 1888. non pas que le cas représente un type très accentué. CHARCOT : Voici un malade qui est venu nous consulter mardi dernier et que nous n'avons pas eu le temps.) (Un malade est introduit clans la salle du cours). ce jour là. 1er MALADE (Homme. plus continues. Dans le commencement elles ont été assez bénignes pour qu'il ait pu continuer à demeurer chez lui et. il a dû se résoudre à entrer à l'hôpital où il est resté couché un mois. Nous allons l'étudier ensemble aujourd'hui. orgagau- amyotropliique chez l'homme 2° et 3° Hémiplégie hystérique nique (2 malades). de rhumatisme articulaire. exerçant la profession cle mégissier. les articulations tuméfiées. Mais un mois après. novembre et décembre que cela s'est passé. 4° Paralysie hystéro-traumatique che chez l'homme. J'ai causé avec lui un instant hier et avant-hier. les douleurs étaient plus vives. C'est en octobre. Voilà en deux mots cle quoi il s'agit: Cet homme. âgé cle 48 ans. Le voilà convalescent : il s'agit pour lui de se lever : . L'affection dont il est atteint présente un certain intérêt. sous forme subaiguë.

à la suite des arthropathies rhumatismales. suites de traumatismes_. de ce côté. à litre de conséquence logique. Au membre supérieur droit. Cet examen. laquelle se traduit cliniquement par deux éléments : 1° un élément amyotrophique. j'y insiste. l'atrophie et la parésie portent également sur l'extenseur. Une des causes de celte impuissance se manifeste aussitôt que vous examinez à nu les membres qui en sont affectés. Il y a véritablement un certain degré de paralysie qui. cette impuissance motrice? évidemment. comme si. elles ne sont plus tuméfiées. (M. C'est un fait vraiment remarquable que. quand il montait dans son lit. manifeste surtout dans lesextenseurs des articulations principalement lésées. Vous allez voir que la même chose se voit. même les genoux qui ont été siège principal dant impossibilité de marcher longtemps. dans la goutte. dans ces circonstances. Vous allez reconnaître. se manifeste. En d'autres termes.etc. pourra paraître singulière : il semble qu'il y ait une sorte d'opposition. il s'est produit. Maiscela passe inaperçu fort souvent et cela n'appelle guère l'attention que si le cas est très prononcé. si je puis ainsi dire. Pourquoi celte faiblesse énorme. Cepenpoint douloureuses. et'cependant nous connaissons des faits parfaitement nets de celte combinaison . bien qu'à un degré moins accentué dans notre cas. était-il obligé de prendre sa jambe gauche et de la soulever avec les mains. à peu près nécessairement chez la plupart des malades atteints de rhumatisme articulaire aigu ou chronique. de contradiction entre l'amyolrophie et le spasme. remarquez-le bien. mais dont la connaissance n'est peut-être pas encore aussi répandue qu'elle le mérite. ce qui se passe dans la sclérose amyotrophique ou les deux éléments se trouvent intimement combinés. 2° un élément parético-spasmodique. une sorte de prédisposition. à une certaine époque. l'atrophie mus- . Or il semble que pour que l'affection spinale d'où dérive la parésie amyotrophique prenne un grand développement. et nullement par le fait d'une complication fortuite. au premier abord. où le coude a particulièrement souffert. Cela dépend-il de l'étal général? Nullement. cela ne s'explique pas par les douleurs articulaires qui sont nulles ou peu s'en faut. de la part du malade. de reprendre le travail.surtout le membre supérieur droit. consécutive aux affections articulaires rhumatismales. Gela s'explique-t-il par le long séjour au lit? Nullement. Charcot invite le malade à ôter son pantalon). nous donne la révélation de faits assez vulgaires clansla clinique usuelle.— 243 — tout va bien en ce qui concerne les jointures. maintenant que les membres inférieurs sont ànu. Pareille atrophie existe. plus ou le du mal. celui-ci est satisfaisant..ramyotrophie qui porte surtout sur le membre inférieur. parce que les membres inférieurs et les membres supérieurs eux-mêmes sont très faibles. c'est-à-dire sur le triceps. une parésie a la fois spasmodique et amyotrophique. le triceps est affecté d'une façon prédominante. de descendre un pour les membres inférieurs surtout. il faut. qu'il s'agit ici d'une affection particulière des centres nerveux. Pourquoi notre homme ne marche-t-il qu'avec peine? Pourquoi lui est-il presqu'impossible de descendre un escalier? Pourquoi. le malade se lève depuis plusieurs semaines déjà. c'était surtout l'extenseur du genou qui fût en cause? Je vais essayer de vous montrer. et que dans ce membre. il me suffira de citer. Voila une combinaison qui. Messieurs. lorsqu'il s'agit escalier. à la suite des arlhropathies. à titre d'exemple.

il existe cependant de la faiblesse. je ne dis pas exclusivement. le réflexe produit par la percussion du tendon du triceps au coude et par celle des tendons fléchisseurs du poignet sont également. et la thèse de son élève. Cette atrophie.J'ajouterai que sur les parties dumembre où l'atrophiedes musclesne parait pas évidente. vous trouverez là l'histoire d'un sujet atteint de. en ce qui la concerne. Peut-être après cela prendrezvous encore quelque intérêt à la lecture des leçons que j'ai laites relativement à cette même question dans le 3° volume des maladies du système nerveux. C'est à M. Telle est la loi. sous le nom de sclérose latérale amyotrophique. comme je l'ai avancé. chez notre malade. Valtat ont été faites dans le laboratoire et sous l'inspiration de M. Je ne saurais trop vous engager à prendre connaissance de cet important document. mais je dois vous montrer maintenant que la paralysie en question est bien. et celle qui caractérise l'affection désignée. tout naturellement. moins du côté droit. quand il s'agit de l'épaule. est riche en documents de première valeur. c'est principalement dans les cas d'arthrite traumatique que se rencontrent. toutefois qu'il est presque de règle que le membre tout entier. ainsi que vous l'avez remarqué. sur les-extenseurs des articulations affectées.rhumathisme articulaire chronique. La faible résistance est moins accusée à droite. c'est le triceps fémoral . Au membre supérieur droit où l'amyotrophie porte principalement sur l'extenseur du coude et où il y a faiblesse motrice du membre tout entier. exagération des réflexestendineux et souvent aussi rigidité spasmodique des membres affectés. c'est le deltoïde. Quand il s'agit du genou. mais elle existe cependant aussi jusqu'à un certain point. de la faiblesse motrice. En outre de l'exposé d'un cas intéressant de paralysie amyotrophique de longue durée consécutive h un léger traumatisme du ge.nou. le Professeur Lefort qu'on doit les premiers travaux importants relatifs à ce sujet. chez lequel l'amyotrophie et les . Mais n'oubliez pas.Valtat (1877). auquel appartient l'articulation malade soit amaigri à un certain degré. les meilleures conditions d'études. on cherche. surtout du côté gauche. pour l'établir. Vulpian. quand il s'agit du coude. pour une part. Les très importantes expériences de M. une paralysie de caractère spasmodique. résiste généralement de telle façon qu il est impossible au plus énergique de produire le moindre degré de flexion. très prononcée. évidemment l'amyolrophie n'explique pas tout . et ainsi de suite.— 244 — culaire se manifeste surtout. et vous savez qu'un homme vigoureux comme Test celui-ci. ainsi que je le relevais tout à l'heure. et qu'il nous faudra traiter. de vous faire voir que le réflexe rotulien est manifestement exagéré. ainsi se trouve justifié le rapprochement que je faisais tout à l'heure entre l'affection spinale de cause articulaire dont notre malade offre un exemple. L'atrophie est. Il me suffira. consécutive à l'affection articulaire. le genou étant étendu. Ce sont nos collègues de la chirurgie qui ont fait connaître les premiers cette espèce de paralysie amyotrophique et. M. rend compte. exagérés. de lait. surtout du côté gauche où il s'accompagne d'un certain degré de trépidation par redressement de la pointe du pied . tant dans l'ordre clinique que dans l'oi-dre expérimental. Nous voilà donc en face d'une affection spinale. le malade ne résiste pas. c'est le triceps brachial. maintenant que la maladie articulaire qui en a été le point de départ a disparu. Il s'agit donc bien là d'une parésie dont un des caractères est de s'accompagner d'amyotrophie.à le fléchir. Lorsque.

rendant la marche très difficile. etc. cependant le membre correspondant était devenu d'une faiblesse extrême. si prédominants. Il est clair que la théorie qui pourra s'appliquer à ces cas d'ordre traumatique où l'interprétation peut se faire clansdes conditions relativement simples. les arthropathies n'étant qu'un fait secondaire. Valtat. je le répète. je vous avais présenté un sergent de ville qui était tombé sur le genou gauche en cherchant à arrêter un voleur. marchent parallèlement et se donnent la main . atteint d'une paralysie spasmodique amyotrophique du membre inférieur gauche. dans une théorie définitive. mais où trouvez-vousle repos prolongé dans des cas où. paraît avoir frappé l'esprit des observateurs. est déjà très prononcée. Dans les conditions expérimentales. après l'injection de liquides excitants dans les jointures. Voilà donc notre homme.— 245 — symptômes de paralysie spasmodique et amyotrophique étaient si prononcés. Le réflexe rolulien était exagéré de ce côté et il y avait trépidation épileptique du pied (phénomène du pied). malgré tous ses efforts. 18 jours après l'accident. En conséquence de l'affection de la jointure à titre de phénomène deutéropathique. la parésie du muscle extenseur du genou étant déjà parfaitement établie. qu'on s'était demandé si la maladie spinale n'était pas la maladie principale. L'an passé.. seule. le malade est impuissant. aux cas plus complexes. le muscle extenseur correspondant à l'articulation lésée a perdu 1/5 de son poids et 44 % au bout de lo jours. de tout temps un peu exagérée. de la jambe et même de la région fessière.) Plusieurs théories sont en présence avec la prétention d'expliquer pourquoi et comment l'amyotrophie qui. et qui n'a pas retenu le malade au lit plus de 8 jours. arthrite blennorrhagique. pourra s'appliquer également muialis mulandis. M. du repos prolongé . plus difficiles à débrouiller qui se présentent dans la clinique médicale (Rhumatisme articulaire. goutte. se développe. au bout de 4 ou8 jours. l'atrophie du muscle triceps était très évidente . l'atrophie ne tarde pas plus de 10 à 12 jours à devenir évidente. dans quelques observations de M. J'en reviens à ce que je disais tout à l'heure. Ici l'expérimentation et la clinique. Quelques-unsinvoquent encore aujourd'hui l'influence. cependant légère. mais très facile à apprécier. certes. cause de tout le mal. une arthrite. quelques semaines après. en conséquence de l'affection articulaire provoquée par le traumatisme. de l'amyolrophie et de l'exagération des réflexes tendineux qui se voit dans la majeure partie des cas et sur laquelle j'ai appelé l'attention. le dire. du reste. tous les muscles de la cuisse. etc. C'estsurloutl'arthrite traumatique qu'il convient de considérer lorsqu'on veut bien étudier l'évolution de la paralysie amyotrophique secondaire et chercher à reconnaître le mécanisme physiologique de son développement. avait été la conséquence du traumatisme. Oui. on peut. Valtat a trouvé que déjà 6 jours après l'opération. . laquelle a survécu pendant plusieurs mois à l'arthrite. hypothèse que l'étude attentive de l'évolution de la maladie est venue-. on devra. à dessiner une contraction du muscle triceps sur la cuisse qui correspond au genou affecté. il ne restait plus trace de douleur ni de gonflement. Déjà à cette époque. l'atrophie de ce mêmemuscle qui s'accentuera encore par la suite. contredire absolument. elle devait s'y exagérer encore et affecteraussi à un degré infinimentmoins prononcé sans doute". au bout de 4 jours. légère d'ailleurs. tenir compte de la paralysie motrice antérieure. el 10 ou 12 jours après. chez les animaux.

dès l'origine.— b. Ces cellules deviennent. Celluleépuisée.2°que le muscle en voie d'atrophie est pris d'emblée dans toutes ses parties . Il s'agit d'admettre que les nerfs articulaires irrités transmettent suivant le mécanisme des actes réflexes l'irritation dont ils sont le siège par la voie des nerfs centripètes jusqu'à la substance grise spinale. du processus inflammatoire dont la jointure affectée est le siège primitif. — b' +. tiendront la première place . — a a'. excité. que dans celles qui en sont le plus éloi- ais 1. Cellule — A. où elle affecteles cellules nerveuses des cornes antérieures. — irritée. on peut comprendre également que simul- . dans une première période.6 Cellulesdes cornesantérieures. 3° qu'enfin la théorie delà propagation inflammatoire n'explique pas ce fait habituel. ce sont les prénomènes parétiques et amyotrophiques qui. que presque toujours l'amyotrophie ne reste pas limitée à l'extenseur. Articulation. Évidemment.— ?»-|-.— 246 — il ne saurait être question ici d'atrophie par inertie fonctionnelle longtemps prolongée. de proche en proche. Une autre théorie prétend que l'atrophie musculaire résulte purement et simplement de la propagation au muscle. je proposerai seulement de lui faire subir quelques modifications ren: dues nécessaires par la connaissance de faits ignorés à l'époque où elle a été émise. 26. aussi bien dans les parties qui confinent à la jointure. Nerfs articulaires. mais s'étend au membre tout entier. m.en conséquence le siège d'un travail irritatif qui.—m' —. Muscle gnées . On peut comprendre d'ailleurs que dans certains cas. l'épuisement ou peut-être l'inhibition prédominent d'emblée et dans ces cas. cette vue n'est pas plus soutenable que la précédente et pour ne pas la discuter dans la règle. La théorie à laquelle je m'arrête est celle qu'a imaginée Vulpian . Muscles. tandis que dans une période ultérieure qui correspond à une phase d'épuisement de l'organite « cellule ganglionnaire » ce sont la parésie et l'amyotrophie qui s'accusent surtout. nous nous bornerons à relever : 1° que l'affection musculaire qui se produit en conséquence de l'affection articulaire ne présente pas les caractères d'une myosite. Muscleamyotrophié. — . produira l'excitabilité réflexe exagérée du système neuro-musculaire.— n n\ Nerfs musculaires. m'.

Voilà certainement le cas le plus commun . en conséquence d'un mécanisme analogue. M.ique et vous en trouverez les détails dans les bulletins de cette Société (Novembre 1887. Elle appartient à un interne distingué des hôpitaux. L'examen microscopique des muscles fournit. Tout récemment. en pareille occurrence.. dans la sclérose latérale amyotrophique. en ce qui concerne l'affection spinale de cause articulaire d'où dérive l'amyotrophie. tandis que dans d'autres. Il est donc vraisemblable qu'il existe deux formes ou plutôt deux degrés de l'amyotrophie articulaire : l'une dans laquelle il n'y a pas de réaction de dégénération. Maisavant d'en dire plus long sur ce cas intéressant. l'autre dans laquelle elle se traduit par sions organiques appréciables. 2« fasci- . après cela. l'épuisement se sera produit de très bonne heure. Elle a été présentée à la Société anatom. 23e fascicule. de l'affection articulaire lie paraît pas douteux et a été admis d'ailleurs à peu près généralement par les médecins qui se sont occupés de la question. quelques auteurs. avaient toutes les apparences de l'état normal. ont reconnu. ainsi que cela a lieu d'ailleurs. une réaction de dégénérescenceplus ou moins accentuée.— 247 — tanément dans certaines cellules nerveuses. dont la compétence dans ce genre de recherches est bien connue. d'ailleurs. si je ne me trompe. Debove ont donné nécroscopiquement des résultats négatifs : Il s'agissait je crois d'un cas de rhumatisme articulaire chonique où l'amyotrophie était très prononcée . au contraire les lésions sont d'ordre purement fonctionnel ou dynamique. des données conformes à ce résultat en faisant reconnaître l'existence d'une simple émaciation des faisceaux musculaires. expert dans les études de nécroscopie délicate. les phénomènes amyotrophiques et parético-spasmodiques pourront co exister sur un même membre. aucune altéraration appréciable . Quoi qu'il en soit de la théorie proposée. Cecipouvait conduire à penser que. l'autre dans laquelle cette dégénération existe. mais il n'est pas absolument général. c'est-à-dire que l'exploration électrique n'y fait pas reconnaître la réaction de dégénération. et ainsi on expliquera qu'à un moment donné. p. Janvier 1888. Il était naturel. appartiennent à M. 720. M. dans ces mêmes conditions de paralysie amyotrophique articulaire. l'excitation sera particulièrement accentuée. comme on dit encore. Debove. il y a également deux formes ou mieux deux degrés : l'une dans laquelle l'affection des léspinale est purement dynamique. ainsi que les nerfs périphériques. de rechercher si l'affection spinale supposée se traduit microscopiquementpar des lésions organiques appréciables ou si. n'a trouvé. je dois vous faire remarquer que le plus souvent l'amyotrophie de cause articulaire est. l'existence de lésions matérielles parfaitement distinctes et consistant particulièrement dans l'atrophie d'un grand nombre de grandes cellules nerveuses des cornes antérieures. en effet. le retentissement imaginé par Vulpian sur les centres nerveux. Les premières études de ce genre qui. au point de vue de l'électro-diagnostic. une atrophie simple. C'est dans ce sens que dépose l'observation à laquelle je faisais allusion tout à l'heure. les chosesont change de face et aujourd'hui. nous possédons dans la science au moins un fait où lanécroscopie a fait reconnaître. sur certains points des muscles atrophiés. Klippel. les cellules nerveuses des cornes antérieures. en examinant les diverses parties de la moelle.

la lésion musculaire est dégénérative et l'affection spinale se traduit en particulier par une atrophie des cellules nerveusesdes cornes antérieures. si le cas est ancien. N'oubliez pas. au contraire. tandis qu'en réalité. le retour de la puissance motrice ne se fait pas trop longtemps attendre. que je vous ai conduits sur un champ d'études très vaste. les muscles extenseurs de la jointure présentaient sur certains points des altérations analogues à celles qui se produisent à la suite de la section expérimentale des nerfs. que lorsque l'amyotrophie peut être traitée de bonne heure par l'électrisation. de l'arthrite sèche. deux formes ou mieux deux degrés. d'après tout cela. Le pronostic est assez sérieux en somme. del'arthrite blennorrhagique. la farar disation ne produisait pas de réaction. par exemple. d'après ce que j'ai vu. il est rationnel de ne point borner la médication aux muscles affectés et d'essayer d'agir sur la moelle. ainsi que cela peut se taire quelquefois à la suite d'arthrites légères et peu durables. où elle explique le fait depuis si longtemps remarqué « des jambes cotonneuses » comme disent les goutteux. dans l'autre. Du moment où il est bien établi que dans ces cas d'amyotrophie articulaire. la prééminence aux excitations produites h l'aide de l'étincelle électrique.— 248 — cule. de la goutte. il s'agit seulement d'une complication. Un mot relativement au pronostic et au traitement. une ample moisson de faits intéressants. Vous voyez. la moelle est en jeu. Il devient. p. si le membre est resté trop longtemps clans un appareil d'immobilsation et de compression. vous la retrouverez à chaque pas dans la clinique usuelle. cette complication spinale des affections articulaires . enfin. mais nombreuses et souvent répétées. elle fait presque partie intégrante de l'histoire du rhumatisme articulaire subaigu ou chronique. comme je l'insinuais tout à l'heure. par ces exemples. Ce fait est relatif à une arthrite du genou datant d'un an et survenue chez une malade atteinte de tuberculisation pulmonaire. à la vérité plus intense et plus persistante que la maladie initiale. principalement dans les cas qui datent de loin. on avait noté que sur ces points. pour ces cas d'amyotrophie au moins. Déjà je vous ai parlé des cas dans lesquels la paralysie spasmodique de cause articulaire se présente avec des caractères tellement accusés qu'on pourrait être conduit à y voir l'affection protopathique. si vous vous y engage plus avant que nous ne le pouvons faire aujourd'hui. messieurs. absolument vraisemblable que l'affection spinale de cause articulaire reconnaît. 37). Il importe de remarquer que dans ce cas où les lésions des cellules motrices spinales étaient si prononcées. en raison de la longue durée de ce genre de paralysie amyotrophique J'ai été amené cependant à penser. Dansle 1erdegré. la lésion spinale est dynamiqueet l'amyotrophie consécutive est marquée par une atrophie simple. à l'aide. . J'ajouterai que pendant la vie. appliquées sur la région spinale. sans compter l'arthrite traumatique. le pronostic est beaucoup plus défavorable. Je tiens à le répéter. qui survit aux accès. et où vous trouverez à recueillir. de pointes de feu légères. J'ajouterai que quelques observations recueillies dans le service semblent donner.

est tombé ballant et inerte. portant surtout sur le membre supérieur qui est rigide. 32 . CHARCOT : Etes-vous tombé? Avez-vousperdu connaissance? Le malade : Non. : Vous n'avez pas eu d'autres attaques ? Pas de convulsions ? M. un contraste frappant. 2e édit. lui aussi. il est atteint d'hémiplégie depuis 6 mois . CHARCOT : Et la jambe gauche ? Le malade: Ma jambe a été prise peu à peu. le réflexe rotulien y est exagéré et on y constate le phénomène du pied. elle ne l'a jamais été autant que le bras. monsieur. CHARCOT: Depuis quand êtes-vous paralysé ? Le malade : Depuis 6 mois. t. m'est inconnu. la belladone. CHARCOT : Est-ce tout d'un coup que vous avez été pris? Le malade : Cela m'a pris. _ l'existence d'unenévrite double. le N° 1. par des engourdissements dans les doigts de la main gauche. sont introduits. mais mon bras. seraient Utiles dans les cas où les phénomènes spasmodiques s'accuseraient à un haut degré. jeveux faire remarquer seulement l'hémiplégie. si vous voulez. presqu'aussitôt. avec celle du précédent. optique CHARCOT. monsieur . M. CHARCOT : L'un de ces malades que j'appellerai. l'oeil à l'aide de l'ophthalmoscope (1). CHARCOT : 11s'agit peut-être d'une néoplasie intracrànienne. Pour le moment. pratiquéultérieurement. sa démarche présente. le membre inférieur est raide. plusieurs autres cas dignes d'intérêt. deux hommes. Deux malades. environ 2 mois après. i. M. a été examiné plusieurs fois . Je l'ai vu marcher dans la cour de l'hospice et j'ai reconnu chez lui la démarche propre aux sujets affectés d'hémiplégie permanente de cause cérébrale. Leçons du'Wardi. tous deux atteints d'hémiplégie gauche. 2e ET3e MALADES. (S'adressant au malade N° i) : Quel âge avez vous ? Le malade (sans embarras de la parole) : 26 ans.249 — Le bromure de potassium. en mettant une bride à un cheval. L'épaule a faitreconnaître chezce malade:. M. M.. le N° 2. et examiner en particulier le fond de. M. (1)L'examenophthalmoscopique. L'autre. Je me propose d'étudier cesdeux malades comparativement. M. CHARCOT Le malade : Non. etc. Mais c'en est assez sur ce sujet et je ne dois pas oublier que j'ai à vous présenter aujourd'hui même. dans la demi-flexion avec réflexestendineux très forts. nous devrons l'étudier de plus près. mais j'ai eu et j'ai encore souventde grands maux de tête et des vomissements.

mais qu'elle s'étend sur tout le côté gauche du corps. le malade marche en fauchant. parce qu'il y a à relever là un caractère clinique. mais encore la sensibilité profonde est profondément lésée. sont profondément affectés du côté paralysé. une acquisition importante.membres sont flasques. une auiaurose. il y a un rétrécissement concentrique du champ visuel du côté droit. Notre sujet. Il exerce la profession d'ajusteur mécanicien et il est âgé de 34 ans. le pied droit se détache du sol à chaque pas. jamais cette anesthésie superficielle et profonde qu'on peut dire absolue. est au contraire. que chez ce malade. balayant le sol. aussi inerte. tous les caractères de l'hémiplégie ancienne vulgaire. mous. au contraire. Aussi le malade. vous pourrez soupçonner qu'il s'agit d'un hystérique. Alors que chez ce dernier les troubles de la sensibilité font défaut sur les membres paralysés. peut nous mettre sur la voie du diagnostic. la déviation de la bouche. tandis que chez l'autre. Le pied du membre paralysé. tète et tronc. en ce moment. Le membre inférieur est pour le moins. tombante. l'hémiplégie organique. et vous aurez fait là. est une hémiplégie hystérique. la façon dont. Quand vous rencontrerez pareille démarche chez un sujet atteint d'hémiplégie déjà ancienne. a-t-il besoin d'être aidé par une autre personne qui le soutient en passant un bras sous son aisselle droite. J'ajouterai encore que l'hémianesthésie n'est pas seulement sensitive. Vous savez que. N° 1. et l'hémiplégie. très accusée quand il parle.— 230 — gauche est abaissée. ces troubles sont au contraire portés au plus haut point chez le N° 2 . je YOUS assure. Le réflexe du pharynx est perdu du côté gauche. mais qu'elle porte aussi sur tous les sens spéciaux. Il y a une plaque hy- . ne se rencontre dans les hémiplégies cérébrales organiques. je le répète. les réflexes tendineux n'y sont pas exagérés notablement. Ce qui précède est relatif aussi bien au membre supérieur qu'à l'inférieur. aussi flasque que le membre supérieur. comparée à celle que nous observons comparativement chez le malade. mais je tiens à faire ressortir dès à présent que déjà l'existence de la démarche si particulière que nous venons de mettre en relief chez le 2° malade. comme on dit. Considérons maintenant le malade N° 2. non seulement. Son hémiplégie date de plus d'un mois et cependant. se comporte le membre inférieur du côté paralysé. traîné à la manière d'un corps inerte. ou mieux. J'ajouterai que l'anesthésie cutanée n'est pas bornée aux membres. Le voilà debout. Gardez soigneusement dans l'esprit l'impression que vous fait. cette démarche. l'ouïe. il y a chez lui perte absolue delà sensibilité cutanée. portés à ce point. frottant. c'est-à-dire en imprimant à son pied un mouvement de circumduction. absolument inertes. On trouve là. en sautant. pour se tenir debout et marcher. C'est ce que je vais entreprendre de vous démontrer. Il y a entre eux bien d'autres différences à relever. au point que toutes les notions relatives au sens musculaire sont absentes. Voilà un premier caractère distinct-ifqui sépare nos deux malades. en effet. dans toute la rigueur du mot. côté paralysé.'Ainsi le goût. Je vous prie de bien remarquer. Je vous ferai remarquer. les . est un hystérique. et du côté gauche. reste en arrière de l'autre. pendant la marche. il n'existe pas de paralysie du facial inférieur. seul. en premier lieu. chez lui. ces troubles de la sensibilité sont vraiment caractéristiques dé la paralysie hystérique . l'odorat. pendant.

. même en l'absence d'attaques. nous trouverons encore de puissants arguments en faveur de cette thèse. p. lysies et sur certaines maladies du cerveau. âgée de 42 ans. En . le caractère hystérique de toutes les affections dont souffre présentement ce malade.. Mais avant d'en venir là.. Il contient une foule de choses originales et qui font le plus grand honneur h la sagacité de ce clinicien que nous ne connaissons guère en France que par ses opinions relatives aux effets des boissons alcooliques dans le traitement des fièvres. A mon avis. 34 ans. sont les suivants . Londres. une autre sur la région dorso-lombaire. La malade sur lequel le professeur argumente est une nommée Mary Leigh.. En vo ilà bien assez pour permettre d'affirmer. Ce n'est pas assez et je ne saurais trop vous recommander la lecture de l'oeuvre neuropathologique de R.— S.— mi — péresthésique du sinciput. même en Angleterre. dit-il.. Le passage que je veux vous lire appartient à la première leçon. 27. 21). Il s'agit en particulier du diagnostic de l'hémiplégie hystérique. etc.. ce petit livre n'est pas suffisamment connu et apprécié. Hémiplégie le gaucheest atteintd'amaurose. je ne puis résister au désir que j'éprouve en ce moment. D'ailleurs. B. » par Robert Bentley Todd. dans l'histoire de ses antécédents personnels ou héréditaires. Todd. 1886. Fig. médecin à l'hôpital de « King's Collège » (2e édition. de vous lire un passage que j'emprunte aux « Leçons cliniques sur lesparaXi visuelde l'oeildroit Champ hystérique. « Les points « les plus importants à relever dans cette observation.

Hémiplégie hystérique..252 « premier lieu. Si vous . 34 ans. elle s'est faite à la suite d'un travail « fatigant. « « « « « « degré très élevé de la paralysie des membres est déjà une circonstance bien remarquable (p. . —S. considérant le Fig. Mais je voudrais relever encore le earactère spécial du mouvementde la jambe paralysée lorsque la malade marche. lequel.. Car bien que la paralysie hystérique (p. dans mon opinion. 18). il n'y a pas eu un instant de conscience ou obnubilation de perte « l'intelligence. est caractéristique de l'affection hystérique. elle se montre rarement à la face. l'invasion a été soudaine. 20) puisse occuper toutes les parties du tronc et des membres. 28et 29. Il n y apas trace de paralysie faciale : et ce fait.. . si même elle s'y montre jamais.

en y produisant un engourdissement et une parésie comparable à ce qui se voit dans le choc local. faisant décrire au pied « un arc de cercle. Vous ne sauriez l'avoir trop longtemps sous les yeux. par un mouvement de « circumduetion. Quoi qu'il en soit. c'est vraiment un dessin de maître. il était descendu dans un puits pour y ajuster une pompe. vous vous apercevrez qu'en mar« chant. les antécédents héréditaires sont remarquables. n'a pas été le point de départ de l'hémiplégie. au contraire. Les antécédents du malade sont intéressants à noter. car il existe unevariété de celle-ci où les membres sont rigides. elle « traîne après elle (drags) le membre paralysé comme s'il s'agissait d'un corps « sans vie et ne produit aucun acte de circumduetion. c'est le côté gauche qui a porté sur le sol. exercée par le corps sur les membres gauches. ne fait aucun effort d'au« cune sorte pour le détacher du sol . sincèrement. pendant qu'elle marche. intense. Il est ajusteur mécanicien et a servi dans la marine de guerre où il a pris la malheureuse habitude de boire qui ne l'a jamais abandonnée depuis. le 22 mars. d'après nature. Donc. elle a une allure particulière pour porter en avant la jambe paralysée et « appuie tout le poids du corps sur le membre sain. et une fois parvenu au fond du puits. au lieu de se livrer au travail. Chez lui. il a eu dans l'enfance une maladie qu'il appelle fièvre typhoïde et à la suite de laquelle serait survenue une sorte de paralysie de la langue qui aurait persisté pendant 7 mois. en effet. Le malade ne se rappelle pas très bien ce qui s'est passé en ce moment: il croit pouvoir affirmer cependant que l'hémiplégie gauche existait déjà au sortir du puits. ne marche pas de cette façon. son grand-père est mort pensionnaire de l'asile d'aliénés de Lafon (Charente) après y avoir vécu onze ans. c'était un lundi. Ne le voyant pas sortir à l'heure habituelle. et l'on peut se demander si la pression prolongée. La période d'amnésie s'est étendue sur une période d'en- . suivant le mécanisme psychique qui préside au développement des paralysies hystéro-traumatiques. de façon à la mettre en valeur et à en tirer tout le parti possible. le pied balaye ce(sweeps) le sol. contractures. il s'était grisé la veille.— 233 — « considérez une personne souffrant d'une hémiplégie vulgaire sous la dépendance « de quelque affection organique du cerveau. il se coucha et s'endormit lourdement. Seule. Voici dans quelles circonstances s'est produite l'hémiplégie que nous observons aujourd'hui. alors. Un de ses oncles du côté paternel serait mort de méningite. est caractéristique de l'hémiplégie hystérique. C'était le 22 mars dernier. la partie gauche de ses vêtements a été salie par le sol boueux. je viens de relever une description clinique d'une vérité et d'un pittoresque achevés. Il paraît certain que pendant son sommeil qui n'a pas duré moins de quatre heures. ses camaracles ont été le chercher et Vont trouvé gisant. Cela. inerte. par quelques détails. Notre malade. cette observation intéressante. Je voudrais compléter maintenant. plus encore généralement qu'ils ne le sont dans les hémiplégies organiques. il avait remarqué qu'il ne connaissait plus la saveur des aliments. rien à noter dans:la période qui avait précédé l'accident si ce n'est que depuis quelque temps déjà. car il vous montre bien la puissance des descriptions faites ingénument. elle porte en avant la jambe'paralysée. je pense. » Il faudrait ajouter de l'hémiplégie hystérique avec flaccidité.

parce que celle-ci n'est pas encore de date très ancienne. J'espère dans ma prochaine leçon. l'alcoolisme sont venues jouer ici le rôle de causes prédisposantes . Quel est l'avenir de ce cas: la guérison. 4e MALADE. C'est un monteur en bronze âgé de 46 ans qui. Décidément. Voyez comme ces cas d'hystérie Fig. paraît-il. lui aussi. la pression exercée sur les membres gauches. . lui aurait déclaré que la maladie dont il souffre est incurable et c'est pour cela qu'il s'est décidé à entrer à l'hôpital Saint-Antoine. Vous voyez que les circonstances héréditaires. pendant lesquels le malade est resté au lit. on ne voit que ce que l'on a appris à voir .- 234 — viron trois jours. malgré l'intensité de la paralysie. présente des accidents hystériques. comme aux autres. se multiplient à mesure qu'on apprend à les mieux connaître. dans le service de M. ces cas-là m'étaient inconnus il y a 3 ans. le siège delà paralysie. Hanot qui a bien voulu nous l'adresser. pouvoir vous montrer les premiers résultats du traitement que je propose de mettre en oeuvre et de vous faire connaître en quoi consiste ce traitement. a fait le reste et déterminé. je l'espère. ne se fera pas trop attendre. traumatique observés chez des ouvriers vigoureux en apparence. 30et 31. le sujet étant en état d'ivresse. après cela il a appelé un médecin qui. Voici maintenant encore un ouvrier.

— 0. la plaquede bronze se déplace et le maillet tombe lourdement sur la main gauche. 46 ans. manié de la main droite. cet homme était occupé à frapper. car il n'est pas du tout vraisemblable qu'il s'agisse là d'une maladie nouvelle. Il y a 3 semaines aujourd'hui. gros maillet de bois..— 2BS et cependant ils existaient. à l'aide d'un Fig. Paralysiehysléro-traumatique. Nous avons quelque raison de croire que le malade était un peu gris au moment de l'accident. un engourdissement de la main et de l'avant-bras. sur une plaque de bronze fixée par un étau et qu'il maintenait à l'aide de la main gauche. . Il frappait à coups redoublés.. Les conséquences immédiates ont été une douleur assez vive. 32et 33. lorsqu'à un moment. un certain degré de gonflement du .

à son poignet. il ignore absolument de quoi il s'agit. c'en est déjà assez pour affirmer le diagnostic. je lui fais subir des mouvements de flexionou d'extension excessifs . un renseignement précieux. Ce mode de distribution de Tanesthésie cutanée est. la révélation de l'hystérie et celle de l'alcoolisme. Lorsque nous nous sommes livrés à l'examen métho» dique du membre affecté. le malade voulut se servir de sa main. c'est du moins ce que je crois devoir vous proposer d'admettre. C'est ainsi que. hystérie et alcoolismes'associent souvent. bien que la paralysie motrice et sensilive ne soit plus ici absolument complète. par nos études antérieures. il avait récupéré depuis quelques jours quelques mouvements volontaires.Ecchymoses et gonflement avaient disparu au bout de 4 jours. que chez l'homme. car il n'est pas. en outre. d'une façon systématique en quelque sorte. C'est que dans les lésions organiques corticales. jamais le tableau n'est aussi complet. par régions articulaires et nullement suivant la distribution des nerfs périphériques. c'est bien là un phénomène hystérique. de par l'examen delà fonction visuelle. du poignet et de l'avant-bras. nous avons trouvé quelque chose d'intéressant. ceci n'est pas hystérique. Nous avons naturellement cherché les stigmates et clans cette recherche. remontant jusqu'à 10 centimètres environ de l'articulation du coude el se terminant de ce côté par. de tremblement de la lèvre inférieure. se distribuent nécessairement un peu au hasard sur les régions motrices et sensitives de l'écorce qui sont distinctes et distantes les unes des autres. le poignet. les foyers toujours assez limités. il donnait. je pense. divers înouvements. mais clansl'examen de la vision. Il ignore absolument l'attitude que j'imprime à sa main et à ses doigts. il nous est arrivé de reconnaître. c'est alcoolique. il nous a été facile de reconnaître qu'il s'agissait là d'une paralysie hystéro-traumatique.même 18 au dynamomètre. qu'une esquisse. le malade n'a pas de ces mouvements la moindre notion. mais procédons avec méthode : Je fais fermer les yeux au malade et j'imprime à ses doigts de la main gauche. sont diffuseset affectent simultanément. vous le savez. Je lui tords les doigts. mais il n'y a jamais. tandis que les lésions dynamiques hystériques. Voussavez déjà. une sorte de bredouillement. il s'aperçut que la main était tombante et qu'il ne pouvait mouvoir les doigts. les régions motrices et sensitives qui sont physiologiquement intéressées dans l'accomplissement du mouvement de telle ou telle jointure. la clinique le démontre. . une limite circulaire perpendiculaire à l'axe du membre. dès deux côtés un scotôme central pour les couleurs . Nous trouvons donc cheznotre malade. d'autres paralysies que les paralysies hystériques où les caractères que je viens de relever se montrent aussi fortement accentués. les anesthôsies dans les paralysies hystéro-lraumatiques sont comme l'impuissance motrice. toujours pas de douleur. Maislorsqu'après ce temps. Un certain tremblement rapide des mains. Messieurs. celui-ci pouvant être considéré comme l'agent provocateur qui détermine l'apparition de celle-là. Certaineslésions organiques de l'écorce reproduisent sans doute partiellement ces caractères. mais il y avait insensibilité cutanée à peu près absolue de la main. Il existe un rétrécissement concentrique double du champ visuelet c'est le seul indice de ce genre que nous ayons pu recueillir et certes. en pareil cas. disposéespar segments.— 236 — poignet et des doigts et sur les mêmes parties des ecchymoses.

limitation segmenlaire ou par régions articulaires de l'anesthésie. . étant établi que notre malade est alcoolique. Il n'a guère connu ses parents et ne peut dire s'ils ont été atteints de maladies nerveuses. Je me bornerai à signaler. Inutile d'insister. dans les cours de l'asile de Sainte-Anne où il avait été admis dans les circonstances que je rappellerai bientôt. cette. siège à l'un des membres supérieurs (les membres inférieurs n'étant pas affectés). viennent confirmer. qu'il en est atteint et c'est pour ainsi dire la seule forme d'accidents hystériques qu'il présente en dehors de certains stigmates dont je vous parlerai tout à l'heure. CHARGOT : Voici encore un cas intéressant. chez lui une habitude. il éprouve des étourdissements. est atteint de mutisme hystérique et l'on pourrait dire que l'affection en question est devenue. mais je crois intéressant de vous indiquer dans un tableau la série des attaques de mutisme qu'il a déjà subies : 33 CHARCOT. il présente certains prodromes assez significatifs : Ainsi. Mais l'heure nous presse et je dois me borner pour aujourd'hui à vous en dire seulement quelques mots. une fois de plus* d'une affection hystérique. asymétrie.— 257 — que nous avons constatés chez notre malade. que quand les malades entrent dans cette catégorie du mutisme hystérique. 2e édit. Je n'ai plus qu'à relever chez notre malade l'absence de maladies antérieures. un serrement du cou. car il se pourrait faire que l'affection dont il est atteint disparaisse d'un moment à l'autre . en effet. etc. en effet. absence de douleur spontanée ou à la pression. Leçons du Mardi. Je vous parlerai du traitement une autre fois. Notre malade n'a pas d'attaques eonvulsives proprement dites. L'attaque est donc inaugurée par les symptômes de l'aura hystérique et elle revêt la' forme de l'apoplexie hystérique avant de conduire au mutisme. ayant les apparences d'un homme qui dort profondément. On introduit dans la salle un homme de 51 ans. des battements dans les tempes et tombe à terre sans connaissance. C'est la 6e et la 7° fois. les faits suivants : origine traumatique. des bruits dans les oreilles. ce brave homme âgé de 51 ans. qui ont disparu depuis qu'il est à l'hôpital. lors de son admission. 5e MALADE. que vous avez devant vous. privé d'excitants. L'occasion est pressante cependant. comme absolument contraires à celte hypothèse. il est vrai qu'au • moment où il va entrer dans son mutisme. t. On peut faire remarquer. d'ailleurs l'indication fournie par l'existence du scotôme central. M. pour montrer que la paralysie dont il est atteint n'est pas une paralysie alcoolique. affection tend à se reproduire. i. tandis que les autres accidents de la diathèse tendent à s'effacer. Oui. C'est dans ces conditions qu'on l'a ramassé l'autre jour. il s'agit. d'ailleurs.

aphasique moteur. que le malade privé complètement de la parole et de la voix écrit avec une grande facilité et semble acquérir pour manier la plume une dextérité qu'il n'a pas dans les conditions ordinaires. 3° — . vous le voyez. c'est. —P. C'est à Sainte-Anne pendant le dernier accès que nous l'avons repêché. Ce qui justifie peut-être ce séjour dans les asiles. hystérique. peu après la disparition de sa femme qui emportait une somme de 22. 2e — en 1884. deux fois. par nos études antérieures. il s'explique facilement et avec une . tant s'en faut. en 1885. 15avril1888. Durée 3 mois.000 francs provenant d'un héritage. il est aphasique. car le pauvre diable. 5° — en 1888. C'est ce que vous pourrez constater chez notre homme . Mutisme le plus souvent absolu et compliqué d'aphonie. 4e — en 1887. 34 et 35. mais il n'est pas. Durée 5 mois. Fig. en raison de son mutisme. Durée 4 mois. il ne paraît pas que les caractères de cette affection soient encore bien connus. Durée du mutisme : 7 mois. agraphique. Durée 3 mois. pendant ses accès de mutisme a été envoyé à Sainle-Anne et une fois au moins de Sainte-Anne à Villejuif. Vous savez. agité. et aphasique absolu. deuxième disparition de sa femme qui emportait un semestre de rente.que. ce qu'est le mutisme hystérique. mutisme — Dyschromatopsie. il présente en ces moments-là une apparence vraiment étrange qui peut faire naître l'idée qu'il s'agit d'un aliéné. 3° fugue de sa femme qui emportait de nouveau avec elle un semestre de rente. au contraire. et se livrant à une pantomime bizarre dans l'espoir de se faire comprendre plus rapidement que par l'écriture. à la suite de la perte d'un emploi.— 258 — lre attaque en 1884. C'est un des caractères du mutisme hystérique sur lesquels j'ai insisté. car en écrivant. à la suite d'une querelle.

car il désigne du premier coup — Hypoanesthésie hystérique. aphasie de Broca.. A mon avis. . Mutisme les divers objets placés devant lui et qu'on lui nomme à haute voix.— 259 — grande rapidité. compliquée seulement de l'aphonie dont l'existence concomitante n'est nullement nécessaire quand il s'agit d'une aphasie motrice par lésion organique. mais de plus aphone. Il ne lui manque qu'une chose. c'est de savoir accomplir les mouvements coordonnés des lèvres et de la langue nécessaires pour articuler les mots. Quelque chose lui manque encore. qu'il n'est pas du tout atteint de cécité verbale. Egalement. 36et 37. Je vous ferai remarquer du même coup. dans ces cas.. Il •est donc muet. gauche. la plus correcte de l'aphasie motrice. — P. par écrit de ce qu'il a lu. il n'est pas atteint de surdité verbale. c'est la voix. car il peut lire et rendre compte. nous trouvons la réalisation la plus systématique. Fig.

Du. toujours il lui pardonne. M. n'est pas.. et bien que plusieurs fois elle l'ait volé et indignement trompé..GIIABCOT : Elle s'appelle Louise. Le malade écrit rapidement : Louise Dutour. il est aphone et vous voyez que lorsque je l'engage à crier de toutes ses forces. C'est un original. cause principale de tous ses malheurs. Le malade : t. qui lui a causé tous les chagrins possibles.t. principalement lorsque ceux-ci sont un peu longs. Je le répète encore une fois.. Je crois devoir vous faire observer que notre malade est dans un de ces moments-là et je dois relever que chez lui il ïie s'agit pas seulement de bégaiement... ise. il ne peut prononcer le nom tout entier. Il a eu en 1871. il a été ajusteur à la fabrique d'armes de Chatellerault. . M. ou bégaye.. a épousé malgré toutes les représentations. et c'est à la suite des avanies qu'elle a coutume de lui faire que sont survenus pour la plupart ses attaques de mutisme. P.. Il est surtout mégissier . vous avez eu de la patience. et je place plus loin un tableau figurant son arbre généalogique qui en dit bien long.. CHARCOT: C'est bien le nom de sa femme . il n'est pas trop tôt... avec une orthographe très suffisante. : Et vous ne songez pas à demander le divorce ? (On rit). il a été balayeur. il ne peut émettre qu'un grognement d'un ton peu élevé. est supprimée.. t. Ainsi que cela arrive souvent aux déséquilibrés. . CHARGOT : Eh bien. si embarrassé.. Sous ce rapport... au malade : Prononcez tour.. il a fait l'homme de peine . H a fait une vingtaine de métiers. sans intelligence et sans culture . il a servi dans les hôpitaux comme infirmier. car la fin de certains mots.. etil a donnémaintes et maintes fois des preuves d'originalité .. une fille d'aliéné. Ce brave homme quf a l'air si empêché. tant s'en faut. Du. il a d'ailleurs de qui tenir. mais il est remarquable qu'il n'y a pas cette substitution de mots qui se voit dans la paraphasie. (Au malade) : Combien de fois cela vous est-il arrivé ? Le malade fait signe avec ses doigts que cela lui est arrivé 5 fois. M. M.. vraiment. Lou. ce qu'il appelle une insolation à la suite dé' laquelle il est resté mélancolique pendant 6 mois. Il s'est montré jusqu'ici d'une faiblesse extrême à l'égard de cette créature. puisque vous ne pouvez pas le prononcer.. M. balbutie.. il a été zouave. CHARCOT : Il lui est impossible de prononcer tour c'était déjà la même chose dans l'interrogatoire que je lui ai fait subir hier. CHARCOT L'interne : Il paraît qu'il l'a demandé._ 260 J'ai déjà eu l'occasion de faire remarquer que le mutisme absolu chezles muets hystériques est souvent précédé ou suivi par un état intermédiaire où le malade plus ou moins aphone. fort mal équilibrée elle-même. M. (Au malade) : Savez-vous le nom de votre femme aujourd'hui? Le malade: Lou.. etc. j'y reviendrai pro- . il le montre bien dans ses réponses écrites qu'il fait couramment et très intelligiblement. Autre trait significatif : Le pauvre garçon a une mobilité d'esprit singulière. Remarquez que les quelques syllabes qu'il profère sont dites à voix basse. Et son nom de famille ? Le malade : Du.. si gauche quand'il n'a pas la plume à la main. CHARCOT : Ecrivez le nom... le malade se comporte alors à peu près comme dans l'aphasie organique monosyllabique. Je ne vous en dirai pas plus long sur ce malade aujourd'hui..

CHARCOT: mais touchant admirable. té» par le courant .— Lors du fameuxacci(1)Actede dévouement dentdu pont d'Angers. je me bornerai à vous dire qu'il porte un certain nombre de stigmates hystériques à savoir : le rétrécissement double du champ visuel (très prononcé). presqueà la folie.. Arbre généalogique du nommé Pasq. Mutisme hystérique. 6e MALADE (Jeune fille de 18 ans). a sauvédela morten se précipitant empor: il a été entraînépar le 11*et a succombé.) M. dansle fleuve. il a perdu le goût et le réflexe du pharynx. Est-elle française cependant ? M.sa mère est introduite. 10soldats X.. (Une jeune fille accompagnée de.— 261 — chainement. CHARCOT : Où est-elle née ? La mère: En Russie.. CHARCOT: Quel âge a-t-elle? La mère : 18 ans. une hémianalgésie gauche. Pour le moment.. M.

elle sent qu'elle étouffe . il y avait en elle un changement de caractère. : A-t-elle dormi cette nuit-là? M. CHARCOT: Depuis quand est-elle malade ? La mère : Depuis 2 mois. et c'est pour cela qu'elle ne veut plus manger. M. très triste. qu'a-t-elle éprouvé ? La mère : Elle était triste. cet enfant? Lamère : Tout de suite. M. M. ni les aliments ni le bouillon ne passent plus. j'y suis allée avec lui. M. M. M. et c'est là qu'elle est née. En dehors de ce sentiment d'étouffement qui survient lorsque vous vous êtes forcée à avaler quelque chose? . CHARCOT : Comment sa maladie lui est-elle venue? La mère : Elle a vu écraser un enfant. : Depuis le moment de l'accident? M. : Quand l'accident a-t-il eu lieu? M. M. CHARCOT: Est-ce que vous n'avez pas faim? Est-ce que vous avez de la répugnance pour les aliments? La malade: Rien ne me paraît bon. CHARCOT : Pendant les mois de janvier et février. il nia dit que ce n'était rien et depuis. M. M. CHARCOT La malade : Je ne puis plus manger. CHARCOT (à la jeune fille) : Est-ce que vous ne voyez pas la scène de l'enfant écrasé quand vous rêvez? La malade : Je l'ai vue plusieurs fois. du bouillon même. CHAKCOT : Elle n'avait rien avant ? Elle n'était pas à l'époque de ses règles? La mère : Non. : En somme. elle a dit: je n'avais plus ni bras ni jambes. après avoir mangé. je n'ai pas faim. et elle n'a jamais bien dormi depuis.Elle a vu la tête de cet enfant prise entre une porte et un camion du chemin de fer. mais pas toutes les nuits. M.. de quoi souffrez-vous surtout actuellement ? M. : Que lui est-il arrivé le 18 mars ? CHARCOT La mère : Le 18 mars.— 262 — La mère : Mon mari ayant trouvé du travail dans une maison de confection en Russie. aussitôt qu'elle prend des aliments. M. CHARCOT: A quel âge est-elle venue en France ? La mère : Elle avait 11 mois quand elle est revenue. CHARCOT: VOUS ne souffrez pas de l'estomac. CHARCOT : Qu'est-ce qu'elle a dit sur le moment ? La mère: Elle a dit : Oh ! comme j'ai eu peur! ! Le lendemain. CHARCOT La mère : Non. CHARCOT La malade : Depuis le 18 mars seulement. mais enfin elle mangeait. CHARCOT: Elle n'avait pas de crises de nerfs? La mère : Non . M. CHARCOT La malade : Le 7 ou'8 janvier. : Mais elle mangeait encore? M. CHARCOT La mère : Pas beaucoup. CHARCOT: Quelle heure était-il ? La mère : 6 heures du soir. elle s'est écriée: J'étouffe ! J'envoie chercher le médecin. CHARCOT : Il est mort.

car c'est dans la clinique neuropathologique une des affections qui. Le lait passe très bien. CHARCOT La mère: Non. en raison du danger qu'elle fait courir au malade. CHARCOT ne s'agisse pas de la forme typique sur laquelle Lasègue a écrit un si beau chapitre. il lui arrive d'avoir des crises de nerfs? La malade : Quand j'ai mangé. Il semble que dans l'estomac il se soit formé comme une plaque vM. n'est pas absolument systématique. Ce n'est pas la grande forme. . La non alimentation. Mais il semble qu'il M. CHARCOT La mère : Du lait. Elle n'a pris que du lait depuis samedi. le plus de décision. mais cela pourrait arriver à la longue etil faut combattre ces tendances là dès l'origine. la malade paraît refuser les aliments surtout parce qu'après avoir avalé. ici. Est-ce que quand la malade vient de manger.— 263 — La malade : Non. réclament de la part du médecin. Il n'en seraitpas de même dans l'anorexie nerveuse primitive dont je serais heureux de trouver l'occasion prochaine de vous parler. monsieur. En résumé. Je suis porté à croire que le traitement général aura assez facilement raison de tout cela. En effet. : Il s'agit bien là d'un cas d'anorexie hystérique. le refus de manger est plutôt la conséquence de la crainte de voir survenir après l'ingestion des aliments des accidents nerveux sensibles. : Pas autre chose? M. elle est prise d'un sentiment d'étouffemenl. en présence d'un cas d'anorexie hystérique au petit pied. souvent je sens une boule qui remonte au cou. Vous voyez assez souvent les attaques de nerfs survenir justement au moment où les aliments sont introduits dans l'estomac. CHARCOT tuée encore. nous nous trouvons je crois. Qu'a-t-elle mangé ce matin? La mère : Une tasse de lait. le plus de fermeté et de savoir faire. l'anorexie n'est pas absolument constiM. j'ai le cou enflé. : C'est déjà quelque chose.CHARCOT: hystérogène. vous le voyez. : En somme. et hier ? M.

que nous considérons comme un prodrome fréquent et aussi une consé- . maçon. étant sur un échaffaudage. Cas anormal par l'existence d'un certain degré d'agraphie. DIX-SEPTIÈME LEÇON OBJET : 1° 2° 3° Trois cas de mutisme hystérique : a. Nous l'avions vu. Cas typique . (Homme de 21 ans. eten conséquence. a présenté le sujet à la Société de Chirurgie dans une de ses dernières séances. avecparalysie des membres inférieurs. Cas anormal par l'existence d'aphasie polysyllabique. pendant une période de 8 ou 10 jours d'une espèce de bégaiement (bégaiement hystérique). être pris.. on s'est aperçu qu'il s'agissait tout simplement de symptômes hystériques et que le malade nous a élé adressé par M. M. grandement surpris. Moncollègue. déjà plusieurs fois.. il avait été placé dans un appareil silicate où il est resté immobilisé pendant près de 3 mois. il est devenule héros de toute une Iliade de phénomènes hystériques que j'ai racontée dans une leçon publiée par la Semaine Médicale du 7 décembre 1887. A la suite de cet accident. parce que nous en avionsdans le service été plusieurs fois déjà témoins.. qui dans l'exercice de son métier. 1er MALADE. Au bout de ce temps. 4° 5° Un cas de paralysie générale avec tremblement unilatéral du côté droit et ôpilepsie sensitive du même côté. à la suite d'attaques convulsives.Kirmisson. Cest un jeune homme de 21 ans.Policlinique du Mardi 24 Avril 1888. Kirmisson. du nom de Gram. Un cas de paralysie agitante limitée également au côté droit. en effet. c'est parce qu'il lui est survenu ces jours-ci un accident qui ne nous a pas. Si je vous le présente de nouveau aujourd'hui. b. CHARCOT : Voiciun malade que vous connaissez. est tombé de la hauteur d'un 3e étage. c.) M.Onl'avait cru pendant quelque temps atteint de mal de Pott. d'ailleurs.

pour s'appliquer généralement à tous les cas. ces traits trop accentués.. abouti au mutisme et il y avait longtemps que ce dernier ne s'était présenté. pendant cette absence. il nous faudra les atténuer. ainsi que vous allez le voir tout à l'heure. il passa toute sa journée avec cet ami qui. jusqu'ici. quand un malade. Or. Le dimanche. est tombé tout à coup dans la rue et a perdu connaissance. puisque je suis à même de faire passer sous vos yeux dans celte leçon 3 cas de ce genre. au réveil. en effet. se met à bégayer de la façon dont celui-ci bégayait. on peut prévoir qu'à un moment donné. Il estresté absolument muet et aphone pendant toute la journée du samedi.. Ainsi. et c'est seulement le matin. lorsque l'on s'efforce de déterminer et de limiter le caractère d'un type. rue des Batignolles. voici ce qui s'est passé : La sortie a eu lieu le jeudi 19 avril à 1 heure. 11semble. en particulier un"certam nombre de traits trop fortement accusés. A ce moment. le soir. la demande écrite d'une permission de sortir. disait-il.— 265 — le quence fréquente du syndrome mutisme hystérique. très difficilement. (Jusqu'ici. nous les connaissons par le récit d'un ami qui l'accompagnait ce jour-là. . il est resté une heure à peine. i. quand je vous aurai mis en présence dé deux autres muets hystériques que je tiens à vous présenter aujourd'hui même. G. Vers les 4 ou b heures du soir. Leçons du Mardi. Le vendredi. la réclamation 34 CHARCOT. par ce que je crois que les caractères fondamentaux de ce genre de mutisme y ont été pour la première fois convenablement mis en relief. en bégayant. il n'était pas encore complètement muet. il se présentait à moi i air tout eiïaré. t. Ces circonstances. à la suite d'une attaque. mutisme hystérique est souvent précédé et suivi par le bégaiement hystérique. il parlait encore en bégayant. mais il s'expliquait. à la visite. il y a dans ma description quelque chose de trop absolu et. et c'est dans cet hôpital qu'on l'a transporté et là. 2" édit. Lorsque dans l'hôpital il eut repris connaissance. tout ce qui vient d'être dit rentre dans l'histoire. faire chez le commissaire de police du quartier de l'Hôtel-Dieu. qu'il se trouva complètement muet et aphone et absolument incapable de se faire comprendre autrement que par la mimique et par l'écriture. dans le service. que nous assistions en ce moment. Il voulait. histoire que j'ai racontée dans le 3e volume de mes Leçons sur les maladies du système nerveux). le bégaiement n'avait pas. En d'autres termes. Chez notre malade. Au moment de sa chute. Mais ainsi que cela arrive à peu près nécessairement toujours. du mutisme hystérique. lorsqu'une permission de sortir de l'hospice pour deux jours fut accordée. faisant des gestes très animés et armé d'un papier où il avait fait de sa propre main. il alla ce soir-là coucher chez celui-ci. Il ne voulut pas rester à l'hôpital et accompagné de son ami. il n'était pas loin de l1 Hôtel-Dieu. Il ne sait dire les circonstances qui ont précédé cette attaque (car c'est bien d'une attaque de sommeil et attaque apoplectiforme qu'il s'agit). le reconduisit à la Salpètrière où il rentra vers 9 heures du soir. il pourra bien devenir un muet "hystérique. L'accès du mutisme hystérique est souvent précédé par une période de bégaiement et suivi d'une autre période de bégaiement. à une véritable épidémie de mutisme hystérique. Je tiens un peu à la description crue j'ai donnée du mutisme hystérique dans cette leçon. que je considère comme classique. Mais j'en reviens au cas de Grain.

je n'ai rien à changer à ma description. Marie(Progrèsmédical.le Dr Charcot. je vous rappellerai en deux mots ce que nous savons aujourd'hui sur les troubles de la faculté du langage. n'est pas atteint de surdité verbale. typique.par P. Maisce qu'il peut faire. CHARCOT (s'adressant au malade) : Vous êtes donc sorti dimanche.— 266 — d'une somme de 20 francs qu'il avait perdue au moment de sa chute dans la rue. l'aphasie motrice absolue.4 février1888). vous avez vu le commissaire . (S'adressant au malade) : Montrez-moila plume. esl cependant devenu incapable de comprendre la signification des mots qu'il voit écrits ou imprimés. tout aphasique moteur qu'il soit.. celui de ma description. un bruit aigii quelconque. Un autre caractère que j'ai relevé dans le mutisme hystérique typique. mais privé d'articuler des mots (aphasie motrice absolue) et en outre aphone. M. quand un sujet qui n'est pas sourd entend qu'on lui parle et ne comprend pas cependant la signification des mots qui viennent frapper son oreille. c'est l'aphasie motrice d'articulation ou aphasie de Broca qui se présente.sont les grands caractères quiapparliennent au type. c'esl-à-dirë non agraphique. sans la moindre trace d'agraphie. mais de plus. l'encrier. Lorsqu'il y a suppression de la mémoire de'1'arliculalion des mots. on dit qu'il y a agraphie et j'ai pu dire ailleurs que iagraphie c'était l'aphasie motrice de la main. Il ne me sera pas difficile de vous montrer. A ce propos. aussi correctement que le lui permet l'éducation naturellement imparfaite qu'il a reçue. mais à propos de l'un des deux cas que je vous montrerai dans un instant. sans hésitation. la pelote qui sont sur la table. il y a à distinguer actuellement quatre éléments.classique . que vous a-t-il dit? M. dis-je. non privé de la vision des caractères écrits. c'est d'émettre une espèce de grognement d'un ton peu élevé. c'est l'aphonie. quels que soient ses efforts. Il y à cécité verbale quand le sujet. L'absence totale d'agraphie est un des caractères que j'ai Leplus accentués dans ma description du type mutisme hystérique et c'est ici que je devrais faire une correction. sans qu'il y ait atteinte de la faculté d'écrire. gnement . 11fait quelques gestes intelligents et écrit rapidement sa réponse. il est dans l'impossibilité de proférer un cri. non pas à propos du type actuel qui rentre parfaitement sous la règle que j'ai établie. le malade reste absolument muet et aphone. Vous savez que dans la physiologie ou mieux la psychologie pathologique du mot. l'aphonie.Ici. Lorsqu'il y a suppression de la mémoire qui permet de représenter les mots par l'écriture. Enfin. en généralet de l'agraphieen particulier d'après l'ensei(1)Voirà ce sujet:De Vaphasie deM. d'un autre côté que ce brave garçon tout muet. non plus que de cécité verbale et ce sont là encore des caractères du type. n'est pas atteinl de surdité verbale. CHARCOT: VOUS voyez. Oui. je crois que le muet hystérique est toujours aphone. Vous avez donc sous les yeux le muet hystérique idéal. c'est qu'il est privé de la mémoire auditive du mot et on le dit alors atteint de surdité verbale (1). non-seulement il est incapable en général d'articuler un mot. Notre malade.

intempestifs. M. de D. ou encore de proférer quelques phrases. L'aphasique vulgaire. demandez-lui de fléchir la tête si la réponse doit être affirmative. qu'on ne paye pas. organique. qui tout d'un coup. proférées à haute voix et distinctement articulées. Cela peut expliquer son hésitation. Remarquez aussi combien son langage par les gestes est intelligent et significatif. je le répète. quelques jurons. montre-la. il comprend très bien ce qu'il lit. CHARCOT : Y a-t-il une épingle sur la pelote? (Le malade hésite à désigner du doigt l'épingle qui existe en effet). Autre caractère. une épingle sur la pelote. Vous voyez que malgré le rétrécissement du champ visuel dont il est atteint. il désigne les objets qui lui sont présentés et nommés. saisit la plume et donne par écrit une petite explication qui montre qu'il comprend parfaitement de quoi il s'agit : « c'est des médecins. intelligente et d'une interprétation facile. (M. Eh bien. ces malades-là sont agraphiquesen même temps qu'ils sont aphasiques: ou si l'aphasique. te dis-je. Il a habituellement conservé la faculté de prononcer distinctement. vous êtes témoins chez notre malade. tel que N. auxquels vous devrez renoncer bientôt à rien comprendre. tandis que dans la généralité. presque toujours. celte rapidité d'exécution dont. ces phrases sont. Charcot lui présente un imprimé où on lit « consultation gratuite. Je vais vous montrer maintenant que notre malade n'est pas atteint de cécité verbale. (Le malade montre enfin l'épingle). aucun mot. ce n'est. (S'adressant au malade): Il y a. mentalement. » le malade lit. je le répète encore une fois. au moment de répondre. ces monosyllabes. ou inversement. chez lui. sortent de sa bouche en manière d'exclamation. Essayez d'établir avec un malade de ce genre un langage de conversation par geste.organique. n'est très généralement ni muet ni aphone. Il y a donc là encore un contraste. Celui-ci.. C'est tout le contraire chez le muet hystérique. presque toujours du premier coup. la mimique est parfaite.. de la mouvoir latéralement si elle est négative. ce qui est très rare. ») Veuillez remarquer encore une fois avec quelle rapidité sont faites les rédactions qui formulent ces réponses. est resté parfait chez le muet hystérique. Il lit très bien les mots imprimés et écrits. jamais avec cette décision.. Vous ne trouverez que bien rarement tout cela chez les sujets où l'aphasie est la conséquence d'une lésion organique du cerveau (foyer d'hémorrhagieou de ramollissement): presque toujours. et vous verrez combien il vous sera difficile de vous entendre avec lui. il se perdra dans la manifestation de gestes compliqués. est resté capable d'écrire. M. j'ose le dire. ainsi que je le relevais.. quelques monosyllabes: « tan » «tan» «ta ta» quelques mots à lavérité-cités mal à propos : « madame» au lieu de «monsieur». il est au contraire plus ou moins troublé chez l'aphasique par lésion en foyer. CHARCOT: Remarquez que notre malade a un rétrécissement considérable du champ visuel des deux côtés. Ce que je viens de dire de iagraphie s'étend au langage mimique. aucun bruit ne sort de laboù- .— 267 — (Le malade désigne immédiatement du doigt ces divers objets). à haute voix. Et il y a là vraiment un caractère distinctif entre l'aphasie organique-et le mutisme hystérique.écrit-il.

En d'autres termes. s'il s'agit du côté gauche. aucun dis-je. tous les éléments de la faculté du langage. le cas. il pourrait trouvé le temps long (sic). clans ce moment. pas puisqu'il n'y avait personne autour de moiquiaitremarquéqu'on avait. sans distinction. mais que c'était de l'argent perdu pour moi. aura presque nécessairement pour effet. M. J'aurai à faire connaître plus tard à propos de nos deux autres malades. affectant simultanémenldes régions limitrophes. mutisme absolu et en même temps aphonie sans accompagnement d'aucun trouble des autres éléments de la faculté du langage ou de la mimique. CHARCOT: Autre question : Tu as vu le commissaire hier.ramassé de l'argent. et reprendre son fonctionnement normal. un peu au hasard. je vous présente mon malade d'aujourd'hui comme représentant le type du mutisme hystérique dans toute sa pureté. sans accompagnement d'agraphie ou de tout autre trouble du langage. (Le malade rit sans bruit). Je lui ai demandé tout à l'heure pourquoi. Dans l'hystérie. que tel ou tel des centres relatifs au langage pourra se dégager peut-être. » M.— 268 — che du muet hystérique . quelques déviations que ce type subit quelquefois. M. toujours la même et c'est pour cela qu'au point de vue physiologique. pendant 24 heures. dans ce genre d'aphasie. mais physiologiquement distinctes. Ainsi mutisme. Chez lui. c'est l'aphasie motrice. le trouble du langage qui existe. au point de vue destroubles de la faculté du langage. il n'avait pas déclaré appartenir au service de la Salpêlrière. que c'était malheureux. au contraire. Si vous vous rappelez la distribution des branches deiarlère sylvienne. à . Je fais passer sous vos yeux quelques pages écrites par notre malade en réponse aux diverses questions que nous lui avons adressées. qu'est-ce qu'il t'a dit à propos de ton argent? Réponse écrite du malade : « Il m'a dit que ceux qui avaient mon argent ne me le rendraient. de compromettre à un moment donné. ce n'est que consécutivement par suite d'un rétablissement partiel par la voie des collatérales. l'aphasie de Broca. si ce n'est cette espèce de grognement sourd que nous a fait entendre notre malade. la sélection est primitive. alors que. il vous sera facile de comprendre que l'oblitération d'une des branches principales de ce vaisseau. à titre d'exceptions. l'aphasie hystérique est une affection systématisée. La lésion organique n'est point répartie de la même façon : elle s'étend de côté et d'autre. quand il y aété porté l'autre jour. CHARCOT: Troisième question: Que dirais-tu si on t'appelait simulateur? Le malade : Après avoir menacé du poing d'une façon très expressive. à la vérité. tandis que l'aphasique organique est toujours plus ou moins agraphique et atteint en môme temps à un certain degré de surdité ou de cécité verbales. respectant les autres régions intéressées dans ce même fonctionnement. CHARCOT : C'est bien ce que j'avais pensé qu'il te répondrait. étroitement localisée dans certaines régions relatives à l'exercice physiologique du langage. est presque toujours très complexe. Il a répondu par écrit : « J'avais peur qu'il m'arrive des désagréments » (sic). écrit : « Je voudrais que ceux-là qui disent que c'est de la simulation. voilà ce qui caractérise le type. qu'il ait ce que j'ai. àTHôtel-Dieu. ces cas sont si particulièrement intéressants. » En résumé. du même coup.

à la suited'une — —* e t .' 60. coordonnés. Voir sur le mutismehystérique t. voici l'anomalie qui existe chez notre malade : Il lui est impossible de tirer la langue hors de la bouche et cette difficulté paraît tenir à une contraction de l'organe. dans le closune plaque hystérogène d'une sensibilité exquise... une sorte de cornage qui indique certainement l'existence d'un état spasmodique de la glotte. je vous rappellerai qu'il existe chez lui des stigmates très prononcés.. p.1876-1877. De plus. en imminence d'attaque . les muets hystériques peuvent faire mouvoir leur langue clans toutes les directions. chez eux. à chaque inspiration. Je saisis l'occasion de répéter une fois de plus que nous savons. très mobi'lemeiit même le plus souvent et s'ils ne peuvent articuler les mots ce n'est pas parce que. Si je rappelle actuellement tous ces faits.64. etc. je pense. un rétrécissement considérable du champ visuel des deux côtés. . photogr. Je vous ai présenté Gram.. comme un type de mutisme hystérique et je maintiens mon dire . etc. en attendant. de la production expérimentale du mutisme hystérique. en suggérant à la malade « qu'elle ne sait plus parler ou qu'elle plus parler » toute la série si originale des phénomènes du mutisme hystérique tels ainsi proque nous venons de les étudier chez notre malade.55. le mutisme disparaîtra laissant après lui peut-être un certain degré d'aphonie et de bégaiement puis tout rentrera clansl'ordre (1). même absence d'agraphie. contrairement à la règle qui gouverne la symptoniatologie du attaquehystéro(1) Celaest arrivé en effet. Iconographie épileptique. Pour en finir avec notre muet d'aujourd'hui. une fois de plus. i. J'aurai vraisemblablement l'occasion prochaine de vous rendre témoins. Aussi dans ce cas. au contraire. reproduire avec une ne peut parfaite. Il a des attaques spasmodiques de temps à autre à la suite desquelles il a été plusieurs fois atteint de bégaiement hystérique ou qui. Bourneville Regnard. de la Salpêlrière. t'est je le répète. Consultez.54. 75. etc. même aphonie. deux jours après la leçon. il est on ne peut plus probable que lorsque celle-ci se sera produite.— 269 — cause des dissociations parfaites qu'on y observe d'éléments autrement presque toujours confondus. Le mutisme artificiel duit ressemble absolument au mutisme hystérique naturel : même aphasie motrice absolue et silencieuse.. Comment cet épisode de mutisme va-l-il se terminer ? La solution. Habituellement. une parésie du côté droit avec atrophie porlanl"spécialement sur le membre supérieur. chez les sujets exactitude hystériques somnambuliques (grand hypnotisme). une reproduction servile. ont plusieurs fois fait cesser ce bégaiement. etc. 108et 163. sur ce sujet. la paralysie porte exclusivement sur les mouvements spéciaux. 51. Eh bien. les mouvements vulgaires de la langue et des lèvres sont paralysés . de cécité ou de surdité verbale. je dois vous faire remarquer toutefois que le cas présente quelques anomalies bonnes à signaler. Notre malade paraît excité. la 16e leçon du tome III des maladies du système nerveux. . vous entendez chez le malade.. ne se fera pas longtemps attendre. relatifs à l'articulation des mots. même conservation parfaite delà mimique. c'est qu'ils nous aideront peut-être à résoudre la question qui se présente actuellement.

quelques difficultés que nous devrons résoudre chemin faisant. Je veux actuellement mettre à profit la circonstance singulière qui me permet. le 12 mai. méritait. mais je le répète. renverse une chaise placée devant elle et au moment où elle va atteindre le but. classique. Elle a une soeurvaguement nerveuse âgée de 55 ans. Se souvient-elle qu'alors on l'a transportée à l'hôpital Beaujon dans une voiture ? (A la malade) : Vous rappelez-vous cela? . bien cependant très certainement de mutisme hystérique qu'il s'agit. l'histoire de celte malade. Lara qui Fa électrisée dans le service de M. à quelques égards. tout cas. elle se met à trembler. Millard. mais je sais que les discussions survenues à ce propos sont invoquées par la malade comme étant la cause principale de sa situation actuelle. 2e MALADE (Femme dé 33 ans). Elle est âgée de 33 ans. La malade elle-même n'aurait jamais eu d'attaque de nerfs. C'est le 12 mars dernier qu'elle a été frappée du mutisme dont nous constatons l'existence encore aujourd'hui. il s'éloigne notablement du type régulier. Elle a encore sa mère bien portante. Je ne vous parlerai pas de ses antécédents de famille. des symptômes se trouvent combinés spasmodiques aux phénomènes paralytiques. Elle est femme de chambre et dans la maison où elle sert à ce titre. lorsqu'elle s'est réveillée. Donc. Voici une malade qui nous a étébienveillamment adressée par mon collègue et ami. elle se lève brusquement. nous allons rencontrer dans la démonstration du fait.— 270 — mutisme hystérique typique. Elle reste sans connaissance pendant 5 ou 6 heures et la question est de savoir si elle se rappelle les faits qui se sont passés au bout de ce temps. M. parce que. ils ne présentent rien de bien remarquable. cela est incontestable. vers midi. mais que je crois rare. grâce aux renseignements qui nous onl été fournis par M. Millard. de vous présenter aujourd'hui même. elle tombe à terre. sa maîtresse l'appelle. Que s'est-il passé entre elle et sa collègue de la cuisine? Je ne suis pas parvenu à l'éclairer nettement. d'être relevée. mais lorsqu'on la contrarie. ainsi que je vous l'ai annoncé. en deux mots. en. marche précipitamment. Cette combinaison que j'ai rencontrée dans un certain nombre de cas. dont je viens de vous rappeler les traits fondamentaux. C'est. frappée de cette apoplexie hystérique que vous connaissez bien pour en avoir entendu parler plusieurs fois et qui n'est en somme qu'une variante du sommeil hystérique. telle que nous avons pu la reconstituer. et grâce aussi à ceux qu'elle nous a fournis elle-même par écrit. deux autres exemples de mutisme hystérique. comme une masse. Voilà. pendant quelque temps. il paraît qu'elle avait souvent des difficultés avec la cuisinière. et dont le cas est un peu plus difficile à interpréter que celui de notre jeune maçon.

cette fois encore. sur le triangulaire du menton et le sourcil du même côté. cela est vrai. il semble que tout proteste contre cette assertion. messieurs . bouche tombante à droite. marqués par de petites secousses. en "réalité. Cependant. messieurs. Tout cela se voit parfaitement. mais à l'origine on pouvait très légitimement considérer ce mutisme comme dépendant de la lésion organique en loyer dont on supposait l'existence. la malade a été agraphique. il lui était impossible de tracer autre chose que des traits sans signification. alors que l'hémiplégie avait disparu déjà et que la malade pouvait tenir entre les mains une plume.— 271 La malade par signes et en écrivant répond : « oui ». l'élude plus approfondie du cas a fait penser à mon collègue M. j'affirme que la paralysie faciale n'est qu'apparente et que. comme elle l'a expliqué plus tard. lorsque la malade est calme. perte de connaissance pendants ou 6 heures. occupant le côté gauche delà faceet donnant ainsi l'apparence d'une hémiplégie faciale droite. que l'absence d'agraphie est un des caractères de l'aphasie hystérique. Eh bien. surtout sur le côté gauche de la lèvre supérieure. En outre. vous l'affirmiez il y a 8 jours à peine. à l'hémiplégiehystérique. hémiplégie droite. d'une véritable contracture avecmouvements spasmodiques. M. Voilà une hémiplégie droite avec apparence de paralysie du facial inférieur du côté droit. mais très peu de celui-ci. Elle avait en ce moment. conséquence de l'inertie paralytique des muscles correspondants du côté gauche? Cela n'est . D'un autre côté. Ces difficultésne sontelles pas insurmontables? N'est-ce pas une sorte de gageure que de vouloir rapporter à l'hystérie un ensemble symptomatique qui paraît si éloquemment plaider en faveur du diagnostic : Lésion en foyer. tandis que du côté droit. Au réveilelle est muette et aphone comme nous le voyons aujourd'hui. or. là nous voyons que la commissure labiale est élevée. paralysie et le reste. remarquez bien ceci qui — ajoute à la difficulté elle présentait en même temps cette fameuse apparence de de la paralysie du facial inférieur qui se produit quelquefois dans les hémiplégies hystériques. mais cela s'exagère . Maisdès l'abord. En premier lieu. voici les observations que je crois devoir vous présenter à ce sujet. d'autant mieux que trois jours après l'attaque. CHARCOT : Elle croit se le rappeler . toujours est-il qu'au moment de son entrée à l'hôpital elle était paralysée du membre supérieur droit et même du membre inférieur droit. Maintenant je dis : C'est une hystérique et je vais essayer de le prouver et de vous démontrer du même coup que tous les accidents qu'elle présente. vous nous avez affirmé également naguère. il s'agit ici du spasme glosso-labié des hystériques. me direz-vous. Or. j'ajouterai qu'elle l'est encore à un certain degré. «perdu la notion de l'orthographe des mots » en d'autres termes. elle est abaissée. début apoplectiforme. Ainsi. relevée à gauche .pas. Considérons les chosesd'un peu près et examinons d'abord le côté gauche de la face . Mais cette élévation de la commissure labiale gauche tient-elle véritablement à la prédominance d'action des muscles de ce côté. la paralysie du facial inférieur n'appartient pas. dans le domaine du facial inférieur. sont dénature hystérique.le Dr Millard qu'il s'agissait là d'un syndrome hystérique et j'ai été amené à mon tour à embrasser sans réserve cette opinion. les muscles du côté gauche sont le siège. elle était agraphique. voilà bien toutes les apparences d'une hémiplégievulgaire de cause organique. mutisme.

elle peut volontairement faire de côté toutes les grimaces possibles.la commissure labiale gauche. à pleurer. s'élève plus encore tout aussi bien que dans le rire. ainsi que cela a lieu clans les conditions normales . de façon à mettre en évidence qu'ici la paralysie des muscles du côté droit de la face n'est qu'une vaine apparence. côté de l'hémiplégie des membres — ici. (Croquis de M. la peau plus lisse. lorsque la malade se met. En effet.RCOT). —VictorineR. Cela contraste remarquablement avec ce qui se voit clans le domaine du facial inférieur du côté droit. CHA. La façon de tirer la langue ne fournit ici aucune. moins ridée que du côté opposé. l'illusion se dissipe. Les secoussesdeviennent alors plus évidentes et il est à remarquer particulièrement que. — Secousses commissure labiale parait tombante. contracter comme elle le veut les traits de son visage. Fig. et vraiment.— 272 — et devient par conséquent plus évident encore lorsqu'elle est émue. elle s'abaisse. au lieu de s'abaisser comme cela devrait être. la commissure labiale du côté droit s'élève. à l'étal de repos on pourrait croire qu'il s'agit d'une paralysie faciale— mais aussitôt que survient l'émotion. La langue est tirée droite et ne . lorsqu'elle rit et lorsqu'elle pleure. la en a et en b. cela est vrai. 38. si la malade rit. tandis que si elle pleure.indication.

1. mais simplement d'un spasme labié. malgré ses efforts. pas de surdité verbale . elle répond : « j'habite 24 rue de Ravignac. que chezlui le pharynx est insensible et si après cela nous examinons les troubles du langage.— 273 — dévie ni d'un côté ni de l'autre. CHARCOT. l'orthographe des mots ». Nousne sommes pas dans le type du parfait développementdu mutisme hystérique où la facilité qu'ont les malades à traduire leur pensée par écrit contraste avecl'absolue incapacité de prononcer un mot. la malade peut-elle prononcer un grognement -. il y a mutisme absolu et aphonie.-Mais voici l'anomalie : Il est certain que la malade a été agraphique pendant un certain temps à l'origine . Jusqu'ici. mais aujourd'hui encore il en reste quelques traces et ce n'est pas sans quelques difficutés que se fait actuellement la traduction de la pensée par l'écriture. On lui demande où elle demeure. contrairement à ce que j'avais pensé jusqu'ici. à . Leçons du Mardi. elle ne pouvait traduire sa pensée par l'écriture. cette agraphie absolue a cessé rapidement. nous trouvons qu'ils se rapportent à la description du mutisme hystérique.. « Victiorne» au lieu de Victorine . quelques bâtons. Il ne s'agit donc ici. excepté seulement sur un point qui sera discuté plus tard. mais bien un spasme du côté opposé. En effet. nous lui demandons ce que c'est que la Salpêtrière. On lui demande d'écrire son nom. il y a des dérivés qui s'éloignent quelque peu de la règle. tracer quelques lignes. parfaitement correct et bien en rapport avec ce que l'on sait de l'aphasie organique. non pas comme dans les cas du même genre. elle écrit « ugence » et reproduit plusieurs foisla même omission. quelqueslettres. tout est.hein ! hein ! pas de cécité verbale. principalement si l'on considère que l'hémiplégie des membres n'a duré que deux ou trois jours. 35 . Mais que conclure de tout cela? C'est qu'à côté du typeparfait. 2« édit. l'hypothèse qu'il s'agit purement ici de phénomènes hystériques devient déjà plus facile à soutenir. peine.pice où l'on guérit les malades. une paralysie faciale droite. Etant établi qu'il n'a pas existéet qu'il n'existe pas. elle fait comprendre par écrit qu'elle a parfaitement saisi la signification de ce qu'elle lit. 1. comme dans le cas précédent . comme elle le dit elle-même. Tout cela évidemmentc'est de l'agraphie. parce qu'elle avait oublié.. bien qu'elle pût manier la plume de la main droite. au lieu d'urgence. elle écrit. » Il y a donc omissionet transformation de lettres. elle désigne rapidement du doigt les divers objets placés devant elle et qui lui sont signalés à haute voix. sans cesser pour cela d'être lui-même. chez notre malade. à plusieurs reprises. elle écrit « ho. et non à celle de l'aphasie organique. Ainsi. Manmotre» (au lieu de Montmartre). peut se compliquer d'un certain degré d'agraphie. que la caractéristique que j'ai donnée dans mes leçons (3° volume) du mutisme hystérique est trop absolue et qu'il y a des cas où ce genre de mutisme. que le sujet est atteint d'hémiànalgésie droite. d'un spasme glosso-labié.

Il m'a répondu Du. CHARCOT: Elle s'appelle Louise. chez notre malade..était absolument muet. Je vous le présente de nouveau aujourd'hui pour le mettre en parallèle avec les deux précédents.. Après cela.en raison de la richesse du matériel dont nous disposons. dans cethospice.. Il n'est donc pas sous ce rapport plus avancé que l'autre jour. L'autre jour.. La possibilité où nous sommes.qui. il y a 8 jours. toutefois. Il y a toujours intérêt. mais cela se verra-t-il jamais? C'est-là une question que les observations ultérieures permettront de résoudre. CHARCOT au malade: Dites ie petit nom de votre femme? Le malade: Lou. que je veux vous signaler et qui m'obligea modifier encore sur un point ma description première.. immédiatement. Cela rappelle donc ce qui se voit fréquemment dans les aphasies organiques. absence complète d'agraphie ainsi que je vous l'ai fait constater l'autre jour.. c'est ce pauvre homme qui a été si fort malmené par sa femme. seulement. d'établir fréquemment de pareils rapprochements. Je vous l'ai présenté dans la dernière leçon. exactement de la même façon. Les analogies et les contrastes sont ainsi mis en relief et les résultats de cette étude comparative sont généralement des plus instructifs. qui. cependant. Il est. j'ai demandé au malade le nom de sa femme. Eh bien. Du. faut-il s'attendre avoir le mutisme hystérique se combiner avec la cécité ou la surdité verbale? Cela ne s'est pas vu encore que je sache . Il ne peut prononcer isolément le mot tour. M. suffirait déjà à elle seule. et qui déjà a éprouvé cinq ou six accès de mutisme. quand cela se peut. C'en est assez pour le moment aveccette malade dont j'aurai l'occasion prochaine de vous reparler. chez les hystériques. il a écrit Dutour. s'accompagner d'un certain degré d'agraphie et dans d'autres cas d'un certain degré d'aphasie monosyllabique. Lou. vous le connaissez déjà. ce n'est pas seulement. Au contraire.. surtout lorsque ceux-ci sont longs. contrairement à ce qui s'observe assez vulgairement quand l'aphasie reconnaît pour point de départ une lésion en foyer (paraphrasie).274 — 3e MALADE (homme de 51 ans). Tout cela se reproduit aujourd'hui devant vous.. M. non pas simple bégaiement. prenant la plume. . mais véritable aphasie motrice polysyllabique et c'est justement là ce que j'ai voulu faire ressortir. comme les précédents. conformément au type classique. et n'a pu dire le reste. si cela était nécessaire. et j'en viens à notre 3mohystérique muet.du bégaiement qu'on observe aujourd'hui c'est une véritable aphasie. pour justifier la création de notre enseignement clinique. nous n'observons pas chez notre malade qu'un mot soit prononcé jamais au lieu d'un autre. La conclusion de tout cela c'est que le mutisme hystérique peut. un exemple du type classique avec une variante. Ce dernier. marquée par l'oubli de certains mots et de fragments de mots... à placer l'un à côté de l'autre les malades d'un même groupe. précède et suit les crises de mutisme. Il y a donc dans ce cas.. Je vous ai parlé du bégaiement. Lou. Mais je ne vois pas de nécessité à entreprendre une apologie et j'en reviens à notre muet. dans quelques cas.

vibratoire. en tous cas. la main droite et le membre inférieur droit présentent les oscillations à rhythme lent de la maladie de Parkinson. J'ai fait placer à côté de lui une malade qui tremble aussi. lui aussi. J'aurai à vous démontrer tout à l'heure cruec'est bien de la paralysie générale qu'il s'agit chez ce malade atteint de tremblement hémilatéral. le même tremblement occupe le membre inférieur droit. le pied du côté gauche au contraire ne tremble pas. Le tremblement hystérique vient. les articulations comme soudées. en général surtout prononcé lorsque le malade veut parler. (En ce moment. Seuls. Voyez-vousla différence entre le tremblement rapide qui s'observe chez notre homme et le tremblement lent que présente celte femme. je l'ai déjà fait remarquer. lui aussi. Ce tremblement. Cheznotre malade. Cela diffère beaucoup du tremblement de la paralysie agitante qui ne donne guère. sans bredouilleraent toutefois. mais il est certain. Regardez les deux malades alternativement. CHARCOT (au malade homme): Relevez votre main droite et tenez-la tendue en écartant les doigts.sous le rapport du nombre des oscillations. etc. ainsi que vous le constatez lorsque je lui fais lever la main gauche. la malade porte la main à sa poche pour y prendre son mouchoir). appartient à la catégorie des oscillations rapides. CHARCOT chercher son mouchoir: elle se meut lentement comme aussi elle parle lentement. se placer entre les 2 groupes précédents. par seconde. M. est immobile. 6 et 7 oscillations au plus. Notre femme a le regard étrangement fixe. 8 à 10 secousses par seconde. que 5. mais aussi à cause de la déformation spéciale. a une physionomie beaucoup plus mobile. (A la malade) : Levez les mains en l'air. ici. trépidante. la parole est embarrassée. Vous voyez que cette main est affectée d'un tremblement rapide. Chez elle. je le répète. tout entier. En résumé. l'attention concentrée. » ce qui me paraît bien difficile à constater. elle présente en permanence unc faciès immobile. Il tremble. Notre homme. et ceux de vous qui ont un peu d'habitude reconnaîtront facilement qu'il s'agit ici du genre d'embarras de la parole qu'on observe dans la paralysie générale progressive. l'alcoolisme. membres supérieur et inférieur. Le malade ajoute qu'il sent trembler sa langue « du côté droit. comme cela se voit par exemple dans la paralysie générale. du côté droit. qu'il existe chez lui un tremblement très accentué des lèvres et de la langue. Le diagnostic. caractéristique. une femme). que présente celle des mains qui tremble. mais son tremblement. est fait.— 275 — 4e et 58 MALADES (A. qui existe dans ce côté seulement. : Tenez. . un homme. non seulement en raison de la lenteur relative du tremblement. Jamais un mouvementde sa face. B. la maladie de Basedow. Le corps. qui rappelle l'étonneraient. c'est la paralysie agitante qui est en jeu. diffère essentiellement par le rhythme de celui qu'on observe chez cette femme. les traits de sa face se modifient-de temps à autre et exprime ses émotions non toutefois sans une empreinte d'hébétude. par contre. faites attention à la lenteur du mouvement qu'elle fait pour M. cela est facile à reconnaître du premier coup. seulement dix côté droit.

Il m'est devenu impossible. bien que la maladie date déjà d'assez loin. je vous dirai. qui remontent le long du bras. j'ai senti un engourdissement dans la main droite et il me fut impossible de le faire. ma langue cessa de pouvoir tourner. contrairement à la règle. M. Il s'est donc agi là d'une épilepsie partielle sensitivo-motrice. il éprouve de temps en temps des engourdissements qui commencent par l'extrémité des doigts. CHARCOT : Qu'est-ce qui a passé par le nez? Le malade : L'engourdissement. à l'inverse de ce qui s'observe communément. Ce qui est remarquable encore. mon patron qui était à côté de moi me demande ce que j'avais. de l'épaule. mais il y a 6 semaines que je n'en ai pas éprouvé. Un matin. M. je posais des serviettes sur une corde et je les y fixais au moyen d'épingles en bois. il y a 3 ans. j'en ai eu une fois par semaine et il m'est arrivé d'en avoir jusqu'à 3 fois. M. l'amnésie n'est pas très prononcée relativement et "la dépression mentale ne saute pas aux yeux du premier coup. J'ai continué à travailler. c'est que ce tremblement est très prononcé comme l'est aussi l'embarras de la parole et que ces phénomènes somatiques prédominent ici considérablement. CHARCOT: Je vous en prie.. M. le tremblement est resté unilatéral. Lemalade : Alors. Maintenant je vais vous dire ce qui les a amenés. Ainsi. Je suis resté 25 jours sans rien avoir. en pareille occasion. etc. Ainsi. mais le tremblement m'est toujours resté. de celui qui s'observe dans l'alcoolisme. CHARCOT : Dites-nous ce que vous ressentez? Lemalade: J'ai commencé aies avoir au commencement de septembre 1885. L'intérêt spécial du cas est qu'ici. CHARCOT: Je cherche à le fatiguer de questions pour que son embarras de parole devienne pour vous plus manifeste. M. ce tremblement. l'hystérie. et envahissent finalementla moitié droite de la bouche et delà langue (Au malade) : Vous avez eu souvent de ces accès dont je parle ? Le malade : Dans le commencement. Je lui dis : un engourdissement et seulement au moment où je lui disais cela.. Par contre le malade est sujet à cet accès d'épilepsie partielle sensitive qui est un des apanages de certaines formes de paralysie générale progressive. par contre. Je ne pouvais plus parler. sur les symptômes psychiques. dans cette même main droite qui est le siège du tremblement que vous lui voyez. Mais ici. Mon patron m'a parlé et je n'ai pu-lui répondre. CHARCOT: Remarquez bien cela. . en même temps des troubles du mouvement et des troubles de la sensibilité. M. mes doigts se sont crispés et mon bras est tombé inerte. CHARCOT : Avez-voussenti un engourdissement dans la langue et dans la figure? Le malade : J'ai ressenti seulement un petit fourmillement à l'intérieur de la bouche et cela a passé par le nez. ne nous faites pas de théorie et dites-nous simplement ce qui s'est passé.— 276 — Il se rapproche beaucoup. de parler et ma mémoire a disparu un instant. En voulant reprendre une épingle. Le malade: J'étais chez un blanchisseur. que c'està la paralysie générale qu'il doit être rapporté. du cou. sans entrer dans une discussion que le temps ne nous permet pas d'aborder. (Au malade): Combien avez-vous eu d'accès? Lemalade.

Vous voyez. Et après ? Le malade : Je m étais engagé à 18 ans clansle 12echasseurs à pied. CHARCOT: Pour les malades de ce genre. que ses réponses. J'ai fait partie des concerts Pasdeloup et Colonne. en partie du moins. CHARCOT: Combien de fois avez-vouseu ces accès? Une quinzaine de fois? Le malade : Oui. Il arrivait 30 ou 40 volontaires par jour qui s'engageaient pour la guerre. on m'a pris comme écrivain. : Après? M. M. par vousmêmes.rrerie. Je ne pouvais plus faire mon métier. puis j'ai chanté à l'église. M. M. au moins.277 — M. je donnais l'ut de poitrine ..Après? Le malade : Je suis parti pour A Arrivé à la caserne. M. je n'ai jamais perdu ni la raison ni la connaissance. C'est un mal aux yeux qui m'en a fait partir. : Racontez-nous donc votre histoire. j'avais une voix de ténor. mes yeux n'ont pas pu supporter la lumière du gaz se reflétant dans les glaces et sous l'action de laquelle je me trouvais placé en quelque sorte nuit et jour. excepté celle-ci quelques instants. CHARCOT : Avez-vous joué d'un instrument? Le malade : J'ai étudié le violon. très capable. mon diagnostic. dans les membres. de telle sorte qu'on pourrait affirmer que l'un des deux hémisphères est affectébeaucoup plus profondément que l'autre et c'est peut-être à cette circonstance. J'ai tenu à faire parler ce malade devantvous afin que vous puissiez. j'ai joué dans la damnation de Faust. mon ami. M. Commej'avais de bons certificats. CHARCOT .till... CHARCOT . J'ai perdu l'usage de la mémoire. à l'école de M. CHARCOT : Quels métiers avez-vousfait ? Le malade : J'ai débuté par être commis de recette à l'octroi de Paris. un homme très instruit. M. j'y suis resté 11 mois. je suis rentré en pied dans l'Administration. M. Maislà. ce mot est souvent une pierre d'achoppement.. je suis entré dans un magasin du Palais Royal.. unilatéraux. (Au malade) -. qu'est due la persistance relative de l'intégrité de la mémoire et des facultés psychiques. l'intérêt du cas est surtout dans ce fait que les phénomènes somaliques sont. vous rendre comjite de son état mental. Je fus obligé derenoncer à rester dans cette maison. Vous pouvezvous retirer. Il fallait les inscrire. Qu'est-ce que vous avez fait M. jusqu'à 14 ans 1/2. En somme. . CHARCOT : Prononcez donc le mot artillerie? Le malade : Ar. CHARCOT Le malade : Je suis resté 3 mois surnuméraire. de la parole. Je suis entré dans une maison où je suis resté cinq ans comme gardemagasin. CHARCOT dans votre vie. passablement prétentieuses à la fois et enfantines ne contredisent pas. CHARCOT : N'avez-vouspas été musicien? Le malade : Au sortir de l'école. Vous avez été à l'école? Le malade dont l'embarras de la parole se prononce de plus en plus : Oui.. tant s'en faut. j'ai chanté dans les choeurs.

par le fait de manoeuvres que vous connaissez.— 2° Traitement de l'hémiplégie (à propos psychique hystérique d'un cas d'hystérie virile avec hémiplégie. de la placer dans l'état de somnambulisme.— hypnotisable.. M. stigmates hystériques chez une jeune fille de 19 ans (5° Malade). etc. peur des épingles et du verre pilé. CHARCOT: La malade que vous avez devant vous n'est pas dans son état normal. etc.). . de paralysie dans l'état hypnotique : de ces paralysies expérimentales (chez Grand hypnotisme. chez une jeune fille de 15 ans (6e Malade).Policlinique du Mardi 1er Mai 1888. 5° Idées impulsives. 4° Cas de chorée rliytmée du membre supérieur gauche . DIX-HUITIÈME LEÇON OBJET 1° Production artificielle : procédés de guérison une hystéro-épileptique lrc Malade. — c'est du grand hypnotisme qu'il s'agit — et ici les fameux trois états sont parfaitement dessinés et séparés. c'est une grande hystérique hypnotisable et tout à l'heure je viens. 2° malade) et d'un second cas de paralysie chez hystéro-traumatique également l'homme (3° Malade). 3° Guérison taque brusque spasmodique du mutisme hystérique à la suite d'une atchez l'homme (4e Malade). (Une malade appartenant au service est introduite dans la salle du cours).

si vous attendez. On peut en effet. je le répète. à cet égard.279 Mon but est de bien montrer à propos de ce sujet. se rapproche des paralysies hystéro-traumatiques. il sera trop tard peut-être. artificiellement. nous l'appliquons également avec quelques modifications d'ordre secondaire. Messieurs. Je vous rappellerai en deux mots que notre malade. Vous allez voir que c'est en agissant « sur l'esprit » qu'on guérit les paralysies provoquées chez les somnambules . » Eh bien. p. enfin. est sans doute la cause du développement de la paralysie qui. 11 importe que la paralysie ne soit pas de date très ancienne. vous faire voir les premiers résultats du traitement que je me propose de mettre en oeuvreet de vous faire connaître en quoi consiste ce traitement. 242). à l'origine. s'était endormi en état d'ivresse au fond d'un puits où il était. chose facile . je vous disais que dans mon opinion « la guérison ne se ferait pas trop attendre malgré l'intensité'de la paralysie parce que celle-ci n'était pas de date très ancienne. nos prévisions se sont réalisées et vous allez voir que notre homme est actuellement envoie de guérison. le traitement que nous lui avons appliqué est fait sur le modèle du traitement que nous employons chez les sujets placés en somnambulisme lorsque nous voulons les délivrer des paralysies que nous produisons chez elles. La paralysie hémiplégique gauche était déjà complète lorsqu'on l'a tiré du puits et il nous a paru naturel d'admettre que le fait d'avoir lesmembres du côté gauche compriméspar le poids du corps. vous disais-je jamais durer ces contractures . cela est presque toujours facile. qu'est fondée la thérapeutique que nous appliquons à ces dernières. Aujourd'hui. par voie de suggestion. pendant un sommeil qui n'est peut-être pas. dans trois mois. guérir assez facilement une paralysie naissante si ion peut ainsi dire . sans analogie avec le sommeilsomnambulique. Je dois donc vous répéter ici ce que je vous ai dit bien des fois déjà à propos des contractures hystériques. à certains égards. ce sera. En vous présentant ce dernier cas où l'hémiplégie était cependant poussée aussi loin que possible. expérimentales. Cetteméthode de traitement des paralysies artificielles. J'espère. ajoutai-je. dans un but d'études scientifiques. faites-les disparaître aussitôt qu'elles se montrent . Il est resté là. ajusteur-mécanicien. pour la prompte réussite de ce genre de traitement. sur quels principes est fondée la thérapeutique que nous avons employée à l'égard d'un homme atteint d'hémiplégie hystérique que je vous ai montré dans la leçon du 17 avril (Leçons du mardi. c'est beaucoup plus difficile lorsque celleci a duré. ainsi qu'en témoigne cette circonstance que ses vêlements n'ont été souillés par la boue du sol que de ce seul côté. pendant près de 4 heures. une circonstance doit être relevée particulièrement parce qu'elle me semble être indispensable. C'est justement sur l'analogie des paralysies produites par suggestion dans le somnambulisme et des paralysies hystéro-traumatiques. après-demain moins encore. au traitetement des paralysies hystériques spontanées non artificielles.descendu pour ajuster une pompe. si vous perdez du temps. Je le répète. Ne laissez. 11est possible . lourdement endormi. l'expérience nous l'a montré. couché exclusivement sur le côté gauche. Seulement. c'est de la même façon que nous agissons sur les cas de paralysie hystérique proprement dite. déjà demain ce sera peut-être moins facile.

en conséquence. . dit M. je vous fais reconnaître qu'en ce moment les mouvements des bras sont parfaitement libres. en même temps que la sensibilité y a disparu dans tous ses modes. soit en passant une des mains à une certaine distance du membre. Charcot. et en même temps. Charcot donne à l'aide du poing fermé un coup d'une intensité très modérée sur l'épaule gauche. la perle absolue dès notions du sens musculaire. particulièrement favorable aux suggestions. toutes les fois qu'il s'agit de se dégager de toute idée de simulation. il s'agit de produire chez lui une paralysie cliniquement etpathologiquement comparaJDleà celle que nous cherchons chez notre malade. Le sujet exécute ces divers mouvements avec aisance. a été mise en état se somnambulisme : vous reconnaissez que la malade est bien dans l'état en question à certains caractères sur lesquels j'ai insisté et dont je" maintiens l'importance. Cette hystérique. inerte. parle mécanisme de l'autosuggestion. Charcot ordonne ensuite à la malade de se lever et de marcher et l'on peut reconnaître alors que la façon dont elle traîne sur le sol le membre " inférieur paralysé. ce membre devient également flasque. . Actuellement. Tandis qu'une pression forte exercée soit sur les muscles. Mi. M. absolument paralysé quant au mouvement volontaire. vous le.CHARCOT au sujet : Levezvos bras en l'air. voici ce qui s'est passé. Jerappellerai seulement que le sujet somnambulisé (grand hypnotisme) est dans un état mental spécial. la contracture dite somnambulique qui s'obtient. aussitôt le membre-supérieur gauche devient flasque. C'est. tout à 'l'heure parfaitement sensible. mettez vos mains sur votre tête.280 que cela devienne extrêmement difficile pour ne pas dire plus. M. comme elle le ferait à l'état de veille. de la sensibilité cutanée et profonde. il en est de même de la paralysie hystérique non artificielle. Ce léger traumatisme. En ce moment M. soit sur les troncs nerveux ne diminue aucune contracture contrairement à ce qui a lieu dans la période dite léthargique (période d'hyperexitabilité neuro-musculaire). dis-je. de pesanteur et une esquise de paralysie. on constate la perle absolue. soit en soufflant légèrement sur le membre. totale. Un de ces caractères c'est. spécialement prédisposé pour produire dans toute l'étendue du membre un sentiment d'engourdissement. Eh bien. Le sujet étant ainsi préparé. dans ce membre. sur le côté gauche que nous allons déterminer la production de la paralysie motrice dont un des caractères sera d'entraîner avec elle des troubles remarquables de la sensibilité qui n'auraient pu être reconnus si nous avions opéré sur le côté droit insensible déjà. a suffi chez un sujet nerveux. CHARCOT complète l'hémiplégie en frappant le membre inférienr gauche comme il a frappé le membre supérieur correspondant. ce choc local. savez. N'oubliez pas que notre malade est une grande hystérique avec hémianesthésie droite. cette paralysie rudimentaire est devenue rapidement une paralysie réelle. Avant de déterminer la paralysie. Revenons actuellement au sujet que j'ai placé devant nous. complètement paralysé du mouvement. pendant et inerte. la malade peut porter son bras et sa main partout où on lui ordonne de le faire. En somme. je n'insisterai pas sur la théorie de la production de ces paralysies et je vous renvoie aux détails que j'ai donnés à ce propos dans mon 3e volume. suivant moi : J'ai frappé l'épaule légèrement. rappelle absolument la description de Todd. antérieurement à l'expérience.

il ne sont plus paralysés. vous le pouvez. de faiblesse et la paralysie motrice naissante qui.— 281 — C'est dans le siège des opérations psychiques. je le répète. comme nous la disons.. chez un sujet prédisposé et placé dans un état mental que nous comparons à l'état somnambulique. légère que le vent emporte. si elle est forte. dans l'écorce cérébrale en d'autres termes. idéale. ne nous faites pas languir. que je suppose bien connue de vous et qui légitime à mon sens la dénomination de.Veuillez remarquer qu'elle regarde successivement sa main droite (non paralysée) à laquelle elle imprime les mouvements prescrits et la main gauche paralysée qui en ce moment reste encore immobile. M. ont été le point de départ d'une auto-suggestion. Veuillezbien suivre tous les détails de l'opération et toutes les circonstances qui vont se dessiner successivement. Tel est. le mécanisme de la production des paralysie psychiques. Remarquez que la malade continue à regarder les mouvements qu'elle imprime à sa main droite. Ici. Il y a des images faibles et des images fortes. psychique. encore l'idée d'impuissance motrice s'est développée au plus haut degré et objectivement réalisur celte théorie des paralysies hysléro-trausée. 2eédit. cette sorte de pantomime que je crois très instructive. Chez notre homme.CHARCOT (aux auditeurs) -. ainsi que nous le disions tout à l'heure. CHARCOT : Dépêchez-vous. c'est déjà le mouvementen voie d'exécution : l'idée de l'absence du mouvement. C'est en quelque sorte le"résultatd'un rêve que vous avez provoqué . rêve intense et qui s'est en quelque sorte réalisé objectivementCe mêmemécanismeest-celui que nous invoquonsau sujet des paralysies hystéroIraumatiques qui s'offrent si fréquemment dans la pratique. i. que le phénomène se passe évidemment. sommairement. dans le somnambulisme du grand hypnotisme. M. t. L'idée du mouvement. comme un vain peuple pense. Je vous recommande. . La malade : C'est facile à dire. 11ne faut pas croire. CHARCOT (aux auditeurs) : Remarquez cette réponse : « Je ne sais plus ». très instructives. cela est surabondamment connu en pathologie mentale. suivant nous.il s'agit de le défaire. comme si cela devait l'aider à apprendre de nouveau comment il faut faire pour remuer la main gauche. tout cela est parfaitement conforme aux données de la psychologienouvelle.Jeiiinsiste pas plus longuement. matiques. qu'on ne peut se soustraire à l'obsession dont elles vous poursuivent . la paralysie motrice réalisée. par imagination (mais non imaginaire). (A la malade) : Qu'est-ce qui vous manque pour mouvoir vos doigts ? La malade : Je ne peux plus remuer mes doigts : Je ne sais plus les remuer. c'est ce mécanisme là qu'il convient d'invoquer. vos doigts. tellement fixes. (A la malade) : Remuez votre main gauche. La malade : Ah bien oui ! M. La paralysie ainsi produite peut donc être dite. car elles seront pour nous. c'est déjà. Il y a des idées fixes. Là malade (au bout de cpielques CHARCOT. 36 Leçons du Mardi. ce que nous avons fait chez notre somnambule. Mais il s'agit maintenant d'envisager le côté thérapeutique.paralysie psychiquepar auto-suggestionque je leur applique habituellement. que l'idée soit toujours chose fluctuante et. La pression exercée sur les membres du côté gauche a produit ce sentiment d'engourdissement. minutesde vains efforts): Ça commenceà venir. Eh bien.

quelques difficultés dans la déparalysation lorsque l'on a un peu tardé à intervenir. par suggestion. ainsi que nous l'avons plusieurs fois observé. remuez le pied. la représentation mentale des mouvements du membre gauche un instant obnubilé. conformément à la description de Todd. une fois de plus. Que s'est-il passé là ? Nous nous sommes efforcés de réveiller. aussi décisifs dans les cas de paralysie hystérique non artificielle qui s'offrent à nous dans la clinique. en conséquence de la suggestion antérieure produite par le choc et vous avez vu de quelle façon le sujet a lui-même contribué à déterminer ce résultat. à l'aide de mouvements imprimés à son membre non paralysé. avec quelle facilité on guérit les sujets placés en somnambulisme. Le malade ajusteur mécanicien dont il a été question toul-à-1'heure est introduit). chez la malade. CHARCOT : En effet. au même moment les divers modes de la sensibilité. (A la malade) : Allons. son membre inférieur paralysé et progressant à l'aide de béquilles. il se présente à vous. » La malade commence par faire mouvoir le pied non paralysé. les paralysies artificiellement poduites. sous l'action de nos intimations. à chaque progrès accompli. elle a travaillé à raviver chez elle. sous le coup de mes intimations répétées : « Allons. D'ailleurs.— 282 — M.agi — passez-moi le mot dont je vais me servir pour le déparalyser. Ici. comme si cela devait servir à lui réapprendre comment il faut faire pour mouvoir le pied paralysé. remuez les autres doigts. à la fois l'image visuelle et l'image motrice nécessaires pour mettre en jeu clansle membre paralysé les mouvements prescrits. comme je viens d'agir pour le membre supérieur. CHARCOT : Voicimaintenant le malade que vous avezvu il y a 15 jours complètement paralysé du membre supérieur gauche et en grande partie du membre inférieur de ce même côté. Instinctivement. il vous paraîtra légitime de dire que c'est psyclaquement que nous avons agi sur le sujet pour le paralyser et que c'est psychiquemenl aussi — que nous avons. le retour de la sensibilité coïncide. et à considérer attentivement ces mouvements. il s'agit seulement d'encourager la malade ou mieux d'agir sur son esprit impérativement. D'après cela. Le fait de pouvoi r progresser à l'aide de béquilles vous fait recon- . chemin faisant. Vous voyez. traînant après lui. le maître de la situation. M. Il n'y a que le premier pas qui coûte. Voilà donc notre sujet délivré de sa paralysie. avec le retour du mouvement. (La malade somnambulisée est réveillée et elle quitte la salle. Il ne faut pas vous attendre à obtenir en général des résultats aussi prompts. Remarquez à celle occasion. les chosesvont aller vite maintenant . le poignet. d'un autre côté. même dans les cas de paralysie artificielle. La chose est sinette que jamais je n'ai osé laisser durer au-delà de quelques heures les paralysies ainsi produites dans la crainte de ne plus être après ce temps. que la partie du membre quia repris le mouvement a récupéré. remuez les doigts du pied. le bras . il peut se présenter. comment. vous le voyez comme toul-à-i'heure. portez votre main sur votre tête. Maintenant je vais agir pour faire cesser la paralysie du membre inférieur. serrez-moi la main ! (Aux auditeurs) : Vous voyez que la paralysie motrice a disparu et je vous fais remarquer. vous remarquez qu'il se produit quelques mouvements volontaires dans le pouce de la main paralysée.

commevous je l'ai fait remarquer. lesquels paraissent affecter de siéger principalement au niveau des jointures. au contraire. l'anesthésie cutanée et profonde persiste encore. quelques ilôts. sous l'influence d'une cause appropriée.. par exemple en ce qui concerne le poignet autour duquel la plaque sensible forme comme un bracelet (1). comme nous le dirons toutà-1'heure. les accidents qui paraissent aujourd'hui conjurés ou en voie de l'être. un fait isolé : je l'ai rencontrée à.p. il ne faut pas encore chanter victoire. des degrés divers. Chez celle-ci. Les stigmates persistent encore chez lui : L hémianesthésie existe encore à un certain degré. malgré les résultats importants obtenus chez notre malade.Policlinique (1)Voiriescroquispages. je me bornerai aujourd'hui à rappeler que dans le traitement de la paralysie hystérô-traumatique.. p. .284 mardi17 avril. nous ne manquerons pas de mettre en oeuvre tout ce qui est en notre pouvoir pour marcher en avant vers la guérison définitive. ils mangent peu. je puis vous faire constater les progrès remarquables accomplis de ce côté. Et ceci contraste avec ce que nous avons vu tout-à-1'heurecliez notre hypnotisée. Presque du et 285. Cela est très visible. '. Veuillez remarquer cependant que dans le membre supérieur. il n'en est pas tout-à-fait de même relativement à la sensibilité. quelques plaques sensibles se sont produits.. Mais prenons les choses comme elles sont. Au membre inférieur également. Aussi. vous remarquerez que nous avons obtenu quelques légers mouvements volontaires dans les orteils. Les malades sont en général plus ou moins neurasthéniques et anémiques.) Je vous renvoie aux détails que j'ai donnés alors.283 — naître déjà que le membre supérieur gauche n'est plus paralysé comme il 1"était il y a 15 jours. il y a plusieurs éléments qu'il convient de faire concourir vers le but à atteindre. 252..(Voiraussile schémadu malade. la pression dynamométrique est encore en défaut. Vous voyez qu'il peut mouvoir les doigts. Seulement.. Maissi nous sommes assez avancés en ce qui concerne le retour des mouvements dans les membres paralysés.' le poignet. vous l'avez reconnu. Il me reste à vous dire quels sont les moyens que nous avons employés pour obtenir les résultats que vous avez constatés. Cette circonstance de la persistance des troubles de la sensibilité après le retour des mouvementsvolontaires n'est pas. dans la plupart des cas de paralysies hystéro-traumatiques que j'ai observés dans ces derniers temps.S. Chez notre malade. le coude. J'ai déjà exposé la méthode dont il s'agit dans les leçons cpii font partie du 3° volume des maladies du système nerveux à propos de l'histoire de Porc. l'anesthésie a disparu dans les divers segments des membres en même temps qu'ils retrouvaient leurs mouvements. Maintenant que le malade est assis.. porter sa main sur sa tète. (3e vol. cocher qui avait été atteint de paralysie hystéro-traumatique d'un des membres supérieurs en conséquence d'une chute sur l'épaule. comme dans l'état normal.. une plaque sensible existe sur la plante du pied au niveau des articulations métatarso-phalangiennesqui.. tant s'en faut. ont récupéré une partie de leurs mouvements. Pour ce qui est du membre inférieur. le double rétrécissement du champ visuel subsiste tel : or. 358 et sq. la situation restera précaire et l'on devra crainquel dre de voir reparaître. tant qu'il en sera ainsi.

. 39. .la strialioncroiséeindique les zonesde sensibilité.La striation simplereprésentel'anestMsie.Fig.

l'anesthésie croisée les zonesde Fig 40. . la striation indique sensibilité. — La striationsimplereprésente .

Je veux m'arrêter plutôt sur les moyens qui s'adressent particulièrement à ceux des phénomènes hystériques que nous avons été conduits à cousidérer comme étant de nature et d'origine psychiques ou mentales comme vous voudrez dire. Nous lui avons affirmé. Alors. si je puis ainsi parler. méthodiques. Messieurs. elle ne se ferait pas beaucoup attendre. en effet. je suis parfaitement de leur avis et je vous engage à vous conformer à ce principe.lorsque vous avez la conviction absolue d'être dans la vérité et que vous pouvez dire avec l'accent d'une parfaite sincérité à un malade : Vous guérirez. peut-être pourrez-vous vous risquer. s'agit pas je ne dis pas non absolument. paraît-il : votre cas est incurable. Les Anglais.— 286 — tous en d'autres termes. peut-être. Il se peut faire — et cela s'est fait maintes fois — qu'un thaumaturge dise à un malade : levez-vouset marchez ! et que tout d'un coup. sont débilités et dans un état de santé médiocre. pour amener tout à coup le résultat désiré. N'oubliez pas que rien ne saurait rendre plus ridicule que d'annoncer avec' quelque fracas un résultat qui. il est bien difficile de préciser les doses. Croyez-moi. se demandant s'il lui fallait véritablement prendre son parti de sa paralysie dite incurable. découragé. après les premières assurances de guérison que nous avons données au . au moment où se développent chez eux les phénomènes hystériques. C'est l'histoire bien connue des succès du fameux zouave Jacob. vous dites à un malade d'un ton d'assurance : « Marchez. levez-vous1 » et qu'en effet. Souvent. les paroles suffisent souvent sans plus. etc. jusque-là complètement paralysé des membres inférieurs. préparer la retraite « en bon ordre» pour le cas à prévoir d'insuccès. que la guérison était certaine. s'il voulait bien nous aider. Il est venu ici avec l'idée qu'il était atteint de paralysie incurable. D'autres sont des alcooliques. au contraire. désolé. dès l'origine. il marche. faire le du bien du malade ? puisqu'il thaumaturge. Ce n'était guère consolant. c'est je vous'assure déjà quelque chose. ajouterai-je. et clanscertains cas. il vaudra mieux suivre les procédés lents. absolument certaine. Maisce n'est pas sur les indications fournies par ces éléments-là que je veux insister en ce moment. c'est un premier pas vers la guérison. que dans ces cas de paralysie psychique. passez-moi l'expression. c'est une récompense qui vous sera bien due et que vous devrez à l'avance à un bon diagnostic. pourquoi ne — Eh bien. n'oubliez pas que clans la pratique. et que.malade. se lève. Mais ne vous engagez pas trop et sachez. me direz-vous. lorsque votre diagnostic est bien établi. ne se réalisera pas . très prudents. de dignité médicale dont il ne faut jamais méconnaître l'importance majeure. Mais soyez prudents en pareille matière. jusqu'à un certain point. calculer la portée. Un médecin auquel il avait eu affaire lui avait dit. parce qu'elles sautent aux yeux. Ce pauvre homme nous est arrivé sombre. En premier lieu. A cet égard. dont vous jîouvez. le. prenez à votre compte le miracle que vous venez d'opérer . le plus souvent. Donc. il faut tâcher de vous faire admettre à Ricêtre. car la suggestion est un agent difficile à manier et dont. et marche. il y a des questions de goût et d'opportunité et. Vous n'ignorez pas. Ah ! si en présence d'un cas bien dessiné de paraplégie psychique. fondée sur un diagnostic bien établi. nous nous sommes appliqués à agir par suggestion à l'état de veille sur l'esprit de notre malade. gens pratiques par excellence. peut-être. ont dit : «Do not prophesy unless you be sure » « Neprophétisez jamais qu'à coup sûr ». avec toute l'autorité que donne une conviction ferme. espérions-nous.

Le malade. une attaque convulsiveou de sommeil. soir 8 20" 4 » 8 20 6 .. la main mise en mouvement d'abord. était soumise par l'opérateur à quelques mouvements et à quelques massages. les mouvements prescrits. que les progrès ne sont pas continus . matin 40 16 29Avril 40 16 30Avril 55 20 1888 Vousremarquerez. A partir de cette époque. dynamomélrique. soir 40 16 28Avril8 h. . il y a de temps en temps des arrêts.qu'il y a quelquefoisdes reculs. volume III. en même temps. 25Avril8 h. car vous voyez que le membre non paralysé est très faible. après quelques séances. ils surviennent aussi quelquefois à la suite de séances trop prolongées . et ceci doit être considéré particulièrement. à chaque nouvelle séance. l'application des données fournies par l'étude des phénomènes de déparalysation observés chez les hypnotiques somnambulisées. (Voir les Leçons sur les maladies du système nerveux. les amène. matin 10 3 » 10 15 5 . 20 8 4 » 16 40 6 8 8 26 Avril8 h. doit regarder attentivementla main qui actionne le dynamomètre. nous l'avons engagé à faire des efforts dans ce sens. Eh bien. quelques mouvementsobscurs. voici ce que nous avons ' fait : . en examinant le tableau. d'après la théorie. puis la main inerte qui. A cet effet. Le traitement a été commencéle 23 avril et le lendemain. les doigts de la main paralysée. : DYNAMOMÈTRE Côténonparai. Il s'agissait. 40 16 8 » 40 16 27Avril8 h.— 287 — malade et qui ont ramené dans son esprit la confiance. en me fondant sur l'étude de cas analogues. Il devait naturellement regarder attentivement à plusieurs reprises. Vous allez reconnaître aisément dans ce qui va suivre.. un des élèves du service attaché à cette tâche. tout en imprimant à la main non paralysée. puis de plus en plus nets du pouce d'abord puis des autres doigts. le malade pouvait déjà tenir dans sa main le dynamomètre et marquer 3°. gagne. matin 20 . du 28 avril au 30. un chiffre supérieur au chiffre obtenu clans la séance antérieure. matin 40 16 5 h. J'ajouterai même. côtéparai. et souventil en faut Eassifs eaucoup dans les entreprises de ce genre. Voici un tableau qui vous fait connaître les résultats obtenus par l'application de cette méthode. côtéparai. nous avons prescrit au maladede prendre toutesles deux heures le dynamomètre et de s'efforcer de lui faire donner.15 5 12 2 h. si vous voulez. et j'ai remarqué que ceux-ci peuvent survenir par l'effet d'influences diverses. à force de patience. soir.à coup sûr: mais. . pendant la séance. suivant notre méthode que nous appellerons.. est parvenu à obtenir. 360). elle aussi par ces exercices. de rétablir chezle malade la possibilitépsychique de mouvoir d'abord. Vous remarquerezsur ce tableau que la main du côté relativement sain. j). par exemple. Le 28 avril à 8 heures du matin. 8 10 20 » 12 20 8 1888 DYNAMOMÈTRE : Côténonparai. par exemple. les premiers mouvementsvolontaires ont paru dans les doigts. 26Avril2 h.

_ En somme. vous devez espérer obtenir des résultats aussi rapides que l'ont été ceux que vous venez de constater chez notre malade. des soins assidus et de la conviction. Je puis vous affirmer. Vous remarquerez également jusqu'à quel point.invariablement les troubles du mouvement. comme bien d'autres. vous l'accepterez sans plus de discussion. Rappelez-vous à ce propos le mot de certain diplomate: « surtout pas trop de zèle. L'électrisation qui. » Evitez de vouloir aller trop vite. hynoptisables. résiste aux. Mais voici la difficulté. Messieurs. Messieurs. par contre. le sujet que vous avez sous les yeux. reste la dia- . sont intéressants déjà et qu'ils font bien préjuger de l'avenir. nous ne devrons pas. et j'ai pu. de mettre en oeuvreles moyens que nous avons entre les mains. c'est en agissant psychiquement que. avaient été sans aucun résultat soumis pendant plus ou moins longtemps à l'action des pratiques méthodiques d'éleclrothérapie. devenir un excellent adjuvant. que j'ai eu l'occasion de vous montrer déjà. Tous ces malades atteints de paralysie psychique d'origine traumatique ou non. peut-être. . Mais. puisque nous. rend les services que vous savez. avec de la patience. je vous l'ai annoncé. Il faut donc nous. mutatis mut an dis. me convaincre par expérience qu'il en est réellement ainsi dans certains cas appropriés. sachez attendre. et justement. tant s'en faut. mais elle ne va pas droit au but incontestablement comme lefait l'action psychique. nous arrivons à faire disparaître les paralysies psychiques.pratiques-de l-'hypnolisation. Messieurs. Après avoir délivré notre malade de sa paralysie. veuillez remarquer que même dans ce cas-là. dans diverses autres espècesde paralysies. le considérer encore comme guéri. on arrive toujours tôt ou tard à atteindre le but. et déjàj'ai fait allusion à ce point que celatient àce que.contenter. dans les cas que nous considérons. Je ne doute pas qu'elle ne puisse. Sans doute. vous voyez que les résultats obtenus. restent les stigmates. par exemple. je n'en doute nullement. ne pouvons:mieux faire. Qu'y a-t-il donc dans ce cas de particulier qui l'ait rendu si accessible aux moyens thérapeutiques mis en oeuvre? Je crois pouvoir vous dire. la paralysie était de date relativement récente. Plusieurs d'entre vous se demandent sans doute s'il ne serait pas beaucoup plus simple et plus expéditif de procéder au traitement de ces cas par-suggestion. comme tant d'autres d'ailleurs. que la résistance est beaucoup plus grande lorsqu'il s'agit de cas anciens datant deplusieurs mois. dans l'un et l'autre cas. que dans toutes les paralysies psychiques. cheznotre malade. clans de certaines conditions. En •définitive. Pourrait-on dire qu'elle n'est pas suffisamment « suggestive » et que cela tient peut-être aux troubles profonds delà sensibilité cutanée et profonde qui. ne sont pas. en plaçant au préalable les malades dans l'état hypnotique. nos procédés sont calqués sur ceux que nous ont appris les somnambules artificielles qui ont servi à nos études. la guérison serait alors probablement plus facile à obtenir. paraît échouer ici le plus souvent. N'allez pas croire. traumatiques ou non. que vous pourrez rencontrer clansla pratique. il ne faut jamais désespérer de rien. Je tiens à relever que plusieurs des malades atteints de paralysie hystéro-traunautiqueauxquels j'ai appliqué avec succès ce traitement. tout hystériques qu'ils soient. d'une année. Elle ne remontaitpas à plus de 6 semaines lorsque le traitement a été inauguré.— 288 — et trop actives. accompagnent.

à persisté à tel point que le malade s'est levé du lit. il a. des araignées grosses comme des tortues. n'allez pas trop fort. ou encore en dehors de toute attaque. il m'a écrit une lettre superbe. il a été à l'école professionnelle d'Angers. il a contracté de bonne heure l'habitude de boire un peu trop . menaçants. Voilà qui rappelle bien ce que ion dit des rêves auxquels sont sujet les gens qui se livrent à l'abus des alcooliques. tandis que moi. il se voit poursuivi par des sauvages armés de piques et de couteaux. T. usant d'une figure de réthoiique bien connue. — Eli bien. Il a été à Madagascar autrefois . . . La figure du chat. A quoi peut tenir CHARCOT. (Le malade se retire)! Le voilà parti. Il a une certaine littérature. Mais j'ai hâte d'en finir avec ce malade pour aujourd'hui. A ce propos. tout cela se voit dans les attaques hystéro-épileptiques. on ne peut pas dire cependant que ce soit un ivrogne. dit-il des sauvages . Son sommeil est très souvent agité par des rêves d'un caractère spécial. après le réveil du sujet.— 289 — thèse plus ou moins profondément enracinée et contre laquelle il vous faudra lutter. mais il se surexcite quelquefois à l'aide des boissons alcooliques. Le rapprochement entre le délire alcoolique et le délire hystérique est évidemment un tait bien remarquable. Mais je me réserve d'entrer un autre jour dans le détail du traitement qu'il faudra instituer pour mettre le sujet à l'abri des récidives qui pourraient survenir à la moindre occasion. et nous ne devons pas oublier qu'il était absolument ivre le jour où il est resté lourdement endormi dans un puits. 37 Leçons du Mardi. il écrit assez bien l'orthographe. lors de la 3e période (attitudes passionnelles). Il a été parfaitement mis en relief par M. dans son sommeil ou quand il s'éveille. il m'élève sur les hauteurs de l'Olympe. des lions qui le menacent. dans ses remarquables études sur les. (Au malade) : Vous pouvez vous retirer. il accable le confrère qui lui a déclaré qu'il était incurable. sont entrecoupées de scènes. telles -que jardins fleuris. voici la difficulté que je veux relever: c'est que les hystériques non alcooliques sont sujets à de pareils rêves. Rappelezvous ce que Lassègue a dit du délire alcoolique : « Ce n'est pas un délire. il y a. C'est pourquoi. des hyènes. 2e édit. Il est enchanté. il y a vu. car l'heure avance et j'ai plusieurs autres sujets à vous présenter. dans laquelle. à de pareilles hallucinations. dans ses rêves. ces scènes de meurtre. attaques hystéro-épileptiques. a ouvert la fenêtre de la chambre dans l'espoir de se débarrasser de cet hôte incommode. alternant avec des visions d'un caractère gai. je pourrai vous présenter complètement guéri de votre paralysie. de fêtes avec ou sans accompagnement d'orchestre. c'est un rêve qui se prolonge et persiste alors même que le sujet est éveillé. t. il a servi comme mécanicien dans la marine de l'État pendant plusieurs années. J'espère qu'un de ces jours prochain. L'autre jour. Rieher. Il voit la nuit. à titre de phénomène isolé. Ces spectacles d'animaux affreux.. une difficulté que je ne puis m'empècher de vous signaler.dans l'observation de cet homme. Malheureusement. tant qu'il restera marqué au sceau de l'hystérie. assure-t-il. assisté à des combats. ou à leur suite (délire post-hystéroépileptique). pense-t-il. notre homme a rêvé un chat grimaçant. de visions agréables. messieurs. Quelquefois ces scènes d'un caractère sombre et quelquefois terrible. illuminations. au moment de s'endormir. tâchez seulement d'acquérir un peu plus et de ne rien perdre. n'oubliez pas de faire régulièrement toutes les 2 heures vos séances de dynamométrie .

(Un troisième malade est introduit. moins absolue que dans le cas précédent. Il faut bien augurer de l'avenir de ce cas comme du précédent. a frappé sa main gauche à l'aide d'un maillet de bois manié de la main droite. Vous reconnaissez en lui cet ouvrier monteur en bronze légèrement alcoolisé. de date relativement récente (3 semaines) . du reste. s'est élevée. je vous l'avoue de la solution éclectique que je vous propose. je vous l'ai lui aussi il y a 18 jours. de 70 à 78. donne aujourd'hui 27. Vous voyez sur les schémas que je vous présente que. La main qui. donnait 18 seulement. La paralysie motrice étant ici moins complète. la sensibilité tend à reparaître sous la forme de plaques. quelques jours après le début du traitement. d'ilôts principalement localisés au niveau de quelques jointures. elle aussi. souvenez. s'est-il montré ici assez rapidement efficace. vous vous en présenté. le 18 avril. un bel exemple de paralysie hystéro-traumatique. Je vous renvoie à la leçon d'il y a 18 jours où je vous ai fait connaître tous les carac- de tout l'avant-bras. elle était. comme dans ce dernier cas. Dans le cas actuel où alcoolisme et hystérie se trouvent combinés. CHARCOT : Le malade que je vous présente actuellement vous estconnu comme le précédent.— 290 cette ressemblance frappante entre les hallucinations d'origine toxique et les hallucinations hystériques? Voilà une question que je ne suis pas en mesure de résoudre et que je livre à vos méditations. Peut-être dépendent-ils à la fois de l'un et de l'autre ! Mais je ne suis pas très satisfait. en même temps que le mouvement.) M. les stigmates et en particulier le rétrécissementdu champ visuel . je ne saurais dire si les visions qui troublent le repos de notre homme dépendent de celle-ciou de celui-là. dans son travail. complète Fig. C'est. aussi tout le traitement dont je vous ai donné tous les détails il n'y a qu'un instant. 41et 42. mais beaucoup plus lentement que celui-ci. Il ne faut pas méconnaître cependant qu'ici encore. La pression de la main droite (non paralysée). qui. — Le 6 avril anesthésie tères cliniques de celte paralysie.

qui l'a rapidement examinée ce matin. S0 MALADE. . la période de bégaiement qu'il nous a présentée avant et après d'autres accès. le Prof. M. chez ce malade. La guérison. En voici une que mon interne. Nous allons maintenant faire entrer quelcruesmalades de la Consultation externe. ainsi on a pu délivrer les malades d'une toux incessante ou d'une contracture de longue date qui. dans un but thérapeutique.— 291 — ne sont pas notablement modifiés. Il me semble. une rechute sera à craindre sous l'influence des écarts de boisson. sans le savoir peut-être et que cet élément est représenté cliniquement par le sCotômecentral. a figuré dans un service de chirurgie comme atteint d'un mal de Pott. Il s'agit du petit maçon tombé de la hauteur d'un 3° étage et qui. après cet accident. que c'est bien de cela qu'il s'agit. en effet. me présenté comme un exemple de chorée rhythmée. Il ne faut pas oublier non plus que le malade est alcoolique. (Au malade) : Crie. en effet.jusque-là. A la suite de cette attaque de mutisme. Ce malade est aujourd'hui guéri de son mutisme. Pitres. l'attaque est survenue d'elle-même sans avoir été provoquée artificiellement et elle a mis fin à l'accès de mutisme. donné par M. Je vous rappellerai que l'aphonie est en quelque sorte un élément essentiel dans le mutisme hystérique qu'elle précède et auquel elle survit quelquefois. parfaitement justifié dans la pratique. CHARCOT : Voici maintenant un des trois muets hystériques que je vous ai présentés il y a 8 jours je crois. s'est faite tout à coup à la suite d'une attaque classique. quand cela est possible. chez certains sujets. 4e MALADE. C'est sur la connaissance de ce fait remarquable qu'est fondé le conseil. une toux nerveuse ou une contracture datant de plusieurs mois ou encore le mutisme. par' exemple par la pression de points hystérogônes. de faire naître. une attaque convulsive. L'apparition d'une attaque peut faire disparaître. comme cela arrive souvent. auraient résisté à tous les traitements mis en oeuvre. parle fort ! Vous voyez qu'il y a encorechez lui un peu d'aphonie. Chez notre maçon. en ce sens qu'il y a une sorte d'antagonisme entre l'apparition des accidents convulsifs et l'existence de certains phénomènes hystériques locaux qui ont une certaine tendance à s'établir à l'état de permanence. Alors même que les choses seront au mieux en ce qui concerne l'hystérie. L'existence d'attaques hystériques peut être considérée dans certains cas comme une circonstance favorable. nous n'observons pas cette fois.

CHARCOT: Vous ne pouvez pas empêcher votre bras de remuer ainsi? La malade: Non. monsieur. : Remarquez ce qu'elle dit. CHARCOT : Cela n'est pas impossible.Je nem'apesantirai pas longuement sur ce cas dont je vous ai présenté plusieurs exemples dans ces leçons. sans accompagnement d'autre chose. La malade : Depuis deux mois. essayez de porter la main sur la tête. Trois beaux spécimens de ce genre de ehorée que je vous montrerai de nouveau quelque jour. M. Comment est-ce venu? Est-ce venu tout simplement. CHARCOT La malade : Oui. (A la malade) : Voulez-vous élever votre nras. existent en ce moment dans le service. M. mon bras n'arrête pas et les mouvements me réveillent quelquefois. parfaitement. M. CHARCOT La malade : Oui. . pendant le sommeil? La malade : Ma mère me ia dit.— 292 — M. Vous voulez dire que pendant 4 ans vous avez eu plusieurs accès de ce genre. CHARCOT : Quel âge avez-vous. M. CHARCOT: Depuis quand avez-vous cela? La malade : Depuis 4 ans. : Et depuis deux mois c'est constant? M. j'ai commencé par avoir une fièvre muqueuse. monsieur. La malade (Après avoir essayé vainement de maintenir la main levée) : Je n'y ai pas de force. Il n'est pas rare. j'ai eu aussi par moments. pendant la convalescence. CHARCOT : Qui vous a dit que votre bras remuait la nuit. cela est intéressant. M. CHARCOT : Je vous demande depuis quand votre bras gauche est agité celte fois-ci.CHARCOT : C'est bien long. CHARCOT : A la suite de quoi tous ces phénomènes nerveux se sont-ils produits? La malade : Je ne sais pas. (A la malade) : Il y a 4 ans que vous êtes malade ? La malade : Oui. Monsieur. M. cette fièvre muqueuse? . . Mademoiselle? La malade : 19 ans. CHARCOT en réalité de voir les phénomènes hystériques. M. un tremblement pareil dans les jambes. (A la malade): Combien'de temps a-t-elle duré. CHARCOT : Vous voyez son membre supérieur gauche animé de mouvements d'adduction et d'abduction successifs pas très rapides et qui paraissent régulièrement rhythinés. l'hystérie elle-même tout entière se manifester à la suite d'une maladie aiguë. quand je dors. Monsieur. CHARCOT : Nous commençons à nous entendre. M. M. sans attaques de nerfs? La malade : Du tout. : Un beau jour vous vous êtes réveillée avec cela ? M. nous avons reconnu le fait dans le servi ce/chez plusieurs sujets atteints de ehorée rhytmée. M. La malade : Oui. CHARCOT : Cela se développe lorsque vous vous réveillez? La malade : Cela va également la nuit . M.

M. (Un examen rapide montre que la malade est « ovarienne » gauche. en fait un cas particulièrement cligne d'intérêt. CHARCOT : Connaissez-vousles autres membres de votre famille ? La malade : Oui. CHARCOT La malade : Il a été boucher. bourdonnements d'oreilles. la ehorée rhythmée revenant par accès depuis 4 ans. Elle décrit les phénomènes de l'aura : suffocation. CHARCOT : Avez-vousdes tantes du côté paternel? La malade : J'ai une tante aliénée qut est dans une maison de santé depuis plusieurs années. M. M. Je perds connaissance. CHARCOT: Qui vous l'a dit? La malade : Mon père. Entre nous. vous avezeu le délire ? La malade : Oui. et occupant parfois les membres inférieurs. M. mais il est nerveux? M. CHAUCOT : A-t-il été malade des nerfs ? La malade : Pas malade. M. je n'aime pas beaucoup ces cas d'hystérie avec ehorée . par un côté. ma mère. remuez-vous beaucoup. dans les grandes chaleurs surtout. (A la malade) : Avez-vousdes attaques de nerfs fréquentes ? La malade : Pas souvent. CHARCOT : Vous voyez que. M. CHARCOT : Et votre mère ? La malade : Elle n'est pas nerveuse. M. CHARCOT : Vous avez été très malade. Voilà l'élément « hérédité » nettement représenté. battements dans les tempes). maintenant il est retiré. vous n'aviez éprouvé rien de semblable à-ce que vous ressentez maintenant. Il serait bon de pousser l'interrogation plus loin. CHARCOT : Nerveux. M. mais nous sommes un peu pressés aujourd'hui. perdez-vous connaissance ? La malade : Je ne remue pas. -. (A la malade) : Comment sont faites vos attaques. M. : Qu'est-ce que deviennent les mouvements des bras pendant vos M. CHARCOT . revenez demain. rien de nerveux ? Lamalade : Non. CHARCOT accès ? La malade: On dit qu'ils s'arrêtent pendant la crise de nerfs: mais celle-ci aussitôt passée. nous l'interrogerons et l'examinerons plus en détail une autre fois. : Que fait votre père? M. CHARCOT : Eh bien. La malade se retire.— 293 — . parfois les membres supérieurs. CHARCOT : Auparavant. Seule. La malade : deux mois. Il m'arrive quelquefois d'avoir mal aux ventre. monsieur. comment? La malade : Il se met facilement en colère. M. Nous prierons la malade de revenir. c'est une hystérique vulgaire. parce que le cas nie parait intéressant. monsieur. CHARCOT : Je sais ce que je voulais savoir. le médecin. M. je reste raide à ce qu'on m'a dit. ils reparaissent.

je le répète.de dedans écartéde la cuisse sur laquelle la mainet attiré en dehors. Eh bien.— 294 — rhytmée. CHARCOT (A la mère) : Il n'a jamais eu de maladie cérébrale. Mademoiselle? Xa jeune fille : C'estvrai. M.on voit des sériesde trois.maisparfaitement seulement ébauchées sur le tracé. elle nous fait des méchancetés de toutes sortes. M. maisà peinesensibles.sériede 3 ou 4 petites secousses Rhi/tme par seconde.La main resteimmobile par eliemômequoique un peu secouée du mouvement du coude.En résumé: 1°Elévation en repose avantet légère adduction en arrièreet rotationen dehors. Ils sont.déplacée l'épaulequi est légèrement par le bras. analogues .cinq secousses non visibles a franches. 2° attraction : assez régulier à la vue. M. 2° Légèreflexion du coudetenantà ce que lebrasest retiréen arrière et en mêmetempstordu sur son passive en dehorspar le granddorsal.la main poséesur la cuisse. 6° MALADE. séparées un arrêt 1 à 2 secondes commevaleurde par (de temps). Lebras nettes.Il enestdemôme de par transmission entraînée. extrêmement tenaces.La maladeest assise. l'oeilsurla malade. Avec les autres personnes elle est plus tranquille . il est presque toujours au lit. quatre. (1).quoique droitest agitéde mouvements à ceuxdu bras gauche.de tellemanièreque l'avant-bras est légèrement axe. Sur le tracé de l'appareilenregistreur. CHARCOT : Quelle est l'affection dont elle souffre? La mère : Elle ne peut rester S minutes en place. Ici les phénomènes d'hystérie vulgaire semblent s'effacer en quelque sorte devant le phénomène ehorée rhythmée.séparées par une oudeuxpetitessecousses avortées. . étendues.derhémichoréeet de l'avarie). cela n'est pas très bon signe au point de vue du pronostic. de maladie nerveuse ? La mère : Non. ses nerfs se portent sur son père et sur moi.Celui-ciest secouédela suivante du tricepset peut-être : 1° Extension un façon brusquequi l'amèneen avantpar action despectoraux et desfibresantérieures du deltoïde peupar actioncombinée . elle nous jette de l'eau à la figure . en général. CHARCOT (A la jeune fille) . Aux étrangers elle ne fait rien. Qu'est-ce que vous diles de cela. M.le coudedemi-fléchi. M. le bras tombantnaturellement. elle ne veut pas travailler . CHARCOT (A la mère) : Quel âge a-t-elle ? La mère : 18 ans. elle tire les draps de son père qui est malade au lit. Cemembreest agité de mouvements qui donnent à la malade l'air de battrede l'aile avecle coude. Enfin. La plusgrandeamplitude du mouvement est au niveaudu coude. enlève son édredon. Elle a toujours besoin de remuer. larges. Une autre jeune fille accompagnée de sa mère est introduite. de cettemaladefaitle lendemain du coursa donnéles résultatssui(i) Un nouvelexamen vants : Il existeun légerrétrécissement du champvisueldncôté gauche (côté de l'hémianesthésie. CHARCOT : Votre père est malade? La jeune fille : Il a des rhumatismes.

M. mais c'était. CHARCOT: Voilà quelque chose qui doit sonner à vos oreilles d'une façon particulière et éveiller dans votre esprit la prévision d'un certain diagnostic. je crois par suite de mauvais conseils. elle ne ferme pas son verrou 8 ou 6 fois. CHARCOT : Cette enfant a-t-elle des manies? La mère: Je ne m'en aperçois pas. CHARCOT : Elle n'a pas peur de différentes choses? La mère : Dans un moment. CHARCOT : Connaissez-vousses parents? La mère : Son père se porte parfaitement. personne n'a eu d'affections nerveuses. Sa mère est morte à 71 ans. CHARCOT : Dans votre famille. M. : De quelle soeur? M. CHARCOT : Il faut que vous remuiez et que vous soyez méchante. Monsieur. ni vos frères on soeurs? La mère : Non Monsieur. CHARCOT . CHARCOT : Vousne pouvez pas vous empêcher de faire le mal. quand a-t-elle commencé à manifester M. M. M.. A cette époque. que fait-elle ? La mère : Elle se couche de très bonne heure. du verre pilé . c'est obligatoire. cela l'a aigrie et je crois bien que c'est là l'origine de l'étal dans lequel elle se trouve M. à 8 heures du soir et elle dort très bien. Elle a eu des douleurs comme il en a. M. La mère : Mon mari a perdu une soeur. . (A la mère) : Quand elle est couchée. Mademoiselle. elle n'a pas des rangements spéciaux.298 — M. M. ni vos parents. (A la mère) : Comment dites-vous? que cette peur des épingles et du verre pilé a eu lieu par imitation. CHARCOT (A la malade) : Qu'est-ce qui vous oblige. c'est de remuer sans cesse. : Et celte petite demoiselle. ses méchancetés? La mère : A peu près à l'âge de 12 ans. M. CHARCOT : Elle n'a pas de tics. d'imitation et cela s'est passé assez vite. à remuer ainsi? La malade : 11faut que je remue. elle avait peur des épingles et du verre cassé. M. . CHARCOT son mauvais caractère. CHARCOT : Est-ce que c'est votre unique enfant ? La mère : Non.fille d'une soeur de-mon mari. Ce qu'elle fait. elle ne regarde pas sous le lit à chaque instant ? La mère : Non. M. Mon mari était malade et sa maladie l'ayant obligé de quitter les affaires. elle n'en a jamais eu ? La mère : Non. CHARCOT: C'était une enfant gâtée? La mère : Oui. CHARCOT : Avant de se coucher. M. j'ai une fille de 32 ans qui est mariée. Qu'est-ce qui légitime ainsi ces actes d'agression contre votre père et votre mère ? Est-ce parce qu'ils vous contrarient que vous agissez ainsi ? La malade : NonMonsieur. notre situation a beaucoup changé. La mère : Nous avions à la maison une nièce. nous n'avons plus pu continuer à donner à cette enfant ce que nous lui donnions quand nous étions dans le commerce .

CHARCOT : El cette soeur avait une fille ? La mère : Oui. avoir l'idée que le gaz répandu dans l'appartement pourra causer un malheur. CHARCOT: Suffoque-t-ellequelquefois? A-t-elle quelque chose qui lui monte dans le cou? La malade : Quand j'ai peur. si vraiment il n'y a personne caché sous le lit . ce sont choses que ion observe souvent dans les cas du genre de celui que nous avons sous les yeux. etc. Monsieur. Quand je cassais une aiguille. CHARCOT: A quelle époque a-t-elle parlé de cette peur du verre cassé et des épingles ? La mère : Elle avait 7 ou 8 ans. d'y donner un coup de poing? La malade : Non. elle se met quelquefois à casser des chaises. par exemple. quelques unes sont poussées à faire et à défaire les choses un certain nombre de t'ois. M. CHARCOT: Il peut arriver que lorsqu'un malade de celte espèce va se coucher. M. La mère : Elle a des besoins de destruction. Monsieur. M. Monsieur. J'en connais qui restent quelquefois 2 heures avant de se mettre au lit. etc. je croyais en avaler un petit morceau. quelquefois je me réveille en voyant quelqu'un qui veut me tuer. . M. Monsieur. celle-ci avait éprouvé une grande émotion en entendant le bris d'une devanture de magasin. Elles passent leur temps à vérifier et à vérifier encore sile verrou est bien fermé. jamais. M. CHARCOT : Elle n'a pas d'attaque de nerfs? La mère : Non. CHARCOT : Est-ce qu'elle se met souvent en colère ? La mère: Oui. CHARCOT (à lamalade) : Est-ce qu'il vous prend l'envie. M CHARCOT : C'est un genre d'obsession que j'ai rencontré bien des fois . CHARCOT : On est obligé d'ôter ses vêtements et de les remettre 7 fois. M. (A la malade) : Avez-vouspeur de toucher certains objets et êtes-vous obligée. M. et le temps passe au milieu de ces perplexités. après les avoir touchés de vous laver les mains 36 fois ? La malade: Non. quand vous passez dans la rue et que vous voyez une grande glace.Peur de quoi ? La malade : Eh bien.. 8 fois. M. ce soit toute une cérémonie. CHARCOT :. CHARCOT : Est-ce que vous regardez plusieurs fois sous votre lit avant de vous coucher? Lanière : Oui. CHARCOT : De quoi ? La mère : De douleurs au coeur.— 296 — M. cela lui arrive souvent. La malade : Je ne compte pas. avoir le désir violent de casser une vitre et en même temps la crainte de le faire : être obsédé par l'envie d'ouvrir un bec de gaz. M. CHARCOT (à lamalade) : Pourquoi les épingles vous faisaient-elles peur ? La malade : Je croyais toujours les avaler et aussi le verre pilé. M. M. Je crois que c'est elle qui a communiqué à ma fille la peur du verre cassé. Pendant la Commune. Elle casse volontiers tout ce qui nous appartient.

La véritable cause cependant est là. Magnan sur les dégénérés. elle avait peur du verre pilé. Monsieur. etc.. les impulsifs. il en est malheureuseM. C'est toujours la même chose. Prenez connaissance. Il y a eu. Leçons du Mardi. la folie héréditaire. c'est elle qui a communiqué sa peur à ma fille. CHARCOT : Avez-vousconnu dans celle famille d'autres personnes qui aient eu des maladies nerveuses. .. CHARCOT : La mère de cette nièce a-t-elle été malade de la tête ? A-t-elle eu la maladie noire ? Lamère : Non. dans l'hérédité. CHARCOT ble qu'il y ait chez les parents une sorte d'instinct qui les pousse à mettre ces faits singuliers sur le compte d'une cause fortuite et à se soustraire ainsi à l'idée de la fatalité héréditaire. la tète dérangée ? La mère : Je les ai perclus de vue. M. il a certainement existé parmi les ascendants ou les collatéraux un ou plusieurs aliénés. : Je ne vous demande pas cela. elle est morte d'une maladie de coeur. t. : Une cousine germaine? M. Je n'insiste pas beaucoup sur ce qui n'est pas tout à fait de notre domaine et qui serait beaucoup mieux interprété par nos collègue de l'Asile clinique que je ne pourrais le faire. Maistenez que dans ce cas. des intéressantes leçons de M. 2e êdit. si vous voulez en savoir plus long sur cette question.297 La mère : Tout cela vient de ce qu'on lui a fait peur. Je n'en sais rien. Monsieur. des aliénés dans la famille. peut-être allons-nous pouvoir le constater. i. M. cela est certain. CHARCOT: ment trop souvent ainsi. Il semM. (A la mère) : Quelle est celte peur dont vous parlez? La mère : C'est sa cousine qui lui a fait peur. CHARCOT. Voilà le chemin coupé pour la recherche. cela lui étaitvenu après avoir cassé une glace . etc. CHARCOT La mère : Oui.38 .

Vous savez d'ailleurs qu'il ne faut pas juger de l'a rapidité des oscillations rhythmées qui constituent un tremblement d'après les seules renseignements fournis par l'oeil. âgé de 80 ans).Policlinique du Mardi 22 Mai 1888. mais d'une intensité moyenne. nombreuses. de faire appel aux procédés de la méthode graphique. Il est affecté d'un tremblement qui présente les caractères typiques de l'affection dont je veux vous entretenir sous une forme très'accentuée. les mains reposant sur les genoux. dans un temps donné. en clinique. pour s'éclairer à ce sujet. très régulière. celles-ci. Il y a cependant des tremblements plus rapides que celui-là ainsi que je le montrerai tout à l'heure. CHARCOT: Voici trois malades qui forment un ensemble homogène et qui nous permettent d'étudier une forme de tremblement dont le nom est bien connu. c'est un cas bien dessiné. une importance considérable. ce qu'on peut observer de plus fort . Voilà ce que je voudrais . Ce n'est pas trop. en premier lieu. Ce malade étant assis tranquillement. On peut dire.). par le détail. . vous le voyez. sont agitées par des oscillations rhythmées qui nous paraissent rapides. DIX-NEUVIÈME LEÇON OBJET : 1° Trois malades 2e Paralysie atteints reurs agitante de tremblement mercuriel n°s 1 et 2. en effet.que vous considériez surtout. mais qui n'a peut-être pas encore été étudié comme il conviendrait. do- sur métaux. par le nombre des oscillations consigné sur les appareils enregistreurs. au moins d'une façon très générale que chaque espèce déterminée de nosographiquement tremblement. nous allons examiner tout d'abord l'un de ces malades que j'appellerai le n° 1 (Louis Am. tend à se distinguer des autres espèces. Je vous dirai tout à l'heure de quoi il s'agit. (4e malade. unilatérale n° 3. Nous n'ignorons pas que les données fournies par ces mensurations ont. M. chapelier. Cen'est pas cependant en tant que tremblement.

Il ne s'agit pas là. malgré les opinions contraires récemment émises. nous rencontrons la paralysie agitante. ( Tremblement sénile. .. 1» Pendant le repos. ce qui est déjà quelque chose. 4 à ( Paralysie agitante.T„n. pendant une seconde. surtout si émotion (5 à 6) ( \ _. j 1 ! 1° Pas de tremblement indi~ Ma" 3" A oscillations rapides. (8 v 9) 'rpar ) I des doigts. 2° le tremblement à oscillations de rapidité moyenne et enfin 3° le tremblement à oscillations rapides. \ 7iduel. A. le tremblement sénile qui doit être soigneusement distingué de la première. celui .-. alcoolique. V^ \ m Tremblement hystérique. présente. (Exagération considérable des oscillations. — Maj ladie de FlriedVeich. TREMBLEMENT OU OSCILLATIONS RHYTHMÉES. au point du vue du rhythme. \2o Type intermédaire (3:-f . 2° Tremblement individuel ou seconde. Lremuement mercunel. nous trouvons réunis là : le tremblement alcoolique. le taux clésoscillations par seconde varie entre 3 1/2 et 6. .1 par seconde. J'appelle tremblement lent celui dans lequel il se produit en moyenne 4 ou 8 oscillations seulement par seconde. 11°A oscillations lentes. un intérêt réel au point de vue pratique. d'une classification tout à fait naturelle. un temps donné. ( Si vous voulez jeter les yeux sur le tableau que j'ai fait placer sous vos yeux. autrement dit tremblement vibratoire. Là se place le tremblement des hystériques qui. \ .. INTENTIONNEL i Sclérose en plaques.— 299 — • dans. Un autre groupe forme en quelque sorte l'intermédiaire entre le précédent et celui qui va suivre. 3° Intentionnel. d£s do^tsTremblement vibratoire^ O0lade de Basedow. A ce point de vue. 5 oscillations par seconde.TO m™ : . . par exemple. bien entendu. Audernier groupe appartiennent les tremblements à oscillations rapides ou tremblements vibratoires . de très: grandes variations . B. mais elle offre certainement.-. il nous sera facile de vous le démontrer. . Voici maintenant l'indication sommaire des autres groupes. _ PENDANT LE 1/2) à (6-6). c'est peut-être là un de ses caractères. vous aurez un aperçu de cette classification des tremblements suivant la rapidité du rhythme. il y a lieu de reconnaître 3 groupes de tremblements à savoir: 1° le tremblement à oscillations lentes . . Je laisserai de côté le groupe A sur lequel je reviendrai tout à l'heure et où la rapidité des oscillations n'est pas traduite et ne peut pas être traduite par des chiffres. V 3° Paralysie générale.. Dans ce groupe.

Antoine que vous rencontrerez ses victimes. à sa profession qu'il doit d'être sous le coup de l'intoxication hydrargyrique. etc. Cependant. est toujours plus ou moins chargée de vapeurs mercurielles.300 de la paralysie générale progressive. justement. à ce qu'il paraît. Notre dans les conversations prescrites peu malade. et c'est. de celui de la paralysie agitante. et justement notre malade nous a été adressé pour servir à l'étude et à la démonstration par un de nos collègues de l'hôpital St. les ouvriers sont rarement atteints du tremblement mercuriel et cependant la dorure s'y fait parfaitement. Pour ce qui est de ihydrargyrisme. pendant plus de 29 ans. il y a 4 à 8 secousses. on peut déjà établir les premières lignes d'un diagnostic différentiel. depuis quelques années. l'aération y est réglée dans de bonnes conditions et de plus. que nous avons eues avec lui ces jours-ci. le nombre des oscillations par seconde est de 8 à 9. Notre homme exerce la profession de doreur sur métaux.par seconde. Vous savez-quelrôle joue le mercure dans la dorure sur métaux et vous n'ignorez pas que dans les ateliers où on se livre à ce genre de travail. par le nombre des oscillations. Le malade : J'ai travaillé longtemps chez Barbedienne. Je vous dirai et je vais vous faire connaître que cette sorte de tremblement se rapproche. le tremblement de la maladie de Basedow.. (Au malade) : Veuillez nous donner quelques détails sur votre carrière de doreur sur métaux. Je propose d'établir un groupe à part pour le tremblement mercuriel qui est justement celui que nous allons pouvoir étudier sur les hommes qui figurent devant . cet autre . ce qui tient simplement à ce que les étabissemenls dans lesquels on contracte ces intoxications appartiennent aux quartiers où sont situés ces deux hôpitaux. J'y serais resté 20 ans que je n'aurais jamais tremblé j'en suis sûr. comme vous l'avez remarqué déjà. Vous comprenez qu'en tenant compte de ce caractère fourni par l'étude graphique du tremblement. Ce caractère. je vais le mettre en relief. alors même cruecelles-ci sont dans l'attitude du repos. C'est-à-dire que. l'atmosphère. Antoine. singulièrement amélioré au point de vue de l'hygiène. Du reste. Maisil existe encore des ateliers où ces perfectionnements n'ont pas été introduits et où tout au moins les précautions hygiéniques sont ou sont mal observées. l'aménagement de ces ateliers a été. vous. L'hôpital delà Charité était autrefois le rendez-vous des saturnins. tremble des mains. M CHARCOT: Ainsi. chez notre malade n° 1 qui. sans jamais avoir été atteint du moindre tremblement. Tandis qu'il lui a suffi de travailler quelcruesmois dans d'autres ateliers mal ventilés pour voir survenir chez lui le tremblement que nous observons aujourd'hui. nous a appris que pendant de longues années. il s'agit donc d'un tremblement lent. tandis qu'il y a d'autres ateliers où ion est rapidement intoxiqué. mais ici se montrent des caractères particuliers qui permettent du premier coup de distinguer le tremblement mercuriel du tremblement de la paralysie agitante. ou encore à l'hôpital Tenon. dans l'atelier de Barbedienne. il est apporté aux opérations diverses un soin particulier qui empêche que l'action des vapeurs mercurielles y soit aussi nocive qu'autrefois. en particulier chez Barbedienne. par exemple. il a travaillé dans de certains ateliers où l'on tient grand compte des règlements hygiéniques. c'est surtout à l'hôpital St. si la ventilation est imparfaite.

301 — malade (le n° 2) (Gabriell Men. Ce pourrait être un alcoolique. En second lieu. je tiens à l'avouer publiquement. assez habituellement même la tète. et des mains lorsqu'il les étend. j'en reviens au tremblement. ne compte que 4 ou 6 oscillations par seconde. au point qu'on puisse s'y méprendre. en raison surtout cle l'embarras de la diffuse. en conclure sans plus d'information. Il est vrai que presque parole. Cela est. Vous reconaissez pendant une qu'il parle. d'après les observations répétées que nous avons faites ces jours-ci cheznos trois malades. lui aussi est doreur sur métaux : il exerce ce métier depuis l'âge de 11 ans. je vous rappellerai que la parole lente et scandée qui s'observe dans la dernière affection n'est vraiment pas très difficile à distinguer de l'articulation trépidante des hydrargyriques . CHARCOT tère qui permet de le distinguer du premier coup. celle-ci est bientôt prise d'une trépidation ressemblant à celle cju'on observe si souvent chez ces mêmes paralytiques généraux. dans certains cas. lorsqu'il s'est présenté devant nous pour la première fois. Il en a été frappé depuis.. vous allez le voir. l'embarras de la parole de certains cas de paralysie générale. très accentué chez notre maiade n° 1. quand vous verrez un malade trembler de la langue lorsqu'il la tire. Il est resté 30 ans sans connaître le tremblement. pour peu qu'il parle. C'est ici le cas de rappeler d'ailleurs que le tremblement nerveux.-. Peut-être trouverait-on là un élément de diagnostic dans un cas difficile. N'allez pas du premier coup. Vous n'ignorez sans doute pas qu'il est encore une autre affection dans laquelle l'embarras de la parole et aussi le tremblement des extrémités rappellent jusqu'à un certain point ce que ion voit dans la paralysie générale et dans le tremblement mercuriel. notre impression avait été. Le second malade: Oui.que le tremblement mercuriel. l'analogie est telle que le diagnostic pourra. tandis que dans la paralysie générale. Celle sorte de trépidation. Chez notre homme.. 42 ans) est un nouvel exemple du même genre. en premier lieu. se montrer hérissé . chez lui. Je veux vous indiquer le caracM. chez occupe quelquefois. ce pourrait être encore un cas de tremblement mercuriel. coup sur conp. qu'il s'agit. de paralysie générale. mais par contre. Ce n'est pas le cas cet homme. depuis un an qu'il a changé d'atelier. Voilà donc une première remarque sur laquelle il faut insister. Pour ne parler que des analogies symptomatiques qui peuvent exister entre le tremblement mercuriel et la sclérose en plaques. J'ajouterai que lorsque le malade tire la langue. qu'il s'agissait là delà méningo-encéphalite immédiatement. assez souvent même les lèvres et la langue. la question a changé de face lorsque nous eûmes appris qu'il exerçait la profession de doreur sur métaux. parce qu'elle rappelle beaucoup. bredouiller lorsqu'il parle. mais je vous montrerai lout-à-iheure un cas où la tête tremble et je vous ferai remarquer la façon dont elle tremble. il occupe quelquefois. des autres espèces de tremblement lent. due au tremblement dés lèvres est fort intéressante pour le clinicien. que l'articulation des mois est en quelque sorte entrecoupée par sorte de trépidation. en ce qui concerne le tremblement des extrémités. : Mais. Je vous ferai remarquer. j'ai été pris 2 fois cette année. les mains reposant sur les genoux. on en compte 8 ou 9. Je veux parler de la sclérose en plaques. et il en a aujourd'hui 42. vous voyez.

maisl'application Français dansla pratique. En B.un caractère commun. pour lui de saisir une cuiller pour la porter à sa bouche. prendre un verre par exemple. il y a. pendant (1)Intentionnel pris dansce sensn'appartient pas à la languecorrecte. De même s'il s'agit d'un verre rempli d'eau. (Fig. il est tort possible qu'en raison de l'étendue croissante des oscillations. passer . S'il s'agit. 44. 43) Par contraste.c'est. le malade commence un acte intentionnel. 43. Il n'y a pas traces de tremblement pendant cette période. un objet quelconque. il ne le puisse pas faire. posées tranquillement sur les genoux. contrairement à ce qui a lieu dans la sclérose en plaques. celle-ci sera projetée de tous côtés avant de parvenir aux lèvres. progressivement d'amplitude à mesure que la main se rapproche du but à atteindre C. alors commence une période pendant laquelle vous voyez la main s'agiter et les oscillations devenir de plus en plus rapides et d'autant plus étendues cpie la main devient plus proche du but à atteindre. rappelons ce qui se passe dans la paralysie agitante.du et sembledevoir retourd'Allemagne duterme est assezcommode . entre le tremblement mercuriel et celui de la sclérose en plaques. C'est ici naturellement le lieu de rappeler les caractères du tremblement dans la scléroseen plaques. De fait. Cettesérie d'événements est facile à saisir dans le schéma suivant. par exemple. pendant la période AB (Fig. — Schéma les oscillations qui le composent. qui les rapproche étroitement l'un de l'autre en même temps qu'il les éloigne l'un et l'autre de toutes les autres formes du tremblement. A B répond à la période pendant laquelle la main repose tranquillement sur les genoux. On dit que ce tremblement est intentionnel (Voir le tableau des tremblements A) (Intentionszitlern des auteurs allemands) (4) et par là on entend ce qui suit : Lorsque les mains du malade sont dans l'altitude-du repos. Le tremblement se dessine aussitôt et n° 1. Fig. si on veut. comme on voit. elles ne tremblent pas. augmentent.) Mais même. volontaire. Maiss'il veut faire un acte quelconque.302 de difficultés sérieuses. comme pour porter un verre à sa bouche. Ici encore la main se repose sur les genoux du malade.

4. Fig. le tremblement peut. 44.si vous voulez. la main est agitée d'oscillations .— 303 — cette période dite de repos. Sous ce le constatez une fois de plus rapport donc. elle tremble . cesser complètement (Schéma N° 3). pendant la période B C. 46. Pendant cette période chez lTiydrargyrique. Supposons la période A B pendant laquelle les mains. elle exécute un mouvement volontaire. — Schéma crue je vous en présenterai un exemple tout-à-iheure.reposentsur n.—Schéma les genoux du malade. Fig. les oscillations rhythmées n'augmentent pas d'amplitude et quelquefois même. pendant l'exercice du mouvement voulu. la main tremble. par contre lorsque. ainsi n° 2. ainsi que vous chez notre malade N° 1. Fig. 45. Je suis à même de bien vous montrer maintenant en quoi le tremblement mer- n° 3. il y aurait la plus grande analogie avec ce qui a lieu dans la para- . — Schéma curiel ressemble à celui de la scléroseen plaques et en quoi il en diffère (Schéma N°4).

l'état s'est amélioré. Notre doreur sur métaux. le malade peut boire. mais vous n'avez pas oublié combien. dans cet acte. (Schéma N° 2) où le malade tremble « sans repos ni trêve ». et de le porter à sa bouche. vous le reconnaissez. par moments. manger seul. Il est vrai qu'on le voit reparaître aussitôt qu'on éveille l'attention du malade. le tremblement s'exagère considérablement. — « Populus vult decipi » » Sous l'influence de cette seule méthode.la différence esfcapitale. le tremblement hydrargyrique et celui de la sclérose en plaques sont. Vous voyez. dans cette période de repos. en passant. en même temps qu'il s'éloigne de la paralysie agitante (voir le schéma N° 4). ainsi que nous l'avons fait prévoir. tous les symptômes se sont très rapidement amendés. du malade a été fixée. qu'on lui parle. dans la sclérose en plaques. C'est que dans le tremblement mercuriel. dite période de repos. Il y a 8 jours.D'après cela. pendant l'accomplissement des actes volontaires. tandis qu'il y a 8 jours encore. tandis qu'il y existe au moins par moments dans la première. placé sur une table voisine. je le répète.Une émotion quelle qu'elle soit peut. Voici maintenant le caractère qui. dans la dernière affection le tremblement fait défaut pendant cette période. déjà. que j'ai fait ce rapprochement entre le tremblement de la sclérose en plaques que j'ai fait connaître et le tremblement mercuriel. Mais voici à cet égard une différenceà signaler. le tremblement est nul dans la sclérose en plaques . privées de tremblement. il est rémittent. dans le tremblement mercuriel. que dans cette même période. aussitôt que par une interpellation l'attention. ses mains ont été un instant mobiles. chez noire homme. Il prend chaque jour 3 ou 4 cuilleréesà nouche d'une solutionde chlorure de sodium. cessant par moments pour reparaître dans d'autres. d'ailleurs. pour ainsi dire identiques. Cette solution est destinée uniquement à masquer iexpectation que les malades n'aiment point. le tremblement hydrargyrique se modifie et s'atténue avec une grande rapidité lorsque le sujet est placé clans des conditions favorables. depuis 18 jours qu'il est à l'hôpital. Il y a longtemps. aujourd'hui. le tremblement cesse momentanément d'exister. il est permanent dans la paralysie agitante (ne cessant qu'au moment du sommeil) qu'enfin. a été soustrait à l'influence des vapeurs mercurielles et soumis à un traitement qui n'est autre que iexpeclation déguisée. C'est absolument ce qui se passe. rapproche le tremblement mercuriel de la sclérose en plaques. dans la période de repos (ÀB) faire reparaître le tremblement un instant effacé. il peut. Vous avez vu ce qui s'est passé il n'y a qu'un instant chez notre sujet. sous l'influence dû traitement. puisque l'occasion s'en présente. Vous remarquez que dès le moment où l'acte volontaire prescrit commence à s'accomplir. en général. il . ne pensant plus à rien. dans la période de repos (AB). les oscillations devenant progressivement de plus en plus amples à mesure qu'on s'approche du but à atteindre. celui-ci s'est montré à nouveau. Nous commandons à notre malade N° 1 de saisir un verre rempli d'eau. constamment. l'eau était projetée au loin avant que le verre eût atteint les lèvres . Je vous ferai remarquer. non sans difficulté. oïl peut dire que dans la période A B. Aujourd'hui. jusqu'à quel point. puisque. que. par cet exemple.— 304 — lysie agitante. par exemple sous l'influence des moindres émotions. Un moment abandonné à lui-même.

qui peut aujourd'hui porter ses aliments et ses boissons à sa bouche. C'est absolument ce que ion voit dans la sclérose en plaques typique. eh bien 1ce malade là est dans l'impossibilité absolue d'écrire son nom devant vous. particulièrement. Mais en réalité. En conséquence de l'intervention d'oscillations rhylmées et par suite. ceci constitue jusqu'à un certain point un caractère distinctif vis-à-vis de la paralysie agitante où ordinairement la tête ne tremble pas « par elle-même ». la tète et les jambes tremblent. des tremblements dont les membres inférieurs deviennent le siègependant la progression. la démarche est titubante. 2«édit. Ainsi le malade que nous considérons (n° 1) qui s est si notablement amélioré ces jours-ci. Je sais bien qu'on va m'opposer que mes assertions à cet égard ont été autrefois trop absolues.Par contre. Tenez. mais devant vous. je ne puis m'empêcher de déclarer que cela est vraiment rare. voilà tout ce que ion peut obtenir de lui dans ce moment en ce genre. ce qui fournil encore un rapprochement à établir entre les deux affections. Letulle. par un trait. pour peu qu'il y ait quelque émotion. Les pieds détachés du sol sont manifestement agités d'oscillations très marquées. loin des regards. il le fait. Leçons du Mardi. Enfin : tremblement de la tête. Tout récemment. c'est à peu près impossible en public. 39 . (Au malade assis) : Etendez vos jambes. i. et je regrette bien de n'avoir pas de malade de ce genre sous la main pour vous remettre ce fait en mémoire. Une autre analogie encore à faire ressortir entre le tremblement mercuriel et celui delà sclérose en plaques est celle-ci — et j'aurais pu vous la faire constater chez ce malade avant que sa situation ne se fût. bien que d'une façon très incomplète. tremblement des membres inférieurs à l'étal de repos lorsque le malade est ému . Je veux parler des modificationsconcernant la force dynamométrique chez les sujets atteints de tremblement hydrargyrique. (Aux assistants) : Vous voyez que les tremblements persistent encore dans les membres inférieurs. tremblement s'exagérant beaucoup lorsqu'il s'agit de prendre un objet et de le déplacer. Voilà une petite leçon de thérapeutique négative dont il faudra savoir tirer profit à l'occasion.améliorée — c'est que. Ecrire est pour ces malades la chose la plus difficile. la caractéristique du tremblement mercuriel. puisque des exemples très authentiques de maladie de Parkinson ont été publiés oùla « tète tremble par elle-même ». un de nos distingués collègues des hôpitaux. tandis que la chose est habituelle. lorsqu'il a le crayon en main. classique en d'autres termes. mais cela ne se voit plus aujourd'hui tant l'amélioration a été rapide. lorsqu'il est bien tranquille dans la salle. Tout cela existait encore il y a peu de jours chez notre hydrargyrique . CHARCOT. . Reprenons maintenant ce que l'étude de notre malade nous a jusqu'ici permis de relever : Tremblement des lèvres rendant l'articulation des mots difficiles. c'est-à-dire pendant iaccomjjlissement d'actes volontaires portant sur l'ensemble. pendant l'acte volontaire que je lui ai prescrit. il ne peut que griffonner un gribouillage illisible. M. Un dernier point nous reste à considérer. tenez vos pieds élevésau-dessus du sol. Je vais devant vous relever encore.— 308 — était incapable de porter ses aliments à sa bouche. t. pendant la marche. aussi bien dans la sclérose en plaques que dans le tremblement hydrargyrique. Ce dernier trait rappelle ce qu'on voit dans la scléroseen plaques typique.

sans prolifération des noyaux de la gaîne de Sclrsvannetsans destruction du cylindre axile. à mon tour.— Fac-similé servations et expériences de M. je pense. que toujours la paralysie ou pour le moins la parésie précéderait le tremblement.L'auteur s'y est surtout occupé de la paralysie mercurielle. de produire chez l'animal des maladies lentes comparables aux maladies chroniques que nous rencontrons dans la clinique chez l'homme. et il est conduit à affirmer quedansihydrargyrisme. ce qui mérite d'être relevé surtout dans ses expériences. mais sur ce qu'il appelle. chez les malades atteint de tremblement mercuriel. l'affaiblissement dynamométrique est très prononcé et. à peu près toujours. mon collaborateur Gombault et moi. mais d'après ce que j'ai vu sur les 3 malades d'aujourd'hui. Ce . Il est souvent très difficile. dans un laboratoire. aussi prononcée que le dit M. Il n'est peut-être pas sans intérêt de rappeler ici les principaux résultats des ob- du n° 1 (AMAND) de la signature Fig. les névroses mercurieltes. Letulle. d'une lésion des nerfs périphériques consistant dans la destruction du cylindre de myéline. c'est l'existence chez ces animaux ainsi intoxiqués. Que l'affaiblissement existe. je ne dirai pas sur le tremblement mercuriel qui n'y est touché qu'accessoirement. chez ces mêmes cobayes. tant s'en faut. quoi qu'il en soit. pour produire. je crois. je crois pouvoir affirmer. On y parvient cependant quand on y met beaucoup de soins et de patience. Ce travail est à la fois expérimental et clinique. que iakinésie n'est pas toujours. à peu près toujours à un certain degré cela est incontestable. Que de patience et desoins ne nous a-t-il pas fallu mettre en oeuvre. Ces petits animaux étaient intoxiqués lentement par l'ingestion de peplonesmercurielles. Letulle. tous les accidents du saturnisme chronique ! M. 47. Il figure dans les Archives de physiologie (avril 1887). Les expériences ont été faites sur des cobayes dans le laboratoire de Vulpian.— 306 — a publié un travail très intéressant. Letulle a réussi parfaitement à déterminer chez euxThydrargyrisme et il faut l'en louer.

88 à gauche. la ventilation y est mauvaise. tandis que chez nos 3 malades. mais même avant tout traitement. volontaires. la persistance du cylindre axile. c'est-à-dire deux mois seulement après être entré dans celte maison. le cylindre axile persiste souvent dans l'aire des plaques scléreuses. qui suivant l'auteur. Letulle donne des chiffres qui. . C'est au mois de juillet 1887 qu'il a travaillé pour la il première fois dans un atelier autre que celui où était occupé autrefois . M. 88 à droite.pris. Maispeu importe la théorie pour le moment. Ainsi. chez les malades qu'il a observés. un certain degré de tremblement. intentionnel » du tremblement hydrargyrique. Il n'a pas d'antécédents héréditaires connus .— 307 — sont ces deux derniers traits qui distingueraient la lésion nerveuse hydrargyrique de toutes les autres formes de la névrite périphérique. C'est donc à cette dénudation du cylindre axile conservé et pouvant encore transmettre les ordres de la volonté tant bien que mal. 40 à gauche. que seraient dues ces oscillations qui troublent l'accomplissement des mouvements. Il s'est aperçu d'abord qu'il ne pouvait plus écrire. Retenons ce fait que cette lésion nerveuse. précède nécessairement le tremblement. il exerce la profession de doreur sur métaux depuis 30 ans. quelque léger qu'il soit. Se rélablira-t-il jamais complètement? Chez tous les malades que j'ai vus. 70 à droite et à gauche. pour en revenir à cette parésie. dans quelle je ne tiens pas plus que de raison la sclérose en plaques où. c'est que chez les 3 sujets que nous avons sous les yeux et qui. Letulle. Pour M. mais il a travaillé quand même jusqu'à la fin d'avril et c'est au bout de 8 mois seulement qu'il est venu ici. serait aussi la cause de la parésie. vous le savez. les chiffres ont été les suivants : N° 1. cause du tremblement intentionnel. a toujours persisté après ce qu'on appelle la guérison. que son tremblement ia. Que va-t-il maintenant lui arriver? Nous allons lui donner de iiodure de potassium. Je vais actuellement compléter l'observation du malade en ajoutant quelques mots relatifs à son histoire passée. alors que la myéline a disparu. alors qu'il s'est une bonne:fois manifesté. 80 à droite . 11semble qu'on ne se débarrasse jamais complètement de ce tremblement. . incontestablement. varient de 10 à 44 . N° 2. C'est un fait que vous allez pouvoir constater chez les deux autres malades que je vais vous présenter maintenant. représentent de beaux exemples de tremblement mercuriel. Letulle. et c'est au mois de septembre. nous avons vu sa situation s'améliorer sous le régime d'expectation voilée auquel il est soumis. tout ce que je veux dire. le soumettre à un traitement hydrothérapique. elle s'est montrée constamment beaucoup moins prononcée que ne l'indique M. servirait à expliquer le caractère ce comme il sert à expliquer dans la théorie que j'ai proposée dans le temps et à la— l'existence de ce même caractère. No 3. Eh bien.

Le malade : Trois seulement. Cela je l'ai constaté bien des fois. M.Combien de temps a duré chacun de vos accès ? Le malade : Six semaines environ. c'està-dire jusqu'en 1883. M. : Lui aussi est un doreur sur métaux. il vous reste toujours un petit tremblement.. il a 42 ans. toutes choses égales d'ailleurs quand le verre est à la moitié ou tout à fait vide.. vous le voyez. (A un interne) : Mettez. M. mais chez celui dont il s'agit maintenant. CHARCOT : Et au bout de ces 6 semaines. l'émeut par avance.. si ion retourne dans l'atelier où ion est tombé malade. Le tremblement est toujours moins prononcé. CHARCOT :. Quand on va mieux. Venez prendre cette cuiller qui est là devant vous. il est sincère. il n'est pas véritablement alcoolique. quand on fait cette épreuve qui doit contribuer au diagnostic.je vous prie. Vous pouvez manger seul ? Le malade : Oui. abandonnez-les tranquillement.. mais difficilement. soulevezvos pieds un instant au-dessus du sol . Etendez vos jambes. du moins. Il est bon. en pareil cas. D'ailleurs. Depuis 1883. Vous voyez qu'il tremble un peu des mains alors qu'il devrait être en plein repos.. il tremble à peu près autant que le ferait notre N° 1.. au bout de deux mois. (Au malade) : Faites reposer vos mains sur vos genoux. placé sur une table. à la vue du verre plein.. de la presque impossibilité de le porter à la bouche sans tout verser. M. une trépidation de la langue. il n'y a pas de trépidation des lèvres pendant l'articulation de la parole. on retombe.— 308 — 2e MALADE (Gabriel Men. au préalable. CHARCOT : Vous voyez. monsieur. Le sentiment qu'éprouve le malade. Ce sontlà de petits artifices qu'il faut connaître. j'ai toujours tremblé un peu dans les intervalles. remplissez-lejusqu'au bord. vous voyezque dans cet acte volontaire. CHARCOT Lorsque celle-ciest tirée hors de la bouche. ses pieds tremblent manifestementcomme chez notre premier malade. il n'a jamais exercé d'autre profession. : Le malade a aussi. c'est qu'alors prendre le verre sans le renverser est plus difficile encore que lorsque celui-ci est. incomplètement. Les choses sont plus accentuées encore lorsque le verre plein est placé sur un plateau qu'on porte sur une main . quand on a été pris une fois .. mal aménagés. âgé de 42 ans). il a commencé M. parce qu'ils permettent dans un cas . (Au malade) : Est-ce que vous buvez? Le malade : Pas trop. il n'a jamais rien ressenti et il attribue le tremblement dont il est atteint actuellement au fait d'avoir travaillé dans ces derniers temps dans des ateliers mal ventilés. et rend le tremblement plus intense. M. CHARCOT le métier à iâge de onze ans à Paris. un peu d'eau dans le verre que voici. monsieur. on ne lui connaît pas d'antécédentshéréditaires . il a eu 3 ou 4 accès de tremblement. vous constatez que dans l'acte de porter une cuillère à sa bouche. c'est comme chez le précédent. de remplir le verre. Pendant une période de 31 ans. CHARCOT : En effet. vous êtes-vous trouvé guéri? Lemalade : Non.

le tremblement s'est énormément atténué.me fera pas j'en suis sur. Enfin. quand il est nettement prononcé.e le nomme c'est qu'il occupe un rang distingué dans l'histoire clinique du tremblement hydrargyrique en partieù- . c'est absolument le même tableau que vous auriez sous les yeux dans les mêmes circonstances s'il s'agissait de la sclérose en plaques. (Le malade porte à sa bouche le verre rempli d'eau). un procès pour cela. de 70e environ des deux côtés.— 309 difficile de bien mettre en relief le symptôme tremblement intentionnel . (Le malade écrit son nom avec difficulté). 3e MALADE. le tremblement persiste sous une forme suffisamment caractérisque. C'est presque iétat normal. — Fac-similé M. CHARCOT ficile l'accomplissement de l'acte. cela lui est égal.. l'eau est en partie projetée hors au verre et vous entendez le claquement saccadé que produit le verre en frappant les dents à chaque oscillation . ni de titubation pendant la marche. Fig. vous l'avez vu. de la signature du n° 2 (MENDLER). pour les 2 mains. Il est âgé de 82 ans. CHARCOT: C'est presque lisible. 48. je puis le nommer tout au long. Nous passons maintenant à l'examen de notre 3emalade. décider du diagnostic. des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont forcé d'interrompre mes leçons un instant et je regrette de n'avoir pu vous montrer ces sujets alors qu'ils étaient tout à fait dans leur beau. si je puis ainsi parler. mais. si j. les oscillations augmentent d'amplitude. c'est le moment solennel. cela peut parfois. voici le verre près de la bouche.: il ne. (Au malade) : Voulez-vous prendre ce crayon et essayer d'écrire votre nom ? Vous allezvoir qu'il y a entre le tremblement dont cet*hommeest affecté et celui de la paralysie agitante un contraste vraiment remarquable. Il est curieux de constater chez nos deux premiers sujets la rapidité avec laquelle l'amendement s'est produit dans le tremblement sous la seule influence de iexpeclation. Je vous rappellerai que là force dynamométrique est. s'appelle ^Schumaeher. Malheureusement.. il .chez eux. Ces malades sont ici depuis une vingtaine de jours à peine et déjà. : Vous constatez les oscillations qui se produisent et qui rendent difM. Mais il est heureux encore quemalgré l'atténuation qu'il a subie déjà. 11n'y a pas chez ce malade de tremblement de la tête. ce n'est pas sans peine qu'il est parvenu à ce résultat.

bien qu'en réalité toujours il s'agisse d'un seul et même sujet dont l'identité. Ce tremblement qui consiste surtout en oscillations antéro-postérieures existait déjà dès ses premiers accès. je tiens à le redire encore. Letulle et encore. par diverses personnes. de telle sorte que l'un disait « oui» tandis que l'autre disait «non». fruste. Les autopsies chez l'homme font défaut. Vous remarquerez d'abord le tremblement de la tête. (Au malade) : Tirez votre langue. Il porte six doigts à chaque pied et ce trait dislinctif se trouve signalé dans quelques-unes des observations recueillies. sa tète oscillait d'avant en arrière. cela tient sans doute à ce que « quoad vitam » le tremblement mercuriel est une affection bénigne en ce sens qu'il ne conduit que très indirectement à une terminaison fatale. Il a bien voulu nous raconter en détail toute son histoire pathologique. il existe des lésions organiques accentuées. font absolument défaut. je crois .. tandis que dans l'intoxication hydrargyrique. La seule lésion matérielle appréciable qui ait été constatée clanslemercurialisme. l'hôpital Laril'hôpital boisière. paraît ne pas avoir été rapporté toujours à un seul et même personnage.— 310 — lier et des maladies mercurielles. tandis que celle de son camarade oscillait dans le sens latéral. ce qui donnait un spectacle. mais peut-être moins que chez celui que nous avons appelé le No1. Or ce nom de Schum. Sa langue trépide un peu. Il n'est pas une thèse. et dans chacun de ces hôpitaux il a été l'objet d'études attentives.. Il est bon de saisir que sous la rubrique Schum. dans ces travaux divers. en général. en ce qui concerne du moins le cerveau et la moelle épinière. rappelle absolument cequi se voit dans la sclérose en plaques. typique. Il nous a appris qu'il a fréquenté successivement pendant les 8 dernières années qu'il est sous le coup du tremblement hydrargyrique. d'ailleurs. Je ne vois vraimententre les deux cas aucune différence appréciable. le sujet peut être donné comme représentant la forme typique du tremblement hydrargyrique intense. (Au malade): Est-ce que vous pouvez manger seul ? . très accentué surtout quand le malade se tient debout ou quand il marche. Les mains tremblent manifestement à l'état de repos. Il a également moins d'embarras de la parole que n'en avait celuici. pas un travail qui ait paru à Paris sur ce sujet du tremblement mercuriel depuis 7 ou 8 ans.et par conséquent parfaitement appropriée aux études cliniques. Certainement. St -Antoine. dans la même salle qu'un mercuriel comme lui. c'est toujours de lui qu'il s'agit. est facile à reconnaître. si j'avais attendu 18 jours encore. n'est-ce que sur les cobayes qu'elle a été. mais beaucoup moins fort qu'il y a 18 jours. — c'est qu'en réalité. ces lésions. je n'aurais pu aujourd'hui placer sous vos yeux qu'un cas effacé. de gauche à droite et de droite à gauche. C'est une véritable Iliade « Iliada malorum» comme dit Torti.trompe. c'est l'altération des nerfs périphériques décrite par M. à propos du même malade. la sclérose en plaques. Aujourd'hui encore. l'hôpital Tenon. Il nous raconte qu'étant à l'hôpital de Lariboisière. Ce tremblement de la têle. fort étrange et ne manquait jamais d'exciter l'hilarité des gens du service. jusqu'ici rencontrée. où ne figure pas sa biographie. il a présenté toujours depuis 8 ans les caractères de l'intoxication mercùrielle sous une forme très accentuée. si je ne me . Vous savez cependant que dans l'une de ces affections.

III. les deux mains en sont atteintes au même degré. (Le malade s'efforcede le faire). tandis qu'en réalité. Vous voyezqu'il y réussit fort mal.je ne sais mis à sa est mercuriel Là. je YOUS exemple de ce genre. de la signature Fig.K. le bout de la cuiller approche de la bouche. il ne l'a pas été toujours avec la précision de détails qu'il faut y mettre aujourd'hui. (Aumalade): Recommencez. Cependant.dans la solitude. n'y que pas mercuriel parmi les tremblements le tremblement pour quelle raison. Si j'insiste là-dessus. si vous lisez par hasard dans le troisièmevolumede mes leçons (t.les actes volontaires soient beaucoupplus facilesà accomplir que lorsqu'il s'agit de les effectueren public. p.. Je ne crois pas qae le tremblement mercuriel puisse ne pas être symétrique. Vous entendezune fois de plus le bruit qu'il fait. M. Ses repas doivent être singulièremententrecoupés. Au momentoù le but va être atteint. s'il est possibleque les deux premiers. ainsi que cela se voit dans la scléroseen plaques. de voir quelquefois.311 — Le malade : Oui. Nous allons passer maintenant à l'exercice de l'écriture. Cependantessayez de porter cette cuiller à votre bouche. je n'oserais pas affirmer qu'il ne puisse quelquefoisen être ainsi. mais cela doit être bien rare. dun° 3 (SCHUMA. car Mettez-vous si le tremblement mercuriel a été souvent décrit.EII). vous savezpar l'étude sents qu'il s'agit icid'un tremblement à oscillationslentes (moins de 8) du moins . on voit les oscillationss'accentuer de plus en plus dans la tête et dans la main.vous en effet. pendant fort longtempsle montrerai tout à l'heure un tremblement rester longtemps unilatéral . En somme. 213)quelquesrenverrez en seignements quej'y donne sur le tremblement considéré général. tremblement le place. Ce doit être une affaire d'état. cependant il est très possible que. on entend "unbruit que produit celui-cien frappant les dents en cadence. Et à ce propos. c'est qu'il n'est pas rare au contraire dans la maladie de Parkinson. vibratoires. C'estun vrai supplice de Tantale. Monsieur. Vous voyez que notre malade s'en tire encore plus mal. j'ai placé des 3 malades prérapides. 49 —Fac-similé bien le spectacle que vous avez sous les yeux dans la mémoire. le but est le plus souvent manqué. CHARCOT . Le tremblement considéré en générai dans la mercurialisation est habituellement tout à fait symétrique .

Vous saurez. Je me bornerai à signaler les miroitiers. qu'il convenait de rectifier.etc. Quand notre malade est entré à la Salpêtrière.. noires. Maisil y a seulement 8 jours.nécessairement confinés au lit. D'une part. Par moments aussi. c'était bien autre chose.). C'estune opération dans laquelle. ce tremblement peut se produire accidentellement comme dans le cas classique du vaisseau le « Triumph » ou encore à la suite d'un traitement hydrargyrique trop prolongé et mal conduit. à peine avait-il fait un pas en avant.au tremblement. ses jambes fléchissaient souslui. (Au malade n° 3) : Dormez-vous ? Avez-vousjamais été empêché de dormir par votre tremblement? Le malade: Oui. etc. Il y a bien d'autres professions encore où cela peut arriver. les mineurs de cinabre (Almaden. Aujourd'hui. On peut dire de lui qu'il présente à l'état d'exagération tout ce que les deux autres nous ont présenté à l'état relativement rudimentaire. Je crois intéressant de compléter par quelques détails l'histoire du malade que vous avezsous les yeux (Schum. il est maintenant chapelier. Son histoire est assez particulière : il est né à Forbach et il est âgé de 82 ans. titubait. la tête se mettait de la partie et oscillait de plus belle. il peut déjà marcher sans canne.llva sans dire que dans ces tentatives de progression. dis-je. une erreur qui s'est glissée je ne sais comment. en raison des mouvements contradictoires dont ses membres étaient le siège. on emploie le nitrate de mercure. il y a de cela à peu près une dizaine de jours.le 3° surtout. déchaussées. il a commencé par être mi- . M. en somme pas de modifications très importantes de l'état général. le tremblement cesse. et il convient d'ajouter qu'en dehors des professions désignées. après ce qui précède. les fabricants de thermomètres. Nos malades n'ont pas ces troubles de la sensibilité d'ailleurs très discrets qu'on rencontre quelquefoisassocies. que immédiatement après il faisait un pas en arrière. était menacé de choira chaque instant. C'est là. il oscillait. non-seulement il était obligé de s'appuyer fortement sur un bâton mais de plus. ont eu de la salivation. . je pense. vous voyez qu'il oscille et qu'il titube très manifestement. pas de troublessensoriels. Comme je l'ai dit. CHARCOT: Quand ils s'endorment. il travaille dans le secrélage des peaux.. pendant 3 ou 4 jours. vous le savez.. sa démarche était des plus singulières à cause de la trépidation dont ses membres inférieurs étaient affectéssous l'influence de l'acte volontaire de inarcher. reconnaître maintenant le tremblement mercuriel pour ce qu'il est à tous les degrés et sous toutes les formes où il seulement au tableau quelques traits qui viendront peut se présenter. il lui était presqu'impossible de progresser en marchant. en Espagne). Us ne sont pas particulièrement cachexiques. Vous savez qu'il y a de ces malades qui ne peuvent plus marcher du tout à cause de l'intensité du tremblement des membres inférieurs et qui sont. Il a d'abord travaillé dans les mines. Les vapeurs mercurielles qui se développent dans les diverses opérations du secrélage sont les causes qui font que les chapeliers sont exposés à contracter le tremblement hydrargyrique. au commencement de chacun de mes accès. dans mon exposé — car je me fais toujours une règle absolue de décrire d'après nature — une erreur..— 312 — pendant la période de repos. Cela a été presque le cas de notre 3e malade. cependant. J'ajouterai le compléter. plusieurs. et de plus. je le répète. tous ont des dents affreuses.

il subit une première attaque de tremblement. n'était pas un atelier de première classe car. S'est-il agi alors d'une hémiplégiehystérique ou d'une hémiplégiepar lésionde la partie postérieuredelà capsuleinterne? Telle est la question. en 1882 et là. 1888). à cause de ma langue. Hischman.etc."Jene crois pas. etc. 1881. M. Dans plusieurs de ces accès. et hystérie. il s'est relevé hémiplégique du côté gauche: cette hémiplégie s'accompagnait. Maréchal. il entre dans une fabrique de feutre. (Au malade) : La bouche était-elle déviée d'un côté ou de l'autre? Le malade).Letulle: thèsed'agrégation. 40 Leçons du Mardi. c'est-à-dire du côté de la paralysie. immédiatement. Voicide quoi il s'agit: c'était peu de temps. des tremblementsdes extrémités. . Voussavez etle tremblement consultez en (1)Surl'intoxication mercuriels.1885. Eh bien! Oneparticularité de cette hémiplégiequi semble. la langue était si fortementdéviée (cela résulte des manoeuvres auxquellesle malade a été soumiset cela est consignédans l'observationde M. en 1880.tout d'abord. remarquez bien cecietcettefoisle phénomèneme semblerévéler au contraire l'hystérie. vers la même époque.d'une hémianeslhésiesensitiveet sensoriellede ce même côté gauche. On y fait égalementallusion dans la plupart des thèses qui. à être atteint d'accidents mercuriels.CHARCOT : Je reviensici sur des chosesque j'ai dites bien des fois. Je bégayais.1888.Letulle et plus particulièrement dans la thèse de M.Enfin. En 1869. J'arrive maintenantà un épisode fort intéressant de l'histoire pathologiquede Schum. seulement. parmiles travaux récents. pendant quelquesjours. au moment de l'hémiplégieétait déviée du côté gauche.Il paraît que l'atelier dans lequel il est entré. ainsi que le constateen particulier iobservalion recueillie par M. t. Ces mêmesphénomènesse sont reproduits à chaque nouvel accès (Il en compte 8 aujourd'hui) sans jamais cesser complètementdans les intervalles. il ne travaillepas dans les ateliers et par conséquent n'est pas exposé. 2» édit. HaLlopeau. M. commehommede peine.. Maréchal (Des troubles nerveux dans l'intoxication mercuriellelente.Il lui est arrivéun jour de tomber à terre privé de connaissance. absolumentimpossible..— 313 — neur. CHARCOT: Pouviez-vous parler? Le malade: A peine.Maréchal. i. il est venu ensuite à Paris. Destremblements thèse de Paris. alors déjà qu'il a éprouvéde l'embarrasde la parole.je crois. outredumémoire deM. thèsedeParis. Thèsede Paris. Il y avait de ce côtélà rétrécissementdu champ visuel. CHARCOT.. plaider en faveur de l'existenced'une lésion capsuiaireest celle-ci: la langue. mercuriels. il a travaillé commemanoeuvre dans une maisonde charbonsen gros. ont paru à Paris sur l'intoxication mercurielle (1). thèsede Paris. après le début du tremblement mercuriel. Intoxication Schull. commecela a lieu dans les cas de lésion organique. Cet épisodeest raconté dans le travail de M. le tremblementdes membresinférieurs à l'occasiondes mouvements volontairesa été assez prononcépour que la marche soit devenue. il prend part aux opérationsdu secrétagedes peaux en 1880. Maréchal)qu'elle ne pouvait pas être tirée hors de la bouche.pendantcettepériode.

Aujourd'hui. pour le moins. c'est un sujet que j'ai discuté avec vous maintes fois déjà et sur lequel j'aurai certainement l'occasion de revenir. figure. Je n'insisterai pas plu s longuement à propos de ce cas. reproduites à deux reprises. il n'y a pas a en douter. (thèse de Pans.. il m'a été communiqué un travail d'un médecin italien. qu'un épisode.Ne savez-vous pas que diverses intoxications évoquent l'hystérie chez l'homme. avec celle particularité que. assure avoir vu dans l'hystérie des paralysies faciales en tout comparables à celle qu'on voit dans les hémiplégies capsulaires. de faire figurer l'hystérie "mercurielle dont Schum. chez notre. égard. . l'attirer au dehors.spasme glossolabié des hsytériques . les symptômes hystériques se sont. car l'hystérie est une et indivisible. venir se mêler à ceux qui relèvent directement de l'intoxication mercurielle. car font récemment. Maréchal). en particulier l'absence actuelle de tout trouble de sensibilité cutanée ou sensorielle. à côté de l'hystérie alcoolique et de la saturnine. . Je vous ferai remarquer. Je tiens à relever seulement ce fait important que les symptômes hystériques peuvent. il ne "reste plus rien de tout cela. Vous trouverez quelques observations de ce genre. le saturnisme en particulier? Oui il y a des hystéries alcooliques.Messieurs. le voici. connaissant l'opinion que j'ai émise à cet. Mais je crois pouvoir affirmer que cela est. L'hystérie n'a été d'ailleurs. plus Les attaques d'hystérie sesont. je le répète. Le malade reproduit alors d'après ses souvenirs (d'ailleurs conformes à ce qu'on lit dans les observations de M.des autres autrement que par l'élément éliologique. Il tord sa langue vers la gauche. nous a présenté un bel exemple. entremêlés avec les phénomènes intimement liés à l'intoxication à savoir le tremblement mercuriel. Hischmaim. Mais la cause occasionnelle mérite évidemment toujours d'être rappelée . il faut reconnaître qu'il s'est agi là du spasme glosso-labié des hystériques et non de la déviation de la langue qui se voit communément dans les hémiplégies capsulaires. Le malade a donc été hystérique elles symptômes relatifs à l'épisode que je viens de signaler ont donc été des symptômes hystériques. Je ne veux pas nier que cela puisse se voir. Il fait mine de ne pouvoir la sortir de sa bouche et va la chercher à l'aide des doigts d'une de ses mains. des hystéries saturines. l'observation de Schumacher (empruntée à la thèse de M. dans certains cas. c'est-à-dire pouvant être rapportées à l'hystérie mercurielle. D'après ces indications. Letulle et de M. pour Le malade : C'est ainsi qu'était ma langue et c'est ainsi que je faisais quand on me disait de la tirer hors de la bouche. extrêmement rare. Lombroso qui. Je n'en doute nullement. M.. c'est pourquoi il y a lieu. chez lui. sur le. 1888) . parmi les 3 cas du groupe signalé par l'auteur. cela est classique aujourd'hui. dans la thèse de M.homme. encore. Non pas que ces hysiénes-là diffèrent.— 314 — que j'en suis encore à voir dans une hémiplégie hystérique une véritable et légitime paralysie du facial inférieur. de façon à lui faire figurer un crochet. Maréchal) la position qu'avait la langue au moment de son hémiplégie. (Aumalade): Vous rappelez-vous comment était votre langue dans ce temps là ? Le malade : Parfaitement. l'alcoolisme.

(Lesmalades1 et 2 se retirent. Maistandis que dans la période de repos (A Bsur les schémas). Maiscela se voit souventlorsque la maladie n'est pas très avancée. limité exclusivementau côté droit. porter leurs aliments et leurs boissonsà leur bouche jusqu'à une périodetrès avancée. (Voirles schémaspage suivante). D'abord. un 4° est introduitet placé à côté du N° 3. tandis que. dès l'origine.oubien il s'exagère un peu mais jamais à un très haut degré. je vais vous mettre sous les yeux un sujet qui vient de se présenter à la consultation et qui offre. celadevientimpossibleaux malades atteintsde tremblementhydrargyrique.pendant l'accomplissementdes actes intentionnelssoit la règle clansla maladie de Parkinson. permanent.. il y a donc là un contrastedes plus frappants. Mais entre ces deux espècesde tremblementil y a bien d'autres et plus importantes différences à signaler. commevous le voyez.) M. Vousvoyez. C'est pourquoivous voyezles malades atteints delà maladie de Parkinsoncontinuer à se servirdes mains. il approche du papier où il doit écrire. (Au malade): Prenez-cecrayon et écrivez. Il ne faudrait pas croire que cetarrêt si prononcédu tremblement.le tremblementde la maladie de Parkinson donne environ 4 ou 8 oscillationspar seconde. paraît-il.il s'exagère au contraire des actes înlentionels (B C toujours considérablementpendant l'accomplissement sur le schéma). un assezbel exempledelà paralysieagitante ou maladiede Parkinson. Ce malade s'appelle Olivier Louis.11n'y a donc pas de différencesous ce l'apport. c'est quesontremblements'elfacepresquecomplètement pendant l'acte volontaire. lui donner la cuiller? (A un interne) : Voulez-vous (Au malade) : Prenezcellecuiller. sauf au moment du sommeil. c'est à peu près le mêmechiffre pour le tremblementmercuriel. il est âgé de82 ans. Eh bien. un fait bien remarquable. contrairement à ceux que vous savezexister dans le tremblement mercuriel . il se produit ici. Portez-laà la bouche. iLécrit lentementet cette lenteur .CHARCOT : C'estle moment d'employerla méthodedes contrastes et afin que vous ayezmieux gravés dans l'esprit les caractères du tremblement mercuriel. il écrità peu près sans trembler. vous savezque si le tremblement mercuriel s'effacetemporairementpendanlla périodederepos. le tremblementde la paralysieagitante est constant.318 — 4° MALADE.pour peu que le cas soitde quelqueintensité. Vous remarquez que le tremblements'atténueet cesseau momentoù le crayon à la main. le tremblement de la période de repos se continuesans modifications importantespendant la périodedes actes intentionnels. Voussavez qu'avecles appareilsd'enregistrement. Voyonssi nous retrouvonsces caractères chezce malade atteint de paralysie agitante. Dans les cas ordinaires. Vous remarquez immédiatementque le tremblementdes extrémités qui existe chez lui est unilatéral.celui do l'intoxication mercuriellepeut s'arrêter de temps à autre pour reparaître au momentoù lemalade devientattentif ou ému.

indique pendantlaactevolontaire quelles'accomplit.. — Sclérose mercuriel. 51. . le tremblement danslaquelle Fig. etc'l. indiquela périodede repos. augmente un peud'amplitude pendantl'actevolontaire.porterun verreà la bouche. Fig.-un (écrire. — Paralysieagitante. 54. 52. pendant — 2*variétédanslaquelle le tremblement continue tel quel Fig. 53. — Paralysieagitante. pendantl'actevolontaire.en plaques. cesse les actesvolontaires.etc. la période AU. Fig. danstousles schémas.—BC.— Paralysieagitante. — Tremblement 1»!variétédanslaquellele tremblement Fig. 50. —3e-variété.

nerveux. le contrasteest peut-être plus accusé encore.très lisiblement. mais en général.— 317 — est un caractère de tous les mouvementsvolontaires dans cette affection. de la langue. 55. au moins dans l'immense majorité des cas. en tout cas. Sans cloute. Il accomplitcet acte. déformation toujours à peu près la même et que j'ai décrite.. comme vous le voyez. . Dansla paralysie agitalante. avoirla parole embarrasséeet bredouillante. sa tète ne tremble pas.Maisil écrit. les caractères sont bien formés. vousle voyez. Faisons-lui porter maintenant à la bouche un verre plein d'eau. un peu comme les mercuriels et certains paralytiquesgénéraux.la déformationrappelle celle de la main qui tient une plume à écrire . Cette déformation tient à l'état dé rigidité de certains muscles. le tremblement qu'on-y voit est un tremblementcommuniqué. I)'. ta tète ne tremble pas.Il y a habituellementdans la paralysie agitante une déformationparticulière des mains atteintes de tremblement. lesmalades peuvent trembler souventdelà mâchoire. mais je le répète. Encore un autre caractère distinctif. Cettefois. bien que cène soit. si on plaçait un petit plumet sur la tête de cet homme. L'eau du verreest introduitedansla bouchesans qu'il en soitverséuneseulegoutte. rien de cela ne se voit dans les tremblementsmercuriels.— Fac-similé cièrement différentesles unes des autres sous ce nom générique de tremblement. les oscillationsmenues de la période de repos (A B) n'augmentent pas d'amplitude. la tête ne tremble pas ou plutôt elle ne tremble pas par elle-même. Chez notre malade.. un certainnombre de faits à signaler. bien qu'ily ait à cette règle des exceptions assurément fort rares. Il y a plusieurs types de ces déformations (Voirles Leçonssur le syst. commeje le disais tout-à-iheure « par elle-même ». En dehors du tremblementil y a. nous verrions ce plumet légèrement agité à chaque secoussedu corps . seulement vous remarquerez. que les pleins et les déliés sont légèrement tremblés. t. Vous voyezcombiende nuancesdélicatespermettent dé reconnaîtrequ'il y a bien des chosesdiversesfon- de l'écrituredun°4. je vous ferai remarquer le contraste qu'il présente avecson voisin le murcuriel (Schum. cheznotre malade. D'abord. Fig. surtout en y regardant d'un peu près ou à l'aide de la loupe.presque sans trembler.certainementpas un clerc.)que j'ai fait retenir près de lui .

tandis que son voisin le mercuriel cligne à chaque instant. Chacun a ses . il pouvait en résulter des accidents. (Au malade) : Que vous est-il arrivé? Le malade : Je suistombé de voilure il y a un an. il présentait cette fixité du regard et de la tète des paralytiques agitants.— 318 — Il y a un autre caractère que je ne veux pas manquer de faire ressortir et qui vous a certainement frappé : C'est l'immobilité des traits du visage. ceux qui le forment éprouvent une grande émotion. comme il est cocher et cju'il travaille surtout de la main gauche (il est gaucher.u malade) : Levez-vousun peu. celle sorte de soudure générale qui est si remarquable. Je peux citer un cas bien remarquable. CHARCOT : Vous n'étiez pas gris? Le malade : Non. si caractéristique quand le malade est assis persiste à un haut degré encore quand il se tient debout et quand il marche. en raison de leur importance clinique. une trépidation qui se manifeste de temps en temps dans l'articulation des mots. Cette immobilité.. CHARCOT: 11a la parole lente et. d'être étudiés avec détails . notre homme n'a pas cligné une foisdes yeux. Ze malade : J'ai éprouvé une vive frayeur parce que mon cheval s'est emporté et que des gamins sortaient au même moment de l'école. M. Il n'a pas une seule fois tourné la tèle. mon cheval s'est emporté. d'étonnement.. immobilité des traits . C'est le premier symptôme qui s'est manifesté. marchez. Je ne sais comment il s'est fait qu'il ne l'a pas été. soit à gauche. c'est celui d'un individu qui pendant les affaires de la Commune a été pris et mis contre un mur pour être fusillé.. je me réserve d'y revenir dans une occasion prochaine. en parlant. Notre malade ne paraît pas avoir d'antécédents héréditaires. M. Une bombe tombe au milieu d'un groupe. M. expression d'impassibilité. Ce faciès n'avait pas frappé. Il n'a pas détache ses yeux un seul instant de moi : fixité du regard. Il ne figure pas dans la description de Parkinson. et. mais quand on lui a dit de s'en aller. M. CHARCOT : On voil souvent la paralysie agitante se développer sous l'influence d'une émotion vive. Il est bien certain que la terreur détermine l'apparition de beaucoup de maladies nerveuses et les maladies ainsi produites sont des plus diverses. de stupeur. Depuis qu'il est là. Monsieur. (A. cette fixité. ne s'était-il pas aperçu que la main droite était déjà prise de raideur et peut-être de tremblement. CHARCOT : Et vous êtes tombé . il lui est arrive un accident le 2S mai 1887. mais peut-être. Monsieur. C'est un cocher.sur le côté gauche ? Le malade : Oui. On peut se demander si c'est bien la frayeur qu'il a éprouvée. soit à droite. à peine pouvait-il marcher. il m'a fait vaciller. qui est la véritable cause de sa maladie. C'est seulement 4 ou 8 mois après qu'il s'est aperçu de la raideur d'un de ses bras. Je crois avoir été le premier à relever ces caractères là qui sont. en heurtant le trottoir. tout d'abord les observateurs.' puis tomber. Mais ce sont là des traits particuliers à la maladie deParkinson qui méritent bien.tellement saisissants qu'ils suffisentvraiment pour permettre sans peine de faire le diagnostic. il était déjà pris de raideur des membres inférieurs et peu de jours après.. Chez celui-ciil s'est passé un certain temps entre le développement des premiers symptômes de la maladie et l'accident qui parait en avoir été la cause occasionnelle.

j'ai rapporté l'histoire d'un homme qui.— 319 — tendances. etc... Je me bornerai actuellement à relever chez notre malade d'autres symptômesqui appartiennentà la maladiede Parkinson régulière. la nuit. .qui. ce sentiment de chaleur sur lequel j'ai appelé l'attention et qui l'oblige souvent. commecelui-ci. Un individu tombe sur l'épaule. son hémiplégie est du côté droit. voit le tremblementde la paralysie agitante commencer par le pied du mêmecôté.. la chute qu'il a faite sur Je côté gauche.en tombantde voilure. ce n'est. voit un requin se précipitersur lui. il se-sent"lesjambes extrêmement faibles. et chez laquelle le tremblement a commencé par la mâchoire. étant descendu sur le rivage pour laver son linge. Non seulementle malade qui est devant vous a. le requin se contente de happer le linge.—Traumatisme agitante.bien du côté opposéque le tremblements'estmontré tout d'abord. chacun est donc atteint suivant sa manière le caractère de ses prédispositionspersonnelles.peu après. la paralysie agitante. à se découvrir.le siège du choc localdéterminele siège des premiers symptômesde tremblement. il était bel et bien atteint de paraplégie.Commele tremblement est chezlui unilatéral. 11 y a bien des exemples de maladies ainsi contractées. 4eédition. Ainsi. Le marin veut remonter à bord. Maisje tiens à vous faire remarquer que. Il a. je lui ai demandési le sentimentde chaleur en questionétait plus prononcé —Appendice. je pourrais citer des d'autres exemples du genre.eu peur au moment où est arrivé l'accident mais il est tombé sur le côté gauche et remarquez bien cela. peut. Je rappellerai celui de ce matelot hollandais observé par M. il manque l'homme. il y a longtemps déjà. d'unecollisiondans laquelleungrand nombre de voyageurs sont compris. un autre deviendraparalytique agitant. C'enest assez sur l'action des causesoccasionnellessur le développementde la paralysie agitante. de telle sorte qu'elle ne vient pas confirmerce que sur j'ai vu plusieurs fois et dont j'ai parlé dans le premier volumede mes Leçons les maladies du systèmenerveux (!). de la contusion. J'ai fait remarquer. c'est qu'Olivier invoquepour point de départ de la maladie. la paralysie vient se produire sur les membres qui ont été le siègedu choc local.pas de ce côté-là. C'estun sujet qui présente encore beaucoup d'obscuritéet qui réclamede nouvelleséludes. etc. qu'il arrive souvent quelque chose de semblable clansla paralysieagitante.làBatavia. Si je rappelle ces faits. en tant qu'elle semblereleverd'un traumatisme. contrairementà ce qui a eu lieu dans les cas que je citais loul-à-1'heure. Lerésultat d'un accidentde chemin de fer.leProfesseurPel (d'Amsterdam). 11présentait tous les caractères de la paraplégie hystérique. J'ai cité également le cas d'une femme qui s'était démisle maxillaireinférieur en'tombant. Heureusement pour lui. la nuit. de réagir et suivant. il est paralysé du membresur lequel le choc a porté. 11semble donc que pour la paralysie agitante aussi.être pour les uns. pour encore la neurasthénie Iraumalique.s'étaitcontusionnéla cuissegauche très fortement et qui. l'un deviendra hystérique. p.. 446. III. Voussavez que dans les hystéries d'origine traumatique. pour d'autres l'hystérie. mais. cl paralysie (1)T. un peu plus tard.

aussi prononcé d'un côté que de l'autre. .— 320 — du côté du tremblement que de l'autre côté. c'est un sujet. Il m'a répondu que ce sentiment était général. .Je vous démontrerai d'ailleurs que cette sensation de chaleur ne tient pas au tremblement en vous présentant un malade atteint de maladie de Parkinson sans tremblement et qui éprouve cependant la sensation dont il s'agit d'une façon très marquée. C'en est assezsur la paralysie agitante pour aujourd'hui.sur lequel j'aurai à vous présenter quelques nouveaux développements dans une séance prochaine.

dans ce registre que sa vétusté rend vénérable. 2° Un cas de maladie de 32 ans. CHARCOT : Jour et nuit? La malade : Oui. à cette époque. M. La malade: C'est parce que j'ai des bourdonnementsd'oreilles et des vertiges depuis deux mois. M. (coloration de la peau par l'argent) chez un de Parkinson locomotrice. qu'il vous semble entendre ce bruit? Celavous fait-il l'illusion d'une cascade à distance? CHARCOT. CHARCOT: Est-ceà l'intérieur de la tète ou extérieurement. CHARCOT : Vousavezsous les yeux une de nos anciennesconnaissances.Policlinique du Mardi 12 Juin 1888. mais nous allonschercher à voir ce qui en est. M. la malade) : Quel est le motif qui vous ramène ? (A.J'enlendscontinuellementcommele bruit d'une chute d'eau. sans Vertige de tremblement homme M. dans le lointain. CHARCOT: Dans quelle oreillese font entendreces bourdonnements? La malade: Dansl'oreilledroite. 3° Un cas d'argyrie alaxique. en l'interrogeant devant vous.. Ataxie Mônière chez une femme de 39 ans. au premier abord que l'affectiond'aujourd'hui se rattache à la maladie d'autrefois. t. 11ne paraît pas. i.Elle est venuenous consulterpour la premièrefois en 1877 et nous avons pu retrouver les noies où sont consignésles symptômesà propos desquels elle s'est présentéeà nous. VINGTIÈME' LEÇON OBJET : 1° Un cas complexe : Hystérie. . Monsieur. 41 Leçonsdu Mardi. 2e édit.

M. M. et de ce canapé à ma chaise. M. mais ils me reprennent quand je suis debout. L'audition paraît. M. CHARCOT La malade : J'en ai continuellement. : Cela vous est-il arrivé quelquefois de tomber chez vous ou dans la M. CHARCOT: Avez-vousquelquefois de grands vertiges qui vous menacent d'être précipitée à terre? La malade : Oui. M. 11me semble que ma tète va éclater. soit chez vous. : Avez-vouseu des envies de vomir à ce moment ? M. CHARCOT : Et au moment de cette chute en avant. M. CHARCOT: Eles-vous tombée réellement quelquefois? La malade : Oui. je garde la chambre constamment. dans ce moment-ci? La malade : Quand je suis assise ils sont rares. une fois. soit dehors. CHARCOT: Esl-ce que ce bruit quevous entendezdevient quelque fois plus aigu. CHARCOT : Vous sentez-vousalors entraînée à tomber en avant ou sur l'un des côtés? La malade : C'est en avant que je crois tomber. en dehors de ma tète. CHARCOT: Permettez. chez la malade. CHARCOT : Mais'vous n'en avez pas. on constate que la distance de l'audition distincte est. ce n'est pas la même chose. où étiez-vous? La malade : Dans notre cour. M.— 322 — La malade: Parfaitement. M. Monsieur.gauche. M. CHARCOT: VOUS avez quelquefois des vertiges? La malade : Continuellement. CHARCOT : Cependant vous voilà ici? La malade : J'ai pris l'omnibus. M. Je vous demande si ce bruit de cascade qui vous obsède prend quelquefois le caractère d'un sifflement? Lamalade: 11reste toujours le même. ne marchant que pour aller de ma chaise à un canapé. . normale pour le côté. Monsieur. comme un sifflement? La malade : Le soir oui. Monsieur. d'être prise d'étourdissements assez forts pour que vous soyez obligée de vous arrêter? Lamalade: Oui. CHARCOT : Vous avez dû aller quelque temps à pied? La malade : Je n'ai eu qu'à traverser la place de la Bastille pour prendre l'omnibus de la gare Montparnasse qui passe devant la Salpètrière. (A l'aide d'une montre. nulle ou à peu près pour l'oreille droite). je suis menacée de tomber. CHARCOT: Dans le voisinage? La malade: Oui. avoir la sensation que la tète va éclater et entendre un bruit quelconque. sur le front. M. M. M.CHARCOT rue ? La malade : Depuis longtemps je ne sors plus. CHARCOT : Vous est-il arrivé. CHARCOT : Avez-voussouvent la sensation d'une menace de tomber ou de tomber même? La malade : Oui. Monsieur.

. vos bruits d'oreilles. CHARCOT : Vousrappelez-voussi. M. les pressurer trop et les obliger à dire ce qui n'est pas. avez-vouseu quelquefoisla sensation que votre lit descendaitou tournait sur lui-même. CHARCOT : Je ne comprendspas bien. et d'où il résulte que vous avez une certaine tendance à ne pas sortir de chezvous? En second lieu. CHARCOT : Vous ne vomissezpas sans cela? La malade : Non. parce que. en vous couchant.— 323 — M. M. vous l'avez compris. M. une garantie. M. M. quand vous n'êtes pas endormie encore. CHARCOT : A la suite de ces chutes en avant? La malade : Oui. Monsieur.el de l'eau. maisil ne faut pas non plus. CHARCOT : C'estdans ces momentsoù vous avezces grandsvertigesque vous vomissez? La malade : Oui. M. quand vous êtes debout? La malade : Non. Il me paraît bien qu'il .. qui vous menacent de vous faire tomber effectivement une fois ou deux.je ne retrouve plus le côté par lequel je dois descendre. quand je me réveille. son récit concorde. Voyez comme il n'est pas toujours facile d'interroger les malades.. alors je vomis de la bile-. il vous arrive quelquefois d'être tout à coup prise de vertiges plus forts. 11faut savoir les conduire par les bons cheminsde l'observation simple-et désintéressée.vous entraînant? La malade: La nuit.4 la malade) : Ainsi vous avez deux choses distinctes. CHARCOT : Je né vous demande pas de théories. Us vous servent souvenl une quantité de faits inexactsou d'interprétation dont on n'a que faire.s'agit là du syndrome Vertige de Ménière. je voudrais savoir si le soir. M. La malade : Oui. CHARCOT : Etant couchée. quand vous avezeu des vertiges qui menaçaient de vous faire tomber en avant. M. jusqu'ici. CHARCOT : Vous exagérez toujours t Je vous demande si vous avezdes envies de vomir dans les momentsoù vous avezces vertiges? La malade: Oui. (. elles forment d'ailleurs un ensemble logique. je n'ai pas remarqué cela.de cascades ont été plus intenses? . ce qui n'a pas existé. Jusqu'ici les réponsesde notre malade ont été sincèreset véridiques. il ne vous arrive pas d'avoir une sensationde vertige comparableà celle que vousavez dans le jour. vosbruits. CHARCOT : Je ne connaissais pas l'épisode pour lequel cette maladie vient nous trouver aujourd'hui. ce qui est en quelque sorte un critérium. parfaitement avec cettehypothèse. d'abord un vertige presqueperpétuel qui l'ait que clans votre chambre vous marchezen voustenant aux meubles. CHARCOT : Cen'est pas tout à l'ait cela que je voudrais savoir .je me trouve comme perdue dans mon lit. (A la malade) : Quand a eu lieu l'accès qui vous a faittomber parterre? Lamalade : Il y a 2 mois. La malade : Quand je veux niasseoir ou me lever. d'un autre côté. M. je vais plutôt du côté du mur.

que notre malade présente les 2 formes du vertige auriculaire. ce sont bien là. le professeur Pierret. je n'insiste pas plus. est absolument classique et à peu près caractéristique. ainsi que. Tillaux en a cité un exemple remarquable. CHARCOT : Faites bien attention à ma question. 330. Cet examen seul pourra décider si le vertige est celui d'une affection de l'oreille externe. du labyrinthe ou enfin d'une lésion de l'origine des nerfs auditifs dans le bulbe. vos bruits d'oreilles deviennent plus intenses ? La malade: Oui. à la suite de l'accès viennent. LOI). M. (In Revue mensuelle. 2° le vertige à début brusque. T. CHARCOT : J'aime mieux que vous ne donniez pas d'explications.il s'agit de déterminer maintenant en quoi consiste ialfection auriculaire qui est le point de départ du vertige: à ce propos dans l'examen nécessairement superficielauquel nous devons nous borner aujourd'hui. M. je vous demande si. M. Monsieur. vous vous attendez à voir survenir les vertiges cpiivous font tomber. quelle que soit l'intensité du vertige. en réalité. je m'asseois.de venir nous prêter ses lumières (1). . Tout cela.suivantles intéressantes éludes de M. par exemple d'un gros bouchon de cérumen comprimant la membrane du tympan. CHARCOT : En somme. Puis. entr'autres. Si je fais mention ici particulièrement des phénomènesvertigineux liés àiataxie locomotrice progressive. Cela vous fait-il l'effet d'un sifflement? La malade : Je ne peux pas trop vous expliquer. ainsi que".--. La malade: Oui. quand vous êtes menacée de tomber en avant. Nous prierons M.— 324 — La malade : Oui. pas de perle de connaissance. Obstruction prononcée. les envies et les vomissements. c'est vrai. M. Le bruit est plus fort. c'est que. aigu si vous voulez. à la suite de iexàcerbalion des bruits d'oreilles et qui est quelquefois suivi de chute et de vomissements. qui survient tôul-à-coup. exaspération des bruits d'oreilles comme prodrome. alors.1877. M.. cela se voit dans certains cas d'ataxie locomotrice (Symptômes sous la dépendance du nerf auditif dans le tabès. en passant. Commec'est là un sujet que nous avons traité plusieurs fois dans les leçons du mardi. Monsieur. dites-vous? Quand vous entendez des bruits plus forts.qui veut bien nous assister en pareille circonstance. il nous est impossible de décider la question et d'arriver à un diagnostic exact. Etant établie l'existence du symptôme vertige ab aure loesa.leD'' Gellô. je le répète.F. ils devenaient bien plus forts. permanente de l'ouïe d'un côté.) . les symptômes du vertige de Ménière typique. CHARCOT : Plus intenses ou plus aigus? Je ne sais pas si elle comprend bien ce que j'entends par le mot aigu. à'savoir : 1" le vertige permanent qui entraîne avec lui latitubation habituelle et l'obligation presque incessante de s'appuyer en marchant sur les objets environnants . ou encore d'une maladie de l'oreille moyenne. menace de tomber en avant et quelquefois chute effective. ainsi que je vous le ferai remarquer tout à (1) Yoirplusloinla note (p. Je vous ferai remarquer. p.

Il n'est pas certain que quelquessymptômesépileploïdesne se soient pas quelquefois entremêlés avecles symptômeshystériques. c'est un diagnosticsigné du nom d'un de nos ophthalmologisles les plus distingués. puisque en 1877. . bulbaire. à priori de bonne raison pour qu'uneotite moyenneou lachez un sujet atteint ci'ataxielocobyrinthique ne survienne pas accidentellement motrice. Burq. véritablementliée au tabès. décider s'il s'agit d'une lésion périphérique ou d'une lésion centrale.contracture du muscleaccommodaleuravec contracture de la jambe et du pied gauche» 21 octobre1877. avec hémianesthésie. La malade a toujours été très impressionnable. par l'application des plaquesmétalliques. et il serait possiblepar conséquentque le vertige dérivât chez elle. à la suite d'un accouchementlaborieux que les symptômesà. un vertige tabétique. proprement parler hystériquesse sontmontrés pour la premièrefois. nous voyons lamalade atteinte d'hémiplégie. elle est veuve.toujours comptersur la possibilitéd'une coïncidence. impulsionsà prononcer des paroles orclurières : tels sont les principaux phénomènesqui se sont fréquemmentproduits pendant une douzaine d'années. que la malade ait été sousle coup de la diathôsehystériquependant une longue période de sa vie.crises à'hysieria minor. en effet. on ne voit pas.— 32S — l'heure. mais de cette lésion centrale.CHARCOT : Oui. Viennent après cettenote des détailsnombreux qui montrentqu'à cette époque la malade était en effet sous le coup d'accidentshystériques variés. étudiée par M.parler. Burq. il est dit en effet que parfois il y a eu morsurede la langueetincontinenced'urine. d'après nos observationsd'alors. cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Enfin. M. Les nerfs optiques sont affectésdans le tabès et il n'y a pas de raison pour que l'appareil de l'audition ne le soit pas également. Pierre!. douleurs ovariennes. modifiéesfacilement ainsi cpie la contracturedont il est question dans la note du DrX.quelquesphénomènes hystériquesont survécu après iàge de 32 ans. C'est à 20 ans. il est libellé ainsi qu'il suit : « Myosis hystérique. car il faut. par les procédés de M. Elle a aujourd'hui 49 ans . Maislaissonsde côtécet épisodeque noustrouverons sans doute à nouveautout à l'heure et revenonsà l'histoire ancienne delà malade. c'était le temps où nous cherchionsà nous rendre compte des phénomènesannoncés par M. L'hystérie parait s'être prolongée sous une forme quelconquejusqu'en 1877et au-delà. je suis revenuebien des fois el pendant longtemps. elle en avait alors 38. venue nous voir pour la première fois? (A la malade) : Quand èles-vous La malade : Le l 01' novembre1877. Donc. Voici quelques détails de l'observation recueillie à cetteépoque: « Mèremorte de phthisiepulmonaire . c'est-à-direjusque vers l'âge de 32 ans ». Une élude attentivepourra donc.CHARCOT: Vousêtes revenue plusieurs fois depuis cette époque ? Lamalade: Oui. bulbaire. elle était sujette à des attaques de petite hystérie. suit la signature.. J'ai été traitée par les métaux. seule. non pas d'une lésion périphérique du nerf de l'audition dans le labyrinthe.Le premier document que nous relevonsdans nos notesde 1878. M. des symptômestabétiques assezaccentuésexistentchez notre malade..Mais il ne faut pas dire sans plus d'examen que le vertige de Minièrechez un tabétique est à proprement.

CHARCOT: Avez-voushabituellementdes engourdissements dans les doigts de la main? La malade ... (A la malade): Vous n'avez plus de ces crises de nerfs.en 1877. retour de la sensibilité et de la force musculaire. depuis 8 ou 10 ans. quelquefois avec perte de connaissance. Il peut acqué- . etc. cela me prend commeun coup de foudre. M. pour bientôt occuper à eux seuls la scène morbide. mais vous a-t-on appliqué des plaques? La malade : Oui. M. Nous voyons en effet. Maisalors commencent à apparaître dans les membres les douleurs d'un caractère spécial qui existent encore aujourd'hui.jeter quelques doutes. M. (A la malade) : Vous les avezencore ces douleurs ? La malade: Elles viennent par accès. CHARCOT: Où siègent-elles? La malade : Dansles jambes. non pas sur le fait même du myosis. M. On vous a mis des plaques ? La malade : On m'a enfoncé des épingles? M. M.— 326 — (A la malade : Vous rappelez-vousl'époque où vous aviez une insensibilité du . en avez-vous? L. j'appelle cela mes éclairs. Monsieur. CHARCOT : C'était pour l'exploration. CHARCOT : Elles ont été remplacées par les douleurs que vous avez dans les jambes? Lamalade : Oui. dans ceux-ci. c'est bien dit.a malade : Oui. CHARCOT: Dans les bras. (La malade dessine à peu près aux avant-bras le trajet du cubital des deux côtés symétriquement). mais bien sur l'interprétation qui lui a été donnée. " M. (Elle montre les deux derniers doigts de la main). des plaques de cuivre et d'argent. les cuisses. deviennent très sensibles sur le point où vous avez ces douleurs? La malade : On ! je crois bien. Je les ai eues avant-hier. CHARCOT : Vous savez que ces engourdissements et ces douleurs fulgurantes dans le domaine cubital sont fréquemment un symptôme tabétique. diminution puis disparition de la douleur ovarienne. C'est le cuivre qui a réussi. Ce n'était pas comme traitement. CHARCOT : Oui. Est-ce que la peau. Oui. Messieurs que c'est à cette époque là qu'existait un myosis qui a été considérépar un observateur des plus habiles comme étant de nature hystérique. Messieurs. CHARCOT : Veuillez remarquer. viennent. les phénomènes hystériques tendent à s'effacer progressives à mesure que se développe au contraire. CHARCOT . côté gauche ? La malade : C'était. il m'est impossible de ne pas crier. etc. la malade ayant alors 38 ans. Eh bien. lorsque je suis venue vous trouver pour la première fois. l'étude des symptômesnouveaux qui se sont produits vers cette époque de 1877.que vous aviezautrefois? La malade : Plus du tout. M. M. iépiderme. On ne peut plus me toucher. par les suites de l'observation qu'à cette époque même. des symptômes d'un tout autre ordre: Plus de crises hystériques. M. CHARCOT: Précisez où siègent les douleurs des bras.

Je n'ai pas d'époques. (La malade revient sur ce fait cpie quand elle a ses douleurs dans les jambes. CHARCOT: D'après les détails de l'observation. Il est donc à peu près certain qu'à cette époque. 57. M. Je fais passer la malade devant vous et vous constatez. M. autrefoisrapporté à tort à l'hystérie existante. Combiende temps durent-elles? La malade : Quelquesheures.les moindres frôlements deviennenttrès douloureux. pour le myosisqui sans doute n'a jamais été de nature hystérique et'doit être considéré comme un des premiers symptômes du tabès. 56. M.arrivé. j'attire votre Fig. CHARCOT dire ce qui fait revenir vos douleurs? (à la malade): Pouvez-vous La malade : Je n'en sais rien. Je n'en ai pas eu cet hiver. nous sommes en plein dans le tabès. — 327 — rir une réelle importance dans les cas anormaux. CHARCOT.. il est certain qu'il y a plus de dix ans.58. Aujourd'hui. Des phénomèneshystériques se produisent chez le sujet. A un certain moment. du premier coup. M. L'ori- . CHARCOT: El maintenant? La malade : Je ne suis pas une semaine sans en avoir. Eh bien.où le diagnostic est parfoisdifficile. qui rend le cas intéressant. M. et qui n'est en somme qu'un des élémentsdu syndrome d'Argill Robertson (pupilletabétique). les symptômestabétiques se sont entremêlés avec les symptômes hystériques et il devient très vraisemblable que quelquessymptômesqui alorsont été considéréscommeétant de nature hystérique étaient déjà des symptômestabétiques. Laissant un instant de côtéce qui estrelatif aux membresinférieurs. qu'on pourrait appeler dans l'histoire pathologiquede la malade une périodede transition. frustes. Et c'est justement ce mélange des symptômesde deux affectionsdistinctes pouvant à un moment donné jeter de la confusionclans l'esprit du médecin.au contraire. que le myosis est ici l'un des plus prononcésque ion puisse voir. à peine supportables). les moindres attouchements'. 11est arrivé qu'elles m'ont duré 24 heures. mais il y a bien longtemps.et y régnent exclusivement pendant une période de la vie. ce qui est facile sur des yeux gris. CHARCOT : JDepuis quand avez-vousces douleurs? La malade : Je ne me rappelle plus au juste. nous constatons un myosistrès prononcé datant de plus de dix ans. bientôt prédomine. il n'y a plus guère raison d'en douteraujourd'hui. attention sur les symptômesoculaires. changement de front:l'hystérie tend à s'effaceret le tabès. C'estce qui est.

57 et 58). : Combien y a-t-il de temps que cela dure ? M. CHARCOT : Cela est à remarquer. 2° l'absence dans un membre. Il paraît que la malade n'a jamais eu ni diplopie. tandis qu'il n'est qu'affaibli sur la droite. Les troubles vésicaux existaient très certainement à l'époque où nous étions tentés de tout rapporter à l'hystérie alors prédominante. on fait très aisémentabstractiondes détails qui paraissent n'avoir pas d'importance ou qui embarassent. le réflexe rotulièn fait complètementdéfaut. Monsieur. ni chute de la paupière. CHARCOT de pousser ou de vous accroupir ? Lamalade: Oui. les réflexesroluliens sont seulement amoindris. il y en a d'autres où j'urine clansmon lit. pendant l'accommodation. Revenons maintenant à l'examen des membres inférieurs : (M. Quel dommage que nous ne puissions pas remonter le cours du temps et nous remettre en mémoire l'embarras où a dû nous placer celle concurrence de symptômes insolites. M. sans doute : . des réflexes roluliens . et ne se contracte pas quand on approche une lumière . mais j'avoue que cela me semble bien peu probable. Il peut se faire enfinque l'un des yeuxprésente le myosis. 3° le signe d'Argyll Roberlson. malgré son petit diamètre. 56. Je vous rappellerai en passant que le myosis n'est pas un élément nécessairedu syndrome d'Argyll Roberlson. Avons-nous soupçonné l'existence-des symptômes tabétiques parmi les symptômes hystériques ? Voilàce que jene saurais dire. C'en est assez pour établir le diagnostic. (A la malade) : Est-ce que vousurinez difficilement? La malade : Il y a des moments où je ne puis plus du tout uriner. Vous êtes obligée M. il se contracte au contraire. nous trouverons sans clouteencore de quoi le confirme)'. Celui-ci peut exister avec une pupille d'étendue moyenneou avec une pupillemydriatique. clansla jambe gauche qu'elle a le plus de douleurs et dans cette jambe.— 328 — fice pupillaire est en réalité presque un point imaginaire. encore. vous le voyez. CHARCOT La malade : Oh ! plus de 10 ans ! M. l'affaiblissement dans l'autre. [Fig. par cette seule raison qu'en conséquence d'une certaine tournure d'esprit fort commune parmi les cliniciens. Nous voilà donc en possession de trois symptômes labôliques importants : 1° Les douleurs fulgurantes classiques. Secondsymptôme tabétique.) (A la malade) : Dans quelle jambe les douleurs en éclairs sont-elles le plus fortes ? La malade : Dans la jambe gauche. CHARCOT prie son chef de clinique d'examiner à l'aide du marteau l'état des réflexes roluliens. l'autre offrant au contraire une dilatation pupillaire considérable. Cet orifice ne s'élargit pas lorsque l'oeil est plongé dans l'obscurité. : Vous avez quelquefoisde la dificultéà uriner. Le réflexe fait défaut sur la jambe gauche. En procédant dans notre examen. le signe d'Argyll Roberlson est donc le seul phénomène oculaire qu'il y ait à constater chez eile. CHARCOT : C'est. Il est vrai qu'il est fort possible encore que nous n'ayons pas été grandement troublés à l'époque. On simplifie : la méthode a clubon. tandis que dans la jambe droite où les douleurs sont moindres. La vision ne paraît pas affectée.

M. M. vous remarquez de plus que dans la station debout. Monsieur. ainsi que je vous l'ai dit en commençant. i. en outre qu'elle lance un peu ses jambes et qu'ellefrappe du talon comme font tous les tabétiques»notre malade dis-je. 4? Leçons du Mardi. Nous devons nous attendre à voir. car il s'agira de savoir si la gêne de la marche qui pourra existerest une conséquencedu vertige de Ménière qui. Eh bien. Messieurs. à ce moment même. remarquez-le bien.se montre sous la forme chronique. (A la malade) : Vousarrive-t-il quelquefoisclansla rue que vos jambes se dérobent sousvous ? La malade : Oui. CHARCOT : Voilà un phénomènetabétique. ce qui fait surtout l'intérêt de ce cas. en marchant. nous trouverons peut-être quelques difficultésd'affirmation. il n'y a guère d'hybrides en nosographie. cependantvous le voyez. Car. Il y. 2» édtt.est on ne peut mieux justifié chez notre malade et qu'il s'agit mêmed'un cas classique . Vous voyez que le diagnostic : ataxie locomotrice progressive. de ce chef. c'est sa complexitémême.' Je n'ai pas de douleur en ce moment-là.— 329 mais il faut s'en défier. elle est menacéede perdre l'équilibre. En résumé. des troubles qu'on puisse rapporter au tabès.a une CHARCOT. à proprement parler en marchant et qu'ils ne souffrent pas de vertiges. De telle sorte que ion pourrait dire que sa démarche est tremblée en raison combinée du vertige de Ménière et du tabès. notre malade. . M. c'est clansles premiers temps où existe la diplopie. dans la marche. ses pieds sont agités de mouvementscontinuels dontle but instinctifest de conserverl'équilibre. exister une démarchetitubante plus oumoins accentuée. Mais sur ce dernier point. Est-ce que vous avez toujours un peu de vertige en marchant? La malade : Oui. et la nécessitéoù nous nous sommes trouvé de faire des efforts d'analyse pour le débrouiller et en séparer les divers éléments.et l'histoire de notrecasnous fournit une leçon que nous devonsinscrire dans nos tablettes et profondémentméditer. à savoir : symptômestabétiques et enfin vertige de Ménière. Mais poussons plus avant. Nous devonsrechercher si chez notre malade existe le signe de llomberg et si ion peut constater. Monsieur. ou si au contraire elle relève de iataxie tabétique. titube un peu et se plaint d'un sentiment de vertige comme cela a lieu clansle vertige de Ménière chronique. C'estle «giivingtuay of thelegs» de quelques auteurs anglais (Buzzard). t. l'hérédité nerveuse figure ici dans iéliologie à l'exclusion de la syphilis qui paraît n'avoir jamais existé. je vous en préviens. chezelle. CHARCOT : Vous savez que les tabétiques ne titubent pas. si elle ferme les yeux. ou si les vertiges existent. CHARCOT: VOS genouxfléchissenttout à coup avec ou sans douleur ? Za malade : Cen'est pas la douleur qui me fait fléchir les genoux. Tout ce qui vient d'être dit rentre dans la symptomatologie tabétique. (A la malade) : Marchezdonc un peu.dans cette histoire compliquéeil ne s'agit pas d'un hybride. de trois espèces morbides se succédant l'une l'autre après avoir mêlé un instant les divers symptômesqui les caractérisent. Vous voyezqu'elle ne peut pas rapprocher les pieds sans osciller . mais de trois formes.

il n'y a pas de lésions du côtésourd. del'examen faitde l'appareil auditif denotremalade quelques joursaprès (1)Voicile résultat est absolument à l'opinion la leçonpar M. de l'emploi suffisammentprolongé de sulfate de quinine à haute dose. je ne m'arrêterai pas à ce qui concerne le tabès en tant qu'affection spinale. Lesoreillessonta peuprès normales etle droite. Je veux me borner à vous dire que dès à présent. sans avoir pris d'autre précaution que celle de déterminer. malgré tant de complexité. par exemple. la véritable nature du vertige de Ménière ne pourra être réellement établie qu'à la suite d'un examen détaillé qui sera fait ultérieurement. à ne voir dans ces changementsque la succession peut-être accidentelle d'états morbides indépendants l'un de l'autre. vertigen'estpasprovoqué à 20 cm. On agit bi-auriculaires. Par conséquent. si le vertige ne tient pas à la présence dans le conduit externe d'un bouchon cérumineux. il est vrai qu'on pourrait encore invoquer ici en pareil cas les liens qui rattachent si étroitement les membresde la famille neuropathique aux membres de la famille arthritique dont on pourrait dire que l'affection de l'oreille fait partie.En conséquence. aujourd'hui nous sommes tentés. relève dans tous les cas. le DrGellé. d'une lésion des origines de l'auditif dans le bulbe. Quant à présent. 2° iélétabétique. elles se tiennent cependant par les liens de l'hérédité de transformation. Pierret. pour envisager maintenant le côté thérapeutique. chose facile. ainsi que je vous l'ai dit dès"le commencement. la surdité sérieuses » droiteest d'origine cérébrale. dans son livre de Muialionibus Morborum.vertiges. dis-je.— 330 centaine d'années. La montreest entendue exercée surl'oreillequi n'entend nettement sur l'oreillequi entendparpression centripète pas. Mais toute discussion deviendrait inutile et une nouvelle simplification deviendrait légitime si ion parvenait à établir que chez notre malade le vertige est réellement une affectiontabétique relevant. Alors on pourrait conclure que. Mais. en d'autres termes de la transformation d'un syndrome clansun autre . clansles cas signalés par M. Conservation très nettedesréflexes par les pressionscentripètes. on eût parlé. l'histoire pathologique de notre malade doit être ramenée à deux seuls éléments : 1°l'élément hystérique. Il n'en serait pas de même sans doute du vertige de Ménièresi celui-ci dépendait par exemple d'une affectionde l'oreille moyenne. Je crois devoir vous renvoyer à ce que je vous ai dit maintes fois sur ce sujet. . C'est du moins ce que je crois pouvoir avancer en me fondant sur les observationsassez nombreuses que j'ai eu l'occasion de faire dans ce domaine depuis une dizaine d'années (1).Il gauebe et pas du toutà droite. on eut interprété tout cela peut-être à la manière usitée par Lorry. Il ne faut pas oublier cependant que le tabès et l'hystérie appartiennent l'un et l'autre à la grande famille neuropathologique et que*bien qu'il s'agisse là d'espèces morbides distinctes radicalement. avec nos idées du jour. comme cela parait avoir eu lieu.Laconclusion favorable ici qu'ils'agit : du vertigedeMénièretabétique « Hémisurdilé bourdonnements. ce vertige. qu'il dépende d'un otite moyenne du labyrinthe ou d'une lésion bulbaire tabétique.

Cettealtitude raicle.sur lesquels j'ai appelé l'attention dès la première édition de mes Leçons sur lesmaladies du systèmenerveux. Il offre. tous permet les malheureux qui sont atteintsde cette affection. cette lenteur des mouvements que ion observechezles malades de cette espèce. déformationspéciale des mains. paraplégiques. Et je vous ferai remarquer en passant que celle rigidité musculaire de la paralysie agitante est encore un problème au point de vue physiologique. vous allezle voir. au contraire. tantôt organique desfaisceauxspinaux pyramidaux. dans lesquels la . vous le savez. je crois. ce masque immobile. etc. que les apparences avecla rigidité spasmodiqueque ion voit dans les contractures hémiplégiques. que le tremblement n'occupait qu'un. Maisil est aussi des cas. tandis que dans les cas vulgaires les deux élémentsse trouvent combinésdans des proportions à peu près égales. une origine spinale et elles se rattachent plus ou moins directementà une lésiontantôt dynamique. c'est l'élément rigidité qui prédomine. etc. J'ai eu bien des fois l'occasionde relever que dans la paralysie agitante normale. immobilitéde la tète.331 2e MALADE. si vousvoulez. cette fixité du regard. D'ailleurs. il y avait deux éléments à considérer: 1° l'élément tremblementet 2° l'élément rigidité. sans plus d'informations. Cescontractions spasmodiques ont. fixité du regard. spinale. il y a lieu de faire ressortir que tantôt c'est l'élément tremblement qui estle plus prononcé. en effet. je vous ai entretenu si je ne me trompe. avec cette particularité toutefois. dans la clinique de la paralysie agitante. rien n'y manquait.. représentait. CHARCOT : Voiciun malade du serviceque j'avais depuis longtemps le désir de vous montrer. Messieurs. de la paralysie agitante.. lesquelles se distinguent de celle-ci par le fait qu'elles s'accompagnent. Or. je le crois du moins et c'est justement notre ignorance sur cette matière que je tenais à faire ressortir devant vous. et le malade qui servait de substratum à nos démonstrations. que d'autres fois. mais parfaitement définis aujourd'hui cependant. cas assez rare du reste. d'un coup d'oeil. dans la rigidité de la paralysie agitante. M. le type vulgaire.Elle n'a rien de commun. ne fût-ce que pour vousinciter à la recherche et pour faire remarquer du même coup l'absence de l'exagération des réflexes clansla rigidité des agitants. dans la règle. un cas fort intéressant. Quelle est la raison physiologique de la rigidité musculaire clans la maladie de Parkinson ? On n'en sait absolument rien.seul côté du corps. d'une exagération des réflexes tendineux qui ne se voit pas. La dernière fois que j'ai eu l'avantage de me rencontrer avec vous. tout cela c'est le résultat de la rigidité musculaire. pas même cette attitude rigide qui donne l'idée d'une soudure de toutesles articulationset qui est tellement caractéristique qu'elle de reconnaître à distance. par opposition à ce qui a lieu dans la contracture spasmodiqueproprement dite ou.

paralysie agitante. Bachère. dans leurs mouvements et leurs allures. nerveux. des traits si caractéristiques. C'est un ouvrage qui. vous y trouverezla satisfactionet le profil qu'on retire toujours de la lecture des descriptions cliniques. L'existence bien établie aujourd'hui de cas de celte espèce. tout exigu qu'il soit. « as a pièce of machinery » ditil en parlant de leur allure. renferme un grand nombres d'excellentes choses. c'est ainsi qu'il s'appelle est aujourd'hui âgé de 31 ans. Le malade que vous avez sous les yeux offre justement un très remarquable exemple de ce genre. et des traits du visage.T. s'appliquer au cas où le tremblement fait défaut . Les sens et l'intelligence sont intacts. au lieu de vous borner à la définition. ainsi. nous ne voyonspas non plus qu'il y soit fait allusion à celte allure raide.le D1' Windsor. l'étudier clansson type départait développement. en particulier. p. vous lisez le livre clansson entier. et à se mettre à courir quand on marche.Du Leçons (1)"Voir tremblement dans la maladiede Varldnson. j'en possède cependant un exemplaire que je dois à la grande obligeance de M. A7oussavez que les mouvements primaires ne s'imitent pas facilement et que les automates construits par les mécaniciensmême les plus habiles.]! y auraitencore bien deschosesà reprendre dans cette définitionet qui fourniraient matière à épiloguer. bibliothécaire à l'Université de Manchester. nous pouvons chez notre homme. Il n'en est pas moins vrai que si. çà et là. La définitionde Parkinson est à peu près celle-ci : « tremblement involontaire avec diminution de la force musculaire survenant même dans le repos .— 332 — rigidité est tout et le tremblement nul ou presque nul (1). après bien des recherches inutiles. London 1817). faites d'après nature. Ainsi. ce qui nous frappe tout d'abord c'est l'immobilité de la tête. Parkinson parle de la démarche raicle et empesée de ses malades qui les fait ressembler à des automates. Maiselle pêche par trop de généralité. devait conduire à critiquer la définition donnée par Parkinson dans son remarquable traité de la memPARKINSON. qui fait aisément reconnaître la main de l'homme. par un observateur sincère et attentif. elle ne saurait. Lorsqu'il est assis. de raicle. l'insigne supériorité d'être la première en date. à la majorité peut-être. et j'engagerais beaucoup quelqu'un d'entre vous à en donner une traduction française. sur lesmaladiesdu système 18S0. G'estune tonte petiteplaquette devenue à peu près introuvable aujourd'hui. et c'est vers l'âge de 26 ans que la maladie. Ce sont bien de ces automates que ion peut voir dans les exhibitionsde figures de cire animées. 414. Ce n'est pas qu'il puisse faire de la tête quelques mouve- etc. quelque chose de brusque. s'est développée chez lui. de scandé. ( On Essay on ihe ShaJdng Palsy by JAMES ber of the royal Collègeof Surgeons. dont je vous dirai plus loin les principales phases. qui donne à la physionomie. propension à tenir les bras courbés en avant. 4eédiiion. Cetélément rigidité que nous venons d'essayer de mettre en relief. » Voilà une définitiondescriptivetrès pittoresque et qui est exacte dans son application à un grand nombre de cas. . I. ont toujours. et elle aura toujours sur toutes les autres. tout d'une pièce.

le musclefrontal pourrait cire appeléle musclede iétonnement. comme vous le faisonstous sans y penser . 59. Il n'est pas sans intérêt de chercherà reconnaître la raison decette physionomie de M. lorsqu'onl'y invite et en conséquenced'une sorte d'effort. Vous remarquerezcesénormesplis transversaux et profonds de la peaudu front. d'après les recherches si importantes de Duchennede Boulogne. Or. C'estla per- .Charcot).—Portraitde Bacbère (Dessin immobile qui exprime en quelque sorte d'une façon permanente iétonnnement et la stupeur même. mais il ne le fait plus que rarement. s'il le veut bien. ils sont évidemmentune conséquencede la rigidité permanente dont est le siège le musclefrontal. c'est-à-dire porter la tête à droite et à gauche. Fig.— 333 — mentslatéraux.

Fig. 61 — Action palpôbral peu près également prononcée dans tous les muscles moteurs de l'oeil. et contribue chez lui à maintenir les yeux grands ouverts.- 334 — manence et l'intensité d'action de ce muscle qui élèvechez Bachère. les sourcils démesurément d'une façon permanente. Un phénomène analogue explique la rareté du clignement. (30. Le plissement du front et l'élévation des sourcils dûs à l'action exagérée du muscle frontal est un des . de l'orbiculaire supérieur. etc.. 11est vraisemblable que la fixité du regard est également la conséquence d'une rigidité à musclede la réflexion. del'orbiculaire supérieur. etc. Tous les autres muscles du visage étant à droite et à gauche également rigides. Fig. il en résulte une immobilité de la physionomie sans rides marquées. — Casde paralysie Combinaison dela rigiditédu masquefrontalet de celle agitante.

des plis verticaux plus ou moins profonds. une expressionmi-partie d'attention et d'étonnement. lorsqu'ils sont combinés aux rides transversalesdu front. — Action supérieur est cellede l'effroi.qui siègent surtout entre les deux sourcils. dumuscle frontal del'orbiculaire et du peaucier.335 traitsles plus communs et les pluscaractéristiques du faciès dans la paralysie agitante. pression à la racine du nez. 62. chez quelques malades. La physionomiedu malade exprimerait l'effroi si les musclespeauciers devenaient rigides en même temps que le frontal . L'excombinée Fig. Maisaux plis transversaux du front s'ajoutent. Cesplis verticauxdûs à la contractiondes muscles orbiculaires supérieurs (musclesde l'attention) impriment à la physionomie au malade. mais je ne crois pas que pareille combinaison se soit jamais rencontrée chezun sujet atteint .

— 336 — de maladie de Parkinson (Fig. Voicile malade debout. 63. Fig. vous . puis pendant la marche. pas assezraide cependant pour que les mouvements soient tout à fait empêchés. au travail magistral de Duehenne de Boulogne.très lents et paraissent être mis en jeu toujours à la suite d'un effort. abaisser ses sourcils. même un instant les rides transversales qui sillonnent son front. Si la rigidité dans certains muscles est trop prononcée. faire disparaître. le mouvement de ce muscle peut être complètement supprimé. il y a une anomalie à signaler. (Le malade (S'adressant aumàlade): Efforcez-vous s'y efforce vainement) ! Il ne peut pas. maisils sont toujours lents. 62). donc d'abaisser vos sourcils.nouslaretrouvonsdans le cou. dans lesmembres et d'une façon générale dans toutes les parties du corps. tant la rigidité du muscle frontal est intense et permanente ! Examinons maintenant l'attitude du malade d'abord pendant la station debout.remarquerez . — Paralysie agitante (typevulgaire). même après cette réserve. en tant du moins qu'il s'agit de la forme où le tremblement fait défaut et cependant. vous le voyez. Tout y est raide. Cette rigidité musculaire dont nous venons de relever l'importance à propos du faciès. Je vous renvoie pour une analyse plus détaillée aux muscles d'expression. Je le fais placer devant vous de profil. Je vous ai présenté le sujet comme un type de maladie de Parkinson.

ces mêmes parties sont demi-fléchies. debout. 2" ôdit. membres On pourrait dire d'après cela que dans le type normal. tendance cette temps à la prola description de Parkinson. en même Cette différences'accuse plus encore dans la marche. je pulsion.337 de Parkincette inclinaison de la tète et du tronc signalée déjà dans la définition l'attitude son. 64. i. c'est l'extension dans cette dernière circonstance que réside en partie l'anomalie. tandis que dans les conditions barres des à former manière de rigides. t. et c'est justement la flexionqui domine. tandis que dans notre cas. . Leçons du Mardi. ordinaires. Fig. Vous constatez cette propulsion nettement signalée dans en à courir avant. cuisses. 43 CHARCOT. les jambes sur les sont étendus les avant-bras chez Bachère. y me place derrière-le malade et à 2 ou 3 en celle-ci Pour mettre relief. Je vais montrer qu'en outre de la tendance très marquée à la rétrotendance une malade notre a chez également il pulsion. —Bachère. Tout cela est normal. c'est clansles type-d'extension. mais ce qui est anormal c'est que dans sur les bras.

en effet. si peu appréciable qu'il est à peine visible et qu'en somme on pourrait.33S reprises. c'est en dehors de l'altitude inclinée en avant de la tête el du tronc qu'il faut aller chercher la raison delà propulsion et de la rétropulsion. je vous ferai remarquer qu'il y a 4 ou 5 ans. aux oreilles desquels le mol paralysie sonne en général fort mal. On ne peut pas dire clansce cas. L'absence des réflexes roluliens. ils « courent » pour ainsi dire après leur centre de gravité. et notre sujet est un exemple du genre. conserventdans les membres au moins pendant longtemps. Je signalerai encore chez notre malade. en outre de l'absence du tremblement. un fait qui vient à rencontre de la définition donnée par Parkinson. la diminution de la force musculaire serait un accompagnement constant de la maladie. tellement accentué que le malade.qu'il court après son centre de gravité. Beaucoupde malades. Bachère a étéconsidérépar plusieurs médecins expérimentéscommeun exemple de paralysie spasmodiquerelevant d'une affectionspinale portant spécialement sur les faisceaux latéraux. des moments. je ferai la critique d'une prétendue explication physiologique assez répandue qu'on propose pour rendre comptedu phénomène de la propulsion. cette explication ne vaut pas pour ce qui concerne le phénomènede la rétropulsion. mais cela est foin d'être constant. sans rien forcer. puisque celle-ci peut exister sans qu'il y ait tremblementelsans qu'il y ait paralysie. M.en tous cas. La première. est menacé de choir lourdement en arrière. (Un dynamomètre est placé dans les mains du malade . Afinde mieux faire ressortir l'importance en clinique de la connaissance de la maladie de Parkinson sans tremblement. Celaest exact. je le répète. d'ailleurs. il y a. C'est que le tremblement des mains existe en réalité par moments. Suivant cet auteur. si on ne s'y oppose pas. Ondit volontiers que cette tendance à courir en avant que présentent ces malades tient à ce qu'ils ont le corps penché en avant et que dans la marche. dans deux épreuvessuccessives.où il n'est pas appréciabledu tout. n'en pas tenir compte dans le tableau clinique . je tire vers moi les pans de son habit. clans la paralysie agitante. CHARCOT : C'est à peu près le taux normal chezun homme vigoureux. d'ailleurs. le dynamomètre donne 75 et 80). Ce sont là. dans le repos el dans le mouvement. le recul est tellement invincible. Il y a longtemps que la maladie est constituéecependant et il n'est pas vraisemblable qu'il se prononcejamais plus dans l'avenir. Par conséquent. des raisons suffisantespour légitimer la proposition quejJai l'ailedesubsliluer la dénomination de Maladiede Parkinson à celle de paralysie agitante. au contraire. de trépidation épilep- . lorsque le malade recule. Je vous ai jusqu'ici présenté Bachère comme un exemple typique de maladie de Parkinson sans tremblement. Ceci montre combien le ternie paralysie agitante destiné à caractériser la maladie est imparfait. L'expérience ici doit être faite avec précaution. Je ne m'en dédis pas : 11y a cependant une toute petite réserve. évidemment. l'intégrité de leur force clynamomélrique. chez les sujets atteints de paralysie agitante. car une fois mis enjeu. car l'inclinaison du corps en avant ne se modifieen rien. Evidemment. il s'en éloigne. est préférée par les malades eux-mêmes. sans doute pour un bon nombre de cas. mais il est si faible. je pense. A ce propos.

l'altitude générale du corps. Je fais passer sous vos yeux un exemplaire de l'écriture de Bachère. elle paraît s'être produite à la suile d'un rhumatisme articulaire aigu. la faciès. sa grand'nière maternelle était rhumatisante. et souvent aussi ce sentimentde chaleur exagérée que j'ai relevé et qui compte parmi les symptômes les plus intéressants de la maladie de Parkinson. à iàge de 20 ans. à l'âge de 26 ans. vous le de l'écriturede Bachère.— 339 — tique d'un côté. une première à l'âge de 12 ans. auraient pu suffire s'ils avaient été remarqués. c'est pourquoi j'ai voulu saisir l'occasion pressante de vous le présenter avant qu'il s'éloigne de nous définitivement. 65. syphilitique. La thérapeutique est pour lui absolument impuissante. commevous le voyez. a eu lieu tout récemment. est mort aliéné. Son écriture est. lui a éprouvé 3 attaques de rhumatisme articulaire aigu. Une 4o attaque de rhumatisme. . mais sans trembler ostensiblement. que les premiers phénomènesde la maladie de Parkinson oui apparu. exposé constamment à l'humidité et au froid. Fig. la tendance à la propulsion de l'autre. Son père. On remarque cependant. (Le malade se retire). compliqué de pneumonie. exerçait la profession de marinier sur la Garonne et il était. 11y a des antécédents nerveux dans sa famille. à éviter celle confusion. —Fac-similé voyez.excepté le tremblement. Nous avons obtenu son admission à Bicêtre à titre d'incurable. Il éprouve à un haut degré ce besoin de changer de place. Donc. B. parfaitement lisible. rien ne fait défaut ici. par conséquent. C'est à la seulede la 3°. sans parler des autres symptômes. Je terminerai ce que j'ai à vous dire aujourd'hui concernant Bachère. en y regardant à l'aide de la loupe. cet hiver même 1887-1888. Vousl'avez vu écrire lentement. en complétant par quelques traits son observation. Un trait exceptionnel est que la maladie s'est développée chezlui comme je l'ai dit. Ce pauvre homme est depuis longtemps dans nos salles. que les traits sont parfois légèrement tremblés. Il va nous quitter en conséquence un de ces jours .

des doses relativement considérables du médicament. Dans le temps où. 4. 11est en effet. phénomène dont l'apparition paraît marquer l'instant ou les organes intéressés commencent à être colorés par la formation des dépôts métalliques . nous poursuivions dans cet hospice. Voici un sujet qui présente sur la face. des téguments. la présence de ce phénomène qui n'est autre que la coloration bleue ardoisée des gencives au voisinage des dents (Sidère argyrique) doit mettre le praticien sur ses gardes. 20 grammes du médicament (1). (1)Dansl'ataxielocomotrice. Cette modificationdans la couleur des tissusartificiellementproduites'appelle quelquefoisiargyrie. 6 pilulespar jour. Ce n'est pas une raison cependant pour en proscrire complètement l'usage.(Voir le t. car il semble y avoir à cet égard des diasyncrasies. Il ne faut pas cependant se fier trop à ces chiffres. à la lenitrated'argentse donnepar pilulesde 1 centig. M. Celle-cine se montre guère cependant tant que Tessujets n'ont pas pris 10. je vous le dis à l'avance. d'y regarder d'un peu près et d'examiner souvent les malades. Sur ce sujel. Charcot) . Vulpian et moi. il la doit à l'administration excessive d'un médicament qui n'est autre que le nitrate d'argent donné à l'intérieur. très intense. alors interne à la Salpetrière. d'autant mieux qu'il s'agit là d'un médicament qui n'est certes pas sans valeur. cela paraît bien démontré. nos recherches relatives à iemjuoi du nitrate d'argent dans iataxie locomotrice progressive. cette coloration à peu près indélibile. d'ailleurs. Il suffira.340 3e MALADE. 15. CHARCOT. la membrane muqueuse des lèvres.touslesrenseignements utiles clans l'article argent du Dictionnaire encyclopédique des sciencesmédicales. comme vous le voyez . et aussi sur les parties cachées une coloration ardoisée bleuâtre. pour éviter tout accident. chaque dosede 2. Cette colorationdes téguments est certainement de nature à rendre fort circonspect dans l'emploi à l'intérieur du nitrate d'argent. le cou.voustrouverez touslesdétails. leD 1'Duguet. car il annonce que la saturation de l'organisme commence à se produire et que la coloration des téguments menace de se manifester. rarementplus. etc.actuellementla victime. Si ion eût été attentif dans l'administration du médicament. on devrait suspendre l'emploi du sel Lunaire au moment où la coloration ardoisée de la muqueuse buccale et des gencives commencerait à se montrer très accentuée. tandis que d'autres restaient exempts malgré qu'ils eussent ingéré. sur une grande échelle.. un phénomène pour la première fois signalé par M. il nous est arrivé de rencontrer des sujets qui prenaient rapidement la coloration sans avoir usé cependant de doses élevées. pendant de longs mois. les gencives offrent cette même coloration . les mains. on eut pu éviter au malade la mésaventure clontil est. vm des OEuvres complètesde M.

les troubles vésicaux ont seuls représenté iataxie. monsieur. (Lemalade marche sans incoordination). Vous voyez. (Au malade) : Levez-vouset marchez. M. : Avant d'avoir ces douleurs qui datent de 5 ans. Le malade : J'ai eu souvent. quelquefois. et durent quelquefois tout un jour. que je vous ai montrée en commençant. . des envies d'uriner très douloureuses. j'urinais goutte à goutte. clansun langage pittoresque. CHARCOT (après avoir examinéles pupilles du malade) : Il présente des deux côtés du myosis. Je soupçonne qu'il s'agit d'un ataxique. dans le langage de la symptomatologietabétique. monsieur. CHARCOT : Avez-vouseu des troubles de la vision. depuis 5 ans. pendant 6 mois. CHARCOT . un instant. Cela va mieux maintenant.qu'il veutcontinuer coûte que coûte au risque de se voir défiguré. M. le signe d'Argyll Roberlson est bien dessiné. 6 mois environ auparavant. c'est celui où le malade averti de ce qui peut arriver par la prolongation d'une médication dont il ressenties bons effets. tout une nuit. mais il est fort net encore. Mais maintenant. les sujets qu'on rencontrait ayant la coloration bleue étaient des epileptiques. avez-vous jamais vu double? Le malade : Non. CHARCOT: Avant que vous n'ayez eu des douleurs? Le malade : Oui.— 341 — Il n'y a qu'un cas peut-être où vous pourrez passer outre. ne sont pas du ressort de la chirurgie et qu'ils appartiennent à la médecine. pour avoir les pieds au froid. avezM.formellement. le professeur Guyon. dans le commencement. déclarerait catégoriquement. Il y a quelque 40 ans. Mesdouleurs m'empêchentquelquefoisde dormir. 11n'y a guère que iataxie qui soit aujourd'hui traitée par le nitrate d'argent. dites-vous. CHARCOT vous éprouvé quelque gêne pour pisser? Le malade : On m'a d'abord traité pour une paralysie vésicale? M. Le malade: Il y a eu un moment où je marchais très mal. quand je lès ai la nuit au lit.je me découvre même l'hiver. On m'a dit en effetque j'étais atteint d'ataxie locomotrice. elles surviennent tout d'un coup. ce myosis est moins accentué que celui qui existechez la femme.. je n'avais cependant plus rien dans la vessie. les « faux urinaires». inopinément. CHARCOT : C'est ce qu'on appelle. M. Il est possible que cela oit eu lieu chez le malade qui est devant nous. très difficilement. (Au malade) : Combieny a-t-il de temps que vous avezdes douleurs dans les jambes? Le malade : 5 ans. Il entend dire par là que ces malades qui viennent le consulter souvent. monsieur. ce sont des douleurs fulgurantes très violentes dont je souffrede temps en temps. De plus. M. si je ne me trompe. Le malade appartenait alors à la catégorie de ceux que M. J'ai eu après la guerre des douleurs pour m'être couché sur la terre. la chaleur les augmente. appelle. les crises vésieales . (Au malade) : Est-ce que vous souffrezd'une sensationde constriction à la base de la poitrine ? Le malade : Oui.

. CHARCOT : A quelle époque avez-vouscommencéà mal marcher? Il y a 5 ans que vous avez eu les douleurs . Vulpian est mort. cela parait vous être assez indifférent? Le malade : Oui. M. CHARCOT : Commentse fait-il que vous soyezentré aussi avant dans la coloration de la peau? Le malade : Depuisque M. CHARCOT : Y a-t-illongtemps qu'on vous a appliqué des pointes de feu? Le malade : Il y a 8 jours. je ne pouvais pas du tout diriger mes jambes. CHARCOT : Maisvous faisiezautre chose que de prendre du nitrate d'argent? Le malade : Oui. Vous venez naturellement nous demander une consultation ? Le malade : J'ai un petit emploi. CUARCOT : Oui. monsieur. Vulpian? C'est toutd'un coup que cette coloration vous est venue ? Le malade : Ma foi. — Fermez les yeux. CHARCOT : Quand avez-vouscommencéà prendre du nitrate d'argent? Le malade : En 1883. où vous l'avez maintenant. j'ai toujours eu un teint très foncé. : Vouslès lanciez beaucoup plus? M. Il y avait déjà un an que j'étais malade quand j'ai commencéà le prendre. Il s'agit donc là en sommed'un cas d'ataxie fort régulier. monsieur. sans doute. : Croyez-vousque le traitement vous ait l'aitdu bien ? M. — Vousle voyez osciller un peu. on m'appliquait des pointes de feu au dos tous les 15 jours. Vous êtes resté sans être coloré pendant 5 ans? Vous ne l'étiez pas du temps de M. M. je crains de le perdre. CHARCOT : Vous voyez que les réflexes roluliens sont absents.342 M. je marche difficilement.vous dites que vous marchez mieux. j'en suis sûr. M. vous ne pouvez pas bien marcher? Le malade : Non. M. d'ailleurs je voulais guérir à tout prix. CHARCOT : Veuillezvous lever. monsieur. M. J'avais de la peine à me lever de mon siège. j'ai toujours continué à prendre du nitrate d'argent. je frappais du talon. quand a commencéla difficultéde la marche? Le malade : Un an après le commencementdes douleurs. CHARCOT Le malade : Oui. mais certainement pas au point. monsieur. CHARCOT Lemalade : Oui. M. Dans l'obscurité. M. mais auparavant. je n'en sais rien. absolument. Vous pouvez faire M. c'est M. j'ai toujours été très brun. CHARCOT : Il ne vous aurait pas laissé aller si loin. faute de pouvoir marcher. . monsieur. : Maintenant. c'est le signe de Romberg. CHARCOT : D'ailleurs. M. Vulpian qui me l'a ordonné. pour la marche et pour les douleurs. M. CHARCOT des courses plus longues ? Le malade : Non. Qu'esl-ce que vous a dit votre femme quand elle vous a vu devenir noir commecela ? Le malade : Elle ne s'en sera pas aperçue . Elle ne m'a pas dit grand'chose.

— : Tous les 8 jours on vous les appliquera ici. CHARCOT: argyrique est. ainsi que. Je vous conseille de M. Je suis extrêmement sensible au froid. Vulpian m'a conseillé de ne pas continuer. évitez toujours d'aller jusqu'à la coloration . mais il en reste toujours quelque chose. CHARCOT cesser momentanément l'emploi du nitrate d'argent. une douche en jet. CHARCOT: Le malade : A Saint-Louis. Le cas actuel paraît-être un de ceux dans lesquels le nitrate d'argeut se montre utile. M. 20 secondes. Le malade : Même lorsque je me tenais à la barre. cela me fatiguait. cela me coupait la respiralion.— 343. Vous aurez à l'employer certainement quelquefois . VOUSreviendrez nous consulter tous les 8 jours. M. Que serait-ce donc s'ils n'avaient pas été prévenus ! . Même lorsque les malades sont prévenus de ce qui peut arriver et qu'ils prétendent accepter toutes les conséquences.je vous le disais en commençant. presque indélébile. pas même. une fois qu'ils sont colorés. Avez-vousjamais fait de ihydrothérapie ? Le malade : J'ai essayé de prendre des douches. doit durer à peine une demi M. ils vous gardent toujours rancune. Il arrive cependant qu'avec le temps elle s'atténue. c'est un conseil que je vous donne. mais je ne peux pas les supporter. Cette coloration M. CHARCOT : Combien de temps duraient ces douches ? Le malade : 2 minutes. CHARCOT minute. Je ne peux pas m'asseoir sur une chaise froide. : Je le crois bien. Où cela ? M.

chez un garçon (Un malade amputé du bras gauche au niveau du tiers supérieur est introduit dans la salle du cours). il vient nous consulterdonc pour des douleurs vives assez nouvellespour lui. le siège de sensationsanomales variées. dans la cicatrice.Policlinique du Mardi 18 Juin 1888. qu'on peut dire que chez l'amputé il y a eh quelquesorte. Il a été amputé. il y a 11 ans environ . revenant- . 4e Aphasie de 56 ans. VINGT-ET-UNIÈME LEÇON OBJET : Ie Physiologie et pathologie du moignon à propos d'un homme amputé du bras gauche (Homme âgé de 47 ans). ans. à côtéde la pathologie nerveusedu moignon. non pas pour les sensations pénibles qu'il éprouve de temps en temps. il les considèrecommenormales dans sa condition d'amputé. et quelquefois — nous allons le constater — d'irradiations douloureusesà propos desquellesl'amputé vient demander du soulagement. : Lorsque. CHARCOT blessé a été amputé. Le malade qui est devant vous est un exemple très propre à bien établir ce que j'avance. Le moignon est. 3° Paralysie de 15 ans. il entre par ce seul'fait. ainsi que je vais l'exposer tout à l'heure.Mais parmi ces sensations anomales. dans la pathologienerveuse. souvent pénibles. un malade ou un M. surtout sousl'influencede certainesvariations atmosphériques. pour une raison ou pour une autre. il vient nous consulter aujourd'hui. 2° Maladie de Basedow. il en est qui sont. chez un homme âgé faciale sans goitre. une physiologiede celui-ci. à peu près toujours. à début subit sans hémiplégie. celles-là. dans l'espèce. chez un homme âgé de 68 périphérique douloureuse. tellement clansla règle.tellement habituelles.

sur le marchepied dans toute la longuer du train.— 345 — comme par accès sous diverses influenceset qui siègent en dehors du moignon. M. siir l'épine. mais il faut alors presser assez fort pour que lemalade s'en plaigne. Pendant quelque temps. j'en ai le parfait souvenir. m'avezvous dit l'autre jour ? Le malade : Pendant la nuit du 3 au 4 Mars. mon corps vint frapper contrela porte d'ouverture de la voûte. CHARCOT: VOUS êtes resté inconscient pendant 2 ou 3 minutes? Le malade : Plus cruecelap. C'est de cela que je voudrais me débarrasser. elle va grandissant et devient parfois extrêmement pénible. brusquement je fis mine de me retirer. je remarquai qu'il allait passer sous une voûte . CHARCOT : C'est le soir. mais il était trop tard. Si vous le voulezbien. Leçons du Mardi. Mais" j'ai faibli avant d'atteindre le but. 11est âgé de 47 ans.iavantbras et la main ont été complètementsupprimés. dont. M. On m'a placé sur un brancard et c'est ainsi que j'ai été transporté àDouai. i. je me suis trouvé couchéentre deux rails. de 10 à 11 heures que l'accident est arrivé. (Aumalade) : Voulez-vousnous rappeler les circonstances dans lesquelles s'est produit l'accident dont vous avezété victime? Le malade : Je suis employé de chemin de fer. au niveaudu tiers supérieur du bras. Ma fonction consistait autrefois à faire le contrôle des billets sur les trains en marche. ce n'était presque rien. Elle a été faite.j'ai perdu connaissance et je suis tombé sur la voie. 2«édit. Mais dans ce temps-là et même depuis. CHARCOT (Aux auditeurs) : La douleur en questionqui occupe une étendue de 2 ou 3 centimètres au niveau de la dizièmeet onzièmedorsale.endant une dizaine de minutes.l'un occupe la région du mamelon gauche. Ce métier m'obligeait à circuler extérieurement de wagon en wagon. Je me suis relevésans aide et à pied j'ai fait peut-être 100 mètres dans l'espoir de gagner la gare. C'est peu à près que j'ai commencé à sentir la douleur du dos. nous allonsentrer à ce propos dans quelquesexplications. M. depuis 4 ou 5 mois. CHARCOT : Et le lendemain on a fait l'amputation. invitele malade à se découvrir le torse et examine son dos. j'ai été traîné entre le wagon et la paroi du tunnel qui peut avoir de 15à 20 mètres de long. 44 CHARCOT. Quand je suis revenu à moi. vous le voyez.) (M. J'étais clansl'exercice de mesfonctionsun peu avant d'arriver àla gare de Douai. C'est justement à propos de ces douleurs irradiées que te malade vient nous demander avis. quelques jours après l'amputation. peut-être au bout de 8 ou 10 minutes. Il s'agit d'un homme vigoureux. Un voyageur me faisait attendre. A un moment. t. Je l'ai ressentiedès l'origine. . Seulement. par conséquent le coude.s'exaspère par la pression. Ces douleurs ne se développent guère qu'à la suite d'une exaspération véritablement morbidedesdouleurs du moignon et ellesse manifestent sous forme de foyer. M. tandis que l'autre foyer siège au niveau de la dixième et onzième dorsales. le train marchait toujours.CHARCOT : Quand vous a-t-on amputé? Le malade : Le lendemain. heureusementonest venu au-devant de moi. vous le constatez. Depuisquand souffrez-vousdans le moignon ? Le malade : J'ai toujours éprouvé une certaine douleur dans le moignon. sans antécédents morbides ou héréditaires notables. je ne m'en suis jamais occupé. mais elle était supportable.

mais je le répète. comme les précédentes. mais toujours. je crois qu'elle tend à diminuer. Monsieur. quand les points douloureux dorsal et mammaire existent. il me semble que tout cela part du dos . M. Monsieur.en présence d'un malade très intelligent. toujours. elle tend à devenir plus vive. bon observateur. vous ne trouverez guère. CHARCOT : Bien. Naturellement. En somme. le malade n'a éprouvé d'autres douleurs que celles qui. je le suppose. plus de 3 ou 4 exceptions à la règle. sur 50 amputés. CHARCOT: Vous dites que vous l'avez eue dès l'origine ? Cettedouleur du dos n'est pas la seule dont vous vous plaigniez ? Le malade : Non. tantôt et le plus souvent. le nom de pathologiques. je n'entrerai pas dans tous les détails et si vous voulezvous instruire plus profondément sur ce sujet. pour ainsi dire normaux à étudier chez les amputés . CHARCOT : Donc il y a association entre les 3 foyers douloureux et c'est là le point qu'il s'agissait de relever. CHARCOT: Cette douleur et celle du dos sont-elles incessantes. je crois que c'est du moignon . je vous renverrai aux ouvrages suivante : 1° Un mémoire excellent de M. parce qu'ils sont véritablement dans l'espèce. Brown Séquard en 1861 et intitulé : D'une hallucination du toucher (ou hérétopie subjective des extrémités)2?arlicu- . j'appelle ces phénomènes-lànormaux. se produisent dans le moignon. toujours présentes? Le malade : Non. alors j'ai en même temps une douleur vive dans le dos. M. au voisinage du moignon. une douleur dans le moignon. M. je ne suis pas sûr que ce soit toujours lu même chose. à peu près constants à un certain degré tout au moins . Maisdans le temps. sans en profiter. aujourd'hui. une douleur dans le sein gauche. elle était insignifiante. l'occasion de vous rappeler en quoi consistent ces phénomènes.— 346 Le malade : La douleur est moins vive depuis quelque temps. c'est par accès. il y a exacerbaliondouloureuse dans le moignon ? Le malade : Oui. C'est peut-être le lieu de vous rappeler avec une certaine insistance qu'il y a toute une série de phénomènes d'ordres nerveux. Pendant longtemps. CHARCOT : Quelle est celle qui commence? Le malade : C'est difficile à dire . sous de certaines influences atmosphériques. Ce serait vraiment dommage de laisser passer. d'autres fois. M. douleurs qui sont tellement vulgaires en pareille circonstance. chez qui ils sont extrêmement prononcés et qui ne demande pas mieux que de nous renseigner. Vous voyezque ces foyersdouloureux ont été déjà l'occasion de la mise en oeuvre d'une" thérapeutique active. M. ces irradiations douloureuses sont des phénomènes relativement de date nouvelle. J'ai commencé à ressentir cette doulcur-là peu de temps après l'amputation. entant du moins qu'il s'agit de douleurs intenses. Guéniot publié dans le Journal de physiologie de M. car cette partie de l'épine a été littéralement couverte de pointes de feu. de temps en temps. j'ai encore une douleur dans la mamelle gauche. tellement habituelles qu'on peut se demander si elles méritent vraiment.

que chez notre malade. 1874. volontaires ou involontaires. la main fantôme est toujours présente à la conscience du malade. entr'autres. de celle-ci surtout. p. avec une préface de Vulpian. sur le genou gauche. CHARCOT: Il paraît qu'ici. A la vérité. M. comme l'autre. quand vous êtes assis ? Le malade : Oui. c'est que les amputés souffrent au moignon dans de certaines circonstances atmosphériques. M. je ne saurais distinguer si c'est une sensation de froid. Paris. intitulé : Des lésions des nerfs et de leurs conséquences. cette main imaginaire est une main pour ainsi dire constamment endolorie. Je laisserai donc de côté. sa main fantôme .• 347 — Hère à certains amputés. en dehors même des variations atmosphériques. Le chapitre auquel je fais allusion est le XIIIe. j'en viens à ce que M. comme dans la plupart des cas analogues. l'élément pathologique sur lequel je m'expliquerai tout à ibeure . CHARCOT : Ainsi. remarquez bien ceci : Quand il est assis. M. Messieurs. je la sens toujours reposer sur le genou. CHARCOT : 11importe de remarquer. j'éprouve une sensation pénible dans la main. il souffre à la fois de son moignon et de sa main imaginaire. M. Le malade la sent comme engourdie . ce n'est peut-être pas autant de physiologie que de psychologie qu'il s'agit. on n'y sent pas ce bien être presque inaperçu qui. CHARCOT : Mais quand vous marchez ? Le malade: Elle est en iair. je sens dans ma main imaginaire comme une boule de feu tellement chaude que je ne puis la retenir sans y éprouver un frémissement très douloureux. M. CHARCOT : Ainsi. "Un fait vulgaire bien connu. libre. car entre celle-ci et celle-là. et de sensations bizarres quelquefois douloureuses. ce n'est pas une main tout à fait naturelle. pour le moment. (Au malade) : Où et comment votre main vous paraît-elle placée? Le malade (indiquant le genou) : Là. — 2° Un chapitre d'un ouvrage du Dr Weir Mitchell. Je causais l'autre jour avec notre malade. Mais peu importe en vérité. qui peut devenir le point de départ imaginaire de mouvements de toutes sortes. qui savait fort bien que celui qui a subi une amputation au bras. Le malade : Quand le temps est pour changer et surtout qu'il est à l'orage. il n'y a pas si loin que quelques-uns le pourraient prétendre. vous sentez le froid dans la main. Mitchell appelle la physiologie du moignon. 416 . Les phénomènes dont il s'agit sont d'ailleurs. Il éprouve alors dans son moignon certaines douleurs qui ne le trompent pas. Le malade : C'est ma main qui souffre surtout. M. Ils n'avaient pas échappé à Ambroise Paré. Il a pour titre : Affections nerveuses des moignons. depuis bien longtemps connus. quand il s'est présenté à nous pour la première fois et il insistait alors sur la faculté de prévoir plusieurs jours à l'avance qu'il tombera de la neige. Cet ouvrage remarquable a pour base les nombreuses observations neuropathologiques chirurgicales recueillies par l'auteur pendant la guerre de sécession. dans toutes les parties de notre corps. est la marque de l'état vraiment physiologique. porte avec lui une main fantôme. CHARCOT : C'est là qu'elle est. (Au malade) : Avez-vous remarqué que lorsque votre moignon a froid. Le malade : Quand j'ai froid au moignon.

CHARCOT : Remarquez bien ce qu'il vient de dire. sans doute il la sent quand il est assis. cette main ne ressemble absolument à la main réelle placée dans les mêmes conditions. M.— 348 — vient se placer tranquillement sur le genou où elle repose. absolument jamais. au point de vue psyco-physiologique. M. Cela est bien intéressant à relever. est-ce qu'elle est ballante comme l'autre main ? Le malade : Il me semble qu'elle est ballante. mais procédons : Nous avons à recueillir encore bien d'autres observations instructives. les phénomènes dont ce malade nous rend témoins. Et lorsque vous êtes sous l'influence d'un changement atmosphérique. CHARCOT : Ces sensations sont toujours dans la catégorie de la dysesthésie. mais il a en outre la représentation motrice de sa main en mouvement pendant la marche. j'ai toujours un certain degré d'e