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Théorie et droit des collectivités territoriales

M. REGOURD
CROUZATIER et GUIGNARD  conférence de méthodes : l’intercommunalité, Outre-mer… Bertrand FAURE, « Droit des CT » René CHAPUIS « Droit administratif »

Partie 1 : L’identification d’un droit de la décentralisation
La notion de décentralisation est elle un concept juridique spécifique ? Le droit des CT a-t-il une réelle autonomie en tant que champs d’étude par rapport aux autres branches du droit ?

Chapitre 1 -

Les vicissitudes de la théorie juridique

La doctrine du droit a toujours eu beaucoup de difficultés à identifier clairement la décentralisation, du fait de son ambiguïté originaire dans le discours politique et corrélativement dans les pratiques administratives.

Section 1 -

Les fondements politico-administratifs

(Le droit est un rapport second dans l’organisation sociale, le droit est une mise en forme d’une volonté politique). Jean RIVERO « le droit ça n’est pas comme le pétrole, ça ne jaillit pas quand on creuse ». Il n’y a pas de naturalité du droit, le droit n’est pas une réalité première. KANT « le droit ne vient jamais au droit par le moyen du droit ». On ne peut faire du droit sans passer par une interprétation culturelle, politique … A la question : « décentraliser qu’est-ce à dire ? » L’un des plus célèbre concepteur et promoteur de l’idée de décentralisation en France répond quelques années après les grandes lois de décentralisation de 1871 (département) et de 1884 (municipal), « c’est un terme un peu vague et qu’il faut conserver pourtant puisqu’il exprime un vœux intense, un sentiment général, c’est comme un cri sorti de milliers de poitrines oppressées, mais c’est un mot dont le sens n’est pas définit ». De MARCERE, lettre sur la décentralisation, revue politique et parlementaire n°1995-1. Cette indétermination explique que la décentralisation depuis l’origine ait été dotée d’un contenu idéologique extrêmement large, et élastique. La décentralisation est associée à l’idée de démocratie par le biais de la démocratie local ; alors même que sur le terrain d’une stricte analyse juridique il ne peut y avoir aucune correspondance entre les 2 notions. EISENMANN (il n’est pas dans la doctrine dominante), L’objet local, « d’une part la décentralisation n’est pas forcément démocratique (les organes locaux peuvent par exemple être désignés par un collège oligarchique) et d’autre part la démocratie est également compatible avec la centralisation ». En France la démocratie est née essentiellement par les jacobins, dans une conception strictement unitaire et centralisatrice. A l’opposé du mouvement des jacobins, les girondins remettent en cause le pouvoir central dans une logique de décentralisation (région) pourtant ils ne sont pas dans la logique de démocratie (suffrage censitaire). 1

La démocratie en France est née dans une conception centralisatrice de l’Etat. BURDEAU. Cette indétermination politique explique par exemple qu’à la fin du XIXe, les représentations de la décentralisation ait pu être revendiqué par la droite traditionnaliste et par la gauche anarchisante, associés dans une même haine de l’Etat jacobin et de l’Etat napoléonien, alors que les uns y voient un « moyen d’abattre la république », les autres y voyaient la promesse « d’un libre gouvernement des hommes par eux même », une anticipation de l’autogestion. Cette ambiguïté fit la fortune de l’idée décentralisatrice. Historiquement la décentralisation a été défendue par nombre d’auteur, politologue et philosophe relevant de culture politique diverse mais aussi opposée : DE BONALD (traditionnaliste droite), TAINE (conservateur), TOCQUEVILLE (libéral), PROUDHON (socialiste utopique). Cette idée est devenue un objet de consensus entre toutes les forces politique, « cette convergence résulte du fait que chacun trouve ce qu’il veut dans la décentralisation ». Ives MENY, Centralisation et décentralisation dans le débat politique français Ces ambiguïtés politiques se retrouvent dans les réalisations concrètes de la décentralisation, et elles sont aggravées dans la théorie juridique chargée de rendre compte de l’état du droit positif.

Section 2 -

Les traductions dans la théorie du droit

Dans la doctrine originelle, le doyen HAURIOU paraît avoir formulé la présentation la plus explicite et la plus complète dont on retrouvera ensuite l’écho chez la plus part des grands auteurs du droit administratif du début du XXe. Répertoire Béquet fiche décentralisation « Au point de vu du droit, la décentralisation est une manière d’être de l’Etat, caractérisée par ce fait que l’Etat se résout en un certains nombre de personnes administratives qui ont la jouissance de droit de puissance publique et qui assurent le fonctionnement des services publics en exerçant ses droits, c’est à dire en faisant des actes d’administration ».  élément de définition du droit administratif général : puissance publique (HAURIOU), service public (DUGUIT), acte d’administration, avec une pluralité d’acteur. Cette définition permet d’aborder la décentralisation en terme de problématique de la décentralisation, et d’autres part en terme de contenu spécifique.

§1-

Problématiques et contenu de la décentralisation

En terme de problématique, la décentralisation parait bien concernée « une manière d’être de l’Etat », « forme de l’Etat », « une structure particulière de l’organisation de l’Etat ». En terme de contenu, la décentralisation apparait bien comme une forme particulière de l’Etat dans laquelle est opérée un transfère de compétences (Hauriou « la jouissance du droit de puissance public ») vers une pluralité de personnes publiques. Cette double approche se retrouve chez le doyen BERTHELEMY, qui étudie la décentralisation « comme celle de la division, c’est à dire la répartition des fonctions du morcellement de l’autorité entre les représentants de l’Etat et les représentants des départements et des communes ». Ces principes de définition, d’identification, ont été recueillis par la doctrine ultérieure, ces principes souffrent de plusieurs approximations source de confusion ultérieures dont certaines sont toujours repérables aujourd’hui.  Confusion entre une notion de décentralisation beaucoup trop large : parce que conçue en terme de décentralisation de l’Etat et d’autre part une appréhension beaucoup plus rigoureuse et seule pertinente juridiquement la notion de décentralisation administrative. L’Etat de droit, cela renvoi au pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. Il n’y a pas de décentralisation du

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pouvoir judiciaire, ni du législatif, ni exécutif (une partie de l’exécutif : l’administration). ** La décentralisation ne constitue qu’une forme d’organisation de l’administration. La référence à la pluralité institutionnelle de décentralisation, est à l’origine de la controverse puis de la confusion relative à la décentralisation technique (« par service ») dont une partie de la doctrine avait considérée qu’elle était mise en œuvre sous la forme des établissements publics. La seule décentralisation est la décentralisation territoriale. Dans le langage courant, politique : la décentralisation théâtrale (centre dramatique nationaux), décentralisation industrielle (délocalisation par rapport au siège d’une entreprise). La décentralisation par service. A l’origine la notion de décentralisation technique a été introduite dans le débat doctrinal à partir d’une hypothèse très différente dont elle constitue un avatar. C’est l’application par Duguit, de la notion de décentralisation au mouvement que Duguit qualifiait de syndicalisme des fonctionnaires. Il pensait qu’il y aurait une transformation de l’Etat moderne à partir du rôle joué par les syndicats des fonctionnaires, dans la mesure où une décentralisation se réalisant de service public par la participation des fonctionnaires du service à sa direction, c’est à dire une prise de possession des SP par les représentants des agents des SP  forme d’autogestion. La prétendue décentralisation par service ne répond à aucun des critères traditionnellement retenus pour définir la décentralisation territoriale, la notion même de décentralisation était devenue insaisissable et non identifiable. Mais exclusion de la décentralisation par service, le périmètre juridique n’est pas pour autant clarifié.

Dans la doctrine du droit, la décentralisation a toujours été conçue par opposition à la centralisation, Hauriou disait que la décentralisation avait été conçue « par contrepied de la centralisation ». ** Cette négation de la centralisation n’est encore que partielle, relative, évolutive, c’est à dire en simple processus de sorti d’éloignement de la centralisation dont rend bien compte étymologiquement le mot de dé/centralisation : « tendance à s’écarter du centre ». De telle sorte que la décentralisation apparaît par nature comme étant susceptible de degré et d’étape relative. « Le mystère de la dualité, c’est être dedans et dehors à la fois » le prof. WALINE écrit nettement « tout Etat est à la fois centralisé et décentralisé dans une certaine mesure, la décentralisation absolue est un mythe, est une vue de l’esprit ». Une telle conception était particulièrement bien explicitée par HAURIOU s’interrogeant sur la genèse du régime administratif. Il explique l’avènement de la centralisation et la nécessité ultérieure de la décentralisation et développe ainsi l’idée « d’une superposition de l’Etat sur les institutions politiques primaires, l’Etat tend à se subordonner ses institutions et même à les éliminer. C’est pendant cette période que naît le régime administratif. C’est quand les institutions primaires sont totalement éliminées que le régime d’Etat est obligé de reconstituer avec sa propre substance un équilibre de superposition en décentralisant au-dessous de lui. » Cette définition d’essence négative et de contenu relatif est exposée de manière systématique chez tous les grands auteurs anciens (fin XIXe début XXe). Cette conception est aussitôt explicitée par l’exposition de plusieurs autres éléments constitutifs pour identifier la décentralisation. Comme si cette notion de décentralisation ne pouvait être définit en positif, c’est à dire par une référence abstraite, comme si la décentralisation ne pouvait être définit qu’en fonction de moyen spécifique lui donnant une existence concrète des moyens, mais aussi des limites. Le cumul des mandats est contraire à la décentralisation, le cumul des mandats est une singularité française. Il n’y a pas de SP à la française ! DSP de l’eau 78%, Concession d’autoroute, 1er chaine de télévision privatisée.

§2-

Pluralité des éléments constitutifs

Le principe de la décentralisation implique que toutes les compétences administratives ne sont pas exercées par l’Etat central, mais à l’inverse que certaines de ces compétences sont transférées à des personnes juridiques secondaires. Celles-ci sont territorialement identifiées, sont dotées d’une certaine autonomie. C’est ce que la

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doctrine du droit a résumé autour du principe du pluralisme par opposition au principe d’unité caractéristique de la centralisation.

A - Les grands principes : pluralisme et autonomie
Il apparaît que la condition d’un pluralisme effectif (approche juridique : effet normatif des textes), réside dans l’autonomie organique des personnes secondaires. A contrario, il ne peut pas y avoir décentralisation si les entités secondaires sont organiquement dépendantes de l’Etat central. Tel est l’un des fondements de l’opposition classique entre décentralisation et déconcentration. C’est l’un des traits d’opposition entre les collectivités territoriales et les établissements publics. Dès l’origine l’ensemble des auteurs présentent ce critère de l’autonomie organique comme essentiel. Quels sont les procédés juridiques qui assurent l’autonomie organique ? HAURIOU systématise le critère du procédé électif, les entités secondaires sont décentralisées, si elles sont élues : « si l’on me demande a quel point précis commence la décentralisation je serais assez disposé à m’attacher à ce critérium de l’origine élective des autorités locales » (prudemment). D’autres auteurs de manière plus ou moins implicites accordent dès l’origine une certaine place à la personnalité morale comme condition de l’autonomie organique (confusion de la décentralisation technique/ ou par service). L’autonomie organique étant acquise, pour être décentralisées les personnes secondaires doivent bénéficier d’une autonomie fonctionnelle (compétences attribuées). Ce pluralisme de ces personnes autonomes partageant des compétences administratives avec l’Etat, n’échappent pas à la matrice de l’Etat (rattachement). La décentralisation restant une manière d’être de l’Etat, la doctrine ne peut l’appréhender qu’en intégrant dans la définition ses propres limites. Ces éléments ébauchés, ont été méthodiquement formulés par les grands auteurs du XXe. Ainsi après avoir posé le principe selon lequel « au point de vu juridique la décentralisation se reconnaît à la juxtaposition de centre de décision relativement indépendante (oxymore) des organes de l’Etat ». Tous les auteurs ont recours à une définition de type énumératif comme si le principe de base ne pouvait recevoir son identité réelle que d’une énumération de critères. A quelques nuances de présentation, tous cernent la notion de décentralisation par référence à plusieurs éléments dont ils admettent qu’aucun n’est déterminant par lui même : Une collectivité doit disposer d’une autonomie organique, c’est à dire de ses propres organes (exécutif et législatif) L’autonomie organique n’a de porté que si elle permet d’organiser une autonome fonctionnelle, si les CT disposent de leur propre compétence : affaires locales. L’exercice de compétence propre suppose elle même l’existence de moyens propres, en particulier de moyens financiers, c’est donc une autonomie financière.

Si ces divers éléments ont unanimement été considérés comme des conditions de la décentralisation, chacun d’entre eux s’est avéré aléatoire et d’une effectivité relative, parfois insaisissable.

B - Les éléments intrinsèques aléatoires
La doctrine a été divisée sur le sens à donner à l’autonomie organique, ayant finalement admis qu’une autorité autonome ne peut être qu’un organe désigné par la collectivité, devait être élu par celle-ci. La doctrine en déduisis qu’une collectivité décentralisée devait disposer cumulativement de 2 organes élus : l’organe exécutif et délibératif. Or pendant plus d’1 siècle jusqu’en 1982 (de 1871), les départements ont toujours été identifiés avec les communes comme l’une des 2 catégories de collectivités décentralisées, alors même que leur exécutif est le préfet. Il n’est pas élu par les habitants, il est nommé par l’Etat. 4

L’autonomie fonctionnelle, c’est à dires les compétences propres des communes et départements, se définissaient depuis très longtemps, exclusivement sur la base d’un critère abstrait : l’intérêt public local. Mais L’IPL est librement règlementé par le législateur et souplement interprété par le juge, de telle sorte qu’il échappe à toute définition univoque. Le socialisme municipal est une forme d’interventionnisme public. CE, 1901, Casanova : En Corse, une commune créée un dispensaire médical sous forme d’un SP (LCI 1791 Décret d’Allard). Le CE
exigeait des circonstances exceptionnelles (carence de l’initiative privée) pour admettre l’intervention des collectivités locales dans la sphère économique : les affaires locales.

Le décret d’Allard du 2 et 17 mars 1791 proclame la liberté du commerce et de l’industrie, au profit de personne en particulier. La loi de 1884 dit que les communes peuvent intervenir à chaque fois qu’on est devant un IP communal, comment on arbitre un éventuel conflit de loi ? (Normalement on prend la plus récente). Entre un texte de 1791 (défavorable à l’intervention) et un texte de 1884 qui formule la fameuse clause générale de compétence : les CT peuvent intervenir dans tous les domaines d’IPL en excluant nullement l’intervention sociale ou économique. La loi postérieure l’emporte sur la loi antérieure  de même que pour des conflits pour des actes juridiques. Le texte spécial l’emporte sur le texte général. La loi de 1884 est le texte spécial. Mais le juge fait un syllogisme, il prend le texte de 1791. Au dessus de tout, nous sommes dans une démocratie libérale, et les intérêts supérieurs sont les modes d’organisation de la société. La puissance publique n’est pas là pour se substituer aux opérateurs privés. CE 30 mai 1930 Chambre syndical du commerce en détail de Nevers. A la notion de circonstances exceptionnelles, le CE dit que les CT peuvent intervenir en cas de carence de l’initiative privé, mais que les CT peuvent intervenir dès lors que sont réunis des circonstances particulières de temps et de lieux (logique de l’horloge : logique de long terme). Le contexte était de l’après guerre, avec une carence des investissements privés  nécessité économique. Décret-Loi Point Carré de 1926 : habilitation à agir pour les CT y compris dans le domaine économique industriel et commercial. CE, 1984 Poilera c/ Préfet de la Meuse : retour à la théorie des circonstances exceptionnelles. Il n’y a pas une définition univoque de ce que peut faire ou ne pas faire une CT. En 1983 le législateur voulait clarifier les compétences des CT  définition de bloc de compétence. Mais la CGC peut continuer à fonctionner… En réalité, la compétence est attribuée de manière textuelle, par la CGC, par les moyens. Le critère de l’autonomie financière. Les caractères autonomes des moyens sont aléatoires ou indécelables pour la majorité des communes. Très peut de CT peuvent bénéficier d’une autonomie financier. Le caractère aléatoire de ces 3 critères, la doctrine leur a substitué un autre critère, plus décisif de la décentralisation à partir de la nature de la relation entretenu avec l’Etat, c’est à dire en fonction de la nature du contrôle exercé par l’Etat sur les CT. Tel est le sens de la distinction entre le contrôle hiérarchique et le contrôle de tutelle d’autre part. Dans le cadre d’un Etat unitaire, toutes les personnes administratives relèvent nécessairement d’un contrôle de l’autorité centrale, mais alors que les entités centralisées sont soumises à un contrôle hiérarchique qui les subordonnent à l’autorité de leur supérieur, les collectivités décentralisées font l’objet d’un contrôle spécifique dérogatoire dit de tutelle administrative dont la caractéristique est de respecter le principe d’autonomie des collectivités décentralisées. 5

mais à partir des pouvoirs conservés par l’autorité centrale. - Contrairement aux autres éléments. Cette conception a été vigoureusement critiquée par le professeur EISENMANN. prisonnier. Maurice DUVERGE. C . réside dans le fait que la formulation législative (non récusé par la doctrine dominante) est erronée. Le pouvoir hiérarchique existe de plein droit au profit du supérieur. spécialiste du droit constitutionnel. parce que d’origine positiviste ne faisait elle même que refléter aux ambiguïté de la décentralisation effectivement mise en œuvre (positivisme : pas de jugement de valeur de la doctrine et appliquer le droit tel qu’il est). Ces hypothèses sont limitativement énumérées. Mais la doctrine a repris à son compte une telle formulation.Ainsi HAURIOU lui même ayant à se placer « au point de vue du degré de décentralisation. Cette conception aboutie paradoxalement à définir la décentralisation non à partir des pouvoirs des autorités décentralisés. Le préfet ne peut intervenir que dans les seuls cas expressément prévus par la loi et en utilisant la procédure de contrôle seule prévue pour l’hypothèse en cause. ni approche critique). sont régis par 2 systèmes juridiques nettement contrastés. c’est à dire du degré d’autonomie avec lequel les autorités décentralisées agissent ».Le caractère prépondérant d’un critère extrinsèque : la tutelle Les 2 types de contrôles de l’autorité centrale : hiérarchique et tutelle. La conception critiquée par E. au moment des lois de Vichy il va les commenter de manière positiviste (sans jugement de valeur. 6 . le législateur de 1982 affiche à l’inverse la suppression de la tutelle pour réaliser la décentralisation. A l’inverse. C’est ce principe. a prétendu « supprimer la tutelle ». Ainsi après que la doctrine juridique est théorisée l’idée selon laquelle la décentralisation c’était la tutelle administrative. pas de tutelle au delà des textes ». militaire  sanctions disciplinaires. cf. La tutelle est ainsi devenue le critère juridique simple opérationnel de la décentralisation. Décentralisation et tutelle sont pris comme des éléments complémentaires. Est décentralisé toutes personnes juridiques secondaires qui relèvent d’un pouvoir de tutelle. Ces difficultés ont été renforcé lorsque la loi du 2 mars 1982 posant les bases d’une nouvelle réforme de décentralisation. l’autorité de tutelle ne peut recourir contre les actes de la collectivité décentralisée que par le biais d’un REP. qui est prévu pour qualifier la tutelle comme un pouvoir conditionné par opposition au pouvoir inconditionné caractéristique du contrôle hiérarchique ». relevant de la formule « pas de tutelle sans texte. le traduit aussitôt ainsi : « c’est à dire au point de vue de la tutelle que le pouvoir central exerce sur elle ». selon lequel Vedel « le contrôle de tutelle ne se présume et ne s’exerce que dans les cas et sous les formes prévus par la loi. Leurs fondements juridiques ont la valeur (pas besoin de texte) de PGD. étaient exclus du rapport de tutelle ne permettant que les seuls procédés de contrôle respectueux de l’initiative décisionnelle de la collectivité décentralisée. on est en présence de 2 régimes juridiques spécifiques consacrés par le juge administratif. Ainsi les pouvoirs de commandement (…) Tout agent est considéré comme dépourvu à agir sur un plan contentieux et se voit opposer la jurisprudence des mesures d’ordres intérieures (l’inférieur ne peut attaquer le supérieur). et échappe d’un contrôle hiérarchique de l’Etat central. les pouvoirs de tutelle n’existent que sur la base de texte express. dans « Centralisation et décentralisation ». En réalité l’un des éléments de résorption de cette contradiction frontale. Les procédés de contrôle entrainant la soumission de l’autorité contrôlée.

pour qui les CT s’administrent librement « dans les conditions prévues par la loi ». Cette formule définit ainsi beaucoup moins une notion qu’un régime juridique spécifique. A . La loi a pu en revanche procéder à l’allègement ou/et à la simplification du contrôle de l’Etat sur les CT. La loi n’a pas pu la supprimer la tutelle. relatif à la portée de disposition constitutionnelle et à la jurisprudence constitutionnelle relative à cette question. A chaque instant le législateur peut modifier les conditions de la libre-administration. La libre-administration s’exerce par des conseils élus (le législateur ne peut pas remettre en cause ça). On peut considérer que l’allègement de la tutelle est bien une mesure favorable à la décentralisation. o Un certain nombre d’auteur ont tenté de définir l’autonomie en se référent à la notion de décentralisation. On peut relever 2 types de références : A contrario. o D’autres auteurs ont résolu le problème en considérant que le caractère « un et indivisible de la République » proclamé par la constitution empêcherai la reconnaissance d’autonomie locale. Seule la loi peut délimiter le domaine et les modalités des contrôles de l’Etat sur les dites collectivités et sur les établissement public qui leurs sont rattachés. §3- Décentralisation. Analogique . Il s’avère que ce concept dans la doctrine du droit n’est jamais lui même définit. et au rapport de la libre-administration avec le pouvoir règlementaire des CT.Le principe de libre-administration des CT Le principe de libre-administration formulé à l’article 34 et 72 de la Constitution paraît correspondre à une problématique et un enjeu plus étroit et plus technique. on peut se demander s’il n’exclut pas en réalité un contenu distinct (voir contraire) à la décentralisation. distinct du contrôle hiérarchique en ce qu’il respecte l’initiative des personnes contrôlées. Il y a des limites mais très limité. Favoreux. consistant à souligner les limites de l’autonomie par rapport à la notion d’indépendance . tout simplement parce que le contrôle de l’Etat est prévu par la Constitution elle-même art 34 et 72. La contradiction initiale peut être levée. On est alors en présence d’un raisonnement circulaire dont aucune définition ne permet de définir l’autre. DC 20 janvier 1984. qui est l’attribue exclusif des seuls états souverains. Le concept clé est l’autonomie. L’autonomie serait juridiquement traduite par le principe de libre-administration. Les références qui en sont faites restent intuitifs et donc approximatifs. Les rares auteurs dans la doctrine qui ont cherché à identifier la notion d’autonomie ne l’on pas trouvé. chron.La loi du 2 mars 1982 n’a pu procéder à la suppression de la tutelle dès lors que cette notion de tutelle est entendue comme un contrôle de l’Etat sur les CT. qui signifie que seule la loi peut déterminer les règles relatives « à la composition des conseils élus des collectivités ».  Pas de définition ! En réalité. et dont la doctrine a considéré que c’est ce principe qui exprime le contenu de l’autonomie. autonomie et libre-administration Le mot d’autonomie est omniprésent dans la théorie et le langage du droit relatif à la décentralisation. La mise en œuvre du principe de libre-administration appartient au législateur selon les modalités rappelées très tôt par le CCL. Et on conclu « au mythe de l’autonomie (Franck MODERN). au cours des dernières décennies la doctrine du droit a été dominée par une problématique substitutive autour de la notion de libre-administration des CT (art 72 de la C). 7 .

Ce principe de libre-administration explique que la compétence législative se trouve étendue dans certains domaines par rapport au droit commun de la compétence législative. B . La loi du 26 janvier 1984 relative à la FPT est intervenue dans toute une série de domaine non pris en compte par la loi du 11 janvier 1984 relative à la FP d’Etat. le législateur a fait son boulot). précisant que « le législateur n’a pas non plus porté à la libre-administration des collectivités territoriales une atteinte qui excèderait la réalisation de l’objectif de l’intérêt général poursuivit » ("ça veut rien dire" ce n’est pas une conclusion c’est une hypothèse. Le principe constitutionnel de libre-administration concerne bien l’étendu du pouvoir législatif à l’égard des CT. sauf cas particulier. est elle même relayée par des décrets (art 21  1er ministre). ce qui laisse un périmètre d’intervention pour le pouvoir règlementaire. Du point de vu matériel ce sont des actes impersonnels ou individuels à contenu règlementaire (arrêté). au 1er niveau ce sont les décrets du 1Er ministre. En matière de fonction publique. La seule limite c’est que la loi ne peut pas remettre en cause un principe constitutionnel selon lequel les collectivités s’administrent librement par des conseils élus. L’analyse de la jurisprudence constitutionnelle ne permet guère d’identifier un contenu matériel spécifique qui donnerai contenu à la libre-administration. dans l’hypothèse de la création du conseiller territoriale substituait à la foi aux conseillers régionaux et aux conseillers généraux. En revanche pour la FP territoriales le statut des agents relève globalement de la libre-administration des CT. Les CT ne sont pas compétentes pour édicter des décrets d’application de la loi (loi. Le CCL dit qu’en procédant à leur désignation lors d’un même scrutin le législateur n’a pas porté atteinte au principe de libreadministration. mais ne renseigne pas sur sa portée en terme matériel et donc est insusceptible de fournir un contenu à la notion d’autonomie. DC 9 décembre 2010 relative à la loi la réforme des CT. un règlement se trouve en dessous des lois (hiérarchie). Le Conseil constitutionnel estime que les obligations nouvelles mise à la charge des collectivités concernées (contraintes lourdes) ne sont pas contraire au principe de libre-administration. Le rapporteur du projet de loi constitutionnelle relatif à l’organisation décentralisée de la République (Pascal Clément) en 2003 avait lui même souligné que la porté du principe de libre-administration restait très limité sans contenu matériel spécifique et qu’il était donc opportun de mentionner dans la Constitution le caractère décentralisée de la République (intégré dans l’article 1er de la Constitution).Le pouvoir règlementaire des collectivités territoriales Ce pouvoir règlementaire des CT ne correspond lui-même qu’à un pouvoir secondaire subsidiaire en ce qu’il ne peut procéder à l’application directe et générale d’une loi. En réalité cette mention du caractère décentralisé de lé République visait surtout à relativiser autant que possible les principes d’indivisibilités de la République. entre la conception matérielle du pouvoir règlementaire et la conception formelle de ce dernier. le CCL a pareillement admis que le législateur pouvait priver une catégorie CT de représentant spécifique n’appartenant qu’à elle. puis décret d’application. Du point de vu formelle. pour la FP d’Etat l’article 34 de la Constitution indique que la compétence législative ne concerne « que les garanties fondamentales ». La jurisprudence postérieure du Conseil constitutionnel n’a pas permis de préciser le contenu matériel du principe de libre-administration. puis circulaire). La loi. mais c’est ici que se manifeste souvent une confusion dénoncée par DUGUIT. DC 22 février 2007 concernant une loi relative aux règles d’urbanisme applicable au quartier de la Défense. 8 . Les CT édictent des actes à caractère règlementaires.

tous les départements ont la même organisation et les mm compétences (Sauf Paris). Les dérogations à ce principe : Président de la République les décrets en Conseil des ministres . BOURJOL et LUCHAIRE ont travaillé dans les gouvernements de gauche. le CE ne fait pas la moindre mention aux article 72 et 34 de la Constitution pour en déduire un pouvoir règlementaire des CT. Cette théorie a été réfutée par AUBY à partir de plusieurs arguments complémentaires convergents : Analyse juridique stricto sensu. ont tenté de démontrer que le principe constitutionnel de libreadministration devrait inclure un pouvoir règlementaire autonome des CT. les articles 31 et 27 de la Constitution attribuent d’une part l’exécution des lois et les règlements autonomes au seul 1er ministre. Le CE relève expressément « que la loi ne renvoie pas à un décret le soin de préciser les modalités d’élections de ses représentants et les modalités d’organisation du scrutin. la loi a fixé des règles dont elle tient même qu’elle ne requière pas de précision décrétale.La loi du 22 juillet 1983 (transfert de compétence) attribue aux conseils municipaux et aux conseils généraux la compétence pour édicter les règlements de voirie communal et départementale respectivement. Quand on administre. Le CE déduit l’existence d’un pouvoir règlementaire local dès lors que la loi concernée (loi du 20 décembre 1978 relative aux nouveaux établissements publics communaux ou intercommunaux) ne renvoyait pas à des décrets d’application pour fixer leur modalité de création et de fonctionnement. Mais l’interprétation de ce considérant permet bien en réalité permet de conclure au caractère second du pouvoir règlementaire des CT. Comment pourrait t-on gérer les contradictions qui naitraient de la coexistence de millier de règlements différents pour une même loi ? - -  Uniformité statutaire des CT. L’attribution d’un pouvoir règlementaire autonome ne peut se concevoir en réalité qu’au terme d’une différenciation institutionnelle et normative entre les différentes catégories de collectivités. Une CT peut directement fixer les règles d’application de la loi. et au sein même de chacune de ces catégories. on applique des règles. Le débat doctrinal Il y a eu un débat et les auteurs se sont opposés sur la question d’un contenu propre à la libre-administration en considérant que ce contenu propre c’était ou devait être la reconnaissance d’un pouvoir règlementaire propre des CT. Ce qui laisse le champ libre par exception à la compétence locale. De surcroit dans cette affaire. 2. il n’y a pas de stade intermédiaire entre la loi et l’interprétation. La libre-administration se situe en deçà de la libre réglementation.  logique de désordre. Ce transfert de compétence n’a été finalisé que par un décret du 27 novembre 1985. provient CE 13 février 1985 Syndicat communautaire d’aménagement de la Ville Nouvelle Cergy-Pontoise. 9 . Les solutions jurisprudentielles La thèse favorable à la reconnaissance d’un pouvoir règlementaire propre aux CT. TROPER : droite). Argument d’effectivité juridique : un pouvoir règlementaire des CT pouvait acquérir une vertu d’effectivité ? 36 000 communes peuvent elles directement appliquer la loi ? tous les textes juridiques ont des interprétations. 1. LUCHAIRE : gauche / AUBY. Argument sémantique : la notion de libre-administration dans la Constitution est distinct avec la notion de libre réglementation. Certains auteurs (BOURJOL. pouvoir règlementaire limité des ministres uniquement pour l’organisation de leur service (pouvoir reconnu par la jurisprudence JAMAR). Dans cette hypothèse. qu’il appartient dès lors à l’organe de la collectivité locale ou de l’établissement public compétent pour organiser les services de fixer les règles d’application de la loi ». on n’édicte pas les règles.

Par ailleurs un certain nombre de cas dans lesquels la loi peut aussi directement renvoyer à son application directe par les CT. ils en ont conclu que « vide de tout sens juridique elle n’exprimait qu’une fonction politique : transposée au niveau administratif l’idéologie de la démocratie représentative » (Michel TROPER. ni libre organisation). de celle de décentralisation que de celle d’autonomie. La révision constitutionnelle de mars 2003 et les solutions du Conseil constitutionnel La révision constitutionnelle de 2003 (dite réforme Raffarin. ce qui revient une fois encore à raisonner sur l’Etat. Ce n’est que lorsque la loi est suffisamment par elle même précise sur les modalités d’application CE. se fondant sur l’article 72 de la Constitution : « définir dans la limite des compétences qui lui sont dévolues par la loi. 10 . Ass. « libre administration et théorie générale du droit »). La notion de libre administration paraît ainsi plus proche. la loi du 28 novembre 1990 dans son article 13 permettait aux CT de procéder à la modification totale ou partielle des régimes indemnitaires de leurs agents. Le Conseil constitutionnel après avoir reconnu un certain pouvoir règlementaire aux CT. Université Nanterre. 2 décembre 1994 Commune de CUERS. Certains auteurs constatant ainsi qu’elle était elle même définit de matière négative par rapport à ce qu’elle n’est pas (la libre réglementation. Ainsi en matière d’unification de la FPT. pour définir le statut des CT comme objet. en l’occurrence entendu comme autonomie normative. La loi prévoyait pour la Corse la possibilité de demander à être habilité à adapter la règlementation nationale. certaine modalités d’application d’une loi »  dans certains cas il peut y avoir reconnaissance de possibilité d’application de la loi dans le cadre des compétences . C’est un décret du 6 septembre 1991 qui est intervenu pour établir les conditions d’équivalences entre les diverses fonctions publiques. souligne que les dispositions permissives de l’article 13 ne sont pas applicables « avant l’intervention d’un décret en CE déterminant les conditions de mise en œuvre pour l’ensemble des CT. La notion de libre administration trouve l’essentiel de son contenu dans la garantie de compétence législative. L’existence d’un pouvoir règlementaire autonome des collectivités locales faisant ainsi défaut. Le Conseil constitutionnel dans DC 17 janvier 2002 concernant le 3e statut législatif de la Corse avait invalidé la disposition du projet de loi prévoyant un pouvoir d’adaptation des règlementations nationales par la loi ou le décret. « acte II »). Le caractère supplétif du pouvoir règlementaire des CT paraît être ainsi confirmé. Le Conseil constitutionnel souligne encore que l’intervention des CT « n’a ni pour objet ni pour effet de mettre en cause le pouvoir règlementaire d’exécution des lois que l’article 21 de la Constitution attribue au 1er ministre ». 3. or par nature un EP ne peut pas disposer d’un pouvoir règlementaire.Ce qui est en cause c’est un établissement public et non une CT.. ce pouvoir règlementaire est insusceptible de fournir un contenu juridique spécifique à l’idée d’autonomie. Cette révision a t’elle opérée un changement du droit positif en la matière ? (Réforme qui pour l’essentielle n’a pas été appliquée). Il apparaît que la révision de 2003 fait suite à la jurisprudence constitutionnelle relative au statut de la Corse (DC 17 janvier 2002). C’est la claire confirmation du caractère second du pouvoir règlementaire local. mais l’article 40 souligne aussitôt « qu’un décret en CE détermine en tant que de besoin les conditions d’application de la présente loi ». Le CE a précisément été saisi sur le point de savoir si l’article 13 de la loi de 1990 avait pu directement entrée en vigueur ou si à l’inverse il était subordonné au pouvoir règlementaire prévu à l’article 40 de la même loi. a modifié l’article 72 de la Constitution en reconnaissant expressément aux CT un pouvoir règlementaire. Le CE dans un avis du 20 mars 1992 Préfet du Calvados. le Conseil constitutionnel souligne ensuite « ce pouvoir règlementaire des CT doit s’exercer dans le respect des lois et des règlements ». Les dites dispositions ne sont pas entrée en vigueur dès la publication de la loi ».

D’autre part. soit par des décisions des autorités municipales. Chapitre 2 . ce sont les survivances de ces anciennes communautés d’habitants. fondée sur la propriété collective des habitants (usufruit). Ordre urbain : Association sous forme des conjurations serment mutuel entre les habitants des villes (qui deviennent les bourgeois des villes car vivent dans les bourgs) pour assurer leurs franchises locales (liberté locale). Il part de l’étymologie de chacun des 2 mots et relève que autonomie est un dérivé du grec « auto » soit même et « nomos » règles normes.Les enseignements de l’histoire : de l’autonomie à la décentralisation Section 1 Les manifestatio ns d’une autonomie originelle Cette autonomie peut se déceler selon d’une part de la formation et d’autre part de leur disparition. 11 . Il va partir d’une construction théorique. bois. sémantique distinguant nettement autonomie et décentralisation. Ces communautés d’habitants se présentent comme des associations entre les habitants. le statut pérennes biens communaux. §1- La formation communautaire Les communes sous leur forme d’origine de communauté d’habitant (sens générique). Cette réalité associative se retrouve avec des nuances et des caractères propres. Ordre rural : Association de paysans (serfs) rassemblée pour la gestion de leurs biens communaux (les terres collectives) qui sont ce que l’on appelle aujourd’hui des biens domaniaux (terres. l’ordre rural ou urbain. 5 millions d’hectare environ). dont les conditions sont définit selon les régions par des coutumes locales. Ces biens collectifs se définissent au regard de l’usage commun. Dans les périodes ultérieures de fusions de communes. préexistent à l’État.Une seule tentative doctrinale notable s’est attachée à définir l’autonomie locale dans le cadre d’une thèse de TSIROPINAS. forets) constitutifs d’une propriété collective des paysans concernés. ont légalement préservé l’existence des droits des habitants des petites communes sous forme de section de commune. ce sont en réalité des biens de propriété collective c’est à dire des biens qui ne relèvent ni de la propriété publique ni de la propriété privée (régime forestier. intervention). Cette distinction de problématique incite à interroger l’histoire du droit des CT fait apparaître que les collectivités ont connu historiquement 2 étapes : une étape qui fut celle de l’autonomie et une étape subséquente qui est celle de la décentralisation. il définit une collectivité autonome comme celle qui édicte elle même ses propres normes (organisation. des membres de chaque communauté (dans certains départements comme les Hautes-Alpes cela représente 50% des terres des biens communaux). il apparaît que l’autonomie et la décentralisation apparaissent comme 2 problématiques distinctes. La notion d’autonomie est donc juridiquement et historiquement identifiable à partir de la formation communautaire des communes rurales (26 000 communes de moins de 500 habitants) dont la personnalité spécifique est donc une personnalité civile collective. rassemblées par une solidarité de voisinage sur un même territoire. - A . Sont distingués entre les biens communaux stricto sensus et d’autre part les biens sectionnaux caractérisant les biens de la commune qui ont été fusionnés avec une autre plus grande. fonctionnement. Chaque habitant bénéficiant d’un droit acquis sur ce patrimoine collectif. L’autonomie est opposable est l’hétéronomie définissant les collectivités dont à l’inverse le statut est déterminé sans leur consentement par une autre collectivité.Les communes rurales Les sections de commune sont au nombre de 16 000 environ.

12 . et varie du fait même de la complexité des coutumes et des traditions locales. en particulier 12ème siècle .Les villes Historiquement. selon PETITDUTAILLIS dans « les communes françaises ». aux réquisitions. L’autonomie au sens étymologique apparaît donc bien décelable au MO. Ces chartes de communes emportent reconnaissance des franchises locales (libertés locales collectives). C’est bien initialement une solidarité communautaire qui fonde l’association des paysans pour la gestion collective de leurs biens communaux sur leur territoire coïncidant le plus souvent avec les paroisses. à des spécificités historiques. Dans bien des cas les franchises mises en œuvre et les modalités d’organisation sont liées à l’histoire propre de la ville où sont liées à des caractéristiques proprement conjoncturelles. auxquelles sont ensuite accordées par le Seigneur (Roi) des chartes de communes ou des concessions de communes. selon un degrés décroissant d’autonomie permettant par exemple de distinguer dans le nord de la France les communes au sens strict (les communes jurées). Cette autonomie se présente sous des formes variées. c’est à dire que l’obtention d’une franchise locale permet d’échapper aux différentes impositions. dans cette diversité. un statut plus intermédiaire dans le Midi que l’on appelait le consulat (le degrés minimaliste du statut communal: les villes de prévôté). des pays à l’autre. « Sans association par serment il n’y avait pas de commune et cette association suffisait pour qu’il y ait commune ». les notions de commune et d’autonomie. tout au long de la période féodale. mais ces chartes de concession ne constituent qu’un élément second par rapport à l’élément générateur « conjuration » bourgeoise d’aide mutuelle. B . c’est bien l’exercice de la justice qui est rendu par des autorités locales (magistrats municipaux). de charte type de telle sorte qu’il est difficile voir impossible d’en dégager une synthèse qui vaudrait pour l’ensemble. Ce sont des associations de bourgeois de ville. paraissent consubstantielles. Il n’existe pas de modèle. Néanmoins. Et un certain nombre de ces chartes ne contiennent même aucunes dispositions relatives aux modalités d’organisation du pouvoir municipal. À partir de la fin du 11ème siècle la dénomination même de la «commune » correspond bien à la désignation de groupement autonome au sens auto mise en œuvre. sous forme du serment d’aide mutuel entre ces membres. la justice. Les franchises (les « compétences ») mise en œuvre sont souvent liées à des données conjoncturelles. dès lors que ces associations bourgeoises qui sont à l’origine même des chartes. C’est cette solidarité qui est ellemême à l’origine des formes initiales de l’organisation municipale. - - Les domaines privilégiés des chartes sont des fonctions régaliennes c’est à dire les domaines qui par définition ne sont pas décentralisés parce que la fiscalité. aux taxes. aux corvées.Dans ce processus se manifeste des signes d’une autonomie des communes rurales dont la problématique est totalement différente de la problématique contemporaine de la décentralisation. la défense correspondent au noyau dur des fonctions régaliennes de l’État (aucun rapport avec les problématiques de la décentralisation). Il en découle que les communes sont chargées de créer leurs propres taxes. Fiscalité : les clauses concernant le domaine fiscal. les franchises fiscales ont précisément pour objet d’échapper à l’arbitraire fiscal qui caractérise la période féodale. Défense: les droits militaires et polices des communes sont concernés. Même si d’un point de vue global on a pu a posteriori tenter d’établir une sorte de cartographie de l’autonomie locale. l’étude de chartes de communes fait apparaître que quelques domaines de franchises sont prévalant et se retrouvent sous des formes diverses dans le plus grands nombre de chartes : Justice : les clauses de dispositions les plus détaillées concernent le domaine de la justice. et dont l’exercice de la justice constitue la franchise centrale (privilège local le plus évident). En clair le contenu des chartes varie d’une commune à l’autre.

Il les définit en terme de « communautés légitimes à l’intérieur desquelles s’organisent des liens de solidarités dont l’origine est venue de la famille. Par exemple. Pour cette même raison l’état des finances locales était devenu catastrophique. les communes résiduelles sont significativement classées au sein de ce que Jean Bodin appelle « les corps et collèges ». dans le cadre du Colbertisme. Cette réalité sociale et réalité humaine vont se faire bousculer par le droit. est ainsi supprimée à la suite d’une série de révoltes populaires contre la bourgeoisie marchande. permet également de comprendre l’autosuppression des communes. Il en a découlé une injustice fiscale croissante et donc une exploitation de moins en moins supportée du petit peuple conduisant à l’ « exaspération populaire ». est évacué au profit de purs éléments formels : la charte. B .Les causes juridiques Aux progrès de la monarchie ont correspondu les progrès de la connaissance juridique (notamment la redécouverte du droit romain). Au 16ème siècle. Ils pose la question de la nature de la commune pour lui donner une existence (essence) distincte de la somme des individus qui composent la dite communauté.Cette identification de l’autonomie communale. Cette transformation appréhendée de l’autonomie communale saisie par le droit a constitué le prélude à la rupture radicale consommée dans les dernières années de l’Ancien Régime. Elle devenait hégémonique et gouvernait seule la ville et profitait seule des fruits d’un commerce fleurissant et s’exonérait elle même des impôts. d’une part des confréries (ordre religieux) et au sein d’autre part des corporations (ordre du travail). §2- La disparition des autonomies communales A . Il en résulte des difficultés économiques. Les causes de cette suppression que PETIT-DUTAILLIS appelle la « Décrépitude ». en 13 . d’abord d’ordre économique et social mais elle est aussi causée par des facteurs d’ordres juridiques. ce qui marque une étape décisive dans le processus d’absorption des autonomies locales par la monarchie. À partir du 14ème siècle. le sceau. édification de cloches. Cet élément principal d’origine est non seulement occulté mais va être doté d’une connotation délictuelle d’où la connotation de la "conjuration" d’aujourd’hui. la commune de Rouen qui était l’une des plus grandes villes du Royaume. dans laquelle la fiction juridique de la personnalité morale s’est substituée à la réalité d’une solidarité sociale. Cette personnalité morale permet de rendre compte l’existence propre de ces communauté en évacuant les individus constitutifs de ces communautés. et il apparaît que cette disparition va se nourrir de type de causes. Ainsi s’est opérée la transformation de la conception même de la commune. de légistes. Au cours de ce processus. les familles en s’agrandissant ont formé des villages et des bourgs … ». Or ces légistes ne peuvent admettre qu’une simple association bourgeoise ne puisse être autonome sans que leur liberté ait été clairement définie par le roi et attribué par le roi (grands seigneurs). C’est dans le droit romain. le système communal entre en crise en nombres de communes vont disparaître de leurs propre volonté (divorce). La cour du roi est composée de juristes. Le serment d’aide mutuelle qui constituait l’essence même de ma commune. des individus constituant une communauté d’habitant. qu’ils découvrent la notion de personnalité morale par opposition aux personnes physiques.Les causes économiques et sociales Ces causes tiennent pour l’essentiel au développement de ce que l’on appellera les oligarchies bourgeoises et à l’accaparement de celles-ci des privilèges découlant de la charte. Section 2 - L ’évolution vers la centralisation et la décentralisation L’Edit de Colbert en 1683 soumet la gestion des deniers municipaux aux intendants. Le lien de solidarité se délite et va se redéployer au sein d’autre catégorie : « société de secours mutuel ».

durant laquelle sont abolis tout les privilèges (les corps notamment). La création du département ne correspond pas initialement à la volonté de « décentralisation » de l’Etat. dans la Constitution de 1791. principautés. fondant pour la 1ère fois un nouveau régime municipal uniforme et obligatoire dans tout le royaume (déjà mis en place dans l’AR). Le passage de l’ancien système de l’autonomie communale. Cette loi divise le royaume en départements. pays. Dans un 1er temps. supprime le pouvoir municipal et restitue au peuple la souveraineté confisquée par la Nation (Rousseau/Condorcet). bourg. Est établi un office de lieutenant général de police dans toutes les villes (autonomie de justice. y compris « les privilèges des villes et communautés d’habitants ». En 1692. que du processus de centralisation en cours. l’appareil politique et administratif local « est englouti dans la centralisation » selon Legendre. Cette mutation ne fait qu’annoncer sous la Révolution (Tocquevillienne). avant que comme l’exprimait la citation d’Hauriou « l’État ne parvienne 14 . la loi de 1790 (loi des 22 décembre 1789 et 8 janvier 1790) qui formulent les bases de l’organisation administrative contemporaine (Acte 1). c’est la mise en place du système dit de la vénalité des offices et qui transforme l’ensemble des fonctions du maire et de ses assesseurs un office héréditaire. qui se substitue à l’élection. Les libertés spécifiques des communes sont en réalité des privilèges… La future République une et indivisible anime déjà cette déclaration du 4 aout 1789 selon laquelle « tous les privilèges particuliers des provinces. La dénomination même du département est issue du verbe "dé-partir" exprimant le fait de découper un tout en partie de ce même tout. villes et communautés d’habitants … sont abolis sans retour et demeurent confondus dans le droit commun de tous les Français ». Cette division du royaume en département à pu être analysée par les historiens du droit comme « une vrai machine de guerre contre la féodalité » pour s’opposer « à la reconstitution de puissantes institutions locales ». paraît avoir pérennisée certains éléments de l’autonomie communale de l’AR en supprimant seulement leur aspect « privilège ». cantons. Les communes en effet ne sont pas encore. eux mêmes découpés en districts et en cantons (article 1er).1699. éradiqués par la poursuite de la centralisation. la distinction entre les fonctions propres « au pouvoir municipal » d’une part et d’autre part les fonctions déléguées aux communes par l’État . de la République une et indivisible (lutter contre le fédéralisme). l’élection des corps municipaux. allait transiter par des édits ultérieurs de 1764 et 1765. et de police remis en cause). mais à l’inverse de mieux réaliser « l’unité administrative du royaume en le découpant en 83 parties dotées d’une régime commun ». L’article 7 indique qu’« il y a une municipalité en chaque ville. Ainsi les communes paraissent-elles relevées de l’ordre des « affaires particulières » et non de la de « l’administration générale ». Le sort des communes est initialement plus ambigüe. Pierre LEGENDRE (très bon). considérées comme des administrations publiques mais comme « des associations d’intérêts privées. la Constitution de 1791 prévoit que la personnalité juridique. Pourtant par delà la déclaration du 4 août 1789. vers la conception contemporaine de la décentralisation. La Constitution de 1793 dite jacobine ou dite montagnarde. L’instruction du 8 janvier 1790 (acte d’application de la loi de 1790) précise que les départements « ne sont que des sections du même tout » et qu’« une administration uniforme doit donc les embrasser d’un régime commun ». Cette loi est la suite logique des décrets édictés dans la fameuse nuit du 4 août 1789. formées en vue de la gestion de droits de type patrimonial ». Les Communes deviennent alors une simple composante du corps politique. approuvée par référendum . paroisse ou communauté de campagne ». Plus tard avec les régimes du Consulat et de l’Empire. sont autant d’élément de critères plus proche de la décentralisation future. La loi des 22 décembre 1789 et 8 janvier 1790 fixe la constitution des assemblées délibératives. Ces éléments résiduels de l’autonomie initiale ont été cependant très rapidement remis en cause. il semble que la Constitution de 1791. les communes se voient retirer toute forme d’autonomie en matière de défense.

L’élément territorial L’élément territorial est au cœur même de la conception des liens féodaux. Il semble donc que la notion de décentralisation et le contenu même de cette notion doivent être compris à partir de plusieurs strates qu’il convient donc de ne pas appréhender dans un simple rapport de linéarité et de successivité historique. de constitution des éléments de base qui vont structurer la notion même de collectivité territoriale. puis nationale et enfin libérale ou néo-libéral. par « des relations territorialement solidaires ».à retrouver un équilibre en se décentralisant à partir de sa propre substance ». Le terme de décentralisation n’apparaît de façon significative que sous la Restauration c’est à dire dans les années 1820. d’assistance. 2 éléments sont essentiels et se retrouvent encore aujourd’hui dans le droit positif. c’est à dire par l’État lui même ou selon le modèle de l’État. Plusieurs strates successives doivent être appréhendées par une sédimentation de dispositifs juridiques se déposant les uns sur les autres. Par l’encadrement et l’impulsion de l’activité des autorités locales dans le cadre d’une pure reproduction territorial du modèle étatique. §1- La strate de l’âge féodal Cette période de la féodalité (11e au 13e siècle) correspond à la période de formation. Section 3 - Les trois strates de la sédimentation On peut considérer que les grandes caractéristiques de la décentralisation contemporaine proviennent de l’interaction du jeu simultané d’éléments relevant de 3 moments historiques différents. sous-préfet. les communautés de patrimoine terrien. L’assimilation étatique de l’organisation locale est réalisée : Par la présence et l’action sur le territoire local des représentants de l’État (préfet. sans que les sédiments les plus récents ne puissent faire disparaître les sédiments les plus anciens. et non sur le postulat de la divinité. une logique du collectif opposé à l’individualisme qui n’apparaîtra que plus tard (monté en puissance de la bourgeoisie). La féodalité a également été une organisation de type horizontale.  Le droit de vote des étrangers §2- La strate de l’âge national L’élément de référence est la Nation cette période se caractérise selon Michel Foucault. C’est sur ces bases d’individualisme que se sont instituées les communautés de marchands correspondant aux intérêts urbains. la décentralisation se réalise selon une logique de reproduction du modèle étatique quant à l’organisation territoriale elle-même du point de vue de la structure des organes délibératifs et 15 . Sur ce territoire déterminé s’exerce des liens de protection. L’impératif de la rationalité est que toute l’organisation politique et administrative de la cité se constitue autour de l’État. il considère que l’État constitue « la nouvelle matrice de la rationalité ». services extérieur de l’Etat). en même temps que se manifestait une logique solidaire avec les communautés paysannes. Strates que l’on peut qualifier de féodale. L’élément communautaire Car contrairement à la vision trop schématique de l’organisation féodale. Michel FOUCAULT « L’archéologie du savoir » (vision archéologique). Lorsque l’État se décentralise. La cité doit être organisée sur la base de la raison. C’est dans ce cadre que les CT ont été progressivement assimilées comme simples circonscriptions de l’organisation étatique. de sujétions financières en même temps le lien de chaque individu à la terre (bien communaux) et qui se retrouve dès l’origine dans le lien de la commune (film de Marcel PAGNOL : communauté villageoise). la féodalité n’a pas été seulement une période de structuration verticale (vassalité).

Les CT tendent de plus en plus explicitement à être conçues comme des entreprises dont la logique est plus fonctionnelle que territoriale. 16 . de la répartition des compétences. Mais c’est aussi une logique de reproduction quant aux finalités même de l’action locale : les CT n’étant pour l’essentiel pris en compte qu’en tant que niveau de répartition des compétences administratives de l’État appliquées à un territoire local spécifique. concurrencé et dominé par le modèle managérial de l’entreprise (L’Etat n’est plus le modèle de la rationalité institutionnelle). Du point de vu des agents. Cette situation est celle qui a été plus récemment commentée par des sociologues en terme de polycentralisation. §3- La strate de l’âge libéral (néolibéral) La strate contemporaine se caractérise par un changement essentiel dans le modèle générateur de la décentralisation. unifiant les caractères disparates des communes sous la strates féodales. et à la fois autorité de l’Etat. de performance. A . Cette strate nationale caractérisée par la rationalité étatique arrive à son apogée avec l’émergence du concept d’Etat-nation forgé par la Révolution de 1789. des services. Ils deviennent des l’éléments d’une organisation rationnelle établie à l’échelle de l’État. alors que la commune correspond à la strate de la période précédente. De la même manière se produit un dédoublement organique ou fonctionnel : le maire est à la fois autorité local. Les éléments originaires des communes n’ont pas disparu mais se sont normalisés pour relever d’un modèle commun.exécutifs.Le mouvement de réorientation des missions / finalités des CT Au delà de leur périmètre territoriaux spécifique. Aujourd’hui établi sur la nécessité impérieuse de la circulation des marchandises. les CT ont été conçues au cours des dernières décennies comme devant concourir ensemble avec l’État à un effort global. « L’Europe ne pourra se faire qu’en dépassant les logiques nationaux » MONNET. mais dont les prémices se manifestent bien antérieurement au 16ème siècle avec l’affirmation du concept de souveraineté. Cette logique frappe les états eux mêmes. au profit du marché commun. Cette logique de la rationalité étatique est à l’origine de la création du département. La strate nationale a modifié la strate antécédente en uniformisant. Il frappe aussi les CT dans leurs assises territoriales et dans leur identité communautaire. Ce mouvement dans le cadre duquel les logiques fonctionnelles l’emportent sur les logiques territoriales. de telles sortes que les éléments initiaux des communes se sont « abstractisés ». des capitaux et des personnes (Traité de Rome 1955 : création d’un marché commun). Au cours des dernières décennies. selon une logique de répartition des circonscriptions. Du point de vu de leur mode de désignation. le modèle étatique tend à son tour à être relégué au 2nd plan. concernant l’ensemble des problèmes économiques et sociaux de la Nation. la FPT est l’équivalent du statut de la FPE. reléguée au profit d’une nouvelle logique de productivité. Ces éléments issus du modèle étatique vont à leur tour subir le poids d’une nouvelle strate historique. c’est à dire du marché. qui sont les logiques même du capitalisme. de management. La notion même de communauté territoriale est conjointement bousculée. Ces logiques de mondialisation participent au mouvement fondamental dit de « déterritorialisation » (analysé par Gilles DELLEUZE). Cette situation conduisait certains auteurs tels que BONNARD (Bordeaux) à relever que les services passées à des CT selon les préceptes de la décentralisation « restent entièrement subordonnés suivant des principes de centralisation autant qu’ils pouvaient l’être lorsqu’ils étaient rattachés pour leur direction au pouvoir central ou à ses représentant locaux ». l’élection se fait de la même manière que pour les représentant de l’Etat.

décrets. mais aussi les contrats des CT avec l’État. La décentralisation de 82-83 est la prévalence de l’instrument contractuel contre les actes unilatéraux des administrations (lois. chambre de commerce). généralisé des différents niveaux territoriaux pour mettre en œuvre des politiques d’amplitudes globales. mais aussi contractualisation avec des entreprises privées du secteur marchand. organisme associatif. les initiatives. la région. C’est dans ce contexte.Les mouvement de diversification des instruments juridiques et institutionnels Tous les commentateurs des lois de décentralisation de 1983 ont tous souligné combien ces lois avaient procédé « à l’affirmation massive d’une politique contractuelle » ou à « une contractualisation généralisée des rapports entre collectivité territoriale ». Cette diversification de l’action locale par la voie contractuelle concerne les CT entre elles. Idem pour un autre décret définissant le régime de participation des CT dans le capital d’établissements de crédit ayant pour objet exclusif de garantir les concours financiers accordés à des entreprises privées. culturel et scientifique ». Or le contrat est par excellence l’instrument privilégié de l’entreprise et du marché. arrêtés). partenaires sociaux). le Préfet Bernard a pu conclure que « la véritable et la seule signification de la décentralisation (des années 82-83) a été de mobiliser les ressources. au développement économique. Ainsi est établi un principe de coresponsabilité. instrument promu par le discours libéral. et selon Gaston Defferre « planifier et coordonner les investissements publics ». Alors que celles-ci échappent à toutes catégorisations préalables. nationale dans tous les domaines cités et visant dans un 1er temps à faire face à la crise (Pierre Mauroy). qui se sont mis en place hors du maillage administratif traditionnel. le département. Les multiples formes de partenariats contractuels entre les CT se traduisent précisément par la création d’institution de droit public aussi bien que privé résultant de la logique contractuelle. La région est reconnue comme CT par la loi de 1982 alors même que ces compétences initiales restent définis autour des missions de planification et aménagement du territoire. les ambitions au plan local. l’article 1er de la loi du 7 janvier 1983 (1er grande loi de transfert de compétence). La voie contractuelle s’est élargie en substitution aux réglementations unilatérales traditionnelles du modèle administratif qui est stigmatisée. Les politiques de l’environnement 17 . sanitaire. sous formes d’aides aux entreprises privées reconnu par la loi du 2 mars 1982 (« financement public des profits privé »  réflexion de la gauche). Exemplaire de cette nouvelle conception de territoires locaux émancipés de leurs assises territoriales institutive. B . proclame que les diverses catégories de collectivités territoriales « concourent ensemble avec l’État à l’administration et à l’aménagement du territoire. et regroupant dans certaines zones de concentration d’activités concernés les CT. est la création de la Région. Un des observateurs les plus attentif et légitime des questions locales. Par exemple: La lutte contre le chômage (depuis années 82-83) Cette lutte a généré la prise en compte de bassins d’emploi en dépassant les logiques propres à la commune.Par exemple. Cette évolution vers le modèle fonctionnel de l’entreprise ou entrepreneurial ressort encore dans une multiplicité de textes. social. Plus nettement ont été mises en place au cours des dernières décennies « des institutions purement fonctionnelles ». les entreprises concernées et les organismes (chambres consulaires. Textes finalités économiques tels que par exemple des décrets définissant les modalités d’octroie par les CT de leur garanti ou de leur caution pour les emprunts contractés par des entreprises privées (décret du 18 avril 1988). en vue d’une meilleure productivité des forces collectives et d’une plus forte cohésion de l’entreprise France » (AJDA 1988 page 710). les contrats avec des institutions extérieurs aux CT (universités. qu’il faut comprendre les compétences nouvelles d’intervention économique transférées aux CT.

Cette logique fonctionnelle se manifeste dans le cadre du recours aux sociétés d’économie mixte locales (SEML). le recours aux associations para-administratives (association transparentes) créé par les CT. liées aux procédures de passation des marchés publics sur la base de la jurisprudence IN HOUSE. de réduction des doubles emplois. zones maritimes (politique de façade). les politiques d’urbanisme. La loi a permis la création de pays qui ont la forme juridique de simples associations de droit privé. Enfin les CT ont recours à des entreprises privées relevant de la sphère marchande. Ses logiques ont subit une nouvelle mutation par la loi ATR du 6 février 1992 créée les communautés de commune et communauté de ville. dans une logique de prévalence des logiques fonctionnelles d’entreprise. De nouvelles orientations furent faites par exemple par la loi du 5 janvier 1888 dite loi d’amélioration de la décentralisation (loi Galland). Les politiques d’aménagement territoire Elle a été mise en place à l’origine des politiques spécifiques dans les zones de montagnes (politique de massif). mais à capital strictement public. pour mener des opérations de prestation aux profits des actionnaires (CT ou établissement public territoriaux). Initialement ces EPCI avaient été conçus comme de pures instances de regroupement communal. Il s’est produit un phénomène de reterritorialisation sur une base fonctionnelle : « C’est une déconnexion entre les instances de représentation et les instances de décisions ». on touche alors ici au 3e mouvements. d’aménagement et de transport ont été conçues à partir de la loi de 1999 autour de l’agglomération : territoire fonctionnel. 18 . dont la portée est d’échapper aux lourdeurs de la gestion publique (comptabilité. De la même façon. c’est à dire de service rendu au moindre coût (économie d’échelle). les réalités que l’on peut qualifier de "géoéconomique" l’emporte sur les réalités juridiques. Cette logique de regroupement des petites communes rurales a été ensuite modifiée. Dans ce contexte l’intercommunalité classiquement mise en œuvre sous la forme des établissements publics territoriaux a tendu à revêtir une nouvelle signification. fameux syndrome des 36000 communes. Notamment l’institutionnalisation de réalité géoéconomique qualifiée de pays.Elles ont mutualisé les initiatives des différentes collectivités autour des bassins hydrologiques. sur la base d’impératif gestionnaire. c’est la création par la loi du 28 mai 2010 des SPL qui ont le statut de société anonyme de droit privé. De la même manière. tout en échappant aux contraintes de la commandes publiques. l’intercommunalité s’est inscrite dans une nouvelle logique qui a été qualifiée en terme d’intercommunalité de gestion. créé par la loi Pasqua du 4 février 1995 puis repris par la loi d’aménagement du territoire 1999 loi Voynet. réactivé dès juillet 1983 et dont les domaines d’intervention ont été considérablement élargis et diversifiés. et qualifient de "périmètre pertinent" pour la mise en œuvre de politique publique exigée par la cohésion économique et sociale. fonction publique). Plus récemment. l’unité d’aménagement ne pouvait être aucune CT. Il suffit pour cela qu’il existe un intérêt public local. de recherche de meilleur productivité. met en place le « syndicalisme à la carte » : chaque commune pouvait participer à un syndicat de commune uniquement pour les seules compétences qui l’intéressait (SIVU – SIVOM). Dans ce cadre-là. mais qu’il fallait recueillir un territoire pertinent : le Pays. pour maîtriser la pulvérisation communale. Le projet initial était que le maillage traditionnel ne correspondait plus du tout aux enjeux des politiques publiques. Cette loi prévoyait des dispositions qui permettait le retrait de commune membre.

Les taux fixes et annuités constantes ont laissé place aux taux variables et révisables. Des colloques « scientifiques » extrêmement nombreux ont été consacrés par exemples aux « performances des services publics locaux ». Mais des mutations importantes se sont produites sur le terrain de la gestion financière. alors que le paiement par l’usager constitue un obstacle à la fréquentation de certains services pour les ménages à faible revenu. Au plan financier. qui est le modèle historique. qui constituent les premiers produits du terroir. de modernisation. comme correspondant en quelques sortes « à un sens de l’histoire ». Cela se traduit par un transfert de charge. dont le titre était « La mairie à la veille de l’an 2000 ». environ 1 département sur 3 est la limite du dépôt de bilan. de la gestion dans une optique managériale. entrepreneurial. « à la compétitivité des villes ». les produits financiers étant de plus en plus sophistiqué. Nombre de CT ont été victimes d’emprunt toxiques (taux révisables). la localisation territoriale des bases de la fiscalité locale. Dans un numéro spécial de la revue « Pouvoir locaux ». Le paiement directe des prestations a été invoqué comme instrument de rationalisation. Il suppose que l’opérateur assure les frais de 1er établissement. Mais les courants dominants soulignent PRUDHOMME « La commune de vient ainsi une entreprise de service collectif de proximité régit par des lois proches du marché ».C . Le concept dominant durant toute cette période a été que les CT étaient des entreprises et devaient donc être gérées comme des entreprises. quoi qu’en pense et quoi qu’en disent les conservateurs du dernier carré ». a été réactivé dans les année 1980.  70% de l’investissement public est réalisé par les CT. Dans la même revue un autre contributeur souligne « En fait. n’a pas pu être remis en cause. il faudra bien convenir qu’une administration peut et doit se gérer comme une entreprise. Ce mouvement a été accentué par le consensus politique réalisé autour de la nécessaire baisse des impôts et des prélèvements obligatoires. Oui mais comment vendre ce produit? (…) La ville peut être appréhendée plus concrètement. plus de 65% sur le terrain de la collecte des ordures ménagères. du contribuable vers l’usager. Cette reproduction par l’administration territoriale du modèle managérial de l’entreprise à même été considérée par un certains nombre d’auteurs. ce qu’elle est en fait » : Jacques BRENER. comme une entreprise. C’est un mouvement massif dit de délégation de gestion de services publics a été de plus en plus prévalant au détriment de la traditionnelle gestion directe sous forme de régie ou d’établissement public. le « management des CT ». Les CT sont traitées comme des entreprises. à l’heure actuelle le directeur du marketing public de l’agence AVAS. mais les prêts accordés aux CT ne le sont plus à des taux privilégiés. A vu de l’intervention massive des nouveaux opérateurs privés. Bernard PERIN (DGS du département de la Meurt et Moselle. Dans ce contexte. 19 . plus objectivement.Le mouvement de privatisation des techniques des modes de gestion Au cours des dernières décennies. les CT ont été gagnées par un discours typiquement productiviste. Une CT lourdement endettée de ne plus investir et soutenir l’IG. Le type de contrat DSP est le contrat d’affermage au détriment du contrat de concession. et se traduit sur le débat de la tarification des SP locaux. 68% pour le transport urbain. la France est constituée d’une multitude de produits spécifiques appelés villes. Le groupe de la caisse des dépôts et consignations (aujourd’hui Crédit local/ groupe DEXIA) a perdu son monopole s’agissant des prêts aux CT au profit d’un d’une banalisation du marché financier désormais ouvert à tout les établissements bancaires classiques. qui est en réalité la 2e étape de la réalisation des travaux public. un des contributeur écrit : « demain. l’entrée massive d’une logique économique d’opérateurs privés s’est heurtée à de moins en moins d’obstacles. 85% sur le traitement des ordures ménagères. 96% pour le chauffage urbain. Des enquêtes font apparaître par exemple que la gestion déléguée à des privés en matière de gestion de l’eau touche 78% du marché (cartel : 3 opérateurs). Des villes comme St Etienne sont dans un taux d’endettement de 25%. Il en est ainsi en matière de rationalisation de la gestion.

Ces fonctions traditionnelles qui définissent « l’Etat gendarme ». CAA 1988 Paris. ((Fonction traditionnelle de l’Etat : 1) Réglementation (définir les règles du jeu) 2) Contrôle  police. La jurisprudence ville de Pamiers En se fondant sur la notion d’« action sur le marché » la CA de Paris a pu la 1er fois considérer que l’acte de délégation d’un SP. en l’occurrence d’évolution d’un contrat d’affermage en matière de distribution d’eau devait obéir « aux règles de l’ordre public économique en laissant s’exercer le libre jeu de la concurrence entre les entreprises ». De manière corrélative le rapprochement du modèle de l’entreprise a abouti à faire éclater les principes les catégories juridiques les plus classiques du droit administratif. En assimilant ainsi CT et opérateur privé. en particulier s’agissant de l’application des règles du droit de la concurrence au CT. autorité judiciaire. c’est à dire. 2. une résistance de la strate étatique contre le surgissement en cours de la nouvelle strate économique. TC. La jurisprudence Million et Marais La résistance de la strate nationale face à l’émergence de la logique entrepreneuriale. on voit que la puissance publique n’est pas l’acteur. On peut analyser dans l’opposition de ces 2 décisions. Préfet de Région d’Ile de France c/ CAA de Paris. ex la jupette. Société d’Exploitation et de Distribution d’Eau c/ Conseil de la Concurrence. en assimilant SP et activité marchande. l’Etat va devenir l’Etat interventionniste. La règle du dépôt obligatoire au trésor public n’a pas été levée mais des plans de trésorerie à l’année permettent de limiter ces dépôts au strict minimum grâce à des montages bancaires autorisant par exemple des lignes de trésoreries pour « dépenses imprévues ». C’est ce qui est remis en cause aujourd’hui. La jurisprudence précédente Ville de Pamiers a été renversée par une jurisprudence ultérieure 20 . le juge sacrifiait des principes aussi classiques que le libre choix du concessionnaire (intuitu personae) et la distinction fondamentale entre intérêt général et intérêt privé. 6 juin 1989.L’application du droit de la concurrence aux collectivités territoriales Cette application s’est opérée en plusieurs étapes. cette résistance a été vaincue. Ainsi la confrontation de ces 2 jurisprudences peut elle être interprétée comme la contradiction entre deux logiques différentes. D . état providence 4) Service public (dégraisser le Mammouth -> Allègre). cela peut ne pas fonctionner. entrepreneurial. On a vu que même quand il y a tous ça. puis sanctions 3) Aide aux acteurs. Le SP est une activité hors marché)) La CAA ordonnait sur ces bases (règle de l’ordre public économique) à la collectivité délégante le rétablissement de la situation antérieure au contrat d’affermage / de dévolution. la balladurette  donne de l’argent pour acheter une voiture. La portée de cette décision a cependant été neutralisée par une jurisprudence ultérieure du TC dissociant « la décision d’une CT prise dans l’exercice de ses prérogatives de puissance publique » de la problématique des « pratiques anticoncurrentielles » dans laquelle la CAA de Paris avait dissout le TC écartant conjointement en conséquence la compétence des autorités de la concurrence (CAA Paris) pour en juger.Les CT d’une certaine taille ont également aux techniques de gestion de trésorier. 1. Dans ces 3 cas de figure.

Société Anonyme CAMIF (coopérative d’achat mutualisé des instituteurs de France). c’est à dire au delà du seul domaine des activités de services publics. Cette même solution (de non application de l’ordonnance de 1986) avait été confirmée par une décision CE. à repenser les relations du SP et de son environnement concurrentiel. encore faut il que vous acceptiez d’ajouter à votre conception traditionnelle du SP. C’est une décision. l’ouverture des économies de marché. ce texte ne concernait que les entreprises privées et s’agissant des personnes publiques leurs seules activités directes « de production. centrée sur l’usager. Dans ce contexte c’est le modèle étatique lui même pouvait se voire appliquer les dispositifs juridiques conçus à l’égard des entreprises selon une logique de concurrence. devait être appréciée sur la base de l’ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence. que ce contrat créé dès lors une position dominante à son profit. Union Hospitalière Privée et Autres). le CE avait jugé dans sa décision CE. Article 86 qui ne vise expressément que les seules entreprises (publiques et privées). Pour cela. Centrée sur l’usager : dans la conception des SP « centrée sur l’usager » est la question centrale. 1er avril 1998. décision par laquelle le CE avait admis que la loi elle-même pouvait être contestée sur le fondement de l’article 86 et 90 du traité de Rome. Le CE précise qu’un décret organisant le service des achats publics ne constituait nullement une activité de production. dès lors ils ne relevaient pas de l’application de l’ordonnance de 1986 : « l’organisation du SP de la distribution d’eau à laquelle procède un conseil municipal n’est pas constitutive d’une activité de production. Compagnie Générale des Eaux.confirmant l’intrusion massive du droit de la concurrence au sein même du noyau dur des compétences publiques des CT et des SP pourtant historiquement définis comme des activités non marchandes. une autre dimension celle des rapports avec l’environnement économique et le droit de la concurrence ». Le CE avait clairement retenu que les actes administratifs ne constituent de telles activités de production. 29 juillet 1994. qu’en conséquence l’ordonnance du 1er décembre 1986 (droit de la concurrence) ne lui était pas applicable. Sur ces bases le droit de la concurrence va être appliqué à l’ensemble des domaines d’intervention des CT. le CE retient la position dominante mais pas l’abus de position dominante Les conclusions du commissaire du gouvernement (rapporteur public aujourd’hui) Jacques-Henri STAHL sont particulièrement exemplaires du basculement des modèles (valeurs) de référence entre la strate du modèle étatique et la strate du modèle fonctionnel de l’entreprise : « les mutations technologiques et économiques. Société Million et Marais. CE section 3 novembre 1997. de distribution ou de service » revirement de jurisprudence. Le CE admettait que l’activité normative de l’État pouvait être soumise au droit de la concurrence. Peu de temps auparavant. Fédération Française des Sociétés d’Assurances et Autres. de toute façon. Or selon la jurisprudence antérieure. 8 novembre 1996. que le CE a jugé que la légalité d’un contrat de concession de SP. 3. en l’occurrence les pompes funèbres d’une commune. de distribution ou de service. de distribution et des services » (article 53). Dans le cas d’espèce. le droit communautaire de la concurrence conduisent. Le JA raisonne alors sur le fondement d’« un principe de liberté de la concurrence qui découle de l’ordonnance de 1986 » (considérant d’un arrêt CE. L’extension multidimensionnelle du droit de la concurrence La jurisprudence ultérieure du JA exprime une interprétation de plus en plus large et dominante en faveur du droit de la concurrence au delà même des prescriptions textuelles de l’ordonnance de 1986. de distribution ou de service. Le reversement de jurisprudence opéré par la jurisprudence Million Marais avait cependant été amorcé peu de temps auparavant par un arrêt du CE. 23 juillet 1993. Dans le revirement opéré par la jurisprudence Million Marais le CE applique pour le 1ère fois les dispositions de l’ordonnance de 1986 à un acte administratif. pour considérer que le contrat confiant à la société de pompes funèbre délégataire une décision de monopole. 21 .

Comment le droit va juguler ces contradictions  création des SPL. acte d’autorisation d’occupation du domaine. Elles seront à un moment d’accumulation des contradictions. 26 mars 1999 Société EDA. le CE a conduit le principe de prévalence de la concurrence jusqu’à son aboutissement ultime en soumettant les mesures de polices municipales elles-mêmes au respect du principe de libre concurrence. La police administrative. Cette jurisprudence renversant les fondements traditionnels du SP et les logiques d’intérêt général qui ont initialement structurés le droit administratif français se superpose avec des jurisprudences de la strate 22 . Pour faire appliquer cette réglementation. en considérant qu’il est illégal car contraire à l’ordonnance de 1986 au TA PAU  renvoie préjudiciel au CE. que l’objectif de police ne fait pas obstacle à la nécessité de respecter dans ce domaine les règles de la concurrence. le maire met en demeure des annonceurs de retirer des panneaux publicitaires non conforme à la réglementation de police. Ici le CE annule l’acte en considérant que l’ont est en présence d’un abus de position dominante. qui par nature concerne une activité commerciale. « je deviens autre chose » : ex socialistes qui privatisent  le PS devient libéral. Dans l’avis. marque un élargissement du périmètre du droit de la concurrence. A Bayonne. les analyses dialectiques (HEGEL) expliquent qu’il doit y avoir un « saut qualitatif ». conclusion de STAHL. L’accumulation quantitative des contradictions procède d’un saut qualitatif. Celle-ci voit leur respect conditionné par le respect du droit de la concurrence CE 17 mai 2000 Association Nationale pour l’épargne retraite des fonctionnaires. ou les SEM vont être traités rigoureusement comme une multinationale IN HOUSE. un arrêté du Maire de Bayonne avait institué une zone de publicité restreinte sur le territoire de sa commune. Cette jurisprudence a été confirmée dans le domaine du contentieux dit de pleine juridiction. Il convient d’ajouter de nouveaux éléments de référence au SP. puisqu’en l’espèce l’ordonnance de 1986 est appliquée pour juger de la légalité d’acte de puissance publique. 4. Les apparentes contradictions générées Lorsqu’il y a des contradictions il faut en sortir. concernait la conclusion de convention d’occupation du domaine public (précaire et révocable) dans le domaine de la location de véhicule. Ce qui était en cause ici. Société Hertz et autres. CE 15 mai 2009 Soc Cie des bateaux mouches : « dès lors que l’exercice de pouvoir de police administrative est susceptible d’affecter des activités de production. 4 décembre 2003 Société d’équipements de Tahiti et des îles SETIL. CAA Paris. de distribution ou de service la circonstance que les mesures de police ont pour objectif la protection de l’ordre public n’exonère pas l’autorité de police de prendre en compte également la liberté de commerce et de l’industrie et les règles de la concurrence ». la mesure en cause relevait d’une police spéciale. la CAA de Paris a considéré que la responsabilité d’une collectivité pouvait être engagée lorsque qu’elle accorde une autorisation d’occupation du domaine public en méconnaissance aux règles de la concurrence. activité de puissance publique par excellence. Le CE répond au TA de Pau en l’espèce. Plus récemment. est absorbée par le droit de la concurrence sur la base d’une pure logique entrepreneuriale. la même extension du droit de la concurrence avait frappé des domaines relevant traditionnellement de la compétence nationale tel que l’édiction de mesure fiscale ou budgétaire. Plus récemment le JA a considéré que » toute occupation ou utilisation du domaine public donne lieu au paiement d’une redevance. Entre temps. L’extension continue à absorber le domaine de la police. Et même s’agissant d’acte portant création d’une autorité administrative indépendante CE 2 octobre 2002 SARL EVEN média et SARL COPPER communication. section. étant précisé que celle-ci tient compte des avantage de toutes natures (avantage concurrentiel) procuré au titulaire.L’arrêt CE. Cette société conteste la légalité de l’arrêté municipal. Il s’agissait d’une délibération de la Ville d’Avignon pour les commerçants qui avaient une autorisation d’occupation du domaine public gratuite. or la décision concernait les 2 aéroports de Paris : Orly et Charles de Gaulle. Section. La 1er étape du processus date d’un avis CE. Bourdieu appel ça les trahisons nominales. 22 novembre 2000 Société L&P publicité SARL.

alors même qu’elle ne fait l’objet d’aucun contrat de DSP ». doit aujourd’hui composer avec une jurisprudence issue du droit européen qui postule à l’inverse la neutralité du statut entre opérateur public et opérateur privé. Le CE retient dans la décision de 2007 que les CT peuvent « ne pas passer de contrat lorsque eu égard à la nature de l’activité en cause et aux conditions particulières dans lesquelles il exerce. CE 8 novembre 2000 Société Jean-Louis Bernard Consultant. le CE retient pour la 1ère fois depuis la loi Sapin depuis 1993 et depuis la 1ère fois depuis la jurisprudence Million Marais de 1993 que dans certains domaines et eu égard aux conditions spécifiquement en cause. sous réserve d’une diversification purement accessoire est de gérer ce service.antécédente. par exemple en matière de police municipale CE 17 juin 1932 Ville de Castelnaudary : elle interdit de déléguer la police municipale à des opérateurs privés. Confirmé dans le même sens CE 16 octobre 2000 Compagnie méditerranéenne d’exploitation du service des eaux. Sur la même base de coexistence entre des logiques contradictoires relevant de 2 modèles. dès lors que cette commune exerce sur l’office un contr ôle analogue à celui qu’elle exerce sur ses propres service CAA Paris 30 juin 2009 Ville de Paris c/ Préfet Région île de France. CE 4 mars 2009 Syndicat national des industries d’information de santé. en se fondant sur les principes spécifiques de la puissance publique. Cette exception a été elle même ensuite confirmée par la jurisprudence de la CJCE dans une affaire concernant l’Allemagne. Dans un tel cas selon le CE il n’est pas davantage nécessaire de conclure en contrat de délégation ou de marché public de service. une CT (en l’occurrence la ville d’Aix en Provence) peut directement financer un SP assuré par une personne privée sans être passer par un contrat et donc sans avoir à respecter la procédure de mise en concurrence de DSP prévue par la loi Sapin. Cette jurisprudence a trouvé application pour les GIP. ce dernier n’a pas à être soumis à la procédure de mise en concurrence préalable. D’autres hypothèses subséquentes ont suivi. la jurisprudence traditionnelle dite qualifiée de « socialisme municipal » (CE 1901 Casanova. a. De même un avis du CE va au bout du processus amorcé par les arrêts précédents. La neutralité du statut des opérateurs du marché permet désormais aux personnes publiques de se porter candidates à l’attribution de marché public ou de contrat de DSP en concurrence avec les entreprises privées : CE 20 mai 1998 Communauté de communes du Piémont de Barr. Enfin le CE évoque une 3e hypothèse. par exemple s’agissant du transfert sous forme d’un bail emphytéotique de logement d’une comme à un office public d’aménagement. Limite et encadrement du droit de la concurrence La conception archéologique relatives aux évolutions du droit de la décentralisation se manifeste dans les limites et dans l’encadrement de l’extension du droit de la concurrence. enterré par Million marais). 6 avril 2007 Commune d’Aix en Provence. CE 1930 Chambre syndicale de commerce en détail de Nevers). Les limites La jurisprudence du CE. si elles exercent sur cet organisme un contrôle comparable à celui qu’elles exercent sur leur propre service ». 5. CJCE 9 juin 2009 Commission c/ République Fédérale d’Allemagne. Mais aussi tout le domaine de l’intercommunalité échappe aux logiques de mise en concurrence TA Pau 14 octobre 2008 Préfet des Pyrénées Atlantique c/ Commune Ilharre et c/ Comme de la Laouthan. Rupture avec le processus précédent. le tiers auquel elles s’adressent ne saurait être regardé comme un opérateur sur un marché concurrentiel » (différence de nature : Ville de Pamiers. Le même arrêt envisage d’autres modalités de gestion telle que la régie directe (pédagogie du CE) et ajoute encore que ces même collectivités « doivent aussi être regardées comme gérants directement le SP si elles créent à cette fin un organisme dont l’objet statutaire exclusif. 23 . Sect. celle d’une authentique personne privée dont l’activité peut « se voir reconnaître un caractère de SP.

handicapées alors même que ce SP entrait en concurrence directe avec les prestations proposées par des personnes privées. En l’espèce il n’y a pas carence de l’initiative privée. CE Ass. 24 . Selon la formule du ministre de l’intérieur Gaston Defferre: « se mettait en place une législation feuilleton ». CE 3 mars 2010 département de la Corrèze a admis la légalité de la création de SP social de télé assistance à des personnes âgées. Et notamment à la durée maximale de délégation fixée à 20 ans. En matière contractuelle ne pouvait être concerner que les acte détachables du contrat et les clauses règlementaires. la loi du 2 mars 1982 dont l’objet était exclusivement institutionnel c’est à dire touchant aux structures globales de la décentralisation et annonçant dans ses dispositions l’édiction ultérieures de nouvelles lois. 8 avril 2009 Commune d’Olivet. Dans cet arrêt. la loi du 2 mars 1982 était considéré par lui comme « la loi locomotive ». à laquelle on rattacherait une série de « wagons législatifs ». 16 juillet 2007 Société Tropic travaux signalisation. le CE admet pour la 1ère fois le recours de pleine juridiction en matière contractuelle au profit de tiers au contrat dès lors que le tiers dont il s’agit est un « concurrents évincés dudit contrat ». Partie 2 : Grandes réformes contemporaines du droit de la décentralisation L’état du droit de la décentralisation au cours des dernières décennies a subi d’importantes évolutions dans le cadre plusieurs mouvements de réformes successifs : La réforme de décentralisation des années 82-83 La réforme de l’intercommunalité opérée par la loi du 6 février 1992 ATR renforcée par la loi de 1999 Chevènement La réforme Raffarin engagée avec la révision de Constitution de mars 2003 et poursuivie par l’édiction de plusieurs lois organiques et lois ordinaires La réforme de la loi du 16 décembre 2010 Le projet actuel d’élaboration Chapitre 1 Section 1 - Les caractères généraux de la réforme de 1982-1983 Les limites matérielles et formelles de la réforme Cette réforme a été réalisée sous forme de lois ordinaires. le CE retient que les contrats de DSP en matière de distribution d’eau conclus avant la loi sapin de 1993 devraient obéir aux principes de celle-ci. Pus récemment. Cela oblige donc à renégocier l’ensemble des contrats concernés. Une jurisprudence récente concerne le domaine social et témoigne encore des limite ou de l’encadrement quant à la prévalence de l’extension du droit de la concurrence. La méthode d’une loi-cadre tentant de prendre en compte l’ensemble des questions relatives à la décentralisation n’avait pas non plus été choisie contrairement aux choix antérieurs du président Giscard d’Estaing et à son projet de loi cadre relatif « au développement des responsabilités des collectivités locales » adoptée au sénat dans les derniers mois de son septennat (74-81). Or il est significatif que cette jurisprudence limitée aux personnes évincées du contrat ne concerne et ne s’applique qu’au rapport de concurrence et qu’à l’inverse reste toujours exclu les différents contrats non soumis par les obligations de mises en concurrence. sans révision constitutionnelle ni édiction de lois organiques.  Le processus législatif a débuté avec une loi ordinaire. L’encadrement Dans la mm période que ville d’Aix. CE Ass.b. Or le CE retient que par son objet et son mode de financement ce SP répond aux besoins de la population et présente donc un incontestable intérêt public local (critère traditionnel de la compétence d’une CT).

Mac-Mahon « se démettre ou se soumettre » : soumission de l’exécutif au législatif). constituent un obstacle à une effectivité des transferts de compétences.La réforme ainsi annoncée est restée pendant 10 ans et pour partie encore incomplète sur plusieurs points. La seule mesure initiale concernant au moins indirectement les citoyens fut la réforme du mode de scrutin pour les communes de plus de 3500 habitants qui en injectant une dose de proportionnelle au scrutin majoritaire a permis la représentation des oppositions au sein des conseils municipaux. Contrairement à la majorité des pays européens. La décentralisation s’est ainsi enfermée dans une conception purement représentative qui a généré à l’inverse un renforcement considérable du phénomène « nobiliaire » (des notables). Thiers. Le découpage des départements n’a pas subit la moindre modification (qui date de 1871 sous A. La « suppression » de la tutelle administrative: la loi mentionne le terme de suppression de la tutelle mais en réalité crée un nouveau régime de contrôle des collectivités. Lyon Marseille) du 30 décembre 1982. De la même manière la réforme globale des finances locales et de la fiscalité locale n’a toujours pas été réalisée alors même qu’elle a toujours été considérée par les élus locaux comme la réforme la plus urgente. et la loi PLM (Paris. 23 000 communes ont moins de 500 habitants et environ 32 000 communes moins de 2000 habitants. À l’inverse le décret du 28 novembre 1983 relatif aux « relations entre l’administration et les usagers » ne s’appliquait pas aux CT. Depuis la loi du 12 avril 2000 est intervenue sur les droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration. En 1er lieu l’impact politique de la réforme contrairement à ce qui avait été annoncée n’a pas eu d’impact démocratique dans la mesure où elle n’a concerné que les élus et de fort peu le citoyens. Au delà des textes non édicté. celle a pour objet institutionnel. Section 2 - Les principaux objets de la réforme La loi du 2 mars est la 1ère. Les limites à la portée des lois de décentralisation ne doivent pas simplement être appréciées comme des textes non aboutis. tous les départements disposent de la même organisation. les 4 composantes de la loi de 1982 sont: Le transfert de l’exécutif départemental (jusqu’en 1982 l’exécutif du département était le préfet) : réforme qui était inscrite dans la Constitution de 1946 qui était restée lettre morte. La création des régions comme collectivités territoriales : la création des régions avait été au cœur sur le débat du référendum de 1969 (De Gaulle). Et le contrôle lui même ne peut être supprimé puisqu’il est prévu par l’article 72 de la Constitution. Ces lois n’ont pas opérées de bouleversement par rapport à l’état du droit antérieur car la réforme s’est réalisée dans le cadre de structures existantes. mais en réalité la tutelle est une forme de contrôle. - Le principe fondamental de l’uniformité statutaire a été intégralement maintenu. Cette loi organise sous forme d’arrondissement qui a une traduction de type électoral : structure fédérale. il convient d’apprécier la réforme de 82-82 au regard des mutations accomplies ou non accomplies dans les structures mêmes de l’administration territoriale. Ainsi la carte communale n’a pas suscité la moindre modification (contraire à ce qu’il s’est passé dans les autres pays européens) : Les 36 000 communes de France ont été maintenues alors même que la « pulvérisation des communes françaises ». Les rares exceptions à ce principe concernent la région de Corse (conditions politiques propres). La majorité ne dépend pas de la majorité globale mais de la majorité des arrondissements pour le Conseil d’arrondissement. elle s’applique aux CT. Le législateur voulait 25 . des mêmes compétences. L’interventionnisme économique des CT : reconnaissance de compétences pour intervenir directement dans le domaine économique sous forme d’aide aux entreprises privées. Section 3 - Les rapports avec l’État : de la tutelle au contrôle administratif La loi dit « suppression » de la tutelle.  décret car seules des lois peuvent concerner le régime des CT.

actes à caractère réglementaire dans tout les domaines. Statistiquement le sursit à exécution est accordé de façon restrictive. lors que ces 2 1ère conditions sont réunis le juge dispose d’une liberté. Il a fallut voter une 2nd loi pour compléter le vide (loi de décembre 1983).supprimer le contrôle de l’Etat sur les CT.L’acte de transmission est attesté par l’accusé de réception. Le projet de loi voté par la Gauche ne respectait l’article 72. le préfet peut saisir le JA de mettre en œuvre à un déféré préfectoral c’est à dire saisir le TA pour lui demander d’annuler l’acte contesté. sont soumis à une obligation de transmission au représentant de l’État. . Le contenu ne correspond pas au titre  communication politique. qui doit être directement délivré par les services de la préfecture. §1- La nouvelle procédure de contrôle La nouvelle procédure ne s’applique pas aux communes des anciens territoires d’outre mer (collectivité d’outre mer depuis 2003). permis de construire et autre autorisations d’utilisation du sol. Cet accusé de réception ne constitue que l’un des éléments de preuve du caractère exécutoire.. À défaut de transmission l’acte de la CT est privé d’effet juridique. le sursit est de droit dès lors que l’un des moyens invoqués pour l’annulation de l’acte est sérieux et donc de nature à justifier l’annulation au fond. décisions réglementaires et individuelles en matière de police. Dans le cas ou l’autorité locale récuse de se conformer et maintiendrait son acte initial. tout autre moyen de preuve étant admissible devant le juge. L’acte n’est pas entré en vigueur et est inopposable à ses éventuels destinataires : CE sect. ainsi que du refus d’approbation. Le déféré préfectoral peut s’accompagner d’une demande de sursis à exécution empêchant toute production d’effet juridique et toute exécution matérielle de l’acte dans l’attente du jugement au fond. Le CCL donne raison à l’opposition de droit. CE sect. La transmission postérieure n’a pas pour effet de régulariser une signature prématurée. . emprunts). La transmission doit être effective par l’autorité prévue par la loi : CE 6 juillet 2007 Commune de St Paul les Trois châteaux. Polynésie et Mayotte. il se passa que le CCL fut saisi. On peut demander un sursis à statuer dans 3 conditions : l’acte est vraisemblablement illégal. décisions individuelles relatives au personnel. marchés. il doit adresser à l’autorité locale « des observations sur la légalité » lui demandant de modifier ou de réformer l’acte en conséquence. .Dès réception de l’acte est mis en œuvre le contrôle de légalité de l’acte par le représentant de l’État. A . 26 . Si le préfet considère que l’acte est irrégulier. 30 septembre 1988.La plus part des actes locaux (délibérations des assemblées. mais ne le pouvait pas. conventions.Les grands principes du régime juridique Le représentant de l’État (préfet) n’a plus les pouvoirs qu’il détenait sur certains actes des collectivités de les annuler. et c’est parfois le législateur qui a créé ces collectivités ex nilo : Nouvelle Calédonie. Dans certains territoires d’outre mer les communes n’avaient pas d’existence. Est substitué à ce pouvoir direct du préfet une procédure de recours juridictionnel. Ces observations pouvant concerner aussi bien le contenu même de l’acte que les formes de son édiction. Ville de Nemours c/ madame Marquis : Le CE a retenu une interprétation stricte d’un tel principe en jugeant qu’un Maire ne pouvait signer un contrat avant que la délibération autorisant sa conclusion n’ait été transmise au préfet. 10 juin 1996. Le CCL annule l’ensemble des dispositions de la loi qui figure sous le titre « suppression de la tutelle ». elle même prévu en plusieurs temps. Préfet de Côte d’Or. Le CE a également retenu une interprétation stricte s’agissant de l’autorité compétente pour recevoir les actes des CT soumis à l’obligation de transmission. Dès lors que le sursit à exécution est demandé il doit être accordé de plein droit. L’outre mer reste soumis au régime de tutelle antérieur.. les conséquences sont irréparables ou difficilement réparables.

97% des cas. tranquillité.  La distinction entre l’opportunité et la légalité Les méthodes et techniques du JA empêchent de considérer qu’il existerait un pur modèle de légalité donnant lieu à un contrôle automatique ou quasi. ce Mr est passé outre plusieurs principes : abus de biens sociaux. En matière de qualification juridique. si vinaigre c’est une EMA. si trop difficile à distinguer pas de contrôle. que le contrôle était un contrôle a priori mais il n’existe plus qu’un contrôle à posteriori. le maire peut a bon droit de sanctionner bon droit par le maire.Cette logique a été confirmé depuis 1995 le sursis à exécution est accordé de plein droit pour une durée d’1 mois dans 3 domaines essentiels : le droit de l’urbanisme.Portée de la réforme et applications contentieuses La doctrine dominante a commenté la réforme en se fondant sur le contenu des circulaires ministérielles à la loi du 2 mars 1982 et à la loi du 22 juillet 1982 (venu complété la loi dont les dispositions ont été censurées par le CCL notamment suppression de la tutelle de l’Etat). Une partie importante des actes des CT s’effectue hors contrôle par le JA. Les circulaires ont souligné que désormais il n’existait plus qu’un contrôle de pure légalité. Le juge n’interprète que subjectivement le droit. Les causes et raisons de cette situation : Ce disfonctionnement du contrôle résulte d’abord du caractère notoirement insuffisant des moyens mis en œuvre face à la masse des actes transmis à la préfecture ou sous-préfecture (service improductif). Président du CG de Isère.03% des actes soumis à l’obligation de transmission. en employé municipal est mis à pied car il a insulté le maire. droit des marchés publics. Evaluation sincère et réaliste des budgets par les agents de la préfecture : très difficile à contrôler. Mr Carillon ministre de l’information. Initialement (82-82). C’est à dire que dans 99. sécurité. il n’y a pas de frontière étanche entre opportunité et légalité : les actes de police administratives. **  Les applications contentieuses Dans la pratique ces observations critiques de principe ne trouvent guère à s’illustrer du fait des graves disfonctionnement de la nouvelle procédure de contrôle. Ces présentations doivent être nuancées. droit de la délégation de service public. reste discutable car précisément les actes soumis à la nouvelle procédure de contrôle n’entrent en vigueur qu’après respect des procédures : obligation de transmission. corruption. non : petite commune. 27 . Dans les petites communes le faible nombre de recours contentieux (déféré) provient du fait que les élus locaux acceptent les observations de légalité faites par les services de la préfecture et donc se plient aux observations. le préfet ne va pas aller censurer un ministre. un acte édicté par une CT échappe au contrôle du JA par le biais du déféré. Le cumul des mandats. que donc à l’inverse avait été supprimé tout contrôle d’opportunité sur les actes des collectivités territoriales. son avancé le juge accepte de contrôler la légalité par de l’opportunité. permettant de distinguer entre les cas d’acte illégaux et légaux. Aujourd’hui. Le juge contrôle l’erreur manifeste entre la qualité d’un vin s’il est AOC ou vinaigre. Qu’est ce qu’une injure ? > au cas par cas le juge va se demander si le terme employé considéré par le pouvoir sanctionnateur est une injure ? = enfoiré ? C’est quoi ? Le juge répond que le terme d’enfoiré est ou non constitutive d’une injure en fonction des relations entre ces 2 personnes. Le maire dispose d’un pouvoir d’interdiction lorsqu’il y a atteinte à l’ordre public (Salubrité. De la même manière la distinction entre caractère à priori/ à posteriori de la procédure de contrôle. et Maire de Grenoble. moralité  lutétia). la légitimité d’un ministre maire est plus importante qu’un préfet (un bon préfet doit bien s’entendre avec tout le monde). Toute l’histoire du contentieux administratif. Le préfet ne l’a pas censuré. Le modèle de légalité n’est pas préétabli. mais si la sanction est prise alors qu’il n’y a pas eu de faute  illégal. le nombre d’acte soumis à transmission était d’environ 5 millions d’actes. le pourcentage d’acte soumis à la procédure du déféré préfectoral représente environ 0. B .

13 janvier 1988. Par de là ces disfonctionnement la pratique juridictionnelle a néanmoins au JA. 15 avril 1996. suivi d’un recours gracieux : CE. aussi CE. soit saisir le préfet pour provoquer un déféré à l’encontre de l’acte. Il en est ainsi en particulier ainsi à l’encontre des actes des collectivités à l’égard desquels aucun autre requérant ne pouvait exercer un recours (il faut un intérêt à agir)cf. Département de la Sarthe. en ce sens CE.Dans le cadre d’une forme de tutelle-conseil à l’égard des petites communes résout en amont les différentes interprétations. 25 janvier 1991. 4 novembre 1996. en ce sens CE sect. il en résulte logiquement une prorogation du délai du déféré et par voie de conséquence un allongement des délais à laquelle l’acte acquiert son caractère définitif (caractère exécutoire). Commissaire de la République d’Ille-etVilaine (préfet). Le même effet d’allongement résulte de la possibilité reconnue au préfet de demander des compléments de pièces transmises dans les cas de transmission incomplète. 13 janvier 1988. CE Ass. le CE retient la solution selon laquelle la décision du préfet reste discrétionnaire de ne pas tenir compte du REP. Dans ces cas là s’il y a recours gracieux.. en ce sens CE sect. Est ainsi admis dés cette époque que le droit des CT faisait exception au principe traditionnel de distinction entre le contentieux de l’excès de pouvoirs (légalité) et le contentieux contractuel. Ultérieurement CE sect. 23 décembre 1988. Mutuelle Générale des Personnels des Collectivités Locales (il faut connaître cet arrêt). d’approfondir et de resserrer les conditions du contrôle de légalité au delà même des exigences de la loi. Syndicat CGT des Hospitaliers de Bédarieux. 2.. Brasseur (important) cet arrêt a été très critiqué par la doctrine. 4 novembre 1994. La procédure Le JA a d’abord admis que le préfet peut comme un requérant ordinaire exercer d’abord un recours administratif (recours gracieux ou recours hiérarchique) en ce sens CE. Le REP est irrecevable contre la décision du préfet d’exercer le déféré.. Il en est ainsi lorsque le préfet refuse de déférer au TA une délibération 28 . 1. La procédure du déféré peut être mise en œuvre sur à l’initiative du préfet mais aussi à la suite d’une demande des personnes intéressées (dès lors qu’elles ont un intérêt à agir). Département du Tarn. 26 juillet 1991. CE. cousin germain du REP). qu’il s’agisse des actes soumis au contrôle ou à la procédure de contrôle. découlant du silence gardé par cette autorité durant 4 mois (négative). Département de la Dordogne. Commune de Sainte Marie. 18 avril 1986. le JA a logiquement admis que le déféré préfectoral pouvait s’exercer en matière contractuelle (le déféré préfectoral est proche d’un contentieux de l’annulation. Les actes Sur la base de l’obligation de transmission des contrats et des marchés publics. Le JA admet que toute personne intéressée peut soit directement le saisir dans le cadre du REP. Le JA en a donné une traduction compréhensible en admettant le déféré préfectoral à l’encontre de l’ensemble des contrats publics y compris ceux non soumis à l’obligation de transmission.. Mais quelle est la marge de liberté du préfet lorsqu’il est saisi par l’individu d’un REP ? Dans un important arrêt CE. Cependant l’État peut voir sa responsabilité engagée dans le cas d’un défaut d’exercice de son contrôle dés lors que celui-ci aurait causé un dommage. Mutuelle Général des Personnels des Collectivités Locales. Le CE a également admis le principe selon lequel le déféré préfectoral pouvait concerner des actes ne figurant pas dans la liste des actes soumis à l’obligation de transmission. Commune du Port : le CE a admis pour la 1ère fois la recevabilité d’un déféré préfectoral à l’encontre d’un la décision implicite d’une autorité locale. Cf. Le CE a admis ensuite la superposition de ces 2 procédures : d’abord une demande de transmission des pièces complémentaires. Cette jurisprudence a pour effet de proroger le recours contentieux de 2 mois. 28 février 1997. La décision du préfet a donc pour effet de proroger les délais du recours contentieux des personnes intéressées.

27 février 1987. CE. au personnel. opérations électorales. Cette circulaire proposait « une stratégie de contrôle » visant à recentrer le contrôle autour de 3 questions essentielles: l’urbanisme et environnement.  Renforcer les équipes de contrôle. la responsabilité ne peut être engagée que sur le fondement d’une faute lourde en ce sens CE sect. Commune de Roquebrune-Cap-Martin (non illustrative du droit contemporain. De manière traditionnelle. L’article 2 de la loi du 2 mars 1982 précise expressément que « les actes relevant du droit privé ne sont pas soumis aux dispositions de la présente loi ». 5 décembre 1958. Commune de Dourgne. C’est ce qui explique l’édiction d’une nouvelle circulaire du 17 janvier 2006 relative à la modernisation du contrôle de légalité et faisant suite au constat du ministre de l’intérieur (Sarkozy) dressé au congrès de l’association des maires de France faisant le constat sur « la fiction du contrôle de légalité sur les CT » et sur la nécessité d’y mettre fin. l’intercommunalité. Dans CAA Marseille 21 janvier 1999. ce sont des actes individuels C’est ce que l’on peut appeler les actes de gestion courante relatif à l’organisation des services. le maire qui intervient comme officier de police judiciaire.entachée d’une irrégularité manifeste. aux relations de la collectivité avec les administrés. le JA considère que dans ces cas conformément à la jurisprudence classique en matière de tutelle administrative (avant 1982). la commande publique.Le contrôle renforcé La notion de tutelle administrative utilisée jusqu’à la loi de 1982 désignait traditionnellement 2 formes de contrôle : Le contrôle sur les actes des collectivités territoriales le contrôle sur les élus eux mêmes (tutelle sur les personnes). C’est ainsi par ex les cas prévus par la loi : La démission d’office d’un conseiller municipal peut entre prononcée par le TA. au domaine. car revirement). §2- Les cas particuliers de contrôle administratif Dans certain cas le contrôle est allégé. recensement. le CE est revenue à la faute lourde régime antécédent de l’arrêt de principe : CE 5 décembre 1958. Commune de Dourgne : Incompétence de la prise de délibération par une instance. cette juridiction n’exigeait qu’une faute simple. Commune Grand Bourg de Marie Galante. il s’agissait du licenciement d’une femme de ménage qui avait un statut de droit privé.Le contrôle allégé Il s’agit de catégories d’actes ne sont pas soumises depuis l’origine à l’obligation de transmission :  Ce sont les actes à caractère non réglementaire non énumérés par la loi. Quel que soient les vertus de ces interprétations larges de la loi sur le contrôle elles ne sauraient évidemment compenser les lacunes de l’effectivité du contrôle par le préfet. Il importe cependant dans ce cas de bien distinguer entre les phases d’intervention de la collectivité territoriale relevant encore du contrôle de légalité propre aux actes administratifs et des actes ultérieurs qui relèvent du droit privé. En ce sens CE. Ces dernières formes de contrôles (sur les élus) ont été intégralement maintenues. Ces actes entrent en vigueur sans transmission dès qu’ils sont notifiés.   Les actes édictés par les autorités locales au nom de l’État (relèvent du contrôle hiérarchique) : Etat civil. dès l’année suivante. 21 juin 2000. B . Les actes de droit privé.. et d’autre le contrôle est renforcé. 29 . A . les CT interviennent dans certains cas comme de simples particuliers notamment dans la gestion de leur domaine privé.

Sur le terrain du contrôle des actes. Fermière de Campoloro. La tutelle concerne d’autre cas : Une autre forme de substitution se manifeste à l’encontre des actes budgétaires des CT. Le préfet de Sein st Denis fait un recours devant le TA de Cergy-Pontoise 12 mai 2003. le préfet peut s’écarter des proposition formulées par la CRC à condition d’assortir sa décision d’une motivation explicite. 18 novembre 2005 Soc. Par ex par un arrêté du 15 juin 2004 le ministre de l’intérieur a suspendu conformément à la loi le maire de Begles à la suite d’un mariage homosexuel (Mamère) pour une période d’1 mois.. qui doit proposer une solution corrective. Au terme de cette procédure la loi prévoit que le préfet peut procéder « à un règlement d’office et à une exécution d’office ». il est advenu qu’il a été débouté. dans les domaines correspondant à une décentralisation des compétences particulièrement approfondie. la loi a mis en œuvre un renforcement des modalités de contrôle. Il n’y a pas péril imminent : CAA Nancy 5 aout 2004 préfet de Haute Saône C/ Commune Salnot. En l’occurrence il s’agissait d’une usine de traitement des déchets de viande dont le maire de St Denis considère que cette usine a des effets polluants sur la commune. et sanction politique. dans les hypothèses de condamnation du paiement d’une somme d’argent et de responsabilité. Ces actes budgétaires sont soumis à la procédure du contrôle de légalité de droit commun. La jurisprudence a innové sur la substitution. le recours a échoué TA Bordeaux 2 juillet 2004. le maire se substitue au préfet et prend la décision de police. Le TA donne raison au maire dès lors qu’il considère qu’il y a un péril grave et imminent pour la sécurité et salubrité publique pour sa ville. Sur cette base le CE a admis que le préfet peut se substituer au maire pour la vente d’un bien d’une collectivité défaillante CE Sect. le préfet ne fait rien. Ces CRC procèdent à un contrôle spécifique prévu par la loi : Budget non adopté avant la date limite du 31 mars (sauf année d’élection municipale 15 avril) Budget non voté en équilibre réel Un déficit dans l’arrêté des comptes La non inscription d’une dépense obligatoire Lorsque l’une de ces 4 hypothèses est avérée. dès lors qu’en la matière le JA a admis que le maire puisse à l’inverse se substituer au préfet « en cas de péril grave et imminent » pour la sécurité et la salubrité publique. pour la police administrative spéciale des installations classés. Hors du domaine de la police le pouvoir de substitution est reconnu au préfet en cas de carence d’une CT à assurer l’exécution d’une décision juridictionnelle ayant acquis force de chose jugée. 30 . Les CRC ont 3 catégories de compétence : Le contrôle des budgets locaux Le contrôle juridictionnel des comptables locaux Le contrôle de gestion des élus (contrôle politique le plus risqué)  il qui y avoir un prolongement pénal. Mais ces actes sont par ailleurs soumis à un contrôle proprement budgétaire correspondant en 1982 de la création des chambres régionales des comptes. Le Maire a intenté un REP contre l’arrêté de suspension du ministre. Dans les domaines de l’urbanisme.- Le maire peut être l’objet d’une mesure de suspension pour une durée d’1 mois prononcée par le ministre Le maire peut être même révoqué par décret ou que le conseil municipal/ régional/ général peut être lui même dissout par décret. la loi prévoit que le préfet doit saisir la CRC. le législateur a laissé subsister la mesure de tutelle la plus contraignante qu’est le pouvoir de substitution du représentant de l’Etat en matière de police. Le préfet n’a pas fait appel de la décision.

aussitôt les lois de transferts. Ces dispositions sont restées longtemps dépourvues d’effectivité et de traduction contentieuse.. Dans une espèce isolée concernant un règlement de Conseil Régional pour l’utilisation des subventions. et le Conseil est venu rétablir la situation juridique antécédente. Une QPC a été déposé. Il y a eu l’intervention du législateur. le CE retient que « ces conditions n’entravent pas le choix du mode de gestion ». sans remettre en cause le principe d’uniformité de statut des collectivités. dans la mesure où cette solution législative ne se fonde sur aucun motif d’intérêt général. Le CE retient donc que la CAA de Bordeaux « a commis une erreur de droit en assimilant les conditions de l’aide financière à une forme de tutelle ». Article 3 : les décisions des collectivités territoriales « d’accorder ou de refuser une aide financière à une autre collectivité locale ne peuvent avoir pour effet l’établissement ou l’exercice d’une tutelle sous quelque forme que ce soit sur celle ci ». une loi est intervenue en 2006. « aucune CT ne peut exercer une tutelle sur une autre ».Une nouvelle définition des critères de la répartition des compétences Les lois précitées ont tenté de redéfinir des critères de répartition des compétences entre CT. Le CE conclu donc dans cette décision QPC du 8 juillet 2011 au caractère inconstitutionnel de la disposition législative en cause. Monsieur Emmanuelli (le président du Conseil Général) fait un recours devant la CAA de bordeaux. ont réutilisé cette terminologie de la tutelle pour la proscrire des relations entre collectivité a fortiori entre catégorie de CT. culturelles. Le statut d’uniformité signifie que l’on raisonne sur des critères applicables uniformément au sein de chacune des CT. en considérant qu’elle est contraire à l’article 72 de la Constitution. Le CCL écarte l’application d’un principe qui avait été entre temps constitutionnalisé a 5 de l’article 72. 31 . il se rallie au CE. En réalité. Section 4 . l’ex le meilleur est le droit de l’urbanisme. Le JA avait annulé cette décision en considérant qu’elle avait eu pour but d’influencer le choix des communes concernées. à la L-A des CT. il a interdit cette logique de variabilité du montant des subventions en fonction du mode de gestion. Le CE retient que le département des Landes n’établie aucune tutelle sur les communes pas d’avantage qu’elle ne viole le principe de libre administration des communes pas d’avantage qu’elle ne porte atteinte au principe d’égalité devant les charges publiques. le CCL a été saisie de la loi de 2006. historiques. Le législateur a considéré que la procédure de droit commun ne suffisait pas. Département des Landes. Puis une décision du TA Pau 13 mars 1997 a fait droit à un déféré du préfet des Landes contre la délibération du CG des Landes faisant varier le montant des subventions aux communes dans le domaine de l’assainissement et de la distribution d’eau en fonction du mode de gestion adopté pour le dit SP. l’interprétation du TA et de la CAA a été invalidée par le CE : CE Ass. Reste en dehors de ce principe les statuts de l’outremer pour des raisons liées à des spécificités politiques. TA Montpellier 26 juin 1983. Il va au Conseil d’État. cette décision parait d’avantage fondé sur le non respect des critères de compétence entre région et département dans les domaines en cause. §3- L’interdiction de la tutelle d’une collectivité territoriale sur une autre La loi du 2 mars 82 rejette la terminologie de la tutelle. la cour donne raison au TA Pau. 12 décembre 2003. les départements et les régions ne peut autoriser l’une de ces collectivités à établir ou exercer une tutelle sous quelque forme que ce soit sur une autre d’entre elles ».** Il ne faut pas considérer que parce que les contrôles sont qu’ils sont attentatoires à l’autonomie de la collectivité. taux majoré de 5% pour les service en régi et minoré de 5% pour les services d’affermage (délégué au secteur privé). le TA de Montpellier avait procédé à une annulation de ce règlement et cette décision avait été commentée en doctrine en terme de sanction d’une tutelle exercée par la région sur les départements de Languedoc Roussillon. L’article 2 de la loi du 7 janvier 1983: « la répartition des compétences entre les communes. Région Languedoc-Roussillon c/ Commune de Narbonne.

On peut distinguer entre les compétences traditionnelles antérieures à la dévolution de 1983 puis les compétences affectées par les lois de 82-83. les communes doivent verser une contribution financière dite « contingent incendie » (mais cela reste une compétence obligatoire des communes). Dans une logique contractuelle tous les partenaires interviennent dans les mêmes champs (parallèle avec la colocation / Marx : liberté réelle dont on a les moyens vs liberté formelle) §1- Compétence communale Par delà la CGC la Commune exerçait déjà un certain nombre de compétence ayant données lieu à l’édiction de textes spécifiques : textes relatifs à la police municipal. Ils ne peuvent pas être prise en charge autrement que par une régie directe. c’est une compétence obligatoire. La loi de 1983 veut mettre fin à cela et propose la mise en place de bloc de compétences propres à chaque niveau territorial dans le cadre non d’un critère général abstrait. avec des compétences partagées. CAA Bordeaux.Les principales compétences traditionnelles Les compétences traditionnelles obligatoires des communes : Les cimetières Création. La protection contre l’incendie et les services de secours SDIS Ils ont été réorganisés dans le cadre département en 1997. S’agissant des cimetières le droit des CT permet l’inhumation dans des propriétés privées à condition que cellesci soient situées hors de l’enceinte de l’habitat de la commune et sur autorisation expresse du préfet.La 1ère étape de résolution des problèmes sur le fondement de la Clause générale de compétence a été définie depuis les grandes lois de 1871 pour les départements et de 1884 pour les communes sur la base de la notion d’intérêt public local (affaires locales). La voirie communale 32 . Ce critère a été très critiqué. Nombre d’entre elles font l’objet de texte car la mise en œuvre correspond elle-même à un mode de gestion obligatoire. clôture. 29 mai 2000. Cet objectif n’a été que très partiellement réalisé dès lors que les niveaux territoriaux sont simultanément compétents soit à titre complémentaire soit à titre concurrent dans les mêmes domaines. départements. entretient. Le JA a précisé qu’il doit s’agir d’inhumation et non de congélation du corps de la personne décédée. Consort Leroy.83 se sont traduites par la généralisation de la logique contractuelle entre les divers niveaux territoriaux. l’enchevêtrement des compétences avec les financements croisées est source de gaspillage et d’obscurité. Longtemps le JA a admis la CGC : CE 25 juillet 1986 Rougeau c/ Commune de St Sauveur. néanmoins les communes qu’i n’ont pas leur propre service. mais dans une énumération des compétences relevant de chaque niveau. Le projet de loi initial était de raisonner sur communes. le JA a très tôt admis que la CGC restait un critère complémentaire d’attribution de compétence. D’autres compétences ont fait l’objet de textes spécifiques à propos de compétences obligatoires (la majorité sont facultatives). régions. L’IPL fonde par ex la légalité de l’action extérieur des CT. Les lois de 82. La CGC est au cœur de l’opposition classique entre CT et établissements publics. Chaque niveau de CT peut mener des opérations de coopération décentralisée. Par contre il n’y a plus ni monopole ni régie directe pour les pompes funèbres. rappelé par CE 29 juin 2001 Commune de Mons-en-Barœul. Par la suite il est apparu que les compétences énumérées n’étaient pas autosuffisantes. le législateur a refusé de raisonner par catégorie de collectivité mais par domaine de compétence (intervention a titre complémentaire). CAA Paris 1er décembre 2009 Région d’Île de France c/ Mme Le Pen. A .

B . L’enseignement La loi du 22 juillet 1983 attribue aux communes la compétence en matière d’école maternelle et élémentaire (école primaire). Les communes sont propriétaires des locaux scolaires qui y sont affectées. les cartes communales (PLU pour petites communes). En matière de transport La politique des transports a été décentralisée avant 1983 par une loi du 30 décembre 1982 qui définit des logiques de services publics des transports à créer dans le périmètre soit d’une commune. le fonctionnement. La loi confirme que le maire dans chaque commune est responsable du respect de l’obligation scolaire. SPL). de danse. OHLM. l’équipement. Ces nouveaux documents s’appellent : les SCoT. soit dans la logique d’intercommunalité. soit de plusieurs communes adjacentes ayant créées un EP spécifique. Certaines compétences en matière sociale 33 . Elles sont compétentes pour promouvoir des politiques de construction de logement soit dans le cadre de logements sociaux soit dans le cadre d’opérations purement privées (avec des SEM.- La collecte et le traitement des ordures ménagères Compétence et service obligatoire dont la loi du 15 juillet 1975 définit le service de « porte à porte » pour les communes de plus de 500 habitants. à la création d’emploi. Autres domaines de compétence communale : la plupart des compétences décentralisées au profit des communes en 1983 ont un rapport avec l’urbanisme et le foncier. En matière de logement Les communes sont compétentes notamment pour définir le PLH (programme local de l’habitat). Le maire est compétent pour instruire et délivrer les permis de construire. elle réforme en profondeur le droit de l’urbanisme mais aussi le droit de l’habitat et le droit des transports. cette loi réforme le système de planification urbaine en substituant de nouveaux documents aux anciens POS. Ce domaine a fait l’objet d’une importante réforme par la loi SRU du 13 décembre 2000. Mais elles sont aussi compétentes pour la délivrance des autorisations individuelles comme le permis de construire. elles exercent une quadruple responsabilités : la construction des écoles. Les services de distribution d’eau sont devenus des compétences obligatoires de facto.Les compétences affectées par les lois de 1983 L’urbanisme Les communes sont depuis 1983 responsables de l’élaboration des documents d’urbanisme sous réserve de respecter un certain nombre de normes nationales édictées par décret. l’entretient. La loi prévoit que les communes sont compétentes dans le domaine des activités culturelles sous réserve de procédure d’agrément et de contrôle par les services de l’État les communes peuvent créer et organiser leurs propres établissements d’enseignement artistiques du type conservatoire de musique. En matière d’intervention économique La commune peut intervenir depuis les lois de 82-83 sous forme d’aide directe et indirecte aux entreprises privées en vu du développement économique sous forme d’aide à la création d’entreprise. De la même manière les communes gèrent leurs bibliothèques et leurs musés. les PLU (plan locaux d’urbanisme).

Il est simplement prévu que les règlements départementaux d’aide sociale peuvent prévoir des conditions et des montants plus favorables au montant définit au plan étatique par voie de décret. Le CE retient la limite selon laquelle les communes ne doivent pas porter atteintes aux compétences propres de l’Etat. aux familles dites nécessiteuses.Elles participent au financement de prestations d’aide sociale. lutte contre l’alcoolisme. l’État ne détenant plus qu’une compétence d’attribution ou d’exception. prévention de certaines maladies graves telles le cancer. 2/3 viennent de contributions extérieures. Le département se trouve dans la structure territoriale globale dans un point carrefour en terme de financement. l’enfance (protection maternelle et infantile). On aurait pu penser que la création des régions aurait fait de l’ombre au département. dont le rôle est d’apporter un soutient aux (petites) communes dans le domaine juridique. La loi du 2 mars 1982 confortait le rôle du département à l’égard des communes dès lors que le département se voit confier une compétence d’assistance aux communes par la voie de création d’une « agence technique départementale » (ATD) qui est organisée sous forme d’établissement public départemental. 29 juin 2001. l’État reste encore dans une compétence d’attribution énumérée (lutte contre la toxicomanie. Les diverses prestations délivrées par le département le sont dans le cadre d’une réglementation des conditions d’attribution d’origine étatiques s’exerçant sous forme de décret en Conseil d’État. D’une part les départements sont le réceptacle de nombreux apports extérieurs et notamment de dotation d’Etat. la pulvérisation de la carte communale a empêché cette multitude de disposer des moyens nécessaires d’exercice de ces compétences. prévention de maladies telle que la tuberculose). L’aide sociale et la santé L’objectif affiché par la loi du 22 juillet 1983 était de constituer un bloc de compétence au profit du département en matière sociale pour mettre fin au financement croisé entre l’État et les CT. Commune de Mons-en-Barœul. le département détient désormais depuis 1983 la compétence de droit commun. aux personnes âgées. A ce titre le JA a retenu que les aides sociales spécifiques que peuvent mettre en place les communes pour l’accès au logement et la réinsertion sociale sont légales sous réserve de ne pas empiéter sur les compétences propres du département et de l’État. Alzheimer). 34 . aides médicales à domicile. technique et financière. jusqu’à une date récente l’ensemble des observateurs a considéré que le département avait été le principal bénéficiaire des lois de décentralisation. L’aide sociale représente en moyenne aujourd’hui plus de la moitié des dépenses de fonctionnement des départements et concerne l’ensemble des prestations localisables et individualisables (aide sociale à l’enfance. le RSA). L’État conserve la responsabilité à contrario des prestations qui sont automatiquement liées à des prestations de sécurité sociale ou faisant appel à la solidarité nationale (aides aux personnes sans domicile. Sous réserve de la procédure d’admission à l’aide sociale dont la 1ère phase l’instruction appartient au CCAS (centres communaux d’action sociale) et sous réserve de la décision de commissions cantonales présidées par magistrats. A contrario. organiser leurs propres foyers pour personnes âgées ou leurs centres sociaux. §2- Les compétences départementales Le social relève essentiellement du département. La loi mentionne qu’elles peuvent créer leurs propres crèches municipales. la lutte contre les fléaux sociaux et les épidémies (service de vaccination. d’autre part les mêmes départements sont les principaux distributeurs de ces financement à des personnes privées. aux communes et à leur établissement public (SIVU-SIVOM). Pour les régions pendant une période. la définition des compétences régionales a été caractérisée par un certain flou dans le sens où les compétences restant principalement sur les établissements publics régionaux antérieur à 1982. Le statut juridique ne s’est pas traduit sur le terrain effectif des compétences. En matière de santé ce sont les mêmes principes (blocs de compétence) La compétence du département concernant notamment la protection sanitaire. CE. tel ne fut pas le cas. aides aux réfugiés).

de subventions. l’entretient. Dans ces domaines comme à l’égard des communes. La compétence c’est la construction. 35 . Logique de planification mise en œuvre dans le cadre des contrats de plan Etat-région. le département ne peut se substituer à l’Etat pour la mise en œuvre du contrôle de la tarification d’une maison de retraite relevant d’un centre hospitalier  création des Agences Régionales de l’Hospitalisation. programmes qui tiennent comptes des priorités définies par les communes (équipements hydrauliques. La loi du 2 mars 1982 définit initialement la place de la région en terme de « contribution au développement économique social et culturel » en précisant aussitôt que cette compétence peut s’exercer en « collaboration avec les autres CT » et avec l’État. L’aménagement et l’équipement rural Le département est compétent également en matière de remembrement rural (reconstitution des territoires) et notamment pour établir les programmes d’aide aux communes sous forme de prêts. Dans le domaine des transports publics Le département est compétent en matière de transport scolaire. les personnels scientifiques et techniques sont restés des fonctionnaires d’État. établissement d’arts plastiques. électrification rurale). Or pour l’essentiel les réformes de 82-83 reconduisent les régions dans leurs domaines classiques d’intervention en précisant même que les compétences régionales s’exercent dans le respect de celles de l’État et des autres collectivités. Néanmoins la région est définit comme le 2e niveau de planification économique. celle-ci ne s’est pas immédiatement traduite par un bouleversement des compétences.Le JA a précisé les limites de la compétence départementale dans ce domaine social. C’est une compétence obligatoire. se caractérise par des engagements réciproques de l’Etat et des régions concernés en vu de l’exécution du plan de ces régions. l’État conserve simplement des compétences de contrôle. §3- Les compétences régionales La mutation du statut juridique au statut de CT de plein exercice. il est compétent pour leur organisation et leur fonctionnement avec une participation financière de l’État dès lors que les transports sont gratuits. A . Autres compétences départementales: Dans le domaine de l’enseignement La compétence du département à l’égard des collèges de la même manière que les communes sont compétentes pour l’enseignement maternel et primaire et les régions pour les lycées. Dans le domaine de la culture Une compétence facultative avec la possibilité pour le département de créer ses propres musés. Il peut organiser par ailleurs des services de transport routier de personnes. Il y a une compétence obligatoire pour la lecture (les bibliothèques centrales de prêt).Les compétences économiques Les compétences des régions avaient été caractérisées par un certain flou. Dans le domaine de la voirie Il y a une compétence au P du CG reconnu en matière de police sur les voies départementales. La compétence économique. c’est à dire une compétence spéciale à général. ce domaine appelle également une compétence en matière de voirie puisque il y avait déjà dans la réforme de 82-83 un transfert de voies à destination du département. les aides directes et indirecte aux entreprises. l’équipement et le fonctionnement.

36 . Ce nouveau processus a été présenté comme l’acte II de la décentralisation. aussi compétence de droit commun dans le domaine de l’apprentissage. La régions se voie attribuer la compétence notamment pour la définition des plans routiers non urbain de personne. Ces aides. musés. L’État ne conserve qu’une compétence résiduelle pour les actions dépassant par nature le cadre territorial d’une région déterminée (ainsi s’agissant des détenus. elle est dés les lois de 83 une compétence fondamentale des régions puisqu’elle se voit attribuer la compétence de droit commun. modifications d’intérêts). Chapitre 2 . Cette révision de la Constitution marque un certain nombre d’éléments de rupture dans le statut juridique traditionnel des CT. ainsi que la formation professionnelle. les régions ont acquis un rôle spécifique : La région peut organiser ses propres bibliothèques. logique de libre administration (rôle prévalent aux CT). s’agissant du régime des aides directes doivent respecter un régime fixé par la loi. prêts ou avances.Autres compétences régionales En matière d’éducation : Compétence à l’égard des lycées y compris les lycées d’agricoles ou les lycées d’enseignement professionnel. C .L’aménagement du territoire Le développement économique inclut des politiques de l’emploi dont la formation professionnelle. Cette référence d’ordre politico-médiatique ne paraît guère pertinente sur le terrain juridique. par référence à ce qui aurait été l’acte I c’est à dire la réforme de 82-83. dès lors que la réforme de 82-83 avait été réalisée par voie de lois ordinaires. la réforme de 2003 a été mise en œuvre dans le cadre d’une révision de la Constitution opérée le 17 mars 2003 et constitutive d’une réforme de l’État. Le développement économique et la planification mettent directement en cause des problématiques d’aménagement du territoire. les handicapés). et qu’elle passe des conventions avec la SNCF pour l’organisation des transports ferroviaire. En matière de culture.La région se voit attribuer la compétence prévalant en matière d’intervention économique. d’autre part en intervenant elle même à titre principal pour accorder ces aides directes. Un nouveau processus de décentralisation a été mis en œuvre par le gouvernement Raffarin. prime régionale à l’emploi. Cette réforme s’est poursuivie par l’édiction de plusieurs lois organiques (intégrées dans le bloc de constitutionnalité). Réviser la constitution cela veut dire procéder à une réforme de l’Etat. Ces aides visant d’une part le développement économique d’autre part la protection des intérêts économiques et sociaux de la population. établissements de musique ou d’arts plastique. Il convient de distinguer selon les dispositions dont il s’agit.La révision constitutionnelle : une nouvelle conception de la décentralisation La révision de 2003 pour l’essentiel a été dépourvue d’effectivité. d’aides directes et indirectes aux entreprises. dans lequel la région jouait le rôle central de 2 points de vue: d’une part en terme de création des aides directes ayant pour objet la création ou l’extension d’activités économiques (prime régionale à la création d’entreprise. le domaine de l’apprentissage. le département et la commune ne pouvant intervenir qu’à titre complémentaire (en revanche en matière d’aide indirecte chaque CT retrouvait son initiative et son autonomie par rapport à la région). - B . Dès la loi du 2 mars sont mises en place des modalités d’intervention économique sous forme d’aide aux entreprises. Il y a des dizaines d’autres lois concernant la décentralisation entre 82 et 2003 : Loi de 84 sur la FPT (2 conceptions : SP national (organisation nationale par voie de concours).Les mutations consécutives à la révision de la Constitution de mars 2003 Section 1 . les réfugiés.

Dans l’ordre des clarifications juridico-terminologique la révision consacre également la notion de CT au détriment de celle de collectivités locales. l’article 72-1 de la Constitution prévoit désormais « que les électeurs de chaque collectivité territoriale peuvent par l’exercice du droit de pétition demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante d’une question relevant de sa compétence ». être soumis par voie du référendum à la décision des électeurs de cette collectivité ». Le droit de demander ne signifie pas évidemment le droit d’obtenir ladite inscription. 37 . mais dont la portée tient seulement à la consécration constitutionnelle de principes jusqu’alors dotés d’une simple valeur législative. démocratique. Le référendum décisionnel local De manière moins aléatoire le même article 72-1 consacre pour la 1ère fois le référendum décisionnel local dont les conditions d’exercice doivent être fixées de manière significative par la voie d’une loi organique (et non d’une loi ordinaire): « les projets de délibérations ou d’actes relevant de la compétence d’une CT peuvent. Dans l’ordre des proclamations symboliques ne produisant que des conséquences procédurales peut être également relevé la révision de l’article 39 de la Constitution prévoyant « que les projets de loi ayant pour principal objet l’organisation des collectivités territoriales *…+ sont soumis en premier lieu au Sénat ». La révision va plus loin que cette loi. La révision concerne 2 procédures : Le droit de pétition des citoyens Le droit de pétition. A . laïque. sociale ».§1- Des dispositions de portée proclamatoire ou procédurale Un bon juriste sait que ce n’est pas parce qu’une formule est dans Constitution qu’elle a une portée constitutionnelle. La C° ayant ainsi consacrée le principe du droit de pétition se contente de renvoyer à la loi pour en fixer les conditions d’exercices.La démocratie locale Cette question présentée à l’origine comme l’un des piliers essentiels de la réforme pour des raisons politiques s’inscrit dans un mouvement déjà largement engagé en particulier par la loi ATR du 6 février 1992. Les mutations terminologiques ne sont cependant pas purement symboliques s’agissant de l’Outre-Mer. Au plan des proclamations symboliques intervient : D’abord la révision de l’article 1er de la Constitution relatif à la définition du régime même de la Vème république: « la république est indivisible. même si elle ne reprend pas l’ambition du projet initial de révision. Mais au regard des difficultés de définition intrinsèque de la notion de décentralisation. La révision a consisté à y adjoindre aux qualificatifs précédents que « son organisation est décentralisée ». cette précision ne paraît pas produire par elle-même aucunes conséquences proprement normatives. La révision de la C° procède logiquement à la reconnaissance des Régions qui n’étaient reconnues que par la loi. il en est ainsi dans deux domaines : D’une part s’agissant du volet démocratie locale D’autre part dans le volet autonomie financière 2 questions particulièrement valorisées par le commentaire politique. à son initiative. L’article 72 de la Constitution retient désormais deux autres catégories de CT : d’une part « les collectivités à statut particulier » participant à un processus plus large de remise en cause des traits classiques du régime d’uniformité d’autre part les « collectivités d’outre mer » (la notion de territoire d’outre mer a disparu) On ne peut pas d’avantage parler de rupture mais bien d’aménagement voir de continuité de principes déjà inscrits dans le droit positif.

Un tel principe ne paraît guère contraignant contrairement à la formule figurant dans le projet initial de révision selon lequel les ressources propres devaient représenter « une part prépondérante des ressources ». de subsidiarité. 38 . Des éléments de rupture concernant la répartition des compétences des CT et à leur attribution uniforme au sein de chacune des catégories de CT. de « collectivité chef de file » et en terme de reconnaissance d’un pouvoir réglementaire. principe selon lequel ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus. sont introduits selon plusieurs logiques superposées : en terme d’expérimentation. L’une des nouveautés outre le caractère décisionnel et non pas seulement consultatif du référendum est que cette même procédure concerne les trois niveaux de CT alors que précédemment cela ne concernait que les communes. Le principe de péréquation est formulé de manière très générale au moment même ou des éléments de rupture dans le statut d’uniformité des CT présentent précisément le risque de remise en cause du principe d’égalité devant les services publics et nécessitent en compensation de véritables mécanismes de péréquation.Aucune interdépendance n’est établie entre les 2 procédures précitées. A . La nouveauté quand au fond concerne l’affirmation du principe selon lequel « les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent pour chaque catégories de collectivité une part déterminante de l’ensemble de leurs ressources » (conception française. Cette limite est conforme au principe classique figurant dans l’article 72 de libre administration des CT. le référendum n’est prévu qu’à l’initiative de la collectivité. La 3e hypothèse d’intervention directe des électeurs des CT est prévue dans les hypothèses de création législative d’une « collectivité à statut particulier » ou de modification de son organisation ou de ses limites. §2- Des dispositions de rupture dans le statut et les compétences des CT Si aucune loi ne vient mettre en place les dispositions constitutionnelles  aucun effet normatif de la LC. c’est ce que l’on a appelé en doctrine d’expérimentation dérogation. L’exposé des motifs du projet de révision de la constitution se fondait notamment sur une « exigence de clarification et de simplification de la répartition des compétences ». en Allemagne l’autonomie des länder repose sur le montant et la quotité dont ils disposent). B . le droit de pétition ne saurait avoir pour effet de déclencher un référendum. Il en est à fortiori de même s’agissant du principe selon lequel « la loi prévoit des dispositifs de péréquation destinées à favoriser l’égalité entre les collectivités territoriales ». Les électeurs de la collectivité concernée sont alors « consultés dans les conditions prévues par la loi ».L’autonomie financière L’article 72-2 proclame désormais que « tout transfert de compétences entre l’État et les CT s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice » (formule déjà dans les lois de 1983).La logique d’expérimentation L’expérimentation est prévue dans la constitution selon deux modalités distinctes : L’article 37-1 prévoit de manière générale que « la loi et le règlement peuvent comporter pour un objet et une durée limitée des dispositions à caractère expérimental ». Les dispositions adoptées risquent bien d’aboutir à la situation inverse et d’aggraver la situation. La portée de ces décisions a été gommée par le fait que le projet de révision n’a pas été ratifié de façon référendaire (décision politique).

C’est notamment ce qui explique la consécration constitutionnelle du « concours de compétence entre plusieurs niveaux territoriaux et la désignation corrélative pour éviter les confusions de responsabilité. le statut des groupements de CT apparaît comme singulièrement émancipé. On peut considérer qu’on retrouve ici la consécration constitutionnelle de logique managériale caractéristique de l’évolution de l’époque contemporaine.  Atteinte potentielle de l’uniformité Ainsi dans le cadre d’une demande émanant d’une CT.L’article 72 prévoit de manière plus spécifique que « les CT ou leurs groupements peuvent. c’est la logique d’une collectivité chef de file. c’est la rupture avec la conception traditionnelle de répartition faisant correspondre des catégories de compétences à des catégories de collectivités. la désignation de l’une d’entre elles comme collectivité chef de file. puis plus tard en 2003 cadre constitutionnel. - Ce qu’il y a de commun aux 2 dispositifs. La Constitution précise seulement que l’objet et la durée de l’expérimentation seront limités.Principe de subsidiarité et principe de « collectivité chef de file » Même si ces 2 qualifications terminologiques ne figurent pas expressément dans le texte de la Constitution. cette subsidiarité exprime moins une logique de proximité qu’une logique d’efficacité. celle-ci pourra exercer à titre expérimental des compétences non attribuées à la catégorie des CT dont elle appartient. Dans ce contexte il se peut qu’une meilleure gestion puisse être assurée par le concours de plusieurs niveaux territoriaux. Cette situation avait été à l’époque censurée par le Conseil constitutionnel s’agissant de la loi Pasqua d’aménagement du territoire. La Constitution précise que l’expérimentation ne peut pas avoir lieu si elle met en cause « l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti ». B . Sur ce terrain encore. Contrairement à un commentaire politico-doctrinal prévalant. c’est le principe de subsidiarité. « Lorsque l’exercice d’une compétence nécessite le concours de plusieurs CT. elles ont été utilisée dans le commentaire doctrinal car leur contenu paraît ressortir des formulations désormais inscrites dans la Constitution : l’article 72 « Les CT ont vocations à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon ». ce qui déroge à la logique de délégation de compétences aux groupements des communes par les communes membres et confère donc une consécration constitutionnelle à une communauté l’émancipant d’avantage du statut de simple établissement public local. À cette expérimentation des compétences peut se superposer une expérimentation concernant le statut même de certaines catégories juridiques régissant le droit des CT. Les conditions de l’expérimentation sont renvoyées à une loi organique. et donc dérogatoire au principe traditionnel de dépendance des établissements public à l’égard des CT d’origine. l’attribution d’une compétence déterminée devant revenir au niveau territorial le mieux à même de l’exercer. dans les cas prévus par la loi et le règlement. : q° de performance et de compétitivité. La collectivité serait compétente dès lors qu’elle apparait la mieux placée pour obtenir les meilleurs résultats. L’expérimentation peut en revanche être accordée à un groupement de collectivité (EPCI). C’est ce que la doctrine a appelé d’expérimentation transfert. « ce qui peut le mieux ». acceptée par le législateur. La subsidiarité réfute le postulat d’une compétence de principe (au profit d’une CT).  Quelle a été l’évolution depuis 1995 cadre législatif. Ils 39 . le CCL s’était fondé sur le principe selon lequel « aucune CT ne peut exercer une tutelle sur une autre ». déroger à titre expérimental aux dispositions qui régissent l’exercice de leurs compétences ». la loi peut autoriser l’une d’entre elles ou un de leurs groupements à organiser les modalités de leur action commune ». d’efficience.

De manière significatives sont énumérés les domaines régalien expressément exclus de cette habilitation législative : la nationalité. La décision de recourir au référendum local relève de l’assemblée délibérante. La LO précise qu’il ne peut y avoir lieu : Durant les campagnes électorales et les scrutins de nature politique La période de 6 mois qui précède un renouvellement général ou partiel de l’assemblée délibérative (évite l’effet marketing) : la légalité de l’acte adopté reste soumis au contrôle du JA. la politique étrangère. l’état et la capacité des personnes. Sur le terrain des compétences.La singularité de l’outre mer L’article 72-3 proclame que la république reconnaît « au sein du peuple Français les populations d’outre mer ». Certaine période son neutralisée pour l’organisation du référendum.peuvent exercer la responsabilité de « collectivité chef de file » donc chargée d’organiser les modalités de l’action commune alors même que ces groupements n’ont eux même pas la nature de collectivités territoriales. C . Ces différentes modifications constitutionnelles qu’elles que soit ensuite leur effectivité permettent d’expliquer qu’une loi du 10 juillet 2006 ait pu procéder à la ratification par la France de la charte Européenne de l’autonomie locale qui date de 1985 grâce notamment à la reconnaissance du référendum local. La jurisprudence constitutionnelle ultérieure a privé cette disposition d’un tel effet de rupture.La reconnaissance du pouvoir réglementaire La révision de 2003 introduit un autre élément potentiel de rupture en proclamant que les CT disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences. à haute charge politique. l’organisation de la justice. dès lors que la reconnaissance de ce pouvoir s’exerce dans le cadre des conditions législatives règlementaire de droit commun. trouve sa traduction normative dans le principe corrélatif selon lequel « aucun changement » dans le statut de ces collectivités ne pourra intervenir sans que le « consentement des électeurs de la collectivité ou de la partie de la collectivité intéressée ait été préalablement recueilli ». Les CT peuvent compléter les décrets pris par le Conseil des ministres. Cette logique formaliste de sortie de l’uniformité est considérablement accusée s’agissant des collectivités d’outre mer. Les EPCI sont exclus.  Consultation par voie référendaire. la défense. les droits civiques. les départements et régions d’outre mer à l’exception de la Réunion peuvent être habilités par la loi à fixer eux mêmes les règles applicables sur leur territoire relevant du domaine de la loi. si le domaine du référendum concerne un acte de l’exécutif. ce pouvoir règlementaire n’est pas un pouvoir règlementaire autonome. celui-ci dispose de l’initiative de recourir au référendum mais c’est l’AD qui décide des modalités d’organisation. les crédits et monnaie. Section 2 §1- Les lois organiques subséquentes du 1 er août 2003 La loi organique relative au référendum local du 1er août 2003 Cette loi organique précise que le référendum décisionnel conserve dans les mm terme les 3 catégories de CT (avant ce n’était que les communes : loi ATR). La question posée par voie référendaire ne peut entrainer une réponse par OUI ou par NON (pas de proposition entre plusieurs projets). D . mais un pouvoir règlementaire supplétif. Cette formule. la sécurité et l’ordre public. Pas 2 référendums sur le même objet dans la même année 40 .

Section 3 locales §1- La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités Les caractéristiques principales de la loi Cette loi ne bouleverse pas l’état de la décentralisation tel qu’il résultait des textes antérieurs.  Caractéristiques démographiques. La LO organique confirme et précise les 2 formes d’expérimentation : l’expérimentation transfert. Les critères de répartition des compétences apparaissent comme plus complexes que jamais. Si l’expérimentation a lieu dans le domaine règlementaire. ouvrier et de service). L’objet de l’ex est limité. Ces actes restent soumis au contrôle de légalité. c’est la loi ordinaire du 1 » aout 2004 qui est venue les préciser et concrétiser. procédure choquante dans un domaine défini comme à haute portée démocratique et sociale. Les conditions de mises en œuvre : Il faut une loi d’habilitation dès lors que l’expérimentation relève du domaine législatif. Ils entrent en vigueur dès leur publication. Généralisation des mesures expérimentées Abandon complet de l’expérimentation S’agissant des domaines de l’expérimentation. la loi a du être adoptée dans le cadre de la procédure de l’article 49-3. Le législateur peut décider d’une prorogation de ce délai ne pouvait excéder 3 ans. Elle précise aussi « les caractéristiques des CT autorisées à y participer ». La LO dispose que l’expérimentation ne peut durée plus de 5 ans. Puis le gouvernement publie par décret la liste des CT autorisées à participer. elle nécessite d’un décret en CE. La procédure se fonde sur une demande de la collectivité intéressée par une délibération « motivée de son assemblée délibérante ». technique. Le transfert n’a concerné que les TOS et non administratif. mm si les diverses potentialités ouvertes par la réforme de 41 . qui peut conclure de 3 façons distinctes : Prorogation ou modification de l’expérimentation pour une nouvelle durée : 3 ans. délibération transmise au préfet. L’ex donne lieu à une évaluation du parlement. Il s’agit d’une loi complexe et de loi « bavarde » de plus de 200 articles. En particulier à cause de ses dispositions procédant au transfert massif des personnels TOS (technique. très critiquable sur le terrain juridique après avoir été très critiquée sur le terrain politique. la loi d’habilitation doit mentionner « les dispositions susceptibles de faire l’objet de dérogation ». l’expérimentation dérogation.§2- La loi organique relative à l’expérimentation Elle concerne les EPCI au même titre que les CT. 1) Sur le terrain politique Cette loi a suscité de très importants mouvements sociaux de contestations. Les controverses et critiques se sont même exprimées au sein même de la majorité. Lorsque on est dans la phase d’ex. économiques. 2) Sur le terrain juridique Alors que l’un des objectifs annoncé par le premier ministre était de clarifier la répartition des compétences c’est le résultat clairement inverse qui est mis en œuvre par la loi. ouvrier et de service) de l’éducation nationale (avant c’était ATOS Administratif. les actes édictés échappe à l’obligation de transmission au préfet. dont le législateur doit donner son aval à l’expérimentation. mais le préfet l’adresse au ministre chargé des collectivités territoriales avec ses observations.

L’analyse synthétique et formelle de la loi permet désormais de distinguer entre une diversité d’hypothèse : les transferts de compétences traditionnelles au profit d’un niveau de CT Les transferts alternatifs entre plusieurs niveaux territoriaux : comportant ou non priorité pour un niveau Les transferts expérimentaux La loi est décevante concernant le contrôle de légalité. L’article 59 dit que le département peut prendre les mesures d’assistance éducative pour « les enfants en risque de danger ». MST. La loi précise qu’il y la possibilité de la transmission électronique des actes selon des modalités définies par décret (DEMATERIALISATION). Le département est conforté dans son rôle central et se voit transférer l’ensemble de l’action gérontologique **. une disposition générale permettant au préfet de demander communication aux CT de tous les actes qu’il estime nécessaire à l’exercice de sa mission de contrôle. La loi de 2004 confirme que l’Etat conserve et parfois retrouve. certaines compétences dans le domaine de la « prévention des grandes maladies » (tuberculose. puisqu’elle entérine l’échec sans retenir de solutions correctives (nb 5 millions d’acte  à 8 millions d’actes transmis. Le département apparaît juridiquement comme un « chef de file ». mais il faut le consentement des parents. En matière d’action sanitaire et sociale a. L’expérimentation renvoie au juge des enfants. les sanctions autres que les plus graves (mise à la retraite d’office et révocation). §2- Les transferts de compétences Les grands équilibres instaurés par les lois de transfert de 1983 n’ont pas été globalement remis en cause. A . Urbanisme: les certificats de conformité. 42 . Le département Le département définit et met en œuvre la politique d’action sociale en tenant compte des compétences des autres CT et des organismes de sécurité sociale. mais que par ailleurs un nouveau moteur du transfert a clairement résidé dans les transferts de charges aux CT. La loi fait échapper un certain nombre d’acte à l’obligation de transmission : Police administrative : les arrêtés de police relatifs au stationnement et de la police de la circulation Fonction publique territoriale : les mesures individuelles d’avancement d’échelon. L’exposé des motifs de la loi retient une fonction « de conseil préalable aux décisions locales » rappelant la tutelle à priori supposée bannie par la loi du 2 mars 1982. La candidature doit être fait auprès du garde des Sceaux.2003 ne se sont pas totalement traduite dans les dispositions législatives. C’est une compétence expérimentale pour une durée de 5ans. Le département se voit accorder dans ce domaine des compétences nouvelles s’agissant de plusieurs fonds financiers: le fond d’aide aux jeunes et le fond de solidarité pour le logement dans la mesure ou d’une part la loi supprime la cogestion entre le préfet et le président du conseil général pour confier cette compétence au seul président du conseil général et d’autre part contrairement au RMI dont les montants et les conditions d’attribution sont fixées nationalement par décret les départements fixent librement les crédits affectés à ces deux fonds décentralisés. Lèpre). 1500 à 5000 déférés préfectoraux). des instruments de lutte contre la précarité et à titre expérimental la protection judiciaire de la jeunesse. Le département est compétent désormais pour définir le Schéma départemental de planification sociale et pour coordonner l’ensemble de l’action gérontologique.Le prolongement des grands équilibres de 1983 1. Néanmoins la loi prévoit en compensation de cette réduction. Cancer.

2. qui ont un statut associatif Gestion des écoles de formation des personnels paramédicaux (écoles infermières. À titre expérimental la loi à l’article 70 permet aux régions qui le demandent. paramédical et social Accorder les bourses pour les étudiants en travail social (éducateurs) : 25 000 étudiants représentant 300 établissements. Cela ne concernait qu’un petit nombre de commune (208) c’est à dire que les grandes communes disposant déjà d’un service communal d’hygiène et de santé. aides soignantes. la reconstruction et les grosses réparations de logements étudiants. dans le cadre d’une convention avec la région ou avec l’accord de la région. 43 . La région La région récupère des compétences dans le domaine social qui correspondent à sa vocation essentielle : la formation professionnelle. La loi fait disparaître les aides indirectes et retient désormais une typologie en 3 catégories (qu’il faut connaître) : Les garanties d’emprunt (conforme au statut de 1983) Aides économiques La loi confirme le rôle central de la Région. de financer la réalisation d’équipements sanitaires (il faut une convention entre l’ARH et le président du conseil régional). sous réserve des missions incombant à l’État ». compétente d’une part pour en définir le régime et pour en décider l’octroie aux entreprises. Cette notion d’aide économique vaut pour toutes les autres aides directes mais s’ajoutent les prestations de services (qui étaient avant des aides indirectes) : activités de conseil aux entreprises. opticiens) L’Etat conserve la délivrance des diplôme et la règle de numerus closus. la suppression du régime de liberté des « aides indirectes » (aide directe : aide règlementés. Une autre nouveauté procédurale est que les communes et les départements peuvent compléter les aides de la Région mais aussi en concluant une convention avec l’État leur permettant de s’affranchir de l’accord de la Région. mais la gestion reste assuré par les CROUS en particulier les décisions individuelles d’attribution.b. promotion commerciale. Les communes et les départements ne peuvent intervenir qu’à titre supplétif. c. La résorption de l’habitat insalubre (article 74) Il s’agit d’un transfert expérimental pour les communes qui le souhaitent. La région se voit attribuer de nouvelles compétences dans le domaine de la formation des travailleurs sociaux et de certaines professions sanitaires : Élaboration du schéma régional des formations sociales Agrément des établissements de formation dans le domaine médical. En matière de développement économique et d’intervention économique L’article 1er de la loi confirme la règle de collectivité chef de file de la région en lui confiant « la coordination des actions de développement économique des CT. aide au marketing. Les communes et l’intercommunalité Logement étudiant Il s’agit d’un transfert facultatif aux communes ou aux structures intercommunales qui en font la demande pour la construction. Ce domaine des aides économiques aux entreprises privées a évolué en fonction en particulier des contraintes du droit Européen qui explique la disparition. aides indirectes : aide hors de touts dispositif juridique).

Chaque catégorie de CT dispose d’une compétence propre. Ces aides peuvent prendre « la forme de subvention. de la danse. 2. mais aussi au maitre d’ouvrage qu’il soit public ou privé. de terrain nu ou aménagé. de rabais sur les prix de vente. écoles "nationales" de musique) L’État définit les qualifications exigées des personnels enseignant et d’autre part il conserve la responsabilité des établissements d’enseignement supérieur dans le domaine du théâtre. 44 . aux personnes « à la recherche d’une nouvelle orientation professionnelle ». C’est dans ce contexte que la loi du 13 août 2004 subordonne désormais ces aides à des conditions de zonage et de plafond. Les conditions générales d’intégration dans le cadre d’emploi de la FPT des agents de l’Etat ont été fixées par un décret du 30 décembre 2005. Les transferts dans le domaine de l’éducation nationale Le principal transfert concerne le transfert du personnel TOS. Deux domaines sont essentiellement pris en compte ici: L’enseignement artistique La loi clarifie le régime des enseignements artistiques du spectacle. le respect de ce schéma conditionne la participation du département au financement La région conformément à sa compétence en matière de formation professionnelle organise et finance le cycle d’enseignement professionnel initial (conservatoire de région. de bâtiment neuf ou rénové ». cela concerne les agents titulaires de la FPT et les agents contractuels. En revanche les emplois du type contrat emploi consolidé (CEC) ne sont pas entrés dans le transfert. Les mutations concernant la culture Un certain nombre de transfert peut être abordé indépendamment de la logique de transfert de charge. du cirque o o - Le patrimoine culturel La principale innovation concerne la régionalisation de l’inventaire général des monuments et richesses artistiques de France. Le département doit mettre en place un « schéma départemental des enseignements artistiques » qui devait aboutir dans un délai de 2 ans. La loi élargie la compétence de l’AFPA au delà du cas du demandeur d’emploi. La loi précise que l’attribution de l’aide est subordonnée à la conclusion d’une convention avec l’entreprise bénéficiaire et qu’elle peut être versée soit directement à l’entreprise. Les services d’état ont été transférés avec les agents. B . historique ou scientifique. La loi distingue 4 niveaux d’intervention : o o Les établissements d’enseignement initial et d’éducation artistiques relèvent des communes et de leur groupement dans le cadre d’un partenariat avec les établissements scolaires.Les transferts liés aux transferts de charges 1. En effet. Cet inventaire recense l’ensemble des éléments du patrimoine Français présentant un intérêt culturel. Midi Pyrénées avant le transfert comptait 600 agents. la loi opère le transfert de 2500 TOS. La loi procède au transfert au plus tard au 31 décembre 2008 de l’organisation et du financement des stages de l’AFPA (association nationale pour la formation des adultes) qui recouvrait des budgets de formations professionnels important. il abouti à une mutation considérable pour les régions. Créé par André MALRAUX « de la cathédrale à la petite cuillère ».- Les aides à l’immobilier d’entreprise La Commission Européenne dans une décision du 12 juillet 2002 a considérée qu’une aide d’une CT sous forme d’une vente de terrain à un prix inférieur au prix du marché (aide indirecte auparavant) est illégale puisque constituant une aide d’investissement qui aurait du être notifiée à la commission. cela entraîne la création de service de gestion correspondant.

il y a en a plus de 500 000 en Grande Bretagne et plus d’un million en Allemagne. président de la fondation de Science-po) a dégagé les critères permettant la répartition de ces monuments en 3 catégories : reste propriété de l’Etat.Mais la région confie aux autres CT la conduite des opérations d’inventaire sera confiée aux communes et départements dans le cadre d’une convention qui en précise les modalités techniques. Cela suppose de ne pas réciter le cours ! 3. c’est une révolution tranquille. La commission Raymond (René. En l’absence d’accord. Dans le cas des aérodromes. la loi dit que c’est le préfet de région qui décide (il n’y a pas de priorité dans le cas de transfert facultatif). il a été inventé la formule de l’intercommunalité par le SIVU. Paradoxalement la France est considérée comme le pays culturel et ne comporte qu’un petit nombre de monuments classés 44 000. Sur cette base  ce serait l’acte I de la recentralisation selon l’opposition de gauche de l’époque. le transfert serait souhaitable mais difficile à réaliser. Cependant le régime juridique de protection et de conservation des monuments historiques et richesses reste un régime étatique. il s’agit d’un transfert alternatif. transfert au CT. qui participe à bouleverser l’administration territoriale. car la plupart des communes rurales ne pouvaient réaliser toute leur compétence par manque de moyen technique et financier. plus 86 cathédrales. Strictement aucun piège. En cas de pluralité de demande pour un mm monument. EXAMEN : dissertation : question de cours amélioré. La loi ne désigne pas la catégorie de collectivité territoriale bénéficiant du transfert ce qui signifie que toute collectivité peut être se porter candidat au transfert de l’aéroport. La même logique valait également s’agissant des ports maritimes non autonomes. ils sont évalués à 136. Le JA a précisé qu’en cas de pluralité de candidature pour un même port. Si aucune demande n’intervenait à la date du 1er juillet 2006. Connaître tous le cours et rien que le cours. La loi prévoit 3 hypothèses : Si une seule demande intervient d’une CT dans un délai de 6 mois pour récupérer l’aéroport la collectivité demanderesse est réputée bénéficiaire. La loi prévoit également le transfert de 108 aérodromes civils (quasi totalité) dont l’aéroport de Lille et Clermont Ferrand. Sujet de synthèse. à l’exception des aérodromes d’intérêt national et international. Pour la 1ère catégorie : mémoire de la Nation. La loi précise qu’après établissement de la liste des monuments transférable à titre gratuit. §3- Les modifications concernant l’intercommunalité La question de l’intercommunalité est fondamentale. il est prévu que le représentant de l’État choisi le bénéficiaire du transfert. le représentant de l’Etat désigne le bénéficiaire. le préfet de région doit organiser entre les demandeurs une concertation pour aboutir à une candidature unique (application de la loi). Une commission est chargé d’un recensement dans l’hypothèse ou un transfert de propriété devrait être mis en œuvre de certain monument et immeuble protégé de l’Etat vers les CT. mais le juge précise que pour ce faire le préfet peut prendre tout initiative et in fine désigner la CT bénéficiaire TA Nice 2008 Région PACA (transfert du port revendiqué par la Région et le Département). -  La notion de « bénéficiaire » n’a pas de sens. le représentant de l’État organise une concertation visant à aboutir à une demande unique. Les transferts en matière de voirie et de grands équipements Les dispositions de la loi de 2004 e sont traduites par le transfert au département de près de 20 000 km de routes nationales. Les structures inter sont traitées de façon égale pour les expérimentations. c’est plus une charge qu’un réel transfert de compétence. Nécessaire de piocher dans plusieurs parties du cours. L’intercommunalité date de 1890. les CT doivent en faire la demande. Cette formule syndicale a abouti à un échec (16 000 structures). Si dans ce délai plusieurs demandes sont présentées. Le transfert s’opère ensuite par convention de transfert (très peu d’effectivité). elles n’ont rien réglé  logique de 45 .

même si cette adhésion est en rupture avec le principe définit par la loi de 1999 pour une communauté d’être « d’un seul tenant et sans enclaves ». La loi précise que la procédure de fusion postule l’existence d’au moins un EPCI à fiscalité propre.De nouveaux transferts ou délégation de compétences La loi prévoit le transfert de certains pouvoirs de police au président de communautés (Hiatus : les communes avaient transférés la compétence voirie à l’EPCI. En la loi de 2004. et ne concerne que les compétences de police restrictivement énumérées par la loi : assainissement. L’intercommunalité c’est bien de cette logique communautaire : intercommunalité intégrative. L’EPCI devra en faire la demande. un transfert fiscal : taxe professionnel (nouvelle CET). Mais les arrêtés de police doivent être des arrêtés conjoints du président de communauté et du ou des maires concernés : non substitution au pouvoir de police des maires (compétence superposée). et le préfet défini le périmètre de fusion. Cette hypothèse concerne surtout les communautés urbaines et agglo. 2286 communautés de communes. circulation et stationnement sur les parties de voiries qui ont étés transférées. et une majorité qualifié des conseils municipaux inclus dans le périmètre (2/3 des communes et représenter la moitié de la population. sécurité des manifestations sportives et culturelles. La portée de la loi sur le terrain de l’intercommunalité est en retrait par rapport aux potentialités résultant de la révision constitutionnelle de mars 2003 qu’il s’agisse de l’expérimentation ou de la collectivité chef de file. la durée. élimination des déchets. dès lors que cette adhésion à pour effet d’étendre le périmètre de celle-ci. il fallait dissoudre les EPCI existant. L’intercommunalité est basé sur une fiscalité propre. Le transfert est décidé par voie d’arrêté préfectoral. On ne pouvait fusionner plusieurs EPCI existants.). gestion de l’espace rural. Désormais le préfet qui peut prendre l’initiative. et créer un nouvel EPCI. La délégation de compétences à l’EPCI par la région ou le département Il faut que les statuts de l’EPCI prévoient cette possibilité. sauf qu’en cas de dommage en cas de carence en matière de voirie c’est la commune qui a le pouvoir de police). la procédure prévoit l’accord du président de communauté et l’accord des maires des communes concernées. Plus de 90% des communes relevaient d’une structure communautaire. les conditions de la délégation. le principe : l’élément d’intégration est l’intégration fiscale. Au 1er janvier de 2004 le ministère de l’intérieur recensait 14 communautés urbaines. B . Une convention doit déterminer l’étendue. Ce transfert de la compétence police est très encadré. pouvant renvoyer le département dans le périmètre rural. Bouleversement par la loi 1992 : création des communautés de communes et la loi de 1999 créé les communautés d’agglomération. le titre 9 de la loi concerne les intercommunalités (intitulé « des communes et de l’intercommunalité »).superposition des structures. Ce périmètre pour qu’il soit adopté doit recueillir l’accord du conseil de communauté de chaque EPCI. accueil des gens du voyages. et inv. Les dispositions sont inspirées par la couverture complète du territoire français par les structures communautaires. l’EPCI agira ensuite « au nom et pour le compte de la collectivité concernée ». 46 . foncière. 155 communautés d’agglomération. ainsi que 50 M d’habitants. s’il l’obtient. pourcentage en terme de taxe d’habitation.Des modifications institutionnelles de portée technique La mise en place d’une institution d’une procédure de fusion entre les EPCI Auparavant. Le préfet peut autoriser une commune à adhérer à une communauté. A . La loi prévoit aussi que la fusion s’effectue au soutient de la catégorie juridique la plus intégrée (si on fusionne une communauté d’agglomération et une communauté urbaine  c’est au profit d’une communauté urbaine).

Une compétence déléguée par les communes ne pouvait plus être exercée que par la structure intercommunalité délégataire. conformément à la jurisprudence CJCE 18 novembre 1999 Teckal. la loi dit que le fond de concours doit être versé « afin de financer la réalisation ou le fonctionnement d’un équipement » (tautologie). elle ne peut plus financer des travaux de réfection de ladite voirie. Dés lors que l’autorité contractuelle n’a pas de pouvoir décisionnel par rapport au pouvoir adjudicateur et que cette entité doit réalisé l’essentielle de son activité avec le pouvoir adjudicateur concernées. La validation des « prestations de services » ou des mises à dispositions de services Le droit antérieur prévoyait que lorsqu’un service d’un EPCI est économiquement et fonctionnellement nécessaire à la mise en œuvre de compétences relevant tant de l’EPCI que des communes membres. mais aussi des dépenses de fonctionnement. La loi revient sur cette solution. La loi fait prévaloir désormais la logique conventionnelle et partenariale correspondant à d’important enjeu et controverses découlant du droit européen (logique d’altérité. La loi de 2004 prévoit désormais. que dès lors qu’une commune a transféré la compétence voirie à une communauté. réhabilitation et de la démolition des logements locatifs sociaux et pour la réhabilitation de l’habitat privé. Pour la légalité des fonds de concours. La seule limite à ces fonds de concours « est que le montant total des fonds de concours ne peut excéder la part du financement assuré par le bénéficiaire de l’opération » (titulaire de la compétence). une convention entre eux peut prévoir les modalités d’une mise à disposition de ce service au profit d’une ou plusieurs communes. et logique IN HOUSE).- La délégation de compétence à l’EPCI par l’État Dans un domaine particulier. Ces conventions de mise à disposition de prestation de service constituent une réponse aux exigences des procédures de mise en concurrence inhérente au droit de l’UE. Le CE retient la solution selon laquelle. mais la loi valide les fonds de concours des communes vers les EPCI alors même que cette hypothèse avait été clairement jugée illégale par le JA à partir CE 14 janvier 1998 Communauté urbaine de Cherbourg. La loi ajoute que ce principe vaut également dans les mêmes termes en sens inverse pour la mise a disposition des services d’une communes membres à l’EPCI pour l’exercice de ces compétences. pour l’attribution des aides publiques en faveur de la construction.  Problème du mot « économiquement ». acquisition. dés lors que l’EPCI est doté d’un PLH (programme local d’habitat). mais contesté par le droit de l’UE et le gouvernement en place). Ceci vaut aussi pour les syndicats mixtes. C . Il faudra alors une convention avec l’Etat pour la répartition de ces aides. les prestations de service de l’EPCI vers les communes « lorsque cette mise a disposition présente un intérêt dans le cadre d’une bonne organisation des services ».L’assouplissement des relations entre EPCI et communes membres Les logiques traditionnelles relatives aux relations entre les communes et intercommunalité reposaient sur l’unilatéralité et l’exclusivité. Ces fonds de concours peuvent non seulement financer des investissements. 47 . Ces fonds de concours remettent en cause la dichotomie traditionnelle entre les compétences d’une compétence intercommunale et communale. et veulent se présenter comme constitutive de prestations IN HOUSE conformément à l’art 3 du code des marchés publiques. La validation des fonds de concours La loi confirme la validité des fonds de concours des EPCI aux communes (la loi 1999 avait prévu cette hypothèse.

Le titre 1 est curieusement intitulé « rénovation de la démocratie locale » alors que la préoccupation démocratique ne paraissait guère constituer la préoccupation des promoteurs de ce texte.5% des inscrits (et non suffrage exprimé). les personnels sont de la communauté urbaine.  Arriver au mm résultat avec les mêmes moyens. la porté démocratique de cette réforme a donné lieu à de vives critiques notamment sur le terrain de la parité homme-femme. la loi a été abrogée). le comité Balladur. les départements ne sont pas supprimés mais la loi procédait à la fusion des conseillers généraux et régionaux. à l’occasion du congrès de l’AMF. Sur la base des propositions de la commission Balladur. Un comité pour la réforme a été mis en place. c’est précisément ces dispositions qui ont constitués les cibles et attaques de la majorité actuelle. la faculté prévue auparavant pour les seules communautés urbaines. le sénat n’a adopté la loi qu’à une voie de majorité. Chapitre 3 - La loi du 16 décembre 2010 Une nouvelle réforme des CT voulu de « grande ampleur » a été annoncée le 26 novembre 2008 par le président de la République. c’est considérable ! Par delà l’intitulé de la loi. Une loi importante avait été annoncée sur le terrain de la clarification des compétences et des financements. Cette loi ne verra jamais le jour. Le mandat traditionnel des conseillers régionaux a été raccourci d’un an pour 2014 (aujourd’hui tout a été reporté à 2015. puisque alors que le scrutin de liste régional se traduit par le fait que les femmes représentent actuellement 48% des conseillers régionaux (logique cha-ba-da). Le projet fut abandonné mais ce qui reste de la loi que le maintient au 2nd tour exige un nombre de voie au 1er tour représentant 12. Le cœur de la réforme réside donc dans la seule loi du 16 décembre 2010 dite de « réforme des CT ». ce texte a suscité de très vives et larges controverses y compris au sein de la majorité parlementaire de l’époque. Malgré la formule de compromis retenu par la commission mixte paritaire. Ex : la Ville de Strasbourg est « la plus compétitive » elle n’a pas de personnel. Outre un vif débat relatif au mode de scrutin. peut mettre son personnel et ces services à la disposition des services qui en font la demande ». Contrairement aux préconisations du rapport Attali sur la compétitivité.Dans le prolongement et selon la même approche la loi généralise. Les conseillers territoriaux devaient siéger simultanément dans les 2 CT départements et régions. 48 . Le rapport a été remis en mars 2009. une seule a été adopté. Comme pour la réforme précédente. « toutes communautés dans cadre d’une gestion unifiée du personnel de l’EPCI et des communes membres. soit une réduction de 45% des élus. Ce texte de compromis ne correspondant in fine nullement aux exigences de clarification et de cohérence initialement présenté comme fondement de la loi. On avait prévu 4382 Conseillers territoriaux devaient être substitué au 4100 conseillers généraux et 1880 conseiller régionaux. alors que le scrutin uninominal cantonal se traduit par une sous représentant féminine des conseils généraux qui est de 12%. plusieurs textes devaient constituer cette nouvelle réforme : 4 lois étaient annoncées. Section 1 §1- Référence à la démocratie locale La création du conseillers territoriale Les dispositions relatives du CT ont été abrogées en novembre 2012. Les procédures relatives à la mise en place de collectivité à statut particulier : CT unique fusion département et région. plus que le 1er projet prévoyait un scrutin uninominal à un tour (mode anglo-saxon)  instaurer un bipartisme. Une 1er loi a été adopté le 16 février 2010 pour anticiper une réforme ultérieur relative à la disparition de la distinction entre conseillers généraux et conseillers régionaux pour faire coïncider les … de renouvellement des élus du département et de la région.

la 2nd à fonder les pôles métropolitains. mais que le seuil de 500 est élevé à 1000. En 1966 la communauté urbaine qui a été créée est Strasbourg. c’est la loi qui fixe directement le nombre de représentant des communes par strates démographiques. En Midi-Pyrénées. Or le texte de novembre maintient le mécanisme. le CR compte 91 élus. Par ailleurs la logique de la loi de 2010 fondée sur le postulat de réduction des élus avait néanmoins des effets paradoxaux au niveau régional dans un sens inflationniste dès lors que les conseillers des divers départements devaient siéger au conseil régional. La réforme trouve une solution de compromis inspiré par le mode de scrutin de la loi PARIS-LYON MARSELLE du 30 décembre 1982. c’est le statut de CT. S’il convient d’aller au delà du statut EP. Section 2 - La création de nouvelles structures Alors qu’une fois encore le projet initial était de clarifier le paysage territorial français sur la base de la stigmatisation du mille feuille administratif français. en application de la loi on passait à 280 : l’hémicycle ne peut contenir toutes ces personnes. De nouvelles structures sont créées dans le milieu urbain directement inspiré par un logique managériale. La 1ère formule sert à fonder la création des métropoles. 49 . c’est le résultat inverse qui ressort de la réforme. Néanmoins afin de respecter la parité. On a boutis à l’effet inverse de celui qui était annoncé. Aucune catégorie de collectivités n’est supprimée. La création obéie aux règles de majorité traditionnelle. Les conditions de création des métropoles sont d’abord d’ordre démographique. les 1ers de listes sont conjointement élus au conseil municipal et au conseil communautaire. Mais selon la logique de compromis qui caractérise la loin. de « productivité » et de « compétitivité ». §1- Création des métropoles La commission Balladur avait conçu les métropoles comme de nouvelles CT. et à l’inverse de nouvelles structures sont créées. mais passe par l’édiction d’un décret du ministre. ils occuperaient une place comparable au conseil d’arrondissement des 3 plus grandes villes. et le seuil planché est que toute les communes doivent avoir au minimum 1 représentant. ensemble de plus de 500 000 habitants déjà organisé sous forme d’EPCI. Le seuil de 3 500 a été abaissé à 500. la question se posait quant à la légitimité démocratique des membres des conseils de communauté qui n’étaient pas élus directement mais désigné par les conseils municipaux membre de la communauté. ainsi que les communautés urbaines instituée par la loi de 1966. Désormais depuis la loi de 2010. Ce système électoral entraine corrélativement une mutation du mode de scrutin pour les petite communes de plus de 500 habitants qui se verraient appliquer le système de plus de 3 500 habitants. §2- L’élection des délégués communautaires Depuis les lois de 92 et 99 sur l’intercommunalité. Au niveau communal. mais de conseillers départementaux. Conjointement est remis en cause le mode de répartition des sièges entre les communes au sein du conseil de communauté. sous réserve d’un seuil plafond aucune commune ne peut avoir plus de la moitié des sièges. Auparavant le principe était l’accord entre les communes membres. le texte prévoit l’élection de binôme homme-femme dans chaque canton. entrepreneuriale.Le texte adopté en 1ère lecture en novembre 2012 qui abroge le conseiller territorial qualifie les élus du département non plus de conseillers généraux. Néanmoins le devenir des métropoles devrait être penser au delà du statut d’établissement public ( CT). les métropoles sont créés dans le cadre du statut classique d’EPCI en faisant en quelque sorte des super-communautés urbaines. Il s’agit selon les termes mêmes de la loi de structures ayant pour objet « d’améliorer la compétitivité et la cohérence des territoires urbains concernés » ou encore « d’améliorer la compétitivité et l’attractivité du territoire ».

Les pôles métropolitains sont constitués par accord entre des EPCI à fiscalité propre en vu d’action d’intérêt métropolitain en matière « de développement économique. Ce n’est pas le département qui demande. la politique locale de l’habitat. PLU. réserve foncière. Schéma de secteur. La création d’une métropole signifie que dans le périmètre des compétences métropolitaines. §3- Les communes nouvelles Le terme de fusion de commune n’est pas utilisé car trop lié à l’échec retentissant de la dernière tentative en ce sens correspondant à la loi Marcellin de 1971. §2- La création des pôles métropolitains Ils correspondent à une nouvelle catégorie d’EPCI. Les transferts concernent également les compétences régionales. Les pôles métropolitains doivent regrouper en ensemble de 300 000 habitants dont 1 EPCI de 250 000 habitants ce seuil pouvant être abaissé à 50 000 pour un EPCI « limitrophe d’un état étranger ». les collèges. la politique de la ville. la loi renoue avec un tel objectif « une commune nouvelle peut être créée en lieu et place des communes contigüe ». collecte et traitement des déchets). cimetière. de l’enseignement supérieur et de la culture. Les compétences les plus controversées. Il en va ainsi pour les compétences centrales du département : le domaine social.Les compétences correspondent pour l’essentiels à celle caractérisant déjà les communautés urbaines : le développement et l’aménagement économique et culturel. 50 . voierie). sources de violente critiques des départements. transport. les zones d’activité et « la promotion à l’étranger du territoire et de ses activités économiques ». Mais cette dynamique métropolitaine ne doit pas entrainer la création de nouveaux emplois « aucun emploi territorial permanent ne peut être créé dans les 3 ans suivants les transferts de service ». cesse d’être des compétences du département. en l’occurrence de la définition d’un intérêt métropolitain  pure question politique. La loi prévoit enfin que sur demande des métropoles. La loi ajoute que d’autres compétences départementales peuvent être transférées à la métropole par voie de convention passée avec le département sur demande de la métropole. assainissement. abattoir. incendie et secours. mais peuvent être transférés aux métropoles dans le cadre d’une convention le développement économique et les lycées. d’aménagement de l’espace pour la coordination des Scot ». Quelque soit la procédure. une consultation électorale doit ratifier cet création de commune nouvelle dans le cadre d’une majorité absolue correspondant au moins au quart des électeurs inscrits. de promotion de l’innovation de la recherche. pour plusieurs compétences : transport scolaire. le sport et la culture. La loi précise que ces transferts de compétence sont complétés par les transferts de services départementaux correspondants. la gestion des routes classées dans le domaine public départemental. Le régime juridique des pôles métropolitains est celui des syndicats mixtes. Le transfert est de plein droit. La loi prévoit également l’hypothèse explicite d’une transformation d’un EPCI en commune nouvelle dont le Titre 3 défini les conditions. le tourisme. l’Etat leur transfert aussi à titre gratuit les grands équipements et infrastructures urbains. La loi tient compte de cet échec. transfert de touts les transferts d’intérêt collectif (l’eau. Le périmètre correspond à celui des EPCI membres. concernent les compétences des départements transférés à la métropole à l’intérieur de son périmètre spécifique. l’aménagement de l’espace métropolitain (SCoT. Dans tous ces domaines la délégation peut être soit intégrale soit partielle selon la logique traditionnelle de l’intercommunalité. de plein droit sont transférés les compétences relatives « à la promotion à l’étranger du territoire et de ses activités économiques ».

2 autres sont spécifiques et antinomiques : créations nouvelles de communautés le préfet peut dissoudre les syndicats Pour chacune de ces hypothèses le préfet peut agir selon 3 scénarios distincts : Mise en œuvre du SDCI Pas de schéma. La loi distingue 2 issues : les communes sont d’accord les communes ne sont pas d’accord Selon la loi l’accord résulte de l’avis favorable de la moitié des communes représentant la moitié de la population. Le projet initial visait à supprimer la clause générale de compétence des départements et des régions au profit de compétence exclusive de chaque catégorie. schéma établi sous l’autorité du préfet avec la participation des élus locaux membres de la CDCI.Section 3 - L’achèvement de l’intercommunalité L’article 18 de la loi formule un pp claire : aucune commune ne peut rester isolée. Les communes concernées ne sont pas consultées. Seules sont consultées les EPCI concernés par le rattachement. Dès lors. le préfet peut intervenir selon 3 objectifs concernant les EPCI à fiscalité propre. Ces arrêtés sont notifiés aux communes concernées qui disposent de 3 mois pour formuler leur avis. La loi prévoit par ailleurs qu’à compter du 1er janvier 2012 et jusqu’au 31 décembre 2012 le préfet compétent pour édicter les arrêtés de mis en œuvre de l’achèvement de l’intercommunalité. De manière générale. Section 4 - Le principe de clarification des compétences Le projet de loi a eu de vives controverses. Le texte présenté est un compromis. La loi distingue 3 hypothèses : le principe : compétence exclusive pour les départements et régions compétences partagées : culture sport et tourisme 51 . territorialement possible. 2 de ces objectifs sont identiques : Fusion de périmètre de communauté ou de syndicat pour avoir des communautés plus large. sauf si la CDCI s’oppose à l’initiative du préfet à la majorité des 2/3. Les protestations des professionnels de la culture et des milieux associatifs ont permis d’écarter cette solution dans 3 domaines : culture. hors d’un EPCI à fiscalité propre en continuité territoriale et sans enclave. outre l’hypothèse précité du rattachement des communes isolées. Un schéma mais qui ne correspond par à la philosophie de la loi Le préfet peut alors agir en s’écartant du schéma. et 3 objectifs concernant les syndicats intercommunaux (SIVU. Leur assemblée délibérante peut seulement bloquer l’initiative territoriale à la majorité des 2/3 dès lors que s’il existe un rattachement alternatif soit géographiquement. Mais la loi dit que le préfet peut passer outre du défaut d’accord. sport et tourisme. Ils peuvent continuer à bénéficier de financements croisés. En cas de non réponse dans les 3 mois. l’avis est réputé favorable. selon la loi la nouvelle carte de l’intercommunalité devait être élaboré tout au long de l’année 2011 dans le cadre de la nouvelle configuration du SDCI. SIVOM). le préfet peut procéder au rattachement des communes isolées à l’EPCI dont elles sont périphériques.

................. La jurisprudence ville de Pamiers .........................Les rapports avec l’État : de la tutelle au contrôle administratif ...................Les communes rurales ......................................................................................................................... 20 2................................Le principe de libre-administration des CT .......... 3 A ............................................................................................................. 23 b..............................................Les traductions dans la théorie du droit ...............L’application du droit de la concurrence aux collectivités territoriales ................................................................................................... 22 5.............. 12 § 2 ............................. 11 A ............................................ 20 1...................................................................Les villes ........... 10 CHAPITRE 2 ......................................................................................................... 24 PARTIE 2 : GRANDES REFORMES CONTEMPORAINES DU DROIT DE LA DECENTRALISATION ............................................................................... 6 § 3 ......................... L’extension multidimensionnelle du droit de la concurrence ............................. Le débat doctrinal ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................... 21 4......... 15 La strate de l’âge national .................................. 24 Section 1 ...... 13 B ......................................... 7 B .........................................................................................................................................................................................................................................................La disparition des autonomies communales ..................................................................................... PARTIE 1 : L’IDENTIFICATION D’UN DROIT DE LA DECENTRALISATION ....................................Les causes économiques et sociales .............. Enfin la loi prévoit que les départements et les régions peuvent élaborer ensemble un projet de schéma d’organisation de compétences et de mutualisation de leur service................................................................................................... 9 2........................................... La jurisprudence Million et Marais ................................ 11 B .................................. Les solutions jurisprudentielles .......... autonomie et libre-administration......................................................................................... 1 CHAPITRE 1 .............................................................................................. 4 B ................... 16 B ... 25 §1La nouvelle procédure de contrôle ..................................................................................................................................................... 2 §1§2Problématiques et contenu de la décentralisation ........................... 13 A ............................................................................... et de 30% pour les autres collectivités.................................................................................... 1 Section 1 .......................................................................................................................................................................................................... 7 A ..................................................................................................................................................................................................... La révision constitutionnelle de mars 2003 et les solutions du Conseil constitutionnel .................... 20 3...................Les grands principes : pluralisme et autonomie .............................................................. 23 a.....................Les mouvement de diversification des instruments juridiques et institutionnels ................... 8 1.......................................... Les limites ................................... 4 C ....... 13 Les trois strates de la sédimentation ........................................................................................................ 17 C ........ 19 D .........................................................................................................................LES ENSEIGNEMENTS DE L’HISTOIRE : DE L’AUTONOMIE A LA DECENTRALISATION ......................................................................................................................................... L’encadrement..................................................................................................................... 11 §1La formation communautaire ....................................................................................................................................................................................................................................Les éléments intrinsèques aléatoires............................................................................................ Les financements croisés en matière d’équipement imposent désormais que la collectivité maitre d’ouvrage assume un minimum de 20% de la charge financière pour les communes de moins de 3500 hab..............LES CARACTERES GENERAUX DE LA REFORME DE 1982-1983 ............................................................... 11 Section 1 ............................................................................................................................................... 16 A .................................................. Les apparentes contradictions générées ....................................................................................Les manifestations d’une autonomie originelle.....- compétences déléguées : l’exercice par voie contractuelle d’une compétence d’une collectivité par une autre................................. 26 52 ....Les fondements politico-administratifs . 25 Section 3 ..........Le caractère prépondérant d’un critère extrinsèque : la tutelle .........................Les limites matérielles et formelles de la réforme ............................................................................................................... 9 3..........................................................................................Le mouvement de réorientation des missions / finalités des CT .................................................................................................... 2 Pluralité des éléments constitutifs ....................................... Mais la loi indique que cette distinction entre ces 3 catégories ne prendra effet qu’en 2015.... 24 CHAPITRE 1 ........... 15 La strate de l’âge féodal...Les principaux objets de la réforme ........................................................................................................LES VICISSITUDES DE LA THEORIE JURIDIQUE ............................................................................ et les EPCI de moins de 50 000 hab....................................... 24 Section 2 .............Le mouvement de privatisation des techniques des modes de gestion ........... 13 Section 2 Section 3 §1§2§3- L’évolution vers la centralisation et la décentralisation .........................................................................................................................................Décentralisation............................................Le pouvoir règlementaire des collectivités territoriales ................................ Limite et encadrement du droit de la concurrence ................... 15 La strate de l’âge libéral (néolibéral) .................................................................Les causes juridiques ...... 1 Section 2 .............................

....................................................................................................................................................... 45 § 3 .............................................................. 33 § 2 ....................................................................................................................................................................................................... 38 § 2 ..................... 32 A ........La logique d’expérimentation ................................................................................................................. 46 B ................ 40 D . 41 Les transferts de compétences ............................................................................................................................................................................................................................................... 48 L’élection des délégués communautaires ....................................................................................................................................................De nouveaux transferts ou délégation de compétences .. 43 c............................................Le contrôle renforcé ..... 44 3...........La reconnaissance du pouvoir réglementaire....................................................................................................................................................................................... 26 B ..................................................................................................................................... 29 A ...................La singularité de l’outre mer .......................................................................................................................................... Les communes et l’intercommunalité ...................................................................................... 49 La création des pôles métropolitains .................................... 41 Sur le terrain politique ........................................................................................................................... 48 §1§2§1§2§3La création du conseillers territoriale .................................................................. 41 Sur le terrain juridique .Le contrôle allégé..............................................................................LA LOI DU 16 DECEMBRE 2010 ...................................................................................................Le prolongement des grands équilibres de 1983 .. 44 1..........................................Les compétences économiques.........................................................L’interdiction de la tutelle d’une collectivité territoriale sur une autre ................. 40 Section 2 §1§2§11) 2) §2- Les lois organiques subséquentes du 1er août 2003 ...................................................................................................................... 32 B ................................................................................................................ 38 A .............................................................................................Les compétences affectées par les lois de 1983................... 48 Section 1 .......................... La région........ 29 B .............Des modifications institutionnelles de portée technique ......L’aménagement du territoire ............................................ 31 Section 4 §1- Une nouvelle définition des critères de la répartition des compétences ................................................................................ 37 B ........................................................................................................... En matière d’action sanitaire et sociale .......................................................Les cas particuliers de contrôle administratif ....... 37 A ................................................................Les compétences régionales ............... 43 2......... Les mutations concernant la culture ..................................... 42 a.....Principe de subsidiarité et principe de « collectivité chef de file »..........................................................L’assouplissement des relations entre EPCI et communes membres ........................................................... 40 La loi organique relative à l’expérimentation ..........................................................................Des dispositions de rupture dans le statut et les compétences des CT .......................................................................................................................................................................................................................La démocratie locale ........................ 36 Section 1 ............................................................. 43 B ................... 28 2.. 28 § 2 .......... 29 § 3 ........................................................................................................Les grands principes du régime juridique .................................................................................................................................................................................A ............. En matière de développement économique et d’intervention économique ...................................................................................................................... 51 53 .................................................... 41 Section 3 - Les caractéristiques principales de la loi ...................................... 42 b..............................................................................................................................Les compétences départementales ................................................ 35 B ...........Les transferts liés aux transferts de charges ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Les modifications concernant l’intercommunalité ............................................................................................................. 31 Compétence communale .............................................................................................................. 42 A ............................. 34 § 3 .................................... 35 A .......................................................................................................................................................................... 38 B ..................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Les principales compétences traditionnelles.... 45 A ...........................................................................................................................................................................................................................................LES MUTATIONS CONSECUTIVES A LA REVISION DE LA CONSTITUTION DE MARS 2003 .......L’autonomie financière ..........Portée de la réforme et applications contentieuses....................................Référence à la démocratie locale ............................. 49 Création des métropoles .................................................................La révision constitutionnelle : une nouvelle conception de la décentralisation............................................ 49 Section 2 - La création de nouvelles structures ....... 50 Les communes nouvelles ................................................................................................................................................................. 36 §1Des dispositions de portée proclamatoire ou procédurale ...................... Les transferts dans le domaine de l’éducation nationale ............................................................ 39 C ....................... 42 1....................................................................................................................................................................... 41 La loi organique relative au référendum local du 1er août 2003 .............................................................................................................................................................................................. 36 C ........................................................................... Le département . 40 La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales ..................... 27 1... 36 CHAPITRE 2 .................................................................................................................................. 46 C ............... Les actes ...................................................................................................................................................................................................................................................................................... 44 2............................................................................................. 47 CHAPITRE 3 ........................................................................................................Autres compétences régionales ............................................................................................................. La procédure ......................................... Les transferts en matière de voirie et de grands équipements ................................. 50 Section 3 - L’achèvement de l’intercommunalité .............................................................................................................................

................................................ 51 54 .Section 4 - Le principe de clarification des compétences ......................................