Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA

Numéro 9  (2005) Varia
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Daniel Russo

Les arts en France autour de 1400. Création artistique, questions iconographiques
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Référence électronique Daniel Russo, « Les arts en France autour de 1400. Création artistique, questions iconographiques »,  Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 9 | 2005, mis en ligne le 25 octobre 2006. URL : http:// cem.revues.org/index707.html DOI : en cours d'attribution Éditeur : Centre d'études médiévales Saint-Germain d'Auxerre http://cem.revues.org http://www.revues.org Document accessible en ligne sur : http://cem.revues.org/index707.html Document généré automatiquement le 27 juin 2011. La pagination ne correspond pas à la pagination de l'édition papier. © Tous droits réservés

9 | 2005 . au contraire : s’ils ne dissimulèrent pas les jalousies et les rivalités féroces. et de sa femme Jeanne de Bourbon. musée du Berry. Au plus fort des crises de régime (défaite devant les Anglais à la bataille d’Azincourt. mais aussi. musée Condé. des modèles. duc de Bourgogne (1342-1404)  . Louis de Guyenne. surtout urbaines et plus encore parisiennes. 1364-1419. et ce fut une grande originalité. des artistes. en 1420) et des humiliations infligées au roi. il s’agissait de comprendre. des formes et de l’iconographie. sous l’autorité d’un prince de sang royal et de la maison de Valois. sous le règne de Charles VI (1368-1422). “honteux traité” de Troyes. les 7-8 juillet à Paris. questions iconographiques 1 Durant le printemps et l’été 2004. Dans le cadre des “Rencontres de l’École du Louvre”. Les Très Riches Heures du duc de Berry et l’enluminure en France au début du XVe siècle. oncles et frère du roi  : L’art à la cour de Bourgogne. les réalisations artistiques auraient pu être très différentes. ne cessèrent jamais leurs investissements dans la pierre. Château et musée de Blois. avec la montée en puissance et le mécénat fastueux de ses frères. enfin. roi de 1380 à 1422. duc de Berry. Création artistique. Louis 1er d’Orléans (1372-1407). l’or. sous le commissariat de Thierry Crépin-Leblond. sous le commissariat d’Élisabeth Taburet-Delahaye). sous la responsabilité d’Emmanuelle Toulet et de Patricia Stirnemann . reine de 1385 à 1435. l’émulation du goût et le plaisir de posséder. en un même mouvement. par-delà la diversité des situations géographiques et politiques. La Sainte-Chapelle de Bourges. tous ces facteurs contribuèrent à rendre unique ce moment artistique. c’est-à-dire les territoires sous le contrôle des “princes des fleurs de lys”. 31 mars-2 août 2004. roi de France à partir de 1422. Philippe  II dit le Hardi. du jeune Charles. Une affaire de générations 2 À travers tous les objets ainsi réunis. Création artistique. roi de 1364 à 1380. Jean. Paris. puis après sa mort. et d’Isabeau de Bavière (1371-1435). et du fait de la constitution de véritables états indépendants. les liens de parenté entre les princes. avec son frère puîné. futur Charles VII (1403-1461). musée des Beaux-Arts. 26 juin-12 septembre 2004. Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Louis d’Orléans et Valentine Visconti. Dijon. Alors que les apanages créés par le roi Jean II le Bon (1319-1364. sur les principaux foyers situés dans les “apanages”. celle du roi Charles V. roi de France à partir de 1350) pour ses fils. Car cela faisait partie intégrante de leur conception du pouvoir et de la qualité qu’ils souhaitaient imprimer à leur vie. duc de Berry (1340-1416). celle du dauphin. 26 juin-15 septembre 2004. Château de Chantilly. Les arts sous Charles VI. sous le commissariat de Béatrice Chancel-Bardelot et de Clémence Raynaud . Fliegel . ensuite.Les arts en France autour de 1400. Nous résumerons la matière très dense des expositions et des débats en quelques points de synthèse. en 1415 . celle du roi Charles  VI. des ateliers et des chantiers. Une forte insistance fut mise sur le foyer parisien (Paris 1400. 28 mai-15 septembre 2004. Une fondation disparue de Jean de France. les frères du Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA. l’améthyste ou l’émail. 22 mars-12 juillet. et ses cousins Jean sans Peur (1371-1419) et Louis II d’Anjou (1377-1417) . sous le commissariat de Sophie Jugie et de Stephen N. le puissant attrait toujours exercé par la ville de Paris. musée du Louvre. assisté de Pierre-Gilles Girault. Bourges. l’argent. tous les princes et leurs clientèles. dit le Sage. reprenant les questions de la commande artistique. Ce ne fut pas le cas. toute la création de ces années à la charnière entre la fin du XIVe et les deux premières décennies du XVe siècle. Dans l’espace. les 9-10 juillet à Dijon. cinq grandes expositions ont montré la très grande richesse des arts en France. un colloque international fut organisé sur La création artistique en France autour de 1400. des emblèmes et des échanges. Louis  1er d’Anjou (1339-1384). questions iconographiques 2 Daniel Russo Les arts en France autour de 1400. enfin. Trois générations se partagèrent de la sorte les commandes et les ateliers chargés de leur exécution : d’abord.

29433). la reine Isabeau de Bavière commanda une Image de Notre Dame. Parfait exemple de ces gentilshommes opportunistes de l’époque. de ses armoiries. pour l’offrir en cadeau d’étrennes à son mari le jour de l’an 1403. Les grands ateliers étaient à Paris. parfois à forte charge politique. Sa femme. toutes sortes de bijoux. maisons. très diffusé dans les milieux proches de la cour royale et des princes. qui joua un grand rôle dans le commerce du livre à Paris. avec prudence et habileté. Un autre italien. vers 1415 (auj. à sa manière. La fortune de ces maîtres était facilitée par le goût du livre enluminé. un familier du duc de Bourbon. retint davantage l’attention de cette clientèle illustre. le style courtois du bolonais Niccolo di Giacomo. roi de Navarre. avec deux de ses neveux. le Calvaire de Matthias Corvin ou d’Esztergom. à Bourges. et grâce aux constructions princières. mentionnés dans leurs inventaires. Le renouveau de la peinture 3 4 Dans Paris même. dans ses décors. La présence des Italiens était aussi clairement attestée : tel le très actif Pietro Sacco de Vérone. faisant exécuter pour leur compte personnel ou pour les offrir. Jean Malouel (avant 1370-1415). dont l’acte de fondation fut signée par Philippe le Hardi en 1385. 9 | 2005 . hôtels. en 1407. Paris) et le marquer. au feuillet 55. ouvert en 1391-1392. dite Cheval d’or. auprès des orfèvres Hennequin du Vivier et Hermann Ruissel. richement enluminés et armoriés avec soin. La  mode était aux livres d’heures et aux missels. (actif dans le dernier quart du XIVe siècle). Bibliothèque de France. Robert de Helbuterne dota le grand escalier de l’hôtel parisien du duc de Bourgogne. les néerlandais formaient le contingent sans doute le plus nombreux et le mieux organisé. obtint la faveur des bibliophiles les plus riches. s’adressa au Maître de Boucicaut pour faire illustrer son exemplaire personnel du Livre des propriétés des choses de Barthélemy l’Anglais. Jean sans Peur. Béraud III d’Auvergne. la reine Isabeau. British Library. Ces décors flamboyants furent expérimentés à plein dans les constructions décidées par les princes en leurs états. suivant qu’on était laïc ou clerc. Le goût pour le bel objet 5 D’extraction plus modeste. vers 1406-1407 (auj. en Berry. il intervint dans des commandes d’objets d’orfèvrerie. jamais l’éclat des arts en France ne fut aussi grand. De même. entre 1397 et 1423. y fit réaliser un joyau de grand prix. et l’on s’adressait à eux en priorité. néerlandais. l’architecture flamboyante fit ses débuts. montraient tous leurs effets pernicieux sur l’unité du royaume. Parmi ceux-ci. de broderies. par exemple dans le réseau utilisé pour les baies de la nef à l’intérieur de la Sainte-Chapelle. de 1409 à 1411. aujourd’hui dans le trésor Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA. Philippe le Hardi intervint dans une affaire de litige qui mettait en évidence les relations de son peintre attitré. en Bourgogne. questions iconographiques 3 roi Charles V. à Vincennes. ms. fr. comte de Clermont (mort en 1426). La façade de la maison édifiée par Nicolas Flamel. vers 1400-1410. un client assidu des échoppes parisiennes. comme sur le feuillet 20 des Heures à l’usage de Paris. ou dans la même forme de réseau employé pour les baies de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Add. le Maître des Initiales de Bruxelles. à destination privée. deux des fameux frères de Limbourg. était parée d’un décor gravé qui suivait les nouvelles tendances apparues dans la sculpture et la peinture. d’une voûte sur laquelle les ogives se changeaient en végétaux naturalistes et emblématiques. Les maîtres renommés n’étaient pas tous français. tout en s’occupant durant un temps des ouvrages destinés au duc Jean de Berry. 9141. Mais l’image peinte dans les livres. En 1400. Louis de Guyenne. Charles Le Noble. Philippe le Hardi avait coutume de passer commande à Paris. originaire de Nimègue. conservé dans le trésor de la cathédrale. et l’anti-pape Benoît XIII (1394-1417) : spécialisé dans l’illustration du livre d’heures. à Dijon. Parmi d’autres. ses architectures et ses figures. Jean de Roussay (mort vers 1418) fut aussi. timides au demeurant.Les arts en France autour de 1400. En matière d’architecture civile. car les étrangers affluaient en ville. le roi Charles VI. sur le chantier de la chartreuse de Champmol. sur le chantier de la Sainte-Chapelle. de “joyaux”. il poursuivit. Bénéficiant de nombreux cadeaux. il s’assura une solide fortune en servant. Marguerite de Flandre. Londres. puis Louis d’Orléans. alors à Paris en apprentissage chez l’orfèvre Alebret de Bolure. dont Jean de Berry. puissants du jour ou plus modestes officiers. Ses généreux protecteurs agirent de même. Création artistique.

son emblème. petit journal de l’exposition. tandis qu’au niveau inférieur de l’édicule en forme de petit théâtre un valet attend. qui annonce celle des cours européennes de la Renaissance. Paris. Le goût pour les objets émaillés dorés. 2004 . éditions Faton.  Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne]. Les arts sous Charles VI. de rubis et de perles. duc de Berry. « Les arts en France autour de 1400. incrusté de saphirs. en ronde-bosse. Réunion des musées nationaux. Création artistique. questions iconographiques 4 d’Altötting. questions iconographiques ». Les Très Riches heures du duc de Berry et l’enluminure en France au début du XVe siècle. Château et musées de Blois. 2004 . tenant en bride.html Droits d'auteur © Tous droits réservés Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA. Pour citer cet article Référence électronique Daniel Russo. caractérise toute une société.revues. Somogy. Bibliographie 6 Paris 1400. L’âge d’or de l’orfèvrerie parisienne au temps des princes de Valois. Dans cet objet d’or émaillé et ciselé. 2004  . comme si. catalogue d’exposition. Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419). riche et avisée. Mécénat et politique autour de 1400. Somogy. tandis que deux anges portent au-dessus de sa tête la couronne de la Reine des cieux. catalogue d’exposition. catalogue d’exposition. l’on avait voulu oublier les vieux codes iconographiques et préparer la voie à la nouvelle image de cour. Devant la treille sont agenouillés Charles VI et un chevalier portant le heaume royal. un destrier qui hennit d’impatience. 2004  . E. Paris. URL : http://cem. Louis d’Orléans et Valentine Visconti. les deux mondes sont pourtant rapprochés l’un de l’autre. Paris. Même hiérarchisés. Fayard-Réunion des musées nationaux. Une fondation disparue de Jean de France. l’univers temporel de la cour est subordonné à l’apparition céleste de la Vierge à l’Enfant. désormais. 9 | 2005. Dijon. La Sainte-Chapelle de Bourges. afin d’en faire cadeau au roi Charles VI pour les étrennes de 1405.org/index707. 2004. Création artistique. Paris. d’argent doré pour le niveau du bas. On y voit la Vierge tenant l’Enfant Jésus et trônant sous un berceau de feuillage orné de pierres précieuses. L’art à la cour de Bourgogne. Par-derrière le roi se tient le tigre.Les arts en France autour de 1400. mis en ligne le 25 octobre 2006. aujourd’hui disparue. Kovacs. 2004 . 9 | 2005 . précieuse et privée. de fleurs émaillées et de perles. catalogue d’exposition.