LES HUIT ETAPES DE LA VIE Jacques et Claire Poujol.

Pages extraites de leur livre « L’accompagnement psychologique et spirituel : guide de relation d'aide », Empreinte Temps Présent, 2007. Selon le psychologue Erik Erikson (Enfance et société, Delachaux et Niestlé, p 265 et ss), chaque être humain traverserait, au cours de la vie, huit crises psychosociales, c'est-à-dire provoquées par les problèmes sociaux auxquels il est confronté aux différentes étapes de sa vie. La résolution de chacune de ces crises peut être orientée vers un pôle positif ou un pôle négatif. Erikson considère la croissance comme le cheminement de toute une existence. Il voit le développement humain continu de la naissance à la mort. Ces étapes se chevauchent et nous les vivons toujours un peu toutes à la fois. Par exemple nous approfondissons sans cesse la confiance fondamentale de la première période. Chaque individu vit ces phases d'une manière qui lui est propre. Le nourrisson (jusqu'à deux ans) Selon que les besoins physiologiques de base vont être ou non satisfaits, il développera soit un sentiment de confiance fondamentale dans le monde, soit une méfiance instinctive. La vertu qu'il acquiert ou non, c'est l'espérance. La petite enfance (2 à 3 ans) Pendant les premiers apprentissages, surtout celui de la propreté, si les parents comprennent l'enfant et l'aident à contrôler son corps, il va faire l'expérience de l'autonomie. En cas de contrôle trop sévère ou incohérent, par peur de la perte de contrôle de son corps, il éprouvera la honte et le doute. La valeur à acquérir à cette période est la volonté. L'âge du jeu (3 à 5 ans) A cet âge, où l'enfant s'affirme en maîtrisant le langage, la mobilité et l'imagination, les projets qu'il fait et qu'on va lui laisser réaliser lui permettront d'acquérir le sens de l'initiative. Mais s'il expérimente des échecs répétés et si on ne l'autorise pas à prendre des petites responsabilités, il risque d'éprouver résignation et culpabilité. La qualité à acquérir à cette phase est la détermination, la persévérance.

L'âge adulte (35 à 65 ans) Cette étape est celle de la générativité. le système scolaire favorise davantage le développement du sentiment d'infériorité que celui de la compétence. D'autres adultes connaissent la stagnation. en priant pour les autres. le travail et une réelle amitié. Malheureusement. mais aussi en étant enseignant. Ce que l'on devrait acquérir ici est l'amour. en apprenant à travailler. . le développement sexuel. c'est-à-dire selon Erikson. Le jeune adulte (19 à 35 ans) Celui-ci recherche l'intimité d'un être aimé. le fait d'appartenir à un groupe de copains et la formation de ses propres valeurs morales. On peut donner la vie biologiquement. L'adolescence (12 à 18 ans) Pour Erikson. l'intérêt pour la génération suivante et pour son éducation. se prépare pour les tâches futures. ses potentialités et les choix qu'il doit effectuer. L'incapacité à faire naître ce sentiment d'identité peut aboutir à une confusion des rôles qu'il a ou aura à jouer sur les plans professionnel. avec qui il partagera la procréation. etc. La vertu à acquérir à l'adolescence est la fidélité. le sentiment d'avoir été incapables d'appeler qui que ce soit à la vie et de n'avoir rien apporté aux nouvelles générations. L'évitement de cette expérience amènera au contraire à l'isolement et au repli sur soi. social ou affectif. qui est pourtant ce que l'on devrait acquérir à cette étape. L'adolescent recherche son identité et la trouvera plus facilement s'il intègre ses expériences antérieures. il développera soit un goût pour le travail bien fait. se manifestant par la productivité et la créativité dans plusieurs domaines. plusieurs éléments sont importants à cette période : l'incapacité à se fixer sur une identité professionnelle. soit un sentiment d'infériorité en ce qui concerne ses aptitudes ou sa place par rapport à ses camarades. Compte tenu des méthodes éducatives de ses enseignants. éducateur.L'âge de l'école (6 à 12 ans) L'enfant.

. Si cette intégration du passé ne s'effectue pas. après avoir été « étouffé » pendant tant d'années. une bénédiction. La personne atteint l'intégrité personnelle si elle accepte sa propre vie. * De sexualisés. l'accès à l'intégrité dépend de trois conditions : . * Il faut rester souple sur le plan émotionnel pour favoriser d'autres investissements affectifs après le départ des enfants et la mort des parents âgés. C'est l'âge où le SUJET en elle voudrait émerger. les rapports sociaux doivent devenir socialisés. Le psychiatre Peck estime que quatre conditions sont nécessaires pour que se développe une générativité authentique : * On doit estimer la sagesse plus que les prouesses physiques. Les problèmes qu'elle n'a pas réglés avant font surface sous forme de symptômes divers qui sont. Le vieillissement (après 65 ans) C'est l'aboutissement des étapes précédentes. * On doit aussi rester souple mentalement et développer des côtés de sa personnalité que l'on a négligés jusque là.La redéfinition du Moi en dehors du rôle professionnel. qui permet de dire oui à l'idée de la mort. à notre avis. l'attention aux autres. la personne termine son existence dans la peur de la mort et dans le désespoir. et eux seuls souvent. si elle reconnaît qu'elle en est responsable et qu'elle ne peut plus rien changer à son passé.C'est pourquoi il est courant qu'une personne commence un travail sur soi entre 40 et 50 ans. il meurt un.L'acceptation du déclin du corps. puisque ces symptômes. » Pour Peck. . La vertu à rechercher pendant cette période est la sollicitude. . vont l'inciter à « bouger » sur le plan psychologique. La vertu de cette étape est bien sûr la sagesse. ni retrouver ce qui a été perdu.Le détachement de soi. Sartre formule cela ainsi : « L'homme naît multiple.

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