L'« herméneutique » ancienne

L'« herméneutique » ancienne L'herméneutique est aussi ancienne que le sont les religions, les spiritualités, et la philosophie.

Cependant, le terme d'herméneutique n'est apparu qu'à l'époque moderne , sous la plume de Friedrich Schleiermacher5 et Wilhelm Dilthey. D'Aristote à la science contemporaine[modifier] Dans son traité De l'interprétation (Organon II), Aristote (ive siècle AEC) avait défini des règles essentiellement logiques d'interprétation des textes. Il y développe notam ment sa théorie du jugement (affirmatif et négatif), de la contradiction et de la co ntrariété. Son point de départ est l'analyse des éléments sémantiques (la lettre, le nom, le verbe, la proposition). Il aboutit à une métaphysique qui hiérarchise les degrés d'être, après avoir exposé la théorie des « futurs contingents », laquelle influencera les débats méd aux sur le problème théologique de la prédestination. Ce traité sera abondamment commenté par les philosophes médiévaux (Averroès6, Thomas d'Aquin7, Jean Duns Scot8, Guillaume d'Ockham9), et fixera pour longtemps la norme de lecture des textes (philosophiq ues, mais pas seulement). Les herméneutes contemporains tels Umberto Eco10 ou Paul Ric ur11 se réclament également de la philosophie aristotélicienne, mais davantage de la Poétique et de la Rhétorique que de l'Organon à proprement parler, ce dernier étant plutôt vu comme un prélude à l'élabo ration du discours scientifique, que comme un ensemble de traités sur l'interprétati on concrète des textes en général. On peut mesurer ainsi le changement de paradigme de l'époque médiévale à l'époque contempo raine : la logique (l'ancienne herméneutique de l'Organon) a été absorbée par la science (mathématiques, physique) tandis que la philosophie (la nouvelle herméneutique) exp lore des champs d'interprétation plus larges que les sciences naturelles (poétique, rhétorique, littérature, mais aussi sociologie, psychologie, histoire, anthropologie ). L'une des causes principales de ce changement est la naissance des sciences h umaines, qui livrent une autre approche du monde que celle de la science et de l a métaphysique logicisées. Néanmoins, certains auteurs de la fin du XXe siècle, comme Paul Feyerabend, soutienn ent que le discours scientifique est lui aussi une interprétation du monde, et que son mode de production ne diffère pas de celui des autres discours, littéraires, my thologiques, etc12. En ce sens, aucun champ n'échapperait à l'herméneutique, pas même la science prétendument univoque (non sujette aux querelles d'interprétation) et rigou reuse (non affectée par la contingence des images humaines). Stoïcisme[modifier] Les stoïciens développent un naturalisme herméneutique, qui assimile les dieux, comme représentations, à des forces physiques. "D'un autre motif en rapport avec la physique est découlée une grande multitude de d ieux qui, revêtus d'une forme humaine, ont donné matière aux fables des poètes, mais ont rempli la vie humaine de superstitions. Ce sujet, traité par Zénon [de Citium], a été a bondamment développé par Cléanthe et par Chrysippe... L'air, selon la doctrine stoïcienn e, est situé entre la mer et le ciel, et il est déifié sous le nom de Junon ; Junon es t la s ur et la femme de Jupiter, ce qui veut dire que l'air ressemble à l'éther [Jupi ter] et a, avec lui, l'union la plus intime" (Cicéron, De la nature des dieux, II, XXV-XXVI).[réf. nécessaire]

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