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TOPOLOGIE

⋅ ⋅⋅ ⋅
Définitions premières









La topologie s’intéresse aux propriétés « morphologiques » des ‘ensembles’, par
l’intermédiaire de l’étude des relations entre leurs différents éléments, indépendamment de leur
« forme » ou de leur « taille » (pour utiliser des métaphores géométriques), c’est-à-dire
indépendamment de propriétés quantitatives. Intuitivement (mais ce n’est qu’un cas particulier),
deux ‘objets’ sont topologiquement équivalents s’il est possible de passer de l’un à l’autre par
« déformation élastique », sans déchirure ni recollement.
Cette vision intuitive a été formalisée au sein de la théorie des ensembles :

Deux sous-ensembles A et B d’un ensemble de référence E (l’espace topologique) sont
topologiquement équivalents, si il existe un homéomorphisme
1
de A vers B

Cette définition “ensembliste” est plus générale que celle de l’élasticité, car elle permet de
définir une topologie sur des ensembles non forcément continus (lN par exemple), ou de nature
a priori indéfinie (comme l’ensemble des fonctions réelles continues C (lR, lR)

).

Il est important de remarquer que la topologie reste indissociable de la théorie des
ensembles (cf. p.9); par conséquent, elle repose sur une logique à objets entièrement bien définis.
Cela provient de la définition d’un ensemble donnée par Cantor :

« Par un ensemble, nous entendons rassemblement en un tout M d’objets bien définis,
distincts de notre intuition ou de notre pensée, appelés “éléments” de M » [5]

Il est ainsi crucial de ne pas avoir une confiance absolue aux modèles physiques basés sur
ce type de théories mathématiques, car ils impliquent que les objets manipulés puissent être
entièrement bien définis, et rien ne dit que le Réel soit réductible à une telle représentation.

Un des buts de la topologie est de formaliser (au sein de la théorie des ensembles) la
notion initialement intuitive de « déformation élastique » ; on définit pour cela une classe de
transformation, les homéomorphismes
1
. Ceux-ci nécessitent une définition de la continuité. Dans
le cas des espaces munis d’une métrique, il est possible de définir directement la continuité
2
. Mais
le domaine d’étude de la topologie n’est pas restreint à ce cas : au sein des espaces non munis de
métrique (actuellement le cas étudié le plus général), on définit au préalable différentes notions :
les voisinages, les ouverts, les fermés.

1
Homéomorphisme (à ne pas confondre avec homomorhisme) : application bijective continue, dont la réciproque
est elle-même continue. La continuité est topologiquement définie à l’aide des voisinages. Une bijection, est une
application, qui à chaque élément de l’ensemble de départ fait correspondre un unique élément de l’ensemble
d’arrivée, et réciproquement.
2
C’est ce qui est fait en topologie sur lR
n
, où une fonction f définie sur I est continue en a si :


ε

>

0 ∃

η

>

0 ∀

x



I : (

|x−a|



η

) ⇒ (

|f(x)− f(a)| ≤ ε

)
Cette formulation est cependant très restrictive : elle nécessite que l’espace soit métrisable. (La métrique est ici
présente par la norme | α | , où α



lR
n
, cf. métrique p.3)
Il existe deux manières axiomatiques équivalentes de construire ces définitions
topologiques :

›VOISINAGES‹ → définition des OUVERTS → propriétés des OUVERTS
Théorèmes
› OUVERTS‹ → définition des VOISINAGES → propriétés des VOISINAGES

Il suffit en fait d’en présenter une pour obtenir l’autre, en reversant l’ordre de définition.
C’est le cheminement qui est présenté ici, car il semble plus “naturel”

NOTIONS PRÉALABLES :

E désigne l’ensemble dont on étudie la topologie. x désigne un de ses éléments.

– Voisinages :
La notion de voisinage est fondamentale en Topologie. Elle permet d’utiliser formellement le
concept intuitif de “proximité” d’un point, et d’en faire découler les définitions de continuité,
d’adhérence, de convergence, de connexité, de compacité, etc... Le concept de voisinage est
défini, comme ordinairement en mathématiques, à partir de ses “propriétés”. Les voisinages sont
donc définis comme vérifiant quatre axiomes :

V
1
x appartient à chacun de ses voisinages.
V
2
Tout sur-ensemble V d’un voisinage U de x est un voisinage de x.
V
3
L’intersection de deux voisinages de x est un voisinage de x. (Donc toute intersection finie)
V
4
Tout voisinage U de x contient un voisinage V de x tel que U soit également un voisinage de
chaque point de V

On peut donner une formalisation plus ‘stricte’. Une famille
1
V(x) de voisinages de x∈E est
incluse dans l’ensemble des parties
2
de E , noté P(E) : V(x) ⊆ P(E). Chacun des ensembles de cette
famille est dénommé voisinage de x, et vérifie les quatre axiomes suivants :
V
1
∀x∈E , V(x) ≠ ∅ et ∀V∈V (x), x∈V
V
2
∀V∈V(x), V⊆U ⇒ U∈V(x)
V
3
∀U,V∈V(x), U ∩ V ∈ V(x)
V
4
∀U∈V(x), ( ∃ V∈V(x) : V ⊆ U ) et ∀y∈V, U∈ V(y)

















1
Une famille est un ‘regroupement’ d’ensembles indexés, dans ce cas par x. Cela permet en effet de considérer
l’ensemble des voisinages V(E) de tout point de E.
2
L’ensemble des parties P(E) d’un ensemble E est la famille de toutes les parties qu’il est possible de former à
partir des éléments de E. Par exemple, P({a,b}) = {∅, {a}, {b}, {a,b} }. (Voir aussi p.9)
U, V, W ∈ V(x) :
V
1
: x ∈ U, V
V
2
: U ⊆ W
V
3
: U

∩ V ∈ V(x)
U ∈ V(x) :
V
4
: ∃ V∈V(x) : V ⊆ U
∀y∈V, U∈

V(y)




x
U
V
E
W

U ∩ ∩∩ ∩ V
x
U
V
E
y
Essayons maintenant de voir quels types d’ensembles peuvent être voisinages d’un point x.

D’après la définition précédente, il est tentant de croire que, pour un ensemble de référence E,
il existe une seule famille de voisinage V(x) par point x. Cela n’est pas le cas ! En fait, toute
famille vérifiant les quatre propriétés associées à x peut être appelée ‘famille de voisinage de x’.
La notion de voisinage n’est pas absolue.
En effet, pour étudier les propriétés topologiques d’un ensemble E, il faut au préalable
spécifier comment il sera étudié, c’est-à-dire quelles sont les parties de E qui pourront être
‘utilisées’. Il faut préciser par avance quels sont tous les voisinages possibles. Pour ce faire, il
faut munir E d’une sous-partie V(E)
1
de P(E), qui sera l’ensemble des voisinages de chaque point
de E. Le couple (E ; V(E)

) peut alors être étudié : il forme une structure topologique.

Suivant le V(E) dont est muni E, les propriétés topologiques de E seront différentes
2
. Deux cas
au moins sont toujours possibles :
– lorsque V(E) = {∅, E} , le couple (E ; {∅, E}) est dénommé topologie grossière.
– lorsque V(E)

=

P(E)

, le couple (E

;

P(E)) est dénommé topologie discrète
3
.(la plus fine)
Les éléments des deux ensembles {∅, E} et P(E) vérifient bien les quatre propriétés des
voisinages. À ce titre, il peuvent être effectivement des familles de voisinage.

→ Un cas particulier : les espaces métriques (développés plus loin, cf. p.7)
Un ensemble E (ou plutôt espace) est métrique lorsque il est muni d’une distance, c’est-à-dire
d’une application d de E

² vers lR
+
qui vérifie les axiomes suivants :
D
1
∀(x, y) ∈E

² , d(x, y) = d(y, x) Symétrie
D
2
∀(x, y, z) ∈E
3
, d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y) Inégalité triangulaire
4

D
3
∀(x, y) ∈E

²

, d(x, y) = 0 ⇔ x = y Séparation

⋅ La topologie induite par une distance sur un espace métrique fait appel à la définition
suivante des voisinages :
V



V(x) ⇔ ∃ρ∈lR*
+
: {z



E : d(x,

z)

< ρ} ⊆ V
Dans ce cas, x ne peut pas appartenir au ‘bord’ de ses voisinages.
De plus {x} n’est pas un voisinage de x : {x} ∉ V(x)
5


⋅ Dans le cas de E = lR, la topologie dite ‘usuelle’ est celle induite par
la métrique euclidienne : d
2
(x, y) = |

y



x

|.
⋅ Dans le cas de E = lR
n
, la métrique usuelle (euclidienne) est :
d
2
(x, y) = ( ) x y
i i
i
n

=

2
1


1
On a : V(E) =
x E ∈
Υ
( V(x) ) La donnée seule de V(E) (ou la caractérisation de ses éléments , p.ex. sur lR : on peut
avoir V(E) = {

]a ;b[ , a≠b ∈ lR

} ) suffit pour déterminer quelle est la famille V(x) de voisinages d’un point x
particulier : il faut sélectionner dans V(E) les ensembles qui contiennent x, mais qui n’appartiennent pas à leur
‘bord’. (cf. frontière p.5) Le terme ‘bord’ est intuitif : il peut en fait valoir ∅ pour tout ensemble, en topologie
discrète !
2
Ces différences sont extrêmement importantes : par exemple, tout espace muni de sa ‘topologie grossière’ est
connexe. (connexité : cf. p.7) De même, tout espace muni de sa ‘topologie discrète’ est non-connexe.
3
Dans les topologies discrètes, tout sur-ensemble de {x} est un voisinage de {x} : V(E) = P(E) .
4
Noter que l’inégalité est large. Si elle est stricte, l’espace est dit ultramétrique ; ses propriétés sont alors assez
‘inhabituelles’.
5
La topologie métrique n’est donc pas une topologie discrète.
Tout voisinage de x contient un disque
‘ouvert’ non vide, centré sur x
x
V

∈ ∈∈ ∈ V VV V(x)
y
ρ
, où x et y sont des éléments de lR
n
de composantes x
i
et y
i
.
– Adhérence, intérieur, frontière :
Plusieurs notions permettent de mieux cerner les caractéristiques des voisinages :
⋅ L’adhérence A : (également dénommée fermeture)
À une partie A de E on associe son adhérence A , introduite pour mathématiser la
complétion d’un ensemble par son ‘bord’. C’est une application de P(E) dans P(E) qui vérifie
quatre axiomes :
A
1
∀A,B ⊆ E , A B A B ∪ = ∪
A
2
∀A ⊆ E , A

⊆ A
A
3
∅ = ∅
A
4
∀A ⊆ E , ( ) A A =
La ‘fonction d’adhérence’ n’est généralement pas unique pour un ensemble de référence E
donné. À chaque choix particulier d’une adhérence s’associe une unique topologie duale, c’est-à-
dire un unique ensemble de voisinages, et réciproquement. On démontre (cf. p.¿) en effet que :
A = { x



E : ∀V



V(x), ∃y



A

: y∈V } = {

x



E : ∀V∈V(x), A



V





}
L’adhérence d’une partie A est l’ensemble des points de E dont tous les voisinages contiennent
au moins un point de A :






Cette définition permet d’associer à une topologie de voisinages donnée une fonction
adhérence. (Unique, d’après l’axiome d’extensionnalité, cf. p.10)

V



V(x) ⇔ x



V et x ∉ V ∩V
c
, où V ∩V
c
est le ‘bord’ de V :





Là également, cette définition permet d’associer à une fonction d’adhérence donnée une
unique famille de voisinage par point x : V(x)

=

{ V∈

P (E) : (

x



V

) et (

x ∉ V ∩V
c
) }

La notion d’adhérence permet de mieux cerner ce qu’est un voisinage : dans les cas les plus
usuels (mais qui sont loin d’être les seuls !) où A ≠

A
1
, un ensemble contenant x n’est pas
obligatoirement un voisinage de x. La notion de voisinage n’aurait sinon pas grand intérêt ! Pour
que V soit un voisinage de x, il est nécessaire que x n’appartienne pas au ‘bord’ A ∩ A
c
de A. Sous
ces mêmes conditions, {x} n’est pas un voisinages de x.

Les deux cas ‘particuliers’ (i.e. non usuels) sont :
- la topologie discrète : ( A = A

) ⇔ (V



V(x) ⇔ x



V ) car V(x) = {V



E : x



V

}
2

- la topologie grossière (ou triviale) : A
E V
V
=
≠ ∅
∅ = ∅
¦
´
¹
si
si
⇔ V(x)
{ }
{ }
=
≠ ∅
∅ = ∅
¦
´
¦
¹
¦
E x
x
si
si


1
Le cas A = A, où f est la fonction identité, est toujours possible, car les quatre axiomes sont vérifiés. Ce cas est
le cas dual de la topologie discrète.
2
En topologie discrète, {x}est un voisinage de x, de même que tout ensemble contenant x.
A ⊆ E A ⊆ A ⊆ E
P
1
∉ A car ∃

V
1


V(P
1
) : V
1
∩ A = ∅
P
2
∈ A car ∀

V



V(P
2
), V ∩ A ≠ ∅
p.ex. V
2
∩ A ≠ ∅
A ⊆ E
A ∩ A
c

A



A = A ∩ A
c

A ∩ A
c


P
1

V
1
A

P
2

V
2


En prolongeant “l’inspiration” visuelle géométrique, on définit des notions similaires à celle
d’adhérence :

⋅ L’intérieur A° :
L’intérieur A° d’un ensemble A est la partie de A qui est privée de son ‘bord’. Il existe là
aussi trois manières équivalentes de définir la fonction intérieur d’un ensemble : la définition
axiomatique, l’expression ensembliste utilisant les voisinages, et l’expression topologique
découlant de l’intérieur et de l’adhérence.
Une ‘fonction intérieur’ est une fonction de P(E) dans P(E) qui vérifie les quatre axiomes
suivants :
I
1
∀A,B ⊆ E , (A



B)° = A°

∩ B°
I
2
∀A ⊆ E , A° ⊆ A
I
3
E° = E
I
4
∀A ⊆ E , (A°)° = A°

La fonction intérieur est axiomatiquement différenciée de la fonction adhérence par la
l’expression de l’image d’une intersection au lieu d’une réunion. En effet, la suppression du bord
conserve l’intersection tandis que l’adjonction du bord conserve la réunion : dans un cas f

(A



B)
vaut f

(A)



f

(B), dans l’autre, f

(A



B) vaut f

(A)



f

(B). De plus, la seule image donnée concerne


=

f

(∅) dans un cas, E

=

f

(E) dans l’autre.

À l’aide des voisinages, la définition duale de l’intérieur est :
A° = {

x



A : ∃

V∈V(x), V

⊆ A }
En utilisant l’adhérence : A° =
( )
A
c
c







⋅ La frontière ∂A :







A° ⊆ A ⊆ E A ⊆ E
– Ouverts, Fermés :
Afin de distinguer différents types de sous-ensembles de E, on définit plusieurs ‘classes’
d’ensembles, parmi lesquelles les fermés et les ouverts.
Intuitivement, un ouvert est un ensemble “sans bord”. La notion de voisinage permet d’en
donner une définition formelle :
Un ensemble O est dit ouvert si chacun de ses points possède un voisinage inclus dans O.
1

O est ouvert si : ∀x∈O, ∃V∈V(x) : V ⊆ O (1)

De cette définition il est possible de tirer trois théorèmes, démontrable à partir des axiomes des
voisinages (cf. démonstration p.8), et dénommés par abus de langage « axiomes
2
des ouverts »,
d’après la construction axiomatique :
O
1
E et ∅ sont des ouverts.
O
2
Toute réunion (éventuellement infinie) d’ouverts est ouverte.
O
3
L’intersection de deux ouverts (et, par suite, toute intersection finie d’ouverts) est ouverte.

Là encore, il est possible de fournir une formalisation plus ‘stricte’, à l’aide de la notion de
famille. Une famille O(E) d’ouverts de E est également incluse dans l’ensemble des parties de E :
O(x) ⊆ P(E) . Chaque ensemble-élément de cette famille est caractérisé d’‘ouvert’.
O
1
E, ∅ ∈ O(E)
O
2
P ⊆ O(E) ⇒
O
O P ∈
|
\

|
¹
|
Υ
∈ O(E) (P est une famille d’ouverts, famille finie ou infinie)
O
3
O
1
,O
2
∈ O ⇒ O
1
∩ O
2


O


Intuitivement, un fermé est un ensemble “avec bord”. La définition formelle en est :
Un ensemble F est dit fermé si son complémentaire F
C
dans E est ouvert.
(ha! ha!)


De cette définition il est possible de tirer trois théorèmes, dénommés par abus de langage
« axiomes des fermés », d’après la construction axiomatique :
F
1
E et ∅ sont des fermés.
3

F
2
Toute intersection (éventuellement infinie) de fermés est fermée.
F
3
La réunion de deux fermés (et, par suite, toute intersection finie de fermés) est fermée.

Là encore, il est possible de fournir une formalisation plus ‘stricte’, à l’aide de la notion de
famille. Une famille F(E) de fermés de E est également incluse dans l’ensemble des parties de E :
F(x) ⊆ P(E) . Chaque ensemble-élément de cette famille est qualifié de ‘fermé’ :
F
1
E, ∅ ∈ F(E)
F
2
P ⊆ F(E) ⇒ F
F P ⊆
|
\

|
¹
|
Ι
∈ F(E) (P est une famille de fermés, famille finie ou infinie)
F
3
F
1
, F
2
∈ F(E) ⇒ F
1
∪ F
2


F(E)





1
En effet, dans les cas “usuels” (cf. Adhérence p.4), si x est un élément de E, {x} n’est pas un voisinage de x.
2
Ces trois axiomes peuvent paraître autoréférentiels, car on définirait “les ouverts à partir des ouverts”. Il n’en
est rien : ce ne sont que des propriétés qui doivent être vérifiées par un type de sous-ensemble de E, les ouverts.
De la même manière, les entiers vérifient la propriété : la somme de deux entiers est un entier.
3
E et ∅ sont des ensembles aussi bien fermés qu’ouverts. Il est intéressant de démontrer qu’un ensemble est
connexe (cf. connexité p.7) ssi il ne possède que deux ouverts qui soient aussi des fermés (qui sont bien-sûr E et
∅).
EXTENSIONS PREMIÈRES :

– compacité :

– connexité :

– bases de voisinages :


DÉVELOPPEMENT D’UN CAS PARTICULIER – LES ESPACES MÉTRIQUES :

Notre objectif est d’arriver à comprendre l’énoncé du théorème fondamental du problème
de la métrisation (Smirnow

-

Nagata

-

Bing) : ‘Un espace topologique est métrisable si, et
seulement si, il est régulier et possède une base σ-localement finie’










Démonstrations des Théorèmes



Axiomes-théorèmes des ouverts :

Démontrons les théorèmes O
1,2,3
depuis la définition (1) d’un ouvert O : ∀x∈O, ∃V∈V(x) : V ⊆ O

– Théorème O
1
: E, ∅ ∈ O(E)
On a : ∀x∈E, ∃V∈V(x) car, d’après V
1
, ∀x∈E , V(x) ≠ ∅
et V ⊆ E, car V(x) ⊆ P(E)
Ainsi : ∀x∈E, ∃V∈V(x) : V ⊆ E L’ensemble E vérifie donc bien (1). E est donc un ouvert.

On a : ∀x∈∅, ∃V∈V(x) V ⊆ ∅ car, ∅ ne contient aucun élément.
Ainsi, l’ensemble ∅ vérifie bien (1). ∅ est donc un ouvert. CQFD

– Théorème O
2
: P ⊆ O(E) ⇒ O
O P ∈
|
\

|
¹
|
Υ
∈ O(E) , où P est une famille (éventuellement infinie) d’ouverts
On peut tout d’abord se limiter à considérer une réunion finie d’ouverts, en démontrant :
O
1
,O
2
∈ O(E) ⇒ O
1
∪ O
2


O(E)

On a :
• O
1
,O
2
∈ O(E) ⇔ ∀x
1
∈O
1
, ∃V
1
∈V(x
1
) : V
1
⊆ O
1

∀x
2
∈O
2
, ∃V
2
∈V(x
2
) : V
2
⊆ O
2


• O
1
∪ O
2
∈ O(E) ⇔ ∀x∈(O
1


O
2
)

, ∃V∈V(x) : V ⊆ (O
1


O
2
) R
2


Il faut montrer que : R
1
⇒ R
2
, c’est-à-dire par exemple l’existence de V , en explicitant sa forme.
Or : V
1
⊆ O
1
et V
2
⊆ O
2
⇒ V
1


V
2
⊆ O
1


O
2
, car V
1
,

V
2
, O
1
,

O
2
sont des parties de E
On peut donc prendre V = V
1


V
2

En effet : V
1


V
2
∈V(x), d’après V
2
, car V
1


V
2
est un sur-ensemble de V
1
et de V
2
, par exemple.

Ainsi : R
1
⇒ ∀x∈(O
1


O
2
)

, (V
1


V
2
) ∈V(x) et (V
1


V
2
) ⊆ (O
1


O
2
)
L’existence de V est ainsi prouvée : il suffit par exemple de prendre : V = V
1


V
2

On a donc : R
1
⇒ R
2
, soit : O
1
,O
2
∈ O(E) ⇒ O
1
∪ O
2


O(E) CQFD

La démonstration de O
2
pour une réunion infinie d’ouverts pose plus de problèmes... ( non encore résolus par l’auteur ☺ )


– Théorème O
3
: O
1
,O
2
∈ O(E) ⇒ O
1
∩ O
2


O(E)
On a :
• O
1
,O
2
∈ O(E) ⇔ ∀x
1
∈O
1
, ∃V
1
∈V(x
1
) : V
1
⊆ O
1

∀x
2
∈O
2
, ∃V
2
∈V(x
2
) : V
2
⊆ O
2


• O
1
∩ O
2
∈ O(E) ⇔ ∀x∈(O
1


O
2
)

, ∃V∈V(x) : V ⊆ (O
1


O
2
) R
2

De la même manière, on peut expliciter le voisinage V à choisir :
V
1
⊆ O
1
et V
2
⊆ O
2
⇒ V
1


V
2
⊆ O
1


O
2
, car V
1
,

V
2
, O
1
,

O
2
sont des parties de E
De plus : V
1


V
2
∈V(x), d’après V
3

Ainsi : R
1
⇒ ∀x∈(O
1


O
2
)

, (V
1


V
2
) ∈V(x) et (V
1


V
2
) ⊆ (O
1


O
2
)
L’existence de V est donc prouvée : par exemple, V = V
1


V
2

On a ainsi : R
1
⇒ R
2
, soit : O
1
,O
2
∈ O(E) ⇒ O
1
∩ O
2


O(E) CQFD

¹
`
)
R
1

¹
`
)
R
1


Rappels sur les notations ensemblistes :




Afin de condenser l’écriture de propositions mathématiques, on utilise les symboles
logiques suivants :

– le ‘quantificateur universel’ : ∀ , qui signifie quelque soit, ou pour tout.
Ex. ∀x∈lN , x∈

lR

– le ‘quantificateur existentiel’ : ∃ , qui signifie il existe au moins un
Ex. ∃x∈lR : x∈

lN

Pour coder ‘il existe un, et un seul,’, on utilise : ∃!
Ex. ∃!x∈lN : x
−1


lN (Il s’agit de x=1)

– le symbole de différence ensembliste : ⁄
A ⁄ B est l’ensemble A privé des éléments de B : A ⁄ B = {x∈A : x∉B}
Au sein d’un espace de référence E , le complémentaire A
c
de l’ensemble A est :
A
c
= C
E
A = E

⁄ A = {x∈E : x∉A}
La notation A
c
est condensée, mais ambiguë : l’ensemble de référence n’est pas indiqué.

– les symboles d’inclusion : stricte (⊂) et large (⊆)
A ⊆ B signifie que tous les éléments de A sont inclus dans B : A ⊆ B ⇔ ∀x∈A, x∈B
A ⊂ B apporte la restriction que A doit être différent de B : A ⊂ B ⇔ ∀x∈A, x∈B
et ∃x∈B : x∉A

Il est très important de ne pas confondre le symbole d’appartenance ∈ et le symbole
d’inclusion ⊆ . En fait : A ⊆ ⊆⊆ ⊆ B ⇔ A ∈ ∈∈ ∈ P(B)
Le seul cas où l’on ait simultanément A ⊆ B et A ∈ B est le cas où A est un élément de B.

Considérons par exemple l’ensemble : E = {a, b, {c,

d} }
Son cardinal est : Card E = 3. Ses trois éléments sont : a , b et {c,

d} .
Il est faux d’écrire : {a,b} ∈ E. Par contre, {a,b} ⊂ E : c’est une partie de E, et non un élément.
En revanche, {c,d} ∈ E et {c,d} ⊂ E : c’est un élément, donc également une partie de E.


– l’ensemble des parties de E : P(E)
L’ensemble des parties P(E) d’un ensemble E est la famille de toutes les parties qu’il est
possible de former à partir des éléments de E. Son existence est assurée par un axiome (cf. p.10)
Dans l’exemple précédent :
P(E) = { ∅, a , b , {c,d} , {a,b} , {a, {c,d}} , {b, {c,d}} , {a,b,{c,d}} }

De manière générale : E, ∅ ∈ P(E) et Card P(E) = 2

Card E
.
Pour les ensembles infinis, G. CANTOR a montré que : P( lN) ≅ lR (à une bijection près)
Le théorème de Cantor affirme que : Card P(E) < Card E (inégalité stricte). On a en
particulier : P PP P(E)

∉ ∉∉ ∉

E.



Les axiomes de la ‘théorie’ des ensembles :





Dans un souci de ‘rigueur’, une très grande partie des mathématiques a été reconstruite à
l’intérieur un seul cadre axiomatique, dénommé ‘théorie’ des ensembles, dans le sens où chaque
concept mathématique (‘autrefois’ indépendant des autres) est ramené à une définition dont tous
les constituants logiques proviennent de ce même cadre : elle est considérée (ou utilisée) comme
fondamentale. La ‘rigueur’
1
d’un raisonnement effectué au sein de la théorie des ensembles est
garantie par le fait que ce cadre est non-contradictoire
2
.
Le concept premier est celui d’ensemble :

« Par un ensemble, nous entendons rassemblement en un tout M d’objets bien définis,
distincts de notre intuition ou de notre pensée, appelés “éléments” de M » [5]

C’est « l’être mathématique de base », dont l’existence est posée : il n’est pas défini en tant
que tel, mais par ses propriétés, données par les axiomes. Il fait appel à une procédure humaine :
une sorte de fonction de catégorisation, qui permet à la pensée de distinguer plusieurs
‘éléments’ qualifiés d’‘indépendants’.
L’axiomatique (dite ZF) présentée ici a été formulée par Ernst ZERMELO (1908) puis précisée
par Adolf Abraham FRÆNKEL (1922) ; c’est la plus “naturelle”
3
. Il en existe d’autres, basées sur le
concept plus général de ‘classe’, comme celle développée par von NEUMANN, BERNAYS et
GÖDEL.

— Énoncé des axiomes :

– Axiome d’extensionnalité :
Deux ensembles sont égaux si et seulement s’ils ont les mêmes éléments :
A

=

B : ⇔ (∀x



A, x



B ) ET (∀x



B, x



A)

– Axiome de sélection (ou de compréhension) :
Si A est un ensemble, et P(x) un énoncé conditionnel portant sur A, il existe un ensemble B
dont les éléments sont exactement ceux de A pour lesquels P(x) est vrai, noté : B = {

x



A : P(x)

}

– Axiome de la paire :
Soient A et B deux ensembles. Il existe un ensemble C tel que : A

∈C et B

∈C, noté {A,

B}.

– Axiome de l’union :
Soient A et B deux ensembles. Il existe un ensemble dont les éléments sont exactement ceux
qui appartiennent à A et à B. Il est noté A



B :
C = A



B : ⇔ (∀

x



A,

x



C) ET (∀

x



B,

x



C) ET ( ∀

x



C

,

( (x



A) OU (x



B) ) )

– Axiome de l’ensemble des parties :
Soient A un ensemble. Il existe un autre ensemble dont les éléments sont exactement toutes les
parties de A. Il est noté P(A) :
B

=

P(A) : ⇔ (∀P



A, P



B ) ET (∀P



B, P



A)


1
Rigueur interne, donc aboutissant à des vérités auto-référentielles, i.e. non liées à la réalité
2
Non-contradictoire (ou consistant) : qui n’aboutit à aucune antinomie. Une proposition ne peut pas être
démontrée à la fois VRAIE et FAUSSE. Cependant – c’est le fameux théorème de Gödel – la théorie des ensembles
est incomplète : il existe des proposition qui ne sont ni VRAIES ni FAUSSES, mais INDÉCIDABLES, c’est-à-dire
pouvant être tout aussi bien considérées soit comme VRAIES, soit comme FAUSSES sans entrer en contradiction
avec les axiomes.
3
Mais cette expression n’a pas de sens vis-à-vis de la réalité indépendante.
– Axiome de l’infini :
Il existe un ensemble, dit autosuccesseur, K contenant ∅ tel que si x appartient à K, alors
x



{x} appartient également à K :
K autosuccesseur : ⇔ (∅



K

) ET (x



K ⇒ x



{x} ∈ K )

(Les trois formulations sont équivalentes)
– L’axiome du choix :
Le produit cartésien d’une famille infinie d’ensembles non vides est non vide.
Tout ensemble peut être bien ordonné
1

Soit E un ensemble non vide. Alors
2
:


f



E
P(E)

: ∀X



P(E) ⁄ ⁄⁄ ⁄ {∅}, f(X) ∈ X – f est appelée fonction de choix de E.


— Commentaire et Utilisation des axiomes :

– Axiome d’extensionnalité :
Deux ensembles sont égaux si et seulement s’ils ont les mêmes éléments :
A

=

B : ⇔ (∀x



A, x



B ) ET (∀x



B, x



A)
Cette définition n’est pas tautologique : elle exprime seulement le fait qu’un ensemble ne
contient rien d’autre ce qui est spécifié par la donnée de ses éléments
3
.
L’unicité de certains ensembles est démontrée en utilisant conjointement l’axiome
d’extensionnalité et l’axiome de sélection.


– Axiome de sélection (ou de compréhension) :
Si A est un ensemble, et P(x) un énoncé conditionnel portant sur A, il existe un ensemble B
dont les éléments sont exactement ceux de A pour lesquels P(x) est vrai, noté : B = {

x



A : P(x)

}
Cet axiome est primordial : le respect de ses conditions très strictes d’application permet
d’éliminer les paradoxes de la ‘théorie naïve des ensembles’
4
, comme l’‘antinomie de Russell’ ou
le ‘paradoxe de Cantor’, qui ont invalidé la théorie naïve des ensembles.
Considérons par exemple l’ensemble R de Russell de tous les ensembles qui ne s’auto-
contiennent pas
5
: R = {

E : E ∉ E }. Le problème est de savoir si R se contient ou non. Si R



R,
alors, R s’auto-contient, et, par définition, R



R. Si R



R, alors, par définition, R



R, car il ne
s’auto-contient pas. Chaque possibilité est contradictoire.
Si maintenant on désigne par C l’ensemble de tous les ensembles (l’Universel de Cantor), on a
en particulier : P(C)



C, ce qui est impossible, d’après le théorème de Cantor (p.9)
Ces « paradoxes » (ou ‘antinomies syntaxiques’) proviennent d’un non-respect des conditions
d’application de cet axiome : pour définir B, la proposition P(x) doit porter sur un ensemble A,
qui doit être explicité. La proposition définissant l’“ensemble de Russell” ou celui de Cantor
n’indique pas quel est l’ensemble A ; elle est donc invalide.

1
Un ensemble E ordonné par une relation d’ordre < est dit ‘bien ordonné’ si toute partie non vide de E contient
un plus petit élément. Pour plus de précisions, voir ordre, ordre total, et bon ordre p.¿
2
E
P(E)
est l’ensemble (ou l’‘espace’) des fonctions f de P(E) vers E.
3
À l’inverse, musicalement, une sonate contient plus que la simple donnée des notes qui composent sa partition :
l’état d’être de l’interprète influence sa compréhension de l’œuvre, donc sa manière de jouer, c’est-à-dire
finalement la ‘signification’ du morceau pour l’auditeur.
4
‘Théorie naïve des ensembles’ : première tentative de formalisation d’une théorie des ensembles, émise par
Cantor. Son principal défaut est d’être contradictoire.
5
Cette antinomie est connue sous la forme du “paradoxe du barbier” : « Dans un village, le barbier rase tous les
hommes qui ne se rasent pas. Se rase-t-il ? »
L’axiome de sélection sert également à condenser plusieurs autres axiomes :
– Il permet notamment de définir l’ensemble vide : ∅ := {x



A : x



A

} (où A est un ensemble
quelconque), comme l’unique ensemble ne possédant aucun élément.
– De même, l’intersection de deux ensembles A et B est : A



B := {x



A : x



B

}


– Axiome de la paire :
Soient A et B deux ensembles. Il existe un ensemble C tel que : A

∈C et B

∈C, noté {A,

B}.
D’après l’axiome d’extensionnalité, C est unique.

– Axiome de l’union :
Soient A et B deux ensembles. Il existe un ensemble dont les éléments sont exactement ceux
qui appartiennent à A et à B. Il est noté A



B :
C = A



B : ⇔ (∀

x



A,

x



C) ET (∀

x



B,

x



C) ET ( ∀

x



C

,

( (x



A) OU (x



B) ) )

– Axiome de l’ensemble des parties :
Soient A un ensemble. Il existe un autre ensemble dont les éléments sont exactement toutes les
parties de A. Il est noté P(A) :
B

=

P(A) : ⇔ (∀P



A, P



B ) ET (∀P



B, P



A)

– Axiome de l’infini :
Il existe un ensemble, dit autosuccesseur, K contenant ∅ tel que si x appartient à K, alors
x



{x} appartient également à K :
K autosuccesseur : ⇔ (∅



K

) ET (x



K ⇒ x



{x} ∈ K )
Cet ensemble permet d’utiliser des ensembles infinis.
lN est le plus petit ensemble autosuccesseur, au sens de l’inclusion : lN = {∅, {∅, {∅, ... } } }
Par convention on note :
0 = ∅ 3 = {∅, {∅, {∅}}}
1 = {∅} 4 = {∅, {∅, {∅, {∅}}}}
2 = {∅, {∅}} etc...


– L’axiome du choix :
Le produit cartésien d’une famille infinie d’ensembles non vides est non vide.
Tout ensemble peut être bien ordonné
Soit E un ensemble non vide. Alors :


f



E
P(E)

: ∀X



P(E) ⁄ ⁄⁄ ⁄ {∅}, f(X) ∈ X – f est appelée fonction de choix de E.
Ses trois expressions sont équivalentes.
L’axiome du choix est très controversé, parfois refusé. Il est totalement indépendant des autres
axiomes, dans le sens où leur non-contradiction ne dépend ni de la vérité ni de la fausseté de
l’axiome du choix. On peut donc légitimement le refuser ou l’accepter. La théorie axiomatique
des ensembles qui le contient est dénommée ZF-C.
La controverse à son sujet provient du fait que sa formulation semble ‘évidente’, tandis que
les expressions et sont plus difficiles à admettre au premier abord, car elle ne fournissent pas
le moyen d’expliciter les propriétés qu’elles définissent. Par exemple, l’ordre sur lR induit par la
relation d’ordre usuel n’est pas un bon ordre. ( ]

0

;

2

[ n’a pas de plus petit élément)
Nier une formulation revient à nier les autres. C’est ce que les intuitionnistes (BROUWER)
n’acceptent pas ; ils résolvent le problème en décrétant la théorie des ensembles invalide.

Une démonstration du Théorème de Gödel
Corrélats


(Démonstration proposée par TURING, formulé d’après un exposé par PENROSE.)

Soit A une procédure algorithmique dont l’arrêt est une démonstration du non-arrêt de toute
famille de calcul C(n) (calcul associé à l’entier n). Cette famille regroupe tous les calculs
applicables à l’entier n.
La procédure A doit être démontrée sûre, c’est-à-dire ne doit jamais fournir de réponse
erronée, mais pas forcément universelle : si elle ne s’arrête pas, rien n’est démontré.
Un calcul particulier appliqué à n est noté : C
0
, C
1
, C
2
, C
3
, ... . Leur ensemble est : C
q
(n) .

La procédure A qui traite le calcul C
q
(n) peut être considérée comme un certain calcul A(q,n).
Si A(q,n) s’arrête, alors C
q
(n) ne s’arrête pas.

Pour q

=

n, (c’est la première étape de la procédure de diagonalisation) devient :
Si A(n,n) s’arrête, alors C
n
(n) ne s’arrête pas.

A(n,n) ne dépend que d’un seul nombre n. C’est donc un des calculs C
0
, C
1
, C
2
, C
3
, ... , car
C(n) contient tous les calculs appliqués à n. Soit C
k
ce calcul :
A(n,n) = C
k
(n) .

Pour n

=

k, (c’est la seconde étape de la procédure de diagonalisation) :
– devient :
A(k,k) = C
k
(k) .

– devient :
Si A(k,k) s’arrête, alors C
k
(k) ne s’arrête pas.

Ainsi, d’après et :
Si C
k
(k) s’arrête, alors C
k
(k) ne s’arrête pas. CONTRADICTION



Conclusion : (PENROSE)
« Aucun ensemble de règles de calcul (telle que A) que l’on sait sûr n’est suffisamment
puissant pour vérifier le non-arrêt de tous les calculs qui ne s’arrêtent pas : il existe en effet des
calculs (tels C
k
(k)) qui ne s’arrêtent pas et dont le non-arrêt ne peut être détecté par ces règles. En
outre si nous connaissons la procédure A et si nous savons [ou avons démontré] qu’elle est sûre,
nous pouvons construire de toute pièce un calcul C
k
(k) dont nous pouvons voir qu’il ne s’arrête
pas. Nous en déduisons que, quoi que puisse être A, elle ne peut pas être une formalisation des
procédures dont disposent les mathématiciens pour vérifier que des calculs ne s’arrêtent pas.
Ainsi :

G Ce n’est pas en utilisant un algorithme qu’ils savent sûr que les mathématiciens humains
établissent la vérité mathématique. »



Discussion : - Langage Humain : contradictoire MAIS permet accès au Réel (en tant que bio)
- mathématiques : non-contradictoire MAIS non réel (complet).



Bibliographie





[1] : Atlas des mathématiques, Fritz REINHARDT et Heinrich SOEDER
(Pochothèque – Encyclopédies d’aujourd’hui – Le livre de poche – 1997)


[2] : Topologie, Gilles CHRISTOL , Anne COT et Charles-Michel MARLE
(Mathématiques 2
e
cycle – Ellipses – 1997)


[3] : La Topologie, André DELACHET
(Que sais-je ? n° 1710 – PUF – 1978)


[4] : Introduction à la Théorie des Ensembles et à la Topologie, Kazimierz KURATOWSKI
(Dunod – Monographie n° 15 de l’Enseignement Mathématique – 1966)


[5] : Sur les fondements de la théorie des ensembles transfinis, Georg CANTOR
(Mathematische Annalen , Bd XLVI – 1895 — Réimpression : Éd. J. Gabay – 1989)


[6] : La théorie des ensembles, Alain BOUVIER
(Que sais-je ? n° 1363 – PUF – 1982)


[7] : Les Ombres de l’Esprit, Roger PENROSE
(Interéditions – 1995 – version anglaise ‘Shadows of Mind’ de 1994 - Oxford University Press)