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Antiracisme, libre-échange et

mondialisation:
Migration

La migration est la circulation de personnes au travers des frontières. Il
peut être difficile de gagner sa vie en restant en place, particulièrement
quand les gouvernements néolibéraux et les accords commerciaux donnent
la priorité à la réduction des frais des entreprises par le maintien de bas
salaires. C’est en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Antilles
que les salaires sont les plus bas. Malgré la circulation quotidienne de
personnes et de marchandises dans le monde entier, le racisme demeure
un problème au Canada, où les gouvernements et la méfiance populaire
maintiennent que les non-Blancs sont des étrangers.

Des immigrants arrivent au Canada depuis le début de la colonisation.
Les Autochtones sont les premiers habitants du Canada et les autres
membres de la population sont des descendants des premières
générations d’immigrantes et d’immigrants. En 2001, plus d’un sixième
des personnes habitant le Canada étaient nées à l’étranger.

Actuellement, les pays d’origine de la plupart des nouveaux immigrants
et immigrantes du Canada se trouvent en Asie. Mais les lois sur
l’immigration sont encore imprégnées de racisme et de sexisme, comme
le sont aussi les idées populaires au sujet de l’immigration.
C La législation sur l’immigration n’accorde pas leur juste valeur aux
compétences des travailleuses asiatiques qui ont une formation en
soins infirmiers ou en éducation de la petite enfance. Ces
compétences ne sont prises en compte que dans le contexte du
travail domestique, aux fins duquel les personnes ayant une
formation d’infirmière ou de puéricultrice peuvent entrer
temporairement au Canada dans le cadre du Programme
concernant les aides familiaux résidants. Ces personnes ne
peuvent s’établir en permanence au Canada que si elles ont un
bon relevé d’emploi et aucune autre personne immigrante ne doit
pouvoir en gagner un.
C Après les attentats du 11 septembre 2001, le nombre des crimes
haineux a augmenté au Canada, y compris les crimes contre des
femmes portant le hidjab. Ces crimes se déroulent sur fond
d’expulsions et de détentions injustifiées de personnes

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immigrantes et se fondent sur des stéréotypes selon lesquels il
existe des différences menaçantes.

Personnes qui travaillent en vertu de permis temporaires
La plupart des femmes qui travaillent au Canada en vertu de
permis temporaires sont des travailleuses domestiques. La plupart
des hommes travaillent sur des fermes. Parce que leurs permis
sont temporaires, ces personnes n’ont du travail que tant que
l’employeur a besoin de leurs services et doivent ensuite quitter le
pays. Pendant qu’ils travaillent au Canada, les titulaires de
permis temporaires se voient privés des droits qu’ont tous les
autres travailleurs et travailleuses du Canada. Par exemple :
C La législation sur la santé et la sécurité ne s’applique pas aux
lieux où travaillent les travailleuses et travailleurs
domestiques et agricoles dans la plupart des provinces, et les
lois de la plupart des provinces les empêchent de se
syndiquer.
C Il est illégal que les travailleuses domestiques travaillant dans
le cadre du Programme des aides familiaux résidants
n’habitent pas la maison de leur employeur.
C Il est illégal de changer d’employeur sans avoir obtenu la
permission du gouvernement, ce qui peut prendre plus de 2
mois. Dans les cas où le travailleur ou la travailleuse a droit à
des prestations du régime d’assurance-chômage, auquel il ou
elle doit verser des cotisations, le montant mensuel des
prestations peut être inférieur à celui des prestations d’aide
sociale. De plus, si changer d’employeur sans permission peut
donner lieu à l’expulsion, le fait de toucher des prestations
d’aide sociale peut y donner lieu également.

Outre le fait que l’équité de leurs relations de travail et leur
maintien au pays dépendent de la bonne volonté de leur
employeur, les travailleuses et travailleurs étrangers temporaires
sont susceptibles de se faire exploiter au travail. Les lois sur
l’immigration et le milieu de travail n’accordent pas aux personnes
travaillant en vertu de permis temporaires les mêmes droits qu’aux
autres travailleurs et travailleuses.

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Quelles mesures sont prises pour améliorer
les conditions de migration au Canada?

PARRAINER DES RÉFUGIÉS
Le Congrès du travail du Canada (CTC) parraine des personnes
qui demandent l’asile au Canada et fait la promotion d’un
programme dans le cadre duquel les membres de syndicats
peuvent eux aussi parrainer des militantes et militants syndicaux
et pour les droits de la personne qui sont en danger à l’étranger.
anti-racism&hr@clc-ctc.ca

APPUYER L’IMMIGRATION DE
CONJOINTS DU MÊME SEXE
Groupe de Travail sur l’immigration des gais et lesbiennes
(LEGIT) est une organisation offrant de l’information et du soutien
aux couples du même sexe immigrant au Canada. Pour qu’un des
conjoints ou une des conjointes immigre au Canada en tant que
membre de la catégorie des parents, il faut que l’autre soit déjà un
citoyen ou une citoyenne ou une résidente ou un résident
permanent.
http://www.legit.ca/

GARANTIR LE RESPECT DES
LIBERTÉS CIVILES AU CANADA
Selon le rapport de 2004 de la Coalition internationale pour la
surveillance des libertés civiles (CISLC), les personnes
musulmanes et arabes ont été les principales cibles de la « guerre
au terrorisme » du Canada. Le Congrès du travail du Canada fait
partie du groupe d’organisations canadiennes de la CISLC qui
exigent que les gouvernements rendent des comptes sur les lois
antiterroristes et les nouvelles pratiques antiterroristes adoptées
en 2001. Vous trouverez le rapport de la CISLC à l’adresse
http://www.interpares.ca/fr/publications/rapport annuel/AR-04-
Fren.pdf.

APPUYER LES TRAVAILLEURS DOMESTIQUES
La West Coast Domestic Workers Association est une
organisation dirigée par des travailleurs et travailleuses qui offre à
d’autres travailleurs et travailleuses de l’information et un soutien

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dans des dossiers ayant trait au travail et à l’immigration en
Colombie-Britannique. http://www.vcn.bc.ca/wcdwa.

INTERCEDE est une organisation dont le siège se trouve à Toronto
et qui appuie les travailleurs et travailleuses domestiques.
416.483.1142

APPUYER LES TRAVAILLEURS AGRICOLES
Les travailleurs et travailleuses agricoles ont des taux de blessure
et de décès au travail parmi les plus élevés. Les Travailleurs unis
de l’alimentation et du commerce (TUAC) s’efforcent d’améliorer
les conditions de travail du personnel agricole en Ontario, où les
lois sur la santé et la sécurité au travail ne s’appliquent pas sur les
fermes. De plus, les TUAC contestent les lois ontariennes qui
empêchent les travailleurs et travailleuses agricoles de se
syndiquer.
http://www.ufcw.ca/

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Migration:
“Concurrence” dans l’économie mondiale

Le néolibéralisme consiste à mettre un terme à l’intervention de l’État
dans l’économie, sauf pour ce qui est d’aider les entreprises à réaliser des
profits.

C Depuis 1995, le gouvernement a réduit de 25 % le nombre des
immigrantes ou immigrants de la catégorie des parents
auxquels il est permis d’entrer au Canada, freinant ainsi la
réunification des familles séparées par la migration. En 1999,
le gouvernement a adopté une nouvelle catégorie des gens
d’affaires immigrants qui exige un investissement de
400 000 $ au Canada en échange contre l’entrée.
C Dans le cadre des programmes canadiens sur les
travailleuses et travailleurs migrants temporaires, le
gouvernement fédéral permet aux employeurs de réduire leurs
frais en engageant des gens à bas salaire et dans des
conditions de travail lamentables, comme celle de devoir
coucher chez l’employeur.
C Les entreprises profitent du recrutement de travailleurs
et travailleuses sans papiers qui n’ont pas droit au salaire
minimum, à la sécurité au travail ou à la protection contre le
harcèlement sexuel. De plus, les frais des entreprises sont
réduits en l’absence de lois sur la sécurité au travail et de lois
permettant le syndicalisation sur les fermes et dans les
maisons, où des sans-papiers accomplissent du travail
domestique et de la couture.

Accords Commerciaux
Les règles sur la migration que comprend l’Accord de libre-
échange nord-américain (ALENA) facilitent le franchissement des
frontières par les investisseurs, les chefs d’entreprise et certains
travailleurs tels que les comptables et les ingénieurs. Ni l’ALENA,
ni les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
ne facilitent l’entrée d’autres travailleurs ou travailleuses.

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Migration internationale
Les accords commerciaux et les institutions financières
internationales (IFI) tiennent les salaires bas et créent du
chômage à l’étranger.
C L’OMC s’efforce de faciliter la vente de marchandises à
bon compte par les entreprises canadiennes,
américaines et européennes en Asie, en Afrique, en
Amérique latine et dans les Antilles, éliminant ainsi du
travail et déplaçant des travailleurs et travailleuses
dans ces continents et régions. En même temps, les
accords commerciaux maintiennent des taxes sur les
produits et services du Sud de telle sorte qu’ils sont
plus difficiles à vendre en Amérique du Nord et en
Europe. Pour réduire le prix de revient, on réduit les
salaires dans le Sud.
C La Banque mondiale et le Fonds monétaire
international (FMI), deux IFI, ordonnent aux pays du
Sud de laisser entrer les entreprises du Canada, des
États-Unis et de l’Europe mais n’ordonnent pas aux
entreprises de verser des salaires équivalant à ceux
d’Amérique du Nord ou d’Europe, qui sont plus élevés.

Envois d’argent
Les pays du Sud dont des habitants ou habitantes travaillent
dans le Nord comptent sur la valeur élevée des dollars
renvoyés par les travailleurs et les travailleuses. Ces sommes
permettent aux pays du Sud d’acheter davantage de biens et
de services européens et nord-américains et réduisent les
effets du chômage et des bas salaires.

Solution de rechange au libre-échange
Le commerce équitable consiste à voir à ce que les biens et
services vendus à l’intérieur des frontières et au-delà de
celles-ci soient faits à des salaires et dans des conditions
équitables. Il est possible de remplacer le libre-échange par
le commerce équitable et d’incorporer à celui-ci des taux
d’emploi élevés dans le monde entier.

Quelles autres mesures peuvent être prises pour
améliorer les conditions de migration au Canada?

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AIDER À L’ÉTABLISSEMENT
DES PERSONNES IMMIGRANTES
Le Conseil ontarien des organismes de service aux immigrants
(OCASI) comprend 160 organisations communautaires
ontariennes servant des personnes immigrantes. La rectification
du financement insuffisant des programmes d’aide à
l’établissement des immigrantes et immigrants et l’amélioration
des services publics à Toronto comptent parmi les projets de
l’OCASI. Outre ses travaux de défense de cause, l’OCASI réalise
des recherches et des travaux d’éducation et fait partie de Status,
un réseau qui milite pour la légalisation des migrantes et migrants
au Canada. L’obtention du statut juridique permet aux sans-
papiers d’avoir droit à des soins de santé et à leurs enfants d’aller
à l’école.
http://www.ocasi.org/index.asp

MILITER POUR LA MODIFICATION
DES LOIS SUR L’IMMIGRATION
Le Congrès du travail du Canada (CTC) incite le gouvernement
fédéral à reprendre la priorité qu’il a eu eue pendant des décennies
de permettre la réunion des familles de personnes réfugiées et
immigrantes en accroissant le nombre des immigrants de la
catégorie des parents auxquels l’entrée au Canada est permise
chaque année.
http://congresdutravail.ca/

LUTTER POUR LE DROIT DE RESTER
Les militantes et les militants pour la frontière ouverte dénoncent
les détentions et les expulsions par le gouvernement et appuient la
lutte pour le statut juridique des personnes migrantes au Canada.
Ils luttent pour le droit d’entrer et le droit de rester dans le
contexte des accords commerciaux qui aident les capitaux à
franchir les frontières alors que les gouvernements restreignent la
circulation et l’établissement libre des personnes. Le droit de ne
pas se faire déplacer par le capitalisme fait partie intégrante du
projet Open Borders. Les organisations Open Borders
comprennent No One Is Illegal à Vancouver, à Toronto et à
Montréal.

LUTTER CONTRE LE RACISME ET POUR

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LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE
Le Congrès du travail du Canada (CTC) fait la promotion du
commerce équitable à la place du libre-échange. Le CTC collabore
en solidarité avec des syndicats de Hong Kong, de la Dominique,
du Chili, de la Palestine, de la Jordanie, du Nigeria, du Burkina
Faso et de nombreux autres endroits. Pour les travailleurs et les
travailleuses, y compris les migrantes et les migrants, le CTC
préconise que les gouvernements établissent des normes de travail
plus élevées dans les accords commerciaux actuels et nouveaux.
Les accords commerciaux et les relations avec les IFI s’inscrivent
dans le cadre de la politique publique du Canada, et les
gouvernements doivent défendre les revendications des travailleurs
et travailleuses pendant les pourparlers sur les accords
commerciaux et devant la Banque mondiale et le FMI.
http://congresdutravail.ca/

KR:ar*sepb225 août 2005
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