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Le racisme légalisé

Les rapports de l'État canadien avec les Premières Nations représentent le point de départ logique de
l'analyse des politiques racistes.

Au Canada, les peuples autochtones ont subi l'assujettissement, la ségrégation, et dans certains cas,
l'anéantissement total en raison des politiques racistes et de la prise en charge systématique. Dans les cinq
cents années qui ont suivi leur premier contact avec les Européens, les Autochtones ont fait l'objet de
politiques ouvertement racistes et assimilatrices, ils ont été isolés dans leurs réserves, leurs enfants leur
ont souvent été enlevés et leurs gouvernements, leurs traditions et leurs cérémonies ont été réglementés
ou interdits.

La relation entre le Canada et les Premières nations a été marquée par l'oppression sociale, économique,
politique et culturelle. Citons, entre autres exemples des politiques racistes envers les Autochtones, le déni
du droit de vote, l'interdiction d'acheter des
terres, l'interdiction de célébrer des cérémonies religieuses, la migration forcée et la ségrégation sur les
réserves, les restrictions des droits civils et politiques et l'expropriation des terres en vertu de la Loi sur les
Indiens de 1876. L'ampleur des problèmes socioéconomiques qui se rencontrent de nos jours chez les
peuples autochtones est la conséquence directe de ce passé raciste.

Bien que les Canadiens invoquent souvent avec un certain romantisme l'aide qu'ils ont prodigué aux
esclaves qui tentaient de s'évader des États-Unis, il ne faut pas oublier que les Canadiens noirs ont été
assujettis à des politiques racistes dès leur arrivée. En effet, l'esclavage comme tel a été pratiqué de façon
active au Canada jusqu'au début du dix-neuvième siècle. Même les Loyalistes noirs entrés au pays à titre
de personnes libres ont fait face à des politiques racistes. Des lois visant les Canadiens noirs ont été à
l'origine des écoles et des communautés ségrégées ainsi qu'à la restriction de leurs droits de détenir des
propriétés. De plus, aussi récemment qu'en 1939, une décision de la Cour suprême confirmait que la
discrimination raciale pouvait avoir force exécutoire.

L'histoire des Canadiens d'origine chinoise a également été marquée de racisme. Les ouvriers chinois au
Canada ont travaillé dans des conditions exécrables. On leur payait le quart du salaire des ouvriers blancs
et leur accordait le droit d'entrer au Canada
uniquement en temps de pénurie de main-d'œuvre. On a promulgué des « lois anti-chinoises » qui
limitaient leurs droits civils et politiques (Li, 1988). On a privé les Canadiens chinois du droit de vote, et
l'accès à la fonction publique et aux professions libérales leur a été interdit.

Un autre exemple de politiques gouvernementales racistes au Canada concerne les Canadiens d'origine
japonaise. Leur statut dans la société canadienne a été marqué par des politiques injustes, comme les
quotas d'immigration, la restriction des permis de pêche, la restriction du droit de vote fédéral et provincial,
la ségrégation dans les écoles et dans les endroits publics (Miki & Kobayashi, 1991). Toutefois, l'exemple
le plus flagrant de racisme est sans contredit l'internement des Canadiens d'origine japonaise pendant la
Deuxième guerre mondiale. Ces derniers furent incarcérés en prison, ou dans des camps d'internement et
de travaux forcés et leurs biens furent saisis. Les personnes ainsi internées ne furent remises en liberté
que deux ans après la fin de la guerre et n'ont reçu une compensation significative qu'en 1988. Bien que le
gouvernement fédéral de l'époque ait justifié ses gestes en invoquant la sécurité nationale, aucun
Canadien d'origine japonaise n'a été inculpé de trahison et il est maintenant reconnu que le racisme fut
véritablement à l'origine de ces mesures.

Les Canadiens d'origine sud-asiatique étaient privés du droit de vote et de l'accès aux professions
libérales. Leurs droits à la propriété furent restreints et ils ont fait l'objet de discrimination en matière de
logement. Ils n'ont obtenu le droit de vote aux élections fédérales et provinciales qu'en 1948, après une
campagne de lobbying pour l'abrogation de la clause discriminatoire. L'exemple le mieux connu de
législation raciste à l'endroit des immigrants d'origine sud-asiatique est sans doute la détention de 376
Indiens sur le paquebot Komagata Maru en 1914. Les passagers ont été détenus à bord pendant deux
mois et se sont finalement vu refuser le droit d'entrer au Canada. Il ne s'agit pas là d'un cas isolé
(Johnston, 1984). Cet événement historique est plutôt l'indice des normes législatives générales à l'égard
des Sud-Asiatiques au Canada.

Même si les lois racistes les plus manifestes ont été annulées, la mentalité qui a permis que de telles
circonstances se produisent est encore évidente dans certaines pratiques et attitudes actuelles. Ce sont là
les exemples les plus flagrants de discrimination légale basée sur l'origine ethnique. Cependant, une
grande partie du racisme est implicite et continue d'influencer la législation, même s'il n'est pas directement
question de « catégories de race ».

Pour obtenir une copie du texte intégral de la publication intitulée « Le racisme légalisé », veuillez
communiquer avec la Fondation.

RESSOURCES POUR DE PLUS AMPLES RECHERCHES

Sélection de documents publiés

Commission on Systemic Racism in the Ontario Criminal Justice System. (1995). Report of the
Commission on Systemic Racism in the Ontario Criminal Justice System.

Commission sur le racisme systémique dans le système de justice pénale en Ontario. (1995). Rapport de la
Commission sur le racisme systémique dans le système de justice pénale en Ontario.

Dickason, Olive Patricia. (1996). Les Premières Nations du Canada: Depuis les temps les plus lointains
jusqu'à nos jours. Sillery: Les Éditions du Septentrion.

Dickason, Olive Patricia. (1997). Canada's First Nations: A History of Founding Peoples from Earliest
Times. Toronto: Oxford University Press.

Helly, Denise. (1987). Les Chinois à Montréal, 1877-1951. Québec: Institut québécois de recherche sur la
culture (IQRC).

Henry, Frances; Tator, Carol; Mattis, Winston & Rees, Tim. (1995). The Colour of Democracy. Toronto:
Harcourt Brace & Co. Canada.

Iacovetta, Franca (ed.). (1998). A Nation of Immigrants: Women, Workers and Communities in Canadian
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Johnston, Hugh. (1984). The East Indians in Canada. Ottawa: Canadian Historical Association.

Li, Peter S. (1988). The Chinese in Canada. Toronto: Oxford University Press.

Miki, Roy & Kobayashi, Cassandra. (1991). Justice in Our Time: The Japanese Canadian Redress
Agreement. Vancouver & Winnipeg: Talonbooks & National Association of Japanese Canadians.

Ponting, Rick. (1997). First Nations in Canada: Perspectives on Opportunity, Empowerment and Self-
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Shepard, Bruce. (1997). Deemed Unsuitable. Toronto: Umbrella Press.

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editeurs.

Walker, James. (1997). "Race," Rights and the Law in the Supreme Court of Canada. Kitchener: The
Osgoode Society for Canadian Legal History and Wilfred Laurier University Press.

Sélection de sites web

Bill Henderson's Aboriginal Law Page, http://www.bloorstreet.com/300block/aborl.htm

Canadian Race Relations Foundation, http://www.crr.ca

Chinese Canadian National Council, http://www.ccnc.ca/

Ensemble contre le racisme, http://www.antiracisme.org

Fondation canadienne des relations raciales, http://www.crr.ca
National Association of Japanese Canadians, http://www.najc.ca

Turtle Island Native Network, http://www.turtleisland.org/

Urban Alliance on Race Relations, http://www.interlog.com/~uarr

Ce rapport a été rédigé pour la Fondation canadienne des relations raciales par Jennifer Roy.

© Fondation canadienne des relations raciales

Pour trouver d’autres ressources, veuillez consulter

le site web de la Fondation canadienne des relations raciales :

www.crr.ca