Le Québec à la croisée des chemins Il arrive dans la vie des peuples comme dans la vie des individus, des

moments où le chemin sur lequel ils parcourent se divise en deux versants séparés. Comme pour les individus, les choix d’une route ou l’autre déterminera leur non seulement leur destination mais aussi leur destin. Contrairement aux routes de transport, des cartes ne sont pas disponibles. Tel que dans la vie, le choix doit se faire selon nos expériences et nos valeurs. Une route mène au repli sur le passé, au mépris de l’autre le tout au nom de l,affirmation d’une identité soi-disante, traditionnelle. L’identité de ce que le Québec est et a toujours été. Vu de cette manière, qui pourrait s’opposer à une affirmation de ce qu’on est? Sauf que, comme pour les individus, une affirmation est un regard au miroir. De même que pour les individus, lorsqu’on cherche à trouver un destin digne, ce n’est pas le miroir où il faut regarder, mais une fenêtre. Car comme toute affirmation de ce qu’on est, le faire souvent mène à ignorer ce qu’on peut devenir. Autant pour les individus comme pour les peuples et les nations, il y a ceux qui regardent leur passé et se conforment et replient à continuer à être ce que leurs ancêtres ont été et craignent d’aspirer à plus. Le passé cesse d’être l’enseignant et le soutien et devient le lest qui nous empêche d’atteindre un meilleur destin; et comme les individus, il y a des peuples qui se tournent plutôt vers leur avenir et foncent vers ce qu’ils veulent atteindre. Car les deux chemins qui divergent devant le Québec sont ceux de sa généalogie et celui de son idéologie. D’un côté le sang, l’ADN, la tradition, de l’autre les grands principes et les grands valeurs qui ont fait du Québec un peuple, une nation magnifique. Trop d’humains ont perdu la vie, perdu des êtres chers, des patrimoines et santé à cause des guerres faites au nom de la race ou l’ethnie ou la civilisation supérieure. Tout ce que ces guerres ont accompli c’est créer des vaincus et des futurs vaincus. Le Québec est, parmi les nations du monde, la seule qui a su transformer la défaite des ancêtres en victoire des idéaux, qui a réussi à persuader ses vainqueurs à devenir ses partenaires et substituer la raison de l’autorité pour l’autorité de la raison. Héritier du magnifique trésor qu’est la langue française, la langue de la philosophie, de la raison et du raisonnement. Tel que les héritages de patrimoine, l’héritage culturel entraîne la responsabilité de s’en servir de ce magnifique instrument pour propager son usage, car apprendre cette belle langue est une invitation au discours, au débat et à la réflexion.

Légataire aussi de la belle tradition juridique qui a su placer le corps entier des lois à la portée de tous les citoyens, l’un des objectifs principaux de l’âge des lumières. Cette codification étant accessible sans devenir rigide et s’adaptant aux progrès de la société. De plus, le Québec, comme nulle autre nation et peuple au monde, a su placer le bien être de ses habitants même par dessus le bien être de l’État, établissant l’intérêt des citoyens au sommet de les actions publiques. Ce sont ces valeurs de liberté, d’égalité, de respect des droits d’autrui qui font du Québec un destin de choix pour une multitude de personnes de différentes cultures, pays et langues d’origine. Tous ces nouveaux venus ne cherchant que précisément cette paix, sociale, notre liberté équilibrée de justice et du respect d’autrui. Le choix étant alors clair et trépidant, allons nous au nom de ceux que nous avons été, nier ces valeurs à ceux qu’y veulent devenir? Lorsque l’appel d’un avenir glorieux de nos valeurs nous attend sur une route, ne nous détournons pas pour nos peurs du passé. Vive la liberté, vive la justice et que la liberté et la justice vivent toujours au Québec.

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