You are on page 1of 10

WI

N 10

Variations sur le theme
Pour une thématique

WIRIVIIMIUM111
9
23 41 63 79 93 119 133 159' 173 187 199 209

ECOI.E DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES • CENTRE U ETVOES TRAE/SOME PDCIOLOGIE. ANTHROPOIOGIF. POtITICRIF)

Cesare Segre Du motif á la fonction, et vice versa Marie-Laura Ryan A la recherche du théme narratif Claude Bremond En lisant une fable Inge Crosman 3 immers Thématique et poétique de la lecture romanesque Michel Collot Le théme salen la critique thématique FranÇoise Escal Le théme en musique classique Jean-Yves Bosseur Thémes et thématiques dans les musiques d'aujourd'hui Georges Roque Le peintre et ses motifs Jean-Marie Schaeffer Varialions faustiennes Thomas G. Pave) Espaces raciniens Lubomír Doleiel Thematique de la solitude Gerald Prince Le theme du récit Claude Bremond et Thomas G. Pave! La fin d'un anathéme

einME SesUE
c.rio
1/41.3

‘19r11-11:i ris sur gic; 917,31.11.(c7;
rIthA,ent ,

111

WII

En coweityro: VenneOln Lenes SI inartment5 Ch? rnusiove. Musée.clo&Seaux-Arts de Nantaa:.•--NEesGi'atr4on
• ' • - -

» Le come camine totalité ». les termes motif et sujet (c'est-á-dire intrigue) sont beaueoup employés. mais bien « substauer prendre la place de ». par la suite. Enfin. 141). D'o)) le schéma suivant : pródicals 11‘ fonalons Cl swels [granunattcau . Le mot sujet (intrigue) réapparait souvent au chapare 9. le thárne ct le sujet. lorsque. méme si la rraduction franeaise introduit une concurrente flicheuse entre cette acception et le sens grammatical du mot Taus les prédica:: reflétent la strueturc du cante. l'ropp vint. taus les sujets (grammatieauxl. Historique du prohláme ». c'est un passagc de la Morphologie da cante: Les fonctions des personnages reprksenrent ces parties constitutives qui peuvent ~placer les obatift de Vessélo yski ou les llénelas de Bédier Une analyse anenrive montre qu'ici rentplacer tic signifie pus « représenter de faÇon plus satisfaisante ». Pon passe á la définition et á l'inventaire des fonctions. tandis que dans le l cf chapare. En effet. et vice versa II y avait une fois le motif. on pan tout simplement du termo action. les cornpléments et les autres parties du discours défnaissent le sujet [= intrigue( (p. Ce que je voudrais discuter. compl¿ments structure sujo •• intrigue 9 .Cesare Seérre Du motif á la fonction.

et vate versa En un certain seas. tandis que les fonctions sont indécomposables. Écant dono& la ressemblance ou méme Pidentité des formes de vie et des processus psychologiques dans les premiéres pilases de l'évolution sociale. evidente chez Vessélovski. La raison pour laquelle Propp a choisi d'opérer sur le couple structure/intrigue devient évidente il les considére comme deux élérnents fondamentaux. En fait. S'il est évident que Vessélovski considere l'intrigue comme plus complexe que le motif.mota etonc ion. Ces liens se dégagent de la comparaison entre dettx autres structures. . afila-me Propp. on pourrait dire que Propp remplace Popposidon intriguehnotif. et le sujet (= intrigue). par l'opposition structure/intrigue. A l'aide de cene décomposition de Putuvre en unités thématiques (écrit Tomacheaski). il faut s'arréter sur les liens entre les unités repérées. c'est surtout . on paraphrase done le contenu narratif en respectant cet ordre chronologique et de cause á effet qui en souvent bouleversé dans le texto .iCitra sk cours. etc. de fagot. Et cela. quoiqu'on puisse le croire ti-és anterielar). contre la ratique de Propp. reprise par Cliklovski : a) Par lnotif. • Le héros est mort a. le discours sous le disformalistes clzerehentr áii. paree que ces différences vont peut-étre nous suggérer_ quelques précisions. sieurs situations ou motifs . l'intrigue et la firbrila. paradigmaut irriefis leurs analyses. On peut citer comme exemples : 1) les • !agenda des origines • : la représentation du soleil comme un mil. par exemple : 1) les contes concernant le soleil (et sa mere : la légende grecque et malaise du soleil anthropophagc) . les mythes du lever et du coucher du soleil. des éclipses. Dans cette derniére. á tel point que souvent leurs définitions sont interchangeabl. Dans cene perspective. secondaire (p. le motif (qui s'est avéré non indécoruposable) ne constituerait qui une sous-espece du sujet intrigue). II faut remarquer tout d'ahord que les analyses des formalistes sont eentrées sur l'ase syntagmatique. la structure pour ses buts classificatoires.. 2) les contes cpncernant les mili/9~ms. • Pour Vessélovski. méme inconsmemment. Jei• rn'excuse de ces cita t Unas. nous mettons en rapport. b) Par sujet (intrigue). et c'est á• cause de leur influence qu'aujourd'hui. 21) . candis que cellesr de Propp visent Pare. mais iI était important de souligner les différences radicales exista t entre des a uteurs tels que Propp a les formalistes. sa définition de celui-ci apparait pourtant moins claire. ce sont les formalistes russes qui ont vu dans le motif un outil pour segmenter le texte narratif . l'intrigue pour une histoire des variantes narratives. Daus la fabula.Du aun a ta jarretara. A cela prés que les rnotifs — Propp Pa démontré — ne sont pas des unités indécomposables. 2) les situations de I'existence : Penlevement de la mariée (coutume populaire paysanne de mariage). le banquet d'adieu (dans les comes merveilleux) et d'autres traditions semblables. • Une lettre est arrivée •. á son avis. • Raskolnikov a tué la vieille •. Le chane de cette partie indécomposable de Pceuvre s'appellc motif. jusqu'aux plus peches particules du matériau thématique • Le soir en combé •. s un récit. nous arrivons enfin jusqu'aux parties indécomposables. la distinction entre théme et motif. les définitions de Vessélovski ne permettaient pas de définir le motif de faÇon univoque. qui entretierment pourtant des rapports tres étroits. mais selon la succession qu'ils respeetent dans Preuvre. j'entends l'unité narrativo la plus simple qui. la fable apparait comme l'ensemble des motifi dans leur succession chronologique a causale . Les motifs combines entre Lux constitueut le sauna' thématique de l'ceuvre (écrit encare Tutnachevski). Et encere moins claire demeure d'ailleurs. En cc sens. sonante toute banales. de tels motifs pouvaicnt se former autonotnement tout en pitentant des traits semblables. les . etc. le motif va demeurer tan instrument utile jusqu'a l'imposant répertoire du Hottf: Index of Folk titerature de Stith Thompson (qui n'a paru que quatre ans ares l'ouvragc de Propp. Le but de:Vessélovski était lui aussi classificatoirc : la prése n• ' 10 mémes motifs peut permettre de regrouper des contes ou des mythes ayant une origine et une diffusion différentcs. D'oil l'abatido!' du termo et de la notion de motif. répondait aux diversos exigentes de l'esprit primitif et de Pobservation quotidienne. Pour que cette segmentation ne demeure pos inerte. muette. Vessélovski a bien raison lorsqu'il déclare qu'il cst indispensable de séparer le probléme des motifs du probléme des sujets a. La raison en est claire. en forme d'irnage. en revanche. á mettre en lurniére le zr. du soleil et de la lune comme frac et steur ou mari et fenune. l'intrigue paraphrase le contenu en respectant l'ordre des unités telles qu'elles apparaissent dans le texte. j'entends un theme a Pintérieur duque! se metan phi. le motif est primaire. et. le sujet apparait comme l'ensemble de ces mémes motifs. En revanche. des taches lunaires.avail de décomposition et reeomposition des córner= i-acontés • ce gut les intéresse. chez les divers chercheurs. II suffit de rappeler sa définition la plus célebre et la plus compréhensible.

Cesare Segre le rapport entre la fabula et l'intrigue dans un tcxte donné. en revanche. il ne faut pas s'étonner de mutes les recherches et de tous les progrés cognitifs dus au repérage.. une mini-action. selon l'usage des musicologues (qui d'ailleurs correspond. dont ils seraient la réalisution. contraire. par example. je tiens pourtant á seuligner que ces élargissements et déplacements sémanai12 Da mullí á la Jimetion. les unités san les motifs. rnieux. on affirme que le théme est toujours plus étendu qu'un motif. Tandis que l'oppositionfianda/intrigue se rapporte á deux niveaux différents d'un méme discours. un fragment de niatériau musical pourvu d'une forme compléte ct autonorne. emprunté du gree. en passant du tenue motif au tenue !te. des recherches dans cate direcdon — je citerai. Sans vouloir amorctr par lá aucune réaction. Ensuitc. de l'autre.Jégi. ont déclenché. Voyons d'abord la terminologie. De méme. toujours selon Crove. Utiliser le serme motif pour désigner les « unités de contenu d'action ». la recherche d'éléments narratifs communs á des récits se rapportant A des paradigma différents. n'est. sans avoir aucune révélation á faire. phrases séparées. En effet.tiare de ses développements » ou. á Tomachevski et A toute l'école du formalisme. pour désigner la • mélodic caractéristique qui constitue le sujet d'une composition musicale ct fournit la ma. Dés le début du xvit e siécle. il pose en axiome que le motif constitue un mini-discours.tin e Lis-t t ernploie moti au sens d'unité minimale du r t. a tout découpage ultérieur ne donnera que des notes isolées. ce qui est un théme chez un auteur devenant un motif chez un autre. Les motifs se révélent plus aisément au niveau du discours linguistique. méme sans arriver ú l'abs. sur les modlles narratifs et leurs invariants. Mais ce n'est pas lá le sujet de mon expuse. une serie d'enquétes dans deux domaines : d'un caté. A mon avis. en divisant les muvres musicales dans leurs parties constitutivas. etc. celui de la classification et celui de la terminologie. les thémes presentan dans la plupart des / 13 . Je voudrais pinta revenir aux problémes prélirninaires. en isolant Ics cellules minimales du discours d'aprés le modéle de phrase de Fillmore. il n'est pas Mutile d'accepter. telles que mouvements.4‘ traedora maxamale des fonctions. gráce ú l'emploi de termes moins compromis„ topic et cornment. l'opposition structure/intrigue renvoie A deux opérations différentes : la recherche du paradigme socas-jacent A des récits différents ou. au. dépourv-ues de sens comme les lettres qui forman un mot . on pose que. salan le Dictionnairc de Crove. c'est rendre hommage á Vessélovski. heureusement devenu aux États-Unís. périodes. pouvant méme étre t •és nornbreux. notamment. sur calles qu'oil appelle improprement les structures profondes du récit . de l'autre. Bien plus récela en musicologie (1835 envti. pour Il atteindre une plus grande généralisation. on a adopté des mas tels que ~ti- fimo et tnythInte. dés Darmesteter et Bréal. les analyses de Propp essaient de ramener les récits d'un corpus á un seul paradigme. motif désigne une phrase musical° qui se répéte avec des variations dans un morceau lui donne son caraalre ». Toutefois. On sait que ces deux ordres de recherches. mais employé en composition dans des buts de développement. celles de Doletel — ont rendu possibles de grands progrés en ce qui concerne la segmentation des textes et l'étude des structures inmanentes du discours. l'emploi du mot théme. de Capan tout á fait involontaire. je crois. de l'organisme á la cellule. D'aprés ces défmitions. La comparaison avec la terminologie musicale nous permet déjá d'introduire un certain ordre dans cette matilre. II fnut rappeler. A ce propos. et vice versa ques peuvent pretor ú confusion : c'est en particulier le cesa lorsquc les significa tions antéricures sont encore utilisécs (ct se révélent d'ailleurs utiles) a lorsqu'il dy a pas entre elles assez de différences pour éviter tout malentendu. ou encore de l'idée au novau. que Ics titanes sont des élézentatutttentketun texte entier ou une pardo considéra In'un texte. Cortan-rent s'étonner qu'un mot tel que motif ait eta des avatars semana iques ? Dés ses origines. théme et motif entretiennent done le rapport du complexe au simple. D'un caté. Les propositions avancées par Mélétinski suivent la méme orientution : en effet. ron). á celui de la plupart des critiques littéraires). Bien souvent un théme est le résultat de l'insistance de plusieurs motifs. sections. de l'articulé á l'unitaire. par l'école de Fragua:. la sémantique s'est justement posé des questions sur de tels phénoménes. élaboration ou variation ». incxpressives. je pourrai peut-are avancer quelques remarques. du couple thlme/rhéme. qui est trop bref pour posséder á lui scul une structure formalement développée. tandis que les motifráVr7Cles éléments moins étendus. que motif et théme entrent dans la constitution d'un nutre couple pourvu d'une valeur heuristique considértible.eit éventuellement en rapport avec e couple ihtririerftrtnita. á tel point que leur répétitiun éventuelle peut leur attribuer le statut d'un refrain . il n'est pas Mutile de répéter que l'utilisation des termes motif motifkme. En revanche. entamées par les formalistes et par l'ropp. je rappelle que théme et motif sont souvent employés indifféremment.

ou stéréotypes. il faudrait analyser ces observations á la lumilre d'une psychologie des schémas de l'expérience.. expressious symboliques de l'imaginaire. plus encare. plus articules et mieux reconnaissables. oú Pon peut distinguer deux tnoments : celui oú Pon rapporte le vécu á des schémas de représentabilité.. Et si. C'est lá une maniere d'amorcer une autosélection parmi les valeurs symboliques infinies que Pon pourrait saisir dans tous les elements constituant un texte. collective — qui exercent une sortc de toree de gravitation. les lieux (topoi) de la . cas un careciere métadiscursif. mais les motifs peuvent se bátir aussi une individualité par leur répétition á l'intérieur du texte. on trouve laispot. I cs thémes ne sant pas que des sublign. Une antinomie que je ne voudrais pas affnilter ict :je vais' done me borner. A l'autre Oil trouve les schémas qui n'ont pus escore recu uñe consécration littéraire. les tons dominants et les sommets d'une vive expérience du monde. selon l'expression de Paul Zurnthor . Paree que les thémes. si on réfle. et celui de la réalisation linguistique de ces mémes schémas. Voilá pourquoi la dialectique entre theme et motif s'avén: efficace. presente déjá chez Aristote. mais on est renseigné sur les schémas de représentabilité se rapportant au répertoire d'actions et situations possibles : ils coYncident partiellement avec les thémes et les motifs. méme s'ils sont déjá reconnaissables en tent que modeles de l'expérience collective. Notre faeon de schématiser le réel est déterminée aussi par les clichés littéraires.. situa1 ti lis. c'est aussi paree qu'elle y voit des stéréotypes d'aprés lesquels elle tend á interpréter personnages. Du point de vue générique. topor. . 11 s'agit m'eme d'un seul phénomene. parait certain que Penquete sur les sehémas de représentabilité doit étre menee en dehors de la littérature : á savoir.á leurs changements ensuite. on ne fait que désigner les centres de la consciente — et moi j'ajouterai. il faut éviter de marquer des distinctions trop nenes entre les schémas de représentabilité repéres grite á l'observation ethnn-psychologique et les schémas présents dans la littérature soit populaire snit cultivée. elitoires ~fs:aet. sous forme stéréotypée. Si l'humanité accorde á des personnages.stéréotypitl. Méme sana remonter aux présupposés psychologiques de nos perceptions. clichés et topen' sont é tiqu semblables. La récursivité st un élément décisif dans la formation des répercSIS:io -poncomme l'impliquent le sens nies. les motifs constituent des ésonances discursives de la métadiscursivité du theme. inventions caractéristiques de la fantaisie.chit sur le fait qu'une culture peut etre considérée. corr eesponStuktututinn de . D'habitude. sur tomes les. celui de son derivé wagnérien morir originel du mot Leitmotiv). avec des échanges entre le populairc et le littéraire. entre mvthos et diannia l. ou contenu. thémes. #11. ‘..une Nolution complete.s'il est possible de les saisir . avec Foucault S 5 ..-dveStpour cela que les itions . Ce premier résultat ne représente pes . qui se répandent á tous les niveaux culturels. situations. des situations. Par ailleurs.. on peut competer la recurrente á l'intérieur d'un texto (d'habitude. Les écrivains ont d'ailleurs eux aussi contribué á cene élaboration. ils sont aussi des nr trEacs et les motifs presents ans s ex es populaires et littéraire constituent un ensemble assez défini.. Selon Knights. 11 laisse en suspenS la qucstion de4Piainarnie. bien qu'ils n'aient fait que consacrer et forrnaliser les schémas ébauchés par l'expérienee COMmune. "-ITes liettiíSti ties. et vice verja ir. Ainsi. ocontenu et idee inspiratrice. Je ne voudrais pas non plus m'égnrer dans la forét oil aux motifs et aux thémes se maleta les clichés et les lorsqu'on parle de thémes. L'étude de la thématique nous met done en rapport avec ce matériau erratique d'expérience que les hommes ont elaboré au cours du temps selon certains schémas. de Panofsky sur la dilTerence entre sujet et siguification intrins>que. gén ement émoire collective deviennent le dépét de schémas d'actions. on peut tenir pour évident le fait que Popération de verbaliser ('expérience est une operador' sémiotique. Une sélectiun par récursivité. peuvent déjá faire fonction de • types catires ». Les regles de la réalisation linguistique des schémas de représentabilité n'unt pas encore été décrites . intégrée ensuitc dans la sélection cine á la convergence de..bien siir .. faut pourtant souligner que motifs.Cesare Segre Du motif á la fonction. á un extreme. événements dans son expérience quotidienne. Les recherches des ethnologues et des historiens des religions sur les symboles corleas et modifS 14 nu cours des millénaires et celles des folkloristes sur les cellules de situations et actions se répétant dans les récits les plus éloignés et les plus verles doivent étre comparées aux activités symboliques de l'inconscient et . littéraire) avec la récurrence parmi plusieurs textes. des événements la valeur de thémes plus yo monis • universels ». Au cenes du temps.. Notamment. á renvoyer aux considérations a vancées á ce propos par Northrop Frye et á celles. pour le moinent. bien difTérentes mais tout aussi fécondes. motifs pour creer des champs de signification rapportahles nu theme. la dialectique entre dientes et motifs contribue á l'institution du sens.

qui parcourt cette mémoire) qui qualifie ces inateriaux erradques de motifs. Mais. Ce qui peut apparaitrc plus clair des maintenant. de comes tnerveilleuut. qui n'entrent pas dans le rythme de la récursivité. partant. le motif en tata qu'élément non structure ou peu structure traversant la culture appartient au domaine de la possibilité de sa reconnaissance culturclle. ont donné naissance á toute l'a analyse du récit » moderno. celles qui envisagent ces rapports dans leur évolution chronologique pourraient peut-étre 16 Da motif ti la Anction. á la différence de ce qui se produit dans la langue. je me propuse done de morares l'cxistence. mente si elle n'est pas décisive. oú les motifs sont amalgamés dans une fabula coherente. Cc couple no peut donner lieu á des résultats utilisables que si Pon fait recours á un troisiélue terrne : le modéle narratif. etc. si souhaitable qu'elle soit. Et il cst matare: que souvent un récit soit définissable comme une combinaison Je plusieurs de ces éléments (qu'on ne pourrait pas ne pas appeler motifs). 1. etc. mais elle vise pita& á un inventaire exhaustif .'opposition synchronie/diachronie peut nous aider. de littérai res et de populaires.. La méthodologie extrémernent em pingue de l'école finlandaise et de ' nt Stith Thompson n'est pas du tout en conflit avec celle de Propp. les seuls points de repére sont les élérnents earactérisants dont je vierts de parler. c'est tout simplement qu'aucune rectification. c'est que les prograinmes de nomenclature doivent nécessaireznent s'engager dans deux voies différentes. ne pourra effacer le caractére hétérogéne des motifs á classer. C'est dans ce schenta tres général que se situent les deux significations opposées du terme nzotif: le motif en tant que micro-action. La synchronie qui cst en jeu id en celle du récit individuel. gráce á leur présenco plurielle. repérables — satis parler de priorité ou de postériorité — á l'intérieur de certains corpus de mythes.. II vaudrait mieux. je vais analyser deux Cables tres répandues et ayant une origine ancienne ou tras ancienne. C'est donc la mémoire collective (ou Pobservation du chercheur. mais que leur unité et leur seas consistent dans des motifs de caractére non narratif. Que les catégories et les définitions avancées par Thompson soient souvent discutibles. Si. et finalement fonction. l'hétérogénéité des motifs truuve son lieu d'élection dans la diachronie : une diachronie oú. TI fauttr--remarquer que. Celle frayée par Propp permet de elasser leS récits d'un corpus donné en rapportant la variété des actions racontéel á la permanence du paradigme gráce au repérage des fonctions. alors. on ne peut affirmer que ces éléments se structurent et constituent un systéme dans la synchronie. mais il n'est réalisable que pour un corpus homogéne. 17 . elle ne se borne pas á des récits homogInes. Pour cette raison. parfois méme des objets ou des opérations. on commence á parler de motif lorsqu'un noyau thématique en repris plusieurs fois. parfois méme du sexis. ~filme. de plus. entre événements de l'intrigue et motivations des personnages. Je n'entends pas par lá des modéles universeis. de motifs qui ne consistent pas en actions et qui. pour un texte littéraire. ne sont pas representables sous forme d'un schéma phrastique ruin itnal. Les recherches sur les rapports entre récit et seas. Ort peut méme affirmer qu'i I [tamice nécessairement á ce qui en individuel et caractérisant pour atteindre le maximum de généralisation. mais bien pinta des modales en tant que produits historiques. il est inévitable que les motifs (ici.. Elle n'affronte pas un corpus limité. les thémes. de la caractérisation. qui serait la sornme des textes qui ( la constit trent. dont l'existence ct la naturc n'ont pus encere étésuffisamment étudiées. eta (Mimé que sus buts et ses objets sont tout á fait différents. on ne doit parler que d'eux) soient tellement hétérogénes : ce seront parfois des actions minimales. Par les quelques exemples qui vont suivre. cela n'est que trop évident. tandis que les recherches morphologiqucs de rrupp . A cene firt. situatiuns. tour d'horizon d'une telle ampleur nc permet pas de ramener taus les textes ú des structures homologues . Ce que je tiens á dérnontrer. parfois des types de rapports. appartient au ¿amaine de la structure avec su globalité .Cesare Segre ---:/ ct Lotman. c'est que ces deux febles ne pourraient pas subsister sur la base de la succession horizontalc des actions qui les constituent. mais elle en considere d'anciens et de modernes. comme un texte unique. Cenes. et vice versa avoir comme point de départ les quelques remarques que je viens d'avancer. se juxtaposent des éléments de longue et de bréve claree. et méme la nécessité. de nouvelles. celles qui posent la question d'une priorité éventuelle de la conclusion par rapport au sujet. Ce programme sauvegarde la globalité des récits individuels. topoi. dans le texto de la culture on repére les motifs. meare en balance (sarts pourtant les composer dans une ventable opposition) la diachronie de la langue thématique et la synchronie du discours narratif. La mise en forme d'un récit se réalise par l'introduction d'un ou de plusieurs motifs dans une structure nurrutive nécessairement ¿laboree d'aprés des modéles. Ce qu'a mon avis il faut souligner. en inettant entre parenthéses les actions. le Motif Index de Thompson et ses dérivés demettrent précieux pour les recbtr-----ches d'ord71-effm –ikratif et historique. etc.

Les passages du temps A au temps 11. et inversement. lui refuse tout bénéfice. La solution choisie est d'introduire un dédoublement des temps : de faire en sorte que Pingratitucle de l'élAve se réalise dans un temps imaginaire. se déroulent en fait á la cour de Frédéric pendant que ses invités se lavent les mains. 1. Quand cela 5C mezas lui permettent de produit. des motifs sur lesquels elle se funde et que j'analyserai ensuite. en lui disant : a Je suis celui qui vous a donné tout cela. Le motif passera ensuite á la Scala coeli. jusqu'a la dignité d'empereur. celui des promesses. depuis qu'il est tirite. avec deux flambeaux allumés. et la punition ou la mortification 6ventuelle de l'éléve. se marie. Pempéche de voir les mérites qu'il apercevait chez son maitre quand était pauvre. notamment aux mezubres de sa famille. mais il introduit une innovation encare plus habile: l'existence du sortilége n'est révélée au lecteur qu'au moment ml l'eleve tombe du sommet de la plus haute des churges qu'i! a obtenues peu á peu. la fábula de la Tabula 18 f Du motif á la fonction. Pour le premier motif.Cesare Segre Voici d'abord la Feble 1. Le récit d'un cas d'ingratitude est done mi bien couronné par une scéne symbolique qui s'achéve sur un proverbe ou bien inséré dans un dédoublement temporel. quotidien. mais ces événements. d'abord symbolique et ensuite explicité verbalement. Juan Manuel reprend. Nous assistons done á la jonction d'un récit et d'un proverbe. á savoir le dédoublement temporel et le commutateur. l'exemplum d'Étienne lui donne une nouvelle vie. pour retomber ensuite dans le ternps A. Tout cela serait totalement dépourvu d'intérét. par enchantement. uta contraire. celui de la carriére et de l'ingratitude. Cc récit ne serait pas viable sous cette forme. d'aprés le Specalzan morale de Vincent de Beauvais. est absent. le dédouhlement temporel et le commutateur représentent des motifs . citer des exemples liés á des contextes trés Pour le troisiéme. et surtout á Juan Manuel. Quoi qu"il en soit. et de lui éter ensuite les avantages acquis dans le temps réel. tout en étant vécue comme s'il ne s'agissait que de quelques jours . en plein jour. mame des siécles. » Du temps A. Ce que je veux souligner. pour le mornent.' trer que leur propre habileté. Etienne de Bottrbon (milieu du xiti c siécle) imagine. elle dure des années dans la perspective du héros tout en étant instantanée dans le temps réel. par exemple. Toute la valeur monde. c'est que le contenta du proverbe. prend parfois un mema tres long. Selon le Coma. ou la traversém des régions infernales et célestt. et voilá que maintenant je vous l'ate. Un eleve promet á son maitre de grands cadeaux si ses enseigneune brillante carriere. ment existait déjá de faeon entonar:le dans les archives de la parémiologie. on pourrait citer de trés nombreux exemples. on différents. sous la forme oft je viens de l'exposer. que le maitre se présente chez son éléve. le maitre répond que ces flambeaux doivent le meare en garde contre l'aveuglement qui. en la développaut. qu'on va mettre sur le feu au moment du premier passage et que la cuisiniére met en fait sur le feu en cancidence avec le passagc inversc. qui gagnc une guerre. Aux questions de l'évéque. on pourrait déjá affirmer que : t 19 . a plusieurs enfants. l'eleve fait des cadeaux á tout le monde. celle de pape. l'éléve passe au temps 13. &a:omitíann primurn. oit il ne s'agit pas d'ingratitude mais de la morgue d'un cardinal tout fraichement nommé qui désavoue ses amis. L'animation du proverhe achlve le récit et réalise sa saturation. Dans la Tabula exernplorurn. On en trouve un traitement bien plus habile dans la Tabula exenzpiaron 2. L'act ion de se laver les mains est un commutateur analogue aux perdrix de Juan Manuel. qui correspondent á plus de quarante a ns dans la conscience du héros. qui en fent un chef-d'auvre. le maitre fait monter san éléve. A mon avis. sont marqués par un détail modesto. qui devient symbolique : • les perdrix préparées pour le diner. dans sa plate évidence. qui probableénoncc l'équation a pauvre voyant . et surtout qu'ils out une existente autonome. Et les magiciens auteurs de ce sortilége n'ont á démon. Ce reproche. je pourrais citer Absternius. de l'exemple se fonde sur ce dédoublement du temps. paree que manqucnt les réactions du maitre. On y raconte la carriére du comte de San Bonifacio. notamment parmi les visions et les voyages dans Pau-debí. Nous avons repáré un motif de caractére parémiologique. ?dais laissons de caté le motif parémiologique pour approfondir un peu les deux sucres. et vice versa exemplorum. le voyage de Mahomet au Paradis et en Enfer commence quand Pesti dime marmite va bouillir et s'achéve empéche la marmite de se renverser en l'Inane junte á temps pour du feu. comme d'habitude. Le cas le plus intéressant se trouve peut-étre dans le cante XXI du Noyelliao. á Bromyart. parfois. devenu éveque. il fait cesser Felicitantement. A Herolt. liée a d'autresfabulae. gráce á un sortilége.e dédoublement du temps correspond d'habitude á des durées chronologiques différentes : l'expérience mystique. Bref. que je vais tácher de résumer en faisant abstraction. Lorsque celuici. i1 faut qu'il possIde un caractére exemplaire qui. parfois gráce au recours au commutateur. et itarrative aussi. lorsque Pélese se retrouve au point de départ. Les perdrix représentent en somme le commutateur entre le temps A et le temps B. mais pas á son maitre. Pour le deuxiétne. debe = aveugle ».

En revanche. les différences nous raménent aux exige:laces de deux thernatiques différentes : la Feble 1. camine daris l'exemple cité. semblable á celui que nous avons repetí dans la fahle precédeme. dans le Dialogas creaturarurn. fait au cours de sa fortune imaginaire. Et d est Mutile de citer toutes ses versions ultéricures. Mais le déclic décisif. Muinteuaut. on la retrouve chez Jacques de Vitry. et vice versa Ce qui détruit la beauté de la Cable n'est pas seulement le resumí: et l'élimination des détails pittoresques. dans la Fable 1. III. II s'agit de vuir si une catégorisation de ces motifs est possible et. du point de vue taxinomique. A cause d'un geste tarasque le personnage perd l'objet ct. mais bien Poznission de ce qui. ¡aquello. mais elle peut aussi. • 3) ces ruotifs deviennent des elements constitutifs. On pourrait l'exposer de la faeon suivante : Un personnage pauvrc acquiert un objet de peu de va leer. ou un mouvement de dense. Attestéc pour la premiére fois dans le Faticatantra. le ternps A. avcc dégradation. Bref. comme il arrive dans les récits cites ci-dessus). II suffirait de parler de a commutateur entre temps irnaginaire et ternps réel ”. ces motifs out un e. avant la finte dans le temps 8. cc sera le geste d'éperonner son cheval (qu'il nc possede pas 20 encore) et d'applaudir. Cela est encere plus évident si Pon tient compte aussi 21 . son ingratitude. '. En effet. encere plus connue que la premien paree qu'il s'agit de celle qu'a rendue céllbre La Fontaine avec sa jolie Perrette (Fables. fondarnentaux. Du motif á la fonction. qui s'adapte aux deux fabulae. par conséquent. consister tour simplement dans la temps II temps A . Mais il y a aussi des differences considerables : dans la Feble 1. il vaut la peine de s'arréter sur le fait que ce motif est la cié pour le traitement de tous ces thémes. des fabulae qui autrement perdraient non sculement loar efficacité. nous avons le passage du personnage du temps A. qui se bátit en esprit un avenir de plus en plus heureux gráce aux opérations commereiales qu'il prévoit de réaliser á partir da sud moleste objet qu'il posséde. qui est ensuite effacé par le retour au ternps A. II n'est absolument pas etonnant que le méme motif sois employé dans deux thérnes différents. consiste dans un geste qui. Dans ce as aussi. En revanche. comme dans le Novellino. ou encore le geste • de se frapper le front. réel. au temps B.Cesare Segre. de toute. je vais essaycr de résumer la firbula sets tenir compte du motif que nous analyscrons par la suite.aractlre éminernment forme¡: tout en eta nt susceptibles d'une réalisation narrativa. qui est detruit par le geste' fait dans le temps B. contient un potentiel de richesse (Pobjet). chez Etienne de Bourbou. c'est un geste fait dans le temps B et déclenchant des censéquences dans le ternps A . peut servir. En forme d'exemplurn. bien des auxilies conexptuels . il ne deviendra jamais riche. imaginaire . la cié. qu'elle soit sémantique ou da:manque. en représente le motif cié. au temps A. cette rabie apparait ensuite datas le Hitonlesa et. cela permettrait de regrouper les Falles 1 et 2 ainsi que d'autres récits éventuels dont je viens de citer quelques exemples. en ce Vas. mais. Le geste est done un commutateur. á mettre en garde centre les envols de l'imagination. Ce sera alors un coup de pied affectueux ou un coup de baguette donnés á son enfant (qui doit encere naitre). évidence. le geste fait par le personnage dans le temps B et en rapport avcc les événements du temps B. et chez Juan Manuel. par exemple. aboutit á la version astillane de Califa e Digna. Un atare Menem important commun aux deux fables est que le temps R sert á introduire le héros dans un processus apparent d'amélioration. et avcc des morlifications considerables. Pour faite une tentative. de type bilateral (elle doit contenir deux person¡auges). et le reunir. dans la Feble 2. la Fable 2. par l'imagination du héros méme. surprise des deux passages ternps A de type subjectif (un seul personnage est suffisant). grecques et latines (le Directorium hantanue vitae de Giovanni da Capta). le ternps II est créé gráce á un sortilége par un nutre personnagc . II réve de veudre ect objct ct de devenir riche eu investissaut de Ileon de plus en plus habite Pargcnt de cene vente. Et. Encere les Fables 1 et 2 ont-elles en conmuta Ie fait que le temps imaginaire est le lieu d'un processus d'amélioration effacé dans le temps réel : ce qui s'applique ata corte du Novellino aussi. II nc serait pus diflicile de trouver une formulation plus genérale du motif. 10). dans la Fable 2. mais aussi loar sets. ces motifs sont théoriqucment isolables des fabulae oú ils sont insérés ct apparaissent assez caractéristiques pour établir un I nal entre tous les récits qui les contiennent . óte au personnage l'objet mente qui devrait étre á l'origine de cette fon-une. par l'in terinediaire de traductions atabes. le eommutateur appartient au ternps A . ils ne représentent á tu* sals ni des récits ni des portions de récit. On serait tenté d'en conelure qu'une taxinomie formelle peut s'avérer plus puissante qu'une taxinomie conceptuelle. Le citarme de cette feble consiste dans l'activité de la fantaisie du personnage.asuras á la Feble 2. sert á mettre á l'épreuve le personnage qui subit le sortilége dans ses rapports avec l'autre (en révélant.

« ceci est une réaction mentale ». la condition feminine ou la snif de l'absolu. termo encore forinaliste . La phase de l'activité cognitive qui s'attache á l'intrigue est la compréhension. chuse posée » du mot theme pris dans son seas étyinologique. oil le cornmutateur n'a plus une fonction narrative mais théologique en soulignant la nature tout humaine de la ehronologie que nous observons par rapport á l'éternité ou á ses approximations symboliques. Dans le domaine enoneiatif. Or. dans le domaine des répertoires empiriques et caractérisants. Dans un genre littéraire tel que la poésie. La leeture axée sur le message fait de l'eeuvre une dissertation. la relative autonomie de l'intrigue en tan t que couche de signification permet une nette demarca tion entre ces deux phases de la cognition. processus plus élémentaire. un essai sur un sujet donné — dans legue! on reconnaitra sans peine la . Je erais qu'un reexamen du trésor des fables pour y rechercher des motifs d'ordre formal pourrait aboutir á des résultats considerables et meare en lamiere. la mort. Cesare S ECRE Université de Pavie Marie-Lacre Ryan A la recherche du théme narratif NOTE 1. 1. Quant á la ledture attachée aux bis genérales. á tel point que le resume ne peut en faite abstractión (je pense ici au dédoublement temporel). mais elle no se contente pes d'étiquettes applicahles ti tuute structure narrative. on envisage le theme entume l'uutil d'une activité d'ordre interprétatif. de la seconde feble. 11 ne faut pes croire que cette suggestion renouvelle de fond en coznble l'inventaire des motifs . et moins sujet variations. que l'interprétation. méme populaire. p. on pourrait les dénommer procedes ». et qu'on entend par 15 des notions telles que l'amour. du Seuil. mais ses développernents ne seront peut-étre pes dépourvus d'intérét. Entre le péle des catégories universelles de la narration et eelui des contenus spécifiques d'un texte 1 23 . un au-delá de la concite proprernent narrativo du texte. la compréhension apparait inseparable de l'interprétation. on peut des lors se poser la question de la presence de thémes parmi les significations qui elle met en jeu. mais. 29. si l'intrigue forme un niveau sémantique autonome. la valeur de la métbode que Propp a appliquée dans eelui de la taxinomie des structures. L'existence de motifs de caractére forme! me parait donc indiscutible.'une et l'autre de ces lectores vise un au-delá de l'intrigue.Cesare Segre dcs. Cet outil rcGoit pour fonction soit de permettre I'extraction d'un message' applicable au monde réel (ce que l'auteur nous dit de l'amour ct de la morí). soit encere d'aider á la forrnulation des bis genérales qui régissent l'univers textuel (l'arnour triomphe de tous les obstacles dans les comed ies de Moliere). Que seraient ces thémes propres au message narratif ? La compréhension d'une intrigue passc par des catégories cognitives suffisamment abstraites vour subsumcr des épisodcs de contenus trés divers. elle trait” le texte comino une docuthentation portant sur un certain tvpc de comportement. 0 Quand on parle de theme á propos d'un texte narratif. dans un genre narratif canonique. Éd.récits eschatologiques que je viens de citer. mais en fait ils impliquent le cantean narratif méme. telles que : « ceci est une action ». L'objection qu'il s'agit lá de techniques d'ordre littéraire tst sans valeur si ron tient compte de la dilTusion. • Points 1970. col/.

l'intrigue et la Mula. en revancha. . b) Par suiet (intrigue). pouvaient sc former autonomement tout cn présentant des :mit& scroblables. á tel point que souvent leurs détinitions sont interchangeables. et c'est á• cause de leur influence qu'aujourd'hui contre la ratique de Propp. l'intrigue pour une histoire des variantes narrativos. Les motifs combines entre eux constituent le soutien rhémat:qut de recurre (écrit encore Tomachevski). l'intrigue paraphrase le contenu en respectant Pordre des unités tones qu'elles apparaissent dans le texto. on pourrait dire que Propp remplace Popposition intrigue/rnotif. Et cela. La raison en est claire. reprise par Chklovski : a) Par motif. Je m'excuse de ces citations. 2) Ics situations de l'existente : Penlevement de la Lita riée (coutumc populaire paysanne de ntariage). les deropp tr—r—err dais un récit. 21) . qui entretiennent pourtant des rapport' trb étroits. a ffirme Propp. á son avis. en forme d'image. quoiqu'on puisse le croire Irás untérieur). Vessélovski a bien raison lorsqu'il déclare qu'il est indispensable de séparer le probléme des motifs du probleme des sujets a. Dans cene dcrniére. La raison pour laquelle Propp a choisi d'opérer sur le couple structure/intrigue deviene évidente : il les considére comme deux él6inents fondamentaux. tandis que les fonctions sont indécomposables. Dans lafabulo. nous rhettons en rapport. sa définition de eelui-ci apparait pourtant moins claire. le motif est primaire. le sujet apparait comme l'ensemble de Ces mames motifs. En ce sens. S'il est évident que Vessélovski considére l'intrigue camine plus complexe que le motif. En fuit. paree que ces différences vont pcut-étre nous suggérer quelques précisions. le rnotif va demeurer un instrument utile jusqu'á l'imposant répertoire du MotifIndex of Mak Literatura de Stith Thompson (qui n'a paru que quatre ans ciprés l'ouvrage de Propp. chez les divcrs chercheurs. son-luir toutc banales. mérne inconsciemment. les définitions de Vessélovski nc permettaient pas de &futir le motif de ¡ileon univoque. la distinction entre théme et motif.Cesare Segre En un certain sens. etc. Dans cene perspectivo. etc. on paraphrase done le contenu narratif en respectara set ordre chronologique et de cause á effet qui est souvent boulevers1 dans le texte . la structure pour ses buts classificatoires. les malles du lever ct du coucher du soleil. Il sufra de rappeler sa définition la plus célebre et la plus compréhensible. le discours sous le dis. 11 faut remurquer tout d'almrd que les analyse. Le but de Vessélovski était lui aussi classificatoire : la présen Uu rnotif it la fonction. nous arrivons enfin jusqu'aux parties indécomposables. évidente chez Vessélovski. de íleon á rnettre en lumiére le evail de aécomwsition el recomeos:líen des conten tas rarentés : ce qui les intéresse. A cela prés que les motifs — Propp l'a démontré — ne sont pas des unités indécomposables. la fable apparait comme l'ensemble des motifs dans leur succession chronologique et causale . des taches lunaires. et. et le sujet [= intrigue]. En revanche. répoudait aux diverses exigentes de l'esprit primitif cc de ('observaban quotidienne. jusqu'aux plus pe' ices ' . du solcil ct de la lune contase frére et sceur uu mari et femme. le motif (qui s'est avéré non indécomposable) ne constituerait qu'une sous-espéce du sujct (= intrigue). des eclipses. D'oil Pabandon du tcrme et de la notion de rnotif. le banquet d'adicu (dans les comes mervcillcux) et d'autres traditions semblables. Étant donné la ressemblance méme l'identité des formes de vie et des processus psychologiques dans les premiéres phases de l'évolution sociale. mote et orle ion. tandis que celln svis tt p utot l'ax„e. l'aide de tette décomposition de Pctuvre en unités théntatiques (écrit Tonzachevski). mais il étaie important de souligner les différences radicales existant entre des a uteurs teas que Propp ct les formalistes. feutends un theme á l'intérieur duquel se mélent plusieurs situations ou motifs . formalistes acrch cours. A Pour que ente segmentation nc demente pas inerte. Le theme de cette pante indécomposable de Pceuvre s'appelle motif. par Popposition structure/intrigue. il rata s'arréter sur les liens entre les unités repérées. de tels aloa. c'est surtom 11 lo . et vice versa mémes motifs peut permettre de regrouper des tornes ou des my-thes ayant une origine et une diffusion différentes. muette. j'entends l'unité narrativo la plus simple qui. secondaire (p. Ces liens se dégagent de la cornparaison entre deux autres structures. ce sont les formalistes russes qui ont vu dans le motif un outil pour segmenter le texte narratif .articules du tilatériztu tique : • Le soir es t tombé Flaskolnikov u tué la vital*: Le fieros est morí •. 2) les eones concernant les eulavemcnts.paradigniataits leurs analyses. a Pour Vessélovski. mais 'elan la succession qu'ils respectent dan: l'oiuvre.* des formalistes sont ccntrées sur I'axe s ntagmatique. On pcut citer comerte exemples : 1) les • légendes des origines la représeatation du solcil comme un mil. • Une :cure est arrive(' ». Et encare moins claire demeure d'ailleurs. par exemple : 1) les contes conccrnant le soleil (et sa mere : la légendc grecque ct malaise du soleil anthropophage) .