VIE

D'AM
-j'ai lu,
-j'ai cru!
par l'abbé Lionel Mélançon
2e édition:
28 fhrier 1984
© 1983. Les Éditions L'ARMÉE DE MARIE
ISBN 2-920011-16-2
Tous droits de rt:production, dt: traduction
et d'adaptat ion réservés pour tous pays.
Né le 29 novembre 1920 à Baie Shawinigan, l'abbé
Lionel Mélançon fit ses études classiques et théolo-
giques au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières,
Québec. Il fut ordonné prêtre diocésain en 1946.
Après un stage d'études à l'Institut Pontifical Bibli-
que de Rome, il a été professeur d'Écriture Sainte,
d'Histoire de l'Église ainsi que de Théologie ascétique
et mystique au Grand Séminaire de Trois-Rivières. Il
étendit son enseignement aux religieux, aux
religieuses et aux laïcs. En 1967, il devint curé de
paroisse, mais il retourna à Rome en 1972-73 pour
approfondir la portée pastorale de l'Écriture Sainte.
Assidu aux audiences de Sa Sainteté Paul VI et aux
cérémonies pontificales, il était tout désigné pour
conduire Marie-Paule au Vatican, quand elle vint à
Rome au printemps 1973. L'abbé Mélançon a bien
connu l'auteur de Vie d'Amour et il a analysé
l'Oeuvre avant même sa publication. Également
témoin actif dans l'évolution de l'Armée de Marie, il
présente aujourd'hui une réflexion digne d'attention.
AVANT-PROPOS
Dans sa catéchèse sur le Saint-Esprit, saint Cyrille de
Jérusalem écrit:
« Un homme qui se trouvait d'abord dans l'obscurité, en
voyant soudain le soleil, a le regard éclairé et il voit
clairement ce qu'il ne voyait pas auparavant: ainsi celui
qui a /'avantage de recevoir le Saint-Esprit a l'âme illu-
minée, et il voit de façon surhumaine ce qu'il ne con-
naissait pas. »
Dans son discours après la Cène, Jésus déclara à ses
disciples:
« Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez
confiance: moi, je suis le vainqueur du monde» (Jn 16, 33).
Deux couples de réalités:
- le monde et la détresse,
- la victoire de Jésus et la confiance.
Comment voyons-nous ces réalités? Dans l'obscurité ou
avec un regarêl éclairé? D'une façon purement humaine ou.
d'une façon surhumaine?
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Jérusalem, cité de paix!
« Toutes les nations viendront se prosterner devant toi»
(Ap 15, 4).
« Venez! Montons à la montagne du Seigneur! Venez!
Allons dans la lumière du Seigneur! Oui, la loi sortira
de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur» (Is 2, 3).
Jérusalem! Église de Jésus-Christ!
Autre réalité que l'on peut voir dans l'obscurité et d'une
manière purement humaine, ou dans la clarté et d'une
façon surhumaine. C'est la foi qui fait la différence. Et
l'absolu de la foi fait toute la différence. Isaïe et saint
Jean avaient une foi absolue.
La réalité de Jésus et de son oeuvre a été vue de ma-
nière différente par les pharisiens et les sanhédrites d'une
part, par les disciples et le bon peuple d'autre part.
Saint Jean l' Apôtre, à la suite de la réalisation des
paroles de Jésus par sa résurrection et davantage à la suite
de l'éclairage de la Pentecôte, a vu Jésus comme le Fils de
Dieu, le Verbe envoyé du Père, le Sauveur «en qui nous
devons croire pour avoir la vie » (Première conclusion de son
Évangile).
Saint Jean !'Apôtre, pour avoir suivi Jésus tout le temps
de sa vie publique, avait vu d'une manière humaine et
déjà aussi surhumaine. Quand sa foi est devenue absolue,
il a tout revu d'une manière nouvelle. Il a voulu écrire un
certain nombre de choses dans son Évangile, en apportant
«son témoignage véridique». Dans l'absolu de l'éclairage
divin, le disciple voit «encore bien d'autres choses qu'a
faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je
pense, dit-il, que le monde lui-même ne suffirait pas à
contenir les livres qu'on en écrirait» (Dernière conclusion de son
Évangile).
La réalité sur laquelle nous réfléchissons en ce
« témoignage » que nous croyons « véridique » est la vie
d'amour d'une chrétienne à la foi absolue, puisée à la
source authentique de l'Église, confirmée et nourrie à la
même source.
Nous avons vu cette «réalité» d'une façon humaine et
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aussi d'emblée surhumaine, avec un esprit délibérément cri-
tique sans couper l'éclairage de l'Esprit de Dieu.
Je prie tous ceux et toutes celles qui ont connu Marie-
Paule dans sa vie courante ou à travers son oeuvre
littéraire de « Vie d' Amour» de laisser filtrer la lumière
qui vient d'En-haut, gratuitement et abondamment, à la
prière de l'humble, et de revoir et de relire de «façon
surhumaine».
Mes réflexions au sujet de Marie-Paule et de «Vie
<l'Amour» sont aussi une sorte de «bonne nouvelle»
composée d'un choix très limité de choses vécues par
l'auteur de «Vie <l'Amour» en relation avec beaucoup
d'autres personnes, membres de la même Église de Jésus,
toutes en marche vers une perfection à la stature du
Christ.
Mais, si on mettait par écrit, une à une, les pensées qui
fusent à l'esprit à la lecture de « Vie d' Amour» ou à la
lecture comparée des textes scripturaires et liturgiques,
c'est sans fin que ici et là et partout surgiraient des livres
à remplir le monde.
Une relecture admirable serait éminemment productive
simplement en mettant au féminin et en appliquant à la
Sainte Vierge Marie, toute proportion gardée, ce qui s'ap-
plique d'abord à Dieu et à son Messie.
«Astre d'En-haut, Il (elle) est venu(e) nous visiter pour
guider nos pas sur le chemin de la paix!»
«Il (elle) a passé parmi nous en faisant le bien.»
Pour la plus grande gloire de Dieu et de Marie.
Lionel Mélançon, prêtre
«Que les oeuvres de Dieu
sont grandes et belles! »
« De tout coeur, je rendrai grâce au Seigneur dans /'as-
semblée, parmi les justes: qu'elles sont grandes, les
oeuvres du Seigneur, et profondes pour qui les scrute
avec amour!» (Ps 110.)
C'est par cette parole du psalmiste que je veux présenter
aux lecteurs de Vie d'Amour ma propre appréciation
de cette oeuvre littéraire en quinze volumes, rapportant
l'analyse d'une vie considérée dans la lumière divine et en
regard d'une Oeuvre <l'Amour, l'Armée de Marie.
En autant que faire se peut, il est souhaitable de connaitre
l'auteur d'un ouvrage avant même de commencer à lire le
texte. Les exégètes de la Bible et les analystes des grandes
littératures s'efforcent de situer les auteurs dans le
contexte de l'histoire générale et des circonstances parti-
culières des écrits.
Dans le cas présent, il me fut donné de rencontrer Marie-
Paule avant même qu'elle songe à publier ses volumes. Elle
était venue à Rome pour faire connaître au Sacriste du
Pape l'existence de l' Armée de Marie et sa relation avec
!'Oeuvre de la Dame de Tous les Peuples. M'ayant d'abord
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informé du motif de sa visite, elle demanda mon aide
pour avoir accès au Vatican. J'exigeai d'abord qu'elle se
fasse connaître très bien. Il a fallu dix heures d'entrevue
avant que je me décide à poser ce geste si plein de consé-
quences.
Avec bienveillance et simplicité, Marie-Paule m'a tracé
le résumé de sa vie et de ses principales activités. J'ai vite
remarqué l'humilité de sa présentation et la charité de sa
vie, deux pôles de référence quand il s'agit de surnaturel.
Marie-Paule m'est apparue non seulement comme une
femme <l'Église, comme on dit, mais bien plus comme une
fille de l'Église. Elle est une ,chrétienne pratiquante, oui,
mais aussi une personne qui vit de l'Église. Elle est née de
l'Église par le Baptême auquel elle croit, elle a grandi
grâce aux Sacrements de l'Église qu'elle reçoit avec une
grande régularité. Elle se nourrit de l'enseignement de
l'Église, puisé aux meilleures sources. Elle se laisse guider
par son directeur spirituel et principalement par son curé
de paroisse. Une foi pure lui fait comprendre qu'elle a
tout reçu de Dieu par ses parents, sa famille, l'école, le
milieu paroissial et diocésain. Sans même y penser, elle
révèle ses talents particuliers: intelligence vive, volonté
forte, sociabilité, communication, organisation, désir irré-
sistible de fidélité, dévouement de sa personne.
Marie-Paule est marquée par une idée-force : la fidélité.
Il suffit qu'elle soit ce qu'elle est pour qu'on la remarque
et qu'on soit obligé de se situer par rapport à elle.
L' amour de sa vie se révèle dès son âge tendre. Son
amour de Dieu est généreux, sincère, sérieux. Dieu Lui-
même se doit de donner grâce sur grâce.
Un degré de vertu en appelle un autre, quand la fidélité
ne laisse aucune place à la négligence.
Il faudrait être malin pour découvrir un vrai péché dans
la vie de Marie-Paule. Croirait-on apercevoir une imper-
fection que l'impression est vite dissipée, car on constate
un nouveau progrès chaque fois que la vertu est mise à
l'épreuve.
La vie de Marie-Paule se déroule au milieu d'une
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grande famille chrétienne où la religion tient une place
quotidienne. La première place est donnée à la sainte
Messe prolongée dans une vie eucharistique authentique.
La foi en la Présence réelle y est très vive.
La charité marque la vie familiale par l'apport que la
fille aînée consacre à ses parents, à ses frères et soeurs, de
même qu'aux voisins et voisines nécessiteux. Marie-Paule
a vite choisi entre le plaisir et le service difficile des
pauvres et des miséreux.
La pureté de sa conscience n'admet pas de compromis.
Elle ne saurait souffrir que le péché ternisse la vie fami-
liale elle-même. Aussi, à l'âge de douze ans déjà, compre-
nant la loi du sacrifice expiatoire, elle offre sa vie pour la
guérison spirituelle de son père. Cette consécration initiale
et définitive la lance sur la voie de la co-rédemption, dans
une union toujours plus intime au Sacrifice unique de
Jésus et à celui de Marie, Mère de l'Église.
On sait toujours où trouver Marie-Paule. Si elle n'est
pas à la maison ou chez quelqu'un à aider, elle est à
l'église où sa présence adoratrice se complète d'une action
apostolique. Elle participe surtout par le chant aux
cérémonies religieuses et par l'organisation et la parole de
bon conseil aux mouvements d'action charitable, en parti-
culier à ceux d'inspiration mariale, comme la Légion de
Marie.
Son appel à la sainteté lui fait rechercher la vie religieuse.
Sa santé faisant défaut, elle s'oriente vers le mariage sans
renoncer à son idéal de perfection chrétienne. La croix provi-
dentielle fait partie de sa vie d'épouse et de mère dévouée. La
fidélité à la loi du Christ inclut l'héroïsme conjugal. Ce n'est
que la règle supérieure de la charité, contrôlée par l'obéis-
sance, qui lui fera accepter la séparation de son mari.
Son comportement d'humble soumission et d'une claire
ouverture d'âme vis-à-vis de son propre curé et de ses
directeurs de conscience est, selon toutes les règles de la
prudence chrétienne, complété par l'action des dons du
Saint-Esprit, surtout celui de Conseil et celui de Force. Le
Conseil lui dicte sûrement ce qu'elle doit confier au juge-
ment de ses maîtres spirituels. La Force la pousse à l'obéis-
sance dans les directives les plus difficiles. La Force encore lui
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fa it proposer à ses directeurs successifs les voies différentes ou
supérieures qui lui paraissent inspirées d'En-haut. Remar-
quons tout de suite que ces voies particulières ne regardent
pas la vie privée de Marie-Paule, mais bien sa vie apostolique
orientée vers ou déjà engagée dans une Oeuvre mariale qui a
déjà l'audience de l'Église à Québec.
V oies et voix se rencontrent et se complètent. Elles
peuvent venir d' une même source et conduire à un même
but. Parallèles aux voies dites «antiques» et à celles dites
« neuves », il peut bien se construire des voies dites « auto-
routes ». Parce que la voie «Armée de Marie » est toute
nouvelle, qu'elle vient aussi d'une inspiration mariale et
qu'elle aussi mène à Rome, il se pourrait bien qu'elle soit
pour les besoins d'aujourd' hui une autoroute mariale
menant en toute sécurité au Centre de la Chrétienté. Véri-
fions.
Quant aux voix porteuses d' inspirations et suggérant
avec force de même qu'avec prudence, selon la méthode
«i mage - désir - ordre», une voie, des embranchements,
des avenues et toute une série de moyens ordonnés en vue
de la réforme intérieure et de la sanctification, de la con-
version selon les lumières de Vatican II et du renouveau
spirituel dans la blanche clarté de !'Eucharistie, de Marie
et de !'Autorité papale, il n' y a qu'à se réjouir que ces
«voix» se fassent encore entendre et aussi du fait qu'elles
trouvent une oreille attentive, un esprit humble et un
coeur obéissant. Il reste encore à vérifier si ces voix pro-
viennent bien de source divine.
Jusqu'à présent, les deux pôles de l'humilité et de la
charité paraissent bien donner au mouvement de \'Armée
de Marie précision et douceur de roulement. Les règles du
discernement des esprits ont été appliquées par le propre
curé de Marie-Paule, par ses directeurs spirituels succes-
sifs, par d'autres conseillers occasionnels, par des prêtres
sérieux entourant Marie-Paule depuis la fondation dudit
Mouvement. Les fruits de conversion et de sanctification
se sont multipliés sur l'arbre de la jeune Armée de Marie.
Et le besoin s'est toujours fait sentir de s'en remettre à
l'Église et à ses Pasteurs que l'on informe et que l'on
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consulte. Au moment donc où j'ai rencontré Marie-Paule,
le moment était venu de s'en référer au Vatican lui-même,
toujours selon les «voix» d'En-haut, auxquelles Marie-
Paule se veut totalement fidèle. C'est à cause de ces
«voix» que Marie-Paule se trouve à Rome au début
d'avril 1973.
Rendu là dans mes réflexions à la fin de mes entrevues
avec Marie-Paule et de mes entretiens avec l'abbé Philippe
Roy, directeur général de !'Armée de Marie, je dis à
Marie-Paule: «Maintenant, je suis prêt à vous conduire
auprès des autorités du Vatican, qui sauront s'intéresser à
votre Mouvement marial et apporter leur jugement expéri-
menté.»
Nos démarches au Vatican nous mènent par étapes
auprès de Son Excellence Monseigneur Jean-Pierre van
Lierde, vicaire général de Sa Sainteté pour l'État du
Vatican.
La visite chez Monseigneur van Lierde ne s'oublie pas.
Son accueil chaleureux exige que chacun de nous se
présente brièvement. L'abbé Philippe Roy, Marie-Paule, sa
mère Madame Giguère, Madame Dessureault, bienfaitrice,
et moi-même, ancien professeur d'Écriture Sainte, d'His-
toire de l'Église et de Théologie ascétique et mystique, de
nouveau étudiant en Écriture Sainte et en Théologie Pasto-
rale.
« Bien! Quel est le but de votre visite?»
L'abbé Roy explique que la jeune Armée de Marie désire
être connue au Vatican.
« Qu'est-ce que l' Armée de Marie?»
Marie-Paule prend la parole, alors que Monseigneur
van Lierde met en oeuvre une méthode d'entrevue bien
efficace.
1. «JE vous ÉCOUTE. » Pendant de longues minutes,
Monseigneur porte une attention très concentrée au récit
de Marie-Paule exprimant en condensé l'histoire de sa vie
et de la fondation de !'Oeuvre.
2. «UN INSTANT, JE RÉSUME.)) En une phrase, Monsei-
gneur synthétise pour mieux saisir et retenir l'essentiel.
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3. ((EST-CE QUE J'AI BIEN COMPRIS?» Réponse affirmative
.de Marie-Paule soulagée de se savoir comprise.
4. «CONTINUEZ.» Et Marie-Paule poursuit... Deux, trois,
quatre, cinq« Je résume». Enfin, Marie-Paule, heureuse, dit:
« Vous avez tout compris!»
« En effet, dit Monseigneur, je crois avoir tout compris. »
5. ((MAINTENANT, ÉCOUTEZ-MOI. )) Suit un court silence,
mais total, profond, qui rejoint les profondeurs du contact
divin, de la consultation de !'Esprit Saint. Puis, avec un
petit sourire, Monseigneur commence son commentaire par
(
. la troublante remarque: «Croyez que /'Esprit Saint travaille
aussi au Vatican!»
\ Vient ensuite la réponse martelée avec calme et autorité:
1. « Votre mouvement est d'origine SURNATURELLE. Ce
n'est pas vous qui l'avez conçu, c'est Dieu qui vous l'a ins-
piré.»
\ 2. « Votre mouvement est PROVIDENTIEL. Voulu par Dieu
! pour l'Église d'aujourd'hui.»
3. «Votre mouvement est CATHOLIQUE. Destiné non seu-
lement à votre diocèse, à votre province, à votre pays, mais
aussi à toute l'Église. »
Voilà des paroles propres à rassurer mon jugement au
sujet de Marie-Paule. Monseigneur van Lierde ajoute
quelques remarques de nature à toujours rasséréner les
esprits inquiets. Il insiste sur la présence certaine de la
croix, dans la vie de la fondatrice surtout. Il avertit que la
lutte de l'adversaire sera évidente, que la persécution ne
manquera pas.
Monseigneur demande !'HUMILITÉ et la soumission aux
autorités des différents diocèses et !'OUVERTURE spéciale à
!'Archevêque de Québec, !'Ordinaire du lieu du Centre de
l' Armée de Marie.
Il insiste pour dire de ne pas s'attendre à un encouragement
ouvert et spontané de la part des autorités religieuses. Au
contraire, «on va plutôt être réticent. On va vous observer,
vous analyser; on va attendre les fruits et bien évaluer avant
de s'engager. Et il est NORMAL qu'il en soit ainsi. Les
colonnes de /'Église ne doivent pas bouger trop facilement.
Plus tard, peut-être un peu tard, on vous fera signe, on vous
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fera entrer par la porte d'en arrière. Entrez alors humblement
toujours. »
Sages conseils d'un homme <l'Église expérimenté, versé
dans la connaissance de la cause des Bienheureux et des
Saints. Réconfortants avis à se rappeler à l'occasion de
certains retards ou de réticences éprouvantes.
«Continuez votre humble travail. Jetez la semence. »
Après ces remarques et ces encouragements, Monsei-
gneur demande à Marie-Paule si elle a des écrits. À la
réponse affirmative qu'elle a un brouillon polycopié de
quelque sept ou huit volumes, il demande si on peut les
lire ...
« Oui? Très bien! Conservez tous vos écrits. »
Puis, Monseigneur van Lierde nous renvoie gracieuse-
ment. À moi, il demande de demeurer à Rome à sa disposi-
tion, car il veut me revoir seul.
Trois semaines plus tard, je me rends chez Monseigneur. Il
(
. me demande mon avis sur Marie-Paule et l' Armée de Marie.
Il me confirme le sien. Puis, geste très important d'un ancien
\ professeur de Bible envers un confrère, il prend la peine de
lire au long une parabole de Jésus rapportée par saint Marc,
chapitre 4, versets 26 et suivants: « li en est cfu Royaume de
Djeu pomme d'un homme ql!i aurait jeté du gi-aTiiën terre:
qu'il dorme ou qû'il se lèvè, la nuit ou 1e jour; la semence
germe et pousse, il ne sait comment. D'elle-même, la terre
produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi.
Et quand le fruit s'y prête, aussitôt, il y met la faucille, parce
que la moisson est à point.»
Puis pesant ses mots, Monseigneur ajoute: « Que ce soit là
la spiritualité de votre Armée de Marie ... Voyez à ce que tous
pensent ainsi ... , spécialement les de lq __ Çe1J._frale. »
En plus de me demander de faire la traduction française de
son livre sur L'Esprit Saint et la Très Sainte Vierge, il
souhaitait que je puisse lire les écrits de Marie-Paule pour lui
en faire mon commentaire. C'était en avril 1973.
Quelques semaines plus tard, à mon retour de Rome,
Marie-Paule m'accueillait et tenait à m'offrir la lecture de ses
volumes Vie d'Amour, me demandant de lire avec un
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grand esprit critique et de lui signaler toute erreur doctrinale
comme toute imperfection d'ordre pratique ou apostolique.
) La coïncidence du désir de Marie-Paule@ de celui de Mon-
)
van Lierde me parut uriëVolonté de et
j'acceptai de lire et d'analyser jusqu'à la valeur des virgules.
Marie-Paule elle-même sait qu'elle a dû quelquefois préciser
sa pensée pour répondre à mes exigences. La même bonne
Providence a disposé pour moi de quelques mois de relative
liberté pour que je puisse y mettre du temps et du soin.
Intellectuellement parlant, selon la plus élémentaire hon-
nêteté humaine, il est inconcevable qu'une personne sérieuse
se permette de juger une oeuvre littéraire d'après quelques
pages et même quelques lignes seulement. Et pourtant, dans
un domaine d'ordre surnaturel comme celui que touchent les
volumes de Marie-Paule, il est très fréquent que des lecteurs
et ectnces re ractalrês à l'engagement total se permettent de
( juger Marie-Paule et son oeuvre sur une seule phrase. Pour
J ma part, je puis affirmer devant Dieu que je n'ai as omis
de lire une seule ligne de tous ses volumes e ce a avec le
\ souci de découvnr a verité, telle que possiblement Dieu
/ voulait la transmettre par son intermédiaire. C'est exi-
geant. Mais il faut le faire pour être honnête.
À mesure que je remettais à Marie-Paule un de ses vo-
lumes, elle aurait aimé connaître les critiques que j'aurais
pu formuler. Je l'ai fait attendre jusqu'à la fin de ma lec-
ture. À l'été 1973, seuls les volumes 1, II, III, V, VII et VIII
étaient rédigés et disponibles. Quand j'eus terminé le VIIIe
volume, je retardai encore mon jugement, me donnant le
temps de relire mes auteurs préférés de théologie ascétique
et mystique, comme saint Jean de la Croix, sainte Thérèse
d'Avila, Garrigou-Lagrange. Je voulais y reconnaître toutes
les étapes de l'ascension dans la vie spirituelle, par les-
quelles Marie-Paule était passée. Je voulais identifier les
nombreux charismes dont elle jouit non pas pour elle-
même seule, mais pour le profit de !'Oeuvre qu'elle a été

appelée à fonder et a mger. Enfin, aprês avoir prié, je
suis allé dire à Marie-Paule de continuer son travail avec
paix, sérénité et confiance, lui répétant le mot de Mon-
seigneur van Lierde de bien conserver tous ses écrits.
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Puis, j'ai collaboré avec elle à la rédaction des journaux
de l' Armée de Marie, Marie-Paule me faisant toujours lire
les textes qu'elle signait. Enfin, j'ai lu, relu et corrigé avec
l'auteur tous les volumes jusqu'au XVe et dernier. Et je
réaffirme lëiTâ-iiéc.ëssitè--ëfeTeSfüe toilsetëhacillîdans l'ordre
pour les bien juger et apprécier.
Comme la plupart des lecteurs, j'ai mis moi aussi çà et là
des points d'interrogation, non pas sur des questions de
doctrine dogmatique ou morale, mais bien sur des points
pratiques tels que l'opportunité de mettre par écrit certains
faits, certaines actions de personnes connues, certaines
opinions. Ces points d'hésitation ont tous disparu, les uns
après les autres, et le dernier à la dernière page du XVe
volume. Je dis merci à Dieu de m'avoir aidé à tout lire
sans préjugés, sans condamner trop vite. Je m'incline
devant la Providence et la Sagesse de Dieu qui est libre en
ses voies et en ses voix. Dans sa bonté, le Seigneur appa-
raît Sauveur de l'humanité tout entière, spécialement des
membres de son Église déjà constituée, et plus particuliè-
rement Dieu se montre le zélé sanctificateur de ceux et
celles qu'il se choisit comme instruments préférés.
Dieu a parlé autrefois par la Loi, les Prophètes et les
Écrits Sapientiaux. Il a parlé finalement par son Fils Jésus
et ses Apôtres. L'Église transmet sa Parole, l'explique et
l'adapte comme elle le fait par son enseignement ordinaire
et extraordinaire. Béni soit Dieu spécialement pour les
Souverains Pontifes de notre siècle et pour le Concile
Vatican II. Béni soit Dieu pour Marie qui intervient dans
notre histoire contemporaine et actuelle. Vive Dieu. Vive
Marie avec sa liberté d'action, avec sa sagesse, avec son
courage, avec sa piété maternelle. Admirons-la dans son
Oeuvre de collaboration avec son Fils Sauveur. Acceptons
avec reconnaissance qu'Elle se fasse si proche de nous par
une Oeuvre comme celle de l' Armée de Marie.
Voyons maintenant Marie à J'oeuvre dans !'Oeuvre de
son Armée par l'intermédiaire de la vie d'amour de Marie-
Paule, matière de la collection Vie d'Amour, volumes
écrits d'une manière « surnaturelle, providentielle, catho-
lique». Car, l'oeuvre de Marie est d'abord et avant tout
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l'état d'âme qu'Elle réussit à établir dans une personne
donnée, grâce à l'action que le Souverain Seigneur lui
permet d'accomplir, à Elle, la Reine des hommes, dans
chaque personne du Peuple de Dieu, mais particulièrement
ici dans la personne de Marie-Paule, providentiellement
choisie pour l'Oeuvre de l' Armée de Marie. Donc, la vie
de Marie-Paule elle-même devient le champ d'action de la
Vierge Reine qui s'applique à réaliser en sa fille l' image la
plus parfaite possible de sa propre perfection. Je reconnais
tout à fait légitime l'ambition de Marie qui veut vaincre
l' Adversaire, écraser la tête du Serpent par la victoire de
la grâce, de la vertu, de la fidélité, de l'obéissance dans
l'âme même de ses enfants. La victoire de Marie doit être
totale. Elle le fut dans sa propre personne par l'immaculée
Conception. Elle le fut dans la personne des Apôtres
convertis à Jésus après la Pentecôte. Elle le fut et le sera
encore dans la vie des Saints et des Saintes de l'Église.
Elle l'est spécialement aujourd'hui dans la vie privilégiée
de Marie-Paule.
En effet, quiconque lira «Vie d' Amour» avec soin, sans
aucun préjugé, sans esprit d'envie, avec l'humilité de
l'enfant, fruit de la grâce instamment demandée, pourra
découvrir la grâce de Dieu, le privilège de la pureté totale,
conséquence normale, non ordinaire, de la grâce du
Baptême toujours conservée, toujours agrandie, toujours
renforcée par les grâces actuelles permettant d'affronter les
difficultés, de vaincre les tentations de toute sorte, et de
sortir toujours victorieuse du Malin, pour la gloire de
Dieu, pour que son règne vienne parfaitement dans une
âme, comme Il la désire et comme nous Le prions, pour
que sa volonté soit faite, comme au ciel, aujourd'hui sur
la terre à travers la vie d'une personne, qui peut être
donnée en exemple à l'ensemble des enfants de Dieu, qui
rentrent en relation directe avec elle, ou indirecte par le
moyen de sa Vie d' Amour, que le Seigneur a Lui-même
inspirée et dirigée pour permettre à chacun de découvrir
sa situation de vie parmi toutes les situations de vie rela-
tées, circonstanciées, examinées, évaluées, encouragées ou
corrigées sous le regard de Dieu, dans la lumière de l'en-
seignement du Verbe de Dieu, Tête de l'Église, cette fois
- ô admirable Providence de Dieu - dans une clarté si
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diverse qu'elle convient à la capacité de perception de tous
les regards francs, lucides et sincères, dans une luminosité
si douce qu'elle invite chacun à rentrer en lui-même, à
s'examiner calmement en face du modèle, à se convertir
intérieurement d'abord, extérieurement ensuite dans sa vie
privée, comme dans son comportement social et ecclésial,
Vie d'Amour étant une lumière si attirante qu'elle entraîne
à sa suite tous ceux et toutes celles qui se reconnaîtraient
une relation quelconque avec celle dont la vie d'amour est
mise en contact avec toutes les situations de vie, dans le
respect des libertés individuelles, laissant même aux réti-
cents l'espace de temps pour réfléchir, non sans leur
donner l'espoir ou même la certitude d'un retour prochain,
quand leurs yeux se seront habitqés à la lumière de Dieu,
providentiellement diffuse, à nouveau, pour les besoins de
notre temps.
Notre admiration se porte sur le Seigneur Lui-même qui
continue jusqu'à ce jour une conduite qui avait attiré
l'attention de l'auteur du Livre de la Sagesse:
« Afin que tous proclament, Seigneur, la puissance que tu
as déployée pour notre Salut, ta Sagesse a ouvert la bouche
des muets, et délié la langue des tout-petits» (Sg 10, 20-21).
Saint Jean ajoute:
« Célébrez votre Dieu, serviteurs du Seigneur, vous tous qui
le craignez, petits et grands» (Ap 19, 5).
Marie est donc à }'oeuvre avec son Armée sous la
conduite visible de Marie-Paule, dont la vie personnelle
fait l'objet de notre admiration et pour laquelle « petits et
grands » sont invités à louer le Seigneur.
À la vérité, la vie concrète de Marie-Paule n'est pas
séparable de l'Oeuvre de l' Armée de Marie, fondée en
août 1971. Marie-Paule allait avoir 50 ans. Mais, c'est
bien sur une longue période de 40 ans que la conscience
de cette femme a été travaillée par la grâce de Dieu. Vie
d'Amour ne relate que les étapes et les faits qui ont une
certaine importance pour l'Oeuvre qu'elle était appelée à
diriger. Le choix des événements de sa vie est fait de
manière que tous et chacun des lecteurs puissent se recon-
22
naître dans une similarité quelconque de situation de vie.
Le choix se fait aussi en vue d'une illustration d'une
parole de Dieu, déjà contenue dans la grande Parole de
Dieu, mais prononcée à nouveau, entendue par Marie-
Paule, répétée et appliquée à ses témoins et à ses intimes,
offerte à la méditation de tous dans Vie d'Amour.
La vie de Marie-Paule, assez ordinaire pour l'ordinaire,
devient vraiment extraordinaire quand elle est vue dans la
lumière divine, en regard d'une pureté idéale, d'une vie
immaculée à laquelle tous les membres de l'Église sont
appelés. Jésus Lui-même a demandé à tous ses disciples
d' être parfaits comme le Père céleste est parfait. Cette
exigence est tellement grande qu'elle nous semble
impossible et partant incroyable. Il reste que le désir de la
perfection est déposé dans l'âme avec la grâce du
Baptême. Saint Maximilien Kolbe, apôtre de l'immaculée,
souhaite la vie immaculée pour tous les croyants. Marie-
Paule elle-même n'a pas de plus grand désir que la gloire
de Dieu par l'obéissance parfaite à sa sainte volonté.
L'expression «immaculée» qui lui est appliquée ne
surprend que le pauvre lecteur resté encore pécheur,
refusant de croire à la puissance de la grâce et à la liberté
de Dieu dans l'octroi de ses dons. Le psalmiste lui-même
n' a-t-il pas écrit: «Fiat cor meum immaculatum.. . Que
mon coeur soit immaculé .. . » (Ps 119, 80)?
« Petits et grands, célébrez votre Dieu», répète saint
Jean.
Célébrer la vie d'amour, vue dans la lumière de Dieu,
cherchant à purifier son Église d'aujourd'hui, «petits et
grands» doivent le faire, pour ensuite se souhaiter à eux-
mêmes la perfection de l'amour.
Mais, qui est «petit»?... qui est «grand»? Ici, il y a
tout le jeu de ceux qui le sont et de ceux qui pensent
l'être, de ceux qui ne sont ni petits ni grands, de ceux qui
sont petits et grands à la fois, de ceux qui sont grands et
petits à la fois. Un jeu de mots, un jeu sérieux, à
conséquences variées. Sait-on qu'on est petit ou grand,
absolument ou relativement? On l'est ou on ne l'est pas,
en vérité, aux yeux de Dieu. On l'est ou on ne l'est pas
23
aux yeux des autres, du monde ou à ses propres yeux.
Que la grâce de Dieu guide cette réflexion, qu'elle creuse
le sol de l'âme pour y fonder l'humilité et pour y faire
grandir la charité.
Mon Dieu, quand on lit Vie d'Amour, on se sent
«petit» ou « grand » relativement à Marie-Paule, devant
qui on se trouve comme devant une règle de perfection à
laquelle on se mesure. Pourtant, il faut le reconnaître, elle
ne se présente pas comme une règle, elle n'est pas rigide,
pas plus que la Parole de Dieu qui à la vérité est exi-
geante. Elle ne dirige pas, mais elle oriente; elle n'impose
pas, mais elle suggère. Elle n'exige pas, mais elle
« tranche » par la clarté de la vérité.
Pour ma part, comme lecteur de Vie d'Amour, en toute
honnêteté, je n'ai jamais pu dire ou accepter d'entendre
dire: «Mais, pour qui se prend-elle? Qui l'a chargée de
faire la leçon aux autres?» Soyons tous sincères. Marie-
Paule ne se prend pas pour une autre personne, elle ne
s'identifie à personne, elle ne fait la leçon au nom de
personne. Voyons plutôt, oui, admirons plutôt son humi-
lité, étonnons-nous plutôt qu'elle survive aux souffrances
écrasantes que lui cause le fait d'intervenir parfois avec la
charité de Dieu, en transmettant comme un pauvre instru-
ment la Parole de Dieu, en rappelant des désirs ou des
volontés de Dieu qu'elle n'a pas inventés, ni imaginés pour
sa gloriole. Rappelons-nous l'action terriblement morti-
( fiante du saint pr.Q.Phète Jérémie. Les plaintes de son
\ coeur nous arrachent les larmes. Mais ... Dieu l'oblige et
· finalement. .. il obéit. Ainsi fait Marie-PauTe.
·.. Elle obéit à l'ange, à Marie, à Dieu. Sa souffrance ne
)
nous laisse pas indifférents, son humble invitation, sa
supplication parfois, sa prière doivent non seulement nous
(. interroger, nous inquiéter, mais nous éclairer, nous
émouvoir, nous attirer et nous convertir. L'offrande victi-
male de Marie-Paule pour ceux et celles que sa parole
invite à la perfection devrait plutôt nous suggérer de
comprendre et de nous poser la vraie question: « Qui est-
e/le?» Et l'autre interrogation demeure: « Suis-je grand?
Suis-je petit?» Et encore: «Ai-je honnêtement réfléchi?»
Le prophète Joël n'a exclu personne. Il s'est adressé aux
«anciens», aux chefs, aux responsables - que chacun de
24
droit se reconnaisse - et aux « habitants du pays », aux
petits, aux humbles, aux dirigés:
« Écoutez ceci, les anciens, prêtez tous l'oreille, habitants
du pays! Est-il de votre temps survenu rien de tel, ou du
temps de vos pères ? Racontez-le à vos fils, et vos fils à leurs
fils, et leurs fils à la génération qui suivra» (Jl 1, 2-3).
L' invitation à réfléchir est générale. Jésus sait très bien
que les plus aptes à le faire, les Pharisiens et leurs
docteurs, ne sauront pas apprécier les Mystères du
Royaume, pour des raisons d'orgueil. Sa prière nous
poussera-t-elle à désirer l'humilité? « Je te bénis, Père,
Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux
sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits»
(Mt li , 25).
La comparaison avec Marie-Paule peut provoquer un
désir de confrontation. Jésus demande un jour à ses dis-
ciples: «De quoi discutiez-vous en chemin ?» Eux se
taisaient, car ils avaient discuté en chemin pour savoir qui
était le plus grand. Alors, s'étant assis, Il appela les Douze
et leur dit: « Si quelqu'un veut être le premier, il se fera le
dernier de tous et le serviteur de tous» (Mc 9, 33-35). « En
vérité, je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des en-
fants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume des cieux»
(Mt 18, 3).
L'histoire se répète. On dirait une loi nécessaire : «Ne
fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour
entrer dans sa gloire?» (Le 24, 26.) Étienne disait au peuple,
aux anciens et aux scribes: «Hommes aux nuques raides,
aux oreilles et aux coeurs incirconcis, toujours vous
résistez à /'Esprit Saint ! Vous êtes pareils à vos pères !
Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté?»
(Ac 7, 51.) Le sage Gamaliel n'avait-il pas averti les sanhédrites:
« Prenez bien garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces
gens-là ... Car si leur entreprise ou leur oeuvre vient des hom-
mes, elle se détruira d'elle-même; mais si vraiment elle vient
de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire» (Ac 5, 35, 38-39).
À la lecture du Psaume 37 (36),j'ai reconnu l'attitude oppo-
sée de Marie-Paule et de ses persécuteurs. Méditons-le en
25
relation avec la Béatitude de Jésus sur la douceur. C'est la
description de l'humilité recommandée par Monseigneur van
Lierde.
«Ne t'indigne pas à la vue des méchants,
n'envie pas les gens malhonnêtes;
aussi vite que l'herbe, ils se fanent;
comme la verdure, ils se flétrissent.
«Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle;
mets ta joie dans le Seigneur:
li comblera les désirs de ton coeur.
« Dirige ton chemin vers le Seigneur,
fais-Lui confiance, et Lui, li agira.
li fera lever comme le jour ta justice,
et ton droit comme le plein midi.
« Repose-toi sur le Seigneur
et compte sur Lui.
«Les doux posséderont la terre
et jouiront d'une abondante paix.
«Quand le Seigneur conduit les pas de l'homme,
ils sont fermes et sa marche lui plaît.
S'il trébuche, il ne tombe pas
car le Seigneur le soutient de sa main ...
« Car le Seigneur aime le bon droit,
li n'abandonne pas ses amis.
« Les impies guettent le juste,
ils cherchent à le faire mourir.
Mais le Seigneur ne saurait l'abandonner
ni le laisser condamner par ses juges.
« Un avenir est promis aux pacifiques ...
l'avenir des impies sera anéanti» (Ps 36, passim).
Heureux les doux. Heureux les pacifiques. Les amis de
Marie-Paule comme les lecteurs de Vie d'Amour connais-
sent la raison divine de son bonheur.
Mais les paroles de Dieu? Les paroles si nombreuses sur
tant de sujets? Les paroles qui impliquent des conduites
26
tout à fait prec1ses pour des détails d'une Oeuvre précise?
Faut-il croire que Dieu, Marie et l'ange ou les anges ou
d'autres personnages soient aussi loquaces? Les indications
d'En-haut? Vraiment , ô lecteur, ô lectrice, as-tu tout lu?
As-tu lu beaucoup plus que les seize premières pages du
premier volume, comme un certain responsable influent a
fait? As-tu lu juste assez pour dire « Pour qui se prend-
elle? » À force de lire, est-ce que tes questions ne sont pas
tombées d'elle-mêmes? Est-ce que les réponses ne sont pas
venues à ton esprit honnête? Continue de lire. Pour ma
part, ma toute dernière réticence, mais la dernière et
finale, s'est évanouie à la dernière page du XVe volume. Je
suis porté à dire: « Bienheureuses réticences, jusqu'à la
dernière, qui m'ont permis de connaître un tel bonheur
que le consentement final, ferme et résolu à /'Oeuvre de
Dieu qu'est /'Armée de Marie, telle que fondée et dirigée
par Ma rie- Paule!» Bienheureux soulagement de pouvoir
dire: « Ô mon Dieu, que votre volonté soit faite, que votre
règne vienne, que tous et chacun des membres de votre
Sainte Église acceptent de se faire convertir par votre
grâce, que tous avancent résolument dans la voie de la
sainteté, sans résistance aucune à vos invitations!» Vraiment,
Marie-Paule ne cherche pas autre chose que la plus grande
gloire de Dieu.
« Grand» ou «petit», je demande à Dieu l'humilité de
Lui reconnaître sa liberté d'action, de Lui laisser le soin
de choisir ses instruments pour la sanctification de son
Église. Et, comme je l'ai maintes fois dit à Marie-Paule, je
prie pour qu'elle soit fidèle à la mission que je lui crois
confiée et que, après dix années de réflexion, d'observation
ouvertement et secrètement critique, de prière à l'Esprit de
lumière, je crois encore toujours «surnaturelle, providen-
tielle et catholique».
« Qui est-elle?» La bonne question. Une meilleure:
« Qui es-tu?» Pourquoi ne pas oser et s'appliquer à
connaître Marie-Paule personnellement? Sur des milliers
qui l'ont rencontrée, ne fût-ce qu'une fois, il n'y en a que
quelques-uns qui le regrettent. Tous sont unanimes à re-
connaître en elle les deux vertus, pôles de la sainteté:
l'humilité et la charité. « Qui es-tu?» « Un zéro ... un rien. ..
un instrument ... et priez pour que je sois fidèle, car ... qui
27
s u i s ~ j e aussi pour refuser?»
Mais, relisons plutôt Vie d'Amour et analysons un peu
plus.
Marie-Paule apparaît comme une personne absolue. En
effet, il n'y a pas de brisure dans sa vie. Tout est en conti-
nuité avec sa foi, cette lumière d'En-haut qui l'éclaire si
efficacement. La Parole de Dieu est pour elle la vérité
absolue; elle ne souffre pas d'hésitation, de refus, de néga-
tion. Dès que Marie-Paule perçoit cette parole, elle s'y
conforme totalement. Paroles de ses parents, paroles de
son curé, paroles de ses directeurs se rencontrent avec les
paroles de la liturgie et celles de !'Écriture Sainte.
Depuis ma première lecture de Vie d'Amour, toutes mes
lectures de la Bible, des textes de la Messe et du Bréviaire
ont pris une valeur de vie, parce que j'ai vu vivre sous
mes yeux les paroles de Dieu, les situations de vie des
personnages bibliques, les réactions semblables des saints
ou des pécheurs qui y sont nommés, loués ou réprouvés.
Vie d'Amour m'apparaît comme un commentaire illustré
du message biblique. Vie d'Amour fait revivre
spécialement les prophètes, surtout Jérémie. On y trouve
des similarités étonnantes de paroles et d'actions avec
Jésus, spécialement dans sa souffrance occasionnée par
l'opposition des hommes. Les Épîtres de saint Paul
inspirent constamment Marie-Paule. Mais toute la Bible
s'y retrouve, de la Genèse à l' Apocalypse. Esther, Judith
semblent revivre. Les Psaumes, en particulier, se
retrouvent exprimés dans les sentiments si variés du coeur
de Marie-Paule.
L'absolu de la Parole de Dieu se manifeste dans la vie
concrète, quotidienne, de l'auteur de Vie d'Amour. Depuis
cette lecture renouvelée, les textes de la Liturgie me montrent
leur aspect absolu. J'invite les lecteurs à noter le retour
continuel des mots comme «toujours», «jamais», «tout»,
«entièrement», «complet», etc., qui ne laissent pas de place
au relatif, au diminutif, à l'imperfection, à la faiblesse, au
retard. L'Église priante a une foi totale, parfaite, à la toute-
puissance de Dieu, à la sagesse de sa Providence, à la valeur
de sa Rédemption.
28
Depuis son enfance, Marie-Paule est assidûment fidèle à la
messe quotidienne, depuis de nombreuses années elle utilise
les prières de l'Office divin pour s'unir à la grande prière de
l'Église. Elle s'est comme imbibée de la pensée de Dieu vécue
en Église. Elle a remarqué et elle a été marquée par les
expressions absolues de nos livres. Je cite seulement deux
prières pour vous inviter tous à relever et à savourer en toute
sagesse surnaturelle leur valeur absolue:
« Que ta miséricorde, Seigneur,
agisse en nous
et nous guérisse entièrement;
transforme-nous, par ta grâce,
et rends-nous si généreux
que nous puissions te plaire
en toute chose.
Par Jésus. »
« Que cette communion
à tes mystères, Seigneur,
nous procure la guérison
que toi seul peut donner:
qu'elle arrache de nos coeurs
jusqu'aux racines du mal,
qu'elle nous protège
et nous fortifie à jamais.
Par Jésus. »
Les grands contemplatifs, les Pères de l'Église en particu-
lier, ont mis en valeur la force de ces textes. Marie-Paule
aussi, tout au long de sa «vie d'amour». Une certaine
exigence s'ensuit, tempérée par la miséricorde et la charité
patiente.
L'enseignement de Vie d'Amour me paraît sortir comme de
sa source naturelle des textes mêmes de la Liturgie, eux-
mêmes puisés à l'Écriture méditée.
Mais l'enseignement de Vie d'Amour peut paraître diffus,
non confus, mais répandu sur une grande longueur de textes.
Ce n'est pas celui d'un Petit Catéchisme, fait de questions et
de courtes réponses, mais c'est bien celui du Petit Catéchisme,
tel qu'il était enseigné au temps de la clarté doctrinale, avant
l'époque de la confusion, répandue on dirait systématique-
29
ment en contrepartie au Concile Vatican II, lui aussi si clair et
si riche. Enseignement du Catéchisme qui sait mettre et
garder de l'ordre dans les idées. Vie d'Amour, sans recherche
systématique, mais avec la régularité du système, nous remet
en mémoire les grandes divisions de tout catéchisme digne de
ce nom, qui nous classent les grandes vérités de notre foi que
nous devons connaître: le Symbole des Apôtres, les
Sacrements, le Décalogue, la Prière et !'Oraison dominicale,
quatre grandes parties bien distinctes et complémentaires à la
fois.
Le Symbole des Apôtres résume les grandes vérités qui font
l'objet de la vie intérieure de Marie-Paule.
Le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, habite
la pensée de son âme qui croit fermement à la Providence de
Dieu dans le menu détail de sa vie et de tout ce qui l'entoure,
que ce soit l'environnement matériel comme la température
quotidienne et les beautés de la nature ou les événements
produits par la liberté des humains, tantôt bienveillants, tan-
tôt malfaisants. Marie-Paule sait faire feu de tout bois et Vie
d'Amour nous offre plusieurs élévations dignes des plus
grands inspirés.
Jésus-Christ, Fils unique du Père, notre Seigneur,« conçu
du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie», est en relation conti-
nuelle avec Marie-Paule, dont la prière est spécialement
nourrie de !'Eucharistie et de la Liturgie et dont le dévouement
apostolique est souvent inspiré par la parole intérieure de
Jésus. L'Oeuvre de l' Armée de Marie est toute guidée par le
Fils de Marie et par Sa Mère. La dévotion de Marie-Paule
envers Marie est d'ailleurs basée sur la Maternité divine
contemplée à partir du Fiat et de l'Incarnation, à travers les
Mystères de la vie cachée et de la vie publique, jusqu'à
l'événement de la Passion et de la Mort de Jésus, incluant le
« Voici ton Fils» et le « Voici ta Mère». L'acte de foi de
Marie-Paule envers Jésus, fils de Dieu et fils de Marie, se
traduit par un dialogue constant, par une vue intérieure
quelquefois complétée par des visions extérieures. C'est avec
respect que nous lisons ces faveurs et que nous pouvons
presque les constater dans les yeux mêmes de la privilégiée ou
dans son recueillement continuel. Jésus et Marie-Paule
rivalisent de générosité l'un envers l'autre, Jésus par sa
30
miséricorde et Marie-Paule par son obéissance. Et Marie, la
Mère de l'Un et de l'autre, favorise et complète les relations
intimes.
Marie-Paule croit en Jésus-Christ qui «a souffert sous
Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli». Le
lecteur de Vie d'Amour se souviendra de la douleur qu'il a lui-
même ressentie avec des larmes devant la souffrance de celle
qui partagea si intimement les états de notre Sauveur. Notre
Saint-Père Jean-Paul II, lors de son voyage à Fatima en 1982,
nous a livré les fruits d'une contemplation nouvelle de Jésus-
Rédempteur et de Marie « entièrement unie » à son Fils. Du
trésor de la Révélation, il tire l'ancien et le nouveau. Il
reprend les expressions mêmes de Jésus pour parler de sa
consécration au Père et aux hommes, «par fidélité au Père et
par fidélité à l'homme».
«Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique»
(Jn 3, 16). C'est précisément cet amour qui a fait que le Fils de
Dieu s'est consacré Lui-même pour tous les hommes : « Pour
eux, je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi,
consacrés dans la vérité» (Jn 17, 19).
« En vertu de cette consécration, les disciples de tous les
temps sont appelés à se dépenser pour le salut du monde, à
ajouter quelque chose aux souffrances du Christ en faveur de
son Corps qui est l'Église» (cf. Co 12, 15; Coll, 24) .
Notre Saint-Père ne parle pas tant de la consécration à
Jésus ou à Marie que de leur consécration personnelle aux
hommes, à laquelle s'unit l'Église, Corps mystique du Christ,
par le service du successeur de Pierre.
« Combien profondément nous sentons le besoin de
consécration pour l'humanité et pour le monde, pour notre
monde contemporain, dans l'unité du Christ Lui-même! À
/'oeuvre rédemptrice du Christ, en effet, doit participer le
monde par l'intermédiaire de l'Église» (Jean-Paul II, Acte de
consécration prononcé à Fatima).
Et si le Pape se plaint du mal que lui procure« /efait que
beaucoup participent si froidement à /'oeuvre de la
Rédemption du Christ », s'il est consolé à cause des âmes
<< qui obéissent à l'appel de l'amour éternel», ne doutons pas
qu'il serait bien heureux de connaître et de bénir celle qui,
((jour après jour, avec une inépuisable générosité, accueille
31
ton invitation, ô Mère, à faire ce que dit ton Nsus (cf Jn2, 5),
et donne à /'Église et au monde un témoignage serein de vie
inspirée par /'Évangile» (ibid.). En pensant à Marie-Paule que
j'ai vue comme décrite ici par notre Saint-Père, j'ai mis au
singulier un texte qui exprime un souhait général.
« Bénie sois-tu par-dessus tout, toi, la servante du Seigneur
qui obéis de la manière la plus pleine à ce divin appel!» (ibid.)
C'est ainsi que le lecteur de Vie d'Amour est souvent porté à
bénir Marie-Paule d'être toujours restée fidèle et obéissante à
la volonté de Dieu et au don d'elle-même pour l'Église et tous
les hommes. Quel martyre non sanglant, quelle mort
mystique! Merci, Marie-Paule, pour tous tes chapelets
nocturnes, les bras en croix, pour tes jeûnes, tes privations,
tes réclusions, tes silences, tes paroles pénibles à dire; merci
pour tout le reste; merci pour ta consécration. Merci pour
avoir porté aux Coeurs de Jésus et de Marie le« cri chargé de
la souffrance de tous les hommes! Chargé de la souffrance de
sociétés entières!» (Expression de Jean-Paul Il.) La puissance
infinie de l'amour miséricordieux se révèle encore une fois
dans l'histoire du monde.
Vie d'Amour nous montre souvent comment Marie-Paule
chante son « Alleluia » de Pâques. Avec la régularité des
saisons, elle fait monter vers Dieu le chant de la création et
celui de l'histoire. « La méditation, dans notre vie présente,
dit saint Augustin, doit consister à louer Dieu; car l'allégresse
éternelle de notre vie future sera une louange de Dieu; et
personne ne peut être adapté à la vie future s'il ne s'y exerce
pas dès maintenant » (sur le Psaume 48).
Jésus ressuscité et glorifié reçoit toute l'attention de Marie-
Paule et la louange qu'elle lui offre répond bien à la règle du
même saint Augustin: « Louez-le par tout vous-mêmes: c'est-
à-dire que votre langue et votre voix ne soient pas seules à
louer Dieu; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie,
par vos actions» (ibid.).
«Jésus viendra juger les vivants et les morts. » Vérité
redoutable et réconfortante à la fois: Marie-Paule s'en remet
avec confiance au juste jugement du Seigneur, alors qu'elle
méprise le jugement des humains, tant celui de ceux et celles
qui la louent que celui de ceux et celles qui la critiquent sans
avoir vérifié à la source les dires des calomniateurs.
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«Je crois au Saint-Esprit» n'est pas purement un article du
Symbole pour celle qui croit si fortement à l'action de l'Esprit
Saint dans la Vierge Marie et dans l'âme des baptisés.
L'Esprit de Dieu, le doigt de l'Esprit, l'intervention de la
Providence dans la vie de l'Église est un dogme réparateur des
âmes brisées par les épreuves de la vie. Marie-Paule se sent
toujours renouvelée à la pensée que l'Esprit Saint, envoyé par
le Père et le Fils, est le Paraclet, Consolateur suprême.
L'Esprit Saint est vraiment Celui qui vient et qui intervient
dans son Église. Pour Marie-Paule, cette vérité est particuliè-
rement évidente au sujet des apparitions de la Sainte Vierge
surtout depuis 1830. Les Épiphanies de Marie sont toutes
conduites par l'Esprit Saint qui l'habite et la rend féconde
pour l'engendrement du Corps mystique du Christ. Ce Corps
mystérieux se forme en Marie par l'opération du Saint-Esprit.
C'est l'Église qui se construit avec ses membres anciens et
nouveaux, avec ses Saints, avec ses convertis, avec ses
pécheurs en voie de retour, jamais perdus de vue. L'Esprit
Saint nous rappelle ce que Jésus a enseigné, Il nous le fait
approfondir, Il nous le fait reconnaître dans les paroles et les
gestes de Marie Elle-même à travers ses interventions si
nombreuses.
Marie-Paule elle-même est la plus émerveillée devant
l'action de l'Esprit en Marie auprès des tout petits de son
choix. Comme elle admire aussi l'accueil que Lui font les
Saints et les Saintes de notre histoire. Qui n'a pas remarqué
son admiration pour une petite Catherine de Sienne favorisée
de Dieu dès son enfance, pour une Jeanne d'Arc, une Thérèse,
une Lucie et les autres, petites mais fortes et courageuses dans
l'action malgré les oppositions?
Les petits et les petites du Saint-Esprit et de son Épouse
Marie peuvent avoir grandi sans culture et peuvent aussi
simplement avoir gardé l'humilité.
Tous les réformateurs plus ou moins connus ont prétendu
se laisser conduire par l'Espnt de Dieu. Tous n'ont pas gardé
la note d'authenticité qu'est l'unité de l'Église dans la
soumission à l'autorité du Pontife Romain. Tous n'ont pas eu
non plus l'humilité de se laisser guider par la Mère de l'Eglise.
Marie-Paule est restée tout à fait sensible à l'action
maternelle de Marie, qui l'a conduite infailliblement à
33
l'autorité de son Évêque, le Cardinal Maurice Roy, et à celle
du Souverain Pontife. Cette humble soumission, faite
d'ouverture régulière et même de rencontres nombreuses, loin
d'empêcher la marche dans les voies nouvelles, en guide les
efforts et en assure la sécurité.
Ici, on pourrait tout de suite affirmer hautement la foi de
Marie-Paule en l'Église. Dans le livre de Monseigneur Jean-
Pierre van Lierde sur L' Esprit Saint et la Très Sainte Vierge,
il y a un chapitre de l'auteur sur « l'Église et l'Esprit Saint » et
un du Père Charles Balic sur « l'Église et la Sainte Vierge ».
Marie-Paule a dit clairement sa grande joie à lire ces textes.
Elle apprécie surtout toutes les interventions de Marie
conduisant directement à l'Église et à ses responsables.
Ce n'est pas sans raison que Marie-Paule a été dirigée vers
Monseigneur van Lierde, sacriste du Pape, lequel avait été
nommé tant de fois par la Sainte Vierge intervenant comme
Dame de Tous les Peuples auprès d'une voyante d'Amster-
dam, Hollande. Ce sage archevêque n'a pas hésité à voir une
nette relation entre les Messages de la Dame de Tous les
Peuples et l'Oeuvre de I' Armée de Marie. Une application
directe et un long développement s'en sont suivis tant dans les
conversations privées que dans la correspondance assidue
entre Monseigneur et Marie-Paule. La réalité de la relation
entre la Dame de Tous les Peuples et l'Animatrice de l'Armée
de Marie est apparue évidente à celui qui connaissait peut-
être le mieux le contenu des Messages d'Amsterdam.
Il peut y avoir divergences de vue concernant certaines
opportunités, certaines urgences; il reste que c'est à l'Église de
juger en dernier ressort de la vérité entière sur tout ce qui
entoure cette complexe intervention de Marie en faveur de
l'Église et de son «aggiornamento», de sa mise au point en
ces temps du Nouvel Avent, selon l'expression du Pape Jean-
Paul II. L'oeuvre du Concile Vatican II paraît bien répondre
aux désirs exprimés par la Dame de Tous les Peuples.
De son côté, Marie-Paule s'empresse avec le plus grand
intérêt à suivre l'enseignement du Saint Concile et à confor-
mer le développement de l' Armée de Marie aux Directives de
l' Après-Concile, entendons bien aux directives authentiques,
à celles qui viennent des documents officiels de l'Église.
34
Marie-Paule n'a jamais voulu accepter les élucubrations des
réformistes trop entreprenants, ni les essais suspects des
avant-gardistes, encore moins les mouvements organisés dans
un esprit parallèle à celui de l'Église catholique en Concile ou
juste à la sortie du Concile. L'Esprit Saint, celui de Marie,
celui de la toute charismatique Église conciliaire, sait attendre
les lenteurs de la sagesse de l'Église. Les derniers ajustements
à la Liturgie et aux Sacrements ne viennent-ils pas de sortir?
Le Code de Droit canonique ne sera en vigueur qu'à
!'Avent 1983. N'est-ce pas le propre de l'esprit véritablement
fidèle de savoir attendre l'Église catholique? Pourquoi
s'empresser et aller emprunter chez des Frères plus pauvres en
Doctrine, en Sacrements et en Foi? Comme disait Jérémie,
«pourquoi abandonner la source d'eau vive pour se creuser
des citernes, citernes lézardées qui ne tiennent pas l'eau?»
(Jr 2, 13.) Marie-Paule a décidément préféré s'en tenir à
l'enseignement de l'Église de Rome. Son amour déclaré pour
nos Saints-Pères successifs l'a maintenue, elle et l' Armée de
Marie, en toute joyeuse sécurité, dans le giron de la sainte
Église catholique. « Totus tuus », dit Jean-Paul IL « Tota
tua », dit Marie-Paule. Elle ne peut pas concevoir que
l'unique Esprit de Dieu puisse conduire à diviser l'Église. Elle
communie au contraire au commentaire de saint Cyrille
d'Alexandrie sur l'Évangile de Jean: « Si l'unique Esprit
habite en nous, le Dieu unique, Père de tous, sera en nous, et
il conduira par son Fils à l'union mutuelle et à l'union à lui
tout ce qui participe de /'Esprit. »
« Tota tua », « toute à Toi» dans la « Communion des
Saints ». Elle n'est pas la première à le dire, ni la dernière sans
doute, mais sa manière de le faire est à la mesure de la Croix
qu'elle accepte de porter depuis son enfance et à la mesure de
la charité qu'elle met à le faire. Lecteur, lectrice, lis et relis
Vie d'Amour: tu verras jusqu'où l'amour peut conduire une
âme fidèle.
Tout le monde connaît l'angoisse de Pie XII et celle de
Paul VI au sujet des âmes coupées de la vie divine et de notre
pauvre Église divisée. Sans céder à un oecuménisme facile,
comme nos Souverains Pontifes Marie-Paule espère« un seul
troupeau, un seul berger».
« Le Seigneur va rassembler ses enfants dispersés,
il en fera une seule nation,
et un seul roi régnera sur eux.
Le Christ, notre paix, a détruit les séparations:
en un seul corps,
il nous rassemble par la croix. »
(Liturgie pascale, VIe semaine, mardi.)
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Marie-Paule croit aussi à « la Rémission des péchés ». Elle
n'a jamais dit à Marie: « Je suis toute toi », mais bien« toute
à Toi». Par le Baptême qui a effacé le péché commun, elle lui
appartient; le sacrement de Pénitence qu'elle reçoit fréquem-
ment n'a peut-être pas eu d'autre effet que d'augmenter la
grâce et de la disposer à surmonter les tentations qui
l'assaillent, comme elles n'ont pas épargné le Seigneur Lui-
même, et de la conduire d'une perfection incomplète à une
perfection plus ressemblante -à celle de Marie. Marie-Paule
croit à la rémission des péchés, car elle-même sait pardonner
à ceux et à celles qui l'ont offensée. Elle sait prier pour ses
ennemis et elle sait vaincre le mal par le bien. Marie-Paule
croit à la rémission des péchés, car elle travaille à la
conversion des pécheurs, à la réforme intérieure, à la purifi-
cation de toute l'Église. De plus, elle sait patienter et donner
de l'espérance aux plus découragés. Vie d'Amour est rempli
de tels exemples.
Marie-Paule croit finalement à «la Résurrection de la
chair, la vie éternelle». Le lecteur de ses écrits a pu trembler
pour elle, quand sa foi a été éprouvée. Terribles purifications
auxquelles sont si souvent soumis les mystiques. Bien-
faisantes épreuves. Marie-Paule est accrochée à sa foi en
la vie éternelle, pour elle-même et pour les autres. Toutes ses
relations avec les Saints, canonisés, béatifiés ou non, la
poussent sans cesse à développer la vie de son esprit au
détriment de la chair qui n'a qu'à servir. À maintes reprises, il
est apparu que la chair laissait vraiment la place et aban-
donnait sa part pour la liberté de l'esprit. Cette foi se combine
aussi avec une grande admiration pour !'oeuvre de Dieu et un
profond respect pour le corps, temple de !'Esprit Saint.
Le Symbole des Apôtres a permis de faire une synthèse de
la foi de Marie-Paule, foi opérant dans la charité parfois
36
exigeante d'une mère.
Les Commandements de Dieu qui montrent une pensée
non moins décidée pourraient encadrer encore bien des pages
de Vie d'Amour et en montrer la convenance pour la conver-
sion et le salut des lecteurs.
Le Catéchisme expose aussi les Sacrements. On pourrait les
repasser tous et en trouver une application dans la vie
concrète de Marie-Paule. Sa foi vivante la fait s'en approcher.
Elle engage tous les siens à les mettre en valeur. Et combien
de chrétiens, grâce à Vie d'Amour, ont grandi dans la foi et
combien d'autres sont revenus à la pratique des Sacrements!
Enfin, l'enseignement du Catéchisme sur la Prière trouve
un écho fidèle dans les pages de Vie d'Amour. Marie-Paule
s'est livrée à la prière d'une manière exemplaire. La prière
vocale et la prière mentale ont leur place bien proportionnée.
La prière liturgique surtout occupe déjà l'espace que le
Concile Vatican II recommandera instamment. La prière
mariale est faite avec une dévotion respectueuse de la
personne de Marie, Mère de Dieu, Mère du Rédempteur,
Épouse de l'Esprit Saint, Mère de l'Église. Elle tient compte
de la Tradition en sachant invoquer Marie sous les vocables
les plus solidement établis par la doctrine. Mais surtout, la
prière mariale est confirmée par une vie mariale, une vie à
l'exemple de celle de Marie, une vie donnée à Dieu · et
consacrée à l'Église de Jésus et aux hommes, objet de la
Rédemption. Marie-Paule a accepté la volonté de Dieu
incluant celle exprimée par Jésus sur la croix disant à sa
Mère: « Voici ton Fils. »Comme l'a dit le pape Jean-Paul II à
Fatima, tout homme doit collaborer au salut des hommes,
comme Marie « entièrement unie à la consécration ré-
demptrice » de son Fils.
Dans la ligne de cette dernière pensée, serrons un peu plus
l'analyse de Vie d'Amour.
1. Le Message de Vie d'Amour se comprend à la lumière
de l'Amour maternel de Marie.
Au pied de la Croix, Marie a entendu le testament admi-
rable de Jésus.
37
Elle l'a accepté.
Par la volonté de son Fils, Elle est devenue la Mère de
Jean, la Mère de l'homme.
Marie-Paule aussi aime ses« Jean». Et tout d'abord ceux de
cette « Armée », déjà si nombreuse, maintenant rassemblés
autour d'elle. Son coeur est large ouvert à tout homme,
comme s'il était son fils à elle. La grande grâce de Marie-
Paule est sa charité aux dimensions du monde, charité mater-
nelle, toute mariale.
*
2. Entrer par la lecture dans Vie d'Amour, c'est pénétrer à
l'intérieur d'un sanctuaire où l'on sent une présence mysté-
rieuse de Marie à !'oeuvre dans et à travers la vie de Marie-
Paule. C'est avec le respect du sacré que l'on prend connais-
sance de toutes les péripéties d'une vie toute en relation avec
Dieu, Marie, les Anges et les Saints. Tous les problèmes ont
accès au sanctuaire, tous les blessés de la vie, les lépreux, les
aveugles, les sourds, les boiteux, tous reçoivent audience,
réconfort, espérance. Marie-Paule intervient toujours avec
sagesse, douceur et fermeté pour empêcher la ruine, en
agissant résolument sous le seul regard de Dieu.
*
3. Dans le sanctuaire de Vie d'Amour, le lecteur a
rencontré une femme qui n'attire pas à elle-même pour elle-
même. Elle pourrait passer pour la plus indépendante des
créatures. Elle nous met aussitôt en présence de Dieu à qui va
toute gloire. C'est à Lui qu'on a affaire. C'est vers Lui qu'on
doit se diriger. Mais l'âme soulagée exprime à Dieu sa recon-
naissance pour celle qu'il a fait forte, capable de redresser les
sentiers. Le Seigneur s'est penché sur son humble servante qui
retourne en actions de grâce les faveurs distribuées.
Que soit donc adoré Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit! Que
38
soit bénie et veneree Marie, s1 proche, si préoccupée du
bonheur de ses enfants !
*
4. Par Vie d'Amour le contact établi avec Marie-Paule
nous rend sensible la maternité spirituelle de Marie, toute
faite de sollicitude pour la vie concrète de son Fils, tout
empressée à soulager les blessures par l'onction de la parole
de charité, par l'huile de l'Esprit Saint. L'humble service de la
servante participe à la puissance de l'Esprit Saint qui ré-
chauffe, liquéfie et transforme. On goûte la paix intérieure
des disciples d'Emmaüs.
*
5. Vie d'Amour nous livre un seul message, celui même de
l'Évangile dont il rappelle la vérité, l'actualité et l'urgence.
« Convertissez-vous et croyez à l'Évangile», telle semble être
la parole qui résonne aux oreilles du coeur après des années
de lecture. On peut oublier des détails, mais on retient comme
noyau fondamental l'appel à la pénitence et à la prière. La
perspicacité spéciale sur les signes des temps ne vient pas de
l'auteur, elle passe par elle en provenance de Dieu, de Marie,
de l'ange, pour atteindre les âmes dans l'attente de preuves.
Le lecteur persévérant ne tarde pas à recevoir la confirmation
attendue et sa foi en Dieu s'éclaire pour une obéissance plus
fidèle.
*
6. L'appel à la pénitence, à la purification, à une vie de
cristal est toujours exigeant, ferme, déterminé. La charité de
Marie-Paule est franche et décidée, entraînante aussi, parce
que rayonnante de joie. L'appel à la pénitence est associé à
39
l'appel à la prière, surtout à la prière du Rosaire. Et Marie-
Paule, toujours, assure qu'elle-même va prier pour nous.
Elle nous montre aussi comment, par cette prière, on
embrasse tous les problèmes, les siens et ceux des autres, ceux
de toute l'Église, ceux du monde entier, ceux des pécheurs,
pour qu'ils se convertissent et se sauvent, et ceux des âmes du
purgatoire. Marie-Paule insiste sur la consécration à Marie
selon la formule de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
Sa confiance totale entraîne celle de ses disciples et les
témoignages de faveurs se multiplient sans cesse.
*
7. Dans son homélie prononcée à la messe célébrée sur la
grande place du sanctuaire à Fatima, le pape Jean-Paul II a
parlé du coeur ouvert de Marie: « Lorsque Jésus dit sur la
croix: "Femme, voici ton fils" (Jn 19, 26), Il ouvrit d'une
manière nouvelle le coeur de sa Mère, le Coeur Immaculé, et
Il lui révéla la nouvelle dimension de l'amour, et la nouvelle
portée de l'amour auquel Elle était appelée dans /'Esprit Saint
par la force du sacrifice de la croix. »
Dans le message de Vie d'Amour, il nous semble retrouver
justement cette dimension de l'amour maternel dont le
rayonnement atteint toute la route de l'homme vers Dieu et la
route de tous les hommes dans toutes les situations de vie. On
y découvre la sollicitude de Marie-Paule pour le salut éternel
de tous. Aussi a-t-elle une volonté ferme d'éviter et de faire
éviter tout péché. Elle ne peut garder le silence quand il faut le
dénoncer. Et personne n'est épargné s'il résiste à l'appel de
Dieu. Marie-Paule joindra le sacrifice à la prière pour toucher
la miséricorde de Dieu. Ses souffrances nombreuses, allant
jusqu'à la blessure de son coeur, sont le signe d'une collabo-
ration certaine et acceptée à la Rédemption de Jésus.
*
8. L'ouverture du coeur de Marie-Paule aux dimensions de
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l'Église et du monde est une conformation aux saints Coeurs
de Marie et de Jésus, qui s'offrent pour le salut du monde. Et
Marie-Paule s'emploie à entraîner les membres del' Armée de
Marie à la même sollicitude apostolique. Elle recommande
spécialement l'apostolat de la prière et de la consécration à
Marie. Elle enseigne à remettre toutes nos intentions entre les
mains de Marie. Que Marie nous aide à nous offrir à l'amour
rédempteur pour tout homme, pour toutes les nations, tous
les peuples.
*
9. La dévotion de Marie-Paule envers la Dame de Tous les
Peuples nous fait comprendre que Marie veut régner sociale-
ment dans le coeur des personnes, mais aussi au coeur de
l'Église, ouvertement, conjointement avec son Fils-Roi.
L'action miséricordieuse de Marie, manifestée si clairement à
l'intérieur de son Église, est reconnue de plus en plus ouver-
tement et officiellement. Méditons bien le message de Fatima
à la lumière de l'amour maternel de Marie, tel que proposé
par le pape Jean-Paul II dans son homélie du 13 mai 1982.
*
Pour ce qui concerne l'intervention de Marie à travers sa
nouvelle « Armée », Monseigneur van Lierde avait dit :
« Jetez la semence avec humilité. »
La semence fut jetée, ici, là, au proche, au loin, avec
humilité, avec soin.
La lente germination, éprouvée et menacée par les intem-
péries - « c'est normal qu'il en soit ainsi», avait-il dit -
a été suivie d'une croissance forte, saine, confiante, protégée
aussi par la bienveillance d'aucuns, mieux éclairés.
Les plants ont dix ans, huit ans, cinq ans. Vigoureux, ils
donnent déjà des fruits très nombreux et merveilleux de
grâces. Grâces de conversions. Tous les collaborateurs de
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Marie-Paule, toutes ses collaboratrices ont conscience - et
ils en témoignent volontiers - de se convertir encore et
toujours grâce à Vie d'Amour. Faudrait-ifènumérer ne serait-
ce que les sortes de c o ~ i o n s avec un seul exemple qu'un
gros volume ne suffirait pas à donner une idée exacte des
milliers d'autres tout aussi admirables! Des dossiers
considérables sont constitués pour analyse future, par qui de
droit, de faveurs obtenues, choses ordinaires dans les cas
extraordinaires de la ~ ~ e des Saints. Quelques cas, contrôlés et
certifiés par des autorités compétentes, ont été discrètement
exposés aux membres de l'Armée de Marie.
*
Après dix ans d'observation attentive et assidue, je vois
dans la vie d'amour de Marie-Paule une des actions miséri-
cordieuses du Coeur de Marie.
Je vois dans l'évolution de l'Armée de Marie un chemine-
ment vers le triomphe annoncé à Fatima.
Je vois dans l'oeuvre littéraire Vie d'Amour un instrument
privilégié pour la purification en notre temps de l'Église de
Jésus et de Marie.
Je souhaite que de nombreux lecteurs expérimentés lisent
patiemment et analysent, qu'ils rencontrent l'auteur aussi,
qu'ils vérifient la qualité des fruits de l'Oeuvre. Je crois
sincèrement que tous n'auront que deux phrases aux lèvres:
«Elle a passé parmi nous en faisant le bien. »
«Jamais femme n'a parlé comme cette femme. »
À la gloire de Dieu et de Marie.
Pentecôte 1983
On peut se procurer
cette brochure
à /'adresse suivante:
L'Armée de Marie
C.P. 95, Limoilou
Québec, Canada G 1 L 4T8
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
Volume
VIE D'AMOUR
I Vie purgative
II Vie illuminai ive
III Vie unitive
IV* Vie d'Amour
et ses âmes affiliées,
âmes mariales
V Phase céleste
VI* Vie d'Amour
et ses âmes affiliées,
âmes eucharistiques
VII Victoire
VIII Vie céleste
IX La Réconciliation
X Le Pape et Marie
XI - La Dame
de Tous les Peuples
XII - Jean et Marie
XIII - Marie et Jean
XIV - Jean et Marie
XV - Marie-Paule
Paul-Marie
Vie d'Amour
C.P. 258, Limoilou
Québec, Canada
GlL 4V8
* Les volumes IV et VI, contenant les no-
tices biographiques de quelques-uns des
membres de !'Équipe mariale, paraîtront
plus tard.
ACHEVÉ D'IMPRIMER
LE 31 MAI 1983
FÊTE DE LA VISITATION DE MARIE
SUR LES PRESSES DE
L'IMPRIMERIE LA RENAISSANCE INC.
QUÉBEC. CANADA
GIP 3T2
Dépôt légal: 2e trimestre 1983

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