Édition du lundi 16 septembre 2013

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VOLUME LXXXII NO 2

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

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SPORTS | SOCCER FÉMININ : UN FESTIVAL OFFENSIF! PAGE 15 Page 3
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ENTREVUE EXCLUSIVE :

ACTUALITÉS | Nicole Desnoyers, nouvelle VP équité
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ÉDITORIAL
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scolarité (comprendre : leur existence, voire l’inexistence, de salaire étudiant) impactent lourdement cette balance. L’équation que les jeunes gens qui souhaitent réussir doivent résoudre les engrène dans un mécanisme implacable qui les condamne à une aliénation très violente. Un grand nombre des étudiants de l’Université d’Ottawa ne peut étudier sans devoir travailler au même moment, non uniquement pour pouvoir se nourrir et se chômage structurel actuel et la concurrence des victimes des coupures et de la crise en général, un plus grand nombre est obligé d’accepter des occupations qui ne leur sied pas, tant du point de vue de la formation que du point de vue des conditions et de la rémunération. C’est là aussi qu’intervient la privation de choix. L’université ne permet plus forcément de trouver une voie, même les plus carriéristes en souffrent!

16 septembre 2013

De la misère en milieu étudiant
Ghassen Athmni Rédacteur en chef Il n’est évidemment pas question d’espérer déclencher ne serait-ce qu’un semblant de n’importe quel épisode de la fin des années soixante avec ce clin d’œil au plus célèbre des pamphlets situationnistes. Il s’agit de relever quelques-uns des éléments qui interviennent directement dans le conditionnement de l’étudiant. Advenant que certains lecteurs aient cru pouvoir préfigurer un discours purement économiste, je me suis dû de marteler la rétorque négative et de dissiper cette croyance en consacrant mon propos à plus d’un volet de cette misère. facilement décelable puisque leur vie sexuelle est relativement plus récente. La répression s’opère simultanément suivant deux schémas distincts, la dépossession du corps qui résulte de tous les standards à atteindre pour espérer s’assurer une expérience sexuelle digne de ce nom, et qui se manifeste jusque dans la manière dont on se rase la moustache, et l’apologie de la prédation sexuelle qui transparait dans toutes les ressources utilisées pour la création du fantasme et dans l’essence de ce même fantasme. Cette entreprise force d’un côté à admettre les rapports de domination et à les reproduire et révulse l’énergie sexuelle générant par conséquent l’insatisfaction et la désillusion. L’apologie de la prédation sexuelle est particulièrement exacerbée en ce moment, le chant de ralliement des étudiants de l’Université de Sainte-Marie qui banalise le viol en est un exemple assez clair, mais ce n’est définitivement pas un isolat. Le milieu universitaire dans sa totalité en est souillé.

La vulnérabilité étudiant

du

statut

Sous l’emprise de ceux à qui profite sa stratification actuelle, la société stigmatise ceux qui sont écartés du marché de l’emploi. Le chômeur, le retraité, l’invalide, mais aussi l’étudiant. Avec les contradictions du système économique, l’étudiant est d’autant plus visé pour être une source de dépenses publiques. Même avec les « petits boulots », il ne parvient pas à s’affirmer au sein du tissu social, et en est par conséquent rejeté. Le même tissu étant profondément rétrograde et hermétiquement conservateur, l’étudiant peine réellement à y constituer un vecteur de progrès. Les plus déterminés, indépendamment de leurs qualités intrinsèques, essuient des échecs cuisants et se font systématiquement réprimer. Les étudiants n’existent pas (ou plus) comme ensemble, malgré le fait qu’ils connaissent majoritairement les mêmes difficultés et expérimentent les mêmes péripéties. L’existence des syndicats étudiants n’est, dans cette configuration où la passivité est un dogme inébranlable et malgré la volonté de certains, qu’un leurre qui permet aux décideurs de mieux contenir un éventuel mouvement et de corrompre encore plus l’université. Ceci ne doit pas constituer un appel à la démission de ceux qui envisagent être des vecteurs de changement, mais une invitation à trouver les voies sur lesquelles on doit s’engager pour rétablir le statut étudiant et en créer une force.

La misère intellectuelle
Si la passivité est une religion, l’ignorance est sa liturgie. L’université n’a plus rien d’universel, l’heure est d’abord à la spéciation (et non à la spécialisation) abrutissante. Le mot d’ordre que les thuriféraires des « géants » d’une ’industrie ou d’une autre, qui se réunissent dans des bureaux de gouverneurs par exemple ou occupent des postes importants dans les administrations et les ministères, s’empressent d’appliquer en toute intransigeance, c’est dépourvoir l’étudiant de tout savoir et ne lui inculquer que quelques méthodes qu’il se fera une joie de perpétuer pour payer ses factures, une fois qu’il contractera un emploi. Cette démarche cherche à abolir les connections nécessaires entre les différents domaines du savoir. Les méthodes les plus susceptibles d’éveiller le sens critique sont mises de côté au profit de ce que dicte «  le marché » ou plus précisément de ce que dictent les barons du marché. Le culte de l’ignorance est généralisé. On se complait dans l’erreur et on s’attaque à l’effort de réflexion. La propagande pour l’ignorance est omniprésente sur les campus universitaires, dans l’aversion pour certaines disciplines, dans l’instauration d’un nivellement par Illustration Nicholas DuBois le bas, dans l’obsession maladive pour les La répression sexuelle diplômes qu’on inculque aux étudiants et dans l’importance superflue qu’on accorde à Ce ne sont pas uniquement les étudiants la notation. qui en souffrent. La répression sexuelle ne Les facteurs produisant cette misère se s’arrête pas à ce qui entoure les pratiques démultiplient de sorte qu’on ne puisse pas communément désignées comme sexuelles. les cerner aussi simplement. Il est à prévoir Son éventail est beaucoup plus large, et que cette misère s’approfondisse au cours son action détermine jusqu’aux choix de la crise actuelle, ce pourquoi il est moins idéologiques. Ce ne sont pas les étudiants important de tirer la sonnette d’alarme que de seulement qui la subissent, mais chez réfléchir une action effective qui permettrait cette frange de la population, elle est plus de changer la donne.

L’oppression économique
À l’heure où commence l’écriture de ce paragraphe, la dette étudiante au Canada se chiffre très exactement à 15 543 372 824 dollars, selon le site internet de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (à l’heure où se termine l’écriture de ce papier, soit quatre heures après, elle est à 15 543 437 746). L’oppression économique participe largement. Bien entendu, les frais de

divertir, mais surtout parce que, dieu merci, ils ne peuvent pas s’endetter indéfiniment. Ils sont dès lors appelés à essayer de mettre fin à l’augmentation des intérêts, parfois même avant de contracter une dette. Ces obligations incontournables oppriment de deux façons : d’abord sur un plan purement pratique, en privant de temps, en consommant beaucoup d’énergie musculaire et en altérant les capacités cérébrales, ensuite de par leur caractère imposé. Avec le

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POLITIQUE ÉTUDIANTE | V.P . ÉQUITÉ

S’attaquer aux discriminations
Caroline Ramirez bénévole

Cette année l’exécutif de la FÉUO a grossi ses rangs avec une nouvelle fonction, celle du viceprésdient en matière d’équité dont se chargera Nicole Desnoyers ancienne représentante des étudiants de premier cycle au Bureau des gouverneurs. Pour en savoir plus sur son nouveau rôle, La Rotonde s’est entretenue avec l’étudiante élue qui nous a livré les grandes lignes de ce qu’elle veut accomplir en occupant ce poste.
La Rotonde : Quel est ton rôle en tant que vice-présidente en matière d’équité de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO)? Nicole Desnoyers : Je dois avant tout m’assurer que les questions en lien avec l’équité soient débattues par tout le monde à la Fédération. [...] Lorsqu’on organise un évènement social par exemple, il faut toujours garder en tête comment on peut inclure le plus de monde possible. Je travaille avec les cinq services d’équité de la FÉUO : le Centre de bilinguisme, la Maison internationale, le Centre de ressources des femmes, le Centre de la fierté et le Centre des étudiants ayant un handicap. J’aide à la promotion de leurs évènements, soutiens leurs activités et supervise leur fonctionnement. LR : Quelles sont les campagnes que tu valorises cette année? NC : Mes deux priorités sont une évaluation du bilinguisme et un groupe de travail contre le racisme. Pendant mes trois années à l’Université d’Ottawa, j’ai entendu beaucoup de critiques sur le bilinguisme : je veux donc avoir l’avis des étudiants sur ce que l’on pourrait améliorer concrètement. Je vais par ailleurs travailler avec les clubs culturels, la Maison internationale et les étudiants sur les questions de discrimination et de racisme sur le campus. LR  : Comment comptes-tu mettre en place cette évaluation du bilinguisme? NC : En ce moment, on invite des étudiants à rejoindre des groupes de travail afin de produire un questionnaire destiné à la communauté universitaire, idéalement au mois de novembre. Je travaille avec les étudiants pour créer ces questions : quels sont les aspects sur lesquels ils souhaitent travailler prioritairement? S’agit-il des événements, de l’accès à des cours en français, des services?

Qu’est-ce qu’un évènement bilingue? Le questionnaire nous permettrait ensuite de créer des recommandations pour la FÉUO et les différents services de l’Université afin d’améliorer le bilinguisme. LR : Dans la brochure du pow-wow, qui a eu lieu la semaine dernière, il y avait énormément de fautes dans la partie en français. Ton poste intègre-t-il aussi une forme de contrôle des services de traduction de la FÉUO? NC : Les services de traduction font partie de l’équipe de marketing, qui est sous la responsabilité du vice-président aux services et aux communications. [...] Ce sont quand même des erreurs humaines et je pense qu’on ne cesse de s’améliorer à ce niveau. LR : Dans le cadre de la lutte contre le racisme et les discriminations, que veuxtu organiser? NC : J’aimerais avoir une discussion en table ronde au mois de novembre ou à la fin du mois d’octobre qui aboutirait en une campagne sur le semestre. [...] Toutefois, le travail contre le racisme n’a pas de fin, c’est un travail continu. Je veux rassembler les différentes communautés qui subissent des discriminations, mais qui n’ont pas forcément les ressources et le soutien nécessaires. Je me vois comme une personne-ressource qui facilite la campagne car, bien que je sois métisse, je suis blanche : ce n’est donc pas moi qui, dans les corridors, vais faire face au racisme quotidien. Je veux vraiment voir se développer le leadership et l’engagement des étudiants touchés, car la campagne doit venir d’eux. LR  : L’intersectionnalité est le fait de considérer qu’une même personne cumule plusieurs caractéristiques identitaires qui se croisent, cumulant parfois différents systèmes de domination. Une femme noire n’expérimentera pas le racisme de la même manière qu’un homme noir. Vastu intégrer cet aspect dans ton travail? NC : J’essaye du mieux que je peux d’intégrer cette notion : on s’intéresse aux étudiants racialisés qui ont un ou plusieurs handicaps, ce qui est vraiment différent d’un étudiant racialisé qui n’en a pas. De même qu’un étudiant queer et racialisé, versus un étudiant queer et blanc. Ces intersectionnalités vont avoir différentes conséquences sur les interactions quotidiennes sur un campus universitaire, dans une salle de classe... Pour moi, il est très important de garder ça en tête. Pendant ma campagne, j’ai mis l’accent sur mon identité métisse et queer : je ne peux pas être l’un sans l’autre. LR  : Quels sont les cas de racisme que l’on rencontre sur le campus? NC : On voit des étudiants qui se font dire qu’ils ne parlent pas assez bien anglais ou français pour poursuivre leurs études

Nicoles Desnoyers nous révèle ses objectifs. - Jérôme Simon ou pour faire carrière. On voit une lacune énorme, surtout en sciences sociales, sur les faits historiques ayant mené à la création du Canada et d’Ottawa. Avoir un cours d’histoire qui ne reconnaît même pas que l’on est sur un territoire non-cédé, pour moi, c’est une lacune. Pour ces étudiants autochtones qui ne voient pas leur identité reflétée dans le programme, dans le cadre d’une éducation qu’ils payent cher, c’est un problème. LR : Ma dernière question est à la fois liée au racisme et au bilinguisme : y a-t-il un travail à faire sur les exigences de bilinguisme à l’égard des nations autochtones? NC : J’ai déjà vu certains systèmes où le bilinguisme était une exigence, à moins que l’on soit autochtone et que l’on parle la langue de sa communauté. J’ai trouvé ce modèle très intéressant. Mais ce serait compliqué d’essayer d’implanter un tel modèle à l’Université d’Ottawa. [...] On a beaucoup de travail à faire là-dessus. Les revendications de l’Association des étudiants en études autochtones et canadiennes et de l’Association des étudiants autochtones, qui demandent notamment des cours en algonquin et en mohawk, sont un bon début pour envisager, à terme, la création d’une institution de langues autochtones.

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DÉPARTEMENT DES CAMPAGNES

La FÉUO affiche ses intentions
Ghassen Athmni Rédacteur en chef

Le département des campagnes de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) a organisé sa fête de lancement jeudi dernier dans la salle des clubs, au Centre universitaire Jock-Turcot. Au menu : pins, chandails et toute Priorité : les frais de scolarité la panoplie contre la hausse des Quant à ce qui caractérisera cette nouvelle au département, M. Hynes et Mme Roy frais de scolarité, l’homophobie année tombent tout de suite d’accord sur la nécessité et le racisme. de se battre contre la hausse des frais de scoUne affluence limitée
L’exiguïté de l’endroit où la fête de lancement a eu lieu en dit long sur la participation des étudiants. Une vingtaine d’étudiants, tout au plus, était dans la salle des clubs à notre arrivée. Un fait qui contraste avec la vision que Chris Hynes, le vice-président aux affaires universitaires, a pour le département. M. Hynes voudrait que les campagnes soient celles des étudiants et non celles de l’exécutif de la FÉUO : « Le plus important cette année c’est que le travail ici soit perçu comme étant celui des étudiants, que les étudiants s’impliquent et se reconnaissent dans ce que ce département programme », a-t-il affirmé. Pour ce faire, l’exécutif a entre autres fait du « travail de sensibilisation » durant la semaine. « Nous [l’exécutif] avons fait plusieurs tournées, dans plusieurs départements, afin de mettre l’emphase sur l’importance des bénévoles. Ce sont eux qui font bouger les choses larité. « Nous savons très bien que l’Université veut encore augmenter les droits pour l’année prochaine. Nous avons déjà commencé à en parler aux étudiants et à leur demander de nous soutenir. Je pense qu’il est essentiel de démontrer à l’Université que ce n’est pas seulement la FÉUO, comme institution, qui souhaite bloquer la hausse, mais l’ensemble des étudiants. » Concernant les moyens d’unifier les troupes sur cette question, M. Hynes pense qu’il faut absolument s’investir dans un effort de conscientisation. « D’après moi, ce qui serait le plus efficace, ce sont les conversations individuelles », a-t-il précisé. La présidente n’a pas hésité à critiquer le Bureau des gouverneurs, insistant sur le fait que « l’Université, ce sont les étudiants et les professeurs, et non pas des personnes qui travaillent ailleurs et qui ne viennent ici que pour des réunions. » Elle a aussi évoqué les possibilités de travail en commun avec les fédérations étudiantes des autres établissements postsecondaires ottaviens, en particulier sur la question des transports.

sur les campagnes », a expliqué M.Hynes. Anne-Marie Roy, la présidente de la FÉUO, a pour sa part insisté sur la distinction entre les questions qui sont de l’ordre de « l’équité » et celles qui sont plutôt de l’ordre de « l’action ». À cet effet, deux comités différents travailleront chacun de leur côté à la réalisation des objectifs de chaque catégorie. Mme. Roy a tenu à assurer que la collaboration entre les deux organes sera très étroite : « Moi-même, Chris Hynes et les organisateurs du département assisterons aux réunions des deux comités, qui s’alterneront de manière hebdomadaire », a-telle expliqué.

Chris Hynes confie les objectifs du département des campanges à La Rotonde. - Photos Jérôme Simon

La Rotonde souhaite remercier les contributeurs de la semaine :
Myriam Bourdeau-Potvin Caroline Ramirez Les Fauteux de Troubles Kevin Pinet Alexandra Vienneau Ducakis Désinat Élise Vaillancourt Vickie Farrugia

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PROGRAMME DE JOURNALISME

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16 septembre 2013

Les admissions suspendues jusqu’à nouvel ordre

Illustration Nicholas DuBois William Felepchuk et Ghassen Athmni

Des difficultés avérées
Le programme de journalisme de l’U d’O fonctionne sur la base d’un partenariat avec la Cité collégiale, depuis 1998, pour le baccalauréat en français, et le Collège Algonquin, depuis 2002, pour celui en anglais. L’Université assure les cours théoriques pendant deux ans, tandis que les collèges assurent une formation pratique, d’une durée de deux ans également. Marc-François Bernier, professeur au Département de communication, chercheur en journalisme et précédemment coordonnateur du programme, considère toutefois que les difficultés sont avant tout administratives et ne portent pas sur la qualité de la formation elle-même. Il rappelle que l’évaluation de la formation par le Sénat est le fruit de plusieurs étapes : en 2010, les coordonnateurs du programme ont en effet procédé à une auto-évaluation « assez critique », d’après M. Bernier. L’Université a par la suite choisi deux évaluatrices externes qui en sont arrivées aux mêmes conclusions, dans le cadre d’un rapport remis en mai 2011. Cette évaluation externe soulignait la qualité de la double formation, des équipements et du personnel. En revanche, elle insistait sur le manque de liens entre la partie théorique et celle pratique, sur le nombre insuffisant de cours en journalisme proposés à l’U d’O et

Les admissions au programme de journalisme de l’Université d’Ottawa (U d’O) ont été suspendues pour la rentrée de septembre, et ce, jusqu’à une date indéterminée. La décision a été prise suite aux conclusions d’un rapport interne émis par le Sénat et remis à l’administration en mai 2012. Ce rapport évaluait les programmes de premier cycle et notamment le baccalauréat en journalisme, qui y est qualifié de « profondément troublé », de « mal conçu » et nécessitant « une refonte complète », voire « une fermeture pure et simple ».

sur la similitude trop articulée entre le baccalauréat en journalisme et celui en communications. M. Bernier considère toutefois que le ton du rapport final du Sénat, produit un an plus tard, est trop alarmiste, se basant sur « une vision simpliste des choses et ne tenant pas compte du fait que le programme est double. Dire que nous ne proposons que deux cours en journalisme, c’est à la fois faux et très grave. Ça laisse croire que la formation n’est pas adéquate, alors que les étudiants passent deux ans dans un collège pour apprendre toutes les techniques journalistiques. »

Pas de suppression en vue
Dans un article paru le 23 août, le journaliste Adam Radwanski remettait en cause la pertinence du maintien du programme à l’Université d’Ottawa, s’appuyant sur les commentaires de quelques politiciens fédéraux. Selon eux, « les vingt universités ontariennes mettent trop d’efforts dans leur tentative de répondre aux demandes de tous, au lieu de se concentrer de façon plus étroite sur les domaines qui sont leurs points forts ». La volonté de maintenir un programme inadapté en place relèverait donc d’une résistance à la spécialisation de l’U d’O. L’Ontario compte déjà deux universités proposant un cursus en journalisme re-

connu : Ryerson et Carleton. Toutefois, aucune d’entre elles ne propose une formation en français, contrairement à l’U d’O. Un comité consultatif qui travaillera sur la refonte du programme durant l’automne a toutefois été mis en place. Martine Lagacé, coordonnatrice du programme de journalisme, désire que soient créés des cours théoriques supplémentaires, notamment sur la recherche journalistique. Suite à une rencontre avec les représentants des établissements collégiaux, Patrick Charrette, le porte-parole de l’U d’O a confié que l’intention de l’Université est d’offrir de nouveau le programme dès l’année prochaine. « Le Département de communication est en train de revoir le programme de journalisme. Il y a déjà des choses qui ont été faites, comme par exemple l’embauche de professeurs provenant du milieu professionnel », a-t-il expliqué. Du côté de La Cité collégiale, la décision est déterminante pour les étudiants qui y ont entamé leur cursus en journalisme cette année, et qui ne pourraient pas voir leurs crédits reconnus en cas de fermeture du programme. Le coordonnateur, Michael Dumoulin, a affirmé que le programme conjoint est très important pour le collège francophone, alors que « nous voudrions continuer à offrir une double formation avec l’U d’O et je pense qu’eux aussi sont du même avis ».

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POLITIQUE ÉTUDIANTE

Désaffiliation de masse à la FCÉÉ

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La Rotonde est à la recherche d’un chef de pupitre actualités
Responsabilité Sous la supervision du rédacteur en chef, le chef de pupitre actualités est chargé de préparer les textes de la section actualités du journal, en coopération avec les bénévoles. Ceci exclut l’éditorial, le courrier des lecteurs et les autres textes dont le rédacteur en chef est responsable. Tâches Le chef de pupitre doit proposer une maquette des textes de leur section au directeur de la production visuelle et au rédacteur en chef. Le chef de pupitre doit, dans la mesure de leurs possibilités et attributions : a) soumettre au rédacteur en chef la version finale des textes de leur section dont ils sont responsables; b) respecter le code déontologique de La Rotonde notamment : s’il doute de la véracité d’un fait rapporté, le chef de pupitre doit faire tout ce qu’il peut pour en vérifier la véracité. Dans le cas où il est dans l’impossibilité de vérifier leur véracité, il doit avertir le rédacteur en chef ; c) aviser le rédacteur en chef et le directeur de production si la version finale d’un texte n’est pas disponible pour le jour et l’heure fixés par le comité éditorial pour la remise des textes; d) signaler au rédacteur en chef si, selon eux, le matériel qu’il lui soumet contient des propos qui seraient susceptibles d’entraîner des poursuites judiciaires ou de nuire à la réputation du journal ou de ses membres; e) fournir au directeur de la production visuelle toutes les indications nécessaires à ce que celui-ci accomplisse ses tâches le mieux possible. Ceci inclut nécessairement une communication écrite hebdomadaire au directeur artistique lui détaillant les tâches que les chefs de pupitre lui demandent d’accomplir au début de la période de production. Une compensation de 384,35$ par édition est offerte. Envoyer votre CV et lettre de présentation à embauche@larotonde.ca

Vincent Rioux bénévole

Le 4 septembre dernier, 16 associations étudiantes à travers le pays ont lancé une campagne de désaffiliation de la Fédération canadiennes des étudiants et étudiantes (FCÉÉ). Les associations étudiantes qui ont lancé le mouvement font présentement circuler des pétitions afin que la Fédération reconnaisse leur droit de la quitter.
Les associations étudiantes du Collège Dawson, de l’Universités de la Colombie-Britannique, de l’Université de Toronto, de l’Université York, de l’Université Ryerson, de l’Université Capilano et de l’Université polytechnique Kwantlen, sont les seules à avoir publiquement annoncé leur démarche de désaffiliation. Toutefois, le porteparole francophone du mouvement, Nicholas Di Penna, étudiant au Collège Dawson, assure que ce ne sont pas les seules associations. « Il y en a plusieurs qui ne veulent pas être nommées pour différentes raisons », affirme-t-il.

favoritisme au sein de la FCÉÉ, la question des employés permanents qui peuvent passer des motions et qui peuvent être impliqués dans la démocratie étudiante, c’est très malsain », poursuit M. Di Penna. « La FCÉÉ n’est pas une entité démocratique. En voulant à tout prix se garder en vie et se protéger des franges conservatrices, elle sacrifie son intérêt premier, qui est de se battre pour les étudiants », martèle-t-il. Le porte-parole du mouvement croit qu’il faut qu’une association étudiante puisse « reconnaître sa propre mortalité ». « [Les associations étudiantes] mourront et renaîtront, il faut ça pour avoir un changement naturel au sein de la démocratie étudiante », croit l’étudiant en anthropologie. Une nouvelle fédération étudiante à l’image de celles du Québec Le mouvement « d’exode de la FCÉÉ » veut tenir un congrès en 2014 pour définir les lignes directrices de cette nouvelle fédération étudiante qui devra être « vraiment progressiste ». « Nous voulons prendre exemple sur l’ASSÉ (Association pour solidarité syndicale étudiante) et avoir une association qui se base sur ses congrès et qui n’a pas nécessairement de président et de système démocratique en pyramide, [comme à la FCÉÉ] », avance M. Di Penna. « Lors de la création d’une nouvelle fédération étudiante, la question des salariés au sein des associations étudiantes va certainement être débattue », promet-il. « Un activiste salarié, ça crée des perturbations. Ça crée une dynamique où les salariés disent “moi je suis payé et pas toi donc je suis plus légitime que toi”. Cela met en place des hiérarchies inutiles et malsaines », selon lui.

toujours pas été reconnu par cette dernière. C’est pourquoi les étudiants concordiens ont entrepris des démarches judiciaires pour que le résultat du vote soit reconnu par la FCÉÉ et que leur désaffiliation soit effective. Outre le Québec, cette vague de désaffiliation pourrait laisser la Colombie-Britannique et le Manitoba sans aucune association affiliée à la FCÉÉ, en plus d’avoir une faible représentation en Alberta de même que dans les provinces maritimes, selon le communiqué de presse.

La FÉUO et la GSAÉD entendent continuer leur partenariat avec la FCÉÉ
Anne-Marie Roy, présidente de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), et Seamus Wolfe, commissaire aux affaires externes de l’Association des étudiant.e.s diplômé.e.s (GSAÉD), assurent que leurs associations étudiantes respectives n’ont aucune intention de quitter la FCÉÉ. « À la FÉUO, nous voulons continuer à travailler avec la FCÉÉ et à utiliser leur matériel promotionnel. Les enjeux [que la FCÉÉ met de l’avant] nous tiennent à cœur », lance Mme Roy. Contrairement à M. Di Penna, la présidente ottavienne croit que la FCÉÉ est démocratique puisque « les délégations étudiantes sont invitées à débattre et à présenter leurs motions lors des assemblées générales annuelles ». De plus, Mme Roy ne croit pas que la structure de la FCÉÉ doit être réformée. Enfin, Mme Roy rappelle que la FCÉÉ a fait des gains importants ces dernières années, notamment en ce qui a trait aux permis pour travailler hors du campus pour les étudiants internationaux et aux programmes de prêts et bourses du gouvernement fédéral. Même son de cloche pour M. Wolfe, qui croit que la FCÉÉ est le meilleur moyen de promouvoir les luttes des étudiants de la GSAÉD. Toutefois, M. Wolfe admet qu’il y a certaines lacunes au sein de la FCÉÉ et croit qu’elles devront être adressées au cours des prochaines années.

Une structure défaillante
Pour M. Di Penna, « il y a un mélange très éclectique » de raisons qui poussent les associations étudiantes à quitter la FCÉÉ. « Leur démocratie semble atteint d’un cancer nommé capital social », propose d’abord l’étudiant montréalais. « Le

Vers une représentation inexacte de l’ensemble des étudiants canadiens
Au Québec, l’association étudiante du Collège Dawson était la dernière à encore être affiliée à la FCÉÉ. Rappelons que les associations étudiantes de l’Université Concordia ont voté pour une désaffiliation de la FCÉÉ, mais que ce vote n’a

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ACTUALITÉS

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Études en environnement

16 septembre 2013

750 000$ en bourses
La Banque Toronto-Dominion (Banque TD) a remis, ce mardi, un don d’une valeur de 750 000 $ à l’Université d’Ottawa (U d’O). Cette cérémonie, présidée par Christian Detellier, vice-recteur aux études de l’U d’O, s’est déroulée à la Faculté des sciences sociales. Allouée sur une période de dix ans, une partie de ce financement sera distribuée sous forme de bourses à 50 étudiants en environnement. La somme restante, soit 250 000 $, sera remise au programme Leaders en environnement du Centre d’engagement mondial et communautaire de l’U d’O. Audrey Gignac, étudiante en études de l’environnement et récipiendaire de la bourse TD, confirme que « la bourse lève un fardeau financier » et qu’il est « intéressant qu’une telle bourse soit distribuée pour les étudiants en environnement ». Lors de cet événement, Debra Armstrong, représentante de la Banque TD, a affirmé que « ces étudiants représentent l’avenir, et qu’il est important [pour la Banque TD] de soutenir et d’encourager leurs efforts ». - Marc-André Bonneau Étudiants composant avec un handicap

Un rapport questionne les méthodes de la section Common Law
Publié en juin dernier par le Centre d’équité en matière des droits de la personne (CÉDP), un rapport intitulé Common Law Students with Disabilities : Accommodation Concerns, Insights and Recommandations met en lumière certaines pratiques de la Section de common law concernant l’assistance mise à la disposition des étudiants composant avec un handicap. Alors que les services d’accommodations sur le campus sont habituellement pris en charge par le Service d’Accès, ce rapport indique que la Section de common law a procédé différemment des autres facultés dans certains cas. Des étudiants ont vu de l’information médicale archivée dans leur dossier universitaire, alors que normalement, seuls les spécialistes en apprentissage du Services d’Accès peuvent consulter cette information confidentielle. Une telle situation est potentiellement discriminatoire pour ces individus. Le Centre de recours étudiant de l’Université mentionne des cas où « de l’information médicale a été demandée à l’étudiant, alors qu’aucun motif médical n’était évoqué ». Dans le même rapport, le Centre de recours étudiant indique que « plusieurs situations, qui auraient été réglées de manière informelle dans d’autres facultés, […] n’ont pu être réglées de façon similaire dans la Section de common law. Il en résulte que les étudiants doivent s’engager dans un processus long et formel avec le Comité d’évaluation ». Le CÉDP conclut ce rapport en formulant l’espoir que l’administration modifie ses pratiques concernant les étudiants avec un handicap. - Marc-André Bonneau Faculté de médecine

Illustration : Nicholas DuBois

RÉSIDENCES SUR LE CAMPUS

Un déficit substanciel
Sinda Garziz Journaliste s’inscrit dans une stratégie visant à attirer plus d’étudiants internationaux.

De nouveaux bâtiments sont indispensables
Pourquoi donner priorité aux étudiants de première année et aux étudiants étrangers, compte tenu du fait que les coûts sont plus élevés comparativement à ceux des logements hors campus? Chris Hynes, vice-président des affaires universitaires de la Fédération des étudiants de l’Université d’Ottawa (FÉUO), répond en partie à notre question, expliquant que dans le passé, la résidence Brooks fut l’une des résidences du campus réservés aux étudiants de deuxième, de troisième et de quatrième année. Mais voilà que depuis quelques années, la majorité des résidents de la résidence sont des étudiants de première année. « Nous souhaitons que tous les étudiants des différents niveaux puissent en bénéficier aussi », explique M. Hynes. Certes, les étudiants habitant sur le campus ont accès à plusieurs services, comme celui de la protection, offerts par l’Université, ce qui expliquerait le coût plus élevé. « Je ne vois pas la nécessité d’ajouter des charges et d’élever le coût », ajoute M. Hynes. Il a finalement déclaré qu’en collaboration avec l’Association des résidents de l’Université d’Ottawa, il essayera peut-être de travailler sur la question des coûts et de l’accessibilité aux résidences pour tous les étudiants. Mais selon lui, ceci ne pourra se concrétiser qu’après la construction de nouveaux bâtiments. Une résidence devant offrir 165 lits sur la rue Henderson, dans la Côte de sable, est actuellement en construction. Elle devrait être prête en 2015. Par ailleurs, la construction possible d’un édifice possédant environ mille places est présentement à l’étude avec des partenaires privés. L’emplacement n’a pas encore été déterminé, mais M. Guilbeault a confirmé que ce ne serait pas à plus d’une quinzaine de minutes de marche du campus principal de l’U d’O.

Depuis quelques années maintenant, l’Université d’Ottawa (U d’O) fait face à un déficit en places offertes dans les résidences pour les étudiants. L’administration a alors décidé de donner priorité aux étudiants de première année et les étudiants internationaux, en attendant la concrétisation des projets de construction de nouvelles résidences.
Accès limité à certaines catégories d’étudiants
Les résidences de l’U d’O offrent par année 2994 places pour un peu plus de 40 000 étudiants, avec des garanties de logement pour les étudiants en première année, en premier lieu, et pour les étudiants étrangers dont les demandes ne dépassent pas les délais imposés par l’Université, par la suite. Selon Michel Guilbeault, directeur du Service du logement sur le campus, ce choix a été fait en réponse aux demandes des parents des étudiants de première année qui souhaitent voir leurs enfants confortablement installés, avec l’encadrement nécessaire et qui facilite la transition de la vie au sein du foyer familial à la vie étudiante adulte. Il ajoute aussi que cette année en particulier, l’Université a réservé quelques places pour les étudiants étrangers. Une décision qui

Une journée de célébration autochtone
La Faculté de médecine a procédé le 11 septembre dernier à une célébration autochtone. Pour Dr. Darlene Kitty, directrice du programme autochtone à la faculté, il s’agit d’un bon moyen de montrer aux étudiants de première année ce qu’est la santé autochtone et quels sont les enjeux pour ceux-ci. « Pour soigner et travailler dans la communauté autochtone, c’est important d’avoir des connaissances sur la culture et la santé autochtone », souligne Dr. Kitty. La journée a commencé avec un discours de Dr. Kitty et s’est poursuivie avec un guérisseur professionnel. Une visite à l’île Victoria a été agrémentée de musique et de danses. La célébration s’est terminée avec une danse en rond à laquelle la plupart des étudiants ont participé. Le tout a servi à introduire la culture des différents peuples autochtones. - Léa Papineau Robichaud

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chronique

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ACTUALITÉS

La Charte (et tout ce qui l’entoure)
Vincent Rioux Bénévole

Revue de Presse
Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction

La grave erreur du Bloc
D’abord, le renvoi (ou la démission, ce n’est pas clair) de Maria Mourani du caucus du Bloc québécois (BQ) a de quoi laisser perplexe quant aux véritables intérêts du parti. Comme le soulignait Jocelyn Desjardins, ex-président et fondateur du Nouveau mouvement pour le Québec, en fin de semaine dernière, on peut se questionner sur les priorités du BQ; estce de défendre l’intérêt de tous les Québécois, ou de défendre coûte que coûte les politiques péquistes? Le BQ doit cesser cette partisannerie crasse et malsaine par rapport au Parti québécois (PQ). La divergence d’opinions au sein des gros partis politiques est déjà quasi-inexistante, aussi bien l’applaudir lorsqu’elle se manifeste que de lâchement l’étouffer, comme l’a fait Daniel Paillé.

250 millions de protestations Le Griffonier, Université du Québec à Chicoutimi

Observez l’évolution des protestations à travers le monde depuis 1979 grâce à un étudiant au doctorat de l’Université Penn State, en Pennsylvanie, qui a conçu une carte interactive, est maintenant possible. Le Global Database of Events, Language and Tone permet de retracer tous les reportages faits par les différents médias dans le monde entier. Il transmet l’information sous 58 angles différents qui permettent de savoir où avait lieu la protestation, de quel type elle était, son niveau de violence, etc. Il indique même les affiliations ethniques et religieuses. Cette base de données contient 250 millions d’évènements.

Les étudiants internationaux de l’Université de l’Alberta ont eu une bien mauvaise surprise lorsqu’ils ont voulu payer leurs frais de scolarité. L’Université n’avait pas annoncé que leurs frais seraient augmentés. Certains ont dû payer près de 2000 $ de plus que l’an dernier. Une discussion a ainsi été organisée par deux étudiants chinois. C’est à ce moment que les étudiants internationaux ont appris que l’Index du prix canadien (IPC) avait été gelé alors que le Multiple international de frais différentiels avait augmenté, expliquant la hausse de leurs frais. « Le gouvernement a payé la facture pour les étudiants locaux, mais pas pour les étudiants internationaux », explique le président de l’Union étudiante, Petros Kusmu.

Les étudiants internationaux se soulèvent The Gateway, Université de l’Alberta

Durant la semaine d’orientation de l’Université Sainte-Marie, un chant enseigné aux nouveaux arrivants a créé une vraie polémique. On retrouve sur Instagram une vidéo montrant des chefs d’initiation entonner un chant disant : « Y is for your sister, O is for “oh so tight,” U is for underage, N is for no consent, G is for grab that ass – Saint Mary’s boys we like them young. » Le président de l’association étudiante et d’autres étudiants ont avoué que ce chant fait partie d’une tradition depuis 2009. Plusieurs se sont dits choqués par ces paroles, surtout provenant de la bouche de chefs d’initiation. Le président de l’Université, Colin Dodds, s’est excusé pour l’incident et a assuré qu’il prendrait les mesures nécessaires afin d’éviter qu’un évènement semblable se reproduise.

Des chants de ralliement controversés The Journal, Université Sainte-Marie

Le bordel médiatique entourant la Charte
Le débat entourant cette Charte (débat qui a commencé quelques semaines avant même que le contenu de cette dite Charte soit dévoilé) dérape de tous bords tous côtés. Particulièrement dans les médias anglophones, où les allusions abondent entre le projet du PQ et l’antisémitisme, l’islamophobie et même le nazisme (et j’en passe). Bref, dans le Rest of Canada, endroit où le Québec bashing est devenu une tradition, le discours haineux envers le Québec, le taxant de racisme et d’intolérance, est sur trop de tribunes ces jours-ci. Pendant ce temps au Québec, le sondage d’Angus Reid, paru le 10 septembre dernier, suggère que 68 % des Québécois sont favorables à ce qu’il y ait « une loi qui interdit aux employés de l’État de porter des signes religieux pendant qu’ils sont en service ». Pour les signes ostentatoires, c’est 90 % qui s’opposent à la burka et 84 % qui s’opposent au kirpan dans la fonction publique. On parle d’une très forte majorité. Pourtant, depuis la parution de cette Charte, en voulant montrer systématiquement les « deux côtés de la médaille », les journalistes québécois, victimes de la normalisation du discours médiatique, amplifient le débat qui n’a pas raison d’être aussi imposant. Cette normalisation du discours entretient l’illusion d’un débat social sur la Charte en accordant une importance indue à un groupuscule qui tente de ranimer une controverse éteinte depuis la Révolution tranquille.

La Rotonde cherche des journalistes, photographes, dessinateurs qui veulent partager leur talent et publier à titre gracieux leur travail dans les pages du journal.

Écrivez-nous à redaction@larotonde.ca
Les Publications La Rotonde inc. sont une organisation à but non-lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de membres votants. Vous trouverez en ligne les ordres du jour et les procès-verbaux des réunions du CA, des assemblées des membres ainsi que les Status et Règlements en vigueur qui régissent l’administration du journal. Pour communiquer avec les membres du conseil exécutif, veuillez vous référer aux adresses ci-dessous. Simon-Nicolas Grandmaître – president@larotonde.ca Marie-Christine Corbeil – secretaire@larotonde.ca Jakob Pomeranzev – tresorier@larotonde.ca Membres votants : Réjean Léger Membres non-votants : Alexandra Scott-Larouche, Ghassen Athmni

Les différentes positions
Outre la communauté anglophone, qui boude systématiquement toute proposition qui ne vienne pas du Parti libéral du Québec, la vaste majorité des gens semblent s’entendre sur le fait que les juges, les gardiens de prison, les procureurs et les policiers ne devraient afficher aucun signe ostentatoire. C’est plutôt lorsqu’on aborde l’épineuse question des employés du réseau scolaire qu’il semble y avoir de la réticence à appliquer cette Charte dans certaines communautés. Pour ce qui est des techniciennes de CPE, malgré qu’elles œuvrent dans une institution publique, il est difficile de concevoir qu’elles représentent réellement l’État, tant leur rôle est restreint. Toutefois, pour ce qui est des enseignantes et enseignants du Québec, ils sont chargés de former les étudiants afin qu’ils deviennent des citoyens québécois en pleine possession de leurs responsabilités et de leurs droits civiques. Ces enseignants ont aussi le devoir d’enseigner la matière qui permettra aux étudiants de réussir les examens ministériels. Ainsi, ils sont directement la bouche du ministère de l’Éducation du Québec. Pour ces raisons, je crois que la Charte devrait s’appliquer aux enseignants qui ont le devoir d’être des représentants neutres de l’État du Québec.

La Rotonde est à la recherche de personnes, afin de siéger sur le CA en tant que membre votant.
Envoyez votre CV et votre lettre de présentation à president@larotonde.ca

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ARTS et CULTURE
Maude Rousseau | culture@larotonde.ca

16 septembre 2013

THÉÂTRE

MUSIQUE

iShow : théâtre à l’ère 2.0

Retour des Virées Blues
Myriam Bourdeau-Potvin Journaliste Bénévole Le lancement de la programmation de la 18e édition des Virées Blues se tenait au Petit Chicago, le mercredi 11 septembre dernier. Firebelly, un groupe de Blues & Roots de la région d’Ottawa, était chargée d’animer la première soirée avec l’aide de quelques invités choisis avec soins. Depuis 2005, les Virées Blues sont devenues un incontournable dans le monde du blues de la région. Alexandre Petit, responsable des Productions Rebelles, s’occupe des Virées Blues depuis le départ. Selon lui, c’est une « scène peu développée, avec des artistes d’un très grand talent. Le blues est l’équivalent de plusieurs autres scènes qui restent underground, puisqu’il ne fait pas partie de la scène médiatique. » Mathieu Gagnon, chanteur du groupe Firebelly, et talentueux joueur d’harmonica, décrit le milieu comme étant une « niche composée d’amateurs du style ». Il est lui-même professeur de psychologie éducationnelle. Son aisance sur scène lui vient d’expériences variées qui ont marqué son cheminement, soit au théâtre communautaire, soit d’un peu de stand, ou même d’un emploi de musicien à bord du train de Wakefield. « Il y a environ trois ans, j’ai découvert l’harmonica et je me suis mis à chanter du blues. À partir de là, ça a explosé », souligne l’artiste. Tout en restant bien ancré dans le blues classique, le leader du groupe Firebelly avoue aimer varier un peu les accords pour aller chercher un public un peu plus jeune : « C’est avec un projet plus récent, qui s’inspire de trucs plus funky et qui groove plus, que les jeunes ont tendance à accrocher ». Même si la formation n’a pas plus de deux ans, elle peut se vanter d’avoir participé au Memphis International Blues Challenge, pour lequel elle a été sélectionnée. « Il y a beaucoup de talents qui montent sur cette scène. Les gens n’ont pas idée de ce qu’ils manquent! », déclare Pierre Duval, qui participe à tous les spectacles depuis deux ans. Selon Véronique Guitare, qui travaille derrière le bar du Petit Chicago, chaque spectacle réussit à remplir la salle : « Il y a assez de places pour les réguliers en plus des spectateurs occasionnels ». Mathieu Gagnon croit aussi que le public est bien établi et que les gens connaissent les Virées Blues. De plus en plus, le public de l’ Outaouais s’intéresse à ce style de musique.

Le iShow mise sur les nouvelles technologies pour révolutionner le théâtre. - Photo Jérémie Battaglia

Ducakis Désinat Journaliste bénévole

Un spectacle vertigineux.
Tout le spectacle est assuré par 15 comédiens et 15 MacBook branchés sur différents médias sociaux. La monture du spectacle se divise en différents moments et différents tableaux, dans lesquels les comédiens, les spectateurs, et surtout le public virtuel, sont appelés à jouer des rôles variés. Tout le long de cette représentation, les spectateurs sont transportés dans l’inconnu. Ils deviennent les témoins et les complices du bon déroulement de la soirée. Le spectacle débute avec une hilarante vidéo du premier ministre du Canada interprétant Imagine de John Lennon, accompagnée d’un panel de vedettes de YouTube. Dès le second moment du spectacle, le ton bon enfant qui régnait dans la salle laisse la place à un moment plus serein durant lequel les spectateurs sont confrontés aux images déconcertantes et intrigantes d’une demoiselle donnant une prestation pornographique en direct via une webcam. À partir de ce moment, le ton est donné, la machine de l’imprévu est en route et il faut bien s’accrocher. Ainsi, les moments s’enchâinent, nous faisant passer par toute la gamme d’émotions. Les comédiennes Chanda Legroulx, Édith Patenaude et

C’est un univers complètement inconnu et déroutant auquel les différents comédiens qui formaient la troupe du Ishow nous ontconviés. Pour une deuxième soirée, la biennale Zones Théâtrales du Centre national des Arts (CNA) présentait ce spectacle audacieux où la frontière en le virtuel et le réel est abolie par la magie d’internet et des médias sociaux.

Nathaly Charrette, qui font partie de la distribution du spectacle, nous expliquent que « le Ishow est né il y a à peu près deux ans, lors d’un stage en création théâtrale effectué par les comédiens au CNA, ayant comme titre « Le devoir de création et la joie du péril », où ils étaient appelé à travailler avec Facebook. C’est à la suite de cette première expérience avec les médias sociaux et après avoir exploré tout le matériel qui était à leur disposition que les différents stagiaires se sont mis ensemble pour continuer à travailler sur le projet. innovation », La comédienne Chanda Legroulx attire notre attention sur «le caractère collectif de la construction du spectacle, car les comédiens sont aussi impliqués dans les différents aspects de la mise en scène. De sorte que, les tâches sont partagées entre différents groupes, qui s’occupent de soit de la dramaturgie, la mise en scène, la promotion, etc.»

La communication et la gestion du risque
Le spectacle est basé sur les technologies de la communication moderne, que ce soit Facebook, Skype YouTube, Google earth ou Chatroulette, c’est-à-dire

que tous ces outils sont mis à la disposition des comédiens pour rentrer en contact avec le public virtuel. Ce ne sont pas seulement les spectateurs qui sont confrontés à l’inconnu. Une majeure partie du spectacle repose sur l’interaction entre les personnes rencontrées aléatoirement sur Chatroulette. Ensuite, elles sont interpellées pour jouer Christian, de Cyrano de Bergerac, ou pour partager un moment d’intimité avec les comédiens. Tous ces éléments sont des parties intégrantes du spectacle, mais ils ne sont pas toujours sous le contrôle de comédiens. « La gestion de ces imprévus est surtout due au risque informatique, puisque les différents canevas qui composent les spectacles sont assez contrôlés. Cependant, il reste une part de surprise, surtout que l’on ne sache pas sur quoi on risque de tomber sur Chatroulette», souligne Édith Patenaude. Pour Madame. Legroulx, « malgré le fait que les comédiens sont de plus en plus habitués avec les différents aspects de leur jeu sur la scène, il reste l’expérience, à chaque fois nouvelle et magique, de partager quelque chose de profond et d’intime avec un étranger». Le risque est élevé, mais le jeu en vaut la chandelle.

Au menu cette année
« On peut entendre ici du blues de toutes les époques : 20, 30 40… jusqu’aux temps modernes », explique le passionné de blues. « Il y a de nouveaux groupes à chaque année, et certains reviennent de temps en temps. Ça vaut toujours la peine, même si je les ai déjà vus, parce que je peux voir leur progression », ajoute-t-il. Entre le 25 septembre et le 11 décembre, une Virée Blues aura lieu toutes les deux semaines. Vous pourrez voir J.D. Slim, Steve Marriner Solo, Kenny Dupree & The Sound Brigade, Blues Delight et un trio composé de Dan Livingstone, Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers. À surveiller également : un spectacle d’adieux des Junkyard Dogs, au Troquet, le 30 octobre. La programmation complète sera disponible en ligne sous peu.

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ARTS et CULTURE

L’ART URBAIN

ENCENSÉ
Marie-Claude Charron Chef web avec son bras droit, Brad Morden  : « Le plaisir et les défis commencent lorsqu’on la soirée touche à sa fin, que les spectateurs ne veulent plus voter et qu’on se retrouve avec une égalité [entre Sir Realist et Britta B]. Des tensions se forment et la performance pour briser l’égalité met beaucoup de pression sur les poètes. Ils doivent alors vivre leur slam dans la plus grande intensité. » Sir Realist (Nathanaël Larochette) a finalement été sacré grand gagnant. D’après lui, cette soirée fut tout ce dont il a souhaité. « C’est pour ce type d’expérience que je continue, pour être capable d’ajouter ma voix à un dialogue plus grand. » Il ajoute dans son discours de remerciement que « prendre part à cette élévation des conscience est magique. » Le gagnant de l’édition précédente, Hyf GypsySun, a apprécié la communication plus interactive avec les spectateurs. Il ajoute que nous voyageons tous à travers cette rare expression menée par des poètes : « C’est une célébration collective, qui n’est pas très reconnue dans la société. » D’ailleurs, la poésie de Hyf GypsySun s’adapte à tout, comme avec le groupe Jaguar Priest, qui mélange, entre autres, le spoken word au flamenco. Il déclare que « le rythme est ce qui fait bouger physiquement et les mots sont ce qui fait bouger spirituellement. » Jaguar Priest a performé dans le cadre de l’événement Good Look Graphic Art Show et Musique Globale, au Café Nostalgica. Zara Diniz y était en tant qu’artiste du mouvement Toronto loves kicks. Tout en peinturant des paires de Converses, elle explique que leur participation au festival à Ottawa leur a permis de nouer des relations avec une communauté et de partager des sources d’inspirations diverses.

AU FESTIVAL

Dans le cadre des célébrations de la dixième édition de House of PainT, un festival promouvant la scène hip-hop locale, l’équipe de La Rotonde vous partage son expérience imprégnée des disciplines pionnières de l’art urbain : le spoken word, le graffitis, le breakdance, puis les MCs et autres DJs.

HOUSE OF PAINT

Afrika Bambaataa PHOTO : James Park

Sabra Ripley

Debbie Young

Un 10e hommage au hip-hop ottavien
Fondatrice du festival, Sabra Ripley revient sur les débuts de House of PainT : « L’histoire a commencé au pont situé près, d’où je suis née [Dunbar Bridge]. Certains considéraient y effacer les graffitis, puis j’ai proposé un laisser-faire qui a mené à la légalisation des façades du pont pour ce type d’art. Le conseiller municipal m’a ensuite demandé si je pouvais organiser un événement pour célébrer cette initiative, donc mon entourage et moi avons créé une fête qui mettait en valeur les éléments du hip-hop. C’était il y a onze ans. Les gens en ont redemandé et ont participé à la naissance de House of PainT. » L’inauguration du festival s’est déroulée mercredi passé, jour où La Rotonde a couvert un événement de haut calibre : le Ottawa Grand 500 Poetry Slam. Cette soirée met en vedette 12 poètes au style innovateur. Tout comme la majorité des événements spoken word, les spectateurs ont le pouvoir de déterminer le destin des artistes avec l’aide de juges invités. Mme Ripley considère que le festival se distingue d’autant plus à travers le devoir de reconnaissance monétaire des artistes suite à leur performance. Motivé par le même principe de respect envers ceux qui font vibrer la culture locale, le maître de cérémonie du OGSlam500, John Akpata, se réjouit de l’expérience qu’il a vécu

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ARTS et CULTURE

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Boogat

Jaguar Priest

BIG DADDY KANE
TOUJOURS AUSSI PHÉNOMÉNAL
L’un des pères fondateurs du Hip-Hop, probablement l’un des paroliers les plus cités pour la qualité de ses rhyme sets. Icône du fameux golden age du rap, Big Daddy Kane était, ce vendredi, à Ottawa dans le cadre du festival House of painT. L’artiste new-yorkais a accordé une entrevue à l’équipe de La Rotonde, qui s’était déplacée à Brewer Park pour couvrir la soirée Sound Clash.
Marie-Claude Charron Chef web La Rotonde : Qu’est-ce que cela vous fait de jouer dans ce type de festivals? Big Daddy Kane : C’est ma première fois ici. Je suis très content de pouvoir me produire dans le cadre de House of PainT. Je suis également très honoré de pouvoir partager la scène avec une idole comme Afrika Bambaataa. C’est une affiche parfaite pour une telle soirée. Plus généralement, le public canadien m’a toujours très bien accueilli, que ce soit ici, à Montréal ou à Toronto, la foule a toujours été incroyable. LR : Au cours de ta longue carrière, quel a été ton plus grand accomplissement? BDK : Eh bien! J’en ai fait des choses! Je crois que justement, ma plus grande réussite c’est d’être toujours capable d’assurer des concerts tels que celui de ce soir et de continuer à produire de la bonne musique après toutes ces années. LR : Votre dernier projet, « Las Supper », est carrément un retour aux sources soul avec tout un groupe, à l’ancienne, avec une section de cuivres et sans synthétiseurs, ni boîte à rythmes. Qu’est-ce qui motive ce choix? BDK : Ce n’est pas pour rien que l’album s’intitule Back to the Future. Nous voulions retrouver la bonne vieille musique soul avec laquelle nous avons grandi tout en la mélangeant à notre savoir-faire en matière de rimes. LR : Le rap conscient n’est plus vraiment sur le devant de la scène aujourd’hui. Comment l’expliquez-vous? BDK : Ah! Ce n’est vraiment pas de ma faute (rires)! Je pense que ce sont les compagnies médiatiques, les stations de radio, les chaînes de télévision qui imposent ce qui passe et ce qui ne passe pas. Ces dernières années, ils ont choisi de véhiculer beaucoup de négativité. Il est clair que cela a eu une mauvaise influence sur le mouvement Hip-Hop en général.

John Akapata

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EXPOSITION

Au menu pour le MIFO : diversité artistique
Maude Rousseau Chef de pupitre

Depuis plus de 30 ans, la Galerie d’art Eugène-Racette offre la chance aux artistes de la région de se faire valoir lors d’expositions. Coup de cœur du public : Nathalie Cette année, elle n’y fait pas ex- Lamy ception. Plusieurs expositions de Après cinq années de photographie professionnelle, et lors de sa première exposition, la photogtous genres seront présentées à raphe Nathalie Lamy n’est pas passée inaperçue. partir du mois d’octobre jusqu’en Elle a gagné le coup de cœur du public grâce à deux de ses photos qui seront de sa future exposition, juin. « Couleurs d’enfants ». C’est d’ailleurs le portrait
Un programme haut en couleurs
Pour donner le coup d’envoi de l’exposition, neuf artistes en compagnie de gens du public ont pu découvrir certaines des œuvres qui seront exposées cette année. Encore une fois, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) veut combler les attentes artistiques du public. Dans cette optique, les expositions seront très diversifiées. Que ce soit de la peinture, de la sculpture ou bien de la photographie, il y en a pour tous les goûts cette saison. L’agente de la programmation artistique du MIFO, Caroline Lalonde, se dit heureuse des changements qui ont été faits : « Pour moi, ce « Regard », une photo de sa fille, qui a captivé le public. « Les gens m’ont tous dit le même commentaire en rentrant dans la galerie, “ c’est celle-là qu’on a vue, celle-là qu’on aime ”, c’est elle qui a attiré l’attention des gens », souligne Mme Lalonde. La photographe ne s’attendait pas à gagner : « Ça nous rassure dans ce qu’on fait parce que je travaille toute seule et on ne sait jamais si c’est bon ou bien si ça vaut la peine », mentionne Mme Lamy. L’artiste, qui se spécialise dans les portraits d’enfants, va continuer dans cette voie pour encore longtemps : « Ça m’a donné le goût d’approfondir mon art et de vraiment plus me lancer dans de la photographie d’enfants plus concept », explique-t-elle. Les photographies de Nathalie Lamy seront exposées du 3 au 28 février prochain.

dont je suis vraiment fière, et qui change d’année en année, c’est qu’on va vraiment chercher des artistes qui ont plus d’expérience, qui sont plus professionnels et plus connus par la communauté ». Madame Lalonde, qui voit les changements apportés au fil des années, mentionne que cela permet aux gens d’apprécier ce niveau de qualité artistique qui augmente sans cesse.

La photographe Nathalie Lamy a gagné le coup de coeur du public, notamment grâce à ce portrait de sa fille. - Photo Jérôme Simon

ENTREVUE AVEC MARY-ANNE BARKHOUSE

Mettre l’art ancestral au goût du jour
Marie-Claude Charron Chef web

L’artiste autochtone Mary Anne Barkhouse était au Musée canadien des civilisations la semaine dernière pour la présentation de sa dernière sculpture, ‘namaxsala, qui sera exposée dans une des petites bassines entourant le bâtiment. Il s’agit d’une représentation d’un loup en bronze embarqué dans un canoë de cuivre d’environ 16 pieds. La sculpteuse, originaire de la Colombie-Britannique, a bien voulu s’entretenir avec La Rotonde de son parcours, de son œuvre et de ses projets.

Mary Anne Barkhouse a présenté sa sculpture la semaine dernière au Musée des civilisations - Photo Jérôme Simon

La Rotonde  : Pouvez-vous nous parler de votre parcours? Mary Anne Barkhouse : Je fais partie de la bande Nimkish de la nation Kwakwaka’wakw. Je suis née à Vancouver et j’ai grandi à Ottawa. Aujourd’hui je me suis installée à Haliburton, un petit village au sud du parc Algonquin à quatre heures de route d’ici. Qu’est ce qui a inspiré cette nouvelle sculpture? MAB: ‘namaxsala est un mot de la langue

Kwakwala qui veut dire « naviguer ensemble ». Mon grand-père était pêcheur au nord de l’île de Vancouver, il avait un louveteau en guise d’animal de compagnie et il l’avait souvent avec lui quand il était en mer. Par ailleurs l’architecture même du Musée canadien des civilisations (qu’on doit à un autre artiste autochtone, Douglas Cardinal) m’a aidée à concevoir la forme du canoë. L’utilisation du cuivre est aussi un clin d’œil aux gens de ma nation qui s’en confectionnaient des bijoux en cuivre.

Où peut-on avoir accès à vos œuvres? MBA: Outre ‘namaxsala, certaines de mes sculptures font partie de la Banque des œuvres d’art du Conseil des arts du Canada, d’autres sont visibles au centre Banff, ou encore au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. J’ai aussi réalisé des installations publiques à l’Université de Western Ontario et au Millenium Walkway à Peterborough. La majorité de mes œuvres, en particulier les installations publiques, se trouvent en Ontario, mais j’ai déjà exposé partout au Canada et aux États-Unis.

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ARTS et CULTURE
chronique haïtienne

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CRITIQUE DE LIVRE CRITIQUE DE LIVRE

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CRITIQUE DE TÉLÉSÉRIE

Pran devanpa anyen, se konn lawout ki tout
Élise Vaillancourt Bénévole Tradcution : Nul besoin de prendre le devants si tu ne connais pas le chemin. D’abord, la chaleur. Une chaleur humide qui vous fait suer de la moustache (assez disgracieux). Ensuite, les montagnes. C’est surprenant que l’idée faite d’Haïti soit celle d’un paysage désertique alors qu’ici, tout est vert et vivant. Il y a maintenant deux semaines que j’ai mis pied à Sainte-Suzanne, dans le Nord-Est du pays. Au plein cœur des montagnes, la ville compte 25 000 habitants mais semble plutôt en accueillir 300, en raison du relief montagneux qui agit comme clôture naturelle entre les voisins. La végétation est luxuriante, tout comme la faune (certains insectes feraient frémir Crocodile Dundee). L’électricité n’est pas encore arrivée, pas plus que l’eau courante. Dès 20 h, la ville dort, dépendante de la présence du soleil pour s’éveiller à nouveau le lendemain. Les activités sont principalement agricoles, surtout caféières. La vie s’articule autour du cycle solaire et du cycle agricole. D’ailleurs, l’on me prévient de ne pas marcher seule la nuit, temps où les loupsgarous et les zombies cherchent des proies faciles dans les rues sombres de la ville. Des discussions de ce genre sont courantes en Haïti ; les Haïtiens préférant la science nocturne à la science diurne occidentale. Jusqu’à présent, je compte trois divertissements dans la commune de Sainte-Suzanne. D’abord, l’école de karaté, un local odorant et surchauffé où l’on peut faire des push-ups et pousser des cris de guerre en bougeant de manière saccadée. Pas de Jackie Chang en vue. Ensuite, le cinéma. Situé dans un recoin du quartier, le bâtiment doit faire une quinzaine de mètres de long. Les films sont en créole, en français, en anglais ou en espagnol. Coût d’entrée : 5 gourdes, l’équivalent de 30 cents. Le hic, c’est qu’aucun habitant de Sainte-Suzanne ne parle anglais ou espagnol et qu’une maigre minorité peut se vanter d’avoir une maîtrise partielle du français. Aussi, la télé doit faire autour de dix pouces de large. Le cinéma est plus un lieu de socialisation qu’autre chose : ne vous attendez pas à regarder un film, mais plutôt à écouter les commérages de vos voisins et voisines. Finalement, les habitants peuvent se distraire en fréquentant une panoplie d’institutions religieuses. Je m’y suis risquée, ce week-end, et j’ai définitivement poussé mon mimétisme culturel trop loin : d’une durée de près de 2 h 30, la messe, entièrement en créole, s’est clôturée par les états financiers de l’institution. Quelles sont les raisons me poussant à m’aventurer hors du confort que m’offre le gouvernement Harper? En avril dernier, j’ai gradué du programme de développement international et mondialisation de l’U d’O. J’avais besoin d’acquérir des compétences techniques avant de me lancer dans des projets de maîtrise. J’ai appliqué et été choisie

Malphas : Le cas des casiers carnassiers de Patrick Senécal

Girls de Ma maison en enfer : Les 130 jours de Robert Lena Dunham Fowler aux mains d’AlQaïda
Élise Vaillancourt Journaliste bénévole Rafraîchissante et sexuée. Ce sont les deux mots qui viennent d’abord à l’esprit pour décrire la télésérie Girls. Exposant les déboires sentimentaux de quatre amies dans la ville de New York, Lena Dunham nous permet d’explorer les différentes facettes des relations amoureuses, familiales et amicales qu’entretiennent de jeunes femmes d’une génération qui se dit émancipée, mais qui semble avoir bien du mal à tracer sa propre voie. Ce qui plaît d’abord, c’est le ton direct, réaliste, cru et un peu trash, avec lequel on aborde différents sujets qui font vibrer la vingtaine, comme l’orientation sexuelle, la drogue et la diversité dans les pratiques sexuelles. En plus d’y interpréter avec brio le personnage principal, Hannah, Dunham pose un regard cynique et teinté d’humour sur ces jeunes femmes qui tentent de se réaliser au sein d’un New York contemporain.Le scénario est intéressant, bien que les différents personnages auraient pu être développés davantage afin de les éloigner du cliché de petites bourgeoises égocentriques. Les scènes de sexualité crues semblent avoir été utilisées pour casser cette image, mais sans succès. Acclamée par la critique, la troisième saison sera en onde sur HBO en janvier prochain. CRITIQUE DE BIÈRE

Maude Rousseau Chef de pupitre De l’intrigue, des histoires sombres, de l’humour et de la magie noire, le roman de Patrick Senécal transporte son lecteur dans un univers plein de mystères et d’histoires sordides. Un professeur de littérature, Julien Sarkozy, commence sa première session dans un nouveau cégep, celui de Malphas. Cela marque pour lui le commencement d’une année hors du commun. Dès les premiers jours, des étudiants portés disparus sont retrouvés morts et démembrés dans des casiers. C’est à ce moment que commence l’enquête de Julien sur ces mystérieux crimes. Contre sa volonté, il doit travailler avec le seul journaliste du journal étudiant, Simon Gracq, qui devient son allié durant l’aventure. Ils devront garder leur enquête secrète, car dans ce polar tout le monde semble coupable. Les deux complices iront jusqu’à mettre leurs vies en jeu pour découvrir le tueur. Il y a décidément quelque chose qui cloche dans cette école… Encore une fois, Senécal nous transporte dans son imaginaire à la fois loufoque et sordide. Dans ce roman, il utilise une touche d’humour par l’entremise de ses personnages, drôles et attachants à leur façon. La plupart des scènes de l’œuvre décrivent des évènements surnaturels et impensables. C’est ainsi que Senécal réussit à nous tenir en haleine et nous donne envie de lire la suite de la série Malphas. Kevin Pinet Journaliste bénévole L’ancien diplomate canadien et résident d’Ottawa, Robert Fowler, a publié, le 11 septembre dernier, la version française de son livre, Ma saison en enfer. Il nous raconte sa mission diplomatique au Niger, qui a mal tourné En tournée dans plusieurs médias francophones récemment, Robert Fowler livre un témoignage lucide, à couper le souffle, d’une expérience cauchemardesque qu’il a vécue. Alors qu’il était retraité depuis deux, ans il a été approché par l’ONU pour mener une mission de paix au Niger. Depuis 2007, les rebelles d’une tribu Touareg du nord du Niger mènent une lutte contre le gouvernement du président Mamadou Tandja. Robert Fowler debarque donc au Niger en septembre 2008 pour convaincre les chefs Touaregs et les autorités nigériennes de négocier la paix. La mission de Fowler était toutefois mal perçue et le gouvernement nigérien la considérait même comme de l’ingérence internationale. Lors d’une fin de semaine de congé, Robert Fowler et Louis Guay ont été interceptés par un camion sur leur route. Les ravisseurs d’Al-Qaïda les ont capturés et ligotés derrière leur camion. Ils ont ensuite entamé un périple de 56 heures, de plus de 1000 kilomètres, qui les a menés dans le désert du Sahara. Là où 130 jours d’enfer de séquestration se sont écoulés. Robert Fowler et son collègue Louis Guay ont passé 130 jours de captivité aux mains d’Al-Qaïda, dans des conditions peu enviables. Imaginez! Quatre mois et demi à dormir directement sur le sable, sans couverture, à ne manger que du riz et à s’hydrater que suffisamment pour survivre. Tout ça dans le désert du Sahara, où la chaleur y est accablante le jour et où il fait 50 degrés. Là où les nuits sont plutôt fraîches et peuvent atteindre 10 degrés. Encore pire, 130 jours de captivité sous l’emprise d’une organisation terroriste réputée pour être sans scrupule. Tout ça avec trois fusils braqués en tout temps sur leur tête. Sympa comme voyage non?

La Chouape : une bière blonde biologique

à titre d’intervenante en travail social pour l’Institut en recherche et d’appui technique en aménagement de milieu (IRATAM). IRATAM vient appuyer les agriculteurs par la gestion d’une coopérative de café, en donnant des formations techniques en agriculture et en développant des activités parallèles génératrices de revenus, telles que le micro-jardinage et le micro-élevage. Je vais passer six mois dans la Perle des Antilles, la moitié à Ste-Suzanne et l’autre au Cap Haïtien, la deuxième plus grande ville du pays. Mais je vais vous parler davantage de tous ces détails au cours de l’année : La Rotonde m’offre une tribune pour partager mon expérience, un peu comme une correspondante à l’étranger (je suis la prochaine Céline Galipeau). J’espère parvenir à vous expliciter une réalité culturelle tout autre que celle vécue sur le campus de l’U d’O.

Maude Rousseau Chef de pupitre La Chouape est une bière d’inspiration belge, brassée à Saint-Félicien, au Lac Saint-Jean. C’est une bière blonde biologique, signifiant que les propriétaires de la brasserie cultivent euxmêmes le houblon, l’orge et le blé, une première de ce genre au Québec. Ayant une teneur en alcool de 5,3 %, cette blonde possède un goût très léger et doux en bouche. Une fois versée, elle nous fait découvrir sa couleur caramel. Dès la première gorgée, La Chouape se distingue par son goût de céréale très présent. Cependant, le côté supposément fruité de la bière est très difficile à déceler. Elle n’est pas très forte, ni amère, ce qui représente bien ses origines belges. Une bière qui se boit très bien en dégustation ou lors d’une soirée entre amis, les amateurs de bières douces et légères tomberont sous son charme.

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SPORTS

16 septembre 2013

Louis-Charles Poulin | sports@larotonde.ca

15 millions pour les sports étudiants
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

Selon Luc Gélineau, beaucoup de défis attendent le Service des sports cet automne. - Photo Jérôme Simon

Le directeur du Service des sports de l’U d’O, Luc Gélineau, souhaite réaliser de nombreux projets cet automne dans le but de répondre à la demande étudiante. Plus de 40 000 étudiants sont inscrits à l’université et selon lui, amasser 15 millions de dollars en provenance de sources externes ne serait pas de trop pour répondre à leurs besoins. « On sait que Montpetit, où sont nos gymnases, est une bâtisse un peu vieillissante et la faculté des Sciences de la santé va s’installer à Lees. La demande va être plus élevée dans quelques années et il faut commencer à planifier ça maintenant. », affirme-t-il. Selon lui, le Service des sports ne répond pas à la demande des étudiants au niveau des salles d’entraînement et des gymnases. « On aimerait agrandir le 801 King Edward (Complexe sportif Minto) pour en faire un centre régional de santé et de conditionnement physique et accueillir plus de programmes diversifiés et spécialisés », explique-t-il. Une partie du financement serait utilisé pour combler les besoins de certaines équipes sportives compétitives. « En basketball, on a besoin de disputer plus de matchs d’exhibition à l’extérieur. L’équipe de football doit également faire du recrutement et les équipes de soccer ont besoin d’augmenter les compétions intérieures », remarque le directeur du Service des sports. Il indique que pour l’instant, le taux de financement est le même pour chaque équipe, mais il ajoute que pour les cinq prochaines années, les deux équipes de basketball, l’équipe de football et l’équipe de soccer féminin seront mieux financées. « Chacun des programmes ont des besoins particuliers. On a analysé lesquels nous représentent le mieux et

Le Service des sports de l’Université d ’ O t t a w a (U d’O) lance une campagne de financement ayant pour but d’amasser 15 millions de dollars pour desservir les besoins de ses étudiants.

lesquels ont le mieux performé par le passé et aussi quels programmes ont le plus de chance de gravir un podium et on a choisi ces quatre équipes. » Ces équipes recevront plus de ressources au niveau de la promotion, de leur visibilité et de leur aide financière. Le Service des sports analysera aussi les performances des autres programmes pour déterminer s’ils auront droit, eux aussi, à un meilleur financement. M. Gélineau explique que les programmes sportifs des Gee-Gees se retrouvent fréquemment aux championnats canadiens et il espère, avec un financement supplémentaire, améliorer les performances sportives de l’U d’O au niveau national. Les nouvelles installations sur le campus Lees constituent une nouvelle épreuve pour le Service des sports. « Il faut bien intégrer le nouveau stade et il y a encore des choses qui n’ont pas été complétées. Le fait d’ajouter cette installation peut nous ajouter des quantités incroyables d’heures pour l’ensemble des programmes », remarque M. Gélineau. Il ajoute que le dôme qui recouvrira le stade du 15 novembre au 15 mai est aussi un défi pour le Service des sports, qui devra gérer l’installation et s’assurer de respecter les délais pour la programmation sportive qui s’échelonnera sur toute l’année. Il estime que le dôme était une priorité pour répondre aux besoins des étudiants, par exemple, en soccer intramural, où 55 équipes se sont inscrites. « L’impact que le dôme a sur notre programmation est énorme et il a aussi un potentiel énorme. Les heures que le dôme ajoute à la programmation permettent d’avoir six équipes de soccer en même temps et d’opérer une nouvelle ligue, donc c’est beaucoup », dit-il. Il ajoute que le terrain pourrait aussi permettre d’accueillir des compétitions d’envergure.

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SPORTS
SOCCER FÉMININ

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16 septembre 2013

11 à 0! Le Gris et Grenat démolit Trent!
Une domination outrageuse
Ghassen Athmni Rédacteur en chef La formation hôte évoluait dans son 4-3-3 classique, mais avec des modifications notables au niveau du onze rentrant. Les défenseures de première année Hannah Landry et Anika Littlemore faisaient leur apparition alors que Chantal Mcfetridge occupait une position de milieu défensive derrière Julia Francki et Corrina Jarret. Pilar Khoury, Krista Draycott et leurs coéquipières n’y sont pas allées de main morte lors de la première mi-temps. Les Ottaviennes ont littéralement assiégé la surface adverse et ont confiné les joueuses de Peterborough dans leur moitié de terrain. Cela a tout de suite payé et en 25 minutes, les Gee-Gees avaient déjà scellé le sort de la rencontre en inscrivant cinq buts! Il faut aussi dire que l’expulsion de la gardienne adverse Emily Webb, sur une action menée par Draycott, a facilité les choses pour les joueuses locales. La première période s’est terminée sur une marque de 7 à 0, avec un quadruplé de Draycott, un doublé de Khoury et un but de McFetridge.

Après deux match nuls consécutifs, respectivement contre Queen’s et Carleton, les Gee-Gees affrontaient l’Exacalibur de Trent ce dimanche. On savait l’opposition faible, mais on ne s’attendait peut-être pas à un tel écart au tableau final. Au-delà des trois points de la victoire, Ottawa bénéficie désormais d’une différence de but conséquente qui pourrait s’avérer décisive dans la lutte avec les Gaels pour la première place de la saison régulière SUO.
RUGBY FÉMININ

Pilar Khoury a marqué deux buts lors de la victoire des Gee-Gees - Photo Jérôme Simon

Francki et Eryuzlu se mettent en évidence
Dès l’entame de la deuxième mi-temps, l’entraineur-chef du Double-G a décidé de suppléer la plupart des cadres par des espoirs. Sheniz Eryuzlu et Faythe Lou ont pris place en attaque, alors qu’André-Anne Sabourin

et Vanessa El-Asmar ont occupé l’entrejeu. Eryuzlu, en attaquante centrale, a rapidement donné raison à Johnson en inscrivant deux buts en l’espace de 4 minutes. La guerrière du milieu de terrain, Julia Francki, a pour sa part tenu son rang en inscrivant, coup sur coup, deux buts somptueux de l’extérieur de la surface. Après un tir tendu des abords de la zone de réparation qui s’est logé dans lucarne gauche de Trent, elle a enchanté la galerie en déposant un tir lobé des 25 mètres, juste en-dessous de la barre de la gardienne remplaçante Amy Vincent. Très limitées techniquement et physiquement, les joueuses de Trent n’ont jamais pu réagir. Alexandra Girouard, la gardienne de but des Gee-Gees, n’a pas eu un seul arrêt à faire.

« C’est sûr que cela semble facile, mais pour une gardienne, ce genre de match implique qu’il faut être toujours concentrée, et se préparer à toute éventualité  », a affirmé la joueuse de deuxième année qui réussit un bon début de saison. L’entraineur Johnson n’a pour sa part pas été très euphorique et a considéré que l’expulsion de Webb a faussé la rencontre. « C’est triste que nous n’ayons pas eu une vraie opposition. Nous aurions préféré affronter une équipe au complet. Je pense tout de même que nous avons très bien négocié la partie » a-t-il expliqué. Pour la fin de semaine prochaine, les Gee-Gees se dirigeront vers le nord de l’Ontario pour y affronter Nipissing samedi à 13 h et l’Université Laurentienne dimanche à 13 h.

Une troisième victoire d’affilée
Alexandra Vienneau Bénévoles

L’équipe de rugby féminin est restée sur le chemin de la victoire, ce vendredi 13 septembre, en l’emportant 37-5 contre le Vert et Or de l’Université de Sherbrooke, après avoir vaincu l’Université Laval la fin de semaine passée, ainsi que l’Université de Carleton au tout début de la saison. Les Gee-Gees décélèrent Une soif de vaincre
Les Gee-Gees étaient bien décidées à remporter la victoire lors de ce match d’ouverture de la saison à domicile, au terrain Matt Anthony. Dès les premières cinq minutes du match, un essai a été réalisé par Simone Savary grâce à une attrapée au vol d’une de ses coéquipières. Cinq minutes plus tard, Irene Patrinos suite à une remontée fulgurante, a inscrit un deuxième

essai. Patrinos a récidivé à la 23e minute avec un nouvel essai et a réussi un converti. Au terme de la première demie, le Gris et Grenat avait marqué quatre essais et un converti pour porter la marque à 22-0. Une solide défense de la part des GeeGees a empêché les joueuses de Sherbrooke de s’approcher du territoire des buts durant les quarante premières minutes du match. Chaque fois que le Vert et Or s’emparait du ballon, les joueuses de l’Université d’Ottawa les empêchaient d’aller de l’avant, et ce surtout grâce à de puissants plaquages.

nous l’avons gagné, mais je trouve que nous n’avons bien joué que pendant les 20 premières minutes. Par la suite nous avons trop levé le pied et ce n’est pas acceptable », a commenté l’entraîneuse-chef, Jennifer Boyd. La capitaine de l’équipe, Natasha Watcham-Roy, était du même avis. Après une impressionnante remontée durant les dernières quinze minutes du match, Mélanie Blanchard a réussi à inscrire son deuxième essai pour sceller la marque finale à 37 à 5.

Un vent de changement
L’Université d’Ottawa a une équipe partiellement reconstituée : treize nouvelles joueuses, dix-sept anciennes et une nouvelle entraîneuse-chef. Watcham-Roy a avoué que le changement d’entraîneur a influé sur l’esprit de l’l’équipe. « Désormais nous ne jouons que pour gagner. » Les Ottaviennes sont classées au sommet de leur division, suivies par l’Université de McGill. Le 21 septembre prochain les joueuses de Jennifer Boyd affronteront les Carabins à l’Université de Montréal.

Après une première demie haute en sensations et riche en essais, le Gris et Grenat semblait continuer sur leur lancée lorsqu’elles ont marqué un cinquième essai. Pourtant, quelques instants plus tard, la joueuse Bertine Jean de l’Université de Sherbrooke a marqué le premier des siennes. Cet essai a réveillé les joueuses de Sherbrooke alors que les Ottaviennes semblaient manquer de souffle « Le match d’aujourd’hui, c’était bien,

Le Gris et Grenat demeure invaincu grâce à une victoire contre Sherbrooke. - Photo Vincent Rioux

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16 septembre 2013

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SPORTS
jeux de la francophonie

TIRS DE BARRAGE

Un retour aux sources

Un étudiant de l’U d’O médaillé d’or

Sekou Kaba a célébré aux jeux de la Francophonie. - photo courtoisie Sékou Kaba, étudiant à l’Université d’Ottawa (U d’O), a mis la main sur une médaille d’or aux Jeux de la Francophonie à Nice, en France. À l’épreuve du 110 mètres haies, un temps de 13,84 secondes a permis à l’athlète d’Ottawa de battre le champion du monde en 2005, le Français Ladji Doucouré.L’athlète de 22 ans s’entraîne présentement avec le club d’athlétisme Lions d’Ottawa. Son co-équipier chez les Lions et ancien étudiant de l’U d’O Owulasegun Makinde s’est offert la médaille d’or du relais 4x100 mètres avec l’équipe du Canada. Makinde, qui avait déjà rafflé le bronze aux mondiaux de Moscou, assurait le deuxième relais. L’Ottavien Alex Brown-Theriault est l’un de ceux qui ont obtenu une médaille au cou, ayant remporté le bronze à la lutte chez les 84 kg. Il s’agit de la troisième médaille canadienne. La joueuse de basketball des Gee-Gees, Catherine Traer, était elle aussi aux Jeux afin de représenter le Québec. Le nouvel entraîneur du Gris et Grenat, Jamie Barresi, espère inculper le sens de la discipline à ses joueurs - Photo Léa Papineau Robichaud Louis-Charles Poulin Chef de pupitre - Léa Papineau Robichaud

La Rotonde s’est entretenu avec l’entraîneur-chef de l’équipe de football des GeeGees, Jamie Barresi, en poste depuis janvier. Durant sa carrière, il a disputé neuf saisons comme entraîneur-adjoint dans la Ligue canadienne de football (LCF), lors desquelles il a remporté la Coupe Grey en 2006. Jamie Barresi revient à Ottawa où il a été quart-arrière de 1976 à 1979. Il a également occupé le poste d’entraîneuradjoint de 1981 à 1983 avec les Gee-Gees. C’est donc un retour aux sources pour le nouvel entraîneur-chef.
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La Rotonde : Qu’est ce qui vous amené au football? Jamie Barresi : J’ai toujours été intrigué par la complexité du jeu et par la stratégie. Les personnes avec lesquelles j’ai travaillé m’ont toujours montré de bons exemples. Je crois que ce sont des aspects positifs dans ce sport. Qu’est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour être l’entraîneur des Gee-Gees? Je ne sais pas si je suis la meilleure personne, car il y a beaucoup de personnes qualifiées qui n’ont simplement pas été convoitées pour le poste. J’ai de l’expérience comme entraîneur d’équipe universitaire. J’aime croire que j’ai la meilleure relation avec mes joueurs. J’essaye de faire ce qui est le mieux pour eux, en espérant leur transmette une certaine science du jeu pendant qu’ils sont ici. Vous avez déjà étudié et joué à l’Université d’Ottawa. Quel genre d’étudiant étiez-vous? J’aurais souhaité être meilleur, mais j’ai quand même eu de bonnes notes. J’ai été capable de faire des études supérieures. Je ne veux pas dire que j’étais un génie, mais j’ai fait du mieux que je pouvais. Et sur le terrain, comment étaient vos performances? Pas aussi bonnes que je l’aurais voulu (rires)!

Y a-t-il des personnes qui vous inspirent? J’ai travaillé pour beaucoup de très bons entraîneurs. Ils ont été de vrais exemples pour moi. J’ai travaillé pour Penn State longtemps. Joe Paterno, alors que j’étais avec les Lions de la Colombie-Britannique, était un exemple à suivre. Il y a aussi Ken Miller en Saskatchewan. Selon vous, quels sont les points forts et les points faibles de votre équipe? On a beaucoup de points faibles sur lesquels nous devons travailler. C’est ce à quoi je pense constamment. Je ne peux pas vraiment faire de commentaires sur nos forces, parce que les faiblesses semblent criantes pour moi. Ils ont beaucoup appris, cela dit. Nous devons réduire nos pénalités. Nous sommes les premiers dans la ligue à ce niveau. Ce serait une bonne chose avec laquelle commencer à neuf. Quelle qualité voulez-vous transmettre à vos joueurs ? Le sens de la discipline. Ce sport demande beaucoup d’implication de la part des joueurs. J’espère qu’ils auront une compréhension de l’engagement quand ils termineront cet exercice et qu’ils garderont cette notion pour leur avenir.

football

Les Gee-Gees lavés par les Mustangs
La troupe de Jamie Barresi a subi un cuisant revers aux mains des Mustangs de Western par la marque de 83 à 27. Lors de la première demie, les Gee-Gees ont réussi deux touchés, l’un par Brendan Gillanders et l’autre par Andrew Mullings, ainsi que deux bottés par Lewis Ward, pour un total de 20 points. Cela dit, Western était beaucoup plus agressif, réussissant à marquer plus du double des points des Gee-Gees pour porter la marque à 44-20. En deuxième demie, les Mustangs ont continué la démolition du Gris et Grenat enchaînant quatre touchés au troisième quart. Ce n’est qu’en fin de match que Mullings a réussi un deuxième touché, trop peu trop tard. Ottawa présente ainsi une fiche de deux victoires et deux défaites, ce qui les positionne au quatrième rang des Sports universitaires canadiens. Ils joueront à domicile samedi prochain à 13 h contre les Gaels de l’Université Queen’s. - Léa Papineau Robichaud

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SPORTS
chronique

sports@larotonde.ca

16 septembre 2013

Le Quidditch : un sport à découvrir

ÉTOILES DE LA SEMAINE
Irene Patrinos : Rugby Julia Francki : Soccer féminin Krista Draycott : Soccer Féminin

photo courtoisie Vickie Farrugia Bénévole

Êtes-vous de ceux qui attendaient impatiemment les nouvelles parutions des films et des livres d’Harry Potter? Il n’y a aucun doute qu’il y ait des adeptes de cette série sur le campus, car l’Université d’Ottawa (l’U d’O) a sa propre équipe de Quidditch. Ce sport farfelu, tiré de la série Harry Potter, et composé de deux équipes de sept joueurs, en plus d’un vif d’or, m’étonne quant à sa popularité partout à travers le monde. Il y a même une coupe du monde et une coupe du Canada de Quidditch. Il en a fallu des mordus d’Harry Potter! Au départ, ce sport me semblait anodin et peu enthousiasmant. Des gens qui se promènent avec un balai entre les jambes, c’est quelque chose qu’on ne voit pas tous les jours et qui ne nous impressionne pas du premier regard! La première fois qu’on m’a parlé d’une équipe de Quidditch à l’Université d’Ottawa, j’en suis restée bouche-bée et c’est d’un rire narquois que j’ai accueilli la nouvelle. Cependant, je ne crois pas que ce soit une activité physique à négliger. Le Quidditch accommode toutes les nécessités d’un sport : le cardio, la force musculaire, les tactiques de jeu et l’esprit d’équipe. Selon moi, il regroupe l’essentiel! Le but étant de marquer le plus de points, il est encore plus intéressant de savoir que la meilleure façon d’y arriver c’est d’attraper un homme tout habillé de jaune. Je trouve que c’est une activité très divertissante, et bien qu’il s’agisse d’un jeu assez fantaisiste, c’est sans aucun doute le sport le plus original! Je me réserve de dire qu’on devrait me voir à quelques parties, car il n’y a aucun doute; ce n’est pas à un match de Quidditch que je vais m’ennuyer! Alors, à tous les fans d’Harry Potter, on vous attend au prochain match de Quidditch. Je crois que c’est une expérience à vivre, car c’est un sport divertissant, hors du commun et qui réunit des passionnés. Si vous vous sentez motivés par cette fabuleuse activité, vous pouvez participer aux essaies de l’équipe de l’U d’O les 18, 20 et 21 septembre au Parc Strathcona. Si vous n’êtes pas du type sport d’équipe, il est toujours possible d’aller encourager. Bonne saison à tous les passionnés et, pour les autres, bonne découverte!

Irene Patrinos a grandement contribué à la victoire des Gee-Gees lors du match d’ouverture à domicile face aux représentantes de Sherbrooke. L’athlète a réussi deux essais et un converti dans cette victoire de 37-5.

La joueuse du milieu de terrain a été un élément clef pour son équipe dans leur victoire de 11-0 face à l’Excalibur de Trent. En inscrivant deux buts spectaculaires elle confirme son statut de leader dans l’équipe.

En l’espace d’une demie, l’attaquante du Double-G a inscrit quatre buts face à l’Excalibur de Trent. Son équipe a remporté le match par la marque de 11 à 0.

CLASSEMENTS
Rubgy féminin
MJ V D P C PTS
OTTAWA 3 3 0 98 40 CONCORDIA 2 2 0 68 12 MCGILL 2 2 0 76 24 CARLETON 3 1 2 92 83 LAVAL 3 1 2 64 56 MONTREAL 3 1 2 75 67 SHERBROOKE 3 1 2 72 78 BISHOP’S 3 0 3 0 185 6 4 4 2 2 2 2 0

Soccer Féminin

MJ V D N BP BC PTS
OTTAWA 6 4 0 2 22 2 14 QUEEN'S 6 4 0 2 9 2 14 CARLETON 6 4 1 1 15 4 13 LAURENTIAN 6 3 1 2 8 5 11 TORONTO 6 3 2 1 9 5 10 NIPISSING 6 1 2 3 8 8 6 RYERSON 5 1 4 0 2 8 3 TRENT 7 1 6 0 3 31 3 RMC 6 0 5 1 3 14 1

Football

MJ V D PP PC PTS WESTERN 4 4 0 262 60 8 GUELPH 3 3 0 83 42 6 QUEEN'S 3 3 0 132 59 6 MCMASTER 4 2 2 131 140 4 OTTAWA 4 2 2 129 176 4 WINDSOR 4 2 2 179 98 4 YORK 3 1 2 61 113 2 LAURIER 4 1 3 88 91 2 TORONTO 4 1 3 63 142 2 WATERLOO 4 1 3 100 171 2 CARLETON 3 0 3 26 162 0

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OPINIONS
redactions@larotonde.ca

16 septembre 2013

Cycle politique
Ducakis Désinat L’automne frappe à notre porte, voilà que les hommes s’agitent de nouveau. Il est toujours fascinant de remarquer comment le cirque des activités humaines se met en branle au même moment que celui de la nature se décline. Pendant que cette dernière se prépare tranquillement à ralentir ses activités, les hommes prennent le chemin inverse, ils sortent de leur trou et revêtent leurs beaux accoutrements pour vaquer à toutes sortes d’activités dans le but plus ou moins avoué de justifier leur petite existence. Ce que l’O n désigne par rentrée automnale n’est que le début de ce cirque macabre. Bien plus, que les autres, c’est l’activité politique qui a tendance d’occuper l’espace médiatique. Par peur d’avoir sombré dans l’oubli durant la période estivale, en septembre, le député, le premier ministre, le conseiller municipal n’hésite pas à s’afficher sur les différentes plateformes médiatiques mises à sa disposition pour galvauder les grandes propositions qu’il a mijotées l’été entre deux épluchettes de blé d’inde. En ce bel automne de 2013, on assiste, au Québec, à un feuilleton du genre qui prend des proportions vaudevillesques. Je parle bien évidemment de la « Charte des valeurs québécoises » concoctée par le gouvernement actuel du Québec sous l’égide Pauline Marois, mettant en vedette Bernard Drainville et la panoplie de sous-ministres et de députés au service de la bonne cause. Rajoutez à cela les médias dits traditionnels et le grand 2.0, la distribution est complète, il ne reste plus qu’à sortir le popcorn. Détrompez-vous, je n’ai nullement l’intention de vous entretenir sur les tenants et aboutissements de ce projet, je crois que tout a été dit et répété avant même que le ministre dépose la « Charte ». Mon but est plutôt d’attirer l’attention du lecteur sur ce qui se trame réellement derrière toutes ces agitations. Il suffit de faire abstraction de toute la théâtralité pour s’apercevoir que la politique, le sport, le travail, la reproduction sont le fruit d’un principe fondamental; les hommes, peu importe leur rang social ou l’estime qu’ils peuvent avoir d’eux-mêmes, ont une peur farouche de l’ennui. Alors, pour échapper à cette condition inhérente à l’existence, ils s’inventent une panoplie de loisirs auxquels ils attribuent le plus souvent un caractère officiel ou sacré pour en justifier la pratique. Mais, toutes ces agitations, peu importe la forme sous laquelle elles se présentent, sont motivées par ce principe : « Se lever le matin pour avoir une bonne raison de se coucher le soir ». Malgré tout le sérieux des hommes politiques à l’exercice de leur fonction, ils n’échappent pas à ce simple principe. Parfois, il arrive qu’un homme d’état se croit investi d’une mission suprême et semble vouloir inscrire son activité dans un registre plus grand que son simple mandat, comme c’est le cas avec cette fameuse charte qui nous pend au nez. Par la position rigide qu’affiche le gouvernement, le faciès confus empreint d’anxiété qu’affiche le ministre Drainville lorsqu’il tente de justifier le bien-fondé de sa charte, on peut qu’extasier devant la qualité du divertissement qui nous est offert à notre époque. On n’a rien à envier au cirque romain. Cependant, c’est en suivant le débat post-charte que le simple divertissement fait place à grande comédie humaine. On se divise en deux camps, les frustrés sociaux versus les bien-pensants et les rôles s’inversent selon qu’on se dit pour ou contre, par la suite, on s’arrose d’arguments à la volée et tout d’un coup l’homme ordinaire se transforme en politologue, juriste ou sociologue pour la cause. Mais tout cela n’est que poudre aux yeux car plus on s’accroche aux kippas, turbans, crucifix et autres symboles religieux, on s’éloigne des enjeux pour un gouvernant aujourd’hui, soit de garder le système aussi propre et bien huilé que nous l’avons laissé à notre entrée et tout ce qui par excès tente d’outrepasser ce rôle finit par créer une cacophonie inutile. En effet, il y’a longtemps que le politique dans sa nature actuelle a perdu toute capacité de d’amélioration de la condition humaine puisque les acteurs sont pris dans une machine qui les dépasse. De sorte que rien ne va au-delà de la prochaine élection, la stratégie prime sur les idées. En fin de compte, ce n’est plus le cynisme qui recouvre la chose politique, nous ressentons de plus en plus l’odeur de sa putréfaction. Elle suinte nos écrans.

Vous êtes passionnés de politique et aimeriez mettre vos connaissances à l’épreuve tout en vous amusant ?
Les Jeux de Politique représentent une occasion idéale ! Les JDP sont une compétition académique de niveau universitaire regroupant des délégations de diverses universités à travers la francophonie canadienne. Cette année, c’est à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) que la délégation de l’Université d’Ottawa tentera de remporter la première place. La délégation est à la recherche d’une vingtaine de participants pour les compétitions débat, quiz, études de cas et discours. Si un athlète se cache en vous, vous aurez aussi votre place dans la délégation puisqu’il y a également une activité sportive. Pour être éligible, il faut être inscrit à temps plein, au premier cycle au programme de Sciences politiques, d’Études internationales et langues modernes, de Développement et mondialisation ou d’Administration publique. Une session d’information aura lieu le 23 septembre 2013, à 19h au TBD.

Pour plus d’informations, contactez Michel Fournier-Simard, VP Social Franco de l’AÉÉPID à social.franco@aeepidssa.ca ou Mélanie Dufour, chef de délégation à mdufo048@uottawa.ca.
Illustration Nicholas DuBois

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Édition du lundi 16 septembre 2013 VOLUME LXXXII NO2 109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TÉL. : 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef Ghassen Athmni redaction@larotonde.ca Adjointe au rédacteur en chef Léa Papineau Robichaud adjoint@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Samuel Poulin revision@larotonde.ca Héloïse Brindamour, Jean-Marie Rurangwa correction@larotonde.ca Actualités Vacant actualites@larotonde.ca Marc-André Bonneau informations@larotonde.ca Vacant nouvelles@larotonde.ca Arts et culture Maude Rousseau culture@larotonde.ca Sports Louis-Charles Poulin sports@larotonde.ca Opinions et procrastination redaction@larotonde.ca Web Marie-Claude Charron web@larotonde.ca Directeur de production Benjamin Roy production@larotonde.ca Directeur artistique Jérôme Simon direction.artistique@larotonde.ca Illustrateur Nicholas DuBois photographe@larotonde.ca Journaliste Sinda Garziz journaliste@larotonde.ca ADMNISTRATION ET VENTES Directrice générale Vacant direction@larotonde.ca Publicité Cathy Le Réseau Sélect cathy.le@tc.tc Prochaine parution Lundi 23 septembre 2013 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 500 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

« Ils peuvent prendre nos vies, mais jamais... notre liberté! »
Les FTX de Trouble Collaboration spéciale Sages mots que compose ce titre. Les mots d’un homme parmi les plus grands, l’Honorable Mel Gibson. Tirées du film Cœur Vaillant (Braveheart pour les Anglo-Saxons), ces paroles, provenant tout droit de la conquête de l’Écosse de 1995, trouvent maintenant un nouveau sens. Le gouvernement Marois vient tout juste de déposer la moins grosse surprise de l’histoire de la politique québécoise, soit le projet de Charte des valeurs québécoises (la « Charte »). Comme le gouvernement de Pauline en est un des plus innovateurs, le dévoilement officiel de ce projet s’accompagne d’une vidéo mise en ligne sur Youtube par notre bon vieux Bernard Drainville national, ainsi que d’une stratégie publicitaire à base de petits papiers pliés. Cette charte fut la source par excellence des spéculations politiques des dernières semaines, notamment concernant la façon dont elle ruinerait notre vie. Le sujet en est un chaud et délicat, comme tout ce qui est de près ou de loin relié à la religion. D’autant plus considérant le scandale international du droit au port du turban lors de parties de soccer. Alors que certains voyaient en ce scandale une totale perte de temps et d’autres des possibilités stratégiques de placement du ballon à l’aide du chignon de cheveux lors d’un coup de tête bien calculé, le PQ, lui, y a vu une opportunité d’utiliser ce débat de second plan afin de lobotomiser les plus sots d’entre nous. Dans son vidéo promotionnel, le ministre Drainville cligne énormément des yeux. Trop pour être honnête. Il semble réellement nous cacher quelque chose. Au moins il n’a pu nous cacher les coûts de la campagne publicitaire entourant la Charte, ces coûts s’élevant à la modique somme de 1,9M $. Heureusement, cela ne revient qu’à « 25 cents par Québécois », comme nous a rapportés le ministre Drainville, regrettant probablement déjà ces paroles. En effet, si notre ancien ministre des finances était toujours actif en politique, nous le verrions probablement « bachand » sur Pauline à grand coup de calculatrice. Il est effectivement bien difficile de faire confiance à une organisation dont la chef n’a su faire preuve d’aucune neutralité politique en claquant des casseroles et en portant le carré rouge à l’Assemblée nationale, en pleine « guerre civile » québécoise, pour ensuite changer d’avis sur un dix cents (les 25 étant tous utilisés pour la Charte). Comment ne pas croire un hypocrite, nous l’ignorons nousmêmes. Au surplus, il semblerait que les spéculations engendrées par les médias avant l’annonce officielle furent tout à fait exagérées et sensationnalistes, ce qui serait une première en journalisme. Sincèrement, mesdames et messieurs les journalistes, les Québécois sont-ils réellement en faveur de la Charte? Comme nous faisons face à deux parties innocentes (PQ et médias), situation inusitée, nous vous l’accordons, il devient difficile de voir qui a le plus raison, ou le moins tort. Il faut réussir à filtrer l’information provenant des médias, et celle venant du Parti Québécois. D’une part, des gens payés pour ne rapporter que les faits les plus purs, sans aucun biais, et d’autre part, la neutralité incarnée par des gens pas du tout opportunistes. Alors, la charte, elle accorde à la société plus ou moins de liberté? Nous le verrons avec le temps, après que les périodes extrémistes des deux camps se seront calmées, laissant la raison émerger. On s’en reparle dans un an.

Très prochainement, l’Antenne d’ivoire, l’émission de radio de La Rotonde, sera de retour sur les ondes de CHUO 89,1 FM.

Stage d’aide humanitaire en République Dominicaine
Au cours du printemps et de l’été 2014, 32 jeunes (entre 20 et 35 ans) partiront 4 ou 5 semaines en République Dominicaine pour un projet d’aide humanitaire sous la tutelle de l’organisme « Solidarité Jeunesse ».

Soyez du nombre !
Soirée d’information : le jeudi 19 septembre, 19h, au 101, avenue Parent, à Ottawa (coin Saint-Patrick, derrière la cathédrale).

613-241-7515 cdjeunes@comnet.ca
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