AFRICITÉS V À MARRAKECH : LE SOMMET DE LA MATURITÉ

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Un temps fort pour la gouvernance décentralisée en Afrique Une organisation en trois volets : sessions thématiques, spéciales et politiques Les engagements d’Africités V : recommandations et résolutions

Le Sommet Africités V à Marrakech.

Africities 5: the summit of maturity
14 - A highlight for decentralized governance in Africa 24 - A three-pronged organization: thematic, special and political sessions 29 - Africities 5 commitments: recommendations and resolutions

Africités V : LE SOMMET DE LA MATURItÉ Africities 5: the summit of maturity

Africités V : LE SOMMET DE LA MATURItÉ Africities 5: the summit of maturity

Un temps fort pour la gouvernance décentralisée en Afrique

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es sommets Africités constituent un espace de réflexion sur la place et le rôle des gouvernements locaux, et une occasion d’échanges dédiés à l’évaluation des politiques et des programmes de développement local mis en œuvre en Afrique. Tous les trois ans, Africités offre une opportunité extraordinaire de rencontres entre ministres, maires, autorités locales, régionales et gouvernementales, responsables d’associations nationales des pouvoirs locaux, représentants des agences de coopération et/ou de financement, et membres de la société civile des milieux professionnel, académique et universitaire. Depuis janvier 1998 et la première édition d’Africités (Abidjan – Côte d’Ivoire), la gouvernance locale africaine est à l’ordre du jour de la rencontre, et l’inscription de la décentralisation, à l’agenda des pays africains, est unanimement reconnue comme une priorité. Chacun vient à ce rendez-vous pour apporter sa pierre à un édifice porteur d’avenir : l’Afrique locale ! Au fil de ses cinq éditions, le message d’Africités n’a jamais varié : avec constance, il a appelé à un engagement en faveur d’un projet de gouvernance

associant les États et les collectivités locales, les uns et les autres se posant non pas en concurrents, mais en partenaires d’un développement participatif, d’un développement local fondé sur les besoins et les attentes exprimés par les habitants. La première édition des Sommets Africités, qui s’est tenue sous le thème « Reconnaitre le rôle incontournable des collectivités locales dans le développement de l’Afrique », avait pour ambition de dépasser les barrières linguistiques héritées de la période coloniale et de construire une parole africaine sur les enjeux de la décentralisation, du développement local, de l’intégration régionale et la coopération avec l’Afrique. Cette première édition s’est traduite par l’émergence du mouvement municipal africain sur la scène institutionnelle régionale et internationale.

A highlight for decentralized governance in Africa - Africities summits are a time for thinking about the place and role of local governments, a time that is devoted to assessing the local development policies and programmes implemented in Africa. Every three years Africities provides an extraordinary opportunity for encounters between ministers, mayors, local, regional and governmental authorities, heads of national associations of local governments, representatives of voluntary service overseas and/or financing agencies, and members of the civil society of professional, academic and university circles. Since the very first Africities Summit was held in Abidjan, Côte d’Ivoire in January 1998, African local governance has been at the heart of the event’s agenda, and fitting decentralization into the schedules of African countries has been a priority theme. Every participant contributes a

Palais des Congrès de Marrakech.
mande sociale pour de liberté, ainsi que pour une plus grande implication

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building block to a promising edifice – local Africa. The message of Africities has been consistent at all five summits: it has steadfastly called for commitment to a project of governance wherein States and local authorities join together not as competitors but as partners in participatory development -- local development based on the needs and expectations expressed by inhabitants. The first Africities Summit, whose theme was “Acknowledging the essential role of local governments in Africa’s development”, strove to go beyond the linguistic barriers that were the legacy of the colonial period and build an African voice on the issues of decentralization, local development, regional integration and cooperation with Africa. It was in the wake of the first summit that the African municipal movement emerged on the regional and international institutional scene. The second summit took place in Windhoek, Namibia in May 2000 on the theme “Financing local governments to ensure sustainable development on the continent”. It marked the beginning of the organization of the African municipal movement and of Pan-African dialogue on decentralization and local development. Among the important decisions adopted were: – to organize an African conference on decentralization and local development

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Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA), l’organisation panafricaine des pouvoirs locaux
L’Afrique est multiple, plurielle ; elle présente un tableau différencié de données historiques, sociologiques, culturelles, économiques, politiques et juridiques. Mais, au-delà de cette grande diversité, on peut dégager des tendances lourdes » analysait, en 2008, le rapport de CGLU, intitulé La décentralisation et la démocratie locale dans le monde. Parmi ces tendances : une croissance sensible et continue du nombre des collectivités locales qui assurent une couverture de plus en plus large des territoires ; une consolidation de la notion de décentralisation en tant que politique ; un accroissement relatif des responsabilités des collectivités locales dans de nombreux pays et la constitution de réseaux de collectivités locales pouvant déboucher sur des formes prometteuses de coopération décentralisée. La création, en 2005, de l’organisation panafricaine Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA) s’inscrit dans ce processus de renforcement du rôle des collectivités locales sur le continent. CGLUA, qui fédère l’ensemble des collectivités locales africaines, fut instituée après le sommet Africités III de Yaoundé, dans le sillage de l’organisation mondiale des Cités et gouvernements locaux unis (CGLU).

Deuxième édition d’Africités (2000) à Windhoek, en Namibie.
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United Cities and Local Governments of Africa (UCLGA), the Pan-African organization of local governments — “Africa has many faces; it presents a diverse picture of historical, sociological, cultural,
economic, political and legal facts. But beyond this great diversity there are clear underlying trends.” Thus stated UCLG in a 2008 report entitled Decentralization and Local Democracy in the World. These trends included appreciable, sustained growth in the number of local authorities that cover an increasingly large territory; consolidation of the notion of decentralization as a policy; relatively greater responsibilities assumed by local authorities in many countries and the constitution of networks of local authorities that are likely to lead to promising forms of decentralized cooperation. The creation of the Pan-African organization United Cities and Local Governments of Africa (UCLGA) in 2005 was consistent with the process of reinforcing the role of local authorities on the continent. UCLGA, which unites all the African local authorities, was instituted after the Africities 3 Summit in Yaoundé, in the wake of the international organization United Cities and Local Governments (UCLG).

La CADDEL Conférence africaine de la décentralisation et du développement local
À l’instar de l’unification du mouvement municipal en Afrique, les ministres africains ont mis en place une organisation pour partager leurs expériences touchant à la décentralisation. Créée, elle aussi, comme CGLUA, à la suite du sommet Africités III de Yaoundé, la CADDEL constitue un cadre de concertation et d’échange des bonnes pratiques, cadre qui rassemble les membres de gouvernements africains chargés des questions de décentralisation et du développement local.
AMCOD, All-Africa Ministerial Conference on Decentralization and Local Development . In the same way the municipal movement in Africa was unified, African ministers established an organization in which to share experiences related to decentralization. Created, like UCLGA, subsequent to the Africities 3 Summit in Yaoundé, AMCOD forms a framework for dialogue and exchange about good practices, a framework that brings together members of African governments responsible for issues of decentralization and local development.

Première édition d’Africités (1998) à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
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Placée sous le thème « Financer les collectivités pour assurer le développement durable du continent », la deuxième édition (mai 2000, Windhoek – Namibie) a marqué le début de la structuration du mouvement municipal africain et du dialogue panafricain sur la décentralisation et le développement local. Elle s’est aussi distinguée par l’adoption d’importantes décisions, parmi lesquelles : – la nécessité d’organiser une Conférence africaine de la décentralisation et du développement local (CADDEL), dans l’objectif d’inscrire la décentralisation parmi les priorités de l’agenda politique de l’Afrique ; – la mise en place d’un Conseil des communes et régions d’Afrique (CCRA), porteur de la voix unifiée des collectivités locales africaines. – l’institutionnalisation du Sommet Africités en tant que plate-forme de dialogue entre les élus locaux, les pouvoirs publics et les autres acteurs impliqués dans la conception et la mise en œuvre des politiques de décentralisation en Afrique. La troisième édition, qui a eu pour thème « L’accélération de l’accès aux services de base au sein des collectivités locales africaines », a consacré l’unification du mouvement municipal africain et sa participation à une dynamique mondiale ; elle a permis par ailleurs de considérer la décentralisation et le renforcement du rôle des collectivités

(AMCOD) with the aim of making decentralization one of the priorities of Africa’s political agenda – to set up a Council of Cities and Regions of Africa (CCRA) that speaks with one voice for African local governments – to make the Africities Summit an institution as a platform of dialogue between local elected officials, public government and other relevant players for the design and implementation of decentralization policies in Africa The third Summit, held in December 2003 in Yaoundé, Cameroon, focused on the theme “Accelerating access to basic services in African local authorities”. It sanctioned the unification of the African municipal movement and its participation in a global process; and it put decentralization and the reinforcement of the role of local authorities into a context of improving inhabitants’ living conditions and citizens’ participation. Africities 3 also defined the governance of the CCRA. It established an interim management council, chairmanship and secretariat tasked with preparing Africa’s participation in two founding congresses, that of United Cities and Local Governments in Paris in May 2004, and that of CCRA in Tshwane, South Africa in May 2005. The latter adopted the statutes of the new African organization of local governments that was henceforth known as United Cities and Local Governments of Africa (UCLGA). The fourth Africities Summit, held in September 2006 in Nairobi, Kenya, focused on the theme “Building local

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locales comme des vecteurs essentiels d’amélioration des conditions de vie des habitants et de participation des citoyens. Africités III (décembre 2003, Yaoundé – Cameroun) a également défini la gouvernance du CCRA, avec la mise en place d’un conseil de gestion, d’une présidence et d’un secrétariat intérimaires chargés de préparer la participation de l’Afrique au congrès fondateur de Cités et gouvernements locaux unis à Paris (mai 2004) et au congrès fondateur du CCRA (mai 2005). Ce dernier, qui a eu lieu à Tshwane, en Afrique du Sud, a adopté les statuts de la nouvelle organisation africaine des pouvoirs locaux dénommée désormais Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA). La quatrième édition d’Africités (septembre 2006, Nairobi – Kenya), sur le thème « Construire des coalitions locales pour la réalisation effective des Objectifs du millénaire pour le développement au sein des collectivités locales africaines », a principalement été une rencontre entre acteurs locaux du développement pour faire le point sur la mise en œuvre des politiques de décentralisation en Afrique et la réalisation des OMD au sein des collectivités locales africaines. Africités IV a marqué la fin d’un cycle : celui de l’émergence et de la structuration du mouvement municipal africain, en ouvrant une nouvelle étape, celle de l’action. La cinquième édition du Sommet Africités a été organisée dans un contexte mondial particulier, marqué par une crise globale dont les répercussions néfastes ont affecté tous les pays. Les collectivités
coalitions for effectively achieving the Millennium Development Goals in African local authorities”. It was primarily a meeting between local development partners to review the implementation of decentralization policies in Africa and the achievement of MDGs in African local authorities. Africities 4 marked the end of the cycle of the emergence and structuring of the African municipal movement and opened up a new stage, that of action. The fifth Africities Summit was organized in an exceptional global context, marked by a crisis whose detrimental effects hit every country in the world. Territorial authorities and local governments were penalized especially severely by the hardships, so much so that the volume and quality of services they provide to citizens declined conspicuously. Africities 5 was thus the appropriate occasion for local decision-makers to give objective and pragmatic responses to the challenges and constraints territorial authorities and local governments are confronted with, and thereby reformulate their development strategies to transcend

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Troisième édition d’Africités (2003) à Yaoundé, au Cameroun.
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territoriales et les gouvernements locaux ont été particulièrement pénalisés par ces difficultés, au point que le volume et la qualité des services et des prestations fournis aux citoyens se sont ostensiblement dégradés. Africités V fut ainsi l’occasion idoine, pour les décideurs locaux, d’apporter des réponses objectives et pragmatiques aux défis et aux contraintes auxquels sont confrontés les collectivités territoriales et les gouvernements locaux, et rénover ainsi leurs stratégies de développement pour dépasser la crise et imprimer un nouvel élan à la croissance du continent. Africités V fut incontestablement le sommet de la maturité. En témoignent la qualité des interventions, le niveau élevé des débats, la pertinence des recommandations et des résolutions ainsi que l’excellence de l’organisation assumée sans le soutien des partenaires de développement. Le succès de cette cinquième édition fut largement couvert par la presse, qui lui a donné un rayonnement international : 210 médias étaient représentés pour relayer les prises de parole et les engagements qui ont

nourri les 110 sessions organisées durant ces cinq jours. Un signe fort de l’intérêt que les journalistes portent désormais aux collectivités locales africaines. Africités V fut ponctué de nombreux temps forts, à commencer par le message adressé par le Roi Mohammed VI aux participants lors de la cérémonie d’ouverture, message dans lequel il a exprimé la joie et la fierté du Maroc d’accueillir cette grande manifestation. Cet intérêt particulier tient à son sentiment constant et avéré d’appartenance africaine, ainsi qu’à son engagement fort en faveur des justes causes de ses peuples frères, dans l’unité et la fraternité. Le Souverain a également assuré les participants de sa volonté « d’apporter à nos pays frères le progrès économique et social, tout en consolidant l’unité et le rayonnement international de notre continent, et en renforçant la coopération sud-sud ». Autre intervention qui a marqué les esprits, celle de Jerry Rawlings, ancien président de la République du Ghana. Ce dernier s’est élevé contre la corruption, véritable fléau qui empoisonne la gestion

Quatrième édition d’Africités (2006) à Nairobi, au Kenya.
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the crisis and impart new impetus to the continent‘s growth. Africities 5 was unquestionably the summit of maturity. This was evidenced by the quality of the speakers’ presentations, the high level of debate, the pertinence of the recommendations and resolutions, and the excellence of the organization, which was handled without the backing of development partners. This fifth summit received wide press coverage, which echoed its success and gave it international reach. The speeches and commitments that filled the 110 sessions were transmitted by 210 different media ; a strong indication of the interest journalists take in African local authorities. Africities 5 was punctuated with many

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highlights, the first and foremost being the message delivered by King Mohammed VI during the opening ceremony. In his address the King expressed Morocco’s joy and pride in hosting this great event and reminded listeners of the Kingdom’s loyal and steadfast sense of belonging to Africa and its firm commitment to the just cause of its fellow peoples. He also assured participants of his determination “to bring our fellow countries economic and social progress while at the same time consolidating our continent’s unity and its international dimension and reinforcing south-south cooperation”. Another noteworthy speech was the address given by Jerry Rawlings, the former President of the Republic of Ghana. Rawling spoke out against corruption, a scourge that poisons public management and significantly curbs any potential development processes on the continent. For the former President the

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publique et constitue « un frein important à tout processus de développement dans lequel notre continent pourrait s’engager ». Pour l’ancien chef d’État, le constat est évident : la démocratie locale et la gestion participative sont des remparts efficaces contre ces malversations qui gangrènent le développement des collectivités locales comme celui de l’ensemble du continent. Parmi les déclarations solennelles faites lors d’Africités V, plusieurs ont été porteuses de messages importants : celui de Taraya Ole Kores, président du comité politique d’Africités, qui a pris la forme d’un appel adressé aux personnalités réunies à Copenhague pour la Conférence contre le réchauffement climatique qui se tenait au même moment ; celui de Marafa Hamidou Yaya, président de la Conférence africaine de la décentralisation et du développement local (CADDEL), soulignant l’avancée du processus de décentralisation et l’évolution positive des rapports entre les gouvernances locales et nationales ; celui, enfin, de Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur du Maroc, en faveur de la création d’un Fonds pour la coopération décentralisée interafricaine et la formation des élus locaux et régionaux. Africités V a ainsi pu porter puissamment cinq messages (cf. chap. 2). – L’Afrique n’est pas marginale, elle est indispensable au monde d’aujourd’hui et à celui de demain. – L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie !

Marafa Hamidou Yaya
Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation du Cameroun, président de la Conférence africaine de la décentralisation et du développement local (CADDEL).
Cameroon’s Minister of Territorial Administration and Decentralization, chairman of AMCOD.

La CADDEL est un levier essentiel de la gouvernance locale et du développement durable de notre continent. […] Celle-ci poursuit des objectifs multiformes : - amener les gouvernements africains à inscrire la décentralisation parmi les priorités de leurs actions et sensibiliser l’ensemble des acteurs dudit processus que sont les gouvernants, les citoyens, la communauté des partenaires au développement et la société civile, en vue d’une prise de conscience réelle du rôle essentiel de la décentralisation en tant que moteur
multifaceted goals:

du développement à la base ; - assurer la permanence de l’engagement de chaque État en faveur de la décentralisation et veiller à son inscription dans l’agenda politique des États du continent, ainsi que de l’Union africaine ; - promouvoir la décentralisation et la bonne gouvernance au niveau local, ainsi que la participation des citoyens et des divers groupes sociaux à la définition et à la mise en œuvre des politiques de développement.
(Réunion de la CADDEL. Allocution. Yaoundé, mai 2008)

AMCOD is an essential lever of local governance and sustainable development on our continent. […] It pursues - encourage African governments to make decentralization one of the priorities of their actions and make all the actors involved – the people in power, the citizens, the community of partners in development and the civil society – truly aware of the essential role of decentralization as a fundamental mainspring of development - make sure that every State has an enduring commitment to decentralization and see to it that decentralization features in the political agenda of both the States of the African continent and the African Union - promote decentralization and good governance at the local level as well as the participation of citizens and various community groups in the definition and implementation of development policies.
(Réunion de la CADDEL. (Address at AMCOD meeting, Yaoundé, May 2008)

Discours lors d’Africités V.
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Cinquième édition d’Africités (2009) à Marrakech, au Maroc.
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Africités V en chiffres
L e S om met de M a r r a ke ch s’e s t tenu du mercredi 16 au dimanche 2 0 d é c e m b r e 2 0 0 9. Av e c 3 6 0 0 participants, venant de 72 pays, parmi lesquels 44 ministres africains, 400 maires, 1800 élus, et les délégués de 40 a ssociations nationa les d’élu s is su s des ci nq rég ion s du cont i nent . 210 jou r n a l i s t e s ont couvert l’événement.
Africities 5 in figures — The Marrakech
Summit took place from Wednesday 16 to Sunday 20 December 2009. The event drew 3,600 participants from 72 countries, including 44 African ministers, 400 mayors, 1,800 elec ted of ficials, and the delegates of 40 national associations of elected officials from the five regions of the continent. It was covered by 210 journalists.

– La sortie de crise passe par le développement local. – Les collectivités locales et régionales doivent désormais être considérées comme des acteurs stratégiques pour le développement du continent. – Les collectivités locales et régionales sont les « briques » avec lesquelles se construisent l’intégration et l’unité de l’Afrique.

Citexpo : le Salon international des collectivités locales d’Afrique
Parallèlement au Sommet, le salon Citexpo a réuni, pendant cinq jours, 197 exposants qui ont présenté leurs produits, leurs services et leur savoir-faire aux nombreux représentants des collectivités locales africaines. Parmi ces exposants : des associations de municipalités, des entreprises publiques et privées, des bureaux d’étude, des organismes de formation et de recherche... Citexpo s’est affirmé, à l’occasion de cette nouvelle édition, comme un précieux espace de rencontre entre acteurs économiques et institutionnels.

Citexpo: the international business exhibition of cities and regions of Africa — Held in parallel
to the Summit, the five-day Citexpo fair attracted 197 exhibitors who presented their goods, services and know-how to representatives of African local authorities. Exhibitors included associations of municipalities, public and private businesses, design offices, and training and research bodies. Citexpo established itself as an invaluable meeting place for economic and institutional players.

conclusion is obvious: local democracy and participatory management are effective bastions against the misappropriation of funds that blights the development of local authorities. A number of the solemn declarations made during Africities 5 conveyed important messages. Taraya Ole Kores, the chairman of the Political Committee of Africities, issued a call to the personalities gathered in Copenhagen for the conference on global warming. Hamidou Marafa Yaya, the chairman of the All-Africa Ministerial Conference on Decentralization and Local Development (AMCOD), underlined the progress made in the decentralization process and the positive change in relations between local and national governances. Chakib Benmoussa, Morocco’s Interior Minister, spoke in favour of the creation of a fund for decentralized inter-African cooperation and the training of local and regional elected officials. Five messages were forcefully conveyed at Africities 5 (see chap. 2). – Africa is not marginal; it is indispensable to today’s world and that of tomorrow. – Africa is not poor, it is impoverished. – Local development is the key to resolving the crisis. – Local and regional authorities should now be considered strategic actors in the continent’s development. – Local and regional authorities are the building blocks of Africa’s integration and unity.

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3600 participants venant de 72 pays se sont réunis à Marrakech durant les 5 jours du Sommet.
Ustin hendipi sciduis er incipisl do con vulla feu feuip ea facip essectet ut luptatie magna feum dolore veliquis nit luptati scidunt dunt ad modion ullum

Vue aérienne de Marrakech.
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Africités V à Marrakech Africités V à Marrakech

Débat lors du Sommet d’Africités V.

Une organisation en trois volets : sessions thématiques, spéciales et politiques

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A

fricités V avait inscrit à son programme 110 sessions, réparties en sessions thématiques, spéciales et politiques.Les mercredi 16 et jeudi 17 décembre 2009 ont été consacrés aux réunions thématiques, structurées autour de trois questions : quelles réponses locales à la crise globale à court et moyen terme ? Comment associer l’ensemble des acteurs à l’élaboration et à la mise en œuvre des réponses locales ? Comment traduire les réponses à la crise dans les stratégies locales ? Comme le veut la tradition, chaque session a été animée par deux maires africains, un maire non africain et deux experts ou représentants d’organisations. À l’issue de chacune d’entre elles, des recommandations ont été adressées aux maires et aux élus locaux et régionaux, aux ministres ainsi qu’à CGLUA et, parfois également, aux partenaires de développement. Le 16 décembre, dans l’après-midi, six sessions parallèles ont permis d’approfondir le contenu des réponses locales à la crise. Leurs thèmes : lutter contre la pauvreté ; combattre les discriminations ; produire les richesses locales ; organiser les solidarités locales ; adopter des politiques environnementales locales ; rétablir la confiance avec la

population à travers la participation citoyenne. Dans le cadre de ces sessions, la parole fut largement donnée à toutes les composantes de la société civile. Les associations de femmes et de jeunes, les syndicats, les organisations paysannes, les associations d’habitants, les opérateurs des services publics locaux, les petites et moyennes entreprises, etc., ont ainsi pu faire connaître leur point de vue sur les propositions des pouvoirs publics et préciser ce qu’ils espéraient voir changer. Le troisième jour, consacré aux sessions spéciales, a permis d’aborder toutes les questions que les élus locaux souhaitaient voir traiter, ou que les représentants de certaines institutions ou de certains réseaux voulaient discuter avec les autorités locales. Les échanges intervenus dans ce cadre ont été l’occasion d’apprécier la grande richesse des

A three-pronged organization: thematic, special and political sessions - Africities 5 had 110 sessions on the programme. They were divided into themed sessions, special sessions and political sessions. Wednesday 16 and Thursday 17 December 2009 were devoted to theme-based meetings structured around three questions: What local responses can we give to the global crisis in the short and medium term? How can we arrange for all players to share in working out and implementing local responses? How can we translate the responses to the crisis into local strategies? As tradition has it, each session was led by two African mayors, one non-African mayor and two experts or representatives of organizations. At the conclusion of each session recommendations were made to mayors and local and regional elected officials, to ministers, to the UCLGA, and sometimes also to development partners.

Mmes N. El Guermai, gouverneur INDH et A. Ndiaye, maire de Louga.
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réflexions et de mesurer la mobilisation de tous les réseaux qui militent pour être entendus des élus locaux et régionaux africains. Parmi les questions abordées lors de ces sessions spéciales : le réseau des femmes élues locales ; la gestion de l’urbanisation rapide de l’Afrique ; le défi des ressources humaines des collectivités locales africaines ; le partenariat public-

privé pour le financement des services de base ; ou encore l’expérience du budget participatif, qui a été saluée comme une innovation majeure dans l’action des collectivités locales et régionales. Africités se présente donc comme un espace de propositions, d’échanges et d’initiatives, en même temps qu’un lieu d’autoformation à travers le travail

On the afternoon of 16 December six simultaneously-held sessions dealt more thoroughly with the content of local responses to the crisis. They went into the following themes: fighting poverty, combating discrimination, producing local wealth, organizing local solidarity, adopting local environmental policies, and reinstilling confidence in the population through civic participation. At these sessions all elements of society were given ample opportunity to voice their views. Associations of women and of young people, labour unions, farmers’ organizations, residents’ associations, operators of local public services, and small to medium enterprises were able to air their views on government proposals and say what it is they hope to see changed. The third day was devoted to special sessions. Participants were able to treat all the issues that local elected officials wanted to see dealt with or that representatives of certain institutions or networks wished to discuss with local authorities. The discussions allowed listeners to appreciate the wealth of ideas and opinions and gauge the extent of the mobilization of all the networks that fight to be heard by African local and regional elected officials. Among the issues broached during these special sessions were: the network of local female elected officials; managing Africa’s rapid urbanization; the challenge of African local authorities’ human resources; public-private partnership for the financing of basic services; and the participatory budgeting experience, which was hailed as a major innovation in the action of local and regional authorities. Africities is both a forum where proposals and initiatives flourish and a place for self-training through the work carried out in the different sessions. The participatory budgeting experience - Africities offered the oppor-

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tunity to identify major innovative practices experienced by local and regional authorities and set them up as examples. Participatory budgeting, which was popularized in Latin America, illustrates such practices. The leader in the implementation of this flagship tool is Porto Alegre, Brazil, where it has been hugely successful. Since being introduced at the Africities 3 Summit in Yaoundé, this original system has emerged as one of the fundamental components of African public authorities’ governance. Participatory budgeting involves determining the share of the municipal budget that community members will manage. It is then up to the people to define their investment priorities within the framework of the allotted sum of money, and to assume responsibility for the follow-up of the ensuing actions. There is, however, a prerequisite that is indispensable to putting participatory budgeting into practice, namely that all the players involved in the process – local authorities and members of the civil society alike – are properly trained in the control and assessment of this particular mechanism. Speaking at Africities 5, Jean-Pierre Elong Mbassi, the Secretary General of UCLGA, stressed the importance of citizens’ actual involvement in the management of local affairs, pointing out that the theme of participatory budgeting was a question of politics and governance. “We are often told that local governance must be improved,” he noted. “But we are not told how. One of the answers is to adopt participatory budgeting. […] What this is about is the legitimacy and credibility of public authorities, the State and local authorities alike. The idea is not to point the finger at one side in order to pit them again the other. It means adopting measures that legitimize public authorities in the eyes of the population. Participatory budgeting contributes to this!” At the time, 56 cases of participatory budgeting had been identified in a dozen or so African countries -- which testifies to the steady acceleration of a practice that concretely involves millions of Africans today, people who live in rural and urban areas where participatory budgeting is a reality. The process concerns national capitals such as Maputo (Mozambique), Kampala (Uganda) and Dakar (Senegal) as well

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puissance publique comme légitime aux yeux de la population. Les budgets participatifs y contribuent ! » On comptait, au moment d’Africités V, 56 expériences de budget participatif recensées dans une dizaine de pays africains. Ce qui témoigne de la montée en puissance d’une pratique qui implique concrètement, aujourd’hui, plusieurs millions d’Africains ! Autant de citoyens qui vivent dans des communes rurales et urbaines où le budget participatif est une réalité… Sont concernées à la fois des capitales nationales comme Maputo (Mozambique), Kampala (Ouganda) ou encore Dakar (Sénégal) ; des communes situées dans les districts de grandes capitales telles que Yaoundé (Cameroun), Antananarivo (Madagascar), Kinshasa (République démocratique du Congo) ; voire des villes moyennes ou des métropoles régionales comme Matam, Kaolack et Ziguinchor (Sénégal), Dondo (Mozambique) et Debre Birhan (Éthiopie). Au cours des deux derniers jours du Sommet, il est enfin revenu aux politiques d’aborder les questions d’un point de vue plus stratégique. Trois réunions ont été organisées à cette fin : la première entre ministres, la seconde entre maires et autorités locales puis la troisième entre maires, ministres et partenaires de la
as towns in districts of major capitals such as Yaoundé (Cameroon), Antananarivo (Madagascar) and Kinshasa (Democratic Republic of the Congo), and even medium-sized towns and regional cities like Matam, Kaolack and Ziguinchor (Senegal), Dondo (Mozambique) and Debre Birhan (Ethiopia). During the last two days of the Summit it was the politicians’ turn to broach the issues from a more strategic viewpoint. Three meetings were organized for this purpose: the first between ministers, the second between mayors and local authorities, and the third between mayors, ministers and partners of cooperation in development. A significant feature of Africities 5 was how successful the three types of sessions were. The thematic working groups were assiduously attended by local elected officials, the special sessions were unanimously appreciated, and the political meetings took place in an excellent atmosphere. It was in the framework of the political meetings that the mayors addressed the issue of the report on the state of the African municipal movement,

Session lors du Sommet Africités V..
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effectué au sein des différentes sessions. L’expérience du budget participatif Africités a été l’occasion d’identifier et présenter des pratiques innovantes exemplaires, vécues par des collectivités locales et régionales. Les budgets participatifs, popularisés en Amérique latine, en sont une illustration : le chef de file en est la ville de Porto Alegre (Brésil), qui a fait de cet outil phare un véritable succès. Cette formule originale, présentée dès le sommet Africités III, à Yaoundé, s’est depuis imposée comme l’une des composantes fondamentales de la gouvernance des collectivités africaines. Quelles en sont les modalités ? L’exercice consiste à déterminer la part du budget municipal que la population sera amenée à gérer. C’est à cette dernière qu’il revient alors de définir, dans le cadre de l’enveloppe qui lui a été allouée, ses priorités d’investissement, et d’assumer la responsabilité du suivi des actions qui en découleront. Il existe cependant un préalable indispensable à la mise en pratique de cette formule : que tous les acteurs du dispositif – à savoir aussi bien les autorités locales que les membres de

Session lors du Sommet Africités V.
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Aïda Mbodj
Maire de Bambey, Sénégal
Mayor of Bambey, Senegal

la société civile – aient été correctement formés au contrôle et à l’évaluation de ce mécanisme particulier. Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLUA, a insisté en particulier, lors d’Africités V, sur l’importance de cette implication effective des populations dans la gestion des affaires locales, soulignant que le thème du budget participatif était une question politique et de gouvernance : « Très souvent, on nous dit qu’il faut améliorer la gouvernance locale, mais on ne nous dit pas comment. L’une des réponses, c’est d’adopter le budget participatif. […] Ce dont il est question, c’est de la légitimité et de la crédibilité des autorités publiques, État comme collectivités locales. Il ne s’agit pas de pointer du doigt l’un pour l’opposer à l’autre. Il s’agit d’adopter des mesures qui permettent de faire reconnaître la

Ma vision politique, c’est de promouvoir la gouvernance participative. J’y crois. J’ai été ministre du Développement social pendant trois ans et demi, et je prônais déjà la participation. Si on gère bien, si on prône la transparence, on n’a pas peur de la société civile. […] Bambey compte actuellement 30 890 habitants. Pou r promouvoi r l a gouver n a nce participative, nous sommes partis des

quartiers. […] Nous avons retenu quatre priorités, exprimées par le forum des délégués. D’abord, l’assainissement, la gestion des eaux usées, celle des eaux pluviales et des ordures ménagères. […] Nous nous sommes attelés au nettoyage, au remblaiement des zones inondables, au pompage des eaux des inondations, au curage des caniveaux pour en évacuer l’eau ; et nous avons noté des effets

très positifs tels que l’amélioration de la propreté urbaine, la réduction des zones inondables, une meilleure gestion des eaux. […] La décentralisation est une belle chose. C’est un choix politique pertinent, une réponse aux besoins de participation plus effective et plus pérenne des populations à la détermination des politiques qui les concernent au premier chef.

My political vision is to promote participatory governance. I believe in it. I served as the Minister of Social Development for three and a half years, and already was advocating participation. If you manage well, if you advocate transparency, you’re not afraid of the civil society. […] Bambey now has a population of 30,890 inhabitants. To promote participatory governance we started in the neighbourhoods. […] We identified four priorities that were expressed by the forum of delegates. First, sanitation, the management of waste water, rain water and household refuse. […] We tackled the tasks of cleaning up, embanking areas liable to flooding, pumping flood water, and cleaning out gutters to evacuate water; and we noticed very positive effects such as improvement in urban cleanliness, reduction of areas liable to flooding, and better water management. […] Decentralization is a fine thing. It’s a pertinent political choice, a response to the need for more effective, long-term participation of the populations in the determination of policies that vitally concern them.

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AFRICITÉS V - MARRAKECH, MAROC l’Afrique locale fait bouger l’afrique LOCAL AFRICA MOVE AFRICA

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Africités V : LE SOMMET DE LA MATURItÉ Africities 5: the summit of maturity
coopération au développement. Fait marquant d’Africités V, les trois catégories de sessions ont remporté un véritable succès : les groupes de travail thématiques ont été suivis assidument par les élus locaux, les sessions spéciales ont été unanimement appréciées, et les rencontres politiques se sont déroulées dans une ambiance excellente. C’est en particulier dans le cadre de ces dernières que les maires ont abordé la question du rapport sur l’état du mouvement municipal africain, qu’ils ont confirmé l’appel lancé à l’intention des participants du Sommet de Copenhague contre le réchauffement climatique, qu’ils ont adopté une déclaration pour la préparation du Congrès de l’unité à Abuja en mars 2010, et enfin qu’ils ont amendé et validé la synthèse des recommandations. Les ministres furent tout aussi productifs : au cours de la réunion qui leur était réservée, ils ont discuté de la note introductive relative à la décentralisation et le développement local en Afrique, examiné la synthèse des propositions, avant d’approuver l’organisation de la session ministérielle extraordinaire de la CADDEL, prévue en 2010. Enfin, la rencontre tripartite – ministres, maires, partenaires du développement – a enfin conclu à la reconnaissance d’Africités en tant qu’espace de dialogue stratégique entre ces trois acteurs.
confirmed the appeal issued to participants of the Copenhagen Summit against global warming, adopted a declaration for the preparation of the Abuja Unity Congress in March 2010, and amended and validated the summary of recommendations. The ministers were just as productive. During the meeting reserved for them, they discussed the introductory note on decentralization and local development in Africa, examined the summary of proposals, and approved the extraordinary ministerial session of AMCOD scheduled for 2010. The tripartite meeting between ministers, mayors and development partners concluded that Africities is acknowledged as a place for strategic dialogue between these three groups.

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Les engagements d’Africités V : recommandations et résolutions

S

ynthèse des recommandations des sessions Les participants ont témoigné, par leur forte implication dans Africités V, de l’importance qu’ils accordaient à la démocratie locale, à la bonne gouvernance et au développement participatif. Espace d’échanges d’expériences et de dialogue technique, chaque session d’Africités V s’est conclue par une synthèse des recommandations qui y ont été formulées. Ainsi, les sessions relatives aux « Réponses locales et régionales à la crise globale à court et à moyen terme » ont abouti au constat suivant : la nécessaire maîtrise du développement par les collectivités locales passe par la participation effective des citoyens à l’élaboration des politiques publiques locales ; cette implication est une condition indispensable pour atteindre correctement les objectifs de lutte contre la pauvreté, de solidarité entre les pauvres et les moins pauvres, de création d’emplois

et de mobilisation des compétences. Les sessions liées au thème « Traduire les réponses à la crise dans les stratégies locales » ont donné lieu à un ensemble de recommandations visant à construire et planifier des alliances diverses entre les collectivités locales et les acteurs associatifs, les organisations non gouvernementales, les institutions financières et les partenaires du développement. L’enjeu : permettre à la forte croissance démographique que connaît le continent de révéler toutes ses potentialités. Car la population des villes africaines va tripler au cours des quarante prochaines années ! Selon Nathalie Le Denmat, directrice de la division des collectivités locales et du développement urbain de l’Agence française de développement (AFD), présente lors de la session « Développer les politiques financières locales », « Il faut accompagner et préparer cette croissance en termes d’augmentation de niveau de vie, d’accès aux services essentiels et de préservation des espaces naturels ». Parmi les principales recommandations issues de la session « Associer les acteurs

Africities 5 commitments: recommendations and resolutions Summary of recommendations made in the sessions. By their intense involvement in Africities 5, participants testified to the importance they attached to local democracy, good governance and participatory development. At Africities 5, a place for sharing experiences and engaging in technical dialogue, each session concluded with a summary of the recommendations that had been formulated during the meeting. The sessions on the theme “Local and regional responses to the global crisis in the short and medium term” led to the following observation: the necessary mastery of development by local authorities is accomplished through citizens’ effective participation in the establishment of local public policies; their involvement is an essential condition for properly achieving the goals ; the fight against poverty, solidarity between the poor and the less poor, job creation and mobilization of competences. The sessions related to the theme “Translating responses to the crisis into local strategies” led to a series of recommendations aimed at building and planning various alliances between local authorities

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Africités V : LE SOMMET DE LA MATURItÉ Africities 5: the summit of maturity

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who attended the Marrakech meeting subscribed to Morocco’s proposal to create a “support centre for the reinforcement of local authorities’ managerial and technical capacities”. The goal is to build up, share and spread best experiences and practices in Africa. This recommendation gave rise to the plan to create an African Academy of Local Authorities. Create a fund for the support for decentralized cooperation - The second mechanism the ministers tasked with the decentralization issue wanted was the creation of a fund to support decentralized cooperation, financed – on a voluntary basis – by local authorities, States and investors. The purpose of these resources will be to foster dialogue and promote cooperative relations between local authorities and different African countries. The ministers asked UCLGA to study the feasibility of these concrete, operational mechanisms. Mobilizing mayors in response to the environmental crisis. Participants at the Africities 5 Summit clearly expressed their concern about the negative consequences of the climate change that African countries are exposed to, when the continent’s contribution to global greenhouse gas emissions accounts for less than 5%. These repercussions, which are related to extreme meteorological events, could be dramatic for the planet. The account of Antoinette Alexis, mayor of Victoria, the capital of the Seychelles, was representative of the opinion of Summit participants. “The environmental crisis preoccupies us all and, as a member of UCLGA, I would like this issue to take a more prominent place in our organization’s work schedule,” she said. “People must be made aware of how dangerous it is for the world if environmental issues are not given the attention they deserve. This is why, every time Seychelles participates in an international body, we fight to have environmental issues, especially climate change, get the attention and support of governments. What would be the point of all our large-scale development projects if we didn’t fight to safeguard our environment for future generations?” The stand taken by local elected officials, mayors and ministers in charge of decentralization was symbolized by a message directly addressed to the participants of the Earth Summit in Copenhagen, Denmark. The appeal, which sounded the alarm on the effects of climate change,

Principales recommandations d’Africités V
– Demander aux États d’accompagner les collectivités locales afin que ces dernières assurent une meilleure mobilisation des ressources à leur disposition (ressources locales et transférées). – Instaurer un véritable transfert des compétences au niveau des collectivités locales, dans le domaine de la gestion foncière.
Main recommendations of Africities 5
– Ask governments to support local authorities so that they can more effectively marshal the resources at their disposal (local and transferred resources). – Institute a real transfer of competences in land management at the level of local authorities. – Promote tools such as City-State-Town Contracts and Plan Implementation Agreements. – Support municipal management tools such as the Urban Land Register (RFU). Make local development in general, and taxation in particular, part of the process of partnership between the central and local governments.

– Promouvoir des outils tels que les Contrats Villes-État-Communes et les Contrats de Plan. – Soutenir les outils de gestion municipale, tels que le Registre foncier urbain (RFU). Inscrire le développement local en général, et la fiscalité en particulier, dans le processus de partenariat entre l’État et la commune.

Population au Rwanda.
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aux réponses locales à la crise », il y a lieu de citer celle relative à la nécessaire autonomie des collectivités, condition essentielle à la décentralisation. Une autonomie qui suppose, fut-il souligné, que l’on accorde aux collectivités locales les moyens humains et financiers nécessaires à leur fonctionnement.

and players active in associations, nongovernmental organizations, financial institutions and development partners. What is at stake is making the most of the continent’s sharp demographic growth. For the population of African cities will triple over the next 40 years. According to Nathalie Le Denmat, the head of the division of local authorities and urban development of the French Development Agency (AFD), who attended the session on “Developing local financial policies”, “This growth must be supported and prepared in terms of raising the standard of living, increasing access to essential services and preserving natural spaces.” One of the main recommendations that emerged from the session on “Making players part of the local responses to the crisis” concerned authorities’ autonomy, an essential condition for decentralization. An autonomy that presumes, it was stressed, that local authorities are allocated the human and financial means they need to function. Two major resolutions at Morocco’s initiative. Create an African Academy of Local Authorities - The promotion of the territorial dimension of development in Africa cannot be fully effective without the support of trained human resources that are involved in implementing it. This is why the African ministers and mayors

Deux résolutions majeures à l’initiative du Maroc Création d’une Académie africaine des collectivités locales La promotion de la dimension territoriale du développement en Afrique ne peut être pleinement efficace sans le soutien de ressources humaines formées et impliquées dans sa mise en œuvre. C’est la raison pour laquelle les ministres et les maires africains présents à Marrakech ont souscrit à la proposition du Maroc de créer un « centre d’appui au renforcement des capacités managériales et techniques des collectivités locales ». L’objectif est de permettre de capitaliser, de mutualiser et de diffuser les meilleures expériences et les bonnes pratiques en Afrique. La traduction de cette recommandation a pris la forme d’un projet de création d’une Académie africaine des collectivités locales. Création d’un Fonds d’appui à la coopération décentralisé Le deuxième mécanisme voulu par les ministres en charge des questions de décentralisation est la création d’un Fonds d’appui à la coopération décentralisée, financé – sur la base du volontariat – par les collectivités locales, les États et les bailleurs de fonds. Ces ressources auront

Écoliers de l’île de Praslin aux Seychelles.
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pour objet de favoriser des échanges et de promouvoir des relations de coopération entre les collectivités locales de différents pays d’Afrique. Les ministres ont demandé à CGLUA d’étudier la faisabilité de ces mécanismes concrets et opérationnels.

Mobilisation des maires face à la crise environnementale. Les participants au Sommet Africités V ont tenu à exprimer clairement leur inquiétude quant aux conséquences négatives du changement climatique auxquelles sont exposés les pays d’Afrique, alors même que le continent contribue pour moins de 5 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ces répercussions, liées à des événements météorologiques extrêmes, risquent d’être dramatiques pour la planète.

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« La qualité de l’environnement du Cap sous-tend sa prospérité et participe à son développement économique et social », Dan Plato, maire du Cap.
Ustin hendipi sciduis er incipisl do con vulla feu feuip ea facip essectet ut luptatie magna feum dolore veliquis nit luptati scidunt dunt ad modion ullum

Ville du Cap en Afrique du Sud.
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Africités V : LE SOMMET DE LA MATURItÉ Africities 5: the summit of maturity

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Le témoignage d’Antoinette Alexis, maire de Victoria, capitale des Seychelles, est représentatif de l’opinion des participants au Sommet : « La crise environnementale nous préoccupe tous et, en tant que membre de CGLUA, je souhaite que cette question prenne une place plus importante dans le calendrier de travail de notre organisation. Il faut une conscientisation des dangers que court le monde si les questions environnementales ne reçoivent pas l’attention qu’elles méritent. C’est la raison pour laquelle, à chaque fois qu’elles participent à une instance internationale, les Seychelles se battent pour que les questions environnementales, liées plus précisément au changement climatique, reçoivent l’attention et l’appui des États. À quoi serviraient tous nos grands projets de développement si nous ne nous battions pas pour sauvegarder notre environnement pour les générations à venir ? » Cette nécessaire prise de position des élus locaux, des maires et des ministres chargés de la décentralisation fut symbolisée par un message adressé, directement, aux participants au Sommet de la Terre, organisé au même moment à Copenhague (Danemark). Cet appel, qui tire la sonnette d’alarme sur les effets des changements climatiques, devait être réitéré ultérieurement lors de différents colloques et conférences, notamment le colloque organisé en juin 2010 à SaintLouis (Sénégal) sur le thème : « Changement climatique, les villes africaines d’engagent. »
Pont Faidherbe à Saint-Louis au Sénégal.
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Déclaration de Marrakech sur les changements climatiques lancée par Taraya Ole Kores, président du comité politique d’Africités V, président de l’Association des Autorités locales du Kenya, à l’adresse de la Conférence de Copenhague.
« Je tiens à préciser que les collectivités locales africaines ne peuvent rester silencieuses sur la question des changements climatiques. Les négociations qui se tiennent en ce moment à Copenhague se révèlent difficiles parce que la communauté internationale – et en particulier le monde développé – n’est pas prête à mettre en pratique les principes déjà reconnus d’une responsabilité commune, et cependant différenciée, en matière de lutte contre le réchauffement climatique. E n m a q u a l it é d e pr é s id e nt du Sommet Africités, et en concertation avec mes collègues, j’affirme qu’il est nécessaire de lancer, depuis Marrakech, un « appel » en direction du Sommet de Copenhague sur les changements climatiques. Cet appel est destiné aussi bien aux négociateurs qu’à l’ensemble des participants à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques. Les cités africaines et les collectivités locales et régionales soutiennent pleinement la position des négociateurs africains impliqués dans cette conférence, et demandent à la communauté des pays développés de reconnaître la responsabilité historique qui est la sienne dans le phénomène des changements climatiques. L’Afrique ne peut accepter, et le monde ne peut pas se permettre, un autre retard sur la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur celle de l’aide au développement des régions les plus vulnérables du globe, afin de leur permettre de lutter contre les effets néfastes du réchauffement climatique. En se basant sur le Protocole de Kyoto et sur le Plan d’action de Bali, les cités africaines ainsi que les collectivités locales et régionales réaffirment que la réponse globale aux changements climatiques ne peut être dissociée des autres points de l’agenda international que sont l’éradication de la pauvreté, le développement durable, les inégalités en tous genres, autant de thèmes que nous retrouvons dans les Objectifs du millénaire pour le développement. Les villes africaines et les collectivités locales et régionales s’associent à la position exprimée par l’organisation mondiale Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), affirmant que les solutions aux changements climatiques ne peuvent être effectivement trouvées sans la participation active des cités et des collectivités locales du monde. L’adoption d’objectifs durables et la mise à disposition de ressources adéquates visant à atteindre les objectifs ainsi fixés devraient constituer le point d’orgue de la Conférence de Copenhague. L e s p a r t ic i p a n t s a u c i n q u iè m e Som met A f r icités, à Ma r ra kech, d e m a nd e nt à l a C o n fé r e nc e d e Copenhague de faire en sorte que le monde ne manque pas cette occasion unique qui lui est donnée de faire un pas décisif dans la lutte contre la crise globale du climat. »

was reiterated at subsequent colloquiums and conferences, in particular the colloquium organized in June 2010 in SaintLouis, Senegal, on the theme: “Climate change, African cities commit.” Securing recognition for national associations of local government authorities as being of public interest. “Local authorities emerged in Africa at a time when a certain loss of confidence between populations and central governments was being felt,” noted François Paul Yatta, coordinator of the LEDNA programme (Local Economic Development Network of Africa), during the session on “Reinforcing national associations of local authorities in Africa”. “From then on, decentralization was perceived as the only way to radically reform the State and the credibility of public action in general.”Unfortunately we have to admit that in their respective countries, local authorities suffer from a lack of recognition and legitimacy on the public scene itself. It is regrettable that

The Marrakech Declaration on climate change issued by Taraya Ole Kores, Chairman of the Political Committee of Africities 5 and President of the Association of Local Government Authorities of Kenya to the Copenhagen Conference.
Mine is just to say that African local governments cannot be silent on the issue of climate change. The ongoing negotiations in Copenhagen are proving to be difficult because the international community and especially the developed world is not ready to apply the already accepted principle of common but differentiated responsibilities in urgently tackling climate change. As the President of the Africities Summit and in consultation with colleagues, it has become imperative to address a call from Marrakech to Copenhagen on Climate Change, for the attention of the negotiations and participants at the United Nations Conference on Climate Change. African cities and local and regional governments fully support the position proposed by the African negotiators at the conference and call upon the developed countries to recognize their historic responsibility in matters of climate change. Africa cannot accept, and the world cannot afford, any further delay in the reduction of greenhouse gas emissions and the provision of development assistance to the more vulnerable regions of the world to enable them to confront the adverse effects of climate change. Based on the Kyoto agreement and the Bali Action Plan, African cities and local and regional governments reaffirm that the global response to climate change cannot be divorced from the other global agendas of poverty eradication, sustainable development and gender inequality, all of which are reflected in the Millennium Development Goals. African cities and local and regional governments share the position expressed by the World Organization of United Cities and Local Governments, UCGL, that solutions to climate change cannot be effectively found without the active participation of cities and local and regional governments worldwide. Adoption of sustainable targets and channelling adequate resources to meet the targets should be the highlights of the Copenhagen Conference. Participants at the Africities 5 Summit in Marrakech enjoin the Copenhagen Conference to ensure that the world does not miss this golden opportunity to achieve a positive tuming point in the global climate crisis.

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Dan Plato
Maire du Cap, Afrique du Sud - Mai 2009 / Juin 2011
Mayor of Cape Town, South Africa - May 2009 – June 2011

Nous vivons dans un monde de changements rapides, sans précédent, et devons accompagner ce mouvement en étant proactifs, imaginatifs et visionnaires, afin de renforcer la prospérité de la ville et d’améliorer le bien-vivre des citoyens. La qualité de l’environnement du Cap sous-tend sa prospérité et participe de son développement économ ique et socia l. Nou s nou s sommes engagés à le préserver, pour les générations actuelles et futures. Comment ? En intégrant, dans notre pol it ique de l’env i ron nement , u ne dimension urbaine par le biais de l’Integrated Metropolitan Environmental Policy (IMEP), en 2001, et de l’agenda environnemental de l’IMEP, en 2009.

Ces deux dispositifs rendent opérationnelles la responsabilité et la gestion de l’environnement pour la Ville. L’IMEP constitue un cadre pour l’implantation d’une série de programmes environnementaux stratégiques, tandis que l’agenda env ironnementa l f ixe des objectifs mesurables et responsables pour les différentes fonctions urbaines en matière de développement durable (adoption de 17 objectifs et de buts environnementaux ; augmentation des investissements financiers, « responsabilisation » de tous les échelons de la collectivité). Le département de gestion des ressources env ironnementa les (ERMD) est chargé d’implanter l’IMEP et son agenda en veillant à une utilisa-

tion circonspecte des ressources environnementales de la ville. Sa mission est aussi de permettre à la ville de faire face à sa responsabilité globale vis-àvis de son patrimoine environnemental et culturel. Les réalisations à l’actif du Cap témoignent de son engagement en faveur de la biodiversité (mise en œuvre, avec Durban, du LAB – Action locale pour la biodiversité, un réseau international de villes ; inauguration du Biodiversity Showcase Garden) ; de sa préoccupation pour le changement climatique (plan sur l’énergie et l’action climatique comportant onze objectifs de changement) ; et da sa volonté d’assurer la protection et la propreté des zones côtières.

I believe that action is required to secure the city’s liveability and prosperity for current and future generations. We are living in a world of rapid, unprecedented change, and we have to change with it in a proactive, imaginative and visionary way. The City of Cape Town has committed itself to ensuring that a healthy, sustainable, and accessible environment is assured for both current and future generations. Further, the City has recognised that its environment underpins and is central to its economic and social prosperity and development as well as mitigation and adaption for the effects

Faire reconnaître le caractère d’intérêt public des associations nationales de collectivités locales « Les collectivités locales ont émergé, en Afrique, au moment où apparaissait une certaine perte de confiance entre les populations et les États centraux », a constaté François Paul Yatta, coordinateur du programme LEDNA (Local economic development network of Africa), au cours de la session intitulée : « Renforcement des associations nationales de collectivités locales en Afrique ». Et F. Yatta de conclure : « Dès lors, la décentralisation a été perçue comme étant le seul moyen de refonder l’État et la crédibilité de l’action publique de façon générale. » Malheureusement, force est de constater que les collectivités locales souffrent d’un manque de reconnaissance, d’un déficit de légitimité au sein même de la scène publique, dans leurs pays respectifs.

On peut ainsi déplorer que le caractère d’intérêt public des associations nationales – qui regroupent les collectivités locales – ne soit pas reconnu, alors que ces dernières ont un caractère public. Conséquence : les associations nationales ne peuvent pas, par exemple, intervenir à l’Assemblée nationale, au nom des collectivités. L’Afrique du Sud constitue cependant, à cet égard, une exception : elle est le seul pays du continent où l’association nationale des collectivités locales peut déposer des rapports au Parlement et discuter, comme une instance publique, face à l’État. Par ailleurs, l’Afrique du Sud pratique le système de gouvernement coopératif, qui oblige les trois niveaux de gouvernement – État central, provinces, collectivités locales – à s’entendre, notamment en ce qui concerne le partage des compétences et des ressources financières. Un outil a été mis en place à cet effet : l’Integrated Development Planning (IDP), ou plan de développement intégré.

Johannesburg en Afrique du Sud.
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of climate change. These commitments were made through the adoption of the Integrated Metropolitan Environmental Policy (IMEP) in 2001, and the IMEP Environmental Agenda in 2009 which operationalises environmental management and responsibility across all City line functions. The Integrated Metropolitan Environmental Policy forms the framework for the implementation of a series of strategic environmental programmes while the Environmental Agenda sets measurable and accountable environmental targets across City line functions on four key principles: (adoption of 17 environmental targets and goals; increased financial investment, environmental accountability across and within all line functions and departments). The Environmental Resource Management Department (ERMD) is tasked with leading both the implementation of IMEP and its Environmental Agenda (thereby ensuring that the City’s environment is protected and sustainably utilised for its communities), as well as with the global responsibility on Cape Town to ensure that the heritage and cultural resources within its boundaries are protected, managed and integrated into the City’s urban landscape and social fabric. Cape Town’s notable achievements testify to its commitment to biodiversity (implementation of the international Local Action for Biodiversity (LAB) initiative in partnership with Durban; completion of the Biodiversity Showcase Garden); its preoccupation with climate change (development of the Energy and Climate Action Plan with 11 various energy and climate change objectives); and its action in favour of coastal cleaning and protection.

national associations – which encompass local authorities – are not acknowledged as being in the public interest, whereas they do have a public nature. As a consequence national associations can not, for example, speak at the National Assembly on behalf of authorities. South Africa is an exception in this respect: it is the only country on the continent where the national association of local authorities can file reports in Parliament and engage in discussion with the State like a public authority. Furthermore South Africa practices the system of cooperative government, which obliges the three levels of government – central government, regional government and local authorities – to get along, in particular when it comes to sharing competences and financial resources. A tool, the Integrated Development Planning, or IDP, was put in place for this purpose.

Quartier malais au Cap, en Afrique du Sud.
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