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Les Etats Généraux

Séance d'ouverture des Etats-Généraux

Convocation des Etats-Généraux
La convocation
Courant janvier 1789 un règlement royal est adressé par le pouvoir aux agents du roi afin d'organiser les élections
des députés aux Etats-Généraux.

Dans ce règlement, Louis XVI parle de droits restitués à la Nation de consentir l'impôt, de la périodicité future des
Etats, de l'établissement d'un budget, de la fin de l'arbitraire ministériel en matière de dépense, de liberté
individuelle, de constitution et surtout de l'égalité de tous devant l'impôt.

Le préambule de ce règlement laisse présager un règlement rapide et équitable des problèmes du royaume.

"(...) Sa Majesté (...) s'est déterminée à rassembler autour de sa demeure les Etats Généraux du royaume non
pour gêner en aucune manière leurs délibérations, mais pour leur conserver le caractère le plus cher à son
coeur, celui de conseil et d'ami.(...) Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nous aider à
surmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons relativement à l'état de nos finances (...)"

La préparation des élections avait apaisé les campagnes. Il semble qu'il n'y est pas eu véritablement de
campagne électorale de la part du pouvoir royal. Par contre à l'échelle régionale, il semble certain que des
organisations aient agi en répandant des modèles de revendications et de doléances à travers le pays. Qui
finança la diffusion de ces modèles ? Peut être le Duc d'Orléans ... ?

Les élections dans les différents ordres
Chaque ordre vote à part pour élire ses représentants lors d'assemblées de paroisses.

La noblesse vote au suffrage direct. La plupart des représentants élus de la noblesse est issue de la petite
noblesse (200 députés) alors que la haute noblesse sera en minorité (70 députés dont le Duc d'Orléans)

Le corps électoral du clergé s'est vu grossi de la totalité des curés issus du Tiers-Etat, ce sont eux qui rendront les
assemblées du clergé si houleuses de par leur opposition avec les prélats du haut clergé. Ces assemblées
verront l'élection de 200 curés et de 91 prélats.

Le Tiers-Etat reçoit à peu près le suffrage universel puisque tout homme de 25 ans inscrit au rôle des impositions
est appelé à voter. D'ailleurs, ce large scrutin du Tiers déconcerte et déplaît fort à certains bourgeois qui se
seraient satisfaits d'un corps plus restreint. Dans la majeure partie du royaume, le vote final se fait en assemblées
de bailliage au 2ème ou 3ème degré. La députation du Tiers-Etat sera composée de 578 représentants dont
environ 200 hommes de loi, une centaine de négociants, banquiers et industriels, le reste étant composé de riches
ruraux parmi lesquels une cinquantaine de grands propriétaires fonciers. Pas un seul paysan pauvre ni artisan
n'est représenté dans cette députation.

Les cahiers de doléances
Parallèlement à ces élections, de grands efforts de concertation et de rédaction sont accomplis dans tout le
royaume pour apporter une réponse au roi sur les dysfonctionnements de son royaume et les doléances de ses
sujets.

Dès janvier, dans toutes les paroisses de France, se rédigent les cahiers de paroisses qui, regroupés, mis en
forme et résumés lors des assemblées de bailliage deviendront les cahiers de doléances avec lesquels les
députés élus monteront à Versailles.

Couverture du cahier de doléance du
Tiers Etat de la ville de Marseille.

Plus de 60000 de ces cahiers rédigés par des curés, des notaires, des avocats, des membres de corporations
ont ainsi été constitués dans toute la France. Des cahiers parvenus jusqu'à notre époque il se dégage un
ensemble de points qui semble faire l'unanimité des trois ordres.

● On reste, dans l'ensemble, fidèle au Roi mais on souhaite limiter le pouvoir royal
● On souhaite une constitution garante de la liberté individuelle mais le régime parlementaire est très peu
évoqué.
● On veut l'égalité de tous devant l'impôt. Egalité des personnes mais aussi égalité des provinces.
● On demande la suppression des abus de justice et une refonte des institutions judiciaires.
● On demande la suppression de la vénalité des charges

Chaque ordre soulève également un ensemble de points qui lui sont propres.

● Le clergé reproche l'ingérence de Rome dans l'Eglise de France, et un certain nombre de ses membres
trouvent à redire sur le Concordat.
● Le bas clergé souhaite également restreindre les pouvoirs de l'épiscopat.
● La principale revendication de la noblesse est la restriction de l'absolutisme royal
● Certains cahiers du Tiers et de la noblesse proposent l'affectation des biens de l'Eglise à des objets ou
oeuvres d'utilité publique.
● Les paysans revendiquent le droit de chasse
● Certains demandent la constitution de caisses de secours pour les périodes de disette

Le ton des revendications bourgeoises est donné par la célèbre brochure de l'abbé Sieyès publiée en janvier
1789.

"Qu'est ce que le Tiers Etat ? Tout !

Qu'a t'il été jusqu'à présent dans l'ordre
politique ? Rien !

Que demande t'il ? A y devenir quelque
chose "

"Qu'est ce que le Tiers Etat ? Tout, mais un
tout entravé et opprimé !

Que serait-il sans l'ordre privilégié ? Tout
mais un tout libre et fleurissant"

Notons que pour les cahiers du Tiers, on peut sans peine imaginer les paysans parlant pigeons, gabelle, lapins,
chasse, taille et dîme alors que les petits bourgeois tenant la plume rajoutent assemblée représentative et
constitution politique.

Les cahiers du Tiers-Etat regroupent cependant l'essentiel des récriminations qui sont:

● Réforme des impôts
● Suppression des droits féodaux
● Affranchissement des terres
● Suppression de la dîme
● Abolition des immunités
Voeux émis par les électeurs
du quartier des Feuillants à
Paris.

On y trouve entre autre:

1° La liberté de la presse

2° L'abolition des lettres de cachet

4° La suppression des loteries

5° La responsabilité des ministres

Les Etats Généraux en action
Ouverture des Etats Généraux à Versailles

Ouverture des Etats
Généraux

Versailles le 5 mai 1789.

Dés fin avril, les députés arrivent à Versailles. Necker et Louis XVI sont inquiets. Cette formidable poussée
politique et sociale déconcerte le financier. Louis XVI appelle des troupes et ce sont 10.000 soldats qui
approchent de Paris à la mi-avril.

"A l'heure où la Nation vient demander peut être une révolution, ce malheureux gouvernement de Versailles
sans doctrine ni résolution hésite encore devant la réforme" (Madelin)

Louis XVI reçoit le 2 mai chacun des représentants de la nation au palais, à tour de rôle ils vont passer devant le
roi s'incliner, le saluer sans que celui-ci ne dise un mot puis tourner les talons et sortir. Les députés sortent du
palais très refroidis.

Le 4 mai a lieu la procession religieuse du Saint Sacrement à laquelle toute la cour assiste ainsi que l'ensemble
des députés des trois ordres. L'étiquette était de mise pour une telle manifestation et fit ressortir de façon criante
l'inégalité des trois ordres et la scission probable du clergé. En effet d'un côté nous trouvons la noblesse dorée et
empanachée avec le haut clergé en robe violette et de l'autre le Tiers Etat en habit sombre et les curés en soutane
noire. La procession était fermée par Louis XVI.

Le 5 mai, les 1139 députés sont réunis dans la salle des menus plaisirs pour la première véritable séance des
Etats Généraux. Tous attendent le discours de Louis XVI qui devrait apporter des réponses à la question
primordiale: les députés voteront-ils par ordre ou par tête ?

Le discours d'ouverture de Louis XVI, bref et cassant laissa les députés sans réponse sur ce point et surpris tout
le monde par son ton. En effet, le roi précisait que les Etats Généraux étaient réunis à sa demande et que lui seul
serait juge de décider de ce dont ils devraient débattre. Vint ensuite le discours du Garde des Sceaux Barentin qui
n'apporta rien de plus puis celui de Necker, lequel endormit toute l'Assemblée par un discours de 2h beaucoup
trop technique sur la dette et les manipulations financières qu'il convenait de mettre en place.

Cette première séance se clôturait de manière décevante pour les députés. Aucun mot sur une possible
constitution, aucune allusion aux milliers de revendications exposées dans le cahier remis au Roi, aucune certitude
sur le type de vote; Les députés sortaient très déçus. Le Roi, quant à lui, venait de perdre une bonne occasion de
mobiliser l'ensemble des députés derrière lui. Avec un discours comme celui de son ancêtre Henri IV aux
précédents Etats Généraux, il aurait pu à la fois conserver au trône un pouvoir exécutif fort et doter la nation d'une
constitution garante des libertés. Malheureusement, encore une fois, Louis XVI n'avait su être ce 5 mai ni un Louis
XIV qui tranche ni un Henri IV qui concilie.

Le Tiers refuse de se constituer
Le lendemain, 6 mai, l'ensemble des députés du Tiers Etat se réunit dans cette même salle des menus plaisirs
tandis que les deux ordres privilégiés se sont vus attribuer des salles de délibération pour vérifier les pouvoirs
respectifs de leurs députés et donc se constituer. Du côté de la noblesse, seule une minorité de 47 députés
souhaitent une vérification des pouvoirs commune aux trois ordres. Côté clergé, les avis sont plus partagés
puisqu'ils sont 114 pour et 133 contre. Face à cette situation, le Tiers Etat ne doit surtout pas, comme certains
voudraient le faire, effectuer la vérification des pouvoirs de ses députés et donc se constituer, ce qui reviendrait à
accepter l'ancienne forme de consultation par ordre. Mirabeau, noble élu dans le Tiers-Etat, l'a bien compris et
surgit à la tribune en criant "Rien de tout cela, Tant que les pouvoirs n'auront pas été vérifiés en commun nous
ne sommes, nous Tiers-Etat, qu'une agrégation d'individus". En d'autres termes, il faut attendre.

Des émissaires, sous la conduite de Mounier, sont tout de même envoyés aux deux autres ordres pour les
convaincre de rejoindre le Tiers mais rien n'y fait et les jours passent sans que, ni le roi ni Necker, n'interviennent
pour essayer de lever ce blocage qui s'éternise.

Cependant la désunion s'accentue chez les privilégiés, les 47 nobles font des émules et les curés (menés par
Grégoire) combattent à la tribune les hauts prélats. Le Tiers avait connaissance de ces divisions et s'en
réjouissait. Le 12 juin l'abbé Sieyès, député du Tiers dissident de son ordre, prend la parole à la tribune et
propose "de sommer les membres des deux chambres privilégiées de se rendre dans la salle des Etats pour
assister, concourir et se soumettre à la vérification commune des pouvoirs". La proposition est acceptée par
tout le Tiers. Chez les nobles, la proposition est acceptée par 79 voix contre 192. Le clergé ajourne sa réponse.

L'Assemblée Nationale
Le 13 juin au matin, seuls 3 curés ont rallié les députés du Tiers, le 15 ils sont 12 et l'appel des députés étant
terminé, l'assemblée se considéra dés lors comme représentant seul la Nation. Il fallait l'affirmer solennellement.
Le 17 juin, un député proposa tout simplement après diverses propositions plus compliquées et alambiquées les
unes que les autres (Assemblée des représentants connus et vérifiés de la Nation pour Sieyès, Assemblée
légitime des représentants de la majeure partie de la nation agissant en l'absence de la mineure partie (sic) pour
Mounier, représentant du peuple Français pour Mirabeau), le nom d'Assemblée Nationale.

Ce même jour, l'Assemblée Nationale proclame que "les impôts quoique illégalement établis et perçus,
continueraient d'être levés de la même manière que devant, jusqu'au jour où l'assemblée se séparerait" mais
que "passé lequel jour, l'Assemblée entendait et décrétait que toute levée d'impôt qui n'avait pas été
nommément, formellement et librement accordée par l'Assemblée, cesserait entièrement dans les provinces
du Royaume." Ce même jour quatre comités étaient formés: subsistance, vérification, rédaction et règlement.

Cette déclaration stupéfia le roi, son entourage et une partie de la noblesse. Une délégation de celle-ci fut
envoyée au roi pour lui demander de réagir à une telle déclaration. Le clergé fut profondément remué par cette
déclaration faite par l'Assemblée Nationale et le 19 juin ils étaient 149 (dont 6 prélats) sur 200 à accepter de
vérifier leur pouvoir au sein de l'Assemblée Nationale.

Sur les conseils de ceux qui refusent cette réunion des trois ordres, Louis XVI se résout à la rigueur et décide
qu'une séance royale aura lieu le 23 juin où chacun des trois ordres reprendra sa place. D'ici là pour qu'aucune
autre réunion de l'Assemblée Nationale n'ait lieu Louis XVI fait fermer la salle des menus plaisirs.

Le serment du Jeu de Paume
Lorsque le 20 juin au matin, les députés se présentent pour confirmer les pouvoirs de leur président Bailly élu le
17 juin ils trouvent les portes fermées. Tous se précipitent alors au jeu de paume, le vaste hall est rapidement
plein, un banc est mis en place pour servir de bureau. Sous la proposition de Mounier tous les députés moins une
voix, prêtent serment de ne jamais se séparer avant qu'une Constitution soit rédigée et approuvée, en répétant
chacun à leur tour "Je le jure !" .

Le texte est le suivant:

"L'Assemblée Nationale, considérant qu'appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de
l'ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu'elle continue ses
délibérations dans quelque lieu qu'elle soit forcée de s'établir, et qu'enfin, partout où ses membres sont réunis,
là est l'Assemblée Nationale.

"Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l'instant, serment solennel de ne jamais se
séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume
soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et
chacun d'eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable."

Cette résolution étant prise les députés se séparent en se donnant rendez-vous pour le lendemain matin.

Serment du Jeu de Paume

Versailles le 20 juin 1789.

Bailly monté sur une table et
l'ensemble des députés présents
prêtent serment.

Le 21 juin au matin, le jeu de paume est fermé, réservé par le comte d'Artois frère du roi pour une partie avec ses
courtisans. Les députés parent le coup en se réunissant dans l'église St Louis que le clergé a mise à la
disposition de l'Assemblée. Les 149 membres du clergé rattachés à l'Assemblée sont, ce jour là, longuement
acclamés par la foule.

L'Assemblée
Nationale sous la nef
St Louis

Versailles les 21 et 22 juin
1789

Sauf à violer ce lieu saint Louis
XVI dut renoncer à recourir à
l'usage de la force

Le 23 juin, tout est prêt aux yeux de Louis XVI pour une reprise en main vigoureuse de cette assemblée
récalcitrante. Des forces armées étaient rassemblées autour et dans Versailles et des textes destinés aux
députés avaient été préparés pour leur faire savoir qu'en cas de non-obéissance aux ordres royaux ils auraient à
faire aux hommes d'armes.

Comme lors de la séance d'ouverture, les ordres sont introduits les uns après les autres en prenant soin de laisser
le Tiers attendre plus d'une heure dehors, ce qui hérisse la fraction de la noblesse qui, depuis la formation de
l'Assemblée, songe à faire cause commune avec celle-ci. Par cette maladresse, le roi braque encore contre lui
une partie de la noblesse, le seul ordre encore unanimement rallié à lui.

Necker était absent, Louis XVI parut, entouré de toute la cour, et commença un discours très dur contre
l'Assemblée Nationale devant des députés consternés.

Il lui reproche tout d'abord son inaction depuis bientôt deux mois, puis il proclame que "l'ancienne distinction des
trois ordres doit être conservée", que les députés élus par chacun des trois ordres doivent former trois chambres
séparées ne pouvant délibérer en commun qu'avec l'accord du roi que "toutes les décisions prises depuis le 17
juin par les députés sont nulles, illégales et inconstitutionnelles".

Les Etats pourraient délibérer des impôts, mais il sera interdit de traiter en commun "des affaires qui regardent
les droits antiques et constitutionnels des trois ordres, la forme de constitution à donner aux prochains Etats, les
propriétés féodales et seigneuriales, les droits utiles et les prérogatives des deux premiers ordres". Suite à ce
discours, il fait distribuer à tous les députés le texte qu'il vient de prononcer ainsi qu'un mémorandum intitulé "Les
intentions du Roi" dans lequel il s'efforce de satisfaire certaines demandes du Tiers. Il y presse le clergé et la
noblesse de renoncer à leurs privilèges pécuniaires, se prononce pour l'abolition de la taille, l'adoucissement de la
gabelle, mais ne recule pas sur les droits seigneuriaux et féodaux. Il promet l'abolition des lettres de cachet,
recherche un moyen de concilier la liberté de la presse et le respect de la religion, annonce la création d'états
provinciaux (2/10 de clergé, 3/10 de noblesse et 5/10 de Tiers) pouvant délibérer en commun et dont la
compétence et les attributions seraient élargies. Il exprime également le souhait que les douanes soient portées
aux frontières du royaume, que l'administration de la justice soit améliorée, et que l'on en finisse avec l'usage des
corvées pour la confection et l'entretien des chemins.
Il y a un tel écart entre son discours et ses intentions qu'on reste interloqué devant cet homme. Louis XVI cachait-il
derrière une fermeté maladroite et une volonté de s'imposer monarque, un réel souhait de conciliation ou bien
était-ce par peur, couardise et faiblesse qu'après avoir manié le bâton il faisait marche arrière ayant trop présumé
de ses forces. ??

Le roi termine la séance par cette dernière phrase "je vous ordonne, Messieurs, de vous séparer tout de suite et
de vous rendre demain matin chacun dans les chambres affectées à votre ordre pour y reprendre vos séances.
J'ordonne en conséquence au grand maître des cérémonies de faire préparer les salles." Louis XVI avait dit
qu'on devait se séparer, lui-même s'était levé et était sorti. La noblesse et le clergé sortirent, mais au centre de la
salle immobile le Tiers demeurait dans le silence.

Le grand maître des cérémonies Dreux Brézé s'avança pour faire évacuer la salle. Derrière lui, un piquet de
Gardes Françaises et un piquet de Gardes Suisses s'étaient arrêtés à la porte. Alors Mirabeau se dresse et lui dit
terrible "Monsieur, allez dire à votre maître que nous ne quitterons nos places que par la puissance des
baïonnettes", puis Bailly, président de l'Assemblée, lui dit que les débats de l'Assemblée ne peuvent être clos
avant que celle-ci "n'en ait délibéré tranquillement." et que "la Nation assemblée n'a pas à recevoir d'ordre".
Dreux Brézé transmit la réponse au roi, qui d'un geste las avoue son impuissance "Ils ne veulent pas partir ? Eh
bien ! Foutre ! Qu'on les laisse !"

Les temps étaient révolus où l'on disait encore "Cy veult le roy, cy veult la loy".

Mirabeau apostrophant
Dreux Brézé

Versailles le 23 juin 1789.

"Monsieur, allez dire à votre
maître que nous ne quitterons
nos places que par la puissance
des baïonnettes"

Laissés seuls, les députés délibérèrent, les précédents arrêtés seraient maintenus et la personne des députés
serait déclarée inviolable. Au cours de cette délibération, les débats furent menés par Sieyès, Barnave, Pétion et
Mirabeau. Le roi reculait, Necker ayant menacé de se retirer cela lui servit de prétexte, et le banquier suisse
restait ministre.

Le 24 juin le Tiers reprenait ses séances et le clergé en majorité le rejoignait. Le 25 juin, 47 gentilshommes avec
à leur tête le Duc d'Orléans les rejoignirent, à partir de là ce fut la débandade. Louis XVI pour masquer l'ampleur
de cette défaite ou peut être par souhait réel convia le 27 juin le Clergé et la Noblesse à se joindre au Tiers. Ce
fut un soulagement général chez tous les députés de l'Assemblée, qui accueillirent ces derniers arrivants avec
beaucoup de prévenance. "La révolution est finie" écrit-on ce jour là, "Elle n'aura pas coûté une goutte de sang".
Les députés du Tiers quant à eux, ne virent dans ce revirement du roi que "le retour de Louis XVI à de vrais
sentiments".
Sur sa lancée l'Assemblée Nationale désigna un comité constitutionnel où Mounier allait jouer un rôle de premier
plan et où La Fayette ne tardera pas à poser son projet de Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Cependant le roi et son entourage, certainement poussé par Marie Antoinette, désiraient une revanche, Louis XVI
ne pouvait accepter une monarchie constitutionnelle. Ils décidèrent donc un nouveau coup de force contre
l'Assemblée en regroupant à proximité de Paris et de Versailles d'importantes troupes dans le but de les faire
marcher contre le peuple parisien. Necker tenta en vain de convaincre Louis XVI que ce n'était pas la bonne
solution mais le roi ne céda pas. L'Assemblée inquiète de ces concentrations de troupe en demanda le retrait au
roi, par l'intermédiaire de Mirabeau, le 8 juillet.

Le 9 juillet l'Assemblée Nationale devient Constituante.

La France de 1789 - L'Assemblée Constituante

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