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UNIVERSITE OMAR BONGO

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FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES
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LABORATOIRE D’ECONOMIE APPLIQUEE (LEA)
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METHODOLOGIE
DE LA
DISSERTATION ECONOMIQUE ET DU
COMMENTAIRE DE TEXTE

D ocument de travail
à l’intention des étudiants en sciences économiques et en gestion.

Elaborée par : Albert ONDO OSSA


Professeur Titulaire

LIBREVILLE, janvier 2005


Un devoir d’économie permet d’évaluer les connaissances de
l’étudiant, sa capacité de compréhension et d’analyse, ainsi que la
qualité de son expression écrite.

La qualité d’un devoir d’économie tient donc aussi bien à la forme


qu’au fond de celui-ci, deux éléments qui obéissent à des règles spécifiques
et impliquent que les idées soient bien agencées et suivent un plan
rigoureux.

La forme d’un devoir est d’abord relative à sa structure. Celle-ci


comprend une introduction, un développement et une conclusion. Elle tient
également au style et à la syntaxe.

Le style d’un devoir doit être direct et simple. Il est conseillé de faire
des phrases courtes et d’utiliser autant que possible le présent de l’indicatif.
Par ailleurs, un devoir est bien rédigé lorsqu’il ne comporte pas de fautes
d’orthographe, ni de syntaxe.

Le fond du devoir comprend l’ensemble des arguments développés par


l’étudiant pour soutenir son point de vue. Il tient essentiellement à la
manière dont il traite le sujet, autrement dit à la pertinence et à la justesse
des idées développées. Ces idées doivent être présentées de façon claire,
cohérente et progressive.

A cet égard, l’étudiant doit faire appel à divers instruments d’analyse


pour donner un point de vue élaboré. L’analyse doit donc procéder d’une
démonstration rigoureuse. Et, pour ce faire, elle doit reposer sur une
méthodologie appropriée.

Ainsi, la démarche méthodologique comprend principalement quatre


phases :
1. la compréhension du sujet ;
2. la recherche des idées ;

2
3. l’élaboration du plan ;
4. la rédaction.

Il est utile de présenter cette méthodologie dans le cas d’une


dissertation économique, d’une part, et d’un commentaire de texte, d’autre
part.

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P remière partie : la dissertation économique

L’élaboration d’une dissertation doit être méthodique. Elle comporte


cinq phases successives :
- la compréhension du sujet ;
- la recherche des idées ;
- l’élaboration du plan
- la mise au point de l’introduction
- la rédaction.

A/ La compréhension du sujet

Avant de se lancer dans la recherche des idées ou dans la rédaction, il


importe pour l’étudiant de bien comprendre le sujet.

A cet effet, il doit notamment :


1. inscrire le sujet sur une feuille de papier vierge ;
2. lire et relire le sujet ;
3. souligner les mots et expressions clés ;
4. définir les mots et expression clés ;
5. se poser enfin la question simple suivante : « qu‘est-ce qu’on me
demande ? ». C’est la réponse à cette question qui va le guider dans la
compréhension du sujet, l’élaboration du plan et dans toute son analyse.

B/ La recherche des idées.

La recherche des idées se fait à partir des mots et expressions clés du


sujet. Il s’agit de répondre, de manière explicite et précise, à la question
qu’on s’est posée. A cet effet, il convient de :
1. transcrire toutes les idées et réflexions qu’inspirent les mots et
expression clés soulignés, par rapport notamment à la théorie économique, à

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l’histoire de la pensée économique, à la microéconomie et à la
macroéconomie, par rapport aux faits, aux pays et à l’histoire … (dans tous
les cas, il ne faut pas hésiter à recourir aux idées les plus absurdes) ;
2. rechercher des liaisons entre ces différents idées, ainsi qu’entre
les différentes réflexions qui en découlent ;
3. tenter de répondre de manière cohérente à la question posée.

C/ Elaboration du plan

Un plan est bon lorsqu’il répond précisément à la question posée. C’est


dire qu’un bon plan doit nécessairement être en prise directe avec le sujet.

Le plan permet d’ordonner les idées, tout autant qu’il permet au


lecteur de bien suivre le raisonnement de l’étudiant à travers l’enchaînement
de ses idées. Parce qu’il traduit le degré de maîtrise du sujet traité, un bon
plan peut amener le correcteur à négliger certaines incorrections ou
certaines faiblesses que contient le texte. Le plan doit séduire le correcteur
et, pour ce faire, il doit être original.

Il n’existe ni de plan a priori, ni de plan idéal, car le plan est toujours


fonction des idées développées. C’est dire qu’un bon plan n’est pas élaboré
ex nihilo, mais à partir des idées et du niveau des connaissances de
l’étudiant.

Pour bâtir un bon plan, il est utile d’ordonner les idées, de rassembler toutes
celles qui ont un lien commun, au point d’en arriver à deux d’entre elles, qui
répondent précisément à la question posée et qui vont constituer les deux
parties du plan. Les deux parties devront, à leur tour, être décomposées en
deux sous-parties cohérentes. Un bon plan comprend donc deux grandes
parties ayant chacune deux sous-parties.

Il convient donc d’éviter des plans a priori et des plans « bateaux ».

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Exemple :
Sujet : quels sont les avantages et les inconvénients de la microéconomie ?
Plan :
Première partie : les avantages de la microéconomie ;
Deuxième partie : les inconvénients de la microéconomie.
Dans un tel cas, le sujet n’est pas traité.

Par ailleurs, il faut faire attention aux sujets de comparaison.

Exemple :
Sujet : comparer la microéconomie et la macroéconomie.
Plan :
Première partie : la microéconomie ;
Deuxième partie : la macroéconomie.
Là encore, le sujet n’est pas traité.

Enfin, il faut éviter autant que possible de faire des plans


stéréotypés du type :
Première partie : théorie ;
Deuxième partie : pratique.

D) La rédaction.

La rédaction se fait conformément au plan détaillé élaboré (sur une


composition de trois heures, la rédaction devrait prendre 45 minutes
maximum). Il faut éviter le style emphatique, solennel, pompeux ou vulgaire.

Le devoir comprend une introduction, un développement et une


conclusion.

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1/ L’introduction.

C’est la partie la plus importante du devoir, car elle constitue le


premier contact du lecteur avec l’auteur. Elle permet de savoir si l’étudiant a
ou non compris le sujet. L’introduction doit de ce fait être élaborée. Et pour
cela, elle comprend quatre parties :
1. l’attaque, qui consiste à amener le sujet. On part d’une idée
générale, d’une réflexion générale pour tomber sur le sujet ;
2. la problématique, qui révèle la question essentielle ou l’ensemble
des questions que soulève le sujet ;
3. l’intérêt du sujet : il est possible à ce niveau de dresser un tableau
pour dégager les différents intérêts que le sujet peut revêtir (l’intérêt
théorique, l’intérêt pratique, intérêt historique, intérêt actuel…) ;
4. la délimitation du sujet, car un sujet est toujours vaste et peut
être abordé sous plusieurs angles. Il est donc important de justifier
l’option prise et d’avancer si possible les raisons qui poussent à
rejeter tel ou tel autre aspect du sujet. Il s’agit là en fait de
circonscrire le champ d’analyse pour ne pas aller dans tous les
sens ;
5. l’annonce et la justification du plan : un bon plan coule de
source. Il doit être annoncé à la fin de l’introduction pour mieux
permettre au lecteur d’apprécier la pertinence de la démarche. Il est
même souhaitable de transcrire correctement les différentes parties
du plan.

2/ Le développement

La rédaction de cette partie du devoir doit être rigoureusement


conforme au plan annoncé.

De plus, l’étudiant doit éviter des affirmations gratuites, des


généralisations commodes et des formulations vagues du type : certains
auteurs ont dit, certains pensent que, …

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Il est conseillé de se référer aux auteurs connus. Les citations doivent
à cet égard être correctes, autant que possible courtes avec les références
précises.

3/ La conclusion générale.

Elle doit faire le point ou la synthèse du devoir et fixer définitivement


le lecteur. Il y a globalement deux types de conclusion :
- les conclusions résumés ;
- les conclusions ouverture qui débouchent sur une question. Il s’agit
d’élargir le sujet, d’esquisser l’avenir prévisible tout en restant
modeste. Il s’agit en fait de fermer une fenêtre et d’ouvrir une porte.

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D euxième partie : Le commentaire de texte

Le commentaire de texte consiste à donner un avis sur la pensée d’un


auteur, à confirmer ou à infirmer sa position.

Cependant, l’introduction d’un commentaire est quelque peu différente


de celle de la dissertation économique. C’est ainsi qu’elle renferme plus de
fonctions :
1. amener le sujet (l’attaque) ;
2. situer le texte dans son contexte : il s’agit de situer le sujet dans
l’œuvre de l’auteur ; autrement dit rappeler autant que possible les
circonstances politiques, sociologiques, économiques, etc. qui ont
amené l’auteur à constituer son œuvre. Il est conseillé de parler
brièvement de l’auteur si on le connaît ;
3. donner la structure du texte : faire ressortir la subdivision du texte
en précisant la délimitation des différentes parties et énoncer l’idée de
chaque partie.
Attention : le plan du texte ne peut être le plan de rédaction.
4. dégager la problématique du texte : cette problématique est la
réponse à la question : que dit le texte ? Et c’est la réponse à cette
question qui constitue le sujet. L’étudiant peut donc sortir du texte. Il
faut éviter de faire une confusion entre le commentaire et l’explication
de texte. L’idée centrale de la problématique peut aussi être un mot.
5. montrer l’intérêt de cette problématique : il s’agit de l’intérêt du
sujet ;
6. délimiter le sujet ;
7. annoncer le plan et le justifier : le plan se fait à partir de la
problématique qui est devenue le sujet de la discussion et non plus le
texte initialement proposé. La recherche des idées et le plan se font
sur la base de la problématique.

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Le développement et la conclusion du commentaire respectent la même
démarche que la dissertation économique, à la différence qu’il est ici
nécessaire de revenir sur l’auteur et sa pensée pour appuyer la
démonstration faite dans le devoir.

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