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CHARTE LATINOAMÉRICAINE OAXACA 2008, À PROPOS DE L’INSERTION DE L’ARCHITECTURE CONTEMPORAINE

DANS LES CENTRES HISTORIQUES.

CONGRÈS NATIONAL D’ARCHITECTURE MEXICAINE, OAXACA 2008

Nous, les Architectes mexicains et les invités internationaux, réunis dans le cadre du XXVIe Congrès National
d’Architecture Mexicaine Oaxaca 2008, inquiets du risque de destruction imminente de nombreux immeubles de
valeur historique en Amérique Latine faisons état de ce qui suit.

- Nous exhortons tous les acteurs impliqués dans le processus d’intervention des Centres Historiques à redoubler
d’effort, d’efficacité et d’éthique, pour préserver leurs signes d’identité et leur mémoire sociale, outils de résistance
aux pressions de nivellement de la globalisation.

- Nous appelons à la réflexion sur les implications sociales et urbaines de l’instantanéité qu’apportent les nouvelles
technologies particulièrement celles liées à la communication et qui débouchent sur une nouvelle expérience urbaine.

- Nous installons dans leur fonction les professionnels associés à chaque immeuble, chaque site et chaque Centre
Historique qui seront suivis, conformément aux stratégies et techniques clairement axées sur la durabilité, garante de
leur survie.

- La qualité de vie dans la ville doit être améliorée en fonction des particularités climatiques et des coutumes
ancestrales, tout en intégrant les nouvelles technologies, afin de viser l’autosuffisance énergétique de chaque unité
constructive.

- Nous devons prendre conscience que la seule solution à l’expansion de la population est pour le moment la ville,
laquelle ne peut pas s’étendre indéfiniment parce qu’elle vieillie et se détériore, et que de nombreux Centres
Historiques sont saturés. C’est pourquoi, l’unique possibilité viable est le recyclage et la redéfinition des priorités en
accord avec les nouvelles nécessités et circonstances réelles des habitants et usagers.

- Il faut exiger que chaque développement immobilier assume les coûts de son impact sur l’environnement.

- Les apports et interventions doivent être basés sur la rationalité et la plurifonctionnalité afin de faciliter les
changements d’utilisation de plus en plus fréquents, réduisant ainsi les interventions successives nuisant à l’intégrité
du Centre Historique.

- Dans le cas exceptionnel d’un immeuble situé dans un Centre Historique ne pouvant être restauré du fait d’une
détérioration avancée, il convient d’envisager la possibilité de recourir à une intervention basée sur un projet de
création contemporaine de qualité qui s’intègre harmonieusement dans l’environnement en respectant son contexte.

- Par la présente, nous réitérons une recommandation similaire qui avait déjà été énoncée dans la Charte de Machu
Picchu en 1977.

- Il convient, dans la mesure du possible, de mettre en valeur les immeubles représentant une valeur historique qui
sont aménagés pour un usage distinct de ce qui avait été prévu au départ, évolution qui ne peut être évitée.
- Dans les plans de développement des villes disposant de zones de valeur historique, que soient promues des normes
d’intervention dans le but de préserver l’harmonie du paysage urbain.

- Que soit inclues dans le programme des Écoles d’Architecture, dès la première année, l’analyse et la
conceptualisation de l’environnement comme condition essentielle de l’objet architectural.

- Nous appelons en particulier tous les fonctionnaires investis de l’importante tâche de sauvegarder l’héritage et la
mémoire historique de nos peuples à faire preuve de prudence, d’efficacité, d’éthique, de responsabilité et de sens
commun. Les décisions prises trop tard ainsi que les actions à courte vue contribuent à la destruction de notre
patrimoine. L’histoire nous jugera.

- Nous sommes solidaires des déclarations positives consignées dans ce sens dans la « Charte Internationale pour la
Conservation des Villes et des Zones Historiques », adoptée par L’ICOMOS depuis 1987, et dans laquelle est prévu que
« sont considérées comme sauvegardes des villes historiques, les mesures nécessaires à leur protection, conservation
et restauration ainsi que celles visant leur développement cohérent et leur intégration harmonieuse à la vie
contemporaine ». De plus la charte ajoute que cela doit se faire « avec prudence, méthode et rigueur, évitant tout
dogmatisme ».

Signé à Oaxaca de Juárez, Oax. Le vingt sept novembre 2008, dans le cadre du « XXVIe Congrès National d’Architecture
Mexicaine Oaxaca 2008