L’aphte est une lésion superficielle de la muqueuse buccale et de l’oropharynx. Etymologiquement, " aphte " vient du grec " aptein " : brûlure.

L’aphte se manifeste par une ulcération, symptôme commun à plusieurs formes cliniques que l’on peut classer en 3 groupes : l’aphte buccal " vulgaire ", l’aphtose buccale récidivante et les maladies aphteuses ou sa localisation buccale est à associer à d’autres localisations générales, organes ou viscères. La colchicine est un des traitements utilisé dans l'aphtose buccale, mais son efficacité n'a jamais été prouvée. J'ai vu des résultats d'une étude ouverte de 54 malades traités par colchicine pour aphtose. Le but de ce travail était d'évaluer l'efficacité et la tolérance à court et à long terme de cette molécule dans les aphtoses buccales. Les dossiers de 54 malades atteints d'aphtose buccale récidivante sévère traités par colchicine, observés entre 1986 et 2000, ont été analysés de façon rétrospective. Seuls les malades immunocompétents atteints d'aphtose idiopathique ou de maladie de Behçet ont été inclus. Dix dossiers ont été exclus : 4 cas de maladie de Behçet traités par colchicine et corticothérapie générale, 4 cas d'aphtose secondaires à une cause hématologique et 2 malades perdus de vue après 3 mois de traitement. La colchicine a été prescrite à la dose de 1 à 1,5 mg/j pendant au moins 3 mois. Tous les malades ont été évalués après 3 mois de traitement .Les critères de jugement étaient : la fréquence et la durée des poussées, l'intensité de la douleur et le retentissement de la maladie sur la vie du malade. Résultats. Cinquante-quatre malades ont été inclus : 39 femmes (âge moyen = 44±16,8 ans) et 15 hommes (âge moyen = 49±13,5 ans). La maladie évoluait depuis 11,6±13,5 ans en moyenne. Après 3 mois de traitement, 12 malades n'avaient plus d'aphtes et étaient en rémission complète, 22 malades étaient significativement améliorés, car ils observaient une diminution d'au moins de la fréquence et de la durée des lésions qui étaient de plus, devenues indolores. Le traitement était inefficace ou mal toléré pour 20 malades. Les malades ont été suivis et évalués avec un recul moyen de 4,7 ans (extrêmes : 6 mois à 13 ans) par rapport au début du traitement. Six malades ont été perdus de vue. Trois malades ont été considérés comme guéris car toujours en rémission complète de leur aphtose après l'arrêt de la colchicine avec un recul respectivement de 6 mois, 24 et 72 mois. Quinze malades étaient toujours améliorés. Parmi eux, 10 poursuivaient la colchicine avec une durée moyenne de traitement de 27 mois et 5 malades l'avaient interrompu plutôt par lassitude après en moyenne 16 mois de traitement. Ces 15 malades notaient une diminution significative de la fréquence et de la durée des lésions. De plus, les critères de jugement subjectifs étaient suffisamment améliorés pour qu'ils ne souhaitent pas un autre traitement. Enfin, 30 malades n'ont pas été améliorés par le traitement. Des effets secondaires uniquement bénins, ont été notés dans 10 cas, conduisant dans 4 cas à l'arrêt du traitement. Discussion. Cette étude, qui est la première en terme d'effectifs (n = 54) et de durée de suivi des malades (4,7 ans), a montré que la colchicine est un traitement préventif efficace des aphtoses sévères pour des malades après 3 mois de traitement. La colchicine doit donc être un traitement à proposer en première intention dans les aphtoses buccales récidivantes sévères car c'est un traitement efficace, bien toléré à court et à long terme et peu contraignant.

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