La ponctuation

Cours dispensé de 1999 à 2003 à Paris IV-Sorbonne (DEUG 1) Références et abréviations: RPR: Riegel, Pellat, Rioul, Grammaire méthodique du français, PUF, 1994 PP: Aragon, Le Paysan de Paris, coll. Folio FF: Nerval, Les Filles du Feu, GF GM: Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, Livre de Poche JFC: Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre, Folio RF: Gauthier, Récits fantastiques, GF JF: Diderot, Jacques le fataliste, GF

Introduction : Les signes orthographiques représentent des phonèmes ; ex : oi = [wa] alors que les signes de ponctuation sont des signes sans correspondance de phonèmes. Le point, la virgule, les points de suspension sont la marque du vide sur le plan sonore ; ils sont idéographiques. Définition : la ponctuation est " un système de signes qui contribuent à l’organisation d’un texte écrit et qui apportent des indications prosodiques, marquent des rapports syntaxiques ou véhiculent des informations sémantiques. " (J. Popin, La Ponctuation, coll. 128) En effet, ces signes, intérieurs au texte, au message écrit, correspondent à différents éléments. Ils marquent un phénomène oral : ex : le ? marque l’intonation, les … marquent une pause. Ils peuvent avoir un rôle graphique, comme l’alinéa, les caractères gras ou italique. Ils contribuent ainsi à la structuration du texte
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au niveau de l’écriture : certains marquent des relations de liaison (ex : le deux-points souligne un lien entre deux segments d’énoncé) ou au contraire de rupture, c’est ainsi le cas des points de suspension, très fréquents dans JFC) ceci est en particulier valable entre les différents propositions du texte au niveau de la lecture : ils permettent d’augmenter la capacité de compréhension et la vitesse de lecture

les guillemets.Pierre dit Paul est idiot La ponctuation explicite ainsi les articulations sémantiques et logiques et supprime les ambiguïtés. par rapport à l’utilisation dite " normale " des signes Quelle méthode d’analyse ? La question de ponctuation est une des quatre question de grammaire que l’on vous pose à l’examen. . Il va de soit qu’on attend de vous un classement des signes. fonction syntaxique : le fait que les signes servent à organiser et à séparer les termes au sein de la phrase ( dans la phrase : intraphrastique. aux majuscules qui soulignent la démarcation des phrases ou du vers. On proscrit l’absence de plan. tous conduisent à se répéter mais l’absence de plan est rédhibitoire (ie au fil du texte) ! Le travail que vous aurez à effectuer est en quelque sorte inverse du mien : je vous donne les fonctions et illustre celles-ci à partir d’exemples tirés du texte. dans quel état d’esprit ( = indications de mise en scène. le point virgule. par signes. didascalies) le niveau énonciatif : tout ajout non indispensable à la compréhension de base dans la phrase fonction sémantique : c’est le complément de sens et d’information que les signes ajoutent parfois aux mots et aux phrases fonction stylistique : dès qu’il y a écart. alinéas) et à leur rôle dans la mise en page du poème. à qui. alors que vous aurez à partir du texte et à établir un plan fonctionnel ou " positionnel ". le point d’interrogation. dans lequel vous préciserez la position de ces signes dans la phrase . transgression. la répétition est inévitable puisque certains conjuguent plusieurs fonctions. donc le rythme mais aussi l’intonation et la mélodie. les parenthèse et crochets. les points de suspension. Aucun plan n’est parfait. entre les phrases : interphrastique) fonction énonciative : ils nous renseignent sur des changement dans la situation d’énonciation : qui parle. le point d’exclamation. Il faudra aussi penser aux blancs (paragraphes. les deux points. Vous avez à analyser la ponctuation sur 3/4 lignes de texte. Définition des cinq fonctions de la ponctuation :        fonction prosodique : le fait que la ponctuation serve à marquer les endroits pour respirer dans la lecture à haute voix. le point. les tirets. Vous pouvez opter pour un plan:    par fonctions. On comptera parmi les différents signes de ponctuation : la virgule.

Claude Simon) c. Les signes typographiques a. Ils attestent donc toujours d’une intention d’auteur. etc. peut se doter d’un accent expressif comme leur emploi dans les e-mail (cf. p. une audace de vocabulaire. L’autre qui au contraire refuse toute articulation pendant des pages et des pages (cf. c’est l’ultime subdivision du livre pour laquelle cela est possible. RPR. Les signes annexes 1. PP) lettres capitales : mise en valeur/ minuscules ex : les noms de personnages dans JF . mais n’est pas séparé de l’alinéa précédent par une ligne vierge. 547-551 pour les règles de la composition ex : PP la plate-forme 182 . etc. autres signes     le trait d’union au niveau du mot : la seule obligation qui ne relève pas de l’orthographe des mots composés est liée aux problèmes de mise en page : son emploi en fin de ligne lorsqu’un mot doit être coupé : ex PP . On y reviendra donc dans le cadre de l’étude de la fonction énonciative car il y joue un rôle très important. Il se distingue par un retrait de sa première ligne et est séparé du § précédent par une ligne vierge. nou/velle 182. alinéa L’alinéa est une subdivision du § qui est lui aussi marqué par un retrait de sa première ligne . variation typographiques  italique On emploie l’italique lorsqu’il s’agit de signaler dans un texte un mot ou une expression étrangers (le latin par exemple). D’un point de vue stylistique. Le paragraphe peut recevoir un sous-titre. paragraphe C’est une division arbitraire de l’énoncé . la pensée est articulée en sousdéveloppements qui doivent présenter une unité et une cohérence. L’alinéa est l’unité supérieure de la phrase. mots vedettes comme entrées de dictionnaires (cf. . un néologisme. il existe deux transgressions possibles : l’une qui morcelle le texte à l’extrême dans des alinéas composés d’une seule phrase. Noter la distinction qu’ils permettent de faire entre les didascalies et le dialogue au théâtre   caractères gras : mise en valeur de mots ou groupes de mots : titres. rez-de-chaussée 73. PP) 2. b. les autres emplois sont orthographiques : cf.1.

fonction prosodique : il marque une pause de moyenne durée. et toute une série encadrée de gravures (…) . de grandes estampes d’après Boucher. de plus. qui contiennent dc déjà une virgule. notre aïeul . FF 194 Elle était persuadée que tant de bonheur était impossible . sur la table. car il appartenait à cette race perdue. la haute armoire de noyer. le point-virgule a. dans ce cas. qu’elle soit complète. sa fonction syntaxique est interphrastique. deux tableaux flamands qu’on disiat l’ouvrage d’un ancien peintre. et éventuellement d’autres fonctions secondaire. etc. puis une fonction syntaxique. Il a donc une fonction syntaxique interphrastique. nécessairement. chaque minute qui s’écoulait me tenaillait le cœur RF 121  il joue le rôle d’une virgule renforcée dans des énumérations. le dernier carlin peut-être. telles que sémantique. établissent une hiérarchie/ virgules . je revis avec attendrissement les vieux meubles conservés dans le même état et qu’on frottait de temps en temps. fonction prosodique : il marque une pause forte b. l’astérisque a la forme d’une petite étoile comme son étymologie l’indique . listes. tableaux. fonction syntaxique. 2. ancien compagnon de mes courses dans les bois. ils ont donc d’abord une fonction prosodique ( pause ou intonation). ou des structures //. ou incomplète. 1. dans les énumération. les . Une angoisse effroyable me tenaillait le cœur . que toutes merveilles qu’il lui décrivait étaient imaginaires GM 154 Ici énumération des meubles et structures // (que). il peut indiquer un renvoi répété après l’initiale d’un nom propre. par rapport au point  il joue le rôle d’un point et peut séparer des propositions indépendantes (juxtaposées ou coordonnées) mais dont l’enchaînement est moins nettement interrompu que par un point. ou énonciative.le point a. un chien empaillé que j’avais connu vivant. sa fonction syntaxique est intraphrastique : Une fois les volets ouverts.    au niveau du texte : on utilise alors le tiret combiné avec l’alinéa dans la présentation du dialogue par alinéas (PP 54). il indique nécessairement que le segment qu’il clôt est à considérer comme une phrase. que le jeune homme était trop jeune pour elle . Les signes ayant une fonction prosodique principale ou signes pausaux Ce sont des signes qui ont pour fonction originelle de marquer des frontières syntaxiques qui correspondent aux pauses de la voix . il indique qu’on ne veut pas citer ce nom intégralement (FF 79 le Théâtre de P***) 2. Dans ce cas.

1. chacun dîne sur ses genoux. ni) suffit . où il peut. FF 192 . dans la salle de classe obscure GM 129-30  voire explicatif la vie m’apparaissait sous un aspect tout autre . comme un point  ou renforce la coordination Tout en parcourant les rues de la ville. je venais de naître à un nouvel ordre d’idées. elle sépare des termes de même fonction a. la virgule a une fonction coordonnante . puisqu’il structure la phrase :  il indique la juxtaposition Elle ne nous a pas oubliés . RF 121 3. cela signifie qu’il a une fonction syntaxique. car ce n’est pas.a. ou de mise en relief Pour moi vous étiez Saint-Preux. il a donc une fonction syntaxique interphrastique. mais il était trop matin RF 127 La pierre de Clarimonde devrait être scellée d’un triple sceau . PP 42 Mais une virgule peut doubler la conjonction. du moins elle n’en avait pas l’air RF 139 . et je me retrouvais dans Julie. il unit souvent des phrases grammaticalement complètes. elle est couturière à paris auprès de Notre-Dame . pas besoin de virgule Je crois voir de trop près ma main qui écrit et ma plume est une enfilée de brouillard. son rôle est d’isoler un terme dans le déroulement de la phrase.Le lien logique souligné peut être causal ou consécutif On n’a pas mis la table ce soir là . la virgule Elle marque une faible pause . en soulignant un lien logique qui les unit  le lien logique souligné est adversatif : j’ai peine à croire encore que ce fût un démon . GM 155 Ici. à ce qu’on m’a dit. donc sa fonction pausale est intrinsèquement liée à ses fonctions syntaxiques : 3. je regardais toutes les fenêtres et à tous les balcons si je ne verrais pas Clarimonde . le point-virgule a une fonction sémantique . ou. elle sépare deux termes : en principe la conjonction (et. RF 137 Même remarque sur la fonction interphrastique a. ayant alors une valeur sémantique particulière. la première fois qu’elle est morte.

des cheveux de topaze. RF Si la conj. des escrocs. RF 139 Ne regardez jamais une femme. et souligne en la renforçant la symétrie (fonction sémantique) ou la cause : car vient justifier l’énoncé qui le précède. et marchez toujours les yeux fixés en terre. outre sa fonction syntaxique. car.2. des femmes de théâtre. la virgule met en valeur leur opposition : Les saules nous abritaient des regards. mais de deux mots ou groupes de mots séparés par mais. GM 159 . il suffit d’une minute pour vous faire perdre l’éternité. coord. PP 51 (la virgule = et) 3. les termes sont juxtaposés et non coordonnés.Je me laissais faire avec la plus coupable complaisance. et véritablement timbré. les précédents sont séparés par des virgules Ce n’est pas le cas du porto de Certâ : chaud. RF [attention : ici Aragon ne met pas de virgule] Rien ne peut m’assurer de la réalité (…) ni la rigueur d’une logique ni la force d’une sensation PP 14 d. est répétée alors la virgule se place devant chaque conj. les deux termes ou propositions sont déjà séparés par la conj de coord mais : la virgule se place généralement devant lorsqu’il sépare deux propositions : D’un coup de fouet. ni aucune de celles que je connais. ferme. elle a alors une fonction sémantique : J’ai connu des cheveux de résine. assuré. si chaste et si calme que vous soyez. sauf la première Mais je me souviens parfaitement que je me trouvai avec Karr dans une maison qui n'est ni la sienne ni la mienne. La virgule sépare des termes de fonctions différentes Elle permet donc d’isoler le groupe fonctionnel . mais elle continua à marcher au pas GM 45 Quand il ne s’agit pas de deux propositions. Elle sépare plus de deux termes coordonnés : la conj se met entre les deux derniers termes (la virgule alors n’est pas obligatoire). RF 150 La virgule ici double la conj. PP 96 Je voyais la meilleure société du monde. b. c. des cheveux d’hystérie. des fils de famille ruinés. des parasites et des spadassins. mais non pas du soleil. seule la virgule peut marquer le lien logique entre eux . et elle accompagnait tout cela du plus charmant babil. Meaulnes voulut lui faire reprendre sa vive allure..

puisqu’elle indique un changement de niveau énonciatif. puisqu’elle indique un changement de niveau énonciatif. et une fonction énonciative. RF 162 Même remarque la virgule a ici. GM 87 la première incidente de GM nous précise que ce point de vue est tout personnel et certainement pas partagé par le maître d’école . puisqu’elle fait intervenir une autre voix que celle de l’énonciateur précédent . un des constituants de la phrase se trouve rejeté hors du cadre de la phrase. outre sa fonction syntaxique une fonction sémantique. la deuxième incidente nous renseigne sur le point de vue du narrateur sur les événements. groupe qui apportent un complément d’information. là aussi fonction énonciative . et une fonction énonciative.une proposition incise (indique le discours rapporté) : Sylvie. elle se dote en outre d’une fonction énonciative. elle isole des groupes qui ne font pas partie de la phrase de base. génial rêveur. l’apostrophe a une fonction phatique.une proposition incidente ( sert à insérer un commentaire sur un discours. RF 126 Ici. tu promenais un œil dément PP 181 On a donc ici.relative explicative : C'est ainsi que finit mon rêve d'opium.a. GM 99 A vrai dire. placé à côté d’un autre GN) : Krafft. cette dure démarcation qui faisait la vie scolaire simple et réglée comme par la succession du jour et de la nuit. je le déteste. à droite (en rappel) ou à gauche ( en prolepse) et rappelé par un pronom ex : Le cours de ponctuation. entre les heures de cours et de récréation. mon frère. vous ne m’aimez plus ! FF 192 Ici. et n’écoutez pas les suggestions du diable. semblait-il. b. ce fut seulement au tout premier instant que nous eûmes de l’effroi. groupes détachés dans des positions inhabituelles : fonction prosodique et syntaxique essentiellement .apposition (GN ou adj.phrase disloquée (ou segmentée). qui ne me laissa d'autre trace qu'une vague mélancolie. puisqu’elle permet de distinguer la relative explicative de la relative déterminative. suite ordinaire de ces sortes d'hallucinations. une fonction sémantique. non indispensables . . outre la fonction syntaxique intraphrastique. à l’intérieur de ce discours) : Il n’y avait plus. c. puisqu’elle explicite le découpage de la phrase et distingue l’apposition de l’épithète. dans ce cas. lui-dis-je. l’incise place en cours de discours le peu de narration qui est indispensable pour savoir qui parle . c’est-à-dire d’interpellation du destinataire .une apostrophe : Prenez garde. .

ce sont mes souvenirs GM 211 . mots ou groupes de mots répétés Sucre. la virgule a une fonction sémantique puisqu’elle remplace un mot. vint) Les deux virgules constituent la trace du verbe effacé. l’audace me prit GM 148 (COD) . structure de phrase qui combine le détachement en tête de phrase et l’extraction (C’est la ponctuation que j’aime). après la danse.phrase semi-clivée. procédé emphatique qui associe c’est. il plongea dans ce même désespoir où sans doute. Cet air que je ne connais pas. e. la danse . c’est la ponctuation.complément de verbe ou de nom détaché en tête de phrase De la voir sourire. locution identifiante. je tournai les yeux vers le personnage indiqué FF 175 (CCM) Un instant. il les léchaient. l’idée de se tuer l’avait surpris GM 103 (CCT) . c’est aussi une prière GM 176 Ce que je sais d’un dieu.Certaines. sucre. (…). c’est l’aile PP 192 Ce qui me plaît en vous (…) . PP 118 Ici. Bigre.3. ou encadrés Sans trop d’émotions. il essaya vainement de baisser la glace GM 81 d. la virgule est nécessaire dans un système paratactique Ce sont des propositions juxtaposées qui entretiennent néanmoins un rapport de dépendance syntaxique conditionné par la présence d’un indice formel dans la première proposition : .compléments circonstanciels détachés en tête de phrase. Bigre JF 250 3. groupes syntaxiques distincts rapprochés à la suite d’une ellipse Après le repas.proposition subordonnée placée en tête de phrase Comme la poignée se trouvait à l’extérieur. le coucher des époux JF 250 (ellipse du v. sucre . un jour. rejet à gauche en prolepse et mise en valeur de " certaines " : rejet à droite en rappel) . et une relative pour extraire un constituant de la phrase Ce que j’aime. bigre. identiques". Outre sa fonction syntaxique.

V/ Att. du plus bas de la fondrière. V/ CO.FF(S) adjectifs interrogatifs : Quel besoin avons-nous de la crapule de votre esclave aux miroirs concaves ? JFC 260 pronoms : que vont-ils chercher au fond de leur esprit. N/ CdN mais la longueur du segment le rend parfois nécessaire *Pierre est. plus elle les aime. je ne lui adresserai pas la parole. le point d’interrogation 1.4. la fonction de la virgule est syntaxique interphrastique. génératrice d’une attente. RF  Dans tous ces cas. 3. l'animal têtu s'élance JF 78  Adverbe repris par un terme correspondant ds le deuxième terme juxtaposé : Plus ils sont riches. il n’en aurait pas cru un mot (l’indice est le mode conditionnel. moins je pouvais croire que la vie avait pour toujours abandonné ce beau corps. .   mode verbal : Elle lui aurait donné une explication./ *Pierre a. Aussi ne peut-il exister qu’au discours direct. de la chance 4. verbe ou locution verbale modalisatrice : Il aura beau la supplier.  la proposition interrogative peut être marquée par l’inversion simple : Boucher. il est obligatoire. Il confère au segment qu’il clôt une intonation particulière dite interrogative. Sa fonction principale est donc d’intonation. Jacques a beau le serrer des genoux et lui tenir la bride courte. elle ne lui ouvrira pas. ces sédentaires. beau.. exclusivement montante. qui est un substitut de l’oralité. Les interdictions : La virgule est interdite entre des termes étroitement associés : S/ V. passé) inversion du sujet : Serait-elle la reine d’Angleterre. . plus je la regardais.. mordus par l’âge et l’oisiveté du cœur ? PP 28 ou simplement par l’intonation : vous êtes bien le concierge du passage ? PP 28 Dans tous ces cas. voudrais-tu me loger ? FF (S)       ou par l’inversion complexe : ? Ce page noir ne peut-il être passé au service d'une autre femme? RF (MA) par des morphèmes interrogatifs adverbes : Pourquoi as-tu écouté ce prêtre imbécile? RF (MA) mais comment nous sommes-nous rencontrés deux dans le rêve?.

et correspond sur le plan prosodique à une virgule . il s’enrichit d’une fonction sémantique. Et que m’importe le blanc ou le noir ? Ils sont du domaine de la mort. Il a donc également une fonction prosodique pausale et absorbe la fonction syntaxique du point ou de la virgule qu’il remplace. .  En effet. il a évidemment une fonction énonciative. PP 15 L’interrogation n’en est pas une. Et comment le saurai-je ? Qui me le dira ? GM 180 Lui écrire? par qui ferais-je parvenir ma lettre? RF (MA) Dans le 1er exemple.1. soit à la virgule. Dans la mesure où ce type d’interrogation joue sur un implicite. il est suivi d’une minuscule. son emploi est donc stylistique (mise en évidence de l’oralité. le point d’interrogation est proscrit J’espère que tu me feras grâce du reste ? JF Normalement. selon qu’il termine ou non une phrase. on ne devrait pas trouver de ? . il n’en est pas de même puisqu’il va transformer cette narration en discours. puisqu’elle amène une réponse immédiate du narrateur. Les signes ayant une fonction sémantique principale Ceci est le cas des signes que Popin appelle signes par évocation : à savoir les points de suspension et le point d’exclamation.   mais qui. une lacune de la formulation. Comme il est indice d’oralité et du discours direct. Dans le 2ème exemple. Mais il indique aussi une pause qui correspond soit au point.3. dans la mesure où il n’indique aucun changement énonciatif dans la narration. mais il est sous-entendu que la réponse est " rien ". Mais le plus souvent l’interrogation oratoire n’amène pas de réponse explicite. 4. Sa présence va révéler alors la présence de l’énonciateur dans un texte qui jusqu’alors s’efforçait de le masquer. il correspond donc sur le plan prosodique à un point : sa fonction syntaxique est interphrastique. Que viendrait désormais faire ici la raison ? PP 12 Ici. les points de suspension indiquent un inachèvement. Ils ne valent qu’à l’écrit et contraignent à supposer un texte absent. Rappel : dans l’interrogation indirecte. aucune réponse. ne nous intéresse pas. C’est le cas de l’interrogation oratoire qui est une forme habile de la connivence avec le lecteur. dans le discours direct. 1. le ? est suivi d’une majuscule . dans cet extrait du programme de l’an dernier. contagion de la narration par le discours) 2.

. les points de suspension Il a aussi une fonction prosodique.. comme dans un rébus. RF (MA) . ainsi que la virgule. il absorbe par conséquent leur fonction syntaxique. Le point d’exclamation indique un effet de voix qui peut bien être purement supposé et qui se constitue dans le domaine psychologique . moi qui vous achèterai les plus belles perles qui seront ici.. b. le nom ne sera pas sur le catalogue. FF(MA) d. je vis se dessiner la longue ligne des murs du couvent de Saint-S.non absorption du ! : C'est donc un blond!. il marque une pause. ne manquera pas de crier à haute voix les premiers mots de la phrase "). ds le discours direct . mais du point abréviatif . FF (S) . car il s’agit là non des points de suspension. selon le contexte . scrupule. final : Puisque tu m'aimes encore. vient du locuteur lui-même. oubli) " Monsieur! Meaulnes. comme c'est l'usage. 1. là un élève qui veut faire peur à son camarade en faisant semblant de le dénoncer : . un inachèvement de la phrase a. . il ne faut pas que je meure. absorptions : ils absorbent le point final (on ne trouvera donc pas quatre points à la fin d’une phrase). où ils sont le fait d’un énonciateur premier On retrouve dans ce cas la fonction prosodique d’interruption mais qui se double d’une fonction sémantique particulière. c’est un affect. il oblige en effet le lecteur à compléter le sens du discours ainsi interrompu : . ex.. confusions : ce n’est pas le point abréviatif .. " GM L’interruption est volontaire.il peut s’interrompre pour se corriger ou marquer une hésitation (gêne.absorption de la virgule : vous ne pouvez croire que je ne fasse plus encore.. " c’est sans doute le reliquat d’un usage où l’on remplaçait chaque lettre manquante par un point abréviatif.. ici un élève qui veut prévenir de l’absence de Meaulnes sans oser en dire plus (" et quelqu'un. : FF(A) X.absorption du . Ce que l’on trouve parfois pour remplacer une injure (ex : f… métier) c....non absorption du ? : Vous ne travaillerez point à votre dentelle aujourd'hui?. mais n’absorbent pas le point d’exclamation ou d’interrogation Dans le cas où il absorbe le point et la virgule. signe d’évocation.. FF(S) ..on ne met pas … après etc. si vous voulez... c’est ce point abréviatif qu’on trouve encore ds FF(S) : " A ma gauche.

FF(S) Ici le silence du narrateur est lié à la notion même de sacré : intouchable donc innommable au sens premier ... Et de la cuisine nous écoutions ce que disaient les paysannes.. Je ne pouvais tenter une séduction. on note ainsi dans GM un effet de suspension du récit ou des phrases. curieux de toutes leurs histoires… GM 144 Il fallut lui raconter ma vie à Paris. outre leur fonction prosodique et sémantique. la fiancée que Frantz est allé chercher. avec leur façon de ne pas se plier à la mode PP 107 Ici les points de suspension attestent en certitude de l’intention ironique de l’auteur et de son jugement négatif quand à la valeur esthétique des jupons ou des cheveux. il a dans ce cas une fonction énonciative. peuvent avoir une fonction énonciative remarquable : ie ils nous indiquent la présence et l’état d’esprit de l’énonciateur : Et les jupons… il y a donc des femmes qui portent ces jupons prune à longues raies ton sur ton ? PP 103 les cheveux… les cheveux mériteraient un paragraphe. (…) ou […] . on utilise la parenthèse ou le crochet . conjointe à l’usage de la parenthèse ou du crochet. f. un silence imparfait s'établit. " GM . un débit particulièrement marqué par l’émotion . coupé de petits cris étouffés et de phrases dont on ne dit que les premiers mots pour effrayer son voisin : GM ....il peut fragmenter un monologue intérieur et souligner le rythme de la parole du locuteur. que j'avais vue grandir.Eh bien. les points de suspension.en fin de phrase. Sylvie. FF (S) D'ailleurs un amour qui remonte à l'enfance est quelque chose de sacré. peut-être à signaler un univers inaccessible même aux mots. mêlé de conversations à voix basse." Monsieur! Un tel me. qui vise à laisser place à l’imagination du lecteur/auditeur . ils peuvent être le fait de ceux qui sont amenés à utiliser le texte et à le citer : dans ce cas....il peut être interrompu par son interlocuteur ou par des circonstances extérieures : . par exemple un bégaiement émotif e. dans le cas où il ne s’agit pas de discours direct ou de monologue intérieur. " Avant que le jeune homme ait rien pu dire... l’énonciateur peut chercher à ouvrir un prolongement sémantique. mes voyages. ils sont tous les trois arrivés à la porte d'une grande salle (…) GM L’interruption est soulignée et explicitée par le narrateur. était pour moi comme une sœur.

Donc si sa présence n’a rien d’exceptionnel sur le plan de l’énonciation dans le discours direct . il correspond donc sur le plan prosodique et syntaxique à un point. il nécessite donc une interprétation sémantique. et correspond sur le plan prosodique à une virgule . FF (S) Hormis ce cas. si calme et si doux. Dans le 2ème exemple. voire stylistique. Il a une fonction prosodique. le point d’exclamation est toujours intentionnel. c’est soit une virgule qui isole un terme en apostrophe . C’est en particulier le cas pour PP où la narration tend perpétuellement vers le discours. obligatoirement. selon sa place dans la phrase : votre conduite est vraiment inexplicable! Vous. d’injures faisant office d’interjection   RF : Hélas ! FF : Ah ! Hé bien ! Eh bien ! Oh ! Quoi ! Mon Dieu ! Ainsi qu’après les adjectifs et les adverbes exclamatifs : Quelle perte!. vous vous agitez dans votre cellule comme une bête fauve.. et une fonction sémantique liée à sa valeur intonative et modale On remarque qu’il note imparfaitement toutes les nuances de l’oral. mais aussi parfois à la virgule. c. puisqu’il indique une pause qui correspond au point le plus généralement.. il est suivi d’une minuscule. b.   il peut donc venir renforcer l’apostrophe : O Karr ! RF(PO) " Monsieur Seurel! Monsieur Seurel! " GM ou une injonction : Comptons! GM " Amenez-le! Amenez-le! " GM Dieu veuille que ce soit un rêve! RF(PO) a.2. Le point d’exclamation a. comme son nom l’indique. ou une virgule ayant qui isole une proposition incise. Il est extrêmement polyvalent quant à l’expression des sentiments qu’il met en jeu qui nécessite une part d’interprétation du lecteur . Il est indice d’oralité et du discours direct. puisqu’il va la transformer en discours. Emploi obligatoire : Uniquement comme signal redondant de l’interjection. de locution interjectives. RF (MA) Ah! quelles nuits! quelles nuits! RF(MA) Dans le 1er exemple. le ! est suivi d’une majuscule . si pieux. il n’en est pas de même dans la narration.

c’est pour marquer une distance avec sa propre expression. Il faut rentrer à la maison.ce peut être pour un emploi en mention. Sylvie. François! " GM Allez toujours! FF(S) . ou émet un doute. bon Dieu! RF (MA) 3.Quels moines! C'étaient des Templiers! FF(A) admiration ou effroi " Prends garde par derrière! GM appréhension Partir demain sans l'avoir revue! RF (MA)désespoir .des sentiments variés : Trois volumes!. : FF(A) regret .. C’est pourquoi si l’on joue de l’italique. mais aussi des titres d’œuvres . ie une référence explicite à un terme appartenant à qn d’autre . c’està-dire le peu de narration indispensable pour savoir qui parle. dit Sylvie à son frère. . Les signes ayant une fonction énonciative principale Ils indiquent tous qu’une autre voix que celle de l’énonciateur précédent va se faire entendre ou vient de se faire entendre... un jugement) 3. rappel : l’italique Lorsque un auteur emploie l’italique. FF(S) 3.. Rappel : la virgule de l’apostrophe et de l’incise  lorsque la virgule détache l’apostrophe qui vise à interpeller le destinataire : Dietrich.1. ou des citations d’œuvres : . Ce peut être aussi une deuxième voix assumée par la même personne ( ex. il permet de résoudre certaines ambiguïtés de formulation : dans JF beaucoup d’exclamations très proches sémantiquement de l’interrogation : Dans quel siècle vivons-nous.. c’est le cas de tous les termes étrangers. qui ait votre regard et les traits purs de votre visage. Il souligne à la fois le mot mis en relief mais aussi sa propre présence dans le texte. il manifeste sa présence en mettant ainsi en relief telle ou telle expression. mon fidèle écuyer RF (CD) Aucune.2.de ce fait. Quelle perte!.un ordre (valeur modale) : " Allons-y. donne un avis sur ce qu’elle vint de dire. FF(S)  lorsqu’elle détache dans un discours en cours ou en fin de phrase l’incise.

(G. C’est un braconnier sans doute. Quand on lui demande son métier. " GM La citation est annoncée par les deux-points. PP76 3. 80 (hésitation entre emploi ironique et emploi en mention) :² Il paraît que le téléphone est utile : n’en croyez rien . il faut que je vous quitte… " GM 72 (quotes anglais) Ici les guillemets (quotes anglais) soulignent que la jeune fille (Yvonne) ne s’est pas approprié le terme et peut-être aussi bien la maison elle-même. que ne peut supposer capable d’ironie. deux lignes avant) . E 47 (exemple de l’an dernier) Magasinier : 1) emploi en mention. La volonté. tout emploi avec lequel l’auteur prend ses distances.ou pour marquer un changement de niveau énonciatif . dans les didascalies. et les châteaux hantés laissés à l’abandon ? PP 118 . les guillemets On emploie les guillemets pour toute citation directe. excepté sa raison. les guillemets marquent un changement ds l’énonciation.Le fou n’est pas celui qui a perdu la raison : le fou est celui qui a tout perdu. Dans tous les cas. dit la jeune fille . ils marquent une distance ironique de l’auteur. c’est la voix de l’auteur qui se fait entendre. la ponctuation normalement attendue est placée à l’intérieur des guillemets. il est " magasinier ".3. référence aux propos mêmes du voisin. C’est sans doute le cas dans PP p. Chesterton) PP 245 Et que dire de l’étalage d’éponges qui complète cette boutique. K. a.ou ce peut être une distance ironique. leur emploi est donc très proche de celui des italiques " Voilà "la maison de Franz". c. ou un emploi par prudence. née sur la fin du romantisme. quand Les Burgraves étaient sifflés. pourtant. le sachant maquereau (il vit des femmes. dis-je à mi voix. se redressant tout à coup. elles indiquent que l’énonciation n’est pas la même que dans les répliques . 2) distance prudente de Meursault. mais qui ne peut cautionner tout à fait ce propos. ils marquent un emploi en mention. ils marquent en principe le passage de la narration au discours " Cela vient de la grande sapinière à gauche. toute référence explicite. b. ie une référence explicite à un terme appartenant à qn d’autre . ainsi les didascalies de la saynète de PP sont en italique . encadrée de guillemets.

le but : cause/csqce. jurez d'abord! GM Les parenthèses accompagnant les italiques dans la saynète du PP marquent donc le changement énonciatif propre au théâtre – dont atteste la didascalie . une fois pour toutes. les parenthèses et les crochets Les parenthèses encadrent une portion de texte qui diffère du contexte qui l’environne.au sein d’une réplique..) Vous. deux choses : l’une c’est que… (…) l’autre chose. et.. j’y vais avec lui. Jurez-moi que vous répondrez quand je vous appellerai . je vous assure… " GM b. Et par extension. le deux-points Il est réservé à la fonction cataphorique du discours (cataphore : désigne le renvoi à un élément postérieur dans le texte / anaphore : désigne le renvoi à un élément antérieur ds le texte). en effet) il n'y a qu'un moyen. lorsque l’auteur est obligé de préciser les caractéristiques d’une action pour le jeu de l’acteur – elles sont parfois renforcées par l’italique. il introduit l’explication : fonction sémantique (= à savoir) Mais je viens de bien loin. c’est pourquoi elles correspondent à un changement de voix sur le plan de l’énonciation.5. ma tante. Meaulnes. il y avait un fait absurde que je ne pouvais m'expliquer: c'est que le sentiment du même moi existât dans deux hommes si différents. Il introduit le développement des termes d’une énumération : fonction sémantique Monsieur... il le faut employer: aux grands maux les grands remèdes.quand je vous appellerai ainsi .4. et d'un endroit d'où personne n'est encore revenu: il n'y a ni lune ni soleil au pays d'où j'arrive RF(MA) Seulement. RF (MA) j'étais si fatigué de cette double vie.3. Il introduit le discours direct : fonction énonciative J’eus pitié d’elle et je protestai : " mais non. Et la relation consécutive : fonction sémantique Mais aussi en raison de la proximité de ces notions la cause. la conséquence (= donc. avant/après. quoiqu'il soit extrême. a. Il en est de même pour les crochets qui sont utilisés uniquement pour marquer l’intervention de l’éditeur du texte. c’est que… JF 234 c. PP76 . que j'acceptai : voulant savoir. (et il poussa une sorte de cri étrange : Hou-ou!. qui du prêtre ou du gentilhomme était dupe d'une illusion RF (MA) 3. RF (MA) d. (d’un air résolu) : s’il y va.

un pot de chambre ! – On y va.Ah ! si vous étiez assez bon… . cette fois… GM Ici. le point-virgule. ou ce qui va l’être.Je commence le travail après-demain. p. Au premier instant.le tiret délivre une information de même niveau que le contexte qui l’environne. Ils entretiennent une relation intéressante avec les guillemets. présente celle-ci avec quelque réticence. 116 2. à l’intérieur du texte." (C'est ainsi que Diderot commençait un conte. Seurel dont on eût dit qu’il partait en guerre – je crois bien qu’il avait mis dans sa poche un vieux pistolet – et ce traître de Moucheboeuf. le deuxième tiret peut être absorbé par le point : [il] cligna des yeux – et Meaulnes comprit qu’il avait une forte envie de pleurer. voire pudeur. le tiret par pair marque.j’étais si jeune encore ! – je considérai cette nouveauté comme une fête.Je vous le chercherai : donnez-moi quelques jours. comme la parenthèse un autre plan d’énonciation En fin de phrase. combiné à l’alinéa et au retrait marque la prise de parole et le changement de locuteur . M. il reviendrait – sans tricherie.ou encore apporte une précision à ce qui vient d’être dit : Et bientôt. Ils marquent un changement d’énonciation puisqu’ils dédoublent la voix du locuteur ou disposent l’information sur des plans différents. . le tiret. . JF 124 +même chose dans E. – Les côtelettes et le canard ! – On y va.. dans le dialogue et dans l’introduction du discours direct. commentaire de Meaulnes au sein du DIL(Discours indirect libre). – Un pot à boire. visant ici à fournir une explication) : 3.. ex.6. me dira-t-on."Et puis. le tiret et le trait Ces signes sont confondus dans leurs fonctions.. les parenthèses. 1. GM . GM . mais.ou bien le tiret par pair commente ce qui vient d’être dit. FF(A) 99 Dans JF parfois pas de passage à la ligne : Elle répondait : On y va. la virgule. pas de passage à la ligne.) FF (A) Cette dernière parenthèse correspond à une incidente. . GM . ie un commentaire en supplément de l’information essentielle. on y va. Je quittai mes deux compagnons.