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Lettre d'information n°5 - 12 Juillet 2009

La Nuit rwandaise
L'implication française dans le dernier génocide du XXe siècle
A diffuser largement • prix libre Numéro 5 • 12 Juillet 2009

Un génocide
secret d'état
• Préfaces de Thierry
Méot, William Bourdon
Ce livre a une histoire
et Richard Valeanu Michel Sitbon
• Postface de Jean-Pierre
Publié une première fois en
Chrétien
1997 par les Éditions
Sociales, l’auteur et l’éditeur
• Introduction de Michel se verront poursuivis par Le
Sitbon Monde, quotidien du soir. Le
Réédition 2009 du livre
directeur de ce journal, Jean-
de Jean-Paul Gouteux Marie Colombani s’estimait
Un génocide secret d’État, paru aux diffamé – ainsi que son
Éditions Sociales en 1997 était épuisé chroniqueur militaire, Jacques Isnard – par le fait
qu’était dénoncée là l’excessive complaisance
Nous avons donc décidé de le rééditer, augmenté
d’une préface de Thierry Méot, l’éditeur du livre, des avec laquelle ils avaient pu rendre compte de
deux avocats qui l’ont défendu contre Le Monde, l’intervention française au Rwanda. à lire pages 2, 3, 4
William Bourdon et Richard Valeanu et, vu le silence

Au secours des
des médias entretenu autour de ce procès, de l’Arrêt
de la cour d’Appel de Paris du 29 mars 2006.

Jean-Paul Gouteux
R é p a r a t i o n s p o u r l e s Nous sommes - enfin ! - en train de terminer les
Assassins
v i c t i m e s d u g é n o c i d e corrections et la mise en page du livre de Jacques
Morel, Au secours des assassins.
à lire pages 5 et 6
Cette somme d’informations, ce travail inédit de
recherche et de recoupement d’informations sera
COMMANDER NOS LIVRES La Nuit rwandaise bientôt disponible…
• Par internet, depuis le site de la revue La revue
(paiement CB sécurisé) : auront donc participé à la
n ° 3 - Av r i l 2 0 0 9 • Trois tomes de plusieurs
diffusion d’une œuvre majeure
centaines de pages
www.lanuitrwandaise.net dans l’établissement de la vérité
• Un index général
• Par courrier, en envoyant un chèque à sur les responsabilités françaises
• Un abrégé de l’histoire du
La Nuit rwandaise (préciser le livre Rwanda, du Burundi et du dans le génocide des Tutsi.
Congo Veuillez nous excuser pour
commandé) à l’adresse :
• Une chronologie très ce retard.
détaillée des événements.
La Nuit rwandaise
Nous remercions toutes les Les personnes ayant pré-
s/c Lady Long Solo personnes qui, en pré- commandé le livre le
38 rue Keller commandant ce livre, auront recevront dès sa sortie
permis qu’il soit imprimé et d'imprimerie.
75011 Paris page 6

La Lettre de La Nuit rwandaise • N°5 • 12 Juillet 2009


La Nuit rwandaise
La Lettre d'information
Michel Sitbon ce jour. Surtout il a ouvert la voie pour de Avouons que nous n’étions pas d’accord sur

Ce livre a
nombreux travaux, y compris universitaires, tout. Je discutais cet optimisme, où je voyais la
qui s’attachent à ausculter méthodiquement le trace de son “positivisme” de chercheur qui
traitement de l’information par la presse. voudrait que la connaissance soit en

une histoire Mais, ce n’était pas le sujet de ce livre, « Un perpétuel progrès.
génocide, secret d’État », qui dénonçait ce qu’on On attend encore ce «   dernier mot   » que
Publié une première fois en 1997 appellera là le Rwandagate. La référence au l’histoire devrait rendre sur nombre de
scandale du Watergate qui devait contraindre questions. Malheureusement, bien souvent le
par les Éditions Sociales, l’auteur et à démissionner un président des Etats-Unis, crime paye. Et, un siècle après, on méconnaît
l’éditeur se verront poursuivis par était transparente dans l’esprit de Jean-Paul : toujours les responsabilités de Raymond
Le Monde, quotidien du soir. Le un scandale comme celui de la Poincaré, de la diplomatie secrète et des
directeur de ce journal, Jean-Marie compromission dans un génocide ne pourrait services français, à l’origine de la guerre de
Colombani s’estimait diffamé – que provoquer un sacré remue-ménage à la 1914. Aussi loin que l’on puisse remonter, aux
ainsi que son chroniqueur militaire, tête de l’État français. C’était la moindre des sources de l’empire chinois ou dans l’histoire
Jacques Isnard – par le fait qu’était choses. des guerres puniques, il semble bien que la
Jean-Paul publiait ce livre il y a douze ans… « vérité » des vainqueurs s’impose souvent à
dénoncée là l’excessive l’historiographie. Force est de constater en
Il n’est pas sûr qu’il ait été entendu depuis.
complaisance avec laquelle ils tout cas que les militaires présents au
avaient pu rendre compte de « En 1997, nous ne pouvons plus dire que nous
Rwanda n’auront pas eu à souffrir pour
ne savons pas. »
l’intervention française au Rwanda. l’avancement de leur carrière, d’avoir été
Que dire en 2009 ? compromis dans un crime majeur. Pas plus
Le Monde réclamait 200 000 francs. Une
« La seule idée d’une complicité éventuelle de la que le ministre du Budget porte-parole du
somme pour une petite maison d’éditions,
France dans un génocide est intolérable. » gouvernement de l’époque, un certain
proche du Parti communiste, qui ne
«   Le refus et la dénonciation d’une complicité Nicolas Sarkozy. Au contraire, on apprenait
bénéficiait plus de l’or de Moscou…
inavouée et d’une idéologie raciste n’est pas récemment la promotion par l’Elysée de tous
Surtout, on pouvait s’étonner que Le Monde les militaires qui ont eu le déplaisir de se voir
seulement une réaction citoyenne devant une
estime urgent de poursuivre ce livre pour dénoncés formellement pour leur
atteinte grave aux principes de la République, c’est
quelques phrases relativement anodines dans participation au génocide, au rang de la
aussi et surtout une précaution vitale. »
le contexte de la dénonciation bien plus Légion d’honneur. Légion d’horreur.
terrible d’une politique d’État génocidaire. «   C’est un problème franco-français qui est
posé. » En 1997, Jean-Paul écrivait, avant la Mission
Jean-Paul Gouteux était de ces rares d’information parlementaire, dite Mission
citoyens qui dès le départ s’étaient insurgés « Il est d’une absolue nécessité de faire toute la Quilès, qui se réunira l’année suivante :
contre la participation française au génocide lumière sur le rôle de la France dans le dernier
«   On peut s’étonner de l’absence de débats
des Tutsi du Rwanda. Ce livre était une grand génocide du siècle. Si ce drame est enterré,
parlementaires dans une grande démocratie, sur
contribution importante à cette dénonciation. si les responsables et les complices d’une politique
un acte aussi grave que l’implication de soldats
Il n’avait mentionné Le Monde que pour mortelle échappent à tout contrôle, c’est
français dans une guerre civile étrangère. Le fait
préciser combien ce journal avait fait défaut l’acceptation d’un futur apocalyptique où les
qu’en France ces questions relèvent du “domaine
pour aider à la prise de conscience citoyenne génocides seraient banalisés. »
réservé” de la présidence de la République est une
à laquelle il appelait. Colombani et Isnard Jean-Paul est mort en 2006, et on faille impressionnante de notre système
s’étaient effectivement faits les relais de comprendra que sa voix nous manque.
démocratique. »
l’entreprise idéologique nauséabonde qui Il aura été le seul à poser dans tous ses
avait conduit à une mort atroce un million de termes le scandale absolu de ce qu’il a appelé Peu après la publication de ce livre, des
personnes. Pire encore, omettant d’informer dans un livre ultérieur, devenu une référence «   débats parlementaires   » sur l’intervention
ses lecteurs, Le Monde – «   quotidien de incontournable sur le sujet, «   La Nuit française au Rwanda allaient s’ouvrir, dans le
référence   » précisait Jean-Paul –, n’avait rwandaise ». cadre d’une Mission d’information présidée
assurément pas rempli son rôle de « contre- par Paul Quilès – qui avait été ministre de la
pouvoir » – ainsi que ce sera développé dans En quelques mots, il disait l’essentiel : Défense de François Mitterrand. Quoiqu’on
un deuxième livre, Le Monde, un contre- «   De toute l’histoire humaine, jamais autant puisse penser de la mauvaise foi de cette
pouvoir   ?, publié chez L’Esprit frappeur en d’êtres humains n’ont été tués en si peu de temps. » démarche, force est de constater que quatre
réponse à ces poursuites. ans après les faits, c’était un peu tard… Face à
« La mise au supplice des enfants devant leurs
un crime de cette envergure, une telle
Le procès intenté par Colombani aux parents, ou l’obligation faite à ceux-ci de les tuer et
désinvolture, à elle seule, n’était certainement
Éditions Sociales sera perdu en première de s’entre-tuer, ont été parmi les procédés favoris.
pas à l’honneur des institutions
instance. Le Monde fera appel, et perdra Il n’y a aucune complaisance morbide à le
démocratiques.
derechef en appel. Il se pourvoira en rappeler. »
cassation. S’il gagna en cassation le droit de Mais Jean-Paul tenait à préciser l’ampleur
Et il touchait la problématique qui est
faire rejuger l’affaire, Le Monde perdra toujours la nôtre : des responsabilités :
définitivement ce procès en 2006. En dépit de «   Cette honte doit être connue, car elle nous
«   La compromission de l’Élysée avec les
ces jurisprudences, une deuxième procédure éclabousse tous. »
génocideurs hutu paraît trop monstrueuse pour
engagée parallèlement contre L’Esprit « Cet abandon par l’Onu de tout un peuple mis à
être vraie. Il y a des choses qu’on se refuse à
Frappeur pour le deuxième livre aboutira à mort au nom d’un racisme officiel hutu, fait de la
croire. »
une condamnation. Et ce malgré le travail tragédie rwandaise un drame qui, parce qu’il
magistral de Jean-Paul, qui reprenait « En fait, il ne s’agit pas de croire ou non, il
interpelle l’humanité entière, nous concerne tous
patiemment l’ensemble du traitement de importe de savoir. »
directement. »
l’affaire rwandaise dans le journal «   de «   L’histoire est plus forte que les volontés
«   Après les camps de la mort nazis, nos
référence ». Ce livre restera à la fois comme un politiques du moment et même que tous les
institutions étaient censées faire du “Plus jamais
moment important dans l’histoire de la “secrets d’État”. Elle finit toujours par avoir le
ça !” de 1945 une réalité. C’est précisément cette
«   médiacritique   » et comme la plus sérieuse dernier mot. »
année 1994, alors qu’était célébré le cinquantième
mise en cause du fameux quotidien du soir, à
anniversaire de la fin de la seconde Guerre
La Lettre de La Nuit rwandaise • N°5 • 12 Juillet 2009 p. 2
La Nuit rwandaise C L U B S É Q U O I A
La Lettre d'information
mondiale et l’écrasement de la barbarie nazie, l’Homme africain doit s’effacer devant son plus épineuse du «   rôle des services secrets   »,
pendant que nos dirigeants déposaient des gerbes appartenance tribale qui est sa véritable et généralement entourée d’un pudique non-dit.
sur les monuments des victimes de l’holocauste, incontournable nature   »… On entend ici la Il insistait sur le rôle de la DGSE, fameuse en
qu’on a laissé se réaliser un nouveau programme musique du fameux discours – postérieur à la Afrique. Il ne pouvait pas connaître encore la
d’extermination, organisé par un pouvoir que la mort de Jean-Paul –, prononcé à Dakar par DPSD (ex-sécurité militaire) dont l’existence
France portait à bout de bras. » Nicolas Sarkozy, qui lui vaut d’être hué n’a été révélée qu’en 1998, après la parution de
« Faudra-t-il attendre cinquante ans, comme dans désormais à chaque fois qu’il met les pieds sur ce livre. Mais il s’était avisé aussi de l’existence
le cas du procès Papon, pour que la justice passe, ou le sol africain. de la DRM (Direction du renseignement
même, simplement, pour que les autorités françaises Jean-Paul n’avait pas de mots assez durs militaire) – créée après la guerre du Golfe, et
donnent des explications ? » pour les tenants des «   majorités ethniques   ». dont les premiers terrains d’application auront
Plus encore que l’affirmation sans détour des Ainsi, l’inénarrable Védrine, pour lequel « dès été le Rwanda et la Bosnie…
exigences de la conscience, Jean-Paul aura été que l’on fait des élections convenables, ce sont les « L’autre service concurrent direct de la DGSE, la
le méticuleux greffier de cette horreur Hutu qui gagnent… » DRM, vient de créer un “Bureau d’action
organisée. Ainsi, on peut savoir, par exemple, « Le cercle est bouclé », commente Jean-Paul. Et psychologique”   », comme du temps de la guerre
comment une quarantaine de responsables du l’ethnisme «   plante le décor conceptuel des d’Algérie ! Il n’est pas inutile de rappeler ici que le
parti génocidaire auront été «   exfiltrés   » par génocides de demain ». même « bureau d’action psychologique », organisé
l’armée française, avec Agathe Habyarimana, Il voyait bien que la gravité de ce qu’il avec les enseignements du colonel Lacheroy,
dès les débuts du génocide, en tant dénonçait n’était pas facilement perceptible avait été officiellement dissous par le général
qu’« accompagnateurs » des orphelins de Sainte- par tous : de Gaulle – pour avoir trop incarné les
Agathe . C’est scandaleux, mais l’image des méthodes dégueulasses de la «   guerre
«   Une éventuelle “complicité de génocide” est
« gorilles » accompagnant les orphelines prêtait révolutionnaire   ». On ne savait pas encore
non-crédible pour beaucoup de Français et rejetée
presque à sourire. Rapportant cette anecdote, combien cette «   doctrine   » avait inspiré
comme telle. Un tel cynisme ou un tel manque de
Jean-Paul précisait que le personnel féminin de l’intervention mitterrandienne – et servi de
jugement de la part de nos hommes politiques sont
l’orphelinat avait été « purgé », un peu avant, «   mode d’emploi   » pour le programme
difficilement imaginables… »
par la garde présidentielle. Sept femmes, génocidaire au Rwanda, comme pour
coupables d’être tutsi ou hutu du sud, avaient Il comprenait surtout la difficulté quand de l’ensemble des crimes de l’armée française
ainsi été tuées, et l’une d’entre elles, l’assistante tels faits sont « …parfaitement occultés par nos depuis les «   indépendances   » africaines (y
sociale tutsi, torturée. Elle s’appelait Alice. médias », les dits médias étant « d’ailleurs contrôlés compris en Amérique latine).
par les mêmes [hommes politiques] ».
L’opération Turquoise – qui prétendit « La Françafrique a attisé un incendie qu’il sera
instaurer une « zone humanitaire sûre » en fin de Parlant de média, sa critique du Monde est difficile d’éteindre. Les discours ethnistes se
génocide ? connue pour avoir été y compris débattue multiplient un peu partout. »
judiciairement, comme on le rappelait. À le
En une phrase, Jean-Paul croquait le tableau : Mais Jean-Paul ne s’inquiétait pas seulement
relire, on peut s’étonner que le « quotidien du
«   L’Élysée envoyait au Rwanda, officiellement soir » se soit ému quand on voit la bien plus pour l’Afrique. Car la maladie de la
pour arrêter le génocide et donc pour “protéger la grande virulence avec laquelle Jean-Paul démocratie qu’il diagnostiquait ne se
minorité tutsi” en train de se faire massacrer, les critiquait le « journal du matin »,  Libération circonscrit certainement pas au «   domaine
 :
instructeurs, les alliés et les amis de ceux qui réservé   » africain, ni même à la politique
« Ce journal devrait s’interroger sur la facilité avec étrangère.
étaient en train de commettre ces massacres ! »
laquelle, dès qu’il est question de l’Afrique, il peut
Les Tutsi ? « On occulte souvent le rôle des services secrets
glisser sur la pente d’un racisme digne de l’ancien
oubliant qu’ils jouent aussi un rôle sur l’échiquier
Jean-Paul identifiait aussitôt le parallèle avec Je suis partout, reprenant une idéologie qui est
politique de la France. »
les Juifs. Et ses recherches le menaient droit au depuis l’époque coloniale la grille de lecture du
but, ramassant par brassées des citations lobby militaro-africaniste. Cette dérive idéologique « Formés pour la lutte anti-communiste du temps
permettant de vérifier les étonnantes d’un grand journal français est tout à fait de la guerre froide, les “hommes de l’ombre” sont
similitudes de l’anti-tutsisme et de étonnante. Elle révèle, cinquante ans après la spontanément et naturellement de droite, avec un
l’antisémitisme. «   Minorité orgueilleuse et seconde Guerre mondiale, la facilité qu’ont les pourcentage non négligeable dans la frange
sanguinaire qui se meut entre vous pour vous médias d’oublier ce qu’est une idéologie raciste. » extrême. »
diluer, vous diviser, vous dominer…   » «   Leur Libé ne portera pas plainte… Jean-Paul Pour donner la mesure de ce problème, il
apparence intelligente et délicate, leur amour de n’avait pas caché sa pensée sur « la haine, une risquait même une prophétie :
l’argent, leur capacité à s’adapter à n’importe haine froide indigne d’un journal d’information ». «   Les “Services” pourraient être, demain, à
qu’elle situation semble indiquer une origine Mais cet ethnisme qu’il dénonçait avec l’origine d’une dérive fascisante du pouvoir.
sémite »… véhémence, il le retrouvait aussi dans Le Probablement pas en tant qu’alliés du Front
Mais, pire encore que les idéologues du Monde, La Croix ou le Nouvel observateur. national, par trop discrédité, mais derrière un autre
« peuple majoritaire hutu », Jean-Paul dénonçait « Ces journaux oseraient-ils transposer cette parti poursuivant des objectifs similaires et qu’ils
leurs complices français : idéologie en Europe   ? Oseraient-ils utiliser rendraient d’autant plus redoutables. »
« Pour l’Élysée et le quai d’Orsay, en Afrique, cette notion de “majorité raciale” en France ? » À l’heure du sarkozysme triomphant, on
l’appartenance à une majorité définie par la Le souci de Jean-Paul était de ne pas laisser mesure combien ces propos étaient pertinents
naissance et le fichage racial peut donc servir de une pierre dans le jardin sans la retourner. – il y a douze ans.
base à un régime politique dont la nature clanique
Ainsi, il osait aborder frontalement non Il insistait :
et dictatoriale est parfaitement connue. »
seulement les questions idéologiques ou « Ne sous-estimons pas la capacité de nos services
«   Pour ces “experts” de l’Afrique, qu’ils soient « médiologiques », mais aussi celle on ne peut secrets. »
politiques, agents de la DGSE ou journalistes,

Sur le site Internet www.lanuitrwandaise.net retrouvez l'ensemble des articles de la revue


www.lanuitrwandaise.net ainsi qu'une sélection de documents -audio, textes, vidéo- sur l'implication française dans le
génocide des Tutsi au Rwanda.

La Lettre de La Nuit rwandaise • N°5 • 12 Juillet 2009 p. 3


La Nuit rwandaise
La Lettre d'information
Lutter contre ces dangers. Lutter contre d’État n’en est pas une. Elle est malade, elle est Quelques années plus tard, en 2004, deux
l’impunité. Lutter contre le silence. rongée de l’intérieur. » ans avant sa mort, se tenait une Commission
« Le silence de la mort lorsqu’il n’y a plus aucun «   On ne peut pas mépriser les droits d’enquête citoyenne, dont l’enquête aboutira à
survivant pour témoigner. Le silence de la folie, fondamentaux de la personne humaine en Afrique des conclusions bien plus sérieuses que les
l’innommable ayant fait perdre la raison. Le jusqu’à se rendre complice d’un génocide et fantaisies de Paul Quilès.
silence de la crainte aussi, parce que la tradition de prétendre les garantir chez nous. » Mais, pas plus qu’au moment de la Mission
l’impunité, le fatalisme et la désespérance auront «   Il est temps qu’une réaction citoyenne se d’information parlementaire, ou face au
fait leur irréversible travail. » manifeste. C’est à chaque Français d’affirmer, par “J’accuse” du Figaro, Jean-Paul ne parviendra à
« Être citoyens », demandait-il en conclusion. tous les moyens démocratiques dont il dispose, son s’enthousiasmer.
« Le rôle malfaisant de la France en Afrique est refus d’une dérive gravissime. » Faut-il croire que son exigence était plus
devenu tellement caricatural que les régimes les Il se lamentait à juste titre : haute ?
plus corrompus se tournent résolument vers elle. » « Qu’avons-nous fait de notre démocratie pour en Emmanuel Cattier, organisateur de la
Il relevait ainsi comment le Nigeria venait arriver là ? » Commission d’enquête citoyenne de 2004,
de décider d’imposer le français comme Il soulignait combien une telle catastrophe est rappelle qu’« à l’origine de la CEC », il y avait
deuxième langue, en signe d’amitié envers la injustifiable : un projet d’appel qu’en 2003 Jean-Paul avait
puissance impériale francophone… «   proposé à la discussion collective de ceux qui
« La dérive de la politique africaine est devenue veulent réparer les conséquences de la complicité
« Pourquoi s’intéresser à la politique africaine de un secret de polichinelle. »
de génocide de la France au Rwanda ».
la France ? »
Il avouait aussi son ambition : L’appel pour des réparations.
Bonne question, relèveront tous ceux qui ne
«   Ce livre espère faire émerger une réflexion C’était pour rendre possible la prise en
s’y intéressent pas… Jean-Paul avait de
collective. » compte d’une telle revendication qu’il avait
bonnes raisons de s’y intéresser…
Et il indiquait ce qu’il n’aura pas été seul à alors semblé nécessaire de reprendre le travail
Entomologiste, il aura passé une bonne
analyser – rendons ici hommage à François « laissé en plan par les députés », et qu’avait été
moitié de sa vie coopérant, étudiant les
Xavier Verschave, décédé un an avant Jean- conçue la « commission d’enquête citoyenne pour
mouches tsé-tsé ou je ne sais quels autres
Paul – comme l’indispensable embryon d’une la vérité sur l’implication française dans le
redoutables bestiaux dans la jungle la plus
solution : génocide des Tutsi », explique Cattier.
épaisse, au Kivu comme au Cameroun.
«   La démocratie véritable, transparente et À sa suggestion, nous reproduisons ici [p. 5],
Il pouvait légitimement se désoler que
citoyenne, commencera en France avec la fin [du] pour conclure, le texte de cet « avant-projet »
« depuis quelques années, c’est un fait nouveau, il
privilège [qui fait de l’Afrique le pré carré rédigé par Jean-Paul « dans la perspective
ne fait plus bon de se dire Français en Afrique ».
présidentiel], avec le démantèlement des réseaux d’Ibuka 2004   », tel qu’on le retrouve
S’il s’agissait de « défense de la francophonie »,
qui lui sont liés, avec le contrôle parlementaire de aujourd’hui en page d’accueil du site de la
« le fiasco est encore plus patent », notait-il…
la politique africaine. » CEC.
Mais Jean-Paul se posait aussi des questions
On y reconnaîtra les accents que l’on
quant à son activité professionnelle :
Pour finir, il lançait un appel : trouvait déjà dans ce livre, écrit des années
« Peut-on concilier une motivation de recherche- auparavant.
développement lorsqu’elle s’organise parallèlement « Il faut que nous soyons des centaines de Zola,
Preuve que sa pensée était constante ? Bien
avec une aide militaire à des dictateurs ubuesques au moment même où nous célébrons les 100 ans de
sûr.
et qui n’hésitent pas à massacrer des populations “J’accuse”, à exiger la vérité. À la crier… »
pour rester à la tête de l’État ? » «   De l’affaire Dreyfus au Rwandagate, nous Ce document atteste aussi de comment il
aura inlassablement lutté pour que le
«   En d’autres termes, est-il simplement avons encore des comptes à demander à l’armée. Il
scandale absolu que constitue la complicité
“raisonnable” de chercher à améliorer le sort des faut que la vérité éclate… »
active de l’armée et de la diplomatie
populations africaines, alors que notre régime On se rend compte, à le relire aujourd’hui,
françaises dans « le dernier génocide du XXème
soutient des gouvernements corrompus dont c’est combien Jean-Paul aura été « entendu ».
siècle », soit reconnu.
le dernier soucis ? » L’encre de ce livre était à peine sèche que Mais, plus encore, ce dont il est question là,
S’il pouvait ainsi apporter ce témoignage Patrick de Saint-Exupéry s’attelait à la
c’est des souffrances humaines qu’il est
personnel en tant que «   coopérant français   » publication d’une fameuse série d’articles
impératif de prendre en compte.
pour illustrer son propos, on aura compris dans Le Figaro qui paraîtra… précisément
que sa préoccupation dépassait de loin cette pour le centenaire de J’accuse. Parution qui
problématique. C’est contre l’indignité servira aussitôt de tremplin pour une enquête Par-delà tous les débats politiques ou
humaine qu’il nous exhortait à chercher des parlementaire, la non moins fameuse Mission historiques, il y a urgence, soulignait Jean-
solutions. Quilès. Ironie de l’histoire… Paul.
« Un changement radical ne pourra s’opérer qu’à Jean-Paul ne sera pas dupe pour autant, ni Faut-il souligner combien cet appel est
la condition qu’une opinion publique exige que un instant, de la mascarade parlementaire à encore d’actualité ?
soit faite toute la lumière sur le rôle des autorités laquelle on eut à assister alors.
et des Services français dans le drame rwandais. » Il appelait, bien sûr, à une véritable enquête, « Nous voulons simplement que [l’Etat
« On ne peut pas célébrer le souvenir de la Shoah, et non à la subtile opération de blanchiment à français] répare ce qu’il a contribué à faire. »
commémorer la déportation et faire comme si le laquelle se livreront les députés français,
million de suppliciés, au Rwanda en 1994, n’était toute honte bue. Aujourd’hui encore, c’est à tous les citoyens,
dû qu’à la fatalité et tous les génocides à venir Il appelait à un véritable débat à tous les partis politiques, à tous et à toutes,
étaient inéluctables. » qu’il est demandé de reprendre cet appel.
parlementaire là où cela semble impossible
«   Il faut une enquête officielle sur le drame après un demi-siècle de Vème République.
rwandais. C’est l’épreuve nécessaire de la vérité On attend encore la «   réaction citoyenne   » Parce qu’il faudra bien sortir de la nuit
pour notre démocratie, car une démocratie qui qu’il appelait de ses vœux. rwandaise.
accepte l’idée d’une complicité avec un crime
Ou bien faut-il considérer qu’elle a eu lieu ? Michel Sitbon ■

La Lettre de La Nuit rwandaise • N°5 • 12 Juillet 2009 p. 4


La Nuit rwandaise
La Lettre d'information
Jean-Paul Gouteux

Réparations pour
se préparait, bien avant son
déclenchement [2].
Les dirigeants américains n’étaient pas aussi
impliqués que leurs homologues français au

les victimes du
Rwanda. Ils n’avaient ni les forces militaires,
ni autant d’agents de renseignements
présents dans ce pays [3].
De nombreux acteurs politiques français ont

génocide
d’ailleurs reconnu qu’ils n’ignoraient rien de
la menace qui planait sur la communauté
tutsi [4].
Le plus accablant est sans doute le fait que
des militaires français étaient présents
pendant tout le déroulement du génocide,
comme de nombreux rescapés ont pu le
Des citoyens se mobilisent pour obtenir militaires, l’horreur suprême a été atteinte
constater (vus notamment avec les soldats de
de l’État français la reconnaissance de ses par la mise en œuvre voulue et recherchée
la garde présidentielle).
d’une extermination à l’arme blanche
responsabilités dans le génocide des Michel Roussin, ministre de la Coopération
impliquant le plus de gens possible.
Tutsi au Rwanda (avril mai juin 1994) de l’époque, avouera que quarante à soixante-
Outre les milices, formées dans ce but, les
par son implication depuis 1990 au dix militaires d’unités spécialisés étaient
paysans hutu ont été encadrés et mobilisés
Rwanda et son action de connivence et restés sur place [5]. Des militaires français
par les autorités locales pour
de soutien avec les génocidaires avant, dont la présence a été attestée diront être
«travailler» (terme devenu synonyme de
revenus en février 1994 en « touriste » [6].
pendant et après le génocide. tuer) avec les mots d’ordre du travail
communautaire habituel de « défrichage ». Deux spécialistes des écoutes et du
renseignement, Alain Didot et René Maïer,

Il faut AIDER,
Lorsque des milliers de familles Tutsi
seront incidemment tués le 8 avril 1994 à
étaient rassemblées dans les églises, les
Kigali, révélant ainsi leur présence. Depuis

SOIGNER et
écoles et les stades, les militaires
1993, la cellule Élyséenne était directement
commençaient l’extermination à la grenade
informée, en liaison directe avec les hommes
et aux mortiers, mais la population était
SOUTENIR les conviée à « finir le travail » à la machette et
à la houe. Les biens des familles massacrées
des commandos du 1er régiment parachutiste
d’Infanterie de marine (RPIMa), grâce à la

RESCAPÉS du
mise en place d’une nouvelle chaîne
étaient ensuite répartis par les autorités[1].
hiérarchique reliée directement à l’Élysée, le

GENOCIDE Une complicité commandement des opérations spéciales


(COS) court-circuitant toute la hiérarchie

avérée
militaire et les autres services de
renseignement (dont la DGSE) [7].
En avril 1994 et pendant trois mois, plus
d’un million de personnes ont été tuées au Ce n’est pas tout. On sait aussi que, entre le
La question de la complicité française dans
Rwanda parce qu’elles n’appartenaient pas une telle horreur, lorsqu’elle est encore très 9 et le 13 mai 1994, c’est-à-dire pendant la
à la bonne « race ». phase la plus intensive du génocide, le chef
exceptionnellement posée, reste dans le flou.
de la Coopération militaire, le général Jean-
Dans ce minuscule État africain, La suspicion de « gauchisme » envers qui Pierre Huchon recevra à Paris le lieutenant
culturellement et linguistiquement profère de telles accusations est très forte. Elle
colonel Ephrem Rwabalinda et qu’il lui fera
homogène, les Tutsi, repérés par le fichage est d’ailleurs une des composantes de ce flou.
remettre des moyens de communication
ethnique officiel (cartes d’identités) ou au
Ensuite, qui peut y croire ? C’est presque cryptés.
faciès (selon les stéréotypes répandus) ont
une question de bon sens : Comment des C’est donc en connaissance de cause qu’ils
été systématiquement tués, des vieillards
dirigeants honorables et respectés auraient-ils ont soutenu les extrémistes hutu pendant la
aux nourrissons.
pu s’engager dans une telle abomination, phase d’extermination et qu’ils ont poursuivi
Le viol et la torture avant la mise à mort après la Shoah, après le « plus jamais ça »
discrètement ce soutien après qu’elle eut été
ont également été systématisés. C’est un unanime des Nations ?
réalisée, cela jusqu’en 1997 [8].
génocide au sens premier du terme selon
Et par conséquent, engager « la France » Le soutien aux rescapés : une
des critères qui s’appliquent à
avec eux ! Mais les faits sont là, même s’ils
l’extermination des Arméniens et des Juifs. obligation morale.
sont difficilement audibles.
Trois constats essentiels peuvent être faits : Parce que la France est impliquée
Les dirigeants français ont reçu à l’Élysée et
1) ces massacres de masses ont été à Matignon les représentants de l’État dans le génocide.
organisés, planifiés et réalisés par des génocidaire rwandais, le 27 avril 1994, au
Parce que des rescapés meurent de
dirigeants corrompus dans le cadre d’une moment où cet État procédait depuis près
stratégie de maintien au pouvoir. misère, parce que des survivantes,
d’un mois à l’élimination de la composante
2) Ils ont été réalisés dans un petit État Tutsi de la population. L’idée qui vient violées et contaminées n’ont pas la
centralisé et bureaucratique, où les immédiatement à l’esprit, c’est qu’ils ne possibilité de se faire soigner par
militaires et les fonctionnaires ont joué un savaient pas. trithérapie, alors que leurs bourreaux se
rôle essentiel d’initiateurs et de Mais cet argument n’est pas plausible. La font soigner à nos frais à Arusha.
coordinateurs. déclassification des archives américaines du Parce que les rescapés continuent de
3) alors que ces tueries auraient Pentagone a révélé que même les dirigeants
mourir des séquelles de leurs tortures.
parfaitement pu être faites par les seuls américains étaient informés du génocide qui

La Lettre de La Nuit rwandaise • N°5 • 12 Juillet 2009 p. 5


La Nuit rwandaise
La Lettre d'information
LA FRANCE PEUT ET DOIT Notes:

AIDER LES RESCAPÉS [1] « Au début du génocide, les autorités avaient


gelé les comptes bancaires des Tutsi, probablement
dans l’intention de transférer ces fonds au profit du
Les coups de machettes ont blessé, mutilé.
Son arrêt rendrait l’état de santé de la gouvernement. (…) Les autorités avaient demandé
aux bourgmestres de régler sans tarder la
Le viol systématique des femmes et des personne encore plus fragile que si elle redistribution des biens et des terres des Tutsi. (…)
petites filles a propagé le sida. n’avait jamais bénéficié du traitement. Les bourgmestres des communes rurales se
préoccupaient surtout de la redistribution des
Des centaines d’habitations de Tutsi ont
parcelles cultivables, tandis que ceux des villes,
été systématiquement détruites pendant le À titre indicatif, comme à Butare, attribuaient les maisons, voire des
génocide. donnons une idée du niveau de vie étals sur les marchés, et ce pendant les mois de mai et
actuel au Rwanda : de juin. » Alison Des Forges, Aucun témoin ne doit
Et puis, il y a partout cette plaie béante
Les salaires survivre, Human Rights Watch Africa/FIDH, Karthala,
qu'est la souffrance traumatique et • un fonctionnaire gagne de 40 à 240 €/mois 1999. Alison Des Forges est historienne, professeur à
psychique. • un commerçant gagne de 100 à 600 €/mois Harvard.
De la part du gouvernement et de la • un ouvrier agricole gagne de 40 à 200 €/mois [2] Ces documents déclassifiés sont consultables sur
La santé le site www.gwu.edu/~nsarchiv. William Ferroggiano
société civile, les efforts pour aider les
• Une consultation coûte de 4 à 6 € a utilisé le « freedom of information act » qui n’a pas
rescapés sont énormes, mais dans ce pays • Une consultation plus le laboratoire coûte de d’équivalent en France. Notons que la presse française
pauvre et abandonné de la communauté 14 à 100 € s’est empressée d’en faire de gros titres en évitant de
internationale, ils ne peuvent suffire. • L’assistance d’une personne sous tri thérapie poser la question sur leurs propres dirigeants ! (par
coûte 150 €/mois exemple : Christophe Ayad et Pascal Riché
La plupart des rescapés, anciens éleveurs écrivaient : « Génocide au Rwanda : Washington
ou agriculteurs, sont dans un état physique L’éducation savait », Libération du 22 août 2001).
• La scolarité primaire coûte 15 €/mois
tel qu'ils se trouvent dans l'incapacité • La scolarité secondaire coûte 30 €/mois [3] On sait que les autorités belges et les Nations
d'effectuer le moindre travail pour assurer Unies à New York étaient également averties trois
leur survie. mois avant. Un officier belge des renseignements
avait signalé en janvier 1994 les préparatifs d’un
Certaines veuves, survivantes de grandes Nous, citoyens français, voulons que massacre imminent de la minorité tutsi, comme l’ont
familles se retrouvent seules, isolées, sans notre pays s’engage officiellement à rapporté le ministre belge de la Défense Jean-Pol
aide et doivent pour vivre vendre ce qui demander pardon aux victimes du Poncelet et le général canadien Roméo Dallaire,
génocide. l'ancien commandant en chef des Casques bleus de
leur reste de force et vont même parfois l'ONU au Rwanda. Le Monde du 11-12 novembre
travailler dans les champs de leurs 1995.
Nous voulons que notre pays aide des
bourreaux. [4] Comme l’ambassadeur Georges Martres, qui
enfants qui veulent tout simplement vivre
Des victimes ont besoin de chirurgie et aller à l'école et qui n’ont pas les expliqua à la Mission parlementaire d’information que
« le génocide constituait une hantise quotidienne pour
réparatrice et doivent être opérées en moyens de payer les fournitures scolaires. les Tutsi ». Audition du 22 avril 1998. Enquête sur la
Europe pour réparer les séquelles des tragédie rwandaise (1990-1994). Tome III, page 119
tortures subies pendant le génocide : coups Nous voulons que l’État français (Martres a été remplacé par Marlaud en 1993).
de machette mal cicatrisés, seins coupés, participe à la prise en charges des tri [5] Propos rapportés par Patrick de Saint-Exupéry
brûlures profondes, etc., … thérapies des femmes violées, des soins et dans le Figaro du 2 avril 1998. Lors de son audience
devant la Mission d’information Michel Roussin
D'autres personnes, qui ont été les opérations des victimes du génocide. ramènera ce nombre à 24 hommes (Mission
contaminées par le sida à la suite du viol parlementaire, tome III, auditions, page 110).
dont elles ont été victimes, en 1994, ont Nous voulons qu’il contribue aux [6] Audition à huis clos des lieutenants-colonels
besoin d'une trithérapie pour vivre. reconstructions des logements détruits. Jean-Claude Maurin et Gilles Chollet le 3 juin 1998 à
la Mission d’information.
Le Rwanda ne bénéficie toujours pas de Nous voulons simplement qu’il [7] Comme le dévoile Jacques Isnard dans Le
médicaments génériques. Monde du 21 mai 1998.
répare ce qu’il a contribué à faire.
Par ailleurs, il faut savoir qu’une [8] Date à laquelle les livraisons d’armes aux forces
du génocide exilées au Zaïre et au Soudan n’avaient
trithérapie commencée ne peut être Jean-Paul Gouteux ■ toujours pas cessé, ni l’entraînement de commandos
interrompue. en Centrafrique.

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