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Les médias, un manipulateur manipulé

in La manipulation à la française, Ed. Economica, Paris, 2003

Version imprimable Le fonctionnement des médias obéit à une double logique commerciale et démocratique. Logique commerciale, car il faut bien que les médias vivent. Ils se trouvent comme toute entreprise dans le circuit économique et doivent donc satisfaire à un principe de profit. Celui-ci se réalise ici par le biais des rentrées publicitaires à proportion du nombre des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs qui lisent, écoutent ou regardent tel ou tel organe d’information. mais en même temps logique démocratique, parce que ce qui justifie l’activité des médias (on pouurait dire ce qui constitue leur produit de consommation) est l’information du citoyen, sans parler de ses activités de diverstissement. Et cette logique, elle, est soumise à des impératifs de divulgation qui font que l’information doit être à la fois crédible et captivante. Ces deux logiques, on le voit, sont antagonistes, ce qui fait que les médias d’information fonctionnent comme une machine à la fois puissante et fragile. Et l’on peut dire que les médias, en tant qu’ils sont les ordonnateurs de la mise en scène de l’information, sont autant agent manipulateur que patientmanipulé. Un manipulateur, mais pas toujours volontaire et souvent limité. Pas toujours volontaire, car c’est davantage par des effets indirects que s’exerce cette influence. S’il y a action des médias sur l’opinion publique ce n’est pas tant du fait de la transmission d’un savoir ou de la façon d’analyser un problème, que du fait du surgissement même de ce problème. Aux événements qui surgissent dans l’espace public s’ajoutent les événements créés par les médias. Dès lors, on ne pourrait plus reprocher à cette machine de déformer l’information, de créer et amplifier la rumeur, voire d’être mensongère, puisqu’elle ne ferait que construire son propre événement. Lavée d’un premier soupçon de manipulation (elle ne peut déformer puisqu’elle-même construit), elle se trouve entachée d’une plus grande intention manipulatoire puisqu’elle crée un événement qui lui est propre, tout en le proposant comme reflet de ce qui se passerait réellement dans l’espace public. L’information

tantôt l’"événement brut" et l’"événement médiatique" se confondent. les médias se sont vu attribuer. serait-ce provisoire. L’effet de retour pervers qui ressort de cet état de fait est . et deviendront à leur tour victime [1]. et doit s’en distinguer pour prévenir le zapping des téléspectateurs ou l’abandon. ils se font les complices de cette fausseté. comme on l’a vu. n’a guère de marge de manoeuvre. Mais on a dit également manipulateur limité. ici. Les médias peuvent donc être manipulés de deux façons : par une pression externe et par une pression interne. en amont de la machine médiatique. marquée par le principe de saillance. de lecteurs ou d’auditeurs. à cause d’une certaine vision de l’actualité. et particulièrement celle de la "vache folle". faite de clous qui se chassent l’un l’autre : « Le souci de poursuivre les débats a évidemment pour limite les contraintes que nous imposent la couverture de l’actualité et les nouveaux sujets de discussion qu’elle lance » reconnaît le médiateur du journal Le Monde [2]. Si par exemple leur arrive une information fausse. au point que. comme peut en témoigner le traitement par les médias d’une certain nombre d’affaires. L’actualité. l’exercice du pouvoir politique. impose une information sans suivie. parée de tous les atours de la vérité et qu’ils s’en emparent pour la mettre en scène.résulte donc de la conjonction entre l’"événement brut" qui se produit dans l’espace public et l’"événement construit" par les médias selon une activité qui consiste à le mettre en scène tout en prétendant rendre compte de la "réalité". mais cet Agenda est lui-même imposé en partie aux médias. perdront de leur crédibilité lorsque le pot aux roses sera découvert. pour faire comme les autres. Les médias ne peuvent pas ne pas manipuler. Limité dans la mesure où justement les médias ont besoin de l’existence d’un quelque chose d’externe à eux-mêmes qui fait qu’ils dépendent d’autres instances sociales pour exercer leur office. Le média. Par une pression externe. tantôt l’un prend le pas sur l’autre. ironie maligne. De ce fait. pris qu’il est dans une concurrence commercial qui l’amène à assurer la visibilité de sa grille d’information par une programmation qui à la fois doit tenir compte de cette actualité médiatique. l’existence d’une concurrence féroce. du fait de trois facteurs : la prégnance de l’actualité. le qualificatif de « presse folle ». On dit que c’est l’Agenda médiatique qui s’impose aux citoyens comme reflet de l’actualité sociale.

les deux belligérants en ont conscience : « Montrés du doigt. Engagement neutre compensé par des représentations d’auto- . qui est censé apparaître neutre du point de vue politique. Cette guerre-là. entre politiques et journalistes. volontiers vilipendés. D’autre part. les journalistes ont la sensation. plus généralement. mais engagé du point de vue de la morale sociale [7]. ils sont obligés de rendre compte des déclarations des politiques et donc de laisser se faire le jeu d’influence de cette parole. ou en appelant aux experts (« Que les experts prennent leurs responsabilité ») [4]. des conseillers en images ou l’écran opaque des “entourages”. est partie prenante dans la construction de l’Agenda médiatique et.que. les médias s’auto-manipulent sous l’effet d’une double pression interne : celle des représentations et celle des dispositifs. Le pouvoir politique. A ce poker menteur de la séduction cathodique. comme on l’a vu. guerre symbolique mais guerre dont l’objectif est d’influencer l’opinion publique. Loin de manipuler les politiques. C’est bien la guerre. représentations qui sont à l’origine du discours de “balancier” que nous avons décrit et qui éclaire fort peut l’analyse. dans ce jeu de manipulation. désormais. rendue publique. dès lors qu’elle est diffusée. d’être utilisés. D’ailleurs comment imaginer que toute parole politique. Dans un tel contexte personne n’a à être sincère. pour le consommateur d’information. et les médias se trouvent piégés. puisse être sincère ? Elle ne peut être que tactique [5]. le vainqueur n’est pas toujours celui que l’on croit » [3]. et il est vraisemblable que les déclarations récentes de Jacques Chirac fustigeant la presse (« la presse folle »). d’en être les avisés co-metteurs en scène. les journalistes reprochent aux responsables politiques. les représentations que l’instance médiatique se fait de la cible d’information sur ce que peut être l’intérêt et l’affect de celle-ci. le monde lui est présenté à travers une vision spatiale et temporelle fragmentée. les représentations que cette instance se fait d’elle-même quant à son propre engagement. qui se présentent en victimes du système médiatique. quant à lui. car même s’ils enquêtent pour vérifier la véracité des dires ou dénoncer les faux-semblants. D’une part. ce jeu. est purement tactique. alors que les médias voudraient en donner une vision cohérente et intelligible. représentations qui tendent à privilégier l’émotion sur la raison et à construire cette cible comme un nous consensuel quant aux valeurs et croyances dont elle serait porteuse [6]. Cependant. Ils accusent à leur tour l’influence grandissante des directeurs de communication.

verrouillage par une sélection appropriée de logocrates qui ne peuvent que confirmer les médias dans leur bien fondé du fait qu’ils y participent en tant qu’expert. mais aussi. D’où des procédés de verrouillage destinés à conforter l’opinion publique —et soimême— du bien fondé de l’information médiatique : citations réciproques (la radio citant la presse. parce qu’ils excluent des médias les sans nom. Ces représentations et ces dispositifs constituent autant de limitation à la visée d’information de la machine médiatique. le jeu des scénarios plus ou moins montés [10] ou reconstitués qui proposent au citoyen des images faussées de ce qui s’est passé [11] . dont les exigences de visibilité et de spectacularisation entraînent la machine médiatique à construire une vision obsessionnelle et dramatisante de l’espace publique. et celle-ci parfois la presse). on l’a dit. Celle-ci. la presse la télévision. la balance n’est pas égale. enfin. doit satisfaire aux deux principes de crédibilité démocratique et de captation médiatique. « l’unité de base [étant] les "coup de gueule" ou le "coup de coeur" » [12]. dans la mesure où la parole y est mise en spectacle de façon quasi exclusivement polémique. Malheureusement. C’est le discours d’information au prix d’un ensemble de verrouillages qui fait que la machine est par avance piégée. Les dispositifs. en qu’en même temps ils se soumettent aux conditions de discours de ceux-ci. et « labellisent » ceux qui s’y trouvent convoqués créant une censure par défaut. car lui-même est piégé par une machine manipulatrice. le jeu des débats. pourvoyant pour ce faire à sa propre promotion : « Et si l’information ne renvoyait ni à l’événement ni aux faits. mais à la promotion de l’information elle-même comme .légitimation sur ce qui justifie la raison d’être des médias. il se fait entre elle et les acteurs de la machine économique. le jeu des titres qui ont un effet d’aveuglement rationnel . font que l’on ne sait plus si l’on a affaire à un monde réalité ou de fiction. Ce n’est donc pas le journaliste qui est manipulateur. enquêtes et sondages périodiques sur les rapports médias-opinion publique [8] . pour la télévision. dont le rôle revendiqué par les médias eux-mêmes est d’éclairer l’opinion publique. et qui pourtant ne présentent qu’un simulacre d’échange démocratique. car le second principe est celui qui tient le haut du pavé. Pour la presse ou la radio. même si c’est de façon variable selon le support de diffusion. L’instance médiatique est victime de son système de représentation dans lequel au lieu que l’échange se fasse entre elle est le citoyen. verrouillage par l’exclusion de ce qui pourrait être une critique des médias [9] .

c’est la transgression qui est payante. Dans les médias comme dans la publicité (voir les campagnes de détournement du genre publicitaire de Benetton [16]). lesquelles devant être respectées par tous les membres de ce corps social. à l’extérieur. pour un corps social déterminé. et qui lave le pécheur de toute faute [17]. Et du coup. pour éviter qu’il fasse ce qu’il veut de ses règles. mais le système d’autorégulation fonctionne en sens inverse : plus il y a manquement à la règle. la troisième est en revanche absente. selon le principe de saillance. et qui par un effet de retour pénalise le manquement à la règle. il édicte un ensemble de règles qui garantissent cette conduite. c’est elle qui se trouve de fait sanctionnée. le comportement déviant. La machine médiatique a un tel pouvoir de . on comprend que les conditions (1) et (2) doivent être créées à l’intérieur même du corps social concerné. N’y-a-t-il donc rien qui sauve le discours d’information médiatique ? Pour tenter de répondre à cett question. (3) qu’existe un mécanisme de contrôle faisant que ces règles agissent davantage de façon négative que positive. se dote de moyens d’avoir un regard distancié. au regard de ce qui dans une société est considéré comme bien et mal . c’est à dire la survie de l’organe d’information. neutre. Cela peut être obtenu par la création d’une sorte de comité des sages dont le mode de nomination devrait donner une assurance d’impartialité. Par là-même. Dans le monde des médias. à savoir qu’à ne pas les respecter on s’exclue "moralement" du corps social. de comportement . ce qui en fait un mécanisme de sanction.événement ? » demande Jean Baudrillard [13]. Non seulement il n’existe pas de véritable comité des sages ayant un réel pouvoir de sanction comme c’est le cas dans le corps médical [15]. ou par l’existence d’un système d’autorégulation qui génère la sanction du fait des conséquences qu’entraîne. mais que la condition (3) exige que le corps social. et comme parfois en politique. par ses propres membres. c’est à dire transgression. plus. La déontologie. si tant est que les deux premières conditions soient satisfaites [14]. est assurée la captation du public. il faut d’abord régler une question : ladéontologie. (2) que pour ce faire. constituent des obligations. suppose trois conditions : (1) que celui-ci veuille bien se définir une conduite morale dans l’exercice de ses fonctions. non impliqué qui lui garantisse une certaine “objectivation”. l’absence de transgression ne pouvant plus garantir l’impact auprès du public. sans exception. un devoir.

difficile à maîtriser. de ce sur quoi devraient porter les règles.récupération de ses propres manquements aux règles. discours sur lesquels les médias opèrent sélection. Condition de "courage" ensuite. car l’information est faite d’un entrecroisement de discours qui circulent dans la société. à l’adresse d’un public qu’ils ne maîtrisent pas et qui de surcroît construit ses propres interprétations. comme ont tendance à la suggérer certains discours émanant du monde professionnel. Il ne s’agit pas de dénier l’utilité de ces industries. à savoir l’objectivité de l’information. Entendons-nous bien. dont on ne peut prédire les réactions pulsionnelles ni même rationnelles. ni pour l’espace public lui-même. interactivité) ne sont que poudre aux yeux destinée à créer l’illusion qu’on la connaît. ils revendiquent tous le droit à la subjectivité dans l’exercice du métier de journaliste. Condition de "modestie" d’abord. Les médias n’ont pas à se prendre pour la démocratie elle-même. ils doivent accepter de reconnaître que tous les systèmes mis en place pour montrer comment cette cible réagit (enquêtes. Mais en dernière instance. Quant au débat. Les médias doivent accepter . sondages. Condition d’ "inventivité" enfin. selon une double tentative de crédibilité et de captation. Les médias doivent accepter de reconnaître que la cible à laquelle ils s’adressent est une inconnue. et à faire marcher les “industries de l’influence” que sont les instituts de sondage. plus aucun journaliste sérieux n’y souscrit. commentaire et mise en scène. Mais il y faut un certain nombre de conditions qui renvoient à une prise de conscience des strictes limites sociales de la machine médiatique. le public réel qui réagit à sa façon et le phénomène de rumeur qui est créé par la publication des résultats de sondages et d’enquêtes. Il se produit bien sûr un jeu d’influence entre l’image que les médias construisent de leur public-cible. qu’il est quasiment impensable qu’existe un quelconque système de contrôle [18]. à l’intérieur de la profession. La vision du monde sociale que proposent les médias est à la fois trop fragmentaire et obsessionnelle pour y prétendre. Position raisonnable [19]. Conséquemment. c’est pour leur cible que travaille les médias et non pour le public. Alors. services de marketing et autres bureaux d’études. Il s’agit seulement de refuser l’illusion de réalisme. impossible parole de vérité pour les médias ? Impossible information objective ? Impossible conduite morale et seulement simulacre de démocratie ? Il nous semble pourtant qu’il est une voie dans laquelle une parole médiatique est possible qui puisse avoir un effet positif sur la démocratie. Bien plus.

ils doivent accepter que leur discours n’est pas fait de transparence mais d’opacité. sans désir de capter et d’être captée. La déontologie ici serait de refuser de faire passer pour réalité du monde social ce qui n’en est que l’une des représentations imaginées. Les médias. et chercher du même coup ce qui en constitue sa spécificité dans la manière de commenter le monde comme récit de la destinée humaine. et sans laquelle l’information n’aurait pas d’intérêt. car tout cela renvoie en fin de compte à la question du « que sommesnous ? ». pour imaginer des possibles mises en ordre. nous répondrions « tout cela en même temps » . ce type de mise en scène est susceptible de jouer un rôle démocratique. Évidemment cet "imaginé" est à forte teneur de référentialité.qu’ils ne peuvent prétendre à la transparence. pour les raisons avancées plus haut. ne peuvent prétendre être un transmetteur qui s’efface entre un externe (monde de l’événement) et un interne (monde perçu). même quand ils ont la chance de se trouver en prise directe avec quelque surgissement du monde phénoménal. malgré la mise en spectacle. sans représentation du drame et du tragique. Dès lors. ni un miroir renvoyant le reflet fidèle —serait-il inversé— du monde. avec la révélation des affaires de corruption (malgré l’amalgame) ou des drames collectifs (sang contaminé). Les êtres sociaux sommes constitués d’un mélange de désir et de rationalité qui nous amène à préférer le désordre à l’ordre. ni un simple greffier qui enregistre. C’est le cas avec la dénonciation des méfaits qui se produisent ici et là. C’est un événement construit par eux. et même. C’est peut-être cela la différence entre le discours romanesque . sans aspiration à jouer la scène de l’illusion perdue de la vérité. L’événement qu’ils proposent est un “événement médiatique” et non l’événement brut de l’espace public. la crédibilité aidant. pour pouvoir faire des hypothèses sur les causes de celui-ci. avec la participation de penseurs ou d’experts qui nous apprennent souvent davantage que les commentaires journalistiques. Si nous avions à répondre à la question « voulez-vous des faits ou des commentaires ? des faits heureux ou du drame ? ». pour au bout du compte nous confronter à notre propre destinée en tant qu’êtres collectifs. Alors. sans imaginaires. avec la confrontation des opinions citoyennes. et c’est peut-être cela le propre du discours de l’information médiatique : construire un récit du monde qui part de ce monde et renvoie une image réfractée de ce monde. Mais il est également susceptible de produire un effet de catharsis sociale qu’on aurait tort de mépriser. Car il n’est pas de société sans rumeurs.

Voilà peut-être pourquoi les médias apportent moins de connaissances qu’ils ne créent de curiosité. où il est rappelé que certains hommes politiques et journalistes —et non des moindres— n’ont pas voulu ou pu répondre à l’enquête. de la marge de manoeuvre dont on dispose et des effets que produisent les composantes mêmes de ce cadre de contraintes. ce type d’éthique nous semble pouvoir intégrer cette spécificité du discours d’information médiatique : une allure de doxa prise dans les filets de la paradoxa. Voir aussi “La . Paris. voilà pourquoi nous avons affaire ici à une merveilleuse machine à alimenter la conversation des êtres qui vivent en collectivité. 1987). La première serait l’éthique de l’homme politique. Bordas. une conviction (où serait la tactique ?). une provocation (risqué). Pour cela il y faut de la lucidité. L’imaginaire groupal. Ces conditions relèvent de ce que Max Weber appelait une « éthique de la responsabilité » qu’il opposait à une « éthique de la conviction ». in Le Groupe et l’Inconscient. doit-elle être considérée comme une boutade (peu habile). [4] Le Monde du 30/04/96) [5] Il est vrai que parfois on est en droit de se poser des questions. ce qui nous intéresse est de pouvoir définir une éthique de la responsabilité du discours médiatique comme s’inscrivant dans un cadre pragmatique d’action et d’influence. L’expression « mauvaise graisse » employée par Alain Juppé à propos de la fonction publique. en s’imposant la totale pureté des moyens et sans se préoccuper des conséquences. ce qui témoigne de la méfiance réciproque des deux partenaires. La première a partie liée avec l’action dans la mesure où elle se pose la question de la finalité des actes et de leur conséquence. un clin d’oeil aux ultra-libéraux (possible) ? [6] Ce phénomène a été dénommé “illusion groupale” par Didier Anzieu (“L’illusion groupale : un Moi idéal commun”.et le discours d’information médiatique : le premier tente de répondre à la question du « quisommes-nous ? ». La seconde a partie liée avec la valeur vis à vis de laquelle l’adhésion doit être totale. sans discussion. la seconde celle du croyant ou du chercheur. Notes [1] Voir le syndrome de Timisoara. Or. c’est à dire prise de conscience du contrat d’action. le second à celle du « que sommesnous ? ». Il n’y a pas lieu ici de discuter de cette distinction. [2] Du 4-5 février 1996 [3] In Telérama n°2349 du 18 janvier 1995.

Le Monde diplomatique. [9] Radio et télévision se font rarement l’écho de critiques sur les médias. par des décisions de justice. Martin de poursuivre : « L’honnêteté de l’information ne comprend donc pas le cas d’un faux manifeste. [14] Quelques unes de façon juridique : liberté de la presse. quant à la télévision.). [13] Libération. en France. n’entre jamais dans un débat de fond. et donc légitimé. respect du secret de l’instruction. la divulgation d’une fausse nouvelle… ». rappelle les attendus du tribunal qui ayant à juger l’affaire du faux entretien de Fidel Castro avec PPDA. [10] Cela explique qu’il y ait une tendance à l’expulsion des experts ou à une présence bien encadrée médiatiquement aussi bien pour la politique que pour les sciences ou le sport. [11] Cela est conforté même. 3/06/96. il faut que le conflit soit présenté non point selon la raison d’État (le jeu des forces politiques ne concerne pas celui qui se trouve à l’extérieur).c. la plupart du temps de façon . mais dont l’application passe par une jurisprudence compliquée (voir "Le juge et le journaliste". [12] Propos de Daniel Schneidermann dans sa réponse à Pierre Bourdieu. 18 janvier 1995. » « L’obligation ne dépasse pas le strict contenu de l’information elle-même pour s’attacher également aux modalités techniques de présentation » Et J. pas eu lieu. sur France-Inter). sondage exclusif de Télérama-La Croix. D’autres.traversée des apparences” par Max Dorra dans Le Monde diplomatique. les météorologues ayant été évincés du petit écran au profit de présentateurs du monde des médias. Aussi. Juin 1996. [8] « Incroyable ! Les médias ont bonne presse ». dans Le Monde diplomatique de mai 1996. tout en donnant la parole à ses auditeurs (Info-Com. mais selon la raison humanitaire. en réalité. Télérama n°2349. Dans un article intitulé "Le juge et le journaliste" in Le Monde diplomatique de septembre 1995. avocat à la cour. J. l’étude que notre Centre d’Analyse du Discours mène actuellement sur le traitement par la télévision du conflit en exYougoslavie montre que pour que l’on puisse interpeller la conscience du citoyen. septembre 1995). “Arrêt sur image”. Mais la radio. revue Mots n°47. La presse davantage marquant ainsi sa différence. a décidé de ne pas condamner celui-ci : « Les propos [ont] été fidèlement rapportés…[bien que] les questions et les réponses [soient présentées] sous la forme d’un dialogue qui n’a. Martin. op. Le cas extrême. elle supprime purement et simplement les émissions qui sentent le souffre : “La preuve par l’image” (pour les raisons alléguées voir Le Monde du 23/09/95). la télévision orientet-elle son discours de cette façon à partir de 1992 (voir “La construction thématique du conflit en ex-Yougoslavie par les journaux télévisés français”. est celui de la météorologie. [7] Curieusement.

[17] Ainsi s’explique la non condamnation de PPDA pour faute professionnelle lors de la fausse interview de Fidel Castro.implicite. publications. [15] Le CSA. URL: http://www. Paul Amar en fut la victime. in La manipulation à la française. en France. A la télé. Mais le service public exigeait un acte de pruderie auto-légitimant (la "moral majority" américaine ne procède pas autrement). Pour citer cet article Patrick Charaudeau. à trop revendiquer sa subjectivité. cependant. CRDP de Versailles. alors qu’il n’y avait pas là faute professionnelle. c’est pour cette raison que les médias. 2003. Economica. Paris.com/Les-medias-unmanipulateur. Parfois. "Les médias. un manipulateur manipulé". ainsi que celle de Philippe Sobet : “United pubs of Benetton”. [19] Cependant dangereuse lorsque. lesquels avaient fait l’analyse de la façon dont ce journal traitait de l’immigration). par un de ces coups de rein destiné à redonner une virginité à un média. n’admettent pas (aux deus sens du terme) la critique (voir l’affaire du journal Le midi libre qui voulut tenter un procès en diffamation à des chercheurs de l’université de Montpellier. [18] Une fois de plus. la faute devient vénielle dès lors que l’audimat monte. dans la pratique journalistique elle-même. et la télévision en particulier. articles. n’a pas le pouvoir de l’Ordre des médecins. 1994). il se produit une sanction. Ed. [16] Voir à ce propos notre contribution au dossier sur “La publicité : masques et miroirs” dans la revue Mscope n°8 (sept.Livres.patrick-charaudeau.html . consulté le 13 août 2012 sur le site dePatrick Charaudeau . on finit par justifier toute forme de traitement médiatique.