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Jurisprudence n° 96-0495/R6123 Date de recours: 11/04/1996 Origine: RWANDAISE Membre: Avocats: Luc DE TEMMERMAN

Date de décision: 04/03/1998

COMMISSION PERMANENTE DE RECOURS DES REFUGIES, NORTH GATE II, Boulevard E. Jacqmain, 152 bte 7, 1000 BRUXELLES.

2ème CHAMBRE FRANCAISE

Décision N° 96/0495/R6123

En cause de :

NOM, PRENOM: X NE A: X LE: X NATIONALITE: rwandaise DOMICILE ELU : c/o Me Luc DE TEMMERMAN, Horizontlaan, 6, 3090 OVERIJSE

Vu la Convention de Genève du 28 juillet 1951 et son Protocole additionnel du 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés, ci-après dénommés « la Convention de Genève »;

Vu la loi du 15 décembre 1980 sur l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers, modifiée par les lois des 14 juillet 1987, 18 juillet 1991, 6 mai 1993, 10 et 15 juillet 1996, ci-après dénommée « la loi »;

Vu l'arrêté royal du 19 mai 1993 fixant la procédure devant la Commission permanente de recours des réfugiés ainsi que son fonctionnement, modifié par l'arrêté royal du 27 septembre 1996;

Vu la décision (CG/94/21475/RA9584) du Commissaire général aux réfugiés et aux apatrides, prise le 29 mars 1996;

Vu la requête introduite auprès de la Commission par pli recommandé à la poste le 11 avril 1996 ;

Vu les convocations notifiées aux parties en date du 11 février 1998 pour l'audience du 4 mars 1998;

Entendu la partie requérante en ses dires et moyens à l'audience publique du 4 mars 1998, assistée par Maître Luc DE TEMMERMAN, avocat ;

Considérant que le requérant confirme à l'audience ses dépositions antérieures, telles que résumées dans la décision attaquée; qu'en substance, il expose craindre d'être persécuté en raison de son lien de parenté avec le défunt président Habyarimana, dont sa sœur était l’épouse; Qu'il nie toute activité politique et se présente comme un homme d’affaires n’ayant eu que des contacts assez distants avec la sphère du pouvoir ; qu’il expose n’avoir pas même cherché à s’attirer des avantages quelconques dans la direction de ses affaires en tirant profit de son lien de parenté avec le président de la République ;

Qu’il produit à l’audience le témoignage d’un agent de l’administration belge de la Sûreté de l’Etat, Monsieur Ch. T. ; que celu X vu une preuve au sens pénal, cela constituait de toute évidence un ensemble d’indications sur lequel le Commissaire général pouvait valablement fonder sa décision en l’absence de tout élément sérieux en sens contraire ; Que face à ces indications convergentes, il incombait à tout le moins au requérant de contribuer de bonne foi à l’établissement des faits s’il souhaitait contester la pertinence de ces informations ; que la Commission observe que loin d’adopter cette attitude, le requérant s’efforce de tendre un voile d’opacité sur la nature exacte de ses activités entre 1990 et 1994, ainsi que durant la période qui a immédiatement suivi sa fuite en avril 1994 ; que cette attitude l’amène à nier l’évidence, depuis la réalité même du génocide jusqu’à des points accessoires comme les avantages qu’il tirait de ses liens avec le président dans la gestion de ses affaires ou même l’importance de celles-ci, qu’il cherche à minimiser ; que le crédit qui peut être accordé à ses dénégations s‘en trouve réduit à néant ; Que la Commission a acquis la conviction que l’attitude du requérant vise à celer sa responsabilité dans l’organisation, le financement et la mise en œuvre d’assassinats ou de massacres à caractère raciste ou politique perpétrés par des groupes para-militaires au Rwanda ainsi que dans la conception et la préparation du génocide commis après le 6 avril 1994 ;

Considérant, en conséquence, qu’il existe des raisons sérieuses de penser que le requérant s’est rendu coupable de crimes contre l’humanité et d’agissements contraires aux buts et principes des Nations

Unies au sens de l'article 1er, section F, a) et c) de la Convention de Genève; Qu’il ne peut bénéficier de la protection internationale organisée par ladite Convention ;

PAR CES MOTIFS : LA COMMISSION

- Statuant contradictoirement;

- Déclare la demande recevable mais non fondée; Confirme dès lors la décision rendue le 29 mars 1996 par le Commissaire général aux réfugiés et aux apatrides;

- Ne reconnaît pas au requérant la qualité de réfugié;

Ainsi délibéré le 4 mars 1998.

La Commission permanente de recours des réfugiés composée de:

M. M. WILMOTTE

Mme M.F. CHARLES

M. S. BODART

Assesseur

Assesseur

Président

assistés par Mme C. RAELET, secrétaire.