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Agr´ egation Interne.

Le 04/01/2012 Anneaux euclidiens On rappelle : – que deux ´ el´ ements a, b d’un anneau unitaire A, sont dit associ´ es s’il existe un ´ el´ ement inversible u ∈ A× tel que b = ua ; – qu’un anneau A est dit int` egre s’il est commutatif, unitaire et n’admet pas de diviseur de 0, c’est-` a-dire que pour a, b dans A, on a : a · b = 0 ⇔ a = 0 ou b = 0 – qu’un anneau A est principal s’il est int` egre et si tout id´ eal de A est principal, c’est-` a-dire de la forme I = a0 · A ; – qu’un ´ el´ ement p d’un anneau commutatif, unitaire et int` egre A, est irr´ eductible si p ̸= 0, p n’est pas inversible et : (p = uv ) ⇒ (u ou v est inversible) (les seuls diviseurs de p sont les ´ el´ ements inversibles ou les ´ el´ ements de A associ´ es ` a p) ; – qu’un ´ el´ ement p d’un anneau commutatif, unitaire et int` egre A, est premier si p ̸= 0, p n’est pas inversible et : (p divise uv ) ⇒ (p divise u ou p divise v ) Pour ce probl` eme : – A est un anneau int` egre ; – 0 et 1 sont les ´ el´ ements neutres pour l’addition et la multiplication de A, avec 0 ̸= 1 ; – A∗ = A \ {0} ; – A× est le groupe des ´ el´ ements inversibles de A ; On appelle stathme sur A une application φ : A∗ → N. On dit que l’anneau A est euclidien, s’il existe un stathme φ sur A tel que pour tout couple (a, b) d’´ el´ ements de A avec b ̸= 0, il existe un couple (q, r) dans A2 tel que : a = bq + r avec r = 0 ou r ̸= 0 et φ (r) < φ (b) Dans ces conditions, on dit que q est un quotient et r un reste dans la division euclidienne de a par b. On notera (A, φ) un tel anneau euclidien. – I – G´ en´ eralit´ es sur les anneaux euclidiens 1. Soit (A, φ) un anneau euclidien. Montrer que si le stathme φ est constant, A est alors un corps. 2. Montrer qu’un anneau euclidien est principal. 3. L’anneau Z [X ] est-il euclidien ? egre qui n’est pas un corps. L’anneau A [X ] est-il 4. Soit A un anneau commutatif, unitaire et int` euclidien ? el´ ement a de A est irr´ eductible si, et seulement si, 5. Soit A un anneau principal. Montrer qu’un ´ il est premier. ´ donn´ e un anneau euclidien (A, φ) , on d´ efinit l’application φ : A∗ → N par : 6. Etant ∀a ∈ A∗ , φ (a) = min φ (ax) ∗
x∈A

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7. b non nuls avec b non inversible. et une seule. pour tout a ∈ A∗ . En particulier. b) ∈ A∗ × A∗ . (b) si a ∈ A∗ \ A× s’´ ecrit de deux mani` eres : a= r ∏ s ∏ qj j =1 pk = k=1 o` u les pk et qj sont des ´ el´ ements irr´ eductibles de A. que le stathme φ est croissant. φ (ab) ≥ φ (a) Cette propri´ et´ e se traduit en disant que le stathme φ est croissant dans le sens o` u : si a. mais ce n’est pas ´ el´ ementaire (voir le probl` eme de Fr´ ed´ eric Dupr´ e). on a alors r = s. r) tel que a = bq + r et α ≤ r < α + |b| . Pour cette question. Montrer que si a = bq + r est une division euclidienne de a par b dans (Z. on a φ (−a) = φ (a) et φ (ab) > φ (a) pour a. i. φ) . (b) Montrer que. on suppose que (A. b) . il en existe une autre. b est inversible. La d´ emonstration directe du fait qu’un anneau euclidien est factoriel est plus simple. chaque pk est associ´ e ` a un qj et r´ eciproquement. b) ∈ A∗ × A∗ . (c) Soient a ∈ Z∗ et b ∈ N∗ ne divisant pas a. Montrer que pour tout couple d’entiers (a. il existe un unique couple d’entiers (q. on a alors φ (a) ≤ φ (c) . (a) Montrer que pour tout (a. l’´ egalit´ e´ etant r´ ealis´ ee si. c’est-` a-dire que : ∀ (a. on a φ (ab) ≥ φ (a) . on a : φ (1) = min φ (x) ∗ x∈A (c) Montrer que : A× = {a ∈ A∗ | φ (a) = φ (1)} 8. Pr´ ecis´ ement. (b) Montrer que (A. b) ∈ A∗ × A∗ . c ∗ dans A sont tels que a divise c. – II – Exemples d’anneaux euclidiens 1. on a : φ (a) = min φ (ax) ∗ x∈ A En particulier. φ) est un anneau euclidien. 2 . a = bq ′ + r′ avec r ̸= r′ et q ̸= q ′ . montrer que : (a) un ´ el´ ement non nul de A est soit inversible soit un produit fini d’´ el´ ements irr´ eductibles . φ) est un anneau euclidien. et seulement si. (b) Montrer que l’anneau Z des entiers relatifs est euclidien pour le stathme φ : n ∈ Z∗ → |n| . On peut montrer. avec b ̸= 0. φ (ab) ≥ φ (a) et on s’int´ eresse ` a quelques cons´ equences de la croissance de φ.(a) Montrer que φ est bien d´ efinie et que : ∀ (a. ´ etant donn´ e un anneau euclidien (A. (a) Soit α un r´ eel. |·|) . qu’un anneau principal est factoriel et en cons´ equence il en est de mˆ eme pour une anneau euclidien.

On se donne un entier naturel n ≥ 1 et on note : [√ ] { } √ √ Z i n = Z + i nZ = a + ib n | (a. il s’agit de l’ensemble Z [i] des entiers de Gauss. pour n = 1 ou n = 2. a + × b − . p. y ) ∈ a − . A-t-on unicit´ e du quotient et du reste pour la division euclidienne dans (K [X ] . v dans Z [i n] avec v ̸= 0 et (x.5 avec n ≥ 3. 6. Montrer qu’on a les ´ equivalences : (A [X ] est euclidien) ⇔ (A [X ] est principal) ⇔ (A est un corps) 4. par : ∀a = n2p 5q ∈ D∗ . φ (a) = |n| (c) A-t-on unicit´ e du quotient et du reste pour la division euclidienne dans (D.b + 2 2 2 2 √ ii. q sont des entiers relatifs avec n ̸= 0 premier avec 10.ii. l’anneau Z [i n] est euclidien pour le stathme : [√ ] √ φ : u = a + ib n ∈ Z i n → |u|2 = a2 + nb2 ∈ N (le stathme est aussi d´ efini en 0). en utilisant l’´ ecriture canonique d’un nombre d´ ecimal. φ) ? (e) A-t-on unicit´ (f) Effectuer la division euclidienne de u = 11 + 7i par v = 18 − i dans Z [i] . (a) Montrer que tout nombre d´ ecimal non nul s’´ ecrit de mani` ere unique sous la forme d = p q n2 5 . unitaire et int` egre. φ) ? 5. Montrer qu’il y a exactement deux divisions euclidiennes de a par b dans (Z. √ (a) Montrer que Z [i n] est un sous anneau de C stable par l’op´ eration de conjugaison complexe. Montrer que l’anneau K [X ] des polynˆ omes ` a une ind´ etermin´ ee et ` a coefficients dans un corps commutatif K est euclidien pour le stathme deg : P ∈ K [X ] \ {0} → deg (P ) . o` u n. √ √ u (c) Soient u. 2. deg) ? 3. Soit : { a } D= | (a. |·|) . est irr´ eductible dans Z [i n] . 3 . On utilise les notations de II. √ × √ (b) D´ eterminer l’ensemble Z [i n] des ´ el´ ements inversibles de Z [i n] . v i. m) ∈ Z × N 10m l’anneau des nombres d´ ecimaux (on v´ erifie facilement que c’est un sous-anneau de D). √ √ (a) Montrer que i n. Soit A un anneau commutatif. b) ∈ Z2 Pour n = 1. y ) ∈ Q2 tel que = x + iy n. Une telle ´ ecriture d’un nombre d´ ecimale est appel´ ee ´ ecriture canonique. b) d’entiers relatifs tel que : [ [ [ [ 1 1 1 1 (x. (b) Montrer que D est euclidien pour le stathme φ d´ efini. Montrer qu’il existe un unique couple (a. 2 √ (d) Montrer que. En d´ eduire qu’il existe q ∈ Z [i n] tel que |u − qv | ≤ √ n+1 |v | . e du quotient et du reste pour la division euclidienne dans (Z [i] .

√ √ 1 4n − 1 (b) Montrer que l’on soit ω = i n.2). e. φ) est un anneau euclidien. u i. Montrer que le quotient et le reste sont uniquement d´ etermin´ es pour la division euclidienne dans (A. Montrer qu’il existe (r. et seulement si.6). (d) On suppose que n est impair. a ̸= b ⇒ φ (a − b) ≤ max (φ (a) . que l’application φ : u → |u|2 d´ efinit un stathme sur Z [ω ] . 1[ . on suppose que ω = x + iy est un entier quadratique avec x ∈ [0. que pour tout entier relatif n.7c) et montrer facilement qu’un anneau euclidien est factoriel (question I. et seulement si. soit ω = + i o` u n ∈ N∗ . Montrer que i n divise √ que n est pair. pour x ∈ [0. En utilisant le fait que 2 divise 1 + n. 4 ] √ [ (d) Montrer que.8). ω est un entier quadratique. 1. 7. le stathme φ est tel que : ∀ (a. Z. b) ∈ A∗ × A∗ . Pour la suite de cette question. que Z [ω ] = Z [ω ] . Montrer qu’il existe q ∈ Z [ω ] tel que |u − qv |2 ≤ |v | . ce qui est int´ eressant pour caract´ eriser les ´ el´ ements inversibles de A (question I. soit √ 2 (m + i n) et en d´ eduire que Z [i n] n’est pas euclidien. v 1 + y2 2 ii. D et Z [i] (question III. φ (b)) (1) (2) La propri´ et´ e (1) est v´ erifi´ ee pour les exemples classiques d’anneaux euclidiens : K [X ] . c’est-` 2 dire racine d’un polynˆ ome de degr´ e 2. on a Z [ω ] = Z [n + ω ] et qu’il existe un nombre complexe ω ′ = x′ + iy ′ tel que x′ ∈ [0. montrer que Z [ω ] est stable par l’op´ eration de conjugaison complexe z → z. b) ∈ A∗ × A∗ . 3 . Dans ce cas. y > 0. φ (ab) ≥ φ (a) et : ∀ (a. 2 2 (c) Soient u. y ′ > 0 et Z [ω ] = Z [ω ′ ] . s) ∈ Q2 tel que = r + sω. Soient ω = x + iy un nombre complexe non r´ eel (i. l’anneau Z [ω ] est euclidien pour le stathme : φ : u = a + bω ∈ Z [ω ] → |u|2 √ √ 1 4n − 1 Pr´ eciser les valeurs possibles de ω. 2 2 – III – Anneaux euclidiens pour lesquels il y a unicit´ e de la division Pour cette partie. sont ω = i n.√ (b) On suppose que n = 2m avec m ≥ 2. φ) si. 1[ . avec x ∈ R et y ∈ R∗ ) et : { } Z [ω ] = Z + Zω = a + bω | (a. √ (c) Montrer que 2 est irr´ eductible dans Z [i n] . 1[ et y ∈ 0. ou n = + i avec n ∈ N∗ . En fait. 4 .√ soit que n = 2m + 1 avec m ≥ 1. b) ∈ Z2 a(a) Montrer que Z [ω ] est un anneau si. on peut toujours se ramener ` a un stathme croissant (question I. montrer que Z [i n] n’est pas euclidien. v dans Z [ω ] avec v ̸= 0. (A. P (X ) = X − αX − β ` a coefficients entiers.

k=0 (f) En d´ eduire que l’anneau A est isomorphe ` a l’anneau K [X ] des polynˆ omes ` a une ind´ etermin´ ee et ` a coefficients dans le corps commutatif K. 5 .4b sur D ? pour φ d´ efini en II. Soient a ̸= b dans A∗ . φ) . Montrer que si φ (a) < φ (b) . c’est-` a-dire que pour tout a ∈ A. pour la suite de cette partie que le quotient et le reste sont uniquement d´ etermin´ es pour la division euclidienne dans (A. il existe un unique n ∑ ak xk . c’est-` a-dire que : ∀ (a. Ce que l’on peut noter A = K [x] . Les propri´ et´ es (1) et (2) sont-elles v´ erifi´ ees pour φ = deg sur K [X ] ? pour |·| sur Z ? pour φ d´ efini en II. On en d´ eduit alors que A est un K-espace vectoriel.5d sur Z [i] ? On suppose. les entier naturel n et une unique suite (ak )0≤k≤n d’´ el´ ements de K telle que a = ak ´ etant dans K avec an ∈ A× . (a) Montrer que φ (x) > φ (1) . Montrer que K = A× ∪ {0} est un corps. On a donc K A et il existe x ∈ A \ K tel que : φ (x) = min φ (y ) y ∈A\K 5. 3. ∃! (q. (b) Montrer que la suite (φ (xn ))n∈N est strictement croissante dans N. 4. (d) Montrer que pour tout a ∈ A∗ .2. on a alors φ (b − a) = φ (b) . r) ∈ A2 | a = bq + r avec r = 0 ou r ̸= 0 et φ (r) < φ (b) ce qui ´ equivaut ` a dire que les propri´ et´ es (1) et (2) sont v´ erifi´ ees. b) ∈ A × A∗ . On suppose maintenant que A n’est pas un corps. il existe un unique entier naturel n tel que φ (a) = φ (xn ) . (e) Montrer que Bx est une base de A. (c) Montrer que la famille Bx = (xn )n∈N est libre dans le K-espace vectoriel A.