Sociologie

Notions: Inégalités économiques, inégalités sociales Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert

I –Classes, stratification et mobilité sociale

1- 1 – Comment analyser la structure sociale?

Fiche 4 – Stratification et inégalités

Introduction
Toutes les sociétés, sont constituées de groupes sociaux qui sont hiérarchisés et entretiennent donc des relations marquées par la domination de certains sur les autres, par les inégalités et différences existant entre les membres des différents groupes. Dans les sociétés modernes, ces groupes ne sont pas étanches, leur hiérarchie (donc les inégalités) se transforme.

I – Définition et mesures
A. Définition
1. La distinction différence – inégalité - injustice
Une inégalité ne doit pas être confondue avec une différence :

• •

En effet une différence entre deux individus ou deux groupes ne devient une inégalité qu’à partir du moment où elle est traduite en termes d’avantages ou de désavantages par rapport à une échelle de valeurs .elle est donc toujours relative. Les inégalités ne peuvent donc être étudiées de manière absolue, il faut impérativement tenir compte du cadre social, culturel qui indique ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Toutes les inégalités ne sont pas considérées comme injustes. En matière de justice sociale et de répartition, l’équité conduit à proportionner des rétributions aux contributions des individus en fonction des critères de justice. Cela ne conduit pas nécessairement à considérer que des distributions inégales peuvent être injustes.

notion n’a de sens qu’au regard d’une conception éthique, morale ou juridique
2. La complexité des inégalités
P Rosanvallon et JP Fitoussi écrivent : « la société française aujourd’hui confrontée à deux types d’inégalités, qui s’expriment dans des termes différents : • les inégalités structurelles mises en évidence par l’intermédiaire de l’immense corpus de statistiques publiques sur la répartition du revenu, des logements, etc.. Elles correspondent à la vision que l’on avait de l’inégalité quand ces systèmes statistiques ont été construits. C’est à dire à un moment où, le risque de chômage était mineur, l’inégalité dans les probabilités de trouver un emploi ne venait pas perturber l’interprétation que l’on pouvait faire des données sur la répartition des revenus ou des richesses. La statistique publique se réfère ainsi à l’ancienne économie, c’est à dire aux anciennes catégories. (...)Ces distorsions multiples font que les catégories socioprofessionnelles, qui donnaient hier une bonne représentation de la société, en raison de leur homogénéité interne, perdent peu à peu de leur pertinence. • on assiste au développement de nouvelles inégalités, mises en oeuvre par la dynamique du chômage ou celles de l’évolution des conditions de vie: inégalité devant l’endettement, la sécurité, les incivilités, ou même inégalités devant certaines nuisances quotidiennes, comme le bruit par exemple » • De nombreux facteurs d’inégalités peuvent alors être mis en évidence. • Enfin les inégalités se cumulent, il semble donc nécessaire d’avoir une vision globale des inégalités.

B. Mesures
On distingue trois mesures quantitatives de l’inégalité : la dispersion, la concentration et la disparité : 1. La disparité : l’écart de valeur moyenne
Définition : On parle de disparité lorsqu’on mesure l’écart qui existe entre les valeurs moyennes de deux groupes différents

Méthodologie : • Il a donc fallu au préalable distinguer la population étudiée en fonction d’un critère : par exemple si l’on veut mesurer la disparité des salaires entre les ouvriers et les cadres supérieurs, il faut au sein de la catégorie salariée opérée une distinction entre les membres des deux catégories. • On calcule ensuite le salaire moyen de chaque catégorie. • Enfin pour comparer les écarts de salaires moyens on calcule :
coefficient multiplicateur = salaire moyen des cadres supérieurs salaire moyen des ouvriers

2. La dispersion
Définition : On parle de dispersion lorsqu’on mesure l’écart qui existe entre les valeurs extrêmes prises par une série de grandeurs.

Méthodologie : • Dans ce cas, on peut utiliser les quantiles. Les différents quantiles sont :
o Les déciles : partagent les effectifs en 10 parts de même effectif. Il y a donc 9 déciles. C'est ainsi que si nous étudions la dispersion des patrimoines, le premier décile (D1) est la valeur du patrimoine telle que les 10% des ménages les moins favorisés ont un patrimoine inférieur à cette valeur. Donc 90 % des ménages ont un patrimoine supérieur à cette valeur. Les centiles : partagent les effectifs en 100 parts(1%) de même effectif. Il y a donc 99 centiles. Les quintiles : au nombre de 4, ils partagent les effectifs en 5 parts(20%) de même effectif. Les quartiles : au nombre de 3, ils partagent les effectifs en 4 parts(25%) de même effectif. La médiane : partage l'effectif total en 2 parts de même effectif. Elle correspond donc au 5e décile (D5).

o o o o

o

Pour mesurer la dispersion, on utilise : • l’intervalle inter décile : D9-D1. Cet intervalle est tel que 80 % de la population est comprise entre les deux caractères. Cela mesure l’écart absolu • on peut aussi mesurer : l’écart relatif ou écart interdécile : D9/ D1 qui permet d’obtenir l’éventail des salaires. • On peut enfin calculer : le coefficient de dispersion qui est : D9-D1 Médiane

3. La concentration

Pour mesurer la concentration des revenus on utilise la courbe de Lorenz qui est une représentation graphique des inégalités.

En abscisse est porté le pourcentage cumulé croissant de la population. En ordonnée est indiqué le pourcentage cumulé croissant de la donnée étudiée. La bissectrice représente la répartition égalitaire : 20 % de la population détient 20 % Plus la courbe est éloignée de la diagonale, plus la répartition des revenus est inégalitaire.

La courbe de Lorenz permet aussi de donner une mesure précise de la concentration appelée coefficient de Gini (ce coefficient varie de 0 à 1) : Surface entre la courbe et la diagonale Surface de la moitié du rectangle L’indice de Gini correspond au rapport entre la surface hachurée et le triangle en dessous. L’indice de Gini varie entre 0 et 1. • Si l’indice est de 0, cela signifie que la courbe de Lorenz est la diagonale, l’égalité est parfaite. • Si l’indice est de 1, cela signifie qu’une seule personne détient tout le revenu, c’est l’inégalité maximale. • Plus les inégalités de revenus sont importantes, plus la courbe de Lorenz s’éloigne de la diagonale, plus l’indice de Gini est élevé

4. Le strobiloïde
Le « strobiloïde » (du grec strobilos, toupie) est une « invention » du sociologue Henri Mendras, mais c'est Louis Chauvel qui, par ses travaux, contribue à formaliser et à populariser cet outil de représentation des inégalités. Il s'agit de représenter sous forme graphique la répartition d'une variable permettant de mesurer les inégalités (en général le revenu et/ou le patrimoine). La forme que prend cette représentation donne alors une idée « visuelle » (toupie, cloche, sapin...) et relativement « intuitive » (la lecture d'un strobiloïde est simple) des inégalités (en terme de proportion comme de position relative des individus). Le strobiloïde permet soit : – de rendre compte de la situation des inégalités dans un pays (ou une région) à un instant donné (strobiloïde symétrique) ; – de comparer la situation de ce pays à 2 dates différentes ; – de comparer la situation de 2 pays à une même date ; – de comparer 2 variables différentes pour un même pays et à la même date. Sur l'axe vertical est représenté la variable sous forme d'indice croissant (plus on monte, plus le niveau de la variable est important !). L'indice 100 correspond à la médiane de la variable (revenu médian et/ou patrimoine médian).Sur l'axe horizontal est représentée la proportion d'individus en pourcentage. Le « renflement » (la largeur) du strobiloïde est donc proportionnel au nombre d'individus correspondant au revenu (resp. patrimoine). Le strobiloïde met ainsi en relation la proportion d'individus et le revenu (resp. patrimoine) détenu ou, pour le dire encore autrement, chacun des points de la courbe indique quelle proportion de la population touche quel revenu (resp. détient quel patrimoine). Rappel : les « pauvres » sont définis, en France, comme les personnes qui perçoivent moins de la moitié du revenu médian (50%). Les « classes moyennes » se situent entre 50% du revenu médian et 200%. Les riches au-dessus de 200%. La forme du strobiloïde indique alors le type de répartition des inégalités (et donc de société) auquel on a à faire : – Un strobiloïde en forme de sapin, dénote une société relativement inégalitaire : la concentration des individus en-dessous de la médiane est caractéristique – Un strobiloïde en forme de cloche correspond à une société où les inégalités sont faibles : les « riches » ne sont pas beaucoup plus riches que les autres, les « moyens » sont très

nombreux et les « pauvres » existent mais sont peu nombreux. Cela correspond au cas de la Suède. – Un strobiloïde en forme de toupie révèle une société où les inégalités sont relativement fortes : il y a des « riches » et des « très riches », beaucoup de « moyens » et des « pauvres ». Plus que l'importance de la pauvreté, c'est la différence entre les « très riches » et les « pauvres » qui caractérise les inégalités. Cela correspond à la situation de la France. – Un strobiloïde en forme de sablier, indique une société très fortement inégalitaire : la concentration des individus est forte au-dessus (les « riches ») et en-dessous de la médiane (les « pauvres ») mais peu d'individus se trouvent à son niveau (absence de « classe moyenne »). etc... Source : M.Galy, Toile SES

II.

Analyse des inégalités économiques Rappel : définitions
1. Les revenus

La production de richesses génère des flux monétaires ou en nature qui rémunèrent la participation directe ou indirecte des agents économiques à cette activité productive. Le revenu est une ressource essource r perçue régulièrement (flux) qui n’est pas la contrepartie d’une diminution de patrimoine On distingue : • Les revenus primaires qui sont immédiatement reçus par les agents économiques en rémunération des facteurs de production (travail et capital). On distingue 3 types de revenus primaires : o les revenus d’activité ou revenus du travail qui rémunèrent les agents économiques ayant fourni leur force de travail o les revenus du capital ou revenus de la propriété qui sont des revenus provenant de la propriété des biens ou de placements financiers. On peut distinguer : les revenus immobiliers qui rémunèrent le patrimoine immobilier sous forme de loyers, fermages, et les revenus mobiliers qui proviennent de la possession d’un patrimoine financier, soit sous forme d’actions dont la rémunération est le dividende, soit sous forme d’obligations ou de possession d’un livret d’épargne dont la rémunération est l’intérêt o les revenu mixtes : certains revenus sont à la fois des revenus du travail et du capital. Ainsi, les entrepreneurs individuels qui sont propriétaires de leur entreprise utilisent un outil de travail pour mettre en œuvre leur activité. Le revenu qu’ils perçoivent est donc mixte ; il rémunère à la fois le travail fourni et le patrimoine nécessaire à l’activité. Les revenus de transfert : ce sont des revenus versés par une administration publique à un ménage pour l'aider à faire face à la réalisation de certains risques sociaux : maladie, vieillesse, accident du travail, chômage, handicap, pauvreté ...On y inclut les allocations familiales, non pas qu'il s'agisse à proprement parler de considérer la naissance d'enfants comme un risque social, mais on peut estimer qu'une naissance puisse s'assimiler à un appauvrissement du niveau de vie d'un ménage .Ces revenus de transfert participent à l'effort de redistribution et entrent dans le calcul du revenu disponible des ménages Le revenu disponible d'un ménage comprend les revenus d'activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation et les contributions sociales généralisées (CSG) et contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS).

2. Le patrimoine
Au sens économique, le patrimoine est un stock de biens ou d'actifs alimenté par un flux d'épargne ou par un don ou un héritage.

A. Analyse des inégalités de revenu
1. Les inégalités de salaire

a. Analyse des inégalités de salaire en France

b. Une comparaison internationale des inégalités de salaire

2. Les inégalités de revenu a. En France
Quand on parle de revenus primaires, on introduit maintenant les professions indépendantes qui bien évidemment n’avaient pas été retenues dans l’étude des inégalités de salaires .Le rapport entre le revenu d’activité moyen des indépendants non agricoles et celui des ouvriers s’établit à 2,47. Ces inégalités pourtant non négligeables ne sont rien par rapport aux inégalités de revenu de la propriété. L’activité professionnelle n’est pas la seule source de revenus pour un ménage, certains éléments du patrimoine dont le ménage dispose produisent des revenus, qui viendront s’ajouter à ceux engendrés par les activités professionnelles de ses membres, pour constituer la totalité de son revenu primaire. Les inégalités de revenus de la propriété sont très importantes. Elles le sont d’autant plus que si sur la période 1990-1996 les revenus fiscaux ont en moyenne augmenté de 0,5 % (1 % pour le décile le plus riche, mais ont baissé de 2,5 % pour le décile le plus pauvre) , la performance réelle des placements a été de 10 % , les actions françaises ayant même gagné sur la période 25 % . La très forte valorisation du patrimoine financier résultant de la dérégulation des marchés financiers a ainsi contribué à creuser les inégalités de revenus durant les années 90

b. Une comparaison internationale

Dans les années 50, S.Kuznets a établi une loi selon laquelle l’évolution des inégalités aurait la forme d’une courbe en cloche .Suivant le stade de croissance et de développement, les inégalités passeraient par 3 phases : • dans les sociétés sous-développées et traditionnelles, le niveau des inégalités est relativement réduit : excepté une minorité peu représentative, la majorité de la population travaillant dans l’agriculture est pauvre • lors de la phase d’industrialisation, les écarts s’accroissent entre les régions et les catégories qui restent dans le modèle traditionnel et ne bénéficient pas des retombées de la croissance et celles qui , suite à un exode rural , migrent vers les secteurs les plus dynamiques de l’économie . Cette augmentation des inégalités ne signifient pas une augmentation de la pauvreté, mais un enrichissement de certains et une stagnation des autres • les bénéfices de la croissance et le développement se généralisent à l’ensemble de l’économie : les secteurs en retard disparaissent (destruction créatrice ) ou se modernisent et toutes les catégories voient leur niveau de vie s’accroître . Un rattrapage des catégories les plus favorisées s’opère aussi Conclusion :La thèse de Kuznets a été particulièrement bien étudiée et vérifiée dans les cas anglais et américain . Ainsi , aux EU , « la part du patrimoine total possédé par les 10 % les plus riches est passée d’environ 50 % vers 1770 à un maximum d’environ 70-80 % vers 1870 , avant de retrouver en 1970 un niveau de l’ordre de 50 % , typique de l’inégalité contemporaine des patrimoines » ( T.Piketty ) Ce resserrement de la hiérarchie des revenus est une tendance de long terme qui contredit la thèse marxiste de la paupérisation de la classe ouvrière. • T ;Piketty écrit : « Pendant longtemps , la loi de Kuznets est apparue comme la fin de l’histoire de l’inégalité , même si le fait que de nombreux pays tardaient à rejoindre le monde enchanté , où croissance et réduction des inégalités iraient main dans la main , a toujours suscité des doutes légitimes . Mais c’est surtout la constatation, dans les années 80, que l’inégalité avait recommencé à augmenter dans les pays occidentaux depuis les années 70 qui a porté le coup fatal à l’idée d’une courbe reliant inexorablement développement et inégalité . Ce retournement de la courbe de Kuznets marque la fin des grandes lois historiques sur l’évolution des inégalités, au moins pour un certain temps, et incite à une analyse modeste et minutieuse des mécanismes complexes qui peuvent faire que l’inégalité augmente ou diminue à différents points du temps ».

B. Analyse des inégalités de patrimoine
L’inégalité de patrimoine a diminué depuis un siècle Mais elle reste très importante : elle est plus forte que l’inégalité des revenus

III - Des inégalités sociales
A. Les inégalités face à l’école
On a vu dans le cours sur la mobilité sociale qu’elles restent importantes en France malgré la démocratisation qui s’est développée depuis 40 ans, mais en plus on constate que ces dernières années les disparités semblent à nouveau augmenter .

B. Les disparités dans les pratiques culturelles
• Les familles populaires ont un usage du temps libre qui est plus centré sur le foyer et la famille que les cadres qui ont plus d’activités en couples, solitaires et culturelles

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• Le passage aux 35 heures ne paraît pas avoir permis de réduire les inégalités, il peut même les avoir accrues car : avec le développement de l’annualisation du temps de travail, la réduction du temps de travail s’opère souvent en fonction des impératifs des entreprises pour les ouvriers et employés. Ainsi les ouvriers auront du temps libre durant les temps morts des entreprises qui ne correspondent pas forcément aux périodes qu’ils souhaiteraient (vacances des enfants). Inversement pendant les périodes de forte production les horaires peuvent aller jusqu’à 45 heures par semaine, des week-ends sont alors consacrés au travail. Pour les cadres la réduction du temps de travail se traduit par une multiplication des week-ends à la montagne, en Europe, artistiques ou gastronomiques.

Pour les activités tournées vers l’extérieur, les inégalités persistent. On peut les regrouper en deux grandes catégories : o les activités sportives : pour toutes les catégories sociales, la pratique sportive a augmenté mais les sports pratiqués sont différents o les spectacles et les visites et sorties : les inégalités se sont accrues

C. Les inégalités face au logement
Constat : Le droit au logement a mis du temps à être reconnu en France, il a fallu attendre 1990 et la loi Besson pour que « le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation . ».Mais A Bihr ET R Pfefferkorn constatent que « sur ce point comme sur bien d’autres la solidarité nationale est bien défectueuse » : On comptabilise ainsi en France en 2000 850 000 personnes qui vivent dans des habitations sans confort et insalubres .Plus de la moitié des ménages à faible revenu ne dispose pas d’un logement pourvu des commodités indispensables ( toilettes et salle de bains )

D. Les inégalités face aux vacances

E. Les inégalités face à la représentation politique
Cette inégale participation à la vie politique n’est pas répartie de façon équitable dans les différentes catégories de la population : ainsi la participation à la vie politique augmente si l’on passe • des femmes aux hommes, • des jeunes aux personnes âgées, • des sans diplômes aux diplômés de l’enseignement supérieur, • des ouvriers agricoles, des classes populaires aux cadres supérieurs, • des célibataires aux mariés, • des individus qui ne participent pas à la vie associative ou syndicale à ceux qui y participent.

Pour les plus motivés : d’autres inégalités : les inégalités face à la santé et à la mort o o L’état moyen de santé de la population française s’est considérablement amélioré. Mais les inégalités sociales devant la mort n’ont pas pour autant disparu, elles semblent même s’accroître. Ainsi en 1960-69 l’espérance de vie à 35 ans d’un manœuvre est de 34,2 ans, celle d’un cadre supérieur de 41, 7 . Entre 1969 et 1989-89 l’espérance de vie des manœuvres s’est accrue de 1,5 ans, celle d’un cadre sup de 2,3. En 80 , l’écart d’espérance de vie à la naissance entre un ouvrier et un cadre était de 4,8 ans , il a augmenté pour atteindre 6,5 ans en 1996 et 7 ans en 1999. Les inégalités entre les sexes ont elles aussi augmenté (5.8 ans en 1950 d’espérance de vie en plu pour les femmes en 1950 , 7 ans en 2004) Ceci peut paraître surprenant alors que la sécurité sociale a justement eu pour but de mettre toute la population à l’abri de la maladie, donc de réduire les inégalités face à la mort.

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Conclusion : Des inégalités qui se cumulent
Contrairement à ce qu’avançait Tocqueville : • on n’assiste donc pas à une réduction des inégalités, • mais au contraire on observe une stabilité, voire un accroissement des inégalités. • L’évolution est d’autant plus contradictoire avec les prévisions de Tocqueville que les inégalités se cumulent. Elles font système A Bihr et R Pfefferkorn constatent à la fin de leur ouvrage déchiffrer les inégalités que : « les inégalités s’établissent généralement aussi bien à l’avantage qu’au détriment des mêmes catégories. (...) : • les catégories ouvrières apparaissent bien les plus défavorisées de toutes : sur les 40 indicateurs de l’inégalité retenus, elles se trouvent en position défavorable à 36 reprises, soit dans la quasi-totalité des cas, et elles occupent la position la plus défavorable 24 fois ! • Inversement elles ne sont en position favorable que 4 fois, dont 3 grâce au mécanisme de redistribution des revenus. (..) • Avec les cadres et professions libérales on aborde les catégories situées au sommet de l’échelle sociale. Seul le mécanisme redistributif leur est défavorable. (...) • La situation des commerçants, artisans et chefs d’entreprise apparaît à peine moins enviable. Sans doute leur situation est elle moins brillante dans le bas du tableau (école, santé, culture),mais elle est plutôt meilleure dans le haut du tableau(revenus et patrimoine) ». Ces inégalités se reproduisent : • Comme l’écrivent A Bihr et R Pfefferkorn : « parler de système des inégalités, c’est présupposer que celles ci tendent à se reproduire de génération en génération • A cette idée s’oppose l’idée encore communément répandue que notre société serait une société ouverte: le destin d’un individu n’y serait pas tracé d’avance, chacun y aurait des chances d’améliorer sa situation sociale de départ, en accédant à une catégorie sociale supérieure celle de ses parents (..). • Certes notre société n’est pas une société de castes : la situation sociale de chacun n’y est pas strictement déterminé par sa naissance, puisqu’elle n’interdit en principe à personne de quitter sa catégorie sociale d’origine, ni d’en changer en cours d’existence. • Mais les développements antérieurs laissent en même temps deviner qu’elle n’est pas cette méritocratie que certains se plaisent à dépeindre ». Pour une analyse approfondie de la reproduction sociale et de la mobilité sociale on se reportera au chapitre sur la mobilité sociale.

Des ressources complémentaires
Exercices de remédiation Sur le net, articles et vidéos De base Approfondissement Justice sociale et inégalités Académie en ligne Un résumé sonore Mesurer l'inégalité et dire l'injustice Un diaporama de Observatoire des l’académie de Versailles inégalités pour définir le concept d’inégalités : Télécharger Une vidéo Egalité, La définition de l’inégalité par l’Observatoire des inégalités : ici Une animation flash pour comprendre les quartiles Une présentation des quantiles et des exercices : Un diaporama sur la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini : cliquer ici Une vidéo d’écodico de BNP Paribas : ici Une vidéo de seko.com sur la courbe de Lorenz et les déciles : ici Une vidéo de sekoéco sur la mesure des inégalités Une vidéo d’écoseko INEGALITES et IDEAL DEMOCRATIQUE inégalité, différences Université de tous les savoirs

I – Définition et mesures

Des exercices sur la définition de l’inégalité QCM sur la définition des inégalités Des exercices sur les différentes mesures des inégalités Retrouver les différents calculs Des exercices sur les déciles

Un QCM sur la courbe de Lorenz

Mesurer l'inégalité, définir l'équité Université de tous les savoirs Une vidéo de Canal U De justes inégalités

IIAnalyse des inégalités économiques
Des exercices sur les inégalités en France Un QCM sur l’égalité professionnelle hommes-femmes

Une vidéo de sékoéco Evolution, comparaison et explication des inegalités Une vidéo d’écodico Stars et inégalités Slate : Portrait des «1%» français L’observatoire des

Une enquête de l’INSEE : Insee Revenus-Salaires Les inégalités de patrimoine s ... Les revenus et le patrimoine des ménages - Insee Références 2012 Sur Melchior : La

QCM sur les inégalités hommes-femmes Un didapage sur croissance et réduction des inégalités

inégalités : • une animation : Salaires : êtes-vous riche ou pauvre - Observatoire des inégalités • l’évolution des inégalités de salaires entre 1996 et 2006 : ici • les inégalités hommesfemmes : ici L’observatoire des inégalités : les inégalités de patrimoine : ici

courbe de Kuznets

III – Des inégalités Un QCM inégalités sociales

sur

les

différentes

L’observatoire inégalités : le logement :ici L’observatoire inégalités : les sociaux aux européennes : ici

des mal des critères élections

QCM - Stratifications sociales et inégalités Bac blanc n°2 et correction : la partie 3 de l’épreuve composée porte sur l’analyse des inégalités

L’observatoire des inégalités : La composition sociale des filières, de la 6ème aux classes préparatoires : ici Rentrée scolaire Observatoire des inégalités Un article de l’Humanité : JeanYves Rochex « Les inégalités scolaires se construisent aussi ... A l'épreuve des inégalités culturelles - CanalU A l'épreuve des inégalités de santé au travail - Canal Socio -

Le Figaro : Le Figaro France : Les inégalités sociales persistent face à la mort L’observatoire des inégalités : obésité et milieux sociaux : ici

Conclusion

Un texte à trous Les inégalités économiques et leur cumul Une dissertation Les inégalités sontelles toujours incompatibles avec la démocratie ?

Sur le blog de J.Gadrey : La pauvreté en héritage Une analyse du livre de Bihr A. et Pfefferkorn R. (2008), Le système des inégalités : ici

Un article des Echos : La crise a augmenté les inégalités au sein de l'Union européenne ... L’observatoire des inégalités : les 10 indicateurs pour mesurer les inégalités : ici Sur le blog de J.Gadrey :

Pauvreté et inégalités dans les pays « riches »

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