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Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale

Algebre generale Page 1 sur 32




I Théorie des ensembles
A) Relation binaire, application

Soient E, F deux ensembles, G une partie de F E× .
Soit R deIinie par :
G v x xRv F E v x ∈ ⇔ × ∈ ∀ ) , ( , ) , (
On dit que R est une relation binaire de source E, de but F et de graphe G.
Une relation binaire R est une application si xRv F v E x , ! , ∈ ∃ ∈ ∀ .
On note alors ) (x R v = .


B) Partitions, relation d`equivalence, quotient

• On appelle partition d`un ensemble E toute partie Π de ) (E P telle que :
- Les elements de Π sont non vides ( { } ∅ ⊂ Π \ ) (E P )
- Les elements de Π sont deux a deux disjoints( ∅ = ∩ ¬ ≠ Π ∈ ∀ B A B A B A , , )
- Les elements de Π recouvrent E ( E A
A
=
Π ∈
¸
)
Remarque : ∅ admet une unique partition, a savoir ∅ = Π (et pas { } ∅ = Π !)
• Surjection canonique et partition par Iibres :
Proposition :
(1) Soit Π une partition de E. La relation binaire R deIinie sur Π × E par
A x xRA E A x ∈ ⇔ Π × ∈ ∀ , ) , ( est une application surjective Π → E .
(2) Inversement, si F E → : ϕ est surjective, alors { } { } F v v ∈ = Π

,
1
ϕ est une
partition de E. (les { } v
1 −
ϕ sont appelees les Iibres de ϕ )
DeIinition :
Dans le point (1), l`application
A x A x
E
∈ Π
Π →
que tel de element unique ÷
s`appelle
la surjection canonique de E sur Π.
• Relation d`equivalence. (symetrique, reIlexive, transitive)
• Classe d`equivalence d`une relation d`equivalence :
Soit R une relation d`equivalence sur E. On appelle classe d`equivalence de E x∈
la partie { } xRv E v x Cl
R
, ) ( ∈ = .

Theoreme :
L`ensemble des classes d`equivalences de R est une partition de E, notee R E / , et
l`application
) (
/
x Cl x
R E E
R
÷
→ est la surjection canonique associee.

Chapitre 5 : Compléments de théorie des
ensembles et algèbre générale
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• Cas des ensembles Iinis :
Theoreme :
Soit E un ensemble Iini.
(1) Soit F E f → : une application. Alors les Iibres de f sont Iinies, et
{ }
¿


= #
F v
v f E
1
# .
(2) Si Π est une partition de E, alors
¿
Π ∈
= #
A
A E # .
Cas particulier :
Si tous les cardinaux des elements de Π sont egaux a m, alors Π × = # # m E .

Demonstrations :
- Premier theoreme :
L`ensemble des classes d`equivalences Iorment une partition :
(i) ∅ ≠ ∈ ∀ ) ( , x Cl E x
R
(en eIIet, ) (x Cl x
R
∈ car xRx )
(ii) Soient E v x ∈ , . Alors soit ) ( ) ( x Cl v Cl
R R
= , soit ∅ = ∩ ) ( ) ( x Cl v Cl
R R
.
En eIIet, supposons que ∅ ≠ ∩ ) ( ) ( x Cl v Cl
R R
.
Soit alors ) ( ) ( x Cl v Cl :
R R
∩ ∈ .
Pour ) (x Cl t
R
∈ , on a tRx , et xR: et :Rv , donc par transitivite tRv .
Donc ) ( ) ( v Cl x Cl
R R
⊂ . De même, ) ( ) ( x Cl v Cl
R R
⊂ , d`ou l`egalite
(iii) Les classes recouvrent E : ) ( , x Cl x E x
R
∈ ∈ ∀
- Deuxieme theoreme :
(1) Par recurrence sur le nombre de Iibres non vides.
(2) Soit f la surjection canonique ; alors { } A A f =
−1
, puis on applique (1).


II Théorie des groupes
A) Categorie des groupes
1) Generalites

DeIinitions :
Groupes, morphismes de groupes, iso/automorphismes, sous-groupes.

Exemple :
Automorphisme interieur (conjugaison)
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et G a∈ .
Alors
1
:

∗ ∗

a g a g
G G
a
÷
σ est un automorphisme.
De plus, l`application
a
a
G G
σ ÷
·) , Aut ( ) , ( → ∗ est un morphisme de groupes :
Soit G b a ∈ , . Pour tout G g ∈ , on a :
) ( ) ( ) )( (
1
) (
1 1 1
g a b g b a b g b g
b a
b a
a b a ∗

− − −
= ∗ ∗ ∗ ∗ = ∗ ∗ =

σ σ σ σ
¸¸ ¸_ ¸
· .
Donc
b a b a ∗
=σ σ σ · .


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Proprietes :
• Image directe ou reciproque d`un sous-groupe par un morphisme
• Noyau ou image d`un morphisme
• Un morphisme de groupe est injectiI si, et seulement si, { }
G
1 ker = ϕ .


2) Groupes produits

Theoreme :
Soient ) , (
k k
T G ( 2 , 1 = k ) deux groupes de neutres
k
e .
Alors la lci ∗ deIinie sur
2 1
G G × par :
) , ( ) , ( ) , ( , ) ( ) , , , (
2 2 2 1 1 1 2 1 2 1
2
2 1 2 1 2 1
v T x v T x v v x x G G v v x x = ∗ × ∈ ∀ est une loi de
groupe, de neutre ) , (
2 1
e e pour laquelle le symetrique de ) , ( v x est ) , (
1 1 − −
v x .

DeIinition :
C`est la structure produit sur
2 1
G G × . On peut la generaliser a un produit
inIini.


3) Sous-groupes distingues (hors programme)

DeIinition :
Soit ) , ( T G un groupe. Une partie H de G est appelee sous-groupe distingue
si c`est un sous-groupe stable par toutes les conjugaisons de G, c'est-a-dire :
(1) H est un sous-groupe de ) , ( T G
(2) H aThTa H h G a ∈ ∈ ∀ ∈ ∀
−1
, ,

Theoreme :
Le noyau d`un morphisme de groupe est un sous-groupe distingue de la
source.
Demonstration :
Soit ) , ( ) , ( :
2 2 1 1
T G T G → ϕ un morphisme.
Posons ϕ ker = H .
Deja, H est un sous-groupe de ) , (
1 1
T G .
Soient
1
G a∈ , H h∈ .
On a :
2
1 ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) (
1
2
1
2 2
1
1 1 G
a T a a T h T a a hT aT = = =
− − −
ϕ ϕ ϕ ϕ ϕ ϕ .
Donc H a hT aT ∈
−1
1 1
, et H est donc bien un sous-groupe distingue de
1
G .

Plus generalement, l`image reciproque d`un sous-groupe distingue par un
morphisme est un sous-groupe distingue. (Quasiment la même demonstration)
Attention : c`est Iaux pour les images directes.

Exemple :
Si G est un groupe commutatiI, tout sous-groupe de G est distingue
Si ) , ( T G est un groupe quelconque, alors { }
G
1 et G sont distingues.
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DeIinition :
Un groupe dont les seuls sous-groupes distingues sont { }
G
1 et G s`appelle un
groupe simple.


B) Exemples de groupes

) , ( + est un groupe.
Theoreme :
• Une partie H de est un sous-groupe de si, et seulement si, il existe ∈ c
tel que . c H =
• Soit H un sous-groupe de ) , ( +
n
. Alors il existe n r ≤ tel que H est isomorphe
a
r
.
Demonstration (du deuxieme point) :
Par recurrence sur n :
- Pour 1 = n : les sous-groupes de sont les ∈ c c , . .
Si 0 = c , . c est isomorphe a
0
, sinon . c est isomorphe a , un isomorphisme
etant
n c n
c
.
.
÷
→ .
- Soit ∈ n , supposons que pour tout n k ≤ , si H est un sous-groupe de
) , ( +
k
, alors il existe k r ≤ tel que H est isomorphe a
r
.
Soit alors H un sous-groupe de
1 + n
.
On considere
1 1 2 1
1
) ,... , (
:
+ +
+

n n
n
x x x x ÷
ϕ , morphisme surjectiI de groupe. Alors ) (H ϕ
est un sous-groupe de ) , ( + ; il existe donc ∈ c tel que . ) ( c H = ϕ .
(1) Si 0 = c , { } 0 ker × = ⊂
n
H ϕ .
Par hypothese de recurrence, H est donc isomorphe a un certain
r
ou n r ≤ .
En eIIet :
Soit
) ,... , ( ) ,... , (
:
2 1 1 2 1
1
n n
n n
x x x x x x ÷
+
+
→ Π . Alors
{ } 0 / ×
Π
n

est un isomorphisme.
Donc ) ( ~ H H Π (~ : isomorphe a). Or, ) (H Π est un sous-groupe de
n
, donc est
isomorphe a
r
pour un certain n r ≤ . Donc H est isomorphe a
r
.
(2) Si 0 > c :
Soit H v∈ tel que c v = ) ( ϕ . Alors, pour H h∈ , ∈ =α
ϕ
c
h) (
.
Ainsi, 0 ) ( ) ( ) ) . ( = − = − ( = − v c v h v h α ϕ α α ϕ ϕ α ϕ .
Donc H v h ∩ ∈ − ϕ α ker . . Posons H H ∩ = ϕ ker ' .
Alors
r
H ~ ' pour un certain n r ≤ (d`apres (1))
Considerons maintenant l`application
nv h n h
H H u
+
→ ×
' ) , ' (
' :
÷
. Alors u est un
morphisme. u est surjectiI : soit H h∈ . Il existe alors ∈ α tel que ' H v h ∈ −α . Ainsi,
si on pose v h h α − = ' , on a ) , ' ( α h u h = . u est injectiI : si 0 ) , ' ( = n h u , alors 0 ' = +nv h ,
donc 0 ) ' ( ) ' (
0
= + = +
=
nc h nv h
¸ _ ¸
ϕ ϕ , d`ou 0 = n , puis 0 ' = h . Donc u est un isomorphisme, et
H est isomorphe a
1 + r
( 1 1 + ≤ + n r ), ce qui acheve la recurrence.
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Groupe des elements inversibles d`un anneau unitaire :
Soit ) , , ( ∗ + A un anneau, d`element unite
A
1 .
On note { }
A
a b b a A b A a A 1 , , * = ∗ = ∗ ∈ ∃ ∈ =
Proposition :
) *, ( ∗ A est un groupe.

On note [ ]
)
`
¹
¹
´
¦
∈ ∈ ∀ ∈ = =
≤ ≤
≤ ≤

f i n
n f
n i f i n
m n f i M m M M
,
2
1
1 ,
, , 1 ) , ( ), ( ) ( ) (
Alors ) (
n
M est un sous anneau de ) , ), ( ( × +
n
M .
On peut alors noter { }
n n n n
I M M MM M M M M M = = ∈ ∃ ∈ = ' ' ), ( ' ), ( )* (
Soit ) (
n
M M ∈ . On a alors l`equivalence : 1 det )* ( ± = ⇔ ∈ M M M
n

En eIIet :
• Si * ) (
n
M M ∈ , Alors 1 det ) )(det (det
1
= =

n
I M M .
Le determinant d`une matrice a coeIIicients dans est dans . Donc M det est
inversible dans . Donc 1 det ± = M .
• Si maintenant ε = M det avec 1 ± = ε :
On a
ε
) ( com
1
M
M
t
=

.
Les coeIIicients de ) ( com M sont entiers, donc ) ( ) ( com
n
t
M M ∈ .
Donc * ) (
n
M M ∈

Groupes symetriques et alternes :
DeIinition :
-
n
est l`ensemble des permutations de { } n ,... 1 . Ainsi, ! # n
n
= .
- Signature de
n
∈ σ :

≤ < ≤


=
n f i
i f
i f
1
) ( ) (
) (
σ σ
σ ε
Theoreme :
• { } 1 ) ( , ± ∈ ∈ ∀ σ ε σ
n

• Si σ est une transposition, alors 1 ) ( − = σ ε
• ε est un morphisme de groupe : { } ) , 1 ( ) , ( : × ± → ·
n
ε

DeIinition :
ε ker =
n
A : groupe alterne.
n
A est donc un sous-groupe distingue de ) , ( ·
n
, et
2
!
#
n
A
n
= pour 2 ≥ n .
En eIIet :
Posons { } 1 ) ( , − = ∈ = σ ε σ
n n
B
On a ainsi
n n n
B A ∪ = et ∅ = ∩
n n
B A
Posons ) 2 ; 1 ( = τ .
Alors
τ σ σ · ÷
n n
B A → est bijective (car involutive).
Donc
n n
B A # # = , d`ou
2
!
#
n
A
n
= .
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C) Puissance dans un groupe et applications
1) Cas des entiers naturels

Soit ) , ( ∗ G un groupe (il suIIirait en Iait que ∗ soit associative et admette un
neutre)
Soit G g ∈ . On pose
¹
´
¦
∗ = ∈ ∀
=
+
g g g n
e g
n n
G
1
0
,

Proposition :
Pour tous ∈ m n, , on a
m n m n
g g g ∗ =
+
.
Cas particulier ou + = ∗ :
On note plutôt 0 =
G
e , et pour G g ∈ :
¹
´
¦
+ = + ∈ ∀
= =
g g n g n n
e g
G
. ). 1 ( ,
0 . 0

2) Extension a .

• Notation multiplicative :
On suppose ici que ) , ( ∗ G . Pour \ ∈ n , on pose
n n
g g
− −
= ) (
1
.
• Notation additive.

Theoreme :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et G g ∈ .
Alors
n
g
g n
G
÷
) , ( ) , ( : ∗ → + σ est un morphisme de groupes.


3) Sous-groupe engendre par une partie

Theoreme :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et A une partie de G.
• L`intersection des sous-groupes de G contenant A est un sous-groupe de
G, note ) ( gr A .
• ) ( gr A est le plus petit sous-groupe de G contenant A.
• { }
{ }
) ( ) ,... ( , , ...
) ( ) ,... ( , 1 , ... ) ( gr
2 1 2 1
1 1 2 1
2 1
2 1
H A a a N a a a
H A a a a a a A
p
p i
N
p
N N
p
p i p
p
p
∈ ∈ ∗ ∗ ∗ =
∈ ± = ∗ ∗ ∗ =

ε
ε
ε ε

Demonstration :
Pour les deux premiers points : ok
Montrons que
2 1
) ( gr H H A = = .
Deja,
2 1
H H ⊂ , et ) ( gr
2
A H ⊂ .
Montrons maintenant que
1
) ( gr H A ⊂ . On va montrer que
1
H est un sous-
groupe de G contenant A.
Deja,
1
H A ⊂ . De plus,
1
H est un sous-groupe de G : il est stable par produit
et inverse, et contient
G
e .

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DeIinitions :
• Si G A = ) ( gr , on dit que A est generatrice de G.
• Si { } a A = , ) ( gr A s`appelle le groupe monogene engendre par a.
• Un groupe monogene Iini s`appelle un groupe cyclique.

Proposition :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et G g ∈ .
Le groupe ) ( gr g est l`image du morphisme
n
g
g n
G
÷
→ : σ .


4) Exemples

• ) , ( + est monogene, car { }) 1 ( gr = (notation additive)
• Soit
2
) , ( ∈ b a . Alors { } ). ( ) , ( gr b a b a ∧ =
En eIIet :
{ } { } ). ( . . ) , ( , . . ) , ( gr
2
b a b a m n b n a n b a ∧ = + = ∈ + = (th de Bezout)
• ) ,·
n
est engendre par les transpositions.
• Rappel :
Matrice de dilatation ) (
1
λ
λ
k
D =
|
|
|
|
|
.
|

\
|
=

(
k k
C C λ → )
Pour ) (
n
M A∈ ,
|
|
|
|
|
.
|

\
|
=
|
|
|
|
|
.
|

\
|
×
|
|
|
|
|
.
|

\
|
= ×
n k k
n
n n n
n
k
a a
a a
a a
a a
A D
, 1 ,
, 1 1 , 1
, 1 ,
, 1 1 , 1
1
) (
λ λ λ
λ

.

.
.

Matrice de transvection :
f i n f i
E I T
, ,
1
) ( λ
λ
λ + =
|
|
|
|
|
.
|

\
|
=

A T
f i
× ) (
,
λ : matrice obtenue en ajoutant a la i-ieme ligne de A λ Iois la f-
ieme ligne de A.

Theoreme :
Soit un corps.
(1) Toute matrice de determinant 1 est produit de matrices ) (
,
λ
f i
T .
Autrement dit, ) (
n
SL est le sous-groupe de ) (
n
M engendre par les
) (
,
λ
f i
T .
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(2) Toute matrice de determinant non nul s`ecrit ) ( ' λ
n
D A× ou A est une
matrice de ) (
n
SL . En d`autres termes, ) (
n
GL est engendre par les
) (
,
λ
f i
T et les ) (µ
n
D .
Demonstration :
Voir methode du pivot.
Pour ) (
n
GL A∈ , il existe une suite d`operations elementaires du type « on
ajoute a une ligne de A une combinaison lineaire des autres » qui transIorme A en
|
|
|
.
|

\
|
d

1
ou A d det = .
Comme ajouter a la ligne i λ Iois la ligne f revient a remplacer A par
A T
f i
× ) (
,
λ , il existe donc une Iamille
[ ] m k k f i
k k
T
, 1 ,
)) ( (

λ telle que :
) (
1
) ( ... ) (
1 , ,
1 1
d D
d
A T T
n f i m f i
m m
=
|
|
|
.
|

\
|
= × × × λ λ
Si ) (
n
SL A∈ , on a 1 det = A , et donc :
) ( ... ) ( )| ( ... ) ( |
, 1 ,
1
1 , ,
1 1 1 1
m f i f i f i m f i
m m m m
T T T T A λ λ λ λ − × × − = × × =


Donc A appartient au groupe engendre par les transvections.
De plus, 1 )) ( det( , , ,
,
= ∀ λ λ
f i
T f i .
Donc ce groupe est un sous-groupe de ) (
n
SL

Application :
Montrer que ) (
n
SL est connexe par arcs.
Soit ) (
n
SL A∈ .
On va trouver ) ( | 1 ; 0 | :
n
SL → ϕ continue telle que
n
I = ) 0 ( ϕ et A = ) 1 ( ϕ .
Comme ) (
n
SL A∈ , A s`ecrit sous la Iorme ) ( ... ) (
, 1 ,
1 1
m f i f i
m m
T T λ λ × × .
On pose alors ) ( ... ) ( ) (
, 1 ,
1 1
m f i f i
t T t T t
m m
λ λ ϕ × × = .
On a, pour tout | 1 ; 0 | ∈ t , 1 )) ( det( = t ϕ ,
n
I = ) 0 ( ϕ et A = ) 1 ( ϕ .
De plus, ϕ est continue car ) (t ϕ est une matrice dont les coeIIicients
dependent polynomialement de t.
(ou : l`application
AB B A
M M
n n
÷ ) , (
) ( ) (
2
→ est continue car bilineaire en
dimension Iinie)
Donc ) (
n
SL est connexe par arcs.
Remarque :
) (
n
GL n`est pas connexe par arcs car sinon * )) ( det( =
n
GL serait
connexe par arcs.




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III Théorie des anneaux commutatifs
A) Categorie des anneaux
1) DeIinition

DeIinitions :
Anneaux (toujours unitaires, parIois commutatiIs), morphismes d`anneaux,
sousanneaux.
Attention : pour un morphisme d`anneaux, on a 1 ) 1 ( = ϕ .
Un sousanneau contient 1 (exemple : 2 n`est pas un sousanneau de )


2) Ideal d`un anneau commutatiI

DeIinition :
Soit ) , , ( × + A un anneau commutatiI.
Soit I une partie de A.
On dit que I est un ideal de A si :
• ) , ( + I est un sous-groupe de ) , ( + A
• I ai I i A a ∈ ∈ ∀ ∈ ∀ , , (on a alors aussi I ai ia ∈ = )
Remarque :
Si A n`est pas commutatiI, on a toujours les notions d`ideal a
gauche/droite/bilatere : I ai I ia I ia I ai I i A a ∈ ∈ ∈ ∈ ∈ ∀ ∈ ∀ et / / , ,

Exemple :
Ideal principal engendre par A a∈ : { } A x ax aA ∈ = , .

Theoreme :
Soit A une partie de . Les conditions suivantes sont equivalentes :
(1) A est un sous-groupe de ) , ( +
(2) A est un ideal de ) , , ( × +
(3) n A n = ∈ ∃ , .
En particulier, tout ideal de est principal.
Demonstration :
On a deja vu que ) 3 ( ) 1 ( ¬ , ) 2 ( ) 3 ( ¬ est vrai, c`est l`ideal principal de
engendre par n. et ) 1 ( ) 2 ( ¬ aussi (par deIinition d`un ideal).

Remarque :
Il existe des ideaux non principaux.
Exemple :
) , |, | ( × + = X A est un sousanneau de | | X .
Mais | | | | 3 X X X I + = est un ideal non principal.





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3) Divisibilite dans un anneau commutatiI

DeIinition :
Soit ) , , ( × + A un anneau commutatiI.
Soient A v x ∈ , .
On dit que x divise v (ou que v est un multiple de x) s`il existe A : ∈ tel que
:x v = .

Proposition :
Soient ) , , ( × + A un anneau commutatiI, et A v x ∈ , .
Les conditions suivantes sont equivalentes :
(1) x divise v.
(2) v est un multiple de x
(3) xA v ∈
(4) xA vA ⊂

Exemple :
Les diviseurs de 1 sont les elements inversibles de A.
Diviseurs (non nuls) de 0 :
On dit que x divise 0 lorsque 0 ≠ x et { } 0 , 0 \ = ∈ ∃ xv A v .
Un anneau sans diviseur de 0 est dit integre.

Exemples :
• 4 / n`est pas integre ( 0 2 2
` ` `
= × )

)
`
¹
¹
´
¦

|
|
.
|

\
|
= b a
a
b a
A , ,
0
est commutatiI unitaire, mais non integre :
|
|
.
|

\
|
=
|
|
.
|

\
|
0 0
0 0
0 0
1 0
2
.


4) Elements remarquables d`un anneau

(1) les elements inversibles Iorment un sous-groupe pour ×.
(2) Outil important : soit ) , , ( ∗ + A un anneau.
Pour etudier A a∈ , on a interêt a etudier les applications :
x a x
A A
a


÷
: δ et
a x x
A A
a


÷
: γ .

Proposition :
a
δ et
a
γ sont des endomorphismes du groupe ) , ( + A (mais pas d`anneaux)
Exemple (on suppose A commutatiI) :
a
δ n`est pas injectiI ⇔ a est un diviseur de 0.
a
δ est bijective ⇔ a est inversible.

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(3) DeIinition :
Un element a non nul non inversible de A est dit irreductible
(indecomposable) si * ou * , , A c A b bc a A c b ∈ ∈ ¬ = ∈ ∀
Un element a est dit premier lorsque c a b a bc a A c b ou , , ¬ ∈ ∀ .

Exemple :
• Dans , un nombre est premier si et seulement si il est irreductible.
• Soit { } ∈ + = b a ib a A , , 6
Alors : A est un anneau, 2 est irreductible non premier.
En eIIet :
Deja, A est un sousanneau de ) , , ( × + .
{ } 1 ; 1 * − = A :
1 et -1 sont inversible donc deja { } * 1 ; 1 A ⊂ − .
Soit * A : ∈ .
Il existe alors A : ∈ ' tel que 1 ' = :: , disons 6 ib a : + = , 6 ' ' ' ib a : + =
Alors 1 ) ' 6 ' )( 6 (
2 2 2 2
= + + b a b a (par passage au module)
Donc 1 6
2 2
± = + b a (et 1 ' 6 '
2 2
± = + b a )
Donc 1 6
2 2
= + b a . Donc 1 ± = a et 0 = b .
Donc 1 ± = : . Donc { } 1 ; 1 * − = A .
Maintenant :
Soient A : : ∈ ' , , supposons que 2 ' = :: .
Alors ( ) 4 '
2
= : : , soit 4 ) ' 6 ' )( 6 (
2 2 2 2
= + + b a b a
- 1
er
cas : 2 ' 6 ' 6
2 2 2 2
= + = + b a b a : impossible
- 2
eme
cas : 1 6
2 2
= + b a ; : est inversible.
- 3
eme
cas : 1 ' 6 '
2 2
= + b a ; : est inversible.
Mais 2 n`est pas premier :
On a
2
) 6 ( 3 2 i − = × . Donc
2
) 6 ( 2 i .
Si 2 etait premier, on aurait 6 2i ce qui est Iaux :
Sinon, il existe 6 ib a : + = tel que 6 2 i : = , alors 6 6 2 2 i ib a = + ,
donc 0 = a et
2
1
= b , donc A :
i
∉ =
2
6
.


B) Exemples d`anneaux et de corps

, , ), , , ( × + sont des anneaux (et même des corps pour les trois derniers)
n`est pas un anneau (ni un corps)
Soit E un ensemble, on munit ) (E P de ∆ et ∩ ( B A B A B A ∩ ∪ = ∆ \ : diIIerence
symetrique).
Alors ) (E P est un anneau (même une algebre, appelee algebre de Boole)
(montrer que
B A B A
χ χ χ + =

,
B A B A
χ χ χ × =

ou
¦
¹
¦
´
¦ ∈

sinon 0
si 1
2 / :
A x
x
E
A
÷
χ )
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 12 sur 32

{ } ∈ + = b a ib a i , , | | est un souscorps de .
{ }
2
) , ( , | | ∈ + = b a ib a i est un anneau, l`anneau des entiers de Gauss.
Extension :
On dit que ∈ x est algebrique lorsqu`il existe { } 0 \ | | X P ∈ tel que 0 ) ( = x P .
Exemple : i, 2 sont algebriques, π et e ne le sont pas (ils sont transcendants)

Proposition (hors programme) :
Soit ∈ a , algebrique.
On pose { } | | ), ( , , | |
0
X R a R n a a
f
n
f
f
f
∈ =
)
`
¹
¹
´
¦
∈ ∈ =
¿
=
α α .
Alors :
(1) | |a est un souscorps de .
(2) | |a est une -algebre de dimension Iinie.
Demonstration :
Comme a est algebrique, il existe { } 0 \ | |
0
X P ∈ tel que 0 ) (
0
= a P , disons
0
1
1 0
... c X c X P
d
d
d
+ + + =



| |a est une sousalgebre de la -algebre ) , , , ( ⋅ × + .
( ⋅ : restriction du produit a × ).
| |a est de dimension Iinie : elle est engendree par ) ,... , 1 (
1 − d
a a ou
0
deg P d = :
Soit | | ) ( a a R : ∈ =
La division euclidienne de R par
0
P donne S Q P R + =
0
ou d S < deg .
Donc
¿

=
= =
1
0
) (
d
i
i
i
a x a S : , donc est combinaison lineaire de ) ,... , 1 (
1 − d
a a .
Montrons que | |a est un souscorps de . Pour cela, montrons que tout element
0
x non nul de | |a est inversible dans | |a : Soit | |
0
a x ∈ .
Posons
v x v
a a
0
| | | | :
÷
→ ϕ
Alors |) | ( a L

∈ ϕ .
{ } { } 0 0 |, | ker
0
= = ∈ = v x a v ϕ
Donc ϕ est injective, donc bijective (car | |a est de dimension Iinie)
Donc ϕ est un automorphisme, donc surjectiI.
Comme | | 1 a ∈ ,
0
x est inversible.

Construction d`anneaux et de corps :
On parle ici d`anneaux commutatiIs
• Anneau produit :
Si
1
A ,
2
A sont deux anneaux,
2 1
A A × n`est jamais integre : ) 0 ; 0 ( ) 0 ; 1 ( ) 1 ; 0 ( = ×
• Soit A un anneau.
| | X A : ensemble des polynômes a une indeterminee a coeIIicients dans A.
Attention :
Si A n`est pas integre, on n`a pas en general ) deg( ) deg( ) deg( Q P PQ + = .
On peut iterer : | | X A etant un anneau, | |)| | ( Y X A sera note plutôt | , | Y X A .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 13 sur 32

• Soit K un corps.
On deIinit le corps ) ( X K des Iractions rationnelles en l`indeterminee X.
De même que precedemment, ) ))( ( ( Y X K sera note plutôt ) , ( Y X K .


C) Congruences modulo n dans , anneau quotient /n.

DeIinition :
Pour ∈ b a, , a b n n b a − ⇔ ≡ | | .

Theoreme :
La relation de congruence est une relation d`equivalence compatible avec ¹ et ×
(de )
Compatibilite de ¹ :
| | ' '
| | '
| | '
, ) ' , , ' , (
4
n v x v x
n v v
n x x
v v x x + ≡ + ¬
)
`
¹


∈ ∀
Compatibilite de × :
Soit
4
) ' , , ' , ( ∈ v v x x tel que | | ' n x x ≡ , | | ' n v v ≡
Il existe alors ∈ k tel que kn x x = − ' , et ∈ l tel que n l v v . ' = − .
Alors ) ' ' ( ... ' ' nkl lx kv n v x xv + + = = − , donc | | ' ' n v x xv ≡ .

Plus generalement :
Soit A un anneau, I un ideal de A.
On deIinit R sur A par : I v x xRv ∈ − ⇔ .
Alors R est une relation d`equivalence, compatible avec ¹ et × (de A)

Notation :
On note n / l`ensemble des classes d`equivalences modulo n. On note x la
classe de x. ( n x x + = )
Exemple :
Avec 4 = n :
{ } ) ( 3 3 3 , 2 2 2 , 4 1 1 , 4 0 4 / P ⊂ + = + = + = = = .
On deIinit deux relations binaires entre
2
/ n et n / :
v x c b v a x c R b a n c b a R + = ∈ ∃ ∈ ∃ ⇔ ∈ ∀
+ +
, , ) , ( , / ) , , ( :
3

v x c b v a x c R b a n c b a R × = ∈ ∃ ∈ ∃ ⇔ ∈ ∀
× ×
, , ) , ( , / ) , , ( :
3


Theoreme :
Soit 2 ≥ n .
(1)
+
R et
×
R sont des applications de
2
/ n dans n / .
On les note b a b a a
n
+ →
+
) , ( : , b a b a a
n
× →
×
) , ( : .
(2) ) , , / (
n n
n × + est un anneau
(3) Soit
x x
n
n
÷
/ : → π la surjection canonique de sur n / .
Alors
n
π est un morphisme surjectiI d`anneaux de ) , , ( × + dans ) , , / (
n n
n × + et
de noyau n .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 14 sur 32

(4)
[ ] 1 , 0 / − n n
π est bijective, et ainsi n / est de cardinal n.
Demonstration :
(1) : Pour
+
R , on doit veriIier que tout couple de la source est en relation avec un
unique c du but.
Soit
2
/ ) , ( n b a ∈ .
Existence :
Comme n b a / , ∈ , il existe ∈ v x, tels que a x = , b v = .
Alors, par deIinition de
+
R , v x R b a +
+
) , (
Unicite :
Supposons que c R b a
+
) , ( et ' ) , ( c R b a
+
.
Il existe alors
2
) , ( ∈ v x tel que x a = , v b = et v x c + = .
De même, il existe
2
) ' , ' ( ∈ v x tel que ' x a = , ' v b = et ' ' ' v x c + = .
On a | | ' n x x ≡ , | | ' n v v ≡ . Donc | | ' ' n v x v x + ≡ + , c'est-a-dire ' c c = .
(2) : elements de reponse :
Neutre pour
n
+ : 0 .
Pour n a / ∈ , il existe ∈ x tel que a x = , et on a a x x a
n
= = + = + 0 0 .
Neutre pour
n
× : 1 .
(3) :
n
π est un morphisme d`anneaux par deIinition de
n
+ et
n
× :
) ( ) ( ) ( v x v x v x v x
n n n n n
π π π + = + = + = +
(4) : Iaire une division euclidienne.

Exemple :
Quels sont les deux derniers chiIIres de
2005
3 = N ?
On note
1
a ,
0
a ces deux derniers chiIIres. Ainsi, | 100 | 10
0 1
a a N + ≡ .
Remarque :
| 25 | et | 4 | 25 et 4 25 4 | 100 | v x v x v x v x v x v x ≡ ≡ ⇔ − − ⇔ − × ⇔ ≡
(Car 1 25 4 = ∧ )
On cherche donc ) (
4
N Cl et ) (
25
N Cl .
• modulo 4 :
1 3
2005
− = = N . Donc | 4 | 1 − ≡ N .
• modulo 25 :
2005
3 = N
1 ) 3 ( 3 1 3 8 3 11 3 12 3 4 21 3
7 18 3 6 3 2 3 9 3 3 3 1 3
2 10 20 10 9 8 7 6
5 4 3 2 1 0
= = − = = = = = − =
− = = = = = = =

Division euclidienne de 2005 par 20 :
5 100 20 2005 + × = .
Donc 7 3 3
5 2005
− = = .
Donc | 25 | 7 − ≡ N
• modulo 100 :
Avec une methode simple :
| 25 | 7 18 − ≡ mais | 4 | 1 18 − ≡/
| 25 | 18 43 25 18 ≡ ≡ + et | 4 | 1 43 − ≡ . Donc 4 et 3 sont les deux chiIIres cherches.
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
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D) Proprietes de structure de /n.

Theoreme :
Soit 2 ≥ n . Alors :
(1) ) , / (
n
n + est un groupe cyclique
(2) Soit ∈ x . Les conditions suivantes sont equivalentes :
- 1 = ∧ n x dans .
- x est un element inversible de ) , , / (
n n
n × +
- { } x engendre ) , / (
n
n + .
Demonstration :
(1) : 1 engendre n / .
(2) :
* /
| | 1 , ) , (
1 , ) , ( 1

n x
n ux v u
vn ux v u n x
∈ ⇔
≡ ∈ ∃ ⇔
= + ∈ ∃ ⇔ = ∧

D`ou deja l`equivalence entre les deux premiers tirets.
Supposons que x est inversible dans ) , , / (
n n
n × + .
Il existe alors ∈ v tel que 1 = × v x
n
. On peut supposer que ∈ v .
Ainsi, 1 = vx , donc 1 = ⋅ x v .
Donc { }) ( gr 1 x ∈ .
Donc { }) ( gr / x n = (car 1 est generateur de n / )
Si maintenant { } x engendre ) , / (
n
n + , alors il existe ∈ v tel que x v ⋅ = 1 , et
donc x v
n
× = 1 . Donc x est inversible dans n / .
D`ou les trois equivalences.
Corollaire :
Soit 2 ≥ n . Les conditions suivantes sont equivalentes :
(1) n est premier
(2) ) , , / (
n n
n × + est un corps.
(3) ) , , / (
n n
n × + est un anneau integre.
Demonstration :
) 2 ( ) 1 ( ¬ :
Soit { } 0 \ ) / ( n v ∈ .
Il existe alors n p∉ tel que p v = .
Or, n est premier, et ne divise pas p. Donc 1 = ∧n p .
Donc p v = est inversible dans n / .
) 3 ( ) 2 ( ¬ : ok
) 1 ( ) 3 ( ¬ : montrons la contraposee :
Supposons ) 1 ( non . Alors b a n × = ou 2 , ≥ b a
Donc b a × = 0 , et 0 ≠ a , 0 ≠ b car a n , /
et b n , /
.
Donc n / n`est pas integre.

En general, on note plutôt ) , , / ( × + n que ) , , / (
n n
n × + .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
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Notation : Si p est premier, ) , , / ( × + p est un corps, note
p
: corps de Galois
de cardinal p.

Pour ∈ n , on pose )*) / (( # ) ( n n = ϕ .
ϕ s`appelle la Ionction indicatrice d`Euler.
Alors :
- [ ] { } 1 , , 1 # ) ( , 2 = ∧ ∈ = ≥ ∀ n k n k n n ϕ
- ) (n ϕ est aussi le nombre de generateurs de ) , / ( + n .
- 1 ) ( , 2 − ≤ ≥ ∀ n n n ϕ , et il y a egalite si et seulement si n est premier.
Pour prolonger ϕ , on pose 1 ) 1 ( = ϕ .


E) Passage au quotient modulo n.

Probleme :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et ) , ( ) , ( : ∗ → + G σ un morphisme de groupe.
Existe-t-il ϕ morphisme de ) , / ( + n dans ) , ( ∗ G tel que
n
π ϕ σ · = (« σ peut-il
se Iactoriser par
n
π ? ») :
) , / (
) , ( ) , (
+
↑ ↓
∗ →  +

n
G
n
ϕ π
σ

Theoreme (pour les groupes) :
Soit ) , ( ∗ G un groupe. Alors σ se Iactorise par
n
π si, et seulement si,
G
e n = ) ( σ ,
c'est-a-dire si et seulement si σ ker ⊂ n .
Demonstration :
Condition necessaire :
Si
n
π ϕ σ · = , alors
G n
e n n = = = ) 0 ( ) ( ) ( ϕ π ϕ σ · (car ϕ est un morphisme)
Condition suIIisante :
Supposons que σ ker ⊂ n .
On considere la relation binaire R de source n / et de but G deIinie par :
) ( et , , / ) , ( p g p a p aRg G n g a σ = = ∈ ∃ ⇔ × ∈ ∀ .
Montrons que R est une application :
Pour tout n a / ∈ , a s`ecrit p , et a a au moins une image, a savoir ) ( p g σ = .
Unicite : si aRv et ' aRv , alors il existe ∈ ' , p p tels que p a = et ' p a = , et
) ( p v σ = et ) ' ( ' p v σ = .
Alors il existe ∈ k tel que kn p p + = ' .
Donc v p kn p v = = + = ) ( ) ( ' σ σ .
Donc R est une application. De plus, c`est un morphisme de groupes (.)
Ainsi, σ se Iactorise par
n
π , et
n
R π σ · = .

Probleme :
Soit ) , , ( × + A un anneau, ) , , ( ) , , ( : × + → × + A σ .
Existe-t-il ) , , ( ) , , / ( : × + → × + A n ϕ morphisme d`anneau tel que
n
π ϕ σ · = ?

Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 17 sur 32

Theoreme (pour les anneaux) :
σ se Iactorise par
n
π si et seulement si
A
n 0 ) ( = σ , c'est-a-dire si et seulement si
σ ker ⊂ n .
Demonstration :
Condition necessaire : ok
Condition suIIisante :
On peut deja deIinir ) , ( ) , / ( : + → + A n ϕ morphisme de groupes tel que
n
π ϕ σ · = .
Il reste a veriIier que ) ( ) ( ) ( , / ) , (
2
b a ab n b a ϕ ϕ ϕ × = ∈ ∀ et
A
1 ) 1 ( = ϕ .
Deja,
A
1 ) 1 ( ) 1 ( = =σ ϕ .
Soit
2
/ ) , ( n b a ∈ , disons p a = , q b = .
Alors ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( b a q p q p pq pq ab ϕ ϕ ϕ ϕ σ σ σ ϕ ϕ = = = = = .

Generalisation (hors programme) :
Groupe quotient :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, H un sous-groupe de G.
On deIinit dans G deux relations binaires
H
R et R
H
par :
H v x v xR G v x
H
∈ ∗ ⇔ ∈ ∀
−1 2
, ) , (
H x v Rv x G v x
H
∈ ∗ ⇔ ∈ ∀
−1 2
, ) , (
Alors
H
R et R
H
sont des relations d`equivalence (.)

Theoreme :
Les proprietes suivantes sont equivalentes :
(1) H est un sous-groupe distingue de G.
(2)
H
R est compatible avec ∗.
(3) R
H
est compatible avec ∗.
(4) R R
H H
= .
(5) Il existe une lci T sur
H
R G/ telle que
) (
) , / ( ) , (
g Cl g
T R G G
H
R
H
÷
→ × soit un morphisme.
(6) Il existe une lci T sur R G
H
/ telle que
) (
) , / ( ) , (
g Cl g
T R G G
R
H
H
÷
→ × soit un morphisme.

Corollaire :
Une partie A de ) , ( ∗ G est un sous-groupe distingue si et seulement si il existe un
morphisme de groupe ) ' , ' ( ) , ( : ∗ → ∗ G G ϕ de noyau A.
Demonstration (du theoreme) :
Deja, ) 2 ( ) 1 ( ¬ :
Soient
2
) ' , ' ( ), , ( G v x v x ∈ , supposons que v xR
H
et ' ' v R x
H
.
Alors H xv ∈
−1
, et H v x ∈
−1
' ' .
Comme H v x ∈
−1
' ' (et G x∈ ) et H est distingue, on a H x v x x ∈
− − 1 1
) ' ' ( .
Comme de plus H xv ∈
−1
, on a H xv x v x x ∈
− − −
) )( ) ' ' ( (
1 1 1
,
c'est-a-dire par associativite H vv xx v v xx ∈ =
− − − 1 1 1
) ' )( ' ( ) ' )( ' (
De plus, on a aussi ) 5 ( ) 2 ( ¬ (.)
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 18 sur 32

) 1 ( ) 5 ( ¬ : si ) (g Cl g ÷ pour
H
R est un morphisme, son noyau qui est
H e Cl
G
= = ) ( kerϕ est distingue.
De même, ) 1 ( ) 6 ( ) 3 ( ) 1 ( ¬ ¬ ¬ .
EnIin, ) 4 ( ) 1 ( ⇔ .

Pour les anneaux (commutatiIs) :
Soit I un ideal de ) , , ( × + A .
On deIinit R par : I v x xRv A v x ∈ − ⇔ ∈ ∀ , ) , (
2

Theoreme :
(1) R est une relation d`equivalence, compatible avec ¹ et ×.
(2) On peut munir R A/ (qu`on note I A/ ) de deux lois
I
+ et
I
× telles que
) , , / (
I I
I A × + est un anneau et I A A / : → π (projection canonique) est un
morphisme surjectiI de noyau I.
Consequence :
I est un ideal de A si, et seulement si c`est le noyau d`un morphisme d`anneau
B A→ .

Pour les groupes :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et H un sous-groupe distingue.
Soit σ un morphisme de ) , ( ∗ G dans un groupe ) ' , ' ( ∗ G .
Existe-t-il ϕ morphisme de groupe tel que π ϕ σ · = ?
) , / (
) ' , ' ( ) , (
T H G
G G
ϕ π
σ
↑ ↓
∗ →  ∗
Oui si et seulement si σ ker ⊂ H .
Enonce analogue pour les anneaux


IV Application des anneaux / .
A) Au groupe monogene

Theoreme :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, et G g ∈ .
(1) ) , ( ) , ( : ∗ ∈ + ∈ G g n
n
g
÷ σ est un morphisme de groupes d`image ) ( gr g ,
sous-groupe engendre par { } g .
(2) Si
g
σ est injectiI, c`est un isomorphisme entre ) , ( + et ) ( gr g .
(3) Si
g
σ n`est pas injectiI, alors :
- Il existe 1 ≥ n tel que n
g
= σ ker .
-
g
σ passe au quotient par n , c'est-a-dire qu`il existe un morphisme
) , ( ) , / ( : ∗ → + G n
g
σ tel que )) ( ( ) ( , x Cl x x
n g g
σ σ = ∈ ∀
-
g
σ est un isomorphisme de ) , / ( + n dans ) ), ( gr ( ∗ g .


Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 19 sur 32

Demonstration :
(2) si
g
σ est injectiI, c`est un isomorphisme entre sa source et son image ) ), ( gr ( ∗ g
(3) si
g
σ n`est pas injectiI :
-
g
σ ker est un sous-groupe de ) , ( + , non reduit a { } 0 , donc de la Iorme n .
- D`apres le theoreme de passage au quotient par n , comme
g
n σ ker ⊂ ,
g
σ
passe au quotient par n .
- On sait que
g
σ est un morphisme surjectiI.
Etude de
g
σ ker : soit n a / ∈ , supposons que
G g
e a = ) ( σ .
Soit ∈ x tel que a x Cl
n
= ) ( . On a alors
G g g
e x a = = ) ( ) ( σ σ .
Donc , n x∈ , soit 0 = a . Donc
g
σ est injectiI.

Corollaire (classiIication des groupes monogenes) :
(1) Tout groupe monogene non Iini est isomorphe a ) , ( + .
(2) Tout groupe cyclique de cardinal n est isomorphe a ) , / ( + n .
Demonstration :
(1) On applique le theoreme precedent avec ) ( gr g G = et
g
σ est injectiI.
(2) Soit ) ( gr g G = cyclique tel que n G = # .
Alors ) , ( ) , ( : ∗ ∈ + ∈ G g m
m
g
÷ σ n`est pas injectiI car est inIini.
Donc m
g
= σ ker , pour 1 ≥ m . Donc
g
σ passe au quotient en un isomorphisme
) , ( ) , / ( : ∗ → + G m
g
σ . Comme
g
σ est une bijection, n m = .

Exemple :
Le groupe des racines n-iemes de l`unite ) , ( ×
n
µ
{ } 1 , = ∈ =
n
n
: : µ .
n
µ est un sous-groupe de ) *, ( × , noyau du morphisme
n
: : ÷ , et n
n
= µ # .
Proposition :
) , ( ×
n
µ est un groupe cyclique, et
n
ik
e
k
π
ω
2
= engendre
n
µ si et seulement si
1 = ∧n k , c'est-a-dire si et seulement si { } 1 , 1 ,... 1 ≠ − ∈ ∀
p
k
n p ω .
DeIinition :
Un tel
k
ω est une racine primitive n-ieme de l`unite.
Demonstration :
Soit
n
i
e
π
ω
2
= . On a
n
µ ω = ) ( gr car [ ]
k
k
n k ω ω = − ∈ ∀ , 1 , 0 .
Donc
n
µ est cyclique.
Soit
k
n
k ω
µ σ
÷
) , ( ) , ( : × → + , morphisme surjectiI.
Alors
n
µ passe au quotient par ) , ( ) , / ( : × → +
n
n µ σ , isomorphisme.
Or, [ ] )) ( ( ) ( , 1 , 0 k Cl k n k
n
k
σ σ ω = = − ∈ ∀ .
Donc
k
ω engendre
n
µ si et seulement si ) (k Cl
n
engendre ) , / ( + n , c'est-a-dire
si et seulement si 1 = ∧n k .

Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 20 sur 32

Montrons maintenant que { } 1 , 1 ,... 1 1 ≠ − ∈ ∀ ⇔ = ∧
p
k
n p n k ω
Supposons que 1 = ∧n k . Soit ∈ p tel que 1 =
p
k
ω , c'est-a-dire 1
2
=
n
ipk
e
π
.
Alors pk n , donc d`apres le theoreme de Gauss p n .
Supposons que 2 ≥ = ∧ d n k .
Soit k tel que k d k = ' , n tel que n d n = ' ( [ ] 1 , 1 ' − ∈ n n ).
Alors 1
' 2 '
' 2
= = =
π
π
ω
ik n
k
e e
n
ikn
.


B) Ordre d`un element (hors programme)

DeIinition :
Soit ) , ( ∗ G un groupe, G g ∈ et
n
g
g n ÷ : σ .
(1) Si
g
σ est injectiI, on dit que g est d`ordre inIini.
(2) Sinon, n
g
= σ ker pour un certain * ∈ n , et n s`appelle l`ordre de g.

Proprietes :
(1) L`ordre de g est ) ( gr # g .
(2) Si g est d`ordre inIini, les puissances de g sont deux a deux distinctes.
(3) Si g est d`ordre n, alors | | , ) , (
2
n l k g g l k
l k
≡ ⇔ = ∈ ∀ et ) ( gr g est
isomorphe a n / .
Demonstration :
On a montre que ) ( gr g est isomorphe soit a ) , ( + , soit a ) , / ( + n .


C) Theoreme de Lagrange (hors programme)

Cas d`un groupe abelien Iini :
Soit ) , ( ∗ G un groupe abelien de cardinal n.
Alors
G
n
e g G g = ∈ ∀ , .
Demonstration :
G x g G x ∈ ∗ ∈ ÷ est une bijection (car d`inverse G x g G x ∈ ∗ ∈
−1
÷ )
Donc
∏ ∏ ∏
∈ ∈ ∈
= ∗ =
G x
n
G x G x
x g x g x .
Donc par regularite
G
n
e g = .

Theoreme de Lagrange :
Soit ) , ( ∗ G un groupe Iini, et G H ⊂ un sous-groupe de G. Alors G H # # .
Cas particulier :
Soit G g ∈ , ) ( gr g H = . On a G H g # # ordre = .
Demonstration :
Considerons la relation binaire R deIinie sur
2
G par :
H xv xRv G v x ∈ ⇔ ∈ ∀
−1 2
, ) , ( .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 21 sur 32

Alors deja R est une relation d`equivalence.
Soit G x ∈
0
, on cherche ) (
0
x Cl
R
.
Soit ) (
0
x Cl v
R
∈ . Alors H x v ∈ ∗
−1
0
. Soit H h∈ tel que
1
0

∗ = x v h .
Donc
0
x h v ∗ = .
Donc { } H h h x x Cl
R
∈ ∗ ⊂ , ) (
0 0
, et l`autre inclusion est evidente.
Donc H x Cl
R
# ) ( #
0
= car
0
x h h ∗ ÷ est injective.
Si on note N le nombre de classes d`equivalences, on a H N G # # = .


D) Application aux anneaux /n (hors programme)

• Soit
2
) , ( ∈ m n , 1 ≥ n , 1 ≥ m .
Alors
) (
) , / ( ) , ( :
x Cl x
n
n
n
÷
+ → + π est un morphisme de groupes (resp. d`anneaux en
adaptant).
) , / (
) , / ( ) , (
+
↑ ↓
+  →  +


m
n
m
n
ϕ π
π

Une condition necessaire et suIIisante pour qu`il existe un morphisme de groupes
(resp. d`anneaux) ) , / ( ) , / ( : + → + n m ϕ tel que
n
π passe au quotient modulo m
est que n m
n
= ⊂ π ker , c'est-a-dire m n .
Autrement dit,
) ( ) (
) , / ( ) , / (
x Cl x Cl
n m
n m
÷
+ → + est une application si et seulement si m n ,
et dans ce cas c`est un morphisme de groupes (resp. d`anneaux).
• Theoreme chinois :
Soient 1 , ≥ m n , et
)) ( ), ( ( ) (
) , , / / ( ) , , / ( :
x Cl x Cl x Cl
m n nm
m n nm
÷
× + × → × + ψ .
Alors ψ est une application, c`est même un morphisme d`anneaux, et c`est un
isomorphisme si et seulement si 1 = ∧ m n .
Demonstration :
Le Iait que ψ est un morphisme decoule du point precedent car nm n et nm m .
On a m n nm nm / # / # / # × = = .
Il reste donc a montrer la (non) injectivite pour avoir la (non) bijectivite
On cherche ψ ker :
Soit nm a / ∈ . Soit [ ] 1 , 0 − ∈ nm x tel que ) (x Cl a
nm
= .
Alors ψ ker ∈ a si et seulement si 0 ) ( = x Cl
n
et 0 ) ( = x Cl
m
, c'est-a-dire si et
seulement si x n et x m .
- Si 1 = ∧ m n , alors x nm a ¬ ∈ ψ ker , donc 0 = a , donc ψ est injective.
- Si 1 ≠ ∧ m n , on pose m n x ∨ = ; alors nm x∉ , donc ) 0 , 0 ( )) ( ( = x Cl
nm
ψ et
0 ) ( ≠ x Cl
nm
, donc ψ n`est pas injectiI.
D`ou le resultat.


Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 22 sur 32

Corollaire :
Soient
2 1
, G G deux groupes cycliques de cardinaux
2 1
, n n .
Alors
2 1
G G × est cyclique si et seulement si 1
2 1
= ∧ n n

Theoreme chinois arithmetique (resolution de congruences multiples) :
Soient
2 1
, N N tels que 1
2 1
= ∧ N N .
Soient
2 1
, a a tels que 1
2 2 1 1
= + N a N a (il en existe d`apres le theoreme de Bezout).
Soient enIin ∈
2 1
, b b .
Alors ∈ x veriIie
¹
´
¦


| |
| |
2 2
1 1
N b x
N b x
si et seulement si | |
2 1 2 2 1 1 1 2
0
N N N a b N a b x
x
¸ ¸ ¸ ¸ ¸ _ ¸
+ ≡ .
En eIIet :
) ( ) ( ) ( ) ( ) (
1
1 car 1
2 2 1 2 2 1 0
1
2 2 1 1
1 1 1 1
b Cl N a Cl b Cl N a b Cl x Cl
N
N a N a
N N N N
= × = =
= + =
¸¸ ¸_ ¸

De même, ) ( ) (
2 0
2 2
b Cl x Cl
N N
=
Donc
0
x est solution du systeme, et tout nombre
2 1 0
N N x x λ + = en est solution.
Reciproquement, si x est solution du systeme, alors
0
x x − est multiple de
1
N et
1
N (car ) ( ) (
1 0
1 1
b Cl x Cl
N N
= et ) ( ) (
2 0
2 2
b Cl x Cl
N N
= ), et donc
0 2 1
x x N N − car
1
2 1
= ∧ N N .
Exemples :
Resoudre dans 5 / l`equation 0
2
= + + b ax x .
On a :
4
4
) ( 0 ) ( 0
2
2 2
2 4
2
2
2
2 b a
b a x b x b ax x
a a a
+
= − − = + ⇔ = − + + ⇔ = + + .
Ainsi :
- Si ∆ = − b a 4
2
n`est pas un carre de 5 / , il n`y a pas de solution.
- Si 0 = ∆ , a a
a
x 2 3
2
= − =

=
- Si ∆ est un carre non nul,
2
δ = ∆ :
2
0
2 2
0
2 2
2 2
δ
δ δ δ
± −
= ⇔
= |
.
|

\
| +
+ |
.
|

\
| −
+ ⇔ = |
.
|

\
|
− |
.
|

\
|
+
a
x
a
x
a
x
a
x

Resoudre dans 143 / l`equation 0 3 4
2
= + − x x .
On a 11 13 143 × = , donc 143 / n`est pas un corps.
On cherche x sous la Iorme ) (
143
n Cl x = ou ∈ n .
Alors x est solution si et seulement si 3 4 143
2
+ − n n , c'est-a-dire si et seulement si
3 4 11
2
+ − n n et 3 4 13
2
+ − n n .
On a ) 3 )( 1 ( 3 4
2
− − = + − n n n n (dans n`importe quel k / )
Donc | 11 | 3 ou | 11 | 1 3 4 11
2
≡ ≡ ⇔ + − n n n n (car 11 / est un corps)
Et de même | 13 | 3 ou | 13 | 1 3 4 13
2
≡ ≡ ⇔ + − n n n n .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 23 sur 32

Donc x est solution si et seulement si
¹
´
¦
≡ ≡
≡ ≡
| 11 | 3 ou | 11 | 1
| 13 | 3 ou | 13 | 1
et
n n
n n

On a donc 4 solutions dans 143 / , a savoir 133 , 14 , 3 , 1 :
| 13 | 1 1 et | 11 | 1 1 ≡ ≡ | 13 | 3 3 et | 11 | 3 3 ≡ ≡ ,
| 13 | 1 14 et | 11 | 3 14 ≡ ≡ | 13 | 3 133 et | 11 | 1 133 ≡ ≡
Pour le dernier, methode de Bezout :
On cherche n tel que | 13 | 3 et | 11 | 1 ≡ ≡ n n :
2 1 11 13 + × =
1 5 2 11 + × = .
Donc 5 2 11 1 × − =
5 ) 1 11 13 ( 11 1 × × − − =
13 5 11 6 1 × − × = .
Ainsi, on peut prendre
¸¸ ¸_ ¸ ¸¸ ¸_ ¸
... 13
| 11 | 1
... 11
| 13 | 3
13 5 1 11 6 3
≡ ≡
× × − × × = n
• Theoreme (hors programme) :
(1) * ) / ( # * : ∈ ∈ n n ÷ ϕ est une Ionction multiplicative, c'est-a-dire :
) ( ) ( ) ( 1 *, , m n m n m n m n ϕ ϕ ϕ × = × ¬ = ∧ ∈ ∀ .
(2) Si
i
i
p p n
α α
...
1
1
× = , ou les
f
p sont des nombres premiers deux a deux distincts
et 1 ≥
f
α , alors ( )
∏ ∏
= =

|
|
.
|

\
|
− = − =
i
f f
i
f
f f
p
n p p n
f f
1 1
1 1
1 ) (
α α
ϕ .
Exemple :
8 ) 1 5 ( ) 2 2 ( ) 5 2 ( ) 20 (
2 2
= − × − = × =ϕ ϕ .
Consequence :
| 20 | 1 1 20 ,
8
≡ ¬ = ∧ ∈ ∀ n n n
En eIIet, il suIIit d`appliquer le theoreme de Lagrange a ) )*, 20 / ( × de cardinal
8 : Pour ∈ n , si 1 20 = ∧ n , l`ordre de ) (
20
n Cl n = divise 8, et donc 1
8
= n , c'est-a-
dire | 20 | 1
8
≡ n .

Demonstration du theoreme :
(1) *) / ( # ) ( nm nm = ϕ .
On dispose d`un isomorphisme d`anneaux :
) , , / / ( ) , , / ( : × + × → × + m n nm ψ .
Ainsi, nm x / ∈ est inversible si et seulement si ) (x ψ l`est. Or,
m n / / ) , ( × ∈ β α est inversible si et seulement si * / n ∈ α et * / m ∈ β .
Ainsi, ) ( ) ( *) / * / ( # ) ( m n m m nm ϕ ϕ ϕ = × =
(2) On a

=
=
r
f
f
f
p n
1
α
.
Comme les
f
f
p
α
sont premiers entre eux deux a deux, on a :

=
=
r
f
f
f
p n
1
) ( ) (
α
ϕ ϕ .
On cherche ainsi ) (
α
ϕ p ou p est premier et 1 ≥ α .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 24 sur 32

) (
α
ϕ p ÷ nombre de [ ]
α
p k , 1 ∈ tels que 1 = ∧
α
p k
÷ nombre de [ ]
α
p k , 1 ∈ tels que k p , / .
÷
1 −

α α
p p .
(car [ ] { } [ ] { }
1 1
, 1 , # , , 1 #
− −
= ∈ = ∈
α α α
p p i ip k p p k )


V Caractéristique d`un corps, corps premier

Soit un corps commutatiI, on pose

1
) , , ( ) , , ( :

× + → × +
n n÷
τ .
Avec :
¦
¹
¦
´
¦
< ⋅ − −
> +
=
= ⋅
0 si ) 1 ) ((
0 si 1 ... 1
0 si 0
1
n n
n
n
n

(Remarque : τ est le

1
σ du paragraphe precedent pour le groupe ) , ( + avec

1 = g )

Theoreme :
(1) τ est un morphisme d`anneaux (! Pas de corps : n`est pas un corps).
(2) Si τ n`est pas injectiI, son noyau est de la Iorme p ou p est premier, et il passe au
quotient par l`ideal p :
) , , (
) , , ( ) , , (
× +
↑ ↓
× + →  × +
p
p

τ π
τ

p
π τ τ · = ou τ est un morphisme de corps.
(3) Si τ est injectiI, on peut le prolonger en un morphisme de corps :
) (
) (
: `
b
a
b
a
r
τ
τ
τ
÷ =
→ ou
) (
) (
b
a
τ
τ
est independant du choix de ) , ( b a tel que
b
a
r = .
DeIinition :
Si τ est injectiI, on dit que est de caracteristique 0.
Sinon, on dit que est de caracteristique Iinie p ou p est tel que p = τ ker .
Remarque : un morphisme de corps est toujours injectiI :
Si 0 ≠ a , alors

1
1
= ×

a a , donc
'
1
1 ) ( ) (

= ×

a a ϕ ϕ , d`ou 0 ) ( ≠ a ϕ .

DeIinition :
Si est de caracteristique p, il contient un souscorps isomorphe a
p
(a savoir ) (
p
τ .
Ce corps s`appelle souscorps premier de : c`est le plus petit souscorps de .
Si est de caracteristique 0 ; il contient un souscorps isomorphe a ( ) ( ` τ ). ) ( ` τ est
appele le corps premier de , c`est aussi le plus petit souscorps de .

Demonstration du theoreme :
(1).
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 25 sur 32

(2) montrons que p est premier (l`existence de p est evidente : τ ker est un sous-groupe
de ) :
Supposons que b a p × = , avec 2 , ≥ b a .
Alors ) ( ) ( ) ( 0 b a p τ τ τ × = =

. Comme est un corps, il est integre, donc p a∈ ou
p b∈ , ce qui est impossible.
Existence de τ : theoreme de passage au quotient par l`ideal p .
(3) Si τ est injectiI : on doit veriIier que si
'
'
b
a
b
a
= , alors
) ' (
) ' (
) (
) (
b
a
b
a
τ
τ
τ
τ
= , c'est-a-dire que
) ( ) ' ( ) ' ( ) ( b a b a τ τ τ τ = , ce qui est vrai car b a ab ' ' = et τ est un morphisme d`anneaux.
On veriIie ensuite que τ` est un morphisme de corps.
(Et comme il est injectiI, sa corestriction a ) ( ` τ est bijective, ce qui justiIie
l`aIIirmation Iaite dans la deuxieme deIinition)

Remarque :
Un corps de caracteristique 0 est une -algebre pour les lois suivantes :
Les lois ¹ et × sont celles de en tant que corps.
Comme on peut identiIier a un souscorps de par τ` , on deIinit ⋅ par la restriction
de → ×
2
: a × (en Iait, pour ∈ a , ∈ b , b a b a × = ⋅ ) ( ` τ )
Il suIIit ensuite de veriIier les diIIerentes lois.

Un corps de caracteristique p est une
p
-algebre (il suIIit ici encore d`identiIier
p
a
) (
p
τ , souscorps de )

Theoreme :
Tout corps Iini a un cardinal de la Iorme
n
p (primaire), ou p est premier.
Demonstration :
• Tout corps de caracteristique 0 est inIini car → : τ est injectiI.
• Donc si est Iini, sa caracteristique est un nombre premier p.
Ainsi, est un
p
-ev de dimension Iinie (car est Iini et engendre comme
p
-ev)
On pose

p
n dim = . Donc est isomorphe a
n
p
comme
p
-ev, donc
n
p = # .

Theoreme de Gallois, admis et hors programme :
Pour tout p premier et tout * ∈ n , il existe un corps de cardinal
n
p , unique a
isomorphisme pres.

Exemples :
Soit un corps de caracteristique p.
Alors 0 . , = ∈ ∀ x p x , et
p
x x÷
→ : ϕ est un endomorphisme de corps.
En eIIet :
- Soit ∈ x .
Deja,

0 1 . = p (deIinition de la caracteristique)
Donc 0 ). 1 . ( . 1 ... . 1 . 1 . = = + + + = x p x x x x p

.
- Deja : on a, pour tout [ ] 1 , 1 − ∈ p k ,
k
p
C p .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 26 sur 32

En eIIet,
1
1
)! ( !
!


=

=
k
p
k
p
C
k
p
k p k
p
C , donc
k
p
kC p , et comme 1 = ∧k p , on a bien
k
p
C p .
Maintenant :
Soient ∈ v x, .
Alors ) ( ) ( ) ( v x v x ϕ ϕ ϕ × = × car est commutatiI

1 ) 1 ( = ϕ .
¿
=

= + = +
p
k
k p k k
p
p
v x C v x v x
0
) ( ) ( ϕ .
Or, [ ] 0 , 1 , 1 = − ∈ ∀
−k p k k
p
v x C p k car p divise
k
p
C .
Donc ) ( ) ( ) ( v x v x v x
p p
ϕ ϕ ϕ + = + = + .


VI Exemples de corps

• Sous corps de : | | , , , i sont des corps de caracteristique 0.
• Soit p premier. p
p
/ = est de caracteristique p.
Exemples de corps inIinis de caracteristique p :
) ( X
p
(Iractions rationnelles a une indeterminee)

Theoreme de Fermat :
x x x
p
p
= ∈ ∀ , , ou encore | | , p n n n
p
≡ ∈ ∀
Demonstration :
• Si 2 = p , alors | 2 |
2
n n ≡ car
2
n et n ont la même parite.
• Si 3 ≥ p :
Montrons par recurrence que | | , p n n n
p
≡ ∈ ∀ .
Pour 0 = n : ok ( | | 0 0 p ≡ )
Soit ∈ n , supposons que | | p n n
p
≡ .
Alors | | 1 1 ) 1 (
0
p n n n C n
p
p
k
k k
p
p
+ ≡ + = = +
¿
=
(car [ ] 1 , 1 , − ∈ p k C p
k
p
)
Pour ∈ n , | | p m n ≡ ou 0 ≥ m , et on travaille avec m.
Autre demonstration (hors programme) :
Pour p premier, ) *, / ( × p est un groupe de cardinal 1 − p .
D`apres le theoreme de Lagrange, { } 1 , 0 \ /
1
= ∈ ∀
− p
a p a .
Donc a a p a
p
= ∈ ∀
−1
, / .

Remarque :
Pour 2 ≥ N , on a (extension du theoreme de Fermat) :
1 1 ,
) (
= ¬ = ∧ ∈ ∀
N
n N n n
ϕ
(dans N / ).

Theoreme de Wilson :
{ } 1 ; 0 \ ∈ p est premier si et seulement si | | 1 )! 1 ( p p − ≡ − .

Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 27 sur 32

Demonstration :
- Si p n`est pas premier, alors b a p × = , ou 2 , ≥ b a .
Si b a ≠ , alors )! 1 ( − × p b a , donc | | 0 )! 1 ( p p ≡ − .
Si 3 ≥ = b a , alors 1 2 1 − ≤ < ≤ p a a .
Donc )! 1 (
2
− = p p a
Si 4 = p , | 4 | 2 )! 1 ( ≡ − p .
- Si p est premier 3 ≥ : on va montrer que 1
*
− =


p
a
a

.
Soit
)
`
¹
¹
´
¦
= ∈ =
x
x x A
p
1
,
*
. Alors { } 1 , 1 − = A . En eIIet :
Dans
p
,
x
x
1
= equivaut a 0 ) 1 )( 1 ( = + − x x .
Ainsi, A
p
\
*
est de cardinal pair, et on peut regrouper ses elements deux par deux : x
avec
x
1
.
Donc 1
\
*
=

∈ A a
p
a

, et comme 3 ≥ p , on a 1 1 ≠ − .
Donc 1 1 ) 1 ( 1
*
− = × − × =


p
a
a

.
EnIin, si 2 = p , on a bien | 2 | 1 1 − ≡ .

Remarque :
Pour 3 ≥ p , qu`obtient-on en regroupant x et
x
1
− ?
{ } 0 1 ,
1
,
2 * *
= + ∈ =
)
`
¹
¹
´
¦ −
= ∈ = x x
x
x x A
p p
.
(1) Si l`equation 0 1
2
= + x n`a pas de solution dans
p
:
∏ ∏
∈ ∈

× =
S a a
a
a a
p
1
*

ou
2
1
#

=
p
S .
Donc
2
1
) 1 ( 1

− = −
p

Ainsi, si 0 1
2
= + x n`a pas de solution, on a | 4 | 3 ≡ p .
(2) Si elle a des solutions, elle en a deux opposees
0
x et
0
x − .
¸¸ ¸_ ¸
1
0 0
) (
1
1
*
=
∈ ∈
− × ×
|
|
.
|

\
| −
× = = −
∏ ∏
x x
a
a a
S a a
p

S est une partie de { }
0
*
\ x
p
± de cardinal
2
3 − p

Donc
2
3
) 1 ( 1

− = −
p
, d`ou | 6 | 1 ≡ p .




Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 28 sur 32

VII Propriétés générales de
| | X
et
) ( X
(où est un corps)

Soit un corps quelconque (commutatiI). On etend sans diIIiculte au cas d`un corps
quelconque les deIinitions et resultats suivants vus en premiere annee :
• Operations et structure de -algebre commutative unitaire de | | X .
• Degre d`un polynôme, integrite de | | X ; polynômes unitaires (ou normalises),
degre d`un produit, d`une somme ; sous--espace | | X
n
des polynômes de degre
au plus n.
• Fractions rationnelles, corps ) ( X .
• Multiples et diviseurs d`un polynôme, polynômes associes. Division euclidienne
dans | | X , algorithme de la division euclidienne.
• Polynôme scinde sur ; relations entre les coeIIicients et les racines d`un polynôme
scinde.
Attention :
Le theoreme de D`Alembert n`est pas vrai en general. Un corps dans lequel tout
polynôme non constant est scinde est dit algebriquement clos.
Pour Iactoriser les polynômes de | | X , il ne suIIit pas, en general, de considerer les
Iacteurs de degre 1 ou 2 : il Iaut introduire la notion de polynôme irreductible (voir VIII)
• Fonction polynomiale associee a un polynôme. Equations algebriques. Zeros (ou
racines) d`un polynôme ; reste de la division euclidienne d`un polynôme P par
a X − ; caracterisation des zeros de P par le Iait que a X − divise P. Ordre de
multiplicite d`un zero du polynôme non nul P : c`est le plus grand entier m tel que
m
a X ) ( − divise P.
• Algorithme de Horner pour le calcul des valeurs d`une Ionction polynomiale.
Fonction rationnelle associee a une Iraction rationnelle. Zeros et pôles d`une Iraction
rationnelle ; ordre de multiplicite.
• Polynôme derive. Linearite de la derivation, derivee d`un produit. Derivees
successives, derivee n-ieme d`un produit (Iormule de Leibniz)
Attention :
L`application

∈ ∈ P X P
~
| | : ÷ ϕ qui a un polynôme associe sa Ionction
polynomiale est injective si, et seulement si, est inIini, et on a même le theoreme :
(1) ϕ est un morphisme d`algebre.
(2) Si est inIini, ϕ est injective non surjective.
(3) Si est Iini, ϕ est surjective non injective, et | | ker
0
X P = ϕ avec
X X a X P
q
a
− = − =


0
, ou # = q .
Lorsque est inIini, on peut ainsi identiIier polynôme et Ionction polynomiale associee.
Demonstration :
Deja, c`est un morphisme d`algebre.
Soit ϕ ker ∈ P , et
r
a a a ... ,
2 1
des elements deux a deux distincts de .
On a : [ ] 0 ) (
~
, , 1 = ∈ ∀
i
a P r i (car 0
~ ~
= P )
Comme les
i
a sont distincts, on a P a X
r
i
i ∏
=

1
) ( . Donc 0 = P ou r P ≥ deg .
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 29 sur 32

(1) Si est inIini, alors 0 = P (car si 0 ≠ P de degre d, on prend 1 + = d r et on a une
contradiction)
ϕ n`est pas surjective car la Ionction qui vaut

1 en

0 et

0 ailleurs n`est pas
polynomiale (car { }

0 \ est inIini).
(2) Si est Iini, on prend # = = q r , et on a, si ϕ ker ∈ P , P a X
a


; inversement,
si P a X
a


, alors 0 ) (
~
, = ∈ ∀ a P a .
Probleme : pourquoi


− = − =
a
q
a X X X P
0
?
VeriIions que ϕ ker ∈ − X X
q
c'est-a-dire que a a a
q
= ∈ ∀ , , ce qui est vrai d`apres le
theoreme de Lagrange applique a * pour 0 ≠ a et evident pour 0 = a .
Donc X X a X
q
a
− −


. Or, ils sont tous deux unitaires, de degre q, donc egaux.
Surjectivite : toute Ionction est polynomiale : interpolation de Lagrange :
Pour → : f , on pose
{ }
¿ ∏
∈ ∈


=
a a b
b a
b X
a f P
\
) ( , et on a f P =
~
.

Attention :
La Iormule de Taylor et son application a la caracterisation de la multiplicite d`une
racine ne sont veriIiees que si est de caracteristique 0.
Si est de caracteristique p non nulle, les entiers multiples de p ne sont pas inversibles
dans , donc la Iormule de Taylor n`a pas de sens.
Remarque : si est de caracteristique 0, le noyau de la derivation est constitue des
polynômes constants, alors que si est de caracteristique p premier, il est constitue des
polynômes en
p
X , c'est-a-dire de la Iorme
¿
=
n
f
fp
f
X a
0
.
Formule de Taylor pour les polynômes :
Si est de caracteristique 0, pour tout | | X P ∈ et tout ∈ a , on a :
¿
+∞
=
− =
0
) (
) (
!
) (
k
k
k
a X
k
a P
P (somme Iinie)
¿ ¿
+∞
=
+∞
=
= = +
0
) (
0
) (
! !
) (
) (
k
k
k
k
k
k
k
P
a X
k
a P
X a P .
Si est de caracteristique 0, a est racine de multiplicite n si et seulement si :
0 ) ( ... ) ( ' ) (
) 1 (
= = =

a P a P a P
n
.
Faux en caracteristique p :
Par exemple avec
p
= , 1 + =
p
X P , 0 '
1
= =
− p
pX P .






Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 30 sur 32

VIII Etude arithmétique de
| | X
(où est un corps)

Remarque (hors programme) :
L`existence d`une division euclidienne dans | | X permet d`obtenir les mêmes
proprietes arithmetiques que pour . Ce qui suit serait plus generalement valable dans un
anneau euclidien, c'est-a-dire un anneau (commutatiI) integre ) , , ( × + A muni d`une application
{ } → 0 \ : A ϕ telle que ou
2 2
) ( ) (
0 ) (
et , ) , ( 0 , ) , (
¹
´
¦
<
=
+ = ∈ ∃ ¬ ≠ ∈ ∀
q r
r
r bq a A r q b A b a
ϕ ϕ
ϕ

Une telle Ionction ϕ s`appelle stathme euclidien ; le degre et la valeur absolue sont des
stathmes euclidiens respectivement sur | | X et .
Par exemple, les anneaux | |i , | | f sont des anneaux euclidiens, on peut donc y Iaire
la même arithmetique que dans .

Theoreme :
Soit un corps. Tout ideal de | | X est principal, c'est-a-dire de la Iorme | |
0
X P I = .
Demonstration :
Soit I un ideal de | | X , diIIerent de { } 0 . Il contient donc un element non nul de | | X .
Ainsi, { } ⊂ ∈I P P, deg et est non vide. Soit donc
0
P de degre minimal dans I. Alors
| |
0
X P I = . En eIIet :
Deja, I X P ⊂ | |
0
puisque I est un ideal de | | X .
Soit maintenant I P∈ . La division euclidienne de P par
0
P donne :
R Q P P + =
0
ou
0
deg deg P R < . Or, Q P P R
0
− = , et I P∈ , I Q P ∈
0
donc comme I est
un groupe I R∈ . Comme
0
P est le polynôme non nul de degre minimal dans I, on a donc
necessairement 0 = R . Donc Q P P
0
= . Donc | |
0
X P P ∈ . D`ou l`autre inclusion et l`egalite.

Theoreme de Bezout :
Soient | | , X B A ∈ .
Alors A et B sont premiers entre eux 1 , | | ) , (
2
= + ∈ ∃ ⇔ BJ AU X J U .
(Même demonstration que dans )
Pour n polynômes :
Soient { } 0 \ | | ,... ,
2 1
X P P P
n
∈ . Les propositions suivantes sont equivalentes :
(1)
n
P P P ,... ,
2 1
sont premiers entre eux deux a deux (c'est-a-dire les seuls diviseurs
communs sont les polynômes constants)
(2) Il existe
[ ] n i i
U
, 1
) (

telle que 1
1
=
¿
=
n
i
i i
U P .
(3) L`ideal engendre par les
i
P ( | | ... | |
1
X P X P
n
+ + ) est | | X .
Demonstration :
) 1 ( ) 2 ( ¬ : ok
) 2 ( ) 3 ( ¬ : | | | | ... | |
1
X X P X P
n
= + + , alors comme | | 1 X ∈ , il s`ecrit sous la
Iorme
¿
=
n
i
i i
U P
1
.
Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 31 sur 32

) 3 ( ) 1 ( ¬ : on pose | | ... | |
1
X P X P I
n
+ + = .
Alors I est un ideal de | | X , donc principal. Soit alors | | X D ∈ tel que | | X D I = .
Alors 0 ≠ D car I P ∈
1
.
De plus, [ ] I P n i
i
∈ ∈ ∀ , , 1 , donc
i
P est multiple de D. Donc D est constant, et | | X I = .

Theoreme de Gauss :
Soient { } 0 \ | | , , X C B A ∈ . Si A divise BC et si A est premier avec B alors A divise C.

Theoreme :
Dans l`anneau | | X (comme dans ), les elements premiers et les elements
irreductibles sont les mêmes.
Tout element { } 0 \ | | X A ∈ s`ecrit, de maniere unique a permutation pres des
i
P , sous
la Iorme
s
r
s
r
P P A ...
1
1
ε = ou cte = ε , ou les
i
P sont irreductibles (ou premiers) et unitaires et ou
les
i
r sont des entiers naturels.

Theoreme :
Soit
[ ] n i i
P
, 1
) (

une Iamille d`elements non tous nuls de | | X . Il existe un unique
polynôme unitaire | | X D ∈ tel que R i X R , ( |, | ∀ ∈ ∀ divise R P
i
⇔ divise D).
Proprietes et deIinition :
D s`appelle PGCD des
i
P . Il est caracterise par le Iait qu`il divise tous les
i
P et qu`il
existe des polynômes
[ ] n i i
U
, 1
) (

tels que
¿
=
=
n
i
i i
P U D
1
. En Iait, D est le generateur unitaire de
l`ideal | | ... | | | |
2 1
X P X P X P
n
+ + + .
Il est aussi caracterise par le Iait qu`il divise tous les
i
P et que tout autre diviseur
commun a tous les
i
P divise D ; D est le diviseur commun de tous les
i
P de plus grand degre.

Theoreme :
Soit
[ ] n i i
P
, 1
) (

une Iamille d`elements non nuls de | | X . L`ensemble des polynômes
multiples de tous les
i
P est l`intersection des ideaux | | X P
i
, c`est aussi un ideal. Ainsi, il
existe un unique polynôme | | X M ∈ unitaire tel que :
i
P i X R , ( |, | ∀ ∈ ∀ divise M R ⇔ divise R).
Proprietes et deIinitions :
M s`appelle PPCM des
i
P . Il est caracterise par le Iait qu`il est multiple de tous les
i
P et
que tout autre multiple de tous les
i
P est multiple de M ; M est le polynôme unitaire de plus
degre multiple de tous les
i
P .

Theoreme :
Le PGCD D et PPCM M des polynômes non nuls A et B sont lies par MD AB λ = ou λ
est le produit des dominants de A et B.


Chapitre 5 : Complements de theorie des ensembles et algebre generale
Algebre generale Page 32 sur 32

Calcul avec la decomposition en irreductibles :
Notation :
Pour tout R irreductible unitaire et tout polynôme A non nul, on note ) ( A J
R
l`exposant
de R de la decomposition de A. ) ( A J
R
s`appelle valuation R-adique de A.

Exemple :
0
x X R − = ; ) ( A J
R
est la multiplicite de la racine
0
x de A.

Theoreme :
Soient
n
A A ,...
1
des polynômes non nuls ; pour tout polynôme R irreductible unitaire, on
pose
[ ]
)) ( ( min
, 1
i R
n i
R
A J

= α ,
[ ]
)) ( ( max
, 1
i R
n i
R
A J

= β .
Alors 0 = =
R R
β α sauI pour un nombre Iini de R.
De plus,

=
R
i
R
R A PGCD
α
) ( et

=
R
i
R
R A PPCM
β
) ( .
Demonstration :
La même que dans .