L'Acheminement vers l'Amour

Jean-Baptiste Bourgoin

Avant-propos
Ce texte est composé d'une série de notes destinées à préparer la rédaction d'une longue prière qui devait s'intituler « L'Acheminement vers l'Amour ». Elles urent originellement pu!liées sur mon site "e!. # la suite de ces articles vous pourre$ lire le dé!ut de « l'Acheminement vers l'Amour » qui ne ut %usque là %amais rendu pu!lic. &l n'est pas impossi!le que ce texte soit un %our achevé.

Première partie
Ouverture
« Les pro ondeurs que nous pr'tons à la (atière ne sont que le re let des hauteurs de l)Esprit »* Aimer + « s)anéantir consciemment et volontairement à mesure qu)on prend de soi conscience d)avantage »,. &l est di icile de parler de l)amour- di icile de le penser. &l ait partie de ces choses que l)on croit conna.tre et- lorsque l)on se penche dessus- que l)on re use de conna.tre d)avantage. /ous ne voulons pas savoir- essa0er de savoir- ce qu)est l)amour car nous avons peur de ne pas en 'tre dignenous avons peur de découvrir qu)il n)existe pas- nous avons peur de découvrir que nous n)en sommes plus capa!le- nous avons peur ... L)Amour ait étrangement partie des expériences limites. Celles que nous avons du mal à penser- et qui nous ont du mal alors que nous les pensons. Ceci est le premier article d)une série possi!le d)acheminements vers l)Amour. 1)emprunte ici volontairement le titre à cet ouvrage de 2eidegger + Acheminement vers la Parole- pour des raisons expliqués plus loin. Ce texte devait 'tre plus long- mais devant l)ampleur de la t3che qui s)o rait à moi- %)ai pré éré me laisser du temps.

La différence au cœur de l’intimité.
Aimer c)est vouloir la présence de l)'tre aimé. L)'tre aimé est tou%ours présent à soi. &l est là- il est devant moi- %e le vois. &l m)est présent- et est devant moi. 1e le vois et %e le reconnais- il ne m)est pas indi érent- et il est autre. L)'tre aimé n)est pas mon sem!la!le- ce à quoi %e ressem!le- ce que %e puis 'tre- ce que %e suis ou ce qui m)est compara!le. L)'tre aimé est radicalement autre- car c)est lui qui est aimé. 4uelque soit les points communs que %e partage avec l)'tre aimé- ce que %e reconnais n)est pas moi. &l n)est pas un objet- ce sur quoi %e me pro%ette. L)amour est une attente. Aimer c)est vouloir la pleine présence de l)autre à soi. (ais l)autre n)est pas tou%ours présent- m'me s)il l)est tou%ours dans notre c5ur. Le désir de l)autre s)exprime dans les louanges- les appels- les chants. Chanter la personne aimée- la louer- c)est porter cette personne en6 dehors du champ de l)intimité- c)est la rendre présente en tant qu)'tre aimé dans le (onde. C)est à *7eilhard de Chardin- L’Évolution de la Chasteté in 89ur l)Amour8 p.:* ,7eilhard de Chardin-Le Milieu Divin p.*;<-*;=

la ois une portée et un appel. La poésie est le porte6parole de l)Amour dans le (onde > le poème est l)appel de l)'tre aimé au milieu des hommes > le poète est cet homme seul aux milieux des hommes- chantant l)'tre aimé dans l)espoir de sa venue. L’Amour c’est la présence et l’absence continuelle de l’être aimé. 4ue cet 'tre soit ph0siquement présent ou non. &l est tou%ours présent à soi- il ha!ite nos pensées et notre vision. (ais il est tou%ours a!sent car nécessairement autre- pleinement autre. ?leine présence à soi- %usque dans la voix%usqu)à lui aire écho > mais aussi pleinement étranger à soi- car reconnu dans sa singularité. L)'tre aimé n)est pas moi.

Faire l’Amour comme une offrande.
8@aire l)amour8 est une expression très intéressante. Aans cet acte- au premier a!ord purement animal- purement utilitaire Bacte de procréationC- nous faisons l)amour- nous le réalisons. Comme si s)opérait ici une sorte de s0nthèse de tout ce que signi ie l)amour. 4ue se passe6t6il lorsque nous faisons l)amour D faire l’Amour c)est cette étrange fusion de deux 'tres qui restent- qui doivent rester- pleinement eux6m'mes alors m'me qu)ils se perdent l)un en l)autre. @usion et dualité > plaisir et peine > faire l’amour est une action pleine car elle réunie des contraires. aire l’amour est un acte d)unification plus que de usion. 9imone Eeil exprime très !ien la douleur de l)amour + F « La grande douleur de la vie humain- c)est que regarder et manger soient deux opérations di érentes Ae l)autre cGté du ciel seulement- dans le pa0s ha!ité par Aieu- c)est une seule et m'me opération » H. I !egarder et manger sont des actes ortement érotiques. 1)aime voir le corps de la personne aimée- et %)aime manger ce corps- le goJter- le prendre dans ma !ouche. Le !aiser est un acte ortement érotique. @aire un !aiser sur la %oue- déposer un !aiser- est un don qui n)appelle pas le corps de l)autre. En ce sens il est amical. (ais le !aiser sur- voir dans- la !ouche est un don qui appel le !aiser de l)autre- un a!andon. C)est le don entier de soi. « (on corps t)appartient ». (ais %e ne puis voir et manger la personne aimée en m'me temps- l)avoir devant moi et la goJter en même temps. Lorsque %e regarde %e disparais dans la pleine présence de l)autre- %e me ais l)écho de l)autre > lorsque %e mange- %)accepte l)o rande de l)autre- son don de soi. 1e ne puis aire les deux en m'me temps signi ie + je ne puis me perdre dans la personne aimée, et me l’approprier en même temps. 9i %e ne ais que me perdre- %e disparais et donc %e ne %ouis plus de cette perte. 9i %e ne ais que m)incorporer la personne aimée- elle dispara.t et %e ne puis plus en %ouir. &l me aut tout à la ois dispara.tre et incorporer- me ondre dans l)'tre aimé et le aire dispara.tre. (ais %e ne puis aimer que ce qui m)appara.t- et %e ne puis 'tre aimé que parce que %e lui apparais. aire l’Amour serait6il aussi le dé aire D /on. Car en réalité- lorsque nous aisons l)amour nous n)arrivons %amais à manger pleinement la personne aimée- ni à dispara.tre pleinement en elle. # dé aut de pouvoir aire les deux en même temps nous n)en aisons pleinement aucun. La satisfaction d’après l’amour est toujours tâchée d’une peine. L)erreur est peut6'tre de vouloir manger alors que nous ne devrions que nous o rir. /ous ne devrions pas vouloir manger- nous ne devrions "u’accepter la nourriture o erte par l)autre. Et s)o rir soi6m'me.

L’Amour fait sonner le silence.
« Comme Aieu a créé notre autonomie pour que nous a0ons la possi!ilité d)0 renoncer par amourpour la m'me raison nous devons vouloir la conservation de l)autonomie che$ nos sem!la!les » K L)amoureux se laisse pénétrer de l)'tre aimé- sans désirer la nécessité de la réciproque- m'me si H9imone Eeil- ormes de l’Amour implicite de Dieu in #uvres- quarto p.<H; K9imone Eeil- #uvres p.<KH

celle6ci est nécessaire. &l attend l)autre- cela compte plus que savoir si l)autre l)attend également. Le dialogue des amis nécessite la réciprocité. L)Amour n)est pas un dialogue- les amants- ne se répondent pas comme les amis- il se ont écho. Et parce que l)amour est une attente- le chant des amoureux est un chant du silence. L)amour entend l)inaudi!le;- il est « le recueil oL sonne le silence »:. 9onner le silence- n)est pas seulement le chant amoureux des amants- c)est l)Amour m'me. Ce moment oL moi et l)autre sommes un- tout en étant par aitement distinct. Ce moment oL la dou!le attente sonne à l)unisson. C)est un moment miraculeux- et en ce sens il peut !ien 'tre représenté comme un couperet s)a!attant d)un coup- comme un 8coup de oudre8. &lluminé de toute part- c)est lorsque la oudre m)a traversé- le eu m)a consumé- que la conscience du miracle appara.t. (ais il n)0 a pas de mots- alors règne pendant un temps encore- le silence. C)est un silence de mort et un souvenir !rJlant. (oment miraculeux- « tout se passe comme si B...C il était devenu mani este à la sensi!ilité elle6m'me que le silence n)est pas a!sence de sons- mais une chose in iniment plus réelle que les sons- et le siège d)une harmonie plus par aite que la plus !elle dont les sons com!inés soient suscepti!les »<. L)Amour est ce chant harmonieux des amants- l’un pour l’autre- qui n)attendent rien l)un de l)autre. C)est un chant et donc un appel- un écho et donc un résonance dans le monde. (ais un chant inaudi!le- un écho silencieux M 4uel 'tre pour entendre ce chant D 4uel monde pour résonner à cet écho D L)ouverture à l)invisi!le et à l)inaudi!le qu)est l)Amour est violente. Ce couperet- ce coup de oudre- transperce le c5ur et l)3me- ne me laisse pas indemne. 9imple ouverture M 4u)elle est cette terre au creux de laquelle résonne le silence- et quel cet auditeur de l)inaudi!le qui attendent les amants D $ean%&aptiste &ourgoin ' L(on) le * novembre +,,-

Première di ression ! l’eros de l’âme.
« Le poète des poètes dit + « 4u)est6ce qu)un grand poème D C)est serrer la main du lecteur ». Na peut6'tre cet échange du m0stère de la con iance entre un a.né et un %eune. Et ce qui m)e raie un peu dans le moment actuel- c)est que- pour 'tre très sérieuxl)arrière6 ond de cette relation a longtemps été- par un certain cGté- théologique. C)est une autorité transcendante- religieuse- dont la relation au ma.tre est une orme séculière. 9i cela dispara.t complètement 6 car c)est en voir de disparition 6- il est très possi!le que cette orme6là- qui est léros de l)3me- qui est un peu la musique de l)3me- disparaisse aussiO*P » Qoici une !elle citation- intéressante à plusieurs égards. 9teiner passe du grand poème pensé comme la main tendue a in d)'tre serrée au lecteur- à l)idée de l)éros. 9errer une main est un acte ami- l)éros c)est l)amour. &l 0 a un glissement d)autant plus insensi!le de la philia à l)eros- qu)il est quotidiennement réquent. 2annah Arendt dit- dans un des ragments de son AenRtage!uch- que ;Sé érence à cette très !elle phrase de 9imone Eeil + l)Amour voit l)&nvisi!le. :2eidegger- Acheminement vers la parole- p.HK. 1e me permet d)utiliser cette expression pour l)Amour- là ou 2eidegger l)utilise pour la parole. (ais che$ 2eidegger le déploiement du parler se ait dans « l)appel original qui en%oint de venir à l)intimité du monde et des chose ». Cette intimité dans laquelle est unit monde et choses est tenue ouverte par la Ai 6 érence. Tr %e retrouve ici un schéma identique à celui de l)amour. C)est !ien la di érence- le 8%e ne suis pas l)'tre aimé- et l)'tre aimé n)est pas moi8 qui m)unit dans l)intimité avec la personne aimée. (ais le phénomène est ici inverse. Le chant de l)Amour- contrairement au parler- n)en%oint pas de venir à l)intimité du monde et des choses- au contraire il est l)écho dans le (onde de l)Amour des amants- de leur intimité. Le chant des amants appel le monde et les choses à soi. La parole de l)homme l)amène dans l)intimité du monde et des choses. <9imone Eeil- #uvres p.<:H

l)homme Ble masculinC a une orte tendance à trans ormer la relation amoureuse en relation d)amitié. Elle le voit che$ /iet$sche- che$ 1aspers Bdans son idéal du mariageC et che$ !ien d)autre penseurs. Et ici nous serions acilement tentés de porter un %ugement similaire. Et nous allons le aire. (ais %)aimerais prendre le pro!lème dans l)autre sens et demander si inalement- pour l)homme- il n)0 a pas tellement un ra!attement de l)eros sur la philia- mais plutGt une inter6 pénétration des deux concepts. 1e pense à la paiderastia grecque en lisant ces lignes de 9teiner. Ceci d)autant plus signi icati que dans ce m'me texte 9teiner ait !ien évidemment ré érence au &an"uet de ?laton- texte non dénué d)érotisme. &l 0 a aussi ce passage + « 1)ai connu 2annah Arendt- %e n)ai %amais connu 9imone Eeil. Elles n)ont pas eu de disciples. &l n)0 a %amais eu de grands élèves. 4uel est le pro!lème D 1e n)ai pas la réponse. 1e ne peux qu)émettre quelques h0pothèses. Est6ce que la emme est supr'mement ma.tre pour son en ant et moins pour ceux qui ne le sont pas D » Et %e voudrais a%outer + l)homme n)est6il inalement pas supr'mement ma.tre que pour ses disciples- ceux qui ne sont pas ses en ants- et non pour ses propres en ants D &l 0 a dans la vie des en ants- ou du moins il 0 avait- !ien souvent une orte a!sence du père. ?as seulement une a!sence ph0sique- mais une a!sence de paternité si on la pense comme s0métrique à celle de la mère. Le père est étranger à la maison- s)il éduque ses en ants c)est d)une manière similaire à l)éducation qu)il pourrait donner à d)autres %eunes gens. Le père !rillait par son a!sence. &l pouvait dire + tu n)es pas mon en ant- mais lui il l)est. La mère plus di icilement- elle le transporte dans sa chair. Tr- il 0 a !ien une érotique de l)éducation qui relève de l)eros de l)3me dont parle 9teiner. Cette érotique est une transmission amoureuse. Ce n)est pas l)amour des amants qui se ont écho. Le ma.tre ne se ait pas l)écho du disciple- il en prend soin et l)élève quitte à se aire dépasser. L)élève ne doit pas viser à se aire l)écho du ma.tre Brien de pire qu)un disciple qui répète doctement toutes les pensées de son ma.treC- il doit écouter patiemment- essa0er de parler- %usqu)à ce qu)il soit délivré %o0eusement de la parole du ma.tre. C)est un eros et non une philia- car la li!erté doit6'tre conservé. Les amis se doivent d)'tre idèles. Les amants se ont écho l)un de l)autre li!rement- si cet écho étou e- ils ne s)aiment plus- ils peuvent rester ensem!le- mais ils ne sont plus amantstemporairement ou pour tou%ours- la partition trace un silence ou arrive à son terme. &l 0 a un don de soi total dans l)amour qui n)existe pas dans l)amitié Bsau dans ces rares cas oL l)amitié glisse temporairement dans l)eros- les rontières sont perméa!lesC. Les amants se laissent envahir par la parole de l)aimé. Le ma.tre o re son savoir au disciple- en sachant que la in attendue est l)assassina s0m!olique du ma.tre par le disciple qui arr'te d)'tre disciple. Le disciple se laisse pénétrer du savoir du ma.tre en prenant le risque de se laisser étou er par cette parole puissante. L)amour met en danger car il est un don de soi total et li!re. ?as l)amitié. 4u)est6ce qu)un grand poème D C)est serrer la main du lecteur. (oi poète %e tends la main. (oi lecteur %e la serre. 9errer la main- et ne plus la l.cher M Le poète prend le risque d)'tre prisonnier du lecteur- lui- son c5ur- son 3me. Le lecteur prend le risque de se laisser envahir par la parole du poète- dé initivement. ?énétration de l)3me. (ais l)élève doit dépasser le ma.tre. « A)autres oiseaux voleront plus loin » disait /iet$sche. Lorsque élève et ma.tre relèvent du passé- que reste6t6il D Aes amis- ou des amants. /otre ami n)est pas supérieur ou in érieur- il n)est m'me pas notre égal- c)est pour lui que %e suis là- et c)est cela qui importe. /otre aimé ne nous est pas in érieur ni supérieur- c)est à lui que %e m)o re- et c)est cela qui importe. Uien sJr nous n)avons pas qu)un seul ma.tre. Et des amis deviennent par ois temporairement des ma.tres- les amants aussi. Ae manière secondaire. Le mouvement n)est pas hegelien- il est tou%ours présent- lexi!le- luide- pluri orme. La perméa!ilité de la philia- de l)eros- du rapport ma.tre6élèveentretient l’éros de l’.me + « d)autres oiseaux voleront plus loin ». &l aut nous o rir- nous aussi- à ces oiseaux là a in qu)ils volent tou%ours plus loin. $ean%&aptiste &ourgoin) ' L(on le +/ 0ovembre +,,-

"eu#ième partie ! $ %ne matinée d’amour pur &
Ils quittèrent terre en ce matin de mai.
SeiRo et S0osuRe composent ce couple de quinquagénaires qui vivent « une matinée d)amour pur » + 1 Ce matin%l') !(osu2e et sa femme échang3rent un frais baiser pour la premi3re fois depuis longtemps4 5 Uaiser que nous apprenons 'tre un peu plus loin 1 e6traordinaire) au point "u’ils n’en avaient pas) depuis des années) échangé "ui f7t doté d’une telle pureté et "ui leur f8t) ainsi) "uitter terre 5. &l nous aut !ien nous souvenir de ces mots- car toute la suite de la nouvelle- exceptée la in Bsi elle est !ien entendueC- peut nous les aire ou!lier. La quatrième de couverture de l)édition olio résume cette nouvelle ainsi + 1 nous retrouvons dans 1 9ne matinée d’amour pur 5 % récit d’un couple vieillissant "ui cherche ' entretenir son amour par des jeu6 éroti"ues pervers % le c(nisme parfois tr3s noir et l’interrogation sur la se6ualité "ui caractérisent toute l’:uvre de Mishima 5. &l ne s)agit pas tellement d)une interrogation sur la sexualité- mais !ien d)une nouvelle qui va au ond de l)amour- et le c0nisme n)est pas du cGté du couple. S0osuRe et SeiRo orment un couple qui dure depuis vingt ans. Vn couple sans en ant qui vit son amour dans la solitude. 1 ;l serait peut%être plus e6acte de dire "u’ils vivaient dans le souvenir de leur amour4 Car) ' cha"ue instant) ils pariaient sur leur premi3re rencontre) sur leur premi3re heureuse surprise4 !ei2o redécouvrait sans cesse dans son mari "uin"uagénaire le visage d’un gar<on de vingt%trois ans4 =t !(osu2e redécouvrait sans cesse dans sa femme de "uarante%cin" ans la fra8cheur de ses di6%huit ans 5. Croire qu)il ne s)agit ici que de retrouver les %eunes corps serait une erreur. Qoici ce que (ishima nous dit du moment qu)ils désirent retrouver à %amais + 1 Ce "u’ils cherchaient ' évo"uer était simple > un matin de mai) les (eu6 purs de la jeune fille se posaient sur le jeune homme "u’elle aimait ? le champ était humide de rosée ? ' l’hori@on) se dessinaient l’ombre de la guerre et l’angoisse de la vie ? la séparation les mena<ait ? leurs jeunes l3vres s’effleuraient en un baiser pareil au premier éclair de l’aurore444 enfin) ce genre d’images du bonheur suprême "u’offrait un amour inoubliable 54 ;l s’agit de retrouver ce "ui s’est passé ' ce moment l'4 !etrouver un état de gr.ce4 =t s’ils étaient jeunes nous pouvons penser "ue cela est factuel4. Eric Sohmer dans Conte d’automne nous o re un %oli dialogue entre une entremetteuse improvisée et l)homme destiné à com!ler de %oie le c5ur de son amie + 1 Aous tremble@ B Aous n’ave@ pas peur au moins B 5 et lui de répondre + 1 Ci) comme ' di6%huit ans 5. Alors que dans Conte d’été le %eune homme qui pense se révéler à trente ans- dans tous les domaines- manque l)amour- manque un grand moment- moment qui se déroule sans lui + la %eune amie d)un été- dont il ne s)aperWoit %amais vraiment qu)elle l)aime- le voit partir pour un instrument de musique- une occasion à ne pas rater M 8Comme à dix6huit ans8 parce qu)à quarante les couples se sont installés- mais !ien souvent sans l)amour. SeiRo et S0osuRe comprennent que l)amour est une retrouvaille perpétuelle de l)autre. /on pas retrouver la %eunesse- mais la gr3ce de ce moment qu)ils vécurent lorsqu)ils urent %eunes + « quitter terre ». En amour « quitter terre » n)est pas donné à tout le monde. SeiRo et S0osuRe quittèrent terre en ce matin de mai car devant eux c)était la guerre- la séparation. # la tension sexuelle s)a%outèrent les tensions nées de la peur- de la crainte- mais aussi d)une volonté de s)en uir. Alors ils s)en uirent dans l)amour. Aans ce !aiser c)est l)immortalité de leur couple qu)ils %ouaient. La situation- le moment- le Rairos oseraies6%e dire- leur ouvrèrent le chemin pour quitter le monde. Qingt ans plus tard ils savaient que pour quitter le monde à nouveau- il ne allait pas attendre que cela soit donné- il allait le aire par soi6m'me.

Par-del la !eunesse des cor"s.
La deuxième partie de la nouvelle est un interrogatoire. 7aReshi- %eune étudiant en littérature raconte sa rencontre dans un !ar avec SeiRo. Ce %eune homme ier de sa %eunesse pense qu)à quarante ans on est une « vieille peau » qui prouve par un maquillage a!ondant qu)on 1 a conscience de mettre sur le marché autre chose "u’une nénette de vingt ans 5. ?ourtant il répond aux avances de SeiRo. AégoJté par principe il est toute ois curieux de cette emme au par um si « classe » et aux lèvres si élégantes au moment oL elle lui o re ses !aisers. &l conna.t pourtant avec elle une sorte d)extase dans un parc pu!lic le soir. SeiRo l)emmène- sans qu)il le sache- che$ elle. &ls s)allongent sur un canapé et se dénudent. Le %eune homme entend un murmure d)une autre emme dans la pièce mais n)0 ait pas plus attention. 7aReshi lui aussi va savoir ce que c)est que « quitter terre » + 1 =lle s’est déshabillée dans le noir) puis elle a sauté sur moi) comme prise de pani"ue) mais ce n’était pas de la pani"ue) c’était une joie atrocement violente et sinc3re4 $e connais pas mal de filles) mais elle m’embête souvent) parce "u’elles répriment souvent leur plaisir ' cause d’une curieuse vanité) ou parce "u’elles calculent tran"uillement pour elles%mêmes leur plaisir) elles e6priment leur plaisir parcimonieusement comme des chats) elles traduisent le langage du se6e dans le langage sans intérêt de l’esprit) elles lancent des formules romanti"ues "ui sont compl3tement ' cDté de la pla"ue4 Mais cette "uadragénaire était la plus féminine de toutes mes rencontres4 =lle s’était fondue dans l’obscurité comme la Aoie lactée dans le ciel d’une nuit d’été) en dégageant une vague lumi3re laiteuse4 Au milieu des sanglots) elle a pris mon visage plusieurs fois) comme dans un délire4 Euand elle s’est assurée "ue j’étais bien l') elle m’a chuchoté d’une voi6 ' peine audible > 1 !(osu2e444 5 F444G $e m’en mo"uais compl3tement4 Hu plutDt) dans mon plaisir abstrait) j’étais indifférent au monde entier) et même de ce moi%l' je m’en mo"uais4 I cet instant) je me serais même mo"ué d’une bombe ' h(drog3ne4 $’en aurais joué avec mes orteils4 5 7aReshi découvre le lendemain dans cette pièce son amie Xuri. &ls comprennent qu)ils ont été trompés- utilisés par le couple. 7aReshi voit le couple s)em!rasser dans cette « matinée d)amour pur ». Alors que le couple retrouve le !aiser de ce matin de mai- 7aReshi les poignarde. La raison de sa colère m'lée d)admiration + 1 =n assistant ' ce long baiser d’un couple vicieu6) morbide et inhumain) j’ai eu peu ' peu le sentiment "u’on m’avait 1 eu 54 Ce n’était pas une col3re parce "ue j’aurais été trompé ou utilisé4 Mais un sentiment de défait me montait jus"u’au coup comme l’eau dans un supplice4 $e ne sais pas pour"uoi) mais ' cet instant j’ai senti "u’on était des fau6 et eu6 des vrais4 I cDté d’eu6) on n’était "ue des ombres vaines) une jeunesse inutile4 C’est tout ce "u’on méritait) d’être ainsi utilisés4 C’était curieu6 > pendant ce long baiser) ils se métamorphosaient avec la lumi3re de l’aurore "ui s’intensifiait lég3rement4 Ces vieilles peau6 commen<aient ' para8tre plus belles et plus jeunes "ue n’importe "uel couple jeune et beau4 Les chants des co"s me résonnaient au6 oreilles4 Au milieu de ces chants funestes) l’homme et la femme étaient beau6 comme de fragiles statues de porcelaine sur le point de se briser et ils prenaient les nuances roses de l’aube4 $e n’avais jamais vu un baiser aussi beau et aussi pur et je n’en reverrais jamais de tel4 $e me suis levé en pointant la lame sur eu64 % Pour"uoi B % Parce "ue444 ;ls étaient beau6 et vrais4 Aoil' pour"uoi4 ;l n’( avait aucune autre raison de les tuer4 5 1 La beauté savante de leur baiser était le fruit de la réunion e6ceptionnelle de l’ingénuité et de l’e6périence4 5

# Ils étaient $eau% et vrais &
Cette histoire de corps %eunes et vieux- de meurtre- de !aisers- est étrangement peu charnelle. C)est une histoire d)amour. Et le corps n)est pas le lieu de l)amour. Le lieu de l)amour est au6delà des corps- du monde. La tension sexuelle extr'mement orte qui na.t che$ un %eune couple o re des conditions très avora!les au dé erlement d)une puissante énergie dans ce moment de gr3ce- dans cette extase qui

se nomme orgasme. L)énergie sexuelle s)accumule par l)a!stinence- qu)elle soit passée ou uturl)énergie spirituelle par l)exercice permanent des puissances de son esprit. Le ameux adage + « vit en pensant que chaque %our est ton dernier %our »- est un adage de l)a!stinence- et nous connaissons sa puissance. C)est un idéal ascétique que %e vois à l)5uvre dans cette nouvelle de (ishima + concentrer toute notre énergie en un moment qui doit 'tre exceptionnel- ou ne pas 'tre. 9i la tension sexuelle s)accumule par a!stinence c)est parce qu)elle ne demande qu)à éclater. # chaque instant. La tension spirituelle s)accumule par l)exercice de sa pensée car naturellement la pensée se tait- s)amenuise. C)est ce qui ait dire aux philosophes qui ont prGnés l)ascétisme comme mo0en pour la pensée que les !esoins du corps détournent de l)esprit. Cela va plus loin + ne pas répondre aux !esoins du corps accumule une énergie qui peut 'tre utilisée par l)esprit. (ais cette accumulation peut aussi servir aux deux. Et l)amour est la meilleure réunion que nous puissions envisager de la %ouissance spirituelle et de la %ouissance du corps. L)orgasme sexuel a !esoin de la pensée pour na.tre. Et la pensée s)ouvre dans l)extase à une vision de la vérité qui la dépasse et s)o re à elle comme un espoir. Cette distinction entre corps et esprit ne doit pas tromper- elle n)est pas tranchée. Corps et esprit orment un tout vivant. L)un !at au r0thme de l)autre- et l)autre au r0thme de l)un. Les extases autant charnelles que spirituelles de certains m0stiques en sont la preuve la plus lagrante. L)extase amoureuse appara.t alors comme un grand moment de vérité + c)est un moment qui unit corps et 3me dans la !eauté. $ean%&aptiste &ourgoin) ' L(on le /+ janvier +,,* F/>J,KG

Première note sur l’Amour et le 'onflit
Ce te6te n’est "ue la reprise d’une note écrite rapidement lors d’un vo(age en train) ce "ui e6pli"ue sa concision4 Ci je la publie c’est ' la demande d’Élise) pour "ui cette note était originellement destinée et devait poursuivre nos réfle6ions communes sur le conflit) mais également pour tenir au courant mes lecteurs de mes avancées dans ma réfle6ions sur l’amour et sur le conflit4 9n article plus complet) plus précis) plus clair) sur la relation entre amour et conflit n’étant pas prévu pour les jours "ui viennent) j’ai préféré offrir ici des bribes de réfle6ions plutDt "ue rien4 F9ne discussion autour de ce petit te6te est reproduite ' la fin de cet articleG 1e commence à entrevoir un lien entre l)amour et l)irréconcilia!ilité du con lit. /ous voulons nous compléter car nous ne sommes pas pleins. /ous voulons prendre- nous voulons que l)on s)o re à nous. Tn ne désire pas se compléter pour se perdre. C)est le con lit. Les désirs s)entrechoquent. &l audrait pouvoir se donner sans se perdre. L)amour est un don- mais de qui est6ce donc le don si la personne dispara.t dans ce don lui6m'me D L)amour dispara.t au moment m'me oL il s)accomplit pleinement. &l aut donc pourvoir se donner pleinement et se maintenir pleinement- et cela n)est possi!le que dans et par Aieu. Et nous ne pouvons nous donner que si quelqu)un à !esoin de se compléter. Ce qui suppose l)existence du con lit. L)existence de l)amour présuppose l)existence du con lit. ?arce que nous sommes li!res d)aimer et de nous o rir- nous sommes dans un con lit qui ne se tait qu)en Aieu. Et Aieu a ait que l)homme puisse d)élever contre Lui a in qu)il puisse l)aimer li!rement. Aès lors- la réussite m'me du politique et de l)amour ne peux passer que par Aieu. mercredi +- février +,,*) par $ean%&aptiste &ourgoin

'icussion
(oachim ! 7rop concis... les liens de causalité m)échappent et la conclusion est des plus mièvres. Tn voit !ien que le texte était 8pour l)Eglise8 et non pas un texte théologique ou métaph0sique.

1e serais intéressé par un développement avec l)idée principale clairement exprimée- et les encha.nements plus clairs pour voir d)oL du part et oL tu veux aller. ?arce que là- Wa leure !on le curé de campagne si %e puis me permettre. Là- pour l)instant- %e ne vois pas de rapport entre le con lit- l)amour et Aieu. Entre l)amour et Aieurà la limite oui Bet m'me en évitant les cliché- il su it de aire ré érence à YantC- mais le reste me sem!le tou u. (ean-)aptiste )our oin ! Uon%our« 7rop concis... les liens de causalité m)échappent et la conclusion est des plus mièvres. » 7rop concis- oui- %e suis d)accord. 1e m)explique au dé!ut + ce texte n)est qu)une note que %e devais envo0er à une amie. &l s)agissait en réalité d)un texto qui ut mal envo0é. 1e ne souhaitais pas préciser- car cela me sem!lait sans intér't pour le lecteur. 1e l)ai mise sur ce site a in qu)elle 0 accède- et en me disant qu)elle pourrait peut6'tre intéresser des lecteurs. Ce qui est le cas. ?our ce qui est de la mièvrerie- %e suis désolé si le texte donne cette impression. 1e vous assure que ma pensée sur le su%et est loin d)'tre mièvre. 1e me rends compte de plus en plus que %e n)aurais pas du pu!lier cette note telle quelle M « Tn voit !ien que le texte était 8pour l)Eglise8 et non pas un texte théologique ou métaph0sique » 2um... là %e ne vous saisis pas... /on il ne s)agit pas d)un texte 8pour l)Zglise8. 1)ai du mal à comprendre clairement ce que vous entende$ par là. 1e pourrais vous dire oui selon un certain point de vue sur la question- qui serait d)ailleurs théologique et métaph0sique- et non sur un autre- si vous pense$ ici qu)il s)agit de aire une apologie du rGle politique de l)Zglise prise dans sa conception la plus plate. 1e ne sais que vous répondre en attendant plus de précisions. « 1e serais intéressé par un développement avec l)idée principale clairement exprimée- et les encha.nements plus clairs pour voir d)oL du part et oL tu veux aller. ?arce que là- Wa leure !on le curé de campagne si %e puis me permettre. » 9i vous aites attention 8Acheminement vers l)amour8 est constitué d)une série d)articles Bvoir le sommaire à droiteC. &ls orment- précisément un acheminement vers une meilleure compréhension de ce ait. &l ne s)agit ici que de notes sur cette question- pas d)un article continuant 8o iciellement8 la question. Auquel cas il se serait intitulé 8Acheminement vers l)Amour- quatrième partie8 etc. ?our ce qui est du curé de campagne- %e ne sais que dire. 1e sais !ien le reproche- et m)en dé endre serait opiner à l)insulte aite aux curés en question. 9i vous connaissie$ le reste de mes écrits sur la question de l)amour- mais aussi du con lit- %e ne pense pas que vous dirie$ cela. @aites un tour sur le site M 1e ne souhaite pas %usti ier le manque de clarté de cette note. (ais il me sem!le que votre critique dénote une mauvaise compréhension de ce qui est en %eu dans ma ré lexion. (ais puis6%e vous en vouloir D Le texte n)est pas des plus clair. « Là- pour l)instant- %e ne vois pas de rapport entre le con lit- l)amour et Aieu. Entre l)amour et Aieur- à la limite oui Bet m'me en évitant les cliché- il su it de aire ré érence à YantC- mais le reste me sem!le tou u. » Les clichés D L)amour ait clairement partie de la doctrine chrétienne Bsi %e puis m)exprimer ainsiC + « Uien6aimés- aimons6nous les uns les autres- puisque l)amour est de Aieu et que quiconque aime est né de Aieu et conna.t Aieu. Celui qui n)aime pas n)a pas connJt Aieu- car Aieu est amour » B*

1ean K-<6=C ?our ce qui est du con lit- %e vais à votre demande écrire plus tGt que %e ne l)avais prévu une clari ication de ce texte. (ais a in que vous ne so0e$ pas sur votre aim- %e vais détailler ici un peu plus le lien entre amour et con lit + Le sentiment amoureux s)exprime par une volonté de complétion de son 'tre par autrui. /ous aimons a in de nous compléter- de nous remplir etc. cela signi ie que nous désirons autrui. /ous désirons nous approprier autrui- ou tout du moins prendre ce qu)il peut nous apporter- ce qu)il a à nous donner. Ce désir premier suppose que la volonté de se donner- de se perdre en l)autre n)est pas immédiate. Et si elle l)est- une pure volonté de se donner et de se perdre n)est %amais qu)une démarche d)auto6esclavagisme. Tn se dégrade soit6m'me volontairement etc. 9i donc- tout le monde désire autrui- sans pour autant se donner- car comment se donner lorsque nous désirons nous compléter- alors nait le con lit. Chacun veut posséder l)autre sans se donner etc. A)oL l)idée qu)il aut pouvoir se donner pleinement et prendre pleinement ce que l)autre nous donne. &l aut pouvoir recevoir pleinement- et se donner pleinement. &l s)agit de la question de la usion avec l)'tre aimé + %e désire entrer en résonance avec l)'tre aimé- si cela passe par une pleine appropriation de l)'tre aimé- celui6ci disparait- si cela passe par une pleine disparition en l)'tre aimé- c)est moi qui disparait et donc %e n)aime plus et l)'tre aimé ne peut plus m)aimer- il n)0 a plus d)amour. Les amoureux doivent sonner- 'tre à l)unisson- tout en étant par aitement eux6m'mes- c)est6à6dire des 'tre par aitement individués. Ce pro!lème est soulevé dans le premier mouvement de l)Acheminement vers l)Amour. Tr pour accueillir cet amour- pour rendre possi!le cette résonanceil me sem!le que Aieu est a!solument nécessaire car lui seul permet d)accueillir la totalité de notre 'tre tout en restant par aitement 8lui6m'me8 Bsi %e puis m)exprimer ainsiC. &ci nous entrons dans des préoccupations théologiques qui- %e l)espère- vous permettent de revenir sur certaines des remarques que vous aisie$. &l 0 a donc une nécessité du con lit. 9)il n)0 avait pas con lit- soit nous serions des anges qui serions tous dé%à à l)unisson- soit nous serions des !'tes incapa!les d)amour. Tr- nous aimons et nous ne sommes pas des anges Bnous le saurionsC. Le con lit est donc consu!stantiel à l)amour. &l 0 a un cours passage dans cette note qui a une importance asse$ orte + 8?arce que nous sommes li!res d)aimer et de nous o rir- nous sommes dans un con lit qui ne se tait qu)en Aieu.8 Cette phrase est inspiré directement d)une pensée de 9imone Eeil + « Comme Aieu a créé notre autonomie pour que nous a0ons la possi!ilité d)0 renoncer par amour- pour la m'me raison nous devons vouloir la conservation de l)autonomie che$ nos sem!la!les » &l s)agit de la question de la li!erté qui est a!solument ondamentale. (ais %e ne m)étendrai pas sur ce point- mon travail sur ces questions est loin d)'tre terminé et %e ne souhaite pas m)engager trop rapidement. 1)espère avoir répondu à vos attentes. 9)il vous plait pourrie$6vous donner votre nom au moment de poster un commentaire D Cela me permet de suivre plus acilement votre pensée si vous désire$ intervenir à l)avenir sur ce !log. ?our cela il vous su it de cliquer sur 8/om[Vrl8 et de ne remplir que la case /om si vous n)ave$ pas de site "e!. à !ientGt (oachim !

Vn sms D 9i tous les sms étaient comme celui6ci- on ne déplorerait pas de 8langage sms8 sur &nternet... Cette clari ication était très utile- et comme qui dirait 8!on sang- mais c)est !ien sJr M8. 1)exagère à peine. 9au ... 8Tr pour accueillir cet amour- pour rendre possi!le cette résonance- il me sem!le que Aieu est a!solument nécessaire8 Là- %e dis + dommage. Aommage que le dé!at n)ai pas progressé- mais en m'me temps la !arre a été placée très haut + Yant lui6m'me partait de Aieu comme postulat. 1e m)éloigne un peu du su%et- mais le post initial soulève quand m'me la question + quand arrivera6t6 on à un raisonnement qui prend une dé inition entière de l)2omme Bet qui donc n)a pas !esoin de Aieu pour se dé inirC ou qui au contraire prouve que Aieu est nécessaire pour dé inir l)2omme D 1e re!ondis aussi sur les curés de campagne + %e suis près à retirer 8de campagne8 après si vous concéder que 8une grande part des8 siérait mieux avant 8les curés8. (on expérience me montre que les curés qui arrivent à vulgariser le discours théologique Bce qui est nécessaireC et à l)appliquer correctement se comptent- dans la vie d)une personne- sur les doigts d)une main- et que les autres sont le pendant religieux des politiciens populistes. &l 0 a réel pro!lème d)après moi dans le clergé- et quelque soit la religion- rien ne me ait regretter mon anti6cléricalisme. Encore merci pour la clari icationtrès intéressante. B%e vous incite par ailleurs à contacter le support de votre hé!ergeur de !log- car ce pro!lème d)identi ication openid qui ne marche pas m)agace. ?our aire un pas- %e vais %uste mettre mon prénomC 1oachim (ean-)aptiste )our oin ! 8Vn sms D 9i tous les sms étaient comme celui6ci- on ne déplorerait pas de 8langage sms8 sur &nternet... 8 Le mode 7\ acilite énormément la tache >C 8Là- %e dis + dommage. Aommage que le dé!at n)ai pas progressé- mais en m'me temps la !arre a été placée très haut + Yant lui6m'me partait de Aieu comme postulat.8 1e suis chrétien. La place de Aieu dans la question de l)homme est donc très importante pour moi. ?our autant %)ai été longtemps... disons athée. 8Aisons8 parce que %e ne l)étais pas vraiment- %e voulais me placer dans une situation intermédiaire- une situation de 8traducteur8. Et puis %)ai eu la révélation il 0 a peu de temps. 1e conserve de cette période une certitude + il est possi!le de 8traduire8 en pensée athée une pensée chrétienne- %uive- musulmane etc. /on pas traduire au sens oL les concepts chrétiens deviendraient athées- et inversement- mais au sens oL ils peuvent 'tre entendus par la personne athée- ou par le 8cro0ant8 B%e n)aime pas vraiment ce termeC dans le cas du discours athée. Vne traduction permettant le dialogue en somme. Uien sJr il 0 aura tou%ours de

l)irréducti!le. 1e voudrais tout de m'me renverser la question. Vn discours qui ne ait pas ré érence à Aieu- dans un domaine ou Aieu est important pour le 8cro0ant8- n)est pas un discours universel. C)est un discours athée. Le 8cro0ant8 0 voit surtout l)a!sence de Aieu- comme l)athée voit la présence de Aieu dans un discours comme celui6ci. &l me sem!le donc que la meilleure manière de dialoguer entre 8cro0ant8 et 8athée- c)est de conserver l)intégrité de sa ré lexion. Ce qui doit s)accompagner d)une écoute intégrale de son interlocuteur. Le 8cro0ant8 doit accepter que son interlocuteur athée parle sans aire ré érence à Aieu- et inversement. C)est ici que le principe de 8traduction8 est important. Le 8cro0ant8 doit questionner l)athée dans son athéisme- et l)athée le 8cro0ant8 dans sa oi- a in de mieux saisir la pensée- ses en%eux etc. Ce qu)ont à 0 gagner les interlocuteurs est dou!le + non pas une entente par aite- mais un gain dans ce qu)il 0 a de traduisi!lemais également d)intraduisi!le. 1e m)excuse pour le manque de clarté de mon discours- et pour son schématisme- %)avoue ré léchir au pro!lème au moment m'me oL %e vous réponds. 81e m)éloigne un peu du su%et- mais le post initial soulève quand m'me la question + quand arrivera6 t6on à un raisonnement qui prend une dé inition entière de l)2omme Bet qui donc n)a pas !esoin de Aieu pour se dé inirC ou qui au contraire prouve que Aieu est nécessaire pour dé inir l)2omme D8 C)est un questionnement ondamental. (ais est6il possi!le de lui donner une réponse D &l 0 a eu de !eaux raisonnements sur ces deux questions. (ais plusieurs pro!lèmes se posent + pour donner une dé inition entière de l)homme- encore audrait6il pouvoir aire le tour de l)homme. Et pour pouvoir aire tout le tour de l)homme- %e ne vois que deux possi!ilités + *C 'tre 8plus8 que l)homme Bmais cela poserai alors le pro!lème de penser la pure altéritéC ,C réduire l)homme à nos outils d)anal0se Bpratique très utile dans le cadre d)une science à visée pratique- utilitaire- mais extr'mement dommagea!le dans le cadre d)une étude de l)hommeC. Aès lors %e pourrais très !ien répondre + Aieu est nécessaire pour dé inir l)homme- car il est le seul 'tre qui lui soit extérieur et par aitement intelligent. Le pro!lème étant que nous ne participons pas pleinement de l)intelligence divine. Et puis il audrait également démonter l)existence de Aieu etc. # la question 8quand arrivera6t6on8 %e serais tenté de répondre + %amais. ?our autant %e ne crois pas que cela soit désespérant. Uien entendu- toutes ces questions restent par aitement ouvertes +C

"eu#ième note sur l’amour et le conflit
1e copie ici le commentaire pu!lié sur l)article de Aidier ]oux 8Ce racassant silence autour de Lévi69trauss8. 1e ne pense pas qu)elles puissent intéresser grand monde- mais leur présence est pré éra!le à rien du tout. ?eut6'tre seront6elles- pour %e ne sais quelles raisons- utiles à quelqu)un. « Car on ne peut- à la ois- se ondre dans la %ouissance de l)autre- s)identi ier à lui- et se maintenir di érent. ?leinement réussie- la communication intégrale avec l)autre condamne- à plus ou moins !rève échéance- l)originalité de sa et de ma création. » Cela me ait penser à @reund Bles pensées sur le con litC- à 7eilhard de Chardin B8l)union di érencie8C- à 2eidegger B8la Ai érence rassem!le les deux en les appelant à venir dans le déchirement qu)elle est elle6m'me8C et à 9imone Eeil B8aimer c)est s)anéantir consciemment et volontairement à mesure qu)on prend de soi conscience d)avantage8C. En ait- la parole de Lévi69trauss sur le rapport que l)on entretient avec l)autre est tout à ait %uste si l)on s)en tient à un plan 8politique8- 8con lictuel8. (ais le rapport à l)autre se révèle également dans la modalité de l)amour.

En gros + lorsque %e m)intéresse à l)autre- %e découvre quelqu)un qui n)est pas moi > re user de reconna.tre cette di érence- cette inégalité- c)est re user l)autre- et se re user soi. (ais se souci de l)autre est une orme de l)amour Bau sens largeC- et donc un rapprochement + c)est en reconnaissance en autrui ce qui n)est pas moi que %e me rapproche de lui. Ce qui poussé à !outdans l)amour- revient à dire avec 7eilhard + 8l)union di érencie8. ?leinement réussie- la communication intégrale- l)union- ne condamne donc pas la personnalité- elle la réalise. C)est tout le sens du Christ 8super6personne8 de 7eilhard de Chardin. 1e vais m'me aller un peu plus loin. ?ensons au 8tu aimeras ton ennemi comme toi6m'me8- phrase célè!re du Christ que l)on entend !ien trop souvent au%ourd)hui comme une %usti ication de l)égalitarisme orcené. Tr 1ésus parle !ien de l)ennemi- il aut aimer son ennemi. C)est un appel à reconna.tre autrui pour ce qu)il est- à ne pas se mentir sur ses intentions etc. 7u aimeras ton adversaire comme toi6m'me + La di érenciation unit. ?our le dire plus !rutalement + le con lit- dans l)amour- unit. Et l)union- di érencie. L)amour devient le lieu du déchirement Bdans sa part sou ranteC et du ravissement Bdans sa part %o0euseC + n)est ravi que ce qui est tiré par les !ras de l)autre dans le maintien de sa personne propre. Le nirvana ne ravit pas- le !ouddhisme ne peut ravir puisqu)il est dissipation de la personnee acement de l)individu- il ne peut non plus déchirer. Tr l)amour ravit et déchire > le con lit- la guerre- ravit et déchire > Aieu ravit et déchire- car il est Amour- mais cet amour implique la guerre + 81e ne suis pas venu apporter la paix mais l)épée8. ?our résumer ces pensées éparses et !rouillonnes + l)amour de l)autre suppose le con lit- le déchirement et la guerre aussi !ien que le ravissement- le don- et la paix. Se user le con lit- re user la guerre- par principe- c)est re user par principe l)amour- l)amour de l)autre... mercredi // novembre +,,L) par $ean%&aptiste &ourgoin

'iscussion
"idier *ou# 1e vais demander un intéressement aux !éné ices- moi M 9érieusement- %)ai trouvé très éconde ce parallèle et ces pistes de ré lexion. tatianus 7e voici devenu marxiste B ne pas re user le con lit C D Ae manière amusante- ce que tu dis ressem!le également au dernier opus de Uadiou + l)amour est création d)un nouveau point de vue qui transcende celui des individus impliqués. ?our ma part- %e ne suis pas tout à ait d)accord avec ton rapprochement avec la guerre. 1e dirais que dans l)amour- il 0 a usion sans dissolution. Alors que dans la guerre- il 0 a usion et dissolution. (ean-)aptiste )our oin ^ ]oux + malheureusement %e suis auché M ?rene$ pour intér'ts les ruits que vous ave$ tirés de cette lecture >C ^ 7atianus + non %ustement le marxiste accepte le con lit pour réaliser ici6!as- par ses propres mo0ens- la disparition de tous con lits. /)a0ant pas lu le dernir Uadiou- %e ne sais que dire M En ait %e viens de terminer FLe /apoléon de /otting 2illI- c)est un livre merveilleux dont les dernières pages se rapportent vraiment au su%et ici a!ordé Ben ait tout le livre- mais les dernières pages sont comme une s0nthèse et une conclusionC.

7atianus- d)une certaine manière %e suis d)accord avec toi au su%et de la guerre- et d)une autre- non. 7out dépend ce que l)on regarde dans la guerre. Tr dans la guerre il 0 a l)ennemi- et l)ennemi est vraiment en ace de soi. Ce n)est peut6'tre que sur le champ de !ataille que la dissolution appara.t. tatianus 2eu- pour le marxisme- pas d)accord + tu sem!les en aire une sorte de messianisme or che$ (arxl)hori$on qu)est la société sans classe est une nécessité historique B(arx est avant tout un disciple de 2egelC. Ce n)est pas une décision réalisée Fpar ses propres mo0ensI. 1e n)ai pas !ien compris ta dernière remarque alors à tout hasard %e précise ma pensée + l)individualité n)existe plus à la guerre + on 0 porte l)uni orme > quant à l)ennemi- ce n)est pas le mien car il ne m)a rien ait- c)est celui de mon pa0s B il n)0 a de guerre qu)entre nations C. (ean-)aptiste )our oin Certes- mais l)histoire che$ (arx implique l)action humaine- nécessite l)action puisque cette nécessité historique implique l)action de trans ormation de la nature par l)homme dans la logique dialectique du ma.tre et de l)esclave. Ce que %)entendais par Fpar ses propres mo0ensI- c)est que l)utopie marxiste- le monde sans classes Bet sans travail MC s)il s)agit !ien d)une nécessité historique est un phénomène dépendant de l)action humaine. Sien à voir- %ustement- avec le messianisme- si on entend par messianisme tout ce qui se rapporte au (essie. Le (essie- le Christ- son retour- personne ne conna.t ni le %our ni l)heure- l)homme n)a aucun mo0ens de le aire venir- sa venue ne dépend pas d)une dialectique historique dont le moteur est l)action humaine quelle qu)elle soit. 7out ce que peut aire l)homme c)est préparer le ro0aume de Aieu dans l)attente de sa venue. Ce qui est tout à ait di érent. Qoilà pourquoi le marxisme- le na$isme Bet autresC ne sont au inal que des idéologies de la réalisation du ro0aume de Aieu sans Aieu et par les mains des hommes eux6m'mes. En ce qui concerne la guerre- oui- l)uni orme- l)ennemi qui en soi- prit individuellement ne m)a rien ait- oui. (ais c)est !ien ce que %e disais + il s)agit de la guerre prise selon le point de vue du champ de !ataille. (ais la guerre en tant que telle est l)acte m'me de reconnaissance de l)ennemi- de Fl)autreI. Car m'me si cet ennemi n)est qu)une /ation- c)est un ennemi. La guerre n)est pas que le champ de !ataille. En réalité elle ne l)est m'me pas nécessairement- elle peut prendre d)autre ormes. (ais au inal elle reste une décision de reconnaissance ou de prise en compte de la présence de l)ennemi. tatianus 9alut 1U TR pour le messianisme- %)avais mal compris ce que tu disais. En outre- %)ai si souvent entendu aire cette con usion que %)ai certainement tendance à l)attri!uer indJment à mes interlocuteurs. Là ce ut toi. 1)en suis désolé. En revanche- %e vois mal ce qui te choque dans l)a irmation que Fl)histoire che$ (arx implique l)action humaineI. 4ue l)histoire ait partie liée à l)action humaine me sem!le de la dernière évidence par dé inition de l)histoire m'me. Che$ (arx comme che$ tous les autres penseurs d)ailleurs. 9au peut6'tre à la grande rigueur che$ 9pino$a et encore. ?ar ailleurs- %e conteste avec la denière énergie qu)il n)0 ait plus de travail dans la société sans classe + il n)0 a plus certaines ormes de travail mais le procès entre l)homme et la nature- si. Le terme utopie me sem!le également particulièrement mal venu dans le cadre du marxisme puisque précisément il s)agit d)une nécessité historique + (arx et Engels ont consacré une part non négligea!le de leur temps à dénoncer les socialismes utopiques pour en promouvoir un qui leur paraissait au contraire scienti ique. C)est en partie pour cela que %e me désolidarise totalement de ton rapprochement du marxisme avec le na$isme B lequel ne prGne la réalisation de rien dans l)histoire C. @erait6on pareil rapprochement avec Yant ou 2egel qui promeuvent respectivement la réalisation de la paix et de la li!erté D (arx

ne ait qu)annoncer à leur suite la réalisation de l)égalité B et donc de la li!erté puisqu)il suit l)idée rousseauiste qu)il n)0 a pas de vérita!le li!erté sans égalité C. En in- en ce qui concerne la guerre- %e crois que nous sommes en partie d)accord mais ne mettons pas l)accent sur les m'mes points + de manière signi icative- tu parles d_un ennemi alors que %e parlais de mon ennemi. 1e vo0ais donc une néantisation B pour aire chic C de l)individu qu)il n)0 a pas dans l)amour car dans celui6ci ce n)est pas un homme et une emme- c)est cet homme B ?aul C et cette emme B Qirginie C. 9inon- %e ne crois pas que la guerre soit l)acte m'me de reconnaissance de l)autre. %e ne suis pas hegelien ou sartrien à ce point. 4u)il 0 ait implication- soit mais pas équivalence. Cela dit- ce dernier point est indépendant du précédent. 1e suis désolé de ce commentaire un peu long mais %)ai tou%ours plaisir à discuter avec toi. A !ientGt (ean-)aptiste )our oin En ce qui concerne l)action- c)était dit un peu vite. Tui- l)histoire est le lieu de l)action humainec)est certain. En ait- tout mon propos porte sur l)eschatologie marxiste. &l 0 a une eschatologie marxiste au sens oL il 0 a une in de l)histoire- un terme à l)histoire. En ce sens nous sommes proches du christianisme. (ais cette eschatologie est une réalisation exclusivement humaine- là oL dans le christianisme la in des temps relève entièrement de la décision divine. Le rapprochement que %e aisais entre na$isme et marxisme porte exclusivement sur ce point. Entre marxisme- na$isme et n)importe quelle philosophie ou idéologie qui intègre une eschatologie athée. Yant et 2egel sont dans le m'me !ateau- oui. La question telle que %e l)avais a!ordée ne concerne pas les rapports à la li!erté- à la paix etc. mais le rapport à Aieu. /on pas au FprogrammeI- à son contenu- mais à la manière de le réaliser. Au passage- si le na$isme prGne !ien une réalisation particulière + la victoire de la race ar0enne supérieure sur les races ai!les- c)est du dar"inisme appliqué par la main de l)homme. Comme disait Arendt c)est une logique qui doit partir d)un point A à un point ` en parcourant tout l)alpha!et du meurtre B%e cite de mémoireC. En ait B%e suis un peu !rouillonC le pro!lème est moins celui l)2istoire que la réalisation rationnelle et s0stématique par les mains de l)homme de quelque chose qui le dépasse BAieu ou la /atureC et devrait tou%ours le dépasser. Et en ce sens le marxisme est utopique. La société promise à !eau 'tre rationnelle et ondée Fscienti iquementI- elle reste utopique. La réalité l)homme sur terre restera ce qu)elle est- l)homme restera ce qu)il est- et le politique restera ce qu)il est. &l su it de regarder a l)histoire- %ustement. Sien de neu sous le soleil M Ce qu)il 0 a de grave avec toute la pensée contemporaine issue au ond de l)humanisme de la renaissance c)est qu)elle croit qu)elle peut changer elle m'me l)homme- qu)elle peut le modi ier- le aire aller vers quelque chose de meilleur etc. Elle peut arranger les conditions matérielle- aider à une vie plus %uste mais pas changer la nature de l)homme- à moins de la détruire en la niant. Le pro!lème de ond est là. Le pro!lème de ond est dans le moment ou che$ Auns 9cot l)btre est devenu su%et d)étude philosophique- pur o!%et de la conscience indépendamment de toute révélation divine. Qoilà les ondements de ce qui allait donner naissance à Aescartes et Yant- pour aller vite. Et qui allait rendre possi!le toute les a!surdités contemporaines + totalitarismes marxistes- na$iseugénisme Bdans lequel nous !aignonsC etc. L)'tre étant o!%et de la conscience humaine devenue totalement li!re B7homas d)Aquin pensait la li!erté de la conscience- mais elle avait à aire à la QéritéC- l)univers étant la mesure de l)homme Bl)homme à la mesure de toute chosesC- tout était possi!le M 7out ce qui était imagina!le par l)homme devenait possi!le M Expansion radicale du péché originel + l)orgueil.

L)homme au sommet de son orgueil veut tout re aire à son goJt. Sécrivons la nature- les natures de l)homme- plus de nature M ?lus d)essences M ?lus de limites M Tu alors seules celles que %e m)impose ou que %)impose à la société. ?lus de signes M 7out ce qui me ait mettre un peu grossièrement Aescartes- Yant- 2egel- (arx- Aar"in- Aeleu$e etc. dans le m'me sac c)est ce pro!lème ontologique ondamental. Ait comme cela c)est évidemment grossier. &l 0 a évidemment des tonnes de di érences- des gou res en tout ces penseurs- ces s0stèmes etc. (ais il 0 a un point commun + ils sont nés de cette rupture ontologie- ce moment que l)on peut grossièrement situer au c&&&e siècle Bsi cela a vraiment un sens de situer cela à une période préciseC. Uon- tout cela est évidemment très grossier- et sans doute par aitement contesta!le. (ais il s)agissait moins pour moi de aire un exposé pro ond- complet- s0stématique que de présenter à gros trais les !rouillons d)idées qui me ont dire ce que %e dis sur ce !log ou ailleurs >C Ae plus ce message n)a aucune structure- pensé à mesure que %)écris etc. (e suis sincèrement désolé, cette réponse est un ros +a,ars qui aurait +esoin d’un +on coup de netto-a e. Puisque j’ai a préparer la +ouffe pour le train de demain, je te donne .a comme .a, fais-en ce qui te pla/t 01 (e suis un peu honteu# de te laisser un truc pareil, mais c’est sans doute mieu# que rien 2 Au su%et de la guerre + oui. 1e suis asse$ d)accord- l)idée que la guerre soit l)AC7E m'me de la reconnaissance de l)autre ne me convient pas non plus complètement. En ait %)ai sans doute trop essentialisé ce qui était surtout pour moi un exemple- une illustration etc. ?as de soucis pour la longueur du message- le plaisir est partagé >C tatianus 1)ai lu avec !eaucoup d)intér't ta réponse. Celle6ci a l)immense avantage d)aller aux sources de notre di érent. Elle est trop riche pour que %)0 réponde en détail donc %e vais me contenter de aire quelques remarques. En premier lieu- il me sem!le identi ier quelques relents heideggeriens dans ton propos B %e vois que (ongis t)a marqué C. ?our le reste- la position que tu dé ends est asse$ similaire à celle de 1acques (aritain B 2umanisme intégral C ou ]ustave Com!ès B Le retour o ensi du paganisme > l)assaut contre le Christ C- !re tous les augustiniens- ce qui ne m)étonne pas venant d)un amoureux de ?ascal comme toi. Ae manière plus amusante- cette opinion est aussi celle de 9trauss pour qui le na$isme est l)e et d)un déclin de la oi. ?our (aritain- le totalitarisme prend racine dans la séparation machiavélienne par laquelle le politique ne ait plus cas de morale. Elle ne vise plus que l)e icacité et non le !ien + elle est assu%ettie au rendement. A ce titre- la seconde guerre mondiale et sa politique d)extermination est s0mptomatique de cette tendance. (aritain écrit + I l)une la modernité athée d le !olchevisa et l)autre la modernité paeenne d le na$isme aisant de la haine une vertu- l)une et l)autre vouées à la guerre- guerre des nations ou guerre des classes- l)une et l)autre réclamant pour la communauté temporelle l)amour messianique avec lequel le ro0aume de Aieu doit 'tre aimé- l)une et l)autre pliant l)homme à quelque humanisme inhumain- à l)humanisme athée de la dictature du prolétariat- ou à l)humanisme idol3tre de César- ou à l)humanisme $oologique du sang et de la race.I &l me sem!le que du point de vue du ond- ton accusation contre l)humanisme est asse$ sem!la!le. du point de vue du ond seulement car du point de vue ormel- c)est di érent + en e et- %e passe sur l)insigne malhonn'teté rhétorique de (aritain qui lui ait présenter la haine comme moteur et aire de l)étape qu)est la dictature du prolétariat la inalité du !olchevisme. A part Wa- l)accusation est intéressante mais %)0 vois plusieurs pro!lèmes + en quoi la su!stitution du temporel au spirituel amène6t6elle les religions séculières à 'tre criminelles D ?our un auteur B cro0ant C comme Ua0lec)est plutGt le caractère religieux qui est intrinsèquement !elligène + il est di icile de croire en Aieu sans aire de l)autre un idol3tre B 2ume dira la m'me chose C. C)est d)ailleurs ce caractère idol3tre

que dénonnce 2eidegger ou (aritain + l)homme a divinisé l)homme. C)est ce point que l)on retrouve dans la distinction entre eros et agapè. 1)avais entamé il 0 a quelque temps un travail sur les conceptions chrétiennes de charité et d)o!éissance. En B très C gros- la charité consiste à aimer Aieu en l)homme alors que la cupidité consiste à aimer l)homme en l)homme B c . Augustin- Aoctrine chrétienne &&&- *f- *: C. Tn a donc là une vraie ligne de racture entre l)humanisme qui aime l)homme pour l)homme et le christianisme qui aime l)homme pour Aieu. &l me sem!le que la conception chrétienne qui consiste à dire B en gros C soit on aime Aieusoit on est égoeste et orgueilleux peut 'tre mise en crise par des notions comme la !ienveillance ou la pitié rousseauiste par exemple. Et %e ra%oute que l)omniprésence de l)accusation d)orgueil me ait 0 voir une stratégie rhétorique de disquali ication de l)autre. E icace et argumentée mais stratégique malgré tout. En in- comme tu le dis toi6m'me- ce point de vue qui conduit à mettre Yant- 2egel- etc. I dans le m'me !ateau I ne me parait pas su isant %ustement pour cette raison. Vn exemple +dire qu)il n)0 a plus de limites revient à dire que sans Aieu tout est permis. Tr un auteur comme Yant s)e orce au contraire de montrer que l)homme est capa!le de moralité- de s)imposer des limites par sa seule raison. 9ans passer par la case Aieu- il impose à l)homme de ne pas Ftout re aire à son goJtI. &l me sem!le donc que l)on peut dé endre un humanisme qui ne soit pas a ecté de toutes ces tares. Aernier point à ce commentaire qui n)est certainement pas moins !rouillon que le tien + %e nie a!solument l)existence d)une eschatologie na$ie. ('me si l)antisémitisme a pris un tour o!sessionnel- la destruction de races comme la race %uive ne constitue nullement la in de l)histoire. C)est un programme tout comme %e me donne pour t3che d)écraser des ca ards qui in esteraient ma maison. C)est un mo0en et non une in- mon histoire ne s)arr'tera pas une ois cet o!%ecti atteint et ce n)est pas celui6ci qui con ère un sens à mon existence. Uon- alle$- dodo. 2eu- !on vo0age en train si %)ai tout !ien compris. (ean-)aptiste )our oin (on pauvre ami- ta réponse est tom!ée pendant le !apt'me de mon neveu- et %uste avant mon entrée en stage M 1)essaierai de te répondre lorsque %)aurai pris le temps d)assimiler ton très riche commentaire. &l 0 a !eaucoup de chose qu)il me aut ré léchir- retravailler- et %e suis o!ligé au%ourd)hui- stage o!liged)ingurgiter plein de nouvelles choses qui n)ont pas grand chose à voir >C En tout cas- merci pour cet échange M (erci pour le temps que tu as accordé à cet article- %e garde tout cela en mémoire pour plus tard M tatianus ?as de pro!lème. C)est tou%ours très enrichissant pour moi de discuter avec toi. Et !ienvenue dans ce monde au neveu. 3en’ Avec B!eaucoupC de retard- puisque %e ne lis cet échange très intéressant qu)au%ourd)hui- la !ienvenue au neveu également gg

L4Amour, la (oie, l45spérance
L)amour vérita!le n)est %amais satis ait Bsau au cielC- il est un accroissement perpétuel du désir et exige son extensions à la Création toute entière- au monde entier- à tous les hommes- vers Aieu. La personne qui aime ne peut 'tre qu)insatis aite. (ais pas de cette insatis action qui exige les satis actions éphémères et qui le ont se replier sur lui6m'me une ois l)o!%et possédé. La personne qui aime vérita!lement voit son désir s)accro.tre in iniment %usqu)à atteindre l)Amour

vérita!le et in ini. La %oie est la marque de l)amour vérita!le. La %oie conna.t toute la initude humaine et sa vocation vers l)&n ini- la %oie conna.t l)insatis action humaine et se ré%ouit pourtant de l)accroissement du désir. Elle s)en ré%ouit car la %oie esp3re- elle sait que ce désir insatia!le sera in iniment satis ait auprès de Aieu. samedi /- avril +,/,) par $ean%&aptiste &ourgoin

Le *rand Amoncellement ! prélude 6 la prière.
1. L’Amoncellement dans l’histoire et le feux des Grands.
L)amoncellement est la orme première de l)histoire humaine. Aans l)histoire des hommes tout s)amoncelle. &l 0 a des tas plus gros que les autres. Les amoncellements du temps- et les amoncellements étrangers au temps. Ces derniers orment des corps étrangers pour les hommes du temps- des corps étrangers et in ormes. 9i l)amoncellement est su isamment importantsu isamment haut- il prend orme- il prend igure- et devient un nouveau mem!re identi ia!le de l)histoire des hommes. &l peut prendre la orme d)un événement- ou la igure d)un homme. Tn trouvera tou%ours des éléments qui pré igurent Aescartes. (ais tant que Aescartes ne igure pas ces éléments épars- ils apparaissent comme des corps étrangers. Avec Aescartes un nouveau mem!re est iguré- il éclaire les éléments %usqu)à présent voilés sous l)om!re de l)étrangeté. Aescartes lui6m'me sera un des nom!reux eux constituant du grand !rasier de la modernité. Ces grands hommes- et ces grands évènements sont les eux du passé qui éclairent notre présent- et notre avenir. &ls nous ouvrent un chemin au milieu de cet immense amoncellement que constitue notre histoire- ont ressortir les $ones claires et les $ones som!res- tracent des igures. 9ans eux l)histoire ne serait qu)un amoncellement dont nous ne serions pas capa!le de voir la grandeurincapa!le que nous serions d)élever notre regard. 9i nous ermons nos 0eux au eux des ]rands nous devenons aveugle à notre propre histoireincapa!le que nous sommes de voir cet amoncellement devenu invisi!le à orce de nous perdre en lui.

(. La mort de l’homme.
9eul un esprit vulgaire peut croire que nous avons à gagner de la victoire de la micro6histoire. 9i nous aisons des détails insigni iants de l)histoire des hommes les égaux des ]rands- ou si nous le leurs accordons plus que leur simple valeur de petites précisions Bcar ils peuvent préciser certains points- et m'me les corrigerC nous risquons de leur donner le loisir de perdre notre pensée dans la!0rinthe sans sortie de l)amoncellement de l)histoire. Les grands évènements- et les grandes igures su isent. Vn peuple qui se rend aveugle de son passé à orce de !aisser les 0eux ace à ses eux est rendu incapa!le de voir son présent- et ne peut plus espérer dans le utur. Vn tel peuple se rend incapa!le d)'tre un peuple d)hommes- d)'tre un peuple. Tu!lier la grandeur c)est pour l)homme se rendre aveugle au réel. La grandeur existe et existera tant que nous ne cesserons pas d)'tre des hommes. 9i le prophète de /iet$sche revenait à notre époque il n)annoncerait pas- ou plus seulement- la mort de Aieu- son assassina- il annoncerait la mort de l)homme- tué par l)homme. /iet$sche le savaitc)est pour cette raison qu)il appelait à la venue d)un surhomme- d)un autre homme. &l savait l)homme mourant. La mort de Aieu dans le c5ur des hommes- c)est aussi la mort de l)2omme. L)homme d)au%ourd)hui- celui qui n)a pas tout à ait tué l)homme en lui- est un mort6vivant. Uien

présent parmi les siens- le voilà dé%à étranger. &l ne devrait pas 'tre là- il ne devrait pas exister- il est dé%à d)un autre temps- un temps o!scur- passé- 8mo0en3geux8. Lorsque l)homme ou!lie qu)il na.t dans un monde construit par des morts qui dialoguaient avec des morts- lorsqu)il n)est plus capa!le d)entendre la voix de ?laton dialoguant avec 9ocrate- l)écho de ses lointains parents au travers des pierres d)une église- alors la voix de l)homme s)est tue en lui. Aerrière lui un amoncellement o!scur- en ace de lui un amoncellement prochain incertain. Sendu aveugle tout lui devient étranger. Le nivellement- l)égalisation à outrance de nos temps conduit à rendre chaque homme étranger aux autres et surtout à lui6m'me. /ous ne pouvons voir l)autre que si nous le distinguons de nous6m'mes- et pour cela il nous aut une lumière qui asse ressortir les lignes qui nous distinguent. La lumière médiatise la reconnaissance de l)autre. L)orgueil moderne- sa plus grande erreur- est de croire que nous pouvons réaliser ici6!as- maintenant- et par nous6m'mes- la promesse de Aieu de la connaissance immédiate. Le pulsionnel- l)immédiatl)impulsi - l)irré léchi ne peut que nous rendre aveugle aux autres et à nous m'me. /ous avons !esoins de lumière- de eux. Et parmi ces eux nous nous avons nous6m'mes- nous hommes- avec nos ]rands eux. ]rands évènements- grandes igures. Et nous avons Aieu qui nous content d)éclairer ces ]rands eux- nous rappelle que tout seul l)homme est tou%ours enclin à aire à lui6 m'me ce qu)il ait alors à Aieu + ou!lier ce qui est plus haut que lui- et ainsi se rendre aveugle. Aieu après la mort- et l)homme durant la vie. Qoilà peut6'tre le ond de l)humanisme réduit à sa plus simple expression. L)intention était no!le. Aimer l)homme- le glori ier- voilà un pro%et qui ne devrait pas quitter l)esprit du plus ervent chrétien. (ais en ne glori iant 8ici6!as8 lui plus que tout autre chose- les hommes ont portés un coup atal à leur propre pro%et. ?our glori ier le mieux que nous pouvons l)homme- il nous aut glori ier Aieu. En se détournant hier de la ]randeur de Aieules hommes se sont détournés au%ourd)hui de la grandeur des hommes- pour ne plus regarder que leur propre personne devenue toute petite à orce de se rendre aveugle aux eux qui !rJlent encore pour l)élever.

). *i nous re+ardons vers le ciel,
Qoici notre époque- la plus apolitique qui soit. /om!re des premiers chrétiens urent apolitiquescertains anti6politiques- mais %amais au point que nous connaissons au%ourd)hui. Les dérives anti6 politiques de certains chrétiens émergeaient à une époque encore consciente du sens politique à l)intérieur d)un con lit- qui ne devrait pas exister- entre la Cité de hommes et la Cité de Aieu. Aérive devenue quasiment inexistante au%ourd)hui. /ous commenWons à ou!lier ce qu)est le politique. La cité des hommes et l)homme disparaissent à mesure que nous ou!lions les ]rands @eux du passé. /ous pouvons désespérer de la Cité des hommes- mais il est a!surde de désespérer de la Cité de Aieu. Aussi paradoxal que cela puisse para.tre- %amais l)Espérance en la promesse de Aieu n)a été aussi claire et aussi %o0euse qu)en ces moments de la mort de l)homme. 7out eux éteints ici6!as- ou rendus caducs par la orce des choses- il 0 a ceux qui regardent à terre- aveugles- et ceux qui lèvent les 0eux au ciel. La clarté de la promesse divine ne peut pas 'tre aussi saisissante qu)en ce moment de si ort contraste entre le ciel et la terre. L)homme n)a %amais été aussi éclairé sur lui6m'me qu)au moment de sa propre disparition. L)homme est mort dites6vous D Qoici l)2omme M En regardant le ciel depuis ce grand amoncellement- nous verrons peut6'tre comme personne !riller à nouveau par contraste les eux que les grands hommes nous ont laissés entre ciel et terre. /on plus pour nous guider dans une histoire devenue pur amoncellement- mais pour éclairer comme %amais notre personne et la promesse de Aieu. Sé%ouissons6nous- il 0 a de la grandeur dans cet amoncellement. &l 0 a plus que de la vie dans la mort de l)homme- il 0 a sa renaissance et le renouvellement de l)Espérance. $ean%&aptiste &ourgoin le samedi J/ mai +,,* ' L(on4

La Prière
''é"ais nua+es se formèrent au-dessus de nos t-tes
9eigneur- %e vous aimes M Et %'aime Qotre Création. 1'entreprends- gr3ce à Qous- de retracer l'histoire d'amour qui se %oue sur cette terre entre Qous et Qotre créature + l'homme. Qous nous ave$ laissé- 9eigneur- au ond de nous6m'mes- à Qotre rencontre- le souvenir du %ardin que Qous nous ave$ con ectionné- le souvenir de la Chute- et par là la conscience de notre place ici6 !as. Qous nous ave$ envo0é Qotre ?arole a in que se souvenir intime ne nous perde pas- que cet héritage nous conduise vers Qous. 1'entends une voix là- au ond de mon c5ur- au plus intime de moi6m'me- à Qotre rencontre 9eigneur + Qoici l'homme- voici Adam- il envisage de croquer la pomme- il la regarde- il tend la main- il pense à elle. Aé%à- le !rouillard commence à l'environner. Le !rouillard m'environne à mesure que %e tends ma main- à mesure que %'applique ma li!erté à m'éloigner de Qous. La sou rance commence dé%à à poindre + la crainte- la crainte de Qous- la crainte de soi. (ais elle ne m'arr'te pas et ne m'arr'tera %amais. Adam croque la pomme- voilà. Le !rouillard est épais- et Qous 'tes dé%à loin. Qotre voix- Qotre ?arole est lointaine. Qous m'appele$. /on M Na n'est pas Qous qui m'appele$- %'entends Qotre voix comme un appel- mais elle est loin de mon c5ur maintenant. /on M C'est mon c5ur qui est loin de moi- et lui tout près de Qous. Qotre sou rire$ pour moi- Qous vous ere$ esclave à cause de mon péché. Adam- Wa n'est pas Aieu que sépare de toi ce !rouillard. C'est toi qui te trouve 'tre séparé de toi6 m'me. 7on 9eigneur est tou%ours près de toi- de l'autre cGté du voile- et toi tu es loin de toi. Aurant la Chute notre corps- le plus lourd- est tom!é tout en !as > notre 3me- aimante mais empesée du péché- est en suspension entre ciel et terre > et notre c5ur- lui qui nous ait vivre- léger- est resté auprès de la source d'eau vive. 9eigneur- pour Qotre amour nous devons relever notre corps a in d'alléger l'3me et retrouver ainsi notre c5ur qui est tout contre Qous- sous votre aile. Ces retrouvailles sonneront la glori ication de tout notre 'tre. 9eigneur- aites que nous so0ons léger- par aitement léger- sensi!les à l'appel de Qotre ?arole et rendus capa!le de traverser les plus épais nuages qui o!scurcissent le chemin vers Qotre So0aume. /ous reposerons alors à Qotre droite- non plus comme le corps qui se repose lourdement de toute sa pesanteur- mais comme le c5ur qui nous allège tout entier dans la contemplation du Ueau. C'est avec le pied rendu léger par Qotre amour que nous nous acheminons vers Qous- 9eigneur M

'e la .réation

la .hute

1'entreprends ici 9eigneur de chanter ici l'histoire de Qotre plus chère créature- cette histoire qui se tisse entre elle et Qous. Le !allet amoureux qui va se %ouer va 'tre conté dans les limites que les ai!lesses de mon esprit m'imposent. Aussi- pour pouvoir aire ressortir un petit relie de la Qéritéme aut6il me limiter à un angle de pro%ection !ien délimité. &l est impossi!le pour moi de tout

éclairer. 9i %e me contente d'en percevoir un contour- nécessairement dé ormé par l'angle de mon pro%ecteur- %e pourrai espérer en avoir une vision glo!ale. Le progrès humain dans le dévoilement de la Qérité est une accumulation « d'enregistrements » des om!res produites par nos pro%ecteurs qui- associée à Qotre Sévélation- nous permet de détourer de plus en plus les contours de Qotre ?arole. (erci 9eigneur de nous avoir indiqué le lieu oL chercher la Qérité- le lieu de Qotre ?résence- a in que nous ne so0ons plus les 'tres aux !oussoles sans aimants que nous mériterions d''tre. 1ésus6Christ- ?Gle Qivant venu sur terre pour orienter m'me l'aimant le plus petit. Aepuis 9a Qenue9a (ort- et 9a Sésurrection- nous nous chargeons de plus en plus de l'Amour- aisant de nous des aimants accourants de plus en plus vers Lui. # mesure que nous nous chargeons du Qérita!le Amour- il aut vraiment vouloir de plus en plus s'en décharger pour ne pas 'tre entra.né vers Qous. La possi!ilité de aire ce choix + la cause et la conséquence de la Chute. 9eigneur- il aut vraiment que Qous so0e$ Amour pour créer cette créature qui répondra à Qotre amour par la haine- à votre idélité par la trahison- et qui mènera Qotre @ils sur la Croix M Tui il aut vraiment 'tre Amour pour aire cela en sachant cela.

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