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INTRODUCTION
Les techniques pour endiguer l'érosion à l'est de l'enrochement du Cleut-Rouz sont multiples.
Toutefois, aucune solution ne saurait fournir une réponse miracle. L'expérience acquise dans la
gestion du trait de côte nous apprend dans de nombreux cas qu'il ne sert à rien de vouloir figer le
rivage, sans en payer le prix tôt ou tard. Un coût financier, des risques de submersion, une perte
écologique sont souvent le résultat d'actions menées dans la précipitation. D'où la nécessité
d'établir un bilan précis des nombreuses dynamiques qui peuvent se produire sur une portion de
littoral.
Depuis une dizaine d'années, on constate une mise en cause de nombreux ouvrages en dur.
Ceux-ci furent couramment utilisés pour leur coût et leur efficacité à protéger le rivage sur un
secteur précis. Cette mise en cause coïncide avec l'émergence de techniques plus douces qui
tendent à s'adapter aux dynamiques marines. Ces techniques plus douces sont en plein essor, et
une multitude d'essais le long des côtes mondiales se multiplient.
Le CETMEF a ainsi procédé à la création d'un ouvrage regroupant l'ensemble des techniques
visant à gérer le trait de côte. Cet ouvrage fait état de nombreuses techniques : les techniques
lourdes et celles dites douces. Cet ouvrage fut réalisé en 1998 pour les constructeurs d'ouvrages.ll
a ainsi servi de base pour réaliser ce guide qui vise à établir un panel des solutions pouvant être
envisagées dans le but de renforcer le cordon dunaire et par conséquent de protéger le marais
d'une éventuelle invasion marine non-programmée. Cependant 10 ans après, les outils en matière
de gestion du trait de côte ont évolué. Certains outils existaient déjà mais en étaient à leur
balbutiement, d'autres sont nés durant cette période.
Ce guide est construit de la façon suivante : dans un premier temps, nous récapitulons les
différents problèmes pouvant mettre le cordon en danger. Ces points sont ainsi résumés dans un
tableau. A chaque point, une réponse possible est proposée, la réponse à ces problèmes pouvant
être apportée par tel ou tel procédé.
Ainsi une douzaine de fiches ont été réalisées, l'objectif étant de diffuser une information lisible,
suivie d'exemples, d'illustrations, d'applications visuelles à Mousterlin-Est, ainsi qu'une
bibliographie aisément accessible. Une technique, à elle seule, ne peut parfois être satisfaisante et
il faut parfois utiliser des procédés combinés. Enfin nous terminerons ce guide par différentes
alternatives qui seraient envisageable pour enrayer l'érosion et, en dernier lieu, un glossaire
reprend certains points techniques.
Il est naturel que le trait de côte se modifie. Ce phénomène est lié
au fonctionnement du littoral qui dépend du climat, de la
météorologie, des houles et des mouvements eustatiques.
Vouloir fixer " à tout prix " le littoral est illusoire à long terme
car cela engendre des coûts (d'investissement et d'entretien) très
élevés et induit de nombreux impacts négatifs pour le littoral
(artificialisation, déplacement du problème vers un autre lieu ... ).
Il convient d'accepter l'évolution du littoral et de la gérer en
engageant dès à présent une réflexion sur le long terme, en
fonction de la transgression marine qui s'est amorcée depuis une
centaine d'années.
La dynamique morpho-sédimentaire le long des côtes est un
système global et complexe et les réponses à l'érosion ne
peuvent être apportées qu'à l'échelle minimale de la cellule
sédimentaire et non d'une simple portion de littoral.
Les techniques visant à figer le trait de côte sont, dans la mesure,
du possible à proscrire.
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SYNTHESE DES PROCEDES (112)
Exagératoon de la compétence de la denve littorale
En periode de ou de forte li d'ouest en est
transporte peu de Les khanges entre li plage et la
dune sont rompus par la prHenœ de l'cmrochement. Devant la
falaise dunalre.la mer peut de nouveau se charger en re!lendrale sable lors de la retrait
Devant l'enrochernenL la mer est lrM peu en
alan qu'elle peut contenir une Importante. G!d a pour Bloquer la dérive littorale
d'•ugmenter ,. prendre du
devant les premiers secteurs non
Effet s de bout
les enrochements, fll leur provoquent des les effets de bouts
phéloméles diffraction de la houle. Ceci s'expHque par une
modification des trojectoires de houles qui ont tendance se
regrouper en un point prkls. La focalisation de ces houles en un
endroit prkls Implique des zones où de lo houle le d-ement en brisant les houles
produira des d'erosion plus maoquo!s.
___ ._.., ....---..
Depart de sable vers le large
A   de la plag., l'observaUon des photographies
aeriennes loisse apparoltte des gravofeuses. ûla suggm
qu11 existe des courants de retour qui sont. de prfme abord.
fawrfsfs par la des fonds marins et probablement
agg<aVH par la par l"enrochemenL Lors de la
nappe de retnolt, une   Importante de peut UUIIser une surface "rugueuse"
mise en suspension de l'enrochemenL Le
en suspension par des courants de retour vers le
large.
Moins de sable pris en charge par la deflatoon éoloenne
L'abaissement de la plage Implique une mne où le sable sen plus Diminuer dela plage au niveau du surcreusement
longuement humide et sur laquelle le vent prend en chorge
nenement moins de s«<iment.
Erosion du poed de dune plus frequente  
la plage implique des vagues qui déferlent plus Modification du profil de la dune
pr6 de la ploge et dont le jet de rive est susceptible d'aller plus
loin et d'attendre plus facftement le pied de dune.
ModiRcation du profil de la dune av«: un coeur
Accentuat ion de l'effet érosof du vont
La falais«! dunalre est en permanence verticale et ne peut pas
prendre un profil moins pentu. Cene forme est
en-ue par des processus graYÎtalr.., qui entralnent en bas
dune une quantité importante de sfdlments. De plus. les
phélorn«<es d'-.lernent ne laissent le temps la
de s'y Ces processus ernp«hent la Remodeler li falaise dunalre
aNtion d'un front de dune normal De plus, œtte f!Jfme verticale
accentue les olfets -fs du vent.
Perte de saille pour la dune
Les vents d'ouest transportent du sable en suivant la cOte
et non en la rernontant.G!d Implique que le sable part en Bloquer le transit du sud vers le nord. mals aussi
direction de rest ou du nonH!st et non vers la dune. une de l'ouest vers l'est sur la dune mais sur la plage.
pern! qui n'est que tt6 peu quand les vents
viennent de rest.
Deflation eolienne ne pouvant combler le
-;urcreusement
Le-surt- l'abri de rencoche est   des
vents d'ouest sud-ouest. L'enrochement Isole le front
dunalre des vents cet end rolL
Ravmemenl à 1 extrém1te de l 'enrochement
Lors tempêtes. des paquets de mer peuvent franchir
l'enrochernenL Or les koulernents surface se font vers
la pointe de et provoquent une
destabilisation de rouvroge.
Combler le suraeusement par des apports de sables
Drainer une partie du remblai et faireMeu er les «oulements
wn une zone
PROCEDE
Epis
Revêtement
Stabiplage
Brise-lames
Reprofilage
d'enrochement
Revêtement
Ecoplage
Rechargement
Rechargement
Reprofilage de
dune
Reprofilage de
dune
Ganivelle
Epis
Rechargement en
sable
Modification
de l'enrochement
LISTING DES PROCEDES A ENVISAGER
Brise-lames
Ecoplage
Enrochements
Epis
Ga nivelles
Modification
de l'enrochement
Rechargement
Revêtement
Reprofilage
de dune
Stabiplage
DYNAMIQUES A NE PAS ALTERER
NB : Les transports de matériels sédimentaires
peuvent également s'effectuer d'est en ouest. Ces
conditions propices à des phénomènes
compensatoires ne doivent pas être altérées par
un quelconque ouvrage, tout comme les
phénomènes de wagon sédimentaire s'effectuant
depuis l'ouest vers l'est. Il convient de faire en
sorte que le processus de progradation régressive
mis en évidence par l'étude géomorphologique
puisse s'exercer.
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J SYNTHESE DES PROCEDES (2/2}
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Echange plage-dune
rompu
Enrochement
------- -- ------- --- -----
ii ii
Dune
i i i i
La mer peut prélever du
matériel dans la dune et
en haut de plage

Sédiments prélevés
JI; ---------------------------
---------------------------- -
Dune
Plage fortement abaissée
Tourbillons
Ill   de la houle
Couranls de fonds
qui prennent une partie
des vers le large
:'.
' '
' '
/ J Elévation topographique
' ' . '
. '
. '
·-·
Zone où le transport éolien est plus efficace
'
"
'
...
Partie plus longuement
humidifié
J l ! l lnfiltration
Plage avec fort engraissement
3
Accélération des filets d'air
éolienne
Secteur protégé des vents
y
Emocilemen t
Dune
Déflation éolienne
Sable seç .
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. . -
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BRISE-LAME
ET ATTENUATEUR
DE HOULES
Type: Brise-lame Catégorie: Passif
Utilisation: Diminuer l'énergie de la houle
Orientation :Longitudinal au large
Dimension :-
Principe de fonctionnement
Les brise-lames sont par définition des éléments qui doivent déformer la houle. Le but premier d'un
brise-lame est de faire déferler plus tôt la vague. Ainsi le rivage sera soumis à une énergie moindre
puisque cette énergie sera dissipée vers le large ou du moins en bas de plage. Il existe ainsi de très
nombreux moyens de briser une houle. Devant un port militaire, on pourra utiliser un navire qui fera
office de brise-lame comme à Lanvéoc, ou bien à Brest. A une autre échelle, certaines plages sont
protégées par de simples pieux de bois. Le but étant de protéger le trait de cOte
• Brise-lame type
Cependant le terme de brise-lame en géomorphologie prend tout son sens, lorsqu'on étudie les récifs
artificiels, tels que ceux qui furent construits tout au long des années 60 à 80. Les brise-lames, au même
titre que les enrochements et les épis, furent les outils les plus utilisés pour maitriser le recul du trait de
côte. Comme pour les enrochements et les épis, leurs résultats aujourd'hui font preuve de nombreuses
déficiences.
Brise-lame à Palavas-les-Flots (Source: Bureau d'études industriel "Aménagement du littoral
autour du bassin d'Arcachon")
La succession de brise-lames entraine une succession de tombolos (ou de saillants). Ce type de
phénomènes est en grande partie dû à la diffraction des houles qui se développe sur les côtés des
brise-lames.
• Brise-lame immergé
Il faut également distinguer systèmes émergés et immergés. Toutefois les brise-lames immergés ne
donnent pas les mêmes résultats. On constate des tombolos (ou saillants) moins proéminents (figure 1 ).
AVANTAGES :Fixe le trait de côte
INCONVENIENTS : modifie le paysage en créant un littoral "ondulé"
Brise-lame Brise-lame immergé·



Figure 1, Impact des brise-lames sur le trait de côte
Les brise-lames, provoquent tout de même une modification importante du paysage. D'autres principes tentent de compenser ces
lacunes. Voici un exem américain "Beach Saver" ui est un brise-lame imme
                                                                                                       
Brise-lame conçu pour être immergé "Beach Saver" Principe "Beach Saver"
Le but du procédé consiste à annihiler le transport des matériaux par les courants de retour. Les courants de fonds sont modifiés et redirigés
vers la surface; de cette manière, une grande partie des sédiments se retrouvent de nouveau repris en charge par des courants de surface.
Le déferlement des houles à la côte perdra de l'énergie, et les transports de sédiments par courant de retour (ou de fond) seront atténués.
• Procédé Principia-Monaco
D'autres procédés mécaniques existent. L'objet du procédé PRINCIPIA-MONACO est d'obtenir une atténuation de la houle en installant une
dalle immergée à quelques mètres au-dessous de la surface libre à l'état de repos.
Sous l'effet de la houle la masse d'eau entre la dalle et le fond de la mer se met à osciller générant deux ondes qui vont annuler l'onde de la
vague principale. Suivant la période de la houle, il est possible de réaliser par l'intermédiaire du dispositif une extinction complète de l'onde
globale transmise.
• Atténuateur de houles
Un autre procédé plus écologique repose sur la transplantation de phanérogames marines. Les herbiers à posidonies peuvent être
également utilisés comme atténuateur. On recense deux tentatives à Cannes et Nice. De plus, on peut recourir à la culture d'algues. A défaut
d'algues à l'état naturel, on peut également imaginer des tapis d'algues artificielles, généralement à faible profondeur.
Amortisseur de houles avec un tapis d'algues ou de zoostères
Bonnefille R., Allenbach M., Lajoie 0., Bougis J., Étude d'un Récif Artificiel de 5urf.1Xèmes
Journées Nationales Génie Civil - Génie Côtier, 12-14 septembre 2006, Brest. 15 p.
Bureau d'études industriels " Aménagement du littoral autour du bassin d'Arcachon •• 2002,
15p.
CETMEF, 1998, Recommendations pour la conception et la réalisation des aménagements de
défense du littoral contre l'action de la mer, 521 p.
Pinot J.P., 1998, La gestion du littoral, Tome 1 - littoraux tempérés :côtes rocheuses et sableuses, Institut
Océanographique.
Paskoff R., 1993, Côtes en Danger, Edition Masson, 450 p .
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ECO PLAGE
Type : Drainage Catégorie : Actif
Utilisation :Atténuer le jet de rive
Origine du procédé: Danemark
Dimension :Variable
Principe
le procédé a pour but d'assurer la stabilité, voire de permettre une accrétion, des plages afin de lutter contre l'érosion due
aux tempêtes (GRESARC, 2007). Expérimenté aux Sables-d'Oionnes, mis en place à Saint-Raphaël dans Je Var, et à Villers-
Sur-Mer (14). Ecoplage implique J'implantation de drains dans Je sous-sol. Ainsi, la nappe souterraine et J'eau des vagues
sont absorbées. l'eau ainsi absorbée lors du jet de rive permet de capturer les sédiments.
le procédé se décompose en quatre parties:
- des canalisations de drainage entourées d'un système filtrant (géotextile et sable calibré)
· des collecteurs reliant les drains à la station de pompage
- une station de pompage
- une canalisation de refoulement.
Lieu d'application
Danemark, Floride, Méditérannée (Saint-Raphaël), Normandie (Villiers sur Mer), Sables d'Oionnes (prototype), et à venir
Quend-Plage en Picardie.
Exemple d'application; Intérêts pour Mousterlin-Est
les études récentes montrent qu'Ecoplage donne des résultats très positifs en milieu microtidal (Danemark, Floride, et en
Méditerranée). Cependant les expériences en domaine macrotidal (marnage supérieur à 8 mètres), comme aux Sables
d'Olonnes et à Villiers sur Mer, ne peuvent pas permettre d'affirmer une réussite équivalente sur d'autres sites.
les différents suivis montrent la capacité du drainage à augmenter le budget sédimentaire des plages. Dès les premières
initiatives danoises, certains cas montrent même une amélioration au bout de 6 à 7 mois. Toutefois, Je système reste mal
conçu en domaine plus agité, cela n'avait alors pas empêché de constater des reculs importants après que le système eut
donné des preuves de son bon fonctionnement. Mais après des dégâts importants, elle aide à un réengraissement des plages.
AVANTAGES :Procédé souple (hormis son installation)
INCONVENIENTS :Peu d'expérience en domaine macrotidal
Sur le site des Sables-d'Oionnes, les résultats en matière d'accrétion sont nettement moins flagrants. le suivi aux Sables-d'Oionnes
donne des résultats positifs (Atlas permanent du littoral, 2000).le dispositif a probablement amené une certaine stabilité qui aurait,
semble-t-il, été également favorisée par des conditions propices (GRESAC, 2007).
le suivi et le manque d'expérience du procédé en milieu macrotidal nous incitent à avoir quelque réticence sur l'installation du
dispositif visant à protéger le cordon du na ire de Mousterlin-Est.l'installation du système pourrait avoir un impact sur la position de
la ligne de résurgence des eaux du marais. A Villiers-sur-Mer, cette ligne est désormais plus proche de l'avant-plage. Ce qui peut offrir
certains avantages pour la dynamique sédimentaire le long du secteur à J'est de l'enrochement.
Bloc-diagramme d'une installation du procédé Ecoplage à Fouesnant
à l'est de l'enrochement
Vue en coupe du procédé Ecoplage
-·. ······ ...
   
inférieur •· ••. d
Rejet 'eau
4
3
--Section centrale
Distance
- - Section est
--Section ouest
..
v
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"' i5
Photographie de la zone d'étude avant l'implantation des drains
1
300 1 Section
Ouest
1
200 1 Epi 4 Epi 3
1
1
100
1
1
Section
Centrale
Distance
Section Est
Epi2
Photographie de la plage de Villers-sur-Mer réalisée
un an après l'implantation du procédé
Bibliographie:
GEOLITIOMER, 2000, Atlas permanent de la Mer et du littoral, n "5, CNRS-Géolittomer -lETG UMR 6554 1 lnfomer, 67 p.
COUTON J-M et lEVOY Y, 2004, Impact du drainage de plage en domaine macrotidale : l'exemple de Villers-sur-mer,
résultats préliminaires, Vlllème Journées Génie Civil - Génie Côtier, Compiègne, 7-9 septembre 2004,8 p.
GRESARC, 2007,évolution d'une plage macro-tidale sous l'effet d'un procédé de drainage, Université de Caen, 30p.
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ENROCHEMENT
Type : Enrochement Catégorie : Passif
Réflexion des vagues devant l'enrochement de
Mousterlin-Est,Fouesnant
Utilisations: Défense et fixation du trait de côte contre les attaques marines
Orientation :Longitudinal
Dimension :Variable
Contrairement à bon nombre d'autres méthodes, l'enrochement est une technique couramment utilisée
pour fixer le trait de côte et a fait l'objet de nombreuses études depuis les premières expériences où elle
fut envisagée.
L'enrochement consiste à positionner le long du trait de côte de nombreux blocs de pierre disposés les
uns sur les autres, afin de protéger le cordon dunaire de l'assaut des vagues. Cependant, la mise en place
de ce type d'ouvrage entraîne souvent de nombreux effets secondaires non souhaités (Cariolet, 2007).
Les enrochements longitudinaux ont en particulier un effet réfléchissant, qui augmente l'action de la
nappe de retrait. Leur mise en place entraîne souvent un démaigrissement du haut de plage (Pinot,
1998).
On distingue deux types d'enrochements : les enrochements ordonnés, ancrés dans le substrat de la
plage, et les enrochements chaotiques, sans fondation. Ces derniers, lorsqu'il y a démaigrissement du
haut de plage, sont sapés par le jet de rive et peuvent se déchausser et basculer, ce qui entraîne
l'affaiblissement de l'ouvrage (Pinot, 1998).
Ils visent à préserver le trait de côte de la houle et à arrêter l'avancée de la mer. Au-delà de leur aspect
esthétique discutable, ces remparts présentent le défaut majeur de ne pas respecter le principe
fondamental de mobilité de la ligne de rivage. Certes, la technique de l'enrochement coûte presque trois
fois moins cher que la technique de rechargement de plage, mais le surcoût du rechargement est
tempéré par la grande valeur touristique de la plage, dont l'aspect parfaitement naturel attire davantage
le public.
L'enrochement peut, à l'occasion, s'avérer être un bon outil de protection, de reconstitution du littoral.
Mais les exemples à ce titre, sont trop peu nombreux. On peut considérer que seulement 3 % des
enrochements (Le Goff, 1995) apportent une véritable réponse.
Afin de lutter contre la déstabilisation de l'enrochement, il est possible d'utiliser un filtre géotextile type
BIDIM, qui aura pour but de freiner le ruissellement entre les blocs et d'éviter l'infiltration dans le substrat
et donc le soutirage des sédiments lors du déferlement. Toutefois ce type d'opération reste cher et
demande des travaux importants.
L'installation d'un enrochement doit prendre en compte nécessairement les effets de bout. L'enrochement provoque
à ses extrémités des perturbations dans les dynamiques marines. Ces effets sont representés de la façon suivante:
1
3
mise en place de l'enrochement
___{ ___ _ -1···*·----
accentuation de l'érosion sur
les extrémités de l'enrochement
AVANTAGES:
~ - - - t _____ _________ t ....... .
érosion de la falaise meuble
4
... t ... - · - - - - 1 - - -   - - - - -
démantèlement de l'enrochement
Arrêt définitif du recul sur la zone protégée (sauf lorsque l'enrochement est destabilisé)
INCONVENIENTS :
Solution lourde et impactante du point de vue écologique pour les espèces végétales
La mobilité naturelle sur le secteur enroché sera perdue
Possible risque de disparition d'estran
Impact paysager élevé
Divers types d'enrochements
Enrochement bétonné en Picardie sur une
falaise rocheuse.
Source bibliographique :
Enrochement chaotique sans fondation, sans BIDIM sur une
falaise meuble (Saint-Briac-sur-Mer, 35)
Cariolet J-M, Eléments de réflexion autour de la mise en place du procédé Stabiplage• dans un contexte de risque de submersion
d'une côte basse (Plage de Boutrouilles, Kerlouan, Rnistère), Mémoire de Master 2 SML EGEL. ?Op.
Le Goff Y., 199S, Classification et étude d'impact des enrochements entre Locquirec et Trelevern, Mémoire de Maitrise, Université
de Bretagne occidentale - Département de Géographie, 214 p.
Pinot J.P., 1998, La gestion du littoral, Tome 1- Littoraux tempérés : côtes rocheuses et sableuses, Institut
Océanographique.
Samat 0 ., 2002, Efficacité et impact des ouvrages en enrochement sur les plages
microtidales. Le cas du Languedoc et du Delta du Rhone, Thèse de géographie
physique, 304p.
Trmal C., 2006, Utilisation des enrochements dans les ouvrages hydrauliques - Un
nouveau guide technique européen, IXèmes Journées Nationales Génie Civil
- Génie Côtier. 12-14 septembre 2006, Brest, 1 Op.
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EPI
Type: Epi Catégorie: Passif pour les méthodes dur 1 Actif pour un épi mobile
Utilisation : Diminuer le transit littoral
Origine du procédé :-
Dimension : -
Principe de fonctionnement :
• Epi classique
les épis classiques sont des ouvrages lourds et ont un impact majeur sur le paysage. Ils constituent des obstacles. Progressivement
de nouvelles approches font leur apparition. Il s'agit de conserver les effets positifs de l'épi classique. les impacts négatifs sont
souvent causés par des matériaux lourds que constituent les blocs d'enrochement. En effet lorsqu'un enrochement classique
fonctionne et donne lieu à une accumulation de sable, on se retrouve dans une situation où le sable ne peut plus transiter d'une
cellule sédimentaire à une autre. li arrive parfois pour une plage en érosion de se situer dans la position inverse. Dans ces cas-là, d'une
manière utopique, on peut imaginer un enlèvement de l'épi. Ce cas de figure est bien trop onéreux. l'espacement des épis est
la cause des effets néfastes le montre cette figure_. _ _ _ ___ _
A B c
D'après R.W G. C9rter ( 1   Paskoff, Côtes dan er
Ce schéma illustre les problèmes que peuvent poser les épis classiques en dur. lorsqu'ils sont trop rapprochés en A, les
sédiments s'accumulent et l'excédent se disperse vers le large (Paskoff, 1993). En B, les épis sont correctement espacés et
piègent le sédiment. lorsque les épis sont trop espacés (C), les épis peuvent être déstabilisés à leur base. Et progressivement il
se produit une érosion dans le sens de la dérive au dernier épi.
D'où la possibilité d'imaginer des systèmes d'épis plus mobiles afin d'éviter les aspects négatifs de l'épi en dur .
• Epi modulable
les blocs d'enrochement sont ainsi remplacés par un système de pieux en bois et de planches. les planches seraient enlevées en
cas de tempête annoncée. l'objectif étant le même: aboutir à une stabilisation, puis un engraissement en amont de ce système.
les pieux en bois, réalisés en châtaignier ou en chêne, seraient de nature imputrescible.
Cette solution peut être considérée comme douce, puisqu'il est constaté qu'elle a peu d'impact sur le milieu environnant, excepté
lors de l'implantation. Ce procédé conserve toutefois les avantages que peut avoir un épi classique. Mais cela nécessite quelques
travaux de maintenance, car il faudrait remplacer régulièrement les pieux et les planches.
AVANTAGES : Conserve les aspects positifs de l'épi
INCONVENIENTS : Structure fragile et entretien régulier indispensable
Simulation graphique de l'ouvrage sur la
plage de Mousterlin-Est (Cieut-Rouz)
l -----------··---------- --
• EpiSEMS
Système d'épis modula ble
avec pieux bétonnés
Système d'épis modulable
avec pieux en bois
Outre la possibilité d'adapter des épis mobiles, il existe un système canadien appelé " SEMS " (système d'épis
Maltais-Savard) qui s'inscrit dans le domaine des méthodes dites douce. Ces ouvrages captent une partie du
volume sédimentaire pris en charge par la dérive littorale. Des épis de cette sorte ont une faible influence sur le
milieu, une fois que ceux-ci ont rempli leur rôle. leur spécificité réside dans leur coût faible. De plus leurs
matériaux de constitution sont légers. Comme un épi mobile, il est possible de les enlever. Toutefois leur impact
sur le paysage est important, ceci n'empêchant pas d'avoir des qualités environnementales intéressantes. le but
d'un tel ouvrage est de pouvoir bénéficier de l'avantage de l'épi classique :combler la cellule sédimentaire entre
deux épis. Par un système de ramification, l'autre but est de bloquer le transport sédimentaire par étage le long de
l'estran, et notamment le transport éolien. Ainsi ce procédé modifie les dynamiques océaniques et éoliennes.
'
Structure de l'épi SEMS
t ftUt 1l .11 l lf t"
,., ut.1 hu •• hr
(t"Jtll•'"'' '
Structure des épis latéraux
Source :Roy et al
Structure de l'épi central
l.uu·,lr
, ,,, ... "1'1 ' )
Cariolet J-M, 2007, Eléments de réflexion autour de la mise en place du procédé Stabiplagei'D dans un contexte de risque de submersion
d'une côte basse (Plage de Boutrouilles, Kerlouan, Finistère), Mémoire de Master 2 SMl EGEl, 70 p.
Paskoff R, 1993, COtes en danger, Edition Masson, 249 p.
Roy N, Boulianne, Karine-Maltais M, lmbeault, 2003, Guide de construction :Système d'épis pour
la restauration de la plage basé sur le modèle développé par MM. Maltais et Savard (SEMS), Comité
ZIP de la rive nord de l'estuaire, 51 p.
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GAN/VELLE
Type: Ganivelle Catégorie: Actif
Utilisation: Bloquer le transit sédimentaire éolien
Origine du procédé : -
Dimension :Variable
Clôture brise-vent
Ce type de clôture a pour but de limiter le piétinement incontrôlé mais surtout de lutter contre
l'érosion éolienne. Elle constitue une palissade formée de piquets en châtaignier qui est placée
au sommet de la dune de manière longitudinale (cette clôture peut longer un sentier par
exemple). Ce type d'ouvrage permet également de canaliser les flux de piétons.
Au sommet de la dune, une deuxième protection brise-vent est associée à la clôture décrite ci-
dessus. Une structure en cellules est ensuite réalisée grâce à la construction de liaisons
transversales. Ces liaisons sont réalisées au niveau des montants et perpendiculairement aux
deux écrans. Cette structure en cellules permet de limiter l'action éolienne. Côté mer, des
cloisons transversales triangulaires sont construites au niveau des montants. Elles permettent
d'éviter les phénomènes de déchaussement dus au transport éolien parallèle aux écrans.
Au pied de la dune la clôture brise-vent peut ne pas être associée à un second "écran". Dans
ce cas, l'oeuvre est limitée aux clôtures brise-vent en prenant soin de réaliser des cloisons
transversales triangulaires en avant et en arrière de l'écran.
Avantages
Canalisation des flux, réduction du transport éolien
Inconvénients
Fragile, sujet au vandalisme
Source: Programme Posidune
Palissade brise-vent horizontale
Cette palissade constitué en tresses de canne peut former un écran poreux qui a comme objectif de
réduire l'énergie due à la force éolienne. Elle est installée parallèlement au trait de côte. Ceci doit favoriser
les mécanismes de dépôt en arrière du brise-vent.
Inconvénients
Peu de résistance aux évênements tempétueux violents
Avantage
Formation rapide du dépôt éolien en fonction du taux de transport
Ecran brise-vent à échiquier
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Les écrans sont réalisés avec des nattes de cannes positionnées sur un châssis constitué de poteaux en
châtaignier et de fil de fer. L'échiquier est constitué de carrés d'environ 1.5 rn de côté, orientés le plus possible
perpendiculairement à la direction des vents dominants. Des cloisons diagonales ou transversales, de hauteur
variable (d'environ 50 cm) permettent de contrôler les éventuels phénomènes d'érosion, liés à la composante
éolienne parallèle aux écrans et à l'augmentation de la vitesse au niveau des arêtes.
Les écrans, bien que réalisés avec du matériel fragile, sont également en mesure de protéger et de renforcer le
dépôt avec un châssis épais constitué de matériel biodégradable. La végétation herbacée (vers la mer) et
arbustive (au sommet de la dune) trouve des conditions favorables pour son développement favorisant
l'accroissement et la stabilisation du dépôt.
Les écrans brise-vent jouent une action protectrice sur la végétation de manière directe
(protection mécanique) et indirecte (maintien de matériel végétal en mesure d'enrichir les
sables dunaires en substances nutritives, et de favoriser la condensation et le maintien de l'humidité
atmosphérique. Cette dernière représente une source hydrique fondamentale pour la végétation xérophile).
Avantages
Matériel biodégradable, protection du substrat végétal
Inconvénients
Ne fonctionne que dans un contexte de dunes embryonnaires.
Bibliographie
Opération cadre régional BEACHMED-en, 2005, La gestion stratégique de
la défense des littoraux pour un développement soutenable des zones
côtières de la Méditerranée, Programme Posidune, 130p. 2005, La gestion
stratégique de la défense des littoraux pour un développement
soutenable des zones côtières de la Méditerranée, Programme Posidune,
130p.
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MODIFICATION DEL 'ENROCHEMENT
Actuellement, lors de fortes marées, la pointe de l'enrochement diffracte fortement les crétes de houles.
Ceci a pour conséquence de focaliser l'énergie en un point précis, et d'accentuer l'érosion.
Talus de pierres en pente douce
évitant l'effet tourbillon
De cette manière, en profilant l'extrémité de l'enrochement, on peut diminuer la diffraction et rendre
le contournement plus progressif ce qui aura pour but d'amoindrir l'érosion.
DRAINAGE DU REMBLAIS
Vegues
Ce cas de figure se produit lors de tempétes. incidentes
Des paquets de mer passent par dessus l'en-
rochement.
La pente du remblai en direction de la pointe
est faible.
Mais elle est suffisante pour en trainer
un écoulement de l'eau vers l'extrémité
de l'enrochement. T
Au final, la pointe s'érode.
Les écoulements se concentrent à
l'extrémité de l'enrochement et
occasionnent une déstabilisation
de l'édifice.
Pour y remédier, il serait utile de concevoir
un drainage pour les eaux superficielles. Les
eaux ainsi collectées seraient ensuite dirigées
vers le marais.
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RECHARGEMENT
DE SABLE
Type : Rechargement Catégorie : Passif
Utilisation: Réengraissement de plage
Origine du procédé: Etats-Unis
Dimension : -
Principe de fonctionnement
Le rechargement peut avoir plusieurs buts. Le principal objectif est de reconstituer une plage, en améliorant son budget
sédimentaire On peut également décider de créer une plage artificielle. Ainsi de cette manière, on peut renforcer la
protection du trait de cOte, puisque les nouvelles accumulations pourront dissiper l'énergie des houles.
Il est également possible d'éviter les effets de réflexions dus à une pente de plage trop abrupte. Cette méthode est
considérée comme douce et peu nuisible pour certains. Pour d'autres, les impacts écologiques sont importants, avec les
nombreuses problématiques d'extraction de granulats marins.
La mise en place d'un rechargement peut s'avérer complexe. Il faut prendre en compte le régime sédimentaire de la zone
concernée. li faut également déterminer le matériau d'emprunt, son lieu de provenance et toute une multitude de facteurs
propres à la plage (pente de la plage, caractéristiques de la berme, stock de réserve).
Site d'application: Une trentaine de sites en France
Exemple d'application
Le cas de la plage d'Anglet est un des exemples pionniers en France. Il s'agit d'une succession d'alvéoles sédimentaires
constitués entre des épis d'environ 130 m. 130 000 m3 ont ainsi été déversés entre 1972 et 1985.11 s'agissait de sables grossiers
et de madrague (30% de graviers) provenant le l'embouchure de l'Adour. Ce chiffre est bien inférieur à de ce qui fut préconisé
et les caractéristiques granulométriques ne furent pas entièrement respectées, par conséquent une grande quantité de sable
fut entraînée vers le large et perdue pour la plage. Cependant. les résultats furent obtenus assez vite renforçant la plage sur
approximativement 2 km.
AVANTAGES : Ne rompt pas les dynamiques sédimentaires, engraisse la plage sans autre dispositif
INCONVENIENTS : Rechargements périodiques indispensables, nécessité d'une "source" de sédiments
proche des zones à alimenter pour ne pas augmenter les coûts
r Localisation du site d'application Photographie aérienne de la plage d'Anglet
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Bibliographie
CETMEF, 1998, Recommandations pour la conception et la réalisation des aménagements de
défense du littoral contre l'action de la mer, 521 p.
Abadie S., 2004, Analyse de l'évolution du volume sédimentaire des plages d'Anglet, et al, Vllème
journée Nationales Génie Civil- Génie côtier, Compiègne, 7-9 Avril 2004, 13p.
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MATERIAUX ALVEOLAIRES
Type: Matériaux Géocomposites Catégorie: Passif
Utilisation : Pièger le sédiments lors du transit éolien
Origine du procédé :-
Dimension :-
Grille Armater (Source: www.armater.com)
L'objectif est de piéger du matériel dans des alvéoles. li en existe plusieurs sortes : NIDAPLAST, ENKAMAT, ARMATER.II
peut s'agir de structures ressemblant à des nids d'abeilles. NIDAPLAST peut s'utiliser sous forme de blocs avec des épaisseurs
importantes (50 cm) ou sous formes de panneaux avec des épaisseurs plus réduites. Ce type de matériaux peut se fixer sur
la dune, ceci favoriserait la croissance de la végétation. Les alvéoles peuvent être comblées par la déflation éolienne ou
bien artificiellement.
AVANTAGES : Alternatives aux ganivelles
INCONVENIENTS :Coûts importants, surface défavorable aux activités de plage avant remplissage
des alvéoles par les sédiments
Bibliographie
NiOAPLAST
(source : site Nidapiast)
ENKAMAT
hource: site ENKAMAT)
Aire ou l'on peut installer un revêtement
CETMEF, 1998, Recommendations pour la conception et la réalisation des aménagements de
défense du littoral contre l'action de la mer, 521 p.
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RECONSTITUTION DE DUNE
Type : Reconstruction Catégorie : Passif
Utilisation: Reconstruire un profil de dune
Origine du procédé : -
Dimension : -
Principe de fonctionnement:
Cette solution consiste à redonner une apparence de profil de côte naturei.Un cœur (en enrochement, en boudin géotextile ou en
gabion) assure une protection en cas de dégraissement excessif. Toutefois, il faut prévoir un certain type de structures concernant le
cœur afin d'éviter lors d'une mise à découvert une déstabilisation de l'ouvrage. Celui-ci doit-être capable de résister à l'assaut des
vagues. Sur ce cœur dur ou en géotextile, il est nécessaire d'importer du matériel extérieur, apport de carrière, sédiments récupérés
au large. En complément, des ganivelles peuvent être posées. Cette solution reste en partie " lourde " et impactante du fait de la
présence d'enrochements et d'importants terrassements en matériaux sableux. la mobilité naturelle de la dune (engraissement et
dégraissement) sera perdue au contact du cœur d'enrochement. Cela nécessitera l'apport de sables provenant de l'extérieur de la
cellule sédimentaire. Cependant ce type de reconstitution permet de conserver un aspect naturel au trait de côte, et permet
d'obtenir un arrêt définitif du recul du cordon dunaire. Ce proédé fut utilisé à Kersauz, entre Lesconil et le Guilvinec pour refermer les
brèches ouvertes dans les cordons par les tempêtes de l'hiver 1989-1990 (Hallégouët et al., 1991 ).
Exemple d'application :
Coeur en enrochement
Des gabions et des matelas gabions type Réno: Les gabions disposent d'une efficacité
équivalente auxenrochements avec moins de risque de déstabilisation. Toutefois cette alternative
exige un certain savoir faire-technique et a un coût contraignant
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AVANTAGES : Stabilisation du trait de côte
INCONVENIENTS :Travaux lourds, mobilité naturelle de la dune perdue
Source bibliographique :
Coeur en géotextlle
OC/ Environnement, 2007, Protection de la dune ouest de Mouster/in: études préliminaire des scénarios d'aménagement envisageables, 24 p.
CETMEF, 1998, Recommendations pour la conception et la réalisation des aménagements de défense du littoral contre l'action de la mer, 568 p.
Sans pour autant altérer le cœur du massif dunaire.ll peut être également possible d'imaginer un simple remodelage de la dune
tout en utilisant un revêtement en pierre, ou en plastique (cf fiche revêtements) au pied de dune. li s'agirait d'un " tremplin " pour
sédiments. Un volume de sable pourrait ainsi être piégé et pris en charge par la déflation éolienne du sud vers le nord. Il faut
également effectuer un remodelage de la dune afin de limiter les effets érosifs du vent.
Principe du "tremplin" avec une surface piérrée (en enrochement par exemple)
Principe du "tremplin" avec un matelas en gabions
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STABIPLAGE.
Type : Boudins géotextiles Catégorie : Passif
Utilisation :Ralentir le transit sédimentaire 1 Protéger le trait de côte longitudinalement
Origine du procédé :France
Dimension :Variable
Principe de fonctionnement:
Stabiplage• peut être utilisé longitudinalement (le long du trait de côte) dans des recréations de profil dunaire
ou perpendiculairement au trait de côte. De cette manière, Stabiplage• peut se rapprocher d'un épi classique.
Deux exemples nous serviront à décrire les impacts et les réponses qu'induit ce procédé sur le milieu.
Stabiplage• est considéré comme une alternative aux enrochements et aux épis (Artières, 2004). les avis quant à
sa classification sont partagés. Pour bon nombre de bureaux d'études, cette méthode est considérée comme
douce. Sa visibilité réduite (quand le système fonctionne) lui offre un certain avantage par rapport à d'autres
protections. Or, de nombreux programmes de défense du trait de côte (comme Eurosion par exemple), tendent à
le classer en protection dure au même titre que les enrochements et autres protections en béton.
la fragilité des boudins Stabiplage• est souvent mise en exergue par leurs détracteurs. Cet élément n'a pu être
totalement vérifié. En effet, hormis le vandalisme qui est à priori leur principal danger sur les côtes bretonnes,
leur capacité à résister face aux fortes tempêtes n'a pu être mise en évidence (Cariolet, 2007). les effets de la
tempête du 9 mars pourraient mettre en avant quelques déficiences.
Exemple d'application :
le procédé offre deux types d'utilisation. leurs effets et leurs conséquences sur le système hydrosédimentaire ne
seront pas les mêmes. Nous prendrons ici deux exemples bien étudiés et suivis de manière régulière par I'UBO et
I'IUEM.
les cas de Boutrouilles (Figure 1) sur la commune de Kerlouan, et la plage de lesconil (Figure 2) seront utilisés.
le premier montre l'utilisation de Stabiplage• dans le cas de recréation de dune où un cœur en géotube est
installé. Il existe de nombreux points communs avec Mousterlin-est. le Stabiplage• protège la dune et a ainsi
permis de fixer le trait de côte. Cependant, l'installation de l'ouvrage (280m) a entraîné quelques effets
secondaires. l'ouvrage a été installé trop bas, par conséquent, à fort coefficient la mer venait saper le bas de la
dune et entrainer des affouillements. la dune reprofilée fut donc érodée et a laissé apparaître le boudin
Stabiplage•. De plus, le boudin installé face aux houles provoque un effet de réflexion similaire à un enrochement
(sans doute à moindre échelle). Il est important de noter que, dans ce cas, la mairie n'a pas fait d'études
préliminaires à l'installation des boudins. Il eut, sans doute, été plus logique de prévoir en plus de l'installation de
géotextiles, un rechargement en sable (Cariolet, 2007).
Enfin, le cas de lesconil, nous montre une utilisation du procédé perpendiculairement au trait de côte, recréant un
système d'épi. les épis font 35 m de long pour une hauteur de 80 cm, et sont ancrés sur 1 m de profondeur. la
présence des Stabiplage• a eu un effet secondaire :le démaigrissement de la plage en aval des structures. Dans un
cas comme Mousterlin, ceci ne poserait à priori pas d'inconvénient majeur tant le secteur semble être en
saturation. Cependant ce déséquilibre peut revenir à la normale, lorsque les cellules sédimentaires se remplissent.
Observée sur le long terme, cette plage a vu son volume sédimentaire augmenter. Stabiplage• permet de ne plus
bloquer la dérive une fois que les compartiments sont remplis.
La dune reprofilée de Boutrouilles. (Source :
Cariolet, 2007 ; Photo :A. Demon)
la plage de lesconil en Juin 2005. (Source : Suanez al,
2006)
STABIPLAGE• APPLIQUE A MOUSTERLIN-EST
Installation de boudins Stabiplage• à Mousterlin-est
(Simulation}
Stabiplage• à nu si le reprofilage ne fonctionne pas (Simulation)
Source:
Artières O., Bougis J., Dunand M., Durant F., Vassal P., 2004, Protection côtière par tubes
filtre conteneurs - Cas de la plage de l' • Amélie », Villèmes Journée Nationales Génie Civil
r------------------------------------------- ------------------, -Génie Côtier, Compiègne, 7-9 sept. 2004, 769-775.
EN EPI
AVANTAGES : En cas de saturation, le sable peut transiter
INCONVENIENTS :Peu d'information sur le comportement à long terme
Cariolet J-M, 2007, Eléments de réflexion autour de la mise en place
du procédé Stabiplage• dans un contexte de risque de submersion
d'une côte basse (Plage de Boutrouilles, Kerlouan, Finistère), Mémoire
de Master 2 Recherche - IUEM, UBO, 70 p.
EN PROTECTION LONGITUDINAlE
AVANTAGES :Théoriquement invisible, fixe le trait de côte Suanez s., Cariolet J.-M., Hénaff A., Goudédranche L, 2006, Expertise scientifique du
procédé Stablplage mis en place sur la plage des Sables Blancs<ommune de Plobannalec-
INCONVENIENTS : Si découvert peut provoquer de la réflexion Lesconil (Finistère}. Période de suivi :janvier 2005-septembre 2006, GEOMER-LETG UMR
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L'érosion qui se manifeste actuellement sur le cordon littoral
CON CL Us/ON
de Mousterlin-Est, à l'est des enrochements de Cleut-Rouz, est
en grande partie le résultat de l'artificialisation du trait de
côte en amont-dérive de la cellule hydrosédimentaire par des
murs et des enrochements successifs. Cette artificialisation du
rivage accélère un processus naturel relativement lent de recul du trait de côte. En particulier, l'enrochement
construit en 1987 a modifié fortement l'équilibre géomorphologique du cordon du na ire et surtout généré un
surcreusement qui semble devoir encore se poursuivre. Ces deux problèmes seraient, par conséquent, résolus
à la condition d'enlever les enrochements. Néanmoins, le comportement du cordon débarrassé de cette
protection est bien trop imprévisible.
Les différents procédés de défense contre l'érosion littorale présentés dans les pages précédentes sont sans
doute à même d'améliorer la situation actuelle. Ainsi, le prolongement de l'enrochement vers l'est peut être
proposé, mais il faudra s'attendre dans ce cas, à devoir gérer le même problème d'érosion à son extrémité. A
l'inverse, les procédés plus souples consistant à tenter de reconstituer la dune dans ses parties les plus
érodées, tels que les rideaux de ganivelles destinés à piéger les sables éoliens, ne seront pas non plus
efficaces. Les processus éoliens permettant l'accumulation des sables en pied de front dunaire avant leur
fixation par la végétation dunaire seraient certainement insuffisants par rapport aux effets de l'érosion
marine. Au-delà des coûts d'installation et d'entretien d'un système drainage de la plage qui sont à prendre
en considération par rapport aux enjeux locaux et aux risques de submersion, la question se pose également
de savoir si un tel procédé est adapté à un cordon à travers lequel s'infiltrent presqu'en permanence les eaux
des marais arrière-littoraux.
Par conséquent, il s'agit ici de proposer des solutions permettant d'atténuer la conséquence la plus
dommageable de l'enrochement pour le cordon à savoir l'effet de bout qu'il produit.
Pour diminuer cet effet de bout une modification de l'extrémité de l'enrochement doit être
préconisée. Cette modification doit obligatoirement rendre son profil moins abrupt de manière à
diminuer la réflexion des houles et les risques d'érosion de la plage à son pied. Le plan de cette
extrémité doit également être modifié de manière à rattraper la ligne de rivage actuelle du
cordon. Pour ce faire, l'extrémité de l'enrochement devra avoir un plan convexo-concave. Enfin,
pour réduire les impacts de cette structure, la hauteur du cordon sera progressivement réduite vers son
extrémité de façon à rattraper le plan de la plage (cf. schéma F). Ce plan incliné, se terminant
presqu'horizontalement à son extrémité, devrait être favorable au piégeage des sables en avant du front
dunaire, avant que ceux-ci soient exportés vers la dune par le vent.
Cette solution devra s'accompagner d'une modification du profil du front dunaire afin de favoriser cette
exportation de sables vers la dune. Une telle modification ne se peut faire sans un rechargement de sable
permettant d'élever la crête de la dune et ainsi d'éviter son dépassement par les vagues de tempête et les
surcotes. Un seuil de garantie serait ainsi constitué.
La seconde solution qui permettrait de favoriser l'accumulation de sable dans la partie
surcreusée, et qui, d'une certaine manière, atténuerait l'effet de bout créé par l'enrochement,
consiste à utiliser une batterie d'épis le long de la ligne de rivage en érosion. Une dizaine d'épis
modulables (cf. schémas D, "épis modula bles") constitués de pieux de bois ou de béton rainurés
de section carrée, entre lesquels des planches transversales peuvent être glissées semblent
particulièrement intéressante. Ils permettent de gérer l'accumulation des sables en fonction de la direction
ouest ou est de la dérive littorale. Sur les cent premiers mètres à partir de l'extrémité de l'enrochement, la
longueur de ces épis correspond à celle du haut de plage et ne dépasse pas la ligne passant par le pied de
l'enrochement. Leur longueur diminue ensuite vers l'est, là où l'effet de bout est nettement moindre. Ce
système oblige toutefois à une gestion permanente et donc une surveillance des dynamiques marines et
éoliennes.
Une telle solution nécessitera également un rechargement préalable en sable entre les épis, un re profilage de
la dune et un rechargement de sa crête (seuil de garantie).
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GLOSSAIRE
Accrétion: désigne le développement progressif d'une forme ou d'une accumulation qui s'enrichit par
des apports nouveaux. Ce développement concerne soit l'épaississement de l'accumulation, soit son
extension latérale.
Cellule hydro-sédimentaire: désigne une portion du trait de côte où les échanges sédimentaires
s'effectuent. Ces cellules sont généralement limitées par un ouvrage, un promontoire rocheux ou une
embochure de cours d'eau qui bloquent le transfert sédimentaire d'une cellule à une autre.
Cordon dunaire: désigne une accumulation sédimentaire d'origine éolienne qui possède deux points
d'ancrage. Ses points hauts sont occupés par la dune. Sa partie non exposée à la mer est appelée revers.
Courant d'arrachement (undertow currents) :courant perpendiculaire au rivage, par lesquels s'effectue
le mouvement de retour vers le large des eaux superficielles poussées vers la côte par les vagues et le
vent. Ces courants peuvent prendre en charge les sédiments de la plage pour les ramener vers l'avant-
plage.
Déflation éolienne: désigne un déplacement par le vent des sédiments. Ce qui implique l'exportation
des sables fins vers le domaine continental et donc un triage.
Dérive littorale :désigne le déplacement des particules sédimentaires le long du trait de côte. Le sable
mis en suspension par le déferlement et est ensuite repris par le jet de rive et par la nappe de retrait.
Cette dérive est plus ou moins importante en fonction d.e l'obliquité des houles.
1 • Jet de rive : oblique selon la direction deta houle lncidentre
2 • Nappe de retrait :selon la pente de la plage
DGPS: acronyme de Differentiai Global Positioning System. C'est un mode de positionnement (repérage
spatial) par satellite.
Diffraction :caractérise le changement de direction des crêtes de houle à l'extrémité d'un obstacle: pointe,
jetée.
Falaise :forme d'érosion caractérisée par un abrupt entaillant un versant continental ou une accumulation
littorale.
Flot: courant de marée dans le sens de la marée montante.
Jet de rive :nappe d'eau d'épaisseur décroissante projetée par une vague vers le haut de l'estran sous
l'impulsion que lui a donnée une vague lors de son déferlement. La montée du jet de rive se fait dans la
direction dans laquellese propage la houle.
Jusant: courant de marée portant dans le sens de la marée descendante.
Macrotidal :qualifie un milieu soumis à des amplitudes de marée importantes (plus de 4 à 5 mètres).
Onde de tempête: Élévation anormale du niveau de la mer, d'une durée de quelques heures à quelques
jours, provoquée par une action violente du vent sur la surface de la mer et/ou par la baisse de la pression
atmosphérique. Elle se propage comme une onde de gravité et peut se renforcer dans des eaux peu
profondes. On dit aussi marée de tempête.
Progradation régressive: Sédimentation progradante, en sens contraire de la dérive littorale principale en
raison d'un blocage sédimentaire et de la présence d'une dérive secondaire alimentée par cet excès
sédimentaire. Exemple: Mousterlin-Est vers Cleut-Rouz.
Tombolo: est un cordon sédimentaire reliant la côte à un relief isolé en avant celle-ci. Dans le cas du "
tombolo "de la Jument, il s'agit d'une accumulation sableuse sagittale entre la dune et les roches de bas
estran.
Trait de côte : ligne marquant la limite jusqu'à laquelle peuvent monter les eaux marines.
Transgression holocène: Elévation du niveau de la mer depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a
10 000 ans, avec une succession de répits et d'accélérations.
Washovers fan :désigne des accumulation de sables, de graviers ou de galets résultant du débordement de
vagues lors de fortes tempêtes. Ces formes prennent l'allure de cônes ou de deltas digités sur le revers des
cordons littoraux.
D'après Pinot J.-P. ( http://www.ifremer.fr/envlit/glossaire/) et Paskoff R. (Les littoraux:
Impact des aménagements sur leur évolution)