LA MATIÈRE DE L'INTELLIGIBLE: Sur deux allusions méconnues aux doctrines non écrites de Platon Author(s): Pierre Aubenque Reviewed

work(s): Source: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 172, No. 2, ÉTUDES DE PHILOSOPHIE ANCIENNE: Hommage à Pierre-Maxime Schuhl pour son quatre-vingtième anniversaire (Avril-Juin 1982), pp. 307-320 Published by: Presses Universitaires de France Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41093332 . Accessed: 29/09/2012 01:26
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.p. Gaiser2. 196. s'y Tübingen Le leur devancier.. N.On trouvera Doctrines and Unwritten .et K. Plato. 1908: 2e éd.Schuhl chapitre de Platon. 2e éd. 2. puisque 600 de écrire avait reconstituaient. une théorieparfaitement ni artifice. dansJ. Gaiser. J'emprunte que P.1974.LA MATIÈRE DE L'ENTEIXIGIBLE Sur deux allusions méconnues aux doctrines non écritesde Platon A la mémoire de Léon Robin. frayé d'après si était voie Cette fécondité. propos « en utilila doctrine de riende moins platonicienne que d'exposer œuvre si aucune comme du les textes santexclusivement Stagirite. toute le résultat »3. Hildesheim. décennies pour que d'autres plusieurs qu'il aura fallu attendre l'école dite de citer il faut au premier rangdesquels chercheurs. à l'excellent cettecaractérisation 3. 1963. 1967. Pierre-Maxime Schuhl. J. fondateur du Centre des Idéeset Dans sa thèsede 1908sur La théorie platonicienne une voie a Léon Robin desNombres qui n'a Arisloie1. Aretebei Platon und Aristoteles. non écritesde Platon dans V œuvre consacreaux doctrines 1954. Krämer avec J. Paris. Stuttgart. attente. 1. Paris. TheWritten surla question Londres. paraître. Findlay. et H.. de intuitions des la succèsqui confirme justesse ne la de tenait Robin Léon de puisqu'il s'agissait gageure. Lehre. . Et était ne nous de Platon dépassait parvenue « Diales seule une cité avoir sans Léon fois Robin. deux ouvragesfondamentaux qui ont été suivis de nombreuses et une miseau pointnuancée une bonnesynthèse autresétudes. Pour M. sans effort apparemment biendire« platoniet richement cohérente diversifiée.1959. n° 2/1982 Revue philosophique. avec un aventurent K. qu'il fallait 1963. pages qui plus pu logues». 1968. Pialos ungeschriebene Amsterdam. 2e éd. Krämer. Heidelberg. Zum H. Léon-Robin.-M. sa pourtant pas finide manifester si détournée du au sens et pouvait nouvelle propre terme. Citonsseulement der platonischen Wesenund Geschichte Ontologie.

l'attention a été entre-temps invitéeà s'exercer sur la seule énergiquement littéralité des textes.pour en dégagerpatiemment la structure. Cherniss. puisqueAristote ni dansla ne coïncidait comme et la présentait telle. Dialogues.En tout à l'étatd'enseignement cas. cit. Aristotle's Criticism of Plato and theAcademy. 7. Baltimore. une continuité avec cetteclarté nisme.308 Pierre Aubenque L'histoire de la philosophie.D'une façongénérale. 1962. 1945. 1944.p. BerkeleyLos Angeles. souvent conviés. et TheRiddleoftheEarly Academy. Robin. New York.ellel'autorisait qu' « Aristotenousa missur la voie d'uneinterprétation néo-platonicienne »6et confirmait de son maître la vraiainsi.les Dialoguesredevenaient de la vérité du nousétions dépositaires platonisme..En réaction contre longtemps un style au débutde ce siècle.de l'hypothèse enfin entre le platonisme et le néo-platopermettait d'apercevoir. 2. Gherniss n'accorde aucunevaleurhistorique aux témoignages d'Aristote. fallait en déduire l'œuvre écrite de Platon à que (mis partpeut-être queldansle Timée et surtout le Philèbe) serait restée tout ques allusions entière et pourl'essentiel en deçàde ce qu'Aristote nomme au moins une foisles « doctrines non écrites» (áypacpa de son Soyfiaxa) maître6. 600.. Schuhl. Parallèlement. ibid. dès lorsles seuls S'agissantde Platon. le platonisme. par Gherniss7. quiprivid'unedoctrine à sa lettre et s'intéressait légiait l'esprit parrapport d'unepensée desraisons selon plusau mouvement qu'à l'articulation elle se légitime des interprètes lesquelles après coup. témoins en accordavec quelquesautres cienne». H.-M.Sans douteest-ce qu'il n'y paraîtdu mouvement général la raisonpourlaquelle. qui ne pourrait apparaître à qui s'en tiendrait. 2e éd. L. IV. aux seuls pour caractériser . Phys.Léon Robinexpliquait connaissons par ailleurs de la doctrine à la vieillesse de Platonun développement attribuant et qui n'aurait de fixer que le philosophe pas eu le temps par écrit il serait doncdemeuré oral.les indications de Léon Robinsontrestées sans grandécho. surtout en France. semblance en même la fécondité herméneuhistorique. dominant d'interprétation.qui Quant à l'interprétation proprement discernait dansces doctrines nonécrites l'ébauche de ce qu'il appelaitune« procession de l'être à conclure ». même estplusdépendante ancienne.. 209 ò 14-15. 2e éd. 4. tempsque : la reconstitution des doctrines non écrites tique. New York. en particulier les travaux de H. qui pourtant « que nous ni mêmeparfois sur le fondavec le platonisme forme en ce paradoxe »4. dite de Léon Robin.. des idées. op. H.sans l'avoircherché. 6.1962. P. 5.

cit. 341 c. le nouveauest intervenu. »8.1968 (reproduit 1972).P. non-écrit ae h. pp. dès lors se trouvait de la doctrine Bien plus. 197 (cf. dansl'histoire estimer On pourrait que l'oscillation. quant pas par de et à la limite de logique maisparunesorte délirante.moncompte de Philos. Schuhl me paraît oral de Platonà ses déclarations êtrele premier l'enseignement qui ait rattaché .Bien que ce ne soit pas son propos. façongénérale. p. éveilleren France de l'intérêtpour le non-écrit n'est pas tout à fait du non-dit. le poids principal . j. depuislongtemps.-M. l'interprétation. aramer aans a.in Tel Quel. platonicien surles rapports essai de J. accordée à la parole du texteet l'importance la sacralisation entre de l'école avec lestravaux a pris.a mispourla predes doctrines attestée l'existence mière foisde façonsystématique avec les textesde Platonsur les rapports en relation non écrites établique la Il étaitainsidéfinitivement et de l'oralité. qu'on les fixations contre qui nousmetengarde que c'estPlatonlui-même « la supéaffirme d'une de sa doctrine écrites et. de l'exégèse. immanente. La pharmacie turea faitentre-temps l'objet d'un brillant dans La dissémination. dansson livrede 1959.-M.cet essai auraitdû êtrede natureà mêmesi ce du platonisme. 278 b-e). Aubenque.C'est essentielleécrite de la parolevivantesurla lettre riorité mentH.Ceci n'estpas sans poserun nouveauproblème. Derrida.n° 32-33.Le mépris de récride la paroleet de récriture.avec cetteconséquence à l'ésotérique de l'exotérique transféré au stadefinal d'être n'avaitplusde raison reléguée que l'ésotérique de la vie de Platonet qu'elle devaitêtreau contraire contempoen était le des Dialogues. Lettre. Schuhl. Paris. 274 b. Phèdre. de Platon. J.. Cf. 8. transmise vivante parla tradition VII. op. Krämer qui. Platon de décision mais une à philosophique biographique. et P. fondement deuxexpresentre et de la compatibilité celui de la cohérence est qui une seule êtrenéanmoins de ce qui devrait sionsaussidifférentes et même pensée9.à invoqués par les représentants et la du aristotéliciens platonisme l'exposé critique comprendre sur les seuls une sortede travailde subversion comme s'exerçant ne s'expliles déplacements et les déformations textes platoniciens. de l'écriture due à un hasard n'était de deuxformes distinction pas d'expression lui-même. 260-265. inconditionnels aux tenants les toutes en ait tiré sans conséquences. recours sources d'information le des à extérieures. soliüisal de cet ouvrage rendu 9. Mais un élément qui devrait replacer donner réfléchir et à débatdans sa vraiedimension philosophique On savait du texteet de la littéralité. Une nouvelledimension 28 (1965). rainede l'exposéexotérique puisqu'elle caché. 344 b-e. P. . Archives du platonisme.Mêmesi c'est dans une seule phrase.La matière de l'intelligible 309 d'ailleurs de la précédente école..

texteconduisent à l'incompréhension. Par-delà ellesvoudraient aussimettre en gardecontre les dangers l'épisode.. » La deuxième traduction. Stà tí peut vouloir dire : « Platon doit dire pourquoi. rigoureuse à qui sait le supposearbitrairement que le texteetlui seulfournit. s'arrêtera avec capital qui pas Les analyses voudraient mettre au jour deux nouqui suivent veaux témoignages au et insuffiempruntés Corpusaristotélicien.le refus l'ignorance écrites de touteinformation extérieure au et. » ou « II faut dire à (demander) Platon pourquoi.. la solutiondes difficultés qu'il recèle.210a 2). de traces il être lui-même reconstruit écrites. de la Physique. lire selon l'ordrede ses raisons.. me paraît néanmoins peu naturelle. un tourexcessivement favorable ne l'est d'ailleurs celui-ci ne finalement puisque qu'en apparence.. Mais cela ne change rien au sens.vivante des Dialoguesavec la tradition vivantedu platonisme « » ou scolaire dont Aristote estun quoique. écrites de Platon.qui oblige à entendre Xéyeiv comme introduisant non une réponse. voireau contresens. ainsiqu'il estécrit » dansle Timée petitou comme (209 b 33 . témoin et ne lui. mais une question.. peut-être parceque. Parmieux. et cela qu'on entende le participant commeétantle grandet le étantla matière. selonlequel Platondevrait êtreamenépar la logique l'argument 10. d'unefaçon générale. garde que et l'on ne devrait de s'abstenir désormais confronter la lettre plus .2. et ce d'autant moins Platon nous met en cette lui-même contre illusion.L'un des arguments contre cettedoctrine. Mais peut qu'à partir restequ'on ne peut plus lire désormais les Dialoguesde Platon comme s'ils recelaient le dernier motdu platonisme. samment en considération sur les doctrines non pris jusqu'ici. d'exégèse qui. La construction de cette phrase est ambiguë.Mais ces analyses voudraient aussimontrer que de l'existence des doctrines non ou. assimile la matière(öXyj) et l'étendue(x¿>pa)(209 b 11-12). chap. Xexxéov . .310 Pierre Aubenque au non-écrit. vise nommément dirigés par Aristote Platon : « En tout cas. A qui ne voitdans ce textequ'unecritique adressée au Timée. il range en toutpremier lieu Platonqui.. d'une méthode seulement en apparence. qui pis est... s'il est permisde fairecettedigression. dans le Timée. UXoctcùvi . et qui de Tübingen.s'il estvraique le lieuc'estle participant. Platondevrait biennous dire10 les Idées et les Nombres pourquoi ne sontpas dansle lieu. Aristote la position de y réfute ceux qui assimilent le lieu (totcoç) à la matière(6X>)). Le premier de ces textesse situedans la discussion surle lieu au livreIV.

et c'est seulement du sensiblecommede l'intelligible distinct « en rêve » que nous concevonstoutes choses (donc aussi les Idées) comme étantquelque part (52 b). Wieland.IV.III. 223) considère des à Platon par Aristote« se fondesur une fausseidentification reprochée » du Timée. Physik.à supposer que Platonait bienvoulu parlerdans le en général mathématiques il paraîtallerde soique les êtres 11 PourAristote..La matière de Vintelligible 311 unelocalisation aux Idéeset aux Nombres de sa position à accorder de leur refuse ailleurs11 Car. p. 203 a 9).Phys. __ __. . . 1. vol. 197. parle lorsqu'il spatiales « la moindre ne parvient H. l'intelligible.Göttingen. recevoir ne doivent recevoir de pas êtredans l'espaceet en un qu'il s'agit lieu ». 208 b 23). Ross. et qui le suit13. Werkein deutscher Übersetzung. Cela vaut a fortiori ne sontpas dans une région ailleurs Aristote. 197U.e même que la contradiction giquedu « Timée» dePlaton. Selon bien convaincantes. Idées platoniciennes. 2e éd. puisqu'elles genre». avec les iiiii-htoLTOL formes intelligibles 1962.1974. 52a-ò). ci i uuircuuimtuouuumo wi«^«11 bis De mêmeLuc ürisson 'L. W. risque paraître par qu'il dansle Timée si Platona bienaffirmé (que toutle que le réceptacle nommeici dans ce qu'Aristote inondes'accordeà reconnaître il l'étendue « participant n'est autre ». Die aristotelische p.qui est réceptacle la « nourrice en général (51 a) et qui estcomme (50 6) et du sensible » (49 a). pourquoi bis.dans le blâmerait Aristote W. Wieland.à discerner une association sur seulement fondée fût-elle relation conceptuelle. 11).. v.l'espacedoitparticiper cienne les et donc (en vue de sa propredétermination) aux Nombres mais d'autrepartles Idées et les Nombres en lui-même. 1967. située« horsdu Ciel ». qui. et ce qui le précède d'idées» entrecet argument en lui-même.quantà lui. Mais. pourles ne sontpas dans un lieu (cf. rappelle « ne sontnullepart » {Phys. 4.Paris. quelquefois recours à a Platon le sous lieu du parfois que prétexte platonicienne de des métaphores l'intelligible. pas pour autant à des explications ici Platond'avoirparlé. malentendu un cet dans voir à (misunderstanding)11 argument pas n'arrive on de comprendre Si l'on essaie pourtant l'argument. 539. exercequelquefonction du devenir analogueà l'égardde n'hésite son dans C'est Commentaire. inintelligible. Physikvorlesung. quoique la théorie à une semblable que de disqualifier critique. un sensà l'argument de trouver néanmoins Essayant dans la théorie une incohérence platoniil pensequ'il « dénonce aux Idées et de l'espace: d'un côté. se aller laisse Aristote ce seraitune bien piètrequerelle.p. Platonne ditpas autrechosedansle Timée: la x^Pa est un *troisième (48 e. Aristoteles. Hans Wagner (Arisioieies übersetzt 13. Mais Aristote seraitle lieu des Idées12. Wagner pas.. Berlin. [asÖsxtlxov) que (x&>pa)> des corps n'a jamais dit que cette étendue... » (urapoupávioç Phèdre(247 c) d'un « lieu supracéleste qui totcoç) et ne citeici que le Timée. 12.

. tituepas vraiment une « digression ».t. ticipé par à quoi il donneforme. aperçue par le commentaire minutieux. b lignes plus (209 27. position façon générale. La théorie aristotélicienne du lieu. rappelleV. Platonn'auraitjamais pu parler. est également le yíupiGxòç terme » à Aristote à « désigner la « séparation qui sertcouramment des Idées platoniciennes ». chaque grossière participation sensible aux Idées. foisle verbe(jisTaXafxêáveiv H. 1. pp.les fassedescendre savait déjà. D'où le glissement (qui ne seraitpas 14. Du moins est-ce de Platon.ce qui soulèveune difficulté et autrement spécifique grave. a consacré à la dissertation aristotélicienne sur que V.312 Pierre Aubenque a sans Timéed'un rapportde participation entrele réceptacle » et ce qui. de manifester la cohérence du développement Préoccupé il noted'abordà propos de notre textequ'il ne consaristotélicien.Certes. Goldschmidt. n. se déplacent même. parlepas propos {ii6e!. 86-87 et p.ç. 79-119. la notion mêmede participation. la (51 a-b) . Goldschmidt. est toutentière du côté du participant. de si il emploie une ce de Platon ne à fait. de ce que A participe que B est de la naturede A.Or. Mais ce n'estpas son propos ici. en quelquesorteverselle (car cela on le Idées.En dépitde l'apparence la passivité linguistique. maisbienqu'à l'inverse les Idées et les Nombres de la participent matérialité. 23) poursignifier que le lieuest « separable » du corps celui-ci qui l'occupe. sans commettre à fois une de la du contradiction. puisque n'ya pas toujours été et peutéventuellement le quitter : cetteséparabilité du lieuet de la choseexclutque le lieuse confonde avec la forme ou avec la en mêmetempsque la choseellematière. pp. plus généralement espècede et même de le relation entre sensible et participation l'intelligible. à B.lui donnefigure (50 c) et. qui. ne dira pas autrechose). Goldschmidt le lieu14.Ce qu'Aristote reproche icià Platon nepeut doncêtre le fait enparticipant aux que la matière. V. non du participé : le parmaisn'estpas affecté en retour ce donne. il là la position arrive à Aristote de critiquer cette d'une et. à sa manière. Paris. eux. critique que Wagner nonla théorie attribue serait si générale à Aristote qu'elleruinerait de mais toute platonicienne l'espace. Cettedifficulté ne semblepas avoir été davantage spécifique et par ailleurs si éclairant. où l'argument estparticulier au cas du lieu. Sur notre pasphilosophie grecqueofferts sage. et Aristote. on devaitconclure Si. . 1956. in Mélanges de à Mgr Diès. pénétrant forme en lui. possèdent quelquechosede spatialdans leurconstitutionmême. 87. Mais il situele lienavec le contexte dansle seulterme que Platona employé x<*)pujTÓç. informe. quelques haut b 30 cf.

La matièrede Vintelligible 313 beaucoup plus qu'un coq-à-1'âne) qui feraitpasser Aristote de la séparabilité (bien réelle) du lieu à la séparation (toute métaphoV. « dite Mais d'Aristote : si. le Aristote un autre lieu dans auquel Platon a sens) (quoique pour son réceptacle? Mais alorsl'argument. que ce mais que texte dans sa brièveténe permettrait pas de reconstituer. dans plus haut et qui est justementl'unique passage du Corpus aristotélicienoù il est faitmentionexplicitedes agrapha dogmata.mais il resteque dans les deux cas il a identifié .c'est pour illustrer l'impossibilité du interne à l'économie tient l'on s'en si ce comprendre passage de V. du sensibleet du devenir. Il modernes aient est d'autant plus surprenantque les interprètes lui-même Aristote c'est que d'interprétation.qui s'abstient même de citer le Timèe pour vérifierla plausibilitédu texte d'Aristote)ou même à la relationelle-même textuelledu texte d'Aristoteau texte du Timèe (ce qui est le cas du commentairede H. avec le Timèe. En 209 ò 11-16. eu le tortd'assimiler reposant uniquementsur l'ambiguïté du terme « séparé ».SignifieIdées doivent suivre le sort du réceptacle pour l'unique raison commel'est qu'elles sont « séparées» commelui ou.et non le réceptacledes Idées. dans les doctrines et Timèe le dans même la de façon réceptacle le lieu non écrites. plus exactement. nous avons la bonne fortunede connaîtrepar d'autres sources. ne serait qu'un misérable paralogisme. négligécettepossibilité situé un quelques lignes passage qui nous met sur cette voie. Le texte s'éclaire au contraire si l'on y voit une allusion critiquenon seulement immédiatement au Timèe. ajoute (ici jxeT<xX7)7CTixóv). Goldschmidt du lieu commerécepfie-t-elle platonicienne que la conception signi tacle prive les Idées de leur transcendanceparce qu'elles sont « reçues » par le réceptacle? Mais ceci va à rencontredes textes déjà cités du Timèe. comment (celui-ci étant interprétécomme jieOexTixóv. Wagner). les Idées garderaient-elles ? » J'avoue que je ne leur transcendance t-elle que les comprendspas le sens de cette explication. l'objection proprement on semble définirle lieu comme matière ou comme réceptacle 209 b 35). Si j'ai cité un peu longuementdes interprétations qui mènent absolue de toutes à des impasses. qui fontde la /capa le réceptacle des corps. Ou bien la phrase de V.mais encoreà une doctrinenon écritede Platon. en effet. après avoir évoqué la conceptionde l'identité de l'étendue (x¿>poc) Platon qui. affirme et Platon le réceptacle avec ce qu'Aristoteappelle la matière (öXtq) « il ne nomme pas le : Aristote Certes. dans le Timèe. Goldtexte d'Aristote(ce qui est le partiprisméthodologique schmidt. Goldschmidt résumeensuiteainsi rique) de l'Idée platonicienne.

par unesortede brachylogie. pournotre propos ces deux principes ne régissent la constitution du pas seulement mais aussi et d'abord celle de l'intelligible sensible. la finde la phraseveutdire. voir dIus bas.dontles termes sontsouvent présentéscomme étantle coupledu Grandet du Petitou de l'Excès et du Défaut. aussi (zopcpr) à propos de l'Un comme « élément des Nombres » (N 1. 987 b 21-22 . Tou tí sera (xXtiol (A 6. etc. 1087 b 9).indifféremment la matière.selonles doctrines important nonécrites. 1059 a 23. Ce pointest largement confirmé les par nombreux témoignages d'Aristote selonlesquels les doctrines nonécrites affirmaient l'existencede deux principes ou : l'Un d'une (ápx<xí cnroixsta)15 part. 988 a 14-15 . paraître conforme la à visée non que peu d'Aristote. A 9. Quel est ce nom? Il n'est pointbesoind'aller chercher trèsloin.qui préciseque le réceptacle (ici présenté comme« participant sans que celamodifie ». . B 3. 987 b 21 . 16. A 6. conçucomme « ainsiqu'il estécrit dansle Timée le Grand el le Peut. ». 998 b 9 . 1087 b 10.314 PierreAubenque » La finde la phrase et l'étendue (tótcoç) pourrait (/copa).tel est donc le nom que les doctrines non écritesdonnent au participant-réceptacle du Timée. Sur ces deux derniers textes. lui-même : « Puisqueles Idées. voir nina hna. 18.. Sur ce derniertexte. (ieraX7]7CTixóv. au premier abord énigmatique.écrit Aristote dansla Métaphysique. mais. 988 a 2-3) . A 6. üXtjv 19. Reste l'indication. voir note suivante. et le lieu. 2.puisquela réponse est fournie vingtlignes plus loin par notretexte.Aristote traduit dans son langagela doctrine platonicienne en disantque l'Un agiten tantqu'essence16. selon d'un autrenomdans les doclaquellePlatonappellele réceptacle trines non écrites. 1087 b 15-16). OùaÉoc(A 2. líiiòoç(A 6.que celui-ci assimile à l'étendue. sontcauses pour les autreschoses. N 1088 b 14 ss. 988 a 10). N 1. maisqu'il assimilele lieu (qu'il appelle x^Pa) e^ *a matière(qu'il appelle celle-ci ou d'un autrenom). 992 b 18 . 13 .). . 17. qui est de montrer Platonassimile le lieu et la x^Pa (ce ?ui es^ évident). Aína xocTàty)V (A 6. Mais le plus estque. et qu'Aristote nomme matière. "TXtj. 988 a 10). le réceptacle. ou comme Le Grandet le Petit. que Platonassimile partout de quelque nom qu'il l'appelle (x<í>poc. aussi K 1.. cf. [xsoexTtxóv) peutêtre. son assimilation au lieu. cf. la Dyade indéfinie d'autrepart. 20. axoixetoven Métaph. cause essentielle17 ou encoreforme18 et que la Dyade indéfinie du Grandet du Petit agit comme matière19 ou cause matérielle20. ApxY)en Métaph. 987 b 19-20. * pour dans tous les textescités dans les troisnotesprécédentes A 6. N 1. comme la x^poc fjL£TaX7)TCTixóv est manifestement le réceptacle. 988 a 10.les éléments des Idées ont été (dToixeïa) 15.

2e éd. et limitante du principe minante « l'infini du restedans un textede la Physique Platon. infini (áraipov) Petit23. qui est doncaussi dans les Idées. et la place de la physique. des origines dans La penséehellénique (ici p. démontrée. 24.et cette« matière ». 259. mais aussi dans l'univers dans le sensible.Revue dans la philosophie de la physique philos. 2. A 6. « c'est la Dyade. 203 a 4.sousuncertain de les Idées l'Un le mêmerôlede à point vue. pp. ajoute-t-il.à une varianteprès.et l'Un Testen tantqu'essence. or « le lieu paraîtêtre[aux Platoniciens] {Métaph. qui suscite confirme Aristote formel d'unité.le Grandet le Petit»22. Notretextede la Physique s'éclaire. que. seulement illustré matériel l'œuvre un à d'indétermination.. regardés [par Platon]comme Ainsic'esten tantque matière et le Petitsontprinque le Grand Car c'est des premiers cipes.. par principe qu'est de l'Excès et du Petitou encore du Grand le balancement indéfini l'actiondétertelun réceptacle. A vrai dire.III.la traduction et la place donnede ce passage L. 334. et du Défaut. 258). le et le Grand n'est autre que qui. cette équivalencen'est jamais directement puisquele Timéene parlepas du Grandet du Petit. un ne pas comporter les Idées comment pourraient expliquer élémentspatial dans leur définition. la non-localisation affirmant dans ce sens notretexte26. 988 a 11-14.. des Idées. jouentpar rapport matière le sensible sous-jacente (ûXy) que y)U7uoxei[iiv7)) parrapport aux Idées. nous semble-t-il. pour les Idées et sensibles les choses dans est à la fois ». Léon Robin avait déjà interprété que 21. dont qu'elles composées principes Ce n'estpas l'unjoue le rôlede participant et l'autrede participé. qui contredit conséquence et d'autresassertions et le sens commun platoniciennes pourtant des Idées. 23. à ce que nous croyons savoirdu platonisme à partirdes seulsDialogues: nonécrites. pourle Platondes doctrines » ou « éléments « sont de deux ». Mais il est évidentpour de la grandeur etle Petitsontunedétermination Aristote (jiéyeGoç) que le Grand l'intervalle N 1. pp. fication p. .. 1967. La conclusion est facile même si elle se heurte à tirer.. de la ffrandeur n. 421-423 25.. Phys.Paris. Et unpeuplusloinAristote précise que. 209 b 6).reproduit de Platon. Robin dans son Etude sur la signification 86 (1918). les Idées sontdes mixtes. et Etude sur la signiplatonicienne. et reçoit.III... 231-336 22. 1942... 987 b 18-22.. 1088a 19) . 15-16.La matière de l'intelligible 315 étantles éléments de tous les êtres. 4. à Epicure. » (Phys. La théorie . par à l'Un (xocxà tou svóç)que sontconstituées participation (xéOeÇiv les Idées»21. par là constituant : si le Grandet le Petitest un élément définitivement et le Petitn'estqu'un autrenomde ce que des Idéeset si le Grand alorsPlatondevranous Platonappelledansle Timée« étendue »24.Nous citons.

quel l'objet de la science que nous recherchons sous le nomde sagesse((7091a). constitué de résumés que ce livre. Tout au plus. Cf. de Gruyter.d'unemplaceplatonicienne. Sur l'inauthenticité du livreK de la Métaphysique. qu'il rapprochait selonlequelles Platoniciens rattachaient le vide. premiers rangque les Nombres Et Robin commentait ainsi ces témoignages : « Ces convergents de la tradition données immédiate sont en ce précieuses quiconcerne. dans la doctrine l'existence d'un lieu. 11 finet 12 Wimmer. Jepenseavoirétabliailleurs. Natorp et A.. fr. Tel que sur des réalités serait bienle cas des Idées. Théophraste. sous presse. Cherniss. L'autreexemple d'un texte. La raisonen est sans doutequ'ils n'ontpas prissuffisamment au sérieux l'existence des doctrines nonécrites ou que même.qui. Etude. aurait sa fonction jusque dans le monde »27. P. ait étéignorée par exégètes postérieurs.encore plus méconnu celui-là.316 Pierre Aubenque notamment d'autres d'un fragment témoignages. qui ne s'éclaire des doctrines nonécrites nousestfourni qu'à la lumière K de la Métaphysique. Berlin New York. intelligible On s'étonne claireet distincte.qu'on l'appellecomme on voudra biense confondant avec le non-être ou avec le Grand et le Petit.. Méiaph. à la parle livre suitede P. . in Zweifelhaftes in Aristoteles. 1981). 260-261. 28. ils sontallésjusqu'à en suspecter l'existence. Actes du IXe Symposium aristotelicum (Berlin. que les deux premiers chapitres de K résument le problème de la source de ce texte pourl'essentiel..le passageque je vais citer n'ayantpas d'équivalent dans le livre.XII. résumant au chapitre1 les aporiesde B se demande est 1.ou bien s'y réduisant. ou mentou d'unvide. d'autrespartiesde la Métaphysique et de la Physique. malheureusement.laquellese vengeici par l'incompréhension à laquelleils se sonttrouvés de ce faitcondamnés. . Mais cettecirconstance ne change rienà monpropos. L'auteur du livre K. ne peutêtreentièrement dissocié de celuique pose son apocryphe interprétation..le de Théophraste lieu et l'infini du Grand et du Petitet en faià la Dyadeindéfinie saientdes genres de même idéaux26. Aubenque. pourtant les l'énigme poséepar209 b 33 ss. pp.en l'occurrence B. Il présuppose qu'une tellescience ne peutporter immatérielles. n'est pas d'Aristote28. 27. Mansion. de que cettesolution. à la suitede H. « n'existent celles-ci 26.

P. Maisalorsla question n'estséparé desêtres posée mathématiques franchement donnée est absurde. ». enquête (1059 s'occupe dansle Corpus tôv (xa67)(xaTix<5v. à accorder sur le sens positif ils divergent bilité.p. ce ne et « la démonstration sur la science être qui porte davantage peut de l'existence sur la science» (sans douteparceque l'affirmation n'est pas une simple » des êtresmathématiques d'une « matière à mais correspond la science. suffisont ne la de pas qu'ils parce première philosophie indignes à la philosophie de confier on envisagerait samment immatériels. Gesch. « sensible ici matière ne peut signifier doncclairque öXv) cette sur assez largement s'accordent impossiSi les interprètes à l'expression. Natorp.1 (1888). « l'objetdesmathématiques Mais.d'ailleursattestéau qu'il s'agit de mêmelivreK (4. L'auteur de la science réquisits de quellescience « D'une façongénérale se demander on pourrait mathédes êtres la matière concernant des apories relève l'examen » b tôv oXtjç) (1059 14-16). la philosophie sophie que nous recherchons » b cette de 16-21). et la devient y qui réponse étrange comme desêtres l'étude considéré avoir mathématiques après puisque. ! Il est êtres ces de matière la de l'étude mathématiques première ». qui estunique L'expression uXyj Si l'on fait ici ce évidemment est problème. répondent séparés K alors: se demande de recherchée. On peut discutersur le sens de x^pioTÓç. ») . philodonc. d. Über AristotelesMetapnysiK.e. Natorpcomprend Rossdans le comme »30. sontde puresabstractions.u. remarque tautoalors devient la son Commentaire posée (ad loc). qui n'ontpas d'existence mathématiques à l'usage de x^purnSçau livre K (cf. qui première] [i. 1061ò 21). que . par Mais ceci ne seraitpas conforme exemple1060 a 19 : ycopta^ töv ac^Twv).. 186. question 29. impliquel'expression ukr¡ ce qui ne fussent raitque les êtres pas immatériels. iuduu ¿. mathématiques de 1059b 13 selonlaquelle«aucun à l'assertion conforme est certes »29.sîiu^u /. Philos. P. iv 1-0. S'appuyantsur un usage possiblede 6Xtj. La phrasevoudraitdirealorsque les êtres autonome. requisepar hypothétique prémisse la ce soit « conclut il reste une réalité) l'auteur.e. 30.de Vintelligible La matière 317 ils ne sontpas pas » (1059b 2) ! Quant aux êtresmathématiques. Et matiques(rapì tyjç (xa0Y)[xaTixc5v ne être la ce il répond s'occupe puisquecelle-ci physique. . peut que mouvement de le eux-mêmes ont en d'êtres principe leurpropre qui immobiles que sont pas le cas de ces êtres (ce qui n'estévidemment nonplus que de leur« matière les êtresmathématiques. « séparés doncpas aux et ne de la i.qui signifieparfoisaussi « subsistant chez Aristote par soi ». qui aristotélicien. matière. matière de banal sens au entend sensible.

.publiée après sa mortpar E. de plus. comme les êtres parexemple ».1036a 9 ss. 33. voulant montrer à unephaseancienne de que ce texteappartenait la carrière a eu l'idéede le mettre en rapport nonavec d'Aristote. 1955. (s'agissant La clé de cetteénigme est fournie ici encore aux par le recours doctrines non écrites de Platon.. cf. premier. 1059 b 25. Z 10.qui. 2e éd. le livreZ. Jaeger.paraîtbiencomprendre » Stoff. ce que ne devraient si l'on veut pas êtreles Idées et les Nombres soient Il nousparaîtplus simple de renvoyer qu'ils incorruptibles. Mais cette d'ailleurs mathématiques matière.la philosophie finalement donnée première. de K 1. que l'espace. suiviimperturbablement depuis lorsparRoss. K 1. comme veulent lesplatoniciens.la mathématique . N 1.différente une réponse de celle qui sera . Berlin. il est « composé d'éléments ». 1.1923. géométriques 1037a 4 et H 6. Bonitz. d'unematière parle « se rencontre dans les êtres intelligible (uXyj qui sensibles. où il est dit que le nombre doitcomporter une matière le si. W. à l'exposéplusobjectif de N 1.. 1087b 14 ss. 1087 b 13 . Mais Bonitz semble avoir changé ensuited'opinion.C'est W.puisqu'elle de la science ? Et. maisavec le livreN de la Métaphysique.elle appellerait l'objet mathématique .Tricot et G. Mais alors on doit se practically space fxaOY)(jiaTixc5v uXyjç demander l'étudede l'espaceest confiée à la philosophie pourquoi et non pas. 2. alorsque pour Aristote les « élé» sonttoujours ments les parties immanentes d'un toutcomposé. Jaeger le qui. La plupartdes autresinterprètes trouver à l'intérieur croient du Corpusaristotélicien la réponse à leurembarras. à la géométrie ou même première du lieu) à la physique. commele suggèrent les exemples donnésen Z 11. Reale dansleurs commentaires respectifs. 6). Wellmann commeNatorp: « Den der Mathematik (Berlin. 1088b 14.puisque sa traductionallemandede la Métaph.. W. 1045a 35.p.dans son Commentaire de 1848-184931. 1890).où Aristote renvoie à Mélaph. Aristoteles. C'est du restece qu'admetRoss. Jaegerrenvoie au texteN 2. Maisce texte entend blâmer nonécritfaitde (ttoi^siov l'usageque le platonisme au sensde « principe » (ap^Y))33.318 PierreAubenque serait: Quelleest la sciencequi s'occupede logique. et notamment aveclespassages à Platon unedoctrine » des« éléments qui attribuent de l'intelligible32. zugrunde liegenden 32..se contente à propos de poserl'équation : « tyjç = tcùv ». où il est question de ces philosophes le Grandet le Petit platoniciens qui « admettent 31. 1059b 15.n. 221.. appelée aussi «matière locale» (uXyj H 1042 b n'est autre totcixt). tout simplement. voyjty)) maisnonen tantqu'ilssontsensibles.

ait survécuà la critiqued'Aristoteet soit restéevivante cela est attesté. Même une fois ne s'occupe pas des êtresmathéadmis que la philosophie première il une compétenceen ce qui est de lui attribuer légitime matiques.puisqu'il jecter qu'Aristoten'a pas à se préoccuper la critiquequ'il en ne croitpas à son existence. digne de la science suprême. qui. pas On pourraitm'oben ce sens.les deux étant la matièreet l'Un la forme».la théorie des deux principesconstitutifs. supra-intelligible. sur le point précis qui dans l'école platonicienne. La question posée par K 1 s'éclaire dès lors. raisonsde douterque l'auteur du livre K soit Aristote. appliquée aux Nombres. et le Petit.puisque cette matière est une « matière incorporelle» (öXy)áací>[AaToç)36. ici. l'intelligible intelligible. » A 7. 988 a 23-26. et reflétant la de à platonicienne. Cf.y III. . mathémala « matièreintelligible qui est la structure la science mathéde et relève sensibles êtres des logiquement tique des La matière elle-même. concerne la matière de ces mêmesêtres mathématiques. sur ce point. constitué alors qu'Aristote une dépendance plus était encoreélève de l'Académie. Si Ton met à part le premiers fait qu'Aristoteaffecte de compterpour deux le Grand et le Petit.très largementétrangèreà celle des Dialogues. 4.de toute réalité. Nous pouvons commence seulement détail de ce traité..Du passage considéréet de quelques autres on peut induirela suppositionque cet auteur. elle est elle-même. des deux matières.Phys. Cf. Métaph. II. 203 a 15-16: « Platon faitdeux les infinis. intelligible comme sensible. matériel et formel.La matièrede l'intelligible 319 avec l'Un. problématique grande l'égard Que cette problématique. paraît innoverpar rapportau texte du livreB. plus principielleque l'intelligiblelui-même et. aura eu aussi entreles mains un catalogue correspondant d'apories plus ancien que le livre B.par la doctrine que nous plotinienne ici dans le entrer ne lisons dans les Ennéades. Rappelons par disqu'il le Grand 34. platoniciensn'est incorporelle matique de la matière est elle matière une et. nous occupe. 4. par conséquent.Cette matièren'est pas parfaitement » d'Aristote. en réalitéun seul principe on retrouve qui constituent pourPlaton84. 35.commeen témoigne Mais je rappellequ'on a de bonnes faitau livreN de la Métaphysique. de cettematière. qui sont ainsi les trois élémentsdes Nombres.

36. 37. subsidiairement. maisencore le principe requis parla constitution de différenciation loinde s'abîmer dans une par quoi l'intelligible. 1. 38) ou encore de « la matière qui est là-bas » (passim). se verraobjecter intelligible. 15-18. le plus souvent. tel que Platon le trouvaitnon pas dans les Dialogues. 24). mais de « la matière dans les intelligibles» (§ 5. 40. 1. trad. dans l'intelligible. 1. ets'articule encette totalité diversifiée s'organise « monde »38. n'est pas elle-mêmecorporelle. contrairementà la traduction sur ce point inexacte de Bréhier (fin du § 5). qu'Aristote par Plotinque « l'indéfini ne doit pas êtretenupartout to pourméprisable ». On aura reconnu les stoïciens dans le dans le second86.320 Pierre Aubenque deux typesde philosophies de la matière : cellesqui ne tinguer d'autre matière et celles conçoivent que corporelle que qui disent la matière est incorporelle. IV. Début du § 3. l'autre. KóCTfxoç voy]tóç (II. 4. Ennéades. en quelque sorte de la matièredans la constitution du monde préintelligible39. 4. Bréhier modifiée. l'adjectif « intelligible» n'est appliqué qu'une seule fois à la matière (§ 5.cf. ou 7ravxaxou On peut supposer. 2. Bréhiernote dans sa Notice que cette idée « est tiréede l'enseignementde Platon. par exemple Phys. Si la « matière antérieure au incorporelles substrat des corps» peut évoquerle réceptacle du Timée. que Plotinappellera intelligible C'est pouravoirméconnu ce rôlefondateur. que. mais dans les commentaires et critiques qu'en fait Aristote. Parmi cas. Pour l'assimilation que fait Aristote de la matière et de l'indéfini. 4. ne parle pas de « matière intelligible ». en tout cas. 4. vol. 1. avaient moins méprisél'indéfini. p. que Plotin. II. les platonico-aristotéliciens premier il convient de faire uneplaceà partà ceuxqui disent ceux-ci. c'est en effetpar Aristote seulement que nous savons positivement que Platon a admis dans les intelligibles un infiniet par conséquent une matière qui devait être le modèle de la matière des choses sensibles » (Plotin. 38.Avec sa perspicacité coutumière. 1. 45). Aristoteet.. 39. Ennéades. s'ils áópuTTOv (XTtjxaaTéov40. En II. 1. pour éviter encore une fois la confusion avec la üXt)votjtt)d' Aristote. tiqueabuseralongtemps PierreAubenque. Et ailleurs l'expression « matière intelligible » a un sens plus restrictif(elle désigne l'âme en III 5 6. l'auteurdu livreK n'auraient sous forme de pas eu à présenter dontla formulation paradoxesdes thèsesplatoniciennes énigmaleurslecteurs. unité sanscontenu. Pour Aristote. 48).la matière même si elle est matière d'un corps. antérieure et qui est.en effet. . à celle-ci le substrat des Idéeset des essences »37. II. qu'il : « L'une qui est le y a deuxespècesde cettematière incorporelle substrat des corps(c'estcelledontparlaient les premiers). 210 a 6-8. 8). Notons à ce propos. on ne aux doctrines non écrites de Platonle complépeut qu'attribuer mentdécisif non seulement le principe qui faitde ce réceptacle matériel descorps. .