Paul-Henri Stahl

L'Habitation enterrée dans la région orientale du Danube (XIXe et XXe siècles)
In: L'Homme, 1972, tome 12 n°4. pp. 37-61.

Citer ce document / Cite this document : Stahl Paul-Henri. L'Habitation enterrée dans la région orientale du Danube (XIXe et XXe siècles). In: L'Homme, 1972, tome 12 n°4. pp. 37-61. doi : 10.3406/hom.1972.367299 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1972_num_12_4_367299

L'HABITATION ENTERRÉE DANS LA RÉGION ORIENTALE DU DANUBE

(XIX* et XX* siècles) par PAUL-HENRI STAHL

Les voyageurs qui venaient d'Occident au xixe siècle et traversaient la région orientale (ou inférieure) du Danube étaient souvent frappés par les aspects d'une vie sociale profondément différente de celle qu'ils connaissaient dans leurs pays d'origine. La région orientale est limitée à l'ouest par les Portes de Fer (Djerdap), situées à la rencontre des Balkans avec les Carpathes. Le delta du Danube et la mer Noire limitent la région à l'est. Roumains et Bulgares constituent les deux populations les plus nombreuses. A côté d'eux vivent des Turcs ; à partir du XVIIIe siècle s'y ajoutent en nombre croissant des Tatares, fuyant les régions qu'ils habitaient depuis de longs siècles et d'où les chassait l'avance de l'empire russe dans la région de la mer Noire. Les autres groupes minoritaires ont une impor tance numérique réduite : Ukrainiens qui trouvent là plus de liberté pour prati quer leur religion que dans leur propre pays, Tcherkesses fuyant le Caucase occupé par les Russes, Allemands adeptes d'une philosophie qui interdit la vie militaire, Grecs, Serbes. Dans toute la région on pouvait voir des constructions partiellement enterrées, représentant parfois la seule forme d'habitation, ou bien coexistant avec des maisons construites sur le sol. Leur aspect inhabituel frappe alors l'imagination ; la culture classique des voyageurs les conduit à rapprocher leurs habitants des troglodytes de l'Antiquité. Ils décrivent souvent ces habitations, mais leurs obser vations, précieuses, sont cependant loin d'avoir une rigueur scientifique. R. Walsh, qui généralise les observations faites dans le sud de la Valachie, affirme que tous les Roumains vivent sous terre1. Cette affirmation est reprise par une bonne partie de ceux qui empruntent la route reliant Giurgiu, port situé sur le Danube, et Bucarest. « II y a quelques années les paysans moldo-valaques n'avaient pour demeure que des tanières obscures et enfumées, creusées en terre, à une profoni. R. Walsh, Voyage en Turquie et à Constantinople, Paris, 1828 : 176.

Voir aussi la planche XIII du même ouvrage. Kanitz {La Bulgarie danubienne et le Balkan. 1966) . « Lomskijat okrag. Basanovic. alimentatia târanului în deosebitele epoce aie anului si în deosebitele regiuni aie târii. Paris. 1846 : 285. Et Xavier Marinier s'apitoyait sur le sort de ces familles « abritées sous des huttes où nous ne voudrions pas. Mihailescu. iluminatul si încâlzitul ei. Allard. On pourrait citer bien d'autres auteurs. îmbrâcâmintea. n'apparaissent et ne s'imposent qu'au xixe. Paris. LUI (Bucuresti. 1864 : 110. C. Souvenirs d'Orient. 1934. Par exemple le dessin publié par F. 1922 : 5) signalent cette tradition. Du Rhin au Nil. Igiena târanului roman. încâltâmintea.. Manolescu. les villages sans rues sont la grande majorité : les routes construites qui relient les villes entre elles. L'idée d'une influence de l'habitation sur la santé s'impose dans la deuxième moitié du xixe siècle . 1860-1880. écrivait Ubicini vers le milieu du xixe siècle1. 1891. Vintila Mihailescu qualifie ces villages de « nébu leux »5. c'est à cette époque qu'on publie en Bulgarie comme en Roumanie des ouvrages insistant sur l'influence anti-hygiénique de 1. La Bulgarie orientale.. 5.38 PAUL-HENRI STAHL deur de deux mètres sur une superficie de trois à quatre mètres en longueur et de deux ou trois en largeur ». Paris. Par exemple : I. Les premières études attentives consacrées à ces constructions sont l'œuvre de médecins7. Dans une carte consacrée aux établissements humains des paysans roumains. 1895. Études de voyage. Jahrhunderts. 4.Jusque vers le milieu du xixe siècle. in Sbornik za narodni umotvorenija. mais les distances entre les maisons sont généralement plus grandes que jadis dans les villages aux habita tionsenterrées. Ubicini. loger des animaux. des maisons. sont remplacées par des fossés destinés à empêcher les animaux de s'enfuir4. 1935). und zu Beginn des 20. Bucuresti. 6. Un grand nombre de ces familles se creusent leur demeure dans le sol même. Gh. »2 Toutes ces allégations sont en partie vraies. V. L'aspect inhabituel de ces huttes est accentué par le caractère particulier des villages. . A. Des villages sans rues se maintiennent encore. de même que les rues droites avec des constructions alignées. Brno. se compose exclusivement d'habitations enterrées. pas même de rues tortueuses3. N. Locuintele. Materiali za sanitarna etnografija na Bâlgaria ». à côté des habitations enterrées. Nous avons pu retrouver partout dans la plaine valaque le souvenir de ces villages aux habitations enter rées. des villages sans rues. 3. nauka i kniznina. Buletinul Societâtii Re gale Romane de Geografie. 2. Quelques rares illustrations nous permettent de voir leur aspect en Bulgar ie6. 1856 : 204. 1882 : 101) où l'on voit. Crâiniceanu. X. les clôtures. 5 . Marmier. Bucuresti. en France. le village. où chacun s'installait comme il le voulait. Ou encore le dessin publié par Vaclav Frolec {Die Volksarchitektur in Westbulgarien im iq. inexistantes. Camille Allard remarque sur la rive orientale du Danube. Marius Constantinescu & Teodor Popesctj (Monografia comunei Pietrosani Vlasca. Provinces danubiennes. Bucuresti. Igiena târanului. mais comportent bien des exagérations. dessiné en 1892. 7. Des sentiers relient une ferme à l'autre . Paris. surtout dans les parties montagneuses de la Bulgarie ou de la Roumanie. en Dobroudja. 1895 . « Une carte de l'habitat rural en Roumanie ».

publiées par Mihail Kogalniceanu. Bucuresti. Le groupe roumain qui vit en Bulgarie. Les Bulgares le connaissent aussi dans le département de Vidin et sur la rivière Ogosta.L HABITATION ENTERRÉE 39 l'abri enterré1. II : 53. Godisnik na Sofijskija Universitet. judetul Caras-Severin. op. ancêtres des Roumains et habitants de la vallée danubienne avant l'arrivée des Slaves3. comme c'est le cas surtout en Moldavie. 5. de Moldavie. et les maladies des yeux. Guncio St.) 3. se trouve la ville roumaine de Zimnicea. l'appelle de la même manière2. entre les deux catégories. I. dont le nom doit venir de l'appellation slave de ce type d'habitation. Neculai Costin raconte que les paysans ont construit « des huttes creusées en terre et des maisons » désignées par les noms de bordei et colibâ (terme employé par tous les peuples balkaniques). Mais. uzemka ou uzeninica*. mais rarement. Dans d'autres régions roumaines. Cronicele României sau letopisetele Moldaviei §i Valahiei. 1903. Les Roumains emploient. peu à peu les recherches se multiplient. de la Dobroudja. est surtout employé pour les caves où l'on garde des légumes ou des ruches pendant l'hiver. Il s'agit surtout de deux maladies : le rhumatisme. Hariton Tiktin (Rumànisch-Deutsches Wôrterbuch. les ethnologues. 6. Enfin. 1966) analyse le nom et sa diffusion. cit. Guncev. malgré une large cheminée.) écrit que le nom de zetnnik. 7. Pour les Bulgares le nom courant est d'origine slave. la différence est claire pour les paysans : dans une chronique du xvne siècle. . I. En Valachie. conséquence de l'humidité qui règne à l'intérieur du logement. G. OravrÇa. {Cf. On est aujourd'hui en mesure de retracer une image suffisamment claire : le sujet. Fakultet. Les géographes. 1872. dans la plaine panonienne6. près du Danube et de la frontière bulgaro-yougoslave. 1923 : 6) mentionne le nom de zomonita dans le Banat. les sociologues se penchent sur le même sujet . Filosof. 3 vol. Rusu (« Elemente autohtone în terminologia asezârilor si gospodâriei ». un mot d'origine slave. 1934. zomonita ou zemnik5. Le nom paraît trouver son origine dans la langue des autochtones daces et thraces. 2. On le trouve chez les Roumains de Valachie. à cause de la fumée qui persiste autour du foyer et dans les pièces. Bukarest. dans une des meilleures études sur les habitations enterrées de Bulgarie. 1st. Gunôev (« Uzemnitia kâsti v Dunavska Bâlgaria ». car elles forment ensemble les deux parties d'une même zone. Emilian Novacovici (Monografia comunei Râcâsdia. Cet emploi est à l'origine des confusions faites par différents auteurs entre les vraies habitations enterrées et les abris misérables édifiés sur le sol. Anuarul Muzeului Etnografic al Transilvaniei pe anii IÇ62-1964. deux autres noms sont plus rarement utilisés par les Bulgares : kasta uzem (« maison creusée en terre ») et prîstenica7. ne pourrait être limité à l'une seulement des deux rives du Danube. delà anul IJJJ-IQ22. donc dans la région où le contact avec les Roumains est étroit. Qui habitait ces constructions ? Quelle était leur diffusion ? Quel était leur 1. tel qu'il se présente. 4. Le nom Le nom commun est celui de bordei. le terme bordei est employé pour désigner toute demeure misérable. utilisé parfois pour désigner un abri pour les gens. sur le Danube. 3°). indique aussi les noms employés pour les désigner. Cluj.

Dans les habitations les plus simples. La technique de construction On confond parfois trois catégories d'abris creusés en terre ou dans le roc : a) ceux complètement enfouis . mais nulle part elles ne se sont maintenues comme dans la région orientale de la vallée danubienne. le nom même de fosse (groapa) devient syno nyme de chambre. On y jette du bois. . enfin c) ceux creusés en profondeur mais avec un toit qui dépasse le niveau du sol. dont le caractère exemplaire suscite notre intérêt. nous devons élucider une série de questions préalables. mais aussi par leur nombre et leur importance. elles acquièrent ainsi en partie les qualités de la poterie : perméabilité réduite. cercetâri. d'une montagne. Nicolaescu Plopsor. Les constructions enterrées sont connues partout en Europe et quelques spécimens en subsistent au xixe siècle dans la plupart des pays européens. les parois durcissent et. sauf pour abriter des pro duits ou des animaux. 1940 : 11. soit comme abris d'animaux . C. Leur longue vie et leur emploi généralisé a permis l'élaboration d'une technique supérieure et de plans complexes. economic §i nafional. nous avons pu observer cette technique dans les huttes des Tsiganes Rudari. On peut citer aussi les cavernes utilisées occasionnellement par les paysans ou servant au culte. Les habitations enterrées dont nous parlons ici appartiennent à la troisième catégorie : elles se distinguent non seulement par la technique de construction. soit comme abris provisoires pour les gens. 2. La deuxième a toujours eu une situation d'exception parmi les habitations villageoises . dinpunct de vedere medical. Istrati.40 PAUL-HENRI STAHL plan et comment étaient-elles utilisées ? Pourquoi se sont-elles maintenues si longtemps pour disparaître ensuite si rapidement ? Pour répondre. Sous l'effet de la chaleur. Bucuresti. d'un ravin . charpentiers semi1. 1880 : 322. car la tra dition des abris creusés dans le roc et servant d'églises ou de monastères chrétiens s'étend en Bulgarie et en Roumanie. b) ceux creusés horizontalement dans la paroi d'une colline. Le trou est creusé pendant l'été. La même technique est employée pour durcir la fosse d'une église enterrée2. à un ou deux mètres de profondeur. c'est-à-dire à deux ou trois pièces. comme dans la plaine danubienne il s'agit souvent d'argile. des tiges de maïs et on allume le feu. On dit ainsi qu'une telle habitation est à deux ou trois fosses. elle se rattache plutôt à la vie monacale. Craiova. culegeri. Documente. les parois restent à nu . de la paille. solidité1. Nous ne connaissons pas dans cette région de constructions de la première catégorie. CI. O pagina din istoria contemporanâ a României. Au début on creuse une fosse .

l'habitation enterrée Fig. i. — Habitation enterrée de Castranova (Petite Valachie) (d'après Grigore Ionescu) .

3. P. Stahl. cit. assemblant sur place les différentes pièces de la maison. Bucuresti. Monografia comunei Nalbant din judetul Tulcea. Jadis. Bucuresti. en bois de chêne. on le descend à l'intérieur et on le fixe en enfonçant les pieux verticaux en terre2. Les parois étaient néanmoins enduites d'une couche d'argile qui donnait une surface lisse. 6. habituellement. les villages vivaient cachés dans la forêt. Tulcea. 1963. de bonne qualité. Focsa (« Elemente decorative la bordeiele din sudul regiunii Craiova ». Le bois est coupé par les paysans dans les forêts avoisinantes. 1910 : 41. On constate à ce point de vue une amélio ration. Les parois doublées de bois sont d'une qualité supérieure. jusqu'au Danube5. d'après les informations dont nous disposons. il s'agit de disposer de planches épaisses. Mais. On ne saurait préciser aujourd'hui les régions où domine l'un ou l'autre des matériaux de construction. Contrairement à une opinion largement répandue. Ursâchescu. Chaque pièce fait partie d'un ensemble qui peut être démonté et transporté ailleurs. Ensuite ils 1. 2. in Studii si Cercetâri de Istoria Artei. si la famille ou tout le village change de place. Walsh. survivants d'une vaste action de déboisement et de conquête agricole des terres. car. . Il est probable. des chênes ou des hêtres subsistent isolés dans des plaines qui se perdent à l'horizon. A l'ouest. en Petite Valachie. les parois sont recouvertes d'une couche pro tectrice formée d'un autre matériau. D'abord à cause des matériaux. in Studii si Cercetâri de Istoria Artei. La technique la plus simple est celle du clayonnage. Les restes de ces anciennes forêts sont encore visibles . Gh. Après avoir construit le pan d'un mur en clayonnage. 4. Manolescu. 1955. V. les forêts avançaient. Une telle habitation dure longtemps6. Une telle construc tion pose des problèmes difficiles. les églises enterrées peuvent également avoir les parois doublées de clayonnage4. : 176.42 PAUL-HENRI STAHL sédentaires1. N. D'un tronc on dégage une seule planche. R. que les habitations enterrées aux parois doublées de clayonnage se rencontrent à l'est de la rivière Oit. il semble que dominent les parois doublées de bois coupé en planches. comme on a pu l'observer pour des constructions du XIXe siècle. cit. dans la plus grande partie de la plaine danubienne. plus difficiles que pour une maison construite sur le sol. la partie cen trale (« le cœur »). Cette constatation modifie ainsi l'affirmation selon laquelle les constructions enterrées sont caractéristiques seulement des régions déboisées. 3-4 : 85) a pu enregistrer des habitations enterrées doublées de bois qui dataient de 150 à 200 ans. op. H. Les charpentiers peuvent couper le bois dans les forêts de mont agne. op. donc en Grande Valachie. : 42. Le plafond d'une telle construction est toujours en clayonnage3 . à l'extérieur de la fosse. dans le passé et même vers le milieu du xixe siècle. 5. steppiques. « Vechi case si biserici de lemn din Muntenia ». Notons aussi qu'en Petite Valachie travaillaient d'excellents maîtres-charpent iers paysans. ou par des maîtres-constructeurs qui travaillent dans les forêts de la montagne.

cette terre a été excavée au début des travaux. De l'extérieur. cit. Lorsque les briques cuites se répandent dans les villages. Sofronie Liuba & Aurelie Iana (Topografia satului si hotarului Mâidan. fourchus à la partie supérieure. cit. 2. Ils dépassent le niveau du sol. Il change d'aspect pour les habitations plus grandes et il a alors une forme qui diffère du toit habituel à quatre pentes des maisons roumaines ou bulgares. un clayonnage ou de larges planches sont installés sur le faîtage. Leur apparition est tardive — au xixe siècle2. 6. minces. cit. Le toit. : 103) décrit le toit couvert de terre battue. Bucuresti. d'un côté et de l'autre de la fosse. Craiova. 1868 : 52. Enfin. : 204. cit. C'est lui aussi qui signale des constructions enterrées couvertes de tuiles plates. Papa (Monografia orasului Plenita. Leonida Colescu (Statistica clâdirilor §i a locuintelor din Romania. Ubicini. la première apparaît vers 1820 et appartient à un riche propriétaire terrien. : 318) a trouvé des constructions enterrées couvertes seulement de chaume ou de roseaux posés sur une mince charpente. D'autres perches plus minces (les chevrons) sont fixées par un bout sur cette perche centrale. Kanitz (op. aux parois doublées de bois. il ressemble alors à une taupinière percée d'une porte3. dans sa forme la plus simple. 2 vol. entassée et nivelée7. à travers laquelle la fumée du foyer peut s'échapper à l'extérieur. et c'est seulement ensuite qu'on jette sur le toit la terre. couverts de chaume ou d'écorce. 3. Bucuresti. Frolec (op. Sur ces deux poutres s'appuient les chevrons. Focsa (art. cit. deux poutres parallèles à la perche centrale. ces dernières intercalées entre les planches et la paroi de la fosse. 5. V. sont enfoncés dans le sol ou posés sur une grosse pierre5.L HABITATION ENTERRÉE 43 démontent la construction et la transportent dans la plaine pour la vendre aux habitants1. Le toit doit supporter le poids de la terre qui le recouvre . recouvrent les abris des bergers en Dobroudja. A gricultura românâ din judetul Mehedinti. on voit un toit 1. on la jette sur le toit après avoir mis en place la charpente4. car il n'y a jamais de grenier dans ces constructions enterrées. Des toits semblables. on pose sur le sol. Ion Ionescu de la Brad. on les utilise pour doubler les parois. : 151) signale le même emploi des briques dans cette région. mêlée de chaume. F. 7. Bruxelles. Le plafond comporte ainsi deux pentes qui s'unissent vers la partie centrale des chambres. I. : 40) décrit cette technique en Bulgarie. Constantin I. A. Lorsqu'il s'agit d'habitations bien construites. J895 : 97) décrivent ce toit et sa technique de construction. A l'intérieur le toit se confond avec le plafond. 1920 : 20) signale quelques exemplaires en Moldavie. Caransebes. cas extrêmement rare. Enfin. : 93) trouve des parois doublées de planches et de briques. 1938 : 37) les signale dans une ville-foire de la Petite Valachie . l'autre bout étant posé sur le sol6. întocmitâ pe baza recensâmîntului general al populatiunii din iç Decembrie iqi21 Ianuarie IQ13. 4. 1886. La charpente doit être solide : deux piliers résistants. Gh. chacun au milieu d'un des côtés étroits de la fosse. couvre une seule pièce . Dolj. Emile de Laveleye (La péninsule des Balkans. op. Ces deux piliers supportent une perche horizontale qui passe au-dessus de la partie centrale de la fosse et forme le faîte de la maison. Ionescu de la Brad (op. .

La composition des plans Le plan le plus simple comprend une pièce unique qui cumule toutes les fonctions de l'habitation. en regardant de l'extérieur. et comme elle ne peut pas non plus traverser le toit. malgré des inconvénients évidents. Le grand poids du toit non seulement exige l'installation d'une charpente solide mais aussi détermine l'organisation du plan. dont le faîte suit le milieu de la fosse formant le plan. mais on ne verra point d'habitation enterrée qui ait la largeur de deux pièces. d'où des problèmes qui ne se posent pas pour le toit d'une maison normale. on creuse devant l'entrée quelques marches qui forment un escal ier. qui descend progres sivement. la direction et la compos ition intérieure de l'habitation. La fumée ne peut passer dans le grenier puisqu'il n'y en a pas. Mais plus l'habitation est enfouie profondément. l'escalier est recouvert d'un toit rattaché à celui de la pièce habitée. elle doit sortir par la porte. sise sur le sol. surtout en hiver. De l'extérieur on pénètre directement dans la pièce. On a l'impression d'observer le tracé d'une galerie creusée par des taupes. les constructeurs ne peuvent pas couvrir un espace trop large. Pour éviter à la fois cet inconvénient et le contact direct avec l'extérieur. Ils peuvent allonger le toit autant qu'ils le désirent. le toit devient étanche. solution que j'ai vu encore pratiquer dans quelques cas. c'est la solution qui paraît avoir été adoptée dans le passé. Ainsi. L'escalier lui-même est remplacé par un plancher en pente. Ce toit s'allonge. on doit laisser la porte ouverte si on allume le feu . De même les fenêtres. lorsqu'elles existent. Or. plus il devient difficile d'y péné trer en sautant. En effet. caractéristique. formée habituellement d'un treillage. Ce vestibule. surtout pour les femmes et les enfants. Ni l'air ni la fumée ne peuvent plus le traverser. Cette concordance entre le toit et le plan nous permet de deviner. Quelques années après sa construction.44 PAUL-HENRI STAHL doublement incliné. Pour éviter ce brusque dénivellement. Les habitations enterrées du xixe siècle ont presque toutes une cheminée qui perce le toit . l'escalier facilite aussi l'entrée de l'eau des pluies ou des neiges. et dépasse le niveau du toit. elle est large. sont étanches et fixes. le toit est couvert par la végétation du milieu environnant. impression d'autant plus frappante que la terre arrondit les angles et les contours. ce qui permet de multiplier les pièces qui se succèdent en longueur. Le toit reste donc étroit et suit en longueur le plan qu'il recouvre. est toujours présent devant l'entrée des . Son existence permet de changer la place du foyer (originairement situé près de la porte) pour l'adosser au mur opposé à la façade. changeant de direction chaque fois que le plan l'impose. Une fois couvert de terre. s'élargit et arrive à couvrir un espace presque égal à celui d'une pièce.

Gunôev (op. Au nord du Danube ces plans ne dépassent pas trois pièces. On trouve une riche biblio graphie dans l'ouvrage de V. : 21 sq. Les habitations enterrées à troisième pièce latérale ont le foyer dans la deuxième pièce. 1 . La troisième pièce est habituellement utilisée comme chambre à coucher. puisqu'on est obligé de la traverser chaque fois qu'on désire aller dans les autres pièces. il n'y a pas de poêle aveugle et les paysans laissent dormir les animaux dans la maison pendant l'hiver. : 151) ainsi que dans l'étude de G. La situation diffère dans les habitations bulgares dont le plan se développe en lon gueur et où le foyer peut être installé dans la deuxième pièce. Sa présence est signalée par tous les auteurs. cit. pour maintenir une température supportable4.) classe les plans des habitations enterrées de Bulgarie en quatre groupes {cf. cit. Dans les constructions les plus primitives. . 4. un traîneau . En Bulgarie. Afin d'agrandir l'espace intérieur. Dans deux autres régions de Bulgarie. c'est-à-dire vers l'est (l'entrée du vestibule étant orientée vers le sud). On se trouve ainsi devant un plan rectiligne3. le foyer. voir l'étude de Todor Zlatev (Bâlgarskata kâsta prez epohata na vâzrazdaneto. dans la région des habitations enterrées. et pour dormir ailleurs que dans la pièce où l'on fait la cuisine.L HABITATION ENTERREE 45 habitations enterrées bien construites. il y a une ville qui porte le nom de Grivitza. cit. La hauteur de la porte est inférieure à celle d'une personne adulte . centrale. qui porte toujours le nom de « au feu » (la foc). mais aussi dans la troisième. pour pénétrer dans le vestibule on doit se pencher et descendre une marche. En Bulgarie. elle est située latéralement. les gens y dorment pendant les mois chauds. de préférence vers la droite. qui peut servir aussi de cellier. réchauffe la pièce pendant l'hiver. L'habitation comprend donc un vestibule en pente et une pièce qui abrite le foyer. Frolec {op. fig. il sert aussi à abriter quelques outils. des récipients. on construit une troisième pièce. T. Un poêle aveugle. région de Nikopol.). Le vestibule communique ainsi avec la pièce qui joue le rôle de plaque tournante. Gunôev. dont la bouche est dans la pièce centrale et qui reçoit le combust ible par une ouverture située sur le foyer unique du logement.) affirme que la pièce nommée zemnik est comprise normale ment dans le plan et qu'elle sert d'étable. Zlatev (op. région de Pleven et région voisine du Danube (Kridnavska) . Dans les régions roumaines. G. la minorité roumaine et une partie des Bulgares (dans les régions de Lom et de Nikopol) développent le plan de la même manière2. la troisième pièce vient en ligne droite à la suite du vestibule et de la deuxième pièce. Son nom bulgare est griva ou grivitza1 et le nom roumain est gârlici. 3) : région de Lom. 3. 1955 : 21 sq. Sofia. La façade du vestibule est constituée d'une porte formée de lattes entrecroisées entre lesquelles on ménage des espaces par où passent l'air et la lumière. 2. Le vestibule est séparé du reste de l'habitation par une porte massive. et aussi parce que s'y trouve le centre de la vie familiale. Pour l'utilisation des pièces. Accès et passage.

fiée □ par 2 I I pièce qui abrite le foyer 3 \yyyV\ cellier 4 ill a a b ■ vestibule foyer poêle aveugle Fig.46 PAUL-HENRI STAHL Ql 1m 1 1 ÉIÉj ■ 1 ' chambre un poêle à dormir aveugle chau. 2. — Les plans habituels des habitations enterrées de Roumanie .

— Les plans des habitations enterrées de Bulgarie (d'après G.L HABITATION ENTERREE 47 A Région de Loin B Région de Nikopol 1 pièce qui abrite le foyer — 2 vestibule — 3 chambre à dormir chauffée par un poêle aveugle 4 cellier — a foyer — b poêle aveugle — c four — d lit en terre battue C ■C . D 2 3 4 b 1 poêle a vestibule pièce cellier foyer Région habitée qui aveugle abrite Kridnavska chauffée le foyer par un poêle aveugle Fig.NI C Région de Pleven 1 étable et chambre à dormir pendant l'hiver — 2 pièce qui abrite le foyer — 3 vestibule — 4 chambre habitée — 5 cellier — a foyer — b partie surélevée en terre — c lit en terre battue 1 1 y 1 a 4 ô.\ ïïïïfflbvi . 3. Guncev) I 11 .

des bancs. une petite table basse et ronde à trois pieds. Les icônes sont fixées sur la paroi est2. E. Les fenêtres. Popescu (op. Le sol. chevaux). S. 4-6). voir aussi les études de C. cf. Le plan peut comprendre alors le vestibule. 3. et sur la façade.) souligne que l'intérieur est entièrement peint en blanc pour rendre les pièces plus lumineuses. Des tissus aux couleurs vives. Dans toute la région (qu'il s'agisse des habitations enterrées ou des maisons) une partie du mobilier est en terre battue. Ainsi. complètent l'intérieur : des coffres. de Laveleye (op. Quelques meubles en bois. Focsa (art. surchauffé par les flammes. Des chenets soutiennent le bois qui brûle : leurs formes rappellent des silhouettes animales (cerfs. elle reçoit la lumière par la porte et la cheminée. Lorsqu'au xixe siècle la chambre d'apparat s'impose dans le monde paysan roumain. de même une partie des murs avoisinants est doublée de briques ou de pierres pour éviter les incendies. on trouve le cellier. A l'inté rieur règne une semi-obscurité que la lumière passant à travers les vessies ou le papier des fenêtres n'arrive pas à dissiper3. C. Pour les plans des habitations enterrées. Nicolaescu Plopsor (« Bordeiul în Oltenia ». la chambre à dormir et la chambre d'apparat.48 PAUL-HENRI STAHL Les plans roumains. des tabourets. dont l'importance et le nombre varient selon les possibilités. Les habitants riches le pavent de briques. M. des icônes chères. cit.). XLI). cit. il couvre les aliments qui doivent être cuits. des lits en bois (bien qu'ayant habituellement les pieds fichés en terre) donnent un aspect de bien-être aux chambres d'apparat. des coffres richement décorés. même dans les habitations enterrées bien construites. on la trouve aussi dans les constructions enterrées. Zlatev (op. qui ont jusqu'à cinq ou six pièces. la pièce qui abrite le foyer et la chambre à dormir. Sociologie Româneascâ.) et Gh. T. : 318). la région et les possibilités du propriétaire. lorsqu'elles existent. la chambre du foyer. 1. 1923. Pour le caractère sommaire de l'intérieur. Un trépied métallique posé sur le pavage supporte les marmites. l'étable et plus tard la chambre d'apparat. Pâtru (« Locuin^ele din satul de mosneni Diosti-Romanati ». Bucuresti. combustibles caractéristiques des régions de steppe et qui s'imposent à mesure que les forêts disparaissent au cours du xixe siècle. est également le plus souvent en terre battue. La pièce centrale — celle du foyer — n'a pas de fenêtre . au nord du Danube. 1938. On retrouve dans l'ameublement la même différence profonde qu'entre les techniques de construction : il y a des habitations de pauvres (comme le sont encore celles des bergers) et celles qui abritaient des paysans riches. de diffé rents supports. 2. C'est le cas du lit. Buletinul Societâtii Regale Romane de Geografie. on brûle du bois. Outre la paille et la bouse. gardent un caractère évident de régularité et de symétrie1. à part le vestibule. sont toujours fixes. cit. Constantinescu & T. . Les fonctions des pièces supplémentaires sont différentes selon la composition générale du plan. cit. Un couvercle en argile fabriqué par les femmes (test) sert de four . Le coin du foyer est pavé de briques .

Leur étude serait fort intéressante . 2. H. de la même manière que le sont les têtes de cheval sculptées sous l'avant-toit des vieilles églises paysannes. dans une région au caractère profondément tradi tionnel. 1943 : 5. Bucuresti. de Laveleye (op. Dans les habitations enterrées. Lorsque le vestibule comporte une porte et un fronton triangulaire en bois. 4. des survi vances archaïques. Pour la plupart de ces éléments la fonction protectrice est évidente : il suffit 1. 6. qu'on retrouve à l'occasion des mariages et parfois des cérémonies funér aires. Voir les reproductions de tels décors dans l'étude de Gh. Malgré la large cheminée. Dans la cheminée sont suspendus les produits que l'on conserve fumés. Focsa (art. 3. l'encadrement de la porte et le fronton sont recouverts d'éléments décoratifs dont l'ensemble est parfois très harmonieux.arbre pro tecteur. à la partie supérieure. une fumée persistante imprègne de son odeur tout l'intérieur de l'habitation. 4. Les paysans croient que la fumée est saine et qu'elle protège des maladies. L'étude de la décoration les révèle partiellement4. P. cit. si nombreux dans la région danubienne. Frolec les reproduit dans son étude (op. et pour des constructions dont l'origine se perd dans le passé. 1. On reconnaît. Il est normal de trouver. E.l'habitation enterrée 49 Un tronc d'arbre est installé debout sur le foyer . : 319) notait cette croyance voici déjà un siècle . c'est le sapin . Les rites sont en général liés à la construction de la maison. 5. Marino v . deux têtes de cheval sculptées en bois qui gardent chaque côté de l'entrée. Les mêmes têtes de cheval en bois existent dans les cimetières paysans du sud de la Petite Valachie. Elle existe là où la construction le permet. Stahl. 8. : 39 sq. Quelques informations sont publiées par D. Le feu consume la partie inférieure du tronc qui descend ainsi lentement1. malheureusement les données sont insuffisantes3. croyance médicale largement répandue autrefois2. Elles sont situées immédiatement sous le toit. Caracal. : 40). on pourrait reconnaître l'œil. cit. 2. .). La décoration La décoration des habitations enterrées renvoie à de multiples croyances et rites. sa partie supérieure pénètre dans la cheminée. Ibid.. judetul OU. L'étoile et la croix ont la même fonction protectrice. la tête de cheval devait avoir le rôle protecteur que le folklore mentionne ailleurs5. il ajoutait que la fumée éloigne les moustiques. D'autres motifs sont moins clairs . Romanian Folklore and Folk Art. les rameaux de sapin. Constantin Cherulescu. le serpent. On voit aussi des sapins dans des pots arrondis6 . 1969 : 12 sq. V. fig. cit. c'est-à-dire dans les habitations où intervient le bois. les dents. fixées d'un côté et de l'autre du pilier funéraire. Monografia comunei Alimânesti .

i860.). 2. le premier en i860 par Dionisie Pop Martian2. Dans d'autres cas. . Nicolaescu Plopsor (op. tableau en regard). S. Des données partielles se trouvent dans les dictionnaires géographiques de l'époque. fig.3 Départements Lom Ferdinand Orehovo Bêla Slatina Vraca Lukovit Nikopol Pleven Lovec Svistov Ces données sont utilisées d'abord par Guncev. 1. d'après un recensement fait en 1888.2 42. mais deux seulement ont un caractère exhaustif et ont été organisés par des statisticiens de profession. quelques années après la libération de la Bulgarie et la formation de l'État national.) .0 3i. Diffusion et fréquence Les données dont nous disposons aujourd'hui couvrent la région d'une manière inégale.i 42.50 PAUL-HENRI STAHL de les comparer avec les décorations similaires encore en usage. L. C. Colescu.1 75. cf. op. On ne peut exclure qu'ils soient purement décoratifs.6 62. Nous allons nous arrêter aux plus sûres. La pro portion des habitations enterrées est importante. et il est probable qu'elle l'avait été plus encore quelques décennies plus tôt. les motifs. 3. dans Gh. paraissent ne comporter aucune signification. Bucuresti. Crâiniceanu (op.2 67.i 5i.7 72. cit. 4) . et ailleurs. Publié dans la revue Annale Statistice §i Economice. cit. qui les accompagne d'une carte (reproduite ici .i 42. Pour la partie située au nord du Danube nous disposons de plusieurs recense ments1. la situation était la suivante : Habitations enterrées dans les villages (%) 1888 47. ayant subi trop de transformations ou étant moins connus des cher cheurs. le deuxième en 1912 par Leonida Colescu3 (cf. cit. elles sont reprises dans d'autres études. Au sud du Danube.

1 o.4 .5 i.2 1.6 o.9 77.7 2. Guncev) Départements La montagne et les collines Mehedinti Gorj Vîlcea Arges Muscel Dîmbovita Prahova Buzâu Rîmnicul Sârat La plaine Romanati Dolj Teleorman Vlasca Ilfov Ialomita Brâila Constanta Tulcea Habitations enterrées dans les villages (%) IQ12 i860 13.4 15.9 3.3 0.2 7. 4. — Diffusion des habitations enterrées en Bulgarie.6 4.7 7.2 18.4 7.5 0.3 4.5 3.8 °>7 o.5 1.L HABITATION ENTERREE I «l 3 région où les habitations enterrées dominaient au début du xixe siècle région où elles dominaient encore vers la moitié du xixe siècle région de transition Fig.3 11.9 o.3 4. en 1880 (d'après G.2 6.9 5.5 o.4 °.9 16.7 13.1 55.3 °.8 i.4 60.

■ '. ocol. Monografie sanitarâ. Les deux derniers 1. H. ceux de la plaine présentent. fiai) . Région où les habitations enterrées dépassaient 10 % des constructions HH 1 E*«J 2 |. Des chiffres par communes sont publiés par le docteur Ch. Laugier. Craiova. .[ 3 de 76 à 100 % de 51 à 75 % de 26 à 50 % Fig. la proportion la plus importante d'habitations enterrées. et de loin. en i860 Pour les autres (à l'exception de Mehedinti et Rîmnicul Sârat dont la moitié méridionale est située dans la plaine) la proportion est minime. — Diffusion des habitations enterrées en Valachie. car elles concernent non seulement les départements mais aussi les districts (plasâ. 1910. qui permettent une précision supérieure1. La carte que nous avons dressée pour i860 est basée sur les données par districts. Dans le tableau ci-dessus les départements sont groupés selon le relief . 5. Ils concernent un seul département.52 PAUL-HENRI STAHL Les données de Pop Martian offrent la possibilité d'une connaissance plus détaillée. Sânâtatea în Dolj.

et Mission médicale dans la Tatarie-Dobroutcha. ainsi que Souvenirs d'Orient. qui doit avoir été plus forte en i860. Ursâchescu. op. j'ai utilisé les données de Guncev.. 2e partie. où dominaient les habitations enterrées région de moindre fréquence. Alexandru Stoian. qui forment la Dobroudja. 6. Paris. 1916 : 439-440) le voit chez les pêcheurs lipovanes. Iulian Sassu. Lipovanes8. Gr. 1929 : 5. et C. 6. 9. Constanta. op. 4-6 : 10. Stoian. Ion Musat. cit. où elles coexistaient avec des maisons Fig. cit. Paris. Istoricul orasului Cernavoda. « Cusuiul din Vale. . Bâlgarskata kâita prez pet stoletia. vers la moitié du xixe siècle Pour dresser une carte générale des constructions enterrées. Elles étaient habitées non seulement par des Roumains mais aussi par des membres de minorités locales : Tatares6. Ursâchescu. Kojukarov. V. Caramurat Ferdinand. 1935 : 19.. « Istoricul comunei Inancesme ». La Dobroutcha. Bucuresti. Bucuresti : 109. 2. : 12. 1967. à Cusuiul din Vale3. : 36. : 12 . G. op. Allard. à Ezibei4. conservent en 1912 une proportion appréciable d'habitations enterrées. Allard. A. Cernàu^i. 1859. la carte avec les indications de Georgi Kojukarov9 publiées 1. 1857. à Caramurat5. — Diffusion probable des habitations enterrées dans la région orientale du Danube. op. Monografie. cit. 3. 5. 8. 7. : 19 . Camille Allard signale dans tous ses livres1 leur présence dans la Dobroudja . Antipa (Pescâria si pescuitul in Romania. D. op.L HABITATION ENTERREE 53 départements (Tulcea et Constanta). in Analele Dobrogei.. cit. Bucuresti. cit. Sofia. Constantinescu-Mircesti. 1938 : 11. V. o colonie de romani timoceni din Cadrilater ». Un sat dobrogean. Sociologie Româneascâ. C. Ezibei. d'autres publications les signalent à Cernavoda2. 1938. Mission médicale. E> U LGAR I E zone de gTande fréquence. 4. C. Florea Florescu.. Turcs7.

op. le Banat. Cette différence géo graphique correspond à une différence socio-économique entre paysans riches et paysans pauvres. bien qu'habitée par deux peuples différents. étables. tandis que les construc tions enterrées subsistent dans les quartiers périphériques. . le sud de l'Ukraine. Disparition des habitations enterrées Les exemplaires qui ont survécu sont extrêmement rares. la plaine pannonique) . D. cit. En moins d'un siècle. disparaissent aussi. On peut affirmer que toute la partie orientale de la vallée danubienne connaît ce type d'habitation. 208. : 69. elles sont désormais réser vées aux pauvres. abris provisoires. des districts où l'on ne trouvait presque exclusivement que ce type d'habitation changent d'aspect. où les constructions enterrées sem blent avoir eu l'exclusivité des formes d'habitation. mais elle résulte aussi des changements économiques. F. Celle-ci est provoquée par la pression des autor ités sanitaires et administratives des deux pays. les données trouvées chez différents auteurs qui décrivent la Dobroudja au xixe siècle. C. mais nulle part elles n'ont la même importance que dans la région orientale du Danube.54 PAUL-HENRI STAHL tout récemment. Florescu. cit. 417. cit. et enfin les données statistiques de Pop Martian. Constantinescu-Mircesti. C'est ainsi que la grande majorité des Tsiganes continuent d'y i. mais plus tard. Ce sont d'abord les huttes habitées qui disparaissent. évidente surtout en Petite Valachie. C'est à cette époque que les relations quasi féodales entre seigneurs et paysans s'estompent et que l'économie de marché s'impose partout d'une manière déterminante. apparaît dans la moitié occidentale. . Il arrive parfois que des populations déplacées ou colonisées adoptent provisoirement les constructions enterrées pour les abandonner ensuite dès que les circonstances le leur permettent1. Une zone de grande fréquence. A la différence de fréquence s'ajoute un deuxième élément : la qualité supérieure de la construction. art. La symétrie des contours de la carte sur les territoires bulgares et roumains montre qu'il s'agit d'une seule zone. la Moldavie. . Au centre des villages apparaissent les premières maisons. De telles constructions étaient utilisées dans les régions voisines (le nord de la Valachie. La période qui sépare les deux statistiques de Pop Martian et de Colescu est celle de la phase rapide de disparition. F. op. unitaire. dans n'importe quel village de la région. Celles qu'on utilisait comme greniers. Jadis habitations de toutes les catégories sociales. Kanitz. Il s'agit d'un processus rapide qui s'accélère et devient décisif dans la deuxième moitié du xixe siècle.

4. épais. Si l'on reportait sur une carte les chiffres successivement recueillis et dont l'évolution marque la disparition progressive de ces habitations.0 44. dont le plancher continue de se trouver audessous du niveau du sol mais dont les parois qui soutiennent le toit sont visibles. D. le nombre des bordei tsiganes est très grand. et la couverture du toit continue d'être soutenue par des planches4.l'habitation enterrée 55 habiter au début du xixe siècle1 . ainsi. 3. 1. Constantinescu & T. 5. Elle porte un nom spécial : cenusar chez les Roumains. Vincenz. op. G. Starea socialâ a târanului. situé devant l'entrée. M. op. Vincenz5 note avec soin ce qui. Guncev. Scraba2 le prouvent : Habitations enterrées occupées par des Tsiganes (%) Petite Valachie Grande Valachie Dobroudja 9. cit. Quelques éléments caractéristiques des anciens plans se maintiennent dans les demeures récentes de la région danubienne. D. Ainsi. 193 1 : 101 sq. 1907. Arhivele Olteniei.5 20. tandis que le noyau. Dupa ancheta privitoare anului igo$ îndeplinitâ eu ocaziunea expozitiunii générale romane din içoô de câtre sectiunes de économie socialâ. Popescu. là où elle est mince. Quelquefois l'habitation enterrée est remplacée directement par la maison proprement dite. Scraba. C'est la preuve que ces constructions intermédiaires ont du être suff isamment répandues. Bucuresti. dans les maisons. le foyer situé dans la pièce centrale garde son importance et sa place . les chiffres recueillis en 1906 et publiés par G. La bibliographie sur ce sujet est assez fournie. 2. le vestibule en pente. cit. De même la pièce centrale reste souvent sans grenier. cette pièce porte le même nom de « au feu ». Dans d'autres cas on constate une phase intermédiaire : la construction à moitié sortie de terre. kâsta zimnik3 chez les Bulgares. senter . « Tipuri de case ^ârânesti din Oltenia ». Craiova. G. dans la maison. mais la place manque pour la pré ici. résiste longtemps. comme dans les habitations enterrées. : 6.0 Compte tenu de la proportion insignifiante des Tsiganes par rapport à la population roumaine. paraît conserver une partie de la tradition des habitations enterrées . qui tire son origine du mot français « balcon ». L'architecte A. A. a maintenant un plancher horizontal et reçoit un nom nouveau chez les Roumains : balcum. on verrait que ce processus ressemble à celui de la fonte des neiges : la couche de neige fond d'abord aux extrémités.

cit. voit que le toit « ne tardant pas à se revêtir d'herbe. 3. le voyageur eut marché longtemps à la recherche d'un village qu'il foulait déjà sous ses pieds »3. »2 A. à proximité du Danube mais aussi des Tatares qui occupaient la steppe au nord de la mer Noire. On observe difficilement les habitants d'une construction enterrée et. une telle construction attire moins l'attention qu'une demeure normale. 3 : 264.. La motivation relevée le plus souvent dans le passé est la peur qu'éprouvaient les habitants. cachées dans les forêts de la plaine valaque. 1855. 4. des cabanes souterraines. sans la fumée qui de loin révélait la présence de l'homme. Les notations des anciens voyageurs. La Turquie d'Europe. Il affirme que c'est pour échapper aux attaques des Turcs et des Tatares que les paysans construisent ce genre d'habitation1.. Ami Boue6 affirme qu'il en va de même dans toute la péninsule balkanique. mais isolées. décri vant ces habitations. Ubicini. E. 1. 1821 : 16. . din punct de vedere geografic si istoric. Nous avons trouvé à diverses reprises.56 PAUL-HENRI STAHL Quelques explications Les précisions apportées dans les pages précédentes doivent faciliter l'expli cation de la présence et de l'utilisation persistante des habitations enterrées. L'effort pour se dissimuler est évident dans le choix de l'emplace ment5. 5. Bucuresti. à l'écart des routes. 1693 : 283. même si on s'aperçoit de leur présence.. Mais d'abord. reflètent une situation réelle. Ubicini. théâtre de l'insurrection dite d'Ypsilanti. Boue. Salaberry. Voyage en divers États d'Europe et d'Asie. mais couvertes par quelque bois et toujours éloignées de la route. Monografia comunei Solonet. Paris. il enfouit son existence et le peu qu'il possède dans la crainte que les Turcs ne l'aperçoivent et ne le dépouillent. faites à une époque où il y avait effectivement un danger d'attaques. partout des caves. En 1692. Constantin Milici. A. Histoire politique et sociale des principautés danubiennes. Regnault. Essais sur la Valachie et la Moldavie. d'Avril. où les villages se dissimulent. 1840. Le comte de Salaberry écrit : « Pendant que la nature s'en toure de tous ses charmes pour attirer les regards de l'homme et le consoler des peines de la vie. le Valaque fuit : il habite sous terre. 2. Philippe d'Avril voit des habitations enterrées dans le sud-est de la Moldavie. Paris. les hameaux formés par un amas de constructions de cette sorte faisaient l'effet d'une immense taupinière et. Paris. A. les traces d'anciennes habitations enterrées. op. Ph. La même observation est faite par Elias Regnault4 qui ajoute que les villages changent de place chaque fois que les Turcs réussissent à les repérer. 6. 1937 : 15. quelles ont été les principales théories auxquelles on a eu recours ? La peur. Paris. : 204.

P. le fait qu'un sol formé d'alluvions. Ion Ionescu de la Brad croit que dans la plaine. Emmanuel de Martonne considère ce type d'habitation comme caracté ristique des régions où le bois et la pierre manquent . Pâmîntul terei românesti. Tout ce que l'on peut affirmer. 4. cit. E. est plus facile à creuser. En fait ce troisième genre d'explication vaut seulement pour la dernière phase de l'histoire de l'habitation enterrée : celle de sa disparition progressive.. avant la romanisation des anciennes populations locales. On pourrait ajouter à ces facteurs écologiques favorables. c'est du moins ainsi qu'on la présente dans bien des travaux. Bucuresti. Au cours des siècles. En revanche l'explication par la pénurie de bois ne vaut que pour une partie seulement de la région.l'habitation enterrée 57 Le milieu naturel. et plus tard par C. . II : 346. Hasdeu. 1902 : 254. I : 229-240. B. S. 2. Gh. cit. continue avec le féodalisme. P. : 151 . Il serait difficile de dire si les Slaves descendus vers le sud ont utilisé les huttes enterrées des indigènes ou si ce sont ces derniers qui ont imité les nouveaux arrivants. à l'époque duquel d'ailleurs ce type d'habitation disparaît. comme celui de la vallée danubienne. ou construction enterrée. il ajoute aussi la peur d'être pris pour riche. les maisons doivent être enterrées ou faites en terre1. Le second est vrai. Ionescu de la Brad. Vue d'ensemble L'habitation enterrée est connue dans toute la région orientale du Danube (de même d'ailleurs que la maison construite sur le sol) depuis la préhistoire. cit. en raison aussi de l'isola tion thermique relativement bonne qu'elles assurent. dans la région même. Bucuresti. S. sa persistance serait due aussi au fait qu'on y est mieux protégé du froid2. 1875. Hasdeu3. op. de Laveleye. Nicolaescu Plopsor. où manque le bois. La protection contre le froid est mentionnée par E. A cause de conditions de vie peu sûres. de Martonne. Istoria criticâ a românilor. les habitations enterrées se sont maintenues. division qui débute par l'esclavagisme. grâce à la facilité de creuser le sol. Elle n'est pas vraie pour l'ouest de la Valachie. La Valachie. Il est. Focsa croit même qu'elle exprime la division de la société en classes. Les mêmes arguments sont avancés par B. I. art. Essai de monographie géographique. Il est évident que l'isolation thermique d'une construction enterrée est supérieure à celle d'une construction sur le sol. Ainsi en est-on arrivé à construire en bois de chêne des 1. La pauvreté. La construction enterrée est l'habitation du pauvre. invoqué. Nicolaescu Plopsor4. C. C'est à partir du XIXe siècle que la différence entre riches et pauvres se marque dans ce type d'habitation : maison. 3. la construction s'en est améliorée. c'est que les uns et les autres les connaissaient. op. lui aussi. pour en arriver au capitalisme.

fig. Sofia. op. P. Focsani. Il existe chez les Roumains une construction à destination spécialisée. 1903 : 20) cite de tels abris pour les tra vail eurs d'une usine de sucre. Enfin. Sofia. De même que l'habitation. Toutes ces constructions sont inférieures en qualité à celles destinées à l'habitation. art. in Viata Româneascâ. Dobrudja.58 PAUL-HENRI STAHL habitations enterrées solides. constatation qui contredit l'affirmation qu'elles sont l'habitation des pauvres. les églises enterrées sont 1. : 176. elles aussi toujours d'une qualité supérieure. 6. B. Ils se différenciaient des construc tions enterrées par le fait qu'ils étaient complètement enfouis et n'avaient pas de toit. on en connaît l'exi stence sans en avoir aucune description précise7. 1964 : 141. Vasil Marinov. R. C'est une hutte enterrée de petites dimensions où les femmes installent le métier à tisser et travaillent pendant les mois chauds de l'année. Hasdeu. : 238. P. Christo Vakarelski. 4. Pendant l'hiver on cassait la glace des étangs et on la déposait. dont le coût était plus élevé que celui d'une maison posée sur le sol1. couverte de chaume. on peut aussi mentionner les abris construits pour les gardiens des vignobles et des jardins potagers3. Les greniers souterrains étaient d'usage général . Hasdeu à juste titre2. Prinos kim isuciavaneto na bita i kultur ata na turcite i gagaucite v severoistocina Bulgaria. 2. On signale aussi des abris d'animaux6. Crâiniceanu note aussi le prix élevé des premières. 5. I. « Habitant lui-même dans une caverne. Material zur gegenstdndlichen Kultur der Bulgaren in der Dobrudja wàhrend der Période des Kapitalismus . De nombreuses huttes servaient aussi de glacière. meublées avec soin. Walsh. cit. où elle se conservait malgré les chaleurs de l'été. 7. A. De nos jours. le plus souvent dans les régions de pêcheurs. comme nous l'avons déjà dit. Les demeures seigneuriales de la même région sont également enterrées : bien construites selon des plans complexes. op. cit. 1956. qui porte un nom particulier : argea. cit. on les trouvait même dans les régions où les gens habitaient des maisons. dans la hutte. « Locuintele sâtenilor ». Dumitru Galian [Monografia coinunei rurale Mârâ§e§ci. les bergers continuent à utiliser des abris provisoires . 3. le paysan de la plaine danubienne pouvait-il avoir le désir de construire quelque chose de plus confortable pour ses produits ? » demandait B. Dans son livre. Ionescu de la Brad donne les prix exacts des constructions enterrées et des maisons paysannes de son temps. 1906 : 544. P. Gh. dans le département de Mehedinti. 217. Vincenz. R. les autres constructions de cette région étaient également enterrées. Walsh donne un exemple de construction enterrée servant de taverne5. Cazacu. . Les grands propriétaires les employaient dans la deuxième moitié du xixe siècle pour loger les serviteurs4. : 101.

S. Craiova. Depuis la plus haute antiquité jusqu'à la fin du içe siècle. qui régnait au xvne siècle. C. N. 5. C'est une sorte de cave spacieuse et profonde. Nie. L' architecture en Bulgarie. 1) qui décrit les églises du département de Romana^i. car on peut ainsi comparer les pourcentages des véritables habitations enterrées avec ceux qu'on a établis pour la Roumanie. aussi loan S.l'habitation enterrée 59 mieux connues que les demeures seigneuriales. Enescu & Paul Constant (Monografia judetului Romanati. Iorga (Istoria românilor prin câlâtori. 1961 (cf. Le tableau ne serait pas complet si l'on ne trouvait de telles constructions dans les villes. 261. cit. Il cite d'autres exemples dans la région danubienne : à Bêla (église construite en 1843). 1929 : 93) en connaît un à Iassy. C. dans le delta du Danube3 . Les Turcs interdisaient dans les régions balkaniques la construction des coupoles et l'emploi des cloches. et les Turcs des maisons. Bucuresti. op. Kanitz. OHenia. 1940. Aucune de ces églises ne comporte la coupole qui surmonte les églises construites sur le sol. 4. il est bien probable que ce type d'église correspond à une tradition locale.S. Les statistiques qui les distinguent nous paraissent préférables. Une telle église. 2. sur le Danube. Elle nous a été signalée par l'historien d'art I. 6. Çtefânescu. Gunôev considère comme constructions enterrées toutes les habitations recouvertes de terre. Guncev7 indique pour les principales villes de la région occidentale les proportions suivantes en 1888 : 1. très bien aménagée pour les besoins du culte »5. 281. il s'agit d'une fondation du prince moldave Vasile Lupu. à Sopot et dans le village roumain de Herletz6. suivant la seule technique permise à cette époque. cf. Iosif. Ursâchescu (op. les Bulgares habitaient des constructions enterrées. St. à Chilia. Nicolaescu Plopsor. 1928 : 238) en citent un exemple dans le même département. Fr. Kanitz a vu. Une de ces églises servait encore au culte vers la fin du xixe siècle2. M. une église « enfoncée à moitié dans le sol. dans la ville de Rusciuk. Une autre était même encore utilisée vers 1935. : 126. Mazilescu («Biserici bordei ». Mais comme des églises enterrées existent aussi en Roumanie où aucune interdiction semblable n'était formulée. capitale de la Moldavie. Ibid. Sofia. et couverte de roseaux et bardeaux. Milko Bitchev4 signale leur existence en Bulgarie dans les régions où l'on employait couramment la technique de la construction enterrée . il affirme que cette technique était habituelle sous la domination ottomane et que les églises enterrées sont devenues plus nomb reuses vers la fin du xvme siècle. Bitchev. Contributiuni. 7. 3. Vas. G. cit. : 130. V. cit. Craiova. 165.. Pour les églises-bordei. le chapitre consacré à l'architecture sous la domination ottomane) . à Selvi (construite en 1834). F. F. Ricman. conservée comme monument historique. Nicolaescu Plopsor a trouvé la fosse d'une de ces églises entourée par les pierres tombales d'un cimetière. . Son plan est le plan habituel de toute église. Il indique plusieurs endroits en Petite Valachie où il est sûr qu'existèrent des églisesbordei1. : 41) en mentionne une dans la Dobroudja. D. aux parois doublées de clayonnage. ire et 2e parties. op. se trouve encore en plein centre de Sofia. Gunéev ajoute que dans les villes à population mélangée.

qu'on en trouve aussi le plus grand nombre dans les villes.9 o.7 65.8 6.3 15.1 2.8 II.8 6.3 i.5 33.3 5.6 1.9 21.5 Drâgâsani* Curtea de Arges Filipesti* 6.4 1.i portions Au nord du Danube.o 2.° 5. Un demi-siècle plus .6 82.3 !3.9 33.0 Vlasca Ilfov Ialomrfa Brâila 13.3 8.i 4.5 50.7 6.8 37.6 * villes situées dans la partie basse du département ** ports fluviaux sur le Danube C'est dans les départements où les huttes enterrées dominent dans les villages.9 64. O Habitations recouvertes de terre (%) 3.1 3.1 33.4 1.6 6.5 27.9 Craiova Calafat** Caracal Turnu Mâgurele** Alexandria Rosiorii de Vede Mavrodinu Zimnicea** Giurgiu** Çtirbey 6. en i860.6o Villes Loin Orehovo Bêla Slatina Nikopol Pleven PAUL-HENRI STAHL Habitations enterrées (%) i8.5 5.8 3.7 o.4 35. le recensement de Pop Martian révèle des pro tout aussi importantes : Habitations enterrées dans les villes (%) Habitations enterrées dans la ville (%) Départements Villes La montagne et les collines Mehedin^i Gorj Vîlcea Arges Muscel Dîmbovij:a Prahova Buzâu Rîmnicul Sârat La plaine Dolj Romana^i Teleorman i.

En fin de compte sa persistance jusqu'au xxe siècle tient au fait que pour les habitants il s'agissait là de la manière normale de construire et de vivre. Des descriptions nous font connaître l'aspect de ces habitations enterrées citadines. qui ne choquait personne et qui répondait d'une façon satisfaisante aux besoins et aux conditions de vie du passé. réservée à certaines couches sociales. mais qui produisent néanmoins une impression bizarre sur le visiteur. Leonida Colescu1 en trouve encore 18. Bucuresti. religieuses ou laïques. Ion Codru Drâgusanu2 écrit : « La ville de Câlârasii Vechi était composée exclusivement d'habitations enterrées.8 % à Caracal (au lieu de 33. tandis que là ce sont des gens bien. Drâgusanu. Colescu.5). cit. » On est donc loin de l'image à laquelle différentes études nous ont habitués : la hutte enterrée. . Il s'agit au contraire d'un type d'architecture qui a connu une longue évolution et s'est manifesté dans des constructions tant urbaines que villageoises. I0>5 % à Corabia et 18 % à Cernavodâ dans la Dobroudja. crépies à l'intérieur comme des pots et garnies de meubles solides et de bonne qualité. construction misérable et d'exception. Peregrinul transilvan. 1942 : 12. 1.l'habitation enterrée 6i tard. C. des riches. Ainsi. lorsqu'on sait que chez nous [en Transylvanie] il n'y a que les Tsiganes pour habiter les huttes enterrées. 1835-1844. L. I. 2. op.