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Treillis et alg•bre de Boole Page1.

1
Licence dÕInformatique
MARSEILLE-LUMINY
1. Treillis et alg•bre de Boole.
1.1. Introduction.
1.2. Relations dÕordre sur un ensemble.
1.3. Les treillis.
1.4. Alg•bre de Boole.
1.5. LÕespace vectoriel {0,1}
n
.
1.6. Fonction linŽaire et reprŽsentation.
1.1. Introduction.
La conception dÕun syst•me est gŽnŽralement un compromis entre le respect
dÕun ŽnoncŽ et un ensemble de contraintes. La recherche du compromis optimal
implique lÕutilisation dÕoutils spŽcifiques mettant en Žvidence et en relation
lÕŽnoncŽ et les contraintes.
Le treillis est lÕoutil qui, autorisant la formalisation des structures de donnŽes,
permettra de rŽsoudre le probl•me.
Dans ce chapitre, nous allons dŽfinir la notion de treillis afin dÕen appliquer les
caractŽristiques ˆ :
¥ la conception des opŽrateurs logiques ˆ partir dÕune description globale.
¥ LÕassemblage de ces opŽrateurs.
¥ LÕoptimisation de la structure.
1.2. Relations d'ordre sur un ensemble.
1.2.1. DŽfinition
Une relation R est une relation d'ordre dŽfinie sur un ensemble E si pour tout
a et pour tout b appartenant ˆ E sur lesquels porte la relation, on a :
q
3
RŽflexivitŽ a R a
q
3
AntisymŽtrie : a R b et b R a Þ a = b
q
3
TransitivitŽ : Si a R b et b R c alors a R c
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn nii i ittt tiii iooo onnn n ::: : Un ensemble EEE E muni d'une relation d'ordre RRR R est un eee ennn nsss seee emmm mbbb blll leee e ooo orrr rddd dooo onnn nnnn nŽŽŽ Ž
Page 1.2 Jacques Guizol & Christian Aperghis
Exemples :
+ Soit E l'ensemble des entiers naturels E={1,2,3,....}. Il est ordonnŽ par la relation £.
+ ConsidŽrons un ensemble E et lÕensemble S formŽ de tous les sous-ensembles de E notŽs S
0
ˆ S
n

(ensemble vide compris) et de l'ensemble E lui m•me.
L'ensemble S est ordonnŽ par la relation d'inclusion S
i
Í S
j
.
La relation Í est une extension de la relation d'inclusion au sens strict Ì. Ce
afin de pouvoir Žcrire sans erreur S
i
Í S
i
.
On peut alors Žnoncer les relations suivantes :
· S
i
Í S
i
(Un ensemble est inclus dans lui m•me)
· S
j
Í S
i
et S
i
Í S
j
Û S
i
= S
j
(Les ensembles sont confondus)
· S
j
Í S
i
et S
k
Í S
j
alors S
k
Í S
i
S
i
S
j
S
k
Figure 1.2.1 Ensemble totalement ordonnŽ par la relation Í
En fait, on met en Žvidence une analogie entre la relation Í et la relation £ en
considŽrant que si S
i
Í S
j
, card(S
i
) £ card(S
j
) o• la fonction card indique la
cardinalitŽ de lÕensemble (le nombre de ses ŽlŽments).
Il est ˆ noter que la relation R (relation
d'inclusion) ne s'applique pas ˆ tous les
couples (S
i
,S
j
) de S. Ainsi si nous consi-
dŽrons l'ensemble E et les sous-ensem-
bles S
1
et S
2
tels qu'ils sont reprŽsentŽs
figure 1.2.2, nous ne pourrons Žcrire ni
S
1
Í S
2
ni S
2
Í S
1
, ce qui revient en fait
ˆ Žcrire que S
1
et S
2
ne sont pas
comparables.
E
S
1
S
2
Figure 1.2.2 Ensembles partiellement ordonnŽs
Exemples :
+ Soit E l'ensemble des entiers naturels et la relation R "est diviseur de" s'appliquant sur des
ŽlŽments a et b de E. On notera cette relation a R b. R est une relation d'ordre, en effet :
a R a
a R b et b R a Þ a = b
a R b et b R c alors a R c
Ici encore, il existe des ŽlŽments non comparables par la relation R, en effet, prenons 3 et 4, nous
n'aurons ni 3 R 4 ni 4 R 3.
1.2.2. Relation dÕordre total
Un ensemble E muni d'une relation d'ordre R est totalement ordonnŽ si pour
tout a et pour tout b appartenant ˆ E on a soit a R b, soit b R a. Ainsi,
l'ensemble des entiers naturels est totalement ordonnŽ par la relation £.
Treillis et alg•bre de Boole Page1.3
RRR Reee emmm maaa arr r r qqq quuu ueee e : Il est fort peu intŽressant de considŽrer une relation non rŽflexive celle ci Žtant de fait
moins gŽnŽrale. Ainsi ˆ la relation strictement infŽrieur ˆ (<) nous avons prŽfŽrŽ la
relation infŽrieur ou Žgal (£) qui elle, est une relation d'ordre rŽflexive.
De la m•me fa•on et pour les m•mes raisons, nous utilisons la relation Í de
prŽfŽrence ˆ l'inclusion stricte Ì qui ne permet pas d'ordonner les ensembles.
1.2.3. ReprŽsentation graphique d'un ensemble ordonnŽ.
On ne peut reprŽsenter graphi-
quement un ensemble ordonnŽ
que s'il est fini. Les ŽlŽments de
l'ensemble E seront reprŽsentŽs
par des points de sorte que si on a
la relation a R b, alors a sera reliŽ
ˆ b par un segment de droite
orientŽ de a vers b (figure 1.2.3).
Dans tous les treillis que nous
reprŽsenterons, on considŽrera
que les fl•ches sont implicitement
orientŽe du bas vers le haut.
b
a
c
d
g
e f
Figure 1.2.3 ReprŽsentation dÕun ensemble ordonnŽ
En raison de la transitivitŽ, deux ŽlŽments seront liŽs par la relation R s'il est
possible de passer de l'un ˆ l'autre en suivant les relations (fl•ches) et ce en un
nombre fini de segments.
La relation de la figure 1.2.4 a ceci de
particulier qu'il existe un sommet (f)
duquel partent toutes les lignes et un
sommet (a) auquel elles aboutissent
toutes. Ce qui revient ˆ dire qu'il
existe un ŽlŽment plus petit que tous
les autres (f) et un ŽlŽment plus grand
que tous les autres (a).
e
d
b
c
f
a
Figure 1.2.4 Une structure particuli•re.
Soit ˆ reprŽsenter la relation Òest diviseur deÓ que nous appellerons R, sur
l'ensemble {1,2,3,.....,22,26} (figure 1.2.5). Cette relation Žtant transitive (si a R b
et b R c alors a R c) nous pouvons, afin de ne pas surcharger inutilement le
schŽma, ne pas reprŽsenter l'arc a ® c si les arcs a ® b et b ® c existent.
18 12 8 20
26 14 9 6 4 10 22
13 7 3 2 5 11
1
Figure 1.2.5 ReprŽsentation de la relation ÔEST DIVISEUR DEÕ sur lÕensemble {1,2,3,.....,22,26}
Page 1.4 Jacques Guizol & Christian Aperghis
1.2.4. Majorants et minorants.
Soit un ensemble ordonnŽ et une relation d'ordre R; ConsidŽrons un sous-
ensemble F de E ordonnŽ par R.
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn niii ittt tiii iooo onnn n : On appelle mmm maaa ajjj jooo orrr raaa annn nttt t de F tout ŽlŽment M de E tel que " a Î F Þ a R M.
PPP Prrr rooo oppp prrr riii iŽŽŽ Žttt tŽŽŽ Ž : Si M appartient ˆ F alors l'ŽlŽment M est unique et s'appelle le mmm maaa axxx xiii immm muuu ummm m de F.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n :
Soient M
1
et M
2
deux majorants de F.
M
1
Žtant majorant de F on a bien Žvidemment M
1
R M
2
.
Or M
2
Žtant aussi majorant de F on obtient pareillement M
2
R M
1
.
D'o• M
1
= M
2
. c.q.f.d.
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn niii ittt tiii iooo onnn n : On appelle mmm miii innn nooo orr r raaa annn ntt t t de F tout ŽlŽment m de E tel que " a Î F Þ m R a.
PPP Prrr rooo oppp prrr riii iŽŽŽ Žttt tŽŽŽ Ž : Si m appartient ˆ F alors l'ŽlŽment m est unique et s'appelle le mmm miii innn niii immm muuu ummm m de F.
La dŽmonstration est identique ˆ la prŽcŽdente.
DDD DŽŽŽ Žfff f iii i nnn niii i tt t t iii i ooo onnn nsss s : Si parmi tous les majorants de F il en est un qui soit plus petit que tous les autres,
alors ce majorant est appelŽ le ppp plll luuu usss s ppp peee ettt tiii itt t t mmm maaa ajjj jooo orrr raaa annn nttt t de F, soit en abrŽgŽ le ppM de
F.
De m•me, si parmi tous les minorants de F il en est un qui soit plus grand que tous
les autres, il sera appelŽ le ppp plll luuu usss s ggg grrr raaa annn nddd d mmm miii innn nooo orrr raaa annn ntt t t de F, soit en abrŽgŽ le pgm de F.
Exemples :
+ Soit un ensemble E={a,b,c,d,e,f,g,h} ordonnŽ par
une relation d'ordre conformŽment ˆ la figure1.2.6
¥ Le sous-ensemble {d,e,f} poss•de 4 majorants
(a,b,c,d) et un ppM d
¥ Le sous-ensemble {d,e,f,g} ne poss•de ni
majorant ni minorant
¥ Le sous-ensemble {d,f,g,h} ne poss•de pas de
majorant mais poss•de un minorant (f)
¥ Le sous-ensemble {a,b,c,d} ne poss•de aucun
majorant, 3 minorants (e,d,f) et un pgm (d)
h
b c
a
g
d
e
f
Figure 1.2.6 : Ensemble ordonnŽ.
1.3. Les treillis
1.3.1. Notion de base.
Soit l'ensemble E ˆ trois ŽlŽments {a,b,c} et
l'ensemble S de tous les sous-ensembles de
E, que nous allons ordonner par la relation
d'inclusion au sens large Í (figure 1.2.6).
S=[{},{a},{b},{c},{a,b},{a,c},{b,c},{a,b,c}]
Sur cette structure, il est aisŽ de voir que 2
sous-ensembles poss•dent toujours un
ppM qui est leur union et un pgm qui est
leur intersection. Elle a re•u le nom de
treillis.
(a,b,c)
(b,c)
(a,c)
(a,b)
(c)
(b)
(a)
(¿)
Figure 1.3.1 : Relation dÕinclusion ss. ensemble
Treillis et alg•bre de Boole Page1.5
1.3.2. PropriŽtŽs des treillis
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r ••• •mmm meee e : Un ttt trrr reee eii i ill l llll lii i isss s est un ensemble ordonnŽ tel que pour tout couple d'ŽlŽments a et b il
existe un plus petit majorant et un plus grand minorant. Le ppM sera notŽ a Ú b et le
pgm sera notŽ a Ù b.
Si a e t b sont les ŽlŽments d'un treillis les opŽrations Ú et Ù poss•dent les
propriŽtŽs suivantes que nous allons dŽmontrer :
q
3
CommutativitŽ : a Ú b = b Ú a et a Ù b = b Ù a
Par hypoth•se a Ú b est le ppM du sous-ensemble {a,b} et b Ú a est le ppM du
sous-ensemble {b, a} or ces deux ensembles sont identiques comme ayant les
m•mes ŽlŽments.
q
3
AssociativitŽ : a Ú (b Ú c) = (a Ú b) Ú c et a Ù (b Ù c) = (a Ù b) Ù c
DŽmonstration analogue ˆ la prŽcŽdente en considŽrant lÕensemble {a, b, c}.
q
3
Idempotence : a Ú a = a et a Ù a = a
Cette propriŽtŽ dŽcoule de la dŽfinition de la relation d'ordre, le ppM de {a} est a
et le pgm de {a} est a.
q
3
Absorption : a Ú (a Ù b) = a et a Ù (a Ú b)= a
La relation d'ordre Žtant rŽflexive on aura a £ a de plus a Ù b Žtant le pgm de a
et de b, on peut Žcrire a Ù b £ a ; Ceci prouve que a est un majorant de
l'ensemble {a, a Ù b}, par ailleurs si c est un majorant de {a, a Ù b} on a
nŽcessairement a £ c.
Il rŽsulte de tout ceci que a est le ppM de {a , a Ù b} c'est ˆ dire a Ú (a Ù b) = a.
Le thŽor•me prŽcŽdent admet une importante rŽciproque.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r ••• •mmm meee e : Si un ensemble E est muni de deux opŽrations que l'on notera ^ et *** * et qui ont les
propriŽtŽs suivantes :
a ^ b = b ^ a et a * b = b * a
a ^ (b ^ c) = (a ^ b) ^ c et a * (b * c) = (a * b) * c
a ^ a = a et a * a = a
a ^ (a * b) = a et a * (a ^ b) = a
É alors il existe sur E une seule relation d'ordre qui fait de E un treillis dans lequel
les opŽrations ^ et * donnent respectivement le ppM et le pgm.
Pour le dŽmontrer, nous devons Žnoncer les lemmes suivants :
LLL Leee emmm mmmm meee e 111 1 : L'ŽgalitŽ a ^ b === = b implique l'ŽgalitŽ a * b = a et rŽciproquement.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
Si nous supposons que a ^ b = b, alors on peut en dŽduire que a * b = a * (a ^
b) = a.
La dŽmonstration de la rŽciproque est analogue.
LLL Leee emmm mmmm meee e 222 2 : Si on dŽfinit sur E une relation binaire notŽe £ par a £ b ssi a ^ b = b, alors
²²² ² est une relation d'ordre, de plus cette relation d'ordre fait de E un treillis et les
opŽrations Ú et Ù de ce treillis sont respectivement les opŽrations ^ et *.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
Pour montrer que £ est une relation d'ordre, il faut montrer qu'elle est rŽflexive,
antisymŽtrique et transitive.
q
3
RŽflexive : On a bien a £ a, c'est-ˆ-dire a ^ a = a ˆ cause de l'idempo-
tence.
q
3
AntisymŽtrique : a £ b Þ a ^ b = b et b £ a Þ b ^ a = a
comme a ^ b = b ^ a on a a £ b et b £ a c'est-ˆ-dire a = b.
Page 1.6 Jacques Guizol & Christian Aperghis
q
3
Transitive : Montrons que a £ b et b £ c Þ a £ c
a ^ b = b et b ^ c = c
a ^ c = a ^ (b ^ c) = (a ^ b) ^ c = b ^ c = c
La relation £ est bien une relation d'ordre.
Il reste ˆ dŽmontrer que tout couple a,b poss•de un ppM a ^ b et un pgm a * b.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
a ^ b est un majorant de a, en effet : a £ a ^ b ssi a ^ (a ^ b) = a ^ b
Or, on a bien a ^ (a ^ b) = (a ^ a) ^ b = a ^ b
On montre de la m•me fa•on que a ^ b est un majorant de b.
Pour montrer que a ^ b est le ppM de {a, b} nous allons supposer qu'il existe un
majorant c de {a, b}, on aurait alors a £ c et b £ c soit a ^ c = c et b ^ c = c.
Ces deux relations impliquent a ^ b £ c, en effet,
(a ^ b) ^ c = a ^ (b ^ c) = a ^ c = c. On a donc bien a ^ b £ c
De la m•me fa•on on montrerait que a * b est le pgm de {a, b}
LLL Leee emmm mmmm meee e 333 3 : La relation £ dŽfinie ci dessus est la seule relation d'ordre sur S, qui fasse de S un
treillis tel que les opŽrations ^ et * dŽfinissent le ppM et le pgm.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
Soit R une relation d'ordre sur E, diffŽrente de £, et telle que E soit un treillis
dans lequel ^ et * donnent respectivement le ppM et le pgm. Si a R b alors b est
le ppM de {a, b} et comme ^ donne par hypoth•se le ppM, alors a ^ b = b.
Il rŽsulte alors du lemme prŽcŽdent que a £ b.
On montrerait de la m•me fa•on que la relation £ est la seule pour laquelle a * b
est le pgm de {a, b}.
1.3.3. Treillis remarquables.
111 1.. . .333 3... .333 3... .111 1... . TTT Trrr reee eiii illl llll liii isss s ddd diii isss sttt trrr riii ibbb buuu uttt tiii ifff fsss s... .
Un treillis E est distributif si " a, b Î E on a :
î
í
ì
  
a Ù (b Ú c) = (a Ù b) Ú (a Ù c)
a Ú (b Ù c) = (a Ú b) Ù (a Ú c)
C'est-ˆ-dire qu'un treillis est distributif si et seulement si on a distributivitŽ de
l'opŽration Ù par rapport ˆ l'opŽration Ú et distributivitŽ de l'opŽration Ú par
rapport ˆ l'opŽration Ù.
Supposons E distributif, (a Ú b) Ù (a Ú c) = [(a Ú b) Ù a] Ú [(a Ú b) Ù c]
Soit par application de la loi d'absorption
(a Ú b) Ù (a Ú c) = a Ú [(a Ù c) Ú (b Ù c)]
(a Ú b) Ù (a Ú c) = a Ú (a Ù c) Ú (b Ù c)
(a Ú b) Ù (a Ú c) = a Ú (b Ù c)
La rŽciproque s'Žtablit de fa•on analogue en montrant que
(a Ù b) Ú (a Ù c) = a Ù (b Ú c)
Exemples
+ Le treillis S formŽ par l'ensemble de tous les sous-ensembles d'un ensemble E ordonnŽ par la
relation d'inclusion est un treillis distributif.
+ Nous avons vu que la relation a | b (a est un diviseur de b) est une relation d'ordre sur l'ensemble des
entiers naturels. Nous allons montrer que cet ensemble ordonnŽ est un treillis.
Treillis et alg•bre de Boole Page1.7
R
DŽfinissons le ppM de a et de b par a ^ b = c. Ceci revient ˆ dire que si a | c et b | c et si a | x et
b | x alors c | x.
On voit que le ppM de a et de b est le plus petit commun multiple (au sens arithmŽtique du terme)
de a et de b. On verrait de m•me que le pgm de a et de b n'est autre que le plus grand commun
diviseur de a et de b.
Deux nombres ayant toujours un ppcm et un pgcd, il en rŽsulte que l'ensemble considŽrŽ est un
treillis et que les opŽrations ^ et * sont commutatives et associatives.
Il dŽcoule par ailleurs des rŽsultats Žtablis en arithmŽtique que ce treillis est distributif, Žtant
donnŽs trois nombres a, b, c le ppcm de a et du pgcd de b et c est Žgal au pgcd, dÕune part, du
ppcm de a et b et, dÕautre part, du ppcm de a et c .
+
Remarque : On notera qu'un treillis ne poss•de pas nŽcessairement d'ŽlŽment plus grand que
tous les autres, bien que deux ŽlŽments quelconques de cet ensemble poss•dent
un ppM, c'est le cas de l'exemple ci-dessus qui sÕapplique sur un ensemble infini.
Par contre si l'ensemble est fini, il existe nŽcessairement un ŽlŽment plus grand
que tous les autres et un ŽlŽment plus petit que tous les autres, ces deux ŽlŽments
Žtant uniques.
111 1.. . .333 3... .333 3... .222 2... . TTT Trrr reee eiii illl llll liii isss s ccc cooo ommm mppp plll lŽŽŽ Žmmm meee ennn nttt tŽŽŽ Žsss s... .
Dans un treillis possŽdant un ŽlŽment plus grand que tous les autres (que l'on
notera M) et un ŽlŽment plus petit que tous les autres (que l'on notera m), le
complŽment d'un ŽlŽment a Î E est un ŽlŽment a' Î E tel que a Ú a' = M et
a Ù a = m.
DDD DŽŽŽ Žfff f iii i nnn niii i tt t t ii i i ooo onnn n : Un treillis dans lequel tout ŽlŽment a au moins un complŽment est un ttt trrr reee eiii i ll l l lll l iii i sss s
ccc cooo ommm mppp pll l lŽŽŽ Žmmm meee ennn nttt tŽŽŽ Ž
Notons au passage qu'en raison de la commutativitŽ, si a' est le complŽment de
a alors a est le complŽment de a'.
111 1.. . .333 3... .333 3... .333 3... . TTT Trrr reee eiii illl llll liii isss s ddd deee e BBB Booo oooo olll leee e... .
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn nii i ittt tiii iooo onnn n : Un treillis distributif et complŽmentŽ est un ttt trrr reee eiii illl llll liii isss s ddd deee e BBB Booo oooo olll leee e .
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e : Dans un treillis de Boole, le complŽment est unique.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
Si a avait deux complŽments, on aurait :
a Ù b = a Ù c = m et a Ú b = a Ú c = M
On peut Žcrire par application de la loi dÕabsorption :
b = b Ú (b Ù a)
ce qui donne : b = b Ú (a Ù c) = (b Ú a) Ù (b Ú c)
donc, b £ c et c £ b É ce qui prouve que b et c sont confondus.
Exemple :
+ L'ensemble S de tous les sous-ensembles d'un ensemble E ordonnŽs par la relation d'inclusion est un
treillis de Boole. Il comporte un ŽlŽment plus grand que tous les autres qui est l'ensemble E, et un
ŽlŽment plus petit que tous les autres qui est l'ensemble vide ¿;
Le complŽment d'un sous-ensemble S
i
est le sous-ensemble qui contient tous les ŽlŽments qui ne
sont pas dans S
i
.
En notant SÕ
i
cet ensemble, on a bien dans ces conditions :   
î
í
ì
  
S
i
 Ú SÕ
i
 = E
S
i
 Ù SÕ
i
 = ¿
Page 1.8 Jacques Guizol & Christian Aperghis
1.4. Alg•bre de Boole.
1.4.1. Treillis de Boole.
Une alg•bre de Boole {0,1} possŽdant deux opŽrations Ú et Ù qui sont commuta-
tives, associatives, idempotentes et vŽrifiant la loi d'absorption, forme un treillis.
Ces opŽrations Žtant distributives et chaque ŽlŽment possŽdant un complŽment,
il en rŽsulte que toute alg•bre de Boole est un treillis de Boole.
La relation d'ordre sur l'ensemble qui sera notŽe £ est dŽfinie par :
 a £ b Û a Ú b = b 
Cela signifie que le rŽsultat de l'opŽration d'union est Žgal au plus grand des
deux ŽlŽments intervenant dans l'opŽration.
 
0 Ú 1 = 1
0 Ú 0 = 0
1 Ú 1 = 1
 
De m•me, le rŽsultat de l'opŽration d'intersection est Žgal au plus petit des deux
ŽlŽments intervenant dans l'opŽration.
 
0 Ù 1 = 0
0 Ù 0 = 0
1 Ù 1 = 1
 
1.4.2. Treillis et alg•bre des fonctions boolŽennes.
111 1.. . .444 4.. . .222 2... .111 1... . RRR Reee elll laaa attt tiii iooo onnn nsss s ddd d''' 'ooo orrr rddd drrr reee e sss suuu urrr r uuu unnn n eee ennn nsss seee emmm mbbb bll l leee e ddd deee e nnn n--- -uuu uppp plll leee ettt tsss s... .
Soit F (x
1
,x
2
,...,x
n
) une fonction boolŽenne de n variables. Si i est un entier tel
que 0 £ i £ 2
n
-1 et si i
1
,i
2
,...,i
n
est la reprŽsentation binaire de ce nombre, on
peut alors poser F
i
= F (i
1
,i
2
,...,i
n
) et le 2
n
-uplet formŽ par (F
0
,F
1
,..,F
i
,..,F
2
n
-1
)
dŽtermine compl•tement la fonction F .
ConsidŽrons l'ensemble E des
2
2
n
2
n
-uplets et dŽfinissons sur cet ensemble qui
n'est rien d'autre que l'ensemble de toutes les fonctions boolŽennes de n va-
riables, une relation notŽe £ telle que pour tout F ,G Î E la relation F £ G, soit
vŽrifiŽe.
C'est-ˆ-dire (F
0
,F
1
,..,F
i
,..,F
2
n
-1
) £ (G
0
,G
1
,..,G
i
,..,G
2
n
-1
), Û " i Î [0, 2
n-1
] on a
bien F
i
£ G
i
,

F
i
et G
i
Žtant des variables boolŽennes. Il rŽsulte de ce qui vient
d'•tre dit que la relation £ peut •tre interprŽtŽe au sens arithmŽtique de terme, ˆ
savoir :
 
0 £ 1
1 £ 1
0 £ 0
 
Il est facile de voir que cette relation sur l'ensemble E est rŽflexive, antisymŽ-
trique et transitive, c'est donc une relation d'ordre sur E.
Exemple :
+ Une fonction de deux variables est dŽfinie par le quadruplŽ (F
0
,F
1
, F
2
, F
3
) avec
î
ï
ï
í
ï
ï
ì

F
0
 = (0,0)
F
1
 = (0,1)
F
2
 = (1,0)
F

= (1,1)
Treillis et alg•bre de Boole Page1.9
+ L'ensemble E des quadruplŽs est l'ensemble de toutes les fonctions boolŽennes de deux variables :
è
ç
ç
ç
æ
ø
÷
÷
÷
ö
(0,0,0,0) (0,0,0,1) (0,0,1,0) (0,0,1,1)
(0,1,0,0) (0,1,0,1) (0,1,1,0) (0,1,1,1)
(1,0,0,0) (1,0,0,1) (1,0,1,0) (1,0,1,1)
(1,1,0,0) (1,1,0,1) (1,1,1,0) (1,1,1,1)
+ De la dŽfinition, il rŽsulte que, par exemple, (0,0,0,1) £ (0,1,0,1) ou (0,1,0,1) £ (1,1,0,1) alors que
(1,0,1,0) et (0,1,0,1) ne sont pas comparables.
111 1.. . .444 4... .222 2... .222 2... . TTT Trrr reee eiii illl llll liii isss s ddd deee e fff fooo onnn nccc cttt tiii iooo onnn nsss s BBB Booo oooo olll lŽŽŽ Žeee ennn nnnn neee esss s... .
Nous avons vu que l'ensemble des fonctions boolŽennes muni des opŽrations Ú,
Ù et de la complŽmentation (Â) forme une alg•bre de Boole et, de ce fait, un
treillis boolŽen.
+
Attention !É x Žtant une variable dÕune alg•bre de Boole, nous noterons, dans la suite,
xÕ lÕopposŽe de x.
Le treillis formŽ par l'ensemble des fonctions de deux variables est reprŽsentŽ en
figure 1.4.1.
((( ( 111 1111 1000 0000 0)) ) ) (( ( ( 111 1000 0111 1000 0))) ) ((( ( 000 0111 1000 0111 1))) ) ((( ( 000 0000 0111 1111 1))) )
((( (000 0111 1000 0000 0))) ) ((( ( 000 0000 0111 1000 0))) )
((( (111 1000 0000 0111 1))) )
((( ( 111 1000 0000 0000 0))) ) ((( ( 000 0000 0000 0111 1))) )
((( (000 0000 0000 0000 0))) )
((( (111 1111 1111 1111 1))) )
((( ( 111 1111 1111 1000 0))) ) ((( ( 000 0111 1111 1111 1))) )
((( (000 0111 1111 1000 0))) )
((( (111 1111 1000 0111 1))) ) ((( ( 111 1000 0111 1111 1))) )
Figure 1.4.1 : Treillis formŽ par l'ensemble des fonctions de deux variables
La relation d'ordre d'un treillis de ce type est celle dŽfinie prŽcŽdemment car si
F £ G alors le ppM de F et G est G et on a bien dans ce cas F Ú G = G ainsi qu'il
rŽsulte de l'opŽration Ú sur l'ensemble des fonctions boolŽennes. De m•me,
F  Ù G donnerait le pgm de F et de G.
1.4.3. Alg•bre des sous-ensembles d'un ensemble.
111 1.. . .444 4... .333 3... .111 1... . RRR Raaa appp pppp peee elll lsss s sss suuu urrr r lll l''' 'iii isss sooo ommm mooo orrr rppp phhh hiii isss smmm meee e
DDD DŽŽŽ Žfff fiii i nnn nii i i ttt tiii i ooo onnn n ::: : Deux ensembles A et B dont chacun est muni d'un certain nombre d'opŽrations de
relation sont iii i sss sooo ommm mooo orrr r ppp phhh heee esss s s'il existe une application biunivoque de A sur B
(application bijective) qui prŽserve la structure de A.
Soit l'ensemble A des nombres rŽels positifs muni de l'opŽration de multiplica-
tion, et l'ensemble B des nombres rŽels muni de l'opŽration d'addition.
DŽfinissons une application j telle que : a
1
Î A Þ j(a
1
) = log(a
1
) Î B.
Page 1.10 Jacques Guizol & Christian Aperghis
L'application j est un isomorphisme car on sait que la relation entre un nombre
et son logarithme est biunivoque et que tout nombre positif poss•de un
logarithme, l'application est donc bijective.
La structure de A est prŽservŽe en ce sens que log (a ´ b) = log (a) + log (b) ce
qui donne :
a ´ b = c
log (a) + log (b) = log (c)
L'intŽr•t de cette notion vient de ce que deux ensembles isomorphes ont m•me
structure et que tout ce que l'on peut dire de l'un reste valable pour l'autre, c'est
ˆ dire qu'ils sont, dans une certaine mesure, Žquivalents.
PPP Prrr rooo oppp prrr riii iŽŽŽ Žttt tŽŽŽ Ž :: : : Toute alg•bre de Boole est isomorphe ˆ l'alg•bre des sous-ensembles d'un ensemble.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
Le principe est le suivant : On dŽfinit dans une alg•bre de Boole B des sous-
ensembles d'ŽlŽments tels qu'il existe une relation biunivoque entre ces sous-
ensembles et les ŽlŽments de B. On dŽfinit alors une application des ŽlŽments de
B sur l'ensemble de ces sous-ensembles et on montre que cette application est
un isomorphisme.
DDD DŽŽŽ Žfff f iii i nnn niii i ttt t ii i i ooo onnn n : Un ŽlŽment a d'une alg•bre de Boole B est un aaa attt t ooo ommm meee e ssi pour tout X Î B et pour
a  ¹ 0, on a X Ù a === = a ou X Ù a === = 0. Ce qui revient ˆ dire que pour tout X le
pgm de X et a est a ou 0
Exemple :
Pour une alg•bre de Boole ˆ trois variables X
1
, X
2
, X
3
on vŽrifie aisŽment que les termes
a = X
1
Ù X
2
Ù X
3
et b = XÔ
1
Ù XÔ
2
Ù XÔ
3
sont des atomes, et qu'il en va de m•me pour tous
les termes canoniques.
Cette dŽfinition conduit ˆ deux thŽor•mes:
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e 111 1 :: : : Soient a
1
,a
2
, ... ,a
n
des atomes d'une alg•bre de Boole.
Si X = a
1
Ú a
2
Ú ...Ú a
n
et si X Ê a alors $ iÎ [1, n] tel que a = a
i
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e 222 2 ::: : Dans une alg•bre de Boole finie, tout ŽlŽment x est la rŽunion de tous les atomes a
tels que a ²²² ² x.
111 1.. . .444 4.. . .333 3... .222 2... . MMM Miii isss seee e eee ennn n ppp plll laaa accc ceee e ddd dÕÕÕ Õuuu unnn n iii isss sooo ommm mooo orrr rppp phhh hii i isss smmm meee e sss suuu urrr r ll l lÕÕÕ Õaaa alll lggg g••• •bbb brrr reee e ddd deee e BBB Booo oooo olll leee e
On dŽfinit une application j qui ˆ tout x Î B fait correspondre l'ensemble des
atomes £ x.
L'application est surjective car, Žtant donnŽ un sous-ensemble S
i
d'atomes,
l'union de tous ses ŽlŽments est un ŽlŽment qui s'applique sur S
i
. Elle est
Žgalement biunivoque car un ŽlŽment de B ne peut se mettre sous forme d'une
rŽunion d'atomes que de fa•on unique.
Enfin, on montre que si les ensembles sont munis des opŽrations Ú et Ù , alors
j(a) = S
i
et j(b) = S
j
entra”ne j(a Ú b) = S
i
È S
j
et j(a Ù b) = S
i
Ç S
j
d'o• :
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e :: : : Soit B = (B,, , , Ú,,, , Ù,,, , 0, 1) une alg•bre de Boole finie et soit S l'ensemble de tous
les sous-ensembles des atomes de B;
L'ensemble S = (S,, , , È,,, , Ç,,, , j,,, , C))) ) est une alg•bre de Boole isomorphe ˆ B.
CCC Cooo orrr rooo olll llll laaa aiii irrr reee e ::: : Le nombre d'ŽlŽments dans une alg•bre de Boole est fini et il est Žgal ˆ 222 2
kkk k
o• kkk k est un
nombre entier, et deux alg•bres de Boole sont isomorphes ssi elles ont le m•me nombre
d'ŽlŽments.
Treillis et alg•bre de Boole Page1.11
Exemples :
+ L'alg•bre de Boole ordinaire comporte deux ŽlŽments qui sont 0 et 1;
+ L'alg•bre des fonctions boolŽennes de n variables comporte 2
n
ŽlŽments.
L'application j telle que B ¾ j ® S est donnŽe ci-dessous pour l'alg•bre des
fonctions boolŽennes ˆ deux variables x
1
et x
2
. Dans ce cas, les atomes sont
(x
1
x
2
) (xÕ
1
x
2
) (x
1

2
) (xÕ
1

2
)
j (0) = ¿
j (x
1
x
2
) = {x
1
x
2
}
j (xÕ
1
x
2
) = {xÕ
1
x
2
}
j (x
1

2
) = {x
1

2
}
j (xÕ
1

2
) = {xÕ
1

2
}
j (x
1
) = {x
1

2 ,
x
1
x
2
}
j (x
2
) = {xÕ
1
x
2 ,
x
1
x
2
}
j (xÕ
1
x
2
Ú x
1

2
) = {xÕ
1
x
2
, x
1

2
}
j (xÕ
1

2
Ú x
1
x
2
) = {xÕ
1

2
, x
1
x
2
}
j (xÕ
1
) = {xÕ
1

2
, xÕ
1
x
2
}
j (xÕ
2
) = {xÕ
1

2
, x
1

2
}
j (xÕ
1
Ú x
2
) = {xÕ
1

2
, xÕ
1
x
2
, x
1
x
2
}
j (xÕ
1
Ú xÕ
2
) = {xÕ
1

2
, xÕ
1
x
2
, x
1

2
}
j (x
1
Ú x
2
) = {xÕ
1
x
2
, x
1

2
, x
1
x
2
}
j (x
1
Ú xÕ
2
) = {x
1

2
, x
1
x
2
, xÕ
1

2
}
j (xÕ
1
Ù x
2
) = {xÕ
1
x
2
}
j (xÕ
1
Ù xÕ
2
) = {xÕ
1

2
}
j (x
1
Ù x
2
) = {x
1
x
2
}
j (x
1
Ù xÕ
2
) = {x
1

2
}
j (1) = {xÕ
1

2
, x
1

2
, xÕ
1
x
2
, x
1
x
2
}
CCC Cooo onnn nccc clll luuu usss siii iooo onnn n ::: :
L'isomorphisme entre alg•bre de Boole et alg•bre des sous-ensembles d'un
ensemble, signifie que l'Žtude de toute alg•bre de Boole peut se ramener ˆ la
seule Žtude de l'alg•bre de tous les sous-ensembles d'un ensemble (ordonnŽ par
la relation d'inclusion).
1.4.4. LÕanneau BoolŽen.
111 1.. . .444 4... .444 4... .111 1... . LLL Laaa a sss sttt trrr ruuu uccc cttt tuuu urrr reee e ddd deee e ggg grrr rooo ouuu uppp peee e... .
DDD DŽŽŽ Žfff f iii i nnn niii i tt t t ii i i ooo onnn n : Un ensemble E muni d'une opŽration interne (loi de composition interne) forme un
ggg grrr rooo ouuu uppp peee e si :
¶ L'ensemble est fermŽ pour l'opŽration.
· L'opŽration est associative.
¸ L'ensemble poss•de un ŽlŽment neutre pour l'opŽration.
¹ Chaque ŽlŽment, sauf l'ŽlŽment neutre, poss•de un opposŽ.
Si, de plus, l'opŽration est commutative, le groupe est dit AAA Abbb bŽŽŽ Žlll liii ieee ennn n .
En notant l'opŽration par le symbole Å, nous allons voir la signification de
chacun des axiomes dŽfinis ci dessus.
¶ " a, b Î E , a Å b Î E
· " a, b, c Î E , a Å (b Å c) = (a Å b) Å c
¸ " a Î E , $ e tel que a Å e = e Å a = a
¹ " a Î E , $ a' Î E tel que a Å a' = e
Par la suite, e sera notŽ 0.
Page 1.12 Jacques Guizol & Christian Aperghis
111 1.. . .444 4.. . .444 4... .222 2... . LLL Laaa a sss sttt trrr ruuu uccc cttt tuuu urrr reee e ddd d''' 'aaa annn nnnn neee eaaa auuu u.. . .
Un ensemble E muni de deux opŽrations internes notŽes Å et ¨ forme un
anneau si E forme un groupe abŽlien pour l'opŽration Å et si :
q
3
L'ensemble est fermŽ pour la loi ¨
q
3
L'opŽration est associative.
q
3
L'opŽration ¨ est distributive ˆ gauche et ˆ droite pour l'opŽration Å,
c'est ˆ dire :
" a, b, c Î E ,
î
í
ì
a ¨ (b Å c) = (a ¨ b) Å (a ¨ c)
(b Å c) ¨ a = (b ¨ a) Å (c ¨ a)
Par la suite, nous supprimerons les parenth•ses en affectant ˆ l'opŽration ¨ la
prioritŽ par rapport ˆ l'opŽration Å. L'opŽration ¨ Žtant le plus souvent sous-
entendue, on notera habituellement a ¨ b sous la forme a b.
DDD DŽŽŽ Žfff f iii i nnn niii i ttt t iii i ooo onnn nsss s ::: : é Un anneau dans lequel l'opŽration ¨ est commutative est un aaa annn nnnn neee eaaa auuu u
ccc cooo ommm mmmm muuu utt t taaa attt tii i iff f f.
é Un anneau possŽdant un ŽlŽment neutre pour l'opŽration ¨ est un aaa annn nnnn neee e aaa auuu u
uuu unnn niii itt t taaa aii i irrr reee e, cet ŽlŽment sera notŽ 111 1 .
Les rŽsultats que nous allons Žnoncer maintenant dŽcoulent tout naturellement
de ce qui a ŽtŽ dit jusqu'ici :
q
3
Les ŽlŽments 0 et 1 sont uniques.
q
3
L'Žquation a Å x = b a une solution unique en x.
q
3
Les relations a ¨ 0 = 0 ¨ a = 0 sont vŽrifiŽes.
q
3
L'Žquation a ¨ x = b n'a, dans le cas gŽnŽral, pas de solution en x. Si cette
solution existe, on dira que b est divisible par a.
Exemples :
+ L'ensemble des entiers relatifs muni de l'opŽration d'addition et de l'opŽration de multiplication forme
un anneau unitaire.
+ L'ensemble des polyn™mes ˆ une inconnue dont les coefficients sont des entiers relatifs, muni des
opŽrations d'addition et de multiplication forme un anneau.
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn niii ittt tiii iooo onnn nsss s ::: : é Une opŽration pour laquelle on a a * a = a est iii iddd deee emmm mppp pooo ott t teee ennn nttt teee e.
é Un anneau dans lequel l'opŽration ¨ est idempotente pour les ŽlŽments de l'anneau
est un aaa annn nnnn neee eaaa auuu u bbb booo oooo olll lŽŽŽ Žeee ennn n .
CCC Cooo onnn nsss sŽŽŽ Žqqq quuu ueee ennn nccc ceee esss s ::: :
ééé é Les anneaux boolŽens sont commutatifs.
Supposons en effet que ab ¹ ba, En composant les deux membres par b
ˆ gauche et par a ˆ droite, on obtient baba ¹ bbaa ce qui nous donne par
associativitŽ et idempotence (ba)(ba) ¹ (bb)(aa) soit ba ¹ ba.
ééé é Dans un anneau boolŽen, tout ŽlŽment est son propre opposŽ pour la loi Å.
Soit a ¹ 0 un ŽlŽment de l'anneau boolŽen et soit a' son opposŽ; par
dŽfinition on a : a Å a' = 0
ou bien encore : a(a Å a') = a ¨ 0 = 0
a Å a a' = 0 d'o• a a' = a'
On aurait pu Žcrire de la m•me fa•on a' (a Å a')=0, soit, a' Å a a' = 0
Il rŽsulte de tout ceci que a = a'
ééé é Tout anneau boolŽen (ˆ nombre fini d'ŽlŽments) est un anneau unitaire.
Treillis et alg•bre de Boole Page1.13
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e :: : : Il existe un anneau boolŽen ˆ deux ŽlŽments.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n
L'anneau Žtant par hypoth•se unitaire, il devra nŽcessairement comporter
l'ŽlŽment neutre pour la loi Å et l'ŽlŽment neutre pour la loi ¨ Les deux seuls
ŽlŽments de l'anneau sont donc 0 et 1.
Pour la loi Å on a par dŽfinition : 0 Å 0 = 0
0 Å 1 = 1 Å 0 = 1
1 Å 1 = 0
Parce que 1 est le seul ŽlŽment de l'ensemble qui soit distinct de 0, et l'opposŽ
de 1, qui ne peut par dŽfinition qu'exister, est obligatoirement 1.
Pour la loi ¨ on a par dŽfinition : 0 ¨ 0 = 0
0 ¨ 1 = 1 ¨ 0 = 0
1 ¨ 1 = 1 car l'anneau est unitaire.
Ce dernier rŽsultat prouve que la loi ¨ est idempotente et, comme on vŽrifie
aisŽment que la loi ¨ est associative et distributive par rapport ˆ la loi Å, il en
rŽsulte que l'anneau {0,1} est boolŽen.
RRR Reee emmm maaa arr r rqqq quuu ueee e : Il existe un anneau ˆ deux ŽlŽments {0,a} qui n'est pas boolŽen.
CCC Cooo orrr rooo oll l lll l laaa aii i irrr reee e ::: : Dans lÕanneau {0,1}, lÕŽlŽment 1 poss•de un ŽlŽment inverse pour lÕopŽration ¨; Ce
rŽsultat est fondamental car il conf•re ˆ lÕensemble {0,1} une structure de corps.
CCC Cooo onnn nsss sŽŽŽ Žqqq quuu ueee ennn nccc ceee e :: : : L'ensemble {0,1} muni des opŽrations Å et ¨ forme un anneau boolŽen si on dŽfinit :
(a
1
,a
2
,...,a
n
)Å(b
1
,b
2
,...,b
n
)=(a
1
Åb
1
, a
2
Åb
2
,..., a
n
Åb
n
)
(a
1
,a
2
,...,a
n
)¨(b
1
,b
2
,...,b
n
)=(a
1
¨b
1
, a
2
¨b
2
,..., a
n
¨b
n
)
L'ŽlŽment neutre pour l'opŽration Å sera (0,0,...,0)
L'ŽlŽment neutre pour l'opŽration ¨ sera (1,1,...,1)
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e ::: : Soit B une alg•bre de Boole. Si on dŽfinit sur B les opŽrations Å et ¨ par les
relations : a Å b === = ab Ú ab
a ¨ b === = a Ù b
É alors B devient un anneau boolŽen.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e ::: : Soit B un anneau boolŽen. Si on dŽfinit sur B une relation d'ordre notŽe ²²² ² par a ²²² ²
b Û a ¨ b = a alors B devient une alg•bre de Boole.
C'est ˆ dire qu'il y a Žquivalence entre une alg•bre de Boole et un anneau
boolŽen, et ceci montre l'importance de l'opŽration Å.
111 1.. . .444 4... .444 4... .333 3... . LLL Leee e ccc cooo orrr rppp psss s {{{ {000 0,,, ,111 1}}} }
RRR Raaa appp pppp peee ell l l ::: : Un ensemble E muni de deux lois de composition interne L
1
et L
2
forme un ccc cooo orrr rppp psss s si
å E forme un groupe abŽlien pour L
1
.
å E sans l'ŽlŽment neutre pour L
1
forme un groupe pour L
2
.
å La loi L
2
est distributive ˆ droite et ˆ gauche par rapport ˆ la loi L
1
.
Si la loi L
2
est commutative alors le corps est ccc cooo ommm mmmm muuu uttt taaa attt tii i ifff f.
L'ensemble {0,1} muni des opŽrations Å et ¨ forme un anneau boolŽen. A cause
de l'idempotence on a 1 ¨ 1 = 1 ce qui signifie que l'ŽlŽment 1 poss•de pour
l'opŽration ¨ un inverse qui est 1, il en rŽsulte que l'ensemble {0,1} muni des
opŽrations Å et ¨ forme un corps commutatif.
Page 1.14 Jacques Guizol & Christian Aperghis
1.4.4. PropriŽtŽs de l'opŽration Å ou exclusif.
Par dŽfinition : a Å a = 0
a Å 1 = a
a Å 0 = a'
De la m•me fa•on on aura :
(a Å a Å a ... Å a) = a pour un nombre impair de a.
(a Å a Å a ... Å a) = 0 pour un nombre pair de a.
Enfin, si a Å b Å c Å ... Å h = k alors a Å b Å c Å ... Å h Å k = k Å k = 0.
Ce qui signifie en clair que l'on peut faire passer un certain nombre de termes
de l'un des membres dans l'autre sans modifier l'ŽgalitŽ.
Ainsi par exemple : a Å b Å c = 0 Þ
î
ï
ï
í
ï
ï
ì
 
a Å b = c
a Å c = b
b Å c = a
1.5. L'espace vectoriel {0,1}
n
.
Un ensemble V muni de l'opŽration Å est un espace vectoriel sur un corps K
muni des opŽrations Å et ¥ si l'ensemble V est un groupe abŽlien pour l'opŽra-
tion Å (addition)
" k
i
Î K et " V
j
Î V Þ $ v Î V/v = k
i
. V
j
L'opŽration ¥ sera la multiplication.
Si V
i
,V
j
Î V et k
s
Î K alors k
s
¥ (V
i
Å V
j
) = (k
s
¥ V
i
) Å (k
s
¥ V
j
)
Si V
i
Î V et k
s
, k
t
Î K alors (k
s
Å k
t
) ¥ V
i
= (k
s
¥ V
i
) Å (k
t
¥ V
i
)
Si V
i
Î V et k
s
, k
t
Î K alors (k
s
¥ k
t
) ¥ V
i
= k
s
¥ (k
t
¥ V
i
) et 1 ¥ V
i
= V
i,
1 Žtant
l'ŽlŽment neutre pour la multiplication. Les ŽlŽments de V sont appelŽs vecteurs.
Si on appelle 0 l'ŽlŽment neutre pour l'addition dans K et F l'ŽlŽment neutre
pour l'addition dans V, il rŽsulte de ce qui vient d'•tre ŽnoncŽ que 0 ¥ V
i
= F et
k ¥ F = F.
De m•me si k ¹ 0 alors k ¥ V
i
= F = V
i
= F
V
i
¹ 0 alors k ¥ V
i
= F = k = 0
Il est aisŽ de voir que l'ensemble des n-uplets de 0 et de 1, c'est ˆ dire les
ŽlŽments de {0,1}
n
qui forment un groupe abŽlien pour l'opŽration Å forment
aussi un espace vectoriel sur le corps {0,1} en dŽfinissant :
k ¥ (a
1
,a
2
, ... ,a
n
)=(k ¥ a
1
,k ¥ a
2
, ... ,k ¥ a
n
)
1.5.1. Sous espace vectoriel
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn niii ittt tiii iooo onnn n :: : : On appelle sss sooo ouuu usss s-- - -eee esss sppp paaa accc ceee e ddd d''' 'uuu unnn n eee esss sppp paaa accc ceee e vvv veee eccc cttt tooo orrr riii ieee elll l V tout sous-ensemble d'ŽlŽments
de V formant un espace vectoriel.
Pour vŽrifier qu'un sous-ensemble U de V est un espace vectoriel, il suffit de
vŽrifier que V est fermŽ d'une part pour l'addition et d'autre part pour la multi-
plication par les ŽlŽments du corps.
Dans le cas particulier de {0,1}
n
les ŽlŽments du corps Žtant 0 et 1, la fermeture
par la multiplication est toujours rŽalisŽe quel que soit U et la fermeture pour
l'addition est donc la seule condition ˆ remplir. Si on appelle combinaison
linŽaire de vecteurs toute expression de la forme :
V = k
1
V
1
Å k
2
V
2
Å ... Å k
n
V
n
Treillis et alg•bre de Boole Page1.15
Il rŽsulte des ŽnoncŽs ci dessus le thŽor•me suivant :
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e ::: : L'ensemble de toutes les combinaisons linŽaires d'un sous-ensemble de vecteurs
V
1
,V
2
, ... , V
n
de V forme un sous-espace de V.
La dŽmonstration est Žvidente. En effet, si U est l'ensemble de toutes les combi-
naisons linŽaires et si U
i
et U
j
sont deux combinaisons linŽaires (U
i
,U

ΠU),
alors U
i
+U
j
Î U par dŽfinition, ce qui veut dire que U est fermŽ pour l'addition.
Exemple :
+ Dans l'espace vectoriel {0,1}
n
le sous-ensemble {0000,0100,0110,0010} forme un sous-espace, alors
que l'ensemble {0000,0111,0011,1011,1100} ne forme pas un sous-espace. Il n'est susceptible de
former un sous-espace que si on y ajoute les vecteurs {0100,1000,1111}
1.5.2. Dimension d'un espace vectoriel.
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn nii i itt t tii i iooo onnn nsss s ::: : é Un ensemble de n vecteurs V
1
,V
2
, ... ,V
n
est lll liii innn nŽŽŽ Žaaa aiii irrr reee emmm meee ennn nttt t ddd dŽŽŽ Žppp peee ennn nddd daaa annn nttt t si et
seulement si il existe nnn n scalaires k
1
,k
2
, ... ,k
n
non tous nuls tels que k
1
V
1
Å
k
2
V
2
Å .. . ... . ... . . k
n
V
n
= F
é Un ensemble de vecteurs est lll lii i innn nŽŽŽ Žaaa aii i irr r reee emmm meee ennn nttt t iii innn nddd dŽŽŽ Žppp peee ennn nddd daaa annn nttt t s'il n'est pas linŽaire-
ment dŽpendant.
é Un ensemble de vecteurs sss sooo ouuu usss s-- - -tt t teee ennn nddd d un espace vectoriel si chaque vecteur de
l'espace vectoriel est Žgal ˆ une combinaison linŽaire des vecteurs de l'ensemble.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e :: : : Si deux ensembles de vecteurs linŽairement indŽpendants sous-tendent le m•me
espace, alors il y a exactement le m•me nombre de vecteurs dans chacun des
ensembles.
DDD DŽŽŽ Žfff fiii innn nii i itt t tiii iooo onnn nsss s ::: : é Dans un espace le nombre de vecteurs linŽairement indŽpendants qui sous-tendent
l'espace est Žgal ˆ la ddd diii immm meee ennn nsss sii i iooo onnn n de l'espace.
é Un ensemble de n vecteurs linŽairement indŽpendants qui sous-tendent un espace
de dimension n forment une bbb baaa asss seee e de l'espace vectoriel.
é Le produit scalaire de deux vecteurs (a
1
,a
2
, ... ,a
n
) et (b
1
,b
2
, ... ,b
n
) est
Žgal ˆ : (a
1
,a
2
, ... ,a
n
) ´ (b
1
,b
2
, ... ,b
n
)
= (a
1
b
1
) Å (a
2
b
2
) Å ... Å (a
n
b
n
)
É o• le symbole ´ dŽsigne le produit scalaire.
Notons au passage que par dŽfinition, le produit scalaire ne peut prendre que
les valeurs 0 et 1, et on fera avec soin la distinction entre le symbole ´ qui
reprŽsente le produit scalaire de deux vecteurs et le symbole ¨ qui reprŽsente la
multiplication sur {0,1}.
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn nii i ittt tiii iooo onnn n :: : : é Deux vecteurs dont le produit scalaire est nul sont deux vvv veee eccc cttt teee euuu urrr rsss s ooo orrr rttt thhh hooo oggg gooo onnn naaa auuu uxxx x.
Exemple :
01100 x 11001 = 1
01101 x 11001 = 0
Avec le cas particulier suivant : Tout vecteur ayant un nombre pair de 1 est orthogonal ˆ lui m•me :
01100 x 01100 = 0
01110 x 01110 = 1
+
Remarque : Le produit scalaire est une opŽration commutative et distributive par rapport ˆ
l'addition .
Exemple :
Le sous-espace {0000,0100,0110,0010} est de dimension 2 pour la base (0100,0110) ou pour la base
(0100,0010) etc ...
Page 1.16 Jacques Guizol & Christian Aperghis
Le sous-espace {0000,0111,0011,1011,1100,0100,1000,1111} est de dimension 3 et l'une des bases
possibles est (0111,0011,1111).
D'une fa•on gŽnŽrale, tout espace de dimension k de { 0, 1}
n
poss•de 2
k
ŽlŽments.
1.5.3. Sous-espaces supplŽmentaires.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e :: : : Si V
1
est un sous-espace de l'espace {0,1}
n
, alors l'ensemble V des vecteurs orthogo-
naux ˆ tous les vecteurs de V1 forme un sous espace de {0,1}
n
. Le sous-espace V est
le sous-espace supplŽmentaire de V
1
.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n ::: :
Si U
1
Î U et si V
1
,V
2
Î V alors U
1
x V
1
= U
1
x V
2
= 0
D'o• (U
1
x V
1
) Å (U
1
x V
2
) = 0.
On en dŽduit que U
1
x (V
1
Å V
2
) = 0 ce qui signifie que V
1
Å V
2
appartient ˆ V.
V est donc fermŽ pour l'addition et ce rŽsultat suffit pour affirmer que V forme
un sous-espace.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orr r r••• •mmm meee e ::: : Si un vecteur est orthogonal aux vecteurs de base d'un sous-espace, il appartient ˆ
l'espace supplŽmentaire de V.
DDD DŽŽŽ Žmmm mooo onnn nsss sttt trrr raaa attt tiii iooo onnn n ::: :
Si V
1
, V
2
, ... , V
n
forment une base de V alors tout vecteur v Î V peut se mettre
sous la forme v = a
1
v
1
Å a
2
v
2
Å ... Å a
k
v
k
Si u est un vecteur quelconque de l'espace vectoriel, on a :
u ´ v = a
1
(v
1
´ u) Å a
2
(v
2
´ u) Å ... Å a
k
(v
k
´ u)
Si u est orthogonal ˆ tous les v
i
, alors u ´ v = 0, c'est ˆ dire que u appartient ˆ
l'espace supplŽmentaire de V.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e ::: : Si la dimension d'un sous-espace V de {0,1}
n
est Žgale ˆ la dimension de l'espace
supplŽmentaire de V est Žgale n-k. D'o• le corollaire suivant :
CCC Cooo orrr rooo olll lll l laaa aii i irrr reee e ::: : Si V est un sous-espace de {0,1}
n
et si V
2
est le sous-espace supplŽmentaire de V
1
alors V
1
est le sous-espace supplŽmentaire de V
2
.
1.6. Fonction linŽaire.
F(x
1
, x
2
... ,x
n
) = k
0
Å k
1
x
1
Å k
2
x
2
Å ... Å k
n
x
n
DDD DŽŽŽ Žff f fiii innn niii ittt tiii iooo onnn n :: : : Toute fonction F(x
1
,x
2
, ... ,x
n
) qui est de la forme :
F(x
1
,x
2
, ... ,x
n
) === = k
0
Å k
1
x
1
Å k
2
x
2
Å ... .... ... . . Å k
n
x
n
avec k
i
Î {0,1} est
une ff f fooo onnn nccc ctt t tii i iooo onnn n lll liii innn nŽŽŽ Žaaa aiii irrr reee e.
Si k
0
= 0 la fonction est impaire. Si k
0
= 1 la fonction est paire.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e ::: : Une fonction est linŽaire ssi F(x Å y) === = F(x))) ) Å F(y) avec x, y Î {0,1}
n
.
1.6.1. La reprŽsentation cubique.
La structure d'espace vectoriel de {0,1}
n
va nous permettre d'obtenir une reprŽ-
sentation gŽomŽtrique des fonctions boolŽennes qui, outre son aspect commode,
sÕavŽrera •tre un outil d'une grande puissance.
Si nous considŽrons un rep•re orthonormŽ dans l'espace ˆ n dimensions et le
cube ˆ n dimensions de cotŽ unitŽ, chaque sommet peut •tre reprŽsentŽ par un
n-uplet donnant les n coordonnŽes de ce sommet. Ce n-uplet portera le nom de
Treillis et alg•bre de Boole Page1.17
minterme. Il est aisŽ de voir que dans ces conditions une coordonnŽe et une
seule change de valeur lorsqu'on se dŽplace sur une ar•te, c'est ˆ dire lorsque
l'on passe d'un minterme ˆ un autre minterme connexe.
Un cube de dimension n ou n-cube ayant 2
n
sommets on voit qu'il est possible
d'Žtablir une relation biunivoque entre les sommets du cube et les 2
n
n-uplets
reprŽsentant les mintermes d'une fonction ˆ n variables. Il suffit d'ordonner les
variables et de considŽrer chaque minterme comme une suite de n coordonnŽes
(0 ou 1) donnant la position d'un sommet du cube.
+ n = 1
0 1
Figure 1.6.1 Cube de dimension 1
+ n =2
10 11
00 01
Figure 1.6.2 Cube de dimension 2
+ n =3
010 011
000 001
110 111
100 101
Figure 1.6.3 Cube de dimension 3
Toute fonction boolŽenne de n variables pouvant se mettre sous la forme d'une
rŽunion de mintermes, il en rŽsulte que toute fonction peut •tre reprŽsentŽe, et
ce de fa•on unique, par un ensemble de sommets du n-cube.
+ F(x
1
,x
2
,x
3
) = x
1

2
x
3
Ú xÕ
1
x
2

3
Ú x
1

2

3
010 011
000 001
110 111
100 101
Figure 1.6.4 ReprŽsentation dÕune fonction de 3 variables.
DDD DŽŽŽ Žfff fiii innn niii ittt tiii iooo onnn n :: : : Dans un n-cube, on appelle kkk k--- -sss sooo ouuu usss s--- -ccc cuuu ubbb beee e (kkk k<<< <nnn n) tout cube de dimension kkk k formŽ par
les sommets du n-cube.
+ 1 sommet forme un 0-sous-cube.
Page 1.18 Jacques Guizol & Christian Aperghis
+ 2 sommets reliŽs par une ar•te forment un 1-sous-cube.
+ 4 sommets disposŽs en carrŽ forment un 2-sous-cube.
+ 8 sommets disposŽs en cube forment un 3-sous-cube.
Il rŽsulte de la dŽfinition des n-cubes que les sommets d'un 1-sous-cube auront
n-1 coordonnŽes, la n-i•me Žtant complŽmentŽe lorsqu'on passe d'un sommet ˆ
l'autre. Pour un 2-sous-cube, les quatre sommets auront n-2 coordonnŽes iden-
tiques, les deux autres Žtant variables d'un sommet ˆ l'autre.
De fa•on gŽnŽrale, pour un k-sous-cube on aura n-k coordonnŽes identiques et
k coordonnŽes variables.
+ Le 1-sous-cube {000,001} a deux coordonnŽes constantes et peut •tre
dŽsignŽ par {00x}.
010 011
000 001
110 111
100 101
figure 1.6.5 : ReprŽsentation dÕun 1-sous-cube.
+ Le 2-sous-cube {010,011,111,110} a une seule coordonnŽe constante et
peut •tre dŽsignŽ par {x 1x}.
010 011
000 001
110 111
100 101
figure 1.6.6 : ReprŽsentation dÕun 2-sous-cube.
TTT Thhh hŽŽŽ Žooo orrr r••• •mmm meee e ::: : Le nombre total de sous-cubes d'un n-cube est 333 3
nnn n
.
1.6.2. Simplification de fonctions.
Nous avons vu que la forme canonique d'une fonction Žtait appelŽe forme
normale dŽveloppŽe. Nous dirons maintenant qu'une fonction est sous forme
normale lorsqu'elle est sous la forme d'une rŽunion d'intersections, aucune
variable ne figurant plus d'une fois dans un terme intersection. Il est alors
Žvident que toute fonction peut •tre mise sous forme normale.
Soit la fonction F(x
1
,x
2
,x
3
) = (x
1

2
Ú x
1
x
3
)
la forme normale est F = x
1

2
Ú x
1
x
3
DDD DŽŽŽ Žfff fii i i nnn niii i ttt tii i i ooo onnn n ::: : La fff fooo orrr rmmm meee e mmm mii i innn niii immm maaa alll leee e d'une fonction sous forme normale est celle qui comporte le
plus petit nombre de mintermes. Si cette forme minimale n'est pas unique, alors la
forme minimale est celle qui contient le plus petit nombre de variables, cette derni•re
forme n'Žtant pas nŽcessairement unique.
Treillis et alg•bre de Boole Page1.19
Il rŽsulte de la dŽfinition qui vient d'•tre donnŽe que la minimisation d'une
fonction se ram•ne ˆ la recherche des sous-cubes formŽs par les sommets du
cube qui reprŽsentent la fonction, et de fa•on plus prŽcise, ˆ la recherche des
sous-cubes d'ordre le plus ŽlevŽ possible. En effet, l'existence d'un 1-sous-cube
implique l'existence de 2 mintermes qui ne diff•rent entre eux que par la
prŽsence d'une variable qui se complŽmente de l'un ˆ l'autre. Il en rŽsulte que
l'existence d'un 1-sous-cube permet d'Žliminer un des deux mintermes et
d'Žliminer une variable dans le minterme restant.
Plus gŽnŽralement, l'existence d'un k-sous-cube permet d'Žliminer k mintermes
et de les remplacer par un terme intersection unique comportant seulement
n - k variables.
Nous verrons plus en dŽtail la mŽthode de simplification basŽe sur ce principe
dans le prochain chapitre.