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GRATIA CHRISTI ESSAI D'HISTOIRE DU DOGME ET DE THÉOLOGIE DOGMATIQUE .

org/details/gratiacliristiessOOrond .Digitized by the Internet Archive in 2010 witii funding from Lyrasis IVIembers and Sloan Foundation littp://www.arcliive.

J.VERBUM SALUTIS GRATIA CHRISTI ESSAI D'HISTOIRE DU DOGME ET DE THÉOLOGIE DOGMATIQUE Par HENRI RONDET. Professeur S. RUE DE RENNES. II7 I M M I I . au Scolasticat de Fourrière BEAUCHESNE ET SES FILS PARIS.

Lugduni. Decisier.Imprimi potest. Copyright 1948 by Beauchesne et ses fils. A. die 28^ Aprilis 1946. s. gen. 6 Tous droits de traduction. J. de reproduction ou d'adaptation réservés pour tous pays. L. Lugduni. S. IMPRIMATUR. . vie. Richard. P. die 3^ Junii 1946. NIHIL OBSTAT. S. die 3^ Junii 1946. Aug. RoucHE. Lugduni.

A LA MÉMOIRE DE JULIEN BOUILLET PRÊTRE PAR LE DÉSIR VICTIME DE SA CHARITÉ i8gy-ig24 JUL 1 7 1881 .

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= Corpus Scriptorum ecclesiasticorum = Recherches de Science religieuse. Enchiridion symholorum. T. lalinorum.TABLE DES SIGLES p. H. R. L. Patrologie grecque. = Denzinger-Bannwart. C. Patrologie latine. S. . = Dictionnaire apologétique de la foi catholique. MiGNE. p. C. R. A. = D. Dictionnaire de Théologie catholique. B. c. E. = = MiGNE. R. G. S. F. L. E. D. = Revue d'histoire ecclésiastique. D.

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TOME PREMIER ESQUISSE D'UNE HISTOIRE DE LA THÉOLOGIE DE LA GRACE .

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M.AVANT-PROPOS Lorsqu'il n'était encore qu'un étudiant en théologie. tête le Père Léonce profes~ de Grandmaison souhaitait qu'en des Pères. théologiens. Je me hasarde à en donner aujourd'hui une simple esquisse. laissant à d'autres le soin de la refaire ou de la reprendre en partie. de chaque traité. nous a donné sur la Rédemption une étude remarquable qui rend aux professeurs de théologie dogmatique de précieux services. il nous manque encore une de la tâche que je histoire de la théologie de la grâce et telle est l'ampleur doute de la voir écrite d'ici longtemps. Sans émettre prétention d'avoir ordinairement travaillé de première main. la tourmente moderniste une fois apaisée. le seur fît un exposé historique pour situer la doctrine de l'Ecriture et les erreurs et leur condamnation par le magistère. Mais encore une fois j'ai moins songé aux analyses de détail qu'à une vue d'ensemble sur le développement de la théologie de la grâce. Dans ma pensée. j'ai cru bon de multiplier les références précises. cette synthèse historique introduit série normalement à un exposé organique de la théologie de la grâce. ramenant ainsi à leur vraie place les spéculations parfois envahissantes des théologiens. elle pourra rendre service aux théologiens et je souhaite qu'elle invite à la la recherche ceux qui s'intéressent à l'histoire du dogme. exégètes et historiens du dogme ont le rivalisé d'ardeur pour nous Rivière mettre en main des instruments de travail. Cinquante ans ont passé et. L'histoire du dogme de la Trinité a été commencée de main de maître par Père Lebreton. Telle quelle. de thèses aux énoncés — 13 — . Il cherchait seulement à réconcilier « théologiens positifs et théologiens scolastiques » les problèmes de méthode. Celui qui fut le maître et l'ami du Père Pierre Rousselot n'entende la réflexion et de la recherche en orientant vers les dait nullement par là minimiser le rôle spéculative en théologie dogmatique. Cependant.

re- commenter dressent. à la lumière de la philosophie. rappeler ou discuter faudra préciser davantage le sens telle page des Pères de l'Église. Ici. daigne bénir ce tramieux connaître et mieux aimer son divin Fils. sans pour autant oublier que.AVANT-PROPOS bien connus et à l'occasion desquelles il des textes de l'Ecriture. j'indiquerai dans un second volume quelques directions de recherche. chercher à pénétrer enseignements communs. la cohérence en attendant que Dieu nous donne un nouveau saint Thomas. Jésus-Christ Notre-Seigneur. les prolonger par de libres spéculations qui en et la richesse. Il les les décisions du magistère en Jonction des erreurs quelles faudra aussi. selon le vœu qu'exprimait un jour le Père Rousselot. à celui-ci qu'il faudra toujours revenir. Fourvière. le 7 mars 1946. — 14 — . S'il plaît à Dieu. nous sommes en quête d'une scolastique « intériorisée ». c'est montrent l'enchaînement. médiatrice de toute grâce. En la fête de saint Thomas d'Aquin. Que la Vierge vail et lui donne de faire Marie.

de quelque façon qu'on doive ensuite préciser ces mots. de l'Incarnation et de la Rédemption. Mais l'homme peut prétendre se passer de Dieu pour atteindre Dieu comme un loi sa fin dernière. le Moralisme laïque inspiré de Kant se rejoignent dans un naturalisme pélagianisant. encore besoin du Créateur ? C'est lui En là le . Elles convient l'homme à se renoncer pour se dépasser. avant comme après Pelage. soit qu'il se leurre sur la véritable nature de cette se dresse orgueilleusement en face de fin. se situer la loi par delà le bien et le mal ». c'est que des philosophies plus hautaines. moins rationalistes en apparence. le traité de la Grâce introduit aux traités de l'Eglise et des Sacrements. soit qu'il être affranchi de toute tutelle supérieure. sinon pour échapper à la « morale. LA théologie de'la' grâce est l'un des aspects fondamentaux de la Dogmatique un désir naturel du surnaturel. pour aboutir à une union sublime avec la divinité. mais ni l'extase de Plotin. Mais ce qu'on remarque moins. N'a-t-il pas la liberté ? l'a-t-il pas émancipé ? a-t-il fond de l'hérésie pélagienne. Le Stoïcisme ancien.INTRODUCTION catholique. a revêtu bien des formes il est la grande tentation de l'homme ici-bas. — 15 — . ni la mystique rationaliste de Spinoza ou de Hegel ne répondent vraiment aux besoins des âmes reli- Dieu ne donnant le libre arbitre. la grâce apparaît comme appelée par le désir profond de l'humanité telle qu'elle existe concrètement. sont encore des contrefaçons de la religion véritable. Faisant suite aux traités de la Trinité. dès qu'il prend conscience de sa liberté. Le Pélagianisme. Il y a en nous. du moins pour observer avec ses seules forces. en étroite dépendance du traité du Péché originel. Sous son double aspect médicinal (secours pour la nature déchue) et divinisant (don d'une vie supérieure permettant à l'homme une incomparable union avec Dieu).

il ne peut même pas coopérer à l'œuvre de son Sauveur. l'histoire de la théologie de la grâce est aussi l'histoire de l'Augustinisme. il n'a rien à attendre de ses propres forces bien loin de pouvoir se sauver. mais pressent aussi que cette union ne saurait être qu'un don de Dieu. Quoi qu'il en soit. c'est l'histoire du dogme et de la théologie de la grâce que nous entreprenons de résumer à grands traits. En particu- bien des hérésies ou des erreurs doctrinales. à sentir trop profondément sa misère. Mais Augustin est trop grand pour que l'Eglise puisse confondre sa pensée avec les caricatures qui en ont été données au cours des âges. à tel point que. il ne sera plus qu'un instrument passif entre les même mains de Dieu manifestes. se laisser faire par Dieu et que. comment l'homme prétendrait-il inter- venir dans l'histoire de l'humanité. car. . les a dénoncées déviations vigoureusement. Aux doctrines optimistes du naturalisme succèdent . ont invoqué l'appui de la doctrine augustinienne. lier. nous verrons toutes ces du sentiment religieux essayer de se placer sous le patronage d'un système philosophique ou d'une pensée théologique. Elle aspire à se dépouiller d'elle-même pour se laisser envahir par l'esprit de Dieu. . sa nature est essentiellement viciée. pour arriver à rejoindre par sa "olonté libre la volonté souveraine de Dieu. dans l'ordre du salut. Cependant. illusion. si le but de la vie spirituelle est une union intime et indissoluble avec Dieu. qu'il est ou quiétistes. L'âme naturellement chrétienne elle aspire à l'union intime avec Dieu. et ? Tout bon chrétien sait que ce sont là des erreurs un Bergson. dans une large mesure. i6 . cette attitude n'est pas sans danger. qui se croient aux antipodes du Pélagianisme. l'homme risque de sombrer dans le désespoir. autant que la philosophie pouvait le faire. Cependant. Cette histoire. alors les erreurs pes- simistes. sur les sommets de la vie spirituelle. fatalistes. mais elle sait que cette tâche en apparence négative est terriblement difficile elle est au-dessus de nos forces. ou dans l'histoire de son propre destin ? Si la perfection consiste pour lui à accorder de plus en plus sa volonté avec celle du Créateur. ne faut-il pas conclure que l'homme doit cesser d'agir. La métaphysique semble appuyer cette conviction la Providence de Dieu : étant universelle et souveraine. et l'amour que nous aurons pour Dieu ne saurait jamais être que l'effet de l'amour de Dieu pour nous.INTRODUCTION gieuses. c'est donc de lui-même absolument impuissant sa hberté n'est qu'une mauvaise . L'homme a besom de Dieu.

le problème de la prédestination et celui du salut des infidèles la qui sont envisagés. c'est l'Eglise fondée par lui. Les théories de la Rédemption. n'entendons-nous nous occuper ici que de la théologie de la grâce. qui trop embrasse mal étreint. chez les Pères de l'Eglise comme chez les théologiens. les traités nature et trop individualiste des derniers siècles et nous hardiment à saint Paul. on risque de confondre ceux-ci. Non seulement il faut aller chercher dans le traité de la Trinité ce qui concerne l'inhabitation du Saint-Esprit. Aussi bien. si nous nous rappelons que le corps mystique du Christ. Aussi bien. Cependant. Grâce à Dieu. Cependant. la théologie de la grâce ne peut être coupée des doctrines ecclésiologiques. chef d'un corps vivant dont nous sommes les membres ? Enfin. vivant au XX® siècle. c'est ce que l'Eglise démêle en condamnant le Pélagianisme et les erreurs qui en 17 .INTRODUCTION nous l'espérons. Bref. jadis assez juridiques. à la théologie des Pères et à celle de saint Thomas. et dans quelle mesure. voici que l'ecclésiologie et la théologie sacramentaire apparaissent dans nos perspectives. il faut aujourd'hui dépasser le cadre un peu étroit du De gratia actuali et habituait. nous avons heureusement surtout le problème des rapports entre plus. Bien de l'Incarnation et de la Rédemption sont impliqués en partie dans le traité de la Grâce. Que la grâce soit nécessaire à l'homme. C'est elle qui nous intéresse directement. et les âges postérieurs nous seront peut-être sévères. chez Luther comme chez Jansénius. quoi qu'il en soit de la possibilité d'un autre ordre de Providence. pour bien comprendre la théologie de la grâce. ne nous vient-elle pas de Jésus-Christ. c'est d'elle que nous parlerons en clair. on sent partout les chrétiens justement préoccupés de ce qu'on a appelé heureusement le caractère social du dogme chré- dépassé la théologie revenons tien. A vouloir marquer la liaison entre les problèmes. en effet. mais c'est toute la question du péché originel et de la déchéance humaine. à saint Jean. C'est le surnaturel. sans vouloir renoncer à notre dessein de synthèse. sont en train de se laisser assumer par une théorie à la fois plus neuve et plus traditionnelle. Pouvons-nous. ne pas donner dans la théologie de la grâce une place considérable à la théologie du Corps mystique ? La grâce. fondée sur le grand principe de la solidarité. ne sera pas inutile pour l'intelligence des thèses communément enseignées ou des positions systématiques.

Nos pères le traité de la grâce actuelle. cet aspect de la pensée du grand docteur d'Hippone est mis en meilleure lumière. l'Eglise le clair la montre de plus en plus nettement en tirant pensée de saint Augustin. un authentique fils de Dieu. toujours par grâce. A mesure que l'on discute l'Augustinisme. Godescalc. il On n'a pas tout dit lorsqu'on a affirmé que l'homme . étant devenu. ce que le Christ est par nature. Que cependant la grâce soit donnée à tous les la hommes. Jansénius et les jansénistes ne réussissent qu'à faire préciser les aspects consolants du dogme de la nécessité de la grâce. débarrassée de Pelage et de Luther. et sans toujours soupçonner le rapport entre les deux problèmes. Ici. la liberté est le fruit ou d'une libération. la divinisation du chrétien a pour résultat de l'acheminer vers cet état bienheureux où. il sera incapable de vouloir le mal. envisagée sous l'aspect concret de psychologie et de l'histoire humaine. Aussi voit-on certains théologiens. Mais saint Thomas lui-même reste prisonnier d'une libre il moins y a des degrés dans théorie étroite des appropriations. le traité Pourtant.INTRODUCTION découlent. ces questions n'épuisent pas de la en effet se passionnaient pour les querelles de auxiliis et Grâce. Mais si l'on approfondit ces problèmes. on retrouve la vieille et difficile question des rapports entre la la grâce et le libre arbitre. c'est ce que les théologiens cherchent à montrer en prenant position dans les problèmes soulevés par le Baianisme. et finalement aussi la notion même de la liberté. la théologie orthodoxe. finit par se demander comment il faut entendre la divinisation du chrétien et ce que signifient les fortes expressions de l'Ecriture et des Pères sur notre participation à la nature divine. à i8 . c'est le rapport entre la grâce habituelle et la grâce actuelle qu'il s'agit de définir. est Hbre. c'est-à- dire finalement entre l'actiop divine et l'action de la cause seconde. ou son absolue graconséquence de la volonté salvifique de Dieu. mais il semble que le traité de la grâce habituelle soit devenu pour nous plus important. et que au la prédestination des uns n'entraîne pas a priori réprobation éter- nelle des autres. Aussi bien. des semipélagiens et des jansénistes. reste le maître dont on cherche à pénétrer la pensée. Qu'il n'y ait pas contra- diction entre les thèses sur la nécessité de la grâce tuité et les thèses sur son universelle distribution. par grâce. moins préoccupé que saint Augustin de défendre le dogme contre une hérésie tenace. saint Thomas. faut ajouter aussitôt qu'il est plus la liberté. comme aussi les relations entre la grâce élevante et la grâce médicinale. Luther et Calvin.

nous entrons dans la famille même de Dieu. au XIX® siècle. toujours en quête d'une meilleure intelligence du message révélé qui. en revenant vers ses origines. Petau. si bref qu'il soit. chercher à s'évader des querelles de auxiliis. comme avec les théologiens qui le suivent. la lutte fastidieuse contre les jansénistes. redevient la dogme de grâce. en se détournant d'une théologie spéculative qui risque de dessécher le théologie proprement dite et ou moins consciemment la liaison entre la courant mystique qui. font plus le d'une actualité saisissante. malgré les précisions acquises au cours des âges. s'imprégner encore une fois de la doctrine des Pères grecs. le dogme de la Trinité. en se demandant quelles propartir du XVII® siècle. passe alors loin des écoles. qu'il nous reste maintenant à reprendre en détail. reste une théologie « ouverte » et qu'une fois de plus le retour à la tradition. malheureusement. Ils frayent les voies à un Scheeben qui. Thomassin. aura fait pressentir au lecteur que la théologie de la grâce. sans d'ailleurs prétendre livrer autre chose qu'une vue d'en- semble du développement du dogme et de la théologie de la grâce. 19 . dont vivaient les premiers chrétiens.INTRODUCTION ou de pour revenir aux origines. et faire une place de plus en plus grande à la question de l'inhabitation du SaintEsprit et de la divinisation du chrétien. Avec lui. reprend comme un nouvel élan de jeunesse. et la théologie de la grâce. la réflexion sur sa propre histoire peuvent être le plus précieux des stimulants pour l'esprit qui cherche l'intelligence de la foi. apparaîtra toujours comme inépuisable. fondeurs se cachent sous cette affirmation traditionnelle que. essaye de nous donner une théologie de la grâce très compréhensive. par la grâce. Cette rapide esquisse.

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LIVRE PREMIER LES ORIGINES .

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3. IV. cette indigence foncièrement reconnue s'accroît du sentiment d'une indignité. Toutefois. n'est plus seulement libérale. 2» éd. 1253. 364 . on trouve une préformation de la grâce chrétienne partout oii l'on rencontre une notion correcte de la prière (2). J. Karrer. t. 2. mais ce n'est pas une histoire de la prière. 287-293. Le sentiment religieux dans Vhumanité. Sabatier. — 23 — . et cette attitude est d'autant plus parfaite que les biens que l'on implore sont plus spirituels. et de N. La divinité. col. SôDERBLOM. mais miséricordieuse. 1931 (traduit sur la 5» édition allemande par E. GuNKEL et L. Marty). voir les remarques du P. 1928. Encyclopaedia of Religion and Ethics. Hastings. 1938. col. F. Dieu vivant dans l'histoire.CHAPITRE PREMIER LA PRÉPARATION DANS LE PAGANISME GRACE ET PRIÈRE ne trouve pas à la mentionner hors du Christianisme (I). Le grand ouvrage de Frédéric Heiler. A. Cependant. dans le D.. de la « grâce » divine. L'homme à genoux devant la divinité. C. en accordant à l'homme son pardon.) On consultera les articles Prayer ou Gebet des deux encyclopédies mentionnées ci-dessus (note i). sans compter qu'elle est embarrassée par VI. p.. LA notion de grâce est une notion essentiellement chrétienne. 126-131. dans toutes les religions. TscHARNACK. l'histoire des religions II. sous son aspect formel. d'Alès. La Prière. Die Religion in Geschichte uni Gsgenwarl. 1936. A. Avec la conscience du péché. Les livres de 0. t. 1903. (Sur ce livre. sollicitant humblement la bienveillance et la protection de Dieu ou des dieux. H. l'histoire de la prière est encore à écrire (3). Esquisse d'une philosophie de la religion. 7^ éd. 1. Kruger et J. si chrétienne que. 1913. même les plus basses. attend vraiment quelque chose de la faveur. col. contient une fouie de renseignements. t.

. 69). délivre-nous de la mort. dans Essai d'une somme cathodans le D. 4.. XIII. punis-le pour moi. 358-367. « Esprit. Heiler (op. nous sommes tes enfants. La Prière. Si je rencontre en chemin mon ennemi. 1911 (2* éd. dans des perspectives évolu5.. 2.. T. tionnistes qui sont à la base de la plupart des travaux dans Formes. les ennemis viennent. F. Heiler. cit.. C. Ces thèses prennent. Schmidt sur le monothéisme catholiques primitif.. p. op. Le problème de la prière.. C. du fait de la déchéance originelle. Manamba. p. cité en partie col. on soulignera ce qui reste de pureté ou d'élévation dans la prière des Primitifs ou l'on insistera au contraire sur l'importance de l'élément magique Suivant les thèses dans l'attitude des Primitifs à l'égard de leurs divinités (1). d'illustrer par quelques exemples l'idée ne s'agit donc pas mais seulement générale du présent chapitre de notre histoire de la théologie de la grâce. 1925). op. Voir E. F. t. peu de pluie.. op. 1936. remarques du P. p.. t. 1. un lac paisible. cit. 1937. que je l'abatte comme un mauvais chien. des sacrifices. Encyclopaedia. p. Contentons-nous de remarquer que. mais on lui demande aussi la satisfaction d'instincts moins nobles (4) on cherche à l'influencer par des prières. cit. p. des pratiques entachées de superstition ou de magie. Magnin. on le sait. 267-268.. donneront une orientation d'ensemble. outre le travail de Heiler. 2241. p. X. dans Hastings. donne-nous des forces » (F. Autres exemples. » (F. vie et pensée. 156-157. tionnistes. DE MONTCHEUIL. 140 et 152) semble se rallier aux thèses du P. Voir les excellentes lique contre les sans-Dieu. je te le livre avec toute sa famille entre tes mains.... pourquoi nous faire mourir ?. des bœufs et des moutons !. à toutes les époques et chez tous les peuples. Schmidt. t. Second. « Celui qui m'a dérobé l'objet que j'ai perdu. du blé. une tendance à matérialiser la religion (2) on demande à la divinité des biens temporels (3) et cela est légitime. fortifie nos bras. adoptées sur l'évolution de la religion. ô Dieu. voir.. Cependant les eux-mêmes commencent à se montrer assez réservés à l'égard de la théorie du P. gis che Studien. de Lubac.. Religion. col. Il d'écrire cette histoire. cit.. Eller. des vaches. 3. Protège-nous du donne-nous beaucoup de bétail. et surtout Y. de la faim. à côté d'un élan spirituel authentique. Ainsi faisaient les Cha: .. peu de vent.. Das Gehet. donne-nous de la pluie. col. donne-nous des enfants. le contre-pied des théories évolu- non catholiques. 168-175. Kiara. 1936. Heiler.LA PRÉPARATION DANS LE PAGANISME le fatras des théories sur l'origine de ici la religion. Du point de vue de la philosophie religieuse. 1933 E. T. Ainsi font encore beaucoup de peuples de culture inférieure (5). religions psycholo. il faut s'attendre à déceler. Heiler. les études de J. — — 24 — . 2243. Les attaches biologiques et sociales des formes de la vie religieuse. donne-nous tigre et des serpents. dans le D. pas même de l'esquisser. 66-67). MÉNÉGOZ.. XIII.

Barth. C. 6. dans Christus. Histoire du peuple hébreu. Pour les anciens Romains. d'Afrique Orientale. la religion était devenue comme une espèce de contrat entre deux égoïsmes. le développement de la conscience religieuse amenait les âmes à une attitude moins proche de la religion véritable. 1922. 357. 367-374 Glasenapp. Voir les textes cités par A. dans Christus. La religion du Vêda. Etudes sur la psychologie des mystiques. 262. L. p. soit qu'elle amenât l'homme à prendre conscience de son néant de créature bornée. où prière et sacrifice restent intéressés (5). La philosophie épurait la religion. ou E. 55) cite un exemple de prière désintéressée relevé chez une tribu Il souligne justement la loquacité et le bavardage enfantin de ces : On songe spontanément aux paroles de Notre-Seigneur « Lorsque Vous priez. p. p. on voit avec les Upanishads une théologie savante. 2. soit au contraire qu'elle lui révélât la puissance de sa liberté. 551 J. : . 402 Bouddhah. II. Oldenberg. A. après les hymnes liturgiques du Vêda.GRACE ET PRIERE les Juifs envahirent la Palestine (1). Peut-on jurer que cette déformation de la prière publique ou privée ait disparu des consciences que le Christianisme a spiritualisées. dédaigneuse du Brahmanisme vulgaire. l'intervention possible de ceux-ci étant considérée comme spécialisée (2). L. 739 (prière à Istar). lorsque orgueil (6). ou qu'elle ne tende pas à y rentrer ? Sans doute. DE La Vallée-Poussin. t. même avant le Christianisme. 5» éd. VI col. 60 « L'idée fondamentale du do ut des reste constante. p. Desnoyers. p. Dhorme. prières les meilleures. ne multipliez pas les paroles comme font les païens qui s'imaginent être exaucés à force de mots » {Math. 1937. 746 (psaume babylonien) ligieux assyro-babyloniens. Condamin. 1927. 3. 529-531. t. comprirent qu'elle recelait un immense nanéens. . La religion des Romains.. Le Bouddhisme et les religions de l'Inde. dans Christus. lorsqu'ils entrèrent en contact avec elle. p. 1937. 423. I. La religion des Babyloniens. mais elle en diminuait l'élan ou le désir profond. Il serait facile de relever d'autres exemples dans les monographies consacrées aux religions historiques. dans l'Encyclopédie des sciences religieuses de Lichtenberger. Dans la mesure oij il échappait aux influences de la Révélation. par exemple. 1903.. . Maréchal. Brahma et p. aboutir à une mystique panthéiste dont les Grecs. t. Mais ce ne sont là que de lointaines anticipations de ce que sera la prière chrétienne (4). on rencontre des prières très belles. Choix de textes re- Heiler (p. 4. le do ut des commandant l'attitude de l'homme à l'égard des dieux. . 1. 5. Martindale. — 25 — . p. Inde. 7). oii s'exprime la confiance en Dieu et le sentiment du péché (3). » 6. p. 1907. Dans les religions de l'Inde. 373.

mais déjà 1. H. arrivera à une mystique où la « charité » bouddhique ne sera pas sans analogies avec la charité chrétienne (2). 62 cf. le Tibre aura vu ses eaux mêlées à celles de l'Oronte (6). Si. SCHWEITZER. française. du point de vue qui nous occupe ? Les héros d'Homère cherchaient eux aussi à se concilier la faveur des dieux et à les faire intervenir dans leurs combats . mais comme une réforme morale anthropocentrique. Oldenberg. 584-585. sa vie. 1935 R. ou. cf. p. DE LuBAC. ch. F. sans l'influence du Christianisme. A.. La pensée religieuse de l'Inde. d'AlèS. éd. nous passons à la religion de la Perse. cit. 4^ éd. 1934 . il beaucoup plus apparaît comme un le adversaire du dogme chrétien. Milhra.LA PREPARATION DANS LE PAGANISME Le Bouddhisme apparaît alors. cit. Otto. Les deux sources de la morale et de la religion. et. Les religions orientales dans le paganisme romain. Oldenberg.. dans 6. 139. Bergson. Le Bouddha. se souciant peu de mystique et d'union à Dieu. op.. F. p. L'Iran a pu contribuer peut-être au progrès de l'eschatologie judéo-chrétienne. finalement retombe. 330. 4* col. A. A. Sur la charité dans le Bouddhisme pas par hasard que — . 1936. 1930. sa communauté. l'absence de la notion de grâce sera bien plus éclatante encore. Weinrich. Die Liehe im Bouddhismus und im Christentum. loin de là. p. jamais la conscience hindoue ne se fût élevée à ces hauteurs (3). Satires. ser^ au III^ siècle le grand rival du Christianisme (5). H. op. si haut qu'il s'élève. et ce n'est Mithi iacisme qui en dérivera. 2. mais dans l'histoire de la théologie de la grâce. oct. La nécessité des missions. III. tout n'est pe i forcément corrompu. CuMONT. dans Union missionnaire du clergé. directe ou indirecte. p. Indiens Gnadenreligion und das Christentum. CUMONT. Qu'était auparavant la religion grecque. mais ce qui ne demeure pas enfantin risque toujours de dévier. JuvÉNAL. — 26 — . tirée du rôle providentiel de V Eglise visible pour le salut des âmes. 1930. F. F. Les religions orientales seront alors venues envahir le paganisme gréco-romain. 43. primitif. le D. « Hors du Christianisme. de l'Inde. impuissant » (4). 19. p. 3. 5. tard. 1929.. dans la mesure où il essaye de dépasser la religion vulgaire avec ses observances et ses prières intéressées. Les grands penseurs de l'Inde. 241.. VI. 165. repris dans Catholicisme. Le dualisme mazdéen. 1933. t. III. mais. où l'on apprend à l'homme à se racheter lui-même de l'universelle illusion et à arriver par une ascèse méthodique à la suppression de la douleur dans le nirvana (I). apparaît comme une religion de combat. qui met en avant l'effort humain. comme le dit un poète latin. C. 4. p. . sa destinée.

E. 449. traduct.GRACE ET PRIÈRE chez entre le grand poète. J. « — comme un chien attaché derrière un char : il suit. annonce déjà le Pélagianisme. et sa solution du procontingence prépare les réponses de saint Thomas (5). p. A. du monde d'ici-bas (8) ? domina longtemps P. ô Zeus. je suivrai sans hésiter . 13c . p. 1. p. Robin. E. Platon. 153 cf. 1927. cit. 5. ROHDE. mettant l'accent sur la liberté. 6® éd. 167. Histoire du dogme de la Trinité. Prométhée restera le symbole de l'homme qui veut dieux. 903 d L. bon gré mal 8. . op. Vera. traite la C'est dans le Stoïcisme ancien que ce déterminisme théologique trouve sa formule la plus radicale (6). 21-24. 4. . féru de philosophie grecque. Conduis-moi.. Th. cit. et Platon représentera Dieu comme le grand joueur qui dispose les hommes est hommes sur l'échiquier du monde (3). Hamelin. 455. est gré. 141. disaient les Stoïciens. 1935. X. Arisquestion qu'en philosophe. p. II. La théologie d^ Eschyle. 64 3. mais je suivrai quand même » (apud Lebreton. Bréhier. Philosophie de l'histoire. J. et l'idée (I). p. Essai sur la formation de la pensée grecque. lui. p. Logique. t. c'est Cléanthe. le premier disciple de Zenon. 2. ScHUHL. je ferai mal. supérieur aux dieux comme aux anthropocentrique qui. L'idée judéo-chrétienne de pré- destination apparaît obscurément dans plus d'une doctrine des penseurs grecs. Brémond. trad. Histoire de la philosophie. p.. de deux propositions contradictoires concernant un futur contingent. — 1923. les tragiques se passer des Le rapport mystérieux entre la Providence divine et la libre action des sous-jacent à l'œuvre d'Eschyle et de Sophocle (2). fataliste le rationalisme était venu faire dévier la religion primitive en voulant la purifier l'idée hommes. Ce conflit s'amorce dans grecs. aucune n'est vraie avant l'événement. et pourtant.. Raymond. 145. 315. qui chante Zeus dans une prière d'une incontestable élévation (7). t. Le système d' Aristote. M.. 0. p. Ne verra-t-on pas au XIX® siècle un Hegel. » Cf. La religion de la Grèce antique. op. M. en soit de cette remarque. . préférer la notion stoïcienne du Destin à l'idée que qu'il se font trop de chrétiens d'une Providence uniquement desl'idée stoïcienne tinée à réparer dans l'au-delà les désordres Quoi 1. trad. 1. 153-156. 7. partout où vous aurez marqué ma place. Lebrei'ON. Cf. p. si je ne veux pas. p. 1934. dans Recherches de science religieuse. et tel historien récent de la religion de la les futurs Grèce antique invoque conditionnels pour parler de l'oracle de Delphes tote. I. conduis-moi. La religion grecque va osciller ici d'un Destin. 47). 46 : « L'homme. Gibelin. ne la blème de (4). p. 6. Leg. Psyché. 1928. Schuhl. 1928. Pour Aristote. 245. Destin. 1925. 139. ZiELiNSKi. 1926. p. — 27 — .

dans Revue biblique. ÂRNOU. 1893. la morale désormais l'emporte sur la « physique ». mais. le Stoïcisme revêt une forme nouvelle. sa morale l'accable l'empereur philosophe voudrait pouvoir adresser aux dieux des prières. Ce n'est pas là une doctrine qui aille au-devant du désir de l'homme. 210. 2. DucHESNE. l'idéal du sage stoïcien perd chez lui de sa rai" deur et inspire une morale de la bonté. Lebreton. p. ch. L. p. L'idéal religieux des Grecs et l'Evangile. Platon semble condamner ouverte. cit. « Mouchetoi toi-même ». dit l'esclave professeur de philosophie. il n'a pas à la demander aux dieux. mais son âme mystique cherche en vain le Dieu personnel vers lequel elle aspire confusément (4). F. cependant sa philosophie religieuse. 1896. . R. p. T.. Le monde païen et la conquête chrétienne. A. 39-40. la fortune ou les autres biens terrestres de ces biens. et sa morale condamne la prière (3). Essai sur le libre arbitre. II. Histoire ancienne de l'Eglise. . la philosophie religieuse qui se réclame de Platon pouvait préparer les âmes à une doctrine de la grâce (6). t. est cependant une doctrine bien hautaine. 399-402. 192=^. 1936. il a le sentiment profond du péché. mais déjà la liberté humaine voulait prendre sa revanche sur le Destin (2). 5. permet de la prière.-J. 6. . G. FONSEGRIVE. mais il ne sait pas et ne veut pas le prier. Le problème de la prière. Dans une certaine mesure. il fait lui-même peu de cas.LA PRÉPARATION DANS LE PAGANISME même de ceux qui n'acceptaient pas tout le Stoïcisme (1). II. t. pour disposer au les esprits. 206-212. si séduisant qu'il ait paru à beaucoup d'âmes. Histoire du dogme de la Trinité. col. Cicéron se conformera à son époque en écrivant un De fato. 2370. aussi bien un Marc-Aurèle s'y sent à l'étroit. . Epictète parle en termes émouvants de Dieu. 48-49 . — Cf. Marc-Aurèle. Pascal n'a-t-il pas écrit Platon. J. 21. Lebreton. 183. La métaphysique du Stoïcisme lui plaît. Et le jugement de l'histoire est terrible le plus doux et le plus sympathique des empereurs romains a été pour les chrétiens un persécuteur (5). 1932. t. 63 sq. dans le D. p. J. Festugière. dans Etudes. demander à la divinité des biens spirituels. Moralistes sous l'Empire romain. Martha. t. p. 1913. I. 1928. 101-113 R. Cadiou.. rKlpîxapfxévrj. t. C.GV. 4. : 1. cette vertu qu'il leur préfère. 410 . Il : 3. p. MÉNÉ- GOZ. J. p. C. XII. p.-M.k^G'È. 643 . 1933. foncière- ment Platonisme des Pères. p. op. 213 . 28 . p. 'Lh. Chez Marc-Aurèle. Le stoïcisme d'un Epictète. En passant dans des âmes romames. l'élan religieux inspiré du Platonisme est venu déjà tempérer le Stoïcisme. Le stoïcien permet que l'on demande aux dieux la santé. Id. La jeunesse d'Origène. 59 (incertitudes de Marc-Aurèle sur la notion de Providence).

s'accorde avec Epictète pour rejeter la prière (4). Lebreton. Sa mystique de l'union à Dieu par l'ascèse. Et pourtant un Maxime de Tyr. p. Confessions. II. cit. : infinie majesté. 1925. dans Etudes. Le P. 1937. Voir en ce sens J. t. II. SOURY. 184. Christ éloquemment Rédempteur (5). Lebreton. nous dirons. Brunschvicg. Etudes sur la psychologie des mystiques. fait pour Christianisme (1) ? Chez un Plutarque. J. t. ni la confusion de l'âme pécheresse en face de il la sainteté offensée. lui a manqué. n° 219. Le monde païen et la conquête chrétienne. 1925. ch. tin immanent à Dieu personnel l'univers. dsins Nouvelle re^iue « Plotin éprouve avec violence théologique. et le Platonisme. J. 1932. 2. p. 3. 72. saint La la philosophie de Plotin. Histoire du dogme de t. 789. t. si élevée qu'elle soit. II. 11. La prière 5. de confesser que nous ne pouvons rien comme à Epictète. p. arriver à voir Dieu (DiaL. disposer les âmes au Christianisme. J. il avait cru pouvoir. elle entrera dans le Christianisme comme l'un des éléments de la synthèse médiévale. il n'y a nulle place pour le la grâce. Le monde païen et la conquête chrétienne. Maréchal. ni le cri confiant de l'âme opprimée vers un Rédempteur. ne fait aucune place à la grâce. J. Aux antipodes du rationalisme pélagien par certains côtés. comme à travers le pseudo-Denys. Mais. . Bulletin critique des études plotiniennes . op. t. 51-87 P. Yi^n'&Y . Voir les beaux textes cités par le même auteur. p. de comme a dit que nous si — 29 — . Pensées. à la prendre en elle-même. est en tram de s'acheminer vers cette synthèse néo-platonicienne où. On sait la sympathie que trouva le Platonisme auprès de saint Justin et comment 4. 158. a rendu bien des services à théologie de A travers saint Augustin. elle est à l'opposé des idées chrétiennes. traduction de La Briolle. ni la tendre piété que permet la foi en la paternité de Dieu. 75. 81-82.GRACE ET PRIÈRE la Providence n'est plus le Desmais la direction imprimée au monde par un distinct de son œuvre (2). ne sommes rien sans Dieu qui nous soutient. 1942. Un siècle plus tard. Histoire du dogme de la Trinité. I. les philosophes ou les conférenciers platoniciens mvitent les hommes à sortir d'eux-mêmes pour arriver à l'union divine (3). il connaître l'impuissance de l'homme. VII. 11.6). G. p. Arnou écrit justement le désir de l'union à Dieu et la nécessité de la purification qui la prépare . éd. 162. p. p. la Tri- nité. Aperçus de philosophie religieuse chez . mais le sentiment accablant de l'infime créature en présence de son Créateur. son indigence foncière et. Lebreton. 438-448 . en se mettant à son école. ni l'adoration soumise que commande son 6. moins « chrétien » que son contemporain Marc-Aurèle. 50-51. 1. 184. 13-14. p. — Lebreton. il ne semble pas le connaître.. Maxime de Tyr. sa négation elle le rejoint par du surnaturel (6). dans Etudes. t. comme le le dira Augustin. Pour connaître ces attitudes essentielles de la prière.

désirant leur salut. p. voir H. de F.. mais il est mêlé à des négations ou à des déformations de la notion véritable de la prière. PÉTRÉ. 4^ éd. déjà cité. 376-389.LA PREPARATION DANS LE PAGANISME Plotin. a condamné l'élan qui emportait alors les âmes païennes vers les religions orientales (1). Pour une étude comparée du mot misericordia. sous le nom de Pélagianisme. intimement présent au fond des âmes et percevant leurs soupirs. si on la prend au sens profond du mot. elle ne se rencontre nulle part (2). le En à mystères. en envahissant le monde gréco-romain. Mais l'initiation aux mystères exigeait moins de renoncement que la pénitence chrétienne du catéchumène. mais l'aimant. et qui va bientôt reparaître dans l'Empire christianisé. Voir le livre classique. conception qui peut être plus facilement déformée par les éléments anthropomorphiques. somme toute. Les pages qui précèdent nous permettent de conclure que. n'ont pas complètement tari. p. dans sa mystique hautaine. dans les préoccupations religieuses des âmes païennes. mais qui se révèle aussi plus riche de sentiment religieux et. Il n'avait pas non plus la conception d'un Dieu qui entendît les prières de la terre. le disposaient à baptême. p. le désir confus de la gi âce chrétienne est partout présent. non seulement principe et fin de son œuvre. 1921. leurs élans. que le Platonisme ou les religions orientales. Ces âmes. précipitant vers les formes nouvelles de la religion appelaient à la fois et repoussaient effet. ni en elles-mêmes ni dans leur rapport avec le Christianisme. plus digne de Dieu » (Le désir de Dieu dans la philosophie de Plotin. Aussi bien. 1934. — 30 . 1929. Revue des études latines. 2. les âmes qu'une pareille attitude révoltait pouvaient être tentées de passer à l'extrême opposé et de vivre une morale de combat. Manson sur le mot '/^P^î dans l'antiquité. The doctrine of grâce. ces religions le dogme chrétien de la grâce. en se gréco-romaine. Nous n'avons pas à étudier ici les religions à mystères. 1932. les remarques de M. 35. Elle dispensait souvent de la conversion morale. voire de se laisser emporter par le courant de stoïcisme vulgaire. Allons-nous la rencontrer plus clairement en étudiant le développement de la conscience juive et le progrès de la Révélation dans chercher la régénération dans l'Ancien Testament ? Dieu ne nous aide et que la prière est aussi bien un besoin qu'un devoir. 1. Les religions orientales dans le paganisme romain. Quant à la notion même de grâce. l'orientation même de leur volonté. 49). Voir dans Whitley. en donnant à lui le l'homme désir de l'union le à Dieu et en avivant en besoin de purification. celle que demandait par exemple la religion mithriaque. Cumont.

Desnoyers. p. op. L. 207-241. dans le D. 4. p. t.. 2. TOBAC. Dieu n'a pas demandé d'un coup ou de si à celui-ci de faire table rase de ses croyances ses pratiques religieuses. A. t. 1922. faisant l'éducation religieuse du peuple Il juif. un progrès considérable en matière du point de vue de la théologie du 1. n'y a donc pas à se scandaliser —^ les historiens relèvent dans élu la Bible des traces de magie ou de Il superstition. est le soin qu'un Dieu personnel et d'eschatologie (2).. t. p. p. 128 et passini. l'attitude que suppose ou que demande l'Ancien Testament est déjà virtuellement chrétienne. cit. 1927. 325. E. F. TouzARD. — 31 — .CHAPITRE SECOND L'ANCIEN TESTAMENT GRACE ET PROVIDENCE }-^N J 1 . loin d'être destin aveugle. Histoire du peuple hébreu. L. II. y a eu au cours de l'histoire du peuple I! y en eut aussi péché ou de la Rédemption. 1911. Desnoyers. 6e éd. Lebreton. dans Revue biblique. 292. à plus forte raison des prières très intéressées (I). I. Elle se purifie ou s'approfondit à mesure que les révélations s'ajoutent aux révélations. p. L. 63 J. A plus forte raison ne devons-nous pas l'interroger de façon trop précise sur les notions de grâce ou de justification (3). I. p. t. 3. Histoire du dogme de . 302 . c'est l'intransigeance de son monothéisme (4) et sa notion d'une Providence qui. Cf. C. 1898. 100. 1930. Ce qui met dès l'abord un abîme entre la religion d'Israël et le paganisme. Le développement de la doctrine de V immortalité. fatahsme d'une Mmpi que viendraient tempérer les caprices de Tj/tj. II. t. la Trinité I. Cependant. Grâce.

32. Cf. Lemmonyer. ^tc. Ezéch. Is. son fils (12). etc. 28-34 . 4. A. 19. col. 31. 47. 12.. C. paternité de Dieu dans l'Ancien Testament. t. C.. vie. 35 . 12-23. X. . 12.. XIII. 12. 10. on comprendra qu'il puisse être permis de parler de la paternité de Dieu dans l'Ancien Testament (7).L'ANCIEN TESTAMENT absolument unique prend de toutes ses créatures et très spécialement de l'homme (1). V. 14. . ~ 32 — . T. les biens éternels. 2029.-J. 3. Dieu promet les biens passagers de cette 1. 481-499. T. Son jugement redoutable s'exerce non seulement à l'égard des pécheurs (9). 8. Deut. 7. les Pères de l'Église opposeront parfois la notion juive et la notion chrétienne de la Providence (2) le Dieu de l'Ancien Testament n'apparaît pas encore ce qu'il est en réalité le Dieu charité de saint Jean et. 1908. T.. 10. i. Josué. dans Revue biblique. 6 13. dans D. Rivière. Le Dieu qui gouverne toutes choses. haïe. Mais. Hempel. L'opposition portera moins sur la notion de Providence que sur la nature des biens que celle-ci dispense aux hommes. aux chrétiens E. etc. Marcion. 1936. 103 9. 22. La . mais à l'égard d'Israël lui-même (11). / Parai. IX. 578. 32. Cette Providence paternelle de Yahweh est certes parfois terrible. Jérém. 7. 18 . 15 . 29 Ex. Exode. Cependant Israël est son peuple choisi. // Rois. 35 . Jérém. 2. C. 3. 8.. 2-17 . Amann. t. Nombres. Sans doute. col. 5. Mérite. si l'on veut bien considérer que cette notion d'un Dieu-Père peut revêtir divers aspects (5). 11. Exode.. 1-15. son premierné (1 3) Dieu a pour lui des entrailles de père (1 4) une mère peut parfois . Hebr. J. M. 21. > . J. 935-941.. au 11^ siècle. 34. dans D. 4. Ps. 38. uni Mensck im alten Testament. Isaïe.. 12. 16-26. dans D. i-ii Osée. 7. . qui récompense chacun selon ses œuvres (4) plus que le Père des hommes. Ex. 11. : . col. Lagrange. t. . un Marcion aura beau jeu à relever dans ses Antithèses les oppositions entre les affirmations de la Loi nouvelle et celles de la Loi ancienne (3) il est certain aussi que les fidèles de cette Loi ancienne ont vu trop exclusivement en Yahweh le Dieu qui défend et qui punit. 9-17 . 10-23 1^ Sam. Gott 6. Aux Juifs. 1-35 .. g. ou des nations païennes (10).. gouverne aussi les hommes. 20. que le Dieu juste n'est pas moms père que le Dieu bon (6). Job. 14. et dont l'action se fait sentir aux extrémités de l'univers (8). 25. p. 16. etc. Providence.

col. en sorte que tous les hommes.GRACE ET PROVIDENCE oublier ses enfants. vont 1. J. 1195. Prédestination. dans les livres de l'Ancien Testament. les consolant dans leurs tribulations (9) ? Plus manifeste encore est l'action de la Providence à l'égard de Moïse. 18. serviteurs de .I30-I34 156. avec les citations de Claudel et de Pascal H. 9. 809-810. dans D. 811. 1938. 15. 10. A mesure que progresse la Révélation. Job. 1939. BONSIRVEN. Mais ce ne sont là encore que des instruments choisis. on comprend que la Providence spéciale de Dieu s'exerce à l'égard de tous les justes (11). mais comment ne pas voir que. 3. 1-9. III. i9> i"8 . Isaïe. de la Bible. L. Jérém. 18. T. Jérém. 1-12. d'un époux blessé contre-cœur l'mfidèle suivre ses propres voies (4). n'oubliera jamais son peuple (1). I Rois. Ezéch. — 33 — . Dieu par nature. l'histoire des rapports entre Dieu et son peuple apparaîtra clairement comme le symbole.. 7. 15. DE Lubac. Yahweh (3). 3. 7. Aussi. Catholicisme. il a comme la nostalgie de son retour (2) . 21-22 . Cf. 7-13. . 5. 51. 2809. Pour qui sait que l'Ancien Testament s'achève dans le Nouveau. dans Nouvelle revue théologique. de Josué ou de David (10). p. 1938. j . comme une préfiguration des relations entre l'âme chrétienne et son Rédempteur.. Lorsque paraîtra 2. 1938) P. 18. 314-321 P. 49. Osée. 20. 37-38. 6. p. . faisant pour eux des miracles (8). 21-29 t. . Lemonnyer. le type prophétique des rapports entre Dieu et l'homme. 7-8. Osée. bien plus. XII. 28. I Rois. etc. Dieu prend un soin tout particulier des Prophètes ses serviteurs. t. Histoire du peuple hébreu. Desnoyers. haïe. du Dict.. 2. lorsqu'Israël s'éloigne de lui par l'mfidélité. Sagesse. 6. II. 23. La Providence de Yahweh s'exerce d'abord à l'égard du peuple élu. Jérém. 1-12 12. 1-3 . souffre. La prédestination a dans l'Ancien Testament un aspect de salut collectif (6). IDv Exégèse rahhinique et exégèse paulinienne. 350-356. 822-824. Grâce. A. mais Yahweh. 11.. elle a pitié de tous les pécheurs le Dieu qui frappe est aussi le Dieu qui guérit (12). se sentir de plus en plus ses fils. 8. Ose'e. 54. BONNETAIN. p. C. elle ne délaisse pas pour autant les individus. II. dans Suppl. Ecclésiastique. 15. 13 . Saint Paul et V Ancien Testament. lui. les soutenant dans leur lutte (7). 4. col. 12-27. les reproches qu'il adresse alors qui a laissé à à ce peuple sont ceux d'un ami. et que l'Evangile est la clef de la Loi (5).

note 2. 18-19 : la justice et de la droiture de ton cœur que tu viens prendre possession de ce pays. Plus encore peut-être que cette humilité foncière de face de son Dieu. Psaume. 50.. ceux-là sur leurs chevaux.haïe. 3. 20. qu'il s'agisse du peuple ou des individus. p.haïe. la créature en de voir le fidèle de l'Ancien Testament prendre conscience de sa misère de pécheur (12).Exode. 42. etc. les âmes fidèles à la révélation de l'Ancien Testament pourront-elles ne pas reconnaître que celle-ci s'achève dans la Loi noud'Israël (2). et elle se retire quand il manque à son vœu de naziréen (8). Deutér. ou l'entrée dans la terre promise (6). 4. 6. I Baruch. 9. cf. 1-19. Deule'r. haïe.. Osée. 7-17. Isaïe. cit. . La manière même dont les écrivains sacrés parlent de la dépendance de l'homme à l'égard de Dieu est par avance une condamnation formelle de l'esprit qui inspirera le Pharisaïsme (10) ou le Pélagianisme (II). nous invoquons le nom de Yahweh notre Dieu ». 12 . » Cf. C'est sur le secours de Yahweh que l'on compte au temps d'Ezéchias et du prophète Isaïe pour repousser l'invasion de Sennachérib (9). 8. 2. 12. . 7. Jérém. 12.. 1-4. 17 «Afin que tu ne dises pas en ton cœur -.'en réalité. p. 4 « Ce haïe. Juges. > 8. 15. 14. — 34 — . 41.C'est ma force et la vigueur de ma main qui m'ont procuré ces richesses. 150. l'attitude du peuple juif ou des fidèles de la Loi ancienne à l'égard de cette révélation progressive de la paternité de Dieu ? Elle s'exprime d'abord par le sentiment profond qu'ont les Juifs que tous les biens leur viennent de Yahweh.. 42. Juge-.' C'est à Dieu que l'on attribue la sortie d'Egypte (5). C'est de Yahweh que vient à Samson sa force.. 13-16 Desnoyers. La victoire de Déborah (7) est celle de Yahweh. qu'il annoncera la justice (3) et velle ? Quelle fut. n'est point à cause de : : . // Rois. » 11. cf. nous. 5. op. 8 « Ceux-ci comptent sur leurs chars. 6. 3. etc. 8. 199. 2.. 9. I. Desnoyers. 5. ce qu'il fau- on est ému I. 36-37.. Deutêr. 53. 2. Pour avoir une idée de l'attitude d'Israël. 2-3 .L'ANCIEN TESTAMENT celui qui sera par excellence le serviteur de Yahweh (1) et le libérateur donnera sa vie pour les pécheurs (4). 20 10.

Sur l'exégèse de saint Hilaire et sa dépendance à l'égard d'Origène. p. 3. DE La Broise. t.. IV-XV. ibid. on constatera que. ce sont les prières de l'Ancien celle émouvantes qui soient (8). Prière. . A ce moment. 7. Adversus Pelagianos. CONDAMIN. Ps. la prière du Prophète est l'une des plus drait étudier. I. 13. 18. Cf. 12-18 .GRACE ET PROVIDENCE Testament (1). Le livre de Jérémie. 15. 7 Samuel. 7-13 . . p. dans cette lecture spirituelle de l'Ancien Testament. si l'on va au fond des choses. A. West- PHAL. 35 . P. 20 I Rois. par exemple d'Abraham (2).. prise en elle-même. 4. Pontet. Cf. 13. 8. 6 .1935. Calés. 20. 23. Cf. 10-21 . celle d'Anne demandant et obtenant de Dieu le fils qui sera Samuel (4). celle du pécheur (13). Ps. 17-33. t. / Paralip. avec un saint Augustin (11). 239. ibid. Ps.. Ps. Hilaire. dans Dictionnaire de et les la Bible. 710. l'attitude religieuse qu'expriment les Psaumes apparaît de plus en plus chrétienne (12). ou celle du roi Salomon procédant à la dédicace du Temple (6). 5. 665 . Le livre des Psaumes. 5. les Pères de l'Eglise liront le Psautier avec des yeux chrétiens. Qu'il s'agisse de la prière collective du peuple juif ou de la prière individuelle du fidèle de l'Ancien Testament. 1946. 7-18. saint Jérôme s'écrira Lege totum psalterium lisez le psautier. 11. M. col. 21. Les prières de 2. V. 1. 23-61. 9. la prière de David après son péché (5). 1920. cf. RONGY. A. 11. H. celle de Jacob (3). son corps mystique. I. et bientôt la grâce du Christ. 6. col. M. 276. 51. J. Lorsque le Pélagianisme entendra s'opposer à la conception augustinienne et chrétienne de la grâce. Après un Origène ou un Hilaire (10). t. L. p. il n'est tout entier qu'une prière pour demander à Dieu son secours (9). 12. 32. celle du — — : . etc. Pontet. 41-62 H. Jérémie. dans Dictionnaire de la Bible. Lesètre. la Bible nôtres. 501. 25 . Genèse. 63-82. il est vrai. L'homine moderne la prière. t. 8. L'interprétation chrétienne du Psautier. II. 10. 1935. ils voudront y trouver partout le Christ. exégèse de saint Augustin prédicateur. 1937. ils ne feront à celui-ci aucune violence. Pour qui connaît la vie de Jérémie et les persécutions auxquelles il fut en butte (7). 10. U .. i. M. p. dans Semaines liturgiques de Louvain. L'Evangile leur aura appris à spiritualiser les demandes de David ou des autres psalmistes et pourtant. Mais c'est surtout dans les Psaumes qu'il faut aller chercher la prière d'Israël. 51. 12. car. I Samuel. 17. et Genèse.

Brunschvicg. c'est-à-dire à la . 8. 135 .. 142. etc. dans Whitley. 8. Grâce. Manson. Dieu seul parle bien de Dieu. 57 .. -36- . 103. BONNETAIN. nous n'avons pas encore dit un mot de la grâce. 31. mais elles aboutissent à cette consta- que la notion théologique de grâce est essentiellement chrétienne (14). Ps. partout éclate la révélation judéo-chrétienne. Prov. Ps. 36-38. P. 21 . terme de cette esquisse. Ps. 1932. Supplément 'du Dictiofir- naire de la Bible. 35 « praeparatur voluntas a » Domino Ps. Ps. Ps. 103. la confiance en Dieu (4). 10. 4. Ps. et convertar claire ad te ». 758 . d'avoir obtenu son pardon (6) ou simplement celle de savoir que ce Dieu est un grand Dieu digne de louanges (7). Ps. 22. 8. p. 21. P. 11): misericordia ejus praeveniet me. Ps. Ps. Ps. Ps. Ps. 27 . Notons d'autre part que les Pères de l'Église ouïes scolastation tiques. et la surtout infiniment saint (10). : op. 18 « converte me croit trouver l'affirmation : : de » la nécessité . 11 (59.. Ces recherches Au philologiques sont indispensables. 32. 2. 14. Ps. 130 . 727-746. The manu Domini : grâce. Ps. . 56 . Ps. Laissons à de plus érudits le soin de chercher dans l'Ancien Testament le sens précis des équivalents du mot « grâce » (1 3). infiniment bon prière. Ps. (9). Cf. 56 . dans les discussions contre le Pélagianisme ou les erreurs dérivent. 9. Ps. exhaustif de M. Ps. Rom. Ps. la joie d'être à son service (5). 141 Ps. comme le dit un jour avec quelque ampleur. Ps. spécialement col. 5 . et surtout les textes oîi saint Augustin Jérém. 99. 13 Ps. de la grâce prévenante « Prov.L'ANCIEN TESTAMENT juste persécuté (I) ou du fidèle apparemment abandonné de Dieu (2). s . ij . 91. Pascal. col. et l'histoire de la transcendance de si on l'écrit plus que. S- 6. 112. 139. 9 . g. éd. 148.omniscient (8). prouvera une fois de Pascal (11). la grâce. 25. qu'on y Use l'action de grâces (3). 4 . doctrine of BoNNETAiN. 3. Ps. 58. 1. etc. n" 799. cit. 7. 1938. et que lui seul aussi sait prier en nous avec des gémissements ineffables (12). 13. 48 . 11.. seront tentés de tirer de certains textes de l'Ancien qui en Testament plus qu'ils ne contiennent en réalité (15). Voir l'article t. 66 . . c'est l'Ancien Testament tout entier qu'il faut considérer comme une préparation progressive à l'idée chrétienne de Ps. Comme nous l'avons déjà dit. III. 12. 15. Ps. Pensées. W. Ps. V.Ps. I : « cor régis in » . 35 Ps.. 18 .

325. la llae. 34. II. et que se spiritualisaient les biens que le fidèle demandait à Dieu. Robert {Le sens du mot Loi dans la Psaume 119. L. on devait s'acheminer vers une meilleure intelHgence de la nécessité du secours divin. le fidèle demande à Dieu de lui donner l'intelligence de la Loi (3). M. // Cor. i. De 8. Grâce. Le conflit que décrira saint Paul en termes tragiques (6) a été vécu par Israël. après le châtiment de l'exil. Malgré la miséricorde inépuisable de Dieu. art. Ps. mais à la Révélation divine et conclut « rarement nous est-il donné de rencontrer dans les Psaumes une spiritualité aussi pure. 1501). avant d'être vécu par cha- même de la cune de nos âmes. C. mais l'homme seul ne peut l'accomplir. dans le 2. L. Rom. A. les belles pages de saint Thomas sur la Loi ancienne et la Loi nouvelle (8). 37. dans son éloge de la Loi. 106. que les Pères commenteront avec prédilection (2). et d'ouvrir ses yeux (4). 14. E. Mais il faudrait décrire plus en détail les étapes de ce progrès. spiritu et littera. 44. t. une prophétie mystérieuse annonce la loi de grâce. en revanche. 7. saint : 3..118. à mesure aussi que les Juifs prenaient conscience de la force de péché qui est en nous. Ps. L'histoire d'Israël est faite des violations de la Loi divine . les D. P. C'est qu'il y retrouvait toute sa doctrine de la grâce. 5. 119. tant il lui paraissait plein de profondeurs insoupçonnées (In Psalm. aux observations rituelles. Mais le conflit 1 : entre la lettre et l'esprit est encore plus radical : c'est l'observation Loi qui appelle un principe intérieur de vie. 3.. La doctrine de saint Paul. 119. 4. P. 4-25. » 1.GRACE ET PROVIDENCE notion d'un secours divin agissant au plus intime de nos âmes pour diviniser et leur faire produire des les œuvres bonnes et surnaturelles (I). — 37 — . Augustin explique qu'il différa indéfiniment l'explication de ce psaume. Et voici que soudain. 18.. ToBAC. On pressent déjà saint Paul seule la grâce du Christ peut enlever le voile qui empêche de lire la Loi (5). dans Revue biblique. F. 203-246. 6. les longs développements augustiniens sur la lettre et l'esprit (7).. Une telle attitude est aussi éloignée que possible du littéralisme étroit de la dernière époque . pense non à la Torah. et de l'impuissance de l'homme à observer la Loi. la Loi est sainte. Dans le psaume 18 (1 19). q. elle marque une étape vers la pleine liberté de l'Évangile. 1937) montre que le psalmiste. A mesure que se précisait la destinée sublime de l'humanité. Dans ses Enarrationes. 7. tout cela est comme ramassé d'avance dans quelques lignes du prophète Ezéchiel. col.

. 3. Gai. s. Dieu va un miracle auprès duquel tous les prodiges du passé ne seront que peu de chose. p. Jésus-Christ (7). » Le mot de grâce n'est pas prononcé.. que vous obserJe vous donnerai verez mes lois (1). mier-né. 4. 6. La Loi aura été le pédagogue qui conduit au Christ (3). Rom. s'effectuer sans Mai? cette révolution. 38 . mise au service de l'homme. 8. Rom. 22. Rom. Van Imschoot. soit affranchi de la Loi (5). L'histoire de l'humanité est celle d'un envahissement progressif de la création par l'Esprit de Dieu. 24. Cf. i. 7... 36. Gai. I. car l'Esprit qui sera en lui lui donnera d'accomplir dans la liberté les œuvres que com- mande la Loi (6). 6. j'ôterai de votre chair le cœur de pierre. 4. P. il va. 7. le Fils Esprit de Yahwé 1. dans Ephemerides theologicae Lovanienses. et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau. Ezêch. 26.. 3.L'ANCIEN TESTAMENT ils se refusent à observer la Loi. 5. L'antinomie que nous avions relevée chez les penseurs grecs entre la Providence et la liberté est désormais la transposée sur l'humanité. Rom. et je vous donnerai un cœur de chair. faire librement « la Loi : un cœur nouveau. 4 . par une action intérieure. n'aura pu que vienne enfin le Juste par excellence. 1936... je mettrai au dedans de vous mon Esprit. Et l'attente le le plan de la psychologie et de l'histoire surnaturelle de dessein de Dieu commence à apparaître : la création tout entière. 2. — V et V alliance nouvelle. 2. le Fils preunique.. 219. les amener à observer Juifs ont été rebelles. et je ferai que vous suivrez mes ordonnances. car c'en est une. 5. Hebr. Alors. mais déjà toute la théologie de grâce est virtuellement révélée. 8. justifié par la foi (4). gémit depuis le péché dans de sa rédemption (2). afin que l'homme.

une force d'inertie résistait. dans sa douceur. 83-92. mais sans pouvoir donner la force d'en porter le . L.. 3. et qui. 1. nous montrera dans la Dogmatique catholique et l'explicitation authentique de la religion part. Achever. P. deux sens : accomplir et aussi détruire. 230 . sed adimplere (2). blessée par le péché. Mais comprend qu'une vie supérieure n'achève la nature d'un être qu'en lui demandant de se dépouiller du principe qui jusque-là en faireligion l'on si Loi ancienne dans la Loi nouvelle grâce. cet Evangile lui-même nous apparaîtra de l'Evangile. 2. En. L'essen-ce du Christianisme. L. 5. A l'élan spirituel qui voulait les soulever. un maître bien plus exigeant que le Dieu de l'Ancien sait l'unité (3). n'en renferme pas moins une vérité profonde. 1907. Cf. in Psalm. 36. A. dit saint Augustin. Matth. Mais d'autre comme l'achèvement de la de l'Ancien Testament.CHAPITRE TROISIÈME LE MESSAGE ÉVANGÉLIQUE L'ESPRIT FILIAL a prétendu que message chrétien se ramenait à un HARNACK Cette thèse. 628. Harnack. In Psalm. dans les âmes individuelles comme dans l'âme collective. i. a 2. travaillait les âmes dès l'origine. âprement seul thème notre Père Dieu le : « est '>(!). en effet. mais la nature. 36. l'achèvement de : la apparaîtra ce qu'il fut une révolution. 54. s'opposait à sa venue.. elle leur faisait désirer le Christ. La Testament.. pressentant qu'il serait. loin de conduire à opposer le Christianisme de Jésus à celui d'Augustin ou de Thomas d'Aquin. p.. P. Non veni solvere. amenant à donner à la lettre le pas sur l'esprit on multipliait à plaisir les exigences de la Loi. — 39 — . 30.. justement combattue sous la forme que lui donnait son aute-ur. 17.

Grâce. les Pharisiens tion qu'ils prétendaient conserver. Les idées juives au temps de Jésus-Christ. 935-941. p. IV. 313. sait le continuateur des Prophètes. 259-263 M. 6 Cf. Ses anathèmes résonneront désormais à travers les siècles (6). 1931. Pax nostra. cit. 8. Lagrange. tandis que les meilleurs gémissaient sous les autres. En réalité. cit. t. 25. en mettant l'accent sur le les idées traditionnelles la liberté. 15. p. T. Les Sadducéens. leur doctrine n'est plus qu'un moralisme étroit et un stoïcisme larvé (2). hélas il est même en chacun de nous. beaucoup d'entre les Pharisiens n'étaient plus que « le vinaigre d'un vin généreux.Seigneur. 24. J. t. il substitue esprit (7) l'idée d'un Père des cieux.. ! — 6. Aux temps du Sauveur. dans Supplément du Dict.-J. toujours prompt à accueillir le pécheur dès qu'il voit en lui la moindre velléité de repenJudaïsme (4). Kommentar zmn N. Billerbeck. Matth.. : « eine Religion vôlligster Selbsterlôsung. 4. p. de la Bible. A leur religion légaliste. DE Grandmaison. . Pendant un siècle et demi. 18. en laissant de côté nation. infiniment miséricordieux. 1936. au temps de Notre-Seigneur. I. 1-32 . 9. 5.. ils avaient fait grande figure. Strack et L. op. 23. le Pharisaïsme n'est qu'un pélagianisme virtuel. les épigones d'une race héroïque » (L. 7.. notre contemporain. Pour être équitable envers les Pharisiens. 9-14 . 1934. Joan. Cf. En s'opposant ainsi à la religion la des Pharisiens. L. J. Et c'est bien l'une des raisons profondes pour lesquelles le Christ les condamne. 13-39. le poids de ces exi- gences légales. Par bouche d'un Dieu avait déjà 1. 1928. Malgré son profond sentiment du péché. 3. 197-252. BONSIRVEN. 1931. 33. Matth. p. ! tir (9). — 40 . Lebreton. prétendaient qu'on peut y arriver par les seules forces humaines. G. et cependant combien plus exigeante dans son A leur conception d'un maître austère et dur (8). t. 2. mais. op. Jésus-Christ. p. II. P. Jésus se Isaïe. t. Fessard. III. sur la prédesti- pouvaient paraître helléniser eux-mêmes ont renié la tradiLeur conservatisme étroit ne laisse pas à l'Esprit-Saint le droit de travailler les âmes et les institutions (5).. Lebreton. Luc. I. I. aus Talmud und Midrasck. il entend substituer une Loi nouvelle. A. Cet esprit est de tous les temps et le Pharisien reste. Cf.LE MESSAGE ÉVANGÉLIQUE fardeau et. moins chargée d'observances. Le Judaïsme avant Jésus-Christ. p. il faut se rappeler les origines du mouvement dont ils sont les épigones (1). DE Grandmaison. » 1928. 263). S6-97. 8. croyant observer la Loi. 272. La vie et l'enseignement de Jésus-Christ Notre. 1938 col. i-ii. une religion d' « auto-rédemption » (3). Bonnetain.

il un Dieu miséricordieux. L'amour de 14. Jésus met l'accent sur l'esprit filial et la Providence paternelle de Dieu (8).. 9. lent à la conserve sa grâce jusqu'à mille généra- Ces vérités.. (12). à travers le renoncement suprême. Matih. 37. génération. 6-7. 1-26 (la justice impitoyable (vengeance de David à l'égard de Séméï). 22. même aient quelque chance d'être comprises. on disait aussi qu'il est colère et que. 6.. Joan. 6. 10.L'ESPRIT FILIAL déclaré que la charité l'emportait sur risiens se scandalisaient le jeûne rituel (1).. mais l'amour universel du prochain est vraiment un commandement nouveau. 4. 7. Num. 6. . 34.. 8-9 (comparer Exod. et ainsi de toute la Loi. Cet esprit la charité à l'égard filial à l'égard du Père exige à son tour Pardonner aux autres.. qui se résume en deux mots « aimer Dieu par-dessus toutes choses et le prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu » (14). en effet. comme leurs pères avaient lapidé les Prophètes.. riche en bonté. Isaïe. 38-48. 8. 12.. 33. 12. 10 31. véritable de la religion. 25 . les Juifs allaient se rendre homicides en mettant à mort le Fils (6). 14. 18 de Josué) 6. : du prochain 1. Luc.. 21. 11. 3. 2. 2. les invite à lui demander des biens spirituels (10) et à se persuader que le reste leur sera donné par surcroît (1 1) il élève ainsi les âmes à la notion . 16 .. 1-2. Dès les premières pages de qu'il punit les de ce Dieu dont il est dit fautes des pères sur leurs enfants jusqu'à la quatrième la Bible.. 58. de véritables révolutions successives pour qu'elles multitude. S-15. n'avaient guère été entendues par la par ses chefs (5) il fallait une longue pédagogie divine. Matth. et si les Phade l'attitude de Jésus à l'égard des publicains (2) ou de la femme pécheresse (3). n'en réussirait pas moins à entrer dans les âmes (7). c'est s'assurer à soi-même le pardon divin (13). 5). 18. 7. Mais. c'est qu'ils n'avaient pas su lire la Loi. 5. . 6. Matth. il demande aux hommes de prier Dieu comme un père (9). 5. Me. 13. 39. Dieu était prescrit par l'Ancien Testament (Z)eM^. 34. pas . 2. bien plus. Matth. 6-7) Josué. 6. Matth. Matth. Luc. 12 . tions (4).. 33. Le message chrétien. 31. 6. / Rois. 32. 6-7. 24. Exod. 15. Matth. sans doute. 7. Matth. Le — 41 ~ .

I . Joan. Fils la enverra aussi l'Esprit (10). LebreTON. 16. il apprend de celui-ci que c'est Dieu qui a les parlé par sa bouche (3). 594. T. Pas plus faut renoncer à l'effort souviendra elle que l'Evangile lui-même. p. 16-36. cela est impossible aux hommes. Luc. t. L'esprit est un don d'une libération (2). mais elle se aussi que l'homme ne mérite qu'en faisant fructifier les ici Christianisme l'emporte VEZ. t. 19. De là la nécessité de la prière il faut veiller et prier pour ne pas succomber à la tentation (6). 5. 1. Le vrai chrétien. L. 188-190. Matth. Lorsque les apôtres confesseront le Christ devant tribunaux. Rivière. qu'il soit bien persuadé qu'il n'a encore rien et qu'il n'est salut. BONSIRVEN... ce même Esprit qui a donné au dans sa plénitude La théologie augustinienne de la nécessité de grâce est tout entière dans ces idées fondamentales de l'Evangile. dans la vie spirituelle de l'homme. t. 46 . passe les forces de l'homme. 4. tout. Luc. du des cieux qu'un serviteur inutile (7). II. Ainsi. 16. se trouve à chaque instant dans l'obligation d' « inventer » son de\'oir. 19. 10. Bien plus. 17..37. sur les morales les plus élevées du paganisme (cf. tout ce qu'il devait faire. 17. tout. amour chrétien. plus encore L'amour de Dieu par-dessus de Dieu. 1935.LE MESSAGE ÉVANGÉLIQUE A se simplifier ainsi. 2. Le Judaïsme palestinien au temps de Jésus-Christ. C. 2. 4. J. quand l'homme aura lèvres (4). 10.. au lieu d'avoir à accomplir un nombre déterminé de préceptes. II. J. dans l'œuvre l'effet d'une initiative miséricordieuse du Père Ayant envoyé le Fils afin qu'il donne sa vie pour les comme il hommes été ses frères. 10. (9). Il forme un contraste saisissant avec les tentatives que font les rabbins pour mettre de l'ordre . 10. etc.. La vie et l'enseignement de J. 8. Male- Amour païen. p. 8. 4. est l'effet d'un don de Dieu.. : fait fait. Matth. Marc. Mérite. 78-80 J. 6.-Ch. Cf. dans la multiplicité des prescriptions et des commandements. Luc. C'est que tout. 18. 944-968).. Cf. qu'ils laissent l'Esprit-Saint parler par leurs Abandonner ses richesses pour suivre le Christ. X. 26. fesse la la liberté est le fruit que l'observation d'une filial foule de préceptes.. apparaît (8). 36. la Loi n'en devient pas plus facile à observer (1). Lorsque Pierre condivinité de son Maître. 14. col. elle n'en conclura qu'il ou condamner le mérite humain. 7. Joan. — 42 — . 3. p. 9. dans Nouvelle revue théol. 27. dans D. mais c'est une chose possible par la grâce de Dieu (5). Matth.

p. Chez celui-ci. III. tianisme. 716. MénéGOZ. 1936. Histoire du dogme de la Trinité. p. enseignement de Jésus.. n'en auront pas moins désormais les yeux fixés sur le Christ (3). comme aussi dans leur action apostolique. la théologie n'est qu'un long commentaire de l'enseignement de Jésus. Bergson. dans Supplé. 1925. 40 P. On le trouve 8 fois chez saint Luc. 3. mais Dieu est comme un père qui donne à ses fils de quoi mériter un don plus élevé. t. Au centre de cette théologie de la grâce on doit situer l'admirable dis- Dans cet tiques. p. et de la religion. 168-174 . Adam. t. 43 . p. 1932. 21-42 . t. C'est oublier que celui-ci est avant tout un témoin du Christ et que la doctrine de saint Paul. il faudrait montrer comment. op. Cf. II. Lebreton. est déjà une théologie au sens précis du terme.-J. Le dépôt confié à chacun doit être conservé et accru comme un dépôt vivant (I). 5. Jésus le Christ. TOBAC. cxlv-cxlvii. J. de la prière. H. il faut se reporter à la doctrine de saint Jean. 210.) E. p. col. p. Les historiens du dogme ont coutume de présenter la doctrine de saint Paul avant celle de saint Jean. 1934. F. 277-295. de la Bible.. Cf. II. Le mot de grâce (^âpt. la théologie de la grâce ne Thomas seront ici d'excellents interprètes de l'Évangile. F. mais jamais au sens théologique. 2.L'ESPRIT FILIAL dons de Dieu. c'est ici qu'il faut situer la doctrine johannique de la grâce (5). Manson. Mais les grands mystiques chrétiens. sans cesser de nous apporter de nouvelles lumières sur la Révélation. car la prière du chrétien reste la prière d'une créature et d'une créature pécheresse. 487-488. A. J. C. Lagrange. cit. p. 1. 243. dans D. col. étant bien entendu que le bon usage du premier don est encore un effet de la libéralité divine. c'était le sage pour le chrétien. tel qu'il apparaît chez les Synopsemble pas encore explicitée (4). Lebreton. 1927. p. dans Whitley. 257. Elle nous ramène à la source de la révélation chrétienne. Pour la découvrir. dans leur vie contemplative. ne saurait y avoir de justice commutative. Evangile selon saint Jean. le Chris. la mesure de la vertu. 1933. Pour compléter cette esquisse. t. Modèle inaccessible du reste. — ment du Dict. dans la prière du Christ. Le problème . The doctrine of grâce. I. n'apparaît guère dans les Synoptiques. Le Christ notre frère. The doctrine of grâce in the New Testament. Bqnnetain. Les deux sources de la morale 4.Adam. Grâce. Grâce. 950. 6« éd. c'est le Christ. K. M. Pour le stoïcien. Saint Augustin et saint et Entre Dieu l'homme. 333. 6. 1930. il Voir infra. p. W. c'est vraiment le Christ qui nous parle par l'intermédiaire du disciple bien-aimé. la prière de l'homme trouve son idéal (2). 304-310 K. Sans qu'il soit toujours possible de distmguer le message original de l'expression que lui donne l'apôtre (6). Malgré la rédaction tardive.

Lebreton.. La Joan. Le corps mystique du Christ. 8. p. on ne la reçoit d'en haut que par une nouvelle naissance (10). Sine me nihil.. et chacun à sa manière. tract. In Joan. 1936. dans R. / Joan. (3). op. . R. P. p. 15. p. dans Recherches de science religieuse. Suppl. 6. 12. 3. Lebreton. 5. I. cet axiome domine toute gustin développera l'histoire . On a que répéter 1. t. 1-8. op. pas de vie possible pour ces sarments.. à laquelle nous ferons. col. J. soit parce qu'elle exige de l'homme un renoncement qui est comme une mort porter Les sarments doivent être émondés pour voulu parfois opposer la théologie paulinienne de la grâce à la théologie johannique.. S.-J. J. P.. Cette vie surnaturelle ne se juxtapose pas à la vie naturelle. t. CLXVi J. La grâce y apparaît aussi comme une lumière (6) et personne mieux que saint Jean n'a mis en relief le caractère surnaturel de la foi celle-ci est un don de Dieu (7). Joan.. Histoire du dogme de la Trinité. c'est dans saint Jean que le Christ réfute par avance les semi-pélagiens. E.. 249-250. op. 1932. Bonnetain. I. apparaît aussi tifié le comme une force surnaturelle qui . ROUSSELOT. HuBY. 3. 81. cit.." (1). 11. III. p. 2. p. 3.. p. 6. t. cit. B... saint Jean et d'après saint Paul. : . disant « Personne ne vient à moi si mon Père ne l'attire » (8) la grâce supérieure.. ne font de la nature. L. et un saint Au- non ait : quia sine me parum potestis facere. envahit tout le . soit parce qu'elle arrive dans une âme morte par le péché. l'un et l'autre. clxxi . 6. 10. 516-518 . 2^ éd. col. 87-104. Joan.. cit. 7. 510-515 . 44. HuBY. 1928. Evangile selon saint Jean. Lagrange.. 9. 4. P. 1841. considérée comme une vie quatrième évangile (5). Lagrange. Mersch.. et l'allégorie de la vigne (2). Le discours après la Cène. le Christ (12).. 400-403.LE MESSAGE ÉVANGÉLIQUE cours après la Cène . 3-4. encore allusion plus d'une fois 44 . La doctrine du corps mystique est là tout entière avec les mystérieux prolongements qu'elle appelle (4). Grâce. Sans l'influx surnaturel de la sève dans les sarments unis au cep.. 1114-1116. sed: nihil potestis facere. 2. La grâce d'après au cours de cette histoire. M. p. Joan. 1116-1119. donne à l'homme jus- pouvoir d'éviter le péché (9) mais c'est bien l'idée de vie qui synthétise la doctrine johannique de la grâce. 15. 3. Cette grâce surnaturelle. Bonne- tain. mais entre les deux apôtres il n'y a au fond nulle différence. de la notion de la grâce. Voir la brillante étude du P. D. 35. connaissance de foi dans saint Jean. 1931. du fruit (11). J.

éd. 26 ici . Saint-Esprit. G. l'Ancien Testament Le problème effet. du D.. avait grâce qui nous unit au Christ n'est pas seulement vie (1). principe de connaissance et d'action. 1122-1124. Joan. voir infra. de cette eau que le Seigneur.. que Christ donne à ceux qui se donnent à la vie éternelle. parce que — 8. III..L'ESPRIT FILIAL un principe de connote une présence divine. t. L'un et l'autre rattachent leur doctrine au texte johannique : V Esprit Jésus n'ava t pas encore été glorifié (Joan . V. l'éternité dans le temps Ceux qui sont unis au Christ. 3. 8.. Petau sera persuadé que les justes du Nouveau Testament possèdent le Saint-Esprit d'une manière tout autre que les justes de l'ancienne Loi (Theol. 51. Vives. 73. 1-2. moins clairement que dans saint Paul. celle du Père et du Fils (2) et celle du Saint-Esprit. 7. P. grâce au sacrifice du Christ. 749-759). 3. Si l'on ajoute à cette doctrine johannique de la vie éternelle 1.. de sa passion et de sa annonce du don du Saint-Esprit la comme voit ici des perspectives mêlées. sera donné à tous ceux qui demeureront dans son amour (3) en sorte que le don de l'Esprit-Saint sera en eux comme le jaillissement d'une eau vive (4). Joan. Joan. y a dans cette Mais cette grâce et ce don du du Christ. est En déjà (7). la résurrection anticipée. invoqué par les théologiens pour montrer la présence 2. cette vie est corrélatif le de celui de la résurrection glorieuse. lui. Suppl. — La présence du Saint-Esprit dans l'âme des justes ibid. Il. assis sur la margelle du puits de Jacob. qui. à ceux qui vont être privés de sa présence sensible. étant des mérites résurrection glorieuse. 23. Dogmata. / Joan. 38-39. car la mort selon la chair ne fera que révéler ce qu'ils sont d'authentiques fils de Dieu (9). P. Chez saint Paul. B. La seconde mort n'aura sur eux aucune prise. L'idée de vie nouvelle suppose nécessairement celle d'une grâce créée. elle fait désirer La à la femme de Samarie le fruit il (5). la vie éternelle est plus explicitement eschatologique. 487).. 8. 14. mais ce serait un anachronisme de vouloir retrouver explicitement cette notion dans saint Jean. 16. Joan. ne parle directement que du Père et du Fils. n'avait pas encore été donné. ne peuvent plus mourir (8). en nous des trois personnes divines. Le Christ promet l'Esprit en général.. col. 39). 7. Joan. lib. III. p. Sur les controverses soulevées autour de cette thèse. c. — est affirmée 4. Ce texte. et l'historien de théologie de la grâce s'amorcer les discussions postérieures sur la grâce des justes de (6).. t. 5. Paraclet. soumis à l'esprit du : Christ. 9.. 4. ~ 45 — . BONNETAIN. Grâce. consolateur. 6. 335. col.. 13. 7. 14. Après saint Cyrille d'Alexandrie (In Joan.. 1865.

1930. 1. historiens et exégètes se refusent encore à reconnaître dans le quatrième évangile l'œuvre de Jean l'apôtre. si fortement marqué. Joan. marque au contraire la parenté théologique des deux auteurs et fait de l'évangéliste un disciple. Pour une interprétation d'ensemble de la doctrine de saint Jean.. 4. t. mais alors on en arrive avec un Schweitzer à opposer radicalement la ! théologie de Paul et celle de Jean (3). 10. Le quatrième -46 . du quatrième évangile. 51-58. combien la théologie en apparaît alors embarrassante Il est tentant de chercher à l'expliquer par l'influence des religions à mystères ou de la spéculation alexandrine. 2. 250-252. on comprendra le sens profond de la parole que le disciple bien-aimé a entendue tomber des lèvres du Bon Pasteur « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en plénitude » (2). 10. quitte à s'expliquer ensuite sur les pro! problèmes secondaires mais alors il faudra accepter aussi que Jésus a été un personnage absolument unique dans l'histoire et que sa prédication a débordé de beaucoup ce qu'une lecture un peu hâtive trouve dans les évangiles synoptiques (5). 6. Combien plus simple serait le retour à la thèse traditionnelle. 358-362.LE MESSAGE ÉVANGÉLIQUE les tout magnifiques développements sur l'eucharistie aliment de vie (I) et le sacramentalisme. Histoire de l'Eglise ancienne. p. mais un disciple absolument unique de l'apôtre des Gentils (4). Joan. I. : Hors du catholicisme. on le sait.. BouYER. 3. Jundt. si l'on ne veut pas minimiser les textes. LiETZMANN. 1938. évangile. 5. 1936. qui répugne à cette solution. Schweitzer Die Mystik des Apostels Paulus. trad. Tel historien protestant. A. Mais. voir L.

les communautés 2. / Thess. 4 . le travail que fera l'Eglise au cours des siècles. — 6. le prédestination des élus. i-ii . 5. 3. 2. Cf. mais leur mise en œuvre suppose déjà une élaboration théologique proprement dite et. les premiers chrétiens furent l'Esprit. 17-18 . ces grands thèmes pauliniens vont dominer développement de la théologie de la grâce. avant que soit close la Révélation. 4. 2. Jésus avait promis à ses disciples de leur envoyer le Saint-Esprit. surtout à partir de saint Augustin. la accomplis par étaient pour eux l'effet Les miracles don des langues (4). chrétiennes.CHAPITRE QUATRIÈME LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL GRACE ET PÉCHÉ Jean passa sa vie à méditer et goûter enseignements de SAINT son maître sur vie éternelle. le don du Saint-Esprit. il Au descendit sur eux en plénitude les (1). i-io . i. sensibles aux manifestations extérieures du don de apôtres (2). AcL. AcL. prophétie (3). 4. Plus encore qu'à la rénovation intérieure des âmes. jour de la Pentecôte. théologie de la grâce avait déjà été repensée et comme systématisée dans la doctrine de saint Paul. 5. 31. 46 . 19. 10. participation du chrétien à les la la la vie même de Dieu. 12. lorsque la mourut Nécessité de le disciple bien-aimé. Ils ne sont pas absolument neufs. 5. 4. Cependant. Longtemps. incorporation au Christ. la grâce. les fidèles courront le danger d'être 2. 5. 3. — 47 — . AcL. justification par la foi. a déjà trouvé son modèle. 27. le dans 1. sous l'impulsion du Saint-Esprit. indiscutable du don de l'Esprit (5).. AcL. AcL. II.

1-40. 8.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL moins datae attentifs à la transformation opérée dans les cœurs qu'à ces pro- diges extérieurs que la théologie qualifiera plus tard de gratiae gratis (1). 7. I. donné en vue de la sanctification personnelle. Autre chose est la réalité que vécurent les premiers chrétiens. col. Saint Paul devra mettre les Corinthiens en garde contre cette . 7.. 43 demeurer dans la grâce divine"). 20. on approche davantage de la notion théologique postérieure.. 2. la Ilae^ q. le grâce nul ne croit sinon ceux que . 13. 14. 31.. 4. 3. Ad. 1-13. 48- . 14 (conversion de Lydie). 1938. 54-60.. de la Bible. C'est ce qu'insinue déjà (5). 992). 154-157. 13. Bulletin de théologie biblique. Thom. baptême 5. Prat. / Cor. 48. tout apparaît rôle du Saint-Esprit présidant à la naissance encore assez obscurément la grâce donnée au . p. 17 . tentation (2) solalie et il rappellera que la chanté est bien au-dessus de la glosde tous les autres charismes (3) et que. I Cor. Ad. 47 et probablement aussi Ad. C. Ad. Grâce.. et théolog. The dodrine of grâce.. Spicq. 6. Le don du Saint-Esprit est avant tout un don intérieur.. 12. 16.. la théologie de la grâce va prendre des contours nettement définis. 5. Ad.. Dict. Ad. 132. se distingue 1. Suppl. i. pour qui possède la prophétie ou le don des langues. — m. 8). Le mot de grâce (/^dç) désigne parfois simplement la faveur populaire {Ad. 2. t. 11.. art. Chez saint Paul au contraire. : soph. mal de la plénitude du don du Saint-Esprit accordé par l'imposition des mains des apôtres (10). Ad. ex. Lorsque Etienne est dit plein de grâce et de force {Ad. 16... avec Whitley-Manson. 10... Act. le livre des Actes. 1928. et la notion même de grâce apparaîtra en pleine lumière (11).. 7 (l'Esprit de Jésus interdit à Paul d'aller en Bythinie). 19. 6. 5. l'illusion est facile et redoutable (4). dans Revue des sciences philo4. La théologie de saint Paul. 6. combien plus encore celle des apôtres (8) Le martyre d'Etienne montre jusqu'où peut conduire pareille docilité (9). BONNETAIN. Cf. p.. 22-23 (lié pai" l'Esprit. F. . 58 contre P. mais il faut se défier des anachronismes et ne pas parler trop vite de 1' « état de grâce ». . Paul s'en va à Jérusalem au-devant de la tribulation). 3 (Pierre accuse Ananie d'avoir menti au Saint-Esprit). 7. 13. 9. ! Dans de cette description du l'Eglise. autre chose l'idée qu'ils s'en faisaient. La conversion est une Seigneur a prédestinés (6) la vie des chrétiens justifiés par le baptême doit être désormais une docilité parfaite au Saint-Esprit (7).t. p. Ad. t. D'autres expressions supposent l'idée de faveur divine (p. — . / Cor. Voir les excellentes remarques du P.

7. Le corps mystique du Christ. .. 28-45 . Leib Christi. Monier. 1928. I.. Deimel. 22-23. voir injra. 9. 1933. t. 1896.. minimise certainement la pensée de l'apôtre sur le mystère de notre union au Christ. Sur la doctrine du corps mystique A. les belles pages de Deissmann.. 7-10. Eschlimann. L. p. 13. et l'excellente brochure du P. Sur l'expérience religieuse de saint Paul.. 1942. 1934 . Elle Terrassé sur le l'amène enfin à dégager de son expérience personnelle. 12. Act.. 10. Prat. — W. 9. L'apôtre Paul. 6 .. — 49 — . : ch. 72. Le livre par ailleurs infiniment précieux de mais non encore remplacé. 16. s-io. 1936. Act. H. 8. 1928 . 1-4. . J. La théologie de l'Eglise dans saint Paul. Holzner. soutenu d'ailleurs par Pierre. cit. — Pour le sens du mot X. Lietzmann. I. t. Duperray. 1930. II Cor.GRACE ET PÉCHÉ le chemin de Damas. 1937 . Dz'e ChristusMystik des Apostels Paulus. F. 1920. traduit une expérience personnelle) les raccourcis suggestifs de Schweitzer. . ch. 1937 . — : L. 6.. voir J. 2. la puissance du thaumaturge (4). 19. Cerfaux. 11-12 3. 18 19. 5. même lorsque cette docilité risquera de le conduire à la mort (3). Wikenhauser. essaye de préciser historiquement et théologiquement la notion de corps du Christ. 1937 . 1925. 53 (Der Mensch Paulus). Sans doute. Cette doctrine ne s'est pas formulée d'un coup. Paulus. 20. voir F. 28. 2^ éd. 7-12 . 2-3 16. 1940. Act. 28. 141-158. Le Christ dans la vie chrétienne d'après saint Paul. 17. Histoire de l'Eglise ancienne. p. 14. le don des langues (5) et d'incomparables extases (6). AcL. Cette docilité lui vaut un apostolat incomparablement fécond. 7. réaction qui semble suscitée par l'imprécision et le vague des théories courantes (voir p. Mais ce que l'Apôtre raconte 1. 18. op. Act. Die Kirche als mystischer Leib Christi nach dem Apostel Paulus. Paulus. sans préjudice pour sa magnifique humilité (7). 4. I.*P^^ chez 51-61. 7 -10. et le livre ancien. Mersch. Prat. E. 12. Hahn. arbitraire. Paul. 2.. E. d'Auguste Sabatier. 1. 25e éd. saint Paul. p. Orphal. Ajouter J. Das Paulusgebet. La vie chrétienne d'après saint Paul. 15. 20.. La prière dans saint Paul. iv-vil. / Cor. AcL. VII. p. une doctrine admirable de vie spirituelle (8). Saul a reçu lui-même au baptême don du Saint-Esprit (1) et toute sa vie apostolique sera le résultat d'une docilité parfaite à l'égard de l'Esprit qui lui a été donné (2). : G.. La théologie de saint Paul. Die Mystik des Apostels Paulus. 3-4 . dès le concile de Jérusalem (9). Sur la doctrine spirituelle de saint Paul — Sur la prière. devance les autres en comprenant que la volonté salviflque universelle impose une nouvelle tactique à l'égard des Gentils (10). // Cor. 72 {Rom. 179-180J. 1. .-A. p. Das Mitsterben und Mitaiijerstehen mit Christus bei Paulus.

1. P. de '< la prière (4) . 12. d'une grâce » du Père de Jésus-Christ (6). où dominent les préoccupations eschatolo- giques (3). Bonnetain. I. I.. i. 5. et l'épître cit. 28-30. Cette formule de salutation « la grâce et la paix » 7... 38. Cependant. ij 10.. op. Ce discours nous Ad. 12. i-io. I. aux Romains... Un seul et même Esprit a été donné à la société des fidèles. j 4 . Cependant la notion de grâce et le don du Saint-Esprit sont loin d'apparaître aussi nettement unis l'un à l'autre qu'ils le sont dans notre terminologie : 1. . 3 // Tkess. 25 . — : : grecque.. — aux Galates 3. 3. s. i. elles rappellent que les fidèles ont été « appelés que leur élection est l'effet d'une miséri- corde gratuite de Dieu (5). Dictionnaire de la Bible.. 77 Thess. une espèce de pouvoir surnaturel dont les Avec la charismes sont comme les aspects divers. . continue à parler de première Epître aux Corinthiens. 10. Les « grâces » ne sont encore que des charismes (10). Grâce. . 11. c'est lui qui fait l'unité spirituelle de ce grand corps vivant qu'est l'Eglise (9). 1. I. 9. 6. 2. 7 Cor.. On peut tout au plus relever une allusion ment à la justification par la foi dans le discours d'Antioche de Pisidie (2). 16 77 Thess. III.2. 12. 77 Thess. L'apôtre réunit dans cette formule la salutation juive et la salutation 4... 12. 7 Thess. 13. 3. Il faudrait tenir compte aussi du genre littéraire. 7). une faveur permanente. Suppl. 10 cf.. 7 Cor. Gai. le plus souvent sous cette forme « la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et de Notre-Seigneur Jésus-Christ » {Rom. 7 Cor. 11.. mais la grâce apparaît aussi comme un don créé. dont il dit magnifiquement C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis et sa grâce en moi na pas été vaine (11). 85-89.1 se retrouve à peu près dans toutes les épîtres de Paul.. cf.. 13-14. . col. 4-12. t. qui connaît déjà la doctrine que l'apôtre expose dans l'épître 2.. un pas est franchi. 7 Cor. 2. Les Epîtres aux Thessaloniciens. 77 Thess.. Prat. le mot de grâce n'éveille encore qu'une idée assez vague. 1246. / Thess. / Thess. mais Paul commence à les distinguer de la grâce proprement dite. 2. est rapporté par saint Luc. 7 . 8. — 50 — . F. 4 . enseignent la nécessité ».. i. 16 5. de cette grâce que l'on souhaite toujours plus abondante à ceux qui en ont été l'objet (7). Saint Paul la grâce comme d'une miséricorde et d'une bonté spéciale de Dieu (8). Cf. LA THEOLOGIE DE SAINT PAUL à ce sujet dans son Epître aux Galates (1) porte la marque du développeultérieur de sa pensée. 15.

'i8. 2. 3. / Cor. les faisant juger de toutes choses en hommes « spirituels » (5). Allo. 16... II Cor. // Cor.. employé 10 fois dans I Cor... 19. déjà ébauchée dans les Epîtres aux Thessaloniciens (6). 17. 10. Cf. 1 Cor. onction divine. F-rat. Le P. Rom. 15. 14. // Cor.. Suppl. s'il est consolé dans ses tribulations (15). à la réalité de Dieu lui-même. 12.. 1937. .. 15. 29) note justement que ce texte ne s'applique ni exclusivement ni même surtout aux charismes..GRACE ET PÉCHÉ Paul ne parle pas encore de grâce créée et de don incréé. / Cor. note T. 2. sait . 19. 16. Si le chrétien. 9. cette constatation matérielle n'est pas sans signification. c'est l'Esprit qui parle en eux et par eux (4). Grâce. 6. 13. 12-15. fait de ceux-ci comme des lettres vivantes. s'il répand autour de lui la bonne odeur du Christ (14). revient 18 fois dans II Cor. 4. comme un témoignage manifeste aux yeux de tous (1 1) et Paul. 8. 8. 11. I. Cette doctrine.. I Cor. 7. Cet Esprit. jouant sur les mots de façon admirable. I. continue son développement en opposant l'esprit et la lettre. P. actuelle. 7. p. p. Saint que les fidèles oni reçu l'Esprit (1). . 2 5. 4 . 22. Bonnetain. / Thess. 5. mêlant les abstractions aux réalités les plus riches. 7. Sur ce texte difficile. 6. op. I Cor. 2. 15. 7/ Cor. 17 . 715... II Cor. 4. là est la liberté (12). p. I. La théologie de saint Paul. . 4. 2-3. : On 1. n'est que l'écho de la prédication même du Christ. 12 16. présent dans les cœurs des chrétiens. à la différence des Juifs.. — — 51 .. 17. 40. II Cor. Allô (11^ aux Corinthiens. // Cor. 7. col. 3. // Cor. Dictionnaire de la Bible.. 3. temples de Dieu (10). a l'intelligence des Ecritures (13). 522-529. 5. 6. sachant que les afflictions d'ici-bas seront compensées par un poids éternel de gloire (16). 8 5. 2. Le mot J^io'-^. La Seconde aux Corinthiens nous la montre enrichie ou plutôt explicitée (7). 103-111. 1928. 3. nous a été donné comme les arrhes de la vie éternelle (9) c'est lui qui. 13. amorçant en termes voilés ce qu'il dira plus tard de la liberté chrétienne Là où est i Esprit du Seigneur. III. sceau divin (8). 3. voir F. 14. 3. II Cor. cf. t. ce n'est pas seulement parce qu'il est disciple du Christ. Celui-ci habite en eux (2) comme dans un temple (3)... . cit. et B.. 3-5 . t..

9. Elle rapports entre le don de la grâce et l'immortalité bienheureuse. cit. mais parce que l'Esprit du Christ lui a apporté la Le chrétien en effet a conscience de ne pouvoir rien faire sans le secours de Dieu (2).). 3. : « non quod sufficientes simus cogitare lit aliquid a nobis quasi ex nobis. quiconque est du Christ est une nouvelle créature (1 1). 15. 10) est d'une grande beauté. 1932. il. 962. 4. 10. Aussi sa vie est-elle une perpétuelle action de grâces (5). 3. Allô. qu'il (cf. 10. Le sens premier signifie porter en compte. le même Rom. 14. gage et cause de la le presse (10). et ce n'est pas par hasard que l'Apôtre parle aussitôt de cet homme intérieur (7). La charité du Christ qui un don de Dieu et comme une nouvelle création. 16. s. II Cor. — F. Joan. II Cor. Prat {op. mais l'idée est quelque peu différent. II Cor.. 9 . 16 .. 15. 9. 12.. P. II Cor. 3... 12. 5. il faut renaître d'en haut. par les mérites du Christ. et du don de l'Esprit-Saint (8). 5. 16-5. 2. I. 11. cit. Mais il a le sée (3) fidèle à vraie liberté (i). 17.. 4. 52 . GuNTERMANN (Die Eschatologie des heiligen Paulus. un peu diffé- remment. // Cor. 2. 59) oppose ici de façon un peu arbitraire 4. II Cor. le pécheur se condamne lui-même. pas même concevoir une bonne penson attitude est celle d'une constante humilité (4). p. p. II Cor. 5. une pierre angulaire de sa théologie de la grâce De fra-^destinatione sanc- toruni. 5. car. // Cor. 8. II Cor. c'est aussi la promesse divine révélée à Ezéchiel Dieu a donné aux hommes un cœur de chair. est capitale // Cor. comme si L'opposition doit être plus nuancée. 140-142) — entend de grâce 8. qui se renouvelle de jour en jour. dans le baptême et dans l'Esprit-Saint (12). c. la probablement déjà.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL son Esprit.... résurrection glorieuse (9). 4. 7 . 22... ce que l'on entend à nouveau. 10. Dans ces développements passionnés de l'incomparable Epître aux Corinthiens. 12. 83). IV. 6.. (cf. Ici la grâce comme un principe intérieur de vie spirituelle. — La Vulgate traduit » 4... c'est la parole de Jésus à Nicodème Pour arriver à la vie éternelle. la notion 7. 4.. c'est : : 1. 7. Saint-Esprit. 3. ^lOyt s''' [^^' fondamentale de l'impuissance humaine demeure B. car lorsque travaille Paul parlait de l'homme dans l'état de nature. 7. etc. L. . 44.. 5. 22-25. Saint Augustin fait de ce texte. F.. 7 . 14 . sur les Toute cette page (// Cor. 17. d'homme intérieur que suppose ce texte et celle qu'on trouve dans Rom. apparaît nettement Cette action de grâces est encore un don de la grâce (6). op. 5.

. qui vous a donc ensorcelés /. 7. 13.. faire observer sa loi sous l'impulsion vivifiante de l'Esprit- cœurs des hommes n'ont pas tous été arrachés à leur dureté évangélique. Cf. Aujourd'hui encore. Histoire de l'Eglise ancienne. 15. Luther et les que les controverses passionnées alors soulevées interdiront pour longtemps aux exégètes d'exposer de sang-froid la doctrine de Paul. 8. // Cor.. 33 i. 9. 3* éd.. 3. — 53 — .. 13. XXIX-LVIII. 17. Tout un parti de chrétiens judaïsants s'efforcent de pervertir la notion chrétienne de salut (9) ils veulent revenir aux observances Elle nous a valu l'admirable pharisaïques. à Thessalonique (4) et à Corinthe (5). Lagrange. Galates insensés. 18. A Ephèse. camp restent obsédés par des pré- 1. 194-196 M. p. siens en abuseront plus tard. sur sa route. l.. . Acl. Ad. Mais toute cette agitation n'était qu'un prélude. 6. s. 1936. Act. aux Galates. 36. au point mentaires dans l'un et dans l'autre II Cor. le message de Paul rencontre bien des obstacles. Déjà. Bienheureuse opposition doctrine de la justification que Paul expose dans son Epître aux Galates. 1926. 5.. 14.. 29-58. F. Act. 3. 19. I.. de la justification par la Cette doctrine de l'Apôtre. cit.. 18. 2 14. 50. 32. Lietzmann. Ezéch. 12. 2. 8. I. 3. A Antioche de Pisidie (2). furieux de ne pouvoir concurrencer le thaumaturge (6). Cette prosopopée . 10. op. Le véritable combat allait se livrer à l'intérieur même de l'Église.. (10). Paul s'est heurté aux mêmes adversaires que Jésus lui-même le conservatisme et le légalisme pharisien.. / Cor.. 26 . Gai. . à Lystres et dans les autres villes d'Asie Mineure (3). cf. 4.GRACE ET PÉCHÉ pour leur Saint(l). 160-161 H. et qu'il reprendra plus à loisir dans son Epître aux Romains. les meilleurs comfoi et de la liberté chrétienne. AcL. 19.-J.. Act. ils se sont vraisemblablement unis aux dévots d'Artémis pour déchaîner contre lui ce soulèvement populaire (7) dont il a été Mais les initiale. 3. p. paulinien par excellence. les Juifs ont contrecarré sa mission. . Epître . cf. Le message : ému au point de désirer la mort (8). à Icône. ! introduit le thème. Prat.

Act. p. Tant (1). 990-991. 11 Cor. 13. Si le Christianisme voulait conquérir le monde. Paul s'écrie « Dans le Christ. la justification par la foi n'est plus le centre du Paulinisme {Die Myslik des Apostels Paulus. mais l'intelligence même de la doctrine de l'Apôtre (8). 40. R.. et ce n est pas seulement un problème d'exégèse ou de morale qui sera alors en question. 3. p. A. ce qui sauve. hébreu d'entre les Hébreux. Cavallera. Pour lui. de . P. Et comme Pierre était lent à « réaliser » cette attitude que commandait l'Evangile. ce qui compte.. Pour celui-ci. Gai. La Loi n'a été qu'un pédagogue conduisant au Christ (10). Phil. 200-201 A. I. 7.38. 23. F. ce n'est ni la circoncision ni le prépuce. 5 cf. 1933. 3. Lemonnyer.. et R. col. Lebreton). 6. t.-J. mais d'être une nouvelle créature » {Gai.. 1930. : 6. Ce différend entre les deux apôtres trouvera son écho plus tard dans un échange de lettres assez vif entre saint Jérôme et saint Augustin. Epist. Schweitzer a eu le courage de briser avec une tradition trois fois séculaire. C. II. Cf.. t. A la lumière de l'enseignement de son maître et sous l'inspiration du Saint-Esprit (3).. p. nous dit l'apôtre des Gentils. 22. T. 114-123 (M. VIII. R. Grâce. Gai.LA THEOLOGIE DE SAINT PAUL occupations polémiques d'une doctrine prile salut de l'Eglise naissante (2). 2. P. 3. 1922. Diction. 4) .. L'attitude pratique d'oii elle est sortie fut 1. Lagrange). 11. c'est la foi au Christ. 5. il Cependant s'agit ici mordiale. KuRTH. non les œuvres de la Loi (9).. réfléchit aux enseignements du Sau. bibl. Gai. 154 . L. veur (Act. Jésus disait des Pharisiens « Ils mettent sur les épaules des hommes des fardeaux qu'on ne saurait porter » (Matlh. 38. S. 8. 591-596 (J. C'est à Paul. G. 214-217). mais Pierre. p. — 54 — . alors.16).. mais il restait encore prisonnier de sa race et de son hérédité spirituelle. 11. Malheureusement l'interprétation qu'il donne à son tour de la pensée paulinienne est dominée par une thèse eschatologique inadmissible. — Cf. Justification. EpisL. L'Eglise aux tournants de l'histoire. 4. t.. 2. P. 83. 24.. Pierre avait compris que l'appel au salut était absolument universel (4). la Bible. SuppL. Théologie de saint Paul. Chez les protestants. il lui fallait renoncer à imposer aux Gentils la circoncision et les autres observances du Judaïsme. Prat. Cf. BONNETAIN. qu'il était réservé de comprendre pleinement le message du Christ (6). pharisien d'entre les Pharisiens (5). i"* leçon.. 10. 297. 1931.. La descente du Saint-Esprit sur Corneille et les siens contredit les expériences jusque-là vécues. instruit d'en-haut. 75. 2065. dans D. Saint Jérôme. 251. 9. F. col. L p. 2. je lui résistai en face parce quil était digne de blâme (7).. L. : 13-15). 16-21.

s.. 9. Chacun peut dire avec l'Apôtre J'ai été crucifié avec le Christ . ou plutôt il n'y a plus qu'un seul et même Fils.. car elle n'exige pas moins d'abnégation que la multiplicité des observances légales auxquelles elle-même fait renoncer. 4. mais seulement des fils de Dieu (6). affranchit l'humanité (1). // n'y a plus désormais ni Grec ni Juif. esclavage de la chair qui. la vraie liberté chrétienne. 3. Gai. Formule audacieuse. sous un joug autrement accablant (1 1). 4. l'idolâtrie et tous les autres vices (12). appelés à l'héritage promis par le Père : dès le commencement (7). 4. 13. 26. il était esclave. Gai. Gai. 5. 7-8... Au contraire. appelés par grâce à la régénération du baptême. mais l'idée que le pécheur est esclave du péché {Rom. 3. 3. 28. 5. Le Christ notre vie. G. 4. 4.. mais le : : Christ qui vit en moi ( 1 0). mais lorsque la plénitude des temps fut venue. Gai. conduit à la mort éternelle (13). nous faisons avec le Christ une seule et même ttxvxeç ^(y. 23-28. fruit de la foi donnée au baptême (14) et d'un perpétuel 1. 3. 3. le Christ. le retour aux observances légales du Judaïsme. 2. 3. non. Gai. — 12. 8. // Cor..o u[j. 10. 14. 11. c'est retomber dans l'esclavage. Penser qu'étant affranchi de ces observances.. 3 29. 3 (le Christ parle en moi).. — 55 . celle que donne l'Esprit présent dans les âmes (3). On pourrait croire que cette liberté chrétienne est pleine de dangers. Gai. 18 .. Non.. 2. Gai. 19-21. né sous la Loi. cf. Ce texte concerne. je vis. 6. 6. nous avons revêtu le Christ. dont la théologie n'est pas près d'avoir fait le commentaire (9). 1937.GRACE ET PECHE que l'homme vivait sans le Christ. 20 . ce n'est pas moi qui vis. apportant la vraie liberté (2). à travers l'impureté. 13. 6. 6. p. 7. on peut désormais vivre à sa guise. Gai. Salet.. car tous. 5. Gai. 20) est déjà supposée dans l'Épître aux Galates. ni homme libre ni esclave (5). Gai. 28. Gai. Cf. 10. 31. C'est cet Esprit qui nous fait prendre conscience de notre filiation divine. 1. une seule et même personne collective èv XpuTÔ) 'l^aoù (8).£lc eu èaxs chose . 6. et qui nous fait crier vers Dieu Abba. Gai. Père ! (4). Gai. il est vrai.

18-32. par la charité. ce qu'on retrouve. sans la grâce. Epître aux Romains. avec 10. HUBY Epître aux Romains iq4o. 75-76. c'est que déjà la grâce du Christ travaillait leurs âmes. 6. . mais avec une ampleur insoupçonnée jusqu'ici c'est la création tout entière qui va nous apparaître : gémissant dans la servitude jusqu'à ce que la libération commencée soit achevée dans le Christ (6) . 5.. 6. les remarques de J. 5. 14. la Loi reste bonne. Joan. 22. 5. exposer aux premières pages de sa grande lettre aux Romains. 1938 p. 11. 7. lors de la moisson. oui. 23. 3. tous ont besoin de rédemption (9). Depuis la première transgression (10) il y a dans le monde un règne universel du péché. résumé de toute monnayée dans la paix. alors vous serez libres (5). 2. lorsqu'on entend faire de l'effort humain comme tel un moyen de sanctification. la patience et les autres vertus (3). 3. 4. Rom.croix d'après saint Paul {Revue biblique. Rom. p. 14. Ce grand thème de la liberté chrétienne. 22. Dans ces pages brûlantes de l'Epître aux Galates. c'est supposé fondamental de la lettre. J. délivre. mais en même temps.. Gai. 78. 3. Gai.. Benoît réagit contre une exégèse romantique qui prête à Dieu je ne sais quel dessein machiavélique. Si elle a sanctifié les justes de l'Ancien Testament. condition d'existence d'une dialectique de la grâce.. Cette tyrannie du péché. Elle condamne. mais. -56 . Cf. 12. Gai. 481-509 le P. 36.LA THEOLOGIE DE SAINT PAUL de conformation au Christ (1) qui. elle est impuissante. 8. Rom.. Paul va maintenant le reprendre dans son Epître aux Romains. 8. Rom. comme si la Loi n'avait servi réellement qu'à faire pécher l'homme.. celle d'une Providence mystérieuse dans les desseins de laquelle le péché lui-même entre comme élément L'Ecriture a tout enfermé dans le péché afin que ce qui avait été promis fût donné à ceux qui croient (7) c'est cette dialectique du péché (8). la fidélité. l'Apôtre va expliciter une idée qu'il a comme jetée en passant. c'est le dialogue de Jésus et des Pharisiens si le Fils Vous efïort la loi (2) et : . Rom. 8.. 5. 1. p. elle éclate à tous les yeux dans l'histoire du paganisme (1 1) les le . I.. P. 8. 6. 3. 20. conduira à la vie éternelle. que l'Apôtre va : .. Tous les hommes ont péché. — 9. Uuby. au jugement dernier (4). . 24 Gai. Dans une très belle étude sur La loi it la. 5. Gai.. Non. 22.

. sur le rôle de la grâce. le pécheur. 57 . HUBY. 19. aux Rom. La théologie de saint Paul. 2. 27.. Dieu (I). sans d'ailleurs nécessairement évoquer une expérience personnelle (J. elle est sainte. 5. p. Augustin le reprendra. Rom. Ep. I. p. Huby expose dans son commentaire {op. juif ou païen (cf. p. avec le commentaire du P. 4.. 172). 7. 30. Il n'en reste pas moins que les commentaires les plus suggestifs sont ici ceux qui s'inspirent des idées augustiniennes sur la grâce et le péché. aux Rom. théologie de la grâce. l'orchestrera. 255-256). il est impuissant à accomplir les œuvres que lui demande la Loi. 2. Sabatier (p. Ep. ces vieilles Rom. y fera entrer toute son expérience du péché et de la tyrannie des passions. p. Rom. ou qu'il soit sans loi. Ce texte est d'une extrême importance pour l'histoire de la 3. le païen. 7-25. Prat. — Cette page célèbre est aussi fondamentale. Quels sont ces païens qui observent la Loi ? L'observent-ils avec les seules forces de la nature ? La suite de notre étude amènera le théologien aux conclusions que le P.. 7. et les vices infâmes qui les déshonorent sont le juste salaire autant Mais que les Juifs ne se glorifient pas pour que Dieu leur avait donnée ne sert qu'à les condamner davantage. La Loi est bonne. Deissmann (Pau- lus. 2. Lagrange. p. A quoi bon la circoncision si l'on viole la loi divine (2) ? Or. Rom. Lagrange. Huby. p. Saint Paul n'ignore pas que le juste connaît la lutte entre la chair et l'esprit {Gai. 14.. mais elle ne fait que révéler à l'homme la divi! de leurs égarements La loi positive : sion intime de sa volonté : Je ne fais pas est le bien que j'aime.. mal que je L'homme pécheur comme un Ce thème paulinien. Mais les exégètes modernes lui donnent tort. est-ce le juif.GRACE ET PÉCHÉ hommes ont voulu se passer de Dieu. elle est juste. op. c'est-à-dire sans autre guide moral que la loi écrite au fond des cœurs (3). 72^.-J. p. F. puissance de libération. 384-387) y voient avant tout une expérience personnelle dont Paul fait l'application à tout homme. J. sur la division que le péché introduit dans l'âme du pécheur. Epître aux Romains. le chrétien déjà justifié ? Augustin dans sa seconde manière découvre ici l'impuissance où se trouve le lui-même à vivre sans péché. Mais de quel homme entend-il parler ? Ce pécheur qui prend conscience de sa misère. les a abandonnés à leurs convoitises. I. de cohésion et d'unité spirituelle (cf.. — 126). à lui faire prendre conscience de la terrible force de péché qui sommeille en lui et qui ne demande qu'à se manifester au dehors par les œuvres mauvaises que défend la Loi (4). juste .. 25. t. hais (5)... Rom. cit. 5. 1201. 257-271). 272-274 M. 16-18) mais ici il songe d'abord aux anxiétés du pécheur. une expérience tragique le prouve que l'homme vive sous la Loi. et je fais le captif qui aspire à secouer ses chaînes et qui cependant ne laisse pas d'aimer sa servitude. Celle-ci ne sert qu'à lui révéler sa faiblesse native. cit.

Retenons l'idée d'une haison non seulement entre le corps et l'âme.. la solde. tandis que la vie éternelle est appelée don gratuit HuBY. Ce texte énigmatique a suscité de nombreux commentaires au cours des âges. ce qui est dû au corps et ce qui est dû à l'âme. 144. 12-16. dans la 5.. servitude de la mort. gémissant dans l'attente de sa rédemption (8). Rom. 25 (vulg. 12.. 295. dans ce texte primordial..LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL amies qui retiennent le pécheur en train de se convertir. 2. Le péché a des conséquences cosmiques. Epîtres de la Captivité'. Rom. mort du corps et mort de l'âme (6). il en son dû. Rom. 204) le rattache à l'eschatologie juive le P. 8. 1932. 301) préfère un développement inspiré de préoccupations modernes.. Huby (p. dans l'humanité l'a comme dans les individus. 41-47). le salaire du péché. 3. 5. Rom. 4. 33. i. 11. et surtout F. qu'ils aient connu une loi positive ou qu'ils n'aient eu d'autre guide que leur conscience (7). mais entre l'homme et l'univers. 12. Rom. Son eschatologie reste commandée par les idées juives la véritable immortalité est celle de la résurrection.. Mais cette dialectique du péché qui. 8. Rom. Par la foi au Christ et par le baptême. 435-437.... 12-21. 13 Saint Paul ne songe pas à distinguer comme nous. 131. 6. récompense ou le châtiment... VIII. car le salaire du péché c'est la mort (5). Rom. Conjess. 7.. Rom.. p. Die Eschatologie des heiligen Paulus. 6.. 7. p. une tyrannie (3). cit. les chrétiens ont été affranchis d'une triple servitude. Rom. Rutn. op. 2. Rom. sorti des 1. 761. 6. 21-23. 7. Tous ceux qui ont péché périront. 2. — Cf. fructifie pour la mort (9). 6. 10. 19-22. du péché (11) et de la Loi (12). 18. » Ici encore l'exégèse est inspirée d'Augustin. L. cit. 6. op. mais sur la Rédemption. Prat. et le tirent par sa robe de chair (1).). Rom. 17 . Le péché est en effet un véritable esclavage (2). parce que touche le châtiment comme de Dieu. 7.. Huby. Le P. 23. Rappelons que. 5. 9. 309-310 et passim. Paul ne exposée que pour mettre en contraste la montée de la Rédemption (10). 5. C'est à cause de cette tyrannie du péché et de la mort que la création entière est asservie. Guntermann. 7. 221 pécheur est le seul artisan de son péché. — -58 .. de la grâce et de la vie divine. Lagiange (p.. . 26. l'accent est mis. II. « Saint Paul dit que la mort est p. P. non sur le péché originel. une loi de péché et de mort (4). 8. 5.. Le rite baptismal est ici d'un symbolisme magnifique : descendu dans les eaux. 1935. cf. le chrétien est mort avec le Christ . Voir F. La Rédemption retentit jusqu'aux extrémités de l'univers (voir aussi J. 16 . : le — : — .

de la 9. — capt. 3.. cit. 2. 1941. — cf. 6. et ci-dessus p. ïo 21. p. 18-19. V « évolution » de V évangile de Paul.. Huby (p. 2. Contre les judaïsants qui.. mais le Christ est mort pour tous les pécheurs (4). 5. note 6. afin que. il dira plus tard aux Éphésiens Nom sommes (3). 77-78). Prat. 4. 15. 18-19.. » 8. Cf. Mais si le Christ ressuscité ne meurt plus (7). les réconciliant avec son Père (5). Kom. 6. Gai. Phil. disait-il à ses chers Galates (2) le .. p. aussi tous Comment voudraient imposer aux néophytes la circoncision et les autres obser- vances légales et qui peut-être réussiront à troubler la paix de la chrétienté romaine (9). 257-260) que l'Épître aux Philippiens date de la captivité romaine. 5. la captivité. 308-312. 8.... : Ce symbole fait le lien entre deux idées. son c'est la justice qui équivaut ici à ce que la justice. imbus de l'esprit pharisaïque. HUBY. 4. II . cf. Epîtres de 330-332. II. 9. 200: est la «La grâce. Rom... Je suppose avec le P. 4. 5. La dialectique du péché aboutissait à la mort. // Cor. Ephes. 3. 19. Celui qui a ressuscité Jésus ressuscitera : ceux en qui habite l'Esprit de Jésus (8). M. s'est accomplie cette libération du péché et de la mort ? Par la foi au Christ. p. Ep. 5. la miséricorde (yip<^i) surabondât (6). 14 . I. t. 187.. ressuscites chères à saint Paul J'ai été crucifié avec le : Christ. 7 Cor. les opposants mêleront au vieux levain du Judaïsme des doctrines adventices (Huby. 14-15. i^^ série. 12-18 . Il y a entre le don du Saint-Esprit et la résurrection glorieuse une liaison certaine. — Cf.. avec Christ. Rom. Allô. A cette date (60-62 ou 61-63).. Cf. Saint Paul fait écho à cette affirmation la vie éternelle du Seigneur que nous rapporte saint Jean la grâce est déjà commencée. 10. Gai. le chrétien est lui aussi virtuellement affranchi de la mort. p. 5. 59 — . assis avec lui à la droite du Père Ce qui en effet s'est accompli dans le Chef s'accomplit aussi dans les membres. HUBY. Ep. cf. p. 6... cf. 22 . là où avait abondé le péché. 2.. cit. 8 . B. 505-506 . . // Cor. 6. il ressuscite avec lui (I). II. effet. étant distinguée ici . II Cor. I. Rom.. 7. 7 Thess. aux Rom. Rom. J. op. op. de qui est son œuvre. 58. bonté de Dieu qui pardonne la théologie actuelle nomme la grâce sancti- fiante. 4 . Cf.GRACE ET PÈCHE eaux. Paul reprend ici avec insistance le thème de l'Epître aux Galates. p.. 5. Paul défend son évangile (10) de la justification parla 1.. dans Vivre et penser. Rom.

Rom. Rom. ce n'est pas la Loi.. 5. 2. 188-204. 12. une véritable mort de du cœur. car nul ne saurait se présenter devant Dieu comme un mercenaire en un salaire (3). Cf. le chrétien est greffé sur le Christ (6) qu'il vienne du Judaïsme ou de la Gentilité. Rom. affranchi du péché et de 1. i6. 17. La morale de saint Paul se fonde moins sur des raisons naturelles (I Cor. Rom. 3. et à multiplier ce ne sont pas davantage les œuvres. 9. I. il est comme une branche entée sur l'olivier franc. Etre ver- d'hist. 17 cf. tête et membres (9). Cf. ad i). 9. Rom. la charité. 20 2o 27 . I. 5. 4.. Paul les a prêchées comme les autres. avec remarques du P. 16... relig. 4-5... Sans doute. art. il est un membre du Christ (8). c'est le Christ exigeant . 5. le Christ (7)... Pécher. — On pourrait être tenté de 18 que nous forçons les .. 2 10.. Rom. Act.. 12. 6. c'est éteindre ou contrister l'Esprit (7 Thess. cf... Rom. Rom. Ep. 368. qui fait de tous les chrétiens unis au Christ un seul corps. 6. la foi dans les promesses d'un Dieu-Père qui. Huby. un seul homme {^^-)La tradition ne s'y trompera pas. donner la connaissance du mal. 4. 3. Il faut noter toutefois que la doctrine du corps mystique ne prend son dernier relief que dans les Épîtres de la captivité. 8. aux Rom. 6. 28. il a fallu renoncer aux œuvres mauvaises. 30). Croire au Christ. 2. Mais pour être ainsi greffé sur le Christ et vivre de sa vie. depuis les jours lointains d'Abraham. 9 . croire la pensée de l'Apôtre. Ephes. 28) que sur les grands principes de sa doctrine théologique et spirituelle. en qui se sont réalisées les promesses (5). informée par Huby. mais c'est l'abandon filial. Rom.. 4. Gai. . 6. vie. — 60 — . : — Ce texte suppose évidemment ce que théologiens nommeront vive. Rom.. 7. 5. Ce qui justifie aux yeux de Dieu. et de phil. 7.. L'accès au royaume de Dieu. les cit. qui aboutit à une nouvelle naissance. 13. p. nous a promis le salut (4).LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL foi (1). Gai. 19 . — La M-£tâvo'. Par la foi et par le baptême. 4- 4. 2. mais. Rom. 3. dans Revue 11. 395. condition nécessaire de au royaume. est une conversion l'esprit et Cf. 2. op. 38. 6. c'est là l'essentiel de ce salut. . homme total.. p.. L'héritier des promesses. mourir à sa vie passée (10) ce sont là : depuis longtemps les exigences de la conversion (H). q. il insiste sur le sérieux de la vie chrétienne (1 2).. Gai. 11. 10. — H.. et saint Thomas la résumera d'un mot « caput et membra sunt quasi una persona mystica » {II la P. 3. plus tard la foi 7. 3. à radicale. — Rom. l'accès la .. le chrétien.. puisque cette loi n'aboutit qu'à les transgressions (2) .a. cf. 16.. 4. Il ne faut cependant pas oublier la formule prégnante de Gai. Clavier. plus que tout autre. . 9. 48. 1943. 3. p..

. 5. 6. 6. tueux. 25). . 14. . mais cet affranchissement se résume d'un mot être libéré de la servitude de la Loi... 3-4. — 61 — .. lui. 18 cf. 7. 4. les chrétiens ne sont pas encore au terme ils ne sont encore sauvés qu'en espérance (10).. Rom. à faire entrer dans sa vie les multiples renoncements qu'exige la charité (7). Augustin attachera toute une 3. est en fait l'esclave de la justice (4). 12.. — — : . un autre son nous ne sommes encore sauvés qu'en espérance. 4. 5. La morale du mariage (Ephes. sous la loi de grâce (3). Voir liotre étude sur anthropologie religieuse de saint Augustin. 13. car si la charité est la plénitude de la Loi (8). 8. c'est plaire à Dieu. Il est plus que jamais obligé à enchaîner ses convoitises (5).. 1-9) et en général la morale sociale {Ephes. et la vie présente est une rude épreuve pour l'espérance chrétienne (11) la liberté de l'homme justifié n'est pas encore la liberté de la vie éternelle. 'Rom.. 6. Rom. 12. 9. lui offrir une hostie sainte dans un corps et un esprit sans tache {Rom. se fondent sur l'idée très riche que les chrétiens sont membres les uns des autres et membres du Christ. 3-7). 11. Rom. — : U p. Paul n'a pas renié son enseignement de l'Epître aux Galates. 13. 10. 191-196. Rom. 15. théologie de la grâce. il est impossible d'accomplir le précepte de la charité chrétienne si on n'observe tous les commandements (9). 23. 8-9. 9. : : est ici en jeu. i. dans laquelle se révélera la gloire des fils de Dieu (12). Rom. ils restent pour nous des plus suggestifs. 1. 1939. 8. 18... Rom. c'est être devenu l'esclave du Christ (2). Rom. met en reHef les mille difficultés que rencontre encore sur sa route le chrétien justifié il donne à ces mots spe salvi facti siimus. à avoir le mal en horreur (6).. . i). 18 16. Le latin de la Vulgate servire affaiblit le relief d'une idée qui s'exprime tout au long de l'Épître. i. La fornication est condamnée à partir de raisons toutes mystiques (Z Cor. 6. 4.. 9. siib gratia.. 10. 8. imiter le Christ (Rom. Rom. 12. 7. r2.. 15-20). y compris la condamnation du mensonge {Ephes. 4. 14.GRACE ET PÉCHÉ la mort.. A vrai dire.. 6. Rom. mais il y touche virtuellement.. C'est toute la théologie de l'espérance chrétienne qui — : . affranchis de la servitude de la Loi.. a été aussi affranchi de la Loi (I). dans Recherches de science religieuse. 2. Rom. Rom. i). 13. 10.. A ces mots sub lege. 21-33). à 13. Le chrétien. 5. saint Paul écrit ces mots avec un certain accent de triomphe le chrétien n'est pas encore au terme. la morale familiale {Ephes. Affranchis de la mort et du péché. Rom. Saint Augustin. 24. 6.

1913. I. P. et rien. 2. 6.-J. HuBY. 214 . B. 4. Rom. distinction que des théologiens considérables ont récemment remise en question.. 15. en sens contraire. Revue des sciences phil. il arrivera infailliblement au terme car Dieu est fidèle en ses promesses (1). i.. Tous ces commentaires supposent la légitimité d'une distinction entre l'ordre d'intention et l'ordre d'exécution. 197-204 et. et s^raiia. 6. 13. : 1. ajoute saint Augustin (De corrept. ad i). aient un jour part à la pleine glorification des enfants de Dieu (8) dans une création renouvelée (9). Rom. 8. 135 et p. 8. C. Voir — de De ce texte assez difficile (cf. col. 4. 291-293. 8. des trois personnes divines.. » Tout. . aux Rom. Augustin ajoute aussitôt qu'il ne s'agit ici que des prédestinés. — . II Cor. Pour ceux qui aiment Dieu. tout est moyen de salut (2). 263-273. Rom.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL Mais. Prédestination. Rom. prolongeant avec saint Augustin la pensée de l'Apôtre Dieu. : — II. 5. 9.. les Pères 8.. t. suivi par le P. comme le dira plus tard l'Eglise. A. 8. 7 Cor. 167. de Si Paul. IV. 39. ne saurait les séparer de la charité du Christ (3). XII.. afin que ceux qu'il avait prédestinés de toute éternité. sinon leur volonté mauvaise. Ep.. en couronnant leurs mérites.. 288-289 M. Cette espérance chrétienne est source de joie et de paix pour les fidèles (4). 28 « Diligcntibus Deum omnia péché. aux Rom. selon que l'on est ou non moliniste (voir F. 3. Gai.. art. Voir ci-dessous. L. et théol. donneront des interprétations divergentes.. Rom. l'usage paulinien du les références données dans Prat. le démontre. 89. I. . 28 13). : t8 . dans le D.. 21. 28-30. Alors. Lagrange.. 8. .. 8-9. 152. p. note 2).. cf. ici Qu'il s'agisse du Père et Paul. 8. ci-dessus. Rom. dans la pensée de saint mot 9îo. Prat. cit. op.. même le 24. col. s'adressant au Père dont ils sont les fils (6). 7. suivi par A. t. T. op. et les exégètes contemporains réagissent contre ce qui leur semble un exclusivisme outrancier (F. 10. q. si lui-même n'y met obstacle. car l'Esprit qui il prie en eux avec des est en eux vient au secours de leur faiblesse gémissements ineffables (5). dans le D. 15-16 r6. et qu'il a déjà justifiés (7).. d'Alès Prédestination. Allô. F.. A. 930) suivi par saint Thomas {Illa P. Cf. 308). I. La suite de notre histoire de la théologie de la grâce éclairera ces 2. L'exégèse reste encore aujourd'hui dominée par des préoccupations d'école. Lemonnyer. 44. dans Nouvelle revue thédogique mai 1947. divergences d'interprétation. Théol. 23. p. J. p. parce que le péché rend l'homme plus humble et plus sage. Ep. grâce et liberté. ne fera encore que couronner ses propres dons (10). Rom. non pas. — 62 — . 8. Rom. C. l'Église . Prat. cit... Voir notre étude Prédestination. cooperantur in bonum.

14-16. 40. 12 1 Cor. La collaboration entre Dieu qui appelle. tard de ces textes. . 7. ) . 8. 106). Cette idée. L'endurcissement des Juifs est présenté comme l'effet d'un vou6. 4. i (Cyrus instrument de la colère divine). 7» éd.. 300-321. op. l'homme n'en est pas moins respon(cf. 3. Rom. . 11-12). -63 . pourquoi est-il prêché aux uns. 4. cependant on sent qu'il préoccupe les âmes. bien que la grâce soit décide à croire. Les fidèles auxquels il s'adresse ont été appelés. 27 Ephes. 4. Le Christ lui-même avait insisté sur l'idée d'une élection divine sans laquelle nul ne pouvait être sauvé (3). 6. — - Voir sur ces chapitres E.GRACE ET PÉCHÉ Cependant.. du point de vije théologique.. c'est-à-dire pour réaliser un dessein de salut. loir divin (cf. cf.. qui illumine intérieurement par sa grâce. Cf. r6. 6. provoquant les D. cit. Saint Paul est bien plus audacieux encore.. il y a là.. et la libre volonté de l'homme reste un mystère le disciple bien-aimé. selon St Marc. Durand. note complém. cet accomplissement des promesses pose lui-même un problème nouveau cet Evangile. Prat. 1. 44 cf. Joan. p. 13. 2. VI. p.. / Thess. La suite de notre esquisse montrera justement comment. Evang. 1935.. Joan.. et qu'il choi. haïe. I. V. 9. B. 2. 2)3 l'on les Dès que admet au le hommes dès leur entrée en ce monde. non aux autres (5) ? Pourquoi rencontre-t-il chez les uns un accueil : favorable. 5. Cf. n° 816). Pourquoi eux et non les autres ? Parce que Dieu est souverainement libre. Peterson. la théologie corrige ici Augustin par Augustin. 1930. Pour qui restreint la volonté salvifique universelle. 12. montrer que. Evangile selon St Jean.. Rom.. sable et de l'acceptation et du refus A. de plus en plus. ils sont les élus de Dieu (7). cette Providence paternelle de Dieu à l'égard des élus implique une prédestination spéciale qui risque d'être une pierre de scandale (1). 10. cette révélation du mystère caché pendant de longs siècles (4). g. en rapportant les paroles du Christ.2. et se heurte-t-il à la résistance des autres ? Dans la théologie de saint Jean. 25. can.. 560-562 . Or. Rom. 48. 15. Le mystère des Juifs et des Gentils dans l'Eglise. L'Ancien Testament tout entier est une mise en œuvre de cette notion d'une Providence souveraine qui dispose des événements et des hommes pour arriver à ses fins (2). L'exégèse catholique s'efforce de nécessaire à l'homme pour qu'il se anathèmes du concile de Trente (sess. une objection insoluble.. T. 1. Paul l'avait reçue du Judaïsme. . Rom. Certains protestants abuseront plus — . Joan. 11-12 II Thess.. i. a même des audaces qui nous déconcertent (6).. le problème de la prédestination apparaît moins explicite. 16 . 1927. 16® éd.. Act. à tous contraire que la grâce est offerte mystère devient mystère de lumière.. HuBY. etc. Marc. 45.

. C'est des groupes qu'il s'agit. Prédestination. Rom. les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à justification Dans 1. 10. 5. voici que l'ensemble des Juifs repoussent ce Christ.. A. à côté des rameaux de l'olivier sauvage. Cette commen- taires passionnés. cette dernière phrase. pour vivre désormais de la même sève du Christ (6). Rom. La fin de la Loi. c'est le rejet d'Israël et les voies mystérieuses d'une Providence qui.LA THEOLOGIE DE SAINT PAUL qui il veut neque currentis neque volentis sed miserentis Dei réponse de l'Apôtre va susciter pendant de longs siècles des sit : (I). saint Paul envisage ici l'élection au baptême et non à la gloire (2). la masse des Gentils étant entrée dans l'Eglise. remarquer qu'à la différence de saint Augustin. 17-24. Voir en ce sens A. 330 A. Origène cherchera une de sa Rom. : enfermé tous tous (7). HUBY. dans le D. 7. Israël se convertira à son tour (5). t. Esaû et Jacob ne sont pas les prototypes du réprouvé et de l'élu. Il faut surtout souligner qu'on fausse totalement les perspectives en cherchant ici une solution au mystère de la prédestination des individus. Ce qui déconcerte ici l'Apôtre. cette dialectique vivante de l'Humanité dans laquelle non seulement la tnbulation. Die Mystik des Apostels Paulus. Rom. 25. C. II. apol. p. col. Finis enim Legis Christus (4) or. col. Epître aux Rom. 2. 56. Ce scandale n'est que temporaire. iSi183 J. 64- . mais le mal et le péché Dieu a lui-même entrent comme éléments. Cette théologie de l'histoire. les branches de l'olivier franc qui avaient été coupées seront de nouveau greffées sur le tronc. tandis que les Gentils l'accueillent avec empressement. et de l'opposition entre la conversion des Gentils et l'endurcissement d'Israël. . des controverses dont l'écho n'est pas encore affaibli. 32 .. voir ci-dessus. 3. Prédestination. d'Alès.. Rom. XII. mais bien de la Gentilité et du Judaïsme. p. se résume en un mot On a fait . de la f i cath. c'est le Christ. t. 6. . Lemonnyer. pour assurer le salut du monde.. note 8. 281 1. Un jour viendra où. 4. 196.. 4. 1930. IV. proclame l'Apôtre avec assurance. II.. dans le Dict. g. II. terme de leurs espoirs. T. p. Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Non. i6. Schweitzer. brise apparemment l'instrument qu'elle s'est plu à forger pendant de longs siècles (3). ce qui est pour lui une pierre d'achoppement.

la théologie s'acharnera à trouver dans les chapitres 9-11 de l'Épître aux Romains la justification de thèses contradictoires (7). Cf. I. 19 . peuvent se damner (4). 406. I. Prat. cit. 12-30 Rom. Nous n'avons pas à parler encore de ces controverses. 26-27 Ephes. 1550). Tous les hommes. II.. 3. A. sont appelés à devenir les membres du corps du Christ (10).. 16 . c'est la doctrine de l'appel universel au sahit (9). C'est-à-dire du _ .. I. en effet... en particulier I Cor. F. 7 Cor. page 62. pour le Judaïsme palestinien contemporain des origines chrétiennes. Voir ci-dessus. Israël n'est plus un privilégié. la question de la prédestination pour comprendre que Paul lui-même ne cherche pas ici à tirer au clair le problème difficile des rapports entre la liberté humaine S'il s'agit ils et l'action souveraine de Dieu (6). 3- — Cf. 9-10 Epkes. p. 5. . Rom.. i. après avoir été un temps infidèle. il ne faut jamais perdre de vue « le caractère social du dogme chrétien ». 14. 188. 3. 5. col. 2. 6-12. (voir 15. p. dans cette question de la prédestination comme dans beaucoup d'autres. Col. 9 . 4. Ephes. fondement des apôtres A vrai dire. 3. Juifs ou païens. . salut de toutes les créatures raisonnables. sera sauvé lui aussi. 10. 4. ni les voleurs ne posséderont le royaume des cieux (5). op. 183. 6. Pendant de longs siècles. C'est lui qui nous apparaît maintenant au premier plan dans les Epîtres de la captivité.. C. cit. Gai.. DE LuBAC. 1938. 1200). 12. 7. 2. J. p. T. des individus. Rom..GRACE ET PÉCHÉ théorie fameuse de l'Apocatastase (1). non seulement Paul sait que. X. bâti sur le 1. Col. 5. H.. mais son commentaire des Romains insinue cette idée chère (In Rom. les et des pierres de cet édifice vivant qui. Juifs ou Gentils. . 5.' Origène 27 dans leD.. 12. Origène G. . mais il ne s'agit pas ici du salut des individus en tant que tels (2). 6. t. Cf. -65- .. 9. 5-11. P. 2. qui arrache à l'Apôtre ce cri d'admiration : « altitudo ! » profondeurs inépuisables de la sagesse et de la science de Dieu (3). il suffit d'avoir noté que. Le grand mystère. op. où la christologie et l'ecclésiologie sont en liaison étroite. 8. 369-370. BONSiRVEN.. 33.. Ephes. note 7. mais il rappelle aux chrétiens que ni les adultères. Catholicisme. 13. Il suffit d'ailleurs de savoir comment se posait. C'est la pensée qu'Israël.Bardy. 16 II Thess. Le Judaïsme palestinien. t. 9. G. 1935. XI. VIII... 19-21 / Cor. SCHWEITZER.. celui dont la révélation avait été réservée pour la fin des temps (8). msiste plutôt sur d'autres textes.

Cette barricade. 7. l'affirmation de Pax nostra.. 30. et sur Tunique pierre angulaire. 2. 4). illuminés il ne faut pas. 14. ce mur mitoyen. 14. Ephes. 5. Col. Mais com9. 2. 3. Fessard. 19-20. Ephes. Ephes. 10. par le . 2. pierre angulaire de l'édifice commun.. 9 . arrhes de Les fidèles ont été oints du Saint-Esprit qui leur est donné comme les 8. 5). 5. avant tous c'est l'Église. 1935. 8. 3. une doctrine nouvelle se jour. 6.. 12. 5. le Christ est dans leurs âmes {Ephes. Col. baotême. 14. i. 5.. — 66 — . 16.. 16. L'homme inté- tienne (10) . 2.. de seul corps. Ephes. 21-22.. l'homme régénéré qui se renouvelle de jour en jour (16). Huby. 13. à 4. 3. 13. afin qu'ils vivent désormais dans la paix (6) que donne la charité (7). Cf. un un seul homme deux nou- veau (4). Saint Paul reste fidèle à la doctrine de la présence vivifiante de Dieu dans les âmes (9) et des exigences morales de la liberté chré: mais. 4. 12. Tête du corps. rieur (14). 17 . J. 176-178. 2. ce n'est pas seulement chaque chrétien. qui interdisaient aux promesses. 24.. marcher en enfants de lumière (12) comme des élus. Col. constitue un seul temple de l'Esprit-Saint (2). dit-il.. 14) . 15. Ephes.. le temple saint du Seigneur (15). dès 1.) sance d'évocation elle possède en nos temps troublés (Cf. il est lui-même notre paix ipse esi pax nosira (8). 2. attrister l'Esprit (1 1). Ephes. ils sont enracinés en lui {Col. 1936. 2.. 3. Ephes. Col. p. Le Christ a jeté bas la muraille qui séparait Juifs et Gentils (3). Epîires de la captivité. Col.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL prophètes. délivrant de la mort les uns et les autres (5).. 4. En nous réconciliant avec le Père. l'héritage {Ephes. aux Gentils l'accès barrière de la Loi et des observances judaïques. 17) . pour Paul c est surtout la 3. 2. remise dans 3on contexte. — Isaïe avait dit : du Messie : « Michée était plus net encore « c'est lui qui sera la ! ! 9. ou plutôt. 3.. des amis de Ûieu (13) cependant. 5.. 6). sous l'influence de préoccupations nouvelles. G. unité vivante de ceux que. Ephes. saint Paul Quelle puisb'ien'plus riche est. — 6. la doctrine ancienne s'approfondit. peuples il a fait un peuple unique. 22... s'enrichit d'aspects nouveaux.. 15. Ephes. 4. 4. 11.. des fait saint?. Ephes. 15. 2. le Christ (1). corps du Christ. 3. Ephes. on l'appellera prince de la Paix » (7^. 14. Paix » (Mich.

4.. Théol. 3. II. Ephes. lîXï^pojfjia implique certainement '> l'idée de plénitude de vie divine p.. 2. 30. 12 .. Col. F.. étend l'idée 13. en lui (1 1). cit. I. 5. 4. Rom. Col. 4. 11. 5.. conressuscitati. 26. 167-169). 2. 4. appelée à la vie par la les pour mort rédemptrice du chef (8). sous l'action vivi- fiante de l'Esprit. 19.. Prédestination. C'est en eux que les fidèles ont été prédestinés dès l'origine (9). le Père a prédestinés in Christo Jesu (I).. 2. 14. Ephes. Huby. Ephes.. dans le temps. op. elle-même (J. 6. J. vie des membres et vie du chef. élection. s. Col. justification. 6. J- Comparer ICor. Ephes. Ephes. Le progrès était déjà sensible avec la Seconde aux Corinthiens. grandit harmonieuse- ment jusqu'à ce qu'il atteigne sa parfaite stature (5). I. 15-16. (cf. cf. il faut bien comprendre. un seul baptême. il n'y a désormais qu'un seul corps et un seul esprit. foi. de St Paul. une seule Père aux cieux (4) . I. 2.. est ici inséparable de l'Église. membres d'un même corps unis par la charité. Huby. — Sur ce texte fondamental. chacun dans une mesure qui lui est propre (13).GRACE ET PÉCHÉ les temps.. 8. sans ride ni tache. semble que la notion de grâce se soit intériorisée. 4S). Ephes. bien plus encore que dans l'Epître aux ici. pour être. 19.. comme seul et il un même n'y a qu'un seul Seigneur. Ep. de ces expressions pauliniennes ... Prat. Col. 10.. 7-16 Rom.. 23. se placer résolument au point de vue social. I. Col. 2. 12. la force 12. 20. I. prédestiné dès l'origine pour être le principe d'unité de la création (7). Col. ils ont été ensevelis avec le Christ et ressuscites avec lui (10). II 108-109 p. 1. met en 9. que le Christ s'est acquise par son sang. 1 . et comme inondés de la plénitude de grâce qui est la sienne (12). 7. ce corps. Il de plérôme à l'Église Huby. glorification. 2. 4. de la capt. . pour en faire ses fils adoptifs (2). Ephes. qui 8. -67- . et qu'il a sanctifiée et régénérée (14) pour en faire son épouse. Romains (6). Ephes. — Le terme de — consepulti. Le Christ. I.. 1935» P. toutes ces idées pauliniennes. rismes. 11. 13 — Les commentateurs soulignent justement . appelés à la fo'.. pour constivivifiés tuer cette Eglise sainte.. Du fait de cette élection divine (3). Ephes. Epîtres de la médiation cosmique du Verbe incamé. Au baptême... Epkes.39-44. 4-5. 14. 9-10.. voir relief la captivité. 4-6. où il s'agissait surtout des cha7.

5. 12. Cor. Ephes. en se corrigeant les uns les autres. 154-155.... Ezéch. celle du corps vivant qui croît harmonieusement (4). « duo parentes nos genuerunt ad mortem. 23. société visible de 6. Ecclesia sponsa Virgo Mater. Col. 2. 5 12. Avec le temps. Col. Elle est relativement récente. montrant dans Christ. Le corps mystique du : — 2. 2. 54. 19. épouse du la vie mère qui enfante les chrétiens et qui leur donne sur- naturelle (2). Christ. chez celui-ci. II. 4. 154). 38. Mais les auteurs du moyen âge qui ont opéré ce changement de vocabulaire n'ont pas été infidèles à saint Paul. 4-25 . S. 205-208. t. Mersch. dont Notre-Seigneur s'était comprendre l'union intime des justes entre eux et avec le Christ.. Voir l'étude du P. 16 . que les Prophètes avaient exprimé en termes parfois émouvants (1). dans Bulletin de la Société française d'études mariales. p. Le symbolisme mystérieux des relations de Yahweh avec son peuple. Ce que beaucoup plus tard on appellera la doctrine du corps mystique (7) pour 1. le symbolisme sera étendu aux rapports entre le Christ et Marie . Elle fut d'abord apphquée au corps eucharistique du Sauveur. L. Au XIX® siècle... Gregorianium. 19-20. Scheeben insistera beaucoup sur ce sjmabolisme dans son ecclésiologie et sa mariologie. la l'orga- L'identification du corps du Christ avec l'Église. ou celle de la fusion de deux personnalités dans une personnalité collective.. voir le texte caractéristique d'Isaac de l'Etoile (xil® siècle) cité dans E. Chez servi saint Paul. tout cela cherche à faire pressentir le mystère de l'union du Christ avec son Église comme avec chacun des membres vivants qui la composent (6). 25-30. p. 5-8. Voir aussi notre étude sur La place de la très sainte Vierge dans l'Eglise corps mystique du Christ. — Le verset 30 rappelle également comparaison avec Cf. la formule corps du Christ vise directement l'unité des : : — — 68 — .i sa signification. 1937.. Il n'est pas inutile de rappeler que l'expression corps mystique n'est pas dans saint Paul. posera plus tard bien des problèmes. P. Ephes. l'allégorie faire de la vigne. 5. 10. insinuée par la comparaison du mariage (5). I. 2. 3. Isaïe. 18. puisque aussi bien. et les Pères vont y puiser d'admirables comparaisons. 2® éd.. 1937. prend ici tout. nisme vivant. 5. essayent de rejoindre une réalité ineffable. a provoqué toute une efflorescence de symboles qui. Tromp. L'image de l'édifice (3). 1-49 . la l'Église. — / 12-27 Rom.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL Cette dernière assertion résume toute l'histoire d'Israël et l'accomplissement des promesses. 4. 7. La suite de notre esquisse éclairera le développement de cette question la giâce du Christ peut-elle être donnée hors de l'Église ? L'histoire de la théologie de la grâce est dans une certaine mesure inséparable de celle de l'ecclésiologie. Ephes. Osée. ceux qui ont été appelés. et seulement ensuite à l'Église. duo Saint Augustin écrit par exemple parentes nos genuerunt ad vitam » (Sermo 22.

5. sur Deissmann). la miséricorde prévenante de Dieu (4). 4. 3.. Tit. 24-29. i. 2 . Pour les conséquences spirituelles de la doctrine du corps mystique.. M. Co pus mysticum. Voir le beau texte de Cajetan cité dans E. / Tim. de souffrir de façon utile au salut. 3. de prier. et le beau livre du P. 6. mais elle n'a rien de magique. 3. II. 1936. Paul écrit Ce qui manque à la Passion du Christ en l'Eglise (1). 9- 9 . Cette union reste un mystère. mystique. Le corps mystique du Christ. 24.GRACE ET PÈCHE se rattache à l'enseignement direct de l'Apôtre. 9 . 3. un texte magnifique. « Prière ma propre chair. 3. la compassion pour les infirmités de ses frères. i. une fois cette doctrine n'ait plus rien à dire. Cerfaux minimise le réalisme de notre union au Christ dans et par l'Éghse.. mais dans l'Evangile.. Il ne faut pas oublier que le premier fondement de la doctrine du corps mystique se trouve non dans saint Paul. la faim. Col.. 1. Le mérite du Christ. 275-276. . les périls sur terre et sur mer.. Cerfaux {La théologie de l'Eglise une mine de renseignements. II Tim. 7.. exprimée. 1937. il semble que l'Apôtre dans les Pastorales. Tit.. i. par réaction 172. p. Tit. La grâce du Christ nous donne précisément de mériter. Les inquiétudes de l'Apôtre. il est vrai. tout cela serait incompréhensible si l'Apôtre n'avait vécu intensément cette doctrine de la solidarité mystérieuse de tous les chrétiens dans le Christ. voir par ex. DE LuBAC. sainteté de chrétiens.. -69- . Mersch. plus tification d'une allusion aux doctrines chères à saint Paul. la sollicitude de toutes les Eglises. 5. 1. Mersch. prière de membres. Cependant. Voir le livre du P. l'espérance des biens éternels (6) chrétiens participant au même pain. 10 . milieu divin. 12-16 . Tit. E. l'étude de E. t. et les thèses pratiques qui en découlent seront aussi les siennes. L'allégorie de la vigne suppose le réalisme.. Morale et corps suivant saint Paul. 1932. 5-6. 2^ éd.. 2. 1943. // Cor. // Tim. seul Rédempteur. Ce texte réfute par avance toutes les objections protestantes. Jurgensmeier. je l'achève pour son corps qui est tien.Cf. 4. I. I. les trahisons. au même corps. On trouve. le don du Saint-Esprit reçu au baptême (5). par exemple sur la juspar la foi (3). : Aussi bien. Der mystische Leib Christi als Grundprinzip der Aszetik. ne fait pas nombre avec nos mérites. Ph'l. le souci que lui causent leurs chutes morales (2). — II. / Tim. sainteté de chréde membres » il faut ajouter à cette théologie ascétique inspirée de Paul souffrance de chrétiens. F. souffrance de membres. 1. qui éveille en nos L'Epître aux Colossiens nous livre âmes aujourd'hui des résonances : à la fois très neuves et très anciennes. p. . 1942) est contre certaines exagérations (cf. les veilles. Sur saint Paul.

il a souffert pour lui (7). 14. op. 9. / Tint. 13. 8. 12 . I. Dans un texte sur lequel la théologie reviendra souvent et longuement.. 6. I. 334- 338. I. 2. Cf. 146 et 325. II Tint. à 2. II. encore qu'il soit difficile de s'évader ici des controverses et les exigences : : 1.. C'est seulement après la controverse janséniste qu'on en comprendra la plénitude.. Plus que jamais.. lui donnant plus qu'à d'autres l'intelligence du message du Christ (4). Voir l'excellente étude de M.... 5. Voir infra. Aussi. 4. le presse maintenant d'aller recevoir sa récompense (5). — 8. Il a travaillé longtemps pour le Christ (6). 4. // Tim. faut-il dégager une synthèse de la doctrine de saint Paul sur la grâce et la justification ? Le travail a déjà été fait et bien fait (13). // Tim. 2. I Tim. 20 3. II . à propos de la question de l'authenticité des Pastorales. cit. 6. 10. ToBAC. 9. comment ne serait-il pas assuré de ressusciter comme lui pour régner avec lui (8) ? Le ton de ses lettres peut avoir changé (9).. / Tim. // Tim. col. 7. Paul l'a rempli plus que tout autre. / Tim. 17-18 . Ephes. qui a si longtemps travaillé en lui. 4. II. 12. Grâce. 7 Cor. A. 12..LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL de la liberté chrétienne (I).. 2. 6. 393-398. au soir de sa vie. Cf. — . 4. F. III. // Tim. 3-1 1. et. — 70 — . la nécessité de la prière pour la persévérance finale est inculquée aux chrétiens. Le précepte de la charité (10) reste toujours la fin de la Loi (11). car des défections récentes n'ont que trop montré que la doctrine de Paul sur la vraie notion de la liberté chrétienne peut être mal comprise (2). t. 5. Cf.. 3.. F. C. De l'esquisse qui précède. II. 1. la doctrine de Paul n'a pas varié. II. mais l'univers est encore loin d'avoir accueilli le message du Christ. pp. Paul insiste sur la nécessité de la prière apostolique Dieu veut le salut de tous les hommes (3). 10.. L'Esprit. Ce texte si libéral sera une pierre d'achoppement pour saint Augfustin.. / Cor. 2. II Tint. il peut redire encore ce qu'il prêchait aux Corinthiens Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ (12)... I. 11. Prat. 22. 15. 4. il semble que l'Apôtre vieilli ait renoncé à pénétrer plus avant les richesses spirituelles dont il vit et qu'il ne cesse de communiquer aux autres. 2. dans le D. / Tim. // Tim. 4. II. 2.

. 2. il nous reste à dire brièvement quel sens a. — 71 . Mieux vaut nous en tenir à cet exposé plus dynamique dans lequel. divers articles du D. 5 Phil. C. au cours des âges. 3. pris isolément. I. Il nous semble préférable de renoncer à donner ici une synthèse organique de la théologie de la grâce chez saint Paul. T. .. nous avons essayé de montrer l'origine des grands thèmes pauliniens.GRACE ET PÉCHÉ nées au cours des siècles. 834-&35). nous retrouverons sans cesse les mêmes idées et. A partir du XVI® siècle. 29 13 reste cependant celui des Pères qui a le mieux compris saint Paul. découvrant peu à peu les richesses du message révélé dans la continuité vivante de la Tradition. si elles n'épuisent pas la richesse du message révélé... vu de l'Épître aux Romains de l'homme déjà justifié. compléter. Mauvais exégète lorsqu'il s'agit du détail. n'en seront pas moms des expressions authentiques de la doctrine de saint Paul et de saint Jean. de saint Thomas aux théologiens qui tenteront une mise en œuvre des décisions du concile de Trente. encore aujourd'hui meilleures études : custoii (4) / Avant de clore ce chapitre. et le paragraphe consacré à saint Paul dans les 6. Prédestination). 7 Ephes.. Voir ci-dessus. Tim. Nous verrons certains de ces textes devenir des armes de choix dans la controverse pélagienne (1).. P. 4. on mettra alors en relief tel texte de qu'ils n'avaient pas Ces discussions particulières encombrent (3). 4-5. . Cf. . de saint Augustin à saint Thomas. / Tim. 2. 1. 2. Peu à peu. 70. 4. Mérite. on s'acharnera sur les textes concernant la justification par la foi . 2. il nous semTimothe. Des Pères grecs à saint Augustin. depositum bleia encore entendre la voix de saint Paul la '"^ 1 Epître à Timothée les (2). 38.. 54. L. p. Le même Augustin prouve la nécessité de la grâce pour les actes salutaires à partir de textes // Cor. et nous avons aujourd'hui beaucoup moins à le contredire qu'à approfondir ses vues géniales et à le : . nous verrons Pères et théologiens dégager des synthèses qui. Les hétérodoxes et leurs adversaires catholiques ont été amenés à donner à certains textes isolés une importance dans la pensée de l'Apôtre. qui. puis viendra le Jansénisme et sa négation de la volonté salvifique universelle. / 3. 8). Dans ses sermons il rappelle complaisamment que alios salvos facere Paul lui-même sentait la misère et le besoin de la grâce « ipse apostolus qui volebat adhuc curabatur » {Sermo 154. ci-dessus p. Nous avons déjà dit que saint Augustin entend le chap. ne sont pas toujours ad rem {I Cor. note 3. (Justification.. au risque de nous répéter. Augustin Phil. note i. 20. 4.

52).i. 12.. 3' l^P'^» X=*P''î faveur. 11. Dès lège divin avant d'être est un don fait aux hommes (8). Paul lui donne une signification propre- ment religieuse qui évoluera de plus en plus vers l'idée de grâce au sens théologique du mot. 7. Rom. Elle est un privila Rédemption. le mot même de grâce (xâptc) (1). H. associée à ici comme l'effet d'une miséricorde 10. Clavier. 34-40. 4-7. — La miséricorde. : Les inscriptions grecques du !«' siècle parlent de la grâce empereurs.1. 232). 28) évoque ces divers sens faite Luc. La salutation de l'ange à Marie {Luc.. et l'on pense bien que les historiens « magiques » de la grâce ici: i^ Cor. dans W. T. 232-233. . X*P'^ désigne la beauté.. Rom.. pour fortifier (10). 1931 The doctrine t. H Cor. à lui faire signifier la faveur. S'emparant d'un mot du langage usuel. qui exprime les richesses de la vie divine communicable à l'humanité. surnaturel. Tit. et phil. La grâce sera joie et source de joie (3) . n'est évidem- ment pas du vocabulaire 6.. Cf. On en vient de (cf. 2. il désigne les intentions de Dieu pour le salut des hommes. Suppl. parlent des origines chrétienne (cf.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL dans l'œuvre de saint Paul.. par 2. 2. of grâce. Grâce. tout ce qu'un païen pouvait mettre de sens vocable se trouve transrposé. Bible. à une ville grâce s'associe à celle comparatistes. Il faut rapprocher l'idée de plénitude (TtXr^pwjxa). dans le Dict. . Whitley-Manson. 7. 4. et tout spécialement le fait historique de religieux sous le lors.. — La notion de la évidemment fréquent chez paulinien. Ephes. 1. cit. 714-717 H. est l'une des richesses de Dieu. — La Rédemption est présentée Trinité. sens Ephes. A le prendre en général. 6 . que l'on trouve chez les auteurs païens. MOFFAT. p. I. les Grecs. p.. faveur et miséricorde (4) d'ordre surnaturel (5). venant du Père (6) par le Christ (7) et dans l'Esprit. ici la grâce. Dans les cercles religieux hellénistiques. — 72 — . 5-6 . II.. impliquée dans ce texte. Cependant Allô traduit . 16. Manson. Whitley. II. dans Revue op. WOBBE. saint Paul cf. chez Philon et les Septante non moins que dans les livres hermétiques ou les religions à mystères (2). de la seconde personne de 8. paciWOBBE. Testament. ig^2 . Der Charisgedanke bei Paulus. loc. 9. p. WOBE.. 14. à partir de ces constatations. 5.. p. Grâce in tke New Testament. Ce don tout gratuit répandu avec abondance (9). 15. P. consoler (1 1). p. 8. . op. re/. Ephes.. de la royaume de Dieu. Clavier. — Chez . J. 7-8. 9.. Grâce in ihe New W. I. 1932 J. Wobbe. la là grâce qui rend une chose et surtout une personne attirante.6-']. U accès au BONNETAIN. 1942.. l'idée de de pouvoir mystérieux. 3.. cit. la bienveillance des dieux l'effet de cette faveur est aussi une les grâce. I. III. cit. p.2. Rom. d'hist.

le mot a quatre acceptions diverses. II Cor. mais 6.. 45. La grâce divine n'est pas seulement principe d'action morale. il I. Cf. 11. L'idée d'un don créé. Cela nous permettra de comprendre qu'il ait fallu un certain temps à la théologie pour arriver aux distinctions nécessaires qui sont aujourd'hui les nôtres. le don du Saint-Esprit que sur la grâce créée il parlera plutôt de la charité répan- due dans nos cœurs par l'effusion de l'Esprit (8). Allô (7/ Cor. figure de style souligne la grandeur du don divin (7). Paul semble une fois identifier grâce avec le Notons enfin que saint Sauveur lui-même cette . II Cor.. promise dans l'au-delà la relation (9). 6.. cette aumône volonfier (1). comme un don créé au don incréé. p. ou plutôt à nous souvenir que ceux-ci sont aussi liés au don de l'Esprit. aussi source de sanctification. II Cor. 4. 52. — (p.. il lui arrive au contraire d'appeler grâce tout autre chose.p\. 23) cependant le texte grec a moins de relief et gratia traduit yj. nous l'avons vu.. Cette idée est familière à saint Paul le mais entre grâce et gloire apparaît moins dans vocabulaire (11). II.GRACE ET PÈCHE aussi ne faut-il pas le d'une grâce médicinale venant au secours de l'homme pour lui permettre d'observer la Loi est clairement exprimée chez saint Paul... S. 8. 5. Paul insiste davantage sur . 73 .. 211) garde ici au mot son sens religieux. Chez saint Jean.a. supra. 5. l'aumône par exemple (5). Cf. 2. Rom. note que. 1.. dans ce seul chapitre. supra. 7. 2. II Cor. Tit. I. Ce texte nous invite à ne pas trop opposer grâce et charismes. elle risquera de s'égarer. Rom. 9. 8. faire . d'ailleurs. Cependant. la grâce habituelle apparaît voilée sous l'idée de participation à la vie divine chaque fois. 9. 6. 58) reste hésitant.. 4-5. La Vulgate dit magnifiquement « gratia autem vita aetema » {Rom. Wobbe 3. : . 14. tifié et la vie éternelle (1 0). elle est Ici. I.i\i. Nous avons noté aussi chez saint Jean la relation entre la vie surnaturelle du jus. taire est un effet de la grâce proprement dite la (6). 9. 10. 5. p. produire des œuvres bonnes (2) recevoir en vain (3).. Le P. que la théologie séparera trop les deux notions. 3. II Cor. p. 8. mais il n'a pas toujours appelé grâce ce secours divin (4). exprime cette idée sans nommer la grâce.

de saint Paul. Dans le Theologisches Wôrterbuch de Ktttel l'article Sixit'. 1930. Luther et éloigneront. thèses luthériennes classiques. I. 74 . la justification II. col. le théologie postérieure ne sera pas infidèle à doctrine de l'Apôtre. Lemonnyer. Hahn. t. II. Das Mitsterhen und Mitauferstehen mil Christus bei Paulus. mais on verra aussi que cette multiplicité apparente s'ordonne autour d'une idée générale qui est bien celle de grâce surnaturelle. rejetant les 299-300. Cf. T. Schweitzer met en relief l'idée de l'union avec le Christ mort et ressuscité. VIII. l'acception En restreignant la du mot. consiste dans une véritable rénovation intérieure (Die Mystik des Apostels Paulus. 214-215). Théol. pour Paul. 2073-2075 : F. elle est une rénovation intérieure. A. qui. et le témoignage non suspect de Schweitzer. on ne pourra que constater la multiplicité des sens du mot Xâpi. mais elle est bien autre chose encore.LA THÉOLOGIE DE SAINT PAUL En précisant un peu mieux l'esquisse qui précède. p. chez saint Paul. libération de la servitude. Prat. consécration juridique d'une purification donnant un droit à la résurrection glorieuse.oj'jvrj (t. un frère et retrouver maintenant dans la Tradition. Pour saint Paul. C'est ce point de vue de la divinisation du chrétien que nous allons adoptif du Père. tout spécialement chez les Pères grecs. C. p. justification et En opposant au contraire l'aspect juridique de la les Protestants s'en son aspect ontologique. Justification. 204-214'' marque également un élargisse- ment des thèses du protestantisme. entendue dans ses thèses eschatologiques. — Voir aussi le livre récent de W. dans D. p. 1937. la justification est sans doute rémission des péchés. T. qui justifié le fils fait du chrétien un membre de Jésus-Christ par le don du Saint-Esprit présent dans les âmes (I). suppose que. t.

LIVRE DEUXIÈME LA TRADITION .

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. Cf. Pour les Pères grecs. 36.CHAPITRE CINQUIÈME LES PÈRES GRECS LA DIVINISATION DU CHRÉTIEN a justement remarqué qu'avant d'aborder HARNACK faut controverses christologiques. qui arrache les hommes à la corruption et à la mort pour les conduire à la vision de Dieu. Selon lui. La tradition chrétienne dans l'histoire. privilège divin). au m® siècle. P. Voir aussi p. Or. P. et comme cette immortalité est un privilège essentiellement divin. 2. 24. 137 B Or. Harnack. 1907. affirme-t-il. 45 (le Christianisme est essentiellement la religion du salut.. « Si le Saint-Esprit n'est pas Dieu. c'est l'adoption filiale. — 77 — .. 4. 585 C-588 a). la Rédemption est avant tout le don de l'immortalité bienheureuse. note i Cet argument est déjà celui de saint Athanase (Ad Serap. 252. il est vrai. G. 229-232) fait de même F. 34. 4^ éd. 36. précéder son exposé des controverses trinitaires d'un rappel des doctrines sotériologiques. A. LOOFS {Leitfaden zur Dogmengeschichte.. la divinisation. dit plus d'une fois saint Grégoire de Nazianze. t. A. G. 129. 12. 1909. s'il n'a pas droit à mon adoration.1. 1906. c'est en fonction de données traditionnelles sur le dogme de la Rédemption. Le bien suprême que leur offre le Christianisme. . Voir infra.. G. p. i. 112. il a fallu en conclure à la nécessité de l'Incarna- 1.. de la conception « physique» de la Rédemption. d'Alès. 31. p. P. 88. p. 4« éd. 26. 367-370. comment peut-il me diviniser » (2) ? Harnack. 3. l'un des facteurs essentiels de la « naissance » de ces dogmes aurait été le triomphe. àsins Etudes. a prétendu démontrer que les dogmes trinitaires et christologiques étaient nés d'un com- promis scandaleux entre l'Hellénisme et l'Evangile (3). — p. II. Lekrbuch der Dogmengeschichte. trinitaires et il l'histoire des rappeler les présupposés sotériologiques de la discussion (1). le don de l'immortalité. Si l'on discute en effet sur la divinité du Verbe ou la consubstantialité du Saint-Esprit.

III. Luther. Lehrhuch der D. — Voir aussi et Vâme antique. philosophie de l'Esprit gile change de sens (4). c'est que les dogmes chrétiens. 157-164 . qui a lu les philosophes allemands postfoi « trinitaire » kantiens. Entre Arius et saint Athanase. la Choisy. t. s* D. dans le dans Christus. Etudes sur le dogme de la Trinité. p. G. ne nous ont été proposés qu'en vue d'un but « pragmatique ».LES PÈRES GRECS Bien avant saint Anselme. t. 170-174. Cf. 1898. l'article Intellectualisme. 4. MÉNÉGOZ. Les dogmes trinitaire ou christologique ne nous ont été révélés qu'en liaison avec le message évangélique sur l'économie providentielle du salut (5). ce nom . A. au Dieu immanent subjectif. Si le Christ n'est pas Dieu. 1893. sans laisser d'avoir une valeur de vérité désintéressée. P. 1076. L'historien allemand repousse cette « perversion » du message évangélique et il fait sienne cette exclamation de Luther tion. Tel autre protestant libéral. Lumière 1925. c'est-à-dire que pour nous il est sorti de Dieu et venu dans le monde. II. p. et s'il n'est pas l'une des trois personnes de la Trinité. c'est tout le Christianisme qui est en jeu. Lehrbuch der D. G. c'est à cause du ministère et de la tâche qu'il a prise sur lui. 2. Henri de Tourville. pense être suffisamment d'accord avec le symbole de saini Athanasse en faisant cette profession de : Je crois au Dieu transcendant. 3. p. et vie.Pr/m de l'histoire des iogmM. E. Christ a deux natures. t. l'Evan- où le Sabellianisme ancien compose (3).. Le Christianisme p. ce qui ne sert de rien à personne cela signifie que cette personne est Christ.. éd. un seul Dieu béni éternellement. Harnack l'a bien vu. au Dieu immanent objectivé.. F. 1927. II. 662. Erlangen. le dogme : En quoi cela me regarde-t-il ? S'il porte de Christ. C'est de cet office qu'il tient son nom (2). traduction col... 27 (extrait de — 207. Croire au Christ. cela ne veut pas dire que Christ est une personne qui est homme et Dieu. col. Rousselot.. C. 5. magnifique et consolant. -78- . un saint Athanase aurait ainsi « déduit » (I).. comme l'a fortement souligné le Père Rousselot. Revue chrétienne). et curieusement avec la moderne Mais. Ce qu'il y a de vrai dans les affirmations de Harnack. p. p. 35. Opéra. 1097. il y a 1. 47-48.

nous a créés. col. II. — t. B. 1936. n° 39. L'origine de notre texte du symbole. 1928. J. est allé s'enri- chissant pour aboutir aux fo'^mules de Nicée (4). p. TiXERONT. 219. Histoire des dogmes. fortement et solidement combattue. T.. II. T. 1928. i8i.. Les recherches sur l'origine du symbole des apôtres depuis vingt-cinq ans. comme dans d'autres moins solennels (7). voire de saint Augustin. dans Voir les textes 79 . et l'étude exhaustive du P. p. Scheppens. le Z). Bois. Die Gnadenlehre im apostolischen Glaubensh^kenntnis und im Katechismus. Encktridion. ce symbole a la dû être en usage en Orient dès la fin du IV« siècle. 381 (cf. B. C'est cette liaison intrinsèque des dogmes trinitaire et christologique avec l'histoire de notre salut que. J. En Occident. 518-526. B. 1929. Sur le symbole de Rufin d'Aquilée. Bibliothek der Symbolen und Glaubens regeln. du point de vue de l'enseignement chrétien. et plus clairement encore la règle de foi. de Constantinople (5) ou au symbole dit de saint Athanase (6). 2931-2933 R. 1928. les origines du symbole. tout en étant Dieu. 1229. dans Revue d'histoire eccl. 4. ce texte reste un témoin vénérable de la croyance — patristique. 1926.. 1897. III. au viii» siècle seulement pour Hturgie eucha- la Gaule (cf.. de Césaire d'Arles. col. Harnack. Seeberg. de Ghellinck. 97-142. 34-45. D. 142). XIV. 2950-2931. p. Ce texte n'est probablement pas l'œuvre du concile de 5.1230 A Michel. 1923. voir M. Lebreton. ViLLAiN. . mengeschichte. On a parlé de Fulgence. p. dans Zeitschrift Itir katkoltsche Théologie. B. Cf. — — bolschafl. 141-173 J.. soit un personnage historique réel (I). 1944. De toutes façons. B. t. 145.. p. 129-156. 361-410. Dans ces textes. médiévale. T. dans Revue d'histoire ecclés. Histoire du dogme de la Trinité. 3« éd. p. JUNGMANN.. il entra dans ristique dès 589 pour l'Espagne. Lebreton.. 7« éd. 7-20). Enchir. C. D. Sur l'addition du Filioque. D. n° 86.LA DIVINISATION déjà : DU CHRÉTIEN un abîme l'un n'a besoin du Logos que comme d'un intermédiaire cosmologique entre Dieu et la création. rassemblés dans A. A.. 81-92). dans Science religieuse. t. voir le résumé de J. n° 6. Michel. Précis. II. rencontre encore des partisans (cf. dès les origines du Christianisme. p. n° 54. Origines du dogme de la Trinité'. C. Enchir. Il en va de même de ce qui concerne le Saint-Esprit. De toutes façons. Jungmann insiste ailleurs. J. exprime le rite du baptême.. 7. Hahn. L'attribution de ce symbole à saint Athanase. p. XIV. note 2. p. Lehrbuch der DogSur t. Cafelle. Symboles. 196Le P. 1936. t. . 3. 1942^ p. col. essentiellement christologique et trinitaire (3). voir J. ce symbole baptismal (2) dont le noyau original. le Verbe s'est fait chair on retrouve la même doctrine le Père pour nous sauver et nous donner : 1.. l'autre réclame un Sauveur qui. dans le D. Constantinople. dans Recherches de théol. p. D. dans le D. III. sur l'importance qu'avdt le symbole pour les fidèles des premiers siècles {Dis Froh2. 6.. C. 548-569). t. Enchir. 3* éd.

R. l'Eglise à réfléchir sur Lorsque le développement du dogme amènera elle-même. p. Le symbole de Grég. 1938^ p. n° 994- 999). le Thaumaturge. 3. La transformation intérieure opérée au baptême. sainteté qui confère la sanctification » (L.. l'imposition des mains. 207-209) insiste jus tement sur l'importance de ces remarques pour l'histoire de la théologie et de la pra- Jahrhunderten. on dira Saint-Esprit. 194). S. Froidevaux.. semblent avoir paralysé cet effort. Il est incontestable aussi que les Pères apostoliques. 2. tous ces gestes le sacramentels sont en liaison étroite avec vivent. Le symbole de Grégoire « Saint-Esprit vie. sur sa vie intime ou sur ses sacrements... 425-449. X. B.. Les chrétiens des premiers ont conscience de vivre une vie nouvelle inconnue jusqu'à eux (3). de la régénération et de l'illumination (6). 3. G. ii6-i22L'auteur de la Didachè parle de l'immortalité promise aux chrétiens en termes assez vagues {Did. 1934. p. XVL 6-8). 33. 2-3) et il est évident qu'il songe surtout à la résurrection glorieuse {Did.. das neue Leben nach den Dokumenten der ersten zwei 4. 1914. on trouve une allusion à l'homme 80 . sont assez sobres de renseignements sur la divinisation du chrétien (7). I ApoL. B. Le concile de Latran avait été plus audacieux (D. 7. Tecclésiologie n'entrera dans le symbole que comme un prolongemen des assertions sur le Saint-Esprit (2).. entre les don du Saint-Esprit les (4). avoir le Saint-Esprit être justifié. être « : « recevoir le Saint-Esprit. tique sacramentaire. Galtier {Absolution ou confirmation. Kraft der Urkirche . J. Enchir. C'est précisément le don du Saint-Esprit qui.. parle du des vivants. 2-3. l'absolution. Par respect pour des formules vénérables. R. La divinisation du chrétien d'après les Pères grecs. être en état de grâce ». Gross. aux origines chrétiennes. jalousement attachés aux traditions antiques et enne- mis de toute nouveauté. Catéch. commande siècles toute la théologie de la grâce. Le P. 1929. il y a quelque différence. principe le Thaumaturge. Pendant longtemps encore. là du baptême. perdre d'hui rite : le en état où nous disons aujourde péché. R. H. Dans l'épître du pseudo-Bamabé. 61. On se contentera de faire des additions (D. On pourrait être tenté de croire ici que ce qui s'imposa 1. SCHUHMACHER. 6. mais les tentatives d'union avec les Grecs. R. Ignace d'Antioche excepté. Le ». antérieur au symbole de Nicée. S.LES PERES GRECS l'Esprit qui sanctifie (1). 5. P. premiers chrétiens en longs développements d'un Cyrille de Jéru- salem sur les merveilleux effets du baptême (5) et la manière beaucoup plus simple dont saint Justin parle de la rémission des péchés. Sans doute. le concile de Trente ne tentera pas de refondre le symbole traditionnel pour y faire entrer les dogmes explicités depuis la fin de l'âge patristique. n" 428-430).

C. col. dans la théologie d'Ignace d'Antioche.. 11) tien est dit fils de Dieu {Barn. 1906. Loofs. mais l'auteur mêle encore la vie divine et les charismes.. Suppl. Terrien {La grâce et la gloire. . la >> . Grâce. « Que la grâce soit une purticipation de la nature incréée. IV.. à la différence de Harnack. voir p. . 87). Pour Ignace. Clément Romain n'est guère plus riche. p. 102). saint Pierre. A. 146-147 chien und die kleinasiatische Théologie. T. XI. LoOFS {Leitfaden zur D. dans Texte und Unlersuchiingen. dans le Dict. 1 784-1 788). 5 XX.. il est difficile de prouver que la participation à la nature divine. De gratia. F. Theophilus von Antio1. i.. BONNETAIN. A.. . p. 5 cf. II. 24-27). science divine. TOBAC. Ensuite. 339-340 . dans le D. R. Gross. . tant il est plein de . Divinae naturae consortes. Il y a peu à tirer ici du Pasteur d'Hermas.Seigneur. XIV. On sent que l'idée de résurrection glorieuse exprime pour ces âmes venues du Judaïsme des richesses indicibles (/ Clem. Ignace et Théophde d'Antioche (1). p. dans la seconde Epître de Pierre. 4). G. accepte le principe dogmatique. Grâce. La divinisation du chrétien. t. mais en passant. E. 300-303 J. L'effet du baptême est une purile chréfication et une sanctification qu'on ne cherche pas à analyser (Barn. XII. J. Avec Ignace d'Antioche. L'auteur pense surtout à l'immortalité bienheureuse. col. t. die herausklingen » {Leitfaden zur D. 1930) a dépensé beaucoup d'érudition pour soutenir sa thèse mais elle était condamnée d'avance (cf. III. Tricot. 596-601). et qui irait de Paul à Irénée parler avec Loofs d'une « théologie asiatique en passant par Jean. R. nouveau de saint Paul et à la présence de Dieu dans les fidèles (Ep. par Jésus-Christ Notre. Pierre. I. clairement affirmée dans le texte. — 81 — . 1929. avec la présence de Dieu en nous ? c'est moins sûr (pour la discussion du texte. nous a faits participants de sa nature divine » en effet de point d'appui à {11 Petr. P. 139-140. Il n'est pas démontré d'abord que l'Épître ait Pierre pour auteur (cf. 1931. F. XVI. s. C. 1102-1103). V. Barn. écrit le P. sur lequel les Pères et les théologiens aimeront à appuyer leurs développements (3). le prince des apôtres. p. ce furent les doctrines d'une école particulière. La met-il en Haison avec le don du SaintEsprit.. dans le D. . nous l'enseigne dans un texte mille fois commenté par les Pères et les théologiens. reconnaît lui-même que. 7-8). t. 109-111 H. 2. le dogme de la divinisation du chrétien s'exprime en un texte magnifique. 3. cette formule lapidaire a servi la théologie de la divinisation du chrétien et elle a passé dans la liturgie.LA DIVINISATION DU CHRETIEN plus tard à l'Eglise. Lange. p. il met le don de la résurrection en liaison avec la présence de l'Esprit dans les âmes {II Clem. 9). t. G.. soit acquise dès cette vie. Déjà. Lebreton. Dieu. Il est plus simple de constater que cette théologie n'est que la mise en œuvre des données de la Révélation telles qu'on les trouvait chez saint Paul et chez saint Jean mais il a fallu tout un travail de réflexion pour que ce qui était pratique vécue devînt théologie explicite (2). de la Bible. Cependant le texte n'est pas sans difficulté. 1897. . « es sind johannische und paulinische Gedanken.... col. L'auteur de l'homélie connue sous le nom de 77* démentis insiste sur cette idée. 5).. qui. saint Jean a trouvé un disciple digne de lui.

sa chair un remède quiconque lui est uni par la foi ou le baptême. haer. de présence divine reviennent souvent. 17. a fait sienne aussi la doctrine de Paul. note 3. II. Vernet. V. ut quod perdide5.. / Cor. Adv. Mais c'est chez saint Irénée qu'on trouve la première grande synthèse de la théologie paulmienne et johannique de la grâce (2). i (Harv. III. 18.. Adv. Les chrétiens ont Jésus en eux (Magn.. Le Christ est venu récapituler en lui-même l'humanité (4). est assuré du salut. IV.. XV. note 8. 134-143. La mystique d'Ignace les présent dans : — : — : : reciperemus. 3. » Dém.. le martyr qui se glorifie du nom de Théophore... p.. 6. S. unitatem apost.. Participer à l'immortalité. Il. Ils insistent peu sur le don du SaintEsprit. R. 8. III. 2. II 335) . Le corps mystique du Christ. d'immortalité : est essentiellement une mystique de l'union au Christ âmes. t. 12). p. hoc in Christo 1. 2® éd. Mersch. Gross. C'est le Christ qui vit en lui (I). Le corps mystique du Christ.. p. 1936. 7 (trad. » Cf. i.. R. A. polémique gnostique. II. 373-374)haer. christophores {Ephes. 2^.. « nobis salutem praestans. 301. C. mais centrées sur cette mystique de l'union au Christ (cf. 2 (Harv. Sauf Athénagore. op. cf. ils soulignent que l'immortalité qui nous est promise est un privilège extraordinaire. autres références III.. 95. 125. II. 1 (Harv. d'immortalité. apud F. Dieu seul est immortel. afin qu'il soit. Adv. p. I. Adv. 1916. II.. 245^ « ut per eum adoptionem percipiamus » . J.. 8. II. i (Harvey. se nourrit de l'eucharistie et reste un membre de l'Eglise unifiée par la charité. 28. afin qu'il devienne un fils de Dieu (3). La doctrine de la récapitulation dans saint Irénée. donner aux hommes le Saint-Esprit avec abondance (6). 2^ éd. Ad Autol. E.. 2470.. Les idées de vie éternelle. 93) : «corpora nostra per lavacrum. III. haer. 15). refaire l'œuvre de Dieu détruite par le péché (5). Sous sa plume abondent les formules qui vont devenir chères à la tradition tant grecque que latme Dieu s'est fait homme afin que l'homme ait part à la vie divine. I.... Barthoulot. 16. un gage de la vie incor- doctrine du Christ . Antioch. 123-125). 6. 339). » Ibid. Sur ces auteurs.. non seulement l'hôte de leurs âmes et de leurs corps (7). temples du Christ (Ephes. 84. i (Harv. D. haer. 82 . recapitulavit. Mersch.. t. S. 2 (Harv. col.LES PERES GRECS est une doctrine d'immortalité.. mais un principe d'unité intérieure (8). Irénée. La présence du SaintEsprit a moins de relief (E. haer. Irénée montre que le corps lui-même est le temple de Dieu (cf. Adv. « longam horainum expositionem in seipso 4. la notion de divinisation est imphquée dans celle d'immortalité (J. Gross. 3).. 95. IX. p. R. c'est devenir dieu (Ttiéoph. 18. 1916.. VII. A cause de la 7. secundum imaginera et simihtudinem esse Dei. 189-190 . p. R.. d'Alès. op. 318-328.. Ignace. cit. 6. e. II. ramus in Adamo. Gross. 27).. ils sont théophores.. qui accepte l'idée d'une immortahté naturelle de l'âme. 3 (Harvey. Les apologistes sont relativement pauvres. ibid. T. V. « ut homo fieret particeps Dei. cit.

. ]. V. 334). p. 1934? P. 1-2 (Harv. R. R. chaque fois qu'ils parleront des effets du baptême. 225-252. D. I. » C'est pourquoi l'Écriture dit « Ego dixi dii « velut homines moriemini. Au xviii^ siècle. II. i (Harv. 2-4 (Harv. sed primo 5. 1936. ihéol.. 2. par une grande injustice à l'égard de saint Augustin. 132) «ubi Ecclesia.493«gloria Deivivens homo. haer. cit. Adv. ce texte et d'autres semblables embarrasseront le très méritant éditeur d'Irénée. : : : : .. 219) : — nis visio Dei. 8. II. d'après saint Irénée. dans Recherches de médiévale. d'un corps. op. haer. i par lui nous sommes à l'image de Dieu (V. 146.Cf. 6. 294-297). p. 20.. haer. Le plan du salut 3.. vita autem homi4. IV. II. Cf. cit. Gross. Sans faire cependant d'anachronisme. cit. Voir d'Alès. L'homme n'a pas été fait dieu dès l'origine. dom Massuet (P. 38... 1. 376 D) mais il ne faut pas chercher dans un auteur du li^ siècle les précisions théologiques nécessitées par la controverse baianiste.. op. Mais est-elle accordée dès ici-bas ? Irénée reste-t-il dans les perspectives eschatologiques ? Il dit clairement que le Saint-Esprit nous donne une vie Harv. L'Esprit est la vie de l'âme. » : d'abord leur poser l'on se veut — Pour Irénée. ibi spiritus Dei : » (cf.. i . 157-158.. est aussi la vie saint Irénée. Optimisme ancienne et et théocentrisme chez saint Irénée. 24... » : « non ab initio dii facti sumus. 336-338).. 81. compose sunt tria in quibus homo perfectus constat. p. op. 339-340). Verriele. Cette doctrine est le fondement d'un optimisme chrétien qui sera désormais une doctrine traditionnelle (6). Mersch. Désormais. Reynders.. IV. la théologie du salut est liée à l'idée régénération et du don du Saint-Esprit. » La diviestis et filii excelsi omnes » (Ps. et J. op. 7 (Harv. s. II. les Pères seront comme si inta- rissables. animae autem per Spiritum. il semble que l'on trouve chez i . 38. V. l'homme ne sera achevé qu'avec la résurrection corporelle (V. d'une âme et du Saint-Esprit carne.. 522-^30. G.LA DIVINISATION DU CHRETIEN ruptible dont jouit déjà le Christ ressuscité (1). 9. et c'est cette question qu'il faut acceperunt. S. mais il semble réserver à l'au-delà la véritable participation à la vie divine. II. 6) et aussi nisation est donc une grâce. 6. 83 . V. IV. Gross. 7.. haer. II. V. II. comme l'âme est la vie du corps (Adv. 7.. Irénée est plus « juif » que « grec » et pour lui. 156. 1924. II. Adv. vie de cha- de l'Eglise corps du Christ (2). R. Gross. p. 4 (Harv. i Harv.. i Harv. Harv. 342). haer.. .. « la vision de Dieu vie de l'homme » (4). Adv. III. Harv. même s'il lui faut composer plus tard avec ce qu'on est convenu d'appeler... Cet Esprit. cit. l'homme parfait « . haer. haer.. A. mais il est fait cependant pour devenir dieu (5).. Irénée la première ébauche d'une distinction entre le don créé et le don incréé. de la cun des membres. 330). g. le pessimisme « augustinien »... 334-33'5). II. II. Adv. Chez d'une Providence éducatrice (3) qui achemine lentement l'homme vers sa fin dernière. . haer. Adv. 342). tune demum dii. E. 297) quidem homines. R. il affirme que divine « sublevat in vitam Dei » {Adv. 6. anima et spiritu » (Adv..

. — Clément employer le terme flEOTioieTv (Gross. cit. (t. II.. J. dans Revue t.. R. G..-H. Histoire de l'Eglise. ch. Bardy. siècles. P. 1935. Il se peut par la règle de foi (3). 1.. R. 6.. Ongène un chrétien qui se savait lié seulement on retrouve chez lui l'idée de la Providence éducatrice (4). p. Cf. 316) sont bien maigres et l'auteur ne les complète guère en parlant du baptême ou du Saint-Esprit.. M.. Paed. 8. op. dans sa théologie de Clem. 172-174). 11 76-1 177). III. G. H. Sur ce livre. l'immortalité. ont malheureusement laissé dans l'ombre cet aspect de sa pensée. Gross. Paedag. G. Pères des trois premiers 3. 1919. 6. 13. Xiv). op. T. P. 8. Studien iiber Origenes und seinem Verhàltnis De zum Lebreton. Origène ait été subordinatien (6) 1. P. 5. I. selon la Psaume « Ego dixi : dii «stis »). 22. p. et de phil. Vôlker.. trop préoccupés de Vorigénisme. Clément réserve à l'élite la ressemblance et pratiquement la filiation divine (Strom. P. vol. Pronoia und Paideusis. des dogmes. Lebreton. Origène. G. Distinguant entre l'image et la ressemblance {Paed. 259-260. princ. C. Cf. G. Vollkommenheitsideal des Origenes. Le rôle sanctificateur du Saint-Esprit semble rester dans l'ombre. G. 84 . du grand Origène.. 1933. 163). marque une date dans l'histoire des études sur la pensée d'Origène. on commence de plus en plus à s'en apercevoir. 11. XI. Cf. Dans le D. 1523-152 7 . 1931. est l'on fait injure à ce dernier en se bornant à constater qu'il L'Eglise a rejeté le système origéniste. KoCH... I. P. la : filiation divine. mais. en dépit de ses erreurs. Ses tendances générales l'amènent à mettre en relief le rôle du Verbe en tant que maître de doctrine. 64 D regrettable à réserver au gnostique la vraie participation à la vie divine... avec les remarques de J. cit. 167-168. S. T. il a mis en relief ailleurs d'autres aspects de la pensée d'Origène sur la théologie de la grâce (G.. (1). 12. Platonismtis. Das la Puech. à l'occasion (v. 11. col. D. il y eut chez Origène une expérience spirituelle de premier ordre. G. cit. La règle de foi d'Origène. Alex. I.. 1932. I. Gross. S. De là une tendance 8. voir Ch. 280 D-281 a parole du (le baptême confère l'adoption. 368 AB. 163. g.. Bardy se borne aussi à la question des rapports entre grâce et liberté. e&t le premier à la Trinité. 115-121. 1080 c). G. Le livre de W. G. Bardy. Un livre nouveau sur mystique d'Origène. R. II.508-536. Clément connaît cependant de beaux textes pauliniens et . était mais. et XI. d'hist. 1544-1545. 1933. p. 158). C'est par son enseignement que le Verbe divinise (Protr. p. VII. derrière un système qui ne fut qu'une expression passagère de sa pensée théologique. R. t. Strom.LES PERES GRECS connaître leur théologie de certain la grâce. Les quelques lignes de Tixeront (Hist. Les historiens de la théologie. 513 B516 A. tel. Bardy. La vie spirituelle d'après les les cite 2.. p. 374-376. P. 162-196.. dans Fliche Martin.. 8. P. et l'on peut vraiment parler de la mystique d'Origène (5). C. op. P.. et La remarque vaut surtout très spécialeIl ment de Clément d'Alexandrie que n'a pas été semi-pélagien (2). Heureusement. 8. 4. 9. p. Non que.

12. G. 1932. G. 11. et la théologie savante dans V Eglise chrétienne du III^ siècle. VIII. 2. 13. vivit vero Dans le tus.. 5. i. 1043 c (le Christ In Jerem. traitant du de notre régénération. Rahner. Rom.. G. P. l'adoration ne peut aller qu'à celui-ci. non vivit in me. quid mihi proderit ? »). 19-26.. La doctrine de la justification dans Origène. 14. il insiste sur la présence du Christ dans les âmes (3) et le mystère de notre union avec lui. 3. In Cantic. 1037-10^9 (mort et résurrection avec le Christ). r. si Christus quondam venerit in carnem. 1924. 2. un OrigÈNE. IV. V. dans Revue d'kist. hom. VIII. P. Lebrkton. P. G. 3.LA DIVINISATION et DU CHRÉTIEN la que cette erreur ait influé sur la doctrine de prière (1). In Rom. La participation au Saint-Esprit est source de joie et de consolation. est l'arbre de vie sur lequel il nous faut être greffé). 2. 11. laisse trop dans l'ombre cet aspect de la doctrine du grand Alexandrin. 14. Cf. 1164 A (à quoi sert de croire que Jésus est ressuscité. Comme son maître Clément.. Le travail de M. p. In 3. P.. II. du Fils et du Saint-Esprit {De princ. 152 c). Judic.. et possimus dicere vivo autem jam non ego. I. 997 A).. G. I.. Il cherche à expliquer comment l'Apôtre peut se dire charnel alors que l'Esprit vit en lui et que tous les justes sont le temple du Saint-Esprit {In Rom. 3. 150 a). 4. 14. In Rom.... hom. 13. 1085 B).. 1857 B (« quid tibi prodest.. P. In Luc. G. Le désaccord entre la foi populaire eccl. L'intérêt que l'on porte aujourd'hui à la doctrine du corps 1. Contentons-nous de situer ces textes dans le développement de la théologie de la grâce. G. 15-16. I. P. 166 c). Origène semble cependant réserver l'adoption aux seuls parfaits (zèî'i^. P. 351-353. Une théologie exigeante se demandera ici si Origène n'entend pas seulement parler de conformation morale au Christ. Dans le commentaire de l'Épître aux Romains.. IX. P. G. La béatitude consiste dans la possession du Père. Saint-Esprit.85 - . 7. mais lorsqu'il parle du rôle sanctificateur de l'Esprit. 957 C In Luc. G. 7. II. G. De la prière. 11. — . 997 c). 11. P. dans Zeitschrift fur kathol... 9. P. V. Le Saint-Esprit n'habite pas dans les pécheurs (De princ. G. 1926. p. I. 9. Beaucoup plus même que les héritiers de sa pensée. si ce même Jésus ne ressuscite pas en nous ?). nisi quoque ad tuam animam venerit ? Oremus ut illius quotidie me Chrisadventus fiât.. XXII.. 155 B^. il ne faut pas prier celui qui prie). P. 9. G. Dans le Uzpi Ap/wv. La Trinité. 348 D (« quid mihi prodest si descendit in mundum et ego ipsum non habeam ? »). 11. Origène rappelle qu'il est source — — — — : m — : . hom. Rahner. 464 D-468 c (le Christ rendant lui-même culte à son Père. 1820 AB (le Christ est image de Dieu. 13. Origène montre que la charité que le Saint-Esprit répand dans les cœurs nous rend participants de la nature divine {In Rom. 6. G.. P... H. dans Zeitschrijt fUr Aszese imd Mystik. J. d'où son nom de Paraclet {De princ. Taufe und geistliches Lehen bei Origenes. I. P. 2. son image se forme en nous).. Si Christus vivit in Paulo. en même temps que le Père et le Fils. 12. le maître alexandrin reste fidèle à la Tradition (2). G. G. même sens In libr. 11. 100 c (le Christ grandit dans les kmtsaetate et sapienlia). G. 193S. 8. Voir l'étude de H. TheoL.. P. hom. P. personne ne pouvant être participant du Père et du Fils sans le Saint-Esprit (De princ.. P. se communique aux créatures raisonnables {De princ. 14. Cf. Verfaillie. 8. source de sainteté substantielle... 2t8 a). Die Gottesgehurt. 6. 4. 14.

VII.LES PERES GRECS mystique aura eu pour résultat inattendu une réhabilitation d'Origène. communication ou participation de la n'est absente de l'œuvre d'Origène. 585 BC ihid. adoption.. G. On a souvent remarqué qu'il est facile de dégager de l'œuvre polémique du grand champion de l'orthodoxie nicéenne une belle synthèse de la 1. Si nous sommes fils adoptifs. G. dans notre divinisation. 26. Cf. c'est donc que le Verbe est Dieu (4). p. I. J... c'est parce que le Verbe est en sommes participants . IV. Cf. 70. ces idées. P. '^97 Dans ces lettres. Palmieri. P. nase emploie indifféremment les mots fiîOTroiïIv et uiottoieÎv. op. plus que de raison sur trerait l'effort le « gnosticisme » d'Origène. 352-362) insiste . de Lubac. jusqu'à ce que soit venue la fin des temps. P.. Gross. 00-576 AD. Atha5. I. I.. La 4. 26.. 54. Ihid. t. l'Esprit 9. Epist. 573 P. G. il n'y peut venir d'ailleurs sans le Père et le Saint-Esprit (7). qu'il lie malheureusement trop à l'effort intellectuel. 2. Le P. hom. Athanase. II. 20. 26. Esprit-Saint. I. La thèse restitutionniste. 1936. 720. 577 c.. 361 c. nous devenons fils. I. Epist. Cf. I. 2. p. la sanctification opérée au baptême se fait par le Fils et dans l'Esprit (8). III. 296 B. Verbi. coi.. T. 28 D-29 A.. G. 26. 19.. le Christ total n'a pas encore atteint sa parfaite stature (1). G. 272 c-273 ^B. 1938. 26. 26. ad Serap... ad Serap. P. du Verbe par le Saint-Esprit. cherchant à prouver contre les Macédoniens la divinité du Saint- — C Esprit. Si le Verbe n'est pas Dieu. P. l'a conduit à mettre plus que d'autres en relief cette idée que.. . 7. ad Serap.. Mersch. G. 192 B. 478-482. 30. 215.. 652 8.. 39. se retrouvent à discussion de saint Athanase avec les dont aucune chaque instant dans Ariens. dans le D. P. t. G. P. c. Catholicisme. 26. dit-il par exemple. Mersch {Le corps mystique du Christ. In Levit. lui. c'est Si nous donc qu'il y a un fils par nature (3). Contra Arian. De Inc.. 12. 553.. p. G.. mal distinguées. Contra Arian.. Tout au plus peut-on lui reprocher quelque excès d'intellectualisme (2). 1. 2^ éd. G. comment pouvons-nous être divinisés (5) ? La création nous a faits créatures de Dieu par l'adoption. Contra Arian. 322-327 E. Voir la traduction de H. Une étude sereine des textes mon! probablement que le maître alexandrin veut souligner surtout la nécessité de moral. 6. p. 26. 19. 86 . présence active du Esprit dans les âmes et dans l'Eglise. G. G. 26. G. — Ihid. — — — divinisation. I. A. trouve un argument dans le rôle que joue Ep. 26. 367-370. même Régénération.. I. cit. C. 9... par ailleurs si regrettable.. P. nous (6). 93 A.. P. don du Saint-Esprit. 59. P. identification au Christ par la vie divine. I. P. 26. Ihid. V.. Contra Arian. 25. 12. G. P. Il est « grec » science et vertu sont encore Chez 3.. 24.

32. 1944. 1936. t. col. 1. la doctrine du corps mystique aura une place importante (2). — Contra (le 48. met bien en relief l'idée de la divinisation. 2. Englerding. G. qui niaient la divinité du Verbe. G. Je renvoie ici à l'ouvrage classique du P. 2. col. 2166. p. G. G. D. II. Le rôle du Verbe dans l'œuvre de la création el de la sanctification d'après Si Athanase. Scholastik. XIX.. p. LiESKE. E.. sanctifié. 1943. 1923. Le Christ sauve l'humanité et la déifie parce que la nature humaine est déjà tout entière dans le corps et l'âme assumés par le Verbe. II. II. G. Les idées d'expiation et de rachat seraient dès lors des éléments superflus dans la question de la Rédemption (op. t. P. T. Mersch. t. p. Berchem. Platonisme et théologie mystique. Les Ariens. Malevez (U Eglise dans le Christ. — Epist. 264 D (nous sommes les temples du P. Ajoutons que. 1935) cherche à montrer que le réalisme des Pères est ici indépendant de leur platonisme.. P. reprise par les Cappadociens et surtout Grégoire de Nysse. XII. étude his. 1328D-1329 ab. donc celui-ci est Dieu).. Daniélou. Essai sur la doctrine spirituelle de saint Grégorie de Nysse. dans cette synthèse. 1939.. G. 1. Orientalia periodica. t. Ailleurs. Harnack. II. cit. De verlossingsidee hej Athanasius den groote. 3. Histoire des dogmes. 57-58. L. 47-87.LA DIVINISATION DU CHRÉTIEN théologie du salut (1). T. Cremers. 32. Grégoire rap- 87 . Arnou. J. p. source de sanctification. C. Ajouter à la bibliographie: A. H. Angelicum. M. Basil. Incarnation et V Eglise corps du Christ dans la théologie de saint Athanase. pense que la théorie d'Athanase. 161).. I. Platonisme des Pères. G. U — il faut dire à la mystère de notre union à la mort et à la résurrection du Christ est loin d'avoir été suffisamment approfondi par la théologie.. Maced.. p. qui seule permet vraiment de comprendre la Rédemption. 32. 2347. amène les Cappadociens à s'étendre sur le rôle sanctificateur du Saint-Esprit. C'est de son action surnaturelle en nous que saint Basile tire un argument en faveur de œuvres des autres Pères grecs commencée déjà sa divinité (5). 105. faute d'avoir pu entrer dans l'intelligence de la doctrine du corps mystique. 22. III. 1906. II.. P. Lehrbuch der Dogmengeschichte. et le résumé de J. S. 3^ éd. 1938 E. 45.. — Epist. 6. 1474-1478. 1923 . Macedonius. dans le D. Die Kirche als Braiit in den Ostsyrischen Liturgie. IX. 11. 485-514. 156 B Eunoni.. R. p. 29. 1937. Grégoire de Nysse procède de même (6) et l'on sait 1. Seeberg. Mersch. Voir aussi R. 164-165). 4« éd. X. p. '^13 B (le Saint-Esprit. V. 374-409 . — De Spiritu sancto. 146-151) a fait justice de ces simphfications. t. n'était soutenable que si l'on admettait la théorie platonicienne de l'Idée {Lehrbuch der Dogmengeschichte. nous apporte la grâce de l'adoption et l'immortalité). P. P. Bouyer. C. C. 1909. 'Fixeront. p.. col.. J. Le corps mystique du Christ. torique. Zur Théologie des Christusmysiik Gregors von Nyssa.. Greg. T. Le P.-M. 4. n'est pas' 725 s. Rivière (Le dogme de la Rédemption. du vivant d'Athanase. 8. Adv. R. D. 29. La lutte contre les Macédoniens (4). Nous ne nous attarderons pas à retrouver la même doctrine dans les (3). mais le décharge de Harnack que ....-B. Bardy. 660 c. t. Voir aussi V. Pneumatomaques. étaient aussi 5. Athanase... Le Bachelet. 5-48 . Contra Eunom. Saint-Esprit sanctifie et Saint-Esprit. 2^ éd. 2174. Nyss.

III... Cat. P.. T. 193 ï. G. Cyrille de Jérusalem. le rôle du Saint-Esnrit dans notre sanctification passe au premier plan. XVII. c'est souvent à propos du Saint-Esprit ou des effets du baptême que les Pères exposent leur théologie de la grâce (3).. G. 972 c920 BC (l'Esprit sanctificateur illumine les justes ... Saint Athanase insistait sur le rôle du Verbe. t. {Orat. P. La divinisation du chrétien. pour garder le (2). Le premier. Il faudra donc interroger ici les traités sur le Saint-Esprit de Basile (4) et catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem pelle (6). irvEuatTocpôpot. 39. 33. 4. G. dans D. 40. G. . L'Eglise dzns le Christ. 39. S. III. P. Orat. G. car le salut de l'âme est en péril. Gregor von Nyssa. 304 A en vain.. 39. qu'il se fasse Dieu d'abord vienne ensuite me diviniser. ôsôv -^evéi a'^. tion divine et notre divinisation {In Psalm. P. P. ibid... 141 C-144 A).LES PÈRES GRECS combien cet argument est cher à saint la Grégoire de Nazianze (1). Malevez.. 29.. 441 BC).. III. P. . G. 8s. 476 A (l'Esprit sanctifie et déifie) .. Cf. G. 36. G.. Jésus est le fils par nature/ . Hisl. qu'on me pardonne ma témérité. (nous sommes fils adontifs. » Cf. 973 B (les baptisés ont en eux l'Esprit du Christ. 39. 33. C. arrivent à la ressemblance divine et à la divinisation. 41. VII.. IV.. P. Le Bachelet. G. col. G. 36. celui-ci ose appeler Dieu vocabulaire de l'Écriture troisième personne de la sainte Trinité. 8.. 441 B (l'Esprit sanctifie et déifie). P. II. P. G. G. 144 A B.. 748 c (l'Esprit vivifie. 1481 CD soit et qu'il — : — : . nous diviniser. Si le Saint-Esprit n'est pas Dieu. Die heihlehre des heilig. p.. déifie^ . méritant d'être pour toujours séparé de lui {De Spiritu sancto. P. Orat. 2. 238 B). P. 1248 A^. P. le Fils et l'Esprit agissent de concert pour nous adopter. Cyril. Sur le rôle magnifique du Saint-Esnrit. esprit d'adoption qui les fait crier : 16. Aufhauser. 10. 29. p. 2. 260-280. P. R. 41. 2^. IV de beatitudinibus. 3. 39. 12. 250-252). A. 9.. Didyme. t. 37. I.. Basile. G. TiXERONT. voir de belles nages de saint Grégoire de Nazianze Orat. P. V. G. des dogmes... De Trinitate. S. 109 c (les âmes porteuses de l'Esnrit-Saint. nous sommes baptisés 18. G. « Si le Saint-Esprit n'est qu'une créature. 4-5. II. profane sa grâce. G. Cat. ils sont dieux {In Psalm. R. 95. — . 33. 6. 800 B-804 B (le Père. G. lôi^ B-168 b 4. B. A Esprit ne doit pas être adoré. L. Calèches.. les De Trinitate de saint que les personnes divines habitent l'âme des justes (Omt. g. sanctifie. 36.. Cf. 728-729 3. 31.... IX. P. Le pécheur centriste l'Esprit. 34.. le de Didyme l'Aveugle (5). 33.2 : « Trinité. 445 a (filiation divine. X. . . G. 5.G. 23.. P. Comme nous l'avons déjà dit. 33. P. 33. Didyme insiste ailleurs sur notre filiaIn Psalm. P. P. i. ibid. €. Gross. apporté par un égal. XVI. De Sptritn sancto. — Cf. 36. 452 c-453 ^ (rôle du SaintEsprit dans notre vie spirituelle^ ibid. le vocable ayant été jusqu'ici réservé au Père. » « Si le SaintOrat. 28. T. Hieros. Je ne peux croire que le salut me .. — — — — Abba ! Père !). 696 AB P. comment peut-il me diviniser au baptême ?» Orat. G. J. 44. P. P. 16c. 15... is=ï3 DCat. XVI.. 304 B (au baptême. 31. 4. II. Basile ne cherche pas à minimiser les textes de l'Écriture les fidèles sont fils de Dieu. je parlerai hardiment. .. Palmieri.. 38. nous sommes faits participants de la nature divine) . p. G. 2. i^. Orat. dans le D. G. 38. 2'. Mais une fois la doctrine trinitaire élaborée.-M. Esprit-Saint. 31.. 32. 80. Cat. 36. 39. Cf. XI. 178-200 1. lui devient étranger.

Il faut cependant i.. 6. Episi. P. III. 749. ici trop exigeant pour 1.LA DIVINISATION Hilaire (1). qui est probablement le même. T. 19^ BC (le baptême. 12... 2. C. II. plus précise. habitat et Filius qui ait Ego et Pater veniemus et mansionem apud eum faciemus » {Joan. L.. P. 79 le Verbe 60.. de Dieu). ibid. L. L. i. 122-124. 2. 5. 55. 26. P. P.. e. P. En Cf. G. Chrysost. L. 44. » L'auteur des Quaesiiones Veteris et Novi Testamenti. L'idée de grâce commence à poindre.. 60.. In Rom. 16.. i. 344 AB) . i. . — — . annonce Augustin. Ci. Spiritum suum dédit nobis. « Spiritus habitat in 2. 10. — — : : — (au baptême. habitat Deus ». « donum fidelium ») ibid. P. saint Jean Chrysostome. On n'ou- bliera pas non plus les commentaires de l'Ecriture. X. P. 429-4-50 III. don de Dieu. P. L. In Rom. IV.. vrai dire.. 430 B . 5. mais il ne faut pas être col. 33.. In Rom.. 80. P. ont en eux l'Esprit {Procatech. Ambros. 4. G. « manet in nobis Pater per Spiritum quem dédit nobis » (donc le Saint-Esprit est Dieu^.. X. 3. 10... III... dans D. « sacramentum regenerationis nostrae ». Cf. nous fait fils adontifs^ -jibid. 97. col. ce serait une erreur de perspective que 2561-2562. A. habitante Christo. 59. 2. L. 16. G. Esprit-Saint. L. De sacram. 3. . 410V Le De sacramentis est plus suggestif. P. 430 A « redditi estis ad gratiam vitae » « (surgere) ibid. 657. L.. VIII. 4. 20-24. 15. 2286-2288) il prouve la divinité du Saint-Esprit à partir de sa présence dans les âmes (q. filiale). 59. nous fait 1077-1081 (sur l'adoption t. 16. 35. II. dans la transposition occidentale. -14.. P. la notion de grâce. reste orthodoxe.. ayant déjà la foi. 61. P. 798 templo suo sicut habitat Pater. 17. 17. L. le De mysteriis du De sacramentis du pseudo-Ambroise (3). Palmieri. T.. 85. P. 431). 2273-2274) et du don du Saint-Esprit (q.. si in nobis est Spiritus Dei. t. 469 (« Spiritus tuus. II. G. 2295). l'Esorit nous régénère. P.. 252 B (« spiritales sumus. 360 A « ut 293 C « in interiore homine habitat Christus. e. saint : — — — : . Dans ses homélies sur saint Paul. A : per gratiam Christi.. 791-792 VIII. col. XIV. trouve de beaux accents pour parler de notre adoption divine (5). . col. P. dans D. Patris avouer que. 477. HiLAR. Il y voit une régénération (IX. ^w ^I Cor. XII. » probaremus adopti esse in filios. col.. 93. fils — V. 29. 2^) . P. 16. les trois personnes sont inséparables) interpellator pro me inenarrabilia a me loquitur »). Il arrive à Cyrille de dire que les catéchumènes. 91-92. 22. si peu spéculatif qu'il soit. la théologie grecque s'est affaiblie.. col. L... Le Bacherevanche.-M. col. : . 70 A (l'Esprit-Saint. 255 A (« habitat in nobis Christus et. In Gai.vivificamur propter inhabitantem in nobis Spiritum Christi ») ibid. In Gai.. De Tnnitate. G.. L. 2449-2451. Hilaire. bien entendue. Il insiste sur le symbolisme paulinien de l'union au Christ mort et ressuscité (II. Là encore. le De mysteriis est assez pauvre sur les effets du baptême. V Ambrosiaster par exemple (4). — Cf. XI. col. LET.. De Spiritu sancto. VI. 35. parle aussi de la filiation divine (q. 17. 23. col. — — — : - 89 - . 8. un auteur du IV^ siècle.. P. hom. L.. 21. Ibid. » Les commentaires de V Ambrosiaster sont beaucoup plus riches que ceux de Ambroise. une note de dom Touttée cherche à montrer que cette doctrine. hom.Y\... 35. col. 16. C. DU CHRETIEN ou le même auteur et le De Spiritu sancto d'Ambrolse (2). 526. In Joan..

248-249^. TiXERONT.. op. 176-177). TiXERONT. P. et il ne faut pas juger de son importance dans leur synthèse doctrinale par la place qu'elle occupe chez les historiens du dogme (4). Gross. puisqu'on en tire argument contre eux (3). 66. Il me faut être enseveli avec le Christ. la filiation divine du Sauveur ne différant pas essentiellement de la nôtre. t. X. I. V. 4'^8 (l'Esprit-Saint cause de notre adoption est vraiment Dieu). p. 1. Verhi. de la terre et du ciel.. moral. humble et sublime. 25-26. Césaire. XIV. VI. — : cet ouvrage. 201-202. In Joan.. des Pères. Histoire des divinisation du chrétien d'après les Pères grecs.. p. XXX.. 1933). P. J.. Grégoire de Nazianze dit . 454. Théodore. II. cit. 21 305-306 J.. 690 ibid. P. cit.. t. qu'ils Eunomius ou Macédonius. 35. un bien traditionnel. 7. et les hérétiques.. Mingana. — In Matth. 4. cit. Théodore montre que celui-ci opère en nous ce qu'il a opéré en Jésus (cf.. qui doit être commune (2).. hom.. cette doctrine se retrouve désormais chez tous les Pères. C'est la doctrine vit l'Église. 212-215. 234 . mortel et immortel. E. R. Dans ses Catéchèses sur le baptême (éd. 97-98. ne la contestent pas. de faire les II. P. de sancta Pent. J. qui commence Rédemption (II. p. Aussi bien. TiXERONT (Hist. 3. P. beaucoup moins radical que Esprit source de vie est fortement souligné. VII. P. Théodore de Mopsueste suppose que. songe encore moins que celui-ci à remettre en question les idées traditionnelles sur la divinisation — P. que notre destinée est de devenir dieux {Poem. il s'écrie « Quel est donc le mystère qui s'opère en moi ? Je suis petit et je suis grand. iio^ Nestorius. 57. le Verbe habite comme dans son temple. C'est toujours parce que les Pères estiment que seule la résurrection glorieuse achèvera l'œuvre de Dieu. J.. Dans ses poèmes 151) ou du baptême (II. III. Mais. op.. 2. . 23. 1934» Dans ses Commentaires du Symbole (Mingana. XII. G. 143-148) donne ici trop d'importance à la question de la nécessité de la grâce. op.. Woodbrooke Sliidies. In II Cor. P..172. G.. dans l'homme Jésus. Hom. Cf. des dogmes. 2. 37. — — — de la 2. 786 b). p. 2. 140-143. Hist. G. sans pour autant parler de la divinisation à propos s'est fait chair afin 93. . 90 . Amann. Cependant.LES PERES GRECS de mettre en dont relief les points sur lesquels la théologie d'un auteur peut être sujette à caution (1). et dans l'éloge funèbre de son frère 37. v. P. g.. des dogmes. dès le baptême.. G. 607-608. Theod. On l'accepte à Antioche aussi bien qu'à Alexandrie (5). De Inc. R. III. G. ressusciter avec le Christ. le rôle du Saint- du chrétien. 166). La 4. Gross. l'Esprit nous est donné. of Mops. hommes fils de Dieu. dogmes. G. devenir fils de Dieu. 61. Cf. II. III. 5. hom. Gross. G.. G. VIII. théologiques. 267-268).. celle au premier plan Cette doctrine de la divinisation du chrétien est s'appellent Arius. 50.. Ces textes semblent réserver à l'au-delà le consortium diviniim. Nestorius la fait sienne tout autant que son adversaire Cyrille. La doctrine christologique de Théodore de Mopsueste. 988 A (Swete. 59. devenir dieu » (Orat. l'école d'Antioche. S. Cf.

1905 sanctification d'après saint Cyrille d'Alexandrie. In Joan. H.. P.. 291-293).. Thésaurus. mais celui-ci n'en reproduit pas moins les assertions communes (ThéodoRET. 273). Gross. Cette . dial. 422-427 (on trouvera dans cet ouvrage une foule de références précieuses voir les tables). 73. dial. P. Ibid. G.. X.. IV. De SS. theol. 9. E. la controverse pélagienne et la des préoccupations occidentales cyrillienne sera quelque et. La lutte contre Nestorius n'est elle-même qu'un aspect de la pensée cyrillienne (6). — Thésaurus In Joan. G. p. : . 73.. op.. ce qui est absurde. (2). Au moment où cette doctrine s'élabore. P. Ibid.ai. cit.. 73. 75. Epist. les formules traditionnelles.. 74. p. ibid. I.. . G. P. 156 D-157 c. 232-256. 1088 B-1089 D (cf. Mais les controverses avec les Ariens ou les Macédoniens sont depuis longtemps dépassées (5). 75. Dogme et spiritualité chez saint Cyrille 1945. L'Esprit-Saint nous divinise. Du Manoir. P. la doctrine peu méconnue. 3. 6. G. lui. De Trin. 749 D.. 80. II. P. dans Ephemerides 1. Weigl.. P. P. deSS. pendant de longs siècles. G. 1530 a «dii estis »). Lcwaw. P. p. XII. 4.. P. L'école d'Antioche incline à l'interprétation moraliste cit.. dans Revue d'hist.. pour le plus grand profit de la théologie et de la vie spirituelle. 272).74. il ne peut donc être une créature (4). donc Jésus est fils par nature (3). 292 ab. 12. VII. 75. De Trin. I. P. Le dernier argument est significatif si le Saint-Esprit est inférieur au Père et au Fils. ecclés. comme ses devanciers. 75. G. les idées de Cyrille d'Alexandrie reparaîtront au grand jour. Die Heilslehre des Cyrill von Alexandrien. 5. Gross. P. VII. G. : vertus (J.. 36 BC) 3. In Psalm. l'un sanctifie davantage et l'autre moins. La 2. 1938. 1097 cd... 908 d. — — — — — — — — et le subordinatianisme trinitaires {In Joan. 30. 83. C.. Nous sommes de Dieu par grâce. recourt à l'idée de notre filiation divine pour établir la divinité du Verbe ou celle du Saint-Esprit. 5. 73.. P. cherchent à réhabiliter Nestorius... Notre filiation divine d'après saint Cyrille d'Alexandrie. mais lorsqu'au XVII^ siècle. 153 ac. 4. XXXIV. 75. G. les prend à la lettre et nous livre sur la sanctification et la présence du Saint-Esprit dans est les âmes une doctnne magnifique qui comme l'achèvement de la théologie grecque de la 6£OTCotr. Cyrille réfute cependant encore le modalisme {In Joan. 1907 . 75. P. on le sait. 41 c-44 A). 348 D. 6. p. 6. G. Les historiens récents. Janssens. op. Cf. Cyrille.LA DIVINISATION DU CHRÉTIEN en répétant vrir (1). 233-278. G.. 81.. Tout rempli de la doctrine de saint Jean et fils nous sommes fils par nos tendance se retrouve chez Théodoret {ibid. 1177 A. dont Cyrille : — 91 — .. G. In Joan. I. P. Z)e recta fide ad Theod. un théologie augustinienne de la grâce viennent de passer au premier plan Petau renouvellera la théologie en la faisant revenir à ses sources. E. G.. 146... Trin. 163-184. II. 76.. 189 BC. p. G. Trin.. 1397 C-1400 A A. d' Alexandrie. Mahé.. 596 D-598 d. G.. a tendance à les appau- Cyrille.

i.X. 73. 293 AB. G.. 552 D-553 C. VII. 7. III. 204 D-205 A.. 75. P. P. P. P. Le Verbe de Dieu s'est fait homme afin de diviniser les hommes (3). G.. P. Thésaurus.. G. IV. P.. L'Esprit-Saint qui lui est donné forme en lui le Christ (12). G. Dans ces textes. P. 753 c. Trin.. le Christ Sauveur {Thésaurus. G. XXXIV.. En assumant une chair semblable à la nôtre. In Joan. 904 D.. 73. Joan. G. 557 D. G. 609 A. 74.. 75. Trin. G. De SS. P. 74. 1093 A. VII. 5. mais pour ses frères (5). 3.. 74.. 73 208 B. In Joan. In In In In In Joan. P. 76. In Joan. participant delà nature divine (11). 128 A. 75. G. mais au Verbe incarné. — II. dial. Celui-ci vit en effet dans tous les baptisés fidèles à leur baptême (13) et les chrétiens à leur tour sont dans le Christ. 73. P.. 73. P. ou au Saint-Esprit. XI. nous fait participer à ses prérogatives divines.. G.. In Rom. P. 4. Thésaurus. P.. dial. P. g.. fils de Dieu (10). 72. i. Peut-être se laisse-t-on aujourd'hui trop impressionner par l'aspect humain et psychologique de la querelle. XXXIV. G.. II. P. P. XV. Quoi qu'il en soiti argumente contre Nestorius à partir de notre divinisation si le Christ n'est pas franchement Dieu. 244 c... 6. De SS. Nous avons été dès l'origine 1. Nestor. Trin. 73. non plus seulement au Logos. G. 161 c. par sa très sainte humanité. In Joan.. 9. 245 B. G. 292-293). V. — — — — XI.. P. i. 1089 CD. unis entre de saint Paul. 75. 75. non pour lui. I. 2. In Joan. 2. nous n'avons pas été divinisés (Adv. P. La chute et la rédemption font partie d'un même plan divin. On voit le progrès sous-jacent dans l'intelligence du mystère de notre divinisation. V.... chaque chrétien renouvelle pour son propre compte le geste historique du Christ il s'en approprie les effets.. aurait quelque peu caricaturé la pensée. dial. 74. P.. 3. les idées d'Irénée et d'Athanase sont reprises et amplifiées. Cyrille nous montre dans . 74. Trin. G. L'Esprit-Saint descend sur Jésus au baptême. P. — prédestinés dans 3..LES PÈRES GRECS de saint Irénée. Ihii. In Joan.. 22. G.. Cyrille : — In Joan. G. 161 c. 756 B. mais pour faire de nous des fils de Dieu puisque aussi bien nous étions déjà en lui (6).. In Luc. In Joan. 3. Au baptême. G. 9. P.. P. XXXIV.. II. 73. VI. G. Rom. P.. il a comme empli de sa présence l'humanité tout entière (4).... — Joan.. 13... G. II.. G. De SS. XI. G. G. 74. qui. 10. De SS.. 73. 776 A. Cyrille insiste beaucoup sur l'union phy11. P. G. 12. G. P. G..i. On en appelle. G. 545 a. I. 11. non pour le faire Dieu. 73.. 10. 75.. 8. il est fait temple de Dieu (9). V. Dieu vient habiter en lui (8). Joan. 75. G. héritier dociens. 2. Thésaurus. XI. 74. 73. 561 c. 605 A. de saint Athanasse et des Cappale Christ le nouvel Adam (I). meurt et ressuscite avec le Christ (7).. II. 792 d. 75. — — — 92 — — . 753 AC. I. 1089 AB. 143 B). VII. i. In Joan. 608 CD. 90s A. — 2. 9. I. qui nous rétablit dans notre dignité originelle et restaure en nous l'image divine (2). P. In Joan. dial. i. P.

XI. Cyrille montre comment le Christ.. 12. Cyrille n'est-il pas victime d'une illusion platonicienne qui réifie les universaux (4) ? Même à supposer qu'il ne sépare pas l'Incarnation de la Rédemption. 559 BC. 1936.... P. 8. IX.. IV. 341 B. p. P. Le corps mystique du Christ.. 1907. G. 280-291. 5. 568 ab). I. sique entre les chrétiens et Christ est en nous le le Il suffira d'avoir marqué... 2. lumière du monde. p. 1907. comment faut-il entendre cette union mystérieuse des chrétiens entre eux et avec le Christ (5) ? Nous verrons plus tard Petau. p... 684. l'humanité tout entière a été divinisée. 74. Le même Petau entend réserver ce privilège aux justes de la Loi nouvelle {ibid. voit combien cette doctrine est riche. Cf. Ils forment un seul qui seul temple (2). 73. en attendant la résurrection glorieuse achèvera cette œuvre de sanctification et de divinisation (3). — — H. VII. P. 4. Voir ci-dessus. — 128 1. P. mais des pécheurs {In Joan. 2. Ailleurs. 74. II. L. In Joan. A. 184 D). 748-760. G. p. I... Nous sommes ressuscites avec le Christ. dans Revue E. Laissons là ces problèmes qui n'appa- raissent pas encore en clair. E. 2» éd. 584 C). 74. d'hist.. VIII. P. Vives. celle — — 93 ~ . Theologica dogmata. col. G. voir infra. 466-486 . G. 1945. DU Manoir.. éd. G. dès l'Incarnation. X. P. 7. Malevez.. 74. 73. union n'a de comparable que celle qui unit le Père et le Fils {In Joan. 11. 117 CD. G.. Dogme il se fond avec nous comme un morceau de cire à un autre A. 519-523... 2.. En affirmant que. Cyrille attribue à l'Incarnation non seulement la résurrection des justes. Mersch. 11. G. Cette théorie repose sur les commentaires que donne Cyrille de Joan. Mahé. 497. In Joan. P. Le corps mystique du Christ. comme levain dans la pâte {In Joan. 6. 74. G. G. p. 73. un On fois.LA DIVINISATION DU CHRÉTIEN eux et avec lui comme le sont le Père et le Fils (1). I. 333 BC. P. La sanctification d'après saint Cyrille d'Alexandrie. III. page 87. G. 2« éd. de nous des lumières participées {In Joan. 330. p. 1935. t. 30 (cf. VI. P. V. 2. 485-492). ecclés. parce que l'irruption du Verbe dans l'humanité a apporté à tous les hommes la grâce de la Rédemption {In Joan. Par l'eucharistie.. et spiritualité chez saint Cyrille d' Alexandrie. corps. 184-195. IV. S. Cf. 5-6. t. puis Scheeben chercher à étayer sur la doctrine cyrillienne leur idée d'une union spéciale des justes avec le Saint-Esprit (6). note 2. Cette In Joan. 1048 A)... R. 563 c). 2. R. p.. X. Mahé. assis dans les cieux avec lui {In Joan. si riches et si denses : nous sommes concorporels entre nous et avec le Christ. dans Revue d'hist. P.. 9. L'Eglise dans le Christ. 584 b). — 74. Mersch. p. 3. Mais ce privilège tourne pour les pécheurs en accroissement de supphce {ihid. le Christ étant le lien de cette unité (7 Joan. 486-495).. 1936.. 73. In Joan. Cyrille répète à satiété les formules pauliniennes.. ecclés. G). 1032 d).. p. P.. 73. Par sa chair {ibii. VIII. XI. G. 1865.. vivifiante. 2. 560 d). fait Ibid. 1033 A. t. dans cette histoire le Christ par la présence eucharistique. I. XI. Petau.. L'eucharistie d'après saint Cyrille d' Alexandrie. neuve et traditionnelle à la Elle pose plus d'un problème.

2. l'aigle. Brémond. 3. et théoL. 204). LiNDSAY. 1^8-159. A. 880-915). p. F. au contraire. Lebon {Revue d'hist. 1936). s'apparente au la . De toutes manières. 499-523. 1921. 70-72. Stiglmayer (Scholastik. cf. 1932. La doctrine de la déification VI. LoT-BoRODiNE. La mystique du pseudo-Denys. désormais subjuguée par la grâce. mais sans succès (cf. DE Ghellinck. Voir aussi les résumés de P. S. p. Un texte de Proclus sur la prière et Vunion divine. c'est une doctrine de l'union à Dieu (5). à la théologie mystique du pseudo-Denys. 204-221. et de morale. LowsKY. R. Pourrat. les livres En faveur dans l'Eglise d'Orient. depuis longtemps. dans VEglise grecque.LES PÈRES GRECS de la saint théologie de la grâce. 291.. p. il reste que Sévère est le premier témoin de ces écrits (G. aboutit. — t. 1929. théolo- du pseudo-Denys vont trouver une grande Ce que « le maître des maîtres. R. Théry. au VI^ siècle. M. 1928. 1932. La spiritualité — — chrétienne. On Cette théologie est alors en la pleine controverse monophysite (1). (C. G. Cavallera.dans Revue des sciences phil. 161-189 et M. J. On a cherché récemment à faire du pseudo-Denys un contemporain de saint Basile Vera. eccL.. Sur l'attribution à Sévère d'Antioche. R. néo-platonisme de Proclus (2). 1. l'Aréopagite légendaire (4) expose avec enthousiasme. rencontrera la pensée augustinienne l'un et l'autre du pseudo-Denys composeront alors la avec l'aristotélisme pour édifier une merveilleuse synthèse de gie de la grâce. V. i94"i95' 4. dans Revue des sciences phil. 1921.ji7y(a. R. p. mais celui-ci n'a pas réussi à infuser vie à son système. — 94 — . 16-18. 1-27. p. 1930. et théoL. p. dans la doctrine de Denys l'Aréopagite. S. p. 9090. Sur les traductions latines et l'influence de la traduction de Scot Erigène. le christianisme philosophique . p. 1931. Justinien pourra fermer l'école d'Athènes. est assurée d'une longue vie. par les traductions latines (3). p. la place d'un auteur de grande classe que Augustin lui-même ne saurait faire oublier. 5. dans Revue d'ascétique et mystique. met philosophie grecque au service d'une idée vivante. La théologie négative Revue de l'histoire des religions. p. formait l'arrièreplan des controverses doctrinales dans l'Église grecque. 1936. commencée par le don du Saintattendant. voir la discussion entre le P. dans Revue de métaph. Henri Bremond. Cette union. igi^. 1939. Le woztwewîf»/ théologique duXII^ siècle. Le système de Proclus. Bardy. 448-462. Etudes dionysiennes. La doctrine de la f^to-nolr^siç qui. II. dans p. Histoire littéraire du sentiment religieux. Un jour viendra où. J. Denys le mystique et la 6=-o. la pensée platonicienne.

G. G. G. De 4. J. P.. Expos... Maximus der Bekenner. V Eglise grecque. Intro- 3.392 b). 3. P. eccl. de car. P... 22. G. X. ascet.-Th. T. G. 609 c (Dieu nous a créés pour nous faire semblables à lui. 1932. 505 B^. Le baptême une Gsfv vÉvvriTi. V. 90. t. 60.. 3. G. G. L. hier. hierarch. 43. : « Je eccl.')v e'-Ô/-'!. domin. Maxime prouve la dualité de volontés dans le Christ à partir de l'idée de divinisation Dieu nous divinise sans supprimer en nous la volonté naturelle. G. in Orat.ôr'. 22-31. G. 873 d (la divinisation fin du vouloir divin). 91. c'est le cette union mystique div. 889 BC)... à partir de la tradition grecque et des écrits dionysiens (5). Cf. I.. — — — duction à sa traduction des Centuries sur la charité. Les fondements de la spiritualité de Maxime le Confesseur. G.. vis. DiSDiER.. 91. M. (De 6.. cp'uT'jE'. 3. j.90. 53-54. G. P. Pegon. Pour parler de l'union de l'âme déifiée avec le Dieu qui la divinise (7). note cependant une différence entre les divers traités.. peut devenir dès ici-bas. 1. op. lumineuse. p.. P.. 61. 13. 632 AB (le Christ nouvel Adam est venu pour nous diviniser. PouRRAT. 317 D-321 B (le Verbe s'est 7. Christ qui vit en moi » {De le texte de saint Paul nom. i. J. 0£oy£v£t(o( {ihid. Le pseudo-Denys entend de non. Epist. Grumel. G. 28. cit. 624 D.. 33. C. Cette mystique suppose d'ailleurs essentiellement tous les enseignements de la tradition sur le rôle historique du Christ dans notre rédemption (4). IV. 6. 316-317. Lib. Rahner. 1189 c (la charité unifiante fait de nous des dieux). La doctrine de la déification dans d'Orient. P. op. P. Il est aussi l'un des naissance du Christ dans témoins les plus précieux de l'idée âmes {Expos. 4^0. La spiri- tualité chrétienne.. Esprit au Un siècle plus tard.. Maxime est recourt à des comparaisons : l'air illuminé par II. col. V. III. P. von Balthasar. D. 640 c (même idée. 194^. G. Ad Thalass. H. p. PG.. 90. 90. 712 a). 24.. Maxime. P. P. par l'ascèse et la prière. les presb. p.. 3. J. commente ses œuvres avec prédilection et les impose aux âges suivants.. 1935. Lot-Borodine. 1. — Cf.. p. Maxime de Chrysopolis. P. p.. Cap. Die Gottesgebiirt. p. Gross. U. expose à son tour. Le salut n'est possible que pour les esprits déifiés.LA DIVINISATION DU CHRÉTIEN baptême (I). 1941. Ihid..). 5. 3... une doctrine de vie spirituelle où le Christianisme emprunte aux systèmes à tendance panthéiste toute leur force de séduction (6). une P. Epist. et nous diviniser par grâce). dans Zeitschritf fur kalholische Théologie. 90. persuadé que Denys est bien l'Aréopagite. Pourquoi donc celle-ci disparaîtrait-elle : — — — — — — — ? — : dans l'Homme-Dieu de la {Ad Marin. dans Revue de l'hist. cit. in Orat. 90. 296-313.. Ibid. 475-476. s. 24. dom. ibid. et la déification n'est que l'union et ressemblance que l'on s'efforce d'avoir avec Dieu (3). dans Echos M. saint Maxime le Confesseur.. P.. 91.. une véritable union transformante (2). Kosmische Liturgie. 313). — 2. P. des religions. .. 377. 90. I. P. 432 c . l'in- — 95 — . L'eucharistie déifie en ramenant à l'unité (Gross. Voici quelques références incarné pour nous ramener à Dieu par la 6= •< tç).. Cf. 1930. G. 376 A. l'adversaire des Monothélites. 929 c (l'âme devient simple. 3..

122.1. le pseudo-Denys enfin à propos de la divinisation en général (De eccl. 299-300 cf. 664 Vers la même époque. Saint Basile l'emploie pour montrer l'action du Saint-Esprit dans les anges 2. C'est cette théologie qui. Lehrbuch der Dogmengeschichte. dans Zeit- Ambig. chez un saint Bernard (3).. Vues sotériologiqiies de Nicolas Cabasilas. 321-322. Theol. 785 D-788 A).. 660 b). . G.7-i758. 29. Broussaleux). montre que le baptême nous fait naître à une vie nouvelle et proprement divine (cf. M. Erigène. dans Revue des sciences phil.. P. La théologie mystique de saint Bernard. Dans son ouvrage sur La vie en Jésus-Christ (P. Cf. est répétée et reprise par les théologiens byzantins.. 182. p. dans les Mélanges Baûmker. et la mystique du baptême marque un recul. P.. 1945. A. 376-382. 4.. 393 A).. Bernard. P. 3. lumière. pasch. G. C. et à le fer plongé dans le feu se trans- forme à son tour en feu velle (2). dans Etude 1935. 5. chrétien jouera un rôle considérable dans la controverse palamite. hierarch... GiLSON. ment Band.. 3. et les historiens protestants ils du dogme. et W. SuppléId. III. la divinisation est surtout liée à la vie mystique. S. 4* éd. 380. G. JUGIE. 21). 40. Cf. Maxime du VIII® siècle à nos jours (5). 91.. 1. 991 B. p. la question de la divinisation du byzantines. et trad. 1935. De diligendo Deo. D. A. E. 1202 B). Die Gottesgeburt. Cependant.. p.ba lamentablement pour avoir souhaité devenir Dieu).. la fin des temps (Ad Thalass. 437-438 (avec l'apologue du mendiant qui. cit. — — t. saint Cyrille pour illustrer les merveilleux effets de l'eucharistie (Hom.. elle retrouvera au XII^ siècle. 2. 28. Voir également R. 1935. comme chez le pseudo-Denys. Rahner. M. G. 96- . II. 1936. 1.. Id. 1076 A (P. Salaville. carnation se prolongeant ainsi mystérieusement jusqu'à 22. Harnack. 1907. (Contra Eunotn. tiré par Dieu de sa misère... à travers les siècles. 1923. G. Dogmengeschichte. Lossky. Lot-Borodine. t. p. Lehrbuch der 6. 74-75. p. 2. est au contraire en liaison intime avec la doctrine du baptême et de l'eucharistie (4). au xiv® siècle.. chez ces auteurs. 77. L. X.. XI. de Rahner.LES PÈRES GRECS la lumière devient lui aussi (1). G. p. i7'. Maxime. grâce à Cette dernière comparaison n'était pas noula aura une fortune considérable et on son traducteur Scot Erigène. La grâce déifiante des sacrements d'après Nicolas Cabasilas. 321 B). Seeberg. 1. Chez Maxime. — — p. et théol. Voir l'article déjà cité sckrift fur kathol. 3^ éd. P. c'est là un véritable scan- n'ont pas assez de mépris pour une théologie de la grâce qui leur paraît une synthèse invraisemblable de panthéisme et de magie (6). L. p. 150. II. 90. art. — — l'Eglise d'Orient. Cf. P. L'essence du Christianisme. 272-291. p. avec un certain nombre d'idées qu'elle illustre. Beitràge zur Geschichte des M.. Pour dale. mais. 188-195. II. la théologie mystique. p. P. T. Essai sur la théologie mystique de . Palamas. y reton. H. 1909. 1934. p. 347-348.. loin d'être coupée de l'ecclésiologie. 1943. Nicolas Cabasilas.

P. mais il ne nous divinise finalement qu'en donnant sa vie pour nous. la justification et la prédestination Lot-Borodine (La doctrine de la déification dans V Eglise grecque. dans Whitley. Hexahem..a'. 1 . vcir l'étude de N. 1932. The doctrine of grâce. 87-105. 1945.LA DIVINISATION Mais l'Église gréco-russe. si DU CHRÉTIEN a conscience de vivre ankylosée qu'elle soit. 65-66) prend à son compte la doctrine de la divinisation du chrétien.-B. J. en face de nouveaux problèmes. à travers toutes sortes de vicissitudes.. et aujourd'hui plus que jamais. 609 D-611 A). 80-82). Eunom. le Christ nous divinise et nous rachète.i. L. amènera l'Eglise d'Occident lui Nous ne à formuler sur la grâce. 2. donnerons pas tort. quarante ans avant le concile de Chalcédoine. La vérité est dans une synthèse entre « Grecs « et « Latins ». ils parlent parfois tout simplement de la grandeur de l'âme (Ambros.. Thésaurus. Les théologiens catholiques se sont efforcés de retrouver chez les Pères grecs ou les latins avant Augustin la notion de grâce créée. avec cette doctrine sublime de la Ôeonotr. Bien plus. 1932. p. Mais les textes apportés ne sont pas toujours aussi clairs qu'on le dit (vg Basil. At. Nous regretterons seulement que. met aux prises « Pélagiens » et « Augustiniens ». Gloubokovsky... Les théologiens orthodoxes ont en revanche tendance à opposer ici Grecs et Latins. elle ne s'inquiète pas d'approfondir la théologie de la grâce proprement dite (2). G. Le Saint-Esprit. réfléchirait encore une fois sur elle-même.ex. fidèle à la tradition des quatre ou cinq premiers siècles. etc. 29. M"« de l'histoire des — — 97 — . elle se rattache à la plus pure tradition chrétienne (1). p. 13. commencée dès le début du V^ siècle. t. énergies déifiantes qui nous sont communiquées (p. G. l'Eglise grecque n'ait pas compris que le dépôt de la révélation ne pouvait rester vivant que dans la mesure où cette tradition. Advers. P. 31 et 33. encore des richesses de cette théologie. Sur l'usage et le sens du mot Xâptç chez les Pères grecs.. et surtout Grecs et scolastiques. l'Eglise grecque paraît satisfaite. la théorie physique de la Rédemption. LOSSKY (Essai sur la théologie mystique de l'Eglise d'Orient. elle entend la défendre et démontrer que.. La suite de notre esquisse montrera comment est née en Occident la notion de grâce sanctifiante et que le dogme ne s'identifie pas avec la théorie de la grâce-qualité. et qui. La grâce et la gloire. 85). Il comble l'abîme entre Dieu et la créature divinisée par des énergies incréées s'écoulant éternellement de l'essence unique de la Trinité (p. le péché. VII. elle va rester à peu près indifférente à la grande controverse qui. P.. 75.. 71). note i) défend contre Harnack. l'image de Dieu n'est pas Dieu luimême. se distingue de l'empreinte qu'il laisse dans les âmes. dans Revue rel. 42-47. 724 BC"!. « qui n'a jamais rien compris aux Grecs ». 1897. I. p. V. Terrien. (voir par ex.. Or. M. mais il se refuse à accepter l'idée d'une grâce créée ou d'un ordre surnaturel (p. 258 BC-260 CD) ou semblent affirmer au contraire que le Saint-Esprit est lui-même cette empreinte divine (Cyrill. sceau divin. 83). par elle. p.

est au contraire.LES PÈRES GRECS toute une doctrine dont l'expression synthétique. 98 . meilleur des stimulants. le loin d'être la mort de la raison. provoquera encore de nouvelles réflexions. manifestant une ^ois de plus cette vérité que le dogme. donnée au concile de Trente. de nouvelles discussions doctrinales. pour la réflexion.

E. l'histoire trad. p. ancienne de l'Eglise. col. cit. dans l'eschatoloC. art. 1910). III. von Harnack. 4. iv : le rôle l'Église... Seule la théorie des relations permettait 2. 98-99. L'essence du Christianisme. — antinomies posées par le dogme. piété d'Augustin comme réformateur de ch.. t. Il en parle ailleurs de façon magnifique (La religion chrétienne. p. Histoire — A. Rousselot est tributaire de saint Augustin plus encore que de saint Thomas ou de Newman. m — Lehrbuch der d'Augustin comme docteur de t. dont le feuillage ne se flétrit pas et dans la ramure duquel les petits oiseaux font leur nid ». 2346-2347. Augustin. Les Cappadociens n'avaient fait que l'entrevoir. p. 1907. A. 2317-2325. sa solution métaphy- sique du problème du mal sont définitives. 1940. 1115-1119). On pourrait montrer que. domine en- Son ecclésiologie fait le désespoir des protestants libéraux qui n'arrivent pas à comprendre » comment le « premier homme pu être catholique et accorder tant d'importance à la hiéet aux sacrements (4). PoRTALiÉ. le dogme tri- nitaire arrive à une expression que les Pères grecs n'avaient la foi pas réussi à trouver core nos recherches a (2). le P. p.. 140-141. von Haruack. 1. 1893. viii. ch. : le rôle la chrétienne . Duchesne. — L. voir I.. E. Son idée de la création. p. 3. S. Chevalier. t. père de théologie occidentale Avec lui. p. D. Id. Dans ses articles sur Les yeux de la foi {R. R. iD. les relations trinitaires. Augustin est (1). 4* éd.CHAPITRE SIXIÈME SAINT AUGUSTIN GRACE ET LIBERTÉ ON moderne rarchie a rappelé bien souvent quelle place tient saint Augustin dans l'histoire le du dogme la et de la théologie catholique. 71-72 (ce que l'Occident doit à saint Augustin). 310-31 1 . T.. Précis de des dogmes. dans Christus. Clioisy. Augustin la formula. Sa théorie de (3). I. livre II. Saint Augustin et la pensée grecque. col. 65 : « Augustin (ut comme un arbre planté au bord des eaux. Lehrbuch der Dogmengeschichte. de résoudre les — 99 — . ibid. Dogmengeschichte. p.. Sur la théologie trinitaire d'Augustin. III. III. 4® éd. PORTALIÉ. t.

1927.. 2. Laissons pour l'ins- Augustm tin tant ces accusations et d'abord mettons en relief la manière dont Augus- aborde la théologie de la grâce. étude historique. loin d'exclure la théorie juridique ou morale. La théo- logie de saint Paul. outre que des Latins. 3. C'est que tous. Tobac demandait qu'on fît pour saint Paul étudier le Chiist médiateur. 4^ éd. 135. car Harnack prétend bien se réclal'esprit d'Augustin. Trop peut-être. Sa doctrine de la Rédemption ne se comprend bien que rapportée à la doctrine du corps mystique. ce n'est pas douteux mais. comme saint Hilaire. voir F. 1905. Il y a quelque vérité dans cette opposition. On se plaît parfois à opposer la théologie augustmienne et celle des Pères grecs ici. p. et les catégories philosophiques dans lesquelles il s'exprime sont à l'opposé des précisions scolastiques. 240-254. que cette théorie « physique » soit de toutes la plus chère aux Grecs. mais il faut se garder de toute systématisation (3). Cela est manifeste pour saint Augustin (5). accuseraient presque d'avoir été janséniste avant la lettre (2). voir le livre classique de M.. Les nécessités de : — 100 — . et quelques pages excellentes du P. au gré de certains. R. RoussELOT. Ceux-là. R. Sur l'opposition des deux Adam. II. mer de Entendons de l'Augustinisme comme système. qui penseraient volontiers que. qui ne sont pas toujours des hétérodoxes. 192S.SAINT AUGUSTIN est le terme de la tradition patristique. c'est sa doctrine du péché et de la grâce. 4. Le dogme de la Rédemption. la théologie de la grâce doit se débarrasser de l'Augus- tinisme comme. à partir de l'idée de solidarité. sont très proches des Grecs. . là au contraire. Prat. Il faudrait ici refaire pour saint Augustin ce que M. LOOFS. Rivière. Leit- jaden sur Dogmengeschichte. Sur ces diverses théories. Cette étude serait à la fois très féconde et très décevante. la grâce remède au péché. de la sotériologie d'Augustin. Rivière à négliger tout un aspect. p. on a fait pour l'Origénisme (1). 345. la 2o« éd. la théologie d'Augustin se dérobe aux questions précises qu'on lui pose. Riche de suggestions. la théorie physique de la Rédemption. 5. Que saint Athanase et surtout Grégoire de Nysse aient insisté sur le caractère « physique » de la Rédemption. la suppose ou plutôt l'une et l'autre se retrouvent dans une synthèse supérieure basée sur l'idée de solidarité (4). « grecs ou latins ». pour gie. à notre avis le plus fondamental. une méthode. La grâce d'après saint Jean et d'après saint Paul. 87-104. S.. mettent au point de départ de leur réflexion théologique la doctrine de la divinisation du chrétien et de notre unité dans le Christ. le Christ nouvel Adam. en d'autres domaines. polémique avec Turmel ont amené M. L'Augustinisme est un esprit. Mais ce qui surdomine notre théologie. p. Voir l'article déjà cité du P. Augustin tout rester acceptable. Sur le rapprochement avec Origène. t. 1. Voir infra. : . la grâce divinisante. p.

L. nous fait passer de la mort à la vie. Même enseignement dans la lettre à Honorât sur Testament.. un même édifice les enfants de Dieu talis : congregatio aedificatio est templi Dei (5).ceremus participes naturae ipsius (6). 187.. Le Christ est mort en efïet pour rassembler en une un même corps. 1. 5. 205. 35.. divinité du Saint-Esprit. 4. puisqu'elle est antérieure à tout acte libre. 33. 14. t. L.. P. donc nous sommes solidaires du premier Adam pécheur. 1401 . L. L. De III. 841.. Epist. 8-11... un mouvement spontané. 140. P. 187. donc nous étions par nature filii irae.. L. 33. elle aussi temple du Mais la sainteté Saint-Esprit quisquis habitatur a Deo. 838. 44. les Pères grecs partaient de la divinisation — Pour prouver du chrétien. Deus qui omnibus inhabitat. 33. 35. Epist. sed in eis tantum quos efficit beatissimum templum suum (1). et qui vient d'être régénéré par le baptême est déjà le que le petit enfant temple de Dieu : dicimus in baptizatis parvulis. Epist. 33. Epist. L. 157. 28. 187. 7. 26. 3. Scripturam audia- lOI . 33. habitare Spiritum san^ ctum dans (3). Epist. 44. Le Christ est le nouvel Adam. 845. Augustin enseigne avec toute la tradition que l'âme des est. 33. 846... justes est le in uhique praesens non temple du Saint-Esprit. P. L. Epist.. sacrement de l'incorporation au Christ.. In Epist. 11-13. L. 10. 33. 945-946. P. P. ad Parthos. et Augustin. 462-463 In Joan. 678-680 . 37. Epist. Le Christ nous sauve. Cette sainteté est quelque chose d'onto: logique. passe de la présence de Dieu âmes justes à sa présence dans l'Eglise.. 398-399 . P. 17. L. 12. P. Il revient plus d'une fois sur cette doctrine dans l'admirable commentaire de la Première Epître de saint Jean (7) . P. nuptiis et concup.. 845. et manens in natura sua factus est particeps naturae nostrae ut nos manentes in natura nostra effi. Joan. Augustin part du baptême. la Pour établir la doctrine du péché originel et de la nécessité de la grâce. L. 33. P. P. nous devenons fils de Dieu la grâce du Nouveau de la et participants nature divine. GRACE ET LIBERTÉ Dans sa lettre sur la présence de Dieu. Descendit ille ut nos ascenderemus.. La sainteté se mesure à l'intensité de cette présence divine unde in omnibis sanctis alii sanctiores-. 46. nous assume. II. 33. P. 542. nisi abundantius habendo Deum habitatorem (2). 187. ab hoc templo.. Deum diligis ? ouid dicam ? deus eris ? Non audeo dicere ex me.. même cité. 187. 1997 : « terram diligis ? terra eris. 6... par les des chrétiens est une sainteté de membres. ab hac civitate non : erit alienus (4).. Epist. il montre que la charité fraternelle est la manifestation de la voici quelques textes caractéristiques : De . Par la grâce. quamvis id nesciant.. P. 2. L. 35. peccato originali.

8i. 35-138 L'exégèse de saint Augustin prédicateur. 12. L. E Mersch. et 3« série. Augustin. pour Augustin. C'est le Christ qui parle en nous. Mersch.. Sit tihi domus Deus. Sur l'opposition entre la théorie grecque et la théorie latine de la Trinité dans les œuvres ad extra. P. et maneat in te Deus (2). ad Parth. Cf. p. est en réalité contenue. c'est-à-dire en lui. après saint Paul et saint Jean. In Epist. 1979 V. » Ce texte insinue que.. p. On trouvera les règles de Ticonius dans P. 7. 44. 1946. I. 2032. 2045. Texts and studies. II. le Christ total (7). L'âme en qui Dieu habite. In Epist. M. 4. Exploitant merveilleusement une des règles herméneutiques du donatiste Ticonius (6). approfondissant la notion de présence.. III. III. 15-22. P. il cherche partout îe Christ dans les livres saints fait : le Christ. étroite des appropriations (4). t. c'est : .nd docteur du corps mystique (5). loin de le contenir. 33. « illi carni adjungitur Ecclesia et fit Chris- — 102 — .. 5. 1. 18. le gr^. IX. 14. cit. il fait faire à la théologie de la divinisation chrétien un progrès immense.. AUissimi omnes (Ps. Joan. Etude 27®. 357-362 à la fin de notre esquisse historique (p.. 311-418... p. 3. même si le souci de maintenir intactes l'unité et la transcendance divine le conduit à la théorie quelque peu scripturaires : Dieu demeure en nous. 35. retenue par lui. : In Epist. PONTET. 35. et dans l'édition critique de BURKITT. nolite diligere mundum . Joan. E. L. 35. 6. voir P. Augustin pressent cette vérité que Dieu est encore moins en nous que nous en lui peut-être dépasse-t-il ici les Grecs dans l'intelligence du mystère de l'inhabitation divine. L. i. Joan. VII. 1898. 1892. 333). p. et Deus in illo manet. P. 1^^ série. Monceaux. Le corps mystique du Christ. t.. du Sur un autre point encore. Augustin est. 1920. habitas in Deo ut continearis (3). mais il rer dans la charité. : mus ego dixi : dit estis et filit Altissimi. 2. P. L. l'homme ne sera vraiment dieu que lorsqu'il sera partaitement purifié.. Jean. et esto domus Dei. P. In Epist. De doctrina christiana. VIII. Etudes sur la sainte Trinité. 96... 6. . L. t. 2^ éd. 35.. op. Sur Ticonius lui-même. P.. 2. Si ergo vultis esse dii et filii nec ea quae sunt in mundo.. rapproche les textes : nous invite aussi à demeuDieu même Deus dilectio est. ad Parthos. puisque la charité. 501-574. mane in Deo. — — Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne. Nous revenons sur ces questions p. VIII. DE Regnon.SAINT AUGUSTIN présence divine coepisti Deum diligere ? coepit in te Deus habitare (1). voir Th.. 6). Saint Thomas sera plus radical et dira nettement que la grâce sanctifiante est une participation réelle de la vie divine. par une formule audacieuse. 34. 2043 ibid. 171-209. 1894. 2044. L. . c'est-à-dire le aussi bien le Verbe chair que celui qu'il a appelé premier. 82-83. ad Parih. et qui manet in dilectione in Deo manet. p. L.

etc. corps mystique du Christ. caput et corpus. L'Eglise. L.. selon Augustin. 103 ... 6. gémit homo . Si l'on écrase le pied. 140. 1784. Mersch. 30. P. L. 3. X. Je me contente pour la commodité du lecteur de rappeler quelques beaux textes où saint Augustin reprend l'image paulinienne. 1159 : « talem scientes Christum totum atque universum simul cum Ecclesia. 5. . L. P. in Psalm. : corps tout entier soit lui aussi enlevé au ciel à la suite de son chef caput. 1929. 138. 4. En. qui souffre en nous... 754. Christus et Ecclesia (4). — En.. Déjà attiré par la lumière du Christ. 3. parce qu'il Christ. P. P. qui. S. P.. P. in capite et — In Joan. L.. 2. l'union des chrétiens au Christ d'après saint Augustin. qui fut immense. in Psalm. implebitur praecessit totum corpus. XXVIII. la figure de ce monde ayant passé. En. et clamât ad le Deum jusqu'à ce que. 38. 37. P. » Sermo 137. 88. 2. à développer indéfiniment un autre thème. Je renvoie une fois pour toutes au P. dit audacieusement Augustin. Brunet. est avec son chef (2).. 2055. est en nous comme un principe de vie supérieure. — de vue. 1. sur 35.. En. 85. II. la grâce du Christ apparaît comme un principe de libérafiera : tion. 1817 In Efist.. X. doit être la loi de la charité erit unus Christus amans seipsum (5).. L. c'est aussi vit en nous. P. etc. 37. tanquam integer vir les qui dure jusqu'à la des temps et gémit dans (3). tant à cause de la polémique pélagienne qu'à cause de son expérience religieuse. iste comme un homme fin unique. L. 1085. sur ces divers points : — . 85. i. R. 35.. 3. » non Christus 90. 5.. Augustin était prédestiné à comprendre ici Paul. S'il paraît insister moins que d'autres sur la doctrine de la divinisation. il importait de le redire avant de mettre en évidence son apport spécial. La grâce.. 5. ad Parth. in Psalm. 1299.. II. Sermo 286. 1622 » non in coipore. P. Dans l'homme blessé par le péché. 36. Joan. celui de la grâce libératrice. 35. — i. 37... Joan... L. mais retenu par ses amies {antiquae amicae meae) qui » vieilles le tiraient par sa : robe de tus totus. 3. I. accumule les références. chrétienne Augustin accepte donc toutes les données de la Tradition. au développement du dogme et de la théologie de la grâce. in Psalm. In Epist.. CXL. mais elle nous guérit aussi de notre misère originelle.. In Joan. in Psalm.. en effet. térées. épreuves. 231 J'utilise également un travail encore inédit du P. L. Plus saint un affranchissement de la servitude des passions naissantes ou invéque tout autre. P. une participation de la nature divine.GRACE ET LIBERTÉ qui prie en nous. Alors se véripleinement ce qui. L. L. et : que le nous-mêmes quia et nos ipse sumus (1). c'est la langue qui proteste En. sed Christus totus in capite et corpore. 2060.. c'est qu'il est amené. L. 37. P.

35. il court de lui-même et cependant il est entraîné. VIII. « etiam voluptate traheris. chez le juste.. et quo currit trahitur. 32. vous l'entraînez ou des noix à un enfant. Videte quomodo trahit Pater :docendo delectat. L. par le lien du cœur.. il avait Aussi était-il . S. Au XVIII® siècle. son enseignement nous ravit. dont elle nous délecte et agit sur les diverses puissances de notre âme. ou que les Cappadociens.. l'œuvre bonne devient en quelque façon spontanée et connaturelle (6). non necessitatem imponendo. P.. 26... L. Introduction à l'étude de saint Augustin. » Il faut lire tout ce commentaire de la parole de Notre-Seigneur « Nemo venit ad Patrem nisi quem Pater attraxerit » : : {Joan. mais la doctrine janséniste de la delectatio victrix n'est : caricature de la pensée d'Augustin (4). 35. Montrez un rameau verdoyant à une brebis. 7. P.. « Si plus delectat pulchritudo. L. 2141. per gratiam quae est in fide Jesu Christi. 6. La grâce dans mint Jean et dans saint Paul. Voyez comme le Père nous attire. Nuces pueio demonstrantur. p. « ces excellents jeunes gens qui n'avaient jamais connu que les chemins de l'école ou de l'église » (2)..). cordis vinculo trahitur. et qui exige un perpétuel renonceblables. L. « Chacun se laisse entraîner par son plaisir. entraîné non par violence. faisant à notre volonté une douce violence pour l'amener à vouloir ce que d'abord elle refusait d'accomplir.. Il va donc s'attacher avec prédilection à décrire la manière dont la grâce nous attire. secundum id operemur necesse est (5) et il entend bien que. R. secundum hanc vivimus. 5. et note. castitatis. 38. Ramum 3. il ne nous impose aucune contrainte » (3). : 1. m 104 .SAINT AUGUSTIN eu beaucoup de peine à se donner pleinement au Christ... 1931. P.. 99. P. Augustin dit bien . 13. un Jansénius abusera de ce texte et d'autres semchair (1). E.. XXVI.. 4-7. Conf. ... 2. Epist. 1928» p. In Joan. amando trahitur. sed régnante justitia per charitatem cum magna delectatione faciamus quidquid ea Deo placere cognoscimus » (ibid. Sermo 9. 1608-1610 viridem ostendis ovi et trahis illam. 85. GiLSON. 49. 6. et secundum hanc operamur ut non régnante in nobis peccato ad obediendum desideriis ejus. 4.. 204-205. R. mieux préparé à l'intelligence de la pensée de l'apôtre qu'Origène ou Chrysostome... 761. ROUSSELOT. Exp. et il vous suit.. mais il maintient plus que quiconque la nécessité où l'homme est de coopérer à son salut la vie spirituelle est pour lui un combat sans fin dans lequel l'homme est en lutte avec lui-même est enim bellum quod secum agît homo (7). qu'une quod amplius nos delectat.. P. 44). et trahitur. mais par son amour. ad Galat.

peccare tamen non potest Deus. 41. car Dieu seul est pleinement libre. 163196. L. Sermo Sermo 16. P. le vocabulaire augustinien est loin d'être terme. 870. DiNKLER. mais sub specie mali. XXII. Augustin commente saint Jean en s'inspirant de saint Paul.. L.pelire ut resurgas (1). : librement mon — . grâce libératrice apparaît donc comme un principe d'unifica- tion. 1698. divisée d'avec elle-même adversus me mea me dans diviserai (2) la vie elle n'est pas encore unifiée chez les justes. dans Année théologique. Confess. 11. t. hbération d'ailleurs toujours imparfaite. P. 7. elle-même dépendante du livre très riche de E. L. 1939. Chez le pécheur.. 6. S. Die Anthropologie Augustins. p.. pas même La de l'Apôtre des Gentils.. VIII. Ici comme ailhurs. 1474 « summe maximeque habens liberum arbitrium. cit. L. les élus aussi. III. P. 5. cette le âme vrais retrouve l'unité perdue. 836.. — 105 — . P. delectabamini peccatis vestris... quia non est Deus. imperf. Dans ce paragraphe et ceux qui suivent.. N'est-ce pas le Seigneur la liberté est le fruit comment lui-même qui 1. 4. GiLSON. suavior est justitia (5). le dit : Si Vos Filius liberaverit. 30. Confess. 924. 38. La liberté commence là où l'homme a déjà quelque participation de cette impeccabilité. In Joan... 18. Voir De civit. d'êtres qui ont à fixer librement leur sort éternel et à se construire eux-mêmes. puisque seul il est incapable de pécher (6). Il faut relire ces pages magnifiques oîi saint 7. R. hoc est de nihilo factus est a Deo. et du libre arbitre puissance de choix. non de ipso Deo.. Le démon choisit. capable sont dans l'âme de remettre l'harmonie entre les tendances divergentes qui du pécheur. 35. Ball. Mais l'opposition reste entre Vidée de la liberté possession de soi. 154.. ipse spiritualis eî carna- lis (3). V.. : la nature blessée par impietas le péché est comme . p. s°. P. Par la grâce et la charité. Cette notion très souple de la liberté n'a pas été exploitée par les grands scolastiques. 204. 22. contra Jul. op. L. 3.GRACE ET LIBERTÉ ment morere : ut vivas. L.. 802. Voir aussi l'étude de J. Augustin aime trer ici à mon- d'une libération. Délaissant les définitions philosophiques. 38. R. L.. 38. Op. j'utilise 159. qui sont le pécheur lui-même en tant que pécheur biens : ego dissipabar a meipso (4). » La liberté d'Adam avant la chute était une participation de la liberté divme. nous en retrouvons quelque chose au terme de notre pèlerinage. 45. sub specie boni entre ces deux mondes se situe notre liberté. imparfaite. Sermo 170. 759.. 3. L. 714. 6. — étude sur L' Anthropologie de saint Augustin. 38. note justement qu'il ne faut pas trop insister sur l'opposition entre libertas et liberum arbitrium.. elle trouve : bonheur dans l'amour des in quando peccahatis. 82. P. Angélus ergo vel homo propterea peccare potuit. Dei. 32.. V. 41. 2. P. Liberté et libre arbitre dans saint Augustin. 1934. tune vere liberi eritis (7). P.

il y a bien des divergences. 676. 35. Que l'homme se sou- mette docilement à la grâce.. et se perdidit cum libero peccaretur arbitrio.. 157. Chaque époque aura ainsi mis en lumière un aspect de notre divinisation et de notre rédemption par le Christ. 36. non est perfecta libertas ?. 30. la liberté n'exclut pas encore la servitude. trium. fratres.. 5. In Joan. : : 2. liber peccati.. c'est dans la mesure où elle en fait un esclave du Christ eris liber si fueris servus (4). 8.. 33. et ipsum. 10. sans la grâce. servi enim eramus cupiditatis. et liberando nos servos faciat. 399- 106 . Un problème reste cependant posé le pécheur est-il libre. d'une liberté de choix (liberum arbiirium) pour autre chose que le mal ? Je crois qu'ici Augustin a entrevu de profondes vérités. P.SAINT AUGUSTIN C'est en ce sens que saint Augustin refuse au pécheur la liberté (1). et il sera de plus en plus libre . P. P. » Ici le plus haut. mais a parfois confondu péché formel et péché matériel le châtiment du péché. P. le blasphémateur blasphémera encore. L. voluntas libéra tanto erit liberior quanto sanior.. Enckiridion. nemo me prohibeat a voluntate mea. » En. qui garde des habitudes de rhéteur. 35. Entre leur thèse et celle d'Augustin. Episl. : autem sanior quanto divinae Ce dernier mot fait écho à un : thème augustinien si la grâce affranchit cet esclave qu'est le pécheur. mais il reste un esprit commun. mais combien déformées. comme aussi sa notion de la les charité et de la justification. est très dynamique. et nous dit que. liberati servi efficimur caritatis. c'est le péché luimême... On : . 5. 1. 37. servus : justitiae. 246 « libero arbitrio maie utens homo. Les grands Scolastiques auront une conception plus statique. P... Eris liber si fueris servus. sedex parte servitus (2). victore peccato amissum est liberum arbi: liberum arhitnum me semble s'identifier avec la libertas dont j'ai parlé a dit de saint Thomas semper jonnalissime loquitiir cela n'est jamais vrai d'Augustin. L. 1698... ut a libero libe4. L. In Joan. L. in libertatem vocatus sum. chez Baius et chez Jansénius. 41. tanto misericordiae gratiaeque subjectior (3). 40. in Psalm. préoccupés qu'ils seront de souligner le caractère divin de la grâce.. 1696 remur. ne peut éviter longtemps le péché mortel. et dont la psychologie très souple n'est pas emprisonnée dans un vocabulaire très ferme. L. le renoncement étant la loi de croissance de la charité. et la nature blessée ne se guérissant que par cette blessure nouvelle qu'est la charité qui hoc vulnere non fuerit vulneratus ad veram sanitatem non potest pervenire (5). chez les justes.. Non dicat christianus liber sum. 41. mais Augustin n'en restera pas moins le docteur incomparable de la grâce. plus tard. Les scolastiques diront que le pécheur. Nous retrouverons... 8. 3. : « haec est nostra spes. On voit que la doctrine d'Augustin autre : sur les rapports entre la grâce et la liberté..

2312-2314 J. 1920. mais il agit au plus intime de notre liberté (3). l'ouvrage de Grandgeorge. Dieu. I. i. C. il a gardé une idée très élevée de la transcendance de la Pour comprendre peler qu'en lui se rejoignent . 10. 598 média et minima a Deo sunt. .. Christianisme et Néo-platonisme dans la formation de saint Augustin. col. 161-162. 9. il faut rapdeux « mystiques ». GRACE ET LIBERTÉ formation de ses idées sur ce point. Ce n'est pas qu'il se soit d'abord converti au Néo-plato'~isme pour venir ensuite au Christianisme mais. GuiTTON. Relract.. 6. Arnou. Plotin und Augustinus 1935 Willensmetaphysik des Abendlandes. 1896. quem debemus sitire in hac eremo. ne deficiamus in via. il ne trouvera que l'erreur et le mensonge. Henry. 1938. M. P. 32. Veritas Christus. puis dans le texte original. » « quia omnia bona. Augustin ne nie pas d'ailleurs que l'homme puisse posséder la vérité. Dieu et. Voir aussi P. ce qu'il ne doit à personne. p. t. mais toute vérité est en lui participation de l'Unique Vérité qui est le Christ « verax Joannes. S. p. T. toute sa vie. P.ps et l'éternité chez Plotin et saint Augustin. Boyer. 1414 « Qui loquitur mendacium. V. 235 naturam esse qua facti ad ejus imaginera sumus. ut ex eo quasi guttis quibusdam irrorati et in hac peregrinatione intérim consolati. t. p.. 2325-2331 R. que le concile d'Orange reprendra à son Sur le rôle du Néo-platonisme dans la conversion de saint Augustin. 1933. Platonisme. Saint Augustin et le Néo-platonisme.. et doctrinam qua eum nosque noverimus.. . dans D. reste une mine de textes. si l'homme cherche ce qui lui appartient en propre. et magna et 3. venire ad ejus requiem. d'abord en partie dans la traduction de Marius Victorinus. il est resté imprégné de cette idée que Dieu est en nous source de tout être. » Ce texte à lui seul suffit à montrer la différence de climat avec le spe salvi facti sumus de saint Paul. de toute vérité et de toute bonté (2). Formule radicale. pour la discussion des théories d'avant la première guerre mondiale. 35. T. la mystique de Plotin et celle de saint Paul (1). 4. Si quid autem homo habet veritatis atque justitiae. P. L.. 41. Hoffmann. on a beaucoup Voir le livre classique du P. Augustin. de suo loquitur (Joan. 9-22. D. Der Kirchenbegriff des heiligen Augustinus. VIII. De civitaie Dei. sicut dictum est. et gratiam qua illi cohaerendo beati sumus. en sorte que. 1934. P. Xn. . ab illo fonte est. Barion. PORTALIÉ. Pour la période d'entre deux-guerres. Benz. 63-145) semble bien avoir démontré qu'Augustin a lu les Ennéades. Henry {Plotin et l'Occident.. col. C. et l'excellent petit livre du P. Le tem. — : : tatis. L. Nemo habet de suo nisi mendacium atque peccatum (4). La vision d'Ostie. . L. comme une fin dernière souverainement désirable. Courcelle. 364-413. « ab uno vero Deo atque optimo et 2. sequitur ut ex Deo sit etiam bonus usus liberae volun1 écrit. : 107 . Les lettres grecques en Occident. p. ne nous meut pas seulement par son attirance. de la lecture des Ennéades. source de tout bien. 44). Marius Victorinus und die 1933 J. 1932. voir le résumé et la mise au point de F. Sur la dépendance de saint Augustin à l'égard du Néo-platonisme. I. » : In Joan. 1936. Nemo habet de suo nisi mendacium atque peccatum. Compléter ou redresser par E.satietatemque possimus.

lit. B. 17. P. P. 15.SAINT AUGUSTIN lorsque Baius et (1). et qui suscitera bien des commentaires Jansénius en auront abusé. on n'a pas encore l'idée de distinguer entre la grâce surnaturelle et le concours de Dieu aux tique. lit. : — 108 — . P. col. 3. HiLAR. P. » Psalm. 14. sed omnis verax a Veritate verax est. 590 BC lit.. lit. saint Hilaire (4). 1583 c 5. 12. 840 B la terre sans eau est aride. n° 1027 « Liberum arbitrium. 55. C'est que. 569 D . qui niait la nécessité de la grâce...... effet.. 4. dans leurs commentaires sur l'Ecriture. exprimera la doctrine orthodoxe par des formules à première vue con- compte tradictoires avec celle de l'Augustinisme primitif (2). il importe de se rappeler qu'au temps où écrit saint Augustin. « Domini virtus cooperatur studiis L. tout en continuant de voir en Augustin le docteur de la grâce par excellence.. « immadescere se dono divini eloquii desiderat. D. adversaires Augustin ou à ses En réalité.. les Pères latins. et deux problèmes. D. 509 B « adjuvandi per gratiam ejus. s'il doit beaucoup à Plotin. » : —in — — : : : » l'homme a besoin du secours divin. col. n" 195. In Luc. Banéziens d'ailleurs non sans raison. sine gratiae dum valet » (proposition condamnée chez Baius). 51. et ceux qui chercheront à dépasser leur querelle devront remettre à l'étude du docteur de la grâce. 10. 118. 84. 320 B « stuhitiae est non intelligere se sub Deo col. 8. L.. Mais les auteurs que ni ses tahé (col. 1. 7. Avant lui. dirigendique sumus. donné révélé. 5. 19. et elle sera actes libres. Ambros. Les théologiens se sont demandé cite Porn'avait pas nié aussi la nécessité du concours naturel. on dissociera les réclameront de saint Augusencore se tin. 15. adjutorium nonnisi ad peccan2. L. In Psalm. saint Ambroise (5) ou saint grâce et le Augustin. en verax Joannes. L. Ibid. Quelle que soit la manière dont on cherche à concilier ces affirmations. et ex Deo vivere. 9. 2. Can. 142. 2382) et Portahé lui-même font ici un anachronisme. 9. II. Cette distinction n'apparaîtra qu'avec la théologie scolasmême encore assez imprécise chez les grands Augusti- Aussi est-ce un anachronisme que de poser à pélagiens des questions trop subtiles (3). Plus tard. I. doit encore davaritage à saint Paul. Il arrivera même alors que l'Eglise.. Augustin résout un problème philosophique en partant du niens du XIII® siècle. Ni Augustin concours adversaires n'ont encore des idées précises sur la distinction entre la grâce et le : naturel. chez lui. le problème et Molinistes se philosophique des rapports entre la causalité divine et l'action humame reste solidaire de développements sur la question des rapports entre la consentement humam. si Pelage. In Psalm. » Saint Grégoire le Grand reprendra souvent cette idée que le Christ est la Vérité. 20. 618 A.

c. voluero curvare digitum. 13. 83. 1212 :« sic enim dixit salutem vesiram operamini.. ambulare. 2. 16. cf. Hieronymi de gratiae necessiiate. stare. L.. 9. fit ut ex Deo et operationem et voluntatem habeamus. litt. Ainsi qu'il l'a souligné lui-même. Augustin lui-même n'est pas sans reproche à ce sujet. » Victorinus est un philosophe. Doctrina Scti 1937. 20. 8. 2. sed incipiendi a nobis origo est. 22. 35. P. Et tamen quia ipsum velle a Deo nobis operatur. 133.. pro bona voluntate. A l'occasion de la controverse pélagienne. De doctrina christiana. L. » — : . sacrilegum si. dont Augustin nous a raconté la conversion (2). l'usage de son libre arbitre (3). il comprend que l'usage même de la liberté est un don de Dieu.. manendi a Deo munus. L. col. L. 2. 14. Cf. In Psalm. III. » Pour saint Jérôme. apostolum praedicantem sive manducatis. de Plinval. Ihid. 1155). Explic. L. discurrere. i8. pensait que la foi vient de — 598 G : « est quidem in fide — 109 . Jérôme montre de façon assez lourde la nécessité du secours divin. Epist. adjectum est illud Deus est enim qtn operaiur in vohis et volimtate et efficacia. P. Deus enim operatur i vcbis et operatur ut velitis ita. AuG. P. 1207 c « nullus potest perfectus esse sine favore Dei. sedere. si ipse salutem operari videatur. avait même trouvé de belles formules pour montrer que l'homme dépend de Dieu dans ce qu'il a de plus personnel.. L. ut nemo possit aedificare sine Domino. 10. I. ce rhéteur africain. C'est ainsi que. quorumdam propositionum Epist.. s'apparentent ausemi-Pélagianisme (4). P. Mais cette théologie reste sommaire.. lui aussi. sermo I... semper mihi auxilium Dei necessarium erit ? Audi... sputa jacere. 46. P. 2079. 1. : humanis. L.. Et velle quasi nostrum est. Pelage. bed ipsa operatio tamen a Deo est. (5). avaient souligné la dépendance essentielle de l'homme à Marins Victorinus. illius (Dei) autem dare credentibus et volentihus facultatem bene operandi per Spiritum sanctum. immo sacrilège. P. Sur les tendances pélagianisantes de VAmbrosiaster. cf. ingrate. J. l'homme seul. nemo custodire sine Domino. inquit. litt. nemo quidquam incipere sine Domino. G.. » In Psalm. 23. ii8. 3-5. sive hihitis.. Cf. 82. unde nos operamur nobis salutem. » Ce n'est pas le climat augustinien.. omnia in nomine Dei agite » (Epist. 15. recul de l'histoire. 610 B — : : : : : perficiat. Ticonius. P.. mations en langage psychologique. mais le commentaire d'Augustin entre davantage dans la psychologie et les richesses de la vie spirituelle. 88-89. inquit. P. traducteur des Ennéades. il avait d'abord cru qu'on pouvait laisser à l'homme le commencement de la conversion et des démarches vers le salut. 621. et lorsqu'elle s'essaye à traduire ses affirl'égard de Dieu.. ad Romanos. L. 61. Ergo salutem vestram. VIII. Sed rursus ne unusquisque parum gratiam Deo référât.. il écrit sans ambages N'ostrum est credere aut velle. operamini.. 5. 34. 749. Conjess. Fayey. 7.GRACE ET LIBERTE Jérôme (1). « ex nobis initium est ut ille 4. sive aliud quid agitis. vues avec le elle aboutit à des explications qui.. Retract.. 32. 1943. 118. p. HiLAE.. sans bien distinguer entre la grâce au sens large et la grâce intérieure chère à Augustin « Audite. 3. dans ses premiers commentaires de saint Paul. AuG. ad Phil. movere manum.

sive extrinsecus per evangelicas exhortationes. 32.. 12. On aura noté l'usage du texte : — IIO — . p. vicit gratia Dei (2) il comprit que.. 40. sive intrinsecus. Dieu opère en l'homme la volonté même de croire. l'appel de Dieu et la réponse de l'homme Pour créer en nous le vouloir et la foi. éd. 118. il ne suffit pas de la prédication et de la bonne volonté. ReiracL. I. et in omnibus misericordia ejus praeautem vocationi Dei vel ab ea dissentire. Personne n'est maître de ses premières pensées. 54. id est Dominum nostrum Jesum Christum fide firma teneamus. « Visorum suasionibus agit Deus. soit au dehors par la prédication évangélique. t. à lutter avec son texte.. L. sicut dixi. Cette assertion de Portalié (col... . De gratia Christi. sur le plan psychologique. qui suppose que. le : <. P. 1643.. III. L.SAINT AUGUSTIN Augustin savait cependant alors que tout bien vient de Dieu (1). lib. 4.. propriae {De spiritu et littera. jusqu'à cette date au moins. De iiv. porrectam nobis desuper dexteram Dei. et c'est toujours sa miséricorde qui nous prévient mais de répondre à l'appel divin ou bien de s'y refuser. Dans ce combat. i. 1270 péché ne vient pas de lui) sed quoniam non sicut homo sponte cecidit. 9092). Comment Augustin entend-il cette vocation ? Les Jansénistes prétendront plus tard que le Docteur de la grâce resta semi-pélagien jusque vers l'année 412 (4).. » De libero arh. Pour situer ce problème. mais elle pose un problème historique et aussi théologique. qui caractérise 2. sed consentire vel disssentire propriae voluntatis est. ubi nemo habet in potestate quid ai veniat in mentem. ce fut la grâce qui l'emporta. pour venir à la justification. omne bonum ex Deo (seule la défîcience P. Augustin semble disjoindre l'appel intérieur et le consentement de la volonté. je l'ai dit. 629. P. II. P. ita etiam sponte surgere potest. Elle n'est pas dans Jansénius lui-même. L. ad SimpUcianum. de Reims. L. cela. profecto et ipsum velle credere venit nos.. sans laisser d'attribuer à Dieu tout ce que l'homme fait de bien. pressé par son ami Simplicien. II. il appartient cependant à la volonté de donner ou non son assentiment. consentire voluntatis est » Deus operatur in homine. 30. il suffira de remarquer que. : : . en 397.. il entendait distinguer. II. il se met à étudier de plus près saint Paul. 60. Dieu agit par des représentations persuasives. Cette affirmation est paradoxale. c. 2378) demanderait à être vérifiée.. comme si. mais qu'un appel intérieur est encore nécessaire nobis trihui non potest qnod vocamur (3). Mais... appartient à la volonté 1. 5. ut velimus et ut credamus. nous dit-il. 44. soit au dedans de nos âmes.. 32. Augustin est en possession de son système (Augustinus. dès 397. quaest. 3. (5). 240).

il se contenta de mon- comment grâce nous attire en créant en nous dIus de liberté dans dépendance de Dieu (2) ? Nous laisserons ce problème en suspens. tantôt sur la libre réponse de l'homme. 885). 2389-2392 . n° 276-279. col. Faut-il donc admettre un changement d'attitude dans la pensée de saint Augustin ? Impuissant à exprimer le mystère de l'action de Dieu au cœur qui. comme si les deux éléments pouvaient être dissociés dans la conscience de l'homme ? Faut-il. i. après le concile de Trente.. P. L. e. nostrum sequendo. 58. à nos réactions psychologiques prévues par lui. arb. aurait-il mis l'accent tantôt sur la grâce victorieuse. X. 21). Augustin. Dans le De gratia et libero arbitrio (n. t. suum vocando.. D. L. Dans les Quaestiones ai Simplicianur. 5. montrer que l'homme reste responsable de ses actes. T. Augustin disait « aliter Deus praestat ut velimus. 44. 11). dogtnaticae. Les congruistes se réclameront de saint Augustin pour montrer que Dieu nous appelle intérieurement en adaptant à notre tempérament. 117). Avant d'en venir à ces discussions subtiles. Ch. E. 44. Consentira vocationi Dei propriae voluntatis est. Nous allons la voir commencer à se définir contre Pelage et le naturalisme de son école. pour 10. dans Recherches — : : de science religieuse. 1946. PORTALIÉ. solus praestat. aliter praestat quod voluerimus.. 129—163. 2» éd. III . p. bene agere et semper béate vivere » (I. C. la théologie de la grâce aura à se construire en face de thèses encore assez grossières. t. la toutepuissance de sa grâce (1). I. réfutant ainsi par avance trer la les semi-Pélagiens de tous la les temps. V. Augustin cite saint Paul noli vinci. 1. Quod autem voluerimus.. Et pour faire le bien. LÉON-DuFOUR. Pesch. chercheront à mettre la liberté même de la volonté. 12. arbitrium voluntatis ejus sine dubio convenitur.i.. L. Velle utique cui dicitur enim et nolle propriae voluntatis est » (De gratia et lib. P.GRACE ET LIBERTÉ Il y aurait là une amorce de la théologie moliniste et les théologiens en relief le rôle de dans le processus de la justification. 5. 1900. citeront ces textes avec prédilection. misericordia ejus praeveniet nos (Ps. Ut : velimus enim et suum esse voluimus et nostrum. au contraire. Praelectiones iheol. 2. mais il ne parle pas ici de l'appel intérieur. nous contentant d'avoir montré comment les discussions théologiques de l'avenir sont en germe dans les écrits d'Augustin. 40. P.. Il faut bien avouer cependant que les écrits de la dernière période sont loin de favoriser cette interprétation. bien que la grâce soit nécessaire « Noli vinci a malo {Rom. n. penser qu'après avoir intériorisé l'appel divin. 855).

T. 596. Tixeront. III. D. T.. et non parvo profectu christiani (2). cf. M.. G. C. sancti. D. Pelage. col. Amann. . Rappelons seulement que. 33. III. . Mais l'attitude de Pelage en Orient. mentis. bien qu'ayant travaillé à la En Sur cette histoire. p. t. Voir son étude sur L'œuvre littéraire de Pelage. R. dans VHistoire de l'Eglise de A. Il lui restitue un certain nombre d'ouvrages. ne retracerons pas en détail l'histoire des progrès. On sait que le Commentaire de Pelage sur l'Épître aux Romains a été reconstitué par Souter (Texts and studies. obligent le en 412. t. 436-460 . col. t. puisqu'il répond amicalement à une lettre de Pelage (4). Martin. t. L. dans sa lutte contre les adversaires de la grâce. Epist. sa vie et sa doctrine. dans Revue de philologie. Sur Célestius. XII. 44.Amann. et surtout le livre récent de G. voir les exposés de J. 3. Hedde et E. 678-683. P. Pélagianisme. de la condamnation et de la résistance de l'hérésie pélagienne (1). — 112 — . II. Pélagianisme. 682-683 .^7. t. XII. On est alors condamnation des idées de Célestius sur le péché originel (3). ses écrits. L. p. Hedde et E.CHAPITRE SEPTIÈME PELAGE ET LE PÉLAGIANISME STOÏCISME ET CHRISTIANISME T^ "yOUS ^^k ^^ ^ viri. Fliche et V. 413. de Plinval. t. qui incline quelque peu à réhabiliter Pelage. p. Augustin ménagea d'abord la personne de Pelage. — 1926). a beaucoup fait pour retrouver la trace des œuvres de son héros.. 146. De peccat. D. r. 2. IX. C. ecclésiast. E. de Plinval. dans Revue d'hist. 185. 1934. 1939. p. et la discussion avec Kirmer {Le problème de Pelage dans son dernier état. Histoire des dogmes. XII. T. Duchesne. Augustin distingue encore entre celui-ci et son chef d'école. C. 19221. 1943. Histoire ancienne de l'Eglise. les équivoques du synode de Diospolis (415). t. DE Plinval. voir R. 4. IV. P. et surtout l'importance du débat. 210. Amann. L. 77-119 683-714 N. 5-21). 19. Saint Augxistin et les dogmes du péché originel et de la grâce ig'^i. ut audio. Sur Pelage et ses écrits. Merlin.

R. 7. Pélagianisme.. P. Nous avons dit qu'Augustin doit beaucoup à la philosophie des Ennéades Pelage. Conf. 1.. Da quod jubés et jubé quod vis (8). AuG. sa puissance illimitée pour le bien comme pour le mal » (7). Denzinger. Amann. t.. R. 311-324. t. 45. P. P.Cf. A. le Pélagianisme. l'indigence essentielle de l'homme. T. 259 . XII. . il s'en prend à la notion pélagienne de la grâce et aux équivoques qu'elle suppose. PORTALIÉ. AuANîi. La fameuse Tractoria de Zosime est malheureusement perdue. P.. L. 779-788 8. puis. E. Augustin. P. est médiocre philosophe c'est un moine ascéticiste. Epist. 33. voir DuCHESNE. R. S. 53. 384-385. A.. XII. III. l'accusant d'innover et de rester prisonnier du Manichéisme. L. après quelques tergiversations. 700-701. 20. Z). Histoire ancienne de V Eglise. 44. t. Sur Julien. t. Julien d'Éclane exégète. c'est l'indépendance absolue de la liberté. o'AhÈs. X. En face de la doctrine augustinienne de comme une on l'a dit. dont directement notion le condamnation concernent plus dogme du péché originel (6). C. Au cisées. Hedde et E. col. n°^ 130-133). que consacrera solennellement le concile de Trente. 2381. Epist. 5. Celui-ci ne cesse de harceler saint Augustin. et jamais plus l'Église ne remettra en question le dogme de la nécessité de la grâce. De gestis Pelagii. « le fond du système pélagien. L. Comme . De dono perseverantiae. 181-183. C. Gaudel. B. D. col. 2. Hedde et E. Ce cri est comme le résumé de sa théorie des rapports entre grâce et liberté. n° 101-108.. Pélagianisme. p. 1916. par son successeur Zosime (4). s'écrie au contraire saint Augustfn. T. Julien (5).. reproduites parmi les lettres de saint Augustin. 4. mais dès le début du V® siècle. Mais l'hérésie pélagienne est désormais vaincue. L. lui. (cf.. D. il scandalise Pelage dans une réunion romaine (9). Nous laisserons les idées et la de côté Célestius. Après avoir retracé les événements de Palestine (1). T. D. 582-597.. 1. Enchirid. le Pélagianisme se dresse doctrine de la suffisance de l'homme. Péché originel. pour mettre en relief la pélagienne de la liberté. 29-31. Cf. — 113 — .stoïcisme et christianisme grand évêque à moins de ménagements. Enchiridion. Enchind. condamné par le pape Innocent I^'" (3). 32. R. 796. col. 1026. Entre temps. L. 1. trouve un défenseur acharné dans le jeune évêque d'Eclane. col. celle cours du débat.. D.. XII. 40. anathématisé au concile de Carthage (2). 3.. n°^ i34-i35). p. T. 702-704 . 9. 319. C. C. les positions respectives se sont affirmées et préd'Augustin comme celles de ses adversaires.. D. B. Certains fragments ont été conservés dans VIndiculus de Célestin (cf. 6.

Voir note suivante. sed Dei in me coronabitur auxilium. DE Plinval. t. L'accent est nettement volontariste. et R. qua a Deo emancipatus homo est. 1928.. Saint Ambroise et la morale chrétienne au IV^ siècle. La doctrine augustinienne de la grâce. et 6. p. ejus est omne quod gessero.. Si l'option morale dépend d'une cause extrinsèque à la volonté. Bréhier. III. Epist. Histoire de la Les chrétiens eux-mêmes ne parlaient encore de la philosophie. 136-151). L. la main. Sed samedi. mais la liberté. 94) groupe les 4. I.. — (Harnack. De gestis Pelagii. p. 36. 205 A. quam implere non possum. au contraire. p. m'asseoir ou marcher ? Une volonté ainsi Comme nous l'avons remarqué plus haut. Op. est à la fois : dépendante n'est pluâ vraiment 1. 48. 345. Saint Augustin est plus pré- G. 22. L. von Harnack. 1895). in admittendi peccatt et ahstinendi a peccato possihilitatz consistit. 44. L. P. ir54 per singula opéra.. P. grâce qu'en termes assez vagues.PELA GE ET PELA GIANISME qui emprunte au Stoïcisme son idée de sentants connus (I). 3. l'homme est-il encore responsable de cette option ? Il paraît beaucoup plus simple et. qui ne s'embarrasse pas de nuances dans les questions de philosophie. car la philosophie stoïcienne n'a plus guère de repréla morale stoïcienne est dans l'air. lui. vers la fin du iv^ siècle. cit. — : — 114 . . comme humanistes du XVI® siècle (2). en donnant à l'homme le libre arbitre. Lehrbuch der Dogmengeschichte. frustraque dédit arbitrii potestatem. Destruitur enim voluntas quae alterius ope indiget. p.. t. la question qui se pose ici philosophique et théologique. 132. croit-on. Histoire ancienne de l'Eglise. libre (6). L. Non qu'il y ait ici influence directe. nisi ipse me semper adjuverit. t. présente ainsi les objections pélagiennes « Me faudra-t-il donc un secours divin pour remuer le doigt. Elle semble alors en effet avoir la raison pour elle. paraît impliquer une négation de la liberté. mais Pelage lui-même dit déjà non est liherum arbitrium destruitur voluntas quae alterius si Dei indiget auxilio (4). On connaît l'influence de Cicéron sur saint Ambroise 2. 1102. DUCHESNE. Augustin. « si nihil ago absque Dei auxilio. imperf. de Plinval (op. textes scripturaires qui reviennent le plus souvent sous la plume de Pelage. III. P. en a fait comme un affranchi lihertas arhitrii. 44. Cette formule sera celle de Julien d'Eclane (3). 78. et Célestius elle le sera chez les : : : ope indiget (5). p. 170 . Nous savons par Augustin que. Nous avons déjà dit qu'entre le Stoïcisme et l'esprit pharisaïque il y a souvent parenté spirituelle. Pelage. iio-iii.. cit. 33. 1909. ergo non ego qui laboro. op. P. H1ERONYMUS.. E. 510. I. 42. M. Thamin. tel chrétien souhaitait voir se généraliser la pratique romaine du jeûne de chaque défend la liberté spirituelle {Epist. p. L. Saint Jérôme. beaucoup plus chrétien de dire que Dieu. 5.

A l'homme de faire son choix. 77-89 G. . C. 48. 83. P. 104). Epist. mais il exprime bien la doctrine qu'on lui a reprochée au synode de Diospolis. 683 (no 3). Pélagianisme. 1. P... Ces questions de vocabulaire. il n'a pas à implorer son secours la prière de Pelage est celle du cis : putant auferri liherum arhitrium adjutorio . L. 609) sur ce dernier texte. A propos de la prière de Pelage. 15. . quibus tibi.. 11. 2. cogente nullo.stoïcisme et christianisme si nec ipsam bonam voluntatem sine Dei hominem habere consenserint (1). — 115 — . qu'elles sont nettes de tout mensonge. quam sanctae. 1. 49. P.. t.. III. 1.. 1935. quod aliter liberum non erit. p. 875. Dans ce texte et dans beaucoup d'autres. » vrai dire. Sur les variantes et l'authenticité du texte. quara purae sint ab omni fraude et injuria et rapina quas ad te expando manus quemadmodum justa. p. L. il désigne l'acte. pour que . L. et ab omni mendacio libéra. Terreur est plus manifeste encore aux yeux d'un chrétien. Qu'il demande pardon à Dieu de ses transgressions. 194. les lèvres avec lesquelles. Pelage. L. pharisien : Celui-là peut dignement élever les mains vers le ciel et prier en tranquillité combien Vous savez. i. qui potest Domine.. CoMÉLiAU. Augustin revient dans les Rétractations (I. Métaphysiquement. j'élève vers vous qu'elles sont justes. je vous adresse mes prières (2). ecclésiast. La spiritualité chrétienne. P. la dissertation de Garnier {P. combien innocentes. sur le terrain de la pédagogie religieuse où il se place. La volonté libre (voluntas libéra) se contradistingue alors de l'acte bon ou mauvais (tnotus animi) qui en procède (De libero arb. p. cf. ut mihi miserearis. Liber s'oppose alors à naturalis (ibid. quam immaculata labia. . vouloir actuel. vous me soyez propice. Mais. 33. nisi fecero quod voluero. XII. Cependant il lui arrive d'employer voluntas pour désigner la faculté. 276. il n'est pas sûr que ce texte soit tiré d'un ouvrage de Célestius. mais reste fidèle au vocabulaire. 32. de toute injustice et de tout mal. sont les mains que de conscience. 1042). non la faculté : « voluntas est animi motus. 205 P. 615-616) et les remarques de Mgr Amann. dicere digne extollit manus.. T. « nie ad : Deum Tu nosti. Il peut. le mot voluntas est à prendre au sens de voliiion. P: L. combien pures et exemptes de toute fraude. liberum dédit arbitrium Deus. observer la Loi. DE Plinval. trop négligées par les théologiens. s'il le veut. 42. Cf. qui peut dire : saintes. dans Revue d'hist. D. ont leur impor- A — tance. quam innocentes... Pour les Pélagiens.). il suffit que Dieu donne à l'homme !a loi morale et le libre arbitre. le Pélagianisme est assez médiocre. L. 14. Seigneur. POURRAT. ad aliquid vel non amittendum veladipiscendum » (De duabiis aniinabus. ille preces bona conscientia fundit. 1269-1271). 3. J.X. qu'elles sont pures. preces fundo » {De vita christiana.

ou n'est plus un théologien de l'ascéticisme (5). quae nisi ex te et in te esse non possunt (4). Epist.. jactas quia tu solvis. 33.PELAGE ET PÉLAGIANISME Nous sommes loin de la doctrine d'Augustin. 1107-1124 M. Epist. 61. II 07. In his ergo jure lau- danda. 850. Pelage. ? » M. 410 Serm. P. cit. 123. 6. G. c. pour qui : la prière chré- tienne doit être jusqu'au bout une prière de mendiant omnes. 9. : quid hahes quod non accepisti ? Si autem (7).. 56. in Psalm. quid gloriaris quasi non acceperis : Haec Dei dona sunt. 7- 1 Cor. tu erigis. 33. . et « Omnes enim quando oramus. Ihid. 26. 782-801. il écrit expressément pour mettre en garde la famille de Démétriade contre les conseils de Pelage (6) et lui rappelle les paroles de l'Apôtre accepisti. 3. GON- SETTE. préféra sans doute les conseils de samt Jérôme et plus encore ceux d'Augustin (2).. donné semblables conseils. il ne peut rien entendre à ce de notre affranchissement progressif par la grâce du Christ. I le moralisme pélagien ne peut comprendre libre. — Cf. la louant d'avoir méprisé des richesses qui ne lui venaient que de ses ancêtres. 7. P.. GONSETTE. 4. 17. s. P... 83. L. Et. 22. supplices ingemisCf. Les conséquences sont graves pour qui se charge de diriger les autres vers la perfection. cit. II. haeretice. A l'inverse de la pensée augustinienne. 793-795. » En. qui a/ait eu Pelage pour directeur. Parti qu'il y ait des degrés de liberté et qu'on soit plus ou moins d'une notion philosophique. aliquid volentes accipere. ad Demetriadem.. 2.L. col. P. Serni.. DE Plinval.. . mendici Dei sumus ( ). 130. 246-251 op. 1895 in orationibus mendicemus.. 5. Quid est quod te. L. Pelag. Les directeurs spirituels de Démétriade. Epist. L. aussi. 38. 785-793. P. 174. M. 4. — — : tu illuminas 2... P. L. et ipsum aliquid.. GONSETTE. ipse Deus est. p. 37. L. Avant d'être alerté lui sur les erreurs péîagiennes. L. op. saint Jérôme aurait peut-être. P. 38. — 116 . 686. 38. p. iioo. . 4. p. « famelici Dei esse debemus. imo etiam prosternimuir. P. 2. 38. on est en 415 et le vieil ascète n'est pas. Pelage met en que dit l'Ecriture : relief les vertus que la jeune patricienne ne doit qu'à elle-même : spi- rituales divitias nullus tihi praeter te conferre poterit. quando oramus. cimus. mais lorsqu'il écrit à Démétriade. Quant à saint Augustin. L. ante januam conspectus illius *I45. 1933. mendici Dei sumus : 1. La vierge Démétriade. c.. dans Nouvelle reroue théolo- gique. 4. p.. . Le premier l'invite à prendre conscience de ses forces naturelles haec igitur prima sanctae ac spirifualis vitae fundamenta jadantur ut virgo vires suas agnoscat (3).. 188. 381 Serin. 515 ante januam magni patrifamilias stamus. Serm.

211-230) à montrer que les chrétiens peuvent se damner. 27S.. L. 1541 : « quamvis singula tur. Saint Augustin consacre une partie d'un de ses traités {De fide et operibus. C.. entre péché mortel et péché mortel. L. 851. 261. et durent trouver excessifs les enseignements du moine breton. Les Pères « miséricordieux » sont moins larges. 9-10.. A cette époque. T. 14. II.. (1). t. cit. i2i7-r2T8. Il y renvoie dans VEnchiridion (P. 191 1.. P. 3. Cf. E. 5. 98. Quoi qu'en pensent les Stoïciens et leurs épigones. contra sensum generis humani. est possible La doctrine du Purgatoire n'était pas alors tirée au clair et que ces évêques donné dans ce qu'on appelle l'erreur des miséricordieux (5).. en tous les pécheurs seraient aient condamnés au feu il éternel (4). Epist. 1207. cit. Serm. Histoire des dogmes. étant mortel (3). 6. A. Au synode de Diospolis. 31. mais ils inclinaient à penser que seuls les infidèles et les apostats seraient damnés pour l'éternité. Serm. il compare les péchés véniels aux grains de blé qui. 539. 7G. : — 33.stoïcisme et christianisme non ex vobis . les bons chrétiens. 179 Cette thèse était déjà celle de Jovinien. t. Cf. L. lui. p. Cf. 38. : — — 117 — . habetis enim thesaurum istum in teradhuc fragilibus. L.. Cf. Contra mendacium. L. 325. 4. comme pour les Stoïciens. nous dit Augustin (6). Origène professait le restitutionnisme intégral et faisait pratiquement de l'Enfer un Purgatoire. 33. Lehault. i88. 38.. 246. de sa nature. D. L. accumulés. 263). P. Purgatoire. 12. » non lethali vulnere ferire sentian- Augustin continue en montrant que des blessures répétées peuvent cependant conduire à la mort. mais. insistant sur l'éternité des peines. col. — AuG. Epist. et dont le juste demande chaque jour à Dieu 1. 7. p.. autre celui qui n'inflige qu'une légère blessure (7).. 44. Ailleurs. P. 33. P. 38. 2383. P. t. XIII.. il n'y avait aucune distinction entre les péchés.. xo. les Pères orientaux furent scandalisés d'entendre dire que tion. finissent par faire ployer le plancher des granges ou sombrer une embarcation. Portalié. De gestis Pelagii. L'éternité des peines de V enfer dans saint Augustin. 394 . P. Pour effet. D. 735 ausi sunt disputare. Tixeront. 2.. 167. L. . Il travailla vingt ans à répandre sa doctrine. de toutes façons. G... 39. sed renis corporibus. P. 40. » Cf... 4. 4. Pelage était dans l'erreur et ici encore c'est Augustin qui pense le plus raisonnablement et le plus chrétiennement. I. P. Il distingue même Cf. 5. Michel. DE Plinval. 40. tanquam in vasis fictilibus. autre est le péché qui donne la mort. 40. la doctrine du Purgatoire est encore très enveloppée. P. L. On voit par cet exemple ce que pouvaient être les conseils donnés par ce directeur recherché qu'était Pelage (2). 1274 Serm. Voir le passage classique sur les trois résurrections de l'évangile.. op. 104. L. Augustin. P. p. II Cor. A. Sertn. 207-220. op. L. DE Plinval. Cependant. tout péché. 351. J. « hoc autem de parilitate peccatoruni soli Stoici 6. C. 593. T.. 5. Epist. après un instant d'admiraVestra quidem sunt.

P. 63.. c'est qu'il parle hypocritement en se confessant pécheur (5). C'est là une idée étrangère au Pélagianisme. B. elle reprend à son compte la prière du juste Dimitte nobis débita nostra (4). 8. Inadmissible est aussi le traitement qu'il fait subir aux supposés de la foi commune. 44. péché héréditaire. Lorsque l'Église prie pour la guérison de ses membres pécheurs. Enchir. P. in Psalm. 2. p. Mais la position du pélagien est contradictoire s'il s'avoue pécheur. 2.. Pour lui. III.. 223. L. 265. can.. En.. Mais surtout. 1274. cit. 73. t. Cf. 1336. 40. la doctrme pélagienne repose sur une équivoque perpétuelle (8). 146. P. Cette idée revient indéfiniment chez Augustin. 4. qui revient à la thèse donatiste d'une Eglise immaculée. 981. 38. 181. d'être absolument immaculée (3). n" 107).. ut is qui commisit etiam a corpore Christi separetur. P. 38. 1092-1093). Il y a là un point d'histoire à élucider. Serm.. \\° 71. 1207. P. 6. « ubi es ergo. la nécessité de ce baptême ne se justifie que par une distinction absurde entre royaume des cieux et vie éternelle (7). I. quand il s'agit de la grâce.. 40. ir8. L. XII. de Plinval {Pelage. L. 7. ou encore la : pardon etiam hi qui ambulant in débita nostra (1). haeretice pelagiane vel coelestiane ? 4. Serm. 3. dans D. l'exemple du Christ ou sa doctrine. Pénitence. 13. 1508. le baptême des enfants in remissionem peccatorum n a aucun sens (6). Les conséquences pratiques du Pélagianisme sont donc redoutables. P. : . 65. D.. G. 37.PELA GE ET PELA GIANISME le viis Domini dicunt : Dimitte nobis Les fautes graves.. M. la loi morale. E. ou encore comme le champ du Père où l'ivraie croît avec le froment {Serm. L'Église est ici-bas comme l'aire où la paille est mêlée avec le bon grain {Serm. bien que sainte et sanctifiante.. 980. 226-227 "^t passim. P. L.. 278. Serm. retranchent de la communauté chrétienne (2). 262 « in actione paenitentiae. 181. L. Carthag. Mais il me semble plus probable que ce fut pour les Pélagiens la conséquence logique de leur négation du 3... T. 7. 6. 982 — — — — — : : Ecce tota Ecclesia 5. L. Serm. 10. 181. dicit : ditnittc nobis débita nostra I » P. L. Enchirid. Serm. meritis. Enchiridion. elles empêchent l'Eglise. L. On appellera grâce la nature ou le libre arbitre. 471-472). 38. col. » Le mot etiam rappelle que le pécheur est déjà séparé de Dieu. P. ubi taie (peccatum) commissum est.. C.. 38. et l'Église va la faire sienne {Concil. P. L. 38. L'excommunication qui inaugure le processus pénitentiel est déjà une espèce de réintégration dans la vie commune. P. elles. L. il n'est plus membre de l'Eglise et s'il se dit membre de l'Eglise. P. L.. — 118 -^ . puisque le pécheur aura désormais part aux prières communes (cf. 7. Serm. que cette distinction était admise au temps de Pelage.. ou plutôt. L. 38. 801). 2. sans étayer son affirmation.. 39. 294. 1. 261. p.. Amann. 2. 187) assure. 38. DE Plinval. De peccat. op.

» 2. mais le mot donum désigne le libre arbitre (Souter.. mais qui doit être éclairée par le commentaire de // Cor. sauve les chrétiens eux-mêmes. 147). remissionem peccatorum (3).. P. gratia Dei atque infidelibus paganis atque christianis. réfuté 4. 272 . p... 7-8. L. Pelage veut essentiellement qu'entre la les chrétiens et les autres Dieu tienne balance égale.. rencontrant le mot de grâce. nec ita essemus aliquid ut cadaver. 347 (il s'agit ici du De natura de Pelage. 48). L. I. 215). et viveremus. 44. 5. mais il s'agit d'une question de fond. Primum munus ejus est quod facti sumus ex : — m : nihilo commentaire de saint Paul.. à la manière dont. ut liberum servaret arbitrium » (Souter. 33. etc. 2. P. p. à la rémission des péchés (In Rom. Domini defodit in texxdifSed abundantius illis omnibus laboravi. 173. 33.. Pelage écrit « quid enim boni ex temetipso habes quod a nullis didiceris vel Dei d^no (minime) consecutus sis ? » La dernière formule pourrait être souscrite par Augustin. : « etsi quadam non im. p. tenuiter nec aperte conjun(1). mais c'est pour appeler grâce la rémission des péchés. I.9 {sufficit libi gratia mea). Christi multipliciter confitemur. Sur / Cor. P. p. 38. 45. 361 « gratiam Dei et adjutorium quo adjuvamur ad non peccandum aut in natura et libero ponit arbitrio. dans De gestis Pelagii. Sur / Cor.probanda ratione dicitur sumus. 3. Cf. pressés de questions.. . . et sentiremus et intelligeremus. le malheur est qu'il les sauve sans grâce du Christ. nihil in 760. L. glorificamur. I. piis. Epist. bref. 6. les adversaires du Pélagianisme seraient conciliants (2). 262).. Si même c'était là gens.stoïcisme et christianisme rémission des péchés. L. alia est tamen qua praedestinati vocamur. L.. Pelage. songe à la Loi (In Rom. sicut in illo qui talentum.. De natura et gratia. P. nec se sine gratia Dei dicit in Evangelio laborasse.. non ego ex me. P.. L. 7 {quid kabes qiiod non accepisti ? .. 12. p. Formule irréprochable en apparence. L.. non ego aiitem. hoc est.. De gratia Christi et de peccato originali.. » i Op. 816. Epist. le De natura et gratia).. justificamur. 7. imperf.. 26. l'Église semblera plus tard réhabiliter ici Pelage. Celuici — a en effet bien \'u que les hommes d'avant la le Christ ont dû pouvoir se sauver il . 44. : : : illo proficit » (Souter. P.. L. fidelibus commu- concédant cependant que les chrétiens ont l'avantage de con- 1. 186. 2 Soutcr. 175. 20 Souter. En corrigeant l'Augustinisme à partir de la volonté salvifique universelle de Dieu. 15. P. ut nonnihi! essemus. 94.. sed gratia Dei. « gratiam aut in lege atque doctrina. AuG. le commentaire est assez plat. consentent-ils parfois à distinguer entre grâce et dons naturels. sed homines qui et essemus. — — Dans son ».. Serm. sauf la grâce elle- simplement une question de vocabulaire. 4... — 119 — .. 177... 53. 47. sed gratia Dei niecum. P. 60). tout ce qu'on voudra. impiis et nis est (4). i « in vacuum gratiam Dei recipit qui in novo Testamento non novus est. Epist. aut arbor. nec gratiam sine se.. 3. 33. 767-768 gratia Dei qua creati Cf. au reste. 44. contra Jul. 4 (gratia ejus in me vacua non fuit) « non fuit sine fructu. aut pecus. Sur un texte comme II Cor. Aussi Pelage et les siens.. 8.

8. De in gratta Christi. (apud AuG. Hi vero remuneranai sunt qui bene libero utentes arbitrio merentur Domini gratiam et qui mandata custodiunt » (apud AuG. I. dum nos multiformi et ineffabili dono gratiae coelestis illuminât. futura demonstrat . « lUi judicandi atque damnandi sunt quia cum habeant liberum arbitrium per quod ad fidem venire possent. p.. ils répondent que gratuits furent la création et le don de la liberté (5).. in Christianis. : : — 120 — . 638-639). dogmat.UG. C. aequaliter per naturam. neque antequam essemus. » Certains théologiens scolastiques et le grand Petau lui-même (De pelagiana et semi-pelagiana haercsi. P. L. D'ailleurs. éd. hoc est gra- si grâce il y a. ne praesentibus occunemur. resistamus » (apud A. à quoi bon entrer ici dans une discussion subtile ? Tout ce qui touche à la prédestination. 8. le Pélagianisme le rejette en bloc. n" 8. 374). sed in solis christianis juvatur a gra- Cette grâce est la loi et la doctrine chrétienne. Judaeis atque Gentilibus. cit. 364) nos Deus per doctrinam et revelationem suam dum cordis nostri oculos aperit . P. DE Plinval. De gratia Christi. P. Pelage. Pelage parle d'une grâce capable de faciliter l'exercice du libre arbitre « divinam mereamur gratiam et facilius nequam Spiritui. Lorsque les Pélagiens vont jusqu'à (2). G. AuG. L.. dum diaboli pandit insidias. 44. P.. 376 : « liberi arbitrii potestatem dici- mus tia. 44. « cum ab istis quaeritur quam gratiam Pela5. 1938. efforts 1. I. explique comme il peut les textes de l'Apôtre (6) ou n'atténue ses dires De toutes manières. L. dum nobis. à la manière dont l'homme arrive à la foi et qui est une pièce essentielle de l'Augustinisme. P. I... t.. ont cherché à voir dans le texte cité ci-dessus une grâce intérieure d'illumination. 8. Ailleurs.. In omnibus est libenim arbitrium. Vives. AuG. » omnibus esse generaliter. quando anathematizabat eos qui dicunt gratiam Dei secundum mérita dari. et Dei gratiam promereri. » 6.. L.. BOYER. ihii.. mereri aliquid poteramus ut essemus. PELA GE ET PELA GIANISME naître la doctrine du Christ (1).. 4. Epist.. op. ^. 36 G. p. — : . sancti Spiritus auxilio. » « hoc est gratiam Dei ponere in 3. P. : « adjuvat 2 Epist. DE Plinval.. Théol. IV. ces : reconnaître des grâces intérieures d'illumination grâces fina- lement se ramènent à la loi et à l'enseignement du Christ tiam Dei ponere in lege atque doctrina (3). maie utuntur libertate concessa. 364 lege atque doctrina. 44. 1866. De gratia Christi... De gratia Christi et pecc. L. p.^. 34. De gratia Christi. Quand on demande aux Pélagiens en quel sens la grâce est gratuite. d'ailleurs. origin. Apud AuG. mais cette interprétation paraît difficile à soutenir (cf. 33. cette grâce est due aux de l'homme et vient couronner ses mérites (4). 299). 44. Le mot grâce peut désigner ici la rémission des péchés et le droit à la récompense. ai Innocent. 877 gius cogitaret sine ullis praecedentibus meriiis dari. 44. 376-377). I. 194. p. 151-153. respondent sine ullis praecedentibus meritis gratiam insam humanam esse naturam in qua conditi sumus. L. 28.

je l'ai est.. fiac beata unde si avertatur. ni le Pélagianisme. incline à réhabiliter Pelage « Son système. si l'on veut. 33. sed mutabilitas ejus si convertatur ad incommutabile bonum. de Plinval. P. C. Pelag. 140. 2. — 121 — . ou bien voir en elle un être qui est à la fois le plus riche et le plus indigent de tous. Répétons encore une fois qu'entre Pelage et saint Augustin le savoir si débat est philosophique non moins que théologique. Ce Lorsque Pelage admet que la grâce peut faciliter l'exercice de la une brèche à son système.. Mais le Christianisme d'Augustin est plus grand encore.. XII. écrit-il.stoïcisme et christianisme qu'au prix d'équivoques ou de contradictions (1). comment Genesi ad col. D. Epist. Augustin dit joliment arbitrio esse liberos et ab ipso Pelagio » {Contra duas epist. à condition de mettre l'accent non pas seulement sur la chute. meliora fiunt participatione meiioris. était essentiellement religieux.. et le même sens t. si l'on doit faire de la créature spiricomme un demi-dieu maître de sa destinée. imposée à la conscience chrétienne. menacées de perdre leur simplicité si elles se détournent du Créateur (4). 44.. 41-64. pour atteindre sa fin sublime. p. M.. T. esse non possit. Il s'agit de l'on peut comprendre la liberté sans faire intervenir la notion tuelle d'un secours intérieur à la volonté. beaucoup plus chrétienne aussi (2). ita facta est ut sibi P. fait : 584). L. II. s'est 3. : ipsa bonum quo .. 2356. : De litt. on peut concéder à M.. sed quemadmodum in ipsis corporibus ea quae inferiora sunt. P. c'est un naturalisme religieux » (p. L. Mais le : Pharisaïsme. mais déjà dit. il — liberté. 397). 249.. Platonisme des Pères.. 1. 1946. Ibid. quand il nous montre les créatures spirituelles illuminées par la charité. R. Arnou. une étude inspirée d'Augustin sur le mvstère de notre union au Christ. 56. finalement. L. secours de Dieu * * * C'est de cette dernière conception que part saint Augustin. « rationalis creatura. mais aussi sur la Rédemption. 561-562 beata fiât. Disputant avec des Pélagiens enclins à faire perrnittamus eos cum suo libero plus de concessions encore. 27. misera est. sic incorporeae creaturae rationales ipsius Creatoris fiunt participatione meliores.. un naturalisme. 1.. 290. Les semi-Pélagiens auront une doctrine beaucoup plus nuancée. 34. de mendier perpétuellement le (3). lui aussi. Ni le Stoïcisme. qua omnino si caruerint tenebrescunt et obdurescunt quodammodo. cum ei cohaerent purissima et sanctissima charitate... la créature spirituelle est formée par Dieu. » Augustin utilise ici un thème néo-platonicien pour montrer 4. En ce sens. religion d'auto-rédemption. ne furent sans grandeur. Voir dans nos Problèmes pour la réflexion chrétienne. ni même le Pharisaïsme. obligé qu'il est.. p. Voir dans 10. de Plinval que le Pélagianisme a entrevu une vérité qui.

L. écrit à la prière de son ami le comte Marcellin. Le premier livre traite la question du péché originel. sauf l'unique médiateur. P. il a risqué d'égarer les interprètes de sa pensée (2). 199-246. 228-229).PELA GE ET PELA GIANISME qui donne à l'esprit son orientation. s'il le veut. sed statuitur. quia gratta sanat voluntatem qua justitia diligitur (5). Pelage. que l'homme. il restera toujours à la gloire d'Augustin d'avoir le premier tiré au clair cette notion de la créature spirituelle. — 122 — . DE Plinval. peut être sans péché cela est impossible et (cf. 1. in Psalm. 41.. mais au second livre. P. le libre arbitre et la grâce (4). 109-200. : te : — P. Mais ailleurs la théorie est présentée à propos des anges « confitendum est igitur. naturel dans la tJiéologie de saint Augustin. t. 5. 11. être l'idée chrétienne de la grâce. Augustin examine la thèse pélagienne de Vimpeccantia. 193 « quare illuminatus es ? quia convertisti ad aliud quod non aras. pensée sur les rapports entre la grâce et la loi. Ce petit traité est l'un des plus qui soient sortis de la plume d'Augustin. il ne suffit pas de le connaître. P. Pelage prétend. dans un admirable petit traité. chez un grand penseur.. n'a pu être exempt de beaux toute défaillance. Augustin. P. III. : En. Mais si. livre l'essentiel de sa. 44. XII. L. dans Revue des Sciences phil. et théoL. trad. » Ce texte et d'autres semblables mettent la grâce illuminatrice en rapport direct avec le péché. p. quod charitas Dei diffusa sit in eis per Spiritum sanctum » {De civitate Dei. DuMONT.. 495. 233. Le sur2. la grâce lui donnera le pouvoir de faire le bien liberum arbitrium non evacuatur per gratiam. De De spiritu et littera. Dan? les écrits suivants. 36.. thèse stoïcienne entre toutes. participation (!). J. Augustin répond au De natura de Pelage par un De natura et gratia. Voyons-le maintenant qui oppose aux Pélagiens ce qu'il estime. P. 9. et toute l'Afrique avec lui. P. mais il faut encore l'aimer la loi ne peut que révéler à l'homme son impuissance seule. M. le système vaut moins que l'intuition fondamentale. et le finalise de la Sans doute. Non enim tu lumen eras.. lumière divine . verum etiam de sanctis angelis posse dici. 5333. Augustin ne songe pas assez ici à préciser la dictinction entre nature et surnaturel et nous verrons que. quia peccator eras. Bélet. . 25 (II). 44.. la polémique s'accentue. 52. L. non ad solos sanctos homines pertinere. 2. Pour accomplir le bien. Dogmatique. où la vie et c'est ce principe unifiant qu'est la grâce. 357).515. préoccupé d'opposer à tous les dons « naturels » la grâce du Christ proprement dite. spiritu et littera. De peccatorum meritis et remissione. 1931. G. 4. Après avoir souligné la nécessité de la grâce pour l'homme déchu par le péché originel (3). L.. 44... Quid est quod non eras ? Deus lumen est. L. dans de la simplicité. p.. Augustin montre que que nul saint. ScHEEBEN.

de l'attitude de 4. L. Contra Jul. — Sur et gratia. le P. p. où il a réussi à obtenir une absolution. 123 — . T. II. 3. Hedde et E. la machine de guerre du Pélagianisme fût restée sans architecte (7). 36. P. De perfectione justitiae hominis.. 535-536 (reconstitution de Garnier d'après le Contra diias Epistulas Pelag. 9. » 3. C. cf. B... Pelage. c. De gestis Pelagii. Julien est un dialecticien acharné sans lui... 271.. Cf. col. est plus monotone encore. Julien à Rufin de Thessalonique.. 50. 413-474. de Plinval. c. VI. D. XII. R. P.. sine architecto necessario remansisset. 842 « quae tu si non didicisses. P. Cf. P. Contraint désormais de parler de la nécessité de la grâce. 44. L. L. originel. T. » col. P. C. On se trouve cette belle formule : I . le De gratta Christi et peccato originali (5) dénonce les équivoques des adversaires de la grâce.. 44. D. op. apud. mais elle donne à Augustm l'occasion de présenter sa pensée sous une multitude d'aspects (6). Z)eZîèfraarèz/n'o par lequel Pelage essaye de consolider le succès — Le traité répond au de Diospolis.stoïcisme et christianisme que reprendra le concile de Trente Non Deus impossibilia juhet sed jubendo admonet et facere quod possis et petere quod non possis ( ). Pelagiani dogmatis : machina 8. P. 297302). » clergé de Rome. P.. 268-269. 359-4x0. De nuptiis et concupiscentia. Pélagianisme. 295 : « erit plena justitia quando plena sanitas. Amann. 319-360. mais reste fidèle à ses thèses de fond (G. C. Après le De gestis Pelagii (4). 44. Pélagianisme. DE Plinval. Pelage au synode palestinien de Diospolis. Augustin répond article par article aux Definitiones de l'auteur qu'il suppose être Célestius.. mais cette accusation donne à Augustin l'occasion de compléter ce qu'il a jadis écrit sur le mariage (10). L.. 234-239. T. L. Péché D. 390. 44. Augustin y montre que l'homme déchu est comme un pauvre boiteux dont la claudication ne sera guérie qu'au ciel (2).. Gaudel. H.ii.. au lendemain de VEpistula tractoria du pape Zosime. D. Le De ptrfectione justitiae hominis répond à un écrit de Célestius. p. tune plena sanitas quando plena caritas. L. L. 7. repris et amplifié dans le Contra Julianum. A.. n» 804. 2. erit — — 5. De natiira Enchir. L. 702-707. 683. XII. P. col. Lettre de — : 10. Concil. 552 t.. 44. Pelage.. VI. AUG. il oblige le pauvre évêque à lire ou relire les écrits de ses devanciers (8).. t. Lettre au « dicunt illi manichaei. La polémique avec Julien. L. nous dit Augustin. Amann. 44. I 4. sess. Julien reproche à Augustin d'innover dans la question du péché originel. 6. De gratia Christi et peccato originali. ibid. XII. Il s'agit. le moine breton accepte le vocabulaire de ses opposants. cit. 44. R. Il l'accuse de revenir au Manichéisme (9). P. 2. t. L. 571-588). nous l'avons dit. De natura de G.. Mais l'écrit est déjà embarrassé par cette méthode de discussion qui sera celle d'Augustin contre Julien (3). 1. 48. 641-874. Hedde et E. Trident.

19. Nulle part Augustin n'a parlé de la charité en termes plus admirables.. qui deviendra pape en 432. la lettre au diacre romain Sixte. 978-989. Ainsi. 538-577). 5. P. L. 33. 2... In Epist. secundum fidem intelligite ut neque negetis Dei gratiam. Et cependant. Ni les Donatistes ni les Ariens ne lui laissent la paix. L. il s'est mis à son grand ouvrage sur la Cité de Dieu.. P. entraîné par les nécessités de la polémique. 16. Epist. 6. P. en couronnant nos mérites. tandis que se poursuit cette controverse épuisante. 20^3). ne fait que couronner ses propres dons le — — : : (Epist. 1049-1608. L. 217. Nous avons fait allusion plus haut à la lettre à Boniface sur la grâce du Nouveau Testament {Epist. J. 217. Opus imperjedum contra Julianum. 214... 984-985 (texte reproduit Rouet de Journel.. 194. 8S0). 874-891. au lendemain de la prise de à la main. où se trouvent asserta contre les Pélagiens (5). 33. y fut les moines s'imaginaient que l'on ne pouvait dégrâce sans nier le libre arbitre (6). puisqu'il laisse inachevé par Alaric. neque liberum arbitrium sic defendatis ut a de M. Epistolam meam. Mais déjà cette dernière lettre. 33. 3.. P. 33. 194. 140. eo quod quidam in vobis sic gratiam praedicent ut negent hominis esse liberum arbitrium et. avec le De spiritu et littera. Dans tous ces écrits. Entre deux ouvrages contre les Pélagiens. ou encore Vitalis (4). dans Y Enchiridion patristicum n° 1456). épuisé par cette lutte fatigante. 35.. Epist. : Dei gratia separetis. Il ne cesse pas de prêcher et d'écrire. quod est gravius. P. 35. P. Dès 413. 969 « nobis retulerunt monasterium vestrum nonnulla dissensione turbatum. Episl. P. sont à peu près contemqu'il Rome porains du De gestis Pelagii (416-417). Epist. 1977-2061. l'un des plus achevés. Augustin écrit des lettres qui sont de véritables petits traités. l'admirable commentaire de la Première Épître du disciple bien-aimé (2). L. La lettre à Sixte. 1 1. 1.. Joannis ad Parthos. L. 33. n'achève qu'en 426. 45. L. L. Augustin s'expliqua dans . L. d 124 - .PELA GE ET PELA GIANISME peut dire qu'Augustin. comprise de travers fendre la qu'on lisait dans le monastère d'Hadrumète. problème da péché originel et de ses conséquences revient au premier plan. 33. mais la lettre passe alors pour favorable aux Pélagiens (3). Il y dit lui-même « Fratres.. meurt la plume un immense ouvrage contre Julien (1 ).. fait à les douze allusion à de nouvelles contro- verses. dicant quod in die judicii non sit redditurus Deus unicuique secundum opéra ejus. 4. On y trouve la formule chère à Augustin sur le mérite Dieu. n'arrive pas à le dissocier de celui de la nécessité de la grâce et cela pèsera lourdement sur la tradition augustinienne. 1-2. P. Le Commentaire de saint Jean et son complément. Augustin ne laisse pas d'avoir d'autres soucis. Cet écrit est. P.. ego non satior loquendo de charitate in nomine Christi » (IX. L. Augustin.

p. 880-912. M. V adjutorium sine quo non et Vadjutorium quo (5). » La grâce d'Adam {adjutorimn sine quo non) grâce du Christ {adjutorium quo) aux profondeurs de la liberté. L. L. 5 c.. col. 972 . voir H. p. non autem nos corripiant et arguant si non fecerimus » (apud AuG. ras.^o. 4. P. Cette distinction. P. t.. » Augustin. ecclésiast. VIII. 1904. » adjuvante Domino. 1946. sed et velle et operari Deus operatur in nobis ? Praecipiant tantummodo nobis quid facere debeamus et ut faciamus orent pro nobis. cit.. ig. patiemment. Cependant certains religieux s'obstinaient « Si Dieu. De correptione et gratia. 215. 82-85. scripsi ad vos librum quem ter intellexeritis.. 34. Utquid nobis praedicatur atque praecipitur ut declinemus a malo et faciamus si hoc non nos agimus. dans Recherches de science religieuse. L. et de demander à Dieu la grâce qui nous manque (2). 6. J.. 273-274).. 936 : « aliud est adjutorium sine quo aliquid la n'atteignant pas fit. BoYER. les — comme à un traité 5. Cf. — Epist. C'est dans cet ouvrage 1. 4-5. Au xvili® siècle.. dans D. 92. le cardinal Noris verra dans cet écrit la clef de la doctrine augustinienne de la grâce {Historia pelagiana. DE Carreyre. Cf. Cf. Il serait très instructif de voir comment cette pensée antérieure de saint Augustin et de se demander ne l'aurait pas trouvée bien inadéquate.. 1027). « bonum Essais sur la doctrine de saint Augustin. 481-518 (reproduit dans 2. diligenter legeritis et vivacinullas existimo inter vos de hac re dissensiones ulterius jam futusi. C. 266-274. 33. Jacquin. C. fera couler beaucoup d'encre. art. préféré (De dono perseverantiae. Sur les interprétations la grâce efficace. Surnaturel. et les esprits parurent se calmer. L. pourquoi nous réprimande-t-on : quand nous sommes en faute ? qu'on se contente de prier pour nous. sur laquelle reposera tout l'Augustinisme de Jansénius (6).stoïcisme et christianisme un livre sur la grâce et le libre arbitre (I). 483) ramène un peu trop vite cette distinction à celle de aliud adjutorium quo aliquid comme la grâce suffisante et de distinction s'enracine si. 44. Jansénius. p. TlXERONT {Histoire des dogmes. « De gratia et lihero arhitrio. il anciennes et le sens général du passage. 2. meiis que se trouve la fameuse distinction entre la grâce d'Adam et la nôtre. voulut donner de nouveaux éclaircissements. et mit tous ses soins à la composition d'un nouveau traité (3). et gratia. 380. 125 — . dans Revue d'hist. De correptione non fit. Sur toute cette affaire.. P. 56-61. 3. Augustin semble alors y attacher beaucoup d'importance. opère en nous le vouloir et le faire. paraphrase De correptione et graiz'a. L. 45. l'un des écrits sur la grâce les plus importants. C'est le fameux De correptione et gratia. La question de la Prédestination au r« et au VI^ siècle. p. Jacquin. disaient-ils.. II. 44. p. mais ses disaussi les plus discutés (4). la dans de Lubac. T. P. P. 44 918). Augustin lui-même y renvoie 1702. voir M. à la longue. 1932). Le système de saint Augustin sur la grâce. elle ne cause pas comme cette grâce puissante le vouloir et le faire.

L'erreur des « semiPélagiens » commence à faire parler d'elle. 95. 1916. Voir ci-après. col.. 126 . L. l'Augustinisme rencontre de vives résistances qui obligent le grand évêque à prendre de nouveau la plume pour expliquer sa pensée sur la prédestination des saints et la persévérance des justes (2). 24. Saint Thomas traite la question de la grâce d'Adam (la P. quae non Deus praestat ut faciat homo P. Pelag. dist. Quaracchi. 3. 2. L. par exemple.. L'homme lui en 1. Sous sa dernière formulation au moins. art. D. c. t.PELA GE ET PELA GIANISME médiévaux en feront moins de cas (1). p. avec le concile d'Orange. Saint Bonaventure y fait allusion à propos de la grâce d'Adam (In II Sent. l'Eglise reprendra à son compte de belles formules augustiniennes. Ce n'est pas là le seul reproche que l'on puisse faire à la théologie augustinienne de la grâce.. ad i ) et celle de sa persévérance (la Ilae.. Enchirid. 586). 109. — P. II. q. 44. art. elle occupera longtemps la scène et ne finira officiellement qu'au VI® siècle. nulla vero facit homo bona. Opéra. 21. De dono perseverantiae. q. afin que.. Celle-ci. s'il y a quelque vérité ou quelque justice. Cf. qui résume les efforts d'Auciples gustin contre Pelage : Dieu fait en l'homme beaucoup de choses qui ne dépendent pas de l'homme.. {Contra duas Epist. Pierre Lombard (// Sent.. 29. Opéra. 703). sed contra 1. A ce moment. ayant mieux compris qu'Augustin lui-même que la grâce était pleinement surnaturelle.. n° 193. L. 44. De praedestinatione sanctorum. t. elle vient de cette source à laquelle nous devons aspirer dans le désert de cette vie. II. II. 959-992. 993-1034. 42c) mentionne la distinction augustinienne à propos de la liberté du premier homme. i. dist. ad 3) sans allusion à la distinction augustinienne. 2. 135. 4. '( Multa Deus facit in homine bona quae non » facit homo. mais l'homme ne fait rien de bien que Dieu ne fasse en lui et par lui (3). 10. B. nous le dirons bientôt. p. Ou encore cet admirable extrait du Commentaire de saint Jean : n'a de lui-même que le mensonge et le péché. q. P.. glanées dans les œuvres de l'évêque d'Hippone par de très fidèles disciples. avec ces traités et quelques-uns de ceux qui les ont précédés. Cependant. 2. art. 45. le débat n'est plus entre Augustin et Pelage. Quaracchi.

arb. ou à une série d'actions divines intérieures à la volonté.. nous ne défaillions pas sur le chemin Mais déjà tinienne sur (1). Op. I. on a prétendu que les Pélagiens avaient mieux 1... l'homme ne peut éviter longtemps tout péché mortel. et adoptât.... en nous faisant connaître ce que nous devons faire ou éviter. « Nemo tatis et justitiae. 44. T. 35. col. ut ex eo quasi guttis quibusdam irrorati.provehit.. Anathema sit. Julien d'Eclane maintient la thèse pélagienne « gratia meritum mutât reorum.it d'un don intérieur. dans D.. L. L'expression gratia qua justificatur homo désigne bien la grâce donnée au baptême. P. X. n. cf. C. ut quicumque dixerit gratiam Dei qua justificatur homo per Jesum Christum Dominum nostrum. V. à une nouvelle nature. saires non ut futura vitentur » {De gratia et lib. sans la grâce habituelle. inip. 45. . D. can. Cf. les canons du concile de Carthage ont été attribués au concile de Milève de 416. tract. 896-897). Enchir. 95. L. Milève. non etiam ad adjutorium ut non committantur. mais la notion de grâce est encore bien obscure. le concile de Carthage de 418 a consacré la théologie augus- le rôle médicinal de : la grâce donnée au baptême (2).. mais qu'elle ne dit De même quiconque que cette même Jésus-Christ n'est une aide pour éviter le habet de suo nisi mendacium atque peccatum. 760) et. Carthag. Mais il faut se garder de tout anachronisme. II II). 175. quae jam commissa sunt. Après la condamnation du Pélagianisme. : : : : 127 . P. Plus délicate est ici la question de savoir si cette grâce donnée au baptême est élevante ou médicinale. 3. n» 194). 3 D. 2. sans qu'on puisse préciser si on a affaire à un don permanent. non deficiamus in via » (In Joan.. ad solam remissionem peccatorum valere. qua et ipsum nostrae voluntatis dit quelque part arbitrium vere fit liberum » (Epist. Le texte de Carthage doit être éclairé par des textes augustiniens Augustin « gratia Dei qua christiani sumus. grâce donnée par péché qu'en nous procurant une intelligence plus claire des commandements. non liberum condit arbitrium » (apud AuG. Il s'aa. sed.. Ana- thème à qui dira désormais Que la grâce de Dieu qui nous justifie par Jésus-Christ NotreSeigneur procure seulement la rémission des péchés et n'est pas un secours pour éviter les fautes à venir (3). B. t.» A partir de ce texte et de quelques autres. L. Conc. P. Jusqu'au vii^ siècle. B.. 33. E. 26. Enchirid.. si quid habet homo veriab illo fonte est. 1414 2. I.. à propos de ses adver« dicunt gratiam Dei ad hoc tantum valere. et consecrat. P. Le texte que nous venons de citer disait d'abord « gratia non solum peccata condonat. » Les théologiens scolastiques invoquent ce texte pour montrer que. Amann. L. i.. : : : . ut peccata praeterita dimittantur.stoïcisme et christianisme rafraîchis par ces gouttes de rosée. n" 103 « item placuit. quem debemus sitire in hac eremo.. 1752 (je cite les traductions que donne cet article).

non quidem facile. tanquam et si gratia non daretur.. n° 104 tiam Dei per Jesum Christum Dominum nostrum propter hoc tantum nos adjuvare ad non peccandum quia per ipsam nobis revelatur et aperitur intelligentia mandatorum. page 120. sed tamen possimus etiam sine illa implere divina mandata. 4 D.. » Cf. » _ 128 — .. ideo nobis gratiam justificationis dari.. S. déclare que la grâce de la justification nous donnée pour que nous puissions faire avec plus de facilité ce que nous devons faire par notre libre arbitre. quiconque Le concile consacre également les idées augustiniennes sur l'impuisles justes sance où eux-mêmes.. qu'il soit anathème (2). A. L. etiam facere diligamus atque valemus. 1. S. méconnaître tout ce que celui-ci a dit de notre adoption. Il nous semble au contraire que les Pélagiens. p. Le péché originel selon 1927.. ut sciamus quid appetere et vitare debeamus (voir ci-dessus. nous nous trompons nous-mêmes^ et la vérité nest pas en Quiconque entend ces mots dans ce sens que (J. n° 105 « item placuit. Ibid.. B. can. note i). DE Blic. . Conc. AuG. quod facere per liberum jubemur arbitrium. ut quicumque dixerit. de notre divinisation et de notre union au Christ {supra. comme plus tard les Nominalistes. le véritable adversaire étant plutôt ici saint Augustin.. historiquement. 121. est De même. P. Enchir. si bien que. facilius possimus implere per gratiam (cf. Carth. B. La conséquence serait que les manuels de théologie présentent à tort les Pélagiens comme des adversaires de saint Augustin. 8). p. 156.. : Quand nous disons que nous sommes sans péché. 856 « jam ergo dicunt adjutricem esse gratiam Dei ad facilius facienda. quoiqu'avec plus de difficulté. nous pourrions accomplir. des adversaires de la grâce médicila nécessité Mais c'est nale. ut quod faciendum cognoverimus.PELAGE ET PÉLAGIANISME nous donne aucune force pour aimer et pratiquer ce que nous savons être bon qu'il soit anathème (1). se trouvent d'éviter tout péché véniel L'apôtre saint Jean déclare nous (/ Joan. p. Serm. quisquis dixerit eamdem graI. 13. Ista sunt verba eorum ad hoc dédit Deus gratiam suam hominibus ut quod facere jubentur per liberum arbitrium facilius possint implere per : : : : : : gratiam. » 2. Cependant. loi). « item. 518-523). ut. n'ont jamais donné ici un sens très profond aux formules traditionnelles qu'ils répétaient. supra. notes 2 et 3) non autem per illam nobis praestari. il faut concéder que les Pélagiens sont d'abord. 5 D.. Enchir. 38. malgré : le secours de la grâce. les commandements. sans la grâce. dans Recherches de science de la grâce élevante. A. can. compris qu'Augustin la notion de grâce élevante rel.

L. 228-229. Augustin distingue le droit et le fait. 33.. pécheur de fait. P. 27. Augustin est revenu indéfiniment sur le sens de la prière de demande dimitte débita nostra. 2.. et veritas in eis non est. 44. S. ut humiliter. L. Conc. G. et non hominibus. Voir par ex. in oratione dominica. Si ergo illide quibus mihi scripsisti se dicunt esse sine peccato. Qui pourrait. Pour la première question. n° io6. pourvu qu'il soit bien entendu que cette impeccaniia De perfedione justitiae est un don de la grâce de Dieu {Epist.. P. : naturelles ? Intolérable est la réponse affirmative à la seconde interrogation et toute une partie du De peccatorum mentis est consacrée à réfuter les Pélagiens sur ce point. non veraciter hoc dicatur. .. et Conc. : D.. par un pur sentiment d'humilité et non en toute véracité. 175. ut quicumque ipsa — verba dominicae orationis. L. non aux hommes. B. Le concile de Carthage prend cette doctrine à son compte.. 181.. sed ipsi Deo mentientem. n^s 107-108 « item placuit ut qui. L. p. 317). quia non est eis jam necessaria petitio.stoïcisme et christianisme c'est par pure humilité qu'il ne faut pas dire que l'on est sans péché. 33. 6.. mais il n'en voit pas moins dans cette thèse une erreur. 4. en effet. et insiste sur les textes de l'Écriture qui nous montrent l'homme. Item placuit.. : : : cumque sed pro dixerit. Augustin tolère encore qu'on affirme qu'il y a eu des saints sans péché. 979-984). Omnibus enim necessaria est oratio dominica » {Epist. 6 cf. L. B. 44. Augustin la réfute fréquemment. Il souligne aussi la théologie impliquée dans la prière « si ergo quaeris utrum in hac vita quisquam ita in justitiae perfectione proficiat ut sine ullo vivat omnino peccato.. : 129 .. 7 et 8 D. supporter cette idée que celui qui prie ment. et corde dicit. 8). Un sermon entier. 674-675). le doivent-ils à leurs seules forces peccantia. p. Carth. 12).. DE Plinval. De même. 157. 38. Quis enim ferat orantem. Enchiridion. S.. il distingue soigneusement deux problèmes A) y at-il des gens sans péché ? B) s'ils ont vécu sans péché. Carth. mais à Dieu même. P. L. can. A. 657. vides quia se ipsos decipiunt. qui labiis sibi dimitti velle. P. 44. 675 hominis.i. A. ut aliis non pro seipsis hoc dicant. et non parce que c'est la vérité. est consacré au commentaire de / Joan. et cette distinction provoque une question du comte Marcellin... quel qu'il soit. 2. Enchir..ita volunt a sanctis dici.. en disant des lèvres qu'il souhaite le pardon et de cœur qu'il n'a point de péché à se faire pardonner (2) ? : Théologie admira'ole qui implique toute une attitude spirituelle 1. 1. note 2. ideo dicere sanctos : dimitte nobis débita nostra (Matth. ceux qui veulent que les saints prononcent ces paroles du Pater pardonnez-nous nos péchés. qu'ils soient anathèmes. 41.. 201). voir ci-dessus.. 8 {Sermo. quae sibi dimittantur. qui sunt in populo peccatores. (/ ]oan. De civitate Dei. attende quid dixerit Joannes apostolus. qui vise directement les Pélagiens. à laquelle répondent les belles explications du De spiritu et liitera {P. XIX. mais au début de la controverse... débita non habere ? » Sur la prière de Pelage. P. 115. can... En 415. — Sur la théorie pélagienne de Vim- Pelage. qu'il soit anathème (1).

De naiura et gratia. a reconnu à s'agit de la Vierge de Dieu une sainteté absolument unique. Le concile mais la théologie la fera sienne doctrine. 44.... Mais la loi commune peut souffrir si forte qu'en des exceptions extraordinaires. P. malgré ses idées sur le péché ongmel et la Mère sans d'ailleurs songer à l'Immaculée Conception. quid fuisse responsuros putamus. agitur haberi volo qua propter honorem Domiiii nullam prorsus cum de peccatis possemus et interrogare quaestionem.. La grâce de Dieu peut être d'élimmer absocertaines âmes privilégiées elle accomplisse ce miracle lument tout péché. Trident. Augustin. I. et les Pélagiens. sess. » Cf. et un jour viendra où elle entrera dans les temps à batailler contre Pelage son perdu Augustin n'a pas Vraiment. n" 833.PELAGE ET PÉLAGIANISME dégage le sens de la prière chrétienne. B.. Enchir. de VI. c. L. il ne veut pas entendre parler de péché.. — 130 . 267 : « excepta itaque sancta Virgine Maria. 42. utnim essent sine peccato. 23 : D. cette pas n'authentique thage décisions du magistère (l). Lorsqu'il de CarMarie. si oinnes illos sanctos et sanctas congregare Concil.

32) et même des Pères grecs (c. Vincent de Lérins. Ibid. l'Augustinisme semble avoir acquis droit de cité aux yeux de presque grande lumière de l'Occident. B. de saint Hilaire (c.. 18. Ibii. L.. dans une lettre aux évêques de Gaule. 664-665.. 21. Ibii. col. parle de Pelage comme si Augustin n'avait pas été le grand défenseur de l'orthodoxie (5).i CHAPITRE HUITIÈME LE SYSTÈME AUGUSTINIEN PRESCIENCE ET PRÉDESTINATION saint Augustin meurt en 430 dans Hippone assiégée par LORSQUE les Vandales. 530 (D. 5). 17. 2. col. dationis Epist. de saint Cyprien (c. Cependant. : : nec unquam hune sinistrae suspicionis saltem rumor adspersit quem tantae scientiae olim fuisse meminimus. 50. 2. 50. P. dans son Commonitorium.. pour les contemporains. au nom de la tradition. 4. ne dans l'Eglise. Enchir. » Commonitorium. 13. 30-31). 6).. p. s'en prend aux hérétiques et aux novateurs (2). L. le pape Célestin.. col. enfin s'en prend à une théologie de la prédestination qui. 660-664. ut inter magistros optimos etiam ante a meis semper descessoribus haberetur. En 434. « quis ante profanum illum Pelagium tantam virtutem liber 5. 3. se voit obligé de défendre la mémoire du grand évêque (I). 670 praesumpsit arbitrii ut ad hoc in bonis rébus per actus singulos adjuvandum necessarium Dei gratiam non putaret ? » Vincent invoque l'autorité de saint Ambroise (c. En 431. une opposition commence à se dessiner.. Le docteur africain apparaît la tous les chrétiens comme 1. mais ne cite jamais Augustin ! : — 131 — . 24. 655. n° 128) « Augustinum sanctae recorvirum pro vita sua atque meritis in nostra communione semper habuimus. Il rappelle avec complaisance la chute d'Origène (3) et celle de Tertullien (4).

Dei gratia. 453) dbcimus de nomine Augustini episcopi esse mentitara.1.. provoque une tout simplement l'Augustinisme. Cf. XII. 3. Vincent de Lérins) est dirigé contre l'hérésie en général et l'Église n'aura pas tort de lui emprunter plus tard une idée de la Tradition {Conc. col. 1696. Cf... note H. Prédestination. Nous dirons au chapitre suivant ce que fut le semi-Pélagianisme. du vivant même d'Augustin. : — 132 — . d'Augustin des idées hétérodoxes La réalité est beaucoup plus réaction. 36. 620) « nonagesima haeresis quam in praefatione nostra (col. t. c. Cette « hérésie » n'est autre que la théorie augustinienne de la prédestination. p.. etiamsi nec pétant nec quaerant. 37. J. Essayons ici de situer et d'apprécier en ellemême cette théologie augustinienne de la grâce et de la prédestination. 2828-2832.-D. de science relig. c'est Ce qui. La fortune du Commonitorium. sine ulla industria.334-351- Praedestinatussivepraedestinatorum haeresis. latins avaient le plus commentaires sur l'Ecriture. Amann.. P.. Opéra.. Orat. Prat. II. tamen ita divinitus dispensentur ut angelicis evecti manibus. 397) . Vatic. dont certaines thèses scandalisent ces bons chrétiens peu philosophes que sont Cassien et ses amis les moines de Marseille. E. t. nec puisent magna et specialis ac plane personalis quaedam nunquam (noter ces expressions).LE SYSTEME AUGUSTINIEN pouvait être que celle d'Augustin verses jansénistes.. Prédestinatianisme. 40.001. Désormais l'histoire de la théologie de la grâce en Occident ne sera plus qu'une histoire de l'interprétation de l'Augustinisme. qui cite ici Greg. P. voir F. A. 36. III. G.. e. 305) . 27 (P. simple. D. Théologie de saint Paul. col. I.1. Orat. p. Sur cette question délicate.. 668). L. : . 145-147. p. et comment.Sni. cap. 4. 53. Vincente de Lerins.MOî^T>.. sine ullo studio. il oblige les théologiens à mettre en lumière la volonté salvifique de Dieu.. Au XVIII^ siècle. les Pères grecs et les Pères souvent fondé la prédestination sur la prescience (3) frôlant parfois l'erreur qui sera celle des semi-Pélagiens (4). C. Enchir. T. dans son opposition à l'Augustinisme et malgré sa condamnation. dans un sens un peu différent. 2803-2805. Sirmond vieilli tienne aurait existé au V® siècle. D. 21 (P. d'Alès.506 P. Madoz. 87-88. El concepto de la tradicion en S.B. sess. » Le célèbre écrit de « Peregrinus » (i. praeJestinatorum nomen accepit. T. (2). hom. 519-526. SiMONIN. dans Rech. possint ofïendere ad lapidem pedem suum. H. mais le leurs 1. G. 26.. — 1936. C. In Gen.. adeo ut sine ullo labore. (cf. t. tï° 1800 cf. Naz.. L. col. mais il faut lire en filigrane l'hérésie concrète que vise l'auteur. Ibîd. XII. G. TiXERONT. 1933. Dans 674 : « audent etenim polliceri et docere est quod in Ecclesia sua. J. t. 25. 7 2. Histoire des dogmes. 50. et. lors des controimaginera qu'une secte prédestinasecte qui aurait mis sous le patronage (1). 4 D. Chrysost.

178P. 9-10. 2. » « sunt igitur omnes homines 5. 41. 14. 53.. hom. après saint Paul. -~ Serm. 879. 3 (P. 22. 1. : punitus est. T. C'est ce qui le rendra indulgent pour les premiers représentants du semi-Pélagianisme (4). atque ita dispertiatur genus huroanum.. ut in quibusdam demonstretur — 133 — . I. 1918 {massa perditionis). quod In sive exigatur. C. P. 35.. VIII. n" 3.. 1853.. L. Voir ci-dessus. L. Saint Augustin fut. » Epist. col. (P. solidaire de son chef. XII. P. H. Le P.. Nous avons dit plus haut que. 240). 99-100) In Epist. sed a nobis esse in nobis et per illara nos impetrari Dei dona quibus temperanter et juste et pie vivamus in hoc saeculo. tract. T. e. XXI. 27. et non seulement de l'appel au salut.. supplicium debens divinae summaeque justitiae. t. Simonin. Prédestination.PRESCIENCE ET PRÉDESTINATION problème n'était pas encore posé comme il le sera dans la suite (0> et il faut se rappeler que l'Église devait alors défendre la liberté contre les Manichéens. 727 « quanto magis homo fruebatur Deo. 2829) concède que les formules de saint Jean Chrysostome sont quelque peu semi-pélagiennes d'aspect. 153-154. le genre humain tout entier. par suite du péché d'Adam.. Voici synthèse à laquelle il aboutit. 38. librement. tract. dans le même sens. quod esse posset aetemum. Dom 0. 12. C. D. et les écrits de la dernière période. ai Haehr. Rqttmaner (Der Augiistinismus. 194. 40. P. Serm. 62.. Hinc est universa generis humani damnata quoniam qui hoc primitus admisit.. 44. Simonin (Z). 2-3. parce qu'il est aussi miséricordieux.. est comme une pâte de péché. n^ 2. P. 678-679. De : : — — — n° 2) accumule 6.. P. cum ea quae in illo fuerat radicata stirpe De civitate Dei. Ce progrès réalisé par lui au sujet de la prédestination et de Vinitiumfideî influe sur toute sa théologie de la grâce. L. 4. éternité. 121 una quaedam massa peccati. 109. sive donetur. 3. T. G. Dieu. / Cor. tanto majore impietate dereliquit Deum et factus est malo dignus aeterno..-J. cum similiter errarem. 33. De divers. : 12. 87. 179. Jean Chrysostome. 16.. 228) . ad PhiL. G. de toute la en résumé Pour lui.. une massa damnata à laquelle l'enfer serait dû en stricte justice si Dieu n'était qu'un Dieu juste (5). tandis nombre d'élus qui seront sauvés par grâce que les uns. nisi misericordia et indebita . putans fidem qua in Deum credimus non esse donum Dei. L. hom. . G. L. D.. P. L. p. se damnent. 1-2 (P. XII. 7) etiam ipse convictus sum. ici les références. décide de tirer de cet abîme un certain (6). etc. il s'était lui-même corrigé sur ce point (3). 964 (i. 4. 8.. dès 397. Joann. 63. dans l'œuvre du salut. Voir. nulla est iniquitas. In Epist. gratia liberetur ut nuUus ab hoc justo debitoque supplicio.. le premier à com- prendre que. 35. L. Il s'agit ici de la grâce intérieure. « quo praecipue testimonio praedestinatione sanctorum. Ainsi. 38. quaest. 7. JuGlE. L. la priorité appartient toujours à la grâce et que l'homme ne saurait se discerner lui-même (2). ad SiinpL. P. Mais. 109. 2832. In Joan. qui in hoc se peremit bonum. C. M.

35. sanct. voluntas quae libéra est in malis quia delectatur malis. » Dans le même sens. infra. 6-7.. Neque enim utramque in omnibus quia. 12. dans l'œuvre de leur salut. De gratia et lib. note 5. II. et gratia.. 33.. p. » De praedest. p. In qua propterea multo plures quam in illa sunt.. totum Deo dandum ne forte quis extoUatur. in numéro praedestinatorum se esse praesumat ? » Ibid. » Cette fausse liberté du pécheur qui aime son péché est en réalité un esclavage : « peccato Adae arbitrium liberum de hominum natura periisse non dicimus. 40.. XIV.. L. note i. 942. en sorte que tout. De praedest.. in nullo appareret severitas ultionis. 12. voir J. les autres sont prévenus. 245 (voir sur ce texte. 44. 41. col.. 928 « sunt filii Dei qui propter susceptam vel temporaliter gratiam dicuntur a nobis nec sunt tamen Deo. 940 sunt in regnum Dei. 970 : « quidquid et antequam in Christo crederet. P. P. L. : — De : — : — : — in crederet... et cum credidisset. si omnes remanerent in poenis justae damnationis. Quod si omnibus redderetur. P. sed ad peccandum valere in hominibus subditis diabolo » (ibid. subsequitur ut cum illo semper vivamus. 44. quamdiu hac mortalitate vivitur. 2... 106.. 985 « immobilis veritas praedestinationis et et est.. L. 44. 44.. 42. col. quia sine illo nihil possumus facere. Sur cette liberté du pécheur. P. L. De corrept. P. : De — : — : non autem quicumque vocati consequenter electi. cum autem volumus. et ci-dessus. Il n'est pas d'ailleurs le même que celui des hommes appelés à la foi. 45.. car jours se un chrétien Augustin insiste beaucoup sur ce point peut toudamner (5). » De natura et gratia. Cf... » De civitate Dei. et sic volumus ut faciamus. De corrept. 39. in caeteris quid justa vindicta. 969. même s'ils — — quid valeat misericors gratia. 244. Le nombre des élus est immuablement fixé (4). 44. cum — : : — : : gratiae... q. nobiscum cooperatur. P. P. 34.LE SYSTÈME AUGUSTINIEN abandonnés par Dieu aux conséquences de leurs péchés (1). P. P. 44.. L. L. L. in nullo appareret misericors gratia redimentis . 44. P. arb. puis aidés (2) et enfin sauvés par la grâce du Christ Rédempteur.. Mausbach. bene operatus est Cornélius. 14. rursu si omnes a tenebris transf errentur in lucem. L. L. 553 « in malo liberum habet arbitrium oui delectationem malitiae vel occultus vel manifestus deceptor insevit.. 1929. p. 940 « quis ex multitudine fidelium. » P. 901 « ut ergo velimus sine nobis operatur. 40. L.. 26. 1. 264 « praevenit. ut pie vivamus. corrept. Augustinus. Contra iuas epist. démons craretur : m : — praedest. sandorum. quorum ita certus est numerus ut nec addatur eis quisquam nec minuatur ab eis. 20. Pelag. L. L. » 3. justitiam vindicantis juste nemo reprehenderet quia vero tam multi exinde liberantur. » — 134 — . et gratia.. 5. 577). est unde agantur maximae gratiae gratuito muneri liberantis.. » Ibid. est un don de la miséricorde infinie (3).. vel sibi ipse persuasit. P. 138. ut sic ostenderetur quid omnibus deberetur. » De dono perseverantiae. Enchiridion. » « haec de his loquor qui praedestinati 4. etc. 435 « certum numerum civium. 11. II. 44. L. Die Ethik des heiligen 44. sanct. I. et gratia. n° 27 P. Mais ceux que Dieu a prédestinés. 1000 « tutiores igitur vivimus si totum Deo damus. t. 924 « quicumque electi sine dubio vocati. 44.

fuerit. 733. 194. 3. 1401. » Epist. 915-946.. Serm. en particulier dans le De correptione et gratia (5) et dans le traité en deux parties qu'Augustin écrivit pour répondre aux objections des moines de Provence.. Epist. In Joan. L. 1932.'P... tract. P. et gratia. Cet exposé a provoqué de vives réactions chez les amis de saint Augustin (7). ut largius accipiendus petendo. P.. Textus et documenta. mais elle se trouve nettement explicitée dans les écrits de la dernière période. 959-992 . P. n° 13. Contre Rottmaner. Etiam hoc agit acceptus. P. 879-880. quaerendo. Augusti- donatum 3. 44.. effet d'arriver au terme (1). » Serm. A la fin du XIX^ siècle. réimprimé dans le recueil Geistesfriickte aus der Klosterzelle. 10.. 1725 » « ex istis P. peut s'y disposer par 1. Hoc Dei : perseverantiam usque in finem. L. 10. 8. 1908. 6. 45. Z)er Augustinismus. 1539 « ipse nos facit petere quemdesideramus accipere. L. 7. bourré de références. tract. 7. 38.. 1466 nisi dona sua. L. sanctorum. 38. P. quia omnes electi sunt. P. Rottmaner.. P. mais tels catholiques nous inviteraient volontiers à voir dans Baius ou Jansénius les véritables héritiers de la pensée du docteur d'Hippone. 45. 44. De praedestinatione sanctorum et De dono perseverantiae (6). Serm. P. » 2. E. ad tempus erra: : corrept. 118 (XIV). L. couronnant les mérites de l'homme. ne peuvent manquer est un don. 993-1034. l'homme ne peut la prière. poscatur... dans un écrit d'une trentaine de pages. nihil coronat 4. nullus amittere... 5. De corrept. Elle ne laisse pas de faire difficulté. 999 possunt habere. 44.. L. 10. PORTALIÉ. etc. ipse nos facit quaerere quem cupimus invenire. L. « Cum ergo Deus coronat mérita tua. multi donum suppliciter emereri potest. 5. Cette synthèse inspire tous les écrits d'Augustin. » Cette définition deviendra classique. 297.. et gratia. 38. 168. 19.. 44. dom Odilon Rottmaner. 33. L. amitti En. 131.. P. 1892. P. ipse nos facit pulsare ad quem nitimur pervenire (noter encore une fois ces expressions). 913-914. « nos negare quidem non possumus etiam 2. 921 perseverantiam in bono proficientem usque in finem esse magnum Dei munus. pulsando. Boyer dans les 5. 44. 14. Serm. Rome. L. 333. séries theologica. mais il de la grâce et quémandeuse de grâce (3). In Joan.. L. a donné de cette synthèse un exposé remarquable.— PRESCIENCE ET PRÉDESTINATION s'égarent pour le mériter (2). couronnera ses propres dons (4). 45. c. Mais il n'a pas laissé d'influer La persévérance un temps. : — — — : — — — — 135 — . sed cura « contumaciter non potest. 16. cf. P. 38. » De praedest. — De : « si praedestinatus est. Non seulement Harnack et les historiens protestants du dogme. 880. — : : — De dono perseverantiae. L. P.. 37... L. 1014 « haec est praedestinatio sanctorum nihil aliud praescientia scilicet et praeparatio beneficiorum Dei quibus certissime liberantur quicumque liberantur. p. 194.. L.. 1362. 35. L.. Celle-ci. » vit. L. 35. in Psalm. Ce traité a été édité commodément par le P. 11-32. L. P. ne cesse pas d'être nécessaire jusqu'au jour où Dieu. 33. 35. in aetemum non periit. 1014 nullus périt. P.

et les « historiens » parlent volontiers du pessimisme augustinien qu'ils opposent à l'opti- misme de saint tion est artificielle. pour tout lecteur non prévenu. IV. impliquent la négation pure et simple de la liberté. Augustinisme. 207-208. col. Q. : : quot homines et quinam homines ad salutem aetemam pervenient b) quibusnam gratiis singuli ad hune finem perducentur c) quamnam mensuram gloriae obtinebunt. col. PoRTALiÉ. lui aussi. c'est de ne pas avoir été pleinement augustinien et d'avoir parfois. Vi hujus propositionis tenendum est. II y aura certes un très grand progrès de l'une à l'autre. on chercherait en vain une opposition. la foi cathoL. nisme. mais dans l'explicitation de la notion de grâce habituelle. note 3. La différence des époques ne doit pas faire illusion. 127. S'il nous faut reprocher quelque chose à saint Augustin. de la nécessité de la grâce ou de la prédestination. la synthèse médiévale ne sera qu'une transposition en langage nouveau de l'anthropologie religieuse de saint Augustin. a) . 2531. Qu'il s'agisse de' l'état primitif et de la déchéance originelle. I. Disons une fois pour toutes que cette opposiPour qui a fréquenté Augustin et Jansénius. p. Il faut dire à la décharge du bénédictin allemand que cette doctrine est souvent présentée de façon très maladroite. Il y a cependant du vrai dans les assertions courantes. BoY-EVi. rien n'apparaît plus dissemblable que la théologie janséniste et la théologie augustinienne. 2376 . et ci-dessus. à peine indiquée chez Augustin précision surtout dans les notions de nature et de surnature (1). de 215 . C. A. à condition d'expliquer ces mots statutum esse. n° 102) écrit par exemple « Decretum praedestinationis est infallibile et immutabile. dans Dict. T. il faudra parler aussi du pessimisme de saint Thomas. dans D. pour ne rien dire des contemporains de ce dernier. E. Si l'on parle du pessimisme de saint Augustin. Etudes sur la doctrine de saint Augustin. . Baius et Thomas d'Aquin. qui. Ce dernier fait justement remarquer que les thèses qui scandalisent le plus dom Rottmaner sont parfois tout simplement la doctrine commune de la prédestination (p. rien de plus proche au contraire de l'Augustinisme d'Augustin que l'Augustinisme de Thomas d'Aquin. Prédestination. été victime de ce verbalisme inconscient que l'on a dénoncé chez le plus grand de ses disciples. Oui. chez saint Augustin comme chez saint Paul. apolog. p. La doctrine de la déchéance originelle. 221). D. non seulement dans les thèses philosophiques.LE SYSTÈME AUGUSTINIEN sur l'interprétation de la pensée augustinienne. t. n'est qu'un des aspects d'une synthèse plus vaste sur le péché et la Rédempi j ! . Thomas. I. d'Alès. C. Un auteur aussi consciencieux que Van Noort {De gratia. mais. Expliquons-nous plus clairement. : — 136 — . du point de vue qui nous occupe. apud Deum statutum esse t. T. I. » Les trois propositions sont données comme de foi. 1932.

justi- — — : : ficati et justi.. écrivain pressé. risquent de laisser échapper le meilleur de la pensée : d'Augustin. ajouteront le parallèle antithétique entre Eve et Marie. et homo ad vitam.. « quia duo parentes nos genuerunt ad mortem. P. In Psahn. sicut in his qui crediderunt (noter la restriction). Si enim sub captivitate non teneremur. et je la retouche d'hui. p. 2. De perfectione just. » nécessi- — ^2>7 — . 891 « omnis homo Adam. 9. pour juger équitablement du fameux pessimisme augustinien.. On l'a jugée trop optimiste. P. duo parentes nosgenuerunt ad 154 vitam. L. 70 (II). hominis... il dira parfois que l'homme. secuta est et acci- peccantem peccatum habendi dura nécessitas.. 38. que p. 22. 4. 2^ éd. Adam et Eva parentes qui nos genuerunt ad vitam... reprenant une idée des Pères grecs et l'amplifiant. 188-196. 44. 12. L. P. P. omnis homo Christus (3). Parentes qui nos genuerunt ad mortem.. in illo si inter- n'a malheureusement pas encore été étudié à fond. Il — Ce thème des deux Adam rempht toute Il : Nam in se si interroges. 35. Redemptore non indigeremus. II. omnis homo Christus. non in se. 11-18. 1296 « ergo in Adam Christus et Adam in Christo. 27. mais je persiste à croire que les historiens d'aujourRottmaner. L.. Ici encore. a été annoncé par une évocation de la massa peccati). 3. 36. du moins une participation de cette liberté (4). dans Recherches de science religieuse. ici (I). T939. universum genus 1. i. sinon la liberté d'avant la chute. donec tota sanetur infirmitas piatur tanta libertas. 296 : « quia peccavit voluntas. Adam la sunt. Augustin n'insiste tant sur la déchéance de l'homme que pour mieux souligner la toute-puissance de la grâce et de la miséricorde divines (2). Omnes qui ex Adam.. dans Bulletin de la Société française d'études mariales. L. influencés par U un peu. : souvent sur l'affirmation que l'homme peut toujours retrouver. L. cum peccato peccatores. tin. 179 humanum. Voir le beau texte d'Isaac de l'Etoile cité dans Mersch. homo ad mortem.PRESCIENCE ET PREDESTINATION Comme son docteur préféré. Comme il le dit en une formule magnifique Omnis homo Adam. sed in illo... tr.. p. les Augustiniens. 1401 « homo et homo. 38. t. je reprends librement mon étude sur saint Augustin. et le développement qui l'amorce. il faut replacer dans leur contexte les formules apparemment impitoyables du docteur d'Hippone. P. omnes qui per Christum. Le corps mystique du Christ.. » : anthropologie religieuse de 2. Les théologiens de l'École française reprendront ce thème. 4. Chez lui. Au moyen âge. L. prédication d'Augusfaut le compléter par ce grand évêque d'Eve dans son rapport à l'Église Serm. P. mésusant de son « ex prima transgressione hominis. » In Jean. Christus et Ecclesia » (ce beau texte. Christi sunt. 1936. 150-155. 3. 1937. n. Serm. \'ictor diabolus possidebat. 36. 10. ita ut sit etiam nunquam peccandi voluntaria felixque tas. Aussi bien. les formules où s'accuse le plus l'impuissance du libre arbitre chez l'homme déchu se terminent tion (1). » In Psahn. » roges. Orateur. Voir notre étude sur La place delà très sainte Vierge dans l'Eglise corps mystique du Christ. dit le : . quia membra sunt Christ'.

44. s'est perdu et a perdu celui-ci (1) : mais ailleurs. Par là. note i. L. P. n. 44. p. Mais il est aussi miséricordieux. tout cela eût été équitable et Dieu aurait agi de la sorte. 20-21) insiste au contraire sur les textes affirmant la toute-puissance de la grâce de Dieu. libération de ceux qui ont été sauvés par « libero arbitrio maie utens homo se perdirlit et 1. 227-228) montre que... 134. P. Boyer( Etudes sur les Mauristes lisent ici tation janséniste.. bien que à tort inseparabiliter. 940) : « subventum est infirmihumanae ut divina gratia indeclinabiliter et insuperahiliter ageretur. ut in omnibus misericordia ejus praevenit nos . 2 10) écrit justement était dans la volonté un poids différent de la volonté même. et sa misérila corde éclate dans grâce (5).LE SYSTÈME AUGUSTINIEN libre arbitre. consentire autem vocationi Dei. Augustin) quia primi hominis peccato liberum arbitrium perierit » (apud AuG. « ipsum velle et credere Deus operatur in 2. le texte à la note suivante. il affir- mera que l'homme.. après avoir tracé des conséquences du péché d'Adam un tableau absolument effroyable. » Julien d'Eclane ne manquera pas de relever ces excès de langage « dicunt illi manichaei (i. donne à l'activité de la grâce divine l'aspect d'un détermi: : : : nisme du dehors sous lequel la liberté de la volonté disparaît. sans oublier le texte fameux du De tati voluntatis correptione et gratia (n. 4. 44. De spiritu et littera. M. conclut que. ce texte ne favorise nullement l'interpré- Le P. Mais on oublie d'ajouter que le même Augustin corrige aussitôt cette première affirmation : s'il Oui. nul n'aurait pu lui demander des comptes (4). propriae voluntatis est. ne retient que ce qui concerne les conséquences du péché d'Adam (Histoire des dogmes. I. p. 2» éd.. 245 : « ita ergo res se habebat : jacebat in malis vel etiam - 138 - .481). Mais Augustin se défend contre une interprétation tendancieuse de sa pensée. pourtant si honnête. Voir ci-dessus p. 1929. On se plaît aussi à citer un texte fameux oii l'évêque d'Hippone. malgré tous ses efforts ultérieurs. » Rottmaner {Der Augus- tinismus. 40. note 3 . « Jansénius raisonne toujours comme si la delectatio 1943. capable d'incliner les coeurs les plus endurcis. 6. 552). Pelag. si Dieu avait laissé l'humanité courir à sa ruine. Tixeront. il introduisait dans la volonté augustinienne un motif déterminant de nature hétérogène qui.. garde le pouvoir de correspondre à la grâce de Dieu (2). L'Eglise nous le donne à lire au bréviaire pour de la Septuagésime et ne s'en offusque pas. sicut dixi. vel ab ipsa dissentire. » 3. » la doctrine de saint Augustin. L. 204. e. n'était que juste. 30. 27. Voir l'office 11.. 40.. P. Gilson {Introduction à l'étude de saint Augustin. Enchiridion. L. Attribuer à Augustin la thèse janséniste du déterminisme de la grâce est certainement une erreur de perspective (3).. p. P. 5. L. 38. 246 ipsum... Enchirid. p. 4. P. au plus profond de sa déchéance. L. Contra duos epist. 60. 260 homine.

De peccatorum mentis. per locorum spatia vegetare sensus. Melius enim judicavit de malis bene facere. • — 139 — . 8. 42. de l'ofïense de Dieu.. P. 315 « eadem gratia ejus adjuti. ita et tu deseruisti creaturam tuam. just. peut donc être le point de départ d'un optimisme de la grâce qui ne le céderait en rien à l'optimisme des Pères grecs. L. De peccatorum meritis. P. 1.. non sane creatoris desistente bonitate et malLs angelis subministrare vivacemque potentiam. 580. 1127 De perf.. répond un élan surnaturel. » En. 124. dignissiet adjuncta parti eorum qui peccaverant angeloram luebat impiae desertionis mas poenas. Serm. un mouvement de relèvement tout gratuit. ratione monstraret. hom. 44. P. I.. omnis homo Christus.. 5. quae praeceptum sui Creatoris. quae subministratio si auferatur. 44. 41. individuelle et sociale. 977 : « facilius ille (Deus) continebit iram quam misericordiam. etc. 153. La propre histoire d'Augusn'est-elle pas le vivant témoignage de cette rencontre entre l'homme (3) ? Dieu La grâce le du Christ n'a-t-elle pas travaillé les ? âmes bien avant que parût Christ lui-même (4) Le Christ mystique n'est-il volvebatur et de malis in mala praecipitabatur totius humani generis massa damnata... contra JuL. 16. 11. in Psalm. 11. L. P. 32. XVIII.. au mouvement de descente qui est la conséquence normale. 41. imperf. L. 88. quamvis de propagine vitiata damnataque nascentium. L.PRESCIENCE ET PRÉDESTINATION Un Dieu qui ne serait que juste ne serait pas le Dieu d'Augustin.. 44. » 2. il ne serait pas le vrai Dieu (1). 2. bien compris. » Sur les justes de l'Ancien Testament et ceux du paganisme. et pro suo merito poenam penderet sempiternam ? Plane ita faceret si tantum justus. 45. III. quidquid caeca et indomita concupiscentia faciunt libenter mali. sua maie utens potestate calcavit atque transgressa est. Contra duas Epist. P. quam mala nulla esse permittere. par temporum aetates. L. Et si quidem in melius hominum reformationem nullam prorsus esse voluisset. 707 « convertantur ergo et quaerant te. 593. P.. : — : : — — II. L. Op. pelag. P. seuls se dérobent à son action bienfaisante yeux qui volontairement se ferment (2). Omnis homo Adam. alimenta donare. mais sans limites. interibunt et hominum. L. quae salubrem servitutem ab ejus legibus maie libero abripuit arbitrio. 36. cf.. L. Ad iram quippe Dei pertinet justam. L. universa in aeternum desereretur ab eo. non etiam misericors esset suamque indebitam misericordiam multo evidentius in indignorum potius libe. V. P. nonne merito fieret. les tin et Dieu est la lumière. 44. quod custodire facillime posset. 161. ut natura quae Deum deseruit. P. et quidquid manifestis opertisque poenis patiuntur yitam inviti . Confess. 3.. A la déchéance correspond la Rédemption. 4. quia non sicut ipsi deseruerunt creatorem suum. sicut impiorum nulla est angelorum. 76. quae in se sui conditoris imaginera ab ejus lumine contumaciter aversa violavit. » « et ipsos justos eadem gratia 4. Le pessimisme augustinien. — De — civit.. 23. Dei. » liberavit. formare semina et animare ordinare membra. II.

aequale et coaetemum Patri. note 6). non omnibus ? Et hic respondeo quoniam Deus judex est. situe ces problèmes sur un plan où la critique n'atteint plus guère. XXI.. 133. L. 143. cujus ille caput est. 1002 mérita datur ? Respondeo quoniam Deus misericors est. P.. mais si la miséricorde est universelle. dès l'éveil de sa raison.. 334-335 « neque tune sane defucrunt justi qui superbiam diaboli vincerent. ita omnes sancti qui ante Domini nostri Jesu Christi nativitatem in terris fuerunt. 37.LE SYSTEME AUGUSTINIEN pas venu au jour dès l'origine. Verbum Patris. Ac per hoc et gratis ab eo datur gratia. par ex. » « qui perseveraturi non sunt. inquit. mais il ne voit pas qu'on peut maintenir la gratuité tout en affirmant que.. In his omnibus mysteria spiritualia significabantur quae ad Christum et Ecclesiam pertinerent cujus Ecclesiae membra erant etiam illi sancti. quamvis in hac vita fuerint antequam secundum carnem Christus Dominus nasceretur.. tamen universo corpori sub capite conjuncta atque compacta est. 16. grâce à une théodicée très ferme. non sunt a massa Dei et praedestinatione discreti . 45. per quod facta sunt omnia. tanquam totius corporis caput esset. in Psalm.. « Cur. P.. 1857). De catech. Prisonnier d'une notion trop anthropomorphique de la gratuité des dons divins. p. 6i.. 727 (cité ci-dessus. L. il faut que de la massa damnata soient tirés un certain nombre de privilégiés (3).. 2. rudibus. ^. L. Pour que la miséricorde divine éclate. L.. Sed velut homo dum nascitur etiamsi manus in nascendo praemittat. gratia Dei non secundum 2.. mais ne songe pas à tirer parti de cette remarque. ut totius Ecclesiae. 45. : : : gratia. Ipse enim unigenitus Dei Filius. ainsi qu'il arrive parfois lorsqu'enfantent les mères selon la chair (1) ? Toutes ces thèses sont dans l'esprit de l'œuvre du grand Augustin. : illa perditionis praescientia 140 . 16. ac per hoc non electi. De dono perseverantiae... Mais sont-elles dans la lettre ? il faut bien avouer que non. 4. tamen universo corpori. sera-t-elle encore la miséricorde ? La pré' ? destination des uns n'entraîne-t-elle pas la réprobation des autres (4) Augustin insiste avec raison sur la gratuité du premier appel au salut. inquit. 36. Nous verrons comment saint Thomas. De civitate Dei. 3. l'homme est baigné dans une atmosphère de grâce (5). 731-732.^. P. 40. Cur ergo. quod régis sui Christi ventura humilitas per Spiritum revelata sanavit. P. et ideo nec secundum propositum vocati. L. : Deum pie quaererent et . L. In Psalm. et justo ejus in aliis judicio demonstratur quid in eis quibus datur conférât 1. De dono pers. homo propter nos factus est. » Ce thème est repris ailleurs.. Il dit quelque part que la mère donne gratuitement et s'afflige s'il n'y a personne pour accueillir ses dons {En. quamvis ante nati sunt. 925 41. » 5. sub capite cohaeserunt. les membres précédant le chef. ou de l'appel à la conversion du pécheur. P. Augustin ne conçoit pas que la grâce puisse être gratuite si elle est offerte à tous (2). cives illius sanctae civitatis. P. 4. 12.

et ipsa est aeternitas. prédestination et mérite humain s'opère sur un plan supérieur (2). runa : — Confess. » P. 32. 815 : « Nec tu tempora praecedis. » — 141 — . non erit aliquid.. et superas .sed praecedis praeterita praesentia aeternitatis. 36. La conciliation entre grâce et liberté.. Dès le début était si de sa carrière. 11. P. T. 37. In Dei autem natura. . mais un éternel présent (1). Placet ergo ut non dicamus praescientiam Dei. F. P. quaest. L. sed hodie. » : . talis ero qualem me Deus futurum esse praescivit » (De dono pers. L. il lutte avec les textes pauliniens sur la prédestination. et anni tui non déficient. » « melius dicitur aliam esse scientiam Dei. aut fuit. préoccupé de défendre le souverain domaine de Dieu et son absolue transcendance. omnia omnia futura. 40... — — : — : Augustin n'en conclut pas qu'on doive renoncer à prêcher la prédestination. En. comme si le choix au commencement de l'histoire du monde. in Psalm.. 1933. et le beau livre de J. 7... Platonicien. ad Simplicianum. 1934. on peut affirmer que saint Thomas ne sera pas ici plus profond que son maître.. Il du moine qui disait « qualiscumque nunc sim. 38. E. Exspectatur cum cupiditate. 40. scit Deus et praescit ineffabili modo. 40. il avait énoncé des principes philosophiques auxquels il ne renonça jamais. Ibid.. // ny a en Dieu ni passé ni futur. quasi nondum sit. en un sens. quia illa futura sunt et cum venerint. nec praeteritum igitur nec futurum.. De divers.. 122 cum venerit fit statim praeteritum. Ibid.PRESCIENCE ET PREDESTINATION A vrai la dire. sed est tantum id quod est. 120 aeternitatis quaedam imitatio est. L. 15 « omne praeteritum jara non est omne futunondum est omne igitur et praeteritum et futurum deest. L. quasi jam non sit 2. il est. 6.. Augustin prédestination comme des élus se faisait lui-même trop philosophe pour traiter de Dieu était dans le temps. p.. amittitur cum dolore. II. mais redoute qu'en refusant de prêcher la vérité. P. praeterita erunt tu autem idem ipse es. L. P. on laisse croire que la grâce est accordée au mérite. Apud Deum autem nihil deest.. 2.. Cf. Guitton.. Le temps et Véternité chez Augustin rappelle ces principes au moment même où Plotinet saint Augustin. P.. unus tuus non quotidie... rappelle l'histoire : — : : . 45. col. Il lui faut se placer sur le terrain de ses adversaires. sed tantummodo scientiam. 226-227. » 16. lui. anni tui omnes simul stant. L.. Hodiemus tuus aeternitas. 3. XI.. L.. « vicissitudo temporura sibi succedentium 3.. 9. 2.. Augustin sait bien que le temps n'est que l'image mobile de l'éternité (3) et. Die Anthropologie Augustins. 1017). sed omne praesens est apud Deum.. 140 et non ejusdem generis cujus ista est quae hominum dicitur. 71 (sur le texte Ego hodie genui te). De là vient que les thèses sur la prédestination De diversis quaest. 17. Anni tui nec eunt nec veniunt. » « quod in illis futurum est. Mais les nécessités de la polémique obligent le pauvre évêque à descendre de ces hauteurs. 138-139 « quid est enim praescientia nisi scientia futurorum ? Quid autem futurum est Deo qui omnia supergreditur tempora ?. 2. Dinkler. Anni tui dies unus et dies In Psalm. Cf. Pélagiens et pélagianisants cherchent à sauver le libre arbitre .

chaque fois aussi. 5. 1515 « sanguis Domini. Forte enim dicis habuit sanguinem Deus meus que me : : / 142 . aut se tam magnos esse pro quibus solis illud datum sit. avide de systématisation. TiXERONT. Malgré ses efforts. 95. » « J'ai versé telle goutte si de mon sang pour toi ». chaque fois qu'on se remettra à l'étude directe de sa pensée. P. mais cette formule consolante n'est pas absolument pure de tout orgueil Sermo. L. ils s'attacheront à interpréter le De correptione et gratta ou le De praedestinatione sanctorum par les Confessions. Mais en à s'évader questions. Il se garde bien de les installer dans une fausse sécurité et ne prêche sur le don de la persévérance que pour inviter à la prière et à l'effort courageux.. si du moins nous voulons bien qu'il le soit (4) d'une position de problème . de Baius et de Jansénius. Au lieu de mettre une opposition factice entre le théologien de la grâce et le pasteur d'âmes (2). 1. Non ergo exsultent. Histoire des dogmes. infra. tandis que traitant ces redoutables tel ou tel « juste » sera damné. pro toto dédit janséniste. 37. 2. la Cité de Dieu. les réactions orthodoxes les plus sûres seront le fait de fidèles augustiniens qui chercheront à corriger Augustin par Augustin. 4.. n. dit le Christ de Pascal. Augustin très n'arrive pas anthropomorphique. II. 1231 superbi sunt qui dicunt aut illud tam parvum esse ut solos Afros emerit. J. 89. Il dénonce par versalité de la volonté salvifique de Dieu il I restreindre celle-ci. : « valde ingrati sunt pretio suo aut multum 3. Plus d'un païen est prédestiné. pour les seuls justes de l'Église d'Afrique (3) ils y liront que ce sang versé pour tous est versé aussi pour chacun de nous. il parle comme si Dieu était dans le temps. L. Ce sera ce sera le cas de Calvin. comme l'insinuaient les Donatistes. les Lettres et les Sermons de ce grand apôtre que fut Augustin. si vis.LE SYSTEME AUGUSTINIEN et l'efficacité de la grâce prennent chez lui une allure redoutable qu'elles n'avaient pas chez saint Paul. In Psalm.. si nolueris non est datus pro te. datus est pro te. . 4. p. il se trouvera un esprit intransigeant. non superbiant. 344. Aussi. Non qu'il veuille avant tout cherche à exciter chez ceux qui ont été tirés de la masse de perdition la reconnaissance et à leur faire comprendre de quel amour invraisemblable ils ont été aimés. le cas de Godescalc Mais. 505. quantum dédit. esse. 146. Augustin s'embrouille à discuter sur l'uni( ). P. Ils y liront que Dieu veut le salut de tous les hommes. mais avance toute interprétation orgueilleuse de l'élection divme. pour dégager de ses écrits une synthèse impitoyablement prédestinatienne. 2 C'est la conclusion de Rottmaner. que le Christ a versé son sang pour le genre humain tout entier et non. . — Cf.

. » 3. il n'y aurait pas changé une syllabe. ?) 5. et cela antequam sit christianus (2). Omnes proximi sumus conditione terrenae nativitatis. si . 83. L.. 25. dans ses Rétractations. En. après Augustin. 189 ex Adam et Eva. Sanguis Christi volenti » est salus. illa spe coelestis hereditatis. 35. quis est iste e. volumus. Dans sa controverse avec les pélagianisants. In Joan. 36. Non enim nosti quid sit apud Deum. 4. pour l'évêque d'Hippone. in Psalm. Rottmaner remarque justement que. une demi-lumière sur ces problèmes difficiles et comment l'Église. in Psaltn. redimeret. 2. qui eum paulo ante irridebas.. « En. Ils y liront que. En. sed aliter.PRESCIENCE ET PREDESTINATION Dieu n'ignore pas quel est le nombre des élus. le — du : Cf. Comment concilier ce qu'une saine théodicée nous dit des rapports de Dieu et du monde avec les analyses augustiniennes sur le cheminement de la grâce dans nos cœurs ou dans l'histoire de l'humanité ? La théologie le cherche encore aujourd'hui. 143 . mais il dépend de chacun de nous d'être de ce nombre Elige cum tempus est (1 ). quomodo illum praesciverit Deus ignoras. P. Aliquando quem irrides adorantem lapides convertitur et adorât Deum .. ni qui ils sont.. fortasse religiosius quam tu. a fait siens de nouveaux éléments de la synthèse du docteur d'Hippone. Augustin ne renie en efTet aucune des thèses établies contre les Donatistes il y a dans l'Eglise bien des chrétiens qui ne seront pas sauvés hors de l'Eglise. quia unum Christi corpus. 2. et omnes unus homo. L. L. si vultis. 1. plus d'un futur prédestiné. 356. 36. Ceux qui veulent nondum s'excuser de leur lâcheté en disant que la grâce leur a manqué. L.. Nous verrons dans les chapitres suivants comment s'est faite.. nolenti supplicium. in Psalm. ? (i. sed me ? Hoc est jam cum passus est totum dédit ? Quid illi remansit quod det et pro magnum quod semel dédit et pro omnibus dédit. fratres. i. C'est faire injure à Augustin philosophe que de penser qu'il mettait Dieu dans le temps et faisait dépendre le salut de l'homme d'une décision prise à Vorigine de notre histoire. revoir ses Sermons ou son Commentaire de saint Jean. 36. mais il se trompe en croyant que. 26. Proximum tuum debes putare omnem hominem et antequam sit christianus. pour un vrai chrétien. au con: : . P. 8. P. si Augustin avait pu. 36. 1607. le prochain. n. quel est corps Christ vos. cette pratique libérale venait de l'ignorance où sont les pasteurs d'hommes des secrets jugements de Dieu (4). » « proximus tuus ille est qui tecum natus est 2. P. traire.. n'ont rien compris à la : doctrine augustinienne de la grâce traheris ? ora ut traharis (3). prudemment. mais sûrement. Der Augustinismus. 1059 nos omnes. c'est tout homme quel qu'il soit.

506-508. verses de auxiliis (M. L. 940 Cf. Les théologiens du Xlil® siècle. Ou plutôt. ! 1. col. vers 1594. 1796). Jansénius lui-même emploie peu ce vocabulaire et préfère parler des Massilienses (CarREYRE. et the'oL... Jacquin. Il devient bientôt assez courant. cherché (2). 49^ 923-924 (je cite Migne. 11. L. ont non seulement ignoré le terme semi-pélagien mais n'ont pas distingué entre Pélagianisme et semi-Pélagianisme (cf.. 49. viennent au baptême après avoir demandé. XIII. Revue des sciences phil. P. col. t. Cassien. Bouillard. Semi-Pélagianisme. plus facile à trouver Paulum. 9. C. 49. la plupart des hommes. certains cas où la grâce triomphe de la liberté. 337). Qu'il y ait. XIII. B. comme Zachée. ils vont accepter partiellement ce déterminisme. p. XIV. Collât. 15. 92-102)... semble-t-il.. p.CHAPITRE NEUVIÈME LE SEMI-PÉLAGIANISME LA VOLONTÉ SALVIFIQUE ET L'INITIUM FIDEI siècle on appellera semi-Pélagiens (I) accepcondamnation du Pélagianisme ils admettaient la nécessité du baptême et de la grâce donnée au baptême. Le terme apparaît pour la première fois. C. frappé. D. Collât. » que l'édition du Corpus de Vienne). T. Mais ils rejetaient la prédestination augustinienne et le déterminisme de la grâce qu'ils prêtaient à Augustin. soit Mais le cas de Paul est exceptionnel. ihid. 1944. n°^ 1095-1096). L'adjectif semipelagianum se trouve dans la condamnation de Jansénius (D. L.. lors des contro- dans E. t. il CEUX qu'au XVII^ taient la .. Jansénisme. H. Cassien est gêné par les assertions contraires de — : l'Écriture . préludant aux systèmes syncrétistes qu'on verra éclore après les controverses de auxiliis^ encore qu'avec beaucoup moms de subtilité. Dieu veut le salut de tous les hommes. 1907. Amann. P. XIII. quelle date apparaît le terme semi-pélagien ? A — Conversion et grâce chez saint Thomas d'Aquin. Enchir. P. VIII. D. disent-ils. T. « in\'itum ac repugnantem attrahit 2. 914-915 : « non facile humana ratione discerni- — 144 — . qui ne connaissaient pas le concile d'Orange.

III. Epist. 7. Prosper d'Aquitaine tire au clair la pensée de son adversaire et lui reproche de distinguer entre deux classes d'hommes (Contra Collât. L. 225.. Ils acceptent de dire avec Augustin que les enfants qui meurent sans baptême seront damnés. P. vel nostro conatu viderit emersisse. L. 20). C'est donc (3). choisir librement (2). Mais dans l'entourage de Cassien on est moins nuancé que le maître. 1004 illos in annis majoribus. 132.. i. P.. 33. mundi constitutionem Deum et eos praedestinasse in regnum suum. Epist. 49.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE offre sa grâce à tous (1) . 51. 49. Cassien. dignos futures electione et de hac vita bono fine excessuros esse praeviderit. Dans sa réfutation. P. 225. qui cum in nobis ortum quemdam bonae voluntatis inspexerit. la prédestination se la ramène à la prescience n'y a pas de préférence divine persévérance n'est pas un don dis- tinct de la grâce du baptême les « (4). « taies aiunt perdi. aperiatque pulsantibus (Mattk. XIII.. P. » sont gênés par les assertions orthodoxes qu'ils maintiennent par ailleurs. » — 145 — 10 . Pour Vincent de Lérins. si on entendait la grâce comme un appel intérieur.. mansuri sunt.. illuminât eam confestim atque confortât et incitât ad salutem. quantum autem ad arbitrii libertatem ab his eam apprehendi qui Deo sponte crediderint et auxilium gratiae merito crediditatis acceperint » (lettre de Prosper à Augustin). 1.. quive in ea fide quae deinceps per gratiam sit juvanda. Cassien. loio posse et amitti propria voluntate contendunt. Collât. L.. 912-913: « tanta est erga creaturam suam pietas Creatoris ut non solum coraitetur sed etiam praecedat jugi providentia. si ad activam servarentur aetatem. quos gratis vocatos. talesque salvari quales futuros 5. XIII. » Ihid. 33. 3. ut nisi persévérantes esse non possint » (lettre d'Hilaire à Augustin). 33. » Tout cela serait irréprochable.. Apud AuG... 8. incrementum tribuens ei quem vel ipse plantavit. 909 « praesto est quotidie Christi gratia. P. à l'homme de .. » La pensée est flottante... quae dum vult omnes homines salvos fieri cunctos absque ulla exceptione convocat. scientia divina praevipraescisse ante — : : : derit. p. l'homme qui il se discerne. 6. L.. 5. Qui autem credituri sunt.. P. Collât. i. 3.... ut quicumque ad fidem et ad baptismum accedere voluerint salvi esse possint. L. L. 226. lo. : Epist. quod tune falsum esset. 6. sinon la Et tur les infidèles ? Pourquoi l'Evangile prescience de mérites futuribles (5) ? n'a-t-il pas été prêché à tous quemadmodum petentibus tribuat. sed per Dei gratiam regeneratione salvari Haec enim ipsorum definitio ac proneminem per opéra universis tamen hominibus propitia- tionem quae est in sacramento sanguinis Christi sine exceptione esse propositam. id 4. 223). a quaerer*iibus inveniatur. omnibus paratam vitam aeternam. voir ci-dessus. 1003 : « fessio est omnem quidem hominem Adam peccante peccasse et .. P. les rapports entre : grâce et liberté mal définis. n. 7. si verum putarent eum quibusdam perseverantiam percepisse. 7) et rursus inveniatur a non quaerentibus se » (Rom. mais quelle Cependant semi-Pélagiens raison donner de ce fait.. 33. 2. 1005 « quantum ad Deura pertinet. « quidquidlibet donatum sit praedestinatis. L. sua.

Le problème du salut des infidèles. L. iio. 760 « omnes homines vult salvos fieri (respondetur) omnes positum esse pro multis quos ad istam gratiam vult venire. C. 40. Epist. IV. col. ira même jusqu'à montrer la nécessité de cette grâce prévenante dans toutes nos actions actiones nostras adspirando praeveni et adjuvando prosequere. dans sa liturgie. il en arrive à restreindre la portée de l'affirmation paulinienne sur (2). 505-) — E... TiXERONT. il semble penser que c'est seulement depuis la venue de celui-ci que la grâce est donnée à tous les hommes. Enchirid. XIV. 280 (Dieu veut le salut de tous les hommes. Cependant.. i. Historiquement parlant. » P.. illis veritas annuntiaretur 2. Augustin le savait depuis le jour oii il avait lutté avec le texte de l'Épître aux Romains. » (Cf. Dans son souci de montrer que nul. dicunt id praescientiae esse divinae ut eo tempore et : ibi et quando et ubi praenoscebatur esse credenda. T. 1934. Augustin était loin d'avoir des solutions ou même inattaquables. avant comme après le Christ. les fameuses Quaestiones ad Simplicianum avaient résolu le problème essentiel du semiPélagianisme (4) et l'Eglise. II. Histoire des dogmes. Non seulement les Jansénistes. 133-150. Caperan. est un don de la miséricorde divine et que c'est toujours grâce qui prévient les efforts de l'homme. tant elle aura fait : 1. t. 2^ éd. Setni-Pélagianisme. D. 1008 « cum autem dicitur quare aliis vel alicubi praedicetur vel non praedicetur. mais les théologiens de l'école dite « augustinienne » en resteront à cette conception étroite. p.. après Ne avoir concédé qu'il y avait eu dès l'origine des hommes justifiés par la grâce du Christ. 146 . n'arrive au salut sans la grâce du Christ. Il comprendre que dans l'œuvre de notre la salut. Contra JuL. 103. 3.. tout. L. P.. p. feront éclater. II. la volonté salvifique universelle concilier la gratuité de la voyant pas non plus comment grâce avec son universelle distribution. P. Amann. Cela. Dès 397.LE SEMI-PÉLAGIANISME les peuples ? Est-ce parce qu'étant mal disposés. t. 44.. que le semi-Pélagianisme d'abord. le Molinisme ensuite. le semi-Pélagianisme représente donc une réaction heureuse contre une formulation rigide de l'Augustinisme. e. C'est grâce à lui que le problème du salut des infidèles peut entrer dans une phase nouvelle (3). 44. définitives. 1849-1850. (1) ? ils n'auraient pas accueilli le message chrétien Sur toutes ces questions. 33. — : p.. 4. 3. t. 226. il y aura des hommes sauvés appartenant à toutes catégories). Voir ci-dessus. L. L. n'a pas su le semi-Pélagianisme n'en est pas moins une hérésie.

t. Cassien et ses moines. 226. M. bonnement des pré. t. dans son monastère de Marseille. 275). » (p. 269-300. Mais Augustin meurt et les Marseillais reprennent l'avantage. Augustin le revendiquait pour la grâce. D. Semi-Pélagianisme. ecclés. mais aussi avec ceux qui. Histoire ancienne de l'Eglise. p. Revue 1906. Augustin répond en envoyant ses traités De praedestinatione sanctorum et De dono perseverantiae. paraît inexplicable. ecclés. 33. caricaturent la prédestina- La controverse commence du au moment où celui-ci essaye 1 . 1796-1814. 1815-1837. L. dans les questions de la grâce. D. Contre ces opposants qui. p. avant que soit condamnée l'erreur semi-pélagienne. 265-283. 725-754. C.. 1904.. III. dans toutes sortes de libelles. 1938.Jansé- vivant même d'Augustin (1). 277. seront parfois tout nistes. XIV. il était conséquent avec son - 4. dans Revue K. Voir ci-dessus. d'hist. L. 225.. Cassien. — au V^ et au VI^ siècle. deux livres. Duchesne semble ignorer que la nécessité de la grâce pour Hinitium fidei est devenue un dogme de foi « ce premier bon mouvement. 171-196. col. Cepenil dant. tout comme ce qui pouvait suivre. l'esprit de l'Augustinisme. (lettre — E. XIV. Apud AuG. T. Jacquin. c'est ce qui. soutenus par Vincent de Lérins et les moines de son abbaye (5). L. 3. dans Zeitschrift fur katholische Théologie. 1007-1012. pensent que. n. : grâce et la prédestination « : système 5. au premier abord. dit Mgr Duchesne. Vers 425. d'élection. comme Mgr Duchesne. de fidèles disciples de saint Augustin dénoncent à celui-ci les erreurs des Provençaux (2). p. Duchesne admire fort saint Augustin. de Prosper d'Aquitaine) . « bien peu propres à faire tomber les critiques soulevées par les précédents » (3). En cela. il ne restera plus rien pour le libre arrbitre (4). La question de la prédestination d'hist.. etc. 33. C. Duchesne.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE sien. P. En effet. M. Epist. Tandis qu'à Marseille on se scandalise de la doctrine du De correptione et gratia. Epist. Mais on était alors familier avec les idées de damnation. si l'on donne tout à la grâce. 3-5. p. Amann.. — E. de prédestination gratuite. compose cette fameuse Conférence Treizième où il enseigne que le commencement du salut ou de la conversion est notre œuvre propre.. Rahner Augustin und der Semi- Amann... de former ses moines d'Hadrumète à une spiritualité inspirée de ses idées sur la grâce. Jacquin. » (p. p. — 147 . 2. 145. T. P. 274). 1002-1007 Pelagianismus. mais il n'a rien compris à ses idées sur la qu'un système aussi impitoyable ait pu être patronné par un tel homme. s'écoulera un temps considérable pendant lequel ceux se réclamant d'Augustin. qu'elle a séduits seront aux prises avec les défenseurs de l'Augustinisme.

XIV. XII. p. 371 . hi quos praedestinatio praescia futurorum dispunxit. 1900. Amann. 53.. 187-202) ne sont encore qu'une demande d'éclaircissement sur le De praedestinatione sanclorum et le De dono perseverantiae. Les Excerpta Geniiensium (P. L. nec fides. 53. Les Capitula objectionum Vincentianarum (P. inquiunt. 177-186). Il veut que la majorité des chrétiens ne puissent se sauver. D. T. Cf. . Avec des nuances diverses. quoi qu'ils fassent (7) . 2775). — col. t. C. 2. Saint Prosper d'Aquitaine. illis autem nulla ratione poterit. L. Valentin. . Les Capitula Gallorum (P. 583. défend ce qu'il croit être la véritable pensée d'Augustin (2). C. T. sicut illis petentibus denegatur. nec charitas subvenire possit. Cette préface est. elle est cause du péché des relaps (13). Et isti quidem non quaerentes invenient. qui dicunt homines ita praedestinatos esse ad mortem per Dei praescientiam ut illis nec passio Christi. Cappuyns. L. 51. nec spes. Augustinisme. les fidèles qui ont été prédestinés à la mort ne peuvent se sauver (15). Prosper d'Aquitaine. D. 2521. 583-586 et 621-628 . negligant. sed istis non petentibus datur.. dont nous avons dit un mot ci-dessus à propos de Sirmond et de sa secte prédestinatienne (supra.. Portalié.LE SEMI-PÉLAGIANISME tion augustinienne (1). : : — (P. C. col. et justitiam fugiant. T. sinon mitigé l'Augusti- nisme et préparé les formules officielles qui ont suivi. L. Il crée la plus grande partie de l'humanité pour la damnation (3). quia non sunt praedestinati ad vitam. on s'a corde cependant à admettre qu'il a assoupli. E. L. illi autem quaerentes invenire non possunt. t. La prédestination fait de l'homme des fils du diable (12). E. etiam pulsantibus. et jejuniis ac ele1825). E contra. C. De ces écrits. l'un des correspondants d'Augustin lors de la première escarmouche. M. D. Il n'est probablement pas sorti des milieux il faut rapprocher le fameux Praedesiinatus semi-pélagiens. cf. nec baptismatis redemptio. mosynis occupentur nuUa. [. 51. non de Sirmond. Cf. 1823) le Christ n'est pas mort pour tous les hommes (i). et XIV. il veut l'apostasie d'un grand nombre (8). Dieu ne veut pas le salut de tous (2). 2779. rédigés probablement par Vincent de Lérins. et donc d'un milieu qui était alors formellement hérétique (cf. T. 2525 L. la déchéance d'un grand nombre de saints (9). 51. 1 32). On comprend maintenant l'esprit dans lequel a été composé le fameux Commonitorium (voir ci-dessus. Orent. — 148 — . Déjà. sont une attaque en règle. col. et pour faire la volonté du démon (4). contemnant. Prosper d'Aquitaine. 2775). poterunt ratione liberari. L'auteur inconnu s'en prend à ceux « . t. p. col. E. mais de cercles franchement pélagiens. la plus grande partie des chrétiens implore en vain de Dieu la pénitence finale (14). Dieu est l'auteur du péché (5) et ne nous donne d'autre liberté que celle dont jouit le démon (6). 131). les incestueux et les homicides (11). ramènent la doctrine augustinienne à une série de propositions où l'Augustinisme devient un système effroyable (cf. il prédestine au mal les adultères et les fomicateurs (10). D. XII. Amann. col. t. du vivant de celui-ci. 157-170). dans Recherches de théologie ancienne et médiévale. T. p. D.. venant après la réponse évasive de Célestin. mais de l'auteur anonyme. Sic isti etiam nolentes trahuntur ad vitam. La théologie de Prosper d'Aquitaine est diversement jugée. il s'en 1 Certains de ces écrits nous sont connus par les réfutations de Prosper d'Aquitaine. Amann.. Ils ne peuvent dire à Dieu fiât voluntas tua. C. sicut petentibus denegatur. que pour leur propre dam (16). etiam clamantibus aperiri » (P. Istis pietatis janua non pulsantibus reseratur. XII.

. dans son Coni'' monitorium. compose en particulier un recueil de sentences augusti- 1929. L. L. 51. p. P. Amann.. 6. . col. 1945. Commotrei- nitorium. — A. deux écrit. 1929.. 194 . Vincent de Lérins. 93-148. l'attaque recommence de plus belle. C. p. Aussi bien le semi-Pélagianisme naissant est-il moins un système qu'un esprit. 220 VII. 38. Pour combattre sa doctrine. col. Pelland. XIX. 51. que le janséniste Nicolas Fontaine {alias de Saligny) omettait dans sa traduction de 1665. Sous son successeur le pape Xyste (432-440). op. 149 . L. p. p. XIV. II. 262 XX. qui s'est retiré à alors divers ouvrages. note 3. 131. 1936. L'Église orthodoxe a canonisé Cassien et pense qu'il n'a pas été compris en Occident (W. 5. 1818-1819. t. en reste aux apparences psychologiques. D. 50. L. Prosper combat souvent îa distinction entre uns arriveraient au salut par leurs propres forces et les autres seraient terrassés par la grâce (II. Valentin. mais le pape Célestin refuse de s'engager trop avant et se contente de formules générales (2). 51. C. col. dans Recherches de science religieuse. 265-269) et relève chez Cassien des contradictions {ibid. Dans cet classes d'hommes dont les . P. La fortune du 7. sans tenir compte des idées philosophiques d'Augustin sur nité). Cf. L. C. 195-196). Cappuyns. P. notes i à 3). voir les articles de Godet {D. 124. Nous allons retrouver cette thèse au concile d'Orange. Epist. P.. 4- t. Olphe-Gaillard {Dictionnaire de spiritualité. D. L.. XIV. P.. 1. p. 213-276. 1823-1829) et du P. 334-351. T. Sancti Prosperi Aquitani doctrina. . L. 3. 1936 (avec les observations de dom Cappuyns. 176: Cf. Rome. t. p. Amann. note col. ». T. p. Prosper doit la systématiser. p.. 145. tandis que Prosper écrit son Liber contra CoUatorem (6). Essai sur la théologie mystique de l'Eglise d'Orient. cit.. t. qui me paraît cependant se rallier trop facilement à l'interprétation de Rott- maner. 270). « — AUG. E. et les textes cités ci-dessus. note Cette zième conférence. col. 26.. Carmen de ingratis. Serm. col. III. 21. La était pris s'efforce controverse s'apaise un peu et Prosper.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE aux « ingrats » qui méconnaissent le don de la grâce (1). 167. Recherches de théol. 309-337 . 2. P. IV. L. I. 51. 1819-1822. 3. n. demeure un violent adversaire de l'Augustmisme (4). 214-276). n° 835. Cassien publie sa treizième conférence restée inédite (5). anc. 4. 530 (cité ci-dessus.. 224). contra gratiam ab ingratis non disputatur le temps et l'éter- — Cf. .. pour opposer grâce et nature. Cassien apparaît surtout comme un directeur de conscience qui. 1-3. cf. Epist. 1939. 230-233 XVIII. Sur Cassien. i). ci-dessus.. 4. LOSSKY. 12. M. II. T. Il maintenant d'obtenir de Rome une approbation de l'Augustinisme. t. nous paraît aujourd'hui bien modérée (voir la traduction Péchery. que saint Augustin avait jadis mis en garde contre l'erreur (3). 373. d'Alès. Bulletin de théologie médiévale. 312. 2. II. Mais Cassien meurt en 435. 1922. i. col. et médiév. Il la ramène à douze propositions {Contra Collât.

I à 4 (D.. L. du De vocatione gentium. Capéran. — P. n°^ 130-133). I. 285. 427-496. P. 2^ éd. 1927. Augustinisme. 1830. B. Ces auteurs suivent Ques- NEL P. I. XIV. D. t. 334). suivi I. sera connu sous le titre d'Indiculus Caelestini (4). Batiffol.. cur volunnon impleatur inquiritur. I. spéciale réservée à certains). attribué par quelques historiens à saint Léon. p. note 2. L. » Ibid... met en relief la volonté saltium vifique universelle (3). D. t.. Enchirid. 1934. B. 51. De vocatione omnium gen- cher à ceux que préoccupe le salut des infidèles et qui.. Saint Prosper d'Aquitaine.. vel P. — M. tout en restant fidèle à l'esprit de l'Augustinisme. 1929. Id. 647-649 « inter defensores liberi arbitrii et praedicatores gratiae Dei. — E.. n°^ 134-135). 6. 220. t. (cf. C. D. 5. D. 8. C. Amann. 55. B. omn. 3. — P. et M. i. L. faut probablement lui attribuer aussi le (2). toire des p. Cappuyns. B. D. De ces mêmes milieux romains sort aussi un écrit particulièrement important. 1859-1898 Liber sententiarum ex operibus sancti Augustini delibatarun. D. T. — M. 2. P. 25. par Bardy... 51. Tixeront. Cappuyns. « Praeteritorum Sedis apostolicae episcopum auctoritates (P. par E..LE SEMI-PÉLAGIANISME niennes que nous retrouverons dans Il les décisions du concile d'Orange (1 ). III. t. p. II. 738-745. n°3 129. et méd. Enchirid. 7. Semi-Pélagianisme. p. 9. utrum velit magna et difiScilis dudum vertitur quaestio. 137-144. L. p. 205-212 . DUCHESNE. 4. Batiffol. Célestin. p. col. — J. infra. 51. EncUrid. bénédictine. Il rappelle l'approbation que le pape Innocent I®^ avait donnée aux conciles de Carthage et de Milève de 416 (8). 155. Recherches de théol. cite des extraits de la Tractoria du pape Zosime (9) et du 1. 387-410). Cappuyns. : De vocat. 710-711 (la volonté il y a une grâce générale que Dieu offre à tous. Quaeritur enim Deus omnes hommes salvos fieri. Cap. Voir la traduction de ce document à l'appendice Cap. His1920. C. Cet opuscule.. montre de toutes manières que Rome prend alors à son compte de larges tranches de l'Augustinisme (7). Le problème du Cf. 290. et une grâce » tas omnipotentis salvifique est universelle... D. T. XIII. et quia negari hoc non potest. 156-170. p.. 1900.. C. De vocatione omnium gentium. Léon I". 847. PORTALIÉ. 2053. Valentin. Prosper d'Aquitaine. Cf. col. L. annexé plus tard à la lettre de Célestin dont nous avons déjà parlé. dans Revue bénédictine. 532. salut des infidèles. (cf. L'auteur — L. Enchirid. 2464. T. — 150 . L. Le catholicisme de saint Augustin. IX. L. T. 51. Voir infra. 1929. P. alors diacre de l'Église de Rome (5). Histoire ancienne de l'Eglise. p. 142). « dogmes.anc. p. 45... P. 349. 647-722. L. gent. 5-6 (D. et qui. 51. par d'autres à Prosper d'Aquitaine lui-même (6). C. L. III.. et. dans Revue L'origine des capitula » pseudo-célestiniens contre le semi-Pélagianisme. T. II. semble-t-il. xi°^ 182-199..

en Cap. » « neminem etiam baptismatis gratia renovatum idoneum 3. n° 130) « in praevaricatione Adae omnes hommes naturalem possibilitatem et innocentiam perdidisse.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE concile de Carthage de 418 (1). et neminem de profundo illius ruinae per liberam arbitrium posse consurgere. ut Judaeis ablato cordis velamine lux veritatis appareat. de guérir les hérétiques. quia per illum aliquid boni possumus. B. L'auteur de V Indiculus est tellement entré dans la pensée d'Augustin qu'il exprime nettement son thème de la grâce libératrice sorte . il il enseigne que est la grâce est nécessaire à l'homme déchu justifié ajoute que la grâce encore à tout instant nécessaire au . 7 (D. n" 135) : « quod ita Deus in cordibus hominum atque in ipso libero operetur arbitrio. : pour vaincre la tentation et bon vient de Dieu (4). Cette théologie de la grâce. enfin d'acheminer les catéchumènes à la grâce du baptême (8). B.5. B.. demande à Dieu d'accorder aux infidèles le don de la foi.. qui solus est bonus.. 2. Cap. nisi participa4.) » « quibus nos piissimi Patres. persévérer (3) agit tout ce que l'homnie fait de au dedans même que toute bonne pensée. d'ôter le voile qui couvre les yeux des Juifs. no 134). » 5. paternis inspirationibus (5). I (D.. 1.. apud divinam clementiam humani generis agunt causam. Cap. et bonae voluntatis exordia 7. Cap. 8 (D. n» 139) et incrementa probabilium studiorum et in eis usque in finem perseverantiam ad Christi gratiam referre docuerunt. sine quo nihil possumus Uoan. qui de nos cœurs. » « obsecrationum quoque sacerdotalium sacramenta respi8. B. n° 131) tione sui ille donet. les schismatiques et les pécheurs. » « neminem esse per semetipsum bonum.. ajoute V Indiculus. pium consilium. 3 (D. : : : 6.. ut haeretici catho: : 151 . postulant et precantur ut infidelibus donetur fides. ut sancta cogitatio. tout pieux dessein. dans sa liturgie. B. Cap. mais la continuation de nos bonnes œuvres et la persévérance finale sont l'efïet de la grâce du Christ (7). 2 (D. ïi° 139) ciamus. Enchirid. ut idololatrae ab impietatis suae liberentur erroribus. n» 132) esse ad superandas diaboli insidias et ad vincendas carnis concupiscentias. 6 (D.. Comme ce dernier concile. tout bon mouvement de la volonté soit de Celui sans lequel nous ne pouvons rien (6) non seulement le commencement. B. Cum enim sanctarum plebium praesules mandata sibimet legatione fungantur. 5 (D.. et tota secum Ecclesia congemiscente. no^ 136-138). quae ab apostolis tradita in toto mundo atque in omni Ecclesia catholica uniformiter celebrantur... Cap. 5.. omnisque motus bonae voluntatis ex Deo sit. nisi per quotidianum adjutorium Dei perseverantiam bonae conversationis acceperit.. nisi eum gratia Dei miserantis erexerit. ut legem credendi lex statuât supplicandi. B. n'est que l'explicitation de l'attitude pratique de l'Église qui. Cap.. 8 (D. (2). B. Cap.

9 (D.. » Cette dernière formule exprime bien la pensée des milieux romains. et facere » {Phil. L. 2. 33. Deum profiteamur auctorem.. ut lapsis poenitentiae remédia conferantur.LE SEMI-PÉLAGIANISME et le bienfait de Dieu ne nous enlèvent pas le libre mais le libèrent. de ténébreux éclairé. Cap.. regulis. sicut non audemus contemnere. à l'occasion de la condamnation des thèses prédestinatiennes Le ut schismatici spiritum redivivae charitatis accipiant. Pas complètement cependant. et lorsque Dieu couronnera les mérites de ses élus. n° 142) quaestionum quas latius pertractarunt. dans notre salut. Du commencement grâce à la fin. et pro his quae largitus est. 217. : Cap. Augustin y renvoyait Vitalis en 427 {Epist. ita non necesse habemus adstruere. « Quo utique auxilio et munere Dei non aufertur liberum 1. 978). secundum praedictas régulas Apostolicae Sedis. et non dubitemus ab ipsius gratia omnia hominis mérita praeveniri. tout. nos scripta docuerunt ut prorsus non opinemur catholicum. Cap. de languido sanum. confirmati sumus ut omnium bonorum Cap... qui haereticis restiterunt. afin qu'il devienne. Augustin l'emporte donc encore une fois. Elle telle que vient de l'exprimer Vlndiculus (4). » Ces prières sont encore aujourd'hui les nôtres dans la liturgie du Vendredi saint. per quem fit. Ce sont les formules mêmes d'Augustin. — 152 — .. est l'œuvre de la prévient tout mérite humain. no 141) arbitrium. de pravo rectum. » « his. : de imprudente 2. 10 (D. 13). 9 (D. 2. car le document refuse de prendre parti dans les questions difficiles de la prédestination. Mais il me semble : : qu'il ne faut pas majorer la valeur doctrinale du document. de tortueux droit. B. quod apparuerit praefixis sententiis esse contrarium. On peut continuer à discuter sur ce point l'Augustinisme. ut nostra velit esse mérita. pourvu qu'on accepte sur les autres la foi catholique du Christ (2). ut aliquid boni et velle incipia: mus 3. P. d'imprudent sage et Le secours arbitre.. avisé (1). de languissant vigoureux. n» 141) afïectuum atque operum et omnium studiorum omniumque virtutum quibus ab initio fidei ad Deum tenditur. sit providum.. il ne fera que couronner ses propres dons (3). sed liberatur. cujus operi ac dignationi nihil penitus subtrahendum est.. 9 (D. conflit d'ailleurs s'apaise pour un temps. satis sufficere credimus quidquid. B. B. ut de tenebroso lucidum.. aetema praemia sit donaturus. » « profundiores vero difficilioresque partes incurrentium 4.. licae fidei perceptione resipiscant. quae sunt ipsius dona. B.. n° 141) « tanta enim est erga homines bonitas Dei. quia ad confitendum gratiam Dei. 11 reprend quarante ans plus tard. ut denique catechumenis ad regenerationis sacramenta perductis coelestis misericordiae aula reseretur.

P. qui dicit alios deputatos ad mortem. Op. » Ibid. Fauste de Riez. alios lege naturae ». Fauste l'invite à jeter l'anathème à qui dira per Dei praescientiam in mortem deprimi hominem (P. col. II. L. E. E. XII. desideranda proponere.. nisi scripturarum consolationibus Ibid. le vocabulaire de Lucidus n'est pas encore celui de Godescalc. P. 2. Certains y voient presque une renaissance du Pélagianisme . Amann. L. et ci-dessus. ancien abbé de Lérins et par surcroît « breton » de naissance.. I. Libens fateor Christum etiam pro perditis advenisse » {P. 17. De gratia et libero arbitrio. S. enseigne que les Patriarches se sont sauvés sans la grâce du Christ (4).. 1020-1023.. venit ad me. Le texte continue en affirmant que les hommes ont pu se sauver avant le Christ. prédestinés dès l'origine à la vie et les autres à la mort éternelle (1). 166).. col. qui enseignait hommes . pour compléter les anathèmes de Lyon. Ce n'est évidemment pas le climat augustinien.. inquit... 53. Dans la lettre qu'il lui écrit avant le concile d'Arles. 8.. II. Son évêque. cf. cet écrit ne fit pas du les prêtre Lucidus. 684 C. 4. Lucidus. 3. les Id. 58. C. T. Prédestinatianisme. L. La doctrine de Fauste a été jugée très diversement selon les préférences secrètes des auteurs. — . praemium polliceri ?» 828 c « legimus in Evangelio dicentem Dominum quid tibi vis faciam ? et iterum vis fieri sanus ? Vides quia non tribuitur munus jsalutis nisi prius interrogetur desi« Deus ea ante diem hominis derium voluntatis. note 2. 2808. D. L. 682).. L. cit. nisi praedicare. sinon la lettre (2).. t..]« alios lege Moysi.. » La prédestination n'est pas la prescience. L. T. IX. P.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE que le Christ n'est pas mort pour tous uns étant. 58.. : : — : : : — : : — 153 . II. Malheureusement. 21). alios ad vitam praedestinatos. damno vobiscum sensum illum qui dicit laborem humanum oboedientiae divinae gratiae non esse jungendum. En Gaule. Il ne parle pas encore des praedestinati ad mortem.. mais elle ne tombe que sur la récompense ou le châtiment « praescientia gerenda praenoscit. mais non cependant « nullos tamen ex initio mundi ab originali nexu nisi intercession e sans le Christ sacri sanguinis absolutos. Il ramène la prédestination à la prescience. En réalité. p. P. » Mais l'influence de la grâce intérieure n'est pas mise en relief. 810 « nemo. excitare. S. haec praeordinat praemia » (816 c). 8-10.. où Lucidus doit souscrire une formule de foi dont les vrais Augustiniens n'auraient eu aucune peine à accepter l'esprit. 53. Sur le salut des Patriarches. t. t. L. praedestinatio retribuenda describit.. non a se. Fauste ne s'en tient pas là et. 3. 783-836 (C. sed ab homine facienda sunt. 21. t.. nisi Pater attraxerit eum. illa praevidet mérita. qui dicit post primi hominis lapsum ex toto arbitrium voluntatis exstinctum.. le fait condamner au concile d'Arles (473) et au concile de Lyon (475). L. 58. « Juxta praedicandi recentia statu ta concilii. 816 D praevidet quae. selon lui. qui dicit quod praescientia Dei hominem violenter compellat ad mortem vel quod Dei voluntate pereant qui pereunt. E. quid est autem attrahere.. 58. 1. qui dicit quod Christus Dominus et Salvator noster mortem non pro omnium salute susceperit. D. il compose tout un traité sur la grâce et le libre arbitre (3) où il explicite nettement la position semi-pélagienne. C.

— — — p. L'Eglise au VI^ siècle. 1836-1837). PoRTALiÉ. Godet. siècle. C. Gennade. Histoire des dogmes. T. D. Pour le contexte christologique. XIV. voiiibid. 85. 1929. à Constantinople d'abord et ensuite à Rome. Aussi c'est des Africains que vient la réac- tion contre Fauste. L'Eglise au F/« 55-65. l'Augustinisme triomphe la et pas toujours sous sa forme plus sage. Les moines scythes. note 4 H. 297. col. T. lettres t. 206-208. 1224 G. 5am/ 3. III. « tula » du concile d'Orange. p. 297-299.. — 154 . 1. XI. et médiévale. Conversion et grâce chez saint Thomas d'Aquin. D. Orange (concile d'). col.. t. M. 1925. P. p. col.LE SEMI-PÉLAGIANISME on y tenait Fauste pour un très grand docteur. De scriptoribus loué Cassien et critiqué Prosper d'Aquitaine (2). Tixeront. De script. 2521-2522. t. D. Amann. et méd. J. V. 5. Fulgence de Ruspe. p. t. 1091 . t. Scythes.. T. 62. sur Césaire une addition postérieure. — : que ce texte ait été retouché. t. tout en reconnaissant que Fauste va bien au delà de Cassien (P. VI.. P. répond que Fauste n'est pas une auto. in quo opère docet gratiam Dei semper et invitare et praecedere et adjuvare voluntatem nostram. » L'éloge ne répond ni au contenu de l'ouvrage ni aux idées personnelles de l'ouvrage. . T. anc.. 1944. III. Lapeyre. Le chapitre suivant. col. p. p. Lehrbuck der Dogmengesch. Fulgence de Ruspe (3). T. Ils lisent ses écrits. III. col. et on a relevé bien d'autres modifications au texte primitif dans les œuvres du prêtre de Marseille (cf. Tixeront. C. qui ne mentionne d'Augustin que les livres sur la Trinité ou les écrits étrangers à la controverse pélagienne. II. Histoire ancienne de V Eglise. 4. C. Seeberg. Godet. 612 .. En Afrique. est en effet . Duchesne. col. — — L. Fauste de Riez. G. Le débat sur la grâce et V initium fidei vient se greffer tout à fait accidentellement sur les controverses christologiques. Duchesne. p. Les autres sont plus indulgents. Godet. t. P. 2103 E. 1109 Dei qua salvamur et libero arbitrio. : (DuCHESNE. Recherches de théol. pour son attachement à saint Augustin. Cappuyns. C. R. E. D. Amann. 968-972. — M. Cappuyns. D. au contraire. J. t. Bouillard. C. Gennade. col. CouRCELLE. edidit quoque opus de gratia 2. Les grecques en Occident. et quidquid ipsa libertas arbitrii labore piae mercedis acquisiverit non esse proprium meritum sed gratiae donum. col. se renseignent et contre-attaquent en disant Fauste est un hérétique en matière de grâce et de prédestination. col. T. L'origine des capi L. 100). L. 513-514. C. Augustinisme. 124. « Faustus. Fritz. XIV. 129. 58... 1. D. art cit. . T. eccL. 577-578). E. et il se pourrait bien d'Arles. t. D. Le pape Hormisdas. E. interrogé. On est en 519. fait un grand éloge de l'ouvrage de Fauste. Dans son ecclesîasticis. menée par celui que. Semi-Pélagianisme. Histoire des dogmes. 3^ éd. 1934. Semi-Pélagianisme. dans Recherches de théol. 1837. on a nommé un Augustinus abbreviatus. . P. essayent de faire triompher la formule unus de Trinitate passas est (4) ils se voient opposer par les Occidentaux les écrits de Fauste de Riez sur l'Incarnation (5). 1945. 1 747-1 750. p. p. après avoir beaucoup scandale (1). anc. 1838-1840. 1923. 1934. Amann. T. C. t. p.. V.

. P. 65. P. p. » Le moyen âge citera lui aussi le De praedestinatione sanctorum et le De dono perseverantiae sous le titre de Liber ad Prosperum et Hilarium (v. — Pierre Diacre. J. Fauste de Riez (3).LA VOLONTÉ SALVIFIQUE rite et. Ils sur l'Incarnation et sur envoient à ces confesseurs une profession de foi la grâce. p.. etiam corde percipiat.. qui oppose habilement Augustin à Domini Jesu Fulgence répond par un De Incarnatione et gratia un Contra Faustum (4). ainsi qu'aux . commenté par le De praedestinatione sanctorum et le De dono perseverantiae et probablement aussi par les Sententiae ex Augmtino delihatae de Prosper d'Aquitaine (2). P. L. soit après son retour en Afrique. (hoc est catholica) sequatur. 17 cf. Sur 1931.. t. tamen in scriniis ecclesiasticis expressa capitula continentur. 62. II. quid sequi debeat evidenter cognoscat. 67. quid Romana destinabimus. et necessaria creditis. 65. T. pour établir sa doctrine.. Lombard. XII.. P. » Pierre Diacre donne de larges extraits de VIndiculus. dans tous ses écrits. 63. nobis a Deo dari testetur apostolus. dist. ut quod audit corpore. licet in variis libris beati Augustini et maxime ad Hilarium et Prosperum possit cognosci. Le Bras. 89 B « frusDei autem gratiae est adjuvare. n. Mais. puis par guère avancer 1 . Les moines scythes se tournent alors vers les évêques africains que la persécution vandale a exilés en Sardaigne. etiam ipsum credere. 2.. il renvoie aux livres qu'Augustin a l'Église écrits à la demande on d'Hilaire et de Prosper d'Aquitaine. C. cum A la fin de cette lettre. De E.. 1928-1929. nisi quem Deus illuminaverit et gra« firmissime tene et nulla» Ibid. Ad Felic. L. Fulgence ne fait Christi. L.De fide ad Petrum. 270-274). divinis mandatis oboedire neminem posse. Puis. Epist. 139). n. 4. I. 150) figure dans la collection de décrétales de Denys le Petit (P. D. 72. A Rome. et dont le plus en vue est Fulgence de Ruspe. « firmissime tene et nullatenus dubites S.. — : — 155 — . Liher Pétri Diaconi De Incarnatione et gratia : tra garriunt qui dicunt : meum est velle credere. et asseveret Ecclesia. prédécesseur d'Hormisdas (P. 451-493: Une subsiste rien du Contra Faustum. Histoire des collections canoniques en Occident. 2. sur la question de la grâce. J. la question. Il s'oppose aux erreurs semi-pélagiennes : (5). 3. Alcuin. 101. C.. qui vit le jour sous le pape Symmaque. t. 70 ad Possessorem. 4Q3 « de arbitrio tamen libero et gratia Dei. 24).. 7.. N.. capitula qui se trouvent in scriniis ecclesiasticis les fournir si les désire (1). col. P. quanquam qui diligenter apostoli dicta considérât. soit en exil. 702 neminem hic posse hominem poenitentiam agere. L. L. N. on s'en tient romaine pourra donc à la doctrine de VIndiculus. » tuitae misericordiae converterit. C. Amann. Quaracchi. 14. P. 73. 702 tenus débites. L. D... L'Indiculus (supra. 588. Cf. Quae si tibi desunt. Epist. II. 6. nisi quem Deus gratia sua praevenerit. il compose encore divers ouvrages sur la grâce et la prédestination. t. /// Sent. col. p. g. FOURNIER et G. Incarnatione et gratia D.

au bien et au mal {Ad Monimum. Dieu prédestine également à la mort et à la vie. dignatus est daie » (Serm. 226. II. celui-ci réduit l'opposition semi-pélagienne en faisant consacrer un Augustinisme modéré dont il estime qu'il est celui d'Augustin. col. C. Gratias agamus Domino ac Salvatori nostro qui nos. III. 1467. très dur à l'égard de Fauste. 24. Césaire d'Arles. sed etiam augere munera vel bénéficia sua. Césaire d'Arles (3).. P. — et de littérature — — : . 851. II. de morte ad vitam revocavit. T. quae ipse Cf.. Lejay. dignetur in nobis non solura custodire. ! 3. 3. 39. ex omnibus nationibus. 171). 7.. v-ulneratos curavit et inimicos reconciliavit. Contre les semi1. 65. T. ex omnibus regibus. Au concile d'Orange de 529. Lejay. de tenebris ad lucem reduxit. dans Revue d'hist. B. » h'Augustinus abbreviatus est ici plus prolixe que son maître 2. Hâtons-nous d'ajouter que.. 382 (à propos de la récente édition donnée par dom Morin).. contradicit ID. col. De veritate praedest. sive bona. t. L. dans Recherches de science religieuse. I. A.. 1896) a publié un traité sur la grâce quid dominus Caesarius senserit contra eos qui dicunt quare aliis Deus det gratiam. Le rôle ihéologique de Césaire d'Arles. et de captivitate redemit. 333. : — : : 156- . Fulgence défend le gloriosissimus Augustinus. d'Alès.. col. L. La controverse semi-pélagienne se termine en effet.• LE SEMI-PÉLAGIANISME mais garde les obscurités de son maître sur la volonté salvifique (1). Un de ses fils spirituels n'arrivait pas à comprendre la doctrine augustinienne et croyait que. t. 155). non acquiescamus eis qui liberum arbitrium in superbiam extollentes. ajoutant par exemple à un sermon sur saint Paul le développement suivant « haec ergo et his similia diligenter ac fideliter cogitantes. ex omnibus dominis. grâce à un homme qui a la chance d'être à la fois élève des moines de Lérins et grand lecteur d'Augustin. ex omnibus servis. a). Enchirid. n. 65. il n'en condamne pas moins le Prédestinatianisme (2). Césaire est un 1938.. 15. et dissocie la question du bien et celle du mal : « Deus omnia hominum opéra. 217-266. P. sive mala praescivit. 2168-2185. même dès le commencement du salut. aliis non det (cf. il reprend les idées augustiniennes et copie les sermons de l'évêque d'Hippone. 3 (D. six ou sept ans plus tard.. ex omnibus militibus.. « Si quis invocatione humana gratiam Dei 4. C'est d'ailleurs que devait venir la solution du conflit. Serm. La dépendance essentielle de l'homme à l'égard de la grâce. d'après l'évêque d'Hippone. p. sed sola bona praedestinavit » (ibid. devient un dogme de foi (4). 65. 13). P. 6. Ideo omnes dicuntur quia ex omni hominum génère colliguntur. D.. ex omnibus linguis. Morin. religieuse. n» 179) dicit posse conferri. et humiliter confitentes fragilitatem nostram.. praecipitare magis quam elevare conantur sed humiliter consideremus illud quod apostolus dicit Deus est qui operatur in vobis velle et perficere (Philip. non autem ipsam gratiam facere ut invocetur a nobis. D. I. AuG. L. p. 2178).. Can. L. P. P. augustinien décidé. 2. C. 659 : « (omnes vult salvos fieri). ex omnibus aetatibus. Dom Morin (Revue bénéd. ex omnibus gradibus. 1905. ex omnibus gentibus. illius misericordiam deprecemur. P. « Les Sermones » de saint Césaire d'Arles.. nullis praecedentibus meritis.

— Can. aut oboedientiae humanae subjungit gratiae adjutorium. 45.. p. sed divinae largitatis donum » (voir ci-dessus. alias 3038) le pape confirme la doc« fidem quoque nobis ipsam venire de gratia. ut credamus^ velimus.. cum cetera jam bona ex Dei acquieverint gratia provenire. quod sine Dei quis gratia aut velle. 10).. : veniente conferri. 2. quem Dominus ad paradisi patriam revocavit {Luc. Sans son action perpétuelle. 149. : desiderantibus. n° 177). volentibus. n" 181) trium. Isaiae prophetae vel Apostolo Cf.. adjicientes etiam. fidem tantum qua in Christo credimus. » de BoTiiface II rappelle le sens premier du débat « indicas enim quod aliqui episcopi Galliarum. pulsantibus nobis miserircordiam dicit conferri divinitus.. Deus in nobis tros a falsitate et injustitia continemus — : : . non gratiae.. 8 (D. orantibus. 15.B.. cum et recte cogitamus.. 19. et pedes nosquoties enim bona agimus. ad gratiam baptismi posse venire contendit. sed ipse nobis nullis praecedentibus bonis meritis et fidem et amorem sui prius inspirât ut et baptismi sacramenta fideliter requiramus.. nec. B. per infusio- nem et inspirationem sancti Spiritus in nobis fieri confitetur. idem dicenti : inventus sum a non quaerentibus me. vigilantibus. Enchirid. gratia divinitus praesimus.. » etiarn initium fidei tiae ipsumque 5 (D. non etiam nunc in singulis misericordiae divinae largitate conferri » (D. sicut augmentum. fidem qua in Christo trine de Césaire credimus. 65. 7) et gratia Dei sum id quod sum (/ Cor. 5) (Epist. — naturaliter nobis inesse dicit. vel haec omnia sicut oportet agere valeamus. 6). atque nobiscum. ita credulitatis affectus quo in eum credimus. 6(D. n" 178) : « Si quis.. n°i79) «Si quis sine gratia Dei credentibus. opérant le vouloir et le faire (2). dicente ipso Salvatore sine me nihil potestis facere » (Joan. 31 vel P. naturae esse velint. ut oboedientes et humiles donum esse consentit. studentibus. in libero arbitrio remansisse. aut incipere. quod dici nefas est. n" 200 « si quis alios misericordia. fidem. 3) et Zachaei. 23.. et hominibus ex Adam. conantibus. L. La grâce prévient la liberté et l'accompagne sans cesse. non per gra- donum. B.. D.. B. Can. LA VOLONTÉ SÂLVIFIQUE Pélagiens. B.. n» 200 « manifestissime credendum est quod et illius latronis. sicut et omnia bona singulis hominibus ex dono supernae venire gratiae. no 200 « hoc etiam salubriter profitemur et credimus. qua in Christo credimus. non ex humanae potestate naturae. » D. B.. 1790 1. 15. resistit apostolo dicenti quid habes quod rdd. n" 193) : « multa Deus — -^57 . operatur. : : alias 3039). 20 (D.apostolicis dogmatibus adversarius apCan. et aut humilitati... 4 (D. non accepisti ? (I Cor. on affirme qu'il n'y a pas deux classes d'hommes.. B. qui ipsura Dominum suscipere meruit {Luc. illa tam admirabilis fides non fuit de natura. pas de persévérance pos. h . n" 200 a. » D. implere possimus. non autem.. » — Can. petentibus. nihil esse prorsus secundum Deum boni. B. et post baptisLa lettre mum cum ipsius adjutorio ea quae sibi sunt placita. ut operemur. a recta fide probatur aliénas.. L. aut perficere possit. « per filium nosirum ». quaerentibus. n" 182) « divini est muneris... 4. 43) et Cornelii centurionis ad quem angélus Domini missus est {Act. . laborantibus. Can.. 10. dont les uns viendraient au salut par l'effet d'une grâce irrésistible et les autres par leur seule volonté quiconque a été sauvé l'a été par grâce (1). quod in omni opère bono non nos incipimus. alios vero per liberum arbiCan. note 6. P.. B. 9 (D. ipsius gratiae : — : — : ... B. sed » probatur.

dont les premiers. Aliquos vero ad malum divina potestate praedestinatos esse. XI. Dans le même sens : G. place le concile d'Orange avant le concile de Valence. 247). . 1894. Par avance aussi. Les décrets du concile d'Orange forment trois groupes nettement distincts d'abord huit anathématismes. possint et debeant. P. 45. en affirmant que les justes ont toujours la grâce qui leur est nécessaire pour persévérer (2).. p. » « hoc etiam secundum fidem catholicam credimus. il condamne Jansénius. rel. col. sed etiam. ut ad finem bonum pervenire. t. Les historiens hésitent encore pour savoir si le concile d'Orange précéda ou suivit un concile de Valence où Césaire compta des adversaires (3) . AUG. 586). 1905. n» 197) can. 1861. chose curieuse. mais le concile. où siégèrent quatorze évêques. 1925. Pour Mgr Duchesne {L'Eglise au VI^ . Christo auxiliante et coopérante. quae ad salutem animae pertinent.. -158- .LE SEMI-PELAGIANISME saint Augustin. n" 200 acceptam per baptismum gratiam omnes baptizati. qui se refuse à voir dans Césaire un augustinien modéré. B. voit dans le concile d'Orange une réplique au concile de Valence {Revue d'hist. n° 183) : semper est implorandum. Les deux premiers de ces textes sont tirés du florilège augustinien de Prosper (P. J. » A. 1842. p. si fideliter laborare voluerint. Orange. Can 10 (D. Cependant l'interprétation de ce document capital reste encore assez délicate. et de lia. prend résolument parti contre une interprétation prédestinatienne de l'Augustmisme et anathématise quiconque enseignera que certains sont prédestinés au mal. p. il n'y a aucune raison décisive en faveur de l'un ou l'autre système. Césaire d'Arles. col. Malnory. n" 178). 305 1088 . D. y compris Césaire mais. L. p. XIV. T. siècle. 1886. » Can. col. II.. 197 (D.. vel in bono possint opère perdurare. 5 (D. Histoire des dogmes. D. C'est tout la . Pel. E. C. cum omni detesta: tione 3. ut faciat homo. TiXERONT. ses décisions reçurent l'approbation de Rome. — .. Semi-Pélagianisme. Le deuxième concile d'Orange est donc un document d'une extrême importance pour l'histoire du dogme et de la théologie de la grâce. adimplere. Ce ne fut pourtant qu'un tout petit concile provincial.. Lejay. ensuite dix-sept canons d'inspiration augustinienne. L. 154. B. Fritz. mais il y a davantage. T. Cf. grâce à celui-ci. non solum non credimus. 21. D. Amann. enfin une profession de sible (I). C.. est maintenant tiré doctrine de saint Paul qui.. B. B. Il se pose en effet à son sujet des problèmes historiques dont dépend la valeur accordée aux anathématismes que contient le texte. « adjutorium Dei etiam renatis ac sanatis 1. grâce à au clair. quae non Deus praestat. 44. si sunt qui tantum mali credere velint. Contra duas ep. 516).. plus nettement que YIndiculus. condamnent à nouveau le Pélagianisme. t. P. illis anathema dicimus. facit in homine bona quae non facit homo nulla vero facit homo bona. : un aspect de . quod post 2. III.

aux commentaires détaillés de duquel on pourra se reporter. Les dernières éditions de Denzinger renvoient au Contra Collatorem. B. Fritz (Orange. Adam moriturus esset. sive non peccasset.. d'un manuscrit contenant des capitula sancti Augustini in urhe Romae transmissa. éliminant en particulier les anathèmes relatifs à la prédestination et à la réprobation. 158. i : col. C. empruntée à t. col. Analecta sacra. T. Enchirid. D. et ad malum exponente declinare sed naturae expulsum [ex pondère decUnare suae naturae compulsum) dicit cum in praevaricationis facinus devolutum. n» 183. fait pas difficulté. Le canon condamne ceux qui disent que les baptisés infidèles à leur baptême n'avaient pas été réellement appelés par Dieu . 1 859-1 898). Pitra. 2. Sententiae ex Augustino delibatae. sauf un (2). « si quis rectum in omnibus non crédit a Deo creatum Adam. 1 785-1 789). sont tirés du recueil fait par Prosper et dont nous avons parlé plus haut (3). Augustini in urbe Roma transmissa. qui bonum proficere gratia creatoris adjutus. ceux qui disent que les prédestinés peuvent se perdre ou que les non -prédestinés peuvent arriver au royaume des cieux les canons 15 à 19 visent des erreurs manichéennes ou origénistes. L. 45. On aurait aussi ajouté seize propositions de Prosper et d'Augustin. 3. Pour le détail.. aurait ajouté a. Dans sa réponse. L. Le canon 10 (D. B. t. — 159 . ut sive peccasset. col. V. hic PelaLes canons 3 à 10 sont identiques aux canons gianusest contradicens Prophetae. 45. C. C. p. voir l'article déjà cité de M. Les Mauristes donnent la correspondance entre les Sententiae et les textes du concile (P.. le pape Félix IV (qui mourut avant de terminer l'affaire) n'aurait retenu que huit de ces capitula. l'article M. 1090). t. Mais d'où viennent les anathématismes ? La question se pose depuis la découverte faite à Trêves. » I à 8 d'Orange (D.. on dès 1. 51. L. Dans les canons.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE foi (1). . 2 si quis mortem corporis non ex praevaricatione sed ex conditione naturae asserat accidisse. reconnu des textes augustiniens qui. au XVII® siècle. 427-496 (vel P. Cette dernière ne le XVII® siècle.. Voir à l'Appendice la traduction française du document. VIII. 4. 1 093-1 ici). Mansi. indubitanter a catholica fide exorbitat. et où se trouvent dix-neuf anathématismes dont huit coïncident avec les huit du concile d'Orange (4). n°^ 174-181). XI. Fritz {D. 31-36. Après Paul Lejay. le canon 12.. C. T. ceux qui disent qu'il n'y a pas une diversité de supplices en enfer le canon 15. 161-163) on trouve encore une autre rédaction. ceux qui disent que les péchés commis après le baptême font revivre les fautes passées le canon 14. . mais le texte n'est pas tiré tel quel de cette œuvre. Césaire aurait pris alors sur lui de retoucher ici ou là le document pontifical. possit per liberum arbitrium in : — n . on disait communément jusqu'ici que ces dix-neuf capitula représenteraient des textes envoyés à Rome par Césaire. t. sauf quelques retouches. cité p.. P. note i). II. 722-724 : « Incipiunt capitula S. Dans un manuscrit de Namur (cf. XI..

elle ne serait que l'œuvre d'un docteur de troisième ordre. ce sera d'une autre manière. et médiévale. 306. Si l'on corrige Augustin. XI. 160 . 1934. dans Revue d'hist. Sans doute. XIV. 121-142. t. C. Lejay. et G. t. la profession de foi ajoutée par Césaire et souscrite par les évêques fut approuvée par Boniface II (2). Voir le texte cité ci-dessus 2. III. L'hypothèse n'a pas rallié tous les historiens du dogme (3). Voir le texte cité ci-dessus. on voit que ce qui est mis en relief. à leur suite. 250-265. P. T. D. relig. Récemment. Fritz.. Lejay. l'un de ces moines scythes dont nous avons parlé plus haut. La formule de ces anathématismes si quis. mais il suppose que les capitula du manuscrit de Trêves sont l'œuvre du concile d'Orange. D. ce progrès s'accompagne aussi d'une certaine réserve dans la question de la prédestination (5).. puis à celle de Rome (I). les textes reprendraient individuellement une plus grande valeur dogmatique. de nombreux théologiens d'après le concile de Trente. de toutes repris la question et Cappuyns a d'origine romaine. c'est avant tout la nécessité de la grâce prévenante dès le commencement du salut ou de la conversion (4). 2. dom montré que l'ensemble des textes était que non seulement la seconde partie du texte actuel. j 1905. p. interpréter à leur façon les docu- 1. p. 158. et de littér. Mgr Amann {Semi-Pélagianisme. M. serait donc trompeuse. en ce sens : manières. L'origine des « capitula » du concile d'Orange. Dans cette hypothèse. C. Le rôle théologique de saint Césaire d^ Arles. Histoire des dogmes. Cependant. note s'agissait 4. œuvre de Jean Maxence. col. 1092. anc. p. col. da. La lettre ici formelle. 3. d'approbation de Boniface II est à la fin de la note 4. T. 1843-1844) rejette l'hypothèse de retouches faites par Césaire à un texte venu de Rome et se sépare sur ce point de P. résumé dans Tixeront. mais les anathématismes eux-mêmes seraient un recueil d'extraits provenant des scrinia ecclesiastica. La Curie romaine aurait taillé dans ces anathématismes et ajouté dix-sept canons. Orange.LE SEMI-PÉLAGIANISME un canon et une profession de foi et soumis le tout à l'approbation des Pères du concile d'Orange. L'Augustinisme a fait encore un grand pas. Nous verrons beaucoup plus loin les Nominalistes et. mais de plus en plus la théologie occidentale acceptera comme allant de soi la doctrine du De praedestinatione sanctorum. Cappuyns. 1565.i\s Recherches de théol. p.. Mais il reste que Rome aurait envoyé ces textes de préférence à d'autres et que. p. Ces anathématismes proviendraient d'un recueil antérieur au concile d'Orange. Cependant il faut se garder de les lire comme s'il d'un décret du concile de Trente.

nemo habet de suo nisi mendacium atque peccatum. can. qui. 13 (D. cf. haeretico fallitur spiritu non intelligens vocem Dei in Evangelio dicentis : sine me nihil potestis facere (Joan. Wang. tout en mettant en relief la grâce divinisante. » Cf. : un acte naturellement bon. les formules cogitare ut expedit (can. 5). sed sufficientia — : : . 2. I^es notions de nature et de surnature sont encore fort imprécises. n° 186) arbitrium voluntatis in primo homine infirmatum. D. n° ces théologiens... n" 180) naturae vigorem bonum aliquid. : nostra ex Deo est {II Cor. vel aliqua intentione carnali.. 288) charitas. quod in omnibus qui de praevaricatione primi kominis nati sunt. 6. can. Indiculus). 7.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE imaginant que l'erreur des uns de la grâce élevante (1) ce n'est certainement pas la pensée d'Augustin. can. Cf. VI. Sicul oportet. Cependant. 15. plus que les documents antérieurs. B. can. etc. P. maintiendront fortement son caractère médicinal. ut expedit. L. comme Augustin et comme les documents augustîniens antérieurs (concile de Carthage. B. n'étant vrai que de l'ordre le surnaturel. n° 179) s'entendent d'une modalité sur- naturelle ajoutée à n° 195) (sess. diligere 199 ... a recta fide : probatur alienus. natura per Adam perdita . il nous faut parler d'une nouvelle crise prédestinatienne.. : . n° D. cogitare. Pour sicut oportet (D. dont on trouve la trace dans concile de Trente la pensée des Augustiniens du V® et du VI» siècle. Is enim non omnium liberum arbitrium per peccatum primi hominis asserit infirmatum. can. B. 1928.. constat esse vitiatum.. Saint Augustin et les vertus des païens. » Cf. sicut expedit. 21 (D. can. le concile d'Orange soua si quis par ligne que la fin de l'homme est la vie éternelle . D. id est evangelicae praedicationi consentire posse confirmât absque illuminatione et inspiratione Spiritus sancti. 8 (D.. n° 180). B. ces formules s'entendent de l'intention qui doit animer un acte par ailleurs conforme à la loi morale. est certainement peu en harmonie avec poenae. aut eligere. dans leurs Sommes théologiques. qui insiste tant sur la blessure faite au libre arbitre (2). 7 (D.. B. On ne songe pas à distinguer une fin naturelle et une fin surnaturelle de l'homme. revit tout l'Augustinisme d'Augustin. qui dat omnibus suavitatem in consentiendo et credendo veritati. ut non referatur ad illam charitatem quam diffundit Spiritus sanctus in cordibus nostris. B. et illud Apostoli non quod idonei simus cogitare aliquid a nobis. 40. et les vrais continuateurs de sa pensée seront les grands théologiens du XIII® siècle. Mais cette interprétation. que la nécessite de la grâce vient d'abord de la chute originelle. n" 194) . n° 813). 3. et des autres n'aurait consisté qu'à nier la nécessité 1. ut tamen quidam valeant sine revelatione Dei mysterium salutis aeternae per semetipsos posse conquirere. AugTistin « omnis praecepti finis est dit par exemple dans VEnchindion (n" 32. et seml-Pélagiens. celle du IX® siècle.. quasi ex nobis. id est ad charitatera refertur omne praeceptum quod vero ita fit vel timoré 3. sive salutari. 5). B. B. quod ad salutem pertinet vitae aeternae. ments contre Pélagiens .. aut certe ita laesum putat. n" 181) « si quis alios misericordia. Mais avant de montrer comment.. ad gratiam baptismi po&se venire contendat. le texte fameux du canon 22 (D. nondum fit quemadmodiim fieri oportet quamvis fieri videatur. B. » — 161 — 11 . alios vero per liberum arbitrium. Le concile d'Orange suppose.

.

LIVRE TROISIÈME LA THÉOLOGIE MÉDIÉVALE .

.

CHAPITRE DIXIÈME

GODESCALC ET SES ADVERSAIRES AUGUSTINISME ET PRÉDESTINATIANISME

moyen âge l'héritage de Augustin se contentent le plus souvent de répéter ses formules lorsqu'il s'agit de la grâce. Elles étaient trop en accord avec saint Paul pour être facilement rejetées. Ceux qui, comme Cassiodore, recommandent les livres de Cassien, mettent le lecteur en garde contre les erreurs de celui-ci (1). Si certains écrits semi-pélagiens sont acceptés par le moyen âge, c'est qu'on y a fait des corrections capables de rassurer les lecteurs (2). Mais les vrais maîtres du moyen âge sont de francs augustiniens, Grégoire le Grand (3), Isidore de

LES

Pères latins qui transmettent au

saint

1. Cassiodore, De institutione divinarum litterantm, 20, P. L., 70, 1144 : « Cassianum... sedulo legite et libenter audite, qui tamen de libero arbitrio a beato Prospère culpatus est. Unde monemus ut in rébus talibus excedentem sub cautela légère debeatis. » Cassiodore recommande la lecture des Grecs (P. CouRCELLE, Les lettres grecques en Occident, 1946, p. 336-339), mais il reste fervent augustinien et trouve de belles formules pour parler de la grâce « hic primo praestat gratiam ut peccatores convertantur ad vitam, in futuro dabit gloriam ut divino munere justificati, angelorum mereamur esse consortes... Ipsa est Domini Christi gratia quae nos praeparat, adjuvat, corroborât et coronat » {Expos in Psahn., 83, 13, P. L., 70, 605 b). 2. Pmix^ %\hc\&,\eDc dogmatibiis ecclesiasticis de Gennade {supra, p. 120, note 2) est attribué à saint Augustin. Cet écrit souligne que le péché originel n'a pas fait perdre à l'homme le libre arbitre et conclut « sicut initium salutis nostrae Deo miserante et inspirante habere nos credimus, ita arbitrium nostrae naturae sequax esse divinae inspirationis libère confiteraur » (c. 21, P. L., 58, 986). Le Deo miserante et inspirante peut s'entendre de bien des manières. « in radice putruit 3. Grégoire le Grand part du fait de la déchéance originelle
:
:

:

humani generis ramus » {Moral., XVII, 21, P. L., 76, 21 C). Il affirme l'absolue gratuité de la Rédemption « quid nos dedimus ut hanc sapientiam quae Christus est mereremur ?
:

-

165

-

GODESCALC ET SES ADVERSAIRES
Séville (1),

Bède

le

Vénérable

(2).

instruits par la controverse semi-pélagienne,

Cependant, ils n'ont pas laissé d'être ou plutôt, ils semblent pré-

férer, à la grâce efficace des derniers écrits augustiniens, l'appel inté-

rieur des premiers écrits.
Illa namque sola opéra maie vivendo dedimus, quibus non Christus, sed supplicia redderentur. Sed aliud homo per juslitiam meruit, aliud per gratiam accepit » (Moral., XVIII, 62, P. L., 76, 73 A). Tout ce que l'homme fait dn bon vient de Dieu « sancti viri sciunt post parentis lapsum de corruptibili stirpe se editos, et non virtute propria, sed praeveniente superna gratia ad meliora se vota vel opéra commutatos et quidquid sibi mali inesse cognoscunt, de mortali propagine sentiunt meritum quidquid vero in se boni inspiciunt, immortalis gratiae cognoscunt donum, eique de accepto munere debitores fiunt, qui et praeveniendo dédit eis bonum velle quod voluerunt et subsequendo concessit bonum posse quod volunt ^ (Moral., XXII, 20, P. L., 76, 225 c). Grégoire ramasse cette doctrine autour des textes fondamentaux de l'Écriture (Moral., XXXIII, 38, P. L., 76,

Gratia quippe redempti sumus.
justa retributio servaretur,

si

:

;

;

698 D-699
prière:
«

B, ce

paragraphe serait à

lire

en entier) et

il

insiste sur !a nécessité

de

la

omne

sine tne nihil poteslis jacere(Joan., 15, 5). In omne ergo quod cogitamus, in quod agimus, semper orandum est ut et ipso adspirante cogitemus, et ipso adjuI,
«

vante faciamus

45, P. L., 76, 905 c). Sur la prédestination, electorum numerus certus et definitus ostenditur » (Moral., XXV, 20, P. L., 76, 332 D. Cf. In Ezech., II, hom. I, 11, P. L., 76, 944 B), mais il présente la doctrine augustinienne de façon humaine Judas, choisi par le Christ, s'est pourtant damné, tandis que le larron s'est sauvé (Moral., XXV, 19, P.L., 76, 337 c). Le signe certain de l'élection divine, c'est la charité pour le prochain (In Ezech., II, hom. V, 22, P. L., 76, 997 C). Rien de plus augustinien que cette conclusion. Grégoire n'a jamais voulu être que l'écho fidèle d'Augustin. Comparée à celle du maître, sa doctrine à lui, dit-il, n'est que du son en face d'un pur froment (Epist., X, 37, P, L., 77, 1095). Sur l'Augustinisme de Grégoire le Grand, voir P. Godet, Grégoire, D. T. C, t. VI, col. 1779-1781 R. Seeberg, Lehrbuch ier Dogmengeschicht", t. III, 3« éd., 1930, p. 37-46. Sur l'homme et l'époque, voir le Saint Grégoire le Grand de Mgr Batiffol (collection « Les Saints »). Les Homélies sur Ezéchiel ont fait l'objet d'un travail récent du P. Schlagdenhaufen (voir J. A. Jungmann, Die
» (In Ezech., Grégoire reste augirsttnien
:

hom. XI,

:

;

Frohbotschaft, 1936, p. 45-52).
1
.

in

bonum

Isidore, Sent., II, 5, P. L., 83, 604 b « sciant liberi arbitrii defensores nihil posse sua praevalere virtute, nisi divinae gratiae sustentetui- juvamine. Unde et
:
: :

per prophetam Dominus dicit perditio ex te tua, Israël, tantum in me auxilium luum ut pereas, tuo merito, ut salveris, meoauxilio. Hominis meritum superna gratia non ut veniat invenit, sed postquam venerit facit. » Ibtd., col. 605 c « plerisque Dei dona dantur, perseverantia vero doni non datur... Electi
(Osée, 13, 9), quasi diceret

:

accipiunt et conversationis
2.

perseverantiam doni. » Bède résume ou copie les tractatus d'Augustin. Cf. V. g., In Joan., 6, P. L., 92. 716 AC (sur la grâce prévenante) ibid., c. 15, P. L., 92, 837 D (sur l'allégorie de la vigne et la nécessité de la grâce). Sur l'induence de Bède, cf. P. Godet, Bède, D. T. C, t. II, coL 526.
et

donum

Dans son commentaire de

saint Jean,

;

166

AUGUSTINISME ET PRÉDESTINATIANISME
C'est ainsi que Grégoire le
faut savoir

Grand

écrit

:

que seul le mal nous appartient en propre. Le bien, de nous mais aussi du Dieu tout-puissant qui, par les aspirations intérieures, nous prévient afin de nous faire vouloir et qui vient ensuite à notre aide pour que nous ne veuillons pas en vain, mais que nous puissions accomplir ce que nous voulons. La grâce prévient, la bonne volonté suit, et ainsi ce qui est un don du Dieu tout-puissant devient notre mérite à nous (1). Le bien que nous faisons est de Dieu et de nous, de Dieu par la grâce prévenante, de nous par la libre bonne volonté (2).
Il

au contraire,

est

Ces assertions ont
historien

fait

accuser Grégoire de semi-Pélagianisme par un
Loofs, s'étonne de ne pas retrouver chez

du dogme

qui,
la

comme

ce fidèle augustinien
tin (3).

gratia irresistibilis qu'il attribue à saint

Augus-

Le même
s'agit

historien accuse plus loin les théologiens

du

Xfll® siècle

larvé.

excepté) de professer un semi-Pélagianisme en effet de montrer que seuls Luther et Calvin ont été fidèles à Augustin et à saint Paul. Harnack fait les mêmes constatations, mais pour en tirer d'autres conclusions et montrer comment l'histoire du dogme de la grâce est faite de deux temps une période d'invention, de saint Paul à saint Augustin, une période d'élimination progressive,
(saint
Il
:

Thomas cependant

« Sciendum est quia mala nostra 2, P. L., 76, 870 d bona auiem nostra et omnipotentis Dei sunt et nostra, quia ipse aspirando nos praevenit ut velimus, qui adjuvando subssquitur ne inaniter velimus, sed possimus implere quae volumus. Praevaniente ergo gratia, et bona voluntate subséquente, hoc quod omnipotentis Dei donum est fit meritum nostrum. » « Bonum quod agiraus Dei est et nostrum, 2. Moral., XXXIII, 40, P. L., 76, 699 D Dei per praevenientem gratiam, nostrum per obsequentem bonam liberam voluntatem.»

1.

In Ezech.,

I,

hom., IX,
:

:

solummodo nostra sunt

:

XXIV, 10, P. L., 76, 299 d « quia praeveniente divina gratia in operatione bona, nostrum liberum arbitrium sequitur, nosmetipsos liberari dicinvir quia liberanti nos consentimus. » Isidore de Séville, qui est cependant plus radical que Grégoire, écrit lui aussi « haec enim (justitia) et dantis Dei et accipientis est hominis » (Sentent., II, 5, P. L., 83, 604). J'ai cité plus haut les textes augustiniens, qui supposent une interaction de la grâce et de la réponse de l'homme sur le plan de la psychologie (p. iio, note 5;. J'ai dit également qu'une autre interprétation était possible, mais si l'on peut discuter pour Augustin, qui est un philosophe, il est difficile de le faire pour Grégoire ou Isidore de Séville). 3. F. Loofs, Leitfaien zur Dogmengeschichte, 4^ éd., 1906, p. 446.
Cf. Moral.,
: :

167

GODESCALC ET SES ADVERSAIRES
qui va des Pélagiens à nos jours, en passant par
«

le

semi-Pélagianlsme,

le

crypto-semi-Pélagianisme » des théologiens du moyen âge, et la théologie des adversaires du Protestantisme (1). A la différence de Loofs,
c'est là un progrès. Nous espérons montrer que, dans leur oscillation perpétuelle entre le semi-Pélagianisme et le Prédestinatianisme, la théologie de la grâce et celle de la prédestination ont lentement circonscrit un débat sur la conciliation entre grâce et liberté, sans d'ailleurs arriver jamais à éliminer le mystère (2). Parmi les Pères latins qui se réclament de l'Augustinisme, une place de choix doit être faite au grand pape saint Léon, qui, bien avant la solution du conflit semi-pélagien, professe le plus pur Augustinisme dans la question de Vinitium fidei (3) et parle de façon très personnelle

Harnack pense que

1. A. von Harnack, Lehrbiick der Dogmengeschichte, 4^ éd., t. III, p. 262. Cf. E. PoRTALlÊ, Augustinisme, D. T. C, t. I. col. 2516 et 2535. 2. Dans toute cette question est impliqué le problème de l'interprétation de l'erreur semi-pélagienne. Jansénius, au XVII® siècle, prétendra que les Massilienses admettaient la nécessité de la grâce prévenante ai singulos actus, mais qu'ils furent condamnés pour avoir enseigné qu'on peut résister à cette grâce {De haeresi pelagiana, VIII, 6, Augustinus, 1643, 1. 1, p. 184-187 cf. infra, p. 313). A travers l'erreur semi-pélagienne, il veut atteindre Molina et les Molinistes, mais l'Église lui donne tort (D. B., Enchiridion, n° 1095 cf. infra, p. 314). Après cette condamnation du Jansénisme, les théologiens engagés dans les controverses sur la grâce ont continué à disputer sur l'interprétation véritable du semi-Pélagianisme (voir C. BoYER, Tractatus de gratia divina, 1938, p. 105-108). Quelles que soient les conclusions théologiques auxquelles on doive aboutir, il faut éviter de lire dans les textes plus de choses qu'il n'y en a. Historiquement parlant, le semi-Pélagianisme est une erreur encore assez grossière qui, après avoir concédé que l'homme a besoin de la grâce intérieure, pense cependant que, pour le commencement du salut, l'appel extérieur suffit. Augustin et, à sa suite, Vlndiculus et le concile d'Orange montrent la nécessité d'intérioriser l'appel de Dieu. Nous avons vu du reste que, si l'on regarde de près les textes, les positions des semi-Pélagiens sont diversement nuancées, on a affaire beaucoup moins à un système qu'à une tendance. Cette tendance, avec le temps, s'exprime de façon de plus en plus subtile et, tandis que les Molinistes feront à leurs adversaires le reproche de conduire au déterminisme de Jansénius ou de Calvin, les défenseurs de la transcendance de Dieu reprocheront aux Molinistes d'incliner au semi-Pélagianisme. Mais il faut distinguer ici soigneusement Y erreur
;
;

semi-pélagienne, qui est

condamnée

et détestable, et la tendance, qui est surtout la

Il ne faut pas s'étonner dès lors si certains historiens comprennent difficilement qu'on ait condamné le semi-Pélagianisme ». Serm., 38, 3. Serm. 26, 4, P. L., 54, 215 : « ipse qui dédit velle, donabit et posse. » 3, P. L., 54, 261 c a dicente Domino Sine me nihil potestis jacere (Joan., 1 5, 5), dubium non est hominem bona agentem ex Deo habere et efEectum operis et iniiium volunta-

réaction d'une conscience chrétienne contre qui voudrait sacrifier la liberté.

(I

:

:

168

A UGUSTINISME ET PREDESTINA TIANISME
du
rôle

de

la

grâce dans notre vie

Noël,

il

rappelle que la grâce
Il

origines (2).
tis
»

aime à parler
4,

(1). Dans l'un de ses beaux sermons de du Christ a travaillé l'humanité dès les de l'Eglise, corps du Christ (3), temple

La lettre à P. L., 54, 303 G Serm. 43, i, P. L., 54, 281 c). i, 3, P. L., 54, 595) condamne la thèse semi-pélagienne : « nisi gratis detur, non est gratia, sed merces retributioque meritorum. Omnis bonorum openim donatio divina praeparatio est, qua non prius quisquam justifîcatur virtute, quam gra tia, quae unicuique principium justitiae et bonorum fons atque meritorum est. Sed ab istis, ideo per naturalem industriam dicitur praeveniri ut quae ante gratiam proprio clara sit studio, nullo videatur peccati originalis vulnere sauciata. » Saint Léon comme Augustin, rattache à la déchéance originelle la nécessité de la grâce pour Vinitium fidei. Citons encore un texte où la pensée d'ensemble apparaît : « Si ndeliter, dilectissimi, atque sapienter creationis nostrae intelligamus exordium, invenimus hominem ideo ad imaginem Dei conditum ut imitator esset sui auctoris, et hanc esse naturalem nostri generis dignitatem, si in nobis quasi in quodam speculo divinae benignitatis forma resplendeat. Ad quem utique nos quctidie réparât gratia Salvatoris, dum quod cecidit in Adam primo, erigitur in secundo. Causa autem reparationis nostrae non est nisi misericordia Dei, quem non diligere mus nisi nos prior ipse dilexisset... Diligendo itaque nos Deus, ad imaginem suam nos réparât et, ut in nobis formam suae bonitatis inveniat, dat unde ipsi quoque quod operatur operemur, accendens scilicet mentium nostrum lucernas, et igné nos suae claritatis inflammans ; ut non solum ipsum, sed etiam quidquid diligit diligamus » {Serm. 12, i, P. L., 54, 168 c169 b). On aura noté le naturalem dignitatem. Pas plus qu'Augustin, saint Léon ne se préoccupe encore de faire une théorie sur les rapports entre nature et surnaturel. « sublimitas quidem, dilectissimi, gratiae Dei hoc 1. Serm. 16, i, P. L., 54, 176 b quotidie operatur in cordibus christianis, ut omne desiderium nostrum a terrenis ad coelestia transferatur. » Serm. 18, i, P. L., 64, 182 c-183 A « natura mutabiiis et de
(cf.

Serm. 49,

;

l'évêque d'Aquilée {Epist.

,

:

:

peccati labe mortalis licet

jam redempta

in

quantum

est passibilis in

tantum

est

ad
»

détériora proclivis. Corrumperetur carnali desiderio, nisi spirituali muniretur auxilio,


le

quia sicut

illi

numquam

deest unde corruat, ita semper praesto est unde subsistât.

Saint Léon insiste alors sur la nécessité de l'effort, et l'efficacité des jeûnes par où chrétien vaincra celui cui sanctificatio nostra suppliciiim est (ibid., col. 184 a). Tout
il

autant qu'Augustin prédicateur,

exhorte à coopérer à l'action divine

:

«

considérantes

itaque, dilectissimi, ineffabilem erga nos divinorum

munerum

largitatem, coopérantes

simus divinae gratiae operantis in nobis » {Serm. 35, 3, P. L., 54, 251 c). Cette dernière formule est admirable. Voir dans le même sens Serm. 48, i, P. L., 54, 298 BC (cité injra, p. 170 note i) 2. Serm. 23, 4, P. L., 54, 202 B « non novo consilio Deus rébus humanis nec sera misericordia consuluit, sed a constitutione mundi unam eamdemque omnibus causam salutis instituit. Gratia enim Dei qua semper est justificata universitas sanctorum aucta est Christo nascente, non coepta. » Ce texte vise les objections païennes sur les retards de l'Incarnation. « hanc Incamationis fidem per quam tota Ecclesia 3. Serm. 47, 3, P. L., 54, 293 d corpus est Christi, inconcusso corde servantes. » Cf. Serm. 82, 7, P. L., 54, 427 A,
:

:

169

GODESCALC ET SES ADVERSAIRES
saint à l'édification

duquel Dieu

travaille et
le

mêmes

(I),

corps immense dans lequel
II

souffrir (2). s'extasie

faut rappeler enfin le
filiation

nous fait travailler nousChrist continue à vivre, et à texte bien connu où le grand pape
:

devant notre

divine

Reconnais, ô chrétien, ta dignité sublime. Tu as été fait participant de la nature divine, ne retourne pas à ta misère originelle en dégénérant (3).

« non enim summos tantum antistites, aut secundi solum sacramentorum ministres, sed onine corpus Eccl'esiae universumque fidelium numerum ab omnibus contaminationibus oportet esse purga-

1.

Serm. 48,

i,

P. L., 54, 298 BC

:

ordinis sacerdotes, nec

tum

dum...

ut templum Dei, cui fundamentum est ipse fundator... in tota sui parte sit luciQuod licet inchoari et perfici sine suo auctore non possit, habet tamen ab aedificante donatum ut etiam labore proprio quaerat augmentum. » Les rapports entre grâce et liberté sont ici transposés sur le plan ecclésiologique. « Passio Domini usque ad fînem producitur mundi 2. Serm. 70, 5, P. L., 54, 383 b et sicut in sanctis suis ipse honoratur, ipse diligitur, et in pauperibus ipse pascitur, ipse vestitur, ita in omnibus qui pro justitia adversa tolérant, ipse compatitur. » Ce beau texte est d'une force incomparable, et il implique toute une doctrine de la sainteté hors de l'Église. Dans l'Évangile, le Christ ne distingue pas entre fidèles et infidèles lorsqu'il s'agit de la charité. C'est à lui qu'a été fait tout ce qui a été fait aux pauvres, aux prisonniers, aux exilés. Il était en eux, à quelque religion qu'ds appartinssent. Léon nous dit de même que le Christ continue à souffrir en quiconque souffre « pour la justice », sans pressentir ce qu'on peut tirer d'une pareille affirmation. « agamus ergo, dilectissimi, gratias Deo Patri per 3. Serm. 21, 3, P. L., 54, 192 c Filium ejus, in Spiritu sancto (noter cette référence aux trois personnes), qui propter multam misericordiam suam qua dilexit nos, misertus est nostri et cum essemus mortui peccatis convivificavit nos Christo ut essemus in ipso nova creatura, novuraque figmentum. Deponamus ergo veterem hominem, cum actibus suis et adepti participachristiane, dignitionem generationis Christi, carnis renuntiemus operibus. Agnosce, tatem tuam et divinae consors factus naturae, noli in veterem vilitatem degeneri conversatione redire. Mémento cujus capitis et eu jus corporis sis membrum. Reminiscere quia, erutus de potestate tenebrarum, translatus es in Dei lumen et regnum. Per baptismatis sacramentum Spiritus sancti factus es templum. Noli tantum habitatorem pravis de te actibus effugare et diaboli te iterum subjicere servituti quia pretium tuum sanguis est Christi quia in veritate te judicabit, qui in misericordia te redemit. » Ailleurs, Les Pères grecs n'ont rien écrit de plus beau sur la divinisation du chrétien. saint Léon reprend le thème classique « factus est homo nostri generis ut nos divinae naturae possemus esse consortes » (Senn. 25, 5, P. L., 54, 211 C). Dieu en nous, c'est « si templum Dei sumus, et Spiritus Dei habitat in nobis, plus que tout l'univers plus est quod fidelis quisque in suo habet animo quam miratur in coelo a {Serm. 27, 6, P. L., 54, 221 A).
:

:

;

;

:

:

170

.

A UGUSTINISME ET PRÉDESTINA TIANISME
léonine de la grâce mériterait une étude particunous ne nous y attarderons pas. Dans ses sermons, cet augustinien convaincu parle relativement peu de la prédestination. Les théologiens invoqueront plus tard son appui en faveur de la doctrine du petit nombre des élus, mais les textes cités constatent seulement que la plupart des hommes préfèrent la voie large à la voie étroite (2), et saint Léon, qui recueille tout l'héritage augustinien, rappelle nettement qu'il ne faut jamais désespérer ici-bas des pécheurs les plus endurcis (3). Il en garde aussi l'estime pour la vie sacramentaire et, comme Augustin encore, s'efforce d'adoucir les rigueurs de la pénitence publique, précisément parce qu'il sait que le repentir est l'effet de la grâce de Dieu (4). Rome, nous l'avons dit, fait alors sien l'Augustinisme modéré de Prosper d'Aquitaine seconde manière (5). D'autres sont moins prudents, puisque, quinze années après la mort du grand pape, Lucidus doit rétracter en Gaule ses thèses prédestinatiennes (6). L'Eglise romaine ne s'intéresse pas alors au débat. Une vingtaine d'années plus tard (493), on voit même le pape Gélase mettre quelque passion à combattre le Péîagianisme et ses séquelles (7). Mais le danger pélagien une fois écarté par les mises au point du concile
théologie
lière (I),
1

La

291.

— Voir aussi
t.

Références dispersées dans P. Batiffol, Léon le Grand, D. T. C, t. IX, col. 281la trop courte note de Mersch, Le corps mystique du Christ, 2^ éd.,
II, p.
2,

1936,
2.

tam

403-404. P. L., 54, 302 AB « impletur sententia Veritatis qua discimus angusesse et arduam viam quae ducit ad vitam, et cum latitude itineris ad mortem

Serm. 49,

:

trahentis multis frequentetur agminibus, in salutis semitis

paucorum intrantium sunt

rara vestigia... Ita

cum innumeri

sint qui visibilia concupiscant, vix inveniuntur qui

temporalibus aeterna praeponant. » 3. Serm. 34, 5, P. L., 54, 249 bc

randa reparatio, sed omnium
4. Epist. 108, 4,

est

« quia dum hoc in corpore vivitur nullius despeoptanda correctio, auxiliante Domino qui erigit elisos,
:

solvit compeditos, illuminât caecos.

»
:

« in dispensandis Dei donis non debemus esse P. L., 54, 1013 A difficiles, nec accusantium se lacrymas gemitusque negligere, cum ipsam poenitendi afîectionem ex Dei credamus inspiratione conceptam » (suite du texte dans D. B., Enchirid., n° 147).

5. Nous avons rappelé plus haut que, depuis Quesnel, un certain nombre d'érudits ont attribué VIndiculus à saint Léon, au temps où il était diacre de l'Église de Rome {supra, p. 150, note 5). 6. Voir ci-dessus, p. 153. 7. Epist. 7,

P. L., 59, 38-40

;

Epist. 5, 5, P. L., 59, 30-33,

171

GODESCALC ET SES ADVERSAIRES
d'Orange, l'Augustinisme modéré semble avoir pris pour toujours posdu terrain. C'est probablement de cette époque que datent les belles oraisons que nous récitons encore aujourd'hui et où la nécessité
session

de la grâce s'affirme en même temps que la gratuité de la prédestination. Ces oraisons, d'inspiration augustinienne, supposent que l'homme collabore à l'œuvre de son salut et que, de ses efforts et de ses prières, dépend aussi l'achèvement de l'œuvre commencée par Dieu (1). L'Espagne semble avoir défendu un Augustinisme plus intransigeant. Isidore de Séville, qui fut au VII^ siècle la grande lumière de son pays, met en circulation une formule regrettable, grosse de conséquences.
Il

y

a, dit-il,

une double prédestination, l'une à

la vie et l'autre à
il

la

mort. Pour que les élus se sauvent, Dieu met tout en œuvre,

Omnipotens sempiterne Deus, qui vivonim dominaris simul et mortuorum, misereris quod tuos fide et opère futures esse praenoscis, te supplices ex« Deus, cuisolicognitusestnumeruselectoruminsupema felicitate oramus... », etc. locandus, tribue, quaesumus, ut intercedentibus sanctis tuis, universorum quos in oratione commendatos suscepimus et omnium fidelium nomina beatae praedestinationis
I.
«

omniumque

» (cf. A. d'Alès, Prédestination, Dict. apol., t. IV, col. 220). Actiones nostras, quaesumus. Domine, adspirando praeveni et adjuvando prosequere (cf. supra, p. 167, note i), ut cuncta nostra operatio a te coepta incipiat et per te coepta fîniatur. » Les deux premières oraisons se disent aux messes de Carême. La troisième se trouvait déjà dans le sacramentaire grégorien (éd. Lietzmann, 1921, p. 30 cf. P. L., 78, 61 c) lorsque le pape Hadrien envoya celui-ci à Charlemagne. Elle ne se trouve pas dans le sacramentaire gélasien. Une autre oraison caractéristique a été retenue par les théologiens scolastiques ; elle affirme la toute-puissance de la grâce : a Oblationibus nostris quaesumus, Domi^ne, placare susceptis et ad te nostras etiam rebellas compelle propitius voluntates » (secrète du samedi de la quatrième semaine de Carême). Cette oraison se trouve dans le sacramentaire gélasien (éd. Wilson, 1894, p. 251) et elle a été reprise dans le sacramentaire grégorien (Lietzmann, p. 39). Si l'on admet que le Gelasianum remonte substantiellement au pape Gélase lui-même (F. Cabrol, Liturgie, dans D. T. C, t. IX, col. 804), il se pourrait bien que cette oraison porte la marque de la théologie de ce pape. Citons encore les oraisons suivantes, qui, elles aussi, se trouvent dans le Gelasianum, et affirment la nécessité de 'a grâce pré-

liber adscripta retineat...

«

;

venante

« Deus, a quo cuncta bona procedunt, largire supplicibus ut cogitemus, te inquae recta sunt et, te gubemante, eadem faciamus » (Wilson, p. 104). « Deus, a quo sancta desideria et recta consilia et justa sunt opéra... » (Wilson, p. 271). On a justement souligné l'influence de l'Augustinisme sur les liturgies occidentales. Cette influence déborde de beaucoup la question de la grâce. Sur la liturgie mozarabe, voir
:

spirante,

injra, p.

173, note 2.

172

couronne ses propres dons « quid sunt bona mérita nostra. Amaî^n.. I. III. on est alors en pleine renaissance augustinienne. t.. pand de Tolède (3). Je note. En Gaule franque.. p. lib. L. M. 83 . vers le VIII® siècle au milieu des querelles christologiques suscitées par l'adoptianisme d'Élitination.. Utraque divino agitur judicio. spécialement pour Vinitium fidei « ipsum credere in Christum opus est Christi » (In Joan. 383-384 (D. L. 28). D. « illud autem quod alii 4. Le vrai maître de ces augustiniens est Grégoire le Grand. Aussi bien. n° 300) ex ipsis dicunt.. 19. P. Enchirid. La liturgie mozarabe rapproche sans les opposer 144 A ibid.. éd. Mais « gemina est praedestinatio. Férotin. Sur ces controverses. isti dicunt ut quid conamur vivere quod in Dei est potestate ? alii iterum dicunt ut quid rogamus Deum ne vincamur tentatione... p. P. 3. C. t. Epîst. 526-540 QuiLLiET. quasi liberi arbitrii ? rêvera enim nullam rationem reddere Ecclesiae liturgica. sur de la grâce ad singulos actus {De fide SS. t. Elle rappelle que Dieu. 8. vult alter esse malus et non permittil ir interire. Senteniiatum : sive electorum . B. p. VI. P...P. VI. impius amplius sorditatur.. 403-413 E. De cognitione baptismi. L. Pour Hamack (Lekrbuch der D.. 481). p. P. en couronnant nos mérites. quod in nostra est potestate. ut sempei electos superna et interiora sequi faciat. Dans sa campagne contre l'adoptianisme espagnol. t. Tixeront. les termes praedestinati et praesciii (Liber sacramentoriim. Alcuin. . L.. L. c. semperque reprobos ut infimis et exterioribus delectentur deserendo permittat.. II.. T. 83. Trin. dans l'Histoire de l'Eglise de Fliche et Martin. 145 A. sive reproborum ad mortem. 178.. III. p. terrestres (1). 6o6 ad regnum. on voit à nouveau surgir la question de la prédesLe pape Hadrien \^^.. G. note 3. 104. 2. insiste sur la déchéance originelle. incertum tamen hominibus ad quem sint finemprae destinati. . col. » Pour saint Augustin. se contente alors de renvoyer aux écrits de saint Fulgence (4). 934 c). t. malgré son origine la nécessité : — ^73 — . Férotin. IsiDOR. Quamvis justorum conversatio in hac vita probabilis sit. VI. — . Férotin. Monumenta 1. T19 p ibid. 96. « une citation de Fulgence). sive ad mortem (noter cette terminologie espagnole) in Dei sit potestate et non nostra.. 34. 96. 88. Alcuin. 191 2. 429. éd. Toujours la même thèse de fond sur l'histoire de l'Augustinisme. 92.. les laissant se prendre La thèse augustinienne se durcit (2). L. 101.. ignorantes beati Fulgentii episcopi (suit « bretonne ». P. Il.. : : ad Eugypium opuscula. 1937. En vel accipere valent. Alcuin réalité. éd. Histoire des dogmes. dans une lettre qui touche à divers sujets.. voir J. HiLDEFONS.AUGUSTINISME ET PRÉDESTINATIANÎSME permet que les réprouvés se damnent en au mirage des choses. comme complément à la note i. P. quod praedestinatio ad vitam.. H. de la grâce {Lib.. 172. 5. que cette : liturgie insiste sur la gratuité . 6. 92. 129-152.. Théodulphe d'Orléans ne sont pas des doctrinaires (5). 291). Vult quis esse bonus et non valet. Adoptianisme... p. l'Augustinisme carolingien est un compromis entre Augustin et Pelage. 100. Mira dispositio est supernae distributionis per quam hic justus amplius justificatur. nisi dona tua ? » {n° 95. voir ci-dessous. 98. 382). 436). L'époque caroligienne. sacrant. L. p.

65-71) ici moins radical que Loofs et Hamack. 112.. 1076-1078). i. Histoire des conciles. C. 1932. P. p.. mais leurs réactions révèlent aussi les incertitudes de leur pensée et un débat passionné s'engage. Dicitur ipse doctor vester multa testimonia excerpisse de opusculis beatis: simi et doctissimi Patris Augustini. P. dans Revue d'hist. — — maticales. La controverse prédesti- — 1905. » ~ 174 — . Précurseur de Calvin ou témoin de l'Augustinisme. 359).. p. cale. Godescalc d'Orbais. 1500-1502. VII. t. — Turmel. L. mais il reste que le moine d'Orbais s'en tient à la lettre de l'Augustinisme et en méconnaît l'esprit. 72-101. 1937. 320-344 .. De (c. p. natienne au IX^ siècle. III... et exclut de mènes 1. Et jam multos in desperationem suimet haec secta perduxit. si non est praedestinatus ad vitam.. des religions. siècles Avec Godescalc. les pasteurs d'âme réagissent. Pour lui. P. sanct. 38 G . 1073 d). Raban Maur. Au G. etiamsi quis velit salvus fieri. Aegerter. 1554 b « constat quemdam sciolum. Lavaud. E. 101.. Seeberg {Lehrbuch der D. P. voir E. La conscience commune proteste. B. t.. 14. Voir de ce point de vue les études de B. p. Louvain. t. 31. Lambot.. III. D. Lavaud. — y compris les catéchuLes Carmina de Théodulphe d'Orléans sont d'instous les non-baptisés. 101. dans Revue de l'hist. P L. Epist.. 44. dans l'Histoire de l'Eglise de Fliche et Martin. L. 31-33. Prédestination. Fel. obstiné. L'auteur rejette l'idée d'une praedestinatio ad malum 28. Gates- S"r la HefeleLeclercq. R. piration tout augustinienne (VI. et de littér. 1937. le long travail des remis en question et la lettre des écrits augustiniens triomphe de d'Augustin (1). Adv. les adversaires de Godescalc ne l'ont pas compris. 1946. Gotischalk et le problème de la prédestination au IX^ siècle. p. donne des théories de l'évêque d'Hippone une interprétation abusive. Trin. Il est probable que l'on discutera longtemps encore sur le cas de Godescalc. 101. Je n'ai pu utiliser la récente édition de dom C. praedest. frustra et incassum laboret. 2.. 187-223. t.GODESCALC ET SES ADVERSAIRES voici qui que bientôt surgit un esprit systématique. 2901-2935. XII. nomine Gotteschalaim. 101.. 139 B . qui dogmatizat quod praedestinatio Dei omnem hominem ita constringit ut. L. 101. Œuvres théologiques et gramrel. dans Revue thomiste.. — mais il garde les thèses augustiniennes sur le péché originel et la nécessité de ia grâce. impitoyable.. et le bref résumé de P. 6. G. cf. 9S2). L. les thèses sur la prédestination prennent une allure Le vocabulaire lui-même est déformé. 1930. P. T. t. Dénoncé en 848 au comte de Frioul par Raban Maur qui voit en lui un esprit dangereux (2). 105.. L.. VI. apud vos manere. 4® éd. 28. (c. L. VI. 47-69. 1911. Godet. P.. p. controverse prédestinatienne. L'époque carolingienne. IV. 1074 b).. T. condamné peu après au concile de Mayence où l'esprit recourt aux idées augustiiiiennes sur la prédestination gratuite de l'humanité du Christ (De fide SS. Le concile d'Orange est cité dans une Confessio fidei attribuée à Alcuin. P. dans D. outrancier. L. 137-186. C.. Amann. Voir également J. i. prélude de grandes querelles à venir. toujours d'après le concile la vie éternelle d'Orange (c.

dont les décisions sont pour nous de grande importance. P. col. Hincmar cherche des appuis. Hincmar. Amann. Lavaud. T. fouetté publiquement et incarcéré. où il défend la terminologie . » Loup de Ferrières lui aussi fait appel à l'autorité d'Isidore de Séville {Liber de tribus qiiaest. Les lettres succèdent aux lettres. Convoqué à un concile de Quiercy (849). concile de Quiercy dj 849 ne doit pas être confondu avec celui de 853. P. Ratramne.. 2. C. t. 121. L. sive reproborum ad morteni. quia praedestinati sunt ad poenas. L. Si résolus qu'ils soient en idées. B. du fond de sa prison. t.. 2906. De : son côté. 2908 « haec est geminae 5. cit. évêque de Troyes. D. et Prudence. Il écrit à 1 F. D. compose un gros ouvrage sur la prédestination. B.AUGUSTINISME ET PRÉDESTINA TIANISME défend avec passion sa thèse de la double prédestination (1). lib. après avoir écrit son De induratione cordis Pharaonis. XII. Le débat ne fait en réalité que commencer. 368 « affirme et approbo coram Deo et sanctis ejus quod gemina est praedestinatio sive electorum ad requiem. 326-327. idem ipse incommutabilis Deus per justum judicium suum incommutab^iter praedestinavit ad mortem mérite sempiternam » (cf.. l'autre. les traités aux traités petits traités d'abord. quia sicut Deus incommutabilis ante mundi constiti'tionem omnes electos suos incommutabiliter . le moine saxon s'obstme dans ses il cale est Déposé de la prêtrise. De Loup des théologiens considérables. B. T. aux conséquences pra- tiques des thèses théologiques et qui met l'accent sur la liberté (3). op. C. T. p. gros ouvrages ensuite. cit. XII. Netzer. C'est ainsi que Ratramne. abbé de Ferrières. C. quam beatus Isidorus manifesta satis catholiaique ration3 commendat.. 324-325. p. Nemo tamen dicat idcirco reprobos ad peccatum praedestinatos. isidorienne (5). T. VI. Godesrenvoyé à son monastère d'Orbais au diocèse de Soissons. per gratuitam gratiam suam praedestinavit ad vitam aetemam. refuse à céder effet à rejeter le Prédestinatianisme. Ratramn. Lavaud. col. D. évêques et théologiens ne sont pas d'accord sur l'interprétation de l'Augustinisme.. t. 2483. qui voudrait voir clair en cette affaire. Hincmar. qu-i ne sont peut-être pas fâchés de faire échec au tout-puissant métropolite de Reims. C. soutenant que le Christ n'est pas mort pour tous les hommes. dont plusieurs sont écrits à la prière de Charles le Chauve. 657 c). t. — — — : . le mîserabilis monachus continue à lire et à écrire. 2904). archevêque de Reims. E. il se et. II. H.. homme d'autorité. D. 67 B praedestinationis dispositio. 121. mais seulement pour les prédestinés (2). abbé de Corbie (4). L.. 119. 3. De praedesiinatione. XII. col. Le E. Amann. similiter omnino omnes reprobos qui in die judicii damnabuntur propter ipsorum mala mérita. attentif D'un côté. op. 4. Lavaud. Servat.

sa vie. Epil.. Prudent. aut unam geminani. le renvoie à ses anciens ouvrages. 2.. l'Augustinisme de droite semble gages à Godescalc. trop vieux pour prendre la querelle. 1922. maïs l'archevêque de Mayence.fDe praedeslin. p. met l'accent sur la liberté humaine et ramène tout simplement la prédestination à la prescience (3). T.. F. dans le royaume de Charles le Chauve. — E. Dieu ayant prévu à la fois le péché et ses conséquences (ibid. Celui-ci est loin d'être augustinien. L. L'archevêque Amolon Godescalc avec bonté. t. Pour Scot. L. il est plus encore un constructeur de système (i) qui interprète librement le récit de la chute originelle (2). Dans le camp adverse. 122. Cappuyns.. T. la donner des royaume de Lothaire. Serm. l'homme a péché en venant à l'existence (De divisione naturae. C. B. 438 BC « cum omnibus orthodoxis fidelibus anathematizo eos qui dicunt duas praedestinationes esse.. l'une des lumières théologiques du Sud-Est. » 4.. 3. P.432 A «quis ergo insaniens non videat. Jean Scot Erigène. 808 a). : : — : — 2913. P. 401-434.. Appuyé sans doute par Amolon. ou plutôt. P. Vernet. 84-96. ion C. 201-222. prêche aussi sur Dans le écrit à le sens augustinien (5). 809 a).. col. que l'on situe au temps de Léon 176 .. Lavaud. D. 14.. XVIII. auquel prédestination dans 1. De praedestinatione contra Johannem Scotum. 2^ éd. 1933. P. p. Alors Hincmar a la part à malencontreuse idée de recourir à Scot Erigène. mais peu à peu l'opposition se dessine entre les deux églises. IV.. 182. 5. et tire à lui saint Augustin « vivebat homo in Paradiso ». L. IV. 122. 11-29 >ibid. le diacre Florus de Lyon. Erigène. de praed.. Scot se réclame de Grégoire de Nysse et de Maxime le Confesseur (ibid. écrit Augustin Scot traduit « inchoahat vivere » {ibid. bipartitam aut duplam. col. 116. M. Florus. D.. non esse aliud Deo praedestinare quam praedefînire. — : .GODESCALC ET SES ADVERSAIRES Raban Maur. son œuvre. 838 B). P. saint — Noter l'appel au concile d'Orange ! (col. malgré la forte position ecclésiastique d'Hincmar. Epist.. col. 1944. sa pensée. C. tout en condamnant son obstination et ses outrances de langage (6). L. il voit surtout dans Augustin le disciple des p/atonid. on le traite de pélagien et Prudence de Troyes écrit un gros ouvrage où il l'accuse de faire revivre l'esprit de Julien d'Eclane (4). 2. L. puis par son successeur Rémi. 6. ScOT'E^iG. le diacre Florus réfute Scot Erigène et Hincmar lui-même. P. p. L. P.. La philosophie au moyen âge. V. 122. 20. 115.. Son intervention ne réussit qu'à gâter les choses. 122. 95-102. 119. Traducteur de Grégoire de Nysse. 807 CD). nec aliud esse praedefinire quam praevidere ?» Ibid. Ainsi.. GiLSON.. 96 c). 4. du pseudo-Denys et de Maxime le Confesseur. L.

B. col. praeventum et adjutum gratia. XII. » « Deus omnipotens omnes homines sine exceptione 5. 3. 4 (D.. L. can. L. pour faire le bien.. 8. et vitam illis praedestinavit aeternam .. C. 2 (D. D... comme chez Augustin). même si. T. Enchirid. Il se refuse à parler Dieu prédestine les bons et prévoit la d'une double prédestination perte des méchants (3). Ac per hoc unam Dei pradestinationem tantummodo dicimus quae aut ad donum pertinet gratiae aut ad retributionem justitiae. can. — M. T. Ibid. quam per Christum Dominum nostrum recipimus et habemus liberum arbitrium ad bonum.. ita nullus est.A UGUSTINISME ET PRÉDESTINATIANISME il reproche sa dureté envers Godescalc et ses compromissions avec une théologie aventureuse (1). Quod autem quidam salvanquod autem quidam pereunt. 1 1) ad vitam. et habemus liberum arbitrium ad malum. praedestinavit aeternam. 101-250. cit. — XII. fuit vel erit. can. de deux conciles qui. Scoti erroneas definitiones.. Ccnc. 4). desertum gratia. 3 (D... Liberum autem habemus arbitrium. le p. n° 316) : Deus bonus et justus elegit ex secundum praescientiam suam quos per gratiam praedestina« ros {Rom. sed non ut périrent praedestinavit poenam autem illis. B. 117) attribue E. Enfin. l'un et l'autre. (D. 121. D. (5). licet tur. — B. B. 2916. 2.. Malgré la manière autoritaire qui lui donne naissance. Caris. B. — 177 — 12 I . — Liber de P. N. pro quo passu* non fuerit licet non omnes passionis ejus mysterio redimantur. il a besoin d'être prévenu et aidé par la grâce de Dieu (4). 119. Il affirme que Dieu veut le salut de tous les hommes. B. i eadem massa vit perditionis . Cf. n° 317) « Libertatem arbitrii in primo homine perdidimus. p. Il est l'œuvre de Charles le Chauve et d'Hincmar. ce concile lutte aboutit à l'opposition La marquent une date dans l'histoire justement sur certains aspects du problème. C. pereuntium est meritum s (noter le sens indifférent du mot mérite.. Quod vero omnes passionis ejus mysterio non redimuntur. p.. — M. n° 318) : : : : vult salvos fleri {I Tint. fuit vel erit homo. 333-334. Ecclesiae lugdunensis adversus tribus epistolis. U époque carolingienne. ceteautem.. tout à Florus. 2920. op. Cappuyns.. Lavaud. que le Christ est mort pour hommes sans exception Le concile de Quiercy est donc une J. t.. il insiste sur cette vérité (6).. quia gratia liberatum et gratia de corrupto sanatum. Cappuyns {Jean Scot Erigène. P. 121.. quos justitiae judicio in massa perditionis reliquit. Florus. cujus natura in illo assumpta non fuerit. Ibid. Ibid. sicut nullus homo est. 985-1068. de la théologie de la grâce Le premier se tient à la résidence royale de Quiercy-sur-Oise (853).. c. salvantis est non omnes salventur. 29 Ephes. bien qu'en fait certains se insiste : damnent tous les 1. non respicit ad magnitudinem et pretii donum : : . i. 2. Amann. 6. Lavaud. n" 319) « Christus Jésus D. perituros praescivit. » 4. Il souligne avec force que l'homme racheté a le pouvoir de choisir entre le bien et le mal. qui imposent leurs volontés (2).

Amann. L. 16 De civ.. 2921 « fidenter fatemur praedestinationem elec3. Cependant on a relevé quelques textes dans le sens isidorien. » Et il n'y a aucune raison sérieuse de suspecter l'authenticité de ces deux lignes (cf.GODESCALC ET SES ADVERSAIRES condamnation formelle de Godescalc.. n° 316) : « Deus omnipotens hominem sine peccato rectum cum libero arbitrio posuit. II... Mais ici le vocabulaire augustinien reste d'une grande souplesse. qui sont les vrais vaincus de toute cette affaire. quem in sanctitate justitiae permanere voluit. quia poculum humanae salutis. . il n'y a pas tellement de divergences entre les augustiniens de Valence et ceux de Quiercy. » L'influence prédominante est ici celle d'Isidore.. 13 48. . 1. arbitrio generis. t..f 100 In Joan. p. 121. M. mises à part aussi les idées de Godescalc et celles de Scot Erigène (5). Conc. R. n'avait pas directement pour objet la querelle prédestinatienne. 64 De peccat.De anim. Les uns et les autres acceptent les thèses d'Augustin sur la déchéance originelle et la ce qu'il croit être une infidélité à la tradition ratur {Gai.. réuni par Lothaire. 6) respicit partem . XII. 24. » Ibid. cit.. .) 5. B.. tract. 26 Dei.1. 6 107. i (D. B. imp. V. » (suite du texte p. 679). 1083-1134). t. et n'a pas la rigidité de l'augustinisme de Godescalc. D. SeeBERG (D. Mais Rémi de Lyon en profita pour condamner Scot Erigène et ceux qui l'avaient appelé à leur secours. (a pio auditu fidelium penitus explodimus). Le canon 4 du concile de Valence s'en prend expressément aux décisions de Quiercy « capitula quatuor quae a concilie fratrum nostrorvm minus perspecte suscepta sunt. 3 (D. op. C. n° 325 scotorum pulies nauseam inferentes) rappelle la manière dont saint Jérôme avait traité Pelage (E. copiositatem. bibitur. 31. qui réagit contre (2). Cf.. 122... on s'aperçoit que. can. . Lavaud. En réalité. B. le diacre Florus de Lyon avait protesté déjà dans son Liher de ienenda immulahiliter Scripturae veritate (P. D. Dans l'intervalle. XII. dans l'ensemble. . L'ironie méprisante du concile à l'égard de « la bouillie des Scots » (can. 2 Enchirid. t. XXI. 177 note 3). : : . IV. quod confectum est infirmitate nostra et virtute divina.. 24. ut omnibus prosit : sed si non 1.. XXII. 204. B. T. Il n'en maintient pas moins les thèses augustiniennes sur la damnation virtuelle de toute l'humanité en Adam et le relèvement d'une partie seulement de la famille humaine (1). : : — 178 . D. C. XIL col.. . Cependant. can. 2Q25. Augustin ne parle ordinairement de prédestination que pour les élus. non medetur. 43. G. ses décisions ont moins de sérénité que celles de Quiercy (4)... . Lavaud. jiist. .. B. merit. 7 111. n° 322) torum ad vitam et praedestinationem impiorum ad mortem. Cappuyns. C... si l'on va au fond des choses. 2. XV. et factus est « massa perditionis » totius humani Deus autem bonus et justus. Il paraît pourtant trop libéral au concile de Valence. II. 4 48. le concile de Valence infléchit lui-même la tradition. D. . . 4. 542) donne les références suivantes Epist. Pelage. mises à part les questions de personne.. Ce concile. Valent. sed ad infidelium et ad non credentium ea fide quae per dilectionem ope5..5 . T. Homo libero maie utens peccavit et cecidit. p. . col. 6. 5 Op. car il tient mordicus à la double prédestination (3) et. I De perf. habet quidam in se.

2926. Désor- volonté salvifique universelle est affirmée clairement. sans s'être jamais rétracté (Hefelele concile Pour que c'est le concile : . des débats passionnés suscités autour du Jansénisme ou de 1. n°^ 318-319) et les canons 4 et 5 de Valence (D. qui a divers démêlés avec le puissant métropolite de Reims. mais il explique que ceux-ci ont rendu vaine la grâce de la Rédemption. Ratramne prend Hincmar à partie à propos de la formule Te trina Deitas imaque poscimus (H. et finit par mourir misérablement. mais il en sort aussi purifié. B. 178. 2. D. de nouveaux conciles sont réunis (4). ils enseignent que se la prédestination des élus que cependant nul ne damne qui ne l'ait voulu libre- ment (2). de Quiercy.. Histoire des conciles. il est mort pour tous les mais la hommes. T. VI. Godescalc languissait alors dans sa prison. B. On cherche à concilier le souverain domaine de Dieu et la liberté humaine. en 860. note i. en 859. 6. 2932). C. voir ci-dessus. XII. 179 — . t. Lavaud. L'Augustinisme en sort renforcé pour de longs siècles. où les idées libérales d'Hincmar marquent un point (E. n°^ 323-324). p. Chacun tient à son vocabulaire. D. près de Toul. Cependant le pape Nicolas \^^. C'est cette vérité fondamentale qui se dégagera plus tard. l'opposition est moins dans la pensée que dans les formules (3). p. : Leclercq. B. B. 177. Même s'il s'agit de la volonté salvifique de Dieu. il prend parti dans cette nouvelle querelle et accuse Hincmar de Sabellianisme (E. s'intéresse au sort du prisonnier et cherche à lui venir en aide. note i. Le Christ n'est pas mort pour les seuls prédestinés. Au cours de ces querelles. D. n° 316). p. 2484). 337). JV. Le concile de Valence semble dire que le Christ n'est pas mort pour tous les damnés. près de Toul. B. Comparer les canon 3 et 4 de Quiercy (D. auquel Hincmar réplique par un nouveau traité de la prédestination concile de Thuzy.. Concile de Savonnières. Amann. T. C. Hincmar réagit vigoureusement. Le débat se prolonge cependant encore. n" 325). 233). la question de auxiliis. Netzer. Hincmar. on cherche d'autres griefs. l'immutabilité de la prédestination et les fluctuations d'une créature en marche vers sa fin dernière. Uépoque carolingienne.. i de Quiercy (D.. mais se refuse à dire que la prédestination nécessite le libre arbitre. 4.. De nouveaux traités voient le jour.AUGUSTINISME ET PRÉDESTINA TIANISME nécessité de la grâce (1) est gratuite et . connnence à perdre la tête. cité ci-dessus p. Il est piquant de noter « de libero de Valence qui emploie la formule la plus modérée arbitrio in primo homine infirmaio » (can. n°^ 321-322). Comparer le can. 3. Mais Godescalc s'obstine dans ses erreurs. et les canon 2 et 3 de Valence (D. mais avec une netteté bien plus grande. Evêques et théologiens semblent s'agiter en vain et pourtant ces pénibles discussions n'auront pas été inutiles.

Non seulement la méthode d'exposition. des anges. I. 2. Au X® siècle. il est resté le grand éduca- teur spirituel de l'Occident. de l'âge patristique et sur aux siècles suivants. misericordiam trahebat intus qui per mansuetudinem foris erat suscepturus. Qu'il s'agisse de la Trinité. Praelog. 207 b (à propos de la pécheresse) : «ipse per Ihiâ. Grégoire le Grand ou Isidore de Séville (2). Rathier.CHAPITRE ONZIÈME DU XF AU XIIP SIÈCLE AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME apparemment dans un monde tout neuf. lorsqu'on étudie un auteur du moyen il Nous avons rappelé son emprise sur la fin le haut moyen âge.. Cependant. de l'Eglise. Augustm reste le maître incontesté de ces se trouve Lorsqu'on passe de saint Augustin à saint Thomas d'Aquin. quae id — : — 180 ~ . GiLSON remarque quelque part que. Elle reste prépondérante 1. L. L.. 136. Mais cela est particulièrement vrai dans les questions du péché. P. faut toujours vérifier si elle n'était pas dans Augustin. en appelle fréquemment à Augustin ou aux épigones. 136. de la création. Rathier de Vérone. de la grâce et de la prédestination (I). » VI. l'un des rares esprits vigoureux de cet âge de fer. 320 c « hoc agi tantummodo gratuita Dei constat gratia. 5. qui a introduit dans les souples exposés du docteur d'Hippone une multitude de problèmes minutieux. des sacrements ou des fins dernières. La dialectique est passée par là. âge. on savantes constructions.. P. Du V^ au XIII^ siècle. il ne faut pas se fier aux apparences. et qu'il semble apporter une idée neuve.. Un siècle plus tard. mais l'esprit même dans lequel sont traitées les questions semble différer. Otloh de M. 24. on se réclame universellement d'Augustin.

67 B (grâce et justice de Dieu). » Ailleurs. De conceptu virginali et de originali peccato. Cur Deus homo. R. posse et perficere quae tibi placent et nobis qu'il trouve très belle expediunt.AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME Sainte-Emmeran. 4. seine Hauptwerke. Monolog. . 136. Anselme s'abrite derrière l'autorité d'Augustin (4). 32... 98 c). et l'article de V.. — — : (col. c'est pour lui surtout l'Augustinisme. 146. L. 3. Anselm von Cant. Il consacre tout un traité à la difficile question du péché originel. t. à sa nature et à son mode de transmission (6). col. 150.. L. 2. 146. 283 D).. L. 94 D (gratuité de la grâce). mais on sent que la tradition pose pour lui un problème difficile {ihid. Plus loin. 27.. 1. Ihid.. discute sur le problème du mal ou Il décrit son expérience religieuse en termes augustiniens faudrait étudier aussi Pierre toutes ces figures sont bien Damien et ses contemporains (3). 416 C-424 c {massa peccatrix). 158. 3 5. C. P. L.. il cite Bède pour montrer que Dieu fait ce qu'il veut du cœur de l'homme (Praelog. IV. 30. 1930. il cherche à montrer que Dieu n'est pas responsable du péché (ibid. 158. La dialectique du Cur Deus homo suppose comme point de départ les idées augustiniennes sur la chute originelle (5). . 364 c) II. La controverse eucharistique du Xl^ siècle roule en grande partie sur l'interprétation de textes augustiniens. 16. 1937. De corpore et sanguine Domini. Rathier cite une oraison « da nobis velle. qui du XIII® siècle : saint quod miserando piens coronat. Anselme est ici un précurseur. I. 158. t. Anselme est trop personnel pour répéter simplement le maître commun. L. t. E.. sein Leben. col. même dans les questions de la grâce et du péché. 1669. 6.. 73 d). De concordia... 13.dam au paradis). 4. L.. L. D. Les adversaires de Bérenger ne peuvent se résoudre à croire que le novateur puisse s'appuyer sur Augustin.. I.. 146. I. miserando perfectum reci(c. L. XI. Cf. P. 381 c nombre des élus). II. t. il se pose toutes sortes de problèmes. 598). apparaît un fait pressentir les grands scolastiques Anselme. P. 1 139 b. praef. L. Sur Anselme. Cf. Amann. L. De tribus quaestionihus. — — — 181 — .. P. Seeberg. cependant. et la tradition. 4^ éd.. un lointain précurseur de Luther (I). 136. Otloh. il ne augustinien de grande classe. p. 146. Pour proposer et défendre son fameux Monologiwn. III. Cependant. Lanfranc. Lehrbuch der Dogmengeschickte. mais il commence par s'établir résolument en terrain augustinien. Bainvel. Celui-ci est un spéculatif. L. » miserando ut perficiatur adjuvat. d. P. 538 (A. Epist. 143 c. voir le récent ouvrage de Stolz. 68. P.. Il est fidèle à la tradition. P. P.. 401 BC) I. II. Dans ce siècle. Otloh accepte la damnation universelle en Adam. L. Mais pâles. i6. ibid. Ses idées sur la perte de la justice originelle ne feront d'ailleurs que lentement leur chemin dans les esprits. 431-464. Anselm. 158. 433 D. 1-2 (col. cette colonne de l'Église. 158. 1327-1350. en qui découvrir les historiens protestants voudraient presque (2). t. P. 125-126. 16 (col.. seine Bedeutung.. — Dans Vltinerarium : inspirât. Cf. c. P. P. P.

P. mais un éternel présent (3). quia cuncta bona nostra. mais. une première version de ce traité. il est plus proche de l'Augustin des écrits antimanichéens que de l'auteur du De correptione et gratia. T. » Voir dans les Beitràge zur Geschichte der Phil. par sa réflexion. t. D. 158. Non enim aliunde possumus tibi servire.. 1. C. De libero arbitrio. P. P. L. col. sed omnia sunt illi simul praesentia. nisi de tuo munere. 2. 502- (ibid. Sur l'authenticité de ces écrits. quoque est quia sicut praescientia non in Deo dicitur proprie. De concordia praescientiae.. c. De concordia. 329 c « non dixi Deum illi dédisse accipere perseverantiam. P. T. P. encore une fois ne lisons pas dans les vieux auteurs les thèses modernes.. A. .. qui ne rencontrera d'abord que l'audience de quelques esprits d'élite. C. 158. Mais il reste encore dans l'esprit d'Augustin celle-ci (i). L. 2. 158. D. C. bien qu'il soit esclave du péché 504). L. P. Les autres vont se contenter. col. Anselme. Dans ses Méditations. 5. des M. 3. I. De casu iiaboli. reprend à ce propos . . 1340. sed tantum velle et posse perseverantiam accipere » (cf.. Bainvel. . 540-542.. 494 A : « libertas arbitrii est potestas seivandi rectiloin. 800 B : noster.DU XI^ AU XI11^ SIECLE que les sera vraiment compris qu'au XIII^ siècle. : Anselme cherche comment n° 10-12. 2. ibid. 322-350). publiée par F.. 1340. L. Cf. Tout cela est profondément augustinien. 158. Meilleur augustinien plus fervents des disciples d'Augustin qui l'ont précédé. L. de répéter l'évêque d'Hippone avec plus ou moins ce talent dans l'exposition. 2. lorsqu'il attribue à la grâce tout ce que. rappelant que pour Dieu il n'y a ni passé ni futur. 520 B « sciendum. au jour il vient de mettre L'Augustinisme d'Anselme est donc une théologie toute neuve. mais l'esprit peut refuser le don de Dieu. Le P. tudinem voluntatis propter ipsam rectitudinem. le mot est prudent. I. praedestinationis et gratiae cum libero arbitrio. col. Bainvel {D. 744 CD. — — — 182 — . L. Bainvel. V. 18. XXXIII. : — 1936. 158. Nous ne pouvons nous arrêter ici au détail (5). » Cf. Meditationes. quia illi nec ante. ce dernier a étudié la chronologie des œuvres anselmiennes {Revue bénédictine. étant un don de Dieu elle implique virtuellement la persévérance. Schmitt. et lorsqu'il en parle. II. et cherche à définir problème de la persévérance (2) et s'attaque à la redoutable question de la prédestination. I. 1-48.. « omnia a te haec postulo. 158. 158. Domine Deui 4. 328). Anselme parle en termes admirables de la nécessité de la grâce et les thèses augustiniennes imprègnent ici sa pensée (4) il insiste cependant avec force sur le libre arbitre. T. 3. nec post aliquid est. cf. 1338) parle ici de l'aspect moliniste des explications d'Anselme. 1932 p. bien qu'avec plus de sérénité. t. Anselme étudie la question des rapports entre Il la grâce et le la liberté. L.. 14. mais le vocabulaire est fort imprécis. 7. comme jadis Fulgence. L'idée générale de ce dialogue fort subtil semble être que la première orientation de la volonté est nécessairement bonne. dona tua sunt. P. » Plus le pécheur reste libre. ita nec praedestinatio. V. t. neque placere.

10. D. insiste sur la prédestination et la nécessité de la grâce {Elucidarium. p. Dans son Inevitahile. III. il est un nouvel Augustin. Landgraf. cherche à montrer que l'ami de saint Bernard se laissa séduire par les Pères grecs. 167.. — R. II. P. 32. XI. mais que la grâce lui est nécessaire pour faire le bien.. De spir. t. Pour une étude détaillée de cette période. pour deux grands esprits qui s'afAbélard et saint Bernard. tantôt sur la liberté (In Joan. voir les articles. L. p. g. îer A. Bernard est comme la conscience religieuse de son époque. l'hellénisme :hrétien étant alors dans l'air (Déchanet. p.. il montre que la prédestination ne fait pas violence à l'homme (P. qui mériterait ici mieux qu'une brève mention.. L. L. mais les historiens protestants du dogme lui font une place importante. ils doivent reconnaître que le grand moine fut authentiquement catholique (2). 1140 c). L. dans Zeitschnjt fier kaiholische Théologie. parlait du Christ en termes inoubliables (3). 180. Die Erkenntnis der heljenden Gnaden der Friihscholastik. 169. L.. de A. 169. 194^. P.. t.. Déchanet.. 4. 132-140. 1149 c). 1810). 383 A. 9. il montre comment le péché divise l'homme d'avec lui-même {De Trin. mais il continue à dire que la grâce est nécessaire pour tout bien. 342-344. L. 2. P. 73-74). mais il reste très augusti(P. P.. éd. G. 183 . 1203 c). mais il est peu philosophe. 180. G. et reprend la comparaison du soleil illuminant les yeux qui se ferment HONORIUS d'Autun est plus personnel. montre que l'homme peut faire le mal tout seul. Aîix sources de la spiritualité' de Guillaume îe Saint-Thierry. Alger de Liège (f 1131) écrit lui aussi un De lihero arbitrio. Guillaume de Saint-Thierry (f 1148) est un grand spirituel. Ils ont raison. Zï. Il parle magnifiquement de la grâce et insiste sur la présence de Dieu en nous (v. Œuvres choisies. p.. 172.. 670 D-671 a). 1.. d'une érudition un peu accablante. 371-373). insiste sur le mérite... L. 970). VII. il accepte la gemina praedestinatio isidorienne (col. 1930. Malgré leur désir secret de montrer dans Bernard un précurseur de Luther.. Celui-ci. Lehrbuch der D. 1193 A). von Harnack. 1940. Dom Déchanet.. P. et beaucoup moins s„r la volonté salvifique (col. dans ses Confessions. 184. Guillaume cherche à réduire l'emprise augustinienne. L. 171). IX. 180. L. Confess. 1931. P. nien. Lehrbuch 3. Ce dernier n'a guère de mention dans les manuels de théologie. mais sa théologie n'était pas christocenfaut cependant faire exception frontent au milieu du XII® siècle. petit traité de la prédestination. Il insiste tantôt sur la gratuité de la grâce {In Apocal. mais rappelle que l'homme se perd librement (col. Je donne ces quelques indications pour susciter des monogra- — — — — — phies. A la suite d'Augustin. sans nier la profonde influence qu'eut sur lui saint Augustin. III. 9.. P. 1199 d). 741. Seeberg. Rupert DE Deutz (f 1129) est à beaucoup de points de vue un outsider. Spéculum fidei. 972).AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME ce serait fausser les perspectives de notre histoire de la théologie de la grâce Il (1). tandis que le libre irbitre suffit pour faire le mal {De natura et dignitate amoris.

de saint Paul et se proclame fils de l'Église (3). Il. 1927. M. 1931. « nolo sic esse philosophus ut recalcitrem Paulo. 2. GiLSON (La théologie mystique de saint Bernard. qui ramène l'homme déchu vers son principe. lui. 118-180. Le mouvement théologique du XII^ siècle. 1932. PouRR>>T. il dépasse les bornes l'orgueil de la science l'en. p. indispensable au chrétien. t. Vacandapd. : traîne à des audaces qui font frémir ses contemporains. selon lui. — : — — Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques... non sapit mihi nisi legero ibi Jesum si disputes aut conféras. Lasserre. Delagneau. T. Le concile de Sens de 1140. P. p. 34s) fait le procès de la mystique catholique qui. Abélard. E. méprise ceux qui ont peur de la science. est comme l'antithèse vivante de saint Bernard. entière. p. 1934. D. 643-645. dans Revue apologétique. G.. 278-296. Il faudrait discuter ici telle page où Harnack {D. Mais cela 2. Il me semble cependant qu'il y a chez celui-ci une attitude religieuse qui implique une révolution. A. lui. p. le conflit était inévitable (4). n'arrive pas à échapper au Panthéisme néo-platonicien. 103. 60-76 . Abélard et saint Bernard. G.DU XI^ AU XI11^ SIÈCLE comme d'ailleurs sa vie trique (1). 102-103) relève le même trait chez saint Bernard. 847 A « si scribas.. P. 2® éd. 41 . E. col. L. 17. 385-408. 71-91. t. L'œuvre de Bernard. ut secludat a Christo. J. Abélard. etc. p. Quoi qu'on en ait dit. mais aussi de l'âge moderne et elle cherche aujourd'hui encore ses théologiens. t. Peter Abaelard. La dévotion au Christ. t.. c'est Origène et Ignace d'Antioche qu'on retrouve dans le moine du XII^ siècle. 1930. Id. 6. E. 375 sic esse Aristoteles. Portalié. Abélard et saint Bernard.. XV. La spiritualité chrétienne. II. t. DE Grandmaison. 178.. Précis de l'histoire des dogmes. Cette piété christocentrique sera celle de Luther. p.. reste pour ainsi dire comme secondaire. Jésus-Christ. 183. Sa voix résonnera elle aussi à travers les siècles. » Cf. J. dépasse notre propos. — — 184 . Abélard. dans son enthousiasme pour la dialectique. von IIarnack. L. Entre Abélard fut condamné Augustin voit surtout dans le Christ le médiateur komo Ckristus Jésus (/ Tim. est tout imprégnée de la dévotion au Verbe incarné (2). Par delà Augustin. siècle. Cf. un approfondissement de la théologie augustinienne.. au contraire. col. I. même si apparemment elle n'influence que médiocrement la théologie proprement dite. Abélard. Non 3. In Cant. 1944. Credo in Patrem et Filium et Spiritum sanctum ». C. E. ce n'est pas un rationaliste il se réclame du Christ. 328. conflit religieux Un au XII^ — — P. La philosophie au moyen âge. En sens inverse. : . ou si l'on préfère. elle est une conséquence du péché. P. I. Epist. de Ghellinck. II. L. 5). Mais. Saint Bernard. Au siècle précé- dent. III. SiKES. 1921. p. dans le 4. saint tradition. p. est loin saint et il d'être saint 1. Anselme avait quelque peu inquiété les esprits attachés à la mais Anselme était l'humilité même. non sapit mihi nisi sonuerit ibi Jésus. un Bernard et lui. 1913. GiLSON.

une collaboration féconde commence qui aboutira aux grandioses édifices des Sommes théologiques (2). quod ipse non meruerit. p. I. pense que le péché originel n'a pu enlever à l'homme le libre arbitre et cherche à montrer que les philoqu'apparente. avec moins de tapage et plus de profit pour le progrès de la théologie. 3. Entre la science qui en prend à son aise et la foi qui anathématise la science. quod inspiraverit. / Apol.. peut faire quelque bien (3). D. La contradiction n'est on ne distingue pas encore le concours naturel de Dieu et la grâce proprement dite. « Ego gratiam Dei voco quidquid ad 7. — Th. le concile de Sens s'en qu'à une tendance dangereuse (1). p. Abélard (École d'). vel ei confert. 11. éd. {Opéra. Le temps 1 plus tard revenir à la thèse abélardienne (4). Si autem ex : . operibus.. Cf. T. reprennent l'œuvre d'Abélard. 731) salutem hominis de ipso Deus disponit. bien que la grâce soit nécessaire pour mériter.. igitur et Gratia fidem eis diligere non -185- . On serait tenté de s'en étonner. 2. Au sophes païens ont pu avoir de vraies vertus (6). 1933. L. Capéran. B. Heitz. L. t. n° « liberum arbitrium sine gratiae adjutorio nonnisiad 1028 « Pelagianus est error dicere quod liberum arbi: trium valet ad ullum peccatum vitandum. 1944. Dans son De gratia et libero arbitrio (P. Recherches Saint p. Rivière. Cf. n° 373) » : et la foi. Enchirid. Il ne fait guère que répéter Augustin. jam non ex 5-6). t.. n° 1027 peccandum — Ibid. Si l'hérétique le Sur l'approbation romaine et et nombre des capitula. Il va trop loin et. 303. Le problème du salut des infidèles. par lui-même et sans la grâce. Abélard se fait condamner en 140 au concile de Sens pour avoir soutenu que le libre arbitre. — E. Dei est in electis suis quod eos ab aetemo praedestinaverit. car l'Eglise.. D. 1001-1030). Mais ce sont là des écarts qui s'expliquent. (7). » 5. Bernard.. du moyen âge. quae utique nostra praecedunt mérita et sine quibus eum gratia. II. c. Vacandard. Cette opposition de deux esprits se révèle dans une des questions qui concernent notre histoire de la théologie de la grâce. Cependant. semblera (1140). Senon. on en reste aux formules augustiniennes (5). I. II.Victor. 175-176. p. B. de théologie ancienne médiévale. valet. par instants. lui. La philosophie : 49-55. XII® siècle. p.AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME prend moins à un système fera son œuvre d'apaisement et déjà les augustiniens de Saint. 5-22. E. saint Bernard cherche à montrer comment l'homme peut mériter. les rapports entre la raison 6 (D. 6. Cousin. 30. cf. — E. en condamnant Baius. alioqui gratia jam non est gratia {Rom. Enchirid.. Essai sur Conc. « quod liberum arbitrium per se sufficit ad aliquod bonum. Abélard. Ait quippe Apostolus reliquiae secundum electionem gratiae salvae factae sunt. J. 177-180. PORTALIÉ. 1909. C. 182. 1934. semble tout simplement revenir aux idées de Pelage et des Pélagiens 1. » 4.. GiLSON.

qui. éd. 14.. 1942.. Ipsa enim dilectio quam ipse per ea quae dicta sunt.. p. c'est son influence sur théologie. Zeitschrift fur katholische Théologie. ne produisait que de la fumée sans lumière (3). Le mouvement théologique du XI I^ siècle. p.. sive donum ejus est et ejus imputanda est gratiae antequam etiam : nihil salutis (I. 1935. 1933. Robert. 7) ? Tout cela est irréprochable. 178. Cf. II. Il avait des émules ou des devanciers. 48. 275313. à l'entendre. Thierry. praeceptis et exhortationibus suis nos jugiter invitet. jugement propre au jugement de l'Eglise. divinae gratiae est donum. Abélard se rétracte explicitement « gratiam Dei ita omnibus necessariam dico ut nec naturae facultas. La renaissance du XIl^ siècle. 2. » Dans la seconde apologie. Id. 1931. Abélard. ecclés. Voir en ce sens E. J. le progrès de la semble bien que.. quoi qu'il en eût. 721. . les écoles et renseignement. il ait donné aux recherches et à l'enseignement une impulsion toute nouvelle (2). effectus ipsius Dei. Guillaume de — Saint-Thierry.. Tant il est vrai que d'Abélard. 178. Cousin. L. Déchanet. D. p. comme jadis Origène. p. supporte mal qu'on 1932. — Cf. 220-224. 123 A. au fond. Cependant M. 71-78. 1939. ecclés. T. l'éditeur d'Anselme de Laon. mais Abélard ajoute aussitôt « ergo et ipsurn liberum arbilrium. 50-51. Anselme de Laon. ipsa subsequitur ut possimus. : — : — p. nec arbitrii libertas sine illa sufEcere possit ad salutem. on parle difficilement sans passion. 109-110). primo in nobis efficit. p. note). L. quoi non accepisti Cor. C. A. sera lui. p. dans Revue d'hist. avait déjà cherché à présenter un exposé organique de la foi chrétienne et ce qui nous intéressera davantage. dans Revue d'hist. son maître. 707). Abémoins catholique que ici Mais nous n'avons pas à juger des sentiments secrets d'Abélard. La conception de la théologie chez Abélard. Paré et P. qua perveniendum sit ad beatitudinem et ad hanc percipiendam quam omnibus offert. inquit. Culpandi (igitur) reprobi non sunt si recte non vivant sicut electi. Historia calamit.. » On est en plein Pélagianisme et Abélard réfute « sed dicis quia Deus bonam voluntatem in reprobis non l'objection qu'on va lui faire fecit sicut in electis. Voir aussi A. ancienne et médiévale. possimus promereri. Guillaume de Saint- — 186 — . J. de Ghellinck. 4. P. Tremblay. P. 1. G. Unde et Apostolus » : quid habes.. p. I. subit fortement l'influence du maître qu'il dénonça auprès de saint Bernard (L'amitié de saint Bernard et de Guillaume de Saint-Thierry. 822-828. — — fasse d'Abélard l'initiateur de la théologie scolastique (Recherches de théol. Doru Déchanet ne fait aucune difficulté de reconnaître que Guillaume de Saint-Thierry. 3. Landgraf. cum ad rectitudinem vitae illis sit negata gratia sine qua recte vivere nullatenus possunt. et ipsa ratio in qua ipsum consistit. Ipsa quippe gratia nos praevenit ut velimus. ipsa nos conservât ut perseveremus » (Opéra. II.DU XI^ AU XI11^ SIECLE est celui qui préfère son îard n'est pas hérétique (1) et Baïus. Cum igitur Dominus tam electis quam reprobis rationem tribuat et viam ostendat. Bliemtzrieder. COTTIAUX.. 1942. Portalié. 761-774. Or il valemus ut salvari mereamur. alii super haec eum audiunt et praeceptis obtempérant bene vivendo ut oblata percipiant praemia alii contemnunt. 99-102. 1913. comme d 'Origène. 247-250.

17. A. A. 29) et parle ensuite de la prédestination (p.siècle. sur la distinction entre la gratia creatrix et la gratia salvatrix (I. 28). 1936) et de dom Lottin {Rech. sont l'œuvre d'un disciple. A. 6.. 1932 . L'auteur encore inconnu de la Suvima sententiarum présente une doctrine semblable. L.Victor qui nous a tion augustinienne.. la distinction entre la libertas a necessitate. laissé un grand ouvrage d'inspira- centré tout entier sur la chute originelle et la Rédemption. voir les travaux de Bliemtzrieder {Recherches de the'ol. 16. la grâce (2). p.. 6. 50. Hugues parle magnifiquement de l'Eglise corps du Christ « Ecclesia sancta corpus est Christi. sur la depressio liberi arbitrii consécutive au péché. beaux textes sur la création et la fin de l'homme {De sacramentis. 268 a).BIiemtzrieder. mais plus nerveuse. Hujus corporis membra singuli quique propter Spiritum unum et fidemunam. et sanctificata. 274 c) . en un sens très augustinien. ne nous ofïre plus sa grâce comme au paradis (p. i. La question de la prédestination est fidelium existunt. 18 . 1935). 7. 9. 66.. 272 D). 1919). 6. uno Spiritu : vivificata. Weisweiler {ibid. 10. anc. col.. Rappelons surtout le nom d'Hugues de Saint.. 100. L.. p. XXXIII. et la gratia cooperans et les trois états manière dont l'auteur explique les 3. maie {operandi) per se. 1938). col. DE Ghellinck. J..Victor n'apporte cependant rien de bien neuf sur la théologie de chiridion charité. qui sont l'œuvre d'Anselme. H. Hugues de Saint. Voir 1. 263 BC). et unita fide una. l'école d'Abélard reprend VEnde saint Augustin en substituant à la trilogie joi. sur le désir humain qui ne s'apaise qu'en Dieu (I. libertas a peccato. à cause du péché. L'auteur explique. éditées par dom Lottin {ibid. 30). I. libertas a miseria (III.quisquis ergo donum gratiae Dei percipere meruerit sciât non ad se solum pertinere quod habet. 213). sacramentum (3). P. 1938. 416-417). Les Sententiae Anselmi. traitent de la question du libre arbitre à propos du péché originel et le définissent poiestas bene et maie operandi. col. sur la formules augustiniennes sur la perte du libre arbitre. et méd. des M. : : Les Sententiae divinae paginae (éd. 210). 2. col. p. P. voir la note de dom LOTTIN.. anc. col. caritas. Le mouvement théologique du XII''. 1-2. 1913. 273). — 187 . Après lui. col. Les Sententiae atrebatenses. 6. der Ph. 6. Beitràge fur Geschichte der Phil. XVIII. espérance et une nouvelle division tripartite fides. etiam si solus habet » (II. 338-339). 176..AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME créé tout un mouvement théologique (1). Omnes corpus unum traitée sommairement (I. Beitràge ibid. que Dieu. sur les trois états du libre arbitre (I.. 102). 176. sur l'unité de toi entre les chrétiens et ceux qui se sont sauvés avant le Christ (I. M. et méd. Voir les en nous la bona voluntas (I. 6. des M. Sur l'école d'Anselme de Laon. 1942. Il montre que la grâce ne détruit pas la liberté (p. — zur Gesch.. 6. 2. de th. col. col. sur l'action du Saint-Esprit qui opère sur les divers états 2. Psychologie et morale au XI I^ et au XI 11^ siècle. Pour les discussions récentes sur la date et l'auteur. 17. On retiendra ce qui est dit de Yadjutorium sine quo non donné à Adam. elles reprennent aussi le thème augustinien du libre arbitre {Recherches de the'ol. bene {operandi) cum gratia adjtitrice. la distinction entre la gratia operans — du libre arbitre (III. p. 99 A) . t. 1938) seraient antérieures aux écrits précédents. Malgré de belles formules et une théologie toute pénétrée de piété. p. : sur les rapports entre grâce et liberté . 25.

. 20*) « très sunt libertates. 1945.p. par là. n° 370). Même idée et même comparaison dans les Sententiae parisienses (voir A. D. 327). voir A. » Il distingue la grâce des ver- praecedunt quasi eamm quaedam seminalia. La carrière de Pierre Lombard. L.œ\ivTe d'un disciple d'Abélard. p. 92). 894). éd. 11-389 (libre arbitre et liberté depuis saint Anselme jusqu'à la fin du tus : « gratiae sunt primi motus in corde. dist. Dieu étant comme un bon médecin qui offre sa grâce à tous (p.. Rappelons ici encore quelques noms parmi les contemporains. Roland Bandinelli.. de Ghellinck. le plus célèbre fut celui de Pierre Lombard (1).. Psychologie et morale au XI I^ et au XIII^ siècle.403-437. t. 792-830 1934.. le Il maître italien à la grâce une place plus large que ses devanciers. 1967). 1. a peccato. qui sont de l'école de Gilbert de la Porrée. » La gratia operans (grâce prévenante) se distingue de la gratta cooperans (Landgraf. qui virtutes — . J. eccl. 13). 1908). parle de la gratuité de façon superficielle et même avec une tendance pélagianisante (P. 284 cf. 1929) reprennent le vieux débat sur grâce et liberté.. 3. dans Zeitschrift fur katholische Théologie. p.. VI. voir J. p. Geyer. . 17 et la proposition condamnée au concile de Sens. éd. Quaracchi. 1755 D). le futur Alexandre III. p. sans avoir à sacrifier l'un des deux termes {Sent. t. 24 * et 28 *). 5 (I. A. 674-691. eccL. Martin. Sur Pierre Lombard et son œuvre. Voir aussi dom LOTTIN. Dans traite cet ouvrage qui bientôt devient fait le bréviaire des théologiens.. dans Revue d'hist. : Spiritus sanctus operatur vel illius juvat operationem. L. B. €. h'Ysagoge in theologiam donne une définition de la grâce « gratuitum Dei donum quo in creatura sua sine ea — . D. Ecrits théologiques de l'école d'Abélard. 562591.. p. 1891). 178. T. repris dans l'article du D. cit. des M. Voir R. de la prédestination à propos de la science divine de la grâce le sujet et de la liberté à propos de l'épreuve des anges (3) et revient sur 1. Landgraf. dans les Beitràge fur Gesch. 1941-2003. dist. 1934. 1912. — 188 — . p. 2. op. parle du Saint-Esprit comme de l'âme du monde (Landgraf. II Sent. En attendant. le détail sion actuelle n'est pas de Pierre Lombard DE Ghellinck. C.. i93i. on assiste à une floraison de livres de Sentences dont le mieux ordonné et. 269-273 sur la prédestination). T. Die Erkenntnis der helfenden Gnade in der Frûhscholastik. Le péché originel d'après Gilbert de la Porrée et son école. col. Landgraf. P. 177-238. 249-259 (rappelons que cf. : .DU XI^ AU XIII^ SIÈCLE Ces ouvrages préparent les grandes Sommes du XI II® siècle. a miseria. / Sent. 186. ne parle de la grâce qu'accidentellement (Sententiae. a necessitate » (p. de la diviXII. (2). col. p. XII. p. Enchirid.. Gietl. toile liberum arbitrium et non est in quo fiât salus vel cui fiât » (Geyer. Cet écrit semble plus augustinien que les autres de la même école (cf. 1931. L'Epitome theologiaechristianae. p. 1. sont beaucoup plus augustiniennes et s'étendent longuement sur les rapports entre grâce et liberté « toile gratiam et non erit unde salvetur. 95-100. 40-41. Pour une étude plus précise. der Phil. Les Sententiae divinitatis (éd. dans Revue d'hist. 60). Robert Pulleyn cherche lui aussi à concilier grâce et liberté. Les Sententiae florianenses (éd. 50.. t. VII.. mais il est en même temps très abélardien. Ostlender. Xlli« siècle). elles insistent sur la liberté et la volonté salvifique universelle.

dans les citations faites par le Lombard. manuels de théologie rappellent cependant. à un Duns Scot et à une multitude de théologiens de moindre souplesse de leur pensée envergure (6). Sur et P. une seule pour Didyme ou le pseudo-Denys. DE Ghellinck. cum ita est in nobis. Augustin et ses disciples reviennent à chaque instant apporter leur témoignage sans qu'on puisse ressaisir la cohérence et la (5). saint Jérôme. ut nos faciat diligere Deum ac proximum. Nous avons peine aujourd'huvî a comprendre la fortune d'un pareil livre. t. « dictum est supra quod Spiritus 7. saint Fulgence. l'espérance et la charité (3). Sentences. J. 5. C'est là 1. la Somme des Sentences. C. tune Spiritus sanctus dicitur mitti vel dari nobis et qui diligit ipsam dilectionem : qua diligit proximum. Saint Anselme apparaît seulement deux fois. / Sent. C. Chrysostome et saint Jean Damascène. à propos de l'Incarnation. id est Spiri- tus sanctus. 23-32 (I. Mais le Lombard et n'est guère qu'un compilateur qui accumule les autorités pro contra (4). 4. mais de très larges emprunts sont faits à Abélard. C'est à cet endroit de son œuvre qu'il place tout un traité de la grâce et du mérite (2). C. saint Hilaire. T. 3. Selon l'usage du temps. dist. — fait. (I. L'index de l'édition de Quaracchi montre d'emblée que. 189 . col. (II. Des Pères grecs. 14) prévoit qu'on « lira » saint Thomas ou le maître des Sentences. les contemporains ne sont pas nommés.. Quae caritas. His autem addendum est quod ipse idem Spiritus sanctus est amor sive caritas qua nos diligimus Deum et proximum.. XII. 25-26 II Sent. on relève deux citations de saint Athanase et de saint Cyrille. quo se invicem amant et nos. Plus loin. saint Ignace Glorieux. dist. opinion du maître rapports entre Parlant de la Trinité. 2003-2014. Du Nos les point de vue doctrinal. 428-444). 27-29 III Sent. IV.. de Loyola (Const. Isidore de Séville. Pierre Lombard étudie le Saint-Esprit et la charité. t. Pierre Lombard n'a guère laissé de trace. Au xvi« siècle. XIV. » in eo ipso Deum diligit quia ipse Deus dilectio est. t. Yves de Chartres et Gratien. D. Viennent ensuite saint Ambroise. il étudie la foi. saint Grégoire le Grand. 1860-1884. 655-696). Ce fut lui cependant qui servit de point de départ et de livre de texte à un saint Bonaventure et à un saint Thomas. T. c i (Quaracchi. II Sent. 1986. XII. et conclut tout simplement qu'il faut les identifier (7). Prosper d'Aquitaine. DE Ghellinck. 17. dist. une thèse paradoxale et qu'il était 2. Hugues de Saint-Victor. D. 444-460). dist.AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME à propos de la création d'Adam (I). mais il prévoit aussi qu'on pourra remplacer les Sentences par un li-'re mieux 6. pour la condamner. voir J. une italien.. une quinzaine pour Origène. D. la fortune du livre. Augustin a la part du lion. p. 106) sanctus amor est Patris et Filii.. I.

. 375 a amas et teipsum in nobis. Dei gratia ergo Deus est. Au là Croix active ira même jusqu'à dire que les justes participant à (6). 17.. Chevallier. 4.. 1928. p. 184. 1930. p. « Cette divine 6. A.. supplément. 1993).. 38. 2. mais Pierre Lombard en soup- çonner finit 1.. — : spe et caritate. 4. quia Spiritus sanctus caritas est. par être unanimement rejetée Les grands scolastiques. p. L. DE Ghellinck. Lombard n'en pressentait pas moins un problème de fond que la théologie occidentale. 120. 1931. cit. Il la spiration du Saint-Esprit les y a donc un grand problème de théol'effleure sans logie et de vie spirituelle.DU Pierre XI^ AU XIII^ SIÈCLE telle quelle. respec- Ces autorités se ramènent finalement à quelques textes augustiniens qui se résument dans cette formule « caritas usque adeo est donum Dei ut Deus vocetur » (Serm. (7). 5. 37.. 38® strophe. 184. Le miroir du . p. anc. P. L.. Pater ! » (cf. I. voir Ph. Sa thèse. p. Cf. Z)e natura : — amoris. P. Chevallier. P. Voir. lui. 212. anc. De Tnn. salut éternel. 1932. 2. [47]-[49].XY. 308-309 personne élève et dispose l'âme d'une manière très élevée à spirer elle-même en Dieu la même spiration d'amour que le Père spire dans le Fils et le Fils dans le Père. Ibid. Landgraf. saint Jean de la cet aspect de la théologie grâce (5). 7.g58. dans Recherches de théol. impossible d'accepter malgré les autorités ici invoquées (I).. Dieu est charité (3). L. Anjdnge einer Lehre vom concursus simultaneus im . ch. clamantem : Abba. amor illuminatus caritas est amor a Deo. t.P. il s'aime lui-même en nous (4). des Bénédictins de : Wisques.— Cf. 127-128 cf. D. 190 . L. dans Archives : — de philosophie. I Jean. t. Vie spirituelle.. p. éd. Cantique spirituel. p. P. 156.. — 3. C. 5. . 239. Caritas autem et dignitate : P. III. dans Rech. Liber de contemplando Deo. mittendo Spiritum Filii tui in corda nostra a dulcedine et te nobis voluntatis 5. 63 D «caritas est Deus. de théol.. : « Guillaume de Saint-Thierry. » Sur ce texte. col. 7. Emmeran. XII.. 228. et me'd. Landgraf. in Deus est » (cf. présentes en nos âmes. gratia autem Dei est caritas. Liber de contemplando Deo.^.L. 376). sauf de rares exceptions (2). y renouvellent leur mystct'^s? Des mystiques d'une orthodoxie de la incontestable insisteront sur XVI^ siècle. J.i2. semble bien n'avoir tiré sa thèse que de saint Augustin (cf. P.. et notre participation à la nature divine semble bien inexplicable si l'on n'admet que les trois personnes de la Trinité. 28. avait méconnu. et les remarques de L'Ami du clergé. T. vehementia inspiratae a RuYSBROECK. par ex. qui est ce même Esprit qu'ils spirent en elles dans cette transformation. 42. t. 4. Cavallera.. trad. 16. un instant discutée dans les écoles. L. 1929. » Guillaume DE Saint-Thierry. De fide. 852. 146. et méi. Voir A. 1086). Otto de S. art. Cf. Voir A. infra. p. 294-300. 202-212. Guillaume de Saint-Thierry est familier avec la pensée des Grecs Pierre Lombard. L. » Paschase Radbert. L.. 1930.YIU. 1460 « qui habet caritatem in se Spiritum sanctum habet. Augustin et le maître des Sentences. 186-199. P. 387 « Deo. Xlllten Jahrhundert. 184. 372). profondeurs. c. 1919. ad Deum caritas est.

L. Elle fut le fruit d'une rencontre... 23. solus tamen i. à identifier le Saint-Esprit avec le mouvement de volonté par lequel nous aimons Dieu et le prochain il prétendait seulement que le Saint-Esprit est en nous le principe prochain de cet acte. dans Zeitschrift fur kathol. ils parlaient aussi des vertus morales. 669 (pas de vertus sans la grâce) .AUGUSTINISME ET ARISTOTELISME tueux de sa mémoire. 6. Elle est le fruit d'un long travail d'approfondissement qui a fait entrer dans la théologie la notion aristotélicienne d'habitus. etc. TheoL. De même que seul le Fils s'est incamé. dit-il.. 155. Il ne songeait pas. ainsi il y a entre le Saint-Esprit et nous une union spéciale de volonté : « — quamvis tota Trinitas faciat unionem Spiritus sancti cum » voluntate. i t. dist. Or. mais il montre la nécessité d'une réalité créée dans l'âme. nous sentons en nous « quamdam participationem Dei. 407-422. dilectionis est a Spiritu sancto. : « 294). 33.. Stufler. q. Saint Thomas concède cepenCf. {In I Sent. Saint Thomas explique que le maître italien entendait magnifier la chanté. unie. sed est Ipse Spiritus sanctus mentem inhabitans iste motus dilectionis quo Deum diligimus sit si quod charitas non estaliquid creatum nec est sua intentio quod ipse Spiritus sanctus. art. 167.. thèse paradoxale de Pierre Lombard et il annonce Petau. d'ailleurs heureuse. qui échappaient quelque peu à son auteur. 17. Spiritus sanctus unitur voluntati et ideo solus est caritas art. de caritate des heiligen Thomas. 8. Voir sur ces textes F. quia ipse Deus dilectio est i (ad 7). non mediante aliquo habita. dant que l'amour dont nous aimons le prochain est Dieu lui-même (ad 4) et qu'en aimant nos frères.. et l'article précité de Landgraf. Quarrachi.. q. 33. . Voici quelques références augustiniennes Epist. : — quis recte considérât. De caritate. art i. 77" 11°^. Sed detrimentum ». P. une vertu de chanté qui soit en lui l'effet de la présence du . entra la tradition chrétienne et la pensée grecque. Augustin et ses disciples parlaient de la charité. Magister. 1. 1924. Saint-Esprit (1). 736 (connexion des vertus entre elles) . cette thèse tourne finalement au détriment de la charité . vertus théologales et vertus morales. principe prochain de l'acte de charité. sed quod iste motus . 2. I. nous oublions que cette systématisation fut relativement tardive. créé. L. mais ne songeaient pas à raccorder ces deux points de vue (2). dit le Docteur angélique. i. unie. hoc magis redundat in caritatis — 191 . P. et hoc dicebat propter excellentiam caritatis.. c'est précisément parce que l'acte de charité est en nous quelque chose de divin qu'il faut mettre en l'homme un principe prochain. cette page de saint Thomas il faut en voir les dimensions historiques. se contentent de sauver ses intentions.. q.. Le traité des vertus n'apparaît qu'au Saint Bonaventure semble avoir pressenti la vérité qui se cachait dans la 338-355. Der erste Artikel der quaestio disp. ponit in anima. Epist. p. Accoutumés que nous Pour bien comprendre sommes à parler des vertus infuses.

in Psalm. II. c. bonus valde. // Sent. : « post praedicta.. bien que moins explicitefaire ment dence (6). 26. c. 273-274 mentis secundum rationem ordinatus. i.. 1041 c. 36. 8. il range la naturelles et les vertus surnaturelles foi (4). » 4. L'une et l'autre sont pour lui de bons mouvements de l'âme que Dieu met en nous. 17. 697 principales vel cardinales vocantur disserendum est. II. Il se refuse à voir des vertus dans le bon usage naturel du libre arbitre (3). 811. 078-1 080. P. c. III Sent. Ex illa autem gratia animae infusa tato procreatur 9. P.. c.. 17. II. c. » /// Sent. t. scilicet diligere. dist. 6. sed et libero arbitrio exci- quaedam quam infundit Deus animae et non est motus animae excitât liberum arbitrium. L. 5. temperantia. 27.. 27. 37. 380 (la vertu peut exister tice. « virtus nihil aliud est quam afïectus 2. » /// Sent. » 1 III Sent. il se demande si les vertus demeurent dans l'autre vie {De Trin. dist. la pru- tempérance (7) mais il ne cherche pas à (9). 11. 1045-1046). III Sent. dist. g. 192 . t. 25. /// Sent. P.. 670 » : « est autem spes virtus qua spiritualia et aetema bona. p. Les premières définitions et classifications des vertus au moyen âge. 23.) :« virtus est qualitas quaedam et benedictio vel liberi arbitrii. L. 0. L. L. 5. t. : . force et tempérance) in habita et in opère). dist. de quatuor virtutibus quae 7. II. mais des mouvements de l'âme (2). Il reste dépendant d'une part de la philosophie stoïcienne et de l'Écriture d'autre part. cum fiducia exspectantur.. l'espérance et la charité (v.. i (P. 1065-1066 (quatre vertus principales prudence. fortitudo. 40. 369-407. t. et théol. de théorie générale.. 2.. c. En.. Parmi les vertus. II. : tur. in Psalm. L. » 448-449 « ex fide virtute et hominis arbitrio generatur in mente motus quidam bonus ita ex caritate et libero arbitrio alius quidam et remunerabilis scilicet ipsum credere motus provenit... la charité. 31. 5. t. 42.. dist. 211. jusDe bono conjugali. t. II. dans Revue des sciences philos.. 8. rantem esse virtutem quae voluntatem hominis libérât et sanat.Victor .. X. II. motus c. Pierre de Poitiers reprend les idées de son maître (8) et cherche à donner une classification des vertus ' En. 12. 83. à distinguer les vertus en fait d'ailleurs. 2. P.. sicut de ceteris virtutibus. Pierre Lombard identifie grâce et vertu. L. 655 « fides est virtus qua creduntur quae non viden: : — : . puis les quatre vertus cardinales. la force. 6. 176. pru- dentia. 673 : « caritas est dilectio » qua diligitur Deus propter se et proximus propter Deum vel in Deo.DU XI^ AU XI11^ Hugues de SIECLE commence il XII® siècle (1).. mais sans qu'il soit jamais question chez lui de vertus théologales. 33. c. I. VIII. non des principes d'action. LOTTIN. De sacramentis. i. » « dictum est gratiam praevenientem vel ope3. Augustin parle ailleurs de la connexion entre la foi.. quae sunt justitia. L.. P. la justice. 261).. P. 446 Ibid. 1929. Saint.. l'espérance (5) et et la même . interior.

403-437. 352-389 . pas seulement un acte. per virtutem baptismi par- 13 .. inutile ici Des discussions qui eurent lieu autour de de suivre en détail. 189-220. EngelHARDT. Dialog. 28-64. Die Entwickelung der dogmatischen Glauhenspsychologie in der mittelalterlichen Scholastik. p. La foi n'est elle est aussi une réalité antérieure à l'exercice de la liberté. peut être aussi une disposition innée. t. Aliis asserentibus. et méd. et bientôt on arrive à la notion de vertu infuse. t. A. p. 337-372. p. a plerisque non conceditur absolute. 1928. comme on pouvait s'y attendre. Ce que la nature donne aux hommes.. » Sur cette évolution. Une lettre du pape Innocent III. des M. 2. Quels rapports y a-t-il entre la grâce et les vertus. Mais un siècle plus tard. L'enfant baptisé peut avoir la foi in hahitu avant de l'avoir in usu (2). bard jusqu'à saint Thomas d'Aquin. qualitas difficile mobilis. mais en mettant.. Scholastik. entre la grâce et la nature ? la Finalement on aboutit à la systématisation que nous connais- sons et : grâce est une nouvelle nature. Lottin. en 1201. 178. la foi. 1. 124-137. Landgraf. der Phil. n» 410 « Quod opponentes inducunt. Epist. L. l'espérance et la charité.. Landgraf. 3. l'accent sur les vertus acquises et sur les vertus cardinales (I). Die Erkenntnis der helfenden Gnade in der Fruscholasiik. bien que surtout acquise.. Cependant. 1-37. Studien zur Erkenntnis des U ebernaturlichen in der FrUhscholastik. Les théologiens formés à son école soulignent que la vertu. se contente de rapporter les opinions reçues (4). p. D. Enchirid. p. p. Cou684-685) « est habitus qualitas rei non naturaliter insita. et the'oL. p.. Les dons du Saint-Esprit chez les théologiens depuis Pierre Lom562-591. Id. P. Gregorianiim. 4i-974. et les articles très fouillés de A. 1931. 389-407) voir G. la grâce peut le leur donner aussi. Abélard introduit dans la théologie l'idée aristotélicienne de vertu. « Majores Eoclesiae ». dans Zeitschrift fUr katholische Théologie. utpote non consentientibus non infundi. dans ce travail d'approfondissement. la grâce et la chanté.. anc. eux aussi soulevés par l'introduction de l'Aristotélisme dans la spéculation théologique. d'autres problèmes surgissent. 1929. 1651 c(Opera. : — fidem aut caritatem aliasque virtutes parvulis. s'enracinent (3). III. sed studio ac : deliberatione conquisita et difficile mobilis. un autre courant se dessine qui finira par l'emporter. Scholastik.AUGUSTINISME ET ARISTOTELISME Parallèlement à ces essais qui restent dans la ligne augustinienne. B. p. sin. 1930. en premier lieu comme des principes prochains de nos actes surnaturels ces problèmes et qu'il est nous avons quelques témoins dans les documents du Magistère. A. 1929.. dans laquelle les vertus infuses. Kindertauje und Glaube in der Friihscho: lasiik. dans Beiirâge zur Gesch. XXX. 1928. 0. Die Erkenntnis der heiligmachenden Gnade in der Frûhscholastik. 177-238. 497-543. outre l'étude déjà citée de dom Lottin et les textes inédits donnés en appendice (Revue des sciences phil. 1929. inter philosophum judaeum et christianum. dans Recherches de théol.

: (III"' Pars. qualité ? Ces questions étaient virtuellement posées par gustiniens où la grâce apparaît tantôt et tantôt un mouvement une forme. opinionem secundam. 69. le AU XIII^ SIECLE concile de Vienne prendra parti pour la théologie aristotéli- cienne. » remitti.. Le débat d'ailleurs ne sera pas clos. un affectas ? est-elle au contraire un habitus. comme un principe permanent de vie spirituelle XIII^ siècle. n° 483) baptismi in parvuHs reperiuntur doctores quidam theologi opiniones contrarias habuisse. Au au contraire. chez Pierre Lombard. En même temps que la sur les vertus. 24. « si gratiam Dei velimus dicere non aliquod habituale veritate. sacro approbante concilio. 4. 14 donum. sic nec ullum bonum potest facere sine gratia Dei. 2 (t. mais Vauxiliuni Dei moventis et gratia operans et applique aux deux notions les distinctions héritées de la tradition 3. quidem culpam peccatum et virtutes infundi. 27. habentibus illis quoad habitum non quoad usum. « Vemm quia quantum ad efîectum 1. (D. Sed coinmuniter loquentes uiuntur nomine graliae pro aliquo dono habituali justificante.. une les textes au- comme une réalité psychologique (3). quod et culpa iisdem in baptismo remittitur. Enchirid. art. v. 343). B. Vienn.. saint Thomas accepte d'appeler grâce non seulement le don habituel. art.DU en 131 XI^ 1. même vulis explicitement. 444).. quibusdam ex ipsis dicentibus. et l'on remettra la foi. q.. saint Thomas nous le dit (4). 127. » Ce texte est d'une extrême importance pour l'interprétation des articles consacrés à la nécessité de la grâce (/'* 11°^. per virtutem baptismi parvulis quidem culpam remitti. 6). dist. I. tanquam et si non pro illo tempore quoad usum probabiliorem et dictis sanctorum et doctorum modernorum theologiae magis consonamet concordem. le Dans l'Aula gustinisme classique. // Sent. nos autem. aliis e contra asserentibus. la grâce et sur La grâce est-elle de l'âme. Dans la Somme. l'espé- en question l'existence de vertus surnaturelles autres que rance et nature de la charité (2). De : — : — 194 — . L'esquisse historique que nous venons de tracer montre qu'il faut manier avec prudence les textes anciens qui parlent de l'accroissement des vertus et de la grâce. g. les théologiens discutent sur la justification. duximus eligendam.. sed gratiam nonnullis vero dicentibus et dimitti — opposants de jadis de n'avoir pas su distinguer entre Vhabitus et Vusus q. Les théologiens discutent encore aujourd'hui sur la manière dont la grâce et les vertus s'accroissent. Nous verrons plus loin que Scot et les nominalistes se refusent à admettre des vertus morales infuses : {infra. l'accent était mis sur ce que l'on appelle depuis grâce actuelle. p. Conc. sed ipsam misericordiam Dei per quam interius motum mentis operatur et exteriora ordinat ad hominis salutem. p. nom de grâce est réservé à la grâce habituelle non conferri .. p. 109). et virtutes ac informans gratia infunduntur quoad habitum. » 2. affirmant que les enfants reçoivent au baptême la grâce et les vertus infuses (1). Voir ci-dessus. Saint Thomas reprochera justement aux donec perveniant ad aetatem adultam. c. sed gratiam non conferri. q. note 3.

7. pour se préparer à la grâce. Après saint Thomas. q. Bouillard. 24. 290. et ses la justification est instantanée Deux attitudes. De veritate. de Vauxilium Dei. 62. Sur la terminologie du Xll^ siècle.. p. p. s'intéresse beaucoup moins à (6). 1. /'» 11°^. il entend ordinairement la grâce habituelle (H. Bouillard et sa discussion avec le P. 5. Sur ces quidam. a. : 2. 44. Sunifna aurea. 64). par opposition à Vauxilium générale (H. n° 84. art. ibid. ad 2. 61). art. caritas perfecta perfecta justitia. — Bouillard. « quidam dicunt quod homo non potest se praeparare ad gratiam habendam nisi per aliquam gratiam gratis datam quod quidem non videtur esse verum si per gratiam gratis datam intelligant aliquod habituale gratiae donum ». Zeitschrijl fur Le vocabulaire d'Albert le Grand est assez imprécis. art. dist. Die Gnadenlehre des Albertus magnus.. habiAugustin (1) . m. p. la justification cesse d'être un processus psychologique pour devenir une réalité métaphysique. Sur toute cette question. 25. Guérard des Lauriers {Recherches de science religieuse. P. Conversion et grâce chez saint Thomas d'Aquin.. disait contemporains enseignent que deux époques. Guillaume d'Auxerre. p. le distinguant de la grâce habituelle {II"' W^. II Sent. Toutefois. tus surnaturel. inckoata justitia est. Faudra-t-il alors. caritas provecta provecta justitia. 190. DOMS. Albert le Grand. voir l'ouvrage déjà cité du P. 1946. suffit à assurer cette préparation à Le point de vue psycholoils gique et le point de vue théologique sont mal raccordés. 3. cit. 163). 6 (H. qui discute les opinions de ses devanciers.. avec la note de Vives). Saint Thomas. un habitus antérieur ? Certains n'hésitent pas à l'affir- mer. 3. finalisée vers la la justification. mais saint Thomas (2). op. 179. i (H. cit. d'autres pensent que l'influence générale de Dieu (4). cap. Bouillard. 1931. Bouillard. il parle cooperans. grâce habituelle (5). II. tract. préparation lointaine qu'à la conversion proprement dite Le concile de Trente cherchera à faire une synthèse entre saint Augustin et ses grands disciples médiévaux. p. 66-67). 92-114). la grâce actuelle sera désignée sous le nom d'auxilium spéciale. 2 et 3). 219). katholische TheoL. cf. Landgraf. mais alors on se trouve acculé à admettre une série indéfinie d'Aabitus (3). Bouillard. La gratia gratis data que saint Bonaventure oppose à la gratia gratum faciens n'est pas encore la grâce actuelle des modernes (H.AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME Du coup. et lorsqu'il parle de la grâce sans explications. 113.. cit. — 195 — . voir A. p. L. très bien distingués l'un ne sont pas la non plus toujours de l'autre. 15 . p. 4. et De natura gratia. H. 6. q. p. 136. Caritas inchoata. Pour échapper à ces conclusions. 26. il ignore la grâce actuelle. art. op. q. 1929. Plu? loin.. 1944. p. op. gratia praeveniens et subsequens (/* 11"^. les théologiens du XIII® siècle ne peuvent nier qu'il faut se préparer à la justification. q.

61.Victor. t. Sumtna de sacramentis. T. 33. : — — : Ce travail sur les origines du mot surnaturel a été repris dans logique. 327. elle a été viciée par le péché. H. cit. 398402). » Augustin oppose en ce sens la nature et la grâce. . C. datant peut-être ensuite (H. 1. Le mot se trouve dans une traduction latine d'Isidore de Péluse. 175. — du vi^ siècle. 5. Remarques sur l'histoire du mot surnaturel.. 762). 45. sans pour autant confondre in re le surnaturel et le miraculeux (2). DE LUBAC. 393). jam medico indiget. cf. I. Elucidarium. cit. 1934. la distinction entre les deux ordres était fort imprécise. mais la considération de la fin dernière amène à parler du surnaturel proprement dit. sinon la lettre de l'Augustinisme.. 17. P. imp. V. 44. apporte une notion très ferme de la nature.. L. p.. dans l'état primitif lui-même. dans Nouvelle revue théo. II. 176.. 1142-1143. l'influence prépondérante fut ici celle de saint Thomas. 2. 1 natura vero hominis qua unusquisque ex Adam nascitur. L. col. L. p. sine ullo vitio creata est . 4. 3. de Lubac. L'Aristotélisme. HONORTUS AuGusT. 1946 (3® partie). 6. Bainvel. op. 369.. suppose que la nature est en nous-mêmes aussi bien désir que refus du surnaturel. F. P.. De natura et graiia. 388-394). distinguer les dons naturels et les dons surnaturels (6). Augustin opposait nature et grâce en restant dans l'ordre concret. on en vient à comprendre qu'il fallait. affronte ici les actes bons de l'homme innocent et ceux que la grâce crée dans l'homme racheté (5). 11-12. P. lorsqu'il oppose vertus naturelles et vertus surnaturelles. quia Op. . Augustin ne parle pas encore formellement de surnaturel. D. Vernet. op... 172. Le surnaturel apparaît d'abord comme ce qui a été surajouté superaddiUim à la nature (cf. VII. subit alors une éclipse. C. 196 . Honorius d'Autun parle de la justifia naturalis qui manque aux enfants d'Adam (4) Hugues de Saint. c'est la nature intègre de l'homme innocent la . Anselme. pour s'imposer de Lubac. L. en sorte que. L. V. T. Ala suite de saint Anselme (3). 249 « natura hominis.DU XI^ AU XIII^ SIECLE si Mais ce surnaturel. » incapable d'obsei-ver la Loi {Epist. p. comme s'ils avaient été des précurseurs de Baius. p. au contraire. H.. Du même coup. 6. Hugues de Saint-Victor. de Lubac {op. P.. D. mais il n'entre guère dans la théologie qu'au IX® siècle. la première étant vitiatam. 1346-1347. t. D'après le P. 275. travail d'approfondissement théologique eût été impossible l'on n'eût cherché à préciser les rapports entre l'ordre naturel et l'ordre Dans l'Augustinisme classique. et reparaît victorieusement au Xlll®. P.6. La nature. 3. Surnaturel. Le mot de nature est pour lui polyvalent. chez l'homme déchu. nature ne peut abso- lument rien sans la grâce (1) l'esprit. 1497 « frastra conaris naturam defendere sana non est.273 . Les épigones ne sont guère plus précis et de là vient qu'on a pu leur faire un procès de tendance. col. 353. cit..

2. 1. B. videtur : requirere ipsa rectitude primi status. L'homme la innocent. 2 (Opéra... art. 29. KoRS. nihil prohibet etiam in primo instanti suae creationis. dist. II. En ce XII^ siècle. dist. 95. i'» partie. de Pierre Lombard. q. quousque homo pec actum et usum rationis se disponeret ad illam suscipiendam.. p. Sed quod fuerit conditus in gratia. quia homo ante peccatum indigebat gratia ad 1. Landgraf. 13. 923). 1931. art. : — : : — 197 — . y compris la foi (//" 11"^.. A. Die Erkenntnis der helfenden Gnade. : de J.ns Théologie. L. 403-4212. Si l'homme a besoin de la grâce. II Sent. en précisant les données du problème. — Zeitschrifl fur katholische l'homme d'après saint Thomas. la le P. 38. d'autres qu'il l'eut au contraire dès le premier instant de sa la création. Saint Bonaventurc. 703) « Deus secunlegem communem requirit aliquam praeparationem et dispositionem a parte nostra ad hoc quod infundat alicui gratiam. pense qu'il y a eu chez le premier homme une préparation à la justification (3). 169. — Dans son commentaire des Sentences. eut la grâce (entendez : grâce habituelle) dès : Homo post peccatum ad plura indiget gratia quam ante peccatum. La justice primitive et l'état primitif 1922. 2. primum hominem gratiae consensisse » (/* P. enfin une opinion médiane suppose que. i « quidam dicunt quod primus homo non fuit creatus in gratia avec la grâce habituelle). art. c'est d'abord parce qu'il est ordonné à une fin surnaturelle. àa. Saint Thomas répond en fonction d'une théorie générale sur la justification « cum motus voluntatis non sit continuus. 2). q.AUGUSTINISME ET ARISTOTELISME Au temps eu Cela permet bien des précisions lorsqu'on parle de la grâce d'Adam. ad 5). q.. sed non magis. ut sic verificaretur illud Augustini in primo homine qui creavit te sine y e.. Et ideo gratia non fiait homini concreata. Docteur angélique est plus précis et il énumère — Le don de grâce habituelle entraîne pour don des vertus infuses (/* g5. i. art.. q. en vertu de art. mais au XIII° siècle. on reprend cette division tripartite. q. la vision de Dieu face à face . 3. Les deux théologiens sont cependant d'accord pour estimer que la question de la nécessité de la grâce n'est pas liée à celle du péché originel. bien qu'ayant eu grâce... sed dilata fuit. P. art.. 5. dum BoNAV. il fut d'abord créé in naturalibus{]).. plus épris de psychologie. Quaracchi. On a même tendance à Thole éliminer la première opinion. 2) le la systématisation générale.. 29. q. saint Thomas exprime cela avec sa vigueur coutumière mas. trois opinions sont disputées sur la grâce d'Adam les uns pensent que l'homme innocent n'avait jamais : la grâce. » Adam. les trois opinions(// Sent. 95.. (entendez /* P. non justificat te sine te » (Serm. i). grâce et vertu sont encore mal distinguées. nous dit saint premier instant de sa création (2).

p. quae est principalis nécessitas gratiae (1). il ne connaît que ce que lui donnent les florilèges (G. Dieu. Guillaume de Saint-Thierry explicitement aucune de ses sources grecques et — 198 . XXVII. c. The désire oj God in the philosophy of saint Thomas. Les grands scolastîques restent augustiniens. art. 111"' P. /* P. deiformes. Cf. Bardy. 39. 191 9). dans Revue des sciences il philos. L'intellectualisme de saint Thoinas.. O'Mahony. « secundum hoc lumen efïiciuntur deiformes. 4. donneront le vertige aux commentateurs. encore hésitant. Saint Thomas et le pseudo-Denys. Il enseigne aussi que la lumière de gloire dont multiples. 12. q. Saint Thomas a commenté le pseudo-Denys. ad i. E. Rappelons les textes classiques du Contra Gentiles. Vives. Sur l'interprétation de ces textes et les discussions récentes. III.. Sur les sources patristiques grecques de saint Thomas. 1923. G. la renaissance grecque parle très prudemment. 214. après la condamnation de Baius. III. q. art. et le début de la /« 7i«*. 1997). les idées chères à Augustin sur le désir de face la tradition grecque. p. infra. Thery. — Ce principe commande toute la question de la nécessité de la grâce. s'est fait homme afin que l'homme pût devenir dieu (3). P. J. De la place du surnaturel dans la philosophie de saint Thomas. 193244 . sous des influences il faut ranger celle du pseudo-Denys. ils ont renoué avec la tradition grecque (2). dans Recherches de science religieuse. 25-50.. 493-502). p. DE Broglie.. fait les anges et les hommes semblables à Dieu.. cf. Durantel. 1932). 104 (Opéra. i93i. Et dans des pages audacieuses qui. 182-183 . q. Rousselot. Etudes dionysiennes. Au XII» siècle... 2 Thomas und : die griechischen Vàter. Aug. et théol. sauf quelques commentaires d'Origène et de Chrysostome. Des Pères grecs.DU XI^ AU XI11^ SIECLE vitam aeternam consequendam. on avait peur de prendre données de l'Ecriture (6). 1931). e. mais les utilise merveilleusement fieret (I. 4. il cherche à prouver que le désir naturel de l'homme et de toute créature raisonnable ne s'apaise que dans la vision de Dieu contemplé face à face (4). » 5. 95. I. deisimiles Ainsi la synthèse est faite. Un temps viendra où l'on recom- 1. 1936. « factus est Deus homo ut homo Deus » (cf. 3^ éd. les citations du pseudo-Denys tiennent une place abondante dans son œuvre (J. Dei similes. nous dit saint Thomas. 5 — : 6. L. 651-676. 1924. du Compendium TheoL. 2. G. mais. Dieu rencontrent maintenant en l'ensemble des théologiens à la lettre les était Au XII® siècle. t. Il ne nomme ayant échoué. c. /" P. P. i. parmi lesquelles la grâce est ici-bas l'anticipation (5). p. art. 41-42). Backes. que Scot Érigène et quelques autres avaient fait connaître en Occident (cf.et l'abondante bibliographie donnée par le Bulletin thomiste. Die Pseudo- Christologie des heiligen 3. p.

. ad i autem sunt beati per participationem sicut et dii per participationem dicuntur. Nous allons reprendre ces idées traditionnelles en exposant la synthèse thomiste sur les rapports entre la nature et l'ordre surnaturel. art. p. « donumgratiae excedit omnem facultatem naturae creatae.AUGUSTINISME ET ARISTOTÉLISME mencera à douter ou à oublier. !" 11"^. J. 19. n'a pas ces hésitations. q. toutes l'idée les questions relatives à la nécessité de la grâce ou à la prédestination se situent désormais dans une synthèse agrandie où fondamentale n'est plus. c'est qu'il entend réserver à l'au-delà il pleine participation à la vie divine (3) et n'hésitant pas à dire à son tour participation (5). i. S'il paraît quelquefois la (2). art. !" 11^. à penser que. il ne faut voir que de belles images. 1".. ad i //" W^. mais celle de l'ordination à la fin surnaturelle. comme chez Augustin. art.» 2. necesse est quod solus communicando consortium divinae naturae per quamdam similitudinis : participationem. 1945. art. semper formalissime loquitur. i. 7 « vitanostra ad divinae fruitionem ordinatur et dirigitur — : est per gratiam. q.11'^^. cum Deus nihil aliud sit deificet quam quaedamparticipatiodivinae naturae. 3. q. dans les beaux développements des Pères grecs sur la divinisation du chrétien. art. évite autant il (par ex. introduction. » « lumen gratiae quod est participatio divinae naturae. deificari). Saint Thomas. » de l'incarnation est considérée) quantum ad plenam participationem divinitatisquae est hominis beatitudo et finis humanae vitae. art. » « quodammodo fit homo particeps divinae naturae. DÉCHANET. parle ailleurs sans ambages (4) que les hommes divinisés sont dieux par Aussi bien. Le mot de divinisation ne lui fait pas peur et l'on sait qu'il parle toujours en pleine conscience. nous fait réellement participants de atténuer ses expressions la nature divine (1). » 4. 3 « Deus est beatitudo per essentiam suam. q. lui. Cf.. 17. celle de la déchéance originelle. II o. enseigne-t-il. q. 62. i : que possible l'emploi de mots ou d'expressions de saveur trop orientale Œuvres choisies de Guillaume de Saint-Thierry. secundum quamdam participationem divinae naturae quae 7//'* P. 2 « (la nécessité : : — T99 - . !" 11°^. La grâce. II 2. » 3. Homines 5. 1. T. q.

109-114.. 4. des missions divines de des vertus infuses i. q. /« II<^. TheoL. q. q. (7). IP 11<^. saint Thomas. 23. Vives. — 200 — . 3. q. 435. expliquant comment les créatures sont d'autant plus aimées de Dieu qu'elles lui ressemblent davantage : Inquantum creatura aliqua magis ad influentia repletur (I).. 6. W^. 95. de la Loi nouvelle (8). 7. il où il parle de la prédestination (3). a ramassé sa doctrine de la grâce en quelques pages très denses. intantum de bonitate ejus magis participât et abundantioribus donis ex ejus la dispersée. /* //"*.CHAPITRE DOUZIÈME LA SYNTHÈSE THOMISTE NATURE ET SURNATUREL D Dans ANS son admirable Compendium Theologiae ad fratrem Reginaldum. P /" P. 106. de la la 212 (Opéra. q. 62-65. grâce des anges (5) ou du premier homme (6). Somme théologique. 9. 2. sa théologie de la grâce est quelque peu Aux questions de la Prima Secundae qui en traitent ex profaut joindre celles (4). de la charité (9). 62. 23-24. 8. 7« P. c. Deum accedit. fessa (2). 89-90).. q. q. q. /« P.Comp. XXVII.. parlant de la plénitude de grâce du Christ. /« P.

1946. 14. art. les fait le Docteur angélique de l'homme en marche vers Dieu (10). non à tel être ou tel bien particuHer.. 71" 77"*. De De De De De De ver. ut Augustinus dicit » (cf. q. ///« P. sed solum ad aliquid particulare » (noter la rapidité de la conclusion qui suit). 9. la foi (5). q. ici 10. Cet exposé ne se comprend bien que dans son rapport avec la manière dont saint Thomas parle de la fin dernière de l'homme. 69. 56-91 : 11. le libre arbitre (6). 8. : — — : : — — 201 — . et très spécialement dans les Questions disputées. etc. /7i« P. 2. q. ad 5 {Opéra.. Nous nous contenterons d'appuyer de quelques citations un exposé d'ensemble. 6. unica. q. NATURE ET SURNATUREL grâce saint sacrements du Christ (I) et de sa prédestination (2). t. q. dans Recherches de science religieuse. Avant de les faire entrer dans la Somme l'effet des théologique. De trinitate. art. La fin pour laquelle il a été créé est absolument hors de proportion avec sa nature (1 1). art. 7. ad 3. etc. p. 8.. q. 28. Nous ne pouvons songer ici à accumuler les références. » De veriiate. 62.. AUG. 27-29. q. art... non tamen ut naturali sua virtute Deum videre potest. 4. 8. 1044). renvoyant le lecteur au texte lui-même. q. p. immediatum ordinem ad Deum quia ceterae creaturae non attingunt ad aliquid universale. capax est Dei per gratiam. Thomas avait déjà exposé ses idées en divers ouvrages. de Trin. q. l'homme est esprit et par là ordonné. 10 « naturaliter anima est gratiae capax. 2. art. 24. 6. eo enim ipso quod facta est ad imaginem Dei. unica. 777'» P. P.. où l'on trouve de longs développements sur la prédestination (4). art. Vives. q.. 24. q. la grâce et vertus infuses (8) et la charité (9). 6. ver. !" 11"^. 2. q. 4. L. Je reprends librement quelques pages d'un article sur Nature et surnaturel dans la théologie desaint Thomas d'Aquin.. q. mais atout être et tout bien (12). c'est-à-dire que par nature il est capable de Dieu (13). 9. 42. il se trouve que l'homme fait exception à cette règle.. Comme l'ange.. sed solum per gratiam et hoc est propter eminentiam illius finis. 7/7« P. q.. ver. 2. »--/'' P. C'est à cause de cette grandeur qu'il Tout 1. ver. Commençons donc par dire en quelques mots quelle idée se la justification (7). art. 3. caritate. 10. II. q. enfin de (3). q. 550) « quamvis homo naturaliter inclinctur in finem ultimum. ad 7 « quamvis intellectus noster ad hoc factus sit quod videat Deum. 11.. 2. 79. virtutibus. 3 « sola natura rationalis creatahabet 12.. être ici-bas possède une fin vers laquelle il tend et qu'il peut se procurer grâce aux moyens qui lui ont été donnés avec sa nature. 5. XIV. non potest naturaliter illum consequi. In Boeth. 13. 62. 7" 11"^. 113. 8. Or.

25. 275 sq. q. i. i ad 2) .. et lumen in natura animae vel cujuscumque creaturae rationalis est aptitude quaedam ad gratiae susceptionem. i. naturelle à 1. ait. unde solius 4. 35. 2. 5. III. Peccatum autem est obstaculum interpositum . 7 raliter habet illud . 93. 5. 27.LA SYNTHESE THOMISTE est dit à l'image vestiges de leur Créateur (1). 268 sq. l'âme est l'œil qui s'ouvre à la lumière. il lui faut le secours divin. 1929. 5.. q. art. habere autem beatitudinem naturaliter est solius Dei . : est quod ad beatitudinem non moveatur per operationem praecedentem. s. « q. q. 5.. art. s'y élever par ses propres forces. /* //**. Introduction à l'étude de saint Augustin. entendez la vision béatifiante. i. ad 3). art. était pas la main et la raison.. art. 93. 4. q. obj. 14. art. ad S : ultimum genus perfectionivS quo creatura tendere possit. De malo. art. — /* . art. q. q. q.. Créé pour une fin moins haute. comme les autres êtres. un. « Habere perfectum bonum sine motu convenit ei quod natu6. !" P. 3. 2. obj. ne saurait être être.. (6). 159. — De veritate. q. /«//««. 2. les autres créatures n'étant le béatifier pleinement. La différence entre l'image et le vestige fonde une distinction être image de Dieu. » Dei proprium Cum — Cf. q. q. art.. q. art. Dieu est le soleil qui illumine. ad 2). 279 sq. le péché un écran opaque qui s'interpose entre l'âme et Dieu (2). 2. ad I. Contra Gentiles. pour la dépendance d'Augustin. 45. 11"'^. art. q. c'est entre la manière dont nous aimons les créatures irrationnelles et celle dont nous aimons les créatures raisonnables (//* 11^^. obj. 286 sq. Le Créateur. 5. p. q. De veritate. 48. i. art.. per quam tendit in ipsam.. art. que de simples Mais cette grandeur même fait sa misère. nuUa pura creatura convenienter beatitudinem consequitur absque motu operationis. 4 10. librement accepté ou refusé par la créature. ita gratia a Deo infunditur animae.. 2« édit.. autem beatitudo excédât omnem naturam creatam. librement offert par Dieu.. 5. De caritate. 10. ces impossible. l'homme est seulement ad ùnaginem (/" P. — !" P. 5. 11 « sicut lumen a sole diffunditur in aerem. ad 2) . art. art. q. 1943. q. art.» Le Fils est l'image parfaite du Père. 15. 79. l'homme eût pu. voir E. Pour atteindre ce Dieu qui peut seul de Dieu. /« //««. dans les choses matérielles. Cette dépendance essende l'homme par rapport à Dieu n'est-elle pas une imperfection ? Tous les autres animaux n'ont-ils pas en eux-mêmes de quoi atteindre tielle leur fin (3) ? L'homme lui-même. quae quidem est supra naturam animae. c. q. — : inter 3. à la façon dont la pièce de monnaie porte l'empreinte du visage du roi (/" P. art. répond le Docteur angélique. elle explique pourquoi seule . /* 11°^. p. GiLSON. — Cf. art. si ce n'est à aucun Dieu lui-même 5. 4. 2. 5. 1°' P. animam et Deum. obj. 7. La béatitude. — 202 — . » De veritate. n'a-t-il deux instruments précieux (4) ? Pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné à l'homme une vertu intérieure qui l'orientât invinciblement vers sa fin (5) ? Cela. — 3. une créature raisonnable pouvait être assumée par le Verbe (///* P.

q. ad 5. In II virtute suae naturae. que de poursuivre seul un but misérable . art. L. 4. ad 9. 747. 698-699). per nos aliqualiter possumus. quo posset converti ad Deum qui eum faceret beatum. » Cf. BONAVENT. ad 2 perfectum bonum. art. art. 10. 109.. — 89. «Deus. para tus est omnibus gra4. L. sed quoddam bonum imperfectura consequitur : . » — Saint Thomas — est ici l'écho p. ut diciIhid. quam qui solum potest consequi imperfectam sanitatem sine medicinae auxilio. art. obj. art. 744. obj. col. art. /* 11°^. n'exigeant qu'une chose. III. 491. ad i non dederit sibi amia et tegumenta. sed consequitur quoddam bonum imperfectum. Quae enim per amicos possumus. moyen de se tourner vers le Dieu qui donne la béatitude ( ). q. quae per amicos possumus. : : /* W^. col. quitte à (2). i. autant qu'il est en soi.. i (ci-dessus. Refuser cette grâce. q. Et ideo creatura rationalis quae potest consequi perfectum beatitudinis bonum.. De veriiate.. 5. tur in /// Ethiconmi... quam natura quae non potest consequi perfectum bonum. 3. secundum illud Phil. q. /" 11"^. c'est. Contra Gentiles. ad 3. aliqualiter per nos possumus unde Hieronymus ibidem confitetur sic nostrum liberum esse arbitrium. un. in culpam imputatur ei qui oculos claudit si ex hoc aliquod malum sequatur.. 5. » Il est piquant de noter que le texte attribué à saint Jérôme est en réalité de Pelage (Libellus fidei. licet indigeat exteriori auxilio ad hoc consequendum. dist. Le Dieu qui nous crée est donc véritablement un ami (3) il met à notre disposition sa grâce. ad 15. II. !" 11^. : — — 203 — . i. pour qui la créature la plus riche est aussi la — — — — Sent. in III Ethic. lui a fait présent du libre arbitre. i. art. 5. Devirtut. est perfectior quam creatura irrationalis quae hujusmodi boni non est capax. 21. 5. col. art.. quantum in se est. art.NATURE ET SURNATUREL voulant que l'homme y participât. q. Quaracchi. /" 11"^. et notre auteur ajoute magnifiquement c'est là une grande chose. note i in fine). Sed illi soh gratia privantur qui in seipsis gratiae impedimentum praestant. la recevoir d'un autre. : .. Quaracchi. quia dédit et rationem et manus. P. q. q. quamvis 1. ut dicamus nos semper indigere Dei auxilio.. ad 7. qu'on l'accepte avec humilité et reconnaissance (4).. Halens. quamhoc enim vis non daret sibi aliquod principium quo posset beatitudinem consequi erat impossibile sed dédit ei Hberam arbitrium. On le retrouve. sicut sole illuminante. 159 tiam dare. 121). 48. dist. // Sent. vel P. q. et 3. hcet hoc sit per auxilium medicinae. i. — — : d'Augustin (voir ci-dessusj plus pauvre. omnes enim homines vult salvos fieri et ad cognitionem veritatis venire. art. De carit. Alex. 29. c. Cf. 5. 109. quibus possit haec sibi acquirere ita nec déficit homini in necessariis. 5 {Opéra. . ihid. q. désirer en rester à l'ordre « sicut natura non déficit homini in necessariis. 8.nn. 79. car mieux vaut I : être destiné à une fin sublime. 26. » Cf. ad — t. Opéra. Cf. 5.. sicut aliis animalibus. II. 14. ad 3. 7. art. d'ailleurs. Le Docteur angélique revient fréquemment à ce thème.q. q. 2181). licet ad consecutionem ejus non indigeat exteriori auxilio. licet videre non possit nisi lumine solis praeveniatur. 22. « Nobilioris condition is est natura quac potest consequi 2. Sicut melius est dispositus ad sanitatern qui potest consequi perfectam sanitatem. 5. chez ses contemporains. ad ad 2 « Illud quod possumus cum auxilio divino non est nobis omnino impossibile. t. art. 7* //"*. indigens ad hoc divino auxilio. 4. 7 .

Unde in omni natura creaturae rationalis est aliquis defectus naturalis. De malo. Opéra. II. 4. 888 : « impossibile est quod in una creatura inveniat nostra voluntas sufficientiam. 16. 1924. 5. 2. 204 — \ . sed contra 2. » Cf. i.. — — quantum potest participare : Ibid. i. art. II. et in » natura. nata est ei configurari et propter hoc fert in se a sua origine lumen vultus divini. Alexandre de Halès (2) ou saint Bonaventure (3) par exemple. // Sent. » In IV Sent. non solum et la grâce. cf. Sans songer encore « peccatores autem qui non justificantur per gratiam non 1. col. le Docteur angélique insiste sur la transcendance de la fin dernière. il ne lui fournissait guère de précisions sur la fin dernière de l'homme. sed suae natiirae sint relinquendi. on le sait. art. ideo capax ejus est. non 602 « creatura rationalis dicitur imago Dei eo quod Dei capax. Alex. col. art. Opéra. On en retrouve l'équivalent chez les contemporains de saint Thomas. 741 quia illam adjuvat. sed quia defectum ejus excluait. 602 «rationalis creatura dicitur filius Dei in quantum capax Dei est hoc autem est in quantum ad imaginem et similitudinem Dei est et in quantum capax est Dei potest participare — : .. 395). plus que saint Augustin. i. IV.. Voir Recherches de science religieuse. qui habet per gratiam excludi. note 3. col. 4. et quia capax est.LA SYNTHESE THOMISTE naturel. A. Festugière. Quodlibet. Aristote. Opéra. t. q. Deum potest esse deus participatione. sur les rapports entre la nature « Gratia dicitur esse perfectio naturae. elle trouverait sa béatitude en s'unissant à son principe . col. q. Mais. 1000 capiendum humana anima ordinatur. dist. cette synthèse n'est autre que la donnée augustinienne traditionnelle. Sur l'image de Dieu dans l'homme. art.. Opéra. cf. 19. p. dist. art. ad 3. col. t. 79. quantumque illa natura in génère creaturae sit perfecta. avec une raison que l'on retrouve chez saint Thomas immédiate ordinatur. dist. Quaracchi.. Malgré ses emprunts à Aristote. Deum. col. II. Summa theoL. » L'immortalité de l'âme se prouve à partir du désir de la béatitude. Ce^nendant. BONAV. 408-415 . II. donc en fait à la privation de la vision. 56. voir ibid. t. i. 2 sunt electi vel praeordinati a Deo ad culpam. II. 16. t. » Sur l'image de Dieu. » 3.. cum nihil sufBciat nostrae voluntati nisi sola Trinitas. » L'un des gonds de cette théologie est que. t. 6.. si l'âme avait été créée par l'intermédiaire d'un ange. 38. 1. dist. argumentation paradoxale. 460). q. 1946. sed solum praesciti quod non sint gratiam habituri. Halens. q. i. « satians nostrum appetitum sicut objectum solus Deus est.. étant entendu qu'on sait par ailleurs que l'âme est faite à l'image | de Dieu et capable de Dieu (In II Sent.. : — : : ] . i (Opéra. q. L'Aristotélisme lui apportait une notion très ferme de la nature. 1932. se préoccupait fort peu de l'immortalité de l'âme et se contentait d'accorder à quelques privilégiés une béatitude terrestre à base : de contemplation (4). p. col. ad quem t. 49. Uidéal religieux des Grecs et V Evangile. In II Sent. qui manquait à l'Augustinisme. . art. t. « quia enim ei (Deo) col. mais qui éclaire beaucoup la question du désir naturel du surnaturel. i. Opéra. c'est-à-dire à la damna- tion (1).

S'il s'agit de l'ange. q. 2. 27. Cf. — /* P. Ch. 4. fin à Le bonheur il naturel ne se présente pas à lui comme une poursuivre..P. q. art. In Boeth. au est L'une : 1. 1923. turae. ad 5 imperfecta. » « angeli omnes sic conditi sunt ut quidquid pertinet ad 3. L'amour naturel de Dieu. 4. p. de Trinitate. De cette L'homme. q. 23.. 7. poursuit simultanément deux fins dernières. 5. art. fin faudrait qu'il fût en puissance par rapport à cette fin il or. 6. R. Cf. Pour que l'ange ait une . contraire. 62. 304 « Saint Thomas ne fait aucune difficuhé d'admettre qu'à s'en tenir au point de vue naturel. q.. quae est in via. V. etc. /« P. ad 3. 62. i. R. q.. de S. autre chose ce qu'elle fut à l'origine. 16. il est essentiellement en puissance par rapport à la surnature (3). De malo. art. q. Il n'y a pas pour l'ange de péché possible dans l'ordre de la nature. 23... » » ad 3 : « gloria est finis operationis naturae per gratiam adjutae. art.. q. art. Thomas. q. non 2. il proprement parler sans objet. 14. 16.NATURE ET SURNATUREL au problème de la la nature pure. » in eis esse potest ut de gradu naturae ipsorum moveantur in id quod est supra naturali — : P — : convertendo se vel avertendo. i. la sagesse humaine à laquelle on arrive par de longs efforts. Una 7. obj. art. tamen De malo.. art. de qua dicit philosophus. 2. Heris. 1946. la distinction est à naturelle. — De 10. 62. q. alia perfecta. ver. q. 2. qua : 205 . Z** P. 62. in patria. un. l'ange a par nature toute la perfection dont est capable naturellement. 7« P. art. — De anima. mais qu'il faut bien entendre sous peine de faire un contresens sur la pensée du grand docteur. 59. p. saint Thomas raccorde ici la philosophie et la tradition théologique et montre comment la finalité surnaturelle de créature raisonnable donne à l'ordre naturel sa véritable consistance. « duplex est felicitatis hominis. art. proportionnée à ses forces naturelles c'est la béatitude terrestre dont ont parlé les philosophes. q. 3. q. dans les Mélanges thomistes. En revanche. art. sed naturae finis. Cela suppose une distinction entre la fin naturelle et la fin surnaturelle sur laquelle saint Thomas revient indéfiniment (I). quia haec beatitudo non est aliquid naP. — De : q. mais seulement par rapport à la fin surnaturelle (6). 3 naturalem perfectionem eorum statim a principio suae creationis habuerint . l". i statim a principio suae creationis habuerunt. le péché de l'ange est impossible. Seule la béatitude surnaturelle a pour lui le caractère d'une fin (4). art. — /« P.. 3. 5 « haec sola mutatio erant in potentia ad supernaturalia bona. art. 2. art. Autre chose est cette distinction dans la tradition thomiste postérieure. 6. grâce à la science et à la vertu (7). veritate. découle spontanément des puissances de son être (2). 7. Elle s'offre à lui comme le terme d'une option (5). 63.. ad « ultimam beatitudinem quae facultatem naturae excedit. S. » Voir ici encore notre article sur : Nature et surnaturel dans la théol..

unde in hoc ponimus beatitudinem rationalis creaturae quod Deum per essentiam videbit sicut philosophi qui posuerunt animas nostras fluere ab intelligentia agenté. 5 : « béatitude imperfecta. q. etc. où saint Thomas.. 3. rationalis quae ad beatitudinem pervenit. n'est Dieu possédé dans la vision face à face (2). » la llae^ q_ ^^ art.. in qua contemplatione philosophus felicitatem contemplativam posuit. — Contra aequales. dist. /" //«*. 3. Thomas retient de leurs spéculations quelques grands principes qui nous étonnent aujourd'hui.LA SYNTHESE THOMISTE fin. il Dieu nous a heureusement réservé une félicité plus haute (I). est facilement transposable en termes chrétiens. 1°- quaedam félicitas in r. 10. Franchissant d'un bond les abîmes saint devant lesquels les théologiens postérieurs s'arrêteront. 1 . art. béatitude !" Il"-^.. quae imperfecta est. » — I^ II"'^. q. 198. q. — : — 206 . /« II"-^.. 8. prol. posuerunt ultimam felicitatem in continuationem intellectus nostri ad ipsam. Les philosophes n'ont pas pu la découvrir (3). i « Ipse Deus omnes creaturas rationales immédiate condidit. ad 4. c. celle qui rassasie le désir de l'homme. très augustinien.. q. Sed quia nobis : home promittitur 2. 2''. ideo beata esse immédiate videat Deum. ». » In I Sent. C'est redresser le raisonnement Deus per essentiam videtur. ne peut être béatifiée qu'en possédant Dieu lui-même (4). » De veritate. 3.. 50... parce qu'elle est l'objet d'une révélation. dernière. veritate. 48 « In que satis apparet quantam angustiam patiebantur hinc inde eerum praeclara ingénia. q. Voir cidessus.. 2 : « félicitas ad quam per sua naturalia potest devenire est secundum vitam humanam. 2.. effrayés. Quant aux commentateurs arabes. q. p. art. dicitur beatos autem ut homines. art. quae in Aac wz'ta haberi potest. ayant été créée directement par Dieu.. saint ajoute : Thomas ne fait pas un cas extrême. Contra Gentiles. scilicet absque medio quod sit similitudo rei cognitae.. q. quae tamen est félicitas viae. il nous dit que l'âme. 2.. 8. 5 et art.. 5. avec sa doctrine de la béatitude et de la vertu. note 4. P. art. Deum per essentiam videat. Sed béatitude hominis perfecta consistit in visione divinae essentiae. III. art.. et surtout autem imperfecta qualis hic haberi potest. » 4. i « contemplatio Dei una per creaturas. ut fides nostra tenet. car. lorsqu'il en parle. — In III Sent. 3. art. Gentiles. unde in / Ethic. ut omnis creatura De virtutibus. : potest ab homine acquiri per sua naturalia. q. q. unde oportet. 3.. Mais leurs analyses sont précieuses au théologien. L'Ethique aristotéli- La vraie fin autre que cienne. c. 7. secundum iidem. art. « quia anima immédiate facta est aDeo. et de hac philesophi locuti sunt. Qiiodlibet. III. art.. » Ce texte amorce les fameux chapitres où saint Tho: mas montre que le désir naturel de l'esprit ne s'apaise que dans la vision de Dieu possédé face à face. montre que l'homme ne peut — » — De — être heureux en cette vie. 4. 2. 17 : non poterit nisi . etc. 5 « ultima et perfecta béatitude quae exspectatur in futura vita. i. et sur l'interprétation desquels on discutera passionnément. art. art. art. 14. est alla contemplatio qua Deus videtur immédiate per suam essentiam ei haec perfecta est quae erit in ipse : — est duplex. — /" qua erimus angehs 11^^. en effet. q. tota principaliter consistit in contemplatione. 12. patria.

Cf. » On pourrait dire que saint Thomas parle ici du désir de Dieu en général. un. Dans ces perspectives. : Encore une lo « sicut autem homo suam primam perfectionem scilicet animam acquiex actione Dei. unde ab ipso anima humana lumen intellectuale participât. 5). le comme plus tard dans la théoloils ne peuvent. qui est Creator animae. immédiate habet a Deo et in ipso quiescit quod quidem ex hoc patet quod naturale hominis desiderium in nullo quietari potest. personnel à chacun et créé directement par Dieu « si intellectus agens ponatur aliqua substantia separata praeterDeum. 4).. /* P. ils retourneront à Dieu s'ils viennent d'une autre créature spirituelle. le exister l'un sans l'autre. et tout le contexte indique qu'il s'agit bien de la fin surnaturelle. Cf. un. création immédiate de l'âme pour parler de la fin dernière. 354-356. Thomas utilise et dépasse la philoso- phie néo-platonicienne L'homme sorti tures et surtout par celle de Dieu retourne à Dieu par la médiation des créadu Christ et de son Eglise (3). art. tantôt au contraire on se servira des thèses chrétiennes sur la béatitude surnaturelle pour prouver qu'il y a en nous un principe spirituel distinct de Dieu. secundum illud signalum est super nos lumen vultus tui Domine » (/" P. 79. sequitur aliquid fidei nostrae repugnans. 1. art. q. en problème de la nature gie nominaliste fait. On voit dès lors le supposé d'un texte apparemment simple comme celui-ci « Intellectus separatus. Mais il n'en règne pas moins sur l'univers entier. De verit.. art. tantôt on partira de la q. R. i (Omnia bonum appetunt). 44 (Dieu. procédant les uns des autres en cas- cade. Dans la synthèse thomiste.. rit : : — : . 370-371.. Lehrbuch der Dogmengeschichte. mais.. La philosophie au moyen âge. excedit facultatem materiae corporalis. q. 3. ut scilicet ultima perfectio nostra et félicitas sit in conjunctione aliquali animae nostrae non ad Deum.GiLSON. est ipse Deus. secundum fidei documenta. 3. nisi in solo Deo. saint (2).NATURE ET SURNATUREL d'un Avicenne pour qui les esprits. ita et ultimam suam perfectionem. q. Entre les deux ordres. Ils il y a interdépendance. Ce point mériterait une étude spéciale. On ne le comprend bien que dans une perspective néo-platonicienne les êtres spirituels retournent à leur principe s'ils viennent de Dieu. présupposé de tout amour librement consenti. ad 10. — — : : : qui concerne . ils s'arrêteront à celle-ci. ii. poursuivant à la fois et la fin dernière surnaturelle et cet ensemble de fins temporelles subordonnées qui constituent sa fin naturelle. q.. q. p. sicut prima perfectio hominis. 3. ou plutôt.. 1944.. sont béatifiés par la réunion avec leur principe originel (1). 22. origine des êtres.. Augustin compose avec le pseudo-Denys. obj. pas plus que corps et l'âme.. fois. art. à travers l'un et l'autre. et in quo solo beatificatur. sed in conjunctione ad aliquam aliam substantiam separatam » {De anima. E. l'autre. art. ita ultima perfectio ad quam homo potest pervenire. Cf. quae est béatitude vitae aetemae. quae est anima rationalis. en est aussi la cause exemplaire et la q. et tout ce l'amour naturel de Dieu. mais il reprend « oportet quod. 7. 4^ éd. . quae est perfecta hominis félicitas. excédât facultatem totius humanae naturae ». !'' ll"-^. 2« éd. 3. De verit. Seeberg. art. III. p. 2. t. ne sont pas plaqués l'un sur .. cause finale) 207 .

Saint Thomas n'avait d'abord concédé à Adam la gloire (cf. ad quantum : se dilectio naturalis extendit. 132-135). 29. n'eût pas été possible sans un auxilium Dei moventis dont la notion est encore relativement imprécise. dist. 7 « — qu'une 5. ibid.. Il"' 11"°. 126 n. q. art. dist. 2. 3. q. BONAv. q.. art. . q. créé en fait avec la grâce habituelle et son cortège de vertus. Il s'oppose ici à saint Bonaventure {In II Sent. art. 3).. i. sed in naturalibus tantum. 2. . 29. art. /" P. S. ante statum peccati homo habuit explicitam fidem de Incamatione secundum quod ordinabatur ad consummationem gloriae. Tout le monde se réclame de saint Augustin les Franciscains de la théorie de Yinjormitas (cf. art. ad. /« P. ///'' P. art. 3. Certaines . q.. Lorsque saint Thomas rappelle que l'homme aurait pu être créé in naturalihus (1 ). I. et sous-entendu que la préparation à la grâce (habituelle). i. Cette grâce était-elle déjà grâce du Christ ? Saint Thomas ne le dit pas expressément. art. ad 5. p. Dans la Somme. 8 : « sed quia possibile fuit Deo ut hominem faceret in puris natu» ralihus. mais il reste bien entendu qu'il était destiné aies posséder. 3) à laquelle il se réfère pour montrer que la grâce 7* P. q. 2. : germe de P 4. q. ont eu besoin de la grâce. q. II. 2. le Docteur angélique de la théorie des raisons séminales (/" P. 29. q. art. Mais de toutes manières. q. 1. 3. II). art. 4). cette distinction n'a plus qu'une importance très secondaire (5). ad 4 « — — : . cf. aurait pu être posé dans l'être sans ces dons surnaturels (2). sur les vertus infuses. foi implicite dans le Christ {IV Sent. Adam a donc possédé la grâce habituelle (3). t. i. II. 62. art. i Thomas tranche de façon beaucoup plus décidée qae dans les Sentences {In II Sent. 28. p. i. dist. i.. — De verit. In II Sent. q. 95.. encore qu'il admette que notre premier père ait eu la foi dans le Christ (4).. art. les moyens le seront aussi la créature ne peut y tendre rains. art. 62. Quodlih. entendons toujours la grâce habituelle (6). q. i. 2. dist.. art. 2) ou le De veritate (q. 6.. il entend qu'Adam. non autem secundum quod ordinabatur ad liberationem a peccato per passionem et resurrectionem.. nécessaire alors à Adam. 2. ad. 25. art. » In II Sent. 114.. 20. Un Jansénius s'y accrochera désespérément dans les perspectives médiévales. dist. : est le 7i"^. — 208 . les anges d'abord. 3.. art. 703). l'homme innocent ensuite. utile est considerare 2. t.. Opéra. 2 Opéra. Voir supra. Si la fin est surnaturelle. 95. 2. » Cf. q. saint 3. p. Ordonnés à une fin surnaturelle. 14.LA SYNTHESE THOMISTE pure est étranger aux perspectives de saint Thomas et de ses contempoformules pourraient ici faire illusion il faut les regarder de près. la distinction augustinienne entre Vadjutorium quo et Vadjutorium sine quo non est maintenant dépassée. Magister loquitur secundum opinionem illorum qui posuerunt hominem non esse creatum in gratia.

inchoatur hic in praesenti per gratiam. « per donum gratiae gratum facientis perfîcitur creatura 5. ut dicitur in F777 Etkic. i habere dicimus id quo libère possumus uti vel jnn. art. un amour d'amitié qui entraîne réciprocité et donne naissance à une sorte de société entre Dieu et l'homme. ad 4) et de la notion de don (/" P. art. grâce est le principe du mérite et le germe de la gloire. /* //**. seul le comble un abîme qui autrement serait à jamais infranchisssable (1). q. 4.. 777^* P. p. » Cf. Us doivent être interprétés par ce que saint Thomas dit de la présence de Dieu (!" P. art. 5 tiam quamdam ad ipsum quae quidem super amorem addit mutuam redamationem cum quadani communicatione mutua. ad i rationalis ad hoc quod libère non solum ipso dono creato utatur. no. 2. La grâce fait de l'homme un fils adoptif de Dieu (7). 2. art. sed etiam amici6. 3. » i* P. 5. q. 114.< — — . 62.. dist.. haec autem societas hominis ad Deum. 4. 43. q... Dieu se complaît en lui (2). !" 11"^. i. I'^ La P. q. l'homme devient agréable à Dieu. i « caritas non solum significat amorem Dei. il est présent Créateur dans sa créature et qui dieu (8). commençant une vie d'intimité qui sera parfaite au ciel (6). quae est quaedam familiaris conversatio ipso. !" 77"^. participation de la nature divine. elle en fait un lui (3). /* P. et mens Deo !'' P. 16) et I... c. l'homme entre dans la famille divine. 11). art. Et per hune modum divina persona non potest haberi nisi a rationali creatura Deo conjuncta. 4. 3. Or. sur /* 77"^. 28.. Ces mots fnii. 333). art. 5. i). Par la grâce. Il est convenable que Dieu récompense les actes qui procèdent de notre libre arbitre. art. ad » 1 : « homines sunt beati per participationem sicut et dii per participationem dicuntur. per XXVII. per quam Deus mentes inhabitat amorem caritatis inhaeret. ad 2. mais seule la présence du Saint-Esprit peut donner à ces actes 1. q. W^.. sed ut ipsa divina persona fruatur. 3. 23. 38. Par la grâce. dans son âme d'une présence différente de celle du lui permet en toute vérité de posséder Dieu (4) et de jouir de lui (5). 222 (Vives.. q. la charité est. : . q. 43. 8. cum 7.. I". 90). q. q. art. art. perficietur autem in futuro per glo» riam.. in Deo nianet et Deus in eo : — — : . 3. De verit. 43. ont pour les théologiens du Xlll« siècle un sens très profond et ils les étudient très longuement. q. 8. en effet. 38. q. i. q. 209 14 . art. q. 65. — — Comp. friiitio. art. art. /"* : //"^. 2 « gratia. 9) . q. Ces textes très riches posent tout le problème de nos relations avec les personnes divines (voir infra. 3. pat et per id quod dicitur gui manet in caritate. art. Dieu habite en don de la grâce. et quod hoc ad caritatem pertineat. i. i. : fidelis Deus per qiiem vocati estis in societatem filii ejus (I Cor. : (7" Joan.NATURE ET SURNATUREL efficacement qu'en posant des actes proportionnés à cette fin. art.. theoL. » /« q. la base de l'augustinisme (/ Sent..P.

saint Thomas nous dit que la grâce est une qualité.. art. On reste aussi dans les perspectives pauliniennes et johanniques la grâce est un germe de vie qui grandit et fructifie pour l'éternité (3).LA SYNTHESE THOMISTE une valeur divine : ' 1 (1). 110. t.. q. » L'objection 2 « gratia est nitor animae. empruntées au monde juridique ou au monde biologique. 77" 77"*. habilitate crescente.. art. ad i . » « ex uno actu caritatis homo redditur promptior iterum ad 4. 62. q. De virtutihus. 10 « considerandum est quod est duplex hominis bonum. Et quia unumquodque ordinatur ad . : — : eo quod homines secundum ipsam creantur. principia. 1 10. Aristotélicien. ad 3 2. ad quod Deus ai \irtutam operandi deputavit. art. 6 agendum secundum caritatam et. : non sitaequalis gloriae in actu. voir Opéra. art. art. unum quidem quod est proportionatum suae naturae. col. La distinction des deux fins dernières commande celle des vertus naturelles et des vertus surnaturelles (8). 3). La notion de mérite implique. no. Cf. mais : 1. ad 3 « gratia dicitur creari ex 5. 3. Mais il n'y insiste pas et semble préférer l'idée de nouvelle nature (6). art. q. est taman aequalis in virtute. note i). 110. 24. q. cité ivfra^ p. q. 2 pose un problème qui tracassera Luther. 7« 77««.. 114. art. sicut semem arboris in quo est virtus ad totam arborera. 114. q. 777" P. n'arrivent pas à exprimer (4). un. i « meritum'hominis apud Deum esse non potest nisi secundum praesuppositionem divinae ordinationis. 7" 77"*. 3. quasi mercedem. 2. art. comme un père donnant à son fils de quoi mériter un nouveau don (2). ita etiam ab ipsa gratia afîiuunt virtutes in potentias animae per quas potentiae moventur ad actus. q. Une synergie merveilleuse se réalise entre Dieu et l'homme. art. » « gratia Spiritus sancti quam in praesenti habemus. 114. comment peut-cn l'appeler un accident ? 6. Là où il y a une fin naturelle. » La notion thomiste de mérita déborde las catégories juridiques. 27. 48. ita scilicet utidhomo consequatur par suam operationem. q. 656-657. art. id est in novo esse constituuntur ex nihilo. quo conatur ad caritatis profectum. — : — 210 — . /* 77"*. 3. » « sicut ab essentia animae afîiuunt ejus potentiae quae 7. 4. at si : tas. toute action méritoire d'un membre ayant son retentissement sur l'organisme entier (cf. q. 1 1 G. ad i : sunt operum.. Les vertus infuses s'enracinent dans la grâce comme les facultés dans la substance de l'âme (7). q. ergo gratia est çwaciawj qualiart. certes. aliud autem quod suae naturae facultatem excedit. II. 4. i. il y a une droit à la récompense. La grâce étant en nous ce qu'il y a de plus parfait. 2. 2 tion de saint Bonaventure. que les catégories humaines. : !" 11^^. Sur la posiréelle entre grâce et charité {De verit.. q. homo prorumpit in actum ferventiorem dilactionis. art. » Cette systématisation suppose une distinction 7" 77"*. 233. puisqu'elle est la splendeur de l'âme (5). l'idée d'un on reste dans les perspectives augustiniennes c'est Dieu lui-même qui nous donne de quoi l'atteindre et l'aimer. !" 11"^. 8.. 7* 77"*. 7" 77"*. art. Quaracchi. q. q. 7" 77"*. d'autant plus que la doctrine du corps mystique ajoute un nouvel élément.

per quam habet anima quoddam spirituale esse. — //« 11°^. art. 2. 8 . /« 77°*. L'homme. 8. 63./"//"*. 1925. la force. dans Ephe2. en partie innées (2). Mais tout cet ensemble est assumé dans l'ordre surnaturel. Sur la connexion des vertus 3. 5. q. 7« 77«^ q. 3 : « dona sunt quaedam perfectiones hominis quibus disponitur instinctum Spiritus sancti... 63. un. forment un ensemble de vertus morales (7) que couvertus théologales de foi. 69. DE Broglie. necessarium est esse aliquas hominis perfectiones quibus ordinetur ad finem supernaturalem. art.. » naturalibus cognoscendis. dans RecJierches de science religieuse. P. La connexion des vertus au moyen âge avant saint Thomas. art. ronnent les trois finem per operationem aliquam. Naturalia autem operationum principia sunt essentia animae et potentiae ejus. q. LOTTIN. p. — 7/7" . 4. et passim. art. art. voir 0. 21-53.. 7" 77"*.. 2. : 9. — — 211 — . 27. la justice et la tempérance. — merides theol. art. q. Infunditur igitur divinitus homini ad peragendas actiones ordinatas in finem vitae aetemae primo quidem graiia.\xn. avec leurs multiples rité (4). à éclairer par ce que nous avons dit plus haut (p. finalisé par la cha- Au baptême.. De la place du surnaturel dans la philosophie de saint Thomas.NATURE ET SURNATUREL inclination vers la fin. 9 . soit chez ses devanciers. Il faut y ajouter les dons. art. qui assouplissent l'âme justifiée et la rendent docile aux inspirations du Saint-Esprit (9). 585-599. ordonné à des fins terrestres multiples. lovanienses. entre elles. spes et caritas. l'homme reçoit d'un coup tout cet ensemble de vertus surnaturelles (5) qui expriment le comportement spirituel de l'homme à l'égard de la fin dernière en tant que celle-ci prolonge les fins prochaines de l'activité humaine (6). r93) sur les hésitations de la tradition théologique. La connexion des vertus morales acquises chez saint Thomas et ses contemporains.. anc. q. 65. q. p.. 2 (cet article est fondamental)... art. bonum I" 11°^. ut per fidem intellectus illuminetur de super- spem autem et caritatem acquirit voluntas quamdam supernaturale ad quod voluntas humana per naturalem inclinationem non sufficienter ordinatur. q. scilicet intellectus et voluntas. Id. 3. Devirtut. 23. soit chez saint Thomas. per inclinationem in illud 1. Hoc autem esse non potest nisi supra principia naturalia ali- qua supernaturalia operationum principia homini infundantur a Dec. ramifications. q. 6. art. lors de la première justification. art. 6. et médiévale.(\. 62. y est prédisposé par des vertus naturelles. 3. De De veritate. habitus quibus homo n Pour le contexte historique. i. préparant de loin les opérations de l'être (I).2iXt. 1937. en partie acquises (3). » 7. !" Il"-^. q. virtutibus. d'espérance et de charité (8). 63. 69. Cf. G. q. et deinde fides. 25 «saint Thomas a toujours conçu comme purement terrestre la fin des vertus naturelles. ad hoc quod perficitur homo bene sequatur ad prompte obediendura Spiritui sancto. dans Recherches de théol. q. art. p. 1930. La prudence.. art. et ea quae sunt ad finem oportet esse aliqualiter fini proportionata.. i.. 68.. 4. 7 ///" P.

parente oppositions qui sont avant tout des aspects divers d'une voir 0. sacrifiant par exemple les vertus morales infuses. on peut montrer qu'ils recèlent une ambiguïté profonde. — 212 . De tous les grands systèmes philosophiques. p. et surtout. ad 2) . Certains textes sembleraient donner des gages aux partisans du surnaturel çîwaii modum.. saint Thomas ne dit ni s'il est pleinement bon. 41-61 . On a jadis rappelé que saint Thomas. nous sommes encore trop peu habitués à étudier saint Thomas historiquement. et médiévale. nihil est enim quod unus homo meritorie agat ex caritate : quod alius non possit fait les seules forces de la nature au sens moderne du terme. sed in qualiter agere . avec cette différence qu'arrivé au terme de 2. dans Recherches de théol. 1. nature et grâce composent harmonieusement (2). le système et l'intuition qui lui a donné naissance étant beaucoup moins accordés que ne le pensait leur auteur. matière et forme. malgré tous les efforts faits jusqui'ici. tout cet ensemble paraît un peu compliqué et la scolastique postérieure cherchera parfois à jeter du lest. 24. la faisait éclater. mais de cet acte s'il est fait avec absque merito agere vel velle » {De veritate. Dom Lottin. Les dons du Saint-Esprit depuis Pierre même activité. Elle cherchera ainsi à raccorder directement l'ordre humain et l'ordre surnaturel. en utilisant la Morale d'Aristote. Cet article donne la bibhographie des travaux antérieurs du même auteur). art. On même être tenté de croire que cette cohérence n'est qu'apCependant une étude approfondie montrerait probablement que.LA SYNTHÈSE THOMISTE A première vue. i. Il est probable qu'on peut sans irrévérence étendre cette remarque à saint Thomas. Mais en introduisant une finalité surnaturelle dans les cadres aristotéliciens. orientant chaque détail vers une vue d'ensemble où nature et grâce composeraient un peu comme puissance et acte. Cependant. 1929. 1929. dans la pensée thomiste. sentant la disproportion formidable entre ce qu'il avait réalisé et ce qu'il aurait fallu dire. 1939. dans Rech. et méd. LoTTIN. du rapport entre l'œuvre et 'les réalités surnaturelles qu'elle cherchait à traduire en termes humains. q. sans la charité. qui a beaucoup fait pour rattacher celui-ci à ses devanciers. Il ne s'est pas contenté de plaquer le surnaturel sur une morale naturelle préexistante. ni sa carrière.agnifique qui doit s'entendre évidemment aussi. J. 270. Les dons du Saint-Esprit d'après saint Bonaventure. solidifier des pourrait (1). de théol. celui-ci par exemple « opus meritorium a non meritorio non distat in quid agere. BONNEFOY. les vertus théologales. anc. Le mot étonnera peut-être. Mais ils n'en verront pas toujours la cohérence et seront plus embarrassés qu'ils ne le diront pas les objections de leurs adversaires. Lombard jusqu'à saint Thomas d'Aquin. anc. a-t-il pleinement réussi à expliciter une intuition magnifique qui faisait le fond de sa pensée ? Je n'oserais en décider. p. note. tout en soulignant sa profonde originalité. il déclara avec cette grande loyauté qui le caractérise omnia palea ! : parole m. les vertus naturelles et D'autres sauront conserver fidèlement l'édifice thomiste. corps et âme. Je dis probablement. Pour un commentaire historique de la morale de saint Thomas d'Aquin. Surtout il ne faut pas réifier ici les abstractions. avoue qu'il n'a pas encore abordé la morale surnaturelle de saint Thomas (Lottin.

Celle-ci est étroitement liée à la question des rapports entre grâce et liberté. art. 210. Actus autem nostri comparantur ad augmentum caritatis et virtutum infusarum ut disponentes. 137-166. pourquoi la foi et l'espérance ne disparaissent-elles pas aussi ? Et si elles demeurent. » et tamen in natura animae vel cujuscumque creaturae rationalis est quaedam ad — gratiae susceptionem et per gratiam susceptam fortificatur in Cf. Ayant dit que l'intelligence et la volonté sont réellement distinctes entre elles et distmctes de la substance de l'âme. cité ci-dessus. col. a quo causantur. le Docteur angélique ajoute que c'est le même homme en est de même dans l'ordre surnaturel. 24. quae quidem est supra « infiniti sint naturam animae. l'homme est un. finibus proximis. Si la grâce est une nouvelle nature. 4). art. q. 63. Voir Th. Accroissement des vertus. et la pensée thomiste devait nécessairement être interprétée plus tard en sens divers. la tempérance sont des dons de Dieu. Entre les vertus morales infuses et les vertus morales acquises correspondantes. Ce qui est dit ailleurs de l'accroissement de la charité (//<* 11°^. traitant de l'accroissement des vertus. q. La systématisation des vertus exprime le comportement spirituel d'un homme unique à l'égard des fins multiples qui le sollicitent (I). 4). qui 2. 11 « moralia non habent speciem a fine ultimo. ita virtutes infusae augentur per actionem Dei. 4) n'envisage pas la question que nous posons. q. la grâce construit et il se construit lui-même (2). t. 3. l'homme est mû et il agit. sicut ad caritatem a principio obtinendam. Il". » gratia a Deo infunditur animae. A vrai dire. art. un. q. 6o. qui pense et qui veut. la systématisation adoptée n'est pas sans danger. 7* 11^ q.) Mais ce texte semble n'envisager que les vertus acquises antérieures à la justification. aptitude debitis actibus. elles sont aussi des acquisitions de l'homme (3)..11°^. 6 (cité ci-dessus p. pourquoi les vertus morales sont-elles chassées ? Ces problèmes seront d'autant plus difficiles à résoudre pour les théologiens de l'avenir que le concile de Trente. art. 2. q. etsi : : De malo. il le On conçoit donc qu'il y ait entre l'ordre naturel et l'ordre surnaturel une parfaite correspondance. Dans la Somme. I. pas explicitement cette question. Il y a une perpétuelle interférence. 210. p. art. qui est. non tamen infiniti sunt specie. i. 6.. n. formulera une doctrine de la justification plus souple et dégagée des thèses 1. de Lanversin. qui sont moins clairs.NATURE ET SURNATUREL Pour saint Thomas. peut-il y avoir avant la justification de véritables habitus de foi ou d'espérance ? Si tout péché mortel enlève simultanément la grâce et la charité. art. Deman et F. 11. 24. dans Dict. » {De virt. j'ai conscience d'interpréter un peu les textes. il écrit « sicut virtutes acquisitae augentur ex actibus per quos causantur. ad 3 quidem. 213 — . Cependant. sed a numéro. tout en acceptant nombre d'idées thomistes. Ailleurs. de Saint Thomas ne traite : spiritualité. n. il se contente d'opposer la finalité des vertus acquises et celle des vertus infuses correspondantes {1°' 11°^. La prudence.

il peut y avoir quelque bien « secundum quod habet aliquod aliud donum Dei. Ex professa. art. chez le pécheur. art. 4. art. 114. q. Saint Thomas n'emploie pas le mot de gratta elevans. a.. gratia operans et cooperans (/" 11^. art. 2 in sua integritate. élevante : : : comme 214 . sans la grâce. art. 1). Le fides formata devient fides inforinis {De verit. saint Thomas étudie la question de la nécessité de la grâce. etc. in statu naturae corruptae quantum ad duo. » 5. q. ne disparaissent pas poui autant (ibid. gratia subsequens (/" //"*. 3. scilicet ut sanetur et ulterius ut bonum supematuralis virtutis operetur. art. 14. 109. art.LA SYNTHÈSE THOMISTE d'école. sanare (/" 11°^. q. elle est élevante et médicinale (4). q. vel etiam bonum naturae quod non totaliter per peccatum toHitum {II"' //'**. 2). 2) . En une série de questions dont la théologie postérieure reprendra les énoncés. Pour l'homme déchu et en général pour l'homme blessé par le péché. q. //'* //"*. 109. il ne peut y avoir de mérite surnaturel (5) et que le même acte diffère du tout au tout selon 1. /« W^. gratta gratum faciens (/* 11"^. Mais il emploie les mots elevare (//" 11"^. Le problème est différent de savoir ce qu'a pensé saint Thomas et de savoir ce que le théologien doit aujourd'hui penser pour rester fidèle à l'esprit de saint Thomas. « natura humana potest dupliciter considerari. 6.. q. 2 homo. 7. Chez l'homme innocent. Cette étude repose avant tout sur l'opposition entre la nature intègre. 3). q. Z" //**. ad i). art. il étudie les divisions suivantes gratia gratis data. Le théologien qui lit ce texte conclut que. Thcmas art. Il affirme ailleurs que. la grâce (entendons toujours le don habituel) n'était qu'élevante (3). mais sans bien se rendre compte de l'évolution de la terminologie. q. i« //"*. 109. ni. q. 12) la foi et l'espérance enseigne que tout péché mortel enlève la charité (11^ 11'^. 7 raisonnement semblerait devoir exiger au'ii en soit de même pour les vertus morales infuses. sicut fuit in primo parente ante peccatum. gratia praeveniens. ad 5) ou plutôt la . mais ce mot naturel est plein d'équivoques. mais il parle de la grâce d'anevirtus altior (I" 11"^. et la nature déchue qui est la nôtre (2). i ) . art. q. q. c'est cette grâce qui nous met d'emblée dans le monde surnaturel au sens le plus fort du mot. vel fidem. ni. 3. « virtute gratuita superaddita virtuti naturae indiget 4. q. 109» art. art. 109. Saint Thomas dit qu'elles ne peuvent exister sans la charité {!" IP^.. 65. 109. art. il reste au pécheur les vertus naturelles acquises. 11 1 . pour saint Thomas. 8. vel spem. art. celle d'Adam avant son péché. 4 est corrupta in nobis post peccatum primi parentis. art.. q. Z** //<**. 2. q. art. 4). 5). uno modo 2. » : — art. q. Il n'est pas facile de voir comment saint ainsi posées (I). La grâce sans qualificatif. alio modo secundum quod /* 11"^. 2 et 3). 24. 23. 5 . q. Saint . Thomas lui-même aurait répondu aux questions La même difficulté d'interprétation se retrouve à propos des conséquences du péché originel. Élevante en ce sens que.

en relief cette théorie thomiste dans son étude sur Le problème de l'amour au moyen âge. est d'une extrême importance pour tout ce qui concerne la question de l'amour naturel de Dieu et du désir naturel du surnaturel (cf. pouvait garder inclut les commandements avec 3. condition de toute option per- sonnelle. aime Dieu naturellement plus que tout et plus que soimême.. Dans librement ratifié cet le bien du l'état Tout l'emportant toujours sur de nature intègre.. art. p. dans Beitràge fur Geschichte der Philosophie des M. p. d'une extrême importance de noter que. art. /* 11"^. q. Videmus autem quod unaquaeque pars naturali quadam sic . 3 4. . p. q. : — les seules ressources de sa nature. comme toute créature. . VI. I. art. natiirale s'oppose d'abord à liberum. Médicinale en ce sens qu'elle permet à l'homme d'observer la Loi (2) et d'aimerDieu par-dessus toutes choses (3). la grâce n'intervenant que pour donner veritate. le bien de la partie (5). Qiiodlih. q. 1°' II"-^. Les notions d'appétit naturel et de puissance obédientielle chez saint Thomas. par lequel la créature raisonnable.. art. 1. 1928. 8 « diligere Deum super omnia plus quam seipsum est naturale non solum angelo et homini sed etiam cuilibet creaturae secundum quod potest amare aut : sensibiliter his aut naturaliter. ri-12. totius. Unde naturale est ut quaelibet pars suo modo totum amet plus quam seipsam. 60. Laporta. ad 2 (cité ci-dessus. » 1. 109. 4 « in statu naturae corraptae non potest homo implere omnia Saint Thomas suppose que l'homme innocent mandata divina sine gratia sanante. G. 5). ciime Dieu par-dessus toutes choses. 8. A.. Etudiant les anges. Quodl. 257-277). 2) et c'est à partir de cette distinction qu'il se demande ensuite si l'ange s'aime lui-même (/" P. 5. art. etiam cum periculo aut detrimento proprio ut exponit gladio ad defensionem capitis. l'homme aurait élan naturel. ex quo dependet salus totius corporis. q. 5. et enfin s'il aime Dieu plus que lui-même (Z** P.NATURE ET SURNATUREL qu'il est fait ou non avec la grâce (1). note i). est bet creatura suo bonum commune totius universi et omnium partium ejus unde quaelimodo naturaliter plus amat Deum quam seipsam insensibilia quidem . 3). Unde et secundum hanc naturaiem inclinationem et secundum politicam virtutem bonus civis mortis periculo se exponit pro bono communi. chez sairt Thomas.. q. creatura vero rationalis per intellectivum amo» P. art.. mais il probablement ici dans la nature certains dons qui appartiennent à la justice originelle en tant que contradistinguée de la grâce. art. t. art. i. La conclusion sera que l'ange. i).. Cette question de vocabulaire. On sait que le P. enim agit unumquodque in natuia. sur un élan foncier de l'être. lovan. De 2. — P 215 . comme toute créature. bruta vero animalia sensitive. Manifestum est autem inclinatione operatur ad bonum patet cum aliquis manum quod Deus naturaliter. 24. 212.. il se demande s'il y a chez eux une dilectio nainralis (/" P. Rousselot a mis Cf. maxime cognosci possunt in quae naturaliter aguntur sicut aptum natum est agi. 60. q. dans Ephemerides theol. Cet amour de préférence se greffe sur une volonté de nature (4). art. puis s'il y a une dilectio electiva (ibid. 109. q. rem quae dilectio dicitur. art. à laquelle les théologiens du passé n'étaient que médiocrement attentifs. Inclinationes enim naturales absqiie délibération-. 1908. Il est . 60.. 60.

secundum quod /* 7/*^. tune est summa praeparatio ad gratiam habendam (ad 2). art. 109. Seulement. et similiter dilectionem Deum diligebat plus quam seipsum et omnium aliarum rerum .. q. — 7* P. Sans compter les difficultés d'interprétation sur les rapports entre la omnia naturaliter diligitur. qui doit être ratifié par l'homme : magis et minus uti. et quando in summo fuerit. sed in statu naturae corrup.LA SYNTHÈSE THOMISTE à son acte une valeur divine préférence spontanée pour universel . pour tout acte moralement bon ? A première vue. sic diligitur dilectione caritatis. omnes ab unoquoque rebat ad et ita amorem Dei sicut ad finem. art."^ q. !" 11. (1). art. il ya comme une le le bien propre. a quo dependet omne bonum naturale. super omnia . Cette thèse sera Est-elle nécessaire Thomas semble . il faut demander ici cette préparation « natu» à la grâce (habituelle) n'est-elle pas déjà surnaturelle. Sans la grâce. sans la grâce habituelle. il remarque que la question de l'amour naturel de Dieu chez l'homme innocent n'a d'intérêt que parce qu'il aurait pu tae . diligitur inquantum vero est bonum beatificans. Mais cet amour naturel de Dieu est un naturali dilectione qua Deus super élan spontané. c'est-à-dire.. homo ab hoc déficit secundum appetitum voluntatis rationalis. ne sont pas nécessairement des péchés.. nous dit-il. art. p. 1. 109. art. Il conclut que. » Ce texte appelle les mêmes remarques que ce qui est dit à propos de l'observation de la Loi dans l'état de nature intègre {supra. quaepropter corruptionem naturae sequitur bonum privatum. est universale — Quodl.. 8 « antequam hominis ratio. 60. Naturel s'y oppose à libre. il peut éviter le mal. en opposition avec bien la grâce de Dieu est donc nécessaire pour redresser cet égoïsme saint (2). l'homme aurait aimé Dieu par-dessus tout naturaliter. note 4). au sens où les théologiens modernes entendent ce mot ? ne requiert-elle pas une grâce actuelle élevante pour : l'homme innocent 3. 3 « homo in statu naturae integrae dilectionem sui ipsius refe: bonum. qu'est-ce que le Docteur angélique entend au juste par ce mot de naturalia lorsqu'il s'agit du premier homme ? Traitant la même question dans un Quodlibet (i. 215. dans cette hypothèse. mais aussi à surnaturel. Tous les actes du pécheur. 5. ? : /" //**. quia non est necesse quod continuo peccet in actu . ici plus optimiste que saint Augustin son maître. Mais chez le pécheur. 8). . art. potest singula peccata mortalia vitare et secundum aliquod tempus . selon l'opinion franciscaine. 109. être créé in naturalibiis. in qua est peccatum mortale. reparetur per gratiam justificantem. sed quod 216 . 1. mais avec la justice originelle. q. du moins pendant un certain temps il ne pourra pas cependant avec ses seules forces rester longtemps sans commettre un nouveau péché mortel (3). 3. nisi sanetur per gratiam Dei et ideo dicendum quod homo in statu naturae integrae non indigebat dono gratiae superadditae naturalibus bonis ad diligendum Deum naturaliter super omnia.. On voit que la question rebondit. naturali dileciione supematurali beatitudine. licet indigeret auxilio Dei ad hoc eum moventis sed in statu naturae corruptae indiget homo etiam ad hoc auxilio gratiae naturam sanantis. » 2. potest aliquis relle grâce habituelle et la justice originelle. ad 4 : « Deus. q. '8.

. étudiées à la lumière des condamnations de Baius. en réaction contre le pessimisme de Calvin théologie invoquent encore aujourd'hui le patronage lique ( I ). 623 . 2.. q. Ces précisions. et alia hujusmodi. Lange. le péché peut bien l'entamer... » « bonum naturae potest tripliciter dici. art. diminuitur per peccatum. art. il nous dit que le péché ne peut ni donner ni enlever ce qui est naturel à l'homme (3). plantare vineas et alia hujusmodi (2). On peut signifier par là la justice originelle. neque 3. Primo ipsa principia 4. . 45. Cette inclination. scilicet Ipsa naturalis inclinatio ad virtutem. . qui renvoie à un texte alors attribué à Augustin. 63. en possession d'une distinction très nette entre grâce actuelle et grâce habituelle. 5. Traitant des effets du péché originel. c'est. q.NATURE ET SURNATUREL reprise par la plupart des théologiens d'après le concile de Trente. que le péché nous a enlevée. sicut potentiae animae et alia hujusmodi secundo. « ea quae sunt naturalia homini.. sur les conséquences du péché originel. La grâce dont parle ici saint Thomas. Les théologiens modernes. Sed médium bonum naturae. q. 5.D.. 2 dantur homini per peccatum. De — : : . t. 2307). peut s'entendre de trois manières. il semble revenir en arrière. 1"" 11"^. art. p. potest quidem in statu naturae corruptae per virtutem suae naturae aliquod bonum particulare agere. sans cette grâce. il nous dit expressément que. : De veritaU. 109. 217 . Mais lorsqu'il cherche à préciser sa pensée. P. I. q. 109. ipsa inclinatio ad virtutem. plantare vineas. III. Primum igitur bonum naturae nec toUitur nec diminuitur per peccatum tertium vero bonum naturae totaliter est ablatum per peccatum primi parentis. q. 1929. » Cf. Il nous semble que. dit-il. !" 11"^. Saint 1. art. 7* 7/"^. Il faut ou de Baius. 98. 91. Aug. art. ou enfin une certaine inclination à la vertu. art. 5. col. répétons-le. tertio potest dici bonum naturae donum originalis justitiae. ne posent pas tout à fait la question comme ceux du XIII^ siècle. Le bonum naturae.. cf. n" 151. quia natura humana per peccatum non est totaliter corrupta. 22. H. i naturae. sicut aedificare domos. Et les manuels de du Docteur angécependant y regarder de plus près. » — Cf. saint Thomas est aussi radical que son maître saint : diu maneat absque peccato mortali esse — non potest. la grâce habituelle. Portalié. 85.. ou bien les principes constitutifs de l'être contre lesquels il ne peut rien. Bien plus. ut scilicet toto bono naturse privetur.. » 2. I" 7/"^. restent bien vagues. : ad 2. 2 « ad 7.. L. en réalité contemporain de la querelle semi-pélagiene {Hypomnesticon.. Thomas connaît du reste une opinion moins pessimiste gratia. q. I^ P. T. mais il ne réussira jamais à la faire disparaître (4). C. l'homme déchu est tout au plus capable de faire des actes où la moralité vraie ne semble engagée que de très loin aedificare domos. neque subtrahantur.

ad meritum.. T. La préparation éloignée se fait sous d'un secours divin. p. se fait sous l'action de l'effet grâce habituelle. L'esprit de la philosophie médiévale. E. l'autre la met au centre de sa synthèse. sufïicit autem alia praeparatio gratiae imperfecta quae gratum facientis. l'autre insiste sur cette vérité. q. passim. auxilium Dei moventis. 548-553) oppose fortement le néo-semipéla- 218 . t. GiLSON. Harnack (Lehrbuch der D. 15. De récentes études ont montré qu'il fallait ici pas facile à préciser 1. Cf. 1906. Mais il semble bien que saint Thomas Saint reste fidèle à la tradition augustinienne sur l'impuissance du libre entend à la manière de saint Augustin l'axiome fondamental sine me nihil. I. Pour le commentaire de ces textes difficiles. 113. 6. nous dit samt la Tho- mas. 3. 4.. 1932. p.. Quelques antécédents patristiques de la formule « facienti quod ». secundum quod est motus a Deo. !" //"^ q. 126-129. in se dans Revue des t. ad 2 « nihil homo potest facere nisi a Deo moveatur. Il paration à la justification et préparation prochaine. LOOFS {Leitfaden zur D. Rivière. On s'en rend compte en examinant la manière dont il parle de la préarbitre de l'homme déchu en tant que : tel. par une espèce de causalité de cette grâce (4). nondum homine per gratiam justificato. G. Conversion et grâce chez saint Thomas d'Aquin. et ideo cum dicitur homo facere quod » in se est. mais sans dire assez clairement de quelle nature est le secours divin dont l'homme a besoin pour sortir de son péché et poser des actes vraiment bons (2). (3). quae tamen est a Deo movente. dont la nature n'est (5). voir H. Il faut distinguer ici préparation éloignée La préparation prochaine. l'acte libre par lequel l'homme coopère réciproque. est de l'axiome facienti quod in se est Deus non denegat gratiam reste encore Voir J.. p. t. ad i : « est donum gratiae — F. III. C. nous le VÎII.LA SYNTHESE THOMISTE Augustin. Bouillard. » 2. /* 77"*. à 3. 5). Vinfusio gratiae ex parte Dei cause en grâce et l'acte par lequel on accepte ce don. aliquando praecedit sed ista non 6.. art. 93-97. la Plus exactement. l'action à sa justification étant déjà. Justification. !" 11°'^. L'histoire écrire. sciences relig. pp. 1^21. car entre deux théologies il y a un abîme immense. 4« éd. L'un ignore la grâce élevante. 650-654) est ici très radical. Les historiens de pés les (1). art. L'un nie qu'on puisse vraiment coopérer à sa justification. 2. q. dicitur in potestate hominis. 112. art. secun: dum illud Joannis : sine me nihil potestis facere hoc esse (Joan. 1906. 5. que fera sienne le concile de Trente. Rivière. 109. D. Les historiens protestants du dogme ont accusé ici saint Thomas et surtout ses contemporains de semi-Pélagianisme plus ou moins larvé (6). — don de 1944. — J. la pensée médiévale ne s'y sont pas trom- Thomas serait-il donc un précurseur de Baius ? Non. 166-172. p. G.

BouiLLARD. art.. III. 1928. 3. probat Philosophus in quodam cap. p. préparé les voies au néo-pélagianisme des âges suivants. concile d'Orange. 24. chose paradoxale. prout scilicet ex divina providentia procurantur homini occasiones salutis. Bonaventura von der Vorbereitung auf die Heiligmachende Gnade. et interdum aegritudines et flagella . Il y a là. 38-58. I.. ideo postmodum Pelagiani (noter la terminologie) posuerunt quod initium boni operis est hominis ex seipso. 15. Deman. la liberté de la créature raisonnable. prout Deus cor hominis interius movet ad bonum. Th. dans Zeitschrift fUr katholische Théologie. Rivière. du point de vue historique. haberemus a nobis . sans qu'on puisse parler de néo-pélagianisme.. mais dans les écrits d'Augustin découvre en la même temps des textes fort importants d'Aristote préparation à la (2) et comprend que grâce exige non seulement une Providence surnaturelle. Bouillard. du Docteur angélique Au moment où il et la écrit celle-ci. (1 ). » Cf. ut praedicationes. sed etiam quantum ad interiorem motum. Unde ad errorem pelagianum pertinet dicere quod homo possit se ad gratiam praeparare absque auxilio divinae gratiae. Die Lehre des hl. et J. col. dans Zeitschrijt fur katholische Théologie. : — Quodlib. qui posuit quod per liberura arbitrium homo poterat adimplere legem et vitam aetemam mereri . voir F. MiTZKA. 2. sed etiam ad hoc quod se ad gratiam praeparet. 1930. G. mais un secours intérieur à la volonté (3). que. quia sic esset procedere in infinitum. Pour la défense de saint Bonaventure.NATURE ET SURNATUREL distinguer entre le premier enseignement Somme théologique ou la Somme le contre les Gentils. art. tout en regrettant que celui-ci ait... 7 « — 219 . p. le mérite.. D. 1923. Dicendum est ergo quod homo indiget auxilio gratiae non solum ad merendum. II le XIII® siècle a ignoré. T. 161 -184. Le liber « De bona fortuna » dans la théologie de saint Thomas d'Aquin. sciences phil. 2120. dit-il. dans Revue des — : — H. Sed quia hoc nimis parum videbatur.. 109. cité en partie cidessus. et thêoL. 480-484) est plus nuancé. par des subtilités d'école. R.. Conversion et grâce. Ad hoc quod homo se praeparet ad habitum consequendum. p. caritatem autem. exempla. non indiget alio habitu. note 3.. Comparer avec le texte du De veritate. 92-123 «Découverte du semi-pélagianisme ». Indiget autem divino auxilio non solum quantum ad exteriora moventia. 6. 220-252.. dum consentit fidei per liberum arbitrium. nec indigebat auxilio divino nisi quantum ad hoc quod sciret quid facere deberet. aliter tamen et aliter. Thomas. De bona fortuna. In hac quaestione cavendus est error Pelagii... q.. t. Die entfernte Vorbereitung auf die Rechtfertigung nach dein hlg. Justification. des questions très subtiles et encore difficiles à résoudre. H. qua praecepta legis implentur. met davantage en relief la difïérentiation des causes secondes. Et quod hoc necessarium sit. 4° éd. p. p. Seeberg (Lehrbuch der D. p. 195. ut solam scientiam haberemus a Deo. saint Thomas découvre non dans l'erreur semi-pélagienne et la question de Vinitium fidei. Stufler. L'école franciscaine. 123-125. 27-72. Praeparatio autem ad initium boni operis pertinet. II serait probablement trop rapide d'idengianisme d'Alexandre de Halès et de saint Bonaventure à l'augustinisme de Thomas d'Aquin. art. Conversion et grâce. VIII. p. /* //«^ q. J. 1926. C. 1. t.

D. : ad 2 « cum homo ad gratiam se praeparare non possit nisi movente ad bonum. audiendo.. Bouillard ont elles-mêmes pro- question (Augustinisme. t. 1946. : tion statique. . art. Il l'avoue luimême lorsqu'il affirme qu'il importe peu que la « conversion » s'opère en un instant ou qu'elle s'échelonne sur une longue durée (3). la tension intérieure qui étaient de la pensée augustinienne. reste une construclorsqu'ils font les Même obsédés par ! . contingit autem quandoque quod Deus movet hominem ad aliquod bonum.. quia subito cum esset in progressu peccati. tiam homo perfecte est accipit. 106-111). Tho- H. p. {Zeitschrijt fiir kathol. GiLSON. Il la caractéristique y manque le mouvement. 112. 1923. 176. allons retrouver les mêmes qualités et les justifié. critiques sur lesquelles il s'est expliqué (Recherches de science religieuse. La question est plus complexe. col. p. et l'édifice spirituel qu'il nous propose. E. mêmes défauts à prosaint la vie surnaturelle de l'homme et De cet homme. il l'a quelque peu paralysé. Saint Thomas n'est pas contemporain de Suarez Nous nous contenterons ici de souligner que le Docteur angélique. non refert utrum subito vel paulatim aliquis ad perfectam praeparationem perveniat. — Le P. et talis praeparatio praecedit gratiam sed quandoque statim perfecte movet eum ad bonum. p. C. . et ita contigit motum est cor ejus a gratiam consecutus » 4.. Portalié a jadis étudié cette 2534-2535). — voqué des 2. mais il s'est trop pressé d'identifier Vauxilium Dei moventis avec la grâce actuelle des théologiens postérieurs. C'est là une lacune regrettable chez un si grand génie mais il faut la constater saint Thomas n'a pas eu la phénoménologie de sa métaphysique (4). et Deo eum praeveniente .LA SYNTHESE THOMISTE tifier raison Vauxilium Dei moventis avec notre grâce actuelle (1) à plus forte commet-on un anachronisme lorsqu'on reproche à saint Thomas de ne pas avoir admis la gratia actualis entitative super naturalis (2). T. Sur quoi on pourrait répondre i" que les Pères de l'EgHse eux-mêmes ont souvent dit des choses inexactes au temps où l'Église ne s'était pas encore prononcée . et subito gra11"^.. a été trop peu attentif aux problèmes que pose la psychologie de la justification.. trouve que la position à encore en parfait accord avec le concile de Trente. J. L'année théologique. : — 220 — . Paulo. Theol. 2. 329. I. dont la théologie morale révèle cependant une grande finesse psychologique. de l'histoire. En approfondissant l'Augustinisme. I"' la théologie moderne identifie elle-même un peu vite certaines positions communes avec l'orthodoxie catholique. Deo. Conversion grâce. addiscendo et veniendo et ideo subito (ne pas oublier que gratia signifie la grâce habituelle). q. Les analyses fouillées du P. BouiLLARD. non tamen perfectum. p. Nous pos de 1. dans sa grandeur même. les théologiens sont trop souvent problèmes de la scolastique post-tridentine. 1944. 183) Stufler laquelle s'est arrêté saint Thomas n'est pas : 2° que 3.

NATURE ET SURNATUREL
mas nous
dit qu'il agit

conformément à

sa nouvelle nature, entraîné

qu'il est à faire le bien surnaturel par l'Esprit qui habite

en

lui et la

grâce qui est répandue dans son
velle.

cœur

(I).

Le

justifié est

sous

la loi

Avant

charité (2).

une Cependant,
d'être

loi

extérieure, celle-ci est
justifié,

une

loi

d'amour

et

noude

même

l'homme a

besoin, outre la grâce

de son ordinacomplètement guéri de la blessure du péché originel (3). Saint Thomas a beau être aristotélicien, il est ici l'écho fidèle d'Augustin. Il le répète encore lorsqu'il montre que, sans un nouveau secours, le juste ne pourra persévérer jusqu'à la fin (4). La persévérance est une grâce qu'on ne saurait mériter (5). Toutes ces assertions fondent une théologie de la prière de demande où l'humilité joue un rôle fondamental (6). Augustin avait montré fortement que, même justifié, même aidé de la grâce divine, l'homme ne peut espérer éviter tout péché véniel. L'Eglise avait ratifié cette doctrine au concile de Carthage (7). Saint Thomas ne peut donc que la reprendre. Mais il en montre le bien-fondé. L'homme, nous dit-il, ne peut être tellement maître de lui-même qu'il réprime tous les mouvements de la partie inférieure de l'âme (8). L'imtion à la fin dernière

habituelle, d'un secours perpétuel de Dieu, tant à cause

que parce

qu'il n'est pas

i, ad 2 « liber est qui sui causa est ille ergo libère aliquid Habitus inclinât in modum naturae. Quia igitur gratia Spiritus sancti est sicut interior habitus nobis infusus, inclinans nos ad recte operandum, facit nos libère operari ea quae conveniunt gratiae, et vitare ea quae gratiae répugnant. » « id quod est potissimum in lege Novi Testamenti et in quo 2. I^ 11^^, q. io6, art. i tota virtus ejus consistit, est gratia Spiritus sancti quae datur per fidem Christi... »
1.
:

/" 7/*^, q. io8, art.

;

agit qui ex seipso agit...

:

3.

1"'

11°^, q. 109, art. 9.

Ici encore les rapports entre la grâce actuelle et la grâce

habituelle sont
actuelle

mal définis. Les théologiens postérieurs demanderont les uns une grâce proprement dite ad singulos actiis hominis justificati, les autres se contenteront
q. 109, art. 10
:

de

la

grâce habituelle et d'un secours providentiel.
1*^ II"'^,
:

4.
5.

mêmes
«

Voir infra, p. 303. incertitudes sur la nature de cet aiixilium divinum.

7" 11°^, q. 114, art. 9
»

Deus
:

gratis perseverantiam largitur

cuicumque

illud lar-

gitur.

6. /* 7/^^, q. 109, art. 10 « postquam aliquis est justificatus per gratiam, necesse habet a Deo petere praedictum perseverantiae donum, ut scilicet custodiatur a malo usque ad finem vitae multis enim datur gratia, quibus non datur perseverare in gra77^* 77'*^, q. 83, art. 15 tia. » « humilitas est necessaria ex parte petentis, qui suam indigentiam recognoscit. »

:

:

7.

Cf. supra, p. 128.
:

7" 77"'^, q. 109, art. 8 « in statu naturae cormptae indiget homo gratia habituai! sanante naturam ad hoc quod omnino a peccato abstineat ; quae quidem sanatio primo
8.

221

LA SYNTHESE THOMISTE
peccabilité est

un

privilège essentielldnent divin
le

nature une volonté fixée dans

nature une volonté déficiente des

(1).

Dieu seul a par ; bien et toute volonté créée est par Autre est la liberté des élus, autre celle
est la

hommes

viateurs (2).
;

Le degré d'union à Dieu
la

mesure de
en faveur

l'impeccabilité participée
saurait être

confirmation dans
(3)
;

le

bien dès ici-bas ne

qu'une exception

cette exception a été faite

fit in praesenti vita secundum mentem, appetitu carnali nondum totaliter reparato, unde Apostolus ad Rom., in persona hominis reparati (noter l'exégèse aiigustinienne) dicit ego ipse mente servio legi Dei, carne auteni legi peccati {Rom., 7, 25), in quo quidem statu potest homo abstinere ab omni peccato mortali, ... non autem potest homo abstinere ab omni peccato veniali propter corruptionem inferioris appetitus sensualicujus motus singulos quidem ratio reprimere potest... non autem omnes, quia tatis dum uni resistere nititur, fortassis alius insurgit et etiam quia ratio non semper potest esse pervigil ad hujusmodi motus vitandos. » Cette raison, reprise sommairement à
:

;

suivant où il traite ex professa la question (/* 11°^, q. 109, art. 9, est donnée par saint Thomas à propos de l'impossibilité où se trouve le pécheur d'éviter longtemps le péché mortel. Elle sera retenue par les théologiens, mais on peut et on doit se demander si elle s'applique hors le cas du péché véniel semi-délibéré ou du péché qui, maierialiler mortale, ne l'est pas formellement. Voir ci-dessous, p. 302. De veritate, q. 24, art. 7 « Inter naturas rationales solus Deus habet liberum arbi1 trium naturaliter impeccabile et confirmatum in bono creaturae vero hoc inesse impossibile est propter hoc quod est ex nihilo. » Cf. /" P., q. 63, art. i. Ces textes et quelques autres semblables suffisent à établir que saint Thomas n'aurait jamais concédé qu'on pût concevoir une créature raisonnable naturellement impeccable. Si la théologie postérieure en est venue là pour tirer au clair la question des rapports entre nature et Surnaturel, elle s'est au moins sur ce point écartée de l'esprit de saint Thomas. Voir l'étude du P. DE LuBAC, Esprit et liberté, dans Surnaturel, 1946. p. 231-260. 2. I"' P., q. 62, art. 8, ad 3 « quod liberum arbitrium diversa eligere possit, servato ordine finis, hoc pertinet ad perfectionem libertatis ejus, sed qu od eligat aliquid divertendo ab ordine finis, quod est peccare, hoc pertinet ad def ectum libertatis. Unde major libertas arbitrii est in angelis qui peccare non possunt, quam in nobis qui peccate possumus. » 3. I"' 11"^, q. 106, art. 2, ad 2 « gratia Novi Testamenti etsi adjuvet hominem ad non peccandum, non tamen ita confirmât in bono ut homo peccare non possit hoc enim
l'article
.
:

;

:

:

pertinet ad statum gloriae.
diatur, nisi in

»

— De

:

veritate, q. 24. art. 9

:

«

In statu viae non contingit

înferiores vires ita rationi esse subditas ut actus rationis nullatenus propter eas impe-

Domino Jesu Christo, qui simul viator et comprehensor fuit. Sed tamen per gratiam viae ita potest homo bono astringi quod nonnisi valde de difficili peccare possit, per hoc quod ex virtutibus infusis inferiores vires refrenantur et voluntas in

Deum

fortius inclinatur et ratio perficitur in

contempla tione veritatis divinae, cujus

retrahit a peccato. » A cela s'ajoute encore une providence spéciale extérieure et intérieure. A l'article précédent {De ver., q. 24, art. 9) saint Thomas donne une analyse philosophico-théologique rejetant la

continuatio ex fervore amoris proveniens

hominem

thèse origéniste sur la mobilité indéfinie du libre arbitre.

222

NATURE ET SURNATUREL
des apôtres (l),mais sans leur enlever
la possibilité

du péché

véniel

;

la
le

Mère de Dieu, elle, a eu

ce privilège inouï d'éviter tout péchés

même

plus léger (2). Quant au Christ, il était Dieu, et, dès le premier instant de son existence terrestre, il a joui de la liberté qui est celle des élus (3).

Cette hiérarchie des vouloirs reprend, on
tinien de la grâce libératrice.
Il

l'a

deviné,

le

faut bien avouer pourtant

thème augusque le disciple

Il ne montre pas assez comde l'homme pécheur, la grâce vient au secours de la liberté, travaillant à libérer celle-ci de plus en plus et lui donnant de faire aujourd'hui ce dont elle était incapable hier. Aux analyses augustiniennes, il préfère ici une étude à base d'aristotélisme, les rapports entre l'intelligence et la volonté, la grâce et la nature étant examinés beaucoup moins du point de vue phénoménologique que des hauteurs de la métaphysique. De là un effort pour rationaliser ce qui de soi est essentiellement irrationnel et une apparence de déterminisme qui ne sera pas sans laisser aux successeurs un lourd héritage (4). Mais il ne faut rien exagérer. Pas plus qu'Augustin, saint Thomas n'est disposé à admettre une grâce irrésistible (5). La grâce ne fait pas

se contente d'une représentation statique.

ment, dans

la vie

1.

De

verit., q.

24, art. 9,

ad

2.

2. 111°' P., q. 27, art. 4.

ad 3 « Voluntas Christi, licet determinata ad bonum, non ad hoc val illud bonum et ideo pertinet ad Christum eligere per liberum arbitrium confirmatum in bono, sicut ad beatos. » C'est sur cette question de la liberté du Christ que commenceront les controverses du xvi« siècle {injra, p. 294). 4. Les analyses très fouillées que fait saint Thomas de l'acte libre, très spécialement à propos de a foi, sont finalement décevantes. Il décompose admirablement l'acte libre en ses éléments, mais ne souligne pas assez que la synthèse nous échappe. Les commentateurs les plus pénétrants n'arrivent qu'à nous faire sentir davantage cette impuissance. Voir A.-D. Sertillanges, La philosophie de saint Thomas d'Aquin, t. n, 3^ éd., 1922, p. 206-289. J- Laporte, Le libre arbitre et V attention selon saint Thomas, dans Revue de métaphysique et de morale, 1931, p. 61-73 i932> P- 199-223 1934, p. 25-57. J- Maréchal, Le point de départ de la métaphysique, 5^ cahier, 1926, p. 274-305 (sur la causahté réciproque du vrai et du bien, de l'intelligence et de la volonté). Le P. Rousselot n'échappe à ces reproches qu'en rejoignant, à travers certaines analyses modernes, les intuitions d'Augustin. Mais son thomisme est alors tout neuf. P. Rousselot, Amour spirituel et synthèse aperceptive, dans Revue de philosophie, 1910, p. 225-240 L'Etre et l'esprit, ibid., p. 561-574 Les yeux de la foi, dan
3. III"^ P., q. 18, art. 4,
:

tamen

est determinata

l

j

;

;

;

Recherches de science religieuse, 1910, p. 241-259, 444-475. 5. /" 77"*, q. 21, art. 4, ad 2 : « homo sic movetur a Deo ut instrumentum, quod tamen non excludit quin moveat seipsum pei liberum arbitrium, ut ex supra dictis patet (/" W^, q. 10, art. 4), et ideo per suum actum meretur, vel demeretur apud Deum.

223

LA SYNTHESE THOMISTE
violence à la liberté, elle la suppose. Dieu ne saurait justifier

l'homme
il

sans que celui-ci coopère à sa justification
faut admettre

(1).

En bonne

philosophie,

premier moteur meut chacune des causes secondes selon sa nature particulière. Dieu est source de tout être et de toute détermination, il atteint l'acte libre dans son existence même, mais la volonté ne pourrait être déterminée ad unum sans cesser d'être ellemême (2) la persévérance dans le bien n'échappe pas à ces règles (3). La priorité de la grâce est une priorité de nature, non de temps. La plupart des questions qu'on se pose ici s'évanouissent lorsqu'on met en évidence ce principe formulé par Augustin, repris par saint Anselme, qu'il n'y a en Dieu ni passé, ni futur, mais un éternel présent. Dieu n'est pas dans le temps, on ne peut pas même dire qu'il adapte des moyens à des fins. Mais, transcendant, dominant la durée, il veut un ordre de choses dans lequel il y a objectivement des moyens et des fins. Cette doctrine profonde se ramasse dans un axiome d'une.portée incalculable non

que

le

;

:

propter hoc vult hoc Deus, sed vult hoc esse propter hoc (4). Cette méta-

physique magnifique domine toute la question de la prédestination. Grâce et gloire sont des effets temporels d'un acte éternel de Dieu qui
« in eo qui habet usum liberi arbitrii non fit motio a Deo 1. I"- 11^^, q. 113, art. 3 ad justitiam absque motu liberi arbitrii. » « quia voluntas est activum principium non determinatum 2. !<' Il"-^, q. 10, art. 4 ad unum, sed indifferenter se habens ad multa, sic Deus ipsam movet, quod non ex necessitate ad unum déterminât sed remanet motus ejus contingens, et non necessarius, nisi in his ad quae naturaliter movetur » (noter ce sens de naturaliter. Cf. !" P.,
: :

q. 19, art. 8.
« cum homo naturaliter habeat liberum arbitrium flexibile 3. Z" 11"^, q. 114, art. 9 ad bonum et ad malum, dupliciter potest aliquis perseverantiam in bono obtinere a Deo uno quidem modo per hoc quod liberum arbitrium determinetur ad bonum per gratiam consummatam, quod erit in gloria, alio modo ex parte motionis divinae, quae hominem inclinât ad bonum usque ad finem. » Noter le choix du vocabulaire. Les élus, déterminés ad bonum ne sont pas d'ailleurs déterminés ad unum [supra, p. 223, note 3]. 4. /« P., q. 19, art. S « si aliquis uno actu velit finem et alio acta ea quaesunt ad finem velle finem erit ei causa volendi ea quae sunt ad finem sed si uno actu velit finem et ea quae sunt ad finem, hoc esse non poterit quia idem non est causa sui ipsius. Et tamen verum erit dicere quod velit ordinare ea quae sunt ad finem, in finem. Deus autem, sicut uno actu omnia in essentia sua intelligit, ita uno actu vult omnia in sua bonitate. Unde, sicut in Deo intelhgere causam non est causa intelligendi effectus, sed ipse intelligit effectus in causa, ita velle finem non est ei causa volendi ea quae sunt ad finem sed tamen vult ea quae sunt ad finem, ordinari in finem. Vult ergo hoc esse propter hoc, sed non propter hoc vult hoc. »
: ; : :
:

;

224

NATURE ET SURNATUREL
proprement parler la prédestination (1) et qui pose dans l'être et dans la vie surnaturelle non point des individus isolés, mais l'immense multitude des rachetés groupés autour de leur chef, Jésus-Christ (2). Saint Thomas ne traite pas pour lui-même le problème des rapports entre grâce et liberté mais seulement le problème plus général des rapports entre la cause première et la cause seconde. Il y a, dit-il, des causes nécessaires et des causes contingentes, mais nécessité et contingence s'entendent ex parte creaturae, jamais ex parte Creatoris. La Cause
est à
;

première n'est ni nécessaire ni contingente, elle est transcendante (3). De ce point de vue métaphysique, la position thomiste est inexpugnable,
et
il

est regrettable

qu'on

ait

attendu

le

profondeur

et la sérénité.

Malgré leurs

XX® siècle pour en comprendre la dires, Banéziens et Molinistes

1. /o p., q. 23, art. 5. Cet article fondamental doit être étudié dans l'extrême détail, à la lumière des principes posés ailleurs, et que nous rappelons. Nous y reviendrons au second tome de cet ouvrage. 2.

///<' P., q. 24, art.

4

:

<<

si

consideretur praedestinatio

secundum ipsum

praedesti-

causa nostrae praedestinationis, cum uno et eodem actu Deus praedestinaverit et nos ; si autem consideretur praedestinatio secundum terminum praedestinationis, sic praedestinatio Christi est causa nostrae praedestinationis, sic enim Deus praeordinavit nostram salutem ab aeterno praedestinando, ut per Jesum Christum compleretur ; sub praedestinatione enim aeterna non solum cadit quod est fiendum in tempore, sed etiam modus et ordo secundum quem est complendum in tempore. » Toute la théologie thomiste de la prédestination repose sur cette distinction entre la prédestination, acte éternel de Dieu qui prédestine, et l'effet de la prédestination, succession temporelle d'événements qui ont entre eux divers rapports de causalité. « Voluntas divina 3. In Perihermeneias, lib. I, lect. 14 {Opéra, Vives, t. 22, p. 50) est intelligenda ut extra ordinem entium existens, velut causa profundens totum ens et ejus differentias. Sunt autem differentiae entis possibile et necessarium, et ideo ex ipsa voluntate divina originantur nécessitas et contingentia in rébus, et distinctio utriusque secundum rationem proximarum causarum. Ad effectus quod voluit necessarios esse, disposuit causas necessarias, ad effectus autem quos voluit contingentes ordinavit causas contingenter agentes, id est potentes deficere. Et secundum harum conditionem causarum effectus dicuntur vel necessarii vel contingentes, quamvis omnes dependeant a voluntate divina, sicut a prima causa quae transcendit ordinem necessitatis et contingentiae. » Ces fortes pages, qu'il faut lire dans leur contexte, sont résumées dans la Somme, /* P., q. 19, art. 5. Un rapprochement suggestif pourrait être fait avec la philosophie de Hegel. Celui-ci, accusé de nier la liberté et d'introduire le déterminisme dans l'histoire, à cause du fameux principe « tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel invite ses contradicteurs à étudier de près dans sa Logique la catégorie de réalité (wircklichkeii) (Werke, éd. Glockner, t. VII, p. 33, cf. t. VIII, p. 321-325). Hegel mesure d'ailleurs étroitement le champ de notre liberté.
nationis actum, praedestinatio Christi

non ipsum

est

:

ri,

225

~
15

LA SYNTHESE THOMISTE
agiteront souvent de faux problèmes (1). Cependant, au fond de leurs
discussions, et souvent à leur insu, des questions plus subtiles seront

engagées auxquelles,
songéo Mais ne

il

faut bien l'avouer, saint
si

Thomas

n'a jamais

demandons pas à un
saint

grand

homme

d'avoir tout prévu.
il

Pour juger de ce que

Thomas

a écrit sur la réprobation,

faut,

plus encore que pour Augustin, avoir présents à l'esprit les principes

métaphysiques que nous rappelions à l'instant. Autrement, on sera choqué de le voir écrire que les damnés sont nécessaires à l'univers comme les ombres au tableau (2). Ou encore on l'accusera de contradiction lorsqu'après avoir affirmé que le nombre des élus est immuablement fixé (3), il écrit que les prières des justes peuvent aider la prédestination (4). Les confusions viennent ici du lecteur qui ne sait pas distinguer entre la prédestination ex parte Dei et ses multiples effets temporels, entre la volonté de Dieu et son terme créé (5).
pages du P. Serttllanges, La philosophie de saint Thomas d'Aquin, dans la Nouvelle revue théologique, 1947, p. 449-474. Sur la question de vocabulaire, voir M. J. CONGAR, Praedeterminare et Praedeterminatio chez saint Thomas, dans Revue des sciences phil.et
1.

Voir

les fortes

t. I,

p. 2^7-258, et notre étude -.Prédestination, grâce et liberté,

théoL, 1934, p. 363-371« necesse est quod divina Bonitas, quae in se est una et 2. Z" P., q. 23, art. 5, ad 3 simplex, multiformiter repraesentetur in rébus... Et inde est quod ad completionem uni:

rerum quarum quaedam altum, et quaedam infimum Et ut raultiformitas graduum conservetur in rébus, Deus permittit aliqua mala fieri, ne multa bona impediantur... Sic igitur consideremus g'-nus humanum sicut totam reruin universitatem. Voluit igitur Deus in hominibus quantum ad aliquos quos praedestinat suara repraesentare bonitatem, per modum misericordiae parcendo, et quantum ad aliquos quos reprobat, per modum justitiae puniendo. Et haec est ratio quare Deus quosdam eligit, et quosdam reprobat. » Les raisons qui suivent, n on les interprète de façon anthropomorphique, sont très acceptables lorsqu'il s'agit de l'inégalité de la prédestination, mais si on les entend aussi de la réprobation, elles deviennent une pierre de scandale. Et le commun des théologiens ne saura pas toujours s'élever sur ces hauteurs métaphysiques où se complaît saint Thomas. Saint Thomas lui-même, pour s'y maintenir, aurait dû, dans cette réponse, remplacer le mot voluit
versi requiruntur diversi gradus

locum teneant

in universo.

par

praedestinavit ni reprobavit. Plus loin, il n'a pas écrit /« P., q. 23, art. 7 « certus est Deo numerus praedestinatorum, non solum per modum cognitionis, sed etiam per modum cujusdam principalis praefinitionis. » De veritate, q. 6, art. 6. 4. /« P., q. 23, art. 8 « dicendum quod in praedestinatione duo sunt consideranda, 5. /« P., q. 23, art. 8
vult.
:

3.

:

;

:

scilicet ipsa

praeordinatio divina et effectus ejus.
»,

Quantum ad primum,

praedestinatio juvatur precibus sanctorum
l'article

etc.

nullo

modo

Cf.

///* P., q.

24, art. 3 et

fondamental déjà mentionné

:

/<*

P., q. 23, art. 5.

226

NATURE ET SURNATUREL
C'est en vertu d'une distinction analogue que le Docteur angélique peut
les hommes ne soient pas sauvés, la volonté Rappelant pour mémoire les explications embarrassées de saint Augustin, il s'empare d'une distinction de Jean Damascène entre la volonté antécédente et la volonté conséquente de Dieu ( ), mais lui donne un sens très profond. Tout se ramène finalement à constater que Dieu n'est pas dans le temps et que nous ne connaissons sa volonté que dans ses efïets temporels (2). Autant qu'il est en lui. Dieu offre sa grâce à tous les hommes, il est le soleil qui illumine tout homme venant en ce monde n'échapperont à sa lumière bienfaisante que ceux qui volontairement fermeront les yeux (3). Les enfants morts sans baptême, s'ils sont quant aux privés de la vie divine, ne souffrent pas de la damnation (4) adultes, nul ne sera jeté en enfer qui ne l'ait délibérément voulu. Le pécheur qui retombe dans son péché ne peut s'en prendre qu'à lui-même (5).

maintenir que, bien que tous

salvifique est universelle.

1

;

;

ad i « illud verbum Apostoli (7 Tim., 2, 4) potest tripliciter accomodata distributio secundum hune sensum Deus vult salvos fieri omnes homines qui salvantur, non quia nullus homo sit, quem salvum fieri non velit, sed quia nui'us salvus fit, quem non velit salvum fieri, ut dicit Augustinus (Enchir., n° 103 P. L., 40, 280). Secundo potest intelligi ut fiât distributio pro generibus singulorum et non pro singulis generum secundum hune sensum Deus vult de quolibet statu hominum salvos fieri, mares et feminas, Judaeos et Gentiles, parvos et magnos, non tamen omnes de singulis statibus (ef. p. 146). Tertio secundum Damasee1.

/* P., q. 19, art.

6,

:

intelligi.

Uno modo ut

sit

:

;

:

num

(cf.

De

fide orthodoxa,

II, 9,

P. G., 94, 970) intelligitur de voluntaie antécédente,

non de voluntate conséquente. Quae quidem distinetio non accipitur ex parte ipsius voluntatis divinae, in qua nihil est prius vel posterius, sed ex parte volitorum. » L'explication qui suit introduit en Dieu les signes de raison qui seront familiers à la théologie postérieure. Chez saint Jean Damascène, la distinction rappelle la théorie des Pères grecs sur la Prédestination (cf. M. JUGIE, Jean Damascène, D. T. C, t. VIII, col. 730). De veriiate, q. 23, art. 2. ad 4. 2. 1"- P., q. 19, art. 6 3. Contra Gentiles, lib. III, e. 159 {alias 160) « Deus enim quantum in se est, paratus est omnibus gratiam dare omnes enim homines vult salvos fieri et ad cognitionem veritatis venire (I Tim., 2, 4). Sed illi soli gratia privantur qui in seipsis gratiae impedimentum praestant sieut, sole illuminante, in culpam imputatur ei qui oculos elaudit si ex hoc aliquod malum sequatur, licet videre non possit nisi lumine solis praeveniatur. »
; :
:

;

De malo, q. 5, VIII, p. 451). fond de la question, mais divergent sur l'explication. Cf. J. Bellamy, Enfants morts sans baptême, D. T. G., t. II, col. 369-370 ; A. Gaudel, Péché originel, D. T. G., t. XII, col. 486-487. « homo potest vitare singulos actus peceati, non tamen 5. /* //*«, q. 109, art. 8, ad i omnes, nisi per gratiam, et tamen quia ex ejus defectu est quod homo se ad gratiam habendam non prseparet, propter hoc a peccato non excusatur quod sine gratia pec4.

// Sent.,

dist. 23, q. 2, art. 2 {Opéra, Vives, t.
le

art. 2.

Les deux textes sont d'accord sur

:

catum

vitare

non

potest.

»

227

LA SYNTHESE THOMISTE
Cependant,
la

grâce est gratuite. Est-elle donnée à tous les

hommes
ici

?

Leur

aux affirmations du De correptione et gratia, auquel il renvoie expressément la grâce sera donnée au pécheur, s'il est fils de la promesse, et c'est pourquoi la correction ne sera pas inutile (1) il est beaucoup plus préoccupé de montrer que Dieu n'est pas l'auteur du péché que d'affirmer que nous sommes baignés dans un monde de grâce. D'où un certain nombre de formules qui, si l'on oublie la manière dont le Docteur angélique conçoit les rapports entre le temps et l'éternité, risquent de nous scandaliser. Les auteurs qui, au XVII^ siècle, accepteront de dire que la grâce est refusée à certaines catégories de pécheurs, se réclameront des pages où saint Thomas traite de l'endurcissement du pécheur et où il montre Dieu manifestant ici sa miséricorde et là sa justice (2). Il écrit par exemple :
?

est-elle

même

vraiment offerte

Saint

Thomas en

reste

:

;

peccatis suis

Quamvis quosdam peccatores Deus ad se non convertat, sed in secundum eorum mérita eos derelinquat, non tamen
(3).

eos ad peccatum inducit

j
mais les âmes simples ne comprendront pas que Dieu abandonne jamais un pécheur à son péché, tant que dure la vie d'ici-bas. Dans cette question de la volonté salvifique, malgré la hauteur de ses principes métaphysiques, saint Thomas reste plus d'une fois, comme saint Augustin, et quoi qu'il en ait, prisonnier de l'anthropomorphisme. Force lui est bien de parler ici ou là de Dieu comme si Dieu était dans le temps, comme s'il avait des desseins, des projets à réaliser.
satisfait peut-être le théologien,
« correptio utilis est ut ex dolore correptionis voluntas T I"- Ilo^, q. 109, art. 8, ad 2 regenerationis oriatur ; si tamen qui corripitur filius est promissionis, ut strepitu cor.
:

La formule

*

reptionis forinsecus insonante, aut flagellante,

Deus

in illo intrinsecus occulta inspira-

tione operetur et velle, ut Augustinus dicit {De corrept.et gratia, 9, P. L., 44, 921) ; ideo ergo necessaria est correptio quia voluntas hominis requiritur ad hoc quod a

peccato abstineat, sed tamen correptio non est sufficiens sine Dei auxilio. » « ex divina misericordia excaecatio ad tempus ordinatur 2. /« II"^, q. 79, art. 4 medicinaliter ad salutem eorum qui excaecantur ; sed haec misericordia non omnibus impenditur excaecatis sed praedestinatis solum quibus omnia cooperantur in bonum, sicut dicitur Rom., 8, 28 ; unde quantum ad quosdam excaecatio ordinatur ad sanatio:

nem, quantum autem ad
3.

alios,

ad damnationem.
161 {alias 162).

»

Contra Gentiles,

lib. III, c.

— 228 —

. per quod salvari poterant. scilicet fides Mediatoris. 2. 11 s'agit de savoir si quelqu'un peut mourir avec des péchés véniels et le seul péché originel. sa théologie parle du salut des infi- net. In Epist. il y a eu des hommes qui appartenaient à la loi de grâce (3). art. io6. art. . art. art.. » — Cf. 3. 98. pertinentes. sicut etiam nos justificamur . /« II^^. 70. 15. ad 4 homines. inchoata exp. comme Augustin. ou lorsqu'il marque un progrès très sans injustice se faire attendre dèles. quin daret eis salutis : : auxilia. q. art. De tous temps. ad 2 : « diversitas locorum licet humani generis. 290 . ad 3 per fidem Christi explicitam vel implicitam . ad Rom. 106. il invoque l'exemple de Job et de la Sibylle (6). Mais il y a davantage à propos d'un problème d'école. l'homme ayant péché. lorsqu'il Cet anthropomorphisme inévitable. 7. 2. 3. ante incamationem. et sic Deus non deficiebat hominibus. ad 3 « multis Gentilium facta fuit revelatio de Christo ut. i. art. 6 (sur l'efficacité des sacrements de P. 25) dicitur scio quod Redemptor meus vivit. Testamentum « nullus umquam habuit gratiam Spiritus sancti nisi 4. » 6. 2. » Cet article et le suivant s'inspirent de la théologie de l'histoire que saint Paul expose dans l'épître aux Romains. ut Augustinus dicit. q. Sihylla etiam praenuntiavit de Christo. P. 62. 7/« II<^. n° 3. » i« II<^. per fidem autem Christi pertinet homo ad Novum Testamentum unde quibuscumque fuit lex gratiae indita. q. Saint Thomas répond par la négative. art. L. ad 2 tia est sacramentum perfectum dominicae Passionis.NATURE ET SURNATUREL lui. saint Thomas y recourt. » {Contra Faustum XIII. 2089. La chose est relativement facile lorsqu'il s'agit des JuifsSaint Thomas n'est pas plus embarrassé pour montrer comment les païens ont pu avoir la foi dans le Christ et. il avance une théorie dont le retentissement sera considérable. 35. L. q. art. qui variatur per temporis successionem nitur lex nova.). 7. q. 5. hoc ad 5. » : non variât diversum statum et ideo omnibus locis propoomni tempore fuerint aliqui ad Novum . q. Exploitant certains thèmes augustiniens que nous avons signalés en leur temps. « quamvis lex vêtus non sufficeret ad salvandum 2. ///« P.. art. 106. 42. non omnibus temporibus. la Rédemption pouvait (I). Nam Job (19.. tamen aderat aliud auxilium a Deo hominibus simul cum lege. q. P. ad i meruit privari auxilio gratiae et ideo quibuscumque non datur. patet per ea quae praedixerunt. Ici. 77/« P. hoc est ex gratia. : « humanum genus propter peccatum primi parentis 1. 3. per quam justificati sunt antiqui Patres. 73. : — ///« « Eucharis- ipsum Chris- tum passum. secundum Novum Testamentum pertinebant.. institui : : et ideo non potuit 229 . L'essentiel est qu'on n'oublie pas que nul n'a pu se sauver sans le Christ (4) tout au plus doit-on faire une différence lorsqu'il s'agit de l'efficacité des sacrements (5). 4 (sur l'effet de la circoncision). tanquam continens — la loi ancienne). hoc est ex justitia. quibuscumque autem datur. /« //««. //'* //<^. malgré montre que. il enseigne que les hommes ont pu se sauver avant le Christ (2). /« //««. q. . q.. etc.

Autre est d'ailleurs la question de savoir si la grâce est offerte aux infidèles. d'AlÈS. il devra délibérer sur sa destinée. 1927. De veriiate. bien au contraire. p. Vie morale et connaissance de Dieu. ignorant que des millions d'hommes missionnaire (3). p. t. ou bien il commettra un péché morce tel. ad i. si committat aliquid quod sit ex génère suo taie cum vero usum rationis habere inceperit. 6 : « impossibile est originali peccato absque mortali. De veriiaie. autre celle de savoir comment ils peuvent faire un acte de foi véritable. La tradition latine 1 . est devenu maintenant dominateur. IV. art. non et ex tune non erit in eo peccatum veniale sine mortali. q. 11. q. Cujus ratio quod peccatum veniale sit in aliquo cum est quia antequam ad annos discretionis perveniat. voir A. par extraordinaire. mais dont il n'avait pas eu à parler dans sa polémique avec les Manichéens. de la foi cath. — 230 — . culpa venialis et mortalis peccati sed primum quod tune homini cogitandum occurrit est deliberare de seipso et si quidem seipsum ordinaverit ad debituni finem. per gratiam consequitur remissionem originalis peccati si vero non ordinet seipsum ad debitum finem. Cf.. q. peccabit mortaliter. 1934. — Pour ad 2 .LA SYNTHÈSE THOMISTE car. secundum quod in illa aetate est capax discretionis. p. 12. J. Diction. Les doublets de saint Tho- — — — mas d'Aquin. q. 2. Ce dernier point de vue. réponse infidèles.. d'après François de Vittoria. ad 8. art. 80. 1926. 3. qu'Augustin n'avait pas méconnu. 1. et de la présence du Saint-Esprit dans les âmes. a8. 24. L. 2® éd. 3. 7. ad 4. Die Stellung der Heiden zur Natur und Ubernatur nach dem hlg. defectus aetatis prohibens usum rationis excusât eum a peccato mortali . Cette : . Sur ce second facilite point. : 2. unde multo magis excusât eum a peccato veniali. 10. les Donatistes ou les Pélagiens. dit-il. art. nisi faciens quod in se est postquam totum fuerit sibi per gratiam remissum. 5. 14.. art. col. et de deux choses l'une. 1. l'étude de la tradition thomiste sur cette question. — De nialo. q. /<» /i«*. 191-199. Th. 581-610. C'est à elle singulièrement la solution du problème du salut des qu'on reviendra au XX^ siècle. 193T. . dans Revue de philosophie. mais repensée en fonction d'une doctrine du surnaturel absolu. lorsque l'enfant arrive à l'âge de raison. n'est autre que la synthèse augustinienne. Thomas v. Tr65. Infidèles. art. non omnino excusatur a . ou bien il se tournera vers Dieu et il sera justifié par la grâce (1) le Docteur angélique l'a énonn'est pas là une affirmation en passant cée plusieurs fois avant de l'insérer dans la Somme théologique (2). DE Blic. q. apolog. ad 8 . 89. Dieu enverra un ange ou un La synthèse thomiste. art. Capéran. DE GuiBERT. Ohm. on le voit. A. » : . Le problème du salut des infidèles. J. saint Thomas raisonne comme un homme du XIII^ siècle. se trouvent dans la catégorie de ce puer nutritus in sylvîs auquel.

n'avait pas réussi à échapper à tout anthropomorphisme dans ses discussions avec Pelage et Julien d'Eclane. q.NATURE ET SURNATUREL rejoint parfaitement la tradition grecque. il a repris à son compte les grands thèmes pauliniens sur la théologie de l'histoire. qui avait sur le temps et l'éternité des idées profondes. Cette synthèse. on restent victimes d'un verbalisme inconscient. dit-il. comme l'homme. 24. : « dari a principio mundi : quarum prima Triplex ratio potest assignari quare Lex nova non debuit est. Pour nous eût fallu nous construire une synthèse où la métaphysique composât avec le déroulement temporel de l'histoire spi- pleinement. sans que le devenir de la vie de la grâce dans les âmes et dans l'Eglise compromît la transcendance de la cause première. 106. quia Lex nova sicut dictum est principaliter — fci 231 — . art. 225. le Docteur angélique ne l'a pas tentée. n'est pas assez étudié dans sa réalité telle que la révèlent il psychologie et l'histoire. nous l'avons vu. concrète satisfaire résistance à la grâce. la : 1. tous les progrès que lui a logie rains. bien plus sur la manière et l'ordonnance de cette réalisation spatiale et temporelle (1) ?Dans la Somme théologique. 3 (cité ci-dessus. p. grandît lentement à travers de l'enfance à l'âge mûr. saint Thomas. . art. rituelle de l'homme et de l'humanité entière. Voici maintenant le thème augustinien. faite ? Les plus grands auteurs. Ne nous a-t-il pas dit que la prédestination éternelle de Dieu tombe sur tout ce qui se fait dans le temps. Le Docteur angé- manité. Dieu. à plus forte Nous venons de voir que moins son langage. la Le péché.. passant Loi étant le pédagogue spirituel dont parle l'Apôtre. lorsou'il surveille à la critique. C'est le thème que nous avons rencontré chez saint Irénée. la grâce médicinale tient du surnaturel une place considérable dans la théoque l'entendent saint Thomas et ses contempoEst-ce à dire que la synthèse ainsi réalisée soit de tous points partel l'a dit. 4 7« //««. reconnaissant sa misère. prête aussi le flanc raison doit-il en être ainsi de ses contemporains. 77/« P. 2). Ce n'est pas qu'il méconnaisse la valeur philosophique et théologique de l'histoire. lui aussi repris de saint Paul la Loi a eu pour but de multiplier les transgressions. 2. fait réaliser Mais elle garde jalousement l'Augustinisme. réservant pour la venue du Sauveur l'abondance du don de la grâce il a voulu que l'hu. criât vers le Rédempteur (2). q. n'a pas donné d'un seul coup aux hommes la vie divine il a ménagé les étapes. Saint Augustin. afin que l'homme. n. puisque. le temps.

l'on peut dire. at ubi venit fides jam non sumus sub paedagogo (Galat. inquantum conveniant in natura quam a primo parente acci77 /«P. ubi postquam prsemiserat de lege Spiritus vitae subjungit Deus Filiunt suum mittens in simili- damnavit peccatumcarne.. 3.. ut in peccatum cadendo. recognosceret se gratia indigere. : 27). 81. 3). C'est lui qu'il cite encore pour rappeler que l'Eglise qui chemine sur terre n'est pas encore cette Eglise sans tache ni rides qui sera révélée à la fin des temps (1). Le quantum ad esse naturae. et hanc rationem assignat Apostolus ad Romanos Lex subintravii ut abundaret delictum . » 2. suam infirmitatem cognoscens. ad 2 1 neque rugam est ultimus finis ad quem perducimur per Passionem Christi (Ephes. 8 art. Secunda ratio potest assignari ex perfectione Legis novae. consummata redemptione per Christum unde nondum erat Spiritus datus. : rari — : .LA SYNTHÈSE THOMISTE lique a beau être disciple d'Aristote.. 5. saint Thomas Il préfère. peccati ab dicitur cf. p. 232. non enim aliquid ad perfectum adducitur statim a principio. ne sait pas autre chose que saint Paul. 8. et ideo primo oportuit quod homo relinqueretur : sibi in statu veteris legis. tient dans est comme un seul homme. sicut aliquis fit prius puer. 24). : — corps mystique du Christ. t. De même qu'il est plus attentif à l'ontologie de la justification si qu'à sa préparation psycholo- gique.. q. » « Esse Ecclesiam gloriosam non habentem maculam III"' P. q. et postmodum vir. 3 « haec est differentia in ter piunt » (à propos du péché originel). Retenons plutôt que la doctrine du corps mystique. neque Cf.. : humano generi tolleretur. E. i « omnes homines qui nascuntur ex Adam possunt consideut unus homo. 2° éd. . Mais ces choses ne sont dites qu'en passant. ubi autem abundavit deîictum.. I" 11^. 8. neque quantum ad esse gratiae. Tertia ratio sumitur tudinem carnis peccati. p. art.. . et. il reste dans il la tradition chrétienne. et hanc rationem assignat Apostolus ad Galatas lex paedagogus noster fuit in Christo. et hanc rationem manifeste assignat Apostolus ad Romanos. 39 : supra. la métaphysique de l'Eglise de la Captivité que de la Seconde aux Corinthiens ou de l'Epître aux Romains. superabundavit et gratia (Rnm. 232 — . 7. sur les rapports entre la grâce et le péché. quia Jésus nundum eral glorificatus {Joan. Mersch. II. 45).. ut justificatio legis intpleretur in nobis (Rom. de peccaio m : ex hoc quod Lex nova est lex gratiae. un docteur dont tout l'effort a été de christianiser Aristote d'écrire la nouvelle Cité de Dieu. sed quodam temporali successionis ordine. corpus hominis naturale et corpus Ecclesiae mysticum quod membra corporis naturalis sunt omnia simul membra autem corporis mystici non sunt omnia simul. . à Mziis ne demandons pas est gratia Spiritus sancti quae abundanter dari non debuit antequam impedimentum . art.. ut ex fide justifiéemur. q. On eût aimé à le voir développer ces idées qu'il a émises en passant sur l'Humanité qui à son histoire. 3. 5. est plus près des Epîtres qu'il s'agisse du péché ou de la grâce (2). 20). bien que d'une façon différente. 1936..

///« P.in uno homine actio capitis aliqualiter pertinet ad omnia membra ejus. per quam ad opéra meritoria incitamur. non iit contra id quod dicitur Tu reddes unicuique juxta opéra sua {Ps. 13). une place aussi considérable que celle qu'elle Un temps viendra où cette doctrine sera méconnue. ad i ideo satisfactio Christi ad omnes fidèles pertinet. 29. sicut etiam. on reviendra à ses affirmations pro- Le celle chef et les membres. 4 : « singulari. q. Saint Thomas leur répond d'avance fondes : et. art. art. ///* P. peut y avoir une communication de grâce et de mérite. sont comme une seule perest sonne mystique.. entre les membres de la Chrétienté. » In Christo non solum fuit gratia sicut in quodam homine omnes uniuntur sicut capiti membra. et sic. Personne n'a : pu être sauvé qu'il n'ait été « caput et memhra sunt quasi una persona mystica. car tous lui sont unis comme les membres à la tête. Deux hommes qui sont unis par la comment ne Et encore : pourraient-ils satisfaire l'un pour l'autre (1) ? Le Christ cet a possédé la grâce. Les Protestants s'indigneront de ce qu'on enlève au Christ des privilèges absolument uniques. Aussi des fidèles. inquantum sunt membra ejus. et 1. art. » : — 333 — . inquantum etiam duo homines sunt unum in caritate. mais en tant que chef de toute l'Eglise. De là vient que le mérite du Christ s'étend aux autres en tant qu'ils sont ses membres. quia non solum sibi sentit. 7. 48. sed omnibus membris. à la tête la manière dont chez l'homme individuel l'action de devient celle des membres (2). q. constituant ainsi une seule personne mystique. ex quihus constituitur mystice una persona et exinde est quod meritum Christi se exten» dit ad alios. q. la tourmente passée. ad 11 « Christus et membra ejus sunt una persona mystica unde opéra capitis sunt aliquomodo membrorum . ut in nobis par sacramenta gratiam causent. Et tamen ita mérita Christi nobis prosunt.. 2. il L'individualisme moderne n'arrivera plus à comprendre comment.NATURE ET SURNATUREL sa pensée théologique avait chez Augustin. 19. » De veritate. cum propter 2. cui : — : . opéra Christi aliquid ncbis a Deo datur. 61. non seulement en tant qu'il était homme particulier. satisfaction du Christ également charité. sicut ad sua membra. C'est dans ces perspectives qu'il faut entendre tout ce qui est dit de l'efficacité des sacrements. unus pro alio satisfacere potest. nous la dit-il. sed sicut in capite totius Ecclesiae.

art. art. sine qua non potest 3.. dist. i. X. L'Aristotélisme. quae ex hoc significat ^anctorum. IV 4 : Sent. q.. n'était pas « la philosophie ». c'est l'Eucharistie (2). q. unifiés. 1. nisi fièrent ï : membra ///« P. q. q. celui qui nous unit parfaitement au Christ. scilicet ipse Christus. qui d'ailleurs se fera souvent sur le terrain scientifique et philosophique. » est societas — 234 — . esse salus.LA SYNTHESE THOMISTE d'abord incorporé au Christ (I). Les synthèses médiévales seront entraînées dans sa décadence relative. Quicumque ergo hoc sacramentum sumit. 80.. Opéra. quels que soient ses immenses mérites. comment pourrait-il en être autrement ? Un travail de critique s'opérera. 73. hujus sacramenti. symbole efficace de notre union au Christ et à l'Eglise. Il faudra attendre longtemps avant que cette synthèse éminemment catholique. art. qui est son corps (3). mais un jour viendra où l'on comprendra mieux tout ce qu'elles recelaient de presque définitif. p. 234. scilicet Corpus Christi mysticum. III<^ P. alia autem significata et non contenta. soit pleinement comprise. où tant d'éléments traditionnels ont été rassemblés. assimilés. — /7/o P. se esse Christo unitum et membris ejus incorporatum. art. t. una quidem quae est significata et contenta. On en verra d'abord les défauts . 10. soit par le baptême soit par l'équivalent du baptême. Vives. 68.. » res hujus sacramenti est unitas corporis mystici. encore moms « la science ». « duplex est res i . ad « i : « numquam homines Christi. cdventum. » potuerunt salvari etiam ante Christi 2. i. Mais le don suprême.

prédestination provoquent la réaction semi-pélagienne tandis que l'Augustinisme triomphe en montrant que tout. et l'on retrouve. mais vient l'Aristotélisme qui permet de renouveler la théologie traditionnelle et de montrer comment. malgré la transcendance de la vie divine. mais combien pénétrée de réflexion théologique. Du concile d'Orange au début du XIII® siècle. on aboutira alors au néo- — 235 ~ . Augustm souligne le rôle de la grâce médicinale qui libère sur la le libre arbitre esclave du péché. » Mais les belles choses sont fragiles. d'une âme et du SaintIrénée : Esprit. L'ordre naturel cherchera à se dégager à l'état pur. Les Pères grecs mettent en relief la divinisation du chrétien et la transformation merveilleuse qu'opère dans une créature la présence du Saint-Esprit. Les thèses augustiniennes et. Nature et surnaturel sont entre eux un peu comme matière et forme. la belle formule de saint « L'homme est composé d'un corps. dans l'œuvre de notre salut. est l'œuvre de la grâce divine. entre nature et surnaturel.CHAPITRE TREIZIÈME DE SCOT A LUTHER AUGUSTINîSME ET NOMINALISME LA théologie de saint Thomas d'Aquin donné révélé. est l'aboutissant lente réflexion sur le Comme d'une nous l'avons dit en commençant ce travail. on se contente de répéter Augustin. la théologie de la grâce était tout entière contenue dans saint Jean et dans saint Paul. depuis le premier mouvement de foi jusqu'à la persévérance finale. ses adversaires rappellent heureusement que la volonté salvifique est universelle. il y a une harmonie profonde. Les éléments qui composent cette synthèse vivante vont chercher à retrouver leur indépendance. Mais encore fallait-il en découvrir et en exploiter les richesses. Contre Pelage et les Pélagiens.

trad. DE Gandillac. Si l'homme est dieu et fils de Dieu. ces aboutissements extrêmes ne sont encore que des tendances. le Idéalistes allemands ne sera lui aussi qu'un Pélagianisme larvé. Persuadé n'hésite pas à dire que la — Les œuvres de maître Eckhart viennent d'être partiellement traduites Sermons par F. pourquoi se dirait-il encore créature ? Si son activité est surnaturelle. Œuvres de maître Eckhart. nous avons conscience d'une certaine injustice à l'égard des auteurs. Le surnaturel. mais qui fait éclater les cadres de la scolastique et prêche à des nonnes. 1. les images vives et du néant de la créature en face de Dieu. Introduction de M. Eckhart dira venais de tuer le pape et que je l'aie fait involontairement. on surnaturel. Pour faire comprendre que le mal est dans la volonté libre. formé à l'école de saint Thomas. M. une doctrine capable de bouleverser bien des têtes. Petit. 1942 (cité Gandillac). qu'il Le chef des mystiques allemands est maître Eckhart (1). En schématisant ainsi le mouvement des idées pour la période qui va de saint Thomas à Luther. : et traités. p. et il exploite audacieusement l'idée que le péché lui-même est une grâce de Dieu {Œuvres. 1942 (cité Petit). et J.DE SCOT A LUTHER Stoïcisme de la Renaissance et. plus rien n'est l'homme. A. Ces deux collections ne font pas absolument double emploi. en voulant diviniser ramènera sur terre. Eckhart est un théologien de grande classe. à la fin du moyen âge.. même il brutales (2). Cependant. « si je 2. au Rationalisme des XVIII® et XIX® siècles. leurs thèses plus nuancées n'apparaîtra dans notre exposé. j'irais quand même dire ma messe ». Certaines outrances de langage font déjà pressentir Luther. : : : — 236 . 174). trad. Petit. Leurs intentions furent souvent excellentes. enfin l'Augustinisme outrancier de certains théolo: Le Panthéisme des giens qui préparent les voies à Luther. aime les formules paradoxales. cherchera à subsister séparément. bonnement divine ? Le Panthéisme immanentiste est Mais par une logique irrésistible. Si tout est surnaturel. la tendance pélagianisante de l'école nominaliste. par delà cet idéal de l'homme purement homme. de son côté. Nous les ramènerons à trois le Panthéisme virtuel des mystiques allemands. pourquoi ne pas la dire tout à l'horizon. dans lequel il n'y aura de place ni pour la grâce élevante ni pour la grâce médicinale. voire Il à de simples fidèles. sans nature qui le supporte. Mais ces simplifications sont commodes pour faire comprendre le développement de la théologie de la grâce et nous y recourrons sans scrupule.

AUGUSTINISME ET NOMINALISME
créature n'est rien, absolument rien (1). Cependant, parmi les créatures, il en est une qui fait exception. C'est l'esprit, la créature raisonnable, créature toute petite, toute faible, mais en

pour que Dieu lui-même puisse
supérieure, est divine (3).

s'y cacher (2).

Dieu

est

mier instant de notre existence ; il et surtout par le renoncement, au point que,

assez grande L'âme, dans sa partie présent dans nos âmes dès le prey grandit lentement par la charité

même temps

si l'homme se renonçait Le thème patristique de la divinisation du chrétien et de la naissance du Verbe dans les âmes est ainsi repris et exploité jusqu'au paradoxe (5). Le justifié n'est pas seulement

complètement,

il

deviendrait Dieu

(4).

fils

de Dieu

(6),

il
il

s'identifie

au

Fils par nature.

Entre

lui et le

Verbe

éternel

du

Père,
lui

n'y a plus à la limite aucune distinction. Dieu en(7).

gendre en

son Fils et l'engendre de toute éternité

L'homme

1. « Tant que, d'une façon ou d'une autre, tu cherches encore ton propre bien, tu ne trouveras jamais Dieu... En réaHté, tu cherches un néant... Toutes les créatures ne sont qu'un pur néant. Je ne dis pas qu'elles sont insignifiantes, ou qu'elles sont n'importe quoi, elles sont un pur néant. Ce qui n'a pas d'être n'est rien » {Sermons, Gandillac,

p-

135-136
2.

;

cf.

174)-

Sermons et traités, Gandillac, p. 136. 3. « Il est dans l'âme une partie qui tient tellem.ent de la nature de Dieu qu'elle est une avec Dieu et ne lui est pas simplement unie. Elle est une, n'a rien de commun avec quoi que ce soit, et n'est rien pour le rien. Tout ce qui est créé, voilà le rien. Mais cette portion de l'âme est loin de tout ce qui est créé et lui reste étrangère. Si l'homme tout
il serait à la fois incréé et incréable » {Sermons, Gandillac, p. 178 Œuvres, trad. Petit, p. 115 et passim). Eckhart a expliqué plus tard sa pensée. Il entend cela « en ce sens que l'âme serait incréée si elle était essentiellement intelligence ». Cf. HuGUENY, Introduction à sa traduction des Sermons de Tauler, t. I,

entier était ainsi,
cf.

;

1927, p. 78.

Sermons et traités, Gandillac, p. 1 06-1 12 et passim. Le juste vit en Dieu et Dieu en lui et Dieu naît dans le juste et le juste à son tour en H. Dieu. Chaque vertu du juste fait naître Dieu » {Œuvres, Petit, p. 282 cf. p. 45). Rahner, Die Gottesgeburt, dans Zeitschrift fur katholische Théologie, 1935, p. 333-418. 6. « Celui qui ne prend et ne reçoit son essence entière que de Dieu et ne la puise que dans le cœur de Dieu, Dieu l'adopte pour son Fils et il naît comme fils dans le sein du Père céleste » {Sermons, Gandillac, p. 87). 7. « Le Père engendre son Fils dans l'éternité, égal à lui-même... mais je dis plus encore, il l'a engendré également dans mon âme... Il est obligé de le faire, que cela lui plaise ou lui déplaise. Sans cesse le Père engendre en moi son Fils. Il m'engendre en quaUté de fils, comme le même fils. Et je vais même plus loin, non seulement il m'engendre en tant que son Fils, mais il m'engendre en tant que lui-même et il s'engendre en tant que moi-même, m'engendre en tant que sa propre essence, en tant que sa cf. Œuvres, Petit, p. 108). propre nature {Sermons et traités, Gandillac, p. 149
4.
5.
«
;

;

DE SCOT A LUTHER
devient ainsi avec Dieu
ses

comme un

seul être (1)

;

les

yeux de Dieu

et

yeux sont un

(2).

la mort de Cependant, Jean XXII hésita longtemps avant de condamner le maître rhénan et les historiens modernes ont revisé le procès. Les mtentions du prêcheur étaient droites, son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes immense. S'il fut un précurseur du Panthéisme et du Quiétisme, ce fut malgré lui (4). Mais il semble bien difficile de sauver la lettre de ses écrits. Les frontières entre nature et surnaturel sont chez lui si mal tracées qu'on ne voit pas comment il évite de dire que nous sommes dieux par nature. L'un des premiers en Occident, maître Eckhart cherche à pénétrer le mystère de notre divinisation. Il sait que, dans l'âme des justes, les personnes divines renouvellent tout leur mystère. Mais il ne montre pas assez l'opposition entre la génération éternelle du Verbe et la naissance du Fils de Dieu dans les âmes. Enfin, il semble insinuer que, dans la vie éternelle,

Cette doctrine est rejetée par l'Eglise en 1329, peu après
(3).

maître Eckhart

toute personnalité créée disparaît
gique, Eckhart aurait

(5).

Plus soucieux d'exactitude théolola

théologie de la grâce. Mais ses imprudences de langage ne font que compromettre un effort très intéressant.
1. « L'homme qui serait sorti de lui-même jusqu'à être le Fils unique aurait en propre ce qui est propre au Fils unique » {Sermons et traités, Gandillac, p. 176). 2. Sermons et traités, Gandillac, p. 179. Hegel a repris ce texte pour exprimer sa propre pensée « les yeux avec lesq els Dieu me voit sont les yeux avec lesquels je le vois, mes yeux et ses yeux sont un. Si Dieu n'était pas, je ne serais pas, si je n'étais pas, Dieu ne serait pas » {Der Begriff der Religion, Werke, éd. Lasson, t. XII, 1925, p. 257). Mais sa mystique rationaliste est loin de rendre le même son que la prédication apostolique du maître rhénan. Texte des propositions 3. Cf. F. Vernet, Eckhart, D. T. C. t. IV, col. 2062-2063. condamnées dans D. B., Enchiridion, tï°^ 501-528. Ces propositions doivent être remises dans leur contexte si l'on veut juger de la pensée de maître Eckhart. Voici quelques indications Prop. 2, Gandillac, p. 89. Prop. 11, Prop. g, Gandillac, p. 150. Gandillac, p. 227. Prop. 14, Gandillac, p. 42. Prop. 20, Gandillac, p. 236. Prop. 22, Gandillac, p. 149. Prop. 26, Gandillac, p. 136. Prop. (I), Gandillac, Prop. (II), Gandillac, p. 161. p. 178. 4. F. Vernet, D. T. C, t. IV, col. 2070-2073. 5. Certains textes le nient {Œuvres, Petit, p. 73), mais ailleurs Eckhart semble dire que l'âme arrivée aux sommets de la contemplation descend d'un degré lorsqu'elle prend conscience d'elle-même et de Dieu comme de deux sujets distincts {Sermons et

pu renouveler

:

:

traités,

Gandillac, p. iio-iii).

238

AUGUSTINISME ET NOMINALISME
aussi

Ses disciples immédiats, Suso, Tauler, sont orthodoxes, mais ils sont moins originaux (1). Arrêtons-nous plutôt à leur contemporain Ruysbroeck. Celui-ci parle audacieusement de notre divinisation. L'âme

dit-il, est pénétrée par la lumière de Dieu comme le fer qui, plongé dans la fournaise, devient feu (2). L'âme vidée d'elle-même est un miroir vivant de la Trinité. Le Père y engendre son Verbe et le Saint-Esprit y procède du Père et du Fils (3). Pour décrire la manière

des justes,

dont l'âme prend conscience de ces richesses et tend vers l'union à Dieu, Ruysbroeck multiplie les comparaisons (4). Mais il prend grand soin de ne pas verser dans l'abîme du Panthéisme et rappelle fréquemment que, même sur les sommets de l'union divine, même dans la béatitude éternelle, l'âme garde sa personnalité et reste une nature créée (5). L'âme est par nature l'image de Dieu, mais, entre la nature et le surnaturel, il y a un immense abîme que la grâce et les vertus, en
attendant la lumière de gloire, peuvent seules combler
(6).

Ruysbroeck ne
la

fait

pas allusion à des erreurs chimériques.

En

effet,

cause du mysticisme authentique est alors compromise par

les

aberra-

Béghards et Frères du Libre-Esprit, qui prêchent un véritable Panthéisme. Pour eux, lorsque l'homme est arrivé à la perfection, il n'y a plus de distinction entre Dieu et lui. On en conclut logiquement que cet homme n'a plus aucun maître. La liberté chrétienne l'établit par delà le bien et le mal. Dès 1311, l'Église avait réagi contre
tions de sectes insaisissables,
1. E. HUGUENY, Sermons de Tauler, 1927, t. I, p. 82-89. Le bienheureux Henri Suso, 1943, p. 22-24 et passim. 2.

J.

Ancelet-Hustache,
p. 185
;

Ruysbroeck, Œuvres,
t. I,

trad. des Bénédictins de Wisques,

1. 1,

t.

II, p. 211.

3. Ihid., t. I, p. 128, 131, 133, 140, 181.

4. Ibid.,

p. 190-193

;

t.

VI, p. 36-40.

5. Ibid., t. III, p. 258.

6. Ibid., t. II, p.
et,

201

;

t.

IV, p. 107.
:

— Voir l'introduction au tome
Maréchal, Etudes sur
:

II des

Œuvres
mys-

du point de vue philosophique

J.

la psychologie des
:

304-313. On notera la terminologie relative à la grâce « il faut savoir que Dieu est un bien commun à tous et que son amour immense se répand universellement. Aussi donne-t-il sa grâce de deux manières la grâce prévenante et celle qui fait mériter la vie éternelle. La première est donnée communément à tous les hommes
tiques, t. II, 1937, p.

païens et

térieur soit à l'intérieur

bons et méchants... La grâce prévenante fait sentir sa motion soit à l'ex» {Œuvres, t. III, p. 38-40). Les développements supposent que l'accent est mis sur la grâce habituelle, qui seule est franchement surnaturelle. Ruysbroeck, pour parler du surnaturel, emploie une terminologie particulière. Le mot Suressentiel lui est cher. [Cf. H. DE LUBAC, Surnaturel, 1946, p. 402-404.]
juifs,

239

DE SCOT A LUTHER
ces erreurs.

La condamnation

Vienne

(1), atteignait

par avance

qui les frappa en 1311, au concile de la doctrine de Molinos. Mais, loin

d'être arrêtée dans sa crorissance, l'hérésie avait fait des progrès,

comla fin

promettant

la

cause du mysticisme authentique
la dissociation

(2).

Tous

ces faits n'ont

pas dû laisser de contribuer à

malheureuse qui, à

du moyen âge, s'opère entre la théologie savante et la théologie spirituelle. La théologie des écoles se fait de plus en plus sèche et raisonneuse. Aristote l'emporte sur l'Évangile,
les cloîtres et l'auteur
le mysticisme se réfugiera dans de l'Imitation parlera amèrement de la théolo-

gie des écoles (3).

A l'opposé du courant mystique où le surnaturel cherche à se dégager
nous faut situer maintenant le courant nominaliste et ses l'inverse de ce qui se passait chez Eckhart, c'est maintenant le surnaturel qui va être sacrifié à la nature. On part d'ailleurs de préoccupations louables. Pour saint Thomas, l'homme idéal est composé d'un corps, d'une âme et du Saint-Esprit. Mais cette liaison de fait est-elle une liaison de droit ? L'élévation à l'ordre surnaturel n'est-elle pas une contingence historique ? Le péché n'est-il pas désordre moral avant d'être une privation de la vie divine ? Toutes ces questions sont la conséquence d'une réflexion sur la gratuité du surnaturel. Malheureusement, on ne se contente pas de dire que Dieu aurait pu faire autre chose que ce qu'il a fciit. On essaye de reconstruire le possible avec des éléments empruntés au réel. De là des dissociations
à
l'état

pur,

il

précurseurs.

A

D. B., Enchiriiion, n"» 471-478. Cf. F. Vernet, Bégkards, D. T. C, t. II, col. « quod quaelibet intellectualis natura in se ipsa natule canon n° 5 raliter est beata, quodque anima non indiget lumine gloriae ipsam élevante ad Deum videndum et eo béate fruendum. » (Comparer S. Thomas, 7« P., p. 12, art. 5.) 2. Les Béghards ont été mêlés de façon obscure au procès de maître Eckhart (Sermons et traités, Gandillac, Introd., p. 11 F. Vernet, Eckhart, D. T. C, t. IV, col. Tauler les prend à partie dans ses Sermons (E. Hugueny, Sermons de Tauler, 2058). Introduction, p. 33). Suso aussi, dans le livre de la Vérité {Œuvres, éd. AnceletHustache, 1943, p. 306-312). Ruysbroeck, qui semble parfois viser les tendances panthéistes de maître Eckhart {Œuvres, t. II, p. 201), condamne fortement le Panthéisme,
1.

529.

— On notera

:

;

la fausse liberté

chrétienne

et l'antisacramentarisme des hérétiques {Œuvres,
etc.).

t.

I,

p. 117-118
3.

;

t.

II, p.

204-206,

Les réflexions amères de l'auteur de V Imitation sur la vanité de la science {Imit,, III, 43) eussent paru blasphématoire au XHI» siècle et même à Augustin, qui, si détaché qu'il fût d'un monde livré à la mortalitas, disait aussi Intellectum valde ama.
I, 2
;
:

240

AUGUSTINISME ET NOMINALISME
fâcheuses.

On

dira par

exemple qu'entre
liée

la

grâce et

la gloire,

il

n'y a

pas de liaison intrinsèque, mais seulement une liaison juridique rémission des péchés n'est
libre décision

(1).

La

de Dieu

(2).

au don de la grâce qu'en vertu d'une C'est encore une décision arbitraire de Dieu
(3).

qui rend compte de notre adoption surnaturelle
ritent la vie éternelle, c'est avant tout par suite

Si les justes

mé(4).

d'un décret divin

On

bouleverse

la

construction thomiste en identifiant grâce et charité,

ou en regardant comme inutiles les vertus morales infuses. Mais surtout on donne de plus en plus une consistance absolue à l'ordre naturel et aux œuvres naturelles de l'homme. Chez saint Thomas, la morale naturelle n'était qu'un aspect de l'activité concrète de l'homme tel qu'il existe en fait dans un monde déchu et racheté. Pour lui, la charité seule peut unifier notre vie (5). Mais si l'on cesse de voir dans la charité un principe unificateur, si l'on n'y voit plus qu'un ornement extrinsèque, on abusera facilement de la distinction que fait saint Thomas entre l'observation de la loi quoad substantiam et son observation quoad mo-

dum

(6).

La

théologie admettra désormais de plus en plus la possibilité
la loi

d'une observation de

morale par

les seules forces

de

la nature.

Elle admettra aussi la possibilité d'un

amour

naturel de Dieu, et cela

non pas tant dans l'état de nature pure, dont on ne parle pas encore que dans l'état présent de l'humanité (7). Pour se mettre en règle avec les documents antipélagiens, on donnera un sens nouveau
clairement,

aux formules augustiniennes sicut expedit, sicut oportet (8). C'est la du surnaturel quoad modum. Il serait fastidieux de détailler ici les opinions théologiques, d'autant que les auteurs ne se soucient pas toujours de cohérence. A cette époque, l'esprit de synthèse fait place à l'esprit critique. Comme l'a bien vu M. Gilson, c'est l'avènement de la philosophie moderne. Cependant, le chef de file, qui est ici Duns Scot, est un théologien et un métaphy:

théorie

1.

2. J.

3. 4.
5.

6.
7.

8.

ViGNAUX, Nominalisme, D. T. C, t. XI, col. 774. Rivière, Justification, D. T. C, t. VIII, col. 2127. J. Bellamy, Adoption, D. T. C, t. 1, col. 427. J. Rivière, Mérite, D. T. C, t. X, col. 702. /a //««, q. 65, art. 2 //« 11^, q. 23, art. 7. /« //««, q. 109, art. 4. Voir ci-dessus, p. 212, note i. P. ViGNAUX, Nominalisme, D. T. C, t. XI, col. 770. Cf. supra, p. 161 note i.
P.
;

241
16

DE SCOT A LUTHER
sicien de

grande classe

(1).

Précurseur de Descartes,

il

conçoit Dieu

beaucoup moins comme intelligence que comme volonté (2) et l'on ne peut nier que cette réaction soit en partie heureuse, le Dieu de l'Evangile étant avant tout charité. Mais Scot, à la différence de saint Thomas,
cherche à faire la psychologie divine, à raisonner sur le possible, à démêler les desseins divms, l'ordre d'intention et l'ordre d'exécution (3). Il introduit dans la vie divine ces fameux instants de raison qui seront chers aux théologiens de toutes les écoles jusqu'à l'aube du XX^ siècle (4).

De

n'avait pas péché, dit-il, le

si l'homme Les thomistes prendront le contre-pied de cette thèse, acceptant ainsi une position de problème que saint Thomas aurait refusée (6). Nous avons dit plus haut comment se pose pour saint Thomas le problème de la prédestination (7). Scot, lui, met en avant un principe fort discutable et pense que, pour Dieu comme pour nous, l'ordre d'intention précède l'ordre d'exécution (8). Qui ordinale vult, diront bientôt les théologiens de toute école, prius vult finem quam média, sans se rendre compte de l'an-

là sa

thèse fameuse sur

le

motif de l'Incarnation.

Même

Verbe

se serait incarné (5).

1.
1

Sur Duns Scot et sa théologie, voir R. Raymond, Duns Scot, D. T. C,
;
;

t.

IV,

col.
;

P. ViGNAUX, Justificaiicn et prédestination au XIV^ siècle, 1934, p. 9-41 R. Seeberg, Die Théologie des Duns Skotus, 1900 Rendel Harris, Duns Scot, 1927. Du point de vue philosophique E. GiLSON, La philosophie au moyen âge, 1944,
865-1 947

:

Sur les E. LONGPRÉ, La philosophie du bienheureux Duns Scot, 1924. questions de texte, qui sont ici très délicates, voir C. Balic, Quelques précisions sur la vie et les œuvres du Bienheureux Duns Scot, dans Revue d'hist. ecclés., 1926, p. 551-566; Les commentaires de Jean Duns Scot sur les quatre livres des Sentencet, repris dans 1927 F. Pelster, Zeilschnjt jur Kath. Theol., 1927, p. 65-80 ,R. H. E., 1928, p. 389Sur les derniers travaux de Balic, cf. 392 Theologische Revue, 1929, p. 145-152. Bulletin de théol, anc, et méd., t. III, n^ 878-880. Id., La 2. E. GiLSON, L'esprit de la philosophie médiévale, t. II, 1932, p. 48-50.
p. 608-609
;
:

;

;

philosophie
3.
t.

au moyen âge, 2^ éd., 1944, P- 599-601. P. ViGNAUX, Justification et prédestination, p.
col.

13.


P.

P.

RAYMOND, D.

T. C,

IV,
4.

1880.
critique

Pour une
P.

de cette position

commune,

voir

M. DE La Taille,
op.
cit.,

Re-

cherches de science religieuse, 1923, p. 7-23.
5.

Raymond, D.

T.

C,

t.

IV, col. 1890-1891.

Vignaux,
;

p. 28-

39.
6.

Les deux écoles cherchent aujourd'hui à se rapprocher voir par ex. H.-M. FÉRET,
et théol.,

Creati in Christo Jesu, dans Revue des sciences phil.
7.

1941-42, p. 96-132.
23-31.

Ci-dessus, page 224.

S.

P.

Vignaux,

Justification

et

prédestination au

XIV^

siècle, p.

242

AUGUSTINISME ET NOMINALISME
thropomorphisme impliqué dans cette assertion (1). Aux raisonnements serrés de saint Anselme sur la nécessité de la Rédemption, Scot réplique en montrant que la satisfaction du Christ n'a pu avoir une valeur infinie et que finalement seule une acceptation divine confère aux mérites du Christ le pouvoir de nous sauver (2). A plus forte raison n'y a-t-il aucune proportion entre l'acte méritoire d'un juste et la vie éternelle qui le récompense (3). Tout dépend en fin de compte du bon plaisir de Dieu. Scot substitue à la métaphysique intellectualiste de saint Thomas et de son temps une métaphysique de la Volonté (4). Il enseigne, on le sait, que la béatitude consiste à s'unir à la Volonté divine, non à s'établir

dans

le

repos de

la

contemplation

(5).

encore une fois, n'est pas sans contenir le germe de vérités très neuves et ceux qui cherchent à construire aujourd'hui une mystique surnaturelle de la vie active trouveraient chez Scot plus d'une suggestion. Mais, de toutes façons, la critique corrosive du Docteur subtil
cela,

Tout

désagrège l'édifice de ses devanciers
rité (6).

La

grâce est identifiée à

la
;

cha-

Les vertus morales infuses deviennent sans emploi (7) Scot raccorde directement aux vertus théologales les vertus naturelles acquises la nature reprend son indépendance. Elle la reprend si bien que les historiens protestants du dogme ont ici accusé Scot de semiPélagianisme larvé, sinon de Pélagianisme (8). Le reproche est outrancier et, pour Scot plus encore peut-être que pour saint Thomas, il
;

1.

1922, p. 386.
ersien

Voir F. Pelster, Thomas von Sutton, dans Zeitschrift fur katholische Théologie, H. ScHWAMM, Das gottliche Vorherwissen bei Duns Scotus und seinen

Anhàngern, 1934. P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1895-1896. 2. P. ViGNAUX, op. cit., p. 37. P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1904. 3. P. ViGNAUX, op. cit., p. 18-22. 4. Cf. A. von Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 4^ éd., t. III, p. 443. 5. P. Raymond, Duns Scot, D. T. C, t. IV, col. 1935. 6. P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1901. 7. P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1905. F. Loofs, Leitfaden 8. A. von Harnack, Lehrbuck der D. G., t. III, p. 650-654. zur D. G., 1905, p. 596. R. Seeberg, Lehrbuch der D. G., t. III, 1931, p. 670. Le P. MiNGES, 0. F. M., a riposté aux attaques protestantes Die Gnadenlehre des Duns Scotus aufihremangeblichen Pelagianismus und Semipelagianismus gepriift, 1906 (cf P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1899-1900). J'ai conscience de ne donner sur Scot qu'une esquisse de troisième main sur un auteur qui reste cependant capital. Mais M. GiLSON (La philosophie au moyen âge, 1944, p. 607) avoue son embarras devant Scot théologien et philosophe (où commence la théologie, ou finit la philosophie ?).


:

243

DE SCOT A LUTHER
faudrait étudier de près le vocabulaire. Scot insiste sur la nécessité

d'une

foi

acquise

(I),

il

accorde à
il

la

voir considérable (2), mais

reste

volonté de l'homme déchu un poumalgré tout dans les perspectives

la fin dernière de toute créature de Dieu face à face (3). Quoi qu'il en soit, Scot trouve un contradicteur dans la personne de Pierre d'Auriole (t 1322), qui, nous dit-on, cherche à mettre dans l'ordre du salut autant de justice qu'il peut en contenir en demeurant une grâce (4). Pierre d'Auriole est à son tour critiqué par Occam (t 1349), le véritable fondateur de l'école nominaliste (5). On assiste alors à la dissociation complète de l'harmonieuse synthèse du XIII^ siècle. Le Volontarisme devient absolu (6). Entre la grâce et la gloire, aucune liaison ne subsiste. Dieu peut à son gré donner l'une et refuser l'autre. Bien plus, l'ordre naturel et l'ordre surnaturel sont complètement coupés l'un de l'autre. Dieu pourrait, s'il le voulait, accorder la vision béatifique au seul mérite humain (7). La justification est tout extrinsèque. Admettre, comme le fait Pierre d'Auriole, une charité créée informant l'âme, c'est, nous dit Occam, une nouveauté le Saint-Esprit suffit (8). On voit se profiler à l'horizon les thèses de Luther. Cepen-

médiévales et continue à penser que
la vision

raisonnable est

:

1.
t.

R. Seeberg, op.
col.

cit.,

t.

III, p. 61.7-650.

— P.

Raymond, Duns

Scot,

D. T. C,

IV,
2.

1906-1907.

P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1908. Scot dit même fin naturelle, mais il entend par là fin native, donnée de fait dans l'ordre présent et de toutes façons il suppose bien qu'on ne peut atteindre cette fin P. Raymond, D. T. C, t. IV, col. 1936. P. Dumont, que par la grâce de Dieu. L'appétit inné de la béatitude surnaturelle chez les auteurs scolastiques, dans Ephemerides
3.

theologicae lovanienses, 1931, p. 207-224.

Aureo4. P. ViGNAUX, Justification et prédestination au XIV^ siècle, 1934, p. 93. lus cherche à rétablir la liaison entre grâce et gloire (Tetaert, D. T. C, t. XII, col.
T872), mais accepte, quitte à l'entendre en

un sens nouveau,

la distinction scotiste

entre la potentia absoliita et la potentia ordinata (P. ViGNAUX, op. cit., p. 57-59, p. 9). Cependant il revient à saint Thomas en se refusant à discuter de la prédestination

comme

si

Dieu

était

dans

le

temps

(ihid., p. 82, 87-88). Il insiste

sur la volonté salvi-

iîque universelle (p. 93). 5. Sur Occam et sa théologie, voir l'article de P.
t.

ViGNAUX

et E.

Amann, D.

T. C,

XI,
6.

E. Gilson, op. cit., p. 638-655. P. ViGNAUX, Nominalisme, D. T. C, t. XI, col. 762.
col.

864-904

;

7. P. ViGNAUX, Justification D. T. C, t. XI, col. ITi-TiS. 8.

et

prédestination

au XIV^

siècle, p.

121-127.

Id.,

P.

ViGNAUX,

Op.

cit.,

p.

119.

244

t. : La pensée d'Occam l'Église. 3. XI. voir C. Occam est aux antipodes de la pensée luthérienne et prépare le Naturalisme moderne en exagérant les forces naturelles de l'homme déchu. 1925. coroll. Mais l'abus P. Les 51 articles dans Revue d'kist. dist. 2 (éd. C. 6. 889-903. Il y a là. Occam. on invoque le Volontarisme rien à personne et. C. p. T. t. 3. II. Amann. 4.. D. Die Rechifertigungslehre des Gabriel Biel. « non habet Deus aliam regulam omnis justitiae. T. e. E. q. et qui s'oppose vigoureusement aux thèses d'Occam. col. Op. sed ipsa divina voluntas est régula omnium contingentium. » I. L au- gustinien Grégoire de Rimini. p. D. Biel insiste sur l'indépendance souveraine de Dieu (5) et distingue entre ce que Dieu a fait de potentia ordinata et par la ce qu'il pourrait faire de potentia ahsoluta (6). et C. dist. 1921. Biel. 2. ViGNAUX. une réaction légitime contre un excès 1. I. « soia voluntas divina est prima régula 5. col. 43. et A. ecclés. omne illud sive Deus ordinavit » se hoc facturum sive quod non includit contranon. p. q.. avec les textes édités p. q. Collect. quia Deus multa facere potest quae non vult facere. RuCH. t. dub. garde plus ou moins consciemment une partie de son héritage. I. Nec enim quia justum aliquid rectum est aut justum ideo Deus : vult. dans la collection Opuscula et Textus. sed quia Deus vult. a. M. D. T. T. 249-257. Feckes. 774-775de Guillaume d'Occam censurés en Avignon en 1326. Feckes. mêmes en soulignent Avec Durand de Saint-Pourçain. col. nous l'avons dit.AUGUSTINISME ET NOMINALISME dant. 3. Pelzer. 240-248. 814-825. 17. I. justement suspecte à mais son influence grandit de plus en plus et ses adversaires l'emprise. — 245 — . d'intellectualisme. le Thomisme lu'i-même commpose avec Nominalisme (3). ideo et rectum. quelques pages caractéristiques de Biel. XI. est ici comme ailleurs On la censure en Avignon et Paris lui est hostile (2). Aliter accipitur posse pro posse facere dictionera fieri. Feckes a réédité en 1929. art. Sur la théologie de Biel. col. i. (Distinctio) est sic intelligenda quod posse aliquid aliquando et illa dicitur posse facere accipi- secundum Deo. par tout un autre aspect de sa doctrine. dont nous parlerons tout à l'heure. 17. 4. cit. art. 885. C. Occam. dist. l'un des censeurs d'Avile gnon. 127. Pour échapper au reDieu ne doit proche de Pélagianisme. ce qu'il donne. de potentia ordinata. Occam) quod quaedam Deus potuit leges ordinatas et institutas a facture de potentia ordinata et quaedam de potentia ahsoluta. C. 15) « respondetur secundum docto- rem tur (i. l'Occamisme théologique les écoles est vulgarisé dans théologie de Gabriel Biel (4).. Au XV® siècle finissant. P. sous le titre de Quaestiones de justificatione. XI. t. i D. il l'accorde toujours par grâce (1). Volontariste à la manière de Scot et d'Occam. ViGNAUX. — — — » : : oui teneatur se conformare. coroll. i.

entre la raison et la foi. Biel est au contraire beaucoup plus soucieux de connaître ce qui pourrait être que de contempler ce qui est. p. 9-11). 771-772. art. peut déclarer juste celui qui jusqu'ici n'était qu'un pé- cheur. Feckes. dist. dist. identifiée avec la charité. 3 tatur. 2. Nominalisme. n. i. 28. II. de potentia absoluta. S'il requiert en nous la présence de la grâce. Ces thèses conduiront un jour au Moralisme laïcisé. C. u. art. III. t. 1) — « meritum et 3 (éd. procède de la volonté libre de l'homme et est accepté par Dieu. T. maine des mais. C.DE SCOT A LUTHER de cette distinction creuse un abîme entre la libre spéculation et le dofaits révélés. Si la grâce joue un rôle. Nominalisme. XI. T. perd de plus en plus sa profondeur. quae : est consecutio salutis nostrae — III. q. art. Die Rechtfertigungslehre. On ne songe plus à l'idée d'une participation à la vie divine (2). 83 . d'un autre côté. quanto accepVignaux. in tantum meritum est pro Cf. Cependant. 3 « homo per liberum arbitrium ex suis natura» libus potest divina praecepta praecipientis. Un acte est méritoire parce qu'il est conforme à la raison. Feckes. un. 1. Saint Thomas cherchait à montrer l'harmonie du monde naturel et surnaturel que la libre volonté de Dieu pose dans l'existence et se préoccupait peu du possible abstrait. a. dit-il. c'est parce que Dieu accepte plus facilement un acte qui procède d'un don que lui-même a déjà fait. homme pourrait être agréable à Dieu sans qui possède la prendre le possible pour le réel et de donner à la nature une consistance et une indépendance qu'elle n'a pas. P. par exemple. Dieu pourrait ne pas béatifier celui charité (1).. 58). de fait et non de droit. il prépare la thèse luthérienne de l'imputation extrinsèque de la justice du Christ. Feckes. sed non ad intentionem (éd. q. P. dist. concl. I. Entre la grâce et le péché. c'est uniquement de potentia ordinata. Dieu.. col. un elle et.. » (éd. 19. 2. : i 2. étant tout puissant. D. comme entre la nature et la surnature. Feckes. p. I. q. p. inversement. dist. 246 . — potest ex suis naturalibus diligere Deum t. 51). q. concl. 770-771. C. p. avec ses seules forces naturelles. Vignaux. 27. 17. « viatoris voluntas humana super omnia col. : 3. 3 quoad actus substantiam implere. il maintient contre lui l'existence d'une grâce créée. on risque de Biel Insiste sur l'idée que l'homme. peut observer toute la loi quoad substantiam et aimer Dieu par-dessus toutes choses (3). Plus traditionnel que son maître Occam. La notion de mérite. D. un. Mais à spéculer si librement. XI.

un. 4. grâce et nature ne sont cependant pas sans rapports. comme Grégoire de Rimini. Merlin. il nous faut maintenant situer l'Augustinisme outrancier de quelques auteurs qui. parfois des hérétiques notoires. T. Tout repose finalement sur l'acceptation divine. mais il subira profondément l'emprise de leur extrinsécisme moral. L'homme créé dans l'état de pure nature aurait pu arriver sans aucun don surnaturel à la vision de Dieu face à face (4). L'homme déchu. ici 38 . De potentia ahsoluta. p. ViGNAUX. t. ViGNAUX. fait le lit de la Réforme. » « anima obicis remoIbid. 2128-2129) cherche à sauver Biel de tout Sur Grégoire de Rimini. Il est rallié à certaines thèses de l'école nominaliste. concl. : 2. Feckes.. cit. Son originalité consiste dans le retour à saint Augustin. C. reproche de semi-Pélagianisme.. les autres des outsiders. 1. Schuler. 2 elicito tione « anima non potest actu a voluntate libère primam gratiam de condigno. 734-736. Justification et prédestination. t. 1934 P. T. 31). Nous ne chercherons pas à tirer au La tâche est ingrate et. 4^ éd. ViGNAUX. 1930. d'un autre point de vue. Seeberg. q. Luther rejettera avec horreur l'optimisme excessif des Nominalistes. 2. Comme Luther. Il l'explique assez servilement. p. 27. art. Feckes..AUGUSTINISME ET NOMINALISME le lien est tout extrinsèque (1) . ce qui En face du Nominalisme. C. dist. p. en insistant sur la déchéance humaine. 771-777 M. Siinde und Freiheit bei Gregor von Rimini. peut mériter la première grâce (2). ch. ce sont moins les thèses particulières que la tendance générale. en dissociant la synthèse médiévale.. à la suite d'Occam. . 4 ac bono motu in Deum ex arbitrii libertate elicito primam gratiam mereri potest mereri s — : de congruo (éd. (Justification. III.. Feckes. dans D. p. col.. 1852-1853 . Die Rechtfert. D. 49-50.. suffisait à Adam pour s'orienter vers sa fin (5). Mais Grégoire s'intéresse moins au possible qu'au réel. 5. 3. 61-62. nous importe. 143-144. G. op. II. — 247 — . avec le secours général de Dieu. La grâce habituelle. VI. voir l'article de N. C. 4. concl. Dieu pourrait donner à une âme le Saint-Esprit sans qu'il y ait en elle de grâce ou de charité créée. Biel. M. Prédestination. semble même dire que l'homme clair cette pensée compliquée. R. 157-1Ô0. Grégoire de Rimini (t 1357) appartient à l'ordre des Ermites de saint Augustin (3). Rivière VIII. col. P. 1934. ont préparé l'avènement des thèses luthériennes. P. p. Justification et prédestination au XIV^ siècle. Le Nominalisme. Les uns sont des scolastiques. Lehrbuch der D. — Cf. C. p. . t. Die Rechtfert. p.

On notera la terminologie. 161. I. p. Pierre d'Auriole représentait insistait sur la volonté salvifique de Dieu. T. parle comme saint Augustin de la massa peccati d'où la libre volonté de Dieu a tiré le petit nombre des élus (5). 26. cit. P. 2. P. il la prédestination. D.. 170-175. p.. Mais le courant augustinien se retrouve chez les auteurs spirituels. i : « prima (conclusio) est quod nullus homo in statu praesenti. Au XIV® siècle. Nam modica vis quae remansit. c. Haec est ipsa ratio naturalis. agendo vel vitando ex his quae ad moralem vitam pertinent. Dei etiam generali influentia stante. et prévoit seulement la résisGrégoire réagit contre ces thèses . Tertia. Grégoire de Rimini est un isolé parmi les théologiens de l'Ecole et nous avons dit qu'il trouva un contradicteur en la personne de Gabriel Biel. II Sent. 3. Grec. i. potest absque speciali auxilio velle vel agere. cf.DE SCOT A LUTHER au contraire. est tanquam scintilla quaedam latens in cinere. même dans l'ordre Les païens d'avant le Christ n'ont eu que l'apparence de la vertu. mais le vocabulaire est encore gauche. Dieu. Nominalisme. Imit. sans secours spécial (1). III.. tance à la grâce corrompue bien vivre et (6). » P. XI... La grâce actuelle {spéciale Dei auxiliutn) est désormais bien distinguée du concours naturel de Dieu {generalis influentia). habita etiam sufficienti notitia de aliquo volendo vel nolendo. 4. circumfusa magna cali- 248 . il exalte la grâce divine qui seule reste fidèle Le pieux moine permet à l'homme de au vocabulaire augustinien 1. 43 (vanité de la science. Ici. 770-771. c. Vignaux. Vignaux. 3) . art. III. L'auteur de l'Imitation se défie de la science et de la raison. col. offre sa grâce à tous les (4). t. III. Secunda quod nullus homo. moindre action bonne. 55 : « opus est gratia tua et magna gratia 5. ut vincatur natura.. l'intention qui animait leurs actes étant nécessairement égoïste et non orientée vers Dieu (2). sur l'impuissance de la nature diàait-il. Vignaux. quod nullus homo. op. omnes homines poena hujus maculae descendit ut ipsa natura quae bona et recta a te condita fuit. — — cit. potest absque speciali auxilio Dei in his quae ad moralem vitam pertinent sufficienter cognoscere quid volendum vel nolendum. ne peut faire la naturel. Vignaux. in Nam per primum hominem Adam lapsa et vitiata per peccatum. 93. cit. Jansénius est à l'horizon. C. q. 54 (sur les divers mouvements de la nature et de la grâce) . agendum vel vitandum sit. dist. Grégoire de Rimini n'a rien retenu de la controverse semi-pélagienne (3). il insiste sur la faiblesse de celle-ci. c. Justification et prédestination au XIV^ siècle. 6.. p. pro vitio jam et infirmitate cornjptae naturae ponatur eo quod motus ejus sibi relictua ad malum et inferiora trahit. Vignaux.. potest absque speciali auxilio ejus agere aliquem actum moraliter bonum. c. Même rigorisme à propos de l'école libérale. p. op. hommes. 155. P.. op. P.. il insiste sur les conséquences du péché originel.

Thomas Bradw. il déduit que la liberté se ramène à la spontanéité (4). i. il laisse de côté tout ce qui touche au mystère de la prédestination et. C. III. 778. c. t. P. 't. » — — causa Dei contra Pelagium et de virtute causarum ad suos Mertonenses. Seeberg. G. p. Mais l'optimisme ayant fait place à un néo-pessimisme. De — : « ex his apparet quod licet quis necessitatus » Ibid. cf. III. Deus enim potest velle voluntatem creatam producere liberum actum suum et hoc antecedenter et prius natura3. et Voir aussi les textes taciat hoc voluntarie et libère. comme plus tard Spiraisonne more geometrico. 736. t. à la même époque. : : ! facere velles. t. dicens num intus responsum quod si hoc scires. gine... p. adimplere c. » inédits publiés par Xiberta. 1. il existe en Angleterre un Augustinisme dangereux qui reprend et exagère le Prédestinatianisme de Godescale. Cependant. 23-24. 1930. D.. p. De causa Dei. Die R. il continue en citant saint Paul et rappelle souvent que tout mérite est un don de Dieu (v. Praedestination bei Wycclif und Bradwardin. licet impotens sit omne quod approbat.. c. 737. Mal compris. 1618. etc.. Merklen. Lehrbuch der D. quantum in eo est. 777. il adhuc judicium habens boni et mali. « Imprimis ostendeiidum Deum posse necessitare 4. on redevient favoraole aux thèses de l'Imitation. il prend en cause de Dieu (3) et de sa grâce. Le pieux moine a lu saint Augustin. Qu'on puisse interpréter ses dires en un main la noza. Nature et grâce dans La pensée catholique (Documentation catholique. 2. si tamen illam necessitatem ignoret. Supplément Band. — : fuerit — — 249 — .AUGUSTINTSME ET NOMINALISME une interprétation littérale des écrits du docteur d'Hippone. 637 D quodammodo omnem voluntatem creatam ad liberum. Le doctor profundus.. Obsédé par la pensée que le Pélagianisme renaît de toutes parts. 644 B ad faciendum quicquam boni vel mali. Vie intellectuelle. et bene securus eris. A. p. Cependant. 1939. Mais. veri falsique distantiam. Imitât. De cette affirmation que Dieu est cause universelle de tout être et de toute action. 1935. meretur. dans les Beitrâge zur Geschichte der Phil. L'humanisme chrétien. III. T. 55). de P. 1942). Thomas Bradwardin (f 1349). son langage risque de nous scandaliser (1). comme fera plus tard Bossuet. I. quid facere velles ? Fac nunc quod tune Voir la réaction 64. enseigne à ses élèves du Merton Collège d'Oxford une théologie de la grâce qui se réclame à la fois d'Augustin et de Thomas d'Aquin. avec prudence. similemque cessationem et vacationem ab actu. p. c 22. g. col. P. der M. p. Glorieux.. 765-773. 25 statimque audivft divi« si scirem quod adhuc perseveraturas essem ret. nec pleno jam lumine veritatis nec sanitate afïectionum suarum potiatur ». Laun. se contente de tenir les deux et à bouts de la chaîne (2). Mesnard. immo ad liberrimum actum suum. liter voluntate creata. 11 78. Sur Bradwardin. III. 54-55. 40... 1932. XV. « cum quidam anxius inter metum et spem fréquenter fluctua2.

778779 . C. Augustin. 2537-2539. R. 1. PORTALIÉ. M. 2539-2542 . Formé par la théologie trop à : — : 250 — . Cependant. 4* éd.Cf. D. Buddensieg. p. il y a des justes et des pécheurs. ihii. La foi cherche à s'exprimer à l'état pur. 2. E. C. Ainsi l'accord cherché au moyen âge entre la raison et la foi se trouve rompu. G. ce n'est pas à la logique de chercher à résoudre les contradictions apparentes de l'Ecriture. n. mais grand admirateur d'Augusde Bradwardin. A. Leitjaden zur Dogmengeschichte. Mais les rapports entre le temps et l'éternité sont. T. tin et fait son chemin et elle aboutit au Prédestinatianisme nominaliste. III. A la fin des temps. il oppose système à système (4) et dégage des écrits d'Augustin une conception sociale de la prédestination grosse de conséquences. 637654 . Comme l'a remarqué Harnack. L'exégèse de saint Augustin prédicateur. 1. 737-739. Augustinisme. 4. Lehrbuch der D. t.. la vie sacramentaire et la soumission aux pasteurs légitimes.. communauté organique des prédestinés groupés autour de leur chef (5). la catholica répandue dans tout l'univers et dont la cohésion était assurée par la foi. 1906. qui songe un peu la réfutation de l'école banézienne. 1. 1932. et per consequens hoc discredi. l'idée de Wycclefï (2). 482. Seeberg. mais le Platonisme qu'on lui reproche ne l'a conduit à aucune erreur en logique et en métaphysique). De veritate sacrae Scriptiirae. p. T. DE SCOT A LUTHER sens orthodoxe. Dieu fera le départ entre les bons et les méchants et l'Eglise app_raîtra alors dans sa réalité définitive.. disait-il aux Donatistes. T. 2408-241 1. 35 (Augustin lui-même n'est pas infaillible. PoNTET. 32) Aristotelis vel alterius ethnici débet credi conciusio. 1930. 592-596.. avait montré que le corps du Christ était l'Eglise. Sur Wiccleff. Lehrbuch der D. Wycclefï (fi 384) réagit contre les subtilités des écoles et leur oppose la simplicité de l'Ecriture. 447-553. col. 2 (éd. mais. déclare Wycclefï avec insistance. Laun. 1905. 1946. 4^ éd. von Harnack. difficiles à exprimer. « si auctoritate 3. » -. 1. Dans ce corps. III. 5. G. F. PoRTALiÉ. cf. la paille au froment.. I. Die Praedestination bei Wycclif und Bradwardin. C. Augustin. D. Mais Wycclefî n'échappe pas à l'illusion de tous les réformateurs. mais l'impression reste d'un déterminisme théologique qui provoque de nombreuses réactions (1). p. nous l'avons rappelé souvent. l'ivraie est mêlée au bon grain. L'Ecriture s'explique par elle-même et c'est elle qui juge de la vérité des systèmes philosophiques (3).. D. multo magis auctoritate Christi summi philosophi débet credi oppositum. dans sa lutte contre le Donatisme. I. Aristote n'est pas inutile au théologien. E. cela n'est pas impossible. LOOFS. p. p. et Voir quelques indications dans PORTALIÉ. î.

c'est le Christ. eu jus caput est Christus et membra iideles praedestinati. : pliciter in Scriptura. Seuls. Distinguant avec la la tradition médiévale entre les praedestinati et les praesciti. Ista autem Ecclesia. » 1. quia. non habet aliquem praescitum partem sui. soit à la constitution d'églises locales en rupture avec l'unité et l'hérésie de Wyccleff intéresse moins encore la théologie de la grâce que celle de l'Eglise. Qu'on lui reste fidèle et l'on est assuré de son salut (5). De Ecdesia. croit d'ailleurs connaître les futurs damnés.... Ihid. Lehrhuch der D. salvus erit. Loserth. i886. p. p. non est capitaneus in Ecclesia sancta Dei. quantumcumque malus sacerdos fuerit. sic Christus pro membris corporis sui mystici » {De veritate sacrae Scriptiirae. » « manifestum videtur quod nullus praescitus sit membram Eccle2. 12). 83 Wyccleff ajoute. . p.et corpus Christi mysticum. 19. les prédestinés administrent validement les sacrements. 57 c. I. » sine macula val ruga non habebit praescitos sed solum praedestinatos partem sui. scilicet congregatione omnium praedestinatomm. 2-3) suppono quod sumatur ad propositum pro famosiori. mais. lUa est sponsa Christi. — : : — par saint Thomas sur les divers degrés d'appartenance à l'Église (c. c. éd. » p. 4. de la manière dont Dieu. p. 70). p. écho de certaines tendances anarchiques ou centrifuges de son époque. 4. i.. car l'Église des prédestinés n'est pas purement invisible (3)Wyccleff ne rejette pas le principe sacramentaire. exercet pastorale officium. il dissocie le principe sacramentaire et le principe hiérarchique. éd. Loserth. 483-486. un pape indignes cessent de faire partie de la véritable Eglise (4). exerce cependant son souverain domaine sur l'acte libre du pécheur. Il il exclut ceux-ci de l'Église dès ici-bas (2). Pareille doctrine conduit soit à l'anarchie. 32 « non débet subditus desperare de peccato 5. I (éd. 3. il est vrai « illa mater nostra post diem judicii quando erit siae. p. I. c. von Harnack. unde sicut in nostro corpore caput loquitur pro membris ceteris. Un prêtre. p. Le vrai chef de l'Église. c.AUGUSTINISME ET NOMINALISME tentation est grande de substituer à la réalité mouvante la rigidité d'un système. : Buddensieg. est caput tantae militantis Ecclesiae quantam régit.. pourrait à la rigueur i « quamvis Ecclesia dicatur multiLoserth. 19 Ibid. De Ecdesia. en partie explicables par les malheurs du grand schisme. G.. Wyccleff se situe d'emblée au terme. 3. si praedestinatus est et 4. Il connaît les distinctions faites . » « si non sit praedestinatus. Il n'y a pour lui d'autre Église que la communauté des prédestinés (1).. » — 251 — . sans coopérer à la malice du péché. c. il invoque expressément la doctrine augustinienne du corps mystique « Ecclesia est unus homo. « Dominus papa. De Ecdesia. 464 praepositi. p.. un évêque. des rapports entre grâce et liberté. éd. Ce qu'il dit du mérite. dummodo subditus in Chris: — : : tum crediderit.. A.

Hefele-Leclercq. qui veut sauver la liberté. tandis que. « praesciti salis Ecclesia. Nature et surnaturel s'en vont de-ci de-là. il veut sauver la gratuité de la grâce et montre que. il les exagère encore.. il tend à ramener la liberté à la spontanéité. le rôle principal revient à la grâce et non à la volonté libre (III. n° 631) . t. n° 6 . : . dans le domaine pratique. réagit vigoureusement et plusieurs des décisions du concile de Constance intéressent l'histoire de la théologie de la grâce (3). tune ut Judas apostolus est diaboli. I. Sous l'influence de Bradwardin. Poole. p. Mais sous l'influence de Bradv/ardin. 235-248)... Voici 3. sans y ajouter grand chose. B. fur et filius perditionis. n° 632). cum nulla pars ejus finaliter excidet ab ea. p. n° 607 . Et parmi les erreurs reprochées à Jean Huss n° i « unica est sancta univer2540). sed non a gratia praedestinationis » (D. Cet ouvrage appartient d'ailleurs aux demiçres années de la vie de Wyccleff qui. licet aliquando excidat a gratia adventitia. 249-256). L'Eglise. n" 588) « Oratio praesciti nihil valet » (D. 504-529. p. n" 627) . B. B. : est libre qui suit sa le intime. cf. qu'il choisisse ou non La tradition lui a été sévère et système de Wycclelï est apparu à beaucoup comme un grossier Panthéisme où règne le déterminisme le plus strict. le moyen âge finissant voit se dissocier lamentablement la synthèse réalisée entre la pensée augustinienne et la pensée grecque. non habet potestatem super fidèles » (D.. Ici thèses de Wycclefï. D. B. E. 5.DE SCOT A LUTHER s'interpréter en bonne part loi (1). sive non secundum praesentem justitiam. n° 629) n° 5 etsi aliquando est in gratia secundum praesentem justitiam. tinationis caritas. VII. eo quod praedes« praescitus. quelques-unes des propositions qui sont les plus caractéristiques pour notre propos : « Si papa sit praescitus et malus. D. Il a de la peine à accepter un mérite de condigno qui ne se ramènerait pas finalement à un mérite de congruo (III. T. n° 3 non sunt partes Ecclesiae. ï : — 252 . col. 14-19. au hasard des circonstances. 2540) renvoie ici au Trialogus. que je n'ai pu consulter. sive fuerint in gratia. 110-283. la chrétienté médiévale s'efïrite 1. PoRTALiÉ (Augustinisme.. si est praescitus. isto modo Ecclesia est artJculus fidei » (D. se retire dans la solitude. quae est praedestinatorum universitas » (D. Ainsi donc. Dans le De dominio divino (éd. t. 2. Enchirid. et non est caput sanctae militantis Ecclesiae. Aigri.. Plus loin. PORTALIÉ. : sumendo Ecclesiam pro convocatione praedestinatorum. C. il semble bien cependant ramener l'être la liberté à la spontanéité (2). non excidet »(D. menacée dans son existence même. plus que jamais ancré dans ses thèses. T. 1890). 115172). n" 20 « si papa est malus et praesertim. On sait que Jean Huss reprit. Il montre que le péché n'est qu'une déficience et n'a pas sa cause en Dieu (c. 6. « Omnia de necessitate eveniunt » (D. n" 606) . condamné à Londres et Oxford. p. Wycclef cherche longuement une via média entre Bradwardin et son contradicteur Fitzralph.. dans le mérite.. tamen numquam est pars sanctae Ecclesiae et praedestinatus semper manet membrum Ecclesiae. I. quae ipsam ligat. Histoire des conciles. B. B. C. et per consequens membrum diaboîi. B. — — : : : .

189) montre comment. cum nec culuni. sed quidam ex eis sunt notorie hereîici. alii temerarii et seditiosi. d'Irsay {Histoire des universités. II. Pour la résonance de ces thèses dans la question des rapports entre l'Église et l'État. 1946 (avec la bibliographie de la page 246). n" 647). et de J. t. On cherche à les lire avec des yeux neufs. On notera comment l'Église. elle-même conditionnée par toute une formation antérieure. mais il lira l'Epître aux Romains à travers sa propre expérience. étroitement liée à celle des rapports entre nature et surnaturel. M. I. L. retour aux textes anciens .uther croira franchir d'un bond quinze siècles d'histoire. I. III-IV.. B. hors des tendances hérétiques ou dangereuses. B. car on ne revient jamais en arrière. Lecler. : — 253 — . Ailleurs. condamne un ensemble de propositions sans indiquer la qualité de la censure qui affecte chacune « supradicti quadraginta quinque articuli Joannis Wicleff et Johannis Huss trid'elles ginta non sunt catholici. on ne trouve que compromis et subtilités. méthode qui sera reprise contre Baius et les Jansénistes. B. I. 1943. qui est professeur et recteur à Prague. n° 661). le nationahsme l'emporte.. L'Eglise et la souveraineté nationale. Mais c'est là une entreprise chimérique. voir les travaux de G. La naissance de l'esprit laïque. alii piarum aurium offensivi » (D. S. 1933. de Lagarde. dès cette époque.. Il n'y a plus d'universalisme. avec Jean Huss. p. n° 646) . quidam erronei. n° 21 : « quo corpus Ecclesiae et quodlibet ejus membrum Gratia praedestinationis est vinjungitur Christo capiti inso- » (D. Dans les écoles.AUGUSTINISME ET NOMINALISME au profit des nationalismes modernes (1). lubiliter sit membrum ejus » (D. de saint Augustin et des autres Pères de l'Eglise. l'engoûment pour l'antiquité classique provoque un on se remet à l'étude de saint Paul. 1934 . l'université médiévale disparaît.

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LIVRE QUATRIÈME L'ÉPOQUE MODERNE .

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avec un renvoi à la pagination des éditions de Weimar ou d'Erlangen. Le père de la Réforme n'a rien d'un DANS occupent une l'histoire de la théologie de la grâce. Denis de Rougemont. Clemen.. On trouvera la bibliographie du sujet dans le remarquable petit livre de L.. les théologiens ou les historiens protestants parlent difficilement sans préjugé de Luther et de la Contre-Réforme. 1944 . d'assez près pour la biographie (je cite la i"'^ édition). Voir aussi les récentes traductions : %es grands écrits réformateurs. Denifle.. que tout théologien doit avoir lu. IX. depuis les réactions jsuscitées par les vigoureuses attaques de Denifle (2). à supposer même qu'on l'étudie sans préjugés. 1936. Paquier). et assez peu accessible en France (1). I330-I3332. Je signale la petite édition de 0. l'histoire se dégagera peu à peu de la légende (3). 1929-1930. C'est contre eux 1. trad. C. L'œuvre de celui-ci est considérable. D. Luther et la place immense.. 1912-1913. J. col. 17 . il est difficile au théologien catholique d'exposer objectivement la pensée de Luther. 2^ éd. M. Paquier. qui donne un certain nombre d'œuvres importantes. T. Mais. le suis Martin Luther. la théologie de Luther resterait difficile à exposer. trad.CHAPITRE QUATORZIÈME L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS Réforme que l'Eglise formule sa doctrine dans un document d'une ampleur inaccoutumée. Luther et le ^^uthéranisme (trad. Luther und Luthertum. 1904-1906. 3. de Voir aussi la bibliographie de J. 8 vol. 1928. On sait que. 1904-1909 . Traité du serf-arbitre. 4 vol. On ne la connaît souvent qu'à travers les réfutations des controversistes. H. Gravier. j — Febvre. 1945. Avec le temps. pour qui le père de la Réforme fut un espèce d'antéchrist. Cependant. Lutkers Werke in^Auswahl. t. 2« éd. catholiques et protestants cherchent à réviser les jugements sommaires de leurs traditions respectives. Luther. De leur côté. Je Un destin.

Le problème moral dans la philosophie de Spinoza. 5. Denifle et Paquier. I. règle. 1168-1175. Biel. Paquier. les Pères de l'Église et l'Évangile lui-même (4). Formé à l'école d'une scolastique desséchée et sans âme. dit-il. p. Delbos. IX. t. 16. 1911. d'accord avec H. p 86. l'amitié 1. note. cit. Imbart de La Tour. 258 — . Paquier. en Allemagne. 236. au destin. Pour la bien comprendre. E. Laissons de côté cet enracinement de Luther dans sa patrie charnelle. Emile Boutroux lui-même a écrit que l'Allemagne était la terre prédestinée à l'éclosion d'un traité du serf-arbitre (3). T. il n'est pas nécessaire de supposer avec Denifle je ne sais quelle obsession de tentations charnelles (5). R. Febvre. Les origines de la Réforme. Luther. note. — 2. et t. 1893. 402-405. op. 44-46. L'Occident la théologie scolastique est dans une est alors en pleine effervescence extrême décadence et l'Eglise est loin d'être sans tache. Pourtant la grâce le visite.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS un intuitif. XIV. 1216. 1327-1328 (M. IX. on revient à l'antiquité. Introduction à la traduction de La philosophie des Grecs de Zeller. C. glissent à la surface de son la paix. un torrent tumultueux images brutales. 4. T. p. p. un « prophète ». les prières. P. Pierre d'Ailly. C. on redécouvre les poètes et les philosophes. Will. II est avide d'union à Dieu. II. âme. Il est plus important de rappeler qu'il arrive à une époque de fermentation extraordmaire. p. Il n'en retient que l'idée de toute-puissance et de l'arbitraire divin. les jeûnes. en Italie. inverse L. à la nécessité implacable qui gouverne la nature et l'homme (2). Etude sur le principe de la piété chez Luther. 1922. J. 1905. j. t. p. Luther réagit contre ses maîtres à la lumière d'une expérience religieuse qui fut certainement peu ordinaire. p. col. xxvi. Luther et le luthéranisme. traducteur de Denifle. t. et multiplie les pratiques ascétiques.. Luther semble avoir été au début un bon morne qui cherche à observer sa systématique. C'est il . d'abord une grâce extérieure. en Angleterre. Mais il ne trouve pas la lui fait lire. Partout. D. pousse sa pensée jusqu'au paradoxe et on se tromperait lourdement en prenant toujours à la lettre ce qu'il écrit (I). Boutroux. col. Paquier. M. Luther. en France. s'est plu à rappeler que Luther était allemand. D. obsédé par l'angoisse de son salut. cité par V. H. aime les . et l'Allemand. 3. Les auteurs qu'on Occam. t. La liberté chrétienne. Paquier écrivait pendant la première guerre mondiale). Grisar. en sens I. croit aux forces obscures. tenaillé aussi peut-être par l'obscur désir de jouer un grand rôle dans les bouleversements qui se préparent.

t. 31 (W. IX. Dieu n'est pas en colère contre toi. V. Staupitz. La foi se distingue encore de la charité talis fides non est sine caritate et spe » {ibid. tandis que le péché originel disparaît « ex hoc jam patet quod peccatum originale non est ipsa concupiscentia seu fomes quia non tota aboletur. C. Luther commentateur des Sentences.. H.W. p. 72 Clemen. cœur de l'homme.. II. Psaumes Dieu. Luther. col. Clemen. 289 Clemen.. 58. Scheel. T. p. V. Luther. c'est toi qui es en colère contre lui (I). qui le tranquillise en avec ta prédestination ? Tourne ton de Jésus-Christ et le sang qu'il a répandu pour toi. sed tantum debilitatur. Paquier. t. Dokumente zur Luthers Entwicklung.. p. C'est alors que. renoncer à sortir du péché. P. 106) Significat quod quilibet est justus cui Deus reputat justitiam sicut Abrahae. généraux déjà cités. 26 W. 1931. explique Pierre Lombard (2) et commente Mais les angoisses le reprennent. L'évolution de Luther jusqu'en 1515 t. 175. se dit-il. Martin Luther. V. . 1922-1924. . 1935. IX. ViGNAUX. ut qui crediderit et baptizatus fuerit salvus sit. 319-326. V. 32 J. 32 -. : — : ~ — L. faire comme si ce cœur — . 11). p. L'homme passionné a une illumination soudaine. il ne 1. vers 1513.. Strasbourg. 696-700) montre comment dans ce commentaire les idées luthériennes commencent à poindre. tenir pour juste celui qui reste pécheur. LOOFS (Leitfaden zur Dogmengeschichte. Cf. 2« éd. 1. p. 13).. s'en remettre à la miséricorde divine. Febvre. » Cette amitié console un temps le moine au tempéradisant : « Pourquoi te torturer regard vers les plaies ment les inquiet. mais il peut fermer les était changé. Dieu ne peut changer le yeux. qui. T. — . IX. outre les ouvrages D. J. salvi sumus. fidèle à l'idée que la concupiscence demeure après le baptême.. 4. « fides enim qua justificatus es. peccatum autem originale totum aboletur (Randbemerkungen zumLombarden. — 259 — . » H. II 52. Le péché demeurera. il Professeur de théologie. In Psalm. III. sa vie et son œuvre. 1. II. si l'on en croit Luther. D. Luther reste encore 2. bouleversa sa vie. L'épanouissement de la pensée de Luther de 1515 à 1524.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS bienveillante de l'un de ses supérieurs. les études de Strohl. Voir aussi le recueil de textes publiés par 0. p. t. V. 1929 et le tome V des Luthers Werke de Clemen (Der junge Luther). Ex eo enim praecise quia testamentum etpactum nobiscum fecit. 50 (W. Non. 75 Clemen. Psalm. col. t. le couvrir des mérites du Christ comme d'un manteau. Grisar.p. 1. » In « beatus cui non imputavit peccatum. en attendant de bouleverser l'Allemagne et l'Europe (4). 3. voir.. II. t. ne plus s'occuper de soi.. Grâce de Dieu ? trouvaille de l'homme ? qui le dira ? Il faut. C. Paquier. : : . se considérer comme incapable de gué- rison. se produit un événement fameux. Grisar. g. « fides et gratia quibus hodie justificamur non justificarent III.. Sur l'évolution religieuse de Luther... Martin Luther. — : 11 . 1. IX. 120) ex seipsis nisi pactumDeifaceret. F. s'abandonner à à la manière de ses devanciers (3).. 1206-1209.

d'une réalité créée qui serait dans l'homme. Pour être sauvé. 1931. c'est pour Luther une vérité d'expérience. enlève toute angoisse au sujet de la réprobation. 103). l'homme ne peut pas mériter devant Dieu La grâce. sum occamicae jactionis (0. Mais. p. Paquier. à cause des mérites du Rédempteur. qui s'identifie avec la concupiscence. Dokumente. L'expérience sur terre. Le péché originel. D. mais qui sauve aussi ceux qui consentent à s'abandonner à la miséricorde infinie. t. t. — « H. lui fait grâce. terrible qui Luther a qui il la conviction que Dieu est avec lui. Grisar. l'individualisme religieux force la ici j { toutes les portes de demeure traditionnelle. un élan de l'âme. Luther. J. Les théologiens parlent d'un habitas. avec sa théorie de la double justice. le tient pour saint. Sur la justification. La justice imputée est en réalité un héritage du Nominalisme (2). ! On ! veut conquérir le ciel à des poignets. de croire qu'on sera sauvé. mais cette théologie ne répond pas à l'expé- prouve que l'homme. IX. T. On logie. La grâce apporte la paix. marquait un G. p. d'abandon. demeure toute inquiétude. Dieu. comme nous le dirons bientôt. le changerait par miracle. empoisonne toute notre vie. . C. Scheel. Je suis disciple d'Occam ». il suffit de faire confiance à L'homme pécheur est justifié par la foi. la force c'est là du Pharisaïsme. nous l'avons dit. c'est cela. 17 Jl 1. d'invin- cible assurance. SwARTS. supprime rience. il est inutile de Les pratiques extérieures. Celui-ci. I. 11 84-1 188. Dès lors. fait de confiance joyeuse. 11 est pourri jusqu'aux moelles. 260 . Salut par la foi et conversion brusque. Des âmes innombrables en vivent encore aujourd'hui comme Luther. La foi n'est pas d'abord un assentiment intellectuel. mais il se préoccuper des œuvres. on agit en mercenaire Mais non. aiment à revivre ce choc psychologique d'une confiance passionnée succédant à une extrême angoisse (1). col.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS sera pas détruit. La fameuse illumination dont parle Luther coordonne des éléments de provenance diverse. Luther. concevait de façon tout extérieure les rapports entre Dieu et l'homme. cette certitude d'un Dieu qui regarde l'homme pécheur comme s'il était juste. Dieu damne veut. Luther dit de lui-même':. 2. c'est une attitude spirituelle. l'école de Cologne. ne peut méconnaître la richesse et la profondeur de cette théoqui. le souci inquiet de sa perfection. aussi longtemps qu'il reste un rejeton du vieil Adam pécheur. La justification par la foi n'est pas une formule d'école. ne sera plus imputé.

J. Pighius. . La lecture du De spiritu et liitera semble l'avoir beaucoup impressionnéElle l'introduisait à saint Paul. . propter quera Deus eorum opéra %cceptat. nilDeus in nobis praeter sua dona coronat. Justification. col. : 5. « Absurdissima est et pelagiano errori vehementer patrona sententia qua dicitur facienti quod in se est Deus infundit . D. Dans le commentaire des Sentences. Der junge Luther uni Augus- — — tinus. 109-110). J. IX. Il écrit dans son Commentaire des Sentences (In Sent. 23 Scheel. V. cit. 27 W. 3. V. qui parle de krypto-semipelagianismus !). p. mais déjà Luther se fait très violent «mera deliriasunt quaedicuntur quod homo ex dribus suis possit Deum diligere super omnia et facere opéra praecepti secundum îubstantiam facti. J. VIII. 4. p. 700. 1189. 1. 2159-2164.. sed non ad intentionem praecipientis. Luther. t. Dokumente. cf. . col. T.. IX. col. 72 Clemen.. II. ce fabulator qui a perverti la foi chrétienne (4). : : 261 . Paquier. Gropper et même Contarini. devaient paraître à Luther bien Inconséquents (I).L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS recul très net par rapport aux grands scolastiques. Paquier. p. 1931. videtur magister non penitus absurdissime loqui in eo quod habitum Luther écrit licit esse Spiritum sanctum. A l'influence du Nominallsme il faut ajouter celle de l'Augustinlsme (2). Luther loue Pierre Lombard de s'en tenir lux lumières de l'Eglise. p. Luther voit en Augustin le docteur par excellence. p. 221 -1225.. V. C. IX. 4). D. 4. : . 118 W. qu'on ne louera jamais assez (3). qui s'opposait à leur théorie. .. Rivière.. T. et F. op. mais il ne connaît pas au début les écrits 5ur la grâce. 7) « melius hic Augustinus et verius de feHcitate disputât quam fabulator . 201. Il. 43 Clemen. p. Luther garde encore un mérite de congnio (In Ps. LOOFS. .t ailleurs Àristoteles cum suis frivolis defensoribus » (W. C. Il l'oppose aux modernes et à Arlstote. t.. Luther exagère à plaisir l'idée que nos mérites ne sont finalement que des dons de Dieu et commence à nier toute possibilité de coopération à la grâce (5). 329 Clemen. 708). t. IX. II. » Dans le commentaire des Psaumes. Velint nolint. p. 219). « maxime illustrissimo jubari et numquam satis laudato Augustino » (W. quia non est in gratia. 189).. : . 1936. IX. Le commentaire de l'Épître aux Romains lui-même porte encore la trace de la doctrine traditionnelle (Loors. quae alioquin non acceptaret » (ibid. stulti. sentiunt in se pravas concupiscentias » {In Rom. Hamel. 17 W. C. IX. sed Christi in eis. t. Ficker. 29 Clemen. « Ut quid ergo mérita sanctorum adeo praedicantur ? Responieo quod non sunt eorum mérita. 3 sawtheologen. : .. Nous verrons plus lom le concile de Trente..< . en même temps qu'il condamnera Luther. Réagissant contre le pélagia- nisme secret du Nomlnalisme. quia commentum illud de habitibus opinionem habet ex TOrbis Aristotelis rancidi philosophi » (In Sent.. Du jour où il le découvre. 2. 124). T. 1 Gropper et Contarini. répudier l'extrinsécisme des idées de Seripandosur la justification. II) « quicquid habesmeriti prœventrix gratia donat. Sur les théories de Pighius. A propos de la célèbre opinion de Pierre Lombard sur la charité (supra. I. I. A.. D. V. IX.

T. D. 711-715. lex camis. Ficker. comme saint Augustin. Luther et le luthéranisme. D'autres au contraire rappellent que. Apostolum et simplicitatem sensus in Christo Jesu est non tantum privatio qualitatis in voluntate. monstrum pertinax. dilectio autem erroris ac tenebrarum. 262 . J. sed ultra sanitatem omnium membrorum privatam debilitatio omnium sensuum et viriumInsuper nausea eorum quae salubria sunt... morbus originis. Luther va plus loin encore et il assure que l'homme. en effet.. t. que Luther ne connaissait pas l'histoire de la question et qu'il était médiocre exégète (Denifle et Paquier. Insuper est pronitas ipsa ad malum.. tyrannus. Le désordre de la concupiscence suffirait à le constituer pécheur s'il n'était couvert des mérites du Christ. Secunsubtilitates theologorum est privatio seu carentia justitiae originalis secundum 5 (éd. Là oii il règne. nausea ad bonum. » Luther attribue cette formule à Augustin. Le péché originel. Igitur sicut antiqui Patres sancti recte dixerunt peccatum illud originis est ipse fomes. Luther et le luthéranisme. a corrompu tout son être (2). 104-109). lex membrorum. p. et Denifle s'en indigne (Denifle et Paquier. 1. Hic Cerberus. cujus aegritudo mortalis non tantum est unius membri privata sanitas. 1929. fastidium lucis et sapientiae. entend de l'homme justifié le chapitre vil de aux Romains et il accuse les scolastiques d'infidélité à la pensée du docteur d'Hippone..L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS Augustin. quoi qu'il fasse. Mérite. latrator incompescibilis. il ne peut y avoir rien de bon. 323). etc. immo nec tantum privatio lucis in intellectu. virtutis in memoria. t. 144) « quid ergo nunc est peccatum originale. note). fuga et abominatio bonorum operum. 66. si la formule n'est pas d'Augustin. Ista ergo est hydra illa multiceps. cursus autem ad malum. col. lviii-lix). même justifié. Luther explique d'ailleurs joliment que l'homme justifié est le blessé que le bon samaritain a remis à l'hôtelier. Est enim simile cum aegroto. et voyait dans la justification moins un état qu'un devenir (I). II. De gratia. 332 et passim). C. : . non sans passion. les vertus des païens ne sont que des vices splendides (3) le chrétien lui-même n'est justifié que par une fiction juridique. elle exprime une pensée fréquente chez lui (Lange... sed prorsus privatio universae rectitudinis et potentiae omnium virium tam corporis quam animae ac totius hominis interioris et exterioris. et Anthaeus in terra : dimissus insuperabilis.. l'homme ne pourrait. dum II. Denifle montre ici. Il ne sera guéri qu'en quitl'Épître tant cette vie {In Rom. ergo et gratia » {ihid. soulignait la misère de l'homme. cum omni tempore in arbitrio suo sit facere quod in se est. Un décret divin rend cependant vénielles ces . et cupiditas eorum quae noxia sunt. Ficker.. qui parlait aussi d'expérience. gratiam. 3. Cf. t. cum quo pugnamus in Lerna hujus vitae usque ad mortem. p. ne sera jamais justifié tant que dure la vie d'ici-bas. Inde tota Ecclesia pêne subversa est. languor naturae. p. videlicet hujus verbi fiducia. p. 180. même racheté. VII. Même couvert par eux. 2. Nous dirons plus loin où se trouve la véritable opposition entre Luther et Augustin. Unusquisque intérim secure peccat. Rivière. Luther. I. In Rom. que pécher mortellement. en ses actions propres. X.

336-370). Dans ce mot. col. la conviction qu'on est couvert de péchés. » « semper est in peccato. 1930 I. 203-205). l'adhésion de l'esprit aux enseignements du Christ. rejoignant ainsi Pelage. donec cesset et sanetur. » Je viens de citer déjà quelques'extraits de ces leçons sur l'Épître aux Romains. et utique mortalis nisi Deus misericors non imputaret propter inceptam curationem.. toujours plus de foi. un élément de confiance. Nous avons dit que. unique Sauveur. l'humilité. 32 (Ficker. ergo ipsa rea et nos rei sumus. : non In Rom. à la suffisance des sumus « ex quo mirabiliter sequitur quod 7 (Ficker. mais avec des prémisses combien différentes Voir In Rom. die Scholien (cité Ficker I et II). l'abandon désespéré entre les bras de Dieu. d'après la belle édition de J.iC'est la foi^ÇL.. Prat. C. II. et la loi.. » Luther rejette toute distinction entre péché mortel et péché véniel. col. II.. Les grands scolastiques mettaient entre péché péché mortel une différence ontologique. L'élément intellectuel n'est pas absent de la notion luthérienne. 1212-1229. 123) « ex quo patet quod nullum est peccatum veniale ex : — — : ! natura sua. outre l'adhésion intellectuelle. T. Le moine anxieux se retrouve dans les chapitres fameux oii l'Apôtre décrit le conflit entre Le pître la concupiscence la foi lui parait giens (3). I. chez saint Paul. licet de natura sua sit mortale. la foi est quelque chose d'infiniment complexe. c'est saint Paul. 4 (Ficker. II. voir Paquier. 4^ éd. le péché originel) nos ipsi sunius. tout cela aussi. 179-180) quia infirmitas illa (la concupiscence. D.. 1. un acte d'obéissance.. quod Deus ei non imputât in peccatum mortale. 1914. du véniel et C'est lui qui commande l'interprétation d'Augustin. sicut in simili baptizatus aut poenitens manet in infirmitate concupiscentiae. id est in defectu fidei. t. die Glosse. 25^ éd. 1231. et finalement la charité (F. Le Nominalisme que Luther s'était efforcé d'exorciser reparaît sans cesse. cf. dans Revue des questions historiques. Mais la crainte. en effet. T. la foi est une notion très complexe. vrai maître de Luther. p. rei . Rien de tel ici. IX. D. il fait entrer d'abord un élément traditionnel. et les meilleurs exégètes reconnaissent qu'elle implique. Sur la corruption radicale et la justice imputée. La théologie de saint Paul.UAUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS fautes justifié (1).. l'effort angoissé pour avoir la foi. 14. mais il n'est : : : 263 . qui cite ici M. Luther. t. il y a beaucoup plus qu'une différence de vocabulaire. Luther au couvent. Cristiani. t. p. que tout ce que l'on fait est péché. 3. Dei misericordia non imputante reatum infirmitatis. 332) reatum consentientis infirmitati voluntatis. ista infirmitas fidei est veniale peccatum.. Luthers Vorlesungen ûber den Rômerbrief. la confiance tremblante dans le Christ. le sentiment de notre impuissance en face de la loi divine. Il commande plus encore celle de l'Apôtre. quae tamen est contra legem. Sed non sumus rei dum non operamur secundum eam. La thèse paulinienne de la justification par autrement profonde que les spéculations des théoloPaul s'opposait au légalisme des Pharisiens. IX. II. 2. Paquier. le Paul de l'Eaux Galates et de l'Epître aux Romains (2). Cristiani « Pour Luther.. Ficker. I. Sur la foi luthérienne. C. hoc est. Mais entre la pensée catholique et la pensée protestante. sed Scholien in rei et Rom..

Febvre.. I. ou plutôt d'une expéle rience religieuse érigée en vérité universelle et qui sortes de négations. son attitude lors du double mariage de Philippe de Hesse a profondément scandalisé (2). Luther devient le prophète d'un nouvel Évangile. provoquant des exclamations comme celles que nous avons citées ci-dessus. ! pas au premier plan. le chaos. p. qui l'amène à renverser l'ordre établi. 1937. Comme le re. et pour ramener l'ordre. 78. fût-on plus grand des génies. t. c'est en le effet cet individualisme puissant. Mankiewiecz. ici-bas. c'est la justice. 3. Les grands problèmes du droit. p. 26).. Il meurt sans avoir réussi à unifier son âme tumultueuse (3). Un destin. aimait à dire Luther. DE Lagarde {Recherches sur l'esprit politique de la Réforme. 215-216). 267-269 (cf. la système ecclésiologique impliqué dans la vie de l'Eglise. op. Mais bientôt. D'un bond prisant quinze siècles de réflexion chrétienne. Martin Luther. après avoir écrit les Confessions. institutions et doctrines. 206-217 (Luther et la polygamie). L. 230-257. mais l'État. non l'individu. — D'autres auteurs ont insisté sur le « nationalisme » de Luther (L. en beaucoup de pays. marque M. il se fait le défenseur de la liberté chrétienne. il liste Désormais. H. p. Le national-socialisme. héritier de la pensée de Denifle. qui d'ailleurs ne reconnaîtra plus aucune efficacité objective à la Rédemption. IV. p. L'expérience de Luther s'agrandit aux dimen' Le monde sions d'une époque. Luther se croit un nouveau Paul. n'est pas tendre pour le réfor- — . G. De sa réforme sont ici sortis le meilleur et le pire. parmi les siens. Paquier. p. 1. Paquier. faire table rase de son hérédité spirituelle ? Luther. sera prisonnier d'un système. Febvre. méMais comment. au lieu de chercher seulement à réformer. — t. On juge l'arbre à ses fruits. p. Mais quel contraste entre le vieil évêque et Luther vieillissant Le prophète a épousé une nonne. entre vais et livré divorce devient radical est là-haut. op. le vrai bénéficiaire de la révolution religieuse fut. M. Nous n'avons pas Messe à raconter et tout le sa lutte contre les Indulgences. Augustin. Febvre. lit saint Paul à travers ses préjugés de nominaaugustinisant. il en est qui entendent cette liberté chrétienne en un sens fort peu évangélique. 1926) montre que finalement. L. cit. 2. et il fera de plus en plus place à une confiance aveugle en Jésus Sauveur du inonde. Denifle et J. Luther et le luthéranisme. Le Fur. H. lui-même mauau péché. écrivit sa Cité de Dieu. conduit à toutes La véritable unité de la pensée de Luther. et à laquelle s'accrochera le protestantisme libéral. 351 . quoi qu'il en ait.L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS œuvres le . farouche. cit. il faut faire appel aux puissances séculières le ciel et la terre le (I). le Purgatoire. Luther. 237 appendice sur les portraits de M. Denifle. p. 1937. 264 . il le rejoint.

à la manière de mateur. seu jumentum. le paradoxe « si gratiae praedicator es. Luther. 1909. P. il ne veut entendre parler que de l'Écriture et du souverain domaine d'un Dieu qui fait de ses créatures ce qu'il lui plaît. M. . nec est in ejus arbitrio ad utrum sessorem currere 3. t. vult et vadit quo vult Satan. gratiam non fictam. 1. IX. Si le cavalier est Dieu. qui victor est peccati. l'homme est passif. si vera gratia est. mais deux thèses prennent un relief plus accusé : l'impuissance du libre ar- bitre et la certitude subjective de la justification. l'homme n'est qu'un la raison. Elle permettrait de comprendre que des milliers d'âmes puissent vivre encore aujourd'hui de la pensée du réformateur. instrument. refuse ce terrain de combat et. — — Luther. Erasme et : vieilli (p. et. 23). : in : — 265 . mais le portrait qu'il trace de Luther 278-280) suffirait à persuader que. Febvre cherche à être plus équitable. mortis et mundi » (lettre à Mélanchton. H. l'homme fera le bien. t. Si insiderit Satan. Corruptio optimi pessima ! A quel moment précis de sa carrière faut-il situer la rupture intérieure avec l'Église et la tradition ? C'est le secret de Dieu. sed fortius fide et gaude in Christo. ou plutôt. malgré la révolte de celui-ci. 1 283-1 295. Esta peccator et pecca fortiter. Essai sur le libre arbitre. hors de laquelle il n'est pas de salut. De servo arbitrio {W. Erasme de Rottekdau. lui. Deus non facit salvos fictos peccatores. non fictum peccatum ferto. trad. II continue à dire que l'homme est tout entier vicié par le péché et que seule la foi justifie par une imputation extrinsèque des mérites du Christ (1). verum. fut un mystique authentique.. Dieu seul agit. Humbertclaude. i" août 1921. XVIII. il a poussé jusqu'à l'extrême les conséquences de sa pensée et de son interprétation du docteur d'Hippone. sed veram praedica. il fut aussi un mystique infidèle à sa vocation. III. se rattacher authentiquement au Christ et à l'Église catholique. Le De libero arbitrio de celui-ci représente la réaction de Pour défendre d'une raison d'ailleurs émancipée de la tutelle de l'Eglise. si Luther. col. ut Psalmus dicit factus sum jumentum et ego semper tecum (Ps. Entre les mains de son Créateur. Werke. Cette thèse s'exprime par le mot fameux que les apologistes catholiques citent volontiers. Image audacieuse qui exprime violemment. Erasme part de considérations tirées de l'ordre social. mais si c'est le diable. p. T. sans se souvenir assez que Luther aimait. un débat retentissant le met aux prises avec Érasme (2). Sur le premier point. Clemen.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS Entre temps. il fera nécessairement le mal (3). 635 Clemen. t. 2. VL P. 1946. C. le libre arbitre.53)J. Mesnard. vult et vadit quo vult Deus. dans son De servo arbitrio (1525). il est comme une monture que chevauche un cavalier. comme j'inclinerais à le croire. Paquier. si insiderit Deus. D. 72. Luther. 126) « Sic humana voluntas medio posita est. Mais il y aurait là une belle étude à faire du point de vue catholique.

» L'article 20 (Muller. mettent l'accent sur le libre arbitre (cf. VI. 846) accuse les divergences entre Luther et Mélanchton et pense que le synergisme de celui-ci l'apparente au krypto-semipélagianisme dénoncé chez les scolastiques du XIII^ siècle. » Suit une citation de V Hypomnesticon. 217-219). p. T. p. Dogmengeschichte des Protestantismus. p. \. Ritschl. 114. Bareille. p. Symbolique. A. Nous verrons bientôt les thèses de Calvin sur la prédestination susciter aut eum quaerere. 1907 0. I. en revanche. 423-454). MiiLLER. Striegel.. Le texte (art. à léna. d'Augsbourg développe ces assertions sur le rôle de la foi (Muller. en réaction contre l'école nominaliste.L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS Luther. une thèse théologique contre laquelle. is aspematur Christi meritum et gratiam et quaerit sine Christo humanis viribus Les œuvres viennent ensuite. toujours puisées sées jusqu'au paradoxe. t. E. » L'Apologie de la Confession p. Ces textes. 5-6). Lâchât. Die Synibolischen Bûcher der eiiangelischen lutherischen « de libero arbitrio docent quod humana voluntas habeat Kirche. 43 aliquam libertatem ad efficiendam civilem justitiam et diligendas res rationi subjectas. l'imago Dei étant devenue une imago diaboli (LOOFS. 1852. qui solus positus est mediator et propitiatorium. item praecepta Dei facere quoad substantiam actus. cum per Verbum Spiritus sanctus concipitur.. 1. II. C. 12^ éd. en vient à cette thèse paradoxale. 18) continue « damnant Pelagianos et alios qui docent quod sine Spiritu sancto solius naturae viribus possimus Deum super omnia diligere. Flaccius IlL. : Sed non habet vim sine Spiritu sancto efficiendae justitiae Dei seu justitiae spiritualis. Après la mort de Luther. 100) et l'impuissance du libre arbitre (ibid.. — 266 — . Luther. MOEHLER. sed ipsi sessores certant ob ipsum obtinendum et possidendum » (voir la trad. 82-83). Textes dans J. t. F. p. Mélanchton aura beaucoup de peine à accepter ici les idées du maître. mais les Luthériens eux-mêmes vont réagir. 1936. 900-902 . — Luther donne de Denis de Rougemont. J. Kawerau. Lâchât. que nous avons déjà trouvée dans saint Thomas {supra. dans l'Écriture. quia animalis homo non percipit ea quae suntDei sed haec fit incordibus. G. en effet. que mentionnent encore nos manuels de théologie catholique et'selon laquelle le péché originel a tellement infecté l'homme que celui-ci est maintenant une substance perverse. 114-115 dans la Realencyclopàdie de Hauck. la Confession d'Augsbourg les atténuera (1). 48). p. La symbolique. non seulement l'Église. viam ad Deum. Pfefïinger. . J. : — - — — ! .'mais poustrad. per quem reconcilietur Patri. A. trad. 191 2. p. XIX. 217). Itaque qui confidit operibus se mereri gratiam. des théologiens considérables attaquent le déterminisme théologique et un débat passionné s'engage sur le « synergisme » (2). ailleurs d'autres images. col. On parle sobrement de la justice imputée (p. J. sed hanc tantum fide consequimur credentes quod propter Christi meritum recipiamur in gratiam. . t. Leitfaden. Moelher. à Leipzig. Flaccus Illyricus. Ceux-ci sont donc en bonne compagnie 2. 44) défend la thèse luthérienne de la justification par la foi-: « opéra nostra non (possunt) reconciliare Deum aut mereri remissionem peccatorum et gratiam et justificationem. Synergismus. p. Traité du serf-arbitre. comme l'expression de la foi (ibid. D. 39). Loges {Leitfaden zur D.. G. sont antérieurs à la session VI du concile de Trente. Cf. p. 1928.

nombre de théologiens mettront l'accent sur au risque de donner des gages à Pelage. t. il est aussi l'ennemi de toute conception juridico-ontologique de la justification. la mise au point se fera lentement. 2062. 1821. t. Effrayés par le déterminisme luthérien. comment le vraiment uni au Christ. Dès lors. tandis que le catholique exige la médiation d'une Eglise visible (1). la lo- gique des systèmes l'emportera et la victoire reste aux intransigeants. Luther est donc l'ennemi du libre arbitre. XIII. simples excitants de chrétien saura-t-il la foi. Luther. elle. Le luthérien. i^^ éd. souligneront Toute la différence entre catholicisme et protestantisme tient que le protestant va directement au Christ. C. lui. sujet à toutes sortes d'illusions.. Les contemporains du Christ avaient la consolation de s'entendre dire par un homme de chair et d'os « Va. F.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS elles aussi une réaction assez vive. Sa mystique individualiste redoute ici la magie et il ne voit dans les rites que de tard : « en ceci. On est justifié par l'entrée dans l'Eglise ou l'imposition des mains qui marque l'achèvement du processus pénitentiel. col. L'Eglise. Cependant. d'autres au contraire la causalité universelle de l'Etre suprême. ne peut s'en remettre qu'à un témoignage intérieur. dans les deux cas. Luther remet en question cet aspect communautaire de la vie surnaturelle. 3. couvert de ses mérites ? Uniquement par une expérience subjective incommunicable (3). Chez les catholiques. Réforme. J. Dans l'Augustinisme classique. ici comme en d'autres questions. s'il est en paix avec Dieu ? s'il est : tes péchés te sont remis » Le catholique pense que le prêtre qui l'absout est véritablement mandataire du Christ. L. col. D. 137-138 : « Vor- laûfig môge man den Gegensatz so fassen. » Luther ne veut reconnaître aucune efficacité surnaturelle aux sacrements. der Katholizismus aber umgekehrt das Verhâltniss des Einzelnen zu Christo abhângig macht von seinem Verhâltniss zur Kirche. » 2. IX. Paquier. Der ChristUche Glaube. p. et l'un des plus illustres parmi ses disciples dira plus la liberté. T. Cristiani. dass der Protestantismus das Verhâltniss des Einzelnen zur Kirche abhângig macht von seinem Verhâltniss zu Christo. défendra un Augustinisme modéré et. la théologie sacramentaire était le complément indispensable de la théologie de la grâce. SCHLEIERMACHER. T. Entre le point de vue de la personne et celui de la commu! 1. 1232-1237. C. qui seule justifie (2). 267 . préférera aux formules d'école une attitude pratique qui n'est pas moins riche en vérité. D.

L. la préélus (3). p. Voir également les articles de L. t. — 268 — . Zwingle. Mais avant que se réunissent les solennelles assises du concile de Trente. le Christ. 644-645). col. la Réforme gagne du terrain et elle a aussi son histoire doctrinale. il est enclin à accorder aux païens d'avant le Christ toutes sortes de vertus (1). Cristiani. t. 2058. 2059-2061) et le Dict. échappe totalement à Luther. t. 2064-2065. Luther Luther était surtout fervent F. Imbart de La Tour qui s'intéresse évidemment davantage à l'ecclésiologie qu'aux thèses sur la grâce. voir les articles de A. col. col. 1398-1402). T. d'ailleurs. destination au mal sont contre-partie du choix des livre Calvin nous retiendra plus longtemps. Leitfaien zur Dogmengeschichte. Cristiani dans le D. de saint Paul. T. 4. de la foi catholique {Réforme. 545-557) et de A. imputation extrinsèque des mérites du Christ. par certains côtés. 11 parle avec (4). 2049-2050. c'est en face de trois thèses essentielles que l'Eglise catholique va être dicale de amenée à définir ses propres positions corruption ral'homme blessé par le péché originel. T.L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS nauté fondée par catholique. aboutissant. Calvin mais son Augustinisme radical est d'un légiste qui se trouve aussi avoir lu Bradwardin. II. XIII. : Nous ne nous arrêterons pas à Zwingle. alors s'accomplira peut-être. mais lentement et Ainsi donc. T. 2051. IV. la le Dieu devient la la cause du péché. 1. semble-t-il. justification par le foi et par la foi seule. Réforme. C. XIII. C. col. Formé à l'école des humanistes. Luther des premières années. il nie pratiquement le péché originel et la nécessité du baptême (2). XIII. C. Jundt {Encyclopédie des sciences religieuses de Lichtenberger. La réprobation. elle. Le réformateur français nous en effet un système théologique d'une importance capitale et sur lequel les réfutations auront beaucoup plus de prise que sur l'insaisissable est plus spécifiquement augustinien. au déterminisme plus strict. {Réforme. Réjorme. D. LOOFS. L'Église n'aura qu'à réfléchir sur sa propre vie pour découvrir cette intériorité vers laquelle aspirait le La Réforme sûrement. il n'arrive pas à faire la synthèse. t. col. C. apolog. 2. dont les doctrines n'ont eu qu'un instant d'éclat. Mais il exagère par ailleurs les thèses luthériennes sur la prédestination et négation du libre arbitre. Baudrillart (Z). II. t. 799-800. D. sans éclat. 2050col. Sur la théologie de Calvin. t. et le tome IV des Origines de la Réjorme de P. L. 3. Cristiani.

Imbart de La Tour. Dieu est le maître souverain de l'univers. 678). récemment (éd. . LooFS. t. C'est la prédestination 4. aucun « état » dans lequel Dieu ne recrute ses élus (6). C'est le déterminisme théologique le plus rigoureux. Le réformateur français met au premier plan la gloire de Dieu (3). p. de R. Inst. avant le commencement des temps. devise : Ad 1539 {Opéra. IV. 883. Il pense d'abord que le texte de la première Epitre de Paul à Timothée doit être interprété à la manière d'Augustin il n'y a aucune classe d'hommes. Chez lui.. 6. Calvin les réconcilie (1). 701). Aussi. La de la prière et des sacrements. Ibid. Il faut vivre. p. Institution chrétienne. 23. t. II. II. 24. a-t-il décrété de façon immuable que les hommes seraient prédestinés mourir comme à manifester cette gloire. 454 cf. Il faut distinguer ensuite entre la : 1. LoOFS. ziir D. chrét. 72. 878. op... mais il entend bien qu'on n'abusera pas de celle-ci et remet en honneur l'observation de la Loi. 724). Luther mettait un abîme entre le Loi et l'Evangile. . III. par leur damnation (4). c[. éd. p. — Cf. Mais l'Ecriture ne parle-t-elle pas de la volonté salvifique universelle ? Calvin répond par une distinction. réédité cit. uns au — salut. de Calvin se manifeste surtout dans ses thèses sur la prédestination. 24. p. tiné les de l'élection éternelle par laquelle Dieu a prédescondamnation » {Opéra. 15 {Opéra. 3. mais avec cette arrière-pensée que Dieu est glorifié « par les actions libres des créatures raisonnables. 5. 85-89. t. op. En ce qui nous concerne. III. 524 cL t. IV. II. 490 cf. les rapports entre créature et Créateur étant conçus de façon très anthropomorphique.. t. p. Je sers.. liberté chrétienne. Leiifaden p. L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS Luther de la liberté chrétienne. Inst. IV. chrét. t. les uns par leur élection gratuite. Calvin va plus que n'ira Jansénius dans l'interprétation de l'Augustinisme. 93-97. p. les autres. 21. I. III.. IV. 1934) traite 2. il tient dans sa main l'être et la vie de tout ce qui est. réprobation et prédestination s'entendent avant toute considération du péché d'Adam. les autres à la . t. I. Christinae religionis institut. p. F. 27). et l'originalité s'il n'y avait pas de Loi (2).. p. dans le Corpus reform. t. 726) 269 • . Saint Ignace de Loyola prendra lui aussi pour majorem Dei gloriam. t. II. 4 {Opéra. t. p. p. 526 . III. — Le Catéchisme de 1545 la Loi. Adam lui-même n'est tombé que parce qu'il avait été prédestiné à pécher (5). G. WiLL. 11 ne peut avoir d'autre motif à son action que sa propre gloire. — P. comme s'il n'y avait pas d'Evangile. La liberté de l'homme cède devant le souverain domaine de Dieu. de col. p. dira l'un de ses interprètes. supra-lapsaire. 14 {Opéra... loin de beaucoup les plus nombreux. IV. cit. de la foi. t.

Inst. Luther enseignait que seul le péché d'infidélité peut faire perdre l'état de grâce. cf. en l'attribuant d'ailleurs à saint Augustin (6). cf. Mais le climat n'est plus guère augustinien. chrét. 3. jusqu'à dire qu'il avait perdu la liberté. 7o5). Augustin avait parlé durement de l'homme déchu.. cit. Calvin maintient les thèses luthériennes sur la justification par la foi. Calvin s'étend plus complaisamment encore sur les ravages que cause en nous le péché originel (2). p. « par laquelle le Seigneur appelle à soi tous hommes indifféremment ». II. note 4) 4. La prédestination d'après Calvin. remarque ici que Calvin morale. i » C'est le volontarisme poussé et le mal. p. dans Revue de métaphysique et de Inst. III. t. p. III. p. Inst. Il. Bois. et une vocation spéciale qui est le propre des seuls fidèles.L00FS {op. 23. p. Inst. bien plus. puisque certains ne sont appelés à la foi que pour un temps (1). II. 270 . Dieu agit par une grâce irrésistible. t. p. chrét. III. chrét. 495 cite . 718). igrS. cf. l. » 2. Est justifié celui qui croit fermement qu'il est du nombre des élus. Calvin ne lie pas la question de la prédestination à celle du péché originel. p.L'AUGUSTINISME DES RÉFORMATEURS Vocatio generalis et la vocatio specialis. t. : p. 516 . Dieu appelle tous les hommes au salut par la prédication extérieure. 354 .. p. t. Inst. Dans le cœur de ceux qu'il conduit au salut.. t. 224). 8 {Opéra. chrét.. allant parfois. 167) « que Dieu se sert tellecœurs à exécuter ses jugements. H. 4. Il y a une vocation universelle.. cf. quitte à se corriger ailleurs. chrét. t. II. D'ailleurs. suppose que Dieu lui-même a voulu le péché d'Adam avec toutes ses conséquences (4) et qu'il endurcit le cœur de ceux qui doivent servir à manifester sa justice (5). mais il les infléchit dans le sens de ses théories sur la prédestination.F. t. des seuls prédestinés. Dieu est par-delà le bien 6. Augustin en faisant un contresens. {Opéra. II. à ses extrêmes conséquences . La liberté s'identifie avec la spontanéité et Calvin reprend à son compte l'image du coursier que chevauchent Dieu ou le diable. 297 . 670-671. » Le titre ajoute : : que toustefois il demeure pur de toute tache et macule. IV. p. 185) « que l'homme est maintenant despouillé du franc arbitre et misérablement assujetty à tout mal. 2 {Opéra. 18 {Opéra. p. IV.. mais il ne meut efficacement et de façon définitive que le cœur des seuls prédestinés. p. t. 8 (Opéra. cf. ment des méchants « et ployé leurs 269 . t. On reconnaît la doctrine augustinienne du De correptione et gratia et des traités qui l'expliquent. 5. 887. III. II. il se refuse carrément à distinguer entre le vouloir de Dieu et sa permission (3). t. 24. III. II. 1.

J. c'est obéir à Dieu même. II. excommunie les hérétiques et châtie les pervers (6). — « de 19 {Opéra. et les soldats de Cromwell. a dédaigneusement laissé 1. tienne ». Hume. . qui défend sa foi. 15 (Opéra. Inst.. 24 {Opéra. T. p. p. D. t. III. dans son histoire des dogmes. D. Cromwell mourant se consolera lui-même en pensant qu'il est sûr d'avoir été une fois en état de grâce (3). Obéir aux chefs de l'Église. p. chrét. sujette à l'illusion. 2.. 5. Luther. p. Réforme. à la différence de Luther. p. t. Imbart de La Tour. 3.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS l'état de grâce est absolument inamissible (1). cf. 98-1 11. 613) Cf. Inst. n'ont plus aucun sens pour les pères de la Réforme. Rien d'étonnant par conséquent à ce qu'on mette l'accent . Paquier. Maurois. C. : 7. dit pour magnifier » les « que tout ce qui est t. Elle n'en est pas moins capable d'enthousiasmer les âmes. 6 {Opéra. p. II. mais Calvin pense justement que la vie chrétienne est communautaire. 343 . A. Calvin fait grand cas des œuvres. p. IV. p. t. chrét. comme chez Luther. 464. Les origines de la Réforme. Calvin ne veut entendre parler d'une grâce créée. 579) mérites destruit tant la louange de Dieu que la certitude de notre : salut. 6. II. 4.. L. IV. Il est entendu que l'homme est incapable de tout mérite (4).. IV. 2060. III. t. 294 .Le Calvinisme est ainsi une espèce de néo-catholicisme qui sera d'autant plus intransigeant que ses dogmes sont moins éprouvés par la tradition vécue. t. Inst. les précisions scolas- Calvin va plus loin : tiques sur la grâce actuelle et la grâce habituelle. Cependant. p. XIII. col. II. 5. il est certain aussi que l'observation de la Loi est impossible à l'homme (5). 1237. Ne prenons pas d'ailleurs ces mots au sens catholique. Pas plus que Luther. en bons puritains.. p. Cristiani. 504 . col. P. III. 711). t. la certitude de la justification est une assurance purement subjective. La Loi est l'expression de la volonté divine (7). Chez Calvin. Harnack. puiseront bientôt une force incomparable dans la certitude que leur cause est celle de Dieu et qu'ils sont prédestinés (2). c'est une église bien définie. chrét. citant l'histoire d'Angleterre de D. la grâce et la charité. t. cf. 234). La communauté chrétienne n'est pas pour lui une réalité insaisissable une église métempirique comme pour le catholique. III. T. IX. t. qui se contentent de juxtaposer des catégories juridiques aux données de l'expérience religieuse. cf. sur la Loi et ses prescriptions. 1937. C. II. chrét. cf. 369 . la liberté chré- 271 . t. Inst. t. IV. Histoire d'Angleterre.

Arminius (t 1609) essaye de les atténuer et crée tout un mouvement d'opinion. Nous ne lui donnerons pas tort. FORGET. 314-339 (Arminius). D. J. la querelle mémorable qui surgit en Hollande à propos de la prédestination. Arminius. Leilfaden zur D. Il nous l'Eglise catholique réagit à la fois comment contre le Pélagianisme secret des humanistes et l'Augustinisme excessif de la Réforme. t. Gotnar. — — 272 . Mais le Calvinisme orthodoxe réagit avec Gomar et finalement ces intransigeants l'emportent. — Proiesiantismus. 935-937. 1477-1480. col. Mais nous doctrinale du Protestantisme. LOOFS. 303-306 (Gomar et la prédestination supra-lapsaire). les non après et la considération du péché originel que Dieu sauve faut maintenant montrer uns n'avons pas à suivre cette histoire damne les autres. p. t. G. 1926. C'est avant. I. C. l'accent sur l'indépendance de Dieu et la prédestination supra-lapsaire ( I ). Incapable de croire que les thèses de Calvm sont l'expression de la vraie foi. Pour lui. t. Dogmengeschichte des F. col. 0. III. D. à cause de son importance pour l'histoire du Jansénisme. C. p. p. T.L'AUGUSTINISME DES REFORMATEURS de côté l'histoire des doctrines protestantes. p. I. le principe même de la Réforme impliquait la négation de toute formule dogmatique. 373-374 (synode de Dordrecht). T. Cependant. malgré certains compromis met. Mangenot. VI. Ritschl. Le synode de Dordrecht (1618-1619).. 1968-1971. nous rappellerons.

cherchait des compromis capables de rétablir la paix de l'empire. t. enfin la proposition 36 sur la déchéance du libre arbitre : « liberum arbitrium post peccatum est res de tion dum facit quod in se est. T. 4). col. C. l'autorité du pape.. Il ne s'agissait alors condamné les thèses luthéapparemment que de néga- tions touchant les indulgences. l'Eglise : La rupture de Luther avec théologiens catholiques étaient divisés.. Luther attaquait ouvertement le principe catholique la Tradition. Lâchât. D'une part. t. X avait riennes (1). 1167 . le pape Léon DÈS diate. Les uns.CHAPITRE QUINZIÈME LA JUSTIFICATION AU CONCILE DE TRENTE 1520. Môhler remarque justement qu'une doctrine hérétique ne se présente pas nécessairement du premier coup sous son véritable caractère. Luther. Les conséquences d'un principe peuvent se manifester avant le principe lui-même (La symbolique. t. D. n°^ 771. On notera spécialement (D. B. 3. col. de ces négations multiples. trad. J. le sacramentalisme. IX. B. note i. 11 — les la propositions . 775) sur le péché. Enchirid. opposées à la justification sacramentelle telle que l'entendait la tradi- J. B. cf. 772. supra. Paquier. 10. n°^ 749-751) sur la certitude subjective de justification. T. on commençait à voir à quels désordres peut mener la « liberté chrétienne » lorsqu'elle est mise au service d'un élan passionnel où le pur et l'impur restent mêlés. le purgatoire et divers points de doctrine entre lesquels il n'y avait pas de liaison imméCependant. la thèse de la justification par la foi et l'individualisme religieux qu'elle impliquait étaient le prin- ne prit tout son sens que lorsque la Réforme eut conscience d'elle-même.. IX. n° 'j'jô). solo titulo et. D. 32. — 273 — 18 . 2. CharlesQuint. Luther. p. 1158-Ï159. p. D'autre part. Paquier.. peccat mortaliter » (D. Les cipe d'unité (2). 9. Le Protestantisme atténuait lui-même ses thèses à la Confession d'Augsbourg (3). Enchiridion. par réaction contre les 1. 266. 35 (D. les propositions 31. II. C. préoccupé des conséquences politiques de la Réforme.

V. V.. XII. t. t. B. la théologie catholique orthodoxe oscille elle-même entre deux écueils opposés. ecclés. 2159-2164. IX. C. ces règles feraient écho à un concile tenu à Paris en 1528 par les évêques de la province de Sens. p. VIII. Texte dans D. Rivière. dans lequel on reconnaît déjà les 1 1 1 1 1. on s'était réuni à nouveau (6). La session VI du concile de Trente. 513-527. de manière à ne point abolir la crainte de l'Enfer et du Purgatoire. St. i\°^ 792-810. Justification. Cf. Conc. Trente ans après le manifeste de Luther.^). » Selon le P. Concilii Triientini actorum pars altéra. Le décret fut promulgué le 3 janvier 547.. de manière à ne pas sacrifier le libre arbitre. 303-357. D. T. Ehses.627-633). 6. T. Neuf jours plus tard. t. 4. Le 7 juin de l'année 546. Dès le 21 juin. Règles d'orthodoxie. Histoire des conciles. 1943. littér. B. de manière à ne point refroidir le zèle des bonnes œuvres parler de la grâce. C. Cependant une première mise au point s'imposait. 1911 (cité ci-après Ehses. les Pères du concile de Trente formulent la doctrine catholique sur la justification dans un document qui est l'une des plus belles pages de l'histoire des contre les excès de langage dogmes (3). qui présidait. héritière à la fois du Nominalisme et du pessimisme augustinisant. D. n° 8 « 2129-2131. Le cardinal de Sainte-Croix. 1934» P. et surtout F. p. 361) une traduction française de ce décret. demanda qu'on ne fît pas de séances trop longues. de 5. tandis que toute une école. Péché originel. C. 2. éd.. mettait ses compagnons en garde (2). 1944. Conc. V. 238-240). Voir les actes de la VI» et de la VII^ session du concile dans la belle édition de la Goerresgpsellschaft. avait été promulgué un décret préliminaire sur le péché originel et ses conséquences (5). D. J. n°^ 787-793 (Ehses. p. On trouvera à l'appendice {infra. Rivière. Trid. t. parler de la prédestination et de . un avant-projet était soumis aux Pères du concile. D. Trident. voir J. Les discussions sur nation envahissaient la chaire et un Ignace de Loyola. Cavallera. Dudon (Saint Ignace de Loyola. Justification. t. de la liberté chrétienne ou de la prédestination. de l'amour de Dieu. 257). col. donnait des gages à Luther avec sa théorie de la double justice (I). col. Bull.LE CONCILE DE TRENTE outrances luthériennes^ étaient portés à exagérer les forces naturelles de l'homme déchu. 2165-2191 Hefele-Leclercq. Sur l'histoire des délibérations. Enchiriiion. dans la foi : . A. dans la prédestila première ébauche de cile ses Exercices spirituels. Il était le fruit de longues délibérations (4). Pendant longtemps. Enchiriiion.. prudemment. Cane. I945. Trid.). 3.. à cause des grandes chaleurs (Ehses. Gaudel. t. Comme nous le dirons plus loin. il deviendra diffide parler sans passion de la justification par la foi. t. — 274 — . Elle se fit lentement. T. : Exercices spirituels. col. 1946. VIII. dix-sept ans après la Confession d'Augsbourg.

VIII. eccl. et comme les affaires de Sainte-Croix prend les choses en main. t. . On a discuté premier chapitre de l'avant-projet. Conc. les t. 6. 420-427. Texte dans Ehses. D. arrive le premier projet proprement dit. telles étaient les trois têtes de chapitres (1). voir F. Conc. V. présente un décret remarquable (4). En moins d'un mois (2).Rivière. 220-223 . Texte dans Ehses. 2168-2169.. C. gagner en ampleur. 1944. C. 281. 4. Trid. T. C'était le second srojet onze chapitres et vingt et un canons (5). Sur la préparation et la 5. Trident. Sw/fe/m de litt... Conc. envoyé à Rome. J. 1 est soumis aux Pères du concile (23 septembre). eccl. V. Trident. V. p. p. Voir Rivière. 2. t. Bulletin de litt. — : — 275 — . travaillé. p. Trident. Flisnre des concileS) t. dès le 1 1 août. Rivière. comment il peut la s'il a eu le malheur de la perdre. Sur la discussion de ce 3. 311-314. col. Justification. tandis que les anathématismes prendront une forme plus brève. 634-641 16 chapitres et 31 canons . les Pères et théologiens n'ont pas été inactifs. p. mais il ne se résignait pas facile- Texte dans Ehses. Trid. 10512. Le décret final ne changera rien à la structure générale. Trident.. C. V. D. 821-828. 357-359). t. t. les trois chapitres vont se dédoubler. Mais tout cela se simplifiera . Seripando avait beaucoup 1. irojet. T. Texte dans Ehses. le cardinal : juant à l'essentiel (6). ur le — ". iscussion de ce second projet. Conc. IX.LA JUSTIFICATION grandes lignes du décret final.. IX. Mais ce n'était là encore qu'un plan de travail. J. le texte est 'etouché au point que l'auteur ne reconnaît plus son œuvre.ique déjà raconté par Pallavicini et que les actes du concile lous donnent dans un latin savoureux (Ehses. Conc. 98-105 . 2167-2168. col. Texte dans Ehses. D. p. Cavallera. V. V. Il fut remanié encore et c'est seulement e 5 novembre que fut mis en discussion un texte à peu près définitif traînent en longueur. Il fait appel au général des Augustins (l'ordre auquel avait appartenu Luther). p. T. Il a été élaboré par une commission de quatre membres et comporte vingt et un chapitres trois pour exprimer la foi de l'Eglise. théologien consommé. p. col. dix-huit anathématisant retrouver : les erreurs nouvelles (3). t. — . p. Cavallera.. p. t. C'est au cours de ces délibérations que se itue l'incident tragi-com. VIII. comment l'homme justifié progresse dans la justice. 384-391. *roposé à divers évêques ou théologiens. Pendant ce mois. Conc. les Pères du concile discutent à leur tour. Cependant.. t. Girolamo Seripando. 1944. Comment on passe de l'infidélité à la foi. Celiù-ci se Tiet à l'œuvre et.. Mais le texte appelait des réserves pour e fond comme pour la forme. 2166-2167 Hefele-Leclercq. voir F. Les théologiens font leurs observations.

3.LE CONCILE DE TRENTE ment à voir sacrifier ses idées chères.. fut solennellement promulgué (13 janvier 1547) (4). n° 799) t. 2169-2171. t. T. Voir aussi JEDIN. V. Trid. T. en particulier à la séance générale du 8 octobre 1546. col. IX. Justification. V. Seripando était déjà intervenu à plusieurs reprises dans le même sens. 7 (D. Ehses. Au tribunal de Dieu.. où il adjurait les Pères du Concile de bien réfléchir et de se rappeler qu'ils rendraient compte à Dieu de leur attitude (Ehses. Girolamo Seripando. Trident. 1 225-1 229) montre que Luther qui. p. VIII. par suite du péché originel. Rivière. animales. La justice imputée.. t. 2182-2185.. eccl. 486-487). in horrenda quadarn profianditate ignorantiae. 791-799 J. J. Ehses. session VI. natura filii irae. — 8 du décret Sur la prépa- — . cela est intolérable. il allait bien au delà du pessimisme de son docteur préféré et il exagérait à plaisir les ravages causés par le péché originel (1). Conc. 821). 2184. D. 276 . t. mais on introduira un nouveau paragraphe sur la justification par la foi (chapitre final). VIII. Justification. M. Rivière. Que de grands saints puissent se dire justes. C. 1937. C. Mais cet augustinien était aussi un nominaliste et il tenait plus encore à sa théorie de la double justice. Nous ne pouvons ici l'analyser en détail et nous nous contenterons d'en dégager les principaux enseignements. le décret sur la justification. 1944.» (Ehses. » IX. J. t. D. C. Conc. : « unica causa formalis Cf.. T. ces pécheurs devront compter sur la justice du Christ que Dieu leur imputera bien plus que sur leur propre justice (2). V. ration et la discussion de ce projet. col. p. D. sein Leben und Denken. dont l'élaboration n'avait pas demandé moins de six mois. Le chapitre 9 sur la certitude de la justification sera amplifié. col. fut logiquement entraîné à une thèse plus radicale. t. in peccato. . p. 2. — c. Conc. C. D. Trident. 2169. sous toutes ses formes. Rivière. disait-il mais que le commun des pécheurs s'imagine être pleinement justifié par le baptême ou l'absolution. les chapitres 7 et 8 seront réunis pour former le chapitre 7 du décret final. col. et il écarta finalement d'un mot les idées personnelles de celui qui avait été le meilleur artisan de l'œuvre commune (3). Après quelques tergiversations. Le concile refusa de s'engager dans cette voie. admettait la doctrine de la double justice. — . D. T. Rivière. nous naissons « immundi. au début. in rerum vanarum et noxiarum amore perverso. 1. Paquier (Luther. Enchirid. 667-675 (séance du 27 novembre) J. t. Cf. Dans le projet du 11 août. B. voir Cavallera. était formellement rejetée. non percipientes ea quae sunt Spiritus Dei.. t. p. Bulletin de liit. T. C. in omnia vel certe multa facinorum et flagitiorum gênera dilabimur.. Conc. Trident. 4. où la politique ne laissa pas d'intervenir. et infinitis fere cupiditatibus secundum quas si vitam ducere permittamur. 223230 . p. Seripando déclarait que. est justitia Dei. Fervent augustinien.. VIII. Mais la pensée de l'Eglise ne saurait s'identifier avec celle d'un théologien. passe encore. col.

B. 7 et 8 (D. Vattrition d'après X B. 5 D. 4 (D. On notera dans 3^ canon la formule credere. B. session XIV. Trident.. B.. fait pour sortir de son péché ne le rendent nullement odieux aux yeux de Dieu. Le chapitre premier déclarait avec modération que le libre arbitre a été affaibli. qui s'inspire de saint Augustin plus théologie scolastique.... B. » Ce texte fut l'objet d'une liscussion serrée et la majorité l'emporta contre certains augustinisants qui donnaient les gages à Luther (cf. J. VIII. Il a été appelé sans aucun mérite de sa part. 5 (D. il peut et doit cependant répondre à l'invitation qui lui est faite. quo ad obtinendam si velit. T. » 4. n° 816). p.LA JUSTIFICATION Également éloigné du néo-Pélagianisme des humanistes et du pessimisme des Réformateurs. 4 (D. — « translatio ab eo statu in lostrum.. cap.. t. 276. le Cap. J. n° 197) . le concile décrit la manière dont 1. no 898 ibid. Ce chapitre donne une définition de la justification quo homo nascitur filius primi Adae. 5 (D. Cap. : Cap. qui est pour Luther une pierre de scandale (Concil. 15). 812. 2. B. 813). n" 915). le concile rappelle d'abord les conséquences du péché originel et la nécessité de la Rédemption (I).. qui rappelle les expressions du concile d'Orange mais porte la marque de l'interprétation nominaliste de ce concile [supra. leurs erreurs (4) et condamne comme que de l'assurent les novateurs (6). B. n°8 793-794) . note i). baptême. Cap. 6 (D.. anathema sit. B. PÉRINELLE. l'homme doit renaître d'en-haut (2). 192. can. Cette doctrine sera reprise à propos de l'attriion. diligere sicut oporiet. note i. n° 815) . 3 (D. mais non sans coopération personnelle. in statum gratiae et idoptionis filiorum {Rom. 8. incliné « inclinatum et atténua tum » (D. 2177). Il il doit devenir le le devient par un fils de Dieu. Puis. 9 (D. no^ 81 1. p. Can. can. 1927.. B. D. prévenu par la grâce. et surtout can. per secundum Adam Jesum Christum Salvatorem 3. n° 793). C. 241. B. 43-44. can. p. B. : — : e concile de Trente. 6. 2. 1-2 (D. Le montre fortement que. 5. mais il ne s'ensuit pas que sa volonté doive rester inerte et passive (5). B. Les efforts que l'homme. 4 Cf. n" 796).. si l'homme ne peut rien sans la grâce dans l'ordre du salut. Can. neque posse dissentire sed velut inanime quoddam )mnino agere mereque passive se habere. Voir ci-dessus.. Rivière. par le Christ notre Sauveur (3).. no 795).. justificationis gratiam se nihil iisponat ac praeparet. on est loin des exagérations de iu mal îeripando {supra. note 8). n° 819). — ^77 — . col. Pour avoir part à celle-ci. i. 3 (D.. — . dans la une page magnifique. no» 81 7-818).. Luther concile et les siens insistaient sur l'impuissance du libre arbitre. can. Fils du vieil Adam pécheur. B. p. n» 814) : si quis dixerit liberum hominis arbitrium a Deo motum et excitatum nihil cooperari : I — issentiendo Deo excitant! atque vocanti.

« si quis dixerit homines justificari vel sola imputatione 5. Rivière. 7 (D. en fait maintenant l'ontologie. que par l'appel intérieur de la grâce. 7 (D. B. C. » « unica formalis causa (cf.LE CONCILE DE TRENTE Dieu qui a l'initiative. Cf. 276. qua videlicet ab eo donata : — : : 278 I .. non qua ipse justus est. aut gratiam qua justificamur esse tantum favorem Dei. enrichi par le don de Dieu et par une libre acceptation de la grâce et de son cortège de dons. B. 4. la contrition imparfaite ne doit-elle pas comporter un commencement d'amour de Dieu ? Voir J. 6 (D. surtout l'infidèle. Il est justifié. t. ses analyses sont précieuses.B. col.. Cap. et elles marquent un progrès réel. Périnelle. D. t. 2179. Cette description correspond-elle à la phénoménologie 1. Can. 2180). C. sed qua nos justos facit. VIII. pose d'emblée un acte élémentaire de charité impliquant la foi. théologie scolastique. 7). Rivière. selon son bon plaisir et la libre coopération de chacun (6). n° 799 «hancdispositionemseu praeparationemyM^h'/ica/zo ipsa consequitur quae non est sola peccatorum remissio. Là encore s'accrocheront les débats sur l'attri tion. VIII. Justification. T. D. T. n° 799) tifia Dei. non par une imputation extrinsèque des mérites du Christ (5). Ce chapitre est l'un des plus importants du décret. 3. col. l'espérance. C'est tant par la prédication extérieure commencement de la vie charité qui lui fait détester ses fautes et se résoudre à (2). On notera les mots diligere incipiunt. dans la thèse luthérienne de la justification par la foi.. 2180-2185). VIII. Cap. sed et sanctificatio et renovatio interioris hominis. per voluntariam susceptionem gratiae et donorum.. nouvelle qui doit être celle d'un baptisé la justification. 21. mais une transformation profonde par laquelle l'homme. Mais on leur fut peu favorable. mais par une justice qui lui est propre et que le Saint-Esprit répand dans les cœurs. prenant conscience de sa misère de pécheur et passant lentement de la crainte salutaire à l'espérance et à ce l'homme se dispose à la justification (1). D. J. D. C. De toutes façons. T. p. 2. que le concile laisse à dessein dans le vague (Rivière. mais l'homme répond librement. S. héritier de l'éternelle vie (4). note 3) est jus6. Certains Pères du concile semblent avoir pensé que.. non seulement sur les scolastiques. p. ami de Dieu. col.. il y avait des éléments proches de la conversion concrète. supra. A. cit. » Le mot voluntariam fut ajouté pour rappeler encore une fois la thèse catholique de la nécessaire coopération du sujet (cf. B. Pour préparer à la justification. la crainte. Rivière. n^ 821) meritorum Christi. de la conversion ? N'arrive-t-il pas souvent que l'homme. le repentir ? La description du concile correspondrait davantage au cas de la conversion du pécheur. t VIII. mais en dehors de toute systé- pièces maîtresses La justification. n" 798). 2181). devient juste.. II (D. n'est pas une simple rémission des péchés. il fut aussi l'un des plus discutés (J. C. unde homo ex injusto fit justus et ex inimico amicus.. nous dit le chapitre septième (l'une des du décret).. J. t. B. ut sit hères secundum spem vitae aetemae (Tit. n°s 799-800). 3. D. Cap. le concile Après avoir fait la psychologie de matisation s'inspirant de la (3). col. mais même sur saint Augustin. T. op.

haec omnia simul infusa accipit 2. n» 801). vel e^ra fiduciam solam esse qua justificamur. B. d'où une imprécision calculée... n^ 824) « si quis — 279 . RIVIÈRE. B. d'espérance et de charité (2). T. B. » 4. 8 (D. » Can. 7 (D. sed vere justi nominamur et sumus. Cap. voir le commentaire du P. Lagrange et les pages très documentées de H. Cap. Toutes ces formules évoquent la théologie scolastique. et » Un voluntaria susceptio gratiae donorum : col. 7 (D. Lyonnet. igo^. spem et caricatem. Lange.. Sans l'espérance et la charité. II D. 11) et secundum propriam eu jusque dispositionem et cooperationem » On remarque l'insistance sur la coopération de l'homme. » Can. 2185-2186. Cap. 14 (D. Can. 2185. Pour l'histoire du texte. 1909. c'est parce qu'elle est le commencement. d'une renovamur spiritu mentis nostrae et non modo reputamur. le fondement. col. De justitia Dei in Epistula ad Romanos (« Verbum Domini ». mais sans la canoniser. B. Sur l'interprétation de Rom. Cap. jusqu'à Nam sicut nemo. » « in ipsa justificatione. VIII. : necessarium esse ut credat certo et absque uUa haesitatione propriae infirmitatis et indispositionis. S.LA JUSTIFICATION Cette justice demeure en lui comme un principe permanent (I).. t. nisi ad eam spes accédât et caritas.. et surtout l'étude du P. t. neque unit 3.. Die abendlândischen Schriftauslegung bei Luther iiher Justifia Dei und Justificatio. 5.. B. n" 800) « caritas diffunditur in cordibus eorum atque ipsis inhaeret. D. 13 (D. justitiam in nobis recipientes unusquisque suam. secundum mensuram quam Spiritus sanctus partitur prout vult (/ Cor. dit le chapitre huitième. 12 (D. : Can. la racine de la justification (4). D. no 823) « si quis dixerit omni homini ad remissionem peccatorum assequendam : — . B.. cf. voir la dissertation de Denifle. Il se refuse plus encore à accepter l'individualisme religieux que suppose la thèse protestante. S. la foi seule ne peut en effet justifier l'homme ni en faire un membre vivant du Christ (3).. « fides. T.VIII. Prumbs.. Justification. n" 802) : quamvis autem. 1.. Rivière. peccata sibi esse remissa. elle implique la présence des trois vertus surnaturelles de foi. n° 821 « exclusa gratia et caritate quae in cordibus eorum per Spiritum sanctum diffundatur atque illis inhaereat. A. Si la foi justifie. n° 822) « si quis dixerit fidem justificantem nihil aliud esse quam fiduciam divinae misericordiae peccata remittentis propter Christum. Voir J. et le livre de A. C.. 221-230. 1. le même chapitre parle de la ». De gratia. certes.. 7 (D.. Cap. 12. Il faut croire. dans la théologie occidentale avant Luther. p. c'est une aberration qui en fait a conduit nombre d'hommes au schisme et à l'hérésie (6). Pour l'exégèse paulinienne proprement dite. B.. » 6. n° 800) perfecte cum Christo neque ejus viviim membrum efficit. J. B. B. Fonder la certitude de la justification sur une expérience subjective... C.... Die Stellung des tridentinischen Konzils in der Frage nach dem Wesen der heiligmachenden Gnade. A.. homo. 9 (D.17. Le concile se refuse expressément à identifier foi et confiance (5). 1947). fidem. du Christ et à celle des sacrements. à l'efficacité de la Passion mais personne ne peut savoir. n° 800) — — « : : : : peu plus haut. 1929.

le chrétien peut croître dans la justice. B. cui fidant. aut neminem vere esse justificatum nisi qui crédit se esse justificatum. » 4. 9 (D.LE CONCILE DE TRENTE certitude de foi excluant tout doute. n° 804) : observatione débet. 20 (D.. D. 112. quantumvis justificatus liberum se esse ab 3. auquel nous devons obéisContrairement à ce qu'enseigne Calvin (5). tel que le comprenait Gabriel Biel (cf. T. 2. A. IX. Cap. » 5. 1. 5) contre la position attribuée à Scot. C. n" 803). le concile oppose aux erreurs nouvelles la vraie notion de la liberté chrétienne. n" 830) « si quis hominem justificatum et quantumvis perfectuin dixerit non teneri ad observantiam madatorum Dei et Ecclesiae.. nova.. Justifié. B. S. sed opéra ipsa fructus solummodo et signa esse justificationis adeptae. D. S. 1933. sed tantum ad credendum. » Can. n° 802) : « nam sicut nemo pius de Dei misericordia. IX. revue théoL. A.. mais sa thèse paraîtra peu en accord avec le concile.. BiLLUART. Ici. 271. Le décret sur la justification prépare la ici implicitement décret sur la Pénitence et valeur de l'absolution. B. et hac sola t. » Cf. diss. t. Rivière. q. non etiam ipsius augendae causam. quasi vero Evangelium sit nuda et mandatorum putare — : absoluta promissio vitae aeternae. sance dixerit pas la Loi (3). » discussion (H. de Christi merito deque sacramentorum virtute et efficacia dubitare débet sic quilibet. C. n° 831) « si quis dixerit Christumjesum a Deo hominibus datum fuisse ut Redemptorem. A. La certitude de la justification au concile de Trente. p. S. De gratia. art. A. t. II (D. S. pp. n° 828): «Si quis dixerit Dei praecepta homini etiam justificato et sub gratia constituto esse ad observandum impossibilia. VIII. p. Le Christ rédempteur demeure (4). VI. 10 (D. Cap. 263-240). Cap. il ne nous comle législateur La grâce ne supprime hominem fide a peccatis absoivi ac justificari ex eo quod se absolvi ac justificari certo credat. col. perfici.. J. 524-553. non etiam ut Legislatorem. Vives. col. Justification. Can. S. s'il est dans la grâce de Dieu le (1). De gratia. B. Catharin (De certiludine gratiaé) essayera de montrer que l'on peut fonder la certitude de sa justification sur une conclusion théologique. 421-428). 2186-2187.) : 280 . T. cap. : midare et timere potest. Rivière. 6. B. — Can. Les théologiens essayeront de dissiper les anxiétés que la doctrine du concile peut faire naître dans les âmes en montrant que l'on peut avoir de l'état de grâce une certitude pratique fondée sur diverses considérations personnelles et sociales (Suarez. 18 (D. cui obediant. J. Opéra. Par la suite. dans Nouv. La justification admet en effet bien des degrés que mesurent la grâce de Dieu et la libre coopé' ration de l'homme (2). A. lib. supra. B. 4 Summa sancti Thotnae. t. n^ 834) : « si quis dixerit justitiam acceptam non conservari atque etiam non augeri coram Deo per bona opéra. 2187). et ci-dessus.. de sua gratia for- absolutionem et justificationem — VIII. 21 (D. 1769. p. Le concile se range pratiquement à l'avis de saint Thomas (/<«« 11°. » « nemo autem. dum geipsum suamque propriam infirmitatem et indispositionem respicit. HUTMACHER. note 5. Can. — — . p. 24 (D. sine conditione observationis mandatorum. éd. cum nullus scire valeat ccrtitudine fidei cui non potest subesse Ce texte est l'aboutissement d'une longue falsum se gratiam Dei esse consecutum. art. » (Cf. 9-1 1. 267. B.

eau. Can. 261. aut (quod intolerabilius est) mortaliter atque ideo poenas aeternas mereri. 50.. toute espérance d'une récompense serait un désordre et un péché (6).) Ce texte est très libéral. 23 (D. 1'^^ 106-107.. Mais. A.. » (Cf. La distinction entre péché mortel et péché véniel sera affirmée plus clairement à propos de la Pénitence « ex his colligitur oportere a paenitentibus omnia [session XIV. Il s'accomplira lors des discussions avec [e Jansénisme. Dieu ne l'abandonnera jamais le premier (4). B. Cap. 271. Cela suppose toujours que l'homme coopère à l'œuvre de son salut et il faut rejeter cette thèse insensée selon laquelle tout effort de l'homme. AuGUST. S. Le concile enchaîne ici deux chapitres sur la prédestination et la persévérance finale. putans fide sola se heredem esse constitutum hereditatemque consecuturum. 128-130) et de la doctrine augustinienne. 5 D. B. n° 899) peccata mortalia. malgré ses défaillances. B. peccata quandoque cadant. Cap. Cap. le justifié de Dieu et. Tout un progrès reste à réaliser dans la question de la distribution de la grâce pour rejoindre l'Évangile. S. » C'est la reprise des affirmations de Carthage (D. P. n" 804) : « nemo sibi in sola fîde blandiri débet. aliis remediis expiari possunt.. dixerit posse in 3. sans un privilège extraordinaire. n° S04) : « Licet in hac mortali vita quantumvis sancti et justi in levia saltem et quotidiana.. » « si quis hominem semel justificatum. B... n" 805 circa finem) Can. quibus a gratia Dei non ïxcludimur.. 44. supra.. n° 833) tota vita peccata omnia etiam venialia vitare. Une fois réaffirmée contre les novateurs la distinction traditionnelle entre péché mortel et péché véniel.. il ne s'agit que des justes. etiamsi Christo non compatiatur ut et conglorificalur (Rom. P. n° 804) ieseratur. "p. B. il au Cap. tantumque ob id non damnari quia Deus ea opéra non imputet ad damnationem. II (D.. L. nul homme ne peut invite exempt de toute faute (3). » 6. 25 (D... A.. » 1. II (D.. Cap. comme le dit encore Augustin. B.... II (D. Cf. quemadmodum de beata Virgine tenet Ecclesia. B. 1 7). nisi ex speciali Dei privilegio. II (D.. no 804). Auc. n° 835) « si quis in quolibet bono opère justum saltem venialiter peccare dixerit. mais il reste encore assez dur. : : : : — — : — 281 . 2.. B. A l'homme donc d'être fidèle Pour être reste l'ami ! ne faut pas seulement avoir cru. quae etiam venialia dicuntur. ion propterea desinunt esse justi. 5. » « Deus sua gratia semel justificatos non deserit nisi prius 4. et dans la mesure oiî :eux-ci seront fidèles. S. La certitude subjective de la prédestination est non arriver salut.. De natura et gratta. on avoue sans peine que le juste lui-même n'est pas sans péché (2) et que. L. B. II (D. n° 29. mais.. nam venialia.LA JUSTIFICATION mande il rien d'impossible. in confessione recenseri. selon la belle parole de saint Augustin» l'homme à faire ce qu'il peut et à demander à Dieu son secours pour accomplir ce qui passe aujourd'hui ses forces (1). De natura et graiia. il faut avoir souffert avec le Christ afin d'être glorifié avec lui (5). 44.

ce qui a été dit contre Luther à propos de la certitude de la justification. Michel. n° 808). in laboribus. 23 (D. Justification. A. operans velle et perflcere (PhiL. » « si quis magnum illud usque in finem perseverantiae 3. n» 826) donum se certo habiturum absoluta et infallibili certitudine dixerit. atque ideo eum qui labitur et peccat numquam fuisse vere justificatum. A. aut nullo alio quantumcumque gravi et enormi à la : : — : Pour praeterquam infidelitatis peccato semel acceptam gratiam amitti.. Deus enim nisi ipsi illius gratiae dehierint. B. mortak peccatum nisi infidelitatis. Rivière. Vemmtamen. nisi hoc ex speciali revelatione didicerit. bien qu'un certain nombre de Pères du concile aient souhaité qu'on écrivît sine gratia Dei (cf. C. » Cap. On se leurre en croyant ou que. n° 833) peccare non posse. On ne dit pas clairement de quelle persévérance il s'agit. T. où les actes du pénitent. 12 (D. vel cum eo non posse. XII. col. Cap. Can. c'est qu'il n'a janniis été La persévérance finale est un don mais il l'homme ne peut jamais se flatter de l'avoir reçu de Dieu (3). 13 (D. n» 805). n" 807). Le pécheur n'en est pas pour autant exclu de l'Église.. s'il avec Calvin qu'une fois justifié. Can. 27 (D. S. il reste un fidèle. S. une fois de plus. 2. D. justificatum vel sine speciali auxilio Dei in accepta justitia perseverare posse. ont une part considérable (5). 2.. on a maintenu à dessein la formule imprécise : sine speciali auxilio Dei. « si quîs hominem semel justificatum dixerit amplius Can. il peut retrouver la grâce par le sacrement de Pénitence.. » l'histoire de ces textes. Le concile reviendra sur cette question à propos des sacrements il se contente de rappeler ici. : : — : ita perficiet. cf. S. D.. 15 (D. B. C. 12). 14 (D. 1289). 2189219) . que tout péché mortel. in vigiliis. n° 837) « si quis dixerit nullum esse 6. 13). in jejuniis et castitate.. col. B. salutem suani ope- rentur (PhiL. malheur de retomber dans le péché. saurait pécher pèche. B. neque gratiam amittere. telle que l'entend Calvin.. n° 806). Cap. S. confession. t. et non pas seulement l'infidélité. n° 832). n° 806) « in Dei auxilio firmissimam spem collocare et reponere debent omnes. t. peut compter sur lui pour y arriver.LE CONCILE DE TRENTE moins intolérable que celle de la justification (I). 5. » (D.. contre les innovations de Luther. J. VIII. A.. fait perdre la grâce de la justification (6). sicut coepit opus bonum. 1. contrition. B. satisfaction. B. B.. En outre. T. in orationibus et oblatio- nibus.. 4.. et » Le canon 22 se réfère à la fois à la persévérance finale simple conservation de l'état de grâce. 1278. Persévérance.. leitmotive de ce décret reparaît donc Si l'homme a le . Cap. A. l'homme ne justifié (2). — — 282 . B. A. L'un des . Il est rédigé de façon ambiguë et porte en lui le germe de discussions futures « si quis dixerit. 13 (D. Cap. le don tout gratuit et la libre coopération de l'homme sont inséparables (4). Là encore. 2. B. Ce chapitre reprend à propos de la certitude subjective de la prédestination. 16 (D. in eleemosynis.

cependant. 15 (D. S.. Can. » Can. J. B. hucusque professa est. 39 (D. en sorte que la vie surnaturelle sera pour nous à la fois 1. aut posse quidem. amissaper peccatum gratia simul et fidem semper amitti. Cf. du mais ces efforts n'en Christ précède et accompagne leurs efforts (6) sont pas moins réels. S. 3. les justifiés vivent de sa vie et la grâce . au contraire. prout sancta Romana et universalis Ecclesia.. amissam justitiam recuperare sine sacramento poenitentiae. « « si quis post acceptam justificationis gratiam cuilibet 4. 379.. un don et une récompense : (7). T. ut nullus remaneat reatus poenae temporalis. dans un chapitre d'une grande plénitude. » « bene operantibus usque in finem proponenda est vita Dei per Christum Jesum misericorditer promissa. D. Unis au Christ comme les membres à la tête. col. servavit et docuit. 30 (D. note 3. non esse christianum. B. aut fidem quae remanet non esse veram fidem. Mérite. Les quinze chapitres que nous venons de résumer supposent une doctrine fondamentale que le concile va mettre enfin en relief la doctrine du mérite. a° 809) « eum enim ille ipse Christus Jésus tanquam caput in : : : memhra {Eph. licet non sit viva. antequam ad régna coelorum aditus patere possit. Le fidèle qui a été justifié gratuite- Cap. qui post baptismum lapsus est. S.. montre que nos mérites sont à la fois un don de Dieu et le résultat d'un libre effort de l'homme (5). C. 738-761.. il a encore une foi authenle Le retour en grâce se fera par un processus analogue à celui le qui a été décrit plus haut. B. » Voir ci-dessus. 28 (D.» LA JUSTIFICATION membre de l'Église tique (2). A. B. 7. B. qui remet la coulpe. Le mot et la chose sont en horreur aux Réformateurs. : fidèle'^ doctrinam defendendo quae a regno Dei quoque fornicarios. A. sed sola fide. Rivière. 15) et tanquam vilis in pahnitet {Joan. 4. (D. 6. aut eum qui fidem sine caritate habet. A. etc. pro quibus aChristi gratia separantur. sed et rosque omnes qui letalia committunt 2. Le concile. sur l'histoire de ces textes. adultères. sacrement de Pénitence remplaçant alors baptême (3)... n" 839) « non posse pei Dei gratiam resurgere. » 5. n" 809) aeterna et tanquam gratia filiis reddenda. La doctrine de la justification est ici solidaire de la croyance au purgatoire que les négations de Luther avaient également atteintes. quae virtus bona eorum opéra semper antecedit. B. p. no 838) «siquisdixerit. ne remet pas du même coup la peine (4). a Christo Domino et ejus Apostolis electa. que la Pénitence. Cap.. et tanquam merces ex ipsius Dei promissione bonis ipsorum operibus et meritis fideliter Ibld. exsolvendae vel in hoc saeculo vel in future in purgatorio. si quis dixerit eum. comitatur : subsequitur.. cete- peccata..es. 15. t.. X. comme : les sarments au cep de vigne. n" 840) peccatori poenitenti ita culpam remitti et reatum aetemae poenae deleri dixerit. avec cette différence.. (1 ) : s'il n'a plus la foi vive. Can. n" 808) « Divinae legis non solum infidèles excludit. 283 . 3) in ipsos justificatos et jugiter virtutem influât. 16 (D..

8 (D. 19. il est moins radical que Seripando et ses amis sur les conséquences de la chute originelle. Mais il est profondément imprégné d Augustinisme et. On revient à la doctrine des grands Augustiniens du XIII® siècle. où la plus pure doctrine augustinienne revit. B. B. sive opéra.. Cap.. n» 798). quae ab eo par Dei gratiam et Jesu Christi meritum (cujus vivum membruni est) fiunt. vitam aetemam et ipsius vitae aeternae (si tamen in gratia decesserit) consecutionem. La grâce est-elle ou non distincte de la charité ? Y a-t-il trancher. » « Deus cujus tanta est erga omnts homines bonitas ut 4. D. B. 2. spem et caritatem. n° 141.. Luther est condamné. cap. Cap. A. Pour penser avec l'Eghse. Epist. replacée spirituelle. nuantion (2). Cap. » Cf. c'est en dehors de toute systématisation. il méritera la vie éternelle et même un accroissement de béatitude (3). B.. B. mais après l'avoir assouplie. déjà repris dans Vlndiculus. mais on ne nous dit rien des rapports entre la grâce et les autres dons (5). Can. Saint Augustin a dit ici l'essentiel Dieu est tellement bon qu'il a voulu que ses dons deviennent aussi les mérites de l'homme (4). atque etiam gloriae augmentum. S. Cf. n° 810) eorum velit esse mérita quae sunt ipsius dona. mais affermie par la réflexion profonde de deux ou trois siècles de scolastique. » « in ipsa justificatione haec omnia simul infusa accipit Ihid. dans les données concrètes de l'expérience et de la vie Bien des questions restent en suspens que le concile n'a pas entendu Il évite de se prononcer sur les points controversés entre catholiques. 32 (D. s'il accepte la théologie médiévale. 11 (D. » On a volontairement évité de se prononcer sur le rapport entre la grâce et les dons. la justifica- un accroissement de grâce s'il persévère dans la justice. n» 821) « exclusa gratia et caritate. no 842) dona Dei.LE CONCILE DE TRENTE ment (1) et qui. S'il exclut la théorie de la double justice. mérite maintenant : cée... mais avec eux les excès du Nominalisme sont écartés. aut ipsum justificatum bonis operibus. B. il faut admettre dans l'homme justifié la présence d'un don créé. quia nihil eorum quae justificationem praecedunt. : : — — : : : — : 284 — . n" 800 homo fidem. « si quis dixerit hominis justificati bona opéra ita esse 3.. B. Cap. n° 799) donorum.. 880. 83. L. J. » Can. Tel est ce décret magnifique.. s'est déjà disposé à . n° 8oi) » 1. 9. AuGUST. coopérant à la grâce.. Calvin est condamné. la relation logique entre la rémission des péchés et le don de la grâce. sive fides. ut non sint etiam bona ipsius justificati mérita. : « gratis justificari ideo dicamur. non vere mereri augmentum gratiae. 16 (D. P. 194. 6 (D. « sanctificatio per voluntariam susceptionem gratiae et 5. 7 (D. ipsam justificationis gratiam pro- meretur.

l'homme n'est pas un instrument passif. lui suffit d'avoir condamné Dieu la thèse subjectiviste de la ^justification le par la foi. trop obsédés par les problèmes qu'avait soulevés la Réforme. le vrai théologien y verra toujours une lumière qui le guide dans la nuit obscure de la recherche. 264 A. travaux anciens de J. mais le concile entendait défendre d'abord le mérite de l'homme justifié les textes évitent toute allusion aux distinctions scolastiques. un changement ontologique. inerte. dans la période qui s'ouvre maintenant. C. 1909 F. 1909. Hefner. D. au lieu de chercher à élargir leur horizon. plus fondamental de la Réforme • l'homme relief seul en face de Il lui suffit : d'avoir mis fortement en deux thèses catholiques fondamentales 1° la justification n'est pas quelque chose d'extrinsèque. ne nous lassons pas de le redire. qui recelait le principe seul. VIII. 2181. I. Si une théologie paresseuse se contente souvent d'y voir une limite que l'autorité impose à la libre discussion. vont se mouvoir dans un domaine quelque peu étroit. Die Entstehungs geschichte des trienter Rechtjertigungsdekretes. Les œuvres qui précèdent la justifi- cation sont-elles méritoires de congruo ? Comment II faut-il entendre délibéré- l'axiome traditionnel : Facienti quod in se est Deus non ienegat gratiam ? laisse Le concile ne pose même pas la question (1). 754-755. 1926.. T. en situant les dogmes nouveaux dans l'ensemble de la foi chrétienne. — 285 . CfJ. sans lui. Prumbs. Ces deux aspects de la doctrine définie au concile de Trente vont devenir le point de départ de la réflexion théologique. Justification. X. 75o-75i. qui situe l'amitié divine dans un ordre tout autre que celui des catégories morales ou juridiques 2^ dans cette transformation progressive. Wesenimd Nolwendigkeit der aktuellen Gnade nach dem Konzil votn Trient. Mérite.LA JUSTIFICATION des vertus morales infuses cation ? ? Y a-t-il des vertus infuses avant la justifi- Le concile n'en dit rien. 742-743. T. Hônermann. col. La majorité des théologiens était favorable au mérite de congruo pour les œuvres qui précèdent la justification. mais une transformation radicale de l'homme. car. D. ment dans l'imprécision tout ce qui touche à persévérance Il même la prédestination et à la finale. mais la vie de la pensée religieuse. p. Dieu ne le sauvera pas . . Rivière. t. il coopère vraiment à sa justification. La condamnation du Baianisme et celle du Jansénisme vont avoir pour erfet de rétrécir Rivière. 258. co!. la formulation d'un dogme n'est pas l'arrêt. t. C. . les théologiens. Cependant. Die Stellung dei tridentinischen Konzils in der Frage nach dein Wesen der heiligmachenden Gnade.

Il faut excepter ceux qui. Il en avait été ainsi jadis au temps des grandes querelles sur rincarnation. que les grands docteurs du moyen âge avaient su intégrer à leurs synthèses. s'ac- progrès théologiques plus riches d'avenir. ils sont encore nôtres aujourd'hui et nous sommes loin de les avoir résolus de façon satisfaisante. Une sainteThédans une un saint Jean de la Croix. Ceux qui mettent en relief les multiples aspects de l'activité humaine dans l'ordre surnaturel pensent qu'on fait injure au Créateur en laissant supposer qu'il traite les créatures raisonnables comme de simples instruments de ses desseins. celle-là entend signifier à l'homme les droits Dieu qu'un pur néant. En réalité. la doctrine traditionnelle de la divinisation du chrétien. L'une met l'accent sur la grâce et le souverain domaine de Dieu l'autre sur la liberté essentielle de l'homme. elles furent une bataille d'idées de souveraine importance. Ces problèmes fondamentaux sont éternels. c'est hors des écoles les que vont et. au lendemain de et condamnation de Luther de Calvin. Ceux qui défendent le qu'il n'est devant de Dieu invoquent patronage de saint Paul. Olier. grâce à eux. les cette histoire. Il ne faut pas cependant être injuste pour la scolastique post-tridentine. Désormais deux écoles s'affrontent ici. Celle-ci cherche à déceler partout la réponse de la créature . — 286 — . vont. Aussi nous faut-il être indulgents pour ceux qui les abordèrent avec la les seules ressources de la philosophie scolastique. nous les avons rencontrés bien des fois déjà au cours de cette histoire. co itinuant l'œuvre des autre ambiance. les problèmes soulevés devenant de plus en plus restreints. dont l'esprit se retrouvera dans chaque thèse particulière. à l'appel divin. un un tiques nant des querelles d'école. sans y prétendre. comme Thomassin ou Petau. se détourBérulle. contribuer plus efficacement que les théologiens proprement dits à enrichir la pensée chrétienne. sera remise en honneur.LE CONCILE DE TRENTE encore ce champ de vision. de saint Augustin et de saint Thomas et ils ne redoutent rien tant que l'accusation de semi-Pélagianisme. se remettront à l'étude des Pères. Les querelles de auxlliis nous semblent parfois aujourd'hui un vam jeu de concepts et presque une dispute de mots. Au XVI^ et au XVII® siècle. une Marie de l'Incarnation mysdu moyen âge. Il s'agissait de savoir si l'homme reste libre sous l'action mystérieuse de la grâce toutepuissante de Dieu. Ceux-là seront des initiateurs et. du point de vue qui nous intéresse dans complir rèse.

46-47. Du LES les : Sur l'homme et l'œuvre.CHAPITRE SEIZIÈME BAIUS ET LE BAIANISME LES QUERELLES DE AUXILIIS fameuses congrégations de auxîliis où s'affrontèrent en vain deux écoles théologiques dont nous venons de parler se situent entre la condamnation de Baius et celle de Jansénius. Je cite Baius d'après l'édition de dom Gerberon. bien qu'avec certaines atténuations. On peut la caractériser d'un mot Baius admet pour l'état primitif de l'homme le néo-Pélagianisme qui cherche à s'implanter avec les idées de la Renaissance. T. prétend revenir à l'étude directe de saint Augustin. Baius et Jansénius. repris dans Surnaturel. D. Baianisme et Jansénisme appartiennent à un même courant d'idées qui. Baius. car. 1. t. 1946.-M. Deux augustiniens fourvoyés. mais au contraire un esprit étroit. p. se rattache encore au Nominalisme. . par delà les querelles d'école. X. voir F. 15-37. col. . t. Baius. de Lubac. II. Cologne. Le Bachelet. ils ne sont pas du même âge. Jansen. 1931 X. Ce n'est pas un théologien de grande classe. 2. 38-57 H. col.-M. — 287 . 422-443. Mais il faut les étudier séparément. 1931. Baius.-X. par plus d'un trait et quoi qu'il en ait. amoureux de petites synthèses qu'il exprime en un langage élégcmt (1). Le Bachelet. aux thèses protestantes lorsqu'il s'agit de l'humanité déchue (2). recueil de documents sur la condamnation de Baius. Michaelis Baii Opéra. II. marqués l'un et l'autre à leur insu par le milieu oii ils apparaissent. Sa doctrine n'en a pas moins une certaine cohérence qu'il importe de souligner. C. l'une et l'autre d'une extrême importance dans l'histoire de la théologie de la grâce. 1696. p. Cf. D. C. dans Recherches de science religieuse. T. suivi des Baiana. mais il se rallie. Baius et le baianisme.

: 11081012. qui nie les progrès réalisés depuis Augustin et que désavoue notre langage.. t. non accipiunt rationem meriti ex eo quod fiant per Spiritum adoptionis inhabitantem corda filiorum Dei. mérite. la sienne et celle qu'il rejette ainsi. l'accent est mis uniquement sur la proportion entre exiger son : l'œuvre et 1.) Baius enseigne ailleurs c.. Opéra. Mais. lorsqu'ils parlent du Baianisme. déjà dans ce premier traité toutes ses idées personnelles. Baius le divise en deux livres. est remis en question. 4. . on revient au Pélagianisme (De meritis op. D. 36 « quod sicut opus malum ex natura sua bonum opus ex natura sua est vitae aetemae meritum. sic — 288 — . C. a filiis adoptionis facta. C'est un juriste théologien. 1017). Mais il entend bisn que la sienne est au fond la seule orthodoxe. D. T. C'est de cet ouvrage qu'ont été extraites les 19 premières propositions condamnées par Pie V (D. p. II. 2. ils ne soulignent pas suffisamment son opposition à saint Thomas dans la question de l'état de grâce et du u coup. la récompense. Que la présence du Saint-Esprit soit requise pour qu'il y ait un mérite authentique. est mortis Opéra. I. Saint Thomas centrait toute sa théologie de la grâce sur l'idée d'u. Pour cent a des droits en face de Dieu laquelle (1). Saint s'efforçait . 4. sont surtout attentifs aux précisions que la condamnation du théologien de Louvain a provoquées dans la question des rapports entre nature et surnaturel. le De meritis operum. i. cela. Opéra. p. qui distingue entre mérite et démérite. p. qui donne la clé du Baianisme. don créé qui nous fait participants de la nature divine la Baius. il glisse 2. pense Baius. est tout à fait contingent (3). p. 74-79. On recon- H. Thomas i lisme assez banal. B. car plus loin il prétend qu'en requérant la présence du Saint-Esprit pour le mérite. II. lui ignore de coordonner le point de vue juridique et le point de vue ontologique dans la question du mérite Baius ne connaît que des catégories empruntées à un moragrâce élevante. De meritis operum. Opéra. et le châtiment (4). II. lui.. peu familière à Les manuels de théologie. La bulle résume comme suit ce passage « opéra bona. DE LuBAC. Le Bachelet. sans s'en rendre compte. n°^ 1001-1019). n° 1013).BAIUS ET LE BAIANISME pensée du XIII® siècle. distinguant ce qu'impose la foi chrétienne et ce qui est de libre opinion. Adam peut dû la vie éternelle est pour lui un véritable salaire (2). Enchiriaion. 35-36.-M. B. » (On notera la terminologie. II. » (D. 27-28. Surnaturel. il y a deux opinions également libres. commentaire de X.. Voir 3..cf. c'est-à-dire qu'il entend défendre d'abord contre les Protestants l'existence du mérite. i6. entre l'œuvre p. De meritis operum.. tout l'efîort même de la Baius. 39. Dans la notion de mérite. : aetemae meritum. sed tantum ex eo quod sunt conformia legi.B. Pour Baius. 4. l'homme inno- Fort de cette ordination divine par Dieu a décidé de récompenser ses bonnes œuvres. col. Il faudrait citer ici en entier ce traité.

Il étend au Christ sa théorie si le Christ a mérité devant son père. appellent nécessairement leur récompense. prop. » La formule justo Dei judicio evient sans cesse sous la plume de notre auteur. C'est par grâce que nous sommes sauvés. « Opéra justi:f. I. . sic Christi beneficio homini sunt reddita. qui au paradis n'aurait été qu'un salaire. p. B. nous ne pouvons accomplir aucune œuvre bonne mais une fois cette grâce accordée. p. sicut supra satis diximus. incapables de faire par nous-mêmes le moindre bien. damnés au delà de leurs « mérites ». 9. Nec in hac retributione bono- um ad Christi meritum aspicitur. sans devenir injuste. nous n'avons plus à compter que sur la miséricorde. 7. 43-44. repris dans la bulle de Pie V. 19 iae et temperantiae quae Christus fecit. De meritis operum. 2. Opéra. c'est uniquement par son obéissance au commandenent divin. 6. : : : :t gratia.. p. jrop. Opéra. 5. rouvre les voies à la justice. 3. 33 : « quod pie et juste in hac vita mortali isque in finem conversati vitam consequimur aeternam. contrairement à ce que pensent les Réformateurs. n" ion). la miséricorde. I. » 2. repris dans la bulle. on retrouve l'économie primitive la grâce du Christ nous rend de nouveau capables de faire des œuvres bonnes (1) et celles-ci. ex dignitate personae operantis. c. lumani 289 19 . en est de même pour les élus qui ne sauraient être récompensés au delà de leurs nérites. I. Opéra. est pour nous à la fois grâce et récompense (2).BAIUS ET LE BAIANISME du Nominalisme. » 1. p. De meritis operiim. II. Baius se croit ici un fidèle augustinien en réalité. nous dit Baius. Désormais. Opéra. » De meritis operum. Opéra. De meritis operum. déchus. La vie éternelle. c'est la seule justice qui réglait au paradis terrestre les rapports de l'homme avec Dieu. . 31 « quomodo vita aeterna simul sit merces que Dieu ne pouvant punir les 1 : — . il est aux antipodes . II. c. 14 « opéra bona justorum non accipiunt in die judicii extremi ampliorem mercelem quam justo Dei judicio mereantur accipere. 29 « quod sicut mérita per peccatum perlita fuerunt. » Ce texte est condamné par la bulle sous le n» 11 (D. Voir De mentis operuin. naît l'héritage outrancier. sed tantum ad primaevam institutionem generis in qua lege naturaïi (noter le vocabulaire) constitutum est. La grâce n'intervient que pour nous donner à nouveau les forces naturelles que le péché avaient détruites en l'homme. ut justo Dei judiio (encore) oboedientiae mandatorum vita. sicut inoboedientiae mors aeterna reddeetur. id )ei judicio non proposito gratiae Dei. Mais voici maintenant l'Augustinisme Mis à part le don de la création. c. Mais il faut s'entendre car. la dignité de la personne n'ajoute rien à la valeur de l'œuvre accomplie . non traxeunt majorem valorem. ed ordinationi naturaïi statim initio creationis humani generis constitutae et justo deputandum est. en vertu de l'ordination première. 41. Sans la grâce du Rédempteur. . p. Que nos œuvres soient méritoires. cela vient uniquement de leur proportion avec la récompense promise (3).

replié sur soi. 109. vertueux toune retient d'Augustin que 1. Baius fait sienne la thèse de la justification progressive (2). deinceps béate vivere et Dei mandatis oboedire possit » (Prop. c. consistit formaliter in obedientia mandatorum. mais « on reste 5. p. Sa théorie de la justification souffre des mêmes vices originels. caritas magna magna justexte augustinien titia est. dans les perspectives nominalistes. qua justificatur per fidem impius. D. La bulle de Pie V condamne la 290 . II. car Baius met l'accent sur les œuvres. 290). » Ailleurs (De justitia. caritas perfecta perfecta justitia est « (De natura et gratta. Opéra. 4. mais un saint Pierre. la notion dynamique de de la justification.BAIUS ET LE BAIANISME de l'esprit de l'Augustinisme. c. Il en est qui jamais n'arriveront à la foi.. sed reputatur. De justitia. : : nienne. quae est operum justitia . Mais on n'est plus dans l'atmosphère augustip. ut sic per Spiritum sanctum renovatus. quia justitiae proprie dictae aequivalet n'est pas tout à fait la position quod remissio peccatorum non sit proprie nomiapud Deum. c. lui. Opéra. p. 5. » Ce de Luther. l'homme reste désaxé. est à tout instant dépendante de Dieu (1). 1946. 103). Opéra. 84. Une ligne sinueuse mimant la ligne droite. 3. De justificatione. voilà concrètement la justification (5). 8. Mais il n'est que trop certain que Baius fait peu de : De justitia. p. Surnaturel. La justice est une rectitude de la volonté mais. pour lequel la créature raisonnable.. 87-100.. 358 et l'excursus du P. de Lubac sur la prière d'Adam. 6. L. Baius rappelle le « caritas inchoata inchoata justitia est. non autem in gratia aliqua animae infusa. B. en quelque état qu'elle se trouve. tam in operatione virtutum quam in remissione peccatorum. Opéra. Voir le texte du concile d'Orange (c. « nihil aliud est justificatio quam continua 2. De lihero arhitrio. 147 quaedam et indesinens ad justitiam progressio. 42. : nis justitia. 102). 87-88. Cette proposition n'est pas tirée mot à mot des œuvres de Baius. qua adoptatur homo in lilium Dei et secundum interiorem hominen renovatur ac divinae naturae consort efîicitur. c. Baius ignore l'état de grâce (6). depuis la chute originelle. 106 p. La grâce pourrait redresser cette volonté. 44. caritas provecta provecta justitia est. regarder comme une vraie justice (4). Elle n'est qu'une suite ininterrompue de rémissions des péchés la charité et et d'actes Il jours déficients. mais Dieu donne la grâce à qui il veut et comme il l'entend. La justice reste pour l'homme un idéal hors de ses prises et il doit se contenter d'une justice imparfaite que Dieu consent par miséricorde à . reçoit le don d'une immense charité (3). p. cité ci-dessous. p. 12. Baiana. Lecteur assidu des œuvres du docteur d'Hippone. proposition suivante « Justitia.. i. repris d'Augustin. et celui-ci a protesté contre ce qu'il disait être une caricature de sa doctrine (Apologie à Pie V. d'autres croient qui ne parviennent pas à garder la chasteté. n" 1042). 19). Opéra. i. P. p.

tant qu'il n'aura pas été baptisé.. C. vW\t. Il faut ître d'accord avec le dogme. Opéra. Pour prouver cette thèse. C'est dans son Ds cantate (c. nondum potest justus vocari.n dissociant le point de vue social. Opéra. Baius accorde le pouvoir de se faire à ui-même sa destinée. de la grâce en tant que don permanent. A l'homme innocent. ses léchés ne lui seront pas remis (I). p.) quia tamen non habet remissionem Deccatorum. Un homme pourra donc se trouver m état de péché mortel et avoir la charité. Voir les propositions 31. et le commentaire du P. 7. 107 •emissionem peccatorum aliquid justitiae habeat (habet enim fidem. « licet igitur catechumenus aut poenitens ante 1. non est Catechumenus juste.. et le point de vue perlonnel. Opéra. c. :as linsi qu'il écrit : : : : — — 291 .. Le Bachelet. et mandata Dei observât. De justitia.. rebelle à a théologie scolastique. 102-103. nous assure Baius. 33 (D. au mouvement de l'âme qui fait que celleci observe la loi divine. Notre juriste théologien pense y arriver . n» 1043). 32. la charité s'identifie à la hona voluntas. 1032. il est ce qu'il eût été au paradis terrestre. col. 96-97. Un catéchumène.. II. au sens de Baius. Caritas illa quae est plenitudo legis. Mais. t. xï°^ 1031. Nous n'avons pas à discuter ici en détail sa théorie sur les rapports între nature et surnaturel. B. . Cependant. » Voir la proposition condamnée n° 43 T). i! a du baptême ou de l'absolution. quae in baptismi lavacro demum percipitur.BAIUS ET LE BAIANISME de Trente a tranché certaines questions. ante obtentam remissionem peccatorum. Dans l'économie présente. il va si loin qu'il n'accepte même pas le minilîum imposé par les décisions du concile de Trente. 2. » On retrouve la même méthode l'acceptation ou le rejet d'une systémati. recte et sancte îemper conjuncta cum remissione peccatorum. 7. en lui-même. non magnopere contendendum ixistimo. 1033) « caritas perfecta et sincera. il faut pourtant souligner deux points très mportants de sa doctrine par oii il se rattache à Luther et à Calvin : 'impuissance radicale de la volonté déchue et la négation de la liberté Je choix. » Dans la pensée de Baius. De caritate... c. praeterea custodit legis justitiam. le concile jarlé clairement de l'efficacité de l'habitus de charité et. D.. B. Au fond. il est causé par la grâce.. mais. 91) « an vero praeter hune animi notum qui caritas dicitur. par suite.ation scolastique {qualitas accidentalis) entraîne l'acceptation ou le rejet du point de ioctrine qu'elle cherche à exprimer. ac legem implet per caritatem. des actes néritoires au sens strict. alia quaedam habitualis atque accidentalis qualitas in roluntate ponenda sit quae etiam caritas nuncupetur. tam in catechumenis quam in poenitentibus Dotest esse sine remissione peccatorum.st capable de faire des actes bons. donc. sacramentel. mais il pense que l'homme déchu est incapable de quelque bien que ce soit sans la grâce du Christ. p. p. ayant la foi et pouvant être mû par la grâce. T. 2. Seul.. 3aius ne trouve pas moins de dix-neuf raisons (2). habet et bonam /oluntatem.

Opéra.. la grâce médicinale l'emporte sur la grâce élevante. D. col. que l'on prétend défendre contre 1. 2« éd. 276. ^i. n° 1040). ma^'s laisse très vite les précisions scolastiques pour montrer que la vraie notion de liberté est dans « altero modo dicitur l'Écriture et dans saint Augustin. 7. 5. B. Voir le commentaire de Le Bachelet. Cf. noio25). Capéran. T. les Réformateurs. Baius identifie pratiquement liberté et spontanéité spirituelle. qui est a prop. Il montre ensuite que cette liberté demeure même là où l'homme n'a pas le pouvoir de choisir « huic libertatis modo impertinens est. sine Dei Opéra. tiae ad peccandum valet. Opéra. C. I. rebelle à toute analyse philosophique. 83-86. T. c. est vidée de ce qui en c. p.BAIUS ET LE BAIANISME un pélagien peut affirmer le contraire (1). 5. De viriutibus impiorum. p. utrum id quod libère fieri dicitur etiam possit non fieri » (ibid. 2. mais cette grâce est à son tour nécessitante. no 1066) : : tamen . : faisait jadis la De virtutihus impioruni. 39 (D.. Opéra. Le problème du salut des infidèles. Le Bachelet. qui ne songe pas à se demander si. mais il passe complètement à côté des richesses spirituelles contenues dans les textes qu'il apporte à l'appui de son affirmation. Mais elle représente bien sa pensée (X. Il fait table du passé et se refuse à intégrer les progrès réalisés par la théologie médiévale (5).. t. p. Attaché aux formules d'Augustin. 87). n° 1041) . La divinisation du chrétien est ignorée. col. La notion de mérite. 41 (D. Toutes les œuvres des païens sont des péchés et les vertus des philosophes des vices déguisés (2). Opéra.B. D. La bulle de Pie V écrit: «omnia opéra infidelium sunt peccata et philosophorum virtutes sunt vitia » (D. 66 (D. esclave du péché. 3. B. adjutorio. necessitate. Le système. » : 292 . 49-52) c'est là une pièce essentielle de sa thèse sur l'exigence du surnaturel. fit » : : naturali. 8.. 81-83. De can: — tate. Le pécheur.. p. tel que l'a compris Baius voluntas libeia quia in eis quae vult aut facit nulli servituti est obnoxia » {De lih. tout en restant dans la ligne augustinienne. Baius défend bien avec âpreté l'idée que le Saint-Esprit fut donné à Adam {De prima hominis jiistitia. i. c'est bien la pensée de Baius.. c. 77). arb. 70 s La proposition condamnée précise « sine grac'est bien ainsi que l'entend Baius. d'appétit. II. B.. c.-M. p. La bulle condamne les : : propositions suivantes rio fiât. Le De libero arbitrio analyse les notions de volonté.. Dei adjutorio » (D. La bulle condamne la prop. D. II. col. Baius. Cette formule n'est pas telle quelle dans Baius et il a protesté dans son Apologie à Pie V (Baiana. L. T. etiamsi necessa« is libertatis modus. n° 1027) et non nisi « quod liberum arbitrium. 1039) « quod voluntarie fit. sub libertatis nomine non reperitur in Scripturis sed solum nomen liber« sola violentia répugnât libertati hominis tatis a peccato » prop. Le Bachelet. 4. B. C. ne peut que s'enchaîner davantage (3). 1934. c. 79). Cf. roi). 66-67. II. La grâce du Christ peut le libérer de sa servitude. rase n'est qu'un Augustinisme étriqué. c. Opéra. 5. 5. libère prop.. p. Il prépare les voies à Jansénius (4). p. on le voit. C. 40 tati : « In omnibus suis actibus peccator servit cupidi- dominanti » (D. B. on ne pourrait pas reconnaître aux infidèles et aux philosophes du Paganisme une vie morale capable de les sauver. 94.

» En déplaçant une virgule (après possent). sans du reste l'avoir cherché. en 1589. La bulle de Pie V ne donne pas de qualification particulière pour chaque propo« quas quidem sententias stricto coram nobis examine ponderasition. Jansénius donne cette exégèse de la bulle dans VAugiistinus. 2. il le lit plus souvent avec les yeux de Luther ou de Calvin. p. quamquam nonnullae aliquo pacto sustineri possent. temerarias. Mais son obstination le perd et. Le Bachelet. col. Baius. scandalosas et in pias aures ofîensionem immittentes respective damnamus. devint. II. mais conclut tas. cf. puis tergiverse. t. T. La justification n'est pas une rénovation de tout l'être. Des théologiens de troisième ordre.57-62. bien qu'à regret et. D. le feu couvait sous la cendre. Le Baianisme. En réalité. Baius. 40-41. Celui-ci n'avait rien d'un Arius ou d'un Luther. lentement. t. D. col. Texte des propositions condamnées dans Baiana. Il se soumit. sous prétexte de rendre la paix à l'Eglise déchirée par les controverses sur la grâce efficace et la grâce suffisante. L'école baianiste (Baius avait de nombreux soutiens) se soumet apparemment. Sur ces interminables discussions. 3-7. X. le concours divin et la prédestination. Baius n'en édite pas moins ses opuscules. mais dans la paix de l'Eglise (2). s'il lit parfois Augustin avec les yeux d'Augustin. 47-57. malgré son désir de rénover la théologie. en 1567. mourut sans gloire. II. erroneas. Le Bachelet. et bientôt un homme se rencontra qui. 3. se mirent à ergoter sur une virgule. Baius. Dès 1560.BAIUS ET LE BAIANISME grandeur. C. L'Église ne pouvait manquer de réagir. mais que rien 1. : 293 — . X. une censure de la Sorbonne frappe les thèses sur l'impuissance de l'homme déchu et la passivité du libre arbitre (1). on arrive à faire dire au pape qu'un certain nombre de propositions sont soutenables au sens même de leurs auteurs. le fondateur d'une secte opiniâtre et redoutable que les contemporains appelèrent d'abord Baianisme.. Une seconde condamnation devient nécessaire et Grégoire XIII charge le cardinal Tolet de la notifiera Baius (1580).-M. suspectas. reste prisonnier des étroitesses de sa formation première et. mais un compromis entre l'extrinsécisme juridique et le moralisme psychologique. l'histo- nomme Jansénisme. le fameux comma pianum (3). in rigore et proprio verborum sensu ab assertoribus intento haereticas. s'affranchit de la tutelle du Nominalisme. le pape Pie V prononce une condamnation qui marque une date importante dans l'histoire de la théologie catholique. La querelle semblait donc éteinte. qui ne se résignaient pas à la condamnation de thèses qui leur étaient chères. C.-M. Il reste un théologien considérable et le roi d'Espagne l'envoie au concile de Trente. T.

insistait sur le rôle du sujet et la liberté d'indifférence (2). les théologiens thomistes de Salamanque s'opposent avec vigueur et rappellent avec saint Augustin et saint Thomas que. luttes théologies (I). Mais sa Concordia met le feu aux poudres. 2098. J. mais à leur doctrine ainsi simplifiée (3). Ajouter les travaux récents de F. 12. Molina et les siens posaient le problème de façon plus subtile. — — 394 — . E. et regrette même que son héros se soit laissé séduire par le Congruisme au lieu de défendre le pur — Molinisme. 4. D. T. I. p. 2141-2145. La liberté chez Descaries et la théologie. 2185-21 87. 1912.. E. G. se dessinait un courant pour mieux répondre au Protestantisme. t. 14. t. Les travaux anciens sont des plaidoyers pro donio. Molina publie un extrait des siens. Schneemann. Etre libre. 1935 de textes inédits avec une introduction). Philippe II aussi. de Scorraille. sans y être contraint par rien d'extérieur De deux hommes qui reçoivent la même grâce. disp. T. (recueil trouvera une bibliographie considérable dans l'article de E. 375. mais il n'est pas absolument sans préjugé. 1913. S. C. Stegmuller. 13. Molina. col. col. t. GiLSON. C. des M. Rome enfin doit intervenir. art. d'exposer objectivement l'histoire des controverses de auxiliis. 3. de 1876. p.Vansteent. Cf.1881. X. col. L'essai historique du P. On BERGHE. X. deux familles religieuses qui avaient déjà eu l'occasion de se quereller prennent fait et cause pour leurs champions respectifs. pour faire le bien il lui faut le secours divin. En Espagne. Vansteenberghe. C. D.LES QUERELLES DE AUXILUS Entre la condamnation de Baius et celle de Jansénius se situent les fameuses dont nous avons dit un mot plus haut et qu'il nous faut maintenant rappeler plus en détail. p. d'abord écrit en allemand (1879) a été loin de satisfaire les théologiens de l'école dominicaine. dans Beitràge Geschichte der Phil. 349-467) retrace longuement et de façon pittoresque cette histoire mouvementée. t. Vansteenberghe. de choisir entre 1* Banez édite ses cours (1 584). Je renverrai ici ou là au Suarez du P. François Suarez. Nous les situerons plus loin dans l'histoire de la théologie de la grâce. si l'homme peut faire le mal tout seul. Depuis un certain temps déjà. met en relief l'opposition de deux qui. à cause des détails savoureux qu'on y trouve commodément rassemblés. L'Inquisition s'en mêle. p. Le P. DE Scorraille {François Suarez. I. E. mais bientôt laisse aux partis toute liberté (4). 32. 290-294. à l'occasion d'une dispute sur la liberté du Christ. D. DE Scorraille. éd. n'est-ce pas avoir le pouvoir les deux termes d'une alternative. ziir Geschichte des Molinismus. Concordia. {Controversianim de divinae graiiae liherique arhitrii concordia initia et progressifs . 51. l'un ne peut-il pas consentir et l'autre non ? En réalité. 2. T. Molinisme.. Les controverses sur la grâce naissent en Espagne avec le procès de Valladolid (1 582) qui. A. X. t. q.. Il est assez difficile 1. R.

— 295 — . E. praedestinatione et reprohatione culas. il ne pourra pas s'y refuser. Bellarmin avant son cardinalat. esprit clair. mais il sait par sa science des futurs conditionnels l'usage qu'en fera chacun. SULL. Calvinisme et le trouvent dans la Conle science divine qui leur paraît des plus aptes à réfuter le Prédestinatianisme. 10. Bellarmin raconte joliment qu'étant étudiant à Padoue le P. à un schème commode qui fera fortune. ils substituent une thèse inspirée à la fois de saint Augustin et de Molina. Léonard Lessius. qui enseigne en Espagne après avoir été professeur au Collège romain. p. T. X. 1595. 1588. Dieu ne prédestine les justes à la gloire qu'en prévision de leurs mérites. qui reste très augustinisante (3). Concordia liberi arhitrii cum gratine donis. 449). sa psychologie profonde. ramène la pensée de Molina. 4. Vansteenberghe. le jeune Bellarmin) « in scriptis suis ponebat doctrinam sancti Augustini de gratuita praedestinatione » pC.-M. Baianisme. lisent Molina avec empressement. il décide de lui donner une grâce si puissante que. La gra1. Dans son Autobiographie. les Jésuites. décidés et enseignent la prédestination ante praevisa Mais. col. Bellarmin avant son cardinalat. mais non sans que Dieu l'ait prévu et voulu. étant donné son caractère. Elle est suspecte aussi aux plus grands théologiens de la Compagnie de Jésus. Si donc Judas se damne. obscure et nuancée. Mais. Cette doctrine est censurée en 587 par la Faculté de Louvain. p. apud X. Lettre de Lessius à Bellarmin (1587). ce que feraient Pierre et Judas s'il leur offrait telle grâce particulière. à la thèse banézienne de la grâce efficace par ellemême. Dans cordia les Pays-Bas. qui a cependant réfuté solidement Baius. il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même. Molina. Van 3. par la « science moyenne ». De toute éternité. Molinisme. ses tendances. ne sont pleinement satisfaits. 1930. ni Suarez. ch. ad nonnullos primae partis Thomae arti- 2. Dieu sait de toute éternité. e.LES QUERELLES DE AUXIUIS Molina publie alors à Anvers la deuxième édition de qui luttent contre Ils sa Concorde (1). parce que Dieu aime Pierre d'un amour de prédilection. Ni Bellarmin. Pharao Siculus lui enseignait la prédestination post praevisa mérita. Li&boime. La grâce suffisante devient efficace par le libre concours de saire (2). Le Bachelet. Anvers. t. 148-149. C. provif'ivi dentia. L'un et l'autre sont des 1 augustiniens mérita (4). D. 1912. — 1912. qu'il soit infra-lapsaire ou supra-lapla une théorie de Lessius. l'homme.-M. divina praescientia. quelque peu simplificateur. mais que « iV » (i. il décide d'offrir à Pierre et à Judas la même grâce. Le Bachelet. 2099-2100. Ch.

domaine des possibles et des futurs libres condition- Banez et les siens. Il veut revenir à saint Thomas. affirme avec lui la transcendance de Dieu. les autres se perdent par leurs seules forces. t.-M. 22. Banez trouve cette humilité excessive (2). C. 1587^ p. Ils sont finalement évoqués à Rome. 2 (p. Voir les textes de Bellarmin dans X. T. avait préféré ne pas sonder ces mystères. 23. 4 (édit. voir les travaux cités ci -dessus. Dans son article 2. Les fameuses congrégations de auxiliis commencent à Rome en 1 598. Vansteenberghe {D. Le Bachelet. Sur les origines scotistes des décrets prédéterminants. On se défend de l'anthropomorphisme. In 7""* partent. X. note i. 784). p. Cependant. tisce : il revient au principe sco- les uns. 2 (p. puisqu'elle n'est autre que celle de saint Thomas {Banez. de leur côté. Auctarium Bellarminianum. Venise. art. 3. 2-96 . Il ne faudrait pas juger de la valeur de la une simple comparaison. 86-93. comme lésant la majesté de l'acte pur. Dieu leur donne les secours efficaces. 2097-2098) se contente d'indiquer la tendance. du D. mettent en relief la priorité du vouloir divin. Il nous faudrait ici une étude désintéressée. Encore une fois comparaison n'est pas raison et. T. Mais le jour est encore lointain où une meilleure intelligence de la pensée du Docteur angélique amènera à rejeter. q.. Pour sauver nées d'une cité n'est responsable des désordres qu'entraîne l'ouverture d'une maison publique (4). il est le reporté dans nels (1). q. C. C. Dieu n'est pas plus la cause du péché que celui qui préside aux destila fin Qui veut veut les moyens (3). 758). M. mais on y retombe incon sciemment. 1913. prédestination et de la persévérance finale est ainsi pleineQuant au mystère des rapports entre grâce et liberté.. C'est aller un peu vite. marqué lui aussi à son insu par la théologie nominaliste. D. Cajetan. In Z'"" part. Cependant les conflits reprennent. col. mais je veux situer le climat dans lequel tout le monde présente alors la discussion. 751). t. surtout pour un grand historien des idées. 3. Elles sont marthéologie de Banez par 1. 23. art. 145). C'est un théologien profond et qui a lu de près saint Thomas. Banez. 4. art. jadis. le P. Le pape Clément VIII cherche à mettre un terme à cette question irritante et décide d'entendre d'abord les deux parties. Ibii. q. j'ai conscience de simplifier la pensée d'un auteur nullement négligeable. II.LES QUERELLES DE AUXILIIS tulté de la ment sauve. 243. toute cette succession de décrets hypothétiques par lesquels on essaye de se représenter les rapports entre la pensée et la volonté divines. dub. Banez. p. T. comme plus haut pour Scot. Mandonnet estime qu'il est inutile de présenter la doctrine de — Banez. col.

Bellarmin est l'un des rares théologiens mêlés à ces controverses qui ait eu le sens historique. C.. On parle de la grâce comme d'une motion. t. mais puissance.LES QUERELLES DE AUXII^IIS quées par toutes sortes d'incidents. additumque est fore. En effet. Paul elles finirent sur un aveu d'im- contenter d'imposer silence aux deux parties. Sans doute. Domino serio admodum vetitum est. tenait les deux bouts de la chaîne l'homme est libre et la grâce de : V dut se Dieu toute-puissante ter le mystère. sans qu'on songe assez à les situer dans leur contexte ou prochain (I). T. » (Cf. le Saint-Office est là qui pourra s'y opposer. Enchiridion. 430 l'anecdote du livre brûlé). col.) — 297 — . D. Cette méthode d'argumentation est en usage dans là controverse avec les Protestants et elle est acceptée de tout le monde. 1. les qu'elle fait agir l'homme selon sa nature. t. X. E.. sans trancher quoi que ce fût. amis et adversaires de Molina parlent souvent comme si l'on enlevait à Dieu tout ce que l'on accorde à la créature. D. Les âges postérieurs lui seront sévères (2). en ce que ceux-ci ont affirmé que le point de départ du salut vient de nous. le pape avait fait le point comme suit « Le concile de Trente a défini la nécessité pour le libre arbitre d'une motion divine. Pour la conduite çois Suarez. « in negotio de auxiliis facta est potestas a Summo 3. mais il est encore trop prisonnier des méthodes de discussion en usage. tandis que ceux-là pensent exactement le contraire. mais la résolution annoncée ne vint jamais. 2165. D. mais ce n'est pas nécessaire. Si quelqu'un enseigne des erreurs. de Scorraille. l'opinion des Frères Prêcheurs est très éloignée du Calvinisme. l'affaire peut être différée jusqu'à ce que le temps porte conseil. B. et d'autre part. e. il n'est pas interdit d'aller plus avant et de scru- mais il faut cesser de s'entre-déchirer (3). » Le conseil était sage. c'est-à-dire librement Jésuites se distinguent des Pélagiens (i. p. Vansteenberghe. Dans l'allocution finale. : : — . il serait souhaitable que la controverse à ce sujet soit dirimée. ne quis partem suae oppositam aut qualificaret aut censura quapiam notaret. mais la parfait. X. Ce qui fait difficulté. in quaestione hac pertractanda. puisqu'ils disent que la grâce ne détruit pas la liberté. R. Vansteenberghe. malgré leur désir de ne pas oublier la transcendance de la éloigné cause première. T. I. n° 1090 Pontifice cum disputantibus tum consultoribus redeundi in patrias aut domos suas. comme dira plus tard Bossuet. Quin optât etiam ut verbis asperioribus amaritiem animi significantibus invicem abstineant. des semi-Pélagiens). col. et. t. . Les catégories philosophiques dont on dispose ne sont pas davantage adaptées aux problèmes humains qu'on aborde. remplies de discussions interminables oîi les textes scripturaires et les autorités patristiques sont invoqués pêle-mêle. c'est de savoir si Dieu le meut physiquement ou moralement. L'Église. 2.. Puisqu'il n'est pas nécessaire d'en venir à une définition. Verum ab eodem SS. Les fameuses congrégations durèrent neuf ans. FranE. ut Sua Sanctitas declarationem et determinationem quae exspectabatur opportune promulgaret. 2154-2165. 402-460 (voir p. C.

C'est ce que semble bien avoir entrevu Molina qui. 37 (éd. X. col. La réponse est de l'homme sons laisser d'être un don de Dieu. insistait sur la distinction entre le concours naturel de Dieu et la grâce surnaturelle. Dieu l'appelle et il répond. d'ordinaire. ascéticiste. 1876. 14 (p. L'homme est libre et Dieu le mène. Molina croyait à la possibilité d'un amour naturel de Dieu chez l'homme déchu. on s'aperçoit vite de la Compagnie de Jésus tenaient moins à une thèse d'école qu'à une attitude pratique. 239-241). si l'on qu'en cette affaire les théologiens à la grâce suppose de la part de cement. Il l'avait reçue du Nominalisme. le simple fidèle. Concordia. elle devient condamnable et peut nous jeter dans l'angoisse ou la paresse.LES QUERELLES DE AUXILIIS de sa vie. Il s'agissait l'homme un perpétuel effort de renonprécisément de montrer comment. mais elle n'est pas étrangère à l'expérience. dans la vie concrète de l'homme. mais cette assertion a besoin d'être reviG. Les deux notions avaient en effet fini par se distinguer clairement pour heur ou malheur (1). art. 13. en des pages assez obscures. disp. Concordia. bon nombre de Molinistes interprétaient dans un sens très favorable à la nature l'axiome scolastique mutuellement. q. — 298 — . 2. 60-79).. d'ailleurs. q. 1928. p. 14. 21 (en 15921 Molina revendique contre Fonseca la paternité du système). comme on a dit depuis. Mais il n'en restait pas moins que la docilité qu'il Quoi en soit. cette distinction était chez lui solidaire d'une théorie discutable. D. 2G96-2097). Après lui. Hentrich. 1. On pouvait abuser de ceux-ci dans le sens volontariste et. va au fond des choses. T. t. Molina est-il l'inventeur de la science moyenne ? On assure. C'était toute leur méthode de direction spirituelle. 13. L'Ecriture et la Tradition éclairent suffisamment sa route. Gregor von Valentia tmd de-r Molinismiis. mais au sens où on la contradistingue de la grâce (2). . 208-210). se provoquent première étant toujours évidemment à la du domaine de la psychologie. La grâce n'est pas uniquement : : Ibid. C. à laquelle il tenait plus que de raison le sur-' naturel quoad modum. 14. art. Cf. p. n'a pas besoin d'en savoir beaucoup plus long. 13. non au sens où la nature s'oppose à la liberté. elle atteint son but si elle ne cherche qu'à satisfaire notre curiosité. qu'il n'a fait que reprendre une thèse de son confrère Fonseca (E. art. Van- — — sée. l'initiative grâce. disp. De plus. q. disp. grâce et liberté s'entrecroisent. toute l'ascèse des Exercices qui étaient en jeu. 14. Si la théologie savante nous aide à réaliser ces vérités fondamentales. STEENBERGHE. 41 (p.

274). De gratia. Il est piquant de noter que le grand humaniste que fut François de Sales. Roberti Bellarmini juvenis de praedestinatione. mais ces œuvres sont inutiles au salut et. VI. Ces augustiniens ne sont pas encore arrivés à comprendre que le vrai problème est celui de la 4. Van Noort. si l'on va au fond des choses. 66-68. Bellarmin. pas plus que son maître Augustin. 153-164. et les textes publiés par S. elles ont l'apparence des vraies vertus. arb. souligné l'impuissance du libre arbitre chez l'homme déchu et infidèles. p. Concordia. p. Opéra. : : distribution de la grâce. VI. H.IIS ainsi à cette thèse. 80-82 (n^s 82 et 96). c. art. n). dit le grand controversiste. multis vitiis coopertos fuisse facile demonstrari possst. 43-50). p. n'échappe au reproche de semi-Pélagianisme que par une dis- Dieu ne refuse pas la tinction entre la préparation positive et la préparation négative à la pre- mière grâce (2). XI. VI. Dès le début de sa carrière. . salut des infi- — 283-285. thèse qui. c'est qu'il aurait la grâce de Dieu. Tromp. Catones enim. disp. il avait opté délibérément pour la prédestination ante praevisa mérita (3). était plus franchement augustinien. 10. 8. 2.. que ces œuvres sont secrètement viciées (5).LES QUERELLES DE AUXII. Œuvres. 1920. 1929. Vives. p. c. La grâce.. Socrates aliique horum similes qui inter ethnicos sanctissimi judicati sunt. « sane qui docent homit. VI. n'est pas moins dur pour les vertus des païens pommes véreuses. Gregorianum. — L. quelque peu bousculée depuis. 5. t. même parlé en termes assez durs des vertus des Sans la grâce. e. 14. De De gratia et libero arbitrio. dèles. fervent lecteur de Bellarmin et disciple de ces ver^-us sont des saint Thomas. De gratia Christi. VI. 1934. que Dieu demande d'abord au païen d'observer la loi naturelle avec les seules forces de sa nature. 10 (p. gratia et lib. IV. p. si quelque païen offrait vraiment sa vie pour son pays. p. 1933. On en venait encore admise aujourd'hui par nombre de théologiens. p. t. V. Cf. et innocentem vitam agere secundum rationem et hac sanctitate morali provocare Deum ad aiixilium spéciale {noter la terminologie. 118) nem faciendo quod in se est solis naturae viribus ad gratiam praeparari aut opinantur eum suis viribus posse desiderare et petere a Deo gratiam et haec est haeresis pelagiana (i. mais le ver de la vanité les ronge au dedans {Traité de l'amour de Dieu. 248-268 (cf. 313-355)- 4 {Opéra. 13. aut certe existimant posse hominem servare propriis viribus oinnia praecepta moralia. Ul omittam. semipelagiana). q. p. » Ailleurs (De gratia et libero arbitrio. sed haec quoque est liaeresis pelagiana. 26 éd. G. c. Mais. l'homme peut bien faire des œuvres honnêtes (4).. note 4. Le problème du éd. il s'agit de la grâce actuelle) sibi donandum. on s'aperçoit. c. t. Lange. avec une intention droite. 123). 3. 294.... Bellarmin concède que. Voir ci-dessus. p. 6 {Opéra. nullum ejusmodi hominem ex historia posse monstrari. Tractatus S. Capéran. il ne croit à cette possibilité. est nécessaire pour observer la 1. tout moliniste qu'il fût. dit-il encore. grâce à celui qui fait ce qu'il peut (1). 3.

c. Bellarmin. c. 12. n. V. c. C. t. 7. V. Opéra. VI. (9/)era. Zur Gnaden Lehre des — — jungen Suarez. 529-531. 7. est essentiellement désir 1. includit habitudinem ad cooperationem futuram liberi arbitrii. s'il est appelé conformément à ses plus secrets penchants. gratia P. C'est le « congruisme » (4). et consequenter includit quamdam congruitatem respectu personae cui datur. Ihid. cum auxilio gratiae simultaneo. Ibii. 21.. p. Id.. et per hoc habet illa vocatio quod congrua et efficax sit. t. R. Opéra. après quelques hésitations. V. mais. Saint Thomas avait parlé d'un désir naturel de la vision béatifique (8). V. Voir ci-dessus. 2687-2690. in tali tempore et occasione infallibiliter effectum habeat. t. François Suarez. ut in tali persona. c'est que déjà il est mû par la grâce de Dieu (3).. nous nous y arrêterons un instant. à propos de la science divine 8. Dieu appelle et l'homme répond. et lihero arh.. « vocatio efficax 7. p. L'esprit. XIV. p. Stegmuller. disait-il. VIII. Ihid. Il a même été sévère pour celui-ci (5). il est plus optimiste que le grand controversiste et tempère l'Augustinisme. il a mais. 48. Nous avons dit aussi que Bellarmin croit trouver dans Augustin sa théorie psychologique des rapports entre grâce et liberté. VI. p. 4. De 2. F. col. c. 1933. 5. min l'explication congruiste des rapports entre grâce et liberté Cependant. Vives. Suarez. Celui-ci. 119. VI.LES QUERELLES DE AUXILIIS loi naturelle (1). Suarez est également beaucoup plus augustinien que Molina. De gratia. Opéra.. 198. Bellarmin leur faisait écho. : ! — 300 — . p. VI. même comme auteur de la nature. 3. Suarez.. pour résister à une tentation pressante (2) et si quelqu'un aime Dieu par-dessus toutes choses. 6. bien qu'adversaire résolu de Baius. était resté très proche de saint Augustin. 1936. T. il ne pourra que donner infailliblement son assentiment. opté pour la théorie de la science moyenne (6) et défend comme Bellar(7). 4. Opéra. t.. sur les conséquences de la faute originelle. DUMONT. t. p. dans une formule célèbre. ut sit illi ita proportionata et accomodata sicut oportet. D. c. \. » Un tome entier du De gratia est consacré à la question de auxiliis et Suarez en a déjà parlé ailleurs. I. 5. Liberté humaine et concours divin diaprés Suarez. 398. DE ScORRAiLLE. montrait que notre esprit ne trouve son repos qu'en Dieu. 498 illa est quae de facto habitura est infallibiliter efïectum a vocante intentum. t. la condamnation de Baius vient d'obliger les théologiens à préciser leurs idées sur les rapports entre nature et surnaturel. Au moment oii écrit Suarez. p. t. Ses thèses ayant été souvent reprises par les théologiens postérieurs. 44. et ideo.

art... e. D. la grâce n'est due à personne. egeat homo super naturalibus mediis. Respondeo beatitudinem finem naturalem esse quoad appetitum. Il nous dit expressément que l'homme créé dans l'état de nature pure (i. nisi natura ejus mutaretur. 4. 2. tamen id sequeretur ut non potuerit sine mediis illis creari.LES QUERELLES DE AUXII^IIS de Dieu possédé par la vision face à face la nature ne s'achève vraiment que par le surnaturel cependant le surnaturel est gratuit. non quoad consecutionem.. art. Respondeo aequum omnino fuisse ut Deus homini ad finem tam sublimem ordinato. Quare potuit Deus hominem per naturalia média ad finem naturae suae proportiona: : tum perducere. Soto. Ces pages mériteraient une étude spéciale. non parva quaestio est sitne sempitema beatitudo quae in visione Dei sita est.. 575-578). 3.. et gratia..scd contra potius ad maximam ejus pertinet dignitatem quod ad sublimiorem finem condita sit (na- De gratia primi hominis. une fin purement naturelle. En fait. p.. c. Dicet fortasse quispiam esto. lovan. . Soto ne parle pas encore de la nature pure comme les modernes. 49. : . q.. au lendemain de la condamnation Dans — 301 — . il s'était expliqué davantage dans son enseignement de Louvain. sans la grâce) ne pourrait pas soupçon- 1. mais rien n'oblige le Créateur à actuer toutes les possibilités de cette nature. tamen nihil absurdum secuturum si negasset. V. t.. habet homo alium finem naturalem sibi omnino proportionatum qui est ratiocinando inquirere veritatem. insitum habemus videndum. 154). Dumont {L'appétit inné de la béatitude surnaturelle chez les auteurs scolastiques. Opéra. p. dans Ephemerides theol. neque ad finem inferiorem condi potuit. par ses seules forces.. 12. q. rei exemplum habemus in vespertilione. per nos ipsos possumus » (In IV Sent.. Tolet.» Bellarmin ne touche la question qu'en passant. Comment concilier ces assertions contraires ? Bellarmin s'en tirait par une distinction héritée de Dominique Soto (I) et surtout de Tolet (2) seul le surnaturel peut achever le désir de la nature. In l""* part. l'homme eût alors poursuivi. média necessaria non negaret . nec altius evehere. Haec enim fuit nostrae magnificatio natuil serait 1 quod creati Thom. Est enim paratissimus nobis subvenire et quae per alios possumus. Nam tametsi summa illa beatitudo sit finis hominis naturalis. 191 « : tura) quam ut solis viribus attingere possit.. I. il aurait pu le laisser à lui-même. i (éd. 2. S. : t. Dieu a ordonné l'homme au surnaturel en droit. i). ac per hoc non potuerit talis creari qualis nunc nascitur. après l'essai tenté par le P. c.. Concedimus naturam nostram adeo esse sublimem ut ad illum finem naturaliter inclinet quem nonnisi per auxilium Dei assequi possumus.. . et praeter eum. dist. Chossat. finis noster naturalis an supernaturalis (Scot a dit naturalis). De natura même ner la sublimité de la fin à laquelle il tences.. I. ordonné Dans son commentaire des Sensumus ad imaginem Dei. tamen est finis improportionatus. p. Cujus les Controverses. insuffisante pour apaiser son désir. 7. assez belle cependant pour mériter d'être conquise (3). Neque est aut nov-um aut hominis natura indignum ut naturaliter appetat quod nonnisi supernaturali auxilio consequi valeat. écrit encore : « eo ipso appetitum naturalem ad Deum rae quod ad illum finem fuerit condita quem nisi per auxilium spéciale Dei consequi non valeamus. 1931.

mais la thèse contraire lui paraît téméraire et même errori proxima : {n° 12. 446-447). I. c. dit-on. 1928. 4. lib. 508.. disp. 146. p. Cependant. proleg. Mais l'homme déchu. C'est donc que. 15. Opéra. Il aurait eu besoin de ceret les théologiens Avec Suarez par exemple. Elter. n° 4. foi. Voir les textes rassemblés par E. 26. p. ibid. VII. 2. t. Opéra. Sur la condamnation de Baius VII. la thèse selon laquelle l'homme déchu pourrait. : — 302 — . t. De naturali hominis beatitudine ad men1 teni scholae antiquioris. p. 283. auteur spirituel. son émule Vazquez plus. il ne diffère de l'homme dans l'état de nature pure que tari' quam spoliatus a nudo. comme de 5. 403. IX. L'homme déchu ne peut pas observer longtemps ni dans toute son intégrité la loi naturelle il lui faut pour cela un secours spécial. VIII. t. commandé par coûte une conception de la nature pure. p. CI. p.-M.. lib. lib. de Baius. On pourrait concevoir que l'homme déchu n'a besoin de la grâce que pour atteindre sa fin surnaturelle. 3. 1913. VII. Voir les textes cités par X. Suarez ne donne pas cette thèse . il faut aussi maintenir contre Baius que le libre arbitre laissé à lui-même reste capable de faire le bien (5). sans le secours de la grâce. « dicendum est hominem in 28. t. n'a pas été atteint dans ses forces naturelles. dans l'état de nature pure. t. Auctariuin Bellarminianum. Opéra.IIS de son entourage. Après le concile de Trente. lib. sect. 21. Il faudrait ajouter aussi les passages moins techmiques où Bel'arrain prédicateur. l'homme aurait connu la même infirmité (6). VII. on cherche à définir l'homme en tant qu'homme. I. Opéra. 410 voir aussi . c. 314-316. 244-246 . VII. n° 4. mais on met en relief la fin naturelle. Cette nécessité est double. t. ibid. p. I. la question fait un pas de . Il.. IV. nous parle de la béatitude et du désir de Dieu {De ascsnsione mentis ad Deum. 510). I. c. De gratia. Opéra. VII). 6. I. Mais les décisions du Magistère semblent exiger davantage. De gratia. p. lib. pour voir ensuite ce qu'il deviendra si Dieu décide de l'élever à l'ordre surnaturel (2). 291-306.LES QUERELLES DE AUXII.. Suarez. observer la loi naturelle tout entière quoad substcntiam operis ne paraît pas sûre (4). p. 8. lib. Opéra. Concio IV de heatituiine coelesti. n" i. p. t. Suarez. une grâce divine. De necessitate gratiae ad actus divini ordinis elliciendos. 522 Opéra. Le Bachelet. Suarez. 2. De ultinio fine hominis. p. On continue à penser que seule une fin surnaturelle serait pleinement rassasiante (1). p. 469 . Ibid. De necessitate gratiae ad perficienda opéra moraliter bona ordinis naturalis . t. selon qu'on envisage l'ordre surnaturel ou l'ordre de la simple moralité naturelle (3). De gratia. C'est à partir de cette notion de nature pure qu'on étudie la question de la nécessité de la grâce. t. p. On adoptera donc un moyen terme. servanda supematuralia praecepta (Opéra. c. dans Gregorianum.

. Opéra. les hommes sont si Dieu les laisse à euxjustement privés de ces grâces médicinales mêmes. IV. VÏII. Imo. L'optimisme de Suarez est donc assez relatif damne finalement à l'enfer l'immense majorité des hommes que Dieu n'a pas retirés de la massa damnata (2). 22 (D. lib. et tum in se est faceret vel se converteret : fuerit ex misericordia 3. 282. » « ex parte Dei omnibus 2. ut talia remédia vel praedicatio fidei ad illos non perveniat. disp. n° 6. gratiam et supematuralia dona illi conferendo. n» 832). VI.cura homines essent in originali peccato. p.. qu'on accuse d'avoir soutenu cette thèse minimiste. Suarez défend ici la mémoire de 5. c. tains secours gratuits accordés d'hui. suffit pour assurer^la persévérance (5). 2. solidaires . t. c. De gratta Dei. Deus sibi ipsi deberet. non potuisse diu servare legem absque gravi lapsu. 716.LES QUERELLES DE AUXILUS probablement à la prière (I). Dei remissa. quia sine hoc génère providentiae vix posset homo non esse miser. Le théologien espagnol s'en tire concile de Trente s'était contenté de dire illo Le statu. si quanad Deum amore naturali super omnia. 15. 149 rum fuisse homini in eo statu aliquod providentiae genus quo et moraliter posset conser- quo etiam obtineret remissionem peccati. sect. 579. Ibid. supra. can. p. Haec autem Providentia non esset débita homini proprie loquendo. vel média supematuralia. Trid. B. — Molina. note 4. bien que librement. id est suae providentiae et sapientiae ac bonitati. n° 7. Mais comment interpréter ce texte volontairement obscur ? Ci pourrait penser avec Augustin que le juste a besoin à tout instant du don de la grâce. Cette thèse paraît trop radicale à Suarez (4). avec le seul concours naturel de Dieu. n° 10. 316 parata sunt sufficientia auxilia. Ce serait incliner au semi-Pélagianisme. melius autem Deus homini providit et omnes difRcultates abstulit. Il ne peut pas dire non plus que la grâce habituelle. 11. 2^. dans le péché il conet se damneront. IV. lib. fils d'Adam pécheur. quod vero inmultis contingat. . t. hàec censeri potest justa illius poena in his qui illam patiuntur. Aujourde leurs pères. praesertim mortali. t. secluso omni peciiliari adjuto- rio Dei. ils tomberont inévitablement. IX. De fine ultimo. p. » Conc. Opéra. sed praevisum et permissum. le don de la persévérance finale étant moins un don particulier que la synthèse des secours surnaturels accordés aux amis de Dieu. sess. p. et a Deo non procuratum. lib. p. II. 3. sed esset ex quadam liberahtate Dei quam. De gratia Dei. — 303 — . t. ut Augustinus saepe tradit. Opéra. per solas vires naturales rationis et libertatis. Opéra. C'est justifiés. quae quidem n_c permissio injusta est. 4. VII. sed tanturn tollerentur impedimenta ut posset bene naturaliter operari. accidentarium est. c. licet aliis vari sine lapsu. X. le même esprit qui commande les thèses sur la persévérance des que les justes ne peuvent persévérer sans secours spécial (3). ut ita dicam. differret autem a providentia gratiae in hoc quod per eam non elevaretur homo ad finem. : » « est probabile Deum datu1.. quia Deus nulli débet majora auxilia.

On pourrait accepter le pessimisme augustinien sortir liberté. 1. et pour histoire de la théologie scolastique. col. W. s'appellent. La grâce libère l'homme et crée en lui une liberté toujours plus grande. Gratia sanans. mais nombreux sont ceux qui admettent une réprobation négative (2). de cette impasse. Stegmijller. Les théologiens. les ombres sont nécessaires au tableau et. Stegmuller. t.2295-1300. Cajetano y la tradicion teologica médiéval en los problemas de la gracia. c. D. A. des M. mais restent sévères pour l'immense majorité des pécheurs et surtout des infidèles. LuRZ. t. 1287-1311. : — — — — — . ils ils assouplissent pour les justes la théologie clas- sique. Opéra. Les catégories de la théo- chose logie scolastique introduisent ici dans la vie spirituelle des justes un discontinu qui n'est pas toujours heureux. der Phil. 1932. SuAREZ. on retrouve toujours les querelles de auxiliis. de la foi cathol. Autre chose est le pouvoir de persévérer. 2. d'Alès. Adam Tanner und die Gnadenstreitigkeiten des XVIten p.IIS par une distinction. I. molinistes ou banéziens. Au rond de tous ces problèmes et de quelques autres. Tous les justes ont la potestas perseverandi. loin Pour X. puisque le Seigneur est précisément venu pour sauver ce qui était perdu. Zur Praedestinationslehre des jungeu Vazquez. — . mais ils ne sont souvent tels qu'en apparence. 502-507. Le péché n'est pas de soi obstacle à la grâce. Prédestination dans Diction. 1932. 2. si la grâce était donnée à tous les hommes. 4. t. F. 1928. c. ils n'ont pas tous le donum perseverantiae (I). Hentrich. 1935. 1936. autre la persévérance finale. Je profite de cette note pour signaler diverses études strictement historiques sur l'histoire de la théologie de la grâce chez les auteurs scolastiques F. p. Opéra. supposent tous que. il eût fallu comprendre que grâce et de s'opposer. si la conscience commune proteste. T C. col. p.LES QUERELLES DE AUXII. 3. Carro. n° 12. lib. Jahrhundert. A. Supplément Band III. De divina praedestinatione et reprobatione. A. Zum Schicksal des Augustinismus in der salmantizenscher Schule. Sur les positions des autres théoloMichel. voir. dans Beitràge zur Gesch. Gregor von Valencia und der Molinismus. A. IV. elle ne serait plus la grâce. t. on lui rappelle le dogme du péché originel. Pour que la cité de lumière puisse être édifiée. BONET. 237-256. Ibii. V. lib. On retrouve aussi l'irritante question de du surnaturel.. giens. D'autres théologiens sont plus libéraux. qu'ils soient congruistes. dans La ciencia tomista.. La filosofia délia l'hertad en las controversias teologicas del siglo XVI. G. 585. apolog. XII. 1284-1286. La prédestination des uns la gratuité implique la réprobation des autres. On ne veut pas entendre parler de réprobation positive à la manière de Calvin. Cf. Persévérance. IX. il faut que certaines âmes soient jetées dans les ténèbres des fondations. 1930..

à l'heure où nous sommes. une controverse dans la Compagnie de Jésus. p. 392 sq. Moins réservé que Paul V. Nouvell. avait mis un terme aux congrégations de auxiliis. Lessius se défend en attaquant le Congruisme de Suarez et de Bellarmin. préfère construire un optimisme de la nature. 596-608). sa thèse sur la prédestination post praevisa mérita. En 1613. Censuré par ses supérieurs. dans lequel les Thomistes avaient qui. DE ScoRRAiLLE.-M. ces refontes de l'Augustinisme sont encore insoupçonnées et l'immense majorité des théologiens. Mais. 2. prenant le contre-pied des thèses protestantes ou baianistes. François Suarez. p. Bellarmin. Défense avait été faite aux deux partis de rien publier sur les matières controversées. 1931 Ces deux volumes. en 607. 1. le général Aquaviva y met un terme (2). Plus d'un écrit vit bientôt le jour. En 1610. une large autonomie. Le Bachelet. Lessius publie à Louvain sa dissertation sur la grâce efficace et la prédestination. d'école. Mais on n'arrête pas les batailles d'idées avec des interdictions disciplinaires. parmi les personnages impliqués dans la lutte.revue théologique. voir le bel ouvrage du P. Clément VIII lui-même était mort (1605). Sur toute cette affaire. plusieurs. tourne finalement à la glorification de la nature elle-même. g. avaient disparu. Prédestination et grâce efficace. C'est dans ces perspectives qu'il faut situer les thèses de Lessius. . il avait vu le décret de Paul V arrêter la publication du second tome de son De gratta (1). 1. Sous couleur de répondre à un théologien de l'école banézienne. 402 t. II. 20 . Quant à Suarez. Hocedez. en accordant à celle-ci. il oblige les théologiens de son ordre à enseigner qu'il y a entre la grâce suffisante et la grâce efficace une différence in R. E. dans une question oi!i les auteurs sont le plus souvent enclins à justifier des thèses 1. à l'intérieur d'un ordre surnaturel.LES QUERELLES DE AUXIUIS le plus radical. à condition de le corriger par un optimisme de la grâce de l'homme. Une longue polémique s'ensuit à l'intérieur de la Compagnie de Jésus. qui ont fait l'objet de plusieurs articles (v.. Banez était mort (1604). Lorsque Paul V. . mettant l'accent sur la volonté salvifique et la libre coopération 1 d'abord cru trouver un allié contre Molina. X. Molina était mort (1600). 1932. la ne se distinguent pas in actu primo. demandant à ceux-ci d'opter plus franchement antre le Prédéterminisme banézien et ce qu'il pense être le Molinisme euthentique. sont un modèle de travail scientifique (textes reliés par des analyses). avait été exilé par Clément VIII à Capoue (1 602). p. efficace et la grâce suffisante il y reprend grâce Pour lui.

op. t. veriorem ac amabiliorem existimavi. dont le De libertate de l'oratorien Gibieuf (1630). p.. p. 1032. XVIII. II. La publication de quelques ouvrages. C. : t. 329-330 « obiter vidi in Bibliotheca coUegii Lugdunensis tractatum de praedestinatione et cognovi. sed in ipso actu primo. cela dans le but de sauver les idées traditionnelles sur prédilection de la consolation la Dieu pour ses élus (1). cit. les querelles recommencèrent dans l'Église. après toutes sortes de vicissitudes. t. inter eam gratiam quae effectum re ipsa habet atque efficax dicitur. Id. I. loc. Lessius s'incline. se rallier à ses explications la claires (2). 2172). Aquaviva était mort en 1615. Bientôt en effet celui-ci reparaît au sein de plus apte que la thèse devant l'attaque janséniste. Le Bachelet. 311). ut Dei misericordiae ac gratiae magis consentaneam. VIII.-M. c'est l'opinion contraire qui devient suspecte (Le Bachelet. En 1657. . qui nimirum eam semper. quod posita scientia conditionalium ex efiicaci Dei proposito atque intentione efficiendi certissime in nobis boni. D. française dans Le Bachelet. col. et R. commode pour quiconque aura à com- battre le Prédestinatianisme. et eam quam sufficientem nominant. 3. non tantum quia dat gratiam qua facere possimus. X. finit par reprendre le dessus dans la Compagnie de Jésus. cit. de industria ipse ea média seligit. 363) et le décret d'Aquaviva. non tantum discrimen esse in actu secundo... quod etiam tantisper in libello de Amore Dei (Œuvres. quia ex usu liberi arbitrii. créa un fait nouveau (cf. thèse de la prédestination post praevisa mérita semblera de plus en plus l'Église et. Voici le texte du décret (X. II. ac scripturarum nativa auctoritate nobilissimam de praedestinatione ad gloriam post praevisa opéra. Avec le temps. de Lessius finira par l'emporter (3). Quod idem dicendum est de perseverantia. Le Bachelet. T. qui avait eu surtout une valeur di?- — 306 — . t. si haec inelîficacia praevidisset. DE SCORRAILLE. Très nombreux seront au : 1. D. cit. qui essayait de s'élever au-dessus des querelles de parti. t. mais la grande tempête fut soulevée autour de VAugustinus (1641). p. T. quam in sufficienti gratia est. aliis usurus. etiam cooperantem gratiam habentis effectum sortiatur. p. Quare semper moraliter et in ratione beneficii plus aliquid in efficaci. p. atque eo modo et tempore confert quo videt effectum infallibiliter habitura. qui avait à faire aux Calvi" que dans des disputes d'école.. quae procul dubio donum Dei est » (trad. Mais le nouveau général (Vitelleschi) maintint la décision de son prédécesseur (Le Bachelet. X. malgré la condamnation de 161 3. François Suarez. II.LES QUERELLES DE AUXILUS actu primo. altéra non item. col. C. t. les Jésuites belges cherchèrent à faire rapporter le décret de 1613. Jésuites. cit. A partir de ce moment. 272) indicavi » (lettre du 6 août 1618). Sous son successeur. op. amplecti ac tueri. 238-239) « nostri in posterum omnino doceant. II. ïl a cependant nistes ailleurs si de voir saint François de Sales. 470). 2. ut re ipsa faciamus.. Patemitatem vestram sententiam illam antiquitate.. aussi n'est-on pas étonné de constater que l'opinion de Lessius. atque hac ratione efficere Deum. in actu primo contineri.-M. t. le Molinisme semblera beaucoup le prédéterminisme banézien à combattre les erreurs redoutables de la secte. p. suavitate. quod sane mihi gratissimum fuit. op.

retrouve aujourd'hui une certaine faveur chez quelques théologiens de la Compagnie. nous le dirons. l'Augustinisme reparaît. opposant aux subtilités scolastiques une théologie qui se veut proche de la psychologie et tout imprégnée de l'Ecriture. Amauld ne manquera pas de soulichangement de front des adversaires du Jansénisme (Laporte. Mais. 382-385). rejoindre la vie spirituelle et revivifier la tomba en désuétude {ihid. mis en question la légitimité de ces instants de raison sur lesquels reposait toute la discussion. GiLSON. 3^ éd. Malebranche et Leibniz. dont le P. p. 1923. BoYER.156). qui fut provincial de Champagne (Le Bachelet. Voir p. Spinoza.LES QUERELLES DE AUXILIIS XVIII® et au XIX® siècle les théologiens qui s'y rallieront. Nous verrons plus loin avec quel profit. comme au ix^ siècle. La doctrine de Port-Royal. Le Congruisme. ex. mais il étudie de façon profonde l'idée que l'homme. réagissant contre ces discussions interminables. il conduit à une impasse. C. Un génie plus audacieux eût alors renvoyé dos à dos les adversaires. Le problème moral dans la philosophie de Spinoza. Tiphaine.Jansénisme théologie. ici. Lorsqu'on ouvre les in-folio de cette époque. op. Mais aucun de ces auteurs ne s'intéresse au problème théologique des rapports entre grâce et liberté il en va autrement de Pascal. des résultats féconds. II. p. bien qu'il s'en défende. mais les théologiens manquaient alors aussi bien de sens historique que de sens philosophique. bien que mise en question au xvii^ siècle par plusieurs théol. Pour transcender les discussions des écoles. Ils ne laissent pas de s'intéresser aux problèmes théologiques. est restée cependant la doctrine officielle de la Compagnie. 314. — . 282). — 307 — . esclave de ses passions. elles ont eu. on ne peut se défendre de regretter que tant d'efforts aient été gaspillés en pure perte. III. qui prend fait et cause pour le Jansénisme (voir cependant M. abandonné pendant deux siècles. Leibniz.. II.. Delbos. 19x3. sans voir assez que la véritable unité doctrinale de la Compagnie était moins dans une thèse d'école que dans l'attitude théologique qu'impliquait une spiritualité. i8g^. Tractatus de gratta divina. La théorie de la science moyenne. La liberté chez Descartes et la Spinoza est résolument déterministe. I. s'en affranchit progressivement s'il se soumet à la volonté divine (V. thèse 23. Le Jansénisme et Vanti. t. de la Compagnie. 365-381). met en danger la liberté avec son système de l'harmonie préétablie. Mais les vrais philosophes s'appellent alors Descartes et Pascal. Les controverses sur la grâce n'ont pas été sans grandeur. p. cit. et sa théorie des rapports entre l'intelligence et la volonté.. Blondel. Sur Descartes. p. 1937. voir le livre déjà cité d'E. Aussi bien. critiqué leurs supposés communs. le gner la doctrine spirituelle qui est la sienne. Mais celle-ci entend avant tout exclure les thèses qui lui paraissent incompatibles avec ciplinaire. mais ils ont d'autres préoccupations et ne cherchent guère à tirer au clair le mystère de la prédestination (1).

tout en accentuant la faiblesse de l'homme et l'état misérable où l'a mis le péché originel. contre-balance heureusement les stériles discussions des universités et l'opposition des pamphlets. pour ne prendre qu'un exemple. la manière dont la grâce accroît en nous la liberté. dans Revue de métaphysique et de morale. et Olier. Celui-ci était théologien et il a sur la grâce des idées originales. insiste en même temps sur la nécessité de l'effort et la possibilité pour chacun de nous d'arriver. à la plus haute sainteté. insistant beaucoup sur la place du Christ clans la création. On ne vit d'abord que Jansénius et Jansénisme (1). commençant d'abord par diviser l'âme du pécheur. il eût fallu un autre Augastin ou un le saint Thomas. de Pascal. 1923. La grâce et la liberté dans Malebranche. Grou. Voir l'étude de R. optimisme de la grâce dont nous avons déjà parlé. Je dis d'abord. On reproche d'ordinaire à ces augustiniens leur pessimisme. car un autre courant augustinien se dessine. sans voir assez qu'il n'est chez les meilleurs que l'envers de cet I. sera au XVIII® siècle le représentant de cet humanisme augustinien qui. Labbas. à travers Bérulle Lallemand et son école. p. 129-163). 308 . qui. Le P. 1932. et surtout de Malebranche.LES QUERELLES DE AUXILIIS théologie de la grâce. par l'aide de la grâce.

— . 529-531. l'un des adverde Lessius à Louvain (1). il meurt bientôt (1638). De retour à Louvain. col. avec son ami Duvergier de Hauranne. T. ramènera l'Église à l'étude des sources et apportera la lumière définitive sur la question de la grâce et de la prédestination. les articles t. GuELLUY. Carreyre dans le D. col.CHAPITRE DIX-SEPTIÈME JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME LA GRACE IRRÉSISTIBLE ET LA VOLONTÉ SALVIFIQUE se rattache à Baius par Jacques Janson. ecclés. dit-on. 500-522. le futur abbé de Saint-Cyran. Promu au siège épiscopal d'Ypres (1634). E. X. Nous n'avons pas à raconter coup la question de la grâce. puis en France. — Sur les théologiens de Louvain L'évolution des méthodes théologiques à Louvain. 1924. Voir M. 2. Elevé dans une atmosphère de luttes passionnées contre Molina et le Molinisme. JANSÉNIUS saires 1. 319-330. Amann. ici l'histoire voir R. J. du Jansénisme. dans de grands sentiments de piété. faisant table rase de toutes les querelles scolastiques. Janson. 105-117. p. non sans regretter d'avoir à donner son temps à d'autres tâches.. dans Revue d'hist. ayant estimé de bonne heure que la vraie théologie de la grâce ne se trouve que dans saint Augustin. — 309 . Cornélius Jansénius travaille longtemps dans le silence. D. Il compose un grand ouvrage qui. il continue ses travaux et s'intéresse aux querelles prédestinatiennes des Jansénistes hollandais. 1941. 448-474. soumettant. On l'accusera plus tard d'avoir emprunté sa doctrine aux Arminiens. en particulier celui de X. t. Il lit et relit saint Augustin et reprend ainsi trente fois les écrits sur la grâce. l'œuvre de su vie au jugement de l'Église (2). d'abord à Louvain. T. d'Erasme à Jansénius. C. qui déborde de beaude dictionnaire. C.

il est libre seulement de toute Influence étrangère. — 310 — . Soto précise qu'il aurait pu être créé sans la justice originelle. la thèse sco- lastique sur la possibilité de la nature pure (4). 6 (coi. mais cette fin est considérée comme à regret. t. il repousse. C. Augustinus. col. X. C. 331-448) analyse longuement V Augustinus. 4. ce qu'est aujourd'hui la condition de l'homme déchu. D. Carreyre (D. 4. grâce comme absurde et étrangère à la pensée de saint Augustin. J. 5. J. une seconde édition est imprimée à Paris en 1641 (1). t. De statu purae naturae (J. ce que lui apporte la grâce du Rédempteur (3). si Dieu achevait le désir naturel de l'homme. Il est remarquable que la théologie cherche aujourd'hui. en attendant les controverses qu'il ne manquera pas de soulever. En gros. C'est là que se trouve exposée la notion janséniste de la délectation victorieuse : entre les deux pôles de l'amour de soi et de l'amour de Dieu. 2. DE LUBAC. t. 1946. J. : : col. Jansénius traite de la du Christ en montrant successivement ce qu'était la condition de l'homme mnocent. cite l'édition de Rouen. II. Le tome le plus important est évidemment le troisième. L'homme n'est pas libre en efTet. t. D. 175-176). X. col. voici ce qu'on peut dire ni saint Augustin ni même les grands scclastiques n'ont parlé de la nature pure au sens des théologiens modernes. sans pour autant donner des gages à Baius ou Jansénius. donc avec la concupiscence. Jusqu'au xni® siècle. Augustinus. tantôt subjuguée par la grâce toute-puissante du Christ (5). 1643. Jansénisme.' Augustinus voit le jour à Louvain en 640. 367-376). C. T. Au xvi» siècle. III. X. A partir du xill^ siècle on précise qu'il aura pu être créé in puris naturalibus. C'est seulement avec le Baianisme qu'on parle de la possibilité d'une fin naturelle. Sur cette question délicate. la volonté tifiée de l'homme déchu oscille. c. Après un premier tome sur l'histoire des controverses «pé1 lagiennes » (Pélagianisme et semi-Pélagianisme). La controverse se prolongeant. pour retrouver la tradition patristique. Carreyre. les théologiens continuant à penser que. 3. c'est-à-dire sans la grâce habituelle. voir le livre du P. t. Carreyre. mais il suppose encore qu'en toute hypothèse l'homme eût été ordonné à la vision béatifique. Surnaturel. C. De gratia Christi Salvatoris. mais reste soumis à un déterminisme Carreyre. T. il lui donnerait le moyen d'atteindre à la v'sion béatifique. T.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME L. tantôt terrassée par la concupiscence (idenavec le péché originel). T. Je quée qu'on ne le pense d'ordinaire. Au passage. D. Cf. du moins de cette liberté de choix que réclament Molinistes et Thomistes. on accepte l'ordre de fait l'homme a été créé pour voir Dieu. IV. on en vient à dire que la fin naturelle à laquelle l'homme eût été ordonné eût été pleinement rassasiante. 400-402. col. 329-330. J'ai dit à plusieurs reprises que la notion de nature pure avait une histoire plus compli1. C'est une œuvre monumentale et bien ordonnée (2). lib. à refaire ce chemin en sens inverse.

t. c. Voir les analyses de J. et il en fait l'un des fondements de sa théologie de la grâce (4). c. on accorde tout à la volonté humaine. 380. 3. T. s'enferme dans l'Augusti- du péché originel. celle-ci se ramenant aux écrits d'Augustin et de ses disciples (3). De gratia Christi. De statu nat.. Comme chez Baius. esse sui juris. il s'empare de la distinction que le docteur d'Hippone avait faite entre la grâce d'Adam et la nôtre. Le problème de la conciliation entre grâce et liberté ne se pose que pour l'homme déchu. esse gratia sui » Ccol. Carreyre. 260-264) J. IV. C. c'est parce qu'il est racheté que le juste s'oriente spontanément vers la possession de Dieu. 10 T. On aurait pu chercher à repenser thèses en tenant compte des analyses scolastiques.Carreyre D. VI. X. t. esse in potestate nostra. C. 3 : — . c. Hb. 258). Cf. Jansénius veut en rester aux problèmes que posent l'Ecriture et la Tradition. Augustinus. Trahit sua quemque voluptas. Augustinus. 51-52) . celui du péché ou bien celui de la grâce (1). t. toujours efficace. 2. c. consciemment ou non. l'opposition entre l'état primitif de l'homme et l'état de nature déchue et rachetée est absolument radicale ici le Prédestinatianisme absolu fait loi. Carreyre. c. mium. II. lib. c. t. captivo. parce qu'il aime son péché (2) . lapsae. De gratia Christi. D. 7) t. II. le juste accomplit les œuvres de la Loi avec la spontanéité que cause la délectation céleste. 402. 5. Augustinus. gra. là au contraire. 4 (col. n'ignore rien des controverses de auxiliis. C'est parce que l'homme est pécheur qu'il est esclave du péché. c. Proœ1.tia etc. Si l'homme lui sort de son péché. 364-367. a été donnée et la libéra- malgré lui de l'abîme où il était. lib. qui. 4. III. c. 347. t. II. . 2 (col. III. Délaissant toute philosophie. et quand on sait ce qu'il pense du Molinisme. rétrécit encore son horizon. D. dominationi « liberum aliquid positivum sonat . Il a l'obsession torium sine quo non et Vadjutorium quo. 40-43). col. lib. Augustin avait décrit tion progressive de ses l'homme pécheur. lib. C.. t. malgré tout. t. t. VIII. 45). III. Vadjunisme le plus étroit. III.LA GRACE IRRESISTIBLE intérieur. Jansénius. T. Mais notre auteur. II. Le pécheur pèche librement. — I 311 . mais Jansénius ne il veut pas entendre parler de philosophie. 5 (col. X. II. esse dominum sui. 9 (col. . 21 (col. bien que nécessairement. on peut lire le semi-Pélagianisme : : liberum opponitur servo. col. Augustinus. col. c'est que l'a tiré la grâce du Christ. De primi hominis. (col. X. 344) . 411 -431. Augustinus. Ne voulant rien ajouter à Augustin. t. De gratia Christi. c. concède que le Molinisine de Lessius est vrai s'il s'agit de l'homme innocent (5). 2 : « alterius subjecto » (col 256) ihid. 10). 7 (col.

Pour les anges ou l'homme innocent. c'est une prédestination ex praevisis (1). III. t. De gratia Christi. col. col. 3. Augustinus. 237) J. De gratia Christi. l'humanité tout entière. IX. lapsae. 4. 21 (col. Jansénisme. — 312 — . elle n'est pas donnée à tous les pécheurs (7) bien plus.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME les rapports de l'homme avec Dieu avant la chute. devrait logiquement être damnée. Augustinus. t. Les enfants morts sans baptême sont condamnés à la peine du sens non moins qu'à la peine du dam (3). t. D. Il . Carreyre. III. J. III. De statu nat. Les infidèles ne l'ont pas (5). T. lo (col. III. Augustinus. tous les justes. lapsae. Cette opposition se retrouve évidemment dans la question de la prédestination. . t. 430. 355- De statu nat. II. pécheresse par nature et privée de la grâce qui pourrait l'aider à sortir de son péché. col. 435. 1. Carreyre. 370) J. III. t. D. la prédestination doit exprime correctement s'entendre comme le veut Lessius. La grâce en effet. 6. col. IV. VIII. d'autant plus qu'il veut parfois l'exprimer dans le vocabulaire de la théologie contemporaine. III. C. c. t. C. de la massa damnata. 124). X. III. au sens où l'entendent les « nouveaux théologiens ». 384). 175). Carreyre. 359-384. Jansénius ne veut pas être calviniste (2) et il se souvient du synode de Dordrecht. C. la plus considérable. La grâce suffisante. ici entre la grâce suffisante et la grâce Jansénius se refuse à cette distinction. lib. T. col. : mentis la persévérance n'est pas un don spécial au contraire de l'homme déchu. c. 5. X. 8. Apparemment il ne fait que le répéter. De gratia Christi. t. X. étant gratuite. 126). solidaire du péché d'Adam. De gratia Christi. L'immense majorité des infidèles. Augustinus. II. T. s'en aller aux abîmes de l'enfer. lib. est en marche vers l'enfer (4). 2. . 11 (col. Il Les théologiens distinguent efficace. 122). J. II. C. Augustinus. De gratia Christi. D. 25 (col. Carreyre. Dieu laisse justement toute une partie. est un « monstre ». en réalité il déforme sa pensée. elle n'a pas été donnée aux Juifs (6). sans avoir les vues géniales de son maître sur le temps et sur l'histoire. III. Carreyre. (c. elle n'est pas même donnée à s'il Mais s'agit impitoyable. et c'est sur ce point que bientôt se concentrera tout le débat (8). La prédestination supra-lapsaire lui paraît incompatible avec la bonté de Dieu. 392-394. 9 (col. t. Augustinus. Pour Jansénius. t. 10 (col. son « augustinisme » est reprend les expressions d'Augustin.. Augustinus. ne peut être donnée à tous les hommes. t. 7. D. T.

Jansénisme. Portalié. T. qui est la nôtre. D.VLl. Carreyre. III. Augustinus.'Dtgvz. pro omnibus crucifixus et (col. Cela s'entend d'abord des infidèles. C. 162) mortuus. T. « quomodo Christus non 3. 70) J. Augustinus. De 313 . t. parce que depuis le péché originel. E. C. Augustinus. L'homme n'en est pas moins coupable. T. J. D. III. Carreyre. III. 6. Carreyre. 392. 155) deserat nisi deseratur. col. T. col. » J. efficace (I). T. t. III. C. Sirmond et Petau. D.LA GRACE IRRÉSISTIBLE n'y a de grâce véritable. t. C. C. Des 1641. Cf. Carreyre. Finalement ne se sauvent que les seuls prédestinés. III. 7. le livre d'Arnauld sur la fré- Augustinus. D. Epilogue (coL 443) . 338. soutenir le contraire serait du semi-Pélagianisme (4). car Jansénius a montré dans son introduction que les semi-Pélagiens furent condamnés pour avoir soutenu des thèses qui sont aujourd'hui reprises par les Molinistes (5).. t. dans l'économie de nature déchue et relevée que la grâce du Christ. le 1. Mais déjà le débat l'évêq^ue s'élargit. t. Jansénisme devient un parti.t\2. C. 397. col. col. t. c'est que la grâce lui a manqué (2). . Augustinus. 8. mais aussi des fidèles que Dieu laisse retomber dans leur péché et auxquels il se refuse à accorder le don de la persévérance (3). entendez ceux que Dieu a prédestinés avant tous les temps. les théologiens de Sorbonne. Si Or. col. 157) «exponitur locus Apostoli : Deus otnnes homines vult salvos fieri et ad agnilionem veritatis venire. Jansénius a beau déclarer qu'il veut rester un fils soumis de l'Eglise (7). Carreyre. Carreyre. I. De gratia Christi. X. X. dont : d'Ypres est aujourd'hui le seul fidèle interprète. Christi. T. T. c. D. 20 (col. appendice (parallèle entre les erreurs des Marseillais et les doctrines de quelques théologiens modernes) . l'attaquent. 397-399. » Ihid. col. 134). et cette grâce est toujours donc l'homme ne peut observer la Loi. 19 (col. J. Le Christ n'est pas mort pour tous les hommes. III. 5. I. II. les historiens du dogme. D'autre part. 341. Augustinus. X. Carreyre. » J. — : : — : — tin. t. t. col. 19 (col. col. III. t. cf. 25 (col. par une spontanéité naturelle. 21 « quomodo Christus sit Redemptor omnium. s'il s'agit de la grâce du Christ. D. De giatia Christi. C. 448 . 13 (col. Augustinus. Rome interdit la lecture de V Augustinus et fait examiner l'ouvrage. 4. 345. 83). X. Augus2. t. De gratia Christi. il n'y a qu'une seule autorité doctrinale le docteur d'Hippone (6). Les Jésuites de Belgique. gratia primi hominis. 347. son attitude doctrinale implique déjà la réaction schismatique des Jansénistes à venir (8). il pèche librement. Voir l'interprétation donnée de la condamnation de Baius. D. X. 2466. L'Eglise ne pouvait manquer de le condamner. 447. l'Eglise est en passe de devenir semi-pélagienne. t.

. 5 (D. t. Dans l'état de nature déchue. étant donné les forces dont ils disposent. il n'est pas nécessaire d'être libre de toute nécessité (intérieure). J. T. J. suffit. X. exclut la contrainte (extérieure) 4. col. Bientôt. Prop.. c. treize ans après la parution de lAugustinus (quinze après la mort de l'auteur). X impériale. Cf. question de la grâce interfère avec le débat sur l'attrition et la contrition. scandaleuse. Il est semi-pélagien de dire que Jésus-Christ est mort ou qu'il a répandu son sang généralement pour tous les hommes. Il leur manque la grâce qui rendrait possible cet accomplissement. C. pour être or*^hodoxe. Pour mériter et démériter dans l'état de nature déchue.. D. 2. Cette proposition est énoncée formellement dans VAugusiinus. » Cette proposition 1. Nous nous contenterons de situer les décisions du Magistère la qui intéressent notre propos. la Carreyre. C. ce-tte condamnation est d'une brièveté Cinq propositions seulement sont rejetées. Il y a des commandements de Dieu qui. n° ioq6) « semipelagianum est dicere Christum pro omnibus omnino homiiiibus mortuum esse aut sanguinem fudisse. Enchir. 5. 3.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME quente communion est à son tour l'objet de vives polémiques. il faut croire que le Christ est mort pour tous les hommes et non pas seulement pour les seuls prédestinés (2). même pour le commencement de la foi ils étaient hérétiques en ce qu'ils voulaient que cette grâce fût telle que la volonté pût lui résister ou lui obéir. X. 162). : est l'on condamnée comme fausse. mais qui atteignent système aux points essentiels. Innocent anathématise solennellement la doctrine de Jansénius. Les voici d'abord dans l'ordre même de condamnation : Comparée avec 1. 21 (col. — 314 — . le la celle de Baius. D. qui est connue par ailleurs (I). Ainsi donc. sont impossibles à accom- plir. T. Dieu accorde à tous les justes (on ne dit pas encore à tous les hommes). 449-494. on ne résiste jamais à la grâce. B. De gratia Christi. Les semi-Pélagien? admettaient la nécessité de la grâce intérieure prévenante pour chaque acte en particulier. Jansénisme. pour des hommes en état de grâce. En 1653. Nous ne suivrons pas ici cette longue histoire. 493. téméraire. elle est déclarée hérétique si entend que le Christ est mort pour les seuls prédestinés. Carreyre. Jansénisme. col. mais la liberté qui 2. t. malgré leur vouloir et leurs efïorts. III.

à propos des cinq propositions elles-mêmes. D. tibus et conantibus. Célestius ou Julien d'Eclane. Enchir. Carreyre. D. le parti de Jansénius va faire parler de lui.. avait dit jadis Augustin à propos du Pélagianisme. secundum praesentes quos habent vires. il faut encore échapper à tout déterminisme intérieur (3). mais la doctrine qu'elle résume y est exposée tout au long. J. Pascal.. X. Cette histoire n'intéresse que médiocrement le développement de la théologie de la grâce il est inutile de s'appesantir ici sur le détail. n° 1094) naturae lapsae non requiritur in homine libertas a necessitate. X. » Cette proposition est condamnée comme hérétique. Prop. avec un immense talent. X. peut résister à la grâce (2). Enchirid. le pape définit une question de fait semi-Pélagianisme. » Cette proposition est hérétique. 13 (col. III. 3 (D. et ce que nous avons dit à propos du semi-Pélagianisme {supra. cette proposition n'est pas non plus formellement dans VAugustinus. verse dans le grand public les . col. 134). et in hoc erant heretici quod vellent gratiam talem esse. Enchirid. Prop. la un chassé-cioisé de libelles et de gros question de la grâce n'occupe plus la première place. C'est ensuite ouvrages où 1. p. C. 168). etiam ad initium fidei. Cette grâce n'est pas nécessitante. Enfin. T. 4 (D. C. J.. même dans l'état de nature déchue. querelles théologiques . J. « semipelagiani admittebant praevenientis 4. t. T. t. n» 1093) « interiori gratiae in statu naturae lapsae resistitur. passant à l'attaque contre leurs adversaires les plus redoutables. Rappelons seulement comment. 479nus. B. Carreyre. en effet. c. T. le toutes sortes de controverses. » Condamnée encore comme hérétique. Mais ceux qui se réclament aujourd'hui du docteur d'Hippone se montrent plus obstinés que Pelage. mais elle exprime l'une des thèses fonda2. Pour qu'il y ait un vrai mérite. Enchirid. Cf. Cf. xï° Prop. » Voir Carreyre. col. D. sed sufTicit libertas a coactione. i\° 1095) gratiae interioris necessitatem ad singulos actus. sunt impossibilia deest quoque illis gratia qua possibilia fiant. Pendant plus de cent ans. : numquam mentales de Jansénius. causa finita est. les Jansénistes s'en prennent à la Morale des Jésuites. C. 1092) : « aliqua Dei praecepta hominibus justis volen.. — 484. T. t. sa fine psychologie jette le discrédit sur les joutes scolastiques. ne s'identifie nullement : aux tendances doctrinales qu'a dénoncées Jansénius (4). col.LA GRACE IRRESISTIBLE grâce nécessaire pour qu'ils puissent observer les commandements (1). 491-492. il ne suffit pas d'être libre de toute contrainte extérieure. B. D.. Prop. B. 2 (D. I (D. note 2) : : 315 . Elle ne se trouve pas formellement dans VAugustinus. cui posset humana voluntas resistere et obtemperare. « ad merendum et demerendum in statu 3. Voir Augusticol. L'homme. 484-485. C. X. Roma locuta est. De gratia Christi... considéré historiquement. usant d'un droit qui bientôt va susciter. B. 485-491. Carreyre. t.

Judaei.. n° 1291) tale et demeritum sufficit ilîa Hbertas qua voluntarium ac liberum fuit in causa sua. Jansénisme. D. Il reste que. Enchirid. n" 1172).. Mais ils ne l'entendent pas la . sicut proinde merito pcssimus petere : a gratta suffi- Domine. X. Le Bachelet. Aussi peuvent-ils dire à Dieu a gratîa sufficienti libéra : nos. la proposition i de 1653 disait nettement secundum praesentes quos habent vires {supia. D. comme les autres théologiens. Voir les propositions condamnées par Alexandre VII( D. n" 1294) « Chrispeccato originali et voluntate Adami peccantis. cf. B. 6 (D. I (D. X. Pesch. n'est autre que la gratia parva de Jansénius. Prop. condamnant tantôt la morale relâ- grâce irrésistible et le système qui lui sert d'appui (2). B. B. non pro soHs electis sed pro omnibus et solis fidelibus. « in statu naturae lapsae ad peccatum mornP^ 1291-1321) :Piop.. — : — 316 — A . B.. B. T.. n° 1295) « Pagani. col. Parmi ces propositions. Domine (3). « Gratia sufficiens statui nostro non 3. 8 (D. Alexandre VIII. Notons cependant la proposition 23 parmi celles qui furent condamnées en 1679 par Innocent XI. D. C. B.. B. il en est très peu qui intéressent directement l'histoire de la théologie de la grâce. Alexandre VIII. 481). Avec le temps. mais non pas dans cet homme et en ce moment. croire. p. et sur laquelle nous allons revenir (D. : Prop. B. Ibid. 315 n. » Pour le commentaire historique. une résistance de concupiscence qui n'est elle suffirait à pas celle que l'homme doit vaincre hic et riunc obtenir le consentement en d'autres circonstances. 4 (D. 5 (D. qui ne suffit pas. rela- tivement à une difficulté. mais sans que leurs explications évacuent encore toute difficulté (cf. ceux-ci A 1 1 les ne recevraient aucune grâce. n" 1296) : — tam utilis quam perniciosa est.. dogm. Cette grâce suffisante. Plus anticatholique encore apparaît l'attitude des partisans de Jansénius lorsqu'il s'agit des païens. 2. I.-M. Le Bachelet. C. V. laissée à elle- 1 . C. n° 228). des juifs et des chrétiens séparés. Carreyre. B. J. » positions. 754.. les Jansénistes en viennent à admettre (1). t. la thèse janséniste avait été clairement condamnée. Les théologiens montrent ici que la gratia mère sufficiens reste un vrai bienfait de Dieu. cienti libéra nos.. tantôt la l'existence d'une grâce suffisante. 751-753.. voir X. » Cette thèse est en apparence plus catholique que celle de Jansénius» mais elle restreint la volonté salvifique autant que cela est compatible avec la stricte orthodoxie. Enchiridion. Voir les propositions condamnées en 1690 par Alexandre VIII (D. col. haeretici aliique hujus generis nullum omnino : — — : : Pour un commentaire historique de ces proaccipiunt a Jesu Christo influxum. n"^ 1289-1290). V. Enchiridion. col. Praelectiones thcol. Cette grâce n'est suffisante que théoriquement. t... n° 1298) « necesse est infidelem in omni opère peccare. g. T. C. » tus dédit semetipsum pro nobis oblationem Deo. I.. leur volonté. B. i). t. mais ne la conduit pas jusqu'à l'acte (cf. Mais ces nouvelles décisions n'ajoutent rien d'essentiel à la condamnation de 1653. » Prop. grâce qui soulève un instant la volonté. prop. T.-M. n°» 1151-1215) et Alexandre VIII (D. t. dès le premier jour. Innocent XI (D.- JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME Rome chée intervient à plusieurs reprises. n°* oi 1105).

cf. n" 1295. Amsterdam. Pour le commentaire historique. plus intransigeante la volonté que ne prévient pas s'égarer. t. p. 626-654. C'est de cet ouvrage que sont extraites les propositions condamnées par la bulle Unigenitus. Or. Pour le texte caractéristique que j'ai cité. car notre théologien enseigne qu'il n'y a pas de grâce hors de l'Église et que la véritable Église est l'Église des saints. Quesnel.LA GRACE IRRÉSISTIBLE même. C. cette volonté n'est pas une abstraction. C'est là ceptable pour l'Eglise et elle est condamnée en 1690 par une doctrine inacle pape Alexandre VIII La même condamnation est portée contre la thèse que celles de Baius. sub finem..-M. est capax omnis mali et incapax omnis boni. exige la charité surnaturelle pour tout acte moralement bon (2). XIII. hors de laquelle sont rejetés les pécheurs et les infidèles. C. 1721. J. enseigne avec insistance que. 1699. T. B. s'en prend à l'universalité D. avec des réflexions morales sur chaque verset. X. I. rebelle aux décisions des supérieurs de sa propre congrégation et exilé en Belgique. n° 1301). Le Bachelet. qui. 755. « Omne quod non est ex fide christiana supematurali quae per dilectionem operatur peccatum est » (D. la bulle Unigenitus avec une secte qui. de forces que pour se capable de tout mal et impuissante à tout bien (4). d'ardeur blesser.. 20. Le Nouveau Testament traduit en français. sans la grâce du Christ Rédempteur. D. 1460-1535. p. 316. no 1389 « voluntas quam gratia non praevenit nihil habet luminis nisi ad aberiandum... Les Hexaples ou six colonnes sur la constitution Unigenitus. D. T. 3). édition 1702. elle est la grâce n'a de lumière que pour que pour se précipiter. 253 (sur Mt. Toutes ces déviations de l'Augustinisme ^e retrouvent dans la théologie de l'oratorien Quesnel. Il reprend les thèses de Baius sur l'état primitif de l'homme et la déchéance consécutive au péché originel. les référant au texte de Quesnel et à ses autres écrits ainsi qu'à la doctrine des saints Pères et aux « erreurs » molinistes. B. » 2. virium nisi ad se vulnerandum. col. est comme le père de la seconde génération de Port-Royal et contribue plus que quiconque à donner de la pensée augustinienne une interprétation oii la lettre étouffe l'esprit (3). défendent longuement chacune des propositions condamnées. Alexandre VIII. B. et impuissance. 4. et D. voir le tome I. L'Église réagit vigoureusement et. louanges de la grâce du Christ. Carreyre. sous prétexte de chanter 1. ardoris nisi ad se praecipitandum. note 2. qui. ne serait que néant (I). t. Selon lui. marque la volonté très ferme d'en les finir en 1713. p. cf. l'homme ne peut faire rien de bon. : — 317 — . 3.

la prop. 76 (« nihil spatiosius Ecclesia Dei. la prop. la prop. 3.. On notera spécialement les prop. ne manque pas de relever cette singulière ironie des choses (4). Atti e decreti del concilio diocesano di Pistoia. Le fameux synode de Pistoie est une illustration typique de cet état de choses. 84-96). session III. Enchiridion. B. la prop. en condamnant les erreurs de l'assemblée de Pistoie (1794). 8 (« peccator non est liber nisi ad malum sine gratia liberatoris »). et voluisse consolari genus humanum per spem salutis. sed nec fieri potest »). Pelage va-t-il l'emporter sur saint Augustin ? Au XVIII® siècle finissant.per suo sanguine primogenitos. dans sa misère. « doctrina synodi enuntians post lapsum Adami 4. 32 (« Jésus Christus se morti tradidit ad liberandum pro sem. tamen Deum voluisse. quia omnes electi et justi 1.. en supposant que l'homme. principium efficax boni cujuscumque generis. D. necessaria est ad omne opus bonum . 34-35 (« Gratia Adami non producebat nisi mérita humana. 1788. Les princes mettent la main sur l'Eglise. Gratia Adami erat sequela creationis et erat débita naturae sanae et integrae »). la bulle Unigenitus. et l'article annoncé sur des propositions condamnées dans D. mais. stitution il juxtapose à des attaques contre le culte catholique. qu'elle est purement spirituelle et ne comprend que justes ou prédestinés. B. le courant augustino-janséniste compose curieusement avec le rationalisme issu de la Renaissance. absque illa non solum nihil fit. T. Pie VI.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME de là la où Rédemption (1). î'iorence. col. C. La bulle Auctoremfidei aifirme même que la doctrine baianiste de l'état primitif est sont reprises encore une t. voir les Hexaples). omnium saeculorum 2. ut genus : — 318 — . 2 (« Jesu Christi gratia. Le mot de saint Paul sur la Jgrâce qui surabonde avait abondé le péché (2) n'a pour le Jansénisme aucun sens et pourquoi la doctrine de l'évêque d'Ypres et de ses successeurs provoque par réaction une recrudescence de naturalisme. on cite volontiers saint Paul interprété dans une lumière augustino-janséniste. Quesnel. quam Jésus Christus allatiirus erat . la con- monarchique de l'Eglise et les ordres religieux ultra-pessimiste de la condition de une doctrine l'homme déchu. 5. illam componunt ») et les propositions voisines. 29 (« extra Ecclesiam nulla conceditur gratia »). n°^ 1351-1451 (pour la concordance avec le texte de Quesnel. XIII. sur la grâce et la prédestination (p. id est electos. ils voient avec satisfaction la secte janséniste enseigner que cette Eglise n'est pas de ce monde. n° 1519 Deum annuntiasse promissionem futuri Liberatoris. Œuvre d'un duc de Toscane qui était beaucoup moins janséniste que c'est bien joséphiste. Carreyre. Rom.. Les thèses de Baius fois. de manu angeli exterminatoris »). peut crier lui-même vers le Rédempteur (3). J. par un contre-coup assez curieux. 1534-1535. 20. Texte D. la prop. on donne des gages au semi-Pélagianisme.

BONNARD.LA GRACE IRRÉSISTIBLE (1). Sur le concilede Pistoie. Commentaire des propositions condamnées. C. Henri Noris. voir l'article de Carreyre. qui. Approuvé d'abord à Rome. le conflit ayant paru s'apaiser. t. favens haeresi semipelagianae. compose son Historia pelagiana (2). B. comme toutes celles qui l'ecclésiologie et les rapports entre la cité terrestre et la cité éternelle. XII. » Mêmes remarques au chapitre suivant (D. 1.. Enchiridion. 2216. F. suspecta. 796-802. dom Gerberon donnait dans les fîmana tout un recueil de pièces sur la condamnation du théologien de Louvain. XI. Noris orientait la discussion vers l'histoire. Noris. 575-882). Peu après. D. En revenant ainsi aux originco de l'Augustinisme. — — 3. col. D. T. mais qui s'efforçait de ne pas tomber dans les erreurs nouvelles. 2208.. B. doctrina. — 319 — . col. éditant à Cologne les œuvres de Baius (1696). dénoncé au SaintOffice. l'ouvrage parut à Padoue en 1673. captiosa. L. Les Vindiciae augustinianae sont reproduites en appendice dans l'édition bénédictine des œuvres de saint Augustin (voir P. ad quod concipiendum homo relictis propriis luminibus supponatur sese potuisse movere. Nous ne nous y attarderons pas.n°i^i6. intéresse beaucoup moins la théologie de la grâce que finalement d'inspiration pélagienne nelle. additis Vindiciis augustianis pro libris a sancto Doctore contra Pelagianos ac semi-Pelagianos scriptis. D. Mais. voulait revenir à saint Augustin par delà les disputes d'école. un théologien des Ermites de saint Augustin. * * * Tandis que devenaient se prolongeait ainsi la lutte contre le Jansénisme. mais sortit victorieux de l'épreuve. ut jacet. Historia pelagiana et dissertatio de synode V oecumenica. 2134-2230.. C.. Mais cette condamnation solenmarquent la seconde période de l'histoire du Jansénisme. T. 47. Vers le même humanum transiret per varias status. à la manière de Jansénius. en France. n° 1^20). Appelé à Rome en 1692. il suscita bientôt une tempête et le livre fut bientôt attaqué de divers côtés. col. Peu après la paix de Clément IX (1669). 2. Noris y devenait cardinal (3). antequam veniret plenitudo temporum . atque intellecta de desiderio superioris luminis in ordine ad salutem promissam per Christum. ac primum ut in statu naturae homo relictus propriis luminibus disceret sua cueca ratione diffidere.. et ex suis aherrationibus moveret se ad desiderandum auxilium superioris luminis. t. que les querelles de auxiliis ? Un tiers parti s'était créé.

T. II. 2 176-2 178. col. Heurtebize. Heurtebize. II. publie deux ouvrages complémentaires. Le Bachelet. D. — — — 320 — . X. DE La Servière. L'Inquisition s'était refusée à condamner le premier de ces ouvrages. t. Baius. 4. 113. Vansteenberghe. Billuart. Jean-Laurent Berti. B. 3.ralliance janséniste devient de plus en plus compromettante et tout à fait impossible après la bulle Unigenitus (1713). C. 3178-2179. un jésuite. si le Molinisme n'avait pas été c'était uniquement pour des raisons extrinsèques (1699). Qu'il s'agisse de l'état primitif de l'homme. Berti. 795-796. 600. ibid. imités de saint Augustin Causa finita est. les Augustiniens ne sont pas restés inactifs.-M. col. col. col. t. Le jésuite Liévin de Meyer riposte par une autre histoire de la querelle (1705). Durant ce temps. D'accusateurs. D. 2. X. publie une histoire du Baianisme (entendez du Baianisme et du Jansénisme) qui se termine sur ces mots. Bellelli. C. D. Molinisme. mais en 743. les Banéziens deviennent bientôt accusés et un pape dominicain. Benoît XIII. C. qui dénonce le Baianismus et Jansenistnus redivivus (3). col. intervient pour les défendre (I). T. prend parti pour Serry. Dans l'intervalle. l'œuvre de celui-ci est prise à partie par Jean d'Yse de Sal-éon. J. le auxiliis où condamné. l'autre sur le rachat de l'homme déchu (1737). Vansteenberghe. Clément XII. t.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME dominicain Serry publiait une Histoire des Congrégations de il tâchait de prouver que. utinam finiatur error (1731). D. Fulgence Bellelli. col. III. les Augustiniens défendent des positions qui sont assez loin de celles de l'ensemble des théolotemps. C. défend ce qu'il croit être la pensée véritable d'Augustin (4). Sur ces entrefaites. : 1 E. l'un sur l'état primitif de l'homme d'après saint Augustin (171 1). C. B.. Inutile d'ajouter que la querelle de auxiliis n'a pas fait un pas vers sa solution. au lendemain de la mort de Bellelli. qui. de la déchéance originelle ou des rapports entre grâce et liberté. T. Les Frères Prêcheurs sont alors quelque peu liés avec les Jansénistes et l'un de leurs plus grands théologiens. t. T. Du Chesne. Mais les choses se gâtent lorsque l'on apprend que Quesnel a collaboré au travail decelui-ci. 63. D. l'un des théologiens de l'ordre. E. T. 1. t. Saléon s'en prend également à l'œuvre d'un autre théologien de l'école augustinienne. dans son De theologicis disci' plinis (1739-1745). le P. II. Mais cette histoire est mise à l'index et Clément XII intervient à son tour pour défendre les Molinistes (2). il avait été nommé général de l'ordre.

Le P. Ils rejettent la possibilité de la nature pure et. D. 2490. le pape Benoît XIV intervint à plusieurs reprises pour défendre la mémoire du théologien italien. t. 1. 74) donne avec modération le jugement ordinaire des théologiens sur cette position de l'école augustinienne. T. 3. les fameuses questions de la prédestination. 2. 8-9. t. L'homme suit nécessairement la délectation la plus forte R.LA GRACE IRRESISTIBLE giens scolastiques (l). 162-183) revise le procès et. pouvaient être librement soutenus. Augiistinianisme. 2485-2492. III. banézien et augustinien. que dans . dans les questions de la grâce.-M. T. D. sans nullement revenir à la E. Portalié. col. col. XIV. ce que ne concèdent pas les thomistes {ihid. Portalié. t. et n'obtint d'ailleurs pas satisfaction tout de suite. L'Inquisition espagnole ayant Vous savez. de la grâce et de la manière de concilier la liberté C. par une distinction entre la potentia Dei absoluta et la potentia Dei ordi' nata. quarante ans après la mort de celui-ci. elle aussi» la libéralité divine à l'égard des pécheurs Quoi l'école qu'il en soit.. p. Ils reprennent le vocabulaire janséniste à propos de la double délectation et n'ont évidemment pas de peine à montrer qu'ils sont plus proches d'Augustin que les théologiens de l'école (3). Berti {De theologicis disciplinis. Prédestination. p. Garrigou4. 1. 1. il déclara solennellement que. augustinienne. C. renonce pour sa part à l'hypothèse de la nature pure. PoRTALiÉ. Le P. Mais il ajoute que la grâce qui est efficace chez l'un ne le sera pas chez l'autre. T. Augustinianisme. il exigea que le livre fût retiré de la liste noire. les trois systèmes. Mais arrivent-ils à sauver le libre arbitre ? Les Molinistes en doutent. Mais. I. 1946. Lagrange. nouvelle école d'être éclectique Nous verrons plus loin qu'elle minimise beaucoup. nul n'arriva à faire condamner les théologiens de mais la querelle occasionna une déclaration la liberté la question de la mis à l'index VHistoria pelagiana du cardinal Noris. du Magistère en faveur de théologique dans grâce. disait le pape. tandis que les Banéziens reprochent à la (4). ici lastique et moliniste. col. D. col. scoun peu suspect. molmiste. surtout en ce qui concerne l'état primitif. E. est peut-être théologie des Augustiniens. Le Bachelet {Baius. C. 2982-2983. p. II. XII. au cours de cette intervention. ils essayent de se désolidariser d'avec Baius (2). D. T. t. X. C. 130 et 139) rejette la conception moliniste de la grâce suffisante et accepte l'idée thomiste d'une distinction entre la grâce qui donne le passe et celle qui donne Vagere. 131 et 133). La question se terminait encore une fois sur un refus de rien décider. et des infidèles. Opéra. — — 321 — 21 . DE LuBAC {Surnaturel.

T. 2178. On était en 748. D. VansteenBERGHE. T. X. I. Molinisme. admettant le Molinisme pour les actions difficiles et le Banézianisme pour les actes difficiles. I. de la foi catholique. Il s'agissait de savoir si l'on doit exiger pour l'absolution un commencement d'amour de Dieu ou si l'attrition. inspirée par des motifs surnaturels inférieurs. Les Thomistes sont présentés comme destructeurs de la liberté humaine et sectateurs de Jansénius ou même de Calvin. il connut une certaine vogue (2). PoRTAUÉ. col. M. ne peut les obliger à y renoncer. M. . Des théologiens éclectiques cherchaient une solution dans des systèmes hybrides. D. ils écartent de tout leur pouvoir les arguments opposés et puisque jusqu'ici le Saint-Siège n'a pas condamné leur système. col. 2555. GORCE Politi. dans le présent état des choses. E. t. Jésuites et Dominicains s'étaient aussi rencontrés. Augustinianisme. Contre Luther. Ambroise Catharin. il est évi. la question n'avait pas avancé d'un pas. On peut rap2. à propos de la prédestination. Dans une autre question. 2422-2427. t. t. dent que nul ne peut prétendre les obliger à l'abandonner. qui ne voyait dans la 1 1. C. dans Dict. col. T. Augustinianisme. C. t. C. T. Cf. Saint Alphonse de Liguori s'étant rallié au système. les Thomistes ont le droit de garder leur opinion et nul supérieur ecclésiastique. qui n'était pas sans rapport avec la théologie de la grâce. apolog. Cf. selon — — lui. col. Prédestination. de nombreux systèmes divisent les écoles. IV. Mais comme leur réponse aux objections est très satisfaisante et que leur théorie n'a jamais été réprouvée par le Siège apostolique. pourrait être suffisante. prédestinés ante praevisa mérita. Mais les compromis n'ont jamais satisfait les esprits qui aiment la rigueur logique. E. 2496-2497. 237. t. PORTALIÉ. Les Augustiniens sont présentés comme disciples de Baius et de Jansénius. — le commun des fidèles se sauvant librement avec d'Alès. D.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME humaine avec la toute-puissance divine. — 322 — . XII. Les pontifes romains n'ont jusqu'ici prononcé aucune sentence sur le système moliniste aussi peuvent-ils continuer à le défendre (1). E. Mais ils répondent qu'ils défendent la liberté humaine. procher de ce compromis celui qu'avait imaginé au xvi« siècle. D. La Vierge Marie et quelques grands saints étaient. Depuis cent cinquante ans. Les disciples de Molina et de Suarez sont condamnés par leurs adversaires comme s'ils étaient semi-pélagiens. C. col. la grâce ordinaire.

1927. si fectam quae attritio dicitur. n° 898) « quoniam vel ex gehennae : illam vero contritionem imperet poenarum metu communi- voluntatem peccandi excludat cum spe veniae. et plus intenses auront été les dispositions du pénitent. B. Mais les querelles sur la grâce. Les contritionistes ne manquaient pas de souligner que. Le débat entre attritionistes et contritionistes compliqua donc mains par Rome. Mais il faudra beaucoup de temps encore avant qu'on ne formule ces solutions plus neuves. même Le Moralisme kantien va mettre en question la de grâce. Attrition. C.LA GRACE IRRESISTIBLE contrition qu'un vain effort humain tout juste bon à rendre pire l'homme bonne. plus aussi il y a de liberté. Et quamvis sine sacramento poenitentiae per se ad justificationem perducere peccatorem nequeat. Les disputes continueront. le concile avait parlé d'un amour initial de Dieu (sess. tamen eum ad Dei gratiam in sacramento poenitentiae impetrandam disponit. verum etiam donum Dei esse et Spiritus sancti impulsum. notion 1. t. 2260-2261. 6. Trident. L'attrition d'après le concile de Trente et d'après saint Thomas d'Aquin. En attendant.. PÉRINELLE.tout ce qu'on accorde aux dispositions de l'homme n'est pas nécessairement enlevé à l'efficacité de l'absolution. L'affaire fut prise là en encore. un décret du Saint-Office se contenta d'inviter les deux parties à cesser de s'anathématiser (3). pécheur. col. quo poenitens adjutus viam sibi ad justitiam parât. déclarât non solum non facere hominem hypocritam et magis peccatorem. dans la session VI« sur la justification. Quel était donc le profit de ces luttes intermisess. n° 1146. B. jusqu'au jour où l'on finira par se demander si les problèmes sont bien posés... Conc. pécheur. n° 798 diligere incipiuni). Divers courants s'étaient dessinés. sourdement ou ouvertement. et dans Beugnet. Texte du décret dans D. D. B. Tout ce qu'on accorde à la grâce n'est pas en effet enlevé à la liberté et vice versa . » 2. 3. Enchiridion. VI. Certains mêmes exigeaient un acte de charité (2). la théologie scolastique s'enferme dans les écoles. cap. XIV. D. le concile de Trente avait affirmé que l'attrition est Mais bien des pomts restaient dans l'obscurité et le vocabulaire du concile manquait même de précision. Plus il y a de grâce. T. : 323 . I. plus aussi l'absolution sera efficace. Les Jésuites. non quidem adhuc inhabitantis sed tantum moventis. ter concipitur. 4 (D. avaient tendance à minimiser les dispositions requises. les théologiens dominicains insistaient au contraire sur la nécessité d'un commencement d'amour de Dieu pour l'absolution. bouleversant la position traditionnelle des problèmes. Sur cette question. voir J. en 1 667.. Rome ne put rien décider et. cap. la philosophie moderne se constitue. favorables au salutaire et qu'elle dispose à l'absolution (1).

Que la grâce soit donnée à tous les justes. l'Eglise en avait été scandalisée (2). il n'y a de sa part aucune qui lui injustice à se retirer définitivement d'une âme a fermé sa porte. J. p. T. La grâce est-elle donnée à tous les justes ? Est-elle donnée à tous les pécheurs ? Est-elle accordée enfin aux infidèles ? Aujourd'hui. Surnaturel. l'Augustinisme s'était élargi et. t. pensaient être ici les défenseurs des droits de Dieu (cf. Grâce au Molinisme. Tim. A. on avait fini par comprendre de façon pleinement catholique le sens de ce texte paulinien qui embarrassait si fort Augustin : Deus vult omnes komines salvos fieri (1). Supra. I. Cl. 1182-1184. même aux pécheurs les plus endurcis. Dieu ne refuse pas sa grâce (3). Mais que penser du salut des infidèles ? Longtemps on ne s'était que fort peu soucié de cette question. 2. La mariologie de saint Alphonse de Liguori. p. 47-50 et passim. dont toutes les idées ne sont pas pour autant sans reproche. 62. est vrai qu'il n'abandonne jamais quelqu'un premier. refuge des pécheurs. en réalité il était immense. « Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes. la condamnation du Jansénisme l'imposait à tout fidèle orthodoxe. Les Jansénistes. vitupéraient la dévotion à Marie. les laisse à leur volonté rebelle et.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME En apparence il était nul. II 2. Le pécheur n'est-il pas le privilégié de Dieu ? N'est-ce pas pour le sauver que le Verbe s'est fait chair ? Peut-on admettre que. Legrand. col. N'y a-t-il pas des pécheurs tellement obstinés qu'ils sont comme damnés dès le cette vie ? Dieu. Dieu se désintéresse du salut d'une de ses créatures ? La Mais cette thèse rigide fait trop théologie. 4. note 4). bon marché de l'Evangile. devait en venir à poser en thèse que. » Cette assertion janséniste n'était pas nouvelle et. Dictionnaire de spiritualité. col. de plus en plus. 1 596-1 598. en répondant à des questions particulières qui ne sont que les divers aspects d'une même interrogation. D. lorsque Godescalc l'avait exprimée. t. VI. t. disent s'il certains théologiens. qui Aveuglement. 3. On discuta plus longtemps le cas des pécheurs. C. mais la théologie distingue encore du point de vue nables ? des censures doctrinales. Grâce. tant que dure la vie d'ici-bas. H. VAN DER Meersch. de Lubac.. Mais sa réaction instinctive peut maintenant se préciser. Cf. 179. Mais 1. si l'on n'avait résolu aucun des problèmes qu'on avait posés. nul catholique ne doute de la réponse. I. — — — 324 ~ . Dillenschneider. Les théologiens du moyen âge n'imaginaient guère que l'on pût encore ignorer le Christ et son Eglise.

III. Si le saint pensait ainsi des campagnes françaises.. 1. 219-225.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE les découvertes géographiques du XV® et du XVI® siècle inquiètent les cœurs généreux (1). dit le bon Père. malgré le péché originel et ses conséquences. meurt en état de damnation. I. t. t. p. les théologiens de la Compagnie de Jésus enseignaient cette thèse. la nécessité de la foi et enfin la distribution de la grâce. Quatrième Provinciale. ! — 325 — . p. impressionné par les données de l'Ecriture. que celui qui ignore le mystère de la Trinité et celui de l'Incarnation. mais ils l'exprimaient plus ou moins heureusement. les « nouveaux théologiens » s'efforcent de montrer que la grâce du Christ déborde largement les frontières de l'Église visible. Pour s'en convaincre. et soutient que c'est le fond de la doctrine chrétienne. cité dans P. 579-580). p. L. 2. en viendra à faire sienne cette thèse que. pense que toutes les œuvres bonnes accomplies avant la justification sont une préparation positive à cette justification. La spiritualité chrétienne. Pascal. les infidèles ont part largement à la grâce du Christ. lentement. p. mourant en cet état. un saint Vincent de Paul vivent dans l'angoisse à la pensée que tant d'âmes sont irrémédiablement vouées à l'enfer (2) le désir d'annoncer le Christ pousse les missionnaires vers les terres lointaines. CapéraN. : de relire Pascal : Oui. mais gêné par les condamnations de Baius. et plutôt que de dire qu'on pèche sans avoir la vue que l'on fait mal. 121. Le Molinisme. d'un ton résolu. 1. au risque de donner vers les écueils semi-pélagiens. La cependant du côté du bon Père et l'Eglise. que devait-il dire des terres infidèles 3. Œuvres (Grands écrivains).. Pourrat. IV.. 259.. Le problème du salut des infidèles. 2^ éd. t. vérité était Cette attitude scandalisait fort l'ami des solitaires de Port-Royal. Saint Vincent de Paul écrivait en 1631 à un prêtre de la Mission « Un grand : personnage en doctrine et en sainteté me disait hier qu'il est de l'opinion de saint Thomas. Vazquez. Un François-Xavier.. Tandis que Baius et Jansénius enseignent que les vertus des infidèles ne sont que des vices splendides. Dans leur ensemble. Or cela me toucha si fort et me touche encore que j'ai peur d'être damné moimême pour m'être incessamment occupé à l'instruction du pauvre peuple » (Correspondance. embrasse résolument le parti libéral. il suffit . et les impies et les infidèles ont ces inspirations et ces désirs à chaque tentation (3). 1. 1934. nous soutiendrons que tout le monde. Bien des questions théologiques sont impliquées dans ce problème angoissant la nécessité du baptême.

» fidèles ou infidèles (3). pratiquer toutes les bonnes œuvres et pour pouvoir se sauver. p. 4. D. Capéran. IX. Capéran. par exemple. » — : : 326 . cependant les Carmes de Salamanque. op. T. écrit en 725 tout un pour montrer. acceptent eux aussi l'idée que la grâce est donnée à tous les hommes. ibid. il fallait encore les rattacher à l'Église. Ripalda. salut des infi- dèles.. éd. 43. De ente supernaturali. . Vives. col. 1581-1582. 12. XX. VI. c. à cause des condamnations de Baius. disp. t. L. L'ouvrage débute comme suit Proposition unique « Par la rédemption de Jésus-Christ. illuminés par la grâce. XIII. peut accomplir seul des œuvres moralement bonnes. disp. Cl. que le libre arbitre. VI. t. 190. J. l'homme Justes ou pécheurs. finit du Jansénisme. sa dureté pour ceux qui vivent hors de par précipiter le mouvement. Cl. 331. c. dans leur Commentaire de la Somme théologique. Concédant. Cf. 211- Cf. Grâce. Cependant le problème du salut des infidèles débordait cette question. 212 3. XIII. il affirme qu'en fait. Ripalda va plus loin encore. tout bon désir est déjà mystérieusement l'effet de Rédemption (1). son confrère Lugo trouve son explication minimiste. la grâce intérieure est donnée abondamment à tous les hommes. Vazquez. p. sans exception. Salmanticenses. Mais l'évolution l'Eglise. — sect. . dans lequel on détruit toutes les erreurs sur la grâce et la Rédemption (cf. 2727-2733. p. Au XVII® siècle. Il ne suffisait pas de montrer que les païens sont baignés dans une atmosphère de grâce. éd. disp. tiré du Nouveau Testament. dub. II. t. Traité dogmatique et moral de la grâce universelle. De gratia actuali. van der Meersch. C'est ainsi que. In 1°''^ //"*. col. 332-340 P. Le Pelletier. p. C.JANSÉNIUS ET LE JANSÉNISME Toute bonne pensée. 1934. L'école thomiste est plus réservée. t.. 16. hors de laquelle il n'y a pas de salut. II. d'après l'Ecriture et la Tradition. DuMONT. 1878. qui finalise vers la grâce de la justification la préparation de (2). 189. pour pouvoir accomplir tous les préceptes. I. I. D. n. que la Rédemption s'étend efficacement à tous les hommes et que tous ont abondamment les grâces nécessaires au salut (4). Ripalda. cit. 241-242. 1 l'église de Reims. p. 751. qui ont été depuis le commencement du monde et qui seront jusqu'à la fin des siècles. peuvent avoir une foi véritable un chanoine de traité . 2. La Sorbonne n'est pas en reste. Le problème du T. Capéran. 374). col. bien prochain qu'on y distingue encore beaucoup trop entre le « pouvoir et le « pouvoir éloigné » que les infidèles ont de se sauver. Ripalda cherche à montrer que les infidèles. Une controverse 1 . tout bon usage du libre arbitre est accompagné d'une grâce élela vante. t. Le Pelletier. sans la grâce qui guérit. sect. 6. disp. — C.

de la grâce. cit. op. 1792-1798. C.. il ne consentira « ^^es late dicta ex testimonio creaturarum similive 1. sans considération de sa Providence rémunératrice.. cit. I. 3. col. t. De là une certaine réserve des documents pontificaux au XVIII® et au XIX® siècle. Enchiriiion. peuvent.LA VOLONTÉ SALVIFIQUE s'ensuit qui aboutit en 1679 à une condamnation romaine. certains missionnaires sont question.. D.les papes ne peuvent laisser croire que toutes lait les religions sont bonnes. t. 356. D. les esprits. B. cit. op. Enchiriiion. la religion naturelle et l'observation des lois que dicte la conscience (4). ne suffit pas (2).. par exemple. : . a été presque aussi privilégié de Dieu que le peuple juif. T. L. » Cf. A une heure où le grand danger est l'indifférentisme. p. » Sur la condamnation et la controverse entre Lugo et Ripalda. n° 1173 motivo ad justificationem sufficit. il lui faut autre chose que la foi au sens large Une autre condamnation oblige encore à croire que la foi en Dieu. obtenir aussi la vie éternelle car Dieu pénètre.cessaria videtur necessitate medii ad salutem. Infidèles. 2. 2« éd. 3S6-421. 9. Harent. Mais nous n'avons pas à suivre ici l'histoire de cette thèse indiscutable. — — 327 . Capéran. mais qui observent fidèlement les préceptes de la loi Dieu dans les cœurs Dieu. op. Pour qu'un (1). 362-370. Pour résoudre correctement le problème du salut des infidèles. vont répétant que seule suffit à l'homme. 1764-1771. scrute et connaît les cœurs. Capéran. païen soit sauvé. Le problème du salut des infidèles. n° 1172: « nonnisi fides unius Dei n. il falmaintenir que l'appartenance à l'Église reste nécessaire et que nul ne peut être sauvé que par l'Eglise. B. 1934. Dans sa bonté et sa clémence suprêmes. cf. 4. rejetant sa médiation surnaturelle. D. les adversaires de l'Eglise. Capéran. prêts à obéir à sainte religion. pour ne que de lui. L. L. mènent une et la vertu vie honnête et probe. p. VII. p. pour accomplir sa destinée. Pour établir une un instant tentés de montrer que le peuple chinois. Tandis qu'on les accuse de renouveler l'erreur pélagienne (3). mais l'orientation générale n'est pas douteuse parler et un Pie IX. par la lumière divine . Cepen- dant cette exigence même laisse la porte le ouverte à ceux qui chercheront à montrer que la foi dans Christ peut être implicite.. ch. Capéran. déclare solennellement : Ceux qui sont dans une ignorance naturelle gravés par invincible à l'égard de notre et qui.. les pensées et la conduite. 343-351 S. p.

rappelé le double caractère du surnaturel chrétien.. gement de la réflexion est déjà.54-6i. grâces de lumière et de force ne vers des solutions qui. : firma certitudine et nuUo admixto errore cognosci possint. (Alloc. D. quadam. 4. il est incapable d'atteindre même la fin proportionnée à ses forces (4). croire que. quae humanae revelatio absolute necessaria est. Quanto conficiamur moerore. 1934. cap. l'Église aura.. n° 1786) « huic divinae revelationi tribuendum quidem est. ad participanda scilicel bona divina. Capéran. n» 1677. si Mais on croit aussi de plus en plus que les manquent à personne et l'on s'achemine hardies qu'elles soient. 229. quae in rébus divinis humanae rationi per se impervia non sunt. relle comme l'avait bien vu saint (3). Si la grâce. p. Essai théologique. blessé par le péché. Enchiridion. L'option fondamentale qui s'offre à lui au seuil de la vie morale. la Révélation et la d'abord parce foi sont nécessaires à l'homme...JANSÊNIUS ET LE JANSÉNISME jamais à punir des supplices éternels un homme qui n'est pas cou- pable de faute volontaire (I). p. P. t. De II.. » — 328 . — — op. sans la Révélation. B. sans la grâce L'Église ne répudie rien de l'héritage traditionnel. ut ea. op. Vatic. être au Christ qu'il ignore ou qu'il combat. 474-475- 2. Non bac tamen de causa Deus ex inônita bonitate sua ordinavit hominem ad finem supernaturalem. in praesenti quoque generis humani conditione ab omnibus expedite. B. B. Leurs principes on retrouve les assertions chères aux auguslumineux continuent à dominer toute la théologie de la grâce. cit. dès l'origine. Conc. 118-129. 1. une option surnatu- qui engage l'éternité Entre temps. L. L. const. tiniens du moyen âge. 3... Dieu l'a ordonné à une fin transcendante hors de pro: portion avec sa nature. Capéran. Cf. Cf. Elle continue à du Christ. ensuite parce que. ci-dessus. Enchir. Thomas (2). l'homme ne peut atteindre sa fin dernière. Singulari En 1854 Encycl. 2 (D. fide. cit. c'est pour deux raisons que. face au Rationalisme moderne. D. 1913. n° 1642) le pape était moins net. Un homm*3 peut appartenir à l'Église à son insu. A travers tant de controverses. restent dans le prolonthéologique des siècles passés. 2^ éd. sed quia mentis intelligentiam omnino superant.

note 2. 208-209. où l'on parle de la mission du Saint-Esprit. p. p. 3. justification et prédestination. on regrette de constater que le mystère de la divinisation du chrétien n'y soit guère mentionné qu'en passant (1). ce qui est premier. 101-103. Pour la théologie post-tridentine au contraire. dès la fin que l'on continue d'affirmer n'a plus autant de relief. ne parlaient qu'incidemment et dans un vocabulaire encore très imprécis de la grâce créée (3). Grâce et liberté. 277. nous l'avons dit. grâce et mérite. et plus encore les besoins de la controverse ont fait reléguer dans l'ombre une doctrine qui tenait au cœur de la pensée catholique et dont ni saint Augustin ni les grands scoguement les théologiens. tous ces thèmes ont occupé lon- Le dogme lui-même en a été fortement marqué beau décret du concile de Trente sur la justification. 97. La grâce créée passe au premier plan et le don du Saint-Esprit Mais. note 3. et lorsqu'on relit le lastiques n'avaient méconnu l'importance (2). et le traité de la grâce. Voir ci-dessus. force est comme obsédée par les problèmes qu'avait génie de saint Augustin. du moyen âge. 2. SCHEEBEN ET L'INHABITATION DU SAINT-ESPRIT RETOUR AUX PÈRES GRECS Lorsqu'on jette un de a été longtemps posés le regard en arrière sur l'histoire de la théologie bien de constater que la pensée occidentale la grâce. 6. une coupure s'établit entre le traité de la Trinité. Les Pères grecs. — 329 — . Voir p. c'est le don de la grâce. 283. et la pré" 1. note Voir ci-dessus.CHAPITRE DIX-HUITIÈME PETAU. p. Le développement assez unilatéral de la pensée théologique.

sa demeure. nous nature divine (5).. SCHEEBEN sence divine n'est que l'un des nombreux effets de ce don. il avoue sans ambages que seule la sion des vertus avant la justification théorie de la prédestination ante praevisa mérita peut se réclamer de Augustin (2). p. 1. la divinisation du chrétien. Dogmata VIII. 524-535. c. IX. 4. Petau. col. p. VIII. cap. t. III. III® série. II. lib. 459 sanctum oyatotôà). 3. T. le mystère de l'union au Christ et l'inhabitation du Saint-Esprit n'occupent qu'une place fort minime. illiusque praesentia et habitatione filios Dei effici. III. est le père de l'histoire du dogme. II.PETAU. D.. Th. sur les rapports entre le péché mortel et la perte de la grâce. Petau. theologica. theol. saint s'intéresse moins encore à ces questions l'Ecriture et des Pères sur la présence Au sion livre VIII de son traité de la Trinité.. Vives. Cf. 459 ipsummet Spiritum sanctum id — : 330 . Ibid. praedestinatione. Cyrille d'Alexandrie retient surtout son attention. c. : Vives. ac per substantiam propriam applicari significat. — 2. mais dans le traité de la grâce. « Cyrillus per creaturam sanctificari nos negat. t.. Etudes de théologie positive sur la sainte Trinité. t. 4. c. De t. mais le Saint-Esprit lui-même.. se. p. il nous fait dieux en se donnant à sanctifie. Nous sommes son temple. il étudie longuement la mis- du Saint-Esprit. même de la en nous. 456-458. Galtier. « quibus verbis Spiritum Ibid. On discute longuement sur la nature de la distinction entre la grâce et la charité. de Régnon. C. la filiation adoptive. Mais Petau du jour qu'aux affirmations de de Dieu en nous. Ecrivant en pleine controverse janséniste. VIII. sur l'infu- ou leur accroissement dans l'âme des justes. XII. non seulement une grâce créée. 444-452. encombré par la discussion avec Protestants. Baianistes ou Jansénistes. p. II. ac per communicationem substantiae suae nos sanctos efficit ». Parmi les Pères de l'Eglise. P. Dogmata t. Vives. 4. dans l'âme des justes. il nous fait semblables à lui. cite les beaux textes des Pères qui appellent celui-ci le don de Dieu (3). col. col. C'est comme une protestation contre cette erreur de perspective qu'il faut comprendre la fameuse tentative de Petau (1). Le grand docteur montre en effet comment le Saint-Esprit agit par luinous unit à lui et nous fait participants Petau commente longuement ces textes et montre qu'il y a. on le sait. bien que rallié lui-même aux thèses de Lessius. éd. t. 1865. ou qui parlent de sa venue en nous (4). 6-9. sed per nos habere défendit per. 28-53. il prend contre les novateurs la défense de saint Augustin et. 1334-1335. dura justos ait eo velut inaurari. » Ibid.. 3. Petau. 5. il est en nous.

et qui n'appartient qu'à lui (6). 459 A stantiam in sanctis habitare confirmât. Mais c'est là minimiser les affirmations des Pères de l'Eglise (5). divinam ipsam personam. non solam ejus gratiam et efficieniiam. sive statum adoptivorum filiorum. 6. on découvre avec lui que ce qui est premier. O'jcnwôô). Les trois personnes divines ont opéré l'Incarnation. dit Petau.. id est ejusmodi illam cum justorum animis conjunctionem Spi- Ibid. no substanlialiter. 2. ac peculiarem esse sancto Spiritui inodum illum nescio quem ostendere videntur. 6.. plus aliquid significant . DU SAINT-ESPRIT nous remplir de joie et de reconSans qu'on doive renoncer à la grâce créée. » « Quae sanctissimoram eruditissimoram Patrum assertio. Sed enim Patrum illa testimonia quae in antecedenti capite descripta sunt.. Spiritui sancto sanctitas et charitas attribuitur. c. Ibid. testin^^ 6 (col. un terrain diffi- Les théologiens. » 471 A. il rappelle justement les textes des Pères qui prouvaient la divinité du Saint-Esprit à partir de la divinisation du chrétien (3). 3. ac sub1.. Le Saint-Esprit est en nous à la manière dont «Spiritum sanctum. Ibid. avec une satisfaction visible. suimetipsius communicatione reddit. 484 B-485 a) moniis sequi videtur. c. Cette théorie s'oppose en effet aux opinions reçues dans naissance envers Dieu l'Ecole et le grand historien a conscience d'avancer sur cile (4).. : ritus sancti. Petau prépare amsi les voies à sa théorie personnelle. enseignent communément que la présence de Dieu et l'union qui en résulte sont le fait des trois personnes. c'est le don de Dieu lui-même. Par des touches insensibles. in quibus per sese manet ille. Ideoque templa ejus illius. mais. cum rêvera in omnes : personas competat. non sans interpréter ses auteurs : 8. ac nos sui similes. revenant sans cesse à un mot qu'il a lancé innocemment.. Ibid. Filio sapientia.L'INHABITATION nous (1) et tout cela. Il y a de même.« vulgo fere theologi quadam accomodatione putant 5.. 5. » : « quod autem ex antiquorum tôt ihis. hoc est. tout chrétien doit en convenir. mais surtout il cherche à impressionner les scolastiques par l'accumulation des textes. dit Petau. Petau estime qu'on ne peut pas plus se contenter d'attribuer la sanctification de nos âmes au Saint-Esprit que l'Incarnation au Fils. c. dit-il. seul le Verbe s'est incarné. 484 A) illam evojcjiv et habitationem in justis assignari Spiritui sancto. 6. col. col. ac domos esse. n° 5-6 (col. dans notre sanctification quelque chose qui est personnel au Saint-Esprit.. et ne sont attribuées au Saint-Esprit que par une sorte d'accommodation.. cum haec omnia promiscue ad très personas applicentur. hoc est Deos. 4. communi quidem personis tribus con- — 331 — . Petau reprend indéfiniment les mêmes choses. Ibid. sicut potentia Patri. doit (2). col. 459 A jucundissima voluptate piorum demulcet animos ac Dei in nos bonitatem et munifi: : centiam summopere commendat.

«Tout cela n'est pas très clair. » Ibid. neque alteri c.. ne nous fait pas esprits. inveniemus eorum pleraque testari. Le Saint-Esprit. (col. vel in iis habitare. ni une union hypostatique. ratio sit. et pas seulement divin. sed dissimilis est tt|. Scripturae loca illa recenseantur quae cum justis conjungi. sed xaxà ayéaiv quia non est illorum propria divinitas .. Cette dernière n'est pas une union physique.^ relative. peculiarem alterum obtinet ut sit formae instar. ou plutôt n'est que trop clair. velut proximam causam et. 494 b) « sancti habitantem in se Spiritum sanctum habent. per Spiritum sanctum hoc fieri. c. hoc est TTVEJfJiaTa. Sed solus Spiritus sanctus quasi forma est sanctificans. une forme subque cet homme est Dieu. ut ita dicam. » 2. formalem. » Cf. habitudinaliter. sed oùiiwS'o. sed quadamtenus et (T^eti^wc propter quamdam habitudinem et rationem. quod iis praestantius est. qua se Spiritus sancti persona sanctorum justorumque mentibus » applicat. le Père.. Petau commence à voir les inconvénients de sa terminologie. Itaque non a^Ext^wc. bien que jouant en nous le rôle de forme. nous ne sommes pas dieux par nature.. id est divinus. Christus vero non ôsToi.PETAU. ibid. no 6 (col. 6. : Pater atque Spiritus sanctus in homine Christo non minus manet quam Verbum. c. sed ôeôç. ut certa quaedam 1. Sic in homine justo très utique personae habitant. no 8 (col. sed quatenus in hypostasi. sed non sunt Spiritus. mais seulement spirituels (2). sive persona inest Spiritus sancti adeo. « si donari posse. praeter communem illum quem cum reliquis eumdem habet. Petau s'embarrasse dans ses explications. quae caeteris personis Ibid. Deus esse dicitur . Relegantur omnia veterum Patrum testimonia quae superius exposita sunt et. non ipsi proprie. sed TTvEujjiaxixot id est spiritales. Dans l'hunnanité du Christ. 7. vel Deum potius facientis et hune Filium. 485 A) personae congruat. At homo in Christo. Sed neque Spiritus sancti vocantur. le fameux o'juuo^ùiç (^stibstantialiter) sur lequel ila fondé son opinion s'est évanoui et fait place à un <^y^-zcfjs>:. vel domus ad habitantem. divinum. et adoptivum reddens sui communicatione filium. aut Deum simpliciter aut privatim Filium docent . comme un principe. Le Christ est Dieu. Verbum enim. Mais Petau sait bien qu'il n'en est pas de même de l'union du Verbe à sa sainte humanité et de l'union des justes avec l'Esprit-Saint. se HEE BEN le Verbe est dans la sainte humanité du Christ. 494 a) « homines sancti et adoptivi Dei filii. 486 A) « : : — : — 332 — .. sed Deus est. n° 13 (col. utputa templi. mais seulement par grâce. veluti formam. le Fils et l'Esprit sont présents. eodem modo non competit. il n'a rien d'un grand spécustantielle qui fait venire. Deum non habet in sese. qui est beaucoup plus vague. Hoc est autem informare veluti fidelium animos et sanctos justosque facere. At illi non absolute hoc nomen usurpant. ac (p'JCTEt sunt dii. 6. si accurate proprieque loquimur. mais le Fils y est d'une manière qui n'appartient qu'à lui. erit actu donari proprium ejusdem. Quippe nonnisi unus est qui vere et proprie dicitur Deus.. qua spiritales fiunt. Ibid. èvuTcào^^wc modus. alioqui non dii. singulare est Spiritui sancto. sed Deus appelarentur. Ainsi en est-il du Saint-Esprit en nous (1).

» Cf. 2348-2349. Cyrille d'Alexandrie. 20. 38.. 2. Cette affirmation n'est pas sans danger. Étude 4.. mais elle se réclamait surtout de l'Augustinisme. 5. p. 12-13. était commun aux trois personnes divines (2) les Grecs. il insinue que la divinisation extra. ad 2. les fils de la Trinité (6).. T. ad 2 . Fils du Père et non de la Trinité. 43. 3. ad 2 : « nos per adoptionem efficimur fratres Christi. q. t. art. 2. laissant à d'autres le soin de les expliquer. Filio et Spiritui sancto. de quelque manière qu'on le considère. non est filins totius Trinitatis ni°. à laquelle la tradition il s'oppose. Saint Thomas est l'héritier des deux traditions. soulignaient volontiers le rôle distinct que joue chacune des trois personnes dans notre sanctification (3). II affirme fortement le principe augustinien. 1928.. quod est proprium ipsi. t..L'INHABITATION latif et il DU SAINT-ESPRIT mécon- se contente d'avoir attiré l'attention sur des vérités trop nues. 5. et ideo Christus q. avait des racines grecque (1). XX. DE Regnon. œuvre ad du chrétien n'est pas uniquement une Le Saint-Esprit est le don de Dieu (4). //P P. q.. art. Galtier. 1 557-1 558. mais en même temps. quasi . sont données pour que nous puissions jouir de leur pré- saint Thomas n'insiste guère sur cet aspect des de parler de no-tre adoption d'une manière qui est certainement peu conforme à l'Écriture. est enim Pater Christi naturaliter generando. Le Verbe Malheureusement. 1°' P. invite à ne pas prendre de façon trop rigide ce que saint Thomas dit ailleurs (v. qui est déjà dans le corps de l'article. col. art. In Joan.. 3. — 333 — . est autem pater noster voluntarie aliquid faciendo. dans les œuvres ad extra. La dans doctrine de l'appropriation. il choses et lui arrive 1. q. 385-386. Etudes de théologie positive sur la sainte Trinité.. : 25e. au contraire.P. par la grâce fait sanctifiante qui nous amis de Dieu. ad i rationalis C'est la scolastique postérieure qui a durci ce dernier concept. !" Pars. Augustin. et qui fait écho à la distinction augustinienne entre uti et frui. 5. G. q. dit le Docteur angélique. !" P. 35. Th. » Cette expression. eumdem patrem habentes cum ipso qui tamen alio modo est Pater Christi et alio modo pater noster unde signanter Dominus seorsum dixit Patrem meum et seorsum : : dixit patrem vestrum {Joan. . avait affirmé fortement que tout. 6. 43. art. I. cité dans F. II. d'abord en christologie. III"' P. ad i) de l'appropriation. 3. les personnes divines elles- mêmes nous sence (5). g. PORTALIÉ. mais. q. art. art. L'habitation en nous des trois personnes. 17) . « per donum gratiae gratum facientis perficitur creatura ad hoc quod Hbere non solum ipso donc iitatur. redoutant tout ce qui pouvait mettre en péril l'unité divine. p. 2. sed ut ipsa persona divina fruatur. E. 3. 32. quod est commune ipsi et sicut nos. D. c. nous. 3. P. Augustin. Le Verbe incarné est. C. 23. nous sommes. IIP série.

Fils du Père par sa génération éternelle. Il ne peut être question de dire que Jésus est fils adoptif de Dieu par la grâce tandis qu'il est fils naturel en vertu de sa double génération éternelle et temporelle de toutes manières il est fils de Dieu par nature. 4. distinguant le rôle des trois personnes dans cette œuvre magnifique (5).. 100). 239. Supra. In IV Sent. Non magis potest dici Spiritus sanctus pater Christi praedictis modis. en arrive à dire que les justes. par adoption. Cantique spirituel. ces théologiens qu'un prédicateur célèbre a la suite de de Dieu par vocation. 1. (6). tombe lui-même dans une autre erreur. étant divinisés par grâce. Mais. grâce d'union (3). appelés à la vie divine comme frères du Fils éternel de V éternelle Trinité qui. on conclut que le Verbe incarné est deux fois le fils de Dieu par nature. III. lui aussi. 420... Au XVI® siècle. 1. note 7. au risque de confondre la génération éternelle du Verbe et la manière dont le Fils de Dieu naît et grandit dans l'âme des justes (4).. p. 334 — . gratiam a Spiritu sancto per quam fit adoptio filiorum Dei . 23.. qui dénonce l'illusion de Durand de Saint-Pourçain. DoRSAZ. puisque la grâce nous fait fils d«3 la Trinité et non du Père. PORTALIÉ.PETAU. avec les personnes divines. participent à la spiration active du Saint-Esprit art. 3. 237. — C'est peut-être à : pu dire encore en 1926 « Fils 6. lib. nous avons. C. a voulu devenir l'un de nous. : « Christus autem secundum quod i homo. Saint Jean de la Croix. » 4. sinon par appropriation. DURANDUS. Adoptianisme. pour nous faire partager sa filiation divine. q.. en tant que Saint Thomas la tire se refuse à cette conclusion (I). Suarez. Ces conséquences paradoxales devaient nécessairement amener les théologiens à reviser les principes d'où elles découlaient. p. revenant ainsi à l'erreur adoptianiste (2). //i" P. pourquoi dès de la Trinité entière ? mais Durand de Seùnt. ergo Christus secundum quod homo potest dici fihus Spiritus sancti per adoptionem. qu'homme. D. Notre parenté 2. dist. A. possède la grâce sanctifiante tel. il est fils de la Trinité entière en vertu de la . à le devenir par volonté.. q. Supra. E. pour être de vrais fils. quam pater in divinis. col. vel tota Trinitas si ad rem inspiciatur . fils ne serait-il pas. SCHEEBEN incarné. Nous avons vu maître Eckhart chercher à mettre en évidence le mystère de notre filiation divine. en tant lors. 4. p. note 3. Pourçain hardiment.. 1921. 38* strophe. Ruysbroeck parle du mystère de notre divinisation à la manière des Pères grecs. 1. dans une page audacieuse. habet. quia opus creationis et infusio gratiae sunt indistincte a tota Trinitate et a qualibet persona » (apud P. T. 5.

L'Esprit est en nous. Lessiuô ayant émis cette idée que la présence du SaintEsprit était la cause formelle de notre sanctification. Fritz. Bellamy. rejetée. elle est reprise par un théologien allemand. cap. XIV. fervent disciple de saint Thomas. VIII. Il ne suffisait pas de la Mais sa thèse n'en fit pas moins son condamner. ita sensisse : non dubito quins existimet. Voir ci-dessus. Petau. II. 487 B) quis ista ipsa loca veterum accurate considerare velit. nous l'avons dit. « p. t. col. chemin. I. p. qualis antea non erat. C. unica causa formalis vigoureusement et. ils en restent à la loi d'airain des appropriations. 1270-1274. Trois colonnes seulement contre dix ou vingt à tant d'autres de combien moindre importance ! — 335 — . il fallait répondre au pro- blème posé. il se vit attaqué quelque temps après. D. qualifiait son opinion de proche de l'hérésie. justificationis (1). D. supra. lib. G. Matthias Joseph Scheeben (3). surnaturelle. 7. 39) et au commentaire qu'en donne Cyrille d'Alexandrie (cf. col. Renouant avec la grande tradition scolastique. Mais nous ne possédons pas seulement l'Esprit par la grâce. t. T. comme s'il y avait quelque rapport entre cette thèse et l'affirmation de la sixième session du concile de Trente sur la grâce. reflets de sa splendeur. Familier comme Petau de la pensée cyrillienne.. communicationem coepisse esse Spiritus sancti. il relie entre eux les mystères du Christianisme. » Petau fait appel au texte de saint Jean sur l'Esprit qui ne pouvait être donné avant que Jésus fût glorifié {Joan. Il argue aussi du texte où il est dit que Jean-Baptiste est inférieur au moindre des saints de la Loi nouvelle Christi.. il est engendré en nous. avec une méconnaissance radicale des textes. Scheeben. un amour analogue à cet amour substantiel qu'il est lui-même. n. Les 1. il y allume une flamme. 428-429. J. le Verbe lui-même nous est donné. Ripalda. pro- illos priam quamdam. si 2. i (col. 93). d'autant plus Son opinion fut à peu unanimement aux que l'excellent homme préten- justes de la Loi nouvelle le privilège de cette union spéciale avec le Saint-Esprit (2). post adventum atque obitum. Scheeben est aussi un scolastique. Sa théologie de la Trinité commande effectivement sa théologie de la grâce. Theologica doginata. les mystiques ne sont plus guère entendus au temps de Petau. 7. 278. 3. Adoption note 6. Il montre avec saint Thomas comment s'opère la mission invisible du Saint-Esprit. On comprend près dait réserver dès lors la prudence de Petau. et nous devenons de vivantes images du Père. {Matth. C. II). Vers la fin du XIX^ siècle.L'INHABITATION DU SAINT-ESPRIT Mais. Quant aux théologiens. T.

Tant que nous restons sur terre. afin que. En lui et par lui.. 2. substantiellement. et cela non pas seulement au sens où Dieu est présent en toute créature. mais il va maintenant. — 336 — . parce qu'ici-bas l'amour l'emporte sur la connaissance (2). Die Mysterien Voir aussi t. lorsque celuici se retire. Ibid. nous puissions jouir de leur présence. Scheeben. ces réalités ineffables sont enveloppées de mystère. par lequel le Père nous aime dans son Fils comme ses fils adoptifs. t. trad. nous sont données comme des arrhes de la vie éternelle. nous nous élevons par la connaissance et l'amour jusqu'à la jouissance des deux autres personnes de qui nous est venu l'Esprit. § 26. II.Mais estelle personnelle ? hypostatique ? Les personnes divines viennent-elles en nous avec leur caractère personnel. J. en lui et par lui. Les trois personnes. chacune avec la manière qui lui est propre ? en tant que le Fils procède du Père et que l'Esprit les unit l'un à l'autre par l'amour ? Scheeben n'hésite pas à répondre affirmativement. 153. 646-647 (Handbuch der kathol. nous atteignons le Père et le Fils. p. comme l'écoulement et le gage de l'amour du Père. Dieu ne se montre pas de loin. Le Samt-Esprit est en nous formellement par cela même qui le constitue personne. personnellement. mais elles nous seront révélées au ciel. Scheeben ne fait guère que remettre en honneur des affirmations traditionnelles. Dans ces pages laborieuses. c'est. donner une théorie perM. mais parce que les trois nous marquent de leur empreinte. la Dogmatique. p. où nous nous réjouissons de le posséder. 1. 1865. comme jadis Petau. comme le sceau marque la cire. L'empreinte du sceau demeure. 363). ajoute Scheeben. dès ici-bas. III. Bélet. en un mot. dans la mesure où nous prenons conscience de cette présence de l'Esprit-Saint.. nous renvoyons au Père son baiser et nous jouissons de son inexprimable douceur. Si la présence de l'Esprit nous est ici-bas plus manifeste. 147-151. il est là tout près (I). l'empreinte des personnes divines ne dure qu'autant qu'elles sont présentes. comme le baiser du Père et du Fils que nous recevons dans l'intime de l'âme. p. SCHEEBEN trois personnes sont en nous.PETAU. Le Saint-Esprit vient en nous comme la fleur de la tendresse et de l'amabilité divines. p. des Christeniums. il est vrai. 152. nous dit Scheeben après saint Tho- mas. Dogm. La présence de Dieu est donc une présence ontologique. Mais de notre côté. et sans beaucoup plus de succès. 624.

écho de la Tradition et de l'Ecriture. theol. DU SAINT-ESPRIT Le Saint-Esprit. désigne le Saint-Esprit sous ces mots dulcis hospes animae (l). l'une concerne la . 158. 2. 1928. p. Adoption surnaturelle. non la grâce créée. p. 4. qui est premier (2). Bellamy. Pesch. dogm. On en vint à dire que le Saint-Esprit est cause formelle analogique de notre justification (5). 164. ne serait-elle la possession du Saint-Esson temple. théologie aussi neuve ne pouvait d'abord que susciter la cri- Le jésuite comme jadis Ripalda pour Lessius. Ihid. sans prendre pour Scheeben. est en nous comme dans Ce temple consacré par la présence divine est une possession du Saint-Esprit.L'INHABITATION sonnelle. Chr. L'âme sanctifiée par l'Esprit est fille du Père. I. et la controverse s'apaisa bien vite (4). se consomme entre Dieu et celle-ci est à la fois sa créature l'union d'amour dont parle Granderath. D. Piael. c'est d'abord grâce à l'Esprit qui nous est donné. 3. montrèrent une certaine sympathie envers sa thèse. ne supplée pas la grâce créée. par le don et la présence de l'Esprit-Saint. p. il est en nous le principe d'unité. u" 684. En second lieu. N'y a-t-il là qu'une manière de parler ? l'âme. le lien d'amour qui nous unit au Père et au Fils comme il unit le Père et le Fils. T. L'habitation en nous des trois personnes divines. Galtier. à la manière le Verbe possède sa sainte humanité c'est par lui et en lui que deux autres personnes possèdent nos âmes comme leur temple et leur demeure. Pesch.. C. — 337 — . avec tification. col. Une tique. il les autres Le Saint-Esprit n'est pas seupersonnes divines. p. Deux conséquences se dégagent de cette doctrine. lement. Die Mysterien. cause efficiente de notre sancIl en est la cause formelle. mais c'est le don du Saint-Esprit. objecta les affirmations du concile de Trente sur la cause formelle de la justification. saint Jean (3). 429-430. loi. t. dont les : sanctification. C. mais elle est vraiment personnelle. t. un effet de sa présence et une disposition à le recevoir. Et c'est bien pourquoi la liturgie. donc des trois personnes. La possession n'est pas exclusive. Scheeben s'expliqua. épouse du Saint-Esprit et ainsi. considérables. Franzelin. et il énonce cette thèse que le Saint-Esprit nous possède de façon spéciale. l'autre la filiation adoptive. nous dit rÉcriture. Des auteurs Die Mysterien. A. si nous sommes fils adoptifs. Hurter. 5. Texte partiellement traduit dans P. Les manuels continuèrent à rejeter les parti 1. II.. prit que par appropriation ? Scheeben ne le croit pas. 160-161. temple de Dieu.

338 . Etudes de théologie positive sur série. le P. 4. cit. P. mais le retour à la Tradition était définitivement acquis (1). elles agissent en tant que personnes (4). opposant de façon un peu exagérée la théologie des Latins et celle des Grecs. Si l'on objecte que la sanctification des âmes est une œuvre ad extra et que toutes les œuvres que Dieu fait hors de lui-même sont communes aux trois personnes. qui s'adressait aux trois personnes divines comme si déjà elle était entrée dans l'éternité. Les trois personnes viennent en nous. 535. 551-552. les personnes n'agissent qu'à travers la nature commune dans l'ordre surnaturel. et B. Cette doctrine ancienne et nouvelle éveille des résonances profondes dans les âmes d'aujourd'hui. La grâce et la gloire (1897). l'Esprit-Saint comme le lien d'amour qui unit le Père et le Fils. du Saint-Esprit (1898). ne cache pas ses sympathies pour celle-ci. mais les fils du Père. SCHEEBEN explications de Petau et de Scheeben. Th. Il en est de même des études plus anciennes de J. mais elles y viennent à un titre particulier. la sainte Trinité. Th. de Régnon. les frères du Christ et c'est l'Esprit-Saint qui nous spiritualise (3). Ibid. La doctrine spirituelle de sœur Elisabeth de la Trinité. 573. t. Galtier est sévère pour les explications de Petau et de Scheeben. Dans l'ordre naturel. le P. p. les données de l'Ecriture. 5. Ce qui se passe dans l'éternité se reproduit dans le temps (5). le Père y vient comme Père. agissent en nous simultanément. DE RÉGNON. leur demandant de renouveler tout leur mystère en son âme (6). J. op. Entre la vie éternelle de Dieu et notre sanctification. le P. De l'inhabitation 2. de Régnon répond que la divinisation du chrétien n'est pas uniquement une œuvre ad extra. Ibid. le Fils comme engendré par le Père. Philipon. Nous ne sommes pas les fils adoptifs de la Trinité. 6. à travers eux. deviennent de plus en ses belles études sur la sainte Trinité. DE RÉGNON. Dans son livre sur L'habitation des personnes divines (1928).. II).PETAU.. et les belles prières d'une sœur Elisabeth de la Trinité. étude 27^ (m» 3. Dans 1.-B. . il y a une correspondance mystérieuse. p. p. 546. Il cherche à compléter les théories de Petau et de Scheeben. Terrien.. Froget. 1928. renonçant à l'exclusivisme d'une union spéciale avec le Sant-Esprit (2). M. On rejoint ainsi les Pères grecs et. mais il prétend bien prendre à son compte tout ce qui est dit sur le fait dogmatique dont ils sont partis.

L'onction du Saint-Esprit (ibid.34i. nous n'aurions connu que la gratia Dei. p. E. La vie de la grâce — {Nouvelle revue théoL. p. On trouvera d'excellentes choses dans les trois études du P. DORSAZ. P. Voir dans la seconde partie (p. 1920. Le Christ mystique (ibid. Signalons cependant quelques études théologiques particulièrement dignes d'intérêt. mais il voit surtout les insuffisances des théories proposées et ne met rien à la place. Dieu en nous. Ce volume a connu un succès significatif. A^o/re personnes divines (1921). L'habitation en nous des trois personnes (1928) est d'un maître averti. 721-733). La théorie de Jean de SaintThomas mériterait plus qu'une brève mention dans notre travail historique. Délaye. p. On nous dispensera de mentionner les ouvrages analogues. comme d'ailleurs celle de Dorsaz. qui nous aurait divinisés sans nous mettre en relations avec les trois personnes).. et qui entend bien prêcher la dévotion à l'état de grâce. est à ajouter à la bibliographie donnée ci-après à propos du corps mystique (p. Le volume du P. I. 641-656). Cette dernière étude. i). 561-578). A..L'INHABITATION DU SAINT-ESPRIT Dieu est plus familières à ceux qui ont compris que en nous et vit en nous(i). contient des choses excellentes.n. parenté avec les Le petit livre du P. 339 — . 1926. 155-208) une discussion des opinions scolastiques sur le mode de présence de Dieu dans l'âme des justes. Galtier. R. Plus. mais son idée de fond est très discutable (si Adam n'avait pas péché.

Cette grâce ne nous vient pas comme à des âmes isolées les unes des autres. qui est l'Eglise. La grâce qui nous divinise et nous guérit est la grâce du Christ. p.ÉPILOGUE 4 1 belle qu'elle soit. Nous sommes fils adoptifs Père. dans Nouvelle revus théologique. sacrement de l'incorporation au Christ et à l'Eglise. Filio (I). nous ne que dans unique. Rondet. 1937. 1938. elle s'accroît par l'eucharistie. elles n'ont pas toujours été présentes de la même façon à la con- science des fidèles et des théologiens. DE LuBAC. et nous les avons souvent rencontrées. Catholicisme. H. se retrouve par la pénitence. Ces mais vérités sont anciennes. 51-74 . 551-582. Filii in Filio. Petau. Nous sommes les sommes fils membres du corps du Christ. L'Eglise de Jésus-Christ prolonge l'Incarnation. Mersch. H. à^XiS Bulletin de la Société française d'études mariales. Notre époque est en train de les redécouvrir et une multitude de livres excellents nous parlent du Corps 1. Il faut encore sommes filii in pas fils isolément. Le sacra- mentalisme catholique ne peut être coupé de la théologie de la grâce et l'espoir de la résurrection glorieuse est fondé sur une notion sociale de la participation à la vie divine (2). mais nous ne le Fils présence et l'action du Saintâmes. mais leur œuvre est inachevée. 220 — 340 — . p. 809-830. 2. p. 681-702. La vie divine nous est donnée au baptême. elle nous est donnée socialement. Schee- ben et leurs émules ont fait œuvre la utile en ramenant l'attention des théologiens et des fidèles sur Esprit dans les retrouver la doctrine traditionnelle de l'union des chrétiens avec le Christ et de l'union des chrétiens entre eux. De la place de la très sainte Vierge dans l'Eglise corps mystique du Christ. 1938. la dévotion à l'état de grâce reste encore pri- SI du sonnière de l'individualisme de l'époque moderne. E.

1936). et apostolat. apparaît aujourd'hui. 1945 — — : U — — — (reprend des articles dogmatiques. confronter la pensée chrétienne 1. problème de nos relations avec les personnes divines (éd. La doctrine du corps mystique E. Christ dans les âmes et dans l'Église ne sont qu'un aspect particulier la vie trinitaire du du problème des rapports entre le temps et l'éternité. les missions temporelles et les processions éternelles du Fils et du Saint-Esprit. La réciprocité des personnes.. il y a à la fois opposition et continuité. du Christ. LACROIX. Il faut conserver toutes les acquisitions du passé et cependant trouver des catégories plus souples. Anger. 1936 Morale et corps mystique. alle- Das Mysterium der heiligen Noter ce qui est dit à propos du 2. Salet.. 198. 43-45). Feckes. éd. P. 1935. — — — En p. Toute une littérature théologique a été suscitée par la question des rapports entre nature et surnaturel (3). ^^^4 (2^ éd. Blondel. 340. Personne et 4. Cw^5 mystique Le corps mystique du Christ. Le Christ notre vie. p. 1925. Entre grâce actuelle et grâce habi- Mais comment exprimer en termes humains logie ainsi renouvelée ? La vie nouvelle fait tuelle. M. le grâce (4). E. — 341 — . 1936-37). Voir ci-dessus. Les philosophes chrétiens qui nous parlent de per- sonne nous parlent aussi de des promesses. E. euVoici quelques titres plus importants dans l'ordre des dates G. 1946). Glorieux. 1934. 1942. Dans un document solennel. Gasque. G. 1933 (2^ éd. M. les richesses d'une théopresque éclater les cadres anciens. Encyclique Mystici corporis. note i). Pour faire comprendre aux âmes modernes tout ce qu'il y a de richesses spirituelles dans le mystère chrétien. charistie et le corps mystique. signalons très spécialement l'étude de K. MuRA.EPILOGUE mystique (1). augustinien fervent. 1929. 1937. sans aucune- ment répudier l'héritage traditionnel. Mais ce ne sont encore le là que Le théologien sait qu'entre il mystère de la vie divinisée. Mersch. Kirche.. La philosophie les religieuse de M. p. la vie de la grâce et de Dieu. la comme une refonte de la l'Augustinisme. l'Église vient de consacrer cette doctrine traditionnelle (2). il faudrait. mystère de la vie divine et y a des correspondances secrètes qu'il la vie faudra scruter plus à fond. L'inhabitation du Saint-Esprit. NÉD0NCELLE. Dieu se connaît et s'aime en nos âmes. L" corps mystique du Christ. 3. (2e E. . Pie XII. Mersch. note 4. La théologie du corps mystique. 1943. Mersch. pour la question du désir naturel du surnaturel. 1942 amour. une fois accordées mises au point nécessaires. de la Bonne Presse. J. après avoir été passionnément discutée. il se connaît et s'aime en l'Église comme il se connaît au sein de la Trinité. dont celui qui est cité mand.

siècle. Il veut être le nouvel Aristote de la pensée chrétienne. Fichte et son temps. Chaillet. p. p. p. X. p.. cf. Gibelin. Initiation à la vie bienheureuse. Jansen. pour ne pas dire pélagien sible 2. 488-497 . 2^ part.. G. J. p. trad. L'homme naît faible et misérable. Etudes sur la psychologie des mystiques. 182-200 et passim. Plus tard. mais il est fait pour devenir dieu. 1944. voir La religion dans les limites de la raison. Il lui faut s'affranchir progressivement de ses limitations naturelles. que dès ici-bas l'homme peut devenir dieu. Tournant résolument le dos à la pauvre philotien devient 1. Cf. Cette laïcisation audacieuse du Christianisme est encore plus inquiétante avec Hegel. qui n'est pas bon par 1943. II. selon ses forces. fait place dans la philosophie à l'idée d'une grâce divine. p. Ces formules augustiniennes sont mises au service du Pélagianisme le plus radical. II. lorsqu'il a employé sa disposition originelle au bien pour devenir meilleur. 12-16). B. on se trouve encore en face d'un rationalisme assez plat. t. dans un effort passionné. Kant ramène la grâce à la nature de l'homme en tant qu'elle est déterminée à l'action par un principe intérieur. La liberté est le fruit d'une libération. Chez Kant. J. Kant montre comment l'homme. nature. Mais avec Fichte. Je note ici une page fort suggestive où Schelling montre comment l'existence même de la liberté celle postule une Providence qui harmonise entre elles ces libertés capables de diverger en tous sens {Recherches sur l'essence de la liberté. 175-181. t. 80-84). trad. — — de Schelling qui. 26). Politzer. au début du XIX® ont laïcisé le dogme chrétien. 19. Fichte. t. La philosophie religieuse de Kant. LÉON. ~ 342 — . semi-pélagien.ÉPILOGUE avec les grands systèmes philosophiques qui. 430. X. t. il ne fait dans son idéalisme personnaliste aucune place à la grâce de Dieu (3). 164). 1934. : — radical ». Fichte oppose sa mystique rationaliste de l'union à Dieu à p. p. trad. sur la grâce. supra-sensible (cf. la thèse traditionnelle sur la divinisation du chréune mystique rationaliste (2). bâtit un système qui entend être la « vérité » du Christianisme. Sur le « mal Plus loin. trad. 1937. Hegel. Rouché. 3. II. suppose que ce qui nous serait donné par Dieu ne pourrait pas être de nous (p. La note qui suit. 48-66. 443-446. 77). 1926. Léon. Maréchal. Lorsque Fichte nous donne une libre transposition de l'Évangile de saint Jean pour nous montrer que la vie éternelle est dans le temps. incliné alors vers les idées catholiques. 223. peut le devenir. malgré une heureuse réaction contre la négation du dogme du péché originel (1). II. p. Il insiste sur le rôle de la liberté dans un sens affreusement « chacun doit. ibid. Ailleurs. qu'il peut espérer que ce qui n'est pas en son pouvoir sera complété par une collaboration d'en haut « (ibid. faire son pospour devenir meilleur et ce n'est que lorsqu'il n'a pas enfoui la mine qui lui a été donnée en propre (Luc. 1924..

Hégélianisme la philosophie de Hegel. tel qu'il l'interprète. Parti d'une lecture assidue des Evangiles. L'histoire joue dans chacune de nos consciences se joue aussi dans l'histoire de l'humanité. et la thèse de H. ou plutôt la faire rentrer en vraiment Dieu. : eritis sicut dii. 429-431. 263-266. Hegel montre comment le dogme trinitaire.ÉPILOGUE Sophie du siècle des lumières. pour être Dieu. Ce une imprudence et il fera bien de demander ces systèmes audacieux ne pourraient pas être pour lui l'occasion d'un progrès nouveau. l'Incarnation et la Rédemption y sont traitées avec une désinvolture invraisemblable. p. Cette mystique rationaliste est évidemment aux antipodes de la foi chrétienne. dans Recherches de science reZi439-444. Le vieux Sabellianisme y compose avec le Panthéisme de Spinoza. la théologie de maître Eckhart. gzeM5£. Dieu ne saurait être Dieu que s'il pose en face de lui-même une image adéquate de ce qu'il est. Fils et Esprit ». Le drame qui se métier. d'abord théologien de bon par nature et qu'il doit être du monde est celle d'un affranchissement progressif de la personne. Dieu ne peut être Dieu que s'il est à la fois « Père. Z)e Za méditation dans — 343 . Mais Dieu. NiEL. un monde admirable. et moins nocives sont les philosophies écloses en Voir notre étude. la pensée chré- Moins ambitieuses I . 1936. monde des corps et monde humain faits l'un pour l'autre. si le théologien sera tenté de hausser les épaules et de serait peut-être passer son chemin. 1946. Mais elle est aussi la rencontre du temps et de l'éternité. il sait que l'homme ne naît pas libéré s'il aspire à devenir libre. où tout est signe et chose signifiée. rend compte de l'histoire humaine. univers dont l'unité se trouve dans le désir qui le finalise vers son principe. doit rentrer dans sa création. Le vieux thème de la divinisation du chrétien est mis au service d'un Pélagianisme qui lui-même. mais aussi avec beaucoup moins de foi. Elle évacue tout le mystère des dogmes traditionnels. Reprenant avec plus d'audace. du fini et de l'infini. De nouveau l'homme veut être dieu sans Dieu A se première vue. il veut assimiler toutes les richesses du Christianisme au lieu de ridiculiser les naïves croyances des âges révolus. et christianisme. Celle-ci est avant tout une histoire religieuse. c'est seulement alors qu'il sera rappelle la tentation du Paradis (I). C'est en face de ces erreurs qu'il lui faudra peut-être essayer de préciser plus clairement tienne.

Le Senne. Le Bergsonisme pourrait même aider le théologien à approfondir la notion de grâce divinisante. est une machine à faire des dieux (I). La pensée française. Il est fort probable que le génie qui On la morale et de la religion. mort.. Vie. il faudra nécessairement revenir aux maîtres de la pensée chrétienne. Dans la refonte de son Introduction à la philosophie (1939). c'est le drame de chaque âme humaine. H. que le passé moral de l'homme s'inscrit en lui. ihid. et résurrection. est le soubassement nécessaire d'un optimisme de la Rédemption . 243-258. il ignore malheureusement le péché originel et même le péché en général. mais elle s'édifie aussi sur les ruines de la nature. parle volontiers de la liberté. à son beau livre sur Le devoir (1930) et aux analyses précieuses d'Obstacle et valeur (1935). ou pour dépasser ses synthèses. Elles aussi. Nous n'avons pas à dire comment il faudrait reprendre l'œuvre de : saint Augustin ou de saint Thomas. Elle ne donne la vie qu'en donnant la mort. L'œuvre de M. qu'il ramène trop facilement à une retombée de l'élan spirituel qui donne son sens à l'univers. Bergson est ici un nouveau Plotin qui attend son Augustin. Elle parle aussi parfois de la grâce. pages consacrées par le philosophe français au mysticisme chrétien. reprennent des deçà du Rhin. à l'Ecriture et aux documents du Magistère. Les deux sources de les belles — connaît — 344 . dans l'histoire humaine. Je songe ici particuhèrement à la philosophie de M. encore qu'elle nous aide excellemment à comprendre que la liberté se construit lentement. lui seul conduit au véritable humanisme chrétien. Mais si l'on est ainsi invité à recourir à la philosophie moderne pour profiter de ses analyses. Le pessimisme augustinien. Le Senne dit expressément :1e croyant n'aimerait pas Dieu si Dieu en l'aimant ne lui donnait l'amour de Dieu (p. lorsqu'elles vont à l'aboutissement logique de thèmes chrétiens. La notion bergsonienne de la liberté appelle bien des réserves. 343. nous dit Bergson. et.EPILOGUE leurs thèses. le drame de chaque époque ou de chaque système philosophique. Blondel prépare d'ailleurs singulièrement la tâche au théologien. Ici le contact est plus facile qu'avec Kant. Fichte ou Hegel. p. M. 2. de Maine de Biran à Ravaisson et de Boutroux à Bergson. et l'on pourrait trouver de précieuses analyses dans l'œuvre de tel de nos contemporains (2). 1. On en revient toujours au même thème la grâce achève la nature de l'homme. L'univers. 353). c'est aussi détruire. Achever c'est couronner. p. La pensée moderne se présente à nous trop souvent beaucoup moins comme une aspiration vers plus de lumière que comme un système clos qu'il faudra faire éclater. si souvent dénoncé. 1930. c'est aussi le drame de l'histoire. Bergson.

et un passé qui par rapport à un avenir qui déjà est présent virtuelletire De son trésor. 13.EPILOGUE tentera cette entreprise n'est pas encore né. 345 — . en mettant un terme à cette esquisse d'une histoire de la théologie de la grâce. I.. des choses anciennes et toujours et nouvelles Notre trésor est celui du Christ de l'Eglise notre mère. Matth. 52. l'homme bon (I). d'avoir situé l'enseignement actuel. à la fois par rapport à demeure vivant ment. Qu'il nous suffise.

qu'il soit anathème. il serait mort corporellement. Enchiridion symholorum. 127. la formule baptismale pour la rémission des péchés ne soit pas vraie. col. qu'il soit anathème. qui n'ont pu commettre encore aucune faute personnelle.APPENDICE A. Si querqu'un dit qu'Adam le premier homme fut créé mortel. pécheur ou non. p. Car l'Apôtre dit : Par un homme péché la mort. dans le D. mais fausse. T. n" 843. en sorte que. afin que la régénération purifie en eux ce qu'ils ont contracté par la génération. C.. voir ciCavallera. bien que baptisés pour la rémission des péchés. — Si quelqu'un dit qu'on ne doit pas baptiser les nouveau-nés. Décrets du concile de Carthage de 418 (1) 1. en sorte que sa sortie du corps eût été non le salaire de son péché.°^ loi-ioS. ou que. mais une nécessité de nature. C'est bien à cause de cette règle de foi que les petits enfants eux-mêmes. pour eux. et ces paroles ne peuvent être entendues autrement que de la manière dont les a toujours comprises l'Eglise catholique répandue par toute la terre. dessus. ils n'ont contracté par Adam du péché originel rien qui doive être purifié par les eaux régénératrices. et. r\. 5. et Pour le commentaire. l'article de Mgr Amann. et par le mort a passé sur tous les hommes. le péché est entré dans le monde. — 2. 1 742-1 758. t. X. — 346 — . 12). Thésaurus doctrinae catholicae. dont — j'utilise librement la traduction. tous ayant péché [en lui] {Rom. et ainsi la I. Texte latin dans Denzinger-Bannwart. sont en toute vérité baptisés pour la rémission des péchés. en sorte que.

— donnée par Jésuspéché qu'en nous procurant l'intelligence plus grande des commandements. vous ne le pourrez faire que mais sans moi. en effet.. Seigneur n'a pas dit sans moi. 7). C'est donc une grande impiété de croire que nous avons la grâce du Christ pour cette science qui enfîe et que nous ne l'avons pas pour la charité qui édifie Dieu nous donne également en effet de savoir ce qu'il faut faire et d'aimer ce que nous devons faire. S'il est écrit de Dieu qu'i7 donne à l'homme V intelligence {Ps.APPENDICE dit que les paroles du Seigneur dans la maison de y a beaucoup de demeures {Jean. 3. 5). : : — 347 — . doivent s'entendre en ce sens qu'il existe dans le royaume des deux ou ailleurs un lieu intermédiaire où les enfants morts sans baptême vivent heureux. Christ Notre-Seigneur. en nous faisant connaître ce que nous devons désirer ou éviter. 8. comme si. 5. ils ne peuvent entrer dans le royaume des deux.. : — Si quelqu'un il mon Père c'est-à-dire dans la vie éternelle. 2). mais qu'elle ne nous donne aucune force pour aimer et pratiquer ce que nous savons être bon. 3.. 15. vous ne pouvez rien faire (Joan. 10). donnée que pour accomplir plus facilement ce que nous devons faire par notre libre arbitre. Notre-Seigneur procure seulement la rémission des péchés et n'est pas un secours pour éviter les fautes à venir. en effet Quiconque ne renaît de Veau et de l'Esprit n entrera pas dans le royaume des deux (Joan.. mais la charité édifie (/ Cor. qu'il soit anathème. n'est une aide pour éviter le : : Si quelqu'un dit que la grâce de la justification ne nous est 6. qu'il soit anathème. 1). accomplir les divins préceptes. le difficilement. édifiés par la charité. 4.. qu'il soit anathème. 14. afin que. de l'accomplissement des — préceptes. Si quelqu'un dit que la grâce qui nous justifie par Jésus-Christ 4. Car l'Apôtre dit La science enfle. Le Seigneur a dit. 93. — Si quelqu'un dit que cette même grâce. Parlant. nous pouvions. nous ne soyons pas enorgueillis par la science. aussi quel catholique hésiterait à dire : cohéritier Christ ? du démon celui qui n'a point mérité d'être cohéritier du Quiconque ne sera pas à droite il sera inévitablement à gauche. qu'il soit anathème. bien que moins facilement. 5) .. la grâce ne nous étant pas donnée. il est écrit aussi que la charité vient de Dieu (/ Joan. tandis que. sans le baptême.

8. non d'une confession de ses propres péchés. et que c'est pour cette raison que chacun des saints ajoute. 7). Mais il dit nous nous trompons nous-mêmes et la Vérité nest point en nous. Daniel ajoute alors que je priais et que je confessais au Seigneur mon Dieu mes péchés et les péchés de mon les péchés de mon peuple {Dan. 20). Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner et nous purifier de toute iniquité (/ Joan.. qu'il soit anathème. étant prophète. afin que tout homme connaisse sa faiblesse {Job. qu'il soit anathème.. pluriel dans sa prière et continué par une humble et véridique confession. 37. 15). 1.APPENDICE 7... parce qu'ils n'ont plus besoin de faire cette prière pour eux-mêmes. L'apôtre aurait pu dire en effet Si nous disons que nous : sommes sans péché. Où il paraît clairement que ces paroles ne sont point seulement dites par un sentiment d'humilité. Aussi bien.. nous nous trompons nous-mêmes et la Vérité n'est pas en nous (/ Joan. 9. mais les péchés de mon peuple et les miens. et non la vérité. comme le font quelques-uns. non pas remettez-moi mes dettes. mais de ceux de son peuple. car. en effet. 8). il est dit il ny a point d'homme qui n'ait Et dans le livre du saint (homme) Job Dieu met un sceau sur la main de tout homme. mais en toute vérité. Il ne dit pas peuple. 2) ? Et dans — Quiconque dit que les saints mêmes ces paroles de l'oraison dominicale : : : : : : Salomon. ne prononcent pas pour euxpardonnez-nous nos péchés. Pourquoi ajouter d'accord avec le Psaume oii on lit N'entrez point en jugement avec votre serviteur. : : : : : - 348 . 143. Daniel. saint et juste. car nul vivant ne sera justifié devant vous {Ps.. 9. effet continue : mais si nous confessons nos péchés. 3. commis l'iniquité {Dan.. L'apôtre saint Jacques. craignant qu'on n'interprète ces mots. tous nous offensons Dieu en bien des était juste et saint lorsqu'il disait tous. après avoir dit au nous avons péché. sinon pour que ce mot fût choses {Jac. mais pour les pécheurs de leur peuple. Quiconque entend ces mots en disant que l'humilité empêche de dire que Ton est sans péché et qu'il n'en est pas vrai- seule ment ainsi. mais remettez-nous nos dettes. 2). il a prévu qu'il se trouverait des gens pour détourner le sens de ses paroles. la prière du très sage : péché (/ Sam. donnant ainsi à entendre que le juste prie moins pour lui que pour les autres. nous nous enorgueillissons et V humilité n est point en nous. L'apôtre en 9). 1 . — L'apôtre saint Jean déclare : quand nous disons que nous sommes sans péché. montrant suffisamment que celui qui se dit sans péché profère le : mensonge 8. 46).

Pour le commentaire. ont la présomption de s'opposer aux plus pieux défenseurs de la foi et tout en n'hésitant pas à condamner Pelage et CélesCertains esprits. et font profession de ne croire et de n'approuver que ce que la Chaire du bienheureux Pierre a fixé et enseigné par le ministère de ses évêques. qu'ils soient anathèmes. tius.APPENDICE 9. dont I. col. pardon disant. s'il n'est pas opiniâtre à l'excès. décrient nos docteurs. par malice du titre de catholiques. aussi est-il devenu nécessaire de rechercher avec soin quel a été le jugement des Pontifes de l'Eglise romaine sur l'hérésie soulevée de leur temps. t. qu'il de cœur. Ainsi donc.n°^ I2g-i42. que l'ensemble de toutes les difficultés a son principe de solution dans cet abrégé des décrets ci-dessous. décisions que le Siège apostolique fit siennes en les approuvant. UIndiculus{\) toutefois. Enchiridion symbolorum. Nous un recueil des décisions des conciles d'Afrique. Portalié. dans le D. 2052-2061. T. dans les sentiments damnables des hérétiques. mais restant ou par ignorance. en et. pour l'entière instruction de ceux qui ont encore quelque doute. du bout des lèvres. et qu'il n'y a plus de motif d'opposition. et j'utilise librement la traduction. Qui poursupporter cette idée que celui qui prie ment. qu'il n'a point de péchés à se faire par- donner ? B. liques. C. l'article du P. et. se glorifiant . 150. n" 845. si on veut croire et parler comme les catho- 1. contre les ennemis de la grâce divine . voir cidessus. par pur sentiment non en toute véracité. II. — Que dans le péché d'Adam tous les hommes aient perdu leur Texte latin dans Denzinger-Bannwart. mais souhaite le Dieu même. — en Ceux qui veulent que : les saints prononcent ces paroles de l'orpison dominicale d'humilité et rait effet pardonnez-nous nos péchés. p. ~ 349 — . Thésaurus doctrinae catholicae. Cavallera. non aux à hommes. et quelle règle de foi ils ont sanctionnée sur la grâce de Dieu à l'encontre des funestes ferons donc défenseurs du libre arbitre. comme si ces derniers dépassaient la juste mesure. nous publions et résumons dans cette collection les constitutions des saints Pères et chacun reconnaîtra.

APPENDICE puissance naturelle avec l'Innocence. pape. nul même n'est bon Celui qui seul est bon ne l'ad- met à la participation de lui-même. si la grâce de Dieu miséricordieux ne l'en retire. écrivant dans la Quelle rectitude pouvons-nous désormais reçoivent la grâce et présument attendre de ces esprits qui pensent ne devoir qu'à eux-mêmes la vertu. capable de surmonter les embûches du démon et de vaincre les convoitises de la chair s'il n'a reçu. par un secours de Dieu. C'est en effet l'inévitable loi avec le secours de Dieu. chaque jour renouvelé. dit-il. •' 4. il : et sa définition. si ce n'est par le Christ tel est : l'enseignement du même docteur dans sa lettre au concile de Milève doctrine perverse d'esprits dépravés. qui méconnaissent Celui dont chaque jour pouvoir. le Comprends : enfin lui il jusqu'où cette liberté trompeuse a entraîné a-t-il lâché les rênes premier homme à peine que l'orgueil l'a précipité dans la prévarication. si le un jour Christ. C'est la sentence lettre : du même pontife. nous sommes vaincus. ils obtenir un si grand bien ? Personne. la persévérance tife établit — dans une bonne vie . nous ne pourrons en aucune façon triompher des erreurs humaines. et en effaçant tous les péchés passés dans si les eaux du baptême. il disait : Adam et ne jugement d'Innodans la lettre au fit autrefois V expé- étant tombé par l'usage inconsidéré de fut englouti dans . que personne ne puisse sortir des profondeurs de cet abîme par les seules forces du libre arbitre. nous sommes vainqueurs . il lui a réservé de nouvelles grâces pour réparer ses forces et guérir ses blessures . sachant cependant qu'il pouvait pécher encore. n'est 3. — Personne ne peut bien user du . c'est la doctnne que le pon- dans la même lettre quand il dit : Bkn qu'il eût racheté l'homme de ses péchés passés. d'heureuse rience de ce que peut le libre arbitre ses biens. sans lui. il nous offre donc chaque jour des remèdes et. Et n'aurait pu en être retiré si le Christ. venant en ce monde. — Par soi-même. dans laquelle cent. sans lui. en venant au monde. c'est le mémoire. il V abîme du péché le trouva aucun moyen d'en sortir relevé par serait resté éternellement enseveli sous les ruines de cette liberté qui l'avait trompé. ne l'avait bienfait de sa grâce. concile de Carthage. n'avait. 2. libre arbitre. par le — 350 — . en le purifiant par une naissance nouvelle. même renouvelé par la grâce du baptême. si nous n'appuyons pas sur ce secours nos efforts et notre confiance.

armé du glaive de la vérité. tu frappes à mort ceux qui exaltent la liberté de la l'épiscopat. toutes les doivent être rapportés à la gloire et à la : faut rapporter tout bien comme à son auteur qui seul lui donne naissance). d'heureuse mémoire. — 351 — . cette décision. quelque bien que fassent ses fils. puisque personne ne peut lui plaire que par ce qu'il a lui-même donné. ce langage. nous l'avons considéré comme un coup par lequel. ». tout lui . œuvres et tous les mérites des saints louange de Dieu. qu'ils écrivirent à ce pontife Ce que tu as écrit dans les lettres envoyées par tes soins dans « Mais nous. que toute pensée pieux dessein et tout bon nous pouvons quelque chose de bien. dans foutes les affaires. c'est par Celui sans lequel nous ne pouvons rien tel est l'enseignement que nous a donné le même docteur (Zosime) lorsque. 8. — Tous les efforts. si . par une inspiration de Dieu (car c'est à Dieu 5. et dans le libre arbitre lui-même. N'est-ce pas de ton plein gré et aussi librement que possible que tu as remis toute l'affaire à la conscience de tes humbles frères ? Et cependant. — Dieu agit si bien dans le cœur des hommes sainte. il faut pour cela que Dieu touche leurs cœurs par ses paternelles inspirations. les évêques d'Afrique le saluèrent avec tant de respect. 35) et. brillant des clartés de la très pure vérité. : C'est dans toutes les actions. nous reconnaîtrons que le libre arbitre ne nous fait pas défaut et dans chaque mouvement de la volonté humaine nous n'hésiterons pas à attribuer l'influence prépondérante au secours de Dieu. par une inspiration de toutes les provinces et où tu dis Dieu. dans toutes les pensées.. Car « tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont lils de Dieu (Rom. dit-il. rétabli l'homme dans les conditions de son ancienne liberté. : : volonté humaine contre la grâce de Dieu. tu as sûrement et sagement compris. parlant aux évêques du monde entier de l'assistance de la grâce de Dieu. tu proclames en toute vérité et assurance que c'est sous l'inspira- a été prise. Et la raison en est sans doute que « le Seigneur prépare la volonté » (Prov.APPENDICE bienfait de la régénération. Ainsi. etc. 14) ».. C'est à cette conclusion que nous amène la règle de foi heureusement formulée par Zosime. dans sa lettre aux évêques du monde entier Pour nous. 8. nous avons tout remis à la conscience de nos frères et confrères dans qu'il Or. tion divine qu'elle 6. il disait Quel est le moment oit nous n'ayons pas besoin de son secours ? mouvement de la volonté provient de car.

7. 10). contre 6. de ce monde. nous ont enseigné qu'd faut attribuer à la grâce du Christ les commencements dans la bonne volonté. 4-5-6. alors qu'il dit ailleurs « Malheureux ? homme que je suis.. p.APPENDICE dans tous protecteur. l'accroissement des efforts louables et leur persévérance jusqu'à la fin. viennent à résipiscence. et dans 8.. le — Après ces décrets inviolables du Saint-Siège apostolique. 15. supplient que accordée aux que les idolâtres soient délivrés des erreurs de leur impiété. alors que lutter contre la chair et le sang. spécialement ce qui fut défini dans le troisième canon. catéchumènes.. lorsque les évêques des peuples fidèles s'acquittent de l'ambassade qui leur a été confiée (cf. schismatiques reçoivent l'esprit de charité qui les rendra à la vie. que que que les hérétiques. 24) et encore que je suis ce que je suis.. J'abrège ici le texte. cinquième canon (I). 1 les V Apôtre nous crie « Nous n'avons pas à mais contre les princes et les puissances esprits mauvais (répandus) dans l'air » {Ephes. amenés au sacrement de voient s'ouvrir I. quil doit être invoqué comme une aide et un c'est de la superbe que la nature humaine ait une confiance quelconque en elle-même. Car.. Notre-Seigneur . les les recevant la foi catholique. afin que la règle de nos prières établisse la règle de notre foi. intérêts du genre humain ils . ils traitent auprès de la clé- mence divine des gémit avec eux. 20). et sa grâce envers moi n'a pas été vaine loin de là. mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (/ Cor. qui me délivrera de ce corps de mort .. La grâce de Dieu par Jésus-Christ : « C'est par la grâce de Dieu » (Rom. et unis à toute l'Église qui la foi soit ils demandent. — 352 — . // Cor. : 7. examinons les paroles sacrées des prières sacerdotales que les apôtres transmirent et que toute l'Église catholique emploie uniformément dans tous les lieux du monde. rejetant l'adoption d'une nouveauté pernicieuse. j'ai travaillé plus qu'eux tous non pas moi. pécheurs prennent les remèdes de la pénitence et enfin que les la régénération. qui ne fait que reproduire les canons de Carthage donnés plus haut (can.. les Car mouvements. et dans le quatrième canon. 5. 347). nous le recevons comme la doctrine propre du Siège apostolique. : : 2) . infidèles.. — Ce qui fut établi par les décrets du concile de Carthage. décrets par lesquels nos pieux prédécesseurs.

faisant de ces vases de colère. Voici donc les convictions que ces définitions ecclésiastiques et ces documents appuyés sur 1 autorité divine ont. tous les efforts et toutes les vertus par lesquels.. 19 . Et cela est tellement reconnu une œuvre divine que des actions de grâces et des témoignages de louange sont continuellement rendus à Dieu qui daigne illuminer ou corriger ces âmes. non pour les négliger. Lorsque enfants ou jeunes gens viennent au sacrement de la régénération.. Il agit en nous pour que nous voulions et fassions ce qu'il veut il ne souffre pas que nous laissions inutiles en nous les dons qu'il nous a conférés. ce secours et ce bienfait de Dieu.APPENDICE devant eux trent le palais de la miséricorde céleste. des vases de miséricorde (Rom.. certes. afin que de ténébreux il devienne éclairé. de tortueux droit. Car telle est la bonté de Dieu pour tous les hommes. que le fort est auparavant enchaîné (Matth. 9. 31). Et. — Et les rites que la sainte Eglise accomplit uniformément dans l'univers entier dans la collation spectacle oiseux dont le la fontaine du baptême ne sont pas pour nous un sens nous échapperait. le libre arbitre. — 353 — 23 .. et qu'il récompensera pendant l'éternité ce qu'il nous a accordé lui-même. 13). 29). qu'il veut que ses dons deviennent nos mérites. puisque Dieu daigne retirer des erreurs de toute espèce un grand nombre d'hommes. les résultats démon- que ces demandes ne sont pas de vaines cérémonies ni des prières inutiles. 12. 12. nous nous dirigeons vers Dieu. et ses meubles enlevés pour être transférés en propriété au vainqueur qui emmène des captifs et fait des largesses aux hommes (Ps. 2. mais pour les faire valoir. Or. 1. et qu'après les avoir arrachés à la puissance des ténèbres. confirmées en nous nous professons hautement que tous les bons sentiments et toutes les bonnes œuvres. ils n'entrent dans de vie qu'après que les exorcismes et les insufflations des clercs ont chassé loin d'eux l'esprit immonde pour qu'il soit bien évident que le prince de ce monde est jeté dehors (Joan.). Vulg. d'imprudent avisé. 13). 9. . ont vraiment Dieu pour auteur nous croyons fermement que tous les mérites de l'homme sont précédés de la grâce de Celui à qui nous devons : : et de commencer de vouloir et défaire le bien {Phil. avec l'aide de Dieu. Et si nous . de telle sorte que nous soyons les coopérateurs de sa grâce. loin de nous enlever l'affranchit. de languissant vigoureux.. il les transporte dans le royaume de son amour {Col. depuis le premier début de la foi.. 68. 22).

celui-là. t.. il suffit de s'en tenir à la doctrine que. u°^ 174-200. T. 16). et non le péché. mais nous ne croyons pas nécessaire d'en donner la dans notre foi à la grâce de Dieu. col. dans son corps et dans son âme. a été transmise par un seul homme à tout le genre humain. recourons avec insistance à Celui qui guérit toutes les maladies el délivre de V abîme (Ps. celui-là ne rend pas justice 2. — 354 — . si vous vous livrez à quelqu'un comme esclave pour lui obéir. — lèvent ces controverses. par suite de la prévarication d'Adam. 1 087-1 103. dit que la prévarication d'Adam n'a nui qu'à lui non à sa postérité.3-4). on mais pense que. . Le concile d'Orange (1) 1 — Si pire.. la seul a été soumis à corruption. changé la liberté de l'âme demeurant entière. et j'utilise librement la traduction. p. Cavallera. APPENDICE voyons que quelque chose languit en nous par suite de notre relâchement. mais délivre-nous du mal. n° 463. 19). qui est la mort de l'âme. et. questions Quant aux questions plus profondes et plus ardues que souamplement développées par les écri- vains qui ont combattu les hérétiques. Pour le commentaire. dans le D. 103. voir ci-dessus. à l'action et à la miséricorde de qui rien absolument ne doit être soustrait. ou que seule la mort du corps. 20) et encore ignorez-vous que. quelqu'un dit que. 18. nous enseignent les écrits du Siège apostolique en sorte que nous regardions comme entièrement contraire à la foi catholique ce qui apparaîtra en opposition avec ces enseignements. l'homme en n'a pas été tout entier. et encore Si on est vaincu par quelqu'un. vous êtes esclaves de celui à qui Vous obéissez {Rom. Fritz. XI. qui est la punition du péché. nous ne voulons pas dire qu'on doive solution. 10. 6. C... Enchiridion symholorum. Thésaurus doctrinae catholicae. En effet. C. dont I.er. se met en contradiction avec l'Ecriture qui dit iâme qui a péché périra (Ez. le corps par l'erreur de Pelage.. 158. — Si quelqu'un seul et Texte latin dans Denzinger-Bannwart. selon les règles précédentes. les mépris. trompé : : : devient son esclave {II Petr. 2. l'article de M. à Celui à qui nous disons chaque jour: ne nous induis pas en tentation.

pour nous s'il purifier du péché. Et encore C'est par grâce que vous avez été sauvés. en quelque manière. LXX). la mort. ainsi : 1 ... 8. et aussi à l'Apôtre qui affirme de façon salutaire : C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire.. tous ayant péché [en 3. pour que nous puissions vouloir cette purification. Et encore // vous a été donné. 6). 12). selon son bon plaisir {Phil. et cela ne vient pas de vous. 13). : attend notre vouloir.. et ainsi lui] la mort a passé dans tous hommes. 4. — Si quelqu'un la foi.APPENDICE à Dieu homme. Ceux qui disent en effet que la foi par laquelle nous croyons en Dieu est un effet de la nature font. 2. manifesté à ceux qui ne 1 . : : à l'Eglise du Christ. des fidèles de ceux qui sont étrangers 5. il faut en nous l'infusion et l'action de l'EspritSaint. 2. celui-là résiste au Saint-Esprit lui-même qui a dit par la bouche de Salomon C'est le Seigneur qui prépare le vouloir {Prov. de l'impiété à la piété. m'interrogeaient pas {Isaïe. sans la grâce de Dieu. 35. la divine miséri- — 355 — . et se le péché met en contradiction avec l'Apôtre qui est entré dans le monde et par le péché les dit : par un seul {Rom.. Rom. 1. — Si quelqu'un dit que. 8). contredit le prophète Isaïe ainsi que l'Apôtre qui disent J'ai et : quelqu'un été trouvé par ceux qui ne me cherchaient point. c'est-àdire d'une inspiration du Saint-Esprit qui corrige notre vouloir et l'amène de l'infidélité à la foi. — Si humaine celui-là dit que la grâce peut être accordée à la prière non que demander la grâce soit déjà un effet de la grâce... car c'est un don dz Dieu {Ephes. 6. dit que l'accroissement et le commencement de que ce premier mouvement de l'âme par lequel nous croyons en celui qui justifie l'impie et parvenons à la régénération du saint baptême. 20). non seulement de croire en lui. — Si quelqu'un prétend que Dieu. à l'égard du Christ. celui-là se fait l'adversaire des enseignements apostoliques. 65. sont en nous l'effet de la nature. non le don de la grâce. par le moyen de la foi. ne confesse pas que. 10. 5. puisque le bienheureux Paul a dit Nous avons confiance que celui qui a commencé en nous la bonne œuvre l'achèvera jusqu'au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ {Phil.. mais de souffrir pour lui {Phil. 29)..

17).. 15. si le Père ne l'attire {foan. frappé. celui-là est trompé par l'esprit d'hérésie et ne comprend pas la parole de Dieu qui dit dans l'Evangile : sans moi vous ne pouvez rien Ce n'est pas que nous puisfaire (Joan.Saint . 3). dont il est avéré qu'en tous ceux qui sont nés.. 5). car cette révélation te vient.. se refusant à penser que notre humilité et notre obéissance soient un don de la grâce elle- même. cherché. 3. 44) il dit de même à Pierre Bienheureux es-tu. 16. celui-là prouve qu'il est étranger à la foi orthodoxe. Il nie en effet que le libre arbitre ait été blessé par le péché du premier homme ou bien il croit qu'il a été lésé de telle manière que quelques-uns. 12. on 7. 5). sans la révélation divine. et s'il ne confesse pas au contraire que nous et devons de croire. peut concevoir ou accepter comme il convient une bonne pensée utile au salut de la vie éternelle. Que cela soit contraire à la vérité. si ce n'est en V Esprit. à notre application. quelqu'un prétend que les hommes arrivent à la grâce du uns par la miséricorde. subordonne le secours de la grâce à l'humilité et à l'obéissance de l'homme. par suite de la prévarication du premier homme. non de la chair et du sang.APPENDICE corde est accordée à notre foi. 7) ? et encore : c'est qu as-tu donc que tu n'aies reçu par la grâce de Dieu que je suis ce que je : suis {î Cor.. 4. et non pas seulement tel ou tel. les . Si quelqu'un affirme que. par les seules forces de la nature. de vouloir. à nos efforts nos travaux. les autres par le libre arbitre. à nos vouloirs. celui-là résiste à l'Apôtre qui dit (/ Cor. ne peut venir à lui. ou de faire toutes ces s'il choses comme il faut à l'infusion et à l'inspiration du Saint-Esprit. 15. 6. le Seigneur lui-même le prouve en témoignant que personne. est tout notre pouvoir (II Cor. ni ce mot de l'Apôtre sions de nous-mêmes concevoir quelque chose comme venant de nous. ou parce que nous avons prié. mais de mon Père qui — Si baptême. il a été vicié. fils de Jean. à nos désirs.. ou qu'on peut donner son assentiment à la salutaire prédication de l'Evangile sans l'illumination et l'inspiration du Saint-Esprit qui donne à tous de consentir suavement et de croire à la vérité. Simon.. à nos veilles. Et l'Apôtre : Personne ne peut dire (/ Cor. mais en : — Dieu 8. peuvent conquérir par euxmêmes le mystère du salut éternel. 10).. : Jésus est le Seigneur. : est aux deux (Matth.

alors vous serez vraiment libres {Joan. Le premier changement est l'œuvre du premier pécheur. Aussi Vérité dit-elle Fils vous délivre. si 11. alors le Christ est mort — 357 — .. Blessé dans le premier réparé que par la grâce du baptême. — L'Apôtre dit en effet : si la justice vient de la Loi. fin salutaire ou persévérer dans Nul ne peut dignement consacrer à Dieu quoi que ce soit. c'est Dieu qui le fait en nous et avec nous. nous font nos mérites. 8) et encore mien. 11). — Les régénérés et les saints doivent eux aussi implorer le le secours de Dieu pour arriver à une bien. le second. Sa miséricorde viendra au-devant de moi {Ps. Chaque fois que nous faisons le bien. selon que le dit le Psalmiste. 8. le Ce qui la libre arbitre ne peut être si le a été perdu. De l'état où l'a mis le péchés le fidèle passe à un état bien meilleur par la grâce de Dieu. : miste Que Dieu 15. s'il — : n'est Nul ne peut être affranchi de sa misère.. quelle qu'elle soit. non tels que 13. 9. est état très misérable par l'avait constitué.APPENDICE C'est par un don de Dieu que nous avons de bonnes pensées que nous préservons nos pas du mensonge et de l'injustice.. — et 10. 14. ainsi que le dit le Psalta compassion vienne au-devant de nous {Ps. c'est Dieu qui nous le fait faire. prévenu par la miséricorde de Dieu. 77. Qu'il ne croie pas l'avoir reçu simplement parce qu'il a lu ou entendu de l'extérieur la Lettre qu'on lui proposait. Adam est tombé dans un son inquité. l'état — De où Dieu l'avait Nul ne doit se glorifier de ce qu'il possède comme s'il ne pas reçu d'un autre. 29. est V œuvre de la droite du Très-Haut {Ps. Dieu nous aime 2. 16. 14). 1 tels que nous serons par sa grâce. homme. 59. 36). Dieu lui-même ne le lui a donné.. 1 1). 79. Celui-là seul : peut le rendre qui a pu le donner. ainsi qu'il est écrit De ta main nous : — — — avons reçu ce que nous te donnons (/ Parai.

mais par le Saint-Esprit qui nous a été donné {Rom.21). 2. Mais l'homme ne fait nul bien que Dieu ne lui donne de faire.. le salut qu'elle avait reçu. l'Apôtre dit avec raison . mais la grâce qui n'est pas due précède œuvres pour qu'elles soient. Qui nie ne le verra enlever ce qu'il possède {Math. afin que : -358- . s'il en est. les bonnes — Même si elle fût demeurée dans sa première intégrité. comment pourra-t-elle. et elle ne pouvait justifiait la le pas davantage. 5. alors le la Christ est mort en vain {Gai. 29). l'homme ne fait pas. et on peut dire à la foi ceux qui pensent que tienne n'est autre que justifier. la nature humaine n'aurait pu se conserver elle-même sans le secours de son Créateur. Aussi Loi elle-même fût accomplie par Celui qui a dit Je ne suis pas venu pour détruire la Loi. non par le libre arbitre qui est nôtre. 25. de là il a donné ses dons aux hommes {Ephes. la grâce . 19.. il il est monté en haut.. — La force des païens est l'œuvre d'une cupidité terrestre. recommandée « si reçue par chré- la » nature la justice vient de la nature. 5. Tout ce qu'on possède possède pas vraiment ou se vient de là. voulant être justifiés par la Loi. Si donc elle ne pouvait garder. Là. recouvrer ce qu'elle a perdu ? Dieu fait dans l'homme beaucoup de choses bonnes que 20. 2. l'avoir reçu a emmené captive la captivité.. 17) et que la nature perdue par Adam fût réparée par Celui qui a dit être venu pour chercher et sauver ce qui était perdu {Luc. 4. 5).APPENDICE en vain {Gai. aussi était la nature et elle Là ne Christ n'est-il pas mort en vain. sans la grâce de Dieu.. était déjà la Loi. si la justice vient de la Loi. 17. il n'est dû aucune récompense.. la force des chrétiens celle de la grâce de Dieu. 10). sans cette grâce. 21. en effet. 19. — — A ceux qui. alors le Christ est mort en vain. 18. : tombèrent hors de la grâce. 8). mais pour r accomplir {Matth. répandue dans nos cœurs. 21) avec même raison. — Aux mérites qui préviendraient la grâce.

le tire quelqu'un de cette source divine vers laquelle l'homme égaré dans le désert d'ici-bas soupire. Ainsi. mais par la grâce de Dieu. qui n'ait été d'abord prévenu par la grâce de la définitions des anciens Pères divine miséricorde. Les hommes font leur volonté. prêcher et croire que. Isaac foi et Jacob. 5. 25. en lui cela n'est utile qu'aux disciples. mais. le libre arbitre a été déformé et affaibli de telle sorte que personne n'a pu par la suite aimer Dieu comme il faut. Même après la venue du Seigneur. recevant de fournissant ce qui les fait vivre . le cep est dans sarments. non celle de Dieu. afin de mettre en nous de quoi lui plaire. cette même grâce n'est pas dans le libre arbitre de ceux qui désirent le baptême. non par le bien de la nature qu'avait reçue Adam. en effet. Noé. 5). en recevoir au moins quelques gouttes. sans le recevoir d'eux. Aussi croyons-nous qu'Abel le juste.. — L'amour de Dieu est un don de Dieu. Nous n'étions pas aimables. mais le sarment qui a été coupé ne peut meure en ses disciples et les disciples plus vivre sans la racine. C'est Dieu lui-même qui nous a donné de l'aimer alors que nous ne l'aimions pas. — Les sarments sont dans le cep sans lui lui donner quoi que ce les le soit. un autre peut surgir de la racine vivante. Car il répand dans nos cœurs la charité de l'Esprit du Fils (Rom. non au Christ. et toute la multitude des anciens Pères ont reçu magnifique que l'Apôtre célèbre en leur faisant honneur (Hebr. 23. Un sarment coupé.APPENDICE 22. nous devons.. c'est par un effet de la volonté de Celui qui prépare et ordonne ce qu'ils veulent. Esprit et le Fils. — 24. nous le — 359 — . croire en lui ou faire le bien pour lui. Abrala 1 ham. que nous aimons en même du Père temps que et le Père Ainsi donc. désirant défaillir peu de vérité et de justice. pour ne pas en chemin. — Nul n'a en propre que soit le mensonge et le péché. et il nous a aimés. par le péché du premier homme. avec l'aide de Dieu. font ce qui déplaît à Dieu. leur Christ de- un aliment vital. lorsqu'ils Mais lorsqu'ils font ce qu'ils veulent en vue de servir la volonté divine. Si il possède un tant altéré. 1). conformément aux assertions des saintes Ecritures et aux que nous avons rapportées. .

APPENDICE
le croyons, elle est conférée gracieusement par le Christ, selon souvent répétée et que proclame l'Apôtre Paul A vous, il a été donné non seulement de croire au Christ, mais de souffrir pour lui {Phil., Dieu, qui a commencé en vous l'œuvre bonne, l'achèvera I, 29), et encore jusqu'au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ {Phil., I, 6), et encore C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, mais c'est un don de Dieu {Ephes., 2, 8), et encore, selon ce que l'Apôtre dit de lui-même j'ai obtenu miséricorde afin d'être fidèle (/ Cor., 7, 25 / Tim., 1, 13). Il ne dit pas parce que j'étais fidèle, mais : Qu as-tu donc que tu n'aies reçu ? (/. Cor., afin d'être fidèle. Et encore Tout don excellent, toute grâce parfaite descend d'enet aussi 4, 7) Personne ne peut avoir haut, du Père des lumières {Jac, 17). Et enfin autre chose que ce qui lui a été donné d' en-haut {Joan., 3, 27). Innombrables sont les témoignages des saintes Ecritures qui peuvent être cités pour démontrer la grâce, mais, pour faire court, nous les avons omis, car, en vérité, ceux à qui peu de textes ne suffisent pas, un plus grand nombre

savons et

la parole

:

:

:

:

;

:

:

;

:

1 ,

:

leur sera sans profit.

Nous croyons
coopération de
et doivent

aussi, selon la foi catholique,

qu'avec

le

secours et

la

la

grâce donnée au baptême, tous

accomplir ce qui est

peuvent nécessaire au salut de l'âme, pourvu
les baptisés

qu'ils veuillent travailler fidèlement.

destinés au mal, cela,

mais

s'il

Mais qu'il y ait des hommes prénon seulement nous nous refusons à l'admettre, y a des gens pour croire une chose aussi détestable, nous leur

jetons solennellement l'anathème.

Nous croyons aussi et confessons sainement que, dans toute bonne œuvre, ce n'est pas nous qui commençons, pour être ensuite aidés par la miséricorde divine, mais nous croyons que Dieu lui-même, avant tout mérite de notre part, nous inspire, le premier, la fin (à poursuivre) et l'amour que nous devons avoir pour lui afin que nous demandions fidèlement le baptême et que, le baptême une fois reçu, nous puissions, avec son secours, faire ce qui lui plaît. C'est pourquoi il faut croire de toute évidence que la foi si admirable du bon larron que le Seigneur appela à la Patrie du Paradis {Luc, 23, 43), celle du centurion Corneille, vers qui fut envoyé un ange {Act., 10, 3), celle enfin de Zachée, qui mérita d'accueillir le Seigneur {Luc, 19, 6), ne fut pas une œuvre naturelle, mais un don de la bonté
divine.

— 360

.

APPENDICE
D. Le
décret

du

concile de Trente (session

VI) (1)

En ce temps, pour la perte de beaucoup d'âmes et au grave détriment de l'unité de l'Eglise, une doctrine erronée de la justification a été répandue. Aussi, pour l'honneur et la gloire du Dieu tout-puissant, pour la paix de l'Eglise et le salut des âmes, le saint concile œcuménique et général de Trente, légitimement réuni dans le Saint-Esprit, présidé, au nom de notre Père très saint dans le Christ, Paul par la divine Providence troisième du nom, par les très révérends seigneurs Jean-Marie del Monte, évêque de Palestrina, et Marcel, prêtre du titre de Sainte-Croix de Jérusalem, cardinaux de la sainte Eglise romaine et légats du Siège apostolique,... se propose d'exposer à tous les fidèles du Christ la vraie et saine doctrine de cette justification que le Christ Jésus, soleil de jus^ tice {Mal., 4, 2), auteur et consommateur de notre foi {Hehr., 12, 2), a enseignée, que les apôtres nous ont transmise et que l'Eglise catholique, éclairée par le Saint-Esprit, a toujours conservée, en interdisant sévèrement que personne désormais ose croire, prêcher ou enseigner autrement qu'il est décidé et déclaré dans le présent décret.
1

Le
et

saint concile déclare

en premier lieu que, pour entendre saineil

ment

correctement

la

doctrine de la justification,
64, 6) et,

faut reconnaître et

confesser que tous les

hommes

avaient perdu l'innocence en
(/s.,

Adam

pré-

varicateur et étaient devenus impurs
fils

comme

dit l'Apôtre,

le

décret sur le péché originel

de colère dès leur naissance (Ephes., 2, 3), ainsi qu'il a été exposé dans (Rom., 6, ; ils étaient esclaves du péché

20),

soumis au démon et à la mort au point que ni les forces de la nature, pour les païens, ni la lettre de la Loi de Moïse, pour les Juifs, n'étaient capables de les délivrer ou de les redresser, le libre arbitre, bien que nullement détruit, étant en eux affaibli et incliné (au mal).
2.

Mais

le

Père céleste, père des miséricordes

et

Dieu de toute

I Texte latin dans Denzinger-Bannwart, Enchiridion symbolorum, n°^ 793-843 Cavallera, Thésaurus doctrinae cathoUcae, n°^ 852-856. Pour le commentaire, voir ci-dessus, p. 277, et, dans le Z). 2. C, t. VIII, col. 2172-2192 t. XII, col. 1278-1289; t. X, col. 736-761, les articles de MM. Rivière et Michel, dont j'utilise librement les
.

et

;

traductions.

361

APPENDICE
consolation {II Cor.,
1 ,

3),

accomplissant ce qu'il avait annoncé et promis

nombreux Pères, avant la Loi comme au temps de la Loi, envoya aux hommes, quand fut venue la plénitude des temps {Ephes., 1,10; Cal.,
à de
4, 4), la

son Fils

le

Loi et de

faire

Christ Jésus, afin de racheter les Juifs qui étaient sous que les Gentils qui ne suivaient point la justice puissent
9, 30), et

que tous enfin reçussent l'adoption des Fils que Dieu a donné comme victime propitiatoire par son sang et par le moyen de la foi, pour nos péchés {Rom., 4, 25) et non seulement pour les nôtres, mais pour les péchés du monde entier
saisir celle-ci

{Rom.,

{Gai., 4, 5). C'est lui, ce Christ,

{I Joan,, 2, 2).

Cependant, bien qu'i7 soit mort pour tous {II Cor., 5, 15), tous 3. ne reçoivent pas le bénéfice de sa mort, mais ceux-là seulement à qui sont communiqués les mérites de sa Passion. De même en efïet que les hommes, en toute vérité, ne naîtraient pas injustes s'ils ne naissaient de la semence d'Adam, contractant dans la conception même une injustice personnelle, ainsi ils ne seraient pas justifiés s'ils ne renaissaient dans le Christ, puisque c'est par cette renaissance que, par le mérite de sa Passion, la grâce qui les fait justes leur est accordée. C'est pour ce bienfait que l'Apôtre nous exhorte à ne pas cesser de rendre grâces au Père qui nous a faits dignes d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière {Col., 1, 12) et qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres pour nous transférer dans le royaume de son Fils très aimé, en qui nous avons la
rédemption et la rémission des péchés {Col.,
4.
1 ,

13).

l'impie, passage d'un état

Ces mots nous insinuent une description de la justification de où l'homme naît fils du premier Adam à l'état de grâce et d'adoption des Fils de Dieu {Rom., 8, 5), par le second Adam
1

la. promulgation de l'Évangile ne peut s'accomplir sans le baptême de la régénération ou le désir de ce baptême, ainsi qu'il est écrit si quelqu'un ne renaît de Veau et du Saint-Esprit, il ne pourra entrer dans le royaume des deux

Jésus-Christ notre Sauveur.

Changement

qui, depuis

:

{Joan., 3, 5).
5. Le saint concile déclare en outre qu'il faut chercher le commencement de la justification des adultes dans une grâce prévenante de Dieu par Jésus-Christ, c'est-à-dire dans cet appel qu'ils entendent sans

362

APPENDICE
aucun mérite de leur
leurs péchés,
ils

part,

en sorte que, d'abord détournés de Dieu par

sont, par l'appel et l'action de la grâce, disposés à se

convertir pour aller vers leur propre justification, donnant d'ailleurs

eux-mêmes à la grâce leur assentiment et leur libre coopération. Ainsi, Dieu touchant le cœur de l'homme par l'illumination du Saint-Esprit,
l'homme, d'un
ne reste pas inerte, mais accueille cette inspiration d'un autre côté, sans la grâce de Dieu, il ne peut devant lui se mouvoir vers la justice par sa (seule) volonté libre. C'est pourquoi il est dit dans les saintes Lettres tournez-vous vers moi et je me tournerai vers vous {Zach., I, 3), ce qui nous rappelle que nous sommes libres ; et quand nous répondons Seigneur, tournez-nous vers vous et nous nous tournerons vers Vous {Thran., 5, 21), nous confessons
côté,
qu'il pourrait rejeter, et
: :

que

c'est la grâce qui prévient.

Les hommes cependant se disposent comme suit à la justice 6. proprement dite. Excités et aidés par la grâce divine, entendant prêcher
la foi, puis se tournent librement vers Dieu, de ce que Dieu a révélé et promis, en particulier que le pécheur est justifié par la grâce de Dieu et par la Rédemption qui est dans le Christ Jésus {Rom., 3, 24). Puis, se reconnaissant pécheurs, passant de la crainte salutaire de la divine justice à la considération de la miséricorde de Dieu, ils montent jusqu'à l'espérance, ayant confiance que Dieu, à cause du Christ, leur sera propice ils commencent à l'aimer comme la source de toute justice et par suite en viennent à haïr et à détester leurs péchés. Cela s'accomplit par la pénitence qui doit précéder le baptême {Act., 2, 38). Enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et de garder les divins commandements. C'est de cette disposition qu'il est écrit il faut que celui qui s'approche de Dieu croie quil existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent {Hehr., 1 1, 6) et encore Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis {Matth., 9, 2) La crainte du Seigneur chasse le péché {Eccli, 1 27) Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, vous recevrez alors le don du Saint-Esprit {Act., 2, 38) Allez, enseignez toutes les nations, baptisezles au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé {Matth., 28, 19), et enfin Préparez Vos cœurs au Seigneur {I Sam., 7, 3).

{Rom.,

1

0,

1

7), ils

conçoivent

croyant à

la vérité

;

:

:

:

;

,

;

;

:

— 363 —

APPENDICE
7.

— Après

cette disposition

ou préparation vient

la justification

elle-même. Celle-ci n'est pas la simple rémission des péchés, mais une sanctification et une rénovation de l'homme intérieur, par une réception volontaire de la grâce et des dons, qui fait que l'homme, d'injuste
devient juste, d'ennemi qu'il
était,
7).

ami, afin d'être héritier dans VespéVoici les causes de cette justification.
et

rance de la vie éternelle {Tit., 3,

La cause

finale est la gloire

de Dieu

du Christ

et la vie éternelle

;

la

cause efficiente est le Dieu de miséricorde qui nous purifie et nous sanc' tifie gratuitement (/ Cor., 6, 11) par la consécration et l'onction de l'Esprit-Saint de la promesse, arrhes de noire héritage {Ephes., 1, 13); la cause méritoire est
le Fils très

aimé

et

unique de Dieu, Notre-Seigneur
4),

Jésus-Christ, qui, a/ors que nous étions ses ennemis {Rom., 5, 10), ef par

l'immense charité dont
tification

il

nous a aimés {Ephes., 2,
le la foi

nous a mérité
le

la jus-

par sa très sainte Passion sur
;

bois de la croix, satisfaisant

pour nous à Dieu son Père de baptême, sacrement de la

cause instrumentale est

sacrement
justifié.

sans lequel nul n'a jamais été

Enfin l'unique cause formelle de cette justification est la justice de Dieu, non celle qui le fait juste, en lui-même, mais celle par laquelle il nous
fait justes
;

cette justice,

donnée par

lui,

renouvelle spirituellement
la jus-

notre âme, non par imputation, mais en toute vérité, elle nous donne
d'être appelés et d'être réellement justes,
tice selon la

chacun de nous recevant

mesure que
1

le

Saint-Esprit répartit selon sa libre volonté

(/ Cor., 12,

1), et

selon les dispositions et la coopération personnelles.

Personne, sans doute, ne peut être juste, sinon par la communication des mérites de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais cela s'opère dans la justification de l'impie, le Saint-Esprit, en vertu des mérites de la Passion très sainte du même Jésus-Christ, répandant dans
cœurs de ceux qui sont justifiés une charité qui demeure en eux {Rom.., De là vient que, dans la justification, en même temps que la rémission des péchés, l'homme reçoit par Jésus-Christ, auquel il est inséré, la foi, l'espérance et la charité. La foi, en effet, ces trois (dons) infus
les

5, 5).

:

ne s'y ajoute l'espérance et la charité, ne peut nous unir parfaitement au Christ, ni faire de nous les membres vivants de son corps. C'est pourquoi il est dit avec raison que la foi sans les œuvres est une foi morte {Jac, 2, 17), inactive, et que dans le Christ Jésus, ni la circoncision ni l' incirconcision ne sont profitables, mais bien la foi qui opère par la charité {Gai., 5, 6 ; 6, 15). C'est cette foi que, selon la tradition apostolique, les
s'il

364

APPENDICE
catéchumènes demandent avant
le

baptême, lorsqu'ils implorent

la foi

qui procure la vie éternelle, vie que sans l'espérance et la charité la foi ne peut donner. Aussi bien, leur répète-t-on aussitôt les paroles du Christ :

veux entrer dans la vie éternelle, garde les commandements {Matth., pourquoi aussi, ayant reçu la vraie justice chrétienne, on les invite aussitôt à garder pure, immaculée cette robe d'innocence que le Christ leur donne et qui remplace pour eux celle que, par sa désobéissance, Adam perdit et pour lui et pour nous, afin de la porter devant le

Si

tu

19, 17). C'est

tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ et d'avoir la vie éternelle.

que l'homme est justifié par /a /oi et gratuitement Mais il faut entendre ces paroles dans le sens oii l'Église catholique les a toujours tenues et exprimées, à savoir que nous sommes dits justifiés par la foi, en ce sens que la foi est le conimencement du salut pour les hommes, le fondement et la racine de toute jus8.

L'Apôtre

dit

{Rom.,

3, 22-24).

tification, sans lequel il est impossible

d'arriver à partager le sort des

de plaire à Dieu {Hebr., 1, 6) et de Dieu. Nous sommes justifiés gratuitement, en ce sens que rien de ce qui précède la justification, ni la foi, ni les œuvres, ne peut mériter la grâce de la justification. S'il y a grâce, en effet, cela ne peut venir des œuvres, autrement, comme dit encore
1

fils

l'Apôtre, la grâce nest plus la grâce {Rom., 11,6).
9. Certes, il est nécessaire de croire que les péchés n'ont pu ou ne peuvent être remis, sinon gratuitement, par une divine miséricorde et à cause du Christ il ne faut pas dire cependant qu'ils ont été remis à ceux qui affectent l'assurance et la certitude de cette rémission et se reposent en elle seule. Pareille assurance en effet peut se trouver chez les hérétiques et les schismatiques ; bien plus, à notre époque, pour s'op;

poser à l'Eglise catholique, on va proclamant cette confiance vaine et éloignée de toute piété. On n'affirmera pas davantage qu'il est nécessaire que ceux qui ont été justifiés s'établissent eux-mêmes dans ce sen-

timent sans l'ombre d'une hésitation, ou que personne n'est vraiment absous et justifié, sinon ceux qui ont cette persuasion certaine de l'avoir été, l'absolution et la justification n'étant l'œuvre que de cette seule foi, comme si celui qui n'a pas cette assurance doutait des promesses de Dieu et de l'efficacité de la mort et de la résurrection du Christ. Car, de

même

qu'aucun

homme

pieux ne doit douter de

la

miséricorde divine,

365

APPENDICE
des mérites du Christ, de la vertu et de l'efficacité des sacrements, ainsi chacun, s'il se regarde lui-même avec sa faiblesse et ses mauvaises dispositions, peut craindre et trembler au sujet de son état de grâce nul ne peut savoir, en effet, d'une certitude de foi excluant toute erreur, s'il a obtenu la grâce de Dieu.
;

10.

Ainsi donc,
;

justifiés,

devenus

les

amis de Dieu et

ses familiers
les chrétiens,

{Joan., 15, 15

Ephes., 2, 19), marchant de vertu en vertu,

comme

dit l'Apôtre, se renouvellent de jour en jour {II

Cou,

4,

16),

c'est-à-dire mortifient les

membres de

leur chair (Coi, 3, 5) et en font des

armes de la
tion des

justice

(Rom.,

6, 13-19), allant

vers la sainteté par l'observaqu'ils
et des

commandements de Dieu et de l'Église. Dans la justice ont reçue par la grâce du Christ, sous l'action combinée de la foi
bonnes œuvres (fac, 2, 22),
ainsi qu'il est écrit
:
:

ils

croissent et sont justifiés de plus en plus,
1

davantage (Apoc, 22, 1) et encore ne crains pas d'être justifié jusqu'à la mort {Eccli, 8, 22, Vulg.) Voyez que l'homme est justifié par les œuvres et non par et de nouveau
que
le

juste soit justifié

1

:

la seule foi {Jac, 2, 24). C'est cet accroissement
la sainte Hglise lorsqu'elle dit
:

de la justice que demande Donnez-nous, Seigneur, plus de foi, d'es'
la

pérance et de charité (or.

du XIII® dim. après

Pentecôte).

11. Que personne cependant, si avancé qu'il soit dans la justice, ne se croie affranchi de l'observation des commandements que personne ne prononce ces mots téméraires, solennellement condamnés par les Pères, à savoir que les commandements de Dieu sont impossibles à observer pour l'homme justifié. Car Dieu ne commande rien d'impossible, mais, dans son commandement même, il invite l'homme à faire ce qu'il peut et à demander son secours pour ce qui passe ses forces. Ses commandements ne sont nullement pénibles (/ Joan., 5, 3) son joug est doux et son fardeau léger {Matth., 30), Ceux qui sont fils de Dieu, en effet, aiment le Christ et ceux qui aiment le Christ, c'est lui-même qui le dit,
;
;

1

1 ,

;

gardent

ses

enseignements {Joan., 14, 23), et cela, par

le

divin secours, leur

Sans doute, en cette vie mortelle, les hommes, si saints, si justes qu'on les suppose, ne peuvent laisser de tomber parfois dans ces fautes légères de chaque jour qu'on appelle vénielles, mais ils ne cessent pas pour autant d'être justes. C'est pour les justes en effet que vaut cette parole si humble et si vraie remettez-nous nos dettes {Matth.,
est toujours possible.
:

366

APPENDICE
6,
12).

Aussi, les justes

eux-mêmes

doivent-ils se sentir d'autant plus

obligés à marcher dans la sentier de la justice que, déjà affranchis

du

péché, devenus serviteurs de Dieu (Rom., 6, 22), vivant dans la tempérance,
la justice et la piété (Tit., 2, 12),
ils

peuvent avancer par

le

Christ Jésus

Dieu en effet n'abandonne jamais ceux qu'il a justifiés par sa grâce, à moins qu'il n'ait été d'abord abandonné par eux. Que personne donc ne se leurre luiqui leur a ouvert l'accès à une pareille grâce {Rom.,
5, 2).

même

dans

la seule foi,

estimant que, par

la foi seule,

il

a été constitué

mis en possession de l'héritage, sans avoir nécessairement à souffrir avec le Christ pour être glorifié avec lui {Rom., 8, 7). Car le Christ lui-même, ainsi que dit l'Apôtre, tout fils de Dieu quil était, apprit par ses souffrances à obéir et, parvenu au terme, il est cause du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent {Hebr., 5, 8). C'est pourquoi
héritier et qu'il sera
1

l'Apôtre avertit les justifiés, disant

:

ne savez-vous pas que dans

les courses

du stade, tous participent à la course, mais qu'un seul obtient le prix ? Courez donc afin de remporter le prix. Pour moi, je cours, non pas à Vaven' ture, je lutte, mais non en battant l'air, je châtie au contraire mon corps et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne finisse par être réprouvé {I Cor., 9, 24-27). Et l'apôtre saint Pierre EfforcezVous, dit-il, d'assurer par vos bonnes œuvres votre appel et votre élection ; car en agissant de la sorte, vous ne ferez pas de faux pas {II Petr., 10). On voit donc combien sont loin de la foi orthodoxe ceux qui disent que le juste pèche au moins véniellement dans toutes ses actions, ou encore
: 1 ,

— ce qui

est bien plus intolérable,

qu'il

mérite

les

peines éternelles.

Loin aussi de cette même foi ceux qui affirment que les justes pèchent en toutes leurs œuvres si, voulant secouei leur propre inertie et s'exhorter à courir dans le stade, sans laisser de vouloir procurer d'abord la gloire de Dieu, ils considèrent aussi la récompense éternelle. Car il est écrit j'ai incliné mon cœur à observer tes lois en vue de la récompense {Ps., 118, 11, Vulg.), et l'Apôtre nous dit de Moïse qu'i7 envisageait la rétri:

bution {Hebr., \\, 26).

12.

— Au
comme
s'ils

sujet

du mystère de

la

divine prédestination, personne,

tant qu'il se trouve dans cette condition mortelle, ne doit être assez pré-

somptueux pour
tinés,

affirmer avec certitude qu'il est
était vrai
ils

du nombre des prédes-

s'il

que,

pèchent,

que les justes ne peuvent plus pécher ou peuvent toujours se promettre de venir à rési-

— Z^7 —

ils cherchent à recouvrer la grâce par le sacrement de Pénitence et le mente du Christ. Car Dieu. sans une révélation spéciale. 19). Car.. alors vous aurez la vie {Rom. 13). opérant le vouloir et le faire {Phil. que ceux qui croient être debout veillent à ne pas tomber (/ Cor.. Aussi faut-il enseigner que la qui. les aumônes. par le péché.. : pénitence du chrétien après la chute diffère beaucoup de la pénitence baptismale elle contient non seulement la cessation du péché et sa détestation. par la grâce de Dieu. les veilles. achèvera l'œuvre qu'il a commencée. si l'on n'est pas infidèle à sa grâce. 1 . celui-là sera sauvé {Matth. 4) afin qu'il persévère dans cette attitude. 13). dans les travaux. Pourtant.. les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. 2.APPENDICE piscence.. 3). 8. ayant reçu la grâce — Ceux de la justification. bien que tous doivent mettre et reposer dans le secours de Dieu une espérance très ferme.. qu'ils redoutent l'issue de la lutte qu'ils doivent poursuivre encore contre la chair. un cœur contrit et humilié {Ps.. perdue prévenus par Dieu. 10. 12). — Pareillement. 3) et 6. 20. 24. nul ne peut savoir ceux que Dieu 1 s'est choisis.. 368 — . 22-23). par l'Esprit. les jeûnes et la continence (// Cor. l'ont si. du don de celui qui la persévérance dont il est écrit : celui qui persévérera jusqu à la fin. IPetr. personne ne peut se rien promettre avec certitude. mais si. 10. de ce don qu'on ne peut obtenir que de Celui qui a le pouvoir de soutenir celui qui est debout {Rom.. à l'Apôtre qui dit : Nous ne sommes si point redevables à la chair pour vivre selon la chair. sachant que.. vous mourrez les mourir 14. 3. vous faites œuvres de la chair. par la régénération. de ce don. étant incapables de triompher s'ils ne se soumettent. . 22 . 12) et qu'i7s opèrent leur salut dans la crainte et le tremblement {Phil. tombe. 2. le Christ Jésus a institué le sacrement de Pénitence au jour où il a dit Recevez le Saint-Esprit. le monde et le démon. 50. 14. pourront être justifiés de nouveau. car vous vivez selon la chair. Ce mode de justification est la restauration du pécheur que les saints Pères ont heureusement nommée seconde planche du salut après ce naufrage qu'est la perte de la grâce. mais encore la con. n'ont encore que l'espérance de la gloire (cf. ou de relever les prières et les offrandes. retenus à ceux à qui Vous les retiendrez {Jean. non la gloire elle-même. Pour ceux en effet qui retombent dans le péché après le baptême. ils Qu'ils demeurent dans la crainte. 12).

et de nouveau Faites pénitence {Matth. 1 . 22).. 16. 10.. par le et au moins par prières et autres pieux exercices de vie spirituelle. faut affirmer que non seulement l'mfidélité. A ceux donc . : fiance.. n'ont pas craint de contrister le Saint-Esprit (Ephes. 6. 5). mais les fornicateurs. les rapaces {I Cor. 15. et encore la tristesse qui est selon Dieu opère une ferme pénitence pour le salut {II Cor. qui travaillent bien jusquà la fin {Matth. 27) et qui mettent leur espoir en Dieu. les sodomites. 3. 10. sans enlever la foi. 10). par laquelle on arrive à perdre la foi. faite en son le désir. 3.. 7. — C'est pour cette raison qu'aux hommes justifiés. séduisent 18). il qui.. n'est pas. 16. — 369 — 24 . méconnaissant la grâce de Dieu qu'ils avaient reçue. sachant que votre effort nest pas vain dans le Seigneur (/ Cor.APPENDICE fession sacramentelle de ces péchés. fait perdre la grâce de la justification. car celle-ci est remise avec le désir la faute non pour sacrement ou du sacrement. fautes que le secours de la grâce divine permet cependant d'éviter et qui causent la séparation d'avec le Christ. C'est ainsi qu'on défendra la doctrine de la Loi divine qui exclut du royaume de Dieu non seulement les infidèles. 58). les effé- minés. 7) faites de dignes fruits de pénitence {Matth. mais bien tout péché mortel. aumônes. les avares. 30) et de violer le temple de Dieu (/ Cor. fais pénitence. 4. l'absolution temps du prêtre et enfin la satisfaction. remise entièrement à ceux qui. 8). satisfaction la peine éternelle. 10) une grande récompense lui est réservée {Hebr. 3. 15. car Dieu nest pas injuste au point d'oublier les œuvres et l'avoir perdue. la vie éternelle doit être proposée à la fois comme une grâce promise aux divine et fils de Dieu dans le Christ Jésus par la miséricorde comme une récompense qui. — jeûnes. quel qu'il soit. 7). les adultères. en vertu de la promesse divine... — Contre la perfidie de certains hommes le doucereux et des paroles bénisseuses. soit qu'ils aient toujours gardé la grâce reçue. 1 : : : . C'est de cette pénitence qu'il est écrit Rappelletoi (de quelle hauteur) tu es tombé.. comme au baptême. par des sermons cœur des simples {Rom. mais pour la peine temporelle qui. 9) et tous ceux qui commettent des fautes mortelles. 6. les voleurs. 2 3. les intempérants. reviens à tes œuvres premières {Apoc. 2. selon les saintes Lettres. soit qu'ils l'aient recouvrée après il faut proposer les paroles de l'Apôtre abondez en toute œuvre bonne. ne perdez pas votre conl'amour manifestés en son nom {Hebr... les calomniateurs..

.. si l'Apôtre atteste que les tribuiations légères et momen' tanées du présent produisent pour nous. 10. leur sera donnée en son temps. que l'Apôtre savait lui être réservée après son combat et sa course. à lui et à tous ceux qui aiment son avènement (II Tim. / Cor. on ne dit nullement que notre justice nous est propre comme étant venue de nous-mêmes ni on n'ignore ni on ne rejette la justice de Dieu (Rom. 4. grâce à ces œuvres faites en Dieu. âme) et que nous sommes de Dieu. notre justice est dite nôtre. 4. 3) . et mérité cette vie éternelle qui. 42). mais elle est aussi celle met en nous. 15) et le cep pour les sarments (Joan. Et parce que nous péchons tous en beaucoup de choses {Jac. mais cette eaudeviendra en lui une source d'eau vive jaillissant pour la vie éternelle {Joan. communique sans cesse aux justifiés sa vertu. on puisse penser qu'ils ont pleinement satisfait à la loi divine autant que cela est possible en cette vie. 13) ? En affirmant ces choses. 15. 31). même à celui qui donnera à iun des siens un verre d'eau. puisque si grande est la bonté de Celui-ci envers les hommes qu'il veut que ses propres dons deviennent leurs mérites. comme la tête fait pour les membres {Ephes. Le Christ notre Sauveur n'asi quelqu'un boit de Veau que je luidonnerai. non par un jugement humain. et ne pas se juger lui-même quand bien des même il n'aurait conscience d'aucune faute.. un poids éternel de gloire dans les deux (Il Cor. pour lui être décernée par le juste juge... le chrétien cependant ne doit en aucune façon se confier ou se glorifier en lui-même et non dans le Seigneur (cf. 4. .. non seulement la miséricorde et la justice. force excellente qui prévient. et sans laquelle ces œuvres ne pourraient être ni agréables à Dieu ni méritoires aussi devons-nous croire qu'il ne manque plus rien aux justifiés pour que. car toute la vie hommes sera appréciée. Le Christ Jésus.. s'ils meurent dans la grâce.APPENDICE bonnes œuvres et à leurs mérites. mais par celui cachées et révélera les desseins des cœurs de Dieu qui illuminera les ténèbres — 370 — .. Il ne faut pas l'oublier non plus. en vertu des mérites du Christ. 4. parce que Dieu justifiés la par elle. 2) chacun doit avoir devant les yeux. 5). au delà de toute mesure. il naura plus soif t-il pas dit doit être accordée fidèlement à leurs Elle est en effet cette couronne de justice : : éternellement. parce qu'elle inhère (à notre 10. 1. mais aussi la sévérité et le jugement. 17). le Christ promet qu'il ne restera pas sans récompense {Matth. 7). 3. accompagne et suit leurs œuvres. si l'Écriture attribue aux bonnes œuvres une telle valeur que.

aimer et faire pénitence selon qu'il convient et recevoir de la justification. 2. qu'il soit anathème.4. bien qu'avec peine et difficulté. l'homme peut croire. qu'il soit ana- thème. il a plu au saint concile d'ajouter encore les canons suivants. sans la grâce. — 371 — . sans avoir été prévenu par du Saint-Esprit et sans être aidé par lui. si le mériter la libre arbitre. afin que tous sachent bien. non seulement ce qu'il faut professer tion. 4. mais qu'il est absolument inerte et passif à la façon d'un être inanimé. ou que l'homme ne peut refuser le même assen- timent. ou qu'il n'est qu'une pure convention. doctrine et suivre. qui. ainsi la grâce — Si quelqu'un dit que le libre arbitre de l'homme. anathème. — Si quelqu'un dit que. sans la grâce divine qui nous vient du Christ Jésus. — Si quelqu'un comme que la grâce divine ne nous est donnée parle la justice et Christ Jésus que pour vivre plus facilement dans vie éternelle. étant exclue toute disposition et préparation à la grâce de la justification.. mais ce qu'il faut éviter et fuir. qu'elles procèdent des forces de la nature ou de l'ensei- — gnement de qu'il soit la Loi. le libre perdu ou détruit. Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres.. juridique introduite par Satan dans l'Église. mû et excité par Dieu. espérer. ne coopère aucunement par son assentiment à Dieu qui l'éveille et l'appelle. 1. par suite du péché d'Adam. 4). Pour compléter cet exposé de la doctrine catholique sur la justificaque chacun doit accepter avec fidélité et fermeté s'il veut être justifié. . dit 2. Dieu 6). chacun recevant alors sa louange de écrit. qu'il soit anathème. 5.APPENDICE (/ Cor. l'inspiration 3. — Si fiction arbitre a été une quelqu'un dit que. qu'il soit anathème. ainsi qu'il est rendra à chacun selon ses œuvres (Rom. pouvait faire l'un et l'autre.

ou que l'homme pèche d'autant plus poser à 8. mais au sens propre. la grâce. sans aucune hésitation sur sa propre faiblesse — 372 — . sont des péchés et méritent la haine de Dieu. qu'il soit davantage de se dis- anathème. nous remet nos péchés. la crainte — Si quelqu'un fait dit que de la géhenne par laquelle. est elle-même un péché ou nous 9. en sorte que la perte de — Judas soit aussi bien son œuvre qu^ thème. mais que Dieu. — Si quelqu'un — Si dit que la foi qui justifie n'est qu'une confiance justifier. qu'il soit anathème.APPENDICE 6. que tout homme. qu'il dit soit anathème. ou que 13. qui est l'auteur du bien. 7. pour obtenir la rémission des péchés. — Si quelqu'un laquelle le Christ a mérité Christ qu'il est 11. davantage pécheurs. à l'exclusion de la grâce et de la charité que le Saint-Esprit répand dans les cœurs et qui y devient inhérente. nous repentant de nos péchés. que l'homme est justifié sans la justice par pour nous. la vocation de Paul. opère aussi le mal. non en le permettant. nous nous réfugions dans la miséricorde de Dieu ou nous nous détournons du péché. et que nul mouvement de la volonté n'est de- mandé pour 10. dit dit que l'homme est justifié par la seule impudu Christ ou la seule rémission des péchés. qu'il soit ana- — - Si quelqu'un dit que les œuvres qui précèdent qu'il s'efforce la justification. est justifié par la seule foi — Si quelqu'un que le pécheur en ce sens que nulle autre chose n'est requise pour contribuer à obtenir la grâce de la justification. ou que la grâce qui nous justifie n'est que la faveur de Dieu. à cause du Christ. ou que c'est par cette justice du formellement juste. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de devenir mauvais. qu'il soit en la divine miséricorde qui. faut quelqu'un dit que. quelle qu'en soit la nature. il cette confiance suffit à nous anathème. qu'il soit anathème. qu'il soit anathème. se préparer et se disposer à cette grâce. — Si quelqu'un tation de la justice 12.

par la puissance divine. croire. mais seulement d'avoir la foi.APPENDICE et sur qu'il soit son manque de disposition. et la justification. et commandements de Dieu — 373 — . dans l'Évangile. qu'il soit anathème. que tout le reste est sans importance. 14. parce qu'ils ont été. ou que le décalogue ne concerne pas les chrétiens. qu'il soit anathème. commandements de Dieu est impossible. prédestinés au mal. 19. qu'il anathème. 18. — Si quelqu'un dit que l'homme justifié ou arrivé à la perfection n'est pas tenu à observer les de l'Egli'se. 20. n'est objet ni d'injonction ni de défense. mais reste libre. les péchés lui sont remis. tinés. qu'il soit anathème. il n'est commandé que de croire. d'une certitude absolue et de posséder un jour le grand don de la persévérance finale (à moins qu'il ne l'ait appris par une révélation spéciale). et que les autres. — Si quelqu'un dit que seuls les prédest