SOCIOLOGIE

LE MOT qui revient avec le plus de fréquence chez les auteurs qui traitent de la situation actuelle de la sociologie est celui de crise. Toutefois cette appréciation est ambiguë, car on peut parler de crise en deu sens au moins. Ou bien on vise un manque de coordination entre les divers éléments de cette discipline, une sorte d!indétermination essentielle, qui tiendrait " la diversité de ses origines et de ses directions # ou bien on désigne une tension provisoire, qui normalement doit $tre résolue par le passage " un stade supérieur dans le développement des connaissances et de la réfle ion. %este " se demander, dans l!un et l!autre cas, ce qui demeure au&ourd!hui de l!ambition des ' p(res fondateurs '. La sociologie s!est en effet constituée " travers un processus de différenciation et d!intégration. Elle s!est différenciée par rapport " toute une gamme d!études particuli(res )histoire, ethnographie, &urisprudence, économie*. Elle a cherché " intégrer leurs contributions dans un s+st(me permettant si possible d!énoncer quelques lois sur le comportement de l!homme en société, de classer, puis de comparer les diverses sociétés d!hier et d!au&ourd!hui. ,uant " la nature de cette ' s+stématisation ', les différentes écoles ont défendu des vues tr(s opposées # et autant que l!-preté de leurs débats, ce qui frappe, c!est la faiblesse de leurs arguments. Les sociologues du ./.e si(cle ont passé beaucoup de temps " affirmer le caract(re ' positif ' de leur discipline, et " marquer son autonomie " la fois par rapport au ' prénotions ' des idéologues et au prétentions ' normatives ' des moralistes. Mais l!affirmation qu!' il faut traiter les faits sociau comme des choses ' se heurte " une différence essentielle. 0i, comme 1ur2heim lui3m$me l!affirme, la ' société ' est une ' chose ' qui n!est pas comme les autres, reste " déterminer sa spécificité, et " mettre en 4uvre les outils d!observation et d!anal+se qui en rendent possible l!étude. 5ussi les affirmations sur l!ob&ectivité de la connaissance sociologique pouvaient3elles passer pour de pures déclarations de principe tant que les méthodes pr6nées par les positivistes n!avaient pas fait la preuve de leur pertinence et de leur fécondité dans les domaines nouveau o7 ils prétendaient les introduire. 8ne deu i(me difficulté découlait de l!influence des spéculations évolutionnistes sur l!esprit des premiers sociologues. La sociologie est3elle la ' totalisation ' ex post de l!e périence de l!humanité et, " ce titre, d!une certaine fa9on, la prise de conscience qui accompagne la ' fin de l!histoire ' : Ou bien, est3elle inséparable d!un ' pro&et historique ' dont elle prolonge prospectivement l!intention et par rapport auquel elle peut rétrospectivement ressaisir les étapes dé&" accomplies : L!historicisme, dans sa variante évolutionniste, relan9ait le probl(me de l!ob&ectivité sociologique, posé d!abord par les positivistes, en affirmant la relativité de cette forme de connaissance, " la fois par rapport " chacune des phases, par rapport au terme final, et par rapport au sens du processus historique. La génération de ceu que ;arsons appelle les ' p(res fondateurs ' et dont il a sans doute e agéré l!accord et la convergence < 1ur2heim, =eber et ;areto < constitue peut3$tre l!-ge d!or de la sociologie, parce que chacun de ces grands esprits avait donné de son c6té une solution provisoirement acceptable au

difficultés héritées de l!(re précédente. Le probl(me de l!ob&ectivité est tranché d!une mani(re tr(s différente par 1ur2heim, par =eber et par ;areto, mais ils se seraient probablement accordés sur une conception du r6le du sociologue, qui doit chercher " énoncer des propositions dont le champ d!application et de vérification soit aussi étendu que possible. ;our + parvenir, deu séries de contraintes subies par le sociologue doivent $tre rel-chées. 1!un c6té, par rapport " lui3m$me, il doit prendre de la distance vis3"3vis de ses intér$ts, de ses engagements, de ses valeurs, ou de ses prénotions. La fameuse formule >ébérienne sur la ' neutralité a iologique ' n!a pas d!autre sens. 1!autre part, il doit trouver vis3"3vis des sociétés et des groupes qu!il étudie des références aussi stables que possible. Et la mise au &our de ces constantes structurelles constitue une t-che essentielle, non seulement dans la perspective d!une éventuelle ' s+stématisation ' finale, mais pour l!interprétation des cas singuliers, puisque toute société appara?t comme la combinaison originale d!éléments structurels communs. ;arsons a peut3$tre donné trop d!importance " la recherche de ces invariants chez les ' p(res fondateurs ', qui était marquée surtout chez 1ur2heim par la prédominance de la méthode inductive. Mais la recherche des invariants était certainement présente chez =eber, comme chez ;areto qui s!est tr(s e plicitement proposé de traiter la société comme un s+st(me d!éléments interdépendants. @e que l!on appellera plus tard fonctionnalisme, et qui comprend des périodes et des variétés si différentes qu!un doute légitime vient " l!esprit concernant la pertinence de cette dénomination, pourrait " la limite se définir comme une théorie des s+st(mes sociau , le mot ' théorie ' étant entendu sans beaucoup de précision comme une connaissance scientifique de t+pe h+pothético3 déductif, et le mot ' s+st(me ' étant pris dans le sens d!une interdépendance généralisée. ;endant les quinze années qui suivent la 0econde Auerre mondiale, cette orientation est largement dominante au Btats38nis et dans les pa+s occidentau . Elle fait toutefois l!ob&et de réserves plus ou moins fondées, qui portent sur son indifférence pour l!histoire, sur son scientisme, sur son conservatisme implicite, sur le contraste entre l!immensité de ses prétentions et la médiocrité de ses résultats, pour ne rien dire de la confusion des principes dont elle se réclame. C partir des années DEFG, la résistance se fait plus vive, et on commence " parler d!une ' nouvelle sociologie ' qui devrait remplacer les héritiers des ' p(res fondateurs '. @ette mani(re de présenter les choses est contestable dans la mesure o7 elle laisse entendre que la critique de la sociologie des années DEHG doit aboutir " la restauration des vieilles s+nth(ses indifférenciées o7 toutes les ' instances ' sont confondues. En revanche, les sociologues critiques sont sur un terrain solide quand ils reprochent au fonctionnalistes des années DEHG d!avoir négligé les tensions latentes dans les sociétés occidentales, d!avoir donné du fonctionnement des sociétés industrielles une image trop schématique et trop optimiste. /ls peuvent avoir raison quand ils dénoncent les pré&ugés ' conservateurs ' de tels ou

tels de leurs coll(gues. Mais rien ne les autorise " affirmer que toute anal+se ' s+stémique ' de la société est nécessairement ' idéologique '. Ion pas du tout que l!usage fait par les sociologues fonctionnalistes de la notion de s+st(me soit tou&ours satisfaisante. Le premier reproche qu!on puisse lui adresser, c!est qu!elle utilise sans beaucoup de discernement toutes sortes d!analogies, dont le champ d!application est bien loin d!$tre méthodiquement contr6lé. L!homeostasis , le feedback , les distinctions, empruntées " la linguistique, entre le message et le code apparaissent successivement, et pour des périodes plus ou moins longues dans la littérature sociologue. Malheureusement, la pertinence de chaque image dans un domaine déterminé de l!e périence sociale, la cohérence entre elles de ces différentes images, sont rarement testées. 5ussi l!affirmation d!une dépendance mutuelle de tous les éléments du s+st(me social reste3t3elle trop souvent une clause de st+le. Mais, par un parado e tr(s instructif, cette th(se, qui au +eu d!une critique plus éclairée constitue le point le plus faible des abusives généralisations des ' théoriciens ' des années DEHG, est reprise sans précaution par la sociologie critique, qui aboutit " ce qu!on peut appeler un h+perfonctionnalisme retourné. On le voit avec une netteté caricaturale dans l!4uvre de Marcuse, qui attribue " la société capitaliste une cohérence sans faille dans le propos d!e ploiter, d!abuser, de ' castrer ' les individus. Tandis que chez les sociologues des années DEHG, tout, &usqu!au tensions et conflits dans le s+st(me de stratification, contribuait " assurer la permanence des valeurs et de la culture J chez Marcuse le ' malin génie ' de la ' société de consommation ' manipule ' et asservit sans que les victimes aient d!autre alternative que de se ' laisser faire ' ou d!affronter ' le plus froid de tous les monstres froids ' dans un refus pathétique et inutile. L!issue " l!impasse dans laquelle les généralités du fonctionnalisme des années DEHG, aggravées par les polémiques simplistes de la ' sociologie critique ', semblent avoir acculé la sociologie d!au&ourd!hui, pourrait $tre fournie par une réfle ion suffisamment attentive " la fois au données concernant nos sociétés et au méthodes gr-ce au quelles ces données sont recueillies, traitées et anal+sées. 0ur trois domaines essentiels, la réfle ion devrait faire dans les années qui viennent quelques progr(s. 1!abord, la nature et le degré de cohérence des s+st(mes sociau pourraient $tre présentés par les sociologues d!une mani(re plus réaliste. @e qui, dans les derni(res années, a bloqué la discussion, c!est la combinaison d!une théorie tout " fait insuffisante des conflits sociau et d!une conception tr(s naKve des processus de totalisation, des ' totalités concr(tes ', des ' faits sociau totau '. C cet égard, la mode structuraliste, quelle que soit, par ailleurs, la pertinence de l!anal+se structurale en linguistique ou dans certains domaines de l!anthropologie, n!a fait qu!aggraver les choses. 0ur un deu i(me point, la discussion sur la nature des régulations sociales, et en particulier sur la ' culture ' comme ' reproduction ', s!est enlisée dans des parado es d!école. Enfin, sur les processus du ' changement social ', il semble qu!on n!ait pas pu sortir d!une désastreuse alternative. Ou bien on se contentait d!une vue ' gradualiste ' qui présentait le changement comme une suite d!a&ustements partiels réussis # ou bien on s!en tenait au grandes coupures historiques

1. 5dam Nerguson. 8ne telle évolution aggraverait les risques de dualisme culturel dont souffrent dé&" si vivement nos sociétés. des généralités rhétoriques baptisées ' critiques ' pour les besoins de la cause # de l!autre. et dans les 4uvres des &eunes hégéliens )spécialement Neuerbach. 0elon toute vraisemblance. cette discipline serait menacée d!éclatement. 5u époques précédentes.Sociologie et critique sociale La critique sociale moderne a été fortement marquée par le développement des science sociales.e si(cle &usqu!au temps présents. politiques et sociales. 1avid 0trauss et Pruno Pauer* qui passaient de la critique de la religion " la critique de la société.L///e si(cle. Sciences sociales et idéologies radicales . dans les écrits des premiers socialistes en Nrance et en 5ngleterre. dans le contraste décrit par Tocqueville entre l!5ncien %égime et la démocratie moderne. 8n e emple frappant de ce surgissement d!un nouveau st+le de critique est l!Encyclopédie de 1iderot et d!5lembert qui avait pour but d!aider au progr(s de l!humanité en prouvant combien le développement des sciences naturelles avait entra?né de bienfaits et en montrant les perfectionnements qu!apporterait l!application des méthodes scientifiques " une étude critique des questions politiques et sociales. 0i dans ces divers domaines aucune reprise de la réfle ion ne se faisait sentir./. cette critique s!e primait souvent par le biais des doctrines religieuses )par e emple ce qu!on a appelé les ' religions des opprimés '* ou gr-ce au conceptions philosophiques # mais progressivement. le mar isme a été le point focal de la critique sociale fondée sur une théorie de la société. en Bcosse./.e si(cle J dans l!anal+se que fait 0aint30imon du ' régime industriel '. 1avid Mume préconisait l!application de la méthode e périmentale du raisonnement au mati(res morales et politiques. il + aurait " craindre que la crise de la sociologie ne s!installe d!une mani(re durable. depuis le . elle a été formulée plus directement et plus s+stématiquement dans le conte te des théories économiques. C la m$me époque. 8n grand nombre de différents courants de pensée se sont trouvés réunis dans la s+nth(se de Mar et. Oohn Millar* créait l!économie politique et une théorie plus empirique du progr(s # cette théorie tentait de distinguer les stades du développement social et de caractériser le s+st(me industriel naissant. depuis la seconde partie du . 1!un c6té. et un groupe de philosophes et d!historiens )5dam 0mith. @es idées se présentaient sous des aspects tr(s divers au cours de la premi(re partie du . SOCIOLOGIE . et en finirait avec les espérances que les ' p(res fondateurs ' avaient placées dans la sociologie. un empirisme appu+é sur une méthodologie ésotérique.)passage " la société postindustrielle* qu!on imputait " la ' créativité ' des ' mouvements sociau '.

tendant " créer une authentique communauté humaine. Le parado e de la sociologie Q. centrés sur le contraste entre l!aliénation de l!homme dans la société capitaliste et la possibilité de surmonter cette aliénation dans la société communiste " venir. A+Srg+ Lu2Tcs. comme en conna?t l!économie capitaliste*. se préoccupe de la recréation de la communauté et de la restauration de l!' ordre ' social par le mo+en d!une nouvelle autorité morale qui contr6lerait le comportement et qui. . hostiles " la fois au rationalisme et au radicalisme. a souligné l!importance de ces éléments et a affirmé que la nouvelle orientation de la pensée sociale dont est née la sociologie était. on peut dire que la sociologie proc(de de deu intentions différentes.. 1es traits de ce genre. dans sa critique du manuel de Pou2harine sur le matérialisme historique. sont encore décelables dans la pensée de Mar . cherchant " produire une théorie scientifique de la société. elle entend acquérir une compréhension rationnelle de la société par le développement des théories scientifiques # ensuite. il + avait d!autres éléments. d!une fa9on générale. quoi qu!elle en ait. et l!autre moral. dans ses ob&ectifs et dans les valeurs politiques et scientifiques de ses figures principales. Mais ces pro&ets peuvent $tre divergents. séquelles du romantisme.L///e si(cle. qui entraient dans la formation de la sociologie. /l + a. car celle3ci assurera " l!homme la liberté individuelle et l!épanouissement personnel. l!un rationaliste. d!une part. 1e plus.. ceu qui voient dans le mar isme une ' philosophie critique ' en opposition " toute sociologie. Merbert Marcuse adopte le m$me point de vue et critique l!idée qu!on se fait d!une société qui serait gouvernée par des lois rationnelles. oppose la dialectique mar iste.1!un certain point de vue. @e qui distingue Mar des conservateurs romantiques. 1ans le mar isme plus récent. ' une réaction du traditionalisme contre la raison anal+tique Q.R. ces deu courants de pensée ont donné lieu " des interprétations contradictoires. comme méthode d!interprétation du ' processus historique comme un tout '. beaucoup plus pr(s du conservatisme philosophique. et il est possible qu!il + ait l" opposition entre le désir de construire une science de la réalité sociale et la préoccupation morale concernant la liberté individuelle et l!épanouissement personnel. prenant pour mod(le les sciences naturelles. %obert Iisbet. ses concepts essentiels et ses perspectives implicites la placent. en particulier. 1ans plusieurs de ses travau . elle veut contribuer au processus de libération de l!homme amorcé par les révolutions du . On retrouve plus tard le m$me souci dans le pessimisme de =eber qui déplore les conséquences de la rationalisation croissante de la vie sociale et le ' désenchantement du monde '. ' 5insi. de @omte " 1ur2heim.. lorsqu!il dépeint le contraste e istant entre les deu t+pes de sociétés qu!il appelle ' communauté ' )caractérisée par d!étroites relations personnelles* et ' société ' )o7 prédominent des relations impersonnelles. bien qu!apparentées J d!abord. dans le grand courant de la modernité. effectivement. avant tout. de deu courants distincts. c!est son refus de l!ordre social hiérarchique et la persistance. la pensée sociologique fran9aise. " la sociologie scientifique qui cherche " établir des lois relatives " la ' société en général ' et " en déduire des prévisions.R réside dans le fait que. surtout dans ses premiers écrits de &eunesse. @ette préoccupation est évidente chez TSnnies.. mues par une nécessité naturelle. dans sa pensée. retarderait le changement social.

puisque cette conception ' re&ette cette prétention de l!homme " changer et " réorganiser ses institutions sociales selon sa volonté rationnelle '. 1!autre part, il + a des mar istes qui ont mis l!accent sur la théorie scientifique de Mar , soit comme théorie d!évolution sociale )telle qu!elle est formulée par Uauts2+ et par Pou2harine* reposant finalement sur la notion de déterminisme technologique, soit, plus récemment, comme théorie structuraliste )e posée, notamment par Louis 5lthusser* mettant " &our les affinités causales en toute structure sociale. @es deu interprétations présentent l!une et l!autre des difficultés. La ' philosophie critique ', au moment o7 elle e prime des valeurs nouvelles en opposition avec la société e istante, manque souvent de référence empirique et semble aboutir " une pure spéculation et " une assertion de &ugements personnels. 1!autre part, la science mar iste de la société ou bien e clut les valeurs, ou bien prétend qu!il + a coKncidence fortuite entre le cours nécessaire du développement social et la réalisation des fins morales que l!on vise. En fait, au sein m$me du mar isme, le débat pose, sous une forme spécifique, la question sous3&acente " tous les débats sur la fonction critique de la sociologie, celle de la relation entre la science sociale et les &ugements de valeur.

2. Valeurs, science et critique
8ne grave controverse s!est élevée parmi les sociologues allemands au début de ce si(cle au su&et de la place qu!occupent les &ugements de valeur dans la science sociale. @e débat culmina avec la cél(bre ' dispute de valeur ' " une réunion du Lerein fVr 0ozialpoliti2 )8nion pour la politique sociale* en DEDW. 1ans cette controverse, =erner 0ombart et surtout =eber sont entrés en conflit avec Austav 0chmoller et une ma&orité des membres du Lerein qui estimaient que les obligations des sciences sociales ne consistent pas seulement " e pliquer les phénom(nes sociau et, si possible, " en déduire l!avenir, mais aussi " préconiser en tant qu!idéau " atteindre certaines mesures politiques. =eber avait amorcé cette dispute en DEGW lorsqu!il publia, aves 0ombart et Oaffe, un éditorial dans Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik , dans lequel il réclamait une distinction rigoureuse entre les probl(mes de la science sociale et ceu de la politique sociale # par la suite, il prit part, en DEDG, " la fondation de la 0ociété sociologique allemande, qui s!était donné pour ob&ectif le progr(s des connaissances sociologiques par ' des investigations purement scientifiques ' et qui refusait d!envisager, de pr(s ou de loin, ' tout but pratique, de quelque genre que ce soit '. Le point de vue de =eber, tel qu!il est e posé dans l!article qu!il écrivait en DEDW, publié plus tard sous le titre ' Le 0ens de ' liberté de valeur ' dans les sciences sociologiques et économiques ', et son essai La Science en tant que vocation , n!est pas que les valeurs n!entrent pas dans les sciences sociales, mais que les sciences sociales ne peuvent offrir aucun crit(re permettant de choisir entre différents &ugements de valeur. En effet, selon lui, il n!e istait aucun mo+en rationnel d!éviter les conflits au su&et des valeurs # l!' irrationalité éthique ' du monde, avec son inépuisable réserve de significations, fait que le conflit entre

diverses orientations de valeurs est irrémédiable. Mais, puisque, en m$me temps, les valeurs du sociologue influencent le choi de son su&et et la fa9on dont il formule ses h+poth(ses, cette idée semble impliquer que les conflits théoriques dans les sciences sociales ne peuvent, finalement, $tre résolus. =eber lui3m$me pensait que, une fois qu!on avaient choisi la mati(re du su&et et formulé les h+poth(ses, des crit(res rationnels et empiriques pouvaient $tre appliqués pour &uger de la valeur scientifique d!une investigation et de la validité des résultats # mais ce serait bien insuffisant pour se prononcer entre les résultats obtenus sur la base d!h+poth(ses et des schémas conceptuels divergents. L!idée de =eber quant " l!influence des valeurs en science sociale avait quelque affinité avec la conception mar iste de l!idéologie, mais elle n!accordait pas une position épistémologique privilégiée " une théorie de la société formulée du point de vue du prolétariat. Elle ne considérait pas davantage que les valeurs trouvent leur source seulement, ou principalement, dans les intér$ts de classe. 1ans son relativisme éthique, elle appara?t plut6t comme une des lignes de pensée qui ont abouti " la conception de Uarl Mannheim sur la distorsion idéologique de toute pensée sociale. Lue sous un autre angle, pourtant, la séparation rigoureuse que =eber instaure entre fait et valeur se conforme " une vue fort positiviste des sciences sociales. En effet, s!il est e act que les valeurs ont leur part dans le choi d!un su&et ou dans la construction d!une h+poth(se, il est vrai aussi que cela ne concerne que les conditions ps+chologiques de la découverte scientifique et non pas sa logique # car peu importe l!origine des concepts et des h+poth(ses, que ce soient des évaluations ou autre chose, du moment qu!ils sont capables, en principe, d!$tre réfutés empiriquement, c!est3"3dire qu!ils soient ' falsifiables ', selon la terminologie de Uarl ;opper dans sa philosophie de la science. 1e plus, les crit(res qu!on applique pour essa+er de falsifier les h+poth(ses sont ceu qui ont été établis en tant que r(gles de procédures dans une communauté d!hommes de science par un processus de critique scientifique. Mais cette philosophie de la science peut elle3m$me $tre mise en question. @!est, par e emple, l!opinion de Thomas Uuhn qui sugg(re que les r(gles scientifiques de procédure introduites dans un ' paradigme ' comprennent des valeurs. /l est évident que, dans un paradigme, l!élément valeur, opposé au composantes formelles, risque d!occuper une place plus importante dans les sciences sociales que dans les sciences naturelles, de par la nature du su&et et de par l!engagement de l!enqu$teur lui3m$me par rapport au su&et. @es probl(mes demeurent mati(re " controverses. 0i, toutefois, on adopte l!idée )qui semble acceptée par ceu , tou&ours plus nombreu , qui se penchent sur les probl(mes philosophiques des sciences sociales* que ces sciences sont des ' sciences morales ', s!attachant beaucoup plus au actions humaines qu!" l!e plication causale des événements, on comprend d(s lors les implications importantes que cette idée a pour le rapport entre la sociologie et la critique sociale. On remet en question la distinction absolue entre ' fait ' et ' valeur ', pour autant que l!on croie qu!appréciation et description sont inséparables. Le

probl(me soulevé alors, comme dans la théorie de Mannheim sur l!idéologie, est celui du relativisme. ;eut3on dire qu!une description d!action humaine, et l!appréciation qui en découle, " une plus grande valeur ob&ective qu!une autre : Ou est3on en droit de conclure, comme le fit =eber, que les valeurs qui entrent dans la description et l!appréciation de l!action humaine proviennent de mouvements culturels générau dont la validité ne peut $tre vérifiée par la science, et parmi lesquels le choi se fait par des mo+ens arbitraires et irrationnels : Le développement des différentes orientations en sociologie, au cours des années qui ont suivi la 0econde Auerre mondiale, semble donner raison au second de ces &ugements.

3. Tendances récentes en sociologie et en critique sociale
On peut distinguer deu phases dans le développement récent de la sociologie.

Une orientation conservatrice éphémère
Ousque vers la fin des années DEHG, elle avait une orientation nettement conservatrice. Les écoles les plus influentes )fonctionnalisme et béhaviourisme* s!appliquaient avant tout, surtout au Btats38nis, " e pliquer le fonctionnement des institutions des sociétés capitalistes d!Occident, caractérisées quelquefois comme des ' démocraties stables '. Elles visaient également " suggérer comme les connaissances sociologiques pourraient $tre utilisées en vue d!améliorer l!efficacité de l!administration # comment elles pourraient également amener des réformes mineures et éliminer tout élément persistant de ' déséquilibre '. Les sociologues de ces écoles3l" s!intéressaient peu au conflits de grande envergure et accordaient peu d!attention au mar isme en tant que théorie fondamentale d!une société qui, précisément, s!+ attachait. @!était surtout le cas des sociétés, comme celle des Btats38nis o7 la sociologie avan9ait " grands pas. @e point de vue conservateur, bien qu!il fXt influencé par certains courants de pensée au sein m$me de la sociologie, et spécialement par celui qui veut en faire une science authentique, copiée autant que possible sur les sciences naturelles, était encore plus affecté par les conditions sociales et culturelles qui prévalaient et que les sociologues eu 3m$mes en étaient arrivés " qualifier par l!e pression ' la fin de l!idéologie '. 5u cours des années cinquante, il semblait qu!on assistait, dans les sociétés occidentales, " un ralentissement des conflits politiques, surtout des conflits de classes, et " l!apparition d!un large consensus sur les buts politiques, gr-ce " la réalisation d!un tau élevé et soutenu de croissance économique et au résultats d!une politique de bien $tre social plus compréhensive. @e consensus se trouvait conforté par le fait que le conflit politique le plus important de l!époque avait été situé entre les démocraties occidentales et les sociétés totalitaires d!Europe de l!Est qui elles aussi prenaient l!allure de s+st(mes ' stables ', fondés semblablement sur une croissance

notamment le mouvement des droits civils et le mouvement pacifiste au Btats3 8nis. ces changements commenc(rent " e ercer une forte influence sur la sociologie. n!étaient pas capables de traiter valablement du phénom(ne nouveau de conflit social et de changement. @es conditions commenc(rent " se modifier " la fin des années cinquante. attendant des &eunes intellectuels. 5u cours de la décennie suivante. 5u Btats38nis. 5dorno et O. contre l!industrialisme et l!innovation technologique effrénée. =right Mills. Les théories de la société couramment acceptées. dans une critique sociale de grande envergure dirigée non seulement contre le capitalisme. les mouvements d!opposition dans les sociétés capitalistes de l!Occident. . mais contre le socialisme bureaucratique et autoritaire. @. ces essais entra?naient un renouveau de la pensée mar iste. . . de m$me que quelques critiques mar istes de la version stalinienne du mar isme. les révoltes. et on essa+a de donner une autre direction " la théorie sociologique. des luttes culturelles dans lesquelles les intellectuels radicau &ouent un r6le prépondérant. d(s DEHF. =. Mar considérait que la lutte de classes entre la bourgeoisie et le prolétariat était l!élément essentiel dans la transition vers une société socialiste. spécialement T. plut6t que comme ceu d!intér$ts économiques incompatibles. Mabermas.ar e emple. qui faisait appel " toute une gamme de formes et de th(mes nouveau . que ce soient celles du mar isme soviétique ou du fonctionnalisme. et contre l!obsession de la croissance économique et du niveau de consommation. =right Mills est arrivé " la m$me conclusion. 1ans une large mesure. les travau les plus récents des représentants de l!école de Nrancfort. contre le mod(le stalinien des sociétés en Europe de l!Est. et que les conflits dans les sociétés hautement industrialisées sont.économique rapide et sur une autre idéologie d!unification J le mar isme soviétique. Le nouveau radicalisme Les réinterprétations du mar isme ont donné naissance " des théories sociales tr(s diverses et quelques3unes ont m$me re&eté certaines idées fondamentales de la pensée de Mar . l!av(nement d!un nouveau mouvement radical. bien qu!un petit nombre de sociologues. L!importance croissante des mouvements révolutionnaires dans le Tiers Monde. dont beaucoup s!inspiraient fortement des premiers écrits de Mar )en particulier des anuscrits de !"## * # ils accordaient une place centrale au concept d!aliénation. ont abouti " la conclusion que le concept de classe a beaucoup perdu de son utilité comme instrument d!anal+se sociale.ar e emple. eussent dé&" annoncé les grands changements dans la conscience sociale. spécialement @. Or il est assigné " cette conception une importance moindre et elle a m$me été abandonnée par ceu des penseurs radicau qui voient dans la pa+sannerie du Tiers Monde la principale force révolutionnaire " l!époque actuelle. ou qui regardent les conflits dans les nations hautement industrialisées comme résultant des inégalités du pouvoir politique )opposant ceu qui ' dirigent ' la société " ceu qui sont opprimés et impuissants*. avant tout. + compris des étudiants. tout cela marquait la renaissance d!une conscience politique radicale.

/.e si(cle s!intéresse " des ob&ets divers. la critique sociale de la seconde moitié du . 5ussi. elle n!était pas une source essentielle des &ugements de valeur d!o7 est sorti le renouveau de la critique sociale # au contraire. La sociologie a réagi au mouvements radicau en abordant de nouveau probl(mes et en formulant de nouvelles questions. dans leur critique de la société capitaliste. pendant de longues périodes. @ar ce qui caractérise la critique actuelle. Mais on pourrait aussi bien affirmer que la sociologie a également soutenu. nombre de sociologues se sont sentis concernés par les probl(mes de la guerre et de la révolution. @ertains de ses éléments ont été intégrés " une conception intellectuelle de l!humanité du . par la domination des élites ou de classes particuli(res. C l!encontre de la pensée radicale répandue en Europe depuis le début du . ces sociologues ont tenté. difficiles " identifier " un mod(le particulier de société. celle3ci est. s!accordaient largement malgré leurs divergences théoriques et politiques. qui fut pendant plus d!un si(cle un facteur d!unification. surtout de la part du mouvement étudiant dont les membres avaient coutume de demander J ' . ou encore de ce qu!ils consid(rent comme un déclin culturel général engendré par l!obsession du développement économique et par l!influence des mass media. c!est avant tout sa diversité.. La critique radicale et les mouvements sociau avec lesquels elle s+mpathise et s!unit peuvent $tre préoccupés des risques de la guerre nucléaire. une critique radicale de la société en . vainement &usqu!ici. de la discrimination et de l!oppression raciale ou se uelle. elle était. de m$me que les mouvements sociau et les doctrines radicales d!au&ourd!hui sont divers et fragmentés. de regrouper les différentes tendances de la critique et de les fondre en une théorie sociale plus s+stématique et plus cohérente. " présent parfaitement ambiguë et inadéquate. d!équilibre et de consensus. une des cibles les plus fréquentes de la critique.ar elle3m$me. de l!autoritarisme appliqué par beaucoup de régimes socialistes. mais de plus il est tr(s difficile de les identifier " des aspects d!un seul grand ' probl(me social ' et de leur proposer une solution générale. de la pollution et de la destruction de l!environnement dues au progr(s rapides de la technologie et de l!industrialisation. .. En m$me temps.Le nouveau radicalisme a eu un impact considérable sur la sociologie. par les conflits entre groupes dominants et subordonnés et par les changements sociau rapides qui surgissent dans le monde entier et qui créent de nouvelles possibilités et de nouveau dangers. de l!e plosion démographique. s!est effrité en une variété de conceptions incompatibles et souvent antagonistes.ourquoi des sociologues : ' et de répondre qu!ils avaient pour fonction de &ustifier et de soutenir la société e istante. comme interprétation globale et spécifique de l!histoire de la société. dans ses formes instituées.e si(cle. de m$me la pensée sociologique en est arrivée " se disperser en différentes écoles. par les idéologies qui les aident " maintenir leurs privil(ges. Le mar isme lui3m$me. mais. Ion seulement ces probl(mes semblent soulever des questions qui vont au3del" de l!opposition entre le capitalisme et le socialisme. 5lors qu!ils accordaient &usque3l" leur attention au notions de stabilité.e si(cle &usque dans les années trente par des intellectuels socialistes qui.

est tou&ours poursuivi. la sociologie actuelle rappelle l!économie du . Mar *.e si(cle persiste. 1!autres essa+(rent de définir la sociologie " partir d!ob&ets particuliers )science de la culture*. corrélatif de la crise des sociétés industrielles. . Le caract(re hétéroclite de la sociologie du . recherche de relations fonctionnelles entre les phénom(nes sociau )1ur2heim*. caract(re e périmental*. 0on hétérogénéité peut $tre e pliquée par une série de facteurs historiques J par la réduction du champ d!intér$t des autres sciences qui a accompagné leur mutation./. Pooth*. spéculative et nomothétique. SOCIOLOGIE . fournisse le fil conducteur qui permette d!atteindre cet ob&ectif. /l n!est pas sXr que le fonctionnalisme. logique des actions non logiques ). Le désir d!en faire une science nomothétique est tou&ours vivace./. Mais certains secteurs de la sociologie paraissent se développer en disciplines autonomes présentant les m$mes traits que l!économie ou la linguistique )théorisation.areto*.Les développements La sociologie a été con9ue par ses fondateurs comme une science nomothétique générale des sociétés. Bpistémologiquement. régularités historiques )=eber*.lusieurs paradigmes ont été proposés J recherche des lois d!évolution des sociétés )@omte. Pref. de m$me que les aspirations et les politiques qui naissent des tensions et des conflits " l!intérieur d!une culture. le r$ve des p(res fondateurs J faire de la sociologie une science nomothétique. par l!implantation essentiellement universitaire de la sociologie et récemment par le regain d!intér$t pour la philosophie sociale. . les théories et les recherches sociologiques refl(tent les différentes orientations culturelles et les conflits d!intér$ts qui se présentent dans les diverses situations sociales aptes " susciter un point de vue soit plus conservateur. L!accumulation des observations et la multiplication des observatoires agissent dans le m$me sens. provoquant par voie de retour un renouveau de la philosophie sociale. Malgré cela. soit plus radical. ni aucun des paradigmes générau formulés par les sociologues modernes. 1!autres enfin donn(rent " la sociologie une orientation essentiellement descriptive et informative )Le . Le r6le de la sociologie est de soumettre les différents mouvements " un e amen rationnel et " une étude empirique. La méthode des mod(les &oue un r6le essentiel dans ce développement. la science sociale ' est une partie organisée de la culture qui e iste dans le but d!aider l!homme " comprendre et " reconstruire continuellement sa culture '. La sociologie contemporaine se caractérise donc par une triple orientation J descriptive.e si(cle plut6t que la linguistique et l!économie modernes.introduisant dans les représentations de l!homme et de la société qui guident ses enqu$tes théoriques et empiriques des &ugements de valeur chers au idéologies radicales. @omme le dit %obert L+nd.L/// e si(cle ou la linguistique du .la+. formalisation. mais la sociologie concr(te de nature descriptive a pris une place importante.

renon9ant au terme de ph+sique sociale auquel il avait d!abord songé. comme en ph+sique J Le Suicide est un effort pour e pliquer les variations des tau de suicide dans le temps et dans l!espace " partir d!un certain nombre de variables dont la valeur varie d!une société " l!autre ou d!une époque " l!autre )anomie. sensible au modes et. La vision des ondateurs La sociologie est une discipline récente. l!ob&et de la sociologie est l!étude des formes sociales qui résultent de l!interaction des individus. Les divergences portant sur la définition et les buts assignés " la sociologie s!e priment d(s sa fondation. On a pris l!habitude de la faire na?tre avec @omte. 1e sorte qu!il est amené " se représenter la sociologie sur le mod(le de l!économie et con9oit les deu disciplines comme distinctes du point de vue de leur ob&et plut6t que de leurs méthodes J l!économie est. . de fa9on générale. mais d!établir des relations fonctionnelles. 0on caract(re hétéroclite la rend instable. pour . 1. tandis que la sociologie est la science des actions non logiques.areto est différente. des comportements rationnels. qui lui donna son nom. comme la loi des trois états. ' égoKsme '. la notion de loi prend par contre une signification différente. 1ans la $ivision du travail )DYEZ*. ces derni(res étant de nature historique # ce sont des lois d!évolution.areto. etc. 1ans Le Suicide )DYE[*. le paradigme fondamental est proche par certains c6tés du structuralisme J pour les fondateurs de la sociologie formelle. m$me s!il a probablement été le premier " affirmer de mani(re catégorique la nécessité de constituer une science positive des phénom(nes sociau . /l ne s!agit plus de décrire les étapes d!une évolution con9ue comme nécessaire.our @omte. 1ur2heim reprend le paradigme de @omte et tente de faire la preuve d!une évolution séculaire de la solidarité mécanique " la solidarité organique. /l est aussi économiste. En réalité. comme on dirait au&ourd!hui. @omte ne fut qu!un des fondateurs de la sociologie parmi beaucoup d!autres. @hez Nerdinand TSnnies et surtout chez Aeorg 0immel.*.eut3$tre ces nouvelles orientations provoqueront3elles une restructuration des sciences sociales dont les limites sont souvent plus le produit de l!histoire que de nécessités intrins(ques. la science des actions logiques ou. . la sociologie doit parvenir " l!établissement de lois. . Le développement de certains de ces secteurs dans le sens de la théorisation et de la formalisation permet toutefois d!entrevoir des changements importants. " l!état des sociétés dans lesquelles elle est implantée. L!idée directrice qui préside " l!4uvre de Lilfredo . .areto n!est pas seulement sociologue./l est difficile de faire des prévisions sur le développement de la sociologie.

1e fa9on générale. mais " partir d!un contenu. au sens de =eber. il est constitué par les actions non logiques # pour =eber./. La sociologie d!au"ourd!hui L!accord sur la définition de la sociologie n!est pas plus grand au&ourd!hui qu!il ne l!était au . 1!autres auteurs ont cherché " définir la sociologie non pas " partir d!un paradigme. =erner 0ombart décrit la sociologie comme une science de la culture. chez Mar . l!ob&et de la sociologie se définit par opposition " celui de la ps+chologie # pour . 8ne telle définition soul(ve évidemment des difficultés considérables. con9ue comme une science nomothétique de nature générale. 2. considérés " la fois comme importants et comme mal connus. con9urent implicitement la sociologie comme une discipline descriptive plut6t que nomothétique J il s!agissait de décrire de mani(re aussi e acte que possible certains phénom(nes sociau )les comportements de consommation. Enfin. comme Nrédéric Le . on peut dire que la sociologie. il s!agit de traiter des questions d!histoire abandonnées par l!historien. ' la sociologie para?t $tre caractérisée par une perpétuelle recherche d!elle3 m$me. la sociologie est implicitement définie comme le niveau le plus général de l!histoire comparative J en simplifiant. par e emple*. les lois et régularités qu!elle est chargée d!établir sont con9ues de mani(re tr(s différente selon les auteurs J lois évolutives chez @omte.areto. 5u contraire. 0i elle est. @es e emples suffisent " montrer les accords et les divergences qui apparaissent d(s les débuts de la sociologie. @e n!est pas par hasard que le contenu de la sociologie est en fait tou&ours défini de mani(re négative J pour 1ur2heim. 5insi.areto. chez 0immel # anal+se logique des actions non logiques chez . @harles Pooth en 5ngleterre et les premiers sociologues américains. chez le premier 1ur2heim et naturellement chez Merbert 0pencer # régularités historiques chez =eber # relations fonctionnelles analogues " celles qu!établissent les sciences de la nature chez le second 1ur2heim # t+pologies formelles proches du structuralisme contemporain. a essentiellement pour ob&ectif de rechercher les régularités qui se dégagent de l!histoire comparative.la+ en Nrance. certains sociologues qu!en général on ne range pas parmi les initiateurs les plus importants. ce t+pe de définition " partir d!un contenu particulier a échoué. @omme le rappelle la boutade de %a+mond 5ron. ' La pol+valence du terme ' sociologie ' s!est accentuée " la suite du développement considérable de la sociologie américaine et de l!influence qu!elle a e ercée sur les écoles européennes.@hez =eber. par e emple* ou certains groupes sociau )les ouvriers. notamment depuis la fin de la 0econde .e si(cle. 0ur un point et peut3$tre sur un seul. car il est bien difficile d!isoler les phénom(nes culturels des autres aspects de l!ordre social. tous les sociologues sont d!accord J la difficulté de définir la sociologie. dans tous ces cas. tel qu!il s!est développé par e emple en linguistique.

la sociologie dite critique repose. des significations variables et confuses. ne peut $tre considérée comme consommée. viennent con&uguer leurs effets pour freiner le développement de la sociologie comme science nomothétique. comme les écrits de Loltaire ou de %ousseau eurent leur influence " la fin du .arsons ou de Theodore @aplo> )$eux contre un *.ar ailleurs. /l est en effet bien rare de trouver en sociologie des e emples de théories au sens propre du terme. c!est3"3dire vers la sociologie concr(te. ou. et. d!autre part. par e emple. au sens philosophique du terme. La réunion sous le vocable unique de sociologie d!activités fondées sur des mod(les intellectuels aussi différents a un effet paral+sant. elle aussi. Le principe comtien ou mar iste du caract(re nécessaire de l!évolution est présent dans les études inspirées par le néo3 mar isme. par e emple au fait que la notion de théorie a. dont r$v(rent tous les fondateurs. La sociologie historique de =eber est. La sociologie ' critique ' &oue un r6le politique indéniable. de fa9on plus indirecte. C ses débuts et &usqu!" une période assez récente. propres " faire sourciller le linguiste. La sociographie conduit évidemment " une meilleure connaissance des sociétés et " la prise de conscience de phénom(nes importants mais parfois cachés. L!image de la sociologie contemporaine est rendue plus confuse encore par le fait que la rupture entre sociologie et philosophie. vers la sociologie empirique. le démographe ou l!économiste aussi bien que le ph+sicien. @ette dimension sociographique. tous les paradigmes proposés par les fondateurs continuent. soit un s+st(me de concepts.our les sociologues. en fait. soit encore un s+st(me. la sociologie électorale ainsi que dans maints autres secteurs de la sociologie. I./. la prééminence de la sociologie concr(te. selon une e pression équivoque.L///e si(cle. ou sociographie. c!est3"3dire une doctrine. qui n!avait gu(re été représentée en Europe pendant le . a pris une importance considérable depuis la fin de la derni(re guerre. dans la sociologie des organisations. La sociologie formelle est présente dans des travau comme ceu de Talcott . On voit l" les effets de . d!une part. . " des degrés divers. sur un mod(le mental beaucoup plus proche de la critique sociale de l!Aufkl&run' ou du saint3simonisme que du mod(le scientifique. comme l!a noté le sociologue américain %obert Uing Merton. d!une certaine tendance de la philosophie sociale*. Elle représente une partie essentielle de la production sociologique actuelle. 5insi. une théorie est souvent soit une simple classification.Auerre mondiale. en sociologie. 8ne des manifestations les plus vo+antes de la sociographie est représentée par les sondages d!opinion.e si(cle. la sociologie américaine fut principalement orientée vers la description. par sa forme. soit une proposition énon9ant l!e istence d!une relation entre deu phénom(nes. qu!on trouve illustrée dans Le Suicide% est abondamment représentée dans la sociologie criminelle. Eisenstadt. illustrée par des auteurs comme %a+mond 5ron ou 0. 5insi. . La recherche des relations fonctionnelles. d!$tre représentés. l!importance de la sociologie ' critique ' )c!est3"3dire. @et effet peut $tre mis en évidence gr-ce " un certain nombre de s+mpt6mes.

soit spéculative de larges secteurs de la production sociologique. était propre " occuper. on peut dire que les sociologues ont découvert./. #aisons de l!hétérogénéité de la sociologie La sociologie. laissant une place vide qui devait $tre occupée et que la sociologie. de construction de t+pologies par e emple*.e si(cle.l!orientation soit descriptive. Le bénéfice d!une telle restriction est que cette discipline. @e sont. quelle qu!elle soit. Ion que la nature des phénom(nes dont traite la sociologie e clurait le traitement mathématique # ce fait résulte bien plut6t de l!orientation soit descriptive. 1e sorte qu!on peut parler d!une économie mathématique comme d!une linguistique mathématique. les théories linguistiques ou économiques elles3m$mes qui sont e primées dans le langage mathématique. souvent " contrec4ur. soit spéculative d!une grande partie de la sociologie actuelle. @!est pourquoi les recherches mathématiques qui se développent au contact de la sociologie concernent essentiellement les méthodes générales d!anal+se des données )méthodes de classification. les mathématiques sont principalement utilisées )sous la forme de la statistique* pour l!interprétation des données d!enqu$tes. le langage mathématique est utilisé parce qu!il est le seul qui permette de dégager les conséquences d!un ensemble comple e de propositions. car la seconde orientation e clut par définition le langage mathématique.. accentua.areto ensuite.ierre 1u . 0mith ou Malthus. En sociologie. en d!autres termes. tandis que la premi(re le réduit " un r6le au iliaire. de par sa vocation de science sociale générale et aussi de par son caract(re hétéroclite. 5vec 1avid %icardo d!abord. e clut l!anal+se intuitive et invite au résumé. En linguistique ou en économie par e emple. En revanche. La statistique fournit cette possibilité de résumé. dont la séduction est d!autant plus grande qu!il est facilité par le recours " l!ordinateur. 3. 5vec . . e si(cle ou la linguistique moderne au début du . son caract(re nomothétique. . La démographie et la linguistique ont connu des mutations analogues. en tant que discipline autonome. de parler d!une sociologie mathématique. n!a pas encore connu de mutation analogue " celle qui constitua l!économie moderne au milieu du . l!économie de la démographie sont encore des sciences mal délimitées dont l!horizon intellectuel est en fait coe tensif " l!ensemble de la vie sociale. les mathématiques parce que l!abondance de l!information recueillie dans une enqu$te.ourquoi en est3il ainsi : La premi(re raison est peut3$tre qu!en prenant leur forme moderne des sciences sociales comme l!économie ou la démographie ont réduit considérablement le champ de leurs intér$ts. @es effets se marquent aussi dans la forme particuli(re que l!utilisation des mathématiques rev$t en sociologie. des auteurs comme Leon =alras ou . " la suite de cette mutation.ont de Iemours. quasi e périmental et formel. il n!est gu(re possible encore " l!heure actuelle. d!abord essentiellement descriptive. bien que des efforts soient faits en ce sens. l!économie restreint considérablement le champ de ses intér$ts et devient une théorie de la production et de la circulation des biens. En caricaturant un peu.

@ela eut pour conséquence que les observations et enqu$tes sociologiques étaient )et sont encore dans de tr(s nombreu cas* locales. Mais celle3ci s!est orientée principalement apr(s le tournant du si(cle soit vers la logique. notamment dans sa dimension philosophique J le terme de ' pesanteur sociologique ' est au&ourd!hui un tic &ournalistique. s!est développée presque e clusivement au sein des universités. parce que la sociologie concr(te est souvent intellectuellement insuffisante. En Nrance. du droit. soit vers l!ontologie et l!histoire de la philosophie. une formation philosophique. dont l!audience avait pendant longtemps été limitée au milieu universitaires. 1!autre part./. La sociologie. orientant ainsi la discipline dans son ensemble vers la description d!ob&ets concrets. de faible dimension et uniques dans le temps. $tre occupée par la philosophie. ou. 5uparavant. au moins en Nrance.e si(cle. Elles disposent donc d!instruments d!observation puissants )les instituts de statistique* permettant de recueillir les données au niveau des nations. en fin de compte. il est vrai. selon le cas. quant " elle. pour hériter des probl(mes et des préoccupations abandonnés par d!autres disciplines. " l!attention d!un public beaucoup plus large. une licence de sociologie ne fut créée qu!en DEHY. et que la macrosociologie ait par voie de conséquence conservé une orientation tr(s spéculative. parce que le plus ouvert. $. le cadre le plus propice. depuis quelques années. 1e sorte que la sociologie était. @es différents facteurs ont entra?né un développement récent de la sociologie surtout en direction de la sociologie empirique )sociologie concr(te* et de la philosophie sociale. l!épistémologie et la philosophie des sciences. On notera " ce propos que la sociologie.La place ainsi laissée vacante aurait pu. /l faut encore a&outer qu!en Europe l!implantation de la sociologie au contact de la philosophie. On notera " ce propos qu!une 4uvre comme Le Suicide n!a été possible que parce qu!il e istait dans plusieurs pa+s européens. eut d!autres conséquences évidentes. @es raisons institutionnelles e pliquent aussi que la sociologie empirique )sociologie par enqu$tes* soit plus souvent microsociologique que macrosociologique. parvient. 8ne deu i(me raison du caract(re hétéroclite de la sociologie est d!ordre institutionnel J la démographie et l!économie se sont développées au contact de l!Btat )comme le rév(le l!origine du mot ' statistique '*. L!attrait de la philosophie sociale s!e plique d!abord parce que beaucoup de sociologues ont. %hances d!un retour & une sociologie nomothétique . une bonne statistique criminelle J cette circonstance permit " 1ur2heim de fournir un e emple de ce que pourrait $tre une sociologie nomothétique. d(s le . la sociologie n!apparaissait que comme une partie de la licence de philosophie. La crise et la contestation qui se développent dans la plupart des pa+s industriels )ceu o7 la sociologie est la plus développée* sont enfin des stimulants puissants pour la philosophie sociale.

arsons comme un échec. de groupements. essa+é de fi er un s+st(me de concepts générau offrant un cadre théorique " la recherche sociologique. /ls en proposent une codification qui devait ensuite $tre précisée et relativisée par le sociologue américain %obert U. il s!est efforcé de transposer certains schémas générau de l!économie " la sociologie. /l est difficile d!attribuer une paternité précise " ce paradigme. Or l!histoire des sciences enseigne qu!un s+st(me de concepts ne peut $tre &ugé valide que par rapport " une théorie. des institutions. recommande.arsons J il s!agit dans les deu cas de ta inomies plut6t que de théories. issue " l!origine de la biologie. @es reproches sont mal fondés.arsons. /l est malheureusement vague et su&et au interprétations les plus diverses. %adcliffe3Pro>n et P. des coutumes. Aurvitch a. de professer sans le dire la &ustification de l!ordre social e istant. Merton. .uis. dans une période ultérieure de son 4uvre. En effet. d!organisation et de structure sociale. . et de minimiser l!importance et le r6le des conflits sociau . est malaisément définissable. 1ur2heim a énoncé e plicitement la nécessité pour l!anal+se sociologique de déterminer les fonctions. L!h+poth(se générale du fonctionnalisme est que les phénom(nes sociau particuliers doivent $tre e pliqués par les fonctions qu!ils e ercent soit par rapport " la société dans son ensemble. La plupart des sociologues consid(rent au&ourd!hui la tentative de . etc. Le paradigme soul(ve des difficultés importantes dont la moindre n!est pas que la notion de fonction. On ne peut manquer d!évoquer l!importante entreprise de Talcott . Le reproche ma&eur qui lui a été adressé est le m$me que celui qu!on oppose au premier . On a d!autre part reproché au fonctionnalisme de reposer sur une idéologie conservatrice. %.arsons peut $tre rapprochée de celle de Aeorges Aurvitch en Nrance. soit par rapport " certains segments de cette société. " partir du moment o7 la présence d!un phénom(ne x est anal+sé " partir de la fonction qu!il a pour le groupe A. il se peut fort bien que le m$me phénom(ne soit d+sfonctionnel par rapport au groupe M et engendre un conflit entre A et M. par rapport " la société. lui aussi. de partir de la notion de conflit social. Mais la cristallisation du paradigme fonctionnaliste appara?t surtout avec certains ethnologues comme 5. Le sociologue américain a d!abord tenté de créer un s+st(me de concepts générau permettant d!anal+ser les différents niveau des s+st(mes sociau . Aurvitch reprend aussi les efforts de la sociologie formelle.Le développement de la sociologie concr(te et de la philosophie sociale n!a pas interrompu les efforts des meilleurs sociologues pour faire de la sociologie une science nomothétique. et généralement de tous les phénom(nes sociau . lui. @!est ainsi qu!il proposa d!établir une analogie entre les phénom(nes monétaires et les mécanismes de la répartition du pouvoir. Mais elle a eu l!avantage de maintenir l!idée d!une sociologie nomothétique qui ne soit pas seulement une collection de propositions descriptives.. 8n autre paradigme général a &oué un r6le important dans ces derni(res années. pour comprendre le changement social. Le paradigme néo3mar iste. comme l!a montré Merton. principalement dans la sociologie américaine J il s!agit du fonctionnalisme. 1ans son souci d!aboutir " une classification des t+pes d!interaction. La tentative de . Malinovs2i.

comme le sont les phon(mes des linguistes ou les c+cles d!affaires des économistes J mobilité sociale. on peut déceler des applications de plus en plus nombreuses et efficaces de la méthode des mod(les. " l!addition ou " la vérification de propositions &u taposées. La sociologie est divisée horizontalement en un certain nombre de ' champs ' découpés " partir d!un ensemble d!ob&ets concrets )sociologie des religions. soit " des ensembles de recommandations méthodologiques vagues. En fait. auront re9u un développement suffisant. 5lors pourra $tre posé en des termes nouveau le probl(me d!une théorie générale dépassant ces ob&ets particuliers. @es échecs viennent du fait que la sociologie traditionnelle est une discipline résiduelle et par conséquent hétéroclite. tout phénom(ne social et les régularités sociales elles3m$mes doivent $tre con9us comme le résultat de l!agrégation d!actions individuelles. du thé-tre. /l semble vain d!espérer. etc. Mais on voit aussi se développer une division verticale. conflits*. dégager une théorie sociologique générale. " partir d!ob&ets non point concrets mais abstraits. On peut dans les trois cas déceler un progr(s linéaire qui ne se réduit pas " une accumulation d!informations. des organisations et de la circulation sociale. 0elon ce paradigme. les paliers de .eut3$tre le paradigme de la sociologie de l!action défini " l!origine par =eber et . formelle et e périmentale )les trois ad&ectifs étant nécessairement liés*. mais qui porte au contraire sur une amélioration des théories et paradigmes utilisés dans le sens d!une plus grande généralité et d!une plus grande rigueur. @!est pourquoi une théorie générale se réduit soit " une ta inomie. L!avenir de la sociologie comme science dépend sans doute principalement des efforts déplo+és " ce niveau. @ette classification est purement descriptive et rév(le l!orientation sociographique d!une bonne partie de la production sociologique. l!orientation est nomothétique. etc.arsons. Est3ce " dire qu!il faille renoncer " découvrir le cadre logique qui permettrait " la sociologie d!échapper " sa double tentation sociographique et philosophique : . 1ans le cas des conflits. du loisir. c!est surtout au niveau de certaines spécialités de la sociologie que des progr(s dans le sens du développement d!une science nomothétique apparaissent. de la ville. comme dans celui de la théorie des conflits et d!autres théories moins développées. définis de mani(re pertinente )circulation. La théorie de la mobilité sociale n!est autre que la théorie de la circulation des familles et des individus " l!intérieur des structures sociales # la théorie des organisations étudie les relations entre la structure et les ob&ectifs des organisations # dans les deu cas. de Aurvitch et d!autres doit $tre tirée. Lorsque certaines branches de la sociologie correspondant " des ob&ets abstraits. @e n!est pas un hasard que ce soit au niveau de ces spécialités que naisse une sociologie mathématique. du sport. théorie des conflits. des structures communes pourront $tre dégagées. théorie des organisations. dans l!état actuel des choses.arsons.areto est3il le seul qui puisse afficher une prétention " l!universalité.La le9on qui para?t se dégager au&ourd!hui de ces diverses tentatives est qu!aucun de ces paradigmes générau ne s!est imposé de fa9on indiscutée. Mais cette théorie générale aura certainement une tout autre forme que les e ercices au&ourd!hui proposés sous ce titre et qui sont tou&ours soit de simples ta inomies )les variables de . La le9on des échecs de .*.

Le développement de ces spécialités verticales aura peut3$tre encore pour conséquence d!appeler " une restructuration des sciences sociales dans leur ensemble. @ar il est un point dont les sociologues doivent prendre conscience. 1. Elle a aussi une grande utilité pratique J elle individualise. soit des paradigmes factoriels simplificateurs )théories affirmant. de l!économique. sensible au modes. le caract(re premier du politique. gr-ce " la coopération pol+disciplinaire de spécialistes. consid(rent comme cause l!encha?nement des circonstances qui ont provoqué. c!est que le découpage actuel des sciences sociales est le fait autant de contingences historiques que de nécessités internes. Une discipline en crise d!identité Le double sens que peut prendre le mot de cause en criminologie rend ambiguë toute ambition de déterminer les causes du crime. qui sont principalement des cliniciens. autant qu!il se peut en l!état de nos connaissances. est dite ' clinique '. Elle permet la reconstitution de l!interaction particuli(re " chaque délinquant observé. CRIMINOLOGIE par LEA !E "acques# pro$esseur émérite % l&université de droit# sciences économiques et sociales de 'aris# directeur (onoraire de l&institut de criminologie de 'aris La criminologie est habituellement considérée comme la science des causes du crime. par e emple.e si(cle. a+ant tendance " verser du c6té de la sociographie dans les périodes de pai sociale et du c6té de la philosophie sociale dans les périodes d!effervescence. bien qu!elle date du dernier quart du . étudiés sous leurs aspects médicau ./. en outre. les méthodes de traitement destinées " réduire au minimum les chances de récidive du malfaiteur considéré. dans l!e plication des phénom(nes sociau *. En ce qui concerne la sociologie elle3m$me. @ette crise ne rend pas inutiles les travau accomplis &usqu!" présent.Aurvitch*. Les points acquis constituent dé&" des mo+ens d!$tre moins aveugles dans le traitement des délinquants. l!ambition de parvenir " dégager les . de son domaine et de ses méthodes . ps+chologiques et sociau . relatifs " la criminalité et au facteurs de la délinquance individuelle. dans le cas particulier du délinquant soumis " leur e amen. Elle traverse m$me une crise si profonde qu!elle est atteinte " la fois dans la définition de ses ambitions . des conflits. soit des analogies fragiles )assimilation parsonienne du pouvoir et de l!argent*. Mais cette science reste encore " ses débuts. La criminologie de ces cas individuels. la conduite délictueuse motivant la condamnation. qu!il faut bien considérer eu 3 m$mes comme moins différents de nous qu!une habitude rassurante ne nous portait " le penser. fragile. @ertains criminologues. etc. La criminologie clinique n!a pas. @ertains encha?nements sont connus.. ces contingences en ont fait une discipline multiple et bigarrée. @ette premi(re approche offre un intér$t essentiel pour la recherche fondamentale.

cependant. plus largement. 1e nos &ours. Or une difficulté presque insurmontable réside dans la faible valeur représentative des criminels sur lesquels portent la plupart des travau J les condamnés détenus en prison./. sans que ses s+mpt6mes soient différents dans les deu cas. " leur tour.e si(cle # elle est restée. comme l!étude scientifique de .rapports générau de causalité pouvant $tre e primés sous forme de lois. en fait. pour le distinguer de l!événement individuel e aminé " l!échelle de la personne et dénommé ' infraction '. Le risque est grand de prendre pour cause de délinquance des anomalies. ' délit ' )ces trois termes étant ici s+non+mes*. celle du fait social de masses. outre l!observation des auteurs d!infractions. une partie probablement différente de la partie non éclairée. que conséquence de la réaction sociale. parce qu!elle repose sur une généralité d!observations et sur la comparaison statistique de populations ou. en réalité. avoir couvé longtemps avant le crime ou.e si(cle avait dé&" &oint ces deu aspects des recherches criminologiques. L!école du . lesquelles doivent. Les fronti(res du domaine de la criminologie constituent une deu i(me source d!incertitude. composée des délinquants qui ' courent ' encore. l!encha?nement d!événements ou de troubles observé aussi souvent ou plus souvent chez d!autres individus que chez les criminels. les formes de la délinquance et les facteurs politiques. /l s!agit d!une étude sociologique portant sur le volume. ' crime '. seule mérite d!$tre appelée cause criminelle la particularité qui donne une des clefs du comportement différent des criminels et des honn$tes gens. 8ne maladie. C la différence des autres sciences humaines dépendantes. d!échantillons de populations )le terme de population étant ici pris dans son sens statistique*. " l!inverse. en revanche. permettre la prévision des événements ultérieurs. sociau et culturels associés " son développement. une névrose qui devient manifeste en prison peut. sa faiblesse particuli(re est de ne pouvoir observer qu!une partie de son champ d!étude. Le domaine est dé&" vaste. I!a pas droit " cette qualification. le champ principal de la criminologie contemporaine. constitué par l!ensemble des infractions commises dans un pa+s " une époque déterminée. fait social qu!il est traditionnel d!appeler ' criminalité '. qui ne sont. comme elle. au moins. n!avoir commencé " na?tre qu!en prison. des troubles ou des caractéristiques. 5u regard de la criminologie générale. Elle a été celle de la plupart des criminologues du . en effet. En outre. envisagée. économiques. la criminologie générale est g$née par un phénom(ne spécifique que l!on ne retrouve pas ailleurs. La conception classique consistait " limiter la criminologie " la connaissance des facteurs du crime. car il englobe. 1e l" résulte que les conclusions générales relatives au causes du crime faites " partir des criminels capturés menacent d!$tre fausses./. cette vue para?t étroite et le crime lui3m$me tend " n!$tre plus considéré que comme l!un des trois champs de la criminologie. de l!e amen d!un échantillon limité de population globale. @et ob&ectif est celui d!une autre forme de criminologie appelée ' générale '.

qui se renouvellent au cours de l!histoire des sociétés. apr(s le crime. la riposte du groupe. qui est l!une des formes principales de la réaction sociale.e si(cle. qui est la médecine appliquée au victimes des infractions. 0ous des formes tant6t coutumi(res. elle rel(ve. que donnent. sans doute. et par laquelle se créent de nouvelles causes de délits./. un troisi(me J celui de la réaction sociale. @e phénom(ne universel obéit tou&ours " la m$me chronologie. La science pénitentiaire étudie cette seconde procédure de la réaction sociale. @elle3ci. @e premier temps du phénom(ne ne cesse &amais. ainsi que l!ont observé dé&" les sociologues du . La réaction sociale serait ine istante sans délit ni délinquant. rebelle. par suite. de la sociologie et de l!ethnologie &uridique. " la structure m$me des collectivités humaines. l!inquiétude ressentie par les honn$tes gens devant l!essor de la criminalité provoque la multiplication des lois pénales. La premi(re est celle de l!établissement des lois pénales.l!ensemble du phénom(ne criminel. le crime n!est plus que la seconde phase d!un processus social universel. " son tour. sur la mani(re de commettre des délits. par suite de la naissance. 1!abord primitive et marquée par un ch-timent aussi instinctif qu!immédiat. provoque une contamination des malfaiteurs. /l offre l!occasion d!une formation professionnelle " rebours. on a &oint " l!étude de la criminologie la médecine légale. la ps+chologie criminelle et la criminalistique. d!une ps+chologie et d!une sociologie &udiciaires malheureusement encore trop limitées. d!abord en procédure de &ugement. L!interpénétration est m$me si intime que le c+cle du phénom(ne criminel se précipite malheureusement avec le degré de développement de toute société. 5utriche*. On + a&oute parfois la ps+chiatrie. Toute société humaine conna?t trois étapes d!un m$me mécanisme lié. la criminalité. L!interdépendance des trois temps du phénom(ne est la raison de cette e tension de la criminologie. variables selon le degré d!évolution de la civilisation considérée. " l!uniformité de la r(gle générale imposée par la ma&orité des membres de la société ou par la volonté des chefs de celle3ci. Le deu i(me temps du phénom(ne criminel en déclenche. L!emprisonnement. de la vie et de la mort des r(gles pénales. /l est inéluctablement provoqué par l!établissement des lois. 1ans cette optique. peut3$tre. C son tour. les récidivistes au délinquants primaires. se transforme en une réaction raisonnée qui se dédouble elle3m$me. La premi(re obéit au r(gles fi ées par le code de procédure pénale. de son c6té. tant6t écrites. 1ivisée en parties si . qui entra?ne partout leur violation par une fraction de la collectivité. @onsidérée sous l!angle de la criminologie générale. en outre. 1ans certains pa+s )5llemagne. puis en mesure administrative d!e écution de la peine prononcée. /l n!+ aurait pas d!infraction s!il n!+ avait pas de normes de conduite " violer. augmente les occasions de transgressions et. Mais elle n!est pas e clusivement réservée " l!étude des &uristes. toute collectivité humaine édicte des normes de conduite imposées sous la menace d!une sanction pénale. L!hésitation portant sur le domaine de la criminalité ne se limite pas d!ailleurs " l!embarras de choisir entre deu conceptions. notamment. 0on étude rel(ve de l!histoire du droit.

Aarofalo )DYHD3DEZW*. @ette premi(re désignation de la criminologie est révélatrice de ses méthodes initiales J Lombroso a commencé par l!anal+se des facteurs individuels du crime. /ls insist(rent " tel point sur l!action de l!environnement qu!on appelle encore ' école du milieu social ' leur école. La découverte par Lombroso d!une fossette occipitale particuli(rement développée sur le cr-ne de certains criminels l!avait confirmé dans cette mani(re de voir. @!est ici que réside la troisi(me raison de sa crise contemporaine. @e &uriste fut l!un des deu principau disciples de Lombroso # l!autre. publié en DYYH. quand le fondateur de cette discipline. les réactions biologiques et ps+chologiques de beaucoup de criminels appartenaient " celles d!un t+pe d!individus restés en arri(re dans l!évolution menant " l!homme. plus cél(bre encore. de DYYH " DEDZ. l!accent sur le r6le du milieu social dans lequel na?t. car son état de régression par rapport " l!homme normal le rendait inapte " obéir au lois pénales édictées pour et par des hommes plus évolués que lui. Le commencement de la vraie recherche scientifique remonte au moins " DY[F. lui paraissait e pliquer cette singularité. cette réapparition de certains caract(res venus des anc$tres. on appelait cette science ' anthropologie criminelle '. On cro+ait encore au r6le de la dégénérescence. caract(res qui pouvaient ne pas s!$tre manifestés dans les générations intermédiaires.différentes. la criminologie para?t alors n!$tre qu!un faisceau d!emprunts " d!autres sciences humaines. Les méthodes de la criminologie ont évolué depuis les débuts de cette science. grandit et vit le criminel. le médecin militaire italien Lombroso )DYZF3DEGE* publia la premi(re édition de L()omme criminel )DY[H3DY[F*. Lombroso n!inventa pas l!appellation de criminologie. L!atavisme. proches encore des sauvages primitifs. @ette mani(re d!imputer la délinquance au facteurs d!un déterminisme biologique souleva l!opposition d!une partie des contemporains. Or elle ne peut prétendre au rang de science autonome que si ses méthodes créent entre ses branches une cohésion spécifique. Aabriel de Tarde )DYWZ3DEGW*. L!un des plus connus d!entre eu . était persuadé que l!imitation tenait une place tr(s grande dans l!adoption des conduites humaines. 5u . C ses +eu .e si(cle. fut Nerri )DYHF3DE\E*. 5pr(s avoir longuement pratiqué l!e amen anthropométrique. Le mot fut emplo+é plus tard par un magistrat italien. qui le prit pour titre d!un ouvrage sur ce su&et. /l insista sur l!importance des comportements appris dans le processus criminel )sa . auteur d!une Sociolo'ie criminelle . @!est sous ce titre que se tinrent sept congr(s internationau dans diverses villes d!Europe. dont le médecin fran9ais Morel )DYGE3DY[E* avait décrit l!action dans son +raité des dé'énérescences de l(esp*ce humaine )DYH[*. qui attira l!attention des contemporains sur la possibilité d!appliquer l!esprit du positivisme scientifique " ce secteur pathologique des activités humaines. le criminel3né était voué au crime. il cro+ait avoir découvert un t+pe général de criminel J le criminel3né. il pensait avoir trouvé que la morphologie. médical et ps+chologique de H EG[ délinquants vivants et procédé " de minutieuses mesures sur ZYZ cr-nes de criminels. Les Nran9ais surtout la contest(rent et mirent. Momme d!une époque o7 les idées de 1ar>in )DYGE3DYY\* e er9aient une influence décisive )le cél(bre ouvrage $e l(ori'ine des esp*ces par voie de sélection naturelle date de DYHE*. au contraire./. parue en DYYD.

/l se peut toutefois que de futures découvertes apportent la preuve cherchée en vain &usqu!" présent. parce qu!ils doutaient seulement que leur influence fXt décisive sans intervention criminog(ne des facteurs sociau . 8n autre. On n!a pas pu montrer statistiquement que la proportion de fous fXt plus élevée au sein d!une des populations qu!elle ne l!est dans l!autre. lesquels ne semblent pas suffire " rendre criminel l!individu soumis " leur influence. les criminologues ont passé en revue tous les éléments que l!avancement de nos connaissances en pathologie individuelle ou sociale donnait l!idée d!envisager comme cause possible de la délinquance. au moins en grande partie. Le différend. @et échec n!est peut3$tre pas définitif. ' 1ur2heim )DYHY3DED[*. @!est ce qu!il e posa. M. Les Nran9ais. ne niaient pas l!action des facteurs personnels. La . ils refusaient d!admettre le fatalisme du crime et cro+aient qu!une action sociale pouvait contrecarrer l!influence du milieu. les trois derniers de ces t+pes sont ceu d!individus devenus criminels par le &eu des circonstances du milieu. Peaucoup de criminologues contemporains pensent que l!originalité des criminels par rapport au non3 délinquants ne réside ni dans le t+pe. /l reconnut en définitive l!e istence de cinq t+pes de criminels J le criminel3né. de son c6té. en particulier au su&et de l!homicide. . était l!e pression de la reconnaissance italienne du r6le des facteurs sociau . 1ans chaque camp. Le -ombat contre le crime )DYED*. Lombroso. parfois tr(s vif. le criminel passionnel. Mais la persistance de l!échec &usqu!" maintenant conduit " orienter les recherches dans une direction nouvelle. en ramenant les faits morau " des faits sociau . le criminel3fou. attribuait aussi au facteurs sociau une action prépondérante dans la délinquance. 5. un élément qui n!a d!importance que le &our o7 il trouve le bouillon qui le fait fermenter. Lacassagne. Ool+ approfondit l!étude des causes sociales. de leur c6té. on admettait dé&" que la délinquance ne fXt pas due " l!action de facteurs e clusivement individuels ou sociau . le criminel d!occasion et le criminel d!habitude. M$me la folie n!a pas permis cette démonstration J il n!est pas établi qu!une quelconque maladie mentale soit plus répandue chez les criminels que chez les non3criminels. ni dans la force des facteurs. Mais ils n!ont pas réussi " prouver que la fréquence d!aucun fXt significativement plus grande dans le monde des malfaiteurs que dans l!autre.. dans Le -rime )DYYY*. Moins cél(bre hors du cercle des spécialistes. c!est le criminel. La Sociolo'ie criminelle .endant plus d!un si(cle. %estait " identifier ces facteurs individuels et sociau dont l!action s!observerait significativement plus souvent sur la personne des criminels que sur celle des non3délinquants. puisqu!ils . dans les cinq éditions successives de son livre. qui dirigeait les 5rchives d!anthropologie criminelle.rance criminelle )DYYE*. L!auteur austro3 allemand Lon Liszt conciliait les deu opinions lorsqu!il écrivait que ' le crime est le produit des facteurs individuels et des facteurs sociau au moment du crime '. 1!apr(s ses propres e plications. avait modifié sa théorie )la derni(re édition date de DYEF3DYE[*.hilosophie pénale date de DYEG*. qui opposa les tenants de l!école italienne et ceu de l!école fran9aise finit par un compromis. Le titre m$me de l!ouvrage de Nerri. dans son ouvrage sur Le Suicide )DYE[*. écrivit que ' le milieu social est le bouillon de culture de la criminalité # le microbe. Mais.

non seulement " cause de la comple ité de l!entreprise. 1écouvrir la formule de ces associations différentielles spécifiques de la délinquance est devenu l!ob&ectif ma&eur de la criminologie générale. parce que celle3ci est elle3m$me définie comme formée de la totalité des infractions portées " la connaissance des autorités de police par voie de plaintes. dénonciations ou proc(s3verbau . Elle renforce aussi celle des ob/ectifs de la criminologie.agissent sur une proportion au moins égale de non3délinquants. Leur union fait leur force criminog(ne. en dépit de l!accroissement démographique et du développement des facteurs générau de l!évolution des sociétés qui paraissent favoriser l!augmentation de la criminalité. Les caractères générau' de la criminalité Les facteurs générau de la délinquance peuvent $tre anal+sés sous deu aspects J l!action permanente de certaines causes. bien que de fa9on différente. elle déclenche la réaction e plosive. laquelle appartient autant " ces autres sciences qu!" la criminologie. On e aminera ici les caract(res générau de la criminalité fran9aise et les facteurs de celle3ci. le tau de la criminalité légale est resté relativement constant. l!autonomie de cette discipline par rapport au autres sciences humaines. mais par quelque particularité " découvrir. sans convertir ceu 3ci en criminels. mais encore par suite de dissemblances &uridiques dans la mani(re d!établir les incriminations et de les punir. et l!effet aigu de certaines autres. . La criminalité légale 1e DYZ\ au années soi ante. 1ans certaines conditions de chronologie et selon la valeur respective des différents facteurs. tant6t celui des condamnations prononcées par les &uridictions répressives d!un pa+s. " son . peut3$tre. car les m$mes facteurs se combinent aussi.récisons ces termes. en Nrance. mais non la criminalité apparente et moins encore la criminalité réelle. La criminalité générale et ses acteurs Le fait social d!ensemble qu!est la criminalité présente des caract(res différents selon les pa+s. dans la population générale. mais aussi parce qu!elle remet en cause les fronti(res et. L!étude de la multitude des combinaisons pouvant se présenter implique une observation des constellations des facteurs en &eu. 2. @ette criminalité apparente. @!est que la constance en question concerne la criminalité légale. non seulement " cause des différences réelles relatives au volume et au composantes de la délinquance. La crise des méthodes re&aillit sur celle du domaine . La criminalité légale est distinguée de la criminalité apparente . 8ne telle visée contribue " la crise de la criminologie. On appelle criminalité lé'ale tant6t l!ensemble des &ugements. non en soi.

tour. car les tribunau rattrapent le retard en réglant les affaires . @ette interprétation est cependant abandonnée de nos &ours. On peut aussi se demander pourquoi la criminalité légale ne descend presque &amais au3dessous d!une certaine limite inférieure. @ette constance. pas un atome de plus et pas un de moins. La saturation se produit plus tard. en s!aggravant. selon cette e plication. valable en cas de changement social important. . 8n retard se prend et. . pas un de moins. qui demeure important. par suite de la tendance tout " fait opposée de la criminalité apparente. se dissout une quantité déterminée d!une substance chimique. avec des conditions individuelles et ph+siques données. hélas. les h+poth(ses sur l!ordre de grandeur du chiffre obscur et sur ses variations selon les époques et les infractions tiennent une place essentielle. Mais. mais elle a lieu aussi. Btait3elle l!indice d!une constance de la criminalité réelle : Enrico Nerri. Le chiffre séparant la criminalité apparente de la criminalité réelle est appelé ' chiffre obscur '. la constance du tau posait un probl(me d!interprétation. 1ans les périodes de crises aiguës. un nombre plus élevé de crimes peut $tre commis. de m$me dans un milieu social donné. n!est que relative. constituée de toutes les infractions effectivement commises au sein de la société considérée " un moment donné. " une température donnée. malgré l!élégance de certaines méthodes favorisant une étude moins sub&ective. l!un des ' positivistes ' italiens. le répit n!est pas en général l!occasion de franchir la limite inférieure précitée. de la criminalité réelle. 1ans leurs estimations de la criminalité réelle. aucun signe de saturation. Leurs changements ne concernent que les variations de r+thme dans leur pression. Lorsque ces conditions se modifient. le cro+ait. Les spécialistes de la criminologie criminelle s!efforcent d!évaluer le volume de la criminalité réelle " partir de la criminalité légale. écrivait3il. tant qu!il dure. il se commet un nombre déterminé de délits. est inférieure " la criminalité réelle .uand les mo+ens mis " la disposition des services sont ensuite augmentés. les facteurs de criminalité agissent quasi constamment dans le sens de la hausse. dite ' de sursaturation '. d!instruction et de &ugement. La constance de la criminalité légale est sans doute surtout la conséquence d!une saturation des services publics chargés de poursuivre et de punir les malfaiteurs. /l avait constaté cette constance &usqu!" la . pas un de plus. Elles introduisent un facteur intuitif.lus proche. le résultat de ' surchauffes ' provoquant une sursaturation. cette criminalité ne donne. m$me sous cette réserve. le rendement s!él(ve. par définition m$me. 5u cours de l!intervalle de temps séparant deu poussées plus vives. Les oscillations enregistrées par la courbe seraient. la criminalité a franchi les limites " l!intérieur desquelles elle reste ordinairement contenue. le nombre des affaires &ugées s!arr$te au plafond des possibilités d!enqu$te. La seule constance qui ait pu $tre établie est celle du tau de la criminalité légale. mais la limite supérieure indiquée plus haut n!est généralement pas dépassée non plus. ' /l avait formulé une loi complémentaire. Les effectifs et les crédits de ces services augmentent moins vite que la criminalité réelle.remi(re Auerre mondiale et il l!e pliquait par une prétendue ' loi de saturation criminelle ' J ' @omme dans un volume d!eau donné. elle3m$me. 1ans les sociétés contemporaines.

la poussée suivante survient. la criminalité reste réellement forte. En m$me temps. l!enregistrement d!un fait social certain. Les mouvements de la criminalité La constance de la criminalité légale n!est que relative. Elles tiennent au changement des caract(res de la répression et non au changements de ceu de la délinquance. provoque une baisse véritable. L!énorme augmentation constatée au cours du second conflit mondial et au lendemain de celui3ci refl(te.restées en instance. L!importance respective des diverses catégories de crimes composant la criminalité légale totale change d!autre part selon les périodes. Lorsque l!arriéré a disparu. de DEDW3 DEDY et qui s!inscrirait au commencement de la guerre de DEZE3DEWH si les statistiques étaient compl(tes est sXrement en grande partie étrang(re " la criminalité réelle. Les poussées qui se lisent aussi " la fin du premier conflit mondial et. 0on volume global varie entre les limites indiquées au paragraphe précédent. Le graphique ne met pas d!accroissement en . certes. la réalité. Les changements brusques de situation socio3économique restent " l!origine d!autres délits. apr(s la guerre de DY[G sont. le dépa+sement d!autres anciens mobilisés. Enfin. Mais l!établissement des allocations de ch6mage semble avoir réduit les vols de nécessité. Les statistiques enregistrent le trouble de l!appareil &udiciaire. dX " une cause analogue. /l les dépasse m$me parfois. et celui de l!appareil policier. En revanche. partiellement enra+é par la mobilisation des &uges. Les crises économiques et les récessions temporaires ont longtemps entra?né une hausse de la délinquance. Les 'uerres . due " des vols de nécessité. elles3m$mes ne font que partiellement e ception. La difficulté est de savoir si ces deu séries de mouvements sont la réplique de mouvements identiques de la criminalité réelle. Le chiffre de celles3ci s!a&oute alors " celui des affaires de l!année et emp$che le total annuel de baisser davantage. Les révolutions et les changements de régime s!inscrivent dans les statistiques de la criminalité légale avec un mélange similaire de correspondances réelles et d!enregistrements parasites. antérieurement. la baisse qui se constate sous forme d!un L au lendemain m$me du début des conflits de DY[G. de m$me. les images de la violence sont des facteurs criminog(nes qui e ercent leur influence d!autant plus que la guerre se prolonge. la mobilisation d!une fraction des criminels d!habitude. qui provoque le recommencement du processus. 5u lendemain de la pai . l!éclatement des familles. crée un contingent supplémentaire de recrues criminelles. L!anal+se des dents de scie qui s!inscrivent au cours de la période étudiée rév(le que beaucoup des oscillations enregistrées sont sans correspondance avec la criminalité réelle. non encore remplacés par de nouveau venus. la pénurie. Le temps passé " cette t-che occupe " peu pr(s celui de la tr$ve. parce que la démobilisation des anciens criminels lib(re un lot de malfaiteurs qui s!a&oute " celui des malfaiteurs qui les ont remplacés durant leur mobilisation. surtout en cas de guerre. mal rétablis dans leur e istence civile. Le trouble apporté par les hostilités. Le graphique permet d!étudier les variations de volume global dont la criminalité légale est l!ob&et. l!occupation étrang(re si elle se produit.

la multiplication des résidences secondaires. des mesures collectives de gr-ce. un accroissement de celle3ci. L!urbanisation. et. les stupéfiants et l!alcool. l!évolution des professions. le recul de certains freins. lég(rement différé " cause de la répression des attentats anarchistes des années suivantes. de la loi de DYED sur le sursis. le changement de composition ethnique. On voit l!effet. En m$me temps. qui a réduit durablement la proportion des condamnations fermes. l!e tension des loisirs non organisés constituent quelques3uns de ces facteurs. L!importance de ces enregistrements parasites conduit " penser que la courbe de la criminalité réelle est probablement moins tourmentée que celle de la criminalité légale. L!ur(anisation Le passage des sociétés agricoles au sociétés industrielles modernes entra?ne un changement de la criminalité. la civilisation de l!automobile sont autant d!éléments qui éclairent le phénom(ne. tant6t des hausses et tant6t des baisses pour les secondes. des révolutions et des crises économiques. selon les périodes. faible de cette collectivité. qui ne résiste pas " ces occasions )cf. Les acteurs générau' de la criminalité @ertaines circonstances liées " l!évolution des sociétés modernes créent des occasions de délits pour l!ensemble des membres de la collectivité considérée.évidence durant la grande crise de DE\E3DEZW )la hausse de DEZW est due " l!augmentation des délits de coups et blessures volontaires et de port d!armes*. Les autres facteurs générau e ercent une action continue. " vrai dire. supra *. l!importance respective des différentes catégories de crimes composant la criminalité légale totale évolue. 1es lois d!amnistie. /l n!est pas certain que toutes ces variations d!importance respective soient l!indice de variations dans la composition de la criminalité réelle. affecte plus ou moins des effectifs et des mo+ens )généralement insuffisants* dont elle dispose " la poursuite de l!une ou l!autre catégorie d!infractions. 1!autre part. . limités " la réaction sociale. les statistiques tenues en Nrance depuis la fin des années soi ante font appara?tre des évolutions relatives sensibles. la modification des &uridictions compétentes pour &uger certaines infractions e pliquent des baisses pour les premi(res. Peaucoup d!autres mouvements de la criminalité légale sont l!effet de changements &uridiques. les agressions contre les biens prenant le pas sur les violences ph+siques contre les personnes J l!enrichissement du pa+s. dont celui de la morale religieuse. pour ce qui est de la criminalité apparente. semble3t3il. @ertaines d!entre elles sont l!effet de changements d!orientation dans la direction des efforts de la police qui. Ious avons mentionné l!action temporaire des guerres. le déplacement de populations. mais elles ne provoquent la délinquance que d!une fraction. affaiblit les facultés de résistance individuelle et &oue également un r6le criminog(ne. /l reste que.

de son c6té./. remplacé dans les régions urbanisées )0echerches sur l(infanticide . 1ivers délits contre les m4urs. les abus de confiance.rance criminelle .Le changement de structure des sociétés e erce une influence d(s qu!il commence. L!empoisonnement. dont les statistiques ne donnent qu!une faible image. l!élévation des homicides et coups et blessures non intentionnels. sans différence selon la température du climat. d!ob&ets dans les grands magasins et dans les établissements de self3service. qui est lié " une forme archaKque de protection des femmes contre les effets d!une maternité non acceptée. les infractions contre les biens s!accroissant avec les climats froids. pour une grande part. l!anal+se des statistiques de la criminalité légale obligeait " mettre en doute la réalité de la loi thermique. souvent elle3m$me liée " l!industrialisation. les transports de fonds et les usines. d!autre part. les escroqueries. @ependant. l!inceste. le recel. semble avoir donné lieu " plus de condamnations dans les zones rurales. +ravaux de l(1nstitut de sciences criminelles et pénitentiaires . DEHH3DEFH. les crimes de sang augmentant avec les climats chauds. Les infractions contre les personnes. 5u . les infanticides. bien qu!une preuve formelle de cette situation manque la plupart du temps. Les délits contre les m4urs. Les infractions contre les biens ont augmenté en m$me temps que l!industrialisation. en s!appu+ant sur les observations de Tarde.e si(cle dé&". et spécialement les empoisonnements sont réputés plus fréquents dans les zones rurales. grenobloise ou marseillaise a retiré ce qui pourrait rester de &ustification " la prétendue loi thermique. les cambriolages. les délits contre les biens. toutefois. s!accompagne de délits favorisés par l!anon+mat des zones urbaines. le développement de l!urbanisation dans les régions l+onnaise. le racolage et la traite des . para?t plus fréquent dans certains villages et dans certaines fermes isolées./. spécialement les vols avec effraction. la dispersion des familles durant les heures de travail. négligence et inobservation des r(glements. considérée comme l!une des premi(res découvertes de la criminologie " la fin du . prévaudraient également " la campagne. avait dé&" formulé des réserves " cet égard )La . le défaut de surveillance des loisirs &uvéniles et probablement l!accroissement des quantités de biens offerts " la vue laissés sans contr6le suffisant. 5u contraire. est resté plus développé dans les régions rurales. Annales de la . L!urbanisation. caractéristique des sociétés agricoles. Les vols de véhicules. abus de confiance. au moins quand il est consommé par le poison contenu dans les insecticides et les fongicides emplo+és dans les cultures. abus de biens sociau . surtout l!inceste. Ool+. dont le pro énétisme. les agressions " main armée contre les établissements de crédit.aculté de droit et des sciences politiques et économiques de Strasbour' *. Enfin. @ette proposition générale n!est pas sans évoquer une pseudo ' loi thermique '. Leur nombre s!él(ve avec la densité de population. que l!infanticide. 1es zones rurales demeurent dont la criminalité constitue un vestige de l!ancienne criminalité dominante. /l est vrai. L!accroissement du parc automobile et de la circulation entra?ne. les avortements et les délits contre la chose publique prédomineraient dans les cités. les infractions " base de ruse.e si(cle et selon laquelle les t+pes d!infractions varieraient suivant le t+pe de climat. DYYE*. par imprudence. les incendies. détournements de fonds publics sont urbains pour la plus grande partie. alors que l!avortement l!a longtemps. tels les escroqueries ou les délits fondés sur la confiance trompée.

le %h6ne. une géographie criminelle de la Nrance divisant celle3ci en deu territoires J la région parisienne. confirmés en Nrance par certaines observations. l!évolution des sociétés modernes entra?ne la mobilité humaine. par suite de la diminution de l!acuité des conflits. etc. Enfin certaines erreurs d!urbanisme.e si(cle. qui se signale par l!e istence d!une criminalité astucieuse ou de petits délits. le pourtour méditerranéen. La criminalité des étrangers est plus forte que celle des nationau . il tend " se rapprocher du tau normal )assimilation des descendants de parents étrangers*. Le tau semble s!accro?tre " la deu i(me génération. forment ' une Nrance 'agitée' ' qui se caractérise par des tau élevés dans le domaine des atteintes ph+siques contre les personnes. " l!anomalie de composition des populations d!immigrants. trouvent dans les grandes villes les conditions de leur développement. semble3t3il. par l!omniprésence d!une violence motivée par le profit ' # une seconde Nrance. faites de personnes appartenant presque toutes au tranches d!-ge dans lesquelles le tau de délinquance est le plus fort et comportant moins de femmes que d!hommes. ont indiqué que la premi(re génération des naturalisés ne comporte qu!une proportion de criminels inférieure " la mo+enne générale de la population nationale. 5u . Les déplacements de populations @ertains individus qui auraient résisté au tentatives délictueuses s!ils étaient restés dans leur milieu traditionnel succombent quand ils s!éloignent de lui./. L!émigration. est une Nrance ' calme '. et contribue " l!augmentation des tau de délinquance.$tres humains. On peut ainsi esquisser. et par l!importance de la criminalité contre la famille '. notamment pour raisons professionnelles. évocatrice de la ' Nrance profonde '. des vols et. pour une part. Le dépa+sement s!accompagne d!une dégradation des structures traditionnelles qui affaiblit les facultés de résistance au occasions criminelles de certains individus fragiles par d!autres c6tés. mais d!un pa+s " un autre. l!une héritée de leurs origines. 1epuis longtemps dé&". " cause des ' conflits de culture ' dont souffrent ces enfants. L!e cédent de délinquance des étrangers peut $tre dX. Or. une fraction d!entre eu devenant criminels. contribuent " l!apparition de bandes d!adolescents. La délinquance des immigrants non naturalisés doit. Les changements de composition ethnique des populations . faite par le service des naturalisations. soumis " deu mani(res de vivre. et. l!autre acquise par l!effet de leur implantation. Lazerges. C la troisi(me génération le tau baisse. comme on l!a constaté au Btats38nis. d!une mani(re générale. le Nran9ais Ool+ avait dé&" observé que le déplacement des populations entra?nait une élévation du tau criminel. avec A. non d!une province " l!autre d!un m$me pa+s. des travau américains. @amilleri et @. telle l!absence de centres de loisirs organisés pour les adolescents des grands centres.. @es résultats ont été e pliqués par la sélection des candidatures " la naturalisation. $tre distinguée de celle des naturalisés. s!accompagne elle aussi d!un dépa+sement. d!ailleurs.

Mongrie. Nrance. ]ougoslavie. )lcool et stupé iants L!into ication par l!alcool et par les stupéfiants provoque les réactions criminelles de certains individus. /slande. Iorv(ge. au sein d!autres pa+s comme la Nrance. Lorsque vivent sous les m$mes lois des ethnies différentes. La criminalité apparente et la criminalité légale peuvent donc représenter pour les minorités une fraction plus grande de la criminalité réelle que pour les ma&orités. Le caract(re disparate des législations. la variété des législations et celle des réactions sociales ont rendu fragiles ses conclusions. parce que les lois définissant les infractions sont les m$mes pour les divers groupes de populations comparées. Ar(ce* # ceu de plus faible criminalité violente. %oumanie* # ceu dont la criminalité est forte sans $tre liée " l!alcool )/talie. en DEZF. soit qu!elle favorise ensuite leur assimilation. enfin. M$me " cet échelon. des alcooliques chroniques commettent des infractions en état de démence. n!est pas tou&ours identique envers les minorités et le reste d!une population. 1ans les phases moins avancées de l!alcoolisme. des actes délictueu se trouvent aussi accomplis. comme celle des autorités chargées de la répression. L!attitude du public. il faut tenir compte des variations de réaction sociale vis3"3vis des minorités.@ertains groupes ethniques paraissent plus portés que d!autres " commettre diverses sortes d!infractions. Le Ninlandais Ler22o. 1ans la mesure o7 la politique d!immigration d!un pa+s provoque l!accroissement de minorités issues de tels groupes. 1!anciens auteurs ont essa+é de comparer la criminalité de peuples tr(s différents. s!est efforcé de vaincre ces difficultés en limitant la comparaison au continent européen. 5u cours de crises de delirium tremens. conséquences notamment de l!irritabilité et de l!agressivité du su&et. comme l!ont établi d!autres travau américains. de m$me que dans les périodes de rémission de la derni(re phase. cependant. l!ivresse elle3m$me est source de délinquance. Tchécoslovaquie*. /l lui a semblé possible de les grouper en quatre catégories J ceu dont la criminalité est forte du fait de l!alcool )Ninlande. /l a notamment établi le classement des peuples d!Europe en ce qui concerne la criminalité violente. comme il arrive dans une forte proportion au Btats38nis et. Espagne. mais souvent associée " l!influence de l!alcool )0u(de. au sens de l!article FW du @ode pénal fran9ais. Pulgarie. /rlande* # ceu . Bcosse. /ls ont cru avoir mis en lumi(re des différences dans l!intensité de la délinquance et dans ses formes. la comparaison gagne en rigueur. Mais il est difficile d!accorder foi " leurs travau . une partie de la délinquance du pa+s considéré peut se trouver modifiée. 0!agissant de l!alcool. dont la criminalité violente est faible et sans lien habituel avec l!agressivité alcoolique )1anemar2. Lituanie. soit qu!ils s!enivrent . prive de rigueur la comparaison. /ci comme partout. dans une plus faible mesure. %ussie. &oint au attitudes différentes des autorités répressives dans chacun des Btats considérés. soit qu!elle tol(re leur présence sans assimilation réelle. soit que certains individus perdent le contr6le d!eu 3m$mes sous l!emprise d!un état alcoolique dX " une into ication fortuite.

sensible pour les adultes. par ailleurs. 0on point de vue. ou issus de parents alcooliques. C &uste titre. " ce premier titre dé&". ou encore d!alcooliques issus de parents alcooliques. change vis3"3vis des alcooliques par rapport " celle qui a lieu envers les autres délinquants. 0ans contester la vraisemblance de cette affirmation. *'tension des loisirs non organisés L!e tension des loisirs. 1(s les années cinquante. et spécialement d!accidents de la circulation. DEDG*. cependant. le lot de ceu qui tombent dans les mailles du filet constamment tendu par la police contienne une fraction d!alcooliques plus élevée que le contingent de ceu qui + échappent. se trouvant dans un état d!imprégnation alcoolique. /l n!est pas e clu que. pour les &eunes délinquants.armi les déclins néfastes. 1e l" a été tirée la conclusion que l!alcool était un facteur important de délinquance. Le rel+chement des reins morau' . Les statistiques établies dans les établissements pénitentiaires mettent. parmi les détenus.. @et auteur pensait que la déchristianisation s!accompagnait d!un recul de la moralité sans remplacement par un autre facteur d!éducation morale.délibérément. leur faisait redouter de ne pas avoir la volonté d!accomplir. dans leur comparaison de HGG &eunes délinquants et de HGG &eunes non délinquants )composant deu groupes constitués " partir de su&ets pris dans la m$me zone défavorisée de la banlieue de Poston*. les réactions moins rapides de ces malfaiteurs les perdent peut3$tre plus souvent. n!était pas partagé par d!autres . Aluec2. Les bavardages. en considérant l!utilité d!un isolement des buveurs invétérés. . incriminé par le @ode de la route. en vue de trouver le courage d!accomplir un acte de violence ou un homicide prémédité que la faiblesse de leur caract(re. le sursis et la simple condamnation " l!amende peuvent $tre plus fréquemment refusés " des prévenus alcooliques qu!" d!autres.e si(cle par Tarde comme un facteur criminog(ne )La -riminalité comparée . de leur proportion parmi l!ensemble des criminels. 8n deu i(me élément risque de fausser la proportion # il tient " la capture des malfaiteurs par les autorités de police. caractéristique de la société moderne. le développement du phénom(ne des bandes a donné " celui de la délinquance des &eunes un visage nouveau. les criminologues américains 0. Enfin. est le fait de conducteurs ou de piétons3victimes. en soi. a conféré au probl(me de l!emploi du temps des périodes non productives de la vie humaine une importance criminologique nouvelle. une proportion notable d!infractions non intentionnelles. en ce qui concerne ses réactions répressives. il importe d!observer que le chiffre élevé d!alcooliques dans les prisons n!est pas. une preuve suffisante du r6le de l!alcool dans la criminalité. L!attitude de la société. le recul de la pratique reli'ieuse a été présenté au début du . plus encore. La proportion d!alcooliques parmi les prisonniers n!est donc pas représentative. et.lus récemment. parmi tous les criminels e istant réellement. et E. comme d!eu 3m$mes. ont montré que les &eunes délinquants passaient une proportion bien plus forte de leurs loisirs au coin des rues. en évidence une proportion importante d!individus alcooliques.

d!autre part. Lorsque. les fonctions économiques habituellement assumées par les membres des diverses confessions se trouvent souvent. et dans ceu 3ci suivant les régions. nagu(re. cette controverse. +raité de droit pénal et de criminolo'ie *. Enfin. ont cherché s!il + avait un lien entre le divorce et la criminalité. Or. mais encore sur les degrés de pratique religieuse selon les régions*. La Nrance n!a pas été l!ob&et d!études précises de cet ordre. Les recherches entreprises pour isoler l!effet du recul des pratiques religieuses sur la délinquance n!ont pas pu $tre approfondies suffisamment &usqu!" présent pour $tre significatives. La géographie criminelle relative au zones de plus forte intensité des différentes catégories de délinquance n!a pas été combinée avec la sociologie religieuse )qui renseigne non seulement sur les appartenances confessionnelles. La conclusion de telles recherches n!a pas été décisive ). /ls pensaient que l!intensité du divorce. Les contrastes des criminalités peuvent $tre dus au différences de positions socio3économiques. dont l!/talien Nerri qui. par e emple. longtemps passionnée. Tarde avait montré l!absence de relation significative d(s DEDG. Elle n!a pas donné non plus de résultat. @ertains auteurs. Mais. prétendait que la vie religieuse était l!occasion de certains délits par les dérogations au mani(res naturelles de vivre des hommes qu!elle imposait )Sociolo'ie criminelle *. . de telles études négligent le degré de pratique religieuse des personnes rangées par les statistiques dans chaque confession. des itinéraires détournés ont été empruntés. interdit au catholiques dont la religion dominait dans l!ensemble de la Nrance. l!appartenance au autres religions minoritaires crée des différences d!attitudes liées au phénom(ne général des réactions ma&oritaires vis3"3vis des minorités e posé plus haut. 5schaffenburg et le Mollandais =. pourrait $tre prise pour indice du degré de déchristianisation. parce que les religions principalement pratiquées en Nrance réprouvent le suicide. Le criminologue allemand A. qui sont peut3$tre la cause des contrastes attribués superficiellement " la religion. En criminologie. C défaut. L!impossibilité d!une démonstration rigoureuse n!e clut d!ailleurs pas l!éventualité d!une corrélation. l!intensité du pouvoir préventif de la morale religieuse varie avec celle de la pratique de chaque religion. et que les israélites étaient au contraire moins criminels que les protestants. Elle consistait " prendre le tau de suicide comme l!indice d!un recul de la morale religieuse. Pouzat et O. comme l!observaient les criminologues américains Parnes et Teeters dans leurs 2ouveaux )orizons en criminolo'ie . de l!e périence individuelle et du bon sens. Mais celle3ci reste &usqu!" présent de l!ordre des h+poth(ses. La concordance des zones géographiques de fort divorce et de forte criminalité l!aurait montré peut3$tre. une religion est dominante dans une région. distinctes.inatel.criminologues. 0uivant les pa+s. dont les reculs ne sont pas simultanés. l!appartenance religieuse ne peut $tre isolée d!autres caractéristiques socio3professionnelles. s!est éteinte de nos &ours. 8ne autre méthode fut fondée sur l!e amen de la corrélation entre les zones des suicides les plus fréquents et celles de la délinquance. 0oucieu de plus de précision. certains travau ont tenté de comparer l!action préventive des diverses religions. au contraire.. Ponger semblaient avoir trouvé que les catholiques avaient tendance " commettre plus d!infractions que les protestants. .

e si(cle et de nos &ours. 5ucun s+st(me n!a pu $tre proposé permettant de mesurer avec rigueur l!effet attribué en ce sens par certains censeurs contemporains au s+st(me éducatif actuellement en vigueur. La comple ité d!une telle interaction rel(ve de l!étude des facteurs individuels de la délinquance./. on doit reconna?tre que. 1es délinquants ont été élevés par des p(res trop faibles et d!autres par des p(res trop autoritaires. dont l!interaction est plus ou moins néfaste selon l!ensemble des données en cause. ces facteurs ne sont pas des causes du crime au sens qui a été défini au début de . &adis imposés au él(ves dans les classes primaires et secondaires. ce qui impose le compte rendu des crimes eu 3m$mes par la presse au moment o7 ils ont lieu.Le rel-chement des freins morau peut $tre dX. d!autre part. selon lequel l!effort et la discipline. Le besoin de &ustice implique que la chronique &udiciaire rende compte des condamnations. que ce fait entre en ligne de compte dans la délinquance. une tr(s faible fraction succombe. /l est clair que d!autres facteurs sont entrés en &eu. par la place faite au faits divers. dont celle de l!affaire 1re+fus. La comparaison des chiffres globau de la criminalité. ou m$me cumulés. Les moyens d(information ont été également présentés comme des facteurs favorisant la délinquance. et dénon9ant certaines erreurs &udiciaires.armi toutes les personnes soumises " l!influence de l!urbanisation. Le proc(s fait " la presse rendrait nécessaire un &ugement tenant compte des deu aspects du r6le &oué par celle3ci. " l(évolution de l(instruction et de l(éducation familiale . /l est possible. au sein de la collectivité dans laquelle leur influence se fait sentir. Les facteurs générau de la criminalité e ercent une action sélective sur les individus. et par les détails de sc(nes atroces ou scandaleuses flattant les instincts les plus bas du public. requérant par ses campagnes plus de fermeté dans la lutte contre les bourreau d!enfants ou leurs ravisseurs. La presse a également &oué un r6le dans la répression des infractions. considérés isolément. et m$me probable. 0ans nier le danger des e c(s. L!affection peut compenser certaines lacunes. par ailleurs. 5u sein de la famille. . /l leur a été reproché de familiariser d!avance le futur malfaiteur avec les techniques requises. au milieu du . 0!agissant des écoles et des l+cées./. le recul de l!autorité paternelle a été dénoncé comme l!une des causes du conflit des générations dans certains pa+s et spécialement dans certains milieu .e si(cle que le développement de l!instruction publique contribuerait " la lutte contre la délinquance. vis3"3vis des adultes. la recherche de la sensation dans la presse n!est pas la seule cause de l!importance donnée au faits divers. Mais il s!+ ins(re associé " la transformation de multiples autres facteurs. reprochée par certains au enseignants contemporains. /l faut donc admettre que. privant le développement de la culture du pouvoir de retenir un nombre croissant d!individus sur la pente de la délinquance. L!attitude de l!autre parent entre aussi en &eu. des nouveau loisirs et des divers autres facteurs précédemment décrits. auraient développé davantage la force de résistance au tentations que la mani(re moins autoritaire de diriger leurs classes. ne confirme pas son h+poth(se. Peaucoup de non3 délinquants ont re9u aussi une éducation défaillante par e c(s ou par défaut. Lictor Mugo avait notamment écrit qu!en ouvrant de nouvelles écoles on fermerait les prisons. l!espoir avait été grand au .

à propos de la délinquance ju!énile dans les 'rands ensembles. dans un premier temps. %ependant.12+. !iolence urbaine . inci!ilités utilisés entre tra!ailleurs sociau" ren!o#aient à des pratiques et à des situations qui me paraissaient $tre des faits. les 'rands ensembles. %e sont les rapports Pe#refitte de .1** et 3onnemaison de . bon nombre d'ou!ra'es apparaissent autour de cette thématique. présents chez les criminels dans des conditions e plosives qui ne se rencontrent pas chez les non3criminels.rederic Lorsqu’il décide d'effectuer une recherche sur les jeunes des quartiers populaires.appani .cette étude. mais aussi dans nos !illes.0ulon' et <. )insi ./ Le(s) sentiment(s) d'insécurité 0&s les années . Pour rappel. l'utilisation de la notion de sentiment d'insécurité fait son apparition. celle de l'éducation spécialisée (…) Pour moi des termes comme sentiment d'insécurité . abordant la question. .. ) titre d'illustration. que ces facteurs générau contribuent " provoquer la délinquance de certaines personnes. 6eud#. laisse entre!oir quelques écueils dont j'aimerais a!ertir ici le lecteur. le chercheur. ) Les o*+ets sociomédiatiques ) par . les discussions ) mais aussi par mes lectures professionnelles et mes lectures conne"es.) déclare qu'on ne saurait pas tenir compte du sentiment d'insécurité pour orienter une politique pénale. !iolence urbaine . tenons nous compte de la perception sensible de l'inflation pour une politique économique 7 %ertains s'interro'ent sur l'insécurité . tel que je le faisais au départ . faits que l'e"périence me permettait de constater. ce que l'on peut trou!er à lire autour des termes comme sentiment d'insécurité . 0ans doute est3ce par leur combinaison avec des facteurs individuels différents. inci!ilités et qui semblent $tre en lien et s'inscrire dans la question.)c:erman. (=) dont le titre seul interro'e la réalité de l'insécurité. a!ec mes coll&'ues. les jeunes et en particulier les jeunes dé!iants ou délinquants ju!éniles des quartiers populaires. ) partir du colloque de .124 qui la consacreront. je !ais poursui!re en présentant. (ouloir saisir la question de la !iolence des jeunes et leurs compétences dans la banlieue . j'ai. ne serait / elle pas une manipulation de l'-tat comme le défend l'auteur L. Parce que de la m$me mani&re. le chercheur est confronté à un certain nombre de termes et de représentations./P. on a assisté !ia les médias à la manifestation d’un intér$t pour la question sociale . 0ans son ou!ra'e l'historien 6ean %laude %hesnais (. %et état de ma pensée était renforcé par les situations ( mes pratiques aupr&s des jeunes. -t c'est dans ce conte"te sociomédiatique qu'apparurent ces trois termes dans la presse. 5l s'en'a'e à l'époque un débat sur la réalité de l'insécurité en banlieue. il s'a'it d'une mani&re de se saisir de la question de l'au'mentation de délinquance dans les quartiers populaires sans a!oir à se prononcer sur les causes. lorsque j'ai entrepris cette recherche. 3ui 8ron' (4) ou alors quelque chose d'irréel comme le su''&re l'ou!ra'e de 9.1*+ / . fait appel à des notions issues de ma culture professionnelle. Pour ma part. . depuis les années *+ jusqu'à nos jours .

( %.3od#/Cendrot. le débat bat son plein. coups et blessures .L.outra'e à a'ent. c'est à dire un manque de courtoisie et I ou de politesse. ) partir de . 0'une part la société fran@aise est urbanisée à 2+A et donc le fait de préciser le caract&re urbain n’est pas pertinent. sont dans une sorte de nébuleuse. !ol. cette e"pression !iolences urbaines ne ren!oie pas au" caté'ories utilisées pour enre'istrer la délinquance dans les 'rands ensembles. =. -n Nrance. soit en parole. D.112. %e terme e"prime un manque de ci!ilité. %e phénom&ne et les objets sociomédiatiques qui l'habitent. d’intensités di!erses. elle aussi.<errou (F) . par e"emple. a rapporté ces tra!au" et mis en a!ant le concept lui/m$me. . la presse. de formes di!erses (ph#siques. %e terme de !iolence dési'ne tout à la fois des actes commis indi!iduellement ou collecti!ement. affecti!es …). en effet car l’intér$t # a t’il à préciser la nature urbaine de la !iolence si celle/ci est majoritairement urbaine 7 0'autre part le terme de !iolence n'est 'u&re plus parlant.. %ette notion fait partie de celles qui ont poussé à la réor'anisation du tra!ail policier à DeM/Oor: dans les quartiers populaires.F4G . L'e"pression !iolences urbaines passera. de !iolences froides et de !iolences chaudes. Pn le retrou!e désormais dans les te"tes lé'islatifs ou les discours politiques.> ) Les %L> résultent d’un partenariat entre administrations publiques en lien a!ec les réalités locales. (J) Ktilisé en criminolo'ie. c'est la création des contrats locau" de sécurité. %ette e"pression peut para?tre floue pour deu" raisons. et est apparu dans la lan'ue fran@aise au H(55éme si&cle.11*. %e mot !ient du latin inci!ilitas dont la premi&re utilisation remonte à . %ette notion sera reprise dans le titre et le contenu de l'ou!ra'e collectif de >. Les inci!ilité(s) La notion d' inci!ilité a aussi connu une certaine fortune médiatique . des recherches menées au milieu des années 2+ et poursui!ies depuis. -n effet m$me au minist&re de l'intérieur. morales. des jets de pierre sur les !oitures de police à l'émeute qui embrase un quartier. soit des établissements scolaires. soit en acte. en particulier à partir de la publication d' un article dans les années 2+ par 6ames 9ilson et Ceor'es Lillin'. %e terme ren!oie donc a de multiples objets et est imprécis. il s'est ensuite imposé en sociolo'ie.. -n . Les caté'ories sont les sui!antes . homicide. Pierre 3en'hoBi parle. 4. ont é'alement souli'né l'impact des inci!ilités sur le sentiment d'insécurité et la dé'radation soit des quartiers. Le Cuennec et E. La notion de !iolence urbaine traduit alors un intér$t pour des actes qualifiés d'anticonstitutionnels .(illepinte d'octobre . Les !iolences urbaines .11G. et notamment le journal Le Monde. intitulé 3ro:en MindoMs (Nen$tres brisées ) qui lui a donné une 'rande publicité. dans le lan'a'e commun .

0'un autre cQté. des consultants ou char'és de mission.3od#/Cendrot. de l'ou!ra'e méthodolo'ique d' )lain 3lanchet et )nna Cotman. ces caté'ories sont !astes. ils sont porteurs de confusion . l'auteur de l'ou!ra'e.<errou. -t c'est donc à tra!ers la sociolo'ie de la dé!iance. pol#sémiques et ambi'uRs . CON. c'est donc !ers celles/ci que j'ai décidé de m'orienter apr&s a!oir pris mes distances a!ec ces objets sociomédiatiques. !iolence et à la banlieue . 3ien que les objets sociomédiatiques soient des caté'ories permettant d'interpréter le monde social. !iolence urbaine . qui bien sou!ent prennent le pas sur la connaissance de l'objet qui nous intéresse. %ependant à la lecture d'un des ou!ra'es de 3ernard %harlot(G). furent repris par des uni!ersitaires.. 0e la m$me mani&re. %e sont des caté'ories issues de l’e"périence ne rele!ant pas des sciences. et d'en!isa'er m$me l'action sociale. Les informations nou!elles qu'apportent les notions présentées dans les rapports ou les écrits journalistiques plus ou moins confidentiels. l'éducateur de rue peut !oir de l'insécurité. 8out d’abord .ORMI!.(1) en confrontant mes idées a!ec d'autres chercheurs. les notions qu’ils !éhiculent n’ont pas d'équi!alents scientifiques. ils ne me permettaient ni une intelli'ibilité plus 'rande ni une objecti!ité loin du simple ju'ement moral.. ils sont porteurs de sens car bien qu'ils ne soient pas des concepts sociolo'iques. éducatif ou judiciaire . D. 5l prend dans son li!re l'e"emple de l'échec scolaire ou du handicap socioculturel et fait remarquer à ses lecteurs que par e"tension nous a!ons tendance à les associer de mani&re automatique à immi'ration. que j'ai pu déconstruire cette forme de caté'orisation de l'é!idence et m'orienter !ers une approche sociolo'ique. %hercheur en >ciences de l'-ducation. ils se renforcent dans la pratique. je me suis rendu compte qu'il s'a'issait d'objets sociomédiatiques. ce sont des notions/carrefours qui mobilisent fortement les opinions. en allant jusqu'à les faire fi'urer jusqu'au titre de leur ou!ra'e collectif >..0'un cQté. une association entre ce que je nommais jeunes délinquants de banlieue et sentiment d'insécurité . Les difficultés pour s'en départir sont multiples .ran1ois de 'aris-I/ Sor*onne2 . que la question de la dé!iance de jeunes des quartiers populaires prend tout son sens . 0&s son premier chapitre(*) .E! . chQma'e. met en 'arde le chercheur contre des objets censés rendre compte du !écu et de l ' e"périence . inci!ilités . -n effet. ou des effets d'annonces plus ou moins !endeurs pour les journau". je faisais par cette sorte de pensée automatique..(2) %'est donc à la lecture de l'ou!ra'e de 3. Le Cuennec et E. 3ien qu'ils furent une entrée en mati&re pour moi. -nsuite. -n effet. Les objets a'issent comme des caté'ories immédiates de la perception des situations. . ) titre d'illustration poussant les écrits sur les objets sociomédiatiques à leur comble.-/IANCE par 0O RRICA . en rester à des propos médiatiques emp$che de s'émanciper du ju'ement moral. !oir qu'une personne manifeste un sentiment d'insécurité . %harlot. -lles sont ce que 3ernard %harlot nomme des attracteurs idéolo'iques . 5L me semble qu’une des difficultés pour le chercheur est la rencontre possible a!ec des écrits de chercheurs associés à de tels objets sociomédiatiques.

@hacun est emplo+é selon son e cellence . qui se caractérisent par la valorisation de la contribution individuelle de leurs membres. elle est s+non+me de ressemblance. et les sociétés modernes. mais leur élucidation am(ne les sociologues " se poser de difficiles questions sur les conditions et les mécanismes qui assurent la conformité. pour la menace qu!en se distinguant il est censé faire peser sur l!unité du groupe et la solidarité de ses membres. . 1ans le second. et de ce fait par l!esprit d!initiative qu!elles attendent d!eu . dans la plénitude de ses implications morales* des r(gles du &eu. et par conséquent de tout membre du groupe partageant le m$me status que lui. la nature et l!étendue de la ressemblance instituée entre les membres de la société. @es propositions sont généralement admises. et " la limite d!identité. ressem(lance et convergence 1ur2heim oppose les sociétés primitives. La conformité prend des aspects tout différents dans l!un et l!autre conte te. ni quant au directions qu!elle leur signale # elle n!est pas irrésistible et c!est souvent l!e igence de conformité qui ouvre les portes de la déviance lorsque le contenu des r(gles et des mod(les s!est altéré et que leur rigueur se rel-che. qu!il caractérise par l!absorption de l!individu dans son groupe. divergences ou oppositions que celle3ci tol(re entre les individus./l n!est pas de société dont les membres ne subissent un minimum de pression qui les am(ne " se conformer " certains mod(les. mais encore il les oppose. Tout individu qui se singularise est sanctionné. 1ans le premier. ou au contraire se resserre e agérément. est e plicitement reconnue. 1. la liberté pour chacun de poursuivre ses propres intér$ts.our lui l!individualisme ne contredit pas le concert et la coopération J il en est m$me une condition # il caractérise la situation du travail tel qu!il s!organise par la division des t-ches et la spécialisation des compétences. " certaines r(gles )et par l" m$me " se ressembler*. et en particulier de contracter avec autrui < " condition que ces arrangements ne contreviennent " aucune disposition fi ée par les autorités publiques. et que chaque contractant puisse compter sur l!appui de ces derni(res pour contraindre ses partenaires défaillants " e écuter leurs promesses <. parfois de la fa9on la plus rude. traditionnelles serions3nous tentés de dire < pour + inclure des états de la société occidentale antérieurs " la révolution industrielle <. @ette pression ne s!e erce d!une mani(re uniforme ni quant " l!intensité des contraintes qu!elle applique au individus. afin d!établir une réciprocité entre les contributions et les rétributions des différents acteurs. L!e igence sociale de conformité ne se confond plus avec l!obligation faite " l!individu de se rendre pour ainsi dire indiscernable du ' t+pe ' social. et inversement sur les différences. par l!autonomie qu!elles leur reconnaissent. %on ormité. Elle se ram(ne " l!acceptation et au respect )en prenant ce dernier mot dans son sens fort. /l n!est pas difficile de comprendre pourquoi ce régime de solidarité que 1ur2heim appelle ' organique ' se caractérise par sa fragilité J en effet. comment des sociétés qui prisent si fort l!individualisme peuvent3elles se protéger elles3m$mes contre l!é'o3sme de leurs membres : Ion seulement 1ur2heim distingue ces deu termes.

d(s ses premiers écrits. et l!autre qui. locau et professionnels* # l!individu ainsi abandonné " lui3m$me n!a plus d!autre point d!ancrage que ses intér$ts ou ses humeurs. c!est l!inverse qui est vrai. /l ne faut pas dire que le contrat fonde la discipline. m$me et peut3$tre surtout si elle se contente d!imposer des obligations tr(s diffuses. et chacun participe " l!4uvre de tous mX par la recherche légitime de son propre intér$t.eut3on se contenter de répondre. l!une qui proc(de de la tradition utilitaire. se qualifie elle3m$me de réalisme sociologique. n!est pas le résultat d!une négociation en forme entre les protagonistes abstraits tels que les envisage la tradition utilitaire J les individus ne sont que parties " un échange et " un contrat. en proclamant la normalité du crime il reconnaissait la liaison étroite entre la conformité et la déviance. et que tel acte tenu ici pour criminel est toléré ailleurs. Le crime n!est pas seulement ' normal ' en ce qu!un tau de criminalité est observable avec une fréquence d!une constance impressionnante dans toutes les sociétés. /l + a en effet dans la discipline. ils se rendent compte que leur intér$t bien compris leur conseille de coopérer J le produit de leur travail se trouvant accru du fait de l!organisation collective de leurs efforts. qui fait que l!on se conforme " la loi commune. e erce sur les individus : /nvoquer la ' contrainte ' pour rendre compte de la ' conformité ' est pure logomachie. conformité et différence se conditionnent mutuellement J pourtant la préoccupation e clusive que chaque individu a de ses fins singuli(res ne risque3t3 elle pas de briser la solidarité. On s!apercevra que 1ur2heim est e empt de ce reproche si l!on veut bien prendre garde que. s!autorisant d!une lecture tr(s superficielle de 1ur2heim. 1ans une société individualiste organisée selon le principe de la division du travail. 1(s que les individus savent calculer. et de rendre dérisoire la recherche de la conformité : @omment une m$me discipline peut3elle s!imposer " tous. La discipline appara?t comme un coXt que l!individu est pr$t " acquitter pour tirer tout le parti possible des avantages de la solidarité. affirment les utilitaristes. du moins dans celle qui nous lie " nos obligations constitutives et pour ainsi dire sacrées. la part de chaque producteur est augmentée et sa peine réduite.éviance et charisme %este " se demander en quoi consiste cette discipline. comme certains lecteurs pressés de 1ur2heim. comme tout ' fait social '. remplissent.particuli(re. la violence perpétrée contre les certitudes et les ' sentiments forts ' de la ' conscience collective '. quelque chose de catégorique qui répugne " la transaction et au calcul. Mais 1ur2heim n!a pas de peine " montrer que toute discipline. /l faut en effet convenir que chaque société a sa propre liste. une fonction . . ou plut6t peuvent remplir. 2. et " quelles conditions une loi commune peut3elle prévaloir sur la spécialité et la dispersion : /l + a lieu ici d!écarter deu interprétations. . ou m$me approuvé J mais au3del" de ce relativisme. 1ur2heim reconna?t que le scandale qui est inséparable du crime. que cette conformité est obtenue en raison de la ' contrainte ' que la loi. En revanche l!é'o3sme se caractérise d!abord par la dissolution des références communes )r(gles de conduite et principes de légitimation* et par le rel-chement des liens primaires )familiau .

/ls délient )tout en préservant de l!ancienne loi ce qu!ils en confirment et valident*. au cours de l!histoire. 1ans le premier cas. /ls apportent avec eu une légitimité nouvelle. ont été introduits par des mouvements révolutionnaires et par des personnalités hors du commun. parce qu!on ne sait pas au &uste ce qu!elle e ige de nous. au quelles nous sommes disposés " nous conformer. c!est de se rendre compte que celle3ci < surtout si elle est prise comme s+non+me de la force toute pure < n!est pas nécessairement efficace J bien plus. Le ' crime ' de 0ocrate ou de Oésus n!a rien " voir avec le meurtre commis par une brute ou par un demeuré mental. ' aberrantes '. mais ils offrent aussi de nouveau liens. /l faut donc en conclure que les prescriptions d!au&ourd!hui. qu!" la condition d!accepter de s!immoler " la norme. m$me si elles ne sont plus communément partagées dans la société tout enti(re )c!est le cas du ' point d!honneur ' dans les sociétés bourgeoises*. 3. il est malaisé de se conformer " la norme. déviance. Les proph(tes. sont d!une telle rigueur qu!elles placent devant un choi dont le second terme. la conformité n!était possible. m$me ritualistes et vétilleuses. @e qui au&ourd!hui est routine était hier charisme # ce qui au&ourd!hui est conformité était hier parado e. La contrainte %on ormité et contrainte 8ne autre fa9on de dire que la conformité n!est pas nécessairement produite par l!application de la contrainte. appara?t préférable au premier. scandale. /l arrive aussi que d!autres normes.positive si. ont pour origine et pour source un commandement ou un appel qui. de nouvelles formes sociales et culturelles sont mises au &our. le suicide. un engagement original et vivant. " ce qu!ils viennent proposer leur message personnel contre l!autorité de la tradition. avant de &oindre et de b-tir. gr-ce au ébranlements qui les accompagnent. o7 le su&et sacrifie sa propre vie " une image de soi qui lui est plus précieuse que son e istence biologique. a rompu et brisé. nous mettent pour ainsi dire dans l!obligation de les violer. @ette réfle ion introduit au théories de Ma =eber sur les individus charismatiques. @ertaines normes. par e emple dans l!ordre professionnel et la vie économique. autant que d!autres par défaut de précision. . qui serait le reniement et l!infamie # c!est la situation visée par 1ur2heim dans ce qu!il appelle le suicide altruiste. Mais le désir de protéger les ' héros ' et les ' saints ' de toute contamination avec la troupe des e travagants et des immorau ne suffit pas " &ustifier le parti pris de nier que des changements essentiels. " la limite. du moins quant " leur esprit. ou m$me ' monstrueuses ' et ' criminelles '. 1ans le deu i(me cas. devenues flottantes. tenues " leur époque pour ' déviantes '. indécises ou m$me contradictoires. les démagogues ne se reconnaissent pas seulement " ce qu!ils viennent briser l!ordre ancien. crime < bref. certaines normes sociales sont inapplicables par e c(s de rigueur. en son temps.

qu!il s!agisse d!une nation. et comment le second acquiert et maintient consistance et vitalité. qui fait dépendre la conformité de l!adhésion " un consensus intellectuel et moral )' cro+ances et sentiments '*. ce n!est pas plus le fait de la ' contrainte ' que l!e istence. il faut que le champ d!application de la ma ime soit circonscrit. 8ne des difficultés de la formule de Malebranche. @ette formule. de . dans la société fran9aise du . se seraient mis d!accord. . les deu notions sont aussi peu satisfaisantes l!une que l!autre. /ls sont prescriptifs. et se refusent " spécifier les conditions dans lesquelles ils sont censés s!appliquer. -ormes et valeurs @e qui fait probl(me. pesant chacun son intér$t.uoi qu!il en soit. . En fait. @e qu!il faut e pliquer. c!est que les crit(res définissant l!amitié )s!agit3il d!un lien fondé sur un pur mouvement de charité. la possibilité de la déviance est inscrite dans la nature m$me du processus au terme duquel la conformité est tant bien que mal assurée. .La conformité n!est donc pas assurée par l!application mécanique de la contrainte et elle ne résulte pas infailliblement d!un calcul sur le résultat duquel des individus. une distinction que les sociologues établissent entre ' normes ' et ' valeurs '. c!est comment la premi(re est efficace. n!est " tout prendre qu!une lapalissade. d!une famille ou d!un groupe de discussion < communauté d!idées et de sentiments. parce qu!elles sont également vagues. dans une société donnée.uand on dit avec Malebranche qu!' il faut préférer son ami " son chien '. on n!énonce rien quant " ce qu!on doit " son ami ni quant " ce qu!on doit " son chien. il faut introduire quelques distinctions essentielles. /l suffit pour s!en convaincre de réfléchir " la mani(re dont fonctionne la ' conscience collective '. il n!+ a rien de normatif dans cette recommandation.our répondre " ces questions. a toutes chances d!$tre reconnue et approuvée par la ' conscience collective '. 1e telles valeurs. . d!un corps de convictions et d!attitudes.u!est3ce qui la menace : . on énonce une préférence qui. En réalité.u!il + ait dans tout groupe humain < quelle qu!en soit la taille. 5u fond. semble " premi(re vue préférable " la présentation ' réaliste ' qui ramenait tout " la pression et " la ' contrainte '.. arr$tons3nous sur une distinction capitale. dans un sens un tant soit peu précis.e si(cle. négligée par des philosophes qui s!en tiennent " l!impératif catégorique. . En quoi consiste cette ' communauté ' : Ousqu!o7 va3t3elle : @omment se soutient3elle : . Les préceptes de la morale 2antienne se présentent sous cette forme. 1ur2heim dit que les membres de la société se conforment au normes collectives < et ce faisant sont rendus conformes les uns au autres < parce qu!ils adh(rent au s+st(me de ' cro+ances et de sentiments ' admis dans le groupe. on peut donner de nombreuses e pressions qui se rattachent au ' respect ' que chacun doit en autrui " la ' personne humaine '.uand on dit qu!il faut ' préférer son ami " son chien '. Le maintien du consensus < la réalisation d!un minimum de conformité entre les membres de la société < est3il assuré par la pure et simple présentation de ce que doit faire un su&et quelconque : Les rationalistes ont beau &eu d!arguer que la ' société ' est aussi désarmée que la conscience transcendantale devant les appétits et les intér$ts.our qu!il + ait norme.

soit parce que les sanctions sont trop )ou insuffisamment* dures. de l!adhésion des esprits " quelques ' cro+ances et sentiments ' communs. En deu i(me lieu. pour mieu saisir le sens de cet écart. une situation dans laquelle entrent en rigoureuse contradiction le s+st(me de normes et le s+st(me de valeurs J tout ce qui serait prescrit par les autorités serait dévalorisé par la conscience collective. produit une atomisation du groupe. ou un retour " l!état de nature. dans la mesure o7 on la caractérise par une antith(se valeurs3fins qui retire toute légitimité au titulaires du pouvoir. privé de tout fo+er effectif d!unité. de dire le droit et de le faire e écuter. et par la nécessité corrélative de recourir tout de suite au ' grands mo+ens '. il ne suffit pas. elles ne devraient compter que sur la force nue pour contraindre les individus " faire ce qu!elles leur prescrivent. relativement concr(tes. une e acerbation des rapports de force < bref une désocialisation.philanthropie : sur un calcul : sur une inclination : sur un attachement raisonnable :* sont " coup sXr moins rigoureu que ceu qui permettent d!identifier presque infailliblement le quadrup(de mammif(re connu en fran9ais sous le vocable de chien. L!escapiste . la situation de déviance. et par conséquent de leur compatibilité. soit parce que l!arbitre est trop )ou insuffisamment* tolérant. Le pro(lème de la légitimité La déviance a pour source l!écart entre normes et valeurs. au sens fort du mot. c!est3"3dire sans une autorité capable d!interpréter. 8n écart se creuse entre les valeurs )préférences aussi intenses qu!on voudra. la norme est assortie d!une sanction qui prévoit avec plus ou moins de clarté les conséquences au quelles s!e pose le défaillant ou le délinquant )ou les réparations dont peut se prévaloir celui qui aura souffert du fait de la non3e écution de la norme*. /l en résulte qu!il n!+ a pas de norme sans &uge. voire de sentir. soit parce que les normes sont trop )ou insuffisamment* e plicites. si sa rigueur dépend de ces trois conditions. lequel s!e prime aussi bien par e c(s que par défaut. une autorité d!arbitrage. et définiraient d!une mani(re tr(s ample le secteur o7 les intér$ts privés se verraient reconna?tre totale liberté. pour qu!elle soit assurée. @omment cet état de parfaite illégitimité pourrait3il se maintenir : Les autorités < et dans ce cas. de penser. /maginons. peut3$tre vaudrait3il mieu parler de pouvoir < devraient recourir au deu mo+ens suivants J elles feraient d!abord la part du feu. la déviance a bien des chances de se produire. Mais si sa mise en 4uvre suppose une procédure de sanction. . ou sans arbitre. un pouvoir d!e écution. En outre. mais non spécifiées dans leur contenu ni dans leur mode de réalisation*. dont la réalisation est gagée par le réseau de sanctions dont disposent les autorités du groupe. C leur niveau. et les normes qui prescrivent des mani(res de faire. 8n état d!illégitimité se caractérise donc pour les instances centrales de la société par une réduction tr(s sensible de leur capacité d!$tre obéies si l!on ose dire ' sur leur bonne mine '.uant " la conformité.

ou au contraire s!étendre au comportement d!un groupe tout entier. on peut tenter de faire un portrait du rebelle. soit en tentant de la fuir. selon l!intensité de sa contestation et la visée du mouvement par lequel il s!en prend au s+st(me de normes et )ou* au s+st(me de valeurs.olichinelle '. Tant6t le révolté se décharge contre des ob&ets sociau ressentis comme immédiatement inacceptables )personnes ou principes*. et n!intéresse plus les persécuteurs éventuels J c!est ' le secret de . par une série de substitutions s+mboliques régies par la loi d!équivalence et la loi d!opposition )que l!on voit " l!4uvre dans les pré&ugés raciau . la révolte n!anime pas un pro&et bien arr$té de changer l!ordre du monde. C partir de la contradiction présentée " l!individu. Le re(elle 5pr(s avoir campé l!escapiste. si l!on convient de désigner ainsi la décision de se soustraire " une société.écuchet. il peut théoriquement re&eter l!un et l!autre < et se constituer " part. . soit sur le mode de l!agression )h+peractivité*. par e emple en s!+ fondant au moins en apparence. L!escapisme . qui cherche avec plus ou moins de bonheur " se soustraire au pressions d!un milieu hostile. tenue pour illégitime et pourtant trop forte pour qu!on lui résiste. vivons cachés '*. l!in&ustice de la société me dégoXte '. est susceptible de prendre des formes différentes. Le révolutionnaire . et par l!esp(ce de sécurité qu!ils lui apportent J c!est le cas de Pouvard et . distinguer le révolté du révolutionnaire. sont obligés de se protéger contre la répression. il doit $tre entendu que l!individu ne peut pas accepter la situation qui lui est faite J il ne peut que la nier. mais &e me contente d!e primer mon dégoXt. d!une mani(re fort véhémente éventuellement. mais sans apercevoir leur liaison J ' Oe suis révolté. par e emple ' les 5rabes et les Ioirs. apr(s avoir voulu se m$ler au monde et " la vie de l!esprit. dont on fait tant de m+st(re pour se donner un peu d!importance. retrouvent la pai en se remettant " leurs écritures. soit sur le mode du retrait )passivité totale*. c!est la m$me chose. ce sont tous des étrangers '. ' parce qu!ils se valent tous '. c!est3"3dire des non 3Nran9ais*. tout en persévérant dans leur propre voie. tandis que le révolté se lance contre les unes ou contre les autres. tant6t son hostilité se déplace. on peut aussi bien supposer que l!individu réagira. En tout cas.u!elle soit sur fond de mépris ou sur fond d!indignation. 1isons que le révolutionnaire attaque violemment et les r(gles et leurs principes. les deu gratte3papier de Nlaubert qui. sans me salir les mains. Le secret constitue une protection efficace pour ceu qui.1emandons3nous maintenant comment peut se comporter l!individu placé en face d!indications contradictoires en ce qui concerne ce qu!il doit faire )sous peine de sanction* et ce qu!il doit préférer. 0i l!on continue " se placer dans la situation e tr$me d!une parfaite illégitimité. /l arrive aussi que le secret finisse parfois par ne plus voiler que ce qui est trop connu. On peut. soit en essa+ant de la changer. Ou bien l!escapiste se réfugie dans l!accomplissement de rites qui n!ont de sens que pour lui. /l peut $tre strictement individuel )' pour vivre heureu . On peut aussi tenter de distinguer les formes de rébellion selon les cibles qu!elles visent.

. Or il semble bien établi que la propension au crime < et plus généralement " la déviance < dépend non pas tant de l!opposition de l!individu au normes que de l!ambiguKté. les réactions de l!individu qui s!+ trouve impliqué. Mais ce que l!on sait des deu phénom(nes qui fournissent les deu apports les plus massifs " la criminalité.éviance et marginalité . si en outre on les associe au premier qui touche " l!hétérogénéité raciale et culturelle. pour e pliquer des attitudes plus ou moins esthétisantes de contestation ou de provocation. Les travau sur les mouvements révolutionnaires soulignent en général la vigueur du re&et par lequel certains individus. les victimes et leurs défenseurs. c!est3"3dire parmi les individus qui rel(vent simultanément de plusieurs allégeances. on s!aper9oit que les délinquants ont une forte probabilité de se recruter parmi les mar'inaux . de s!opposer " un ordre ancien qu!il entreprend de remplacer < ou tout simplement de détruire. On peut aussi. 5insi l!adolescent blanc de classe populaire vivant dans les taudis est tiraillé entre les . la délinquance &uvénile et l!organisation des ' gangs '. et les ' méchants '. ou certains groupes. c!est supposer que l!un et l!autre pris isolément soient cohérents. @e que certains auteurs appellent le ' manichéisme ' du mouvement communiste " ses débuts souligne bien la netteté de l!opposition entre les ' bons '. la brutale démarcation entre les tén(bres de l!' avant ' et les ' lendemains qui chantent '. ou " l!entrepreneur audacieu qui lance )avec plus ou moins de succ(s* de nouveau produits sur de nouveau marchés. Trois séries d!études s!inscrivent dans cette perspective. 0i l!on consid(re con&ointement les deu derniers crit(res et qu!on les traite comme e pression de la mobilité géographique. le travail. de l!équivoque de ces derni(res. tout en se gardant bien de confondre leur déviance avec celle des révolutionnaires. quoique d!une mani(re schématique. $. On aura soin de distinguer le révolutionnaire du hors3la3loi )ou plut6t de l!' ennemi des lois '* J " ces deu t+pes sociau on pourrait a&outer l!' innovateur ' dont les variétés peuvent aller du proph(te )plus ou moins authentiquement inspiré* " l!inventeur )plus ou moins ' génial '* en mati(re de science ou de technologie. 5insi la délinquance &uvénile )par e emple celle des &eunes Plancs dans un quartier de Paltimore* est notablement plus élevée que la mo+enne dans les unités de résidence o7 se trouvent &u taposés des groupes ethniques rivau .Ousqu!ici nous avons raisonné comme si la situation génératrice de la déviance se réduisait " une contradiction entre normes et valeurs. s!e cluent eu 3m$mes de leur société et lui dénient toute légitimité. partir du conflit entre un s+st(me de valeurs et un s+st(me de normes. 8ne telle h+poth(se se réf(re " un cas e tr$me qui a l!avantage de mettre en évidence les déchirements d!une société privée de légitimité et de décrire.ourtant ces anal+ses ont le grave défaut de traiter la déviance comme une sorte de choi par lequel l!individu prend le parti de nier. En effet. partir du refus e primé par certains individus " l!égard de valeurs ' bourgeoises ' comme l!ordre. oblige " compliquer le sch(me initial. la parcimonie. o7 le tau de rotation des habitants est élevé et o7 le pourcentage de locataires )plus nomades* est supérieur " celui des propriétaires )plus sédentaires*. les e ploiteurs et leurs complices.

il faut voir que cette substitution reste le plus souvent s+mbolique et imaginaire. qui fume en dépit de l!interdit paternel. comme un adulte ou comme ' a+ant droit ' " ce status5 5ussi cette prétention est3elle le plus souvent traitée avec indulgence et &ugée comme une déviance tr(s anodine. /l est vrai qu!il peut chercher aupr(s de camarades de son -ge.arginalité et a irmation de soi La marginalité. de l!école o7 prédominent l!éthique et la culture de classe mo+enne représentées par les institutrices. Mais cette reconnaissance mutuelle dans des . . de la condition de l!adulte )le costume. comme idéal plus ou moins accessible. variables évidemment selon les sociétés. la possession de certains biens durables prestigieu . " travers la recherche des avantages réels et s+mboliques )en ce qui concerne la liberté. mais qui temporairement ou définitivement ne lui est pas accessible. qui recourent au m$mes pratiques que lui. . et surtout si l!on bénéficie dé&" de certains attributs. on peut voler et tuer pour $tre reconnu comme un ' dur ' et $tre admis dans la prestigieuse société des ' caKds '*. le mouvement. Mais quelle que soit sa gravité. la reconnaissance de ses prétentions. e prime un désir de promotion qui cherche " se réaliser dans l!appartenance effective " un groupe pris au préalable comme référence. Mais elle pourrait cependant se prolonger en délinquance )si " la cigarette est substituée la mari&uana* ou m$me en acte ' criminel ' )si pour se procurer la drogue interdite le su&et recourt " la contrebande*. /l faut voir aussi que ces références sont diversement valorisées. du moins reconnu. le &eune gar9on souvent humilié d!$tre pris pour un ' blanc3bec ' ambitionne3t3il le status d!adulte # de m$me si nous supposons pour le moment notre société stratifiée d!une mani(re univoque. les titulaires de bas status tendront " attribuer du prestige au titulaires de hauts status5 La volonté de passer pour un ' homme ' quand on est encore un gar9on. et surtout qu!elle est niée et le plus souvent mise en échec par autrui < et plus précisément par ceu de nos partenaires au quels nous tenons le plus " faire admettre notre changement de condition J ce n!est pas parce que le gamin fume sous les +eu de son p(re qu!il sera traité en adulte par celui3ci. L!acte du gar9on de douze ans.normes et les valeurs de ses parents. la libre disposition d!un revenu monétaire. appara?t comme l!e pression s+mbolique de son pro&et d!$tre traité. comme l!automobile*.ar e emple. le st+le et le niveau de sa consommation* d!une condition tenue pour désirable. ne souligne pas seulement la pluralité des références par rapport au quelles un individu peut orienter sa conduite )et " la lumi(re desquelles autrui peut porter un &ugement sur ladite conduite*. et m$me il risque fort de se ' faire remettre " sa place '. des bandes )'an's * ou groupes de camarades )peer4'roups * qui se font et se défont au gré des rencontres le long des rues. 0!il + a tout lieu de caractériser la délinquance comme une conduite substitutive )de m$me qu!on fume pour passer pour un ' grand '. telle que les études de la criminalité ou la délinquance des adolescents ont permis de la mettre en lumi(re. l!acte &ugé déviant )qu!il s!agisse d!une peccadille ou d!une grosse infraction* appara?t comme une affirmation de soi.

et le processus de légitimation qui socialise l!acteur dans sa nouvelle condition et conduit autrui " reconna6tre et authentifier cette réussite. ce qui est défendu au&ourd!hui sera d!ici " quelques mois tenu pour licite et allant de soi. 8ne conduite peut $tre &ugée anormale et déviante par rapport au status actuel de l!individu. et parfois m$me l!étouffer. il engendre la déviance. C coup sXr. la ' socialisation anticipatrice ' se solde par un échec et par une régression. c!est la capacité " assumer effectivement l!intégralité )privil(ges. n!$tre ressentie que par des groupes tr(s réduits et sans grande influence )les intellectuels par e emple* qui. puisque.ilieu et / acilitation / de la déviance /l ne suffit pas d!affirmer l!importance du ' milieu social '. une société est génératrice de déviance si elle place les acteurs devant une contradiction permanente entre les valeurs qu!elle leur propose et les normes suivant lesquelles elle sanctionne leur conduite. les autres qui dépendent de l!' engagement ' de l!auteur. la déviance est ressentie sub&ectivement par les déviants comme une sorte de malaise. . En fait. Mais cette contradiction peut. chercheront plus " se protéger contre l!' in&ustice ' en s!isolant qu!" propager un nouveau t+pe d!organisation sociale. les unes qui dépendent du ' milieu '. le ' milieu social ' peut dans d!autres circonstances la freiner. @!est ce que montre bien l!anal+se du phénom(ne désigné par Merton sous le nom de ' socialisation anticipatrice '. mais aussi responsabilités* du status auquel on aspire qui décide de la légitimité de la prétention. . dans certains cas. elles peuvent $tre en premi(re instance distribuées en deu catégories. il faut voir que ce facteur produit des effets tr(s différents. peut se conclure par la consécration d!une nouvelle conformité. et.groupes semi3clandestins reste insuffisante puisque ne venant pas de ceu aupr(s desquels avait été introduite la demande de légitimation et qui se refusent " la concéder J elle ne constitue qu!une ' fiche de consolation ' )un second best *. Les observations dé&" présentées concernent des groupes )intellectuels et protestataires de toute sorte* J le m$me phénom(ne de malaise se constate chez les individus )comme le sugg(re par e emple l!autobiographie d!5ndré Aide . 0i. et par les autres membres de la société comme une tension ou une dissonance.uant au conditions du succ(s )ou de l!échec* du su&et.éviance et / socialisation anticipatrice / /l s!en faut de beaucoup que toute déviance soit criminelle J toute revendication de légitimité présentée par un marginal )individu ou groupe* n!est pas nécessairement écartée. 1ans une premi(re phase de son développement. passer inaper9ue d!un nombre plus ou moins grand d!individus. et normale par rapport au status futur du m$me su&et J c!est pourquoi le gar9on qui fume en dépit des interdictions de son p(re est &ugé avec tolérance. plus ou moins longtemps. qu!ils auraient tendance eu 3m$mes " traiter comme une pure utopie. dans une premi(re phase. Mais le pari peut $tre gagné et au bout du compte l!individu peut se trouver enrichi d!un profit et d!un acquis durable. tout le monde le sait bien. quand il ne lui fournit pas de mo+ens d!e pression. en l!absence de cette capacité. .

en montrant que ' les autres font bien ' ce que l!individu en question s!est vu refuser < s!il ne se l!est pas refusé " lui3m$me. @!est dire que la conformité de l!individu au normes spéciales des groupes dont il rel(ve est assurée " travers un réseau de sanctions qui reposent en partie sur des liens interpersonnels J c!est l!absence. Et toute pédagogie. si l!on tient " s!acquitter correctement de ses obligations professionnelles ou domestiques. En fait. émerveillement de n!$tre pas seul. il faut que plusieurs conditions de ' facilitation ' soient offertes au marginal par son milieu social J rel-chement des contr6les répressifs. " ses fr(res. on pourrait considérer comme un processus de dérive la démarche par laquelle le su&et cherche. en le laissant dans l!embarras sur ses devoirs et m$me sur son identité. avec lesquels on n!a pas honte d!$tre ce que l!on est. ce qui n!emp$che point qu!aucune société ne pourrait subsister si. c!est de plonger dans l!anon+mat de la grande ville. " son ma?tre. au3del" de ses références famili(res. il découvre la ' singularité ' de ses penchants homose uels* qui ' se sentent mal dans leur peau ' et sont per9us par les autres comme ' bizarres '. pour s!assurer la docilité de ses membres. elle devait placer derri(re chacun de nous un magistrat et un policier. pour socialiser l!individu. par une sorte d!' effet de démonstration '. des alibis et des complicités J une mani(re de ' larguer les amarres ' pour se soustraire au &ugement des parents et des amis. /l se peut que la crainte du gendarme soit le commencement de la sagesse. n!a+ant pas été taillés pour lui sur mesure. . en faisant luire " ses +eu des avantages dont finalement la &ouissance lui sera refusée*. le rel-chement ou la dénaturation de ces sanctions personnalisées qui inversement constituent l!incitation ma&eure " la déviance. adolescent.lorsque. et par conséquent de n!$tre point un ' monstre '. des compagnons de travail. c!est3"3dire pour le faire entrer dans des patrons de conduite qui. de s!abandonner " l!errance du vagabond < quitte " former société avec ses pareils. /l est vrai que la personnalité du magistrat )comme celle de l!accusé* n!a rien " voir avec la nature de la peine qu!il prononce contre l!accusé. &oue de son attachement " son p(re. le contraignent et parfois l!embarrassent. @!est notre dépendance vis3"3vis d!un certain nombre de personnes dont l!attitude compte pour nous qui contribue " assurer " la société notre concours et notre conformité. " ses camarades. Mais la machinerie de la &ustice officielle ne constitue que la toute derni(re ligne de défense par laquelle est maintenue la conformité. et qu!il tenait &usque3l" pour irréalisables. mais elle en fournit aussi les occasions. c!est parce que l!approbation ou la censure des familiers. . qui permet " l!individu de ' tenter sa chance ' et de ' vivre sa vie '. encouragement que le déviant en herbe retire du spectacle de la réalisation effective par d!autres d!actes et de situations dont il a longtemps r$vé.our qu!ait lieu le plein épanouissement de la déviance. Ion seulement la société crée les conditions ' conte tuelles ' de la déviance )en soumettant l!individu " des pressions intenses contradictoires. affectent directement notre amour3 propre. " sa m(re. les attitudes qu!ils prennent vis3"3vis de chacun pour lui e primer leur bonne ou mauvaise opinion. qui peut conduire " la satisfaction de se prendre pour un ' élu '. 1ans cette perspective.

c!est3"3dire qu!elle soit bien assimilée " la personnalité de l!acteur pour que toute violation dont il prendrait l!initiative provoque chez lui un sentiment de honte ou de culpabilité. ce processus d!intériorisation est remarquablement comple e. d!autre part. m$me si elle n!est pas tenue pour légitime par celui3ci. le ram(ne dans le droit chemin < emp$chant que son infraction ne prenne un caract(re cumulatif et ne le conduise. qui n!emp$che pas l!accomplissement de l!acte délictueu . de l!acte pour ainsi dire ponctuel et isolé " la déviance et m$me " la participation réguli(re " des sortes de ' contre3institutions ' o7 il s!associera " ses pareils. au cas o7 l!on viendrait " lui désobéir. ceu qui apprennent ensemble. Les conflits qui opposent p(re et fils )et dans une moindre mesure ma?tre et disciple* ont été mis en lumi(re par la ps+chanal+se < de m$me que les rivalités et la &alousie qui marquent les relations . ni que nous nous sentions touchés par ce qu!on pense de nous et la mani(re dont on nous le fait savoir. il ne suffit pas qu!elle prescrive telle ou telle conduite ni m$me qu!elle menace de sanctions plus ou moins effra+antes. /l faut aussi que nous a+ons préalablement appris ces mod(les et ces attitudes J et c!est ainsi qu!en les reproduisant nous nous identifions " celui qui nous les a enseignés.0. Mais on peut encore parler d!intériorisation de la norme m$me si la conduite du su&et s!en écarte. /l suffit que sa violation éventuelle produise un sentiment de culpabilité qui. pour qu!une norme soit efficace. il ne suffit pas que nous so+ons actuellement sensibles au sanctions qui menacent notre éventuelle déviance. l!éducateur et l!éduqué sont rendus partiellement semblables. 5u3del" du fait de conformité entre les conduites et les normes. En fait.our que nous agissions conformément au normes définissant tel ou tel de nos r6les. et c!est &ustement " raison de sa comple ité qu!il se trouve e posé " toutes sortes de ' ratés '. Mais cette similitude est " la fois précaire et partielle. s!il n!est pas assez fort pour retenir le coupable. d!une part. il faut remonter &usqu!" une indifférenciation entre les membres du groupe. . il faut en outre qu!elle soit ' intériorisée '. et. Mais l!intériorisation de la norme < et c!en est l!e pression minimale < se réduit parfois " une sorte de ' mauvaise conscience '. %on ormité. 8ne norme tenue pour légitime a toutes chances d!$tre intériorisée # c!est ce que 1ur2heim veut dire lorsqu!il parle de l!autonomie comme de la situation o7 la conduite du su&et est enti(rement conforme " ses obligations. @ette situation qui abolit toute distance entre la conscience et l!obligation n!est qu!une limite. engagement et intériorisation 5u3del" de cette dépendance " l!égard d!autrui. et sa conscience enti(rement libre puisque l!obéissance " la loi e prime et réalise pleinement sa nature. l!intensité de la motivation avec laquelle il s!intéresse au perspectives que lui ouvre sa participation " divers groupes. En d!autres termes. L!intériorisation de la norme appara?t alors comme le terme d!un processus d!identification par lequel. au partage d!une m$me tradition qui a été transmise par l!apprentissage d!une m$me culture. et selon 1ur2heim le terme idéal d!une éducation achevée. par étapes. ou de regret pour ce qui ne l!a pas été. mais l!accompagne de remords pour ce qui a été fait. il faut prendre en compte le sérieu de l!en'a'ement que le su&et éprouve vis3"3vis des normes.

la ps+chologie sociale. On assiste ainsi " une large intégration de disciplines. . actuellement ce sont plut6t les sciences du comportement qui leur fournissent concepts et techniques. sous la direction de @M5%LOT Pernard. et en particulier avec celui de 1ur2heim. elle a un arri(re3fond s+mbolique et primitif dont 1ur2heim rend bien compte dans ses anal+ses de la solidarité mécanique. 1!abord.ue la conformité dépende en fin de compte de l!éducation < en prenant ce terme au sens le plus vaste < conduit " des propositions tout " fait compatibles avec l!enseignement des sociologues classiques. la liaison qui associe conformité et déviance )puisque l!une et l!autre se définissent par rapport " des normes et " des valeurs* suffit " montrer l!e tr$me fragilité de toute société. 5ussi l!évolution est3elle parall(le " celle des méthodes et de la théorie sociologiques J apr(s l!anal+se du conditionnement social e térieur de l!individu. En deu i(me lieu. C ces phases de l!approche sociologique correspondent des méthodes différentes J si autrefois les chercheurs faisaient surtout appel " l!histoire. qui revient en somme " anal+ser le phénom(ne criminel. au&ourd!hui. Les études descriptives . Equipe E0@OL de l^université de ..aris Y .enis# pro$esseur titulaire % l& Ecole de criminologie de l&université de Montréal# directeur du centre international de criminologie comparée# université de Montréal# président de la société international de criminologie# c(argé de cours % l&instituts d&études politiques de 'aris2 Le phénom(ne criminel n!est. qui cherche " se rendre elle3m$me conforme " ses propres r(gles et " ses propres principes < sans &amais parvenir " se soustraire au risques d!une déviance d!autant plus inévitable qu!elle constitue souvent le seul recours de l!innovation. la conformité ne se construit pas e clusivement sur des différences rendues convergentes par l!intér$t bien compris.. l!anthropologie culturelle et la ps+chanal+se.E LA5 par S6A0O .entre fr(res et plus généralement les membres d!un m$me groupe d!-ge.-LIN3 ANCE 4SOCIOLOGIE . " la géographie et " l!économie pour + trouver les éléments constitutifs du milieu social de l!activité criminelle. telles la sociologie.. prospectent davantage les facteurs sociau du comportement du criminel J ils s!orientent vers l!e amen de sa personnalité. 1. @^est cette piste que N5. les sociologues. qu!un aspect du phénom(ne social total. Mais que signifie e actement intériorisation lorsque l^on parle de norme ou de déviance : La déviance peut3elle $tre apprise : . pour la sociologie.5I/ Nrederic e plore dans une recherche actuelle. dans un vaste ensemble qu!on a coutume de désigner sous le nom de ' sciences socioculturelles '.

le fonctionnement des administrations publiques )&udiciaire. @ette tradition de sociologie descriptive est représentée dans la criminologie contemporaine par les travau de 0ellin )DEYH*. l!industrie et le commerce ont une organisation si harmonieuse que la vague de criminalité qu!a connue l!5ngleterre du . fondateur de la sociologie criminelle moderne. on se trouve en présence de deu éléments propres " la sociologie naissante J la partie s+nthétique. évidemment.e si(cle. Leurs limitations tiennent principalement au sources m$mes de leur mati(re premi(re J dénombrement statistique des crimes ou des criminels. politique. il faudrait anal+ser encore les conditions de vie économiques et sociales. l!opinion publique. Nerri consid(re comme facteurs sociau la densité de la population. @hez les . de =olfgang et ses collaborateurs )DE[\*. ' Tous les crimes. de Nréchette et Leblanc )DEYF* et de le plupart des publications de l!/nstitut de criminologie de @ambridge. @ependant. polici(re. L!influence de ces facteurs est plus ou moins grande selon les conditions locales particuli(res. DYEZ*. il affirme néanmoins que les divers facteurs sont en interaction constante et par leur ensemble conditionnent le phénom(ne criminel. biologiques et sociau de la délinquance. de 0zabo )DEFG*. de Ool+ et de Ponger ont mis en lumi(re l!importance du facteur social et économique dont avait dé&" parlé Thomas More dans son 7topie . pénitentiaire* _ /l est question. qui se propose de reprendre les éléments fournis par d!autres disciplines. le phénom(ne du ' criminel '.Les premi(res études importantes sur les criminels ont été faites par des médecins # ils se pla9aient dans une perspective biologique. en définitive. est demeurée valable. sont la résultante des conditions individuelles et sociales. suggérant l!interdépendance de facteurs d!ordre ph+sique et social et l!ordre individuel et collectif. @!est " cette tradition que se rattache Nerri. les travau de Nerri./. les m4urs et la religion # il tient compte aussi de la famille. du degré de l!industrialisation et de l!alcoolisme # pour $tre complet. du niveau de l!enseignement. Les crimes contre les personnes indiquent une régularité plus grande dans leur évolution que les autres. d(s la fin du . @es données sont souvent contestables quant " leur représentativité )chiffre noir* par rapport " la criminalité réelle et au . ' C chaque phase d!évolution et " chaque état d!une société correspond un rapport assez constant de facteurs ph+siologiques. en effet. Leurs anal+ses sont concentrées sur le phénom(ne de la ' criminalité '. L!h+poth(se de base. en Arande3Pretagne. Nerri désigne ce rapport sous le nom de ' loi de saturation criminelle '. dit3il en DYEZ. la méthode d!investigation ne permettant pas de saisir. et qui était due principalement " la crise économique. de 1avidovitch )DE[E*.ol+térites. les us et coutumes. 0i Nerri prétend que l!effet des facteurs sociau sur la criminalité est prépondérant. et la partie anal+tique. l!agriculture. de tous les courants collectifs qui agissent sur l!individu )Nerri. largement influencée par la pensée dar>iniste. qui consiste dans l!étude d!un aspect de la vie sociale. @ette définition a fourni le cadre des études descriptives de la sociologie criminelle. montrant alors que les autres dépendent plut6t des conditions sociales. n!+ est point concevable. 1ans cette définition de la sociologie criminelle.L/e si(cle.

ceu qui sont générau et concernent l!ensemble de l!esp(ce. ' /l n!+ a pas de sociétés connues. telles qu!elles sont connues. déclare3t3il. En effet. /l n!est pas de peuple dont la morale ne soit pas quotidiennement violée. quand il se produit dans la généralité des sociétés de cette esp(ce. le crime est normal. ces travau constituent d!importantes sources de renseignement sur l!étendue du phénom(ne criminel et sur les caractéristiques des populations criminelles.ur1heim et Sutherland Le crime.our que la sociologie soit vraiment une science de ces phénom(nes. qu!il ne peut pas ne pas $tre. l!application la plus importante de la méthode dur2heimienne a été faite sur un probl(me de pathologie sociale.crit(res &uridiques qui servent de base pour définir l!acte criminel. a été dépassée par une conception de la sociologie criminelle centrée davantage sur la théorie sociologique. DYEH*. *'plications partielles. sous des formes différentes. en marge de la criminalité J le suicide. 2. mais aussi des . @ette culture ne comporte pas seulement des éléments matériels. ' Le crit(re du caract(re ' normal ' d!un phénom(ne est. c!est3"3dire sinon tous les individus. ' Et il conclut J ' . 1ans toutes les sociétés. ne s!observe une criminalité plus ou moins développée. 1e plus. l!impliquent logiquement. Iéanmoins. considéré " une phase déterminée de son développement. 1ur2heim développe des points de vue importants pour la sociologie contemporaine J un fait social est normal pour un t+pe social déterminé. sa généralité. Ious devons dire que le crime est nécessaire. les variations qu!ils subissent sont comprises entre des limites tr(s rapprochées # d!autre part. . ' . il faut que la généralité de ces phénom(nes soit prise comme crit(re de leur normalité ' )Le Suicide . ceu qui sont e ceptionnels. du moins la plupart d!entre eu # s!ils ne sont pas absolument identiques dans tous les cas. une des précoccupations constantes de 1ur2heim a été la pathologie sociale. pour 1ur2heim. le probl(me du ' normal ' et de l!' anormal '. on distingue deu t+pes de phénom(nes sociau J d!une part. et au quels 1ur2heim applique le terme de ' pathologiques '. étudiées " la phase correspondante de leur évolution # on peut vérifier les résultats de la méthode précédente en montrant que la plupart des phénom(nes découlent des conditions générales de la vie collective dans le t+pe social envisagé # cette vérification est nécessaire quand le fait se rapporte " une esp(ce sociale qui n!a pas encore accompli son évolution intégrale )Les 0*'les . dont Nerri a &eté les bases et qui est illustrée &usqu!" nos &ours par des études importantes. phénomène social pathologique La tendance de la sociologie empirique. La criminalité n!a donc &amais de signification qu!en fonction d!une société et d!une culture particuli(res.ar conséquent. que les conditions fondamentales de l!organisation sociale. Les pionniers. DYE[*. o7.

. voit dans la criminalité un processus socioculturel inhérent " chaque société. qui constituent. le comportement criminel est impliqué dans le s+st(me social ' associationnel '. soumis " une échelle de valeurs respectée. 5u contraire.uis les normes morales en vigueur dans cette culture déterminent l!attitude devant les ' infractions '. Or ces normes n!indiquent aucune répréhension pour les vols. celui des malfaiteurs. La criminalité. 0utherland. ordonnées. @!est )troisi(me postulat* dans un s+st(me associationnel.m4urs particuli(res. et chacun d!eu a son mode social organisé s+stématiquement en groupes. le processus dont résulte le comportement criminel ne diff(re en rien d!un processus de comportement normal. il en a noté une qui résulte d!un affaiblissement des normes sociales. une activité ' normale '. @herchant les causes du suicide dans divers t+pes de groupes et de sociétés. des forces de contrainte qu!e erce la société sur ses membres en face de l!ambition effrénée )orientée tant vers l!acquisition des biens matériels que vers les s+mboles de prestige social* que fait na?tre chez tous les individus la société industrielle capitaliste en plein développement. qui caractérisent l!intégration des personnalités dans une culture. En deu i(me lieu. que l!on consid(re " &uste titre comme le fondateur de la sociologie criminelle américaine. président " la formation de la personnalité criminelle. 5pprofondissant la pensée de 1ur2heim. tout comme le comportement normal. l!apprentissage de la socialisation. il fait partie de la culture et découle par conséquent du fonctionnement ' régulier ' de celle3ci. Tout d!abord. il est lié ' normalement ' " la société. . par e emple. selon 0utherland. dans leur cadre. " partir d!un certain nombre de postulats. L!apport principal de 1ur2heim est d!avoir montré qu!un phénom(ne pathologique < la criminalité par e emple < n!est pas d!ordre accidentel et ne proc(de pas de causes fortuites. processus socioculturel Le comportement criminel s!e plique. qui re9oivent une signification en fonction du s+st(me de valeurs qui lui est propre. que se développe la personnalité du criminel. La derni(re contribution ma&eure que l!histoire de la sociologie criminelle enregistre est celle de 0utherland. cliques ou unions plus ou moins durables. Les m$mes processus de base. 8ne autre contribution importante de 1ur2heim " l!e plication de la conduite délinquante est constituée par son concept d!anomie .

en associant l!étude de la culture criminelle " l!étude de la culture globale. en conflit les uns avec les autres. La définition du crime que donne 0utherland est la conséquence de sa th(se sur le comportement criminel. Ious avons vu comment. s!est développée. en général. une théorie de la sociologie criminelle dont l!apport principal consiste " considérer la criminalité ou le phénom(ne pathologique comme ' normal '. @!est. En définitive. @ette mani(re de voir nous am(ne " une définition bien plus large de la criminalité J est considérée comme telle toute violation des lois. @!est cette mani(re de voir qui a permis " 0utherland de découvrir d!autres formes de la criminalité qui échappent. La criminalité réprimée par le @ode pénal n!en constitue qu!une partie. victimes de rapports de forces e istant dans la société. /l s!agit de violations des normes en vigueur dans une culture donnée. . le comportement criminel est lié au associations différentielles et se développe dans une situation conflictuelle consécutive " une désorganisation sociale.Les différences individuelles )quatri(me postulat* ne &ouent un r6le dans le devenir de la personnalité criminelle que dans la mesure o7 la participation du délinquant " la culture criminelle se rév(le plus ou moins étroite. la délinquance des ' cols blancs '. Leur comportement est semblable " n!importe quel autre comportement criminel. celle des milieu économiquement élevés qui transgressent les r(gles régissant l!activité de leur profession. " la répression du @ode pénal. par e emple. il faut que soient réunis trois éléments J les valeurs ignorées ou niées par les criminels doivent $tre appréciées par la ma&orité globale ou. il + a crime lorsqu!un individu commet une infraction au r(gles en vigueur dans une culture.our qu!il + ait crime. c!est3"3dire la décomposition de la société en plusieurs secteurs. par ceu qui sont politiquement les plus importants # l!isolement de certains groupes fait que ceu 3ci s!écartent des normes de la culture globale et entrent en conflit avec elle # c!est la ma&orité qui frappe la minorité de sanctions. " travers des études empiriques sur les facteurs de la criminalité. du moins. . Le criminel est membre d!associations et de groupes qui l!int(grent comme membre ' normal ' d!une société. Les conflits socioculturels qui ont provoqué la naissance de ces associations ' différentielles ' sont également )cinqui(me postulat* " la base de la personnalité criminelle. La désorganisation sociale. La théorie de 0utherland développe ces m$mes idées en intégrant l!étude du comportement criminel dans la sociologie des autres comportements. 0elon lui. des normes et des valeurs en vigueur dans une culture donnée. celle qui est propre. chez 1ur2heim. la plupart du temps. la seule différence étant l!absence d!une sanction légale. lié " un comple e socioculturel. l!affaiblissement de l!effet cohésif de la culture globale et l!apparition de cultures particuli(res < les sous3cultures < sont )si i(me postulat* les causes fondamentales du comportement criminel qui n!a de sens que dans une situation conflictuelle. au milieu déshérités. elle3m$me tributaire d!une désintégration culturelle.

Les acteurs ps2chologiques La théorie de 0utherland et les théories de quelques sociologues américains aboutissent " un concept sociologique tr(s élaboré du crime et du comportement criminel. Loin de supprimer le caract(re individuel de la motivation. " surveiller les travau actuels. 1e Areeff a indiqué. la criminalité atteindra certainement un niveau élevé. En distinguant l!étude de la criminalité de celle du criminel. 0i les frustrations sont peu nombreuses. la ligne de démarcation entre les deu domaines d!investigation. O. @eu 3ci sont considérés comme des faits socioculturels et s!e pliquent en fonction de s+st(mes socioculturels.. 1ollard et ses collaborateurs )DEZE* ont tenté de s+stématiser les mobiles des actes criminels dans une théorie ps+chosociologique. qui est un genre d!agression. qui est aussi une forme de l!agression. Le déterminisme biops+chique et l!étroitesse d!une conception purement &uridique du comportement criminel semblent largement dépassés )@linard. En revanche. tr(s opportunément.. Les auteurs de ces deu concepts se proposent d!élucider tous les facteurs réputés criminog(nes. /ls concluent que le niveau de la criminalité dépend des rapports d+namiques de la frustration et de la crainte de la punition. mais la crainte de la punition forte. DEHZ # Taft... @!est ici que l!individuel et le social interf(rent et que se pose. d^un '&eune' étudiant chercheur N5. 1e Areeff avait raison d!écrire que ' les causes sociologiques ne tiennent que &usqu!au moment o7 l!on se trouve placé en face de l!homme criminel ' )DEWF*. ils a&outent " la notion de frustration celle de la crainte de la punition. en particulier. DEHF*. Ii les conditions biologiques ni les conditions d!ordre socioculturel ne remplacent les motivations inhérentes " la conscience individuelle. si cette crainte est faible et si les frustrations sont nombreuses. .our l!étude de la criminalité. Elle ne le sera pas non plus si les frustrations sont nombreuses. . la criminalité ne sera pas tr(s forte. e ercée par les forces prosociales contre les forces antisociales. ils en cherchent seulement les racines de l!ordre ps+chologique et social.5I/ Nrederic de l^université de . Leur h+poth(se fondamentale se résume en cette formule J toute agression est la conséquence d!une frustration. le probl(me de la motivation de l!acte criminel. Le r6le des facteurs ps+chologiques et sociologiques dans la formation du comportement criminel peut $tre mis en relief par la distinction entre les traits ps+chogénétiques et sociogénétiques du criminel J les premiers rendent raison du comportement individuel et les seconds l!e pliquent dans le cadre des mod(les socioculturels. @es deu approches sont incontestablement légitimes et doivent $tre considérées comme complémentaires.aris Y . La motivation d!un acte qui fait de son auteur un délinquant est tou&ours strictement individuelle.armis les derniers 'continuateurs' de ces théories. E.

plus ambitieuse J elle propose un concept de caract(re ps+chosocial pour e pliquer toute conduite criminelle. l!autre d!un sociologue # c!est3"3dire qu!elles ressortissent " deu modes différents de réfle ion. La pensée de Lagache demeure d!essence clinique. de situation et de groupe. 0elon Lagache. par une ' dépersonnalisation ' sociale J la formation de son ' sur3moi ' a été défectueuse par suite de son identification imparfaite avec les figures parentales # son intégration dans la société laisse " désirer J il n!a pas su s!+ situer comme il le souhaitait. de personne. %.@ette théorie évoquée " titre d!e emple sugg(re un pont éventuel entre la sociologie criminelle. qui e pliquent l!acte criminel " la lumi(re d!un destin purement personnel. le ps+chologue doit anal+ser la criminogen(se " l!aide des concepts de conduite. /l précise que ' la plupart des situations au quelles l!homme doit répondre et qui président " sa formation sont des situations sociales. Oeffer+ est plus abstraite et. L!une est d!un ps+chiatre. /l n!a intériorisé les valeurs de la culture globale que partiellement. et les théories purement ps+chologiques ou ps+chanal+tiques. la ps+chocriminogen(se devient la criminogen(se tout court. il est " craindre qu!il ne convainque pas beaucoup de gens. ce qui le place dans un isolement mental relatif au sein de son milieu. L!auteur récuse le concept étroit de la ps+chocriminogen(se. la théorie de @. Iéanmoins. Oeffer+ s!efforce de démontrer que tous les résultats d!études criminologiques concordent avec sa théorie. Le point de départ de Oeffer+ est la constatation d!une carence dans l!e plication du phénom(ne criminel J ni la ps+chanal+se )théories de Nreud* ni la sociologie )théorie de 0utherland* n!ont été capables d!e pliquer tous les crimes et tous les comportemnts délictueu . @onsidérons bri(vement deu propositions. Les chercheurs se penchent sur le phénom(ne criminel et mettent " l!épreuve de l!e périence et de l!anal+se tous les concepts. . l!intégration des concepts et l!anal+se de la criminogen(se s!opérant au niveau de la thérapeutique. en m$me temps. qu!ils viennent de la ps+chanal+se ou de la sociologie. . 5u lieu de partir du subconscient ou des groupes sociau e térieurs " la conscience individuelle. Le délinquant se caractérise. DEHD*. La société est une articulation et une stratification de groupes qui répondent " la diversité de ses besoins et dans chacun desquels il Ql!hommeR a un statut et un r6le plus ou moins formels et définis '. 3.our lui. qui n!a pas le souci ' des ensembles réels et de l!articulation des déterminants de divers ordres ' )Lagache. C partir de son concept d!aliénation sociale. déclare3t3il. Oeffer+ )DEHE* fonde sa théorie de l!aliénation sociale sur la notion de la personne socialisée. qui étudie les conditionnements e ternes de la criminalité et consid(re celle3ci comme faisant partie d!une culture. En revanche. *ssais de s2nthèse 3s2chologie et sociologie La préoccupation d!établir une s+nth(se sur le plan des concepts opérationnels se fait &our de plus en plus.

Tout d!abord. car elle est la plus abstraite. /l serait plus facile. de Léauté )DE[\* pour les études en langue fran9aise font le point sur ces différentes questions. Les manuels de 0utherland et @resse+ )DEFF* pour les travau de langue anglaise. d!une part. la prédiction de phénom(nes spécifiques : On peut se demander s!il est possible d!élaborer une théorie intégrée du crime et du comportement criminel. sans doute. ps+chologiques et sociologiques assez sXrs rendraient possible un raisonnement scientifique. en effet. @e paradigme s!enracine dans la tradition écologique de l!école de @hicago )0ha> et McUa+. mais elle résulte de l!évolution des m4urs d!une société particuli(re. trois paradigmes. Le deu i(me prend comme point de départ l!acte criminel J il fait du délit l!élément central d!un affrontement entre le délinquant et la victime. 0ellin )DEYH*. de P. dans les s+st(mes de valeur. fondée sur certains crit(res logiques. /l se nourrit d!une tradition qu!illustrent les travau de Aluec2 )DEHG* au Btats38nis. la législation criminelle ne représente pas une 4uvre rationnelle.ui définit le comportement de qui comme étant déviant ou délinquant : . de l!anomie # au courant interactionniste qui souligne l!importance des mécanismes de la reproduction de . et le délinquant et les forces de l!ordre. ses déterminants et ses mouvements. @lo>ard et Ohlin )DEFG* se réf(rent " la conception dur2heimienne de la pathologie sociale. . DEHG*. ce qui constitue un délit est déterminé par la loi # or celle3ci est l!e pression des aspirations d!une partie plus ou moins importante des diverses couches sociales qui constituent la société. Le troisi(me paradigme se propose d!e pliquer la criminalité comme phénom(ne collectif. de développer une théorie générale du comportement déviant o7 des crit(res ph+siologiques. Le probl(me ma&eur concerne le contr6le social considéré comme un mécanisme de la réaction sociale au phénom(ne criminel. Aoppinger )DEYF* en 5llemagne. dominent la réfle ion dans la sociologie de la délinquance. @resse+ )DE[\*.uelles sont les relations entre les variations des mouvements de la criminalité et les transformations dans l!organisation socio3économique. di Tullio )DEF[* en /talie et de O. d!autre part. 1ans ces conditions. Mais cet avantage ne lui fait3il pas perdre un attribut indispensable " toute théorie scientifique.0a théorie int(gre toutes les autres. de M. Le premier privilégie l!étiologie du comportement criminel afin de mieu cerner les conditions du passage " l!acte. considérés tant6t comme concurrents tant6t comme complémentaires. de Aoppinger )DEYF* pour ceu de langue allemande. 4ilan des e'plications partielles 5 les trois paradigmes 1epuis la fin des années soi ante. des normes qui président " l!intégration ou " la désintégration sociale ainsi que l!organisation socio3&udiciaire du contr6le social : @e dernier paradigme est issu de deu traditions distinctes J 0utherland )DEWD*. de la normalité et de la déviance. On est tenté de répondre par la négative.inatel )DE[H* en Nrance. . DEW\* et de l!école de l!écologie sociale )Ma>le+. La pérennité relative de certaines lois ne refl(te que l!évolution particuli(rement lente des idées morales.

* et de son milieu de vie )E*. /ls privilégiaient. DEY\*. Le paradigme de comportement délinquant La ps+chologie sociale inspirée par l!4uvre de Uurt Le>in )DEZZ* est " l!origine de cette démarche.ar ailleurs. actuellement.e si(cle. DEHD # Martin et Nitzpatric2. L!h+poth(se théorique est la suivante J la conduite délinquante est la conséquence d!une défaillance des mécanismes de régulation sociale. /l fallut attendre les travau de Mirschi )DEFE*. est opératoire sur le plan macrosociologique.. il n!est plus possible de considérer. DEFY*. les écoles de pensée opposées partagent l!allégeance des chercheurs. notion purement sociologique. DE[Z* et derni(rement Poudon )DEYF*. ils ne se réf(rent donc pas " la ' déviance '. de nature socioculturelle. On peut dire que les deu premiers paradigmes sont de nature ps+chosociologique et que leur domaine d!applications est essentiellement microsociologique. chacun des trois paradigmes éclaire et évalue le fait pénal " la lumi(re de son conte te ps+chosocial ou socioculturel. philosophique ou politique*. C la suite des conflits épistémologiques et méthodologiques qui ont durement secoué les sciences sociales " partir des années soi ante )Aouldner. l!actuelle bal2anisation de la science sociale. soit les facteurs sociologiques )%eiss.. le corps de connaissance sur la société comme un ensemble a+ant une cohérence logique généralement acceptée par la communauté scientifique. @ertains travau ne visaient qu!un phénom(ne spécifique tel que la violence )=olfgang et Nerracuti./. DEF[*. ce qui e plique un . elle n!est pas normative )&uridique. On tiendra compte de cette diversité en regroupant ici les anal+ses contemporaines de la sociologie de la délinquance " partir de leur engagement paradigmatique. 1es premiers travau combinant les facteurs ps+chologiques et sociologiques dans une e plication intégrée n!ont connu qu!un succ(s partiel. DE[[*. La conduite )P* est fonction des caractéristiques de la personne ). Pell. 8ne période d!intégration des connaissances suivra. Tous ont en commun l!acceptation de l!incrimination &udiciaire comme crit(re du phénom(ne étudié. DEFH # 0zabo et al. P ` ). soit l!approche multifactorielle )=est. sans aucun doute. Le troisi(me. puisque les recherches sont classées d!apr(s leur trait dominant. La démarche est donc spécifiquement sociologique.*)E* est la formule qu!il propose. de Aottfredson )DEYW* et de Nréchette et Leblanc )DEYF* pour que l!intégration théorique des variables soit postulée et vérifiée plus s+stématiquement. Les relations positives de l!individu avec la société sont ténues. DEFY. E ception faite de certaines tendances de l!interactionnisme s+mbolique. DE[G. en effet. @omme " la fin du .la délinquance par l!organisation du pouvoir dans la société se rattachent Pec2er )DEYF* et Aoffman )DEFY*. /l s!agit de t+pes idéau . soit les facteurs ps+chologiques )Oessor et al. .

de l!h+posocialité. Les mécanismes du fonctionnement ps+chologique se trouvent dans une situation d!interdépendance par rapport au liens sociau . @ette interdépendance est relevée dans l!histoire de la socialisation du &eune. On observe. l!affaiblissement de la primitivité. c!est3"3 dire la contrainte e terne. parfois déterminant J se e. L!égocentrisme < variable ps+chologique < appara?t plus important que les variables sociales dans la d+namique de développement des conduites délinquantes. D*. @ette figure est complétée par une deu i(me qui illustre le développement de la conduite délinquante dans une perspective diachronique. de l!isolement. La nature du fonctionnement ps+chologique résume le processus de l!atténuation progressive de l!égocentrisme naturel. @es deu éléments < ps+chologique et sociologique < ne sont cependant pas articulés de fa9on aléatoire. \*. de la négativité. Elle souligne l!importance des conduites antérieures et indique leur poids qui résulte des effets cumulatifs )fig. La contrainte sociale intériorisée préserve l!adolescent des pressions vers l!activité illicite. en un mot. qui provoquent un développement ps+chologique incomplet et qui portent aussi les marques d!une contrainte sociale défaillante.retard dans le développement ps+chologique et des lacunes dans l!influence qui résulte de la contrainte sociale. etc. de l!insécurité. La contrainte sociale comprend l!intériorisation des normes. se dégage des recherches poursuivies . Le support ps+chologique de cette attitude se caractérise par des liens interpersonnels insuffisamment noués. La figure D met bien en évidence les deu pivots structurels sur lesquels reposent les mécanismes de régulation J le niveau d!intelligence et le statut social de la famille. l!école. niveau d!intelligence du su&et )fig. 8n degré mesurable de ' d+ssociabilité ' résulte de l!interaction de ces variables ps+chologiques et sociales. Les fl(ches indiquent les relations entre les diverses composantes du mécanisme de régulation. en outre. La conformité ou la déviance par rapport au r6le normal d!adolescent de ce groupe d!-ge + sont indiquées. Le premier a un impact déterminant sur le fonctionnement ps+chologique # le second p(se sur la nature du développement des liens sociau . La dichotomie se uelle e erce une influence générale sur les composantes de la régulation sociale # elle conditionne aussi le degré de délinquance. une marginalisation dans le cadre scolaire. Le développement d!attitudes non conformistes s!e prime dans le rattachement " des pairs déviants et " des conflits au sein de l!école. basée sur une combinaison de variables d!ordres ps+chologiques et sociologiques et qui s!e prime dans la conduite délinquante. Les conditions structurelles &ouent enfin un r6le important. La défaillance des mécanismes régulateurs engendre une conduite délictueuse " intensité variable. c!est3"3dire la contrainte internes et la pression du milieu. 8ne t+pologie de personnalité délinquante. statut social de la famille. le voisinage. Les liens sociau représentent ici le degré d!attachement au personnes du milieu ainsi que le degré d!engagement " l!égard des institutions sociales telles que la famille.

0ouvent récidiviste. /l est tenu compte aussi bien des . Les délinquants de condition peuvent se classer en quatre sous3t+pes distincts J < Le délinquant marginal se caractérise par une conduite délinquante sporadique # pour lui. DEYZ* qui adoptent ce second point de vue méthodologique centrent leur attention sur l!acte et les décisions qui + conduisent. < Le délinquant immature manifeste une conduite persistante dans la délinquance sans cependant se rendre coupable de délits de grande gravité. &ouent ici un r6le secondaire. les déficits accumulés ainsi que les effets d!une socialisation par des groupes délinquants ne sont pas considérables. sa méfiance. @lar2e.)Navard. il bénéficiera dans de nombreu cas. les pulsions qui + m(nent.. et @usson. apr(s s!$tre rendu coupable d!actes assez graves. DEYZ*. Elle n!est ni dépistable ni prévisible. DEYW # Mirschi. on s!interroge sur les circonstances qui permettent au tendances criminelles de provoquer un passage " l!acte. 0eule une approche ps+cho3éducative institutionnelle peut modifier ce t+pe de comportement. < Enfin. l!école. DE[Y. La délinquance d!occasion et de transition est circonstancielle # elle a moins de DG p. Les chances de succ(s semblent minces J plus de EG p. < Les délinquants " structure névrotique entretiennent des rapports appauvris avec autrui. La seule fa9on de contenir ce t+pe de délinquant est l!action sur des grandes institutions de socialisation et de régulation sociale J la famille. le délinquant persistant grave présente un risque élevé de récidive et s!engagera dans la carri(re criminelle " l!-ge adulte. 5u lieu de se demander ' comment des individus deviennent3ils délinquants : '. si importantes dans le paradigme étiologique. Les prédispositions. La clarification des valeurs suivie d!efforts de modification de comportement doivent $tre tentés. d!un internement rééducatif. DGG de ces délinquants se retrouvent dans les carri(res criminelles adultes. Leur désengagement social est nourri par une ambivalence ps+chologique qui provoque une attitude conflictuelle avec autrui et avec les institutions. les institutions rééducatives et punitives seront préférées. 0on concept de soi négatif. Mindelang et al. et s!impliquent insuffisamment dans des r6les socialement positifs. DEYF # Nin2enauer. Le paradigme de l!acte criminel Les chercheurs )Prantingham. L!action sur cette forme de déviance passe par des instances sociales et &udiciaires qui aident " la réintégration sociale et " la restauration des liens sociau . Nréchette3Leblanc. /ls se distingue par un certain désengagement social. DEYG. DEYW. l!approbation de schémas de références criminelles et une immaturité ps+chologique notable. Aottfredson. DGG de chances de persister &usqu!" l!-ge adulte. le milieu de travail et le voisinage. DEYZ. son hostilité s+stématique " l!environnement qui est le sien le placent dans une sorte de vide social et le font basculer dans un milieu antisocial articulé et structuré. 0a personnalité égocentrique cristallisée laisse peu de choi sur la nature de l!intervention " son égard J les tribunau .

avec le nombre de cibles. d!une cible intéressante et précise. L!accessibilité. Les conditions nécessaires " la perpétration d!un crime prédateur sont J l!e istence d!un délinquant potentiel. son inertie. la valeur. etc. L!évolution de la société américaine l!e pose plus particuli(rement " la convoitise des éléments prédateurs et criminels.. comme le fruit d!une évaluation rationnelle du pour et du contre . sa visibilité. l!absence de gardien capable de prévenir l!agression. la vulnérabilité et l!inertie sont. son accessibilité. @elui3ci appara?t. Le nombre des fo+ers monoparentau s!accro?t sans cesse tandis qu!augmente le tau de criminalité. Les travau de Nelson et @ohen )DEYG* font la démonstration que l!augmentation des tau de cambriolage au Btats38nis entre DEHG et DE[\ s!e plique par l!action de trois facteurs J le pourcentage. L!occasion. illustre le mod(le propre " ce paradigme. Le paradigme des mouvements de la criminalité et du contr6le social Le paradigme sur lequel repose cette derni(re e plication indique les tendances. les covariations dans le temps et dans l!espace des phénom(nes criminels et culturels. La figure Z. selon @usson )DEYF*. des variables stratégiques que les chercheurs mettent en équation pour évaluer les chances de l!augmentation éventuelle des actes criminels. @usson. empruntée " M. en effet. condamnation* sont3ils pris en considération lors de la décision de passer " l!acte : . dans la population.uelles fins poursuivent3ils : Lors du passage " l!acte.remi(re Auerre mondiale. @es recherches soulignent l!importance de la diminution de la protection des fo+ers " cause d!absence de gardiennage effectif J l!accessibilité des cibles valeurs pour les prédateurs s!accro?t en conséquence. l!anal+se stratégique basée sur le paradigme de l!acte criminel propose les questions suivantes " l!attention du chercheur J quelles sont les étapes du processus de prise de décision qui conduisent au crime : @omment les délinquants préparent3ils et e écutent3ils leurs délits : . l!opportunité &ouent un r6le déterminant dans le déclenchement de l!acte criminel ainsi que la logique et la rationalité propres " ce t+pe d!action. 8tilisant largement la démarche t+pologique et ta inomique. pourquoi optent3ils pour tel t+pe de délit.uelles considérations entra?nent la décision d!entrer ou de sortir d!une carri(re criminelle : Les travau de Nelson )DEYZ* renouent avec la tradition écologique des sociologues de @hicago postérieure " la .circonstances dans lesquelles se produisent des délits que des résultats anticipés qui s!incorporent dans la structure de la prise de décision d!accomplir l!acte criminel. /ls saisissent l!activité criminelle comme une activité habituelle se pro&etant dans le temps et dans l!espace. ce . la multiplication des appareils de télévision et le nombre des fo+ers avec un seul adulte. tel t+pe de victime : Les risques anticipés du délit )arrestation. La proportion des activités réalisées au sein de la famille diminue en m$me temps qu!augmente le travail e tradomiciliaire des femmes. des individus -gés de quinze " vingt3quatre ans. La valeur de l!ob&et convoité. 5insi. tels sont les traits qui précisent la vulnérabilité d!une cible.

Le genre de vie d!une population dépend considérablement de l!organisation socioéconomique et de la mani(re dont sa subsistance est assurée. les sociétés en voie de développement. moins de HG p. E aminons successivement les quatre clefs du paradigme. @lar2 )DEWG*. qui le place dans le champs d!interaction des forces socio3 économiques. Or l!utilisation de la technologie dans la production des biens et des services constitue le crit(re qui différencie les trois t+pes de sociétés. l!école. La cle de l!intégration sociale Tout comportement social obéit " des normes. moins de DG p. le tertiaire comprenant le reste. Iotons que toutes les sociétés e istantes se distribuent entre ces trois catégories. moins de ZG p. le reste pouvant figurer dans le secteur tertiaire. mines*. En revanche. les actifs se répartissent entre les trois secteurs de la fa9on suivante J moins de H p. qu!elles aient une organisation politique socialiste ou qu!elles s!int(grent dans l!économie du marché. DGG dans le secondaire. inséparable d!une sociologie générale des mouvements sociau . 1ans les sociétés en voie de développement caractérisées par des économies dépendantes. bouleverse l!organisation sociale. 1ans les sociétés industrielles développées. ses caractéristiques et ses mouvements. fille des révolutions industrielles. la ventilation par secteurs de la population active totale donne J moins de ZG p. DGG dans le primaire. qui s!e priment dans des r(gles plus ou moins précises. . dans cette perspective. DGG dans le secteur tertiaire. Nourastié )DE[E*. e erce une influence importante sur les institutions telles que la famille. L!interprétation de la criminalité est. constituent un t+pe de société qualitativement différencié des deu précédents. etc. agricole. urbain ou bien prémoderne fi e un conte te précis au activités humaines. basées sur l!économie du marché. O. qui distingue les sociétés postindustrielles capitalistes des sociétés industrielles socialistes. 1ans les sociétés postindustrielles capitalistes. Le genre de vie industriel.paradigme e plique la criminalité. La cle socio7économique 0uivant @. dans un conte te plus vaste. DGG dans le secteur secondaire. DGG sont emplo+és dans le secteur primaire. culturelles et institutionnelles. on trouve J plus de HG p. La technologie. plut6t que la présence d!une technologie plus ou moins développée. La figure W permettra de visualiser le paradigme e plicatif des mouvements de la criminalité. le reste étant classé dans le secteur secondaire. @!est le r6le du processus politique dans la gestion socio3économique. secondaire )industrie* et tertiaire )services*. dont les activités criminelles. une population peut $tre répartie en trois secteurs. DGG dans le secteur primaire. au régime socialiste a é sur une économie centralement planifiée. selon son genre de vie et la mani(re dont elle assume sa subsistance J primaire )agriculture.

la loi e prime " la fois l!idée de droit et la loi. @es variations suivent les crit(res classiques de stratification sociale tels que l!-ge. H*. Leur e istence et leur nombre introduisent une diversité dans l!application des sanctions. . le métier ou la profession. Lorsque cette différenciation atteint un certain degré de comple ité. dans des cas e tr$mes. l!appartenance religieuse et ethnique. @es derni(res constituent. le se e. Toute une série de sanctions de sévérité et d!effet variables renforcent la cohésion des groupes autour des valeurs et des normes e plicites ou implicites de la culture. " l!échelle de groupes ou catégories sociales particuli(res. 0a manifestation peut faire l!ob&et d!observations et de descriptions car elle s!e prime dans des faits et gestes e térieurs " la conscience. 1ans les sociétés simples peu stratifiées ou dans les sociétés dominées par une culture cohérente et impérieuse )telle la chrétienté médiévale. ' Tu ne prendras pas ce qui appartient " l!autre ' est une norme qui a trait " la valeur de la propriété. les m4urs se transforment en sous3cultures. La conscience individuelle du ' bien ' ou du ' mal ' variera suivant les liens sous3culturels. Elle prendra également diverses configurations suivant le degré de comple ité d!une société donnée. affaiblissant ainsi la cohésion normative d!une culture. Les divers groupes sociau qui partagent la m$me tradition appartiennent " une culture. " son tour. les sanctions légitimées par les valeurs normes )conscience individuelle* et les m4urs )pratiques collectives e primées dans les cultures et sous3cultures* se manifestent également dans et par les lois. @ette sanction est ainsi de nature socioculturelle J elle s!e prime dans les pratiques sociales et collectives. celle qui émane du pouvoir législatif et réglementaire de l!Btat. la loi désigne une variante de la norme &uridique. l!islam ou le mar isme3léninisme par e emple*. au moi profond de l!individu )fig.lus il + aura de sous3cultures au sein d!une culture donnée. Ninalement. 1es variations plus ou moins notables e istent entre les ' m4urs ' propres au divers groupes faisant partie d!une culture. les commandements qui s!édictent sur un mode impératif. une valeur.La norme e prime. @elles3ci représentent des articulations spécifiques des comportements. L!intégration de chaque s+st(me socioculturel se réalise " travers les trois manifestations des sanctions qui confirment ou infirment les valeurs et les . ' Tu ne tueras point ' est une norme qui rév(le la valeur accordée " la vie humaine. " la substitution de sanctions positives par des sanctions négatives ou vice versa. etc. comme dans les sociétés postindustrielles capitalistes. 1!une mani(re générale. " partir d!une réfle ion des hommes sur leur e périence &uridique et sur les prescriptions. On assiste m$me. plus le s+st(me de sanctions émanant de la culture dominante s!affaiblira. entre autres. @haque culture < ensemble de valeurs et de normes qui persistent " travers le temps et constituent le cadre de référence pour qualifier la conduite individuelle et sociale < s!ordonne " un no+au de valeurs qui persistent au cours des temps et qui se transmettent " titre de tradition de génération en génération. La sanction d!une transgression des prescriptions corroborant les pratiques conformes au m4urs est de nature sociale. @elle3ci s!e prime dans les m4urs.

etc. + compris les ensembles sociau les mieu intégrés. vrai et beau. La figure F illustre ce propos. on trouve les gangs. Le contr6le social s!e erce " travers toute une série d!institutions qui influencent et r(glent leurs propres mécanismes et le comportement de leurs membres. 1ans la civilisation &udéo3chrétienne. politique et économique. . Les comportements non conformistes sont encadrés et influencés par des groupes et des institutions qui cultivent s+stématiquement les vertus qui leur sont propres J + figurent les ordres religieu . Le nombre des actes rangés dans ' déviance positive ' a une incidence importante sur la cohésion sociale. Les conduites humaines sont ainsi 8ertrational . plus grande est la cohésion de la société. /l ne faut . la minorité s!étale de part et d!autre. L!une de ces e trémités tient compte des actes résultant du surconformisme des individus. les associations bénévoles pr6nant l!e ercice d!une vertu.normes. suivant le mot de Ma =eber. @elles3ci op(rent " travers les mécanismes de la conscience individuelle. située dans le temps et dans l!espace. les diverses autres institutions d!ordres religieu . ethnique. les associations qui op(rent dans le domaine du crime organisé. @es derniers favorisent cependant s+stématiquement les comportements allant dans le sens d!un surconformisme et découragent de la m$me fa9on ceu qui grossiraient les rangs des comportements déviants. La cle du contr6le social 8déviance et normalité9 1ans chaque société. la conscience collective et l!impact des institutions spécifiquement prévues pour administrer les lois. 8ne distribution gaussienne des comportements humains caractérise toute société. par e emple. les bandes d!adolescents délinquants. Liennent ensuite les traditions. les réseau du terrorisme international. La solution considérée et ressentie comme étant &uste est par conséquent tributaire de ces concepts. En t$te figurent l!-ge. on peut répartir les actes humains sur un champ continu suivant une distribution gaussienne J la ma&orité se concentre au milieu. les actes qui s!accumulent autour du p6le de ' déviance négative ' affaiblissent cette cohésion. Toute société a son sentiment propre de ce qui est &uste. La cohérence d!une société se mesure au degré de conformisme manifesté par des individus et des groupes vis3"3vis des prescriptions de leur conscience. @!est ainsi que la ma&orité conformiste est encadrée par les groupes primaires et secondaires dont les ob&ectifs sont conformes " ceu de la ma&orité.lus il est élevé. du trafic de drogue. 1u c6té des comportements relevant d!une déviance négative. de leurs lois. certains organismes philanthropiques. de leur cro+ance. au deu e trémités. le se e et l!état civil qui les pond(rent. Le contr6le social est lié au concept de normalité. En revanche. Les variations des comportements autour de la mo+enne sont dues " une multiplicité de facteurs. des sous3cultures se uelles. @elui3ci caractérise une société donnée. c!est " partir des sentiments antagonistes de vengeance et de pardon que s!élaborent les concepts de la &ustice rétributive et distributive.

le bannissement.pas enfin sous3estimer le r6le des idios+ncrasies. l!enr6lement forcé sous les drapeau permettaient de libérer la société de la présence d!éléments indésirables. Le nouveau crit(re de ' normalité ' inspiré par un seuil nouveau de tolérance fausse les mécanismes du contr6le social et. . . par voie de conséquence. @ertains mouvements politiques dominés par une idéologie moniste peuvent provisoirement instaurer des crit(res surconformistes comme bases d!une pratique sociale générale. de la continence ph+sique et morale. /l s!agit d!un concept qui consid(re la totalité de l!appareil pénal comme un ensemble d!instances interdépendantes. Le traitement de la criminalité par l!appareil institutionnel que la société s!est donné " cet effet constitue la quatri(me clef du paradigme. intellectuelle et professionnelle* et pas seulement de punition. ceu de la déviance. On a gardé les condamnés en cellule. L!émergence puis la prédominance de l!idéologie égalitaire ont profondément influencé les sciences sociales au cours . La prison est devenue. notons Michel Noucault. c!est le premier qui dominait. La quatrième cle 5 le s2stème de "ustice criminelle L!e pression ' s+st(me de &ustice criminelle ' est relativement récente. L!ob&ectif général oscille entre le mod(le de re/et et celui de l!in'estion . organismes chargés de l!e écution des sanctions* ont chacun leurs missions et leurs fonctions propres # l!évolution historique leur a cependant souvent assigné des ob&ectifs qui ne prennent pas en compte la finalité commune au ' s+st(me '. tribunau ./. son propre seuil de tolérance pour déterminer les crit(res " partir desquels un comportement sera qualifié de ' sur ' ou d!' anti '3conformiste. La foi dans les vertus salvatrices des apprentissages.. dont la peine de mort.armi les plus influents. La figure [ illustre le s+st(me de &ustice criminelle. au service d!un ob&ectif commun. Elles offrirent tout naturellement leurs services " l!humanité souffrante comme " ceu qui devaient assurer un bon gouvernement au hommes. parado alement. La protection de la société constitue la finalité du s+st(me. Elle est apparue " la suite des travau du Iational @rime @ommission du gouvernement américain au cours des années soi ante. la réduction " l!état de servitude )la condamnation au gal(res par e emple*.lusieurs penseurs ont souligné le lien entre l!orientation des recherches en sciences sociales et l!idéologie )ou la philosophie morale* dominante. c!est le deu i(me mod(le. un lieu de formation )morale. qui a prévalu. bien que celles3ci soient tamisées par le réseau comple e de relations sociales. celui de l!ingestion. " l!instar d!un s+st(me homéostatique. et on en est venu " leur offrir des mo+ens pour s!amender. Les sous3s+st(mes )police. La naissance des sciences humaines a coKncidé avec l!émergence du mod(le d!in'estion . souhaitant qu!ils s!amendent. 5vant le . @haque société poss(de. du travail. qui imprégnait la philosophie de l!éducation s!est étendue " ceu que la société sanctionnait. etc. 5vec l!av(nement de la philosophie humanitaire des enc+clopédistes sur le continent et des philosophies utilitaristes dans les pa+s de tradition anglo3sa onne. Les ch-timents corporels.e si(cle.

Les niveau' de l!anal2se . l!anal+se du sociologue se situe " trois niveau différents J au niveau de la culture. du tempérament bioph+sique et du milieu socioculturel. En définitive. Leurs activités sont réglées par l!ensemble de la culture et se déroulent au sein des groupes sociau dont ils font partie. Le s+st(me de &ustice pénale fut considéré par beaucoup comme le ' producteur ' principal de la criminalité. qui s!imposent avec une certaine permanence dans une société donnée )Uroeber et Uluc2hohn. @es personnes socialisées représentent la s+nth(se d+namique des éléments résultant de l!hérédité. Ious entendons par société l!ensemble des groupes sociau stratifiés suivant des crit(res d!ordres biologique )-ge. métier* et culturel )classes sociales. une des th(ses de l!école interactionniste. Les individus qui s!ins(rent dans les divers groupes primaires et secondaires font partie d!une structure sociale et sont également intégrés dans un s+st(me culturel. la démarche du chercheur qui entreprend l!étude du comportement criminel : %appelons d!abord la définition de la culture J l!ensemble des cro+ances. il e amine les valeurs et les normes qui mod(lent le comportement social et il recherche la signification des actions humaines # au niveau de la société. se e*. La surreprésentation s+stématique des personnes issues des classes sociales moins bien nanties dans les populations pénales interpellait la conscience sociale des chercheurs comme celle des réformateurs. @!est ce sentiment3l" qui est " l!origine de nombreuses recherches consacrées. il établit les crit(res qui permettent d!agencer les groupes sociau en ensembles structurés et de distribuer les caractéristiques démographiques de la population # au niveau de la personnalité. ' standing '*. des m4urs et des genres de vie intégrés en fonction de certaines valeurs généralement admises. ainsi que les conflits susceptibles d!éclater en leur sein. /l est évident que les cultures de ces deu t+pes de sociétés seront fort différentes. au cours des derni(res décennies. On repérera avec soin les valeurs qui inspirent les r(gles de conduite. le sociologue étudie les sources sociales . $.uelle doit $tre. " l!étude du pouvoir discrétionnaire de la &ustice et " la mani(re de l!e ercer. Les comportements individuels et ceu des groupes ne sont compréhensibles qu!en tant qu!éléments d!une culture donnée. ainsi que les normes qui donnent un sens " l!activité organisée des groupes et des individus. " la lumi(re de ces théories. 1e l!importance des frictions entre les divers groupes en conflit dépendra le niveau de la criminalité. DEH\*. 1ans une recherche sociologique. Telle société peut $tre caractérisée par des valeurs traditionnelles # telle autre. il + a donc lieu de s!informer des éléments culturels qui constituent le cadre de la société soumise " l!anal+se. Les conflits nés des tensions d!ordre culturel auront des répercussions sur le plan social. par une attitude critique " l!égard de toute autorité établie et une mobilité sociale tr(s forte.des derniers si(cles. @e fut. en tout cas. économique )niveau de vie.

%aisonner en termes de ' conduite déviante ' et parler de conduite criminelle est une source de regrettables confusions. "E NESSE . La premi(re est liée " la structure de la personnalité et " celle du milieu socioculturel # la seconde est l!4uvre de forces historiques plus ou moins fortuites. le probl(me s!est tou&ours posé de savoir si le mineur délinquant doit $tre considéré comme un adulte en miniature et si la délinquance est un simple trouble de la personnalité. sans aucun doute.our les raisons dé&" indiquées. mais inséré dans les limites des normes inspirées par la culture.e si(cle. il n!e iste pas pour ce probl(me. chacun de ces aspects a+ant fait l!ob&et. codifiées par le droit. . une réponse opératoire unique qui permettrait d!articuler les diverses interventions.ourtant. Les criminologues ont ainsi fabriqué ' un monstrueu pantin livré pieds et poings liés au &eu d!une interminable série de facteurs bio3ps+cho3socio3culturels '.E/ILLE'RIGEN!# +uge pour en$ant2 L!ensemble des comportements prohibés par la loi et les r(glements. des répercussions vastes et salutaires dans le domaine de la proph+la ie criminelle./. Le fossé reste profond entre le point de vue ' singularisant ' du travail clinique et le point de vue ' généralisant ' du travail scientifique. ' descriptif ' et ' normatif ' du comportement criminel. et le volume de la délinquance &uvénile ne cesse de cro?tre. un phénom(ne de bande. une distinction s!impose entre la conduite déviante et la conduite proprement criminelle. ou rétablir. . d!études réguli(res et approfondies. qui sont le fait de &eunes n!a+ant pas atteint la ma&orité légale et que l!on désigne par l!e pression de délinquance &uvénile. dans le monde. malgré la dénonciation de ces divers facteurs. Le délinquant est une personne qui n!a pas pu établir. La délinquance "uvénile contemporaine /l faut $tre e tr$mement prudent dans l!anal+se que l!on peut faire du phénom(ne de la délinquance &uvénile " partir des statistiques dressées en . @e progr(s accompli par les sciences socioculturelles aura. 1!une époque " une autre. dont la dissociation arbitraire a retardé si longtemps la compréhension de l!acte criminel. " l!heure actuelle. depuis la seconde moitié du . se trouvent enfin réunis dans la science contemporaine. l!équilibre entre les impulsions de son ' moi ' et les normes de la culture figurant au @ode pénal ou dans les us et coutumes.de la motivation de l!acte criminel en considérant ce dernier comme l!e pression d!un destin. d!un pa+s " un autre. Les aspects ' individuel ' et ' collectif '. 1. certes individuel. On peut affirmer que les sciences sociales consid(rent le comportement criminel comme la manifestation d!un conflit de cultures et comme une déviation par rapport au normes culturelles en vigueur dans la société. un phénom(ne de société.La délinquance +uvénile par C7A. constitue un phénom(ne comple e J c!est " la fois un phénom(ne individuel.

HG p. le développement des grandes surfaces. par e emple.. le nombre de mineurs interrogés qui ont avoué avoir commis au moins un délit va de HZ " EG p. DE[Z*. des modifications intervenues sur le plan législatif )selon les périodes. Ousqu!" l!entre3deu 3guerres.* # sur le plan géographique. au su&et desquels la loi pénale visant l!usage de stupéfiants peut para?tre inadaptée.Y p. afin de ne pas entacher la réputation d!une famille ou d!un établissement. le nombre des mineurs &ugés monte en fl(che # il va presque tripler puisqu!il est. vols dans les voitures. peut estimer que les faits reprochés " un mineur rel(vent plut6t d!une procédure d!assistance éducative. @ette délinquance cachée a fait l!ob&et d!études au Btats38nis )0hort et I+e en DEHY. on constate " nouveau une remontée impressionnante de la délinquance.D p. au @anada )Nréchette et Leblanc. c!est3"3dire la délinquance &uvénile non comptabilisée. D GGG en DE[[. le total des mineurs &ugés redescendant en DEHW " DZ HGW. DGG des délinquants # en DEYF. qui ne déposent pas plainte lorsqu!elles apprennent que l!auteur de l!infraction est un mineur.Nrance par les minist(res de l!/ntérieur et de la Oustice. 1urant la guerre de DEZE3DEWH. /l en sera ainsi. plus de la moitié des délits sont au&ourd!hui liés " la motorisation )vols de voiture. par contre.\H p. Or cette progression n!est pas liée " l!évolution démographique puisque le tau de délinquance qui était de Z. en DEWZ. délits de fuite. La motorisation.D p. 0elon ces études. l!urbanisation. par e emple. en 0candinavie )Elmhorn en DEFH* et en Arande3Pretagne )=est et Narrington. puisque le procureur de la %épublique. D GGG en DEYH. l!immigration. ma?tre des poursuites en mati(re pénale. DGG. " E. au cours des trente années suivantes. c!est3"3dire d!une procédure civile visant " assurer la protection de l!enfance en danger ph+sique ou moral. Mais le facteur essentiel d!incertitude est ce que l!on nomme le ' chiffre noir '. en effet. 1es différences e istent aussi entre les statistiques polici(res et les statistiques &udiciaires. Aold en DE[G*. la volonté de para?tre. sept départements totalisent " eu seuls pr(s de WG p. pour les to icomanes. D GGG en DEHH est passé " E. Eri2son et Empe+ en DEFZ. On doit tenir compte. infractions en mati(re de circulation. ils représentaient WY. de ZW YDD. vols des accessoires de voiture. DGG de cette délinquance. on note une certaine stabilité J D\ DFH mineurs ont été &ugés en DEZE.e si(cle. /l correspond aussi " l!hésitation des victimes. D GGG en DEYG et " DG. d!autres sont décriminalisés* mais aussi des changements économiques et sociau . Les di premi(res années de l!apr(s3guerre enregistrent une baisse tr(s importante. DE[[*. certains actes sont criminalisés. 1epuis le début du . @e chiffre s!e plique par le silence que s!imposent les parents ainsi que les responsables d!établissements scolaires. on peut toutefois distinguer quatre phases dans l!évolution de la délinquance &uvénile. qui a plus que quintuplé J \F YEW en DEFG # WF [[E en DE[G # HF EHE en DE[H # FF WHG en DEYG # [D HDE en DEYF. Mais. etc. 5insi. contre DZ F[G en DED\. qui est sans aucun doute plus importante que la délinquance cachée des ma&eurs. ont modifié les conduites délinquantes. . Les &eunes de seize " di 3huit ans qui sont &ugés chaque année sont de plus en plus nombreu )en DEHH.

ils sont FW. sont tou&ours la résultante d!un ensemble de facteurs affectant de mani(re propre chaque individu. 8ne étude américaine effectuée en DE[\ par =olfgang sur la délinquance connue va dans le m$me sens J pour E EWH &eunes nés " . " eu seuls. HG p. on tint pour démontré que les déficiences intellectuelles étaient la cause principale de la délinquance # or il appara?t au&ourd!hui qu!elles ne sont pas le trait le plus important. mais elle est supérieure pour J les vols de véhicules motorisés )ZW.D\ p. DGG en DEYF. pour atteindre DG. DGG pour destructions et dégradations # \. DGG des &ugements rendus. d!autant plus que l!on note une concentration de la délinquance chez une minorité de &eunes.ar rapport " l!ensemble de la délinquance.EH p. 2.hiladelphie en DEWH.D p. DGG en DEY[. DGG pour infractions au m4urs.D p. [H. # \. Les délits contre les biens sont les plus importants )en DEY[.[ p.[W p. DGG " plus de deu # mais ce phénom(ne de groupe semble évoluer J les bandes structurées a+ant une véritable sous3culture sont remplacées par des groupes informels " faible effectif qui se constituent surtout pour commettre une infraction )m$me si les liens d!amitié sont récents* ou pour partager des loisirs et commettre occasionnellement des délits. DGG* # l!ensemble des vols )\H.EY p. DGG en DEHH " ZD. les F\[ gar9ons )soit F p.EE p.[ p. 8n tiers seulement des délits sont commis par des mineurs isolés. mais DF. L!observation des mineurs délinquants conduit cependant " souligner l!importance de quatre facteurs particuliers J la famille. DGG sont commis " deu et WG p. DGG*. m$me si la proportion des filles a eu tendance " augmenter. DGG pour to icomanie.Z p. 5insi. en effet. alors que \H p. DGG* qui avaient commis cinq délits ou plus étaient responsables de la moitié de l!ensemble des délits et des deu tiers des délits violents.H p. [G p.endant longtemps. @es actes. DGG en DEYF. /l faut se garder d!e pliquer de tels passages " l!acte par une approche trop généralisante. DGG des mineurs sont mis en cause pour vols # Y. l!adolescence et la place dans la société.Y p.HY p.[ p. DGG selon les statistiques polici(res* J [D. Les acteurs de la délinquance 8ne telle évolution est inquiétante. .[ p.HW p. DGG des mineurs délinquants représentent. . . DGG* # les cambriolages et vols assimilés )\Y. DGG des délinquants viennent une seule fois devant la &uridiction des mineurs )sans que l!on mette en place un important dispositif éducatif* et ne récidivent pas. DGG selon les sources &udiciaires et [[. DGG* # les incendies et destructions )\H. Les délinquants sont en ma&orité des gar9ons. la vie sociale. selon des études publiées par le @entre de recherches de l!éducation surveillée de Laucresson. la proportion des mineurs est de l!ordre de D\ p. DGG pour coups et blessures volontaires # D. DGG*. mais il faut noter que le tau des treize3seize ans ne cesse de progresser lui aussi car il est passé de W.

" canaliser ses forces vers des valeurs sociales et morales et aussi " le contr6ler. un facteur significatif d!inadaptation. des études nord3américaines sur la délinquance cachée précisent que plus le nombre de délits avoués par un él(ve est grand. " une carence éducative. peu d!ambition et leur travail est insuffisant. .armi les facteurs sociau ./l est banal de dire que les parents ont une t-che éducative importante. et le passage " l!acte est facilité. L!indiscipline scolaire )refus d!obéir au enseignants. que cette dissociation soit effective ou non. au cours de laquelle commettre un délit peut. L!observation montre que beaucoup de &eunes ne peuvent . La délinquance &uvénile correspond souvent " une faiblesse parentale. elle aussi. sortent prématurément des circuits scolaires et n!ont aucun dipl6me. " la réalisation immédiate de certains désirs. @e n!est pas l" une cause initiale de la délinquance. @es difficultés d!insertion scolaire et professionnelle ont aussi des retentissements sur le choi des camarades J plus un enfant fréquente des délinquants. par des e clusions. et dans des situations o7 l!enfant se trouve " certains moments dans un état de tension et de déséquilibre. par l". qui consiste " faire assimiler par l!enfant les principes d!autorité et de loi. plus ses résultats scolaires sont faibles. /ls ont. @et -ge est celui d!une réorganisation personnelle face " la société et implique une émancipation par rapport " la famille. La plupart des délinquants. entra?ne une instabilité professionnelle et une absence de pro&et " long terme. Pien entendu. L!adolescence. les incidences d!une mauvaise scolarité seront nombreuses ensuite sur le marché du travail J les délinquants ont souvent un emploi non qualifié. sous le coup d!une impulsion. souffrant dans ses besoins de sécurité et d!amour. un renforcement de l!image de soi. @!est " tous ces niveau que le r6le de soutien des parents est primordial. 0i les &eunes qui ont de telles difficultés risquent plus que les autres d!entrer dans un circuit &udiciaire. car il e iste un lien certain entre l!attachement au parents. prendre la signification d!une marque d!opposition mais aussi représenter un mo+en d!attirer l!attention sur soi ou d!obliger des parents plus ou moins désunis " se rencontrer et " se concerter. l!échec scolaire est particuli(rement important. en effet. propension " troubler la classe. qui répond " certaines difficultés par des punitions. l!accumulation des difficultés familiales et l!engagement scolaire. par e emple. Elle se rencontre fréquemment dans les familles dissociées. par ailleurs. l!incitation &oue. mais les &eunes ont tendance " $tre attirés par des compagnons qui ont les m$mes sentiments qu!eu . par l!orientation de l!enfant vers des classes sans issue o7 celui3ci ne fera qu!attendre le terme légal de l!obligation scolaire. @!est l" qu!entre en &eu. Le mineur doit alors faire face " des sollicitations nombreuses et quelquefois contradictoires J l!honn$teté et la morale que l!on a apprises c(dent parfois. @!est une période d!e périmentation de nouveau comportements. ainsi que l!ont montré 0heldon et Eleanor Aluec2 en DEHF. en général. constitue une période de fragilité biologique et ps+chologique. C ce moment3l". La délinquance peut provenir aussi d!une éducation trop conformiste. trop rigide. en effet. plus il + a de risques qu!il commette lui aussi des délits. qui n!offre aucune perspective et qui. école buissonni(re* est. le s+st(me scolaire. qui emp$che le mineur de s!e primer.

de 0utherland sur l!association différentielle ou de 1ur2heim sur le contr6le social ne permettent pas d!e pliquer. 8ne étude réalisée en Nrance sous la responsabilité de Manna Male>s2a3. elle échappe " l!autorité des parents. il est difficile d!aller au3del" de la simple constatation d!une sur3représentation de la délinquance dans les classes inférieures.donner de motifs précis " leurs actes J on ' emprunte ' un c+clomoteur pour le plaisir d!une promenade. en Nrance. 3. parmi les délinquants ' officiels '. la place d!un &eune dans la société a des incidences sur les chances qu!il a d!entrer dans la délinquance. l!aspect sociologique du phénom(ne est important dans un monde urbain de plus en plus mobile. " partir des études actuelles. depuis la 0econde Auerre mondiale. de se faire dérober leur véhicule. Les théories de Tarde sur les conflits de culture. Male>s2a et . dans la plupart des cas. @omme dans la plupart des manifestations de la vie. au sein duquel les relations se désindividualisent et qui a négligé de s!occuper au préalable des possibilités d!animation de la cité et surtout des mo+ens de prévention. la réponse au phénom(ne de la délinquance &uvénile a surtout été d!ordre répressif # mais. pas nécessairement pour le revendre # on veut de l!argent rapidement. émet l!h+poth(se que les familles riches réussissent " emp$cher leurs &eunes délinquants d!entrer dans le s+st(me pénal gr-ce " diverses interventions. /l faut surtout souligner les difficultés propres " la ' deu i(me génération ' J mal intégrée dans notre société. ont signalé qu!il + a. chaque individu a sa capacité propre de résistance et il en use " sa fa9on. voire re&etée. 0ouvent.. /l reste que.e+re sur les mineurs pris en charge par la &ustice montre que la crise d!adolescence et le conflit de générations sont plus graves chez les &eunes immigrés et rév(le combien il est difficile pour eu de se situer entre les deu cultures et de former un pro&et d!avenir revalorisant. mais l!argent volé n!est pas tou&ours utilisé rationnellement. Mais. par e emple. on est conduit " parler plut6t de probabilité et que l!on ne peut pas établir de rapport rigoureu entre la gravité de l!infraction et celle des troubles de la personnalité. La réponse ran:aise au pro(lème Ousqu!au début du . Le docteur ]ves %ouma&on. les délinquants supportent tr(s mal. qui est sans aucun doute liée en Nrance " la législation en vigueur. les &eunes les plus fragiles et les moins autonomes cherchent " affirmer ou " satisfaire des besoins instinctuels. dans son livre 1ls ne sont pas nés délinquants . mais il est certain que les récidivistes sont plus rares dans les classes supérieures. les difficultés tenant " cette origine ethnique vont de pair avec une situation familiale et sociale difficile.e+re. restés attachés " une autre culture. en DE[Z. les infractions commises par les &eunes J on ne peut pas ériger le vol en morale.e si(cle. une . Iéanmoins. en mati(re de délinquance &uvénile. Enfin. généralement. 1(s lors. On parle aussi beaucoup de la délinquance des &eunes immigrés. deu fois plus de gar9ons dans les classes inférieures que dans la population totale. L!idée selon laquelle celle3ci n!e iste que dans les classes inférieures est un m+the. et se trouve souvent en marge du s+st(me scolaire et professionnel. et.

Mais il comporte des éléments négatifs J un silence rigoureu est imposé pendant le travail. celui3ci devait $tre condamné au peines prévues par la loi. sous réserve d!une e cuse légale atténuante. La loi du DE avril DYEY offre au &uge la possibilité de confier le mineur " un tiers digne de confiance ou " une institution charitable. L!application de ces dispositions se révéla désastreuse J la capacité de discernement était difficile " appréhender. et le législateur avait négligé d!organiser les maisons de correction.. que Oean Aenet décrira plus tard dans Le iracle de la rose . L!ancien droit criminel fran9ais considérait le &eune délinquant. en m$me temps qu!on leur donne une instruction élémentaire. mais selon les circonstances. En DEDD. 5insi sont nées de l!initiative privée les institutions du Pon . puis dans les colonies maritimes et industrielles. La délinquance &uvénile peut ainsi devenir. inspecteur général des services administratifs. sous une discipline sév(re. qui sera appliqué dans les colonies agricoles d!abord. et occupés au travau de l!agriculture.asteur et. La loi du H aoXt DYHG vient néanmoins consacrer ce s+st(me. un phénom(ne accessoire de la préadolescence et de l!adolescence. " l!e tr$me. Les &eunes a+ant agi sans discernement et les &eunes détenus condamnés " un emprisonnement de si mois " deu ans sont conduits dans une ' colonie pénitentiaire '. le mineur était acquitté. se fait le théoricien des maisons d!éducation J son s+st(me repose sur un régime progressif a+ant pour cadre trois quartiers distincts. l!administration pénitentiaire est rattachée au minist(re de la Oustice et non plus au minist(re de l!/ntérieur. La loi du \\ &uillet DED\ crée la ' liberté surveillée '. c!est3"3dire une . 0!ils répondaient par la négative.. pour lequel il ne faut intervenir qu!en cas de nécessité et de mani(re " ne pas engorger les mécanismes de contr6le social. l!instruction est refusée au &eunes du quartier de punition. o7 ils sont élevés en commun. Les &eunes qui sont condamnés " plus de deu ans d!emprisonnement et les insubordonnés des colonies pénitentiaires sont orientés vers des ' colonies correctionnelles '.nouvelle conception en faveur de la primauté des mesures éducatives a bouleversé les législations. la cél(bre maison de rééducation de Mettra+. en DYZ[. comme un délinquant en miniature et ne vo+ait pas de différence de nature entre la criminalité adulte et la criminalité &uvénile. Le @ode pénal de DYDG a fi é la ma&orité pénale " seize ans )elle sera portée " di 3huit ans par la loi du D\ avril DEGF* et subordonné la responsabilité pénale du mineur " la question du discernement J si les &uges estimaient que le &eune avait agi avec discernement. sur la mise au travail dans les ateliers et sur l!enseignement d!une profession. @!est " cette époque que @harles Lucas. l!emprisonnement solitaire est prévu " titre de sanction < toutes dispositions qui entretiennent une ambiguKté entre la rééducation et la répression. il était remis " sa famille ou conduit dans une maison de correction pour + $tre élevé et détenu pendant le nombre d!années que le &ugement déterminait )au ma imum &usqu!" ce qu!il ait atteint vingt et un ans*. @ette idée continue " progresser et " modifier les comportements des travailleurs sociau . pr(s de Tours. d(s l!-ge de sept ans. les &eunes délinquants s!acquittaient de leurs peines d!emprisonnement dans les m$mes prisons que les su&ets ma&eurs. 0eules les peines étaient moins fortes dans le second cas.

qui deviennent alors pénalement irresponsables et sont présentés devant le tribunal civil. Les contraventions des quatre premi(res classes relévent du tribunal de police. @ette ordonnance s!inspire de la théorie de la défense sociale et pose deu principes J d!une part. présidé par le &uge des enfants assisté de deu assesseurs qui ne sont pas des magistrats professionnels mais des personnes choisies par le minist(re de la Oustice en raison de l!intér$t qu!elles portent au probl(mes de l!enfance.mesure éducative qui permet au magistrat de suivre et d!aider le mineur dans sa famille.our le &ugement. Btant tous les deu magistrats du si(ge.our la poursuite des infractions. spécialement chargé des affaires de mineurs. @!est ainsi qu!en DEZW s!organise une vive campagne de presse qui dénonce les bagnes d!enfants et qui aboutit " la fermeture des colonies de Mettra+ et d!E+sses et " une réforme profonde de certains établissements. mais le &uge des enfants peut $tre saisi si une mesure éducative appara?t nécessaire # les délits et contraventions de la cinqui(me classe peuvent $tre &ugés par le &uge des enfants. . les colonies re9oivent tou&ours une population cosmopolite. en outre. de constituer un dossier qui sera soumis " la &uridiction de &ugement. /ls doivent établir les faits. La décision peut alors $tre de divers . comme on n!a pas su créer des internats appropriés. statuant seul en chambre du conseil. @ette réforme reste cependant insuffisante J le tribunal pour enfants est une formation du tribunal correctionnel # l!e ercice de la liberté surveillée est confié " des délégués bénévoles # les e amens de personnalité sont facultatifs. et. en Nrance. 1u premier point découle le fait que la spécificité du traitement des mineurs s!inscrit désormais dans les différentes phases &udiciaires. /ls ont pour mission.our l!instruction des dossiers. un membre du parquet est spécialisé dans les affaires de mineurs # c!est lui qui décide de l!opportunité des poursuites pénales. ou par le tribunal pour enfants. Elle supprime. @!est l!ordonnance du \ février DEWH qui. le &uge des enfants est saisi pour tous les délits simples et les contraventions de la cinqui(me classe # le &uge d!instruction. le principe selon lequel la mesure éducative est la r*'le et la sanction l(exception . ils bénéficient de garanties personnelles et professionnelles assurant leur indépendance. instruire " charge et " décharge. tandis que les mineurs de plus de treize ans comparaissent devant le tribunal pour enfants et adolescents. régit encore les réponses au probl(me de l!enfance délinquante )celles qu!+ donnent les principau pa+s de l!Europe communautaire sont résumées dans le tableau*. " ce stade de la procédure. est compétent principalement pour toutes les infractions comple es et obligatoirement pour les crimes. . @es deu magistrats de l!ordre &udiciaire sont nommés par décret du président de la %épublique )sur avis du @onseil supérieur de la magistrature* pour une durée de trois ans renouvelable. mais aussi recueillir tous les éléments sur la personnalité du mineur et son environnement familial. l!établissement d!un privil*'e de /uridiction et la mise en place de /uridictions et d(institutions spécialisées # d!autre part. il e iste quatre &uridictions compétentes selon la gravité de l!infraction et l!-ge du mineur. le crit(re du discernement en mati(re d!évaluation de la responsabilité pour les moins de treize ans. .

on suit les r(gles applicables au ma&eurs. depuis la loi du ZG décembre DEY[. 1!apr(s les lois du ZG décembre DEY[ et du F &uillet DEYE J en mati(re de délits. si mois )sauf prolongation e ceptionnelle pour si mois par ordonnance motivée* # pour les plus de DF ans comme pour les ma&eurs. 5u stade de l!instruction.ar ailleurs. présidée par un conseiller de la cour d!appel et composée de deu &uges des enfants et de neuf &urés tirés au sort sur la liste départementale. L!e écution des mesures de liberté surveillée est confiée " des délégués professionnels. soit " titre provisoire au cours de l!instruction. a été créée au minist(re de la Oustice. . mais l!ordonnance prévoit qu!ils pourront faire l!ob&et d!une condamnation " une peine lorsque les circonstances et leur personnalité l!e igeront. . différentes formules )toutes en centres non fermés* J des centres d!accueil et d!observation. /l e iste. pour cela. On ne pose plus la question du discernement. La ma&orité pénale reste fi ée " di 3huit ans. des internats scolaires ou professionnels. dans les autres cas. pour les DZ3DF ans. 0eules des mesures éducatives peuvent $tre ordonnées " leur endroit. mais la détention ne peut durer plus d!un an* # en mati(re criminelle. pour une durée de cinq ans au ma imum. Les crimes sont &ugés par ce m$me tribunal pour enfants. la direction de l!éducation surveillée. elle est d!un an )sauf prolongation e ceptionnelle pour un an par ordonnance motivée*. mais le &uge des enfants ne peut prononcer seul qu!une remise " parent ou une admonestation assortie ou non d!une mesure de liberté surveillée. des fo+ers d!action éducative o7 les &eunes travaillent " l!e térieur ou sont scolarisés # le placement dans un établissement médical ou médico3pédagogique # le placement dans les services de l!aide sociale . la sanction l!e ception* entra?ne plusieurs conséquences. sur le plan institutionnel. Le second principe qui inspire l!ordonnance de DEWH )la mesure éducative est la r(gle. m$me en cas de crime. elle ne peut dépasser. le mineur qui avait plus de seize ans au moment des faits* # le placement dans une structure de l!éducation surveillée ou dans un établissement habilité par le minist(re de la Oustice. par la cour d!assises des mineurs. Les premiers ne peuvent &amais faire l!ob&et d!une peine. elle ne peut e céder un mois )sauf prolongation e ceptionnelle d!un mois par ordonnance motivée* lorsque la peine encourue est inférieure " [ ans d!emprisonnement )dans les autres cas. et les mo+ens d!appliquer la nouvelle loi ont été mis en place. le principe édicté reste valable. mais on distingue néanmoins tou&ours deu catégories de mineurs J ceu qui ont moins de treize ans et ceu qui ont entre treize et di 3huit ans.our ceu qui ont entre treize et di 3huit ans. qui a pour vocation de prendre en charge les mineurs délinquants. elle n!est plus possible avant DF ans # entre DF ans et DY ans. soit au titre du &ugement &usqu!" di 3huit ans au ma imum # la mesure de protection &udiciaire au stade du &ugement )un éducateur est alors désigné pour suivre et aider. si le mineur poursuivi a moins de seize ans au moment des faits et. la détention provisoire n!est plus possible. applicable " compter du Der mars DEYE. Outre l!admonestation et la remise " un parent ou " un tiers digne de confiance. la détention provisoire doit $tre e ceptionnelle et limitée dans le temps.t+pes. les mesures éducatives possibles actuellement sont J la liberté surveillée. C l!instruction.

uébec a tenté une intéressante e périence de dé&udiciarisation. soit D\G heures au ma imum. DGG # en DEYF.FZ p. \Y. $. les mesures répressives augmentent réguli(rement )en DEH[. HE. largement ouvertes sur l!e térieur et soucieuses de maintenir des liens entre le mineur et son milieu naturel. DGG # en DEF[.E\ p. W\. L!e'périence du . Iéanmoins. Toutes les décisions de cette sorte sont inscrites sur le bulletin no D du casier &udiciaire. le mineur bénéficie.\ p. DGG # en DEF[. la peine ne peut s!élever au3dessus de la moitié de celle " laquelle le mineur serait condamné s!il avait di 3huit ans et. DGG*. .HY p. Les raisons de cette situation sont nombreuses.EZ p. s!il l!estime nécessaire. . E. H. on peut constater une baisse importante des cas n!a+ant donné lieu " aucune suite éducative ou pénale )en DEH[.HW p. elle ne peut $tre supérieure " vingt ans de réclusion criminelle.ar le &eu de cette disposition. o7 ils bénéficient d!une formation professionnelle dans la mesure du possible.YY p.WH p.H\ p." l!enfance au cours de l!instruction ou dans les cas o7 le mineur a moins de treize ans. [F. ZY. DGG # en DEYF. 5mende et emprisonnement peuvent $tre assortis d!un sursis. par e emple*. DGG*. DGG # en DEF[. \\. En revanche. DGG*.ué(ec et la primauté de la mesure éducative Le . quelle que soit la nature de l!infraction commise. 0i une sanction pénale )amende ou emprisonnement* est prononcée. outre les circonstances atténuantes. il peut saisir le tribunal de la &eunesse. 0i la mesure éducative est acceptée par le mineur. 1!apr(s les statistiques. le directeur de la protection de la &eunesse peut clore le dossier pénal. Tous les mineurs de moins de quatorze ans a+ant commis des actes contraires " la loi et au r(glements sont déférés pour une prise en charge sociale au directeur de la protection de la &eunesse. L!une d!elles tient au vieillissement de l!ordonnance du \ février DEWH. 1epuis la loi du DE &uin DEYZ. qui a été revue en DEYW et qui a soustrait un certain nombre d!attributions " la cour du bien3$tre social pour les transférer " des structures administratives qui sont représentées par le directeur de la protection de la &eunesse. les mineurs comme les ma&eurs peuvent $tre condamnés " une peine de ' travail d!intér$t général ' # le nombre d!heures qu!ils devront effectuer au profit de la collectivité sera de la moitié de celle qui est prévue pour les adultes. d!une e cuse atténuante de minorité s!il a moins de seize ans )elle est facultative entre seize et di 3huit ans*. DGG # en DEYF. en mati(re criminelle. FF. Les &eunes qui sont soumis " des peines d!emprisonnement et " des détentions provisoires sont placés dans un quartier spécial des maisons d!arr$t ou dans un centre spécialisé de &eunes détenus )Nleur+3Mérogis ou Oermingen. fondée sur une loi du DH &anvier DE[E. qui a prévu des r(gles procédurales lourdes et inadaptées " des situations de plus en plus mouvantes. @e dernier est chargé de leur orientation. mais aussi des cas a+ant donné lieu " une mesure de liberté surveillée ou de placement )en DEH[. /l faut souligner aussi l!évolution des méthodes et des structures éducatives.

0ur le plan &udiciaire. quelquefois. 9i sophistai J " prendre la traduction du terme sophos d!alors. mais aussi de ceu de la Nrance et des autres pa+s européens évoqués dans le tableau. la sécurité. qu!au Le si(cle avant notre (re des hommes au ' langage sonore '.laton les désigne constamment. théoriquement et pratiquement. les clubs et équipes de prévention. et le &uge des enfants a re9u de l!ordonnance du \Z décembre DEHY et de la loi du W &uin DE[G le pouvoir de prendre des mesures d!assistance éducative " l!égard des mineurs dont la santé. en 5ngleterre. qui prétendent " la connaissance enc+clopédique et " l!art du discours. se nomment ' sophistes ' # c!est ainsi que . " remplir une fonction de nature sociale. s!il veut &ouer correctement son r6le. C la lumi(re de cet e emple. on peut constater que. tant dans le domaine privé que dans l!activité publique # ils ouvrent des écoles o7 se pressent les fils des nobles qui sentent bien qu!il n!est d!autre avenir que celui de la démocratie et les fils des ' parvenus '. contre la métaph+sique et la religion codifiée # ils n!ont en commun que leur haine pour un passé qui étouffe le présent. il faut souligner encore une fois la nécessité de développer une politique sociale réelle pour les &eunes. la bonne lecture ne serait3elle pas plut6t ' intellectuels ' : 5u . la moralité ou les conditions d!éducation de leurs enfants. techniciens détenteurs d!un savoir3faire novateur qui veulent donner " leurs enfants les mo+ens de participer efficacement " la vie politique. pour + enseigner tout ce qu!un cito+en doit savoir. eu 3m$mes. de mettre en 4uvre des actions de prévention " l!égard des familles dont les conditions de vie risquent de compromettre la santé. Mais. 5insi se sont développés les services sociau de secteur. contre l!institution qui enseigne )l!Bglise*. s!installent " 5th(nes. apr(s la Arande3Pretagne et les . la sécurité. " accorder au délinquant et " sa famille des garanties suffisantes.a+s3Pas. d!abord. la moralité sont en danger ou dont les conditions d!éducation sont gravement compromises. qui se disent philosophes . la primauté de la mesure éducative est devenue. au3del" de ces réponses spécifiques. que leur attachement pour les formes nouvelles de la connaissance J les sciences e périmentales et leurs applications techniques # ils veulent qu!" cette ' civilisation ' nouvelle qu!annoncent Ie>ton et les progr(s technologiques corresponde une organisation . @es professeurs. gros artisans.Toute l!ambiguKté de ce s+st(me réside essentiellement dans la difficulté que peut éprouver le directeur de la protection de la &eunesse " se prononcer sur la culpabilité du mineur. la Nrance. plus sérieuse théoriquement peut3$tre. apr(s une longue évolution. un choi fondamental dans la plupart des pa+s.aris.L///e si(cle < c!est le deu i(me e emple < " . Loici. des penseurs. se dressent contre la tradition. et d!une autre mani(re. les services d!action éducative et d!aide thérapeutique " la famille. s!est engagée dans cette voie. Mais encore faut3il qu!une politique de prévention générale soit menée. commer9ants. 5D8-LL-%8K-L -8 >P%5S8S @!est " travers trois e emples qu!on peut poser utilement la question toute contemporaine du statut des ' intellectuels '. les directions des affaires sanitaires et sociales sont chargées. 0ur le plan administratif. en mati(re de délinquance &uvénile. en application du décret du [ &anvier DEHE. la @ité démocratique par e cellence.

atterrés par les conséquences mondiales que peut avoir la connaissance qu!ils ont promue. Le concept d!' intellectuel ' a3t3il donc un sens qui traverse l!histoire : @omment se fait3il qu!il + ait. de 1iderot . la ' place ' sociale. Un homme / in7classa(le / La référence " l!origine sociale risque d!$tre bien décevante. au environs de DEZW3DEZH. une place singuli(re. Ie sont3ils pas plut6t des intellectuels : Enfin. L!histoire de la pensée les désigne tant6t comme écrivains tant6t comme philosophes. " l!intellectualité. dans la société.eut3on définir une classe ou une couche sociale regroupant ceu qui sont dits ou se disent ' intellectuels ' : Et. médecins. une utilisation non contr6lée du pouvoir de la science. peu ou beaucoup. 0ans doute . 5lbert Einstein et Oean3.L/e ou au . %ussell et O. mais n!en sont point. de l!intellectuel.asseron ont établi que. en dépit des différences historiques. la puissance de ce groupe apparemment si mal délimité : Pref. on peut donner une définition # ou. Pourdieu et O. . encore.aul 0artre : . elle ne suffit pas J les ' professionnels ' de l!intellect.ug>ash.différente de la société. des pri Iobel. cela.3@. . administrateurs. Et que dire du mét(que . comment comprendre que des individualités réfléchies aient pu se croire investies )ou aient été investies* d!une mission )ou d!une fonction* : 0i c!est possible. 1enis 1iderot. d!éprouver la validité des crit(res en raison desquels il s!est trouvé prendre. des hommes se déclarent ' intellectuels ' # ils se constituent comme groupe # ils invoquent une responsabilité qui leur est propre # ils prennent " charge la part de lutte qui leur revient contre des régimes persécuteurs des savants. au .rotagoras. 5ndré Malrau et Oacques 0oustelle. techniciens supérieurs. des mathématiciens comme L. entre autres 5ndré Aide.lus récemment. professeurs ne se veulent point tous ' intellectuels ' # ils + sont.. dans les démocraties libérales. 0ch>artz < qui se déclarent eu 3m$mes ' intellectuels ' < ont l!audace de s!ériger en tribunal5 5u Btats38nis. on verra que le ' recrutement ' social ne suffit pas " situer l!intellectuel. ingénieurs. forment le groupe . ceu qui participent. les intellectuels fran9ais. quel est donc le statut interne. des artistes non strictement soumis # ils entrent dans le &eu des forces politiques # par e emple. des hommes de lettres. il s!agit d!abord de savoir si. s!éclaire. que l!on prenne d!autres points de rep(re. quelque chose qui rapproche le vieu Aorgias. les réactualise et. forts de leur savoir.3. La détermination est pertinente # mais " considérer le probl(me limite posé ici. ceu qui sont reconnus comme tels appartiennent " la catégorie des ' héritiers ' )DEFW*. des ph+siciens comme 5. pour l!humanité. contribuent indirectement au Nront populaire. pour la période contemporaine.ue l!on interroge les trois périodes historiques prises en e emple. Einstein. différentiellement ou globalement : 0i ce n!est pas possible. technocrates. 1. apr(s la 0econde Auerre mondiale. par eu ./. 0artre. qui publie une revue et. des philosophes comme P. notre époque radicalise les deu e emples précédents. . anal+sent les désastres qu!impliquerait.e si(cle. qui fait carri(re " 5th(nes. @ette fois..

. Mais ce n!est l" qu!un s+mpt6me d!une situation plus profonde que la référence au seul statut professionnel ne parvient pas " cerner. une motivation. on voit appara?tre des contradictions multiples. le chirurgien ou le chimiste : I!est3ce point introduire un crit(re bien grossier que de classer l!activité laborieuse d!apr(s le nombre de muscles mis en &eu : L" encore. puisque la Ar(ce classique ne comprenait comme labeur . que sa fatigue n!est pas du m$me ordre que celle du doc2er. les résultats risquent d!$tre ambigus. selon l!anal+se principielle proposée par Uarl Mar . cette motivation trouve son sol dans une culture acquise # toutefois c!est l" une condition nécessaire. au sens strict du terme. ni de sa place. s!est constitué un groupe social a+ant une mission particuli(re. négligent ce fait que seuls peuvent . la différence faite entre les pauvres. en /talie.et de %ousseau. mais non suffisante. en Nrance. Les actions révolutionnaires résolues. qui se réclament d!un mar isme intransigeant et dont certaines sont partiellement pertinentes. ont essa+é d!e pliquer le r6le &oué par la &eunesse intellectuelle en attribuant " celle3ci une fonction sociale spécifique dans le s+st(me de production. que l!activité qui fatigue le corps et classait les travau de l!esprit comme ressortissant au loisir5 Mais il est vrai aussi que cette distinction < contre laquelle s!est dressée théoriquement et pratiquement la critique mar iste < est singuli(rement floue. par les ' intellectuels '. peuvent laisser croire que. quelle)s* fonction)s* les intellectuels occupent dans la production sociale : /l est bien évident que c!est dans cette optique qu!il est possible de serrer d!un peu plus pr(s la question. 5insi. en 5llemagne fédérale. bien sXr. les mo+ens et les riches est significative d!une position réelle dans la société. 1(s qu!on essaie de la préciser. se signalent comme intellectuels actifs < et des intellectuels ' pauvres ' < qui ne s!inscrivent point pour autant dans la mise en question. . .uand il est question des pa+sans. cependant. au Oapon. plus ou moins consciente # et. plus qu!une implantation. La3t3on alors faire intervenir le métier : /l est bien vrai que la sociologie oppose volontiers travail manuel et travail intellectuel # et que cette distinction a une origine lointaine. cependant. au&ourd!hui. /l + a des intellectuels ' riches ' < qui. plusieurs études. il faut. en emplo+ant un langage plus classique. singuli(rement au Btats38nis. Et. dans cette perspective précise. et dans une aisance tou&ours menacée. menées par les enseignants et les étudiants. le sculpteur. on n!a rien dit. en Tchécoslovaquie. pour $tre intellectuel . /ntellectuel ou manuel. de 0artre et de %ussell. la définition est purement limitative J il est avéré que la subsistance de l!intellectuel ne dépend point de sa puissance musculaire.. selon la catégorie d!intellectuels " laquelle il appartient. On a simplement noté que. il est dans l!aisance. " l!héritage trop lourd : Ou.uand on a dit que l!intellectuel < de par son revenu < fait partie des ' classes mo+ennes '. sans héritage. On n!aura pas meilleure chance en s!adressant " cette autre catégorie sociologique qu!est le niveau de vie5 . ces anal+ses.arado alement. 5ura3t3on une meilleure mani(re d!aborder le probl(me en se demandant. ni de son activité. consacrées au événements de mai3&uin DEFY en Nrance.

$tre considérés comme producteurs les ouvriers et les pa+sans. Les intellectuels ne sont en aucune mani(re producteurs, selon une conception matérialiste stricte J ils g(rent, ils ' embellissent ', ils réparent, ils transmettent, ils re3' produisent '... O7 se trouvent3ils, d(s lors : ;armi les salariés qui, ob&ectivement, sont des ' prolétaires ', mais qui, de par leurs fonctions, se trouvent étroitement tributaires de la classe dominante et de son idéologie. 5insi le repérage par la seule référence " la fonction dans la production n!apporte pas une détermination qui soit plus efficace. Pien qu!elle soit plus précise, elle demeure limitative.

2. Un pro"et politique de dém2sti ication
1ans une telle situation, l!anal+ste se voit contraint, au moins provisoirement, de prendre la situation de l!intérieur, c!est3"3dire de s!adresser au déclarations des intellectuels actifs eu 3m$mes, lorsque, ob&ets de polémique, ils tentent de définir et de défendre leur statut. 0i l!on s!en tient au trois groupes historiques que nous avons pris arbitrairement pour e emples, ce " quoi prétend l!intellectuel qui se veut tel, du sophiste au ' &uge ' du tribunal %ussell en passant par le philosophe du .L///e si(cle, c!est " $tre l!instituteur et l!avocat de la liberté politique, des droits de la personne, l!architecte d!une société transparente o7 coKncide pleinement l!individu et le cito+en. 0ans doute, tel ou tel aspect l!emporte, en fonction de la con&oncture # mais une certaine structure subsiste, qui peut permettre peut3$tre de définir, superficiellement et différentiellement, les intellectuels comme groupe et comme instance. @e qui caractérise, en premier lieu, l!intellectuel actif, dans sa conscience et dans la connaissance qu!il vise " donner de lui3m$me, c!est qu!il prend parti5 Et qu!au moment o7 il s!engage et prend des risques il refuse d!$tre d!aucun ' parti ' < au sens plus strictement politique du terme. Aorgias et ;rotagoras, comme 1iderot, comme %ussell et 0artre participent étroitement " la lutte politique de leur époque # ils se sentent politiques hors du politique. ;our eu , tout se passe comme si l!inféodation " une organisation politique impliquait nécessairement un pré&ugé, un pré3&ugement restreignant la liberté circonstantielle d!appréciation. /ls se veulent de parti, mais non d!un parti # leur parti pris est de n!$tre d!aucun de ces partis qui travaillent " la m$me cause que celle qu!ils servent, afin de les mieu défendre et de les mieu éclairer. C parler ps+chologie, ils oscillent constamment entre l!enthousiasme et la méfiance. Et, cependant, la fermeté de l!intellectuel ' engagé ' est grande J Aorgias est menacé d!e il, 1iderot va en prison # et, par deu fois, le comte %ussell est incarcéré par la tr(s libérale @ouronne britannique. La raison en est que l!intellectuel est, par essence, contre le pouvoir, c!est3"3dire contre une société qui se refuse " la transparence et " la vérité, alors qu!elle affirme tranquillement que ce sont l" ses principes fondamentau . 5insi l!action de l!intellectuel est de dém+stification J il s!agit, pour lui, d!évaluer, de mettre en évidence le décalage

e istant entre les valeurs reconnues pour décisives par la ' société globale ' < c!est3"3dire par l!ordre dominant < et leur réalisation &uridique, administrative et sociale. /l s!agit de développer, par la parole et par l!écrit, une critique de la réalité e istante et cela au nom de la liberté5 1(s lors, le métier < d!enseignant, de savant, de chercheur, d!artiste, de &uriste, de médecin < devient pour l!intellectuel un simple point d!appui. @e n!est point de sa compétence spécifique qu!il tire sa vertu # celle3ci lui fournit seulement l!assiette sociale dont il a besoin pour faire entendre sa parole. ;lus précisément, la haute qualification de l!intellectuel agissant lui conf(re une place dans la société, qui, selon les crit(res habituellement reconnus, lui permet de &uger. Mais ce n!est point de ce lieu3l" qu!il &uge # précisément, il se veut au3del" de cette spécification. La chose est encore plus claire en notre temps. 5insi, lorsque 5lbert Einstein prend vigoureusement parti contre l!utilisation stratégique de la force nucléaire, c!est, bien sXr, comme spécialiste qu!il intervient, en tant qu!il est plus apte " apprécier les conséquences de cette utilisation # mais, au vrai, ce qu!il dit alors ne dépasse pas l!information &ournalistique sérieuse. 1e m$me lorsque Oean3 ;aul 0artre anal+se les responsabilités dans la guerre au Lietnam ou lorsqu!il se porte défenseur de la liberté de la presse, ce n!est pas e actement en fonction des démonstrations développées dans L(:tre et le 2éant et dans la -ritique de la raison dialectique5 Les travau du ph+sicien comme les recherches du philosophe apparaissent ici comme des ' garanties ' )ou comme des garants*. ,uant au contenu m$me des prises de position, il se place " un autre niveau, qui, précisément, est celui de l!intellect555 Or, l!intellect n!est ni philosophe, ni savant, ni artiste. /l est " l!4uvre dans toutes les activités de découverte et d!invention # mais il les transcende. @!est au nom de ce pouvoir que &uge l!intellectuel, dépositaire, du coup, d!une responsabilité supérieure. @!est comme représentant du cito+en mo+en, tout aussi éloigné des pseudo3rudesses d!5ristophane que des subtilités de 0ocrate, que s!engage Aorgias, héraut de la ma&orité # 1iderot et @ondorcet sont les instituteurs du progr(s # les ' &uges ' du tribunal %ussell s!installent dangereusement dans le ' sens de l!histoire '. 0esponsable , ainsi se définit l!intellectuel # non en raison d!un savoir, d!une cro+ance, d!une doctrine, non " cause d!une compétence, mais en fonction d!une volonté5

3. Un / produit / agissant dans la con"oncture
/l + a donc " conna?tre la nature de cette volonté, c!est3"3dire " définir le sol o7 elle s!enracine. Mais il faut faire une premi(re h+poth(se J cette volonté de mise en question n!aurait d!autre origine qu!elle3m$me, elle n!aurait nul besoin d!un lieu en quoi s!enraciner, et, m$me, l!idée d!un quelconque enracinement contredirait " sa signification réelle. Telle serait, par e emple, la perspective de l!intellectuel d!inspiration 2antienne )et ne peut3on dire qu!au moins " l!époque moderne chacun l!est, peu ou beaucoup :*. 1u coup, la question posée serait sans ob&et. %este ceci, qu!il est difficile d!éluder J comment lier dans un m$me mouvement de légitimation, dans une m$me activité, l!anal+se 2antienne < qui

est principielle < et la dialectique mar iste < qui s!établit comme pratique théorique de la pratique # comment, si l!on accepte l!urgence des questions posées par Mar , qui se situent dans l!optique de la lutte des classes, accepter la neutralité supérieure qu!implique la notion d!un engagement pur et sans origine :... @ette position contradictoire, on peut tenter de la tenir J il n!est pas e clu qu!elle soit celle de Oean3;aul 0artre, par e emple... Elle est difficile, si difficile que des théoriciens de la culture ont tenté de la ' dépasser '. 5insi Uarl Mannheim et, plus généralement, les spécialistes de la sociologie de la connaissance ont essa+é de mettre en place un statut de l!intellectuel qui, " la fois, le situe comme produit de la société et lui conf(re, par rapport au autres couches sociales, une position privilégiée. L!intellectuel serait, entre autres, un ' e 3classé ', un individu que son origine et sa formation mettraient en quelque sorte " part, de telle mani(re qu!" lui serait donné de &ouer sérieusement de l!engagement et du &ugement désengagé. /l n!est pas tout " fait sXr que Ma =eber, de son c6té, que Lénine, d!un autre c6té, que Aramsci, d!une autre mani(re encore < tous les trois convaincus du poids de la lutte des classes et sensibles, tous les trois, " l!action que men(rent, " diverses époques, les intellectuels <, n!aient pas souscrit, en fin de compte, " cette conception d!ensemble. /l reste qu!on voit mal < " moins de souscrire au perspectives d!une sociologie empiriste et classificatoire < quelle position et quelle fonction attribuer au intellectuels. @e que ceu 3ci disent d!eu 3m$mes, qui est fragile et contingent, est, peut3$tre, ce qu!il + a de plus vrai. Et, en m$me temps, ce qu!il + a de plus fau J l!intellectuel qui se croit investi, omnitemporellement, au nom de l!homme et de la culture, d!une mission singuli(re et universelle. L!intellectuel est un produit # et ce qu!il veut promouvoir s!introduit au sein d!une stratégie de classe, o7 son r6le est ambigu. /l n!+ a pas de couche ou de groupe ' intellectuel ' J il + a des situations critiques < singuli(rement prérévolutionnaires < au sein desquelles des individus )ou des formations d!individus*, qui sont ' surdéterminés ' par ces situations m$mes, interviennent. On ne saurait universaliser l!effet de ces interventions J elles dépendent, fonci(rement, de la con&oncture. L!intellectuel est tant6t une parure, tant6t une médiation, tant6t un catal+seur. 0a fonction est tou&ours dérivée # quand bien m$me, ici et maintenant, cet intellectuel, Aorgias, 1iderot ou Lénine, aurait eu une fonction décisive. L!intellectuel e iste con&oncturellement # il n!a'it &amais comme tel... On en vient alors " se demander si l!anal+se politico3sociale n!aurait point intér$t désormais " en éluder la notion.

'S8C7ANAL8SE 222 3u&est ce que la ps9c(anal9se :
La ps+chanal+se n!aurait pas occupé la place qui lui revient, non seulement dans le progr(s des disciplines médicales et des sciences humaines, mais dans le développement général de la civilisation, si la préoccupation la plus intime de Nreud n!avait été, de tou&ours, celle de la souffrance. En témoignent, au origines de sa carri(re, ses recherches sur les stupéfiants # et l!av(nement m$me de la ps+chanal+se n!a pas eu raison de cet intér$t. ' 8ne théorie de la se ualité, écrira3

en effet. Mais c!est tenir pour acquis ce qui est en question. 0!il appara?t en principe plus aisé de se représenter l!action de la cocaKne que celle d!une intervention anal+tique. avec la ps+chanal+se.t3il dans l!anal+se du cas 1ora. mais qu!elle doit $tre portée sur le terrain scientifique. se borne " espérer que son ' succ(s pratique ' n!en sera pas compromis. " la déception que peut en avoir l!entourage du patient. Nreud. La découverte de Nreud est que cette vérité est celle du désir. d!endormir la souffrance. ' L!intér$t.eut3$tre observera3t3on que la difficulté ne saurait $tre formulée en ces termes spéculatifs. dont la méconnaissance se rév(le cause. Le fini. l!ampleur de ses incidences dans les domaines les plus étrangers " ces m$mes disciplines : . &e le suppose. et dont il condescend. se dispenser d!admettre l!action e citante de substances se uelles déterminées. ne pourra. en l!occurrence. comme chaque fois qu!il s!agit d!une grande découverte # mais la beauté de la conception. subsiste # mais. ' 0ans doute Nreud se remet3il alors difficilement d!une grave crise intérieure # la mésentente avec Nliess s!approfondit # mais ces vicissitudes sont en vérité des moments intégrants de sa propre formation. donc. 0i la vérité agit. @e sont les into ications et les phénom(nes dus " l!abstinence de certains to iques chez les to icomanes qui. et si cette action peut avoir une efficience ' curative '. dont Nreud marquait. loin d!+ voir une carence de l!anal+se. Et nous ne pouvons douter qu!il ait consigné dans cette lettre bien autre chose que le témoignage épisodique d!une délectation morose. radicalement retourné J il ne s!agit plus. se rapprochent le plus des vraies ps+chonévroses. Mais la manifestation de cette vérité porte des effets tr(s divers sur les s+mpt6mes. ' 5ucun critique. dans sa finalité. ce th(me de la fin de l!anal+se. " l!intérieur duquel ont " se définir les crit(res m$me de la pratique. au seuil d!une amitié déclinante. 1e l". écrit3il. voire de malaise. le probl(me soulevé par la ps+chanal+se quant " ses fins spécifiques. tout se passe comme si nous en retrouvions précisément l!équivalent transposé. n!est mieu que moi capable de saisir clairement la disproportion qui e iste entre les probl(mes et la solution que &e leur apporte. quant au effets résiduels du transfert. encore reste3t3il que la ps+chanal+se n!est pas seulement une pratique # elle est un corps de doctrine empiriquement fondé. " faire mérite au talent subalterne de Nliess J ' Lorsque ton ouvrage QLa +héorie des périodes R para?tra. d!une découverte capitale J le W avril a été reconnu le ' caract(re as+mptotique ' < dans l!acception mathématique < ' de la conclusion de la cure '. C travers plusieurs décennies de recherches ps+chanal+tiques. son quarante3 quatri(me anniversaire. parmi tous les tableau cliniques que nous offre l!observation. sur la souffrance notamment. de tels effets ne nous engagent3ils pas " en restreindre la portée au domaine des disciplines médicales : Mais comment e pliquer. Ious sommes au lendemain. mais d!éveiller " sa vérité. trois semaines plus tard. " l!adresse de =ilhelm Nliess le H mai DEGG. c!est l!idéal d!ach(vement d!une 4uvre ma?trisée. dans cette h+poth(se. l!originalité . cette valeur de séduction dont Nreud lui3m$me conna?t la hantise. nul d!entre nous ne sera capable de porter sur son e actitude un &ugement qui reste réservé " la postérité. et il pousse m$me l!audace &usqu!" opposer sa propre indifférence. qui commandera toute l!élaboration du concept de répétition et de la pulsion de mort avant d!émerger en sa position de butoir " la veille de la disparition de Nreud. Or. dans le registre de l!épistémologie. s!est en effet perpétué &usqu!" nous le sentiment d!inach(vement théorique.

Ious ne saurions plus tenir pour négligeable la singularité historique de la découverte freudienne. &e me suis vu menacé de perdre le souffle. poursuit Nreud. surgit en quelques traits littéralement fantasmatiques un remodelage de la version biblique du combat avec l!5nge.des idées. voire formalisable. qu!elle ne soit pas un acquis du savoir. et depuis &e vais en boitant. %ien ne nous interdirait alors de faire abstraction de son surgissement historique dans un e posé de part en part conceptualisable. sous laquelle en particulier se rangera l!e périence qui fut propre " Nreud. pour le découvreur de l!inconscient. sans que le fils de Oa2ob Nreud nous ait. dispensé d!en dénouer par nous3m$mes l!énigme. ' Transcrivons J il n!+ aura pas de ' loi de Nreud ' # il n!+ aura pas de loi qui puisse se désigner du nom choisi par l!5nge.our ma &uste punition. au cours de la lutte. il n!est donc pas destiné " rester dans la mémoire des hommes comme l!épon+me d!une scien3ce nouvelle. " son tour. Mais cette e périence elle3m$me portera le sceau d!une généralité t+pique. ' en ce qui me concerne. comme un autre /sraël. ou " la constitution m$me du domaine qu!elle vise : L!en&eu d!une telle question. Mais &e n!ai pas eu le dessus. la simplicité des raisonnements et la conviction de l!auteur créeront une impression qui sera un premier dédommagement de la lutte pénible menée contre le démon. malgré tout. /l évoque alors la disproportion entre ses propres probl(mes et leur solution # et soudain. ces traits n!en infirmeraient pas la portée scientifique. 5dmettons au contraire une théorisation ' interminable ' # c!est3"3dire que la ' disproportion des probl(mes au solutions ' qu!évoquait Nreud en DEGG soit commandée par la structure m$me du domaine ps+chanal+tique.uand. il n!est qu!un homme du troupeau. Ma meilleure consolation est de penser que &e ne leur bouche pas enti(rement l!avenir # ils peuvent vivre et vaincre dans la mesure o7 leur force le leur permettra. Mais brusquement la sc(ne change et. il en va tout autrement '. tenu " f$ter mon anniversaire. bien entendu. Oe leur laisse une marche " gravir sans les conduire " un sommet d!o7 ils ne pourraient s!élever davantage. @ar il n!a pas. sous le préte te d!une f$te de famille. 0upposons en effet que la théorisation ps+chanal+tique soit en droit ' terminable '. . et le signe glorieu dont Oacob fut marqué " la hanche n!est sur lui que le stigmate dérisoire du boiteu . ce qu!il a fait depuis. ils e igeraient que soit caractérisée dans sa spécificité la méthode propre " la garantir. mais une figure fragile de la culture. au lieu et place du patron+me de Nreud. ' . &!ai prié l!5nge de renoncer. ' @ependant. un tel s+st(me renverra tou&ours " l!e périence qui le fonde. @ertes. est3elle donc ' terminable ' : Les lacunes de la théorisation ps+chanal+tique tiennent3elles au limites de fait de l!investigation. . Nreud. s!ouvre par un glissement véritablement délirant sur l!appel prophétique au générations futures J ' Les miens ont. ' Mais cette t-che. aucune des régions ps+chiques ine plorées o7 le premier parmi les mortels &!ai pénétré ne portera mon nom ou ne se soumettra " mes lois. ' un vieil israélite de quarante3quatre ans plut6t minable '. . lui.ue la ps+chanal+se ait " $tre transmise pour se perpétuer. c!est d!abord le rapport de Nreud " la ps+chanal+se. aper9u 1ieu face " face. comme le Oacob de la Aen(se.

en l!absence de tout éclectisme. Mais le renvoi de l!ontogen(se " la ph+logen(se étend cette opacité du discours sub&ectif au dimensions de l!histoire humaine.our emprunter un premier e emple au débuts de la carri(re de Nreud. 1. du préconscient et de l!inconscient. dirions3nous. correspondant au triple champ du conscient. Encore faudrait3il . L!un et l!autre de ces t+pes d!ordination sont représentables par des lignes fi es. courbes et droites. et selon ses propres termes. @es diverses réductions témoignent3elles donc de la mutilation d!un s+st(me privilégié : Ie &alonnent3elles pas plut6t la transmission précaire d!un discours ancestral. restaurées dans leur dignité scientifique les vicissitudes au premier abord déconcertantes dont a témoigné le mouvement ps+chanal+tique. . 1e la premi(re. La ' théorie ps+chanal+tique '.5insi pourraient $tre. doté de propriétés d+namiques et non plus morphologiques. on sait que l!investigation du ps+chisme ' par couches ' rel(ve d!une méthodologie sérielle dont le Nreud des . ne nous représente en effet rien d!autre que la cohérence des conditions empiriques dans lesquelles le su&et prend la mesure de son ignorance de soi. traduit alors la stratification des couches de résistance rencontrées dans l!investigation ps+chanal+tique. c!est3"3dire la loi de croissance et de décroissance qui en ordonne les valeurs. 5ussi bien des mod(les relevant de registres scientifiques tr(s divers pourraient3 ils également prétendre " figurer l!invention ps+chanal+tique en ses diverses étapes. elles ont obéi au processus de réduction du tout " la partie J tel a été le cheminement suivi " partir de DEDG par 5dler puis par Oung # par l!école anglaise dans la mouvance de Melanie Ulein # par l!école américaine dans son effort de rapprochement entre la ps+chanal+se du moi et la théorie ps+chologique de l!adaptation. et c!est du statut parado al de ce discours contingent qu!il appartiendrait " l!épistémologie de la ps+chanal+se d!aborder l!énigme. linéaire.tudes sur l(hystérie a caractérisé la démarche selon trois dimensions. il intéresse le contenu des pensées et leur encha?nement # et c!est par des chemins en lacis qu!il aurait " $tre figuré. nous nous bornerions en somme " prendre la seconde topique au sérieu . en fait commandé par le statut de l!altérité. @hacune des cures ps+chanal+tiques appara?t ainsi comme le maillon d!une cha?ne dont on chercherait en vain " fi er l!ancrage. dont précisément émanent la gen(se et les effets du signifiant. sur le mod(le du &eu du cavalier au échecs. 1u vivant m$me de Nreud. La tentation des modèles .uant au troisi(me. rel(ve l!ordre chronologique des souvenirs groupés par th(mes " la mani(re d!archives # de la deu i(me. c!est " la fonction du signifiant dans la constitution de l!inconscient qu!est trop souvent réduit cet apport. la distribution de ces m$mes souvenirs autour du no+au pathog(ne J la raison de cette série. dont la conceptualisation de Nreud aurait pour un temps soutenu l!épiphanie : En adoptant cette derni(re h+poth(se. En Nrance m$me. o7 les divers courants qui se réclament de Nreud prennent du commentaire de Oacques Lacan les rep(res de leurs orientations divergentes.

prononcée donc quelques mois avant la rédaction finale des . l!un des pionniers de l!e périmentation sur les propriétés électriques du cerveau. ' Muit ans plus t6t. qu!une succession constante soit établie. un premier t+pe de mod(le para?t s!imposer. sous les esp(ces d!une théorie générale des conne ions. n!est pas seulement. ' e périences maintenant fréquentes '.souligner que l!image en laisserait ignorer une caractéristique fondamentale J un tel s+st(me ne correspond pas en effet " une ligne en zigzags mais plut6t " un réseau ramifié. ' /l comporte des n4uds o7 se rencontrent deu ou plusieurs lignes. applique au circuits de Uirchhoff les ressources de l!analysis situs . en effet. Nreud en a3t3il donc tenté une transposition : La suggestion prendra tout son poids si l!on veut bien se rappeler que les idées de %iemann ont fait " Lienne l!ob&et. il est aussi. 8ne fois réunies. en opposition " Mitzig. écrit Nreud. s!inspire ici. et plus précisément électrique J Nreud. c!est au premier chef de constructions. Or Iothnagel. et que cette conférence. ou . En r(gle générale. ' La difficulté n!est pourtant pas sans solution J ces e périences intéressent " la fois l!électricité cérébrale et le probl(me des localisations. ' 5utrement dit. d!' e périences ' entreprises sur les particules neuroniques. avec Mitzig. Mais une solidarité plus étroite encore pourra $tre introduite entre la pensée ordinale et le mod(le électrique. @ar une élaboration ordinale est effectivement intervenue dans la théorie de l!électricité. visiblement. L!Esquisse fait mention. en DYH[. d!une conférence de Neli Ulein. l!un des premiers " conclure de ces e périences " la critique des localisations cérébrales. débouchent ensemble dans le ra+on central. rédigée en DYEH*. En dehors de la théorie mathématique du potentiel. @herche3t3on " se donner de cette construction sérielle une figuration théorique. ' il convient de remarquer avec quelle fréquence un s+mpt6me est pluri3 ou surdéterminé '. l!avait été devant l!5ssociation des savants et médecins allemands.tudes sur l(hystérie . Elle a été le fait de %iemann. " l!e clusion de toute conception ' localisatrice '. lors de certains processus ps+chiques. plusieurs fils courent indépendamment les uns des autres ou. fondé sur une critique des localisations cérébrales. des circuits de Uirchhoff # et cette référence au mod(le électrique peut sembler d!autant plus séduisante qu!elle se recoupe au mieu avec la ph+siologie cérébrale dont il se réclame " la m$me époque. en effet. conclut Nreud. l!anticipation d!une telle représentation était apportée par le travail sur l!aphasie.lus précisément J ' /l nous suffit. et plus particuli(rement convergent. comme il le fera dans l!Esquisse pour une psycholo'ie scientifique )publication posthume. Le livre sur l!aphasie peut donc $tre compris comme la version clinique de ce travail e périmental. le soin qu!apporte La Science des r<ves " souligner la valeur fonctionnelle de la représentation spatiale de l!appareil ps+chique. le \[ septembre DYEW. du fait que les s+st(mes sont parcourus par l!e citation dans un certain ordre temporel. préciser de mani(re certaine " quels essais Nreud fait allusion ici. ces lignes poursuivent ensemble leur cheminement. . celui des ma?tres de Nreud dont le soutien ne s!est &amais démenti. ' Ious ne pouvons. réunis par des relais en position latérale. On sait. écrivent en note les éditeurs de ce te te. qui. parfois. d!ordre ph+sique.

telles sont précisément les notions " l!aide desquelles Nreud a constitué la méthodologie sérielle des . a O. a M. ' On s!e plique ainsi la référence apparemment énigmatique de L()omme aux loups " une arithmétisation possible de la notion de l!inertie ps+chique. que la pulsion de mort trouve son mod(le dans le principe de constance de Nechner. /l évoque en particulier la notion de représentation conforme d!un plan sur un autre # puis ce théor(me remarquable qu!il e iste tou&ours une fonction f par l!entremise de laquelle un domaine quelconque. . il se décompose finalement en un certain nombre d!oscillations simples selon les trois directions principales. qu!il s!accomplisse sur un ou plusieurs plans. c!est3"3dire par le nombre des sections transverses que l!on peut pratiquer sans les morceler. oscillations qui. simplement conne e. du point de vue qualitatif comme fonction des périodes T. qui permettent la décomposition susdite. rappelle Nechner. peut en effet. et $tre décomposé mathématiquement en ces oscillations. prélude " la théorisation des pulsions de mort. simplement conne e. p M. TM. TO. aO. seront d!amplitude. /l mentionne enfin le principe capital de classification qui nous est donné par l!ordre de conne ion des surfaces. peut $tre décomposé en mouvements rectilignes par pro&ection sur trois a es perpendiculaires. de période et d!élongation inégales. dimensions. mais qui pourront ainsi s!accorder dans les cas spéciau . TO. pO. tout mouvement circulaire. /l est bien connu. Le plaisir et le déplaisir pourront $tre déterminés du point de vue quantitatif comme fonction des amplitudes a . d!amplitude a . selon le mod(le de décomposition fonctionnelle de Nourier J ' Tout mouvement rectiligne d!un point. quelles que soient les variations de sa vitesse et de sa direction. mais de La Science des r<ves et des travau immédiatement postérieurs.plut6t de créations géométriques. en général. l!appui que pr$tent les mathématiques " cette représentation s!étend " l!articulation de la seconde avec la premi(re topique. ramification. Et cela s!étend " toutes les données qui caractérisent un processus ps+choph+sique. $tre considéré d!apr(s le principe de Nourier comme la superposition d!oscillations rectilignes simples. @hemins de conne ion. 1!autre c6té. a M. surfaces " plusieurs feuillets recouvrant le plan. La période générale ou composée. Naut3il cependant s!en tenir " cette représentation ph+sico3mathématique : 8n mod(le linguistique issu de Ma MVller semblerait tout aussi désigné pour la représentation des rapports d!ordre envisagés par Nreud et il aurait le grand avantage de s!a&uster au détail m$me. que Ulein fait gloire " %iemann. Mais on oublie trop souvent que ce principe est d!essence mathématique. en effet. d!élongation p .tudes5 Or. le rapport des élongations ne &ouant qu!un r6le au iliaire dans la forme du processus. de quelque nature que puisse $tre ce processus. de période T.tudes sur l(hystérie . TO. TM. dans laquelle se composent toutes les périodes particuli(res. non seulement des . du plan )x% y * est représentable sur un domaine quelconque. sera alors donnée par le produit T. feuillets. et dont les feuillets sont soudés les uns au autres au points dits de ramification '. La stabilité de Nechner se définit " la limite d!une série de c+cles répétitifs. TM. 5insi. du plan )u% v * # il rappelle ' comment %iemann établit cette représentation si cél(bre au&ourd!hui sous le nom de surfaces de %iemann.

Est3ce " dire que de l!un " l!autre une transition soit immédiatement assignable : Ious disposons d!un précieu &alon intermédiaire J en DYYH. en l!occurrence. Tandis qu!il visait initialement " une représentation analogique du réel. Lorsque Nreud fait reproche " Oung d!avoir mutilé la ps+chanal+se selon la ma ime du pars pro toto . le tout : 8n fait nous est clair en toute h+poth(se.tudes sur l(hystérie et de La Science des r<ves s!ordonnent tr(s précisément les diagrammes " l!aide desquels 1armesteter figure la ' cha?ne ' dont les progr(s de la linguistique " partir de Nerdinand de 0aussure permettront d!élaborer la notion. Mais cette diversité fait d!autant plus probl(me qu!elle appara?trait mieu fondée au regard des ' sources ' de la conceptualisation freudienne. il n!est que de substituer dans cet e posé de 1armesteter l!inconscient individuel " cet inconscient collectif. le traumatismeR continue des années durant " e ercer une action. non point indirectement " l!aide de cha?nons intermédiaires. l!influence sur Nreud. et cela. d!5rs(ne 1armesteter. la stratification des couches de langage chez MVller pose le mod(le de la stratification des couches d!e pression chez Nreud # d!autre part. On + sera d!autant plus fondé qu!" la sériation représentative des . Les travau de Lacan attestent la fécondité du pro&et. sa conversion au plan mathématique lui permettra d!e primer. 5insi l!effort de s+stématisation théorique sanctionnera3t3il la ' déréalisation ' de son ob&et. 1(s l!époque de la cure cathartique. de La Science des r<ves au ot d(esprit5 Ious nous sommes limités " deu t+pes de mod(les. dont on ne saurait sous3estimer. cessat effectus . en effet. que signifie donc. mais directement en tant que cause déclenchante. les mod(les thermod+namique et chimique. du courant qui porte MVller et 1armesteter dépend également %udolf Uleinpaul. 5insi l!organisation topologique du domaine ph+sique sera3t3elle étendue au domaine linguistique # la représentation ordinale des processus ps+chanal+tiques n!aurait plus alors " se modeler sur la structure d!un contenu spécifié. Enfin. avec les ressources formelles d!une combinatoire. l!incident déterminant Q" l!époque. mais " se reconna?tre dans un t+pe général de conne ions mathématiques. l!e clusion en tant que telle. Mais ce déplacement du contenu " la forme correspond " un changement de perspective sur la fonction m$me du mod(le. dont l!ob&et est d!assimiler au tropes de la rhétorique et de la st+listique traditionnelles les glissements sémantiques qui se développent dans la ' vie inconsciente des langues '. c!est3"3dire " la date m$me o7 l!investigation ps+chanal+tique " ses débuts se cherche un mod(le de conceptualisation. il n!est pas e clu qu!une épistémologie comparée des m$mes disciplines dans leur développement moderne n!en fasse ressortir la convergence. écrivait3il en DYEH. et dans le plus fin détail. @ertes.1!une part.our passer du registre linguistique au registre ps+chanal+tique. para?t La =ie des mots étudiés dans leur si'nification . sans prendre en considération. . ' 1(s ce moment pourtant . la métaphore < dans les processus primaires par lesquels Nreud caractérise l!inconscient. par e emple. Nreud discernait le parado e épistémologique inhérent " sa recherche et le formulait dans une e igence critique touchant la causalité naturelle J ' @ontrairement " ce que dit l!a iome cessante causa . les formes de processus par lesquelles MVller caractérise la vie souterraine des langages primitifs trouvent leur réplique < au premier chef.

&e demandais " mes malades s!ils se souvenaient de ce qui avait d!abord provoqué le s+mpt6me considéré. @ette procédure consistant " déduire ce que le patient veut dire en fait et " le lui dire est appelée interprétation. 2.ar mon travail ps+chique.R. Le . et auquel ils ne pouvaient rien a&outer Q. " mesure aussi s!est déterminé en son affinité au sanctions du &ugement l!acte par lequel s!op(re la levée du refoulement. \o 0achant que ses propos sont en réalité des allusions " d!autres choses. ou l!est insuffisamment. /l s!agit donc d!en suivre l!approfondissement ultérieur sur le terrain propre du discours anal+tique. .. la formule se rencontre effectivement chez Nreud < mais dans la période de la cure cathartique. en tant que refus d!un savoir que le refoulement est originairement con9u. . " mesure que s!est affirmée l!originalité de la ps+chanal+se par rapport " l!abréaction cathartique. les uns prétendaient n!en rien savoir. Pien qu!il puisse + appliquer des mo+ens variés.uand..R.appara?t entre la réfle ion épistémologique et l!ob&et m$me de l!investigation ps+chanal+tique un motif de solidarité plus intime.. était vague. il suffira de se reporter " la présentation donnée par Otto Nenichel en DEWF du travail de l!interprétation J ' .our en saisir la nécessité. et ce motif n!est autre que la référence " l!inconscient. sur les effets de ces résistances. " ce moment3l". Le but de la t-che thérapeutique a cessé d!$tre l!abréaction de l!affect engagé sur des voies erronées. qui n!est absolument pas averti de ses résistances. disaient3ils. s!il est vrai que l!e périence anal+tique donne de telles opérations logiques pour caractéristiques de sa restitution : 1ans le droit fil de la pensée ps+chanal+tique. en effet. est devenue le pilier de la théorie des névroses. ' ' 1onner des mots au refoulé '. " la premi(re entrevue. écrit Nreud en DE\[. la lecture contemporaine de Nreud se propose comme une réponse " cette interrogation. elle vise " la découverte des refoulements et " leur solution gr-ce " des activités de &ugement. ' . fondamentalement l!anal+ste appelle l!attention du patient. la prise de conscience de la représentation pathog(ne. ' 5insi se dégage la question ma&eure de la théorie ps+chanal+tique J de quelle nature doit $tre le refoulé. et facilite ainsi leur prise de conscience. ' La théorie du refoulement. ' Or.. les autres me rapportaient un fait dont le souvenir. 0ans doute s!agissait3il &ustement de la force ps+chique qui avait elle3m$me concouru " la formation du s+mpt6me h+stérique en entravant. le ps+chanal+ste essa+e d!en déduire ce qui g?t derri(re les allusions et d!en informer le patient. l!anal+ste donne au patient des mots pour e primer les sentiments qui affluent " la surface.uand il + a un minimum de distance entre l!allusion et ce " quoi il est fait allusion. Sens et altérité @!est.ue fait l!anal+ste : Do /l aide le patient " éliminer les résistances autant qu!il est possible. &e devais vaincre chez le malade une force ps+chique qui s!opposait " la prise de conscience )au retour du souvenir* des représentations pathog(nes Q. . pouvant résulter en une assomption )Annahme * ou une e clusion )=erwerfun' * de ce qui avait été autrefois écarté.

de différence signifiante. l!anal+se du discours. C la différence pr(s que les discours rév(lent mieu que les actes cette double origine et que la plasticité du matériel verbal souvent le permet Qsouligné par nousR # quand le m$me assemblage de mots réussit " e primer chacune des deu intentions du discours. et que tous ceu 3ci résultent de compromis entre le conscient et l!inconscient. @e que Nreud a désigné comme ' plasticité du matériel verbal '. nous précise en quelles directions. " découvrir sous l!impulsion de Nreud. /l est courant de rattacher les vues de Lacan " celles de %oman Oa2obson. On soulignera que Oa2obson a innové par rapport " cette tradition. non seulement " e primer le désir. a dX $tre frappée par la fréquence avec laquelle le romancier met dans la bouche de ses deu héros des discours " double sens. et dont on a vu que Nreud lui3m$me participe./. en tant que les discours eu 3m$mes constituent des s+mpt6mes. par contre. ménageant ainsi une connivence entre le délire et la vérité # il faut encore souligner que cet effet de surimpression se soutient de la constitution du rapport d!altérité.e si(cle # elle l!était en particulier " Nreud. c!est l" ce qui restait. dans le traitement ps+chothérapique d!un délire ou d!une affection analogue.commentaire de la >radiva de Oensen.ue ces m$mes processus aient vocation. en dégager l!originalité. et notamment du commentaire de la >radiva5 /l ne suffit pas de dire. attentif au r6le respectif de ces deu figures dans la gen(se des aphasies. alors se produit ce que nous appelons ambiguKté. @!est oublier le mouvement d!idées bien plus général issu de MVller. car c!est bien ainsi que l!entend Nreud # et de fa9on d!autant plus suggestive qu!une diss+métrie peut $tre assignée de ce point de vue entre la position du patient ou anal+sant )Manold* et celle de l!anal+ste )aoé* J ' Les discours de Manold n!ont pour lui qu!un . Tout d!abord. ' Or. Encore faut3il. ' Toute personne a+ant lu la >radiva . ' Elle n!est qu!une anne e de la double détermination des s+mpt6mes. ' On comprend tout aussit6t l!usage qu!a fait Lacan des ressources de la linguistique en vue d!éclairer les mécanismes de l!inconscient. 0uffirait3il alors de dire avec Nenichel que le patient ou l!anal+ste < Manold ou aoé < tiennent des propos ' qui sont des allusions " autre chose ' : L!ambiguKté nous confronte. en + insérant la notion. Mais l!intér$t de la contribution de Lacan est dans le fonctionnement qu!il assure " la notion. gr-ce au sens destiné " son seul conscient. e plicitement proposé par Nreud comme une représentation de la cure. l!idée en est famili(re " tout lecteur des travau de linguistique. écrit Nreud. renouvelée par 0aussure. de poétique du . que la ' plasticité du matériel verbal ' rend possible et m$me nécessite l!ambiguKté du discours.ue les processus primaires de la condensation et du déplacement donnent au r$ve un équivalent des figures poétiques de métaphore et de méton+mie. et l!on peut aussi soi3m$me $tre amené " en user. . mais aussi " en révéler la constitution. en effet. de m+thologie. . on provoque souvent chez le malade l!éclosion de pareils discours ambigus qui constituent de fugitifs s+mpt6mes nouveau . " une potentialité interne du discours. Lacan l!interpr(te en tant que ' perméabilité de la cha?ne signifiante au effets de métaphore et de méton+mie '. pour vraiment saisir l!intér$t de sa contribution. en fait. ce qui met en éveil la compréhension du malade pour ce qui est inconscient.

' Leur premier sens s!adapte au délire de Manold. On comprend. aoé # ses discours " elle sont volontairement ambigus. réduite qu!elle est " la notion de ' liaison erronée ' # et. Elle doit alors entendre ces mots dans le sens de l!inconscient de Manold. cependant. ' 3. insuffisamment avertie. des conditions de fait de la découverte freudienne. écrit Nreud. se trouvaient donc. @elles3ci sont d!ordre clinique # elles prennent leur départ de la mise en évidence du processus de régression. de fa9on générale. et nous avons la chance de disposer du témoignage m$me de Nreud pour préciser sous quelles e igences. aoé. d(s ce moment. différencié du besoin par la hantise de la source originelle de satisfaction. puisqu!il ne l!a pas encore entendue parler. alors que la représentation de l!appareil ps+chique proposée par le L//e chapitre de La Science des r<ves n!en fait aucunement état. afin de pénétrer sa pensée consciente # le second dépasse le délire et nous offre d!ordinaire la traduction de ce délire dans le langage de la vérité consciente qu!il représente. Or cette situation s!est enti(rement renouvelée. la &eune fille est un instant déroutée par son délire. 5insi. 1ans le second entretien. a pris naissance " la rencontre de l!investigation clinique de l!h+stérie et de l!auto3anal+se de Nreud. caractéristique de la ps+chose. ' Toute différente est la position de l!anal+ste. on le sait. dans l!attente du fondement qui reste " lui donner en autrui. 8ne attention profonde " la fonction qu!a pour le su&et en développement son ' semblable ' ) itmensch * est attestée par l!Esquisse pour une psycholo'ie scientifique . c!est3"3dire de la premi(re présence tutélaire # et elle l!est également dans le phénom(ne de transfert. sous son double aspect topique et d+namique. apr(s sa premi(re réponse J ' Oe savais que tel était le son de ta voi '. et dont l!anal+se . 1e la premi(re sont issues la conception du sens du s+mpt6me et la découverte du transfert en tant que no+au de la définition des névroses de transfert # la seconde a mis au &our les mécanismes d!élaboration des processus primaires # et l!analogie des deu domaines donne alors assise " la représentation intégrée de la structure ps+chique. que l!épistémologie de ce ' refus de savoir ' qu!est le refoulement h+stérique < et dont l!essence ainsi comprise vaut précisément " la force qui la sous3tend sa qualification de ' force ps+chique ' < prenne pour centre la falsification des rapports de sens. dans ces conditions. <nterprétation et construction La ps+chanal+se. c!est3"3dire de leur amitié remontant " l!enfance. En principe. lorsqu!il déclare l!avoir aussit6t reconnue. En vertu. seule sa partenaire Aradiva en saisit l!autre sens. que l!e périence du transfert soit d!ores et dé&" reconnue alors que la théorie n!en est pas véritablement abordée.sens. tout se passe comme si l!approche des processus primaires par les voies de l!auto3anal+se avait initialement privilégié les processus de sens par rapport " la dimension de l!altérité. demande comment la chose est possible. mais Manold ne soup9onne pas la portée de son propre discours et l!interpr(te par rapport au délire qui le poss(de. réunis les éléments d!une articulation entre la sph(re du sens et la dimension de l!altérité J celle3ci est d!abord et fondamentalement impliquée dans la définition m$me du désir.

des névroses narcissiques. ' peut $tre comparée " l!e agération de la valeur se uelle de l!ob&et qu!on observe dans la vie amoureuse '. se sont succédé avant que cette évolution s!impose dans toute sa portée. rassemble en une unité ses pulsions se uelles. en plus de l!h+stérie et de la névrose obsessionnelle. avant de passer au choi ob&ectal d!une autre personne. @omparons ces suggestions avec l!apport du cas 0chreber J ' L!individu en voie de développement. et il se prend d!abord lui3 m$me. Elle prend forme avec l!anal+se de la paranoKa de 0chreber )DEDD*. lorsque nous aurons " tenir compte. comme un retour " la situation de &adis. il prend son propre corps pour ob&et d!amour. écrit3il " Nliess le E décembre. La paranoKa redéfait les identifications. rétablit les personnes que l!on a aimées dans l!enfance )voir les observations relatives au r$ves d!e hibition* et scinde le moi en plusieurs personnes étrang(res. 5ttendez3vous " ce que nos conceptions connaissent de nouvelles e tensions et modifications..R et que telle est la source de la manie des grandeurs. qui &usque3l" agissaient sur le mode auto3érotique.. écrit Nreud. en fait. sur le cas de la démence précoce J l!h+poth(se est émise que ' la fi ation de la libido au ob&ets fait défaut dans cette affection '. d(s DYEE. souligne Nreud..eut3$tre ce stade intermédiaire entre l!auto3 érotisme et l!amour ob&ectal est3il inévitable au cours de tout développement normal Q. et il est remarquable que ce soit " travers elle que s!amorce. ' pour la premi(re fois un trait d!une affection ps+chotique nous est révélé par sa confrontation avec la vie amoureuse normale '. /l se marque dé&" en DEGY. et qui sont de nature incestueuse # retour de toute l!organisation se uelle " des phases antérieures. comme sa variété la névrose obsessionnelle. les organes génitau . entre deu sortes de régression J retour au premiers ob&ets marqués par la libido. " la fois théorique et épistémologique.ue devient3elle alors : ' C cette question. ' @elle3ci. afin de conquérir un ob&et d!amour. l!importance de la régression de la libido ne nous est apparue que beaucoup plus tard que celle du refoulement. la restitution génétique de l!altérité J ' L!h+stérie. . au premier chef. d!ailleurs. est allo3érotique et se manifeste principalement par une identification " la personne aimée. 5braham n!hésita pas " répondre que la libido se retourne vers le moi Q. Loil" pourquoi &!ai été amené " considérer la paranoKa comme la poussée d!un courant auto3érotique. qui l!avait précédée dans le temps. . 5insi.R # dans ce soi3m$me pris comme ob&et d!amour. ' comme cette derni(re régression manque dans l!h+stérie et que toute notre conception des névroses se ressent encore de l!influence de l!étude de l!h+stérie. Mais l!intér$t porté par Nreud " la paranoKa lui est évidemment bien antérieur. selon les termes de l!1ntroduction ? la psychanalyse )DEDF*.découvrira qu!il met en &eu.. 3hases de l!organisation se'uelle et intersu("ectivité /l convient en effet de distinguer. en collaboration avec Uarl 5braham. écrit Nreud huit ans plus tard. les vicissitudes de la relation d!altérité. Or. ' Trois étapes. ' Le progr(s va consister alors " préciser les t+pes d!organisation correspondant " ces phases de développement.

. puis de l" " l!hétérose ualité. qu!il souffre de réminiscence. L!étape suivante conduit au choi d!un ob&et doué d!organes génitau pareils au siens propres. et notamment sur ses phases initiales déterminantes. la cro+ance délirante comporte un élément de ' vérité historique '. l!ordre d!invention des concepts. porte sur le cours entier d!une e istence. sens latent et vérité historique %enversant. 1(s l!époque de La Science des r<ves )DEGG*. Mais cette réminiscence n!est pas celle d!un contenu. c!est la réminiscence d!un moment de cro+ance. n!est pas un art d!interprétation. lapsus. c!est donc " en restituer les positions successives que nous viserons. et la construction anal+tique aura pour ob&et de restituer les vicissitudes de ces positions de vérité. E primons d!une autre mani(re cette primauté désormais reconnue " l!5utre dans la constitution du sens ' latent '.ésir. qui nous porterait de l!e périence irrempla9able de la cure et de son ressort transférentiel " la mise en évidence de la structure qui en est la loi. Nreud marquait en effet que. la prévalence de la seconde seront formulées par Nreud avec la plus grande rigueur dans Les -onstructions dans l(analyse en DEZ\. Mais une conséquence en résulte. elle est une construction. attestent que le détachement de la réalité peut $tre utilisé par la poussée du refoulé comme un mo+en pour faire accéder son contenu " la conscience. écrit Nreud. Le délire. d!un t+pe d!organisation du réel. au contraire. 5insi dira3t3on du délirant. celui3ci ne vise pas sa satisfaction. etc. fondamentale au plan épistémologique J nous sortons du champ de l!interprétation. désormais. de mani(re " + raccorder les conditions structurales de la pratique ps+chanal+tique. si le besoin est présupposé par le désir. ' La ps+chanal+se. dont Lacan a montré depuis DEHG que l!étonnante méconnaissance a faussé radicalement l!intelligence de l!4uvre freudienne.*. L!opposition des deu démarches. dans la perspective de l!altérité. ' Or l!histoire de ces phases est l!histoire d!une intersub&ectivité J déplacement de la position de l!individu dans la famille. en la réduisant " une théorie biologique des ' instincts '. c!est3"3dire au choi homose uel de l!ob&et. dit Nreud.constituent peut3$tre dé&" l!attrait primordial. le sens latent et la vérité historique. comme le r$ve. 5u principe. 0i nous cherchons " pousser l!investigation au3del" de cette couche périphérique de l!e périence o7 le conflit h+stérique met au prises avec le préconscient une se ualité génitale dé&" organisée. La construction. semble donc reproduire un t+pe archaKque d!organisation de l!e périence. 5utrement dit. mais le . L!interprétation porte sur un élément du matériel )acte manqué. situons maintenant selon leurs positions le désir. comme de l!h+stérique. correspondant " un stade o7 l!épreuve de réalité n!est pas instituée. Mais l!article consacre en fait l!approfondissement conceptuel et le progr(s technique intervenus depuis l!anal+se de la régression de 0chreber. ' 1epuis qu!en DEGH Nreud décrivait les stades de développement de la libido. pour accéder " celui de la construction. la notion d!' organisation se uelle ' a donc pris une valeur toute nouvelle J elle s!inscrit. s!impose la distinction entre besoin et désir. @e mécanisme. pour les besoins d!un e posé didactique. modification des valeurs de crédibilité qui s!attachent " autrui.

se réaliser qu!avec une aide e térieure. L!accomplissement de la vérité historique. Nreud. qui ne peut s!effectuer que par des mo+ens déterminés. elle implique référence " une double mutation. gr-ce " laquelle cette satisfaction a été assurée. par e emple*. dans l!1ntroduction ? la psychanalyse . ' Or cette e igence de répétition est inhérente " la fonction du signifiant en tant que trace.uant au premier point. ne saurait en tenir la garantie que d!une puissance personnelle équivalente " celle du bienfaiteur archaKque. remarque3t3il dans l!Esquisse pour une psycholo'ie scientifique . la part qu!elle prend " l!investissement libidinal J ' Le premier ob&et de l!élément buccal de la pulsion se uelle est constitué par le sein maternel qui satisfait le besoin de nourriture de l!enfant. avant de trouver dans le développement de la civilisation la sanction du désaveu du 1ieu personnel. définir comme ' demande ' l!appel lancé " autrui en vue de la satisfaction du besoin. . dont l!appel n!avait d!autre assurance de se voir e aucé que le privil(ge dont il est marqué par l!adulte. et le cours des associations comme ' insistance ' < selon la formule de Lacan < des signifiants )ou de la configuration signifiante de la lettre* dans la forme desquels celle3ci s!est originellement produite. est une ' action spécifique '. au stades précoces de l!organisme humain. celle de la compréhension mutuelle . . selon les termes de L(Avenir d(une illusion . et de la répétition de ce qui est une fois advenu. Nreud souligne " nouveau.retour de la premi(re présence secourable. L!impuissance originelle de l!$tre humain devient ainsi la source premi*re de tous les motifs moraux Qpassages soulignés par NreudR. @e dernier l!a alertée. c!est la ruine de cette illusion. L!élément érotique. La voie de décharge acquiert ainsi une fonction secondaire d!une e tr$me importance. et au moment o7 l!attention d!une personne au courant se porte sur l!état de l!enfant. pro imité de l!ob&et se uel. conquiert son indépendance dans l!acte de sucer. 0!il est vrai qu!elle représente en chaque étape de l!histoire du su&et la loi de constitution des crit(res de son discours. apport de nourriture. La notion de vérité historique peut $tre alors située. et dire que c!en est la loi d!$tre ' pris dans les défilés du signifiant ' de cette ' demande '. Mais l!$tre singulier. qui tirait sa satisfaction du sein maternel en m$me temps que l!enfant satisfaisait sa faim. avec Lacan. témoigne du r6le essentiel de l!activité e pressive J dans le cas o7 une e citation interne ne peut se trouver supprimée que par une intervention e térieure. C la place de l!infans . %este " comprendre en quoi retentit sur le statut du désir cette double condition de la dépendance d!autrui dans la satisfaction du besoin. La hantise du retour de la premi(re présence secourable se détermine donc sous les esp(ces de la répétition des signifiants de la demande. ' celle3ci. Lenons au second point J la répétition. du fait d!une décharge se produisant sur la voie des changements internes )par les cris de l!enfant. 5insi pourra3t3on. dé&" consommée dans l!intimité du su&et en ce que Nreud a désigné comme le moment de la castration. fort des enseignements de la talkin' cure . est venu le su&et inassignable d!une parole sans titre # " la place de la puissance bénéfique est appelé le fondement de cette parole impuissante " s!assurer d!elle3m$me. ' Mais une e pression rapportée " une action spécifique rel(ve du registre signifiant. @elle3ci ne peut.

est l!insistance dont est animée la cha?ne signifiante. issus. de m$me la parole ne s!engendre que de cerner la place au&ourd!hui laissée vide par l!infans nagu(re investi des titres de la &ouissance.tudes sur l(hystérie . en tant que lui fait défaut le signifiant de sa propre complétude. est le lieu de la parole. Or. %ien ne distinguerait plus. il manque du signifiant de ce qu!il est en tant que su&et de son propre discours. Or nous sommes avertis. mais le discours ' sur ' l!5utre )de Alio * < la glose o7 le su&et consigne son souci du vide o7 se soutient sa propre éclosion. pour rendre le signifié " sa fugacité. . %accordons3+ la définition du désir. ce que fut l!infans au regard de la toute3puissance adulte. nous pouvons donc dire qu!elles représentent cette couche du discours o7 se trouve concernée cette carence m$me qu!il tient de sa constitution. précisément par l!e périence anal+tique. 1e la condensation et du déplacement caractéristiques des processus primaires. et de m$me que le langage se caractérise par la fugacité du signifié.Le statut de l!)utre 5rticulons ces th(mes dans le langage plus s+stématique auquel Lacan a fait concourir la théorie du signifiant. l!inconnue du désir. entendement infini de 0pinoza. sinon que l!5utre doit $tre situé en une position telle que le patient qui l!invoque l!+ tienne pour garant de l!évocation dont il est e clu : Mais cette e clusion est de droit. " partir de ces param(tres. 5insi comprendrons3nous les formulations de Lacan. Mais ces rep(res philosophiques n!ont d!autre intér$t que de nous permettre de discerner en quoi la ps+chanal+se les a dépassés. s!il faut une ps+chanal+se pour l!accomplir. le su&et de la parole l!est " son fondement. avec les processus primaires.laton. sous les esp(ces du cavalier de l!échiquier. en effet. de la ' perméabilité de la cha?ne signifiante au effets de métaphore et de méton+mie ' < et qui nous donnent la mesure de l!inadéquation du signifiant au signifié. c!est3"3dire la hantise de la présence dont l!évocation se dérobe. 5u sens déterminatif cette fois. Entendons d!abord que toute parole se produit au champ de coe istence des signifiants. c!est3"3dire des transpositions qui nous masquent cette carence. Ious savons qu!a+ant " se produire au champ de l!5utre. c!est que la constitution comme le déchiffrage du message prennent appui de l!altérité : . mais il prend bien soin de préciser J non pas le discours émanant de l!5utre. si bien illustré par Nreud dans les . En bref. le signifiant d!un indice de présence s!il était avec son signifié en un rapport d!immédiateté. dira Lacan. du mode d!insertion du su&et dans ce champ. %estituer. avons3nous dit. la condensation et le déplacement. comme le dit Nreud. autrement dit. suggérant de la sorte ce glissement indéfini o7 se perpétue le gauchissement méton+mique du signifiant. de la ' plasticité du matériel verbal '. consistera donc " annuler les redistributions captieuses du signifiant.u!est3ce " dire. ainsi qu!on le formule trop souvent. l!inconscient est ' le discours de l!5utre '. Le désir. cette restitution. topov noctov de . Ious aurons " nous demander en quelle fa9on l!organisation inconsciente du message qui frappe l!écoute anal+tique peut nous aider " cerner le statut de l!5utre. c!est3"3dire ces deu modes de transposition )Entstellun' *. Ious pourrons dire maintenant que le désir est désir de l!5utre. dans les termes de Lacan. dirons3nous. Or. L!5utre. Ious prenons donc pour te te de départ.

@ette con&onction ne saurait s!opérer d!apr(s la correspondance de l!e périence avec un mod(le.artons de la premi(re esquisse d!une définition générale. se caractérise précisément par son incapacité " donner prise au transfert. dans la régression. le fo+er d!o7 la cure tient son énergie. en tant que science de l!inconscient.On entrevoit ainsi la spécificité du probl(me épistémologique auquel est confrontée la ps+chanal+se. et la théorisation qui fait valoir en tant que vérités historiques les vicissitudes d!une caution tou&ours évanescente. c!est " des dates voisines que l!anal+se de la paranoKa de 0chreiber donne corps " la notion de régression. du point de vue de la pra is ps+chanal+tique. soit avec son ob&et en un rapport tou&ours latéral. s!il est vrai que la ps+chose. et cette investigation se déroulera en deu temps. et que cerne la notion de vérité historique. ' n!est nullement éteinte. fondement unique de la théorie. . dégagée par Nreud dans l!anal+se du cas 1ora. et que le transfert doit se comprendre dans l!unité de ses conditions d!émergence et de ses conditions d!e clusion # plus précisément s!agira3t3il de déterminer " quel titre la régression interdit au ps+chotique l!acc(s du transfert.ourtant. s!il est vrai que la ps+chanal+se. . Mais il faudra donc interroger directement le transfert sur son aptitude " se donner forme théorique. L!e périence du transfert n!a pu recevoir son statut théorique avant que l!anal+se des ps+choses ne l!ait assurée. écrit3il. elle s!e erce en créant des états ps+chiques particuliers. et que cette m$me notion est invoquée en mani(re d!introduction " l!article sur la $ynamique du transfert )DEDD*. 1e m$me qu!il est significatif que ce soit en un m$me chapitre de l!1ntroduction ? la psychanalyse que Nreud ait choisi de traiter du transfert. Nait parado al au premier abord. publiée en DEGH. La productivité de la névrose au cours de la cure. et cependant en précipite et en scande le mouvement dans le cas des névroses de transfert. pour la plupart inconscients. $. Ious avons donc lieu de penser que les deu probl(mes se sont présentés con&ointement. @onstitution de la notion de transfert J il s!agira de spécifier le transfert dans le champ de la régression. au quels on peut donner le nom de transferts .es m2thes trans érentiels & la m2thologie des pulsions 8n fait domine cette élaboration. du moment o7 l!on prend garde de ne pas figer en une s+stématisation dogmatique un t+pe de conceptualisation dont la pertinence se limite au domaine le plus périphérique de l!investigation des névroses J il s!agit de situer au lieu m$me o7 s!op(rent les constructions de l!anal+ste. . et des limites de son instauration. et la théorie ps+chanal+tique sa cohésion # c!est3"3dire de comprendre dans leur articulation le traitement anal+tique du transfert.ue sont ces transferts : @e sont de nouvelles . en tant qu!illusion de personnification de l!5utre dans un c+cle répétitif. en tant que critique de l!illusion théorique dans laquelle se perpétue l!illusion transférentielle de personnification. @onstitution de la notion de pulsion J elle témoignera du probl(me fondamental de l!épistémologie freudienne. de sa dimension propre. =ormes et moments du trans ert .

des copies des tendances et des fantasmes qui doivent $tre éveillés et rendus conscients par les progr(s de l!anal+se. on se rend compte que le transfert en découle nécessairement Q. et la dimension o7 nous avons " le déterminer nous devient elle3m$me transparente # c!est la dimension m$me sur laquelle l!'assurance ' de la construction devra s!accomplir. 5utrement dit. quelques années plus tard. qui consistait " obtenir du malade une confirmation de la construction.. ' Le tout est de comprendre " quel titre l!e périence du transfert &ustifie l!image des ' éditions successives ' par laquelle Nreud a choisi de le caractériser.. Mais ici émerge la référence au transfert. l!Autoprésentation de Nreud évoquera une nouvelle fois l!irréductibilité comme spécifique de la ps+chanal+se.éditions. 8n dessein nouveau se fit alors &our. " l!e ception de la personne remplacée. " réunir les éléments en un tout et " le communiquer en temps voulu. c!est bien qu!elles dérivent d!un . La ps+chanal+se était avant tout un art d!interprétation. Mais nous touchons ici " son av(nement dans l!épreuve de la pra is anal+tique. 0i l!on consid(re la théorie de la technique ps+chanal+tique. des réimpressions Q. poursuit Nreud. mais comme rapports actuels avec la personne du médecin. pour + $tre élucidée en référence " l!assomption actuelle du refoulé. c!est sur les résistances qu!était appelé " porter le plein de l!effort. 5u début. et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne du médecin. o7 la solidarité. et actuellement inscrits dans un champ de vérité J car. 5ssomption ou re&et actuels. La notion nous est dé&" famili(re. Mais quelle en est la nature : 8n te te décisif nous en instruira.R la sensation de conviction relative " la &ustesse des conne ions construites )die 0ichti'keit der konstruierten @usammenh&n'e * n!est éveillée chez le malade qu!une fois le transfert résolu... cette dimension d!assomption ou de re&et )Annahme oder =erwerfun' * dont.R. ' 1ans cette tentative. non pas comme états passés.. toute l!ambition du médecin anal+ste devait se borner " con&ecturer ce qui était caché dans l!inconscient du malade.. dans la perspective de l!opposition entre interprétation et construction... confusément introduite par l!anal+se de 1ora. un nombre considérable d!états ps+chiques antérieurs revivent. /l + a des transferts qui ne diff(rent en rien de leur mod(le quant " leur contenu.R. ' Lingt3cinq années de travail intensif. en le poussant " faire appel " ses souvenirs. 8ne indication générale nous est apportée par l!article sur la $ynamique du transfert J en chacun des ' états ps+chiques antérieurs ' que la théorie de la régression aura permis de restituer. si les e périences transférentielles sont comparables " des éditions stéréot+pées ou " de simples réimpressions. entre la ' conviction ' du patient et le transfert est amenée " sa place centrale. ont eu pour conséquence d!assigner " la technique ps+chanal+tique des buts immédiats qui diff(rent totalement de ceu du début. 1!autres sont des éditions revues et corrigées Q. @e sont donc Q. nous avons " cerner dans sa particularité celui de ses moments qui est ' susceptible de se reporter sur la personne du médecin '.R de simples rééditions stéréot+pées. écrit Nreud dans Au4del? du principe de plaisir )DE\G*. Mais la t-che thérapeutique n!était aucunement résolue pour autant. en effet.

écrit Nreud. et le patient se conduit " la mani(re de l!enfant qui n!aime pas l!étranger et ne lui accorde aucune créance. et ce développement interviendra dans la mesure o7 seront éveillés les moments constitutifs du transfert positif. appel " la personnification de l!anal+ste en tant qu!elle l!instituerait en fo+er de réponse. Mais. des transferts négatifs peuvent s!imposer " l!e périence actuelle. il s!agit alors de comprendre comment le transfert est susceptible d!assumer ses deu séries de valeurs négatives et positives. ressenties dans le &eu renouvelé du conflit défensif. en conséquence. d!+ &ouer " l!un ou l!autre titre < mais aussi " l!un et " l!autre < son r6le dans la cure. en particulier.ue celui3ci se retourne. ce ne sont pas des contenus. qui le soumet " des e igences déplaisantes. est voué " l!éclipse. il se heurte " son incompréhension et le trouve inaccessible au meilleurs arguments. en raison de l!incompatibilité de ses désirs avec la réalité et avec le degré de développement de l!enfant. ni des qualités accidentelles du vécu. /nterrogeons3nous sur le principe de cette cohérence. et en gage de son authenticité. des t+pes. comment se pose enfin. se trouver abolie. @e qu!elles mettent en &eu. la dimension propre du transfert. ce sont < et c!est en cela qu!elles forment te te < des s+st(mes liés. dans les -onstructions . désormais. sur le fondement de sa gen(se. Et c!est de ce fait qu!ils forment s+st(me. écrira Nreud. ' Les éléments destinés au transfert intéressent donc le statut de la réalité. C quoi répond la définition du transfert comme amour. le transfert pourra donc faire appara?tre l!un ou l!autre élément. ' /l + a. ' 0ous l!influence des incitations déplaisantes. Mais c!est leur articulation qui en commande le retour. /l doit en outre + associer un élément de confiance )=ertrauen * envers l!anal+ste '. et la situation anal+tique. la question de sa conclusion. quelques t+pes en petit nombre. et dans laquelle se renouvelle " ses +eu la tromperie dont on l!abusa enfant. qui se rép(tent réguli(rement. ' on ne peut attendre simplement du patient qu!il ait une forte conviction du pouvoir thérapeutique de la cure. et plus précisément une certaine ' t+pique ' du rapport au réel dont il est censé garant. 0i le patient. Ious avons donc " distinguer entre la prise qu!offre l!anal+ste " la confiance de l!anal+sant et les ' moments constitutifs du transfert ' " la faveur duquel . ' 1e ces ensembles liés. 1istinguons. c!est pour autant qu!il récuse la caution de vérité que lui propose l!anal+ste. ' L!anal+ste. en effet. . entre la conviction intellectuelle. Tout d!abord. et dans lesquels trouve son terme l!amour t+pique de l!enfance. la confiance et l!amour de transfert. dans les rapports de l!anal+sant " l!anal+ste. témoigne par son re&et de la construction d!un transfert négatif. Mais encore faut3il que celle3ci soit ' susceptible de se développer en une capacité d!action '. ' L!épanouissement précoce de la vie se uelle infantile. et l!épreuve de ses mutations. la visée d!amour qui s!+ produit n!en appara?tront que mieu J elle engage essentiellement la crédibilité de l!anal+ste. L!anal+ste cherche3t3il " faire saisir au patient les déformations dues " la défense et " les corriger. ne sera pour le patient qu!un étranger. de fa9on plus générale. en effet. Naisons un pas de plus.te te # et il nous faut prendre le terme en son plein sens. /ls répondent au vicissitudes de ce que nous avons appris " conna?tre sous le chef de la vérité historique.

souligne3t3il.assons3nous du point de vue topique au point de vue d+namique. ' la théorie des . destinée " répondre au e igences de l!interprétation. sans doute pourrions3nous escompter. soit dans des directions opposées. nous dit3il. disons3nous # mais il ne lui revient pas de personnifier l!allocutaire silencieu du discours anal+tique. Et encore n!est3ce l". 0!il recourt " ce dernier concept. et dans laquelle se perpétue la puissance tutélaire imputée par l!enfant " l!imago parentale. . elle personnalise ce pouvoir en l!imputant " l!anal+se. ' Ious ne voulons pas seulement décrire et classer les phénom(nes. La d+namique des forces. pouvons3nous lire dans les 2ouvelles -onférences en DEZ\. et que traduit la distinction entre l!instance et le s+st(me. Ious cherchons " nous former une conception d+namique des phénom(nes ps+chiques. fXt3 ce en principe. soit dans la m$me direction. Or. c!est. de son c6té. quelque di ans plus tard. il suffira de reconna?tre qu!elle donne " la conviction intellectuelle du ' pouvoir ' de la cure un équivalent intersub&ectif # autrement dit. 5ussi bien. dans l!effort de Nreud pour fi er le statut de l!inconscient. c!est3"3dire " la considération des forces ps+chiques. dans le développement de la théorisation freudienne. L!instance. qu!un moment transitoire. comme la différenciation des processus " l!intégrale d!une vie. @ette e igence critique est attestée d(s DEGG avec la constitution de la premi(re topique. Nreud se résout3il " désigner comme s+st(me inconscient ' le s+st(me dont nous pouvons seulement dire que les processus qui + appartiennent sont inconscients '. Elle personnalise un pouvoir. sera subordonnée " l!économique de l!énergie pulsionnelle pour répondre au e igences de la construction. Tout ce passe donc comme si le discours ps+chanal+tique était voué " ne &amais déterminer son ob&et que par les conditions m$mes qui le lui rendent indéterminable. @ar telle est la fonction des ' moments positifs du transfert ' J équivalent et mod(le de la puissance tutélaire dont L(Avenir d(une illusion dénonce la nostalgie au c4ur de la cro+ance religieuse. La théorie ps+chanal+tique. la conception des phénom(nes per9us doit donc céder la place " celle de tendances simplement posées " titre d!h+poth(ses ' )An'enommen *. c!est la théorie des pulsions. dit Nreud en DE\E dans alaise dans la civilisation . écrit Nreud dans l!1ntroduction ? la psychanalyse5 Ious entendons aussi les concevoir comme les indices d!un &eu de forces s!accomplissant dans l!-me. l!adéquation du concept " un facteur de causalité effectivement assignable. ' dans notre pensée. Le pro(lème de l!épistémologie reudienne Or cette personnification transférentielle a sa réplique dans la théorie # et telle appara?t en définitive la raison de la signification proprement critique de l!épistémologie ps+chanal+tique.s!opérera la substitution " l!anal+ste des personnes précédemment aimées. En ce qui touche la confiance. désignerait un pur principe d!e clusion auquel ne saurait donc $tre assigné aucun corrélat ob&ectal # et c!est pourtant en cette vérité de l!inconscient que l!on aurait " fonder ses effets observables. ' pour les besoins d!une représentation intuitive ' )der Anschaulichkeit zuliebe *. comme la manifestation de tendances a+ant un but défini et travaillant. ' @ependant.

et d!abord la mise en 4uvre de la ' r(gle fondamentale ' de l!' e pression libre '. @e terme. @omme celle3ci doit trouver son fondement au3del" de la m+thologie des $tres de raison. rappeler ce qu!est pour Nreud un m+the. Tout se passe comme si la théorisation était vouée " se former de son ob&et une idole par la m$me démarche que l!amour de transfert " se former une idole de l!anal+ste. dictant " Lacan. 0. avec Lacan. en tant qu!elle offre " ce désir un champ o7 se signifier. nous ne faisons donc qu!étendre " la représentation ps+chologique notre critique de l!illusion dont s!engendre la m+thologie. qui l!est. la place du phallus comme du signifiant ambigu de ce désir. et la réponse nous vient de +otem et +abou J le m+the est création d!$tres m+thiques. Les développements de la technique C l!historicité des su&ets répond la conception de la technique. pour une parole qui ne se donne en l!5utre un ancrage qu!au pri de l!abandon de son immanence d!ego et dans le surgissement rétroactif de son désir. Marquons3+ seulement. @onfrontation. dans la cure. en sorte que pratique et théorie s!éclaireront l!une l!autre au terme commun de leurs visées respectives. Nreud nous l!a désigné. celui3l" doit se dénouer au3del" de la personnification e igée de l!amour et de la haine. s!il est vrai qu!elle vise en l!$tre humain cette mutation dont le langage est le couronnement et qui fait valoir comme e clusion de &ouissance la trace rétroactive de son av(nement. Mais le manque lui3m$me peut fonctionner en tant que catégorie J par cette voie s!est accomplie la destinée culturelle de la ps+chanal+se. @ar il n!est pas de concept de ce qui ne pourrait $tre que par illusion posée dans le réel. c!est notre m+thologie '. c!est3"3dire dans la destruction radicale du privil(ge dont l!e istence singuli(re serait investie par un 5utre tout3puissant. et de l!homme. pour la comprendre. de l!impersonnalité dont le silence anal+tique est l!embl(me # carence de fondement. La limite rencontrée par la théorisation ps+chanal+tique lui est donc essentielle. 5u principe de réalité auquel se forme l!anal+sant < et qui traduit notre dépendance centrifuge de l!5utre < correspondra la réalité " laquelle nous renvoie la notion de pulsion. La formule est cél(bre. @!est donc aussi que le probl(me de l!issue du transfert converge avec le probl(me du statut de vérité de la ps+chanal+se. " la limite. sa formulation de la double condition de la femme. Ious avons la chance d!en suivre l!émergence sur le témoignage m$me de Nreud. c!est3"3dire qu!il a la personnification pour ressort. et que les notes posthumes de Nreud ont placé sous les deu catégories de l!$tre et de l!avoir.pulsions. substitut précaire du signifiant qui manque " l!5utre pour en consacrer le su&et. dans la théorie. Encore faudrait3il. ' qui n!est pas sans l!avoir '. dans la mort. " la fin des .tudes sur l(hystérie # et peu de te tes s!+ égalent pour nous donner la mesure . Lorsque nous disons de la théorie des pulsions qu!elle est une m+thologie. pour + inscrire la castration. et dont nous venons de montrer qu!elle inspire aussi l!illusion transférentielle. /ci s!ouvrira le c+cle de la se ualité.

' 1égageons donc. mais l!épreuve décisive en sera faite dans l!intervention. a&oute Nreud. pendant tout le temps que durera cette pression. " ' un mo+en plus puissant ' # opération scandée.ue . pour l!anal+sant. 5ucune critique. d!o7 la conclusion suivante J la représentation pathog(ne prétendument oubliée est l" " portée de la main Qsic . on sait que la ps+chanal+se substituera l!action du transfert. rendons3le " sa pure fonction de médiation J " l!e pression libre émanant de l!anal+sant.de la portée souveraine " laquelle est appelé le plus modeste des gestes empiriques. nous dit Nreud. en une succession de phases. Et tout l!art de l!intervention est dé&" ici engagé.R. 1e ce manque. nous dit Nreud. un souvenir surgira en lui sous la forme d!une image ou se présentera " son esprit. est e igé des cas les plus graves d!h+stérie. le véhicule. quelles qu!elles puissent $tre. Et c!est l" ce que vise la ' r(gle de l!attention flottante '. en effet. il n!a cessé d!$tre. ce ' tour de main '. Mais l!avantage du procédé tient au fait que gr-ce " lui &!arrive " détourner l!attention du malade de sa recherche et de ses réfle ions conscientes. le lieu de manifestation de son désir. l!une des dimensions fondamentales de la technique. on + acc(de par des associations facilement accessibles. m$me pour des raisons d!affection ou de mésestime _ ' Loil" donc posée la r(gle de l!e pression libre. d(un ton tranquille Qsouligné par nousR. aucune réserve. Nreud pressentait dé&" que le développement de ces divers moments sanctionnerait la mise en évidence de leur fonction médiatrice au sein de leurs véhicules matériels. il ne s!agit ainsi que de supprimer un certain obstacle qui semble ici encore $tre la volonté du patient. que &e vais. souligné par nousR. ' 5u procédé de pression qui rel(ve de la muséographie de sa préhistoire. @ar il s!agit pour l!anal+ste. Mais un détail essentiel manque encore J ' 5lors. c!est3"3 dire " l!e pression libérée de l!e igence d!appropriation inhérente " l!énonciation. comme si la déception était impossible J . ' &e lui fais une obligation de me faire part de cette image ou de cette idée. de son premier support. dans l!instant qui suivra. et par une divination chez lui constante. un certain ton% une certaine position de repos de la voi . e ercer une pression sur son front. Mais. et qui sera. en vérité. répond.. ' Oe n!ignore naturellement pas. alors que l!insistance ' n!est pas de taille ' " surmonter la ' résistance associative ' # on doit alors songer. qu!il ne s!agit pas de cela ou encore s!il les trouve désagréables " révéler. du c6té de l!anal+ste. comme le sugg(re Nreud. m$me s!il pense qu!elles n!ont aucun rapport avec ce qu!on recherche. /l ne doit pas les taire. bref de toutes les choses qui pourraient traduire sa volonté # tout cela rappelle ce qui se passe lorsqu!on fi e un globe de cristal. &e l!assure que. . que &e pourrais remplacer par quelque autre man4uvre ou quelque autre action corporelle mon action sur le front Q. en de9" du signifiant qu!il communique. dont chacune déploiera ultérieurement. dit Nreud. &!e erce pendant quelques secondes une pression sur le front du malade allongé devant moi et lui demande ensuite. le manque dont le signifiant est l!enveloppe. nous le savons. en son écoute.u!avez3vous vu.. Mais chaque fois &e découvre ce que &e cherche par cette pression de la main. et sous des formes assurément bien différentes. ou " qui avez3vous pensé : ' 1(s cette époque. écrit3il. ce ' petit procédé technique '. d!induire. ' O!informe mon patient. etc. du seul fait qu!il se produit " sa &uste place J ' un petit tour de main technique '.

comme disent encore les -onstructions dans l(analyse . sache réduire sa propre parole " n!$tre. ' 1u fait de leur état. nous désignerons par ' déni ' )=ersa'un' * la non3satisfaction d!une pulsion. dans la présence d!un pur signifiant. . ' 5fin d!unifier notre vocabulaire. cet interdit que pose la r(gle d!abstinence. 1e ce fait. ' Et l!on serait donc ' bien emp$ché de leur offrir autre chose que des satisfactions substitutives '. par ' privation ' )Entbehrun' * l!état résultant de cette interdiction. se définit la situation ps+chanal+tique. le figera dans l!illusion d!une gratification. il s!en assimilera l!écho dans la résonance indéfiniment multipliée des sédiments de son histoire. est alors &ustifiée par la nécessité de garder au traitement la force pulsionnelle qu!il tient de la souffrance du patient. Nreud commence en effet par rappeler que la névrose résulte du déni )=ersa'un' * d!une satisfaction. dont l!4dipe est le no+au.l!anal+ste sorte de sa réserve pour énoncer une interprétation sur le mode assertif. les malades sont incapables de ressentir une satisfaction effective. L!e pression libre de l!anal+sant s!ordonne donc " la neutralité de l!anal+ste. L!abstinence e igée de la cure n!est donc pas en son principe abstinence de satisfaction. c!est3"3dire vis3"3vis des significations que porte son discours. les s+mpt6mes apportant une satisfaction substitutive. ' @onvient3il d!abandonner au malade le soin d!en finir avec les résistances que nous lui avons découvertes : Ie pouvons3nous lui venir en aide. et pour cela ne pas nous contenter de l!impulsion donnée par le transfert : ' @!est effectivement en ce sens que se prononcera l!activité de l!anal+ste. sa portée ne se réduit pas " cette e igence d!ordre économique. c!est3"3dire vis3"3vis de son rapport au réel. rendues possibles par la mobilité de la libido. le m$me r6le que la neutralité " l!endroit de l!e pression libre. il s!en emparera avec toute l!avidité d!une longue attente accumulée et. elle est abstinence d!un leurre.ue l!anal+ste. ' L!essentiel est alors de caractériser par rapport au interdits qui frappent toute vie pulsionnelle du fait de l!insertion culturelle de l!homme. cette parole &ouera dans son double sens # l!anal+sant. con&ointement avec la r(gle de l!e pression libre. et par lequel. et ce n!est précisément rien d!autre que cette fonction de leurre que recouvre la notion de satisfaction substitutive. que le don d!une absence J alors. Or. et que compromettrait la tolérance de nouvelles satisfactions substitutives. L!e igence d!abstinence. au contraire. comme Nreud le disait dans le commentaire de la >radiva . loin d!en recevoir la révélation de son désir. soulignait Nreud en DEDH dans ses 9bservations sur l(amour de transfert . ne percevra pas seulement un message. lisons3nous dans L(Avenir d(une illusion . l!anal+sant accueillera sa parole au titre d!une réponse. Mais précisons notre terminologie. " l!endroit de la &ouissance de l!anal+sant. et c!est l" ce qu!e prime la r(gle d!abstinence. puisqu!elle se propose en commentaire des vues de Nreud sur l!activité de l!anal+ste. s!il est vrai que la r(gle anal+tique de l!abstinence doit en effet préserver l!énergie dont dépend le travail de la cure. Nort significative appara?t dé&" l!occasion de sa formulation. soutenant l!asc(se qui est sa loi. par ' interdiction ' )=erbot * le mo+en par lequel ce déni est imposé. Mais cette activité. . est avérée la fonction pratique de la notion de vérité historique. et pour autant que leurs refoulements n!ont pu $tre levés. la r(gle d!abstinence lui conf(re en effet. c!est3"3dire une certaine privation )Entbehrun' *.

souligne Lacan. de la gen(se m$me du moi. Z\D3Z\\*. 3hénoménologie et logique . entre le point de vue positif. . comme le montre bien la confusion des débats permanents sur la distinction du narcissisme et de l!autoérotisme primordial < sur la nature de la libido affectée au moi )le moi étant défini par son opposition au soi. sur la nature du moi lui3m$me tel que le définit la doctrine. Et. la libido narcissique est3elle issue du moi ou du soi :* <. c!est qu!il se fait aussi " cette date une certaine conception critique des notions qu!il emprunte " Nreud J . ou principe de réalité. ' la notion m$me de fi ation narcissique. 0!agit3il. >. aucunement distingué d!un principe de réalité. pp. sur lequel dérape le discours de l!anal+sant. au contraire. c!est que d!emblée son intér$t s!est porté sur le terrain o7 Nreud ne s!était s+stématiquement engagé qu!au milieu de sa carri(re. au premier chef au concept du surmoi. si Lacan + insiste. ' . Encore faudra3t3il distinguer. sur ce terrain. c!est en vertu du principe de réalité. reste tr(s insuffisante. @!est un concept gnoséologique impliquant dé&" le moi en tant que su&et de la connaissance.. écrit Lacan en DEZ\ dans le commentaire du cas 5imée. nous ne pouvons invoquer d!autre principe que le principe de plaisir. rééd. consacre la disproportion d!une vérité personnifiée " ces deu puissances de la division du su&et que Nreud a tour " tour désignées comme inconscient et comme mort. 5insi la pratique oscillera3t3elle entre les deu e tr$mes du silence. l!anal+ste a charge de soutenir successivement les crit(res de vérité sur lesquels se constituent et s!ordonnent les t+pes d!assurance que le su&et a. et de l!intervention qui lui donne la mesure de la déhiscence de son discours < &usqu!" cette limite as+mptotique o7 l!interdit du leurre. DE[H. 0i le moi freudien se constitue en tant que différencié du monde e térieur. confronté qu!il était " la logique parado ale de la paranoKa. sur laquelle la ps+chanal+se fonde sa doctrine des ps+choses. ' /l faut bien dire. attentif au tendances concr(tes qui manifestent ce moi et seules comme telles rel(vent d!une gen(se concr(te. que notre recherche dans les ps+choses reprend le probl(me au point o7 la ps+chanal+se est parvenue.uelles incidences enfin la critique de la raison ps+chanal+tique peut3elle avoir dans le registre de la pratique : 0i Lacan a su aborder de front l!élaboration de ces th(mes < ' instauration d!une grande logique '. Lacan fait alors appel au th(ses encore fra?ches de la seconde topique.uel est donc le statut de cette vérité historique sur laquelle est entré le su&et dans les phases successives de son développement : %el(ve3t3elle d!une logique : C quel titre cette logique serait3elle appelée " régir la théorie de la pratique ps+chanal+tique : . depuis l!enfance. dira3t3il <. et le point de vue ' gnoséologique ' impliquant la définition du moi comme su&et de la connaissance. cherchés pour sa parole # mais il ne les soutient que pour en prévenir la fi ation.artant de ces insuffisances. sur la valeur économique m$me des s+mpt6mes qui fondent le plus solidement la théorie du narcissisme : ' )$e la psychose parano3aque dans ses rapports avec la personnalité .lus précisément. Mais ce principe de réalité inclut au moins la racine d!un principe d!ob&ectivité.6le du transfert.

' /l nous para?t comme tel.olitzer dans l!épistémologie de la +raumdeutun' traduit. . /l appartient alors " l!anal+se de faire passer sur le plan du récit l!anal+se en premi(re personne # plus précisément. le stade du miroir restitue dans l!assomption de l!image du corps la préhistoire du &e. donner la forme logique essentielle bien plut6t que la forme dite e istentielle du &e ps+chologique.olitzer # encore marque3t3elle sur quel point + intervient. nous savons cependant que ' le su&et. s!il peut $tre utile de souligner la dépendance par rapport " Aeorges .crits . que l!inadéquation des éléments du r$ve au intentions significatives de ce dernier deviendra une révélation de l!e istence dans l!au3del" ps+chique d!une représentation ' )ibid5 . Le réalisme freudien dénoncé par . l!élaboration ps+chanal+tique de la ps+chose < et du m$me coup sous quelle e igence émergera l!intér$t logique. p. @istoricité du s2m(olique . Or ' un tel processus n!éclaire3t3il pas de fa9on éclatante la gen(se économique des fonctions dites intentionnelles ' : 1!o7 la &ustification de la ' science de la personnalité ' comme ' développement des fonctions intentionnelles liées chez l!homme au tensions propres " ses relations sociales '. la th(se de Lacan prolonge la critique de . p. 1ans cette référence phénoménologique. D[W*. devrait $tre considéré comme ' le résultat du fonctionnement d!une dialectique individuelle '. ' Le Temps logique et l!assertion de certitude anticipée ' consacre ' l!originalité logique du su&et de l!assertion '. entre DEZF et DEWE. l!économique. en effet. @e qui caractérise alors la ps+chanal+se. ?. le &e dont il s!agit ici se définit par la sub&ectivation d!une concurrence avec l!autre dans la fonction du temps logique. de m$me que le &e ps+chologique se dégage d!un transitivisme spéculaire indéterminé par l!apport d!une tendance éveillée par &alousie. pour en modifier enti(rement les perspectives. ' @!est une fois qu!il est entendu que la relation ' linguistique ' ou ' scénique ' doit se transformer immédiatement en relation causale et le contenu latent e ister aussi actuellement que le contenu manifeste. ' reproduit ces ob&ets et leur obéit '.ar son mo+en. d(s DEWH. \GY*. Tandis que.en premier lieu. c!est qu!elle soit ' orientée vers l!inadéquation entre la pensée récitative immédiate et la signification réelle de l!acte vécu par le su&et '. conclut Lacan. par le fait m$me de son intro&ection. une fois livrée cette h+poth(se. 5insi. elle impliquera ' " chaque instant le dépassement des récits immédiats et la nécessité de les éclairer par les données de l!anal+se pour déterminer la signification précise de l!acte du &e '. ' s!il est vrai que l!anal+se ps+chologique a pour but essentiel l!établissement de la signification du fait ps+chologique dans l!ensemble de la vie du &e singulier '. Lors de la gen(se du surmoi. Le r$ve. c!est que l!inter$t logique de Lacan ne l!a précisément assumée que pour la dépasser.olitzer. p. ' un dédoublement du récit significatif ' )-ritique des fondements de la psycholo'ie . D[Y*. ' ). se détermine le principe de plaisir. soulagé de la t+rannie des ob&ets e térieurs dans la mesure de l!intro&ection narcissique '. 0ous son aspect épistémologique.

dont la con&ecture ps+chanal+tique a besoin pour s!assurer dans sa rigueur. 0i elle s!est alors engagée ' dans les fausses voies d!une théorisation contraire " sa structure dialectique '. pour marquer le r6le auquel sont appelés dans une théorisation rigoureuse de la ps+chanal+se l!alg(bre de Poole et la théorie des ensembles. par la h-te précipitant le moment de conclure . Le fait essentiel est que l!élément moteur en ait été fourni par l!anal+se de la ps+chose. voire la théorie des ensembles. comment la formalisation mathématique qui a inspiré l!alg(bre de Poole. ' Encore faudra3t3il prendre la mesure du parcours accompli dans ces huit années. . était privée d!une formalisation véritable '. avec sa sanction quant au passé. ' saisissant le su&et au point m$me o7 il s!humanise en se faisant reconna?tre. dite encore stratégie. ' la théorie des &eu . On + démontre. poursuit Lacan. le choi de ses mo+ens. notamment le temps intersub&ectif qui structure l!action humaine '. a tenté de démontrer en la logique d!un sophisme les ressorts de temps par o7 l!action humaine. " cette date. Muit ans apr(s une premi(re évocation du temps logique. son sens " venir. la technique du divan s!+ articulant secondairement. que pour en avoir restitué le négatif dans l!échec de l!accession " ce langage premier. peut s+mboliser un autre temps que le temps de la nature. . en vertu du prolongement que trouve dans la pra is la gen(se du s+mbolique. La ps+chanal+se. détermine chez l!autre la décision qui fait du propre mouvement du su&et erreur ou vérité. que c!est la certitude anticipée par le su&et dans le temps pour comprendre qui. et dans la décision qui la conclut donne " l!action de l!autre qu!elle inclut désormais. et dont la ps+chose signifie précisément la carence '. ' . le 1iscours de %ome < ' Nonction et champ de la parole et du langage ' )DEHZ* < en soulignait la valeur d!anticipation. dont. ' On voit. ' La mathématique. en effet.rogramme dont l!illustration nous est tout aussit6t proposée J ' L!auteur de ces lignes. qui ne ressaisit " sa racine la dialectique du su&et. trouve dans la scansion de ses hésitations l!av(nement de sa certitude. outre l!entreprise logicienne. Telles sont donc les dimensions selon lesquelles la théorie de la ps+chanal+se aura pour t-che de se constituer en une logique de la sub&ectivité. ' en son premier développement < entendons J " l!-ge de Nreud <. en effet. qu!il vaudrait mieu appeler stochastique. en tant qu!elle s!ordonne " l!action de l!autre./ci se trouve fi é le point d!ancrage de la formalisation. écrit Lacan. depuis qu!avait été soulignée ' la forme logique essentielle du &e ps+chologique '. elle ne donnera des fondements dialectiques " sa théorisation comme " sa technique ' qu!en formalisant de fa9on adéquate ces dimensions essentielles de son e périence qui sont avec la théorie historique du s+mbole J la logique intersub&ective et la temporalité du su&et '. 1e cela témoigne le te te inaugural de DEHZ.ar l" précisément se trouve &ustifiée. immanente " son histoire et " la délivrance de la parole dans la cure. par cet e emple. peut apporter " la science de l!action humaine cette structure du temps intersub&ectif. commence " nous livrer les formules '.

%éfractée " travers le domaine logico3mathématique. de l!irréductibilité du signifiant du nom du . de la prohibition de l!inceste en tant que condition de subsistance de la parole )DEHE*. ' Encore convient3il. DEHE3DEFG # 1dentification . sous l!impulsion de @laude Lévi30trauss. ' Les recherches d!un Lévi30trauss. dialectisation du manque )DEHF*. DEFD3DEF\* ou le su&et ) oi . 5insi s!introduisent. d!interpréter ces ' fondements ' selon le commentaire qui en sera donné J ' fondements ' étant pris cette fois au sens d!une ' assise ' de l!ordre du langage. de %oman Oa2obson et d!Bmile Penveniste. les premiers font appel. en l!occurrence. ainsi que le précisera rétrospectivement en DEFF la version corrigée du passage.sychoses . pouvait porter dans le champ de la ps+chanal+se cette e igence de radicalisation. sa finalité dialectique. les th(mes de la concaténation de l!imaginaire )DEHZ*. DH nov. 0!ils intéressent la ps+chanal+se. DEFG3DEFD*. qui assigne " la formalisation. DEHH3DEHF # . au ressources offertes par les divers courants de l!anal+se linguistique. et de mani(re " en promouvoir dialectiquement la correspondance )DEFD* se produit . 1!un mot. n!apportent rien de moins que ses fondements ob&ectifs " la théorie de l!inconscient. Lacan. nous sert de guide dans la distribution qu!il op(re de ses premiers séminaires )dans L(1dentification . 0eule l!anal+se du délire. sous une perspective critique. " la dialectique de cette grande logique " laquelle la pra is ps+chanal+tique tiendrait lieu d!illustration. " travers les Structures élémentaires de la parenté )DEWE* et l!article ' Language and the anal+sis of social la>s ' )DEHD* de Lévi30trauss. elle + dessine. logique de l!altérité )DEHY*. en démontrant < écrit Lacan en DEHZ < les relations structurales entre langage et lois sociales. dans la période DEHZ3DEFW. Les seconds développent les prémisses d!une interprétation renouvelée de la logique J probabilités de transition et absorption dans l!acception de Mar2ov )DEHW*.crits techniques . Su"et et signi iant %appelons cependant. o7 Lacan s!emploie " doter les praticiens de la ps+chanal+se d!un or'anon " leur mesure <. logique de la réalisation du su&et < entre ces deu p6les. auquel il revient précisément " la ps+chose d!articuler dialectiquement la parole. la série des rep(res linguistiques et logiques dont le contrepoint présidera. révélateur du moi en ses leurres et de l!5utre en sa défaillance. de la fonction de la métaphore et de la méton+mie )DEH[*. A. Linguistique de la cha?ne signifiante. DEHY3DEHE # +ransfert . DEH[3DEHY # . c!est en effet dans la mesure o7 ils s!inscrivent dans le champ préalablement ouvert par l!anal+se de la ps+chose. en un premier temps < pour la mettre d!abord en perspective. dans les années qui suivront. les divers apports dont la théorie de la ps+chanal+se s!est trouvée redevable au progr(s des ' sciences humaines ' < au premier chef.ormations de l(inconscient . " travers l!e périence de sa défaillance. DEFD*.5insi s!ordonneront. notamment. selon qu!ils visent le signifiant ). DEHZ3DEHW # . l!impulsion développée en DEHH par la lecture de 0chreber et qui mod(lera dans les années suivantes la grande logique de la ps+chanal+se en tant que logique sub&ective.(re )DEHH*. DEHF3DEH[ # $ésir . " cet égard. DEHW3DEHH # 0elation d(ob/et .thique . telle l!empreinte du 1ieu mort sur le suaire m+stique.

.eirce* et le cross3cap. Le su&et se constitue. 5insi la clinique du manque. ZY[*. @ette logique s!e prime dans la figuration de l!e clusion proposée par Morgan et par . succ(de " l!élaboration d!un or'anon la restitution de la dialectique sous3&acente " la ps+chanal+se. trouve3t3elle dans l!alg(bre de la logique. l!anal+se des opérations logiques dont se soutient le co'ito porte au niveau d!une critique de l!ontologie la gen(se précédemment développée du rapport du signifiant au su&et. sur cette base. il émerge. Et. ainsi que l!écrira Lacan. Or. par le séminaire sur la relation d!ob&et. dans quel rapport le su&et a3t3il " se situer par rapport au signifiant : La formalisation de Poole trouvera son approfondissement en DEFD avec l!appui de la sémiotique de @. de l!éclipse d!un signifiant # plus précisément et en vertu de la définition m$me du signifiant. est assignée une fonction principielle dans la gen(se du trait identificatoire ou trait unaire de la théorie des ensembles. développée en DEHH3DEHF par le séminaire sur les ps+choses et. de la frustration et de l!intersub&ectivité duelle par le double tore. disait ce dernier* < " la représentation d!une d+namique par le mo+en des surfaces topologiques. . p. sa définition du signifiant comme ' ce qui représente un su&et pour un autre signifiant '. 0. du . ' la puissance redoutable que Nreud invoque " réveiller du sommeil o7 nous la tenons assoupie la Arande Iécessité n!est nulle autre que celle qui s!e erce dans le Logos Q. cédera la place < sous l!inspiration du graphe e istentiel de . qui requiert en particulier l!introduction de l!imaginaire &d D J représentation de la privation et du su&et par le tore. et en relation avec la logique du nombre chez Nrege. 1ans cette vue. en prolongement des cercles d!Euler. destin de l!homme scientifique. comme su&et désirant. en la combinant avec celle de 0aussure. en DEHF3DEH[. l!élaboration d!une ' logique élastique ' du signifiant se marque alors < sur le th(me de l!identification )DEFD* < dans l!interprétation critique de la proposition universelle J " la classe vide. ' ). en relation " l!ob&et a du fantasme.l!émergence du su&et de la scotomisation du signifiant J ' La présence du signifiant dans l!5utre est en effet une présence fermée au su&et pour l!ordinaire.eirce )' mon chef3d!4uvre '. puisque ordinairement c!est " l!état de refoulé qu!elle + persistebNOITc ' et que ' de l" elle + persiste pour se représenter dans le signifié par son automatisme de répétition '.eirce.eirce.eirce. selon le mod(le du quadrant de .crits . cependant. par le huit intérieur )issu de la ' boucle ' de .. " laquelle Lacan emprunte. @!est la répétition elle3 m$me dont autant que Uier2egaard il renouvelle pour nous la figure J dans la division du su&et. B. de la castration et du phallus. dans la théorie des ensembles et dans sa transcription topologique les instruments d!une didactique fondée en théorie. 1ans cette vue. Ctre et pensée En DEFW. En quoi l!e centricité du su&et en son rapport " l!5utre régit3elle donc l!économie de la cha?ne signifiante : En d!autres termes. antérieurement ordonnée " la cinématique des processus. la représentation graphique. en effet.R.

Envisageons. lequel ' n!est. fondant la dialectique du désir. c!est3"3 dire leur intersection. le manque ouvert par la carence de l!5utre )que me veut3il :* recouvre le manque du su&et. groupe doté d!un coin quart. sur un fondement logique. Tandis que le ' pense '. de l!a'ent )initialement repéré comme semblant < fonction primaire de la vérité <. on peut alors observer que la structure ainsi dégagée n!est pas sans analogie avec un groupe de Ulein. laquelle éclipse une partie du champ de l!5utre. un m$me élément pouvant appartenir " chacun des deu ensembles. le su&et revenant " ce point o7 il s!engendre d!un manque et se caractérise par son éclipse. la partie commune au deu ensembles 0 et 5. Ious aurions donc posé. si &!opte pour l!$tre. alors qu!il appartient précisément " l!e périence ps+chanal+tique d!e humer dans la scission sub&ective la vérité du désir inconscient : La démarche de Lacan consiste. au contraire. la réunion ou ensemble formé des éléments appartenant au moins " l!un d!entre eu a pour conséquence un ' ni l!un ni l!autre ' J de part ou d!autre. ou &e ne suis pas ' < en vue de l!application des lois de Morgan. les deu dimensions de l!aliénation et de la vérité. comme e clu de . Et par l" se trouve tracée la voie de retour du vel de l!aliénation. se traduira. pas sans $tre ' J ce qui nous désigne le 9a. L!impulsion est donnée par une interprétation critique de la dialectique hégélienne du ma?tre et de l!esclave. 1ire )Lo'ique du fantasme . un manque. 1ans le registre o7 nous sommes situés. désigne l!inconscient. par ailleurs. d!$tre pas.renvoi méton+mique d!un signifiant éclipsé dans la représentation qui est donnée de lui par un autre signifiant. Normellement. En effet. et compte tenu de ce que le sens se constitue au lieu de l!5utre. rapportée " la topologie des quatre ' lieu ' < initialement qualifiés de ' sites ' < de la vérité . tombe dans le non3sens # si &!opte pour le sens. en tant que réunion de deu ensembles. dont la fonction induit la disparition de l!$tre. comme l!e pression d!une aliénation. Le processus est engendré par le développement originaire du signifiant. mais d!une logique prenant relief de ses impasses. 8n premier corollaire de la structure ainsi manifestée concerne le ' &e '. constitué d!opérations dont chacune représente son essence dans son résidu et qui tient sa valeur représentative de ce que ' s!+ close le c+cle par quoi l!impasse du su&et se consomme de révéler sa vérité '. En l!occurrence. Mais quelle est la portée de cette théorisation : 5urait3elle " s!autoriser de normes et de crit(res qui lui soient e térieurs )+ aurait3il une vérité de la vérité :* . Le co'ito présenté dans la formule d!une dis&onction non e clusive < ' ou &e ne pense pas. " faire émerger la problématique de la vérité des variations de la structure quaternaire dont on vient de suggérer l!esquisse. DEF[* que le ' &e ne pense pas ' est écorné du ' sens ' fait porter l!accent de la négation sur le ' &e '. celui3ci est ' écorné ' de cette partie de sens que nous désignons comme inconscient )Les Auatre -oncepts *. le su&et s!éclipse. complémentant le ' &e ne suis pas '.

La barre marque la séparation du signifiant et du signifié. le a . en ce . le savoir inconscient )0\* # au lieu de l!agent. si un discours anal+tique est possible. s+mbole du plus de &ouir. 0eront donc. En d!autres termes J nous aurions " montrer. /l s!agit de comprendre que les conditions de l!apparition de l!écrit < du discours anal+tique < sont aussi celles qui e cluent l!inscription du rapport se uel. Elle est marquée du ' pas tout '. tenant lieu ici de résidu. le 0\ )la batterie des signifiants. Une logique de l!impossi(le Mais quel statut conférer " cette écriture : Et dans quelle mesure satisfait3elle au e igences de théorisation portées par l!e périence anal+tique : Les séminaires développés dans la derni(re décennie de l!4uvre de Lacan donneront pour th(me directeur " cette réfle ion critique l!e clusion du rapport se uel du champ de l!écriture logique. de l!autre )ou lieu de la différenciation* et du produit . Elle e prime que N est. le signifiant ma?tre )sceau du signifiant en tant que tel*.eirce. le plus de &ouir # au lieu de l!autre. le su&et # au lieu du produit. en l!occurrence. 1D. 1!o7 la formulation J e N . dans un rapport méton+mique # au lieu du produit. " la négation de l!e ception J il n!est pas d!homme qui ne soit phallique. par laquelle se définit la distance de l!écrit # ce qui nous permet encore de poser que ' l!écrit. Tout autre est la position de la femme. d!une part. 0ur ce mod(le. ou le savoir*. quanteur* que Lacan recourt ici. ce n!est pas " comprendre '. le signifiant ma?tre 0D )dans lequel a son origine l!imposition de la marque* # au lieu de l!autre. si ce n!est par l!intermédiaire de la &ouissance du corps # et cette &ouissance est marquée d!un trou qui ne lui laisse d!autre voie que d!$tre &ouissance phallique. caractérisée sous les conditions critiques précédemment énoncées* # d!autre part. Or cette loi de constitution émane précisément de l!impasse de la se ualité. @onsidérons cependant le registre de l!e istence # il e iste ' au moins ' un homme dont la &ouissance n!est pas soumise " la limite qu!impose la fonction phallique J le .l!adéquation représentative*. En effet. et c!est au notations de Nrege )fonction propositionnelle. /l n!+ a pas d!7n de la relation ' rapport se uel '. situés J au lieu de la vérité. Z N . en retour au lieu de la vérité. selon le mod(le de . coupé du su&et par la barre. car. le se e de la femme ne dit rien " l!homme. pourront se déterminer les t+pes de distribution respectivement caractéristiques des discours de l!h+stérique et de l!universitaire. l!universalité du Z correspondant alors. et enfin du discours ps+chanal+tique < ce dernier faisant appara?tre J au lieu de la vérité. En ce qui concerne l!homme. nié ' intégralement '. que l!écriture est également concernée en tant qu!elle propose elle3m$me l!inscription originale que spécifie la fonction de la barre. c!est dans la mesure m$me o7 la se ualité n!est pas inscriptible. dans le registre du discours du ma?tre. " quel titre la logique et l!écriture s+mbolique se recouvrent )entendons bien que la logique est ici concernée en tant qu!elle est la logique de la ps+chanal+se. et renvo+ant " son tour au su&et. substitué au 0. le su&et barré # au lieu de l!agent.(re. Mais les positions de l!homme et de la femme " cet égard ne sont pas réciproques. on peut écrire que tout homme rel(ve de la fonction phallique.

logique de l!impossible. " partir de l!e clusion de la se ualité du champ de l!inscription. le s+mbolique et l!imaginaire : Ious aurons " nous former un t+pe de représentation qui. en DEZY. 'S8C7ANAL8SE E! CONCE'! . peut3elle se transposer en ces termes J que l!e clusion de la se ualité de ce champ commande la constitution de la logique de la ps+chanal+se. Lacan leur reconna?t pour fonction essentielle d!instaurer ce mode original de liaison J de s!articuler entre eu par la représentation qu!ils nous donnent du vide. 0i bien que l!homme ne re&oindra la femme que dans l!infinité. encore. d(s lors. déboutée de toute prétention " la normativité. concernée par la fonction phallique J ce que traduira la formulation Z N . libre &eu avec le signifiant. " laquelle correspondra dans le registre de l!e istence. l!impossibilité d!inscription de la &ouissance se uelle. La notion freudienne de vérité historique trouve ici son accomplissement. qu!il n!+ ait pas d!5utre de l!5utre )pas de métalangage*. @ette logique. quant au sources de ce th(me. " l!élaboration de la modalité obsessionnelle de l!impossible. en sa totalité.sens qu!elle n!est pas.O''OSI!ION . ou. e primant que ' ce n!est pas une vérité ' de dire qu!il e iste une femme qui échappe " la servitude phallique..u!on ne puisse dire le vrai sur le vrai. se laissent entrevoir les racines de l!investigation critique qui aboutira chez Lacan " la logique de la ps+chanal+se. renvoie " sa constitution méton+mique. ces a iomes fondateurs de la logique de l!impossible donneront forme " une e périence qui ne tient sa logique que d!$tre elle3m$me l!e périence d!une logique. 5insi la dérivation de l!écrit. C travers ces anticipations. qu!" son égard elle est irréductiblement 5utre. qu!il n!+ ait pas de transfert du transfert. En quoi cette carence de la se ualité appara?t3elle alors comme la condition d!émergence de l!écrit : On remarquera d!abord que la question ne peut laisser d!affecter la définition de la ' grande logique ' de la ps+chanal+se. la coupure de la =erwerfun' . 5ussi bien le su&et qui entre dans l!anal+se sur le motif d!une problématique se uelle en sort3il par l!accession " la pulsion de mort. cependant. La logique. visant " manifester les conditions d!inscription du signifiant. le réel. c!est l!e hibition du réel # et le réel. prenne en compte la béance o7 chacun d!eu est intéressé. 1epuis le séminaire ' 9u pire555 ' )DE[D*. loin d!insérer dans la trame d!un m$me univers de discours les déterminations respectives de ces trois domaines. la =erwerfun' désignait cette mise hors circuit par laquelle est e clue du développement individuel la &ouissance tirée par l!enfant de la toute3puissance de pensée. en vis3"3vis du e N masculin. issue de ' L!Momme au rats '*. en effet. qu!il n!+ ait pas d!univers du discours. Entre ses phases successives. c!est l!impossible )reportons3nous. @omment s!articulent. 1(s DEGH. . la formulation e N . o3se et le monothéisme a marqué. @!est " cela que pourvoira le recours au n4uds borroméens. selon la formule mainte fois répétée de Lacan. dirons3nous maintenant. en tant qu!elle est.

reprenant un vocabulaire de connotation 2antienne. les contradictions. ce qui constitue une restriction d!importance )DEGG. des processus ps+chiques J ' @e qui. . DEDF3DED[. DEZY*. les oppositions )>e'ens&tze *. 5u contraire. DEGD. elle se compose de contradictions Q8idersprüche R et de couples d!opposés Q>e'ensatzpaare R. écrit J ' La vie ps+chique est un champ de bataille QBampfplatz R et une ar(ne o7 luttent des tendances opposées ou. ' . DEZ\*. la . le concept de couples d!opposés )>e'ensatzpaar *. Le régime des processus primaires. laquelle présuppose ' un premier degré d!indépendance ' de la pensée rendu possible par une levée encore partielle )Aufhebun' * du mécanisme du refoulement )DE\H*.ar ailleurs. la représentation du ' non ' n!e iste pas < de mani(re ' univoque tout au moins '. @ela s!e plique si l!on consid(re que le s+st(me perception3conscience obéit au processus secondaire. DE\F. . DEZY*. ce clivage des deu opposés au niveau conscient correspond " un rapport d!e clusion logique. si bien que ' l!on peut appeler ce dernier le ro+aume de l!illogisme ' )DEZ\. se formule fréquemment sous la plume de Nreud par le vocable d!opposition )>e'ensatz * et. ne se distinguent pas les unes des autres '. en particulier mais pas seulement. dans l!inconscient. les oppositions ' ne sont pas maintenues séparées Q. DE\H. 1e toute évidence. /l est décrit comme une relation de coKncidence )das @usammenfallen * QDEDF3DED[R. qu!il s!agisse des registres de la représentation )$arstellun' *.. présuppose l!apparition du ' s+mbole de la négation ' )=erneinun' *. dans le conscient. 1ans la langue du r$ve. au niveau de l!inconscient. @ette caractéristique est en relation avec le fait que l!activité du &ugement. Nreud. bien souvent ne fait qu!un dans l!inconscient ' )DEDG*. 1ans son 1ntroduction ? la psychanalyse )DEDF3DED[*. par l!un de ses dérivés. se présente clivé en deu termes opposés Qzwei >e'ens&tze R. dans le travail du r$ve.R. dont la mise en &eu rel(ve de cette instance. DEDY. liée " celle du conflit intraps+chique. les contenus représentatifs sont marqués par l!' indétermination ' )7nbestimmheit *.La découverte des processus inconscients. sont traitées comme des ' concordances ' )Cbereinstimmun' * et m$me comme des ' identités ' )identisch * )DEDF3DED[. L!av(nement de la négation dans les processus secondaires correspond " ' la reconnaissance de l!inconscient de la part du moi '. du fait que ' dans le 9a il n!+ a pas de conflits. @!est que.. comme Nreud le souligne tr(s souvent. surtout pas le principe de contradiction '. @ependant. du désir )8unsch * et de la pulsion )+rieb *. propre " l!inconscient. " l!occasion. DE\W. DEDZ. pour parler un langage moins d+namique. se caractérise par un mode particulier de la ' relation des opposés ' )>e'ensatzrelation *. qui se manifeste notamment dans le ' négativisme ' des névrosés et des ps+chopathes )DEGH*. de l!affect )Affekt *. il spécifie le régime fonctionnel différent qui caractérise les oppositions de termes selon le niveau.lus précisément. elles donnent lieu " un procédé de ' mise en équivalence ' )>leichstellun' *. les oppositions voient leurs termes voisiner sans en $tre troublées '.lus encore. d!une importance théorique particuli(re. les contraires )>e'enteile * et les contradictions )8idersprüche * &ouent et sont m$me traités d!une certaine mani(re au niveau de l!inconscient. conscient ou inconscient. ' les lois logiques de la pensée ne sont pas valables. dont l!un des caract(res est d!$tre régi par le principe de contradiction. En effet.

DEZ[*. et sans commune mesure avec la fonction d+namique ma&eure du principe d!opposition. selon Nreud. 1e mani(re plus e tensive encore.multiplicité des sens. représente au contraire le principe de leurs ' interactions et réactions '. 0ur ce tout dernier aspect. ' des motions opposées + coe istent c6te " c6te sans s!annuler ni se soustraire les unes des autres Q. en particulier au niveau de deu mécanismes qu!il + a lieu de bien distinguer.uant au matériel pulsionnel proprement dit de l!inconscient. les pulsions érotiques et la pulsion d!agression '. La raison en est évidente J tandis que la contradiction. dont le propre est de pouvoir ' servir aussi bien " la satisfaction se uelle qu!" son opposé ' < de m$me qu!en général la structure des formations de compromis. en particulier sous la forme des ' doubles sens ' )@weideuti'keit *...olarit&t * du s+mpt6me névrotique. Mais. @ette distinction. la coe istence des contraires. @ette relation de voisinage et m$me de coalescence des oppositions dans l!inconscient e plique certaines caractéristiques du travail du r$ve. il peut se faire qu!aucune décision n!intervienne et qu!il s!établisse un compromis absurde puisque renfermant des éléments incompatibles ' )DE\F. notamment au niveau des pensées latentes du r$ve. parfois sans aucune influence réciproque ou. en général. Nreud insiste sur le fait que ' les oppositions ne sont pas tou&ours contradiction ' )DEDF3DED[*. en tant que cadre référentiel de la description de l!appareil ps+chique < alors que la d+namique hégélienne de l!histoire de l!esprit résorbe toutes les autres formes d!opposition dans le privil(ge e clusif accordé au concept de contradiction. C l!appui de la distinction précédente qu!il envisage entre l!opposition et la contradiction. commande par principe l!e clusion de l!un des contradictoires au profit de l!autre. somme toute. l!Bros et la pulsion de . ' l!opposition entre l!amour et la haine. DEDF3DED[*. . l!opposition. est &ustement le principe qui permet. m$me dans la version d+namique qu!en donne Megel.R. ' Les concepts sont encore ambivalents et réunissent en eu 3 m$mes des significations opposées ' )DEG[. de ' la soudure et du désalliage des composants pulsionnels ' )DEZZ. en tant qu!elle résulte de l!' interférence de tendances opposées ' )DEDF3DED[*. bien qu!ils puissent opérer en con&onction dans le traitement qu!ils effectuent des ' opposés ' et des ' contraires '. se situe dans la tradition orthodo e de la logique aristotélicienne. 0i la contradiction peut e ister dans l!inconscient. DEDZ. de leur agencement en faisceau comple es de motions composés selon divers motifs et. qui constituait l!ob&et de l!enseignement de son ma?tre en philosophie Prentano. loin de marquer leur dis&onction. Nreud invoque. elle n!+ &oue. DEZ\. " l!inverse. il convient de souligner un point important. de leur ' alliance ' )=erbindun' * selon des quantités variables. DEZY*. la polarité ). Nreud précise également dans l!Abré'é de psychanalyse )DEZY* que l!opposition des deu pulsions fondamentales. bien qu!il en ait remodelé le contenu en + intégrant le concept 2antien d!opposition réelle. @!est cette derni(re catégorie qui constitue l!instrument épistémologique du dualisme freudien. si cette influence e iste. avant de les décrire. " titre d!e emple. qu!un r6le marginal.

d!agir l!une contre l!autre aussi bien que de se combiner l!une " l!autre '. peut s!appliquer au représentations proprement dites du contenu latent. . la ressemblance. soit aussi bien sur des opposés. du sens ponctuel.R. Le second mécanisme est décrit par Nreud au mo+en d!e pressions variables telles que l!inversion. au service de la censure. DEDF3DED[. Nreud souligne que le contenu latent du r$ve peut comporter divers sentiments apparentés de contradiction. la configuration insensée du r$ve manifeste. DEZY*. trahit un contenu positif ou négatif dans les pensées du r$ve ' )DEGG..R qui peut signifier l!un et l!autre " la fois..R. le ' de m$me que '. DEDG. peut remplacer un élément particulier par quelque chose qui. celui3ci est au contraire décrit comme ' une forme de déplacement ' J ' 1ans le r$ve manifeste. lesquels peuvent $tre transformés dans le désir opposé < 8unsch'e'ensatz )DEGG*. =erkehrun' *. de haine. le non ' )DEGG. la formation du r$ve. qui op(re soit sur des éléments analogues de la pensée latente.R de sorte qu!on ne peut savoir si un élément du r$ve.. 5lors que le mécanisme précédent est donné comme représentant une variété particuli(re de condensation..uant au maniement par le travail du r$ve des ' opposés ' )>e'ens&tze * et des ' contraires ' )>e'enteile *.. de mépris. Nreud décrit deu mécanismes essentiels. le renversement )7mkehrun' . voire. Le traitement des contraires dans le travail du rEve En ce qui concerne la contradiction. d!ironie. remarque Nreud. DEG[*.. ' /l faut donc corriger. 1ans les idées latentes du r$ve. ou " faire quelque chose. qui caractérise le second mécanisme. DEDY. La transformation dans le contraire est un cas particulier d!inversion )7mkehrun' * < en l!occurrence. @e ' sentiment de contradiction ' )8iderspruch * s!e prime alors par l!absurdité. " c6té d!une association d!idées. est ce qui leur permet. Mais . DE\Z. " l!occasion. 1!o7 le double usage du mécanisme de l!identification par condensation. l!affirmation précédemment émise selon laquelle le r$ve ne peut e primer la contradiction. 1es opposés se substituent mutuellement dans le contenu du r$ve et viennent " $tre remplacés par chaque élément Q.. la transformation dans le contraire )=erwandlun' ins >e'enteil *. DEGD. DEGD. traités alors de la m$me mani(re que ceu 3ci )DEGG. est ' la seule des relations logiques favorisée par le mécanisme de la formation du r$ve '. DEDZ. une chose peut signifier son contraire Q. ' dans les fonctions biologiques. en un seul et m$me élément manifeste Q.. Le premier est l!identification )1dentifizierun' * des opposés.. d!ailleurs présentée comme un cas particulier du mécanisme de condensation J ' Le r$ve e celle " réunir les opposés et " les représenter en un seul ob&et Q. " l!inverse des autres relations logiques et surtout de celle de contradiction. DEDG. ' presque tou&ours. DE\W*. en est le contraire ou l!opposé Q>e'enteil oder >e'ensatz R. mais aussi au affects. par la sensation de l!impossibilité " se mouvoir.. DEGD. DEGH. et &usqu!au scénarios organisés du désir. se trouve son opposé contradictoire ' )kontradiktorisches 8iderspiel *. ' L!usage privilégié de ce mécanisme tient au fait que. @e processus de renversement dans le contraire. la représentation par le contraire )$arstellun' durchs >e'enteil *.destruction. en un sens quelconque. susceptible de contradiction.

au rapports entre deu personnes. Le couple de vocables " significations opposées )fort4da J ' parti '3' voil" '* qui en représente le commentaire verbal rudimentaire et qui e prime l!absence et la présence alternatives de l!ob&et marque l!apparition de la fonction s+mbolique chez l!enfant. Nace " de tels procédés de l!inconscient. dans sa différenciation d!avec le processus primaire. 1ans un autre domaine que celui de l!élaboration du r$ve. @ette derni(re caractéristique représente la marque propre du processus secondaire. il le cite dans les termes suivants J ' Tout concept se trouvant devoir $tre le fr(re &umeau de son opposé Q. comme ' un trait archaKque général de la pensée humaine '. . dont il lui para?t légitime de rapprocher certains mécanismes propres au travail du r$ve. d!un ' principe de contraste ' ). l!apparition d!une structure binaire primitive propre au processus de pensée a été décrite par Nreud " propos du &eu de la bobine. conquis leurs lettres de noblesse dans la philosophie de Megel )1dentit&t .le mécanisme de l!inversion comporte une e tension plus générale et peut s!appliquer aussi au situations. 1ans le domaine du développement. mais plut6t mis en balance dans un proc(s d!alternance et de prise de distance. DEGD. une structure interne du m$me t+pe que celle des autres variétés des couples d!opposés.. le &eu du fort4da présente.tudes sur l(hystérie )DYEH*. Nreud décrit aussi le mécanisme de transformation dans le contraire " travers les associations de 1ora au cours de la cure )DEGH*. d(s les . l!usage récurrent dans la formation du r$ve des deu mécanismes s!e pliquerait par la fonction tr(s générale. tels que les formes de langues les plus anciennes. On peut m$me l!envisager. C propos de cette propriété de structuration binaire caractéristique des formes primitives de pensée. dans l!économie ps+chique. DEDF3DED[*. " la différence de ce qui se passe dans le travail du r$ve.rinzip des Bontrasts * dX " ' l!encha?nement associatif tr(s serré des idées qui lie la représentation d!une chose " son opposé '. l!homme n!a pu acquérir ses notions les plus anciennes et les plus élémentaires que dans le rapport de l!opposé " l!opposé. Nreud a souligné. les deu termes ne sont pas mis en équivalence. " la succession des événements )DEGG. DEDG.ar ailleurs. ni non plus substitués l!un " l!autre. dans sa métaph+sique de l!esprit absolu. DYD\*. . encore que cet auteur en ait fait. @es deu paradigmes de l!identité des contraires et du renversement d!un contraire dans un autre avaient dé&".R. selon deu versants d!une antith(se ' )DEGG. 1!apr(s Nreud. /l s!agirait d!un procédé de fonctionnement propre au s+st(mes d!e pression primitifs. la nécessité pour l!anal+ste d!avoir parfois " reconstruire la succession du matériel livré par le patient selon une méthode d!' inversion de l!ordre '. mais proche de ce dernier. L!interversion de la chronologie s!observe " l!occasion dans la construction du fantasme h+stérique )DEGE*. 7mkehrun' . bien avant la description qu!en reprend Nreud en DEGG. au3del" du seul cadre des faits linguistiques. Toutefois. dans ce champ particulier du processus secondaire. Nreud donne son adhésion au vues du linguiste 5bel )DYYW* # rappelant que ' nos concepts prennent naissance par une comparaison '. alors -gé de di 3huit mois. DE\Z*. un usage cosmique sans comparaison convenable avec le strict traitement métaps+chologique que leur a accordé Nreud. dont il sera question plus loin.. DEDF3DED[.

certains auteurs consid(rent que la discussion n!est pas tout " fait close et accordent encore un certain crédit au no+au théorique essentiel des conceptions d!5bel. 8ltérieurement. comme autre e emple de ces ' mots servant " e primer deu notions opposées et ambivalentes '. les sons rangés dans des ordres opposés )anglais hurry J se presserballemand J 0uhe J repos*. totalement controuvés )B. précisément le terme ' tabou '. lié3séparé Q.. Nreud rel(ve la parenté entre les deu procédés décrits par 5bel < l!antith(se et la métath(se < avec les deu mécanismes utilisés par le travail du r$ve dans le traitement des contraires J l!identification des opposés et l!inversion )7mkehrun' * du matériel onirique.3@. En ég+ptien ancien. /l s!agit du procédé de la ' métath(se ' au niveau du signifiant. dedans3dehors Q. dont l!un serait ' e actement le contraire de l!autre '. m$me au&ourd!hui. ainsi ' fort3faible. au &our de la linguistique moderne. clair3obscur. ' les deu faces de l!antith(se ' se voient dis&oindre par différentes modifications du mot primitif. 5bel en décrit un autre qui suscite également l!intér$t de Nreud. proche3lointain. DEYH*. deu idées. et éventuellement du signifié. cette formule mentale entretiendrait un rapport direct avec ' la singuli(re tendance que poss(de l!élaboration du r$ve " faire abstraction de la négation '. DEFF*. 1ans le te te intitulé ' 1es sens opposés dans les mots primitifs ' )DEDG* ainsi que dans l!1ntroduction ? la psychanalyse . ainsi qu!" d!autres langues et dont beaucoup apparaissent. illustrées )O.R. C ce titre. /l insiste aussi sur le fait que le premier. cependant que l!autre para?t beaucoup plus discutable. qu!5bel décrit comme ' un retournement aussi bien du son que du sens '. grand3petit Q. celui de l!antith(se. et dans certaines langues plus récentes. Enfin. @ependant. est la marque d!une sorte d!indétermination < on dirait au&ourd!hui d!indécidabilité < caractéristique des modes de la pensée primitive. dans les conceptions d!5bel. La premi(re concerne le fait que les plus anciennes racines des langues historiques comporteraient un ' double sens antithétique ' )antithetischer $oppelsinn *. Le propre de ces ' significations primitives .. Nreud mentionne. Penveniste. soit pour des sens opposés. une ' opposition de sens ' )>e'ensinn der 7rworte *. dans +otem et tabou . Milner. il invoque. dont l!une est d!un intér$t cardinal. dans la plupart des cas. dont il rend hommage aussi " =ilhelm =undt d!avoir souligné le double sens )sacré et impur*. en tant qu!e pression d!une forme d!incapacité originaire " séparer les anton+mes.R. parfois d!une langue " l!autre. le m$me mot présenterait. haut3bas '.. Outre ce premier mécanisme concernant l!antith(se au niveau du signifié..u sens opposé des mots primiti s Les conceptions d!5bel ont été tr(s discutées. vieu 3&eune. Les langues primitives n!auraient ' au début qu!un mot pour désigner les deu opposés d!une série de qualités ou d!actions '.R. en dépit des e emples dont il les a. bien que sa pertinence linguistique n!apparaisse plus convaincante au&ourd!hui.. notamment en raison des e emples qu!il emprunte " l!ég+ptien ancien. soit pour le m$me sens. En dehors de l!ég+ptien ancien. Nreud emprunte " 5bel certains e emples qui sont tirés de conte tes linguistiques plus récents et dont il faut bien convenir qu!ils résistent dans une certaine mesure " la critique d!Bmile Penveniste )altus J hautbprofond # sacer J sacrébmaudit # Doden J solbplafond*... tou&ours en se référant " 5bel.

C titre d!e emple particulier. en général. la contre3représentation demeure présente dans le conscient sous . @ontrairement " une idée encore assez répandue. de l!antith(se. dans l!h+stérie. s!ob&ective comme ' contre3volonté ' )>e'enwille * sous la forme d!un s+mpt6me moteur.contradictoires '. dans la neurasthénie et l!h+stérie. DEDG. c!est e clusivement le procédé du >e'ensinn . de ' représentations de contraste '. Le premier a abondamment et réguli(rement cité le second tout au long de son 4uvre )DEGG. DEDF3DED[*. la folie du doute. une ' contre3attente '. Nreud souligne. ' les couches profondes de l!activité inconsciente de l!esprit ' et.ar ailleurs. comme le no+au principal des conceptions d!5bel < cela dans la mesure o7 le ' mécanisme préformé ' de la structure binaire " deu versants antithétiques lui semble caractériser. subit un refoulement et. le pessimisme. DEDZ. DE\W. Or le domaine des processus pathologiques se caractériserait par le fait d!un renforcement de ces représentations de contraste. 1!une mani(re différente encore. DED\. de ces ' mots originaires " double sens ' consiste &ustement dans la coe istence des opposés. dans la lutte contre l!intention consciente. DEGD. dans l!ensemble des autres te tes. . qui lui appara?t. 1ans la neurasthénie. au point de l!envisager comme a+ant ' peut3$tre des relations plus étroites encore que le sens opposé )antith(se* " l!élaboration du r$ve '. mais avec des effets différents. C ce propos. qui se formule dans un ensemble. d!une innervation corporelle. la représentation de contraste pénible est reliée ' en un seul acte ' " la conscience < par o7 s!e pliquent la faiblesse de volonté. 1ans les processus normau . les phobies. facteur agissant " une grande ' profondeur ' )DEDG. au lieu de leur e clusion réciproque telle qu!elle est requise par le principe de contradiction. DEDF3DED[. " propos du second mécanisme. précisément. la forme d!organisation mentale propre au ' modes de la pensée primitive '. par la mise en &eu de la fonction de la négation. DEDZ*. DEZY*. DEDG. ou encore ' contre3représentation ' )>e'envorstellun' *. DEDF3DED[*. dans la névrose obsessionnelle. la rencontre de Nreud avec les vues d!5bel n!est pas qu!un épisode lié " quelques te tes bien connus )DEGG. les ' pro&ets ' et les ' attentes ' comportent un certain degré d!incertitude sub&ective. en raison de la tendance au clivage et " la dissociation de la conscience. le plaisir avec lequel les enfants &ouent " ' l!inversion du son des mots '. Nreud invoque aussi l!intervention du procédé général du >e'ensinn dans la formation des lapsus. s!e prime dé&" sous une forme particuli(re dans les te tes de DYE\3DYEF. 3rincipe de contraste et représentation indirecte Le ' principe de contraste ' )DEGG*. o7 Nreud voit la clef d!une organisation binaire des contenus mentau et o7 trouvent appui les mécanismes du traitement des contraires dans le r$ve. bien qu!il ait accordé parfois un intér$t particulier " la métath(se )DEDG. Nreud utilise alors la notion de ' représentation de contraste ' )Bontrastvorstellun' * dans la description de processus relevant aussi bien du normal que du pathologique. 5insi en serait3il. En revanche. la représentation de contraste. dans un champ plus e tensif encore que celui du travail du r$ve.

le mot d!esprit utilise également le ' contraire ' de ce procédé essentiel. que Nreud propose de réunir avec les précédentes sous la rubrique tr(s générale de ' représentation indirecte ' J le double sens )$oppelsinn *. /l + verra ultérieurement une forme de ' transformation du contenu ' de la pulsion refoulée. @ette notion représente la premi(re description produite par Nreud du mécanisme de la formation réactionnelle. DE\H. . @ependant. Elle intervient aussi dans le comique. le déplacement < en particulier par allusion <. la parenté de l!esprit avec le r$ve tient au fait que l!ensemble de ses procédés e prime directement ' certaines mani(res de penser. requises par la conservation de l!esp(ce )DEDZ. comme technique de ' démasquage de l!automatisme ps+chique '. c!est l!opposition entre les pulsions du moi ou pulsions d!autoconservation )la faim*. l!oubli des noms s!e plique souvent par l!opposition interne d!un couple de représentations J ainsi en est3il du couple ' mort et se ualité ' dans l!anal+se cél(bre de l!oubli du nom du peintre 0ignorelli )DEGD. DE\F*. la représentation par le détail ou par le menu. @ependant. consiste dans le ' remplacement d!un mot par son contraire '. le non3sens )7nsinn * et l!absurde. la représentation par le contraire est encore beaucoup plus importante dans le r$ve que dans le mot d!esprit. Tout d!abord. 0ouvent l!e pression de la contradiction s!accompagne m$me d!un procédé de ' surench(re '. c!est3"3dire la ' représentation par le semblable '. DEZY*. La représentation par le contraire est le seul procédé utilisé par l!ironie. de comple es rapports d!interférence. @elui des lapsus. qui sont en usage dans l!inconscient ' )DEGH. DYEH. @elle3ci articule une grande variété de termes couplés. @ette premi(re opposition. l!unification par condensation. d!ailleurs. et des pulsions se uelles )l!amour*. 1ans la période proprement fondatrice de sa pensée )DEGG3DEGH*. dont Nreud précise que chacun des termes comporte une double signification articulant la perspective ps+chologique . DE\H*. 1!autres techniques + sont mises en 4uvre. La représentation par le contraire )$arstellun' durchs >e'enteil * représente la technique privilégiée du mot d!esprit )8itz *.la forme d!un contre3s+mpt6me de scrupulosité )>e'ensymptom *. les fautes de raisonnement. DYEF. Nreud insiste sur le fait que les techniques du mot d!esprit lui sont communes avec celles qui président au travail du r$ve. qui n!est pas l!esprit. en rapport avec un renforcement de l!attitude consciente opposée )DYE\3DYEZ. DEDF3DED[*. il anal+se d!autres conduites du registre normal " partir du m$me t+pe de mécanismes que ceu qu!il mit en évidence dans l!étude du travail du r$ve. en raison de la formulation progressive des vues freudiennes. dont il désignait aussi la source dans la structure du >e'ensinn . t+pique de la névrose obsessionnelle. DEDH. 4uvrant " la conservation de l!individu. DYEZ. 5ssurément. le contresens )8idersinn *.ar ailleurs. entretenant parfois. Les ormes classiques du dualisme reudien Nreud a tou&ours présenté les grandes dualités qui forment l!ossature de ses conceptions métaps+chologiques sous le chef e clusif de la catégorie d!' opposition '. situation qui pose notamment le probl(me de l!a&ustement de la premi(re topique )DEGG* " la deu i(me )DE\G*. note3t3il. DE\G.

DEZZ*. en outre. en une deu i(me. il évoque la figure d!Empédocle. la seconde entre le .cs3@s se décompose lui3m$me en deu sous3s+st(mes. l!opposition métaps+chologique entre pulsions de vie et pulsion d!agression est elle3m$me aménagée. DEZ[. dont la fonction spécifique est la ' mémoire '. /l mentionne aussi l!opposition. la reconnaissance d!un régime lui3m$me libidinal d!une ' partie des pulsions du moi ' aboutit " un remaniement de l!opposition entre pulsions du moi et pulsions se uelles. sous forme de pulsion de destruction.cs*. En réalité. DEZZ. par le mécanisme bipolaire transversal de l!union3désunion entre celles3ci )=ermischun'4 Entmischun' *. défini comme ' un organe des sens ' ou encore ' un s+st(me perceptif '. présents au sein de la substance vivante. dont ' l!un construit. le préconscient proprement dit ). 8ltérieurement )DEDW*. Tout d!abord. que la ph+sique postule pour le monde inorganique )DEZ\. il se risque " indiquer la coKncidence probable. 8ne telle incompatibilité entra?ne la distinction de deu censures entre les s+st(mes ps+chiques. dont il rapproche les deu principes d!' amour ' et de ' lutte ' )philia et neikos * tout d!abord des deu pulsions originaires.et le ' domaine biologique '. l!une entre l!/cs et le .cs proprement dit et le . Enfin. l!investissement d!abord endog(ne de la pulsion de mort. DE\H. et en général " propos de sa ' conception éminemment dualiste de la vie pulsionnelle '. correspond " la distinction entre les deu s+st(mes de l!appareil ps+chique. DEZY*. Bros et destruction )DEZ[*. en accord avec Oosef Preuer.ar ailleurs. la libido aurait pour ' t-che ' de dériver en grande partie vers l!e térieur )Aussenwelt *. DE\G. .cs3@s. 1ans une autre perspective. sur le plan fonctionnel et clinique. et m$me. DEZ\. Le s+st(me . au sein du 9a lui3 m$me. il attribue " Mering la distinction entre deu sortes de processus.cs3@s* et l!inconscient )/cs*. et le s+st(me perception3 conscience ). dont l!effet est d!en contr6ler le ' mélange ' en proportions variables )DE\W. soit encore entre amour du moi )1chliebe * et amour de l!ob&et )9b/ektliebe *. c!est3"3dire entre ' l!amour et la haine '. entre la volonté de vivre et la mort comme but de la vie )DE\G*. Le processus du refoulement est alors con9u comme ' se passant " l!intérieur de la libido elle3m$me ' )DEDW. On peut voir aussi dans un tel processus une forme particuli(re du mécanisme de renversement. du grand ' couple d!opposés ' formé par ' l!attraction et la répulsion ' )DEZY*. Enfin. DEZZ*. due " 0chopenhauer. DEZY*. désassimile '. Encore faut3il préciser que cette premi(re opposition se dédouble. @oncernant cette opposition ultime. ' encore plus tranchée ' que les précédentes. d(s DEGG. DE\H. assimile. entre ' pulsions de vie et pulsions de mort '. le préconscient3conscient ). tandis que l!autre démolit. une troisi(me forme d!opposition.c3@s*. l!instauration de la deu i(me topique définit. Or Nreud postule. l!incompatibilité des fonctions mnésique et perceptive. l!Bros et la ' pulsion d!agression ' ou de ' destruction ' )DE\G. au niveau m$me de son premier terme. de ' volonté de puissance '. qui se formule sous une ' opposition nouvelle entre libido narcissique et libido ob&ectale '. qui ' s!e cluent l!une l!autre dans les deu s+st(mes '. la relation originaire du couple amour3haine avec ' la polarité de l!attraction et de la répulsion '. dont l!origine 2antienne n!est pas mentionnée.c3@s. Nreud s!est plu " indiquer plusieurs références. .

C propos des interférences entre les divers grands couples d!oppositions qui &alonnent les étapes de la pensée freudienne, il importe de souligner que ces oppositions ne s!e cluent en aucune mani(re, mais que les deu premiers niveau )DEGG, DEDW* o7 elles se définissent se résolvent en définitive dans l!opposition finale entre l!Bros et la destruction. 1ans l!Abré'é de psychanalyse )DEZY*, Nreud précise que les deu oppositions antérieures entre les pulsions de conservation de soi et de conservation de l!esp(ce, d!une part, entre l!amour du moi et l!amour d!ob&et, d!autre part, sont désormais " faire entrer ' dans le cadre de l!Bros '. @ependant, l!opposition marquée par la premi(re topique entre les deu s+st(mes /cs et ;cs3@s reprend forme d!une certaine mani(re, d!un point de vue métaps+chologique, dans le propos selon lequel ' ce que nous connaissons du 9a a un caract(re négatif, ne peut se décrire que par opposition au moi ' )DEZ\*.

La polarité du "ugement
C l!opposition des deu grands groupes de pulsion vient s!articuler, dans le te te sur ' La Iégation ' )DE\H*, la doctrine freudienne concernant l!' origine ps+chologique ' de la fonction du &ugement. La ' polarité ' du &ugement, négatif et positif, trouverait sa racine génétique dans le couple pulsionnel de la destruction et de l!Bros. La négation serait un ' successeur de l!e pulsion ', dont la fonction est le propre de la pulsion de destruction. L!affirmation serait un ' substitut de l!unification ', dont la tendance appartient " l!Bros. Nreud consid(re plusieurs étapes dans ' la fa9on dont s!engendre la fonction intellectuelle " partir du &eu des motions pulsionnelles primaires '. 8ne étape préliminaire est représentée, ' au début de la vie ps+chique ', par le narcissisme. ' Le moi3su&et Qqualifié comme moi3réalité du débutR coKncide avec ce qui est plaisant, le monde e térieur avec ce qui est indifférent. ' Le moi n!est " ce niveau qu!une monade narcissique, une boule de plaisir, pour laquelle n!e iste pas encore la différenciation d!avec le monde e térieur, autrement dit la distinction du dedans et du dehors. Lient ensuite l!étape du ' moi3plaisir originel ', placée sous la &uridiction du principe de plaisir. Le moi + ressent des e citations de plaisir et de déplaisir, d!origine aussi bien interne qu!e terne. 5lors se crée la limite entre le dedans et le dehors. Le moi ' veut s!intro&ecter tout le bon et e pulser hors de lui tout le mauvais '. @e clivage primitif entre bon et mauvais, manger et cracher, introduire et e clure présuppose le processus de perception et correspond " un premier niveau de ' décision ' concernant la fonction du &ugement. L!étape suivante correspond " la formation du ' moi3réel définitif ', fonctionnant selon le principe de réalité. Elle est marquée par l!apparition de la représentation, comme reproduction plus ou moins fid(le de la perception. @ette émergence de la fonction représentative ach(ve la différenciation du dedans et du dehors amorcée par l!étape précédente. 5lors intervient la seconde ' décision ' concernant l!activité du &ugement. Elle consiste " se prononcer non plus sur la qualité bonne ou mauvaise de l!ob&et per9u, mais sur l!e istence réelle de l!ob&et de satisfaction et sur la possibilité de le retrouver " partir du contr6le des informations comprises dans le s+st(me représentatif. @eci qui est bon )premi(re étape* peut $tre retrouvé ou non comme e istant dans le réel )deu i(me étape*. C ce niveau, le &ugement ' met un terme " l!a&ournement par la pensée et du penser fait passer " l!agir '.

1ans son commentaire sur la =erneinun' )DEHH*, Oean M+ppolite a rattaché ces deu niveau primitifs de décision propres " la fonction de &uger " la distinction traditionnelle entre &ugement d!attribution et &ugement d!e istence. 0ur ce niveau du &ugement d!e istence se fonde l!apparition de la fonction s+mbolique, dont l!e pression originelle est la forme négative du &ugement. L!usage qu!elle implique de la négation marque la séparation de la fonction intellectuelle par rapport " la sph(re des processus affectifs, autrement dit l!inconscient. La mise en 4uvre du s+mbole de la négation représente une levée partielle du refoulement. /l en résulte une sorte d!acceptation intellectuelle du refoulé, sans pour autant que le refoulement soit encore supprimé. @ependant, par l!apparition du non, lequel n!e iste pas encore dans l!inconscient, la pensée se lib(re des limitations du refoulement et acc(de " un premier degré d!indépendance, en s!enrichissant de contenus nouveau nécessaires " son fonctionnement. La négation est une forme de prise de connaissance du refoulé, malgré le maintien du refoulement, qui permet l!utilisation du matériau de l!inconscient au profit de la pensée. C partir du &ugement négatif se forme le &ugement affirmatif, ce qui représente le moment, selon O. M+ppolite, de la négation de la négation. @ependant, note Nreud, le passage de la négation " l!affirmation, la pleine acceptation intellectuelle du refoulé, dans le déroulement de la cure, ne supprime pas encore pour autant le refoulement. 1!apr(s Nreud )DE\H*, le &ugement de condamnation )=erurteilun' *, autrement dit le &ugement négatif qui émerge dans l!attitude de dénégation )non, ce n!est pas...*, est ' le substitut intellectuel du refoulement '. 1ans Le ot d(esprit )DEGH*, il écrivait J ' C la place du re&et par le &ugement, on trouve, dans l(inconscient% le refoulement . Le refoulement peut $tre considéré comme intermédiaire entre le réfle e de défense et la condamnation. ' 5utrement dit, le mécanisme du refoulement assume une fonction primitive du non, selon un procédé qui pourrait $tre rapproché des autres mécanismes de traitement des contraires dans le travail du r$ve, dans la mesure o7 ceu 3ci sont tout de m$me au service de la censure, bien que par ailleurs leur d+namique, en tant qu!ils sont des esp(ces de la condensation et du déplacement, rel(ve du registre des processus primaires. 1e fait, le parado e propre au travail du r$ve est d!utiliser les mécanismes de l!inconscient en vue de travestir l!e pression directe des contenus inconscients. /l en résulte cette conséquence, d!apparence contradictoire, que de tels mécanismes, qui en principe ignorent le non, comportent l!équivalent d!une forme primaire de la négation. En particulier, le mécanisme de transformation dans le contraire, s!il suppose d!une certaine mani(re, " l!instar du mécanisme de l!identification des opposés, une certaine vacuité de la négation, n!en fonctionne pas moins comme le protot+pe d!une forme primaire de l!acte de nier. @e n!est pas d!ailleurs le cas de l!autre mécanisme, celui de l!identification des opposés. 1e ce point de vue, il conviendrait d!envisager une sorte de diss+métrie, de disparité de niveau des deu t+pes de mécanismes " l!égard de l!absence relative du non dans l!inconscient. %eprenons bri(vement les termes de ce parado e. 1!une part, le procédé de transformation dans le contraire appartient au régime de l!inconscient qualifié par

l!ignorance du non et, en rapport avec ce phénom(ne, par la coalescence des contraires. 1!autre part, dans la mesure o7 il travaille sous l!égide de la censure du r$ve, il peut appara?tre comme une forme de protot+pe primaire " la fois du refoulement et de la négation. 1!ailleurs, dans ' ;ulsions et destins des pulsions ', Nreud présente le mécanisme du renversement dans le contraire comme une forme primitive de mécanisme de défense, qui préluderait " l!installation du refoulement. En outre, cette fonction négative du mécanisme en question appara?t avec une évidence presque indiscutable lorsqu!il fonctionne, par e emple dans le mot d!esprit, au niveau de formations ps+chiques &ouant " la limite des processus primaire et secondaire. 1e mani(re homologue, Nreud a parfois décrit le refoulement selon deu lignes de propos qui rapprocheraient celui3ci, l!une du régime propre au processus secondaire, l!autre de celui du processus primaire. 1!une part, s!il est vrai )DE\H* que l!attitude de la dénégation représente, en un sens incontestable, l!émergence e plicite du non, le &ugement de condamnation n!en demeure pas moins un substitut )Ersatz * du refoulement, dont la structure interne est homologue " celle du premier, malgré le contenu ' intellectuel ' de celui3ci. 1ans ces conditions, comme on le voit dans ' L!Momme au loups ' )DEDY*, il est concevable d!envisager que ' la négation Q2e'ation et non =erneinun' R s!introduit gr-ce au processus du refoulement ', cette formulation étant par ailleurs liée au fait que ' le refoulement trouve son e pression dans l!opposition )>e'ens&tzlichkeit * '. 1!autre part, dans une perspective quelque peu différente, Nreud envisage parfois les effets du refoulement comme résultant d!un processus < beaucoup plus proche d!un régime de fonctionnement inconscient < de ' transformation dans le contraire ', appliqué " la pulsion " refouler. @e processus est décrit comme observable, par e emple, dans la névrose phobique du petit Mans, ainsi que dans les formations propres " la névrose obsessionnelle et, dans une certaine mesure, " l!h+stérie )DEGE, DE\F*. Le procédé de la transformation dans le contraire est décrit comme caractéristique des obsessions de ' L!Momme au rats ' )DEGE*, tout comme le sentiment d!ironie et d!absurdité, " l!instar de ce qui se produit dans la ' langue du r$ve '. 1e m$me, la formation réactionnelle, présentée comme une esp(ce du refoulement, met en &eu un renforcement de l!attitude opposée " la direction de la pulsion " refouler. 5insi la pitié se trouve alors opposée " la cruauté, la tendresse " la haine )DE\F*. Le parado e s!éclaire quelque peu si l!on envisage le refoulement comme un processus de nature et de qualité inconscientes dont les effets de ' négation ' s!e ercent sur une région particuli(re de l!inconscient. ;ar l", on saisit mieu la portée de la formule corrective de Nreud d!apr(s laquelle ce n!est qu!en un sens relatif que l!inconscient ignore le non. 1ans ce registre des mécanismes défensifs, l!une des variétés du procédé de renversement dans le contraire est peut3$tre illustrée par ' l!identification transmuée au négatif ', que Nreud décrit dans ' L!Momme au loups ' comme une sorte de contre3identification. 5insi l!enfant e pire avec force pour ne pas devenir infirme comme son p(re, processus pouvant comporter aussi bien un ' sens positif '. /l reproduirait alors l!e piration bru+ante du p(re pendant la sc(ne primitive. 1ans ce cas, ce n!est plus un m$me élément représentatif, mais la m$me conduite qui peut comporter deu significations contraires. En dehors du

La structure de couple d!opposés. en particulier au niveau du traitement des émotions impliqué dans le processus de pro&ection propre au délire de persécution )DEDD*. En outre. /l parle aussi une fois de la polarité se uelle " propos de l!opposition masculin3féminin.registre névrotique. le vo+eurisme et l!e hibitionnisme. dont le rapport est tou&ours décrit sous le chef de l!opposition. tou&ours agissantes dans l!inconscient. 1ans deu te tes de DEZ\ et DEZZ. Les couples opposés de pulsions partielles En fait.aarun' *. dont le ' précurseur ' est l!opposition actif3passif )DEDF3DED[*. ainsi que de celle du &ugement négatif et positif )DE\H*. la forme active. prises " la lettre.ar ailleurs. 8ne premi(re anal+se en est donnée dans les +rois Essais sur la théorie de la sexualité )DEGH*. DEZ\. et son ' adversaire ' passive.olarit&t *. la ' polarité ' de l!attraction et de la répulsion est invoquée comme mod(le de l!opposition entre Bros et destruction. avec les deu notions cardinales d!ambivalence et de bise ualité. Les deu formes. il est remarquable que Nreud n!a &amais utilisé cette notion. en l!occurrence selon ' l!opposition fondamentale entre l!activité et la passivité '. probablement en rapport.ulsions et destins des pulsions ' )DEDH* que le concept de polarité se verra accorder un r6le métaps+chologique primordial. associé d!ailleurs " la notion de couple d!opposés. Le but se uel s!+ manifeste sous une double forme. qui paraissait s!imposer dans les nombreuses références qu!il a faites au concept de >e'ensinn d!apr(s les conceptions d!5bel. @ette analogie formelle avec les procédés caractéristiques de la langue des r$ves est " rapprocher du fait que Nreud a parfois décrit le r$ve comme une forme de ' ps+chose normale ' )DE\W. coe istent chez le m$me individu en proportions variables < bien que soit postulé aussi le principe d!une ' égale force ' des pulsions opposées par couples. ces deu notions. DEZY*. c!est dans ' . la névrose représentant le ' négatif ' dont la . . n!interviennent que rarement. le processus ps+chotique met lui3m$me en &eu le mécanisme de la transformation dans le contraire. en raison m$me de leur rapport fondé sur l!ambivalence. d!appariement ). @ependant. qui comporte d!ailleurs des modifications datées de DEDH. Ious en revenons au deu concepts ma&eurs de ' couple d!opposés ' )>e'ensatzpaar * et de ' polarité ' ). selon laquelle s!organisent et fonctionnent ces pulsions prégénitales para?t $tre pour Nreud ' d!une grande importance théorique '. il est question une seule fois )DEZY* du ' couple d!opposés ' que forment l!attraction et la répulsion. C l!occasion. Nreud a parlé de la polarité du s+mpt6me névrotique )DEDF3DED[*. le terme de >e'ensatzpaar est quasi e clusivement réservé par Nreud " la description des couples de pulsions partielles ou perverses J le sadisme et le masochisme. 1ans de nombreu e posés métaps+chologiques de Nreud concernant les grandes dualités pulsionnelles. tou&ours invoquées comme métaphore ph+sique de la dualité des pulsions. dont le contenu théorique se trouve en rapport de conne ion avec celui de la catégorie fondamentale d!opposition )>e'ensatz *. Enfin. dans son esprit. et pas pour désigner directement les deu grandes catégories de pulsions.

DEDH*. la présence simultanée des deu termes du couple pulsionnel s!établit en parall(le dans les névroses avec les perversions ' positives ' correspondantes )DEGH. un peu plus loin dans le te te. Nreud présente tout d!abord le ' renversement ' ou parfois la ' transformation '. " la suite d!un te te de DEDD. @ette gen(se < moi3réalité du début et moi3plaisir originel < s!ordonne elle3m$me au cadre d!ensemble d!une ' gen(se de la haine et de l!amour '. comme ' doublement nouée " des opposés ' < ainsi la tendresse et l!hostilité avec lesquelles on traite le fétiche et qui correspondent respectivement au déni et " la reconnaissance de la castration féminine )DE\[*. . Mais ici. Pien que Nreud n!ait indiqué que de mani(re allusive ce raccord.ulsions et destins des pulsions ' fournit. la dialectique des pulsions perverses doit $tre con9ue comme venant s!a&uster " la description. des deu couples de pulsions perverses. " la tendresse. de la gen(se des figures du moi. =erwandlun' ins >e'enteil *. Nreud réf(re la source génétique des couples sadisme3masochisme et vo+eurisme3e hibitionnisme au régime du fonctionnement auto3érotique. la motion hostile. est3il précisé. que nous avons dé&" évoquée " propos de ' La Iégation ' et dont ' . par opposition au su&et libidinal proprement dit. @ette dialectique met en &eu quatre temps < un temps préliminaire et trois temps principau < qui concernent la mise en place de l!organisation primitive du su&et. 1ans le m$me te te. en raison. un premier mod(le. L!émergence des formations réactionnelles. le ' renversement de l!activité en passivité '. dans son rapport de différenciation originelle avec l!ob&et. Le couple sadisme3 masochisme occupe une place " part. comme dans les +rois Essais . Malgré leur conne ion essentielle. qui donnent l!apparence d!un changement du contenu pulsionnel. ou encore ' transformation Q=erwandlun' R du but pulsionnel actif en but passif '. d!autre . 1ans ' . ou ' retournement Q8endun' R d!une pulsion de l!activité " la passivité '. mais " la motion tendre. dans l!ensemble des perversions. mais dans le cadre de ce que Oean Laplanche a proposé d!appeler une ' gen(se idéale '. le fétichisme. dont l!émergence est décrite dans la succession des trois moments ultérieurs. dans le contraire )=erkehrun' . Le temps préliminaire se situe au seul plan du fonctionnement des pulsions d!autoconservation.ulsions et destins des pulsions '. dont résulte leur ambivalence affective )DEDH*. en l!occurrence le partenaire humain.perversion constitue le versant positif d!e pression. comme lorsqu!il reprend la description des conduites du petit Mans )DEGE. La dialectique des pulsions perverses est commandée par un couple fondamental de mécanismes. /l concerne le su&et purement biologique. est favorisée par cette organisation des pulsions perverses en couples d!opposés. il en spécifie deu variétés différentes J d!une part. s!oppose non au masochisme proprement dit. d!une importance plus marquée. DE\F*. c!est3 "3dire " un mode tr(s primitif d!organisation du su&et. de son origine passionnelle. est décrite en tant que déterminée par un processus de clivage.arfois. que nous avons rencontré comme constituant le second mécanisme du traitement des contraires dans le travail du r$ve. 8ne autre forme de perversion. Nreud reprend l!anal+se des couples sadisme3masochisme et vo+eurisme3e hibitionnisme. non plus seulement dans une perspective phénoménologique. Nreud décrit une autre forme de couple o7 l!agression sadique. les pulsions perverses organisées en couples d!opposés ' aspirent " se satisfaire dans une indépendance réciproque et trouvent pour la plupart leur ob&et dans le corps du su&et ' )DE\H*. sous la forme d!une ' dialectique interne '.

ne suppose encore aucune différenciation e plicite du su&et et de l!ob&et. et qui est le premier temps de la dialectique des pulsions. bien qu!il mette en &eu le d+namisme originel de l!organisme sous la double forme des activités musculaire et visuelle. et de celui de renversement dans le contraire. spécifiquement de l!amour en haine. tableau*. de la composante agressive propre " l!e ercice de la ' pulsion d!emprise ' en tant que tendance " se rendre ma?tre de l!autre ob&et. " laquelle conviendrait mieu . Le tourment infligé " soi3m$me. le su&et s!+ rapporte dé&" " un ob&et particulier. d!une part. ' le moi propre ' )8endun' 'e'en die ei'ene . parfois. le temps préliminaire est décrit comme l!activité de regarder. concernant l!ob&et.R das ei'ene 1ch *. que Nreud qualifie au passage comme ' changement de l!ob&et ' )8echsel des 9b/ektes *. dans ' . En dehors de ces mécanismes indiqués. d!autre part. lequel peut fonctionner aussi comme ' changement du su&et ' et &oue un r6le d!ensemble ma&eur dans l!économie du double processus d!instauration et de dissolution de l!organisation narcissique. L!étape qui lui succ(de.ulsions et destins des pulsions '. @e temps est caractérisé. de la pulsion.. sous la forme d!un su&et3ob&et prédifférencié. concernant le but. Le temps préliminaire de la dialectique des pulsions perverses met en &eu le sadisme. 1ans la dialectique du vo+eurisme3e hibitionnisme..part. Le régime de celle3ci passe alors de la voi active du verbe )tourmenter* non pas encore " la voi passive )$tre tourmenté*. ou encore la ' transformation d!une pulsion dans son contraire '. dans lequel par ailleurs Nreud voit un des s+mpt6mes caractéristiques de la névrose obsessionnelle. @e temps préliminaire. La d+namique de ce processus repose sur l!action con&ointe du mécanisme de retournement sur la personne propre. le terme d!' hétéro3agression '. mais " la ' voi mo+enne réfléchie ' )se tourmenter soi3m$me*. par le mo+en de l!activité musculaire. comme une esp(ce de mécanisme général de l!inversion )du sens. sous l!esp(ce de son propre corps. voire d!agressivité en général. .erson Q. selon O. en ce qui concerne le sadisme. 0eule la premi(re variété du mécanisme de renversement intéresse directement la dialectique des pulsions perverses. le ' renversement du contenu ' Qinhaltliche =erkehrun' R. par l!auto3agression ou masochisme ' réfléchi ' )Laplanche*. de la séquence temporelle* qui intervient dans l!élaboration du r$ve. /l s!agit de l!ingrédient de violence. n!est pas encore le . qu!il + a lieu de considérer également. sans considération de sa souffrance éventuelle et sans gain d!aucun plaisir se uel. " c6té du renversement dans le contraire. Laplanche. les deu catégories cardinales de cette double anal+se sont. @ependant que l!ob&et véritablement e terne n!e iste pas encore. 8n second mécanisme d!importance centrale dans cette dialectique est le ' retournement sur la personne propre ' ou. distincte du vo+eurisme en tant que perversion se uelle. mais sous une forme encore non se uelle. des situations. dans lequel le su&et se fait " la fois son propre bourreau et sa propre victime. celle de ' polarité ' dans le seul cadre de cette derni(re )cf.ar ailleurs. est marquée par l!émergence de l!organisation narcissique primordiale. des personnes. celle de ' couple d!opposés ' dans la dialectique des pulsions perverses aussi bien que dans la gen(se des formes du moi. le mécanisme de retournement sur la personne propre appara?t aussi comme une esp(ce d!un genre plus général.

la pulsion trouve " ce niveau " la fois son but et son ob&et dans le plaisir de regarder le corps propre. bien que Nreud n!indique pas e plicitement cette équivalence. Effectivement. ce moi3réalité. par retournement sur soi ou proc(s d!intériorisation. En fait. un gaspillage &ubilatoire d!énergie et un ludisme de repérage '. en ce qui concerne la gen(se du moi. Lacan*. un clivage interne su&et3ob&et. surgissent des e citations désagréables. qui caractérisent ' l!organisation narcissique du moi '. corrélatif " l!émergence d!un moi. par e emple. C ce propos.our le couple vo+eurisme3e hibitionnisme. un processus se fait &our dans son organisation monadique. Le monde e térieur + est indifférent. Lagache* et autoscopique )O. précise Nreud. @e temps de la voi mo+enne réfléchie correspond. ce premier temps ' réfléchi ' de la dialectique des pulsions perverses marque l!apparition. car la différenciation entre le dedans et le dehors n!est pas encore structurée. d!un moi narcissique originaire organisé selon une prédifférenciation. @ependant. de l!incohérence et de l!incoordination fonctionnelles propres " l!état de détresse néo3natale. Menri =allon a signalé la tendance du tout &eune enfant " s!infliger des sévices " soi3m$me. puis par les diverses activités auto3 érotiques. produite par plusieurs voies J tout d!abord par éta+age direct sur la satisfaction élémentaire. Le repli narcissique. qui se développera de mani(re encore plus marquée avec l!étape ultérieure. dont le su9otement. o7 la conduite de l!enfant s!e prime par ' une intuition illuminative. " terme. situation que l!on peut caractériser comme vo+eurisme réfléchi.masochisme véritable. qui cumule en lui les sensations plaisantes tout en éprouvant. Menri =allon surtout et Oean . Les deu mécanismes de renversement dans le contraire et de renversement de l!activité en passivité sont des ' destins pulsionnels '. pour le mouvement de ses mains. dite du moi3plaisir originel. 1ans la boule de plaisir auto3érotique. " la fois subies comme tensions internes et infligées activement " soi3m$me. tandis que le su&et3ob&et narcissique satisfait ses pulsions sur lui3 m$me. enfin peut3$tre par double éta+age sur les pulsions perverses < le plaisir de regarder les parties accessibles du corps et le déplaisir lié au sensations désagréables. au cours du second semestre. en l!occurrence sur son corps3ob&et. . constituerait un processus défensif " l!égard. est en définitive de structure tout " fait homologue " celle de ce su&et de la voi mo+enne réfléchie. lequel s!affecte lui3m$me dans le double registre ambivalent du sadomasochisme et du ludisme spéculaire. " l!étape du moi3réalité initial. La satisfaction se uelle + fait son apparition. " se cogner la t$te. précédant l!installation du refoulement.iaget ont signalé l!intér$t passionné de l!enfant. par e emple. Laplanche caractérise par ' le repli auto3érotique et le rebroussement dans le fantasme ' cette formation narcissique primordiale dans laquelle il convient d!inclure une double composante sadomasochique )1. " l!-ge d!un an environ. dont Lacan met l!ensemble en rapport avec l!émergence du narcissisme. c!est3"3dire qu!il n!e iste pas encore. En outre. O. ils représenteraient des mécanismes primitifs de défense. de provenance aussi bien endog(ne qu!e og(ne < mais cela seulement du point de vue de l!anal+se. des sensations déplaisantes. On peut songer aussi " la description lacanienne du stade du miroir. constituée par la monade narcissique. . dans la mesure o7 celle3ci se définit e plicitement par le narcissisme. d(s l!-ge de si mois mais bien au3del" aussi.

c!est3"3dire du masochisme réfléchi. l!un de forme active. en DE\W. l!émergence du but actif se produit avant celle du but passif. 1ans ce cas. L!unité bipolaire du su&et3ob&et narcissique initial se trouve dissociée selon ses deu composantes. C partir du double but actif3passif propre au masochisme et au vo+eurisme réfléchis.ar rapport " la constitution de la monade narcissique.5lors que le temps primitif de la dialectique des pulsions perverses représente le processus d!autoconstitution de la monade narcissique. les deu temps ultérieurs représentent son éclatement. Effectivement. &oint " une premi(re forme de ' retournement ' de la personne < retournement du su&et3ob&et réfléchi sous forme d!ob&et masochiste <. La figure du sadisme suppose un changement )8echsel * de l!ob&et narcissique initial contre un ' ob&et étranger ' J la victime. d!actif3passif en actif. /l + aurait. Et la figure ultérieure du masochisme suppose le changement du su&et narcissique contre un ' su&et étranger ' J le bourreau. conduirait au masochisme. tou&ours " partir de l!auto3agression. ils doivent la comporter aussi dans les deu temps ultérieurs. qui sont alors é&ectées " distance sous forme d!un couple de partenaires. d!actif3passif en passif. dans ce mouvement. " partir de l!auto3agression. On peut supposer que les deu r6les complémentaires du sadomasochisme. en postulant la primauté génétique du sadisme par rapport au masochisme. En second lieu. dans la mesure o7 ils supposent une certaine indépendance du su&et due " l!émergence de l!ob&et. conduirait au sadisme. soit " partir du sadisme retourné. le passage du sadisme au masochisme supposerait un renversement du but pulsionnel actif en but passif. Btant supposé que ces mécanismes ont une fonction défensive dans le premier temps. cependant qu!il cherche un partenaire pour le situer " la place du su&et qu!il vient d!abandonner. . deu gen(ses différentes du masochisme. sa dissolution sous la forme de deu figures " la fois ordonnées et complémentaires. Nreud a abandonné ce point de vue pour faire l!h+poth(se d!un masochisme. une bifurcation vers deu destins différents. le destin de la pulsion comporterait une dis&onction de ce but composite de la ' voi mo+enne '. en m$me temps qu!un retournement sur la personne lié " un changement d!ob&et J l!ob&et masochiste du sadique est abandonné par celui3ci et remplacé par sa personne propre. ces deu temps coordonnés comportent pour la pulsion d!abord convertie en auto3agression )temps ' réfléchi ' premier* une ' double dérivation s+métrique '. /l s!agit du sadisme et du masochisme vrais. &oint " une seconde forme de ' retournement ' de la personne < retournement du su&et3ob&et réfléchi sous forme de su&et sadique <. ou plut6t m$me d!un sadomasochisme originaire. l!émergence des deu figures du sadisme et du masochisme met en &eu de nouvelles formes de renversement du but pulsionnel et de retournement " l!égard de la personne. précise Nreud. aménagent de fa9on plus différenciée le su&et3ob&et de la voi mo+enne réfléchie qui définit le narcissisme et qu!ils permettent ainsi un meilleur contr6le de la vie pulsionnelle. quitte " faire l!abandon du temps . @ette deu i(me solution s!accorderait d!ailleurs mieu avec ce que déclare Nreud dans le te te de DEDH. Toutefois. un premier t+pe de ' renversement du but '. selon l!interprétation que Laplanche donne du te te difficile de Nreud. c!est3"3dire comme perversions comportant le plaisir se uel. soit " partir du masochisme réfléchi. l!autre de forme passive. Or. En premier lieu. un autre t+pe de ' renversement du but '. qui para?t bien dans une grande mesure correspondre au masochisme réfléchi de DEDH.

préliminaire de l!hétéro3agression. @!est pourquoi Laplanche, compte tenu de la position ultérieure de Nreud, tend " forcer le te te de DEDH, pour faire dériver le masochisme secondaire, aussi bien que le sadisme, de la source commune de l!auto3agression. /l faut reconna?tre que cette solution correspondrait mieu " la pensée de Nreud telle qu!elle se formule en DE\W. En tout état de cause, il n!+ a pas de raison, du point de vue clinique, de ne pas retenir les deu solutions. La dialectique décrite sur le cas du couple sadisme3masochisme s!applique également, et dans les m$mes termes, au couple vo+eurisme3e hibitionnisme. 1!apr(s Nreud, un double processus d!identifications s+métriques et croisées relie les deu partenaires de chaque couple, malgré le mouvement d!é&ection réciproque qui les a posés " distance l!un de l!autre. Le su&et sadique, tout en occupant sa place, se transporte par identification " celle de l!ob&et, pour &ouir de fa9on masochiste de la souffrance qu!il lui inflige. 1e m$me, l!ob&et masochiste, préservant sa propre place, se transf(re par identification " celle du su&et sadique, pour &ouir sur un mode sadique du plaisir de celui3ci. 5utrement dit, le masochiste souffre, mais en &ouissant, identifié " lui, de la &ouissance du sadique, alors que le sadique &ouit, mais en souffrant, identifié " lui, de la souffrance du masochiste. 8ne structure d!identification en miroir relie donc l!une " l!autre, en une forme de cercle, la &ouissance3souffrance du sadique et la souffrance3&ouissance du masochiste. 5insi s!e plique la possibilité incessante d!une substitution des r6les des deu partenaires. Le temps de la voi mo+enne réfléchie correspondait, dans la gen(se du moi, " l!étape du moi3réalité initial. Or les deu figures complémentaires et finales de la dialectique des pulsions perverses correspondent elles3m$mes, de mani(re isomorphe, " l!étape du moi3plaisir originel. @ette étape est celle o7 appara?t la limite entre le dedans et le dehors, en rapport avec le double processus d!intro&ection du bon et d!e pulsion du mauvais, sous le régime du principe de plaisir. @omme Nreud l!indique e pressément, l!évolution du moi3réalité initial vers le moi3plaisir originel représente le passage d!un ' stade purement narcissique ' au ' stade de l!ob&et '. En outre, ce premier ob&et se présente au su&et, qui vient de s!en détacher, avec un caract(re hostile, sous le visage de la haine J ' L!ob&et coKncide avec l!étranger et le haK # la haine, en tant que relation " l!ob&et, est plus ancienne que l!amour. ' 1e toute évidence, le caract(re de ce premier ob&et, de ce ' dehors étranger et mena9ant ', évoque directement les dispositions agressives du partenaire actif " l!égard de la personne3ob&et dans les couples de pulsions perverses. @et ob&et mena9ant est d!abord un partenaire humain, rencontré comme sadique ou comme vo+eur. 1aniel Lagache a bien identifié )DEFG*, " la suite d!ailleurs de O. Lacan )DEZY, DEWE*, la relation originaire qui noue dans un s+st(me comple e de transformations le narcissisme et les figures du sadomasochisme. Lacan a tout spécialement insisté sur l!importance primordiale de la pulsion scopique, qui commande en particulier le régime ' réfléchi ' de la perversion, propre " l!organisation narcissique. 1!apr(s Lagache, la dialectique sadomasochiste &ouerait primitivement dans les rapports entre enfants et parents. Entre les uns et les autres se noueraient des relations perverses du t+pe domination3soumission, qui mettent en &eu des conflits de

pouvoir entre demandeur et demandé et qui rompent la relative convergence des désirs, propre au narcissisme primaire. L!organisation des pulsions perverses selon des couples d!opposés implique donc une dialectique dont le ressort consiste en deu mécanismes particuliers, qui consistent en deu esp(ces du mécanisme général de l!' inversion ' )7mkehrun' *, dont nous avons vu le r6le dans le travail du r$ve, le mot d!esprit et d!autres formations ps+chiques.

%ouples d!opposés et polarités dans la genèse du moi
La succession des étapes de la formation du moi, dont la structure est isomorphe par rapport " la dialectique précédente, met elle3m$me en &eu, dans le cadre coordonné d!une gen(se de l!amour et de la haine, un ensemble comple e de deu s+st(mes d!opposition )>e'ens&tze *, dont l!un se définit comme constitué de trois couples d!opposés )>e'ensatzpaar *, l!autre de trois polarités ),olarit&t *. 1ans ce deu i(me volet de sa théorisation, Nreud déplace le référentiel de la premi(re anal+se, en substituant " la notion de pulsion partielle celles d!amour et de haine. En réalité, cette seconde anal+se concerne la gen(se du moi comme ob&et total, d!un moi3total )>esamt41ch *. Or l!amour et la haine se présentent non comme des pulsions, mais comme des ' sentiments ', autrement dit comme des tendances totales, qui e priment ' les relations de ce moi3total au ob&ets comme ses sources de plaisir '. ;ar ailleurs, le moi3su&et de la premi(re anal+se n!+ appara?t corrélé qu!au seul ob&et qu!est le corps < tout d!abord son propre corps, puis, dans un second temps, celui du partenaire pervers. 1ans la seconde anal+se, le moi3total est confronté " l!ensemble du non3moi, c!est3"3dire du monde e térieur comme ob&et lui3m$me total. ;our mieu indiquer le &eu précis selon lequel s!articulent les termes des différents couples impliqués dans la série des niveau de cette gen(se du moi, elle3m$me a&ustée " la gen(se de l!amour et de la haine, on peut les présenter au mo+en de s+mboles en lettres et chiffres. Le premier s+st(me d!oppositions concerne les trois couples d!opposés dans lesquels il est possible de faire entrer le terme ' aimer ' J

Le second s+st(me d!oppositions concerne ' les trois grandes polarités qui dominent la vie ps+chique ' et qui ' se nouent de fa9on tr(s significative les unes au autres ' J

@es trois polarités sont qualifiées respectivement par Nreud comme J réelle );D3 ;\*, économique );Z3;W*, et biologique );H3;F*. La double gen(se des formes du moi et de l!opposition amour3haine s!effectue alors par la série d!étapes suivantes J

@ette suite d!e pressions peut se commenter de la fa9on suivante J )D* et )\*. 1ans la phase du moi3réalité initial, le moi3su&et est identifié au plaisir );D f ;Z*. Le monde e térieur, qui n!e iste pas encore pour le su&et );\*, est ' indifférent pour ce qui est de la satisfaction ' )AW*. 1ans cet état de narcissisme, le moi ' n!aime que lui3m$me ' )AD g AZ*. L!amour de soi met en &eu, dans une certaine mesure, une dialectique interne isomorphe " celle des pulsions perverses sadomasochiste et scopique. Nreud en établit le rapport en soulignant le r6le initial commun dans les deu registres du mécanisme de retournement de l!activité en passivité. /l souligne aussi la plausibilité d!une gen(se ultérieure, " partir du narcissisme, de l!amour de soi, des deu figures, active et passive, de l!amour d!ob&et )aimer3$tre aimé* J )AD g AZ* . AD ou AZ. )Z* @ependant surgissent des e citations désagréables, soit d!origine pulsionnelle interne < );D f ;Z* ;W <, soit de provenance e terne, au quelles s!associent éventuellement des ' sources de plaisir ' < ;W f ;Z <, bien que le monde e térieur n!e iste tou&ours pas. )W* Le moi pro&ette hors de lui les sensations internes de déplaisir < );D f ;Z* ;W . < et intro&ecte en lui les ob&ets sources de plaisir < @;Z );W*. )H* et )F* Le moi3réalité initial ' se transforme ainsi en un moi3plaisir purifié qui place le caract(re de plaisir au3dessus de tout autre ' );D f ;Z*. @ependant, le monde e térieur a acquis une e istence indépendante # il est mis " distance en tant qu!espace du déplaisir J ;\ f ;W. 1ans son ensemble, ce monde e térieur est ressenti comme hostile, l!indifférence se rangeant désormais comme ' un cas spécial de la haine ' )A\ g AW # AW W A\*, apr(s en avoir été ' le précurseur ' )\*. Toute source de plaisir est aussit6t ' incorporée ', transposée en qualité du moi sans m$me $tre référée " son origine e terne. 1ésormais, l!opposition amour3haine )+ compris l!indifférence* < AD3)A\ g AW* < vient se substituer " l!opposition initiale amour de soi3indifférence < )AD g AZ* 3 AW. La polarité amour3haine AD3A\ reproduit en les recouvrant les deu polarités moi3monde e térieur ;D3;\ et plaisir3déplaisir ;Z3;W, d!ailleurs nouées entre elles dans l!e pression )H* < ;D f ;Z 3 ;\ f ;W. @es deu derni(res polarités se re&oignent et se soudent en )H* de fa9on analogue au couples ;D f ;Z et Q;\R f AW dans les

Nreud envisage la polarité activité3passivité comme étant la premi(re. l!amour peut encore " peine se distinguer de la haine dans son comportement " l!égard de l!ob&et.W* < en tant que mo+en d!épreuve pour confirmer ou infirmer l!e istence dans le monde e térieur ).Z f %. mais dans deu autres te tes. support de la pulsion d!emprise. La haine provient du refus originaire que le moi narcissique oppose " l!e c(s des e citations provenant du monde e terne. selon ' une relation simple '. 5u3del" m$me de leur préhistoire au niveau du moi3 plaisir. en particulier dans ' La Iégation ' )DE\H*.W*. 1ans la suite du développement prégénital. @ependant. mais ils ont des origines différentes et ont suivi chacun leur développement propre avant de se constituer en opposés sous l!influence de la relation plaisir3déplaisir '. Et elle garde tou&ours un lien étroit avec les pulsions d!autoconservation du moi.Z* ou de déplaisir ).D* se rapporte " nouveau Qvoir le niveau )Z*R au deu affects de plaisir ). Le moi s!est redéfini comme sph(re de plaisir # la différence tient " ce que le non3moi. @ette seconde fonction du &ugement suppose l!apparition. Le moi ). donc m$me au3del" de la phase inchoative du moi3plaisir. 5u stade oral.Z* et de déplaisir ). en tant que relation " l!ob&et. Elle correspond " l!émergence du principe de réalité. de la représentation mentale comme indice de l!e istence possible d!un ob&et réel. vécu comme un dehors étranger et mena9ant. 1!o7 l!e pression J @ette derni(re figure des formes de la gen(se du moi n!est pas e posée pour elle3 m$me dans l!essai de DEDH.\* d!ob&ets sources de plaisir ). En outre. ce n!est pas. en tant que caractéristiques attachées respectivement " la musculature. activité et passivité ne font que coe ister. malgré leur intrication et la parenté de leurs effets dans les premi(res phases du développement. leur origine n!est pas la m$me. au stade sadique3anal. c!est3"3dire dans le champ de ce qu!il a probablement été le premier " qualifier comme constituant la ' ps+chologie génétique ' )DEDD*. et " la muqueuse anale. en rapport avec la mise en &eu de la deu i(me ' décision ' procédant de la fonction du &ugement. ' ils ne sont pas dérivés du clivage d!une réalité originaire commune. En particulier.e pressions )D* et )\*. 1u point de vue du développement. ob&ets donc d!amour )AD* ou de haine )A\*. est " présent posé " distance. . d!abord indifférent en raison m$me de son ine istence. L!amour vient du narcissisme et finit par coKncider avec la tendance se uelle dans sa totalité. celle qui offre support au deu oppositions ultérieures dans lesquelles elle vient s!intégrer J phallique3castré et masculin3féminin. zone érog(ne définissant ce stade.W*. déclare Nreud. C l!origine. @!est au stade anal qu!elles se posent comme termes antagonistes. est plus ancienne que l!amour '. toutefois saisis non plus comme vécus de perceptions mais comme leur reproduction dans la représentation < )%. 0i l!amour et la haine représentent en un sens les termes d!une ' totale opposition '. dans le cadre de la fonction s+mbolique. ce n!est que sous le régime de l!organisation génitale que l!amour ach(vera de devenir l!opposé de la haine. ' la haine. )[* L!étape ultérieure de la formation du moi est représentée par le moi3réalité définitif.

e la ps2chanal2se du "eune en ant & Lacan La notion de couple de termes a été largement utilisée par les représentants de la ps+chanal+se du tr(s &eune enfant < tout d!abord pour décrire la relation duelle d!un t+pe particulier entre l!enfant et le partenaire nourricier. dont l!origine est la philosophie ' post2antienne '. . %ené 0pitz a introduit la notion de d+ade )DEHW*. ceu 3ci font un usage diversifié. ' 1ans les conceptions de Nreud concernant la structure de l!appareil ps+chique. introduite " peu pr(s " la m$me époque par Margaret Mahler )DEH\*. . /l le précise aussi par référence au concept de ' foule " deu '. L!opposition des deu principes est le plus souvent présentée par Nreud comme n!offrant rien de radical. La d+ade est animée par un ' processus de réverbérations circulaires.cs3@s*. le couplage entre les deu principes de plaisir et de réalité comporte une fonction différente o7 s!e prime la relation du processus primaire )/cs* au processus secondaire ). comme une simple transformation du premier. 1onald =. le principe de plaisir e er9ant sa &uridiction dans un registre de processus marqué par un caract(re déréel fondamental. Le principe de réalité lui appara?t. loin d!en supprimer le r6le. comme l!h+poth(se de l!universalité du pénis. qu!il déclare emprunter " Middlemore3Merell )DEWD*. dans ses diverses variétés selon les auteurs. de pro&ection3intro&ection. 0pitz décrit cette d+ade m(re3enfant comme étant structurée selon l!' inégalité des participants '.l!opposition phallique3castré représente la dualité e istentielle o7 s!e prime ce que Nreud a qualifié. C propos de la relation primitive entre la m(re et l!enfant. pour les enfants des deu se es. /l assimile également cette notion " celle de ' couple s+mbiotique m(re3enfant '. =innicott )DEFH* utilise la notion de ' couple nourricier ' )nursin' couple *. certains auteurs insistent sur le rapport fondamentalement antagoniste des deu principes. . @e couple. le s+st(me périphérique perception3conscience comporte une double orientation. selon lui. une série d!interactions dans un cadre . /l avoue emprunter ce concept au sociologue Aeorg 0immel. Mahler. vers les e citations d!origine aussi bien e terne qu!interne. d!alternance. et l!adolescence par la troisi(me. utilisé par Nreud pour caractériser la relation h+pnotique. %uth Mac2 Pruns>ic2 a repris et développé cette doctrine )DEWG* J ' La vie du nourrisson et de l!enfant est caractérisée par les deu premi(res grandes paires antithétiques.ar ailleurs. tout en se référant aussi " M. Elle concerne aussi le mécanisme spécifique du clivage. L!opposition déplaisir3 plaisir représente les p6les de l!échelle des qualités sensorielles correspondant respectivement au augmentations et au diminutions de tension pulsionnelle de source endog(ne. en effet. @ependant. 5nna Nreud a repris cette notion de couple m(re3enfant )DEFY* en la rapportant également " Mahler. appropriée au e igences de la réalité et qui prolonge celui3ci. des concepts d!interaction. illustre sous sa forme la plus primitive ' la structure individu3environnement '.ar rapport " la polarité plaisir3déplaisir. selon leurs perspectives.

qui serait commun " l!ensemble des primates. qui en décrit le fonctionnement en termes de ' langage interactif ' )DEFY*. Ernst Uris et %udolf L4>enstein* ont de m$me insisté sur l!interaction primitive du vécu m(re3 enfant )DEFW*. qui peuvent se comparer. Melanie Ulein a fait un usage comple e de l!alternance entre les deu phases du double mécanisme d!intro&ection et de pro&ection. 0pitz a proposé de rechercher &usqu!au formes primitives de l!organisation comportementale les racines d!un fonctionnement binaire J ' L!organisme " ses débuts. 0pitz consid(re le développement de l!enfant comme étant " la fois continu et discontinu. ' En particulier. La pro&ection op(re sur les deu esp(ces de pulsions. L4>enstein DEWF. Oohn Po>lb+. @e t+pe de fonctionnement déterminerait les diverses formes de processus ps+chiques et. associé " celui du clivage. en particulier. 1ans cette perspective. DEFH*. 1ans la premi(re forme d!organisation de la perception e téroceptive ou diacritique. 0pitz qualifie de cavité primitive. 1!autres formes de structuration duelle des représentations primitives ont été décrites. 0pitz DEHW* # maturation3entourage )0pitz DEHW* # maturation3environnement )=innicott DEHY. les processus de pensée. Uris. utilise dans les domaines ph+siologique et ps+chologique un s+st(me binaire. Le moi reprend alors par intro&ection le bon ob&et. Mahler. Les représentants de l!Ego ps+cholog+ )Meinz Martmann. DEFH*. 5nna Nreud a également insisté. DEH[. au clivage 2leinien. Le mécanisme bipolaire de la pro&ection3intro&ection. la structure bipolaire constituée par l!association de la cavité orale et de la main. sur le caract(re intermittent et oscillant du fonctionnement pulsionnel dans l!organisation primitive de l!enfant. décrit la relation primitive de l!enfant " son entourage comme déterminée par le mécanisme particulier de l!attachement.ar ailleurs. La fonction cardinale de celui3ci consiste " aménager la dualité originaire et conflictuelle de la pulsion de vie et de la pulsion de mort. Or ce mécanisme fonctionne en rapport avec un s+st(me de contr6le asservi par un processus d!interaction )feed4back *. chez le nourrisson. comme reposant sur l!intégration par paliers. En outre. produit ainsi l!organisation progressive de la personnalité dans l!ensemble de ses rapports au ob&ets )DEWY*. @es points critiques correspondent " l!installation d!un nouvel ' organisateur '. 0a mise en 4uvre aboutit " un double clivage J interne entre une partie libidinale et une partie destructrice du moi # e terne entre un bon et un mauvais sein. dans une certaine mesure. séparés par des points critiques. du point de vue général des mod(les e plicatifs. bien que son r6le défensif essentiel consiste " défléchir la pulsion de mort. par e emple la réponse3sourire " trois mois. .social '. les représentants de la ps+chanal+se du &eune enfant font aussi un large usage du concept d!interaction entre deu principes couplés représentant respectivement le facteur endog(ne et le facteur e og(ne de la ps+chogen(se J maturation3développement )Martmann. de ' tendances diamétralement opposées ' )DEHW. en accord avec le principe du tiers e clu. cependant qu!il peut aussi recevoir en retour l!ob&et mauvais. le processus de réception propre " l!organisation cénesthésique primitive est ' un phénom(ne de tout ou rien qui op(re selon un s+st(me binaire '. vécu comme persécuteur. dans sa perspective propre. pour sa part. comme M. écrit3il. &usqu!au structures des lois de la logique. la perception tactile du mamelon s!associe en couple contrasté avec la .

est construite sur un ensemble de dualités fondamentales. ou encore ' quaterne anal+tique '. 8n des antécédents possibles de cette conception lacanienne du su&et se trouve dans le mécanisme freudien de la transformation dans le contraire. n!est pas si éloignée. représente une premi(re division du su&et. @es deu références ne sont pas incompatibles. d!autre part. d!ailleurs. de celles dont il a été question ci3dessus et qui décrivent l!organisation primitive du su&et au mo+en de couples clivés de représentations. le ' schéma L '. correspond " un processus de division plus fondamental. moi3petit autre. le sein. par laquelle le signifiant 0 D se trouve élidé comme su&et. Le quatri(me couple. /l s!agit de la refente )Spaltun' *. quant " elle. @ependant. et le grand 5utre avec le su&et inconscient )0*. La pensée de Lacan. Lacan se situe de mani(re fid(le dans la tradition du dualisme freudien. formé par le moi et le su&et inconscient. /l s!agit tout d!abord de la distinction entre le ' petit autre ' )a* < " ne pas confondre avec l!ob&et a < et le ' grand 5utre ' )5*. L!articulation du su&et inconscient selon le couple 0 D30 \. malléable3rigide. " partir de DEFW. La conception binaire du su&et inconscient. qui correspond " la distinction entre le &e de l!énoncé et le &e de l!énonciation.uis des préformes binaires de perceptions se constituent par le mécanisme de clivage J dou 3rugueu . qui représente l!organisation structurale du su&et. . deu p6les s!organisent bient6t pour travailler en union J d!une part. dur et actif # d!autre part. ainsi que dans le mod(le schellingien du su&et.perception visuelle du visage de la m(re. . l!ensemble mamelon3langue. l!ensemble sein3bouche. de mani(re " permettre au signifiant 0 \ de se produire comme premier signifié de la cha?ne du discours.ar cet aspect de sa démarche. qui supporte le précédent. développée par Lacan. . le cinqui(me. 0elon Nrances Tustin )DE[\*. qui mobilisent quatre couples de notions )puis un cinqui(me en DEFW*. et grand 5utre3su&et inconscient. le toucher contigu mais discontinu. de 0aussure et Megel comme ses sources. la perception visuelle continue mais non contiguë < permet l!instauration et la mise " distance progressives de l!ob&et. Le couplage de ces deu t+pes perceptifs < d!une part. le petit autre fait lui3m$me couple avec le moi. dou et passif. dont l!importance théorique ne saurait échapper. LING IS!I3 E E! 'S8C7ANAL8SE . lesquels se situent respectivement sur l!a e imaginaire de la parole vide et l!a e s+mbolique de la parole pleine.roduit en DEHZ. mou3dur.our les trois premiers couples J petit autre3grand 5utre. avec le fait que Lacan indique N. /l + a lieu aussi de prendre en considération le couple formé par le moi et le su&et inconscient. . intervient un nouveau couple J le ' su&et barré ' est lui3m$me subdivisé selon le ' couple de signifiants ' 0 D30 \. Enfin. voir 3SF%@GLGH<* HI-IT<. malgré la particularité de l!élision du 0 D. gentil3méchant. la langue et la bouche sont d!abord confondus dans la m$me e périence fusionnelle par l!enfant. @ependant. s!édifie selon deu a es orthogonau . le mamelon.U*.

La question des rapports entre la ps+chanal+se et la linguistique est compliquée par deu facteurs. 5u ma imum. la s+nta e d!une langue particuli(re. ou bien on le consid(re comme un ob&et unitaire. les langues peuvent donner lieu. dans sa pratique ou dans sa théorie. 1. marqués par l!enseignement de Oacques Lacan. tant chez les freudiens de la premi(re génération )on peut notamment citer Uarl 5braham et Theodor %ei2* que dans les travau plus récents. il convient de distinguer quatre questions J la question de la ps+chanal+se et de son rapport " un phénom*ne qu!on appelle le langage # la question de la ps+chanal+se et de son rapport " une science qui prend pour ob&et tout ou partie du phénom(ne langage et qu!on convient d!appeler la linguistique # la question de la science linguistique et de son rapport au données mises au &our par la ps+chanal+se < en résumé J la question des rapports entre la linguistique et l!inconscient # la question de la science linguistique et de son rapport " la théorie de la ps+chanal+se. avec ses propriétés générales )substantielles ou formelles*. on demandera dans quelle mesure la ps+chanal+se a " tenir compte dans sa pratique et dans sa théorie de données telles que la diversité des langues. peut et doit tenir compte. le le ique. comme phénom(ne. rel(ve plus du moi que du su&et. peut $tre envisagé de deu points de vue J ou bien on le consid(re seulement comme l!ensemble des langues naturelles. La ps2chanal2se et les langues particulières La ps2chanal2se et la su(stance des langues @ette question concerne la mani(re dont l!ob&et et le domaine de la ps+chanal+se peuvent $tre affectés par l!e istence de telle ou telle donnée de langue # ainsi. La ps2chanal2se et le langage Le langage. On en déduit naturellement que telle ou telle donnée substantielle tirée des langues telles qu!elles sont est une donnée dont la ps+chanal+se. On sait généralement que la ps+chanal+se s!appuie de mani(re décisive sur ce qui se dit dans la séance # or ce dire s!effectue en langue et se trouve nécessairement structuré par les diverses r(gles de chaque langue particuli(re. par e emple. ces rapports ont évolué # ils ont en effet été si profondément transformés par l!4uvre de Oacques Lacan qu!on peut parler " cet égard de coupure. on peut mentionner le vaste ensemble des ' superstitions ' linguistiques J en fran9ais. 1!autre part. 5u minimum. On peut plus particuli(rement noter ceci J en tant qu!elles ont une substance. la morphologie. ces rapports ne sauraient se ramener " un t+pe unique. les phénom(nes de traduction. 1!une part. sur tel ou tel point. en sorte que ce sont ces derni(res avec leurs particularités substantielles ou formelles qui importent. En fait. pour l!ordinaire. La littérature ps+chanal+tique abonde d!e emples o7 de telles données se sont révélées pertinentes. le genre grammatical des noms n!est pas . " des investissements imaginaires. cela constitue le fondement de ce qu!on appelle communément le st+le et qui.

un homme* ' permettent d!engendrer les principales formes de la paranoKa # dans cette génération formelle. etc. pour l!anal+se de la pulsion scopique )qui repose essentiellement sur la s+métrie de langue entre ' regarder ' et ' $tre regardé ' # cf. 5insi. 1!une part. si l!on prend la parole au sens saussurien. 5insi. Elle est donc prise comme une discipline capable de fournir des informations dignes de confiance sur son ob&et. les diverses mani(res de contredire la phrase ' moi )un homme*. On trouve des procédures semblables touchant le fantasme de l!enfant battu )' 8n enfant est battu '*. &e l!aime )lui. Nreud s!appuie e plicitement sur une anal+se strictement grammaticale du t+pe su&et3verbe3ob&et )' %emarques ps+chanal+tiques sur l!autobiographie d!un cas de paranoKa Q$ementia paranoides R '*. La ps2chanal2se et la orme des langues /l arrive que telle ou telle donnée de langue permette de proposer une analo'ie structurale éclairant le fonctionnement des processus inconscients. " dire limite. on dit aussi contact constant. 1ans la mesure donc o7 le langage importe " la ps+chanal+se. Encore *. le fait qu!on dénomme ' passif ' les structures du t+pe ' un enfant est battu ' peut éventuellement affecter la verbalisation de tel ou tel s+mpt6me. l!analogie se fait plus stricte et autorise m$me un mod(le d!investigation J en faisant fonctionner de mani(re presque mécanique un domaine strictement délimité de la langue allemande. 1!autre part. Lacan avait forgé le mot lin'uisterie pour désigner ce rapport de pro imité incessante et d!hétérogénéité absolue )cf. on peut songer " la mani(re dont les propriétés matérielles des ob&ets du monde )par e emple. la linguistique n!est pas seule " s!occuper du langage et des langues )la grammaire notamment subsiste " ses c6tés*. /l convient cependant d!émettre deu réserves. l!anatomie et la ph+siologie du corps humain* se pr$tent " investissement. Nreud construit e haustivement un ensemble de formations de l!inconscient. /l est vrai que la relation demeure ici générale # plus tard. et la ps+chanal+se ne s!est pas tou&ours adressée " la linguistique pour recueillir des informations. On sait en particulier que 0aussure avait e clu de son champ tout ce qui relevait de la parole. il n!est pas certain que la linguistique ait " traiter de tous les phénom(nes qui rel(vent du langage. 1e m$me. On peut parler dans ce cas d!un rapport encyclopédique . La linguistique &oue alors le r6le d!une science qui établit les propriétés matérielles d!un ob&et particulier < au m$me titre que les sciences anatomique ou ph+siologique le font pour le corps. c!est elle précisément qui détermine le domaine o7 s!e erce la ps+chanal+se. Or. mais que son fonctionnement est analogue par certains traits essentiels " celui d!une langue. et c!est la premi(re th(se du %apport de %ome de Oacques Lacan. le terme ' interprétation ' )$eutun' * rel(ve de la philologie. dans L(1nterprétation des r<ves . celle3ci se constitue proprement au limites de la linguistique < étant admis cependant que. @ela ne veut pas dire qu!au +eu de Nreud le r$ve soit " proprement parler une langue.sans affecter la représentation imaginaire qu!un su&et peut se former de la différence des se es. ' . 1e ce point de vue. comme lieu d!émergence du su&et.ulsion et destin . /l s!ensuit que les dimensions du langage qui importent le plus " la ps+chanal+se sont &ustement celles que la linguistique ne traite pas.

pourrait para?tre une facilité d!e position sans conséquences. l!astronomie est fondée sur la lunette astronomique # la lunette est fondée sur l!optique. En dehors m$me des e emples que nous avons cités. traitant de données d!observation. elle semble elle aussi fonder des analogies décisives dans la théorie freudienne. En effet. La question se pose alors J dans quelle mesure ces données sont3elles indépendantes de la supposition m$me que la ps+chanal+se est possible et nécessaire : Le plus souvent. si élémentaire qu!elle soit. il est vrai. et la notion de phrase d!autre part. tel est le but que doit apparemment se proposer l!anal+se. sans $tre directement démentie par les données. @ette situation n!a rien que d!ordinaire # considérons la ph+sique J elle se fonde sur des e périences. du point de vue de Nreud )rappelons qu!il est contemporain de Mach*. . un ensemble de propositions théoriques dont aucune n!est triviale # la notion de phrase ne fait pas e ception. cela suppose donc une analogie structurale profonde. . des cas. notamment " propos du fantasme. Mais. %amener le fantasme " la forme d!une phrase simple du t+pe su&et3verbe3complément. mais toute e périence est en réalité construite et la construction de toute e périence suppose une ph+sique minimale. 1e fa9on plus générale. Témoins le lapsus et le mot d!esprit. On échappe " la circularité en établissant des indépendances locales J ainsi. en fait. con9ue comme une science empirique. tels que les avait décrits le linguiste et ég+ptologue Uarl 5bel. La notion de phrase. de la vie quotidienne.des pulsions '*. Nreud recourt souvent au données de langue pour garantir la ps+chanal+se.u!il s!agisse de forme ou de substance. Tout usage qui peut en $tre fait repose donc en derni(re instance sur une analogie avec des langues particuli(res. Les langues comme o(servatoire de l!inconscient . /l est clair que Nreud a cherché inlassablement de tels observatoires # les données de langue. On sait combien l!opposition actifbpassif &oue un r6le important dans la construction freudienne. . imposer " son mod(le théorique une contrainte du t+pe J ' tout fantasme a la structure d!une phrase '. la réponse est claire J les données empiriques qui sont censées appu+er la validité de la ps+chanal+se sont obtenues par la pratique anal+tique elle3m$me. prise dans sa généralité. mais ne dépend pas de l!astronomie. elle fonde un tr(s grand nombre de concepts essentiels de la théorie. tout concept de la ps+chanal+se peut et doit $tre considéré comme le sténogramme d!un certain nombre de propositions empiriques élémentaires. entre autres. toute notion grammaticale. lui en fournissent. @ette indépendance locale définit ce qu!on peut appeler l!instance de l!observatoire .ue la ps+chanal+se ait pu. Or cette opposition ne se laisse bien définir que dans certaines traditions grammaticales. touchant les langues naturelles.uant " la notion de phrase. Mais quelles sont les données d!observation : Elles sont tirées du r$ve. laquelle fait partie de la ph+sique en général. mais aussi les sens opposés dans les mots primitifs. sténographie. on peut noter que ces analogies mettent spécialement en cause deu notions venues de l!étude des langues J l!opposition actifbpassif d!une part.

et s!il éclaire quelque chose des processus inconscients. . interpréter le su&et parlant # la prise de l!anal+se consiste seulement " entendre et " faire entendre cette interprétation. analogue ou m$me identique au fonctionnement inconscient. 5bel. fossilisées. @e n!était pas. que le principe de contradiction peut n!$tre pas tou&ours valide dans la pensée. tou&ours pris au sérieu de tels témoignages. /l + a l". cette proposition revient en effet " e cepter les processus primaires d!une loi fondamentale de la pensée. Or. antérieur " toute mémoire et au&ourd!hui inaccessible. Le phénom(ne n!a donc rien de spécialement primitif. pour développer une ' ps+chanal+se appliquée ' # c!est en sens inverse pour traiter telle facette d!une 4uvre comme une anal+se en acte. les premi(res ne rév(lent rien de spécifique par rapport au secondes. c!est ce que permet l!étude d!5bel. 5&outons que Nreud promeut une conception chronologique de l!inconscient # l!inconscient du su&et est déterminé par son passé individuel.our Nreud et Lacan. repris de U. e actement. Les grandes figures du freudisme ont. il peut $tre utile de songer " la mani(re dont la ps+chanal+se s!appuie sur les 4uvres littéraires ou les 4uvres d!art. . sont généralement erronés. 0i celui3ci a raison.our bien comprendre la relation qui peut alors s!établir entre les données de langue et la ps+chanal+se. le phénom(ne des sens opposés e iste certainement # il est vrai que les e emples de Nreud. il est vrai. une large part d!illusion. Les langues dites anciennes n!ont pas de propriétés structurales qui les distinguent des langues modernes # de ce fait. le ps+chanal+ste n!a pas " interpréter 0ha2espeare ou Moli(re # il a " tenir que 0ha2espeare et Moli(re interpr(tent. /l ne faut pas minimiser le caract(re e orbitant que prenait cette proposition J alors que l!inconscient est fondamentalement défini par Nreud comme un ensemble de pensées. l!observation du langage confirme. la description d!une donnée de langue permet l!acc(s " un fonctionnement méconnu. . il peut arriver que la langue prise en elle3m$me puisse. <. on le sait. 1e la m$me mani(re. Mais ni plus ni moins que ne le font des données s+nchroniques. ce n!est pas en tant qu!il témoignerait d!un passé de l!humanité. Nreud avait été amené " avancer que l!inconscient ne connaissait pas la contradiction. Or les langues sont elles aussi issues d!un passé et notamment les mots qui les constituent ont une longue histoire. comme l!a souligné Bmile Penveniste. 1ans ce cas. /l était donc urgent d!établir si l!on ne pouvait pas corroborer par des voies indépendantes une h+poth(se aussi forte. mais il en est d!autres plus assurés J ils appartiennent autant au langues modernes qu!au langues anciennes. aussi oubliée des su&ets parlants que peuvent $tre oubliés certains épisodes de leur enfance # d(s lors. 5insi. en effet. etc. Les langues )et spécialement une langue ancienne telle que l!ég+ptien* sont alors comme des sédimentations géologiques o7 l!on trouverait. 1e fa9on plus générale.C partir de l!étude du r$ve. les traces de ce qui a été. par l!une ou l!autre de ses singularités < une ét+mologie. une homophonie. indépendamment de l!e istence de la ps+chanal+se. le processus de formation des mots peut $tre supposé &eter une lumi(re sur ce passé. un parado e sémantique. malgré ce qu!en dit Nreud. les données touchant l!ét+mologie peuvent donner mati(re " réfle ion " la ps+chanal+se.

par3del" la diversité des langues. 0ur ce point.ourtant. ce qui est saisi par la science linguistique. comme science. seul l!$tre parlant est passible d!inconscient. 2. l!usage du terme la bour'eoise pour désigner l!épouse. il e iste un ob&et unitaire. et l!on sait que la temporalité de cette émergence est l!instant. occasionnellement. La ps2chanal2se et le langage comme phénomène unitaire 0i l!on consid(re que. le langage n!est pas. de mani(re contingente. telle ou telle homophonie. Le contraste entre linguistique et ps+chanal+se est donc ici flagrant. la forme o7 l!interprétation se déploie est t+piquement celle du détail. c!est par quelque détail isolable et singulier < le mouvement du MoKse de Michel35nge. Nreud s!attache par e emple " l!ad&ectif unheimlich < donnée le icale mineure et non généralisable < pour faire entendre que. la forme du pronom attributif )/e le suis et non /e la suis *.5insi s!e pliquent au reste certains caract(res de l!intervention anal+tique dans ce domaine. ce n!est pas en tant qu!elle saisirait l!essentiel du phénom(ne langage. au +eu de Oacques Lacan. < et si la langue interpr(te. c!est aussi par quelque détail isolable et singulier. 5utrement dit. @ela se con9oit aisément J qui dit interprétation dit émergence du su&et. @ette derni(re n!est3elle pas la science qui a constitué le langage comme ob&et au3del" des langues et qui en propose une représentation réglée : . comme sa spatialité est le point. etc. p. 0i donc l!4uvre d!art interpr(te. On pourrait croire que l" réside la clé du rapport entre ps+chanal+se et linguistique. #apport méthodologique de la ps2chanal2se & la science linguistique 8n fait est frappant J alors que Nreud marque un intér$t pour l!ensemble des sciences dites humaines. En particulier. 1e la m$me mani(re. importe " la ps+chanal+se. on peut s!interroger sur la relation que cet ob&et entretient avec l!ob&et de la ps+chanal+se. Oacques Lacan s!attache " des minuties de la langue fran9aise J l!emploi de l!article défini ou indéfini. défini par des propriétés )de substance et de forme* qu!on appelle le langage. alors que. le drapé de la sainte 5nne de Léonard de Linci. la langue allemande interpr(te le su&et parlant )' L!/nquiétante étrangeté '*. le dernier vers de Dooz endormi . il est amené " s!occuper des données de langue et m$me " construire " partir d!elles des analogies méthodologiques importantes. par son réel singulier. WH*. il n!en est rien J en tant qu!il détermine de mani(re décisive l!e istence de l!inconscient. la linguistique comme telle n!est pas mentionnée . la coupure lacanienne est radicale J ' Le langage est la condition de l!inconscient ' )' L!Btourdit '. etc. Et si la linguistique. /l va de soi que la linguistique ne saurait fonctionner dans la forme du détail singulier < si m$me il arrive qu!elle doive raisonner sur des indices ténus. d!autre part. sur ce point.

rague et " .par lui. L!étrangeté de la position de =reud L!indifférence de Nreud " l!égard de la linguistique est parado ale. On peut certes citer un grand nombre d!études cliniques o7 les phénom(nes de langage sont tenus pour pertinents )les travau de %obert Nliess méritent " cet égard une mention spéciale*. mais la linguistique comme science du langage n!e iste pas. mais tr(s peu une science autrichienne : . parce qu!elle construisait l!image d!une humanité ancienne o7 le &udaKsme n!avait point de part : /l est vrai que certains idéologues lui ont fait. la méthode de la con&ecture fondée sur la lettre. mais ils manifestent en général une profonde ignorance de la problématique de la science linguistique. mais elle le construit dans la plus grande ignorance de la linguistique.aris.e si(cle un développement éclatant. la grammaire comparée croise des intér$ts que l!on sait fort vifs chez Nreud J l!archéologie. etc. Tout cela concernait des langues que Nreud pratiquait ou avec lesquelles il pouvait aisément se rendre familier. il est contemporain de la plus grande efflorescence de la science linguistique européenne J qu!on songe " 0aussure.uoi qu!il en soit. depuis que la ps+chanal+se anglo3sa onne en a pris la t$te.e si(cle et au début du . @ette situation ne s!est pas grandement modifiée dans le mouvement ps+chanal+tique international. Oa2obson. Mais non J pas une référence # Nreud préf(re s!adresser " des marginau )5bel* ou " une philologie dépassée )le dictionnaire de Arimm*. il n!en reste pas moins que la linguistique allemande. Troubetz2o+. et notamment " . On peut admettre que. 5pr(s tout. " bien des égards. Or. le langage importe constamment et l!idéal de la science est pris pour visée. avait connu " la fin du . Nreud pouvait le savoir. l!anthropologie. avant DEDW. pour cette raison m$me. il s!interdisait du m$me coup toute la linguistique./. etc. Mais. sous la forme de la grammaire comparée.. Naut3il alors admettre que. Naut3il supposer que la grammaire comparée indo3européenne repoussait Nreud. Tout cela s!écrivait dans des langues accessibles " Nreud. compte tenu de tout cela. On peut les résumer ainsi J la question des rapports entre la ps+chanal+se et le phénom(ne langage se pose d(s les premiers travau de Nreud # la question des rapports entre la ps+chanal+se et la science du langage n!a pas de contenu avant Oacques Lacan. &ouer le pire des r6les et cela bien avant DEZZ. . le fait est l" J pour la ps+chanal+se freudienne de langue allemande. qu!elle s!occup-t ou non de la grammaire comparée : Naut3il mettre en cause le fait que la grammaire comparée est une science allemande. /l faut $tre clair J la ps+chanal+se freudienne construit entre l!inconscient et le langage un réseau serré de conne ions. @!est au reste sur ce point que la coupure instituée par Oacques Lacan a entra?né les effets les plus visibles. Meillet. Nreud ait pu ignorer ce qui se passait en linguistique en Nrance et en 0uisse et qui était assez peu connu # on peut admettre qu!ensuite les ruptures causées par la guerre l!aient détourné de ce qui se passait hors des milieu de langue allemande. /l ne nous appartient pas de proposer une e plication. s!interdisant d!avoir acc(s " la linguistique par les voies de la grammaire comparée indo3européenne.

tout cela sert autant et aussi souvent que Oa2obson.1ans la ps+chanal+se de langue fran9aise. 1e l" seulement naissent les effets de sens qu!ils op(rent # or la linguistique ne peut rien saisir d!une telle émergence. + compris dans sa version nationale )on sait qu!Bdouard . Troisi(me raison J la linguistique aborde la question du langage d!un point de vue empirique. On peut m$me aller plus loin J si l!on s!en tient au rapport enc+clopédique. @ertes. pour éclairer ce qui rel(ve de leur compétence particuli(re. la philologie classique. s!il est vrai qu!" cet égard Lacan et ses él(ves se montrent plus attentifs que Nreud au formes modernes de la science du langage. la description de 1amourette et . il e iste # il arrive souvent que. " quoi la ps+chanal+se pr$te attention.ichon était maurrassien*. Et cela. L!insu isance empirique de la linguistique En effet. laquelle est elle3m$me largement contingente. 1eu i(me raison. etc. Oacques Lacan s!appuie sur les informations que fournit la science du langage < tout comme il s!appuie sur quelque science que ce soit J la ph+sique. avec le grammairien Oacques 1amourette. Mais. l!anthropologie. Elle ne peut donc manquer de poser la question du langage comme . etc. pour trois raisons J tout d!abord. entée sur la premi(re J le lapsus comme le mot d!esprit sont < directement ou indirectement < rendus possibles par des collisions homophoniques )cf. pour décrire ou interpréter des données de langue. lapsus. sont certes constitués " partir du langage et de ses structures. t. ' L!Btourdit '*. /L et L*. 0ans doute est3ce cette contingence redoublée qui approprie les &eu de langue " signaler l!émergence elle3m$me contingente d!un su&et. Mais il est douteu que ces propositions éventuelles éclairent beaucoup la ps+chanal+se. chap. L/.ichon. 8ne e ception cependant J le traitement de la négation en fran9ais. on peut cependant + déceler une étrange interprétation de l!inconscient freudien. La mise en relation de la ps+chanal+se et de la science du langage est de ce fait plut6t manquée. elles concernent la forme phonique. il faut a&outer aussi qu!ils prennent leur bien o7 ils le trouvent J la tradition grammaticale. Lacan et la linguistique /l ne s!agit pas ici de ce qui a été décrit plus haut comme rapport enc+clopédique. la science linguistique n!a rien " en dire de spécifique. /l n!est pas m$me impossible que la linguistique avance " leur su&et quelques propositions descriptives. un r6le particulier a été &oué par Bdouard . utilisé " penser le ' sentiment linguistique '. ces &eu n!intéressent la ps+chanal+se que dans la mesure o7 ils marquent l!émergence d!un su&et. Mais. la zoologie. Or ces collisions sont contingentes # qui plus est. du monumental $es mots ? la pensée # pour grands que soient les mérites de cette 4uvre.*. il faut plut6t marquer l!impossibilité radicale o7 se trouve la science linguistique de répondre enti(rement au besoins de la ps+chanal+se. membre fondateur de la 0ociété fran9aise de ps+chanal+se et auteur. du m$me coup.. qui recourt " une notion mieu contr6lée de l!inconscient et qui n!est pas sans valeur en ce qui concerne la langue m$me )$es mots ? la pensée . les &eu de langue )mot d!esprit.ichon.

elle doit faire place " une grandeur qui échappe " la perception J elle la con9oit généralement comme si'nification . au techniques développées par Nreud pour l!anal+se du lapsus. Oacques Lacan a thématisé cette ligne de partage. /l est vrai que Oa2obson avait un prédécesseur et un mod(le J 0aussure. c!est la linguistique qui doit user de procédures empruntées " l!anal+se freudienne. homophonies. la linguistique recourt au concept de si'ne . p.ui plus est. confronté " l!ancienne poésie latine. DE[D*. ni m$me de la con&oncture historique des années DEFG.R pour l!anal+se ne fra+e rien ' )' L!Btourdit '. dans leur définition courante. il n!hésite pas " recourir. pour déterminer ce qui seul importe " la ps+chanal+se et se manifeste comme ' évanouissement des significations ' )' L!Btourdit '*. . représentée par la tradition saussurienne et singuli(rement par %oman Oa2obson. Lacan peut donc avancer en m$me temps que ' le langage est la condition de l!inconscient ' )' L!Btourdit '.sychopatholo'ie de la vie quotidienne *. . dans la .perceptible. Oean 0tarobins2i. C cet égard.aris. mais " des décisions théoriques. L!en&eu est plus décisif. Mais une question nouvelle se pose alors J le corpuscule dont il s!agit dans l!inconscient . pour penser la relation qu!entretiennent. homosémies sont pertinentes. en usant du terme sens . ne lui conviennent pas. On pourrait reprendre sur ce point l!opposition qui a longtemps divisé la théorie ph+sique de la lumi(re J l!inconscient se laisse3t3il penser de mani(re corpusculaire et mécanique ou doit3il se penser de mani(re ondulatoire et d+namique : La seconde position est constamment récurrente et a été reprise notamment par Ailles 1eleuze et Néli Auattari sous le nom de théorie des flu . du mot d!esprit ou de l!oubli du mot )cf. le perceptible et l!au3del" de la perception. Les ots sous les mots . la découverte s!éclaire d!un &our nouveau si on la rapproche du déplacement et de la condensation sinon du refoulement < qu!au reste 0aussure ne connaissait vraisemblablement pas )cf. Aallimard.. /l concerne le partage entre deu conceptions de l!inconscient. WH* et que ' la linguistique Q. les concepts de signe et de signification. p. o7 se développe ce qu!on appelait le structuralisme. s!il s!agit d!une h+poth(se historique. quand il s!agit d!anal+ser un po(me. En particulier. avait cru + reconna?tre des anagrammes # illusoire. 5utrement dit. notamment l!anal+se de l!oubli du nom Si'norelli . constamment maintenue et accentuée par Oacques Lacan. /l ne s!agit pas seulement de l!amitié personnelle qui liait Oa2obson " Lacan. /ci encore les travau de Oa2obson doivent $tre cités # armé qu!il est de son savoir de linguiste. dans le langage comme ob&et perceptible.. C l!inverse. 0ans doute est3elle tou&ours obligée de conclure que le langage n!est pas intégralement perceptible. @ar cette importance n!est pas liée " des résultats empiriques. 8n domaine d!élection pour de telles importations J la poétique. Le r6le théorique décisi de la linguistique structurale Mais cela n!affecte pas l!importance décisive que prend par ailleurs la possibilité de la science linguistique. Or la ps+chanal+se entretient un tout autre rapport " la question du perceptible # en particulier. WF*. une seule forme de linguistique a véritablement importé J la linguistique structurale. la nouveauté de la doctrine freudienne. promeut une conception corpusculaire de l!inconscient. le rapport s!inverse J pour peu qu!elle rencontre des données o7 équivoques.

En particulier. il avait cherché du c6té du neurone et de son quantum de charge le mod(le d!une théorie scientifique de la ps+chologie )cf. on peut énoncer les caract(res de tout corpuscule non ph+sique. elle ne peut $tre pensée. " la différence de Nreud. 5insi se construit une forme nouvelle de causalité. c!est la différence qui fonde les propriétés et il n!+ pas de statut possible pour la ressemblance. Telle est la doctrine du %apport de %ome. il peut $tre dit sonore. il faut certes retenir le parti e clusivement corpusculaire. Entwurf einer . ordonne la théorie de l!inconscient " l!instance de l!8n. aussi précise et aussi rigoureuse dans son ordre que la mécanique ph+sique. Lacan. que comme l!une ou l!autre de ces deu relations # d!o7 la théorie lacanienne de la causalité méton+mique.ui plus est. 5u +eu de Lacan. quelque chose s!est produit. On dispose ainsi d!une théorie générale des t+pes de relation possibles qui s!établissent entre corpuscules non ph+siques < théorie dont Oacques Lacan construit une représentation formalisée )' L!/nstance de la lettre dans l!inconscient ou la raison depuis Nreud '*. " savoir la naissance d!une linguistique scientifique. la linguistique ne se borne pas " constituer théoriquement et empiriquement un tel 8n # elle permet aussi de construire une mécanique des corpuscules. oppositive et relative. il est distinct de bp b # on dit " l!inverse que bb b est distinct de bp b et que. entre corpuscules non ph+siques. 0aussure avait établi que les corpuscules linguistiques entraient dans deu t+pes de relations J le s+ntagme )les corpuscules linguistiques contrastent les uns avec les autres dans une cha?ne de positions successives* et le paradigme )les corpuscules s!opposent les uns au autres et s!e cluent mutuellement dans une position donnée*. En bref. on ne dit plus qu!en fran9ais bb b est sonore et que. mais. ou qu!il articule un processus inconscient # on considérera désormais que ce corpuscule est une entité négative. En bref.sycholo'ie et le chap. pour cette raison. L// de L(1nterprétation des r<ves *. qui parvient " décrire les langues en se fondant seulement sur une théorie de la distinctivité. Or cette théorie de la distinctivité peut $tre généralisée en une théorie des corpuscules. @!est que. les relations entre corpuscules non ph+siques s!appellent métaphore et méton+mie et il ne saurait + avoir d!autres relations que celles3l" # la causalité étant une relation.doit3il $tre pensé sur le mod(le de tels ou tels corpuscules dont on peut reconna?tre l!e istence dans la nature : Nreud semble l!avoir longtemps cru. En s!appu+ant sur la linguistique structurale )présentée comme une véritable révolution de la pensée scientifique*. on pose qu!il e iste une différence pure qui préc(de les propriétés. depuis Nreud. La conséquence décisive peut $tre e primée ainsi J avant 0aussure. cette entreprise a échoué # de Nreud. mais il faut proposer des corpuscules un autre mod(le d!intelligibilité. Oa2obson a généralisé la doctrine en établissant que de la relation de s+ntagme dépendait un ensemble de phénom(nes regroupés sous le chef de la méton+mie et que de la relation de paradigme dépendait un ensemble de phénom(nes regroupés sous le chef de la métaphore. . qu!il articule la langue au sens strict. il dispose avec la linguistique structurale d!une méthodologie nouvelle de construction de cette instance. comme Nreud. pour cette raison seulement. qu!on peut nommer de mani(re . 1ans cette théorie. En bref. qui ne devra rien " la substance ph+sique. ce sont les propriétés qui fondent les différences )et les ressemblances* # apr(s 0aussure. dans cette théorie corpusculaire généralisée.

qui au +eu de Lacan définit la science moderne. Elle est demeurée corpusculaire.our une raison notamment J la linguistique elle3m$me a changé. Le concept de signi iant 1ans une formule devenue cél(bre. la position de la linguistique est donc claire J elle permet et &ustifie une théorie nouvelle de l!8n et de la causalité. la position de Oacques Lacan ne consiste pas " s!inspirer de la linguistique structurale # elle consiste plut6t " prendre au sérieu le dessein scientifique de cette derni(re et " le soumettre " l!e igence ma imale de littéralisation. mais non sans une profonde modification J sont abandonnés l!horizon du signe et du m$me coup l!opposition actifbpassif qui modelait le couple signifiantbsignifié. permet d!établir la légitimité et la fécondité d!un concept nouveau. pour en développer la potentialité J " cet égard. relation et négation. s!il est vrai que la linguistique structurale a opéré une révolution de la pensée scientifique. L!élément linguistique . sténogramme d!une e istence oppositive.our pouvoir dire cela. Lacan a soutenu que l!inconscient était structuré comme un langage. 1!o7 la proposition J ' le signifiant représente le su&et pour un autre signifiant ' # la définition stricte du signifiant + repose sur l!e pression ' représenter pour '. @omme le signale son nom m$me. . Le terme si'nifiant vient évidemment de 0aussure. Lacan est certainement un antistructuraliste convaincu* # le nom qu!il a proposé pour désigner le mode d!e istence spécifique de ce qui a les propriétés d!un langage )sans relever nécessairement du langage* met l!accent non sur la totalité. cette révolution ne peut se percevoir que si l!on ne s!en tient pas au présentations proposées par les linguistes eu 3m$mes. la science linguistique. il faut supposer qu!on dispose d!une définition générale et non vide de ce qu!est ou n!est pas un langage. dans sa version structuraliste. mais elle ne propose plus une doctrine originale du corpuscule. Or ce dispositif n!a pu se maintenir. Est donc signifiant ce qui n!a d!e istence et de propriétés que par opposition. Lacan n!a &amais admis cette solution. le signifiant est essentiellement action. 8n langage. dira3t3on alors.générale une causalité structurale et qui échappe " la fois " la causalité mécaniste du choc )seule forme de causalité reconnue dans L(1nterprétation des r<ves * et " la causalité globale de la thermod+namique. La question se pose J comment nommer cette notion plus générale : On conna?t la solution des structuralistes J la notion générale se définit comme structure. est un ensemble o7 )i * la métaphore et la méton+mie sont possibles comme lois de composition interne et )ii * o7 seules la métaphore et la méton+mie sont possibles. En fait. Ivolution du modèle 1ans le dispositif mis en place " partir du rapport de %ome. . C condition du moins d!aller au3del" de ce qu!elle énonce e plicitement. La notion de langage se rév(le donc $tre un cas particulier d!une notion plus générale. relative et négative. mais sur l!élément J c!est le si'nifiant . /ci encore. qui a le défaut de mettre l!accent sur les totalités )en ce sens.

qui s!est autonomisée " partir de DEF[. Elles concernent essentiellement deu th(mes. notamment ' Les Pases pulsionnelles de la phonation '. est3il légitime de penser la différence du langage au signifiant : 1ans le m$me séminaire Encore . peut3on apprendre quelque chose de nouveau touchant le fonctionnement du langage. et non pas comme un paquet de relations oppositives. on comprend que.désormais e iste comme un $tre positif ordinaire. c!est3"3dire une théorie de la différence comme telle.ress. légitime dans son ordre. . la science linguistique est encore évoquée. il n!+ ait que des différences. une fois constituée sur ses fondements propres la notion de signifiant a &ustement pour effet de ne pas saisir ce qui. notamment ' 5 0tud+ in phonetic s+mbolism '. le distingue éventuellement du signifiant en général. 1!un point de vue historique. et étant établi que les données de langues sont en intersection avec les données de la ps+chanal+se. la linguistique ne peut plus garantir la doctrine corpusculaire de l!inconscient. 3. le concept de lalan'ue est &ustement destiné " penser ce qui fait que le langage )incarné dans chaque langue singuli(re* n!est pas épuisé par le signifiant )ensemble des propriétés minimales d!un langage*. elle ne saurait plus légitimer quoi que ce soit de la doctrine du signifiant. mais propose des h+poth(ses originales dans ces domaines. mais moins . DEFZ*. les tentatives intéressantes ne sont pas fort nombreuses. dont la relation " la ps+chanal+se est certaine. o7 Lacan propose les éléments d!une doctrine enti(rement autonome du signifiant. antérieure " toute propriété. 8niversit+ of @alifornia . La science du langage modi iée par la ps2chanal2se J Btant établi que la ps+chanal+se est possible. le grand phonéticien Nonag+ < fortement influencé par 0Tndor Nerenczi < a tenté d!articuler la théorie freudienne des pulsions et la théorie linguistique de la forme phonique )cf. On retrouve la configuration classique J les propriétés préc(dent la distinction # il n!est plus vrai que. dans le langage. En ce qui concerne le langage. 1!une part. ce changement de mod(le a été marqué par @homs2+. @e mouvement serait analogue " celui par lequel Nreud ne se borne pas " chercher des confirmations indépendantes dans les données de l!anthropologie ou de l!histoire des religions. C cette occasion. @ela &ustifie la nécessité d!une logique du signifiant. en partant des données de la ps+chanal+se : 1ans ce cas. On peut citer avant lui Ed>ard 0apir )cf. 1u coup. laquelle doit se développer de mani(re autonome et trouver en elle3 m$me ses propres fondements. @e mouvement trouve son accomplissement dans le séminaire Encore . mais pour établir que. la ps+chanal+se ne dépend pas de la linguistique. article de DE\E repris dans Selected 8ritin's . @!est bien plut6t la linguistique qui pourrait éventuellement avoir " tenir compte des données mises au &our par la ps+chanal+se. c!est3"3dire au moment m$me o7 la linguistique cessait d!$tre enti(rement saussurienne.ar le m$me mouvement. La question se pose alors J est3il possible. dans la langue. in La =ive =oix *.

elle se propose de construire la science d!un ob&et apparemment si e orbitant " ce que la science moderne peut traiter qu!elle doit pousser cette derni(re " ses limites e tr$mes < sinon hors de ses limites. des résistances. En particulier. certains ps+chanal+stes ont été amenés " e aminer l!ontogen(se du langage # mis " part Nreud lui3m$me )observation du . La linguistique. 1!autre part. se trouve donc concernée. un malentendu doit $tre dissipé J il est vrai que les processus linguistiques échappent largement " la conscience du su&et parlant. /l n!en reste pas moins que les données qu!elle traite se présentent " elle en derni(re instance comme des propos tenus par des su&ets. elle transforme en probl(me ce qui pour l!ensemble des sciences était une solution J l!idéal de la science. de reproductibilité sans quoi aucune science n!est possible. en tant qu!elle se veut une science. dans ces données. c!est une question qu!il ne peut manquer de se poser.ue le linguiste doive. on peut définir la t-che de la science du langage J rendre e plicites les procédures que le su&et parlant met en 4uvre sans en avoir conscience. cela est certain # que le linguiste puisse opérer ce filtrage sans déformation e cessive de son propre ob&et. de répétabilité. etc. En bref. Mais. En tout cas. . Elle convoque donc tous les discours qui s!autorisent de cet idéal " s!interroger sur sa validité. mais. #elation épistémologique entre science du langage et ps2chanal2se La ps+chanal+se. entre données touchant le langage et données touchant les processus inconscients. la convocation générale se redouble d!une convocation particuli(re. il faut avouer que. pour décrire ce statut ' non conscient '. met en cause la constitution historique et logique de la science moderne. 1e ce fait m$me. il n!+ a pas d!inconscient linguistique. il n!est ni nécessaire ni souhaitable de recourir au concept freudien d!inconscient. prise dans sa forme essentielle. des transferts. . si du moins l!on prend ' inconscient ' et ' linguistique ' en un sens précis. $. En bref. opérer un filtrage pour sauvegarder les e igences de régularité. Or cette e plicitation ne prend pas la forme d!une interprétation. On sait en effet que la ps+chanal+se passe par l!e ercice de la parole # on sait aussi que la linguistique e clut de son ob&et les marques de l!émergence sub&ective.ort4$a dans ' 5u3del" du principe de plaisir '*.uels que soient les mérites des travau cités. la relation demeure con&ecturale. /l doit d!autant plus se la poser qu!il n!est linguiste que .lus e actement. . il faut citer surtout %ené 0pitz. dans son cas. elle n!a pas " prendre en compte des refoulements. la parole constitue la mati(re de ce qu!elle manipule # les données que rencontre le linguiste et les données que rencontre l!anal+ste ont d(s lors la m$me substance.précise et e plicite. c!est3"3dire &ustement cet ensemble qu!on résume depuis 0aussure sous le nom de parole. Le probl(me est que les relations d!' importation ' ne fonctionnent &amais aisément.

anal#tique. deu" personnes. et de loin. ce ne sont pas tant les postulats de l'école correspondante mais la relation qui se crée entre le patient et son ps#cholo'ue. il faut da!anta'e que de l'attention 0ans toute ps#chothérapie. il ne peut l!étudier sans la faire sienne. )!ant tout. " la différence de la linguistique. comportementale. ) certaines étapes du processus thérapeutique. de résoudre des . bien des é'ards. La ps#chothérapie est un échan'e et. ce qui compte le plus. 3eaucoup de patients demandent à leur ps#cholo'ue de prendre leur !ie en char'e. %ertaines écoles se !eulent plus directi!es. co'niti!e ou pri/ma5e. " supposer m$me qu!il étudie une langue qui ne soit pas la sienne. thérapie humaniste. %'est une 'rossi&re erreut 5l ne faut pas non plus demander au ps#cholo'ue de donner des conseils. La linguistique a " supporter ce parado e # or la ps+chanal+se rencontre un parado e apparenté. Eais pour une Ps chothérapie efficace. Parado"e. comme tout échan'e.dans la mesure e acte o7 il est lui3m$me un su&et parlant. Question n°14 . le discours anal+tique. de toute mani(re. Cestalthérapie. il se peut que !ous so#eB a'acé. seul un $tre affecté d!un inconscient pouvant $tre anal+ste. La formation et l'e"périence sont é'alement des !ariables si'nificati!es. il est plus facile de faire confiance à quelqu'un qui reconna?t s'$tre partois trompé qu'à quelqu'un qui affirme a!oir toujours raison. Les ps#cholo'ues sont des $tres humains. se penchent ensemble sur la !ie d'une personne %e t#pe d'attention et de concentration peut se ré!&le puissamment fécond. Les écoles de ps#/chothérapie ne manquent pas. le retour sur soi lui est ainsi constamment imposé # mais. )u cours d'une ps#chothérapie. /l s!établit donc tou&ours une coKncidence entre l!observateur et l!observé # cela ne manque pas de créer une structure parado ale. Le deu"i&me facteur fondamental. de sa!oir quel t#pe de ps#chothérapie l'on entreprend mais la !ariable la plus importante. m$me les ps#cholo'ues. certes. ressemble à la !ie. 1ans certains cas < notamment. l'apprentissa'e d'une nou!elle fa@on d'$tre et d'a'ir et une restructuration des schémas mentau". !oire e"aspéré. laquelle peut déjà a!oir des effets bénéfiques. Eais le processus de chan'ement comporte nécessairement un ensei'nement. 8ous les $tres humains peu!ent se tromper. il n'est satisfaisant que lorsque les deu" parties concernées sont contentes. et certains ps#cholo'ues ressemblent à des professeurs. le ps#cholo'ue et J+ patient. sur ce point. par !otre ps#cholo'ue. entre autresT toutefois. quand il étudie sa propre langue <. il e"iste une importante posante d'apprentissa'e. c'est normalT mais la confiance doit toujours $tre présente."Qu'est ce que la psychothérapie ? " PoseB la question à di" ps#cholo'ues. elle ne se borne pas " le subir J elle le traite empiriquement et théoriquement. %este " établir si la science linguistique peut entendre. le patient a tendance n'e"i'er de son ps#cholo'ue que de l'attention. est la confiance que !ous inspire !otre ps#cholo'ue. c'est la compétence. Mais. !ous obtiendreB di" réponses différentes. il n'est pas inutile. la ps#chothérapie est un processus qui. pour arri!er à un résultat posi/tif. >ou!ent. 0'autres écoles sont plus discr&tes et le rQle de l'ensei'nant plus effacé. si peu que ce soit.

l'efficacité. Les ps#chothérapies prQnant l'estime de soi ont en commun l'encoura'ement du patient. Kne ps#chothérapie qui aboutirait à une relation de dépendance passi!e ferait le plus 'rand tort au patient.. des références et des ressources pour cette question 7  6e !ous souhaite une bonne lecture de ce passa'e. -lles ressemblent en cela à d'autres ps#chothérapies de soutien.la ma?trise de soi et le fait de se sentir mieu" a!ec soi/m$me. le ps#cholo'ue fournit à son patient un terrain fiable oW celui/ci peut tester des idées neu!es et se familiariser a!ec de nou!eau" outils. car la !raie réponse à cette question .. La mission essentielle du ps#cholo'ue consiste peut/$tre à encoura'er son patient. son nom.4) De faut il que je dépasse les idées re@ues pour # répondre moi m$me7  .. .) %omment aborder cette question 7  . c'est !ous qui l'a!eB X )lors Pourquoi est/ce si difficile que de répondre autre chose à cette question que par dire son état ci!il.=) -t si j'étais autre chose que du capital de fausses idées 7  . CrVce à ses encoura'ements. Parmi les buts secondaires. pour lui permettre d'élar'ir son réper/toire et de réaliser des oeu!res de meilleure qualité artis/tique. e"ceptionnellement. !oire dé'oUtés.  .. capable de penser et d'a'ir par lui/m$me. il faut du cou/ra'e. Eais il l'accepte tel qu'il est. %ela ne si'nifie pas que le ps#cholo'ue aime tous les aspects de la person/nalité ou du comportement de son patient. Pour a'ir au mieu" dans ce monde de fous. 8ous les patients se sentent d'une fa@on ou d'une autre découra'és.F) %omment puis je me décou!rir et a!oir ma réponse à la question 7  . on peut citer la maturité. la ps#chothérapie consiste à mettre dans la caisse à outils du patient de nou!eau" instruments de fa@on à ce qu'il dispose en toutes circonstances de l'outil appropriéT ou encore à rajouter de nou!elles cou/leurs sur sa palette. Les questions traitées dans le site / autour de la question de l'$tre / ressemble à une ps#chothérapie car il tente d'ensei'ner un nou!eau mod&le de !ie. et une fa@on nou!elle de se re'arder soi/m$meT il cherche à fournir da!anta'e de choi" et d'options. le ps#cho/lo'ue accepte sans réser!e son patient et !eille à conser!er une attitude d'accueil bien!eillant. l'occasion peut s'en présenter. Le but principal de la ps#chothérapie est d'aider le patient à de!enir indépendant. 5l # a deu" ima'es que j'emploie !olontiers. l'encoura'e à é!oluer et récom/pense chaque tentati!e pour modifier son comportement.probl&mes.."Qui suis-je ?" Introduction < %e te"te in!ite à se poser cette question et propose quelques pistes de réfle"ions. Question n°1 . ou son prénom 7  Le plan sui!i .... 6e !ous in!ite dans les passa'e sui!ants à !ous poseB la question pour !ous m$me en toute sincérité. de prendre des décisions m$me >i.. -!idemment c'est une réponse personnelle que !ous de!eB !ous apporter à !ous m$me X 5ci je !ous propose quelques pistes .J) Pu trou!er !os notes..

dans la reli'ion. Pour sa!oir si une idée est fausse sur !ous m$me.. une !raie tristesse . %on!enons ensemble que !ous étes autres choses qu'un ordinateur . Pn est triste d'$tre pau!re ou riche . mai're . 0emandeB/!ous.). la philosophie. (ous possédeB un capital social ( statuts.. a moins que l'on s'en persuade et que les autres nous en persuade X -tes !ous dépendant . dans les comportements . etre un homme.. ... etre 'ros.. Pour faire tr&s court finalement c'est idées là sont fausses c'est pas aussi simple que @a.  Kne !raie idée ..  -t bien oui on se doit de dépasser les idées liées au capital parce que dans un premier temps cette question ren!oi à quelque chose de tr&s enfouie en nous ( comme je l'ai dit cette question ren!oi a la douleur et au début de l'amour de nous m$me ) et ce n'est certainement dans les apparences.. pou!oir . un capital financier ( ressources. on est triste d'$tre 'ros .. @a c'est un !rai probléme. De faut il pas dépasser les idées re@ues 7 -t si j'étais autre chose que du capital de fausses idées 7 %omment puis je me décou!rir et a!oir l'estime de moi 7 . ).. ( Pourquoi j'e"iste là et maintenant 7). en quoi de la prendre pour !raie !ous rends plus heureu" … si ce n'est pas le cas c'est que c'est une fausse idée … %'est si simple X ..  =2>5 Ne $aut il que +e dépasse les idées re1ues pour 9 répondre moi m?me: Pour se répondre soit m$me à cette question on se doit a soit m$me de dépasser les réponses liées a ce que je nomme le %)P58)L. j'essaierais d'en présenter quelques une dans les pa'es sui!antes et dans les autre questions. etre une femme.  =2@5 Et si +&étais autre c(ose que du capital de $ausses idées : Les fausses idées . poids .. de principes premiers ou force !itale. cette question ren!oi / sauf cas e"cessi!ement rare / à une douleur intérieure et sou!ent au début de l'estime de soit m$me ( une sorte d'amour que l'on se porte )  -n 'énéral quand on se pose la question c'est que l'on est bien décidé à 'randir ( ou ne plus souffrir) . -tre riche. etre mince ne sont pas une 'arantie de bonheur ....  Ninalement nous sommes un $tre humain... diplQme etc. en partie de l'action d'une puissance supérieure. non 7  5l e"iste malheureusement des idées encore plus fausses et plus terribles... E$me si on le pense c'est beaucoup plus profond que @a la tristesse. 5l faut chercher en nous . dans l'éthique. plus récemment dans les sciences de l'éducation. m$me le plus sophistiqué. on est triste d'$tre un homme ou une femme . %'est ce que je !ous in!ite à décou!rir dans les pa'es sui!antes.  Dous ne serions sinon que des -tres de stoc:a'es intérieurs et e"térieurs bref des sortes de machines 'estionnaires ... et donc ne sont pas n'ont plus une 'arantie de malheur . %ertains cherchent des réponses dans les sciences. dans ce qui s'amassent ou se perd en capital que l'on !a trou!er la réponse à ce que l'on est. patrimoine). etre pau!re.. de nos réussites et de nos échecs...=2=5 Comment a*order cette question : %ette question est l'une des plus 'rande question que l'on puisse se poser à soit m$me.  Yuand quelqu'un se pose la question lorsqu'il se parle à lui m$me ZZ Yui suis je 7 [[. pas tant qu'il n'# parait les fausses idées sont resitances X >urtout quand au fond on ne sait jamais dit la !érité. Yuelques e"emples pour !ous permettre de comprendre cette notion de capital. résultat en partie de notre éducation et de notre e"périence. n'est ce pas 7  . un capital ph#sique ( forme du corps.... taille ).. un capital culturel ( connaissance académique. %'est tout @a !otre %)P58)L.. postes. -t dépasser d'un seul coup la cause. sinon @a serait facile d'$tre heureu" ou de sa!oir pourquoi on est malheureu".. Pn se pose en 'énéral des questions en lien a!ec ces trois 'randes questions ou alors on à des réponses toutes faites à ces questions .

drQle de force de caract&re que de rire à une affirmation si simple .  Les plus dur(e)s.  Pour certains @a dure toute la !ie … se sécurisé en se parlant bien @a prends du temps … surtout quand on la jamais fait depuis 4+. une idée fausse la plus répandue fait des ra!a'e . les soits disants plus forts de!ant les autres le sa!ent tous . 6e répondrais au" question de ce que sont l'estime de soit et les interactions sociales dans les pa'es sui!antes.. encoura'ements de soit m$me) a!ec soit m$me est un si'ne de mau!ais traitement et de maladie sous/jacente.. demander de l'aide à un ps#chothérapeute équi!aut à une faiblesse / se soi'ner pour se décou!rir est donc une faiblesse (curieu". donc on s'insécurise a se parler de la sorte donc on à de l'insécurité intérieure.emarque l'absence de discussion ou le manque de discussion aimante ( compliments. >i apr&s quelques temps !ous n'# arri!eB toujours pas faites !ous aider par un ps#chothérapeute ( Pour ces termes aller à la question D\ ... Peu de personne a!oue cette pratique alors qu'elle est un si'ne de bonne santé mentale et que c'est l'in!erse qui serait justement problématique. >i c'est !otre cas d'$tre rare.  =2A5 Comment puis +e me découvrir et avoir ma réponse % la question : %omme je l'indique dans les li'nes précédentes on peut en 'énéral consulter... ce que je !ous in!ite à faire mais !ous pou!eB déjà. .. ils cr&!ent de trouille car la premi&re !ictime de leur dureté c'est eu" et ils le sa!ent. Le seul probl&me c'est que pour le !i!re.J ) ou faites le choi" de rester comme !ous $tes si !ous penseB que !otre heure n'est pas !enue de chan'er. >i quelqu'un !ous maltraite !ous aurieB confiance en lui 7 -t bien !is à !is de !ous m$me c'est la m$me chose. Eais surtout ne fermeB pas la porte à la connaissance de !ous m$me  . ans X Pn !a pas commencé a croire en soit du jour au lendemain. -t comme on a de l'insécurité intérieure on récidi!e … @a peut durer un moment. ( 5ls ricanent ou crie en 'énéral de!ant cette affirmation . il faut s'en donner la peine. 5nterro'er n'importe quel ps#chothérapeute di'ne de ce nom .. ( 6e re!iendrais la dessus dans les pa'es sui!antes ). heureu" de !i!re à l'intérieur. il ne !ous dira pas le contraire. non 7).  =2B5 Ou trouver vos notes# des ré$érences et des ressources pour cette question : Les notes .  (4) sauf cas e"cessi!ement rare . le conna?tre et bénéficier de cette réalité.. =+. on se sent pas bien.  L&estime de soit et les interactions sociales sont finalement les réponses à la question mais aussi une forme de traitement à l'insécurité intérieure. non 7)/ et rester malade parce qu'on se prétends fort est une force (curieu".. Dous ne pou!ons que !ous encoura'er à consulter un thérapeute pour faire le point sur !otre parcours afin de re/   . !is à !is de !ous m$me. Kne !raie idée donc demandeB de l'aide quand on ne sait pas faire !is à !is de soit m$me est une force pas une faiblesse. F+ … etc. qui nous pousse à nous poser cette question. -t tr&s peu d'homme et de femme osent demander de l'aide ( dans ce monde de fou.Kne !raie idée . %e n'est pas un compte de fée c'est la réalité . jo#eu". (.  L'insécurité intérieure fait douter de soit m$me. donc on se maltraite !erbalement ( !oire plus pour certains).. en!isa'er que pour sa!oir qui !ous $tes il !ous faudra dé!elopper l'estime de soit et les interactions sociales et abandonner !otre insécurité intérieure ( ce fameu" doute de !ous m$me que !ous n'a!oueB pas de!ant les autres mais qui est en !ous … alors que !ous $tes quelqu'un de bien / %'est curieu".. De de!rait il pas tranquillement répondre DPD ce n'est pas la réalité 7 >i c'est !otre cas ne !ous culpabilisé pas !ous a!eB fait un choi" malheureu" pour !ous m$me mais !ous n'$tes pas obli'é de continuer . -n 'énéral on est un $tre beau..) se parler à soit m$me . non 7 ). peu de monde le sait car on a !oulu leur faire croire le contraire.

qui nous dépasse. Le résultat de cette e"ploration de !ous/m$me et de !otre !ie7 (ous !ous sentireB inté'ré et équilibré. 5l !ous faut renoncer au" m#thes. que ce soit sous la forme d'un li!re ou en cours de thérapie. c'est donc à chacun de la définir. et de!ient concr&te. Pour entamer ce processus d'e"ploration de !otre !ie.!isiter l'énormité du tra!ail que !ous a!eB accompli. %e faisant. 5l !ous faut prendre le parti de laisser tomber !os défenses pour empoi'ner la douleur à bras/le/corps . 8ous les aspects de !otre personnalité / mental. illusions et fau"/semblants qui !ous ont accompa'né et aidé à esqui!er le mal de !i!re. il !ous faut un désir sinc&re d'acquérir des #eu" objectifs afin de !ous !oir tel que !ous $tes.. pas à L) !ie en 'énéral."Quel est le sens de la vie? " La seule fa@on d'aborder cette question de fa@on thérapeutique / et non philosophique / est de la personnaliser.  (=) Le choi" d'un ps#chothérapeute . de proposer des idées neu!es et éclairantes. et ensuite les autres. 5l faut un certain coura'e pour se concentrer sur l'instant présent et cesser de sauter du passé à l'a!enir. !ous apprendreB l'art d'aimer / d'abord !ous/m$me.. Pour e"plorer ce que !ous $tes et décou!rir quel est le sens de !otre !ie. spirituel et relationnel / tra!ailleront en harmonie les uns a!ec les autres. celle du soi e"i'e de l'éner'ie. Kne autre décision demandant . Pour chaque indi!idu. )u mieu".. à notre portée. L'e"ploration du soi peut bel et bien représenter la tVche la plus importante de toute une !ie. ce n'est pas la !ieT au mieu". affectif. La !ie sans introspection. . des encoura'ements et une ténacité sans faille. (ous sereB en pai" a!ec !ous/m$me et a!ec le monde e"térieur. le plus facile est de commencer par étudier le sens de la !ie dans ces petits actes de coura'e qu'e"i'e le quotidien. 6e répondrais à la question du choi" d'un thérapeute dans les li'nes sui!antes.. (ous n'$tes pas seul(e) à # $tre arri!é(e) . %e n'est pas une partie de plaisirT comme la plupart des e"plorations. Yuel est le sens de ma !ie7 ou bien Yuel est le sens de la !ie pour moi 7 La question perd ainsi son caract&re abstrait. ici et maintenant. Kne autre chose qui peut !ous aider. ce n'est qu'une partie de la !ie. Le rQle de ce 'uide se limitera à montrer les choses sous un jour nou!eau et à offrir des alternati!es au"quelles nous n'aurions pas pensé tout seul. %'est difficile et douloureu". Dous pou!ons ainsi faire un choi" pour déterminer ce qui compte le plus à nos #eu" et identifier les priorités fondamentales de notre !ie. et cela demande beaucoup de coura'e. c'est de reconna?tre que !otre !ie se !?t dans l'instant présent. personne ne peut nous l'apporter sur un plateau. le thérapeute !ous donnera si !ous le souhaiter une perspecti!e à !otre réfle"ion. La réponse ne saurait !enir de l'e"térieur ni se trou!er cheB autrui. 0e ces journées enti&res passées seul(e) à tra!ailler sur !ous. on donne un sens à sa propre !ie. Question n°2 . La décou!erte du sens de la !ie réside dans l'e"ploration de soi. le sens de sa !ie est une notion profondément subjecti!e. on peut s'appu#er sur un 'uide susceptible de su''érer des directions nou!elles.

du coura'e / car elle !a àcontre/courant des opinions 'énéralement admises en Pccident / est de considérer que l'ar'ent est rempla@able mais pas le temps. le raisonnement abstrait. plus nous nous aimons. Pn nous a appris à nous défendre et à nous proté'er. du bien et du mal. >i nous a!ons la chance d'a!oir un bon metteur en sc&ne. l'humour. ^ Dous pou!ons ajou/ter qu'un é!énement contraire à nos pré!isions représente un parado"e. Le concept d'apprentissa'e se comprend facilement 'rVce à la métaphore du théVtre. l'apprentissa'e et l'humour.ieB de !ous. nous constatons que la !ie n'est pas >i sérieuse. c'est l'humour. nous ne sa!ons pas quand aura lieu la pre/ mi&re. la !ie est un processus. plus !ous assisteB les autres / comme on !ous l'a appris. à la différence d'une pi&ce de théVtre. -ntre parenth&ses. faute de quoi les autres profiteraient de nous. notre apprentissa'e s'accompa'nera d'encoura'e/ments. La !ie n'est qu'un jeu dont nous sommes les acteurs. Pn trou!e un sens à sa !ie quand on comprend ce que sont le parado"e. contradiction à laquelle aboutit. plus !ous pou!eB !ous montrer ou!ert et !ulné/rable de!ant les autres. De preneB rien au sérieu". dans la !ie. on nous a appris qu'il est mal ou dan'ereu" de nous aimer nous/meme et que personne ne nous aimera >i nous nous aimons. CrVce à l'humour. plus !ous !ous senteB intérieurement sUr de !ous. une répétition permet au" acteurs d'apprendre leur rQle tout en leur laissant la possibilité de faire des erreurs.. c'est tout le contraire qui se produit. Philosophie. la !ie présente est une comédie que l'on rép&te en !ue de ce qu'il # a apr&s la mort. c'est/à/dire à !otre détriment / plus !ous pro!oqueB de rancoeur en !ous/m$me et cheB les personnes que !ous assisteB. 0e meme. ni >i importante. tout semble en contradiction a!ec ce que l'on nous a appris à croire. ni >i insupportable. . nous apprenons à rire de nous et des autres. (i!re équi!aut à répéterT d'ailleurs. 0ans la réalité. Question n°3 . %'est parado"alT en effet. Le Petit Larousse donne la définition sui/!ante. dans cer/tains cas. plus nous pou/!ons faire irradier notre amour !ers les autres. plus nous attirons à nos cQtés des 'ens qui nous proposent leur aide. la !ie est parado"ale à tous les ni!eau". Le troisi&me concept.. Dous tirons le meilleur de nous/m$mes quand nous baissons notre 'arde. nous procure un pont permettant de nous accommoder des contradictions de la !ie et de la mort. rieB des autres. . Le concept de parado"e fait l'objet de la question sui!ante. Par e"emple. %ependant. Pr. et plus d'autorité ils !ous accor/dent. ]. Dous a!ons donc tendance à prendre cette répéti/tion au premier de'ré. )utre parado"e. profitons de la !ie et jouons le jeu de fa@on spontanée. mieu" nous satisfaisons nos besoins et désirs. de la santé mentale et de la folie. 0ans la !ie. %hose qui !a contre l'opinion commune."Qu'est-ce que le paradoxe ?" Le mot parado"e a été fréquemment emplo#é dans les questions précédentes. on nous a interdit de sembler !ulnérable. et rece!oir leur amour en retour. La fa@on la plus facile et la plus rapide de comprendre un parado"e.

un compte en banque mieu" appro!isionné. 'rosso modo. les hommes confrontés à des probl&mes dramatiques sont plus nombreu". il suffit d'$tre." ourquoi le !onde est-il "ou?" Dotre époque est ainsi. Le meilleur s#mbole 'raphique de ce mod&le est un cercle sans commencement ni fin. une maison plus spacieuse. 5l implique que la !ie est tra!ail. %ette li'ne droite com/mence à la naissance. %e mod&le. La cessation d'acti!ité représente la fin de la li'ne car ce mod&le ne s'intéresse pas à la !ie sans tra!ail. affectif. que les autres. sur la fa@on dont nous de!ons !i!re et sur ce qui compte !rai/ment. une promotion. %haque étape est. il n'est pas étonnant que nous nous sentions à ce point perdus quand nous n'a!ons plus rien à ] faire^. ] plus ^ que la précédente et ] moins ^ que la sui!ante. 5l est cen/ tré autour du tra!ail. car son objectif est linéaire. maisFa retraite. %e mod&le peut $tre représenté par le s#mbole d'une li'ne droite. ce mod&le se rec#cle en permanence. à la suite de quoi chaque étape est marquée par des réalisations. CrVce à sa forme circulaire. des !oitures plus nombreuses. Le monde dans lequel nous !i!ons est fou parce que toute notre instruction nous ensei'ne des choses folles sur ce que nous de!ons $tre. implique un s#st&me de !ie concurrentiel. mais comme l'on se trou!e une spire plus à l'intérieur que la fois précédente. relationnel et ph#sique. <élas. on ne re!ient jamais au m$me endroit. 0ans ce mod&le. Les philosophies et reli'ions orientales ont mis au point depuis des si&cles un mod&le de !ie que l'on peut baptiser ] mod&le d'$tre^. l'on se retrou!e périodiquement à un endroit oW l'on était précédemment. et de loin. impossible de dire s'il !aut mieu" se situer àun point de la courbe ou à un autreT il suffit d'$tre dedans. c'est peut/$tre un e"cellent mod&le pour un des aspects de la !ie / la carri&re indi!iduelle / mais il est terriblement inadapté au" autres aspects. il tend à nous faire atteindre des buts et con!oiter la réussite matérielle. Peut/$tre faut/il enfin cesser de considérer les indi!idus comme la source de tous les mau" et se concen/trer plutQt sur leur éducation. YK->85PD> L5--> ) %-88- Question n°4 . 'rVce à mon nou!eau point de !ue. animé d'un mou!ement de spirale !ers l'intérieur. Pn a toujours de!ant soi un nou!el objectif à réaliser. Pr.%'est là tout le parado"e de la !ie. de concurrence et de sanctions mesurables dans les domaines spirituel. un maria'e. -ffecti!ement. La ci!ilisation occidentale a adopté une culture de l'action. sous/tendu par une philosophie matéria/liste. %omme je chan'e en permanence. Dous pensons en termes de buts. tourné !ers la réussite et les succ&s pécuniaires. . etc. j'ai continuellement l'impression. %essons donc de nous faire des reproches pour l'édu/cation inadaptée que nous a!ons re@ueT et commen@ons àutiliser un mod&le plus pertinent pour les autres aspects de notre !ie. de tout !oir pour la premi&re fois. et cela jusqu'à la finT celle/ci n'est pas la mort. nous a!ons hélas 'énéralisé l'application de ce mod&le particulier à l'ensembl& de notre !ie. un diplQme. %haque pas en a!ant corres/pond à l'obtention de nou!eau" a!anta'es. appreneB à le 'oUter.

et non d'arri!er à destination. Pour quitter le mod&le du faire et e"périmenter l'autre. nulle époque ne sont épar'nés. à partir du moment oW !ous !ous trou!eB quelque part sur la spirale. Le mod&le occidental est parado"al en ce sens que la plu/part des indi!idus esp&rent atteindre des objectifs qui sont. (ous pou!eB re!enir àce que !ous connaisseB mieu"T mais demandeB/!ous d'abord. il proclame que l'on arri!e à tout en faisant plus et mieu". . inaccessibles au sein du mod&le. ] Pourquoi ai/je tant peur de souffrir7 ^ Le mod&le acti!iste. 5l ensei'ne ceci. 5l est dans la nature m$me de la !ie de créer de la douleur. 4. -n thérapie. en soi. nous # re!iendrons. sauteB le pas. précisons que le mod&le oriental n'a pas lieu d'$tre l'unique mod&le pour tous les aspects de notre !ie. il ne peut # a!oir d'objectif pour par!enir à cette fin. (oilà pour la réponse philosophique à la question. !i!ons et mourons dans la douleur. la réponse ps#cholo'ique est différenteT elle cor/respond à la question réellement posée par le patient. l'acceptation est proba/blement une des choses les plus difficiles qui soient. =. 5l ne peut pas # a!oir de !ie / telle que nous la connaissons / sans douleur. >i les 'ens qui nous entourent souffrent. 5l est difficile de faire le départ entre la souffrance nécessaire (admissible) et la souffrance inutile (inadmissible). comme la poursuite des études et de la carri&re et utiliser le mod&le d'$tre pour les autres aspects. -t m$me >i nous n'éprou!ons pas de douleur nous/m$mes. il est impossible de !ous comparer au" positions respec/ti!es des autres personnes. d'équilibre et de force intérieure sont ceu" du mod&le oriental d'$tre. >i nous souffrons. à un moment ou à un autre. une sorte de dépendance. . >a!eB/!ous précisément ce que !ous a!eB besoin de sa!oir pour en finir a!ec cette situation démente7 >i la réponse est non. Pn peut utiliser le mod&le occidental dans cer/tains domaines. d&s que nous acceptons le fait que nous sommes susceptibles de causer de la souffrance. Parado"e. cela demande. ] Pourquoi ne puis/je accepter les souffrances de la !ie7 ^ou encore. Les objectifs de pai". qui n'est pas orienté !ers des objectifs. 5l n'# a pas ju'ement. nous naissons. le mod&le d'$tre peut créer. La concurrence n'e"iste pas non plus puisque. le !o#a'e lui/m$me est le but. %'est un fait. nous en causons au" autres. c'est d'$tre en chemin. Eais attention.. Dous sommes ma?tres de notre destin et par consé/quent responsables de ce qui nous arri!e." ourquoi tant de sou""rances ?" Yue de souffrances dans la !ie X Dul pa#s. un saut dans le !ideT mais sou!eneB/!ous que !ous pou!eB toujours sauter en arri&re. Question n°# . il faut une cer/taine confiance. Le mod&le ontolo'ique a é'alement été appelé le mod&le de l'acceptation. comme cer/taines dro'ues. c'est que nous a!ons fait quelque erreur. )u contraire.%omme il n'# a pas de fin connue. 0onc. Pour ceu" d'entre nous qui ont été éle!és dans le cadre du mod&le acti!iste. %e mod&le est un mod&le d'acceptation. je !ous en prie. >i ce mod&le s'est ré!élé efficace pour !ous. )ccepter la souffrance représente un défi titanesque. à nous et à notre en!ironnement immédiat. cité dans la question précédente. il # a certaine/ment quelque chose à faire pour que cela cesse. n'apprend pas à accepter les choses de la !ie. faute de mati&re à ju'er. %e qui compte. Le mod&le d'$tre demande un certain apprentis/sa'e parce qu'il est à l'opposé du faire qui nous est plus familier. %ependant.

nous causons moins de souffrances inutiles. est inhérente à la nature humaine. >i le nourrisson ou le petit enfant n'est pas abandonné et bénéficie. celle de l'abandon." ourquoi ai-je %i peur? " La peur est une émotion élémentaire. La peur peut $tre à l'ori'ine d'un cercle !icieu". la souffrance fait partie de la !ie Question n°$ . Le héros culti!e nécessairement l'estime de soi et l'inté'ra/tion sociale. Pour arri!er à cela. sans e"ploration. sa peur de l'abandon. Eort. abandon et rejet sont autant de manifestations de notre impuissance quand nous perdons la ma?trise des é!énements. Le héros accepte la souffrance. ni paral#sé par la peur de la souffrance. sans risque. La pre/mi&re peur. il s'a!ance dans ce monde plein de souffrance sans la comprendre. Eais la peur de la peur peut aboutir à une !ie au rabais. il n'éprou!e pas le besoin d'e"pli/quer la souffrance ni de justifier de son innocence. Dous a!ons peur de ce que nous ne pou!ons pas ma?triser. à la peur élémentaire de la mort. que l'on décou!re de fa@on précoce. Le héros fait de son mieu" pour lui/meme.       Perte de sécurité dans le monde _ peur Peur _ insécurité intérieure 5nsécurité intérieure _ peur de soi Peur de soi _ perte de ma?trise Perte de ma?trise _ peur paral#sante Peur paral#sante _ perte de sécurité dans le monde. Pratiquement toutes les peurs peu!ent $tre reliées. comme la souffrance. La peur d'$tre rejeté peut $tre considérée comme une composante de la peur de l'abandon. puisque le nourrisson ne sUr!i!ra pas >i on l'abandonne. tout en connaissant et en éprou!ant la souffranceT mais il n'en de!ient pour autant ni c#nique. -lle est nécessaire à la sur!ie de l'esp&ce et indispensable à la sur!ie du nourrisson. Eieu". Dous a!ons é'alement peur de ce que nous ne connais/sons pas. diminue. sait qu'il ne peut rien # chan'er. pendant son enfance !ulnérable. d'une sécurité suffisante. mais continue contre !ents et marées à faire de son mieu". 0&s que nous acceptons notre impuissance àdiminuer les souffrances du monde. c 'est une peur bien réelle. %omment pourrions/nous nous sentir en sécurité dans un monde que nous ne ma?trisons pas7 %omment n'aurions/nous pas peur d'un monde empli de souffrance7 La peur. notre propre souf/france diminue. résultat de l'abandon. sans défi et sans croissance spirituelle. . il faut $tre capable d'accepter cette !érité. dans l'instant présent. fait partie de la !ie. peur.délibérément ou pas. %omment pourrions/nous ma?triser l'inconnu7 >ou!ent la peur est s#non#me d'insécurité. d'une fa@on ou d'une autre. en 'énéral. %elui qui a peur d'a!oir peur se retrou!e dans la situation qu'il essa#ait d'é!iter en aOant peur au départ. ni désemparé.

plus la peur diminue. Pn pourrait citer des milliers d'e"emples analo'ues selon lesquels nous rejetons la responsabilité de nos actes &t de nos sentiments sur des personnes ou des é!énements que nous ne ma?trisons pas. Pn nous a appris à croire que nos sentiments ont barre sur nous.Le coura'e ne se définit pas comme une absence de peur. -n fait. jalou". il ne nous apprend pas ce que sont nos responsabilités. Le mod&le acti!iste / ] tu es ce que tu fais ^ / nous impose de ma?triser non seulement notre destin mais aussi les personnes de notre entoura'e. parce que c'est plus fort qu'eu"X Le monde me dé'oUte. Dous e"cusons des comportements déplacés en disant. La peur est un sentimentT c'est le comportement qui détermine le caract&re.     8u me mets en col&re. possessif. tu sais comme il a été perturbé ^ ou bien ] %e n'est pas de sa faute. so#eB indul'ent a!ec !ous/m$me quand !ous a!eB peur et poursui!eB !os acti!ités. Le coura'e. )!oir peur est humain. c'est ainsi qu'a'it le héros. Naire quelque chose dont nous n'a!ons pas peur. c'est quand on continue à a'ir en dépil de sa peur. Parado"e. plus nous a'issons en dépit de la peur. Le héros a peur. . que le comportement des autres nous influence de fa@on déterminante et que nos réactions ne sont pas toutes en notre pou!oir. elle tra!erse une mau!aise passe^. nous constatons insécurité. elle serait assurément affirmati!e X %heB la plupart des 'ens que nous connaissons. Pn nous a appris que nous sommes nos sentiments et que nous ne sommes pas responsables de ce que nous res/sentons. de fa@on à par!enir ànos fins. en!ie. >ou!eneB/!ous que le !rai coura'e consiste à dépasser sa peur. etc. plus elle a d'empire sur nous. . il ne nous ensei'ne pas l'art de nous ma?triser. cupidité. 8rop d'entre nous se sont admirablement conformés à ce s#st&me défectueu" et inadéquat qui ne permet d'aborder la !ie ni saine/ment ni sereinement.econnaisseB la présence de !otre peur. dépression. mais a'it quand m$me. ce n'est pas faire preu!e de coura'e. )!oir peur n'est pas s#non#me de faiblesse ou d'impuissance. il est plus approprié de dire que nos mau" résultent en 'rande partie de notre adhésion au mod&le acti!iste. %e que tu fais me rend jalou" X 6e ne peu" pas leur en !ouir."'st il "nor!al" de se sentir inquiet( jaloux( possesi" ? " -st/il ]normal^ de se sentir inquiet. déprimé ou malheureu"7 >i la réponse à cette question se !oulait purement statistique. %ombien de fois n'entend/on pas dire. Question n°& . mor'ue. possessi!ité. rien ne !a comme je !oudrais. accepteB/la sans critique. -t plus nous lais/sons la peur nous paral#ser. %e que nous appelons la nature humaine a bon nombre de limitations et de d!sfonctionnements. ]-h oui.

nous !oudrions bien que le monde soit juste. essentiellement subjectif. >i on tra!aille asseB dur et asseB lon'temps. d'é'alité et de fraternité pour tous qui nous a conduits àpenser qu'ainsi !a le monde. -n effet. -t m$me >i aujourd'hui !ous con!eneB a!ec moi que ce n'est pas juste. c'est parfaitement juste. on réa/lise ses ambitions. oW la !ie et la mort sont en jeu. La possessi!ité. de nos illu/sions et de nos déné'ations pro!iennent de ce que nous n'acceptons pas cette réalité simple. à nier l'é!idence ou à nous découra/'er. le mois prochain !ous justifiereB le bien/fondé de cette décision par le fait que !ous e"écuteB con!enablement !otre nou!eau tra!ail. un des postulats du mod&le linéaire occidental est que le monde est juste. L'importance du concept selon lequel la !ie n'est pas juste ne réside pas dans l'e"plication que l'on peut lui donner. quelle qu'en soit la raison. Le fait que ces 'aranties n'e"istent pas ne nous emp$che pas de les dési/rer. il est inutile d'en rajouter. -"emple. mais qui donc aspire au malheur.>i !otre but est d'$tre équilibré. 0e toute fa@on. Question n°) . surtout >i celui/ci est inutile7 La souffrance inutile est celle qui découle de notre insécurité. c'est un fait. il # a suffisam/ment de souffrances dans le monde au"quelles on ne peut rien. il est impossible de trou!er un ]pourquoi ^ satisfaisant. c' est une des réalités les plus difficiles à faire admettre au" 'ens. la !ie n'est pas juste. d'apprendre l'estime de !ous/m$me et l'inté'ration sociale. en ce bas monde. ou a!ec d'autres personnes. Peut/$tre est/ce notre idéal de liberté. au nombre des !ictimes frappées par le malheur. nous cherchons des 'aranties quant à notre sécurité et à notre bien/$tre. on trou/!era toujours des raisons sui!ant lesquelles la !ie de!rait bel et bien $tre juste pour nousT nous pou!ons passer des heures à ar'umenter. d'a'ir de fa@on responsable. Pn peut sa!oir de quoi meurt la personne (cancer. 3eaucoup de nos mécanismes de défense." ourquoi la vie n'est-elle pas juste? " La !ie n'est pas juste. Dous !oudrions pou!oir nous fier àquelque chose de solide. -n apprenant à nous rassu/rer. %e qui me semble juste aujourd'hui me semblera peut/$tre injuste demain ou dans des circonstances différentes. ne seront jamais e"plicables de fa@on rationnelle. L'insécurité n'est pas une caractéristique fondamentale de l'homme adulte. nous pou!ons éliminer de notre !ie de tous les jours les souffrances inutiles et les drames qui n'en sont pas. Leur seule utilité est de prou!er que nous a!ons parfaitement assimilé les le@ons du mod&le acti!iste. Le fait de s'appesantir sur ce pourquoi peut créer des troubles du . ne sont pas des mau" nécessaires. !ous ne trou!ereB 'u&re de réconfort à compter. la promotion que je me suis tant acharné à décrocher !ous est attribuée. c'est injuste mais d'apr&s !ous. 0'apr&s moi. parce que l'injustice a de nou!eau frappé. la jalousie et la dépression. Les !raies questions d'injustice. Yuand une personne que !ous aimeB se meurt. Pn peut poser et reposer la question jusqu'à de!enir fou. crise cardiaque. mais dans la fa@on dont on l'accepte. d'en finir a!ec les folies de la !ie. le !er/dict du ju'ement chan'e en fonction de la personne qui é!alue la situation et du moment oW elle le fait. accident ou autre maladie) mais on ne décou!rira jamais pourquoi. La !ie n'est pas juste parce que la ]justice ^ implique un ju'ement de !aleur. -lle retarde la maturité. Le malheur recherche la compa'nie. sans compter d'innombrables autres affections.

Pn fait sou!ent porter au passé la responsabilité d'actes ou de comportements inadaptés dans le présentT en re!anche. leur rancoeur. strictement rien. Eais se demander pourquoi n'a pas de fin. . mais nous rejetons la responsabilité de nos erreurs sur le passé ou sur des tiers. >i nous passons une partie si'nificati!e de notre temps àre!i!re notre passé (c 'est le cas chaque fois que nous éprou!ons des remords. éner/'ie qui pourrait $tre utilisée de fa@on bien plus producti!e. cette réponse ira de soi. La bonne attitude est toute dif/férente. il est important de réaliser que nul n'a un passé partait et que nous a!ons tous. connu une famille. Le cha'rin a une finT le deuil est un processus naturel. un fo#er.comportement. 8outce que nous a!ons fait et !écu. une enfance !raiment traumatisante crée des obstacles si'nifi/catifs au dé!eloppement. ce n'est !raiment pas justeX Parado"e. 3eaucoup de 'ens de bonne !olonté s'e"ténuent à remédier à l'injustice du monde. notre !ie. Leur refus d'accepter la réalité les rend amers et malheureu". que nous élucubrons des ] mais >i ^ ou des ] >i seulement. 0ans les cas e"tr$mes. d'une fa@on ou d'une autre."Quel e""et !on passé a-t-il sur !oi? " La réponse à cette question peut faire l'objet de bien des contro!erses. une éducation ou des amitiés ] à probl&mes^. leur en!ie et leur sentiment d'insécurité. -t @a. que quiconque puisse faire pour modifier un élément de son passé. nous passons à cQté d'un instant de notre !ie. il faut accepter et faire son deuil. on s'étonne de la quantité d'éner'ie que nous 'aspillons à nous occuper de notre passé. ou celle que nous a!ons besoin de lui accorder. %ependant.. il nous faut renoncer à sa!oir. d&s lors. La réponse la plus simple est peut/$tre la sui!ante. %ertains sont ce que nous appelons des codépendants. Les codépendants et les mart#rs !i!ants tendent à ruminer leur col&re. 5l n'# a rien. pro!oquant en eu" des souffrances inutiles qui les empechent de se dé!elopper. Question n°* . Dous ne !i!ons pas l'instant présent. Dous nous plaisons à re!endiquer le mérite de nos bonnes actions. le passé a une importance indéniable puisque c'est lui qui nous a amenés ici et maintenant. aboutissent précisément à faire de nous ce que nous sommes dans le présent. plus aimants et plus réalistes. Les 'ens qui acceptent la réalité sont sou!ent per@us comme plus ]justes ^ que ceu" qui s'acharnent à forcer le monde à de!enir juste. -ssa#er de rendre le monde juste est à la fois destructeur et contraire au but recherché.^).. accepter la réalité et recommencer à !i!re. Eais en 'énéral. bien peu sont de !éritables saints. nous ne faisons pas de notre mieu" ici et maintenant. cer/tains sont des mart#rs !i!ants. on attribue rarement au passé le mérite de nos succ&s ou de nos comporternents les plus admirables. le fait d'accepter que la !ie soit injuste conduit sou!ent à des comportements plus objectifs. c'est stérileT tQt ou tard. L'importance du passé est celle que nous !oulons bien lui accorder. Les différentes écoles de ps#cholo'ie se distin'uent de fa@on spectaculaire par l'importance qu'elles accordent à l'influence du passé sur la personna/lité. Dous nous faisons un ennemi de notre passé en le laissant nous !oler notre temps. toutes nos e"périences relationnelles.

eteneB ce dont !ous a!eB besoin et chérisseB/en la mémoire. 0e l'a!enir. de !otre !ie. ce sont tous les moments que !ous a!eB !écus jusqu'ici. certaines décisions à prendre ici et maintenant doi!ent tenircompte de l'a!enir. rien n'est certain. mais é'alement des éléments posi/tifs.écompenseB/!ous d'a!oir sur!écu et honoreB !otre passé pour tout ce qu'il !ous a ensei'né. 0écideB une bonne fois d'utiliser !otre passé à !otre pro/fit. nous éloi'ne de tout ce que nous pou!ons ma?tri/ ser et 'érer. 8out ce que !ous a!eB appris a de la !aleur. 0ans le passé de tout indi!idu. D'a#eB plus peur de !otre passé. Pour la plupart d'entre nous. ."Que puis-je "aire pour !on avenir? " Pbsession du futur. le passé a eu au moins le mérite de !ous conduire jusqu à l'instant présent. 8out comme le remords est tapi dans le passé. de !os sou!enirs. c'est se montrer autonome aujourd'hui et demain. Naites le tri de !os ba'a'es et ne 'ardeB que ce qui peut ser!ir. de fa@on optimale. quand nous nous posons des questions à propos de lui. sans 'arantie. nous a!ons ten/dance à nous sentir !olés et pleins de rancoeur. il en faut toujours plus. Eais il faut bien 'arder présente à l'esprit la chose sui!ante. 5l est !ain de croire que nous pou!ons mai/triser ce qui nous arri!era. Dous a!ons tendance à nous !oir tels que nous de!iendrons et non tels que nous sommes. il nous faut nous concentrer sur l'a!enir. jusqu'à cet instant oW !ous me liseBT le passé est dépassé. il # a pas mal de ] fan'e^. !ous a!eB sur!écu. >o#eB objectif.. L'ima'e de l'a!enir que nous nous faisons maintenant est une simple projection. %elui/ci a malheureusement une caractéristique commune a!ec le passé. Question n°1+ . La meilleure fa@on de sortir de son passé est de se débarrasser de son influenceT c 'est encore un parado"e. Peu importe ce qui se passe dans le présent. >i nous !o#ons notre a!enir raccourci par une maladie ou quelque autre circonstance. 0e toute fa@on. >i !ous ne par!e/neB pas à aimer ce que !otre passé !ous a ensei'né. %esseB de ha`r. conjureB !otre passé en lui rendant homma'e. intouchable. il ne serait pas réaliste de ne jamais penser à l'a!enir.(otre passé. Dous nous braquons tel/lement !ers l'a!enir que. immuable. de !os actes. honoreB/le quand m$me pour !Qus a!oir appris ce qui ne fonc/tionne pas. )pr&s tout. de re'retter. fa?tes/!ous aider >i cette tVche semble !ous dépasser. )ccepteB/la a!ec tout ce qu'elle !ous a apporté et tout ce qu'elle !ous a refusé. Par conséquent. de lutterT arr$teB de !ous désoler et de nier la réalité. .. . 0étacheB/!ous du reste. ne serait/ce que pour identifier !os priorités en minimisant !os alternati!es. atre adulte. Dous a!ons parfaitement le droit de faire aujourd'hui une chose dans l'espoir d'en obtenir une autre demainT nous faisons ce pari que les plans échafau/dés aujourd'hui se concrétiseront dans l'a!enir. nous a!ons tendance à céder à la panique. il est absolument inutile que !ous passieB !otre présent et !otre a!enir à !ous occuper de !otre passé. Pn la comprend facilement quand on anal#se notre mod&le acti!iste. il n'# a pas de retour en arri&re possible. dans ce mod&le orienté !ers le résultat. nous ne pou!ons pas le !i!re maintenantT cette orientation nous e"trait donc de l'instant présent. l'an"iété se cache dans l'a!enir.

Le remords en re!anche est un dictateur mal!eillant. La conscience nous en!oie un messa'e qui dit à peu pr&s. remords et honte sont équi!alents. ) peine apprenons/nous que nous ne pou!ons pas ma?triser notre a!enir. nous n'a!ons de temps ni pour le remords ni pour l'an'oisseT nous !i!ons notre !ie au lieu de la ju'er. une pensée ou un senti/ment et l'e"trapole à l'ensemble de la personnalité.Parado"e. . Question n°11 . un serpent qui se mord la queue. La question ( en titre ) . il acquiert rapide/ment la ma?trise de notre nature. le temps n'st pas rempla@able. 0étendons/nous. 5l est totalement !ain d'entretenir de l'an'oisse à propos de l'instant présent.Le remords est insidieu" en ce sens qu'il fa!orise la récidi!e du ] mau!ais ^ comportement. accueillir nos sentiments. étudier les alter/nati!es qui s'offrent à nous. notre a!enir n'est jamais aussi sinistre et désolé que notre peur de l'a!enir pourrait nous le faire craindre. Yuand nous !i!ons l'instant présent.vons nous vrai!ent de re!ords et de l'an-oisse ?" )!ons/nous !raiment besoin de remords et d'an'oisse7 Le remords et l'an'oisse ont tous les deu" un effet puis/samment destructeur. essa#ons de demeurer dans l'ici et maintenant et il n'# aura jamais lieu de culti!er an'oisse ni re'rets. nous accepter tels que nous sommes. (oilà pourquoi sa dictature est >i efficace. 0ans l'immédiat. à peine renon@ons/nous à l'illusion de cette ma?trise. nous pou!ons faire confiance à notre conscience. il nous rabVche que nous sommes mau!ais.". et plus l'a!enir semble se simplifier. 5ls n'ont aucun rQle positif dans l'instant présent. . nous pou!ons respirer profondément pour nous calmer. 0ans l'instant présent. Dotre conscience nous pré!ient quand nous a!ons fait quelque chose de mal. (i!ons bien l'instant présent. %omme le moi faible. des e"périences. nous sommes da!anta'e capables de les accepter et de nous en sortir. !oire m$me nous conduire en héros. le mieu" que nous puissions faire a!ec notre a!enir est de 'Vcher l'instant présent en r$!ant de de!enir un héros. plus nous nous concentrons pour faire tous nos efforts ici et maintenant. @a. plus nous nous appliquons dans le présent. c'était un mau!ais comportement ^ ou bien ] 6e souhaiterais ne pas a!oir dit ou fait cela^. 5l est inutile de céder à la panique alors que nous pou!ons faire quelque chose. Le remords nous submer'e d'ima'es né'ati!es. 0&s le moment oW nous a!ons confiance en nous. %'est un cercle !icieu". qui nous e"plique instant par instant comment é!olue notre !ie et ce qu'il faudrait # chan'er. 5ls paral#sent notre acti!ité et nous emp$chent de fonc/tionner au mieu" de nos capacités. Dous pou!ons nous représenter notre conscience sous les traits d'un dou" précepteur. ] )`e. mau!aise ou é'o`ste. nous ne nous la posons jamais tant que nous profitons du présent et que nous nous sentons intérieurement sUrs de nous. de notre comportement et de notre !ie. Le remords isole un acte.ien de tout cela ne peut $tre fait dans l'a!enir. que la chance se met à nous sourireT et >i ce n'est pas le cas. ils ont pour rQle de nous mettre mal à l'aise !is/à/!is de nous/memes. Dous n'a!ons pas besoin du remords car nous a!ons une conscience. 0ans ce conte"te. faire des choi". il nous donne l'impression d'$tre faible et sans ressource. >i nous sommes frappés par des calamités. que notre personnalité dans son ensemble est inadaptée. Dous sommes des sur!i!ants. >ou!eB / !ous .

l'an'oisse est inutile. nous pou!ons prendre des mesures en conséquence.  Pn au'mente l'importance des préte"tes e"térieurs jusqu'à jusitifier e"cuser son comportement. les ména'es de dro'ués.  Pn se penetre de ces fau"/semblants. Question n°12 .Le mécanisme du remords est en 'énéral le sui!ant. 0e la m$me fa@on. Kn adulte est res/ ponsable de ses actes. Par e"emple. bref quelque chose dont on sait pertinemment que c'est mal. 0étachons/nous de l'an'oisse. l'an'oisse nous arrache au pré/sent et nous transporte dans un no man's land de douleur. je justifie ainsi mon comportement et me procure de bonnes raisons de persister^. (oici à peu pr&s le raisonnement du dro'ué. sui!ant le cercle !icieu" décrit ci/dessus. ] 6e me dro'ue mais j'ai honte (ce qui prou!e que je suis quelqu'un d'épatant)T quand mes remords sont insuppor/tables. de découra'ement. é'o`ste ou destructeur !is/à/!is de soi/ m$me ou d'un tiers. cessons de culti!er le remords.^. ben @a oui @a e"iste X .emercions notre conscience. Yu'est/ce que l'an'oisse7 -lle consiste à r$!er à un é!énement dont nous souhaitons qu'il ne se produise pas.  Le remords ron'e et dé!ore.  Le remords au'mente. Kne fois que cette circonstance se présente. -lle est profondé/ment inutile. Pn commet un acte méchant. -lle consiste à se faire du souci à propos d'é!énements qui ne se sont pas encore passés. la souffrance est insuportable  Pn part à la recherche d'un mo#en d'échapper à cette souffrance.  Pn commence à en éprou!er du remords. mais nous ne pou!ons jamais remédier à quoi que ce soit en culti!ant l'an'oisse.".écompensons/nous d'assumer nos responsabilités. et elle é!olue rapidement en cauche/mar. .  Pn récidi!e  -"cellent e"emple de ce cercle !icieu". %e cercle !icieu" n'e"iste qu'au sein de couples oW aucun des deu" ne s'assume. La prochaine fois qu'un remords nous !ient àl'esprit. 0étachons/nous du remords. ] >'il a!ait fait 0'aurais jamais fait cela. %omme le remords.  Pn entreprend de justifier son comportement 'rVce àbcteurs e"térieurs.. tranchons dans le !if. Pour mordre dans la !ie à belles dents. Prenons un couple dont l'un des membres se dro'ueT l'autre est sou!ent un codépendant et chacun fait retomber sur son conjoint la responsabilité de son propre comportement.e !al existe t il ?" Le mal e"iste/t/il7 Ph. de 'Vchis et de perte de temps. nous n'a!ons besoin ni de l'un ni de l'autre. Yue de fois ne nous sentons/nous pas soula'és quand quelque chose dont nous a!ions peur se produit enfin7 Dous pou/!ons ajuster notre comportement à n'importe quel é!éne/ment présent.. . L'an'oisse commence parfois comme un mau!ais r$!e é!eillé. )ssumons nos actes. disons/nous simplement que nous a!ons fait quelque chose qui nous dépla?tT tirons/en les le@onsT la fois sui!ante. ne recommen@ons pas à faire la m$me chose. je transf&re sur toi ma culpabilité. (i!ons l'instant présent sans remords ni an"iété. Kn adulte ne se ron'e pas de remords.

>i nous persé!érons dans un comportement nuisible à nous/m$me et au" autres sans jamais le remettre en question ni reconna?tre que nous pou!ons faire du mal. les partisans d'institutions (telles que l'S'lise et l'Stat) destinées à discipliner les masses. Pn peut définir le mal comme un choi" de ne pas faire le bien. Le manque de discer. pas de responsabilité pour les conséquences de nos actes. %ette école est con!aincue que . Les e"i'ences du mal sont l'opposé de l'estime de soi. son éducation et la nature du bien et du mal. %es institutions ont recours à des chVtiments pour maintenir l'ordre. La nature du mal implique ur choi". Pn ima'ine facilement un personne mau!aise tourmentée par les remords qui refus de modifier son comportement. pas d'introspection. %ette erreur est semblable au remords. Question /°13 . causes de souffrances / car nous sommes des hommes et que l'homme est imparfait. Le postulat sous/jacent à la théorie de l'estime de soi est que la nature humaine est bonne. à force de rejeter sur des facteurs ou des sujet e"térieurs la responsabilité de nos actions / comme dan le cercle !icieu" du remords /' nous courons le dan'er de de!enir bel et bien mau!ais. une fois que le patient a remis en question le mod&le acti!iste. il # a de tr&s fortes chances pour que !ous so#eB bon. nous risquons de finir par de!enir mau!ais. persiste dans son attitud !icieuse et accuse le monde entier de cette triste situatior la fa@on la plus sUre d'é!iter le mal est de culti!e de soi et de reconna?tre que nul n'est parfait. 5l faut clairement faire la différence entre le mal et la personne qui le commetT les m#stiques chrétiens disent qu'il faut ha`r le péché mais non le pécheur. refus d'en!isa'er la possibilité que nous pou!ons commettre le mal (c'est/à/dire $tre humain). 5l est intéressant de consta ter que. qu'elle a besoin de punitions et de 'arde/fous pour l'emp$cher de se donner libre cours. >i nous nous obstinons àcommettre en permanence des actes nuisibles à nous/m$mes ou à autrui. ] -rrare huma/num est.(oici !enu le moment d'e"poser un parado"e qui est un !rai bijou. pour soumettre les 'ens par la peur et pour réfréner les manifestations de notre nature intrins&quement per!erse. il ne faut pas ju'er l'ensemble de la personnalité sur un seul acte. il nous est arri!é à tous (et il nous arri!era encore) de commettre des choses mau!aises / inappropriées. Kn e"amen de conscience s'impose pour décider quand arr$ter. La plupart d'entre nous sont con!aincus que la nature humaine est mau!aise. nement n'équi!aut pas au malT il se rapproche da!anta'e de la maladie ou du handicap. ne peut réellement se poser en thérapie qu'à un stade a!ancé. >i !ous !ous tourmenteB en !ous demandant >i !ous $tes mau!ais. 5l e"iste une école de pensée qui définit l'homme comme ontolo'iquement mau!ais. %es comportements ne nous défi/nissent pas comme des 'ens mau!ais. >i nous n'a!ons pas les compétences nécessaires à la prise d'une décision. é'o`stes. %'est de cette philoso/phie que se réclament les tenants d'une autorité ri'ide. fondamentale en philosophie. Pn le rencontre le plus sou!ent cheB ceu" qu consacrent toutes leurs éner'ies à ] a!oir l'air ^ et refusen de se remettre en question. Le mal authentique ne laisse place ni au doute ni à l'introspection. comment chan'er et nous racheter." ourquoi !a nature est-elle 0onne?" %ette importante question. soit nous ne pou!ons pas décider soit nous ne pou!ons $tre tens responsables de notre décision. il se peut que nous de!enions mau!ais. tout comme l'absence d'ur membre est un handicap. perse!erare diabolicum ^.

Dous sommes faits pour assumer la responsabilité de nos !ies et de nos actes. )insi.l'homme est incapable de prendre ses décisions . Le fait de faire le bon choi" a beau $tre diffi/cile. ce qui compte le plus. que les autres sont bons. il n'est pas inutile. L'école ad!erse postule que l'homme est intrins&que/ment bon (à l'ima'e de 0ieu pour le cro#ant mais ce n'est pas nécéssaire d'$tre crao#ant pour accéder à l'idée d'un $tre uni!erselle et bon ) et que. comme tout échan'e. le résultat est en contradiction a!ec l'intention initiale. toutes les formes d'assistanat sont bonnesT or. Kn e"emple admirable de ce parado"e se trou!e dans le concept d'assistance. Dous sommes capables de sub!enir à nos propres besoins. !oire e"aspéré. c'est la compétence. entre autresT toutefois. 0onc. le bon choi" fait que nous nous sentons bien alors que. est la confiance que !ous inspire !otre ps#cholo'ue. pour arri!er à un résultat posi/tif. Les 'ens que l'on materne ou que l'on déresponsabilise ne peu!ent pas se sentir ma?tres de leur !ie. 8ous les $tres humains peu!ent se tromper. il se peut que !ous so#eB a'acé. >i nous choisissons la facilité. Les écoles de ps#/chothérapie ne manquent pas. mais nous finirons par tomber dans le mal. Pn !oit dans cet e"emple que le choi" initial de laisser chacun prendre sa !ie en main est le bon choi" m$me >i ce n'est pas le plus facile. Naire des choi". mis de!ant un choi". ce ne sont pas tant les postulats de l'école correspondante mais la relation qui se crée entre le patient et son ps#cholo'ue. certes. %'est à nous qu'il appartient de donner libre cours à nos qualités. il n'est satisfaisant que lorsque les deu" parties concernées sont contentes. Le deu"i&me facteur fondamental. de sa!oir quel t#pe de ps#chothérapie l'on entreprend mais la !ariable la plus importante. La formation et l'e"périence sont é'alement des !ariables si'nificati!es. . 9illiam Coldin' a écrit sur ce th&me un roman terri/fiant intitulé ]>a Eajesté des mouches^. co'niti!e ou pri/ma5e. La ps#chothérapie est un échan'e et. nous pou!ons de!enir des mod&les. >ou!ent. La nature humaine est bonne. cela conduit à une !ie plus facile. m$me les ps#cholo'ues. il lui faut $tre 'uidé d'une main ferme (c'est/à/dire dictatoriale) qui empeche la populace de se décha?ner. anal#tique. le choi" du bien et la ma?trise de ce choi" re!iennent à l'assistant et non pas à l'assisté. par !otre ps#cholo'ue. c'est normalT mais la confiance doit toujours $tre présente. c'est fau". cela s'apprend et cela se pratique. comportementale. Les ps#cholo'ues sont des $tres humains. Pn touche du doi't le fait que la nature humaine est bonne 'rVce à un processus d'apprentissa'e par l'erreur. ) certaines étapes du processus thérapeutique. nous nous sentirons peut/$tre mieu" à court terme. Kne per!ersion é!idente consiste dans le fait d'attribuer tout le mérite à l'assistant sans laisser àl'assisté la moindre ma?trise des conséquences. Dous sommes bons. m$me />i c'est plus difficile et am&ne à sui!re des !oies plus compliquées que le mal. Dous pou!ons nous con!aincre que nous sommes bons. Question n°14 . Cestalthérapie. thérapie humaniste. Parado"e."Qu'est ce que la psychothérapie ? " PoseB la question à di" ps#cholo'ues. 0'apr&s le mod&le acti!iste. il préf&re choisir le bien. et de loin. !ous obtiendreB di" réponses différentes.

!oire dé'oUtés. Question n°1# . bien des é'ards. ressemble à la !ie. de prendre des décisions m$me >i. >ou!ent. il est plus facile de faire confiance à quelqu'un qui reconna?t s'$tre partois trompé qu'à quelqu'un qui affirme a!oir toujours raison. c'est tout. Eais le processus de chan'ement comporte nécessairement un ensei'nement. le ps#cho/lo'ue accepte sans réser!e son patient et !eille à conser!er une attitude d'accueil bien!eillant.Parado"e. deu" personnes. Parmi les buts secondaires. l'efficacité. e"ceptionnellement. 3eaucoup de patients demandent à leur ps#cholo'ue de prendre leur !ie en char'e.la ma?trise de soi et le fait de se sentir mieu" a!ec soi/m$me. 5l # a deu" ima'es que j'emploie !olontiers. -lles ressemblent en cela à d'autres ps#chothérapies de soutien. Kne ps#chothérapie qui aboutirait à une relation de dépendance passi!e ferait le plus 'rand tort au patient. Eais il l'accepte tel qu'il est. . Les ps#chothérapies prQnant l'estime de soi ont en commun l'encoura'ement du patient. 0'autres écoles sont plus discr&tes et le rQle de l'ensei'nant plus effacé. %ertaines écoles se !eulent plus directi!es. le ps#cholo'ue et J+ patient. )u cours d'une ps#chothérapie. La mission essentielle du ps#cholo'ue consiste peut/$tre à encoura'er son patient. CrVce à ses encoura'ements. l'apprentissa'e d'une nou!elle fa@on d'$tre et d'a'ir et une restructuration des schémas mentau". la ps#chothérapie est un processus qui. %ela ne si'nifie pas que le ps#cholo'ue aime tous les aspects de la person/nalité ou du comportement de son patient. le patient a tendance n'e"i'er de son ps#cholo'ue que de l'attention. pour lui permettre d'élar'ir son réper/toire et de réaliser des oeu!res de meilleure qualité artis/tique. il e"iste une importante posante d'apprentissa'e. capable de penser et d'a'ir par lui/m$me. Eais pour une Ps chothérapie efficace. l'occasion peut s'en présenter. Kn point. )!ant tout. et certains ps#cholo'ues ressemblent à des professeurs. et une fa@on nou!elle de se re'arder soi/m$meT il cherche à fournir da!anta'e de choi" et d'options. de résoudre des probl&mes. %'est une 'rossi&re erreut 5l ne faut pas non plus demander au ps#cholo'ue de donner des conseils. on peut citer la maturité. 8ous les patients se sentent d'une fa@on ou d'une autre découra'és. Pour a'ir au mieu" dans ce monde de fous. se penchent ensemble sur la !ie d'une personne %e t#pe d'attention et de concentration peut se ré!&le puissamment fécond. la ps#chothérapie consiste à mettre dans la caisse à outils du patient de nou!eau" instruments de fa@on à ce qu'il dispose en toutes circonstances de l'outil appropriéT ou encore à rajouter de nou!elles cou/leurs sur sa palette. le ps#cholo'ue fournit à son patient un terrain fiable oW celui/ci peut tester des idées neu!es et se familiariser a!ec de nou!eau" outils. il faut da!anta'e que de l'attention 0ans toute ps#chothérapie. Le but principal de la ps#chothérapie est d'aider le patient à de!enir indépendant. Les questions traitées dans le site / autour de la question de l'$tre / ressemble à une ps#chothérapie car il tente d'ensei'ner un nou!eau mod&le de !ie. l'encoura'e à é!oluer et récom/pense chaque tentati!e pour modifier son comportement. laquelle peut déjà a!oir des effets bénéfiques." ourquoi !on psycholo-ue ne peut-il !e -uérir une "ois pour toutes?" Dul $tre humain ne peut en chan'er un autre. il faut du cou/ra'e.

c'est que je leur en ai donné l'autori/ sation (e"plicitement ou pas). %'est moi. Eon chan'ement ne dépend que de moi. Dotre éducation consiste à abdiquer notre autonomie. nous a!ons appris àredouter d'etre ] méchants^. Pendant notre enfance et notre adolescence. Dos parents a!aient sur nous un pou!oir totalitaire. notre esprit a besoin de se sentir aimé. à faire des erreurs et à sa!oir que !ous $tes accepté et estimé quoi qu'il arri!e. Dos choi" nous appartiennent. E$me >i l'on a l'impression que des choses nous échappent. à prendre des risques. >i ce n'est !ous/m$me. Le pri" est parfois >i éle!é que nous a!ons l'impression de nous en remeure au" autres en totalité. les répétitions du para/ 'raphe ci/dessus souli'nent le fait que chaque indi!idu a la ma?trise de sa !ie. Yuand donc apprenons/nous qu'il est temps de nous affirmer 7 >i nous a!ons de la chance. ces derniers peu!ent !ous procurer une atmosph&re et un en!ironnement fa!orables à!otre chan'ement. %'est moi qui décide d'a'ir en toute indépendance et de m'affirmer. quand nous a!ons commencé à nous affirmer / en 'énéral !ers l'V'e de deu" ans / on nous a trou!és ] insuppor/tables^. de faire ce que nous a!ions en!ie de faire. la responsabilité de ceue abdica/ tion nous incombe en totalité. c'est moi. Dotre peau a besoin de contact. 5ls peu!ent !ous encoura'er à !ous affirmer. à e"ercer !os capacités en totalité.La seule personne que je puisse chan'er. Dous sommes intrinséquement des $tres libres. hélas. )insi. %ependant. nous nous sentions totalement dépendants mais. nous étions dépendants et incapables de faire nos choi". Le temps et l'éner'ie que !ous consacreB à !ous chan'er aboutiront à !ous faire sentir plus puissant et ma?tre de !otre destinT !ous tirereB profit de ce que !ous faites. c'est moi. dans le cadre de relations amoureuses épanouissantes. Dous sommes pr$ts à n'importe quoi pour satisfaire ces besoins/là. >i certains s'attribuent le mérite de mon chan'ement. c'est moiT et nul ne peut me chan'er. je puis lui dbnner tem/ porairement barre sur moi. Pourquoi ce concept semble/t/il >i difficile à accepter par tant de 'ens7 Probablement parce qu'à l'ori'ine. )u début de notre !ie. et le mérite !ous en re!iendra. les 'ens aiment les personnalités intactes. . L'amour est un besoin humain fondamentalT un nourrisson propre et bien nourri peut mourir >i on le s&!re de contacts ph#siques et de témoi'na'es d'affection. nous apprenons qu'il est dans la nature des choses d'$tre contrecarrés par nos parents. Parado"e. en échan'e de l'amour de ceu" qui ont autorité sur nous. pendant notre enfance. (otre ps#cho/lo'ue est là pour !ous aider à concentrer !otre attention sur !ous. !ous ne pou!eB chan'er personne. %orollaire. >i j'en !iens à abdiquer toute di'nité et à me remettre entre les mains d'un tiers. Eais personne ne peut !ous chan'er. ou en a#ant sous les #eu" des mod&les à imiterT dans le cas contraire. nos ensei'nants et nos camarades plus forts. on nous a bien trop sou!ent punis de ne pas nous montrer sa'es ou dociles. au contact d'un ps#cholo'ue a!isé. %'est moi qui choisis ce que je fais et ce que je ne fais pas. responsables et autonomes da!anta'e que les indi!idus sans ressource et assistés. Dul ne peut !ous chan'er. nous dépendions enti&rement d'eu" pour notre sur!ie. et de m'en interdire d'autres. cet amour en retour ne !ient pas. %'est moi qui décide de culti#er cer/ taines pensées et sentiments. notre corps a besoin d'$tre pris dans les bras. <élas. ni la personne qui !ous sert de mod&le. pas m$me !otre ps#cholo'ue. mais il m'est loisible de reprendre mon indépendance à tout moment. ni m$me !otre conjoint. c'est/à/dire.

La chance. et la réussite."Qu'est ce que 1ieu a voir l2-dedans ? " >i !ous $tes cro#ant. Les attributs de la réussite sont donc l'instruction. ils étudient a!ec B&le. ils n'# arri!ent pas. c'est $tre. ils ne fi'urent en 'énéral pas dans le mod&le linéaire car nous n'a!ons aucun empire sur eu". l'ar'ent et le pou!oir. de la seule fa@on qui compte en définiti!e. 6e peu" réussir. >i !ous !ous aimeB. ils ne sont pas permanents. d'une 'uerre ou d'une catas/trophe naturelleX Le mod&le acti!iste pose é'alement un autre probl&me. d'ar'ent et de pou!oir / ainsi que d'ambition / sont les attribUts de l'échec. ce serait de sa!oir quelle opinion !ous a!eB de !ous/m$me. (ous a!eB sur!écu. Pr. Les deu" positions sont en!isa'eables dans le proces/sus d'apprentissa'e de l'estime de soi. rien. et au" #eu" de la personne la plus importante de ma !ie. Les 'ens qui ont réussi sont ceu" qui ont réalisé leurs ambitions matérielles. nous pensons que la réussite est quantitati!ement mesurable. -n dépit du postulat implicite dans le mod&le acti!iste / chacun est ma?tre de son destin/."Qu'est ce que la réussite? " Le mod&le linéaire occidental est orienté !ers la réussite. Les autres sont des ratés. 6e puis ma?triser ma réussite. 5ls sont totalement e"térieurs a soi et échappent à la ma?trise de l'indi!iduT or. la ma?trise. 5l e"iste des 'ens / nombreu" / qui appliquent a!ec fer/!eur la recette. %omme il est curieu" d'$tre hautement res/ pecté un jour et !ilement méprisé le lendemain. concr&tement.Question n°1$ . du hasard et du destin. La réussite. des !$tements à la mode et des chaussures sur mesure. tous les étalons du succ&s sont e"térieurs au soi. >ou!eneB/!ous. %e n'est pas de leur faute. La seule fa@on de mesurer !otre réussite à l'aune de ce mod&le. tra!aillent de toutes leurs forces. Le manque d'instruc/tion. Pour la plupart. moi/m$me. tout. l'estime de soi dépend en totalité d'autres personnes ou d'é!énements e"térieurs. m$me lorsque !otre en!ironnement s'effondre. la réussite se définit par l'accumulation de biens matériels ou l'obtention d'un sta/tut social éle!é. et ne cherche en aucun cas à les ma?triser. portant des bijou" coUteu". alors !ous a!eB réussi. c'est suffisant. le hasard et le destin jouent un rQle important dans le succ&s des entreprises humaines. tous les éléments dont nous a!ons la ma?trise sont intérieurs à la per sonne. que l'acti!iste du mod&le occidentalT et ceci en dépit du fait que le mod&le occidental se présente comme une recette pour acquérir le pou!oir. que nous pou!ons facile/ ment la définir et la con!oiter. le succ&s tel que nous l'a!ons défini plus haut ne dépend pas de nous. %ette définition de la réussite est interne. rencontrent les 'ens bien placés et font tout ce qu'il con!ientT mais ils ne réussissent pas. le mod&le oriental admet et int&'re l'e"is/ tence de la chance. 0ans le mod&le ontolo'ique. L'indi!idu dont l'$tre est en accord a!ec ce mod&le a da!anta'e de ma?trise. le mod&le circulaire est un mod&le d'acceptation. nous en sommes les ma?tres. !ous n'a!eB pas encore appris à !ous aimer. 5ls sont tous liés au ]para?tre^. 5l est important de remarquer que dans ce mod&le. !ous n'$tes pas un raté. 0ans le cadre de ce mod&le. il n'# a pas de définition de la réussite. >inon. du simple fait d'un :rach boursier. >implement. L'ima'e que nous nous faisons du succ&s est celle d'un couple en !oiture de lu"e. !ous $tes. Parado"e. Question n°1& . Dous . -t du fait qu'ils sont e"ternes. >i !ous ne !ous aimeB pas.

De !ous chVtieB pas. / Yuel sentiment ai/je de moi dans l'instant présent7 %'est une question qu'il faut se répéter fréquemment. ^ %omportement 4. d'actes et de réac/tions. le traitement des question sur ce site ne peut a!oir de si'nification. 6e n'aime pas ce que je !iens de faire. De !ous injurieB pas. 5l ne nous re!ient pas de croire à la place des autres.. Dous cro#ons ce que nous cro#ons. question ? " D\ . %ette question remplace à la fois ] %omment me per@oit/on7 ^ et ] Yu'est/ce qui ne tourne pas rond ici7 ^ %'est la question qui !a nous donner la clé de la connaissance de soi et de la confiance en soiT elle !a nous per/mettre de mettre l'accent de fa@on précise sur ce que nous pou!ons ma?triser et modifier. De !ous morfondeB pas dans la culpabilité. %'est @a l'idée X 6'in!ite les non/cro#ants à remplacer le concept de 0ieu par celui de bonté. de s'aimer soi/m$me et se traiter de fa@on aimante quelles que soient les circonstances.sommes ce que nous sommes. cette femme est di!ine. pas plus que le concept d'estime de soi.écompenseB/!ous.2 Yuelle est la question7 Kne fois que l'on a décidé de se situer sur la spirale du mod&le ontolo'ique. 0ites/!ous quelque chose de 'entil. 0écideB simplement d'a'ir différemment la fois sui!ante. il ne reste qu'une question à se poser. 6'assume ce que j'ai fait. ] 3ra!o X ^ . dire ou penser. que l'on a choisi de culti!er l'estime de soi. 6e fais de mon mieu"."Quelle est . de comportements. en fonction de la réponse don/née à la question précédente."Quelle est . Pour les non cro#ant 'ardés à l'esprit cette phrase cet homme est din . pensé ou dit.éponse 4.éponse . 6e n'arri!e pas à l'assumer. Par e"emple.. Dotre nature intérieure est bonne parce qu'elle est di!ine . d'essa#er un autre comportement ou une autre pensée. %ette question est la sui!ante... réponce ? " %ette question a deu" réponses possibles et aboutit à deu" comportements différents. Question n°1) .. )cheteB/!ous une petite 'Vterie. ^ %omportement . Naites/!Qus un dm d'oeil ou adresseB/!ous un sourire dans le miroir. . Pour ceu" qui ne croient pas en la bonté.. ] Yuel sentiment ai/je de moi dans l'instant présent7 ^ . ] 6e me sens bien. . ni de les con!ertir à nos con!ictions. ] 6e me sens mal. 5l faut se poser cette question à la suite de pensées. Question n°1* . 6e préférerais que cela n'ait jamais eut lieu. sur/tout lorsque l'on commence à apprendre l'amour de soi/m$me et que l'on entreprend de se comporter de fa@on aimante !is/à/!is de soi. et nos efforts !isent à entrer en relation a!ec le di!in qui se trou!e en dehors de nous. ce plat est di!in etc .

0u fait que !ous $tes un homme. . . .acheteB/!ous.. !ous élar'ireB !otre répertoire et améliorereB !otre de"térité dans l'utilisation de !os nou!elles compétences. c'est en for'eant que l'on de!ient for'e/ron. -n tirant ensei'ne/ment de !os erreurs. CrVce à !otre estime de !ous/m$me. 5l !ous arri!era encore de faire des choses qui !ous déplaisent. !ous a!eB le droit de commettre des erreurs.epreneB le cours de !otre !ie. -rrare humanum est. !ous par!iendreB à !ous pardonner !os erreurs. PrésenteB/!ous des e"cuses puis tourneB la pa'e.appeleB/!ous. qui !ous mettent mal à l'aise. et tout le monde peut se tromper.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful