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Exposé : Le Pape et l’Empereur au Moyen Âge

Introduction :

Le moyen âge (476-1453) est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen âge" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance. Le pape est à la fois évêque de Rome et chef de l'Église universelle. Il jouit d'une double prérogative : la primauté de juridiction et l'infaillibilité lorsqu'il prend ex cathedra une décision doctrinale. Il est désigné par le conclave des cardinaux. Pendant le Moyen Âge, le pape dut affirmer son pouvoir face à l'empereur et à la croissance des royautés. L'histoire de la papauté est inséparable de l'évolution doctrinale de la christologie et de la baisse de puissance des empereurs romains d'Orient. Le pape cherche à affermir son pouvoir spirituel et temporel et à passer du statut de simple évêque de Rome à celui de souverain. À Rome, on appelle « empereur » le détenteur du pouvoir suprême d'Auguste (27 avant J.-C.) à la chute de l'Empire d'Occident (476 après J.-C.). Ce pouvoir repose d'une part sur l'imperium, principe de souveraineté que possède tout magistrat de haut rang, et qui lui donne la possibilité d'intervenir à Rome et dans les provinces, ainsi que le droit d'être le chef des armées ; d'autre part sur la puissance tribunicienne, c'est-à-dire sur les pouvoirs que détenaient les tribuns de la plèbe. À ces deux pouvoirs traditionnels s'ajoute l'auctoritas, pouvoir moral d'un type nouveau, qui fait de l'empereur le garant de toute décision, celui qu'une compétence inégalée met au-dessus de toutes les institutions. De plus, un caractère religieux s'ajoute au pouvoir de l'empereur avec le grand pontificat, titre qu'Auguste revêt en 12 avant J.-C., et que tous les empereurs porteront après lui. Enfin, dès le règne d'Auguste, la personne de l'empereur a été l'objet, de la part de ses sujets, d'un respect de nature religieuse que ces successeurs développeront et organiseront en culte impérial.

Les relations entre le pouvoir impérial et la papauté vont changer au xie siècle.

Le « Moyen Age central » est marqué par le renforcement du pouvoir du pape et du clergé. L'encadrement des croyants par l'Église se fait jusque dans les événements importants de leur vie privée (naissance, mariage, décès). Les voix discordantes, les dissidents religieux sont durement réprimés avec le soutien du pouvoir politique. Le pouvoir pontifical (de la papauté) est en concurrence avec celui des grands souverains. Ces derniers ne contestent pas le rôle de chef spirituel du pape et de l'Église catholique, chargée du dogme (ce en quoi il faut croire) et des rituels sacrés.

I : Les rapports entre le Pape et l’Empereur On assiste au passage d’un pouvoir conçu comme unique, l’imperium (carolingien), à l’affirmation concurrente de deux pouvoirs, le pouvoir spirituel du pape et le pouvoir temporel de l’empereur. A. Pape et Empereur deux pouvoirs distinct Seul Dieu détient la puissance suprême, mais dans ce monde, fait d’esprit et de matière, Dieu délègue à deux pouvoirs distincts, le pouvoir spirituel (le pape) et le pouvoir temporel (l’empereur), le soin de faire progresser, chacun souverain dans son ordre, le Royaume de Dieu : au pape, l'auctoritas spirituelle, à l’empereur, la potestas temporelle. La théorie est claire, mais elle est impraticable. Dans le chef du pape, la tentation est toujours grande d’utiliser son pouvoir religieux à des fins politiques et son pouvoir politique à des fins religieuses. L’inverse est évidemment vrai pour l’empereur.(par exemple la querelle des investitures qui oppose le pape et l’empereur sur la nomination des évêques.

B. Concurrence des deux pouvoirs Pendant près de trois siècles, les relations entre le Saint-Empire et la papauté furent celles de deux adversaires, qui semblaient n'interrompre leur lutte que pour reprendre haleine. Ces heurts n'étaient pas accidentels. Ils résultaient de la concurrence entre deux pouvoirs qui prétendaient l'un et l'autre à la domination universelle. Les empereurs étaient les héritiers de César ; les papes, les vicaires de Dieu. En principe, aux premiers revenait la puissance temporelle, aux seconds l'autorité spirituelle mais, dans un monde imprégné de religieux, l'empereur avait besoin du sacré pour affirmer son pouvoir, et le pape estimait devoir dicter la conduite de tous les hommes, quel que fût leur rang dans la société.

II : Les conflits entre le Pape et l’Empereur Parvenant difficilement à s'imposer face à un épiscopat puissant, puis livrée aux intrigues et divisions des grandes familles romaines, l'institution pontificale tenta de s'affranchir de la pression des pouvoirs laïques, notamment lors de la querelle des Investitures (1075-1122) entre le pape et l’empereur germanique. A. Les querelles des investitures La Querelle des Investitures est le nom donné au conflit qui opposa les papes à des seigneurs et des souverains, tout particulièrement l'empereur aux XIe et XIIe siècles, à propos de l'investiture des évêques et des abbés. Le premier acte du conflit opposa le pape Grégoire VII à Henri IV, l'épisode le plus célèbre ayant été l'humiliation de l'empereur implorant le pardon du pontife à Canossa en 1077. La querelle se poursuivit sous le règne d'Henri V et ne prit fin qu'en 1122 par le concordat de Worms, c'est la raison pour laquelle nous avons inscrit ce dossier dans la rubrique consacrée au XIIe siècle.

B : Derniers conflits, nouvelles idéologies

- Une solution de compromis est trouvée en 1122, au concordat de Worms. Mais c'est la bulle Unam sanctam (1302) de Boniface VIII qui marque l'apogée de la reconquête de l'autorité pontificale. - Ce fut Louis de Bavière qui rouvrit la querelle - Il fallut attendre 1346 pour que la volonté d'en finir conduisît une partie des princes à élire le fils du roi de Bohême, Charles de Luxembourg. Celui-ci ne put vraiment imposer son autorité qu'après la mort de son rival en 1347. - La querelle était terminée mais les blessures qu'elle avait ouvertes étaient mal cicatrisées. Accaparés par leur lutte contre les papes, les empereurs n'avaient pas construit d'État. L'Allemagne en sortait divisée, affaiblie. Le souvenir des luttes d'autrefois resta vif dans sa mémoire et quand, après 1870 et l'unité retrouvée, le chancelier Bismarck, en conflit avec la papauté, déclara : « Nous n'irons pas à Canossa », il était sûr d'être largement approuvé. - Mais c'est avec la Réforme protestante que l'institution pontificale connaît son épreuve la plus radicale : elle est alors rejetée jusque dans son principe et ses prétentions apostoliques. Le réformateur Martin Luther entraîne dans sa rébellion plusieurs pays de l'Europe du Nord, tandis que l'Angleterre d'Henri VIII se sépare, elle aussi, de Rome en 1533 et que le monde helvétique suit dans la dissidence d'un côté Zwingli, de l'autre Calvin.