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BIBLIOTHEQUE
DE l'École

DES HAUTES ÉTUDES
PUnLlF.K sous LES AUSPICES

DU MINISTERE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

SCIENCES PHILOLOGIQUES ET HISTORIQUES

CENT-VINGT-DEUXIEME FASCICULE
INTRODUCTION A LA CHRONOLOGIE DU LATIN VULGAIRE ÉTUDE DE PHILOLOGIE HISTORIQUE PAR F. GEOR&E MOHL

PARIS
LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR
67,

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DE P.ICHELIKLI, AU PREMIER

1899
Tous
droits réservés.

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INTRODUCTION

CHRONOLOGIE DU LATIN YULGAIRE

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AU PliEMIEH 1899 . ÉDITEUR 67. LECTEUR George MOHL A l' UNI VER SITE IMPÉRIALE ET ROYALE DE PRAGUE ÉLÈVE DIPLÔMÉ DE L'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES PAULS LIBRAIRIE EMILE BOUILLON.INTRODUCTION CHRONOLOGIE DU LA11 VULGAIRH] ÉTUDE DE PHILOLOGIE HLSTOKIOIE F. RUE I»E RICHELIEU.

ppl .

C'est vous qui m'avez ouvert. rudes étapes d'une vie C'est mon orgueil d'inscrire ici votre nom mon unique mérite d'en avoir le droit.A MICHEL BRÉAL Permettez-moi de vous dédier ces pages. voici bientôt quinze ans. (1. . M. le monde merveilleux des lors vos spéculations jdiilologiques et depuis et vos conseils ont toujours les encouragements accom- pagné chacun de mes pas dans difficile. et c'est aussi V.

Monod. :JU Paris.Sur l'avis de M. Les Commissaires responsables. . Duvau. Signé: L. Louis Duyau le Antoine Thomas. Signé: Bréal. Signé: G. Le Président de la Section. A. le octobre 1898. George présent mémoire a Mohl le titre iV élève diplômé de la section l' des scie II ces kistoricjues et philologiques de des Ecole pifitifjue Hantes Etifdes. Thomas. commissaires responsables. Michel Bréal. valu à M. y Le Directeur d'études. et directeur des études de et grammaire comparée de MM.

étude complète et systé- matique des formes du présentées Ce sont de simples observations. latin autant qu'il était possible.PREFACE Au moment hisfor'iqur de reviser et de coordonner les matériaux que nous amassons depuis dix ans en vue d'une il Grammaire du Lalin vuhjairc. notre con- ception personnelle à cet égard. ici. C'est cette esquisse que nous publions aujourd'hui sous le titre tVJnfro- à la Chronologie du Latin vulgaire. tout ce qui discussions nous eût engagé dans la critique le des innombrables questions de détail qui hérissent problème. le plus souvent sans beaucoup d'ordre et d'après l'histoire de la un plan des plus larges. des considérations d'un caractère très général. dans un tableau d'ensemble. 11 ne s'agit nullement. que les faits en quelque sorte clasvulgaire. Nous nous sommes attaché précisément à n'étudier siques du sûres. Qu'on ne s'attende dune point à trouver dans notre livre beaucoup do nouveauté quant aux un ample matériel de formes inédites: nous avons au contraire faits eux-mêmes ni écarté avec soin tout ce qui eût nécessité des spéciales. les exemples connus. nous a paru opportun de recueillir tout d'abord nos propres idées sur la latinité po- pulaire. sur ses dialectes langue latine et de de dans les différentes provinces l'Empire romain. de formuler. d'une latin vulgaire. de nous tracer enfin à nous-même une méthode pour nos études r/acfio/i futures. tant s'en faut. en un mot tout ce qui dès à présent . les formes dûment attestées.

. le chapitre du datif pronominal dans notre future Grammaire hislorniur. vulyaircs lant/to' lal'nif formera. applicable aux.la le titre : Lf couple roman Lui f/f/ns 1rs d'ialcclfs s'il : Lei.peut être considéré comme définitivement acquis à la science et universellement accepté par tous. les deux Sociétés illustres qui ont bien voulu s'intéresser à mes présents travaux et appui matériel et moral pour public . d'en tirer enfin une méthode sûre. 1. mais bien de les interpréter scientitiquemcnt. car l'un est destiné dans notre pensée à compléter l'autre. de se rendre exac- tement compte de les principes la manière dont nous prétendons appliquer formulés dans Y bitrodarllrm. croyons-nous. ses son drrclojiprmenl '. d'y chercher des points de repaire quant au développement général et à la chronologie du latin vulgaire. nous présentons au monde savant une monographie destinée à montrer les résultats pratiques auxquels notre théorie nous a conduit. En même temps que cette esquisse générale d'une méthode. recherches à venir et capable de con- duire à de nouvelles et fécondes découvertes (VJn/rnr//(ctio)) : de là le titre que nous avons cru pouvoir donner à notre étude. Cette nouvelle étude. C'est à dessein que nous avons fait paraître ces deux ouvrages simultanément. et la Regia Socîetas Scientiarum IJoheniica. La ([uestion i)'iur nous n'était point de discuter la valeur intrinsèque de ces formes. de Prague. plus ancien des corps savants de l'Autriche. En tchèque. si : Ton ne connaît 'notre étude sur le datif vulgaire illui illeJ. de même que les conclusions auxquelles nous sommes arrivé quant au datif pro(jue nominal ne seront })arfaitement claires aura lu pour celui qui notre thèse générale sur la chronologie de la latinité vulgaire. Je suis heureux de pouvoir associer aujtjurd'hui. plaît à Dieu. Il est difficile. avec résumé en français. dans une égale reconnaissance. . qui paraît aujourd'hui à Prague sous (/ines t't même <irlth. qui n'a point le oublié que j'ai été son élève. me prêter leur les présenter l'un et l'autre au l'Ecole des Hautes Etudes de Paris.

dont nous n'avons pu avoir communication qu'au épreuves petit et moment de la correction des qui nous ont bien manqué. dont nous avons pu encore en partie faire usage. puis peu judicieux d'ailleurs. dominio ronuiuo. d'Abeken : Miflel-Ilalien 1843. pour des raisons où nous dïalecticae. ayant été par de diverses circonstances retardée jusqu'à ce jour. Quant à l'ouvrage de Conwa}*. n'avons pas à entrer Zvetaiev. j a enfin trois ouvrages déjà anciens. encore que les conclusions générales du savant roumain soient parfois assez diff"érentes des nôtres. Pais. il ne nous a malheureusement plus été possible le de mettre à contribution. utiliser les inscriptions publiées Nous n'avons pu davantage dans les le derniers fascicules de VEphemeris epigraphlcu: nous regrettons d'autant plus vivement que plusieurs d'entre elles confirment d'une manière éclatante et par des exemples sûrs notre manière de voir sur plusieurs points de la grammaire Il et de la phonétique du latin parlé dans l'Em- pire romain. 1897. nous paraît parfois plus sùrc chez I/a/lae luscriptioucs uiferioris Son classement des inscriptions nous semble également. fait exception que pour mots sabelliques. l'étude vorden Zelten l'ùmhcher Herrschafl . les I ilcr os/iisch-umbrisrheu et II. Stuttgart. La Sardegna prima del enfin le livre de Tocilescu. Rome. Nous avons pris soin d'indiquer toujours au fur et à mesure les sources auxquelles nous avons puisé et nous l'avons toute l'exactitude dont nous fait avec sommes capable : ainsi le lecteur . de E.En terminant. C'est d'abord un assez ouvrage. je dois faire observer que. nous croyons inutile d'en donner la bibliographie détaillée. nous n'avons guèr<> la lecture. Dacia iuainle de Romuu). prêt pour l'impression suite plus d'un an. NewYork. 1881. The ilaUc dialecti^. par certains côtés. plus judicieux et moins exclusif que celui de Planta. Quant aux autres ouvrages dont nous nous sommes servi. les formes des dialectes italiques sont le plus souvent citées d'après l'ouvrage monumental de Planta. depuis la publication de notre livre. dont ici. tant dans Vlnlro- (liirtion que dans Le couple ronitm Lui Ijrauuuat'ih : Lei. Uidlcktf.

c'est surtout parce la que Planta. dans l'une des œuvres les plus colossales de science contemporaine. . s'il nous a été donné d'esquisser avec quelque rigueur l'histoire des origines du latin vulgaire. le 15 avril 1899. Pra£?ue.démêlera aisément ce qui nous appartient en propre et ce que nous avons recueilli dans nos lectures journalières. en toute humilité que sans lui nous n'eussions pu que très difficilement mener à bien notre livre de Planta. F. avait coordonné avec une si admi- rable précision toutes nos connaissances touchant les langues et les dialectes de l'Italie ancienne. Un ouvrage toutefois mérite une mention spéciale : c'est le Nous avouons. étude et. George Mohl.

^g 10-12. Les formules chronologiques de Crober la prisca latinitas . Hist. Le principe de l'unité du latin vulgaire. — La philologie romane compte peu de questions aussi ardues. Le vieux latin dialectal d'Italie. de la langue franc. 1 . D'autres. MouL. dit Edélestand du Méril. — — — . Depuis la publication du grand ouvrage de Schuchardt (1866-69). aussi obscures que la chro- du latin vulgaire. gg 1. le problème a été repris bien des fois par les romanistes et. I. 96 sq. : *^ — 2-5. analyse de quelques exemples. . nologie parfois même plus bas encore. le latin des provinces.). plus généreux. totijours avec le même insuccès quant aux théories d'ensemble. On avait tout d'abord cherché les origines du latin vtdgaire et des langues romanes à une époque infiniment trop récente. gg 7-8. accordaient que les langues romanes dataient de la conquête des provinces par les légions. La méthode des reconstructions distinction entre le roman et le latin vulgaire proprement dit. dans son Essai philosophique sur la formation de la langue française. g 6.INTRODUCTION A LA CHRONOLOGIE DU LATIN VULGAIRE LE PROBLÈME DU LATIN VULGAIRE SoMMAiRF.. « L'origine du roman remonte au premier barbarisme que les Gaulois ajoutèrent à la langue latine ». — Chronologie du latin vulgaire. § 1. qui confondent absolument le latin vulgaire avec le bas-latin des notaires mérovingiens. aussi compliquées. tout à la fin de l'Empire. après le les invasions germa. niques et jusque sous règne de Charlemagne c'est l'erreur où tombèrent Max Millier et Littré (cf. Aperçu historique sur la ijuestion du latin vulfiaire. à part quelques heureuses interprétations de détails.

avec une précision et une exactitude presque mathématiques.. Uas. en contradiction d'ailleurs avec l'incontestable unité linguistique révélée par les langues romanes. et apporter à l'étude de la scientifiques d'une rigueur et 1. . les origines du latin vulgaire étaient rapportées aux origines mêmes de la colonisation romaine. on en revint à des idées plus saines et le lumineux opuscule de Sittl. et dénoncée comme un péché de jeunesse par l'éminent latiniste. l'idiome vulgaire s'éclairait aussi d'un jour nouveau. puis modifiée. On pouvait dès lors songer sans trop de témérité à reconstruire la grammaire du latin vulgaire et. II. Die lokalen Verschiedenheiten der laiein. mais qui n'était malheureusement qu'une esquisse très superficielle.^ 1. créatrice.. Désormais. Aussi la théorie polydialectale soutenue et défendue à maintes reprises. se dégageait peu à peu de l'obscurité et du vague où les recherches incomplètes des romanistes l'avaient jusque-là laissé. En même temps que le latin littéraire. . Meyer-Lùbke résuma et coordonna. marque un changement do direction absolu dans cette partie des études romanes. Die laiein. reimt sich nicht redit zusammen. » Sittl. mich zu widerlegen.'i. nisclie trouva-t-oUe généralement peu de Peu de temps après fut fondée VArchiv fur latciLcxikograpliif (1884) où l'école de Wullïiin devait renouveler dans ses principes mémos toute la philologie latine langue de Rome des procédés d'une précision encore inconnues. Sprache (1882). surprise dans sa vie même et bien différente de la langue conventionnelle et morte de nos grammaires et de nos livres de rhétorique. finale- ment abandonnée faveur. W. Jahresb. latin vulgaire et latin dialectal d'Italie étaient à peu près confondus. au (irundri'^sde Grobcr.. ce qui est naturellement excessif. 351-382. Allcrl. Libidern. encore que l'auteur ait par la suite cru devoir renier son propre ouvrage '. Cette fois. tous les résultats acquis depuis Diez. Sprache in den roman. « Aiidere kritisioren uud mit dem l'ekonntni. 226. aux premières colonies envoyées par Rome dans le Latium et la Sabine. p. LXN'III (1891).-2 Insensiblement. en 1888. si plein d'aperçus nouveaux et sûrs. Une suite de monographies d'une capitale importance nous fit enfin pénétrer au vif d'une langue latine vivante. l'ebrigeiis iiberliessen die Tadler mir seibst. I.sso des eiiionon IrTtums anfaiifïen.

§ 2.-C. [Archiv Lat. est née postérieurement et ne remonte pas au delà de la période romane. Or. sont pour moins sujettes à caution. ce qui est pour le moins sujet à caution. -l. p.. h) Ruman. L'éminent niste reconnaît roma- Grwidr.. ou un héritage direct de iicntl. belegt die Existenz einerWortformbis nach I. cf. g) Katorom. Jahrh. qui survit dans l'imparfait italien \ C'est ainsi qu'en général dans l'Italie = 1. f) Franz. e) Provençal. lui-même.^ — Mallieureusemeni. 231. die ihren Bestand bis abcdef — ghi Uebereinstimmung von ab cd ef g hi belegt zum Anfang des 1. sous leur apparence mathématique. dans la préface de ses Vidgcirlal. . timchain. On avouera que le c'est aller un peu vite en besogne et que ces déductions. -éva d'une part. . n. etc. p. minus i) Italien. Worter . \v. » Il admet de même que la concordance du sarde et de l'espagnol permet de faire remonter la forme populaire jusqu'en 200 av.. die von bezeugt ihn bis zur Zeit der gallisclien Ero- — berung u.va.). etc. J. l'impuissance des méthodes scientifiques actuelles devant cette double question il se montrait en ceci plus prudent queClrober qui. III. A prendre les choses à la lettre. si raissaient amplement documentés et avec on eux-mêmes appaune incontestable netteté. -eva. en Espagne. :^ les faits -2. 213. 204 sq. -ta avaient cours en latin vulgaire dès une époque relativement assez ancienne et que c'est la forme littéraire -t'bam. d) Catal. conservée peut-être depuis l'origine en quelques localités italiennes ou simplement réintroduite dans le parler populaire par le seul prestige de la prononciation officielle. b)Span. leur chronologie aussi bien que leurs lieux d'origine restaient pleins d'incertitude et d'obscurité.. de l'autre -ibam.. I. il n'est pas douteux que les imparfaits en -éa. Lex. c) Portug.. o59. il faudrait conde ce que l'italien dit temeva clure que la forme * teméa en Gaule.Ch. phénomènes du avait essayé de dater les au moyen d'une série de raisonnements dont la logique et la rigueur ne sont rien moins qu'incontestables. s. enfin que la conformité de l'italien et du latin classique exclut l'existence d'une forme vulgaire distincte. Substrato roman.. latin vulgaire — lOOn. Ch. L'auteur déclare par exemple.. ibid. que « die Uebereinstimmung desa) Sardischen. Le type senlivn en tout cas exclut l'idée d'un emprunt à la flexion classique xoitiva est ou une extension analogique d'après -ava.

Ainsi encore on conjugue en Italie vo ou vado. On hara archaùiue comme :i5 l'admettait Diez. 526 sq. p. Comme l'Appendix Probi.. sait III. nullement chez les auteurs inférieurs ou populaires. 286. sq. Forsch. Verschied. 67. et les provinces colonisées sous l'Empire. dans le latin d'Afrique un dialecte absolument réfractaire à la réduction de au. aussi Sittl. cf. apparaît en latin. cf. qui est à la base de l'italien ecco. formelle. Ro77ian. 11. seulement chez les poètes. . Lok. p. dit: Auris. Cf. cité par Ullmann. Mélanges Renier.. Keil 198.. non oricla. d'après une observation de Sittl. (/loll. Cf. exactement comme le sicilien àrichi prouve auricla et le logudorien orija.du Sud l'imparfait repose sur conditionnel est formé avec Saggi crit. la prononciation oricla cédait ou avait cédé devant la restauration classique auricla : Rustici orum dicebant. d'Ovidio.. : sarde oricla etc. laquelle se fût sûrement exercée indifféremment. vou. orata semble insinuer que. dans le oricla de l'Appendix. les écrivains recherchés. 21 : Et seclict se Usa oricla. VII. La Gaule. au moins dans la région où il écrivait. 196. il ne peut être question. sur tout -éa désinentiel. forme en -éva. d'après la démonstration ingénieuse de Gaston Paris. déjà de son temps. port. sous l'Empire.. au conditionnel aussi bien qu'à l'impar- Remarquons de même. Arrh. iX. . s'accordent généralement dans le vocalisme auricla. sur cette question d'Ovidio.) (cf. dans le roumain prouve oricla. que l'Appendix Probi.. aussi oricla dans Trog. tandis que Festus s. XI. que eccum pour ecce..301 sq. il faut reconnaître le vocalisme classique auricla à côté de la forme vulgaire oricla attestée par le portugais orelha. Sassar. etc. en effet. à Texceplion de la Dacie qui. ce qui prouve d'un côté la coexisla le tence ancienne des deux flexions en Italie et exclut de l'autre riiypothèse aujourd'hui courante d'une restauration analogique.. in Plin. ut auriculas oriculas. Stat. que d'une forme ancienne importée d'Italie après la conquête et sans doute avant l'époque impériale. vieux fait. v. De même dans le provençal aurelJia. p. la première forme seule appartenant au latin vulgaire gé* néral de l'Empire romain vao. à notre sens. a probablement en vue le latin parlé à Carthage dans le courant du m'' siècle et comme d'autre part l'épigraphie nous montre d'une manière. alors que le doublet en -ia. non oricla.

Néanmoins. orrle des les localités dialectes frioulans tout à coté de aurecjla dans italiennes des environs de Trieste représente peut-être l'an- cienne opposition o fait limitrophes. A cet égard. an maintenue dans deux régions tout à Un exemple plus net encore et plus concluant peut-être nous est fourni par le correspondant vulgaire du latin fihcr. est peut-être plus significatif et paraît bien. c'est très sommes probablement il (ju'il entendait encore autour de lui l'une et l'autre.. IX. que sur des hypothèses plus ou moins fondées. et sans doute déjà son modèle Verrius Flaccus. de même que le toscan oreccliio . breb pour bcbru présentent toutes b. On voit qu'en réalité nous assez loin de compte. prov.. 155. cf. ainsi que nous le verrons dans la suite.-C. p. ici l'un ou l'autre vocalisme est également admissible. car ce n'est évidemment pas sans raison que Festus. bibaro. on arriverait à oricla. str. On retrouve. cite précisément la double forme oriru/as : aurknlas. reposer sur o. . jamais complètement abandonné l'ancien vocalisme oricla. publiée par Salvioni. vibre. Arch. la forme apocopéo rec/o à Nonsberg en Hliëtie. p.urrc/iir. dans l'état actuel de nos connaissances. et l'Italie y a. etc. d'ailleurs. * bevcro. portug. ces vers d'une Canzone. esp. n'offre (iu'un témoignage tout à fait négatif. v. cf. bièvre.initial au lieu de doit faire soupçonner f-. la le cette conclusion que formule de vocalisme démontré à la fois par le sarde et l'hispano-portugais. brfre.et non au-. 6 : () orer/ic mce que Vf dclccta Dr oiUrc jnfDiflo de cussi (iiiinid fcsin! Le vieux. Les formes romanes. après quoi l'Ilalie n'aurait plus guère connu que le vocalisme classi(iue auricla. roum. GluttoL. lefjuel se maintient en vé- gliote. Do même. ital. 23. ce qui tout de suite . toute détermination plus précise de la chronologie et de la répartition géographique de auricla-oricla ne saurait forcément reposer. IX. il n'y a rien à tirer du vocalisme initial du piémontais urija non plus que du vieux lombard oregia. En appliquant à notre exemple Grciber. aurait appartenu au latin vulgaire seulement jusqu'en l'an 200 avant J. selon nous. laudar. dalmale i^icle « oreccliie ». en effet. fan la?'. fr. Arch.. C/n/ial. et ne i)ourrait que difficilement s'apocoper. bien des chances pour que n'ait septentrionale et centrale tout au moins.

cf. . à reprt^senter bh. \V. Corp. cf. mais vraisemblablement aussi. il y peu de chose à tirer l'italien bevcro. on peut supposer assez plausible que l'ancien *vebre. après la conquête germanique. « I.. II. forme vulgaire de stannum due selon nous à Tétymologie populaire. Le.-Qm\* bhebliru-). César. On ne peut songer à un dialecte lique. X. Gall. 187. Du roumain breb. a simplement modifié son vocalisme radical sous l'action de bibar germanique. § 20. etc. Bibracte chez les Eduens. répugnant à admettre le prototype * bëber. Lat. Bell. eschipre Des compromis de cette le nature ne sont point rares. roman.. ibid. Boman.. la forme est déjà formellement signalée par Priscien. tigmim. d'une époque évidemment bien postérieure.§ -2. Grciber. comme en latin classique.r chez les Rémi.initial indo-européen par/comme le latin.. rend à notre sens cette explication dans le provençal vibre. ainsi (jne l'a déjà reconnu (iaston Paris. Revenons à fiber. i bref germanique est naturellement traité comme dans matelot » et autres semblables. II. 250. le franc. dans les noms épichoristiques Bibra. 446.{sh2i. avec un vocalisme qui nous parait particulier au domaine celtique continental.xi'zi-ip-t en Angleterre. —6— ita- une influence étrangère. 6. puisque toutes les langues de la famille s'accordent. Gl. dit.. Schlutter. stignurn. etc. 200. Lat. cf. castorinum: uebrinum.'i . Dans tous ces mots.. a montré qu'à côté de stagmnn « étain ». Grartwi. etc. L'espagnol. le français biêvre par l'analogie de lièvre. sans exception. Le.r. I. Seule une influence celtique est admissible et le nom celtique du « castor » est conservé non seulement sous la forme befer des dialectes comiques.\\Q. Le vocalisme en i. 13 II. Lat. 54. I. XIII. se cache probablement dans befre du vieil espagnol quant à i du portugais bibaro et du provençal. Arch. et l'illustre stagjiwn . bircre. On est d'autant plus surpris de ce scrupule que bëber n'est nullement une reconstruction plus ou moins hypothétique. sujjposent un vocalisme * bcbcr ^<n\Y * biber.. nous ne voyons guère qu'une mÛ\\Q. der son effectivement . qui soit capable de l'expliquer. on : y.. VII. préfère expliquer Arch. Mever-Lûbke. .r.e gQTm^m(\\xe. Spr. bibar=^* bibru-s . I5U. qui a abandonné l'ancien befre pour la forme récente bibaro. vieux franc.. exactement comme en français orteil doit au celtique ordiga. Gloss. ce qui est pour le moins extraordinaire. . Isid. 55.. cJnevre.\. d'après l'anglo-saxon tin.

Si l'on se rappelle que dès l'époque primitive de l'histoire de Rome. etc.-C. p. I.. Ital. * beber . dès le iii^ s. hahhrn-. 1. p.scr. 115 «. etc. voisines de Tuder. cf. Templum.? . . povei^o et povro. Lex. 1011 (Tibur). la présence de populations sénonaises dans l'Ombrie propre et de déclarer que l'inscription de ïuder ne s'est égarée que par hasard dans ces parages. bevero et non * bevro. 171 ivgra dans la loi agraire do l'an 643. I. puisque toutes les langues romanes dénoncent plus ou moins l'emprunt celtique. couvrant exactement la forme celtique primitive * bebru-. svpera ibld. j^obre. Arch. Des hypothèses de ce genre sont toujours dangereuses il n'y faut recourir qu'en cas de nécessité absolue et en s'entourant de toute espèce de précautions. cette dernière détachée en l'année 302 ou 301 avant J. on arrive forcément à cette conclusion que l'altération est du côté et du latin classique flber ^ que tout au contraire le français bièvre et l'italien bevero montrent le vocalisme le plus ancien. Les colonies de Spolète et de Narnia. comme le fait Nissen. der lat. 1. * hhcbhrii. . 73 (Préneste). il y avait des colonies celtiques jusqu'à Tuder. Budinszky. ont dû les premières se trouver en contact constant avec des populations celtiques et rien ne s'oppose à ce que beber au lieu de fiber ait été pour la première fois employé en latin à Narnia ou à Spolète.. ainsi qu'en fait foi l'inscription celtique CIL. I.celtique à côté de *bebru. . Spr. On remarquera d'ailleurs que les Celtes sont cités sous l'appellation lapuzkum mime parmi les étrangers proscrits d'iguvium pendant les lustrations par les Tables Engubines. lig. Bréal. cf. Car il est vraiment trop commode de nier à priori. Schneider inversement magistère CIL.lexicographe africain l'avait sûrement lui-même puisée à quelque source plus ancienne. pour l'ital. 11. esp. VIII. etc. 1408. a-t-il subi Le vocalisme de fiber rappelle celui de Bibrax. * feber de son côté rinfluence d'un *bibni. 176.Eug. p. Lat. . ce vieux centre de la civilisation ombrienne et des cultes antiques de l'Italie. on ne doutera plus que c'est dans ces parages qu'il faut chercher la première patrie du beber de la latinité vulgaire. Si d'autre part on réfléchit que rindo-europ. 14 et 25.. éd.. cf. socERO et socRO inscr. Ausbreit. Tab. Bibracte. 480. Nissen. Lande skimde . Le mot a dû être introduit sous cette forme à une époque fort reculée. a précisément e comme vocalisme radical.

Lex. 111. comme le dit fort bien Kohler. malgré l'objection de Miodonski. à l'aurore de la littérature latine. hôte ». Aulul . Wolfflin conclut. et qui fait voir.. comme on n'ajamais cessé de le faire dans la langue vulgaire. Sans insister sur ces nous soit permis du moins de citer ici les paroles trop souventméconnues malheureusement d'un maitreéminent. Lat. gosû. etc. semble bien attester un latin archaïque hostis « étranger. par cette déclaration significative que « Was wir als spàtlateinisch zu betrachten gewohnt sind. Névius accentuait intégram. Je ne sais si l'on a déjà observé que. » Lindsay. fourmillent dans les langues romanes et elles ont été tant de fois déjà signalées à l'attention des linguistes qu'il est devenu presque banal de les relever.. choisis entre mille. ibid.. Nous n'insisterons pas sur l'italien oateria qui. p. d'autre part combien les formes romanes plongent souvent loin et profondément dans le vieux passé italique. . — Ces part combien il cette prisca latinitas que déjà Cicéron entourait de tout le respect qu'on a pour les choses mortes.. - S - avant J. I. comme on voit. Philologus. exemples. 261 R. VII. XXXIV. plus felir. que des exemples de Némésien et de Sidoine Apollinaire [plus onerosus...6. » : Cf.. C'est. a montré que.s" ntiser dont les latinistes ne connaissaient jusque-là. Le/.2. XIV. I. Une quantité d'expressions et de tournures de nos langues modernes ne trouvent leur véritable explication que dans le vocabulaire ou la syntaxe du latin archaïque. frang.-C. 78). remonter un peu plus haut que jusqu'au français chèvre ou lièvre. àpart un passage contesté de Plaute. VII. aussi Waifflin.. Les formes du latin archaïque. de § 3. sur les criteria chronologiques du latin vulgaire. « wie unerwartet oft altestes Latein und Ronianisch zusammenfallen. oft viele Jahrhunderte friiher schon in der alten Volkssprache gelebt hat. Arch.. Jauni of PhiloL.. VIII. 319. Americ. si. 141). montrent d'une est malaisé et parfois même imprudent de vouloir renfermer le latin vulgaire dans les cadres restreints d'une chronologie fixe et absolue. ArcJi. Lat. On nous pardonnera sans doute d'en signaler en passant encore un exemple à l'attention des romanistes. Trag. 16 Bar. 100. le latin post apparaît presque exclusivement avec la signification temporelle. 153 sq. 133. qu'il Retrouvant dans Ennius. faits. dans les langues romanes. l'expression /jA/. ^3.

8. Wla. Mus. dietro. pour * postid. CIL. post ici dans le latin vulgaire. post tergum que post annuni. osque piistin à Post côté de post qui paraît également régir l'accusatif exac comono. v. 3. Apulée et môme Tacite. d'oii poslideâ. tandis que son doublet />05.. Quant aux rapports du français puis avec le latin post.. En latin classique.— puis. 155 sq. Allfran:-.. Gramm. veut l'accusatif. X. d'après Ritschl.. en Italie et en Gaule devant donc . dans les anciennes traductions de la Bible. juger parles langues romanes./^ pus tin. En ombrien. cf. Or. Lex. Tab. qui conserve chez les comiques d'anciennes flexions casiielles telles que poste. Men. post fores. lat. Complétons l'observation de Wolfflin en constatant qu'en latin vulgaire post « après » subsista. cf. ostium=^huis. tandis que pô?ie « derrière » céda en Espagne devant trâns. esp. etc.. port.. esp. Arch. § olo. derrière. Eug. à en tempus. où on ne peut guère. Behrens. proln. post. De là aussi " postels ou * postils. franc. I.. au lieu de posteâ dans la langue vulgaire. cf. comme correspondant du français « depuis » dans le sens local « derrière ». 9162. on employait pône qui apparaît encore chez Plante et se retrouve plus tard chez Suétone. ital. poscia\ dessus de retrô. exige l'accusatif de Ikposteà. aussi bien post altaria.. etc. dans son édition de Schwan.. detraz. 58. aussi postibî. était réellement usitée. etc. etc. etc. tras. . Tab. etc. d'où le français puis. post gouverne toujours l'ablatif: Post uerir Treblanir. nous ne voyons pas qu'ils soient si compliqués qu'on veut bien le dire. tout récemment. it. que la seconde acception seule . cf. à l'époque républicaine * postits ou * postïs. Rhein. au contraire.. VIII. ejclu. il semble bien. d'Auzia en Mauritanie. Vade rétro me. 9 — on dit § 3.. vient de démontrer que dans le vieux on employait /7067 exclusivement dans le sens temporel. trois fois par : : : . En Italie. Bant. relevé Ronsch. etc. Wolfflin. 839. pues. etc. En latin classique.o. *postiis. VII. dé trâns.s/ s'est introduit dans de là sur les inscriptions post-morte le latin vulgaire d'Italie ou bienDEPOST-cvivs-MORTE. VIII. Lat. lire à l'accusatif mortem. latin 124. 575 sq. Plante. à cause de la fréquence des exemples. d'où le sarde actuel post is « dopo ». C'est donc des contrées du nord que l'usage de l'ablatif après/. à l'époque impériale de nouveau *posteis. la syntaxe proprement latine reprend ensuite le on revient à posteâ * post?^a.

%'d. der lalein. Stolz. à l'heure actuelle. diffère de l'ombrien. Max Bonnet. I. Le danger est. Bordeaux. * poslius en comparant oui:. Spr. et Fr. il y a. de nouveau une tendance marquée à rapprocher les origines du latin vulgaire et à mettre par suite sur le compte des langues romanes elles-mêmes une foule de faits que d'amples preuves cependant permettent. à la base du latin vulgaire. Om vulgilrlatinet. Ce sont là de pures fantaisies ni * pvstius ni *aiilius n'ont jamais eu de réalité le franc. Gramm. ce qui sortira d'une crise qui met en péril les résultats acquis si laborieusement depuis trente ans. par exemple. dès 1890. Histor.*a)itii(S.ii 3. combattait résolument l'idée que le latin vulgaire et le latin classique eussent réellement été deux idiomes distincts. Sans examiner ici dans le détail la théorie de l'éminent latiniste français. en semblable matière. historique. le proto1y])e . . (Genève ou Bruxelles. Anzriger fur indofjeriwm. de dépasser le but et d'exagérer les conclusions d'un axiome qui peut être légitime en soi et faux dans ses applications. ~ a peine à 10 la — On comprendre répugnance qu'éprouvent cer- tains romanistes à admettre. on le voit.-und Altertmnskujide^YW . ont d'ailleurs montré les côtés faibles. à condition qu'il ne dépasse pas les limites et la mesure que l'auteur lui a assignées. XXVII.. et même nous pensons qu'aucun philologue sérieux n'a jamais réellement voulu voir dans le latin vulgaire et le latin littéraire deux langues distinctes. dans un livre considérable sur le Latin de Grégoire de Tours. comme l'osque. ce premier fond incontestable et si souvent signalé de prisca latinitas. Homan. semble-t-il. dans la philologie romane. on ne saurait nier que. d'attribuer déjà au vieux latin d'Italie. cf.--. C'est malheureusement un peu ce qui est arrivé pour la théorie de Max Bonnet qui. à peu près comme le français de l'Académie diffère du français parlé à Lyon. Spr. déjà ramène préfère puis à *p()sf[a. 11 faut reconnaître cependant que. Déjcà l'existence propre du latin vulgaire est mise en doute et. au(iuel Roques.. toute la chronologie et par suite l'histoire même du latin vulgaire qui se trouvent remises en question et l'on ne peut guère prévoir. p. C'est. 324. Ce sont simplement deux formes particulières d'une même langue. le principe établi par Max Bonnet est parfaitement juste en soi. 23. dont Vising. depuis une dizaine d'années environ.

On oublie trop cependant que la théorie de Grober est en somme la seule qui rende scientifiquement compte. de la théorie de Gabelentz.. il n'est assurément personne qui ne reconnaisse dans le latin vulgaire d'Espagne une phase plus archaïque de la langue que dans celui de la Gaule ou de la Rhétie et dans les dialectes de la Sardaigne centrale un stade encore plus ancien. Pour peu que l'on apporte dans ces questions quelque impartialité. représente un état plus ancien que les autres langues de la famille c'est tout simplement nier l'évidence et un dialecte qui conserve des termes tels que domu ou mannu en regard de caaa et grande de tous les autres dialectes doit forcément passer pour moins altéré. 1894.— excessive par endroits chez I I — 5. mais malheureusement trop idéal. c'est-à-dire plus ancien que les autres. le philologue français. . Si le sarde semble ignorer d'autre part les pluriels en -or a maintenus en Italie et en Dacie. § 4. qui compare le latin vulgaire au jargon des créoles. Aussi les romanistes n'avaient-ils pas eu de peine à en démontrer les contradictions et les insuffisances.. comme on voit. — Sans doute Grciber. Sprarhwissensch. aboutit presque à la négation absolue du latin vulgaire dans le livre plus récent de Gorra. ne sauraient être aisément réfutées. très rigoureux. Sittl a beau nier que la Sardaigne. Lingue neolatine. en formulant sa théorie chro- nologique. p. qui n'était. dans leur ensemble. On est loin. p. et il faut reconnaître notamment que les critiques assez vives soulevées contre la théorie dès 1886 par Kawczyi'iski au premier volume de ses Romanische Studien. pas encore complètement soumise en l'an 19 de notre ère. c'est précisément une preuve d'ancienneté. 23 sq. Milan. trop théorique et qui trop souvent ne répond pas à la réalité des faits. précision mathématique l'histoire chacun remarque infailliblement entre les divers dialectes romans. 192. dit-il. des incontestables rapports d'âge que . i. s'était laissé abuser lui-même par son désir de il avait cru pouvoir enfermer toute du latin vulgaire dans un système très serré. un témoignage évident que la langue a vécu assez longtemps d'une vie propre pour achever de bonne heure le procès analogique où les autres idiomes romans ne sont arrivés que plus tard la meilleure preuve en est dans les textes du xiii" siècle qui gardent encore çà et là des vestiges : .

). Vlll. pu se faire jour dans les provinces anciennement colonisées. comme donc bien admettre avec Grober que c'est en dans les provinces le plus anciennement nous verrons tout à colonisées. féminin singulier p. à l'existence.. cf. — 1. favorisaient l'introduction d'un quatrième paradigme f'rucJm. aussi sur ces formes Kitschl. illel féminin sur le datif épicène illl.les formes les plus voisines du latin de la République. p. ancienne entre frifclus. n'en offre pas un seul exemple. Mus. notamment l'épigraphie de l'Afrique et de l'Espagne. — Il faut dehors de l'Italie. I. note 1. 18*M» (en tchètiue avec résumé : : : en franc. 16. que nous avons spécialement revisée à ce point de vue. 72. cf. * frucloris. Prague. comme nous avons eu déjà l'occasion de le démontrer-. friicUis fructiis. croyons-nous. Der sardin. Et Tancien italien présente encore de son côté le pluriel fruttora au lieu de frutti ou frutta. Delius. Le Couple roiiiaii lui: Ici. S'agit-il au contraire d'une formation manifestement plus récente. 'i9i sq. On remarquei'a d'ailleurs que les hésitations de la langue p-aclus. à l'hispano-portugais. 8. 12 le dénaturés des anciens pluriels. >ÎF. elle manque régulièrement au sarde et souvent même. alors que tout le reste du domaine roman lui a donné une extension parfois considérable. Meyer-Liibke. dans le latin le plus ancien. cette formation commençait à se répandre en Italie dès l'époque d'Auguste. que le latin s'y était implanté d'assez bonne heure et assez fortement pour i:^ 5. p. -el tels que illiû. elle n'a jamais. Vlll. on peut hardiment en conclure. . Nous avons souvenir notauinient d'une g-lose frucluralis fnicluosus qu'il nous a malheureusement été impossible jusqu'à présent de retrouver. 5. par exemple sa fructora.5.. Grunclriss. 370. Liai. fnicluis Varron chez Nonius. ilkl. malgré l'incontestable avantage que présente la double forme générique illul masculin. par exemple des datifs pronominaux en -m. . -oris dressée par W. frucll Ter. frutte. 4. lilieiii. * frûctoris dont il ne serait peutêtre pas impossible d'atteindre encore quelques traces dans le latin littéraire' et qu'on pourrait en tous cas joindre sans inconvénient à la liste des neutres en -ks. que se sont maintenues l'heure dans quelle mesure et de quelle manière -. d'un neutre "frûctus. comme dans notre exemple. Pourtant les datifs du type illin ilfci apparaissent sur les inscriptions d'Italie dès les premiers siècles de l'Empire et... 2.Irf. Néanmoins. V.

p. Plus la race indigène était éloignée par la langue des dialectes italiques. 32. 64. Les habitants primitifs de la Sardaigne.— résister par la suite à i:^ — En effet les ^ 5. 40. avril 1893. XXIII. le latin une langue ou identique ou tout à analogue à leurs dialectes locaux. il conviendra de se souvenir que les dialectes celtiques étaient extrêmement voisins.. etc. beaucoup (rinnovatiuns introduites del'Italie puis dans le langage forcément plus instable et plus variable de la métropole et de lations latines. le toscan. n'était pas môme indo-européenne.. un instrument linguistique absolument conforme au génie propre de leur race et qu'ils façonnaient et dénaturaient bientôt suivant les habitudes trouvaient dans fait de leurs dialectes particuliers.. Une tradition que tout porte à croire fondée en fait des Ibères comme en Espagne la remarquable conservation du sarde et de l'espagnol s'expliquerait ainsi pour une large part par des raisons ethnographiques préférables sans doute aux causes morales. correspond à une région primitivement habitée par une race qui. Lokale Verî^chied. où le latin dut rester longtemps. si complètement assimilé qu'il fût. ainsi qu'en témoignent déjà des noms tels que Hampsicora. s'efforce assez malheureusement selon nous de justifier le peu d'altérations subies par l'espagnol. Tel n'était point le cas en dehors de la péninsule. et on on général. p. Liv. un idiome étranger plus on moins artificiellement appris.. . a fait justice de cette hérésie. d'une façon formelle et définitive'. la popu- somme plupart des peuples italiotes. par lesquels Sittl.. dans les tournures aussi bien que dans la morphologie et le vocabu. 1. Bréal. une langue importée. semble-t-il. qui consistait à voir dans l'étrusque un rameau de la famille italique. pour rendre compte des modifications considérables inaugurées d'assez bonne heure. ainsi que le manuscrit d'Agram en fait foi. C'est ainsi qu'un Tchèque ou un Russe parle généralement mieux l'allemand qu'un Anglais ou un Danois. aux motifs tirés du caractère et des mœurs. Jnnrn. Sav. plus le latin dut s'y conserver pur et homogène. n'étaient guère plus apparentés aux Italiotes. par les populations de la Haute-Italie et de la Transalpine et qui démontrent nécessairement une assimilation plus rapide qu'en Espagne ou en Dacie. Fiemarquons que le plus pur des dialectes italiens. Au contraire. T. trop longtemps défendue par quelques philologues. 218 sq.

que le latin s'est altéré plus profondément dans les provinces qu'en Italie. des \ioiix dialectes italiques. p. I. C'est. avec une désinvolture et une insouciance si complète et si manifeste de la réalité historique le vague et la confusion qui semblent régner de plus latin provincial . puisque c'est un peu aller contre l'évidence des faits de prétendre que le latin d'Italie était plus pur que celui de la Bétique ou de la Provence. En effet. Nous venons d'indiquer brièvement les raisons qui nous portent à croire. . Donc. les origines du latin vulgaire apparaissent sous des aspects tellement différents la chronologie primitive des langues romanes varie tellement de système à système et de théorie à théorie quelques-uns même traitent ces questions. ici encore. que le latin a précisément subi en Italie le plus grand nombre d'altérations. pourtant capitales. on le voit. dans son ensemble et réserve faite des questions de détail. pose en principe que. Aussi déclare-t-il sans hésiter. suivant le point de vue où l'on se place. f. plus le latin s'étend loin de son berceau primitif. . On conçoit combien les divergences de vues qui séparent sur ce point les philologues sont préjudicial)les aux progrès de la science et combien il serait souhaitable que des recherches plus approfondies fussent entreprises en vue de résoudre définitivement ce problème essentiel de la philologie romane.§ 5. ainsi que Va déjà remarqué Windisch. — 1 i — laire. la thèse de Grober. poursuivant jusque dans ses dernières conséquences son idée quelque peu préconçue du polydialectisme du latin vulgaire. nous sommes convaincu que le dialecte celtique de l'Ager gallicus de Pisaurum par exemple ne différait pas énormément des dialectes de l'Ombrie ou du Picénum j'entends des dialectes parlés. s'il est permis de tirer une conclusion quelconque du très maigre matériel épigraphique que nous possédons à cet égard.okale Versch. et il n'en pouvait du reste guère être autrement. Pour notre part. . plus il doit forcément s'altérer. Grundriss. 43. une théorie diamétralement opposée sur ce point à celle de Sittl qui. Malheureusement les arguments présentés par Sittl sont fort peu convaincants. avec la plupart des romanistes. en l'appuyant toutefois d'arguments ethnographiques plus encore peut-être que d'arguments chronologiques. 304. non de l'ombrien littéraire que nous ont conservé par exemple les Tables Engubines et par conséquent du — — de ces régions. nous acceptons. p..

Nous croyons interpréter exactement la pensée de Sittl en déclarant tout directement que. particulièrement des régions du nord. cf. points de vue. en plus à cet égard dans les esprits les plus éclairés et les plus méthodiques à d'autres. cit.. à la base du latin vulgaire et — comme élément l'Italie. non de Rome ou du Latium. p. à la j'ai façon du diable. ombr. sur toutes les inscriptions disséminées à travers la péninsule. 11 constitutif essentiel. en pays ombrien. dese7i-. en falisque. aux provinces ensuite Sittl s'attache au contraire à montrer que la plupart des particularités du latin vulgaire sont parties. il arrive à démontrer. le latin provincial de y voit. qu'enfin elle s'est lentement étendue à toute l'Italie.. et qui n'est en 7msticitas. comme idiome parlé général. . 4 sq. p. de l'Ombrie. Aussprache der lai. le latin vulgaire est parvenu à se faire nier. qu'il n'y a vraiment pas à s'étonner si. Le véritable mérite de Sittl est d'avoir reconnu. refaisant avec un rare bonheur l'histoire de la diphtongue ae et suivant pas à pas. non plus avec Auguste Fuchs et Seelmann. kale Verschied. dès une époque antérieure aux Gracques.. C'est ainsi que. il nous parait indispensable d'esquisser tout d'abord quelques vues générales sur l'ensemble du problème. V° partie. le « Volkslatein » du Latium proprement dit. avant d'étudier en détails sur quelques exemples l'évolution historique et la propagation des phénomènes du latin vulgaire. 38. c'est qu'en capénate. . le langage parlé de Rome somme pas autre chose que la étendu peu à peu.') — ^ (). kvestur à C(3té de et des environs. cf. principalement op. Sprache. que de là elle a gagné Rome à peu près vers le temps de Lucilius. du Pisaurum. la question vaut du moins la peine d'être examinée et. Einleit. Lamennais disait que c'était la grande force du Démon : bien peur que ce ne soit la grande faiblesse de la philologie romane. à l'Italie d'abord. si quaerô est traité dans les langues romanes de la même façon que decem. 11.. que la monophtongaison est née dans le nord. Quoi qu'il en soit. de l'Ager faliscus. mais des provinces le plus anciennement conquises et latinisées. en ombrien les deux mots avaient déjà un vocalisme identique. la propagation de la monophtongue <? qui peu à peu lui succède.— 1. prennent des pro- portions telles. p. Lo§ 6.

c'est surtout le peregrinitas italica contractée par le latin durant ce long voyage à travers la péninsule qu'il convient avant tout de reconnaître à la base du latin vulgaire. ce n'est pas seulement l'ancienne rusticitas latina apportée dans les diverses régions de l'Italie par les premiers colons romains. de?' Versamml. deiitsch. 1889. c'est aussi et. pélignienne.i< (i. Los premiers empiétements de Rome et du latin sur les territoires italiques commencent à peu près avec le vr siècle avant notre ère or. ce fut au moyen des milices italiotes et de colonies détachées de toutes régions do la péninsule. tant s'en faut car il est évident qu'il fallul encore nombre do généi-ations avant (|uo maines et Le latin s'est : . picénienne. . altérée de mille farons pendant de longs siècles par de l'Italie. après Hannibal. p. d'en faire des terres ro- de la Méditerranée sa mer propre. si ce sont les les aigles romaines qui conquirent le monde. nous n'hésitons pas à considérer le latin provincial d'Italie comme la source presque exclusive de toutes les manifestations linguistiques attribuables au latin vulgaire de l'Empire romain c'est là. la langue latine a été parlée. transformé. aussi sommaire do ce primitif latin provincial dont il a si bien compris la nature. Tant les masses si diverses des populations italiques et que. donc développé. Pour notre part. Pour résumer d'un mot la thèse soutenue dès 1889 par Sittl au Congrès de Gorlitz. On ne doit pas oublier qu'avant d'être portée par les légions au delà des frontières italiennes. marse. PIiiloL. osque. c'est dans la prononciation Sabine. mais dont il parait n'avoir pas tiré toutes les déductions désirables au point de vue des langues romanes. modifiée. mare nostnim. disons le mot. et c'est dans ces dialectes qu'il faut rechercher les premiers germes de cette forme nouvelle de la latinité. 385-92. falisque qu'il faut chercher la cause première dos langues romanes. . ce n'est guère qu'au 11°. — qu'il H) — no s'agit point des provinces situées on dehors nous croyons donc pouvoir accepter sans restriction la théorie poljdialectale de Sittl et même nous regrettons que l'éminent latiniste se soit contenté d'une esquisse. Verhandl. volsque. altéré en Italie durant une germination de trois à quatre cents ans avant de parvenir aux autres provinces de l'Empire c'est là incontestablement une avance énorme prise par le latin d'Italie et qui très certainement n'en resta pas là. bernique. qu'elle s'occupe sérieusement de : coloniser et do latiniser l'Europe. cf.

I. Grober. bon y a peu de phénomènes du latin vulgaire qu'on n'ait gré mal gré. à quelques menus emprunts de mots ou de consonances. Gramm.. dès qu'on a franchi les limites de l'Italie. xir sq. 41 sq. à l'expansion du latin.. tout change subitement c'est un revirement complet. Miind. — chronologie du latin vulgaire. tout en recon- naissant lui-même que la prononciation latine dut forcément subir dans les diverses provinces de l'Empire l'action de la MOHL. I. avaient admis une cerinfluence exercée sur le latin par les dialectes ita- mais en général les romanistes s'accordent. Arch. taine liques . plus récemment W. des Ombriens ou des Marses. en volsque. dès qu'on se trouve sur terre celtique ou ibérique. l'altération naturelle du latin dans la bouche des Falisques. en ombrien. à restreindre cette induence à des proportions inlimes. Schuchardt.. d'autres encore. devient à l'égard du gaulois ou du turdétain une sorte de douce confiance ou d'enthousiasme exagéré. particulièrement p. l'Espagne.. et 86 I. sq. Au contraire. spéciales aux patois locaux de l'Italie moderne.- 17 ~ . (1855). Sprachf.. Vokal. 2 . C'est surtout le gaulois et les anciens . les nouvelles provinces. vergl. l'Afrique. en sorte qu'il faut positivement un étrange attachement à des idées préconçues pour nier plus longtemps l'identité de ces phénomènes. en falisque. avec un ensemble rare.. dialectes celtiques qui jouissent de la faveur des philologues et essayé. d'expliquer par quelque influence celtique. Etym. Meyer-Lùbke. Diez. presque contrainte et comme gênée qu'on éprouvait à l'égard des langues osco-ombriennes.. déjà Wentrup. Comment dès méconnaître que le latin vulgaire est essentiellement sinon exclusivement un produit italique. vement que lectes la on constate effectiplupart des traits caractéristiques du latin vul- gaire trouvent d'indéniables analogies dans les anciens diade l'Italie.^ 0. Dans un article considérable sur les sources du lexiil que latin. Lat. puis la Gaule. Lex. Sophus Bugge. Zurneap. le résultat d'une sorte de compromis entre le sermo lors rusticus du Latium et les dialectes locaux qui en étaient le d'ailleurs si voisins par les formes autant laire ? que par vocabu- Si l'on entre dans le détail des choses. plus tard la Rhétie et les pays daces fussent assez profon- dément romanisés pour prendre à leur tour une part réellement active à la vie. III.. Zeitsch. 35. § 19. et la réserve extrême. Worterb. Certes.

a montre'^ combien il est faux et dangereux de rechercher dans le latin vulgaire un pareil amalgame d'éléments étrangers. dass die romanischen Sprachen vielmehr als Produkte aus mehreren Faktoren. - IS - phonétique indigène.— als Mischsprachen gelten. viel zu gross bemessen worden. in denen : das lateinische Sprachgefiihl ganzlich erstorben sei ». le latin vulgaire était-il le même . et intangible C'est là en effet le problème capital. Keltisten. Il dit notamment. En écartant les traces si nombreuses et si indéniables du latin archaïque ou en ergotant à leur sujet. 162. 41 « Der Antheil der auf dem Boden der romischen Provinzen neben dem Yulgaren Latein gesprochenen Sprachen der Eingeboren oder Eingewanderten an der Herausbildung der romanischen Sprachen ist von Gràcisten. On conçoit d'ailleurs fort bien pour quelle raison les § 7.^ 7. Miiiller und H. und ist sogar nach populàrer Ansicht derart. dans le latin vulgaire une manière de lingiia franca formée d'éléments hétérogènes arrachés à toutes les langues de l'Empire. en niant les influences manifestes des anciens idiomes italiques ou en leur abandonnant pour insignifiante. p. On voit effet où conduirait fatalement une semblable méthode si elle à la restaus'introduisait définitivement dans la science en : ration d'une des théories les plus malheureuses de Pott qui voyait. romanistes accordent avec une bienveillance marquée leurs sympathies à la théorie des influences celtiques c'est que cette théorie permet de rapprocher les origines du latin vulgaire. Gerraanisten und noch von Max. Elem. et de cette manière se trouve sauvegardée. à peu près de notre ère. in den huigob. puisque l'action des dialectes celtiques ne saurait être raisonnablement regardée comme etïicaco qu'après la conquête de la Cisalpine auii'-" siècle et surtout pendant la romanisation : — de la Transalpine. p. einem unkraftigen Lateinischen und einem oder mehreren zerstorend wirkenden Fremdsprachigen entstanden. on latin vulgaire la forme une place parfaitement arrive ainsi à resserrer la chronologie du dans un très court espace de temps. Gesctzen. pleine et entière. la question première entre le ii*^ et le iv° siècle : de la philologie romane . Roman. Steinthal ausserordentlich gross. la doctrine fondamentale de la philologie romane actuelle. le dogme essentiel l'unité du latin vulgaire.

presque insurmontables.. se rapportent tout au plus à l'emploi de certains mots. de certaines tournures de phrase qui sentaient le terroir et que raillaient les puristes de la capitale. qui était Espagnol. k savoir.. répandu dans un empire colossal et propagé durant de longs siècles parmi les races les plus diverses. que le latin variait d'après les lieux et les temps.. y. ou que l'empereur Hadrien. Hist. ait pu arriver jusqu'à la période romane sans contracter de très profondes et très multiples particularités locales. nous ne nous figurons même pas que le latin vulgaire. lalinitas et regionibus muiatur et temporel mais ici encore il ne s'agit que de la langue littéraire et ce passage. vérité déjà constatée par Cicéron. que présente la soluiion de cette grave question et. croyons-nous.. que les écrivains africains ont un autre style que ceux de la Provence ou de Rome et que la conversation littéraire n'était plus sous Auguste ce qu'elle avait été du temps de Névius. il ne faut point trop prendre à la lettre ce que nous disent les écrivains anciens des singularités linguistiques propres à telle ou telle province. et bien entendu le latin littéraire. T. Epist. autrement qu'il Rome ou en Italie. Sans doute.. trop souvent interprété à tort. Hadr. Saint-Cyprien nous dit bien. 25. cela signifie simplement qu'en Afrique ou en Espagne on prononrait le latin. 56.Aug.dans toutes les régions de l'Empire ou était-il dès l'origine morcelé en dialectes ? On ne saisit pas tout de suite les immenses difficultés. Le reproche de pataviiiité que Pollion adressait à Tive-Live ou celui de préncstinité que Lucilius faisait à Vectius. Sept. De véritables particularités dialectales du latin vulgaire d'Afrique ou d'Espagne il n'est pas question. 3. ihid. d'après un passage cent fois cité de Quintilien. ait fait rire le Sénat lorsqu'il prononça son premier discours. De la langue vulgaire il n'est toujours pas question et. 19. cf. tout le . L'éci'ivain chrétien veut simple- ment dire que même la fière langue romain'e est sujette aux changements et qu'elle n'est pas plus à l'abri des perturbations que le rocher du Capitole. habitués que nous sommes à comparer les faits du latin vulgaire à ceux que nous observons chaque jour dans toute langue vivante normalement développée. à part les grammairiens qui ont la bonté de corrio-er rà et là les fautes des ignorants. ne nous apprend rien que nous ne sachions depuis longtemps. Que Septimo Sévère ne se soit jamais débarrassé de son accent africain. Sev.

Voilà certes une raison ingénieuse mais comment l'accepter sans sourire ? Ce qui est infiniment plus significatif.i. Elles montrent en effet entre elles et par-dessous les altérations apportées à chacune d'elles par de longs siècles d'indépendance et de développement libre. que le morcellement dialectal ne s'est sérieusement dessiné qu'à partir de la période romane. Recherchant ensuite les causes de cette uniformité de l'orthographe épigraphique. on n'en parle pas plus que d'une tare ou d'une chose vile. à peu d'exceptions près. personne n'a jamais écrit consciemment en latin vulgaire. I. 4: Mit dem romischon lern aller : : <* . à peu près les mêmes parti- un morcellement dialectal proprement dit. p. de parti pris. ce sont les langues romanes. il croit en trouver l'explication dans l'instabilité des populations de l'Empire romain et en particulier dans ce fait que probablement les graveurs voyageaient « beaucoup Die Schreiber und Steinmetzen mochten viel in der Welt herumkommen ». Vorlrsungen. lorsqu'il déclare que « Dièses (das rustike Latein) erscheint auf den Denkmiitoutes ces inscriptions. cularités de langage et ne dénoncent en tout cas jamais même les plus chrétiennes. 92. a donc commis une grave confusion de termes dont son ouvrage entier se ressent. prétend Tignorer. — 20 — monde. dans toutes les provinces de l'Empire. Il n'y a pas davantage à s'inquiéter de ce fait que les ins- criptions latines présentent. ont la prétention — — . 7. Gegenden eigentlich immer als ein und dasselbe >i. une histoire primitive en général uniforme et homogène. c'est-à-dire après l'extinction du latin vulgaire proprement dit pour nous en tenir à l'excellente définition de ivoisig. ici encore. ce n'est pas en réalité la langue vulgaire qui est en jeu et incorrectes des épitaphes nous verrons tout à l'heure jusqu'à quel point cette prétention est légitime de représenter la langue littéraire car. VokaL. particulièrement le vocalisme. C'est que. Il semble donc que l'on en doive forcément conclure. Schuchardt. Quant à la phonétique. absolument comme aucun de nos écrivains ou de nos érudits français du xvii" ou du xviii" siècle ne s'est jamais abaissé jusqu'à s'occuper des patois rustiques. elle présente en somme pres(|ue partout. à part des cas particuliers et des exceptions de détail plus ou moins nombreuses. une incontestable unité de formes et de structure grammaticale ou syntactique. comme on l'a dit avec raison.

des théories de l'éniinent latiniste. Miodoriski. si sobre et si claire Il — de Sittl ont. Petron. Mais est-ce à dire que toute autre spéculation sur le latin vulgaire doive nous être interdite. 146 sq. nalun natiirlicli auch dessen Sprache als lebende Volkssprache ihr Ende ». il faut bien l'avouer. Allert. Que le latin vulgaire nous est directement à peu près inaccessible. Forsc/i. Wiener Stud. au moins dans leur généralité et à condition de ne pas faire une loi absolue do ce qui n'est qu'une règle ordinaire. W. mit welchem die Latiein t. p. personne depuis Ullmann. das unter den Stûrmcn der Volkorwanderung und deren Folgen uiiterging. Il y a donc lieu de s'étonner des dénégations persistantes et positivement excessives formulées à maintes reprises par Sittl contre la théorie de l'unité. . que toute investigation indirecte sur ce domaine immense doive forcément rester infructueuse et qu'elle ne puisse en aucune façon sortir du champ des hypothèses fantaisistes? Surtout est-il admissible que les conclusions déduites avec tant de rigueur et de précision de l'étude scientifique des langues romanes soit en réalité sans valeur et que leur témoignage quant au latin vulgaire doive à priori être récusé à la manière d'un testamentwn fictum? Ce serait nier tout entière. et Friedlander. a en somme un peu gratuitement le trouble et le doute dans les esprits. rejeter ses la philologie méthodes les plus sûres. 278 sq.— '21 — § 8. quant au reste. Roman. nous ne le savons malheureusement que trop. d'une telle évidence qu'il est impossible do les méconnaître. Telle est effectivement la conclusion k laquelle on est tout d'abord amené par l'examen purement documentaire de la question.. n'a jamais eu l'idée de mettre en doute la haute valeur de ces textes. âge. porté juste et nous avons eu le regret de constater que.. Les faits sont.. y a néanmoins un point sur lequel les critiques croyons-nous. Forster. XIV. Vil. et sa phrase fameuse : « Das Vulgarlatein. Fortsch. cf. jeté LXVIII. dans sa réfutation. 226-240. et quant à l'importance exceptionnelle de Y Appendix Probi et du Co7iuiuiwn Tinmalchioiiis au point de vue des vulgarismes. klass.. Einl. Volke. ist Phantasiegebilde ».. nisten operieren. professer un scepticisme digne du jésuite Hardouin qui prétendait que les textes de nos classiques étaient l'œuvre des moines du moyen § 8. Jahresb..

Lf. 09 _ Arcliiv Ldt.i VIII. Il s'agit de ces reconstructions. 15. Sittl . aussi cAcer.i< <S. ce qui est possible sinon absolument prouvé'. Toute forme romane est ainsi ramenée.. Il ne s'agit point. sans réfléchir que * cucûta. peut-être ombrien cihceda. Eug. d'un caractère scientifique en apparence. le plus souvent même sans nécessité. une loi générale et absolue qui régira dès lors toutes les formes similaires dont on voudra bien gratifier le latin vulgaire. S'il est tentant de jongler ainsi à plaisir avec dos lois clii- 1. semble-t-il. nous venons de citer. 146 sq. de cuciirbita et autres noms de plantes. à un prétendu prototype vulgaire reconstruit de toutes pièces avec plus ou moins de bonheur suivant la pénétration ou l'expérience du philologue. Sittl aurait certes pleinement raison de les taxer de haute fantaisie. dont on prétend enrichir le vocaijulaire du latin vulgaire et dont on tire tout aussitôt. sur ce point. I/albano-roumaiu cuculd n'est pas forcément une form(> ancienne puisque ci latin iiarile sa valeur gutturale en albanais. III. : enveloppé. / devant /' devient ^^/. encore que leur utilité pédagogique nous paraisse par bien des côtés sujette à caution. l'exemple fùt-il isolé. cïcim.. Le mot roumain peut être emprunté à l'albanais. peut fort bien avoir été amené par l'analogie de cucumis. dans le but d'en expliquer succinctement la formation. bien entendu. ne parait pas. les mots ou les expressions du roman. On a. . _ . Tab. Voilà assurément des tire le cicimandrum procédés peu scientifiques ceux-là. Dans l'article que prend violemment à partie les reconstructions vulgaires dont les romanistes sèment leurs ouvrages parfois avec une prodigalité faite pour surprendre.. qui désigne dans Pline l'arbre dont on cf. de ces primitifs latins purement théoriques par lesquels certains romanistes traduisent membre à membre. l'assimilation inverse dans clci. De certaines formes romanes par exemple on conclut à "cucïita pour ckùta en latin vulgaire et immédiatement on en tire une loi par laquelle. antérieurement à l'altération des gutturales. Ce n'est pas l'emploi de pareilles méthodes qui contribuera d'une façon bien efficace aux progrès de la sciences ni qui aidera à dégager le latin vulgaire des obscurités sans nombre dont il est encore leur rendre justice autant qu'il convient. en supposant que cette forme apparaissait effectivement rà et là dès ré})ûque du latin vulgaire.

tel § 9. que le formulait voici déjà bientôt douze ans un des maîtres de la philologie romane. il est plus séduisant encore d'apporter en apparence l'ordre et la clarté dans les phénomènes les plus embrouillés et les plus confus et d'imaginer une formule gérale qui concilie les faits les plus contradictoires. crojons-nous. des traitements et des pai'ticularités locales dès l'époque du latin vulgaire? C'est ici la grande pierre d'achoppement. dfuis tout l'Empire. modernes dans la périod(3 romane sans plus s'en préoccuper et chacun admire l'unité vraiment merveilleuse qui régnait sous l'Kmpire romain dans le latin vulgaire de toutes les provinces. eines der ersten Erfordernisse fiir's nur Il wo zwingende Grïuide vorliegen. faux contre la justesse de manière de voir. car de l'unité du latin vulgaire en général. on déclare bien vite qu'en latin en hialus après consonne n'était pas encore réduit à -dl. S'agit-il par exemple d'expliquer l'opposition de l'italien orzo et de l'espagnol orzuelo eu regard du provençal ordi d'un côté et du français orge de vulgaire -rt?/- l'autre. lioman. écrivait à cette 2. est on soi-même un principe juste et excellent et qui. Sans doute le principe de l'unité du latin vulgaire. so époque W.')5.— '2'A — ij y. la le tact et l'expérience des linguistes les plus l'importance capitale de ces questions par rapport à l'histoire des langues romanes. mériques et de se donner à soi-même l'illusion de la précision mathématique. recueil contre lequel sont venus se heurter plus cette est impossible de s'inscrire en d'une fois déjà expérimentés. « — Einheit ist. comme nous aurons sans doute par la suite l'occasion de simplicité que les de le faire voir. Meyermeine ich mit AnVulgârlateinische . Lidjke.^ IX. doit rester l'axiome fondamental de toute étude sérieuse sur les origines des langues néo-latines. Ce n'est pas malheureusement. Zfiitsc/i. Mais <lans quels cas et dans quelle mesure convient-il d'en faire abstraction et ((uand faut-il admettre des divergences dialectales. nous le répétons^ on ne saurait raisonnablement douter. avec autant choses se sont passées. Suivant que l'on établira par exemple que le c du fran- . dern. Phil. Dès lors tout est dit on rejette l'origine des formes . puisque On comprend chronologie tout entière de ces langues et par suite toute l'évolution phonétique et morphologique s'y trouvent enga' gées. ist davon abzugehen ». * ordëu ou * ordîu.et qu'on prononçait.

Ling. Hemarquoiis aussi . tout l'enchaînement dos phénomènes phonéti(|ucs sur lesquels elle repose. cf. 87-89. comme le voulait Diez et comme l'affirmait en- core récemment Lindsay. rais ciel a la valeur d'une sifflante seulement depuis le le vil'' siècle. cf. der roman. Il faut. de sauver portugais covo le principe de l'unité. conserve ici une trace d'un morcellement dialectal remontant presque à la période préhistorique du latin. ou enfin depuis y" II" le l'indique W. explique aujourd'hui si lumineusement à côté du vocalisme ordinaire cauos. avait déjà ramené latin arcliaïque roiioin couiii de N'ari'on et le portugais covo ati de Festus. Latin langiiage. Ling. ainsi que paraît d'Auguste poque vouloir l'admettre Michel Bréal. Spr.ôF'. ciieva « caverne ». sans s'apercevoir que ce nominatif. Varron. le vocalisme dialectal coiios. C'est ainsi que le « creux » représente. a dû disparaître longtemps avant que la diphtongue au ait pris la valeur de ouen portugais. der lalein. Gramm. admettre que le portugais. une tendance générale règne actuelle§ 10. Festus s. devra être avancé ou reculé. cf. Altération du c latin. Schuchardt. 151 fransq. comme corrigé d'après la solution adoptée. grec v. 1. ment d'une manière très nette dans les études romanes elle consiste à n'admettre le morcellement dialectal ou pour mieux : — dire les "particularités locales en latin vulgaire celles-ci s'imposent avec que lorsque une irrésistible évidence et qu'il n'y a absolument aucun moyen. Ling. 154 sq. et Gaston Paris. llistor. Lat.. du même coup toute l'histoire de la langue çaise.. Meyer-Ltïbke ou même depuis l'éet antérieurement môme. 135. I.. XXVIII. selon toute probabilité. 257. il est vrai. s'il a réellement été courant en Espagne. C'est devant quoi a reculé W. Mém. etc. Vil. —di\f ou le I. si détourné qu'il soii.. Gramm. § 274. Zeitsch. Spr. V. de même que l'espagnol. remanié. 178.... Une forme * cous n'a donc en réalité jamais existé et n'a par conséquent pu engendrer un féminin cova pour cava\ C'est ainsi encore que Korting. cohwu. sq. Sprachf. 17.. expliquer le vocalisme covo cova comme une extension du vieux nominatif caus. cf... cous. Soc.\l.§ 10. Mém. V. dans cette hypothèse. En somme. Soc. tourmenté à l'idée 1.. depuis comme le croient Stolz. Xoh. que la loi de Thurneysen et Havet. Meyer-Liibke qui aime mieux. vergl.Xo:.

archaïque vieux français al puisse représenter alid pour aliud comme l'admet fort justement Grôber. une méthode défectueuse entre toutes et dont le moindre danger est de faire du latin vulgaire une création purement théorique. Ils rejettent dès lors tout ce qui dans notre matériel du latin vulgaire ne rentre point dans le cadre des langues romanes et quelques-uns vont même jusqu'à enseigner qu'il ne faut accepter du témoignage direct des grammairiens et des glossateurs que ce qui intéresse directement les langues romanes et ce qu'elles confirment d'une manière positive. Neap. auxquels nous ajoutons alis de l'année 27 après J. . ligne 7 qui paraît avoir échappée jusqu'ici aux romanistes en quête de glanures épigraphiques ? Il y a des auteurs qui poussent si loin le scrupule ou le septicisme qu'ils semblent se refuser k accorder au latin vulgaire d'autres formes que celles qui sont dûment attestées par les langues romanes. Orelli. Vulgar- lat. la méthode des reconstructions est pleinement justifiée. Latehi. -aie. Tout le reste doit être mis au rancart de la science comme un rebut suspect et sans intérêt. Car c'est bien là plus ou moins le but conscient ou inavoué de la plupart des romanistes. croyons-nous. II. 6011. Que deviennent dès lors et le vers de Ca- Nachtrag. Insc.-roman Worterb.que le -25 — le latin ^10. l'inspiration bien malheureuse. à titre de pis aller. pour la philologie indo-européenne par exemple qui.. QQ. C'est là. difficile malgré son n de séparer de covd portug. Siibstrate. comme l'a fort bien remarqué Sittl tous leurs efforts tendent à extraire des langues romanes une Ursprache générale dont les prototypes expliquent tous les dérivés romans.-C. kovi. à notre sens. 2633. est bien forcée de faire tulle. « cuiller ». cf.. II. n" 390. Regn. sur une inscription d'Asturica Augusta (Astorga) CIL. il faut l'avouer. non fortins ausit alis et le passage connu 133 Putsch. une sorte de Urromcumch tout idéal et dénué de tout fondement historique. oieva esp. p. de supposer un primitif *«/e^ d'après les adjectifs en -âlis. v. 783. 2488. a tout à coup. .. alb. quelles que soient leur variété et les différences chronologiques qui les séparent.. . 28 : Qiio de Charisius. en l'absence de toute espèce de sources directes. s. tiré sans doute de Julius Romanus (iif siècle) et les exemples épigraphiques. en italien cnvo « tanière » qu'il est. Sans doute.

les relatif qui.ii 11. dé- « Eme Einwirkung von huic als kaum wird » von anil- oiner Form. Phil. Rien n'est plus faux ni plus dangereux. p. comme elles en sont effectivement sorties dans le passé. dès les années 1887-88. et s'enfermer dans la tour d'iet . 151. die iibcrall aufgegeben erscheint. déjà si insuffisantes. jusqu'à un certain point. Dans la philologie romane. Mais faire un choix arbitraire parmi nos sources directes. lorsque nous travaillions avec Arsène Darmesteter en qualité de secrétaire. III. que do déduire le latin vulgaire des langues romanes ce sont au contraire les langues romanes qui se déduiront d'ellesmêmes et tout naturellement du latin vulgaire. Les premiers exemples de montrent sur les inscriptions dès les premiers vraisemblablement derrière elles est-il croyable que. le regretté professeur de la Sorbonne attribue le datif vulgaire illai uniquement à l'analogie de cnï et écarte complètement hiitc hin du système vulgaire. C'est ainsi que. une fois que le latin vulgaire nous sera entièrement connu comme idiome historique. acceptant ainsi sans réserve la qui fait autorité en philologie. sq. Il faut que l'étude du latin vulgaire reste avant tout une étude Jiistorique et archéolor/iquf capable d'appuyer. c'est renoncer d'avance et de gaité de cœur à gaire. genommen werden lin illûius se diirfen. par des faits réels et des données exactes. les résultats obtenus par l'interprétation scientifique des langues modernes. voire des spéculations théoriques et des reconstructions. dès encore considérable plus un passé de la langue courante disparu moment. - -26 - abstraction de toutes données historiques ou chronologiques et de se contenter de spéculations de pure théorie. hic ait ce le pronom siècles de notre ère et ont : . Zeitsch.. • — Le démonstratif ille et le Mélanges Renier. en même temps rien n'est plus superflu ni plus oiseux. la connaissance du latin vul- i^ 11 Nous avons eu maintes fois l'occasion. clarait textuellement que : Rom. de constater les imperfections et les dangers de cette méthode.. dans thèse de Tobler qui. en 1879. mais uniquement comme complément ou comme illustration des documents fournis par l'interprétation histo- rique et critique des sources directes. indispensables. elles sont même. c'est fermer à jamais tout progrès à la science. les reconstructions ont aussi leur utilité. 159. dans un article .

de bonnes raisons pour la croire exacte pour quelques provinces: mais encore faut-il le démontrer avec preuves à l'appui. des M. Dans la Bétique. C'est seulement dans certaines contrées. Déjà chez Lucain. il en fût déjà ainsi ? La chose est possible. II. n'attestent-elles pas le contraire? Si. pour hûius. des environs de Lisbonne p-. sur une pierre d'Aramenha.. 1 1 langues romanes elles-mêmes. 266. Ainsi on Lusitanie il y a deux ou trois exemples du nominatif: hic-mvnimentvs CIL. provenral lio.is attestent que hic est à cette époque sorti de l'usage général. 20.. o ou le français ço par exemple. dont le style nettement local doit nous être précieux entre tous. Obermeier. mais nous n'avons relevé dans cette région aucun exemple ni de Jniïc ni de hûius. en Espagne notamment. Uebimgsb. Le pronom is éius el de même montre en Espagne plus de vitalité que dans les autres provinces où il paraît s'être de bonne heure confondu avec hic hûius hin[c). particulièrement à ille et iste ipse. 15. les Gloses de Reichenau. au viii^ siècle. 332. . Il. si on voulait se donner la peine d'étudier le véritable état des choses en latin vulgaire. sept siècles auparavant. ainsi que le reconnaîtront sûrement tous ceux qui ont lu avec quelque attention le tome 11 du Corpus. que ]dc cède effectivement de très bonne heure la place aux autres démonstratifs. . Le pronom //jse apparaît de son côté au lieu de hic ou ille avec une fréquence particulière et très caractéristique sur les inscriptions d'Espagne: EXTESTAMENTO-iPSivs CIL.. dont la colonisation remonte à une époque . — les -11 — le . on se persuaderait aisément que hic était au contraire en pleine vitalité précisément dans les régions et au moment même où illul illâius pénètrent dans la langue vulgaire. Celui-ci au contraire ne figure que rarement sur les titres privés de la péninsule ibérique. croyons-nous. pour haec-signaIioc niomimentum. en Lusitanie. Au lieu d'affirmer à priori que hic était déjà tombé partout en désuétude au moment où apparaissent illiiï illûins. et pour notre part nous avons même. 159. I. p. est-ce une raison pour que. ibid. où illul illûins ont toujours été inconnus. Fœrster-Koschwitz. Sprachrjebr. 834: Ab his : ab ist.i. Annaeiis lAicanus. remarque que iste « hat die ûbrigen l)emonstrativa geradezu verdrangt » et nous ajoutons qu'il c'est un trait en est à peu près de même chez Sénèque nettement accusé du latin d'Espagne.

W. sur la très curieuse table de marbre d'Émerita. peuvent jusqu'à un certain point donner l'illusion de la rigueur scientifique. ce qui est inexact quant à cii't cûius qui. à savoir si ce n'est pas précisément illin qui a contribué à maintenir nù en roman cai'on ne devra pas oublier . teter. bien plutôt liées à l'emploi du démonstratif huïc hûius qu'à celui du relatif cui\ Tels sont les faits fournis par l'étude historique et critique du latin vulgaire ils aboutissent. comme nous l'avons dit. II. par la suite. p. En Tarraconaise au contraire. comme on le voit. ibid. est indépendante de l'apparition deilluî illûius en latin vulgaire. déclare Espagne le datif cui est inconnu et . De plus. illuî lui que l'extension de . 1949. on le voit. comme ces reconstructions purement théoriques. 4587. cit.ivssit-hvic CIL. 154. — avec désinvolture qu' « en de même le datif lui ».. ne sauraient davantage avoir de chronologie bien précise. et il faut bien dire que les procédés employés. vrai. à en juger par ce qui s'est passé en Espagne. D'un autre côté Darmesce datif est absolument sporadique. 1. II. ^^ 1 sq. tout artificiels qu'ils sont. c'est une question qui intéresse la période romane et qui. sans être peut-être très fréquents. à des résultats diamétralement opposés à ceux des théoricians du latin vulgaire. — -28 — beaucoup plus ancienne. en Lusitanie. puisqu'elles s'efforcent de ramener toujours toutes les formes romanes à un prototype vulgaire unique.. existent néanmoins dans la péninsule entière: cviivs CIL. Meyer-Liibke admet à présent que hiû(c) et cul ont simultanément exercé leur action sur le pronom il/e. resserrer leur apparition supposée et tout l'enchaînement de faits phoné§ 12. — dépasse infiniment celle de cul et que sa vitalité est partout beaucoup plus grande. 1952.§1-2. op. Les méthodes actuellement en usage ont. et de même 1951. C'est un sujet sur lequel nous nous sommes d'ailleurs étendu ])lus longuement dans notre ouvrage sur Le (jinplc roinaii lui : Ici. c'est-à-dire dans toute l'Espagne centrale et septentrionale. sur un titre privé de Barcino (Barcelone) cviYS. Il y aurait aussi à examiner l'hypothèse inverse. il est l'immense avantage de respecter fidèlement le grand principe de l'unité. huïc est encore conservé et nous le relevons sur une série d'inscriptions privées provenant de Cartama: poni. 462. n'ayant point en réalité d'histoire. 1940 et quelques autres. . Ces dernières formes sont. Quant à savoir pourquoi la langue espagnole a. on peut. renoncé à cul conservé en français et en italien.

ce n'est pas la première fois que les philologues ont. la preuve que les germes au moins de la prétendue maladie remontent beaucoup plus haut que le i"'" ou le ii" siècle de notre ère. Il faut seulement s'étonner de voir un latiniste aussi érudit et aussi expert. tiques qui en dépendent sur un très petit nombre d'années. comparé l'apparition du latin vulgaire à une maladie. on prétend par là non seulement à resserrer établir la parfaite unité de l'idiome général de l'Empire. 254 sq. 497. que W. constatés. le résultat d'une sorte de désagrégation spontanée et universelle du latin littéraire. Lat. Lex. à une lèpre spéciale contractée tout à coup par la langue cicéronienno Sans doute il y a dans le latin vulgaire un certain nombre de ! manifestement hérités du latin arles dissimuler ou de les nier dans reconnaître ces loin de archaïsmes mainte fois déjà mais. et de fait. que l'on arrive.. en restreignant aux proportions influences de simples survivances sporadiques les des vieux dialectes indigènes contemporains des colonisations.. vergl. notamment ylrc/«'y. dans cette conception. Zeitach. XXX. de la façon la plus sérieuse du monde. c'est précisément parce que la philologie du latin vulgaire doit être . Ce n'est 1. s'élève avec raison contre les reconstructions et les méthodes théoriques chères aux romanistes. cf. encore infiniment trop modérées à notre sens..— Le --^î» - . premières l'avons vu. contre les concessions. Il est juste de reconnaître d'autre part que Thurneysen.^ 12. Sprachf. Le but que l'on se propose est clair. Seulement. C'est en faisant ainsi vulgaire la part aussi petite aux éléments archaïques du latin que possible. latin vulgaire devient. mais encore expliquer cette unité même et montrer que la langue vulgaire était trop jeune pour avoir pu se diviser dès l'époque impériale en dialectes nettement caractérisés. un linguiste aussi autorisé et aussi compétent que Thurnejsen s'inquiéter et protester à maintes reprises. on s'obstine à les considérer comme des formes isolées. ainsi que nous sur deux ou trois siècles tout au plus l'histoire presque entière du latin vulgaire. IV. des cas tout à fait sporadiques emportés dans le courant de la langue moderne à la façon de ces débris de tissus nécrosés entraînés par le sang au milieu d^s forma- mots et de tournures chaïque qu'il est si impossible de : tions néoplastiques. Meyer-Liibke s'est enfin décidé à faire dans ces dernières années en faveur de l'antiquité du latin vulgaire'.

c'est d'être pourtant pas sans do sérieuses raisons que l'émincnt professeur de Vienne s'est engagé dans cette voie et nous espérons montrer que. y a un reproche à lui resté beaucoup trop en deçà de la vérité. avant tout une science expérimentale et historique qu'on n'a pas le droit de repousser à priori toute investigation dans le passé de l'ancienne langue latine et toute spéculation sur les rapports chronologiques de ces faits anciens avec les faits romans. — s'il :]() — adresser.î. 12. .

Ee vieux latin dialectal de l'Italie et les langues italiques. morphologie. .' 13-18. Examen critique des (Iiéorics miKlernes Poil el la iuiqun francn .. a passé en revue avec un soin minutieux et en les soumettant le plus souvent à une critique rigoureusement impartiale. Zeitsch. .II COUP DIKIL GENKllAL SlIK LKS OllIGINES I'. I. g^' J9-21.î§ 22-23. Le latin dans les . Fiielis et le Volkslntein .T LK HKVKLOl'PEMENT nu LATIN VlILCAIliE Sn. syntaxe.MiMAiiiF.'. 1. toutes les idées émises à l'égard du latin vulgaire depuis Leonardo Bruno au xv*" siècle jusqu'à la publication de son propre livre. Orig. 31. Caractère artificiel de Jî l'unité linguisti(|ue de l'Empire. de la Messapie. la théorie de Max Bonnet et les rapports dn latin vnlgaire avec la langue littéraire. influences des dialectes italiciues sur le latin littéraire. Des hy- pothèses nombreuses ont été formulées à ce sujet et il v a peu de questions en philologie qui aient suscité des vues aussi diverses. a du moins l'avantage de montrer les conditions tout à fait spéciales dans lesquelles .*. Nous n'insisterons donc point sur ces anciennes théories et nous citerons uniquement pour mémoire. dans deux passages d'Isidore de Séville. La romanisation des provinces. — . XII. des théories aussi multiples et aussi contradictoires. 27. vergl. à quelle époque et dans (|uelle mesure cette unité a été réalisée par la langue. vient en réalité de se représenter Tniiité du latin vult^^airo et — de rechercher de quelle manière. comme étant la plus caractéristique et la plus oi^iginale. — : Il est temps de nous demander comment il con§ 13.* — — — . 7. Spraclif. — . Persistance des idiomes barbares exemples de l'Espagne.' provinces les prétendues langues mixtes. vocabulaire. 31. de l'Etrurie. la latinisation des provinces : . le latin des inscriptions. Cette théorie. celle de la lingua frama proposée par Pott. tout insoutenable et inexacte qu'elle est. Influences des *^g idiomes barbares non italiques sur le latin des provinces influences celti(|ues. déjà en germe comme le remarque Schuchardt. 1 et IX. 1G2. . Jordan et le latin municipal. dans l'introduction de son ouvrage. 24-26. 28-30.. la peregrinitas italira . Schuchardt.

les déportations partielles par exemple celle de la population virile de la Rhétie.5. 38. Balbo. XLl. MuciusScaevola (94 av. les les envois et les rappels reil centralisateur mariages militaires. Dans Anm. Grober. 14. J. cf. Ausspr. 37 sq. zur Folge gehabt haben konnen. Liv. Liv. LIV. et de Seel- mann. 55 — La théorie de Fuchs. par exemple celle des Apuens de Ligurie en Samnium au ii* siècle av. cf. Les perpétuelles transloca- échanges fréquents entre les populations coloniales. particulièrement p.. Liv.. Lat. entravèrent puissamment son morcellement dialectal et entretinrent artificiellement son unité. la participation des populations indigènes aux colonies latines. connubii. les émigrations en masse et l'inscription d'étrangers dans les colonies nouvelles. 9. hors de leurs patries d'origine. les tions. 14. p. l'extension du ius. enfin tout l'appade l'administration romaine sont autant de facteurs essentiels qui. l.. reusement pas plus concluante.-C. Sprachen zum 11. li. cf. J. la répartition après la Guerre sociale des Italiotes admis au droit de cité dans les anciennes tribus romaines et non dans de nouvelles. Licinius Crassus et Q. Vlïl.. Mais de là à admettre avec Pott la formation d'une langue mixte constituée d'éléments hétérogènes arrachés à il y a loin.... Lex. XL. cf. excepté ceux de la Sardaigne. remarque de son côté que « Nur eine gleichzeitige Massenromanisierung wiirde eine Sprachmischung. les colonies de vétérans. les déportations en masse. 8. Einleit. 22. l.. Cic. » Nous serions donc en réalité loin de l'unité tous les dialectes des provinces. des Latein.-C). dans Arch. n'est malheuil cette conception. Pro Corn. développé le latin ^'^ il s'est de l'Empire romain et dont est im- possible de ne pas tenir compte lorsqu'on s'applique à retracer l'histoire de la langue vulgaire. Dion Cass. 43. Sprachquellen wid Wortq. Lat. et l'on reconnaîtra aisément qu'un semblable mélange en tout cas ne pourrait jamais aboutir qu'à l'indétermination et au chaos. in ihrem Verhdltn. faut . puis l'expulsion et le rapatriement de ces éléments étrangers. en facilitant la propagation du latin dans toutes les régions de l'Empire. en vertu d'un décret des ^consuls L. en vertu de la loi Sulpicia abolie par Sylla puis rétablie par Cinna. cf. de colonies. l'usage de faire servir les auxiliaires. Die roman. attestée par le latin vulgaire. l'admission des Italiotes puis de toutes les nations de l'Empire dans les légions..

la question devient aussitôt infiniment moins compliquée et l'on se trouve en présence d'un système à deux degrés au lieu de trois. ce qui. à notre sens. c'est-à-dire en somme langues naturelles des populations facilement et si romanisées. aux besoins des communications extérieures l En tout cas ces dialectes locaux auraient laissé après eux des traces sans doute plus considérables que les prétendus vulgarismes relevés çà et là par l'épigrapliie ou exceptionnellement conservés par les langues romanes. outre blème de ce genre. dans un proprévaloir sur les soi-dlsants dialectes locaux. le Volkslatein aurait pu Remarquons en que les expressions Volkslatein et Vulgarlatein. Il restera seulement à fixer les limites et les rapports exacts MoHL. Si. un Volkslatein général qui ne serait autre que le latin parlé originairement par la plèbe de Rome et les rustici du Laiium. semble-t-il. de région à région et presque de ville à ville. en Lusitanie par exemple. d'un caractère uniforme. sont assez mal choisies. car elles sont par elles-mêmes peu claires et ne répondent pas directement à l'idée qu'elles sont sensées exprimer. dans des régions reculées et rarement en contact avec l'administration centrale. comme nous essaierons tout à l'heure de l'établir. aune con: ception déjà très proche de ce que nous tenons pour la vérité. 3 . — Chronulogie du laliii vulgaire. C'est la là précisément. car. se soient universellement éteints sous la concurrence d'un idiome plus ou moins con- ventionnel et réservé. au-dessus du Vulgarlatein poljdialectal qui varie de proviuce à province. en tant qu'opposées l'une à l'autre. Les différences dialectales relevées par Sittl deviennent pour Seelmann des vulgarismes proprement dits avec lesquels le romaniste n'a pas à compter. Nous touchons ainsi. par exemple. de l'autre le latin littéraire parlé. comment penser que les si les dialectes locaux. comme une sorte d'intermédiaire entre les dialectes locaux et la langue littéraire. on entend par Volkslatein simplement le latin littéraire prononcé par le peuple. Enfin il est difficile de dire comment. le point faible de théorie. l'idiome parlé semi-officiel de l'Empire.admettre. puisque les langues romanes n'ont ainsi rien à démêler avec les parlers locaux. tin d'une part le laest toujours préférable vulgaire polydialectal proprement dit. en somme le sermo 7'usticiis proprement dit qui se serait répandu avec les légions à mesure des conquêtes et qui serait resté.

VoI. le Vulgarlatcin. reste un idiome nettement distinct et séparé du latin littéraire et audessous duquel et concurremment avec les deux autres. de § 15. 48. à peu de chose près. la théorie à laquelle s'est arrêté Fr. tout en admettant dans son ensemble la théorie de Fuchs. jusqu'à les identifier. dass der Gegensatz zwischen : und Vulgarlatoinisch nicht zu schroff und einseitig darf. il est vrai. une langue distincte de celle des patriciens.. à peu près comme les huma- nistes italiens du xvi° siècle reconnaissaient à la plèbe romaine kal. Schrift- genommen werden festhalten zu diirfen. la la étendu peu à peu à toute Raynouard retrouvait dans le jadis Remania. après Auguste Fuchs.und Schriftsprache zu unterscheiden soi. dans leur pensée. C'est en somme. ils latebi de placent une troisième forme de la latinité. . celui du Latium. que dans l'antiquité la distance entre les classes . C'est ce que Seelmann. tous les dialectes de la langue latine. à l'ancienne conception d'un latin vulgaire général développé parallèlement au latin littéraire et en opposition directe avec lui il se contente d'en rechercher l'origine .. le blâme d'avoir établi des différences linguistiques sur les conditions sociales différentes et il remarque.^ \:y. uni- quement parce que les inscriptions et çà et là les gloses des grammairiens attestent une quantité de formes que les langues romanes ne justifient point. à ce qu'il semble. et il la trouve dans un dialecte prépondérant. dass zwischen Volks. Spr. n"a malheureusement pas essayé de faire. Mit den eben ausgesprochenen Einschriinkungen glauben wir an der alteren Ansicht. Tel est en réalité le VolksFuchs et de Seelmann qui. exactement comme « langue romane primitive » provençal des troubadours. celui du Latium. Schuchardt. qu'il place à la base de son Volkslatein. Il reconnaissait seule- ment entre les deux idiomes une différence correspondant à l'éducation des classes sociales.. p. Stolz dans sa ré- cente Historisçhe « Grammatik der latein. à tort croyons-nous. avait déjà fait ol)server que. était le plus proche nécessairement de la langue classique de Rome mais il n'allait : — pas. loin de là. § 17. Il s'en tient ponctuellement. —aila latinité orale et de ces deux modes de à déterminer rigoules reusement leur dépendance chronologique aussi bien que conditions de leur succession historique.. 23 Nur muss man zugeben. » Fuchs.

a depuis. en 1889. 73 sq. celui oii Sittl. C'est ce lali?i nninicipal qui. qui est la langue parlée de la société lettrée de Rome. Sittl prétend expliquer par son oppidanum geniis dicendi uniquement le langage assez uniforme des inscriptions provinciales. à Cordoue. par prévaloir et aurait ainsi donné naissance aux langues Sittl. qui est celle des paysans et du bas par le . si nous avons bien saisi sa pensée. repris en partie la théorie de Jordan. le véritable latin vulgaire reste. et le lathi rustique. Lokale Verschied. à Rome. à ce qu'il semble. — puis Voppidanum geiius dicendi. commo de nos jours essentiellement caractérisée degré d'instruction. qui place entre le /a/i?i classique. après avoir soutenu. il y a quelques années. un iati?i municipal moitié officiel et moitié populaire. langage déjà passablement incorrect mais présentant à peu près partout les mêmes enfin la rusticitas usitée caractères d'ensemble dans les campagnes et variant de localité à localité. Kritische Beît?\. mais il est incontestable que le niveau intellectuel devait être dans les grandes villes. 2. C'est là naturellement le point essentiel. p. originairement particulier aux villes de province et dont les inscriptions attesteraient l'unité d'ensemble. au congrès de Gôrlitz..-n'était point . : — .. des idées cf. puis au district entier de chaque ville. par Jordan. p. qui est le langage des magistrats municipaux dans les cités provinciales. qui est le latin classique ordinaire parlé par les lettrés et dans la haute société de l'Empire . mais. De toute façon d'ailleurs. la rusticitas polydialectale. non l'illustre auteur du Vukalismus ait pu la formuler seulement il est puéril de constater aujourd'hui que Scipion. se sépare totalement de Jordan. fini romanes. semble-t-il. peuple des provinces. Cicéron ou César étaient infiniment plus instruits que les paysans de Tusculum ou de ïibur. ces deux théories présentent aussi c'est qu'en réalité bien l'une que l'autre un défaut capital . C'est ainsi qu'il distingue tout d'abord le sermo cottidianus siue consiietudo . en s'étendant peu à peu à aurait la banlieue. sensiblement plus élevé que dans les campagnes reculées et les trous perdus de l'Empire. Nous ne pensons point que l'objection soit exacte et môme nous comprenons difficilement que car. assez différentes. C'est sur cette observation toute naturelle et parfaitement légitime que repose la distinction proposée. particulièrement dans les centres littéraires.3r) — § 15. plus tard à Carthage ou à Lyon.

ni l'unité du latin qui est à tions.. suivant le contact plus ou moins étroit des populations avec le monde officiel ou lettré. . aussi \o\\\ que l'on veuille inulti plier cette dégradation progressive du latin. le problème de l'unité du latin vulgaire reste intact. ( -icéron nous apprend même que de son temps les femmes parlaient il y avait donc une disautrement le latin que les hommes tance déjà sensible entre la langue que l'on parlait au forum. C'est en effet Jordan le premier qui. En d'autres termes. du latin qu'employaient Antoine devant les Pères Conscrits ou Pline devant les invités de ses recitationes. encore une fois. § 16. et l'idiome usuel des lettrés. car semble avoir fait entrer enfin le problème du latin vulgaire dans une voie réellement scientifique. cela n'explique ni l'uniformité du latin épigraphique. qui est beaucoup plus pure tle mots arabes et persans. ce latin apparaît partout sous des traits généraux visiblement uniformes. c'est un fait si évident à nos yeux qu'il est presque banal de le constater. C'est ainsi ([u'en et du peuple s"of)posent l'un à l'autre comme de véritables dialectes reflétant les din'érences sociales établies dans les relations tics deux sexes. Mais. incontestable. dans les assemblées politiques ou littéraires. au sénat. Il y a des langues américaines où le langage des fernmes et celui des hommes 1. ce qui de fait est. à notre connaissance. suivant leur niveau intellectuel ou social. — Il y a néanmoins dans la théorie de Jordan un méil rite qu'il convient de mettre largement en lumière. les relations De quelque manière que l'on interprète des langues romanes avec le latin des inscrip- que l'on dénomme ce latin municipalis ou oppldamis on ne nous dit toujours pas pourquoi. identique à celui qui apparaît sur les inscriptions de l'époque impériale Turquie on distingue très nettement la langue des femmes. — 'M) — elles n'expliquent rien. ' : la base des langues romanes. qui en fourmille. dans ses grandes ligues. et celle qu'on employait dans les relations de la vie de famille. § l(). au latin que « jargonnaient » les femmes espagnoles "ou dalmatos dans les colonies de vétérans. a compris et cherché à établir définitivement que le latin vulgaire d'où sont sorties les langues romanes était. Qu'il y ait eu des différences considérables dans la correction du latin parlé suivant la condition des personnes. A plus forte raison fallait-il nécessairement descendre un nombre considérable d'échelons avant d'arriver.

domnus dans les Gaules et ainsi de suite. en Italie ou en Dacie. De même les graveurs de . écrira toujours cheval ou chorar avec ch. C'est naturellement au tact et à l'expérience du philologue qu'il appartient de défalquer du matériel épigraphique ce qu'il faut mettre sur le compte de l'érudition du graveur l'orthographe. vénit. v. orata. voir plus loin. à peu près comme les écrivains publics d'aujourd'hui rédigent généralement la correspondance des servantes et des pionpious en y mettant l'orthographe. Celle des textes officiels est naturellement : . exactement comme nous écrivons aujourd'hui en français laurier. En Vénétie on articule très probablement qro . le représente réellement le latin généralement parlé à cette époque dans les provinces romaines il faut tenir compte naturellement de l'orthographe ordinairement traditionnelle et identique à celle de la langue on écrit par exemple dominus. 11 ne faut pas oublier que les graveurs romains étaient. des lettrés.'M — l 1(1.. cf. certaines formes grammaticales purement littéraires. l'Empire romain écrivent en tous lieux et en tout temps PAGE avec c. les formules consacrées empruntées directement à la langue savante et officielle. etc. Ici encore il lui sera loisible d'établir des degrés dans la langue des inscriptions. dans tontes les latin des inscriptions impériales régions de l'Empire. ce qui n'empêche que les graveurs de cette contrée écrivent néanmoins AVRV!N[ plus volontiers que orvm. mais on prononce littéraire sans nul doute domnu et même domno. iioro . le style. en raison même de leur métier. . un Anglais écrira shall on short avec sh. lorsque tout lien traditionnel avec Rome sera rompu. Le fait seul de savoir écrire implique déjà forcément quelques notions d'orthographe traditionnelle et de style littéim Français ou un Portugais. si peu lettré qu'on le raire suppose. et qu'ils avaient tous une teinture plus ou moins profonde de la langue classique. s.-. Ce n'est guère qu'à la veille de la période romane. PASE ou autres graphies semblables d'un caractère plus ou moins phonétique. quelle que soit en réalité la valeur de l'ancienne ils gutturale à l'époque et dans la région où écrivent. Festus. que l'on prononce même /or/'e sous l'influence de la demi-érudition des maîtres d'école. sq. que l'on rencontrera ça et là PAZE. alors que le français n'a en réalité jamais connu d'autre vocalisme que lorier. de toute antiquité. En d'autres termes. § 71.

est au on sait. seulement. et qui s'appuie essentiellement sur le contrôle fourni par les langues romanes. on se préoccupera en toute connaissance de cause de l'histoire des dérivés. Ajoutons qu'entre le latin vulgaire des inscriptions impériales et les premiers documents historiques sur les langues romanes. c'est-à-dire le latin vulgaire. Il s'agit bien entendu des monuments épigraphiques rédigés en dehors de toute préoccupation littéraire proprement dite les expressions onicielles. . tant qu'il existe un latin vulgaire impérial.i rappeler ici le rôle immense joué par l'I\iilisc dans l'œuvre de destruction du latin classique et l'édllication des divers parlers romans. Tant que l'Empire romain est debout. Nous n'avons pas . le reliquat pourra être et.i. particulièrement dans les premiers siècles notamment tout l'immense matériel des Catacombes. il y a un intervalle de quatre ou cinq cents ans que le latin des chartes et des chroniques ne comble que très imparfaitement et qui est précisément l'époque de la constitution définitive des grands dialectes modernes. On voit par là combien il est dangereux déjuger de la langue d'une région au moyen de documents de cinq et quelquefois de six ou sept siècles postérieurs. . W. contraire. à une méthode critique patronée par Miodonski. les formules traditionnelles ne doivent jamais entrer en ligne de compte. 38 — ' la plus correcte et en général ne diffère en rien du latin clascelle des inscriptions chrétiennes et sique le plus irréprochable d'ordre privé. 10 sq. plus haut §i. on n'a pas le droit de révoquer en doute le témoignage des inscriptions" uniquement au nom des formes romanes his1. puisqu'elle rejette en somme tout ce qui dans le primitif n'est pas directement confirmé par les dérivés. lorsque ce primitif. imputables dans des proportions et à des éléments les titres divers au latin purement littéraire doivent naturellement être appréciés avec une extrême prudence mais. Nous avons essayé de montrer. En général (m s'en tient. en quoi cette méthode nous paraît désavantageuse et forcément condamnée à des résultats stériles. 2. — . II). pour ce travail de répartition. nous sera entièrement connu. et alors comme Tous . ces éléments une fois mis à part. disons plus. la plus voisine de l'idiome parlé. devra être considéré comme étant du ressort direct de la langue vulgaire. Il faut au contraire étudier directement et d'une manière intrinsèque le primitif dans son entier.. cf. c'est-à-dire des langues romanes. Meyer-Liibke et d'autres.

96. trop fréquents sur les inscriptions africaines pour ne pas refléter quelque peu Tétat de la langue vulgaire de cette province. c'est alors. excepté peut-être en Afrique et pour des raisons dans lesquelles nous ne pouvons entrer pour le moment '.. et que d'autre part le mot se trouve déjà glosé comme inconnu à l'idiome usuel dans les gloses romanes. Foerster-Koscliwitz. lorsqu'on aura renoncé surtout à cette habitude introduite particulièrement par Schuchardt et qui consiste à cueillir sur les inscriptions et à réunir pêle-mêle. et alors aussi 1. dis-je. on le pense bien. discriitifjus à discnitls. C'est alors. le plus souvent sans aucune indication topographique ni chronologique. la 39 — i. au moins de ce latin vulgaire général dont sont sorties les langues romanes. avec * %ilvlfi . ibid. 36. plus loin §îi 86 sq. attestant o*/. d'où sortira infailliblement un jour un latin vulgaire aussi précis et aussi exact que l'assyrien ou le mède extrait des cunéiformes par les Rawlinson et les Oppert. d'une importance capitale. l(). non pas parce que la flexion -bus n'est représentée dans aucun dialecte roman.^^ italien. lorsqu'on aura entrepris l'interprétation critique du latin des inscriptions. p]n Italie. Cf. Ces réserves faites.4.— toriques. hoininibus passe à * horninls. une tendance à disparaître dès les premiers développements du latin à travers les pays italiques. Cette constatation est. . Les datifs féminins en -ahm sont. que le latin nous apparaîtra enfin sous son véritable aspect.. mais parce que d'une part les datifs-ablatifs en -bm semblent avoir eu. à ce qu'il nous semljle. tout ce qui n'est pas conforme à la morphologie ou à l'orthographe classiques et à négliger tout le reste. sous l'influence des dialectes italiques. Un datif omnibvs par exemple sur une inscription de Gaule au iif ou au iv"' siècle devra être rejeté du lexique vulgaire. nous croyons pouvoir inscrire l'immense matériel des inscriptions impériales à l'actif des sources directes du latin vulgaire. non pas parce que le thème omnis est inconnu aussi bien au français qu'à l'espagnol et au rliétique. cf. à côté de cwicti : omîtes Gloses de Reichenau. I. etc. puisque le latin vulgaire cesse du et plus purement théorique même coup d'être l'idiome ou moins fantaisiste qui exerce depuis trois siècles les rêveries des érudits et des philologues. le type uiribus se confond de très bonne heure. 1. Désormais nous nous trouvons en possession d'une base d'études d'un caractère nettement historique et sur. 38. au contraire. Uebungsb.

démontreront par là forme particulière la latinité. qu'on l'appelle Volhlati'in avec Fuchs et Seelmann ou qu'on lui attribue tout autre nom. Cer- tains mots peuvent n'avoir pas eu cours dans la langue classique. de très notables différences dans les formes. du moins une forme de langage nettement distincte du latin littéraire de Rome. ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure. Sans doute certains cas de la déclinaison peuvent être tombés plus ou moins complêto§ 17. cela ne fait assurément de doute pour personne et nous nous sommes empressé de l'admettre. ils ])euvent même parfois avoir contracté des formes spéciales. que l'on affirme être absolue. le vocabulaire. le — C'est montré l'identité . datif des jtronoms. séparés par la grammaire ou le lexique autrement que sur certains points de détail. peu importe. avons-nous dit. tout en mettant les romanistes sur cette voie féconde. si considérables qu'on se les représente. d'après les lieux et les époques. mais ce ne sont point des idiomes spéciaux. Or. qu'on y ait même prononcé le latin tout autrement que dans la capitale. est loin d'être aussi complète et aussi constante.s^. ne semble avoir su démêler le véritable caractère et les véritables origines de ce prétendu latin mimicipal. Jordan. pour le génitif et le exemple illc'tus . Pour peu que l'on sache les in- terpréter avec une critique tant soit peu judicieuse. cette opposition entre la langue de Rome et celle des villes de provinces ne nous paraît pas exacte que l'on ait parlé à Padoue. d'avoir du latin des inscriptions et de celui qui est à la base des idiomes néo-latins. mais tout ceci ne suffit pas pour admettre une langue spéciale el indépendanie. la sjnitaxe. pas plus que Sittl.^ 17. par comme c'est le cas ^//^M'w. L'un et l'autre y reconnaissent. à Trêves ou à Sarmizégéthuse moins correctement et moins purement qu'à Rome. ce sont des échelons à monter ou à descendre. correspondant larités dialectales des langues plus souvent à des particu- même de le lien étroit qui unit celles-ci à cette romanes. inscriptions de l'Empire romain montreront aisément. sinon un idiome spécial. et ces différences. l'orthographe le même. dans la langue des inscriptions. pas plus que y au lieu d(> //// ou le . mérite de Jordan. m(. Mais ce sont là.nt en désuétude. Malheureusement. — 40 — on reconnaitra enfin que cette unité. les.illNl illrl. de simples différences de degrés.

p. Max Bonnet. Ce n'est point par la morphologie ou le vocabulaire qu'un rapport de gardecharapètre ou une pétition do facteur rural se distingue d'un discours de Berryer ou d'un sermon de Lacordaire. dans lequel sont rédigées les inscriptions et d'où sont sorties les langues romanes. ou n'y remarque point de différences sensibles. <Up' académique et les patois des campagnes. 1<S. Non seulement les graveurs de l'Empire ont le désir et la conviction d'écrire dans la langue littéraire. 1890. § 18. on ne pourra davantage y reconnaître deux formes foncièrement distinctes de la latinité. Cette thèse que le latin parlé de l'Empire romain. 94 sq. . février 1892. Sav. p. le français provincial que parlent les bonnes gens des petites villes. 211 scj. en soi. avril.pluriel qiialros il — le 5. autre chose que le latin littéraire parlé par le peuple. intermédiaire entre le français 'q . Max Bonnet. mais encore cette prétention est fondée et l'on ne saurait voir dans l'idiome qu'ils écrivent. Il est donc aussi superflu de placer entre la rusticitas et le sermo iirbanas une latinilas mimicipalis distincte qu'il serait inexact et puéril de traiter comme une langue à part. aussi Boissier. [quaVz devant voyelle) dans laire de Paris n'autorise à parler d'un français langage popude Paris dis- tinct foncièrement de celui de l'Académie. . Nous nous contenterons de faire remarquer ici que cette thèse est. Si l'on compare les inscriptions provinciales aux inscrip- tions de et si Rome. en ce qui concerne la nature du latin généralement parlé sous l'Empire d'autre part. a été soutenue dans ces dernières années par un philologue français. Paris.s. Cf. et qui est celui plus ou moins stylisé et épuré que l'on parle effectivement autour d'eux.. Elle est incomplète en ce qui est des origines et de l'histoire de ce latin généralement parlé. parfaitement exacte en ce qui touche les rapports généraux des langues romanes avec le latin d'une part. à proprement parler. pas de latin vulgaire distinct du latin classique. — 1. Le Lalia de Gréi/oire de Tuur. Journ. on les compare à leur tour les unes et les autres à la langue littéraire habituelle. dans un ouvrage qui fit sensation dans le monde philologique et dont nous avons eu déjà l'occasion de dire quelques mots'. n'est autre chose que le latin littéraire articulé par le peuple et qu'il n'y a en somme.

Spano. -hu. ta t. sont caractéristiques et attestent du moins un certain passé.le génitif nominal est en -(»n (-inii) Homaniniu scslerlium. ne diffère pas essentiellement de la langue littéraire usitée à la même époque et Néanmoins qu'on ne saurait en aucun cas y voir un idiome distinct. Contentons-nous pour cf. IS. elles ne peuvent manquer d'être anciennes dans la langue. cf. -mm. avait déjà succombé au temi)s de Varron.. alors qu'il est aboli dans les noms'. consciemment ou inconsciemment. en tant que langue italique -iirum. à l'époque impériale tout au moins. le plus grand nombre de ces particularités générales du latin parlé. litt. comment s'est effectuée la chute de h encore partiellement conservée dans le latin de la Sardaigne. Il semble notamment que le sabin. indépendante et non comme simple dialecte local du latin. — 4-2 - En d'autres termes. s. .i flexit)n slav.-sardo. Cf. enfin les emprunts considérables faits aux anciens dialectes italiques et dont beaucoup sans doute ne comptaient déjà plus au nombre des langues vivantes. etc. scr. il est entendu que le latin usuel. ital. sinon absolument indépendante et autonome. Budinszkv. § 03. On peut se demander par exemple d'où proviennent des formes telles que portai et portant au parfait. Vocabol. n. il est vrai. pourquoi le génitif pluriel est maintenu dans les pronoms par exemple illôru. Les archaïsmes nombreux conservés par le latin vulgaire et rejetés depuis longtemps par la littérature. une certaine histoire. même dans les campagnes reculées de l'Italie. 2. dont beaucoup se trouvent déjà notées. sans préjudice bien entendu des particularités dialectales révélées çà et là par l'étude rationnelle des inscriptions locales. dès l'époque d'Auguste ou de Claude -. loro. Spr<«'/ie. Ausbreit. du moins déjà marquée d'un cachet propre. est originairement particulière aux })ronoms. h. là des points que le latin littéraire est absolument impuissant à expliquer et comme ces particularités sont communes au latin parlé de toutes ou presque toutes les contrées de l'Empire. par les graphies épigrapliiques. le moment de rappeler que l. doivent être déduites indirectement par la critique philologique. Ce sont prouvent que la scission entre la latinité orale et la latinité écrite de l'Empire remonte pourtant assez haut dans le passé.5. plus loin sur le génitif pluriel on latin vulgaire. u. Nous avons rappelé ces faits en commençant et nous n'avons 1. et ainsi de suite. ce langage offre des particularités nombreuses. mais dont la plupart. Cf. Or.

documents écrits ni dans les langues romanes personne n'a donc le droit d'affirmer à priori. donc plus à y insister ici mais il serait bon de rechercher et quand. Aussitôt la question change de face et l'histoire intervient pour nous démontrer § 19. de traces positives ni dans les. sans contact bien étroit ni bien direct avec la langue de la métropole. de cette prétendue r//. qui admettent. elle-même encore passable- ment flottante et sujette à tous les changements. une riisticitas dialectale à laquelle ils attri})uent un rôle plus ou moins considérable dans l'élaboration de la langue commune et plus tard des langues romanes. dans quelle mesure surtout et sous quelles influences ces éléments hétérogènes se sont glissés dans la langue parlée générale et s'y sont maintenus le plus souvent jusqu'à nos jours par l'intermédiaire des langues romanes. il échappe à la fois à l'influence régulatrice de l'idiome littéraire qui n'existe pas encore ou qui en est à peine à ses premières . antérieur par remontant aux premières le vii° et le extensions de Rome au delà du Tibre. par quelles voies et de quelle manière. à côté du latin parlé ordinaire. à proprement parler.s^/citas il n'y a. au moins à l'époque impériale. la thèse de Jordan et de Sittl. il se développe librement. les conditions de la latinité étaient déjà ce qu'elles sont au II" et au m" siècle de l'ère chrétienne. Ce latin vulgaire primitif. qu'il a existé pendant toute la durée de l'Empire romain un latin polydialectal parlé dans les campagnes et différent du latin général des populations urbaines. à notre sens. porté peu à peu dans l'Italie entière par les premières conquêtes des légions et les premiers envois de colonies. Aussi est-ce avec raison. l'existence d'un In tin rustique ses origines au latin littéraire et — proprement dit. est en tous points semblable à nos patois modernes. Sur ce point. avant les grandes conquêtes de César et d'Auguste. C'est à quoi la théorie trop absolue de Max Bonnet ne parait répondre qu'imparfaitement. Le malheur est que. avant l'institution de la grande administration centralisatrice des Empereurs. que Max Bonnet s'est insurgé contre cette idée et (ju'il comment . comme le font Jordan et Sittl. est assurément plus complète. a rejeté la rusticitas polydialectale de son système. Pendant de longs siècles. D'autre part on peut se demander si. dès vr siè- cles avant notre ère.— : i3 — § 19.

seule forme connue du catalan d'un emprunt ou continental il s'agit manifestement ici plutôt d'une assimilation aux dialectes italiens. très . le falislatin que. antérieurement aux premières influences grecques. I\'. Dion. temo d'après l'espagnol d'une façon générale le dialecte moderne de Barcelone et des environs n'est plus guère qu'un idiome mixte hispano-catalan. Tidiome littéraire du Latinni et en général do Tltalie. Entre idiomes . dès l'origine. tem. cf. abondent entre les langues étroitement apparentées. tandis que le vieux catalan et encore actuellement le dialecte d'Alghero en Sardaigno ne connaissent d'autres formes que am. etc. à la première personne du singulier. 10. V. les accommodations linguistiques pour ainsi parler. Ainsi le latin parlé dans les anciennes colonies d'Italie a dû forcément obéir dès l'origine à toutes les im- pulsions extérieures. ignore tout autant qu'une langue consacrée par les belles-lettres. paraît-il. presque forcément entre des dialectes aussi voisins l'un de l'autre que l'étaient par exemple le sabin. et surtout du antérieur à Livius Andronicus et au poète de Rudies. Les anciens eux-mêmes avaient déjà été frappés de l'intime parenté de l'osque et du latin et ils la signalent.i. Inversement à Alghero on surprend aujourd'hui.. 1. nous nous en tenons rifjoureusenient à la thèse de Lepsius que l'étrusque a été. mais comme ces poissons des grands océans qui ne prennent la couleur et l'aspect des rochers où ils se tapissent que pour mieux saisir leur proie afin de s'assimiler ensuite à lui: même ces dialectes et de les étouffer plus facilement. Les emprunts morphologiques. Pour notre part. on prononce actuellement en Catalogne amo. était probablement en langiie étrusque. se plier aux exigences linguisil tiques des dialectes indigènes parmi lesquels vivait. il a dû se morceler ainsi en dialectes nombreux. ces assimilations peuvent bien encore porter sur des formes isolées. — 14 — ébauches'. et en même temps au prestige d"une langue officielle et administrative que la puissance romaine. 26. Strabon. à leurs formes. à leur syntaxe. s'as- similer à leur phonétique. à toutes les influences locales du milieu où il se trouvait transporté. encore dans l'enfance. -ica au lieu de -ia. : de même famille mais moins directement apparentés. 233. le marse ou le volsque à l'égard du latin. La fameuse stèle d'airain de Servius Tiitlius. Cette assimilatioir devait d'ailleurs s'opérer tout naturellement. des imparfaits en -eva. C'est ainsi que.

2. lequel n'est point directement un pendant du grec et fa. 11 n'y a donc emprunts morpho: : logiques. Constatons seulement que. disp. Trans. en Galice et en Estiamadure entre le portugais et l'espagnol. Les termes italiens abondent dans les textes qu'il cite -y. Batoum. partout enfin où des dialectes de même famille se trouvent en contact immédiat.— comme pliil. 223). en Silésie entre le tchèque et le polonais. citer des faits identiques à ceux que nous venons de relever en catalan. T. devaient être déjà fort analogues aux formes latines.. ^Éva pena.) Vil. p. Mais le système grammatical reste intact pc37:cT-£(o respetto. Suc. Rev. frapper par exemple des catégories entières de mots et de formes.. Bréal. Conway. op.') — ^ l'. tels que ceux de l'Italie centrale au v° ou au IV'' siècle ^ 1. 198.—. ils ont dû se manifester à plus forte raison et bien plus profondément entre des idiomes encore à peu près incultes. glott. 196. l'influence de la morphologie latine ne porte guère que sur des formes qui. Un article de Pelle- grini. le portugais ou le tchèque ffui ont derrière elles le palladium d'une culture littéraire de plusieurs siècles. pour tixix/.l. dans Arch. entre des langues telles que le catalan. 1. 1895.s. p. 44. SiippL. Mais l'assi- milation ne saurait aller au delà. III 29 sq.x paesi. On pourrait naturellement multiplier les exemples.. Kliope. 191. mais bien un fak itali(iue le croit Horton Smith. faits comme dans les catalans que nous venons de citer. etc. grecque l'identité des deux formes était encore vaguement sentie en osque et permettait à annfakel de foncle tionner dans même emploi spécial que àv-fOr/. par exemple l'osque du Musée de Vienne (cf. c-cjêa-ra situata. Mohl. dans l'ancienne morphologie illyrienne ou épirote. ibid. ont donné des exemples typiques destinés à illustrer la question des langues . c'est-à-dire création de dialectes mixtes. III. Cambr. àviO-/. Mêm.E comme . L'albanais ne contredit nullement cette manière de voir. si ces assimilations et ces échanges sont non seulement possibles. On remarque des faits semblables entre les dialectes lazes et le turc dans les environs de Trébizonde. fournit à l'égard de la contaniination du grec d'Otrante par les dialectes italiens des renseignements d'une portée générale particulièrement intéressants. où les deux langues coexistent.. fait à l'aoriste £p£57:é-:T£'j(7a. Class. . Lin. anafaket sur un casque Soc. mais même inévitables. compromis entre la racine Oy.-/. qu'entre idiomes très proches et très intimement parents'.xiia'. z = fS.\U. cit. Atina.. Saggi diromaico otrantino. VIII.

les iuscriptions gardent toujours. cf. cf. yxo. patir. de Strata près Padoue. etc. ombrien e a n t u à côté de m m a n t u r. à part des exemples relativement récents comme soro. C'est ainsi que la chute de -r final par exemple dans des mots comme mate. sur le sol natal des vieux dialectes italiques. . mate Deecke. sur cette importante question des prinniers contacts du latin avec la langue osiiue. 1.^ij '»1 sq. les inscriptions archaïques de l'Italie fourmillent au contraire de particularités dialectales. (Iraz. final omis sur les inscriptions de l'Italie du sud non pas tant parce que ces inscriptions sont toutes assez peu anciennes. 156.. le latin ayant rencontré dans l'osque un adversaire infiniment plus cultivé et plus redoutable que les autres dialectes italiques % mais parce que précisément l'osque. Slavo-ltal. n" 82. comme nous l'avons vu. à notre connaissance.! étudiée ])ar Scluichardt. que dans des régions où la langue indigène laissait également tomber -r à la fin du mot. même sous l'Empire. Il faut observer toutefois qu'eu Italie. 188S. . constitue depuis longtemps l'un des problèmes les plus obscurs de la philologie latine'. on n'a. 11. qui parait avoir disparu de très bonne heure. n" 39. Slaro-Deutsches. 2. -p e à côté de -per. et qui. correspondent précisément à des particularités identiques de la langue ou du dialecte italique de la région.— le iC) — 5< IV). c'est-à-dire k falisque e Paieries. Planta. On la trouve aussi chez : Eques dont le dialecte malheureusement nous est inconnu mais on peut en déduire sûrement. d'idiotismes locaux d'un caractère tout à fait transparent. 846. sinon que l'èque. de la région. maintient rigoureusement -r final. Gruter. En effet. tandis que les inscriptions tant italiennes que provinciales de l'époque impériale montrent une unité de langage surprenante et qui. : mixtes (loj. du moins que son système phonétique général était assez voisin de celui de l'ombrien ou du falisque pour avoir permis l'introles duction assez précoce dans quantité de traits le latin communs avec de l'Ager aequiculus d'une l'ombrien et les dialectes ita- Hques du nord. pour la plupart. Nous reviendrons plus loin. ne supportait pas -r final. dans le Pisaurum. inte n'est guère constatée. un caractère beaucoup i)lus dialectal que dans les provinces. Cette manière de voir est du reste pleinement confirmée par témoignage irrécusable de l'épigraphie. certainement aussi en Ombrie. aucun exemple de -. autant qu'il nous est permis d'en juger. et qu'attestent effectivement les inscriptions Au contraire.

réservant le terme de latin rustique ou rusticitas aux dialectes — 1. des Deux. subsistent dans les mille particularités parfois toutes sporadiques. cette forme originelle de la latinité orale hors du Latium latin d'Italie ou mieux encore peregrinitas italica.. article d'ailleurs sans aucune prétention scientifique. extrêmement courtes siècle.C'est Sittl qui le premier. comme § 20. nous l'avons déjà fait plus haut. nous considérons l'inscription du Quirinal (Duenos) comme plus ancienne que celle de Palestrina l'une et l'autre peuvent être regardées comme des exemples typiques du vieux latin clialectal au v"" ou au iv^ siècle vhevhaked {fefaced) de la fibula ne peut laisser aucun doute à l'égard de ce caractère dia. d'après nous. exprime les idées les plus bizarres et les plus fantaisistes à l'égard de la « pureté » du latin à l'époque des guerres puniques. on reconnaîtra que la tâche de reconstituer les anciens dialectes latins de l'Italie d'après des sources aussi récentes et aussi maigres est quelque peu chimérique. et que du reste tout le matériel épigraphique antérieur à la mort de César tient dans un seul et dans le moins considérable des volumes du Corpus. 2. lectal. 429 sq. Contrairement à l'opinion d'Helbig. que deux ou trois tout au plus. i' ^ -20. datent et la du yi" ou du v" nal fibula Nous proposerons donc de dénommer. dans un Rexi. 15 juillet 1891. on s'en souvient. Paul Monceaux. sq. celle du vaseduQuiride Palestrina '. puis tout au plus encore l'inscription funéraire des Furii à Tusculum. . les particularités dia§ 6 lectales de l'ancien latin d'Italie tel qu'il nous apparaît sur les inscriptions archaïques. p. Pourtant.. chez les Volsques d'Antium ou de Tarracine.Mondes. cette première base du latin vulgaire. Si l'on se représente combien l'épi- graphie latine est pauvre en inscriptions réellement ar- chaïques. . plus haut a étudié d'une manière scientifique. dans les archaïsmes et les italismes nombreux de ce latin impérial émondé et unifié par la langue litj téraireet dont sont sorties les langues romanes ^ y d'ailleurs. Jamais nous ne posséderons de renseignements complets sur le dialecte qu'on parlait au v* ou au iv*^ siècle chez les Rutules d'Ardée. chez les Marses de Carseoli ou parmi les Ombriens de Narnia. malheureusement trop écourtée et trop incomplète. cf. c'est là que s'est élaboré le premier noyau de la langue vulgaire de l'Italie et ce sont les débris de ce vieux latin dialectal delà péninsule qui. comme nous l'avons dit déjà.

nures. De Orat. Bell.. peut-être même des formes appartenant à des langues ou à dos dialectes étrangers. etc. à l'ombrien. à la suite de nomljreux services rendus à la cause romaine. Ainsi. - 18 — et des populations primitifs des paysans de Rome foncière- ment iicus latines. Quels étaient en réalité ces dialectes qualifiés peregrini? du punique ou des langues de l'Espagne? Mais Cicéron lui-même nous apprend. C'est bien faible On ne .. le lus ciuitatis.. cf.. 42. GalL. puisque les conquêtes de César sont à peine commencées. fi?v//. tels que alauda ou petorritum. . à tous ces difTérents idiomes de la péninsule dont Varron. que l'enten- daient déjcà les anciens. 19 et 47. des constructions. xxxix. que les Carthaginois et les Espagnols qui venaient à Rome avaient S'agit-il besoin d'un interprète. Il ne saurait donc en aucune façon être question d'une pénétration bien intime du latin. xii. dès l'époque de Cicéron. C'est ainsi du reste. de mots etd'expressiuns adoptés parles auteurs latins. De Diuitiat. II. C'est généralement. saurait donc voir dans la.< -20. la prononciation même de la retrouvaient les allures do la langue antique. Valérius Procillus. dont le père avait reçu. il y avait aussi des orateurs qui ne répugnaient pas à employer des termes. Ç'X chez lesquels les expressions rusperegrinus sont fréquemment accolées sans être. Fostus et presque tous les grammairiens se sont plu à donner des listes. à l'osque. 44: « Neque solum nisticam asperitatem. peregrina insolent la blùmëe par Cicéron que des emprunts aux dialectes italiques. ce qui exclut toute idée d'un contact bien intime et d'échanges réguliers entre le latin elles idiomes des Barbares. De Orat.XXXVI. III. 46 . tant synonymes. Cicéron. par le celtique les quelques mots celtiques qui s'y sont glissés dès l'époque classique. il y avait non seules'en faut ment des où ils lettrés qui recherchaient les expressions et les tour- langue rustique du Latium cf. 64.. au sabin. Caes. III. qui sert d'interprète entre César et les chefs helvètes et gaulois.. ainsi qu'il ressort notamment d'un passage de Cicéron.id. I. Il devait en être à peu près de : môme des dia- pour ceux de la Transalpine ils sont encore parfaitement ignorés du monde romain. xi. sed etiam peregrinam insolentiam fugere discamus ». C. sont un apport trop lectes celtiques de la Cisalpine car.. 137. pour pouvoir entrer en ligne de compte.. semble-t-il. personnage important de la Provence. assez inconiplèles d'ailleurs. au moins du latin littéraire.

. un mot signilîant « inspecteur des routes » doit. V.7-10. Gramm. Hist. : s. ainsi ({ue dans les Trôiugena. p. Corp.. cf. Comm... à notre avis. 551..iz. le poète trilingue. reconnaît dans uiocûrus signalé par Varron. Grundr. quel point ces influences italiques. puie selon toute vraisemljhmce sur l'accentuation Arpinâs réclamée. . Le vrai terme latin pour « inspecteur des ponts et chaussées » est d'ailleurs cû- râtor uiârum. outre le vocabulaire. der lat. C'est également une formation savante tirée assez maladroitement de Trôiu-s Trôiu-m. 205. n'est nullement. Quoi qu'il en soit. nous aimons mieux voir simplement dans uiocûrus un composé artificiellement forgé à l'imitation des composés grecs. dans deux passages différents par Priscien. etc. que uiociirus contienne dans son côté premier élément un affaiblissement de uiâ. sollo. soient de véritables nominatifs latins. par Lucilius. On peut donc hésiter sur la nature de cette formation. critique vigoureusement l'accentuation c?«'rt. cf. 194. et dont Ennius.ç nostnh et indique cùias. croyons-nous. Pour notre part. Lat. Il est toutefois peu admissible. comme seule forme vraiment latine. IV. composés Gioss. etc. un vocalisme d'origine italique. -21». fréquent sur les inscriptions.. Y. V.z'. VI. D'autre part Pompéius. Ce n'est pas que Moin. notamment là. Lucrèce. croyons-nous. par Livius Andronicus. Ling.. 381. de nos connaissances. semblet-il.analogue à l'osque viii. L'illustre philologue s'ap- Rrugmann. ces oscismes affectionnés déjà par les écrivains archaïques. 7. c'est ce qu'il est assez difficile de dire dans l'état actuel I. exclue pour un terme de date aussi manifestement récente. 8. semble avoir particulièrement abusé. 1. être d'origine essentiellement romaine et une formation savante. Spr. Keil. nous prétendions constester l'influence des 't — Chronologie du lutin vulgaire.Il) 5. Grâiu-s Grâiu-m qu'il faut de toute évidence reconnaître dans Trôiugena Grâiugena. Virgile.. etc. 17. de Lucrèce et Grâiugcna de Pacuvius. Jusqu'à Festus.. atteignaient la morphologie et la syntaxe. ce qui est peut-être aller un peu loin. il est intéressant de constater cette pénétration du latin classique de Rome par les langues italiques précisément encore à l'époque où les lettres romaines touchent à leur apogée. lat. a mis en doute que nostras Arpinas Samnis. éd.oz ou blzr. peut-être d'après le grec bcza-Air. exactement comme on a forgé de nos jours en italien ferrovia. 22 et XII. De son Stolz. ce que Cicéron a en vue ce sont ces sabinismes.

.. Enn. p. Beaucoup dos anciens emprunts grecs. genitiuo casii huius domos ?neae per o non ut nos pcr u litternm scripsit. IX.. Biicheler. -ciios affaibli rép. 447 (cf. pourtant extrêmement simple et claire. croyons-nous. Sprachf. et en particulier dialectes italiques sur la constitution de la langue littéraire de Rome il y aurait au contraire sur ce sur les oscismes introduits en latin par Ennius. Cf. -uuos. Remarquons que -?//. Rh.ulièrement en -l'iù. en ait été donnée. établissant que ô latin en regard dune diphtongue labiale des autres langues indo-européennes repose toujours sur le . p. Un exemple caractéristique est. comme nous le verrons. la véritable explication. Eug.. forme analogique identique au zenatuo[s) de l'inscription votive de Paieries.. luclnus \jyyz:. 328 Yahl. (juaestui's frnchiis. de même que Ritschl. aussi HiMiNis pour ù... — . gr. Ce serait d'ailleurs aller à l'enconire de notre propre thèse que de nier l'envahissement de la langue parlée à Rome à l'époque républicaine par une quantité d'éléments arrachés par un contact séculaire intime aux vieux dialectes de l'Italie..' 804.vo. Deecke à son tour.. r)ô — sujet. aussi Mar. . p. 54. Ann. Enn.jv. etc. 2456 Putsch Diiais Augustiis. Trag. \lb. en supposant -os et non -ôs. Zeïlsch. Supp. aussi bien que l'ombrien trifor « tribus ». XXXI. Falisk. représente soit -ouef! i. : ij.-eur. 1. l'hypothèse d'une dérivation directe de -eues. Les exemples relevés par Nonius. 275 Ribb.v(ç sur une inscr. cicimis y. Tab. -ii-\-is. explique encore domos. soit plutôt directement formation analo.i... lequel ajoute expressément que l'empereur employait cette forme d'une manière constante. Victorin. 451 sq. X.. 160. Jnsc liai.. nous paraît révéler la prononciation osque. à notre connaissance. comme phonétiquement sorti de -nos avec chute de après labiale comme dans supprb{ii)os. etc. L'anaptvxe de tfccina tecina.. y voyait jadis une contraction de * domuos. 87. du Musée Kirchner.< dans . On a beaucoup discuté et beaucoup écrit déjà sur ce génitif en -as. etc.. De son côté Kretzschmer.à. Corp. Mus.. vcrgl. Men.'n'iiâluis ilsi/is. iil. Deklin. semble-t-il. 113. -20.. Cf. . 483-49i. sont venus au latin par l'inter- médiaire de l'osque. portent pour la plupart un caractère récent qui exclut. I. mais en aucun cas -uis. Late'ni. le génitif domôs dont se servait l'empereur Auguste lui-même au rapport de Suétone. Plaut.. -iyyx draciima cpayij.. de belles et profondes choses à écrire.iïique. Oct. '. Gloss. 52: cicinus: o/io[r]).. lat. sans que jusqu'ici. Hiidebrand.

. Bant.. né à Yelitrae. 86. 14. Lat. La vérité est que du génitif panitalique * domoiis. v. Arch. contraire * dole doute aussi cf. la jusque dans langue littéraire elle-même. qui. simaus. en pays volsque. 104. n'aimait pas les archaïsmes et fuyait « reconditorum uerborum foetores » favorisait naturellement une forme plus jeune et plus usitée dans la langue courante de cette Italie dont la politique impériale s'efforçait d'affirmer l'unité en face des provinces. 21. 1. Deux siècles plus tard. Naber.^ 1. cf. cf. castrons. au témoignage de Suétone. le vocalisme italique domôs pénétra dans la langue de Rome et essaya de faire concurrence au vocalisme latin domûs même tribus. Indogerm. goth. quand il écrit par ex: Neque asae neque foci. Biicheler. Auguste. cation d'une forme en conservé naturellement en osque. aller chercher un peu loin l'expli- somme isolée dans la langue et l'empereur Auguste eût été assurément fort étonné d'apprendre qu'en prononçant domôs au lieu de domûs il parlait bactrien ou persan. soi-disant pour un indo-européen * domôus à côté de domûs * domous ou * domcus. brien tfifor pour un primitif * trifôs Avec Auguste. lorsque Fronton essaie de réintroduire en latin la vieille forme italique âsa pour âra. p.3. entretenu par les traditions religieuses et le nit langage des vieux rituels. cf. s'ap- domos d'Auguste. Tab. comme le latin. éd. = om- dans le langage de la haute société romaine. 280. il faut l'avouer. — le Si donc l'influence des vieux parlers locaux de l'Italie se faisait sentir à l'époque de César et de Cicéron. I. partiellement réduisent ou à 6. on juge aisément .. aussi Streilberg.degré ô)i. réduisent ou qui. Un puriste tel que Cicéron pouvait encore s'en alarmer et peut-être les génitifs en -ôs sont-ils précisément une de ces particularités italo-romaines que l'auteur du De Oratore qualifie de peregrina i?isolentia. C'est. n'a point encore disparu et fouraux amateurs d'archaïsmes plus d'une expression plutôt Sabine ou ombrienne que vraiment romaine. devait sortir régulièrement dans les dialectes qui. slav. môs dans ceux kû la forme domûs et au comme l'ombrien et sans le falisque. puie sur certains génitifs zends pour justifier le = etc. domu. le sentiment des communes origines italiennes. volsque. Forsc/i. Lex. la littérature c'est-à-dire au moment où romaine atteint au période plus élevé et le plus pur de son développement. Oct. § 21.


vulgaire, sur le langage plus

r>o

combien cette influence devait être considérable sur l'idiome ou moins inculte des paysans, des plébéiens et des esclaves, combien surtout avait dû être profonde la pénétration du latin par les dialectes italiques dans les régions où un contact intime et constant déformait depuis
des siècles l'idiome primitif apporté par les colons de

Rome.

langue latine, nous voyons des kulturworter d'une signification absolument élémentaire, des mots d'un emploi courant et journalier, tels que hôs par exemple, W. Meyer-Liibke, Zeitsch. vergl. Sprachf., XXVIII, 169, cf. aussi bitûmen, Bugge, ibicL, XXIX, 128, etc., empruntés au langage de la Sabine ou de la Campanie. Si de tels mots ont pu se glisser dans la langue littéraire dès les premières origines, on comprend combien à plus forte raison les patois populaires du Latium ont dû, à toutes les époques,
la

Dès l'époqne préhistorique de

subir profondément l'empreinte des dialectes voisins.

C'est

pourquoi nons acceptons entièrement et sans réserve la thèse de Sittl, d'après laquelle le premier noyau du latin vulgaire est constitué par l'ancienne ntsticùr/s apportée aux Italiotes par les premiers émigrants du Lafium et à laquelle les indigènes des colonies et des régions conquises mêlent la pe?'rr/7'imtas de leurs nationalités respectives. Seulement en quoi Sittl nous paraît avoir fait fausse route, c'est lorsqu'il étend sa théorie à toutes les populations de l'Empire, en dehors

même

de

la péninsule, et qu'il attribue à

la,

prregrin/tas afri-

caine, ibérique, celtique

un rôle non seulement égal mais plus
la

considérable
§ 22.

même

que celui de

perpgrmitas italique.

là, à nos yeux, une erreur capitale. Nous pourquoi (cf. plus haut § 5 et i^ 19.), en principe, la pénétration profonde du latin par des langues non directement apparentées ou d'un génie différent nous parait inadmissible et antinaturelle. Que du latin et du falisque, du sabin ou de l'ombrien aboutissent à la longue à des dialectes mixtes, rien de plus naturel, et des exemples sûrs autant que nombreux confirment effectivement d'une façon tout à fait incontestable, ainsi que nous nous proposons de le démontrer tout à l'heure, l'existence ancienne de pareils dialectes sur le sol de l'Italie. Mais que du punique et du latin, ou du latin et du messapien ou de l'euganéen aient jamais pu se combiner d'une manière intime et arriver à former des langues mixtes,

— C'est
dit

avons déjà


c'est ce

y.i

^

2 -2.

que nous nous refusons absolument à admettre. En turc, le génitif construit avec i- à la persane et qui est si usité, même dans le langage courant et vulgaire, ne s'emploie néanmoins qu'entre des mots d'origine étrangère, persans ou arabes jamais on ne l'emploie avec les mots purement turcs. Il n'y a pas, à proprement parler, de véritables langues mixtes; il ne peut y avoir de langues mixtes. Ce serait quelque chose de si contraire à toute logique et à toute vraisemblance, de si manifestement opposé à toutes nos notions sur l'histoire et la nature du langage en général qu'il nous est totalement impossible de nous faire même une idée de ce qu'eussent pu être dételles langues. Actuellement, nous voyons bien les métis anglais de la Colombie britannique par exemple parler un langage farci de mots et d'expressions chouchouaps, mais la grammaire, comme le fond de la langue, reste résolument anglaise et si par hasard il s'y mêle çà et là, dans le parler individuel de chacun, quelque particule grammaticale d'origine indienne, ces formes ne s'implantent jamais très profondément dans la langue, un contact tant soit peu constant avec des Anglais de race pure rectifie le plus souvent au bout d'un temps très court le langage hésitant des métis. Il est vrai que les anciens nous parlent de populations Celtibériennes ou Celtoligiires et Windisch se demande avec raison comment on pourrait se représenter une langue formée à la fois d'éléments ibériques et d'éléments celtiques ou un dialecte moitié insubre et moitié ligure. La vérité est que ces dénominations ont une signification non point linguistique (ce n'était guère la partie forte de la science antique) mais historique elles font vraisemblablement allusion à une simple cohabitation de deux races différentes dans une même région', absolument comme si l'on disait que la Bohême a
;

;

1. A l'égard de l'Espagne, la présence de populations celtiques mêlées aux Ibères n'est, semble-t-il, qu'imparfaitement prouvée, excepté peutêtre pour le nord-ouest de la péninsule. L'existence de populations celtiques en Espagne ne repose guère en somme que sur la vieille tradition grecque, cf. Strabon, III, 2, 11 4,. 12 sq. Quant à l'onomatologie géographique, elle n'a donné que des résultats fort incertains, puisque les prétendus noms celtiques relevés par la géographie ancienne se trouvent aussi bien dans des régions données comme foncièrement ibériques que dans les parties signalées comme celtibériennesou purementceltiques. Les progrès de l'épigraphie et de la numismatique celtibériennes apporteront peut-être un jour quelque lumière dans cette question difli;

cile.

i;

2-2.

J*

une population slavo-germanique, sans supposer par là qu'on y parle une langue mixte, moitié tchèque et moitié allemande. Schuchardt, qui a particulièrement étudié cette intéressante question des dialectes mixtes, a sans doute relevé dans les régions frontières slavo-germaniques ou slavo-italiennes des emprunts réciproques de mots, de tournures, de constructions syntactiques la prononcialion également pourra, il va sans mais la morphologie, dire, être profondément contaminée
; ;

qui est

comme

l'àme et

le

cœur de

la

qtielques remaniements, quelques retouches

langue, à part çà et là légères et sans

importance, reste toujours sauve et intacte dans ses grandes lignes. Un dialecte slave ne deviendra pas plus un dialecte allemand que l'anglais ou l'albanais ne passeront jamais au nombre dos langues romanes.

Ajoutons que, dans l'antiquité, les conditions ethnographiques et linguistiques étaient sensiblement différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui chez des peuples en général d'un degré de civilisation égal, possédant de part et d'autre des littératures plus ou moins anciennes, des écoles, des livres et capables de soutenir à l'envi durant des siècles une lutte toute pacifique et intellectuelle. Dans les provinces de l'Empire romain, en Afrique, en Espagne, en Gaule, la conquête n'a nullement été immédiatement suivie d'une romanisation générale et systématique, comme on le rapporte quelquefois. Les colonies, situées à l'origine soit le long des côtes, soit sur le cours des grands fleuves, soit sur les grandes voies commerciales, n'avaient tout d'abord d'auiro objet que d'assurer à l'Etat romain la suprématie politique dans le pays, la possession des mines, la perception des impôts et de procurer en même temps aux colons romains et italiotes des terres à cultiver, des établissements à exploiter, des débouchés commerciaux à utiliser'. Le système était, à peu de chose près, exactement le môme que dans les capitaineries portugaises de la côte d'Afrique oii les Européens et les indigènes vivent depuis plusieurs siècles en bon voisinage, sans que jusqu'ici un contact plus étroit, particulièrement avec les populations de l'intérieur, soit venu créer des relations récUe1. Cicéroii, Pro Fonleio, V. Il, dit toxluellemeiit (|iio tout le coiuinerce do la Gaulo était entre les mains des Koiuaiiis; les routes étaient on ne remuait pas un couvertes de marchands romains ou italiotes as dans la Gaule entière sans qu'il passât par des mains romaines.
:

-

05

?5

-•^•

ment intimes. De même jusqu'au temps de César et de Pompée les populations indigènes des provinces n'entretenaient avec les émigrés romains que des rapports assez irréguiiers, excepté bien entendu dans les environs immédiats des établissements latins et dans l'entourage des chefs militaires ou des fonctionnaires civils. Des exemples comme celui de Sertorius en Espagne sont isolés dans l'histoire de la colonisation romaine. Aussi, comme l'a dénu)ntré Gréibor, SpracJiqiiellenund W'ortq., dans Arc/i. Lat. Lex., I, 43, le nombre

des bilingues était extrêmement restreint dans les provinces. L^idée d'une romanisation systématique de l'Empire appartient à Auguste et elle resta depuis la politique de ses

Une nouvelle organisation administrative de l'Empire, l'ouverture d'écoles romaines dans toutes les provinces, des translocations et des déportations en masse,
successeurs.
l'abolition
/;/.s'

connubii,

ou du moins l'inobservance des lois restreignant le cf. Mérimée, Essai sur la Guerre Soc, p. 10,

progressive du droit de cité à toutes les moyens employés. Dans ces conditions, la romanisation des provinces ne pouvait manquer de porter un caractère, sinon violent, du moins artificiel et méenfin l'attribution

provinces, tels furent les

thodique qu'elle ne présentait point en Italie où la propagation du latin s'était effectuée lentement, presque pas à pas et d'une façon pour ainsi dire naturelle. De là, entre la romanisation de l'Italie et celle des provinces une différence originelle et essentielle dont jusqu'ici les philologues n'ont pas assez tenu compte et que la plupart même semblent absolument méconnaître, Sittl aussi bien que Grober ou W. MeyerLiibke. Or, nous croyons que ce caractère absolument spécial qui marque la romanisation systématique inaugurée sous l'Empire et la distingue si parfaitement de ce qu'elle avait été en Italie à l'époque républicaine, trouve précisément son expression dans la langue et qu'il faut distinguer avec soin le latin vulgaire répandu dans tout l'Empire après Auguste, et le vieux latin rustique transformé en Italie par la pcregrinitas italica. La chose en tout cas vaut qu'on y insiste, car il est clair que les langues romanes à leur tour doivent conserver au moins le souvenir de cette différence d'origine.
§ 23.

En
dit

Italie,

il

s'agit à
fois,

proprement parler, comme

nous l'avons

maintes

d'une assimilation du latin aux

^

-23.

-"^fi

anciens dialectes indigènes, puis d'une fusion et finalement d'une absorption totale de ces dialectes dans ce parler spécial latino-italique que l'on peut appeler latin d'Italie et dont nous

chercherons tout à L'heure à définir avec précision les caractères et les limites. Dans les provinces au contraire, il s'agit d'une destruction méthodique et préméditée des langues indioènes, de leur expulsion pure et simple dans toute l'étendue de l'Empire, excepté en Orient où le latin ne pouvait guère songer à combattre avantageusement la langue grecque. En Afrique, en Espagne, en Gaule, en Rhétie, en lUyrie, en Dacie, en Pannonie,en Mésie, partout c'est le latin que l'on s'efforce
de substituer par des moyens officiels et administratifs aux idiomes barbares. Cette substitution, grâce à l'habileté des procédés employés, dut s'opérera peu près partout, au moins dans les grandes masses de la population et dans les centres
importants, avec une rapidité que justifient à la fois les conditions de la vie antique, la densité relativement faible de la
population, la nature de l'administration impériale, l'infériorité de dialectes pour la plupart peu cultivés en face du prestige de la langue latine.

Commencée au

i'''"

siècle, cette

con-

quête par la langue, la plus sûre et la plus durable de toutes, était à peu près achevée dans la plupart des provinces dès car, au début du v", les invasions et la chute la fin du iV'
:

de l'Empire, en affranchissant les peuples, ne leur permirent plus de songer à une restauration de leurs langues nationales. Il faut donc bien admettre qu'à cette époque le fond de population en Sardaigne, en Espagne et en Gaule ne la
parlait plus guère

que

le

latin.
le

Celui-ci,

après avoir joué à

côté du

dialecte

indigène

rôle

d'une

langue étrangère

apprise bon gré mal gré par les Ijarbares et pour obéir aux nécessités des relations avec Rome et le reste de l'Empire,
avait
le
fini

par supplanter la langue maternelle.
le

On

avait oublié

turdétain, l'aquitain,

gaulois pour

le latin qui

répondait
stimulait

à tous les besoins pratiques

pensée généralement par

le

dont droit de
ei

la

connaissance, récom',

cit('

(lattait et

I. L'islrie et la Vonétie sont réunies ;i l'Italie en 42 avant .!.-('.: on en conclut, toutefois sans raisons suffisantes, semble-t-il. ([ue (lès

ce moment ces ré^n'ons étaient latinisées. Ce qui est probable, c'est qu'elTectivfMnent l'obtention du ixis vinUalh était liée à un contin.ii'ent important de populalion immi.urée ou indiiïène parlant le latin mais (lue les lîoinains (exigeassent préalableil nous est difficile de i)enser
:

--)-;—
les

ii

-2:].

peuples barbares. Ce n'est pas que les langues nationales

des

vaincus

aient

ment devant

cette concurrence redoutable.

succombé immédiatement et absoluNous savons que
;

les Vénètes conservaient encore leur nationalité et leur langue à l'époque de Polybe, au ii" siècle ti'ois siècles plus tard, le Digeste d'Ulpien nous apprend que l'on considérait comme valables non seulement les testaments écrits en latin ou en grec, mais aussi en punique, en gauloiset dans d'autres langues encore, uel alterius cuiusque gentis, cf. Windisch, Grundr., 1, p. 298 au iv*" siècle, saint Augustin nous dit que l'on parlait encore punique à Carthage, et quant au gaulois, Budinszky, Aushreif. (1er latein. Spr., p. 115 sq., a démontré qu'il ne disparut complètement, particulièrement dans la Gaule du nord, qu'après la chute de l'Empire, vers le vi" siècle, peut-être même encore plus tard. Cf. aussi Diefenbach Orig. Europ., p. 158 sq. Mais de toute façon ces restes des vieux idiomes nationaux, cantonnés probablement à l'état d'ilôts isolés dans les régions reculées et moins entamées par la colonisation romaine, en Lusitanie, chez les Rhètes, chez les Vettons, les Morins ou les Nerviens, étaient désormais irrévocablement perdus et ne pouvaient plus guère entraver la victoire définitive du latin. A l'égard de la Dacie, le latin s'y implanta plus facilement et plus radicalement encore que dans les autres provinces, puisque, ainsi qu'il ressort d'un passage d'Eutrope, Hist. VIII, 3, déjà souvent cité et commenté par les historiens, la population indigène avait été complètement décimée ou dispersée au moment de la conquête Dacia enim diutiirno bello Decebali idris fuerat erhausta. Cf. aussi Julien, in Caesarib.: Getarwn quidem getitem penitus euerti et deleui, en tenant compte toutefois des restrictions faites par Ubicini, De la Colonisât. romaine en Dacie, dans \a.Bibl. imiv. de Geiiève, 20 mars 1860. Il semble qu'en Pannonie également les Romains aient eu affaire à une population extrêmement raréfiée et sans cohésion du qui succomba presque sur-le-champ à la romanisation moins Velléius Paterculus, Hist. II, 110, déclare que, moins de quarante ans après la conquête, on n'y parlait déjà plus que
;
:

;

ment, la latinisation radicale des grandes masses indigènes. Le vénète par exemple, nous le savons positivement, a dû se maintenir dans les campagnes tout au moins bien au delà du V' siècle avant notre èi'e.

^

oi.


On peut

58

-

le latin.

donc, croyons-nous, considérer dans ces

comme totalement ou presque totalement négligeable. Telle est aussi Topinion de Gaster qui, le premier, a démontré l'invraisemblance de la soi-disant influence dace à laquelle on rapportait jusqu'ici plusieurs des particularités du roumain moderne et que le savant romaniste attribue avec infiniment plus de raison aux Bulgares touraniens qui, au vu* siècle, envahirent la péninsule des Balkans et la troublèrent si profondément, cf. Grundr., I, 410. Il s'agit donc en définitive pour le roumain, comme pour les autres langues de la péninsule, de faits relativement
récrions l'influence indigène

modernes dont nous n'avons point à nous occuper
§ 24.

ici.

— Ainsi donc,
triomphe

en faisant abstraction des conditions

toutes particulières dans lesquelles s'est efi'ectuée la romanisation de la Dacie, on placera à peu près dans le courant du
iv" siècle le

langue du plus profondément dans les réalisée plus et tôt été latin ait régions le plus anciennement conquises, la chose est évidente, bien que cette différence chronologique ne doive pas être étendue au delà d'une prudente moyenne, d'un siècle à un siècle et demi tout au plus. Nous venons de voir que les progrès du latin dans les classes populaires des provinces conquises ont dû être, avant César et surtout avant Auguste, relativement peu considérables et limités généralement aux populations des côtes ou aux centres directement en contact avec l'élément romain. En outre, il ne faut pas oublier qu'en Afrique par exemple, le punique, protégé par une civilisation séculaire et des traditions illustres, dut opposer à la langue de Rome une très longue et très tenace résistance, C'estainsi aussi qu'en Sicile et dans les villes de la Grande Grèce, d'après Budinszky, Atishreit. der lat. Spr., p. 44 sq., le grec ne succomba guère qu'au moyen âge devant l'arabe et l'italien Naples notamment fournit des inscriptions grecques jusqu'au
définitif et
la

presque complet de

latine dans toute l'étendue de l'Empire.

Que

la victoire

;

vu'' siècle

de notre ère.
le

L'intérieur do l'Espagne, dont l'éluignement entravait les

conimunicalions avec

reste de l'Empire, a dû conserver ses

dialectes nationaux au moins aussi longtemps que les dialectes celtiques de la Transpadane par exemple,
cf.

Nous savons en

toiii

cas qu'an

i"''

siècle do notre ère on

Strabon, 216 C. par-


lait

50

-

î;

l'i.

mes près de Salmantica' (Salamanque) chez
moins voyons-nous un
assassiné
le

encore un dialecte ibérique ou peut-être celtique à Terles Votions du
:

de cette nation, après avoir préteur L. Pison, apostropher les Romains dans

homme

son dialecte, sermone patrio, Tacite, Ann., IV, 45, ce qui doit faire supposer que le latin était encore généralement inconnu

dans

la

région

;

fort loin d'une romanisation complète.

l'Espagne était donc à cette époque encore Un fragment de Pum-

dit, il est vrai, en parlant des Artabres ou Arotrebae qui habitaient sur l'Océan, dans la Galice actuelle, l'extrémité la plus reculée et la plus inaccessible de l'Espagne etiam nunc celticae gentis. On pourrait croire qu'il s'agit d'un dernier reste de la population primitive de l'Espagne non encore latinisé et resté fidèle auK usages et au par:

ponius Mêla

ler celtiques. Il n'en est rien et, d'après notre interprétation

personnelle, le géographe espagnol veut dire simplement que les Artabres étaient, dans la seconde moitié du i" siècle de notre ère, encore absolument fermés à toute influence romaine, qu'ils formaient une des dernières nations celtiques encore indépendantes. La chose en tout cas est extrêmement vraisemblable en raison de l'éloignement où vivait ce peuple. Rappelons que l'empereur Vespasien, pour hâter la romanisation de l'Espagne, accorda en l'an 74 le lus ciuitatis oplhiio iure à toutes les villes de l'Espagne, municipales ou fédérées, ce qui entraîne ipso facto l'usage du latin comme seule langue officielle. C'est effectivement vers cette époque que cesse, à ce qu'il semble, la frappe des monnaies ibériques en caractères nationaux, cf. Hiibncr, Monuni. linrj. ibericac, Berl., 1894, ouvrage capital pour tout ce qui touche à la question encore si obscure de l'épigraphie et de la numismatique ibériques. Le peu que nous en savons nous permet néanmoins, à siècle de notre ère notre sens, d'affirmer que vers la fin du le latin était déjà répandu sur beaucoup de points delà péninsule ibérique mais qu'il n'était pas partout, tant s'en faut, d'un usage courant parmi les populations indigènes \ La
i'^'"

dans un passage important qui n'a point question qui nous occupe, déclare formellement que la latinisation de l'Espagne ne fut entreprise d"une manière effective que par Auguste Caesar Auguslus perdoinilo orbe uictricia ad cas (i. e. Ilispanus) arma Iranslulit populumque barbarum ac ferum legibus ad cuUiorem uilae usum traduchim in formam provin1.

Justin, //«s/.,
utilisé

XLIV,

5,

encore été

pour

la

:

l'iae redei/ii.

^

o'i.

^
même

no

_

même en Calabre où le aiessapion jusque sous l'Empire, cf. Budinszky, Aitsbrcit. der lut. Spr., p. 40. On sait d'ailleurs que, dans toute la Calabre, les inscriptions latines sont extrêmement rares, excepté dans les colonies romaines, à Brindes par exemple, qui, en revanclie, n'a produit qu'une seule inscription messapienne, Mommsen, Unlerital Dial., Tab. V. L'exemple le plus frappant de la résistance des vieilles langues nationales aux empiétements du latin nous est fourni par l'étrusque. Les colonies romaines les plus anciennes en Etrurie étaient Sutrium, de Tan 38o av. J.-C, et Nepet de 373, toutes deux près de Faléries, donc dans une région où vraisemblablement la langue étrusque n'avait qu'accidentellement
situation est à peu près la

persista de

accès, dans les relations administratives avec les lucumons
et

peut-être çà et là dans quelques îlots isolés de population
Falisk.,]).

rasène;même, malgré l'opinion de Deecko,
(|ui

20

sq.,

foncièrement étrusque, il nous parait probable que les longues guerres de Rome avec les Véiens au V'' et au iv" siècle n'avaient en réalité mis les Romains en contact qu'avec des tribus italio-tes d'origine et proches parentes Morrius, des Falisques. Capène était une colonie de Yéies
tient A'éies pijur
;

roi des Véiens, prétendait descendre d'Halésus, ancêtre

my-

thique des Falisques, Virg., Acn., X, 411, et une diversité de race expliquerait au mieux, croyons-nous, l'hostilité sou-

vent manifestée par les autres Etats de l'Etrurie à l'égard des Yéiens, cf. Liv., V, l.Ce n'est donc guère qu'à partir du m'-' siècle, lorsque furent fondées les colonies d'Alsiuni et deFré-

gènes et surtout plus au nord, en face de Voici, celle de Cossa, que les Romains pénétrèrent réellement sur le territoire étrusque proprement dit. Encore ces colonies se trouvant toutes sur la mer, on ne peut admettre un contact véritable entre le latin et l'étrusque que le long de la route qui établissait, par Tarcpiinies et Caere, la communication avec Rome et qui futdénomniéc plus tard uid Aiii'clia. Il faut attendre le II'' siècle pour trouver- enfin, outre (iraviscae sur la mer, une colonie romaine au centre même de l'Elrurie: Saturnin, sur le territoire de Calétra, entre Vétulonia, Chisium et l'ancienne Vulsinies. Ce fut, d'après Tite-Live, XXXV, 55, une colonie de citoyens romains qui comptait 'W Scmpronius Gracchus pai'mi les triumvirs et dans huincUo dix arpents furent atLril)ués à chaquo cobtn.

On peut
aient,

Cl

Il

-^

-il.

hésiter d'ailleurs

sur la situation

qui fut faite
fourni des
n'est

aux Etrusques par

Rome

victorieuse.

est douteux qu'ils
l'Italie,

comme
pas

les

autres populations de

contingents militaires aux armées de la république, car nulle
part,
fait

même

à l'époque des guerres puni(|ues,

il

combattant à côté des Romains et des Italiotes Mérimée, Essai sur la Guprre Sociale, p. 8, en a conclu, par un raisonnement ingénieux, que les Etrusques n'étaient point admis dans les légions, pas même, comme les Italiotes, dans des cohortes spéciales. On comprend l'importance extrême de cette remarque quant à l'histoire du latin en Etrurie ainsi s'expliqueraient à la fois la persistante indifférence de ces anciens civilisateurs de l'Italie à l'égard des affaires romaines et l'isolement farouche où ils s'obstinaient à vivre, aux portes mêmes de

mention de

troupes

étrusques

;

:

Rome,

loin d'une civilisation qu'ils sentaient étrangère à leur

race et à leur langue. Lorsque, sous les Gracques, une fermentation immense fait bouillonner l'Italie entière et présage
déjà
le

soulèvement colossal qui va mettre en question
l'Etrurie reste

les

destinées du monde,
les incantations.

impassible

et

calme,

plongée, semble-t-il, avec ses haruspices, dans les rêves et

Quand M. Livius Drusus médite
la

l'envoi

de

nouvelles colonies dans leur pays, les Etrusques se contentent

de murmurer contre

rogationqui
I,

les

menace dans
~t...

leur isovc;xi'j

lement

et

leur demi-indépendance:

T'jpp-^v:-

tou

oavEpw; -/.aT£3=wv, App., HclL Ciii.,

36. Plus tard, au plus fort

de la Guerre Sociale, lorsque tous les peuples d'Italie, dans l'enthousiasme des premières victoires, appellent le monde entier à la révolte, lechefmarse Vettius Scaton essaie en vain d'enrôler les tribus tyrrhéniennes, d'éveiller chez elles une flamme d'énergie, un désir même fugitif de liberté, cf. App., Bell. Ciu., I, 50, et il suffit de la présence d'un préteur romain, L. Porcius Caton, pour les maintenir dans leur apathie, Liv., Epit., 14. Ce n'est que, quand ils eurent reçu, avec le reste de l'Italie, en 89, en vertu des lois Julia et Plautia, le droit de cité romaine, que les Etrusques sortirent pour un moment de leur indifférence séculaire et prirent les armes à la voix de Marins et de Carbon non point pour secourir Rome qui les avait affranchis du joug des lucumons, mais pour combattre cette cité qui, en les faisant citoyens romains, prétendait les enrôler dans ses légions, réquisitionnait des vivres et
:

j;

-iru

-

<>^

en
latin.

des chevaux, envoyait des préteurs les administrer Ils durent se soumettre cependant, et, après la Clusium, obéir, comme le monde entier, à la volonté recevoir des garnisons romaines et des colonies de
qui. multipliées encore par César, inondèrent le

de de Sylla,
prise

vétérans

élément considérable de langue

latine.

En même

pays d'un temps, les

propriétés des lucumons étaient divisées entre les colons, les anciens propriétaires dispersés et, avec leur puissance
les traditions séculaires et les institutions nationales

anéantie, disparaissaient peu à peu dans les ténèbres du passé du plus

ancien et jadis du plus puissant de tous les peuples de l'ItaC'est à partir de cette époque, peu avant la mort de César, qu'apparaissent les premières inscriptions bilingues
lie.

étrusco-latines, attestant les progrès de la langue et de la
civilisation de

Rome

dans une région qui

leur fut

si

long-

temps fermée. Peu
du terrain
;

à peu l'antique idiome des lucumons perd

bientôt tout le sud del'Etrurie cesse de rien four-

nir à l'épigraphie nationale. Telle était cependant la vitalité

de cette langue que, du temps de Cicéron, elle comptait encore une littérature dramatique florissante, dont un représentant du moins nous est connu de nom, Volnius, par un passage souvent cité de Varron, Lmg. Lai., Y 55, Millier. Au encore généralement II" siècle de notre ère, l'étrusque était parlé dans le pays, au témoignage formel d'Aulu-Gelle, XI,
,

VII, 4, et les

inscriptions les plus récentes paraissent bien,

si

obscure que soit encore pour nous, en dépit des beaux travaux de Fabretti, la chronologie de l'épigraphie étrusque, dater du m'' et peut-être même du iv"" siècle.
Si donc r(''trusque est parvenu à se maintenir § 25. aussi longtemps, et au camr même de l'Italie, on admettra sans peine assurément que des régions infiniment plus vastes
et bien autrement éloignées de Rome et de son intluence immédiate. l'Espagne et la Gaule particulièrement, soient res-

tées au moins aussi longtemps fidèles à leurs dialectes nationaux. On nous dit bien que certains peuples ibériques ou

celtiques d'origine s'étaient complètement latinisés dès l'époque d'Auguste. Dans un passage dont on invoque ordinairement le témoignage pour d('nion(rer la rapidité de la romanisalion des provinces, Strabon, III, o, dit positivement que les

Turdétains s'étaient à ce point familiaris('s avec

la

langue des


Romains
qu'ils

<).'?


Nous croyons
qu'il

;<

25.
tyj;

en

avaient

oublié la leur propre,
les écrivains

cj$l

^•.xkiv-zj tï;; crssTÉpx;

hi

[j.ziJ.rr,'^Àys',.

y a

anciens ne se font en général pas scrupule. Que les Turdétains, qui habitaient en Bétique, autour d'Italica et de plusieurs autres colonies
florissantes,

une de ces exagérations dont

une région particulièrement abondante en éta-

blissements romains, aient de bonne heure appris la langue latine dans ce contact journalier avec les immigrés romains et italiotes, la chose est, en elle-même, fort vraisemblable et

mais ils peuvent d'autant moins n'a rien que de naturel avoir renoncé si vite à leur langue nationale que celle-ci était
:

précisément, au témoignage de Strabon lui-même (et l'épigraphie confirme pleinement cette assertion) le plus cultivé de tous les dialectes ibériques. C'est pourquoi nous ne croyons
pas que, dès le i""" siècle de notre ère, ils fussent autre chose que des bilingues à la manière des Bruttiens qui, du temps d'Ennius, comprenaient le dorien tout en continuant à parier osqueV C'est de la même manière qu'il convient probablement d'interpréter un témoignage identique du même Strabon, IV, qui, I, 12, à l'égard des Volques, des Cavares et des Salyes habitant dans le voisinage immédiat de Marseille, de Narbonne et des autres établissements romains de la Provence, ont dû effectivement se familiariser d'assez bonne heure avec
le latin.

Mommsen,

Rôtn. Gesch.,

ment que, dès 118

av. J.-C,

Narbonne

spécial de mettre directement les

406, déclare expresséfut fondée dans le but Barbares en contact avec un
".

W,

centre de civilisation exclusivement romain

Quoi

qu'il

en

1. Les Bruttiens étaient probablement bilingues comme le sont les Belges des Flandres ou du Brabant, c'est-à-dire que dans les villes on comprenait généralement le dorien de même qu'aujourd'hui à Bruxelles, à Anvers ou à Gand beaucoup de gens du peuple comprennent le français. Dion Ciiry.sostome, II. 112, éd. IJeislve, signale également les Lucaniens comme des clients de la langue dorienne. Cela signifie simplement que le dorien était couramment employé dans les villes lucaniennes, particulièrement dans les ports de la côte les transactions commerciales se faisaient sans doute en grec. Mais on ne peut pas plus prétendre que les Lucaniens ou les Bruttiens étaient hellénisés ou les Turdétains latinisés dès le i^"" siècle qu'on ne dira jamais que les Fla;

se soulèvent au moment de la guerre sociale, n'y a point à conclure qu'ils se sentissent déjà latins ou italiotes; ils profitèrent simplement des circonstances difficiles où se trouvait Rome pour essayer de reconquérir leur indépendance, comme firent en 1870 les Arabes d'Algérie.
Liv., Epit., 73,
il

mands sont francisés. 2. De ce que les Salyes

^

-ir).

~~

(ii

soit,

même

ce sont là des cas de toute façon exceptionnels et le soin que prend Strabon de signaler ces quelques tribus

barbares qui, de son temps, parlaient déjà latin, prouve bien qu'en général la romanisation des provinces n'était guère

avancée.

On voudra

bien remarquer d'ailleurs que Strabon,

dont

années avant la catastrophe de Pompéi le Vésuve comme un volcan éteint, a l'afavec l'habileté propre aux. firmation particulièrement facile Grecs, il iiatte volontiers la vanité romaine, fort sensible à l'égard du prestige du nom latin, et il se souvient toujours à propos qu'il écrit sous un prince qui a rêvé de faire un seul peuple de toutes les nations de l'Empire. C'est ainsi qu'il déclare VI, I, 2, que les Samnites, les Lucaniens et les Bruttiens avaient non-seulement abandonné leurs institutions et leurs coutumes nationales, mais qu'ils avaient entièrement renoncé à leurs anciens dialectes, ce qu'il insinue également, V, III, 6, des populations de la Campanie. Or, nous savons par le témoignage irréfutable de l'épigraphie que l'osque et ses dialectes resta en usage dans de grandes villes telles que Pompéi jusqu'à l'Empire tout au moins et que, par conséquent, il a dû se maintenir encore infiniment plus longtemps dans l'usage courant des campagnes, cf. ci-dessous §§ 41 sq. Strabon lui-même est forcé d'avouer dans un autre endroit, V, I, 6, que l'on parlait encore tyrrhénien, vénète, ligure et insubre dans la Cisalpine' et VI, ii, 4, qu'à l'intérieur de la Sicile les débris des tribus ibériques des Sicanes conservaient encore leur nationalité distincte. Si donc un siècle plus tard, dans un passage qui ne nous paraît pas avoir été utilisé jusqu'ici dans cet ordre de questions, Plutarque, Qi/aest. p/alo/i., X, III, parle de ce 'Pwy.aîwv Aoycr, m vjv 5y.oj -xnt: xv^pio-z: yzwr.x'., c'est encore là une de ces phrases qu'il faut se garder de prendre à la lettre et qui ne signifie autre chose, sinon qu'au II*" siècle presque tout le monde savait le lai in, et par ce « presque tout le monde » il faut naturellement entendre
l'optimisme considérait
;

qufdques

'.],

I. Au contraire, dès le ii'^ siècle avant noire ère, Polybe. II. 35. aftinne que dans la Cisalpine les populations celtiques ne se rencontraient déjà plus qu'au voisinage iinaiédiat des Alpes. 11 faut entendre sans doute qu'il n"y avait plus de tribus gauloises indépendantes que dans les montagnes et que partout ailleurs le latin s'était implanté comme lan.iiiie administrative et officielle.

Les mots latins dans les langues brittoniques. MoHL. — Chronolofjie dit Inlin vulgaire.') — : S. Vers la même époque. ont dû constamment rester en usage au moins dans les campagnes. Si ce raisonnement est exact. on ne peut guère parler d'une romanisation eflfective des provinces avant environ le iii'^ et le courant du iv*" siècle de Roman. . les dialectes numi- comme l'a déjà très justement remarqué Fuchs. après une lutte de vingt siècles. Seu. en Afrique.. Sprachen. la situation était sensiblement la même qu'en Bretagne. même en admettant que l'élément romain y fût représenté par des masses plus compactes que parmi les Celtes insulaires car il faudra en revanche tenir compte de la cohésion numérique des Celtes continentaux infiniment plus nombreux. à Leptis. tout au moins dans la Gaule du nord. comme nous le disions tout à l'heure. Hist. Aug. romanisation. XV. encore peu familiers avec l'idiome romain témoin Plutarque lui-même qui. Or. p. les dialectes — ibériques ou euscariens n'ont pas encore complètement cédé devant l'envahissement toujours croissant des langues romanes? En Afrique. au dire de ses biographes. VI. on voit que. Sept. plus de six cents ans et où la colonisation a été particulièrement active. Loth. 58. où les Romains ont dominé durant do-lib}ens. 561 sq. — Comment s'étonner d'ailleurs de cette lenteur de la § 26. -jn. cf. encore que beaucoup fussent avant tout les gens instruits. dans les Annales de Bretagne. La domination romaine en Grande-Bretagne a duré quatre siècles et n'a point réussi à y implanter le latin comme idiome populaire à côté du celtique l'action de la langue latine s'est bornée à quelques emprunts de mots de la part des dialectes comiques et gallois.— ('). cf. ne parla jamais le latin qu'avec difficulté et incorrectement. si Ton songe qu'aujourd'hui encore. puisqu'ils se retrouvent encore aujourd'hui dans le berbère. 3 . en Gaule. notre ère. . la propre sœur de Septime Sévère parlait encore le punique et savait à peine un peu de latin. le latin n'a guère commencé de se naturaliser réellement au nord de la Loire que vers la fin du siècle et effectivement nous savons qu'on iv° y parlait encore le celtique çà et là dans les campagnes jusqu'au vf et même au vif siècle.. En avançant cette date de cent ans environ pour la Gaule du sud et pour certaines parties de l'Espagne.

. s'accoutumant seulement à l'entendre parler et communiquant encore généralement avec les autorités romaines au moyen d'interprètes. nous ne nous occupons présentement que des progrès plus ou moins rapides que le latin a pu réaliser parmi les éléments étrangers et de la concurrence qu'il a dû faire aux idiomes nationaux. 171. spécialement dans les campagnes. 11 est évident en effet qu'il ne peut être question de dialectes vulgaires provinciaux. Brut. Il faut en effet distinguer très nettement entre le latin apporté d'Italie par les colons envoyés par Rome et qui. et les rhéteurs mettent en garde ceux qui voyagent en Espagne et en Gaule contre les iierba non trita Romae. La première est toute passive les indigènes entrent peu à peu en contact avec les colons italoromains ils restent tout d'abord en dehors de toute participation à la propagation du latin. est-elle admissible ou même simplement possible? Sittl a beau dire que le latin. pingue sonans. des Numides. — Of) — §27.i leur tour. dans les colonies et les villes romaines. les auteurs anciens parlent fréquemment de ce latin rude et barbare. nous ne le pensons pas. par la population romaine et italiote établie dans les villes et dans les centres provinciaux. dialectes développer et de se transformer comme toute espèce de langue vivante. Cic. des Celtes. squamosiis. Sans doute. Les — : . dans toute l'étendue du pays. Il y a ainsi trois périodes distinctes dans l'histoire de la romanisation provinciale. XLVI. de même que le latin s'était altéré en se naturalisant chez les Sabins ou chez les Marses. la formation d'une rusticitas vulgaires du latin nés dans la bouche des Ibères. inquinatus atque barbants que l'on parle et que l'on écrit dans les provinces. en franchissant le Rubicon. jamais du langage des campagnards indigènes.^ -27. — Dans de ces conditions. agrestis. Mais il s'agit toujours ici du latin parlé par les colons romains. des Etrusques. est allé d'altérations en altérations. ancêtres des langues romanes. les populations indigènes une fois qu'elles auront été complètement romanisées. Réservant pour le moment la question du latin parlé dans les établissements romains. ne cesse de se provinciale. que du jour où le latin parlé dans les colonies et les villes aura réellement pénétré dans les masses profondes de la population indigène et s'y sera naturalisé au point de faire oublier les vieux parlers nationaux. et le latin que parleront .

il fallut faire l'éducation des Barbares. au cœur de la Tarraconaise. surtout à l'époque prélittéraire. sur le Tite-Live XLIII. Dans les pays italiques. Un Falisque ou un Sabin avait pu tout de suite balbutier le latin. etaboutir presque sans transition à une assimilation véritable. très le fiers. croyons-nous. croyons-nous. même sans l'avoir appris.— nasse <)* — qui ?. au contraire. Déjà Sertorius avait fondé à Osca. Les écoles furent en effet. compris sur une vaste étendue du pays et parlé déjà plus ou moins correctement par un certain nombre de bilingues. Sertor. absolument comme tout Slovène peut parler croate et réciproquement. le grand moyen employé par les conquérants. Il ne saurait en effet être déjà question d'une assimilation du latin par les populations provinciales. jeunes Ibères. dit Plutarque. lorsque d'or général suspendait à leur cou la bulle des petits l'éducation patriciens de Rome. -27. nous apprend que Carfretum Gaditanum.. : On se souciait aussi de des plébéiens téia. un simple contact avec les Romains avait suffi pour roraaniser peu à peu la péninsule dans les provinces. siècle et le début du ii*^ environ que C'est vers la fin du s'ouvre insensiblement une seconde période dont la durée fut naturellement subordonnée partout à la densité et au chiffre numérique de la population primitive et pendant laquelle le latin s'insinue peu à peu jusqu'au cœur du pays à côté des anciens dialectes nationaux qui subsistent. fut fondée dès 171 avant notre . un Cantabre ou un Batave dut apprendre le latin avant de pouvoir le parler. 3.. dans laquelle le latin. populations côtières et celles habitent dans le voisi- immédiat des établissements romains les se familiariseront premières avec l'idiome étranger parlé aupeu à peu elles se l'assimileront suffisamment pour contribuer bientôt à leur tour à sa propagation vers l'intérieur de la province. etc. En Italie. entrer en compromis avec les dialectes si voisins de lui des Falisques. des Péiigniens. C'est une période essentiellement transitoire. 14. d'une manière évidemment très générale. Telle fut. une école destinée aux naturellement tour d'elles et i'^'" . des Sabins. la situation des provinces extra-italiennes jusque dans le courant à peu près du i" siècle. il fallut littéralement leur apprendre le latin. est néanmoins toujours senti comme un idiome étranger non encore assimilé. le latin avait pu presque spontanément. des Volsques.

à Comum. sont espagnols. le rhéteur Eumène. car. entretenait jusque dans les moindres villes et bourgades de la Gaule. gaulois. comme ou sait. dit Suétone. Spr. Ausbreit. C'est ainsi que Tacite. l'ancienne Bi- bracte.ky. après Auguste. gramiii. l'occasion de revenir en détail sur la question des écoles dans l'empire romain. Nous aurons d'ailleurs plus tard. Epist.. B\idu\s7. désormais leurs maîtres de rhétorique ot d'éloquence: AV/m inprouincias quo<iue r/rcimmatica penetrauerat ae nonnulli de nolissiniis doctoribus peregre docuenoit. Ajoutons de notre côté que cette vogue persista jusqu'aux invasions et que l'école d'x\utun fut certainement un des centres les plus importants de la romanisation des Gaules . \\\.< oi. ne se firent point attendre et les plus grands noms de la littérature. la qualifie encore de studiorum frequentia célèbres et illustres. xime p. Les écoles populaires d'ailleurs n'étaient point négligées. scJioL. Spr. 104 sq. cité la politique De illust. On connaît cette fameuse école de Crémone où Virgile allait étudier avec les jeunes garçons de Mantoue. a insisté avec raison sur l'influence considérable que les écoles durent exercer sur la propagation du latin dans les Gaules et il cite à l'appui un certain nombre de textes qui ne sauraient laisser aucun doute à ce sujet. Rome. Orntio pro instniir. par les . africains. lat. et nous restons positivement stupéfaits devant le nombre de f/rammatici que l'administration impériale. Les résultats. AiisbreiL der lat. lY. Les provinces bientôt ne se contenteront plus d'apprendre à l)albutier tant bien que mal la langue de Rome sous d'humbles ludi rnagistri doués souvent de plus de bonne volonté que de science elles auront. sous Constance Chlore. 13. en effet être considérable. 3. tit. dans un passage 55. déjà par lUidinszky. Xlll. — <>8 — sol- ère. sous le nom de scholae maeelle était célèbre dans tout le monde romain à la ma- nière de nos grandes universités modernes.. 11... s'efforça de faire nommer un maître de grammaire appointé sur les deniers publics. Dans une autre bourgade de la Cisalpine.^ p. où toute la jeunesse gauloise venait étudier et qui dut nianae. m.. au m'' siècle. 3. elles aussi. ainsi qu'il résulte du Code Théo dosien. §§ 66 sq. dats romains et 43 signale la fameuse école d'Augustodunum. pour j recevoir plus de quatre mille bâtards nés de de femmes espagnoles. où impériale ne trouve aucun intésera finalement éclipsée rêt à entretenir des écoles. Ann. in G allia Togata. ma. Pline le jeune.

Le peuple. des jeunes gens rodu préfet de Rome. trente années passées dans les armées de Rome (et qui n'était pas soldat. des Gaulois stirpe dnddarum sati accourir du fond de l'Armorique pour iv^ provinces et Ton verra. Même rans des légions.siècle. ils rejetaient jusqu'à leurs noms hispaniens ou gaulois. les collecteurs d'impôts. vingt. se croyaient romains pour tout de bon et. les pecuarii.. si ce n'est les esclaves?). flls étudier les lettres latines et bientôt les professer à leur tour. aussi bien que les pâtres asturiens ou arvernes se souciaient sans doute fort peu des déclamations d'Arborius ou de Sédatus. fascinés . Faut-il enfin que nous rappelions. comme Symmaque. apportant avec eux. faisaient sonner haut leur latin. Verecundus. au mains. Arch. devant les invasions germaniques les écoles romaines ne fermèrent pas immédiatement leurs portes et. trouvaient d'ailleurs partout des oreilles disposées à les écouter et des bouches déjà façonnées à les imiter les vétéIls . Lex. Rien n'est plus juste. 49. Cassiodore mentionne encore de son temps des maîtres publics. les employés de l'administration. aller étudier en Gaule. et. De la part des Barbares l'empressement n'était pas moindre et l'on voit. ordonnée avec un ordre et une minutie qui en disent long? On répugne d'ordinaire à admettre que les écoles et les chaires de rhétorique aient pu avoir sur la romanisation des provinces l'influence capitale que nous sommes porté à leur attribuer. s'appelaient Licinius. dit-on. Tonantius Ferréolus et sa célèbre bibliothèque. jusqu'aux gardiens des péages. mais d'où venaient ces milliers d'étudiants qui se pressaient dans les écoles de Cordoue. avec l'exagération fougueuse de la jeunesse. trop souvent cité pour être à nouveau transcrit ici. de Lyon. ceux qui s'en revenaient au pays natal après dix. I. Ils afiectaient d'avoir oublié la langue de leur enfance. dans un passage d'Ausone. de Toulouse. d'Autun? Ils étaient Eduens comme leur maître Ausone. Pudens. le mépris de l'humble jargon maternel et la renommée de leur science latine. Lot. Armoricains comme le rhéteur Patera. Servilianus ou Tutor. ils s'en revenaient pour la plupart dans leurs villes natales ou dans leurs villages. vers la même époque à peu près. restait fermé au bénéfice des belleslettres et les laboureurs de la Séquanaise. les anciens fonctionnaires de la province. d'après Grober. de Narbonne. leurs études finies. les commis des fermes publiques.

à l'exemple de Claude. les maîtres gaulois. Il faut seulement s'étonner que presque tous ceux qui ont cherché à nous retracer l'histoire de la langue latine dans les provinces aient passé sous silence ce passage pourtant si précieux et si fécond en déductions de toute sorte. prétendaient ne parler que le latin. : . XXI. son mépris des hommes et des choses. Son premier soin fut d'ouvrir des écoles où. Et Tacite ajoute cette phrase pleine d'amère ironie. . comme Agricola. les rois francs. les femmes même étaient avides de l'enseignement nouveau et c'était le prestige des paroles latines qui les attirait au-devant des missionnaires chrétiens. . aux esclaves. au lieu de mendier auprès des papes des attributs de consuls romains. et qui dit toute la politique de Rome idque apud imperitos humanitas uocabatur cum pars seruitutis esset. il sut stimuler leur ardeur par l'émulation: Principuni filios libcralibiis artibus erudire et ingénia Ih'itannonini studiis Gallorum anteferrc.§ 27. puisque c'étaient d'ordinaire des Barbares arrachés à des contrées lointaines et vendus à l'extrémité opposée du monde. comme fit plus tard Charlemagne. l'alphabet latin si enfin. au lieu de perfectionner. si. Il nous montre comment Agricola mit l'hiver de l'année 79-80 à profit pour commencer l'éducation romaine de certaines tribus bretonnes. en Neustrie. Chilpéric s'était occupé de fixer l'orthographe franque. ail lieu de se croire iJonnilus ou Auguste. Si. Bientôt la connaissance du latin ne fut plus seulement un gage de la bienveillance de Rome et une source d'avantages ou d'honchacun s'y elle devenait presque une nécessité neurs mettait. saisissante dans son laconisme. ainsi qu'on peut k^ voir dans différents passages de la Vita Martini de Sulpice-Sévère et dans le poème de Vénance Fortunat. comment il entreprit de les accoutumer peu à peu aux raffinements de la vie et des mœurs romaines. en flattant habilement la vanité des jeunes Bretons. nous a laissé des renseignements extrêmement précieux sur les procédés employés par les Romains pour enseigner aux Barbares la langue latine et plus encore pour les attacher à cette étude. par Même : . le — 70 — prestige romain. Agric. ut qui nwdo linguam romanam abnuebant eloquentiam concupiscerent. Théodoric avait ouvert en Italie des écoles gothiques au lieu de charger Cassiodore de restaurer les écoles latines si. helvètes ou lusitaniens étaient bien obligés de commander en latin. Tacite.

le latin avait presque partout triomphé les vieux idiomes nationaux. Au iv' siècle cette éducation était déjà si avancée que. étant données les § 28. ou si plus tard les Arabes d'Espagne avaient appelé les chrétiens dans leurs écoles de Cordoue ou de Grenade. burgondes. d'une façon désormais toute naturelle et spontanée.— 71 — ^28. Nous avons déjà fait remarquer qu'elle n'est pas encore terminée aujourd'hui dans les pays basques. toute influence de ce genre est naturellement exclue. . achevaient de mourir. jusqu'aux vii= et viii^ siècles et sans doute encore bien au delà. Tout le bassin de la Méditerranée. celle où le latin. conditions toutes spéciales. où l'on avait pour ainsi dire perdu jusqu'à leur souvenir. Elle fit l'éducation des Barbares. de . à l'extrémité du monde. Les invasions et la chute de l'Empire seront impuissants à arrêter le procès commencé et la romaiiisation se poursuivra normalement. excepté la Grèce et l'Orient. en les inondant de milliers de mots. dans la première période. . Remarquons tout d'abord que. il fallait imposer aux vaincus le joug de sa langue avec le joug de sa puissance. C'est le latin au contraire qui agit sur les dialectes barbares et commence à les troubler. visigoths ou lombards avaient résolument imposé leurs dialectes germaniques comme langues officielles. comme nous l'avons dit. celle des pre- miers contacts avec la langue latine. définitivement acclimaté dans les provinces. comme parle saint Augustin. la manière toute artificielle avec lesquelles s'est opérée la romanisation. Il j avait de vastes régions où déjà ils n'étaient plus compris. Rome fut plus sage elle comprit que. le long de l'Océan ou de la mer Batave. étouffés et sans force. des volcans d'Auvergne ou bien. il est hors de doute que la face du monde en eût été changée et le roumain serait peut-être aujourd'hui l'unique et dernier vestige vivant de la langue latine. de termes. Demandons-nous à présent si. est désormais acquis à la Romania. les idiomes primitifs — des Barbares ont pu réellement exercer sur le latin l'influence qu'on se plaît d'ordinaire à leur reconnaître. peu à peu submergés par la marée latine. des Pyrénées. ne conservant un reste de vigueur que dans les régions peu accessibles des Alpes. devient enfin la langue maternelle de la majorité des habitants de l'Empire. Dès lors commence la troisième période de la romanisation.

incapables d'exercer aucune action sur linguistique centrale. à part çii et là quelques dénominations relatives à la faune ou à la flore locales ou aux coutumes spéciales du pays. pays le basque numide n'a donc pu s'exercer seconde période de la romanisation. Or. on sait combien une transcription impropre défigure le langage et combien l'orthographe à son tour agit puissamment sur le langage parlé. fut l'adoption de l'alphabet latin par les populations vaincues. période toute transitoire où les Barbares. des collèges de druides ou des compagnies des chefs ibères. et qui ne pénétrèrent guère dans le grand courant général de la latinité. moins importante il est vrai. Le latin au contraire n'emprunte absolument rien. c'est encore le premier bien plus que le second qui est sujet à s'altérer dans cette lutte inégale contre un adversaire trop puissant. C'est ainsi que l'arabe a fourni au turc à peu près la moitié de son vocabulaire. . Nous en pouvons juger par ce qui arriva en Angleterre après l'invasion normande: sans aboutir à une langue mixte. l'influence des anciens parlers locaux est plus négative encore. par les innombrables ressources civilisatrices qu'il apportait. comme on sait. dément l'empreinte du dialecte des conquérants normands l'anglo-normand au contraire porte à peine la marque d'un contact avec l'anglo-saxon. durant toute cette époque. l'anglais. Des classes lettrées. et que. déjà même le vieil anglais. Une autre cause de déformation et de désagrégation.§ 28. mais n'en a rien reçu en échange. conservent néanmoins encore leurs langues maternelles. — "^2 — tours nouveaux imposés tout naturellement par son prestige de langue savante et fixée. entre langues non directement appaL'influence celtique. puisque ces langues ont cessé d'être parlées presque partout. elles sont évidemment réduites à l'état de vestiges sans cohésion. commençant à balbutier le latin pour leur propre compte. là où elles végètent encore. la masse se Le français moderne par exemple ne le ressent guère de ce qu'on parle encore dans et le breton. c'est-à-dire tant que l'idiome national est en usage au même titre que le latin. a subi profon. ibérique ou latin sur le que pendant la rentées. Dans la troisième période. résultat exclu à priori. ces déformations gagnèrent nécessairement les masses populaires et commencèrent d'al- térer puissamment leurs idiomes.

corrigèrent d'eux-mêmes les défauts de leur prononciation et arrivèrent peu à peu. ils sont encore trop peu familiarisés avec elle. il faut bien remarquer que ces premiers tâtonnements sont absolument fugitifs et instables. p. les premiers qui s'essayèrent à mots latins proférèrent sans doute quelque chose mais. Nous devons aux observations personnelles d'un de nos amis une remarque précieuse pour la philologie et l'histoire des langues en général c'est que le langage des métis de l'Amérique du Nord se perfectionne et se rapproche d'année en année de la langue littéraire à mesure que la colonisation européenne devient plus dense et que les tribus indiennes disparaissent. croyons-nous. même dans ses relations avec les Européens. Gaule ou en Espagne. dans ces péde bien informe et de bien inintelligible riodes transitoires où le peuple vaincu s'efforce d'apprendre la langue du vainqueur. Une famille de métis français du Canada employait en moyenne 20 pour 100 de mots indiens en l'année 1868. d'après le témoignage de Consentius. Sa prononarticuler des . édit. que les Gaulois. confirmé d'ailleurs par les inscriptions. 19. Or. pour s'attacher fortement à leurs propres ébauches et contracter dès le début des habitudes durables. Cr. Comme d'autre part rien ni en français ni en provençal ni dans les dialectes de la vallée du Pô n'atteste la fusion de ï et ê latins dans ces contrées. prononçaient ï d'une façon toute spéciale et confondaient vraisemblablement cette voyelle avec ë. à distinguer ï de ë. tant avec les Barbares Les Romains d'origine étaient du reste en contact conset.. il faut bien en conclure. où ils perdent pied à tout instant. Caries fautes de demain font oublier celles d'hier et celles-là à leur tour disparaîtront sans laisser aucune trace la langue étrangère est encore trop éloignée de la conscience intime de ceux qui l'apprennent. n'employant plus guère que les termes techniques indiens indispensables. une fois qu'ils furent suffisamment familiarisés avec le latin.— Eli 73 — § -28. Rien ne nous permet de mettre en doute la véracité de ce témoignage. comme les autres peuples de l'Empire. redressaient d'une manière continue les défauts contractés. tant que l'on reste . : ciation aussi s'était modifiée. . en 1880 1a même famille était déjà descendue à 5 pour 100 environ. ils se sentent trop bien eux-mêmes sur un terrain mouvant et vague. Les Gaulois. soit simplement par la force du bon exemple. soit directement.

une manifestation spontanée de la vie du langage. là où la langue. plongent dans cette dernière période delà romanisation actuelle de leurs dès dialectes com- mence déjà çà et là à se dessiner par quelques traits^. qu'elle commencera effectivement à vivre avec ce peuple et qu'elle commencera à pousser des dialectes et des patois. aucun trait réellement caractéristique et durable. rapporte surtout au celtique la plupart des phénomènes phonétiques qui caractérisent nos langues modernes. où elle sera devenue la langue maternelle.. poet. Un dialecte proprement dit une création de l'esprit originale.uer. tant que l'idiome que une langue étrangère. la chose propre de tout le est c'est peuple. La Bépuhl. Villemain. — comme 71 - conscient de ses fautes l'on parle est senti le de langage. cf. 1. il ne peut être question de dialectes proprement dits. renommée p. sans examiner préalablement si ces la L'exemple classique de Térence ne saurait être invoqué.^ 28. les Ce sera précisément la tâche des philologues de distini. à cette époque. de Cic. de la Rhétie. Suétone. par exemple en français la diphtongue oi. libre et inconsciente. puisque qui faisait de l'esclave africain le simple prète-nom de Scipioii ou de Lélius. Terent. est encore artificiellement parlée. C'est seulement du jour où la langue étrangère ainsi apprise aura été pleinement et intimement assimilée. de l'Espagne. De clar. ne paraît pas absolument dénuée de fondement. 246. ceux qui ont été importés par la colonisation ou les relations mutuelles des provinces et de l'Italie. les vieilles langues nationales de la Gaule. 1. Mais. On etc. ont déjà à peu près complètement disparu et les vestiges qu'elles ont pu définitivement fixer dans le latin de ces régions doivent être fort restreints. 2. pas plus que nul contracter auteur n'a jamais produit de chef-d'œuvre littéraire véritable sinon dans sa langue maternelle'. parmi phénomènes des langues romanes antérieurs à la chute do Tlùapire romain et à la dissolution de la latinité vulgaire. C'est ce qui est arrivé pour le latin et il est incontesta- ble que les premières racines des langues le iv^ siècle. . et ceux au contraire qui se sont développés surplace au moment même de la latinisation. il ne saurait de ce coté aucune tournure originale. éclose et développée naturellement: donc.. la chute des douces intervocaliques. là où on la manie comme un cadavre et non comme un organisme vivant. tant qu'on manie d'une façon acquise et artificielle. la répartition romanes modernes . c'est-à-dire de tendances linguistiques persistantes et marquées. artificiellement apprise..

— pothèses celtiques » introduites dans la science par Ascoli et aient néanmoins son école. avec une parfaite pureté d'accent et une irréprochable corfils. Phil. phénomènes sont réellement contemporains de l'époque assurément fort reculée où le celtique était encore la langue dominante de la Gaule. même en admettant que le français oi soit dû au même processus qui fait sortir iri de è en cymrique et en comique (en réalité la marche est toute difféest forcément et que prijnitif provenant oit de parallèle d'après nous à eu de oi rapport inconnu le est en celtique). n'a jamais rien connu de semblable. dans le procès d'assimilation. et même il est tout à fait sur que le celtique.. 1885. De son côté Thurneysen. cf. 2. a fait observer que les emprunts celtiques dans les langues romanes sont presque tous très peu certains et que le nombre de ceux que l'évidence scientifique ne permet pas de mettre en doute est infime. Thurneysen. dans sa critique du Hvre de Kelto-romanisches. C'est ainsi qu'un Allemand ou un Anglais qui s'établit en France mais parle généralement toute sa vie fort mal le français : déjà son né d'une mère également étrangère. Spécialement dans la Cisalpine. Déjà Schuchardt. a fait justice de quelques-unes des « hy§ 29. a pu jouer. cit. Litteraturhlatt Germ. on est loin de compte et le gaulois. Il en est de même de la plupart des phénomènes de la phonétique romane ils remontent à une époque où le gaulois avait depuis longtemps disparu de la Gaule et iif siècle. : des autres provinces celtiques etn'exerçait plus soninlluence. Roman. ne se souviendra plus des défauts de langage propres à sa race d'origine et pourra parler la langue adoptive de ses parents. La diphtongue ui en comique est aussi récente que oi en français et n'a rien à démêler avec le celtique primitif. op. . Or.-- 7Ô - . même rection. puisque oi français sorti de ei ancien De fait. un rôle en tout cas plus considérable rcjle que l'ibérique ou le ligure. c'est ce que nous sommes loin de contester absolument. en sa qualité de proche parent des dialectes italiques. pas plus qu'aucun des dialectes gaéliques modernes.< -lu. Que les dialectes celtiques joué un certain dans l'élaboration du latin vulgaire des Gaules. phénomène ce dernier effectivesaurait être que si ne établi comique à ui français ment ë latin était traité comme oi par le gaulois du ii° ou du rente..

Dion Cassius. assez semblable aux diadu vieux latin d'Italie. hypothèse que rend vraisemblable l'emprunt. n" 41. Comjjtes rendus.. C'est ainsi que la déesse Vesuna. . Bosciana. I09o. Inscr.. donc non femmes des Romains. Ces lignes étaient écrites lorsqne nous avons retrouvé dans la magistrale étude de Mérimée. Ce qui nous manque. des Cénomans ou des Boiens devait présenter des analogies fort étroites avec les idiomes de la famille italique. Or.. Limj. nous voyons d'Asculum.Vrbois (h. jadis considérées comme celti(iues. sont aujourd'hui répudiées comme telles par les celtisants. depuis des siècles en contact dans cette région. etc. infer. xxi\ . Tab. une interprétation identique à la notre de ce même passage de Dion Cassius. bien postérieur il est vrai. comme on sait. existait sans doute dès une époque fort ancienne. Essai sur la (jucrre socialf. qui est déjà dans Varron. peut être considéré avec une très grande vraisemblance comme une importation d'origine celtique. p. cf. — 70 — le parler des Insiibres. en Picénum. et jusque chez les Mar- Zvetaiev. appartient originairement au panthéon celtique et se retrouve en Gaule. i. cf. le mot cahallus. 2. ses. malheureusement. Fror/m. D'après Landgraf.». et une sorte de lectes mixtes compromis italo-celtique. c'est la connaissance de la langue. 86 n. adorée en Ombrie. MaTOcCo. ce supplice. Les mots bien connus petorritum et les habitants loin des frontières sénonaises. Dans le Pisaurum et l'Ager gallicus du nord de rOmbrie. Il ne serait pas impossible de retrouver encore çà et là dans ces régions des traces d'une influence profonde exercée sur les Italiotes du Nord par l'élément celtique. les Gaulois scalpant. absolument contraire aux coutumes et aux idées de la civilisation italique. 167. IV. p. p. la distance entre les dialectes des Sénons et ceux des Italiotes. dialect.oaTojo£. dont nous avons parlé. celle en particulier des dialectes de la Cisalpine qui nous sont si parfaitement inconnus^.. 113. 7. Au moment où éclate la Guerre Sociale. scalper les 1. -2'. Jubainville à l'égard des inscriptions B. Eug. Plusieurs inscriptions d'Italie ou de Provence. Bull. avait avec le temps dû être aplanie plus encore. telle est ro})inion de d'. 3. Soc. XLIV. Muratori. Ital. leurs ennemis'.. serait celtique d'origine.>. pour établir avec certitude l'importance de ces échanges anciens entre Celtes et Italiotes. 11 y a là une rencontre dont nous ne pouvons qu'être flatté au plus haut point. de noms tels que iterèdus « cheval attelé ». ou iiertdc/us « lévrier ».

on pourra mettre rtx pour réx sur le compte de la prononciation gothique. est peut-être le résultat d'un de ces qu'il s'est agi « burin. Sijnt. — que — celtis et cultei' <. . sur l'autre. 126. Epit. considère en effet ce mot comme celtique telle est du moins notre opinion d'origine. XXII. Beitr.s^pw. On peut hésiter quant à l'interprétation de la légende rix sur les monnaies des Ostrogoths d'Italie. Sur les mots celtiques en latin. aujourd'hui gortecldu en tello /• campidanien. avait sûrement un son très fermé et assez voisin de l. Le mot bennarius.s(pw. au iv" siècle. compromis italo-celtiques que nous signalions tout à l'heure. pour *celter.devant consonne passe à ol-. par l'intermédiaire des dialectes italiques du nord. si fréquemment confondu avec ei chez Ulfilas. ni. cf. Bezzemb.cer. s. plus dans les derniers siècles. en trouve un modèle gravé sur la colonne de MarcAurèle*. Prob. montre l'extension prise par benna dans la basse latinité. tello. II.. dans les glossaires gréco-latins. repose sur une dissimilation représente directement / primitif récente de /-/ ou bien si curtisch. benna lée henna par les Gaulois paraît s'être répandu de plus en . La ont agi d'autre part réciproquement l'un fusion a pu s'opérera une époque très ancienne. combennônès a fort bien pu. Ilist.. primit. cf..< couteau w. puisque el. à notre sens. avec commllifônês. à côté de cimteilus App. ^ -'• de même le essedum appartiennent au même ordre d'idées curieux combennônès « compagnons de voiture. aussi sarde gortellu déjà dans les vieilles chartes.— / / — . Friedlander. de voyage » l'usage de la voiture d'osier appeFestus. lors- On de traduire le gothique gahlaifs. v. Comme le ë gothique. cf. La phonétique montre que ce///^ n'est pas latin d'origine. de *co)'. Einleit. xxi sq. curlielb en napolitain. Scheffer. Drâger. C'est pourquoi il n'est pas impossible. II est possible . cf. Le mot celtis ciseau »./. engadin cwté =z corrhét.Sliutsch. De re vehic. p. Encore faut-il que cette graphie constante ait réellement trouvé sa justification dans quelque analogie de la prononciation indigène. p. *cer- tros. qui se trouve dans les Gloses de Philoxène fini par pénétrer dans la latinité générale puisqu'il et qui a apparaît dans la Vulgate. 31. grec y.. 21. Die Mûnzen der Ostgotli. servir de modèle à compâniônès. cf. Une question intéressante serait de savoir si la forme vulgaire *cur- ou *corteUo pour cultellus. C'est pourquoi. que 1. curtiedclu en calabrais. cf.

. VI. ibid. ~ 7. qui n'aurait effacé que plus tard les derniers vestiges de la forme nétique celtique qui exige régulièrement Dumnorïx. cf. ibid. Ling. celtique. constamment fidèles à la diphtongue. v. TOVTio. novsantia. 125.. cf. Conf. irl. krdlov.. Jcralejstwo « royaume » en regard du polonais ktol.S — le rëx dans getorlx. ces faits appartiennent. En Narbonnaise également ou celtique persiste très longtemps. n'a pas encore été étudiée par nous y voyons la flexion du génitif des thèmes en -u conformément à la phonétique celtique. Insc. Rappelons aussi la très curieuse formule portugaise El Rei quand il s'agit du roi de Portugal. VII. etc.. même à la plus basse époque.. Toutiorix à côté de Teutates. Ital. ri. llclu. / pour é cf. C'est ainsi que dans le serbe de Lusace kral « roi »..). 80. par leur origine. rîx des monnaies gothiques dénonce en réalité *riz' pour le latin de l'Italie du nord conformément à la pho. 133. ibid. trovcf:teivs Momm. sincir(^/)m. XII. peu accessibles aux changements phonétiques et dont la tradition historique justifie toujours les anomalies. à notre connaissance. Mém. 975... bien plutôt à l'ancien latin dialectal de l'Italie du nord. Teulomalus. filicissiMAE. La Cisalpine paraît avoir hésité entre eu remarquons de et 0?/.. Cette forme. lovsonnenses. 2361. ibid. CIL.stvï en raison de l'ancienne suprématie des rois de Bohême sur la Lusace au moyen Age. ibid. On peut donc croire qu'au vf siècle le latin de la Cisalpine conservait encore en quelques régions le vocalisme celtique * 7'tx à ccjté de rëx rège. ibid. Soc. a subi l'intluence du bohémien krdl. Suppl. 284. 163. cf. proprement * reje re. Ponsinet. aux vieux patois locaux parlés au début de la colonisation romaine le les philologues : . Il faut sans doute poser -eus plutôt que -ous comme primitif. 5402. 73 notre côté que la Rhétie et l'Helvétie ne connaissent que ou et qu'elles restèrent. sur un titre d'Angleterre. Signalons enfin une ancienne flexion celtique qui pourrait bien se dissimuler dans le très curieux senatovs d'une vieille inscription de la Cisalpine. '2'. Vercindans le latin de la Transalpine RiGES « régis » CIL. . I.?. 2654. toottiots sur une inscription du musée d'Avignon. rigna. tovtati CIL.. On remarquera que le mot « roi » est une de ces expressions d'un caractère traditionnel et en quelque sorte vénérable. etc. Quoi qu'il en soit. 84. pu devient ou sur une vaste étendue du domaine celtique cf. . krolestivo.

. tiinon c'est. l'allure générale de la phrase qui persiste toujours le plus longtemps ce scTiit de longues habitudes psychologiques. dans les deux langues. * tëksmô devait donner *tïksmô. parauerédus et autres semblables*. La morphologie peut. . Bornons-nous pour notre part à proposer une explication du franc. a démontré de même que l'expression de la réprocité en français. long des frontières de la Cisalpine. mais par des tournures. non par des incorrections proprement dites ou par l'emploi de tc^rmes impropres. de simples associations de mots dénonçant la syntaxe de la langue maternelle. des constructions.— 71) - . il faut bien le reconnaître. loi mann. souvent malgré l'accoutumance de toute une vie.. D'après la prétendue Lat. Remarquons que timon rentre dans le même ordre d'idées que caballus. comme l'ont déjà constaté Ebel et Windisch. et surtout italiens ou espagnols. Thurneysen. la syntaxe. infiniment moins encore. est calquée sur une tournure celtique de signification identique. la manière de penser originairement particulière à l'auteur et à sa race. On sait que è primitif est prononcé î en celtique.. Arch. elle aussi. Aussi serions-nous disposés : = . et rien en effet n'est plus légitime car. petotritwn. s'rntretiier. . c'est-à-dire si l'on veut bien faire abstraction de toute hypothèse qui ne saurait être scientifi- quement démontrée. la forme gauloise du latin ténio. 523 sq. C'est. 310 sq. la syntaxe française surtout.< -21). qui écrivent en français. VII. trahissent toujours leur nationalité. croyons-nous.. Lex. cf. C'est ainsi que des écrivains allemands ou anglais. des analogies évidentes. Grundr. puis * lîmo au lieu de tëmù: faut-il croire que le latin gallo-hispanique conserve directement ce vocalisme soi-disant régulier? 1. Les traces de la numération celtique relevées dans les numératifs composés du français appartiennent naturellement au même ordre de faits. des trois consonnes exposée par Nieder1897. et dont les peuples se débarrassent avec une extrême difficulté. être influencée dans une certaine mesure lorsque les flexions présentent. s' entr' aider .. henna. E und I im Darm. surtout dans des idiomes apparentés. qui paraît porter encore aujourd'hui une incontestable empreinte gauloise. I. Lai. indirectement liées à la linguistique. etc. c'est la construction. Ce que le provençal et le français doivent aux langues primitives de la Transalpine semble être en fin do compte. ainsi qu'on vient de le voir pour rïx réx.

-:j.. gaulois nomin. p. accus. Beitr. ammavkv. n'ont jamais connu dans les noms la flexion -i et de fait les vieilles inscriptions dialectales latino-italiques avaient déjà inauguré des nominatifs tels que filios. ^tc. CIL. 87. manû[s) avec -s d'après les génitifs grecs en caduc devant consonne.^ I. on constate des phénomènes du même genre en particulier les inscriptions de Barium nous montrent la pénétration évidente du latin par de nombreux éléments grecs. les dialectes italiques. hoie- . Un emprunt direct de la flexion grecque nous paraît tout au plus admissible dans les noms propres d'origine hellénique. d'après le v. si toutefois cette flexion s'étendait effectivement aux noms communs dans le parler vulgaire de la Grande-Grèce.. Déjà en sarde il n'y a plus trace des nominatifs à rapporter partiellement à l'influence celtique . du titulus aletrinas. NicosTRATV-FiLio. III.. Mmtitidrâ. dans les Bt'zzemh. où le latin rencontra en face de à déloger. 2193. 85. 1166. I. sous la pression du grec. * dcil. lui un adversaire particulièrement difficile le grec. . . irl. excepté le latin.v. DiaL. 289. ihid. scALAS. voir Windisch. On serait tenté de rapporter des constructions toiles que loqui alicui d'après XaXîTv t-. extension du génitif en -û{s) : * flliû. XI.. ou encore domiis. — KO — le maintien en Gaule du nominatif pluriel domiû à côté de l'accusatif domnôs cf. x. Ajoutons pour notre part que l'invasion de la flexion -u. §§ 84 sq. etc. Comme nons le verrons plus loin. la forme domnôs était devenue insuffisante. cf. a dû s'opérer dans ces régions par l'intermédiaire du type manus. cf. * epi. génit. ce qui n'est rien moins que certain. en -t. I. Whitley Stokes. une origine quelque peu différente néanmoins il pouvait exister dans les régions celtiques de l'Italie un souvenir dos vieux nominatifs en -l qui a fort bien pu aider de même à la propagation du système en -l dans la Cisalpine et les contrées du nord à une époque où. Sucurac près Salones. domï et domû{s) puis. Unterital. En Apulie. Grnndr.:i -IW. comme nous nous proposons de le faire voir. vireis. 30. de mêler leur latin de locutions grecques. IX. Mommsen. CIL.. Celtic declensiou. On se souvient du reproche qu'Horace adressait aux Canusiens. ApuUodôrti dans les didascalies des Adelphes et du Pliormio.. :305. ne doit naturellement point être cité ici. génit. * epôs. socratv. En Italie le maintien du type domiil a. Sat. par suite de la chute de s final. eich: eochu.. 152 sq. CIL. Un génitif tel que senatv.

Quant à regnare super et autres semblables. Chez les Ibères. G . qui Cultores regioniim multo alitera était Espagnol. Vergl. à peu près comme en Italie entre le latin et les idiomes italiques. On peut conclure de tout ceci que. ce procès d'assimilation fut très promptement entravé par le caractère essentiellement artificiel de la romanisation impériale.— dicere aliqueni d'après écrivains ecclésiastiques. tion. Jahresb. p. Il faut seule- ment se garder de pousser trop loin ce genre d'identifications. — Chronolor/ie du lalin vuhjaire. 68. toute une suite de générations avant que le cerveau des indigènes fût définitivement familiarisé avec l'esprit d'une langue indoeuropéenne.z-. Il SI — -. dans les doux Gaules. par exemple. Klass. Srjnt. cf. de promptement maître de la langue romaine. Le résultat final se borna à une naturalisation du latin infiniment plus rapide et plus intime parmi les peuples de la Gaule que dans les autres provinces . par la manière toute systématique et presque savante dont le latin fut imposé aux populations de ces régions. C'est pourquoi la syntaxe des écrivains africains porte des traces aussi nombreuses qu'incontestables de l'intiuence sémitique c'est même ce que nous connaissons actuellement le mieux de ce fameux latin d'Afrique sur lequel on a les . II. 103.Taime à croire qu'un Gaulois se sentit très l'Empire. De plus.vu ij :>0. ce sont des imitations postérieures du style hébraïque dues .il-i au langage spécial des n'en est rien: maledicere aliquem se trouve pour la première fois chez Pétrone. l'allure générale de sa procédés de composition et de dérivalangue maternelle. z'ji. I. écrit. 96. Dès l'époque d'Auguste. Il est certain que cette construction est particulièrement abondante en Afrique et peut effectivement correspondre au O sémitique mais elle n'est pas. : aux écrivains ecclésiastiques. déjà tant écrit et sur lequel il reste tant à dire. les Etrusques ou les Numides. spéciale à l'Afrique. mais évidemment dans une mesure infiniment moindre. MoHL. 57 ceteris agunt. étant donnée la distance déjà sensible qui sépare le celtique du latin. tant s'en faut. particulièrement à celles de la Transalpine. Alt. Ziemer. il y eut au moins un commencement d'assimilation entre les dialectes celtiques et le latin.. Sittl. il fallut de longs siècles. Comp.. Pomponius Mêla. 240. où il retrouvait le système flexionnel. der indo-germ. dans la bouche d'un esclave barbare. rapporte à la grammaire punique le régime du comparatif avec â.

der roman. cf. s'élève contre l'opinion courante qui rapporte la prononciation du c aspiré en florentin à l'influence étrusque. cf. uhtur osque Ûhtavis « Octauius « etc. Kelto-roman. Gramm. C'est exactement ce que nous avons remarqué pour les langues romanes dont la phonétique nous paraît également s'être développée postérieurement au celtique. 15. 7-15.. qui déclare textuellement qu' « il ne faut attacher aucune importance au traitement ombrien des palatales ». comme absolument chimériques et forcément stériles. puis vient la Cisalpine. croyons-nous. lesquels n'étaient pas indo-européens. C'est pourtant là. qui se montre en général assez sceptique à l'égard des influences celtiques. il est déjà beaucoup moins considérable et se réduit encore en Espagne. cf. s'est rattaché sur ce point à l'opinion courante. W. aussi Gramm.. p. qu'il est le plus considérable.. alors qu'il met sur le compte de celle-ci. en Gascogne. indiqués presque mathématiquement par les proportions du morcellement dialectal dans chaque province: c'est en Italie. d'accord en ceci avec Diez. Sprachen.. . dans les vieux parlers auctor ». § 30. 13 sq. sur le territoire des anciennes langues italiques. « Quant à l'ombrien rehte « recte ». on ne cite jamais ces formes que pour les écarter tout aussitôt avec une sorte de dédain. § 650. Spr. W. Latein. les traces incontestables du celtique sont rares et la plupart des traits caractéristiques de la phonétique ont été contractés postérieurement. voit au contraire dans la prononciation ht une innovation provinciale. — Quant à retrouver dans la phonétique des langues gauloise.5. On voudra bien ne pas oublier que l'italien le plus pur et le plus homogène se parle sur l'ancien territoire des Etrusques. croyons-nous. ligure ou étrusque. Dans la prononciation actuelle de l'anglais d'Irlande. § 649. Meyer-Liibke. Sittl. 30. Lokale Vfrsc/iied. en Guyenne et dans tout le sud-ouest du domaine provençal à partir du Rhône. tf pour et en roman. Thurneysen lui-même. — S:> — Les rapports linguistiques du latin avec les langues indigènes de la Romania sont. p. Meyer-Lûbke. puis la France actuelle. Sprache. nous considérons ces recherches. § 26. I. romanes les traces de la prononciation ibérique. I. Ascoli et autres savants qui déclarent carrément ht d'origine celtique.. chères de tout temps aux romanistes. le groupe hf. dcr roman. Schuchardt.

la chose est. nous sommes assez sceptique à l'égard de l'antiquité de il en Gaule.. de l'Albanie et du Portugal. de toutes les parties de l'Italie. Paris. W. aussi Littré. 48 sq. ?. Remarquons que la en français est un problème toujours ouvert et qui mériterait d'être étudié à nouveau. Les dialectes vulgaires de l'Inde montrent des traitements phonétiques tellement identiques à ceux des langues romanes que. û de l'Ile-deFrance ne correspond point exactement à il normand ou à û picard. chercher la première origine des succes- seurs romans des gutturales latines et de la plupart des phénomènes réellement anciens de la phonétique romane. . dans les pages qui vont montrer que le latin vulgaire est en réalité beaucoup plus ancien qu'on ne le croit généralement et que ses véritables auteurs ne sont autres que ces légionnaires et ces colons italiotes qui.?. cf. encore que toutes les manifestations phonétiques qui distinguent une langue ou un dialecte ne supposent pas forcément une influence étrangère. Meyer-Lûbke. De plus. 220. mais encore dans certaines localités de l'Italie du sud. au ix" siècle. :u). publié par Guérard. non seulement en Ciaule. p.— de l'Italie. 1834. Pour notre part. analogiquement . mfiro cinctit passe à mur ceint et. pt à tt en prâcrit ni le passage de p t intervocaliques kv d ni la chute de f/ dv en syllabe médiale. au ix*-" siècle. ii libre devenant accidentellement ii entravé. Pourquoi de même les Gallo-Romains n'auet cela à une époque qui peut être très récente suivre. dans la Cisalpine. C'est une ancienne ferme des Carolingiens désignée sous le nom de Murcimtus dans le Polyptyque lVIi-minon. 1. Morsan. nombre de cf. et cela pour des motifs que nous avons exposés jadis dans les séances de la Société de Linguistique de Paris. mur-ceiiit. l'ont répandu à travers le monde. le û français par exemple. Une prononciation il semble donc exclue avant le ix« siècle et tout au moins pour cette question de région. Eludes sur les Barbares. de — — Le son û paraît s'être produit indépendamment sur un grand points du domaine roman. on serait obligé de croire à une intluence européenne. après la syncope vocalique. Donc. il I. soient effectivement dus à telle ou telle population provinciale'. Il y a en France un petit village des bords de la Seine nommé aujourd'hui Morsan. en Rhétie. Personne cependant n'a jamais rapporté au celtique ou à l'ibérique la réduction de kt. Gramm. le premier élément devenant atone. en elle-même. Que certains phénomènes d'un caractère plus récent et moins général.. peut encore passer à » comme ii entravé ancien. nous voyons l'ancien u tonique libre de mûro passer encore à ti ou 0. § 6'i6. qu'il faut s:i — i. si le prâcrit ou le pâli étaient originaires du bassin méditerranéen. Ainsi. Nous nous proposons précisément. d'où Morcenl.>. fort possible. li rhétique n'est pas contemporain de il français et dans la France elle-même.

198. nous sommes persuadé que si le français ou l'espagnol reflétaient réellement la prononciation celtique ou ibérique. nous l'avons dit. cf. ombr. et surtout sans le contrôle d'une langue officielle fixée par la littérature. nirga non wjrga. ce qui. Virlule ubi / scribitur et paene u enuntiatur. on oublie trop que les Barbares n'étaient nullement livrés à eux-mêmes lorsqu'ils apprirent le latin. Vel. conduit par des raisonnements abstraits. aux Slaves. BYRis {uiris) CIL. telle que l'admet Sittl. Ces particularités. Introduct. App. à l'opinion de Littré. uirgn non uyryn. Le morcellement dialectal ne commence ici que lorsque l'usage du latin a pénétré les couches profondes de la population indigène et s'y est complètement acclimaté.. nous paraît avoir touché juste. Pour notre part. d'une manière naturelle et libre. Nous arrivons ainsi à cette conclusion qu'une rusticitas proprement dite. aux grec -riXip. osqiie tiurri Italiotes. aux Latins eux-mêmes. — § 131. dont il nous restera à rechercher la nature el l'étendue. n'avait pas été le cas pour les Italiotes. Jusque-là. sont d'ailleurs perpétuel- . Hist. cf. l'élément latin y serait bien autrement déformé et méconnaissable. 2219 P Vir non mjr. Prob. — Nous sommes donc ramenés laiig. en vertu même du caractère tout spécial affecté par la romanisation impériale. 3722 a? D'autre part. aux lUyriens. il n'y a pas réellement de dialectes rustiques dans les provinces et le latin vulgaire en usage dans les différentes contrées de l'Empire ne varie qu'en tant que les colonies romaines du pays source principale d'où le latin se répand peu à peu à travers la province entière ont elles- — — mêmes contracté des particularités linguistiques caractérishi tiques pour région. 20. Long.. raient-ils — 8i — pu spontanément articuler û au lieu de û. pir lat. = = . mais qu'ils s'y exercèrent sous plusieurs générations dans le contact et sous la surveillance constante de Romains d'origine. VI.^31. Il ne saurait donc être douteux que leurs organes phoniques finirent par se plier assez bien aux exigences de la prononciation latine. de la franc. comme la chose est arrivée aux Grecs. ce qui nous reporte dans le courant du iv° siècle environ. qui. maxwnus-maximus . dont l'éducation latine s'était faite dans de tout autres conditions. est inadmissible pour les provinces de l'Empire romain. turriin. lorsqu'il déniait aux idiomes barbares une part vraiment active dans la formation des langues romanes.

s'y développe avec une rapidité presque foudroyante. nous ne saurions trop le répéter. les racines. . vole d'un bout à l'autre du monde. les renouvellements de la population coloniale. avec tous les caractères d'une individualité marquée l'unité s'impose à elle. Or. les Syriens ne parlent pas l'arabe de la même manière mais du moins le fond de la langue. les uns articulent j ce qui pour les autres sonne //. s'y propage. par la force des choses. tenir soigneusement compte des conditions tout à fait spéciales dans lesquelles s'est propagé le latin sous l'administration impériale. comme la condition même de son existence et.— s. en Egypte. un but déterminé et voulu. prend pied dans tout l'Orient. plus puissant encore que celui de la victoire. Tout au plus pourrait-on trouver quelque semblant d'analogie dans la prodigieuse fortune de 'l'arabe à travers le monde musulman. une unité que n'entament ni les siècles qui passent ni l'étendue d'un empire colossal \ C'est que l'arabe portait avec lui le prestige de la religion. les relations commerciales et administratives. . Il y a une quantité de mots de l'arabe d'Algérie qu'on ne connait pas au Soudan ou en Egypte et réciproquement. la grammaire. . Il ment développée.1. On chercherait vainement dans l'histoire de l'humanité quelque chose de comparable à ce qui s'est passé en Europe pour la langue latine. Les Turcs. besoin de posséder en commun un même instrument de communication qui élève ainsi un dialecte au rang de langue ne s'agit plus dès lors d'une langue spontanéet sans entraves de sa vie propre. en Syrie. autant : que le la contrainte politique et les nécessités administratives. les Persans. c'est cette indispensable unité qui universelle. On doit en effet. dans un essor immense. il y à une différence entre la prononciation arabe de l'Egypte ou du Moghreb et celle de la Syrie ou du Levant. les pronoms sont sensiblement les mêmes partout. favorisée par un gouvernement centralisateur. vivant librement . lement combattues et entravées par les traiislocations. il y a toujours quelque chose de factice. dans le Moghreb là aussi nous voyons tout à coup s'élever du fond du désert un idiome d'humbles origines qui. les Levantins. et s'y conserve même sous sa forme vulgaire avec une étonnante homogénéité. dans l'adoption d'une même langue par des peuples de différentes races et jusque-là séparés par l'histoire. C'est. les flexions. la syntaxe. Sans doute.") — ^31. les levées de troupes. c'est-à-dire une certaine part de convention. les permutations de fonctionnaires.

Seulement. Il passé pour le latin de l'Empire romain quelque chose d'analogue en somme à ce que nous avons pu observer de nos jours au Canada avec le chinook de l'ancienne compagnie d'Hudson. l'immobilise en quelque sorte.§ :}|. . la maintient. — exactement 80 — l'arrête partout réglemente la langue. et mal gré. comme nos langues littéraires modernes et nos régies par nos s'est Académies ordonnances officielles . les Romains ne mutilèrent : point leur langue avant de l'imposer aux Barbares bon gré. dans son évolution dialectale. qui la dirige. les peuples apprirent le latin tel qu'il éttiit en firent la lani^ue de l'univers. qui était une sorte d'anglo-français artificiellement déformé à l'usage des Indiens et destiné à être compris par toutes les tribus.

Nous distinguons le te//njo?'Oî'zno/V<7. gg 41-42. C'est donc bien en dernière analyse. les . particulièrement à l'époque républicaine. Repeuplement de l'Italie du Sud et ses conséquences linguistiques. Constitution de la nationalité italique et unification du latin : . Persistance des dialectes osques modernes. le Samnium et la Lucanie gg 53-54. les Marses.III CONSTITUTION DU LATIN DTTALIE 32-3'»-. date critique dans l'iiistoire d'Italie. c'est-à-dire la langue géné- ralement en usage dans l'Italie. État des Italiotes avant S 36. la Guerre Sociale la latinisation de l'Italie. L'ombrien survivances chronologie. tendu d'une façon ti'ès générale et qu'il faut se garder de considérer comme absolue. C'est celui qu'a décrit Jordan sous le nom de latin municipal et que Max Bonnet considère comme identique avec le latin littéraire lui-même. dans l'Italie du Sud latin.^ . particulièrement en dehors de et le latin dltalie.^^ — — . Les anciens patois locaux chez les Péligniens. — — . §g 43-44. gg 55-56. gg 50-52. g 35. n'a été jusqu'ici élucidée (jue d'une manière très imparfaite. dans chronologie de la Table de Bantia. . semble. Les anciens dialectes du Latiuni. le latin vulgaire plus ou moins uniforme. — — vulgaire d'Italie. et bien en§ 32. le latin des inscriptions impériales. dans la provinces. Nous arrivons à présent à une question infiniment plus compliquée et qui. le l'icénuiii. Nous avons examiné dans quelle mesure et avec quelles restrictions la thèse du savant français peut être acceptée comme répondant effectivement à la véritable nature du latin vulgaire impérial. — 37. La Guerre Sociale. que nous trouvons à la base du latin provincial' et des langues romanes.^. qui est plus spécialement la latinité en usage Péninsule. g 38. — — — — . le latin de l'Italie du Nord. Le latin chez les les Tables eugubines et leur peuples sabelliques.t-il. Caractères du latin dialectal de l'Italie avant la Guerre Sociale l'Ombrie. Il s'agit des relations tant linguistiques qu'historiques qui doivent — 1. L'uiiilicalion de la langue vulgaire el la dispariLion Sommaire les patois combattus par la langue des anciens patois latino-italiques oflicielle. La Guerre Sociale el ses résultats en Campanie. les premières contaminations de l'osque par le Vestins. S2 39-40. gg 45-49. : . .

ne parait pas comprendre sous la dénomination de sabina lûujufi autre chose que le latin dialectal de la Sabine. — 88 — ritalie. s'affirmant de siècle en siècle davantage. il ne saurait être question d'une solution de continuité à quelque degré que ce fût. Déjà au moment où éclate la (luerre Sociale. éclos spontanément. et dont la vitalité.^ 33. qui était Sabin d'origine. néral en usage sous l'Empire.. développés après la conquête de l'Italie. après s'être divisée en dialectes et en patois locaux. le latin impérial il a point été substitué sans intermédiaire. s'est-il débarrassé insensiblement des particularités dialectales qui le distinguaient pour rejoindre de plus en plus la langue littéraire \ Vers quelle époque enfin les anciens dialectes du latin d'Italie commencent-ils à s'effacer devant le latin littéraire et cette forme générale de la langue parlée qu'on peut dénommer la /. et qui sont nés naturellement de la fusion plus ou moins intime du latin prélittéraire avec les idiomes italiques. fait perdre graduellement du terrain aux langues italiques primitives. Or.iiv/^ impériale ? Comment celle-ci est-elle née et quelle est à cet égard la situation respective de l'Italie. 33. à l'origine nettement distinct et profondément séparé dans ses dialectes de l'idiome littéraire et officiel. — Constatons tout lectal — comme ne lui plus tard le celtique ou l'étrusque . I-es dialectes italo-latins. i. tel avoir forcément existé entre l'ancien latin poljclialectal de que Sittl l'a esquissé dans ses Lokale Verschieden- heiten. des colonies et des provinces ? Ce sont là autant de points distincts qu'il importe d'examiner en détail. Varron. Comment la langue latine. a-t-elle par la suite recouvré son unité? Comment l'idiome vulgaire. d'abord qu'entre le latin polydiade l'ancienne Italie. sont des produits linguistiques naturels. lequel est trop formellement attesté par l'étude rationnelle tant des inscriptions latines archaïques que des inscriptions italiques elles-mêmes. une quantité de ces anciens dialectes ont définitivement succombé ou pour mieux dire se sont complètement fondus dans les dialectes locaux du latin. à peu près le même dans toutes les provinces. cet ancien latin polvdialectal de l'Italie n'est jamais mort d'inanition. le comme il a remplacé un beau jour celtique et l'étrusque: d'où résulte . pour et le latin gépouvoir être en aucune façon mis en doute. et ce latin vulgaire de l'Empire.

des anciens dialectes eux-mêmes. Les anciens dialectes latino-italiques eussent infailliblement transmis leurs principales particularités aux patois italiens parlés aujourd'hui dans les mêmes régions or. plus forte et plus étendue de jour en jour. Car. on n'observe toutefois qu'assez exceptionnellement une survivance patoise directe affirmée par un grand nombre de traits à la fois. Il faut donc que peu à peu une fusion intime soit intervenue entre les deux formes de latinité ou mieux encore. s'il en avait été ainsi. à la base delà langue moderne. la part du lion une dissolution radicale des vieux dialectes s'ensuivit bientôt sionnèrent avec lui . d'un caractère purement officiel. comme il était juste. que le latin impérial est sorti d'une transformation lente. . ces dialectes se fussent maintenus beaucoup plus longtemps à côté de la langue officielle.— SI) — . d'année en année. et.i 3:5. substituée violemment aux vieux dialectes. à mesure que le prestige de celle-ci grandissait et que l'administration romaine. . il faut que les patois latins de l'époque archaïque se soient insensiblement rapprochés de la langue littéraire et officielle. se perfectionna. graduellement poursuivie. avec les progrès croissants de la puissance romaine. de même ces dialectes mixtes latino-italiques s'altérèrent insensiblement au . faisait plus profondément sentir son influence et son empire. ainsi qu'il arrive régulièrement lorsque la ligne de démarcation qui sépare deux idiomes distincts continue d'être sentie et observée. le accusée dan que nous trouvons. s'épura. s'unifia jusqu'à se rap- procher de très près du latin purement littéraire. : contact intime et incessant du latin officiel et flnalement fu- en une sorte de compromis naturel oïi la langue littéraire eut. Le latin littéraire n'a point été imposé tout-à-coup par ce n'est l'administration romaine aux populations italiotes point une forme nouvelle de la latinité. Le fond des dialectes italiens est sensiblement le même que celui des c'est. ici encore. ce langage hybride. le latin municipal de Jorpeut-être. s'il est vrai que l'italien conserve un grand nombre de ces particularités et des vestiges particulièrement importants de l'influence italique primitive. moitié dialectal et moitié littéraire. De même que les langues primitives du Latium et bientôt celles de l'Italie avaient fini par se fondre dans la rusticitas archaïque des premières colonies. avec une unité un peu moins autres langues romanes latin impérial.

cf.«> — campagnes cèdent peu à De nos peu jours. dans les Et. 460. III.. p. Vital. aussi Delà Vitalité des Patois. développement p. Les contacts et les échanges entre patois voisins interviennent aussi au procès en qualité d'agents destructeurs bientôt le nivellement est accompli sur une .^ . les patois des villages intermédiaires sont arrêtés à différentes étapes de leur développement linguis- des villes entrave ainsi la formation patoise et tue peu à peu la vitalité des parlers rustiques. les patois de nos pas à la langue littéraire. Le patois commence par s'altérer par une invasion de plus en plus considérable de mots.langue française. — le *. cf. vaste région où circule un parler essentiellement composite. des chemins de fer. p. du service militaire obligatoire. Il nous apprend par exemple que. Paris. dans notre conception. L'isolement absolu d'un patois tique : le français littéraire est d'autre part la condition essentielle de son libre. rom. puis il se désagrège par l'emploi simultané de formes formes patoises. 459 sq.. — inauguré par ri']mpire. des relations commerciales. . dans une dernière phase. des Patois. Qu'on n'objecte point ({ue les conditions L"expression lalin Imprrial est assez impropre.Ti. ce qui trahissait les Italiotes à l'oreille de Quintilien. XI. l'origine du latin § 34. 461. des administrations publiques. sur une route directe reliant deux villes de des patois . qu'une prononciation spéciale dénonçant l'origine provinciale. outre un certain nombre de mots et d'expressions dont il est le plus souvent impossible d'indiquer la provenance première. vulgaire impérial'. sentir ses effets antérieurement à 1. si intimement unies parfois malaisé à première vue de décider ce qui appartient en propre au patois primitif et ce qui est emprunté. de locutions. 31. puis(iue le i)rocès la langue littéraire commence en réalité sous la République et fait. constitué par un fond de langue littéraire dans lequel nagent des anciens patois enfin. ne reste plus de ceux-ci. Un savant fran(:ais. terroir.. ibid. G. de la prédication dans la langue commune. Patois de Viomiaz. etc. sq. sous l'action des écoles. sur certains points. de tournures provenant de l'idiome littéraire. a étudié d'une manière extrêmement intéressante cette pénétration littéraires et de qu'il est par la langue littéraire. Telle est. Gilliéron. ce que nous appelons Vaccent du les débris il .

depuis les déserts de Syrie jusqu'aux lacs de la Calédonie. le morcellement à l'infini en dialectes. . où le particularisme 'le plus développé et le plus divisé qu'il y eut jamais laissait à cette multitude de petites unités autonomes son évolution libre. Il y a ainsi une opposition absolue entre la conception unificatrice et centraliste de l'Etat chez les Romains ou chez les nations modernes et le système du moyen âge. sans la possibilité même d'un changement. l'antagonisme des deux systèmes. ce sont des levées d'hommes jusqu'aux derniers confins de l'univers. la stabilité des hommes comme des choses. la séparation des populations urbaines et rurales. Ce serait se tromper étrangement que de méconnaître ce réseau de liens étroitement serrés qui. qui reproduit le plus nettement. et l'abandon de est le : celle-ci à la discrétion de l'État.— 01 — . Au moyen âge. de la vie moderne ne sauraient être prises comme terme de comparaison à l'égard de la vie antique et que ce qui se passe aujourd'hui grâce aux chemins de fer et à l'instruction obligatoire est inadmissible pour le temps de César ou d'Auguste. C'est naturel- lement la langue.i. c'est la division politique poussée jusqu'à l'extrême. en sous-dialectes. depuis les rivages africains jusqu'aux forêts germaines ce sont des armées. tout en maintenant l'unité centrale. Il n'est peut-être pas un seul des mille rouages compliqués qui constituent notre administration moderne qui n'ait dans quelque recoin de l'édifice romain son modèle ou son analogie. le principe même et le but est identique la concentration de plus en plus accentuée de toutes les forces actives de la nation entre les mains du gonverneraent central. C'est la di- vision des ordres et des classes. par-dessus le moyen âge. relie la société moderne non seulement aux institutions mais aux principes sociaux eux-mêmes sur lesquels Rome a fondé la conception de l'Etat. Dans l'Empire romain. expression infaillible de l'état social et moral des peuples. avec une précision mathématique. la hiérarchie féodale soumise elle- même à l'autorité toute spirituelle de l'Eglise. en patois et en parlers locaux. l'autonomie de chaque château avec la bourgade couchée à ses pieds c'est aussi la division dialectale sans : cesse croissante. toujours des armées nouvelles ce sont des populaque réclame le gouvernement de Rome . . le sacrifice de toutes les libertés particulières à la liberté commune. 'M. Des deux côtés. la destination de chacun marquée d'avance et immuable.

C'est ainsi que C. des dépor- tations en masse. Un peu plus tard. Déjà sous les Gracques. admirablement faits en tout cas pour même il de leur patrie . dans le double but de gagner la confiance des populations italiques et d'affaiblir leurs masses menaçanlos. I. en les dispersant dans les colonies sous couleur de leur accorder des privilèges jusque-là réservés aux Latins. tantôt en écoutant la rogation du consul Fulvius Flaccus qui.?i . que M. - '. Les guerres séculaires contre les Latins.. par une politique habile ou peut-être personnellement intéressée. comme Senatus Popidusque Romanus. ces échanges. les Samnites justifiaient ces craintes par de dures expériences et la Guerre que la destruction impitoyable des anciennes nationalités italiques pouvait seule assurer le salut Sociale montra bientôt de Rome. Bell. des mélanges de races combinés avec une tiers science systématique de maîtres de haras. ces envois et ces rappels de colonies étaient pratiqués dans des proportions encore infiniment plus vastes que dans les provinces. voulait ouvrir pacifiquement aux Italiotes les droits et les privilèges des Romains. des procédés énergiques capables d'effacer en peu d'années chez les vaincus toute trace d'une nationalité distincte. des peuples entransportés au loin afin qu'ils oublient jusqu'au nom n'y a qu'une seule patrie. . 24. Appien. Pluîarque. sur les ruines de Carthage. Gracchus conduisit en qualité de triumvir une colonie nouvelle de six mille Italiotes par delà la mer. le Sénat avait pressenti danger et cherché à le conjurer. § 35. les Eques. Livius Drusus proposa de fonder. que des Ibères ou des Illyriens. IX. Ce sont là. 1 tantôt. uniquement composées d'Italiotes.)-2 - tions entières arrachées au sol natal et emmenées en troupes d'esclaves dans des marches de dix mille lieues. car il n'y a qu'un seul maître : favoriser la centralisation et l'unilication de l'Empire. ses voisins immédiats et bientôt ses égaux par la civilisation comme ils l'étaient déjà par la race. en Italie surtout où ces incessants mouvements de populations. y. la dissolution et la ruine totale des langues et des dialectes locaux devaient survenir à brève échéance. On conçoit que. Ciit. Valère Maxime. dans ces conditions. il faut l'avouer. ce sont douze colonies à la fois. — le .T). Rome en effet avait beaucoup plus à craindre des Italiotes. ce qui était plus habile encore.

abattre l'orgueil des rebelles et épar- gner les vaincus. Ces mesures tar- dives furent inefficaces et les horreurs de la Guerre Sociale ramenèrent pour gauloise. comme dit Virgile. p. ni chez les autres historiens de la guerre. sont expressément cités parmi les bénéficiaires de la nouvelle loi. inquiétait encore les ruines et les Samnites dans maîtres du monde. Le longue histoire des cruautés humaines. dictée au milieu du encore à ceux des Italiotes qui déposeraient les armes. I. ribles.. La lex Iulia municipalis. liell. et la loi Plautia. ne peut dissimuler inouïs qui ruinèrent ce malheureux pays. même fait colonies latines. ils refusèrent avec indignation le bénéfice dérisoire de la loi et il semble bien que les Lucaniens suivirent leur exem- ple. les Vestins. pouvaient passer pour des actes de clémence et de pardon des esprits peu clairvoyants pouvaient croire qu'en effet le peuple romain sapéril de la guerre. qui vinrent occuper les terres des effectivement victimes et s'emparer de leurs biens. en tout cas. Italiotes le droit cité. ne sera tranquille ». la Ville éternelle les angoissés de l'invasion la les jours néfastes de Brennus et d'Annibal. politique..— C.T). les anéantissait comme en accordant aux nation en substituant des tribuns ronïains aux préfets indigènes qui les avaient jusque-là administrés. suivant la voter la loi Apulcia. V. comme les Marses. par laquelle . Alors commença pour les insoumis le plus douloureux calvaire qu'un peuple ait jamais enduré dans la Sylla qui se chargea de châtier le teur de sa tâche. 29.sont envoyées en Gaule plusieurs colonies d'italiotes assimilées aux Gracch. Les Samnites ne s'y trompèrent point. avec des milliers de ses créatures. disait Sylla. Elle comprit qu'elle ne devait son salut qu'à désunion de ses adversaires et à leur inexpérience politique. il est vrai. nous ne les avons trouvés nulle part. Ce fut Samnium il était à la hau. IX. plus favorable . vait. Samnium le disparut littéralement sous les sang. « Rome. Strabon lui-même. Bientôt c'est Saturninus qui. décimèrent ce peuple héroïque qui. les Péligniens. Tel est l'oubli où tomba . Ce fut un avertissement dont elle sut profiter ses représailles furent ter. effroi en parlant des ravages son 249 C. Ciu. parmi les peuples de la confédération italique qui. meurtri et vaincu. la loi Julia. ni chez Appien. En de réalité. Appien. \):\ — ^ . que le jour où : il n'y aura plus de Samnites Ils disparurent ce furent les soldats du dictateur.

à l'entendre. amoindrie dans d'effraj-antes proportions. des régions entières avaient été transformées en déserts. a montré. Il. . Sur la dépopulation de l'Italie sous Sylla. » Venant d'une autorité que Littré. à la mort du dictateur. domptée à jamais. dans ses Etudes sur les Barbares. X). Le pis était que Rome elle-même avait perdu beaucoup de ses habitants car. mais affaiblie et ruinée. comme on disait. — 01 — cette terre glorieuse que pas un des historiens anciens n'a songé à relater l'époque où les Romains daignèrent enfin l'assimiler au reste de la péninsule et accorder à ses habitants le ius ciidtatis oplimo iure. Ainsi. p.x horreurs de cette Guerre Sociale. s'étaient jointes les proscriptions de Marins. légions . plus menaçant et plus noir. L'Italie du Sud. t. C'était le mal séculaire de Rome qui reparaissait. Il est étrange que Littré. des villes jadis florissantes n'étaient plus que des ruines. Comptes rendus. XII. l'illustre savant français ajoute textuellement. il vante au contraire cette pépinière inépuisable d'hommes et de soldats d'où. qui réduisit à rien telle de Sparte et d'Athènes. souffrit naturellement le plus le Sénat lui-même finit par s'inquiéter et s'efforça de repeupler ces ruines et ces solitudes. docile à tous les ordres de Rome. le Sénat tirait sans compter ses . le chiffre de la population. et cette fureur du meurtre. Une des belles communications de Dureau de la Malle à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. où des légions entières avaient été décimées. puis celles plus terribles encore de Sylla. une importance de premier ordre. épuisée d'hommes et d'argent. que la population de la péninsule se trouvait. au.i. et dans des proportions alarmantes. l'Italie sortit des mains de Sjlla déflnitiveinent soumise. comme nous et. n'ait pas compris ce défaut capital de l'organisation romaine. Il n'est pas besoin d'ailleurs d'aller chercher bien loin la réfutation tous ceux qui ont quelque peu étudié l'histoire des institutions romaines savent bien que le recru- . cette folie du sang avait encore réduit. que Rome « ne souffrit jamais de cette pénurie d'hommes. de cette oliganthropie. l'assertion mérite certes d'être contrôlée avec un soin d'autant plus sévère qu'au point de vue linguisles cités tique la question a. à l'aide de calculs exacts et de déductions rigoureuses. cette pénurie d'hommes libres dont elle avait si souvent souffert et qui resta toujours sa grande faiblesse. foyer principal do la guerre. le verrons.

en affaiblissant les citoyens. Appien. VIII. I. en décimant les légions. « que l'Italie allait être complètement dépeuplée d'hommes libres et remplie seulement d'esclaves barbares ». de sorte. Bell. dit-on. en fit des citoyens romains. si les Gaulois repassaient les monts ou si les esclaves brisaient leurs fers. dans sa loi agraire. augmentait dans des proportions inquiétantes.. ajoute l'historien grec. dans la péninsule entière.tement des armées fut une des difficultés constantes contre lesquelles le Sénat eut à lutter pendant toute la durée de l'Etat romain. Des réformes radicales s'imposaient on eut recours enfin à la seule politique Rome ouvrit ses raisonnable dans un empire aussi vaste portes aux Italiotes. Rome n'aurait personne à leur opposer. . à y susciter enfin une nation unique. dans les premiers temps de la République. il avait ordonné qu'à l'avenir toute exploitation agricole compterait au moins un tiers d'hommes libres. il eut soin de décréter que nul citoyen romain de vingt jusqu'à quarante ans n'aurait le droit de : . Licinius Stolon avait voulu parer au danger et. 8. si le vainqueur de Pharsale envoya encore quatre-vingt mille Italiotes en une fois coloniser les nouvelles provinces. à unifier l'Italie. Du temps des Gracques. favorisa les affranchissements d'esclaves (le grand moyen employé plus tard par les Empereurs pour se procurer dos soldats) ne songea plus qu'à s'assimiler ses vaincus. Gracch. C'était une mesure trop insignifiante pour pouvoir efficacement conjurer le mai qui. avait pris les proportions d'un péril redoutable. inquiéta. grossissant après chaque campagne. cf. réduisait d'année en année le contingent d'hommes libres disponibles. La pensée que. en usant promptement leurs forces physiques. Ciii. ils ne désirèrent plus d'élever des enfants. Tibérius Gracchus et lui inspira de remettre en vigueur la loi de Licinius Stolon. Déjà en 387. tandis que le nombre des esclaves.. s'appelPit le peuple romain. la misère des plébéiens était devenue telle et les rigueurs du service militaire pesaient sur eux si durement que bientôt. à en faire réellement un seul et même pays. dit Plutarque. homogène et forte qui. Telle sera la politique de César et d'Auguste et. en exigeant sans cesse le renouvellement des cadres militaires. C'est un fait patent que les guerres perpétuelles. inondait l'Italie d'étrangers de toutes races dont le flot montant menaça tant de fois d'engloutir Rome sous une invasion servile. après la Guerre Sociale.

Arpinum en 187.!. les Volsques [^ius ciuitatis pour Fundi. les Herniques. 36. Cic. Leurs rapports avec de l'autonomie ancienne de chaque cité et de ses vieilles traRome. 35) miae.. du volsque dans cette ville s'expliquerait ainsi au mieux. le parler des grandes villes s'étend Mommsen la persistance pense que la colonie de Velitrao fut rappelée par la suite. les échanges. en raison du voisinage Live. — On conçoit que des révolutions politiques et so- ciales aussi profondes ne laissèrent pas d'avoir un retentis- sement égal sur le latin et les autres langues parlées en Italie. Les relations de plus en plus fréquentes avec la métropole. § 36. i'affluence toujours plus grande des colons. la politique chaque jour le rôle des patois locaux au profit du latin de Rome.. était déjà la métropole de l'ancienne ligue latine. formaient à cette époque entre Rome et les autres Italiotes une zone intermédiaire favorisée qui. comme 1. romains du vi' et du v° siècles. c'est-à-dire jusqu'au milieu du II" siècle environ. ce que les Romains appelaient le Latiam adiectum. 31 et 34. . qu'ils participaient avec les Romains aux votes judiciaires. Forl'Italie XI.. s'efForcant de tenir rigoureusement à l'écart tout ce qui n'était pas romain d'origine. avant la première guerre punique). les Sabins [ias ciuitalis dès l'année 267 av. années consécutives. Rome s'était renfermée vis-à-vis de dans une sorte d'isolement superbe et dédaigneux.. Off. XXXVIII.^ 'M\. qui dès le vi" siècle avant notre ère. le trafic journalier litrae' colonisée dès et la guerre devaient réduire des agr'icuheurs latins sur les marchés romains.'est ainsi que de nos jours.-('. Les Latins et les peuples qui leur avaient politiquement été de bonne heure assimilés. jalouse de ses privilèges et de sa puissance. Jusqu'à l'époque des Gracques. cf. par exemple à Ve- 493.. les même. cf. devait perdre assez promptement le souvenir ditions nationales. . Liv. étaient intimes et constants. I. nous l'avons dit. grâce aux privilèges accordés. II. Il est donc hors de doute que la comices dans langue de Rome. on sait par Tîte- 3. (. — 0() — trois demeurer hors de ritalie plus de hormis le cas de service militaire. Liv. s'était solidement établie dans toute cette région et circulait sûrement à côté des vieux idiomes indigènes déjà mourants et des différents patois locaux nés du mélange de la population primitive avec les colons XXV.

telle ou telle particularité phonétique que l'on peut encore atteindre çà et là dans les patois modernes de ces régions. aux formes indécises et troublées. Moiii. il y a telle ou telle locution. Nous voyons à tout instant les grammairiens signaler comme propre à tel district ou à telle ville des formes qui apparaissent ensuite sur les inscriptions d'une région infiniment plus étendue. des Alpes peuvent conserver durant des siècles leurs patois exempts de toute influence de la part des patois voisins. en tous points analogue à ce que nous observons en France par exemple dans certains petits ports de la Manche fréquentés à la fois par des pécheurs normands et picards. certains villages des Pyrénées ou dialecte mixte et instable. Ces mé- langes de dialectes sont en rapport direct avec l'importance certains îlots de l'Archipel et la fréquence de leurs contacts . de Tusculum. D'autre part les conditions mêmes de la vie antique ne permettent point de penser que ces petits dialectes locaux fussent encore à cette époque bien nettement séparés entre eux et qu'ils n'aient exercé déjà les uns sur les autres une série d'actions et de réactions essentiellement préjudiciables à leur intégrité. comme le dernier fil d'une trame usée sous une étoffe rajeunie. où l'on prononce indifféremment ce ou clie. mais la chose est inadmissible pour une région aussi fréquentée. lorsque nous chercherons à déduire des faits épigraphiques une chronologie plus rigoureuse. Nous avons pu nous-même étudier du port de Dieppe en 1891. 1. de Prénesto. au moment de la Guerre Sociale. '. murs gagne peu à peu la ban- lieue entière. sur des distances do plusieurs lieues.. . chalut ou calnt. aussi pleine de mouvement. ce latin général des paysans du Latium fût fort éloi- gné. du pays des Hernic'est ce qu'il serait puéril ques encore pleins de vitalité et.— constamment au delà de leurs 07 — et ii :iC). qui nous montrent les dialectes locaux de Lanuvium. aussi perpétuellement agitée que l'étaient l'ancien Latium et la banlieue romaine. sans jamais d'ailleurs disparaître complètement. nous verrons qu'ils ont dû se maintenir au moins jusqu'à la mort de César. du latin officiel de de contester. le langage mixte des pêcheurs 7 — Chronologie du l/itln vulgaire. etc. les inscripti<^ns sont là. de la Sabine. telle ou telle dénomination spéciale. Que Rome. De ces croisements incessants des parlers locaux a dû sortir de bonne heure un grec.

Bcrorinqcr mellem de Jinskc og de baltiske Sprog. on n'en peut douter. (ju'elle n'existait déjà plus que comme un souvenir effacé d'un temps oîi les populations rurales parlaient encore des dialectes particuliers. . ses mots surannés ou bizarres.Lorsqu'un dialecte se laisse pénétrer par des éléments héil est condamné à une dissolution rapide. elle est perdue sans retour. voter aux comices judiciaires. c'est ce qui est arrivé au moyen âge pour les dialectes slaves de la Baltique. cf. comme tout ce qui est inutile ou sans emploi efficace on l'abandonne peu à peu pour une forme de langage plus usuelle et d'un emploi plus vaste. Du temps de Cicéron. ruslico srrmone significobat et autres semblables reviennent sous leur plume. attestant que l'ancienne rusiicitas du Latium avait définitivement disparu. assister aux jeux. et c'est toujours la langue officielle qui profite de cette sorte d'atrophie linguistique. du jour où elle se trouve trop imparfaite ou trop restreinte dans son domaine géographique pour satisfaire aux exigences des relations sociales. écouter quelque discours de Sulpicius Galba ou de Lélius. fréquemment les expressions ritstici dicebant. d'après Varron. ce qui arrivera bientôt pour le live et d'autres langues de la famille finnoise. Quintilien. : . applaudir Plante ou Turpiliiis. revenaient chez eux tout imprégnés de latinité littéraire et sans doute déjà pleins de dédain pour les rudes archaïsmes de leur rusticitas. Les habitants de l'Ager romanus et les Latins autonomes qui se rendaient à Rome pour trafiquer. C'est ce qui arrive en ce moment pour nos patois modernes. comme on quitte une cabane devenue trop étroite pour une maison plus spacieuse et plus commode. cette foule de termes sabins que Varron rapportait aux origines mêmes de la langue latine. sa prononciation dure et caractéristique. Ajoutons que les relations constantes des Latins avec Rome imposaient à ceux-ci la connaissance de la langue officielle. Aulu-Gelle et les écrivains de l'époque impériale ne citent plus guère en général les formes rustiques que de seconde main. conserve encore beaucoup de ses particularités anciennes. p. On oublie trop d'ordinaire que la langue a avant tout un but pratique d'où dépend son existence du jour où elle ne répond plus aux nécessités pratiques de l'époque. 20 sq. commerciales ou administratives. Mais déjà Verrius Flaccus. celle-ci. distincts du latin de la-capitérogènes. Cicéron ou les anciens auteurs. Thomsen.

Jusque-là Rome. d'Asculum et de Téanum. qui soumettait les échanges entre Italiotes à la surveillance des magistrats romains et les frappait dans beaucoup de cas d'une interdiction absolue. ^37. croyons-nous.. On peut donc. : . Dans les autres régions de l'Italie. après que Rome eut enfin inauguré la politique féconde de l'assimilation. s'était appliquée tout au contraire à entretenir soigneusement leurs divisions. croyons-nous. malgré une forte empreinte sabine ou volsque. les traditions anciennes avaient établies entre eux. que se constitua peu à peu. Landesk.—W — taie. le premier noyau du latin vulgaire proprement dit. qui n'était que trop fondée. passèrent d'ailleurs à peu près comme dans le Latium. était déjà tout à fait voisine du latin littéraire. Une tactique qui consistait uniquement à entretenir entre les peuples vaincus les divisions et les barrières naturelles que la race. C'est ainsi. de trouver un jour en face d'elle une Italie unie et menaçante. I. les institutions. L'expression de Nissen. Les lois sur le connubium. mais les dialectes provinciaux de l'Italie devaient rapporter de la guerre le coup mortel. que faite. les vieux dialectes du Latium et des pays limitrophes avaient définitivement partout fait place à un langage uniforme. penser avec quelque vraisemblance que sous Auguste. après les grandes expéditions entreprises par César et qui exigèrent dans tout l'Empire un immense déplacement d'hommes. Ifal. avec cette difi"érence que l'unification linguistique s'y opéra beau- — coup plus lentement et d'une façon de beaucoup plus imparLe moment critique de l'histoire du latin en Italie fut la Guerre Sociale car non seulement les nationalités italiques jouèrent leurs destinées sur les champs de bataille du Liris. d'abord dans le voisinage immédiat de Rome. la réglementation sévère du commercium italique. interdisant les mariages entre les diverses tribus italiques. les choses se § 37. 555. furent dictées par cette politique de domination intransigeante. devait respecter scrupuleusement l'obstacle principal placé par la nature à l'unité italique le morcellement dialectal. . dans la crainte. après les perturbations apportées par la Guerre Sociale et la dictature de Sylla. à une langue commune de toutes les populations de cette région qui. loin de favoriser la fusion des diff"érents peuples de la péninsule et leur assimilation à la nationalité romaine. p.

IV. 39. pour cette époque. ses portes à cette même littérature latine. p. au temps de guerre contre Persée ' )>. 312. Munïmsen. Excepté les villes qui avaient obtenu la cittitas ou qui jouissaient des privilèges des municipes optimo iure (il est vrai qu'elles étaient dès cette époque fort nombreuses) ou enfin celles qui étaient liées avec Rome par un traité particulier. les Italiotes avaient d'ailleurs toute faculté de cultiver et de conserver leurs dialectes. pour l'intardive . . XL. qui était colonie grecque. au wv siècle de Rome. Dial. nous dit à quelle date Cumes obtint cette autorisation. Mém. Unleril. une des premières parmi les villes grec. qui leur était faite avant la Guerre Sociale. comme ques. Ling... qui fut. ouvrir. idiome officiel dans une ville grecque nous parait au contraire. l'intermédiaire principal entre les Hellènes de la Sicile et de la Grande-Grèce et les haliotes du nord (272 alliance de liièron avec Cumes contre les Etrusques alliance de ("umes et de Rome 334 prise de Cumes par les Etrusques).Mùller. au point de vue national. . leurs institutions nationales. pas plus qu'ils ne persécutèrent jamais les institutions religieuses et ici les cultes nationaux. dit l'illustre phi: lologue français tandis qu'aujourd'hui nous vojons des peuples lutter pour la conservation de leur idiome.. qui fut rimportatriceet la première patrie de Talpiiabet latin. une date bien troduction du latin ère soit.Nous ne voyons point que le w siècle avant notre Cumes surtout. il est curieux de voir cette ville de Cumes. Nous croyons avec Bréal. 382 sq.. les et l'épigraphie les témoignages des historiens sont formels confirme: à part des cas particuliers. leur législation particulière et par comme conséquent l'usage de leurs langues respectives langues administratives intérieures.:< . Il. Elrusk. Sur ce point. Soc. . Quoi qu'il en soit. ne firent jamais la guerre aux langues des alliés. les cités italiques conservaient tous leurs anciens droits.. qui étaient infiniment plus mal traités. Avec la situation en somme fort avantageuse. la qui lui fut donnée assez tard. « Il faut écarter les idées des nations modernes. la per- mission d'employer le latin dans les actes publics était alors considérée comme un privilège et une récompense. du moins avant la Guerre Sociale. . ne nous paraît pas exacte. un fait rare et exceptionnel c'est précisément pourquoi Tite-l^ive en fait mention. les peuples de la Cisalpine par exemple. comme celui de Cumes l.}7. Tite-Live. que les Romains. Ils gardaient en effet une autonomie enviable surtout pour les alliés de race étrangère. — 100 — Rome a imposé sa langue « durch die brutale Gewalt von Schwert und Stock ». 42.

sur les monnaies de villes simplement fédérées. l'idiome national restait la langue du pays. soumises à ce régime dès l'origine c'est du moins ce que nous voyons à Capoue qui reçut en l'an 337. porte dès . Capua. Mûnzeii. Les villes jouissant du droit de cité ou les colonies tant romaines que latines ne frappent naturellement que des monnaies avec inscription latine. Les cités municipales étaient du reste. veillaient enfin à ce que la levée et l'équipement des contin- gents militaires fournis par chaque cité s'effectuassent dans les conditions réglementaires. qui contrôlaient leur administration intérieure. Rome se sentit assez forte pour interdire dans toute la péninsule la frappe des monnaies d'argent qu'elle prétendit se réserver exclusivement et qui dès lors circulèrent dans toute l'Italie avec l'exergue uniquement latine le cuivre au contraire resta monnaie locale avec inscriptions en dialectes nationaux. vient d'être question. à ce que nous croyons. Or. après la seconde Guerre Punique. serofficielle vaient d'intermédiaires entre eux et le gouvernement de Rome. AquiDial. telles que Téanum desSidicins (TIANO). en 268. en osque. par exemple Cales. Die osk.. préteurs ou légats. Unterital. . remarque que l'inscription latine apparaît. : ce moment l'exergue latine CAPENO. dès une époque ancienne. dont la connaissance était par conséquent exigée des magistrats italiotes et indispensable à tous ceux que le rang ou l'ambition portait aux affaires publiques. les Italiotes étaient placés sous la tutelle de magistrats romains. à ce qu'il nous parait. préfets. cf. Ainsi. était sûrement le latin. il était défendu.— dont il 101 — .< :i7. D'autre part. Peu après la soumission définitive des Samnites par Curius Dentatus et les victoires remportées sur Pyrrhus. particulièrement dans les négociations avec Rome. Friedlandor. peu après l'expulsion des Samnites de la Carapanie. les Italiotes de bonne famille apprenaient le latin en même temps que leur langue maternelle. 108. et cela jusqu'à la fin de la Guerre Sociale. la ciititas sine suffragio. Les dispositions concernant la frappe des monnaies répondent à des préoccupations identiques. à un magistrat romain de se servir dans l'exercice de ses fonctions d'une autre langue que du latin la langue employée dans les relations extérieures. en Campanie. colonie latine fondée en 333. et frappa dès ce moment des monnaies d'argent avec ROMA tout en continuant son cuivre avec DTTIn)! Kapv. . Mommsen. p.

s:. Landes/. la confédération niarse.. Que l'ancien territoire occupé parles Aurunques ou . a des monnaies identiques avec exactement la même effigie (Minerve et le coq). et les autres rnouunieiits de cet idiome montrent de grandes analogies avec l'osque.21 e) chez les Volsques et Caiatia desCaudinsfCAiATINO).-C. 11 est probable que les conquérants samnites a})portèrcnt avec eux un dialecte osque ([ui s'implanta peu à peu dans le pays. 344. les Samnites tirent la conquête du pays au iv" siècle. 23: X. la région entière fût déjà complètement Nous croyons donc que l'usage exclusif du latin sur des monnaies telles que celles de Téanum et de Caiatia résulte simplement des termes de leurs traités avec Rome et latinisée. Télésia chez les Hirpins. ait de bonne heure fait accueil à la langue latine. et en particulier toufe la partie de la Campanie comprise entre le Liris et le Volturne. cf. dès le m'' siècle.. aussi CIL. restait encore fidèle à la langue nationale. inf. cf.^ 38. comme la plupart des cités samnites. dial.^8. 19. ol. num (AQVINO ACVINO que nous avons môme sur un type d'une collection privée. Mommsen. . alors que la dernière. complètement romaGuerre Sociale. . IVissen. Il est difficile de caractériser la langue des Auruntiues latessèrc publiée par Zvetaiev. In&c. VIII. et aussi — l<»-> — relevé nouscf. — Quant aux peuples de langue latine et p. liai. et dans laquelle l'osque ne paraît pas avoir jamais très profondément pris pied'. rattache résolument l'aurunque aux dialectes itali(iues du nord. Néanmoins desquels nous n'avons pas à nous paraît tout à fait improbable que. Auniiika(L sur les monnaies. qu'il n'en faut tirer la absolument aucune conséquence quant à romanisation effective du pays l'exemple de Télésia frappant exactement les mêmes monnaies mais conservant l'inscription osque nous parait à cet égard tout à fait signifi: catif. Mommsen voudrait conclure de ces faits que les premières de ces villes étaient déjà romanisées au déclin du 111° siècle avant J. 529. le rhotacisme.. c'est ce qui ressort d'une quantité de faits tant historiques le détail il qu'épigraphiques dans entrer ici. liai.. Sidicins. 1. la plupart des historiens modernes supposent qu'ils adoptèrent très tôt la nisés déjà antérieurement à Unterit. Quant aux . s'appuyant sur les nombreuses iiisqu'ils étaient la 1. I. mais avec l'exergue en langue osque. 1. Ausones et les Sidicins.. d'autre part. Dial. Au contraire une ville toute voisine de la précédente. l'itcLive.

chiffre comparativement assez respectable. etc. quant à la thèse d'ensemble. La date récente de l'inscription justilierait seule cette exception. n" 39 à 44.. est tout à fait courant. les Péligniens et les Marrucin. les particularités épigraphiques de ces inscriptions ne permettent pas de leur assigner une date bien ancienne l'inscription Herentas par exemple. XXXIII. als die Ci- schon vor 500 d. Zvetaiev. VI. que le savant commentaire de l'illustre philologue ne nous a point convaincu. Rhein. Rhein. Mus. Le pélignien de son côté a jusqu'à ce jour fourni trente-quatre inscriptions. l'égard de la langue officielle. .Vok. n'étaient point dans les mœurs des populations opiques ou sabelliques. dass in diesen vitàt. pour notre part..und e. p. 272.1a langue ordinaire des populations sabelliques dès avant le milieu du iii*^ siècle nous parait absolument insoutenable. car Or. 44: « Auch 41 und 42zeigen lateinischen Einfluss" ». le fl^wv. Mus. Soc. abstraction faite du n° 45 qui nous parait en dialecte mixte latino-marse.. le marse notamment a. spécialement L droit. Avouons. jusqu'à présent. L'interprétation détaillée laisse encore trop de place à l'hypothèse et. i. il » Ceci n'est exact qu'à ne faut pas oublier que les inscriptions latines dont il est question ici sont presque toutes des textes officiels. comme le prouvent la table de Rapino et peut-être l'inscription Herenlas\ Dans les titres privés au contraire. cf. D'après Planta également.. est au moins contemporaine de la Guerre Sociale et Bréal.. A. Ainsi l'hypothèse que le latin aurait été . le bronze du lac Fucin serait en latin dialectal. aux débuts de l'époque impériale. encore que le marrucin et le pélignien tout au moins ne fussent nullement exclus des actes publics. ne permettent point en tout cas d'en faire un titre archaïque. l'usage de ces langues. déclare textuellement que ces inscriptions « liefern den Beweis. St.Liiig. particulièrement pour les Marses . 347 sq. sur laquelle on a déjà tant écrit et tant discuté. P et même P fermé. Bronisch. L'inscription Herentas. 1. 80.. Sliid. ainsi que du marse.s. la place encore plus près de nous. Altit. et deBugge. 85. Les n"* 41 et 42 de Zvetaiev sont cotés 308 et 312 chez Planta. vielleicht Gegenden die lateinische Sprache friiher herrschend ward. nous persistons à croire que les inscriptions funéraires. XLllI.i de Sorrente mis à part. 2. I)ie osk.criptions latines archaïques recueillies chez les Marses. O. de l'aveu de Biiclieler. Mém. Les formes modernes des lettres. fourni six inscriptions. a été interprétée comme inscription funéraire par Thurneysen.

des Péli- gniens. Diod. Sicul. Pinna. se fussent livrés à de pareilles violences sur un peuple désormais considéré comme de leur sang. de se servir.i. respectueux du nomen latinum. mais tout au contraire pour combattre et con- dont patriotisme farouche et Romains tenir les effusions de ce patriotisme trop remuant et toujours prêt à la révolte. Germanicus conduit encore ses légions piller et dévaster le pays des Marses s'ils eussent été réellement latinisés dès cette époque. Notre hypothèse aurait l'avantage d'expliquer ce fait que les peuples sabelliques n'ont point de monnaies nationales la frappe leur était probablement interdite et ils étaient forcés . émettent des as de cuivre sans légende: . Ajoutons pour mémoire que les Volsques.}s. dont les luttes héroïques sous Pompédius Silon et Vettius Scaton attestaient encore au i" siècle la vitalité nationale. des monnaies romaines. cf. les Marses étaient com- modéré de ce peuple plètement latinisés au moment de la guerre. Quant à ce fait que les monnaies de la confédération marse pendanl la Guerre Sociale i)ortent en caractères latins ITAHA tandis ({ue celles des Samnites ont VNBTD <'n osque. s'opposa au mouvement insurrectionnel et fut saccagée sans pitié par les Italiotes eux-mêmes. était sans doute assez italiotes. non point comme ailleurs à titre de privilège ou de témoignage de satisfaction. Nous sommes donc porté à croire que le latin fut imposé aux populations sabelliques en qualité de langue otticifdle. 612. Le régime politique des Marscs. XXXVII.. Italia est un nom propre (jui peut fort bien avoir été adopté par les Marses comme par les Romains sans qu'il en faille conclure tout aussitôt. à part certaines villes fédérées. peut-être aussi des Marrucins pourtant plus paisibles. 14 de notre ère. on l'an si En aurait peine à croire que les Romains. semblable à celui des populations non lesquelles étaient directement soumises à Tadmi: nistration romaine. que les monnaies marses de Pompédius Silon sont en latin et que. comme font les historiens modernes. n(jus n'y saurions attacher aucune espèce d'importance. . par conséquent. Seuls les Vestins frappent du cuivre avec le sigle VE^ c'est à nos yeux un privilège que justifient : le caractère qu'il et le peu d'empressement mit plus tard à seconder les efforts des Marses dans le soulèvement de l'Italie. — le loi — suscita tant de difficultés aux. comme la plupart des populations provinciales. On se rappelle que la capitale même des Vestins.

même il est possible qu'elle n'est pas encore complètement sortie de l'usage administratif intérieur. nam latine nei>ciunt. Assimilés vraisemblablement depuis longtemps aux Sabins et aux Latins proprement dits quant à la situation politique. en sa qualité sont. La inexpliquée. v. de Hapino Mommsen fixait jadis poui'la . c'est-à-dire dans les premières années du u'' siècle. tandis que Corssen. Cette double estimation nous paraît infiniment trop élevée pour notre part. la légende en langue étrangère se trouve par là même interdite et manque en conséquence sur les monnaies. ohscum. selon toute vraisemblance.-C. Sans attacher pour notre part aucune importance à la boutade de Titinius. Ausspr. C'est là simplement un mot de comédie qui n'a sans doute en vue que le latin manié par les écrivains d'origine italique et nullement le volsque ou l'osque proprement dit. ne peuvent laisser de doute sur ce point). dans laquelle il nous est impossible de voir un témoignage historique sérieux'. nous serions tenté de faire des deux inscriptions des titres à peu près contemporains. seul peuple qui présente cette particularité encore Nous serions d'avis d'y reconnaître également une sorte de satisfaction platonique accordée aux sentiments nationaux d'un peuple constamment fidèle à la République. soit le milieu du ni*^ siècle avant notre ère à peu près. Il n'est en effet pas douteux que le volsque a subsisté beaucoup plus longtemps que le sabin. Il-. 1. l'èque ou l'hernique: encore qu'il soit difficile de lui assigner une date. donc avec Rome elle-même. la comparaison des lettres sur l'une et sur l'autre nous conduirait. l'inscription de Velitrae suffit aie démontrer'. vers 170 avant J. Nous ne pouvons nous empêcher de y a entre l'alphabet de la table faire remarquer l'analogie de Vel])remiére l'an 500 de Kome environ.— c'est le 105 — i< 38. Il faut tenir compte de ce fait que l'une et l'autre sont gravées sur bronze et que le bronze exige en général des graphies moins souples et plus carrées que la pierre. 2. Latium adiectum et Latium proprement dit. nous sommes persuadé que le volsque.. considérait l'inscription de Vellétri comme antérieure à . On s'appuie en général sur un fragment du comique Titinius. Obsce et uokce fahulantur. 118. les Volsques gardent néanmoins dans ces as sans inscription comme une allusion timide à leur autonomie ancienne. de tout le de langue littéraire (et son alphabet perfectionné.}o8 avant J. . langue nationale n'est pas encore éteinte. à peu près après Zama. croyons-nous. qu'il et l'inscription létri. pour établir que le volsque se parlait encore au it siècle. comme d'autre part les monnaies volsques admises dans la circulation Latium.-C. l'existence du D a notamment. cité par Festus s.

Les historiens nous représentent les Ombriens comme un peuple riche. Tab. il faudrait leur assigner à peu près l'époque d'Auguste. Nous serions tenté pour notre part d'attribuer la différence d'écriture à un ensemble de circonstances politiques plutôt qu'à une réelle différence d'âge entre les tables. soit une des plus regrettables delà littérature ancienne. et les efforts infructueux des Marses pendant la Guerre Sociale pour les gagner à leur cause. à la Nous sommes encore dans la même incertitude quant chronologie de l'ombrien. Conquise et colonisée dès leiv" siècle. Quoique nous soyons assez mal renseignés sur la situation faite par Rome aux populations ombriennes et que la perte des ouvrages de Zénodote de Trézène. sans qu'il soit posde nos connaissances de rien préjuger de précis à cet égard.i. adonné au commerce et à l'agriculture il est donc assez improbable qu'ils aient fait au latin la guerre acharnée et sans merci où les montagnards samnitos perdirent leur existence comme nation. Les Tables Eugubines en caracseraient environ du ii'' — tères nationaux siècle ou même du commencement du des italistes . pp. l'Ombrie semble d'ailleurs avoir reçu : . i" siècle avant notre ère d'après la majorité celles en lettres latines dateraient environ du début du i" siècle d'après Bûcheler. Nous aimons à croire que l'esprit pratique des peuples de rOmbrie accueillit au contraire la langue latine avec une faveur marquée et nous nous efforcerons tout à l'heure do démontrer que l'assimilation des deux langues s'y effectua beaucoup plus tôt que chez les Italiotes du sud. en vertu des déductions rigoureuses et particulièrement probantes de Bréal. On peut donc croire qu'ils conservèrent longtemps la libre administration de leurs affaires intérieures et l'usage de leur langue nationale tant dans le rituel religieux que dans les actes politiques et administratifs.. qui avait. d'Iguvium tout au moins frappaient monnaie. Eue/. on ne peut guère douter qu'elles fussent rangées parmi les Italie tes les plus favorisés. — dans l'état actuel 10(1 — n'a succombé complètement que sible fort tard. prouvent qu'ils n'étaient pas précisément mécontents de leur sort. d'Amérie. laborieux. § 39. 227 et 308. 30. écrit une histoire des Ombriens. de la fin de la République d'après Deecke et d'autres et. Le fait est que leur fidélité envers Rome est maintes fois attestée par les historiens. Les villes de Tuder. paraît-il.

la pierre d'Assisium notamment. chez les Picentes. Le vieil alphabet national fut bientôt. se plia à merveille aux sons de la langue indigène. On remarquera qu'eff"ectivement les quelques inscriptions civiles fournies par TOmbrie. en tout cas moins dégradée et moins latinisée que il ne faut dans le peuple. dans le Pisaurum. elle est protégée eff"et qu'ici oublier en pas par les formules de la langue administrative. constitueront finalement le noyau essentiel du latin d'Italie. en se perfectionnant enfin sous les auspices du latin littéraire. par ses affinités singulièrement étroites avec le latin. dans un commun héritage. croyons-nous. puis en rayonnant sur des districts entiers. Le premier sacrifice que l'ombrien officiel fit probablement à l'influence de Rome. en se propageant lentement dans toute la région. sont en lettres latines. la langue nationale subsiste plus ou moins pure. la langue aussi. réservé exclusivement aux usages religieux. autour des colonies romaines d'abord. constamment un courant d'immigration et d'influence latines aussi complètetement pacifié. dans l'Ager faliscus et en général dans tout le nord de l'Italie ces dialectes mixtes latino-ombriens. les rapports intimes qui unissaient les deux langues dès le passé le plus lointain et leur avaient transmis. En attendant. les phénomènes du rhotacisme et la même tendance à réduire les diphtongues. infiniment plus commode et plus parfait que les . C'est ainsi qu'à partir du m' siècle s'élaborent peu à peu en Ombrie. auxquels il prêtait la majesté et le demi-mystère de ses formes antiques. se faisait complice des empiétements des Romains. parmi la haute société des villes par l'écriture. dont l'épigraphie nous permet heureusement de nous faire encore une idée assez exacte et qui plus tard. latino-falisques. etc. des contacts de plus en plus fréquents. fut on adopta peu à peu l'alcelui de son alphabet national phabet latin. moyennant l'addition d'un ou deux signes nouveaux. du iv" ou du m" siècle tout au moins. en fusionnant par des échanges réci- qui ne pouvait rester stérile dans un pays proques. : vieilles lettres étrusques et qui. et surtout par la littérature religieuse.— 107 — 1^ 39. C'est ainsi qu'en Russie et dans la Galicie ruthène l'Eglise est demeurée jusqu'aujourd'hui rigoureuse- . gardienne jalouse des textes consacrés et des traditions anciennes. Les deux courtes inscriptions de Tuder et d'Amérie font seules exception: aussi les jugeons-nous extrêmement anciennes..

les deux textes ontété gravés à la même époque ou à peu près. mais on ne s'en sert plus. ainsi qu'il a déjà été dit. cf.). IV.. Eiig.. p. Les Tables Eugubines nous offrent ces deux espèces de textes: l'un en caractères sacrés. de légères différences de langue entre les tables I1I-1\' et notamment. que l'aiphabct étrusque et la langue étrusque. on les conserve comme des témoins vénérables de la tradition ancienne. l'ombrien. Il faut remanjuer en eflet que les tables en caractères étrusques ne sont pas toutes do la même main il y a en outre. Eugid). Au I" siècle est enfin promulguée la loi Julia que les Ombriens. LiiKj.aux 108 — iicHaib) ment qui vieux caractères slavons (itcpKOBiiaa à s'opposent alliés fidèles. comme idiome littéraire. o76 et 380. antérieur à la loi Julia ou tout au moins contemporain de celle-ci et dont les tables III et IV sont peut-être même des fragments authentiques'. en qualité d'idiome littéraire. que dans le rituel des confréries religieuses. il fallut faire une nouvelle concession à bientôt.. De Tnb. comme l'a montré Bréal. Soc. avec les vieilles coutumes nationales. croyons-nons. l'alphabet civil (rpaHî/iaHCKaa neiaib). même . et il ne subsiste plus désormais. la rédaction. MéîH. en acceptèrent avec joie. écourté et manifestement copié sur un prototype ancien par un graveur peu au courant de l'ancien alphabet. toute l'admi- nistration devient latine. de nouveaux textes en transcription civile à l'usage de ceux qui déjà ne pouvaient plus lire les lettres étrusques. Lepsius. . à peu près comme les prêtres coptes ou parsis qui conservent des textes sacrés qu'ils ne comprennent point. dut être plusieurs fois 1. avec raison. est mis au rancart comme les choses surannées et hors d'usage. Dès lors. à l'esprit nouveau et introduire côté des textes en caractères nationaux ou reli- gieux. n'avoir pas été très considérable.^ :v. en somme. furent en usage à Home à peu près jusqu'en \7)0 avant iioti'c ère. Seulement. largement développé. visiblement contemporain de Dans notre pensée. originairement écrit en caractères italiques archaïques-. 23. p. l'autre dans l'écriture courante. I 2. — fidèle . dans un idiome rajeuni. ce qui indiciue assurément une certaine dilférence d'âge mais qui parait. sont seules destinées à la lecture. sans omission de plus détails. d'après un modèle plus ancien. Tah. Les tables en caractères civils. s'est efforcé de montrer. C'est exactement de la même manière que le chant des Arvales. 227. Bréal.. qui étaient sans doute à l'origine plus nombreuses. même dans l'intérieur des sanctuaires. les autres remplissent un office de pure forme. comme on sait.

Nous verrons plus loin que les lettres nouvelles dont il dota l'alphabet latin ne sont autre chose que des emprunts au vieil alphabet italique. on le répétait machinalement. On sait que la religion défendait de rien changer ni au fond ni au style des formules consacrées illa miilari uetdt relligio et consecratis iitendmn est. à force d'être copié et partiellement rajeuni. ex. d'après Mommsen. la restauration des anciens cultes et des vieilles traditions. tittere à côté de lases.-C. excepté peutêtre III et IV. 1. selon nous. 30. incurrere. 40. de reculer la date au delà du début du 1°'' siècle de notre ère ainsi L a toujours la base à angle droit. et c'est bien en effet comme tel qu'apparaît au premier abord le précieux texte de la vigne Ceccarelli. favorisa certainement de tout son pouvoir et beaucoup plus encore qu'Auguste. vales avait fini le chant des Arpar devenir parfaitement inintelligible à ceux qui le récitaient. datent soit du règne d'Auguste.— transcrit. I. car il est trop évident. s'étant définitivement perdue. L'hypothèse que nous proposons ici a l'avantage d'expliquer enfin pourquoi l'on gardait à Iguvium un même texte dans deux rédactions différentes. versé comme il l'était dans l'étude des antiquités et des anciennes croyances religieuses de l'Italie '. le en même temps que et là texte. Si le collège comme il celui des des frères Attiédiens s'était maintenu Arvales jusqu'à l'époque d'Héliogabale. si altérée et si hésitante sur nos tables. les vieilles formules ombriennes eussent été encore infiniment plus maltraitées que le latin des Arvales. soit plus probablement encore. croyons-nous. du temps de Claude qui. Remarquons en tout cas que les caractères épigraphiques des tables latines défendent absolument. croyons-nous. que l'on eût gratté les tables étrusques si réellement les tables en lettres latines avaient été destinées à remplacer purement et simplement le texte plus ancien. Les unes et les autres. p. 100 — l'on rajeunissait cà i. Notre explication permet en outre de rajeunir encore un peu la chronologie des tables. comme une formule vide de sens. Quint. jamais n'apparaît V comme sur les inscriptions romaines officielles jusqu'en 240 avant J. vi. 174 d'après Ritschl et sur les inscriptions déjà : : sait que Claude avait écrit une histoire des Etrusques et qu'il occupé avec ardeur des antiquités italiques. la connaissance de la langue ancienne. Seulement.. On s'était . comme Bréal l'admet pour la partie latine. est probable que.

parmi lesquels il a malheureusement le tort de compter l'étrustjue. il mais celle-ci. avait déjà soupçonné que le latin vulgaire avait pour élément essentiel les dialectes du nord de l'Italie. comme nous l'avons dit. pour notre part. tant s'en faut. surtout sur la partie en lettres latines de la table Y b et dans la fin de VII a. 15. l'état de surtout si on la la langue. Sittl. le P complètement fermé qui appartient déjà. ils ne sauraient guère être appréciés à travers les copies déjà si incorrectes du i'*" siècle ils doivent. VI. p. ne nous permet point. Havet. 2^ pér. Ainsi donc. XLVIII. Nous chercherons tout à l'heure à établir que ce n'est point. selon nous. sur cette question chap. environ jusque dans le courant du i""" quelque tables III et IV. la graphie archaïque P est absolument exclue au profit du type classique P ou P outre lequel on rencontre souvent. loi Julia: et incertaine. p. nos documents touchant l'ombrien sont limités en réalité à la courte période qui s'étend du ii" ou du siècle avant J.-C. cf. à la décadence. absolument étranger. dans les Etudes rom. ne se montre guère qu'après Auguste et peut n'apparaître que beaucoup plus tard en province. p. comme nous l'avons dit en commençant. i"' siècle de notre ère. l'unique héritage transmis par l'ombrien au latin d'Italie . 38.) et des autres consonnes finales. à toute cette évolution latino-italique. Omt.^30. 303 sq. être de toute façon antérieurs à la est vrai n'a pas encore la forme M . G. dont les tables III et IV sont peut-être contemporaines. Il a même reconnu et démontré avec beaucoup de rigueur. cf. Quant aux prototypes en caractères étrusques. On comprend l'importance capitale de cette donnée à l'égard de la chronologie phonétique et morphologique de l'ombrien. — 1 10 — M provinciales selon toute probabilité antérieurement à SjUa. de reconnaître chose de positivement archaïque... Nous crevons donc pouvoir résolument conclure en faveur de la première moitié du i*"" siècle de notre ère. Enfin la lettre P nous semble tout à fait significative. par exemple à l'égard du c ou de la chute de -s) Cic. déjà fort altérée compare aux monuments osques. lôf. Paris. en tout cas. S caduc en latin. que e pour ae en latin était d'origine ombrienne et il s'est efforcé d(^ suivre pas à pas la propagation de ce son dans l'Italie entière. comme on sait. Lokale Verschied. même dans les cf. phénomènes que nous persistons à croire en relation avec les faits identiques du latin vulgaire. .

al T'jpp'/]vcjç çaj'. 2. sur en Ombrie i^î^ 83 sq. qui ne sont guère plus récents (l'archaïsme étrange de leui. qui est de la fin du m" siècle. la langue nationale.-C. VI. sur les gutturales.oi mais toute la désigne non seulement les habitants de Paieries. en même temps que le latin assez fruste et mal équarri (lue les colons romains avaient apporté dans les colonies. Là. '-'Ovo. V. montre ce qu'était devenu en un siècle environ la langue latine sous le ciseau des graveurs ombriens et même dans des textes d'un caractère officiel. dut s'altérer de très bonne heure. . chez les magistrats.'T/. sacerdotales. rédigèrent en naïfs saturniens l'inscription votive du Corpus. . Strabon. XI. On en peut juger ce que devait être la langue parlée dans des milieux mêlés de colons latins Toùç ^aX-r/. lui aussi.o'j. l'influence dissolvante de tous ces éléments hétérogènes.. 'iB'. semble bien vouloir dire que le falisque existait encore à l'état de langue particulière. mixtes. Nulle part enfin ce caractère de dialecte mixte n'apparaît mieux que dans le latin incorrect et flottant que parlaient ces légionnaires falisques qui. ttsXiv tO'. chap.^ '|0. oCûCy. — conservèrent en leur qualité d'anciennes langues littéraires. -5 final Ce serait une erreur de croire que ces dialectes § 40. d'abord. principalement dans les campagnes soumises à l'influence de jour en joui" })lus considérable des colonies romaines et latines ijui couvraient le pays. 9. ces patois latins plus ou moins italisés sont nés de la désagrégation générale et uniforme des langues italiques. que nulle littérature ne préservait. au latin vulgaire impérial ensuite cf. Celles-ci. d'Auguste.— I I 1 — . Mais il n'en pouvait être ainsi parmi le peuple. «ÏJaX'.v thx'. 3078.ôyXojjaov Les Tables Engubines montrent de leur côté qu'on écrit encore en ombrien au i" siècle après J. Du temps o'ij y. Tcyç <taAîp(o'jç. de toutes les régions du Latium. et la connaissance de cette langue a pu se conserver longtemps encore parmi les lettrés attachés aux vieilles traditions nationales. subissait.cv àOvcç 1. envoyés en Sardaigne. nullement comme un simple dialecte du latin: Ivtot dans les vieilles familles etc. présentent des particularités plus étranges encore. Déjà la lex Spoletina. '.. se longtemps pures parmi les Italiotes lettrés. <ï>aX£piot. Les titidi notmi du Pisaurum. 11. population du pays.alphabet constitue une véritable énigme chronologique).

est construit. i. Il est donc rédigé dans la tradition de l'ombrien littéraire des époques d'indépendance et de gloire nationales et.< 10. Or.* d/ié: dha'Ji).se retrouve en catalan dans l'imparfait fe-t/a. sur l'ondirien fc. alors que le provençal connaît seulement /«^m. . L'imparfait /i^v/ et en Ombrie et propagé ensuite dans le nord. la = question encore obscure des origines catalanes pourrait trou- ver dans ces formes des indications qui ne seraient peut-être pas sans valeur. Mais entre l'ombrien fë. lom])ard fcva. entre l'ombrien et les dialectes modernes de l'Ombrie s'étend un étage de latinité. et dès lors l'histoire des langues romanes s'en trouverait complètement bouleversée car il n'est pas douteux que l'ombrien se retrouverait encore par larges couches sous les patois modernes du pays. s'il eut été Mais ce texte ne s'adresse point aux classes un formulaire destiné exclusivement aux dignitaires religieux d'Iguvium et aux personnages illustres. dans Picénum ou on l'Ager faliscus. la date de son extinction définitive parmi les populations rurales. malgré l'état de dégradation et d'abandon manifeste où nous la voyons tombée. feia « faciat » à côté da/ak-. il faudrait au moins avancer jusqu'au iif ou au IV" siècle après J. Si l'ombrien des tables représentait réellement la langue vulgaire en usage en Ombrie au i""" siècle. que l'ombrien des Tables Eugubines représente langue nationale telle qu'on la parlait encore dans le peuple au i"'' siècle. c'est bien la langue littéraire et savante qu'il faut reconnaître sous les formules vénérables du rituel iguvien. — en se 11-2 — le et d'indigènes. mais néanmoins trop homogène pour n'être appelé à le lire.ffitu. Aussi la faut-il garder de croire. Si feya.et fea moderne. membres de la Confrérie des Attiédiens. il faut placer naturellement un dialecte latin local oii circulait l'imparfait *fébain *fëa. : populaires c'est : pas le résultat usité en Toscane de longs siècles de latinisation.. à Alghero fe-va. dans notre opinion. feva n'est pas simplement extrait par analogie du parfait /hi fëcit. feelu « fa: cito ».-C. Remar(iuonsen passantque/e-à côté de fac.-evw. comme l'admet couramment. pour l'italien littéraire faccva. Nous sommes convaincu tout au contraire que le peuple de cette époque eût déjà éprouvé de sérieuses difficultés à comprendre exactement ce texte. traversée sans doute d'une infinité de filons ombriens. Ombrie.

Rome trouva dans les Samnites. 8 — Chronologie du latin vulgaire. 320. . 290). devaient éprouver peu de joie à se sentir humiliés par la grossièreté d'un Papirius Cursor ou d'un Curius Dentatus. les Lucaniens et en général chez tous les Italiotes de langue osque des adversaires peu disposés à subir son joug politique et son inflaence morale. Il faut songer en effet qu'au moment des premiers établissements des Romains en Campanie et dans les provinces méridionales de l'Italie. Venouse.41. Lucérie. du sud. un certain nombre de vaisseaux avec leurs équipages. L'osque au contraire avait déjà derrière lui tout un brillant passé de lettres et se trouvait alors à l'apogée de sa perfection. voir plus haut MoHL. Rome n'avait pas encore de littérature sa langue était inculte et grossière elle n'avait sur les plus misérables patois de l'Italie du nord d'autre supériorité que le prestige que lui prêtaient les victoires des légions. Sur l'étrusque à Rome. Sans parler ici des cités grecques qui. et d'après le témoignage même de Tite-Live. L'histoire glorieuse de la Grande Grèce. Ces obstacles pourtant n'étaient rien au prix de ceux qu'élevait dès l'origine et comme une impénétrable barrière contre la civilisation encore rudimentaire et à demi-barbare des Romains la civilisation séculaire et raffinée des Campaniens et de la Lucanie. 1. qui reçut vingt mille colons romains. talie — leur patriotisme ardent étaient des obstacles sérieux jetés à rencontre de la politique autoritaire du sénat romain. en cas de guerre.— n. pour comprendre que des peuples arrivés sous la direction des Grecs à un sentiment de l'art aussi délicat et aussi raffiné. 108. au iv*^ siècle (Capoue. 36. en leur qualité de simples socii nauales fournissant à la République. à une conception aussi exquise du beau et de Tidéal. n. c'est lui qui bientôt entreprit l'éducation de celle-ci . conservaient une autonomie absolue et refusèrent pour la plupart le bénéfice de la loi Julia. sur celles de Capoue ou de Phistelia par exemple. 342. Le nom de Rome ne leur imposait que médiocrement et le latin trouvait d'ailleurs dans la langue osque un rival presque aussi redoutable que le grec.'i — ^ 10. 2. l'étrusque était encore la langue littéraire et savante des Romains'. IX. p. Tout autre fut la situation faite au latin dans l'I§. les conquêtes anciennes des Samnites. Loin de vouloir se laisser déloger par la langue romaine. . Il suffit de jeter les yeux sur les monnaies d'une de leurs cités.

Keil. Mua. 49 sq. réfractaire à la réduction des diphtongues. Pa- cuvius. 9. I/isl. 0)\. C'est aussi l'opinion de Stolz.vy^ générale très nettement caractérisée. y avait des philosophes samnites. ib.. n'apparaissent pas une seule fois dans le sud. 2. Dio p. et lui indiqua le — chemin des de les créateurs 114 — : belles-lettres car il oublier que la littérature latine. exerce encore une influence prépondérante de là.) n'apparaît pas davantage à l'intérieur des mots. 23. Catane des tragédies grecques. etc. 1410. voir p. Chrj's.. On a par exemple. des datifs soit en -ai. il disciples des Grecs. soit en «. n° 36. cf. maanivm. voyelle oo. V«.. Un Samnite Timol. Bant. C'est ainsi que les datifs féminins en -e pour -ae.-C. Rfiein. Lucilius étaient nés dans des pays de langue osque. Solmsen est aujourd'hui disposé à voir dans cet oo une notation pour d périspomôno. C'est que l'osque.. 143. Cic. VII. à côté de l'ombrien kvestur Tab. 113. Le latin provincial de l'Italie du nord qui. Ajoutons pour noti'o part que ïi pùifjuc que Lucilius prétendait reconnaître en latin n'est peut-être pas autre chose qu'une imitation de i osque. faisait à 1 . Long. Quant au falisque vootv. commençait à se propager de district en district et unifiait ses formes en une sorte de y.m de Tinscription votive de Paieries. sq. p. ne pénètre point encore dans les pays de langue osque. ni le latin ni l'osque ne présentent jamais la exclusion qui ne parait pas devoir être attribuée au hasard. d'après Sittl. J.. 26.. X.. Malgré les réserves de Mommsen.. l'époque impériale. . Eug..551. 41. on peut admettre avec Ritschl que les voyelles géminées réclamées en latin par Accius au ii" siècle av.. 18. LEEGEi. etc. Gramm. lai.§41.« praetores » ib. I. à part quelques textes officiels dans les colonies ou les villes romaines. dans les colonies romaines et latines de ces contrées. Lokale Vej'schied. Aussi les progrès du latin dans l'Italie du sud furent-ils parfaitement insignifiants jusqu'à la Guerre Sociale. du latin : . 90. Plut. sont empruntées à l'orthographe osque'.i'. dès cette époque. ne faut pas Ennius. Comme on sait. on ne rencontre guère d'inscriptions latines avant II. géminée . alors qu'ils ont déjà gagné sans exception toutes les régions du nord.. Tab. 12.. d'après Vel. du falisque pretod.. Senect. Deecke.. prêt. ilii. En Campanie. 31. 1. Spr. I. I. un orateur lucanien enchantait Syracuse. Nous avons déjà constaté que nombre de Kulturworter grecs ont été transmis au latin par un intermédiaire osque. PAASTORES CIL. 38. Ajoutons que e pour ne [aï osq.

manipules que les Romains et sous le commandement ciiiitas soit iure. apprendre le latin dans le contact journalier avec les légionnaires romains. pour les Ligures Salluste. les d'ail- longue et Samnites. TORES. soit d'un Latin jouissant de la § 42. pour les inscriptions le citer dernier exemple découvert: ^H3^nV-aVT^IhND>l. oplimo — Aussi la longue persistance de la langue osque 1.-) — Lucil.. Essai Nous ne saurions sur ce point partager svi' la Guerre Soc. hist. CAEiciLio.— rustique preto?' (dès 11. de Pompéi. . ne leur faisait point oublier leur langue maternelle car chaque nation italique constituait dans la légion un corps spécial entretenu respectivement et non solidairement par chacun des peuples alliés et qui était commandé par un préfet indigène. 93. p. tels que les Cisalpins. C'est même là un avantage que les Italiotes avaient non-seulement sur les alliés étrangers. d. 2. donc une œuvre favorisés. En leur qualité les d'alliés les Campaniens. et. lign. n. les Espagnols dont les cohortes auxiliaires. l'opinion de Mérimée. les Ligures. Arch. 6. sur les poteries de la Vigne de S. le n" siècle). Ainsi les Ita. le Lucaniens conservaient leurs leur administration particulière et l'osque comme langue ils Même service dans les légions où. Il faut natula même façon les graphies bien connues coNQVAEisiVEi. . . 5. j'imagine. osques. IX. et nniquement kvaisstur sur Planta. étaient exclues des légions et commandées par des Romains. S^ ^i2. cf. Jug. officielle. La latinisation des populations osques fut difficile. mais sur les Latins eux-mêmes qui. La forme qveistJwil. représente peut-être la prononciation intermédiaire entre ç des dialectes du nord et ai des dialectes du sud. malgré l'opinion de quelquesuns '. 9 Millier..liotes n'étaient point divisés et répartis dans différents manipules ils continuaient à parler entre eux leur langue maternelle et c'est vraisemblablement dans leur langue que leurs chefs immédiats les commandaient. cello-ci particulièrement intéressante. sur l'inscription latino-marse de Trasaccum. M/IX. con- stamment. d'un Romain. au glossaire. Césaire dont le caractère vulgaire et dialectal pourrait difficilement être con- rellement interpréter de testé. 61 (1894). semblent bien avoir de tout temps servi dans les mêmes finissaient par . cf. k..

Mais les graffiti de la casa del Fauno et de la casa del Poeta tragico doivent de toute nécessité être contemporains de la catastrophe de 79. — m— 1 comparativement aux autres dialectes italiques n'a-telle rien que de naturel et de prévu. a dû s'éteindre de bonne heure. Die osk. 7. « Puisqu'aux environs de Naples. 383. C'est une erreur grave de Sittl d'avoir prétendu. on peut hésiter sur la date à assigner aux listes électorales osques peintes au minium sur les pilastres de Pompéi et aux inscriptions gravées sur le stuc des façades. conclut très judicieusement Bréal.^ 42. Unterit. i-und e-Vok. Soc. Nissen la partage d'ailleurs lorsqu'il affirme. Planta. Préservée à la fois par une civilisation séculaire et un passé littéraire brillant et par la politique nationale des peuples de la ligue samnite. . car de telles inscriptions ne sont évidemment pas faites pour durer.. cf. 116.. i'nterital. et dont les dialectes nombreux et précis continuaient d'être parlés dans les villes comme dans les campagnes. § 9.. laissé qu'un monument de et Tandis que celui-ci ne nous a guère la langue essentiellement traditiondes confréries religieuses..-C. encore que l'archéologie et la comparaison des inscriptions latines correspondantes ne permettent guère de reculer les plus anciennes au-delà de la Guerre Sociale. nelle des sanctuaires l'osque nous apparaît jusque sous l'Empire comme un idiome administratif vivant et varié. Landesk. IV. I. L'expression « actes officiels » est peut-être excessive. DiaL. f ! 1. Ling. d'après Mommsen. L'inscription de Flore Fluusai daterait. Ital. Lokale Verschied. l'osque ne fut point dès l'abord entamé et finalement absorbé par le latin comme le fut l'ombrien. p. au siècle après J.. n'ayant exercé que peu d'action sur le latin pi'ovincial de l'Italie du sud. Dial. 116. de la même époque. Sans doute. Bronisch. est sous ce rapport mieux avisé lorsqu'il reconnaît la possibilité tout au moins de reculer certaines inciiptions osques au-delà de la Guerre Sociale. combien de temps n'ont pas du se maintenir les dialectes dans les campagnes reculées Peut-être la victoire complète du latin est-elle postérieure à la chute de l'Empire romain. 523. Mém. Mommsen. avec une conviction faite pour étonner. p. que l'osque. qu'il est impossible de prouver la survivance de l'osque au-delà de l'ère chrétienne. 1.. 30. p. p. 33. p. on se servait encore de l'osque dans les actes officiels'..

lesquels sont eux- lat. mêmes = en -elfi. W. Rom. le parfait en -atted II. Li?if/. lat. W. c'est qu'il existait encore parmi le peuple au moins comme un vague écho de celui-ci. Ajoutons de notre côté. § 497. Sor. Osthoff. » Storm en effet avaifdéjà. cf. figiu'é par i simple sur senté en osque par sortis de bletti . Zeitsch. p. comme l'expliquent les modernes en -atte romanistes. * trûf[r)i-. Itnl. que de même le vocalisme des patois actuels de l'Italie méridionale nous paraît représenter directement la prononciation osque. aussi Schuchardt. 250. apporterait une ample moisson de faits de toute espèce. PhiL. lequel suppose sûrement une forme osque *ohtûfri-. Les troisièmes personnes du parfait en -atte.. II. cf. de nos confrères a montré qu'il existe des vestiges de l'osque dans la prononciation actuelle de certaines provinces italiennes. est possible que les parfaits soient.. sq. tûhcr. à des phénomènes analogues en osque et dans les dialectes sabelliques. Gramm. Spr. I. Meyer-Lïibke.. Meyer-Liibke. dont précisément était p. -altà dans les patois italiens modernes. * ohiruf{r)i-\ cf. Pei^au moins qu'un pareil il faut reconnaître tout fekt. analogique des parfaits pour stetl. 115 note. * l'on pourrait Nous croyons que beaucoup plus loin pousser ces fait jusqu'ici qu'on ne l'a recherches et qu'une étude sérieuse des patois de l'Italie du sud. Mém. 317. Encore faudrait-il expliquer pourquoi cette tlexion bizarre -atte a précisément été inaugurée dans l'ancien domaine des parfaits en -atted: si * prohattit latin succède à prùfatted osque. entreprise à ce point de vue spécial. 86. Vokal. et sans entrer autrement dans les détails d'une question déjà trop spéciale pour être traitée ici. Il y a longtemps d'autre part qu'on a rapproché l'assimilation ^q nd à nn dans l'italien du sud. une extension -elle. embrassent exactement un des caractères Il l'ancien domaine § des dialectes osques. etc. appelé l'attention sur les vestiges laissés par l'osque dans les dialectes modernes. 342. § 649. il citait notamment le mot attrufe « octobre » dans le patois de Naples.5 i-2. Grimdriss. Planta. IX. I. 243 procès analogique est extraordiiiairement compliqué. 551.. tiers à la « même février » = origine des cas comme sarde frcnrgiu freb[r)àrio. Gramm. rom.— Un 117 — .. les plus saillants. I. franc. *stpttul /'' l . Nous rapporterions volonle v. On sait en effet que é long primitif est reprédU long. 230. truffe = osq. cf.

480. « ne fuerit ».. il est vrai. XXI. on prononçait ni pour 7iê. à côté de ne po7i. ncc. Couple lui-lei. 26. Dans 7ië latin nous aimerions retrouver le [j:q grec. la . 149.r(^.?. VIII. 563. 1. la forme la plus ancienne. § 72. 1. VU. 8 et 14. /^//rà^ Mm. c'està-dire. avec métaplasme de la consonne sous l'analogie de 7ië. a mis sur le compte de la prononciation osque les formes isT habiat habibit oportibit dibito. ne et ni du latin classique comme de simples doublets sortis de y^ez archaïque «caserait même. Ces formes ont naturellement cours. comme nous l'avons dit. osque ne et nei. Cf. Ritschl. il est vrai. p. la prononciation osque et sabellique en général devait de Itoiiiic heure aiiHMici'. au moins dans les campagnes. encore est-ce peut-être une erreur de lecture ou de gravure.. en regard du latin lçge\ siuom. ... p. I. 206. A l'époque de César. Corssen. De même ô long aboutit régulièrement à ù^ cf. 24. « nisi ». et nous pouvons nous représenter aisément les formes latines qui leur succèdent d'après des graphies telles que tenimvs « tenëmus » sur un graffito dePompéi. gravé évidemment par un graveur de nationalité samnite ou campanienne. « ne quem prohibuerit ». II. dans le latin (Tlla. jusque vers la tin de l'Empire. Planta. _ 118 — textes plus récents en caractères latins. etc. RIS « rës 135. Mohl. dans le latin de Capoue. Rhein. 7ii hipid. Nous croyons que né doit être étymologiqueraent distingué de m\ celui-ci est pour nè-\-i enclitique. Ausspr. )) X. Mus. ni les fonctions syntactiques de ne won^ paraissent bien attester l'identité de 7iè et de .§ 42. les par exemple écrit ligud. . cinsverint. 2. 1. 1. ma sanscrit. sinatum. CIL. ex. dans notre texte de la loi Julia. sur les Tables d'Héraclée. 22. d'après lui. la lex Puteolana par ex. Il y a longtemps que Ritschl. « ne habuerit ». autant que la langue osque elle-même.IAqï ne phim pruhipid. 9. 1.. où nous soupçonnons dans /?é/)o. etc. 1. ^^(^/?f5 (proprement « nullus ») une autre formation. pour les détails Planta. n. Quoi qu'il en soit. § 47. 258 sq.. Table latine de Bantia n'a qu'une fois ne pour nei. a une quarantaine de fois né contre douze exemples seulement de /ip/ ou ni. ni fuid.. cf. On remarquera que les : textes écrits dans le sud favorisent/?!. considérait. § 58. La table de Bantia I. contre l'ombrien seuom pim pour prO et ainsi de suite. La Table de Bantia écrit régulièrement ni. 479 sq. ncp aineip pour * ne-ipe. ainsi qu'il ressort de textes étudiés d^ns \e Phiiologus. La lex Julia.

cf. §34. dans VEos polonais. l'emploi de nec pour non est courant sous l'Empire. 7iep neip a pris de bonne heure. Rapin. un passage de wi ê en marrucin. I l<. : 1. la prononciation méridionale. à la langue osque'.) — . 421. I. est trop obscur pour nous inquiéter.— lie. PoLEENis Tab. 16: E qiiando producitur uicinum est ad sonum 1 litlerae ut meta. du moins. On pourra rapporter sans trop que Suidas cite un mot ij. La forme sinâtns de la loi Julia semble également s'être répandue hors de la péninsule. C'est ce que montre l'Appendix Probi. 1. nous aimerions mieux y voir une « Riickschreibung » ë pour 7 que d'admettre. 198. ainsi C'est mëtdtôria pagina pour dans Sidoine Apollinaire. Die usk. Aujourd'hui on prononce en général dans tout le sud de la péninsule Ucjrji pour lége et viici pour voce: comment nier. S'il est vrai que regen{à) de la Table de Rapino. comme le font entre autres Planta et Bronisch. peut-être exceptionnellement généralisée en latin vulgaire.. II. p.ov. furtum nec manifestum. i. p. mais la descendance directe de ces phénomènes ? Il est naturellement assez difficile. au 111° siècle de notre ère et sans doute dès une époque beaucoup plus ancienne. 43. surtout en ombrien. Keil. . comme on sait.-ato'jp'. p. dans leurs . Il était naturel que les Grecs. La prononciation * 7nîta îuèta s'était. je ne dis pas la parenté avec les faits osques. rares emprunts au latin. il est vrai. Miodoiiski. Les dialectes sabelliques seraient en conséquence à joindre. 94. d'indiquer les frontières exactes de l pour è dans les dialectes méridionaux de l'Italie ancienne. nous savons qu'elle était courante en Afrique.und eVok. 10. dans l'état actuel de nos connaissances. la fusion de ?ic et de ?d considérée à tort par Ritschl comme primitive. ainsi qu'il paraît ressortir d'un passage de Servius. voir à ce sujet surtout Planta. de nec en latin pour la négation simple nous paraît devoir être également rapporté à l'influence des dialectes italiques où.'.< 42. corresponde au latin rêgma. 5 Senatus non sinatas. Dans le latin spécial des juristes. 56. Ajoutons necdum pour nôndum chez les auteurs inférieurs c'est une contamination du latin d'Italie. dans leurs constantes relations avec les Osques de la Campanie et de la Grande Grèce. par ex. les fonctions de la négation absolue. au moins partiellement. reproduisissent. L'emploi.

196. non directement oi comme on l'enseigne auSur l'origine africaine de VAppendix Proln et sur sa date approxicf. Gaston Paris. peu avant la Guerre particulièrement des Samnites. . Celui qui étudie avec quelque attention le viii' volume du Corpus ou l'étude de Ihm sur le latin des inscriptions africaines. Plut. Romnn. chez Isidore et Varron. p.s d'ailleurs n'est pas forcément une forme du sud ])(ipulair(' d'a\)vcs sinus la nous y verrions volontiers une étymologie toge». et Lucilius. Liberum Lcba. CIL. Gracch. « 1. 17. se lectes de l'Italie persuade facilement que les diaméridionale y ont laissé des traces nom- breuses. après les Guerres Puniques. Bell.. n'est pas plus vraisemblable croyons pas qu'il faille chercher autre chose que des variantes orthographiques dans les vieux mots posimèrium ou posim'trium. inGeorg. s. dans flA?2t'CM. pour reprendre notre exemple de tout à l'heure.donné par Festus. — Siiuitii. l'Ihnann. De même. Italiotes. Appien. fasc. fondée précisément sur les ruines mêmes de Carthage. 24. le vocalisme primitif est ei.. VI. Dans lëber cité comme archaïque pour /^/^e/' par Quintilien. 15 Mûller. tels que le français timon. (1892).. V. cf. 7: Quaniuis Sabini Cererem Vanem appellent. dans la nouvelle colonie de Junonia. Servius. procéder avec une extrême prudence et un tact spécial sans lequel on s'expose à tomber bientôt dans les plus invraisemblables fantaisies. bûcêtum ou bûc'itum. où : ê suit c'est ce le même que nous avons admis. amicitiae: Ab antiguis autem araeci et amecae per e litteram efferebantur . I. avant de mettre l pour è sur le compte de la prononciation oscosamnite. Ciu. dans ce genre de recherches. C.siitm. — 12(1 — ' de témérité ce sinâtus du latin de Cartilage aux nombreux de l'Italie méridionale qui émigrèrent. comme dans le conpromesise du Séuatus Consulte des Bacchanales de 186. iv. dans les Mélanges Renier.. I. I. il ne faut évidemment voir qu'une graphie ancienne pour e«ou l. Ainsi. Paidi Epit. I.. en se rappelant que C. IV. 2 .^ i-2. Peut-être même colons pourrait-on préciser la date. on devra examiner avec soin si l'influence des dialectes celtiques.>0l sq. 10.s. v. nous ne traitement. . Forach. Il faut seulement. Sociale. pour le rix des monnaies ostrogothiques et pour certains mots des pays celtiques.. v. dans Festus s. mative. 164.. Gracchus fut chargé de conduire six mille comme triumvir. on s'en souvient. dans la nouvelle colonie.

chez les Aurunques. jonrd'hui. Eug. chez les Falisques. ne nous parait pas beaucoup plus claire. à Inté- 1. Hien de plus incertain à nos yeux que l'identité du sabin hiretum et de l'osco-ombrien heri.. hisc.— parait tout à fait 1-21 — oi. Inf.ysvy^. citée plus haut. ou -ztXyzqk côté de -oïyz-K II serait évidemment puéril de soutenir que Lucilius prononçait posimlrium parce » et le à c(3té qu'il était de Suessa. : § 43. Brugmann. car ni e ni 6 ni même s (dans Liber le r est probablement ])rimitif) ne semblent répondre réellement à la phonétique sabiiie. les Sabins. les Herniques. -mei- riom rie est en alternance avec le gothique haifi. class. nous la croyons tout au moins quelque peu altérée. c'est un cas particulier relevant de la phonétique latine. dans le courant de cette étude. à côté del'osque herest. Quant à . Idretum sur l'inscription sabine deScoppito. à notre sens. Zvetaiev.et autres semblables. I. à la frontière de la Campanie. 434. tel. (il. etc. Stolz. dont la base était l'ancien latin rustique de la banlieue romaine plus et qui. Tab. Planta. Studj ital.. Ital.. I.. c'est-à-dire le Latium. Grundr. Ih'st. de témoignage direct certain. « lande. i . Dans le nord. s'affînant plus en à se rapprocher avec le temps. l'occasion de signaler des survivances osques dans le latin vulgaire c'est pourquoi il nous parait superflu d'insister en ce moment davantage sur les exemples linguistiques susceptibles d'éclairer l'histoire de la romanisation de l'Italie. Gramm. car un affaiblissement direct de sujet à caution. La glose Lebasium. VI. Int.. 140. au glossaire et de l'ombrien hereitu. prai- vieux latin moiros comme on a en grec ètt'.-iublllis rac. Parodi. § 43. général. Capène. 37.^ Nous aurons d'ailleurs plus d'une fois encore. tendait de du latin officiel parlé dans à Rome. 2. cf. et que Varron écrivait bûcltum en sa qualité de Sabin de Réate. n" 10. cf. tain — Ainsi. L'analogie de « pour o en sabin rend certes probable pour o.telle que l'admettent Bronisch et la plupart des italistes. oeen e ou ^ nous Le latin -ccitom. 65. vers le début du le i*^" siècle avant notre ère. de y^vo. 1. l'Italie était divisée sous rapport linguistique en un cer- nombre de régions que l'on peut répartir entre trois zones nettement distinguées d'après les langues dominantes qu'on y parlait. Spr. mais nous n'en avons pas. Le centre. les Eques et la plupart des cités volsques étaient latinisés et leurs dialectes locaux en voie de dès cette époque circulait parmi eux un langage à peu près disparaître .

ombr.. . VI b. 24. Cam..«w^r. cf. cf. territoire de la colonie romaine. Tite-Live. les habitants indigènes admis à s'inscrire dans la colonie n'ont point les mômes idées conservatrices en leur qualité de plébéiens pauvres. . Dès le i""" siècle avant notre ère circulait sûrement parmi les populations de ces régions un latin spécial où se reflétaient fidèlement la plupart des particularités phonétiques des vieux dialectes indigènes. etc. 54. l'orthographe. la latinisation était également fort avancée.?. cf. dont les plus récentes inscriptions montrent à leur tour la marque de la romanisation envahissante. se plient tout de suite aux influences latines. avec celles de Falerii veteres (Cività Castellana\ l'ancienne capitale de la nation falisque. à Spolète. gagne en même temps vers le nord les frontières de l'Ombrie. . — \-2-2 — ramne. la piété touchante avec laquelle elle reste fidèle sur ses inscriptions funéraires et religieuses à l'antique alphabet national. P]ug. Sarsine ont déjà préparé la ruine de l'ombrien et sa fusion avec le latin. génitif y/o. parlent finalement un mélange de falisque et de latin que sans doute les colons romains de leur côté acceptent plus ou moins après quelques générations et dont les inscriptions de Falleri nous donnent une idée parfaitement nette. ombr. acceptent les formes.. lectuel et religieux. A Falerii novi au contraire. àro pour amnmi. sur les écoles de Faléries Plut. son vieux centre intelC'est aussi le dernier refuge du vieil idiome national tout y révèle le soin jaloux avec lequel la population patricienne et instruite (cf. Tab. Eug. et ainsi de suite pour une infinité de cas dont nous retrouvons généralement les successeurs directs dans la phonétique romane. niestru. 4:î. ombr. déborde jusque dans Falerii veteres.. où Narnia. Intéramne. V a. domôs pour domïis. les mots romains. V. où l'on prononçait prçda . ils oublient bien vite la bonne tradition falisque. nômna. maister pour mnguter. rejoint Capène et l'Ager capenas où s'est formé entre temps un dialecte semblable. et dans les grands centres de la colonisation romaine. Tab. gladi(m) pour gladium. la contagion du latin gagne l'Ager faliscus tout entier. Spolète. 27). 12. Bientôt. Nulle part on ne peut mieux suivre les progrès du latin dans ces régions qu'en comparant les inscriptions de Falerii novi (Falleri). Fisi. à mesure que le nombre des colons se multiplie.. Fisim. essaie d'abord de conserver intactes ses anciennes traditions littéraires et religieuses.

et l'on peut douter qu'un habitant de la capitale. l'élément latin gagnait du terrain. Peu à peu cependant. Dès le temps de Sylla. 49. se propageait par tout le pays et s'unifiait à mesure que les envois et les mutations de colonies se multipliaient. Otfried Millier. voir plus haut p. l'origine. que les Véiens. il est clair que beaucoup de chés du peuples de la ligue étrusque avaient envoyé des colonies plus ou moins nombreuses occuper les terres du Latium. En même temps. Elrusk. d'origine essentiellement indo-européenne. eût compris le langage bizarre qu'on devait parler à cotte époque dans les environs de Nucérie ou d'Assisium ou sur les marpatois éloignés Forum Flaminii. on voit que dès les premières origines ces contacts intimes et constants entre le Latium et les Italiotes du nord durent largement préparer le terrain à cette unification linguistique. . se fortifiait de jour en jour sur le sol de l'Italie du nord. extrêmement de la langue de Rome. les dialectes mixtes par l'infil- tration lente et continue du vieux latin des colonies dans indigènes étaient. contemporain de Scipion. désormais fixée par une brillante littérature. S'il est vrai. ce latin lui-môme. à mesure que s'effaçaient partout les vieilles traditions nationales. à mesure que les rapports commerciaux. comme nous le le croyons. a différent des autres parlers strictement latins. n'étaient pas non plus des Etrusques proprement dits. Lors de la domination étrusque. ^3. faisaient montré que ce sont eux qui ont colonisé Tusculum et effectivement les inscriptions tusculanes dénoncent un dialecte sensiblement partie de la ligue. perdait peu à peu son caractère de patois local. mais dont cependant les particularités se distinguaient nettement et d'une façon tout à fait tranchée de celles des dialectes de l'Italie du sud.— A les 1-23 constitués i. premier ennemi vraiment redoutable que Rome eut à combattre. s'affinait. devenaient plus suivis et plus actifs. II. sous l'influence toujours grandissante de la langue officielle de Rome. il circulait ainsi dans tout le nord de l'Italie proprement dite un latin général d'un caractère naturellement encore assez flottant et incertain. 60. Ajoutons que les Italiotes du nord s'étaient trouvés dès l'origine en contact infiniment plus étroit avec le Latium que les populations du Samnium ou de la Campanie. favorisés par des voies nouvelles. expulsait insensiblement l'ombrien des relations ordinaires de la vie. il va sans dire. Or les Falisques..

leur mutuel antagonisme qui détruisit de bonne heure l'idée d'une nationalité ombrienne unique et effaça rapidement le souvenir des communes origines et des communes traditions. tant au point de vue linguistique qu'à l'égard des loin d'avoir la succombé partout devant table de la langue romaine. Sa population demeura donc plus stable et plus fixe que partout ailleurs. beaucoup plus subordonné à l'influence du latin que l'ombrien du rituel d'Iguvium le nominatif termnas « terminatus » par exemple est en opposition avec le vocalisme iguvien pihos^y conegoîi. Pourtant. Elle souffrit moins que toute autre des guerres et des révolutions incessantes qui bouleversèrent sans cesse la péninsule. selon toute vraisemblance. constituaient un élément important et hostile. dans les parties montagneuses du pays. l'ombrien s'est maintenu assez tard. on ne manquera point de remarquer déjà entre les deux idiomes des différences assez considérables. fut toujours de toutes les régions de l'Italie la plus tranquille et la plus pacifique. — 1-21 — Jusqu'à quel point ce latin du nord avait déjà pénétré. les Celtes et les PUrusques. c'est là une exagération d'autant plus flagrante qu'il traite les Etrusques sur le même pied. dans les bourgades reculées et peu accessibles. On remarquera en effet que l'Ombrie. au moment de la Guerre Sociale. d'après notre estimation personnelle. dans les couches profondes des populations rurales en Ombrie et dans les régions avoisinantes. L'ombrien de la pierre d'Assisium est déjà sensiblement moins pur. Lorsque Strabon nous dit. enfin les conditions ethnographiques particulièrement désavantageuses dans un pays où deux races étrangères.^ 43. Il est au contraire extrêmement vraisemblable que. si on la compare à la langue religieuse conservée par les Tables Eugubines. l'autonomie de chaque tribu et de chaque cité. . Casilos. que de son temps les Ombriens étaient complètement romanisés. de beaucoup antérieure à la guerre. l'ombrien littéraire était. depuis la conquête romaine. 216. Sans doute. la pierre d'Assisium est un spécimen précieux de la langue administrative du pays et ne saurait être. c'est ce qu'il est assez difticile de préciser quant à présent. . les anciens dialectes indigènes étaient concurrence redoudans les villes d'Orabrie. Nous avons dit que. resté la langue de l'administration intérieure jusqu'à la promulgation de la loi Julia. V. au moins jusqu'au temps d'Auguste. mais en revanche l'extrême division du pays.

de colonies et de marchés une large bande de territoire se trouva ainsi de très bonne heure acquise entièrement à la langue latine. construite en 220. le latin général de l'Italie du nord. au moins parmi celles qu'un contact journalier avec les colons romains mettait à même d'exercer l'étonnante faculté d'assimilation propre à la race ombrienne. soit dans quelque dialecte local latinoombrien il n'y en a aucune dans la langue classique attestée par les Tables Eugubines ou même par la pierre d'Assisium. . par une élaboration lente et continue. Il ne faut pas non plus perdre de vue que la voie Flaminienne. apportait chaque jour un appoint nouveau. se formèrent de très bonne heure. auquel l'immigration coloniale. hâtèrent également sa dissolution et sa pénétration par la langue de Rome. affinités beaucoup plus intimes que celles de l'osque et des dialectes sabelliques. favorisèrent évidemment pour vint le struggle for life linguistique que sa fin prochaine de- promptement irrémédiable et fatale. L'ombrien se trouvait donc dans des conditions d'existence tout à fait défavorables et. Il arriva ainsi cette chose intéressante et rare que. il se trouva si mal armé . Ainsi affaiblie. où les formules administratives et une certaine tradition littéraire protégèrent quelque temps la pureté de la langue parmi les populations rurales au contraire. il faut croire que les patois mixtes d'où sortit. notre sens. comme c'était en somme un idiome relativement inculte si on le compare à des langues littéraires brillantes telles que le latin et l'osque. la langue nationale devait d'autant plus promptement et plus profondément se laisser entamer et contaminer peu à peu par le latin. l'idiome national de l'Ombrie s'altéra dans les campagnes plus tôt que dans les villes. coupait l'Ombrie d'un cordon non interrompu d'établissements romains. Landesk.relations politiques : telles furent le les causes principales qui morcellement dialectal de l'ombrien. particulièrement nombreuse. . I.. signifiance absolue des titres privés ombriens. et qui était l'une des plus importantes de la péninsule. que le latin était devenu la langue officielle de l'Ombrie avant même la Guerre Sociale et la promulgation de la loi Julia. Les affinités de l'ombrien avec le latin. à . Ital. le seul moyen d'expliquer l'extrême rareté et l'in- D'une façon générale. toutes les inscriptions privées de l'Ombrie sont rédigées soit en latin. C'est. 508. comme nous avons essayé de le faire voir. Quant à supposer avec Nissen.

. Même à Asculum. du droit d'employer offilangue latine dans radrainistration intérieure un ciellement privilège inséparable du lus ciuitatis. Une population de Salerne. Plut. par exemple l'inscription du Corpus. I. Betucius Barrus. Après la conquête romaine.-O. la \-2Ci — c'est. comme le montrent par exemple les inscriptions CIL. lin ce qui concerne l'Ombrie. croyons-nous. 8. 46. montre que dès cette époque quelques cités ombriennes avaient obtenu le droit de s'administrer en latin mais c'est là. T. en 268 avant J. Strabon. était sans doute à peu près dans la même situation que l'Ombrie. était un . Val. antérieure à la Guerre Sociale. Firmum. orateur romain. — faisait. Balbo. 646. . 645. la langue nationale du Picénum était certainement déjà à peu près éteinte. Pro Corn. 70. De plus. on se souviendra du blâme infligé à Marins par le Sénat pour avoir accordé le droit de cité aux deux cohortes de Camerinum qui avaient décidé de la victoire à la journée de Verceil. Certains textes latins officiels. etc. particulièrement dans le nord. 251 colons romains et latins. 28. à Auximum. Potentia. on parlait le latin. V. qui avait lui aussi à compter vraisem§ 44. un privilège exceptionnel dont il faut se garder d'étendre le bénéfice au pays entier. Mar. d'où partit cependant le signal de la grande révolution italique. il semble bien que les Ombriens. au moins sur le littoral septentrional. sans être traités comme les barbares non italiotes en peuple vaincu et assujetti. sur les bords du golfe de Pline. 1412. — . en général. I. méconnaître les intentions de la politique romaine qui comme on sait.. croyons-nous. la présence des nombreuses tribus celtiques et étrusques qui partageaient le pays avec les populations ombriennes mettaient en effet l'Ombrie dans une situation spéciale exigeant avec chaque cité des traités particuliers. étaient cependant. 644. moins favorisés sur ce point particulier que les autres alliés italiques. aussi Cic. car il est absolument impossible de voir dans les restes assez misérables fournis par l'épigraphie du Picénum autre chose que du latin dialectal. III.. V. Au moment de la Guerre Sociale. remplaça naturellement les Picentes dépossédés et propagea rapidement le latin dans le pays entier. cf. Le Picénum.. une grande partie des habitants furent déportés dans une région de langue osque. blablement avec une population d'origine celtique. Max.^ 44.

celle de l'Ombrie et du Nord en général. réagir à leur tour contre Celles-ci finiront par s'implanter le assez profondément et par s'affirmer avec assez de force pour le latin de la première zone et pénétrer peu à peu. entraînent forcément une épuration lente du latin. une élimination de la. Cic. et les populations Capénates de l'Étrurie méridionale. l'écart ne devait guère. Il en est Il est assez difficile de porter du latin de les même sur l'autre versant de l'Apennin. en somme. En revanche. Picente d'Asculura. offre un terrain propice au développement et à la fixation des particularités pérégrines de la langue. Brut. La politique administrative de Rome. avec sa population nombreuse et relativement stable.— 127 — 5^ Ai. le tion. 46. servait ainsi de transition naturelle entre cette première zone de la latinisation et la deuxième. Les Prétuttiens. tères particuliers un jugement sur les caracdu Picénum.. Sittl a montré d'une manière tout à fait . à en juger par certaines particularités du vocalisme. dont extrêmement proches de la vieille rusticitas du Latium proprement dit. Les deux zones de latinisation tendent ainsi à se rejoindre et à se confondre. nous pouvons constater du moins que la langue. Toutefois. peregrinitas italique sous cette irrigation à jet continu de formes et de mots purement latins. après la Guerre Sociale. les proportions toujours grandissantes de la colonisala capitale. Ce dernier. cbez lesFalisques. de la Sabine et des régions depuis longtemps romanisées. sans être peut-être aussi foncièrement latinisés que les Picentes proprement dits. être fort sensible. vivaient néanmoins dans des conditions linguistiques analogues. les échanges constants avec service des armées et des guerres et cet afflux incessant de vie romaine et de sang latin rayonnant continuellement de la capitale et de sa banlieue vers les campagnes provinciales. Entre le latin de l'Ombrie et celui du Picénum. sans entrer ici dans l'étude critique du latin des inscriptions picentes. favorise d'ailleurs largement cette les dialectes étaient fusion et cette unification progressive des dialectes latins de l'Italie. Les vestiges mutilés et rares qui nous en ont été légués par les inscriptions semblent néanmoins dénoncer une langue moins éloignée du latin de Rome que ne le sont les inscriptions dialectales de l'Ombrie et surtout celles du Pisaurum. l'Ombrie. plus voisin du latin du Latium. porte malgré tout l'empreinte générale des parlers du Nord.

une sorte de y.y. avec Rome elle-même. on était loin encore du latin vulgaire uniforme que suscitera peu à peu l'administration impériale et qui. et se propageaient lentement vers le sud. une façon plus générale de s'exprimer. rapporté à l'influence des dialectes du nord.v*^ d'Italie qui gagnera bientôt toute la péninsule. zone de latinisation.c. Il est donc hors de doute qu'au moment où éclate la Guerre Sociale le latin de la première zone et celui de la deuxième étaient déjà fort })roches l'un de l'autre. même dans les régions italiques depuis longmais néanmoins. la troisième § 45. du temps des Gracques et de Marins. c'est-à-dire les régions méridionales de l'Italie. nombre de patois locaux subsistaient encore dans leur pleine intégrité. j'ai recueilli jadis cette phrase intéressante dans les Geiigraphi (iraeci minorps. Dès la fin du ii° siècle avant notre ère.dv V. tTaA'. n'a encore reçu que faiblement les atteintes du latin du nord. On y sent déjà très nettement en germe un latin panitalique. à'0:ç -{lA^rr^t. mais mallieureusement il ni"a été impossible de retrouver le passage exact. comme dit un historien grec\ . arrivera à peu près partout dans l'Empire à se généraliser on une forme très peu différente du latin écrit. C'est que les progrès de la romani sation en général y sont restés jusque-là assez inefficaces. — 1-2S — lumineuse cette pénétration du latin de l'Italie centrale par les dialectes des régions du nord. certains caractères du latin de TOmbric commençaient déjà à gagner le Latium. et il en est ainsi d'une quantité d'autres particularités du latin vulgaire d'Italie. vers le 11° et le m" siècles de notre ère. Au moment de la Guerre Sociale. dont l'usage était ordinairement restreint aux usages intérieurs d'un même village ou d'une même banlieue. le plus souvent à côté temps latinisées des dialectes locaux. Nous avons déjà fait observer à plusieurs reprises que le passage de la diphtongue ae à e doit être. Sans doute. Pour autant qu'il m'en souvient. les limites linguistiques des différentes régions déjà s'étaient sensiblement effacées avec le temps et les échanges de plus en plus nombreux et de plus en plus intimes entre les divers parlers locaux accentuaient chaque jour cette fusion générale des dialectes latins. un parler plus courant et plus latin circulait déjà presque dans tout le Nord.ï^ 15. selon toute vraisemblance. — . Les peuples de la 1. Sans doute.

Bronisch. dial.. avec chute de i {= g) entre deux voyelles. 9 . Non seulement l'invasion continue du vocabulaire ruthène par les mots et les tournures du polonais. — Chronolnf/ie du latin vulfjnire. le ruthène disparaîtrait à bref délai. nous ne croyons pas pouvoir souscrire à l'opinion commune d'après laquelle les Marses. aeuilas. le pélignien. l'épigrapliie montre d'une façon incontestable que les dialectes nationaux de ces pays avaient dès ce moment subi l'influence celle profonde du latin.Vok. d'après pisai-em.n> cjib. i. » L'objection n'est pas. i5. réfute avec raison cette explication.. * aeuetâs en s'appuj^ant fl Moiii. 405. n" 14. car si l'on tient à voir dans le pélignien aetate quelque chose de réellement ancien.. 51. Stud. Ce sont des phénomènes exactement comparables à ceux-là que nous révèlent le marse. sans cependant pouvoir se résoudre à voir dans le pélignien aetate un emprunt latin: « An latein. les Péligniens. le marrucin. par exemple nuea. à côté du russe proprement dit a nnca.. probante. pourtant si claire et si simple casnaroisa aetate. Altital. où le contact et le prestige de la langue polonaise transforme chaque jour les parlers locaux des Ruthènes.i-b dans quelques parties de l'Ukraine. Confédération marse seuls paraissent s'être assimilé en partie la langue latine. Biicheler.i-L. aetas. on pourra encore le tirer du latin aeuitâs. diirfen wir freilich auch nicht denken. sur l'inscription funéraire de Corfînium. Zvetaiev. hisa-. ccML imca. si la littérature et les écoles ne le prenaient sous leur protection. daran hindert altlatein.XXXlV. Y. les Marrucins ne parlaient plus guère que le latin dès le i" siècle avant notre ère. p. fihein. dit-il. Yaoik moi « senex usa aetate » un emprunt pur et simple au latin aetate. en tout cas. Pauli. Mus. ivf. prouve jusqu'à quel point la contamination a été intime. Néanmoins. à peu près comme dans l'italien maesti^o de magistro. dans ces régions.imd e.— 1-iO — i. songe à * agetate « uïtâ » du verbe ago. et il est vraiment étrange de voir les italistes spéculer à perte de vue sur le sens et la nature de formes telles que aetate en pélignien. mais surtout le remaniement de presque toutes les parties de la grammaire sur le modèle de la morphologie et de la syntaxe polonaises montrent clairement que. Plutôt que de reconnaître dans la phrase. Die osk. Comme nous l'avons dit. Ital.. Le fait seul que le petit-russien a refait son prétérit sur le prétérit polonais. 40. La situation devait être assez semblable à que nous observons actuellement dans certaines parties de la Galicie.

d'ailleurs. se rattachaient résolument aux dialectes du groupe osco-samnite. de cf. \ Remarquons Comme II. peut y voir .-eur. suois pour *simois. de plement un latinisme. p.z67//>«/' n'est pas du pélignien. Le fait. L'ensemble du matériel épigraphique permet toutefois de penser qu'à l'époque républicaine le latin de cette région était encore assez éloigné du latin communément parlé dans les pays du nord et dans les différents districts du Latium et de l'Italie centrale. même inscription. conserve généralenotamment em/?r«^o?s^Zvetaiev. nous reconnaissons purement et sim- est pour le moins sujet à caution. Le latin développé dans cette région devait présenter une originalité assez marquée dont il nous est encore possible çà faut bien dire 1. Bronisch par exemple. mais purement et simplement du latin. . Il que suois pour *siwois. s'explique aisément. incubât avec in. puisque sn subsiste nor: malement dans les dialectes italiques. Insc. op.soit suois. Toute conjecture plus spéciale sur la nature et les particularités du latin ou du dialecte mixte çà et là en usage vers le i" siècle avant notre ère parmi les populations" marses et péligniennes doit. alors sur ce fait que intervocalique. 62.. sensiblement différents de l'ombrien et des parlers italiques du nord. parait tomber en pélignien que. etc. même qu'on a en ombrien suo. même que l'osque.au lieu de en- — tellement fermé ment que e pélignien était — même . sua-. it — sur la 130 _ cf. Beaucoup des traits caractéristiques du latin septentrional. dans l'état actuel de nos connaissances et surtout en présence des obscurités sans nombre qui planent encore sur la plupart des textes de ces régions. si l'on songe que les dialectes marso-péligniens. On i. qu'une anicroche c'est que e. suivant une remarque de . cit. ment e devant nasale.^ 15. le pélignien. inf. n° 13. les philologues. Pauli. Voilà bien des choses dans un / et en somme beaucoup de bruit pour rien. la réduction des diphtongues par exemple. ils concluent finale- e bref primitif en position qu'il inclinait vers i. Dans sûo-. on lit incubât. ne se manifestent point ici ou ne sont encore qu'imparfaitement développés.à côté de sono-. car il n'y a. suivant l'interprétation de Pauli. se renfermer dans les limites de spéculations générales et de prudentes déductions.. dial. se perdent en conjectures sur cette merveille inouïe. dans ces savantes hypothèses. soit sfiois d'après le latin sùos. C'est ainsi encore que uenalinam « uënaliciam w en marrucin est sûrement un latinisme.

lt. alors qu'à Rome et en général dans tout le Nord de Tltalie. L'intéressante inscription latine dialectale de Trasaccura. L'inscription veic-coi n'est donc pas précisément un titre archaïque c'est bien plut(3t une inscription d'origine vulgaire représentant le vocalisme d'un dialecte latin de l'Italie du Sud. dial.. on continue probablement de prononcer deiuo[s). 1.. quée dans laquelle nous ne saurions entrer § 46. d'abord à l'état latin vulgaire général de l'Empire. c'est de particularité locale. Quant à savoir jusqu'à quel point des particularités telles que uècus et autres ont pu surnager au-dessus des flots montants du latin septentrional et survivre partiellement. à la suite d'une expédition d'Octave contre les pirates de l'Adriatique. porte dvng-didet. cf.— 131 — i. Inscr. . cf. En marse la diphtongue e/ paraît s'être réduite.\ la même inscription. qui est en langue marse relativement pure. iieico[s) avec la diphtongue ei. 309. chez les Marses. c'est-à-dire selon toute . CIL. iG. et là de nous faire au moins quelque idée. inf. p. ligne 5. chez Vardaei. on articule depuis longtemps les déjà diuo[s). Or. n° 276. incus ou ulco[s). en Dalmatie. donne qveistores.. Nous nous réservons d'étudier ces questions dans une monographie spéciale que nous préparons en ce moment. Narone et le territoire avoisinant ne devinrent territoire romain que dans le courant de l'année 33 avant notre ère. latin en usage chez les Yestins. : probabilité incus Supm. où l'influence latine est déjà plus sensible. aussi 41 pâtre. 45. a le datif loue de même sur l'inscription 42. L'inscription faliscus Zvetaiev. il est de formuler une opinion. Planta. ai. II. Une inscription de Narone. qui nous — A l'égard du difficile extrêmement 1. porte à la ligne 1 VECOssvrM. n° 40. n. présente encore la forme iieic{o): |vEic-coi|. Fabretti. près du lac Fucin. ae y est devenu pà. durant le duumvirat. dans le une question compliici'. En pays pélignien par exemple. 1472. à è comme partiellement en falisque et dans le latin de l'Ager en revanche. . dès l'époque républicaine. L'ignorance presque absolue où nous sommes quant à la langue de ce peuple ne nous permet guère de juger comment il parlait le latin ni par quelles voies la langue romaine s'est répandue dans le pays. L'unique inscription vestine que nous possédions jusqu'à ce jour. . peut-être l'œuvre d'un colon d'origine pélignienne.

p. jusqu'à plus ample informé. a démontré jadis que le fond do la popu- . On pourra s'en tenir sur ce point. p. Unter- 93 sq. le latin n'y avait fait pour ainsi dire aucun progrès. à la concurrence déjà redoutable de l'osque. En Apulie et en Messapie. 11. que « wahrend Messapien bis zur augusteischen Zeit ein halb barbarisches Land blieb und der Hellenismus dort nur an einzelnen Punkten hervortrat. avec les immigrants nombreux envoyés après la Guerre Sociale. est peu de chose.^ i8. § 48. La situation était. paraît dénoncer une analogie sabellique en pélignien égale- devenu û de même en sabin. — est . II. ces immenses territoires ne figurent que pour un contingent de 66. Polybe. se fut exercée de bonne heure chez les Vestins. hatte sich Apulien vielieicht seit dem y. 93. Jahrh. Dial. 24. Quant au Samnium. à peu de chose près. Le pays était donc. ment ô déjà plus éloignés des centres de la -/. comparativement aux autres régions de l'Italie.cw. chez les Prétuttiens et dans le Picénum. X'«^er//.. — viendra assez facilement à s'implanter dans ces territoires jusque-là à peine entamés par la langue latine. les données linguistiques sont trop confuses et trop vagues pour qu'il soit possible de formuler un jugement exact sur les proportions revenant à chacune des diverses nationalités qui se partageaient ces deux pays.000 hommes en état de porter les armes. — Les conditions ethnographiques l' du Bruttium sont encore moins connues que celles de Dial. sur les feuilles de conscription de l'an 225 avant noire ère. der Stadt gràcisirt ». septentrionale et trop proches des confins osques du Samnium. Apulie. de meilleure heure en tout cas que chez les Marrucins et les Péligniens.' Il faut seulement remarquer que. ital. i:VJ . se joignaient les obstacles opposés par le grec à la romanisation. Sociale. dès cette époque. L'osque restait maître à peu près absolu du pays et le latin demeurait presque exclusivement confiné dans le territoire des colonies.. la même en Campanie et en Lucanie où. assez affaibli et sa population peu dense la colonisation romaine y trouvera donc un débouché considérable et. aux conclusions exprimées jadis par Mommsen. la /.cvr^ italique par. ce qui.. Pourtant. il ne serait pas impossible que l'influence du latin parlé de l'autre côté du mont Fiscellus. il est clair qu'avant la Guerre § 47. Mommsen.

— lation.X. c'est qu'ils n'étaient point admis dans les légions et que leur sort quelques-unes de leurs tribus. toute l'Italie du Sud reste § 49. il nous paraît évident que l'historien latin n'en eût parlé ni avec ce mépris ni avec cette extraordinaire désinvolture. Ce que l'on sait. devenu territoire de la République. sur les quelques points où il est arrivé à pénétrer dans les masses profondes de la population. I. appartenait originairement à race iapyge dans le lumineuses déductions do l'illustre historien. non seulement en Calabre. affecte un caractère diamétralement opposé à celui qu'il avait pris dans le nord.. 3. Au moment de la Guerre Sociale. quel que soit d'ailleurs le lieu — . 40. mais encore en Apulie et Bruttium. S'il se fût agi de populations samnites d'origine ou du moins ayant adopté la langue osque. ne proules . XXX. que les Bruttiens aient été soumis au régime des Barbares non italiotes et administrés en langue latine. à peu près comme de nos jours les Indiens d'Amérique sous les efforts de la civilisation européenne. particulièrement sous l'action des dialectes de l'Ombrie. la Sabine déverseront bientôt l'excédent de leur population et implanteront toutes les formes et les particularités du latin du nord. 19. Les Bruttiens semblent d'ailleurs s'être éteints d'eux- était fort misérable. ne nous paraît pas avoir jamais été bien considérable dans le pays les quatorze inscriptions osques qui y ont été recueillies et dont une bonne moitié peut représenter de l'osque aussi bien que toute autre langue. Lorsqu'on trouve par exemple sur une inscription l'impératif facitvd. il n'en est déjà plus guère question dans l'histoire. ajoute qu'on y comptait encore muUi ignobiles popiili. au nord du Volturne par exemple.. 196. et rien jusqu'à présent n'est venu contredire v^ent pas que le pays ait été foncièrement oscisé. aussi Gell. comme sur CIL. une sorte de désert où l'Ombrie. Après la conquête romaine. 813. L'élément osque. Les mon- naies nationales portent en général BPETTinN en grec. Rome Jusqu'à la GuerreSociale. à l'extrémité de l'Italie. donc foncièrement soumise à l'intinence osque. I. se trouvait ainsi posséder. à en juger notamment par l'inscription CIL. dans l'Ager bruttius. comme le croient quelques-uns. il semble bien. celle-ci se dénonce aussitôt. citant mêmes assez rapidement sous la domination étrangère. le Latium. et le latin. 133 — la i. 19. cf. Tite-Live. après la conquête samnite.

le langage de Trimalchion dans Pétrone nous donne une idée assez exacte de ce que devait être le latin parlé alors dans les villes grecques de la Campanie dans les campagnes. l'élément osque devait être infiniment plus consii'-"'" . où l'élément romain était infiniment plus nombreux que dans le Samnium. Mûnzen. Unterit. cf. est capable de justifier cette forme. fertn. Osk. p. 1. d'origine. dérable.. à un Italiote du seul Tosque/r/c- tud. mais latin.§ 49.9. cf. et il figure sur ces monnaies longtemps que Larinum jouit du droit de frappe. puisque c'est seulement en terre osque que -ôd passe régulièrement à -ûd.. la pénétration de l'osque . chez les Frentans. avec la quincunx indiquant la valeur. amiricatud.habitu. non pas osque comme ainsi que l'a démontré le croit Friedlander. IIP. comme due 134 Sud . près de lîovianuni la forme osque Si l'influence du Sud. . Mommsen. à partir de cette époque. on^hviQu feitu. 42-43. Dans le nord on aurait *facilu. Dial. un peu plus tard par un type fréquent représente Pallas à l'ablatif i.. etc. . Tab. -f/ final s'est maintenu dans à-dire jusqu'au le latin du Samnium pendant toute l'époque républicaine c'est naturellement le contact de l'osque qui l'a maintenu si longtemps. Friedlander. Bant. Cet ablatif ladinod est. Nous avons déjà eu l'occasion de montrer que beaucoup d'entre elles subsistèrent même après l'époque républicaine et que quelques-unes arrivèrent jusqu'aux patois modernes du royaume de Naples. . abandonne dans la seconde moitié du iif siècle la légende grecque de ses monnaies AAPixnx et la remplace. etc. Sous l'Empire. p. par le génitif latin ladinom. Quelquefois l'osque borne son action à maintenir -d final du latin archaïque. des institutions et des mœurs romaines II y a longtemps qu'on a reconnu un latinisme dans le Niumeriis « Numerius » de la statuette votive de IJocca :\sprnmon(e.adinod droite du côté face et un cavalier armé du côté pile. 108. Donc. licitud. la fusion des deux langues fut naturellement plus intime et surtout les particularités contractées dans cette région par le latin furent beaucoup plus persistantes et plus profondes. c'estaussi siècle. En Campanie. C'est ainsi que Larinum. cf. osque s'exerça largement sur le latin de l'Italie par le latin ne fut pas moindre et il est curieux de suivre sur les monuments l'histoire de cette lente décomposition du vieil idiome italique sous les envahissements successifs de la langue.

est un emprunt au latin la forme osque eût été *aïf-. dadhià-. cf. II. 425 sq. N'.'j. Spvnchf. mot à l'aide de la phonétique osque. grecTsOîizuîa.. Mommsen. L'inscription mentionne le meddix de Capoue elle doit donc logiquement être antérieure à l'année 211 avant notre ère. § 127.r. De toute façon. comme La montré Bronisch. elle entra dans la ligue samnite et même les conjurés portèrent tout d'abord leurs colonies romaines de ce pays. l'orthographe et sans doute aussi la prononciation osques se sont à ce point altérées qu'on peut lire le caractère o sur un graffito du mur extérieur de la casa del Poeta tragico à Pompéi. mais extrêmement Planta. Taf. II. . qu'une déformation du latin praefectits'. est purement et sim- Gramm. 170. par la tempête soulevée en Italie par la peu touchée Guerre Sociale. Zeitsch..[ç. 6o3. Planta.Vok..iind c. p.M. La vérité est que ûiniveresfm.— primitive de ce 1:5. 2. XI. Une inscription de ùinlveresim dont les rapports i phonétiques avec gré tous interne du le latin ûniiiersus restent inexpliqués mal- les efforts que l'on a faits pour justifier le vocalisme cf. . = = = . mais un parti*flcNS fùk-us. n" V. la i:. c'est-à-dire à l'annexion de Capoue à l'Ager romanus cf. i. 258. 31 a. . de son côté aidil. p. Dial. Unlerit. conteste aujourd'lmi. I. Mus. § 175.. si cette lecture est exacte. III. 1. Planta. On préfère aujourd'hui expliquer praefucus. p. § 50. soit facus =^* fa/ajos. par exemple sipus * scr. factiis. efforts contre les nombreuses La lutte entre Papis Mutil et graphiques qui paraissent sûrs. Rhcin. 383. Die osk. II. sipus et des adjectifs en -us pour -nos ait contribué à déformer le latin praefectus. Sans doute. 3.. Sous l'empire. . p. plement un emprunt direct au latin'. 355. porte s. XLV. -us nous parait une invention toute gratuite. Nous nous en tenons donc à l'ancienne explication de d'Ovidio praefucus surtout nous parait probant c'est un emprunt au latin au même titre que aidil par exemple. 14. 250 et § 132.x(70'.et de même sans doute fait en -ns-. on peut admettre sans témérité que dès le ii" siècle l'osque commençait à s'altérer au contact du latin.') - 5< :)0. vraisemblable. toutefois les restrictions chronologiques apportées à cet égard par Biicheler. Bugge. Que d'autre part l'analogie de * ficus. On peut bien admettre en osque un participe par* sëp-us. Planta. ainsi que faciis comme des formes osques d'origine. . — La Campanie fut. la chose est non seulement possible. nom est N ums i Capoiie. avec des arguments épilecture l'iiniveresim de Biicheler. 2(il. p. Le fameux: praefucusAe la Table de Piantia ne saurait être en tout état de choses. à tout prendre. 168.ou* fefacus cipe passif en -nos. vergl.

le peuple trop raffiné et trop amolli pour que l'idée samnite d'une nationalité italique pût y trouver un écho bien enthousiaste. — 1:50 — Lucius César y fut sanglante. Appien désigne bien comme Campanien de nation un certain Gutta parmi les chefs italiotes Cluentius et de même Marins Egnatius étaient peut-être Campaniens. incomplète. tandis que. En général. la guerre finie. pendant la plus grande partie de l'époque impériale. le latin continuait tranquillement l'évolution dialectale commencée dès les premiers temps de la République. qui fut enlevé de force par Sylla. un peu en spectateurs passifs. C'est ainsi que dans la Campanie l'osque acheva lentement. . sans convulsions violentes. et dont plusieurs quartiers. encore l'assimilation fut-elle <oujours. le mouvement semble avoir été accueilli plutôt avec froideur par les Osques à moitié hellénisés de la Campanie. . En somme.^ 50. de s'éteindre peu à peu. est exceptionnel. ils se bornèrent en général à ouvrir leur pays aux Samnites et à assister. furent ensuite attribués aux vétérans du dictateur. le pays était trop riche. mais les Campaniens proprement dits ne paraissent pas y avoir joué un rôle bien actif. la population fut à peine inquiétée et ne reçut guère de nouvelles colonies. 16. puisiju'aujourd'hui encore les campagnes de Naples et de Noie parlent des patois . La Campanie constitua ainsi. Vell. II. un îlot linguistique nettement caractérisé et spécial au milieu de la mer latine où s'étaient partout ailleurs fondus les autres dialectes locaux de l'Italie. les Campaniens eurent peu à souff"rir des représailles de Rome qui sut leur tenir compte de leur demi-fidélité et de leur empressement à désarmer. mais on ne nous dit nulle part. Avant qu'une assimilation entre les dialectes locaux de cette région et le latin général des autres parties de l'Italie devienne possible. Paterc. que la Carapanie eut des députés à la diète de Corfinium. auxquelles du reste ces régions particulièrement populeuses n'eussent off'ert que des territoires d'une insuffisante étendue. et beaucoup plus qu'ailleurs. de son côté. aux combats qu'on se livrait chez eux. il faudra attendre que les derniers vestiges de la langue osque se soient effacés et que le temps ait à la longue fait oublier les vieux souvenirs des origines. C'est pourquoi. avec les terres qui en dépendaient. durant l'Empire. La situation du pays redevint donc à peu près ce qu'elle avait été l'exemple de Pompéi. du moins pour autant que nous avons pu nous en assurer.

au Picénum.— \'M — ^51. Une fois le Samnium dévasté et qu'au dernier sans habitants. Le pays fut noyé dans le sang. . combiner çà et là aux régions encore mal apaisées et turbulentes ou dont la plèbe indigente peut devenir un nouveau danger pour des Marses Rome'. Le Samnium. arrêté faut dépeupler le I. Du temps de César. sur le champ de bataille même. Les intentions du dictateur sont nettes et son plan bien : il Samnium. avons-nous dit. les campagnes transformées en déserts. Sali. directement et intimement soumis. Les Samnites durent regretter amèrement d'avoir. le seul qui. — tous les prisonniers de race samnite. C'est précisément dans le nord. avec les Carthaginois. Appien. en même temps . jadis le peuple le plus puissant de l'Italie. que Catilina et iMallias recruteront bientôt leurs soldats parmi les vagabonds et les prolétaires indigents qui infestaient le pays. cf.. refusé le bénétîce de la Loi Julia. comme nous croyons. on y installera des populations nouvelles arrachées homme. 87. de tant de gloire et de tant de puissance. à la phonétique et même partiellement à la morphologie de l'ancien dialecte mixte osco. § 51. Il faut que les Samnites. suivant le mot d'un historien. il ne reste plus que des cadavres et des ruines. on le voit faire égorger.. Ciu. qu'on comblera les vides laissés en Etrurie par des envois 1. ait jamais osé entrer réellement en lutte avec Rome et qui en ait mis l'existence en péril. en Etrurie principalement. on y déversera le trop plein des autres provinces. au début de la guerre.latin de la Campanie. les villes ruinées. il faut que les Samnites disparaissent et oublient. jusqu'à la haine du nom romain. àl'Ombrie.000 hommes arrachés aux régions dangereuses de la péninsule. cette œuvre de dépoi-tation et d'exil n'est pas encore achevée et Yimperator enverra encore dans les colonies d'outre-mer plus de 80. la Lucanie et les autres régions de langue osque eurent de tout autres destinées. l'œuvre capitale de Sylla après la pacification de l'Italie et l'on peut considérer . faire que. au territoire des Vestins et on y déportera des Etrusques. Déjà après la bataille de Sacriport. Beli. Ce fut.. XXVI II. Catil. détruire ce peuple les jus- massacres avec l'exil. car IJome leur fit expier durement leur patriotisme et leur héroïque énergie.l'anéantissement de la nationalité samnite comme l'un des buts essentiels desapolitique.

Car il faut que les Etrusques. car nous voyons dans les historiens les anciens propriétaires samnites et lucaniens fuir par bandes devant les violences et les exactions de cette soldatesque avide et grossière dont Sylla avait inondé tout le sud de l'Italie. les confîscatioiis de biens. : . Pline. Aussi les uns et les autres ne manquèrent pas d'y afïluer du temps de César. Bovianum. III. par suite de l'affaiblissement et de l'extinction naturelle de la race indigène. Les documents sont plus rares à l'égard de l' Apulie et de la Calabre mais il est peu douteux que Sylla n'en ait pas également entrepris la romanisation définitive. le . . jusque-là fermés à la civilisation et à la langue de Rome. de fortes colonies militaires destinées tant à contenir et à romaniser les nouveaux habitants qu'à débarrasser Rome d'un élément exigeant en temps de paix et dangereux aux époques de guerres civiles. les incendies. 51. la cité du « bœuf symbolique de la race. 12. les déportations. comme eux. il va sans dire. avec son territoire qui était considérable. ne furent guère mieux traités par les vainqueurs. fut partagée tout entière. oublient. berceau de leurs traditions nationales et religieuses. entre les soldats de la XP légion on l'appela dès lors Bovianum )) . ce mouvement continu d'immigration vers l'Italie du Sud ne s'était pas encore ralenti. particulièrement difficile à déloger. Les massacres en masse leur furent peut-être épargnés. eux aussi. alliés fidèles des Samnites et qui.î. avaient soutenu jusqu'au bout l'implacable lutte contre Rome. une terre fertile à faire fructifier. Les Lucaniens. Le Bruttium qui. C'est ainsi que la vieille ville historique des Samnites. L'élément grec. Les colonies militaires durent être particulièrement nombreuses dans ce pays. — i:3S — ininterrompus de colonies militaires et de vétérans. offrait de son côté à l'avidité des légionnaires romains et à l'esprit d'entreprise des colons du nord des espaces immenses à cultiver et à repeupler. leur nationalité et eux aussi doivent cesser d'être un peuple leurs traditions d'Italie pour devenir une fraction du peuple romain. mais ils connurent les exils. Undecumanorum. Mais il y avait là des populations messapiennes que le dictateur s'efforça selon toute vraisemblance de latiniser au môme titre (pi'il organisa dans le nord la dénaturalisation des Etrusques. LeSamiiium reçut également. fut sans doute peu inquiété. ressemblait depuis longtemps déjà plutôt à un désert qu'à une province policée.

on voit un Samnite. La politique impériale ne sera. la naturalisation en bloc de tous les Samnites épargnés par les fureurs du dictateur. se trouve en présence : — A l'égard . Untcrit.— On remarquera Ausbreit. d'après Budinszky. comme pacificateur de l'Etat romain. Sprache. 9. jusque sous l'Empire. DiaL. p. La colonisation de l'Etrurie et de l'Italie du Sud. comme homme politique. la dispersion des Samnites et des Lucaniens sont l'œuvre principale de cette politique. Appien. C'est. Ciu. comme comme une romanisation systématique de l'Italie. Il comprit mieux que tout autre combien était dangereuse et maladroite la vieille politique de morcellement et de division administrative et linguistique jusque-là suivie par Rome à l'égard des Italiotes. l'histoire à d'une énigme jusqu'ici irrésolue quelle époque les Samnites et les Lucaniens obtinrent-ils le droit de cité qu'ils avaient refusé lors de la promulgation des lois Julia et Plautia ? Dès le temps de Sylla. mais encore il chercha à rendre effective cette assimilation par . p. en somme. également l'opinion de Mommsen. Nous n'avons pas à apprécier ici le gouvernement de Sylla comme dictateur. Statis.. le § 5-2. Sylla appartient aux. 25. IV. et il est juste de reconnaître que le véritable promoteur de l'unité romaine et italique fut le vainqueur de Préneste et d'Orchoraène.oz. i. ^xiv. le plus profond peut-être qu'ait eu la République. admis dans le sénat romain. mais ceci ne prouve nullement. il la chercha surtout dans l'unité de la langue latine. nous l'avons vu.3. toutefois qu'en Calabre. Bell. . Ainsi. l'étrusque d'ailleurs. SjUa entreprit de le réaliser pour l'Italie. Nous n'avons à considérer en lui que l'auteur de la romanisation de l'Italie car l'unité qu'il donna à la péninsule. Il s'agit ici d'un privilège accordé § 52. non seulement il ratifia dans leur plus large extension les ordonnances de Marins et de Cinna relatives au droit de cité pour les Italiotes et à leur répartition dans les anciennes tribus (ce qui constituait une assimilation absolue des Italiotes aux Romains et par conséquent un progrès sensible sur la première interprétation de la lex Iulia municipalis). historiens. Aussi. qu'une extension de la politique de Sylla.v. messapien persista. ce qu'Auguste entreprendra plus tard pour l'Empire romain tout entier. dans ses grandes lignes. croyons-nous. du Samnium et delà Lucanie. der lut.) — 40.

. Au moment de la chute de l'I-Cmpire d'Occident. 53. Quant aux cités lucaniennes proprement dites. une fois que les nouveaux colons s'y trouvèrent installés. cite la X*" province Lucaniae et Brittiorum. Sous Dioclétien. nous sommes disposé à croire que des mesures particulières furent prises à l'égard de chaque cité. à notre avis. Tout d'abord les territoires accordés aux vétérans et aux immigrants italiotes furent naturellement assimilés aux terres de droit italique et bénéficièrent des lois établies. dont une moitié fut réunie aux territoires des populations sabelliques et l'autre à l'Apulie. On peut se demander si Bantia. durant quelques années tout au moins. elle forma avec le Bruttium la IIP région de l'Italie. avec le ius ciiiitatis. le plus grand nombre sans doute demanda et obtint. dans la Dioccnsis italiciana. à la condition des autres régions de la péninsule sans qu'il fût nécessaire de déterminer sa situation par des dispositions spéciales. après la guerre. les choses étaient déjà beaucoup plus compliquées. le maintien du statu qiio ante. s'en tinrent aux termes de leurs anciens traités avec Rome et repoussèrent. continuant l'œuvre de Sylla. après la Guerre Sociale. la Lucanie forme de nouveau une province à part. On voudra bien remarquer que Bantia se trouve dans une . Auguste. I. la Notifia Dignitatum .. ne fut pas précisément une de ces cités protestatrices qui. Appien lui-même déclare qu'il ignore quand les Samnites obtinrent le ius chùtatis. où les habitants primitifs furent traités avec moins de rigueur. démembra l'ancien Samnium. 11 est probable que le Samnium. II. dans quelques cités isolées. 5-2. jugé par elle moins favorable. Il est naturellement impossible de dire jusqu'à quand a pu se prolonger cette situation exceptionnelle de la Lucanie. Ciu. participa ipso facto. : . les privilèges généraux accordés aux Italiotes mais d'autres restèrent fidèles aux dispositions qui réglaient leur situation avant la guerre et rien. la YI% tandis que son nom n'est pas même cité parmi les régions qui constituent les deux vicariats de la Préfecture d'Italie d'après ladivision de Constantin. au moins en apparence. ne nous empêche de croire que Rome toléra effectivement. Bell. l'usage de la langue latine dans les actes publics. Quant à la Lucanie. — liO — individuellement à un personnage qui avait sans doute rendu des services à la cause romaine. Pour notre part. En Lucanie.. transformé en une sorte de désert.

tandis que Bronisch. cf. s'arrête Lange enfin. que dans les autres régions do la péninsule. de même que Tarente.. . sur les frontières mêmes de FApulie. Tab. Naples et en général les villes grecques. e. Stadti-echt von Bantia.. déclare que le texte 90 mais ne saurait guère être postési l'on admet qu'après la Guerre Sociale il n'existe plus. 223. il est vrai. Dès latins lors tout devient clair. La date de ce monument est assurément l'un des problèmes les plus essentiels de la philologie italique car. p. Die osk.. YI. reculée de la Lucanic. précéder. L. la partie osque comme correspondant à la table latine et par conséquent comme contemporaine. à l'année 131 avant notre ère. I. Rhégium. . ces prémisses cessent d'être exactes et la rédaction osque de la Table de Bantia peut être placée après les années 90-82. s'appuyant surtout sur des arguments juridiques. fixait jadis les années 129 à 118 av. de?' sans raisons suffisantes à notre sens. breuses du texte osque prouvent une époque de décadence l'idiome national est ici conservé sans aucune tradition littéraire une longue période d'anarchie linguistique a du pendant laquelle les formules anciennes se sont peut-être la table n'est-elle qu'une quelque peu oubliées copie écourtée de textes plus anciens rajeunis et transcrits en lettres latines. p.-C. . i. dans Kleinere Schrift. conservèrent l'usage de leur langue natio- nale dans l'administration intérieure. Die osk. D'abord l'emploi des caractères fautes et surtout l'orthographe déplorable. Strabon.— partie tout à fait li! — i. Unterit. la Table de Bantia pourrait fort bien être postérieure à la Guerre Sociale. 93 sq. il considérait. les nom. l'alphabet national étant tombé dans l'oubli sans que l'on fût encore beaucoup plus familier avec l'ai. de textes mais si l'on songe à la situation toute officiels sinon en latin spéciale de la Lucanie et si l'on veut bien admettre qu'exceptionnellement certaines cités lucaniennes.> et 156. Inschr. p. 2. KirchhofF. fixe 181 à 90 comme limites extrêmes. 5-2. Mommsen. tant s'en faut.Vok. où Sylla ne paraît pas avoir poursuivi son œuvre de romanisation avec la même rigueur. En conséquence. dans toute l'Italie. en dépit de toutes les affirmations contraires émises à ce sujet. ll. si l'on parvenait à la fixer définitivement. .. Bant. osque peut dater de l'an rieur à cette date. Assurément. J. DiuL. 10. i-itnd . on se trouverait ainsi en possession d'un critérium sur pour la chronologie osque en général.

une hypothèse de ce genre. Or. du texte osque c'est une ancienne loi imposée par les Romains avant la Guerre Sociale. l'iden- de certaines formules dans le partie latine ne saurait être mise sur le osque et dans la compte du hasard. Le un ensemble de lois et de prescriptions anciennes. calqués sur les anciennes ordonnances romaines mais accommodés à une situation . 399. outre que le dont le nombre et le volume transport de tables de bronze devaient être considérables. nous posséderions. dont quelques-unes. des fragments provenant de la même source que le texte latin. — — origine provinciale et tité notamment méridionale.. à savoir que la partie latine est antérieure à la partie osque. Des erreurs telles que sansae pour bansae montrent clairement la nature de ces hésitations. De la partie plus. dénoncée ensuite par les Bantins et utilisée après la guerre sur son verso pour la rédaction du texte osque. . directement du moins. p. Ling. auront seulement été remaniées et modifiées dans la rédaction osque donc. loc. comme demande Bréal. Ceci posé. . Mais. cit. ait ensuite cédé la place à l'osque. comment expliquer que le latin. car on ne saurait perdre de vue devait que nous n'en avons conservé qu'un court fragment présenter des difficultés dont il faut tenir compte avant de formuler. Car sur ce point du moins tout le monde à peu près est d'accord. politique nouvelle. IV. Soc. nous croyons avec Bréal. Mém.phabet latin. sinon par les révolutions et les changements survenus en Italie par suite de la Guerre Sociale? On objectera peut-être que rien ne prouve que la table latine ait été Mommsen admetécrite à Bantia et rédigée à son intention le que la partie osque aussi bien que effet dans temps tait en la partie latine avait été gravée à Rome. une fois devenu langue administrative de Bantia. dans la partie osque.. Quant au texte latin du verso. il ne reste qu'à constater que la partie latine est datée par nos épigraphistes contemporains de G21 jusqu'à . qu'il ne dépend pas. 399 ces identités sont est trop trop fréquentes et d'ailleurs le style général sem- blable dans les deux textes pour que ceux-ci ne se trouvent pas mutuellement dans une texte latin appartient sans nul doute à dépendance quelconque. gratuitement d'ailleurs. conservées par les Bantins après la guerre. on trouverait aisément dans le texte latin telle ou telle particularité orthographique ou épigraphique qui dénonce une .

nous ne saurions souscrire à la correction de deivatvns. On arriverait ainsi à l'an 100 environ. reste encore très vivace en Campanie et dans quelques territoires isolés desLucaniens. Fo7:<ch. peut-être durant les quelques mois d'apaisement qui marquèrent le commencement du consulat de Lépidus. pour le dire en passant. Nous ferons seulement observer qu'au point de vue purement linguistique des formes telles que zicolom. Dissertaz.nous paraissent admissibles tout au plus pour l'époque de Pompée ou de César. La partie osque. on fera peut-être sagement de 636 de Rome. alors que celles-ci sont repoussées scrupuleusement dans la partie osque or. . Nous n'attacherons certainement qu'une faible importance à ce fait que la partie latine présente des voyelles géminées. Indo-germ. (7est pourquoi. Elle déserte le Samnium. de * diouzicolo que d i v i a i mais dii. soit pendant la durée des hostilités. la gémination des voyelles cesse dans toute l'Italie vers l'année 75 avant notre ère. que l'on s'accorde à considérer comme postérieure à la partie latine.est = même i i ^ . cf. zicolois de *d]ikoloet facua pour le latin factiis . Thurneysen. la Lucanie presque entière. vraiment bien improbable et il est assurément plus simple de rattacher directement zicolo osque à diPcula de Plaute et des comiques. sui canoni epigr. de quinze ou vingt ans environ. Le plus vraisemblable serait ainsi de placer la rédaction de la Table de Bantia dans sa partie osque après l'abdication de Sylla. Sur — f'aciis. vers les années 79-77. n. en deiuatuua comme l'a proposé Bréal. descendre encore un peu. elle se dissipe comme se sont dispersées à travers l'Italie les 1.de dw. les dates fixées d'après les caractères ' . soit plutôt. mais perdu du moins toute vitalité et dès ce moment on peut escompter sa mort prochaine. p. se place désormais d'elle-même après le grand seulement italiote. donc à une époque peu antérieure à la Guerre sociale. Anz. en aucun cas pour une époque antérieure. 9. IV. 38. non pas absolument disparu. pose à présent * dioklo.-C. Garrucci. 1.. 2.soit 132-117 avant J.. généraux de l'épigraphie romaine. 135. 2. Comme il s'agit d'une inscription provinciale. après le rétablissement de la paix. — la . Ailleurs elle a. après Guerre Sociale. les régions du Bruttium et de l'Apulie qu'elle occupait jadis déjà § 53. en considération de la nature du texte. Il résulte de tout ceci que la langue osque. voir plus haut.

que pour un contingent de 20. Mém. Landesk. suivant la remarque de Nissen. dont par Or. déjà prévue et redoutée par Tibérius Gracchus. xxiv. . des terres nouvelles où déporter les milliers de prolétaires qui. ce qui est énorme vu l'exiguïté de leur territoire. . un idiome nouveau lui succède. en grande partie inculte. - lii - populations indigènes arrachées par Sylla à ces territoires. l'Ombrie comprend. les villes nombreuses. sur certains points. 10. il n'est pas étonnant que l'Ombrie ait été la grande pépinière d'hommes de l'Italie dépeuplée et ravagée d'oliganthropie. les Picentes étaient au nombre d'environ 360. Il semble résulter des études entreprises jadis par Dureau de la Malle. Partout. ces colons viennent tous des régions du centre et les populations. au milieu du malaise économique général. du nord. devait on connaît le mot douloureux et être si funeste à l'Italie . ?. Ital.. 1. D'après Pline. L'Ombrie était plus peuplée encore.000 hommes '. 1 II faut admettre sans doute que.000 hommes de guerre. II. épuisée d'hommes. 53. l'agriculture prospère. 7. de même qu'en Etrurie. que l'Ombrie fut une des rares régions de l'Italie où subsista cette classe des petits propriétaires dont la disparition. Dans ces conditions. autant de communes autonomes que par exemple l'Etrurie qui est deux fois aussi grande. Les documents ne nous manquent pas touchant la population de l'Ombrie nous savons que le pays était riche.wiv. Polybe II. devenaient chaque jour plus gênants. aussi fournissent-ils 77. avec les colons nouveaux établis dans le pays.. et les régions du nord où. Acad. III. 70. bien qu'elle ne figure sur les listes de conscription de l'an 225 avant notre ère. Inscr. déserte sur d'immenses espaces. et cet idiome est naturellement le latin. en général fort peu maltraitées la dernière guerre. cherchaient depuis longtemps des débouchés à leur expansion trop active. . Le contraste en effet est frappant entre l'Italie du Sud. Encore au temps d'Auguste. 507 plus de cités que la plupart des autres régions. Belles-Lett XII. les serfs constituaient une bonne partie de la population agricole. . Les Samnites ne paraissent point avoir connu le servage. C'est là un état de choses qui dépend autant du grand morcellement politique et administratif de l'ancienne Ombrie que de la densité de sa population. Polybe.000. lors de la division de l'Italie en régions. la population avait atteint une incoyable densité.

un même peuple dont tous les citoyens libres partagent avec les Romains des droits égaux. est en réalité plus puissante qu'elle ne Pavait jamais été. distinguaient encore si nettement le latin du nord des patois en usage dans les colonies méridionales sont elles-mêmes considérablement atténuées et s'effacent chaque jour davantage. et leurs jours sont comptés. n'existent plus guère que sur quelques points moins touchés par les grands remaniements ethnographiques qui viennent de bouleverser l'Italie. peut-être aussi le volsque. dont quelquesuns tels que le sabin. reconstituée et forte. le Samnium. est bien différent des dialectes parfois si tranchés qui se partageaient la péninsule à l'époque d'Annibal par exemple. le Picénum. 10 $ . de la Lucanie. . Elle avait cessé d'être la maîtresse de l'Italie pour devenir la capitale commune des Italiotes désormais l'Italie n'était plus une simpleexpression géographique: il y avait une nation italique. ont déjà complètement disparu. du Bruttium c'est aussi le latin dialectal jadis propre à ces régions. langue officielle de toute la péninsule il devint aussi l'idiome général parlé par tous les peuples de l'Italie. surveillait la péninsule et maintenait les peuples sous le joug.profond de Pline l'Ancien.. du temps de Pompée et de César. : . lesquels restent très vivaces. C'est que. V. Rome avait enfin cessé d'être la citadelle redoutable et détestée qui. Les vieux parlers italiques. Du temps de Strabon. car Sylla lui a enfin donné ce qui lui manquait avant la Gnerre Sociale l'unité et le sentiment d'être une seule nation. Dès lors l'Italie. après Sylla. ce sont les patois. fournissait 88. Moin. Les différences générales qui. partout sont en décadence absolue. repeuplé. des hauteurs du Capitole. à part ceux de la Campanie et sans doute de la § 54. avant la Guerre Sociale. l'unité de langue. — L'unité politique ne va guère sans non seulement la Le latin fot : Messapie et de l'Apulie. sous la direction experte de Sylla. en réalité. latifundia pcrcUderp Italiam. à ramener la vie dans cet organisme débile. Aussi la vitalité relative que l'Ombrie. — Clironolof/ie du latin viilgnire. 250. la Sabine avaient conservée au milieu de l'épuisement général de ce grand corps italique parvint-elle une première fois.000 hommes de guerre. Ce n'est pas seulement l'osque qui a disparu du Samnium. l'èque. les dialectes latins du sud. Mais le latin même que l'on parle en Italie. en pleine déroute.

c'est ce latin général du nord dont nous avons essayé d'esquisser les origines et la lente évolution. atteintes d'une sorte d'hjpertrophie d'hommes. 226. ment . d'où part l'émigration. les patois se mantienneut difficileles contacts de village à village sont trop constants pour ne pas engendrer bientôt des troubles linguistiques. les émigrants appartiennent généralement à des territoires oii la population est assez dense et assez compacte pour rendre la vie difficile que ce soit le libre choix de chacun ou des mesures administratives qui dictent ce dernier parti. telle que la parlaient Jacques Cartier et ses successeurs. Les paysans poitevins. limousins ou picards qui s'en vont aujourd'hui coloniser en Algérie ou à la Martinique ne parlent généralement plus autre chose que le français ordinaire de nos petites villes de province. On remarquera enfin que les individus qui émigrent pour s'en aller coloniser des territoires .^ M. VII. dans les districts plus peuplés. à peine coloré çà et là de quelques particularités locales. Rom. de l'Etrurie. Forsch. en tout cas plus fréquentes forcément qu'elles ne le sont entre les grands centres urbains et les cantons écartés des pays de montagnes par exemple. des mélanges qui aboutissent bientôt à un parler général répandu souvent sur une très vaste étendue. et la langue qu'ils apportent avec eux. Les nouveaux colons. et bien malin serait celui qui prétendrait y retrouver des vestiges de tous les vieux patois de France. répandus par milliers dans tout le sud. — 146 — autrefois répandus dans les banlieues des anciennes colonies romaines qui ont été emportés ou du moins fort endommagés par le tourbillon de tempête qui vient de changer la face de la Grande-Grèce. pour ne pas amener promptement des échanges.. du Picénum. Les relations avec les villes sont aussi en général beaucoup plus actives dans ces régions. ait méconnu cette prépondérance des éléments septentrionaux dans le latin vulgaire de l'Italie. Le français qu'on parle au Canada a })our base essentielle la langue littéraire du xvi'' et du xvii° siècles. On remarquera que les populations qui émigrent n'em- portent guère avec elles leurs patois locaux. de la Sabine. une propagation plus rapide de la langue littéraire ou officielle. De là. et l'émigration nécessaire. de l'Ombrie surtout. Dans ces régions populeuses. proviennent du Latium. On a peine à comprendre qu'un savant aussi perspicace qu'Ullmann.

Le fait de citoyens ro- mains inscrits dans les colonies latines est signalé comme une pratique ordinaire par Cicéron. ce fut le contact constant où se trouvèrent à toutes les époques de la colonisation romaine les ral — Italiotes avec les Romains d'origine. autre colonie du pays volsque. comme plus tard les trois legiones ïte//c«? affirmeront mieux encore l'unité de l'Italie comme nation. dont on relève çà et là des traces dans l'histoire primitive de Rome. et il y a lieu de croire que cette mesure ne resta pas sans influence sur la prompte assimilation du peuple volsque. Italiens. Caec. Italica se trouve à toutes les époques de la latinité. 13. Liv. 33.. A Antium. Dans l'Italie ancienne. A^III. 5844 et passim. II. 29. où 4. une des plus anciennes envoyées par Rome dès les premières années delà République et qui portait le nom significatif de Vitelia. la dénomination d' « Italiote ». appartiennent d'ordinaire à des couches populaires plus éclairées. De là dès l'origine ces aspirations vagues vers une sorte de ligue ou d'État panitalique. disparition des vieux patois locaux et le nivellement généde la langue latine. moins conservatrices paysans sédentaires. 1072 IX. Vers la fin » du if siècle. colonie romaine conduite en 338 chez les Yolsques. Ils ont forcément du monde une idée plus large et moins fausse et comprennent bien vite que le patois de leur village est un instrument lind'influence extérieure guistique insuffisant. les indigènes furent admis à l'inscription. Liv. XLI. Liv. III. 14. moins fermées à toute espèce ou étrangère. ce sentiment confus d'une communauté d'origine entre les Italiotes. ce qui favorisa encore la § 55. Italius.5. contribuait de son côté à répandre l'idée de la solidarité italique. Ptol. V.moins que les Ii7 -- ^ 55. CIL. Ibe7\. . On connaît l'exemple de Frégelles. Comme nom propre. App. 38.000 familles samnites et péligniennes s'inscrivirent en même temps que les Romains. 8. La cohors italica. cf. cf. porte q-caecilto-c-f-me- . longtemps avant que Scipion eût fondé Italica en Espagne. il y avait dans le pays des Eques une colonie romaine. exclusivement composée de volontaires Italiotes. Longtemps avant que Papis Mutil eût rallié les peuples au cri de Viteliû. une très cu: rieuse inscription de Gruter. cf. 4. d' « italique devient plus fréquente encore. 377. exploités ou plus fertiles.

il est difficile de croire que ces Italiotes se servaient.f^ lï des Italiotes. Les premiers géotrès graphes. mais. — . sorti de l'Ombrie et des régions du nord. gagnera bientôt.xj. Au i"*" siècle. dit expressément que certains Barbares d'Espagne se servaient déjà non pas du latin. le latin est déjcà si répandu en Italie. d'un autre idiome que du latin. Or. l'expression r. cette langue des Italiotes dont il parle. les différences dialectales sont déjà si effacées. au i^'' siècle. — llH — TELLO-IMPERATORMTALICE[-QVEI-ARGE[S-NEGOTIANTVR. Lorsque César. mais de la langue '(ç. ville Jug. du parler général de l'Italie et incolere et : numide appelée Vaga ubi ypM'nx'.-<:/. Nous ne pouvons nous empê- cher de croire qu'en s'expritnant ainsi le géographe grec avait nettement l'intention de désigner le langage mixte.\}. eut jeté par toute la péninsule les vétérans de ses armées. cf. Eratosthène. que sermo italiens devient à peu près synonyme de lingua latina.§ 5G. après une de ses victoires sur les Grecs. achevant l'œuvre commencée par Sylla. 'Pw[Aaicov YAd)-7a était trop ordinaire et trop courante Les monuments épigraphiquos attestent avec une § 56. C'est ainsi qu'un fragment du Périple d'Artémidore d'Ephèse. Scbucliardt.p(<r/ . au moment où s'ouvre la Guerre Sociale. 1. T/. incontestable évidence les progrès du latin du nord à travers l'Italie. A cette époque. c'est déjà ce latin vulgaire général d'Italie qui. qui écrivait vers le temps de la Guerre Sociale. toW 'ItzXoW Vo/i. parle dune mercari consueiieranl italici generls midti inortales. Antiochus de Syracuse. après la Guerre Sociale et l'évacuation des pays osques. tout à fait courante.oxm: twv ] [j-r. Hippys de Rhégium. zl I. les disséminant par petits groupes isolés et non plus par légions et par corps entiers dans les colonies iKuivelles. pouvaient encore ignorer le nom des Romains. Or.y. dans leurs relations commerciales. Il s'agit. clv. l'expression est déjà Salluste. ~xp2 OiXxi^yy 93. au v° et au iv^ siècles. la péninsule presque entière. -Cr) pour qu'Artémidore ne l'ait pas modifiée à dessein. le latin fortement imprégné d'italismes et encore passablement indécis et flottant qu'on parlait à cette époque un peu partout en Italie et que les colons avaient naturellement apporté avec eux dans les colonies d'outre-mer. Cécilius Métellus. en 147. croyons-nous.. d'une dédicace honorifique adressée par les Italiotes qui séjournaient à Argos à Q. XLVII.

de la langue des écoles. de vulgarismes. l'œuvre d'unification peut être considérée désormais comme à peu près terminée.— ainsi qu'avait fait le I 10 — ^ 51). que le latin écrit ne parviendra jamais à extirper radicalement. viendra-t-il . nous verrons velles translocations et de s'accomplir cette lente évolution du latin vulgaire vers la langue classique. Il y a. Sans doute. Ce sera l'œuvre de l'Empire. ils n'auraient pas manqué sans doute de rappeler la fable d'Hercule et d'Antée. trop insaisissables pour pouvoir se fixer jamais. le latin régulier et uniforme de l'administration et des écoles. toute une laborieuse éducation à entreprendre avant de faire pénétrer dans les masses profondes du peuple la langue courante de l'administration et de la littérature. comme langue universelle de tous les peuples. cette insensible épuration du langage populaire sous la pression et au contact permanent des formes Encore ce grand travail d'unification ne parjamais à son complet achèvement il restera toujours dans la langue populaire un sédiment considérable littéraires. comme la vie intellectuelle qu'elles représentent. Durant plusieurs siècles. du langage officiel des préteurs et des légats. sont trop vivaces. des restes importants et indestructibles de l'ancienne pérégrinité italique. le latin que parlent les populations latines et italiotes est encore sensiblement éloigné de l'idiome classique de Cicéron. vainqueur de Sacriport. lorsque de nounouveaux envois de colonies eurent transformé une fois de plus la géographie de l'Italie. le prix de ses victoires et de son prestige de propager par le monde entier. trop perpétuellement en vement. la conséquence de sa politique. les langues. mouSit(3t que le latin littéraire était arrivé sur quelques points de l'empire à arracher de l'idiome vulgaire tel ou tel vestige de l'ancienne pérégrinité italique. Car une semblable lutte ne pouvait aboutir à une définitive .re\sipe?'egnmtas itaiica et le dialecte poli et sévère de Rome est encore considérable. des vocables et des formes foncièrement vulgaires. contre lesquels il s'eff"orcera de lutter sans que l'intervalle séparant les deux idiomes puisse être comblé jamais. de la part de la Rome officielle et littéraire. la distance qui séfa. sans doute. Si les anciens eussent daigné étudier de près ce grand travail intérieur de la langue latine s'ils eussent pu s'intéresser à cette lutte entre les deux idiomes. à réintroduire par exemple . victoire.

la partie était surtout inégale pour langue littéraire. 94). sarde fachen. cf.§ 56. comprimés par la langue administrative et les besoins majeurs de l'unité linguistique. de etc. defienden. éclosent dans un libre et irrésistible essor. le latin classique. éclatent soudain. -èius. lui abanla donne chaque année un pou plus de terrain. Dans cette lutte de chaque jour. — les 150 — troisièmes personnes en iint. -el dans la déclinaison pronominale. . espagn. African. parten. en pleine vie et répandue sur des espaces immenses. piden. le premier. lacdtnit.. Icgunt. Au iv° siècle. benurent. aulieu elien. Vers le iif siècle. Mais. -ew/ancien. se lassa et renonça à ce duel où il s'était épuisé durant plusieurs siècles. ces germes d'originalité rescences nouvelles si continuellement entravés. -m. ombr. en Italie etc. les auteurs chrétiens ouvrent enfin à la langue vulgaire les portes si longtemps closes de la littérature. cède peu à peu devant le latin du peuple. et le latin se dissipe en l'espace de cent ou deux cents ans tout au plus dans la floraison splendide de tous les dialectes romans. de nouvelles divergences surgissaient: telles les flexions en -ûius.. cette force d'expanetd'efflo- longtemps contenue. pour l'idiome traditionnel et fixé aux prises avec une langue en pleine activité. stahînt. voilà que simultanément de nouveaux germes dialectaux. Claudien et les puristes de la vieille tradition ne versifient plus que dans un idiome mort et bientôt il ne restera du latin littéraire que l'orthographe bizarre et tourmentée des chroniqueurs et des notaires mérovingiens. V.. Bell. osq. Aussi fut-ce le latin écrit qui. le son rival que pour périr à son tour: toute cette vitalité qui était en sion si lui. désormais sans force. comme dans le duel de Jubaet de Pétreius latin vulgaire n'avait terrassé (cf.

en -o(s). La destruction des patois n'est. Histoire des nomin. en -us. Comment s'est réalisée — gg L'Italie et les 59-60. plur. qui imposèrent le français comme langue administrative et judiciaire pour toute la France. et du comparatif. etTacement des iraits dialeclau. sing. pas . Examen des faits dans le 92-93. disparaissent définitivement à partir du xvi" siècle. g§ 81-82. provinces. La lex Iulia municipalis. les écoles et leur influence théorie d'Eyssenhardt. plur. — ^"s'^^ . : — — — — . l'Empire. Après la Guerre Sociale. Conséquences morphologiques de ces phénomènes fusion du nomin. il est vrai. Pro- pagation de l'idiome littéraire et oHiciel les armées. — . Nomin. Restauration des nomin.. — gg 65-68. . gg 83-89.K sous l'influence grandissante de la langue oHicielle histoire de la diphtongue au en latin vulgaire. Sylla et de César. les dialectes les survivances romanes application aux nomin. à la fin du moyen âge. Caractères du — . les féminins en aes. du neutre et du masculin. sing. Chute et rétablissement de -s final les nomin. unification progressive de latin d'Italie. 90-91. gg 61-64. gg 69-71. vulgaire de la Rhétie résumé des données linguistiques. gg 72-77. en -l et en -ïs chez les populations celtiques. — . hésitations entre p o et ii . principalement à partir de § 57. en -i dans la Transalpine essai de restauration du génit. en Ombrie et généralement en Italie. niasc. les conditions linguistiques de l'Italie ancienne deviennent donc assez analogues à ce que l'on pourra observer plus tard. dans quelques pays — modernes. tandis que bientôt les patois rustiques et les parlers provinciaux seront à leur tour battus en brèche par l'idiome de Paris et des sociétés urbaines. en faisant du latin la langue officielle de toute l'Italie. fém. plur. Fusion des thèmes en -u et en -o. gg 78-79. — . g 80. l'unité du latin vulgaire et comment elle s'est : rompue. et de l'accus. déjà en décadence au xiv° siècle et en pleine déroute au xv°. latin gg. plur. Les anciens dialectes littéraires du moyen âge. le régime des colonies. en -ô*. -o(s). en -«s.IV UESTAUKATIUiNS ET INFLUENCES LITTÉHAIRES Sommaire: gg 57-58. l'administration civile. Analogie dans les autres déclinaisons. eut des effets par certains points semblables à ceux de l'ordonnance de Villers-Cotterets (1539) sous François I"" et de l'édit de Roussillon de 1563 sous Charles IX.

sous le régime révolutionnaire. I. 2. le français classique ne pouvait guère. le service militaire obligatoire. qui nous paraissent provenir de la Sabine et de certaines localités du Latium demeurées fidèles au vocalisme -os de l'indo-européen. originaires des provinces du nord. outre le dans son œuvre d'unification service militaire obhgatoire dont les charges étaient lourdes. qui se rencontrent encore sur les inscriptions. la disparition des patois rustiques sur toute l'étendue que l'on du territoire français. 40. en quelques années. sont parfaitement inconnus aux pays de langue osque. Tunité linguistique du pays. des plus bénignes le gouvernement n'imposa jamais la langue littéraire par des moyens administratifs et il est évident que.o/. par . CIL. les anciens dialectes et patois sont à ce point partout troublés et confondus qu'il devient désormais impossible d'assigner des limites géographiques quelconques aux formes dialectales. Inversement les génitifs de la troisième déclinaison en -us. 1200. 685. p. pénétrer ni bien profondément ni bien rapidement dans les campagnes éloignées des centres urbains'. mesures encore. Dans ces derniers cinquante sans parler tels ans. livré à lui-même. question. de rOmbrie. d'autres des chemins de fer. pour une époque prochaine. . jusque vers le milieu de notre siècle. caesarvs. La division du territoire français en départements est la seule mesure qui ait réellement préparé. Un titre de Campanie CIL. aussi sur cette cf. les génitifs en -us n'appai'aissent guère en Omhrie. les résultats ont été peut dès à présent prévoir. sur une inscription de Pérouse" . son seul prestige. porte par exemple ivnone au datif. linguistique. I. — 152 : encore complètement terminée en France à l'heure actuelle mais il faut dire aussi que la lutte entreprise contre eux par la langue officielle fut. L'administration et romaine. de plus en plus rares d'ailleurs. Ce vocalisme n"a jamais réussi à s'implanter hii'ii prdfundi'nient rii Halie où (railleurs il a coniuiencé . Lo/>\ VerschiecL. Du temps de César. sont inconnus dans tout le nord jusqu'à César alors seulement on les voit gagner peu à peu ces régions. 1. Sittl. l'instruction obligatoire. possédait. un auxiliaire particulière- ment puissant dans les translocations et les envois de colonies. de l'Ager faliscus et du Latium. alors que jusque-là les datifs en -<?. changèrent totalement la face des choses et. en France. Pour autant que nous avons pu nous en assurer.

les groupent autour de Rome. que par des établissements individuels des Barbares. dans les emplois publics. du moins en Occident. à une époque où déjà branlant et caduc. cette invasion lente du pays par une foule d'éiéiuents hétérogènes venus de tous les points du monde romain. la nalionaitalique est. à peu à peu tout le monde romain. pendant toute la durée de l'Empire. à ravènoment du ré^'imo impérial. le génitif tout entier était . mêmes écoles que l'Espagne. La civilisation est sensiblement la même en toutes les Gaule les et en Italie. constituent vraiment une seule et même nation. partout. Après César. L'ethnographie générale du pays se trouve ainsi fixée et ne sera guère remaniée. ces nouveaux Romains . devait les contribuer. on peut dire qu'il n'existe plus à proprement parler de diff"érencos bien essentielles entre les divers peuples de l'Etat romain. Les réactions ainsi exercées par les extrémités du colosse romain sur le cœur de l'immense empire. Leurs eff'ets prirent en quelque sorte une direction naturelle. furent considérables. ces échanges constants entre l'Italie et les provinces durant les quatre siècles du régime impérial modifièrent néanmoins assez profondément les caractères linguistiques de l'Italie. déportations.lité 153 — ii 57. sa-ns qu'il les y parût. une marche normale et sûre les qui. leur admisdans les légions. à italiser les Barbares et à assimiler les Italiens aux provinciaux. en vicariats sous Constantin n'ont guère qu'un caractère purement administratif et politique. en provinces sous Dioclétien. Au moment des invasions germaniques et de la dissolution de l'Empire. Cet afflux continu d'étrangers en sion Italie. ce sont les lettres latines que cultivent. des chansons vulgaires en vers rythmiques que les populaces des villes et les bonnes gens des campagnes trop tard à se répandre. La langue est à peu près identique partout. avons-nous dit. y a des refrains de soldats. Les divisions successives de l'Italie en régions sous Auguste. translocations et unifier autres mesures violentes de l'ancienne Rome. mieux que invasions. définitivement constituée. des traditions communes Il unis- sent tous ces peuples entre eux. avec un zèle de néophytes. elles furent efficaces précisément parce qu'elles furent insensibles mais continues. dans les corps politiques romains. partout. l'Afrique possède les mômes institutions. sur l'Italie.

Ep. ce traditions. 02 sq.. il y a ici quelque chose de plus qu'un simple conglomérat de races soudées ensemble par le ciment instable de la politique. p.. à Corofficiels. depuis Tomes sur la mer Noire jusqu'à Gabès sur l'Océan. on parle le latin : . à Lyon. 2:3. est parvenue à créer une grande nation d'Occident comme elle avait déjà fait une nation italique. comme nous l'avons déjà exposé au début de notre étude. (c vers ». voisines immédiates des grands centres romains. il est impossible d'admettre que. et bientôt on pourra dire.. Rome. dès cette époque. aux étapes des courriers. Depuis Hadrumète et Leptis en Numidie jusqu'à Cologne ou Augsbourg. — 154 — répètent d'un bout à l'autre de l'Empire. de les classes lettrées lien étroit. dans les de Rome et l'on . cf. sur l'itinéraire des agents voyers en inspection ou des collecteurs en tournée. il y a comme un anime. dirige tous ces membres épars du corps romain. etc. Rutilius Namatianus au commencement Rome a fait une cité de ce qui était auparavant l'unique . en quatre cents ans. A Carthage. Aussi l'opposition entre les provinciaux et les Italiens est-elle nettement marquée. sur les pas des étudiants che- minant par bandes vers Rome ou Athènes. demande à son correspondant. L'unité de tous ces peuples est devenue quelque chose de réel et d'intime. X. Italiens es an provincialis ? Le sentiment de l'unité ilaliquc ne s'en affirme que [)lus vivement à l'en- doue. cette com- munauté de langue. àNarbonne. qu'on redit dans une tradition séculaire après le passage des légions. au long des routes suivies par les malades. — A l'avènement d'Auguste. voir plus haut. les mêmes rythmes que l'on entend dans les marches de voyageurs et dans les rondes d'enfants courant intime et continu qui traverse. § 58.. dans les centres mondaines et artistiques. Pro Arch. Mais. ÔS. de le manier avec toute l'élégance des beaux esprits de la capitale. IX. ce sont les mêmes expressions qui circulent. avec de ÏJtinéraire. Pliue. 26 Corduhae natis poëtis pingue (/iiiddam so/ia?iiibus. la latinisation des classes populaires et surtout des populations agricoles ait dépassé les limites de quelques empiétements partiels sur les idiomes de certaines tribus. de que pour sociétés mœurs n'existe encore de l'Empire. Cic. clients des eaux d'Aquae Sextiae ou d'Aquae Apollinares.s'efforce de l'articuler sans accent.

56. 109: Saxa uocant Itali mediis quae in fluctihiis Aras. VI. emploie fréquemment la locution italus sermo.es. 13. et il apparaît presque partout comme un idiome sensiblement uniforme. une partie de la Campanie et çà et là quelques îlots de population restés fidèles à la langue osque. Orat. VIII. 1967. les régions frontières de la Cisalpine. 29. L'expression « langue italique » au lieu de « langue latine ».. se répand de plus en plus. ihid. IV. que les Italiotes se dénoncent encore par leur prononciation et leur manière de s'exprimer comme on discerne les métaux d'après leur son. Ayant à sa base les dialectes jadis exclusivement en usage dans les régions de l'Italie du Nord. au début de la période impériale. quelques points isolés dans et d'Auavons-nous dit. l'unité de en plus accentuée de la ques et messapiennes. déclare que. Ce latin italique. on parlait dans toute l'Italie le même latin il reconnaît cependant. I. que nous avons vue apparaître dans la littérature dès l'époque de la Guerre Sociale. l'Italie. CIL. et autres semblables. le latin est à présent la langue générale de l'Italie il a fait la conquête de . Inst. tel qu'on le parle dans le peuple § 59..- 155 — ^ 59. Quintilien. 31. à partir de César guste. Sorvius remarque que halos aliqui non qui in Italiam nati sint scd qui latine loquantur accipiimt. use et abuse des mots Italac ib. A propos du vers de A^irgile. Ce qui constitue principalement. Aen. auxiliaire de la politique panitalique d'Auguste. halo san- guine. Ennius sermonem in italiun translulit.. dans ses Disputaliones aduersus gent. CIL. VIT. 85. Aen. il est encore tout — . le centre et le nord de l'Étrurie. Virgile. CIL. Itnlici dues.. etc.. v. contre des provinces. étendu peu à peu au-dessus des anciens dialectes et des vieux patois locaux qui ont été nivelés. des titres d'honneur pour le défunt les esclaves même mettent leur gloire à être d'origine italique et non de naissance barbare. A part les villes grec- le nord où la tradition ombrienne n'est pas encore complètement éteinte. III. c'est. nalione Italus. Italka uerna. 1095. l'unité de plus langue latine. 762. de son temps. sinon très homogène et très rigoureusement fixé. cf. C'est ainsi qu'au \if siècle Arnobe. VII. . X. (jenles. Euhemeri libcllos la péninsule. XI. I. est naturellement encore très loin de la régularité et de l'unité parfaite de la langue littéraire. s'est . IV. 4283 deviennent des expressions courantes sur les épitaphes.

pose * i-pe-so comme primitif do Lindsay. oaatii. xv en effet. dès le d'Audu peuple d'Italie. c'est qu'il y a ici Eug. C'est ainsi que les habitants de la capitale et en général les lettrés disent toujours oportet. A Rome et dans les sociétés lettrées. 59. 3. de mots.. de flexions d'origine italique. On retrouve cet isse. se dénonce tout de suite par sa prononciation comme un idiome bien distinct du latin classique de Rome. esoc. esu. etc. L'influence latine s'exerce en ombrien tant sur la voyelle radicale isoc. Tab. VI a.. L'osque possède essuf. l'assimilation de ps est tout à fait excepet Le même contraste temps de César guste. isir.. p. : . cf. 43. soit * is-pse. Planta n" 188. tionnelle en latin vulgaire . regorge de locutions. dans isse. majiste[r). csir. Ce kazit. existe.. aussi Frohner.. caret « il faut » intéresse la sémantique romane.s-. Suétone. entre la prononciation urbaine de Rome et celle . 441. 148. lorsque fallere succède à carére. aussi . macjister. à cette époque. etc. cf. 8 ou isoc. 770. dans le langage vulgaire de l'Italie au contraire. XIII.. Rhein. cf. YIl b. à côté de eso. si elle apparaît si prématurément en réalité un pronom italique en jeu bien plus qu'un pronom purement latin. ciio. XLIV (1897). Lang. Grundr. on articule dès l'époque d'Auguste presque partout dece. necesse est pour exprimer l'idée du verbe français « il faut ».. Brugmann. ombr. 88. etc. on continue de prononcer. ûpsannam. dekem. issu. gerô . esuf. puisque tandis que ps résultant c'est seulement pu primitif (|ui passe à d'une syncope. Lat. parle d'un officier du palais qui déplut à Auguste parce qu'il articulait isse au lieu de ipse c'était la forme vulgaire.. ipse. caret devient fallit de là le : : français il faut. eso. en Gaule par exemple. qui correspondent phonétiquement au latin ipsc.. ainsi que nous espérons le démontrer tout à l'heure. l'ombrien essu. II. Tab. cf. quelle que soit d'ailleurs l'origine de celui-ci'..kihus. Or. ainsi que l'a déjà fait observer Planta dans une communication orale à la Société de linguistique de Paris. Bant. d'après l'osque kasft sur des inscriptions de Capoue. p. Oct. que sur la consonne: dans sepsr. subsiste en osque et se réduit seulement en ombrien osq. Mais le peuple d'Italie et les colons des provinces disent sans doute caref pour « il faut ». \\ a. — lôn — imprégné de formes provinciales. iso. Mus. Mais l'osque essuf semble bien montrer qu'il n'y a jamais eu de voyelle entre p et s. d'après la tradition antique.s-.. jero. issa sur les inscriptions de Pompéi. Bulletin. Nous croyons donc cpie/Mv dans ipse est à l'origine une particule invariable de même que jitr. 1.

plus il fourmille d'italismes. ainsi que l'admettent quelques-uns. Tab. aas. c'est la place prépondérante qu'il prend aux côtés et au détriment des autres déterminatifs. L'unité du latin vulgaire. « celui-ci. exac. eso := lat. . le pronom * esso. VI b. lui aussi.. cf."iO. plus il est encore imprégné de pérégrinité italique. cf. à la suite d'une lente évolution. les nombreux IPSE des inscriptions espagnoles. 11. nous ne pouvons en effet nous empêcher de voir. telle qu'elle nous apparaît vers la fin de l'Empire. 156 sq. ipsxDi. pose l'identité de l'ombrien svesu il reconnaît.. Inversement. c'est son emploi en tous points correspondant à la syntaxe ombrienne de ce pronom. l'ombrien isso. celui » a troublé de bonne heure le consonantismo du latin ipse. du latin vulgaire est complètement sous la dépendance du pronom ombrien. a été avant tout l'œuvre du temps. outre les formes romanes. C'est à la longue seulement. 51 le latin ipse. sapsa dans Festus. tandis qu'un courant de formes littéraires l'irriguait continuellement. dans la seconde partie de ce composé. Stud. aura préoccupé le graveur qui aura vaguement cru reconnaître quelque parenté entre les deux formes. nous ne croyons pas à une parenté directe. la façonnait peu à peu à l'image du latin classique. AUifal. * sa-pse). la purifiait. que le latin officiel de Rome commence à exercer son action sur la langue vulgaire. sur cette question Mohl. avec Huschke et Bûcheler.m et les pronoms osqueseksuk. V. plus vieilles contient naturelle- formes dialectales. et cette influence. son identité presque absolue avec la langue écrite. Ce qui prouve que réintroduction de ps au lieu de ss dans * . III. dans Ennius et Pacuvius d'après Festus s. montre que ce pronom hybride issc appartient au latin vulgaire le plus ancien.— 157 — ^ . Seulement. Eiig. etc. La fréquence de issu. mais bien à une simple * sesse peut-être parent du fameux seso de la table YI b. plus il est loin du latin classique. Le couple roman lui : lei § 20. su en Sardaigne et en Espagne.. esuf exclut toute idée d'un rapprochement entre l'ombrien es^u e. il Plus le latin vulgaire est ancien. d'une sorte de drainage continu que ces débris innombrables des vieux dialectes et des anciens parlers de l'Italie furent peu à peu retirés de la latinité vulgaire. 1. Remarquons d'un autre côté que l'osque essuf. . C'est à peu près avec le ii'' siècle avant notre ère. cf. au seuil de la période romane. à tort ou à raison. une analogie avec ipse et sa famille. de plus rês sapsa (:= primit. peu après Hannibal. ment de ces — seso avec sueso. Danielsson. aussi.

des consuls. l'unité le latin comme on l'a fait mitif et du latin vulgaire comme un fait priessentiel et de regarder uniformément toutes les divervulgaire et le latin écrit. loin de présenter cette incontestable unité où il nous apparaît dès le ii" et le iii° siècles do l'ère chrétienne. S'agit-il d'expliquer l'italien udiro ou le roumain l'on veut réellement atteindre verser les rapports . dans tous les districts de la Romania depuis le Tage jusqu'à l'Hèbre. comme développés postérieurement à il période d'unité.^ ()0. et c'est lui qui. La plupart du temps. il eût continué de se morceler en dialectes indépendants. Il est vraiment trop facile de prendre toujours indistinctement l'état du latin littéraire pour base première de toute étude sur l'idiome vulgaire et il faut avouer que la chronologie ordinaire des romanistes est trop enfantine pour être scientifique. — 158 — en plus considérable à mesure que radniinislration centrale devient elle-même plus forte et plus régulière. considérer. présentés par telle ou telle forme dans la telle ou telle région. que la diphtongue était. prend à partir d'Auguste les proportions d'un complet renouvellement de la langue. s'efforce d'écrire et d'imiter. Ainsi. aussitôt le l'Empire ébranlé et caduc. à arrêter dans son éclosion cette immense fermentation de dialectes locaux qui. c'est lui la seule règle. les langues romanes fussent nées quatre ou cinq siècles plus tôt. k cette époque quelque peu chimérique d'unité parfaite qu'on nous dépeint. dans toutes les provinces. l'idiome populaire aurait continué de se développer librement et. gences entre tous les écarts d'unité quels qu'ils soient. sur la foi du latin classique. des préfets. parvint à contenir. on admet. durant des siècles. éclatera de toutes parts dans § 60. la norme unique. du Sénat romain que partout les peuples prétendent comprendre et parler c'est lui seul que l'on n'est qu'une . universellement conservée dans tous les pays. Car c'est bien désormais le latin de Rome. si faut précisément ren- une théorie répondant au développement historique do la langue. sans le latin littéraire. Sans l'action exercée par le latin littéraire. — C'est donc une erreur grave de jusqu'ici. 11 faut bien remarquer en effet que l'unité du latin vulgaire que nous trouvons à la base des langues romanes conséquence de l'épuration progressive de la langue parlée par la langue écrite. monde romain. la langue des magistrats. C'est ainsi que pour la diphtongue au par exemple.

etc. Mcm. Zeilsch. Studj liai. vedhâs. on déclare que au atone a passé directement à w en on croit avoir tout Italie.. mais moeror.und e-Vok. Schulze. lequel ramène oboediô à * ob-uois-duiiô ou * ob-uoidhiiô. wirken ». Soc. Comme l'a montré Louis Havet. les plus extraordinaires qui aient été 3. : : . * obûdïre : obôediô. Rien ne nous parait réellement confirmer la thèse de Parodi. class. et Solmsen. d'une racine *uei>< « emsig sein. en Rhétie et dans les pays daces dit quand on a comparé le soi-disant dudio: * ndti^e au latin classique claudô : inclûdô qui n'a en réalité absolument rien . 437. mais qui ne doivent pas prendre place dans la science. 111. ces phénomènes n'ont. Ling. 251. été en relation avec l'accent tonique. La diphtongue oe atone passe à ou.. XXIX. sous l'influence des dialectes de l'Ombrie et du Latium. * pôcniô . L'une des explications données du latin oltoedio est celle de Broniscli. tonique.. ù après l'introduction des premiers emprunts grecs.— 159 — si ^ ()0. la théorie à la main. Pùeni: pûnicoruni. au atone à ô. dienen ». Toute autre explication de oboediô. VI. à aucune époque. 2.. ^ On conjugue à ce moment /J^m^re . I. et Dieu sait qu'il n'en manque pas'. de là pôena : jmnire . i. soit une racine * uevVi/i « huldigen. on ne s'embarrasse pas pour peu et. qui pense que oe û est en relation avec la présence ou l'absence de i dans la syllabe suivante. ne sont point satisfaits de * obuoisdui[ô traire toutes leurs sympathies à * ôb-auiz-diiô. Laul. fd. s'infirme d'elle-même par le seul fait qu'elle ne reconnaît point dans oboediô un composé de date historique de audiô. cura. Ce sont là des jeux d'esprit assurément fort ingénieux. où il reconnaît soit un substantif * uo2>. par fausse analogie.. La vieille diphtongue oe a su])i vers la même époque un sort assez analogue. p. excepté après labiale foedus. scr. de commun avec le phénomène en question ^ Comme il n'y a pas de solution de continuité appréciable dans le domaine géographique de u pour au atone. Plus tard û pour oe est étendu même à la diphtongue cûrô.. 11 sq. môenia: mûnire. Spracli. d'où. Pour la diphtongue au. Lat. vergl. ils accordent au c^n150 sq. urcchie.. il faut bien dater le phénoà la colonisation de Rhétie et le considérer comme issu de l'Italie centrale à une date plus ancienne encore. Dès lors nous sommes ramenés à l'ancien latin italique et à une tendance générale du vieil idiome à réduire. la loi primitive du vieux latin la : mène d'une époque au moins antérieure 1. Le vocalisme claudô : inclûdô dépend uniquement de l'intensité des syllabes initiales et de l'affaiblissement des médiales. à cela près que la langue classique n'a pas sauvé oe comme elle a restauré au caduc. Die osk.

. D'autre part. à càuda. pour le sens Stace. Mém.r. de là * sôrice. 10. tard agustus. conservé en esp. XXI. s. I. pour le classique sorîce. cette locution se plaçait toujours après un mot. il est plus simple de penser qu'on articulait. 348. XXX. « collier de chien armé de clous pointus ». Festus. Lexik. est intéressante à cet égard avlvs-olg-svo-salvtem. orata. Bréal. Cf. Zeitsch. sorce « raton campesino «.. comme le remarque déjà Cicéron. Lai faut lire nciipaiio pour (nicnpalio. plus ii. De côdicula. déjà souvent citée. franc. subsiste plus longtemps '. « souriceau ». Rom. lors de la restauration classique. — 160 — peut être formulée ainsi: « AU atone devient ô excepté «On dit cidudô: clôdêham. Orat.. au fut introduit à tort dans quelques vocaSoru: uel sauri. On a voulu expliquer Olô à côté de Aulus par l'influence de 6 final. et si je ne me trompe. * berhice pour iieruêce ou * mûr ICC pour miincc. IV. c'est que. ladin murisch. prototype * suôrak-s (cf. 60. Si l'on dit. XLV. 198. pour ne citer que celui-là. Seulement le latin vulgaire substitue volontiers . PhiL. Fortsth. devant on conclut. sôdês pour sï audës. VI. Spraclif. est Corp. Keil. ce qui signifie que le peuple disait bien ôricla pour aiiriciila. Le latin dans les syllabes atones mais un certain nombre de mots : : . au suffixe -êce ou -ice souris. dit encore: Auris non oricla. dit ^larius Victorinus. :J8 : Auciipiiini . sôp-: jTTvcc). v. Une inscription de Pompéi. Gl. réintroduisit peu à peu la diphtongue impérial clitique. mais nullement * pris pour auris. le por- tugais orelha par exemple. 40. 489. 103. . Rom. . 5. Zcilsch. le sufl^ixe . (cf. cf. On disait ârtita pour aurâta beaucoup plus généralement que prum pour aurum. Krit. vergl. d'après la belle étymologie de Horning. : La forme saurir n'a point de valeur historique.ce 1. CIL. sur sôf^es Bi'iclieler. Jahrb. roum. Un exemple curieux imum. cf. avec le avec suô sans doute enpremier mot intense Aûlus OIo suô. fàucès avec rt^nllégitime.. 449 sq. mais (t'gi'stus.. Arch. : résistèrent dans quelques régions à cette restauration. Lat. Ling. à la manière d'un enclitique et n'avait point d'accent ou pour mieux dire d'intensité initiale. fôctile etc.. bles 7. Soc. 54. c'est aussi l'opinion de Solmsen. PhiL. 2353. c'est notamment l'avis de Seelmann. I. IV. même en latin classique. VIII. 26. Il el acusatio V. comme le montre le grec ypx. 154. Thurneysen. L'Appendix Probi Keil.. soarice . comme la plupart des formules de ce genre.

— Clivonoloyie du Intùt vulgaire. Elle reste par exemple iidèlement attachée à certains vocables qui. armén. 344 Sauves: sorices^. corneille [k côté du v. 1. Le portugais afouto. cornille). pour ce suffixe. a dans l'ital. Scblutter. Le verbe ohoedtre. abauzir. XXV. le Un des pays qui semblent avoir accepté plus aisément cette restauration savante de la langue vulgaire. c'est-à-dire un de ceux où le latin littéraire se répandit le plus profondément dans le peuple. hoto représente d'après Cornu. Les hésitations entre sorîce et * sôrïce devaient précisément faciliter l'intervention. fr. fouëre partes au lieu de fauère partibus dans T. c'est. confusion qui se manifeste dès l'époque de Tacite.— AchilL.. gnvcl d'une confusion entre faueû frciuit. : ilOHL. franc. esp. cf. vulg. 48. d'une troisième forme. rornacchia nous paraît au moins aussi moderne que celui de cvonara et autres semblables. 199. aciito deipliiii/is)\ 221: Murirc voir aussi Roman. se montre plus particulièrement rétive et mal disposée à l'égard des formes littéraires. et autres corriger Saurcx sorix. 85. par leur vocalisme. V. L'Italie au contraire. dâhajati.s)auricaria. Il . 272. saiirefi tit ensuit l'efiet d'un iiluriel. j est abandonné pour la reconstruction essentiellement littéraire de la langue ecclésiastique obaudtre. Avouons toutefois que. esp. Cohn. § 33. le latin * fautus au lieu de fôtus. Lat. X. où l'ancien latin italique avait naturellement laissé des traces beaucoup plus profondes et plus tenaces que dans les colonies des provinces. Corp. grâce sans doute à ses écoles. 402 Mai Futor [= fôtor) : consentiens. Il s'agit ici encore d'une intrusion illégitime de la diphtongue par suite slav. * cormcla. La langue portug. probablement d'après sawus ou le grec srjpx.. par exemple.< 00. cf. quoi qu'on en dise.en regard du latin littéraire cornlcula. saurtce. à son rôle prépondérant dans l'histoire de la civilisation romaine. I. provenç. dans * cornacla on conserverait a primitif non affaibli en i\ il y a peut-être quelque relation analogue entre . govrti. nricx. corneja. Lowe. remontent au plus ancien latin dialectal. III. Gl. ombrien curnaco. Citons également la glose de Placide. lat. à une époque antérieure au latin littéraire: tel * cornacla. Prodr. Live. qui a dû effectivement appartenir au langage vulgaire comme le montre la glose linten: auis {. Lex. s'il est vrai qu'il s'agisse d'un vocalisme ancien dans l'italien cornacchia. Arch. la Provence. = « louer » et foueô^= skr. croyons-nous.. Suffi. 41 sq. 11 faut.ricandL. milex graphies bien connues. Lat... 1 fil — . 2.

Les Kidturworler d'origine étrusque doivent être en latin extrêmement nombreux. Fabretti 1914. vénit. Schuchardt.le confirme. v.o'pa-aoc. cf. La forme alciderc s'est même glissée en vieux toscan à côté de la forme normale ticeidere. aldirr. parfois. Maro. comme d'origine étrusque. Des exemples tels qne palctdis (pai(CKiis) Verg. et ctdtelliis. vénit.. /a. Brugm. — 204. puis nuotarp. 2. volsà -=^aumre. a. laldare. cf. oldir. On peut mettre les héil y sitations entre /'et p sur le com*pte de la prononciation étrusque eut peut-être un temps où les pédants de Rome affectaient de confondre ces deux sons. 11 est donc naturel. d'où par extension " nôto « je nage » et par dérivation romane * nqto au lieu de * nauto « natation » de là niinfo.. Gnnidr.... olcidero. ital. v. — . 75. et autres semblables sont tout à fait concluants. Vok. Enn.r.\\. 1. Grober. 1(V2 — foniâce « forni... 114. Sur l'ombr. que la voûte est d'invention étrusque les Grecs en tout cas ne l'ont point connue. Re Rust.i\ fornicp « et fornO. des mots tels que nuotare « nager ». croyons-nous. surtout à une langue non indo-européenne.. de considérer. Plaut.. o" et la diphtongue n y put guère être réintroduite la Cisalpine et Vénètes. akidere. 49i. ramène à tort aleidere. il faut reconnaître le même mot étrusque déformé par l'étymologie populaire d'après l'analogie de aneeps. v. ^lais cette restauration dépassa aussi. forfex « ciseaux » à côté de f'orpcx « tenailles ». ciirnaco rapproché du grec /. Ce seraient deux doublets du même mot. être figurée i)ar al que là où / finale de syllabe est prononcée dure. cité par W. qui est bien connu et qu'on a peut-être raison de retrouver dans le f'alns du Cippe de Pérouse. La diphtongue an ne peut naturellement. p. Sans parler de falae « barrières ». — voûte » . l'autre féminin. : . XV. cf.or-n-k-. aiicire. cunlellus s. Dans forceps « tenailles ».. olcell « uccello (jadt''. sont à cet égard tout à fait clairs. franc. 365. ainsi que le substantif furnus appartiennent évidemment à la même origine et les hésitations du vocalisme radical confirment au mieux notre hypothèse. Les anciens nous disent. l'un est masculin.. ni(cidere à un prétendu ahcldcre pour occidere.sement caucidiix (calciihis). t'aton. Ai(g. Re Riist. etc. un des plus curieux exemples est. comme nous le proposons. dont l'existence en latin vulgaire nous parait des plus problématiques. Caton.. ici génois oir.si fa lan do chez Paul Diacre. v... Griaidr. c'est ainsi que de occidere on conclut à * fiucïderc dans la Cisalpine et en Provence: v. milan.as. prliicep-. croyons-nous. n. et l'architecture.. inver. II. 38. 10: Suet. lors de son rétablissement. 1. " f. ocire'. prov. milan. Le mot fortax « four à chaux ».< ()0. 10. four » \ Le latin d'Italie ne demeura pas moins chez les fidèle à l'ancienne alter- nance du que dans milan. Sidistrale. 389. ce qui s'explique parfaitement bien dans l'hypothèse d'un emprunt étranger. etc. les deux mots /"orna r et /'or. L 19. Meyer-Lùbkc. 7. les limites de la langue littéraire. Most. Dans l'italien central.q. Nonius. II. de là crassu'ES sur les monnaies de l'édile curule Publius Furius Crassipes. On a aussi ancUleve comme on ù\?. : 1. Le prototype est régulièrement * nôlarc pour naulare. ».

1. où l'illustre philologue parait toutefois avoir éprouvé lui-même quelque doute à l'égard de la soi-disant réduction spontanée de an à insinue en effet que. posarf dans lesquelles o est effectivement le seul vocalisme légitime au contraire. postérieur à la restauration de au atone en Gaule. Zeilsch. cf. . à notre manière de voir est le traitement parallèle de an germanique en italien et partiellement en rhétique dans rubare et quelques autres mais précisément cette objection tombe à la suite du bel article où Braune. Meyer-Liibke. Devaux. Lanfi. c'est-àdire en Rliétie et en Dacic. o. ogello. Constatons d'autre part qu'il est assez difficile de déterminer jusqu'où a pu pénétrer dans l'Italie du sud la réduction de au atone telle qu'elle se montre dans le vieux latin du nord. Gramm. au point de vue chronologique. La seule objection sérieuse que l'on pourrait faire.§354. sur nuoto W. I. Cf. finalement v. pour le rhétique et le roumain. Du même coup s'expliquent en llorentin des formes telles que orecchio. et de même en rhétique et en roumain pour o atone en toute position'. cf.— comme iioro 163 — i^ (iO. Plus tard * odirc passa. a démontré que u dans ces formes est déjà germanique et nullement roman. polirc à pulire.. W. '}{. C'est ainsi également que l'alternance dudiô: * ôdire. cf.. XXII. . ce qu'indique d'ailleurs le traitement anormal de la gutturale.. mais il a tort de no pas étendre cette possibilité également à l'italien. 197. r/odorc. le doublet dialectal xtgpllo. I. Dans certaines régions du Dauphiné. Il serait intéressant de savoir s'il s'agit ici d'une survivance locale de l'ancien vocalisme vulgaire ou d'un développement récent. Les traitements presque partout divergents qui apparaissent dans les patois de l'Italie méridionale et la confusion extrême qui y règne sur ce point peuvent nous laisser suppo. Meyer-Liibke. il rintermédiaire pourrait bien avoir été o. Gramm. oboedlre à ybbidire. On voit que nous aboutissons ainsi exactement à l'inverse des conclusions ordinaires. vuh/. § 116. Dauph. . Rom. au atone passe de même à puis o. § 274. à udire comme officium passe à ii/fizio. PhiL. puis * dudo: of/ire régulièrement fut conservée en Italie et dans les régions où la colonisation italienne fut prépondérante. on a à la fois ou Vénétie et dans le sud de l'Italie pour mini. qui déclare le" mot tout à fait obscur et paraît songer plutôt à natàre. uccello doit être considéré comme dialectal. sous l'inlluence de i suivant.

frol. Il est arrivé quelque chose de semblable. au xii'^ siècle. que les vieux textes préfèrent encore généralement à la forme savante /lor. . où i'osque et le grec militaient en laveur de la diphtongue. par métathèse. choisi entre cejit. la réduction de an. Aujourd'hui celle-ci a partout triomphé. il est clair que dans le sud la réduction de la diphtongue est régulièrement conservée au atone à o ou mieux a en sicilien notamment est de toute où l'infaçon un phénomène récent. lodari de même que oru et quelques autres sont probablement des importations septentrionales anciennes. A prendre les choses dans leur ensemble. qu'après colonisation de l'Afrique et que efficace la manière l'inhuence de la langue littéraire s'est à cet égard exercée d'assez bonne heure pour entraver la propagation du phénomène dans le sud de la péninsule. d'écrire régulièrement auro. d'une façon à notre si ()1. En sicilien. En Espagne et en Gaule la romanisation effective des populations indigènes a en réalité tions près. en I^ortugal comme en Espagne. à l'époque histori(|ue. L'Afrique également fluence du latin du sud est d'ailleurs manifeste sur plus d'un . — point — paraît avoir toujours ignoré. pour le représentant hispanoportugais du latin flo)\ La forme ancienne est. orum pour aurum est d'ailleurs attesté par les grammairiens dès une époque très reculée: ce qui n'empêche CiuUo d'Alcamo. car ces form-es sont répandues d'une manière très générale dans tout le sud. Un raisonnement logique contirme d'ailleurs. — Nous n'avons insisté ple. à quelques rares excep- Il faut donc admettre que o dans latin du nord. si longuement sur cet exemque pour faire voir plus clairement comment nous entendons expliquer les rapports du latin littéraire et de la langue vulgaire et de quelle manière il convient en réalité de se représenter l'unité de celle-ci. (jodiri. par exemple.§61. il est vrai. liemarquons d'ailleurs que la forme littéraire triomphe plus ou moins rapidement de la forme vulgaire ancienne l'une et l'autre peuvent rester fort longtemps en lutte ouvei-te avant que la langue ne se décide définitivement à abandonner la forme originelle. . ne s'est généralisé d'une le pour au atone. commencé à une époque où le vocalisme classique était déjà redevenu prépondérant dans les centres romains de ces provinces. — KVi — ser que la prononciation du nord ne s'est qu'accidentellement implantée dans ces pays.

aurait joué sa partie dans l'édification des langues romanes. à peu près stationnaire (car les divergences chronologiques qu'ils reconnaissent sont. et les siècles qui séparent les premiers établissements du latin dans les divers pays romans ont été employés. § 62. mais à édifier l'union progressive du latin vulgaire et du latin officiel. qui est exacte en principe. il est évident que l'écart chronologique entre le latin des divers pays romans serait infiniment plus considérable qu'il ne Test en réalité. n'eût pas pris un caractère plus spécial et plus marqué? A prendre la thèse chronologique de Grober. Supposons avec Grôber le latin de Rome introduit comme langue uniforme et sans dialectes proprement dits dans la péninsule ibérique par les conquêtes romaines du uf et du ii" siècles avant notre ère supposons le même latin uniforme pénétrant avec d'insignifiantes différences chronologiques en Gaule au i" siècle. ait attendu durant quatre siècles et plus dans une immobilité presque complète que le reste du monde romain se fût à son tour assimilé la langue latine.— est 105 — i^ (i-2. infiniment minimes). En effet. aurait commencé d'exercer son activité propre. district moment seulement. croire qu'une fois implanté en P]spagne. il semble que le latin d'Espagne par exemple. comment. Italie ce latin fût resté. il ne se fût point modifié. cette conclnsion que l'unité du latin vulgaire une œuvre tardive. en Dacie au ii° siècle de l'ère chrétienne. si l'unité du latin populaire avait existé dès l'origine de la colonisation romaine. à ce lorsque la dernière province et le dernier barbare fut entré dans la Remania. comme l'admettent les romanistes. en Gaule. Ce n'est point ainsi. non à conserver une unité primordiale chimérique. En supposant même qu'à Rome et en sous . rigoureusement à la lettre. que les choses se sont passées. en Rhétie un siècle plus tard. sens indéniable. réalisée imparfaitement et après coup la pression artificielle de la langue écrite et officielle. Le latin uniforme des romanistes aurait eu ainsi quatre ou cinq cents ans d'avance en Espagne sur le même latin dans les provinces daces. dans les autres provinces. pour un idiome vulgaire purement oral. le latin de chaque région se serait réveillé. — L'unité du latin vulgaire est donc une œuvre . comme des musiciens partant en mesure à un signal du chef d'orchestre. tant s'en faut.

qui. Entre le latin vulgaire qu'on parlait par exemple en Gaule au v" ou au vi* siècle et le français du Saint Alexis ou du Roland. aux stades ou *sil' . [h)onorcire. ce n'est que par accident et tout à fait involontairement que l'Église est dcveniu' la grande § 63. — Kifi — essentiellement artificielle et presque savante. charité. dans labouchedu peuple. [h)onourer. v. de même que credance dans le Saint Alexis. achaison.^ Go. s'est du peuple et de sa langue c'est elle qui s'est appliquée à charrier les mots savants et les formes littéraires de l'idiome écrit dans le langage vulgaire et les patois rustiques. Presque tous les mots abstraits dans les langues romanes sont d'origine savante. *vantét lorsqu'ils furent restaurés en siècle. elle a renouvelé et perfectionné : tous les parlers populaires de la Remania. tels Des mots *sieil' que séclu. occasion vfr. . comme il est arrivé pour le français vérité vfr. il n'y a guère de dialecte ni de patois vulgaire oii ces formes occasion. Or. etc. Elle a sa cause principale dans une substitution progressive de la langue littéraire aux anciens patois italiques. charité à côté de cherté. vanitdte pouvaient fort bien être déjà parvenus. *ondrer. peut signifier tout aussi bien une continuation directe du latin crédentia (ju'une réintroduction savante du mot. de développer le cercle étroit de leurs idées en leur enseignant des objets et des concepts nouveaux. 4. honorer et autres semblables n'aient pénétré l'influence de la langue savante a donc été intime et profonde. vaiiitét. — C'est l'Église faite l'éducatrice . dans les pays romans. soit que pour la plupart ils aient été de bonne heure renouvelés artificiellement et constamment préservés des révolutions phonétiques par l'idiome savant. il y a un écart presque aussi considérable qu'entre le latin du Picénum ou du pays marse au temps d'Annibal ou des Gracques et le latin qu'on parlait sous l'Empire au iii° ou au iv" siècle. comme elle ne se proposait d'autre but que de moraliser les masses ignorantes. Ou ne saurait mieux comparer cette intrusion de l'idiome officiel dans le langage populaire qu'à l'invasion des innombrables formes et locutions savantes qui inondèrent les dialectes romans aux premiers temps du moyen âge. verte. Seulement. soit que ces mots et les concepts qu'ils représentent aient été primitivement étrangers aux populations rurales qui devaient constituer le fond des nations romanes.

La stabilité de l'arabe. Un Etat bien constitué. Voilà pourquoi l'action de l'Eglise. comme il y a quatorze ou quinze siècles. de simples dialectes du latin et il est probable que le latin continuerait d'être la langue littéraire unique des peuples romans. Cette langue du peuple. qui ne se sont guère modifiés depuis près de mille ans. empêché peut-être à jamais Téclosion des lan- gues romanes. se montre partout pour elle accueillante et maternelle volontiers elle répète avec je ne sais plus quel évê(iue répondant à un rhéteur de Rome: « Tu parles trop bien pour un chrétien ». l'Eglise s'efforce de l'apprendre.. comme la Chine par exemple. Mais si l'Eglise eût voulu conserver la langue latine. s'est bornée le plus souvent à enrichir le vocabulaire des termes nouveaux nécessités par les idées nouvelles. (>:{. prouve (|ue rien en somme ne condamnait réellement le latin à la décrépitude et à la mort. Epist. I()7 — comme 5. pas plus que les États. avec Commodien et Prudence. l'élégance . s'essaie. dans les pays romans. eût cru devoir étayer et soutenir l'édifice branlant de l'an- cienne grammaire. XX Ad Eust. à la parler. . c'est là un préjugé aussi faux en linguistique qu'en politique. dont le bon fonctionnement répond exactement aux besoins économiques et sociaux du paj's. peut êtra considéré théorique- . dont les rudesses lui agréent infiniment plus que l'éloquence fleurie et perverse du paganisme. de l'espagnol ou de l'italien par exemple. les tournures ont en général les chapitres de la dérivaété scrupuleusement respectées tion et de la syntaxe ont seuls été touchés dans leurs parties intimes et remaniés pour les besoins d'une civilisation neuve. si elle des cercles mondains tre .— gatrice des idées nouvelles. On parlerait aujourd'hui. Les langues. les flexions. dans l'Europe méridionale. ne meurent de vieillesse. nul doute qu'elle eût arrêté pour de longs siècles. des langues slaves. s'effraie à la pensée que peut-être il sera damné pour avoir été cicei'onianus non christimius. déjà retardée si efficacement par les efforts du latin officiel et de l'administration impériale. des langues romanes elles-mêmes. rénovatrice de nos langnos modernes elle a été l'insti- La pureté classique. si elle eût entravé la première évolution des dialectes vulgaires. Saint Jérôme. n'estî» pas du tout son fait elle se monau contraire pleine do défiance et de dédain à l'endroit du beau langage et toutes ses sympathies vont à l'idiome vulgaire. La grammaire proprement dite.

. tant qu'une langue répond aux besoins sociaux et intellectuels du peuple qui la parle. L'agent principal de cette restauration fut l'administration romaine les fonctionnaires. usés par les déformations excessives de la phonétique dialectale. parvint à se ressaisir. sur l'orthoépie générale du langage plutôt encore que sur ce qu'on appelle la correction et la régularité grammaticales. § 65. tous les individus tant soit peu lettrés ne parlaient guère que la langue littéraire. que sur le vocabulaire. — 108 — ment comme immortel un peuple ne saurait. C'est ainsi que le latin. il n'y a aucune espèce de raison pour qu'elle disparaisse. sur le système général des flexions et des terminai- — : sons. du temps même. les banlieues urbaines. mots. la grammaire la est déjà très sensiblement mo- Autour d'Abbeville par exemple. qu'il est assez mal aisé de réformer. Dans la France actuelle. c'est-à-dire les campagnes directement et effectivement soumises à l'influence de l'idiome littéraire. sur la forme exté- rieure des mots. puisque chaque génération le renouvelle complètement et indéfiniment. cette influence devait s'exercer moins spécialement sur les formes grammaticales. commun qu'au-delà de la sphère d'in- — Dans l'empire romain. les recruteurs. suivant la remarque de Laveleye. sont repris au français des villes la plupart . sur les constructions et la syntaxe. conservent généralement une prononciation et des locutions plus ou moins patoises il y est vrai. les magistrats. les légats de Rome. sentir comme un individu les atteintes de la vieillesse. d'une dissolution complète. tant qu'elle sait se développer parallèlement au mouvement général des idées. nous avons constaté nous-mème sur un vaste raj-on la prédominance do l'article le sur l'article picard cho qui ne delée sur celle de ville voisine. Il était donc naturel que leur influence s'exerçât peu à peu sur les masses populaires et pénétrât insensiblement leur langage.^^ ()i-65. De même. devient réellement fluence de la ville. mais jamais la phonétique ne s'y avance jusqu'aux phénomènes extrêmes qu'on constate dans des régions situées en dehors de les la sphère d'influence littéraire . Or. les collecteurs et les fermiers des impôts. depuis longtemps menacé § 64. les foi-nies de la langue . à se raffermir pendant toute la durée de l'Empire. les habitants des grandes villes.

Le rôle des armées et il fut est du reste facile certainement le plus "considérable de se le représenter. au début de notre étude. les délégués du gouvernement central. parmi les populations du Latium d'abord. éparses çà et là dans les historiens. nous montre Virginie. la colonisation avec les caractères particuliers qu'elle prit dans les provinces et que nous nous réservons d'étudier dans un chapitre spécial. Tout au début de l'histoire romaine. la future victime d'Appius Claudius. au moins des écoles élémentaires. du reste très vagues. les chefs. quelle qu'ait dans l'administration impériale. — En second lieu les écoles publiques.^ 60. Cette influence naturellement s'est exercée aussi. § 66. III. en contact constant avec les autorités. Les renseignements nous manquent malheureusement pour déterminer exactement la situation des écoles dans l'ancienne Rome et il y a à cet égard plus d'une contradiction dans les indications. Qu'il y ait eu de fort bonne heure des écoles. comme il nous paraît toujours dangereux de révoquer en doute un témoignage ancien. de l'Italie ensuite. en relations avec des individus de toute nationalité. Live. les écoles.. c'est un fait patent et dûment attesté. propagées dans les masses populaires par les armées. où tout homme et passe on comprend que le service militaire devient en peu de temps l'agent le plus puissant dans l'œuvre du nivellement dialectal et de l'unification de la langue. C'est pourquoi. 67 sq. non seulement à Rome mais dans la plupart des villes de l'Italie. Nous avons essayé déjà. de montrer combien a été grande la part des écoles romaines dans la latinisation des provinces. p.» — . Dans une société adulte et valide est requis par la conscription de longues années dans les camps. § 27. allant à l'école sous la conduite de sa nourrice et l'on doit conclure de la description de l'historien que les écoles se tenaient d'ailleurs été leur place exacte . le plus simple est d'admettre que la place occupée dans la société romaine par l'instruction publique a beaucoup varié dans le cours des siècles et que la situation des écoles par rapport à l'État n'était pas la même sous la République et souslerégime impérial. 44. durent jouer dans l'éducation populaire un rôle d'une importance capitale. et dès une époque sans doute ancienne. T.— littéraire furent trois voies essentielles : I ()'.

aucun doute pas moins avancés (pie leur supposer avec quebiue vrais(Mnblance on peut même système d édu- . II.. nous enseigne que l'écriture et même la calligraphie étaient cultivées au même titre que la lecture on faisait copier aux enfants des modèles appelés praescnpta. Les qu'étaient. 32. nous savons par un témoignage formel de Sénèque. à cette haute époque. au moins une instruction rudimentaire femmes mêmes participaient à ce genre d'éducation et les n'étaient donc point absolument illettrées. Mercat. populations du Sud. ut pueros eleme. c'est que la jeune Virginie il y avait donc à Rome dès lev^siècle avant était plébéienne notre ère et probablement déjà longtemps auparavant. . nous apprend qu'on leur faisait épeler dans des ouvrages démodés ou de vieux exemplaires achetés au rabais: Hoc quoque te manet. béiennes. L'Étrurie avait alors des écoles célèbres où les jeunes patriciens de Rome allaient achever leur éducation par l'étude de l'étrusque et probablement de la science des haruspices et du droit augurai. nous parle de son côté des enfants qui apprennent à syllaber dans les écoles. prima littrratura. . le peuple recevait généralement.. . italiques de cette époque ne le cédaient sur ce point en rien aux Romains. xxvii. Ep. En voilà plus (ju'il n'en faut pour nous convaincre que . probablement dans de petites échoppes ouvertes ou même. à lire et à écrire. — sur le 170 — forum. durant l'été. 88.nta docentom Occupet extremis in uicis halha senectus.. 1. les Osques de n'étaient sans la Campanie notamment. II. n'en point douter. Plante.')(). la eiit accès dans les écoles. I. au moins dans car il familles plébéiennes quelque peu aisées <out fort reste malgré peu vraisemblable que. qu'on apprenait. I.< ()(). Ainsi les écoles populaires fréquentées par les enfants des plébéiens. temps les plus reculés. 17. Quintilien enfin. Liv. IX. On connaît la trahison de ce maître d'écolo de Faléries ([ui livra comme otages ses élèves aux mains de Camille. et cela depuis les . même dans les humbles écoles pléplèbe infime . cf. et Horace. Ep. Ce qui est intéressant pour nous. sous une toile en plein vent. xx. des alors . Ce qu'on enseignait dans ces écoles se bornait naturellement à peu de chose pourtant. l'instruction publique à n'était point aussi négligée qu'on eût pu s'y attendre de la part des rudes et grossiers rustres contemporains do les les autres cités que Ajoutons Camille et même de Caton.

cation était caltiuc sur celui des Gi'ccs. Nous serions tenté de l'interpréter autrement et de traduire les : « A l'origine. au moins pour Tôpoque républicaine. les n 11 Romains ne crurent pas devoir" régler par des lois. faudrait alors supposer que dans phrases suivantes. Toutefois demander jusqu'à quel point l'enseignequ'on donnait était libre. admissible qu'un peuple tel que le peuple romain ait systématiquement écarté de l'appareil si scrupuleux de ses institutions publiques un sujet aussi important que celui de l'éducation. etc. est permis de se un caractère strictement privé. Dans l'important fragment du Dr Republica que nous venons de citer. donné à la jeunesse par certains rhéteurs et contraire « à l'usage établi par les anciens ». se réservait donc. nouam disciplinam. iiullam cerlarn tait dcsliiiatani lerjibus runl. L'Etat duction de \[i République. il faut résolument trancher la question. sous l'ancienne république. Ainsi. aucune disposition ofïicielle'ne réglait renseignement des écoles. G/rwci multiim frustra laborarindct in qua urui Polijbiu!< noatcr hospcs nostrorum institulorutii neglegcntlain accusai. Quant à savoir si les écoles romaines étaient entretenues par l'Ktat ou si elles avaient un caractère privé. Principio disciplinam pucrilein 'uujciuiis de qua. Cicéron est sur ce point tout à fait positif. Dans cette hypothèse. certaines rémunérations servies sur les deniers publics eussent récompensé les services des maîtres dont l'en- seignement était approuvé. omnium rsse unluetemps de Poljbeet de Scipion. Nous ferons observer qu'un ment y ancien édit des censeurs Enaeus Domitius Ahenobarbus et Lucius Licinius Crassus. du aut pubUcc e. au ii' siècle. leurs éducateurs et leurs voisins. en fciveur de la seconde alternative. qui sont perdues. dès cette époque. Cicéron signalait quelques dispositions spéciales qui réglèrent par la suite la situation des écoles car il nous paraît vraiment bien peu . p. le reproche qu'adressait Polybe aux institutions romaines porterait principalement sur ce fait . la phrase commence par le mot principio. le contrôle des écoles publiques et rien ne s'oppose directement à ce que. que les commentateurs traduisent unanimement par « en premier lieu ». censure l'enseignement nouveau.rpositam aut unarn. 2 Mai. Repuhl. conservé par Suétone dans le De lesquelles avaient il claris rhctoribus et déjà signalé par Villemain dans sa tra- 218. IV.

parmi les dépenses prévues par l'administation romaine. La chose mérite d'autant plus d'être signalée que. on pratiquait de toute antiquité ce qu'on appelle aujourd'hui le système de l'internat. Cam. De même les écoles nombreuses destinées aux fils des vétérans étaient sûrement entretenues par l'État. cf. à Paieries par exemple. dans d'autres cités italiques comme dans la plupart des villes grecques. XIII. 27. celles-ci ne pouvaient naturellement être défrayées que par le gouvernement romain. A Rome. comme en Grèce. 4. accordait à celles dont l'ensciiJiH'nient était ('(llc'icllenu'nt re- . Plut. L'instruction publique figurait donc. ce système ne paraît pas avoir jamais été en usage. celles où l'on enseignait la. tit. quelquefois par des professeurs célèbres. il est probable que l'Etat : . parallèlement à l'éducation privée donnée aux jeunes gens riches par des précepteurs érudits. que les écoles primaires. de faire instruire les enfants des Barbares dans les lettres latines ce fut un des moyens les plus puissants employés par Rome dans l'œuvre colossale de la romanisation du monde. III.. 11.pri?7îa litteratura. il est vrai.§ 66. cf. C'est ce qui ressort clairement de la lecture de Quintilien. Nous avons déjà fait observer avec quel soin extrême l'administration impériale s'occupa. qui est bien connu et où les deux systèmes d'éducation sont mis en parallèle. Quant aux écoles d'un caractère plus relevé. notammentdu chapitre I. de vastes collèges d'externes fonctionnant probablement d'une manière analogue à celle des gymnases allemands actuels. — 17-2 — que l'État ne prenait point directement en main l'éducation de la jeunesse et ne faisait pas. A peine Agricola avait-il conquis quelque district de la Bretagne. Ce n'étaient guère. 12. tenues par des maîtres déjà plus doctes et })lus éminents. Malheureusement. Liv.. ir. qu'il y installait des écoles. que Rome pouvait ainsi subventionner direciement de ses deniers car c'étaient les seules qui servissent directement sa politique. Y Imtitiitinn oratoire ne nous dit toujours pas si ces écoles publiques étaient administrées directement par l'État. notamment Cod. mais il devait exister sous l'Empire. élever les jeunes gens en commun.. Dans les derniers siècles de l'Empire. Theod. et sans doute pour une somme considérable. la chose ne fait point de doute nous savons positivement qu'il y avait à cette époque presque dans chaque ville un grammaticus appointé sur les deniers publics. . dans les provinces.V.

pour une part tout est impossible au moins. à ce qu'il semble. et que. où cependant l'instruction est obliIl trésor public que par le fisc impérial. c'était une sorte d'école primaire entretenue sans doute directement par l'Etat. Nous le voyons enfin à Naples étudier la littérature grecque sous la philosophie sous l'épicurien Siron ce furent en quelque sorte ses études universitaires. du moins Auguste. avait réglé par un ensemble de lois précises le fonctionnement de l'instruction publique dans l'empire. 07. est rémunéré tant par le semble d'autre part que même les petites écoles plébéiennes n'étaient jamais entièrement gratuites. évidemment comme moyen politique. commune de son côté n'ait snmine fournie que la pas contribué. à soutenir les écoles célèbres qui faisaient affluer dans chaque ville les jeunes gens de toute la province. Nous voyons Virgile entrer à douze ans à la petite école de Crémone. : C'est César le premier. gramm. que Verrius Flaccus était appointé à raison de 100. gatoire. Caes. sinon luimême. on versait sans doute directement cette redevance entre les mains du magister.— par la finance n3 — la Il i.. Nous savons. où il dirigeait l'éducation grammaticale des ped'Auguste. 42. cite de lui une loi par laquelle tout grammaticus étranger établi dans l'Empire reçoit de plein droit le ius ciuitatis opthno iure. ce qui prouve bien qu'elles étaient directement soumises au contrôle de l'État. Quintilien. Il passe ensuite à Milan pour faire. occupé sérieusement do l'organisation du système scolaire dans l'Empire romain.. comme on dit en Allemagne. On voit par là l'importance qu'il attachait aux écoles. tout en conservant son école. Après les invasions germaniques et la dissolution de l'État romain.000 sesterces et logé Parthénios et : tits-fils au Palatium. Suétone. qui se soit § 67. De illustr. à Rome. son successeur. comme cela se pratique encore en Autriche par exemple. ses études de gymnase. et il est de toute évidence que. I. Saturn. 12 nous apprend que cette rétribution devait être versée par les parents au mois de mars de chaque année il y avait donc des ordonnances légales réglant le régime des écoles. Gains et Lucius. 17. un peu plus tard. toute cette partie de l'édifice — . Macrobe. par un passage de Suétone.. connu certains subsides destinés à parfaire des étudiants inscrits. les parents des élèves étaient astreints à acquitter une certaine taxe.

le morcellement dialectal fit des progrès effrayants. les Barbares à envoyer leurs enfants aux écoles latines. rien ne devait être plus facile que de contraindre. p. le illettrés s'accrut. fût-ce par des voies officieuses et indirectes. l'ignorance langue écrite tomba dans l'oubli': alors précisément les patois locaux se réveillèrent. — 17 i — nombre des impérial s'écroula naturellement avec le reste. Car il faut remarquer que la plupart des grands phénomènes phonétiques et linguistiques devint générale. Dans les provinces princi- palement. On comprend dès lors le rôle immense que les écoles ont dii jouer. où le gouvernement possédait des moyens d'action certainement beaucoup plus radicaux et plus directs qu'à Rome ou en Italie. Dès l'an 527. ce serait bien mal connaître le caractère essentiel- lement pratique et toujours conséquent avec lui-même de leur administration et de leur politique. la qui caractérisent les divers parlers romans tombent précisév'^ ment dans cette période de désordres et d'anarchie sociale et siècles jusqu'à la intellectuelle qui s'étend depuis le iv° et le première renaissance sous Charlemagne. Déjà sous la 1. Ainsi. 69. durant cinq siècles romanisation. Les écoles. effrayé de l'ignorance croissante qui gagnait jusqu'au clergé lui-même. et toute l'histoire du latin vulgaire s'éclaire aussitôt d'un jour nouveau et lumineux. c'est moins le latin vulgaire d'Italie apporté par les et plus. On voudra bien se souvenir des quelques exceptions que nous avons signalées plus haut. les maîtres se dispersèrent. nous ne saurions admettre que les Romains n'aient pas su tirer de leur système d'écoles publi([ues tous les résultats qu'on en pouvait attendre à l'égard de l'unification de l'Empire. les langues romanes parurent. avait essayé de renouer la tradition ancienne en ordonnant l'ouverture d'écoles épiscopales organisées sur le modèle des vieilles écoles romaines sous l'Empire mais ce fut une tentative isolée qui ne parait : pas avoir porté ses fruits.î. se fermèrent. . le deuxième Concile de Tolède. dans l'œuvre de la premiers colons que l'idiome officiel enseigné dans les écoles et parlé par les fonctionnaires et les magistrats qui se propage en réalité dans toutes les provinces de l'Empire. qui avaient jusque-là jalousement gardé l'intégrité de la langue latine. 07. Sans aller jusqu'à prétendre que la fréquentation des écoles primaires ait jamais été rendue obligatoire par les ordonnances impériales.

République. Dans un livre paru en — 1882 sous le titre alléchant de Rô mise h und RonuDiiscJi. cette restauration savante se heurta de même contre les habitudes déjà trop profondément ancrées du vieux latin vulgaire. alors que depuis l'époque du latiu d'Italie le plus ancien les peuples italiques avaient perdu la notion d'une différence sjaitactique entre l'une et l'autre forme. des écoles romaines {)our la jeunesse espagnole. mêlé de tous les dialectes de l'Italie. qui se trouvent l'une et l'autre dans des conditions de romanisation tout à fait spéciales. et les jeunes Romains s'en vont étudier le latin à Lyon et à lîordeaux. Gaule que l'on considère comme la déposiirice des traditions de la pure latinité. Le peuple même y conservait des llexions. j'imagine que le latin qu'on y enseignait était plus voisin de la langue de Caton et de Plante que du langage des camps. lorsque Seriorius fondait à Osca. à Cordoue. en Espagne. sans que jamais la langue littéraire fût parvenue en Italie à la rétablir. depuis trop longtemps habitués à leurs patois locaux latino-italiques. En Espagne. que les Italiotes. c'est la Au § 68. que « Niemand hat in ihnen n'y a point à tenir compte. Eyssenhardt. Il constatait d'abord. la le Le premier qui ait entrevu le rôle exact . plus proche du la- même que dans le Latium.— 175 — ^ (IS. puis à Séville. ce ne fut qu'en Gaule qu'elle réussit pleinenient\ tin littéraire qu'en Italie. 1. bien plus que l'Italie. à cette grammaire précise et systématique. ainsi que nous le verrons bientôt. peut-être iv" siècle. Il arriva ainsi cette chose intéressante que bientôt on parla en Afrique. des formes. Il de la . C'est ainsi qu'en Gaule on continuait à distinguer nettement domnl et donaiôs.joué par langue littéraire dans la restauration du latin vulgaire est philologue allemand Fr. on Gaule. ouvrage bizarre d'ailleurs et conçu dans un esprit fort peu scientiiique. des distinctions grammaticales déjà sorties de l'usage partout ailleurs. et sans doute les jeunes cerveaux ibères ou celtiques étaient moins réfractaires à cette étude entièrement nouvelle pour eux. pas plus d'ailleurs que de la Rhétie. l'auteur déclarait que le latin en usage dans l'Empire romain était conforme au latin classique créé par les poètes du siècle d'Auguste. un latin plus correct. en parlant des inscriptions murales de Pompéi. Dacie. lors des premiers progrès de la colonisation romaine.

p. il citait. p. eroberte er erst Italien und dann die Provinzen ». jamais le Tasse en Italie ni Corneille en Franco n'ont agi directement sur le parler du peuple. — iTf) — irgend eine Spur von einem andern Idiom gefunden. « Mit anderen Worten. kùnstliche Spraclie. S'il l'a entendu ainsi. fixé par la littérature classique et transformé en une sorte d'idiome savant et artificiel dont l'usage devint peu à peu général. p. welches im eigentlichen Italien auf Abwerfung derselben hingedningt hatte. 130. par parenthèse. Il semble bien supposer en effet que la prononciation latine. l'auteur de R'ômisch und Ro~ peut-être ne s'en iiianisch n'a pas très clairement indiqué. existirte hier nicht.994 inscriptions. als das war.^ 68. quel qu'ait été son génie et sa gloire. fut progressivement émondé. 128. dessen sich Yergil und Ovid bedienten ».. a influencé directement le langage vulgaire. sur un total de 8. p. Mais l'idiome littéraire assoupli et réglé par le talent dos grands — — . aber in seinen Folgen durch die Entstehung der poetischen Sprache gewissermassen unterbrochen worden war. car jamais aucun poète.. comment ser Gestalt. le latin de la Cisalpine qui. als eine. Sans doute. ce qui. n'est exact que dans l'ensemble et cesse d'être vrai dès que l'on entre dans le Ejssenhardt s'efforçait ensuite de montrer en tant que langue parlée aussi bien que comme idiome écrit. 45. » Sittl. Il concluait par cette phrase significative. alors que le rejet de ces finales était de règle sur les inscriptions archaï(iues de l'Italie. ne montre que 45 fois la chute de -m final el 8 fois seulement celle de -5. 129: « und in diedétail des formes. prend vivement à partie cette théorie d'Ejssenhardt et déclare que jamais Ididénatioiialisation fEntnationalisierung) d'un peuple ne s'est opérée par la voie de la littérature. ajoute Eyssenhardt. comment très exactement compte lui-môme rendait-il pas pénétrer des auteurs classiques avait pu littéraire latin le assez profondément dans les masses populaires pour s'y naturaliser en qualité de langue parlée. R'ôm. dièses Land bekam die von den classischen Dichtern festgesetzte Sprache mit den Endconsonanten und dasjenige Sprachgefiihl. iind Ro?n. le latin. wenn man will. Comme exemple de cette propagation lente du latin littéraire en qualité d'idiome parlé et courant. réformée et fixée par Ennius et ses successeurs poétiques. il est évident qu'Eyssenhardt a eu tort et les reproches de Sittl sont fondés. poli. Verschied. Lok.

avec raison croyons-nous. de ne pas entrer lui-même dans les détails de cette délicate histoire où s'est depuis exercée la profonde érudition philologique de Louis Havet. — Clironologie du latin vulgaire. que obligations de la milice et au système de la colonisation. à la théorie de Louis Havet de s'être attachée trop exclusivement aux causes métriques des phénomènes divers qui ont amené. der lut. devient les la norme de alors. dans les agglomérations urbaines d'abord. reusement exacte et restriction. 135 sq. §37. Il a eu la prudence. Histor. dans le et le sermo fo7'ens/s langue littéraire contamine à son tour l'idiome spécial parlé par le peuple. Erlaugen. dans les bourgades reculées beaucoup plus tard.— écrivains s'impose d'abord 177 — . franc. dans les Etudes Romanes dédiées à G. nous semble infiniment trop réservé lorsqu'il constate simplement que le rôle actif joué par les provinces dans l'histoire littéraire de l'époque impériale (et par conséquent la vitalité qu'y témoignait la langue littéraire) n'est pas resté sans inlluence sur le développement historique de la langue latine. gaudium a déjà fait place à gaudia en toute position. 1883. I. De qenere neutro inlereunte. C'est pour ces motifs que Stolz. 49. la chute MoHL. a reproché. p. — Nous croyons qu'Eyssenhardt a touché juste. dans le latin littéraire. Paris (1891). substitués au singulier. à l'égard des pluriels neutres tels que gaudia. p. 12 . R'ôm. joie. C'est quand elle s'est établie dans les écoles. dans les admi- nistrations. j. Gramm. Spr. C'est de la § 69. Gaston Paris. d'abord dans la langue poétique et à l'origine pour des nécessités purement métriques. comme langue écrite. und Rom.. tout texte écrit quelconque cercles officiels l'adoptent et la société polie en fait son langage usuel. comme c'était le cas sous l'administration romaine grâce aux la sprmo urhanus.. dans son compte rendu de la Romania. p. dans le langage des villes.. il est vrai. lors- qu'il considérait l'histoire du rétablissement de -s final en latin vulgaire. f/audia\io\ir gaudium apparaît régulièrement à l'élision. ()9. 303 sq. S caduc en latin. comme l'épisode le plus typique de ce long et compliqué procès. chez Claudien. la théorie d'Eyssenhardt nous parait rigou- nous l'acceptons sans aucune espèce de même manière que nous souscrivons à la thèse soutenue par Appel. Chez Ovide. dans les campagnes éloignées seulement si cellesci se trouvent en contact régulier avec les grands centres. Ainsi interprétée.

sur ces désinences en vieux latin. de qu'il n'y a aucune raison sérieuse d'interpréter i. restèrent continuellement en usage et ne sortirent jamais de la langue littéraire legeris ou légère. parce que le grec des colonies de la Grande-Grèce . Opmc. magis ou mage . p.t:. cf. en : Mém. d'autant plus que rien.§ 69. c'est. Là où le modèle grec faisait défaut. Les deuxièmes personnes du pluriel en -lis. qu'il soit nécessaire de chercher une distinction originelle entre les deux désinences. Nous croyons qu'en ceci comme en tant d'autres cas relevés déjà par Havet. le doublet svntactique -tis: -te a été ici utilisé pour distinguer Ritschl. equôs. avec et sans -. Anm. Speijer. Ling. cf. 405 sq. Brugmann. nous parait à l'origine aussi artificielle que celle de l'indicatif /p^er/^ en regard de l'impératif légère o\\ celle du masculin celeber à côté du féminin celebrix. quelle que soit d'ailleurs leur origine. legimiis. IV.y. 188 sq. n. crojons-nous. sing. à notre sens. = . pas même le très énigmatique eite de l'inscription lïerentas de Corfinium' ne nous atteste le dualisme primitif de cette flexion.s puis le rétablissement de -5 final. était dès le latin prélittéraire caduc en certaines conditions syntactiques. noctés^ uesperâs. c'est un fait connu et depuis longtemps constaté. cf. 'sans 1. Nous nous sommes déjà expliqué. t.. fmHis ou faille. — 178 — Que -.oz. sur les P/' p.exe de la ci'iption par le latin /c. c'est-à-dire suite pour sultis dans Ennins. 103. fzG-ipxç^ etc. '/d-{0[j. même même insplus haut quant aux doutes que peut éveiller l'interprétation de l'inscription Ilerentas proposée par Thurneysen. "îy. 1357 sq.o)./islis. Soc. prononçait en toute position lz\j. Grundr. c'est le grec qui a servi de modèle aux auteurs de la langue classique -s final a été immobilisé dans domus.. equos. . p. Stowasser. les deux formes. Iav. pour des motifs de régularité grammaticale et à l'instigation de puristes désireux de fixer la langue sous ses formes les plus pleines et les moins dégradées. l'indicatif de l'impératif. II. dans les autres dialectes italiques. Keller et d'autres. 622. cf.. Y. C'est pourquoi la distinction fonctionnelle entre legitis et legite. eris analogiquement tirées de -ère grec -si. mlti. II. et si cet 5 a été par la suite partout restauré sans condition dans la langue classique. imte ])cut signifier tout nutre chose que lie. de doute que c'est d'une manière quelque peu il n'v a pas artificielle. . rjv-t:.9 final. En réalité. cf.. se sont maintenues malgré le grec --i parce que.o:. compliquer gratuitement une question déjà délicate par elle-même.

p. dans cette région tout au moins. cf. -s final. -s final est stable et ne tombe que tout à fait exceptionnellement. après une histoire passablement compliquée. d'une façon générale. 30. comme nous le verrons tout à l'heure. Planta. croyons-nous. En ombrien.flexions en -5 ne s'établit. n^ôO. Lomb. § 256. d'une manière définitive dans le latin littéraire que dans le cours du i"'' siècle avant notre ère c'est donc un fait relativement récent même dans l'idiome écrit. Rendiconti ht. peut être considéré comme la forme normale. d'origine phonétique si ce n'est pas simplement un accident de gravure. lat. § 70. à cette époque. finit par succomber En falisque. quoi en soit. Le Anniiei n'est point. Au moment de la Guerre Sociale. 29. 1891. Planta. Cïpius. ce serait plutôt un premier présage de la fusion prochaine du génitif et du locatif sous l'influence du latin. Lattes. 11 ne faut pas davantage tenir compte du génitif Anniiei sans -s sur une inscription de Capoue. cf. exemple n'a en que FiLio. avoir été menacé: Paapii. qui est du même lieu de la même époque. sur une inscription de Caprarolo. Il en est de même des noms propres sur les briques de Pompéi. 582. et effectivement les exemples abondent même sur les inscriptions les plus anciennes.. p. 117. Paapi sur les monnaies de la Guerre Sociale en est une preuve difficile à contester. En osque. . — Dans le nord au contraire. réalité d'autre nominatif sur terre falisque Deecke. à côté de Virriieis dans et la formule identique du n° 1 30 génitif . par exemple dans la combinaison upsatuh: sent Tpour ûpsat as sent « operati sunt » sur un vase de Suessula. I. -s final paraît bien. La langue vulgaire de l'époque républicaine se comporte tout autrement et il y a lieu sur ce point de distinguer. à telles enseignes que fîfius par passées plus simplement. le phénomène avait pris dès une époque ancienne des proportions considérables. dès l'origine. Sur un matériel épigraphique en . entre les différentes régions de l'Italie. comme dans lo grec La restauration générale des qu'il . Les textes latino-falisques répondent exactement à cet état de choses. les habitudes de la prononciation latine tendent enfin à prendre réellement pied dans l'osque du Samnium et de la Campanie et. Deecke. les choses seml)lent s'être : mais le résultat fut le même la chute de -s final y est absolument régulière le nominatil Cepio. de la Grande-Grèce et de la Sicile. n° 137.

en dehors des nominatifs en -o. on peut penser que cokneli représente coi{NEI. la pierre tout cas dans un caprice du graveur. . — 180 — somme restreint. particulièrement sur les briques découvertes à Fallcri (Falerii noui).i(». devait être sensiblement la môme pour les autres formes en -s. cf.v. Si le nominatif des thèmes en -o se fixa sans -s au singulier. un moins en certaines positions syntactiques. l'omission de -v final ne peut absolument s'expliquer que si cette lettre avait effectivement cessé d'être entendue dans le nom en question et tout au moins dans les conditions données. donc bien admettre qu'en 241. etc. comme le fait Louis Havet. . pour les nominatifs cornelio et corneli des elogia ScipionumS à une simple abréviation due au ment.v). A la rigueur. o07. 1.. MVMMi.s' n'est point j)urement latin ou du moins n'appai-c'est une désinence du latin d'Italie. voit néanmoins dans cokneli comme dans oppi. D'un autre côté. tient point à la langue classique Ritschl.est un cas exceptionnel que la nature mémo de ce texte explique ample- ayant peut-être été gravée à l'étranger. Bientôt les nominatifs en -o de la deuxième déclinaison échappent à peu près seuls au procès de réintroduction de -s final. des nominatifs en -i(s) plutôt (pie des abréviations de -î(us). lorsque les Romains l'Ager la colonisation de la conquête et faliscus. nous pouvons croire que la concurIl faut commencèrent . VALEIU. . la fixation paraît en train de s'effectuer . p. Plencs et autres semblables. Deecke. en latin déjà sensiblement plus perfectionné que le patois local en usage dans l'Ager faliscus. l'inscription votive des I'\alisques de Sardaigne avec l-latrivs-k-f.^ 70. puis sur les titres latino-falisques. les nominatifs sans -s sont si nombreux qu'il est matériellement impossible de songer. otc. (Jpusc. sq. Ceux-ci en revanche se maintiennent résolument sans sifflante finale. S latin caduc. -i pour -2». 'iS. Son rétablissement se fit ensuite peu à peu pour obéir aux nécessités de la flexion mais une utilisation morphologique dut en même temps décider entre l'adoption des doublets avec ou sans sifflante finale. 2443. la chute de -s était déjà assez avancée dans le pays. nous relevons jusqu'à dix-sept exemples de nominatifs en -o et la proportion. IV. Mais déjà. car -î. n°61. Fabretti. Cornelio tout au moins ne saurait passer pour une abréviation dans un texte tel que le nôtre. à l'origine. les noms en -es se de -s final montrent avec ques. la sifflante môme sur des titres anciens purement falis- par exemple PeùnoiPs. 1.


ronce de
racciisatif pluriel
;

181

;<

70.

ici loul naturellement phonétique falisque exige -o, non -u final, donc le même vocalisme qu'à l'accusatif pluriel. Rien de plus simple par conséquent que de distinguer /I//0, nominatif singulier qX pliôs, accusatif pluriel. En vieux latin, les exemples de nominatifs singuliers sans -s sont considérables et il suffit de jeter les yeux sur les interminables listes de l'index du Corpus, 1. 1, pour arriver à cette conviction que ces nominatifs sont restés la forme la plus usuelle jusque vers l'époque de César dans le latin généralement parlé dans

indiqua-

cette

option

précisément

la

l'Italie centrale.

La restauration de -s final au nominatif est visiblement une tentative partie de l'idiome littéraire l'épigraphie montre très clairement que la réforme est venue de Rome et tend à se répandre de là sur le Latium et l'Italie. Les épitaphes de Préneste par exemple, qui appartiennent au 11^ et au début du i" siècle avant J.-C, ignorent encore presque totalement les nominatifs en -os ou -us sur une centaine de titres à peu près, nous ne relevons guère que trois nominatifs en -os: AViLios, CIL. I, 85, CAsios, zô., 1,01, oRcvios ib., I, 133, et trois ou quatre en -us: caltiys, ih., I, 87, flacvs, ib., I,
; ;

130, AFiLivs,

Ephem.
I,

DCVMivs, CIL.
cio,
lité

epigr., I, 26, orcyivs, II33, etc., à côté de anici, CIL.
I,

ib.,
I,

I,

89,

75, ani-

Ephem.

epigr.,

29, orceyio, Garr., 720, et une quanIl

d'autres exemples semblables.
elles

est difficile,
si

à l'égard

des formes en -os tout au moins, de dire

elles sont

ancien-

dépendent du procès de restauration inauguré par le latin littéraire à Préneste précisément, il ne semble pas, au premier abord, que -s final ait jamais été sérieusement menacé par des raisons phonétiques. Les miroirs et les cistes du m" siècle découverts dans la campagne de Préneste ne présentent, croyons-nous, aucun exemple sûr delà chute do -.s final, car oreste, Garr., 526, n'a perdu son -s que par l'action destructive du temps sur la gravure, et metio, Garr., 539, fait partie d'un texte parfaitement inintelligible; novios
nes ou
si
:

PLAYTios, sur

la cista ficoroniana, agiles, fercles, mirqyrios, LYQORCOS, yeritvs, yenys Seraient au contraire des exemples

tout à fait concluants,

s'ils représentaient effectivement la langue de Préneste au m" ou môme au iy° siècle. Comme il est infiniment probable que ces miroirs et ces cistes ont été fabriqués et gravés dans (|uel(jue centre itabj-étrusque par des

i;

71.

__-

]82

ouvriers étrangers, on voit qu'en réalité on n'en peut tirer aucune espèce de renseignement à l'égard de l'histoire de -s
final

en latin et la question reste ce qu'elle était. D'autre part le tombeau des Furii à Tusculum présente uniquement des formes sans -s, avec une persistance qui, ici encore,

ne permet pas d'attribuer cette omission à une abréviation du graveur. Ces épitaphes des Furii sont sûrement antérieures à celles des Scipions, cf. Ritschl, De sepulc. Furior., op. IV,
p.

257

sq. Elles datent

m"

siècle et

donc au moins de la première moitié du quelques-unes, celles qui sont peintes simple-

ment au minium sur les sarcophages, ont un caractère si archaïque que, en l'absence de données historiques certaines sur ces premiers Furii, on peut sans trop de témérité faire remonter les inscriptions en question à la fin du iv' siècle. On arrive ainsi à cette conclusion dernière que les nominatifs sans -s final sont fixés dans le Latium dès la fin du iv*^ siècle, et cela en dehors de toute influence de phonétique syntactique, puisque les tombeaux de Tusculum ontaussibien q-foyrioA-F- devant voyelle que fovrio-m-f- devant consonne. Les clogia Scipionum qui sont, il est vrai, postérieurs au moins de soixante à soixante-dix ans pour quelques-uns et proviennent du voisinage immédiat de Rome, n'ont que deux exemples sûrs de nominatifs en -o [L. Corneli]o-CN-F-sciPio, CIL. I, 29, et [L.] cornelio-l-f-scipio, z'ô., I, 31. Partout ailleurs apparaît déjà la désinence classique -lis, Cornelhis Lucius Scipio Barbatus, progiiatus, situs, itictus, etc., réserve faite de filios, th., I, 32, qui est peut-être pour filiom, Havet, S caduc, p. 306, et de mortyos, ib., I, 35, qui est normal. D'autre part, l'accusatif singulier conserve encore visiblement l'ancien vocalisme, avec ou sans chute de -m final Samnio, oino, optumo, iiiro, Liiciom c'est seulement à partir de l'épitaphe CIL. I, 33, supposée de Publius Cornélius Publii filius Scipio, fils du premier Africain, augure en 574
:
:

;

de Rome, Liv. XL, 42, que se montre également l'accusatif en -Km et, autant qu'on en peut juger, d'une façon déjà nettement exclusive ingciiium, prognatum, g?'e?nif(, CIL. I, 33
:

;

saxsum,

il)., I,

34; crcatum, ib.,

I,

38, etc.;

cf.

aussi génit. plur.

niitiorum, ib., 1,33; 38, à côté pourtant de duonoro, ib., 1,32.

§ 71.
liipics

Comment interpréter
?

ces faits en apparence chao-

et contradictoires

La

clé se trouve, croyons-nous.


-os

18:^

.^71.

dans celte remarijue <iae les iioiniiiatifs masculins en -o pour comme sur les épitaphes de Tusculum se trouvent exclusivement d;ins les inscriptions simplement peintes au minium sur les sarcophages, jamais dans les épitaphes gravées. C'est là, à notre avis, un fait patent et nous sommes surpris que cette observation n'ait point encore été faite, à propos surtout d'un texte aussi connu et aussi souvent étudié (juc les elogia Scipionum. Quoi qu'il en soit, cette remarque nous permet de distinguer trois formes bien distinctes dans la latinité de ce monument: d'abord les inscriptions peintes, avec lee nominatifs en -o et avec tous les caractères d'uns orthographe essentiellement populaire, exempte de toute préoccupation étymologique ou savante, par exemple coso/, cesor, etc. Ces épitaphes, qui indiquent simplement les noms et les titres du défunt, ont dû être peintes sur les sarcophages au moment même des funérailles, à la manière de ces croix de bois que nous plaçons aujourd'hui sur nos tableaux à titre provisoire, en attendant l'exécution du monument de marbre ou de bronze. Mommsen, et déjà avant lui Ritschl, Die iiltest. Scipioneiiinsch., op. IV, p.

212

sq.,

considéraient ces

parties

comme

plus anciennes (|ue les autres; mais,

comme

l'a

remar-

qué Corssen, Auspr., II", 93, il est assez difficile d'admettre que les inscriptions d'un même sarcophage aient été exécutées à des époques aussi différentes. La vérité est qu'il ne s'agit pas ici d'une différence chronologique dans la langue employée par les peintres et par les graveurs. Les peintres étaient sans nul doute des ouvriers peu lettrés ils ont visiblement fait usage du latin généralement parlé à cette épo(|ue par les classes populaires. Puis sont venus les graveurs ({ui, avec une exactitude et un soin dont il n'y a pas à douter, ont reproduit dans la pierre les épitaphes proprement dites, rédigées en vers saturniens par un poète lettré et dont le texte exact était constamment sous les yeux des graveurs pendant toute la durée du travail. Nous avons donc ici déjà affaire à un texte savant gravé, par une fortune assez rare, à C(3té d'un texte vulgaire sensiblement contemporain le sarcophage de Scipion Barbatus par exemple porte sur la face supérieure le nom du défunt en couleur rouge et sous la forme Cornelio, tandis que l'épitaphe en vers est gravée sur la face antérieure et répète le nom sous la forme Cornclius.
;

;

.^

71.

:

ISi

-

catégories distinctes

Les inscriptions gravées se divisent elles-mêmes en denx les plus anciennes, celles de Scipion Barbatus, fils de Gneius Cornélius, censeur en 464 de Rome, et de Scipion, fils de Barbatus, qui fut censeuren 496, tombent dans une période de la langue où déjà -os final a passé régulièrement à -us alors que -ow, -o reste encore intact. Les plus récentes au contraire, celle supposée de Publias Cornélius, fils du premier Africain, augure en 574 celle de Lucius Cornélius, questeur en 587, et ainsi de suite pour les autres, écrivent également -um pour -om, -o final, à part ANTioco pour Antiocum, qui peut passer, sur l'inscription de Lucius, CIL. I, 35, pour un vulgarisme échappé au transcripteur. Dès lors, les faits sont clairs l'ancienne désinence -os, celle de la fibula de Palestrina, Manios, qui est du vi° siècle avant J.-C. (Helbig), celle du vase du Quirinal, Buenos, du vase de Tarquinies, Canoleios, Caleiios, CIL. X, 8054, 2, du puits de rEs(iuilin, Antonios, Garr., Add., 2340, etc., conservée régulièrement par l'orthographe urbaine, est déjà articulée -us dès l'année 270 av. J.-C. environ, tandis que lagra]ihie -W7Î n'apparait qu'à partir de 160 environ '. Quant à la rusticitas du Latium, elle tend, dès la fin du iv*" siècle avant notre ère, à fixer en toute position la fiexion -0 à l'exclusion de la forme -os témoins les sarcophages de Tusculum. Rien n'indique que cette désinence, en Italie, soit jamais sortie du langage strictement vulgaire: non seulement elle continue à figurer, à côté de la forme littéraire -us, dans les inscriptions peintes da tombeau des Scipions, mais des titres bien postérieurs l'attestent positivement. Les bornes de Venouse, CIL. I, 185, 186, avec les nominatifs ravelzo, coMiNio MALio, ue Sauraient guère, en dépit de leur orthographe archaïque, être antérieures à l'année 150 avant J.-C. environ telle est du moins l'opinion générale des épigrapliistes. Ritschl, avec une précision sans doute quelque peu exagérée et que ne comporte guère la nature forcément très vague de ce genre de données, fixe les années 620-630 de Rome, soit 133-123 avant J.-C, comme date extrême des
;
:

:

;

1. Nous n'examinerons point la théorie de Wôlfflin, licviio de Phil.. XIV, 113 sq., (|ui date les elogia de l'an 200 et en attribue la rédaction à Ennius lui-nièuic notons que l'épitaphe cil. I, 34, tout au moins, (|ui porte s.wsvm, ne saurait être antérieure à l'an 183 d'après le critérium de lîitschl touchant xs.
;

18.)


Les découvertes

i;

71.

inscriptions avec chute de -5 tinal.

faites

depuis l'époque de Ritschl par l'archéologie romaine pern:iettent de descendre cette limite à peu près jusqu'à la Guerre

Sociale et au temps de Cioéron.

Mais ces dates mêmes sont purement illusoires, car il est de toute évidence qu'une foule d'inscriptions d'un caractère plus ou moins provincial ou populaire ne portent -s final que pour obéir à l'orthographe classique et que, dans la plupart
des cas, ce -s ne se prononçait point.

Une

inscription en hexa-

mètres, CIL.

I,

1442, déjà souvent citée et qui, d'après

Momm-

sûrement à la fin du siècle, commence par EST-EQvos-PERPVLCER OÙ il faut nécessairement lire ^ç-î^o. Cioéron, Orat., XLVIII, 161, déclare formellement que la chute de -s dans la prononciation a quelque chose de « subrusticum » donc, de son temps, il y avait des flexions, celle du nominatif singulier particulièrement, qui, comme dans le latin archaïque, étaient encore en règle générale dépourvues de -s dansla langue vulgaire. Sous l'Empire, il est vrai, au moins sous Auguste et les premiers Empereurs, les exemples épigraphiques sont rares, mais c'est uniquement que l'orthographe classique, à cette époque, est partout dominante. Il n'en faut rien conclure quant à la prononciation vulgaire. La preuve en est qu'à partir du 11° siècle de notre ère, lorsque le latin littéraire et l'orthographe officielle commencent à céder devant la poussée toujours grandissante de l'usage vulgaire et de la langue parlée, les exemples épigraphiques de formes sans reparaissent, au moins en Italie. Entre 150 et 200, comme le remarque W. Mejer-Lidike, Latein. Spr., § 22, les formes sans -5 final deviennent fréquentes dans l'Italie centrale, cf. par exemple CIL. IX, 2305, 6408, etc. À partir du m' siècle, les exemples ne se comptent plus: FiLio nominatif, sur un titre de Noie, Inscr. Neap.,
sen, appartient
; -.s-

f

2076, LTBERio, Rossi, I, 24, de l'année 298, etc. cf. aussi dat. plur. LABORiBO, sur une inscription d'Algérie du temps de Tibère II, Schuchardt, Voc, II, 170; eio, génitif sing.,
;

Rossi,

I,

1128, de Tannée 338, Schuchardt, ibid.

On

arrive

ainsi sans transition
Tifalien', et
il

aux langues romanes, en particulier à faut bien conclure de ces faits que les flexions
continuent directement, i^am solution de
dans

romanes sans
1.

-s final

On

le latin

verra plus loin ce qu'il faut penser des nomin. sing. en des Gaules.

-s

§

7-2.

]8(j


;

continuité, les llexions correspondantes de l'ancienne rnsticitas

du Latium et du latin archaïque car il est vraiment difficile d'admettre (et c'est en somme à quoi aboutissent les théories actuelles), que -s final ait été constamment muet dans la prononciation vulgaire pendant toute la durée de la République, qu'il ait été ensuite uniformément rétabli partout comme en latin classique pour succomber de nouveau, un siècle plus tard à peine, dans la langue populaire.

roman continue non point

Ce qui a conduit à cette théorie bizarre que -o -o archaïque et rustique pour -os, mais bien -us littéraire, c'est que par exemple nianus maman, avec II primitif, aboutit également à mono en roman. Mais rien ne prouve qu'il s'agisse ici d'un procès purement phonétique manus, manum, ou mieux, manu « main » est si près de ma?io « bon » ou ?nanos, manom que les rares thèmes en -i( ont bien pu être de bonne heure attirés dans la déclinaison en -0 l'unification partielle des deux déclinaisons dans la langue littéraire devait d'ailleurs favoriser grandement le procès d'unification complète. La preuve que ?nanu a été d'âhord
§ 72.
;

;

traité

comme

bojio et a passé à

mano dans

le latin

vulgaire

croyons-nous, dans les nombreux exemples épigraphiques d'ablatifs de la quatrième déclinaison en -6: viso, CIL. I, 1109, Ostie, fin de la République; vso, Grut.,
d'Italie se trouve,

201, 2; iNTROiTO, Orell., 2103, de l'an 211 de notre ère; à partir de la fin du ii" siècle, les exemples abondent, cf. Schuchardt, Vokal., II, 188 sq. Il en est de même de l'accusatif

Schuchardt, ibid. Ce qui démontre l'a déjà reconnu Schuchardt, qu'il s'agit ici d'un procès analogique relativement ancien et nullement d'une question de phonétique, c'est l'absence absolue d'exemples épigraphiques d'un génitif */y/«/i6/.s' pour manûs^ d'autre part manô fonctionne aussi bien dans le langage des

MANOS, idos, du reste clairement,
pluriel

etc.,

comme

\

inscriptions pour
le latin le

manu

que pour manul. C'est ainsi que, dès

plus archaïque, nous voyons lânus, lânô, lânl suc-

céder à lânus, lânul, lânûs.
d'Italie a dû,

Le passage de manu- à mano- dans le latin provincial comme la plupart des phénomènes caractéris-

tiques du latin vulgaire,

commencer dans
p.

les

régions du nord,

1.

Sur

le (Intnt)s

d'Auguste, voir

50

s(i.

187

;<

7-2.

on Ouibrie principalonicnt. Les Tables Eugubiue^ montrent en effet très nettement qu'en ombrien la tioxion -um, -u passe à -om, -0 trifo, VI Z», 58, Vil a^ 47, pour l'accusatif latin « tribum » nnsprinio, a>^<'nalo plusieurs fois, supin en -tum.
:

;

L'accusatif ombrien du thème

manu-

était

donc

très

sûrement

*mano\ La
cial

prononciation ombrienne et celle du latin provinl'Italie du nord suivent donc sur ce point des voies de
latin littéraire, cf. aussi

diamétralement opposées à celles du
sur cette question, Schweizer-Sidler,
XII, 231 sq.

Z/.sr/f. vcrgL Sprachf., -om, probablement à l'origine avec ouvert comme ô bref en général, passe à -os, -ôni avec 6 fermé qui se confond bientôt avec u: d'oii l'orthographe bonus, uèrus, plus tard même, à partir de Quintilien, mortuus, serints^. Pourquoi les lettrés de Rome, vers le milieu du iii°siècle, c'est-à-dire au moment des premiers essais des Grecs en langue latine, se sont mis tout à coup à prononcer lupos au lieu de lupqs, et si ce n'est pas uniquement parce que Livius Andronicus et sa troupe de comédiens grecs articulaient ô de c'est là une lupos comme ils prononçaient A'j/.oç, avec ô question dans les détails de laquelle nous n'avons pas à entrer ici^ Si l'on veut bien se souvenir que ce sont les Grecs qui ont créé le latin littéraire, l'explication de lupqs, lupus par Xjzoç n'a en réalité, croyons-nous, rien de bien extraordinaire. Des faits semblables existent dans toutes les langues du monde et il n'est que trop certain que riniluonce savante s'exerce sur la prononciation aussi bien que sur les formes et la syntaxe. C'est ainsi qu'en bulgare on prononce couramment aujourd'hui ynpaB.iflBaMT. ce au lieu de jnpaïuiuiiMb cc^ d'après le russe, et il y a de même des gens qui prononcent jiB.iaisaM'r. co pour

A Rome,

-os,

:

pour un peu, la société lettrée articulerait ru'M.ia au lieu de awia. En français, now^^^Tononqows, appendice, pentagone, avec e nasal au lieu de a nasal comme dans comaBaBaMT» co
;

1. En osque, les thèmes en -u tendent au contraire à passer à la déclinaison en -i; du moins à Bantia l'accusatif de manus est manim ; 279. cf. sur les explications proposées Planta, II, 2. On remarquera la persistance des graphies vivos, VIVOM, SEru'Os au sing. sur les inscriptions de la Narbonnaise. 3. Aux exemples qu'on cite d'ordinaire pour établir la valeur de ïo grec, on nous ])ermettra d'ajouter le nom des iles OxU'-odos, en latin Ustica. Dans Polybe, VI, 26, la transcription è/tiToaopo'.vàpto; avec o grec et non m en regard de o latin, cf. ôrhine, Grut., 448, 7, ôrdinis, iljid., 502, avec des apex sûrs, n'est pas moins caractéristique.
1^

. Dans le cas de bonus. I.. Une plaque d'étain provenant de Tibur a d'un côté PLACENTios. CIL. ainsi que nous l'avons dit. — ISS sommes tnenlaire. -um. tout au moins le latin d'Italie. mais de toute faron ces phénomènes sont absolument indépendants de la loi d'affaiblissement des syllabes intérieures. 11 y a donc une différence absolue entre u pour o dans bonus. tabula. térébenthine. porte HOC pour lionr. et autres semblables ne pouvaient s'affaiblir en culpa. CIL. I. CIL. conduisent insensiblement à répo({ue romane: telle l'épitaphe de Valéria Martiana. etc. uniquement parce que nous habitués à articuler ainsi dans les classes des mots tels que pendere. Priscien. de plus en plus nombreuses à partir du ii'' siècle. C0f//^*//)-I)0LCISSIME I COM-LACRIMIS-P. qui n'est qu'un cas particulier de la loi d'affaiblissement. -ôm. — Nous nous croyons donc on droit de déclarer que . La lex Acilia repetundarum de 122 avant J.. de même celui de -ont à -mit en latin littéraire est probablement lié au passage de 61 devant consonne à ul'. de l'autre placentivs.:< TA. inscription païenne de Tarente. 57. puis à -us. Muratori. multae. d'affaiblissement. CIL. Le passage des finales -os. 62. nolumus ou optwnus. pulcer. 534. etc. 1413. tabula oupuicer. Une pierre de Pompéi. emploie aussi bien tabulas que taboleis. bonum. Les miroirs de Préneste portent venos. bonum. Spolet. porte m-fulvivs-m-f. puis à -im\ de même colpa polcer. -om à -os.une inscription identique trouvée à Rome. I. dotulerit ou dctolerit les Sententiae Minuciorum de l'année 118 écrivent flouiom et flouium. 58 ou vENvs. I.. et a pour o dans quaesunius. -om eussent participé à la loi -is. I. VI. appendix. etc. . mo'ltai. Si les finales -os. le § 73. -em. elles eussent abouti à -es. Lex. 27. Un socle découvert à Tusculum. 6: . 12 H. CIL. ib. On atteint ainsi sans transition appréciable les grai)hies décidément vulgaires de l'époque impériale qui. 1253. 1501 add. que le vocalisme o. phénomène relativement ancien auquel participe généralement le latin vulgaire aussi bien que la langue classique. 1307 donne m-folvivs-M-F.-C. les hésitations orthographiques entre u et o traversent au contraire toute la latinité littéraire jusqu'à l'Empire et il y a lieu de croire que la langue vulgaire. sin(jolos et singulos\ la loi Julia de 62 porte encore inmolitom et ainsi de suite. n'a guère connu dans ces formes. I.

etc. Les deux mots sont-ils apparentés comme déjà en latin classique columba et pnluinbcs ? 11 est vrai que colb a tout l'air d'être d'origine récente dans la langue mais. ni l'albanais qui apriihiir. romaïque dial. vit. avec l pinguis. à n'en pas douter. \ ne nous émeut pas le moins du monde. Si donc omp. nomin. puliiis. polu: *polb. général de l'Empire romain. ctx. Zeitsch. palbere. zoa-. neutres en -0 est établi: de là vino. n'ont connu de toute antiquité que le vocalisme bono. fïlio. akeit sont d'ailleurs. colb peut servir indirectement à attester olu en latin vulgaire en regard de ulu classique. A côté de pulberc. du Latiiim et de Tltalie du Nord à l'époque républicaine. un groupe aussi analogue à ceux-là que l'est olp. aller l'hyputlièse d'une contamination de j^ toz. y. le roumain possède aussi un mot colb qui signifie « poussière ».. PhiL. ont passent à wnp. est arrivé de son côté aux mêmes conclusions quant à la finale du nominatifaccusatif. roman. runique horna ace. nominatif vulgaire. pulbere et si. 150).. ni de Nous n'osons guère proposer que comme pisdit * du turc qui polb-. cf. dicont (à côté de * dlcent. Le mot pénètre en slave à une époque où déjà le système flexionnel des masculins en -û. le gothique aurait * veinu ou peut-être *veinu-s sur sunu-s qui serait resté et l'on aurait en slave * vinii masc. * polus * polii -/. Le fait que le roumain semble conserver le vocalisme classique dans le cas de pulpà. par exemple devant nasale plus consonne.. si c'est un mot étranger. Le roumain précisément nous montre régulièrement le passage de 6 ou à primitif à u sous l'influence des consonnes suivantes. a dû engendrer tout : 1. n'était pas encore tombé.ôl'. oit a pu fort bien suivre. tint en Dacie. confondu avec -a. vulg.ôXi. par suite. a pénétré en Germanie à une époque où -ô final. Si on eût prononcé en latin vulgaire îfmu. Kluge. ni du hon. Le latin lâno. à la même époque récente. infiniment plus anciens en gothique et dans les langues germaniques en général. colpa. le même traitement et aboutir à ulp. forme plus générale dans l'ancien latin d'Italie. Des mots tels que vein. au lieu de vùio neutre. sur la Corne de Tondern de là * wina. il ne peut venir ni du slave qui n'offre rien de semblable. Reste à savoir si pu engendrer co/6 d'après * . grois qui appelle la « poussière » por. s'appuyant sur les emprunts gothiques. On peut même se figurer fort bien que le latin vulgaire * pglpa. puis * wln. sing. XVII.ovl. 559.. lat. voir p. que la traduction d'Ulfllas. par a le grec zovi.— latin et plus tard le latin vulgaire 180 — ^ 1?. lat.

est assurée pour vulgaire au lieu de id dans cas d'une syncope vocalique. etc. encore aujourd'hui ç/urtedclu mais déjà sur le continent ciirliecid.so il y a cette différence capitale que le premier est primitif dans le parler vulgaire du Latiura. cf. Il en est de même du roumain pulhere entre lui et le classique puluere s'étend le substratum vulgaire *polvere. dans l'ancien dialecte de Sassari. uors. 7Si. etc. Mais. . etc. comme dans colpo. puolvra. I.. le phénomène pourrait être chronologiquement daté. Tespagnol fuenlc sur prononciation classique. engadin piiolpa. comme cette langue dit aussi respundlt pour respiondet. « Finîtes ^ro fontes.. cf. Prise. etc. 26 H. Si quelque dialecte offrait * culp pour colpo. ors. malheureusement le roumain ne fournit à l'égard de ces mots aucun témoignage. L'italien fonte s'appuie sur la prononciation la rustique. la liquide a été absorbée dans ce procès phonétique on dit pupà. roumain il a : non * polpa.y.o à une époque assez basse de la ol devant latinité La comliinaison consonne le . Le sarde pulpa et se trouve. quant à la question qui à peu près dans les mêmes conditions que le nous occupe.i. quae tamen a iunioribus repudiata sunt quasi rustico more dicta* ». : : polvere et *or. en campidaiiion. gortellu pour cultellus classique prouve bien clairement. solda. Inversement. attesté par les inscriptions et les grammairiens pour toutes les époques de la latinité. * cortello pour * coite llo en latin vulgaire : et null(Mnent * cnltello. . personne n'a jamais conclu qu'en Gaule û entravé subsiste sans passer par le stade 6 entre le latin classique nrsu et le français o?/r. suppultare pour supportâre qui prouve le caractère relativement récent du phénomène.se place l'intermédiaire vulgaire *orso.. Une forme précieuse est. où la diphtongaison est un fait très postérieur. — 11)0 — naturellement quelque chose comme * po'Hpa devenu insensiblement pulpà. En Istrie. Il n'y a d'autre part rien à tirer des formes rhétiques. Cf.u en 1. tandis entre * que le second sort de impériale. De ce qu'on prononce de toute antiquité en français urs (ours). le latin * ors. * respondit. 73. fiiorn. phénomène d'ailleurs très largement représenté par les dialectes romans et relativement ancien. à notre sens. roumain respunde. l'objection tombe en vertu du même raisonnement qu'en roumain. Seulement. fvundes pro frondes. fnmza pour frondea..s.ooz..

1. domô. fizos. sous la forme soddu les formes syncopées n'entrent donc point en ligne de compte. etc. etc. paraît-il. culehra « couleuvre » atteste clairement * colobra vulgaire et non coluber classique: sans être identique au phénomène colpa-culpa. ai d'exemples que je n'en en ce moment à ma établir qu'effectivement ol plus : § 74. iiaiurellemeiit plus disposition pour consonne.. Meyer1. -tus. W. domnu en regard des pluriels domnos en logudorien. 165 sq. D'autre part soldo apparaît. etc. une tendance très nette de -o. Des faits analogues existent. 546 sq. réduisent -o final à -u de même seru.. excepté domo « maison » et sera « soir » où il faut. VI. sèrô est. chap. passe à ni en Sardaigne. -arls pour class. -arius c'est également dans un prototype -arîs et non -nrius que se trouve la clé du problème des mots français en -iers. -ier.. Jiapo. par exemple amo. 2. que -e à -i: depu. candii. -eris. — Il est plus difficile de dire ce qu'il faut penser de les la finale -ii dans types fizu. dolfo et dolgo « doleo ».. XIV. Comme -ô final subsiste dans la majorité des patois du centre. filUis plur. = . : Quant aux types sardes en ils usui'eris. de domô.ins le débat. 191 Il faudrait i< 71. Streitberg.. II. reconnaître des ablatifs en -ô extraits par cristallisation des expressions iii domô suà. d'où unification -evi: plur. cando. Brugmann. le type coluher-colobra lui est cependant assez analogue pour pouvoir être pris en considération d. Il -0 final protégé. dès le vieux sarde. . curtieUo en napol.par exemple uftiireri représentent directement la vieille flexion indo-européenne des thèmes en -/'o. il Tous les autres dialectes est vrai. cf. pische. esp. Grundr. BeUr. Déjà les chartes du xii'' et du xiii° siècles ont régulièrement -u au singulier des thèmes en -o et en -u. cf. Remarquons enfin que le logudorien colora. fillii de la voyelle dans le type y a donc. Paul-Brauiie. 155 sq. campid. conformément au vocalisme régnant dans toute l'Italie du Sud Dans le dialecte de Cagliari. en Sardaigne comme dans l'Italie méridionale. croyonsnous. même d'origine récente. -^^ sing. en asturien. conservés comme on sait en osco-ombrien. diêl. il est difficile de songer à un phénomène récent. etc.— calabrais. Les nominatifs en -is pour lat. Cf. uenif. . les emprunts gothiques en -areis lat. le phénomène atteint même '. ont passé de bonne heure dans le latin d'Italie et de là partiellement dans le latin vulgaire impérial. pisci pour logudor. cf. sera de la Sardaigne. abi. -e en finale à passer à -ii.

pour le volsque. ainsi (ju'il ressort de la liste complète des exemples dans l'accusatif -o. de son coté. 4".. osq.. moltas. de ol en face de osque mùltasikad. p. mit. semble-t-il. eut. -u des exemples tels que Nùvellum. § 274. p. uns comme pour les autres. ote. *verà. elle correspond assez exactement au domaine des dialectes osques et sabelliques. . ainsi que nous l'avons déjà observé pour trifo := lat. etc. monnaie de Messine. 104. unie à l'égard cf. § 274. ici la mais nous en sommes trop mal informé pour question. [j. et de mémo. Il en est de même. Les textes plus récents accusent nettement un passage de -om. -i en finale. nMS. 2°. ombrien motar « multae » avec absorption de /. mto.. où l'influence de l'orthographe latine est.j. etc. comme nous l'avons vu. En particulier. En Italie. . Pompéi. écrit -om et -um promiscue. ombr. § 75. sur une pierre de Pompéi. -o final à -um. en dépit de toutes les ingénieuses conclusions qu'on a prétendu tirer de ces anciennes. 158. en deux régions distinctes quant à l'ancienne finale -om ou -0 le nord prononçait partout -o sans exception. II. ^ ÎÎ08. 246 a. ne sauraient laisser aucun doute à cet égard. Planta. L'osque.vo'JiJ. le vestin. 122. n° 129. Planta. — H)-2 — Cette tendance doit être fort ancienne. Capoue. Il n'y a pas une seule exception à cette règle. Gramm. grec aj-'. semunu sur l'inscription Herentas. etc. mais Cerfum. déjà l'osque favorise très nettement le vocalisme -u. ^ 75.£p-:'. auti.. lat. I. graphies. à l'égard des thèmes en -o et -ii. 123. latin archaï(iue moltare sur la Lex était donc divisée Lucerina. n° 130. p. Plantti.. Le pélignien : semljle également hésiter entre les deux orthographes hratom. admissible. il est vrai. etc. n° 30. le marse. primit. le Latium et probablement la majo- — : Liibke. ul du latin littéraire. Planta. § 273. cf.??^ -o est constant en ombrien pour les Planta.. trihum. ihid. La Table de Bantia. -ù [-oni. mollam. au contraire de l'ombrien qui n'admet guère que -o. veru plur. Tirentium Magiium. -o) sur les inscriptions les plus notamment -iim d'une façon constante sur la Table d'Agnone. th. molto. moltauiti plusieurs fois sur la table de Bantia.a. montre le plus généralement -ii m. § 279. n° 246. Planta. -e: cf. Capoue. 3% p. ]iO\xY*vero. pouvoir en aborder . Or. moltai Lex Spoletina. — L'Italie ancienne. II.

corroborés par tout l'ensemble des déductions qu3 nous avons présentées jusqu'ici. commence à articuler -um^ -11. lui : lei. en ajoutant que nous attacherons touphie romaine et italique qu'aux reconstructions trop souvent illusoires des romanistes. Ces exemples sont très anciens R. avec o pour o fermé. portug. La Sicile paraît être plus avancée que la péninsule à l'égard de -n pour -0 . il y a eu des dialectes locaux qui. ou bien faisaient passer li à ô. L'osque de Lucanie MoiiL. voir sur ce sujet Mohl.oou. Le Coujile le : w .— rite 11° 193 . -/. comme c'était le cas très probablement pour les pays osques'* et la Grande Grèce et sûrement pour Rome en syllabe finale et partiellement en atone intérieure. de même de l'inscription d'Anxia. en Lucanie. Ces faits. parle Bruttium et la Sicile^. roman 3. Là où Ô est prononcé fermé (o). En réalité. mais pas encore u f £paopc'. § 58. qui est sa voyelle t. à peu près vers répo([ue des Scipions et de Caton? Nous n'hésitons pas à répondre à cette question par l'atiirmative la plus formelle. dit. de Vibo (Bruttium). ou bien conservaient ô primitif au lieu de l'assourdir en -û comme on faisait à Rome. port. suffisent-ils à établir que le latin d'Italie. [spa-rwa vement au phénomène. Dès l'époque d'Italie. par ex. comme nous l'avons 13 — Chronolofjle du latin vulgaire. ctas'. jours un plus grand prix aux témoignages directs de l'épigra- La tance. est d'assez maigre impor- puisque précisément u et o sont confondus en toute position par la plupart des dialectes romans. au premier abord. et du Bruttium ne rejoint. dans directement à flliu dans les régions du sud. au contraire. noUur et autres semblables peuvent avoir fait retour à u . nhulre. la plus archaïque du latin dès le v" et le vi'-' siècles avant notre ère. -o osque ne saurait donc s'être généralisé avant siècle avant notre ère environ. connaissait uniquement molta à l'exclusion de w??<//«\ tandis que fllius fllium. tant s'en faut. — ^ 75. vers le avant notre ère environ. il y a en jeu un intérêt plus haut: c'est de montrer que cette fusion de n-o ne s'est point. et par suite le latin vulgaire des pays romans. des inscriptions de Potentia Lucanorum. -u pour à. builrc. opérée uniforici mément et d'un seul coup en latin vulgaire. semble n'avoir participé que tardique le Bruttium. que plus tard l'osque de Campanie.faïa-op. question. L'espagnol mucho. lat. *morio en Espagne peut avoir passé à nml'lo. cet tend tout naturellement vers u. originairement f'dio dans toute la pénin- des populations du centre siècle sule. avec m sûrement pour g ouvert. la Lucanie. muijo de même qu'en Gaule * no/te noile passe à nuit. miiilo. . passe ticulièrement en Campanie. 2. le sud au contraire. esp.

sopam. l'ombrien sunitu. VII a. biin --= bonus. C'est aussi. en d'autres termes Topposition entre le latin fornax et fiirnm par exemple. racine cf. les § 130. Stolz. § 44. . sup-. lat. fvr- ancienne. une seule fois. II. \ .. Gruter. 112. bien révéler le même fait que dans le roumain : siinà = lat. à côté de couortns. était effacée en Ombrie au profit de ii d'après curnaco. la comme on Nous règle dans les dialectes modernes de l'Italie du Sud. 147. côrn'ix. qvrpvs. comme on restent intacts en Dacie. VI b. passe au contraire à û dans les dialectes osques et dans les patois de l'Italie méridionale. antérieure à l'année 212 avant J.. exactement ce que nous trouvons en roumain celui-ci cf.. lequel se maintient en ombrien et dans la majorité des dialectes romans.i5 75. etc. Voilà certes de bien extraordinaires coïncidences et il faut à la vérité un scepticisme bien excessif ou un parti pris bien tenace pour voir. Les autres ô atones au contraire subsistaient .ip-a. Dans le nord.. l'osque I. parait bien. etc. Hist. tursitu. Inversement.. App. sunat. Prob. Keil... 39. Tab. cf. I. 197. etc. VII a. etc. 1056. 21 Keller.. Schuchardt. supposent dans le latin de TOmbrie memoràre. 60.. sait. p. grec Jzi sopa. . W. Sp. probablement en qualité de o: homonas. Tab. pôrtarc] la valeur o est sans doute dénoncée par les etc. 8. au contraire. sopo à côté de sapa. Gr. de itbi. Carm. nous parait ib. ombrien curnoco. Quant à à pour ô tonique. l'ombrien exige ô au lieu de û primitif devant les labiales somo plusieurs fois pour le latin mmmum. en sorte que cette partie : TVNA. farmica. alors que. * tors-. combifîatu. Planta. à partir de l'époque de la Table de Bantia tout au moins. alternant avec sonitu. Ici : encore. Eug. cf. xiii. Eug. Gramm. cf.. ne parlons pas du traitement de ô. D'autre part. rac. graphies courtust. autres î( sait. coiiortus. peutêtre aussi ûltiumam sur une pierre de Capoue.. A'II a. n" 133. commonrre. Vol\. Tal). tonique ou atone. c'est o. Lat. dans les cas spéciaux où il s'était produit dans ces régions. 12:>. Hor. I. Eug.. avait passé à u dès une époque extrêmement le son o n'était plus articulé dans du domaine italique que là où il succédait à un ancien ô plus longtemps conservé. VI «. '21 furuos et foruos. 11. grec y. 49.. Meyer-Lïibke. Planta. avoir une tendance à faire passer à û certains ô atones: amprufid de la Table de Bantia ne parait en tout cas pouvoir s'expliquer autrement. — 104 - extrême. il semble bien que o. 1 Formica non.-C. ib. dans des cor- . 6.

§ 145 sq. * sona ou ^ sima pour !>onat était. sqna puis buono. dire \.. * l'Empire. s'exercent en latin vulgaire dès une époque ancienne. *stau. W. la désinence -aus de -atus en rhétique ne doit pas nous inquiéter plus que le provenç. . — . bqno. Gramm. c'est bien la preuve de ces luttes constantes et tenaces soutenues par la langue officielle de l'Empire pour effacer les mille particularités de la prononciation dialectale. encore dans le courant du ii'' siècle de notre ère. entre mille. 195 — ^ 7(). Si. no a été troublée dans les langues romanes. *vau sorties § 76. et que * bono et même* buno pour bo)iffs. lupul ne signifient rien quant à l'antiquité de u. cf. à côté de 6!. hnplu ou taiû. Le français dieu ou même lou.e«dans les dialectes. dans notre théorie. c'est uniquement sous l'influence de la prononciation classique et parce que celle-ci est parvenue à se généraliser dans presque tout * * sotnos pour syrmis. n'est en réalité pas plus extraordinaire quand on l'applique à la restauration générale d'un phonème tel que é devant ?i\ On sait de reste combien la répartition de 0. I. pou après la chute de la consonne médiale. qui fait passer à u tout o atone. pas plus que mustru. ochiiï. à imposer son vocalisme à la langue vulgaire. Nous somsi mes persuadé que pue pour ï«6z a précédé dans le latin d'Italie g/çia pour gula ou *moiie[r) pour mulier. siiona a repris généralement le dessus. Ce que l'on admet pour des mots isolés tels que l'italien lupo pour * Iqpo d'après le latin littéraire lupus. eu de * Pfi ou le franc. dqus de duo& ou encore les formes verbales * dau. respondances aussi complètes. un exemple de ces restaura- tions d'origine littéraire qui. Meyer-Liibke. après cette époque.— fortuites. nous avouons que le lien étroit qui rattache manifestement les faits romans aux faits italiques ne laisse subsister dans notre esprit aucune espèce de doute. Le roumain. il est difficile de dans quelle mesure le latin littéraire est parvenu. Le français bon. sur certains points. roffct de rencontres simplement Pour notre part. A l'égard de la finale -us. C'est là. la prononciatien la plus répandue dans l'Italie centrale et septentrionale. est de ce fait exclu du débat: socru. repose de toute façon sur * bono pour * bono antérieur à la diphtongaison et par conséquent très ancien. -um. g.

par exemple. en faveur de -Ô nettement-?/ final 11 en latin vulgaire fai lo. Ce n'est pas d'ailleurs. assemblée » dans le cumoiip des statuts de Sassari.v^ -om ait déjà passé dans la langue vulgaire générale. PhiL.semble que ce soit à peu près le latin du temps de Plaute qu'il en généi-al placer à la base du latin vulgaire de Sardaigne. tant s'en faut. Lyon.-ltal. etc. pour son élément essentiel. lo illu[m). de * dao. le passage do -ô à -û et le . ' : . iUu[d). Malheureusement cription la seule ins- Sabine que nous possédions. 3. sur le latin du n''-!"'' siècles avant notre ère à peu près et il est parfaitement improbable que dès cette époque -u>i. celle de Scoppito. ne donne que des renseignements contradictoires. Le Blant. V. Zeilsch. correspond exactement au latin « ferre in médium ». W. — le latin 196 — cf. Il faille . cité par Spano. ne partici- y a lieu de croire en effet que -u dans les types modernes fiju. Meycr-Lùbke. Il serait intéressant de savoir jusqu'où -à final pour -6 s'é.§ 70. final comme les dialectes de l'Italie du Sud nous avons dit que la prononciation osque peut seule justifier ce vocalisme. d'une fusion avec l'osque comono. Voc. pait point à ce vocalisme. en sa qualité de proclitique.. cumoni en campidanien et en gallurien s'emploie avec le sens de « réunion » dure in cumone. On voudra bien remarquer en tout cas que.. ne saurait guère nous servir d'argument = . sur la Table de Bantia. II. dans vulgaire do tout l'Empire. à ce qu'il semble. 1. y'' siècle.. est un exemple qui en dit long à ce sujet. Aujourd'hui encore cumoiie en logudorien. dans les patois modernes de la Sabine aussi bien qu'en sarde. 44. cf. aussi DEVDATA. thevdosi. « les comices. qui sont précisément particuliers à la Sabine et aux environs. IX. comme nous le croyons. s. commoinis. di lo est à peine plus significatif. voir d'autres exemples chez Schuchardt. 1860. Mur. 142 sq. communauté. la seule trace d'éléments osquos (jue nous rencontrions en sarde la singulière déformation de commûnis. v. mrd. lempu à côté de amo. (d)ico. En revanche le franc. à Norcia par exemple. tendait vers le nord et si la 11 Sabine. est un fait ancien reposant sur des antécédents italiques. au sens de « commune. en tant que celui-ci remonte effectivement au latin vulgaire de la Sardaigne car le sarde repose en somme. n'y a donc en réalité que le sarde qui accuse . /{om. 2'i7.. Vok. l'assemblée ». lat. s'il s'agit réellement ici. -um pour-o. à Rieti.

. Deux nominatifs aussi identiques que lupus et tcmpus par exemple doivent de toute nécessité réagir l'un sur l'autre si lupus sort de l'usage et se . 1. mais cet exemple n'est pas absolument concluant en raison des obscurités de l'interprétation. lupu^ tempus: plur. — remplacer par l'accusatif lupu. gine secondaire. ce qui est tout à fait décisif. ce n'en est pas moins un argument précieux à l'appui de notre thèse. pinnus. cf. 2. rien de pareil ne s'est produit malgré lupu. En d'autres termes. Nous concluons donc qu'un nominatif * lupus n'a jamais existé. L'opposition est la même en finale protégée sarde temjnis : sing.— 197 — § 77. etc. -us y est senti comme une désinence casuelle et mobile. latus. te?7ipos sont conçus comme deux types divergents d'une même classe nominale: l'une sans -s au singulier. c'està-dire que le mot est absolument assimilé h lupu quant à la formation du pluriel. tempus reste intact et.). il y a bien des chances pour que tempus suive immédiatement son analogie et passe à tempu. laquelle devient -û dans l'Italie du Sud vers la fin du ii'' siècle. istercus. auraient sauvé l'ancien nominatif lupus'. . entraîné tempus.. maintien de -ô final tombe forcément dans une époque antérieure à l'abolition de la quantité même en sjUabe atone'. Le sort de -o final non protégé. tempos plur. k savoir la voyelle -ô. antipettus. corpus. en succombant. le Verehasiû de la Table d'Agnone parait attester -o et non -(7. Si le sarde issoro « ipsorum » est réellement quelque chose d'ancien. que le latin généralement parlé en Italie à l'époque républicaine ne connaissait point les nominatifs avec -s à la deuxième déclinaison. Mohl. opus. il faudrait poser -om pour-wm classique au génitif pluriel du latin vulgaire. lupos. ou bien tempus. car ou bien il aurait. qui se maintient généralement en ombrien (pourtant stahu=^ * slao). C'est pourquoi nous maintenons de la façon la plus formelle que le latin vulgaire de l'époque républicaine n'a point connu les nominatifs en -s de la deuxième déclinaison et qu'il ne possède d'autre finale à ce cas que celle que présentent les inscriptions archaïques et toutes celles d'un caractère nettement vulgaire. Eu sarde. Le Couple roman lui lei : §§ 15 et 58. l'autre avec -s. En d'autres termes. Que le sarde tempiis ait -us de fondation ou d'ori§ 77. est inconnu en osqueet dans lesdialectessabelliques. La notion du neutre était en tout cas trop hésitante et déjà trop effacée dès le latin vulgaire le plus ancien pour avoir maintenu une distinction nette entre la catégorie lempus et la catégorie lupuÇs. fait .

Une fois que domno fonctionne comme nominatif et accusatif indifféremment. engendrant d'abord * illae\ * istae. parvint constammenf à s'y maintenir seulement. /iar{c]. puis * mol. L'italien le au ])hiri('l neutre représente directement ^illae. excepté dans l'Italie du Nord. uniquement par option entre les anciens doublets domnôs : domnô. . mombra. cf. avec l'adjectif ôo.§ 78. sans opposer grande résistance. assez peu vivaces et purent être facilement abandonnés. le type ligna.-acc. à rétablir les nominatifs en-us) le latin provincial ignore absolument les formes domnôs ou donmus. tels que le sarde et l'espagnol. il est évident que la notion de ce dernier genre devait s'affaiblirrapidement. c'est.io ne fît masculins. en Gaule notamment. dès la romanisation de ces pays.En général on recherche les origines de la disparition du neutre en latin vulgaire à une époque infiniment . la disparition du neutre et en même temps la question — connexe de la fusion du nominatif et de l'accusatif en latin vulgaire s'éclaircissent et se dégagent d'elles-mêmes. n'en offrent plus trace. comme nous l'avons dit. Ces langues par exemple ignorent absolument les pluriels en -«. bonô[m). honôs — ou bonus et confond dès l'origine ces nominatifs avec les accusatifs domnô{m). cadrant ainsi au mieux avec le nomin. le type tempLo et les autres neutres de la deuxième déclinaison se trouvent par là même confondus. Toutes les autres finales en -s subsistent à cette époque dans le parler vulgaire. et non point directement pour une cause phonétique. philologie romane. — 19S — jusqu'à César tout au moins (nous verrons tout à l'heure com- ment le latin littéraire est parvenu plus tard. ainsi que nous le verrons tout à l'heure. puisque précisément les dialectes romans les plus anciens. les au singulier tout au moins. domna des noms féminins. leur patrie d'origine. ils étaient donc forcément. tels que fjuac. Du moment que plus la distinction entre le masculin et le neutre. une des questions les plus importantes de la § 78. Ils furent naturellement plus difficiles à déloger en Italie. Dès lors. 1 . sous l'influence des pluriels neutres pronominaux. class. En réalité la perte du neutre remonte très haut dans l'histoire de la latinité. trop récente et on prend volontiers pour les causes détermi- nantes du phénomène des faits qui n'en sont le plus souvent que des manifestations et des conséquences. que la flexion -x a disparu à ce cas.

cf. devaient à leur tour subir la réac- du latin et tendre à unifier leurs neutres avec les paradigmes des autres genres. bonne. Le Couple roman lui: lei. Le roumain urerhie montre que le métaplasme italien orecchio. puis 11° * armae. tions analogiques aduiise par W. voir pkis haut § 39. voisine de leur décadence.. a.. 554 sq. accusatifs en -o/.. Zeitsch. et n'y a pas de doute que phénomène remonte infiniment plus haut dans l'histoire du latin vulgaire. * 190 — etc. aerof-e. * llexion féminine //<7?î«^. Des exemples tels que le mura. et qui furent écrites d'ailleurs dans une région depuis fort longtemps soumise aux eff'ets d'une romanisation intime et profonde. 1. XXXII. sing. legne. le risa montrent que souvent ces pluriels en -a reposent On sait que les dialectes du nord ne connaissent que les formes en -e\ Le neutre une fois confondu avec le masculin et le féminin dans le latin d'Italie. On a dit ensuite par extension /u7//ae peclora. ^ 43. il 55 "^8. en -or. comme montre il la concordance du roumain le et de l'italien à cet égard. est infiniment trop compliquée pour avoir la moindre chance de représenter la réalité historique. Sprachf. VI ô. quae peclora. VI c. Quant aux pluriels en -a de l'italien historique. dans une phase déjà avancée de leur développement et à une époque déjà sur des reconstructions récentes. ital. vergl. Mohl. Nous voulons parler des nominatifs par exemple uasor. les dialectes italiques. tend à prendre la membre. le Cette transformation était accomplie en Italie au début du siècle de notre ère.— tae. 47. les rapporter . d'après une des plus ingénieuses théories de Thurneysen. multac pdma et tinalement la flexion -ae. montrent d'une manière éclatante cet acheminement du neutre vers les tion : flexions des autres genres. est postérieur à la colonisation de la Dacie. anciemjr. pour la plupart à l'influence de la langue littéraire c'est en grande partie une flexion savante au même titre à peu près qu'en français le génitif pluriel Francor. d'où arma. ital. -e a été étendue au neutre tout entier. dont nous avons essayé de démontrer le caractère relativement moderne.ec<om qiiae. pour illa d'après quae hae. croyons-nous. arma. § 74. pancae braccia. le * buone poma. extrait du pluriel orecchie. etc. Lalein. ilhipc. La longue série d'actions et de réacMeyer-Lûbke. on disait illae peclora parce qu'on disait /. . ilfaut. d'où souvent reconstruction d'un singulier en par exemple plur. cf. Spr. De l'osque.. membrae. nous ne possédons pas de monuments assez récents pour pouvoir juger ce qu'il mais les Tables Euguadvint du neutre dans cette langue bines. 11).. refaits.

ftioco. .intérieur pour -cor. locurî en roumain. des exemples tels que fr7')ia et frr-m. /loc itulgus et queleffacer les flexions . du neutre. pluriel uûsu.s final se maintenait en ombrien. -us et la longue impuissance de l'idiome littéraire cà restaurer cette forme dans la langue parlée. Cribnan non « cribrus..frë)ws. locl. locos à côté de loca. favorisaient également l'abandon du neutre. On voit qu'en réalité rien n'est plus instable cpie les flexions grammaticales. — 1. Si. nous voyons s'effacer ainsi peu à peu le sentiment du genre neutre. quefois /^zV- uulfjus\ . etc. îfâsôrunt engendre d'aljord un sinc^ulier de la deuxième décli- § 79. Dans les dialectes où -. nous voyons dans Pétrone que le neutre est en pleine déconfiture. d'après te77ipus : tompora. il y avait donc une forme * uâsôs pour correspondre au latin uàsa pluriel neutre. Vers le milieu du i"" siècle. cf. noncent vorba. comme nous l'avons dit. sing. . ce n'est pas tant à cause du grec zhzz que parce que ulnô vulgaire supposait aussi bien un nominatif littéraire en -us qu'un nominatif en -unt. cï. Il prononce de même uâsus : c'est que le classique uâs. uOsis. La déclinaison actuelle luoijo /uoghi est de date absolument moderne liiogo pour *luoco. -iif. Que cette tendance ait été fort ancienne en latin. soit luoç/ora en vieil ital. aussi sporadiquement dans le latin d'Italie * locora. les soldats romains procf. mais si Trimalchion dit uînus pour ulnuni. De » et uallum « palissade w. forme refaite'. dans la langue littéraire elle-même. C'est pourquoi elles pourraient bien refléter en une certaine mesure la tendance très nette du latin vulgaire à . le point de départ de cette grande transformation doit être cherché. iu(/uiu?}i ou iuf/ulus. . du t3'pe strâgulum neut. d'où hiogo : luo(/hi. au fém.§ 79. etc. dès la période la plus ancienne du latin vulgaire. Ces reconstructions ne sont point encore généralisées en ombrien elles sont donc de date très récente. ciibitum à côté de cubitus clipeus ou clipeum baculum ou bacuius. Commodien dit uerbus pour îierbum en Dacie.normalement enfin liiof/hi et non * luofji atteste de son côté une formation récente. : . aussi uallus pieu leur côté les couples . . est extrait du vieux pluriel hiogora avec -fjor. dans les Gloses de Placide. c'est ce que prouvent. dans la disparition des nominatifs masculins en -os. — 200 — avec la désinence normale -o sur le modèle des masculins en -ur. et strâgula fém. même dans les formes conventionnelles de l'orthographe officielle.

. Campans. qui ne peut se lire. puero ou VAppcndix poiwro. ombr. à notre avis. . 198. * catel pour uiUus rallus. On peut se demander liber. croyonsnous. possède non seulement puer. ital. V. ablat. I. franc. 1903. vitello. CIL. liiro ou liiru. ce qui. représentée sporadiquement en vieux latin. que -u final est récent dans cette langue. ombrien katel nomi-n. uâsô dans encore que iiâsum. hûrz. reconnaître déjà quelque chose de semblable dans un passage de la Sententia Minuciorum. v. Mais pré§ 80. qui se trouve effectivement. dans l'Italie régions où /' final devient muet. s'étonner (|ue la formation italique des avec syncope de la voyelle. Aper non aj/rut. . comme archaïque. — On peut -s nominatifs en 1. cf. comme par exemple osque Banllm. 199. est écrit doliis ou dolum les exemples épigraphiqucs sont. liber. et suppose la prononciation vulgaire de l'Italie. dolo ne peut naturellement être orthographié doln:^ ou dolum qu'à la condition expresse que -«. à notre sens. les nomin. Mais le témoignage le plus éclatant est fourni par le sarde qui a le nom. dolu et non * dolo c'est bien la preuve. sur le modèle du doublet classique itilclliis. Dans la suite. fanml) pour famulus : de là *vilel.— liaison * 201 — les § 80. veel. Dès la fin du \" siècle de notre ère. CIL. .. crilello. etc. frati'exs.. si \\ natifs du type pnev ou le latin le latin vulgaire connaissait les nomiest hors de doute que le latin d'Italie. ace.. -wn seront prononcés -o et non -u. 2().-acc. 1. qui a déjà fort préoccupé les nombreux et relativement anciens : dolvs. tiivtiks. III. croyons-nous.: katlu accus. ibid.-ivr^ vulgaire'. catcllus. cf. ms. dolo[r) : commentateurs et-iigno-pvbl-li. damnas. comme on sait. soit restée confinée dans le vieux latin provincial à titre de particularité dialectale et qu'elle n'ait point pénétré dans la /. plus 101. semble-t-il. C'est ainsi le nominatif dolor.. croyons-nous. on refit sur * înVc/ * catel \in nouvel accusatif-nominatif uitello. mais aussi le type famel (Kimius. etc. notamment dans centrale et. que Et JionO (pour honore) pûblicô /7(beri abstineant). 45. ainsi que Mommsen a d'ailleurs fort bien complété la ligne : perdue. par exemple damnas-esto à la fin delà Loi agraire de 109 avant J. uàn. vilello. en Afrique etçà et là dans les autres provinces. 1638.-C.. inversement >. Or.S'. Il faut. tement fusionné avec l'accusatif et qu'il cessa d'être senti comme un cas distinct. termnas. etc. justifie brillamment notre manière de voir à l'égard de ces désinences. Ikuvins. sont généralisés dans l'idiome vulgaire Probi donne Telcr non tetrxs. lorsque le nominatif eut j)artout et complèloin. roumain vitel.

pî'dtelsti. En latin vulgaire. 543.al. conservées encore par le petitrussien. I. rendait fragile le cas tout entier par les difficultés phonétiques qui forcément s'élevaient du contact immédiat des consonnes. C'est ainsi que dans les langues slaves modernes. les nominatifs singuliers en -s avec apocope avaient d'autant moins .. au lieu de bo. tichy comme au singulier. oO. Cor}). de même au locatif singulier bo. (il. étaient. les nominatifs pluriels tels que dob'rï. le nominatif pluriel disparait à cause des phénomènes phonétiques trop compliqués engendrés par la tlexion -i bo.iiui. lenochy pour lenosi.iku par exemple succède à que K est réintroduit . par exemple en russe. en détériorant la désinence. par leur complication même. liarbnnis non harbar.. il est arrivé précisémout ce (|ue nous supposions tout à l'heure pour les anciens patois locaux latino-italiques dans les pays osques et ombriens le nominatif singulier et l'accusatif pluriel en -5. 327. \). la cause principale pour laquelle des formes telles (]ue Koaane le vocatif a succombé en russe : do. hf/r/mr. par suite des difficultés phonétiques créées par cette désinence. 107. De de KoaaKT) ou lainiKo même en bohémien. C'est ce qu'a déjà montré. paupcra. 408. l'illustre Ritschl. C'est aussi. — -^oi — cisément la syncope Yocalique. Opusc. (jui se trouve chez l'iautc aussi bien que chez l'oni niodien. .iu-b. ont été complètement remaniés à partir du xiii'' et du xiv" siècles. . (jillwL. Le nouveau pluriel en -s ne succède point directement à l'ancien accusatif. jrrdtehky. croyons-nous. 14 /lilar.§ 80. en péril de mort. : . A Prague. S. iM'. tisi et autres semblables n'existent que dans la lan- gue littéraire le peuple régularise la consonne du paradigme et prononce dohri/.ikt. En français. de remanier de fond en comble son appareil de tiexions et de désinences. V. [Je paupi r on conclut au fémin. Prol). de Kna3^. Les mêmes faits se retrouvent exactement en slovène. IV. mais résulte d'une refonte complète de toutes les formes. avec réintroduction des consonnes primitives. précisément pour le latin. 15. il n'est pas rare d'entendre vojdky pour vojdci. Ce serait une erreur grave que de croire à l'immuabilité du système llexionnel dans les langues l'expérience nous montre au contraire que rien n'est moins stable qu'un paradigme grammatical et (^ue la langue ne se fait point faute. IV. en cas de besoin. 25.

:. atteste sanguine comme nominatif. Toutes ces formes recouvrent en réalité les nominatifs vuk'aires sorte. esp. C'est ainsi qu'Ennius dit au nominatif lactis. faux. Keil 12. d'après Priscien. Un de bonne en Espagne sanguine texte vulgaire précieux. dit Orbis non orbs. favoriser la reconstruction d'un nominatif vocalique. de nombreux nominatifs syncopés. do chance de se faire jour que ni langne archaïqno ni la du Latium ni l'idiome littéraire n'en fournissaient à proprement parler de modèle. frûr. l'App. De même pectinis. Dès lors la langaie se retrouvait en présence de toutes les difficultés phonétiques dont nous parlions tout à l'heure. le type mors. 8. Ennius. loitis par Priscien. 203 Lucr. ait stirpis au nominatif.. par les écrivains III. Plante disait sortis pour sors. heure à sanguine masculin ou féminin est féminin. lact.. Plante lacté au lieu de lac. comme déjà Varron d'ailleurs. Inversement les demi-lettrés tiraient de orOis un nominatif orôs d'après urbs. Fortunat. il est vrai. 70: Sanguen illi feruet. IX. 6. de complicité avec l'analogie de la première et de la deuxième déclinaisons. de l'époque impériale. . : . merx. prece. prex. la Mulomedicina Chironis. comme Prudence. Les thèmes en -i offraient. à côté de Pectis: y. 836. A côté de sanguis.. ille bonis. p. dès cette épo(|ue. Live. frûgem. ce nominatif-accusatif sanguen passe .— ritsticitas 2^y^ — la § 80. probablement influencé par le nominatif grec. Prob. Prob. Dans la laiigue .. Lai. Ennius disait mentis au nomin. etc. n'a jamais pu s'accoutumer à des nominatifs tels que daps. 322. 760 Terra eorpiis est at mentis ignis Tite-Live emploie carnis au nominatif et Pétrone dit couramment. obiex. La langue classique elle-même. sans préjudice des répugnances naturelles du langage pour des paradigmes à accent le plus souvent mobile. devait ici.—'. lequel se trouve encore dans Ven. dans Nonius III. 14. dapem. boue. Déjà Lucilius employait ninguis pour nix. etc. Arpinas par exemple. 198. et encore dans Pétrone. la sangrc. 3. carne. 111. malgré tous ses efforts pour s'assimiler la régularité et la souplesse du grec. 64. T. n'était plus senti genre distinct. Corp.. les(|uels par là même se confondaient à peu près avec les thèmes consonantiques. cité 11. S/irps de même est était évité I. Gl. I. VII.. comme vulgaire. Le neutre un qui. App. Biich. on a aussi le neutre sanguen. et n'emploie ces mots qu'avec les flexions vocaliques.

qui. environ pour la voj^elle. Cette consonne s'était en somme. L'agent principal a été l'analogie des autres déclinaisons et plus encore.ne sont point aussi anciennes que les nominatifs en -o pour -os et qu'elles ne dépendent point directement des phénomènes de phonétique syntaotique qui frappaient -. malgré les réserves faites jadis par Ritschl.. sangue. et sans tenir compte ici de l'orthoépie passablement artificielle des poètes à cet égard. 32 Carcer non carItalie. C'est ainsi que auis. p. assez bien rétablie presque partout pour que nous nous gardions d'expliquer l'équation aue ««/s par la voie exclusivement phonétique. : . Sentent. croyons-nous. C'est ainsi qu'en bohémien et en polonais l'analogie du neutre détermine une scission dans les noms masculins et crée. : cere.. particulièrement dans le sud. l'inscription de la colonne de Tusculum. l'influence du neutre mourant et mal compris. pour les masculins inanimés. de-maiore-parte. franc. du tombeau des Scipions. 1. fortis.-C. cf. je crois. Citons encore l'App. Les inscriptions montrent que les formes en -e pour -/. cf. . Les mots imparisyllabiques du type uoluntâs uoluntûte suivirent bientôt après par analogie. 230.sententia. 63. comme un cas sans désinence significative il devait par conséquent tendre tout naturellement à accaparer dans la langue les fonctions du casus generalis et avant tout celles du nominatif. . Tlieil II. Klass. I.militare (deux fois répété). CIL.volvmtas.9 tlnal en vieux latin. Le plus ancien exemple est. 31.. forte. sang masc.. D'autre part. 197. 420. Altert. X.. en Gaule et en sanguen après la chute de -n devient nominatif-accuablatif sangue satif sangue sangyem accusatif. 32. sorte. aidiles. Atti Arval.s. Sittl. : . Marini. : . sors ou sortis se confondirent avec l'accusatif et passèrent à aue. nominatif singulier sur l'inscription CIL. une classe mixte où le nominatif se confond avec l'accusatif. à peu près comme dans les langues slaves. paraît bien dater des années 220 à 200 av. cf. 41. J. l'accusatif devait être senti. Jahresb. Prob. I. 1.§80. On enseignait dans les écoles = . Lat. LXVIII. — 20 i — Avch. Les génitifs en -e pour -is sont tout aussi courants dès le latin archaïque. Après la chute de -m final en latin. CIL. Lex. Minuc. I. 64 m-fovrio-cf-tribvngs. 22 d'où ital. 199. cite un exemple épigrapliique curieux: de..

I. propiorem. CIL. Quant à nous. -l. à la première et à la deuxième déclinaisons. 242 sq. CIL. cf.. cette unificaune époque préhistorique par voie soit phonétique. dont les origines sont à présent placées par les indo- germanistes dans une période relativement récente de la langue. selon toute apparence.). scr. soit analogique. Ainsi. etc. grec -a-. ibid. etc. pater. 11 (Lex. le parallélisme tendait à s'introduire défi- abondent même nitivement entre le nominatif-accusatif des types domna.. Le graveur Les ablatifs vrbem. II. Sans entrer ici dans la chronologie assez compliquée de cette dans flexion. Solmsen. Un empiétement du duel sur le pluriel est possible et nous en trouvons effectivement des exemples: mais encore ne faut-il recourir à une telle explication qu'avec de solides raisons à l'appui. . 200. qvaestionem. Brugmann. -e. 660 sq. § 81. 200. coGNAT(ione)M. dominae ne sont. 6'i3. 662 sq. aussi locvmve. diés. Cf. tels portugais. slav.). uolimtâs et non uohuitâte qui était le nomise croit très bien avisé en corrigeant dp uoluntate en de uohmtas. 20G. CIL. 1. -oe. que nous les retrouvons encore aujourd'hui dans les langues romanes issues principalement de la colonisation républicaine. 8.. aussi nous n'acceptons qu'avec réserve l'explication de Brugmann. I. auis. pas primitifs en latin. -ae. Grundr. grec -oi. c'est-à-dire en sarde et on hispanoforte. Forsch.. domno... natif vulgaire. etc. du masculin -oi... II. 71. écrit rëx-sacrgrvm pour rêgem à l'accusatif: c'est une correction pédante du graveur. on peut remarquer que les dialectes osco-ombriens ne connaissaient guère. . L'analogie devait donc tendre à généraliser cette fusion des deux cas au pluriel comme au singulier. satif — Au pluriel. 1. repet. Indofj. ihid.— qu'il fallait dire -205 — ^81. nous serions assez disposé à considérer l'était présenté 1. lat. 1. 1. 1.. que les désinences -as et -ôs. qui étaient effectivement les formes les plus générales en indo-européen '. dès le début du II® siècle environ. ibid. qui interprète -ai comme une forme originairement particulière au duel. lat. pour locôue. De même la Lex Iulia municipalis. Nous ne saurions guère séparer la désinence féminine -ai. l. possesiONEM.. IV. CIL. on sait que les nominatifs dominl. I. I. 198. l'unification du nominatif et de l'accu- repose sur des causes tout à les fait différentes. I. 20. 22. 5 (Lex agrar. 62. 1. en latin archaïque. Or. Tout d'abord tion avait été réalisée dès paradigmes manus. Gnindr.

* alfas vitlos d'une part. § 27. an moins au masculin. I. I. Tal). la période his- torique et se trouve attesté en latin archaïque par de nombreux exemples dans le coira-pocolo de la coupe d'Horta près de Viterbe. Gramm. d'où osco-ombr. datas. en lutte depuis l'origine avec les formes en -ai. nous croyons pouvoir affirmer. d'Horta.§ 82. appartenant tous à la môme région. comme on l'admet d'ordinaire. 45. lequel semble l)ien représenter effectivement. Tel est selon toute vraisemblance le précieux laetïtiâs Inspërâtâs de Lucius Pomponius. cf. on disait peut-être en indo-européen * loi rtid/iroi en ita\U[ne*alfoiuitl()s. par le germanique. §20. 1. p. CIL. Dans une région telle que les pays osques où § 82. il nous est toutefois difficile de reconnaître. Planta. il serait pour les mémo moins extraordinaire que le peuple n'eût point de prononcé en latin srrîptâs. gotli. app. en Ombrie.. I. seulement . (le Tarquiuics. assez improbable. *mâtr(mâ[s). Inscr. p. CIL. rendent l'existence d'un génitif en -fis. qui écrivit des atellanes vers le commencement du 11^ siècle. mais blindai. n° 246. CIL. cf. à cause de aecetiaipocoLOM. 177. 173. cf. 25. tel est sans doute aussi le pluriel maTRONA sur les inscriptions votives du Pisaurura. tant des inscriptions que des langues romatémoignage sur le nes. Stolz. Corp. 47. et il en était de môme chez Marrucins. l'état pi'imitif: cf. CIL. Les dialectes ombriens et celtiques du voisinage ont la flexion -as: donc mdlrunil(s) plutôt que mâlrùna(i). - 2<^fi - Le latin archaïque conserve encore çà et là des traces incontestables de la flexion -as tout au moins.. dans la plupart des régions. 812. et à cette époque. 43. celui-ci ne succombe complètement que dans . la flexion -«*' était de beaucoup la forme dominante. en pélignien. I. Gramm. Quoi qu'il en soit. Bant. plutôt que *mâtr(ma[i)\ Les nominatifs en -ds. de Voici. asignas ferentrr aidai as sur la Table de Rapino. I. « — scriptae le » se disait scri/tas. I.t comme ijlqos. MENERVAi-POCOLOM. que le vieux latin provincial de l'Italie s'est tout d'abord assez mal accommodé des nominatifs en -ae et que. avec la majorité des latinistes. Stolz.. pour cette partie de l'Italie tout au moins. Hist. 36. 35. vulfo. un génitif coird{s). Hist. ItaL. l'époque où le génitif familiae succède à familiâs . cf. latin alljî uilult d'autre part. qui. lavernai-pocolom. ont dû disparaître définitivement de la langue littéraire à or.

protégé ou même rétabli sous l'action assimila- trice des dialectes indigènes de l'Italie. Daus extremae undae il faut reconnaître la flexion classique. II est étrange que les commentateurs de ce texte inté. Eug. Garrucci.— cf. screlUo. Mommsen. d'après le polonais pour czinowniJd HimoBniiiai. Il s'agit de la fameuse Lex uicana fait Fiu'fensis de l'année 57 avant J. A l'époque de César nous avons un témoignage précieux qui montre très clairement comment les nominatifs en -as étaient alors employés indistinctement à côté des nominatifs en -ae dans le langage moitié vulgaire et moitié officiel des magistrats provinciaux. et YTEI' QYE-AD-EAM-AEDE-scALAS. ligU. p.. laquelle constitue.tkii. Krit. scrl/Ua. de même la cer peu à peu en Italie étape par étape. Jordan. *scrïota. on conviendra que des dialectes où « scripta » se disait scrlfta. Le vieux nomi- natif en -as. un monument inestimable du latin à la fois naïf et pédantesque qu'écrivaient à cette époque les autorités des petites villes de province.-C. Tah. v. S2. etc. * scrlxta. Or. Si dans la suite la flexion clasnatif pluriel sique -ae. ligu. etc. la science ressant. 4. :}07 — III. s'est ainsi maintenu tout d'abord dans la plus grande partie tout au moins de la péninsule comme il s'est constamment maintenu dans le parler des provinces extra-péninsulaires. 10. screihtor) étaient à peine plus éloignés du latin que le polonais ne l'est du russe. C'est ainsi qu'un Polonais qui s'essaie à parler russe prononce volontiers au nomiwolcij pour woild bo. dans sa première partie particulièrement. On lit en effet sur cette inscription bizarre. 250 . en sorte qu'on peut lire à volonté /«r/«e ou fartas. inusitée dans le langage parlé des paysans de la Sabine et qui doit être mise sur le compte de l'érudition des magistrats de Furfo qui ont dicté : | le texte .. omb. masculin âs% c'est pour des -Z que et sans particulières sur lesquelles nous nous expliquerons tout à l'heure. d'après czynownicy wilcy. dans scalas au contraire il faut voir cà le nominatif- accusatif vulgaire échappé par mégarde quelque peu hésitante de l'auteur de l'inscription fada enfin était probablement suivi d'une autre lettre qui paraît avoir été effacée par le temps. raisons tout à au masculin. ou wzednicy. est parvenue à évindoute région par région et désinence -as. dans une même phrase YTErEXTREMAE-YNDAE-QVAE-LAPIDE FACTA. Deitr. urtas « ortae ». 3.

Or. dont le maintien était favorisé de son côté par l'analogie inverse du système dotmil domnôs. nul doute qu'il eût agi sur les autres féminins *flôrae: flores * comme le en scindant florès en nominatif domnï scindait patres en patrl: patres. D'autre part le pluriel féminin flores ne participe point à la scission des deux cas.nas ou le français dames par un abandon postérieur. 3551. tout à fait significonserve domnl à côté de domnùs. Ling.. où les deux cas étaient confondus de toute antiquité. Alt-Ofen.§ 83. III. Mt'm. Tout démontre au contraire que la flexion -as au nominatif était devenue la forme normale dans le latin vulgaire de la République et rien n'autorise à expliquer. 2386. VIII. 3783.Hic-Q^scv:sf-D^\s-MRES-D'w. : inscription d'Afrique . . comme on le fait. Bréal le premier qui y a reconnu un nominatif. YI. Il n'y a donc aucune raison plausible à faire du nominatif-accusatif domnâs que nous trouvons à la base de la flexion de la première déclinaison en sarde. n'est point susceptible. en espagnol et en français. on peut citer. d'expliquer l'unification supposée du système domnae domnâs. mais il ignore domnne en regard de domnâs. à notre sens. d'origine purement syntactique. III. — :>08 — c'est. p^. CIL. jusqu'à d'Italie continue le latin que . Si le latin vulgaire propagé dans la Transalpine par la conquête romaine avait adopté le woxmwàWî domnae en regard de l'accusatif f/o^^/?//?. tablas. croyons-nous. d'après notre examen du matériel épigraphique LiBERTi-LiBERT..iLiAS-i\L\TRrFEC6"r«?i/^ ibid. Un peu plus tard. précisément parce qu'il est protégé parle féminin nnicasuel domnâs. nous la retrouvons sur d'une manière de plus en plus régulière où elle fonctionne parmi les plus sûrs exemples.?. elle montre précieuse parce qu'elle est exactement datée la fin sans transition. L'analogie du singulier domna. de l'époque républicaine. même sur les noms de la troisième déclinaison et comme on sait. etc. Sof..\SQVE.s-FiLiAS. le nominatif-accusatif /vff/y'£'N en un système dualiste: nominatif */?«/n. ibid. accusatif patres. valoir contre l'antiquité catif: est. près de Salones (Dalmatie). la flexion primitive du latin archaïque et des dialectes italiques. du nominatif en -ae au profit de l'accusatif en -as. ne se soient point expliqués sur la flexion do sca/as. 217. sur une les inscriptions provinciales . L'inscription de Furfo est sq. celui-ci s'était si bien implanté en Gaule il : : Le français notamment qu'il agit transforme. l'espagnol due. sur ce point.

bel: bels . ne se 14 prononce pas catégoriquement.. lequel ne peut reposer que sur flores. y a un incon- testable. il faut bien fixer pour le laiin vulgaire de la Transalpine les paradigmes dom?iï:do7nnôs . lesquels excluent complètement le prétendu womxwhûî domnae .. Ce qui prouve très clairement que le système nominatif *patrt: accusatif /?«/r(?s n'est point une reconstruction purement fictive et sans fondement historique.s ou mur: murs. c'est précisément encore le féminin flors. Grundr.Moiii. accusatif patres ait jamais existé réellement dans le latin vulgaire des Gaules'./alrc. . Niïvlaniis 1. à telles enseignes que.. C'est pourquoi nous nous croyons en droit de déclarer que jamais le nominatif dommie n'a été prononcé au delà des Alpes par une bouche gauloise. . sans doute celui-ci eût entraîné les "fUrros et non pas les flars. postérieur à la chute des voyelles final(. s'il avait jamais réellement existé en (laule. — On peut se demander comment il se fait que le domni. Dès lors.s on français. domnôs. à savoir: antiquité en latin vulgaire et s'il si domnl a les existé de toute l'ori- convient d'attribuer à gine le dualisme domm domnôs : à toutes il régions de la fait Romania aussi bien qu'à la Gaule. mais domnàs et flores. S'il s'agissait d'une refonte générale de la déclinaison française d'après le paradigme bo?i: bons au masculin et bones au féminin. Il eut fallu construire sur nouveaux frais un système tout à fait différent. 621. Suchier. Telle était notamment la théorie professée par teter à son cours de la Sorbonne. patrl: patres.que le fi'anrais podrc : pcdres au un inétaplasino récent. c'est que les dialectes italiques s'appuient tous sur l'ancienne désinence indo-européenne -os au nominatif pluriel de la deuxième déclinaison: osque Abellanùs. La question est délicate et ne saurait être résolue que si un problème prélimilatin des (ianles. et (ju'en réalité pedrc : pedres ou grant : granz sont formés directement sur le finançais maistre : 7naistre. I.e il// latui iuil. ne possède que doiiimls et ignore totalement domnae. tout l'édifice si ingéniousement agenc(î de la déclinaison française eût été bouleversé et réduit à néant.iv. connaissant naire a reçu sa solution.. Arsène Darmesp. e. l'on n'objecte point Que pluriel repose sur § 83. sans supposer en aucune façon qu'un pluriel tel que nominatif * patrl. — ('linmolixji. Or.

enfin tenir faut compte. Nous avons enfin. appuyé d'ailleurs par le génitif vulgaire *manos.sdevait logiquement subir le mëtaplasme *?uanns. Si les dialectes de la Sardaigne avaient connu le dualisme -l -ôs au moment où la désinence -î reprit le descelui : I. puis cette forme cesse universellement d'être conçue comme un cas distinct et le vocatif disparaît dans toutes les déclinaisons. etc '. En russe. S/iraehf. de la distinction logique des deux cas et par suite abandon naturel de la forme domnï. vo-yl. domnâs. Une foule de causes secondaires militaient d'ail- sur leurs en faveur de cette expulsion : déclinaisons où déjà diè^. mamis fonctionnaient parallélisme riel comme nominatif-accusatif. *riianôs. 50. Planta. Zeilsch. cf. est constamment resté fidèle à la flexion -ôs. cf. Iionuiês. 55'» sq. donniâs plu: : s'imposait presque tout naturellement. domnôs. en dépit de l'influence profonde exercée par l'italien. ce qui vaut mieux que toutes les spéculations théoriques. mais cette théorie n"est admissible que sous quel(|ues réserves. 'l'iiurneysen. De plus. Quoi qu'il en soit. fonctionnant comme nominatif-accusatif. de ce fait que la disparition générale du nominatif. le nominatif pluriel m«//«. d'abord l'analogie des autres nâués. une fois domno.. a contesté que screihlor fût un masculin plui'iel. — -iio — le Cippe d'Abella. voii. le témoignage des langues romanes issues dans leurs à fixer de plus la parties essentielles du latin italique de l'époque républicaine. J19 sq. considérée comme doublet facultatif et superflu de domnôs.})lus haut p. dans la conscience de la langue.§ 83. avait forcément restreint les libertés de la construction ancienne et tendait en plus étroitement l'ordre des mots dans phrase vulgaire: de là extinction graduelle. Ces formes ont dû forcément amener dans le primitif latin d'Italie l'accusatif doiunôs à usurper les fonctions du nominatif et à expulser doinni. . appelait de son côté domnôs dans les que se confond avec manu mêmes Il fonctions. beaucoup jdus sérieusement qu'on n'a coutume de le faire. domùs attesté par Suétone.. ombrien Ikuviuus. amenée tout d'abord par des causes purement phonétiques ou morphologiques. H. p. du sarde notamment qui. en sorte que le domno damna singulier. XXXII. on peut toujours et même on doit admettre de vastes régions en Ombrie et ailleurs où scrîptl se dit * scri/Uus. des difficultés phonétiques restreignent d'abord l'emploi du vocatif dans les masculins en -u.

Whitley Stokes. eich.. sarde. une accommodation de la déclinaison vulgaire aux habitudes des dialectes indigènes. eochu. de la part des Celtes. Il est impossible de penser que le hasard seul ait amené une coïncidence d'autant plus remarqual)le que le système usité en Gaule paraît rompre l'harmonie et le parallélisme créés par le latin classique. irl. devaient favoriser maintien de domnl à côté de domnôs. est donc absolu: masculin equl : equôs. Phil. d'origine essentiellement latine. faisait au nominatif pluriel * epei. Bezzemb. le nominatif domnae à côté de l'accusatif (/om?2«^. V.s maintenir au même titre que sans être combattue directement par aucune influence analogique. C'était d'abord Rome. Beitr.. XI. eût opté pour -l de favorisé tout au moins tenipus : *t. connaissaient également. : 1. tout en s'en séparant quant au féminin. exactement comme dans l'Italie proprement dite nous avons vu le système fiexionnel . à n'en point douter. *epl. pour le latin vulgaire de la Gaule. L'accord avec l'éiat que nous retrouvons. au féminin *epâs « equae » et « equas ».— pas 211 — elle-même. Rom. irl. 80 et pour *ppos a ecus » autant qu'on en peut juger.pmpl — Il }' avait seulement deux zones géographiques où la tiexior. le celtique semble s'être généralement comporté comme le latin et le grec à l'égard du pluriel masculin..ç. comme en indo-iranien et en germanique. à travers la déclinaison française.. 305. et à l'accusatif pluriel *ppôs. Grundr. avec l'Ager faliscus et probablement avec tout le sud de domiiôs a dû se conserver ici l'Étrurie le dualisme domnl d'autant plus facilement et d'une façon d'autant plus durable que ces dialectes. à l'origine. Cf. mais féminin equâs. le contrôle . § 84. sus dans la péninsule ot gagna peu à peu les régions extrêmes et les îles. Ainsi comme nous l'avons déjà dit p. v. 152 sq. Il y a eu ici. : second lieu. jusqu'à la Sicile et la Corse n'est douteux que le préférence à -ôs et plutôt que tempiis : tempos. I. -7 pouvait. En . Windisch. tant dans le la Cisalpine qu'au delà des Alpes. En effet. il ^84. Les pajs volsques se rattachaient peut-être sur ce point au système des parlers latins*. lui aussi. se -ô. les dialectes celtiques. avec la rmticitas du Latium. L'absence d'exemples épigraphiques rend sur ce point impossible. les deux cas étaient au contraire confondus.

Mantoue (cf. les populations étaient à ce point confondues et si peu cohérentes. où la plupart des langues indigènes étaient encore en vigueur sous Auguste. Si. D'après Strabon. lors de la conquête de l'Ager gallicus et de la fondation de Sena Gallica. était étrusque. Trente étaient rhétiques. ÏII. trop faibles en tout cas pour conserver longtemps leur originalité de race au milieu des populations italiques qui les pressaient de toute part. autant que possible. En revanche. . dès les premiers établissements des Romains dans les pays celtiques. i. très peu probable. avec une quantité do centres romains y aurait lieu. il est vrai. Modône. Plaisance (fondée en 219. cent ans après la grande invasion gauloise et le premier contact des Romains avec la race celtique? La chose est. se désagréger sensiblement au contact de l'ombrien et des dialectes indigènes'. Padoue vénète. — 21-2 — se modeler. de distinguer entre la ïranspadane. échelonnés sur son parcours. sur les formes osco-om- briennes. et la Cispadane. Milan était insubre. La question la plus grave qui se pose ici est la question chronologique. Pline. que la formation d'un groupe linguistique nettement caractérisé nous parait. Le système domiii: domnôs contre domiiâs s'est-il installé d'abord dans la partie celtique de l'Ombrie et du Pisaurum. la plus fréquentée des routes du nord. puis dans la Cisalpine. Nous nous montrerons tout aussi sceptique à l'égard de la pureté des dialectes celtiques de la Cisalpine. durant leur domination assez éphémère au nord de l'Apennin. Leur dialecte avait dû. Regium Lepidum aux Boiens. Faventia appartenait aux Lingons. car d'une part les Sénons devaient être assez peu nombreux. Luna et Vérone et Gênes étaient Il ligures. tous de première importance. somme toute. 6.i. lorsdelaromanisation de ces contrées. où l'élément celtique offrait primitivement plus de cohésion. Il y avait là un tel mélange de races et de langues diverses. en 289. xix. V. tout à fait problématique. c'est-à-dire dès le m" siècle. 130). tels que Bologne. prise par les Boiens. Parme. reprise et colonisée à nouveau 1. il faut noter que cette dernière région était traversée dans toute sa longueur par la voie Émilicnne. L'inscription de Tuder est probablement un témoin du celtique désagrégé au contact des dialectes italiiiues.

int plus défavorables à l'éclolatin sion d'un parler original. Des caravanes venues de perpétuellement le . Gramm. le nominatif *i'pi distinct de l'accusatif * epOs par exemple. préféi'èrent l'exil à l'esclavage et al)an(lonnèrent en masse le pays. dans -/ la Gaule Transalpine. L'hypothèse d'une origine celtique tombe ainsi d'elle-même. comme aux autres branches de la famille. attirait les du monde romain tout entier latinisation dans la Cispadane. toutes les parties de l'Italie sillonnaient pays. car rien ne dénonce positive- marchands et les colons et devint le foyer principal de la ment dans de l'Italie les patois actuels de l'Emilie des traces d'in- fluence celtique plus accusées que dans les autres dialectes supérieure '. Comme 1. et que son apparition. sur y est postérieur à l'inflexion de o devant quelques points tout au moins. eoc}tu=^*eqOs. !^ / . *epi fonctionne : comme riel.en 190). du Nord W . — Au contraire. il faut bien dire qu'en l'absence de tout renseignement certain sur les dialectes celtiques de la Cisalpine. en sorte que nous n'avons pas en réalité le droit d'attribuer l'une plutôt que l'autre aux dialectes de la Cisalpine. nominatif. avec ses entrepôts. à MantoUe et à voyelle il est de toute façon d'origine très récente dans . vaincus par Rome. elle Cette distinction est sûrement récente moins que i:.\F siècle. // Nous ne tirerons aucune conséquence de cv ("i fait que les voyelles et manquent I^a Mirandole. dès le début du ii" siècle. Le les transit était donc considéi-able dans la Cispa- dane et conditions 'd'ant. 85. l'Italie à l'éinilien actuel. ne date guère que du . c'est à titre d'hypothèse purement gratuite qu'on peut leur attribuer. Rien ne permet de mettre en doute cette tradition. parait-il. D'un autre côté. se donnaient rendez-vous dans les grandes villes Bologne. les Cénomans ou les liisubres conservassent.. vocatif plu- prouve du deux flexions coexistaient à l'origine en celtique.*pqi. 11 est fort possible que les Sénons. Le vieil irlandais a utilisé cette double désinence d'une manière fort ingénieuse pich=. la vieille flexion indo-européenne du nominatif pluriel. I. *cpôs les comme . son marché considérable. comme les Italiotes. a montré que // Meyer-Lùbke. Les historiens nous disent que les Boïens. ()46. d'autant plus qu'il y a des traces historiques de la flexion -as à côté de -oi [%) en celtique. excepté. le nomiles natif en peut être considéré comme assuré.

domnâs que nous trouvons incontestablement comme formes dominantes dans le latin primitivement parlé par les Italiotes. ni quant à la valeur fonctionnelle avec les pluriels italiens en -i . les nominatifs en -î de la Transalpine n'ont en réalité rien de commun ni quant aux origines chronologiques. sa propagation naturelle par la voie des Alpes serait tout aussi invraisemblable. Cette remarque est importante. Ajoutons que les montagnards des Alpes. En d'autres termes.i. etc. Nous pourrons ensuite comparer domnl du nouveau latin vulgaire d'Italie avec domnt de la Transalpine et apprécier la différence absolue qui les sépare. car elle conduit à cette conclusion que la véritable patrie du système clomnl : domnôs est la Gaule Transalpine elle-même. Cette chute de -s final dans domno n'est. Ils formaient donc entre les populations de la Cisalpine et celles de la Transalpine une infranchissable barrière qui devait forcément arrêter la propagation des phénomènes linguistiques. en Espagne et en Afrique. Veragri.. dans la Cisalpine. — dans la rusticitas proprement dite aussi bien que dans pays italiotes et plus tard dans les provinces anciennement colonisées. restèrent Auguste et Tibère et Nous avons établi plus haut que la forme stricte§ 86. et qu'il ne relève point directement du latin vulgaire de l'Italie. indépendants jusque sous que la domination romaine ne les assimila jamais complètement. il est au moins douteux qu'ils l'aient jamais connu et. franc. si l'on songe aux difficultés des relations entre les deux versants de la chaîne. 86. même dans dialectes italiens du conservé ce cas. très sûrement la Provence. Salassi. comme nous l'avons dit. Occupons-nous tout d'abord des formes usitées dans la péninsule et demandons-nous comment et dans quelles conditions le pluriel doninl. Yagienni. mais par des voies et dans des conditions tout à fait différentes qui en font en réalité deux formations aussi étrangères que possible l'une à l'autre. doinnae succède peu à peu en Italie aux types domnôs. — la -214 — Piémont et de la Lombardie n'ont pas moindre trace du système domnl : domnôs. Ceutrones. Beritini. en Sardaigne.Tebavii. qu'un épisode particulier de l'histoire de -s les . mais partout sans sifilante finale. le provençal tuit. ment vulgaire du nominatif singulier domimis était domuô. tiiit et l'italien tutti sont sortis du latin vulgaire *tQttl. tuich. dans quelques régions domnu.

. Le cas est au moins chronologiquement différent de celui de uldus. des restaurations indues et de véritables excès de zèle. c'est-à-dire à l'époque d'Ennius à peu près. \..v final. Liui Andr. Naeui fab. points insoutenable. D'abord. /jrt/re conueniant . sq. Irit'ëmis. p. p. par extension. malgré l'autorité de Priscien et de Nonius. S latin caduc. des Aurunques. ForscJi. Opusc.. On disait teaipos fert. et on eut raison. a latin préhistorique -. patreis. IV. dans un mot queltrouvé plus ou moins mobile. fragm. uirês. Tout démontre au contraire que ces nominatifs en -eis. on crut bien faire d'ajouter également un -s à nirï. Il se produisit aussi. On prononçait conueniant patrè ei patres conueniant ou môme plus tard.— montré qu'en "215 — § 86. 453 sq. 135 sq. raisons. mais non point à la fin du mot à l'intérieur do la proposition '.. cette théorie est en aussi Ritschl. 12. reliq. col. c'est-à-dire à la fin de la i)lirase. nous avons essayé plus haut de déterminer pour quelles . :K)r). semble-t-il. Indocj. à propos de Névius. Mus. veut les attribuer déjà au vieil ennemi des Métel. particulièrement dans les régions telles que la Sabine. Mais. On explique ces formes par un emprunt à la déclinaison en i: mais. -l sont en relation avec l'histoire du rétablissement d^ -s final en latin. comme 246 l'a déjà fait remarquer Solmtous sen.9 était devenu muet à la finale absolue. Lucien Millier. p. L]jc. ce qui était à la vérité le Latium en faveur de bien inattendu. iiirei et on prononça uirls. cf. rostrale. . cf. Mommsen. lors de la réaction qui s'opéra dans -. . 317 sq. p. comme on disait aussi conueniant idr'i ou iiiri conueniant.. Heureusement la consonne menacée put presque partout se ressaisir. thuîesmis. mais fert tempo. en latin archaïque.s' ce genre. -îs pour -ei. où final des dialectes indigènes n'avait jamais été sujet à aucun accident de -.. sq. le pays des Volsques. Louis llavet. 646 IV. Rltein. et Cn. que. Dans le Latiuni. IX. ils ne sont point très anciens dans la langue car c'est décidément à tort. Tout conque s'est ainsi -. la sifflante était forcément restée un peu plus débile néanmoins sa chute définitive et absolue ne fut consacrée dans le parler vulgaire qu'au nominatif singulier. des Osques et dans tout le sud de l'Italie. plus ou moins branlant et incertain. II.. uireis. on s'efforça de rétablir uniformément patres.y final.

37. L'autre exein})le. cf. chez les Volsques. 1175. De même. 566. . :)3. Beldinr.. minktru ou . chez les Volsques. les nominatifs latins en -îs ont fini par pénétrer dans le parler vulgaire du Latium et des régions voisines. cil. -cris. -eis. Jahresb. Schneider. Capoue vers la fin du ii" siècle. de Sora. heisce-magistreis.. c'est-à-dire de la seconde | moitié du if siècle avant notre ère. Latoin. le plus souvent avec -es k partir de César. 199. en sa (|ualité d(^ thème en -. 1. quand récemment p. ont rétabli la lecture ignôtl. etc. p. I. Dial. 532 et X. -ïs ne sauraient donc passer pour des vulgarismes ce sont tout au contraire des formes d'origine savante qui tout d'abord ont peut-être été purement orthographiques. n° 135. cf. -ïs. 86. Ces nominatifs en -es n'apparaissent pas davantage sur les inscriptions les plus archaïques les plus anciens exemples sont du if siècle avant notre ère. dont la langue porte des caractères de vulgarité assez marquée. un autre caractère de la flexion -îs. Ignoteis iteris Spengel. sont des formes pour ainsi dire consacrées dont les exemples abondent relativement jusqu'à une basse époque. sarde -eri : plur. Enfin. Ces nominatifs en -eis. il — écrit 210 — sumu . 565. comme le français Irgs où le g. fragm. B. 1478. c'est d'être à l'origine très nettement limitée au Latium et aux contrées limitrophes si la formuje . fragm. au nominatif pluriel. vep. ibid.tvi. CIL. i. exemp. miimtrè>i. La langue officielle conserve cette flexion jusqu'au commencement de l'Empire dii07nuirès. 14. Altert.. CIL. Tel est le riptes du poisson de bronze de Fundi. 563. ibid. notamment leibereis-lvbe tes-donv-danvntV Ce texte est du début du vu* siècle de Rome.eieis. Ribbeck et plus LXVIII. Ces formes se rencontrent aussi chez Plante et parmi les inscriptions presque exclusivement à l'origine dans les textes officiels. s'il est vrai qu'il faille compléter^o>wcR[PTES cô^wcrZ/j^z. 1. ital. quoique repo. a néanmoins fini par s'introduire dans la prononciation courante. E. lus. 28. facteis-ervnt de la Lex agrariaB. 1. 17. 2.. . GNATEis-CEiVEis.i. contient peut-être directement l'ancienne llexion italique. Bûcheler. p. heisce-maglstris. magistrès. se rencontre aussi sur les inscriptions de I. 1. lign. en offre deux exemples. 6231. = Tels sont vireis de la Lexrepetundarum. cf. à côté de heisce-magistrei. La dedicatio Vertuleioruni. sant sur une fausse étymologie. Klass.."o-.

domnl ou domnts n'est plus exclusivement compris ni senti comme nominatif et commence à faire la concurrence à l'ancien accusatif domnôs qui perd insensiblement du terrain. etc. CIL. excepté dans certaines formes pronominales. Si en effet.— ibid. obliques. comme accusatif. indo-européenne. une fois pourvus de -y. et d'une façon générale le pluriel car jamais... d'expli- des rections telles que. d'autre part. et môme en Espagne. écrit à l'accusatif scriptes pour . cola ne préjuge absolument rien quant au latin parlé par le peuple de ces contrées. II. domnëa et patrïs patres. llbcru. et quelques autres. dans le parler spécialement rustique du Latium. de boni. lign. 198. elles préparèrent d'une part la fusion des types domnt ou doinnls. par libri. à notre avis. dans le parler vulgaire du Latium. donmîs ou domnl était constamment resté en Italie cantonné dans les fonctions de nominatif en regard de domnôs fonctionnant y . si le chez les Falisques. ni en Ombrie. où ces formes abondent. -217 — § 86. vers le milieu du ii" siècle.. cf. a été formulée à Rome aux ides de décembre de 637. quoique rédigée pour les Génois et découverte effectivement à Gènes. A notre connaissance. ni dans aucune des régions où dominaient les nominatifs italiques en -ôs. sur le modèle des noms de la troisième patres ou patrts nominatif-accusatif entraîne déclinaison magistrïs nominatif-accusatif. 14. 3778. première étape vers les pluriels italiens biioni: forti. notamment CIL.s-) ou -ci[^) tendaient à fonctionner également comme accusatifs.«?ry7/>/fw. I. comme on l'admet d'ordinaire. De mémo la sententia Minuciorum. le nominatif ne succède directement aux cas et de César. -ts de la deuxième déclinaison ni dans la Sabine. C'est ainsi que la Lex repetundarum. à partir du m" siècle de notre ère environ. on ne rencontre cà l'époque républicaine aucun exemple concluant d'un nominatif vulgaire en -eis. autrement dit. Une fois que ces formes eurent pénétré. 3433. les anciens nominatifs en -ï(. etc. Deecke Les nominatifs du type factls. sont donc à l'origine un produit artificiel de la langue spécialement romaine. le datif Vers l'époque de SjUa disparaître peu à peu de la commence à grammaire vulgaire. Déjà la Lex Furfensis écrit . 1. 4. X. nominatif magis/rris apparaît anssi n" G2 ù. le latin il serait impossible. dans aucune langue italien serait inexplicable quer dans vulgaire impérial de l'Italie . ad amïcl.

11 faut remarquer en effet que la flexion -bus. ridentité de domm{s) nominatif- accusatif avec donnns datif-ablatif favorise à la fois l'aban- don du datif et l'introduction de (/om)n\s) comme cas indirect. cf. l'identité avec dommi^s) suggère tout naturellement le da. par l'épigraphie républicaine. <( : La langue vulgaire du Latium. où l'on prononce depuis quelque temps patrïs plutôt que patres au nominatif-accusatif pluriel.-C. anilcae. lequel cadre exactement avec ad doninïs et pousse à la fusion d(jm7il[s) patn[s) '. App. au lieu de -ae siTA-svNT. Celte formation toutefois du moins les inscriptions républin'est pas fort ancienne caines ne nous en ont guère laissé d'exemples. ne pouvait manquer de soumettre à un traitement analogue les seuls nominatifs pluriels génériques encore dépourvus de -s. 11 semble même que -aes ait d'abord fonctionné comme génitif singulier : — : . compromis entre asfanfîs (luis vulgaire et adstautilius cluihus classique. ne trouve aucun écho dans les dialectes indigènes. On peut comparer aussi Nobiscum non noscum. legibus )). grecs en Les génitifs peuvent de leur côté. etc. -/. -es seul en usage -u s'est donc généralisé plus tard dans l'idiome parlé. c'est-à-dire les féminins domnae. bonae. Dans le Latium. On attesté. mais postérieurement. on inaugura le type domnae domnacs. était Lors de la colonisation de la Sardaigne et de l'Espagne. Capoue. patri/jo[s) passe de lui-môme à *patns. bonis. 7 AD-ID-TEMPLVM-DATA. . 895. cf. dans les pays osco-ombriens. -es. CIL. De son côté pali'ihus ou patribo{s) ne tarde pas à s'éteindre .. V. lign. non 1212. 1. AD-EAMAEDEMDONVM-DATVM. homonus « hominibus » etc.. Probi.tiî ad patrls. donmls datif devient tout naturellement ad donnûs. ombr. lign. portug. Ajoutons-y astante-civibvs. — Dans le -JIS — . : tel I. osque Hgis -s sorti de -fos ne rappelait en aucune façon la pour -fs où parenté primitive avec -bus latin. comnosco. D'après domnï dormvts. 13. une fois en possession § 87. ce qui supi)(. c'est-à-dire lors des premières inlluences du grec littéraire il est vrai. déjà à Pompéi une inscription souvent citée donne cvM-DiscENrES.)se également un génitif masculin -is pour -^ d'après Tosco-ombrien -els. est pesceniaes-o-l-lavdicaes-ossa-heici'"'" siècle avant J. . CIL. du nominatif domnls. peut y voir un compromis entre -ae désinence latine et -as désinence itali(|ue.§ 87. Latium. amtcls.

le système italique est assurément plus ancien il a dû commencer à s'établir dans les régions osco-ombriennes dès les premiers temps de la colonisation romaine car. A notre avis. se rencontre fréquemment dans les noms ^recs. ALAES « alae » CIL. il nous paraît difficile d'imaginer quelesitaliotes aient jamais la effet : : : : : . ces formes ne peuvent être interprétées que comme une imitation analogique du masculin -ï -is et leur patrie première ne peut avoir été que le Latium. Vers le milieu de ce même siècle. tandis que dans la plus grande partie de l'Italie proprement dite. et nous maintenons absolument notre explication. 88. avoir favorisé mesure on remarquera en . VIII. sur lesquelles on trouvera chez Planta. commencèrent la latinisation des pays conquis avant le if siècle ou dans le courant de ce siècle. -as -es qu'emportèrent avec eux de toutes les régions de la péninsule. pu. . C'est. VIII. 6707. mais aussi dans les colonies. 87. non seulement en Italie. -210 — S. cf. la désinence -«e. comme nominatif pluriel tout au moins. On a déjà beaucoup écrit sur ces formes bizarres. se représenter des nominatifs pluriels -ae. Quoi qu'il en soit. Au point de vue chronologique.— de l'Attique. 9052. helenaes CIL. provenant d'Auzia. terminés en : -l ou en : comme nous l'avons vu.v ne saurait passer pour une imitation hellénique elle est effectivement attestée dans cette fonction. Ainsi. II. 9347. le système donmùs domnâs patres usurpait de bonne heure les fonctions de casus generalis du pluriel. tant qu'ils continuèrent à parler leurs dialectes indigènes. mais pourtant point d'une manière exclusive. mais qui réalisait l'unification fonctionnelle d'une manière plus intime encore que dans le système spécialement italique domms : domnaes : patrïs. je le répète. à savoir que l'analogie seule de -l : -Js a engendré -ae : -aes. il se formait dans le Latium un type de flexion d'un caractère très différent quant à la provenance et à l'histoire. VIII. semble-t-il. nous ne croyons pas à une influence italique dont il est impossible du reste de donner des preuves. Sur une inscription d'un caractère nettement vulgaire. . cf. jusque-là plus fidèle. la rusticitas du Latium. des remarques précieuses et nouvelles. forme -acx dans une certaine que la flexion -acs. lé système -os les colons qui. Néanmoins pour le nominatif pluriel. on a le nominatif pluriel sportvlaes à côté de sportvlae CIL. en Mauritanie. à la distinction du nominatif domnl.

proprement * quisquir est. Osthoff.. Varr. comme tant d'autres formes la de la rusticitas exclusivement latine. étape dont il y a. le phénomène fut plus compliqué que dans le Latium. p. p. Listij cf. Centr.. des pluriels en -os. Litt. : do)iniacs.. aussi G. suivant l'hypothèse de Louis Havet pour le latin. semble-t-il. suivi de quirqinr est. I. -s final. Seulement. 5. de à-dire qu'elle . ciuitates erunt furent ». . Gnecli. On disait à cette époque en ombrien totâs furent. Gramm. — •2'2{) — et de l'accusatif domnùs. Ling. et peut-être devant consonne douce elle se maintint d'abord devant forte et passa à -r entre voyelles. où le mal paraît avoir pris naissance. sans parler des faits observés en latin. Planta. même coup tout l'édifice Latium.ç. « tôtâ. Ces phénomènes s'étendent sur une immense étendue de territoire car.:. Deecke. 1096. l'Ager faliscus en particulier. ce système doit être déjà assez solidement établi dans le parler vulgaire du Latiuni eût fini néanmoins. c'est- — tomba en finale absolue. Krsek.trurie. . cf. devant concurrence redousi table du parler italique et du latin provincial.. miraculeusement sauvé dans et définitivement caduc sa chute. pour les raisons que nous avons dites. Blatt. ils embrassaient sûrement d'un côté le sud de l'F. -as. . quelques traces en latin. 25G sq. donc 227. A l'époque de César. cf. 8. filoL.. lat.. grec classique o.. le Ce phénomène est naturellement lié d'une façon § 88. totdr essâ « eiuitates istae ». 1879. § 88.p. En Orabrie. . * Ft-r. étroite à l'histoire de -s en latin et il y a tout lieu de croire que l'accident survenu à -s final en latin vers la fin du iv^ siècle ou dans le cours du m" n'est qu'un épisode du grand procès do paralysie progressive que traversa à cette époque la sifflante dans toute l'Italie du Nord. Meyer. La sifflante finale y obéit à toutes les lois imposées par la phonétique syntactique. en Ombrie. XIX. ruina du -es.t'. cf. en élidien optip pour *oc7T'. par exemple le fameux ueter arbos. Falish. est troublée à son tour dans sa conception de la déclinaison et inaugure peu à peu. p. le compromis domnae flexionnel donmîs . domnâs.549 sq. il est probable qu'avec le temps il par succomber. était devenu désormais irréparable. VII. de iietës gr. une circons- tance imprévue n'était venue déranger toute l'harmonie du système jusque-là en vigueur dans la péninsule. l'autre les diff'érentes régions du Picénum.

Ce qui prouve bien en tout cas qu'il ne faut point chercher de distinction chronologique entre les formes avec -s et celles avec -r. C'est ce qui ressort à nos yeux tant des caractères épigraphiques de l'inscription que de l'incontestable mélange de mots et de formes latines dont ce court texte abonde. c'est que celleson en a du ci apparaissent déjà sur les tables les plus anciennes moins un exemple sùriadiper arves. p. .. voir plus haut. Planta. à ce que nous croyons. sans jamais y arriver pleinement. et adepe arves. le 588.adeper arves. n'en ont que trois sans sifflante la table II a au contraire . Annaes de Corfinium.— § 256. le grand foyer d'où raj'onna sur toute la latinité italique l'extinction générale de la sifïïante. tôtà et cherchèrent. nous voyons que le dialecte d'Amérie s'est généralement décidé pour le rétablissement de -s. certaines formes morphologiques échappèrent sans doute. c'est forme dominante. . les différents dialectes ombriens se débattirent constamment entre tirer les doublets syntactiques tôtâs. Dès le temps de la Guerre Sociale. Irt27. Dans la suite. p. ->-2I — tinal § 88. le génitif /o/'/e pour /br/zs de l'épitaphe de C. Mais rOmbrie resta toujours le centre de ces phénomènes. 1. contre 39 exemples de -s final conservé. lôtûr. favorise la graphie sans -r qui devient la -s. Au moment où commencent les monuments historiques de l'ombrien. par une sorte de sélection naturelle analogue aux . nous avons vu les nominatifs singuliers sans -s pénétrer dans le Samnium et nous les trouvons. aune époque plus récente. qui ne nous paraît pas pouvoir être reculée au delà de l'époque de César'. de conserver -s au moins dans l'écriture les tables \ a ei\ b par exemple. Durant plusieurs siècles semble-t-il. dans l'ancienne langue du rituel. installés parmi les briquetiers de Pompéi. p. A Iguvium. cf. tandis que Fulginium et Assisium optent en faveur de -r. montre simplement comment la chute de -s final commence à la fin de la République à se propager en Italie. à côté de adepes arves \a 6. le La chute de -s a ég'alement gagné niarse et pélignien. sous Auguste. etc. mais. I. I^ 26. lorsque la finale -r tendit à se généraliser. etc. il faut croire que la mode fut d'abord. 581 sq. A la partie de la table V. à en un système uniforme. \b 30 et 33. Tuder au contraire favorise visiblement les formes sans sifflante. § 256. 179.

CIL. A peine -s final -r. -r final issu de -s primitif devait à brève échéance succomber à son tour et il est plus que probable que. 173. après les tem§ 89. primitif ou seconoù furent gravées les Tables Eugubines. iixo. Au moment — Tables. Or. Le Couple faits de -5. La tentative si laborieusement poursuivie en vue de rétablir -s sous sa forme rhotacisée avortait donc. d'après la remarque de Planta. aujourd'hui sii forme analogique. * midi ou * ôdi pour audls. : roman lui : lei. semble-t-il. cette loi avait déjà pénétré en Ombrie et déjà l'orthographe commençait à en tenir compte. Dès lors. un lien direct entre l'ombrien si « sis » et l'ancien italien si.. dès le temps de Sylla ou de César. etc. et désormais l'ancien -s était à jamais condamné dans tout le nord de l'Italie proprement dite. 10. C'est ainsi que. elle aussi. 583. V a. c'était à peu près l'époque où. Il était. on écrit emantu. § 11 Les anciennes finales ombriennes en -s n'étaient point. à côté de emantur. —n'en offrait déjà plus nulle part de traces. au matronaPISAVRESE. p. pêtes de la Guerre Sociale. * pdvfi \>Ç)m: parfis et par analogie */?mof7 ou * fiinnl pour fundis. 112. dans leur destinée d'être contrecarrées toujours par le mauvais sort dans leurs efforts séculaires pour se maintenir et se fixer définitivement dans la langue. p. tant s'en faut. § 89. I. I. on se trouvait ramené au type lôtâ. Y a. une partie probablement du pays des Falisques. Il y a. 8. ébranla à son tour -r daire. toutes les populations de la péninsule. du latin provincial du Pisaurum. la deuxième personne du singulier se montre sans -s ou -r tînal avec une persistance marquée. — remuées jusrjuc dans leurs nuisses profondes. D'après l'ombrien hen « tu veux ». — '2-2-2 — connexes qu'on observe en latin lors du rétablissement à la réintroduction systématique de la finale. dès l'époque la plus ancienne. * cantï ou * ((nidi pour cantës c'est l'origine des deuxièmes personnes en -i de l'italien moderne. voir plus haut. où on en trouve les plus anciens exemples. ])oulever- . cf. Mohl. ombrien sous forme de la tentative nouvelle : était-il en voie de se rétablir en qu'un nouveau péril vint menacer loi. final. à nos yeux. au bout de leurs vicissitudes et de nouveaux déboires les attendaient. an peut supposer que le latin vulgaire de l'Ombrie prononçait de même. l'ombrien parlé sans doute bien différent de l'idiome littéraire des mate..

domnâs stituer à à domnâ. des deux sifflante finale était . doninacs qui triomphèrent la comme casus generalis. d'autre part la langue littéraire. Ce furent les populations du nord qui. jamais aussi pénétration de l'un par l'autre ne fut ni plus rapide ni plus complète. dispersées et mêlées. dévasté la lutte linguistique n'existe plus qu'entre le latin provincial originaire de l'Ombrie et Latium n'avait et des légions. imposait trop bien aux populations latines la norme de ses nominatifs doitiini doiiiinac puur que. viennent repeupler ces déserts artificiels créés par la guerre et la politique implacable de Rome victorieuse. \di elle resta sur ce perrgriidtas italique. la ce ne furent point les formes éphémères dom/iîs. s'écrouler les derniers vestiges de leur originalité. Désormais servit de pépinière l'Italie. il n'y a plus que des Romains par toute l'Italie. dans cette chute au néant de toutes les petites nationalités itali(iues. voyaient. d'hommes lorsiju'il s'agit.:'. Seulement.— 22:î — !^ 89. ramassés par toute l'Italie. entre le latin du nord qui avait réduit domfiôs à domnô. un peuple pourtant resta debout. reçurent de la politique romaine et du hasard des circonstances la tâche de cette réédiflcation de l'Italie. de leurs langues. Or. Nous avons essayé de montrer comment. sées et confondues. alors dans toute la gloire de son âge d'or. après qu'on eut do la repeupler et de l'unifier.v^ italique. Des nations entières sont transportées. après point à \'à l'avoir fait passer par le stade : domnls dom- naes. la victoire ne pouvait être douteuse rustlcitas GoxiivQ. de leurs mœurs. s'alilrma d'une façon définitive. arrachées à leurs patries primitives. de leurs institutions. D'une part trop chute de profondément entrée dans les habitudes italiques de cette époque pour tolérer cette exception. du Picéuum et le latin des colons du Jamais le contact de ces deux langages la été aussi intime ni aussi constant. concurremment avec les Latins proprement dits et les soldats des légions. envahit 'tout le sud de la péninsule jusqu'aux villes grecques de la côte. et le latin du Latium le (|ui tendait à sub- l'accusatif doninôs do))inâs nominatif dotnnl domnac. Désormais. la langue vulgaire générale de l'Italie. il n'y a plus d'Italiotes. avec tous les traits caractéristiques de la prononciation du nord. L'osque fut expulsé du Samnium et de la Lucanie et bientôt le latin. et des peuples de colons. C'est proprement à ce moment là que la 7. avec la ruine de leurs libertés anciennes.

Sous Auguste. on peut considérer les pluriels domni. mais c'est lui aussi qui le iransforme. jamais ils n'eussent pu s'imposer à l'Italie comme casus generalis et l'italien ne nous offrirait point aujourd'hui ses pluriels en -i et en -e. La langue. * pat. cette bonne ménagère. Dans le nord. -s final 1. » Bréal. l'Apulie. vite il y faut pourvoir et amener des matériaux de renfort. p. Ling. domnae comme dominants dans l'Italie centrale. Mrlxuujcs licnicr. flDn au lieu de patr'is. la propagation a dû s'effectuer plus rapidement parmi les populations si mêlées et déjà si protVmdément latinisées de la Cisalpine.. si les anciens nominatifs domnî{s) dumnae[s) n'avaient déjà commencé dans le Latium à fonctionner. des fissures se déclarent il faut ré})arer les brècbes. domnàs. ils sont rallonges par des emprunts venant du dehors. Dans cet édifice laborieusement élevé. comme elle l'a fait amun[l). Mrm. consolider les assises. il est })Ossible que nous pourrions encore atteindre dans ces régions des pluriels en -os et en -«s. la Sicile ont été sans doute les derniers refuges des vieux types dotnnôs. est pas même = = = = VI.. — -i-ii — côtés à la fuis. comme le fait le campidanien dans pour amano * amâbant. 233 et 239. Les mots ne croissent pas. encore aujourd'hui. amanta quattuor. la plus propagation de ces flexions dans la péninsule entière n'est qu'une question de temps. elle se fût probablement tirée de la difficulté en sauvant la sifflante par l'addition d'une voyelle éphelcystique. comme l'a si bien remarqué BréaP. Mohl. faisant avec les mots ce qu'une mère de famille fait pour les vêtements devenus trop courts de ses enfants. <c . la langue. en qualité d'accusatifs. si par exemple Oiullo d'Alcarao avait vécu quatre ou cinq siècles plus tôt. prévenir les affaissements.|< 80.. sarde batlor germanique primitif dans * pan-o * paf-o. dès l'époque républicaine. Le jour où une certaine partie de la grammaire menace ruine. comme l'a fait le battoro pour v. Soc. le pluriel dornnï doinmic ne s'imposât. Si nous avions de ces régions des textes d'un caractère nettement vulgaire et d'une date suffisamment ancienne. cf. lorsqu'il s'est agi de sauver les finales de "pan. florïs. La Campanie. le logudorien dans fagene facen[t). et du coup patrl. 11 n'en moins vrai que. Toutefois. La chute de la sifflante dans do7nnO{s) domnâ[s) n'eût jamais été un motif assez puissant pour violer toutes les lois de la logique grammaticale et imposer un nominatif en qualité de cas oblique. ne s'embarrasse pas pour si peu. Non seulement le besoin a créé le langage. . 267. Désormais.

pour notre part. Le pays ayant été à peu près dépeuplé. complèlement expulsé de la contrée. à trouver le reflet dans les différences linguistiques fondamentales séparant ces deux provinces. comme on sait. I. par Drusus et Tibère. 23. sis.. Meyer-Llibke. LV. cf. etc. On sait. — Clironolofiie du Iniin vulfjaire. Bellune. § 553. 15 . cette région ne paraît pas avoir été tout d'abord systématiquement colonisée par les Romains c'est du moins ce qu'on peut démêler avec assez de vraisemblance à travers les renseignements quelque peu vagues et fort incomplets que les historiens nous ont laissés touchant l'histoire et l'organisation de cette conquête. <»(». moins la langue des légions. que le latin dialectal encore en usage au siècle avant notre ère dans la Cisalpine et les contrées voisines de la Rhétie. à la suite de la guerre et des mesures coercitives employées par le gouvernement romain. Conquise en l'an 15 avant J. -as que ce qui s'est passé en Rhétie. que le pays resta longtemps sans légions permanentes. f Moiir.. il. -s dans les monosyllabes as. est naturel ({ue les terres ainsi abandonnées soient tombées principalement entre les mains des populations limitrophes.-C. vas. : Rien ne montre d'une façon plus nette ni plus les pluriels en -l. avec Feltre. Ce fut donc principalement la Cisalpine. ainsi que nous l'apprennent les historiens. familiarisés d'ailleurs depuis longtemps avec toutes les conditions d'existence exigées par la nouvelle province. par un passage de Dion Cassius. W. -ae se sont peu à peu propagés dans des pays originairement attachés aux flexions -os. Trente. qui fut appelée à déverser sur la Rhétie le trop plein de ses cités et les éléments indigents ou § 00.— n'est pas encore le 2-25 — i. — frappante comment . c'est-à-dire le latin généralement parlé en Italie et déjà fort voisin du langage officiel.. ce qui établit entre le mode de colonisation employé en Rhétie et celui auquel Trajan eut plus tard recours en Dacie par exemple une différence essentielle dont nous sommes disposé. Granim. Le latin apporté tout d'abord en Rhétie a pour base. Les biens que les Rhètes déportés ou dispersés laissèrent dans le pays devinrent la proie légale de leurs voisins immédiats. était d'origine rhétique. Vérone. avec ses villes populeuses et ses campagnes si fertiles et si convoitées. puisque déjà tout le nord de la Cisalpine. comme montrent le piémontaiset l'ancien vénitien qui conservent. croyonsnous. sous le règne d'Auguste.

164.XU'. . éclose et développée parmi des populations en majeure partie celtiques. Gcsch. dont le quartier général était à ^'indonissa sur le Hhin. d'après la Notitia dignitatinyï. à ce qu'il semble. Ling. la légion XI nous parait avoir été retirée. dans le courant du iii« ou du w"" s. car ce fut seulement.Mommsen. sous conquête. p. XXIV. nnd XXI. En particulier. Budinszky . de l'Empire". que la colonisation militaire vint trou- bler cette situation toute spéciale de la Rbétie et apporter veaux. Plusieurs inscriptions appartenant à des soldats de cette légion se rencontrent à cette époque à Aquilée. au ii° siècle de notre Marc-Aurèlc. à propos du n" 893. voir Bull. appuyée par de nombreuses colonies de vétérans. puisque c'est précisément un des caractères du celtique primitif de conserver en toute position la sifflante'. Or. -as qui s'établirent dans la plupart des régions de la Rbétie. Soc. XLIV. dès le régne de Claude. V.\lpes. . Plus tard. du pays.<6rt'?'^. Meyer. près de deux cents ans après ère.. . Une colonisation plus spécialement italienne fut dès lors inaugurée dans toute cette région et. que d'Arbois de Jubainville s'appuie pour contester ces formes et les inscriptions qui les contiennent comme celtiques. au moins partiellement. Le latin que ces premiers colons apportèrent dans les nouveaux établissements romains d'au delà des monts ne différa donc point sensiblement. C'est en Alpes des éléments de latinisation entièrement noueffet cet Empereur qui installa enfin une légion permanente dans le pays.gênants de sa population. latein. cf. Lt'ij.. en -1. -s final devait. resta constamment en Rbétie dans les la fin jusqu'à p. C'est de cette époque que datent la plupart des nom- breuses inscriptions militaires relevées au troisième volume du découvertes en Corpus. c'est-à-dire THelvétie du nord et la Vindélicie. der XI. possédait des légions permanentes. selon toute vraisemblance. CIL. la XI« et la X.4?/. 2. être maintenu encore à cette époque dans toute cette région. Ce furent donc tout d'abord d'ailleurs le les pluriels en -ôs. etc. C'est précisément sur la chute de -s final dans aaTscvo. Spr. Ils eurent temps de s'y implanter fortement et de s'y dévela lopper tout à leur aise. L'autre versant des . n'avait guère dû participer encore aux dernières innovations inaugurées en Ombrie et dans l'Italie centrale. de la langue parlée sous Auguste dans les plaines de la Transpadane et qui... elle ne put manquer d'être efficace. cf. dans le début. Rbétie il et n'est pas douteux qu'au if siècle les pluriels -ae fussent déjà la 1. la Legio 111 italica qui. cf.

domnl: Ace. dhilina: dlaline et moliner : nioliners^ à Erto. en -î et -es se sont partagé tous les mots masculins. flexion dominante dans l'Italie proprement dite. nous voyons les deux flexions se croiser souvent dans une même catégorie de mots. comme pour le latin p. sur les nominatifs singuliers en -s du type bm/ts belhis en regard de bial. d[aline molinar sing. en répartissant peu à peu l'une et l'autre forme sur les diff"érentes catégories de noms. cf. domnOs. dans la vallée de la Piave. et en regard de gialino: gialinos Qirmdinar: mulinars à Avoltri. explique. Gartner. Ces formes commencèrent donc à s'infiltrer d'une façon continue dans le latin de la Rhétie et à battre peu à peu en brèche les pluriels en -ds. -ae sont naturellement plus répandues dans les régions plus directement soumises à l'influence italienne. ce double pluriel du rhétique par une survivance du nominatif en -î à côté de l'accusatif en -ôs en d'autres termes. A l'intérieur d'un même dialecte. c'est-à-dire dans tout le centre de la péninsule. bi =. à la chute et à la nous voyons. à côté de gallmae. . dissolution Au moment de l'Empire. pour soutenir cette théorie. Gmmin. une déclinaison laquelle se serait : Nom. plur. Dans la vallée de la Noce (Tyrolj. avec 11. les limites exactes des deux formations. etc. Il est impossible actuellement de marquer parmi les dialectes romans des Alpes septentrionales. I. Ce fut.. que les Italiens. un nouvel apport de pluriels en -/'.: muHnari plur. bellum à l'accusatif. -as déjà établis. aussi Grundr. on a par exemple dlalina =: gallma sing. dans toute cette région. dont le dialecte est particulièrement pur de mélanges italiens récents. la plupart des des Gaules. on a par exemple sanclî. cherchèrent en masse un refuge on Rhétie.< 90. par une lettre de Justinien adressée à Narsès et datée de 565. Prononcez mnlimh-s.. tant la pénétration de l'une par l'autre a été intime dans tout le pays. Dekl. : = . Des faits analogues s'observent aussi dans le Frioul. mômenti et de même înfantl en regard de dentés. Ainsi à Greden (Tyrol). On s'appuie. 480-81. les pluriels en -Os. Les flexions -î. . Rdtor. romanistes. des invasions.— 227 — . Mais il n'y a de traces du ensuite scindée = 1. fuyant devant les Barbares. il faudrait placer à la base du rhétique. -e.. dans le PYioul. pour le rhétique..

— Lorsque. en admettant que domnl : donuiôs ait fonctionné dans le latin de la Rhétie comme il fonctionne dans les Gaules. ni chez les Ladins. Lorsque deux flexions casuelles viennent à confondre leurs fonctions syntactiques. cf. et lorsque l'une de ces flexions est celle du nominatif. ni dans le Frioui. c'est toujours elle qui car des constructions telles que ad dominl. Dissentis. comme l'ont fait effectivement le provençal et le français mais nous n'admettrons jamais que le nominatif ait pu s'introduire en une mesure aussi large dans les fonctions de cas oblique. sans qu'il en faille tenir compte pour le rhétique proprement dit. etc. mais qui a par malheur le tort de n'être qu'un système. Rcltor. on comprendrait que la langue eût tout à coup renoncé au nominatif. Gartner. (Iranun. sans s'embarrasser plus longtemps d'une richesse aussi inutile et aussi gênante. ni dans le Tjrol. comme s'est opérée jjIus tard. Il nous paraît donc plus que probable que le type bialis k Tavetsch. — :228 — : nominatif singulier que dans une portion tout à fait restreinte du rhétique. Il y a là une question de psychologie linguistique qu'apprécieront tous ceux qui considèrent les langues comme le^ instruments intellectuels de l'homme plutôt que comme de simples collections de phonèmes obéissant passivement à l'action d'une phonétique aveugle. lorsqu'on se trouve en présence d'un ty[)e domnl: en Rhétie. En outre. ni : . au voisinage des territoires franco-provençaux dans l'Engadine. Rien n'est plus tentant à la vérité.. Ul. assurément fort simple et d'un agencement hunineux sans doute. tout un ensemble de considérations historiques vient corroborer le raisonnement logique. l'état primitif domnôa dans les Gaules. § 91. comme dans le cas qui nous occupe. déclinaison à deux cas existe à l'origine dans toutes provinces de l'Empire. il semble qu'il n'y ait plus guère à hésiter et (ju'il faille sacrifier radicalement un système.. nous l'avons dit. et (|ue l'option du nominatif donin/. est condamnée prô dominl répugnent. il n'y en a de vestiges. instinctivement à la logique du langage. doit être rapporté aux habitudes de la Romania occidentale. la langue élimine régulièrement l'une d'elles. et en Sardaigne. . domnl ou domnôs donna en Dacie et en Italie et domnôs en Espagne que les la que de déclarer que l'état gallo-roman est du latin vulgaire dans la Romania tout entière. tantôt en faveur en Gaule.i.

— de la théorie 229 — ^01. ignore domnae en face de domnâs? Pourquoi aurait-il abandonné dans un cas le nominatif qu'il conservait dans l'autre? De même en Rhétie pourquoi. conquise en 107. des utilisations indépendantes d'un même type vulgaire. 1. les a substitués d'une manière uniforme à la flexion -os plus ancienne. C'est là par malheur pure que rien ne confirme ni dans le matériel dans l'étude historique des faits. Celui-ci a été apporté par les vétérans et les colons d'Italie à une époque où déjà les pluriels en -1 étaient dominants dans la péninsule. . comment se fait-il que le latin des Gaules. dès la lin du ii" siècle. Que la flexion -î était prépondérante en Italie. Nous faisons ici naturellement abstraction du vocalisme proprement *vecino pour uîcînus. c'est ce que prouve clairement le roumain. tantôt en faveur de raccusatif domnOs. et nous sommes pour notre part fermement convaincu que la philolinguistique ni logie doit être avant tout une science historique et expéri- mentale. est évacuée par les Romains en 270 sous le règne d'Aurélien. car nous no saurions consentir à voir dans l'italien occ/ii et dans le roumain oc/iî.de même que dans les secondes personnes chiaini. l'italien donne supposerait sans aucun doute un prétendu nominatif domnae à côté de l'accusatif domnâs des autres langues et les deux Si la déclinaison commun dans formes auraient primitivement circulé de concert dans toutes Dès lors. dormi. Or. excepté peut-être dans le sud. radical. qui conserve domnl: domnôs. dormi. est-ce généralement le soi-disant nominatif caballl qui subsiste. les provinces. unique. la Dacie. C'est le pronom nos. pour les raisons que nous avons dites. etc. c'est-à-dire à partir du ii'' et du m" siècles de notre ère. romane reposait sur un type homogène et l'origine à tout l'Empire. Il y a d'ailleurs un mot qui montre jusqu'à l'évidence combien les pluriels en -i de l'italien sont d'origine relativement récente en latin vulgaire et comment la langue. alors que dans lûclniis c'est l'accusatif ulclnôs? La vérité est que nïclnôs^ appartient à une couche de latinité plus ancienne en Rhétie que caballl. en regard de chieml. dans caballus par exemple.. L^e pluriel *oc6'/'ï a été importé directement d'Italie en Dacie par les légions en même temps que les secondes personnes *cl'âmt ou dormi.

ieri . ne relève directement du parler vulgaire général de l'Empire romain. vol. Franchement. que le § 92. comme nous l'avons dit. De ce que dans les Gaules le nominatif singulier en -us se conserve conformément à l'usage classique. rendant théoriquement compte de toutes les formes romanes. puisque nous les retrouvons dans le roumain noî. avec un accord aussi parfait et aussi absolu. à -i . . bien qu'on dise sci . doit sans doute son -i à otjgi. si la déclinaison doînnus : domnu domiû : domnôs avait réellement fonctionné dans le latin vulgaire de l'Espagne. Nous croyons à une chute pure et simple de -s. telle qu'elle est attestée par l'épigraphie ami. domni pas plus que le singulier do7nmis. Dans le latin des Gaules. c'est aller bien vite en besogne et. même des plus contradictoires.. le nommdiixî dojmio est attesté par les inscriptions républicaines avec une persistance qui ne permet point de douter que telle était effectivement la . Sur ce point. tous ces cas sont analogiques. -l'M) — : nos. etc. tel qu'on l'enseigne universellement aujourd'hui. à côté de più. va après la chute de la sifflante. de ritalie ou do la Dacie. 11 est donc clair. canii. on reconnaît que -s final tombe d'une façon générale en Italie à partir de la mort de César et que les formes sans -s sont prépondérantes dès le \f siècle de notre En principe. dans ce désir quelque peu chimérique de reconstruire à tout prix un latin vulgaire unique. disparu partout sans laisser après elle le moindre vestige ? En Italie notamment. — — véritable forme vulgaire. ca7in(s) pour caiili'(s). . on conclut sans hésiter que cette forme doit être attribuée d'une manière uniforme au latin vulgaire de toutes les provinces la déclinaison aurait existé dans l'Empire tout entier et n'aurait été abolie dans la plupart des régions qu'à l'époque romane. etc. de la Sardaigne. Comment admettre par exemple que. on néglige un peu trop de consulter l'histoire. 5. devenu nû. est une extension purement analogique de -î de sentl(s). elle eût.. '.)•_>.. crai. probablement d'abord par l'intermédiaire du subjonctif. Très donne trc et r\on* /rei. nous n'admettons point le passage direct de -s final en italien. parlï(x). nominatif domnî du latin des Gaules ne saurait en aucune façon être directement rattaché au casus generalis domnï du latin impérial en Italie. voP Ces formes étaient constituées dès le if siècle. puis pourvu de V-î des nouveaux pluriels de là l'italien noi. domnus est encore plus significatif que domm. 1. D'un autre côté.

tel qu'il apparaît en Gaule. W. les grandes places de commerce. des individus qui employaient promiscue les formes en-I. cienne entre les pluriels en-ï. II. Qu'il y ait eu partout. si le nominatif en -i(s avait réellement existé de fondation dans le latin vulcolonisée avant la Gaule. Nous croyons même fermement que l'influence du langage officiel n'a jamais cessé de combattre la scission anaurait-elle conservé : gaire. PLv. cf. qui garde avec une si étonnante fidélité toutes les formes anciennes du latin. donc admettre que l'ancien doi/uio domnus dans le parler d'Italie que pour repasser immédiatement après à domnu. en Italie. Il S/jr. inscription du m' siècle dans Schuchardt. passait pour l'accusatif clasrégions de la . pour étayer un peu la théorie. Mais de là à rétablir ces for- mes dans leurs fonctions primitives. domnôs domnàs en Espagne. môme en mono- syllabe. puisqu'aujourd'hui encore le logudorion conserve le type tempus sing. -ae et les formes en -ôs. pas même le plus insiaussitôt vQiowv k . § 22. et de tout temps.ère. -as. Il y avait certainement. c'était une tâche d'autant plus impossible qu'il eût fallu bouleverser complètement les habitudes S3iitactiques de la langue vulgaire. -ae ei-ôs. cf. à tout prendre. -as dans les différentes Romania domni domnae en Italie faisait aux lettrés l'effet d'un nominatif. lui faire re- . transformer complètement son génie grammatical. dans l'Italie du Sud. infi- niment plus probable que le domino des inscriptions républicaines n'a on réalité jamais cessé d'être. de sérieuses tentatives de la part de la langue classique pour réintroduire les llexions nominales dans le latin parlé des campagnes et des classes illettrées. n'en aucun souvenir? Comment le sarde surtout. d'où presque Vok. faudrait' n'aurait été remplacé par domno Voilà certes des croisements phonétiques bien compliqués et d'autant plus extraordinaires qu'on ne peut citer. les centres coloniaux importants. gnifiant docnment historique. en Sardaigne. Meyer-Lûbko.. N'est-il pas. aurait-il abandonné si complètement la déclinaison. Lafein. était réellement quelque chose d'ancien. tempos plur. bien au contraire. il y avait loin . nous n'aurons garde de le nier. comment l'Espagne.. sique. la forme dominante ai ([lie doniùms ne s'y est jamais réintroduit dans le parler vraiment populaire? Si domnus. au moins sous la forme si simple et si commode qu'elle a prise en Gaule ? Les nominatifs en -us pourtant n'étaient point faits pour l'effrayer. les villes mari- times. dans les légions. 389.

avant s'implanter. La langue officielle des proconsuls. la flexion -1. En Gaule. puur un système passablement compliqué. mais il y avait peu d'espoir de réintroduire jamais en Espagne domim à côté de domnâs. d'anciennes habitudes linguistiques contractées avant la constitution définitive de l'idiome classique. C'étaient là assurément des circonstances favorables pour une résurrection des formes classiques dans les Gaules: mais encore fallait-il que ces formes ne contrariassent pas trop les habitudes syntactiques des dialectes indigènes que l'idiome . ce chat et non che cat. un mot qui avait d'abord été introduit. au système assurément plus simple et plus commode qu'elle s'était créé elle-même. on voudra bien ne pas oublier ce que nous avons fait remarquer déjà à propos du langage des émigrants qui. même parmi les classes illettrées. est forcément beaucoup plus voisin de l'idiome officiel et infiniment moins dialectal que celui des populations rurales qui restent confinées dans leurs villages et leurs hameaux. être rajeuni en hominés ou homnès. à une époque où l'influence des dialectes italiques était encore toutepuissante dans le parler vulgaire des légions et des colons. C'était d'ailleurs l'époque où. Enfin. quand ils parlent français. . -as des pays osco-ombriens une certaine hésitation devait donc régner à l'égard de ces formes parmi les colons amenés d'Italie. -ae commençait à se substituer. homonus. à l'ancienne flexion -ùs. au in" siècle avant J. en Italie. des fonctionnaires civils et militaires pouvait ici lutter avec beaucoup plus de succès qu'ailleurs contre les usages du parler italique. où le latin officiel de Rome n'avait point à déraciner.5. En Espagne par exemple. Ce sont des retours en arrière trop compliqués auxquels la langue parlée ne se plie jamais. C'est ainsi qu'aujourd'hui on pourra bien apprendre aux paysans picards à prononcer. cî. 92. pour des raisons phonétiques. osque humuns. la situation était sensiblement différente de ce qu'elle était dans les autres provinces déjà conquises. ombr. mais il y a peu d'espoir qu'ils adoptent jamais l'imparfait du subjonctif de la langue académique. grâce aux relations de plus en plus étroites du pays avec la métropole et les grands centres romains. des préteurs. pouvait très aisément par la suite. probablement sons sa forme archaïque et italique * homonës. — 23-2 — noncer. César et Auguste se trouvaient ici en face d'une terre vierge d'italismes.-C.

récente de Césarée.'iz\j. I. . le génitif pluriel * en -ôrum. PAISTANO. Deklin..— nouveau était appelé à ^2'^'^ — le § 93. Lex agraria. disait au génitif ^\\xv\q\* domnô . Epigr. L'osque et l'ombrien n'ont jamais connu d'autre flexion: osq.. ROMANOM. ombr.7 à côté de l'accusatif *e. par sa désinence. c'est-à-dire l'ancien latin vulgaire. 17. Sénatus-Consulte des Bacchanales. autres exemples chez Biicheler. V. -om ou L3c. au génitif pluriel. 11 zkolom. ni'im.y. car la complicité de la langue indigène lui faisait ici défaut pour contrecarrer l'invasion du système vulgaire. Abellanùm. I. socivm.. inconnu au monde romain tout entier. B. L'érudition maladroite des demi-lettrés s'ef. Le et — latin populaire. dont la propagation d'ailleurs est récente en latin Le peuple s'en tenait partout à la flexion -o(m). si le type domnae n'est point parvenu à s'introduire dans le latin de la Transalpine. pihaklu. pas plus que donmâs n'aurait probablement jamais fonctionné comme nominatif en latin vulgaire. etc. au nominatif dans les vieux dialectes italiques aussi bien que dans les parlers celtiques. I. SVESANO. Lorsque le latin littéraire a voulu aller plus loin imposer ses autres flexions au parler gallo-romain.?Ô5. dvvm pour duôrum. fragm. comme le vieux latin provincial d'Italie. sur les monnaies romaines du iif siècle avant J. c'est parce que le gaulois avait conservé intact le nominatif en -os et que -s final est constamment demeuré valide dans le domaine § 93. CIL.. deVm. dvvmviratvm. 7. 16. I. Neap. celtique. après une léthargie de trois ou quatre cents ans. cf. il a échoué.-C. c'est uniquement parce que les dialectes celtiques n'ofraient rien de comparable à cette désinence. \zj/. ROMANO. jamais la déclinaison domnî : domnôs ne serait parvenue à reprendre pied dans la Gaule. pihaclo. Gruter. 2096 [ûm = dm. 84 sq. ib. ib. a toujours ignoré. 1 . 29. 1030... rappelé à la vie de la langue parlée. remplacer insensiblement. lign. Nùvlaetc. : ne saurait donc y avoir de doute sur ce point le latin provincial d'Italie. est ressuscité sur terre gauloise et. est . regn. si précisément cette forme n'avait répondu. Lalein. Insc. noms tout au moins. CIL. Si enfin le nominatif do)nniis. De même. sur une inscription assez Ephem. dans les classique. Si celtique n'avait pas possédé le nominatif *e/. -ûm) . 21.^. force parfois de rétablir veur sait la désinence classique -urum le grapar exemple que -o vulgaire. 2.

plur. il } eut.. une tentative en faveur de -ôriim. 2602 meservm. ancienor. qu'il faut absolument reconnaître à la tif tel que base du v. Mais la formation même d'un adjec* beilâtus. Schuchardt. Vida de Sant Honorât. et en tenant compte des réserves que nous avons faites. cf. chrktianor . comme du comparatif on -ior qui. n'est-elle point une preuve éclatante du caractère essentiellement vulgaire que gardaient. Bùchelor. III. que la théorie d'Eyssonhardl touchant le rôle de la natifs en -us par . -ôrw. gén. au lieu d'un dérivé aussi résolument barbare que * beilâtus: * bellâtior. suivant l'expression aujourd'hui consacrée.. Vok. il n'y a point la différence essentielle qu'on se plaît à établir entre ces formes. On ne peut logiquement voir la raison d'être de ces formes que tion soit si le peuple avait tout au moins le sentiment de leur valeur. cf. lat. de mênsis. Un génitif tel que payanor est bien moins une pédanterie de la langue ecclésiastique du moyen âge qu'une épave sauvée par elle d'une formation savante plus ancienne mais mal venue dans l'idiome vulgaire. : n'en est pas moins vi'ai qu'entre les génitifs en -or du 'Il provençal et du français et les autres cas de la déclinaison gallo-romane. hauçor. aitiôre. malgré tout. prov. En Gaule. Une forme telle que v.cc. aussi CIL. de même que d'autres disent boiiprum pour boum. la ley 'payanor chez Raimon Feraiit. beliezour. pour un « mot savant ».ij 93. prov. generum. etc. parce que le celtique ne connaissait à ce cas que la désinence -on... plur. C'est ainsi. ausso?'. d'après 35. peut à la rigueur passer. fr.. etc. Deklin. Il en fut en somme du génit. — : •2. § 193. lapiderwn pour lapidum. et elle ne transmit à l'époque romane que de maigres vestiges Francor. lui aussi et probablement à la même époque et dans les mêmes conditions. point de doute qu'on n'eût beliio?% de bel/us. nucerum pour nucimn. Lat. de la part de la langue otïîcielle. exactement contemporaine de la réintroduction des nomiexemple nous constatons simplement ({ue l'influence de l'idiome littéraire est aussi indiscutable dans un cas que dans l'autre.'^4 — il -orum en sans hésiter écrit omniorym. essaya de reprendre sa place dans la langue vulgaire. elle réussit fort mal. ces formes ? S'il s'agissait réellement d'un emprunt savant. latin littéraire I. be/airenomm. Nous ne prétendons point assurément que l'introducdes génitifs en -Orum dans le latin vulgaire des Gaules . belazor a. fr.

sans que les objec- tions de Sittl soient de nature à l'infirmer. .langue littéraire dans paraît correspondre à la la réalité constitution du latin vulgaire nous des faits.

Caractères et origines du lalin des provinces. Pour bien comprendre comment le latin littéraire a § 94.V LA LATINITK DES PROVINCES SoAiMAiRE 2f. d'unifier les dialectes vulgaires primitifs. . 9G-99. importations provinciales SS 104-108. .^ 102-103. SS 94-95. il est plus que probable qu'il n'existera plus. mais encore il a été apporté dans les diff'érentes colonies de Rome dans des conditions et souvent par des voies et des moyens sensiblement opposés. Le latin. pendant toute la durée de 'la période impériale principalement. Dans cent ans. les formes soumis à l'influence du langage officiel. Survivances dialectales en Italie. il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur l'histoire externe de la latinité dans les diverses provinces de l'Empire. — — et échanges réciproques. . Formules chronologiques le lalin d'Afrique le lalin d'Espagne appauvrissement progressif du système verbal. nous nous sommes appliqué à montrer que les origines du latin vulgaire doivent être cherchées principalement dans le vieux latin et les anciens dialectes italiques. g. le latin officiel de Rome est ensuite intervenu dans une très large mesure et s'est eff"orcé.^^1 100-101. même sont toujours restés les parlers le vocabulaire. enfin celui-ci s'efl'orce sans cesse de détruire dans tous de l'Empire les anciens germes dialec- taux. — comment comment la phonétique. non seulement ne s'est pas développé parallèlement et simultanément dans toutes les parties de la Romania. Jusqu'à présent. sur toute l'étendue du territoire laire. constamment servi de norme et de correctif à la langue vulgaire. Archaïsmes dans : — . en effet. Situation particulière de la Dacie le . de leur imposer ses formes et son vocabu- exactement comme dans l'Europe moderne les grands idiomes littéraires combattent et détruisent peu à pou partout les patois vulgaires et rustiques. tout en prévenant autant que possible la création d'un nouveau morcellement dialectal. — . lalin des Gaules.

nous rappellerions que de même en bactériologie on constate que des raicroorganismes de nature différente et nettement hétérogènes ne peuvent vivre dans un môme tissu en simple symbiose des microbes non-apparentés aboutissent généralement à un procès guerrier et finissent par la destruction radicale de l'une des deux colonies au contraire.z'M^^ de. . sans aucun doute. dans chaque — — ont été importés . français. elle pourra même s'en rapprocher le plus possible. par exemple en France les parties romanisées de la Flandre ou de la Bretagne ou les districts limitrophes des pays basques.— TM — ^ 95. il faut. les traces des idiomes indigènes primitifs seront d'autant moins nombreuses et moins persistantes que la langue originelle était plus éloignée par ses formes et sa syntaxe de l'idiome importé. aucun patois l(3cal vivant. seulement. mais néanmoins les survivances patoises persisteront dans des proportions d'autant plus considérables que les divergences dialectales seront plus anciennes et établies par de plus longues habitudes linguistiques. la France arrive jamais à rejoindre d'une manière absolument adéquate l'idiome littéraire et officiel. Si donc le latin développé dans les provinces n'a § 95. il est douteux que cette future •/. Elle tendra de plus en plus à s'identifier avec lui. . pour peu que la romanisation de ces régions soit rapide et méthodiquement conduite. chez les Ibères ou les Etrusques par exemple. mais. s'unissent dans leur évolution commune. tenir compte de l'action exercée par le voisinage de la langue étrangère. Quant aux régions soumises à l'inlluence d'idiomes étrangers. le plus souvent subi l'inlluence des idiomes indigènes que dans une mesure assez restreinte. nous devons nous demander — phénomènes linguistiques qui caractérisent chacune des langues romanes bien entendu en tant que ces phénomènes sont assez anciens pour pouvoir être attribués au latin vulgaire si les de la province d'Italie ou s'ils se sont développés séparément dans chaque région après la conquête. nous avons à distinguer. En d'autres termes. Si les comparaisons empruntées aux sciences naturelles étaient encore en usage en philologie. des bacilles de même espèce. des staphylocoques et des streptocoques par exemple. C'est ce que nous avons constaté également dans l'évolution du latin dans des milieux linguistiques non apparentés.

p. . mais elle n'a jamais en osco-ombrien la valeur attributive qui lui est ordinaire en latin. entre les faits importés d'Italie par les colons et mutuelles (car les échanges sont parfois réci- proques et le latin d'Italie contient sûrement. La préposition prô est représentée régulièrement en osque par la forme /. Il en est de même des restaurations opérées en latin vulgaire par la langue officielle de l'Empire. ils relèvent dès lors plutôt de la y. — -238 — les relations province.zvrr^. I. autant que nous en pouvons juger aujourd'hui. cf. 32. comme l'a déjà remarqué Guarnerio. Les premiers appartiennent pour la plupart à l'ancien fond du latin d'Italie. des provincialismes apportés d'Afrique. p. ce qui montre que la théorie chronologique de Grôber ne saurait être prise rigoureusement à la lettre. Episl. En outre. Arrh. selon toute vraisem- — blance.vY] italique ou impériale que des dialectes primitifs de la langue vulgaire. ont été importés d'Italie à une époque beaucoup plus récente et introduits après coup dans la latinité provinciale. mais y sont introduites par l'intermédiaire de la v. au m° siècle avant notre ère. VI. des formes appartenant à l'origine aux vieux parlers locaux d'Italie n'arrivent point directement dans les provinces. 28. Tab. Cic. II «. En Afrique. été apporté d'Italie longtemps après la conquête. quand elle les a adoptées. c'est quisque qu'il faudrait lire dans Catulle. il y a des phénomènes qui.. Suppl. articulait déjà tempits ou si une première couche de latinité avec le vocalisme tempos n'a point précédé. ll.n< et en ombrien peut-être dans ie-pru. Il est vrai que quisque paraît avoir en Italie et même dans la langue classique des racines profondes d'après Sonny. les seconds marquent le début du nouveau morcellement dialectal de la Romania. GlottoL. sans appartenir au latin primitif apporté dans le pays au moment de la conquête romaine. 45:3. L'ombrien emploie dans cette fonction la particule /ye/: . I. C'est ainsi. -s final généralement ne tombe point ce qui n'empêche les inscriptions de ce pays de confondre quisquis avec quisque.§ 95.i'. LXVIII. On peut se demander par exemple si le premier latin qu'on a parlé en Sardaigne.ç{p) espagnol pourra a a. IV (1897). XI. Planta. que c. Le départ entre ces deux ordres de faits est malheureusement presque toujours fort difficile à établir. à partir d'une certaine époque. A^'cJi. 45. de et les faits éclos dans la latinité proGaule ou d'Espagne) vinciale elle-même. 98.)44. Lat..§. D'autres fois. Les. Eug.

avec l'ablatif tota-pcr. Or. 111. 45 pass. De dans le vieux latin provincial de l'Italie per pour prô. roum. De même en Espagne. emploie per \)om: j)rô : Per suis ferminis. por. Peut-être est-il venu d'Espagne en Gaule. pour la chute de -r dans pe[r) l'ombrien fratrus -pe Tab. para. textes. Eug. VI. c'est la préposition italique am[b). n'a. cf.. Lex. 447 sq. grec à.. etc. L'italique II. Eug. Zcitsch. 28. : cf. Arc/t. catalan de Majorque amb so cap « avec Mélanges Renier..: 23<J - ^ 95. Sur. xv. lors de la latinisation de la (îaule. anc. dont les grammairiens nous ont conservé des exemples en latin ajn segetês. am ész « nam apud me estis ». rom. 9 sq.d.. Mer//. Zeltsclt. de Fan 747. 498. cf.. por me De même le provençal amb. sans quoi nous ne saurions guère expliquer l'espagnol por. grec 7C£p'. Lat.. cf. Kirchmhistor Aiiecd. comme l'osque per-um « sine » de là *pei^-ad en Espagne. Vil a. rien de commun à l'origine avec ab latin apud. goth. pour au lieu de prô. V.. Tab. comme nous l'avons déjà Mohl. roumain pe . primitif possédait en outre une préposition correspondant au germanique for. le testament de l'évèque Odoar.eren roman.. poi-lûceô. * pe{r)-inler en Dacie. franrais por.. cf. Stolz... il est douteux que ce por ait pu encore local et être directement surtout propagé dans importé d'un dialecte italique une mesure aussi large il . ombrien piir-dit07n. PhiL. XL.. nous relevons constamment per pour pi-ô et inversement. l'italien p^r « pour». faut déjà largement circulé dans le latin vulgaire provincial. constaté ailleurs. lÀ/ig. aussi Baist. Dans le deuxième Discours aux Relaps (v^ siècle). comme l'a déjà reconnu Ebol. le plus ancien monument du roman d'Espagne. Soc. 634 sq. VII. là . Ev... 27 (x[° siècle). la tète ». port. esp. dès cette époque. cf. Ce per italique formait volontiers des prépositions composées. etc. publié par Caspari. ait que. pour la finale.[}. Car am Recueil chap. Il devait v avoir en Italie des dia- lectes qui conservaient la particule por comme préposition indépendante. « auprès )>. Morel-Fatio. « Saint Jean. ou ». faùr. encore aujourd'hui amb avec dans le cf. etc. grec TTxpi. I. EspanaSagr. nornne-per. etc. 356. Paul Meyer. am terndnum. etc. cf. Spr. quattor : roumain patru. qu'on retrouve on latin dans por-rigà. p. 419. d'où. On peut se demander si cet am[b) itali- = : . priiUre ei pintre . verr/l..

les idiomes des diverses contrées de la Romania. suivant le plus ou moins d'extension de ces formes dans les autres régions dans la langue A par exemple. par suite.. si l'on veut. — -240 — que avait pénétré dans le langage ordinaire des populations s'il a été apporté directement en Provence par certains colons italiotes.. ab. par F l'illyrie. que la chronologie des langues romanes dans leur période prélittéraire.. les formes appartenant originairement à la vieille rusticitas cile à établir. on peut en représenter les éléments fondamentaux au moyen d'une formule générale qui permette d'embrasser d'un coup d'oeil tout le champ chronologique de la question. . les formes plus particulièrement italiques importées à la même époque que abc. L'ordre alphabétique des lettres correspondra toujours naturellement aux dates de la colonisation des provinces. désigner spécialement par abc. par C la désignera par Aay... Pour rendre plus claires les différentes données du problème. G et par H la la Provence et la Gaule du Nord. et la théorie de Grôber se montre décidément sur ce point des plus insuffisantes.. étant donné le peu d'extension de la date ancienne des premiers établisseam[b) en roman ments romains en Provence (^125 av. § 9G. etc. on pourra reconnaitre dans chacun d'eux d'abord des mots et des formes importés dans le pays dès les premiers développements de la latinité dans la région on pourra représenter ce premier fond de la langue par «. on établira la série a\ a''b\ a^b'^c^.. . Cette dernière hypothèse nous parait cependant plus plausible. et dénommer d'autre part a^v--. par par E l'Afrique.. romanes ou . etc. par D la Cisalpine. par K Dacic et ainsi de .. J. . la Sardaigne.4ZIC etc. — On distinguera 1 Rhétic. rien n'est plus complexe ni plus diffi- en dise. a^b'C'. quoi qu'on .-C. mais qui se retrouve dans la langue B et ainsi de suite. On pourra même. — En somme. En appelant ... par H l'Espagne.. importés d'Italie à une date plus récente à une date plus récente encore. et ainsi de suite. ensuite à l'intérieur de chaque langue des formes et des vocables à\ a-b'~.) rend ici admissible la possibilité d'un apport dialectal direct. abc.etc.. etc.. — proprement latine.. a désignera une forme de la couche de latinité la plus ancienne mais qui n'apparaît que dans la langue A ab représentera une forme ancienne de la langue A. etc. ainsi on etc. l'Italie.^ 96.

on les appellera B. sigle un par exemple il pourvu d'un par figurés indice marquant l'extension de la survivance indigène dans ainsi Q"". ce qui n'est malheureusement pas toujours possible." telles.. ce indices entre qu'on pourra noter en inscrivant les parenthèses par exemple c{g/i) désigne une . s'il ya lieu. Quand ce départ pourra être rigoureusement établi. si elles sont ensuite transportées dans d'autres provinces. d'après la contrée où elles se produisent et. lesquelles se rapportent toutes à la période du latin vulgaire. Il GH. pour peu qu'elles . finalement en Gaule. Il y a d'autre part des formations dialectales écloses.— iiidigènus -'il — § 9(). par Il la lettre L. une formation née dans la langue C . y a enfin à distinguer nettement des catégories précé- dentes. dans le latin d'Espagne par exemple. De même pour les emprunts à une langue étrangère. forme du vieux latin d'Espagne passée ensuite d'Espagne en Gaule. On arrive ensuite aux restaurations dues au latin littéraire et qui. tion dans les divers pays. les brement du domaine romain . soit faut également tenir cienne. soit /?% /?'''. telle compte des formes d'origine ancommuniquées indirectement à ou telle province. ou iiiènie les formes (hi l'idiome Los termes après la latinisation du pays seront conser'vés antérieur invariable.. pire. C. le mode de propagation pourra : déterminé par la disposition des indices T?'""'' par exeiuple est une formation d'origine romane née dans la région D... après la romanisation. soient nettement caractérisées comme Z. on marquera les formations d'origine romane par /? l'indice. avec indice suivant l'extension de L"'' L''''^. au grec par exemple. etc. en Gaule et dans l'Italie du Nord. propagée ensuite en A et qui apparait enfin en // sans atteinMoiiL. rustiques ou italiques.. c'est-à-dire à l'époque antérieure à la chute de l'Em- forraaùons inaugurées postérieurement au démemet antérieurement à l'avènement dos idiomes historiques. l'extension géographique de la formaêtre En cas de besoin. seront désignées la restauraetc. montrera... en Italie et en Espagne. Q''*^". soit s'appellera C"'' et ainsi de suite. Q'''»'' signifiera qu'une le domaine roman formation celtique par exemple se trouve en Gaule seulement. soit E% S"'' etc.. et communiquée au latin des Gaules.. etc. D. c'est-à-dire à l'époque romane. — ChroïKj/of/ie du lnUn oïdf/aire. on peut les représenter par 3. dans le latin de chaque contrée et non importées d'Italie. 16 . on les pourvoira d'un indice. tion.

§ 97. à Aix. chassés d'Espagne au xvi" siècle. et nullement le latin de Rome ou de l'Italie en général'. Les mêmes faits ont dû sûrement se produire dans les difféet il rentes provinces de l'Empire romain est parfaitement . il est vrai. plus difficiles ou plus rapidement interrompues. la date de la colonisation romaine. Or. les colons français continuent de parler l'idiome de Jacques Cartier et de ses compagnons. ce renouvellement de la langue provinciale ne suit que très imparfaitement et avec beaucoup de lenteur et de retard les innovations et les perfectionnements inaugurés dans les grands centres de la latinité. à Narbonne. i^ 97. Il en est de même en Turquie où les Juifs. continuent de parler le vieil espa- gnol. 11 reste malgré tout au fond du langage des provinces un noyau d'archaïsmes d'autant plus accentués (|ue la province a été plus anciennement colonisée et d'autant plus irréductibles que les relations avec Rome et les régions cen- — trales ont été moins suivies. modifié naturellement par son évolution indépendante sur le sol de l'Amérique. — 2iL> — (ire celles de Grober. Ceux-ci ne sont qu'en partie et indirectement communiqués à l'idiome canadien par la langue des livres et des journaux. c'est celui qu'on parlait dans les grands centres romains du pays. dans notre théorie comme dans celle de l'éminent romaniste de Strasbourg. comme nous l'avons déjà fait remarquer. La base de la chronologie romane reste. plus lentes. C'est ainsi qu'au Canada. C'est de là avant tout que la langue se propage peu à peu dans toute la province. Celui-ci ne pénètre dans les masses de la population indigène qu'autant que les grandes villes romaines de la province ont préalablement subi l'intiuence de la latinité romaine ou italienne et obéi aux modifications apportées par le temps dans la latinité de la métropole ou des régions plus centrales de l'Empire. à Lyon. Le latin qu'apprirent tout d'abord les Gaulois par exemple. mais sans guère participer aux changements survenus depuis deux cents ans dans le français de France. G. Ces formules sont plus compliquées sans doute que mais nous croyons qu'elles répondent mieux à la réalité des faits. Il est en effet de toute évidence que le noyau fondamental de la latinité d'une province est le latin apporté par les premiers colons et parlé tout d'abord dans les établissements romains.

si les écrivains africains de cette époque paraissent rechercher l'archaïsme. 189().. nous permet d'apprécier d'une manière plus complète et plus sûre qu'en Afrifjue les destinées du latin dans les provinces colonisées sous la République. le créateur du genre. en Espagne ou encore Charisius. Wœlffliii. (ju'en .alterthumliche Worter und Wendungen es ist vielmehr dièse Neigung eine der nachweisen lasst wenigen klar erkennbaren Eigenthiinilichkeiten des so viel : remarque nouvelle umstrittenon afrikanischen Lateins n. a démontré l'origine africaine. Sittl.juste (le reconnaître à la base des langues romanes un latin d'autant plus archaïque que la province a été plus anciennement colonisée. Rhcui. D'après Gœtz. bei denen sich eine solche Yorliebe fiu. 1. Un savant latiniste. dont Usener. que Farchaïsme fût tendance générale de la littérature latine et il explique que. s'ils écrivent sur ces matières. dans les Comment. ist es wohl kein Zufall. si les écrivains africains l'imitent avec tant de zèle. p. Mus. Il ajoute même cette et précieuse que les auteurs de glossaires. 492 sq. sont presque tous nés dans la province d'Afrique ou y ont tout au moins longtemps vécu. dass es gerade Afrikaner sind.. kM. etc. a nié. a émis sur les archaïs- mes affectionnés. et bien d'autres encore. par les écrivains africains cette théorie ingénieuse que ces archaïsmes littéraires trou- vaient précisément leur source et leur écho dans le caractère du latin parlé en Afrique. les compilateurs d'archaïsmes. c'est uniquement pour obéir à des préoccupations purement pratiques. au 403 sq. c'est uniquement qu'ils cherchent à imiter Apulée. II'' siècle la Quoi qu'il en soit. et que. Fulgence.. la conservation de l'espagnol § 98. Gœtz. Verhandl. Archamnus. tels que Nonius. « Uebrigens. Mais du moins on peut remarquer qu'Apulée était précisément un provincial. c'est sans doute que sa langue et son style répondent le mieux du monde aux habitudes du latin d'Afrique. XXIII. Sdchs. dont les gloses effectivement n'ont pu être écrites Afrique ou. Nous avons déjà fait observer qu'en Espagne la masse des colons amenés après la conquête — . il est vrai. Dans un article considérable et qui fit justement sensation.. Wissensch. comme on sait. dit-il. leurs glossaires ont spécialement en vue le latin d'Afrique et. Gesellsch. Placide. K.. . pour ce dernier peut-être. né à Madaure en Afrique.

cf. 13) avait semblé vouloir favoriser la colonisation italique en Espagne. — 2i4 — . niarrucins. Le plan politique de Sertorius était probablement de faire de l'Espagne une nouvelle Italie. û pour gnien. Ptolem. iv.T^rès les inscriptions. créé après la jonction de Perpenna. saninites durent être particu- lièrement nombreux dans les légions laissées en Espagne. 932. Les habitants d'italica. Le nom de certaines colonies. 1129. restaient Sabins. territoires italiques covo pour canos. plus haut.-C. un nombre considérable de formes f'*" siècle qu'expliquent seuls la vieille rusticitas du Latium ou les dialectes des. plus tard patrie de Trajan et d'Hadrien. temps avant que nom d'Itrdia. latin en osque. en sabin et sans doute en volsque. cf. cf. dans son sénat de trois cents membres. Déjà Scipion l'Africain. où toutes les nationalités italiques auraient indistinctement les 'mêmes droits on sait que. Marses la ou Osques. furent en grande partie des Italiotes les auxiliaires péli- gniens. CIL. précieuse pour la question qui nous occupe. ne peuvent raisonnablement s'expliquer que comme des restes vénérables de cette . indique claire- ment la la nature de en la colonisation caine. Il n'est donc pas étonnant que l'espagnol garde. nûdo pour nùdiis.§ 98. de révolte contre la tyrannie romaine. Une • inscription. V. 38. . et cette ville. On peut donc croire que les vaincus de la Guerre Sociale cherchèrent plus d'une fois à passer en Espagne pour y jouir de ces libertés éphémères. • • • • certain l rvtivs l f serg( ta )italica sabinvs • signale un ex hispania. C'est Espagne tout d'abord que et la du pays à l'époque républile sentiment de des origines nationalité italique la conscience le com- munes de au race s'éveillèrent avec les plus d'intensité. le cri . faisaient partie de la tribu Sergia. de cette première implantation du latin d'Italie dans le pays au ii" et au avant notre ère. ils étaient Romains par Italiotes et. en 77. Ealisques. en pélip. • Ce sont là des mots bien clairs et bien nets. par exemple.. mais ils se sentaient en Espagne. Osca. colo/ii italice?ises iVa. Il. campaniens. Appien. en fondant la grande place d'italica (en 204 avant J. CIL. qui placent la situation des colons italiens d'italica et sans doute des autres colonies de l'Espagne sous son véritable jour . long- Marses et les Samnites eussent poussé. dépendance politique. II. ne cessa de jouer un rôle important dans le monde romain. Iber. il reçut des Italiotes aussi bien que des Romains. 24.

Fo/io. au temps oîi les Rasènes étaient. dont des doublets tels que Menrva avec "2 et Menrfa avec 8. Le zinitial de la forme vulgaire nous paraît parler résolument en faveur de l'étrusque. v. qui se retrouve. c'est.pour s. il est vrai. ne devraient plus permettre de mettre encore en doute la valeur phonétique. Quant au d (y) de Claude. 1248. un peu différentes. les maîtres souverains des mers de l'Occident. 3563. p. non point comme on l'enseigne. repose sur une confusion cf. § 112. croyons-nous. Elrusk.. etc. cf. 18 sq. avec les Phéniciens. C'est un terme technique emprunté. attestant pour le i'"' siècle l'introduction dans le latin officiel de la prononciation italique du u. dans les actes du Congrès des Orientalistes de Genève. "215 — les . zavorra n'a plus : . F grec retourné. . III. . car saburra n'est sûrement pas latin et ne fait point davantage l'effet d'un emprunt osque. cf. auteur. comme on sait. comme l'atteste par exemple sûbulô a joueur de flûte ». Divinités ital. V. avec la même particularité phonétique. y) de l'alphabet claudien ne sont autre chose que D volsque et h osque avec des valeurs. Ce son V de la langue étrusque était d'ailleurs rendu par b dans les emprunts latins. Forsch.dans la forme vulgaire * zahurra. Pauli. fuser tibicoi <Jicltur. première occupation de l'Espagne par anciens parlers pro- On peut hésiter pour quelques mots tels que l'espagnol zahorra « lest d'un navire ». de même que l'antisigma D et le H [û. à la marine étrusque..< 1>8. V. On sait que l'alphabet de la patère de Noie porte d à la place du F grec et répète ce signe sous la forme =1 pour correspondre à © étrusque c'est. CIL. CIL. . Ajoutons de notre côté et simplement pour illustrer la prononciation de v étrusque.— vinciaux de l'Italie. latin saburra. plus loin. aussi faleriae-valerianae. dans l'italien zavorra à côté de savorra. le b de l'orthographe classique représente le ^ (v) fricatif bilabial. Bréal. soit il [h). dans notre pensée. étr. 8. L'origine étrusque de saburra nous paraît donc extrêmement probable et dès lors z. l'origine de F latin en regard de 8 italique. mais un emprunt direct du H ou zl italique. cf. 1894. dans une région anciennement soumise à l'influence de la colonisation tyrrhénienne'. le fleuve Safo ou Sauo en Campanie. donné expressément comme étrusque par Festus. s. 1. très postérieure FALERivs pour Vulerius. Fvflunu ombr. d'une histoire des Etrusques.

de toutes les provinces § 99. le latin littéraire a pu s'y développer et s'y étendre d'autant plus à l'aise. p. lat. 162. I. On y conservait arger pour agger. zahuUir. par exemple zurdo. ou si le mot est venu d'Italie à une époque postérieure qu'il serait d'ailleurs difficile de déterminer.\ etc. sur un casque du musée de Palerme montre propagation de la forme étrusque justiuo dans l'Italie du Sud et la la Si("ile. 242. extra-italiennes. 1. si nos souvenirs sont exacts. à Faléries. (rautant plus que pour . comme on sait. Ling. On en voit sans peine la raison: c'est que. Ze. § 26.. Arch.pour s. s'était maintenu grand nombre de mots archaïques et d'exdirectement arrachées aux anciens dialectes du Latium et de l'Italie. en falisque Zprteneo. dans notre opinion. Remarquons toutefois que :^. comme le veut Grciber.initial est fort répandu on espagnol. lat. l'une de celles où. -21(1 — .. avortée faute de temps le plus — pressions )) . il est difficile de dire si c'est un italisme ancien. . 99. l'Espagne est aussi l'un des pays où les restaurations littéraires se sont épanouies avec le plus d'extension et de la manière la plus complète. et ne saurait. à Lanuvium et à Cordoue.::- rien que de légitime. être séparé du falisque zenatuo et en général de la prononciation des dialectes latino-italiques d'Etrurie. I. Nous avons un témoignage authentique d'un faliscisme transporté en Espagne dans le mot coeiiâculum employé au sens de « salle à manger » d'après Varron. En revanche. comme de juste. V.. en ombrien z e d e f déjà rapporté à l'influence étrusque par Planta.i:toi. mainte tentative de restaurati(jn littéraire. introduit dès l'origine dans le latin vulgaire d'Espagne. . s'il est vrai. etc. jusque sur les Tables de Malaga. L'italien savorra à côté de zavorra repose donc sur la prononciation classique. 73.pénètre sporadiquement. L'Espagne était donc..s. Lex. dans les dialectes italiques soumis au contact et à l'influence de l'étrusque. la latinisation systématique du pays ayant commencé sensiblement plus tôt que dans les autres provinces. Le latin officiel lui-même y conservait des archaïsmes abolis partout ailleurs c'est en Espagne qu'on trouve les exemples les plus récents du futur faxit. que l'espagnol «rfe?« « parapet doive être rapporté à cette forme. Quant à l'espagnol zahorra. L'osque 2'''^-.. cf.

grâce à une extension de fonctions. les formes littéraires ont pu. . nous ne pouvons nous empêcher d'y voir l'influence indirecte tout au moins du latin écrit. où les conditions chronologiques de la romanisation ont précisément été à peu près les mêmes qu'en Espagne. cantar un témoignage en faveur de l'antiquité du latin vulgaire d'Espagne. comme le montre son absence en sarde. en portugais et dans les dialectes de la Provence. toute idée d'un héritage . on retrouverait sans doute des traces de ce temps dans le vieux sarde et d 'autre part le parfait du subjonctif n'apparaîtrait point dans le roumain sa firc. en espagnol. dans d'autres régions. ce qui écarte absolument. houver. mais nous pensons qu'ils ne se sont maintenus en Espagne que sous la pression du latin littéraire. en sorte qu'après le démembrement de l'Empire et la rupture de l'unité romaine. On peut croire par exemple que le plus-que-parfait. soient de fondation. A l'époque où furent écrits le Bellinn . était dès l'origine une forme rare dans la langue vulgaire si ce temps est parvenu à se ranimer et même à devenir très vivace. croyons-nous. la restauration du plus-que-parfait. même en Sardaigne. L'histoire est très probablement la même pour le parfait du subjonctif. Dans la Gaule du Nord au contraire. beaucoup persistèrent durant toute la période romane et se transmirent à la langue moderne. hahuerhn. . contâuerim. fur. comme le futur en -bô par exemple. C'est la langue officielle qui a sauvé ce temps.. il ne faut pas voir. dans l'espagnol fiiere. portug. comme on a coutume de le faire. En d'autres termes. conservé en Espagne et en Provence. a pu ici tout à loisir pénétrer dans les masses profondes des colons et des populations romanisées. interrompue trop tôt par les événements historiques. caduc dès l'origine. S'il en était ainsi. mais inconnu partout ailleurs. etc. Surtout. s'acclimater et se naturaliser sur le sol de l'Espagne le peuple se les est assimilées d'une façon bien plus intime et plus durable.— 2i7 — 55 99. inconnus au latin vulgaire proprement dit. cantare. est restée incomplète au même titre que celle des génitifs pluriels en -ôrum des exemples tels que roveret de la Cantilène de Sainte-Eidalip y sont toujours demeurés à l'état sporadique et sans spécification fonctionnelle. sa cânlare. Nous ne prétendons nullement que les types fuerim. etc. huhiere. vulgaire ancien. beaucoup mieux qu'en Gaule et surtout en Dacie.

etc. joué le nMe de cette Providence'. . dans l'un et l'autre cas au profit du plus-queparfait fulssem. ont donc été tout d'abord restaurés en Italie où. ne changier pourraient bien être les imparfaits latins né dicere[s). On remarquera que le portugais est resté jusqu'aujourd'hui rigoureusement attaché à l'usage classique: dize. à la diflPérence du subjonctif ^o?/i^e?% cantar. En principe. Erlang. etc. populus à côté de pop/o. le parfait du subjonctif semble déjà menacé de mort. non avvezzarsi. ce n'est point que la langue ne l'ait jamais possédée.z'^)•^^ 1. bien mieux encore que pour le parfait. popolo. la ruine complète de ce temps dans l'idiome vulgaire impérial.. . port. habiierim reparaît tout à coup en Dacie. poplu du vieux latin vulgaire ont toujoiu's leur origine en Italie même. 418 sq. encore aujourd'hui. il est vrai. né camhiâreis) pour 7ié dïcûs. Les subjonctifs fuerim. L'accord avec l'italien qui. un héritage ancien. ce qui constitue une prévention en faveur de son antiquité. La Bellion Hispaniense montre. cristallisés et confondus avec l'infinitif. nu làudarHi'. plur. XII. Le roumain enfin nous paraît ici tout à fait probant: biinlà mais rui làudà. cantâssem. croyons-nous. v.. Si donc le parfait fuerim. . Acta semin. il faut. c'est bien que la forme menacée a été sauvée entre temps par quelque interc'est la langue littéraire qui a ici. 1. cantar. repousser toute idée d'une restauration (forigine littéraire sur terre dace des cas tels que popor. tout au contraire du parfait du subjonctif. CIL. Des exemples tels que ne-laede. Pour le dire en passant. aussi bien que l'imparfait du même mode. non parure. class. L'infinitif personnel du portugais Jiaver. sont en somme extrêmement rares dans la plupart des provinces. indique tout au moins une origine assez ancienne. cf.§ 99. si cette forme manque à l'espagnol. c'est que depuis longtemps. Koliler. im làudavi. 2. vention providentielle comme en Espagne. roum. 5271. lat. haveres . nous ne serions pas éloigné de croire qu'une trace du vieil imparfait vulgaire se cache également dans les formules impératives du vieux français: 7ie dire. mais nào (liycis « ne dicas ». avant le Bellum Hispaniense. Iwhueriiii. — 248 — et le Bellurn Hispanifinsc. ils n'ont point vécu. car la Sardaigne cesse ordinairement d'assez bonne heure de participer aux rénovations de la impériale. elle avait abandonné cette flexion. di « die ». v. cantares est donc. Tout autre est la situation de l'imparfait du subjonctif: celui-ci existe en sarde.. habulssem. Africamnn ^/. est resté fidèle à cette forme: non dhnenticare. ital.

est généralement beaucoup moins avancée que l'Espagne ou même la Gaule dans la voie des restaurations littéraires. la Gaule du Nord en sont couvertes Narbonne fut fondée. pour les fonctions les plus bumbles. des préteurs.: doniim et l'histoire de la diph. la connaissance de la langue romaine. L'Espagne. pour être instruits des décisions des gouverneurs et des proconsuls. mais pour comprendre la langue officielle de l'État. des magistrats. car il rentre dans les calculs de sa politique de faire au plus tôt de tous ces Barbares une seule nation romaine. pour connaître les décrets du Sénat à leur égard. c'est-à-dire des étrangers dans leur propre pays et des bilotes dans l'Empire. car le Sénat exige. les Barbares apprennent le latin. uniquement dans le but de latiniser la Provence et l'on peut bien croire que le latin qu'on y enseignait aux Gaulois était plus voisin de la langue de Caton ou des Gracques que des patois rustiques de l'Apennin ou du lac Fucin. la Cisalpine. Ils veulent connaître les lois romaines. la roraanisation porte forcément un caractère artificiel et administratif. Aussi affluent-ils dans les écoles que le gouvernement leur ouvre du reste avec une libéralité de bonne politique. . non point pour pouvoir converser au besoin avec les paysans de Tusculum ou de Réate. Rome d'ailleurs leur facilite la tâche. cependant romanisée la première. Le rétablissement des nominatifs domimi. tant qu'ils ne posséderont point le latin. On peut se demander pourquoi l'Italie. ils resteront des Barbares.— -219 — i< 100. — . Ils savent aussi que. pour savoir exactement ce que Rome exige d'eux et ce qu'ils peuvent en retour attendre du peuple romain. qui fut § 100. comme nous l'avons dit. porter au besoin leurs doléances jusqu'à Rome. implorer de vive voix la justice du Sénat et du Peuple Romain. Dans les provinces.-. . la Provence. y compris la Cisalpine. C'est que les conditions de la latinité en Italie sont fort différentes de ce qu'elles sont dans les provinces. discuter au besoin leurs intérêts directement avec les légats ou les collecteurs d'impôts ils veulent pouvoir recourir en personne et en connaissance de cause aux autorités de la colonie. celles de cantonnier ou de gardien d'un péage. Elle sait récompenser ces néophytes du nom romain et les Barbares savent que ceux qui adoptent de bonne grâce la langue et les usages de Rome peuvent espérer le droit de cité pour eux et leur famille ils voient des Gaulois entrer au Sénat et briguer les fonctions publiques.

. en Afrique.ou a^g'Ii^ n'y est même que rarement représentée. partiellement en Espagne. dans notre division chronologique. etc. l'osque particulièrement. les colons — romains les patois ne sauraient avoir conservé bien longtemps locaux qu'ils parlaient en Italie. trop incertain. et colonisée à l'origine dans des conditions et des on se souvient vues politiques quelque peu différentes reçut d'abord un premier fond de des projets de Sertorius latinité d'un caractère nettement archaïque et dialectal qui répond. où l'on articule anricla. •250 — tongue au nous en ont déjà fourni des preuves que nous considérons et celui il y a également entre le latin des Gaules d'Espagne par exemple une différence notable dont. conquise à une époque où le latin littéraire n'était point encore définitivement fixé. comme § 101. dans les provinces.'. Dans les Gaules. — comme décisives. mieux il est fixé et appuyé par une administration puissante."'^^'' qui pénètre en Gaule dès l'origine oricla par exemple. du Nord soit L^^'\ ni peut-être dans la Cisalpine. le latin officiel était encore trop hésitant. ()n n'oubliera p<jint d'autre part que. surtont dans la Gaule du Nord. aux formules abc. Y ou même a^b^â. a^f. g~h. Le français apporté jadis au Canada par les premiers colons venus de France est en somme le français classique et il serait assez malaisé d'y retrouver les anciens patois autrement peutêtre que dans des vestiges tout à fait isolés et rares. étaient encore trop puissantes pour qu'on . et d'autre part les langues italiques.^101. représen- C'est pourquoi — — .. et plus complet est. L'Espagne. son triomphe sur les patois d'importation. trop près lui-même de la ritstiritas. probablement en Illyrie et indirectement en Dacie. Plus l'idiome littéraire est développé. ^Y. ac. tée en en Sardaigne. jt^Y. il importe de tenir compte. nous l'avons fait remarquer. dans une colonie. soit abcpf(k). n'a jamais existé ni en Provence ni dans la Gaule Italie. car dans beaucoup de cas c'est directement la restauration littéraire L^'\ parfois L'^='' ou Z. ce premier fond manque nécessairement et la formule a~b-. Le fait seul de leur émigration suppose de leur part une connaissance plus ou moins exacte de la langue officielle et l'abandon volontaire et italiotcs des dialectes pour un idiome plus répandu et plus commode. c. Lors des premiers envois de colonies en Espagne.

crojons-nous. 43 pass. Tab.î'. 1589. 8059. Vin. Déjà les comiques. cf. d'où ital. put espérer une implantation bien la latinité de temps que d'Espagne s'est peu à peu purifié. avec dominâre. -u/u?n. . faute d'une meilleure expression. bizarre. X. f° 22'" B. cf.. C'est seulement avec de la Gaule. 197. A côté de * uilfl.. qui. CIL. 9't:]2: X. dans ce cas.atone devait. danfjier. 11 reste néanmoins. l'emprunt dialectal est purement indirect et ne caractérise en aucune façon le parler particulier sur le sol ibérique. * domnârc ou peut-être * dumnâre au lieu de damnâre dans les Gaules. par suite de quelque rapport sémantique Sans doute. et \e jwaefucus de la table osque nous parait bien couvrir une particularité phonétique de même nature et de même origine. vecchio « veau marin ».')! — homogène de le >. dom. on pourrait à . En Gaule au contraire. lat. celles qui ont été donle Du moins dans catulus : nées jusqu'ici. la part des patois itali(|ues a été dès l'origine assez faible.vr. on avait aussi nillo. hiju. a prédominé dans le latin général de l'Empire en étendant -el du nominatif aux autres concas catei. 2. il est difficile de ne pas reconnaître une influence au moins indirecte de l'ombrien katel. logud. : cate/lus des Gloses de Reichenau. Karls. français dommage il est incontestable que la table latine de Bantia écrit condvmnari. VITLVS. avec les autres noms en -oio-.. 1. avec fusion de suffixes. Mais. 10. etc. 115. App. la v. domnâre^. la rigueur mettre sur le compte de la prononciation lucanienne ou osque la iovmo. semble-t-il. qu'il a rejoint tant bien que mal le latin classique. Eug. 1. 20: Vilnius non uic/. impériale. préfè- ment toute façon. 101. Tab. Bici.vs. veau -. 11 b. français veel. Prob. à notre sens. Plante notamment. à moins qu'il ne s'agisse de formes et de mots déjà introduits dans le latin généralement parlé par les classes populaires et que nous dénommons.. Eug. De . etc. passer régulièreà dam-. uiclo au nomin. II a. -ulus.— Rome le latin -i. L'explication que nous proposons ici de -ello vulgaire pour -ulu classique dans les noms en question vaut pour le moins... De même le latin uifulus d'après l'ombrien *v^7e/ (accusatif vitlu. accusatif catello (ombrien katlu). CIL. 21) passe [witello. extrêmement douteux que le français dommage ait des ancêtres directs aussi anciens et de lignée aussi illustre il demeure tout au moins possible que damnâre ait fusionné dans les Gaules.us. Cf.

ssen. attesté comme osque par Festus Thew. minor. Que le comparatif plùriôrês au lieu de plûrès a existé en latin vulgaire. Bant. UUmann. mascel.?< 101. 3134. 593. Si donc *pliisôrês est une forme d'origine populaire. p. 150. s.. cf. Wolfflin dans son bel article sur les lettres canines. Le. Le nominatif /«////<'/ d'Ennius et de Lucrèce est en réalité famel. 12 et 130. 102.. ut secundum pedes statuae meae catellam fjmjas. IV. le suffixe -ello tel qu'en Avec le français plusor. 201.. On connaît les gloses de TApp. cf. comme on sait. Dans mâior. Dans mascvl.. d'autant plus que le modèle classique manque ici totalement. 62. -iôr. 16. VII. ibid. pluisor. L'extension et la persistance de plusor démentent cette origine. Petr. considérait encore ces très récentes. 1. plusiews a été formé à l'époque romane la plus récente surplus avec addition du suffixe comparatif. /?ow. elle ne saurait dater que d'une époque où le suffixe -ôr. gencor et autres semblables. n.. c'est ce qu'a démontré. lat. Figuliis non figel. A?-ch.. éd. 6. II. — 2. Au comme . I... le cas est très différent. nous apparaît comme des plus débiles. pèior.. Si ce ne sont pas de simples abréviations. ces nominatifs peuvent elïectivement reposer sur une analogie récente. v.. IV. hauçor. était encore vivant en latin. aussi plCiriôra Fulgent. 11. uitulus. 29. également cités par Ullmann. : . art. 234.i:. Cf. à savoir est déjà plus difficile d'écarter l'hypo.. Chez Pétrone. il faut reconnaître les restes d'une restauration éphémère du comparatif classique dans le latin de la Gaule. thèse d'un héritage italique ancien car l'explication ordi- que plusor. il s'était maintenu exceptionnellement. 197. Forsch. 1. ntivi. déjà inactif on latin vulgaire. précisément parce que le suffixe -ior était. Mi/th.. Trimalchion et ses amis ne disent jamais autrement que catellus. Ausspr. cite le vieux latin pUsiinl formes contraire Cor. p. aussi hislit. Biich. 197. CIL. famclo. mais c'était un suffixe mort. 1870. Tab.V2 — rent catellus.uhis. plusieurs. voir plus haut p. IV. 84. dans le français graignor. a déjà reconnu dans ces nominatifs en -cl une influence italique* mais il a eu le tort de ne point montrer le lien qui existe entre -e/de -ulus et usent les langues romanes. voir plus haut. D'autre part Festus. ce qui nous reporte nécessairement dans un temps reculé. Probi: Masadus 7io?i 29.. les il choses sont plus compliquées et naire. vitellus kcaf. avec des exemples à l'appui. jamais catuliis Valde te rogo.

IX. avec ses deux r. relevée par Lôwe. donc qu'à s'en tenir à * sor. plusieurs une des plus vieilles survivances du latin vulmillénaire de gaire archaïque. ne nous paraît pas directement liée à la question. tuite bien improbable. au superlatif plûsimï correspond le comparatif * plûsiOrès comme à prlmiis correspond />nor. VII. Plus tard l'analogie des . Ad famil. les § 102. -rior. d'après les autres comparatifs en -iorès. Pourquoi le rhotacisme est-il incomplet dans * plûsôrcs ? C'est que * plûrôrès. d'après min-ôrès: miii-iml\ plûrCirês tend de son côté vers pliiriôrcs. Gloss. de même que plnra devient plnria attesté par Charisius. Quoi qu'il en soit. atteste du moins très clairement la survivance de formes archaïques italiques même dans le parler relativement récent de la Gaule. En Italie au contraire.7/?/z« engendre bientôt /jnmrjrês « optumates ». cf. j'imagine que ce n'est pas sans intention il faut que plûsimï pour plimml ait persisté plus longtemps que telle ou telle autre forme avec -s. quoique portant également sur un comparatif. le philologue qui veut bien se donner la peine de creuser assez profondément à travers les couches successives de latinité 1 L'existence de plùrès n'empêche nullement la création de plRr-ôres parallèle k plilr-iml. lat. dans Arc/t.. La glose meliosa: meliora. un témoin plus de deux fois l'époque de Papirius Crassus. faisait difficulté. 2. une dissimilation *plidôrés entraînant de son côté *prûlûrès était naturellement exclue. — . il faut lire i^rohahlemeni plûsùnl. est vraiment une supposition graVarron. Lat. cite d'ailleurs de sou côté plmlml.et nous n'hésitons pas à reconnaître dans le français piusimï. 28. mais le latin des Gaules resta fidèle aux formes avec -s. piâsorés et par analogie à plûautres comparatifs en -ior. 26-27. cai* l'existence ttaeîit-s'.. Il n'y avait . . En Gaule et en général dans les provinces.— T^ouv p lui' uni 253 — ^10-2..intervocalique. lat. I. avec le suffixe italique -flo pour le latin classique -hulum. l'emporta la langue connut à la fois * plûsôrës etplûridrés. de * pllsiml = grec .. Or. Cicéron. ou * plûsôrés comme on a minor en regard de minimus^ ou comme /?. Lùig. Si Varron et Festus citent précisément /J/M5//7î^ parmi tant d'autres formes qu'ils eussent pu choisir dans le matériel de la vieille langue antérieure au rhotacismo. xxi. exemples do ce genre sont exceptionnels en vertu même des conditions de la colonisation impériale. Lexik. le français fondèfle.

En Italie. en croulant.^n^ impériale ou bien ces débris dialectaux ont été emportés dans le grand courant de la langue commune et flottent encore aujourd'hui dans la masse mouvante de l'idiome moderne. qui sont encore aujourd'hui vivantes dans les provinces. où on les a parlés durant des siècles. et qu'il s'agit de mettre au jour. ne sauraient guère pousser des racines bien profondes. enfouis sous l'édifice du latin impérial et du roman. ces dialectes se sont développés jadis et où les ils sont de la -/. le latin officiel arrive en somme assez aisément à combattre et à détruire les formes dialectales apportées par les colons italiotes et qui. sous les patois italiens pas plus que sous le vernis plus ou moins classique de l'épigraphie d'Italie. L'administration romaine d'ailleurs ne paraît point s'être entêtée dans une tâche qu'elle estimait avec raison devoir rester assez stérile et qu'elle préféra sagement laisser au temps et à l'évolution naturelle des choses. .y. c'est toujours le latin plus ou moins tiques du latin officiel des villes et des établissements romains qui constitue le foyer central de la romanisation et qui irradie peu à peu sur toute la province. presque tous les peuples d'Italie parlaient le latin c'était en général un latin dialectal. à rétablir la diphtongue au en syllabe atone ni à restaurer les consonnes finales -s. des décombres nombreux qui doivent exister encore à la base des patois modernes. De plus. dans ces terrains encore vierges de latinité. -/. On ne retrouvera jamais. — -254 — le pays ne peut manquer d'en recueilun grand nombre.§ 102. C'est ainsi que le latin de Rome n'est jamais parvenu. dans les régions mêmes où . Il y a là plusieurs étages différents de langues et de dialectes. naturellement constitués et protégés par un passé séculaire et des habitudes persistantes. Ces débris pour ainsi dire nécrotiques des vieux dialectes latins sont précisément restés plus tenaces en Italie parce que c'est le pays même où ces dialectes s'étaient formés. dans les provinces. qui se sont succédé dans lir tous les caractères et toutes les particularités de ces parlers latino-italiques . la tâche de la langue classique est infiniment plus ardue. fort éloigné du latin de Rome . latin de tombés sous coups du Rome et . Sous l'Empire. en Italie. puisqu'il s'agit d'écraser des dialectes et des patois vivaces. C'est à proprement parler en Italie seulement que l'on peut se figurer de véritables dialectes rusailleurs. vieux s'é- mais du moins et des débris ils ont laissé.

C'est là une diflférence essentielle et profonde qui sépare très nettement l'Italie des les provinces. il était reconnu. par corriger assez bien ce péninsule. de se développer et de vivre.— 255 — § lOli. à moins qu'elles n'aient depuis longtemps réussi à se généraliser et à s'implanter fortement dans les habitudes des masses déjà latinisées. en I>retagne mais on ne nous parle pointd'écoles romaines ni en Ombrie. c'est le latin officiel. comme nous l'avons déjà constaté. avec le temps. en Provence. c'est le vieux latin dialectal de la République qui achève. on comprend combien doivent . à un englobement lent des petits patois locaux dans une forme dialectale plus large. à des empiétements successifs d'un parler provincial sur un autre. On n'exigeait rien de plus. l'instruction publi([ue. dans la Cisalpine. provinces. malgré toutes les entraves apportées par l'histoire et la politique. ni dans la Sabine. il est que négligeait l'indifférence de l'Etat. le contact constant et plus intime avec les éléments romains. plus ou moins mêlé de vulgarismes. Encore cette unité du latin d'Italie resta-t-elle toujours extrêmement incomplète et faut-il la considérer aujourd'hui encore comme un idéal purement théorique beaucoup plus que comme une réalité de l'histoire. les incessants mouvements et les remanie. Le voisinage de Rome. assurément. ni chez les Marses. En Italie au contraire. Dans ces régions. Aussi voyons-nous le gouvernement impérial fonder des écoles en Espagne. évoluant en même temps et d'une façon . qui constitue la base principale de la langue parlée les formes dialectales s'y noient peu à peu et s'y perdent. puisqu'à la fin de l'Empire. paraît avoir été singulièrement négligée. mais qui sulilsait aux besoins de la politique romaine. ne répondant point à un but politique. peu importait. On demandait aux sujets de l'Empire de parler le latin. — Dans ces conditions. tout se borne ici à une lutte entre les dialectes. à la formation naturelle d'une forme linguistique plus générale et prépondérante. ments opérés parmi les populations italiques finirent. ni dans le Samnium. bien ou mal. les dialectes s'unifieraient d'eux-mêmes. Dans insensible vers le latin officiel de la capitale. § 103. Mais ce ne fut qu'assez tard que cette unité relative se réalisa en Italie. qu'on parlait mieux et plus purement le latin en Espagne et en Gaule que dans la vrai.

Si l'on se souvient de Tosque pùtiad « possit ». * hcbî. supposant un présent hêbin * * habio à côté de * habeô. lUicheler. pozza := * potio. cf. * hêposque hafiest. Tab. liabuit » v. 539 sq. 192sq.i. Le durcissement de la douce intervocalique est sans doute une pai-ticularité de la prononciation osque. logudoi-. l'opposition osque hab. 11 y a peu d'exemples aussi frappants de l'action exercée par le latin littéraire sur l'ipassa en portugais répond parfaidiome vulgaire proprement dit tement aux conditions chronologiques de la colonisation de la Lusitanie qui fut. etc. dance à se durcir comme les fortes à s'aspirer. hipid I. A côté de habeo habêre. . * hf'hit ou * hcpil d'après faciu : fOcit. depat. comme on sait. : . fifikus « fixeris ». napol. 52. 112. comme en latin classique. Eug. cf habetu. parf. appial ou iippal. l'existence d'une conjugaison * poteo ou * potio dans le latin vulgaire de l'Italie du Sud s'explique aussitôt de la manière du monde la plus naturelle. phim. De toute façon.cf aussi cretlitu.^ De toute façon. relativement tardive. p.. cf. rad.paraît plus développée en pour *héb-.. Gramm. etc. lat. l'italien ebbi ne saurait raisonnablement être séparé de l'osque hipid. sarde appit. p. verbe potere fait pozzu. Nous avons déjà cité incidemment l'imparfait /e« en Toscane et dans l'ancienne Ombrie. habè. sarde dejipial. ib. cf. XXVl. p. 11 s'agit. les douces avaient peut-être une tenMus. malgré les doutes que paraît éprouver maintenant à cet égard W. d'un paradigme * hafio ou * hnhij) parf. croyons-nous. po::a. Meyer-Liibke. Rhein.. liabeat )). faciô : fécl. avons-nous dit. Sprac/if. Spr.en latin et en ombrien. Le sarde confirme d'ailleurs cette manière le de voir'. les parfaits en -atte de l'Italie du Sud.. 2. XXXlll. et de l'italien joossa se retrouve entre l'espagnol piwda et le portugais poxsa. rad. rapprochement que proposait déjà J. haburent. * potia. — Italie les :256 — être nombreuses en survivances dialeclales et com- bien les patois particulièrement en doivent fournir de riches moissons d'exemples. L'opposition du sarde pothat. cf.nous parait intimement v. et quantité d'autres exemples sur lesquels nous n'avons pas à revenir ici. : = 1.. Planta. Nous ne pensons point que p dans l'osque hipid représente. comme l'admet Planta. hab. 117. la conjugaison * habiô ou * hafio. /no/fllu. 23. 325. vargl. II b.. ekliad. § 98. . * mouitus. (/rditiis. qui jure avec l'italien posso =^ possiim.. Schmidt. II. rom. hapal « dcbeat. En napolitain et en général dans tout le sud de la péninsule. liée aux faits analogues observés en sarde hapisit « ebbe. : . logudor. pûtians « possint » de la table de plomb de Capoue. Zcitscli. 27 sq. Le prétérit italien ebbi représente une forme vulgaire ou plutôt.haf. Vil a. 103.: hip. bu primitif.

. nous montrent le pays entier abambmné lors de la con([uéte. : . G: (Sabini) ausum dicebant. Dans la Sabine.intervocalique. où les dialectes connaissent seulement abhi lat. Festus. I. Vell. Une autre région où le rhotacisme paraît inconnu à l'origine. VII. Des témoignages dont rien ne nous permet de mettre en doute la véracité. par exemple chez Rutilius Namatianus.. cité par Deecko. 371 Lasmlion coJnbat uicina Falcna cursnm. cite un port étrusque du nom de Falcsla (jui devient naturellement Falèria chez les écrivains romains. romans. est encore attestée par l'inscription du temple de Furfo c'est aussi la forme donnée par la pierre de Scoppito. le latin n'eut point ici à Moiii. Longus. etc. Mrm. L'itinéraire maritime d'Antonin. 115. 17 .?û rcniarquoi'a que rhbi iroxisto gôiiôraloiuoiit pas ou non plus que dans los ancioiiues régions du lîi-uitiutii ei do la Sicile. Lim/. combattre et à expulser un idiome étranger comme en Afrique. on conserve encore aujourd'hui le nom osque du mois d'octobre. c'est l'Étrurie. cf. Orth. — Une seule province marche généralement de front c'est la Dacie. 501. des traces de formes avec -s. Thew. nom sabin du mois de Quintilis. l'endroit s'aj)pelle Purlo de Fnliesi.. il ne serait guère plus extraordinaire de retrouv(>r par exemple le nom du mois flus. habul. aujourd'hui encore. p. Si. Ilin. Dans cbln on peut donc reconnaître une propagation niorpliologi(iue issue de quehiuos parties du domaine osquo ou sabellique. en Espagne. à l'époque de César.are dans telle ou telle bourgade i)erdue des montagnes de la Sabine. en Oaule. Il serait intéressant de rechercher. Elle doit avec l'Italie: aux conditions toutes fait spéciales de sa colonisation cette situation exceptionnelle au sein des pays observer que. 120. : § 104. i S(i. dans les patois actuels de la Sabine. On ()inl)rio = Nous parlions tout à l'heure de certaines survivances de formes antérieures au rhotacisme latin. Nous avons déjà — ('/irviiuloi/ie du lai in l'iilgaire. Nous savons d'ailleurs d'une manière tout à fait sfire que le sabin ignorait le rhotacisme.. attntff. Storm. p. .. Nous ne doutons point qu'une étude systématique et sûre de ces patois en mette au jour un grand nomlire. la forme flûsûrc pour flTtrâlis.. Soc. à en juger par des mots tels que uesar. dans les environs de Naples. usil. II. Or. ()i) Keil (barona) a Saltinis faseiui dicitur Valcsius pour Valerius dans la Sabine et vingt autres témoignages. Falisk.

Arch. — donc ici -25^ — La langue par les Daces au latine se trouva momont de l'invasion romaine. . Narbonne. dans l'Autriche moderne. Le et le latin des armées. les grandes exploitations foncières comme la Cisalpine. Vercins fur sieheîib.^ lOi. comme en . les Confins Militaires. Sous Septime Sévère. latchi.. \). Les colonies civiles et agricoles. ficrmo iniUlaris. Gooss. à Napoca. : en Espagne.. Quant aux centres littéraires tels (pie Cordoue. à Sarmizegetusa. cite expressément comme jouissant du droit italique. Lyon..000 hommes le contingent de rélément militaire dans cette province. les vilk'S maritimes comme . 8. en face d'une terre vierge où aucune influence étrangère ne pouvait arrêter son développement ou détourner ses destinées. nous dit-on. Dans les desseins de la politique romaine. 220. fixe à 25. Pourtant. aujourd'hui Carlsburg. G. 107-160. dans une magistrale étude sur la colonisation de la Dacie. L'idiome apporté en Dacie parTrajan et qui s'y implanta sous ses successeurs fut donc le latin géiiéralement parlé dans l'Empire au ii" et au iii"^ siècles de notre ère. fut l'élément essentiel noyau dans constitutif de la langue apportée en Dacie. Les colons provenaient. L. Ansbre/t. Sept légions furent employées par Trajan à la conquête du pays notamment la Legio XIII Gemina y resta constamment cantonnée autour d'Apulum. Bordeaux. de toutes les parties de l'Empire. neuoF. e. pas une seule école n'y fut fondée comme le remarque Pudinszky.r toio orbe romano. On comprend de reste pourquoi Rome jugea inutile d'établir des écoles dans sa nouvelle colonie c'est. 1. les pays daces étaient destinés à jouer un rôle analogue à celui (juc rempliront plus tard les marches de Charlemagne ou. en Ligurie. 9. Landpsk. d'après le témoignage formel des inscriptions. les grands centres commerciaux et les places de transit comme en Gaule. les illettrés sont nond)reux en Dacie et il y a des textes qui signalent expressément cet état de choses. ils manquent complètement. les établissements miniers comme Provence. Xll. la colonisation de la Dacie fut principalement confiée à l'élément militaire. Eutrope. n'ont ici qu'une importance tout à fait secondaire. 1871. Vlll. xv. tous lieux que le Di(/estp. Il y eut également d'importantes garnisons militaires à Tsierna. Spr. Pendant toute la durée de la domination romaine en Dacie. la Legio \ Macedonica vint l'y rejoindre à Potaissa. il faut observer que. Mantoue ou Milan. en Vénétie et sur les côtes illyriennes.

trop reculé aux confins extrêmes de l'Empire. font presque entièrement défaut au latin de la Dacie. les mots du latin classique qui. même en Italie. albanais et ougriens qui les ont déformés dans la suite. trop isolé du reste du monde. ce latin général des soldats romains. se répandre à la longue comme un vernis d'urbanité sur l'idiome vulgaire. . le latin classique : suffisait la autre côté. dans ses parties essentielles. D'un domination romaine en Dacie fut trop éphémère le et trop instable. pour la mémo raison qui les rendait superliues dans ritalic centrale.— 2r)9 — ^ loi. les formes. C'est ce qu'a déjà montré Jarnik dans son beau travail sur l'importance de la langue roumaine. pays était d'ailleurs trop éloigné. parce ({u'il n'y avait point en réalité dans le pays de Barbares à latiniser. Quant aux formes qui obtinrent droit de cité dans l'idiome vulgaire pendant la première moitié du iii% il est douteux qu'elles aient pu s'acclimater d'une manière bien durable et bien effective au milieu des difficultés de jour en jour grandissantes qui détachaient peu à peu la province trajane de tout lien avec Rome. slaves. finirent avec le temps par se greffer sur les canevas des vieux parlers populaires. trop peu en contact avec les parties centrales où battait le cŒîur de Home. sur le latin vulgaire tel l'Empire dans effet restait la qu'on le parlait sous majorité des districts italiens. Ainsi. les suffixes. comme il est naturel de le supposer. La conservation de la langue roumaine est en ce sens le plus grand bienfait dont la philologie romane soit redevable au hasard des événements politiques. comme en Italie. L'Italie en le toujours centre de l'Empire. le pays privilégié. 1878. aux besoins de la politique romaine. Ce mais latin n'était point. les dialectes roumains dépouillés de tous les éléments étrangers. dans la revue Oslen. pour que le latin de la métropole put. il tant s'en faut. Le latin vulgaire de la Dacie et ses représentants modernes. reposait. parce que la population entière était constituée par les colons et les légionnaires venus des autres parties de l'Empire et qui tous parlaient le latin. nous le croyons. ou du moins se bornent aux rénovations déjà introduites dans le parler général de l'Empire avant la fin du ii' siècle. les restaurations dues cà la langue littéraire. Ce sermo militark. nous off'rent ainsi l'image la plus pure et la plus exacte do ce qu'était au ii'' siècle de notre ère l'idiome généralement parlé par les légionnaires de l'Empire romain.

a comme représentant de au atone. Si sang et contingents fournis par les provinces sous l'administration impériale étaient considérables. Au point de vue de la chronologie du latin vulgaire. restaient malgré tout les maîtres. apparaît ainsi comme une simple du même coup s'oppose nettement avec partiellement avec la Rhétie. et c'était. doivent en -/ et en -<^. 11 faut aussi chercher la cause de cette opposition. semble-t-il. à toutes les autres provinces l'Italie et si — La Dacie nous de l'Empire. n'a point été jusqu'ici. rhétique) parmi les langues romanes historiquement connues. dans l'organisation militaire des Romains. gardaient leurs privilèges et leur autorité de conquérants. ce sont là des données d'une portée immense. indiquer d'oi'i proviennent ces divergences et comme quoi elles ne s'expliquent ni jiar la répartition géograjibiiiue des pays romans. la chute des consonnes finales. car. par la force môme des choses. sans cet accord. s'expliquer de cette manière d'Italie et qui furent : ce sont autant de caractères parti- culiers qui appartenaient dès la fin du ii^ siècle au latin vulgaire directement importés en Dacie par les légions. ni par difleronl du latin parlé . sinon impossible. un groupe septentrional (provençal. ce n'est pas assez d'indiquer par exemple que l'Italie et la Dacie suivent tel ou tel développement phonétique ou morphologique et que ces deux régions s'opposent par là aux autres provinces. le traitement des gutturales. — la vie -i*')!» — le l'annexo iuiméiliate do Rome. lesquelles présentent des solutions différentes. Tous les traits lien. interprétée comme il convenait. les pluriels communs an roumain les etàl'ita- secondes personnes en -?". il serait extrêmement difficile. le latin montrcH' comment vulgaire d'Italie a toujours ét('' très dans les provinces. Car il no suffit point de distinguer un groupe oriental (italien et roumain) et un groupe occidental (espagnol et portugais) avec. cœur gigantesque d'où le romaine refluaient constamment vers les provinces. franrais. § 105. le camp central et permanent des légions. Cette opposition. leur latin qui s'imposait plus ou moins à la lésion entière. le quartier général où elles se constituaient et se disloquaient incessamment. de dater la plupart des faits caractéristiques de la phonétique italienne. comme une sorte d'intermédiaire.:< 105.. Elle était. marquée et si frappante. annexe de elle. les Romains et les Italiotes continuaient néanmoins à y occuper les postes importants les ils . la voyelle o.

les colons et les indigènes déjà anglicisés et qui dérive de la langue littéraire: de même. ainsi que nous l'avons fait. différences cbrunulugiques duiis les mais bien par conditions historiques d(i Dn même dans lequel chacuno des langues romanes se serait taillé après coup sa petite grammaire particulière. la i. passablement embrouillé par la lutte de tant d'éléments complexes. coup. : . latinisation. Il n'y pas plus eii dans l'Enipiro romain de latin vulgaire uniforme qu'on ne parle unifornuMuent l'anglais sur toute la surface de la terre. De même en Italie le latin qu'on parlait dans la péninsule au temps des Gracques était. et le latin des autres provinces de l'Empire romain. Le latin d'Espagne est cà la fois plus archaïque et plus perfectionné par un plus long usage de l'idiome officiel que par exemple le latin de la Rhétie. ce sont les actions et les réactions incessantes des — divers parlers provinciaux les uns sur les autres. il — Indépendamment de cette distinction fondamen- convient bien entendu d'établir parallèlement dans chaque pays. car faut distinguer entre l'anglais que le peuple parle dans la (irande-lirctagne et dont les patois multiples et anciens s'égalisent peu à peu sous la pénétration do la langue écrite et de l'idiomo des villes. l'élément italique fut nalurellement prépondérant lors de la colonisation romaine de là une quantité de traits particuliers au latin d'Italie communiqués aux provinces rhétiques la Gaule du Nord subit l'influence immédiate du latin de Provence. les translocations. Ce qui complique encore cet état de choses déjà § 107. plus morcelé en une infinité de patois et de parlers locaux. dans les colonies. Les échanges entre les différentes colonies. rentre décidément dans le domaine des théories insoutenables. et ainsi de suite. l'utopie d'un latin vulgaire uiiifoi-me § 106. les relations commerciales entraînent forcément des perturbations à l'inté- . IO()-i07. infiniment plus divisé. . et l'anglais que parlent.:'. des différences chro- nologiques notables. à n'en point douter. Il faut également tenir compte des influences exercées par le voisinage géographique en Rhétie. que celui qui s'établit peu à peu après les événements de la Guerre Sociale et aboutit sous l'Empire à une sorte de y. avec son annexe la Dacie.v/^ déjà passablement unifiée dans ses grandes lignes. il faut distinguer à toutes les époques entre le latin de l'Italie. tale.— (les -Jl)! — leur latinité.

nuntà en roumain. l'emprunt direct doit être écarté: il s'agit d'une greffe du * pattor de la Sardaiirne sur le latin des contrées danubiennes au ii" siècle. piitrejune. 270 sqLes langues italiques sont toutes d'accord pour présenter aux cas obliques le suffixe sous la forme iu-... à -ine italique ])Our -iuno latin. est un compromis entre le latin commûnis et l'osque comono. se rattache réellement. Il arrive par exemple que des faits particuliers au latin d'Afrique ou d'Espagne reviennent de parfois là en Italie. Pour la Dacie. . 64 sq. sarde battor. . Taverney. cf.intervocalique. oni1)ri('u nalinn « nationo ». comenei.. n'avaient pas encore complètement disparu dans le latin d'Italie devant les rétablissements littéraires Uujibue. Sardaigne * patlor au lieu de * caltor croyons-nous. tribrisiuc. Paris. G. W. jusqu'à présent. tanginûd ombr.^ 107. Gramm. était resté douteux. du nièine coup -in osco-oinbrien serait attesté avec long. qu'une inlluence directe de Tosque^j^^o/'. Un cas semblable nous le mot d'après notre formule est fourni par la forme sardo-roumaine de nuptiac.initial au lieu de c. on regard de iûn. — 262 — même temps rieur de la latinité spéciale à chaque province. latin vulgaire de quatlor. On pourra donc. prufatted avec?/ pour o atone). pàsciune. dialectalement peut être *cwmo?<o (cf. connue nous le croyons. Planta. fcrinc. 2 p. La question est un peu différente en ce qui concerne le suffixe roumain -ine comme correspondant du suffixe latin ion. -h. . En roumain. etc. Meyer-Lûbke. patru « quatre » présente dans son p. § 266. avec -j)-. : croire qu'à l'époque 7i«/z??e de la colonisation de la Dacie le(/liu'. 1.normalement pour -qu.à côté de -lùric. Etudes roni. natinur: de là la persistance particdlodo-iv^eàcétéde -iànc en roumain. sj 420. p. I. par ex. etc. dans le dictionnaire futur du latin vulgaire. en qu'ils préparent ou maintiennent l'unité générale de la langue. cf. Quoi qu'il en soit. Il faut y voir. probablement hi-. § 76). d'après nuntiâre « publier les bans » d'où nunta en sarde. petora sur le latin quatlor. déformé par l'étymologie populaire. Si le ruuiuain -iiv. le compromis latino-osque * pattor est admissible directement pour la Sardaigne comme le sarde cinnoiie (voir plus haut. noter b'i^[k). s'y généralisent et nouveau sur les provinces. de mémo t'inen regard de tionos(iue mcdicatinom.latin' osquc leginei « legioni ». II. marrucin aginc. moins une forme issue des numératifs composés. etc. rninciune. adâpâciimc.la même anomalie que le v. On peut refluent ensuite de même ^ : : : . ce qui.

Qu'il nous soit permis pour notre part de compléter ces renseignements historiques en rappelant que la Legio III Gallica. Il est donc peu probable que les hispanismes. Vespas.atone passe kjêSkutsch. Hist. Toujours est-il que. 6. signalent presque exclusivement des Espagnols. cf. 528. Landcsk. Vereins sifibenb. Suet. Arch. Quoi qu'il en soit. 1874. comme l'a montré Marquardt. idiuma friuUuio e siilla sua affltiilà c(dla Ibitj. Quant à la Legio VII Galbiana. IV. qui circulaient sûrement à l'origine dans la VII Galbiana.. formée tout entière par Galba de recrues espagnoles de la Tarraconaise (Tac. 11). 39) passe ensuite en Mésie vers la fin du règne de Néron (Suet. Arch.. Vers la fin de la République.. . une des sources des hispanismes dulatin de la Dacie et du roumain actuel. et celui d'Espagne ({ui ont contribué pour une bonne part à la constitution des dialectes de la Dacie. Ilist. Lex. où elle parait avoir résidé jusqu'au temps de Vespasien qui la réunit à la Legio I Germanica. avoir dû être tout naturellement utilisée par Trajan pour l'occupation de la Dacie. ou atteint égaloniont des filons plus ou moins considérables apportés des autres prole latin de Rhëtie.Par-dessns lo fond do latiuiU' spécialomcMit italienno qui constitue la baso du latin do Dacio. aient été. III. a en latin classique démontré que Plante ne connaît encore que la forme iàiicnus si iânuàrius est resté dans l'orthographe littéraire à côté de ièniiârio jennario vulgaire. également cantonnées primitivement en Mésie. III. II. c'est à cause cldJânus où.. et qui étaient particulièrement nombreux.. Rom. 107-166. val. 6) elle y soutint longtemps la lutte contre les Sarmates et les Daces et nous paraît bien. un mot intéressant à l'égard de ces hispanismes du roumain est le verbe ajund. I. aussi Tocilescu. Hist. /«. elle passa d'abord à Rome. qui réside en Syrie sous les premiers empereurs (Tac.. macédonien adzund « jeûner ». Nous croyons que ce sont principalement les auxiliaires militaires des légions qui ont introduit ces éléments dans le pays. De morne peut-être la Legio VII Claudia et la Legio VIII A ugmtn. . des Rhètes et des Syriens. . Lat. . Ascoli. les listes relevées par Gooss. suivant vinces de l'Empire. voir plus loin § 111 puis en Pannonie (Tac. parmi les auxiliaires cantonnés dans la colonie trajane. Dncia inainte dp Romani. VII. neue P. p.. XII. cf. comme nous l'avions cru jadis. en raison môme de cette longue habitude du pays. 24. 2. 1.. 10). Altert. C'est surtout Stfil' . Galba. 354.

cf. 458. sur cette question Wharton. Schuchardt. On trouve encore êlïuial dans les Gloses de Philoxène. Zeitsch. scr.ne s'étend pas ày'é.. vcrgl. — : 2Gi — une remarque de Stolz. à moins qu'on ne préfère. II. }n(inu(l^=^ minor. 460. cf. Gvamm. etc. iêiûno et partiellement * iûiio étaient sûrement seuls usités en Italie: le roumain ajun.tonique. de même que les formes albanaises.. Mrnt. il y a là une indication précieuse pour la chronologie du latin vulgaire. maguo/l z= mcdulld. tandis que le portugais jejuin reproduit la forme classique. â subsiste dans tous les exemples connus d'où nous proposons de conclure que la loi de je. Soc Liiuj. — Los langues romanes })résen(cnl une (|uanlité d'anomalies et de contradictions phon(''ti{iues que logues s'épuisent vainement à vouloir réduire on les philo- lois et en . . La romanisation de la Lusatanie n'ayant guère été entreprise qu'après César. iènncirh est une forme absolument comme l'espagnol oicro vulgaire plus ancienne que le portugais Janeiro =: iânnâno d'après le vocalisme classi(]ue.. âccr. SpracJif. Cet * émnus prend unj initial par assimilation à la seconde syllabe comme il arrive quelquefois. ajimd ne peut donc. 110. 167. àdjima-. la langue vulgaire c. admettre un passage Aiveci àa* êmnus à "âifcnos comme on a û jiour ou c dans dte?'. guègue aginnm-i. soit ' ênuios. = § 108. puis comme la langue commence à hésiter entre iànuârius et wnuârius. VohaL.. on le retrouve dans l'engadin glan.§ 108. A côté de *amno. ce qui est peut-être plus exact mais plus hardi. etc...pour jâ. III. Ilist. YII. I. p. Donc iâiûmis. VokaL. permet d'atteindre une forme encore plus ancienne. est plus ancien que iêiûnus et la belle étymologio de Thurneysen. Dès lors * âiânos devient la forme lalinc la plus ancienne et effectivement c'est elle que nous trouvons à la base de l'espagnol aijun. la mode adopte tout d'abord iâiûnus dans la langue littéraire de la République ce n'est que plus tard que ièiûnus est rétabli définitivement. 554 sq. L'hésitation entre * âiànus et ''camus conduit à une simplification du mot: mniô comme verbe est attesté par les textes.om\dàt iânuio comme on a iciùiiKs à côt(' de *('iûnus\ le roumanche yagin peut représenter l'un ou l'autre vocalisme. dont on trouvera déjà quelques exemples incidemment relevés par Schuchardt. A "l'époque de la colonisation de la Dacie. XXXIl. etc. qu'être venu directement d'Espagne.

C'est ce que nous venons de voir pour le roumain patru et ajunâ. / autre voyelle ne s'est pas réduite à La voyelle ^ devant une uniformément et simul- tanément dans toutes phonétiques . du latin littéraire qui. toute forme littéraire peut toujours avoir accès daus l'idiome vulgaire et s'// installer à demeure. son originalité et sa vitalité propre. .20. les régions ni dans toutes les situations patria était très probablement encore trisylla- bique à une époque où déjà l'on prononçait depuis longtemps fac'iat . dans ses grandes lignes. rien de plus embrouillé et plus caho- tique par exem})le que le traitement des muettes intervocali- en particulier des groupes avec k L'explication do ces divergences no saurait être raisonnablement cherchée que dans des différences à la fois chronologiques et géographiques à l'intérieur d'un même dialecte lors de la constitution (|ues.") — cle ^ lOS. il tend au contraire à se les approprier et s'efforce sans cesse de s'en rapprocher comme de la seule norme de son unité d'où il résulte que. nous le répétons. bien tenir compte do ce fait essentiel que le latin vulgaire n'est point nu idiome fixe et nettement déterminé par des lois absolues et précises. Loin d'être fermé à l'intrusion des formes littéraires. sapiat est sans doute articulé sapktl en Italie beaucoup plus tôt qu'en Espagne en Aquitaine 1'/' de sapiat . du latin local qui lui sert de base. à toutes les époques. Le gascon sapie suppose * sappïa ou peut-être *s(ippiiyi. n'a jamais complètement perdu sa valeur vocalique et encore sonne / et non /'. la langue reste partout en général assez conséquente avec elle-même et assez vivace pour conserver. pénètrent tous les parlers vulgaires de l'Empire et dont l'invasion est continue car il faut. comme 'nous l'avons déjà dit. à n'importe quelle époque et dans le domaine roman tout entier. sans quoi elle roulerait promptement au chaos et cesserait bientôt d'exister. 1. Presque toujours elle garde un sentiment assez net de son individualité et comme la conscience intime du jeu normal et sain de ses organes c'est pourquoi elle sait s'assimiler par analogie naturelle la plupart de ces formes hétéroclites. Il en est de môme des formes dialectales qui peuvent voyager sans difficulté d'une province à l'autre de l'Empire et ajouter de nouvelles bigarrures au latin spécial de telle ou telle contrée. Seulement. : . il 11 aujourd'hui en gascon y a enfin les formes . règles particulières.

j . Première période: Formation des dialectes latino-italiques. elle différente de l'histoire de l'autre lui sur sera mémo diamétralement opposée.'. puis sous son influence et sa direction. et sur C'est là une première distinction qui est essentielle . — — ." hésitations de la chronologie . spécial dans riiistoire des langues humaines et il importe de bien saisir la — portée exacte de cette expression sous peine de s'égarer dans les conceptions et les théories les plus fantaisistes.. mêmes.). de ng .'. C'est simplement le développement historique de la langue latine dans les différentes régions de l'Empire romain et durant toute l'histoire de Rome jusqu'au démembrement de l'Empire. par ses origines . le pronom ego (% 125-127) les groupes tr. sement d'une méthode.^. triomphes du vocalisme itali(|ue sur le vocalisme latin. Le latin d'Italie. Deuxième période: Constitution du latin général d'Italie. à proprement parler. histoire de 7. d'abord en dehors de l'idiome littéraire du Latium. chronologie générale du latin vulgaire. constitué généralement par extension naturelle antérieurement à l'avènement de la langue classique. llô-ll<3. Quatrième période: Décomposition du latin vulgaire impérial. ct{%$ 128-130). Histoire des gutturales en latin vulgaire. S 133.IE Sommaire: 109-Hi. . {$$ 120-121). sensiblement certains points. —% — . — . dillicullés el essai d'une détermination chronologique et lopographique du groupe ru. ZZ 131-132. Le latin vulgaire n'est. tl.VI ÉTABLISSEMENT DUNE CIIKONOLOC.. ni une langue spéciale ni un ensemble de dialectes simultanément développés dans les divers pays romans et évoluant ei'i vertu de lois phonétiques et d'habitudes morphologiques nettement déterminées. Établis117. 122-124).. Caraclére complfxe du latin vulgaire. : Lo latin vulgaire est donc quelquo chose do très § 109. origine el chronologie de c (. etc. le groupe al-. Troisième période Unification du latin impérial. J^' 118-130. s'oppose ainsi tout d'abord au latin des provinces dominé directement par ridiorao officiel . l'histoire de l'un sera donc.. 1I8-M9) groupes li et ci témoignages histori(iues et épigraphiques (.

à la façon de la force centripète.-^ 267 laquelle nous nous — § 110. l'intluence de la langue littéraire s'efforce à mesure de détruire ces germes dissolvants et de rétablir. parviennent assez bien à le maintenir constamment dans un équilibre stable jusqu'à l'écroulement de la puissance romaine. L'histoire du latin populaire n'est pas autre chose que l'histoire de cette lutte séculaire entre ces deux principes adverses. ditions très diverses suivant les temps et les lieux. il convient d'envisager les con§ 110. ou bien si elle se rencontre seulement soit en Italie et secondairement en Dacie. En second lieu. D'un autre coté. à la manière d'une force centrifuge minant peu à peu l'unité linguistique c'est rudement vivace et libre du latin vulgaire. latinisée en partie à une époque antérieure à la constitution du latin classique. l'unité linguistique perpétuellement menacée. D'une part la tendance au morcellement dialectal. c'est l'élément conventionnel et factice de l'idiome vulgaire de l'Empire romain. Cette histoire doit donc être divisée. cette distinction est capitale. se trouve ainsi présentera latin vulgaire . ment entre deux tendances contraires . Au point de vue tant des origines historiques et linguistiques de la forme spéciale en question que de la chronologie générale de l'idiome vulgaire. qui se disputent mutuellement les destinées de la langue latine. l'action latin littéraire sur le parler vulgaire et comment celui ci de son côté s'efforce de réagir contre la contrainte de la lan- — du gue les officielle. dans lesquelles s'est exercée. rechercher préalablement si elle est commune à l'Italie et aux provinces. le développement naturel et spontané de formes divergentes et originales agissent. d'après les données historiques relatives à chaque région. sommes efTorcé d'attirer l'attention dans précédents. soit dans les autres provinces de l'Empire. comme dans toute langue naturelle et vivante. pour les chaque forme du latin vulgaire. en entraînant le dans deux directions opposées. à l'intérieur de chaque région. en périodes de morcellement dialectal et en périodes d'unification linguistique. l'Italie comprise. Nous voyons en effet le latin vulgaire de toutes contrées de l'Empire. partagé incessam- qui. paragraphes On devra donc toujours. suivant que l'un ou l'autre principe a exercé à tel 'ou tel moment et dans chaque contrée historiquement unie une action prépondérante. L'Italie.

les échanges et les réactions opérés par suite des relations his- § III. — 268 — l'égard des provinces un relard considérable. comme nous l'avons vu. — tenir toriques et politiques entre les parlers latins des diverses contrées de l'Empire. résumées à grands traits. le latin littéraire a ce désavantage d'avoir à combattre non seulement les tendances séparatistes contractées sur place après la colonisation. Telles sont. librement développé.§111. de l'afUux incessant des provin- pour rs. c'est naturellement le principe de l'unification linguistique qui reprend peu à peu dessus jusque vers la tin de l'Empire . par exemple . i pour / ou propagent insensiblement sur un très vaste espace. l'unité administrative abolie. Il est vrai que liome et les grandes places d'Italie souffrent de leur côté. finissent par gagner une province après une autre et même peuvent être parfois apportés par des translocations de troupes ou de colons dans des régions géographiquement séparées. comme se sont développées par exemple les langues germaniques. une période de plusieurs siècles où le morcellement dialectal. les germes dialectaux reparaissent avec une vitalité et une exubérance d'autant plus grandes qu'elles avaient plus longtemps été comprimées et combattues c'est la période romane qui commence. nés cinq ou six siècles plus tôt ils se seraient dès l'origine librement développés.ss . de notre étude. Sans le latin classique. les conclusions générales où nous sommes arrivés dans le cours . Ce sont. 11 y a en outre un troisième point dont il faut compte dans l'histoire du latin vulgaire. gëné]'aliser dans le latin vulgaire impérial et même n'attein- dront leur éclosion détînitive que dans les langues romanes. se . car il ne contribue pas médiocrement à compliquer encore ces questions déjà si complexes. comme nous l'avons dit. le latin classique battu en brèche et ruiné. a été poussé jusqu'cà l'extrême: de là précisément l'opposition persistante entre l'Italie et les l'Empire autres régions de de là aussi l'apparition prématurée dans le vieux latin poljdialectal de l'Italie d'une quantité de phénomènes linguistiques qui n'arriveront que beaucoup plus tard à se . niais encore les germes dialectaux emportés d" Italie par les colons. les idiomes romans seraient . Dans les provinces. Des faits linguistiques limités à l'origine à une étendue géographique minime. Le le latin littéraire une fois constitué.

aussi Alueus . . 1208. XXVIll. Rien de plus faux par exemple que de déclarer en latin vulgaire date du i"'' siècle de notre ère que rb pour parce que les monnaies de Nerva portent déjà la graphie NERBA. indiquerait rann(''e même où s'est produit le Pour un peu. 239. X. Les soldats do la nouvelle lésion de (ialba étaieiil. La Lcgio Vil GaUmuia. à Rome. il est évident non seulement que l'homogénéité du latin vulgaire des différents pays de la Romania est une conception chimérique dénuée de tout fondement historique. entraîne latin fatalement. inversement acervissiMAM. § 284. précisément parce que le latin vulgaire n'est pas à proprement parler une langue naturelle et librement développée. Dans ces conditions. Hisi. aussi SERBYs. Hkt. 1G3. cf. 10) marque probablement opinion la [)remière grande invasion d'bispanismes dans le capitale et les garnisons du • — — latin spécial de Home '. En réalité. 301 autres exemples chez Seelmann.ion auront été établies par l'étude systématique des inscrijitions locales. mais encore que la chronologie précise et uniforme dont les romanistes ont coutume de se servir à l'égard du latin vulgaire repose le plus souvent sur des spéculations illusoires. CIL. telle est du moins notre Galba.. on prononçait lo plus souvent rb pour ru. lat Spr. lui aussi. originaires de la '1 arraconaise. — m . non albens. ciaiix vers la capilalc et les villes de la péninsule. Prob. Lo retour dans le légions. arvitram dans l'édit de Dioclétien. 7. MeyerLiibke. 300. on changement de ru en rb et ceux qui se laissent prendre au faux clinquant scientifique de ces procédés ne peuvent assez admirer l'étonnante précision d'une science si rigoureuse. levée en Espagne par Galba et qu'il transporta tout entière dans la Latium (Tac. IV. à r(^xtréme rigueur Le fait l. W. Spr. p. Suet. ann. mais eji réalité il no signifie rien de plus. 198.. Stolz. CIL. vergl.— (les -209 — des perturbations v^ 112. que les inscriptions de Rome donnent des exemples de rb pour ru dès l'année 96 prouve simplement qu'à cotte époque. ann. 4. le latin vulgaire n'a point de chronologie fixe et ahsohie.. Aassprac/ie. A pp. de Rome et de l'Italie. Zeitsc/i. Lorsque les ])articularités du latin de cette rép. Iveil. 155. G. d'après Suétone. VI. après des séjours prolongc's dans les provinces. s^ 112. on pourra s'appliquer à les rechercher dans le dialecte romain du moyen âge et les patois modernes de la campagne de Kome. I. cf.. I. (iramm.

et même ne . En Espagne au jamais eu assez de vitalité pour comnous voyons battre efficacement la prononciation urbaine même en Portugal et partiellement eu Rhéiie. dit aussi bien nerbo que nervo. En roumain rb pour ru a pu devenir ainsi absolument général. tant s'en faut. inverse s'étarhét. latin littéraire cosse de bonne heure de s'exercer. ccrhicr de contraire. comparable aux lois phonétiques des langues naturelles développées en dehors de toute intluence savante. excepté pourtant lat.. c'est l'usage que l'on en fait et les déductions fantaisistes où l'on arrive lorsqu'on cherche à enfermer à tout prix dans des règles spéciales ces prétendues anomalies dont fourmillent les langues romanes. corbo mais cervo. saiiraf/r. « Sassar. blir « passer à rv : port. aujourd'hui encore. : fiîlbà connaît d'autre forme que srrvo. etc. vulg. s'entenou moins généralement. La preuve en est dans l'italien (jui. on se hâte de conclure (juc le latin des ( laules le changement de rnen rb mais seulement avant Là où l'inHuence du raccent. le peuple d'Italie articulait le plus souvent cerbo. arvore. les changements phonétiqu<^s plus particulièrement propres à l'usage vulgaire se développent naturellement d'une manière plus complète et qui se rapproche déjà sensiblement de la rigueur à laquelle nous ont habitués les lois phonétiques des langues germaniques ou slaves par exemple. il — -''• — dait aussi plus sera seiilemont permis de supposer que rô pour ry. de Pavie salbego. Mais on n'a pas le chose quelque certainement sente phénomène au latin général do le priori a d'étendre droit l'Empire tout entier et d'autre part il serait faux d'y reconnaître une loi rigoureuse et absolue. iarva herba de même qu'en Sicile devient varia. le * romagnol snlbedg et le vieux dial. dès cette époque. etc. De ce que le français a cprf à connaît bien côté de corbeau. à une époque ple ferb de fcrucô. 116. salrdtaco.^112. Ce qui est plus dangereux encore que la méthode ellemême. rb pourn/ n'a . corvo n'étaient point pour cela radicalement expulsés de l'usage. ccrbio que cervio. Du temps de Nerva. ce qui serait pour le moins extraordinaire. servira. l'éNolution et rb ». franc. Le latin silua est en roumain mais ailleurs il reste partout silva. . non seulement à Home mais aussi dans d'autres régions de l'Italie le vieux sarde corbu et même en dehors de la péninsule Stat. par exemcrriûcp. bfirbtt carvûo.jamais après. il est vrai plus récente sans doute. » chcrblnu ou « corbeau d'ancien. reprécerf ».

anno 183. Il resterait à chercher dans quel dialecte le phénomène a commencé c'est probablement dans le Latium lui-même ou dans les régions immédiatement voisines qu'il faudrait diriger les recherches. 185. il est désormais résolument senti comme une Il faut de toute faron admettre entre ru ancien et rb roman et vulgaire un intermédiaire ri}. Keil IV. Biich. (30. cf. àefcriicô.rentre dans le domaine de la haute fantaisie et nous ne saurions. Mil. voir plus haut p. Si Virgile scande sihia. Soc. 479. v. ûua avec ral de tout -u à ij. saluas..de Pétrone. cf. latin fcruô ferul une racine * blior-u. saluas.. IV.x dans le ms. Mém.)our ru : c'est ôarbecho^ sarde harvatlii. aussi berbeces. Le sarde laisse peu de doute sur l'antiquité de ces formes. celui de . qu'en osco-ombrien le signe D désigne déjà uniformément v ou w pour ii ancien l'osque d'ail- de l'ItaliC. ij. Keil 11. v. après / ou r. furiios.— Il Ti\ — ^ 112. ferbeO Probus. sorti très naturellement de l'influence de r (ou / dans lu-lfi-lb). sousinterprétée raisonnablement que par le crire à de pareilles théories sous aucune condition. Yii. Havet. comme on le fait. c'est que û ou ii a fait depuis Plante. y a pourtant un mot très important quia passé eti Espagne ]. avec rb . l. Ling. 245. un pas de plus vers la consonne bilabial du néerlandais par exemple ij ou i. latin littéraire z/(?n/«c//w^ Le Z». . est néanmoins postérieur à ru à rij dans les exemples anciens c'est pourquoi il a généralement suivi des destinées absolument différentes dans les langues romanes.initial est sûrement analogique d'après b de la seconde syllabe * verbacto entraîne * bcrbaxto. . ne saurait être changement de i\iu en rbu. 22. Déjà l'orthographe classique /(«riî'ïn. Beilr. accompli en latin classique au temps de Claude et certainement bien antérieur dans le parler vulgaire . VI.... 19. On prononçait donc déjà arija.. . Plante scande encore régulièrement sllûa. 10. * barbalito dans le latin vulgaire de la République comme en roumain brebena de uerbéna. Insl. cité par Jordan. Dès lors les premières origines de rb pour rii peuvent être reculées bien au delà du temps de Nerva ou d'Auguste et peuvent même remonter fort loin dans le passé italique. dans ferbul une racine * bher-dh. avec Brugmann. furuos. 30^ Prise. le passage généarticulait encore uoueô. (). car nous persistons à croire. c'est-à-dire ?r semi-voyelle. art. Glor. cf. Reconnaître. spr/jô à une époque où l'on primitif. . 51 A^rôe. pour notre part.et dans foriieô. avec iv ou i bilabial.

de là lé la valeur // sans condition Latium à le dans tôt que signe 1 ou z3 qui manque en latin. le D'' Vysoky. La plupart des phénomènes qui caractérisent chacune des langues romanes existent. Sur les échanges entre h:u en latin vulgaire. p. comme Scelmann. la prononciation // du latin d'Italie commence à pénétrer dans la : langue officielle de là le d des inscriptions claudiennes. vérifié la logie clas. comme l'a montré Di(tenberg(>r. sans condition. aujourd'hui déposée à Home. à la date du "io noveuihi'e 1897: « . sur Icu'ture sur l'inscription même. 4U0. '2^'^ — l'histoire leurs. Gari'. Auspr. (Inlal. . est exclu on tout cas'. il a fallu quelque peu en rabattre. Si/lL. cf. rv reste toujours possible. beaucoup plus tôt.é de VAV~'"OOV t^oolum avec y. n'admet pas même le signe "2 ou :| pour le falisqu(>. 4. comme on sait. p(> néjakém . lat. Hrnnrs. Soc. rô répandu et //r. I. Dès l'époque de Claude. XXVII.- 559 A=lfl3M3VA Mcnerva avec Z] à C(M.. Cf../. 302. tant qu'il existe un latin littéraire et qu'on le parle.] neni ani stopy : ma 3Vfl3M3WV de Deecke qui. 239.Malheun^uscnient.^ 11. VI. à l'époque de la colonisation de la Gaule. votive de Faléries.3. sous le n" 18S. dans le latin vulgaire. Spr.s' général dans le parler vulgaire mais de son côté rn. . d'une façon généi'ale. U" 18e. 177-240. dd Miixcu Kirclirriiuio. Nous ne parlons naturellement pas de ceux qui. 245. — ancienne. 5(j. rv. alors que p. professeur agrégé d'archéo- prière. avec plus ou moins § 113. — d'extension. cf. au Musée KircJKM'. a. opinion personnelle.in. . Sur le crit l'inscription témoignai. Parodi.Jest zcela ])atrnè ps<âno V. 1\'. Mon vénéré et savant ami.. p. \'oici ce qu'il m'écrit.sique à l'Université de Prague. se trouve ainsi être la bonne et il n'y a qu'à })asser condanmalion sur notre propre ^'- I^'^ lecture hyitolhèse. : (|ui Irans.3 a3 pour : ru In apparaissent. Roman. /. et on en retrouve presque les toujonrs les premiers germes dans vieux parlers latins ou I. ignorent l'influence de r ou / sur u suivant et admettent le passage. Ainsi rh pour rii est posinible en latin vulgaire dès l'époque la plus comme en témoigne de uenmctum et de neniex l'Italie. de tout est déjà très de u à V et de tout h à v » « als ein charakteristisclies Zeiclien Rappelons seulement que u était arrivé der Vulgarspracho. aussi lîu^giero. beaucoup plus notre suivant en Italie. D'autre part n latin n'est rendu régulièrement et en toute position par 3 grec qu'à partir d'Hadrien..Vriii. qui exige ranapt3-xe entre ru. nous avions cru atteindre un exemple éclatant du passage de ru à r\o dans l'ancieiuie Italie provinciale. .-e de liréal.

coniine on sait. v. etc. Zy etâiew. des dialectes italiques où l'adoucissement devant r était général et constant et même tout porte à croire que -br. Zeitscli. — Chronologie du lalin vulgaire. dès une époque très reculée. Quintil. I. . KirchenJi. 309. XXXIl. en ombrien subra latin supra kabru à côté de kapru. 44. Seelmann. Dans le latin impérial de l'Italie. vergl. A quelle époque a-t-on commencé de prononcer dnblo pour duplex. MoHL. *abrire pour aprire. 551. nous sommes disposé à reconnaître une influence de l'orthographe latine plutôt qu'un témoignage en faveur du maintien de pi contre br pour pr en ombrien. Il faut dire toutefois que l'osque embratur n'est très probablement qu'un emprunt au latin et qui paraît de date assez récente.— sabelliques de l'Italie restent . vi. Caspari. Mais la différence entre pietra et padre par exemple nous paraît de toute façon une utilisation postérieure de doublets constamment en usage dans le latin général de l'Italie. podrulipei.. padre pour paire ou subra pour supra.Vok. : : . peut-être aussi d'après Planta. 18 . où nous croyons toutefois plutôt avec Wliarton. dublicius dans les Dicta ahb. Die osk. Aussjjrac/ic. 548. osque Sadiriis. osque embratur' latin imperâtôr. Mimzen. cf.dans l'ombrien littéraire d'Iguvium n'est qu'un épisode d'une loi moins restreinte dans d'autres dialectes de l'Ombrie. 4". omhnen adro adrer latin âter. Inf. Priminii. Dans l'ombrien (h/. 17. ladro capra à côté de cavriulo montrent qu'en Toscane tout au moins il a fini par se combiner avec certaines conditions toniques et même avec la nature de la voyelle précédente. ainsi que l'admet Bronisch. Os'k.. 273 — § 113 ils mais. Il a pu y avoir.. latina.. que l'altération est du côté du latin". fortes devant : . l'affaiblissement des muettes devant r n'est jamais parvenu à se généraliser l'italien pietra à côté de padre. I. L'affaiblissement des fortes intervocaliques a peut-être com- 1. p. Et. osque Aderl(ii): latin Atelia.pla. I. On ne trouve ce mot. aperire ? constamment dominés Évidemment lors des premiers établissements de la langue latine au milieu de ceux des dialectes italiques qui connaissaient de fondation l'affaiblissement des r. p. Anecd. pélignien empratois. cf. p. les n"' 6 et 9 de Friedlânder. 19. ^tèVigmen Sadries \a. 554 sq. sur deux types différents de la Guerre Sociale. Sprachf. et comprimés dans leur évolution et leur généralisation par l'intlexible loi du latin écrit. s. Citer. que sur les monnaies de Papis M util. Jnsc. triquedra à côté de triquetra. : .imd e..iin S a trias. mandraclo. 80-81. § 246. 13. p. jusqu'à la période romauo.pour -pr. i. 2. et Thurneysen.

. Il y aurait encore à citer ici en osque le rapport de degetasis à deketasiiii. exactement d'après l'analogie de iCidn pour *-tûtô. le texte peut être exactenu^nt daté. ce qu'il faut penser des destinées de -ven latin vulgaire. Gloss. Une inscription récemment découverte et non utilisée encore par les philologues. X. puis lY'' les formes sans dentale. le en osque. nuiis cette forme est encore s'éclaircirait : . d'après pedikayd. La pierre a été découverte près de R(mie. Nous avons vu plus haut. semble-t-il. Spr. 462. attribuer *-tâdc pour -tûle déjà au latin vulgaire d'Italie. non loin du cimetière de Ponziano. 305 sq. Elle counnence par CCS mots locvs rKTRi (. obscure. exemple assez ancien. §§ 65 sq. Zeitsch. la dentale ne se maintient plus semble. 26. le phénomène est lié à des conditions spéciales remarquons seulement en passant que le suffixe -tnte devient exceptionnellement -tade en toscan et que la phonétique italienne est impuissante à expliquer cette forme il faut donc. général. -f de son côté tombe d'assez bonne heure sur les inscriptions provinciales où l'iniluence italique agit directe- A Rome au contraire et dans le Latium en beaucoup plus persistant. De même pour l'histoire des finales. p. ou encore Capedidum uestimentum capilis.VNVS -xxv et finit par Au guère à ce : • • . Y. ment contre -t lui. . 2541. qui est le nom des Celtes sur les Tables Eugubines. XXVI. du if siècle. que devant voyelle. croyons-nous.mencé dans la Cisalpine et les pays celtiques : ainsi s'expli- querait labuscom lalmscer à coté de lapuscom lapuscer. très anciennes nord. II. Tliurneysen. nous donne des exemples d'autant plus j)r('cioux qa(. . et publiée en ISiK) dans la Rom.. cf. L3. D'un autre coté.)Vi vixkt. o79. L'extension du phénomène dans la Cisalpine. se généralisent peu à peu dans toute la péninet qu'il au v" siècles. comme dans sule. on en est encore le plus généralement au stade -d. Orelli. en Espagne et en Gaule du même coup.. vfirgl. dans -/«r/ô pour * -tntô. Une forme telle que iradam. peut être à l'origine directement liée à la prononciation celtique. CIL.. (Ju/u'lalschrift. au i'"" siècle de notre ère. il ne faut pas oublier que le passage essentiellement latin de /non initial à è puis à b ressemble déjà beaucoup à la grande loi romane de raffaiblissement des fortes non initiales. En latin. est . Corp. MVDAViT. lat. De là de longs siècles d'hésitation entre les formes avec -t et celles sans cette finale à Pompéi. liciid et autres.

Usez visset âmios. p. De môme tresorus. le messapien où la réduction à o est certainement récente. pour ces régions. par exemple l'inscr. c'est rhibtoire tions ont AO pour TApulie et la Calabre. 11 faut donc. : 1.. lequel existe aussi en vieux sicilien. On a par exemple en Calabre 7wru. vixet anvs. coNss-MAXiM[-iTERVM-E-PATER[. orata\ c'était donc primitivement une forme archaïque de la rusticitas. à côté.. l'histoire de diphtongue au l'incertilud*. Unleril. — Aucun exemple ne montre mieux que la : . qu'cà l'origine ati atone seul passe à (1 dans le latin d'Italie mais dès les temps les plus anciens 6 apparaît même. Or. p. s. 160 sq. restaurée depuis en aurum. taurus en Apulie oru. à côté de e(/) PATER.. ôriim pour aurum est expressément signalé par Festus Rustici orum (llcebant. les plus récentes AN d'après Mommsen. . .. 51. Dial. enfin le latin général d'Italie où la réduction est condition- KAOHIXR OX : nelle. trisuoru à côté de taguru. il est vrai. complique beaucoup la quesde au en messapien. De même les monnaies archaïques d'L'î:entuni (Ugsento) portent A"X EN. trisoru à côté de tauru. Les plus anciennes inscriprégulièrement contracté en O dans les textes récents. tion. chronologique du latin vulgaire en tant qu'on y veut reconnaître une langue spéciale évoluant en vertu de lois fixes et absolues. o est de règle en toute situation. d'oii o ou cl dans les dialectes modernes. v. Dans le sud de l'Italie au contraire. \0\' et non AT dans les transcriptions latines.8 114. cf.. chez CiuUo d'Alcamo par exemple. En ombrien. de Brindes. lauru en Sicile oru. Le secoiid consulat (le Pétronias Maximus et de Flavius Paternus correspond à l'année 443 après J. montre Italie les comment fonctionnaient dès cette époque en doublets avec et sans dentale. Ce qui. pour au tonique. même en syllabe atone. de Vaste. c'est au qui subsiste.-C. le grec qui de bonne heure le fait passer à aii. sporadiquement et dialectalement. mais qui persiste sporadiquement jusque dans les dialectes modernes dans d'autres régions de l'Italie. sur KAAÔHI n:i(^) sur l'inscr. Nous avons essayé de démontrer. de auni dans les statuts de Sassari. lat. Mais les exceptions sont à ce point nombreuses qu'il est impossible de nier cet état pour ainsi dire chaotique où s'est débattu le latin vulgaire depuis l'époque archaïque jusqu'à la constitution des langues romanes. Iresoru à côté de taiiru\ La forme oru a même pénétré en Sardaigne. il est vrai. thesorus est attesté par les ins- § 114. compter avec quatre facteurs au moins l'osque qui conserve fidèlement ««.

En Vénétie. 7197. il n'y a pas à s'en préoccuper. à l'égard de la diphtongue au par exemple. Tant qu'on s'obsliiiera aller ow allas se jirounucail partout uniforme- . On est. Meyer-Llibke. pour au à toutes les époques de la langue latine. CIL. jusqu'à l'époque du latin vulgaire même le plus anciim et le dogme do l'unité linguistique de l'Empire romain tombe aussitôt au profit d'une chronologie plus compliquée et moins jjrécise sans doute. leipiel confond sur un grand nombre^ ses destinées avec celles à^^ à admettre (pic au. il n'y a pas d'exemples de la réduction. comme on voit. La plus élémentaire logique proteste contre une façon de raisonner le aussi enfantine et aussi peu scientifique. la réduction de au tonique à o est si ancienne que la voyelle a pu encore participer le plus criptions Gramm. I. mais aussi. Il est trop évident. Rien n'est plus faux qu'un raisonnement tel que celui-ci: les différents traitements de la diphtongue au dans les langues romanes ne peuvent se concilier en un prototype unique qu'en partant directement de au donc le latin vulgaire de toutes les régions de l'Empire n'a jamais connu d'autre forme que au\ la réduction de la diphtongue est de date romane. etc. § 288. assez loin des formules aujourd'hui courantes dans la philologie romane.§ 114. mais non point uniforni dans toutes les régions en Afrique par exemple. trcmni dans les dialectes de l'Italie du Sud comme des emprunts récents à l'italien littéraire.. nos souvenirs sont exacts. Les langues romanes attestent de leur côté que la monophtongaison s'est produite indépendamment et dans des conditions particulières dans les diverses contrées romanes. latin archaïque. Rien de plus frapjîant à cet égard que jiuiiits l'histoire du groupe d(» al devant consonne. et plus exacte. souvent aux destinées de à primitif et se diplitonguer en uo. qu'en dernière analyse c'est toujours et partout au que nous trouverons à base de chacun des représentants romans mais on n"a pas : la le droit d'en conclure que la réduction de au n'a commencé o qu'à l'époque romane. X. si Il mément n'y a donc qu'à rechercher dans chaque province en parti- culier l'accord qui peut exister entre les témoignages épigra- phiques et les dialectes modernes dès lors la réduction de la diphtongue peut être reportée. W. et quant à o pour au dans . — : 270 — tesorys. a donc tort de considérer oru. en certaines régions déterminées. Les monuments présentent . plus scientifique . croyons-nous.

Vok. 53. dupli- alttrei Tab.ibid.. alfer. u.tond déjà vers d"tro-. 29 Bies postridie Kalendaa Nouas Idas appellati atri. 28. Varron. Abell. En osque. particulièrement dans la péninsule ibérique et l'Italie du Sud. mythe qui doit dis- alttram ait grammaire osque la cause de tt dans alttrei.. c'est ce que montre le latin diès atcr. alterum ait circulé dans l'Italie du Sud dès une époque très ancienne. 1. La cause de l'opposition alto otro doit donc être en réalité transportée d'Espagne en Italie et l'explication de la divergence ne se trouvera que dans le polydialectisme du vieux. est une graphie isolée incapable de prévaloir contre etc. . Le mot nous Campaniens étaient encore les éducateurs de Rome. est un ' . p. cf. Diomède. L/«y. i après av'oir coloré a en cation de la consonne : rt. latin italique. il semble bien que l disparu devant u comme en latin vulgaire au passe à a est /et : devant ii de là atriid à côté de altrei sur la Table de Bantia. § 243. 53. pélign. peut-être même au temps où Numa y introduisait le calendrier sabin. latin vulgaire. 1. alfir. les groupes avec /première avaient : sans doute t pingue. C'est la première étape vers la chute de f après â comme elle est réalisée en ombrien Cipp. En Lucanie. après 0.. les colons d'Italie avaient apporté d'une part alto ou alto. 4. d'autre part déjà * aliter. Quoi qu'il en 1. Stud. 3. entraine comme devant 1. Agn. 17. quod per eos dies noui inciperent. II. * âtru ou * atru pour * altrum. De toute façon. dès l'époque où s'est constitué le latin vulgaire d'Espagne. I. A l'époque historique.. Pùnttram mieux ou h ûnttra m ou toute autre chose (caria lecture n'est pas Planta. Alafis. . 2t. 487. en Campanie et dans une partie du Samnium. la doctrine de la gémination des r. alttr. 141. entrai. non pas r. 542 et Danielsson. 46 alttram. il sera absolument impossible de débrouiller quoi que ce soit dans les phénomènes complexes et contradictoires qui concernent ce phonème. cf. pùstrei. c'est que. n" établie ({ue le sens) sur une inscription de F^ompéi.. motai^: osq. VI. consonnes devant paraître de la exposée par Planta.— ment en les 211 — ^ lli. Lat. d'une autre division reporte sans doute à l'époque où les ». aitro.. Altit. W. à côté de ombr. Consentius chez Schuchardt. Si altus donne alto en espagnol et altcr : olro. et de même pour une foule d'autres exemples. ce que démentent déjà expressément témoignages des grammairiens. L'expression diês: ater signifie donc « un Que : jour d'une nouvelle série. v. molta.

Montalese Nerucci. ollro. de Vulsinc.§115. etc. . andra =z allro cunlellus. alleru du sud sabelliques (Stat. Le son /' pour l devant occlusive a éiialement pénétré sporadiquement en Provence. — Ij serbe: Vuisial. cf. salmi. cf. Seulement ce dernier traitement est resté local et n'a guère voyagé dans le reste du monde romain par les suite de la situation spéciale des Étrusques et de leurs habitudes linguis- tiques trop particulières'. eaidclo. IV.. avec /' mouillé analogue à c'est cet atur — : . aTlo ou ailo. ailtro. dont le c toutefois indique un mot récent. Gramm.. aiUrc dans le pocnio de Boéce dans ailanl « autant ». App. — C'est . d'après W. — -278 — ou aller pour (i"U'r. Voisiener sur § 149. aolro et atro dans les vieux textes. 300. 1. . etc. cf. sont peut-être indirectement liées au mélange de formes qui embarrassait le latin d'Italie aller ou aller originaire de ailler aller dans la Cisalpine rOmbrie.. Parlari vernac. ainsi que dans le calabrais alrii.. ullra. Dans Abruzzes. Probi. à Grosseto par exemple al'lro ou cdlro. 555. Le type *rnurto ou mieux * morio. il s'agit d'un fait moderne non imputable au laiin vulgaire. Les formes si hésitantes du génois. allru dans les diverses régions du domaine osque. CIL. alfir\ et a'Hlru. fao80 et alo. aussi alu. et autres témoignages anciens du passage de / à n devant dentale. p. AV. Aux exemples italiens qui ont été cités ajoutons encore aicuni et sailare que nous avons jadis relevés nousmême dans des textes en vieux toscan. seulement lorsqu'on sera parvenu à identimanière précise et rigoureuse les phénomènes essentiels de la phonétique romane avec les faits correspondants des anciens patois latino-italiques qu'on pourra entre§ 115. celle du vénitien et du lombard. cf. dans d'autres régions de la Toscane. 11. peut être mis sur le compte de la prononcialiou ibérique. etc. toscan moderne. ailler des dialectes qui persiste dans le sarde ciller. délia Tosc. Sass. fier d'une 1. etc. De là dans le par exemple. à côté de olaru en syllabe atone. p. 1593. I. Meyer-Liibke. Grundr. aussi est certainement lié à Cidlellus non le sarde ispnncellare « dépuceler ». coJd. tout à côté de aatro (Pise et Lucques). pour mulla. dans le latin populaire d'Espafinc. face. p. Planta. cf. soit. On trouve a///'t' pouv (dire. 193. Pompéi. Les Étrusques prononçaient aller. ombr. Meyer-Liibke. à I. § 252. I. cf. on trouve. coippo.. si je ne nie trompe dans les Jstorie pisane publiées par VAi'chivio slorico ilalicino. MVNTV. Vuisine à côté la pierre d'Assisium.) à côté de alciinu. n.

ne pourra jamais être acceptée qu'à titre de conjecture provisoire. 11 s'agit là d'un édifice immense à construire et qu'il faudra élever. morceau par morceau et pour ainsi dire pierre par pierre. il s'agira de les classer et de les coordonner avec les témoignages des grammairiens et des glossateurs. non point en bloc et d'une seule venue suivant les procédés actuels. On déterminera par exemple à quelle époque et dans quelles régions de l'Ombrie ke ki était prononcé se si. autant qu'il sera possible. tant au moyen des indications de l'épigraphie latine et des renseignements fournis par les grammairiens qu'à l'aide de la comparaison avec les dialectes et patois modernes. tout est à creuser et à construire. On recherchera ensuite. puis comment et quand cette valeur s'est établie dans ces régions. il est évident que toute spéculation sur la chronologie absolue des dialectes italiques. à part quelques jalons fixés. L'aire à couvrir est si vaste qu'il est difficile d'en apercevoir et d'en déterminer dès maintenant les limites. Ce sera naturellement sur ce point que porteront tout d'abord les eff'orts de l'investigation scientifique car tant qu'on ne sera pas très exactement fixé sur la date des Tables Eugubines et de la Table de Bantia en particulier. dans quelle mesure et à partir de quelle époque les dialectes locaux du latin d'Italie ont participé aux phénomènes linguistiques des dialectes indigènes. mais aile par aile. et par suite du latin d'Italie. le développement et la propagation de ces différents phénomènes dialectaux à travers l'Italie. d'une façon définitive. Les fondations mêmes de l'édifice. on tâchera de retracer l'histoire de leurs luttes. à ce qu'il semble. de façon à pou. voir fixer chronologiquement l'âge et le développement historique des différents phénomènes linguistiques attestés par ces monuments. de . la carte linguistique des différents patois latino-italiques de l'Italie ancienne aux diverses époques de la propagation du latin dans la péninsule. On s'eff"orcera en somme de refaire. Les monuments épigraphiques des dialectes osco-ombriens une fois datés avec précision et d'une manière sûre. c'est-à-dire la chronologie des sources épigraphiques. n'ont pas encore pu être établies avec certitude.prendre avec quelque chance de succès l'établissenieni de la chronologie du latin vulgaire et des langues romanes. On suivra ensuite. dans quelles autres ce ci. au moyen des données fournies tant par l'histoire que par l'épigraphie et la philologie romane.

établis en Sardaigne. cf. comme correspondant du lat. de leurs mélanges. c latin initial comme g. et dès lors on examinera si cj. du Picénum. rappr. On examinera par exemple comment ce ci de l'Ombrie. sarde tels que gollire. On se gardera d'attribuer au latin vulgaire phénomènes développés au moyen âge et sans aucune espèce de lien avec des faits souvent fort analogues constatés déjà dans les dialectes italiques.§116. Deecke. Scaurus Putsch. mais encore le moment où provincial ou italique des . et à qui nous devons l'inscription votive de Faléries. la — chronologie de la linguistique romane. falisq. p. de leurs hésita- de leur disparition ou de leur triomphe définitif. n" 62 on s'enquerra des lieux où ils étaient cantonnés et on examinera s'il est possible de leur attribuer li pour / dans quelques patois sardes (cf. non seulement le moment où tel ou tel fait vulgaire apparaît dans telle ou telle région. gondecoRANT. — -280 - leurs réactions mutuelles. «. CIL. La difficulté principale sera naturellement de distinguer avec soin les faits réellement anciens des manifestations postérieures de l'individualité des dialectes romans. sur une poterie de la vigne de Saint-Césaire. haha cité par Terent. faba^ ou si au contraire h sarde est moderne comme il l'est par exemple en espagnol. Enfin il conviendra d'étudier avec une attention toute spéciale la lut(o du latin littéraire contre les patois vulgaires et établir avec soin. voLGANi sur la dodicatio des Cuisiniers de Faléries.pour c. I. § 116. tion s'est établie d'une façon définitive. lorsque les progrès des sciences auxiliaires le permettront. 2252. Telles sont les données sur lesquelles on édifiera. leurs . Enfin on recherchera dans quelle mesure les différents l'Italie ont pu être transportés dans les provinces par les colons italiotes et dans quelle proportion dialectes de particularités ont survécu dans le latin spécial de chaque région de l'Empire. gvmana. On se souviendra aussi que les Falisques articulent. VI. à une certaine époque. des pays volsques a peu à peu gagné l'Italie du centre. gonlegivm. boddiri coUigere » ou rjorlcUii « cultellus » n'est pas purement et simplement une importation falisque. 965. puis les régions du sud et vers quelle époque cette prononciations. On pourra se demander par exemple et rechercher dans l'histoire qui étaient ces Falisques. auj.en Sardaigne dans quelques mots du v. 8362.

jusqu'à la Guerre Sociale et jusqu'à S3 lia. d'après l'épigraphie archaïque. tale histoire monumen- chronologique du latin vulgaire sans laquelh^ la philologie romane manquera toujours d'une assise vraiment scientifique. secondairement. fournir des l'histoire parce que l'histoire seule est quant à présent capable de nous dates absolument rigoureuses. Nous distinguons — Depuis 117. d'indiquer à larges traits les cadres généraux où la question nous parait devoir se mouvoir et ce serait déjà beaucoup pour nous si ces grandes divisions que nous proposons avaient le bonheur d'être conservées définitivement <lans l'avenir. Comme on a pu le voir. 11 faut naturellement faire toujours exactement le départ de ce qui est . dans tout le cours de cette étude. forme litté- iriomphe de l'opposition il rpi'il rencontre dans raire et où s'(''tablit délinitiveiuent et d'une manière générale. puis. précisément donner . 10. les caractères do la langue parlée dans chacune de ces colonies. En attendant qu'on entreprenne d'écrire moyens et des capacités qui nous man((uent. les origines jusqu'après Hannibal principalement. il nous sera peut-être permis de résumer ici les conclusi(jns auxquelles nous sommes arrivés dans cette esquisse préliminaire du problème. de placer au premier rang de nos sources d'information les données et les déductions tirées de l'histoire ancienne de l'Italie. enfin. C'est donc sur que nous établissons nos divisions chronologiques.c des cett(.-C. on pourrait rétablir plus ou moins complè- tement la chronologie absolue de ces dialectes grâce à la comparaison avec les dates de la colonisation. Une méthode sûre consisterait à étudier. av(. d'après l'âge relatif de chacun des phénomènes linguis- tiques constatés. C'est une donnée précieuse pour l'établissement d'une liste des dialectes latins à l'époque d'ilannibal. i. soit 208 avant J. ainsi quatre p('riodes principales dans le développement du latin vulgaire. — Tite-Live. Nous n'avons point la prétention de ici. colonies latines à la date de !).— il -281 — la ^117. nous nous sommes constamment efforcé. un plan détaillé et ])récis des recherches futures il nous suffira. tant s'en faut. surtout dans l'Italie du Sud. XXVII. Première période: Formation des dialectes latino-italiques. pour le moment. donne le catalogue des 545 de Rome.

chez Paul Diacre. En Ombrie.§117.. 11. Les datifs singuliers en -ô du sabin et du vestin. trouveront leur place dans cette première période. dus à Infer. par la dissimilation des liquides. Herclo. 504. Lat. 505. La critique de ces gloses exige un tact extrême et une prudence toute spéciale. prononçaient clustrum pour crustiilum « gâteau. hring. par exemple. dans cet immense et précieux matériel. croquette » du. car la désinence -ô ne nous paraît point remonter au sabellique primitif au point de vue du latin vulgaire de ces régions. l'osquc mcddir. par exemple Ciiniba: lectica.. Aixh. rinlluence du latin.. etc. louio. aueteribus nominabatur. etc. 11. Le nominatif pluriel uts. il est donc probable que les datifs en -ô se sont implantés de fort bonne heure chez les Sabins et les Vostins. sur les inscriptions latines locales. La plupart des mots dialectaux cités par les glossaires ou par les grammairiens. krenkatrum « cingulum ». employé pour uircis par Salluste. ancien tuut ce correspond en même temps aux données de l'épigraphie du dialecte indigène. Dans d'autres contrées.est peut-être ancien. et qui portent généralement CLVSTR ET MVLSVM. : On pourra en comme . comme on a en latin cl. représente peut-être tout simplement le vieux nominatif italique en -es régulièrement syncopé comme dans le marrucin li. sont très })robablement. german. il scmldo que les pâtissiers de Cures. la désinence -oi ou -è a dû leur faire Ijeaucoup plus longtemps la concurrence. ». Lex. cesnas) Sabini cenas dicebant. - 2S-2 — ancien et de ce qui légitimement ne saurait dater que d'une époque postérieure. Festus Thewr. 111. antiqui uocabant. Zvetaiev. selon nous.dans clingere en regard de l'ombrien cruigatro. dans la Sabine. peut aussi reposer sur une étymologie populaire de date très postérieure amenée • • .pour cni. souA'ent avec la mention précieuse pour notre chronologie « dicebant.pour cr. de * clustliun pour crustlum. Il faut surtout se garder do rejeter ou (h> corriger mal à pro{)Os ce (pii. parait au })remier ab(»rd général considérer qui. ou encore Scenaan (corr.is « loges ». il est certain qu'on a prononcé de très bonne heure pour au. D'après plusieurs inscriptions relevées par Biicheler. lusc. Mais clustrinn. I. On se souviendra que Salluste était d'Amiterne dans la Sabine orientale et que des nominatifs pluriels tels ([\\g* ulss devaient encore être familiers à ses compatriotes de la classe rurale.

Nat.uc rosco-saboUique casno.. des renseignements intéressants sur le vieux latin dialectal. V. si elle était systématiquement étudiée à ce point de vue spécial. Le nom moderne de Clusium est Chiusi qui peut reposer non seulement sur le locatif Chisil. Aen. 2252. 192. de même Assisium est au. 20. VII. comme exemple de la résistance au rhotacisme en Etrurie.... Les gloses de Varron surtout sont intéressantes.. 21 ib.. L'inscription de CoUemaggiore rend probable l'existence de colonies osques sur le territoire èque. 98: Ircus quod Sabini firthenticité Scaur. cus. lat. Ling. cf.est exactement le môme que dans l'osque degetasis sur une inscription de Noie.Dicent. Gloss. V..} — ^117 en contradiction avec d'autres données. etc. etc. cf. Lat. etc. 257. Corp. m. 123.. ClusJ mais aussi sur le vieux nominatif italique C/uslm. huma a pu exister à côté du masculin humus comme on a le neutre osque teriim.. p. à côté de deketasiûi sur le Cippe d'Abella. ausum. etc. Le fleuve Digentia chez les Eques s'appelle aujourd'hui la Licenza\ le rapport des gutturales Digent. Le féminin fuma. teerùm à côté du féminin teras (ace. 111. Lat. . mais il ajoute Liug. 13. s'appelle aujourd'hui Alfidena: c'est une survivance directe de au sabellique. VII. Nous avons déjà cité Porto de' Faliesi. conteste la glose fréquente fuma terra. 240.— inutilisable ou Il 2S. etc. latin terra. Ling. avait pénétré dans le latin de la Sabine Varron cite non seulement casnar. L'onomatologie géographique de l'Italie moderne donnerait sûrement. 6. a suivi tout naturellement les destinées de son proche parent physiologique at. 5. 125. 695. pi. et 2238. 64.. 2230 v. : d'une forme dialectale fuma. 519. : Arch. q. Putsch: Quam Falisci habam nos fabara appellamua. nous ne voyons aucune raison sérieuse de révoquer en doute l'au. Aufulena. Quintil. sur les contins des Marses et du Samnium. formmœtus appellant. 159. Long. etc. 106-107. Planta. pour / Terent. p. 46 Uellust.. Lat.« vieux » et ses dérivés. IV.. Servius. Varro. cf. Schlutter. lequel a échappé à la réduction de au latin atone à n dans la suite au atone étant absolument anormal en latin italique vulgaire. Festus Thewr. 1. Lex. Putsch. casnar en pélignien. 6. 28-29: Et nostri eliam mine casinum est certain par même exemple .. parce qu'elles se rapportent sûrement au latino-sabin. lat. 9. X. particulièrement au latin de Réate. VU.)... VI. n. V. . Plin. cf. Hisf. 1. p. en latin littéraire cascus. Vel.

sur des poteries de la vigne de . suppl.. jourd'liiii ... = Cicéron Putsch. 10. n. ibid. etc. 1014. V. Bant. nous ne croyons nous allons parler. 284 « — » Satiiiira Samiiium sur une inscription de Bovianum et sur une monnaie samnite de la Guerre Sociale. Live. Pacues. Paul tium Braune. art. de Vienne. etc. cf. Verri. Pcrus.. XIII. 6. brvtis.. cf. 180. à part a lis dont . cf. Catulle. 2476. suppl. bise. au latin général d'Italie. anayis. On a par exemple evCtENIS. l'interprétation que nous proposerons à l'instant du provençal * gladï{m).s/. . XIV. Comme nous Tavons dit p. On trouvera d'autres exemples encorp chez Ritsclil. Fisim. porte sur le nom célèbre de Verres où l'illustre épigraphiste a le premier reconnu un doublet de Verriiis. de Pompéi. I. analogue à Annes.. de Padoue. Insc. 428. en -is. aussi CIL.. 1. En Campanie. 478. Forsch.. accus. Quant à alis a. Etr.. fin du Catilina d'après fragm. Saint-Césaire. IV. Cllt. 959. Fisi. 14.si. avaient très sûrement pénétré dans le vieux latin d'Italie: mercvris. Vermiliolli. -im de 2" décl. 469 sq. pas que. 11 y a même des exemples dans la Gaule méridionale. Prob. viBts. 13 sq. faut naturellement voir dans Verres exemple épigraphique. ibid. I.. on a notamment SALLvsTis IRN. à qui nous avons pour la plupart emprunté ces derniers. ces nomin. Tab. 44i) sq. mcdicim. 474. Gori. Bcilr. 842. 27. CIL. 165-203.. figurent réellement dans le vieux latin du Latium. etc. vf siècle.s. Keil. Ailleurs on a la flexion plus spécialement osque verris. Stroitberg. CIL. 832. de Lyon. Nous venons de citer quelques exemples des dialectes archaïques en voici quelques autres déjà imputables. Salluste alis alibi. (jlazi Lugd... 30. 1.] 1. 561. accus. dit II au génit. -im ou -îm pour -ius. 1473. 135. IV. apeleis [Apcllius). XV. tertim « tersur les Tables Eugubines. Insc. I.lid. 452. IV. p. 287.. vocalisme sabellique de notre flexion. 1. — cf. 39. 43. Hirt. aussi Priscien. CIL. ce qui confirme. Dans le nord: fvlvis. Ritschl. I. de Préncste CAECiLis.^117. Ces )) nominatifs italiques en -is ou -Is. il). selon nous. Boissieu. lvcilis. en latin clasle chez Lucrèce. d'après Alschefsky. qui est bien connu sique. -imn du latin classique.^. Une des plus lumineuses démonstrations de Ritschl. cf. il). le II. Putsch. InsI . Opasc. Charisius.. II. venTiNARis. Mais en Italie on les trouve presque à toutes les époques.. Opiisc. croyons-nous. même II. T. Indogerm. XII index.

. bien des : . Les thèmes en -inj. -us: -io. voir \\'.. bai. 475. 7119: kaahopmï. y voit des formes récentes et déjà Letronne.. ALIS. ibid.'. Remarquons toutefwis que Ferdinand de Saussure compai'ait autrefois à son cours de l'Kcole des Hautes-Études (1890) la déclinaison hardjana qui suppose de -o).. Opusc. I.'.. cf. ibid.. doublet de -iy. c'est qu'effectivement ces désinences apparaissent le plus souvent dans des noms latins iAXOïAi'lx ("IGr.. Phil.j. 117. (Irober. ern'i.. s-'t-. 323.yj-. époques 003. etc.. I. comme en français. Putsch . 1. etc. : 285 — î. Astorga. Pour notre part. primitif ont déjà été étudiés Les nominatifs romaïques et byzantins en -. et se 2633. IV. Ham. 3857 7. :\iAPTrpi. 397G l'ilTIAPI^. Ritschl. etc. VliiL. AnoAvnMS. fréquent sur les terres cuites de l'Italie du Sud. cf.. Ce sont là.. I. AiniHTi'ii:. 5198: KADAli:. 7:o)>àoj à celle du iiotbique /tnrdiis une flexion indoeur.trr. d'EyypU'.. contester l'opinion de spécialistes éminents toutefois fjlazi peut aussi. ibid. -are. Hœckh. YÀoj—a. p. — : : : . Kluge. croyons-nous. Il y avait sans doute des régions od eruo?n se déclinait * ('ru{?n). eriid. '. De même. Siihslvdte De même la clé des ditîicultés présentées par le sufs. croyons-nous. en romaïque pour -drio latin. 1 s(|. -um.. rAEi:::. ce qui nous frappe. I. Itofipilium.et non pas -us -ijo-. il est attesté à toutes l'épigraphie par alis. Sur le prétendu -iy.. après J. On trouve déjà sur des inscriptions relativement ancieiuies ammomï: CIGr. XVII. XONNEIS. XXll. ibid. 464. 26G3 (rêtiârius). Meycr-Liibke. Putsch.. s'expliquer phonétiquement comme un dérivé direct de * f/la(ll[m) pour f/ladium classique gl.. ibid. 559 sq... CIL. olO'J. -ârius. --. dans ces questions de détail. surtout à cause de leur isolement dans la langue à côté de dérivés phonétiques réguliers rai. (i"' retrouve sûrement dans le v. 84.). Lcx Furfeiisis les II. I. -areis lat././. les attribue à l'influence romaine. franc.avaieni sans doute à l'origine. 4713 c-.\. cf.-C. accus. autant de preuves en faveur des nomin. les emprunts byzantins et romaïques -yXx-. rjladium sont Des formes telles que le provençal c/lazi considérées. comme des formes savantes et nous ne voudrions point. ianvahis.subsiste en prov. dans le latin d'Italie. de même les noms gothiques en de palalium.. 2322 h.. 26 'iG. en is de 2^' décl. . V. a montré que les nomin. en -ârius étaient plus anciens et plus foncièrement latins que ceux en -âris. Zcitschv. 5197. I. ibid. al. — — : = . etc. à l'accusatif staaix. italique) ou -ârls. ibid. s. lioni. fixe -ârius en roman pourrait bien se trouver dans les hésitations entre -Cu'lo -ârïs (nomin. tel qu'il circulait dans toute l'étendue du monde romain.. cf. grec ~ziJhz\ rSiJ. 5'i65: ORTAlili.— 133. ibid. etc. l'ois. 27 CIL. I. lOVAli: CIGr. 43(JG ir : KAATAIi!. ClÇr. 111. Zcifsc/i. 2. Dioinèdo. le nominatif en -us. ' = .Ta/. parallèlement à ceux en -/o-. In.

* I.§118. /ero =z * eru « eruom «. On peut donc accepter sans guère de réserves le témoignage de Quintilien qu'on parlait de son M. 88. inllano suppose *m//</ pour miliios. 'l'honiis a robUgeanno de me faire rcinarqiKM' (pie le passag'e Fortunat. On doit admettre toutefois les caractères généraux du latin d'Italie dessinés assez nettement pour qu'on puisse consiétaient déjà que sous Auguste dérer dans son ensemble l'unité linguistique comme accomplie dès cette époque. et au delà.L!:aires bien connus mis. que Ton cit(^ (rnrdinairtî pour attester en latin evuoti cruoris sur corpus peut aussi bien ])rouver ('riios masc. rapporté par Cornu à orbus. XXVII.. puis traité comme daus noms avec -iws -nom primitif ou comme on a ecus equl: de là l'espagnol yero. ïjil Lpj. cf. Mais l'histoire de ce mot nous parait encore Lpj-. 750. port. Comme nous l'avons fait remarquer à maintes reprises dans le cours de notre étude. Lat. De ce jour commence la lutte en faveur de l'unité linguistique de l'Italie et elle se continue indéfiniment pendant t(nite la durée de l'Empire sans arriver jamais à la destruction radicale des vieux patois dont les traces çà et là ont pu subsister jusqu'à nos jours. au lieu Pascilur herbus cquis. (( pour * po/ifos. forme vulgaire du lat. Dt'Uiit'me période : Constitution du latin général d'Italie. Grundr. l'esp. Empir... si réellement cette étjmologie est exacte. du jour où il existe un latin littéraire et officiel. Arrh. milio. erva. Roman. 473. Les inss. 1. etc. poudre » pour * polo présente un fait analogue: * palus poo . Le portugais pu.. il ne pourrait s'agir en tout cas que d'une extension analogique postérieure au passage de rb à rv. les dialectes provinciaux sont menacés. italique les * — 286 — e)'(to- erouo-. (le eruom neut. — du Il est naturellement impossible d'assigner à l'u- nification latin d'Italie et à la disparition des vieux patois locaux des limites fixes. — Depuis Ilannibal et surtout depuis la Guerre Sociale jusqu'à Auguste ^ 118. portent. I. (le : — . Marc. grec op:6o. extrêmement douteuse. class. D'après Parodi. VllI. 240. cf. v. it. 7G. puiuis. constituent très probal)leinent un simple cas particulier de notre question. etc. Arch. paraîl-il Les types vul. Do même fulo de fiduos fulu[s) dans goro. VIII. cldus. ... car nous ne voyons vraiment pas comment les romanistes expliqueraient autrement la chute de v..

Glott. III.. rovina prouve. sovs. apparaissent en latin vulgaire et en roman à toutes les époques. liome. 22. I. dans 1. vfr. à ce qu(^ nous croyons. 343. tbid. 34. ploitêhat. plmdl vulgaire une forme récente d'après l'analogie de ninuêre. Tvos {= tuuos) iôid... I. vfr. 1007. à côté de tuo. sovo. De même les pronoms tono souo grec ~iFz. cf. cf. p.Fi(hFz:.. vddàvà pour * vâduvà d'après le slave vdôva. Sent. Voir aussi sur cette question Flechia. FLOvioM 1. toiiua.. I. roum. Morosi. W. etc. II. la chose peut être à d'une manière uniforme dans toute la péninsule peu près aussi vraie du latin vulgaire que de la langue classique.. 21. * vHove. . de même — : VII. 14. Solmsen. VI b. lombard. Mimic. IV.. 20280.. soïiplou- = grec'7:KiFM. VI a. svvis. i)ar exemple ombi'ien Graetc. IX. 8. Q. sanscrit vidhdvâ . ilpliwt. 10. I. formes peuvent représenter directement le vocalisme italique *MiîV/oî«rt. Le Blant. 44. d'après nous. Pétrone. VI. romagn. etc. CIL. plonerp. le suffixe -ouiù grec -iF<. -. 15. Biich. ibid. — temps le latin 2. 1242. veuve. souiia à Campobasso. ou bien tuuo suiio... 7:KfjQ0[jx'... La vérité est qu'il s'agit ici d'un vocalisme non affaibli. plouil vfr. I. CIL. 1()185. voir aussi Rudorflf. L'ombrien montre déjà l'hésitation entre les deux formes on a toner pescler. perploi(t'i-c dans cf. CIL. etc.. 275. — Zeitsch. de Trêves. vprov. XXX. VI.. svvo. et M. IV. etc. 141 sq. 1007. Festus. flvio 1. latin sovom. et 158 sq.. iùÛ. soveis. Laufgesch.: en osco-ombrien. 1527 d 41. tova. L(i/. II. vercfL Sprachf. Arch. flovio 7. la Sententla Minuciorum 1. et Arch. que l'ital.izt i:. 588.S7 — ^118. VI. Tels sont. iùicl. la générali- sation de certaines formes italiques et leur triomphe sur les formes proprement latines. 123... plus ancien que celui du voit dans latin classique /?/?/er^^ pluit. 27-28. espagnol su. Lex. Mever-Lûbke.. toue sone. Semblablement il faudra rechercher jusqu'à quel point des telles que l'italien védova. 8. ihid. vezoa. flovivm 23 à côté de comflvont 1. etc. 9. Lat. d'Ovidio. etc. Gramm. cf.. dans celte seconde période. en latin vulgaire * rouere pour ruere. 198. 1. Il faudra étudier.. en latin SYOM-MAREiTVM-coRDE-DiLEXiT-sovo. cf. 199: coNFLOVpNT 23. .. grec r. ce qui est bien extraordinaire. 424. 30 k côté de tuer perscler. primitif . etc.siioancien nominatif tus sus. 425. CIL. I. 43 sq. sova. ton sou en logudorien. osquo sùvad. ibid. * voua pour rua et rattache du môme coup *5/'o?/ô {8)ru0 latin à pÉfoj grec et nullement à spûw. 408. § 154.

et 2. signifie « pioggia » d'après Ive. laii. quattor. latin lauO. etc. En revanche le vieux végliote est précieux pluàja et. 15o. latin vulgaire quatluor. en regard de que Vitruinus. barrina. cf. 17i). en latin socius suppose. Wagner. v.. plus récemment pluv/ija. ici comme ailleurs. . iiudutro. on attendrait ' pfuf comme ?tu/' de nouo. représente û: nioir de mûi'o. 157. ou encore uerulna « vrille » sarde brrrina. Sous l'infinenco de plguit. catal. Le fait que là où u latin en hiatus n'est point un affaiblissement de ou italique. 2G. est la forme phonétique d'un dialecte qui conserve / ancien sans le vocaliser comme le latin proprement dit. du langage des vieux sanctuaires italiques et le compromis * dîlûvw peut fort bien avoir circulé dans la langue vulgaire au moment où l'Eglise. Glott. De même.§118 houie. helu. etc. Kiibler. XLiy 1 noms latins tels : — . d'après \ious. Siluifius. etc. A?r/i.r de janna. comme on sait. ne peut représenter pipuit . flûAdus chez Lucrèce. 438 * soqiilos primitif avec / et non encore t. — . français pluie. OrtJi. es p. Fé-r^z/. cf. recueilli au village de Bitti et que nous croyons la seule forme phonétiquement normale.. ital. * dïlûjo pour dlLuuium classique peut provenir. cuaip. p. IX. pelluulum. D'autre part. peut signifier dialectalement /lûio. verrina. etc. marse Cantouius.. C'est le dérivé normal de * pbrjd. grec XoJw. etc.. en sarde la vraie forme est non pas pioza admis par Grober.. et qui nous paraît simplement un représentant postérieur de l'italien pioggia. flvio insc. italien piogyia. osque Kaliivieis. nous paraît tout à fait significatif en faveur d'un latin vulgaire * uidoua à côté du classique uidua et autres semblables. *d'dû/o rac. La diphtongue o/. Donc . joia de ûno. En tout cas. l'aura adopté pour elle-même. etc. 2S8 — Rlicin. . barvena. Lex. Orell. il ne se développe jamais ou ov eu roman.iFi'. arch. Lut. etc.. SL\ec tnalluuhitti. D'autre part « piove w se dit ploif qui.. Il est dommage que phnria n'existe point dans le latin vulgaire d'Afrique. ArcJi. Subst. cf. : . iânua: sa. avec tant d'autres survivances du vieux paganisme italique. Insc. battu. par exemple dans quatuor.ion-. 194. mais proja. YIIl. le français déluqe n'est peut-être pas si savant qu'on veut bien le dire.. crovons-nous.. etc. Fisouip. (mbattuO. à côté de * plouct ploidt^ grec rJ. le latin primitif avait sûrement 'ploula « pluie « réduit normalement à * plCija dans les dialectes fidèles à /. cf. le latin vulgaire transforme * plûja en * ploja.. s. Mus.

Malheureusement. 249. soutenaient des opinions analogues. 44. Sibilant trifft mit den Daten der Romanisierung so genau zusammen. Latin language. Hist. 289 — de la ' § 119. .. fixe le vi" et même le vu" siècle de notre ère c'était déjà à peu près l'opinion de Diez. presque toutes les autres manifestations linguistiques particulières au latin vulgaire et au roman se trouveraient indirectement datées du même coup. et un héritage antique du latin de l'époque républicaine.. 333 sq. conformément à sa théorie chronologique. V'. si ce grave problème était résolu d'une manière définitive et sûre. le latin vulgaire placer l'histoire cette deuxième période qu'il faudra importante et encore si obscure de la propagation des palatales ce ci. développé presque séparément par chacune des langues romanes. Lindsay. Vok. 257 sq. — Chronologie du lutin vulgaire. D'autre part Grdber. en sorte que. Remarquons enfin que si ploj'i vulgaire ne repose pas sur * plnja primitif. I. Le. les avis les plus contradictoires ont été émis sur la date du 6 roman on en a fait tour à tour un phénomène tout à fait moderne. Dalmatie * plmiit pour ploiiil il y a eu ici éoliango entre le vocalisme de plqiiil et celui de plûja. je ji pour ce ci. § 21 « Die geographische Verteiiung von Guttural.. Laie in. ge gi. V. Aus>.. 225. il n'est guère en philologie de question sur laquelle on soit moins d'accord. après la conquête de la Sardaigne. p. Lai. I. Gromm. depuis les origines de la philologie romane. La question des gutturales est la clé de voûte de toute la chronologie romane et l'on peut affirmer hardiment que. Arch. — C'est dans si . Spraclie... le phonème c se promène ainsi de siècle en siècle dans l'histoire sans qu'il soit possible de lui faire retrouver la place chronologique qui lui revient. 19 . qui n'admettait point c avant la fin du vi" siècle. 1. p. Ce sont là d'ailleurs des phénomènes extrêmement complexes et délicats qui mériteraient qu'on en fît enfin une étude particulière. il est impossible d'expliquer la perte du v que tous les romanistes se contentent de constater purement et simplement..prac/ie. Meyer-Lûbke est plus afïirmatif encore quand il déclare. posait la fin du iv° ou le début du v° siècle.. dass Zufall ausgeschlossen scheint ». 150 sq. : ilOHL. Seelmann. ge gi. Ausspi'acJie. Palatal.— ploif suppose dans . les débuts de l'altération de ce ci. W. Gramm. tandis que Stolz. Corssen. 87 sq. Schuchardt. Il est vrai que d'un § 119. place.r. est revenu à la fin du v" siècle.

intcitamento du début du v° siècle. ts dataient en Italie du v° siècle. ne manque pas de le compliquer. : : qués en doute quant à l'authenticité de la repousser sans examen leur témoignage ? nous a cependant pas gâtés en exemples point (|u'il nous soit permis de dédaigner lecture. Au contraire Bréal. inscription des catacombes antérieure à 410. Paris préfère s'en tenir aux données fournies postérieurement par les manuscrits. paze pour pâco. au viu" siècle. en Gaule et en Espagne du vl^ il recule aujourd'hui ces dates et fixe le milieu du vi" siècle pour l'Italie méridionale. pourquoi L'épigraphie ne significatifs. Prononriation dfi C lai in. Alors qu'il admettait autrefois que /•. dans les Méin. — -290 — autre coté rillusirc professeur de Vienne rejette toute espèce (le relation entre le traitement roman des gutturales et le traitement ombrien.. Gramm.. de l'an 383. il déclare qu'il est impossible d'attester le phénomène avant les premiers exem- que les paléographiques surs.§119. Il faut avouer révopeuvent être ne paze car enfin si page. 129 sq. (î. Encore témoignages épigi"aphiques soient. la question a été reprise par un maître éminent.à-dire les Gloses de Reichenau. G. en scindant le problème. Révisant avec soin les exemples épigraphiques connus. à ce ceux-ci. Dans ces dernières années. la fin du même siècle pour la Cisalpine. bincentce. et Belles-lettres (1893). dans une étude extrêmement importante sur Les faits épigraphifjues en preuve d'une altération ancienne du C latin.i l'égard aussi sceptique je dirais presque aussi liostile de riiypothèse d'un <' ancien en latin vulgaire. îi^O^O. l'évidence. cf. c'est-.. ce qui. paze sur quatre absolument sûrs une inscription postérieure. dans les Comptes rendus de l'Académie des Inscr. Paris n'en retient que in-page. Jamais on ne s'était encore» montré . infiniment plus sûrs ({ue ceux de la paléographie. Soc. et quant à la Transalpine et à la Rhétie. Encore le savant romaniste ne retient-il ces exemples que pour en faire justice comme des autres les deux derniers ne lui paraissent pas signifier grand'chose et quant à page. VII. Gaston Paris. ne parait pas séparer les faits italiques des faits romans et conclut à une palatalisation ancienne des guttu- rales on latin vulgaire. IJng. il déclare tout ouvertement qu'en aucun cas pour c il n'admettra une altération aussi avancée que z ou nier là quelque peu que c'est dès le iv*" siècle. I. à notre avis. ples — — .

ère/pu . en vertu des tendances assimilatrices nèmes eussent A'/:' phosi les deux pou semblables. np). notamment commencent sûrement est àenvaliir.— Le dernier auteur de la question. explication qui est elle-même toute théorique et ne repose en somme que sur le puéril désir de ramener ici encore toutes les formes romanes à un même prototype vulgaire. ce que la langue n'eût point manqué de de l'analogie été faire. disp. I. de même que w germanique.\ -iOI — Ï5 I 19. 1. est ([ui. Gramm. Mejer-Liibke. dans la Zeitsch. 1897. 1 sq.. puis vers le dél)ut du v" siècle interviendrait /'. avec Schuchardt et Ascoli. que c est plus ancien et plus général que ts dans certains dialectes macédoniens. il s'en tient quant à lui à une opinion plus modérée: le stade /f serait ancien. n'est jamais traité Il que ke ki germanique Or. sti-ep. § 403. p. soit seulement tant . Nous croyons au contraire.. slav. verijl. toutes les théories actuellement courantes à roman pèchent par un point essentiel. évoluant ensuite vers a d'un côté. qui phonétique. dans VArch. soit v. cf. en serbe cr passe à cr (= tsr. en bohémien à . di Ce Ci. der Palat. tandis que ce ci était déjà une palatale. cr puis ctr d'où str. Suppl. le latin vulgaire dès le milieu du iv" siècle environ. conformément à rex[)lication phonologique de Lenz. 21 sq. ou slave. notre connaissance. v. wid Gesch. Elles ne la certitude est tiennent pas compte d'un indice chronologique dont cepen- dant absolue et que les raisonnements les plus s'agit de ce fait subtils des théoriciens ne parviendront jamais à ruiner dans notre conviction. nous voyons très nettement ts sortir de 6 ou c roumain. L'intacco laL délia guttur.. les mots gothiques comme ce ci latin. glottol. ts est précisé- ment le représentant de c. et AV. donc tout à fait certain qu'à cette époque ce ci latin était déjà tellement différent de ke ki germanique que celui-ci ne pouvait plus en aucune façon être assimilé à celui-là. c- l'égard de En somme. le romaniste italien a su du moins faire valoir.. Si ke germanique reste distinct de f^ ci latin. ts de l'autre. . Spraclif. XXIX. se soit occupé Guarnerio. Sans apporter dans la question rien de bien neuf. IV. et en grand nomIl bre. c'est qu'au iv° siècle ke ki gothique était encore guttural. Physiol. c chez les peuples qui ne possèdent le point cette articulation. italien comme montre -Z grec pour c turc. quelques bons arguments contre les conclusions exagérées de G. Paris. encore que bien timidement.

§ 119. ou bien (|ue Le phonème siècle L'invasion slave en IJouinanie peut être assez exactement eoniaux invasions irerinani(iues dans les autres régions de la lîomania elle" n'eu a été d'ailleurs qu'un écho indirect. surtout en ])résence de la faible densité probable de l'élément latin celui-ci a néanmoins fini }jar reprendre le dessns au point de vue linguistique. . on peut rechercher de la même manière si. On comprendrait à la rigueur un retour des populations romanes d'Orient dans une partie de l'ancienne Dacie trajane. exactement comme les Grecs et les ikilgares après l'invasion 1ur(|ue en Jîoumélie e1 en Macédoine. parce que notre raisonnement nous paraît inattaquable. et nous ne cesserons de défendre cette manière de voir de toute notre énergie et avec une inébranlable conviction. au moins direct. mais précisément ce fait que nous retrouvons aujourd'hui les Roumains des deux côtés des Carpathes. paze nous y reconnaissons tout au contraire une confirmai ion éclatante de nos déductions historiques. la graphie paoe. n'est latin qui était déjà tout au moins ou jamais confondu avec v tr bilabial. doit suggérer cette conclusion logique que le gros des colons romains n'a jamais quitté le pays'. Uacia Inninic de linninin. exactement dans tout leur domaine primitif. secondairement ts. indirectement. où existaient. : c. des établissements riches et florissants. et celui de Tocilescu. les légions sont rappelées. A partir de la hn du m" siècle. pour le iv" siècle. pai'ée . Il est donc de'jà c. cf. Vnc énigme hialonque. une fois constaté au iv*^ dans le latin vulgaire de la plupart des provinces et de l'Italie. des villes considérables. Ausbrcit. La population romane de la Dacie n'a pas plus été expulsée par les Slaves que les (iallo-Honiains ne l'ont été par les Francs. ait été abandonnée complètement par tous ses habitants. avec le reste de l'Empire est brisé pour l'ancienne province deTrajan. . il ne s'atteste pas pour une époque encore plus ancienne. beaucoup de colons transportés en Mésie et en Pannonie. Budinszky. — ij 292 — fy était encore au iv^ siècle. Les noms géographiques d'origine slave prouvent que le contingent fourni par l'invasion a été considérable. en Valachie par exemple.. Sans doute. res- évident pour nous qu'au iv" siècle ce ci latin était pectivement/5. p. mais il est impossible de penser que la Dacie entière. lat. Spr. On peut consulter pour les détails de cette importante question le bel ouvrage de Xénopol. 212. C'est pourquoi nous ne voyons aucune espèce de raison de suspecter. 1. Dès lors il faul. la Dacie se détache du monde romain et désormais tout lien.

devenus ke ki. il ne peut être question. parait-il. puisque l'albanais et le latin d'Illyrie (végliote) interrompent la chaîne de continuité géographique entre c italien. C'est aller trop vite en besogne et l'on n'a pas le droit de déclarer « p'/c'r/ que dans le roumain cincl par exemple les deux c sont contemporains cinci peut fort bien reposer sur un plus ancien * cinki ital.— -293 — ^110. : = = . quinze se prononce ci"z comme curé se prononce c-ïiré ou comme ke ki germanique donne en français ce ci parallèlement à ca pour ca latin. (• ait été ce soit ke là. Des formes de ce genre prouvent purement et simplement que que qui. et l'on est mal venu d'en tirer d'autres conclusions. etc. A Tarenle et généralement en Apulie noce et aquello se prononcent. le pluriel aqua ne serait pas ape mais * ace aquae comme de apà amie fait amicî. le è du roumain ait été a})i)orié directomt'nt d'itallo avant l'abandon de la province par l'administration impériale. = . ce qui n'a point lieu en italien: d'où l'on se hA te de conclure que c italien et c roumain ont des origines et une histoire différentes. prouve seulement que la palatalisation est intervenue une seconde fois dans la langue et qu'elle a frappé également les gutturales d'origine récente. On fait observer que c roumain continue non seulement ce ci latin. c'està-dire tout au plus tard dans le courant du m" siècle. Nous n'ignorons pas qu'on fait valoir contre l'hypothèse d'une dépendance directe de 6 roumain et c italien un argument phonétique qu'on présente volontiers comme inattaquable. et les circonstances historiques de la romanisation des provinces danubiennes. militent puissamment en faveur de que ce ci. D'une pro})agation naturelle de c. voir §§ 104 sq.. cine. ont par la suite subi en Dacie le même traitement que ke ki ou ce ri primitifs. telles que nous avons essayé de les esquisser. S'il s'agissait d'une loi ancienne. cinque. ou bien développé postérieurement et séparément de en Italie et en Dacie. c rhétique d'une part et c roumain de l'autre. Dans les patois modernes de la Picardie maritime. c par ondes phonétiques irradiantes pour ainsi parler. 7iuce et acedOu en a-t-on jamais conclu que ce ci latin est resté guttural en Apulie jusqu'après la réduction de que qui k ke ki? Le roumain cincî.. ts's) vénitien. Rien ne s'oppose par conséquent à ce que c roumain pour ce ci soit venu directement d'Italie lors de la colonisation trajane. mais aussi que qui.

. croyons-nous. Stat. pour ces époques toutes modernes. alors que ce ci est toujours •/. tous les pa}'s romans une propagation de car c'est étrangement méconencore invraisemblable plus est naître les conditions linguistiques des provinces romaines que d'admettre. 255 sq. 255 sq. reporter l'origine de r. Cliarlcs. tJi.. § 24. du C lai.. Ascoli. siècle. publiées par Blaucard et Wercher. un lien . déjà au \f 88. d'une part W. ts jusqu'au v"" siècle et au delà en admettant proche en proche h. cette hypothèse. Lindsay. XXXX. C'est là une manière de voir que nous n'accepterons jamais. cl les inscriptions .-':x-. 30. une rencontre aussi universelle et aussi absolue est faite tout au moins pour inspirer le scepticisme. Tout se confond sur le monde reconnaît que. dans traitement de avec tl seulement Sprachc. a fait justicode cette tlioorio. n'est pas mieux inspiré lorsqu'il écarte toute assibilation // et prétend que c/ // se confondent exactement pour la même raison qui fait passer // à cl. Chartes. f((thfft. assez fort et des contacts assez intimes entre toutes les parties de l'Empire déjà détruit. des Ecole liihl. f/lottoL. — 20i — le fait. II. siècle.. il a montré que //et ci sont figurés dans ces textes par t^. Romania il même plus le che chi sarde et y a des philologues y reconnaissent. un retour de c. . Allérat. S'appuyant sur les chartes sardes du \i'' siècle.i. Ec. § 120. che chi. se trompe wohl gleichist « Assibilation von cy quand il déclare que die c/ par -Z. Gaston Paris. \XXV. pour qu'après des siècles de latinité et des habitudes de langue déjà si anciennes. Meyer-Liibke.£ y.. rend le vieux sarde puisque zeitig mit der von ce ».à k i)arrintermédiaire de //') est vraiment une chose bien extraordinaire et. l'italien ne maintiendrait pas les deux phonèmes dis- originelle dans les groupes r/ 1. du ix*" chartes par exemple oy. une prononciation aussi nouvelle et aussi spéciale ait pu encore s'implanter partout d'une façon aussi universelle. mais ce ci régidièrcnient par za lî ne saurait doiu. f/.. èti'c (juestion en sarde d'une assil)ilation ancienne de ce ci latin parallèle à celle de // ci •/..§ 120. D'autre part. quelle que soit la part que l'on fasse au hasard. Latiii hnvj. D'autre part. par exemple ueclus pour îteflits. le — La clé de la question se trouve. Bihl. Admettre. 143 sq. cumnie on (car ment parallèle et indépendant de ce ci en c ou en un développets dans toutes les provinces de la qui n'épargnent cf. s'il s'agissait d'un passage de kl à tr.. p. Arch. Sassar. Latcin..

soit ' . Des formes telles que le provençal ordi ^=^ lat. /' — — .^ 120. W. comme valeur très relative. il est sur que. on le fait d'ordinaire. Spr. qui tendent de plus k'I. — . c'est-à-dire ^'/ dans la plupart des l'Italie dès l'époque de la colonisation de la Sarii** daigne.— tincts et articulerait il 295 — farxia. Meyer-Liibke. . guer j)lusieurs mènes la et qu'il montrent clairement qu'il faut distinépoques dans la chronologie de ces phénon'y a rien de plus inexact que de parler « de i réduction de tout ou c en hiatus à / en latin vulgaire ». c'est-à-dire environ au siècle avant notre ère. cf suduis avec «après longue mais o//V«. n'y a aucune raison de croire. le latin vulgaire * . La de i vérité est que le jour où on a prononcé du latin classique — / en regard et il facial ou rncdlns nù le latin remonte dans le passé. //.at. franc. r// madhja-. c'est. Au contraire. donc dd/iii et ddij après brève. comme toutes les transcriptions emprun- tées au langage littéraire. que ti s'est assibilé bien longtemps avant W les transcriptions gothiques sur lesquelles on s'appuie n'ont (ju'uiu) Enfin. Le traitement de -du. d' i. avec rai. n'a jamais connu d'autre les consonnes précédentes ont son que i semi-voyelle affecté tout naturellement une prononciation mouillée: fak'iat. cymr. dd] dd:-. . gr. dans l'osque de Bantia.. généralement régions de r /. mocVlo. *opp(u)n. dans notre opinion. Il faut. pc\d'iôs * mëd\dlo \ scr. I. y a des formes telUis que vulgaire d'Italie. off'a. donc en vertu d'une analogie récente. sauf certams cas particuliers. tous les -ci-. niH'or. . dd'i dd' i passant à ddz comme zicolom. t' [.. la C'est sans doute vers l'époque d'Hannibal que faciô ai jiafinr commencent à se généraliser à peu près partout sous forme fakki/) paltU)[i-\ conformément aux graphies osques meddik- 1. [.. de radius. en plus vers les phonèmes composés Le latin seule émission de voix. l'italien /'/ * en une \ mczzo = p^ior -=. si extraordinaire (|ue la chose puisse paraître au premier abord. l'ajju.est exactement parallèle. § 24. ra<pjio. panital. dil: pour di après brève ou bien comme c'est le cas régulièrement dans la langue classique passage de di à di Si pC'ior est pPiov en latin vulgaire. aussi loin qu'on — cf. ordcum prouvent que cette réduction n'est jamais arrivée à son achèvement absolu.iacr. de *odhm. -ti- intervocaliques étaient déjà A-'/. mùd'cllo. o^/^//" d'après Lidén. etc. al' m ou mieux fak'k'lat. piazza comme placcia. ital. pret'lo. poser {]) pour r//' après longue. etc. d'après mëUov.

gén. cf. lat. il faut sans doute lire tsi qui se développe ensuite en t}i. C'est ainsi que ci ti latins sont confondus en ts en Sicile. d'après le tions de le ' meddix sûrement pattlôir) antérieures à 211 avant J. § 242. àe*potcat. L'osque fakiiad n'est pas. et tout d'abord 1. révolution do fakkiO vers fahlilO: pat" t"lO[r) suit partout ensuite son cours normal. qui a fait justice d'une manière aussi claire qu'ingénieuse du soidisant prototype meddikiiud généralement proposé jusqu'ici.§121. sans quoi les ci et tl plus récemment formés n'auraient plus pu suivre le même traitement. ùittiiif. dans le Bruttium et la Messapie d'où bratsii pour bracinum. Planta. cf. . en Ukraine orcub otec.v/ phonème unique le : t'I. qui passe ensuite à ^7 en vertu d'une tendance phy- siologique dont beaucoup de langues. cf. — Cependant dans l'Italie du Nord. comme on sait. I. selon nous. p. puis en th. tribarakkiuf. rassibilation est déjà entièrement développée en quelques * régions. de rX%-tix. pdatea.. du sud pozza. prouve ne participe pas encore à la palatalisation do ce ci.iit avoir pénétré dans la quatrième conjugaison. g 121. — Capoue mentionnant 290 — tuticus. nous offrent de nombreux exemples c avec absorption de /. pothat dans les Statuts de Sassari. par exemple platha. gén. Les stades tp et t/i doivent en tout cas être très postérieurs. sont : kiai. comme pothat.-sud *^ Dans d'autres régions k'I et t'I suivaient entre temps d'autres destinées et se confondaient dans un puis /. hraccium dans les patois : modernes de Sicile et de Calabre. Ba)ift"iaï\ ?npddi/. etc.. * en notamment * * : Bansae proprement BcuUsae ou Lucanie Bantkae de 7neddlrud \)ro\)vement * meddiksud et sans doute de * mcddikk'hid. * lirriio. Les chartes du ix^ siècle écrivent tL' pour ci et // hitins. Bii-qa vitca. : tsl ou ou bien / est conservé mais ts est dissimilé en ts. § 513. c'est ce que l'accord avec le vieux sarde lequel. Gramm. en Galicie oxcui otec. Vers l'époque de la Guerre Sociale. slave l)ien notamment. critérium des inscrip1. d'où t en sarde moderne. W. ùTua vitcia.-C. p. ital. qui est encore trisyllabique en osijue pûtiad. Que ce traitement est ancien. Planta. tyjie * hcrî-o. I.' * faliij) en osque nous j)nr. 533 note. une l'orme phonétique primitive . fathat. 533. ital. vitliu. passe à ts. piazza. audiu. lesquelles. Mamerttiais. Meyer-Lûbke.

r/. 58. Pupdikes à côté de Pupdices nous montre l'ombrien des anciennes tables se débattant encore entre la prononciation traditionnelle avec k et la prononciation nouvelle avec c: il s'ensuit que d i- n'est pas extrême- 1.. et si Sancus. 212 sq.— -297 — ^121. cjpaviv Brugmann. Le vocalisme uc deviendrait ainsi très clair et de pour / comme sabinisme serait tout à fait normal Pupdiks. De Menslb.xxîv£'. Si sancos est un mot sabin. p. Autre explication de Puemune chez Planta. consent à y reconnaître une divinité Pohnnnie sur l'inscription sabine de Scoppito. ou Pupdikes ou Pupdices.. porte: Tô <^icr/.y. 1890. nous semble décidément plus ingénieuse que vraisemblable. 37. n° 251. Sprachf. p. en Ombrie.<• .zz ho'j. de k devant c issu de ac d'après l'ombrien kebu ne nous parait guère vraisemblable. I.. p. car l'explication de Ber. k devant e et i avait pris la simple la persistance valeur c. . YIII. Sàclis. chez les Volsques. rellement cà côté des noms sabins Pompedius. Popidius. proprement * Popcdicos se rangerait ainsi tout natu- même d . Planta. Fast. sur cette prononciation Planta. YI. Clausiis forme sabine de Claudius. vergl. etc. laim Po?npiiins\ Nous proposons de même de reconnaître dans Smi- des Tables Eugubines une forme sabine Fisits pour Fldius. GeselL. -f^ I!a6{vo)v -f/Mirr^. çon la plus datif Pupdike si l'on Pupdice s'expliquera de la fa- simple Sabine d'origine. le Fisiis IX-X iis cf. Ovide. pake correspondait en ombrien au \^W\\pâce. CIL. p. cf. Ces faits sont trop connus pour (juil soit nécessaire d'insister sur les exemples. 354. Quoiqu'il en soit. cité par Mommsen. nul doute que Sancus ne soit à l'origine une divinité sabine. cf. cite expressément Sancus enfin Fidius comme un dieu du vieux panthéon italique un passage de Lydus. ture étrusque que sur celles en lettres latines : Tesenakcs.. Tiisccr. Unterit. . Tesenocir. On disait à l'accusatif cuniaco mais à l'ablatif curnase . 177. Fisopour * Bhidh-es-o-. 360 sq. 213. Poononus Popidiciis peut bien l'être de son côté. Zeitsch. 200 sq. cf. pélign.. I. § 105. Popdis. et probablement parmi les populations intermédiaires. aussi Bngge. L'hésitation bien connue génitif dans le nom du dieu Puemuns Pupdiks. index. lahu^cer. à Iguvium peut-être déjà . Fisus Sancius est sabin. DiaL. Il faut seulement faire observer que les noms étrangers échappent encore à la loi tant sur les tables en écriî:.

. Quant à vuke. Soc. CIL. X.. cf. Xll. etc. Donc ci //. De cette simple constatation se dégage aussitôt cette conclusion que.NVS prouvent que pour // tout au moins il s'agit déjà de la prononciation /. resvrrexio. selvalicL Lorsque He Ici ombrien devint ce ci. § 121. 2310. conditio pour cotidiciô. Or on sait que les inscriptions latines confondent cl et déjà à partir du II" siècle de notre ère. 327. Jil se fût évidemment confondue avec celle de .^. c'est que tout c devant voycdle dentale est déjà devenu c et qu'on prononce non seul(un<Mit [(irrlal mais aussi fèc'i nous l'avons eu effet lation de ci ce. devait à cette époque avoir. CIL. Remarquons aussi Osslior: Il.se la gutturale y ii. p. Planta. cf. comme en vieux bohémien par exemple cz signifie à la fois c f^. Or. Limj. porte déjà. Lai. defensio. Ajoutons de notre côté. 2310 indixione. 2191. sur des inscriptions chrétiennes de la Gaule. secondairement . 2187. les grammairiens nous apprennent positivement ([ue r/ « habet pinguem sonuni » et // « sonuni gracilem » cf. c'est-à-dire que fa/i' lai passa à facial.s-) et a. 360. semble-t-il.. le groupe /à en était encore au stade /•'/ fut donc atteinte comme ailleurs. Bréal. C'est à quoi répond exactement l'italien faccia en regard de piazza. Il en est de même pour le volsque/«j/« de l'inscription de "Vellétri. nous avons cistenio. si f/ est en général prononcé cl et non Is'i au 11° siècle. X. Keil V. Lat. Méin. — -298 — ment ancien en ombrien. § 179. ai. en leur qualité de mots ombriens d'origine.s/. puplelie avec k palatal et représentent sans doute un stade moins avancé qu'à Iguvium. Une inscription d'Herculanum Orelli 3115. lndexioni.> 24. x::'/o'ko'j[xx'. Meycr-Lïibke.. Schlutter. dans celui àelnd^cY puplcce. Dans l'ombrien de Fulginium. cf. XIL '-3185. '2. Lex. soit une valeur identique à comme reconnu déjà antérieurement à l'assibiSardaigne —soit un son silllant assez analogue pour pouvoir être confondu par le graveur. W. à Iguvium facia. todceir. Si l'assibilation de l'évolution de A:'/ r/ était antérieure à celle de ce ci. 1401. dans le sud de l'Italie et en on pacc. puis fa'sia. lat. Corp.. qui peuvent se lire et doivent probablement être lus Msterno. : if/ !. 152. Lai. 199. ils ne signifient rien de plus que par exemple l'italien monachi sehalichï à côté de moiiaci. Spraclie. c'est-à-dire Olior. 16. defcntio [tour .. antérieure par conséquent à l'an 79 de notre ère. cite 140. et des graphies telles que crescentSIA. 1. Gramrn. Arch. pourtant CIL. VII.

le groupe ci devient naturellement tsi^. devenu de bonne heure tsi avec t simple. c'est-à-dire c devant c ('•/ et Is' ou quelque chose d'approTout se borne en somme à une loi très simple que nous proposons ici au contrôle des ronua« En (lî. C'est précisément ce qui est arrivé en slave * attic/iom donne * otikio. du reste. mais * arâqiiom donne *orakiô. est déjà. pulls à côté de face'\ Mais c simple. à moins que ceux-ci. que le traitement de //" en français n'est pas absolument clair. etc. i) passe à ts/j ce [cij i)asse à lis. putens est encore en Gaule * pnisio ou * potsiii. * oracit. Il faut bien dire. alors que le ou cci d'Italie l'avait déjà abandonné avant de passer les Alpes. otîcï. » Reste le roumain / pour ri en regard de é pour ce ci. incapables d'articuler le c d'Italie. les conditions physiologiques sont trop send)lables pour que rariiculation c'est ainsi qu'en serbe angjfo de reste longtemps distincte : a/igrlits eifijak que 172 de ^/zV^rôontuno prononciation ideniique. Nous y voyons simplement un développement secondaire de c'/. * oticiu.. r/ primitif par dissimilation le c {Is) palatal devant / palatal passe à ts. : : (::r= Notre liypothèse do lls[(----li) aboutissant à /s/ on regard de //. mais pour une cause différente. en Gaule * fat Isa: de \kpuiz-. Dans les régions telles ([uo l'Espagne et la Gaule. la dislance est beaucoup plus grande et s'cxprinu. précisémeut do la façon la plus normale par r* ou a en regard de (s. Entre ci: /'/au contraire. croyons-nous. fais. qui ))uisse clairement sorti de «•( rendre compte de la prononciation gallo-romane.— /'/ 200 — Dans /. alors que facial. oii les populations indigènes. gardait encore le l. En d'autres termes. oracï qui reste. : . ne se différencient chronologiquement par le traitement de / suivant.'/: ^5 1-21. avec // et ses aboutissants. fi comme dans les régions du sud qui ignorent originaire/'/ ment l'assibilation des gutturales. comme c'est en général le cas en Gaule. comme dans l'ombrien faca.s est la seule. On peut admettre pour la Gaule que // ou ttsi. est encore ariiculé : chant deAkpaiz. fs et se confond ainsi de nouveau comme en Sardaigne. I. c'est-à-dire oprcs l'assibilation préalable de A'. (•(") c'c' .aule ttsi^ {In nistes et qui peut se formuler ainsi passe à tsi^ c (r-f c. alors ye primitif aboutit à un son coui[)lètenieiit dillerent. *olïciî. Le roumain brat de braccium n'a donc absolument rien de commun avec braisa i voyelle. le rendent par fs. articulé en Italie * face a.

pouvons donc nous en tenir pleinement et entièrement à notre première démonstration. c'est-à-dire atone. — Nous . ('nmment admettre en effet que les populati(. Comme l'ombrien. de * bracchi On peut se demander : enfin apporté directement d'Italie. par si les faits attestés l'italien historique calciare et cacciarc pour calceâre. puisque d'une manière générale le roumain ignore les divergences d'origine tonique dans le traitement des consonnes. qui articulaient ke /ci comme ce ci dans § 122. par exemple en marsc cclur. Inversement calza montre que ('•{ après consonne en syllabe faible. sous la graphie r.. C'est positivement repousser volontairement et de gaieté de cœui" l'évidence et la lumière que de ni(!r le rapport direct de fasia ou faria ombrien suivant la transcription qu'on voudra adopter ai àc facial.§ 122.. p. — : 300 — des dialectes d'ApuUe et de Sicile ni avec le -Z du vieux sarde ôrat est sorti. * cnptkiàrc continue son évolution vers * capcarc. au commencement du u" siècle de notre ère. présentent une histoire identique de ke hi /. etc. cachent peut-être une altération analogue de la gutturale./. dans le latin vulgaire d'Italie. * calcla. il faut bien rechercher dans ces mêmes régions de l'Italie du Nord l'origine première du c. capet lerzo le tiâre à côté de et panroraans. cf. tertius sont anciens croyons pas. en marrucin Ceric. 371 sq. perd de bonne heure son élément palatal et s'affaiblit en ts . le volsque et sans doute les dialectes intermédiaires qui. i. à savoir qu'à partir du ii° siècle r/ et // se confondent sur les inscriptions parce que le premier vaut vl et le second As/ et que c'i ne vaut r'i que parce qu'antérieurement déjà tout c devant voyelle palatale avait été assibiléen ô. face ia du latin vulgaii'o. c'est-à-dire * chllkla passe à *càltsia. 181. Le iy^ecacciare mon- tre seulement qu'après consonne t^i devant voyelle tonique n'abandonne pas son élément palatal. préoiséraent en raisno de l'intensité particulière des syllabes toniques. calza. I.en latin vulgaire. caha Nous ne pour calcea. En d'autres termes.»ns italiques de rOm])rie et en général du nord de l'Italie. Ces phénomènes n'étaient en tout cas point encore généralisés en Italie au ii" siècle de notre ère. Planta. sur le sol de la Dacie et peut-être sous l'influence slave. nous arrivons à cette conclusion définitive que ce ci cl sont antérieurs.

Du c latin il ne pouvait être question dans un texte aussi littéraire. devaient être déjà fort altérés et contaminés par le latin. et se d'un signe spécial à la place de ./ avec gutturale dure comme à Rome. . qu'il parlât ombrien ou latin peu importe. de la vieille tradition le ils ont choisi i parce qu'à Iguvium. les magistrats municipaux leurs organes vocaux à ces exigences de Ombriens i.— ombrien ? Sans doute. puisque d'une part le d traditionnel fût resté sans représentant dans l'alphabet et que d'autre part les membres de la confrérie attiédienne connaissaient trop bien leur latin classique pour imiter jamais les habitudes linguistiques d(^ la plèbe et prononcer c comme . leur dialecte national. ont en vue l'idiome religieux et littéraire de l'Om- préoccupent le moins possible des parlers vulgaires qui. des Attiédiens 301 — latin. Nous parlions tout à l'heure des régions de la Picardie où actuellement qui. mais on ne peut douter qu'elles existassent dans le langage parlé. lettrés.v. l. Ils n'ont pourtant pas toujours su se garder de confondre s ombrien avec c latin et il nous paraît sûr. voir § 39. L'ortlioj^raplie ombrienne. eussent triomphé do cotte habitude en parlant latin et prononcé fahia^t) en les mais facia[l) en par pouvaient plier la prononciation classique et parlaient évidemment le latin littéraire en s'efforçant d'imiter autant que possible l'accent romain. que 1. § 122. p. sous Auguste. Les auteurs ombriens ont donc rendu le d des anciennes tables par s parce qu'il fallait doter l'orthographe la lettre spéciale officielle brie. fassia^. en dépit de Planta. en règle générale. c s'était probablement déjà avancé jusqu'à . c n'est point utilisé pour rendre 6 ou s ombrien devant e. ce qui attesterait du même coup l'assibilation de c latin dans l'Ombrie ancienne. sur les Tables Eugubines eu lettres latines. 368. il prononçait uniformément /«Jc/a ou à Iguvium. C'est pourquoi.v. que celie/i tout au moins doit être en réalité orthographié sciteft. la tradition ancienne de la langue. les membres du collège exemple. dès cette époque (l'époque d'Auguste ou de Claude). n'admet point les consonnes géminées. Il est même probable qu'un Ombrien des basses classes ou de la campagne eût eu de la peine à articuler le groupe /. ces tables. comme nous l'avons fait remarquer. Quant au peuple.

hésita longtemps à terminer le mot. presque Tasl<ie'\ J'eus la curiosité de faire écrire le nom de mon compagnon par un vieux pécheur à peu près illettré s'y . AuIV'' siècle. ment que Monsieur Tasce" . Inschr. pal)le. de l'Opéra-Comique de Paris les « rustici » de la région no l'appelaient pas autre- au 1S90. macabres inscrites sur les flèches.mier^rèie^airtaccn « Te tairas-tu!" » c'est la réponse d'un frondeur romain aux vociférations ou aux . au pour tacëii. on a découvert une balle de fronde antique portant les lettres TASEN que Bergk. les javelots. Peut-être était-il natif d'Iguvium où si souvent les graveurs écrivent 5 pour PASE. près de Noyelles (Somme). embarrassé sans doute par la voyelle nasale.me dut reprendre . l'épreuve fut laborieuse et .i maintes fois enfin il traça les lettres TASSE.l'2Ç). les balles de fronde destinées à l'ennemi. — et 30-2 — français est devenu ci ce. à part la confusion de ci témoignages sûrs de l'assibilation de ce ci en latin avant le (pie de naturel. Sc/ikuderg€sch. fal:iû ( Comment il'aillcurs les graveurs serait sur{)ris ciltd et : .]). Comme le rappelle Planta. comme tous ses compatriotes. vaient qu'à Tasice". nous nous trouvions à Crotov. d'articuler le c d'Italie cf. on ne trouve point d'autres Si. u'avons-nous pas conservé le c latin pour figiu'er nos palatales et nos sifriantes? Un contemporain d'Enniusqui reviendrait parmi nous et pn ce tatsen. finit par ajouter un point final après e.v . et qui (\q prononçait pafse ou pcf^e. tout au plus quelques marins qui avaient servi dons la marine de l'Etat et s'y étaient familiarisés avec la prononciation classique s'essayaient-ils.§ 1-2-2. r'ùm. \)n[\v tagr cité plus haut. avec . injures d'un soldat barbare mœurs ries et à l'esprit des rien de plus conforme aux armées anciennes que ces plaisante. le pauvre hom.. peut-être servait-il dans les fameuses cohortes de Camerinum auxquelles Marins accorda le droit de cité peut-être enfin était-ce plutôt un frondeur baléare inca. DESENDVF.. lieu pace //. avec des efforts ils n'arrivisibles pour bien prononcer. à articuler Taske" . /(/pe?i : assurément d'apprendre que citlà doit se lire non làttâ tant qu'on continue d'écrire en latin pâce ou /'«c/ô. En Saint-Valéry-sur-Sonrime le regretté Taskin. la chose n'a al)solument rien jourd'hui encore. etc. après plus de vingt siècles. On remarquera seulement que ce légionnaire romain orthographiait la palatale c* comme notre pécheur de Saint-Valéry exactement.' devons-nous en conclure ([u'on continue de pro\nyncpv \)-àv{ô\\i pake.

951. est absolument dénué de fondement. 153 sq. n'a fait suffisamment ressortir la différence énorme qu'il y a entre l'idiome parlé et l'orthographe de la langue littéraire.. sur les graphies cinctivs. dans les cas où il avait la valeur d'un c ou d'un s. Soc. X. dialectalement ts. Dans le curieux Pivc. II n'v avait qu'une combinaison qu'on pût assez facilement confondre avec le iaussi voyons-nous que les graveurs c'était t'i qui valait n'ont point manqué d'écrire ci pour l'i et inversement. Guarnerio. . Sans les recherches de nos philologues modernes. etc. W.s-/ .x lunaire grec pour 5 latin cela est possible. VII. . qves(^venti se rencontrent p. Faut-il enfin reconnaître quelque chose de semblable dans le c de Salacia en regard de 6>' de T/x/lassia? Corp. s'appuie semblables encore au iv* siècle et sans doute au delà. à part lîréal. 1897. Arch.. Mais précisément il n'y a et autres qui . que la gutturale de classique. romains eussent-ils pu rendre autrement le son c'. pourtant Bréal. I. Lat. 124. . CIL.. 11 Salacia de j)aganorum quasi maritima. 124. § 122. soit venu à l'esprit du graveur précisément au moment où il avait à écrire s. cf.. IV. lÂng. corrigé par Schlutter.9? Aucune lettre de l'alphabet latin n'en pouvait rendre même approximativement la valeur. qu'il considère comme irréfutable.i. CIL. 26 (Sententia Minuciorum). comme le fait par exemple Seelmann./' : VI. JJ/tf/. de toute façon c'est une graphie individuelle sans importance. mais il est possible aussi que c latin. d'autres où quitte se prononce cit et où cuve vaut cl'iv' l Chercher. ^ ou s. qu'il édifie ses conclusions. Gloss. 242. auquel nous pouvons joindre encore aciptvm sur l'inscription des cuisiniers de Paieries et vingt autres semblables. 40.. des arguments contre l'assibilation de c dans des graphies telles que acipiant. SESTivs pour Se. qui est cerou /f' que de is tainement encore plus voisin de c prononcé ou . d'une inscription de Rome.. pour déclarer que c n'est pas assibilé avant le v'^ siècle c'est môme sur cet argument. il nous paraît bien que c représente plutôt s de la forme vulgaire sestilis. I. cf. 199. Arch.rtius. Mhn. 2. Lat. qui se serait jamais douté qu'il y a actuellement en France des régions où (juant se lit ce" (Lorraine). Suppl. Soc. glottoL. Dans le MSIICTIHZ du CIL. : /.'} — â. Ritschl voyait simplement le a''^([j. Mém. en Thalassia dea paganorum maritima. V. Aucun de ceux qui se sont occupés de l'histoire des gutturales latines.- 30. Le.

dans la prononciation urbaine et littéraire. au iV siècle. sur l'usage formes dédaignées des jargons plébéiens et rustiques.. sq.§ 1-23. lequel d'entre eux se fut soucié de nous apprendre comment la populace des villes italiennes. Joignons-y de CdL. car qui ne hirqui. de -s.'ÎOi — pas d'argument plus décisif en faveur de l'assibilation dans la langue vulgaire le graveur sait que. Le môme raisonnement s'applique naturellement à c et . Si le contrat gothique d'Arezzo porte fidvur unkjane Inu/sis « quattuor unciarum lundi ». la confusion de gaire de qu est un argument de plus en faveur du c vulpasse à ki qu'après l'assibilation de ci primitif. notre côté cis quis ». huiusque pour « Jiircl hûiusce II. telle . « quiescit l'a — Comme montré Bréal. — : . nous dit (pTcn prononçant c la langue frotte des deux côtés contre les molaires. les transcriptions étran- gères n'ont guère plus de valeur que ces graphies pédantes Elles reposent en général. Terontianus Maurus. /• La vélaire et c palatal. Vok. ». car une différence de ce genre n'existe sûrement pas entre <ja <ju ca co. Il ne peut s'agir que de opposé à (je yi {-=z:zje. Il n'y a pas davantage à s'étonner que les grammairiens latins ne nous décrivent guère que la prononciation classique'. V. sait d'autre jiart qu'à Rome il les gistrats et les gens lettrés articulent quiesLfnli: écrit madonc QViESQVENTi.. distingue très exactement c palatal de k et q guttural ou vélaire Ulramque exprimi faucihus. Daus l'uue et l'autre forme d'ailleurs. aussi se juge-t-il extrêmement érudit Il et élégant d'écrire cinc- Tivs pour Quinctins. alteram (c) dislcnto. ce qui n'a pas lieu pour g: IJlnimqne laliis dcntihus les paysans. soldatesque prononraient ceutum ou cicer? Il qu'ils nous décrivent tout au moins le le palatal. c'est que les notaires romains persistaient à prononcer à peu près à non pas sur la manière classique unliia pour uncia. De son côté Marins Victorinus. même qu'ils per- sistaient à articuler et à écrire -m final depuis longtemps aboli dans le parler vulgaire. est. Keil VI. et autres semblables déjà relevés par Schuchardt. littéraire et comme les il est naturel. 6244 et nombre d'exemples 484 de CES(^VET ^ 123. Keil VI. 3:51. 33. c vaut en toute position la gutturale k .jï) tout au moins. altermn (k : : seu ([) pi'oducto rictu manifestum différence entre q guttural. la faut remarquer toutefois applicare iimjuain ke jt'/ C p/'cssi/ts uryet.

les aspirées grecques y c étaient rendues dans la prononciation du vieux latin par ce pp tt\ la transcription ch équivalait ainsi à ec ou simplement à e. ForscJt. parfaitement obscure d'ailleurs. 14. avec A-. abandonné par l'orthographe étrusque que dans le courant du m'' siècle de Rome. fait observer maintes Stolz. le ch n'a d'autre valeur que celle de eh italien dans chiave. p. inscriptions étrusques 17 sq. de le Volsinies. où cette distinction graphique ne répondait point à une distinction physiologique réelle. 153. ainsi qu'on déjà p. trouvèrent au contraire des représentants exacts de leurs gutturales. Rien ne prouve JIoHL. Servius. cf. C'est cette prononciation dure. En d'autres termes. Les anciens attribuaient le départ orthographique de qkc k Accius. est d'ailleurs ancienue et fondamentale en latin. Paris. aussi DEtEM sur le columbarium de la Vinea Somaschi.. 1. pulker (au lieu de pulk'er ou peutsur des inscriptions relativement récentes. afin qu'on ne lise pas à la façon vulgaire Dccember. devait l'abandonner de bonne heure. latin ou italique. Soc. pourrait bien être en relation avec l'assibilation de c on écrit Dekember. i^- l-ii. Dans pulclirr. Nous croyons pour notre part que q k c répond directement à la tradition sémitique de l'ancien alphabet grécoIJntcrit. au moins pour k aie. vecchio il est destiné à représenter. comme en ombrien fratrexs préserve c au datif fratreci ou comme on a en italien fuochi d'après fucjco. sur les plus anciennes tin. qu'il s'agisse (In htlin d'un mot vulgaire. Mém. en dépit de la glose d'Hésychius. Gmmm.. Altérât. Dial. Ling.. Aliilal. Hist. . chi. >| signe n'aurait été seulement le grec. disposé à tirer de la graphie pidcher pour pulcer ch. alors que les peuples d'Italie y lihénicien . ont ici préservé par analogie le c dans pulcer. . 11. 28. pour notre part..— l'a 305 — G. . etc. pulcra. C la- 84. Pauli. Keil V. pulcri.xypi'r xaAdv'. Constatons encore que l'usage de k pour c jusque comme on a par pendant l'époque impériale. a fait voir qu'il se rencontre déjà. nom officiel. rSù. 422. . exemple dekember même . cf. 115 et 243. Kcil IV. Scaurus. du I. devant e. '20 — Chronologie . Cledonius. la gutturale c non atteinte par la palatalisation. cf. III. pulcrum. fois.. ne représente nullement une aspirée comme Ta démontré Louis Havct. Keil YIl. YI. qu'on la trouve observée par exemple sur l'inscription do Duenos. C'est un témoignage analogue que nous serions. aussi Mommsen. aussi Terent.

Toutefois.) dans une période où A' était encore dominant dans la plupart des contrées. les origines historiques du son c ne sauraient être précisées davantage. Nous avons dit que c brien était relativement récent.s /. . Il la Lucanie. ainsi que celle de l'IUyrie (seconde moitié du ii'' siècle avant J. régulièrement scjiulchrum à partir de l'époque impériale.' . il n'est guère croyable que le signe d ait pu être introduit encore postérieurement à la conquête romaine. le nord de l'Italie. empiétements dans le pays. le Ihaittinni dévastés /r/vo r/ it/in. 380.-C. tant que l'osque reste la langue du Samnium et de tout le sud de l'Italie. graplie rend ^^av pulchei^ le cJi est plus tard . les dialectes indigènes ont développé ce beaucoup plus rapidement que dans le centre et le sud de la péninsule ils sont arrivés à c quelques siècles omplus tôt que le latin du Latium. La colonisation de la Sardaigne tombe encore.-C. comme la littérature oml)rienne commence vraisemblablement avant l'asservissement de l'Orabrie par les Romains. CIL. — Dans le . dès ses premiers pour le. piilrJinnn. (jU(> le r ombrien n'y a et volsque commence peu à peu à s'imi)oser jjartout. Le latin de l'Ombrie a donc pu participer de très bonne heure. à la prononciation C'est peu à peu seulement que cette prononciation s'est étendue sur toute la péninsule et de là dans presque tout le monde romain.Italiotes. I. C'est seulement après la (îuei-re Sociah% ^ 124. par analogie orthographique. A. il est impossible d'attribuer le /• au latin vulgaire généralement parlé par les.^ \-2i. pas de doute que sous Auguste r pour était déjà la pronon- . En tout cas. ainsi qu'il ressort de Pupdi kos à côté de Pupdices. Or. — . Le k palatal devant e i serait donc assuré en latin dès l'époque la plus ancienne de la langue son développement normal en c ne dépend plus dès lors que d'une question de temps et de lieux. Comme il est a])solument impossible de fixer la chronologie des originaux des anciennes tables d'Iguvium. Le son r existait donc déjà en ombrien avant la fin du iv" siècle avant notre ère. puisque la répartition de et dans les désinences n'est pas encore complètement achevée sur les tables en écriture nationale. 300 — comme pulk^cr) que l'ortlio- être même déjà quelque chose étendu aux autres formes et on écrit pulchra. PVl'CHER figure déjà sur les monnaies de l'an lOo avant J. cf. puis.V <'- lorsque les populations du noi'd repeu})lent le Samnium.

écureuil. fr. provençal escid/'ol. et * * frlJcln^iioX. froid. mot gutturales. franc. les inscriptions nous attestent. &o\i* fr'ij icio d'un. On peut donc hardiment. 34. Il y a enfin un exemple dont le témoignage nous paraît tellement décisif et sur que nous l'avons réservé expressément comme conclusion dernière et irréfutable à nos yeux.otvï] vulgaire effectivement. fredilo. pour une raison inconnue.-. § 125. sûcidus. sûcido * sûcdo de l'autre. ni à une prétendue aversion du latin vulgaire pour le groupe iu.. passa à * sctiiro qui sauvegardait la gutturale. ainsi s'expliquo que l'Espagne. la syncope a eu lieu après la palatalisation des est . croyons-nous. etc. d'où . que le phénomène est accompli et qu'il commence même à gagner les classes demi-lettrées de la population romaine. Trad. coté. à cause * de son caractère insolite. par la confusion de c/: /^. Les inscriptions attestent ces faits comme accomplis dès l'époque d'Auguste pour le moins frida est donné par une inscription bien connue de Pompéi. suintant. C'est le traitement de sûcidus a gras. en ni ne doit être rapportée ni çais qui donne nd. Ce *sàcdo.. et comme le dément par exemple * apiuva de àtpû-/. ts'z). etc. tuile de tègula La métathèse de iii au phénomène purement fran* tlula. dont précisément Auguste comnienra la ronianisation systématique. scojatlolo. y. sciûrus déjà trop éloigné de . ait pu encore recevoir le c et que ce son s'y soit implanté d'une façon aussi générale. etc. parmi le peuple d'Italie. ci latin était grec pour pouvoir lui succéder. ni de nu. fixer au milieu du triomphe définitif de c dans la proi"'' siècle de notre ère le nonciation de la y. c'est-à-dire pour le moins avant l'époque d'Auguste. dès la fin du même siècle. dont l'étymologie est sûre calza.— ciation la plus générale . normalement en italien sozzo. Il c après consonne donne comme dans faut donc forcément conclure que c existait en Italie avant la syncope dans frlgidus. sale » en latin vulgaire. passe promptement à siulco. ital. — Celui qui entreprendra de retracer l'histoire défi- . 'MM — § 125. Lorsque le grec c/iojpo. et effectivement l'un et l'autre syncopent de fort bonne heure la voyelle médiale tout en abrégeant l'un et l'autre. Or. comme l'admet W. (rranun. p. L § 1~. la voyelle tonique. devint. Ce absolument parallèle à fngiiUis. l'appellation la plus usuelle de l'écureuil. Meyer-Lïibke.

nulcggio prouve ë primitif. L'orthographe /. abondent sous l'Empire la lettre I lo7iga dans la graphie fréquente regIvs signifie. La forme ivria sur une inscription d'Afrique relevée par Ihm. La gutturale g devient (. pcggio à côté de pëioi^ invoquer une analogie * scande pûlëiiim: mais Titalien comme dans parallèle à pèior d'après rnèlior. pïdè'i « XI. vrai. 2193. 919 oîi Fuchs. rj on français L'exemple ivria pour iurgia classique prouve qu'en réalité c'est une hérésie d'attribuer * jurg'ia à la prononciation vulgaire g devant i p passe à . 620. : Reichenau. lat. Karlsr. . car on ne saurait. 53.. Dans . VIII. un autre résultat qu'après voyelle rd'i notamment passe à rz pour gl rien de semblable. en italien.§ 1:25. Arc/i. 1291. C'est seulement en étudiant l'évolution et les différentes transformati(Mis de g parallèlement à celles de c qu'on pourra se persuader pleinement dos origines italiques des palatales vulgaires et en général de la plupart des phéno/) devant e i dès mènes connexes. montre que l'histoire de gl en latin vulgaire n'est nullement parallèle à celle de d'i comme le répètent tous les romanistes depuis Diez. . ' 7no)'jaf. di donne. on disait pûlcjinm. et ne fût en tout cas pas tombé d'aussi bonne heure. mais bien * rëiius comme on écrit eiivs ou eIvs. iù. il est Dans la prononciation vulgaire. etc. au i''' siècle. Le véritable nom du pouliot en latin est pûlëginm (jui se trouve encore au ii*" siècle dans le poème De Medicùia de Sévérus Sanimonicus. après consonne. f"' 24. 115. etc. - 30S - nitive des origines et du o-aire développement de c en latin vuldevra replacer la question dans son milieu et embrasser dans une étude d'ensemble tous les phénomènes relatifs aux gutturales. non pas un simple jod comme le croit Seelmann. frida. murmurer latin iiifigintin dans Lucilius. A'. Lr. IX.pour // : connaît déjà. part des hiatus: donc * jurjui. iettarc ou gcltare dans les * statuts de Sassari Diorgiat.. . /brh.y des vulgaire exemples tels que latin du une époque ancienne lY. B. aujourd'liui titorzal./ avant la réduction de la plu- = : . comme on sait. pro piileii ».w/^'/7/m est exactement l'inverse de cbiirneis iiiurgiis dans les (lloses de Le. inversement iô. 245. 8573. (544.r. logudor./ pour . GEiVNA « ieiuna ». YiNTi CIL. Le sarde. XII. sans quoi g après consonne eût sûrement été traité parallèlement à d dans rdi. pidëjo. qui ignore encore/. Martial..... scande aujourd'hui.r. cesi-k-dire miundi'L' « 77'ior ici t. Lat.. ». v. jjuis * jtw'ia.

Mais nominatif singulier « Magius )). Dans Mahii[s]. 440. nous croyons contrairement à l'opinion de Planta. sur une très ancienne inscription de Capoue (antérieure aux signes V et |-) Planta.intervocalique sur la Table de IJantia est le datif-ablatif Ih/is a legibus » lign. j j. Après consonne.. mais extension analogi(|ue d'après etc../ pour . campidanien plu/lrl. n'est pas capable d'intîrmer notre théorie. une plus large extension dialectale que c pour k. .. que II est purement orthographique. sardo-i/ai. conservation phonétique de le guttural. dateraient d'une époque où -//.. lign. Delius. etc. Il y a donc lieu de croire que j pour g avait en Italie. Le seul exemple de -g. comm(. incontestablement parentes du latin niaç/is et de l'ombrien mestru. Sardin. était rlun' forme dans les Statuts de Sassari. n" 195. dès l'époque républicaine. Or. se rapporte à une prononciation déjà très palatalisée n'est . 11 p. 1-25. qui n'est pas relevée par Spano. L'osque de la Table de liantia mais^ maimns s'expliquerait dès lors de la manière la plus simple du monde ces formes. qui a ('- : >< : <" : ngp. La chronologie de ./ pour -<j intervocalique leiis legius » sur une monnaie de la Guerre Sociale. cf. Dans vtu/liri'c comme dans Jnny/irrr. p. présent n'(/(). et de Maiiùf datif singulier sur le Gippe d'Abella.— le . L'osque.. pas. logiidorion elif/ïrc. T)!*. qui est resté au stade li. s'ensuit que y pour// en latin vulgaire est i)lus ancien et plus étendu géographi([uement que c pour /. il n'y a p. ng^r./ pour g en osque nous paraît ressortir de la comparaison de Magiium génitif pluriel./ : niii'u'lo à côté de muijahi et autres exemples bien connus. iD^ijcIuzct . iVIcyer-Liibke. rrlrr se trouve encore dans les vieilles chartes. i. 2. y devant / en est encore au stade //. l'ombrien.• nous croyons précisément que l'hésitation du graveur entre ANGE-TVZET lign. 1. à côté de la forme italianisée V('<i<irrr."ino — d'origine . connaît du moins . Planta. 5. § 218. chlng/wrc. eu égard à la situation do y devant désinence mobile. rliiiif/o.). n" 126. n" 130. gallurien clifj}. a également . v. qui. s. rc</fjiri Spano./ en osque comme dans les autres dialectes de l'Italie. il faut reconnaître un mot italien la vraie sarde.. La forme normale rcjcr.intervocalique est devenu . croit Vocah. dans lanyinud. 20 et ANGITV. (/ (rntiu/r. 25.' avec kMpiel il du reste pas phoiiologii^uement parallèle on attendrait s pour k. DiaL. le W. I.

(irundr.rfrrgrrr (irtUla de avg'illn vcmilhi do ringcrr (Haist. /hicij-i./ pour fj en sarde. (iiicilii. W. nous avouons que l'explication ordinairement proposée pour l'osque )))nis mai/nas et Mais Maliii[s]. comme nous l'avons admis provisoirement pour ne pas com])liquer la question. sont réellement. vers l'époque de la Guerre Sociale.. En tout cas.. ne nous satisfait nullement.alternant avec niar/.. I. offre un traitement identique pour Vf) qui passe à /v. avec i primitif. ces formes ne nous paraissent point devoir elles ne nous semblent pas avoir jamais conêtre séparées tenu h à côté de g dans aucune langue italique. . (irunJr. cf. comme nous avons cherché à l'étaque probablement dès la tin du ii*^ siècle avant notre ère. L'espagnol. alors que c pour k' est aussi inconnu : à la Sardaigne qu'à l'ancienne Italie du Sud.. comme on a rcgifrc d'après rcgo^ j)inglif'rc. tout comme pëior est pour * pf'dw^s. etc. tandis que (j après consonne. 40::?. cf.. . Nous n'admettrons que très difficilement que le latin nmior soit pour *mahwx et non pour * magiOs. — 310 — C'est pourquoi nous pensons pouvoir proposer cette théorie que.comme normalement //// à nr: cs/anir de r.. I.dans Ma g ii uni et le latin ///agis. au moins en Lucanie. on peut se demander si en sarde pinghrrr Jiinghrrr chingherc. l'osque. Juiighcrc ne sont pas les représentants phonétiques du latin j)}ngcvr iiingcre arrêtés au stade de l'osque de Bantia taiig'innd et tingclKzrl Ce qui confirmerait cette manière de voir. \)-àv /)liir/ri. aussi Planta. Malgré les savantes hypothèses de Brugmann.^ 126. c'est que la Sicile. I. Le latin mfiior pour * magiôs représente la première manifestation de la loi qui transformera plus tard tout (j en j et cette forme prouve précisément que cette tendance est ancienne dans les langues italiques du nord et du . etc. j pour g intervocalique commence à gagner l'osque et en général les dialectes de l'Italie du Sud. etc. fingcre. . — blir. § 218. p. p. 550. etc. 446 sq. l'Apulie et une grande partie do l'Italie méridionale représentent plngcrc. où l'on reconnaît un radical ))/nh. cingerv. (uigelo. Il. participe partiellement à la loi générale de la prononciation italique qui fait passer g à J de là également . centre. comme on sait. cl/itiri.. (iratinn. S'il est vrai. des extensions analogi(|Uos d'après y>//?yo ou si Jungo. Meyer-Lïibke.. notamment ng subsiste. § 126. — . 5^ 49!).

} (l. Cette forme a dû partir de l'Ombrie où nous voyons effectivement que g tombe entre voyelle palatale et voyelle dure loidnamn Iguuinam ». (iloss. 704).àcôté de Ikuvina. (nujilla. Lat. Arch. glose que nous avons relevée par hasard. : . piiigorr. 12. I. en d'autres termes. X' 186.y (= dz) inconnu à la langue en toute autre situation. dont la colonisation est plus récente que celle de l'Espagne. On serait peut-être mal venu de rechercher la cause du durcissement de ny rg en ne rc dans l'influence étrusque et de rappeler par exemple orgonna « sacerdos » de l'étrusque crce ercem ercffak oii déjà Rugge. Li'. l'Espagne sont encore plus particulièrement soumises. Bczz. traduit par « sacerdos sepulcrarius ». Dans le manuscrit d'Agram. lt>jri-t>. à une persistance plus on longue de g après consonne que de y intervocalique est Sicile. lors ('. précisément la Sardaigne.nis amené presque naturellement à conclure puur la du Sud et l'Espagne. l'Italie : Ou disait déjà rëjc. Anh. 311 — rc ^ 127.. nous fournit un exemple indirect curieux de ne pour ng en latin vulgaire dêmincO est analogique d'après l'infinitif c/^v«^"y#(v^/v' \)0\\v )nin(jerp. Comme c'est-à-dire nomènes.r. II. 17. 595.. pour r. encla de i/'niiiliia. la Sicile. demeio. cf. il est tout naturel de mettre ces faits en relation avec l'état que nous venons de constater dans l'osque de Bantia. comme nous l'avons fait remarquer à maintes reprises. les survivants de g en sicilien et en espagnol ont été. XI. y a également des traces sporadiques de l'Italie du Sud. 6 lors de l'introduction de la les provinces colonisées de bonne heure.. 304. deminco. cf.o'jp(o : § 127. Lex..— Gnnu/r. IX. Eug. 16. assimilés à li. 34. n'offre plus trace de ces phé- palatale. franr. unit' alors qu'on prononçait encore kitKJrre. Il p. Une Int. à cause de leur caractère exceptionnel. avait reconnu un terme désignant le prêtre. à la prononciation des colons italiotes du sud. V. de la palalalisation de k en confondent avec c le son. Personne n'a encore donné l'explication de cette forme énigmatique où chacun se contente de constater la chute exceptionnelle du g. To/yy. Lat. — Un traitement particulier de // intervocalique nous est fourni parle latin vulgaire *(''o pour cgi). Brltr. Tab. Yl />. on lit: erc[fi) supce que Lattes. Le Portugal.. qui. (/rncirc. aussi Heraeus. 27: E..

)n prononce donc successivement Igovina. le groupe Ion-..avec non primitif ne participe ])()int à la loi. I «. et la ijori. StucL. le passage de //• // à cr cl en pélignien et probablement dans les autrefe lai. : . dialectes sabelli(jues. l'ins- cription Herentas.r.n-. 1. Varron. V. I. 218 sq. étant d'une lecture : ambiguë et pouvant signifier aussi bien que ïon-. soit ionin-. ib... Ijiiig. sabin /ahiccr. celle du f/ hollandais ou du y néo-grec. (. etc. Planta. En béotien b^L) se dit \w) ombrienne. Mommsen.. il)id. 84. VI 5. loi panitaliijue 1.551.r. 97../ pour y primitif. etc. ne signifie nullement.etc.^ 1-28. Planta. avec. prarslihulâtrl. 11 faudra en tons cas beaucoup de parti pris pour nier l'identité des deux phénomènes et conséquemment leur parenté historique. Grlech. p. IG. rnicril. <> en regard de k un i k a /. sacrât rî. c'est-à-dire en latin quelque chose * comme 65 sq.. lovina. co)te. lo/fi. Planta. (juclquc chose coaune a.. pristafnlacirir de Allit. Altit. il est certain qu'il par l'épigraphie conservé été aurait la forme * ro pour ego latin ^. Dial. Stu(L. 11 s'agit Entre voyelles dures. p. Jhori/in. Le type IV. § 182.'). - 31-2 — La graphie liouina. Tah.. lo/na. En effet. Tah. p. . 28. ce g fricatif s'adoucit en une simple aspiration qui finit à son tour par disparaître. encore qu'on les explique d'une manière quelque peu différente. I. 290. 5. Eug. etc. montre que -ego.. après voyelle palatale. et si * eo du latin vulgaire n'est pas identique à * ro ombrien./os. Gustav Meyer. Bugge.a une tendance à prendre une valeur fricative. . Bréal. -//. V. le double italistes. Granrm}. des plupart // est ici simplement destiné â figurer / voyelle...-^:: et. Pauli. 374 sq. montre que la />. cf. sur les anciennes tables. qui se trouve sur les tables en caractères latins sept fois contre huit foi*s louin-. — Le pôlignien sacaraciriœ * . comme l'admettent p. peut être utilisé avec profit par la philologie romane. j:^ 189. cf. p. 128. Ces faits se retrouvent exactement dans les dialectes grecs ca(o. i. Parlign. en réalité d'une chute pure et simple de -g-. Sjimchc. etc. 1. 92. on ne voit réellement * pas d'où cet po qui est à la base des formes romanes aurait bien pu venir. Nous croyons (pie o pour a ancien désigne en ombrien un son spécial.. surtout à cause de ioit- la concurrence de loue. Eug.. on n'a pas manqué de les comparer à l'ombrien des tables en lettres si ce pronom nous avait latines.. pour o/J.. 889. cf.

Aussprachr. son histoire est aussi complilangues italiques que dans les langues romanes est aussi difficile pour les unes que pour les autres de — Quant au groupe les . en franc. c'est-à-dire diminutif -/o-. que assula classique.. latin -cliini. Lat. à côté de pcshtliint. les inscriptions latines d'Afrique con- naissent également cr pour et d'autre part tout le itelo- monde uetu. aussi sicld bien que siltild. les faits sont peut-être quelque peu différents: il peut s'agir simplement dans ces derniers exemples de l'insertion directe d'un /. par osque j+akara/. le . on le latin respecte la dentale c'est ce qu'atteste également. p. comme : on sait. ibid. cf. jjcs/ali/s. onihr. est en latin vulgaire rpc/i/s. prsihiiu. etc. 205.- W. urhklimi. piliadu. Mais ou peut admettre aussi. ibid. // en </ cr était toujours vivante en Italie et c'est elle qui se manifeste encore dans le imperacrix iicIiiIks. dans ces dialectes pour frapper ///yd'origine récente et en général dans des cas./. ibid.avec-le suffixe Seelmann. Il n'y a pas à séparer ces phénomènes : les formes sabelliques montrent // que latin la tendance à transformer d'Afrique 11)7. et portent tous les caractères de formes anciennes Fistala niih/a fiscla flicilur. osq.. 67.s//-. Arcli.. . \-i. 248.). Dans par * ascla [wixr r/ssnla. -r/o. Le. d'origine secondaire. régulièrement pour * astlâ. jx'ssi/iiffit..— exemple dans -kli'im. 20 sq. slave psclavo. Or. kli'im. 24. 473. \'i. et il quée dans c/.313 — // S 120. 34. : comme § 120./. aussi Heraeus. donc iictliis avec // //•. VII... les formes du latin vulgaire sont ici directement attestées. ombr. hésitent dans le traitement de -. survit : nous. Prob. XI. lequel est. croyonslat. III. *j)rscla Y>our Meyer-Liibke au même phénomène. Quoi qu'il en soit. qui a transformé régulièrement (ont -clo\ ancien on suffixe -llo-.. Il n'est pas inutile de faire remarquer que les dialectes italiques.s entre et / sans passer par le stade sfl. Lat. c'est ainsi qu'on trouve peessli'im à Aufidena à côté de pesth'im à Ijovianum vêtus. comme pour //•. S. sait que urhilits. V. 313. o\'. avec une vraisemblance au moins égale. 01. dans le latin vulgaire rcr/o pour pour App. pcsclinn. l'osque notamment. Corp. 132. rapportés Keil IV. a subsisté dans la langue vulgaire sous cette dernière forme passée normalement à * ascla. le pélignicn puclois s'il est vrai qu'il y faille reconnaître le sanscrit yy/z/m.

au moment de la conquête romaine. que dans les mots avec gutturale vêlaire. 370 sq.§ 129. le néo-grec connaissent ce phénomène. De lu en osque Chtavis « Uctauius ». Il somblc que rétras(iue connaisse de son cùté le passage de /'/ à la. aucune répugnance à articuler le groupe cl et à prononcer en \dX\\\ facliis ou acius. le germanique. particulièrement /. à ht est un fait a développé les fricatives. soit y indo-européen... en ombrien rehte « recto ». comme en néerlandais /. et les graphies des — I. une langue passage de qui. Le sarde fut tu Icitu./ <lans les anciens dialectes gaulois ait effectivement existé dès l'époque de la conquête romaine et nous ne nions pas qu'il ait pu inffuer sur la prononciation latine. le zend. repose donc Remarquons toutefois : sur facto tccto . en celtique scchlf pour scpiciii '. La preuve que ht a pu se produire spontanément dans les langues italiques se trouve précisément dans l'histoire de kt en osque et en ombrien. Les populations osques n'avaient donc. semble-t-il. etc. /. Brugmann. actud . en général dans toute l'Italie du Sud et du centre [actml. subsiste en osque et.. En ombrien. ht. évolution toute naturelle de kl dans presque tous les idiomes déterminer qui ont développé les fricatives. 11 n'est donc pas nécessaire de rapporter i< ht pour et dans le latin vulgaire de l'Italie du Nord./ en osco-ombrien aux lois de la syncope vocalique./Y/r/// pour l'allemand /. scriffas auctor ». dans . Le groupe kt d'origine récente.raf/../ d'origine récente ne su!)siste. etc./ issu des phénomènes de syncope. Nous constatons seulement que. etc. I. antérieur que ht pour /. conservent peut-être encore le souvenir de la prononciation ancienne. uhtur screh/o « scriplum n de* srr/f/o. (Inini/r. icclm-r. tout au contraire de ce qui se passe en osque. . l'assimilation doit être relativement récente anciennes chartes faclii. et comme le latin. Le développement le plus général et le plus ancien est X/. rrrkoclU \)oi\v vcrkuufl . serable-t-il. etc. le tellement naturel qu'il a pu se produire en dehors de toute influence étrangère. est très ancien. la — 314 — chronologie exacte des différents phénomènes qui ont accompagné l'évolution postérieure de ce groupe. qui a pour correspondant exact// de pt. de la Gaule et de l'Espagne à la prononciation celtique il est possible qu'un traitement analogue de /. « scriptae ». cf.

lorsque cl latin suit les destinées de M secondaire ombrien. probablement avec gutturale vélaire. htsc. I. entre fâto ei faqto. soit par * fallu. soit par * fahto. donc proprement //y/o. lactc. comme nous l'avons vu. Lor. D'autre part. Elle était donc sûrement accomplie vers l'époque d'Auguste. et il n'y avait point de raison pour que le factus de la prononciation latine officielle ne suivit point la même analogie. Murât. VI A. toute une série de transformations intéressantes. p. représenté par fiklo.^qu'il puis à // : primitif. En Ombrie tout d'abord. niuclii. 1413. sur une inscription païenne de Tarente. cf. p. ^5 315 — de A: § 1-20. ». peut représenter aussi bien * riXsr[f) que * rlls('[l) de la prononciation vulgaire. Mai. 1. Ce dernier. Entre temps. dut devenir. lorsque l'identité de cl latin hl ombrien primitif est encore suflisamraent sentie pour que les formes ombriennes soient immédiatement identifiées aux mots latins. croyons-nous. la gutturale y avait effecti- . * /a I/o en Espagne et en (laule peut fort /// bien remonter à l'époque d'Auguste. le groupe il subissait en Italie. pour les exemples Planta. La chute de A est d'ailleurs attestée par des exemples sûrs. dans toute l'Italie du Nord. favorisé par la prononciation de l'Italie du Sud (osque faclud) et surtout par celle de Rome. Chr. 8. dans les premiers siècles de l'Empire. peut-être à l'origine sous une forme un peu moins avancée. G et 1424. I.— fîktu. à côté de rassimilation nouvelle * f(ixl'> ou * fniji}. l'ancien * fahto laissait tomber son h et passait à fiJo déjà attesté sur les Tables Eugubines. lapte. Le donc être représenté en )inl)rie et généralement. déjà Aissrr.. on pouvait donc hésiter en Ombrie. C'est le roumain qui en donne une preuve décisive. Outre faXto. selon toute vraisemblance. Le vigsit « uixit » de kt passe à (Irihi dicito ». vers l'époque d'Auguste. nous parait avoir dominé dans les provinces de l'ouest et du nord. ficlu>i était. cf. favorisé probablement par des faits celtiques analogues. palatal (lifn « < 359. par suite du mélange des dialectes et de l'inlluence plus directe de la prononciation romaine. particulièrement sur les tables en lettres latines. et déjà interprété comme reposer que sur facto. 435. par Bùcheler correspondant au latin faclum. avec raison. 17(i. car fapt. opt ne peuvent II. assez général en Italie. C'est ce fu'ijo qui. agito latin fiiitiis pouvait : * . jcl d'après une théorie s'agit « ingénieuse de Planta. octo . // par exemple ou mieux * fdlilo ou déjà. faijo. 354..

être restauré dans le parler vulgaire que sous la forme * fuqto: le roumain nous a heureusement conservé les réflexes de cette phase curieuse de la prononciation italique. 49. s'éclaire ainsi d'une manière tout à fait lumineuse en même temps qu'elle jette. passe à * fiqtu. racine /ic)-. En effet. de là en roumain />/ comme jj pour q dans faqto. si flcfo était prononcé fiqto dans l'Italie du Nord. On a voulu retrouver un exemple ancien du pbénomène déjà dans le fameux vitori. une fois parvenu au stade * fud'o. XLV. par exemple dtcfus donne dilit'o. de la façon la plus heureuse notre manière de voir à l'égard du groupe et.y d'une — . elle devait être dans aqua\ on prononçait donc au ii" siècle vélaire nqlô laqlr. à notre sens. mais aussi fdpt de factu><. de fkliis. évolue donc en réalité vers *dîxt^n. La question des origines et de la chronologie de // pour et a été maintes fois étudiée par la philologie romane. L'emprunt latin : prae fucus. L'ombrien d'iktôd. vrrliri'm? dans Hhriii. en particulier Zimniermann. lombard dié\ de même en Provence dich. n'a pu de là en roumain non seulement être articulé que faqto infipt. Ce qui confirme enfin. die ho. alors que fiqtôd.it' u. après la syncope. de prarfcclus. sans doute avec / dur ou même cérébral kf jçt' Ut' if était donc : " : nettement opposé à qt. avec gutturale palatale. croyons-nous. Mus. Le latin officiel factus. ij 130. sous l'Empire. semble-t-il. cf. ne pouvait plus.> sq. di^t'o à la fois avec gutturale et dentale mouillées en Espagne et dans la Cisalpine espagn. à une époque assez tardive.. Kunn intcfndcul. réintroduit sur son analogie.§ 130. un jour tout à fait nouveau sur l'histoire de la prononciation du latin vulgaire et sur la phonétique roumaine en particulier. vement comme : ajjâ : aqiia. fdrln./' continue liljrement son évolution. excepté dans la Cisalpine où le stade ancien a'/' . c'est que et palatal. Remarquons que brien fîktu = la théorie do Planta à l'égard de l'om- *fïqlO(/. comme on sait. * di. avec vélaire. représente peut-être cette prononciation exagérée de la gutturale. et sein c im Latcin. _ pris 310 — un son tout spécial et exagéré. donc vraisemblablement à une époque postérieure au uf siècle. Après la cidonisatioii de la Dacie. gagné même la Sardaigne. dans l'écriture dpitu. dans l'osque de Bantia. L'assimilation a. mais. qt [et] devient // dans toute l'Italie.

Tab."^17 — . (Uoss. Stolz. III. VI «. proprement ot (osque). IV. LUTO. La première hypothèse nous parait phis vraisemblable. croyons-nous. après la chute de // * lêloiii si le graveur écrit tcllotii. EccL. On attend.sur la ou bien Table d'Agnone ou en ombrien /dht {)our [nhlo. lat. Le groupe />/ suit dialectalement des voies analogues cl : pf.).qu'il s'agisse ici . c'est ce que montrent clairement les dialectes modernes do la ' .r.4ffA. 31. Soc Liin/. D'un autre côté.. de l'année 19 de notre ère. puis /// (ombr. croyonsnous. Le mot lellorn a été expliqué avec raison par tectum c'est en effet la seule signification qui convienne dans la phrase. § 332. comme en général aux exemples paléographiques. que déjà dans la prononciafion latine de l'Ombrie leclitm * Irqto avait une tendance à assourdir la gutturale on une sorte de consonne quioscente. ce qui s'accorde d'ailleurs fort bien avec l'articulation profonde du <i vélaire Irlloin oml)rien pourrait bien n'être autre chose en somme qu'un compromis entre lëloiit ancien et t ce lion latin. nous n'attacherons pas une grande importance. IX. c'est. quelque chose comme * l<'\fto. . il est diffipar Bréal. Lr. la graphie teltome. ibid. (ii(utu)i. Si 1:10. en d'autres termes que relie. Italie. soit leclo Ifihto lêlo comme on a en osque ces tint pour t'Ji. liito est un exemple local et isolé.. hil. Spr.igit d'une continuation du traitement itali(|ué de d ancien. ont succédé à reh te. Qu'il y a eu en Ombrie comme ailleurs restauration phonétique du groupe cl. ])0ur le fatvm « factuni » relevé .. et dans ohsorsio pour ohsorpiio. inscripiiou archaïque do Prénoste mais il est peu probable d'autre chose que d'une faute de gravure. citée cile de dire s'il faut lire lOlô ou Iniô. région. 31. à nrtura pour iicclmn de la Vulgate. * Ichloni et. 14. Dans scidUmi. fallo y <( )? . miximvs-inMé/it. // pour cl n'a pu se généraliser qu'assez tard probablement dans la dernière période du latin vul- ... puis //. 49. Il en est de même. d'où / simple: scritys. Enfin. d'après la phonétique ombrienne. IV. le cas est différent par suite de la consonne (pii précède. 13. I. ms. : . fdlo de l'ombrien pur. Amiatinus. 201. 433. Dans le liito — s'il faut déjà reconnaître dans * Ici 10 l'assimilation directe de à //. 21 et 548. d'une inscri[>tion de Ponipéi.. Ilis/. CIL. Corp. fahUi * rêlc. précisément parce que. Lat. VI. cf. 105. VI. c'est-à-dire s'il s'. 2827. De en toute façon. Eug. nous paraît instructive.

comme nous l'avons dit. hilluca. prov. par cette substitution lente de la langue littéraire aux vieux dialectes et aux patois locaux. Elle croit avec la puissance romaine elle-même. restauration ou de l'introduction des formes et des mots de — la langue littéraire et officielle dans l'idiome vulgaire. coiihcccr de même peut-être franc. cotwcn'] en Portugal on a déjà la forme classique coynô: scerc. se propage directement parmi les populations indigènes. comme le occupe. 11 se produit parfois. mais la Gaule du Sud a encore conoscrrc. portug. une incontestal)le valeur et un haut intérêt. des villes romaines. esp. IV. comme en Italie. Los provinces dont la romanisation effective fut entreprise tardivement. Ces faits sont donc en réalité très postérieurs à la période qui nous gaire on au début du Dioclétien. §^ 131-13-2. conoislrc avec n pour t/ii régulièrement avant l'accent. cette période. la Lusitanie et la Gaule du Nord par exemple. comment s'est réalisée. à coté de ro</iullux. ital. couo^crrc. 318 — iv'' siècle. de l'Édit de premier exemple certain. et Auguste jusqu'à 11 s'agit principalement dans cette période de la § 131. . conlmt Nous avons essayé de montrer dans le cours de notre étude . César décomposition du latin c'est-à-dire jusqu'au début du iv'' siècle environ. se développe à mesure que se multiplient les écoles. l'unité relative du latin parlé à l'époque impériale. dans le latin vulgaire de § 132. . Troisihnc péruulc : Unification du latin impérial. quant à l'établissement — de la chronologie. commencé à décliner au m'-' siècle. 7. — cite. qui était en somme la langue ordinaire des grands centres coloniaux et qui. reçoivent une latinité déjà très émondée par la langue littéraire en Espagne. d'une façon beaucoup plus immédiate l'influence du latin officiel. on à^xiconosceve. L'acla création tion du latin écrit et sa lutte contre les dialectes et patois commence naturellement avec raire et administrative . après les Antonins. un fait curieux et qui a.. arrive à sou apogée sous Auguste et ses successeurs. la — Depuis littéraire. d'une langue litté- mais cette influence ne s'exerce d'une manière efficace et pour ainsi dire systématique qu'après la Guerre Sociale et grâce au prestige de la littérature classique. Les provinces subissent.

CIL. puis * se H. La même analogie s'étend bientôt même à aunnix que déjà Auguste prononçait simiis. est en réalité un héritage direct du vieux latin d'Italie. Nous avons relevé. .flas. I. reperdre. f" ir B. 195. comperai'f à côté de impnrarc. loi inconnue aux anciennes langues italiques et au vieux latin vulgaire d'Italie et propagée ensuite uniquement par l'influence du latin olficiel. cf. soit * siamois). CIL. Grober. dna(le\ en Italie au contraire. cf. 5227. esp. etc. mais cette forme ne se répand réellement en Italie (jue vers le temps de Vespasicn. etc. sur une sébille du musée do Crefeld. Areh. De là est sortie. anatis sans affaiblissement et les provinces colonisées sous la Répu- espagnol concurrence à (UKitra. 106. I. 115. dial. d'après nous. anitra fait . la fusion partielle du subjonctif et de l'indicatif en Italie: sis ou sirs « tu es ». On peut comparer des cas tels que fâtlcanus à côté de fâli. I. croyons-nous. perfacere pour pcrficerc par exemple. votive de Paieries. comprar. Vok. sevrer. Reich. K.'îl>. ital.— Nous voulons 3111 — ^ l. sii vient ensuite la refonte de la première personne du pluriel. Il s'agit principalement do la loi d'aifaiblissement des syllabes non initiales. sur le subjonctif sifiii conjugué analogiquement d'après le futur-optatif fiem. On dit en latin classique anas. 24 et trouvée à Grimlingshausen. siMVS. Segrrgat: scprrat. coNSACRATVM. fldmvs.. Cette propagation d'origine récente resta toujours très incomplète dans la langue vulgaire ce qu'on : dénomme à tort la recomposition romane.. En revanche. exagérant les lois et l'analogie du latin écrit. AU. franc. cf. inscr. concaplum. cotée Dr. Lat Lej-.cinus en latin classique. . il y a des composés où l'analogie a introduit dans le langage populaire raffail)lissement inconnu ou inusité dans le latin classique tels sont déjà en sarde holimiis pour : uoh()}ius\ en outre comperàre Schuchardt. le nom de senicio où l'on peut voir un affaiblissement analogique de e médiat en / avec plus de vraisemblance peut-être qu'une action phonétique de la gutturale sur la voyelle précédente. dépasse et pousse à l'extrême des formes restées en arrière dans l'idiome urbain.1 analogique. 1. cf. IX.. V. à Bergame. de ranger des formes telles que blique restent fidèles à ce vocalisme : sarde cuicide. anedra seul est usité. La régularité grammaticale ou phonétique est dans ce cas du côté de la langue parlée. parler d'un certain nombrt. se. 240.. sinmo. C'est dans le même ordre de faits qu'ils convient. 3473. Gloss. cf. de cas où la langue le populaire. ibid. On connait la prodigieuse fortune de cette flexion dans le toscan classique. 80.

de Ivéate. 18. fondateur de Cures d'après Denjs d'Halicarnasse. dans le courant du VP siècle. C'est.. I. Je dois cette intéressante observation à ro])ligeanco de M. Dial. aussi olcO: odor. On a refait de la même manière et dès une époque ancienne le participé mât us en moidlus.§ 132. p. est l'ancienne forme de ('(ipitoHum . le •'^•-^0 — les glosI. Vrili'dius. VitcL. cf. etc. Pappcdius.//r/////. Les noms propres sabelli(iues : en -d/us abondent dans l'histoire et sur les inscriptions Amcu'cdlus. comme on Ungua. pour Aegidins est. De même Acmcdlus forme italique. d'après une remarboauroup trop récent pour jjouvoir trouver place . Novelledius. luggo. Thésitation séculaire de la prononciation vulgaire entre le suffixe latin -ilius et le suffixe italique -idlus. iVR\wès le même gram- mairien. etc. . l'éminent professeur de la Sorbonne. présente également (|uel(pie chose de semblable. Fabidius Modius. nom de deux évèques de Nevers. comme par exemple dans l'ilalien Emidio pour Emilio. etc. Mommsen.c:. Po)npiUus et plutôt encore (hiiulilius. cf. I)":ui1i'e ])art Gilius. était la 1. vulgairement Icpulu pour li'piilus. confirmé par le sarde moffihi. d'après notre opinion personnelle.*et par analogie ii. Uulci-U. Nouescdc sur l'inscription marse du hic Fncin. (le M. comme on sait. espagn. fiiulor que aiica en Une forme intéressante précisément par sa date relativement récente et son caractère presque savant. paraît-il. Piunpedius. » Nous surprenons ici sur le fait. Vilclliiis. Lejc. olor . Krrjii/odiu/jt. une particularité du sabin et des dialectes sabelliques en général de présenter d pour / latin. 11. en latin uouc/isilès. Gilles que ici. nom sabin d'après Suétone. 'l'Iioinas. Lai. Thomas. est la forme Eu lad i us pour Eulalius EjXaA-. Le napolitain //r/xdo. cf. Numiedius. calamitas a été rattaché avec raison au radical de i(idf> .. fauUor. 31. reo-ard de aiiha d'une forme vulgaire au même titre on croit bien faire en forgeant fauitor. fahisor pour saires par fait l'effet formes relevées dans regretté Liiwe. cf. calûcus: caduc us est expliqué comme un sabinisme par Seymour Conway..s' fut articulé Euiuf/ius. Les formes latines étaient Amarilius ou AtnariHius. qui ajoute que « -dius pour -lius dans les noms grecs parait être relativement ancien dans le latin des Gaules'. Decunirdius. Acuiiiiusla forme latine. a d'nujua signalé par Marins Victorinus à coté de gotb. Airh. dont l'un vivait.'MT. — faiitor. . Ajqxu'dius.

MOHL. — (lironolnijU' du lutin l'iilf/aire. en 329. . du jour oii les pro- commencèrent à s'éveiller peu à peu. à une vie politique et administrative plus personnelle et plus autonome. de plus en plus éloignés de la langue officielle. en face du gouvernement central affaibli. Ces exemples montrent d'une façon extrêmement nette à caractère artificiel qui a préside aux restaurations littéraires dans l'idiome parlé de l'empire romain. Dès lors celle-ci. Les peuples barbares. romanisés entre temps par la colonisation romaine. menacée et débordée de toutes parts. il semble qu'il y ait dans cette retraite vers la Grèce et l'Asie comme un premier aveu de cette impuissance à maintenir plus longtemps l'unité du monde latin il j a là en tout cas une rupture décisive avec la politique ancienne. — L'unité réalisée plus ou moins complètement siècles. ils en ont pris suffisamment conscience pour en faire leur idiome naturel. abandonne Rome pour Constantinople et transporte en Orient le siège de l'Empire. le prestige de la langue fut atteint. 21 . à partir du iv' § 133. — : Décomposition du latin vulgaire im- A partir de la fin des Antonins environ et surtout siècle jusqu'à la chute de l'Empire et au delà. n'est plus capable de contenir cette immense fermentation de dialectes et de langues nouvelles qui germe et s'élève partout autour d'elle bientôt les digues de la traditique de l'Empire . tion classique sont rompues et le latin littéraire succombe langue vivante. et ils la développent librement et spontanément en dialectes de plus en plus caractérisés.— notre avis le 321 — ^ 133. dent à ses propres destinées et à des civilisations nouvelles. leur langage propre. dans les deux premiers latin littéraire fut assez fort ne se maintint que tant que le pour imposer et conserver lui- même Du sa propre tradition. en 395. contrivinces buent largement de leur côté à cette ruine de l'unité linguiscar ils se sont à présent suffisamment assimilé la langue latine. ne fera que confirmer l'irrévocable division de l'Empire. Théodose. l'unité du latin vulgaire fut de nouveau entamée et dissoute. Lorsque Constantin. un consentement tiicite à livrer l'Occienfin définitivement en tant que . Qua/i'ir/nr prrux/c périal. avec la puissance romaine qui décline et chan- celle. un abandon avoué des traditions historiques de Rome. jour où.

nous offrent. Lf'. lat. toutes relations avec le pouvoir central et la cour de Constaiitinople. l'Italie en 650 lorsque l'Empereur abandonne les derniers îlots de population romaine qui. Grober. lorsqu'Odoacre détruit l'Empire d'Occident et fonde le Royaume on peut dire que la langue latine a vécu.. relevaient encore de son autorité. d'Italie. roman qui 1. les ^2-2 — . Les diplômes. I. Lex. en Espagne k 747. « von dem Zeitpunkt des Erloschens des Gefûlils fiir die Zusammengehorigkeit » d'après l'expression de Grciber. dans l'ancien Empire d'Occident. l'Espagne entre les années 615-623. France à l'année 528.J8. C'est ainsi que la France est entièrement détacliée de tout lien avec l'Empire romain en 5. 44. et c'est le commence avec la rupture de l'unité politique. 45. langues romanes sont en germe et s'ac- cusent par des traits de plus en plus nets enfin en 476. avec le matériel épigraphique.^ 133.r. qui remontent en A/'c/i.'>. les premières sources directes de l'histoire dos langues romanes après la chute de l'Empire romain '. Lai. Arch. s'est efforcé de préciser les dates où cessent.. dans chaque pays. I. . Dès ce moment. en Italie à5I.

— en romain ordinaire.] . -s- 305 valeur du . Les formes vulgaires attestées sont orthographiées suivant seules. intervocalique. laire: erce. excepté dans les langues qui ne nous sont connues que les mots de la langue ancienne sont par les inscriptions . 314. Vuisine. ceux de la langue nouvelle ainsi que les formes classiques et littéraires sont en italiques les formes . groupe pi. exclusivement vulgaires sont précédées du signe f et celles d'entre elles qui ne sont attestées que par les grammairiens ou les glossaires sont de plus imprimées en caractères romains les formes vulgaires non attestées et scientifiquement enfin le signe \\ reconstruites sont indiquées par le signe * désigne les formes dialectales et le signe ? les formes dou- — . . le signe = doit toujours se lire: « provenant de LANGUES ANCIENNES DE L'ITALIE Étrusque. v {f.INDEX [Les formes épigrapliiques sont imprimées en petites capitales. Indépendamment des formes du latin vulgaire. 245 Vocabu. . vations spéciales. Les chiffres renvoient aux pages de l'ouvrage )>. lettres k et c. 245 . 311 \'ulsine.. 278. — le . les dérivés romans ne sont mentionnés que s'ils donnent lieu à des obserl'usage classique . 257. — teuses. les formes reconstruites sont en orthographe phonétique. . Les /. 6). 278.

tismes. 251. 191 germ.). 256. --. Nomin. 261. (romaïq. 312. 162. LANGUES ITALIQUES Prononciation de r. Diphtongue ao sa réduction à 275. — osco-ombr. . germ. 314. Latin d'Italie. 285. 189. 168. abl. 212. et dat. 313 . -s final. ->. latin de Préneste. Indécisions de la chronologie. 181 latin de la Cisalpine. nom. 176. — falisques. 187. 250.. . 267. 206. 292. 175. 174. Nom. ir . et Albanais. 205.(dial. 243. 25. l'Église. 2t)9. 169. ci = tl. 245.. Inscription de Tnder.ypif. et — empr. ou là gerra. Le grec d'Otrante. 223. 291 167. 218. 2()3. latin de Dacie. en -s-. 250. 271 . 283 — celtiques. 261. latin de Rhétie. provincialismes à Rome. -ip'. / i' h dans les emprunts étrusques. . Groupe pt. 243. 52. 288. 176. 280. H ttôv. o. les .:. 291 au. 255. plur. le latin des armées. Grec. 251. '. littéraires. 178. latin d'Espagne. 166. 78 — germaniques 75.«? . sing. 213. en italique primitif. -y. /cl. mots celtiques. 225. hispanisnies en Dacie. 311 . les écoles. 117. plur.. . sardinismes.). pkir. 113. — Albanais /îore. emprunts étrustiues. latin des Gaules. 260.ç. ""168. en -I et -ôs. — Les dialectes. : latins et romans. latin d'Afrique. 285.. 211 ou et eu dans et slaves. grecs.. 312. 249. 175. -ipi. 285. Emprunts Chute de Vocabulaire 305. rhé' — . — TSùry. 247. — Influences 304. Latin. 6. 226. Voc. 257. 265. Messapien . 245. Échanges entre les dialectes.— 324 — Celtique. 45. 17. 45. 268. 318. 175. 258. /. 49. 267. Lexique et dialectes: Influences 108. 262.^248.

283. 152. 78. sing. 319 recomposition. 180. it z= oe. en -l -as (Transalp. Comparatif en -ior (Gaule). cr-. 131 {ae. h (Sard. 232. 226 en -eis. 282. . des voyelles. 285. Neutres en -us. v. 162. 46.. . u. 82. Dat. 288 échanges entre o et ii: o o u. 198. cr tl. Groupes cl. 272. 239. 319 abrègement. Dat. en -aes. Transcription des aspirées grecques. j. 201. Dac). 180. 81. lit' qt. 132. Dat. en -ôs. 84 . 245. gémin. en -as. en -uis. en -ôs -as. 291. 114. au. 49. 159. en -ora. 26. Morphologie: Nom et pronom: Le genre. eu^=eo. . si. 294. . en -ô (dial. ou vulg. 50. 295. 218. 200. 295.— Inscriptions :v. 264 . 304 c =z qu. . 42. 150. 308. neut. y. z. 214. valeur de o grec. -f(. U. ".au=zao. pronom. 193 -uos. gémination devant /.). 234. : . 197 neut. ru rh. 274. i pingue. en As. 218 nom. 274. 15.et en 0-. 201. 207.). 306. 190. -ëius. nt 313.). en -bm. on -er. Les finales -. 314. 80. 203. — — — . 251. gén. Gén. 223. 278. douces fortes. 313. -à. tr. Semi-voyelles: /. 252 â régime du comp. 42. = ^ : — . en -us (Transalp. nom. 308.). d. 188. o. 163. : = = — — . 283. 131. 313. lex uicana Furfensis. 257. 182.>:) — . Nom. nom. -ôs -ae. 195. en -ae (Ital. y.). sing. 188. du. 210. 159. 115. ô. 234. 206. Les lettres claudiennes. Les gutturales q A c.. à = ë. Gén. //. — . 299. plur.). u class. 198. 134 -t. s. 186. -uom (Gaule). . c"/. 47 inscr. 282. 122. — = . 12. 79. 187. 283. 182. 205. 293. A longa. 80. 128. 311 et. 233 en -Oro (Gaule). 164. -es (Transalp. pour le sing. — : . 2^1. 288. f. 295. plur. ^7. 114. 265. résistance au rhotacisme. 308. des Furii et des Scipions. 4. 204. 1 17 ë ei. -el -ilius. ï. 316 . s. 317.7y^.. ^. 305. 269.. . 307. en -ë. b. en -î. -el. Consonnes: h =-. 37. 80. 307 affaiblissement des médiales. en -o. 217 en -aes. 320. 184. 303. — : . 120. 276.s). 208. en u. 118. sing. 302. né ré 7ig rg (dial. Fusion des th. 152. -r. 289. 176 m. 191. Phonétique Chronologie des faits phonétiques. 206. 303 c. je- = y«-. sing. 232. nom. Nom. 40. 263 . (7/. -ar. 294. (l : l. sing. -ûm. disparition duneut. — : : : : . -1: ace. en -l -ae. de Duenos et de Palestrina. Syncope. refaits sur l'ace.). 187 \l^ ë. bi Ih. ace. : Voyelles i : n. 212. plur. u et — en hiatus. -ûs. 308. 177. is. clIt. 275. 247. . — . 271. 273. 271 di. -1m. = = — . plur. 176.s-. 73. 215. sing. 218.. 50. syncopés. -as (Rhét. Gémination des consonnes. 273. l et /'. 310. en -uî. 11. abl. 187.. 80 en -us. 312. 114. . plur. g. 39. en -û (Apulie). 295.

ASTANTE-CIVIBVS. 7 deminco. 160. casinum. 274. 273.). 7 CLirnba. alid. (h'aciima. 284. négatif. 251. candd. 319. llcasnar. Ilcesna. 278. W" cuciUa. 320. 156. 239. 191. -ârio. 7 •. * 7 coiiôsco. Dif/c/itia. \\* bûcéliim. * diiinûs. 282. 24. CONDVMNARI. ascla. en -èa. 251 CONFLOVONT. 7 cuntellus. 313. 162. 264. CONSACRATVM. 320. DEKEMBER. 201. aiuno. 246. -rnl Imparf. * 7 7 -cir%. 319. 77. cdlmllus. 27)). 7 colobra. * rZf7. oinpci'o. \\*c()co. 246. 17.'27G. 7 7 264. impérat. 277. 76. calamilfis. . cicinus. 285. cultcr. alis. * 7 clingo. 244. anale. KiO. dubliciiis. * cornicla. CESl^VET. rccitnt. amb. 305. 251. * \berhc. 7 ( assit /a. -la. Y hchcr. 271 bitûtncn. du un tare. 3. 178. CLNCTIVS. 303. * 5. W-dias. 178. 318. 283. Plus-que-parf. 304. Y 7 7 7 7 caluco. bcrbahto. 22. â/rr. bcrhicc. cclcbcr. DOLVS.2SS. ater (diês). -lis: -tr. Ilarger. oiiinat. cis. colfello. 190. * nu ci do. 52. 320..' dihu:i^o. 283. cornacla. 307. Ilchistrum. indic. 283. parf. ijOl. rt/-. ccltis. 4. 247. 282. 50. bas. * anlto. 31. 218. âsa. coiubennônès. 178. il l'aut )>. 282. 52. 22. 160. 320.— Verhe -ti)iL : :i-ns — 150. 287. 1()2. apiiira. subj. carcl <' 7 dingua. capeduluni. et imparf. 161 cous. 71. 'Mi). CRASSIFES. 248. — — -j-acupatio. 51. 311. \\* coricllo. 282. 186. Désinences -cris: -ère. catcl.r. 25. am. . ||coenâclum. 50. 12U. 271.

/orym. 162. fawù.-mila. 311. 190. 285. frdrtiis. /o«/^^ '\ fiiiUc. -*flo. 162. ferur. 2\/r. 234. *rn(. 119. Y fuma. Y icnnârius. .>\] -Jt).r. 156. Y Iditucn. 12. 133. 100. 317.r. 271.t^42. t G//«V.- HONG. 47. * vbevhaked. 5. 194. -. /«y/^^/S 162. 256. 162. faxit. 120. niÛKir. i. foi'pcr. 80. :508. faucës. FLOVIO. 27. FLVIO. 257. falae. Y ergeniia. 264. Yleber. . -. 162. 283. . 160. 162. ol 1 Il (jlficird. /(Uicaniis. /o/'/r/.psr. Ijhaba. 50. LIITO. 160. . Y MESERVM. iunio. lOiiKs. 263. 280.r'. 8. 307. *-h. IMPERACRIX. 246. 253. 17. 26:5. forceps. 320. Y loqtior aliciu. 156. 288.. 186. issu. 162. Y ludadu/s. 310. fibcr. ||*hêbï. GEIVNA. 181. frondés. intégra. Y fiscla. hic. 308. \\Falêsia. iiiorgiis.. /o/'/er. -'- ffinidcs. 252. 162. \ imdedlcô ali<[tivin. 162.s 320. 308. luuisor. 264. 161 FRIDA. 201. 188. 257. iVRiÂ. HIMINIS.')13. 8. ineliosa. 313. 262. foueô. -kr. 81. Y fauitor. . iëiûnus. Wflûsârix. GVMANA. 287. 194. 320. Y Y Y isse. METIO. :i-_>7 Vo. rsscdinn. Kapitodiiim. 264. 320. liOstls. fenicô. Y falando. fornix. ||*hafio. 283. 161 iâiiiiius. famel. 256. 317. 27. 280. FATVM. FACITVD. flûidus. '. (irâliK/ma. *habio. 319. 318. 253. */o.. 27.

317. 287. 256. 239. 234. i\ê. mnrlce. t\iulo.'J. 278. posimêriiim. 8. 119. 159. 7 net lira. RIGNA. /7^ô. -\ MSIICTILIE. QVESQVENTI. *. post. 120. piilcher. o//a. pône. 308. . pracscrîpta. 193. 7 nôscum. 170. 118. 317. * postcis. 262. 220. quirquir. 161. oO. * 156. illlisqiK'^ 7 oltaiidio. 160. -/j^c^ 7 iiec. 238. 020. pflèinni.— 7 * 'A-2S — ntouitiis. 320. 305. obof'ilio. pille (pi un. ni. RIX. necdiDit. Il II 244. 295. 7 obsorsio.joy. 303. 77. 78. OMNIORYM. 120. Il* nia. ||*o/o/r. ||*poteo. 9. ||*«?«/7o. 218.

302. Sabin. (nom. Vocabulaire: concaptum. 131. c-. 178. sôri. 280 . g- — = — -. cetur. touo. iiiclus. YISSIT. js(furl. * sudco. TRIRESMIS. 76. 257. 287. 316. Marse Cerie.r. 121. 7Lebasium. 262. 312. Poimunie. . 76. 307. en -o. 49. 283 . 251. 257.T. -5-. 79. 274. fsubulo. siiiiuis. 287. 297. iierêdus. ]'slica. souo. 280. 273. YITORIA. 297. 297 . :)-2u — Ti'ôiiujnia. 21' . * sucdo. *vidova. 121. -fuebrinum. Wj-sfigmnn.o-. /: d. 119. uenalinara. ne rt agi Ci. teccina. 257 . -fsouo. 300. 215. 283 179. 160. 6. 49. 'fCavy. -\touo. 122. 300. vEic(o). flusare. 180. suite. 120. 6. 7 i/iVr/. 187. 287. uiocfirus. Il TASEN. --t'Hjmoji. Nouesede. 7 -tadc. 295.. 257. 251 YIGSIT. 222 . 7 fas en a. 282. hiretum.s- =i di. 246. 50. 313. soihts. poleenis. sing. Diphtongue au. Inscriptions de Falerii ueteres et de Falerii noui. — sôdes. 49. 7 falacer.). VECOS. subtilis. 297. et Marriicin. -r. -ine. -tiido. Grammaire h f. 320. 274. pi. 119.y. i^is- tcmô. nom. \\ t'imqne. * Fe/vûs 284. 7 ausum. Falisque. 315. 245. 'f7(ec/tis. 121. 130. 160. : = . . regen(a). \ trique dra. 319 zenatuo. *sû. \*tu.

135. Inscription Herentas. — 330 — Pèlignien. 262. . aidil. erapratois. terûm. 309. 103. 296. Niumeriis. -cirix. 134. -ine. 156. esuf. 192. inscriptions de Pompéi. 296 neip. incubât. ligis. 256. cli.. Inscription de Flore.. 309. pestlùm. — — = . en -as -ûs {-os). degerasis. Annaes.. suois. 277. meddixud. Les gutturales: j {/. 205. *ohtrnf[r)i-. Gémination. tl. 130. tanginud. 309. 256. hipid. 194. k Consommes: Échanges 262. xixix/. embratur. — = . puclois. inaimas. 45. faciis. pustin. 256 chute de h. Influences latines. 192. 116. Voyelles: ol-. 316. 135 Table de Bantia. 283. 135. 309. alttrei. 192. 312. 296 groupes kt et pt. 246. Osque. 191. 135. essuf. lexe. 179. 178. . plur. . . post. -o et -ii. 221 221 -o et -u. 9.zz. ?iuniveresîm. casnar. 130. 187 nom. 273. angitii. 218. 135. 134. 283. 273 aspiration des fortes. 194. l. 317. Popdis. nep. . 193. -s. 129. logie: Thèmes en -u. 143. 314. nepis. aetate. prae fucus. ùltiumam. 143. ampnijid. . — Chute de -s. 296. . 178. eite. 313. Morpho309 ki. 118. -0. 277. deiuatuns. 251. ai nid. o.. 118. iiepon. entre douces et fortes. altrei. 116. 313. 283. 297. ffamel. 135. . 317. 130. de C. (ingctuzet. Zs^Tcç. fifikus. 211 mais. 274. zicolo-. '^.. eestint. 295. teras. 129. 140. 117. 316. peesslùm. 256. deketasiûi. 143. 252. épitaphe Influences latines. 194. fakiiad. sipus.

louinam. 239. 124. — = — 297 . :301. Puemune. 192.:{:}i Volsque. isoc.. 273. lapuscom. dupla. et Le son 298. 274. influences sabines. sepse. 306. Aurunqiie Inscription de Vellétri. Ombrien. 245. -oim) 192. 238. -ô{r). 187. -nf. 102. adrer. lettome. -ine. . 282. 262. 301. pustin. fato. inscription d'Assisium. 297. 46. 9. — Vocabulaire Auninkad. Morphologie chute de -g-. 156. 194. Fisc. 192. 222. s. curnaco. Ininfluences 76 . krenkalrum. 314. 222. 2" sing. en -F. r. Vesuna. adro. Voyelles: o{l)-. 302. hésitations entre k: c\c. se sa. 312. 287. 297. 278. per. 315. mofar. 298. esm. 298. uo = au (dial. latines. Houina. :U7. — : = : .). . Géniination. Thèmes en -a. 159. 194. phir. 157. lOG lluonces celtiques. 317. 301. kl. 163. 220. en -or. 157. nincla. 210. 315. o: Couronnes Adoucissement des fortes. tuer. -uni. 309. post. 187 nom. 298. 297. 311. 277. 205. 297. Voisiener. en -as. . 199. 302. 277. ïabuscom. 187. criïigatro. \\pupièce. et -r. louer. m3\aa. plur. 315. 199. 273. 218. 164./ fj. chute de h. fîktu. : a. Les gutturales: c-. 317. 76. -â{r) -ûs. sereihtor. = : -. conegos.s:s.s- . 105. 297. faaia. 194 atone. l et /^ /. 273-. 301. 162. 315. \\cislerno. 311 groupes kt et ^j/. 301. o u. Pupdikes. -û{r). Tables Eiigubines. Vofio. 298. rehefi. LANGUES ROMANES Foy<"/^'5 : u = o. neut.

162. zavorra. wi^:. bevero. <. battoro.o. orecchio. î'o/. anatra. |l/6'y«. 257. 230. \\attnife. ci. \\aurcgla. . : jonctif.). 196. 1" plur. 294.so::. Influences italiennes. 300. groupe et. nli. 222. nge. 274. rovina. Wandrj. anitra. 5. — : — = \\ahbi. 278.). y*02. 163. \\fpjj a la. voyelles éphelcystiques. en -attf (dial. 283. 163. 319. 271. chi. 286. 287. qu (dial. 224. 319. -// et Consonnes: — = = . 308. 200. 5. 117. 319. 257. ||alcidere. Alfidena. 273. Vogrllcs: a 191. ancidere. 161. 162.^^ 256. 112. /m. = = = — . ti. 117. -iamo. ol ^= au. . 294 308 . 2b6. \\artro.). -u et -o (dial. 248. 245. savorra. ll^^/'/yV/. 2(V2. 278. Ass'm.— 332 — 275.. nuolarf^. battor. b (dial. 270.sr224. 230. (plur. 199. ostcria. 296 gc-. -. Sarde. 248. vecchio. 309. —Morphologie Plur.stetti. 5. 293. 280 che. 190.. f. 230. -/. CA?7/. ' /^fr<VA>.î>ez.o.%^t' ??^ (dial. 270.). . h th. atter. 256. 199. o. ci. rubarc. 230. barvattu. impératif négatif. neut. 245. 256. 256. Emidio./ //. 163. 283. voyelles éphelcystiques. 224. 8. 296. (fjiàde. 307. 278. parf. 198. t fi. \\ugello. 280. Conso7ines\ rv. Durcissement des douces. cornacchia. 320. 6. ebbi. aittro. 320. ||//o/"0. al. 314. 162. rb. / et V. 117. 310.). 5. 230. 295. /^ro. ||. ||oregie. . 240 . 310-. 196. z. 229. 213. 251. Morphologie Imparfait du sub. — . ||auru. 278.s^'^ s?'^ 319. luogo. 163. /•? //r.). 162. servir e. û. 275. IliJo::. -tade.. atlrru. 283. Wolculcre. neut. Adoucissement des fortes. c 2'' sing^. 198. 230.s7'. 283. -o. ^rm/.

191. y>r>'. 191. oli). 30S). 270. 191.////^/. WOS. poo. ua = 288. 280. . /tapisit. 191. : (Végliote). IVol. 191 r/j. '2b(K cherbinu. :5()9. rejor. racle. barijrcho.— Injii. 270. :vx\ — 190. (Irainmairc : rr = rb. 280. (>. 278. 286. 161. /Jor. = it. 5. Wproja. Dalmate Vot/rl/rs ploif. Iioto. . : dimdt'. nitia. ayiin. Poi'iizg'ajs. p. -cri [pliir. 286.suppuHare. 245. 262. 4. 239. soddt(. /loi'. bclro. 191.2SS. 239. cnmone. oricla. iulinitif pcr. 286.20\. -eris). 286. dohi. 248. freargiu. Wbofhl'n'i. gortollu. 27U.). " niofJitK. oi'ija. /^o/'^ 239. ispunccUare.')10. 248. (U'crii. co/on/. Morphologie Parfait du sul)joiictif. yV. 239. 288. //^'"f^ culebra. yo/'o. . . — Vocalndaire : Espagnol. 6. 246. -^86. 278 -o et -i/ (dial. 270.suimel. friittora. (h)appil. /?//o. 12. 1()4. 288. inuuinri'. 6. impé- ratif négatif. a/oiilo. 196.^>20. (fomo. oi 288. olier. ovrlha.'ÎIO. 101. corhu. 4. 117. para. 271. 261. 217. . plaiija. bibaro. Vltonvtiquc rc : = rf/. . inilnno. .280. zaliorra. 251.j|//o/Y^Y/r^/^ holinnts. bihai'o. ' goUire. 288. 311. 190. — u ^= o. 161. yvwrt. sera. jjwz(/. 264.

\\\ laurier. . 209. 37. 79. — :vM — Catalan. 252. 74. Vocabulaire 227 pluriel. cl. 285. e. 162. 251 falloir. ocire. o« ei. Rhétique. vezoa. imparf. pour. 278. = sing. 6 Morpholofjir: Nom. 196. 264. ai =z iu. en -rva. Formes empruntées. 248. 194 . u = n. 227. 270. plusieurs. fjiïm. 166. plur. 287. . 253. — Nomin. 44. 163. s'entre-. -aus. '. puis. — = : — = ainz. rc ^= rb.. 195. . arele. qu (dial. 303. 195. Ipi'jin. 4o. o = a. 6. am := om Mots savants. 251 . roveret. 285. ti.). biècrc. 307 -u. aliauzir. 5. 23. plusor. 112. 161. .). vibre. 318. 10. muriscli. 6. 202.. aucire. \\a)ii. plur. aitant. 16:5 . c. 247. fi)uon. o. 293.295. 9. 18'. 160. amb. Provençal. dommage. 4. — Vocabulaire sing. V° -iva (dial. rb. 264. u -zzz au atone dial. en -n. 117. yencire. por. 6. 79. /rrA/^ 5. en -s. — : Vnip-ltrs : a = au. n =^ . rdl. 16:). Voijellcs: o =. 302. glazi. "ioO [eya. -o. Cnnsonucs rv. 83. 264. 299. Grammaire: a 270. 44. 284. Français. 156. relire^ 287.). 239.).jn. orleil. au. 162. ordi. 159. \\fera. //. am. - — atone. 195. aurellia. impératif négatif. fond elle. 163. : 44. et ace. 308. al. 6. aitre. 25. Iru/fe. 239.

ru. palru. -//?^'. popor. 230.'229. 315. i>{r)h\h'c. 194. toU). . 270: //. 26'. c = 195. 230. -II. 239. . f/Jinid. 248. 262. 293 groupe f/ (f/f). parfait du subjonctif. 262. — : 248. /*o/. 271. roi. impératif négatif. 230. — = qt(. CuiisoniK's: rh Morp/iolof/ir 2" sing. brcbrnà. ràf/urà. 5. 299. c/.]. 189. 287. 217. urcchir. -t.

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— — : 31 . Persistance des idiomes prétendues langues mixtes. Le principe de l'unité du latin vulgaire. . vinces.ME DU LATIN VULGAIRE Aperçu liistorique sur la question du latin vulgaire. des idiomes barbares non italiques sur le latin des provocabulaire. barbares exemples de l'Espagne. — . Les formules chronologiques de Grtiber la prisca lalinilas . Fuchs et le Volkslalein Jordan muni- de Max Bonnet et les rapports du latin vulgaire avec la langue littéraire. Pott et la lingna et le latin franca. le latin des provinces. . . de la MesInfluences La romanisation des provinces. vinces influences celtiques Caractère artificiel de la latinisation des prosyntaxe. sapie. critique des théories le latin modernes . morphologie. La méthode des reconstructions distinction entre le roman et analyse de quelques le latin vulgaire proprement dit — — — . exemples COUP D'ŒIL GENERAL SUR LES ORIGINES ET LE DEVELOPPEMENT DU LATIN VULGAIRE Examen cipal . l'unité linguistique de l'Empire des inscriptions la théorie — — : — — . Préface vu LE I'R(tl5Li:. les sur le latin littéraire. de l'Etrurie. Le vieux latin dialectal d'Italie. Le vieux latin dialectal de l'Italie et les langues italiques. . influences des dialectes italiques \'d perer/riniUis ilalica Le latin dans les provinces.TABLE DES MATIERES Pages.

sing. le le l'Italie les Marses. lesécoles etleurinfluence. final: les nomin. en -m'. — Caractères du latin dialectal de avant Guerre Sociale l'Ombrie. la Lucanie Repeuplement de l'Italie du Sud et ses conséquences linguistiques. — — cation du latin vulgaire d'Italie 87 IV RESTAURATIONS ET INFLUENCES LITTÉRAIRES L'Italie et les provinces. du neutre et du masculin. les Vestins. unification progressive de l'Empire. — : — — — . plur. tations entre g et q n: les dialectes les survivances romanes application aux nomin. en -/ et en -la chez les populations celtiques. masc. théorie d'Eyssenhardt. Propagation de l'idiome littéraire et officiel.— 338 - III CONSTITUTION DU LATIN D'ITALIE L'unification de la langue vulgaire et la disparition des an- ciens patois latino-italiques — Les anciens dialectes du du latin — Etat des Italiotes avant Guerre Sociale latinisation de Tltalie. en -/dans la Transalpine essai de restauration du génit. latin de du Nord. Nomin. le régime des colonies. dans l'Italie du Sud: premières contaminations de l'osque par le latin. en -aex. . plur. Analogie dans les autres déclinaisons. riiistoire d'Italie. — Le latin chez les peuples sabelliques. histoire de la diphtongue au en latin vulgaire. plur. et . — Persistance des dialectes osques. sing. et de l'accus. plur. Picénum. en Ombrio et généralement en Italie les fémin. les patois comI)attus par la Sociale. — — . l'administration civile. date critique dans : Latium. — La Guerre . -o()i). dans le Samnium et chronologie de la Table de Bantia. langue officielle. en -as. latin d'Italie effacement des traits dialectaux sous l'influence grandissante de la langue officielle. du comj)ai'atif 151 . — Les anciens patois locaux chez les Péligniens. Chute et rétablissement de -. Examen des faits dans le latin vulgaire de la Rhétie résumé des données linguistiques. les armées. Conséquences morphologiques de ces phénomènes fusion du nomin.. hésien -us.' la la : l'Italie la .*. — L'ombrien les Tables Eugubines et leur chronologie. Histoire des nomin. survivances modernes. La Guerre Sociale et ses résultats en Campanie. Constitution de la nationalité italique et unifi- — .Caractères du . Eusion des thèmes en -u et en -o . Restauration des nomin. fém. Comment s'est réalisée l'unité du latin vulgaire et comment elle s'est rompue. en -o(s). — — — — : .

essai d'une détermination chronologique et topographique du groupe ru le groupe ol-. Archaïsmes dans le latin des Gaules. . etc. Première périofle : Formation des dialectes latino-italiques. Caractère complexe du latin vulgaire difficultés et hésitations de la chronologie.— 339 — V L\ LATIMTl': DKS PROVINCES Caractères et origines du latin des provinces. — Iinpriiucrio L)t rand. iuo Fiilhert. .' . I .MENT DUNE CHRONOLOGIE . — . Survivances dialectales en Italie.' origine et chronoloMie de r groupes //' — . de ng le pronom ef/o les groupes Ir II ri. Deuxième période: Constitution du latin général d'Italie. Situation particulière de la Dacic importations provinciales et échanges réciproques. Histoire de g. Etablissement d'une méthode chonologie générale du latin vulgaire. 523 Chartres. : .• : — — 20(1 : Index. Histoire des gutturales en latin vulgaire . — Formules d'Espagne appauvrissement progressif du système verbal. . 230 \'I KTABIJSSE. Troisième période Unification du latin impérial. ri. — . Triomphes du vocalisme Italique sur le vocalisme latin. chronologiques le latin d'Afrique le latin : . ~ — — . et témoignages historiques et épigraphiques. Quatrième période Décomposition du latin vulgaire impérial.

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iA 2619 M65 Mohl. Friedrich Georg Introduction à la chronologie du latin vulgaire PLEASE DO NOT REMOVE FROM THIS CARDS OR SLIPS POCKET UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY .

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