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Vincent Ferrier

TRAITÉ DE LA VIE SPIRITUELLE
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PRÉFACE Sollicité par des membres plus jeunes de sa famille dominicaine de composer un ouvrage d'ascétisme, saint Vincent Ferrier déclare ne pas faire œuvre de doctrine personnelle, mais traditionnelle. Il attache, comme on le verra, une grande importance à cette déclaration initiale. ** *

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Matière du traité Je n'expose dans ce livre que la doctrine traditionnelle des saints Docteurs. Cependant, pour établir mes affirmations et pour persuader, je n'apporte aucune citation de l' criture ni de quelque Docteur en particulier ! car je veux "tre bref. #n second lieu, je ne m'adresse qu'$ ceux qui sont désireux d'"tre a%réables $ Dieu. #nfin ! je prétends éclairer les &umbles de c'ur déj$ persuadés, et refuse toute discussion avec les or%ueilleux. et avertissement vaut de l'or. !'auteur n'entend rien innover. Son ouvrage sera, comme on l'a si bien dit " le résumé, fait par un tr#s grand saint, de la doctrine spirituelle des saints. $ son insu, l'auteur se donne lui%m&me en e'emple. Les actes doivent précéder a paro e! (uiconque veut faire du bien aux )mes et les édifier par ses paroles, doit avant tout posséder en lui*m"me ce qu'il ensei%nera aux autres, sinon il réussira peu. +a parole demeurera inefficace tant que ses auditeurs ne le verront pas pratiquer ce qu'il ensei%ne, et avoir plus de vertus qu'il n'en exi%e d'eux. (joutons à cette préface de notre saint, une page enrichissante de la m)sti*ue de l'+rient chrétien.

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La paro e de "action vivante! ,saac de +-rie disait au V,, e +i.cle ! la parole de l'action vivante est tr.s différente des mots de la beauté. Car m"me sans expérience la sa%esse /&umaine0 sait orner ses paroles et parler de la vérité sans la conna1tre réellement. 2lus d'un peut parler de la perfection sans en conna1tre les 'uvres par expérience personnelle. ,ais la parole *ui proc#de de l'e'périence est un bijou au*uel on peut se fier. #t la parole qui n'est pas fondée sur le fait est une &-pot&.se de &onte. C'est pour ainsi dire comme un peintre qui peint de l'eau sur un mur, mais n'est pas en mesure d'étanc&er sa soif, ou comme un &omme qui fait des r"ves merveilleux. 3ais celui qui parle de la vertu par expérience vécue, celui*l$ donne $ ses auditeurs des mots qu'il a acquis par sa peine, et la le4on qu'il s.me dans les oreilles de ceux qui l'entendent semble sortir du tréfonds de son )me.

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PREMI#RE PARTIE $ LES F%&DEME&TS DE LA VIE SPIRITUELLE I! La pauvreté vo ontaire

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+n sait *ue la petite -hér#se de !isieu' avait une formule bien simple pour parler de la perfection. Il faut, disait%elle, prendre l'ascenseur *ui monte à la perfection. +n appuie sur le bouton de l'intention d'amour, on ouvre son .me à l'amour, on agit et on s'él#ve ainsi dans l'amour. /n termes e'*uis elle e'primait la mentalité à créer pour se détacher des choses d'ici% bas. 0'apr#s saint Vincent Ferrier, ce détachement doit &tre dans l'esprit, dans le cœur et dans la volonté. 0ans l'esprit d'abord par l'absolu mépris de tout ce *ui est terrestre 1 dans le cœur, par le dégagement de toute affection, désir ou regret 1 enfin dans la volonté, par l'usage aussi restreint *ue possible des biens terrestres. -out cela re*uiert une asc#se de la vie spirituelle *ui commence par la pauvreté volontaire. ** * Le détac'e(ent des c'oses de a terre! ;vant tout, il est nécessaire que le serviteur de Jésus*C&rist méprise les biens terrestres, les consid.re comme du fumier, et en limite l'usa%e aux besoins essentiels. <éduisant ses besoins $ peu il souffrira m"me quelque %"ne par amour de la pauvreté, car, on l'a dit ! = Ce qui est méritoire ce n'est pas d'"tre pauvre, mais, quand on est pauvre, d'aimer la pauvreté et de supporter jo-eusement et all.%rement pour Jésus les privations de cet état >. Le détac'e(ent apparent! ?élas @ Combien ne sont pauvres que de nom @ ,ls se %lorifient d'"tre pauvres $ la condition de ne manquer de rien. ,ls se disent amis de la pauvreté, mais ils fuient de toutes leurs forces les inséparables compa%nons de la pauvreté ! la faim, la soif, le mépris, l'&umiliation. Ael n'était pas Celui qui, étant souverainement ric&e, s'est fait pauvre pour nous. ,l n'était pas ainsi, notre 2.re saint Dominique, ni les apBtres qui nous ont instruits par leurs discours et par leurs exemples. Co((ent prati)uer e dépoui e(ent! Ce demandeD rien $ personne, sauf en cas de véritable nécessité. C'accepteD pas de présents, m"me si on les offre avec instances, ni m"me sous prétexte de les distribuer aux pauvres E et so-eD sFr que votre désintéressement édifiera %randement ceux qui l'apprendront. Votre refus les portera plus facilement au mépris du monde et au soula%ement d'autres pauvres. 2ar le nécessaire, j'entends ce dont vous aveD besoin présentement ! une nourriture fru%ale, des v"tements simples, des c&aussures modestes. Je ne mets pas au nombre des c&oses nécessaires que vous possédieD des livres. (ue de fois les livres servent de prétexte $ une avarice coupable @ Ges livres de la communauté, et ceux qu'on peut emprunter, doivent vous suffire. Les résu tats du dépoui e(ent! VouleD*vous conna1tre clairement les effets de mes conseils H 3etteD*vous d'abord $ les pratiquer &umblement. +i vous vouleD les contredire par esprit d'or%ueil, vous n'- comprendreD rien. Car le C&rist qui nous a ensei%né l'&umilité par son exemple, découvre aux &umbles la vérité qu',l cac&e aux superbes.

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II! L"a(our du si ence

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+n ne saurait e'agérer l'importance du silence comme préparatif pour épurer l'.me. !e recueillement e'ige le silence. 'est pour*uoi celui%ci a toujours été considéré dans l'+rdre des Fr#res 2r&cheurs comme le 2ater 2raedicatorum. omment pourrait%on travailler intellectuellement, se concentrer, se recueillir, sans une 3one de silence 4 !'e'périence nous fait voir *ue le man*ue de silence nous ravit maintes fois la pai' et la tran*uillité de l'.me. 5'a%t%on pas justement dit *ue le silence est d'or. ** * Répression de a an*ue! ;pr.s avoir établi la pauvreté $ la base de votre vie spirituelle, $ l'exemple de Jésus*C&rist Gui*m"me, commen4ant son discours sur la monta%ne par ces mots ! 6ienheureu' les pauvres en esprit, vous deveD vous appliquer virilement $ réprimer votre lan%ue. Vous l'aveD re4ue pour dire des c&oses utiles ! qu'elle s'abstienne donc de paroles oiseuses et frivoles. Prati)ue du si ence! 2our mieux %ouverner la lan%ue, accoutumeD*vous $ ne parler que pour répondre, et seulement lorsqu'on vous posera des questions nécessaires ou utiles. Ine question vaine ne mérite que le silence. +i toutefois on vous dit des plaisanteries par mani.re de récréation, ne so-eD pas c&a%rin, mais accueilleD*les avec une certaine %aieté de c'ur et un jo-eux sourire. JardeD*vous néanmoins de parler, dFt votre silence provoquer des murmures, de la tristesse, du bl)me E dussieD*vous passer aupr.s de vos interlocuteurs pour un "tre sin%ulier, sév.re et insupportable. Votre devoir alors est de prier Dieu avec ferveur de c&asser de leur c'ur tout sentiment d'amertume. 2arleD cependant si la nécessité vous - obli%e et que la c&arité ou l'obéissance le demandent. ;-eD soin alors de ne parler qu'apr.s sérieuse réflexion, en peu de mots, &umblement et $ voix basse. KbserveD cette m"me r.%le si vous deveD répondre $ quelqu'un. Ses 'eureu+ e,,ets! +ac&eD vous taire un temps, afin d'édifier le proc&ain et d'apprendre ainsi $ parler comme il faut, quand le moment sera venu. #n attendant, prieD Dieu de suppléer $ votre silence en inspirant intérieurement $ vos fr.res ce que l'obli%ation de dompter votre lan%ue vous emp"c&e pour le moment de leur communiquer. III! La pureté de c-ur 7amenés par l'esprit de pauvreté et l'amour du silence au recueillement, il nous reste à purifier le fond de notre cœur. 'est la troisi#me étape dans le chemin de la vie spirituelle.

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La par,aite pureté de c-ur!

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Gorsque la pauvreté volontaire et le silence auront banni de votre c'ur les nombreuses sollicitudes qui étouffent les semences de vertus que l'inspiration divine ne cesse d'- jeter, il vous reste $ déplo-er des efforts plus vi%oureux encore pour acquérir les vertus qui vous am.neront $ la pureté de c'ur. +uivant la parole du +auveur, cette pureté est telle qu'elle ouvre l'esprit $ la lumi.re intérieure et le rend capable de contempler les c&oses de Dieu. #lle établit l')me dans un tel repos et une telle paix que elui dont la pai' est la demeure dai%nera &abiter Gui*m"me en vous. ,l ne s'a%it pas de cette pureté qui bannit seulement du c'ur ces pensées criminelles défendues $ tous, mais de cette parfaite pureté de c'ur qui écarte, autant qu'il est possible ici* bas, tout ce qui est opposé $ Dieu pour ramener $ Gui seul toutes nos pensées et tous nos désirs. Kr, pour obtenir cette pureté céleste et en quelque sorte divine, puisque elui *ui s'attache à 0ieu est un seul esprit avec !ui, plusieurs c&oses sont nécessaires. Co((ent s"o.tient a par,aite pureté de c-ur $ par e renonce(ent / a vo onté propre! #n premier lieu, emplo-eD*vous $ vous renoncer vous*m"me, selon le précepte du +auveur ! Si *uel*u'un veut venir apr#s moi, *u'il se renonce lui%m&me . Cela veut dire qu'il faut se mortifier en tout, fouler aux pieds, pour ainsi dire, votre propre volonté, la contredire en tout, et embrasser de bon c'ur la volonté des autres, c&aque fois que celle*ci est licite, permise et &onn"te. L Dans les c&oses matérielles #n r.%le %énérale, lorsqu'il s'a%it des c&oses matérielles destinées aux besoins du corps, ne suiveD jamais votre appréciation personnelle contre celle des autres, celle*ci fFt*elle m"me moins judicieuse. +ouffreD plutBt toutes les incommodités pour conserver la paix intérieure de l'esprit toujours troublé dans ces petits débats oM l'attac&ement aux vues personnelles et aux propres décisions provoque des pensées et des contestations non c&aritabes. L Dans les c&oses spirituelles. 3"me dans les c&oses spirituelles ou qui s'- rapportent, ré%leD*vous sur la volonté des autres pourvu que celle*ci soit bonne, la vBtre parFt*elle meilleure et plus parfaite. Car vous perdreD plus en diminuant en vous l'&umilité, la tranquillité et la paix par vos querelles, que vous ne pourrieD %a%ner $ pratiquer n'importe quelle vertu selon votre %ré et contre celui des autres. Cela doit s'entendre de vos familiers dans l'exercice de la vertu, de vos émules dans le désir de perfection, et non pas de ceux qui appellent le bien mal et le mal bien. Car pour ceux*ci, ils passent leur temps $ scruter et $ condamner les paroles et les actions des autres au lieu de corri%er leurs propres défauts. Geur ju%ement dans les c&oses spirituelles ne vous affecte pas E mais dans les c&oses matérielles, c'est différent. ,ci vous aveD tout intér"t $ a%ir selon leur bon plaisir, quel qu'il soit. Le saint a.andon! 2arfois, alors que Dieu vous inspirera quelques bonnes 'uvres pour sa %loire, votre avancement spirituel ou l'utilité du proc&ain, on - mettra obstacle, ou m"me vous en emp"c&era enti.rement. (ue ce soit le fait de vos supérieurs, de vos é%aux ou de vos inférieurs, ne vous amuseD pas $ discuter. <entreD en vous*m"me, et, l$, plus attac&é que jamais $ votre Dieu, dites* Gui ! Seigneur, je souffre violence, réponde3 pour moi. Ce vous attristeD point de ce contretemps ! Dieu ne l'aurait point permis s'il ne devait, en fin de compte, tourner $ votre avanta%e et $ celui des autres. Nien plus ! ce que vous ne vo-eD pas encore, vous le verreD plus tard E vous comprendreD alors que ce qui apparemment entravait vos pieux desseins les aura en réalité servis. (ue

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d'exemples je pourrais vous citer tirés de la +ainte criture, celui de Josep& et de tant d'autres, si je ne m'étais interdit de le faire. Cro-eD*en mon expérience, elle vous en %arantit la parfaite exactitude. D'autres fois c'est Dieu lui*m"me qui mettra obstacle $ vos efforts pour sa %loire en vous envo-ant une maladie ou en faisant sur%ir un autre événement. Ce vous en attristeD point. <eceveD tout avec une )me é%ale et confieD*vous enti.rement entre les mains de Celui qui sait mieux que vous*m"me ce qui vous est utile et qui travaille continuellement $ vous élever vers Gui, peut*"tre $ votre insu, pourvu que vous vous abandonnieD $ Gui sans réserve. (ue tout votre soin soit donc de conserver la paix et la tranquillité du c'ur. (u'aucun événement ne vous affli%e, sinon vos péc&és, ceux des autres ou ce qui pourrait conduire au péc&é. Ce so-eD pas en peine de tous les accidents qui peuvent survenir. <éprimeD tout sentiment d'indi%nation en présence des fautes d'autrui. ;-eD de l'affection et de la pitié pour tous, vous souvenant toujours que vous ferieD peut*"tre bien pis qu'eux, si le C&rist Jésus ne vous soutenait de sa %r)ce. Morti,ication de "a(our0propre!

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L 2ar le support des injures AeneD*vous pr"t $ accepter pour le nom de Jésus tous les opprobres, toutes les peines, toutes les contradictions, sinon vous ne pourrieD "tre son disciple. (uant au moindre désir de %randeur, sous quelque prétexte que ce soit, de c&arité ou autre c&ose, c'est la t"te du serpent infernal qui se dresse ! tout de suite il faut l'écraser avec le b)ton de la croix, vous souvenant de l'&umilité et de la cruelle 2assion de l'?omme*Dieu qui a fui les &onneurs de la ro-auté pour souffrir la croix sans re%arder $ la &onte. Aoute &umaine louan%e est un poison mortel qu'il faut fuir avec &orreur. <éjouisseD*vous donc si on vous méprise et so-eD intimement persuadé du bien fondé de ce mépris, car vous ne mériteD que dédain. L 2ar la considération de notre mis.re Ce perdeD jamais de vue vos défauts ni vos péc&és et t)c&eD d'en pénétrer la mis.re. (uant aux défauts du proc&ain, faites en sorte de ne pas les voir, jeteD*les derri.re vous. +i vous ne pouveD vous emp"c&er de les remarquer, diminueD*les, excuseD*les miséricordieusement, et in%énieD*vous $ porter secours $ vos fr.res. DétourneD ainsi les -eux du corps et de l'esprit de la vue des autres afin que vous puissieD vous considérer vous*m"me avec plus d'attention. L G'imperfection de nos bonnes 'uvres #xamineD*vous avec soin et ju%eD*vous lo-alement. (ue c&acune de vos actions, de vos paroles, de vos pensées soit passée au crible pour - trouver mati.re $ componction. Dites*vous que le bien que vous faites est loin d'"tre parfait, qu'il - manque la ferveur nécessaire, qu'il est toujours souillé d'imperfections nombreuses, de sorte que toute votre justice peut $ bon droit "tre comparée $ un lin%e sale et dé%oFtant. 1u(i ité / "é*ard de Dieu! <epreneD*vous sév.rement vous*m"me et $ toute &eure. Ce laisseD passer sans un bl)me sév.re ni vos né%li%ences en paroles et en 'uvres, ni m"me vos pensées non seulement mauvaises mais inutiles, et teneD*vous pour plus vil et plus misérable devant Dieu $ cause de vos imperfections que n'importe quel péc&eur coupable de n'importe quels péc&és, comme di%ne d'"tre puni et exclu des joies célestes, si Dieu vous traitait selon sa justice et non selon sa miséricorde, puisque vous a-ant donné plus de %r)ces qu'$ d'autres, il ne trouve en vous

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qu'in%ratitude. #n outre repasseD souvent dans votre mémoire avec un vif sentiment de crainte que tout ce que vous aveD de disposition au bien, de %r)ce ou de désir de la vertu, vous ne le teneD pas de vous*m"me, mais de la seule miséricorde du C&rist qui eFt pu, s'il l'eFt voulu, enric&ir de ces faveurs le dernier des mortels et vous laisser dans un ab1me de boue et de mis.re. 1u(i ité / "é*ard du proc'ain! +o-eD tous les jours de plus en plus persuadé qu'il n'est point de péc&eur si c&ar%é de crimes qui ne serv1t Dieu mieux que vous et qui ne fFt plus reconnaissant de ses bienfaits, s'il avait re4u les m"mes %r)ces dont ,l vous a comblé par une bonté toute %ratuite. Vous pouveD donc, sans vous tromper, vous re%arder comme le plus vil et le plus bas des &ommes et craindre avec raison d'"tre rejeté de la présence de Dieu $ cause de vos in%ratitudes. Goin de moi cependant d'affirmer que vous devieD vous croire pour cela &ors de la %r)ce de Dieu et en état de péc&é mortel, bien que d'autres soient peut*"tre c&ar%és d'une infinité de péc&és. (u'en savons*nous au fond H Cotre ju%ement est trompeur et beaucoup de c&oses nous sont cac&ées, nous i%norons par conséquent si Dieu n'a pas touc&é leur c'ur en un moment, leur donnant la %r)ce d'une contrition parfaite. Gorsque votre &umilité vous comparera aux autres péc&eurs, il n'est pas indiqué d'entrer dans le détail de leurs désordres. C'est asseD de les considérer en %énéral, pour leur comparer votre in%ratitude. +i néanmoins vous vouleD les examiner en détail, vous pourreD en quelque mani.re vous les approprier, en %ourmandant ainsi votre conscience ! Cet &omme est &omicide E ne le suis*je pas aussi, moi, qui tant de fois ai tué mon )me H Cet autre est fornicateur et adult.re E et moi ne le suis*je pas davanta%e, qui tout le jour détourne mon attention de Dieu et c.de aux su%%estions diaboliques H #t ainsi de suite. La nécessité de a co(ponction! +i toutefois vous remarqueD que cet exercice de componction vous porte au désespoir, laisseD cet exercice et livreD*vous $ l'espérance par la considération de la bonté et de la clémence de votre Dieu qui déj$ vous a prévenu de tant de bienfaits et voudra certainement ac&ever en vous l'ouvra%e qu',l a commencé. D'ordinaire l'&omme spirituel qui a déj$ quelque expérience de Dieu ne tombera pas en cette tentation de désespoir lorsque dans sa ferveur il se reproc&e son in%ratitude et sa faiblesse. Cela peut néanmoins se produire et de fait arrive souvent aux commen4ants, surtout $ ceux que Dieu a délivrés de %rands dan%ers et de nombreux péc&és. IV! L2union divine !'humilité est source de lumi#re, 8 elle ouvre les )eu' de notre .me à la lumi#re de 0ieu 9, dit saint Vincent Ferrier. !'humilité conduit à la pureté de cceur 1 la pureté de cœur à l'union divine par la contemplation. 5otre auteur va maintenant décrire les heureu' effets de la pureté de cœur. ** * Union divine par a conte(p ation! 2ar ce lon% travail de réflexion vous formereD en vous cette excellente vertu, m.re et %ardienne de toutes les autres, l'&umilité E laquelle $ son tour, purifiant votre c'ur de toute

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pensée superflue, lui ouvre les -eux et les rend capables de contempler la majesté du +ei%neur. #n effet, quand on se replie sur sa bassesse pour s'anéantir, se mépriser, se reprendre, se détester et se déplaire profondément $ soi*m"me, on est si bien occupé des affaires de son )me qu'on n'est plus en état de penser $ autre c&ose. Kn en oublie tout ce qu'on a pu autrefois voir, entendre ou accomplir, tout ce qui est du temps s'évanouit. Kn commence $ se recueillir et se retourner sur soi*m"me d'une mani.re si admirable qu'on approc&e de la justice de son ori%ine et de la pureté des esprits. ;insi, toute repliée sur elle*m"me, l')me s'ouvre davanta%e aux puissances contemplatives et se dispose %raduellement par une ascension m-stérieuse $ la contemplation des an%es et de la divinité. #t dans cette contemplation l')me s'enflamme d'un tel amour pour les biens célestes qu'elle re%arde les c&oses de la terre comme un pur néant. C'est alors que s'allume dans le c'ur la parfaite c&arité. +on feu ardent - consume toute la rouille des péc&és et remplit si totalement le c'ur que la vanité n'- trouve plus d'acc.s. Désormais pensées, paroles, actions proc.dent de l'amour. Principe de sécurité et 3(e de tout aposto at! G'&omme dans ce bien&eureux état peut entreprendre l'exercice de l'apostolat en toute sécurité, sans dan%er de vaine %loire. Car, encore une fois, la vanité ne peut se %lisser l$ oM r.%ne la c&arité. 2ourrait*il d'ailleurs "tre tenté par quelque avanta%e temporel, lui qui les re%arde comme une ordure H Ge désir de la louan%e pourrait*il l'ébranler, lui qui devant Dieu se re%arde comme un vil fumier, comme un "tre di%ne d'abomination, un misérable péc&eur capable de tomber dans les pires désordres si la main secourable de son Créateur ne le retenait sans cesse H Comment pourrait*il se %lorifier de ses bonnes 'uvres, lui qui voit plus clair que le jour qu'il est radicalement impuissant pour le bien si d'&eure en &eure il n'- est poussé et en%a%é par la %r)ce toute*puissante de Dieu H Comment s'attribuerait*il quoi que ce soit comme venant de lui*m"me, lui qui a expérimenté cent et cent fois son impuissance en toute 'uvre, %rande ou petite, alors m"me qu'il le voulait E tandis que d'autres fois, sans le vouloir pour ainsi dire et sans se mettre en peine et presque sans - penser, il s'est senti saisi d'une admirable ferveur et capable de réaliser ce qui dépassait ses forces H Dieu permet effectivement, pendant lon%temps quelquefois, ces constatations d'impuissance au bien, afin que nous apprenions $ nous &umilier, $ ne jamais nous %lorifier en nous*m"mes, mais $ rapporter $ Dieu, non seulement par une certaine routine, mais dans la sincérité de notre c'ur, tout le bien qui se fait. C'est facile $ celui qui, instruit par sa propre expérience, voit clairement les données du probl.me ! incapacité de faire aucune action, bien plus incapacité m"me de prononcer le nom de Jésus, si ce n'est par la vertu de l'#sprit*+aint et par la %r)ce de Celui qui a dit ! Sans ,oi vous ne pouve3 rien faire. (ue cette pensée vous fasse louer Dieu de toute votre )me et dire ! Seigneur, toutes nos œuvres, c'est Vous *ui les ave3 faites en nous, et avec le 2salmiste ! e n'est pas à nous, Seigneur, ce n'est pas à nous, mais à votre nom, *u'il faut donner la gloire. ,l n'- a donc rien $ craindre de la vaine %loire pour celui que la vraie %loire de Dieu et le D.le des )mes occupent tout entier.

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Résu(é de a doctrine spiritue e! Voil$ un rapide abré%é des c&oses nécessaires $ celui qui veut mener une vie parfaite et dont tout le dessein est de travailler utilement et sans dan%er au salut de son )me. Cet exposé pourrait suffire $ un &omme éclairé qui aurait re4u l'intelli%ence des c&oses de

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Dieu et qui se serait lon%temps exercé dans les 'uvres de la vie spirituelle. Car on peut réduire aux trois principes, que je viens d'exposer ici bri.vement ! la pauvreté volontaire, l'amour du silence, la parfaite pureté de c'ur L tous les autres exercices de la vie spirituelle parfaite. Geur pratique lui apprendrait facilement comment accomplir tous les autres actes extérieurs. 3ais comme tous ne sont pas $ m"me de comprendre un résumé, nous insisterons quelque peu sur le détail des actes particuliers des vertus.

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DEU4I#ME PARTIE $ LA PRATI5UE DE LA VIE SPIRITUELLE

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V! Le directeur de conscience +n a souvent comparé la vie spirituelle à un vo)age. !'homme vient de 0ieu et retourne vers !ui. e chemin du retour s'accomplit par des voies inconnues ou incertaines, ce *ui nécessite l'intervention d'un guide. !a nécessité d'un guide spirituel est une vérité approuvée par l'autorité et la doctrine traditionnelle de l':glise. 5otre auteur nous rappelle cette importante vérité en constatant toutefois *u'il est bien difficile de trouver un bon directeur. Sainte -hér#se d'(vila au ;VI e si#cle espagnol, s'appu)ant sur une prati*ue déjà e'istante, affirmera tr#s catégori*uement la nécessité pour les la<cs, désireu' de vivre plus pleinement leur vie chrétienne, d'un guide particuli#rement compétent. 8 ,&me au' personnes étrang#res à l'état religieu', il serait tr#s avantageu' d'avoir un guide dont elles suivent les avis, afin de ne faire en rien leur propre volonté 1 car c'est là d'ordinaire la cause de notre perte 9. /C&)teau ,ntérieur, 9e Demeure, c&. ,,0. /t dans la Vie, ch. ;III " 8 ,on opinion est et sera toujours *ue tout chrétien doit, lors*u'il le peut, communi*uer avec les hommes doctes 1 et plus ils le seront, mieu' cela vaudra. eu' *ui marchent par les voies de l'oraison en ont plus besoin *ue les autres 1 et celà, à proportion *u'ils seront plus spirituels 9. ** *

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La nécessité d"un directeur! C&ose certaine ! celui qui tend $ la perfection - arrivera plus facilement et plus vite s'il a un directeur auquel il obéit en toutes c&oses, petites et %randes. Aout seul, m"me avec une intelli%ence tr.s vive et les meilleurs livres de spiritualité, il - parviendra moins aisément. Nien plus, jamais Cotre*+ei%neur n'accordera sa %r)ce, sans laquelle on ne peut rien, $ celui qui, a-ant $ sa disposition un directeur de conscience capable de l'instruire, né%li%e ce secours, persuadé qu'il se suffit $ lui*m"me et qu'il peut trouver tout seul la voie du salut. C'est que l'obéissance est la voie ro-ale qui m.ne sFrement les &ommes au sommet de cette éc&elle m-stérieuse oM le +ei%neur para1t s'appu-er. L"e+e(p e des saints! C'est la voie qu'ont suivie les saints 2.res du désert, et tous ceux qui sont parvenus $ la perfection ont c&eminé par l$. +i, par une %r)ce spéciale, Dieu a directement instruit certaines

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)mes, c'est qu'alors sa bonté a remédié au manque de directeur. ,l en use de la sorte dans ces cas, pourvu qu'on ait recours $ Gui d'un c'ur &umble et fervent.

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Rareté des .ons directeurs! ,l est infiniment re%rettable que de nos jours si peu de %ens soient capables d'ensei%ner la perfection. 2ire encore, si quelqu'un veut suivre les voies de Dieu, beaucoup l'en détourneront et bien peu l'aideront. Dans ce cas, il faut recourir $ Dieu de toute son )me et Gui demander par des pri.res pressantes et &umbles de vouloir remplir Gui*m"me l'office de directeur. Kui, il faut se jeter dans ses bras, s'abandonner $ Gui comme un orp&elin, afin qu',l vous re4oive avec bonté, car ,l ne veut la mort de personne, mais que tous arrivent $ la connaissance de la vérité. O vous donc qui désireD ardemment trouver Dieu et aspireD $ la perfection afin d'"tre plus utile aux autres, j'adresse ma parole. Je m'adresse $ vous qui alleD $ Dieu d'un c'ur simple et sans aucune duplicité, qui viseD au plus parfait dans la vertu et sou&aiteD parvenir $ la %loire éternelle par la voie de l'&umilité. VI! L"o.éissance !es trois principes de base de la vie spirituelle ris*uent d'&tre vite oubliés, si on n'en fait l'application à la vie prati*ue. Saint Vincent le sait, et c'est pour*uoi il se fait dans son livre de plus en plus prati*ue. Il aborde le th#me de l'obéissance, dont l'acte de vertu se rattache à 0ieu directement, puis*u'il rel#ve de la vertu de religion. e *u'il en dit regarde surtout le religieu', mais il sera facile d'en retenir l'esprit de foi *ui doit animer aussi l'obéissance dans le monde. ** *

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%.éissance au+ rè* es! ;-ant établi en soi les bases premi.res de l'édifice spirituel, la pauvreté et le silence, que l'at&l.te du C&rist cei%ne ses reins et se prépare $ suivre en tout et partout le c&emin et la r.%le de l'obéissance, inébranlablement. (u'il observe exactement la r.%le, les constitutions, les rubriques ordinaires et extraordinaires, en tout lieu et en tout temps, au dedans, au de&ors, au réfectoire, au dortoir, au c&'ur, pour les inclinations et les prostrations marquées, faisant ce qu'il - a $ faire, se levant et se tenant debout quand il faut. %.éissance au+ supérieurs! 2our tous ces actes qu'il observe $ la lettre les ordonnances des supérieurs, se souvenant sans cesse de cette parole de Jésus ! =ui vous écoute, m'écoute 1 *ui vous méprise, me méprise. VII! Le co(porte(ent e+térieur 5otre intérieur étant réglé par l'esprit d'obéissance, il faudra encore régler notre comportement e'térieur selon une forte discipline.

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&écessité d"une discip ine du corps!

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G'at&l.te du C&rist devra ensuite ré%ler son extérieur de telle mani.re que son corps soit totalement au service de Jésus*C&rist. ,l faut pour cela que r.%ne en tous ses actes et mouvements extérieurs une certaine bienséance qui soit la suite de la ré%ularité reli%ieuse. Car vous ne pourreD jamais réprimer les révoltes intérieures de l')me si vous n'aveD auparavant soumis votre corps $ une discipline si exacte qu'elle l'emp"c&e de faire non seulement une action, mais le moindre mouvement déplacés. Dans cette discipline que vous vous imposereD, attaqueD*vous d'abord $ vaincre la %ourmandise. Car si vous n'"tes ma1tre de ce vice, en vain travaillereD*vous $ acquérir les autres vertus. Voici donc ce que vous deveD observer. La so.riété $ rè* es *énéra es! D'abord contenteD*vous de la nourriture commune qu'on donne $ vos fr.res, et ne vous procureD aucun mets spécial. +i des séculiers veulent vous envo-er un plat pour votre usa%e personnel, n'accepteD d'aucune fa4on E s'ils veulent l'offrir au couvent, libre $ eux. Vos fr.res vous invitent*ils $ d1ner &ors du réfectoire conventuel, refuseD. 3an%eD toujours au couvent, en - observant les jeFnes que la r.%le prescrit, tant que vos forces le permettent. +i vous tombeD malade, accepteD les adoucissements nécessaires, sans rien vous procurer par vous*m"me, mais acceptant de bonne %r)ce ce qui vous est servi. 2our éviter tout exc.s dans le boire et le man%er, examineD avec attention votre tempérament et constateD ce qu'il exi%e de nourriture afin de discerner le nécessaire du superflu. #n r.%le %énérale man%eD autant de pain qu'exi%e votre constitution, surtout en temps de jeFne E et méfieD*vous du démon lorsqu'il vous pousse $ a%ir autrement. Les nécessités vita es! Voici comment distin%uer le nécessaire du superflu. ;ux jours oM l'on fait deux repas, vous senteD*vous alourdi apr.s 5one au point de ne pouvoir prier, lire ou écrire, c'est qu'il - a eu quelque exc.s. <essenteD*vous la m"me lourdeur apr.s ,atines, quand vous aveD d1né, et apr.s omplies, les jours de jeFne, c'est que la cause est la m"me. 3an%eD donc autant de pain qu'il vous en faut, de fa4on pourtant qu'apr.s le repas vous puissieD lire, écrire ou prier. +i cependant $ cette &eure*l$ vous vous sentieD moins disposé $ ces exercices qu'aux autres &eures, ce n'est pas nécessairement une marque d'exc.s pourvu que vous ne sentieD pas cet appesantissement dont j'ai parlé. #xamineD donc selon cette mét&ode ou toute autre que le +ei%neur pourrait vous inspirer dans vos pri.res, ce qu'exi%e votre tempérament. 2uis so-eD fid.le $ observer la mesure que vous vous "tes prescrite. +urveilleD toujours ce que vous man%eD $ table. #t si jamais il vous arrive de faire un petit exc.s, punisseD*vous par une pénitence appropriée. La .oisson! ,l est difficile de fixer des r.%les précises quant $ la boisson. #ssa-eD de vous restreindre peu $ peu, en buvant c&aque jour un peu moins, en évitant toutefois d'avoir trop soif jour et nuit. Vous pouveD aisément restreindre la boisson $ l'indispensable, quand vous aureD man%é du pota%e. Ce buveD pas en de&ors des repas, si ce n'est le soir en temps de jeFne et alors en tr.s petite quantité, ou bien $ la suite d'un vo-a%e ou de quelque autre fati%ue. +i vous preneD du vin, m"leD*- un peu d'eau E et s'il est fort, coupeD*le de moitié ou m"me davanta%e. Vous n'aureD qu'$ retranc&er ou au%menter selon que Dieu vous l'inspirera.

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La sancti,ication des repas!

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L ;vant le repas. ;u si%nal de la cloc&e, laveD*vous les mains avec %ravité, asse-eD*vous dans le clo1tre jusqu'$ ce qu'on sonne l'autre petite cloc&e qui doit vous faire entrer au réfectoire. NénisseD alors le +ei%neur en c&antant de toutes vos forces, tout en %ardant la modestie dans la voix et dans votre extérieur. #nsuite preneD votre place $ table et penseD avec un saint effroi *ue vous alle3 manger les péchés du peuple. DisposeD votre c'ur $ profiter de la lecture qui se fait pendant le repas ou, si on ne lit pas, $ faire quelque méditation pieuse, car il ne faut pas "tre tout entier $ l'action matérielle de man%er. 2endant que le corps se nourrit, l')me aussi doit avoir son aliment. L 2endant le repas. AeneD*vous décemment $ table, disposant votre &abit comme il faut et retroussant la c&ape sur les %enoux. Faites un pacte avec vos -eux pour ne jamais re%arder vos voisins de table, mais ne voir que ce qu'on vous servira. ;ussitBt assis ne vous presseD pas de couper le pain. ;ttendeD un moment, au moins le temps de dire un 2ater et un (ve pour les )mes délaissées du pur%atoire. Aout en man%eant, mainteneD la modestie dans vos mouvements et votre attitude. ;veD*vous le c&oix entre du pain frais et du pain dur, du blanc, du noir ou d'autre qualité, preneD le plus proc&e, et de préférence celui qui vous pla1t le moins. Ce demandeD jamais rien $ table, mais laisseD les autres le demander pour vous. +'ils ne le font pas, attendeD patiemment. C'appu-eD pas les coudes sur la table, mais seulement les mains. C'écarteD pas vos jambes, et ne metteD pas les pieds l'un sur l'autre. C'accepteD pas double portion ni quelque mets que les autres reli%ieux ne re4oivent pas, fFt* il m"me envo-é par le 2rieur en personne. C'- touc&eD pas, mais cac&eD*le adroitement parmi les restes ou dans le plat. C'est une coutume a%réable $ Dieu de réserver toujours un peu de son pota%e pour le donner au C&rist dans la personne des pauvres. De m"me pour le pain. <éserveD*Gui les meilleurs morceaux, et non quelques méc&antes croFtes. Ce vous inquiéteD pas si quelques*uns murmurent de votre conduite, pourvu que votre +upérieur l'autorise. <éserveD donc %énéralement au C&rist pauvre un peu de tout ce que vous man%eD, et que ce soient les meilleurs morceaux. Car il - en a qui ne Gui donnent que les rebuts, comme aux pourceaux. +i avec une des portions servies vous pouveD man%er suffisamment de pain, %ardeD le reste pour le C&rist. Ga %r)ce aidant, vous pourreD pratiquer une abstinence admirable aussi a%réable $ Dieu qu'i%norée des &ommes. 2ar exemple ! tel mets vous para1t*il insipide et sans %oFt faute de sel ou d'un autre condiment, laisseD*le tel quel sans vouloir l'assaisonner, en souvenir de Jésus abreuvé de fiel et de vinai%re. <ésisteD $ la sensualité. De m"me priveD*vous des sauces dont le seul but est d'exciter le plaisir de man%er. Aoutes les fois qu'$ la fin des repas on vous offre un dessert, du froma%e, des fruits, un vin plus relevé, des liqueurs, etc., laisseD*les pour l'amour de Dieu. Ces c&oses ne sont point nécessaires $ la santé, et parfois m"me nuisibles ! car ce qui flatte le %oFt n'est pas toujours utile. +i vous vous absteneD de ces bons morceaux pour l'amour du +ei%neur Jésus, nul doute qu',l ne vous prépare Gui*m"me la douceur de ses consolations spirituelles, et que vous ne trouvieD a%réables les autres aliments dont vous vous contentereD pour Gui. 2our vous rendre cette abstinence facile, penseD en allant $ table, qu'$ cause de vos péc&és vous devrieD jeFner au pain sec et $ l'eau E que le pain devrait "tre votre seule nourriture et que

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vous ne preneD le reste que pour mieux le faire passer. Cette mortification rendra délicieux ce qu'on ajoutera $ votre pain. #viteD de faire comme une %rande soupe dans votre plat E trempeD*- seulement votre pain. +i vous n'aveD rien avec votre pain, vous pouveD le man%er tout entier, la moitié, ou un peu plus. (uand vous devreD faire deux repas, man%eD*en autant qu'il faut pour vous soutenir. ,l - a quantité de pratiques semblables qu'il me serait difficile de vous indiquer toutes, mais que Jésus vous apprendra si vous Ge prieD avec ferveur et metteD en Gui toute votre confiance. ,mpossible d'exprimer les innombrables industries divines dont vous profitereD, si vous - "tes attentif. Ce so-eD pas de ceux qui s'attardent $ table. AermineD votre repas d.s que possible pour "tre plus attentif $ la lecture qui se fait. L ;pr.s le repas. #n vous levant de table, rendeD %r)ces de tout c'ur au Ar.s*?aut qui vous a fait part de ses biens et qui vous a donné la force de vaincre la sensualité. C'épar%neD point votre voix pour louer et bénir de votre mieux le Dispensateur de tous biens. CompteD, mon c&er fr.re, qu'il - a une infinité de pauvres qui croiraient faire un repas délicieux s'ils avaient seulement le pain que Dieu vous a départi, sans les autres aliments. ConsidéreD que c'est le C&rist qui vous a tout donné, et m"me que c'est Gui qui vous a servi $ table. Vo-eD donc avec quelle retenue, quel respect, quelle %ravité et quelle crainte vous deveD "tre dans un lieu oM Dieu est présent et vous sert en personne. (ue vous serieD &eureux, s'il vous était donné de découvrir ces c&oses par les -eux de l'esprit @ Vous verrieD le C&rist Jésus, suivi d'une multitude de saints, parcourir le réfectoire. Pour persévérer dans "a.stinence et a so.riété! !es mo)ens *ue donne Saint Vincent Ferrier pour persévérer dans l'abstinence et la sobriété se ram#nent au' trois dispositions essentielles à toute vertu, à savoir " tout attendre de 0ieu, &tre défiant de soi%m&me, ménager le prochain. VouleD*vous continuer $ vivre dans la sobriété et l'abstinence, so-eD défiant de vous*m"me. <econnaisseD que Dieu seul vous donne la vertu, et demandeD*Gui la %r)ce de persévérer dans sa pratique. 2our ne pas tomber, éviteD de ju%er et de condamner les autres. ;rri.re toute indi%nation ou scandale si vous vo-eD quelqu'un ne pas observer les convenances dans le man%er. ;-eD*en pitié, prieD pour lui, excuseD*le autant que c'est possible. <appeleD*vous que ni vous ni lui ne pouveD rien, tant que la %r)ce de Dieu distribuée non selon les mérites, mais selon sa miséricorde, ne vous aide. De telles pensées vous donneront la fermeté dans l'abstinence. 2ourquoi, apr.s avoir commencé parfaitement et fait de réels pro%r.s, tant de %ens se laissent*ils abattre par la fati%ue du corps et la tiédeur de l'esprit H Iniquement $ cause de la présomption et de l'or%ueil. 2résumant trop d'eux*m"mes, ils s'indi%nent contre les autres et les condamnent dans leur c'ur. (ue s'en suit*il H Dieu leur retire sa %r)ce et ils perdent leur premi.re ferveur. Ku bien, né%li%eant toute prudence, ils vont au del$ de leurs forces et contractent quelque infirmité. ;lors trop occupés de leur petite santé, ils dépassent les justes bornes de la discrétion en sens contraire, et deviennent plus délicats et plus intempérants que ceux qu'ils %ourmandaient. J'ai pu maintes fois le constater. #n effet, Dieu permet ordinairement que celui qui condamne son fr.re avec témérité tombe dans la m"me faute qu'il a reprise, et parfois dans une faute plus %rave. Serve3 donc 0ieu avec crainte. #t lorsque vous éprouvereD de l'or%ueil au souvenir des bienfaits dont le Ar.s*?aut vous a comblé, armeD*vous contre vous*m"me d'une sainte indi%nation et faites*vous d'amers reproc&es de peur *ue le Seigneur n'entre en col#re et *ue vous ne périssie3 en vous écartant de la voie de la justice . Faites ainsi, et vous demeurereD

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ferme dans la vertu. Aels sont les mo-ens tr.s a%réables au +ei%neur de combattre la %ourmandise. ?élas @ ,l - en a peu qui savent se modérer. ,ls man%ent trop ou trop peu, et ne tiennent pas compte dans cette action de toutes les circonstances nécessaires. VIII! Le so((ei et es vei es

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!a seconde chose à régler dans notre comportement e'térieur regarde le sommeil et les veilles. >ne vie bien ordonnée a besoin d'un repos réparateur. Il faut donc le regarder comme sacré. !es conseils *ue donne notre saint sont de tout bon sens. ** * La discrétion nécessaire! ;ppliqueD*vous $ ré%ler le sommeil et les veilles selon la discrétion, car il est fort difficile de ne point tomber ici dans les extr"mes. Deux exc.s surtout sont dan%ereux pour le corps et par conséquent pour l')me si l'on dépasse les bornes de la discrétion ! de trop %randes abstinences et des veilles désordonnées. Dans l'exercice des autres vertus, l'exc.s n'est pas tant $ craindre. C'est pourquoi le démon use de toute son adresse ! s'il voit un &omme fervent, il lui su%%.re de %randes abstinences et des veilles prolon%ées pour le faire tomber dans une si %rande faiblesse, qu'étant malade et bon $ rien, il soit obli%é dans la suite, comme je l'ai déj$ dit, $ man%er et $ dormir plus que les autres. Jamais une telle personne n'osera reprendre ni ses veilles ni ses abstinences, sac&ant trop bien les résultats f)c&eux qu'elles ont eus pour sa santé. Ge diable d'ailleurs lui soufflera ! = Ce fais pas pénitence, car c'est elle qui t'a rendu malade @ > ,nspiration menson%.re, puisque le mal n'est pas venu précisément du jeFne ni des veilles, mais de l'indiscrétion dans la pratique de tels exercices. In &omme simple, sans expérience des sop&ismes du démon n'- voit que du feu, alors que sous prétexte de le porter au bien le tentateur lui dit ! = (ue de péc&és tu as commis @ 2ourras*tu jamais les expier H > Ku, si cet &omme n'a pas de %randes fautes $ se reproc&er, il lui représente ce qu'ont voulu souffrir les mart-rs et les 2.res du désert. Cotre débutant dans la vie spirituelle ne saurait se persuader que ces pensées, rev"tues de l'apparence du bien, puissent ne pas venir de Dieu. %.éissance et 'u(i ité! ;insi il se fourvoie, surtout lorsqu'il n'a pas soin de recourir au +ei%neur par de ferventes pri.res, accompa%nées de sentiments d'&umilité et de crainte. Car s'il priait, Dieu l'exaucerait et le diri%erait Gui*m"me en l'absence d'un %uide capable. #n effet celui qui vit sous la sainte obéissance et est continuellement instruit et redressé par son p.re spirituel est $ l'abri de ces illusions, m"me si par extraordinaire le directeur vient $ se tromper. Dans ce cas Dieu lui fera la %r)ce, $ cause de son &umilité et de son obéissance, de disposer tout pour son bien. Kn pourrait le prouver par beaucoup d'exemples. Consei s pour a sancti,ication du so((ei ! 2our rendre utile le repos, saint Vincent Ferrier propose de nous fi'er *uel*ues saintes pensées et d'en occuper un moment notre esprit avant de nous endormir. !es pensées à faire ainsi fructifier pendant la nuit sont les pensées de 0ieu. +n les trouvera au réveil toutes vivantes dans l'esprit et dans le cœur. 7ien de plus juste " dans un sens plus profond *u'on ne pense, la nuit porte conseil.

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Voici donc ce que vous pourreD faire touc&ant le sommeil et les veilles. G'été, apr.s le repas de midi, lorsqu'on aura sonné la cloc&e qui annonce le silence, preneD un peu de repos. Ce temps est moins favorable aux exercices de piété. Vous pourreD plus facilement veiller la nuit, si vous vous reposeD $ cette &eure. #n r.%le %énérale, toutes les fois que vous désireD dormir, a-eD soin de méditer quelque psaume ou quelque autre bonne pensée qui se présente $ l'esprit et qui vous reviendra quand votre sommeil sera interrompu. Krdinairement couc&eD*vous le soir de bonne &eure ! car ceux qui veillent tard manquent d'attention et de dévotion $ l'office des 3atines de nuit E ils sont somnolents, appesantis, ti.des, et quelquefois incapables d'assister $ l'office. ?abitueD*vous $ faire quelques courtes pri.res, quelque lecture ou quelque pieuse méditation le soir avant de vous endormir. #ntre autres méditations, j'estimerais davanta%e, si votre dévotion vous - porte, celles qui re%ardent les souffrances que Jésus endura durant sa 2assion. 2enseD donc, selon la mét&ode de saint Nernard, $ ce qu'on a fait souffrir $ Jésus en ces moments oM vous alleD vous reposer. Vous pouveD observer cette m"me pratique aux autres &eures du jour ou de la nuit, selon la mét&ode précitée ou selon que l'#sprit de Dieu vous l'inspirera. Car tous n'ont pas la m"me dévotion et c&acun est différemment porté $ la ferveur. O certains il suffit d'&abiter avec simplicité au creu' des rochers, comme dit l' criture. 2ersonne cependant, quelle que soit sa supériorité d'esprit, ne doit rien né%li%er de ce qui peut exciter $ la dévotion. Le ever $ discrétion dans "austérité! e paragraphe fait partie du chapitre o? saint Vincent Ferrier donne les r#gles à observer dans la récitation de l'office liturgi*ue. ( la suite des 2#res 6ernadot et (. Sinués 7ui3, nous l'intercalons ici sans toutefois modifier en rien le te'te lui%m&me. Ga nuit donc, au si%nal de l'&orlo%e ou $ tout autre si%nal vous appelant $ l'office de ,atines, secoueD toute paresse, leveD*vous aussi vite que si votre lit était en feu. 3etteD*vous $ %enoux et faites une courte mais fervente pri.re, au moins un (ve ,aria ou toute autre oraison capable d'exciter votre esprit $ la ferveur. <emarqueD que l'on se l.ve bien plus promptement et m"me avec un certain empressement, si l'on dort sur un lit dur et tout &abillé. In serviteur de Dieu doit fuir avec %rand soin toute mollesse et bien*"tre dans la couc&e, sans dépasser toutefois les bornes de la discrétion. +erveD*vous d'une simple paillasse munie d'une couverture, et qu'elle vous soit d'autant plus a%réable qu'elle sera plus dure. 2our vous défendre du froid, preneD une ou deux couvertures suivant la saison ou la nécessité. JarnisseD votre oreiller de paille, et jamais de plumes. NannisseD de plus les délicatesses de tous %enres, comme d'avoir du lin%e pr.s de votre visa%e, au cou ou $ la ceinture, c&oses nullement nécessaires si ce n'est dans les nuits d'été $ cause de la sueur. Ga nature n'a pas besoin de ces précautions, que de mauvaises coutumes seules ont introduites. DormeD tout &abillé comme vous l'"tes pendant le jour. ContenteD*vous d'Bter vos souliers et de desserrer votre ceinture. Vous pouveD toutefois, dans les %randes c&aleurs de l'été, Bter votre c&ape et ne %arder que le scapulaire. +i vous observeD ces conseils, vous vous en trouvereD bien ! vous vous l.vereD sans peine, et m"me avec joie et empressement. I4! La ecture et "étude

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!'auteur en arrive maintenant au' devoirs d'état des religieu' consacrés à l'apostolat. ontempler et faire profiter les autres du fruit de ses contemplations. -elle est la devise de l'+rdre au*uel appartient saint Vincent Ferrier. !e Fr#re 2r&cheur doit &tre avant tout un intellectuel. Il man*uerait absolument à sa vocation en négligeant l'étude. 'est un devoir professionnel. ,ais l'étude peut dessécher le cœur, elle peut égarer l'esprit dans les dédales de la connaissance. omment éviter ces dangers 4 /n établissant l'.me dans l'unité. Si nous voulons vivifier et féconder notre étude, il faudra l'interrompre, la prolonger, la pénétrer par la pri#re, soit *u'une simple aspiration nous ram#ne vers 0ieu, soit *ue, cessant le travail, nous nous mettions à genou' aupr#s de notre bureau, soit *ue, cédant à une ferveur plus grande encore, nous nous rendions *uel*ues instants à l'église. +n trouve ici, en bref, l'utilité des visites au Saint Sacrement. ** * Tout ra(ener au C'rist! #n vos lectures et vos études il faut toujours ramener votre pensée au C&rist, en vous entretenant avec Gui et Gui demandant l'intelli%ence et le sens des c&oses. 2endant que vous étudieD, détourneD pour un moment les -eux de votre livre afin de vous recueillir et de vous cac&er un instant dans les plaies de Jésus*C&rist. 2uis repreneD l'étude. 2arfois arr"teD l'étude pour vous mettre $ %enoux et faire une br.ve et brFlante pri.re. +uiveD les inspirations de votre c'ur et quitteD votre cellule, alleD $ l'é%lise, au clo1tre, au c&apitre, etc., selon que l'#sprit de Dieu vous - porte. 2ar une pri.re vocale, une oraison jaculatoire, un %émissement ou ardent soupir de votre c'ur, imploreD le nom du +ei%neur, présenteD*Gui vos v'ux et vos désirs. ;ppeleD aussi les saints $ votre aide. Ces élans spirituels peuvent venir $ toute &eure, et sans qu'un psaume ni une pri.re vocale ne les aient provoqués. Cependant ils sur%issent souvent d'un verset des psaumes, d'un passa%e de la +ainte criture, d'un pieux ouvra%e, ou m"me de nos propres pensées et de nos désirs, selon que Dieu nous inspire intérieurement. Cette ferveur d')me dure %énéralement peu. Gorsqu'elle sera passée, rappeleD dans votre mémoire ce que vous étieD en train d'étudier auparavant. Vous en aureD alors une intelli%ence plus claire. A ternance de prière et d"étude! <epreneD ensuite votre étude ou lecture, puis reveneD $ la pri.re. Faites ces c&oses alternativement. #n c&an%eant ainsi d'exercices, vous aureD le c'ur plus fervent dans la pri.re et l'esprit plus vif dans l'étude. Cette ferveur de dévotion peut se produire indifféremment $ toute &eure, selon que dai%ne l'accorder Celui qui dispose suavement toute c&ose comme ,l veut. Cependant, Dieu l'accorde d'ordinaire apr.s ,atines plutBt que dans un autre temps. ;insi ne veilleD pas tard si cela se peut, afin de réserver pour l'étude et la pri.re du matin les forces vives de votre )me. 4! L"o,,ice c'ora

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!'office canonial est un élément essentiel dans la vie contemplative des clo@tres. Saint 0omini*ue, précisant les mo)ens ordonnés au but de son +rdre, a placé la récitation solennelle de l'+ffice. ette récitation a lieu dans l'église, au chœur, Il n'en est pas de m&me du petit office ou office de la 6ienheureuse Vierge ,arie, *ui peut se dire en tout endroit, et *ue saint Vincent Ferrier regarde comme une préparation au Arand +ffice. Il n'était pas de r#gle BdominicaineC

tous les jours et n'oblige actuellement *ue les membres des Fraternités du -iers%+rdre, mais non sous peine de péché.

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** * Récitation de "o,,ice de a Sainte Vier*e! Gorsqu'on dit l'office de la sainte Vier%e, demeureD pour le dire $ la porte de votre cellule, debout, sans vous appu-er, et réciteD*le d'une voix claire, l'esprit attentif et l')me jo-euse comme si Cotre*Dame était visiblement présente devant vous. Cet exercice terminé, si vous n'aveD plus rien $ faire dans votre cellule, alleD $ l'é%lise ou au clo1tre ou en tout autre lieu propice $ votre dévotion. Faites %rande attention de ne pas laisser l'esprit vide, lorsque vous sorteD de votre cellule ou que vous - retourneD. KccupeD*le de c&oses célestes, méditant les psaumes ou quelque pieuse pensée. Vous pouveD aussi vous rendre au c&'ur avant l'Kffice et prévoir ce qu'on doit - réciter, afin que le moment venu vous so-eD tout attention et ferveur. La *rande prière itur*i)ue au c'-ur! 6 Comment psalmodier. (uand on aura sonné pour ,atines et qu'on aura fait les inclinations ou prostrations prescrites, psalmodieD debout, sans vous appu-er, vaillants de corps et d'esprit en la présence de Dieu. C&anteD ses divines louan%es avec joie en compa%nie des an%es certainement présents, et pensant $ l'obli%ation oM vous "tes de les révérer sans cesse, car ils contemplent la face du 2.re Aout*2uissant que nous vo-ons encore dans un miroir d'une mani#re confuse. C&anteD de toutes vos forces, en ré%lant votre voix avec une juste modération. C'ometteD rien de l'office, ni des psaumes, ni des versets, ni des notes du c&ant. +i vous n'aveD pas autant de voix que les autres, c&anteD tout de m"me, mais d'une voix plus basse. +i c'est possible, serveD*vous d'un livre pour c&anter les psaumes et les &-mnes, afin que votre esprit s'- applique davanta%e et que vous - puisieD plus de consolation et de joie spirituelle. 2endant que vous aveD l'esprit occupé aux psaumes et autres pri.res, a-eD soin de ne rien laisser para1tre au de&ors, dans votre attitude ou le son de votre voix, qui tra&isse de la lé%.reté. ;lors surtout cette action toute spirituelle devra "tre empreinte de %ravité et de bienséance, car la joie spirituelle dé%én.re vite en lé%.reté si on ne la réprime par le frein de la discrétion. Faites tous vos efforts pour psalmodier d'esprit et de cceur. Ce n'est pas un petit travail, surtout pour le commen4ant qui n'est pas encore fortifié dans la %r)ce de Dieu, de se préserver des distractions pendant la psalmodie. KccupeD toujours votre place &abituelle au c&'ur, $ moins qu'il ne vienne quelqu'un $ qui vous devieD la céder. L Calme et modestie. +i vous vo-eD faire quelque faute au c&'ur, t)c&eD d'- suppléer, ou par vous*m"me ou par un autre. Ce serait c&ose a%réable $ Dieu de prévoir les rubriques et le c&ant du lendemain et d'"tre pr"t $ réparer les oublis ou né%li%ences des autres. P a*t*il une contestation touc&ant la lecture ou le c&ant, ne vous en m"leD pas, fFssieD*vous m"me sFr d'en savoir le fin mot. O quoi bon discuter de vétilles, comme certains font parfois H C'est un moindre mal de se tromper que d'er%oter. 2ourtant si par un mot vous pouvieD corri%er une erreur, vous deveD le dire, surtout si vous "tes des plus anciens. 3ais si vous senteD l'impatience vous a%iter, vous fereD mieux d'apaiser cette a%itation intérieure que de reprendre les autres. (uelqu'un fait*il des fautes dans la lecture, le c&ant ou d'autre mani.re, %ardeD*vous de

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murmurer ou de le reprendre E cette correction est un si%ne d'or%ueil. (uelle que soit la faute, ne donneD aucun si%ne extérieur de mécontentement ! ce serait la marque d'un esprit enflé d'or%ueil. Gorsque plusieurs s'empressent pour corri%er une erreur, laisseD*les faire sans vous en m"ler. +i personne n'intervient, c'est alors $ vous de le faire, mais modestement. 3ieux vaudrait évidemment prévenir la faute que de la réparer par apr.s. Ce liseD jamais deux le4ons ou deux répons de suite, quand vous "tes nombreux au c&'ur. Ge nombre de reli%ieux est*il si limité qu'il n'- a pas mo-en de faire autrement, alleD*-. +i vous "tes jeune, %ardeD*vous de suppléer $ la place des anciens. #viteD de re%arder de cBté et d'autre pour voir ce que font vos voisins E mais baisseD les -eux vers la terre, éleveD*les vers le ciel, fermeD*les tout $ fait, ou fixeD*les sur le livre. Durant l'office divin, soit assis, soit debout, n'a-eD point la main sous le menton, mais sous le scapulaire ou la c&ape. Ce croiseD pas les pieds et n'écarteD pas les jambes, mais teneD*vous dans la modestie que demande la présence de Dieu. +o-eD décent. Aous ces petits riens peuvent "tre des su%%estions du diable pour vous distraire de l'office et vous porter $ la tiédeur. Pas de discussions! Vous qui me liseD ! faites bien attention. Ges actions que je viens d'énumérer peuvent "tre sujettes $ caution selon les circonstances. ;bsteneD*vous de les bl)mer si elles ne correspondent pas $ votre optique, par exemple quand vous entendeD une remarque au c&'ur $ propos d'une erreur, car il est permis aux anciens de la relever. Cependant il faut maintenir la loi %énérale qu'un serviteur de Dieu ne doit pas disputer. ,l - a moins d'inconvénient $ supporter une erreur avec patience que de s'amuser $ contester, surtout au c&'ur oM de telles disputes sont scandaleuses et emp"c&ent l'attention et la tranquillité intérieure. ,l faut interpréter de la m"me fa4on ce que j'ai dit des lectures et du c&ant. ,l peut arriver, en effet, qu'une )me sente un élan de ferveur que le c&ant pourrait ralentir. 3ieux vaut en de telles circonstances réciter l'office $ voix basse, du moins s'il - a asseD de reli%ieux pour c&anter. #t ainsi de suite pour de nombreux cas imprévisibles, sur lesquels Dieu vous inspirera beaucoup mieux que moi, pourvu que vous vous attac&ieD $ Gui d'un c'ur dé%a%é et simple. Kn ne doit pas facilement s'en rapporter $ ses propres vues quand il s'a%it de s'éloi%ner des voies communes, $ moins que par une pratique prolon%ée des vertus on n'ait obtenu l'esprit de discernement. 4I! La prédication

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0ans ce chapitre, saint Vincent Ferrier s'adresse directement à l'apDtre, et trouve pour parler de la prédication des accents chaleureu'. !a mar*ue du véritable 3#le, c'est d'&tre bon. +n ne fait du bien *u'en aimant les .mes. 8 !e vrai 3#le est enfant de la charité, car c'en est l'ardeur 9, dit saint FranEois de Sales. /coutons la manifestation de ce sentiment che3 notre apDtre. 'est un des points culminants de sa conscience apostoli*ue. ** * Co((ent i ,aut pr7c'er! Dans les sermons et les ex&ortations, emplo-eD un lan%a%e simple et familier pour expliquer clairement aux fid.les ce qu'ils doivent faire. ;utant que possible parteD d'exemples concrets afin que le péc&eur, c&ar%é des péc&és que vous repreneD, se sente atteint en plein cceur. 3ais parleD de telle sorte que vos paroles paraissent sortir non d'une bouc&e or%ueilleuse et &ostile, mais bien des entrailles de la c&arité et d'une compassion paternelle. +o-eD comme un

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p.re qui s'apitoie sur ses enfants coupables, qui les pleure quand ils sont malades, qui se désole quand ils sont tombés dans une fosse profonde, et qui fait tous ses efforts pour les délivrer de ces périls. Ku plutBt a-eD le c'ur d'une m.re qui caresse ses enfants. #t réjouisseD*vous de leurs pro%r.s et de l'espérance qu'ils ont de mériter la %loire du 2aradis. L"esprit de douceur! C'est par l'esprit de douceur que vous fereD du bien $ vos auditeurs, tandis qu'ils seront peu touc&és si vous vous contenteD de considérations %énérales sur les vices et les vertus. 4II! La con,ession

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!a lettre de ce chapitre vise directement le pr&tre dans le minist#re des confessions. Saint Vincent Ferrier *ui, pendant les vingt années de pérégrinations à travers l'/urope, se confessait tous les jours, ) attache une tr#s grande importance. Il est d'avis *ue l'esprit de douceur doit avant tout présider à ce minist#re *ui effraie tant de personnes. 2r&tres et la<cs auront tout intér&t à se pénétrer des enseignements recommandés ici. ** * De a douceur envers e proc'ain! IseD des m"mes mo-ens dans les confessions. (ue vous a-eD $ encoura%er les )mes faibles et timides ou $ épouvanter les c'urs endurcis dans le péc&é, montreD $ tous une c&arité profonde. (ue le péc&eur sente toujours dans vos paroles le souffle d'une c&arité toute pure. C'est pourquoi, si vous aveD quelque reproc&e $ faire, faites*le toujours précéder de quelques paroles douces. Vous donc qui désireD "tre utile aux autres, commenceD par recourir $ Dieu de tout votre c'ur et demandeD*Gui avec simplicité cette c&arité divine, qui est la somme des vertus et le mo-en efficace d'atteindre le but que vous vous proposeD. 4III! Re(èdes contre )ue )ues tentations spiritue es =u'on veuille bien remar*uer l'actualité des r#gles tracées dans ce chapitre. !es journau' relatent de temps en temps des manifestations troublantes *ui, en raison de leur caract#re inusité, stimulent la curiosité. !es journalistes à l'affFt de nouvelles sensationnelles et de peur de rater le coche, communi*uent ces informations, les regardant et les commentant, tantDt avec une crainte respectueuse, tantDt avec scepticisme ou mépris. 0es controverses naissent *ui opposent sur le plan spirituel et scientifi*ue " des théologiens, médecins, ps)chologues, philologues et historiens. 6eaucoup de chrétiens en ressentent une émotion vive et parfois in*ui#te, chacun selon son caract#re, ses tendances, sa formation intellectuelle. =u'on le sache bien " si stupéfiantes *ue soient certaines informations, déclarations, révélations, elles n'engagent aucunement les destinées de l':glise et le chrétien n'est aucunement tenu d') croire. +n ne peut toutefois ignorer *u'il pla@t parfois au Seigneur d'accorder à *uel*ues .mes fid#les des faveurs particuli#res, à titre personnel, pour le soutien dans leur lutte spirituelle et parfois pour produire des fruits spirituels che3 d'autres. ette possibilité étant admise, il faut se rappeler le conseil *ue donne à ce sujet saint 2aul " = Ce mépriseD pas les prop&éties, mais examineD toutes c&oses et reteneD ce qui est bon >. B-hess., V, GC. !'/glise se donne toujours un délai avant de se prononcer sur l'authenticité de visions, e'tases, révélations privées, etc. ,&me reconnue, cette authenticité ne sera pas encore pour autant un article de foi. +n remar*uera

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combien saint Vincent Ferrier, véritable thaumaturge lui%m&me, insiste sur la nécessité d'une grande prudence...

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** * 2our la %loire de Cotre*+ei%neur Jésus*C&rist, je vous indiquerai les rem.des contre quelques tentations spirituelles, tr.s communes en ce temps*ci, et que Dieu permet pour la purification et l'épreuve de ses élus. Ces tentations n'attaquent apparemment aucun des principaux articles de la foi, l'&omme clairvo-ant toutefois reconna1t vite qu'elles vont $ détruire ces do%mes de la reli%ion et qu'elles préparent le r.%ne de l';ntéc&rist. Je ne les exposerai pas en détail pour n'"tre $ personne une occasion de c&ute ou de scandale, mais je vous dirai de quelle prudence vous deveD user pour n'"tre pas détourné de votre voie. Ces tentations sont de deux sortes ! elles sur%issent des su%%estions et illusions du démon qui trompe l'&omme dans la conduite qu'il doit tenir $ l'é%ard de Dieu et dans tout ce qui se rapporte $ Gui E ensuite de la doctrine corrompue et de la mani.re de vie de ceux qui sont déj$ tombés dans ces tentations. Je vous indiquerai donc comment vous deveD vous conduire $ l'é%ard de Dieu et de tout ce qui se rapporte $ Gui, et quelle doit "tre votre conduite $ l'é%ard des &ommes, touc&ant leur doctrine et leur mani.re de vivre. 8! I usions produites par e dé(on! Voici donc les rem.des contre les tentations spirituelles provenant des illusions diaboliques. L Aendance $ rec&erc&er des voies extraordinaires. Premier remède. Ceux qui veulent vivre dans la soumission due $ Dieu ne doivent pas désirer obtenir par leurs pri.res, leurs méditations ou autres bonnes 'uvres, des visions, des révélations ou des sentiments surnaturels dépassant le cours ordinaire des c&oses de ceux qui crai%nent Dieu et qui G'aiment sinc.rement. Car un pareil désir qui dépasse le cours ordinaire ne peut venir que d'un fond d'or%ueil, de présomption, d'une vaine curiosité $ l'é%ard des c&oses de Dieu, et enfin d'une foi tr.s fra%ile. C'est pour punir de tels désirs, et par un effet de sa justice, que Dieu abandonne une )me et la laisse tomber dans les illusions et les tentations du démon qui la séduit en des fausses visions et des révélations trompeuses. #t voil$ la source des tentations spirituelles les plus communes de notre temps E tentations que le malin esprit enracine dans l')me de ceux qu'on peut appeler les messa%ers de l';ntéc&rist, comme vous le verreD dans la suite de mon exposé. +ac&eD que les véritables révélations et les sentiments extraordinaires par lesquels on conna1t les secrets de Dieu ne sont pas le fruit de ces désirs, pas plus que d'aucun effort &umain. 3ais c'est l'effet seulement de la pure bonté de Dieu se donnant $ une )me profondément &umble, qui désire ardemment Ge conna1tre et est pénétrée pour Gui d'un souverain respect. ,l ne faut donc pas s'exercer $ l'&umilité et $ la crainte de Dieu pour obtenir des visions, des révélations, des sentiments extraordinaires E ce serait tomber dans le péc&é m"me que le désir de ces c&oses fait commettre. L ,llusions des fausses consolations. Deuxième remède. (uand vous prieD ou que vous contempleD, c&asseD de votre )me toute consolation, si petite soit*elle, si par &asard vous remarqueD qu'elle se fonde sur un sentiment de présomption et d'estime de vous*m"me. Cela vous m.nerait infailliblement $ désirer &onneur et réputation et vous ferait croire que vous mériteD d'"tre &onoré et loué en ce monde et dans

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l'autre. Car, sac&eD*le bien, l')me qui prend plaisir $ ces fausses consolations tombe dans plusieurs erreurs funestes. 2ar un juste ju%ement Dieu permet au démon d'accro1tre ces sortes de %oFts spirituels, de les rendre fréquents et d'imprimer dans cette )me des sentiments tout $ fait faux, dan%ereux, qu'elle prend abusivement pour des communications véritables. ?élas @ 3on Dieu, que de personnes séduites par ces illusions @ AeneD pour certain que la plupart des ravissements, des extases, ou plutBt des fureurs de l';ntéc&rist viennent de l$. ;insi n'admetteD, quand vous prieD ou que vous contempleD, d'autre consolation dans votre )me que celle produite par la parfaite connaissance de votre néant et de votre imperfection E connaissance qui vous fera persévérer dans la salutaire impression d'&umilité, et qui vous inspirera un profond respect pour la %randeur et la sublimité de Dieu, avec un ardent désir de son &onneur et de sa %loire. Vous aureD l$ des consolations qui ne trompent pas. L 2énétration des secrets de Dieu. Troisième remède. Aout sentiment, m"me élevé, toute vision, m"me sublime, du moment qu'ils blessent quelque article de foi ou les bonnes m'urs, particuli.rement s'ils sont contraires $ l'&umilité ou $ la pureté, ne peuvent venir que du démon ! a-eD*les en &orreur. #t lors m"me que votre vision ne vous inspire rien de semblable, qu'elle vous donne au contraire la certitude de venir de Dieu et vous pousse $ Gui "tre a%réable, m"me dans ce dernier cas, ne vous appu-eD pas sur elle. L ;ttac&ement $ des personnes de &aute sainteté. Quatrième remède. Ce vous attac&eD pas $ autrui, quelle que soit sa piété, sa sainteté de vie, l'élévation de son intelli%ence ou autres capacités, et ne suiveD jamais ses conseils ou ses exemples, si vous pressenteD que ses avis ne sont pas selon Dieu ou selon les r.%les de la prudence, et qu'ils ne sont conformes ni $ la loi de Dieu, ni $ ce que les +aintes critures et les saints nous ont ensei%né et pr"c&é. #n méprisant de tels conseils, ne crai%neD pas de tomber dans l'or%ueil ou la présomption E votre conduite est louable, puisque vous a%isseD par D.le et amour de la vérité. L Fréquentation des visionnaires. Cinquième remède. Fu-eD et éviteD la société et la familiarité de ceux et de celles qui s.ment et répandent les tentations dont je parle, qui les défendent et les louent. C'écouteD ni leurs paroles ni leurs explications, n'assisteD pas $ leurs réunions et ne désireD pas voir ce qu'ils font. Car le démon pourrait bien se servir de cette curiosité pour vous faire remarquer en leurs paroles et leurs %estes tant de si%nes extérieurs de perfection que peut*"tre vous - ajouterieD foi et vous vous en%a%erieD dans les principes de leurs erreurs. 9! Re(èdes au+ ,ausses révé ations! Je vous apprendrai encore les rem.des $ emplo-er $ l'é%ard des personnes qui propa%ent les dites tentations par leur vie et par leurs doctrines.

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L 3éfiance envers les révélations privées. Premier remède. #stimeD peu leurs visions, leurs sentiments extraordinaires, leurs extases, leurs ravissements. Nien plus, vous disent*elles quelque c&ose de contraire $ la foi, $ la +ainte criture ou aux bonnes m'urs, a-eD en &orreur toutes ces visions et sentiments extraordinaires, les considérant comme de pures folies et néfastes illusions. +i cependant leurs paroles, leurs ju%ements, leurs conseils sont conformes $ la foi, $ la révélation, aux exemples des saints et aux bonnes m'urs, alors ne les mépriseD pas, car vous vous exposerieD $ mépriser les c&oses de Dieu. #ncore faut*il alors rester sur une prudente réserve, car souvent, surtout dans les tentations spirituelles, le faux est cac&é sous les

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apparences du vrai, la malice sous les apparences de la vertu. +ouvent le démon se sert de tout cela pour répandre ainsi son venin mortel dans un plus %rand nombre d')mes sans défiance. Je suis persuadé que la meilleure conduite dans ces occasions est de ne point s'arr"ter $ toutes ces c&oses extraordinaires, mal%ré leur apparence de bien et de vérité. GaisseD*les pour ce qu'elles sont, $ moins qu'elles arrivent $ des personnes d'une probité si %rande, d'une prudence si parfaite et d'une &umilité si reconnue, qu'on est certain qu'ils ne sont pas le jouet de leur propre ima%ination ni les dupes du diable. 3"me alors, encore qu'il soit bon d'approuver les visions et les sentiments surnaturels de personnes si recommandables, vous leur fereD crédit non pas tant parce que ce sont des visions mais parce qu'elles sont conformes $ la foi cat&olique, aux bonnes m'urs, aux paroles et $ la doctrine des saints. L <éfléc&ir avant d'a%ir. Deuxième remède. +upposons qu'une voix intérieure, L une révélation ou un mouvement extraordinaire L vous pousse $ entreprendre quelque c&ose de considérable, surtout une 'uvre importante sortant de vos &abitudes, et dont vous n'"tes pas certain si elle pla1t $ Dieu ou dont la lé%itimité vous para1t douteuse pour certains motifs ! preneD conseil avant d'a%ir. #xamineD toutes les circonstances de votre entreprise, en particulier le but, pour pouvoir conna1tre si elle est a%réable $ Dieu. 3"me alors vous n'"tes pas seul ju%e. ConsulteD si possible la +ainte criture, et joi%neD*les exemples des saints que nous pouvons imiter. J'insiste sur les mots e'emples *ue nous pouvons imiter, car selon le sentiment de saint Jré%oire les saints ne sont pas imitables en tout. ,ls ont parfois fait des c&oses, bonnes en elles*m"mes et par rapport $ eux, mais que nous ne devons pas imiter. #lles commandent notre admiration et notre respect, pas plus. #nfin si vous n'arriveD pas $ tirer la c&ose au clair, demandeD conseil $ des personnes de vie et de doctrine sFres E leur avis vous fera conna1tre la vérité. L #nvisa%er la voie normale. Troisième remède. +i vous "tes exempt de ces tentations au point de ne les avoir jamais ressenties, ou si les a-ant éprouvées vous en aveD été délivré, éleveD votre cceur et votre esprit vers Dieu pour reconna1tre &umblement la %r)ce qui vous a été faite. JardeD*vous d'attribuer $ vos forces, $ votre sa%esse, $ vos mérites, $ votre conduite ou au &asard, ce que vous teneD simplement et %ratuitement de sa Divine 3ajesté. C'est #lle qu'il faut souvent ou pour mieux dire continuellement remercier. Ges saints ensei%nent que c'est principalement pour punir les criminelles pensées d'or%ueil que Dieu retire sa %r)ce de l'&omme et qu'il le laisse en proie aux tentations et aux menson%es du diable. L Ce pas entreprendre une c&ose %rave dans le doute. Quatrième remède. 2asseD*vous par une de ces tentations qui vous mettent dans le doute, n'entrepreneD de votre propre initiative aucune action notable qui sorte de vos &abitudes. <éprimeD les désirs de votre c'ur et de votre volonté, attendant avec &umilité, crainte et respect que Dieu vous éclaire. Car si, dans le doute oM vous "tes, vous entreprenieD de vous*m"me une c&ose %rave que vous n'eussieD pas coutume de faire, cette action n'aboutirait $ rien de bon. Je ne parle ici que des c&oses %raves et inaccoutumées qu'il ne faut jamais entreprendre dans le doute. L +'en tenir aux pratiques ordinaires de la vie spirituelle. Cinquième remède. ;veD*vous commencé une bonne 'uvre avant que se produise cette tentation, que celle*ci ne vous emp"c&e pas de l'ac&ever. +urtout n'ometteD pas la pri.re, la confession, la communion, les jeFnes et autres 'uvres de piété que vous aveD coutume de faire, quand m"me vous n'- trouverieD ni %oFt ni consolation.

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L +oumission totale $ la volonté de Dieu. Sixième remède. +i vous "tes tourmenté dans ces occasions, éleveD votre c'ur et votre esprit vers Dieu en Ge priant &umblement de faire ce qui sera le plus utile $ son service et $ sa %loire et $ votre propre salut. +oumetteD votre volonté $ son bon plaisir. #t si le +ei%neur permet que vous passieD par ces tentations, accepteD*les de bonne %r)ce en Gui demandant de ne jamais G'offenser.

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TR%ISI#ME PARTIE $ LES E4I:E&CES DE LA VIE SPIRITUELLE %U LA M%&TÉE DES ;MES

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4IV! La vo onté de pro*rès ou "aspiration / a per,ection

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/tant donné *ue tout chrétien est obligé de marcher vers la perfection " 8 So)e3 parfaits comme votre 2#re céleste est parfait 9. B,att. V, HIC, il est essentiel à la vie spirituelle d'&tre toujours en état de progr#s. 'est de cet état *ue parle saint Vincent dans la troisi#me partie *ue nous avons intitulée Ges exi%ences de la vie spirituelle ou la montée des )mes . 5otre auteur nous propose dans un premier chapitre *uator3e motifs de tendre à une prati*ue de la charité plus parfaite *ue celle à la*uelle on est arrivé, et dans un deu'i#me chapitre il en fait l'application au' différentes catégories de chrétiens. ** * Constatant avec joie vos &eureux débuts $ bien faire et votre soin particulier $ &onorer Dieu, je sou&aite vous aider $ persévérer et $ monter plus &aut, ou du moins $ vous en su%%érer le désir. C'est pourquoi je vous proposerai un ensemble de motifs propres $ exciter votre c'ur $ une vie plus parfaite. Ce cro-eD pas toutefois pouvoir - atteindre par vos propres forces. L"a(our d< / Dieu! 27/,I/7 ,+-IF * ConsidéreD combien Dieu mérite d'"tre aimé et &onoré $ cause de sa bonté, de sa sa%esse et de ses autres perfections innombrables et infinies. #n les considérant vous comprendreD aisément que ce que vous aveD fait pour son service et que vous cro-eD "tre beaucoup, est en réalité tr.s peu de c&ose, et rien m"me, en comparaison de ce qu'il serait juste de faire pour Gui "tre a%réable. Je place ce motif le premier parce que, avant tout, nos actions doivent avoir en vue l'&onneur de Dieu, sa crainte et son amour, Gui seul méritant par Gui*m"me d'"tre aimé au*dessus de toute créature. La Passion du Sauveur! 0/>;IJ,/ ,+-IF * <éfléc&isseD sur les mépris, les injures, les privations, les douleurs et la tr.s am.re 2assion que le Fils de Dieu a bien voulu endurer pour vous. +i vous l'aimeD et l'&onoreD dans cette vue, vous verreD combien peu vous aveD fait pour Gui jusqu'ici en re%ard de ce que vous devrieD faire pour Gui témoi%ner votre amour et votre respect. Ce motif est plus parfait et plus élevé que ceux qui vont suivre, aussi l'ai*je placé au second ran%.

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Le désir de a per,ection! -7+ISIJ,/ ,+-IF * 2enseD $ la pureté de vie et $ la perfection $ laquelle vous obli%e la Goi de Dieu. #lle exi%e de vous, avec une enti.re exemption de tout vice et de tout péc&é, la plénitude des vertus. C'est en effet ce que demande le précepte d'aimer Dieu de tout son c'ur, de toute son )me et de toutes ses forces. 2enseD*-, et vous verreD aussitBt votre faiblesse et la distance qui vous sépare de l'innocence et de la perfection que vous devrieD avoir. Le souvenir des .ien,aits de Dieu! =>(-7IJ,/ ,+-IF * <appeleD*vous la multitude et la %randeur des bienfaits de Dieu, les faveurs temporelles et spirituelles qu',l distribue $ ses créatures et $ vous en particulier, et vous sentireD que tout ce que vous faites ou que vous pourreD faire pour Dieu $ l'avenir, n'est rien en re%ard des lar%esses dont ,l vous comble avec une libéralité et une bonté infinies. Le .on'eur du cie ! I5=>IJ,/ ,+-IF * A)c&eD de pénétrer la sublimité et la noblesse de la récompense et de la %loire promise et préparée $ ceux qui %lorifient le +ei%neur par leurs vertus. Ga ma%nificence de cette %loire sera proportionnée $ notre activité vertueuse. Cos mérites n'ont évidemment aucune proportion avec une si %rande %loire, et c'est pourquoi nous désirerons de tout notre c'ur de pouvoir faire $ l'avenir plus d''uvres vertueuses et parfaites que nous n'en avons faites dans le passé. La .eauté de a vertu et a aideur du péc'é! SI;IJ,/ ,+-IF * ;ppliqueD*vous $ saisir la beauté et la noblesse de la vertu, la di%nité qu'elle conf.re $ l')me qui en est ornée, et par opposition la laideur du péc&é et la bassesse &onteuse du vice. #t si vous "tes sa%e, vous fereD tous vos efforts pour acquérir plus de vertus et pour éviter plus soi%neusement le vice. L"e+e(p e des saints! S/2-IJ,/ ,+-IF * ConsidéreD la sublimité et la perfection de la vie des saints, le nombre et l'excellence des vertus qu'ils ont pratiquées. (uelle différence avec la lan%ueur de notre vie et l'imperfection de nos 'uvres @ &otre passé / e+pier! K>I-IJ,/ ,+-IF * (ue le sens du péc&é nous fasse saisir la %ravité et le nombre de nos offenses contre Dieu. Cous serons alors persuadés que toutes nos 'uvres, si bonnes soient*elles, n'ont %u.re de proportion avec nos offenses ni avec les satisfactions dont nous sommes redevables $ la justice de Dieu. &os ,ai. esses tou=ours possi. es! 5/>VIJ,/ ,+-IF * Aout &omme qui examine les nombreux périls que suscitent les tentations de la c&air, du monde et du démon, t)c&era de prendre le parti le plus sFr pour leur éc&apper. ,l s'excitera $ "tre plus ferme et $ pratiquer la vertu plus parfaitement afin de se prémunir davanta%e contre toutes ces tentations. La crainte des =u*e(ents divins! 0I;IJ,/ ,+-IF * 2enseD $ la ri%ueur des ju%ements de Dieu. 2répareD*vous $ para1tre devant le Ju%e +upr"me avec beaucoup de bonnes 'uvres et de satisfactions pour vos péc&és, car vous en aureD %randement besoin. Vous conviendreD que vos bonnes 'uvres et votre pénitence sont bien peu de c&ose en comparaison de ce que vous aurieD dF faire. L"incertitude du =our de a (ort! +5LIJ,/ ,+-IF * 3éditeD sur la bri.veté de la vie et sur l'approc&e /plus ou moins

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éloi%née0 de la mort qui vous surprendra $ l'&eure oM vous vous - attendreD le moins, et apr.s laquelle vous ne pourreD plus mériter ni rien faire pour obtenir la rémission de vos péc&és. Cette pensée vous portera $ un D.le plus %énéreux dans vos 'uvres et $ une pénitence plus ri%oureuse que celle déj$ commencée. Ferveur sans cesse renouve ée! 0+>LIJ,/ ,+-IF * (uels que soient les résultats de votre activité vertueuse et les pro%r.s réalisés, si vous ne désireD une vie toujours plus parfaite et ne vous efforceD d'parvenir, c'est que vous n'aveD pu éviter enti.rement l'or%ueil ni la présomption, pas plus que la né%li%ence et la tiédeur. Kr la présence de ces deux vices entra1ne toujours le dan%er de tomber dans une foule de désordres spirituels E ce que je pourrais vous montrer par un %rand nombre de preuves, si je ne crai%nais d'"tre trop lon%. Je me contenterai de vous dire que, pour vous délivrer de ces maux, il vous faut faire des efforts constants pour atteindre une vie plus sublime et plus parfaite que celle oM vous "tes arrivé. +aint Nernard, expliquant le psaume =ui habitat, dit $ ceux qui commencent par beaucoup de ferveur, mais qui dans la suite, se cro-ant "tre quelque c&ose, tombent dans l'affaiblissement et la tiédeur ! = ;& @ +i vous savieD le peu de bien qu'il - a en vous, et que ce peu m"me vous le perdrieD vite si Celui qui vous l'a donné ne le conservait par sa %r)ce @ > La pro,ondeur des =u*e(ents de Dieu! -7/ILIJ,/ ,+-IF * 2enseD aux insondables ju%ements de Dieu sur certaines personnes qui, apr.s avoir persévéré lon%temps dans une %rande sainteté et une &aute perfection, ont fait des c&utes funestes ! le +ei%neur les a-ant abandonnées $ cause de quelques vices cac&és dont elles ne se cro-aient pas coupables. Cette considération, je n'en doute pas, vous servira beaucoup, quelle que soit votre perfection de vie, $ purifier c&aque jour vos affections et vos intentions, $ vous corri%er plus soi%neusement que jamais de tous vos défauts, $ devenir sans cesse plus parfait et plus saint, dans la crainte qu'il n'- ait en vous quelque péc&é secret qui vous fasse abandonner Dieu. La peur de "en,er! =>(-+7LIJ,/ ,+-IF * <epasseD souvent dans votre esprit les tourments de l'enfer réservés aux damnés et aux péc&eurs. Cette réflexion vous fera trouver lé%.res toutes les pénitences, &umiliations, pauvreté, enfin tout ce qu'on peut souffrir ici*bas pour Dieu afin d'éc&apper $ ces peines. Ga crainte et le dan%er oM vous "tes de tomber dans ces supplices ne cesseront de vous pousser $ une vie plus sainte et plus parfaite. 4V! La vo onté de pro*rès dans es di,,érentes caté*ories de c'rétiens Éc aircisse(ent et app ication de cette vo onté de pro*rès! Je n'ai fait que touc&er rapidement les motifs qui peuvent porter $ la perfection sans les expliquer, afin que vous vous &abituieD $ méditer beaucoup sur peu de mots, et que c&acune de ces raisons vous fournisse d'amples sujets de méditation et de réflexion. 3ais pour que ces motifs vous soient vraiment profitables, il ne suffit pas d'en occuper intellectuellement l'esprit, il faut surtout les faire passer dans le c'ur par une affection qui mette en branle la volonté et lui fasse accomplir ce qu'ils auront conseillé. 2our votre aide, je repasserai en peu de mots c&acune de ces raisons afin de vous faire comprendre qu'elles ne produiront quelque effet dans votre )me que si elles sont pénétrées de sentiments et d'affections conformes $ leur objet.

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Ceu+ )ui conte(p ent! 27/,IJ7/ (-:A+7I/ * Ce premier motif n'a%it que sur les %randes )mes. Ce sont celles qui, par l'élévation de leur esprit et de leurs pensées, pén.trent et se complaisent dans la contemplation de la noblesse, de la perfection et de la majesté divines, et s'emploient de toutes leurs forces $ aimer et &onorer Dieu comme ,l le mérite. Ceu+ )ui (éditent! 0/>;IJ,/ (-:A+7I/ * Ce second motif touc&e surtout les )mes sensibles qui éprouvent une dévotion affectueuse envers la c&arité et la bonté infinies du Fils de Dieu, dont il nous a donné tant de marques dans sa douloureuse 2assion. Ces )mes ressentent un désir ardent de correspondre $ la bonté et $ l'amour divins. Ceu+ )ui désirent. -7+ISIJ,/ (-:A+7I/. * Ce troisi.me motif sera utile $ ceux qui comprennent l'étendue de la perfection que le +ei%neur demande $ toute créature, et qui t)c&eront d'accomplir %énéreusement ses divins commandements en désirant atteindre cette &aute perfection. Ceu+ )ui re(ercient! =>(-7IJ,/ (-:A+7I/. * Ce motif a%it sur les )mes reconnaissantes. 2énétrées de la %randeur des bienfaits et des %r)ces qu'elles ont re4us de Dieu, elles s'efforcent de proportionner leurs services aux faveurs re4ues. Ceu+ )ui espèrent! I5=>IJ,/ (-:A+7I/. * Ce motif n'excite que les )mes qui ont un %rand désir de la %loire du Ciel et qui l'attendent d'une confiance si ferme que son espoir les pousse $ faire toutes sortes d''uvres vertueuses pour obtenir cette %loire. Ceu+ )ui apprécient! SI;IJ,/ (-:A+7I/. * Ge sixi.me motif sera efficace aux )mes pénétrées d'&orreur pour tout vice et péc&é, d'amour ardent pour la perfection et la justice, et d'estime pour les dons de la %r)ce, sentiments que toute )me doit posséder jusqu'en ses profondeurs. Ceu+ )ui i(itent! S/2-I/,/ (-:A+7I/. * Ge septi.me motif n'est applicable qu'$ ceux qui, remplis d'admiration pour la vie des saints, désirent les imiter. +urtout les saints qui ont été les plus parfaits ! d'abord la tr.s sainte Vier%e 3arie, puis saint Jean*Naptiste, saint Jean l' van%éliste, les apBtres et tant d'autres qu'il serait trop lon% d'énumérer. Ceu+ )ui réparent! K>I-IJ,/ (-:A+7I/. * Ce motif touc&era les )mes qui sentent le poids des offenses commises contre Dieu et se retournent contre elles*m"mes, désireuses qu'elles sont de rendre justice $ Dieu par toutes sortes d''uvres méritoires. Ceu+ )ui ,uient! 5/>VIJ,/ (-:A+7I/. * Ge neuvi.me motif ne convient qu'aux )mes conscientes de leur faiblesse et du péril qu'elles courent de succomber aux tentations qui les environnent de toutes parts. Cette pensée les détermine $ fuir les occasions d'offenser Dieu pour s'abriter sous sa divine protection. Ceu+ )ui tre(. ent! 0I;IJ,/ (-:A+7I/. * Ge dixi.me motif convient $ ceux qui, connaissant leurs péc&és, tremblent $ la pensée du ju%ement qui sera prononcé au dernier jour contre les péc&eurs

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impénitents. Ceu+ )ui crai*nent! +5LIJ,/ (-:A+7I/. * Ge onDi.me motif est applicable aux )mes effra-ées par la mort et décidées $ s'- préparer par des 'uvres méritoires. Ceu+ )ui vi.rent! 0+>LIJ,/ (-:A+7I/. * Ge douDi.me motif s'adresse $ ceux qui vibrent. Ce sont ceux qui comprennent que se mettre $ la pratique de la vertu sans vibrer pour une perfection toujours plus %rande, suppose une confiance excessive et de la né%li%ence. ;ussi font*ils tout pour éviter ces vices. Ceu+ )ui s"o.servent! A<#,Q,R3# C;A#JK<,#. * Ge treiDi.me motif est utile $ ceux qui, soucieux de faire leur salut, s'observent dans la crainte d'"tre privés de la %r)ce. Ceu+ )ui ont peur! (I;AK<Q,R3# C;A#JK<,#. * Ce dernier motif aura son effet dans les )mes effra-ées des peines éternelles qu'elles ont méritées par leurs fautes. 2our - éc&apper, elles s'amendent par la pénitence. ** *

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Conc usion en deu+ points! Deux points résument c&acun des motifs précités ! premi.rement, le sentiment de notre imperfection et de notre néant E deuxi.mement, le désir efficace de mener une vie plus parfaite. Ces deux sentiments sont intimement liés, de sorte que le sentiment de notre imperfection et de notre néant ne doit exister qu'accompa%né du désir et de l'effort d'arriver $ une perfection plus %rande, et vice*versa.

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APPE&DICES ET P%STFACE E4ERCICES SPIRITUELS MA4IMES ET VISI%& D"AVE&IR

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4VI! Les deu+ principes de a vie spiritue e !e traité de la vie spirituelle se termine par *uel*ues appendices indépendants les uns des autres o? l'auteur résume sa pensée sous différentes formes *ue l'on pourrait considérer comme des e'ercices spirituels. Ici, il ram#ne la doctrine spirituelle à ses deu' principes fondamentau' " se renoncer dans l'humilité et s'unir à la sainte humanité de 5otre%Seigneur. ** * Celui qui veut éc&apper aux pi.%es et aux tentations de l';ntéc&rist ou du diable, particuli.rement $ la fin de sa vie, doit exciter deux sentiments dans son c'ur.

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Lucidité sur soi0(7(e conditionnée par "'u(i ité! Ge premier sentiment est de s'estimer comme un cadavre fourmillant de vers et en proie $ la pourriture E un cadavre dont la puanteur excite le dé%oFt au point que ceux qui l'approc&ent se bouc&ent le neD pour ne point sentir et détournent la t"te pour ne point voir une telle &orreur. C'est ainsi, mon c&er fr.re, que vous et moi devons c&aque jour a%ir. 3oi plus que vous, car, je le reconnais avec justice, tout mon "tre, corps et )me, n'est qu'infection. ,l n'- a en moi que la lie et la pourriture de mes péc&és et de mes iniquités, dont la puanteur et l'infection doivent faire &orreur. C&ose encore plus f)c&euse ! cette corruption se renouvelle et s'accro1t c&aque jour en moi. O ce sentiment de sa propre abjection l')me fid.le doit joindre une confusion profonde en la présence de Dieu qui voit tout et qui la ju%era un jour tr.s sév.rement. #lle ne saurait donc ressentir trop de douleur d'avoir offensé Dieu, d'avoir perdu la %r)ce que le +an% du C&rist lui avait acquise sur la Croix et conférée au bapt"me. #t cette confusion, qu'elle porte devant elle*m"me et devant Dieu, elle doit aussi la porter devant tout le monde. #lle doit s'en pénétrer non seulement devant les an%es et les saintes )mes du ciel et de la terre, mais encore devant tous les &ommes. #lle doit par conséquent accepter leur mépris pour ce qu'elle dit ou fait, leur éloi%nement d'elle pour ne pas la voir et pour ne pas sentir l'odeur de sa corruption, et l'exclusion de leur société comme un cadavre infect ou un lépreux repoussant. #t cela, jusqu'au moment oM la %r)ce de Dieu dai%nera la visiter et la faire rentrer en elle*m"me. (uant $ son corps, qu'elle soit bien convaincue que les &ommes ne lui feraient aucun tort mais la traiteraient comme elle le mérite, s'ils lui arrac&aient les -eux, lui coupaient les mains, le neD, les oreilles, s'ils le torturaient dans tous ses sens et dans tous ses membres ! parce qu'elle s'est servie de tout cela pour offenser Dieu, son créateur. ,l faut aussi qu'elle désire d'"tre abandonnée et méprisée. (u'elle supporte avec une extr"me joie et allé%resse et endure patiemment tous les reproc&es, &ontes, diffamations, bl)mes et &umiliations de toutes sortes. Lucidité sur Dieu par "union / a sainte 'u(anité du C'rist! ,l faut en second lieu avoir beaucoup de défiance de soi*m"me. ;voir le sentiment que toutes nos bonnes 'uvres et que toute notre vie passée ne sont rien, pour se tourner enti.rement vers Cotre*+ei%neur Jésus*C&rist et se jeter entre les bras de ce divin +auveur, qui a voulu "tre pauvre, &umble, abreuvé d'insultes et de mépris, et mourir d'une mort tr.s cruelle par amour pour nous. 3ourons donc $ tous nos sentiments &umains et que Jésus crucifié vive dans notre c'ur et dans notre )me. Gaissons*nous compl.tement transformer et transfi%urer au point de n'avoir plus d'autre sentiment dans le c'ur que le sien, de ne voir, sentir, entendre que Jésus suspendu pour nous $ la Croix, suivant en cela l'exemple de la sainte Vier%e. De sorte que, morts au monde, nous ne vivions que dans la foi. Kui, c'est dans la foi que l')me sera vivante jusqu'au jour de cette résurrection bien&eureuse, oM le +ei%neur comblera de joie spirituelle et des dons de l'#sprit et nous*m"mes et tous ceux en qui doit se renouveler la vie des apBtres et l'état de sainteté de l'#%lise. ;-eD donc soin de vous exercer $ la pri.re, $ la méditation et aux saintes affections, pour vous rendre di%ne des vertus et de la %r)ce de Dieu. 4VII! La *>(nasti)ue spiritue e

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Il ne suffit pas de posséder Ma lucidité sur soi et la lucidité sur 0ieu, il faut encore travailler à la maintenir. +r, on ne la maintient *ue par une g)mnasti*ue spirituelle de cha*ue jour. e sera, résumée en *uatre points, l'attitude habituelle du chrétien envers 0ieu, envers lui%m&me, envers le prochain, et envers les choses temporelles. ** *

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Les dispositions / "é*ard de Dieu! Ges sentiments oM vous deveD vous exercer $ l'é%ard de Dieu se réduisent principalement $ sept, qui sont ! 6. In amour tr.s vif et tr.s ardent. 8. Ine crainte souveraine. 9. G'&onneur et le respect qui Gui sont dus. :. In D.le persévérant pour son service. 5. G'action de %r)ces et la louan%e. S. Ine obéissance prompte et universelle. T. In %oFt aussi vif que possible des c&oses du ciel. Ces dispositions du c'ur il faut sans cesse les demander au bon Dieu en disant ! +ei%neur Jésus, faites que mon esprit, mon c'ur et jusqu'$ la moUlle de mes os, soient pénétrés d'amour, de crainte et de respect pour vous E que je brFle d'un D.le ardent pour votre %loire, de sorte que j'éprouve l'&orreur la plus violente contre tous les outra%es qu'on a pu vous faire, surtout contre ceux dont j'ai moi*m"me été la cause ou que d'autres ont faits $ mon occasion. Faites*moi comprendre, qu'étant votre créature, je dois vous adorer &umblement comme mon +ei%neur et mon souverain 3a1tre, et vous rendre continuellement %r)ce pour les bienfaits sans nombre que j'ai re4us de votre miséricorde. Faites que je vous loue et que je vous bénisse toujours et en toutes c&oses avec un c'ur rempli d'allé%resse et de jubilation, et que, vous obéissant en toutes c&oses, je puisse %oFter un jour la douceur infinie de votre table, avec les an%es et les apBtres, quelque indi%ne que je sois d'une si %rande %r)ce $ cause de mes continuelles in%ratitudes. Les dispositions / "é*ard de nous0(7(es! 2ar rapport $ vous*m"me exerceD*vous en sept autres dispositions ! 6. 2remi.rement, vous &umilier sans cesse pour vos vices et vos défauts. 8. Deuxi.mement, pleurer et déplorer avec une douleur vive et am.re les péc&és que vous aveD commis, parce qu'ils ont offensé Dieu et souillé votre )me. 9. Aroisi.mement, sou&aiter d'"tre méprisé, &umilié et foulé aux pieds de tout le monde comme un objet vil et corrompu. :. (uatri.mement, macérer sans pitié votre corps et désirer qu'il soit encore plus impito-ablement traité comme une souillure de péc&é, bien plus comme un é%oFt, une sentine et un sépulcre oM se trouvent amassées toutes les &orreurs. 5. Cinqui.mement, avoir une &aine implacable contre le péc&é, et contre les sources et les mauvaises inclinations qui le produisent. S. +ixi.mement, veiller éner%iquement sur tous vos sens, toutes vos actions et toutes les puissances de votre )me, afin de les tenir toujours pr"ts et disposés $ toute sorte de bien. T. +epti.mement, %arder en toutes c&oses cette parfaite discrétion ou modération, qui sait vous faire observer la juste mesure entre le trop et le trop peu, l'exc.s et le défaut, le superflu et le nécessaire, de sorte que vous fassieD tout dans la bienséance et dans l'ordre. Les dispositions / "é*ard du proc'ain! A)c&eD aussi de former en vous*m"me sept autres dispositions $ l'é%ard du proc&ain ! 6. 2remi.rement, une tendre compassion qui vous fasse ressentir les maux et les

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incommodités du proc&ain comme vous ressenteD les vBtres. 8. Deuxi.mement, une douce joie du bien qui lui arrive comme s'il vous arrivait $ vous* m"me. 9. Aroisi.mement, le support patient et le cordial pardon des offenses qu'il pourrait vous faire. :. (uatri.mement, une affabilité pleine de bienveillance pour tous, qui vous fait leur sou&aiter tout bien et que vous montreD dans vos actes et dans vos paroles. 5. Cinqui.mement, un &umble respect par lequel vous préféreD les autres $ vous*m"me, que vous &onoreD et $ qui vous vous soumetteD de bon c'ur comme $ vos ma1tres. S. +ixi.mement, la paix et l'union avec tout le monde, parta%eant autant que vous le pouveD et que Dieu le permet l'avis des autres, et voulant ce qu'ils veulent quand c'est juste et raisonnable, de sorte que vous ne fassieD qu'un avec eux. T. +epti.mement, le sacrifice de votre vie pour le salut de vos fr.res, $ l'exemple de Cotre* +ei%neur. 2rieD et travailleD jour et nuit $ faire aimer Jésus par les &ommes et $ les rendre di%nes d'"tre aimés de Jésus. C'alleD toutefois pas conclure de ce qui préc.de qu'il ne faut pas éviter et fuir la compa%nie des %ens vicieux. ;u contraire, rien n'est plus dan%ereux que leur commerce. C&aque fois que la société des méc&ants et des ti.des peut "tre un obstacle $ votre perfection ou la retarder, vous deveD les fuir comme des b"tes dan%ereuses et venimeuses. Car il n'est point de c&arbon si incandescent qui ne s'étei%ne dans l'eau et ne se refroidisse E comme aussi il n'en est point de si froid qui ne s'allume au contact d'autres c&arbons enflammés. 3ais si la compa%nie de ces &ommes n'offre aucun péril pour vous, détourneD simplement les -eux pour ne point voir leurs défauts, ou, si vous ne pouveD vous emp"c&er de les voir, supporteD*les avec compassion comme les vBtres. Les dispositions / "é*ard des c'oses te(pore es! ;fin de pouvoir vous conduire d'une mani.re utile et parfaite $ l'é%ard des c&oses de l'éternité et des c&oses du temps, t)c&eD de re%arder celles*ci de quatre fa4ons ! 6. D'abord, considéreD*vous comme un p.lerin et un étran%er, et re%ardeD toutes ces c&oses comme vous étant étran%.res au point que vous n'a-eD pas plus d'attac&ement $ vos &abits que vous n'en aurieD pour ce que poss.de une personne &abitant l',nde. 8. #nsuite, dans les c&oses qui servent $ la vie, redouteD l'abondance comme un poison, ou comme une mer semée d'écueils pr"te $ vous en%loutir. 9. #n troisi.me lieu, aimeD dans les c&oses nécessaires $ votre usa%e personnel éprouver l'indi%ence et la pauvreté, car c'est l'éc&elle m-stérieuse qui fait monter avec sFreté aux éternelles ric&esses du paradis. :. #nfin, fu-eD la compa%nie, le commerce et le faste des ric&es et des %rands, sans toutefois les mépriser. 3etteD votre %loire $ fréquenter les pauvres. (ue votre joie soit de vous souvenir d'eux, de les voir, de converser avec eux, si dénués de tout et si méprisés qu'ils puissent "tre, car ils sont l'ima%e du C&rist. Dites*vous bien que leur société vaut celle des rois et que c'est pour vous un sin%ulier &onneur et une véritable joie de pouvoir les approc&er. 4VIII! Le vérita. e service de Dieu !es religieu' ne sont pas appelés à une perfection autre *ue celle des chrétiens. +n peut &tre saint dans n'importe *uel état de vie. /t dans cha*ue état de vie des degrés différents de perfection sont possibles, correspondant à ce *u'on appelle communément " la vie de purification initiale, la vie illuminative et la vie unitive. !'échelle de perfection *ue donne saint Vincent Ferrier doit &tre pensée dans cette perspective. 5ous donnons le te'te de saint Vincent Ferrier, et le faisons suivre d'une br#ve e'plication, d'une prati*ue, et d'un renvoi à des chapitres de G',mitation.

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Vie de per,ection initia e! 8! TE4TE * =uin3e perfections sont nécessaires à celui *ui veut se consacrer enti#rement au service de, 5otre%Seigneur Nésus% hrist dans la vie spirituelle. !a premi#re, une claire et parfaite connaissance de ses propres défauts et man*uements. #xplication * Ga connaissance de soi est une condition préalable $ l'&umilité. 3e demander ! qui suis*je H n'est donc pas une question vaine. ,l - a en moi un ami du bien, mais il - a aussi un "tre d'or%ueil, de sensualité, de violence, de paresse, de menson%e, de duplicité, etc. Conna1tre mes limites et pleurer mes mis.res, c'est le principe du salut. 2ratique * Ges )mes fortes essaient de se conna1tre pour se conduire. Comment identifier mon )me avec ce qu'il - a en elle de meilleur et de pire H 2ar le recueillement, l'examen de conscience, la confession, la correction fraternelle. = Veille sur toi*m"me, dit l';pBtre, et mets*- de la constance. Ce faisant, tu te sauveras >. /, Aim., :, 6S0. <envoi * 0es humbles sentiments *u'il faut avoir de soi%m&me . Giv. ,, c&. 8. 0e la considération de soi%m&me. Giv. ,,, c&. 5. 9! TE4TE * !a seconde perfection est une ardente et persévérante résistance au' mauvaises inclinations, au' désirs et passions contraires à la raison. #xplication * Cous avons tous notre naturel et nos penc&ants. (u'ils p.sent parfois sur nous et nous troublent de leurs sollicitations, n'est pas encore une faute. +ervir Dieu, ce n'est pas n'éprouver jamais l'ai%uillon de la c&air, mais le contrBler ou le dominer. 2ratique * 2eu importe mon naturel et le poids de ses penc&ants. G'&omme spirituel peut obtenir la libération sur ce qui l'opprime en eux. <envoi * Des mo)ens d'ac*uérir la pai' et du 3#le pour notre avancement . Giv. ,, c&. Vl. 0e la mani#re de se former à la patience et de la lutte contre les passions . Giv. ,,,, c&. V,,. ?! TE4TE. % !a troisi#me perfection est une vive crainte des péchés commis depuis *u'on est au monde, parce *u'on ne sait point si l'on a satisfait par une pénitence suffisante ni si l'on est rentré en gr.ce avec 0ieu. #xplication * Ga profondeur de cette formule ne se comprend que si l'on poss.de le sens du péc&é. Ine fois Dieu trouvé ou retrouvé par le pardon, celui qui veut "tre parfait ne cesse de re%retter ses fautes. C'est qu'effectivement il a offensé Dieu et reste affolé de ce qu'il a fait. 2ratique * Ga contrition est un climat du c'ur. Kn le trouve c&eD les convertis repentants qui sans cesse crient ! = +ei%neur, vous ne rejettereD point un c'ur contrit et &umilié >. /2s. ,V0 <envoi * ,l faut marcher devant 0ieu dans la vérité et l'humilité. Giv. ,,,, c&. ,V. @! TE4TE. % !a *uatri#me perfection est une grande fra)eur *ue notre fragilité ne nous fasse retomber dans les m&mes désordres et peut%&tre dans de plus graves. #xplication * ,l est d'autant plus nécessaire de se remémorer notre fra%ilité que notre temps para1t l'i%norer tra%iquement. Ge culte de la jouissance, du bien*"tre, tend $ pourrir les &ommes et les expose inévitablement $ des désordres irréparables. Ge mo-en $ notre portée pour nous préserver des c&utes futures est de nous enraciner dans une sainte et filiale crainte de Dieu. 2ratique * ,l - a des petites c&oses qui sont %randes. Kn est un &omme spirituel quand on sait découvrir cet aspect de %randeur dans des c&oses en apparence minimes. (uand on t)c&e d'éviter d'offenser Dieu en de petites c&oses. Ga c&asse au péc&é véniel tient de l$ sa noblesse. <envoi * Il faut considérer les secrets jugements de 0ieu, afin de ne pas s'enorgueillir de ses bonnes œuvres. Giv. ,,,, c&. V,V.

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A! TE4TE. % !a cin*ui#me perfection est de tenir sous une forte discipline et une sév#re surveillance les sens e'térieurs, afin *ue le corps soit soumis à l'.me pour le service de Nésus% hrist. #xplication * Ga vie parfaite suppose d'incessants renoncements ! mortification dans les c&oses m"me permises. Ges sacrifices consentis surnaturellement assouplissent l')me. 2ratique * Ce pas donner satisfaction aux désirs de la c&air, car les désirs de la c&air sont contraires $ ceux de l'esprit. = Ceux qui appartiennent au C&rist Jésus ont crucifié leur c&air avec ses passions et ses convoitises. +i nous vivons par l'esprit, suivons aussi l'esprit >. /Jalates, V, 850. <envoi % 0u chemin ro)al de la sainte roi'. Giv. ,,, c&. V,,. B! TE4TE. % !a si'i#me perfection est une grande force et une vaillante patience dans les tentations et les épreuves. #xplication * De temps $ autre la souffrance nous touc&e ! un malaise, une adversité, une infirmité, une ruine, un deuil. (uelle %r)ce, si nous voulons voir Dieu dans l'épreuve @ 2ratique * Ce pas se révolter ni crier $ l'injustice. = +ouffrir est une courte souffrance E avoir souffert est une lon%ue joie >. /?enri +uDo0. <envoi * Kn n'est jamais, en cette vie, $ l'abri de la tentation. Giv. ,,,, c&. VVVV. De l'utilité des contrariétés, ibid. c&. V,,. De la résistance $ la tentation, ibid. c&. V,,,. C! TE4TE. % !a septi#me perfection est la fuite courageuse de toute personne et de toute créature *ui pourrait &tre cause ou occasion de péché, ou seulement de *uel*ue imperfection et de *uel*ue affaiblissement dans la vie spirituelle. :vitons ces per sonnes comme nous fuirions le démon. #xplication * Ge monde est = livré $ la malice >, dit saint Jean, et l'&omme spirituel constate c&aque jour que les relations &umaines distraient si facilement notre c'ur de Dieu. ,l faut donc éviter les relations qui peuvent diminuer la ferveur de l'esprit. 2ratique * = Ge ciel est autour de nous comme l'atmosp&.re autour de l'enfant au sein de sa m.re. +i nous ne l'&abitons point, comme le veut l'apBtre, ce n'est pas question de distance, c'est question d'état. In état d')me libéré, purifié, surélevé par rapport aux préoccupations terriennes ! c'est tout ce qui manque $ notre vie selon l'esprit >./+ertillan%es0. <envoi % !aisser toute créature afin de pouvoir trouver le réateur. Giv. ,,,, c&. VVV,. Accès / a vie i u(inative! D! TE4TE. * !a huiti#me perfection est de porter la roi' de Nésus% hrist *ui a *uatre branches " celle de la mortification des vices, celle de l'abandon des biens temporels, celle du renoncement au' affections charnelles de parents et amis, et finalement celle du mépris et de l'abnégation de soi%m&me. #xplication * Ces quatre bras doivent détruire les quatre principales causes de l'aveu%lement spirituel, $ savoir ! les passions, l'intér"t, l'affection désordonnée des parents et l'amour*propre déré%lé. 2ratique * Ga pauvreté selon 6'esprit est faite d'un renoncement du c'ur. <envoi % !a gr.ce de 0ieu ne se communi*ue pas à ceu' *ui ont le goFt des choses de la terre. Giv. ,,,, c&. G,,,. E! TE4TE. % !a neuvi#me perfection est un souvenir prolongé et permanent des bienfaits reEus de 0ieu jus*u'à ce jour. #xplication * Ces bienfaits sont nombreux ! biens du corps, biens de l')me, biens de l'esprit, don de la foi, avertissements providentiels, promesses de bon&eur, etc. 2ratique * Vivre en action de %r)ces. Neaucoup de c&rétiens prient pour demander, c'est bien. 3ais apr.s avoir tant re4u, ne faudrait*il pas remercier H ?ilarem datorem dili%it Deus.

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Donnons*Gui notre %ratitude. <envoi * 0u souvenir des innombrables bienfaits de 0ieu. Giv. ,,,, c&. VV,,.

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8F! TE4TE. % !a di'i#me perfection est de persévérer dans la pri#re jour et nuit. #xplication * Ga pri.re c'est le contact avec Celui qui sera notre vie permanente. Cette vie, déj$ commencée ici*bas, s'entretient par la pri.re de tous les instants, que ce soient des pri.res vocales, des oraisons jaculatoires, des pensées affectueuses. 2ratique * ,l est tr.s facile de se tourner vers Dieu et de penser $ Gui. G$ oM est notre pensée, l$ aussi est notre amour. <envoi * elui *ui aime 0ieu le goFte en tout et par%dessus tout . Giv. ,,,, c&. VVV,V. 0e l'amour de la solitude et du silence. Giv. ,, c&. VV. La voie des par,aits! 88! TE4TE. % !a on3i#me perfection consiste à savourer et à désirer continuellement les suavités divines. #xplication * G')me est arrivée au stade du saint amour de Dieu. Cet amour de Dieu n'est pas une petite c&ose. ,l ne s'a%it pas seulement d'avoir des élans d'amour et de pousser des soupirs, mais d'un amour $ la fois affectif et effectif. 2ratique * G'amour est le vrai levier des )mes comme l'auteur de l'imitation l'a mis en relief dans ! <envoi * 0es merveilleu' effets de l'amour divin. Giv. ,,,, c&. V. 89! TE4TE. * !a dou3i#me perfection est un insatiable désir d'e'alter notre sainte foi, c'est%à%dire de faire conna@tre, aimer et craindre le hrist Nésus par tous les hommes. #xplication * Celui qui aime Dieu désire spontanément Ge voir connu, aimé et servi de tous, afin qu'ils jouissent é%alement des suavités divines. 2ratique * In D.le ardent et judicieux du salut des )mes. <envoi * (vec combien de respect il faut recevoir Nésus% hrist . Giv. ,V, c&. ,. -endres et ardents désirs de !e recevoir. ,bid., c&. VV,,. 8?! TE4TE. * !a trei3i#me perfection est une miséricordieuse compassion pour le prochain dans tous ses besoins et dans toutes les circonstances. #xplication * ;imer Dieu sans aimer le proc&ain est un menson%e. G'amour du proc&ain conserve et fortifie l'amour de Dieu. Aout ce qu'on fait pour le proc&ain par amour de Dieu, Dieu le re%arde comme fait $ Gui*m"me. 2ratique. * Aoutes les 'uvres de c&arité matérielle et spirituelle. <envoi * Il faut supporter les défauts des autres. !iv. I, ch. ;VI . :viter les jugements téméraires. ,bid., c&. V,V. 0es œuvres faites pour un motif de charité. ,bid., c&. VV. 8@! TE4TE. * !a *uator3i#me perfection est de rendre toujours gr.ce à 0ieu, de !e glorifier en toutes choses, et de louer sans cesse 5otre%Seigneur Nésus% hrist. #xplication * G'in%ratitude dess.c&e le c'ur. Cous sommes incomparablement plus redevables $ Dieu qu'$ nos semblables. Ga reconnaissance nous él.ve et nous obtient des %r)ces encore plus %randes. 2ratique * ,mitons la tr.s sainte 3.re de Dieu qui, d'apr.s saint ;ntonin de Florence, avait toujours sur les l.vres ces douces paroles ! Deo %ratias. <envoi * 5ous devons nous offrir à 0ieu avec tout ce *ue nous avons et prier pour tous . Giv. ,V, c&. ,V. 8A! TE4TE * !a *uin3i#me perfection enfin consiste, apr#s avoir fait tout ce *ui préc#de, à &tre persuadé *u'on n'a fait *ue bien peu, et à avouer du fond du cœur "

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Seigneur Nésus, mon 0ieu, je ne suis rien, je ne puis rien, je ne vau' rien. Ne vous sers bien mal et je suis un serviteur inutile. #xplication * G'&umilité est un %rand art. ,l él.ve celui qui le pratique. = (uiconque s'abaisse sera élevé >, dit Cotre*+ei%neur. 2ratique * Ce pas se %lorifier du bien qu'on fait, mais tout ramener $ Dieu. <envoi. * 0u petit nombre de ceu' *ui aiment la roi' de Nésus. Giv. ,,, c&. V,. 4I4 Les cin) tercets de a vie spiritue e /n ce dernier chapitre, saint Vincent Ferrier condense en cin* tercets plusieurs avis utiles. e sont des ma'imes faciles à retenir.

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** * La pauvreté! ,l - a trois bases ou parties principales $ la pauvreté évan%élique pratiquée par les apBtres ! 6W Ge renoncement effectif et sinc.re $ ses droits, m"me les plus lé%itimes. 8W Ga modération dans l'usa%e des c&oses matérielles. 9W G'amour &abituel de tout ce que la pauvreté exi%e dans la pratique. L"a.stinence! G'abstinence se base sur trois points essentiels ! 6W ;ffaiblir et énerver les désirs de la c&air et ce que l' criture appelle le souci des besoins de la vie. 8W Ce s'inquiéter ni de la quantité ni de la qualité des aliments. 9W Iser avec sobriété de ce qui nous est présenté. Ce )u"i ,aut ,uir! Cous devons éviter et fuir avec sain trois c&oses ! 6W ?ors de nous ! la distraction extérieure qui est inséparable des affaires. 8W ;u dedans ! tout sentiment d'or%ueil et d'ambition. 9W G'attac&ement excessif et déré%lé aux biens de la terre, les sentiments trop &umains pour nous*m"mes, pour nos proc&es ou pour notre Krdre. Ce )u"i ,aut rec'erc'er! Cous devons particuli.rement rec&erc&er trois c&oses ! 6W Ge mépris de nous*m"mes et le désir d'"tre &umilié et publiquement méprisé par les autres. 8W Ine tendre compassion pour Jésus crucifié. 9W Ga disposition $ souffrir toutes sortes de persécutions et l'acceptation m"me du mart-re pour l'amour de Jésus*C&rist et de la vie évan%élique. Voil$ trois c&oses $ méditer et $ demander $ Dieu tout le lon% du jour par des pri.res prolon%ées et accompa%nées de %émissements et d'ardents soupirs. Ce )u"i ,aut (éditer! ,l - a trois c&oses qui doivent "tre l'objet principal de nos méditations ! 6W Jésus*C&rist dans son ,ncarnation, dans sa 2assion et dans ses autres m-st.res. 8W Ga vie des apBtres et celle des saints qui ont vécu dans notre Krdre avec un vif désir d'imiter leurs vertus. 9W Ga vie que m.neront plus tard les &ommes destinés $ la prédication de l'#van%ile.

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44 Prop'étie sur a venue des 'o((es aposto i)ues

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Saint Vincent Ferrier, à la fin de son traité, prophétise la venue d'hommes apostoli*ues d'une tr#s grande sainteté. +n ignore la teneur e'acte de cette prophétie. /lle a néanmoins retenu l'attention d'hommes tr#s 3élés et m&me de saints *ui ont cru pouvoir revendi*uer la réalisation de cette 8 perspective 9 dans leur institut. >ne telle affirmation n'a rien de compromettant, et n'engage *ue leurs auteurs. Il semble toutefois plus prudent de s'en tenir à la judicieuse remar*ue de saint Vincent de 2aul " 8 Saint Vincent Ferrier, disait%il, s'encourageait en prévo)ant *u'il devait venir des pr&tres, *ui, par la ferveur de leur 3#le, embraseraient toute la terre. Si nous ne méritons pas *ue 0ieu nous fasse la gr.ce d'&tre ces pr&tres, demandons%!ui au moins *u'il nous accorde d'en &tre les images et les précurseurs 9. 7appelons%nous par ailleurs les chapitres de cet ouvrage o? l'auteur met le lecteur en garde contre les pieuses illusions. ** *

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Évocation d"un te(ps de prospérité pour "É* ise! Vous deveD jour et nuit vous représenter l'état de ces &ommes tr.s pauvres, tr.s simples et tr.s doux, oublieux d'eux*m"mes, unis par une ardente c&arité, n'a-ant de pensée, de parole, de %oFt que pour Jésus*C&rist seul, et Jésus*C&rist crucifié. Iniquement préoccupés de la %loire éternelle de Dieu et des élus, - aspirant de tout leur "tre, soupirant sans cesse vers elle, attendant la mort avec un désir toujours plus ardent, $ l'exemple de saint 2aul s'écriant ! = Je désire mourir pour "tre avec le C&rist >. Ces &ommes auront part aux immenses trésors et aux inépuisables ric&esses du Ciel. ,ls seront enva&is et submer%és par cette source ineffable de joies, et rassasiés de leur douceur infinie. C'est pourquoi dans vos méditations il faut vous représenter ces &ommes c&antant déj$ sur la terre le cantique des an%es sur la &arpe de leur c'ur, dans le ravissement de l'extase. Cette représentation &abituelle vous donnera, plus qu'on ne saurait croire, l'ardent désir de voir l'av.nement de ces temps &eureux. Vous puisereD dans cette perspective une clarté merveilleuse qui dissipera les nua%es du doute et de l'i%norance. Vous verreD tout dans une pure lumi.re et discernereD tous les maux de notre époque. Vous comprendreD la m-stérieuse ordonnance de tous les Krdres reli%ieux qui sont nés depuis la venue de Cotre*+ei%neur Jésus*C&rist au monde, ou na1tront dans l' %lise jusqu'$ la fin des si.cles et jusqu'$ la consommation de la %loire du C&rist, notre +auveur et souverain Dieu. 2orteD toujours dans votre c'ur ce Dieu crucifié afin qu'il vous admette un jour $ la participation de sa %loire éternelle. ;3#C. Au+ (art>rs espa*no s! Voici maintenant deu' e'traits d'un po#me%postface de 2aul laudel, *ui vient admirablement compléter le tableau évo*ué par saint Vincent Ferrier. !ors*u'en OPQR commenEa la guerre fratricide d'/spagne, de nombreu' /spagnols se réfugi#rent à l'étranger pour éviter la persécution. 0'autres, pour s'opposer à ceu' *ui se disaient eu'%m&mes les ennemis de la divinité, confess#rent publi*uement leur foi. eu'%ci obtinrent par milliers la gloire du mart)re 8 avec toute la sainte et glorieuse signification de ce nom 9. /2ie V,0. 2assant, qui tourneras une $ une les pa%es de ce livre sinc.re, Gis tout, enre%istre dans ton c'ur, mais contiens ton épouvante et ta col.re @

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C'est la m"me c&ose, c'est pareil, c'est ce que l'on a fait $ nos anciens, C'est ce qui est arrivé du temps d'?enr- V,,,, du temps de Céron et de Dioclétien. Ge calice qu'ont bu nos p.res, est*ce que nous ne le boirons pas la m"me c&ose H Ga couronne d'épines pour eux, pour nous seuls ce sera*t*il une couronne de roses H Ge sel qu'on nous a mis sur la lan%ue jadis, c'était le %oFt de ce nouveau bapt"me @ #st*ce possible, B mon Dieu, qu'$ la fin vous nous laissieD cet &onneur supr"me De vous donner, nous aussi, pauvres %ens, quelque c&ose, et d'"tre présents @ #t de dire que c'est vrai, et que Vous "tes le fils de Dieu avec notre san% @ Ga merveille que vous existieD, il est vrai, 4a ne peut se pa-er avec autre c&ose qu'avec du san% @ G' van%ile de Jésus*C&rist que j'ai re4u, 4a ne pouvait pas "tre impunément @ Dans ce monde qui ne croit pas, c'est pas vrai que l'on puisse croire impunément @ Ce n'est pas pour notre confort seulement que Au A'es donné la peine de na1tre @ * * C'est fait @ l''uvre est consommée, et la terre par tous ses pores a bu le san% dont elle était altérée. Ge ciel a bu et la messe des cent mille mart-rs, toute la terre est profonde $ la di%érer. G'assassin en titubant rentre c&eD lui et il re%arde sa main droite avec stupeur, Ge saint a pris solennellement possession de sa part qui est la meilleure. Aout une fois de plus est consommé et dans le ciel il s'est fait un silence d'une demi*&eure. #t nous aussi, la t"te découverte, en silence, B mon )me, fais silence devant la terre ensemencée @ Ga terre au fond de son entraille a con4u et déj$ le recommencement a commencé. Ge temps du laboura%e est fini, c'est celui maintenant de la semaille. Ge temps de l'amputation pour l'arbre a fini et c'est le temps maintenant des représailles. G'idée sous la terre qui a %ermé, et de toutes parts dans ton c'ur, sainte #spa%ne, la représaille immense de l'amour @ Ges pieds dans le pétrole et le san%, je crois en Aoi, +ei%neur, et en ce jour un jour qui sera Aon jour @ J'étends la main droite vers Aoi pour jurer entre l'action de %r)ces et le carna%e. 8 -on corps est véritablement une nourriture et -on sang véritablement est un breuvage 9. De cette c&air qui a été pressée, la Aienne, et de ce san% qui a été répandu, 2as une parcelle n'a péri, pas une %outte qui ait été perdue, G'&iver sur nos sillons continue, mais le printemps déj$ a fait explosion dans les étoiles @ #t tout ce qui a été versé, les an%es respectueusement l'ont recueilli et porté $ l'intérieur du Voile @ 2aul CG;ID#G. Nranques, 67 mai 6X9T.

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