HUGUES CHOPLIN

DE LA PHENOMENOLOGIE
' A LA

,

,

NON-PHILOSOPHIE

LÉVINAS ET LARUELLE

-

1

BIBLIOTHÈQUE

DE

ÉDITIONS

NON-PHILOSOPHIE

KIJV\E

-

HUGUES CHOPLIN

DELAPHtNOMtNOLOGffi ' ALA NON-PHILOSOPHIE
LÉVINAS ET LARUELLE

ÉDITIONS KIMÉ 2, Impasse des Peintres PARIS IIème

©Éditions Kimé, Paris. 1997. ISBN 2-84174-093-5

Je les en remercie vivement.7 à Sarah. ma belle-fille à Boris DU BOULLAY et Yves JEAN NERET Marie-Laure DU BOULLAY. Gilles GRELETet François LARUELLE ont soutenu l'écriture de cet ouvrage. .

Cinq leçons (1907). Edmond Husserl.8 SIGLES UTILISES (classés par ordre alphabétique) AE: qu'itre ou au-deld de l'essence (1974). Paris. Paris. PM :Le principe de minoritl. 1992. 1991. Biblio-Essais. Vrin. L'itinlraire philosophique Feron. François Laruelle. n°40S8. PUF. Peiffer etE. François Laruelle. n°4120. Emmanuel Lévlnas. 1 : L'1111ivers philosophique. Le Livre de Poche. trad. DD : De Dieu qui vienJ d l'idée. collection "Epiméthée". Emmanuel Uvinas. Paris. suivie d'Essais nouveaux. Michel Henry. Grasset. PUF. PhD : Les philosophies de la dijflrence. Paris. Paris. Paris. EDE : En dicouvranJ l'existence avec Husserl et Heidegger. de 1949. 1991/1. François Laruelle. dans notre ouvrage. 1989. Emmanuel Uvinas. Paris. Collection "l'interrogation philosophique". Lévinas (1931). PhN : Philosophie et non-philosophie. Paris. 1990. Introduction a /o pMnomlnologie (1929). 1989. Collection "Epimé!Me". TI: Totalitl et Infini. 1994. EN : EnJre-nous. Edmond Husserl. (quand les ouvrages la donnent) la date de la première publication (ou présentation) de ceux auxquels nous faisons référence. collection "Epimé!Me". 1989. Jacques Derrida. Emmanuel Uvinas. HA : de l'autre homme. Le Livre de Poche. Objections et rlponses. MC : Mlditations Canlsiennes. PrN : Principes de la non-philosophie.-M. 2 Nous indiquons. Bibliothèque de non-philosophie. Liège-Bruxelles. suivi de la date du numéro. ED : "Violeooe et métaphysique. au fil de notre étude. PUF. EU : En tiJ1Il qu'lUI. Paris. Science des tUmocratie. G. Jean-Luc Marion. Les autres riférences sont données en bibliographie. IPh :L'idée de la phénomlnologie. 1990. Lowit. PhM: Phénoménologie matérielle. Ouonologie. PUF. 1986. Paris. Vrin. Grenoble. François Laruelle. . Biblio-Essais. Nous signalons. en 1982). Paris. Paris. Le Livre de Poche. Garnier-Aammarion. Essai sur l'extlrioritl (1961). 1986. collection "Krisis". Introduction critique. non-psychanalyse. PUF. Paris. 19921. 1985. les ouvrages de Lévinas ici mentionnés reunissent plusieurs textes séparés. A propos de Rlduction et dtJnation de Jean-Luc Marion3. collection "Epirnéthée". Seuil. 1981. 1992. rewe et augmentée (1986) de poche. 1994. Essais sur le penser-d-l'aUJre. 1995. Paris. Biblio-Essais. René Descartes. 1967. PUF. Michel Henry. Aubier. François Laruelle. Aubier. Millon. Collection "philosophie d'aujourdbui". Emmanuel Uvinas. A. Paris. 2è éd. 19792. 1992. Paris. vol. Fractalitl glnlralisü et philosophie artificielle. Mardaga. 1990. RD: Rlduction et donation. et M Beyssade. d'Emmanuel Uvlnas. Paris. 3 Nous faisons également référence à d'autres numéros de cette revue. 1 Totalitl et Infini et Autrement qu'itre exceptés. à la fin de l'ouvrage. Emmanuel Uvinas. Vrin (Ière éd. QL :De l'idée de transcendœu:e a /o question du /ongage. la pagination de l'édition Adam et Tannery (AT). 1996. MM: Mldiuuions mltaphysiques (1641). Paris. présentation et bibliographie de J. collection "Points". Editions Kimé. François Laruelle. Paris. Thl: Théorie des identitls. GP : Gbréalogie de /o psycluJnolyse. Essai sur la pensée d'Emmanuel Lévinas" (1964) in L'icriture et la difflrence. PUF. EPU: Encyclopidie philosophique 1111iverselle. trad. réimpression conforme à la Ière éd. collection "Epiméthée". François Laruelle. ThE: Théorie des Etrangers. n°4121. PUF. RM : Rewe de Métaphysique et de Morale. Ce même sigle est alors utilisé. 1991.

Cet ouvrage se propose d'étudier. dans sa propre phénoménologie. 304. elles tranchent sur les expériences intentionnelles husserliennes de l'objet et sur la donation comme telle de Marion . les fondements des pensées d'Emmanuel Lévinas et de François Lamelle. p. comme impliquant une "donation" ou comme relevant d'une "phénoménologie"". p. Précisément. . Je donné donné par la donation et le Je auquel est donné ce donné. les questions suivantes : quels sont les modes de "donation" du Visage et de l'Un ? Qui sont les Je ou les hommes qu'ils instituent ? Précisément : dans quelle mesure les deux "donations" du Visage et de l'Un sont-elles des expériences. Mais nous n'étudions pas. Se posent. la phénoménologie désigne une problématique qui engage trois termes étroitement corrélés : la donation.par la donation d'un donné relevant de l'objectivité et.l'ego transcendantal intentionnel . la phénoménologie de Heidegger. son ouvrage considère qu'en phénoménologie c'est la donation (du donné) qui institue le Je : celui-ci en effet "se laisse implicitement mesurer par la dimension de ce qui se donne et identifier à et par l'identité de cette donation"!. l'Un pour Laruelle4. chapitre IV (1-IV). dans la mesure où le statut phénoménologique du Visage el de l'Un est problérnatisé dans notre étude. 3 Cf. Par ailleurs. 305. donation ne donnant aucun donné déterminé3. 4 L'Un est une abréviation de l'Un-en-Un ou de la vision-en-Un. dans cel ouvrage. Marion identifie aussi le Je de Heidegger (le Dasein) par la donation d'un donné ontologique. 2 RD. à partir de cette perspective phénoménologique. humaines en ce qu'elles instituent l'homme : en tant que percée incessante comme Soi pour Lévinas. première panie. mieux des épreuves radicalement humaines ? Radicalement en ce que. rigoureusement. Ces deux "donnés" ne se donnent pas à (ou par) un ego transcendantal (intentionnel) ou à un Jeinterloqué. celle<i utilise des guillemets pour les décrire comme "donné".Introduction Selon Réduction et donation de Jean-Luc Marion. en tant qu'Ego-en-Ego pour 1 RD. le Je-interloqué par la "donation comme telle"2. en conséquence. Marion identifie ainsi le Je de Husserl . L'une comme l'autre s'ancrent dans la définition d'un "donné" : Je Visage pour Lévinas.

d'épreuve radicalement subjective. dans Théorie des Etrangers.comme la Vie de Henry. Laruelle distingue l'Ego-en-Ego du sujet (comme Etranger ou force (de) pensée). quelque peu dérouté par la multiplicité des confrontations entre auteurs que cette perspective implique. à analyser le statut de l'homme qu'elles instituent et à souligner en quel sens il peut être considéré comme rigoureusement dépourvu d'objectivité ou comme rigoureusement humain. la question relative aux rapports unissant la phénoménologie et les deux pensées de Lévinas et de Laruelle n'est pas ici vraiment directrice. et les autres auteurs étudiés dans ce travail. nous ne distinguons pas les épreuves humaines des épreuves subjectives (les deux terminologies sont indifféremment utilisées). Notre étude s'organise selon deux voies parcourant cet espace phénoménologique et conduisant respectivement au Visage et à l'Un. la Vie de Henry et l'Un.ou de Dieu . comme nous le verrons. s'enracinent en une lecture de la philosophie. Dans la mesure où la problématique de Lévinas. l'idée d'infini . Etudier la radicalité de ces épreuves nous amène. Pour autant. Notre analyse des épreuves du Visage et de l'Un vise plutôt à éclairer ces mots S Puisque. à nos yeux. il est préférable de ne pas parler. la perception immanente de Husserl. défini dans cet ouvrage comme l'espace ouvert par la confrontation entre le cartésianisme et la phénoménologie de Husserl et par les travaux de Marion et de Michel Henry problématisant ces deux philosophies. sur la seconde.cartésienne et. Par ailleurs. des majuscules sont utilisées pour désigner l'Un et l'Ego·en-Ego de Laruelle. Qu'il sache que la compréhension de ces confrontations ne suppose pas. II est possible que le lecteur soit. une pré-connaissance particulièrement solide des pensées qu'elles engagent (à l'exception peut-être de celle de Descartes) : notre but est plutôt d'y introduire à partir de ces confrontations. l'homme désigne autant l'Ego-en-Ego que le sujet. . l'inadéquation intentionnelle husserlienne. à. Le lecteur trouvera du reste en conclusion une topologie distribuant les différentes problématiques étudiées selon les deux voies principales suivies dans cet ouvrage.10 Laruelle5. on pourrait s'interroger sur la pertinence du choix de cette perspective phénoménologique. En ce qui concerne Lévinas. comme celle de Laruelle. propos de l'Un. la donation comme telle de Marion. Elle inscrit successivement. II semble légitimé par l'étroitesse des rapports que Lévinas et Lamelle entretiennent avec le contexte phénoménologique. enfin. le Visage et le Soi de Lévinas. le cogito cartésien lu par Henry. en un premier temps. depuis Théorie des Etrangers et surtout Principes de la non-philosophie. le Visage . Aussi notre propos est-il moins celui d'un historien de la phénoménologie que d'un topologue du terrain phénoménologique. sur la première. "Epreuve radicalement humaine" est une terminologie plus adéquate même si.

la première partie de cet ouvrage introduit aux problématiques de Lévinas et de Laruelle et aux deux épreuves radicalement humaines du Visage et de l'Un présentées. la perception immanente . p. l'ego cartésien est un ego plus subjectif (ou plus dépourvu d'objectivité) que l'ego husserlien.savoir du . il résiste.épreuve subjective husserlienne . l'homogénéité cartésienne de l'ego et des choses : l'inscription de l'ego cartésien dans le monde comme chose pensante. bien entendu.demeure objective ou 6 lA décision philosophique. Tous deux en effet. . mais avec une nuance qui est justement la nuance capitale et non-philosophique''6. d'abord. n°S. ils la radicalisent puisque. dans celui de la philosophie ? A travers une étude critique des thèmes majeurs de Husserl. pour eux. D'où la question directrice de cette étude : dans quelle mesure peut-on dire que les épreuves radicalement humaines du Visage et tk l'Un ne pas dans le cadre tk la phénoménologie parce que. en tant que s'éprouvant comme existant nécessairement. 74. Nous soulignons.§ 1. d'une part. revendiquer Lévinas : "Je suis très proche de Husserl. Il introduit aux analyses des chapitres suivants qui soulignent dans quelle mesure.. elles ne pas. 8 Pour reprendre l'expression de Marion. dans la seconde partie. du point de vue tk Henry (chapitres II et V) comme de celui de Uvinm (chapitres III et V). 127. d'autre part. que pourrait aussi.résolution qui consiste à faire reposer la distinction entre le sujet (l'ego transcendantal intentionnel) et les choses sur la distinction entre leurs donations respectives. Si Henry et Lévinas s'inscrivent dans la perspective husserlienne en concevant la subjectivité comme instituée par une "donation".critique relevant. l'instaurent comme fondement du .monde. Descartes et Marion.11 de Laruelle. ce chapitre amarre le problème de la subjectivité du sujet à celui de la spécificilé tk la donation qui l'institue. pour d'autre raisons. conquièrent l'ego par un doute ou bien par une épochè auquel. des points de vue respectifs tk Uvinm et de Laruelle. en détail. En mettant en évidence la résolution husserlienne de ce problème cartésien . 7 MC. p. Le chapitre 1 essaie d'expliciter non pas la "convergence de fond"8 entre les deux auteurs mais le sens de la critique husserlienne de Descartes . pour la dénoncer. cr. La présence de Descartes dans un tel contexte phénoménologique pourrait de prime abord surprendre. Mais Husserl voyait en lui un précurseur de la phénoménologie?. entre les perceptions immanente et transcendante . RD.

Notre étude met en évidence combien. . Lévinas et Laruelle . Car si les critiques . La première partie de cet ouvrage présente également la phénoménologie comme telle de Marion qui désigne. comme nous le verrons. l'auto-affection comme Vie de Henry et la "donation". par exemple "Réponse à Deleuze" de Laruelle in La NJn-philosophie des contemporains. l'autorité ou l'exclusivité de la philosophie comme telle. Précisément.ou la révélation -du Visage. Husserl ouvre une piste pour conquérir une subjectivité dépourvue d'objectivité. mette singulièrement en évidence la spécificité du point de vue de ce dernier (seconde partie. comme de celui de Laruelle (chapitre VI). selon lui.ici relevées s'adressent surtout à Husserl. dans la préfigurent. d'une part. respectivement. Distincte de celle thématisée comme Un par Laruelle. Marion. la dernière possibilité de la phénoménologie (chapitre IV). celui-ci décrit une épreuve radicalement humaine -l'auto-affection inextatique comme Vie . Lévinas et Laruelle remettent la philosophie à sa place .à laquelle est étroitement associé un point de vue sur la philosophie comme telle. 63.encore trop prise dans les choses. et celle supposée par l'idée de Dieu. étudier la problématique de Henry permet d'approfondir la lecture de la philosophie . des points de vue de Henry et de Lévinas. En outre.en tant qu'elle est ancrée en un "principe des principes" qui. en posant le problème de la spécificité de la donation qui l'institue. C'est dans le cartésianisme que Henry et Lévinas trouvent les signes d'une épreuve radicalement subjective (chapitre V). cette épreuve de la Vie en est néanmoins suffisamment "proche"9 pour que sa présentation. p. suggère la nature de l'épreuve radicalement humaine de Laruelle. de celles de la philosophie comme telle. ils ne contestent pas sa 9 a. ne légitime que les donations des choses. elles dénoncent en réalité le primat. Autrement dit si. des points de vue de Henry et de Lévinas sa problématique demeure insuffisante. Marion et Descartes. en dépit de sa radicalité. d'autre part. prisonnière des limitations de la phénoménologie husserlienne et.proposée par Lévinas et Laruelle. elle demeure. Pourquoi rappeler ici l'essentiel de la problématique de Henry ? Comme Lévinas et Laruelle. Descartes).et de ses représentants phénoménologues ici considérés (Husserl. en tant qu'adéquate selon Lévinas (chapitres II et III).12 aux donations objectives (aux perceptions transcendantes) en tant qu'extatique selon Henry. Résumons d'un mot leurs lectures de Descartes : l'épreuve du cogito cartésien. plus profondément. on pourrait dire qu'en procédant à cette dénonciation Henry. chapitre II).de Henry. dans la Seconde Méditation.

une analyse critique particulièrement solide.celui de la philosophie . la seconde trop immanente. nous soutenons que le problème central de son œuvre est celui de la . adéquatement au Moi pour Lévinas.transcendance comme -percée de l'immanence en tant que percée du sujet philosophique comme teliO par le Visage. la problématique de Lévinas. Cf. le Visage est présenté avant l'Un afin de mettre en évidence l'originalité.d'autant plus large. nous les additionnons en quelque sorte en les faisant jouer toutes les trois ensemble contre la philosophie.13 légitimité mais la bornent au registre du monde et insistent en conséquence sur son incapacité à accéder à ce qui n'est pas mondain: la Vie. Un très large champ . de celle-là ou de celui-ci. le Soi ou l'Ego-enEgo (chapitre VI). nous les faisons jouer les unes contre les autres : chacun de ces trois penseurs est questionné du point de vue des deux autres.pour Laruelle à trancher sur la philosophie (chapitre II). introduisent à la non-philosophie de Laruelle. de la pensée de Lévinas : celle-ci tend . ou un philosophe particulier (Husserl. pour essayer de proposer. Par ailleurs. Selon la première (mise en œuvre surtout au chapitre V de la première partie et au chapitre II de la seconde partie). la subjectivité lévinassienne 01 . Lévinas et Laruelle) "monde". le Soi -désigne précisément cette du sujet philosophique comme tel. que le penseur est radical. Deux stratégies sont utilisées dans l'ensemble de ce travail pour confronter ces trois lectures de la philosophie. A propos de Lévinas. Ainsi relèvent du monde et de la philosophie ce qui se donne extatiquement pour Henry. ce qui est pris dans un mixte pour Laruelle. "choses" ou "objets".tend seulement . Marion ou Descartes). seconde partie. 1 °Comme nous le verrons. chapitre 1 (II-I). La seconde partie du livre décrit les épreuves radicalement humaines du Visage (chapitre 1) et de l'Un (chapitre II) et souligne dans quelle mesure elles ne s'inscrivent pas dans le cadre de la philosophie : la première est si l'on veut trop transcendante pour la philosophie. comme nous le verrons. Selon la seconde (qui se déploie essentiellement dans la première partie). "Du Visage au .est couvert par ce que nous appelons (en tenant les points de vue de Henry. En ce sens. du point de vue de Larue/le. comme celle de Henry.

. Parce qu'elle permet d'approfondir cette étude critique de la phénoménologie en tant que philosophie.proposées par Lévinas et Laruelle et à comprendre combien. selon elles.PREMIÈRE PARTIE Positions post-husserliennes Cette première partie s'attache à cerner la signification des deux lectures de la philosophie -ici représentée par des phénoménologues : Husserl. la problématique de Henry tient. dans cette première partie. la philosophie manque l'homme en tant qu'il est radicalement dépourvu d'objectivité ou de mondanité. une place particulièrement importante. Marion et Descartes .

LA MONDANITÉ DE L'EGO CARTÉSIEN Du point de vue de Husserl. comme le souligne Henry. souligné par Husserl.'"'préjugé" universel de l'expérience du monde (c'està-dire la croyance au monde qui. Dans le premier. Les Méditations Cartésiennes. notre étude du cartésianisme et de la phénoménologie husserlienne se réfère aux Méditations Métaphysiques de Descartes. 87. insensiblement. contrairement à l'ego cartésien. en dépit de la radicalité de son questionnement. Descartes manque la dimension transcendantale de l'ego et demeure prisonnier de l'attitude mondaine ou naturelle. elles. RM. comme le note Hermann (cf. de l'objectivité ou de la mondanité ? Dans quelle mesure néanmoins l'exclusivité de l'intentionnalité tend-elle à remettre en question cette non-mondanité de l'ego husserlien ? Ce sont les questions directrices de ce chapitre. Selon Husserl. Le sujet de cette attitude effectue implicitement l'acte de croyance existentielle au monde. une étude précise du point de vue husserlien surie cartésianisme don prendre en considération la Krisis (1936). En quel sens. Descartes demeure prisonnier de préjugés non pas dus aux contingences de son époque mais liés à l'attitude naturelle et demeurés ininterrogés comme "évidences millénaires"2 jusqu'à l'apparition de la phénoménologie. ce chapitre s'appuie également sur les textes de cet ouvrage consacrés à Descartes et aussi sur certains chapitres des ldeen 1 (1913) décisifs pour notre étude (puisqu'ils thématisent l'épreuve subjective husserlienne. 198711. Les étudier conduit au cœur de la problématisation husserlienne de la subjectivité.s'affranchit-il. à L'idée de la phénoménologie (1907) et aux Méditations Cartésiennes ( 1929) de Husserl. selon Husserl. 2 Kri. "Husserl et Descartes". 6).CHAPITREI Husserl et Descartes ou du mondain au transcendantal Ce chapitre est consacré à l'étude du point de vue husserlien sur le cartésianisme 1. p. l'ego . présentent la phénoménologie du "Husserl de la maturité".<is. § 17. se définissant ainsi explicitement comme une méthode" (PhM. "la phénoménologie revient sur elle-méme pour la première fois afin de se comprendre selon son objet et ses moyens. Dans la mesure où. . Ces deux textes husserliens définissent très précisément et (relativement) brièvement la problématique phénoménologique. p. p.transcendantal intentionnel . la perception immanente). 61-62). pénètre tout acte et toute 1 D'une manière générale.

"8 Dans la Krisis. 47.. Descartes ne peut satisfaire à l'exigence husserlienne de radicalité puisque le doute comme l'affirmation naïve. Appendice V. MC.. 5Cf. l'existence en soi des réalités qu'elle étudie. . 46-47. 6 Théorie de l'intuition . Appendice VI. p. Pour le dire avec Husserl. bien loin de remettre en cause la conception de l'existence comme en soi et de permettre l'accès à la profondeur transcendantale subjective donnant sens et être au monde et à ses choses.en laquelle pourrait s'ancrer la science cartésienne du monde.et dans l'anonymat les prestations subjectives qui le constituent5.H'IIs et être4.. loin d'accéder au "mode même d'exister de la chose"6 . dans la mesure où ce doute ne désigne qu'une modification de cette attitude : l'affirmation implicite naturelle d'existence est simplement modifiée en un doute sur celte existence. 4 Husserl le signifie en écrivant que le moi naturel est "intéressé a11 monde" (MC. Autrement dit. 9 Cf. contiennent en elles une croyance existentielle relative au monde. Elle caractérise également un doute sur l'existence du monde. . présupposent "un concept non-éclairci de 1'existence"? (comme en soi).1x attitude naturcls)"3. selon Husserl. caractérisant le doute cartésien. 452.. Celte altitude caractérise aussi bien la perception quotidienne que l'appréhension scientifique puisqu'il n'y a pas de science.§ 8. § 15. partant.subjectives transcendantales grâce auxquelles il acquiert . § 8. il est subordonné à la recherche d'un terme mondain particulier. 439. . laissent inélucidé le sens de celle-ci . Comme le note Lévinas. prenant tous deux position quant à l'existence du monde. 3MC. "ces attitudes présupposent le monde et. souligné par Lévinas. Autrement dit. Précisément. souligné par Husserl). serait-ce implicitement. qui ne pose. ce doute est une attitude mondaine dans la mesure où. elle pose naïvement l'existence du monde comme en soi. Husserl explicite la mondanité du doute cartésien : celuici constitue un moyen de conquérir une réalité mondaine absolument certaine . sceptique. existe de lui-même. p. d'une existence en soi particulière (dont l'être est absolument certain)9. p. § 15. p. 8MC. la conscience naturelle soutient implicitement cette thèse : le monde est déjà-là. c'est-à-dire sur les prestations .c'est-à-dire à ces prestations subjectives .ou donations . comme celui que déploie Descartes dans les deux premières Méditations Métaphysiques. sans s'interroger sur la constitution subjective de ce monde. l'attitude naturelle comme celle. Krisis. 7 Théorie de l'intuition ..

Appendice V. 11 Krisis.le mode d'existence (en soi) des autres choses et lui refuser. cartésienne ou non. dans notre moi pur apodictique. Appendice V. § 3. ayant une conception exclusive de l'existence comme en soi. p.que s'accorder .et l'intelligible. guidé dans son doute par le préjugé mondain consistant en la certitude de la différence entre le sensible -potentiellement trompeur . Le § 10 des Méditations Cartésiennes. 92. 439. Nous soulignons. En conséquence. § 10. en effet. découle une conséquence notable pour Husserl : l'inscription dans le monde . Malheureusement. en lequel doit s'ancrer la science du mondel2.comme chose du monde.en tant qu'il existe certainement-. "Cette chose. p.en définitive. . nous ayons réussi d sauver une petite parcelle du monde. § 18. Nous soulignons. Comme il est. parcelle qui. pour le moi philosophique. Ainsi Descartes trouve-t-il en l'ego. p. existant en soi comme les autres. i'ego qu'il conquiert ne peut être qu'un ego pensant ou psychique.19 De cette attitude mondaine. précisément qu'une chose. Husserl y souligne que ce dernier a dans la pensée cartésienne un statut équivalent à celui des axiomes en géométriel3. le sujet de cette attitude ne peut qu'accorder à l'homme . IO Krisis.. en conséquence. résume cette analyse critique de l'ego cartésien. 14 MC. Descartes attribue à l'ego le "mode d'être d'une validité ultime mondaine"ll. l'ego n'est donc. c'est ce qui arrive d Descartes"l4. 12 Cf. 439. un ego psychologique mondain. il désigne non pas une profondeur transcendantale tranchant sur les choses comme telles mais la première de ces choses dans l'ordre des raisons : "on ne devra penser d aucun titre que. c'est l'ego"IO. Nous soulignons. résidu de l'abstraction du corps . Bref. En effet. de plus. 13 Cf. Comment Descartes a manqué l'orientation transcendantale". la chose du monde susceptible de désigner le fondement de sa science: s'il est une chose particulière . selon la Krisis. serait la seule chose du monde non sujette au doute( . aussi MC.).de l'homme ou du sujet : la mondanité ou l'objectivité de celui-ci. un statut tranchant sur le statut de celles-ci. intitulé "Digression. . Krisis.

27. p. 78. . AT. pour qu'une chose soit validée. Husserl revendique explicitement. Le primat d'une telle évidence n'est-il pas en effet également au cœur du cartésianisme et de sa thématisation des idées claires et distinctes de l'ego 1 Du reste. etc. l'héritage cartésien19. 79-80. 19 Cf. § 24. 99."l6 Ce "principe des principes" témoigne de ce qu'en phénoménologie les choses sont distinguées ou spécifiées non plus mondainement. tout ce qui s'offre à nous dans /"'intuition" (dans sa réalité corporelle pour ainsi dire) doit être simplement reçu pour ce qu'il se donne. selon ce "principe des principes".mais selon leur donation subjective : le phénoménologue analyse non pas ce qui apparaft -les choses en elles-mêmes. dans l'Idée de la phénoménologie. les formes catégoriales.. 74. souligné par Husserl.d panir des attributs ou critères mondains qui les caractérisent. 102) et repris dans les MédûiJJions Cartésiennes (cf.§ 15). MM. Il pourrait de prime abord sembler surprenant que Husserl consacre ainsi l'évidence intuitive.mais l'apparaître subjectif -la façon dont elles se donnent au sujetl1. comme Descartes. p. Précisément. notamment MC. Règne en celle-ci le "principe des principes"IS. mais sans non plus outrepasser les limites dans lesquelles il se donne alors. uçon. CinquMme uçon. "Mais la base de tout consiste à saisir le sens de la donnée absolue. p. Tout comme Descartes20.. que sa phénoménalité relève de la présence intuitive. p. 17 Ce que nous désignons ici par "choses" ne recouvre pas seulement les choses spatiales : selon Husserl. 78. Le "principe des principes" Husserl l'énonce au § 24 des ldeen 1 : "toute intuition donatrice originaire est une source de droit de la connaissance . 86.. l'ego dans le monde suppose le manquement de la sphère transcendantale de l'ego. !Ph. 18 RD. il faut et il suffit qu'elle se donne comme évidence au regard intuitif. il pose comme stricte condition de la vérité l'évidence intuitive. sur ce point. Dans une certaine mesure. Mldilation. 1. 20 Cf.. légitimée.20 L'EXCLUSIVITÉ DE L'INTENTIONNALITÉ Inscrire. sont également susceptibles d'être données intuitivement les essences. IX. Ce "principe des principes" est annoncé dans de la (cf. comme l'a souligné Marion18. de la clané absolue de la présence. revendiquée. uçon. § 24. !Ph. c'est dans la découverte de cette évidence que réside IS /dun/.( . ). p. ) de l'évidence qui est une vue absolue( . !Ph. p.

Nous soulignons. Cf. Ill. comme étant effectif . p. Encore convient-il de préciser que ce lien intentionnel entre la conscience et les choses elles-mêmes n'est pas un rapport entre deux termes pré-existants comme séparés: la conscience n'est qu'intentionnalité. Quand on pense une chose on la vise elle-même. "L'hétérogénéité de l'ego husserlien et du monde". par exemple IPh. Cette visée des choses elles-mêmes s'accompagne d'une visée réflexive de la conscience qui se prend elle-même pour objet. son cogitatum. 24 Cf."22 L'intentionnalité comme donation des choses elles-mêmes Descartes conçoit l'objet de la pensée de l'âme. et [que] par conséquent l'évidence elle aussi. Cette "étonnante corrélation"25 entre l'apparaître intentionnel et ce qui apparaît. souligné par Husserl. MC.. 26 Cf. 25 IPh. 447. selon le cartésianisme "La connaissance est une prestation intérieure à l'âme. Krisis. la clara et distincta perceptio. 22 IPh. 28 Cf. que les évidences husserlienne et cartésienne soient respectivement transcendantale et mondaine implique qu'elles soient structurées différemment : "nous avons déjà saisi ici les choses d'une façon plus pure et plus profonde que Descartes. 23 Krisis. Résumé des Cinq Leçon p. Résumé des Cinq Leçons. § 5.§ 41. Ill. en personne. dans leur réalité corporelle24. p. le "principe des principes" le signifie en stipulant que l'intuition doit donner la "réalité corporelle" des choses. p. une image. entre la donation subjective et le monde : voilà l'originalité de la phénoménologie . Résumé des Cinq Leçons. 2l IPh. MC. p. Résumé des Cinq Leçon p. Telle est l'intentionnalité de la conscience : elle donne non pas un représentant de la chose intérieur à l'esprit mais les choses ellesmêmes. Appendice VI. que lien avec les choses elles-mêmes27 et les choses n'ont de sens et d'être que par les visées intentionnelles les visant28.21 l'importance historique de la démarche cartésienne du doute. 114. et c'est purement à l'intérieur de l'âme qu'elle produit des formations de connaissances"23. Comme le rappelle Husserl. dans l'esprit. une copie (mentale). § 14. 27 Cf. . comme intérieur à cette dernière : le penser revient à en avoir une image représentative dans l'esprit. comme chose réelle. se trouve saisie et comprise par nous dans un sens plus pur. penser une chose ne revient pas à en avoir. dans ce chapitre. 188. Mais pour Husserl."21 Néanmoins.et sa découverte philosophique26. 114. MC.

30 MC. 89.non pas seulement à une visée intentionnelle (visant à vide) mais . 46. Plus précisément. se rapportant à des infinités d'expériences concordantes"33. La distinction de ces deux étapes est cardinale dans la mesure où.et. selon les Méditations Cartésiennes. la phénoménologie ne valide que les contenus se donnant . passées. signifiant donc que !'actualité intentionnelle (intuitive) est débordée ou "viciée par des éléments d'intention signifiante non remplis encore par une intuition correspondante"31. pour Husserl la donation intuitive suppose deux étapes : premièrement. chaque "état de conscience" "implique ses potentialités propres" ou. plus précisément. idéal: "!"'objet réel" appartenant au monde. raison. Et ce n'est que par ces intuitions. Husserl insiste sur la potentialité de la vie intentionnelle. souligné par Husserl. De plus. souligné par Husserl. § 6. bien connus sans doute mais qui vont s'avérer décisifs dans la suite de cette étude. présentes et futures. le monde lui-même . Jl MC.est une idée infinie. souligné par Husserl. p. MC §§ 24.22 Explicitons la nature de l'intentionnalité en soulignant trois de traits. par exemple IPh. § 19. Tout d'abord. toujours. Chaque actualité intentionnelle. cette Idée comme sens objectif de l'objet est une Idée au sens kantien dans la mesure où elle régule a 29 Cf.à la vérité de l'objet . dont le propre est de renvoyer à des potentialités de la conscience qui appartiennent à cet horizon même"30. Telle est !'inadéquation husserlienne. L'accès à ce sens objectif idéal. § 28. Ensuite.où les intentions signifiantes non encore remplies le deviennent34. En un mot : l'intuition remplit le vide des significations intentionnelles par le plein des présences. nMc. conformément au "principe des principes". un "halo de perceptions passées"32. une visée subjective donnant sens à une chose avant toute présentation intuitive de celle-ci . "possède" un "horizon intentionnel.l'intentionnalité étant donc visée mais aussi donation de sens à ce qu'elle vise . § 19. une intention de signification. 31 MC. deuxièmement. l'intuition actuelle n'anticipe pas seulement sur des intuitions potentielles et à-venir mais contient aussi. . que se constitue le sens objectif de l'objet.repose sur un développement sans fin d'expériences intentionnelles concordantes de l'objet . Quel est le statut de ce sens ? Il est. Quatrième Leçon.au regard intuitif en tant que remplissant la visée intentionnelle les visant29. à plus forte. le remplissement de cette visée signifiante par l'intuition de la chose correspondante.

23 priori ce développement infini : "les "halos" ou "horizons" sont des potentialités pré-tracées"3S. elle n'épuise pas les divers modes de donation intentionnelle mis en évidence par sa phénoménologie. accède. de la suspension de toute prise de position quant à l'existence du monde qu'elle enveloppe. .en tant qu'elle met en évidence la constitution subjective des choses elles-mêmes. Ensuite. c'est-à-dire selon le remplissement d'une visée intentionnelle. Cette présentation de l'intentionnalité souligne le pouvoir constituant des prestations transcendantales qu'elle structure.§ 83. aussi /dun/. Telle est l'exclusivité husserlienne de l'intentionnalité : conformément au "principe des principes". Husserl légitime ainsi de nombreux modes de donalion (susceptibles de donner des donnés de diverses natures) mais tous sont intentionnels.. 36 cr.§ 41. dans ce chapitte. etc. Nous nous contenterons de noter la différence . a. Alors que ce dernier fliit en quelque sorte disparaître le monde pour instaurer l'ego comme ce qui.entre cette épochè et le doute cartésien. 1· V. Celle-ci distingue.. les formes catégoriales. souligné par Husserl. Une analyse détaillée de cette épochè. nécessités sur lesqueUes reposent (notamment) les considérations sur l'hétérogénéité entre l'ego et le monde. si la perception d'une chose spatiale est souvent prise par Husserl comme modèle de visée intentionnelle. "L'héu!rogénéité de l'ego husserlien et du monde". Enfin. seul. divers types d'objets peuvent être visés intentionnellement : les choses spatiales mais aussi les vécus immanents. MC. en accédant aux prestations intentionnelles. résiste au doute. les essences37.§ 19. "Tout sens et tout être imaginables( . Ce sont elles qui donnent sens et être aux choses elles-mêmes. "L'amphihologic canésicnne". ) font partie du domaine de la subjectivité transcendantale."38 Mais comment accéder à cette sphère transcendantale subjective ? Comment passer de l'attitude naturelle à l'attitude transcendantale ? Par ou la réduction phénoménologique. 39 Cf. ce qu'ils donnent est légitimé si et seulement s'ils s'accomplissent selon une évidence intuitive. diverses façons de viser intentionnellement les objets : la perception. le phénoménologue. muni dès lors d'une attitude transcendantale.. Précisément. § 14. le jugement prédicatif.ne perd ni le monde (et ses choses) ni l'ego. d'abord. cr. 38 MC. ne relève pas de notre propos. le souvenir.décisive pour Henry39 . l'imagination. 37 Approfondir l'analyse de la phénoménologie husserlienne proposée dans ce chapitte conduirait à présencer celle iniUition des essences et les nécessités eidltÏI[ues qui en découlent. l'épochè . par l'épochè. d'une 35 MC. etc36. en tant que constituant tout sens et tout être.

Après I'épochè (ou la réduction). les corrélats des visées intentionnelles de la conscience transcendantale selon lesquelles elles se constituent. Afin de mettre ce point en évidence. noétique et noématique. ) ne s'est point prescrit la tâche d'interroger systématiquement l'ego pur sur ce qu'il possède en propre en fait d'actes et de facultés et sur ce dont il est capable en tant qu'activité intentionnelle . de la description phénoménologique.. "Descartes ( . MC. Présupposées comme existantes en soi dans l'attitude naturelle. considérons la Troisième Méditation métaphysique. considéré non plus dans son existence factice et naïve.comme s'il procédait à une épochè et thématisait les "donations"44 subjectives. être considérée comme phénoménologique dans la mesure où Descartes y envisage les idées "seulement en elles-mêmes"43 sans porter de jugement d'existence sur leurs objets ... ". .24 part. de ses prestations transcendantales intentionnelles qui donnent sens et être aux choses elles-mêmes en tant que telles. simplement leur statut s'est modifié. un "véritable "scandale" phénoménologique"45 puisqu'elle présuppose 40 Telles sont les deux directions. p. dans l'attitude transcendantale. d'autre part. Devient explicite le manquement cartésien essentiel selon Husserl : celui du pouvoir constituant de l'ego. ( . mais selon sa genèse transcendantale"41. p. 41 "Philosophie et subjectivité" in EPU. § 19. 43 MM. AT. de prime abord.. 29. Mais il n'en est rien : Descartes cherche à conquérir la certitude d'une autre existence que celle de l'ego comme chose pensante (validée dans la Seconde Méditation) et cette quête en elle-même constitue. 45 RD. à l'ego ou à la conscience (comme à l'auteur ou au sujet de ces prestations) et. elles sont. TRANSCENDANTALITÉ ET INTENTIONNALITÉ Reprenons notre étude de la confrontation entre Husserl et Descartes. comme l'écrit Marion. En sa première phase. ) elle nous ouvre bien plutôt à ce monde.§ 15. au monde (réduit) en tant que cogitatum (ou objet) de ces prestations de la conscience40."42 Ce manquement implique la mondanité de l'ego cartésien. 140. Cf. 42 Krisis. 95. p. elle pourrait. Comme J'écrit Henry (en évoquant le monde) : "la réduction ne le perd pas. souligné par Husserl. IX.. 48..Des guillemets sont ici utilisés car cette "donation" n'est pas phénoménologique mais relève dune 1dée comme représentation. les choses sont donc toujours là .

entre les choses dont j'ai en moi les idées. 48 Mc. 221. 31.. Nous soulignons. p. p. Selon Gueroult. 4 9 MC. ce "transfert" peut être interprété comme consacrant l'instauration d'une attitude mondaine déterminant la "donation" (la qualité de l'idée) à partir du "donné" et de sa nature propre (la quantité de 46 RD. p. se déroulant dans l'immanence de ma conscience. dès lors "c'est l'évaluation de la quantité de réalité objective de l'idée qui spécifie sa clarté et sa distinction plutôt que le contraire"56. 52 MM.. 31.. RM. IX. 5 1 Cf.de Dieu en tant que "maximum absolu"53 de réalité objective. ) est transférée du Cogito à la nature des contenus"55 ."comme fil conducteur de toute la recherche"54. 225. Troisième Méditation. D'un point de vue phénoménologique. . "La source de la clarté et de la distinction (. avant de préciser : "ce problème est un contresens"49 puis : "Vouloir saisir l'univers de l'être vrai comme quelque chose qui se trouve en dehors de l'univers de la conscience ( . Descartes le résout en abandonnant l'étude des idées en tant que telles (dans leur réalité formelle) -qui ne saurait permettre l'accès à une existence autre que celle de l'ego51 -et en considérant "une autre voie"52. § 40. IX.§ 41. souligné par Gueroult. AT. celle-ci repose sur l'analyse de la valeur objective des idées avec l'idée de parfait ... 16. 50 MC. ) Mais comment tout ce jeu. p. peut-il acquérir une signification objective ? Comment l'évidence (la clara et distincta perceptio) peut-elle prétendre à être plus qu'un caractère de ma conscience en moi ?"48. Autrement dit. Descartes selon l'ordre des raisons. § 41. parce que ses idées ne sont que des représentations enfermant l'ego en sa propre conscience. MM. La démarche de Descartes ne consiste-t-elle pas à "rechercher si.( .. AT. 53 Descartes selon l'ordre des raisons. 140. p. 47 MM. p. ) est absurde. Troisième Méditation. Nous soulignons ce qui met en évidence le manquement cartésien de !"intentionnalité. 31. 198711. dans leur effectivité ou leur réalité corporelle. 225. on peut estimer que si Descartes se pose le problème de la conquête de l'existence d'une chose autre que l'ego c'est parce qu'il ne dispose pas de l'intentionnalité en tant qu'elle donne les choses ellesmêmes. IX. AT. Cf. 54 Descartes 56 selon l'ordre des raisons. Troisième Méditation. il y en a quelques unes qui existent hors de mot'47 ? Aussi Husserl écrit-il (à propos de Descartes) : "C'est là qu'on voit le grand problème. 224-225. Ils appartiennent essentiellement l'un à l'autre"50. 55 Descartes selon l'ordre des raisons. aussi "Husserl et Descartes" de Hermann.25 le manquement de la donation des choses elles-mêmes et la réduction du monde "au rang d'une représentation en attente de l'effectivité "46. d'un point de vue phénoménologique. Ce "grand problème".

relevant que ce manquement est à l'origine du doute hyperbolique et de la convocation d'un malin génie comme faux-dieu (à l'œuvre dans ces Méditations). § 40. [.::?. MC. 63 MC. notamment§§ Il. Ce parallèle semble tenir au déploiement de l'intentionnalité dans les deux sphères. est en conséquence confirmé et accentué le statut de res (créée) de l'ego57. 95." (Krisis. qu'en manquant l'intentionnalité en tant qu'elle donne les choses elles-mêmes. souligné par Husserl.§ 10. de ce parallèle. logiquement. 20. psychologique et transcendantale. nous revenons avec Laruelle sur la signification. Pour Husserl il existe "un parallèle strict"60 entre les sphères psychologique mondaine et transcendantaJe61. Dans le cartésianisme. Au VI.ou située à côté. Dieu s'intercale ainsi comme leur fondement (créateur) entre l'ego et les autres choses .. D'après les Méditations Cartésiennes.. 60 MC. les Méditations Métaphysiques de Descartes59. Cette note de la Krisis. Descartes. 61 Les Cartésiennes insistent sur ce point. on peut également le confmner en comparant la phénoménologie transcendantale et la psychologie dont relèvent. Ces deux Méditations témoignent également du manquement de l'intentionnalité en tant qu'elle donne les choses elles-même et de la solidarité de ce manquement et d'un questionnement d'ordre divin (dirons-nous). celui-ci désigne une res séparée58. 39.Dieu. Mais les deux intentionnalités. selon ce dernier. § 40.en laquelle s'enracine la possibilité de la connaissance objective et l'existence du monde extérieur. § 19. Krisis. on peut dire. semble-t-il. selon Husserl. Nous soulignons) 58 Cf. 455 (note 1).VI. bien que je croie posséder là une vérité objective. De cette attitude mondaine découle. quant à la démarche husserhenne. 35. dans !"'intériorité purement psychique"63. Que ce manquement cartésien de l'intentionnalité transcendantale implique. la mondanité de l'ego (cartésien). Cf. d'un point de vue husserlien. en l'ego.au sein desquelles prend place l'ego. tend à en instaurer une autre entre Dieu et les choses . p. Nous soulignons. une prestation intime à laquelle. c'est. § 14. celle-là enferme l'ego "à l'intérieur de [sa] propre conscience"62. 59 Cf. bien loin d'instaurer une hétérogénéité entre l'ego et les choses. absolument rien ne répond. 14. l'affirmation d'une chose (existant en soi). "Je et phénoménologie" ("Les quatre ego de la phénoménologie husserlienne") 62 MC. une chose certaine. précisément en raison de cette différence que l'ego psychologique s'inscrit dans le monde comme une chose 57 Ce statut est déjà manifeste. D'où la possibilité qu'un malin génie me trompe. Finalement. du point de vue de Husserl. sont différentes : alors que celle-ci donne les choses elles-mêmes. Appendice VI/. dans les deux premières Méditations où Descartes recherche et trouve. en dehors de l'âme. 16.des autres res et a besoin d'un appui divin pour les connaître. Nous soulignom . l'atteste : " .6 réalité objective) plutôt que J'inverse. Cf. En résumé. p.

"68 Est ainsi mise en lumière la tension entre la transcendantalité -la nonmondanité .§ 14) des deux sphères. il est possible d"'utiliser l'ensemble des analyses fondamentales que nous venons d'effectuer" -celles de la phénoménologie transcendantale . c'est-à-dire par le "moi et sa vie psychique" en tant qu'ils "ne sont pas une panie du monde''66. § 19. la comparaison husserlienne de la phénoménologie transcendantale et de la psychologie suscite des difficultés : suffit-il d'accéder à cette intentionnalité constituante pour légitimer une telle attribution ? Qu'il y ait. 66 MC.et entre l'ego psychologique mondain et l'ego transcendantal . un "parallèle strict" entre les sphères transcendantale et psychologique semble rendre impossible l'établissement entre elles. Nous soulignons. Mais quelle est la signification de cette transcendantalité ? 64Cf. et donc sur les choses. de sa1su l'intentionnalité transcendantale en tant qu'elle donne les choses elles-mêmes pour pouvoir attribuer à l'ego un statut non mondain. p. Néanmoins. § II. . § 11. ce moi s'appelle transcendantal"69.et l'intentionnalité de l'ego husserlien : en tant qu'il est intentionnel. 95. qui porte le monde en lui à titre d'unité de sens et qui par là même en est une prémisse nécessaire. les Méditations Cartésiennes soulignent à plusieurs reprises l'étroitesse de l'écart entre les deux sphères. De fait. 40. § 35. pour bâtir "la psychologie pure intentionnelle". certains textes de Husserl soutiennent que l'ego ne peut être transcendantal que s'il constitue intentionnellement les choses elles-mêmes : "le moi lui-même. § 14.d'une radicale hétérogénéité. Bien loin de problématiser la cohérence de ces deux traits de l'ego (sa transcendantalité et son intentionnalité). 67 MC. Husserl écrit ainsi au § 14 : "l'investigation phénoménologique transcendantale de la conscience et l'investigation psychologique diffèrent profondément. encore que les éléments d décrire de pan et d'autre puissent coincider"61 ."en leur faisant subir quelques petites modifications. qui leur enlèvent bien entendu le sens transcendantaJ. 68 MC. souligné par Husserl. également intentionnel. Nous soulignons. Les Méditations Cartbiennes ne cessent de prévenir contre la "'confusion" (MC. en vertu de l'intentionnalité. Krisis.§§ 11. 69 MC. Nous soulignons. 65 Cf. du point de vue de Husserl.27 particulière de ce monde64. l'ego transcendantal ne saurait trancher nettement sur l'ego psychologique mondain. MC. Il semble ainsi nécessaire. Il est donc constitué par l'ego transcendantaJ65. avant d'expliquer au § 35 que.

) au principe de )"'intuition" (ou évidence) pure"71.. ) ne peut entrer en jeu dans le monde. son "je"( .. après avoir relevé les problèmes cartésiens. 60-61. 95. qui maintiennent "une petite parcelle du monde" dans l'ego. puisque tout ce qui est mondain puise justement son sens dans ses opérations. c'est 1'intentionnalité. souligné par Husserl) . comme leur condition ."74 De cette "énigme"."10 De même. aux yeux de Husserl. 95. que l'ego constitue les choses ou.28 Indique-t-elle. "Ce qui. Husserl signale que "Rien de pareil ne nous arrivera si nous restons fidèle ( . 73 LA vie du sujet. D'abord.l'ego constitue les choses. souligné par Bernet. Marion72 et Bernet tendent à confirmer cette assimilation husserlienne. "Celle-ci n'est d'autre que le rapport du sujet aux choses. 95-96) 74 1Ph. p. donc la mondanité de son statut. entre une chose (l'ego) et les autres choses? Penser l'ego comme ce qui constitue les choses n'est-ce pas tendre à le définir relativement aux choses. Ainsi l'intentionnalité marque-telle à la fots la dtfférence et le hen entre le sujet et les choses. La suite du texte semble plus nuancée.n'est qu'une distinction mondaine. comme "l'énigme qui arrête la marche de la connaissance naturelle et constitue le motif des recherches nouvelles." (lA vie du sujet. dans les Méditations Cartésiennes. d'un point de vue non husserlien cette fois-ci.. De même. dans les Méditations Cartésiennes. p. la réciproque étant fausse .§ 10. Husserl définit sa_phénoménologte comme "théorie transcendantale de la connaissance" dont le "problème" et meme "le grand problème" "est celui de la transcendance. plutôt. dans une perspective kantienne et comme le suggère ce texte."13 Mais définir l'ego comme ce qui constitue intentionnellement le sens et l'être des choses comme telles suffit-il pour instaurer. p. p. Deuxième Leçon. sa phénoménologie semble être moins gouvernée par la question de l'hétérogénéité de l'ego et des choses que par celle de la constitution transcendantale du monde ou de la transcendance. 244.§ 40. que cette distinction entre l'ego et les choses . une radicale hétérogénéité ? Ne peut-on considérer. l'intentionnalité transcendantale en tant que donation de la 70 Krisis. souligné par Husserl.. entre celles-ci et celui-là." (MC. souligné par Husserl. RD. 72 Cf. qu'il est impossible en tant que thème lui-même mondain.à le manquer dans sa radicale égoité pour l'instaurer comme objectivité ? Deux éléments au moins amènent à ne pas considérer ce questionnement comme enveloppant une critique adressée à Husserl. qu'il dispose d'un statut non mondain ? Husserl semble parfois assimiler ces deux significations et considérer que l'hétérogénéité des choses et de l'ego ne repose que sur le pouvoir intentionnel constituant de celui-ci. 71 MC. § 19. Ainsi cette dernière est-elle décrite dans L'idée de la phénoménologie comme "le problème initial et le problème directeur de la critique de la connaissance". p. distingue le plus radicalement le sujet d'une chose. "Descartes ne se rend pas clairement compte que l'ego.

c'est aussi et surtout parce qu'il ne se donne pas comme elle : " . ) une distinction de principe dans la façon dont l'une et l'autre se donnent. noétique et noématique. dans le cartésianisme où l'ego et les res extensa sont séparés à partir de leur attribut respeCtif (pensée. etc. dès les ldeen /. pour être saisi dans cette réflexion transcendantale. Cette vie est sa vie . L'HÉTÉROGÉNÉITÉ DE L'EGO HUSSERLIEN ET DU MONDE Comment distinguer l'ego des choses ? Comment lui attribuer un statut non mondain ? Comme en témoigne le "principe des principes". réfléchit ses propres vécus purs (et cette réflexion est donc un vécu pur qui peut lui-même être réfléchi. de radicaliser la spécificité ou la non-mondanité de l'ego. dans l'épochè. le vécu pur du phénoménologue doit avoir été préalablement retenu et ne pas avoir été immédiatement entraîné par le flux de conscience. celui-ci ait lui-même saisi l'insuffisance mise en évidence dans ce paragraphe. la phénoménologie spécifie les réalités à partir de leur donation subjective. Ainsi Husserl montre-t-il.29 transcendance elle-même donne la clef.compte-tenu du "principe des principes". comment la rétention pouvait-elle 75 ldeen /. se saisit comme ego pur. En conséquence. dans les ldeen /. autrement dit. sans doute relativement secondaire pour Husserl. § 42."75 Précisons tout d'abord les conditions de cette donation de la conscience. étendue). De plus. Telle est la condition de possibilité de la réflexion : la rétention. p. L'hétérogénéité de l'ego et de la chose doit reposer bien plutôt sur celle de leurs modes de donation.comme. Par l'épochè.). le phénoménologue. 136. souligné par Husserl... le phénoménologue accède avons-nous dit à la vie transcendantale intentionnelle et à ses deux dimensions. la distinction entre conscience et réalité naturelle. l'ego ne saurait trancher sur la chose en vertu de critères ou d'attributs mondains qui leurs seraient ou non inhérents . se déclare la distinction de principe la plus radicale qui soit en général entre les modes de l'être. En outre. C'est une propriété de la conscience qui lui permet de "conserver" le vécu lui-même (comme juste passé). Cette opposition entre immanence et transcendance enveloppe( . que si l'ego pur (ou transcendantal intentionnel) n'est pas une chose (spatiale ou naturelle). concernant le problème. selon Husserl. ce n'est pas seulement parce qu'ilia constitue. de l'hétérogénéité de l'ego et des choses.. Elle désigne plus exactement une intentionnalité . il semble que. Ainsi a-t-il essayé. ..

. 151. pour reprendre les termes de notre problématique. 11fdun /. 83 Cf. t 6. 7BMC. soulign6 par Husserl. aux choses réduites comme corrélats intentionnels de ces vécus. 28. §§ 7. cette donation ne garantit pas absolument leur existence : "nulle perception aussi parfaite soit-elle ne donne dans son domaine un absolu"80. MC. Ainsi. rétentionnelle. 82 /deen /. L'évidence intuitive de ces choses n'est pas apodictique. 7.évidence qui n'est pas seulement celle de "la chose ellemême" puisqu'elle implique. "76 Husserl précise que. En saisissant ces vécus immanents. la perception immanente tranche sur le cogito cartésien : alors que celui-ci s'inscrit en une sphère mondaine (ou psychologique). le phénoménologue accède également. comme Descartes. § 46. En effet. des vécus purs 76 MC § 18. l'impossibilité "pour son objet de devenir ensuite objet d'un doute"79. § 46. Husserl distingue soigneusement une épreuve subjective qui institue l'ego . Husserl définit un ego. p. reposant sur la rétention. 81 MC. dans l'épochè. dans cette réflexion. § 46. § 28. l'ego pur se saisit dans une "perception immanente" qui s'oppose à la perception transcendante des choses en ce qu'elle garantit absolument l'existence de son objet : "quand la réflexion s'applique sur mon vécu pour le saisir. Cf. de plus.30 ne pas être structurée selon l'intentionnalité ? -dont le corrélat est un (autre) vécu intentionnel : "la vie de la conscience se rapporte intentionnellement à elle-même. 102. Ainsi. les visées ou esquisses intentionnelles dans lesquelles une chose (spatiale) se donne ou se constitue peuvent ne pas s'unifier et s'avérer discordantes. 148-149. Si elles se donnent "dans leur réalité corporelle" à ces vécus immanents. MC.la perception immanente comme visée réflexive. c'est-à-dire relever de la "simple apparence" ou du "rêve cohérent"81. Les Méditations Cartésiennes décrivent cette saisie comme relevant d'une "évidence apodictique"78 . 79Mc. sujet du doute (ou de l'épochè) et s'éprouvant comme existant nécessairement. p. celle-là institue un ego n'ayant plus le statut d'une chose. mais. 80 /dun/. j'ai saisi un absolu en lui-même dont l'existence ne peut par principe être niée"77. § 9. du point de vue de Husserl. p. Cette "contingence"82 de l'existence du monde est irréductible dans la mesure où cette existence ne saurait être légitimée par une instance autre que la sphère transcendantale intentionnelle de l'ego83. §§ 6.

86 Cette mondanité de de l'ego husserlien". que la convergence de fond avait plus de pouvoir qu'aucune divergence de détaii"84. ce manquement le contraint à définir l'ego comme un ego mondain (psychologique). ils "ne remettent pas en question l'intime familiarité de Husserl avec Descartes . RD. La dimension noétique lui est donnée selon la perception immanente comme un absolu : le vécu qui y est saisi existe nécessairement. pour Husserl.des perceptions transcendantes de l'ego. Qu'en conclure ? Pour Marion.qui appartient entièrement au mode d'être de la seule réalité du monde"SS. celui-ci se donne (s'auto-donne) selon la perception immanente comme existant nécessairement. Heidegger explicite cette "convergence de fond" : les deux auteurs ont déserté la question de l'être de la conscience en attribuant à celle-ci le mode d'être des choses. la mondanité de I'ego86. "La mondanité .repose sur une distinction entre deux catégories cartésiennes : contingence et nécessité (non apodicticité et apodicticité). dont l'hétérogénéité fonde celle de l'ego et des choses : alors que celles-ci tirent leur sens et leur être . D'autre part. 84 RD. ils prouvent.irrémédiablement contingent .censée résoudre des difficultés cartésiennes . 126. au contraire.certitude. contingence . si des "écarts" sont manifestes entre Husserl et Descartes. 85 Selon Marion. p. une chose (ou substance) séparée des autres. Heidegger relève dans le cartésianisme et dans la phénoménologie husserlienne ce que celle-ci ne relevait que dans celui-là : l'homogénéité de l'ego et du monde. 76-78. p.ne se donne jamais comme existant nécessairement. Tous deux pensent en effet "à l'intérieur d'un couple . le phénoménologue réfléchit dans l'épochè sa vie pure et saisit ses dimensions noétique et noématique. p. ayant besoin d'un appui divin pour les connaître et leur assurer l'existence.31 d'une expérience objective . II peut sembler paradoxal que cette hétérogénéité . 181-189. Bref. Précisément. Cf. HUSSERL OU DESCARTES ? La sphère transcendantale intentionnelle de l'ego : tel est. la dimension noématique .le monde (réduit) en tant que perçu transcendant par ce vécu .la perception transcendante comme donation des choses (réduites) à ces mêmes vécus purs. I-n. aussi RD. Au contraire. l'objet du manquement décisif de Descartes. Cf. c'est en cette sphère que se déploient les perceptions immanente et transcendante. D'une part. l'ego husser1ien est explicitée au chapitre suivant. 127.

de la phénoménologie husserlienne : le "principe des principes". 251). ou par l'idée d'infini. . p. De leurs points de vue. une troisième possibilité demeure après celles choisies par Husserl et Heidegger : montrer que c'est finalement Descartes.définition justement suggérée non pas par les idées cartésiennes comme représentations mais par l'épreuve du cogito. de deux points de vue différents. Cest ce que font. selon Henry. Ainsi.32 Concernant cette confrontation entre Husserl et Descartes.le "principe des principes" -et mantrent finalement l'incohérence. Ils ne peuvent le faire qu'en contestant ce qui est au cœur de la critique husserlienne du cartésianisme et. de leurs points de vue. qui définit un homme ou un sujet radicalement humain. de passer outre cette exclusivité et de définir un mode de "donation" non-intentionnel l'instituant . il s'agit. subjectif ou non mondain.évinas explique-t-il {dans sa préface à l'édition allemande de Totalilé et lnfllli {1987)): Mla recherche ail s'engage Totalité tt Infini ne consiste certes pas à mettre en question la phénoménologie de l'objet" {in EN.accentuant ainsi les problèmes soulevés par le "parallélisme strict" établi par Husserl entre la phénoménologie et la psychologie (mondaine). d'une manière plus générale. véritablement transcendantal. des deux traits principaux de l'ego husserlien : sa transcendantalité (son statut non mondain) et son intentionnalité (exclusive) . selon Lévinas. mais son exclusivité . Henry et Lévinas. plutôt que Husserl. 87 Ainsi L. si l'on veut. pour instaurer un sujet radicalement subjectif ou. Henry et Lévinas critiquent tous deux non pas l'intentionnalité en tant que donation des choses (ils ne lui préfèrent pas les idées cartésiennes comme représentations)87.

d'autre part. 72).it etre décrit précisément comme impliquant une distance e/llre l'ego et le donné : en tant que visée intentionnelle de l'objet lui-mhne. 48. Elucider ces deux points. p.est en lui-meme distance. souligné par Henry. faite par Henry. LA MONDANITÉ DE L'EGO HUSSERLIEN Conformément au "principe des principes". d'une part. p. nous dirons plutOt que la diSWlee enveloppée par l'inteMonnalitt implique une différence entre l'ego et le donné. de "les prendre exactement comment elles se donnent dans l'intuition de l'évidence directe" et d'"lcarter d'elles toutes les interprétations 1 "Quatre principes de la pllmoménologie" in RM. une sévère remise en cause de l'hétérogénéité établie par Husserl entre l'ego et les choses du monde. . dans la lumière de l'ek-stase. 10. qui évoque par exemple '1'alttritt d'une distance" (l'hM. il n'y a jamais que le monde . p. Avec Henry. de la phénoménologie husserlienne et de la philosophie comme telle s'appuie sur la considération d'une "différence absolue de manifestation" (ou de donation). Henry propose. · 3 "Philosophie et subjectivitt" in EPU.envisagées par Husserl et désigne le mode de donation du monde : "devant nous. 2 Dans la mesure oi'J il est intentiormel au sens de Hussert. l'ego "louche" ou "atteint" le donnl!. ''3 L'autre est inextatique : c'est celui de la Vie.OiAPI1REII Henry ou comment donner le donnant ? La lecture. la phénoménologie husserlienne exige de "s'en tenir strictement aux données pures de la réflexion transcendantale". L'un est extatique : il repose sur une extase ou une distance et implique. D correspond à toutes les donations .rien que le monde. de considérer la Vie comme la phénoménalisation originelle des prestations intentionnelles de l'ego husserlien. Muni de ce point de vue. "modes selon entre deux modes lesquels se manifeste tout ce qui est susceptible de se manifester et se révéler jamais"l. le mode extatique de donation ne saun. en une distinction ou une différence entre le donné (donné par ce mode de donation) et l'ego2.intentionnelles . voilà le principal enjeu de ce chapitre.

34 dépassant ce donné.celle sur laquelle repose la perception immanente . pour le sujet percevant. 1 lS. Husserl explique que.. nous essayons. . que les évidences intentionnelles. Les deux donations Puisque la phénoménologie husserlienne spécifie les réalités à partir de leur donation subjective. dans ce paragraphe. la perception (qui. avec Henry. le § 46 des Méditations CartbienMs est également particulièrement explicite (comme le note Hemy. de problématiser cette hétérogénéité . l'in-visible de droit ou. l'in-extatique de droit. ce principe condamne définitivement la phénoménologie husserlienne dans la mesure où il subordonne la reconnaissance de toute réalité à sa donation extatique dans l'évidence d'une intuition comme conscience intentionnelle remplie. cenes. cette hétérogénéité ne peut être que celle de deux évidences intentionnelles : les évidences apodictique et non apodictique selon lesquelles se donnent respectivement l'ego et le monde. c'est-à-dire la Vie dans son autoaffectionS ? Avant de considérer celle-ci. cet "horizon" est tel qu'il implique la possibilité d'etre détenniné toute IZ/Iàlogue.et. de l'ego husserllen et du monde". Sur cette inadéquation commune des donations de l'ego transcendantal et des choses. explicitons dans un premier temps.les conséquences du "principe des principes". un ensemble ouvert et infini de possibilités indétenninées qui ne sont pas actuellement perçues. Nous soulignons}. ). n'est pas apodictique) est bien une expérience de l'objet lui-meme -l'objet est lui-meme Il (devant moi). dans la mesure oi:l cette exigence contraint Husserl l manquer la Vie. Ce halo. le statut de l'ego transcendantal intentionnel ne peut trancher sur celui des choses que dans la mesure où leurs deux donations sont hétérogènes6."4 Du point de vue de Henry. 1-1. p. Dans ce dernier texte. Nous soulignons. "L 7 " . plus radicalement encore. la certitude apodictique de dana et par des expériences possibles. Comment dès lors ne pas manquer. l'in-intuitionnable. § 9. p. 6 Cf.mais. Cette inadéquation commune s'explique par leur structure commune : l'intentionnalité. Cf. c'est nier (. PhM. l'objet possède.et donc celle de l'ego transcendantal intentionnel et du monde. s "Car exiger de retre qu'il s'offre dans l'intuition (. La première intentionnalité . dütèrant selon le critère de l'apodicticité. ) qu'un être autre qu'intuitio!Uié ou intuitionnable soit possible" . comme modes de donation. de Marion et de Uvinas. Hemy décrit la pMnoménologie husserlienne comme "meurtre" ("Quatre principes de la phénoménologie" in RM. 12).. dans cette présence.. demande Henry...est rétentionnelle et son objet est un 4 MC. Nous considérons deux textes husserliens décisifs sur ces questions : les ldeen 1 (19/3) et les Méditations Cartésiennes ( /928). Mais le "principe des principes" ne légitimant.. Aidés par les points de vue critiques de Henry. 144}. D'uM l'expénence transcendantale saisit mon "je suis" transcendantal comme Impliquant d'un horizon ouvert" (MC. les deux donations (ou perceptions) de l'ego et du monde ont en commun d'être inadéquates?.

p. Husserl affmne que cette hétérogénéité est bien phénoménologique et qu'elle ne repose donc pas sur une distinction mondaine . etc. § 19 et notre présentation de l'intentionnalité. c'est-à-dire sur celle des perceptions immanente et transcendante. inadéquation et non apodicticité n'aillent pas de pair ? Autrement demandé : comment rendre compte de l'apodicticité de la perception immanente inadéquate ? A cette question. Tournons nous. 10 ldeen /. p. §28. selon Husserl. MC. les Méditations Cartésiennes ne semblent pas proposer de réponse. Mais comment penser J'apodicticité ? Le § 28 des Méditations Cartésiennes semble assimiler. § 42. inadéquation et non apodicticité. est tantôt réellement immanent au percevoir. offert dans son ipséité corporelle.35 vécu immanent.leur existence est nécessaire ."" Mais cette distinction est-elle réellement phénoménologique ? Car si la chose se donne par esquisses c'est parce qu'elle désigne un être spatial : la vision d'un de ses côtés renvoie à celle d'un autre. "Perception immanente et transcendante ne se distinguent pas seulement en ce que l'objet intentionnel. Autrement dit. vers les Jdeen /. 1-1. mais ayant besoin de l'être" qu"'il est toujours possible que la croyance existentielle qui anime l'anticipation ne se conïume pas''9. C'est. tantôt non . Aussi suffitil de souligner que ces deux donations sont intentionnelles .l'existence de celles-ci est contingente. Or. soulignt par Husserl. dans le cas des donations de la transcendance (du monde). 136. en conséquence.pour les mettre en parallèle comme inadéquates. le critère de l'apodicticité permet de les distinguer : la donation des vécus est apodictique . Nous soulignons. Au § 42. parce que toute évidence "possède nécessairement un horizon d'anticipations non "remplies" encore. Husserl poursuit en précisant que la chose (spatiale) se donne par esquisses intentionnelles alors qu"'Un vécu ne se donne pas par esquisses.mais le "principe des principes" ne valide justement que ce type de donation . la donation des choses ne t'est pas .. § 42. . Si ces deux donations sont inadéquates. 137. la seconde est perceptive et son objet est transcendant. llfdeen /. en distinguant ainsi le mode de donation de la chose de celui du vécu. Husserl semble adopter en réalité un point de vue plus mondain que 8 Cf. l'inadéquation est inhérente à toute intentionnalitéS.qui distinguerait ces deux perceptions seulement à partir de la nature (immanente ou transcendante) de ce qu'elles perçoivent. dans le cas de la perception immanente. semble-t-il. texte où Husserl insiste particulièrement sur l'hétérogénéité de l'ego et des choses. 9Mc. Comment dès lors expliquer que. "L'exclusivité de l'intentiormalité" (''L comme donation des choses elles-mêmes''). la distinction tient plutôt d la façon dont l'objet est donné"lO.

§ 44. soulip par Hussed 13 /dun/. § 44. les choses naturelles sont non-intentionnelles. 137. selon des évidences intentionnelles inadéquates d'après les Méditations Cartésiennes et les ldeen J1S. t 42. 143.. es1 homogène à la perception des choses.en montrant que tout sens et tout être proviennent des prestations de l'ego transcendantal . p.et philosophiques selon Husserl distinguant les choses à panir des attributs qui leur sont inhérents : l'ego husserlien est intentionnel. /dun /. p. 1S Cf. Pour le dire d'une autre manière. ll y a là des difficultés suggérées semblet-il par les Méditations Cartésiennes où Husserl évoque "les problèmes difficiles 12fdun 1. p. la spatialité (ou la non-spatialité)? Résumons. je tiens un absolu. comme cette dernière affmnation le souligne.puisque cette perception. Celui-là et celles-ci ne désignent certes plus des en soi mais existent toujours selon le même mode puisque leurs existences se constituent de la même manière.ne justifie ni l'apodicticité de la perception immanente. Si je le considère.36 phénoménologique : ce ne sont pas les donations qui déterminent les donnés puisqu'elles semblent être bien plutôt analysées à partir de ceux-ci. 47.mais n'est-ce pas revenir alors au cartésianisme tel que Husserl le lit et le critique ? Et tendre à différencier l'ego de la chose à partir d'un critère finalemenl mondain. en cette sphère. "une dimension entièrement nouvelle de l'être. 14 "Philosophie et subjectivitf" in EPU.. un ensemble de phénomènes jusque-là inaperçus"14 conune l'écrit Herny. tantôt de l'autre. bien loin de désigner une épreuve radicalement subjective. "Un vécu affectif ne se donne pas par esquisses."12. leur hétérogénéité semble en défmitive moins reposer sur une distinction phénoménologique distinguant la donation (l'auto-donation) de l'ego de celle des choses que sur une distinction s'apparentant aux distinctions mondaines . d'une radicale hétérogénéité entre l'ego (transcendantal) et les choses (réduites)."13 En conséquence. transcendantes et spatiilles. il ne semble pas légitimer l'instauration. . Husserl semble justifier l'absoluité de l'ego moins par la spécificité de son auto-donation que par sa non-spatialité . ni la rigoureuse non-mondanité de l'ego . immanent et non-spatial. il ressort que le texte husserlien .du moins celui des ldeen 1 et des Méditations Cartésiennes . "Là l'être n'est plus d'ordre spatial. s'il remet en cause la conception de l'existence comme en soi .. Si Husserl conquiert une sphère subjective manquée par Descartes et toute la philosophie. il n'a pas de faces qui pourraient se figurer tantôt d'une façon. il est dénué de sens de dire qu'on le voit de différents points de vue. De cette analyse.

149.§ 9. adéquate pour LévinaslB. cette contingence semble admise par Husserl quand il explique que "le phénomène cognitif singulier apparaissant et disparaissant dans le flux de conscience. tout ce qui est réel à du non-réel.. 23 ldeenl. la perception immanente a en commun avec celle-ci non seulement l'inadéquation mais aussi la non puisqu'elle "demeure marquée d'une contingence apodicticité insurmontable"22. nous tenons la problânatique de Marion (le Ie qu'il d6finit et la donation qui l'institue) pour aussi radicale que celles de Henry et de Uvinas. p. p. en sorte que toute donation est ici ponctuelle. ) l'apodicticité du "je suis" . Nous soulignons. l'on se borne à argumenter d'une manière toute extérieure. § 46.. selon Henry. D'ailleurs. Nous soulignons ce qui la oon apodiclicité.§ 9. d la disparition"21.. De cette finitude découle. de potentialités inaccomplies et inévitablement telles. 21 "Quatre principes de la pMnoménologie" in RM. un "absolu"23.. ce qu'elles regardent ou percoivent s'inscrit dans "la finitude de l'horizon extatique à l'intérieur duquel se donne à nous tout ce qui est posé devant nous''20. n'est pas l'objet des affl111Ultions 16 MC. 86. p. p. de trois points de vue différents. 86. lS."l7 Henry. soumise d l'écoulement. ceci n'est possible que si. en raison du caractère extatique qu'elle partage avec la perception transcendante. ) dans un se tenir-làdevant-sous-un-regard"l9 7 Puisqu'elles désignent des regards . 22 "Philosophie et subjectivilé" in EPU. Ainsi. note Henry. Marion et Lévinas appuient. inadéquation et non apodicticité : "tout ce qui est vu renvoie à du non-vu. p. au lieu de se la rendre présente. 49. Henry met ainsi en évidence l'extase ou la distance structurant ces deux perceptions : "ne consistent-elles pas l'une et l'autre (. provisoire. la perception immanente du vécu ne peut donner "que de l'évanescent"24. SO.des modes extatiques de donation-. Bien loin de donner comme le prétend Husserl.. tout ce qui est donné à du non-donné. 19 "Philosophie et subjectivilé" in EPU. vouloir nier ( . 18 Dans ce paragraphe. entourée dborizons non remplis. 24 l'hM. pour Henry. cette analyse dans la mesure où ils explicitent l'homogénéité des perceptions immanente et transcendante : toutes deux relèvent d'une phénoménalité extatique pour Henry. 11 MC. bornée à celle de l'objectivité pour Marion.. p.37 touchant I'apodicticité"16 et écrit : " . 20 l'hM. .

Nous soulignons. 21•'Ptlilosophle et subjeclivit6" in EPU. la phénoménalité 2S IPh. 51.aux exigences de la conscience intentionnelle selon lesquelles ce qui est donné doit l'être comme présence à l'intuition et dans un vécu31. 29 ''Phüosophle et subjcclivil6" in EPU. cr.38 phénoménologiques"2S ou quand il suggère combien les "phénomènes de la conscience" appartiennent "au domaine du . 80 (cil6 par Henry. Respectant ces exigences.. il apparaît comme venant à nous. le "principe des principes" consacre la subordination ou l'asservissement husserlien de la phénoménalité. Quarrlbnt Leçon. aussi IPh. de l'ampleur de la donation. loin d'envelopper une épreuve subjective spécifique . TroùUme Leçon. Cette auto-constitution est l'œuvre des trois intentionnalités passives que sont les trois modes de la conscience interne continue du temps : la conscience du "maintenant". chacun de ces vécus est déjà jeté dans l'ek-stase d'un avant-plan de lumière. "L'eld6tlsme huaerlien". p.ou de la dimension. PhM. p. cette vie immanente est objective c'est.selon une extase temporellecomme le monde : " . soullgn6 par Husserl (et relev6 par HeNy dans "Philosophie et subjectlvit6" in EPU. p. En vertu de ces deux points. Henry approfondit sa critique en soulignant l'objectivité de l'ultime profonthur de la subjectivité transcendantale husserlienne en laquelle s'enracine la possibilité de la perception immanente : la vie immanente en tant qu'elle s'auto-constitue (ou s'auto-temporalise). un "fondement objectif dernier''30 selon Husserl. de telle façon que ces modes d'apparaître qui forment ensemble la "conscience interne du temps" et dont la structure est identiquement l'intentionnalité.passive . les vécus immanents de la subjectivité mais. 31 cr.. t 20. p. dans l'autotemporalisation de celle-ci. RD. SO). un "premier monde"2S ou "la première couche"29 du monde. un peu plus loin dans ce paragraphe. Quel est alors l'objet de ces affirmations ? L'ustnce des vEcus. d'abord. présent.§ 29. De son point de vue. S l.une épreuve radicalement subjective-. p. 26 MC. 30 MC.actifs -constituant eux-mêmes le monde. il apparaît que. soulign6 par Henry.. Si. 82-87. selon Henry. p. tout juste passé et de plus en plus passé. p. . la rétention et la protention. p. ne nous livre jamais qu'un ob-jet. 87). Cf. et pour le dire avec Henry.s'inscrivent et se constituent les vécus immanents. 72. 17 "Pbilosophie et subjcclivil6" in EPU.''27 Cest aussi parce qu'en cette vie immanente . la vie immanente husserlienne désigne bien plutôt. Nous soulignons.flux héraclitéen''26. parce qu'elle se constitue (s'auto-constitue) extatiquement. SO. Marion met également en évidence l'homogénéité des deux donations de l'ego et du monde.

le statut de r ego ne saurait ltre non mondain. qu'elle "prend pour objets le moi. Lévinas relève l'homogénéité des perceptions immanente et transcendante . 38 MC. pour le dire d'une autre manière encore. ses états et ses actes mentaux"3S. 88-89. contrairement d ce qu'affirme Husserl. 146. p. 1-01.par rapport au monde . Les perceptions immanente et transcendante sont toutes deux atUquates à . il ne saurait y avoir entre eux de réelle hétérogénéité. Par conséquent.§ 10. ses propres actes de perception •'37. ne peuvent donner que des objets. p. donc entre l'ego husserlien et les choses. S'appuyant sm un texte du § 45 des /dun /. p.ou d la mesure de. 162. puis qu'elle vise "le soi-même. 89. parce qu'originellement présent"34.si celui-Id se donne comme celles-ci -. p. 36 "La conscience non-intentionnelle" in EN. p. Comme Henry et Marion. 87. soullp par Uvina&. Marion et Lévinas contestent fermement l'hétérogénéité établie par Husserl entre la perception immanente et la perception transcendante."qu'à titre d'objet par excellence. l'ego ne saurait ltre. Nous soulignons. du regard . Mais de son point de vue cette homogénéité repose sur l'adéquation de ces deux types de donation.ce qu'elles percoivent : la conscience "qui. dans la réflexion. NouaiOUlignons.quand il affmne. p. de la donation et du clonœ. les perceptions immanente et transcendante. Cf. "Maftrise" intendonnel et de l'objet reganl6. 89 et 1-IV. dépourvu d'objectivité ou de "parcelle du montJe"38 -voilà des 32 Cf. retrouve et mattrise comme des objets du monde. Ces trois critiques relèvent la structure commune à ces deux perceptions : l'intentionnalité. En résumé. Celle-ci n'est donc pas remise en cause en tant qu'elle donne les choses (transcendantes) mais en tant qu'elle donne . selon Marion. 146. 35 "La oonscieDce non-intentionnelle" (1983) in EN. comme si le moi-pensant apparaissait au monde et y appartenait"36. bornée à celle de l'objectivité32. Et "la primauté de l'immanent sur le transcendant découle seulement d'une meilleure et plus immédiate satisfaction"33 de ces exigences (notamment de celle de la présence). RD. Marion souligne ainsi que "le vécu ne prévaut" . 33 RD. La nature du point de vue de Marion est p6:1&œ au chapitre IV (1-IV). ou.ou institue également l'ego. Henry. Si l'ego et les choses sont vus par un regard intentionnel. Nous soulignons. légitimées par le "principe des principes". à propos de la conscience intentionnelle réfléchie.39 husserlienne est. 37 "De l'Un l l'Autre" (1983) in EN. 34 RD.

dans l'imagination. Marion et I. c'est l'extase sur laquelle elles reposent . En effet. § 34. pour dire vite. pour Marion. puis à modifier arbitrairement. Tout acte particulier est dès lors considéré comme "un exemple d'une possibilité pure"43. Le § 34 des Méditations Cartésiennes précise sa nature. tel cogito particulier. du point de vue .celle qui décrit. dans une intuition vécue. leur adlquation. A la "description empirique" . p. Est ainsi suggérée.ce qui permet par exemple d'élucider dans sa "pureté idéale" le "type généraf'.. Comment procéder à une telle élucidation ? Par la méthode de la variation imaginaire qui consiste. Sur cette définition se séparent nos trois penseurs. la seconde au chapitre IV (1-IV) et la b'Oisikoe dans la eeconde partie (11-1). pour Lévinas. . 41 MC. § 34. la nature des épreuves radicalement subjectives qu'ils définissent : une épreuve inextatique pour le premier. cette 39 La est dans la suite de ce chapitre. soulignf par Husserl. 43 MC. par exemple ma perception de cette table . soigneusement distinguée des donations objectives : une épreuve radicalement subjective. Pour Henry. s'ils s'accordent pour considérer les donations intentionnelles prescrites par le "principe des principes" husserlien comme des donations d'objets ou de choses. inadlquate pour le troisième39."phénoménologique" de ces trois penseurs et afin d'instaurer un sujet dépourvu d'objectivité.Husserl substitue "/Q méthOde de la description eidétique" qui "consiste à faire passer toutes ces descriptions" (empiriques) "dans la dimension des principes". le caractère bornl de leur phénoménalité (asservie aux exigences de la conscience) . MC. § 34. Plus généralement. en creux. Appanu"t ainsi la nécessité.ivinas. dans la réflexion transcendantale. l'essence de la perception comme l'invariant ou l'identique de ces différentes perceptions42.40 propositions sur lesquelles s'accorderaient sans doute Henry. à considérer une perception particulière. 40 PhM. de définir une "donation" ou une lpreuve subjective non-intentionnelle. 81. soulignf par Husserl. 42 Cf. ils ne s'accordent pas sur ce qui détennine ainsi ces donations intentionnelles. relevant d'une phénoménalité liblrle (non plus bornée) pour le second. l'objet de cette perception pour saisir enfin. l'essence ou "l'"eidos" de la perception"41. L' eitUtisme husserlien Henry met en évidence d'une autre manière le manquement par Husserl de la subjectivité : en relevant dans sa phénoménologie un "virage thématique"40.

p. ''Philosophie et subjectivité" in EPU. 49. extatique. pour Henry. Leçon. cité par Henry. 4S "Philosophie et subjectivité" in EPU. ce virage consacre le manquement husserlien de la subjectivité dans la mesure où il enveloppe la substitution.. p. p. p. 46 Cf. 63. 98-106. 48 Cf.. p.bref: dès la thématisation de la perception immanente. la phénoménologie devient ainsi.. 49.point de dépan de la méthode de la variation imaginaire. p. 49. SI PIIM. S2 PhM. Pour Henry. 84. p. PIIM. souligné par Husserl. se joue en effet pour Henry "le destin de la phénoménologie''S3.§ 34. 49. Henry insiste sur ce point Cf. ce virage témoigne sunout de ce que Husserl a perdu la subjectivité en sa radicalité dès qu'il a considéré son apparartre ou sa donation comme celle. 47 "Philosophie et subjectivité" in EPU.. Par ce virage thématique. . PhM. en IIOIU abstefUJllt d'affirmer sa valeur aistentlelle. p. "la science apriorique des possibilités pures"4S de l'ego transcendantal intentionnel46. p. c'est en raison du caractère extatique de l'auto-donation de la vie immanente (et de la perception immanente) que Husserl doit délaisser le vécu saisi selon cette auto-donation et "fuir dans l'eidétisme''S4. "n'est pas dissociable de sa propre et 44 MC. Car. " ."49 D'ailleurs. p. 49 "Philosophie et subjectivité" ln EPU. MC.peut eue en effet une doMœ imagillalre : "nous transformons le fait de cette percepdon.41 méthode fait apparaître l'ego pur de fait comme une exemplification de l'"eidos ego"«. ) idéale au même titre que l'essence qui la régit. 87. dans la mesure où le vécu immanent se donne extatiquement et où tout horizon extatique est frappé de fmitude. d'être "l'objet des affirmations phénoménologiques"SS : comment prendre pour thème un vécu dont l'apparition n'est que ponctuelle. 64. ce vécu ne peut désigner qu'un donné "évanescent" non susceptible. § 34. en tant que thème de la phénoménologie. du regard du phénoménologue. ce n'est qu'une possibilité (. S4 "Philosophie et subjectivité" in EPU. comme le note Henry. 49. selon Henry. de l'essence de la subjectivité à sa "réalité singulière et concrète"47 dont témoignait la perception immanente des vécus4B. impliquant un "déplacement de la cogitatio réelle à la vue pure qui la donne''S2. Nous soulignons). En cette thématisation. SO Le vécu singulier. une possibilité déchiffrée sur une essence n'est pas une réalité. SS IPh. en une pure possibilité" (MC. 80. SJ PhM. c'est-à-dire dès que "la cogitatio est réduite à l'évidence qu'on est censé en avoir"Sl. en tant que tel. Premièrement. § 34. p. cette saisie des essences ne s'accomplit-elle pas sans référence nécessaire à l'existence réelle des vécus dont on cherche l'essenceSO? Mais.

57 l'hM. une homogénéité de ces deux donations et donc de l'ego immanent et des essences transcendantes. 59 Si œ qui suit jusdfte la qualification de la phénommologle hussertienne comme ptùlosophle du voir. Ensuite. lA phiMmiMlogie husserlieMI! comme philosophie du voirS9 La phénoménologie husserlienne désigne. p.. "Quatre principes de la plâlomtnologie" in RM. S2. et plus fondamentalement encore. ce qui est vu dans une vue intuitive pure . dès les Recherches logiques. ( . 13. Ensuite. d'un vécu singulier immanent à son essence transcendante. ph&lom6nalltt impliquée par le voir. Enfin. selon Henry. la "raison profonde''S7 du virage thématique husserlien. p. Husserl. l'expression "philosodùe du voir" relheran.la transcendance de l'essence générique-. . selon Henry. ceae qualification ne doit pas occulter la henryenne de la plülosoplûe comme œposant sur la seule extatique. ) L'homogénéité des moyens : la vue pure. 69. qu'à condition d'être euxvus par le regard de la réflexion. parce que sa règle méthodique essentielle . c'est le voir lui-même qui doit 56 PbM. SI l'hM. selon Henry. pour Henry..le "principe des principes" . une continuité entre la saisie d'un vécu singulier et la saisie des essences. 98.atteste.. du pl6onasme.dans une vue voyant après réduction .. la conclusion de ce clllpitœ. p. p. p. 60 Cf. ). parce qu'elle a considérablement élargi ce qui se donne à voir : alors que Kant n'envisageait que l'intuition sensible. une homogénéité des moyens et des fins qui n'est nullement fondée. " . Cf.prescrit de s'en tenir strictement à ce qui est vu intuitivement dans sa réalité corporelle61. "Mais "limitation• l une de réalité . ''Philosophie et subjectivité" in EPU. Tout d'abord. "De lfusser{ l Descartes".principe des principes". FilM. L'homogénéité de l'être à connaître : la donnée absolue en tant que le vu de cette vue pure•-ss. au-delà de la différence des sphères ( .. que Husserl puisse élargir.. confonnément toujours au .l'immanence de la cogitatio -ou •extension• lune autre. cela implique de la part de la recherche. 87.. une philosophie do voir.42 ii1U116diate disparition"S6 ? Telle est. 87. 6 1 Cf. considère que l'essence et la forme catégoriale sont également données par l'intuition60. parce que ce voir s'auto-légitime : parce que les regards intentionnels de l'ego transcendantal ne peuvent Stte légitimés. p. En œ sens.

dans la réflexion transcendantale. et immanente. t§ 21. 70. Cillqldhne p. Husserl a beau définir de nombreux "modes de donnte"6S "ou de prlsence authentique"66. 70. L'instauration d'une telle subjectivité ne peut. p. que reposer sur la conquête d'un mode inextatique de donation. toutes sont. transcendante. § 45. 63 PhM. de multiples donations . Car. "L'autofondation du voir traversera la doctrine.multiplicité telle que Husserl écrit : "la présence est partout''fi7 . "Philosophie et in FPU. la Vie ne s'épuise pas dans celle du regard f6t-il eidétique ou catégorial : a-t-on par exemple besoin de viser intentionnellement une douleur pour en 8tre instruit ? Cest bien plutôt le regard. DetaUme Leçon. p. Comme le note Henry (cf. . le "Preuve" (PbM. p. 30. "63 En tant ainsi que philosophie du voir. pour Henry. p. 66) : de ce qu'elle "n'est jamais vue et ne peutl'etre. c'est-à-dire des objets68. 101.. NouaiOUiignons." (PbM. Hussed est sur ce point explicite : "Le voir ne sc laisse pu d6moniJer JÙ (IPb. le voir"62 . mondaines en tant que structurles comme un regard ou selon une extase : elles ne donnent que des vus.. p. le constd= comme une avant qu'Il ne devienne objet de la r6flexlon. p. 661Ph. pour Henry. le voir qui suppose la Vie dans son auto-affection inextatique : le regard du phénoménologue.eidétique. Cest celui de la Vie. ce Il avant" s'explique par la r6tendoo qui retient. Henry et meme Husscd le 1101a1t. souligné par Husserl. 64 PhM. selon Henry. 64). ne trouve-t-il pas comme déjà accompli. lui. Aucune d'entre elles ne peut donc donner ou instituer un sujet ou un ego relevant d'une subjectivité ou d'une égoité tranchant sur la mondanité.dont témoignent l'identité ultime de l'auto-donation de la vie immanente et de la donation du monde ainsi que l'homogénéité de la perception immanente et de la saisie des essences transcendantes.OII. Cillquüme Leçon. 68) de ce que la Vie "est Indépendante" du regard. p. "ontologiquement llul" (l'hM. p. p. p. Cillquüme u. 67) l meure en lumière des ou des choses du . 67 IPh. 70 Cf. 107. Pour Hussed. 146. )'"objectivation de la vie transcendantale"64. l'hM. Cf. en le voyant. 52-53 et MC. Henry. p. la phénoménologie repose exclusivement sur la phénorœnalité extatique.43 légitimer et qui légitime effectivement. p. 63-68. 101. etc. PhM. 69). 69 ltken /. 68 Que l'ego lnlssedlen s'épuise monde. soullgné par Husserl. p. soulip! par Husserl. 65 IPh. du point de vue de Henry. C'est de cette exclusivité que découle. le vécu qu'il voit70 ? 62 PhM. "dljd Id avant''69 d'8tre vu. 101.

pour distinguer le donné du donnant. le regard en tant qu'il regarde.puisque Henry souligne que la phénoménologie husserlienne ne rend pas compte de l'apparaître ou de la donation du regard (intentionnel) en tant que regardant (ou du voir en tant que voyant). son point de vue est phénoménologique et. 58. le flux de la conscience.et ce qui constitue ou donne -la donation ou le donnant. rétention. Henri Ousson. de ce point de vue. en tant que regardant. Husserl ne conçoit l'apparaître (ou la donation) du regard que selon un autre regard : le regard n'est donné qu'en tant que regardé. de la vie immanente. selon Henry. Cette auto-constitution relève d'une auto-temporalisation puisqu'elle s'accomplit selon les trois modes de donation temporelle (conscience du "maintenant". Henry problématise la pensée husserlienne de la subjectivité : la vie transcendantale intentionnelle ne s'enracine-t-elle pas en une dimension subjective plus radicale ? Cette problématisation est phénominologique . avant d'être regardé (par un autre regard). p. pltArrotnlnologie de la conscience intime du temps. ne se phénoménalise-t-il pas. il convient de distinguer leur mode respectif de donation :si le donné se donne par le donnant comme intentionnalité 71 l'hM. pretention) qui sont des intentionnalités impliquant une distance temporelle et. trad.elie relève d'une "phénoménologie matérielle"11 . Il est. d'ordre phénoménologique. Elle serait essentiellement temporelle s'ils étaient considérés mondainement : le donnant (donnant selon la rétention) succèderait simplement au donné (qu'il retient) dans l'ordre temporel des vécus. manifeste dans les Leçons de 190572. 72 Leçons pour Paris. Philosophe du voir ou du regard. A son tour. 1964. une différence entre ce qui s'y constitue ou s'y donne -le donni. en conséquence. Cette différence est d'abord. pour Henry. D'après celles-ci.44 REGARD ET VIE Husserl a relevé le manquement cartésien de la profondeur transcendantale de la subjectivité. PUF. Mais. Mais Henry ne se préoccupe pas d'un tel ordre . . s'autoconstitue : il est lui-même le constituant (ou le donnant) et le constitué (ou le donné). ne se donne-t-il pas lui-même originellement? Donnant et donné Explicitons tout d'abord cet échec phénoménologique de Husserl.

cité et souligné tel quel par Henry. 45. p.c'est-à-dire que chaque phase constitutive du flux n'advient elle-même à la pbénoménalité que dans la mesure où elle est elle-même constituée. dans la phénominologie husserlienne.et à propos duquel se poserait à nouveau le problème de la donation en tant que donnant. Cf. Bien au contraire sa phénoménologie n'a fait que projeter "sur les phénomènes constituant le temps le discours déjà tenu sur le flux constitué"1S.ce problème. p. en conséquence. aussi "Philosophie et subjectivité" in EPU. Nous soulignons. c'est-tl-dire du donnant. Nous soulignons. p."76 Et la cause de cet échec est claire : elle réside en l'exclusivité des modes extatiques. 45). Puisque. aucune donation ne peut donner un donné qui ne soit pas distinct d'elle. la phénoménalisation ou la donation du constituant en tant que tel. il n'a pas approfondi cette distinction et ne l'a pas considérée comme celle de deux modes hétérogènes de donation -ceux du constituant et du constitué en tant que tels. 109. 77 TeUe semble etre pour Henry "l'impuissance de la donation extatique à s'essencifier comme aul(Hjonation" (PhM.car intentionnels. laissée dans l'anonymat11. il n'y a pas d'autre réponse chez Husserl que la redite indéfmie de la phénoménalité du constitué .lire. car alors il ne serait plus donné en tant que donnant mais donné en tant que donné par un donnant. Elle manque donc. "A cette question cruciale de la phénoménalité la plus originelle en tant que phénoménalité du constituant lui-même. en défmitive. c'est-à. Après avoir relevé ce manquement husserlien de la donation du donnant en tant que tel. donnant dont la donation en tant que donnant est.45 (temporelle : selon la rétention). p. S'il a fait signe vers celui-ci en distinguant le constituant et le constitué74. 51-52. p. donnant distinct de ce donné . 75 PhM. 46). De telle manière qu'elle ne se phénoménalise jamais en tant que constituante et que l'ultime constituant demeure dans l'"anonymat". précédant sa donation en tant que donné selon la rétention (ou par le donnant). Henry écrit ainsi dans son étude "Philosophie et subjectivité" : "Et l'on voit bien 73 Répondre à cette question revient à expliciter la donation originelle du vécu retenu (le domé). conformément au "principe des principes". 44. 74 ''Le ronstituant et le constitué colhcident. comment se donne le donnant ?13 Non pas par une autre intentionnalité (ou une donation extatique). sa donation en tant que vécu vivm (si l'on veut) : en tant que regard regardanl. l'échec phénoménologique de Husserl vient de ce qu'il n'a pas su poser explicitement . toute donation (légitime) donne extatiquement ou selon une distance.de donation. .en raison de l'extase enveloppée par l'intentionnalité . et pourtanl ils ne peuvtlll naturellement pas cofncilür à tous (Leçons pour une phlnomtnologie tk la conscience intilne du temps. 76 PhM.et a fortiori résoudre . Du point de vue de Henry. anonymat en lequel se résume et se concentre l'échec phénoménologique de la phénoménologie husserlienne. PhM. p.

En d'autres termes. p. S2. "Dans cette donation du mur. Marion le souligne 6galement dans un arucle oll il tient le point de vue de Henry.. Le texte de Henry souligne IDUte la phrase. il y a ceci que le mur est différent de sa donation"83. dans ce chapitre. p. Cf. en vertu de son caractère inextatique. "deux modes hétérogènes de manifestation" 81 Précisons l'hétérogénéité entre les deux modes extatique et inextatique de donation. cr. c'est-à-dire l'hétérogénéité phénoménologique instaurée par Henry entre les choses comme telles et la subjectivité (l'homme). 1988/1. SS. Cf. 83 PbM." (PhM. 111.) rien qui soit plac6 dans l'altérité d'une distance : ce qu'elle donne c'est elle-même''14. Le mode extatique de donation est celui du monde et de ses choses.. S4. il n'y a donc plus rien d'autre à considérer que la donation. "La mondanit6 de l'ego hussedien". SI. il est caractérisé par la finitude82 et par la distinction entre le donné et la donation subjective. "G6n6rosit6 et ph6Dom6nologle. en ce sens que c'est eUe qui donne et elle qui est donn6e. p. Dans cette épreuve de soi. lui est donné dans l'ek-stase de l'intentionnalité et par elle. 19 "l'hilosophhe et subjcctiviti" in FPU. Le mode inextatique de donation désigne une affection de la subjectivité non plus par le monde. 84 PbM. 32. 10. par elle-même sans le moindre écart. 73. S3-S4. 129. 73. p. p. pour Henry. p. En raison de la distance ou de l'extase qu'il enveloppe. Il "Quaire principes de la ph6nom6nologie" in RM. p. ao par eKaDplc PbM. Que cene la cawre du husserlien du sujet radicalement subjectif.. p. la donation d'elle-même. Remuques sur l'interpr6tation du cogito cartesien par Michel Henry" in Les ltudu phllolophilplu. mais. l'étude menée dans ce paragraphe le montre. Ce qui est donné. C'est. en une telle auto-donation inextatique que s'enracine la possibilité de toute donation intentionnelle ou extatique80. Tout ce qui est pour le moi. la moindre distance ou différence entre la subjectivité comme affectée et la subjectivité comme affectante. aussi PhM.ce qui implique. c'est aussi ce qui donne et en tant qu'il donne ou le donnant en tant que tel : "la donation se donne à elle11 "Philosophie et in EPU. Ou encore : "La vie est l'autcHionation en un sens radical et rigoureux. distinct d'elle. que cette donation soit une auto-donation inextatique : "l'ultime anonymat sur lequel est venu achopper la phénoménologie husserlienne est le constat de la condition non extatique de la subjectivité absolue"79. 72. le donné et la donation subjective y sont identiques : la donation "ne donne ( . p. as PbM.46 pourquoi. "78 Mais peut-on parler d'une donation du donnant en tant que tel ? La réponse de Henry est affumative. p. "la donation et ce qui est donné sont le Même"IS. 82 Cf. 161) .

se serait icrasle sur elle-mêmeBB de telle façon qu'en elle le donni. elle d'une 111to-affecdon. Il" . tcrasle sur soi. sur ce s'éprouver soi-même91.. 48. 16.car intentionnels . DE HUSSERL À DESCARTES Du point de vue de Henry. 46. Husserl a manqué la radicale subjectivité en essayant de la trouver là où elle n'est pas : dans l'extase d'un regard92.. usutant ultimement c:eue venue.. p. plus exactement. la donation et la subjectiviti s'identifient ou ne fassent plus qu'un. Nous soulignons). p. c'est toujours et uniquement comme un s'apparaitre à soi de l'apparaître que la subjectivité se construit intérieurement et déploie son essence. 174. considér6e comme une donation extatique qui. ni contenus venant les remplir. 87 "Quatœ principes de la phm:mmologie" in RM. rien qui soit au-delà ou endeça d'une épreuve irrémissible''87. Henry considère que entre la subjectivili et le monde est non seulement pbénommologlque mais aussi ontologlJiru : " . Cette auto-donation inextatique peut être. comme dans l'CIIICIIIble de cet ouvrage. 91Nous nous contentons ici.. d'une IUto-affectiviœ ou d'un auto-sentir. 90 Ancrant l'etre en l'apparaltre (cf. 74."89 L'être de la subjectivifé90 défmie par Henry repose sur cette autodonation de la Vie. p. ni horizons de remplissements. Du poilll de vue de Henry .de donation qu'il consacre. et ce qui. p. "perdant" l'extase (ou la distance) la caractérisant.non pas parce qu'il priviligie les choses d leur donation (comme Descartes selon Husserl) mais parce qu'ilnt consitMre et ne ligitirne pricisirnent que la donation des choses et manque donc la subjectiviti en tant qu'elle s'institue selon une donation tranchant sur celle 16 PhM."86 De plus.comme d'ailleurs. cette autodonation inextatique n'est plus frappée de la finitude des donations extatiques : "en cette donation ultime de la vie il n'y a ni esquisses.47 même en tant que donation. de ceux de Marion et de Lévinas Husserl conserve ainsi une attitude mondaine. en tant que subjectivité. si l'on veut. pour Henry. ni aspects. Ce "qui apparaît n'étant rien d'autre. dans l'exclusivité des modes extatiques . "Piùlosophie et in EPU. D est donc phinominologique en ce sens que l'objet du manquement est la donation inextatique de la Vie.) qui se creuse l jamais enre le vaulll-devlll diiiS la de la emlique et se montrllll comme tel. ne s'exhibe lui-meme en elle" (PhM. "Quaœ priucipes de la pllmommologie" in RM). Nous soulignons... 45. le souffrir primitif de la vie accul« lsoi. p.. 92 Cf." (PhM. . en tant que donnante.. nous l'avons vu. hltiroglnliti OIIIOloglJiru et radicale (. p. Nous soulignons) 19 ''Philosophie et in EPU. que l'apparaître lui-même. de COIISidber la Vie comme structurée selon une inextatique sans expliciter en quel sens. Nous avons vu que ce manquement s'origine dans le "principe des principe" et.

pour Henry. selon Henry. la nature de la condiliomalitt (mondaine) du sujet ait évolœ. GP. C'est par là 93 l'hM. pour Henry. 117. 97 Peu importe.. "Et c'est bien une présupposition absolument générale de la philosophie occidentale qui se découvre à nous : privée de sa dimension d'intériorité radicale. dans l'histoire de la philosophie.en tant. selon Henry. p. le cartésianisme échappe à cette condamnation de la philosophie comme telle. la philosophie .. la venue d'un Dehors oil. que Vie inextatique. en tant qu'ils reposent tous deux sur la seule phénoménalité extatique.puisqu'il est conquis dans la Seconde Méditation alors que toute évidence est douteuse . p.statique. 53. Cf. comme les sciences et le sens commun. 130. p. ainsi définie : "J'appelle "philosophie occidentale" celle dont le logos est la phénoménalité du monde et repose sur elle"93. l'hM. Asservis à la phénoménalité extatique. 66-67. sont identiques en leur essence96. en tant. aussi celui de la philosophie occidentale. 112-122. II s'agit. la subjectivité originelle désignant la façon dont la phénoménalité s'apporte en elle indépendamment de toute médiation ek. Précisément. que. à une condition de l'objectivité et de la représentation ( .''99 Dans la mesure où le cogito cartésien n'est pas.)." (l'hM. ). La philosophie. Nous soulignons. p. une évidence (extatique). toute chose devient visible.et le monde. de cc point de vue heruyen. p. 96 Cf. ce qui apparaît (l'étant) étant mis hors jeu. ne conçoit donc qu'un seul mode d'apparaître : l'apparaître extatique du monde94. la subjectivité du sujet n'est plus rien d'autre que l'objectivité de l'objet. "phénomène". p. 60-61. 6) 95 l'hM. dans la lumière de ce Dehors. 94 "Car c'est l'illusion du sens commun. 99 GP. Nous soulignons. en conséquence.. d'une décomposition de l'apparaître lui-même. 98 "Philosophie et subjectivité" in EPU..mais désigne bien plutôt une épreuve inextatique de soi. p.48 des choses commi! telles. . souligné par Henry. réduite à un voir. qu'elle ne s'inscrit pas dans le monde. Nous soulignons. La conséquence décisive de cette identité concerne le statut des sujets ou des hommes définis par la philosophie occidentale. "La réduction cartésienne ne se contente pas d'opérer le déplacement thématique des choses au mode de leur donation( .le logos comme "faire-voir"9S. Ce manquement phénoménologique de la phénoménologie husserlienne est. ils s'épuisent en tant que condition du monde97 et ne désignent que "l'objectivité comme telle"98. des sciences ct de la philosophie du passé que de COIII!Rndre panout et toujours ce qui fait du phénomène ce qu'il est comme une première mise à distance.

49 que les deux premières Méditations marquent un tournant décisif dans l'histoire de la pensée humaine"lOO. p. 1110 "Piùlosophie et subjectivité" in EPU. Cf. 54. l-V. Nous soulignons. .

dans son œuvre. 12. comme il le (cf. 334).mais. c'est bien de l'intentiomalilt husseriienne dont il semble etre question.ou semble erre (certains textes de Lévinas que nous citons ne SOŒ pas parfailement explicites). Uvinas d6crit patfois du Visage au moyen de la notion d'inœnlionnalilt. En elle se consomme l'idée de l'infini. p. 41. à définir une subjectivité dépourvue d'objectivité (ou d'être). ). L'intentionnalité. Derrida note que Lévinas ne mentlome pas ici explicitement Husserl (cf. l'intentionnalilt llaquelle nous faisons n!férence.qu'il vide en quelque sone de sœ ad6quation (cf. p. 1-V et surtout D-1.. ED. Ce chapitre n'explicite pas la nature de cette épreuve radicalement humaine ou subjective définie par Uvinasl mais s'emploie à mettre en évidence le caractère central. Tout savoir en tant qu'intentionnalité suppose déjà l'idée de l'infmi. cf.de la problématique husserlienne que "la phénoménologie" de Uvinas se sépare d'elle et se tourne vers l'idée cartésienne d'infini. ne défmit donc pas la conscience à son niveau fondamental. TI. l'inad/quation par excellence. Sauf indication contraire. dans Totalül et lrrfllli. elle s'en distingue en ce que cette définition repose sur la considération d'une épreuve non pas inextatique mais où l'éprouvé (le "donné") -le Visage . souligné par Uvinas.du moins en son "excellence" . 17S).CHAPITRE ID Lévinas ou inadéquation et "phénoménologie" Si la problématique de Uvinas vise. . Cf. 2 Cest l Derrida que nous empruntons ce terme.n'est pas adéquat ou d la mesure de la subjectivité. Priface.hussertlenne. Plus précisément.. p.''3 3 TI. de la valeur2 d'inadéquation. 174. "Ce livre présentera la subjectivité comme accueillant Autrui ( . Ces pr6cisions ne sont pas superflues quand on sait que. p. où la pensée reste adéquation à l'objet. dans ce chapitre et dans l'ensemble de rouvrage. tout comme celle de Henry. 17S). 328. ED. est. 1 Pour cette expliciWioo. il s'attache à montrer que c'est en raison de l'absence de cette valeur . ED. p.

p. aussi par exemple Tl.. 179. ) contient le sens ultime de la liberté''9. l'objet se donne intuitivement en comblant "la mesure de la visée. 6 "Herméneutique et au.qui. une saisie.qu'il revient au Même ou qu'il s'inscrit dans le registre du Même . le "principe des principes" husserlien n'est pas essentiellement. perdent leur altérité et reviennent à l'immanence ou au Même. Tl. l'intentionnalité vide se remplissant"S.de toutes les donations légitimées par la phénoménologie de Husserl mais d'abord celle de leur adéquation au donné . 7 "Herméneutique et au-dell" in EN.52 TRANSCENDANCE INTENTIONNELLE ET "MÊME" Du point de vue de Lévinas. Le "saisir" de l'apprendre n'est pas purement métaphorique. l'expression du caractère extatique . 133. "L'autre se fait le propre du moi dans le savoir assurant la merveille de l'immanence. de penser à sa mesure et ainsi de jouir. le savoir( . La "transcendance de l'objet''6. Pour Lévinas. signifie immanence. 10 "En tant qu'apprendre. du sujet et de l'objet.. en tant que saisissable. 37. Ou encore: "Réduire une réalilt à son conrenu pensé c'est la reduire au Même" (. les pouvoirs d'ordre théorique et d'ordre pratique.. Dès avant . la transcendance de la chose relève du Même. s'il peut être saisi par le Moi : s'il lui est. Cette appropriation ou saisie du Moi peut être d'ordre théorique : la pensée pense à sa mesure. p. pour le réel. du privilège de l'immanence. "s'offre originairement à nous dans l'intuition"4 . "Si la liberté dénote la façon de demeurer le Même au sein de l'Autre.. 85. comme pour Henry. 36. 133). La transcendance intentionnelle dessine comme un plan où se produit l'adéquation de la chose à l'intellect''7 En ce sens. le savoir sait les choses qui. 4 Nous soulignons. en tant que sues. Nous soulignons. sont étroitement imbriqués. 144. adéquat. p. en tant qu'elle est à la mesure de l'immanence du vécu (intuitif). classique. et pour la pensée. loin d'être opposés. Elle témoigne. selon ce "principe des principes". de se tenir dans la transcendance intentionnelle "à l'échelle" du vécu.TI."& Cette saisie peut aussi être d'ordre pratique et relever de la liberté du Moi. Plus précisément. la pens6: compone un prendre.car intuitif. une prise sur ce qui est appris et une possession. Cf.. "Cette façon. de son pouvoir d'appropriation concrète des choses. revient pour ainsi dire à celle-ci. Le Même désigne le Moi en tant qu'il s'approprie ou saisit. p. p. 8 "Diachronie et (1985) in EN. 84. à tel point que son texte semble parfois les assimiler. p. p. p. ces deux types de pouvoir coopèrent pour assurer le primat du Même : le théorique appelle le pratique qui en quelque sorte le confirme et l'accomplitlO. pour Lévinas. s "La conscience 11011-intentionnelle" in EN. Nous dirons donc d'un terme qu'il relève du Même .œlà" (1977) in EN. Cette adéquation est donc celle. 9 TI.

Naturellement ces deux lectures de Henry et Lévinas ne se contredisent pas16. la l'intéressement tecluùque. 143. p. par exemple "La pensée de l'être et la question de l'autre" (1978) in DD. 63. Plus exactement.53 S'expliquent dès lors ces analyses lévinassiennes concernant l'intentionnalité11 ou la présence dans sa réalité corporelle (ou "en chair et en os") exigée par le "principe des principes" husserlien : "l'être est en donation et la donation est à entendre dans l'acception littérale de ce mot. Lévinas et les Méditations Métaphysiques". p. 174 (note 2). 130). Comme le suggère Feron13. p. Le premier critique l'exclusivité husserlienne de l'intentionnalité dans la mesure où elle signifie l'exclusivité des donations extatiques (ou transcendantes) et implique. p. présence "en chair et en os" ( . il est déjà esquisse d'une pratique incamœ. A l'inverse. c'est-à-dire de "l'inadéquation par excellence".. avec Husserl "l'immanence reçoit la signification de la transcendance"15. p. 11 Cf.ainsi que par Lévinas 17 . La main vérifie l'oeil"12. avec Husserl la transcendance reçoit la signification de l'immanence. "Henry. implique une saisie de ce qui est donné extatiquement. 12 ''Notes sur le sens" (étude en 1979) in DD. du point de vue de Lévinas. Elle s'achève dans la main qui prend. p. "Diachronie et représentation" in EN. "Comme chez Husserl où.. 34 (note 60). enveloppée par l'intentionnalité et relevée par ce dernier . de l'exclusivité de l'intentionnalité découle le manquement par Husserl de la "véritable" transcendance. En somme. dans l'intentionnalité. Nombreux sont les textes lévinassiens soulignant cette imbrication entre (sa)voir et saisir. TI. déjà "mainmise"" (''La conscience non-intentioiUIClle" in EN. C'est alors. pour Lévinas. 17 Cf. 235. le manquement de la Vie en son immanence radicale : pour Henry. cette "Cohtsion et complicité d'un voir et d'un prendre" ("Interdit de la représentation et "droits de l'homme"" (1984) in Altirili et transcendance. 14 cr. 13 QL. 15 PhM. p. cette thématisation par Lévinas du Même s'origine sans doute justement dans sa lecture de Husserl et notamment des études relatives à la "sphère d'appartenance" propre à l'ego transcendantal (développées par exemple dans les Méditations Carrésiennes)14. p. dans la mainmise. Elles témoignent simplement de deux points de vue différents. souligné par Lévinas). 16 Elles ne reposent pas en effet sur les mêmes concepts d'immanence et de transcendance.. . 178. le point de vue de Lévinas précise celui de Henry en ce sens qu'il souligne que la phénoménalité extatique. ). que la présence est "en propre" (eigentlich). en conséquence. C'est dans la prise en main que "la chose elle-même" s'égale à ce que l'intention de la pensée "voulait" et visait. Cf. souligné par Lévinas. 76. 1-V. Reprenons maintenant notre comparaison des points de vue de Henry et de Lévinas.

. Comment concilier ces deux lectures ? ADÉQUATION OU INADÉQUATION? Dans "Violence et métaphysique" 20. . 22 MC. p. de droit infini.§ 19. 4S. La théorie de l'Intuition . 174-178.par exemple La théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserf24. 20 ED.§ 18. au sein duquel se constitue le sens objectif des choses. 176.54 conscience humaine son d'elle-même. le texte de Lévinas 18 philosophique de l'idée de culture" {1983) in EN.d'autant que cenaines de ses premières études . smprenantes . p. c'est-à-dire le cogitatum en tant que cogitatum. 21 ED. 19 a. mais reste à la mesure du cogitatum qu'elle égale et qui la satisfait. souligné par Husserl. 23 MC. 1-D. "Ce sens objectif.relèvent cette irréductible inadéquation husserlienne. 128). Derrida conteste la contestation lévinassienne ponant sur l'adéquation intentionnelle : "est-il un thème plus rigoureusement et surtout plus littéralement husserlien que celui de l'inadéquation ?''21. .l'adéquation exacte est de droit impossible : "aucune concevable ne peut atteindre l'adiquation compUte et achevée. Dès lors. "le rappon de Lévinas à Husserl" consiste "le plus souvent" en une contestation de la "!eure" husserlienne au nom de ul'esprit du husserlianisme" (ED. jamais l'intuition ne "vient à bout" du processus. dans la mesure où les horizons de potentialités ne cessent de se découvrir . Car si Lévinas insiste sur l'adéquation inhérente à l'intentionnalité. 24 a. "La mondanité de l'ego husserlien". de prime abord du moins. Autrement dit. il ne s'éclaire qu'à mesure que s'explicite l'horizon et les horizons nouveaux (et cependant prétracés) qui se découvrent sans cesse''22. 201.où le vu renvoie toujours à du non-vu simplement visé ."18 Les points de vue de Henry et Lévinas semblent de prime abord davantage entrer en contradiction à propos de l'adéquation. Henry souligne la finitude de tout horizon extatique et donc l'inadéquation des donations intentionnelles 19. une telle conrestalion est donc illégitime. Davantage encore. selon lui. Derrida Insiste sur la lettre husserlienne car. Nous soulignons. et toujours elle s'accompagne de pr6-intentions et de co-intentions non "remplies"''23.. p. les analyses de Lévinas critiquant l'exclusivité de l'adéquation dans la phénoménologie husserlienne apparaissent. dans la phénoménologie husserlienne. ne se présente jamais comme difinitivement dow . p. p. A propos de la valeur d'inadéquation. Ce questionnement apparaît légitime dans la mesure où.

55
"La ruine de la représentation", publié en 1959, deux ans avant Totalité et

Infini, non seulement décrit cette inadéquation mais insiste sur son originalité décisive - décisive en cela qu'elle pennet de remettre en cause le privilège de l'adéquation ou de l'immanence traditionnellement garanti, selon Lévinas, par la philosophie2S.
Comment expliquer que Lévinas puisse, à la fois, relever dans la pMnoménologie husserlienne une penste originale de l'inadéquation et y dénoncer l'exclusivité de l'adéquation ? En notant, tout d'abord, une certaine continuité entre les pensées husserlienne et lévinassienne de l'inadéquation. Ce texte "La ruine de la représentation" la suggère dans la mesure, d'abord, où il utilise, pour décrire l'inadéquation husserlienne, des expressions (la pensée "pense plus qu'elle ne pense''26, ""transcendance dans l'immanence""27) que Lévinas exploite également pour thématiser "son" inadéquation. Dans la mesure, ensuite, où celui-ci le conclut en expliquant qu'avec cette inadéquation husserlienne "devient possible une Sinngebung éthique, c'est-à-dire essentiellement respectueuse de I'Autre"28. Précisément, si l'inadéquation - "par excellence" - de Lévinas s'inscrit effectivement dans le prolongement de celle de Husserl, c'est que, selon nous, cette dernière enveloppe deux dimensions ou deux puissances29 qui s'apparentent aux deux dimensions (ou puissances) structurant l'"inadéquation par excellence"lévinassienne, à savoir la percée (ou le débordement) et son incessance30. Premièrement, l'inadéquation husserlienne repose sur un débordement temporel : l'objet (ou son sens objectif) ne tient pas pour ainsi dire en un présent mais appelle une explicitation temporelle- et Lévinas définit, après Totalité et Infini, un débordement ou une percée dans la dimension du passé immémorial31. Ensuite, ce débordement husserlien est incessant. La ""signification" dépasse d tout instant ce qui, à

25 Cf. "La ruine de la représentation" ln EDE. p. 134. 26 In EDE, p. 135. Cette expression est une constante lévinassienne; on la retrouve dès 1957 dans une analyse de la révtlation du Visage comme idte de l'Infini : "l'idte de l'infini est IUle penste qui à tout Instant pense plus qu'elle ne peiiSe" ("La philosophie et l'idte de l'Infini" (1957) ln EDE, p. 174, soulignt par Uvinas. Contrairement à celui cit6 dans le corps de notre texte, ce passage tvoque l' incessance du dtbordement). Remarquant tgalement l'utilisation par Uvinas de cette expression (cf. QL. p. 317), Feron se demande "si le concept même d'altérité" (de Uvinas) "ne s'enracine pas précisément dans l'idte phtnomtnologique de l'inadtquation de la conscience à ce qu'elle vise et qui marque tout rappon intentionnel" (QL, p. 266). nIn EDE, p. 131. Cette expression caractérise precisément la subjectivité 1évinassienne. Cf. III, "Du Visage au Soi" ("De la percée du V151F à cd1e du Soi''). 28 In EDE, p. 135. . 29 Nous empruntons ce terme à Derrida. Cf. ED, p. 183. 30 Cf. 11-1, "La transcendance comme percée incessante". 31 Cf. 11·1, "La rigueur de la transcendance" ("La profondeur de la percée'').

56

l'instant même, est donné comme "explicitement visé""32, "les horizons nouveaux (... ) se découvrent sans cesse"33 - descriptions qui ne sont pas sans évoquer celles de Lévinas relatives au Visage ("D défait à tout instant la forme qu'il offre''34) et à "sa façon de saillir incessamment hors de son image plastique''3S. Seulement, si Lévinas le plus souvent relève, pour la cntlquer, l'exclusivité husserlienne de l'adéquation, c'est que ce débordement husserlien n'est pas assez profond, que l'inadéquation husserlienne (des choses) n'est pas assez radicale et reste, en définitive, de l'ordre d'une adéquation : elle ne constitue pas une "inadéquation par excellence". Précisons ce point. On peut noter, d'abord, combien le privilège de l'adéquation semble maintenu par l'explicitation husserlienne du débordement temporel inhérent à la phénoménalisation des choses : "les côtés de l'objet qui sont "réellement perçus" renvoient aux côtés qui ne le sont pas encore et ne sont qu'anticipés dans l'attente d'une façon non-intuitive comme aspects "à venir" dans la perception''36. En nous appuyant sur ce texte, on peut considérer, d'un point de vue lévinassien, que le futur- et le passé- définis par Husserl demeurent finalement dans le registre de l'adéquation : d'une part parce qu'ils circonscrivent des adéquations ou des présents (intuitifs) à-venir - et passés-, d'autre part parce qu'ils relèvent de la présence (non-intuitive) à la conscience en ce sens qu'ils sont protenus (ou anticipés)- et retenus -et demeurent en tant que tels à la mesure de ses représentations37. Notons ici l'étroite solidarité, pour Lévinas, de ces deux points. Elle provient de sa conception du monde selon laquelle celui-ci circonscrit deux présences, en soi et pour soi ; précisément : la présence ou réalité en soi du monde est telle qu'elle implique sa manifestation ou sa présence - adéquate à la conscience38. C'est donc parce qu'il a une signification mondaine que le passé demeure à la portée de la conscience. "Le passé n'est qu'un présent qui fut U reste à la mesure de la présence du présent, de la manifestation qui n'en est que la persévérance emphatique. D se re-présente."39 Dans le cas
32 MC, § 20. Nous soulignons. 33 MC,§ 19. Nous soulignons.

34 TI, p. 61. Nous soulignons. 3S TI, p. 293. Nous soulignons. Sur cette comparaison entre les inadéquations husserlienne et lévinassienne, cf. aussi, dans ce chapitre, note 86. 36 MC,§ 19. Nous soulignons. 37 Cf. "Diacbronie et represenWion" in EN, p. 179 et AE, p 209. 38 Telle est pour Lévinas l'emphase du monde ou de l'être. Cf., dans ce chapitre, "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être"). 39 "Notes sur le sens" in DD, p. 237. Nous soulignons.

57

du futur, il est sans doute nécessaire d'inverser le raisonnement comme si la protention ou l'anticipation du futur par la conscience en faisait déjà un présent à-venir, l'inscrivait déjà dans le monde40. En somme, du point de vue de Lévinas, la protention et la rétention permettent de saisir ce qui dépasse le donné intuitif : elles légitiment donc un élargissement de la sphère de l'adéquation au-delà de la présence intuitive et l'intégration en elle du passé et du futur41. En d'autres termes, le débordement temporel husserlien est en quelque sorte contenu par la conscience au moyen de la rétention et de la protention en vertu desquelles il n'excède nullement la sphère de ce qui est présent (non nécessairement intuitivement) et adéquat à la conscience. "L'analyse de la temporalité chez Husserl ne revient-elle pas à dire le temps en termes de présence et de simultanéité : de présents retenus ou anticipés ? Savoir du temps ! Comme si le temps s'épuisait dans sa façon de se faire connaître ou de se conformer aux exigences de sa manifestation."42 On peut souligner davantage encore, d'un point de vue lévinassien, le maintien husserlien du privilège de l'immanence et de l'adéquation en notant combien l'incessance -seconde puissance de l'inadéquation husserlienne- est également contenue ou rnaitrisée par la conscience. Car elle est résumée ou totalisée en une Idée kantienne - régulant le développement infini (ou incessant) des prestations intentionnelles43 - qui, elle, est une "donnée adéquate"44 et évidente. " ... l'évidence selon laquelle cette infinité ne peut pas par principe être donnée n'exclut pas, mais plutôt exige que soit donnée avec évidence l'Idée de cette inïmité."4S Ces analyses suggèrent la structure et les dimensions de }"'inadéquation par excellence". Si Lévinas conserve de l'inadéquation husserlienne sa forme -le dépassement incessant - , ilia radicalise et cette radicalisation repose sur
40 Cf. ''Notes sur le sens" in DO, p. 238 et Transcendance er intelligibiUrl, p. 37 (entretien). Notons que les descriptions husserliennes tendent égalemeru à assimiler à-venir et protenlion. Cf.

MC,§ 19.

et la question de l'autre" in DD, p. 181 et "La conscience nonintentionnelle" in EN, p. 143. 42 "De l'Un à l'Autre" in EN, p. 158. 43 Cf. 1-1, "L'exclusivité de l'iruentionnalité" ("L'inlentionnalité conune donation des choses elles-mêmes''). 44 ldeenl, § 143, p. 479. 45 /duni,§ 143, p. 481, souligné par Husserl. Relevant cene intégration, dans la de l'adéquation, des deux puissances de l'inadéquation husserlienne Oe débordement et l'incessance), un passage d'Autrement qillrre semble founùr un résumé de l'analyse critique lévinassienne de cene inadéquation : "l'objet tienl (... ) dans une série ouverte d'aspects, qui déborde chacun d'entre eux, sans déuuire l'adéquation de la prise de conscience, puisque chaque apparition vient à temps, en son temps, et que la série est englobée par une Idée au sens kantien du terme." (AE, p. 140)
41 Cf. "La pensée de

En un mot : le vu et le simplement visé. "Diachronie et représentation" in EN. qu'ils échappent en quelque sorte aux prises de la rétention et de la protention46 : qu'ils sont (respectivement) immémorial et inanticipable41. p. à savoir la différence entre le simplement visé (ou visé à vide) et le vu intuitivement49 ? Car. p. la seconde ce qui est vu intultivemenL Mais. p. Husserl Jtsume ces deux notamment le texte "La à la première qu'en tant qu'elle se immanences en une seule. l'immanence "dans le faux sens" (IPh. le simplement visé s'inscrit. pour Henry. p. so PhM. l'inunanence et la transcendance -relèvent tous deux. En insistant sur la finitude de l'horizon intentionnel. 192. pour Husserl. p. La première désigne les "moments effectifs" de '1'acte de connaftre" (IPh. Quatriéme UÇOII. S2 Cf.M". 46 Cf. 48 Cf. simple présence ponctuelle et à la limite idéale dans le flux. p.c'est-à-dire respectivement. selon L'idée de la phJnominologie. de l'immanence53. en vertu de la conception lévinassienne de celles-ci. 189. de la transcendance. 243. Henry se demande même si cette différence ''peut être maintenue pour autant que toute transcendance est jetée vers un horizon déployé au-delà de ce qui est vu et dans lequel celui-ci renvoie à un pas encore vu ou à un déjà-vu. p. la première immanence est. . dans le registre du Même et de l'immanence52. "La rigueur de la ttanscendanœ". ''Notes sur le sens" in DO. PhM. Ce qui signifie. pour Uvinas. et phénommologique" (in PhM). due à son caractère extatique. soulignt par Husserl). p. 1-1. Deuxihne Leço11. 82). de l'intentiormai. 174. pour Uvinas. S3 Dans cet ouvrage. Husserl distingue deux immanences (auxquelles sont opposées deux transcendances). 49 Cf. le simplement visé relève comme le vu de la transcendance : la différence entre les deux est "une différence seconde"SO. comme toute la problœatisation de la phénornmologie husserlienne par Henry le souligne. p. 94) : "principe des principes" (cf. conune déjà anticipé ou retenu. pour Henry. 47 Cf.et ce futur inanticipable conune la radicalisation (respectivement) du débordement temporel et de l'incessance husserliennes48. 77. qu'en tant. 175. en tant qu'il repose sur la phénoménalité extatique. à supposer que luimême. 77. De même. DeiUÜme Leço11. p. qu'elle se subordorme à la seconde immanence et au relevée par Henry (cf. Sl PhM. 191. 241. "De l'Un à l'Autre" in EN.plus précisément. "Notes sur le sens" in DD. 1-11). U-1. "Diachronie et représenlatioo" in EN. ne soit pas déjà un déjà vu"SI. la percée de l'immanence dans la profondeur de ce passé . 59) ou ce qili est "immanellt ejfecrivemellt dans le vécu cogllitif' (IPh. p. 60. la seconde : il n'accorde de donne intuitivement. On peut considérer ce passé immémorial . donc. Cette radicalité lévinassienne n'est pas sans rappeler celle de Henry : tous deux ne tendent-ils pas par exemple à rendre secondaire ce qui est décisif pour Husserl.58 la conquête d'un passé et d'un futur se refusant de droit à la présence ou à la mondanité. qu'ils ne désignent pas un ancien présent et un futur présent et également qu'ils ne peuvent être retenus et protenus.

c'est-à-dire une "réalib!" qui soit. Cf. une "défense de la subjectivité''SB. l-VI. une "rtalib!" en tant qu'Un) qui ne relève pas d'un nril:re. Il. II-I. Leurs deux points de vue permettent. Henry et Lévinas demeurent en définitive prisomiers des mixtes et de la philosophie. 58 11. 1-VI. pour Laruelle. la problématique de Uvinas ne consacre nullement.59 Ces considérations témoignent de ce que ces deux auteurs mettent en quelque sone la philosophie comme telle et ses différentes articulations d'un seul "côté" .. plus radicalement. INADÉQUATION ET SUBJECTIVITÉ Contrairement à ce que pourraient peut-être donner à croire les deux premiers paragraphes de ce chapitre. Car Henry et Uvinas mettent en évidence le milange de la transcendance et de l'immanence husserliennes (puisque toutes deux relèvent de la transcendance pour le premier. S4 Cf. Est ainsi également suggéré combien ils tendent à s'affranchir des mixtes structurant selon Laruelle la philosophie en faisant signe.aruelle. de suggérer celui de Laruelle selon lequel l'ego husserlien est typiquement philosophique en tant qu'inscrit dans le mixte immanent/transcendant (ou adéquat/inadéquat)SS. celle-ci ne circonscrit une chose inadlqUOle. Nous préciserons plus loin dans quelle mesure. S6 Par l'utilisation de "rien-<jll'". les conclusions ("De Hussert à Descartes'') de ce chapitre et du chapitre précédent (1-m. S'il enveloppe désigne pas une chose qui serait inadequate mais. du point de vue de l. dans cet ouvrage. comme celle de Henry. Cf. nous entendons. en outre. un profond dibordenwlt ou une percü du registre des choses comme tel. un "terme inadéquat" que serait le VisageS7 mais circonscrit bien plutôt. . de l'immanence pour le second). 57 n est quelque peu imprécis de décrire le Visage comme ttllldlqUOl car cela donne à penser qu'il par ucellence". ss Cf.et lui oppose un autre "côté" : celui de l'immanence ou de la transcendanceS<!. au détriment de la subjectivité. "Vers la nm-plùlosoplûe". respectivement.du côté de la transcendance (Henry) ou de l'immanence (Uvinas). radicalemenl non-relative au terme contraire (le rien-qu'immanent est radicalement nonrelatif au transcendant). "Homme et mixte immanent/transcendant" et 11-U. comme nous le venons. p. vers un rien-qu'immanent que serait la Vie et un rien-que-transcendant que désignerait le Visage ou "l'inadéquation par excellence''S6.

que son apparaître est aussi un se donner"62. AE. la conscience de soi de la conscience. 206. cf. 175-176. AE. il est d'abord. "C'est précisément cela le phénomène du monde : le fait qu'un accord est assuré dans le saisir entre le pensable et le pensant. I-ll. 11. 125. 12-13. "61 Mais afin de comprendre le sens spécifiquement lévinassien de cette subordination du sujet à l'objet (ou à l'être). 62 "La conscience non-intentionnelle" in EN. selon un mouvement caractérisé par Lévinas d'emphatique64. Aussi le monde ou l'être corrune tel désigne-t-il pour Lévinas deux présences : celle du monde lui-même. 144. par exemple.)la subjectivité se montre à elle-même et s'offre comme objet aux sciences humaines. semble-t-il. Cette emphase est. p. ( . adéquat. p. Cette adéquation du monde comme tel au sujet est une constante essentielle de l'œuvre lévinassienne : elle signifie qu'il peut s'approprier le monde. 64Cf. notre monde. pour Henry. . il convient de préciser le sens de l'objectivité ou du dévoilement de l'objet tel que l'entend Lévinas. "L'immanence. se dévoile. ensuite.. que ce dernier. aussi Transcendance et p. Le monde est "présence laquelle signifie. "La pensée de l'être et la question de l'autre" in DD. Lévinas semble expliciter ainsi cette donation du monde corrune tel : elle résulte du monde lui-même en ce sens que celui-ci se pose pour ainsi dire tellement qu'il en vient à s'ex-poser et à se donner. dont découle. c'est le monde. à la fois l'être occidentale. Pour une critique explicite du sujet défini traditionnellement par la philosophie 60 Cf.60 L'absorption du sujet par l'être Dans Autrement qu'être. Cf. d son tour. le monde qui nous est donné et où l'autre n'est plus que le Même. p.''63 Depuis Autrement qu'être. relève de l'immanence et du Même. 61 AE. Cf. en conséquence. Nous soulignons. Prtface.consacrée par son auto-dévoilement (son auto-donation) corrune objet -découle de ce qu'il est considéré exclusivement comme dévoilant l'être (ou le monde et ses objets). souligné par Lévinas.. 210-211. Notre présentation de son point de vue sur le donné transcendant husserlien l'a suggéré : alors que le dévoilement (ou la donation) de l'objet comme tel est. 63 Transcendance tt p. p. d'abord. pour Lévinas. suggérée dans Totalité et infllli. Lévinas souligne que le sujet traditionnellement défmi par la philosophie est "absorbé par l'être"S9. théoriquement ou pratiquement. p. Ce serait là. extatique. celle du monde à la conscience qui se le représente adéquatement. 53 (entretien). par exemple TI. "La fonction de dévoiler l'être. p. Son analyse peut sembler assez proche de celle de Henry60 dans la mesure où la mondanité ou l'objectivité du sujet philosophique .

Nous soulignons. dès lors. ( . 1-V. Mais le voir dont il est alors question est en réalité savoir : il n'enveloppe pas seulement la phénoménalité extatique mais.. Une formule d'Autrement qu'être permet de nouer précisément la différence entre Henry et Lévinas : "La subjectivité en tanl que savoir se subordonne ( . Pour Henry. 6 5 "Détermination philosophique de l'Idée de Culture" in EN. 1-11. qui se subordonne au sens de l'objectivité . 70 71 . p. Dans certains textes Lévinas remet en cause."réduite à un voir. évolution sur laquelle insiste par exemple Feron (cf. l'adéquation.non absorbée par l'être . 167172).. c'est-à-dire. Nous soulignons. Nous soulignons. ) comme un détour qu'emprunte l'essence de l'être pour s'arranger"68.. p. pour Henry. 206. le sens lévinassien de la subordination du sujet à l'objet. 207. Cantonné dans son "rôle"66 de dévoilement de l'être -dévoilement qui. plus radicalement. 177 et ss. Elle souligne qu'afin de conquérir une subjectivité non mondaine . de la représentation ou de l'adéquation (du sujet et de l'être). "Henry. c'est-à-dire pour Lévinas non pas de la phénoménalité extatique mais du savoir... Cf. p. nous venons de le voir. qui découle donc de l'exclusivité du dévoilement. comme voir1l. par exemple "Diachronie et représentation" in EN. 66 AE. ) la subjectivité du sujet n'est plus rien d'autre que l'objectivité de l'objet"12 . 69 Cf. QL. dans la mesure où c'est la subjectivité non pas seulement comme sa-voir mais. p. p. Devient explicite. AE. comme Henry. appartient à l'être lui-même (c'est sa seconde présence) -"le sujet fait partie du train mené par l'être''67 ou "le sujet pensant ( . 12 GP. 210.. p. une extase ou une distance? Cf. ) au sens de l'objectivité"10. Lévinas et les Méditations Métaphysiques". p..61 du réel et sa mise à disposition et à la portée du pensant dans la modalité temporelle du présent''65. plus précisément. 210. Telle est l'absorption du sujet par l'être69. le privilqe du voir.il convient de définir une subjectivité qui ne serait plus exclusivement savoir ou adéquate : une subjectivité profondément débordée. 199.. 210. 68 AE. p.. p. la subjectivité non mondaine se définit comme n'étant plus exclusivement voir : comme relevant d'une phénoménalité inextatique73. ) s'interprète ( . AE. 67 AE. 60-61. Nous n'analysons pas ici en détail l'évolution de la conception lévinassienne de l'être entre Totalité et 111/ini et Autremelll qu'ltre. 73 Cf. Tout sa-voir ne suppose-t-il pas un voir.

à reconnaitre l'originalité de la pensée husserlienne de la subjectivité et. d'abord. Uvinas souligne l'originalité de la pensée de la subjectivité proposée par Husserl. au dévoilement d'une sphère subjective insoupçonnée par le scientifique et le philosophe (non phénoménologue) aveuglés par l'objet7S. dans un premier temps. tout comme Henry. "Ce qui compte. caractéristique de la réduction phénoménologique. 75-76. à dés-absorber pour ainsi dire le sujet de l'être... 141. 143-144. qui relève la beauté des Leçons husserliennes de 1905 sur le temps74. Nous soulignons. "La ruine de la représentation" in EDE. 77 Cf. qu'avec elle apparaissent des possibilités de contester le primat de l'adéquation manifeste dans l'attitude naturelle. p. 31. l'hM. d'abord. en dépit de la radicalité du questionnement qui y est mené. c'est l'idée du dlbordement de la pensée objectivante par une expérience oubliée dont elle vit. qu'ils reconnaissent à Husserl la profondeur de son analyse de la subjectivité. Mais si Lévinas s'intéresse à la thématisation de cette sphère subjective c'est.62 L'ego husserlien est-il absorbé par l'être ? Sur la phénoménologie husserlienne. p. dans un second temps. p. 75 Cf. toujours adéquat à l'objet. p. Lévinas et Henry portent un regard comparable en ce sens. dans quelle mesure cette sphère subjective husserlienne recelait de l'inadéquation et combien cette inadéquation en tant que débordement incessant pouvait être à l'origine de la conquête par Uvinas de l' "inadéquation par excellence". p. Mais. "76 Et nous avons souligné. "Notes sur le sens" in DD. MHumarùsme et an-archie" (1968) in HA. Aussi la plupart des analyses lévinassiennes de la phénoménologie husserlienne déploient-elles un même mouvement consistant. tout comme Henry -qui constate que. pour Uvinas. un sujet inadlquat ou débordé. 14. 74 . à instaurer un sujet dépourvu de mondanité77. Elle tient au mouvement. Préface. par-delà le sujet naturel. Ainsi. 193. la réduction phénoménologique de Husserl tend. par exemple "La oonscience non-intentionnelle" in EN. Cf. 138-139. Dans la mesure ainsi où elle dévoile. Lévinas souligne que le primat de l'adéquation est maintenu dans la sphère subjective transcendantale dévoilée par HusserJ18. par exemple "Transcendance et mal" in DO. "Adéquation ou inadéquation?''. à "regretter" qu'elle maintienne. etc. les Leçons de 1905 maintiennent l'exclusivité de la phénoménalité extatique . de retour de l'objet (en tant qu'en sol) aux prestations ou donations subjectives (lui donnant sens et être) que masque sa vision naïve (naturelle). aussi "lntentioMalitt et métaphysique" in EDE. dans la sphère subjective Cf. p. p. au paragraphe précédent. 33. plus haut dans ce chapitre. 233. 78 Cf. 130. p. 7611.

La Philosophie et l'Eveil" in EN. selon Uvinas. en demeurant une "modification intentionnelle de mon moi''8S. En effet. 55. possible d'inscrire l'analyse lévinassienne de la révélation du Visage dans la continuité de celle.De la conscience à la veille" in DD. Adéquation ou inadéquation ?"). 86 Néarunoins. 8S MC. comme le suggère Derrida (ED. De la conscience à la veille" in DD. autrui se phénoménalise selon l'apprésentation "qui nous donne ce qui. une comparaison de leur analyse du rapport à autrui le met singulièrement en évidence. concerne autrui et est plus radicale ou . 183). par exemple. à laquelle il se donne comme nan-donné82. souligné par Husserl. comme Husserl. à !"'esprit" de la phénoménologie husserlienne essentiellement animée par des préoccupations gnoséologiques : les Jdeen /.§ 52. également husserlienne. ED. un fondement certain et indubitable '! La réduction phénoménologique n'est-telle pas subordonnée. s'il ne se donne pas en original à l'intuition. Cette expression signifie ceci : autrui se refuse à l'intuition mais demeure objet d'une intentionnalité . plus précisément. à "la recherche de la certitude ou de l'évidence adéquate"80 '! Que la démarche husserlienne soit essentiellement gnoséologique. chacune constituü selon une double puissance. Cf. autrui comme s'intégrant à un procès de connaissance : comme moyen de connaissance du monde objectij81. 81 Statut que relève. qu'elle maintienne donc le privilège de l'adéquation et de l'immanence et que ce soit sur ce point que se séparent Husserl et Uvinas. 43.. par exemple . la cinquième Méditation Cartésienne de Husserl présente. . en la perception immanente de soi. autrui.est lui-même connu : connu comme inconnu. La seconde. le seul point de percée de l'immanence.63 transcendantale. Ce "moyen". ne cherchent-elles à conquérir.qu'il se refuse de remplir. Cf. pour le remettre en cause.. en termes lévinassiens : il ne désarçonne ou ne traumatise pas la conscience intentionnelle ou le savoiJ86. ce que la réduction semblait. p. ou. En somme. 104. De la conscience à la veille" in DD. Uvinas semble constituer la transcendance ou l'altérité d'autrui selon (pour reprendre l'expression de Derrida) ''une double puissance" (ED. comme l'écrit Lévinas. elle. . de ce qui est inaccessible directement et en luimême"84.La Philosophie et l'Eveil" (1976) in DD. 183). Husserl et Lévinas nous fournissent donc finalement trois inacléqualions. p. 183.§ 52.. p. dans ce chapitre. p. p. 79 Cf. husserllenne. 49. aussi . Alors que le Visage d'autrui désigne précisément. en autrui. d'après Husserl. remettre en cause : le primat du savoir ou de l'adéquation79. Ici encore.. § 52. 37. La première est husserlienne et concerne les choses. ü semble. 80 . Ce primat correspond. Cf. ne remet pas en cause l'exclusivité de l'intentionnalité ou du savoir . 42. 82 Nous tirons cette expression des analyses de Derrida... 83 MC. 103. mais véritable.. 84 MC.. Uvinas. elle relève d'un dépassement incessant (cf. p.autrui. du registre du Même et de la connaissance. d'abord. p. p. comme nous le verrons. nous est inaccessible en original''83 ou qui légitime une "accessibilité indirecte. de l'apprésentation d'autrui et de relever que.

à la première puissance de l'inadéquation husserlienne d'autrui (ou aux deux puissances de l'inadéquation hussertienne des choses). parce que son corps.. comme thème. "Du Visage au Soi" ("De la percée du Visage à celle du Soi")). ) au sens de l'objectivité"89. 65. 88 TI. aussi "La Philosophie et l'Eveil" in EN. La troisième inadéquation est lévinassienne et concerne le Visage . 90 "La mauvaise conscience et l'inexorable" in DO.précisément parce qu'il désigne une percée de tout thème. 11-1. "La percée du Visage") . p. 102-103. l'absorption de l'ego husserlien par l'être. pas même être catégorisé. Sont ainsi suggérées les difficultés pour penser et décrire le Visage d'autrui. Ces deux puissances lévinassiennes demeurent. Cf. comme le note Derrida (cf. elle. p.64 Dans "Notes sur le sens".première puissance lévinassienne à laquelle correspond la seconde puissance de l'inadéquation husserlienne d'autrui en tant qu'elle indique une profondeur d'autrui (inaccessible en original) .incomparable certes à la perception où le connu se livre "en original".. p. qui ne doit. thématisé ou connu comme percée . Si l'alter ego husserlien demeure transcendant c'est en effet. ensuite. d'abord. p. enveloppe un refus non pas seulement de l'intuition mais. en conséquence. "La rigueur de la transcendance" ("La rigueur de l'incessance'')). nous ne reprocherons pas seulement de s'obstiner à penser cette relation comme savoir indirect . emprise active sur la scène où l'être des étants se déroule. dans la mesure où. à la première)).seconde puissance lévinassienne renvoyant.et de l'incessance (cf.le débordement (temporel) et l'incessance s'inscrivent dans une même dimension temporelle). pour Lévinas. au même titre que les choses spatiales. se phénoménalise selon un dépassement incessant (première puissance de l'inadéquation husserlienne d'autrui) ."il n'est pas sous catégories''88 écrit Lévinas . 183). p. relève d'une inadéquation plus nette que l'incessance intentionnelle (cf. 1-111.mais de l'entendre encore précisément comme savoir"87. Nous soulignons. de l'intentionnalité. le détour selon lequel s'exerce concrètement la persévérance-dans-l'être. ici encore. se rassemble et se manifeste ?''90 D'ailleurs. 11-1. La percée du Visage. "La conscience intentionnelle n'est-elle pas. dès lors. c'est ensuite parce que l'intuition ne le donne pas en original (seconde puissance de l'inadéquation hussertienne d'autrui (articulée. mise en lumière par ce texte. du savoir et du Même (cf. ED. que relever de l'objectivité. "La subjectivité en tant que savoir se subordonne( . "Adéquation ou inadéquation ?" et 11-1. évoquant Husserl et cette cinquième Méditation Cartésienne. l'ego husserlien ne peut. qui ne doit en aucune façon être considéré comme objet de savoir ou de connaissance. qu'être absorbé par l'être. 89 AE. de toute catégorie ou connaissance 1 Mais alors. 11-1. semble précisément confumée par la thématisation husserlienne de la perception immanente de soi inadéquate que la première puisqu'elle reprend en quelque sone dans une seule de ses deux puissances les deux puissances de cette première inadéquation (qui peuvent être ainsi reprises ou résumées dans la mesure où toutes deux . Ce questionnement prolonge une analyse mettant en évidence l'adéquation de la conscience intentionnelle. plus radicalement. de son point de vue. souligné par Lévinas. p. 200. Lévinas écrit ainsi : "Mais à cette conception de la relation à autrui. 243-244. 871n DO. "La transcendance comme percée incessante") .. tout d'abord. . elle se constitue selon la double puissance de la percée (cf. L'incessance du Visage. 259. plus radicales ou puissantes que celles structurant l'inadéquation husserlienne d'autrui.

"L'absorption du sujet par l'être". p. adéquatement .65 -"conscience de soi de la conscience''91 qui consacre. on comprend que Lévinas revendique explicitement l'héritage de Husserl97. . IS et AE. 162 et 1-11. p. contrairement au "soi-même" lévinassien. p. pour Lévinas. "De la conscience à la veille" in DO. cette absorption92_ "Le soi-même n'est pas le pôle idéal d'une identification à travers la multiplicité des "silhouettes psychiques" (. p. Le "soi-même" désigne la subjectivité lmnassienne. 164-165. que les Jdeen 1 tendent à considérer la perception immanente comme plus adéquate ou comme maintenant davantage encore que la perception transcendante le privilège de l'adéquation9S. Bien plus. 206-211 et. dans ce paragraphe. avec certains textes lévinassiens. qu'il y soit question de "silhouettes" et que Lévinas fasse référence. il faudrait même dire que. "De l'Un à l'Autre" in EN. p. selon Autrement qu'être. p. 164. p. du point de vue de Uvinas. Préface. 210-211. pour le mener à bien. la conscience transcendantale (saisie réflexivement par la perception immanente) est plus objective que l'objet 1 Uvinas. Ainsi dans la mesure où l'ego husserlien.et celle de Henry relativement à la phénoménologie husserlienne. 164). Que ce texte soit juste préœdé d'une allusion au "flux du temps immanent au sens hussedien" (AE. comme Henry96. note 1). Premièrement. AE. Car son projet. 92 Cf. notamment ThhJrle tk l'intuition. ). vise à définir une subjectivité non mondaine ou non prise dans l'être.. En relevant. p. S3.c'est-à-dire. 280. s'inscrit nettement dans la perspective ouverte par Husserl. "Regard et Vie". son identité est celle d'un objet94.. Henry et Husserl Pour situer la problématique de Lévinas . p. de l'adéquation. Lévinas. 44. comme celui de Henry. 1-11. 97 Cf. 95 Cf. 142. Nous soulignons. qu'il caractérise comme 91 AE.. notamment TI. de la mondanité. pour Lévinas. "Intentionnalité et métaphysique" in EDE. p. 96 Cf. . il convient en définitive de souligner deux points.. c'est-à-dire. 93 AE. suit la route tracée par la phénoménologie husserlienne en ancrant sa problématique dans une réflexion sur la "donation" ou !"'apparaître" . Lévinas.seule voie rendant possible une rupture d'avec le primat des choses. 11 une étude où l'analyse porte sur la phénoménologie hussedienne ("Langage et proximité" (1967) in EDE) montre sans nulle doute le sens de sa critique. En ce sens. comme Henry.. p. se donne (s'auto-donne selon la perception immanente) comme les objets du monde (les étants) .Le soimême ne porte pas son identité comme la portent les étants''93. dans une note (AE. ''La mondanité de l'ego hussedien" ("Les deux donations''). CU Cf.

La théorie de l'intuition . 39. .. absorbant le sujet même auquel il se dévoile. dès ce premier ouvrage. du savoir"104 . 100 Cf.. p. "Sans identité" (1970) in HA. p.. Bref. . Mais ce dialogue est aussi critique. "Percée. un privilège de la représentation. p. p. a. p. 103 AE. 241. s'enlise. 106.un privilège de l'adéquation. 101 ". 241) Que les problématisations henryenne et lévinassienne de la phénoménologie de Husserl soient comparables . Lévinas le suggère dans Wle note de "Langage et proximité" (in EDE. Transcendance et inteUigibüité. tout s'absorbe. Lévinas semble être particulièrement sensible à la pensée husserlieme de la subjectivité: à l'hétérogénéité qu'elle établit entre l'ego et le monde (cf. ) La pensée est-elle d'emblée vouée à l'adéquation et à la vérité ? N'est-elle que saisie du donné dans son identité idéale ?"102 Ce mode inadéquat de "donation". 104 "La conscience non-intentionnelle" in EN. 145.. . s'en va du même côté. Lévinas problématise comme Henry l'exclusivité de I'intentionnalité101.. ) un privilège du théorétique. une telle subjectivité lévinassienne. D-1.. l'absorption du sujet par l'être découle de l'exclusivité du savoir. Lévinas est pour ainsi dire plus husserlien que Husserl en cela que son projet consiste à définir une subjectivité moins prise dans les choses que celle de HusserJ 100. p. 226 (note 2)). 141-142. tout forme un tout.. La théorie de l'intuition . si elle doit être instituée par un mode d"'apparaitre". Aussi comprend-on la signification de sa lecture de la philosophie occidentale 98 Cf."103 DE HUSSERL À DESCARTES Selon Lévinas. Et dans la mesure où. p. 208). 279. Bien plus. l'intentiOMalité est-elle le seul mode de la "donation de sens"?" ("La conscience noninlentionneUe" in EN. mais cette problématisation vise à conquérir un mode non pas inextatique mais inadéquat d'"apparaitre" ou de "donation". 132). pour lui.. 99 Cf. "Sans la proximité d'autrui dans son visage. p. Nous soulignons.. est celui du Visage. c'est "conformément à une vénérable tradition occidentale" qu"'apparait chez Husserl ( . aussi "Notes sur le sens" in DD.66 phénoménologique sa propre démarche98 et que son oeuvre maintienne un dialogue constant avec la phénoménologie husserlienne99. "Le sensé est-il toujours corrélatif d'une thématisation et d'une représentation ? (. instituant une subjectivité non plus prise dans l'être. s'emmure dans l'être.. p. La théorie de l'intuition dans la phinoménologie de Husserl. 145) Ou encore: "l'intentioMalité épuise-t-elle les modes selon lesquels la pensée est signifiante ?" ("Notes sur le sens" in DO.. (entretien) p. Dès son premier ouvrage. p. Tout comme Henry. Lévinas amarre sa rtflexion sur la subjectivité husserlienne et sur sa spécificité relativement aux choses à une problématique de l'adéquation (cf. doit l'être par un mode inadéquat d'"apparaître". phbloménologie et plùlosophie".en tant qu'elles remettent en cause l'exclusivité de l'intentioMalité . 102 "La conscience non-intentionnelle" in EN.

cette remise en cause cartésienne concerne l'adéquation.et en realité implique -la possession de l'objet" (TI. qui n'était pas à la mesure de son noème. n'ont pas la même signification. 41. selon Lévinas. p. intériorisée par lui. toutes les réalités philosophiques implique leur saisie par le sujet philosophiquel09. lOS 106 . I07 "Dieu et la philosophie" (1975) ln DD." lOS Les réalités qu'elle appréhende sont justement appréhendées.. réduite à cette dernière.. "esprit équivaut à savoir..67 qu'il considère comme Même : " . 1-V. TI. au cogito comme épreuve inextatique de soi mais à l'idée cartésienne de l'infini. par "sujet ou homme philosophique". Mais. p. que "l'histoire de la philosophie occidentale a été une destruction de la transcendance"l08. c'est-à-dire prises par le sujet pensant en ce sens que leur transcendance est thématisée par le sujet et.découle l'objectivité ou la mondanité des sujets ou hommes philosophiques. c'est-à-dire au regard qui embrasse les choses. de l'adéquation pour Lévinas. D'où un "retour". non pas.. comme Henry.une remise en cause de l'exclusivité husserlienne de l'évidence. En philosophie. 36. nous dtsignons simplement les sujets ou les hommes définis ou conquis par la philosophie. IV. Emmanuel Uvinas. tous deux reconnaissent en Descartes une exception à cette tradition philosophique et considèrent qu'en légitimant . de son cogitatum. Cf. 108 "Dieu et la philosophie" (1975) in DD. Plus encore. une noèse. comme telle. 88.ou qu'en tendant à légitimer . Lévinas ne réfute pas la lecture de Henry selon laquelle la philosophie occidentale repose exclusivement sur la transcendance . " . I09 Nous reprenons les tennes de cette description de ToUilité et /'!fini: "la distance à laquelle se tient l'objet n'exclut pas. ces deux penseurs s'accordent sur un point d'importance : du privilège sur lequel repose la philosophie . enveloppée par l'évidence husserlienne. En outre. Lévinas précise plutôt la lecture de la philosophie proposée par Henry : la distance -l'extase . Une idée qui donnait au philosophe des éblouissements au lieu de se loger dans l'évidence de l'intuition"IIO. p. ) est l'immanence même"l07. et non la phénoménalité extatique. Nous soulignons "pas à la mesure". pour définir l'authentique subjectivité. p. De surcroît... lévinassienne et henryenne..car ces deux transcendances. reprise dans son immanence. pour Lévinas. dans le discours de Totalité et Infini n'a pas été oublié le fait que dans sa troisième Méditation( . En relevant ainsi que "la philosophie ( . la primauté du Même où mine son train toute la philosophie occidentale et par laquelle elle se définit.à laquelle se tiennent. liOn (preface à l'édition allemande (1987)). p. 101. ).celui de la phénoménalité extatique pour Henry. 95. souligné par Uvinas). Descartes rencontrait une pensée. p.. selon celui-ci. Nous soulignons. sa pensée fait signe vers un sujet ou un homme radicalement subjectif ou humain. à la main qui les prend et les possède"l06.

celles de Husserl et de Heidegger notamment . "Je et phénoménologie" ("La décision plùlosoplùque de Marion"). Ce (bref) chapitre étudie moins cette phénoménologie comme telle pour elle-même qu'afin de souligner la radicalité des points de vue de Henry et de Lévinas . 305.subjective et objective. c'est le Je défini par Henry ou par Lévinas. qui est radicalement dépourvu d'objectivité (ou d'être). 3 RD. ce chapitre précise. instituant le Je originaire en tant qu'interloqui. ou peut-être plutôt en raison de. ceci des deux points de vue de Henry et de Lévinas2. de relever qu'elle demeure. tout d'abord. Cf. en dépit de. Plus exactement. p. 2 Du point de vue de Laruelle également. LA "DONATION COMME TELLE"3 La critique adressée par Réduction et donation à la phénoménologie husserlienne semble se déployer selon deux directions . que la phénoménologie comme telle de Marion semble définir un principe d'identification du donné et du Je institui par la donation de ce donné puis. Marion met en évidence la prévalence chez 1 RD. qu'en vertu de ce principe. son dépassement et son intégration des autres phénoménologies.p.. prisonnière en droit des limitations de la phénoménologie et de la philosophie. Cela signifie en particulier que Marion y conquiert la donation non pas d'un donné déterminé selon un horizon particulier mais comme telle. plutôt que celui instauré (comme interloqué) par Marion. 7. mais ce n'est qu'au chapitre VI que nous considbons son analyse de la phéooménologie comme telle. Suivant la première. . 1-VI. dans un second temps.OIAPITREN Marion ou "donation" et subjectivité Réduction et donation se présente comme poneur de la "phénoménologie comme telle"l.

RD. 304."S Marion explicite cette détennination de la phénoménalité par la conscience en soulignant que.soulignée respectivement par Henry et Lévinas -que la subordination de la donation ou de la phénoménalité à la conscience. Cette identification du Je et de la donation semble précisément 4 critique il en panlcu_Iier que la phénoménologie husserlienne ne v1se qu • accomplir l1déal philosophique d'une sc1ence absolue de et par la conscience. tout phénomène légitime doit être présent. 89. en définissant la phénoménalité légitime des phénomènes selon la donation à l'intuition (en tant que conscience intentionnelle remplie)." (RD. RD. " . du donné mais.une stricte corrélation entre le Je et le donné . confonnément aux exigences de celle-ci. 8 Cf. intuitif et éprouvé dans un vécu6. p. le chapitre V de Réduction et donation. Autrement dit. que c'est de cette restriction du donné au donné objectij9 que découle le manquement par Husserl du Je originaireiO.. Marion afftrme non plus que la prévalence de la conscience implique une restriction. ). mais comprise à partir de la conscience -présupposée prévalente. Cf. 82-87. ces trois contraintes bornent la donation ou la phénoménalité envisagée par Husserl à celle de "l'objectivité''7 et le donné donné par cette donation à l'objectif. 9 Husserl aurait COMU. Selon Marion. p. 241. 76) 5 RD. 241. p. 6 Cf. p. Précisément. p. Loin d'être contradictoires. à l'objecti(vi)té. Il RD. la phénoménalité des phénomènes s'interprète comme donation. Nous soulignons). . il y va bien de la phénoménalité. 10 Cf. ces deux critiques adressées par Marion à Husserl sont étroitement solidaires. qu'à un certain type de Je ne peut correspondre qu'une certaine ampleur du donné qui lui est donné et réciproquement que seul un certain type de Je peut recevoir une certaine amplèur de donné : "réciproquement" le Je "se laisse implicitement mesurer par la dimension de ce qui se donne et identifier à et par l'identité de cette donation"ll. précisément à l'horizon de l'objectité8. 303-304. selon Marion. p. mais la donation s'interprète ellemême à son tour comme la donation d'une présence effective pour la conscience ( . p.. de son point de vue. 7 RD. Elles suggèrent tout d'abord qu'il existe dans la phénoménologie husserlienne . p.. selon Husserl. Suivant la seconde.et dans la phénoménologie en général . "L'être et la région".70 Husserl de la conscience4. RD. à l'inverse. le "principe des principes" husserlien consacre moins l'exclusivité de l'extase et de l'adéquation .. 81. "l'ivresse des constitutions d'objets selon les ontologies régionales sans nombre" (RD.

p. ) de définir originairement l'intuition (l'intuition doit se laisser reconduire à la donation. Pour autant. 16 Cf. celui de la conscience!!!. 9. p. !57-62. que les natures du donné et du Je que la donation de ce donné institue sont identiques. non point la donation se faire intuitive)"13. En ce sens. 17 Cf.. dans la phénoménologie husserlienne. p. de "décoincer". p. 1-11. "Il revient ( . Husserl l'aurait toujours pensée secondairement . .. RD. Aussi convient-il. Au lieu d'accorder la primauté à la donation.soit à partir de la conscience. 147-161 et "Le sujet en dernier appel" in RM.en témoigne sa destruction de l'intuition catégorialel6 -et celui de l'objectivité!?. 18 RD.71 signifier. 89. 19 Cf. RD. de la conscience (intuitive) et de l'horizon de l'objectivité. 8. pour Marion. le donné et le Je. p.et l'aurait en conséquence bornée à celle d'objets à (ou par) une conscience transcendantale : tel semble être en définitive la signification de la critique de Marion. p. ) à la donation ( . celui de la donation. donc se faire donatrice.. 77·84. ) ?"14. En ce sens on comprend que celui-ci dénonce les deux privilèges. p. afin de s'affranchir des limitations de cette phénoménologie. "Va-t-il enfin de soi que le phénomène doive réduire sa phénoménalité à l'objectivité( . la restriction husserlienne du donné à l'horizon de l'objecti(vi)té impliquerait l'objecti(vi)té de l'ego husserlien (et réciproquement)12. Si Réduction et donation se tourne vers Heidegger c'est parce que celuici procède dans une certaine mesure à un tel "décoincement".. 13 "Réponses à quelques questions" in RM. du donné (objectif) et du Je (comme conscience) : tous deux remettent en cause le seul privilège légitime selon lui. relevant non plus de 12 Cf. la donation ou la phénoménalité. p. RD. soit à partir du donné (objectif) . "La mondanité de l'ego hussertien" ("Les deux donations"). 14 RD.. 76-78. 71. selon Marion.. Heidegger ne libère pas totalement la donation : lui aussi la "coince" entre un Je.comme Dasein -qui "reste toujours hanté" lB par la conscience husserlienne ou cartésiennet9 et un certain type de donné. RD. Ces deux critiques s'accordent également pour mettre en évidence que Husserl a en quelque sorte coincé la donation entre les deux autres termes de la phénoménologie. fait en quelque sorte sauter les verrous husserliens : parce qu'il élargit la donation et l'affranchit des limites imposées par Husserl en remettant en cause les deux privilèges husserliens.

que de l'antécédence d'un horizon qui accueille (et définit) son apparaître..) ne provient plus de lborizon de l'être (ru de l'objectité)" (RD. 305. 247) Cf. p. aussi RD. p. 74. ) pourrait consister à tenter de détenniner comment et dans quelle mesure le Je ( .ou encore de "l'appel comme pur appel"21 . ru constituer devant lui l'appel comme son objet. 21 RD. à savoir les différences principielles de manières d'être" (RD. 305. 304). souligné par Marion." ("Réponses à quelques questions" in RM.. 20 RD. conformément au principe d'identification du Je par le donné . ce Je-interloqué est dépourvu d'objectivité26 et d'être27.. 24 RD.. en tant qu'elle est libérée "aussi bien de l'antécédence du Je constituant qui l'attend. si Heidegger "exclut ( . lui. .. Notons ici que. précisément la donation comme telle ? Qui est le Je que cette donation-sans-donné (pourrait-on dire) -épreuve subjective défmie par Marion . p.relevant de l'être au sens de Heidegger . 23 "Réponses à quelques questions" in RM. ) ce qui n'a pas à être" (RD. 304. c'est-à-dire de la donation en tant qu'elle n'est plus déterminée par les exigences d'un sujet ni limitée à un quelconque horizon (objectif ou ontologique . 22 " .. p. Pour Marion. aussi "Réponses à quelques questions" in RM. ) sans pourtant jamais ru se constituer lui-même en un objet. ) n'a pas lui-même d'abord à etre.et dans la mesure où la donation comme telle ne donne rien qui s'inscrive dans les horizons de l'objectivité ou de l'être .. Car. 160-161. 2S RD. 296. L'aboutissement d'un tel cheminement ne peut tenir qu'en la considération de la donation comme telle . Quel est ce donné ? Que donne la donation comme telle ? Rien de déterminé ou de conditionné selon un horizon particulier. "exclut de la donation tout ce qui ne se laisse pas reconduire à l'objectité. p... 71. selon un "autre horizon que celui de l'appel absolument sans condition"24... il peut se manifester ( .. Cf. p. p. si tel était le cas. l'appel(. p. Comment serait-elle. 304). cene limitatioo est moins restrictive que celle imposée par Husserl."23 Ce n'est qu'en tant que subordonnés à cette donation comme telle que sont défmis le donné et le Je. à la donation du "phénomène d'être"20 au Dasein. 26 " . Husserl..institue ? L"'interloqué" en tant qu"'auditeur précédé et institué par l'appel encore absolu parce qu'indéterminé"25. p." (RD. 305).. en définitive. p.par exemple22).. p. 71) 21 "La possibilité actuelle de la phaloménologie ( . p.72 l'objecti(vi)té mais de l'être.. Il la borne.

. en phénoménologie. ne s'inscrivent pas dans les horizons de l'objectivité ou de l'être. qui est institué par la donation la plus radicalement distinguée des donations donnant l'objet (et 28 RD.en tant respectivement que Vie et Soi .et celui de Marion. selon le principe proposé par Réduction et donation. semble-t-il.. l'épreuve subjective ("donation" instituant ce Je) et la "phénoménalité" qui la structure que chacune de ces quatres "phénoménologies" définit. " . 247 (note 64). Ainsi le Je de Husserl est-il objectif. le développement de la phénoménologie.. "donnés" des "donations" instituant respectivement ces Je.73 La phénoménologie comme telle est la quatrième "phénoménologie" (après celles de Husserl. on peut dire que les Je de Henry et de Lévinas . du Je selon la donation en considérant. hors-d'être (et d'objectivité). institué comme interloqué par la donation comme telle. . comme identiques la nature du Je et celle du donné donné par la donation (qui l'institue). Je ego transcendantal épreuve subjective perception immanente auto-affection de la Vie révélation du "phénoménalité" intentionnelle (rétentionnelle) inextatique Husserl Henry Lévinas Marion Vie Soi interloqué inadéquate donation comme non bornée (comme telle telle) HENRY. Le tableau suivant présente le Je.sont aussi dépourvus d'objectivité et d'être puisque la Vie et le Visage. p. Réduction et donation est un ouvrage décisif parce qu'il explicite l'institution. En vertu de ce principe. Michel Henry et l'auto-affection comme vie"28. ) Lévinas et l'exposition à l'autre. n'a visé qu'à construire une doctrine sans l'être du Je : ainsi (. à l'exception certes massive de Heidegger.le Dasein relève de l'être . Quel est dès lors le Je le plus dépourvu d'objectivité (et d'être) 7 Celui.. celui de Heidegger ontologique. LÉVINAS ET LA PHÉNOMÉNOLOGIE COMME TELLE Dans la perspective de notre étude. de Henry et de Lévinas) à laquelle nous introduisons.

. 36 "L'Appel et le Phénomène" in RM. 30 RD. 37. mais cet appel n'est pas reçu : il est "refusé"36 en cela qu'il n'est pas à la mesure du Je (puisqu'il enveloppe 29 RD.. bien reçu par le Je-interloqué. insisterait sans doute sur l'adéquation de cette donation comme telle.. 24-25. Si l'appel (ou la donation comme telle) s'affranchit de l'objectivité et de l'être. "l'auto-affection" à celle de Henry. Qu'elle soit extatique et adéquate..et celw de Henry. l'auto-affection même ( .simple variation du sujet.) .homogène aux donations objectives (ou ontologiques). Quelle est cette donation ? Pour Marion. 37. car l'interloqué deviendrait. lui. en tant que telle.en tant (respectivement) qu'extatique et adéquate .) cette atteinte assumée ne préjuge pas de la réponse''30. appelle également le Je. 3S Pour reprendre le !erme de Laruelle. p. 34 Nous ne disposons pas de lexie de Uvinas commentant Réduction et donation.. "L'Appel et le Phénomène" in RM. une instance dérivée. p. ce ne saurait être la donation comme telle dans la mesure où elle demeure . p. Le Visage lévinassien.. ) l'autre. lui. par moment.. Cf. le point de we de Uvinas.cela ne permet que de nommer. 300. Il témoigne.. c'est la donation comme telle dans la mesure où elle seule ne donne rien de déterminé : "qui ou quoi revendique l'interloqué ? Que l'on évoque ici ( . 91-92. "L"autn:" renvoie ici à la problématique de Uvinas. d la mesure du Je-interloqué34. régionale et secondaire . p.74 J'être)."32 Lévinas. pris en relation avec une instance autre et ainsi spécifié. "Quatre principes de la phénoménologie" in RM. la structure de l'appel y renvoie et reçoit justement d'elle la "structure" qui est la sienne : l'opposition de l'Ek-stase. ( . p. pour Henry. 24.. la difficulté non de la résoudre . 33 Nous soulignons. p. ce passage de Réduction et donation (évoquant la revendication qu'elle enveloppe) l'atteste : "L'interloqué se caractérise en ce qu'il reçoit une convocation de la revendication ( . mise en lumière par ce passage qui la décrit comme relevant d'une "atteinte assumée"33 et. en tous les cas."29 Des points de vue de Henry et de Lévinas. Aussi nous appuyons-nous sur l'article de Laruelle "L'APJII:l et le (in RM) ail celui-<:! tient. . 302. Par conséquent : "Loin d'échapper à l'appel de l'Etre et à sa phénoménologie implicite. de ce que la phénoménologie comme telle substitue au couple husserlien transcendant/immanent (ou objet/sujet) le couple revendication/réponse (ou appeVréponse) mais ne remet pas en cause l'existence du couple et donc la distance ou l'extase structurant la phénoménalité3I. il n'excède donc pas pour autant le registre de l'adéquation : l'appel est "reçu"3S. 32 "Quatre principes de la phénorntnologie" in RM.toujours à la mesure du Je selon Lévinas · . p. 31 Cf. sans plus. aussi "Le sujet en dernier appel" in RM.) qui l'atteint .

39 Pour Henry. )cette raison n'excède pas celle de la philosophie"40. ) Affectant"38.ou celui institué en tant que Soi par la révélation inadéquate du Visage. Henry par exemple lorsqu'il dit qu'il n'y a pas d'affection sans un ( . avec Laruelle. I-ll.. De même. Notons. p. 34.mais bien plutôt le Je institué comme donation inextatique de la Vie .et Lévinas. on peut souligner qu'en vertu du principe d'identification du donné et du Je (que la donation de ce donné institue) défini par Marion. la Vie dans son auto-affection ne suppose qu'un terme. p.ou celui de Lévinas -. Nous soulignons. 34. Mais précisément est-il encore question avec Henry et Lévinas de "raison" ? Dans quelle mesure. autrement dit lorsqu'il conçoit l'épreuve subjective qu'il défmit (la donation comme telle) comme enveloppant deux termes distincts39. . 38 "L'Appel et le Phénomène" in RM. 37 "Humanisme et an-archie" in HA. ''Regard et Vie" (""deux modes de manifestation"''). Cf. du point de vue de Henry comme de celui de Lévinas. enfin. 82. pourrait-on dire qu'il a "raison" contre Lévinas lorsqu'il défmit la donation instituant le Je comme "reçue" par (ou adéquate à) lui plutôt que comme "refusée" (ou inadéquate). relèvent-elles du logos '! En expliquant que si Marion a ''raison contre M. en tenant le point de vue de Henry ..car la donation comme telle l'instituant est homogène aux donations objectives (ou ontologiques) . Henry ( .nous conduisent aux frontières non seulement de la phénoménologie mais aussi de la philosophie ? Aux frontières de la philosophie se trouve justement. 40 "L'Appel et le Phénomène" in RM. que Marion "a littéralement raison contre M.. p. les "donations" de la Vie et du Visage sont-elles justifiées. ce n'est pas le Jeinterloqué qui est radicalement dépourvu d'objectivité (ou d'être) .75 "l'inadéquation par excellence") et qu'il l'institue selon "une passivité inassumable"37 • En somme. le cartésianisme.. Laruelle ne suggère-t-il pas que Henry. soulip par Laruelle.

c'est l'idée de Dieu qui enveloppe une épreuve radicalement subjective. la conquête du cogito fait signe vers l'auto-donation inextatique instituant la subjectivité comme Vie et dans cette mesure s'oppose rigoureusement à l'idée de Dieu comme à toute donation extatique. en tant qu'elle se produit à partir de . l'argumentation cartésienne ne procède-t-elle pas d'un ceœle 1 Tel est.ou comme . n introduit ainsi au chapitre VI qui 1 Descarta selon l'ordre da raisons. d'une part. Considérer cette analyse lévinassienne de l'idée de Dieu ou d'infini cartésienne permet d'expliciter le caractère radicalement humain ou subjectif de l'épreuve du Visage: de mettre en évidence. selon Henry.hétérogénéité tendant à rendre impossible leur articulation "logique" ou leur inscription dans un même "ordre des raisons". rigoureusement distincte du cogito. conquis dans la Seconde Méditation. Lévinas et Descartes ou comment rompre avec le monde et la philosophie ? Si le cogito. Henry et Lévinas mettent en évidence leur hétérogénéité . . sert à prouver. p. Inversement. c'est-à-dire le profond débordement ou la percée. Cette brisure ne repose pas sur une solution d'ordre logique. Ce chapitre précise également que c'est la mondanité de la pensée de Descartes qui ultimement _le sépare de Henry et de Lévinas . celles du Visage et du Soi. Ce chapitre précise en quels sens Henry et Lévinas brisent ce cercle.la révélation du Visage.et combien cette mondanité est typiquement philosophique. combien ce profond débordement doit être compris selon deux directions. dans la l'existence de Dieu et celle-ci le cogito. la structure principale de la transcendance définie comme "inadéquation par excellence" par Lévinas. d'autre part.ŒAPmœV Henry. "le problème classique du cercle cartésien"!. En s'attachant respectivement à la rigoureuse spécificité du cogito et de l'idée de Dieu. Précisément. très simplifié et selon l'expression de Gueroult. du point de vue de Lévinas. 237.

Henry propose une interprétation radicalement phénoménologique. 26. 3 Cf. tk la phénoménalité extatique comme telle : "une telle subversion des essences n'est possible que si préalablement elle met en cause autre chose. à savoir le milieu de visibilité où de tels contenus essentiels sont visibles''6. p. p. Premitre Méditation. Doute hyperbolique et phénoménalité extatique Du doute hyperbolique cartésien. MM. AT. mieux encore. pourrait justifier la disqualification des choses mathématiques. L'enjeu de ce paragraphe est d'expliciter dans quelle mesure. "c'est l'apparaître lui-même et comme tel qui est en question .à s'en affranchir. comme le croit Husserl. 15-16 et l'analyse de Gueroult. La première phase de ce doute délaisse les choses complexes (sensibles) pour s'intéresser aux choses ultimement simples Oes vérités intelligibles mathématiques)". 4 Cf. si ces choses (ultimement simples) ne lui résistent pas ? Circonscrit-elle alors une remise en cause de type phénoménologique disqualifiant. cette Méditation et la problématique cartésienne en général parviennent à suggérer un tel mode de donation.78 explicitera. s Cf.ou les "donations". le doute hyperbolique enveloppe une contestation non pas seulement des évidences (ou essences) mathématiques mais plus radicalement des évidences comme telles. du voir comme tel. . 6 GP. selon elle. 1-1. Descartes selon l'ordre du raisons.seulement . 20. L'AMPHIBOLOGIE CARTÉSIENNE La Seconde MMitation de Descartes ne peut être considérée par Henry comme un "moment inouï et unique de la pensée occidentale''2 qu'à condition de faire signe vers un mode inextatique de donation3. 34. résistant au doute. après les évidences sensibles. les évidences . La seconde remet en cause la véracité de ces dernières . de distinctions mondaines entre choses!! 'l Mais quel critère mondain. selon Henry. la mondanité philosophique et dans quelle mesure Henry et Lévinas tendent . ou. 1-U et 1-IV. IX.pour autant que cet 2Qp.mais cette remise en cause est-elle mondaine ? Procède+ eUe.mathématiques ? L'originalité de l'interprétation proposée par Henry tient l ce que. p. "La mondanitf de l'ego cartésien". avec Laruelle.

du point de vue de Henry. Henry ne soutient pas. Aussi Henry évoque-t-il. Il souligne "l'amphibologie de la totalité des concepts-clés de la phénoménologie cartésienne''9 . c'est le sol de la phénoménologie husserlienne ( . 26. 63. 119.. à propos du cartésianisme. le "glissement continuel des concepts de la phénoménalité de leur signification immanente à leur signification extatique"ll. selon lui.79 apparaître est un voir"7. 15. p. il n'a pas de statut propre ou spécifique.. 11 GP. En tant qu'il a de telles idées. c'est-à-dire entre les phénoménalités inextatique et extatique. c'est le voir apodictique de l'évidence prétendument indubitable. tranchant sur celui de 1 GP. dans Généalogie de la psychanalyse.. 10 GP. Cf. p. elle n'est alors que la condition de la représentation de ce "quelque chose". p. aussi l'hM. ) -c'est tout cela que rejette le Le cogito comml! auto-affection inatatique ? Contrairement à ce que pourraient peut-être donner à penser ces considérations. En elle-même. 53. le texte cartésien les considère tantôt comme faisant signe vers la phénoménalité inextatique ou immanente de la Vie. aux sujets définis par la tradition philosophique occidentale. le doute cartésien est donc plus radical que l'épochè husserlienne puisqu'il emporte ce à quoi conduit cette et qui est au fondement même de cette philosophie du voir qu'est la phénoménologie husserlienne : "c'est l'ek-stase que traverse le regard et la phénoménalité constituée par elle. aperception . reposant sur la seule phénoménalité extatique. c'est-à-dire à partir de sa réalité objective ou de son contenu représenté."IO -qui résulte de ce que. l'ego cartésien est équivalent. 9 GP."pensée. Dans cette perspective.. Le doute en question est bien "le doute métaphysique et hyperbolique" ("Philosophie et subjectivité" in EPU. p. de le mettre en lumière : elle repose donc sur la phénoménalité extatique. idée. . 53) de Descartes. Illustrons cette amphibologie en considérant le concept cartésien d'idée. 8 "Philosophie et subjectivité" in EPU. 70. que le cartésianisme . p. ce qui permet de le voir. tantôt comme relevant du voir (et de sa phénoménalité extatique). p. p. Comme voir. L'idée peut d'abord être comprise comme idée de "quelque chose".serait-ce en sa Seconde Méditation . Cet ouvrage insiste plutôt pourraiton dire sur l'hésitation cartésienne entre la phénoménologie matérielle et la philosophie comme telle.et sa propre phénoménologie matérielle ne font qu'un.

80

l'objet, mais ne désigne bien au contraire que la condition de l'objet ou l'objectivité12. Cependant, le cartésianisme tend à légitimer également, selon Henry, une interprétation du concept d'idée s'affranchissant du privilège de la phénoménalité extatique dans la mesure (notamment) où, en certains de ses textes - relevés par Henry -, il décrit une phénoménalisation immédiate de l'idée (et de la pensée)13 et, davantage, souligne l'hétérogénéité de celle-ci et de la phénoménalisation des choses14. Pour Henry, en de tels textes se lit !"'acception cartésienne originelle"15 de l'idée en vertu de laquelle l'idée désigne l'auto-donation immédiate, c'est-à-dire inextatique16 de la subjectivité s'opposant rigoureusement à la donation, extatique, des choses17. La conquête du cogito est également affectée, selon Henry, par cette amphibologie. Qu'elles s'appuient sur l'énoncé "je pense donc je suis" ou sur celui de la Seconde Méditation -"cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit"18 - , à notre connaissance toutes les interprétations du cogito le présentent comme relevant d'une intuition de (l'implication - comme nature simple - de l'existence par la pensée ou de "je suis, j'existe"), donc comme engageant une phénoménalisation extatique - Henry note d'ailleurs que l'interprétation du cogito comme évidence intuitive (et donc extatique) est "universellement répandue"19. En conséquence, selon celui-ci, toutes ces interprétations ne peuvent qu'inscrire le cogito dans la finitude d'un horizon 12 Cf. GP, p. 60-61 et l-U, "De Husserl à Descanes".
13 "Par le nom d'idée, j'entends cette forme de chacune de nos pensées, par la perception Immédiate de laquelle nous avons connaissance de ces mêmes pensées" (MM, Réponses aux Secondes Objections, AT, IX, 124. Nous soulignons. Cf. GP, p. 64 et "Philosophie et subjectivité" in EPU, p. 54). Cette définition cartésienne d"'idée" suit celle de "pensée" : "Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est en nous, que nous en sommes immédiatement connaissants." (MM, Réponses aux Secondes Objections, AT, IX, 124. Nous

soulignons. Cf. GP, p. 31) 14 "Car, je ne doutais plus que je n'eusse une claire idée de mon propre esprit, duquel je ne pouvais pas nier que je n'eusse connaissance, puisqu'il m'était si présent et si conjoint. Je ne mis plus aussi en doute que cette hUe ne fllt entilrement différente de celle de toutes les autre choses" (MM, Réponses aux Swtmes Objections, AT, IX, 241. Nous soulignons avec Henry. Cf. GP, p. 64). 15 ''Philosophie et subjectivité" in EPU, p. 53. 16 Cf. GP, p. 31, souligné par Henry. 17 Cf. subjectivité" in EPU, p. 53-54 et 1-11, "Regard et Vie" (""deux modes hétérogbles de manifestation"''). L'affirmation selon laquelle "les idées sont en moi comme des tableaux, ou des Images" (MM, Troisllme Méditation, AT, IX, 33) témoigne selon Henry de la dévalorisation cartésienne de l'idée en tant que reposant sur la phénoménalité extatique. Cf. GP, p. 66-67. 18 MM, AT, IX, 19, souligné par Descartes. 19 l'hM, p. 66.

81

extatique ou, pour le dire autrement, ne peuvent concevoir son affirmation que comme instantanée ou ponctuelle20. Du reste, selon Henry, certains textes cartésiens soutiennent ces interprétations notamment celui-ci de la Seconde Méditation :"Je suis, j'existe : cela est certain ; mais combien de temps ?"21 Mais si le cogito s'inscrit dans une telle fmitude, il se pose à son propos la question que Henry posait à propos du vécu immanent donné dans la perception immanente husserlienne : comment peut-il être "dissociable de sa propre et immédiate disparition"22, comment peut-il constituer un point de départ certain, un absolu ? Si, pour résoudre ces difficultés, les interprètes du cartésianisme en viennent traditionnellement à étudier dans quelle mesure la thématisation de l'idée de Dieu dans la Troisième Méditation légitime la conquête d'un fondement plus solide, Henry, lui, préfère problématiser cette inscription du cogito dans un horizon extatique : doit-on nécessairement l'interpréter selon l'intuition en tant que mode extatique de donation ? Quand Descartes évoque "sa propre pensée (laquelle il ne peut toutefois ne pas connaître en soi-même par une expérience continuelle et infaillible)"23, ne fait-il pas signe vers une épreuve de soi ne relevant plus d'un tel horizon ? Vers ce qui "n'entre jamais dans le lieu fini de la lurnière''24 : vers "l'inlassable accomplissement de la vie"25? Un texte de la Seconde Méditation indique clairement, selon Henry, cette institution du cogito selon la phénoménalité inextatique de la Vie, celui où Descartes affirme : "à tout le moins, il est très certain qu'il me semble que je vois"26. Précisons la lecture qu'en donne Henry. En dépit du doute hyperbolique qui invalide, selon l'interprétation proposée par Henry, les vérités proposées par tout voir - c'est-à-dire la phénoménalité extatique comme telle-, Descartes parvient, en ce texte, à une certitude et à fonder le voir, certitude et fondation ne pouvant donc, selon Henry, résulter d'une donation ou
20 Cf. (par exemple) les lecb.lres du cogito proposées par Gueroult (cf. Descartes selon l'ordre des raisoiiS, p. 103), Marion (cf. Sur k de Descartes, p. 158) et Derrida (cf. "Cogito et lùstoire de la folie" in ED, p. 89, 91). 21 MM, AT,IX, 21, souligœ par Descartes. Cf. GP, p. 78. Inscrivant le cogito (qui résiste au doute hyperbolique) dans la finitude d'un horizon extatique, de tels textes Invalident l'interprétation henryenne de ce doute selon laquelle celui-ci remet en cause la pbénoménallté extalique en tant que telle. 22 PhM, p. 87 et 1-D, "La mondanité de l'ego husserlien". 23 MM, RépoiiSes aux ObjectioiiS, AT, IX, 229, cité par Henry (GP, p. 79). Nous soulignons. 24 GP, p. 78. 25 GP, p. 78. 26 MM, Seconde Médiuuion, AT, IX, 23. Nous soulignons. ''Le cogito trouve sa formulation la plus ultime dans la proposition videre videor: il me semble que je vois." (GP, p. 24).

82
d'une épreuve extatique. "Si le voir a été discrédité dans sa prétention d'établir fermement ce qu'il voit, fût-ce clairement et distinctement, si donc il l'a été en lui-même ( ... ) comment alors confier à ce voir et à sa capacité propre la tâche de s'auto-légitimer ?''27 Autrement dit, pour Henry, cette fondation cartésienne du voir ne peut être une auto-fondation comme celle qui est à l'œuvre dans la phénoménologie husserlienne et ne peut reposer que sur une épreuve de soi (ou une auto-révélation) dépour:vue de phénoménalité extatique : "seul ce mode de révélation en est un d'absolu''28. De son point de vue, cette proposition "à tout le moins, il est très certain qu'il me semble que je vois" signifie donc précisément : parce que le voir en tant que tel est invalidé, tout ce que je vois est douteux, mais ce voir lui-même, non pas en tant que vu mais en tant qu'il voit, en tant que voyant29, c'est-à-dire en sa phénoménalisation immédiate ou inextatique, ne l'est pas. Ainsi Descartes aurait-il, selon Henry, fait clairement signe vers ce que ne peut que manquer la phénoménologie husserlienne en tant qu'elle désigne une philosophie du voir : la donation du voir en tant que voyant en son auto-affection ou son sentir inextatique30. Et ce serait, selon cette lecture, en cette phénoménalisation inextatique que Descartes ancrerait l'être de la subjectivité, la formulation essentielle du cogito étant moins, en conséquence, pour Henry, "je pense donc je suis" que "je sens que je pense donc je suis"31.

27 OP, p. 27. 28ap, p. 36. 29 Sur la significa1ion de cette terminologie, cf. 1-11, "Regard et Vie" ("Donnant et dormé").

30 Cf. 1-11, "Regard et Vie". Henry réduit davantage encore l'écart entre le cartésianisme (du moins celui de cette Seconde Méditlllion) et sa phénoménologie matérielle en relevant qu'après avoir affirmé "à tout le moins, il est très certain qu'il me semble que je vois" Descartes précise : "et c'est proprement ce qui en moi s'appelle sentir'' (MM, Seconde Méditlllion, AT, IX, 23). Cf. OP, p. 28-29. 31 OP, p. 29. Nous soulignons. Henry ne rejette l'énoncé "je pense donc je suis" qu'en tant qu'il renvoie à une fondation de l'être par la pensée comme mode extatique de donation. Mais dans dela psychaniJiyse, Henry estime que la ''pensée" cartésienne (comme "la totalité des concepts-dés de la phénoménologie cartésienne" (OP, p 119)) renvoie également à l'apparaltre inextatique (cf. OP, p. 18-19). Signalons, par ailleurs, que, souhaitant approfondir cette lecture hemyenne, Marioo a n:chen:hé- et trouvé- dans le corpus cartésien la suggestion d'une autoaffection inextatique susceptible de légitimer le "je pense donc je suis". Ainsi propose-t-il de considérer, comme fondement de cet énoncé, l'auto-affection inextatique de la générosité comme estime de soi décrite par Descartes dans les Passions del't2me ; "je pense donc je suis" signifierait donc, dans ceue perspective, "je m'estime, donc je suis". Cf. "Générosité et phénoménologie. Remarques sur l'interpn!tation du cogiw cartésien par Michel Henry" in Les Etudes philosophiquu, 1988/1, p. 62-72 (notamment).

n'est-ce pas que le Visage désigne en réalité un objet maîtrisable et adéquat relevant du Même 7 Les Réponses au. pour ainsi dire. celle-ci est décrite par Descartes comme n'étant pas à la mesure de Dieu. inversement. comme ne permettant pas de le comprendre. 1-111 et 1-IV. à faire le tour. 3S L'infinité doit donc etre distinguée de Dieu lui-même comme "chose qui est infinie" (MM. et Dieu comme un être infini et incompréhensible. la signification de cette idée cartésienne ? En quel sens tranche-t-elle sur celle que lui accorde Descartes 7 Le profond débordement de l'idée de Dieu Notre étude de la lecture lévinassienne de la phénoménologie a souligné son ancrage en une problématique de l'inadéquation33. comme parfait et comme cause de soi). En effet.''36 Descartes tend à expliciter cette phénoménalisation. Réponses aux Objections. de quel droit en parler 7 Comment justifier ce que l'on en dit . en l'idée de Dieu.u lie DescDTteS. Réponses au. Sw le prisme mltaphysiq.l'infinité3S. 34 MM. Cf. 20. 9. AT. comment puis-je en parler ? Et.83 L'IDÉE DE DIEU COMME DOUBLE DÉBORDEMENT ?32 Lévinas -notamment dans Totalité et Infini (1961) et De Dieu qui vient d l'idée (1982) . de l'incompréhensibilité divine en comparant cette idée à la vision de 32 Nous assimilons dans ce paragraphe l'idée de Dieu et l'idée d'infini . ."34 Mais si Dieu excède la prise de notre compréhension. Mais quelle est. IX. 368. Il y a une inadéquation irréductible entre.r Objections. Nous soulignons.dont il n'arrive pas. VII. AT. Une telle problématique apparaît également dans le cartésianisme et sa thématisation de l'idée de Dieu. pour Lévinas. s'il m'est possible d'en parler. 33 Cf. 36 MM. d'autre part.définit la subjectivité comme structurée selon l'idée de l'infini ou de Dieu.à Descartes comme à Lévinas : si la signification du Visage m'est rigoureusement "inadéquate". dont il ne peut concevoir les limites : "il suffit de concevoir une chose qui n'est renfermée d'aucune limite pour avoir une vraie et entière idée de tout l'infini. à reduire le Dieu cartésien à une seule de ses d&rminations dans la mesure oà Descartes propose trois détenninations (plus ou moins contradictoires) de Dieu (comme infmi.:r Objections précisent sur ce point la pensée cartésienne : Descartes lit l'incompréhensibilité divine en l'idée de Dieu ellemême (en quel autre "lieu" pourrait-elle se phénoménaliser 7) qui lui présente une réalité objective. 90). AT. §§ 19. VII. d'une part. notre entendement fini (et son idée de Dieu) et. Dieu lui-même : "nous devons considérer nos esprits comme des choses finies et limitées.par exemple son incompréhensibilité ? Telles sont les questions se posant inévitablement à un tenant de l'inadéquation . selon Marion.ce qui revient.

Car Lévinas. insistons sur le trait décisif. après avoir que l'infirù ne renvoie. Ainsi. Rlponsu ma Objections. de son point de vue. dans Totalité et lrifini. étudions la lecture qu'en propose Lévinas. 172) . AT. Sur ce point.) Dieu ne peut être compris par l'esprit humain"37. de la même façon que la vision de la mer est inadéquate à la mer et que cette inadéquation apparaît dans cette vision même . p." ("La philosoplùe et l'idée de l'infuù" in EDE. p. en imitant Derrida39. L'inadéquation qu'il relève n'est pas celle entre l'idie de Dieu et Dieu comf1U! chose infinie mais celle entre la réalité formelle de cette idée (le contenant) et sa réalité objective (son contenu ou l'infinité). on ne laisse pas de dire que nous la voyons.Dieu . En somme. 90. Rlponses aux (lettre à Oerselier)). 210 encore qu'on ne la puisse embrasser" (MM. d'une part. Nous soulignons.. Dieu se présente comme incompréhensible (ou comme sans limites) en l'idœ de Dieu dans la mesure où l'infmité (la réalité objective de cette idée) désigne "ce en quoi de toutes parts je ne rencontre point de limites"38. De meme. 213. le cœur de la pensée lévinassienne. 41 Cf. 38 MM. pour Lévinas. 39 Cf. quoique notre vue n'en atteigne pas toutes les parties et n'en mesure pas la vaste étendue ( .mais parce qu'il décrit l'infinité comme enveloppant un débordement du Moi . IX. Descartes propose une seconde image comparable à celle de la mer : "on peut bien toucher une montagne. "Dieu et la philosophie" in DD. p. la mer se donne ou se phénoménalise comme inadéquate . p.puisque Descanes voit la f1U!r dipasser sa vision. y assimile de façon récurrente l'idée de l'infini (ou de Dieu) et l'infini (ou Dieu) en moi40.. Objections. incompréhensible . 106. de l'idée cartésienne d'infini. 12). selon nous. Cf. on pourrait. 99 (note 2). puisque.. p. 40 Cf. à savoir le déborderru!nt ou l'éclatement -de l'idée en tant que réalité 37 MM. De Dieu qui vient à l'idée est particulièrement explicite. Uvinas précisait: "l'idée de l'infirù a ceci d'exceptionnel que son ideatum dépasse son idée. AT. Cette problématique cartésienne de l'inadéquation rappelée. soulignant ainsi sans doute son "désintérêt" pour la Chose infinie. Uvinas note que celle-ci implique "un conunu dibordant k contenant' (Tl. ED. p. 89. d'autre part. affrrmer que Descartes se donne le droit de parler de Dieu comme incompréhensible parce que son idée le présente comme tel.puisqu'elle désigne "ce en quoi de toutes pans je ne rencontre point de limites". Si Lévinas revendique l'héritage de Descartes. TI. IX. p. Répondant à une objection concernant la possibilité d'avoir une idée de ce que l'on ne comprend pas. y lit cet infini en moi comme un éclatement du contenant par le contenu41.. ). ce n'est donc pas parce que celui-ci thématise une substance infinie. 215). aussi Tl. Rlponsu ma Objections. Afin d'accéder à ce qui constitue. AT. Nous soulignons. à aucune Chose infirùe mais se déploie seulement dans l'idée de l'infini (cf. "Dieu et la plùlosoplùe" in DD. 183. Préface. 223. Dès 1957. 105. 105. autrement dit.84 la mer : "lorsque nous jetons les yeux sur la mer. De même ( .. IX.

c'est la transcendance même. 78. l'idée et la conscience sont nécessaires à la constitution de la transcendance mais en tant que débordées ou (pour utiliser d'autres termes lévinassiens) désarçonnées. aussi TI. p. "L'idée de Dieu. 106.85 fonnelle -qu'elle enveloppe. 175. Bref. p. Préface. Cf. n'illustre-t-elle pas le privilège de l'immanence ? "L'idée de l'infini. Nous soulignons. 42 TI. c'est Dieu en moi. contentons nous de la confirmer nettement. effondrées. c'est parce que l'infini cartésien (en tant qu'infmité) tranche sur le "faux-infmi"48 -revenant encore au Même. pour signifier la transcendance. lOS. expression hegelienne( .. Que Lévinas utilise. ) hante( . . p.et même un débordement incessant . 11-1. p.. etc. 175) 49 Cf.enveloppée par cette dernière"9. 1-111.. 54. p.. "Adéquation ou inadéquation?".et signifie que la transcendance ne peut se définir sans l'immanence (ou sans l'idée en tant que réalité formelle) : qu'elle désigne précisément un débordement de l'immanence. p. 48 Selon Derrida. p. 175. etc.." (ED. Nous soulignons) . comme idée. 43 Cf. Lévinas souligne "infinition". souligné par Lévinas. Ou encore: "l'Infini son Idée" ("La signification et le sens" in HA. Ce dlbordement désigne la structure même de la transcendance (ou de l'infini) lévinassienne : "l'infini déborde la pensée qui le pense. le débordement d'une idée adéquate"46. le concept d'idle de l'infini44. ne ramène-t-elle pas inévitablement au schéma du Même englobant l'Autre ?"45 Dans ces conditions. 47 "La ptùlosophie et l'idée de l'infmi" in EDE. mais déjà Dieu rompalll la conscience qui vise des idées" ("Dieu et la philosoptùe" in DD. se produit précisément son infinition même"42. Nous soulignons. p. p. Dans la mesure où la phénoménologie husserlienne décrit également un débordement du Moi (en face des choses) . voilà qui de prime abord pourrait quelque peu surprendre : une idée n'est-elle pas nécessairement représentation ? Comme telle. " . le concept d'idée de l'infini est éloquent .. 41 et "Dieu et la philosophie" in DD. "La rupture de de la pensée dans l'"idée de Dieu"" ("Dieu et la philosophie" in DD.. 10. Nous soulignons) . p. il convient de préciser que si Lévinas "préfère" placer sa définition de la transcendance sous le signe de l'idée cartésienne d'infini plutôt que sous celui de cette inadéquation husserlienne (des choses). Dans ce débordement. Nous soulignons). que Lévinas conserve. le ""faux-infini". ) de nombreux gestes de dénonciation dans Totalité et Infini. 44 "La transcendance comme idée de l'infini" est le titre d'un paragraphe de Totalité et fnji11i 4S "La philosophie et l'idée de l'infini" in EDE. rompues. l'idée de l'Infini. Sans expliciter ici cette constitution de la transcendance43. 105. 46 Tl. pour désigner la transcendance. "A moins que l'idée de l'infini ne signifie l'effondrement de la bonne conscience du Même"47. 99.

. p. C'est bien plutôt le fini qui ne peut être conçu que relativement à l'infini (en tant qu'infinité) : comme une limitation de cet infiniS!. AT.. Davantage. 512. Tl. et non pas seulement selon un seul d'entre eux : dans ce dernier cas. découle du fini comme ce qui le prolonge ou l'amplifie indéfiniment dans une certaine direction ("sous" une "considération") . AT."S2 Ainsi l'infinité -et le débordement du Moi qu'elle implique tranchent-ils sur l'indéfini et "son" débordement. plus precis encore. Si Cf. le paragraphe "La transcendance et la négativité". ) tel ou tel indéfini. et non pas infinies. l'idée d'infini ne découle pas des idées du fini. MM. du Même. la distinction cartésienne entre l'infinité et l'indéfini . 56 TI. 45. 55 Cf. qui privilégie tel ou tel paramètre. AT. tout d'abord. lui. 307.86 Pour Descartes. Réponses aux Premilres Objectibns. la multitude des nombres. elle ne peut être comprise comme leur prolongementSO. la non-finitude résulte directement des conditions d'exercice de notre esprit fini. p. l'indéfini. 365 et. IX. De son point de vue. la divisibilité des parties de la quantité et autres choses semblables. elle signifie. il semble possible de lire. Nous soulignons (le texte cartésien souligne "indéfinies" et ''infinies''). Nous soulignons. IX. De plus. Ceux-là sont plus radicaux que ceux-ci dans la mesure où. MM.. Uvinas relève cette absoluité de l'idée de l'infini. 36. Nous soulignons. Troislbne MéditaJibn. si l'infinité désigne "ce en quoi de toutes parts je ne rencontre point de limites''53. Davantage. que l'opposition entre une idée du fini et l'idée d'infini est une opposition non pas entre deux idées de choses opposées mais entre ce qui relève du monde ou du Même et ce qui précisément déborde le MêmeSS.ou entre leurs idées respectives . IX. p. p.comme celle entre !"'inadéquation par excellence" (ou "une idée inadéquate par excellence"S6) et une "fausse" inadéquation relevant en définitive du Même. Lettres. je les appelle indéfinies. 30-32. Nous soulignons. aux Cinquümes Objections. AT. cette distinction peut être considérée comme circonscrivant celle entre Descartes et so Cf. AT. 356-cité parle Vocabulaire technique et critique de la philosophie. il ne remet donc pas en cause le privilège du fini et de notre esprit. d'un point de vue lévinassien. Comme l'écrit Marion : "L'infini exige l'absence de limites selon une infinité de paramètres. S4 Sur le prisme métaphysique de Descartes. en sorte de produire ( . le cartésianisme précise l'absoluité de l'idée d'infini en la distinguant de l'idée de l'indéfini. "Mais les choses auxquelles sous quelque considération seulement je ne vois point de fin. 52 MM. comme nous venons de le suggérer. vn. 89. 53 MM. 89-90."S4 Dans Totalité et Infini. V. comme l'étendue des espaces imaginaires. aux Premilres Objectibns. parce que de toutes parts elle ne sont pas sans fin ni sans limites.

VII. La seconde lecture de ce débordement de l'idée de l'infmi proposée par l'œuvre lévinassienne concerne la subjectivité. 59 cr. on peut sans doute finalement considérer la pensée de la transcendance proposée par ce dernier comme placée sous le signe à la fois de la phénoménologie husserlienne et du cartésianisme. Lévinas tient pour équivalents l'infini et le Visage ou l'idée de Dieu (ou d'infini) et la "vision" du Visage.plus exactement. il y note que l'infini(té) cartésien(ne) satisfait davantage à ses exigences que celui de Kant . Deux lectures d'un même débordement Ce profond débordement . 213. sa forme : le débordement incessant59 . TI. 175. p. 58 Cf. AT. "Adéquation ou .218 et 11-1.. l-Ill. en quelque sorte. "objective" et subjective. Descartes sa radicalité ou sa profondeur60. p. 60 cr.Même dont relèvent le fini.87 Husserl. la dimension temporelle de cette transcendance .§ 19 et 1-111. Tl.ou. Lévinas le suggère dans un passage de Totalité et Infini. il interprète l'infinité cartésienne comme un profond débordement du Même . Husserl fournissant.donc de Husserl (puisqu'une idée kantienne régule le développemelll infini des prestations lrusserliennes). 57 Cf. Précisément. S'appuyant semble-t-il sur un texte des MéditaJions Métaphysiques où Descartes souligne que !"infinité tranche sur l'indéfini (comme relevant d'une amplification du fini) (cf. p. Avant-propos in DD. que l'inadéquation husserlienne relève précisément de l'indéfini cartésien : l'infini qu'elle enveloppe semble en effet infini "seulement" sous la "considération" temporelle (pour reprendre la terminologie cartésienne) . selon Lévinas. En résumé. cette percée inhérent(e). Lévinas trouve dans le cartésianisme la définition d'un infini. "La percée du Visage". en tant qu'infinité. Elle conduit à souligner que le inadéquation?".puisqu'il repose sur une explicitation incessante du simplement viséS8. Derrida nous y invite57. Dans la mesure où apparaît néanmoins une certaine continuité entre celui-ci et la transcendance de Lévinas. à l'idée cartésienne d'infini et structurant la transcendance comme "inadéquation par excellence". p. est considéré dans son œuvre selon deux perspectives. 214. dont la profondeur ou la radicalité tranche sur celle de l'infini husserlien. l'indéfini et l'infini husserlien. ED. "Adéquation ou inadéquation?". comme nous le dirons. On peut en effet estimer. cr. il désigne précisément le Visage dont !"'apparaître" consiste en un profond débordement du monde et du (registre du) Même comme teJs61. MC. 61 Dans cette perspective. 9-10. cr. tuU Objections. 365). Considéré "objectivement".

en conséquence. mais la rupture de la conscience" (in DD. Aussi Lévinas se tourne-til vers l'idée de Dieu cartésienne dans la mesure où elle suggère un mode inadéquat d'"apparaître" . Nous soulignons) puis écrit :"Nous dirons : l'idée de Dieu fait éclater la pensée" (in DD. ce peut être du point de vue du contenu (dans sa dimension "objective").le Visage -. Soi"). p. Alors que ce débordement indique. que c'est précisément selon un tel éclatement.tranchant sur celui des choses comme telles. "lnadlquation par excellence" et incompréhensibilité La "phénoménologie" lévinassienne tranche sur la phénoménologie husserlienne en ce qu'elle ne s'épuise pas. Nous soulignons). comme celle-ci. 105. ce qui n'est plus une chose :le Visage. évoquant la "méditation sur l'idée de Dieu" (in DD. Qu'il y ait ainsi dans la pensée lévinassienne deux lectures du profond débordement de l'idée de l'infini . p 104·105. Cf. 62 Cf.88 Moi est profondément débordé et que ce profond débordement du Moi la le Soi62. la différence entre les choses finies (dont les idées ne sont pas débordées) et la Chose infinie (dont l'idée. Descartes rompt avec la "phénoménologie" lévinassienne.et il conviendra de souligner que la conscience est débordée et que la s'institue en ce débordement.un tel profond débordement. une telle rupture. "Du Visage au Soi" ("De la percée du Visage à celle du oo. C'est dans cette perspective qu'il convient de distinguer Lévinas de Descartes. Apparaît ainsi explicitement le caractère radicalement subjectif de l'épreuve du Visage. .que s'institue la subjectivité (cf.et il s'agira alors d'insister sur le Visage comme débordant. p. en insistant sur le "in" de l'infini. pour Descartes. Subjectif: ce profond débordement est aussi celui du Même donc du Moi ou de la conscience -et en lui précisément s'institue la subjectivité. est débordée par sa réalité objective). 11-1. p. Car si Uvinas et Descartes reconnaissent dans l'idée de l'infini un profond débordement (du contenant par le contenu). avant de suggérer. Lévinas explique tout d'abord : "Ce ne sont pas les preuves de l'existence de Dieu qui nous importent ici. "Dieu et la plùlosophie" (1975) 104) de Descartes. celui d'un contenant -la conscience et le Même . 106. Radicalement : le Visage profondément les choses. ils ne lui accordent pas la même signification.deux lectures de la transcendance s'explique très simplement. à thématiser le mode de donation des choses mais décrit un mode spécifique de "donation". En concevant l'idée de Dieu comme donnant accès à une Chose (ou substance) infinie. en tant que réalité formelle. in DD. 116).ou du point de vue du contenant (dans sa dimension subjective).celui du Visage .par un contenu . soigneusement distinct de celui des choses comme telles et "donnant". 108.

. "L'infini n'est pas (. a. Quatrihne Méditation. Dieu n'est-il pas pour Descartes la chose la plus connue66 ? Son existence n'est-elle pas objet de plusieurs démonstrations ? Néanmoins. Avanl-propos in DO. 39. 233. à s'en séparer."70 Mais ce "c'est-à-dire" est-il légitime ? Si. d'une telle discontinuité qui contraint Lévinas. 64 Cf. selon Lévinas. C'est du reste l'absence. 70 "La philosophie et l'idée de l'Infini" in EDE. p. Citant toute la connaissance à la fin de la fin de cette Méditation. p. MM. demeurent dans le mondeM. en Majesté abordée comme visage. Préface. AT. L'infini n'est pas objet d'une contemplation. c'est-à-dire n'est pas à la mesure de la pensée qui le pense. où sa suite immédiate. dépassant les horizons du regard. est-il pour autant "à la 63 TI. dans l'étude "La philosophie et l'idée de l'infini".89 il désigne.IX.. 65 Cf. dans le texte cartésien. 68 . MM. en pensant l'idée de Dieu comme donnant une Chose. MM. 41 et aussi Réponses IJIU Premitres Objections. puisse avoir une structure différente de la contemplation -voilà le point sur lequel nous nous séparons de la lettre du cartésianisme. certains textes lévinassiens relèvent une remise en cause du primat de la Méditation métaphysique61.le mondain comme tel . Totalité et Infini la considère comme témoignant de la mutation de la "contemplation" "en admiration. aussi TI. présente bien plutôt Dieu comme la chose la plus connue. Descartes ne peut que maintenir le privilège du Même et de la connaissance. p. Mais dans la mesure où ce texte cartésien ne suggère en réalité aucune discontinuité entte le savoir (ou la contemplation) et l'admiration (ou l'adoration). la différence déjà notée entre Descartes et Husserl : l'ego cartésien."63 On retrouve ainsi. adoration et joie" ou de la "transformation de l'idée de l'infini amenée par la connaissance. ) un objet immense. l-UI. pour Lévinas. TI. 67 Cf. AT. 90. p.IX. du point de vue de Husserl. au début de la QuatrUme Méditation. "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être''). p. il apparaît que de telles analyses forcent ce texte et qu'elles ressortissent moins au cartésianisme qu'à la problématique lévinassienne. p.se donne adéquatement65.''68 En somme. 11 (note 2) et 1-1. Pour Lévinas. dans la mesure où toute chose ou tout objet . du registre du Même et des choses comme telles. le Dieu cartésien. 66 a. 42. 56. TI. selon Lévinas. Nous soulignons. précisément le débordement de l'immanence. pour Descartes. p. 11-12. Descartes suggère en un tel texte précisément le débordement du savoir quand il se trouve en relation avec l'infini comme visage : l'"éclatement du savoir en adoration"69. l'infini demeure objet de contemplation. 232. 174. AT.IX. 69 "Philosoplùe et transcendance" in EPU. entre Descartes et Lévinas. "Que le mouvement de l'âme qui est plus cognitif que la connaissance. Nous soulignons.

Celui-ci y note que le Dieu cartésien demeure. Bref. Si. l'infini comme tel. Cf.et. la conquête de l'idée de Dieu permet d'élargir leur domaine. 74 Sur le prisme métaphysique de Descartes.. en dépit de son incompréhensibilité. . note 65. l-Ill. 263. contrairement à cette thématisation (selon laquelle autrui demeure toujours à la mesure de l'intentionnalité .. d'autre pan. avec l'incompréhensibilité divine. 72 Sur le prisme métaphysique de Descartes. c'est-à-dire "comme un objet mesurable et ordonné"73. 233). Nous soulignons. du point de vue de Lévinas. comme incompréhensible au fini. p. 262-263.''74 En définitive. Gueroult le confirme (cf. p. "Il ne s'agit pas. c'est qu'en accédant à l'infiruté (de l'idée de Dieu) comme à "ce en quoi de toutes parts je ne rencontre pas de limites" elle fait signe. Descartes selon l'ordre des raisons. du registre de l'adéquation. p. Sur le prisme métaphysique de Descartes de Marion le confmne. Elle ne remet pas en effet en question le privilège du savoir : Dieu demeure à la mesure de la connaissance puisqu'il est connu comme incompréhensible. il s'inscrit dans la chaîne des raisons cartésienne comme moyen de fonder la connaissance du monde objectif (assurée après la Troisième Méditation)15. reposant sur l'incompréhensibilité divine. la problématique lévinassienne semble accorder un statut comparable au Dieu de Descartes et à l'autrui de Husserl. audelà de l'objectivité qu'elle maîtrise méthodiquement. celle cartésienne. 244. en ce sens que la conquête du premier maintient le privilège du connaître aux deux mêmes titres que celle du second : d'une pan. un "objet connaissable"11 : "la non-compréhension ne signifie pas la non-connaissance.90 mesure de la pensée qui le pense" ? N'est-ce pas bien plutôt le contraire que soutient Descartes quand il thématise l'incompréhensibilité divine ? Tout comme l'inadéquation husserlienne (des choses ou d'autrui). le Dieu canésien est connu . loin de remettre en cause le privilège de la connaissance et de l'adéquation. la conquête cartésienne de Dieu satisfait davantage aux exigences de Lévinas que la thématisation husserlienne d'autrui. de renoncer à connaître rationnellement Dieu. p.même s'il se refuse à l'intuition). mais une connaissance qui ne construit pas son objet selon les paramètres de la Mathesis Universalis"12. 7 S L'apprésentation husserlienne donne autrui comme non-donné et permet de constituer la vérité objective du monde. "lnad6quation et subjectivité" (''L'ego husserlien est-il absorbé par l'être ?'').comme incompréhensible . mais de permettre à la rationalité ( . 73 Sur le prisme métaphysique de Descartes. 71 Sur le prisme métaphysique de Descartes. vers un profond débordement de l'immanence et du Même. 287. ) de connaître. p. néanmoins. relève en définitive.

Pour Lévinas. à comparer la radicalité de leurs deux problématiques." ("Notes sur Je sens" in DD. Descartes. en tant que voir intelligible. qui les sépare de la philosophie comme telle (et donc de ces deux philosophies). deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq ( . Lévinas le note par exemple dans ses analyses de l'intentionnalité : "La distance intentionnelle. ensuite. philosophe . Car comment pourrait-il y avoir adéquation. 77 Cf. précise que cette phénoménalité ou cette distance implique. à mettre en évidence le trait typiquement philosophique du cartésianisme qui le distingue. 16. avec celle. AT. à nouveau. en définitive. après avoir douté des choses sensibles. husserlien . seul. ce dernier. profonde. et il ne semble pas possible que des vérités si apparentes puisent être soupçonnées d'aucune fausseté ou d'incertitude.IX. une distance ou une différence entre ces deux "termes" ?78 Bref. pour Henry et Lévinas. Selon Henry.. de plus. elle est essentiellement adéquate77. que celle-ci est la condition de possibilité de celles-là. 129.en tant qu'il maintient l'exclusivité (respectivement) de la phénoménalité extatique et de l'adéquation.et.91 HENRY.en tant qu'il ne se fie qu'à l'évidence intuitive79 . Tl. L'étape suivante des Méditations Métaphysiques. Cela nous conduit. de celles-ci : sa mondanité. à ce stade des Méditations. 235. Henry et Lévinas s'accordent pour considérer l'idée claire et distincte cartésienne comme reposant sur la phénoménalité extatique . plus profondément. des points de vue de Henry et de Lévinas. LÉVINAS ET LES MÉDITATIONS MÉTAPHYSIQUES Ce paragraphe confronte les lectures des Méditations Métaphysiques de Descartes proposées par Henry et Lévinas.de l'être à la pensée -est aussi une exlléme accessibilité de l'êlre."76 A ce stade des Méditations. soit que je veille ou que je dorme. p. Considérons la Première Méditation juste avant l'instauration du doute hyperbolique.. ) .ou inadéquationde deux "te17711!s" sans un écart. Ainsi Descartes est-il. celle-ci repose sur la phénoménalité extatique. estime certaines les choses mathématiques données dans une idée claire et distincte. à savoir la différence enlre I'idœ cartésienne comme représentation et l'intentionnalité comme donnant les choses elles-mêmes (cf. tout d'abord. l'adéquation. la radicalité de ces deux points de vue qui tendent à rendre secondaire ce qui est décisif pour Husserl. Descartes y parvient en instaurant le doute hyperbolique qui remet en cause la véracité de ces évidences 76 MM. qu'une différence seconde (entre deux philosophies) sans commune mesure. Cette différence ne désigne. Nous soulignons) 79 Apparalt ainsi. . p. "Car. Précisons ici que l'adéquation et l'inadéquation lévinassiennes supposent la phénoménalité extatique. I-1). 78 Que I'(in)adéquation suppose une distance ou une extase.

. si l'on veut. un autre mode d'apparaître. 86 Cf. . plus exactement. Certes la révélation du Visage désigne bien une épreuve spécifique. Qu'est-ce qu'une chose qui pense? Cest-à-dire une chose qui doute. qui affinne. au sens de Lévinas. ni adéquate ni inadéquate. et inversement. qu'il y a un Dieu qui peut tout (. AT. "Toutefois il y a longtemps que j'ai dans mon esprit une certaine opinion. la phénoménalité extatique comme telle et donc l'adéquation .Iévinassiennes dont elle est la condition de possibiJité83. Sont ainsi mis en évidence deux points importants. dans ce chapitre. qui nie. 84 Pour l'analyse henryenne de l'élargissement du cogito . "La conscience non-intentionnelle" in EN. Ou encore. Deuxièmement. qui imagine aussi. ou. p. selon lui. p. 11-12. du point de vue de Henry. On pourrait a priori interpréter cette remise en cause comme celle de l'adéquation de ces évidences. "De l'Un li' Autre" in EN. en tant qu'elle renvoie à la phénoménalisation inextatique de la Vie84.92 claires et distinctes. outrepasse le cadre de cette tradition. "L'épreuve affective de l'autre selon Emmanuel Lévinas et Michel Henry" de B. "L'amphibologie cartésienne". au même titre que toutes les donations philosophiques. demeure philosophe. Seconde Méditation. IX. 42-52. 142-143 et Transcendance et p. 81 "Mais qu'esl-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. cf.et l'inadéquation. pour Lévinas. Lévinas.: la Vie de Henry en tant qu'auto-affection inextatique . et qui sent" (MM. s'il est un phénoménologue (ou un philosophe) original -notamment parce qu'il définit un mode de "donation" (celui du Visage) inaperçu par Husserl . 85 Cf. 93. celui inextatique de la Vie86. 1986/1. Cette lecture est incompatible avec celle de Henry puisque celui-ci propose de considérer le doute hyperbolique comme remettant en cause l'évidence comme telle. ) il se peut faire qu'il ait voulu que je me trompe toutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois''80.n'est. de ce point de vue henryen. résistant à ce doute.. 22) 82 Cf. Uvinas ne peut donner de statut à la Vie inextatique de Henry dans la mesure où sa problématique de l'(in)adéquation suppose la phénoménalité extatique -ou deux "tennes" distincts . qui veut. elle institue un sujet . p.car inadéquate-. Forthomme.encore objectif ou mondain et suppose. p. qui conçoit.analyse mettant en évidence là encore l'amphibologie cartésienne relevée par Henry-. la conquête du cogito. Premièrement.. 16. bien loin de témoigner de l'inscription du cartésianisme dans la tradition philosophique.en tant que Soi .. 83 Cf. "Regan! et Vie" (''"deux modes hétérogènes de manifestation"''). En conséquence de ces 80 MM. qui ne veut pas. OP. AT. et de son élargissement. la conquête du cogito. RM.n'enveloppant qu'un "terme''85 . Premüre M4ditalion. et son élargissement (auquel procède la fin de la Seconde MéditationS!) témoignent du privilège que la philosophie accorde au savoir et à l'adéquation82. Henry n'est ni philosophe ni "non-philosophe". En conséquence. 157. Si Lévinas ne propose pas une telle interprétation c'est que. mais comme extatique . I-II. IX.

Seconde Méditation. Lévinas demeure philosophe-. p. comme le note encore Henry88. pour Lévinas. IX. GP. trop attiré (pour ainsi dire) par le monde. Ce virage cartésien est consacré par la Troisibne Méditation qui. 88 Cf. 70. 58. à ce stade des Méditations. Descartes est d'abord un phénoménologue et. AT. bien mieux.il demeure néanmoins. elle implique . en ce sens qu'il suggère un mode de "donation" inaperçu par Husserl et donnant ce qui n'est plus une chose du monde -la Vie pour Henry. une remise en cause de l'exclusivité de l'adéquation. en accédant à l'idée de Dieu dans la Troisième.pour Lévinas. p. une autre fois. le doute hyperbolique . trop pris dans les choses.. . De cette mondanité typiquement philosophique de la pensée cartésienne semble 87 Cf. pour Henry. le "glissement continuel des concepts de la phénoménalité de leur signification immanente à leur signification extatique"89. c'est-à-dire mondaine. cette analyse s'appuie à nouveau sur cette phénoménalité87. 26 et GP. Mais pourquoi cette contestation est-elle moins explicite ou achevée que simplement suggérée en certains textes ? Qu'est-ce qui retient le cartésianisme dans l'espace philosophique ? Si pour nos deux auteurs. Au contraire. 62. En ce sens. Car. du point de vue de Henry. 89 GP.puisque l'analyse des idées à laquelle elle procède est une analyse de leurs réalités objeètives.s'achève explicitement lors de l'analyse du morceau de cire à la fin de la Seconde Méditation. pour Henry. en conquérant le cogito dans la Seconde Méditation. de celui de Lévinas. légitimant le voir intelligible (l'entendement).ou tend à impliquer . le Visage pour Lévinas -. dans le cartésianisme.93 deux points . Ainsi les Méditations Métaphysiques font-elles deux fois signe vers une contestation de l'autorité de la philosophie : une fois.en tant du moins qu'il désigne la remise en cause de la phénoménalité extatique comme telle . dans la mesure où cette analyse cartésienne des idées et de leurs réalités objectives aboutit à la mise en évidence d'une idée -celle de Dieu -qui est la seule dont le contenu soit inadéquate au contenant et le dépasse profondément. comme tout philosophe. de l'immanence et de la philosophie. Selon Henry. p. Ainsi Henry relève-t-il. MM. Descartes reprend place dans la tradition philosophique. ne repose que sur la phénoménalité extatique . Henry n'est ni philosophe ni "non-philosophe" et. un phénoménologue plus radical que Husserl. 44. nous dirons que la problématique de Henry est plus radicale que celle de Lévinas.

qu'elles se co-appartiennent (pour reprendre une expression de Laruelle). Le monde et le logos philosophique ne sont-ils pas considérés. Henry et Lévinas font signe. p. "La pensée finie de l'homme ne saurait tirer d'elle-même l'idée de l'Infini. 91 PhM.94 découler non seulement le manquement. comme mélangés. en laquelle s'inscrit finalement le cartésianisme. aussi "La pensée de l'être et la question de l'autre" in DD. Henry et Lévinas ne semblent pas vouloir seulement dire que la philosophie est déterminée par celles-ci mais plus exactement que les choses et la philosophie se conviennent mutuellement. . Et tout l'intérêt de Descartes se concentre sur ce problème de l'existence de Dieu. depuis son origine grecque en tous cas''91. d'après Descartes ( . 92 Cf. PhM. Ill. 185 et. par les Méditations Métaphysiques. ). C'est cene co-appartenance que met en évidence l'insistance de Lévinas sur l'adéquation de la pensée philosophique et du monde (ou de l'être). p.. 90 Transcendance et tntelligibUité. et en essayant de s'affranchir de ce mélange. que celle-ci présuppose. dans ce chapitre. "L'idée de Dieu comme double débordement?" (""Inadéquation par excellence" et incompréhensibilité"). p. de la Vie mais aussi celui du Visage. 24. Cf. est en quelque sorte attirée par les choses. du point de vue de Laruelle. par Henry comme identiques en leur essence92? En considérant la philosophie et le monde comme se co-appartenant. à laquelle elle se confie" et "en laquelle se tient la philosophie. vers une problématique nonphilosophique. 120 et 11-11. Retour incessant de la métaphysique !"90 En affirmant que la tradition philosophique.. C'est à l'étude de ce dernier point de vue que le chapitre suivant est consacré. "Penser en second" (''La philosophie comme idéalisme"). p. De même le glissement cartésien vers la phénoménalité extatique relevé par Henry désigne-t-il autant un glissement vers la phénoménalité du monde qu'un glissement vers celle "où se meut la pensée.

c'est-à-dire non-philosophablel. 7. De même. la philosophie est déterminée par l'exclusivité d'une structure : celle de mixte hiérarchisé. p. Cf. . p. 2 RM. PhM. Cette mondanité de la philosophie signifie notamment que celle-ci est. la philosophie demeurait prise dans le monde. p. "Vers la non-philosophie". la signification de cette lecture de la philosophie et en quel sens. etc. à travers les exemples de Descartes. homogène au monde usuel : qu'entre celui-ci et celle-là se déploie un certain parallèle. Ce chapitre s'attache également à préciser combien la problématique non-philosophique de Laruelle témoigne d'un même mouvement que celles de Henry et de Lévinas : toutes trois visent à instaurer un homme radicalement non-mondain.dans laquelle se maintient la vie quotidienne et même la tradition philosophique et scientifique. LA PHILOSOPHIE ET LE MONDE USUEL Nous avons suggéré à la fin du chapitre précédent combien.c'est-à-dire l'Un. pour Henry et Lévinas. 3 "Diachrmùe et représentation" in EN. Husserl et Marion. 9. Nous soulignons. aussi OP. celle-ci manque l'Ego-en-Ego -ou l'Ego-rienqu'Ego. selon Lévinas "La sphère de l'intelligibilité . cf.du sensé . Nous soulignons. cette homogénéité ou ce parallèle découle de ce que la philosophie repose sur la phénoménalité extatique du monde usuel : "le présupposé le plus ancien et le moins critique de la philosophie traditionnelle" tient en "une conception de la phénoménalité empruntée d la perception quotidienne des objets du monde''2. pour Laruelle. se caractérise par la vision. L'objet de ce chapitre est de comprendre. p. 10."3 1 Ce chapitre n'explicite pas dans quelle mesure la lecture laruellienne de la philosophie est plus englobante ou radicale que celles proposées par Lévinas et Henry.CHAPITRE VI Laruelle ou l'homme est-il philosopbable ? Du point de vue de Laruelle. Sur ce point. 177. 11-ll. dans une certaine mesure. Selon Henry.

la réalité saisie et un troisième "terme neutre"S comme lumière (naturelle ou philosophique) permettant cette saisie.. Simplement. aussi EU. Il. 39. c'est parce que le philosophe procède conune le regard. plus digne d'intérêt ou authentique.et comme . aussi Tl. ParisX. " . 35). "de plus précisément de dépassement9 : le philosophe rompt avec le monde usuel. Tl.) philosophique du monde usuel intègre les deux gestes qui définissent. le philosopher ou le mécanisme de la Décision philosophique. 32 et "L'ontologie est-elle fondamentale ?'' (1951) in EN. p. 9 Cf. elles ne tranchent pas radicalement sur elles mais leur demeurent bien plutôt homogènes. et sur les trois termes Oe Moi. Le premier est un geste de distinction. . Cette autoposition (ou "transcendantalisation''7. selon Laruelle. Explicitons ce point avec Laruelle. Année 1993-1994. pour Lévinas. transcendantalisés. 8 ThE. ou encore autoposés par . p. Cf. 206. Henry et Lévinas ne visent évidenunent pas à assimiler les réalités philosophiques à des réalités quotidiennes. Cf. p. en rendre compte. la philosophie est déterminée par la vision. nous retrouvons ce schéma de la vision d'Aristote à Heidegger. s'établit la relation avec l'individueJ. p. douée d'une plus grande "valeur ontologique"IO . 6 Tl. p. le dépasse ou le transcende pour conquérir une autre réalité. 203-209 et 11-1. ils soulignent que. 117. 7 PM.ici la réalité essentielle ou 4 Cf. "Y-a-t-il une philosoplùe populaire?". l'intériorisation par celle-ci de celui-là ou de celles-là. p. "Le Visage comme "franche présence" ?". p. 17.la philosophie. 37. Mais cette rupture d'avec le monde usuel est aussi une rupture pour celui-ci : si le philosophe se sépare ou décolle du monde usuel.. idéalisés. p. 32. proprement philosophique. s Tl. Tl. 1-111. Dans la lumière de la généralité qui n'existe pas. p. etc. p. le monde usuel et l'expérience conunune sont essentialisés. ce n'est que pour mieux y revenir. cf.. 39. Ce premier geste philosophique de dépassement est donc inséparable d'un second d'articulation : le philosophe ne distingue les deux contraires .des choses. 10 ThE. en thématiser l'essence ou les conditions de possibilité. Sur Je regard -ou le dévoilement.réalité qui relève donc du Même4 . "Transcendance intentionnelle et "Même'"'.. la chose et un horizon (ou la lumière)) qu'il implique. p. et Infini semble considérer le concept idéaliste et l'horizon phénoménologique comme deux exemples de ce troisième terme (cf.et dans les deux cas cette saisie engage trois termes : le Moi.''6 En relevant ainsi l'ancrage dans le monde usuel ou dans des expériences conununes (comme la vision) de la philosophie. si ces premières tranchent sans doute sur ces secondes. Nous soulignons.96 Si. Pour lui. Tous deux saisissent la réalité qu'ils appréhendent . cours polycopié Télédix.

"le point de vue de la non-philosophie ( . "Y-a-t-il une philosophie populaire 7". vers le monde .. se co-appartiennent ou se mélangent15. Hiérarchisé : le monde usuel est dépassé par une réalité supérieure. qui lui apporte sens. retourner." (PrN. ). Dans les ouvrages de Laruelle. etc.que pour les articuler."13 Selon Laruelle. cours polycopié Télédix. 13 Année 1993-1994. cette distinction n'est pas radicale ou rigoureuse : tous deux se déterminent réciproquement. essentielle. 3. ) La tradition philosophique est une corde à trois brins ( . est (plus ou moins) constituée par lui. " . audelà encore la valeur et la vérité. elle intériorise (plus ou moins) celui-ci. Pourquoi trois brins ? Parce qu'il y a l'expérience ordinaire à quitter. sont des termes équivalents renvoyant tous à cette articulation de deux caractéristique du philosopher. p.. en outre. le mouvement de la quitter et le mouvement d'y retoumer. de ce double geste du philosophe découle ceci : la philosophie et le monde usuel (ou l'expérience commune) s'inscrivent dans un mixte hiérarchisé14. cela implique que. 104. Cf. est dépassement pour ce monde . 244). depuis ce détour ou ce suspens. p. la plus vieille question gréco-occidentale. pour apporter à celui-ci ce dont il manquerait et que les philosophes appelent le sens et. de la forme mixte fondée sur la hiérarchie. 123) . Le philosophe simule l'abandon de poste pour mieux faire retour à ce qu'il avait dépassé.. Tel est pour Laruelle 11 PhN. le philosophe descend dans le monde.. 21.. t 4 Laruelle le signifie en écrivant que "la philosophie est la forme supérieure du sens commun. ) définit le style philosoplùque ( . un mixte est toujours hiérarchisé .. de son point de vue. la perte corps et biens pour. d'une instance par l'autre) : "le Deux le conflit de sa dualité et de sa simultanéité sous la forme de la hiérarchie" (ThE.celle de la dualité-comme-unité : comment penser l'unité ou Je passage d'un contraire I'autre"l2. ( . souligné par Laruelle. Il simule l'aventure. sous d'autres conditions qui sont maintenant celles de la vérité. conditionnement. être un dissident du monde commun. il ne s'en éloigne que dans l'intention d'y revenir. )par le primat exclusif du mélange. l'articulation philosophique de deux termes (ou de deux instances) ne se peut que comme hiérarchie (comme détermination. structure à 2/3 tennes ou triade. p. les faire tenir ensemble. analyser leurs relations ou.. Mixte : que la réalité philosophique ne soit conquise que par un dépassement du monde usuel -dépassement qui. couplage des contraires. 12 PhD. Unité ou synthèse de la Dyade. transcendant(al)e. loin d'être radicalement autonome. valeur et vérité. en d'autres termes. aussi ThE. 39. . p. 253. etc.. souligné par Laruelle) 15 Laruelle n'utilise pas le terme de mixte hiérarchisé car.97 philosophique et le monde usuel .. sur la réciprocité ou la réversibilité des tennes" (PrN. p.. Contrairement à ce que dit la malveillance. ne définit une Dyade que pour ensuite la refermer dans une "Unité-de-la Dyade"ll.. En résumé : "Philosopher n'est pas seulement faire sécession ou scission. S'ils se distinguent. p. Paris-X. dualité unifiante ou unitaire. p.

98

le "caractère vicieux et circulaire"l6 de la philosophie : celle-ci prétend rendre compte du monde usuel, mais le fait par la définition d'une réalité qui intériorise - ou se mélange avec - ce monde.

LA DÉCISION CARTÉSIENNE

Descartes témoigne de cet invariant philosophique : le mixte hiérarchisé philosophie/monde usuel. Afin de le mettre en évidence, précisons combien la méthode cartésienne enveloppe le mécanisme de la décision philosophique, c'est-à-dire les deux gestes de dépassement et d'articulation définissant, selon Laruelle, le philosopher. Les Méditations Métaphysiques dépassent, tout d'abord, les choses communes sensibles (le corps, les yeux, etc.) pour thématiser des réalités plus dignes : les choses intelligibles, qui permettent de rendre compte des choses sensibles 17. Mais ces choses intelligibles ne résistent pas au doute hyperbolique : pour conquérir le fondement de la science, il convient, selon Descartes, de monter en quelque sorte encore d'un étage et d'instaurer, à cet étage supérieur, l'ego cogito comme ce qui résiste au doute hyperbolique. Cet ego désigne-t-il, pour Descartes, la réalité la plus authentique, la plus Méditation? Cette fondamentale? Ou est-ce Dieu conquis dans la question étant objet de débat entre les lecteurs de Descartes (entre Henry et Lévinas par exempJel8), nous nous contenterons ici de dire que le fondement cartésien est une réalité participant à la fois de l'ego et de Dieu - du mixte ego/Dieu - et que c'est à partir de - ou depuis - ce fondement mixte que Descartes redescend les étages de sa décision, reconquiert - c'est son geste d'articulation - ce que le doute avait d'abord remis en cause : les choses intelligibles puis les choses sensibles (leur existence). En définitive, on peut considérer les Méditations Métaphysiques comme organisées selon un mixte hiérarchisé dont les deux termes sont eux-mêmes des mixtes : (ego/Dieu) 1(choses intelligibles/choses sensibles)l9.

16 PM, p. 13.

17 Cf. MM, Premiüe Méditation, AT, IX, 15. 18Cf.I-V.

19 Notre lecture de la décision canésienne est cenainement incomplète. Par exemple, on pourrait souligner, en s'appuyant sur les analyses de Marion proposées dans Sur le prisme métaphysique de Descartes (cf. §§ 19, 20), que le Dieu thématisé par Descartes recouvre trois réalités distinctes (comme infini, comme étant le plus parfait et comme cause de soi) plus ou moins contradictoires et s'articulant selon des mixtes.

'J'I

Puisqu'ils relèvent d'une telle décision, selon Laruelle les quatre (ordres de) termes définis par le cartésianisme (choses sensibles, choses intelligibles, ego et Dieu), s'intériorisent plus ou moins mutuellement. Les études menées lors des chapitres précédents permettent de le confirmer. Ainsi peut-on réquisitionner- pour montrer par exemple que l'expérience du cogito et celle des choses mises en doute (sensibles ou intelligibles) sont constitutivement relatives l'une à l'autre, pour expliciter cette affirmation laruellienne : "le Cogito" "fait toujours système avec l'objet et le monde"20 -le point de vue de Husserl, selon lequel le cogito cartésien ne désigne qu'une chose mondaine21. On pourrait aussi faire appel aux points de vue de Henry et de Lévinas pour montrer comment les sphères supérieures cartésiennes (l'ego ou Dieu) reprennent la phénoménalité extatique et adéquate des sphères inférieures (les choses sensibles ou intelligibles). Mais il apparaît plus intéressant ici d'inverser les rôles et de relever combien la lecture laruellienne éclaire d'un jour nouveau les problèmes inhérents au cercle cartésien - entre l'ego et Dieu - posés au chapitre précédent22. Cette lecture suggère que le double manquement cartésien de la spécificité henryenne de l'ego et de celle lévinassienne de l'idée de Dieu découle de ce que, comme toute philosophie, le cartésianisme s'organise selon des mixtes, c'est-à-dire selon des articulations de termes relatifs l'un à l'autre, s'intériorisant mutuellement et, en conséquence, ignorés en tant que radicalement spécifiques23. Autrement dit, Descartes aurait manqué la phénoménalité inextatique de l'ego, thématisée par Henry, parce qu'il aurait inscrit l'ego dans une chaîne des raisons, parce qu'il l'aurait donc pensé relativement aux choses ou à Dieu, relativité dont découlerait l'intériorisation en l'ego de la phénoménalité extatique de ces choses et de Dieu. De même Descartes aurait-il manqué la percée de l'immanence ou de l'adéquation enveloppée, selon Lévinas, par l'idée de Dieu en conquérant Dieu relativement à l'ego et aux choses - relativité impliquant l'intériorisation en l'idée de Dieu de l'adéquation dont relève ceux-ci. Henry et Lévinas semblent soutenir cette hypothèse. Le premier souligne ainsi que la perte du cogito comme Vie inextatique est consacrée au début de la Méditation quand "le cogito (... ) se propose ( ... ) comme le critère de toute vérité possible"24, autrement dit quand il prend explicitement place
20 EU, p. 159. 21 Cf. 1·1, "La mondanité de l'ego canésien". 22 Cf. 1-V (et notanunent "Henry, Lév illas et les Méditalions Mlraphysiques").

23 Cene hypothèse semble émise par Laruelle dans un passage de Théorie des Etrangers. Cf. ThE, p. 125. 24 GP, p. 61.

100
dans la chaîne des raisons comme modèle d'évidence (extatique). Lévinas note également que l'idée d'infini est considérée par Descartes dans le cadre de cette chaîne (de ce "système") et qu'elle est, en conséquence, manquée dans sa spécificité : "le linéament formel paradoxal de cette idée contenant plus que sa capacité et de la rupture en elle de la corrélation noético-noématique, est certes, subordonné dans le système cartésien, à la recherche d'un savoir. Il devient chaînon d'une preuve de l'existence de Dieu"25. Est ainsi à nouveau suggérée la radicalité, du point de vue de Laruelle, des problématiques de Henry et de Lévinas ou, si J'on veut, de la brisure du cerele cartésien qu'elles induisent. Car si elles dénouent Je cercle cartésien "en faveur" respectivement du cogito - en tant que Vie inextatique - et de l'idée de Dieu - en tant que profond débordement du Même par le Visage - , c'est que la Vie et le Visage tendent à s'affranchir d'abord de tout ordre des raisons ou de connaissance, de tout ordre ou cercle philosophique, qui relèvent toujours, du moins des points de vue de Henry et de Lévinas, de la phénoménalité extatique et du Même (ou du savoir). Pour le dire autrement, Henry et Lévinas tendent à définir les épreuves de la Vie et du Visage comme affranchies de mixtes ou de relations constitutives avec d'autres termes : comme autonomes ou radicales au sens de Laruelle. Comme nous le verrons, c'est précisément parce que ces épreuves se constituent selon un affranchissement de la philosophie- un écrasement pour Henry, une percée pour Lévinas qu'elles demeurent en définitive, selon Laruelle, prisonnières de l'espace philosophique26.

L'UNIVERSALITÉ PHILOSOPHIQUE DU MIXTE HIÉRARCHISÉ
Le mixte invariant philosophie/science

Du point de vue de Laruelle, le mixte hiérarchisé, conséquence du double geste philosophique - dépassement et articulation -, ne renvoie pas seulement au couplage philosophique du usuel et des réalités philosophiques. Principes de la non-philosophie relève en effet quatre "types d'idéalisation extra-philosophique"27- c'est-à-dire quatre types de mixte engageant comme terme inférieur de la hiérarchie, dépassé par un autre terme et articulé avec lui, un terme extra-philosophique - : les idéalisations du
25 AWIIIl·propos in DO, p. 11 (note 2).

26 Cf. 11-11, "Vers la non-philosophie". 27 PIN, p. 289.

348. ll vise également à souligner que ces mixtes désignent des invariants philosophiques. . une de ses régions (une science locale) . celles de l'art. 355. 347. Cette idéalisation de la science témoigne. selon Laruelle. p. 289. 172.. la philosophie ne sait qu'autoposer32 ou idéaliser la science. vers le monde pour en rendre compte. PrN. enfm.de cette autoposition philosophique de la science consiste à prendre. tout d'abord. PrN. 246. qu'une même philosophie peut procéder à plusieurs idéalisations ou se construire selon plusieurs mixtes (ce chapitre en souligne de nombreux organisant le cartésianisme et les phénoménologies de Husserl et de Marion). 290 347. selon Laruelle. les idéalisations de la science et. 201. 31 Cf. 363 . La seconde phase . depuis ces réalités. selon Laruelle."voire la région "science""33. 30 PrN. intra-philosophique. A ces quatre types d'idéalisation il convient. 29 PrN. La première phase. p. p. selon Laruelle. Laruelle suggère. 32 Cf. de la technique ou de l'éthique. En relevant ces différents types de mixte hiérarchisé. vers la science et. 172. p.ou le second geste d'articulation . p. non plus locales et seulement scientifiques mais générales ou universelles. PrN.101 monde usuel (ou "empirico-perceptuelles"28) dont nous avons parlé. 353. plus généralement.comme tremplin dirons-nous34. p. 289.consiste à revenir. d'un certain fétichisme ou arbitraire de la philosophie dans la mesure où celle-ci ancre sa définition de réalités universelles (valant pour le monde dans son ensemble) en un dépassement de réalités scientifiques particulières3S.ou le premier geste (de dépassement). L'invariance philosophique de ce mixte signifie que l'histoire de la philosophie ne témoigne que d'un seul traitement de la science défini par les deux gestes caractéristiques du philosopher ici appliqués non plus au monde usuel mais à la science. p. d'une façon ou d'une autre. par exemple PIN.. "l'idéalisation langagière"29. le mixte le plus structurant en philosophie31. d'idéalisation : l'objet idéalisé désigne alors une autre philosophie. proprement philosophiques. c'est-à-dire comme source de réalités (scientifiques) à dépasser pour conquérir des réalités plus authentiques.. En un mot. 34 Cf. qui est. d'ajouter un autre type. Cf.. Explicitons ce point en considérant l'invariant "mixte philosophie/science"30. p. De cette idéalisation philosophique de la 28 PrN. 33 35 PIN.

Dieu) qui ne sont plus géométriques. l'Unité comme synthèse et comme (ThE. ThE. Car celle-ci désigne de son point de vue la structure philosophique universelle39 : la philosophie résout tous ses problèmes avec ou selon cette structure . 39) 41 Cf. aussi 1-1. A ce problème. Prenons l'exemple du problème de l'ego (ou de Moi) et d'autrui (ou de l'Autre)41. Cest donc. 120. cf. )c'est tracer une ligne de démarcation. ces différents types de mixte hiérarchisé n'épuisent pas l'espace de cette structure (de mixte hiérarchisé). elle ne pense donc jamais les tennes. Le cartésianisme témoigne de ce mixte invariant philosophie/science. mais prolongeant le Deux de la hiérarchie (. comme solutions.. 355. 22.. une paire d'opposés ou de termes contrastés ( .. p. p. la philosophie ne propose. que des idéalisations de celles du sens commun42 36 Laruelle réswne cette autoposition philosophique de la science en expliquant que la philosophie requien et refoule. c'est d'abord poser une dyade de termes. 116-127. 232. l'ego joue dans la philosophie cartésienne le rôle des axiomes en géométrie et. 347). Cf. 38 Descartes selon l'ordre des raisons. .aruelle les conçoit. p. intériorise et exclut la science (cf. Si les Miditations Mitaphysiques considèrent les vérités géométriques comme secondaires (elles ne résistent pas au doute hyperbolique). p... ThE.. 116. Ou encore : "philosopher : 1. si Descartes y définit des réalités authentiques ou fondamentales (ego. 83-84). Le mixte hiirarchisé comme structure philosophique universelle Selon Laruelle. 39 " . des réalités scientifiques particulières36. 2.. quels qu'ils soient.. "La mondanité de l'ego cartésien". 42 Cf. ) qui ont déjà elles-mêmes la forme d'une hiérarchie. le "mixte" qui est la forme philosophique par excellence" (ThE. ces réalités intériorisent encore la géométrie ou des traces de celle-ci : comme l'ont relevé Husserl et Gueroult entre autres. mais comme contraires. en les hiérarchisant et les articulant. "Le problème de la philosophie en général vient de ce qu'elle ne pense jamais les termes dans leur spécificité. après la décision ou la démarcation.102 science découle une certaine intériorisation. La science locale en laquelle il s'ancre est la "géométrie analytique"37. p. Un des projets de la non-philosophie de Laruelle consiste en la mise en évidence des mixtes relatifs à des problèmes (ou des thématiques) donnés et respectés par toute philosophie les abordant. faire la décision entre des types de réalité d'inégale valeur ontologique (. cette philosophie "se développe comme une géométrie pure"38.. dans leurs relations"40.. (. 37 PrN. ) . dans leur rigoureuse spécificité ou dans leur radicale autonomie mais les thématise toujours en relation les uns avec les autres. Sur les rapports entre science et philosophie tels que I. p. ). p. plus généralement. une frontière. Nous soulignons.. 40 PhN. PrN. aussi (par exemple) "Science et philosophie : une réévaluation globale" in EU (notamment p. l'Un après le Deux. par les réalités philosophiques universelles. p. 33). c'est ensuite poser une instance d'unité supérieure..

l'écart ou l'hétérogénéité entre les deux termes de ce mixte invariant (ego et autrui) varie selon des dosages distincts. p. redistribue. Autrement dit. il conviendrait de considérer la première section ("Analytique de la décision plùlosoplùque") du chapitre VI. 116. .les jeux de langage plùlosophiques" {PhD. simplement variée et écartée. aussi (par exemple) PhD. so cr. paniculièrement complexe. démultiplie et déplace. mais supposée par là même irréductible ou constiruante : le système de la réversibilité ou de la convertibilité du Moi et de l'Autre" (ThE. ThE.et relèvent de ce que cette corrélation suppose : l'articulation selon une hiérarchie (de l'ego et d'autrui). nous voudrions ici la situer relativement à celle proposée par Derrida. 147. 14) 47 cr. p. de Principes de la non-philosophie. p. "La logique égo-xéno-logique alimente indéfiniment ces mixtes du Moi et de l'Autre que sans cesse la philosophie redivise. p. si.articulation dont découle leur mélange ou leur détermination 43 ThE. ) sur ce problème"46. 116. p. DerridiJ et Larue Ile : le philosophe sépare-t-il ou articule-t-illes deux contraires ? Avant de préciser au paragraphe suivant la signification de cette lecture Jaruellienne de la philosophie49..• les jeux de ces "plus ou moins". selon une "logique égo-xéno-logique"44. Cette invariance signifie que tout philosophe abordant ce thème ne pourra que proposer. éventuellement de manière prédictive. p. p. 4S ThE. selon les philosophies. Seulement. p. p. Ainsi comprend·<>n pourquoi la non-philosophie est "capable d'expliquer. 30. 116. 31.103 et ces solutions philosophiques sont toutes inscrites dans l'espace défini par le mixte invariant ego/autrui . 116. la structure philosophique principale est la hiérarchie de deux contraires50.mixte invariant que Laruelle nomme "Différence égo-xéno-logique"43. selon Laruelle. par exemple Positions. 118). 49 Pour approfondir notre analyse de la lecture laruellienne de la philosoplùe."45 Ce mixte constitue donc "l'horizon transcendantal des questions et des prises de position (. toutes intègrent cette corrélation réciproque -plus ou moins marquée selon les philosophies48 . 46 ThE." (PrN. PrN. alors que. une actualisation particulière du mixte ego/autrui. redouble. Cf. 44 ThE. Selon ce dernier également. le fonctionnement et la dynamique d'une philosophie ou de la tradition plùlosoplùque. Ou encore : "U est imponant d'identifier à la base de toutes les solutions plùlosophiques au problème de l'Autre cette présupposition jamais éclaircie. Nous soulignons). cr. p. p. si certaines philosophies (comme celle de Husserl) accordent plutôt le primat à l'ego (considérant par exemple que c'est lui qui constitue le sens d'autrui) alors que d'autres le donnent plutôt à autrui47 (comme celle de Lévinas qui estime que l'ego authentique ne s'institue qu'en face du Visage d'autrui). 56-57. entamée ou déconstruite. 25.. 48 " •. 25. 281 et ss. le philosophe s'emploie à articuler ces deux contraires .

. comme toujours. en la déconstruction proposée par Derrida. Gr. En témoigne notamment De la grammatologie où Derrida s'emploie à mettre en lumière la contradiction entre d'une part le désir du philosophe qu'est Rousseau de séparer soigneusement et simplement les contraires (pour penser le terme privilégié dans la forme de la présence. comme en soi. Nous soulignons. fait appel ou renvoie à lui.et le texte. en son identité même . les deux termes contraires que celle-ci s'acharne vainement à séparer soigneusement et simplement en en privilégiant un. en sa constitution "propre" .ou constitutives de.identité en conséquence défaite -. S4 Sur cette contradiction entre le désir. p. pour Derrida le philosophe est plutôt celui qui suppose !"'extériorité simple" SI de ces deux contraires afin d'en privilégier un et de le considérer comme une identité autonome.)53. En lui-même.349. p.. 52 Gr. par le texte même de Rousseau . n'est rien moins que de simple extériorité.. et d'autre part son texte au sein duquel apparaissent des communications entre les contraires. 441.. 326. comme une présence en soi ou un "signifié transcendantal"52 non relatif à son autre (son contraire). à l'insu de la philosophie. 286. est en manque de lui. cf. Rousseau "veut dire (. )"55 bref. mais son texte décrit la contamination de celui-ci par celui-là. "intrinsèques" à . 347. ) l'accessoire accessoire. " . Gr. 308. se contaminent ou se déterminent réciproquement.qui ne l'est donc plus56 -. p. l'extériorité simple du second terme relativement au premier (privilégié). 53 Cf.. aussi Gr. 345. 348. 71.."57 Ainsi la lecture critique de Derrida revient-elle à mélanger les deux contraires que Rousseau désire séparer et qui en réalité communiquent essentiellement ou se déterminent réciproquement et sont décrits. prisonnier hors du dehors et réciproquement. 237.104 réciproque . Il est probable que cette différence entre les lectures laruellienne et derridienne de la philosophie s'enracine.ou la description-. 55 Gr.312. Nous soulignons.ou la diclaralion. 56 Cf.. non contaminé ou déterminé constitutivement par lui . Cf. p..comme si Derrida ne définissait le philosopher qu'à partir du premier des deux gestes relevés par Laruelle : celui de séparation ou de dépassement. 344. 441. Le sens du dehors a toujours été dans le dedans. p..échappant donc en quelque sorte à son contrôle ou à son Sl De la grammatologie (noté Gr dans ce qui suit). 57 Gr. p. Cette dernière met en effet en évidence combien se mélangent. p. 310. l'accident accidentel. le premier est travaillé par le second. 302-303. etc. souligné par Derrida. Gr.ceux-ci54. 338. le dehors entretient avec le dedans un rapport qui. p. 52.. le dehors extérieur ( . dans une certaine mesure.

Gr. 63 Comme nous l'a fait remarquer Pierre Perrier. de la philosophie. l'absence et la présenceS9.105 désir58 -comme tels. 315. p. 326. la raison et la nature. bien loin d'invalider l'exclusivité philosophique du mixte. respectivement Gr. 345. 60 Cf. 311. Non pas parce que Derrida articule selon une hiérarchie deux termes (car il déconstruit justement ces hiérarchies philosophiques) mais parce que. le Nord et le Sud. 71-80. Gr. p. DEUX MODES DE PENSÉE "La fermeture grecque de la pensée"62 La lecture laruellienne de la philosophie est sans doute susceptible d'irriter dans la mesure où elle ne s'intéresse guère aux contenus. etc. mais comme tels.un nouveau type de mixte (de mélange ou d'articulation): le mixte en tant que mixte comme différance61. sa déconstruction prend appui sur . Lamelle déplace en quelque sorte le centre de gravité de la philosophie. avec Laruelle. . 349. Nord/Sud. le négatif et le positif.ou s'organise selon . p. Gr. il peut (par exemple) paraftre non pas faux ou inexact mais singulièrement réducteur voire révoltant de considérer. non derridienne. Deleuze et Derrida). p. .complexe . S9 Sur la déconstruction des couples mort/vie. Pour une analyse laruellienne . Nietzsche. il intègre Derrida dans une nouvelle clôture (nous reprenons le terme de Derrida60). la Vie de Henry ou le Visage de Lévinas comme relevant d'un mixte. le besoin et la passion. Gr. S'appuyant sans doute sur cette déconstruction derridienne. p. du mélange ou de l'articulation. p. aux thématiques ou aux débats philosophiques en eux-mêmes mais s'applique plutôt à relever les invariants structuraux de la philosophie : à mettre en évidence les couples de termes selon lesquels celle-ci pense ces contenus et ces thématiques ou selon lesquels s'organisent ces débats philosophiques63. besoin/passion. 338 . 6 1 "La Différence est une théorie et une pratique des mixtes.. raison/nature. 14. souligné par Laruelle. Cf. 349. 297. Gr. p. 226-227. p. "Vers la non-philosophie". 311. (notamment) PhD et "Marges et limites de la métaphysique" in EPU. absence/présence. 22. négatif/positif. 62 PhN. Mélanger la mort et la vie. 261. La critique qu'elle porte s'adresse donc précisément au mode de pensée ou à la forme de la pensée S8 Cf. cf. p. Gr. 256.de Derrida et de la distinction entre sa critique (encore philosophique selon Laruelle) de la philosophie et celle de la non-philosophie. La Différence recouvre ici les problématiques de Heidegger.. 11-11. 319. cf. de l'extériorité simple des deux contraires vers leur mélange. Le second terme de tous ces couples a le primat chez Rousseau. Gr. 104. Ce faisant. en leur essence de mixte" (PhD. p. p.

le système de l'Un et de la Dyade simultanés.. aussi EU. p. 107) 67 EU. la décision.)confond donc penser et imaginer" (PrN. 4-9 et 13-14. p. Ils peuvent varier Je régime. lui donner de nouvelles matières premières et lui faire produire de nouveaux objets . "Les philosophes se contentent ( . p. Mais la phénoménologie légitime aussi explicitement un autre 64 PrN. p. est. "La philosophie procède ( . souligné par Laruelle."65) le sont parce qu'ils impliquent cet unique régime et cette seule structure. il convient de penser Je donné à partir de sa donation.. Toutes les opérations ou gestes philosophiques dénoncés par Laruelle dans ses ouvrages ("la réflexion. en la variant plus ou moins" (EU. 73. 105. 64. Mais ils respectent tous le diagramme de son fonctionnement spontané. La phénoménologie husserlienne donne Je primat à la donation dans la mesure où le donné n'est validé que si sa donation s'accomplit comme évidence intentionnelle. la différence." (EU. hiérarchisation. se mouvoir dans les contraires"64. avec J'aide de Henry70. Cf. ''Toutes les distinctions qui font les philosophies sont des variadons sur cette fonne-mixte. 70 Cf. 39. fétichisation d'un terme dépassé. p. 75. p. p.106 philosophique. p. ils peuvent la compliquer. des mixtes. si l'on veut.. ) par prolifération interminable des circularités vicieuses. . 240. doublets ou mélanges"69. Thl. 66 PhN. etc.. ) nécessairement de faire fonctionner une machine qu'ils ont trouvée toute montée. 65 EU. l'interprétation. p. elles ne l'inquiètent ou ne la distendent et déforment que pour la reconduire sans jamais la briser ou l'excéder. selon Laruelle. Ou encore : ''Tous les philosophes travaillent toujours au sein de "dualités" et de couples contrariés en imaginant une réciprocité ou une réversibilité d'un contraire l'autre. 68 Laruelle qualifie également d'imaginmre ce mode philosophique de pensée.''66 Les ouvrages de Laruelle témoignent ainsi. 69 EU. "La philosophie ( . 128). les difficultés enveloppées par le mixte phénoménologique donné/donation. la "fermeture grecque de la pensée". d'un sentiment de lassitude ou d'"insatisfaction"67 envers l'exclusivité philosophique des mixtes et de ce qu'ils impliquent : arbitraire. lui ajouter des pièces qui retardent et diffèrent la nécessité de la production... 217). l'analyse et la synthèse. la philosophie est pauvre et répétitive en ce sens que toute son histoire ne témoigne que d'un seul régime de pensée (le mécanisme de la Décision philosophique et l'Unité-de-la-Dyade qu'il implique). On peut essayer de suggérer cette "prolifération interminable" -et ce sentiment d'insatisfaction. Ils modifient la machine sans modifier son fonctionnement Je plus général..en considérant. la dialectique. que d'une structure (le mixte) : "la philosophie confond penser et penser-parcontraires. Pour Laruelle.. 128. cercle et mélange68. accélérer ou ralentir le mouvement. p. Telle. "Quaire principes de ta phénoménologie" in RM. En ce sens. p.

Que Husserl soit resté prisonnier de ces difficultés. il n'est pas revendiqué. D'où la question posée par Marion : "qui donne (. 83) La donation 7 Ou le donné ? Un donné peut bien apparaftre . 7.. RD. 64.. p. comme la promotion d'un nouveau mode de pensée. d'apparaître de l'autre''74 ? Penser sans mixte La non-philosophie de Larue/le doit donc d'abord être comprise comme une ouverture de la pensée1S et. ( . "Ce que nous ne pouvons plus 7 Penser encore en termes de ( . 106. 71 Henry traduit ce célèbre principe phénoménologique par "droit aux choses-mêmes !"("Quatre principes de la phénoménologie" in RM. l'apparaître et ce qui apparaît. si cene apparition n'est pas une apparition à la conscience intentionnelle. etc. 73 "Quatre principes de la phénoménologie" in RM."12 ? Toutefois ne peuton dire aussi que les choses sont indépendantes de leur donation. "admis'_' comme donné (cf. comme intentionnalité par exemple. p. précisément. Rbumé des Cinq Leçons in IPh. le temps son caractère temporel. p. n'étant plus. 3) 12 "Quatre principes de la phénoménologie" in RM. PhN. 75 Cf. n'est-elle pas elle aussi indépendante du donné ? Ne peut-on parler d'une "permanence de l'apparaître lors même que se modifie sans cesse ce qui apparaît en lui''73 ? Mais s'ils sont indépendants l'un de l'autre. ). 74 "Quatre principes de la phénoménologie" in RM. etc. dans son essence. p. p. que celle-ci doit justement donner ? Mais une fois encore cette hiérarchie peut s'inverser ou se renverser : que peut bien être la nature de ces choses si ce n'est la façon dont elles apparaissent ? N'est-ce pas "le voir qui détermine le caractère visuel de ce qui est vu. comment expliquer que la donation et le donné. en termes d'unité. comme précédant cette donation même ? Et réciproquement: la donation (ou l'apparaître). 85) enveloppée par le concept husserlien d'ErscheiiWng (cf. .. s'articulent "dans le phénomène dont le concept désigne quelque chose qui se montre et unit donc les deux significations de la chose.. "L'exclusivité de l'intentionnalité" (Le "principe des principes")).. 1-1. qu'elles existent sans nous apparaître ? La donation des choses ne nous les donne-t-elle pas comme déjà-là. 116) -désignant à la fois l'appanûtre (la donation) et ce qui apparait (le donné) -l'atteste.s'il n'est pas validé par l'inruition. philosophique. l'espace son caractère spatial. 83-84). immédiatement On peut aussi relever l'ambiguil. de réconciliation ou de co-appartenance des contraires comme fait la philosophie"76. du fait de se montrer.107 principe : "zu den Sachen selbst !"71 Ne signifie-t-il pas une certaine hiérarchisation des choses (ou du donné) et de la donation (ou de l'apparaître) qui accorderait le primat à celles-là. à nos yeux. p. ) 7" (RD. !"'équivoque" (RD. 7. ) différences et de mixtes. de l'être d'une part. p. p. Mais la donation seule ne suffit pas pour donner: elle a auss1 besoin d'un donné à donner. p. p.é du "principe des principes" husserlien qui met l'accent à la fois sur l'inruition donatrice et sur l'autodonation du donné (qui se donne) (cf. 76EU. 8..

104. l'effectivité77 .. pour Laruelle. c'est-à-dire déterminée-en-dernière-instance par l'Un. c'est-à-dire des "objets" qui ne sont plus susceptibles d'être pris dans des mixtes. le sens.ou. en tant que pensée selon le mixte hiérarchisé. l'éthique. c'est-à-dire du monde pour conquérir. Polis.. l'art. Pouvoir : elle n'a jamais été faite pour l'individu mais 77 Cf. du monde : il ne participe pas à "La lutte pour la surinterprétation du Monde. ( .. écrit-il aussi. la valeur ou la vérité .désigne le registre de ce qui est philosophable et la philosophie demeure légitime ou "pertinente"78 en tant qu'elle le pense " . dans des relations réciproques ou des mélanges81. par Laruelle. "le mixte du Monde ou de la philosophie" (PrN. du point de vue de Laruelle. en définissant une pensée sans mixte. procéder à des idéalisations ou penser selon des mixtes hiérarchisés. indirecte.la philosophie .et celle de la non-philosophie . La pensée sans mixte qu'il promeut thématise donc des "objets" qui ne sont plus mondains. Physis. Larue/le ne substitue pas à une pensée du monde . le monde . nous nous contenterons de définir précisément le principal en lequel leur possibilité . 102. "Penser en second" ("Changer de posture''). 118. 221.s'enracinent : l'homme en tant qu'Ego-en-Ego. c'est-à-dire en tant qu'Un radicalement autonome82. ) cette activité de premier degré qu'est la philosophie"SO. 82 Cf. "La philosophie est faite pour Kosmos. Ousia. p. semblet-il. par exemple Thl. en chercher l'essence ou les conditions de possibilité. II-II. c'est-à-dire de la philosophie" (EU. p.une autre pensée. 23 1). "Radicalement autonome". manque ce qui de l'homme ou de l'individu ne relève plus de tels mixtes. la philosophie. p. 78 PbN.bref. le langage. D'où l'assimilation fréquente. etc.108 Mais que peut bien penser une pensée sans mixte ? Car il importe ici de souligner que pour Larue/le. p. les objectiver. Ainsi. Vouloir penser le monde c'est. . depuis l'Un.. Pour le dire autrement. Nous ne chercherons pas dans cet ouvrage à décrire tous ces "objets" non-philosophables et non-mondains . p. 113) . En résumé. p. la philosophie fonctionnant globalement comme la forme du Monde"79. du Monde. Cf. penser selon des cercles. meilleure.usuel ou non : la science. pour Désir. c'est-à-dire du monde (ou de la transcendance). des mélanges ou des mixtes est inévitable quand on veut penser le monde . nécessairement privilégier ou fétichiser certaines de ses réalités. 80 PrN. etc. BI n faudrait néanmoins préciser dans quelle mesure la non-philosophie a besoin comme de son matériau de la philosophie. 79 Thl. de la philosophie et du monde : " .. II-II. ces "objets" -dans quelle meswe elle désigne donc non pas une pensée directe du monde mais indirecte (en quelque sone) (du) mQilde. Langage. si elle est adaptée au monde..

LA MONDANITÉ DES HOMMES PHILOSOPHIQUES84 Il suffit à Henry et à Lévinas de souligner que les hommes philosophiques sont inséparables d'une phénoménalité respectivement extatique et adéquate pour mettre en évidence leur objectivité ou leur mondanité85. A propos de ce traitement philosophique de l'homme. et celui qui les condense tous : anthropos/logos) . 8S Cf. Laruelle écrit encore :"Le premier postulat est celui d'une dyade ou d'un couplage (Ame/corps . elle prend la forme d'un doublet ou d'une hiérarchie" (TitE. Evoquant ce manquement. du point de vue de Laruelle. doMé/donation : nature/société . réduction. 45. etc. structurale. conquis après.décision première donc . comme pour Henry et Lévinas. . Parce que la philosophie commence par une décision. 52. la Décision philosophique qui partage hiérarchiquement deux réalités. par distinguer et articuler des termes. ego ou Je) défirus par la philosophie. 84 Par "hommes philosophiques". pris dans le monde. et le deuxtème. p. doute. on peut déduire les grands traits invariants de son concept d'homme : !L'essence de l'homme est d'abord l'être-divisé. celut d une unité qui balance cette dyade" (TitE. etc. 82. mythe/raison. c'est-à-dire en tant que ne relevant plus de mixtes .par. il s'inscrit dans un mixte et relève donc du monde : "le philosophique "sujet" n'est pas seulement le corrélat de l'objet. 89). Nous soulignons. parce que l'exclusivité de l'extase ou de l'adéquation n'est pas remise en question par la conquête husserlienne de la sphère subjective transcendantale (ou par le doute cartésien). . La division désigne. 40). nous désignons les hommes (sujets. sujeVobjet . parce que l'homme philosophique est donc toujours décidé. p. par la philosophie. "De cette structure de la Décision philosophique. p. ce n'est pas. p. si l'ego transcendantal husserlien par exemple (ou l'ego cartésien) reste. Pour Laruelle. il est un mode de celui-ci.que sont consacrés les trois paragraphes suivants. elles-même. Cest parce que cette conquête (ou celle de l'ego cartésien) nécessite des opérations de suspension (ou de doute) impliquant.en tant qu'Ego-en-Ego ou Ego-rien83 ThE. Ainsi. dépassement. cette mondanité découle de ce que les hommes philosophiques constituent les résultats d'une décision philosophique. divisé comme lui ou enchaîné dans son essence à la division"86. aussi ThE. 1-lll. d'un autre terme. "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être''). Nous soulignons "comme lui". p. des mixtes.idéalisation. 105.. sujeVsouverain . Cest à l'explicitation de ce manquement philosophique de l'homme -en tant qu'il découle de la forme de la pensée philosophique comme décision première. 86 Thl.109 seulement pour le concept-de-l'individu comme individu inscrit dans la transcendance"83. Cf. pour Laruelle. de l'homme en tant que dépourvu d'objectivité.

Cf. De là un cercle et un double jeu qui sont le contenu du parallélisme empirico-transcendantaJ"90. mais elle a du se rendre à l'évidence : elle ne commençait jamais réellement par la racine absolue. Dans En tant qu'un.. p.des prestations de l'ego transcendantal89. si le "sujet universel" est toujours "divisé d'avec luimême".auquel elle accorde naïvement une existence en soi provient en réalité .. Laruelle ne distingue pas encore l'Ego en tant qu'Un du sujet. ( .. ). etc.. souligné par Laruelle. à y accéder. 112.). ) S'il y a une racine qui commence depuis elle-même et reste en elle-même... Laruelle écrit ainsi : ''Elle y a cru un instant (Descartes. 40. 158-159.110 qu'Ego-. d'un point de vue Iaruellien. § 17 et ss. Et ce dépassement de l'attitude naturelle est un dépassement pour elle dans la mesure où il s'agit de montrer que le monde naturel . Les quatre ego de la phénoménologie husser/ienne L'ego transcendantal n'est conquis par Husserl que par dépassement de l'attitude naturelle : par la suspension (dans la réduction ou l'épochè) de la position d'existence propre à cette attitude... p..c'est parce que l'universel philosophique renvoie à une hiérarchie (à un mixte hiérarchisé) dominée par cet universel.c'est-à-dire inscrit dans un mixte.. mais par des opérations préjudicielles ou préliminaires destinées à l'atteindre. 88 Cf. Nous soulignons. 89 Que cene démarche husserlieMe soit typiquement philosophique.. Par ailleurs. Husserl). . les pensées du Je (ou de l'ego) proposées par les phénoménologies de Husserl et de Marion. )de l'expérience que pour mieux y revenir( . on se doute que ce ne peut être le Cogito qui fait toujours système avec l'objet et le Monde (. p. partagé entre ses deux termes. ) et fermer le champ de l'expérience (. 695. "Le transcendantal ne s'éloigne ( . ) mais seulement un sujet philosophique. MC. "Réflexions sur la "technique" phénoménologique" (1959) ct "La ruine de la représentation" in EDE. 127.. par exemple ThE...un cube par exemple88 . 90 "La méthode transcendantale" in EPU. ) le sujet-sans-objet-ni-monde"87_ JE ET PHÉNOMÉNOLOGIE Dans ce paragraphe.. p. D'une manière générale la philosophie n'a pas connu le sujet le plus radical ( .en son sens et en son être. un cercle découle selon Laruelle de cette décision philosophique de Husserl enveloppant le mixte 87 EU. Cest une décision en faveur de l'expérience et pour sa connaissance.. Ainsi. un sujet universel et donc divisé d'avec lui-même (. nous considérons. Lévinas le souligne également. ) Elle n'a pas connu( . Cf.

Ainsi 91 Cf. PM. Notre propos n'est pas de retracer la naissance de la phénoménologie husserlienne. 50. p. PM. La seconde conquiert l'ego ttanscendantal par essentialisation ou "ttanscendantalisation"94 de cette région : elle distingue de la sphère psychologique. 13. du point de vue de Laruelle. du point de vue de Laruelle. 116 et 1-11) et )"adéquation (cf. Mais l'armature de la phénoménologie husserlienne n'enveloppe pas qu'un mixte hiérarchisé. la seconde sur )"objectivité)-: elle fait valoir rune contre l'autre pour conquérir une réalité plus fondamentale que l'une et l'autre Oa sphère subjective transcendantale).qui fonde cette première sphère comme le mondain en général par les prestations subjectives qu'elle circonscrit. Plus exactement. il idéalise la psychologie de Brentano . 37. 95 PM. l'une "réalisante" et l'autte "idéalisante"92. Husserl définit. p. p.ne peut que conserver des "ttaces de "réflection" vicieuse du fondé dans le fondement. l'intériorisation par celui-là de certains ttailS mondains de celui-ci91. à rebours pourrait-on dire pour souligner la conquête du ttanscendantal à partir de l'analyse du ttanscendant psychologique. Il met en évidence deux "coupures". 93 Cf. 13.élevée ou portée en quelque sorte à la puissance transcendantale . celle-ci idéalise non seulement la psychologie de Brentano mais aussi la philosophie néo-kantienne -plus précisément. l'intentionnalité . 92 Par exemple. Un cercle.comme conscience de quelque chose. p. de la psychologie brentanienne. p. 1-lll) par exemple. La première prélève . Dans Le de minorité.arbittairement du point de vue de Laruelle .sur le mondain en général une région scientifique particulière : celle circonscrite par la psychologie pure de Brentano93. 9 4 PM. Husserl ne peut. Laruelle explicite cette idéalisation husserlienne. ."95 De fait. une sphère plus essentielle ttanscendantale . que réfléchir dans l'instance ttanscendantale la sphère psychologique mondaine qu'elle est pourtant censée fonder . la phénoménologie transcendantale de Husserl garde. 34. PhM. auxquelles procède Husserl. Selon Laruelle (nous faisons ici référence à ses cours suivis à )"université Paris-X). leur mixte ou leur tension (car la première insiste sur la subjectivité empirique. Quels traits ? La phénoménalité extatique (cf. encore mondaine. Procédant ainsi.111 invariant philosophie/monde usuel (naturel ou empirique). PM. en quelque sorte entte l'ego naturel et l'ego transcendantal. c'est-àdire ici la détermination constitutive de l'ego transcendantal par l'ego naturel. p.et respecte donc le mixte invariant philosophie/science. l'ego psychologique.

99 MC. pour Laruelle. de simple double spéculaire de celui-ci". on peut considérer la phénoménologie husserlienne comme organisée selon quatre étages d'ego ou quatre ordres d'expérience subjective hiérarchisés et articulés les uns aux autres. "Lbétérogénéité de l'ego husserlien et du monde". p. une expérience ou une épreuve spécifique. "Transcendantalité et intentionnalité". selon Husserl. Mais justement. souligné par Laruelle). PhN. p. aussi 1-111. il n'a pu s'affranchir de ce mixte ru conquérir un Ego-rien-qu'Ego (cf.1 12 s'établit. l'hétérogénéité entre les deux termes .. comme le note Laruelle. selon Laruelle. il convient d'en ajouter une quatrième. ne pas intérioriser (dans une certaine mesure) celle-ci lOO. la plus haute ou digne : celle circonscrite par la vie immanente de l'ego transcendantal en tant qu'elle s'auto-constitue.§ 29. p. 1-11. Cf. too De cene intériorisation ou de cene homogénéité témoignent les analyses de Henry. entre le donné et la donation (ou le mondain et le transcendantal).des choses98. "Adéquation ou inadéquation 7". 65. Cenes. parce qu'il a "travaillé" (PhN. par une série de décisions sur ce fait" (PhN. 64. Le schéma suivant rend compte de cette organisation et caractérise chacun des quatre ego selon l'immanence ou/et la transcendance (ce qui met en évidence combien ils demeurent pris dans le mixte immanent/transcendant lOI).également transcendantale. 64) ce mixte (ou cette dualité) donation/donné. reconnu explicitement par Husserl comme "parallélisme strict"97. lOt Cf. "La mondarüté de l'ego husserlien" ("Les deux donations''). A ces trois instances hiérarchisées de la phénoménologie husserlienne (l'ego transcendantal/l'ego psychologique/l'ego naturel). Cette auto-constitution ou auto-donation désigne. être radicalement spécifique ou hétérogène à la donation des choses... d'instaurer "l'hétérogénéité la plus qualitative" "entre l'apparaissant et l'apparition" (PhN. 96 Evoquant la différence "entte la psychologie pure et la philosophie transcendantale absolue'" de Husserl. § 27. plus précisément. p. 114). Les parenthèses ici utilisées indiquent le mixte transcendantal/psychologique (ou transcendant) : ses deux sphères sont distinguées mais articulées. . il est parti "du fait de l'objet perçu" et a procédé "analytiquement. Laruelle écrit ainsi que "la sphère absolue (ne) se distingue (pas) de la sphère transcendante ou conditionnée" (PM. comme le premier échelon de la constitution du monde (comme le "fondement objectif demier"99) . Lévinas et Marion consacrées à ces deux modes de donation. 1-1.donc encore selon un mixte hiérarchisé (auto-donation de la vie immanente/donation des choses).en essayant d'élargir la distance. ) au statut (. En définitive. 65). 9? MC. Elle ne saurait. Husserl essaie. Cf. souligné par Laruelle). en s'affranchissant de la psychologie et en pensant l'intentionnalité non pas comme une représentation ou une copie de l'objet mais comme une visée de celui-ci en personne. sans commune mesure avec la donation . ) de simple image de l'objet. 1-1. p. un cercle ou un mixte entre les deux sphères96. 98 Cf. corrélées et donc mélangées. elle demeure pensée par Husserl comme la condition de possibilité de cette donation.. parce que. "de soustraire l'apparition ( . Néanmoins. en conséquence..

"L'Appel et le Phénomène" (in RM).l'ego psychologique en tant qu'ego naturel privilégié (fétichisé. le "schéma le plus général de la méthode transcendantale" : "1). 104 Sur le mouvement de Réduction et donation. . Cf. 33.c'est-à-dire procéder au second geste du philosopher relevé par Lamelle (celui d'articulation ou de fermeture de la Dyade). p. précisément parce qu'elle s'instaure en rupture par rappon à celle-ci. p. "2)-la transcendance qui désigne plutôt les conditions a priori du donné ou son objectivité" (l'ego 2) .ainsi que par Henry et Lévinasl05 .et le Je-interloqué qu'elle institue . "3). 103 "L'Appel et le Phénomène" in RM. "Réponses à quelques questions" in RM.et 1-IV. la donation comme telle désigne moins. RD.oil Laruelle analyse minutieusement la décision philosophique de Marion. En outre. semble-t-il. Marion est particulièrement explicite dans la mesure oil il souligne que le Visage désigne un des "phénomènes" ou "phénoménalisables" (''Réponses à quelques questions" in RM. pour le dire avec Laruelle. 695). du point de vue de Lamelle.l'ego transcendantal en tant que constituant les choses (la ttanscendance) 3.1 13 immanence immanence pour la ttanscendance ttanscendance 1. selon Lamelle) 4. 302 et "Le sujet en dernier appel" in RM.7 1. "La "donation comme telle"". des limitations de celle de Husserl ? Non. p. En ce qui concerne Lévinas. p.que la condition de possibilité de tout phénomène ou phénoménalisable : de "tout ce 102 En regroupant l'ego 3 et l'ego 4. cause subjective ou possibilité essentielle de J'objectivité de l'objet" (l'ego 1) (''La méthode transcendantale" in EPU. selon Laruelle.le transcendant qui désigne plutOt Je donné ou l'empirique" (les ego 3 et 4) . souligné par Laruelle. Car Marion conquiert la donation comme telle . _70) ne relevant plus ni de J'objectivité ni de l'être dont sa phénoménologie comme telle doit la reconnaissance. 70. une réalité rigoureusement spécifique. !OS Cf. 91-92. depuis cette donation comme telle. vers les autres "donations" définies par Husserl et Heidegger.le transcendantal. on obtient trois (types d') ego qui semblent précisément correspondre aux "trois moments régressifs essentiels" qui composent.par dépassement des phénoménologies de Husserl et de Heidegger ou. En effet.comme le sont (ou tendent à l'être) la Vie et le Visage. cf. Marion semble revenir. p. P. par "élargissement" 103 de la phénoménalité ou de la donation sur laquelle celles-ci reposent 104.l'ego natureJ102 La décision philosophique de Marion La phénoménologie comme telle de Marion s'affranchit-elle.l'ego ttanscendantal en tant que s'auto-constituant 2.

c'est parce qu'ils relèvent ainsi d'une décision philosophique . les différents Je ou hommes considérés dans la première partie de cet ouvrage. p."108 Du point de vue de Laruelle. ne peut-on dire. sans aucune limite. p. par des chicanes et des entrelacements infuùment variés.." (PrN. pour penser la donation comme telle . comme nous venons de le voir. Nous soulignons. Lévinas et la phénoménologie comme telle". sur ce point décisif. des précisions soient encore à apporter. )la plus ample donation. avec Lévinas." (RD. des hommes (des ego ou des Je) mixtes. p.. avant et hors de l'objectité et de la question de l'être. Il semble que. 1-IV. notamment dans le mixte immanent/transcendant110 : si le Jeinterloqué de Marion est institué par la donation comme telle. les derniers mots de l'ouvrage : "ll reste à comprendre précisément et conceptuellement comment le fait pur de l'appel peut permettre (. 107 Cf. Mais. Ils restent donc pris dans des mixtes. le mélange. 19. semble-t-il. immanents/transcendants.comme originairement inconditimmelle -. p.1 14 qui peut s'appeler et appeler"106..du point de vue de Laruelle donc . En témoignent. extatique. ce mixte invariant est intégré par la philosophie en général (et non seulement par la phénoménologie) : " .il faudra élaborer des paradoxes rigoureux et nouveaux.. p. llO Selon Laruelle. Plus exactement encore. Nous soulignons. ne peut-on dire. 1-IV. Car Réduction et donation n'explicite pas en quel sens la "donation comme telle" conditionne ou rend possibles toutes les autres donations. que ce Je est structuré selon un mélange de l'immanence et de la transcendance et qu'il demeure donc objectif ou mondain ? HOMME ET MIXTE IMMANENT/TRANSCENDANT Situons relativement au mixte immanent/transcendant . souligné par Laruelle) . typiquement philosophique. cf. tant à ce qui s'objective qu'à ce qui ne s'objective pas. 305) Ul9 Sur les caractères extatique et adéquat de la donation comme telle. 305. que sa transcendance relève de l'immanence? Et finalement. donnant tout parce que ne donnant rien : "l'absence originaire de conditions et de déterminations de la revendication lui pennet d'en appeler.que la donation comme telle et le Je-interloqué qu'elle institue gardent des traces (l'extase et l'adéquation par exemple109) de ce dont ils sont censés s'affranchir. 305. de l'immanence et de la transcendance" (EU. 44) ou encore : "les philosophes se distinguent entre eux par un de mixtes diversement dosts d'immanence et de transcendance. du point de vue de Laruelle. elle semble circonscrire ce qui donne à la fois tout et rien (de déterminé107). que son immanence reçoit la signification de la transcendance? Si cette donation est adéquate au Je. "Henry. En ce qui 106 RD. tant à ce qui n'a pas à être qu'à ce qui doit être. 108 RD. avec Henry..et de ses deux gestes appliqués ici à des phénoménologues (Husserl et Heidegger) . Husserl et Marion définissent.

Laruelle écrit ainsi : elle "permet de se retourner contre deux auteurs : elle exclut celle de M. C'est. Ill ThE. en définissant l'homme comme se donnant inextatiquement. pour Laruelle. nous l'avons dit. 34. Laruelle semble néanmoins nuancer cette hypothèse : "A moins que Descartes lui-même ne soit la synthèse rigoureuse. et celle de Lévinas. p. comme nous l'avons déjà souligné. ) . Laruelle note que les Méditations Métaphysiques font signe vers deux hommes : l'un comme "immanence absolue"! li. Ces deux hommes correspondent sans doute respectivement à la Vie de Henry et au Soi de Lévinas (institué par la révélation du Visage). de ces deux positions ?" (lbE. l'immanence radicale sans transcendance . de Dieu comme double débordement ?" et11-l. c'est-à-dire respectivement rien-qu'immanent (comme Vie) et rien-que-transcendant (comme Soi). tend également à l'affranchir du mixte immanent/transcendant En ce sens. Cf. 116 Nous l'avons vu :cette "Dyade" est celle immanent/transcendant. Cf. p. la transcendance sans l'immanence de la réception. Henry et Lévinas ne "liquidenl" pas la Dyade philosophique.celle de la Dyade116 ( . Cf. 125) 114 Cf. en instaurant l'homme selon une transcendance dépassant profondément . 125. ramassée au plus près d'elle-même. Henry tend à le présenter comme ne formant pas un mixte avec la transcendance. peut-être justement parce que le cartésianisme propose ces deux solutions qu'il les manque toutes les deux 113 : qu'il manque donc les hommes simples que Henry et Lévinas tendent à instaurer. 125.. 117 "L'Appel et le Phénomène" in RM. "Regard et Vie" (""deux modes hétérogènes de manifestation""). 113 Cf. du point de vue de Laruelle. Henry et Lévinas font signe. Après l'avoir suggérée. Envisageant la "solution"l15 de Marion relativement aux leurs.perçant . du point de vue de Laruelle. la transcendance lévinassienne ne peut être décrite. 1-Jl. Lévinas. En effet. dans ce chapitre.. d'une donation tranchant nettement sur celle de la transcendancel14. Ce texte est exagéré en ce sens qu'en définitive.l'immanence. p. "Je et phénoménologie" (''La décision plùlosophique de Marion''). lV. Mais elle ne le fait qu'en témoignant d'une volonté de conserver jusqu'au bout la matrice la plus fondamentale de la philosophie . cohérente. vers une remise en cause de l'exclusivité de la philosophie. Henry.. 34. "La décision cartésienne". à proprement parler. comme "transcendance sans l'immanence de la réception". dans ce chapitre. lui. Par ailleurs.puisqu'elle désigne précisément la percée de l'immanence comme telle. 112 ThE.1 15 concerne Descartes.alors que tout l'intérêt des solutions "Lévinas" et "Henry" avait été de la Iiquider"117.. . l'autre comme "transcendance radicale"112. "Vers la non-philosophie". 115 "L'Appel et le Phénomène" in RM. p. Homme simple. 11-11. p.

tous trois considèrent que ce régime philosophique convient au monde. en tant qu'inscrites dans des mixtes. Tout d'abord. Lévinas et les Mhlitations Mitaphysiques". pour Henry.s'affranchissant du privilège philosophique du Même : d'un homme comme Autre-dans-leMême. . selon notre thèse. relatives ou mélangées les unes aux autres . mais donné-sans-donation ou immanent-sans-transcendance. Husserl et Marion. rien-qu'immanent (ou si l'on veut rien-que-donné). Il est institué comme identique à l'épreuve de l'Un. tous respectent ce régime philosophique. en tant que rigoureusement dépourvu de mondanité. qu'elle ne dispose pas des moyens nécessaires pour penser l'homme en tant qu'il ne s'inscrit pas dans le monde. En effet.relativité ou homogénéité que Henry et Lévinas explicitent : elles relèvent toutes (respectivement) de la phénoménalité extatique et du Même. l'homme n'est pas philosopluJble. non plus pris dans les mixtes phénoménologiques et philosophiques. Descartes.de Henry. des mixtes hiérarchisés pour Laruelle. Il est institué par la révélation du Visage. Lévinas et Laruelle. ils estiment que celui-ci relève d'un espace étroit : pour Laruelle.qu'elle s'est attachée à présenter. c'est-à-dire. Qui est cet homme? Il désigne. lui. Henry. que cet espace étroit désigne celui de la pensée du mondellB. ces trois auteurs montrent que l'histoire de la philosophie ne témoigne en définitive que d'un seul régime : celui de la phénoménalité extatique (ou de la transcendance) pour Henry. Ils estiment que le champ de légitimité de la philosophie est limité et. En un mot : selon eux. Davantage encore.116 HENRY. du Même (ou de l'immanence) pour Lévinas. En outre. Si par exemple des différences sont bien entendu perceptibles entre Descartes. Enfin. ne peut instaurer qu'un Ego-en-Ego. Laruelle. LÉVINAS. cette opposition entre l'homme qu'ils instaurent et le registre de la philosophie est nette ou franche.et c'est là que semble résider l'originalité de leurs problématiques. 1-V. la Vie en tant que relevant de la phénornénalité inextatique. Du point de vue de Lévinas. Lévinas et Laruelle opposent à ce registre philosophique l'homme qu'ils conquièrent. toutes les réalités philosophiques sont (plus ou moins) homogènes. "Henry. LARUELLE (lj Achevons la première partie de cet ouvrage en insistant sur les traits communs aux trois problématiques. Ensuite. plus exactement. il ne peut s'agir que d'un homme -en tant que Soi . Husserl et Marion relèvent également que la philosophie reste prise dans le monde et manque l'homme non 118 Cf. comme rupture ou percée (incessante) du Même.

Car de leurs points de vue. qui n'ont. et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'êire'') et.que ces épreuves instituent . Aussi ces hommes tranchent-ils sur ceux de Husserl.comme Vie. . "La mondanité des hommes philosophiques". comme si. 1-11 "De Husserl à Descartes". cf. du Visage et de l'Un sont (pré)supposées par les autres réalités philosophiques et mondaines. 119 Sans doute faudrait-il. Pour de la des problématiques de Lévinas. Lévinas et Laruelle écrivent parfois que les épreuves de la Vie. un tel statut asservit encore l'homme aux lois du monde. l'humanité de l'homme s'instituait non pas d'abord en rapport avec le monde mais en un moment rigoureusement spécifique.désignent des "réalités" qui rompent radicalement avec le monde et ses lois121. Si Henry. nuancer ou préciser ce point 120 Cf. dans ce chapitre. du Visage et de l'Un. en ce qui concerne Descaltes. en quelque sorte rien à voir avec lui. qui ne constituent donc même pas ce qui le légitime. pour Lévinas à l'adéquation. Henry et Laruelle. Cest ce moment que désignent les épreuves radicalement humaines de la Vie. qui ne serait (en quelque sorte) rienqu'humain. en elles-mêmes. n'aurait pas de sens ou de phénoménalité. Les hommes qu'ils conquièrent. Mais les hommes (ego ou Je) non mondains qu'ils instaurent désignent la condition. Soi. c'est-à-dire pour Henry à la phénoménalité extatique. 1-111. le principe ou le fondement du monde : ce sans quoi. tous trois refusent aux honunes . Marion et Descartes : ils désignent moins en eux-mêmes la condition. Ego-en-Ego. de principe ou de fondement du monde. Lév1nas el les Méduat1ons mitaphysiques" et 11-11. "Vers la non-philosophie". pour Henry.le statut de condition. 1-V.1 17 mondain 119. son existence ne serait pas certaine. 'Henry. Lévinas et Laruelle. le principe ou le fondement du monde et de la philosophie que des "réalités" radicalement hétérogènes au monde et à la philosophie. cette rupture l'est plus ou moins. pour Laruelle aux mixtes120. etc. 121 Radicale.

Ces deux hommes sont institués par les épreuves radicalement humaines du Visage et de l'Un. . Préciser la nature de celles-ci. la seconde partie de notre ouvrage les articule aux hommes que ces deux auteurs définissent respectivement en tant que percée incessante comme Soi (chapitre 1) et en tant qu'Ego-en-Ego (chapitre Il). et en quel sens elles peuvent être dites. trop transcendante et trop immanente pour la philosophie. respectivement. voilà l'enjeu essentiel de cene seconde partie.SECONDE PARTIE La transcendance du Visage et l'immanence de l'Un Les points de vue sur la philosophie de Lévinas et de Laruelle ainsi présentés.

radicalement humaine. C'est la seconde étape de ce chapitre3. de la définition de la transcendance comme percée (incessante) de l'immanence. ouvrage où semble prévaloir une approche de la transcendance centrée non plus.en tant que Soi. le Moi et un horizon (ou contexte). LE VISAGE COMME "FRANCHE PRÉSENCE"4 ? Dans une perspective phénoménologique. L'apparaître de l'objet suppose trois termes : l'objet. selon notre thèse. en tant qu'elle ne cesse de percer le monde et le registre du Même comme tels2. p. 3 Elle se déploie dans le sixième paragraphe ("Du Visage au Soi''). p. Totalité et Infini distingue l'objet comme tel et le Visage par leur mode d"'apparaître" : alors que l'objet est dévoilé. Prt. Mais une telle percée ne peut que bouleverser ou percer incessamment le Moi qui accueille le Visage. Ainsi l'étude de la révélation du Visage conduit-elle à celle du Soi en tant qu'institué par cette révélation . S'appuyant surtout sur Totalité et Infini.face. Elle s'appuie essentiellement sur une analyse d'Autrement qu'être. 62. c'est-à-dire. pour t'éthique de Lévinas et pour la situation de sa problématique relativement à la phénoménologie et à la philosoplùe. L'objet ne se donne que dans un 1 TI. p. Cest en cette incessante percée du Moi que Lévinas instaure la subjectivité.CHAPITREI Lévinas ou le Visage et le Soi la "percée" La transcendance lévinassienne en tant qu"'inadéquation par excellence"! se déploie dans le face à face du Visage et de la subjectivité.sa révélation.en tant qu'elle est radicale. celui-ci décrit d'abord l'épreuve du Visage . notamment TI. 61. sur le Visage mais sur le Soi. 4TI. 12. Les deux derniers paragraphes de ce chapitre tirent les conséquences. 2 Ce premier temps correspond . sa. au cinq premiers paragraphes de ce chapitre. le Visage se révèleS.l'homme. Ce face à face peut et doit être considéré selon deux directions : celles précisément du Visage et de la subjectivité. comme dans Totalité et Infini. A ces deux directions correspondent les deux temps principaux de ce chapitre.

16 Cf. ) lui trouver une place dans le tout"S. 192.. 8 TI. p. que la présence pour soi : il tient tout entier dans son "apparaître" ou sa "donation" subjective17. comme si le Visage était (ceci ou cela) avant d'apparaître. absolument.) de celui des choses comme telles (apparaissant relativement à un horizon). le Visage n'enveloppe. ce n'est pas pour souligner que le Visage circonscrit une chose ou un étant infini ou excellent15 mais bien plutôt pour distinguer l"'apparaître" du Visage (se présentant en soi. Tl. 8. c'est-à-dire en soi. p. les objets sont constitués par le Moi et s'inscrivent dans le registre du Même9. Cf. 141). "Dévoiler une chose. 79. . se présente "de front et de face" 10. Prt[ace.. Il signifie absolument plutôt que relativement à un horizon (ou un contexte) . 198. "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être''). si l'on veut.122 horizon par rapport auquel il prend sens . souligné par Lévinas. 36. Qu'il ne signifie pas en lui-même mais seulement dans un horizon indique aussi et surtout que cette signification requiert un Moi pour la dévoiler1. une déchirure. 14 Respectivement TI. p. Tl. 72. 72. p. 12 Respectivement TI. alors que la mondanité des choses implique.mais son "apparallre" : le Visage "apparaft" en perçant.ne concernent donc pas le Visage en lui-même .l3 Ainsi. 10 TI. "sans contexte"ll. . p. etc. 89. 15 Cf. 61.. "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être"). 63. etc. 72. "L'idée de Dieu comme double débordement?".comme s'il avait une sigrùfication mondaine . 1-V. on ne saurait séparer le Visage (le "donné" lévinassien) de son "apparaître" ou de sa "donation". p.. 208. Il faudrait expliciter ici dans quelle mesure cette requête du Moi par le monde préfigure l'emphase du monde thématisée à partir d'Autrement qu'être. Il Tl. p. "par Iui-même"12. l'horizon "est toujours horizon du même" (ED. c'est( . 36. 75.. Que le Visage se "donne" ou se présente sans horizon lumineux rend impossible tout dévoilement du Visage par le Moi constituant : "la nudité du 6 Cf. deux présences. lui. rien n'y renvoie et il ne renvoie à rien d'autre qu'à luimême: il "ne se place pas dans la lumière d'un autre mais se présente luimême". Tl. ne prend pas place dans le monde ou dans l'être. Autrement dit. 22-23. Finalement. 1-111. 209. Puisque le Visage ne désigne pas une chose. etc. p. Nous soulignons. 13 Cf. 7 Cf. d'un "étant par excellence" ou "absolu"I4. p. 194. il n'a donc qu'une signification relative (ou latérale)6. etc. 17 Toutes les descriptions du Visage le présentant comme étant (ceci ou cela) -les nôtres par exemple qui le considèrent comme étant une percée. selon Lévinas. 60. "L'ontologie est-elle fondamentale ?"in EN. 1-111. pour rapporter l'objet (ou la chose) à ce qui lui donne sens. 9 Comme l'écrit Derrida. Le Visage. p. dans la mesure où ils apparaissent au sein d'un horizon. en soi puis pour soii6. si Lévinas décrit la révélation du Visage comme présentation d'une "chose en soi". souligné par Lévlnas. etc. d'un "noumène".

in EPU. de ce fait. Cf. 41). chez Husserl.. Nous soulignons). 24 "Philosophie et subjectivité". p. ne renvoie qu'à lui-meme ou se présente de face. la distance infinie de l'Etranger. 21 . etc. on peut se demander si l'insistance de Totalité et Infini sur la présence sans contexte. D'oil sa conception de "la distance de la transcendance" (Tl. 44. "La notion du visage (. ainsi. malgré la proximité accomplie par l'idée de l'infini" (Tl.. )l'intentionnalité la plus extatique.mais en tant qu'elle est solidaire de l'adéquation des choses. p. Si le Visage ne donne pas prise à un Moi constituant. Cf. "Henry."IS Autrement dit. p. 168).. "tous les tennes positifs Totalité et Infini. p. 211. p.mmédiateté (cf. de toute "métaphysique de la présence"24 ? 18 TI."20 Le Visage ne se donne pas à et par mes visées. c'est. se trouverait offert à moi. 72. à mes pouvoirs. 23 Ainsi Lévinas s'efforce-t-il. indépendante de mon initiative et de mon pouvoir. Cf. p. cette distance est celle du passé immémorial (ou de l'avenir inimaginable) en vertu duquel Lévinas peut écrire :"Quelque chose se passe entre le Crépuscule oil se perd ( . TI. donnant de luimême. une présence plus directe que la manifestation visible et une présence lointaine -celle de 1'autre. 22 Tl.visage.. directe. p. -et son inadéquation. mais qui vise toujours trop court. pourrait-on dire. 142 et 1-V. 20 Tl. la présence du Visage "est. aussi TI. Il désigne plutôt un donnant19. etc. désir. dans Totalité etll(ini. selon Henry. aussi AE. infini. en soi. leur inadéquation définitive et le refus. de concilier ces deux traits de prime abord contradictoires de la révélation du Visage: son i. 63. 62. extériorité. Selon Feron. 62) Est ici à nouveau suggérée la distinction entre les points de vue de Henry et de Lévinas : ce dernier ne problématise pas la distance en tant que distance . à la fois." (TI. TI. la donation comme telle comme donnant d'elle-même. .et qui.. "Henry. le Visage ne donne pas prise à un Moi constituant. 1-IV. p.123 Visage n'est pas ce qui s'offre à moi parce que je le dévoile. dans Réduction et donation. p.participent encore d'une métapbystque de la présence" (QL. p. à mes perceptions dans une lumière extérieure à lui." ("Enigme et phénomène" (1965) in EDE. lui qui d'abord me vise.. 41) comme distance inadéquate (cf. p. 19 Feron le souligne également Cf. Après Totalité et Infini. en tant que s'affranchissant de tout horizon. 42) . n'est pas un donné ou un constitué par un ego transcendantal intentionnel. ) nous conduit vers une notion de sens antérieur à ma Sinngebung et. De cette apparente contradiction la description de la distance enveloppée par le face à face du sujet et du Visage témoigne : " . QL.découlant de ce que le Visage. du Visage . 44).. 53. 50. à mes yeux. p.. Lévinas et les Méditations Métaphysiques". Lévinas et la phénoménologie comme telle". peut-on pour autant affirmer qu'il ne relève plus du Même et enveloppe !"'inadéquation par excellence" ? Marion ne décrit-il pas.n'invalide pas la possibilité d'une telle inadéquation : quelle "franche présence" pourrait échapper aux prises du Même23 ? N'est-ce pas bien plutôt en l'inscription de la donation des choses dans un horizon intentionnel que s'ancrent. p. p."franche présence d'un étant"22. sans relever de visées subjectives préalables. comme précédant mes visées sans pour autant qu'il soit question d'inadéquation2t ? Bien plus.à la manière de Henry .

comme une chose sensible.: même(. 183) 28 Cf. "Lévinas parle en fait de l'infiniment autre. et déborde l'image plastique qu'il me laisse. p. p. p. comment peut-il envelopper }"'inadéquation par excellence" si. pour ne pas revenir au Même. Seulement. sa présence ne peut se résumer à cette présence sensible. parce que... Lévinas reconnait cette nécessité : le Visage se donne d'abord intentionnellement. plus précisément. comme chez Husserl. avec Lévinas.S Tl. 183. 138. p. p. .)-l'idée adéquate. 31 TI. comme le souligne Derrida. ) p. D'après ce dernier. autrui se donne. 216.. d'apparaître. se phénoménalise comme tel ou comme autre selon l'apprisentation thématisée dans la cinquième Miditation Cartisienne. En effet. il a "une apparence sensible"30. c'est-à-dire sur le (registre du) Même? A cette question précise Totalité et Infini donne une réponse précise. 43. adéquate au Moi. le visage s'exprime dans le sensible". "l'exceptionnelle présentation''2S du Visage. Husserl "se donne le droit de parler"26 d'autrui comme tel parce qu'il reconnaît sa phénoménalisation intentionnelle.. ) il se prive du fondement même et de la possibilité de son propre langage"27. pour que le discours qui en parle ne soit pas livré à l'absurde.124 LA PERCÉE DU VISAGE Attachons-nous donc à préciser. Ainsi Derrida souligne-t-il la nécessité pour le Visage de se donner intentionnellement. 7:7 ED. )?" (ED. pour apparaître comme non-apparaissant (en originai)28. 30 Respectivement Tl. ) est ( . souligné par Denida. souligné par Denida. 221. mais. il est utile de considérer la comparaison de Lévinas et de Husserl proposée par Derrida dans "Violence et métaphysique". s'il est vu. 26 ED. "Le visage d'Autrui détruit. Au contraire. dans Totalité et Infini. l'idée à ma mesure (.. à tout moment.. " . Aussi consiste-t-elle en une destruction incessante de celle-ci. serait-ce.. D'où ce questionnement denidien (à propos de Lévinas) : "Qu'est-ce qui l'autorise à dire "infiniment autre" si l'infiniment autre n'apparaft pas comme tel dans cette zone qu'il appelle 1 .. 2. A cette fin. ED. p. comme le suggère Derrida.. p. Mais si le Visage apparaît. le Visage doit apparaître et."3! Cette proposition lévinassienne n'est pas sans évoquer la description husserlienne de l'inadéquation intentionnelle : "tout cogito (. p..comme dans toute son œuvre-. . en refusant d'y reconnaître une modification intentionnelle de l'ego ( . 216. pour Lévinas "le voir n'ouvre que sur l'extériorité illusoire et relative de la théorie et du besoin"29. Nous soulignons. 183. 29 ED. 181.. Tl..

aussi MLa signification et le sens" (1964) in HA. p. 1-111. 38 TI. est donné comme "explicitement visé". 72).. ) le visage dlchire le sensible" (TI. au lieu de signifier latéralement et relativement à un contexte. Nous soulignons) . "Inadéquation et subjectivité" (ML'absorption du sujet par . toute l'approche de Totalité et Infini consiste à affranchir la "donation" du Visage de tout horizon . Mais suffit-il de définir !'"apparaître" du Visage comme une percée du monde sensible pour que cet "apparaître" ne relève plus du Même '! Non : dans la mesure où tout ordre mondain. 215-216. au lieu de déborder latéralement comme les choses. 36 "Que la relation avec l'étant soit invocation d'un visage( . ). Feron le note également Cf.. 34 Cf. adéquate au Moi). p. une percée de ce registre . 72. "Le Visage comme "franche présence" ?". "Adéquation ou inadéquation?". p. trouant ou perçant le contexte dans lequel il apparaît d'abord37 : "le visage encore chose parmi les choses.. 37 Aussi la description de la "donation" du Visage comme "sam conwcte" (TI. en rompant. Pour le dire autrement. Nous soulignons "à tout instant". Nous soulignons (pour Lévinas une chose est do* d'une/orme si elle prend sens dans un système ou un contexte. Lévinas ne souligne que "étant''). Autrement dit.intentionnel notamment34. Cf. le Visage signifie ou déborde en profondeur36. perce la forme qui cependant le délirnite"38. Mie visage s'exprime dans le sensible (. ) perce toutes les enveloppes et généralités de l'être"35. 216. la destruction. par-delà le monde sensible. Nous soulignons. 43. 35 TI. Ou encore : " .. Prlface. SO-S 1. du donné et des choses au sein duquel apparaît d'abord le Visage. 33 Cf. p. autrui désigne "quelqu'un qui a percll'écran du phénomène" (TI. p.. etc.. l'abstraction du visage est 32 MC. elle ne peut signifier. Ils indiquent bien plutôt une rupture d'avec le registre du voir. p.125 "signification" de la chose qu'il vise. il convient de distinguer soigneusement ce dépassement husserlien de celui du Visage. p. et où le Visage s'affranchit du registre du Même. p. Nous soulignons) . un rapport avec une proforukur plutôt qu'avec un horizon. arrière. à l'instant même. est pour Lévinas adéquat39. la signification du visage perçant toute forme" (TI. qu'une percée mondaine. cette percée doit non seulement percer le monde sensible mais aussi le monde ou l'être comme tel. un autre monde.d'où l'explicitation lévinassienne de la proposition citée plus haut : "Le visage( . etc. p. le paragraphe précédent de ce chapitre.. Par conséquent. § 20.. QL. " . 1-111.une troule de l'horizon-" ("L'ontologie est-elle fondamentale 7" in EN. Cf.. voilé. par exemple TI."32 S'il semble légitime de considérer qu'en thématisant un dépassement incessant de tels textes husserliens préfigurent la pensée lévinassienne de l'inadéquation33.. (elle ne désignerait. 101. 39 Cf. 23. mais cette "signification" dépasse à tout instant ce qui.. 8) apparaît-elle quelque peu imprécise : le Visage se "donne" moins sans oontexte qu'en perçant le rontexte. 97-98. le débordement évoqués par Lévinas ne désignent pas un renvoi du vu au non-encore-vu ou du donné au non-encore-donné. si tel était le cas.. l'être en tant que tel. En effet. ) mais (. Nous soulignons). p.

Résumons. d'abord. 71. aussi "La signification et le sens" in HA. 52. c'est le transcender-même de cet audeltl qui est signijication. après avoir évoqué "l'unique modalité possible de la transcendance"45. plus loin dans ce chapitre. 42 Suffit-il de percer le monde comme tel pour percer le registre du Même comme tel ? a. a. 1-V. p.. 71. . p. du monde ou de l'être comme tel. p. 4S In EN. Que Lévinas constitue la transcendance précisément selon une percée. 46 In EN. Que la transcendance du Visage désigne précisément une percée de l'immanence comme telle. comme le suggère ce texte insistant sur le "transcender" de la transcendance.comment le Visage peut-il apparaître sans revenir au Même ? .ce qui assure un fondement au discours qui en parle . au-delà de la visibilité ne s'expose aucune signification qui serait encore thématisée dans son signe . 44 AE. 62. voilà qui explique pourquoi Lévinas décrit avec 40 "La sigrùficalion et le sens" in HA.. a."44 C'est précisément cette constitution de la transcendance comme percée de l'immanence comme telle que met explicitement en évidence l'étude "Un Dieu Homme ?'' (1968) où. 43 DD..Lévinas répond : le Visage apparaît. p.126 visitation et venue qui dérange l'immanence sans se fixer dans les horizons du Monde"40 . d'une percée du lieu. 41 AE. ne conduit nulle part (dans l'être ou dans le monde) car il relève précisément d'un transcender.ou un profond débordement. un déchirement ou une percée du monde. Nous soulignons. p. le transcender. Nous soulignons.puis les perce et en les perçant perce précisément le monde. Cette expression est le litre de la première parlie de De Dieu qui vielll d l'idle. A la question soulevée par Derrida. en perçant le monde sensible. " . le Visage. Nous soulignons. assignant un terme au passage de la transcendance. 16. "la faillite de la transcendance ne serait alors que la faillite d'une théologie thématisant. de l'immanence et du registre du Même comme tels. "L'idée de Dieu comme double débordement 7". Lévinas précise qu'elle consiste à "Percer l'immanence sans s'y ordonner" 46. souligné par Lévinas. souligné par Lévinas. p. dans le logos. p. le figeant en "arrière-monde""41.en une "rupture de l'immanence"43. Ainsi la transcendance en tant qu'"inadéquation par excellence" consistet-elle précisément en un transcender. l'immanence et le registre du Même comme tels42. "La rigueur de la transcendance" (''La profondeur de la percée'').de l'immanence comme teUe. Nous soulignons (Lévinas souligne ''transcender'').c'est-à-dire la seule modalité qui ne réduise pas la transcendance à l'immanence et au Même-. notre étude de son point de vue sur l'idée de l'infini canésienne l'avait déjà nettement mis en évidence. Bref. 15. 158. dans le monde sensible et dans le registre du Même.

p. . celle-ci n'est-elle pas. Lévlnas le souligne souvent. de s'arracher et de faire exception aux formes plastiques de la présence et de l'objectivité. Cf. Cf.. p. "49 Cette forme de la transcendance comme percée (de l'immanence) est manifeste dans toute l'œuvre lévinassienne depuis Totalité et lnfiniSO. 212. p. dans son énigme ou ambiguïté. aussi "Enigme et phénomène"' in EDE. ) en dehors du contexte du monde et qui ne cesse pas. SO Qu'il nous suffise ici de citer ce passage de la quatrième de couverture de De Dieu qui vient c2 l'idü (1982) où Lévinas évoque la "Signifiance originelle du visage perçat1t sans cesse ses formes plastiques" (nous soulignons). Nous soulignons. pour le dire autrement et simplement. Que la transcendance. 213.. l'altérité du visage qui originellement signifie ( . p.. n'implique-t-elle pas également une rupture ou une percée de la conscience accueillant le Visage ? Ou. SI (note 24). précisément débordée ? La subjectivité ainsi instituée ne sera-t-elle pas également ambiguë en tant que participant de la conscience et de ce qui n'en relève plus51 ? 47 Cette ambigullt et cette tnigme sont thématisées après Totaüti et lrif"mi. si le Visage précisément déborde le Même...qu'il perce.127 insistance la transcendance comme énigmatique ou ambiguf41: " . 48 "Un Dieu Homme ?"in EN. "Un Dieu homme?" in EN. "Du Visage au Soi". pour la première fois. 185. p. Le Visage participe ainsi en quelque sorte de deux ordres . SI Cf. 71-73. le Visage participe nécessairement de l'immanence et de ce qui n'est plus immanent ou.. pour le dire autrement. "Dieu et la philosophie" in DD. 73. "De la conscience à la veille" in DO. AE. p. 251·252. 127.. p. en face du Visage. pat exemple "Enigme et phénomène" in EDE. dans ce chapitre. semble-t-il.celle du Visage comme du Soi -soit inséparable de l'ambigullé. 49 "Diachronie et représentation" in EN. "48 En tant qu'il perce l'immanence. en cette double participation tient l'énigme ou l'ambiguïté de sa transcendance : " . c'est-à-dire la conscience et ses pouvoirs. p. interrompt ou à laquelle il s'arrache. l'ouverture de l'ambiguïté où se glisse la transcendance .. dans "Enigme et phénomme" (in EDE).. que celle-ci soit nécessaire l celle-Il. le Visage est (d'abord) visible mais ne se résout pas en sa visibilité ...même lorsque la transcendance n'est plus seulement lue dans le Visage mais aussi dans la subjectivité : si la transcendance du Visage consiste en une rupture ou une percée du registre du Même.

p. Objectivité de la justice ( .. Alors que celles-ci apparaissent dans un contexte comme figées.. 227. 103)). . p. 65 et l'analyse de Feron.. dans Totalité et Infini.en tant qu'incessance . Comme le note à plusieurs reprises Feron54. incessante.. p.. 43. Cela implique. Avec l'incessance semble apparaître ainsi la seconde puissance de la transcendance. Prtface.. cette dimension temporelle est.. Nous soulignons. 55 "Dans l'idée de l'infini se pense ce qui reste toujours extérieur à la pensée. celle qui amplifie ou rend encore plus transcendante la transcendance 52 Cf. dans le visage de celui ( . ) qui ne cesse pas (. 43. aussi Tl. p. Cela signifie également que la présence du Visage est inséparable d'un déploiement temporel : elle est. objet de nos analyses au paragraphe précédent. 56. tout d'abord. "L'apparition est une forme figée ( .) de s'arracher et de faire exception aux formes plastiques de la présence et de l'objectivité"53. La présence en question est ceDe du Visage. ) offusquant l'altérité du visage ( . Cf. Cf. Davantage. p.. "Diachronie et représentation". p. cette incessance implique en elle-même. QL. aussi Tl. ) qui se présente en défaisant. le Visage non seulement perce ou déchire le contexte comme tel mais ne cesse de le percer ou de le déchirer. 61. plus exactement. aussi Tl.. texte publié plus de vingt ans plus tard (en 1985) et reprenant la description du visage (comme percée incessante) proposée par Totalité et Infini. à la fois omniprésente et implicite." (TI.. Nous soulignons avec Feron (cf. 56 Tl. 53 In EN. 100. le souligne : "Appel à la re-présentation qui ne cesse pas de recouvrir la nudité du visage et de lui donner contenu et contenance dans un monde. 57 Tl. 67-68. QL. ) alors que ( . de la conscience et du Même.. Nous soulignons. p. 215.. p. 224. 63-65.. ) s'accomplit l'afflux ininterrompu d'une présence qui déchire le voile inévitable de sa propre apparition"57. p..l'ouvrage s'attache plutôt à considérer la "franche présence" du Visage -elle apparaît dans la plupart des descriptions de l'idée de l'infini55 (souvent équivalente dans cet ouvrage à la "vision" du Visage) et du Visage : " .128 LA TRANSCENDANCE COMME PERCÉE INCESSANTE Selon la citation de Totalité et Infini. sans cesse. le Visage non seulement détruit son image plastique mais la détruit à tout moment52. l'équivoque de sa propre image"56.. 54 Cf. Cf. Cette incessance semble constituer le second caractère de la présence du Visage l'opposant à celle des choses comme telles. 185.un débordement du Moi. Tl. Sans faire l'objet d'une insistance particulière . QL. 224. 131. p. p.. que cette image ou cette forme mondaine (ou immanente) tend à le recouvrir à tout moment. 103-104. 10.

Nous soulignons) Cf. le surplus semble désigner la temporalisalion (ou l'incessance). le relever semble néanmoins pertinent dans la mesure où l'évolution de cette œuvre. p. 227. Si celle-ci ne procède jamais explicitement à un tel "partage" de la transcendance en deux dimensions60. p. 61 Cf. 7. QL. . à partir de Totalité et Infini.. ( . aussi TI. aussi "De l'Un à l'Autre" in EN. dès Totalité et Infini Lévinas semble s'employer à constituer la transcendance selon une radicalisation de la percée incessante de l'immanence ... 240. Nous soulignons. p. 98.)Sans cesse il perce ces formes. l'incessance de sa présence ne circonscrit-elle pas un indéfini. la mort de la subjectivité accueillant le Visage ne contraint-elle pas cette incessance à se bomer au fini de son existence et donc à s'inscrire dans le registre du Même ?62 LA RIGUEUR DE LA TRANSCENDANCE La rigueur de l'incessance Lévinas cherche à instaurer une transcendance rigoureuse. 166. Si le Visage ne revient pas au Même ce n'est donc pas seulement parce qu'il perce l'immanence comme telle.129 enveloppée par la percée (première puissance). "Adéquation ou inadéquation ?" et 1-V. S9 "La proximité de l'autre est sigrùfiance du visage. 173. une amplification ou une radicalisation de ces deux dimensions . surplus incessant qui accomplit l'infinitude de l'infini" ss. 60 Putois même. Car ne peut-on considérer que la percée du Visage relève encore du monde et de l'immanence comme de ce qu'elle perce ? En outre. une "inadéquation par excellence". c'est plus exactement parce qu'il ne cesse de la percer: " . 62 Ces trois questions sont posées par Feron. p.comme si celle-ci demeurait insuffisamment transcendante ou rigoureuse et n'enveloppait pas encore !"'inadéquation par excellence". 130. Cf. "Questions et réponses" (entretien de 1977) in DD. un simple prolongement du fmi conune celui qui semble régir la temporalisation et l'inadéquation husserliennes61 ? Enfin. "L'idée de Dieu comme double débordement ?" (''Le profond débonlemem de l'idée de Dieu''). Cf. le futur inanticipable l'incessance.. p." (''De l'Un à l'Autre" in EN. l-Ill. 104-105. Préface. p. TI p. Ceci dit.le passé immémorial prolongeant en quelque sorte la percée.. A cette fin doit contribuer la conquête d'une incessance ne relevant plus d'un simple prolongement temporel indéfmi mais SB Tl. peut être considérée comme enveloppant un approfondissement. Cette structure ou forme de la transcendance conune percée incessante de l'immanence est manifeste dans toute l'œuvre de LévinasS9. Cf..

Apparaît ainsi un certain changement de perspective de la part de Lévinas. Plus je réponds et plus je suis responsable .inverser les rôles et définir la transcendance selon l'éthique (puisque cet accroissement qualitatif est celui de la responsabilité). Nous soulignons). 120.évinas.. mais un accroissement de la responsabilité. elle. inscrit l'éthique dans les formes en elles-mêmes non-éthiques de la transcendance (la percée..) signification de l'au-dell de l'êtte.et ne pas relever d'un accroissement simplement quantitatif et indéfini (plutôt que qualitatiO ? Faut-il dire que le Visage perce de plus en plus l'immanence ? Mais que pourrait signifier ce "de plus en plus" ? A ces questions. la seule réponse que semble proposer l'œuvre lévinassienne est d'ordre éthique. "Dieu et la plùlosophie" in DD. au fur et à mesure qu'elle s'assume"63. p. passif qui s'accroft: l'infini comme infinition de l'infini" (AE.. plus j'approche du prochain dont j'ai la charge et plus je suis loin. p. en considérant la nature de l'incessance en laquelle s'inscrit le face à face de la subjectivité et du Visage. en outre. 219. 115. . 114 (note 15). l'incessance. de s'accroître. en général. le passé immémorial). Cette solution est confinnée dans Autrement qu'lire : " .. 64 "Dieu et la philosophie" in DD. comment la temporalité se déployant selon cette incessance pourrait-elle ne pas envelopper une simple répétition . En d'autres termes.de cette percée du Visage . il semble sur ce point précis . s'intéresser inversement à la signification que prend l'éthique et décrire non plus "la signification éthique de la transcendance"64 mais la signification transcendante de l'éthique65 . il semble. cette responsabilité ne cesse. 274. alors que Lévinas... en premier et indépendamment de l'éthique . de la transcendance et non pas l'éthique que (. en général. Incessante. comme s'il 63 TI. 65 Ces deux attitudes inverses semblent adoptées par Lévinas dans une note de "Dieu et la plùlosophie" : "C'est la signification de l'au-delà. 149). conquise. Ce "de plus en plus" concerne la responsabilité-pour-autrui du Soi signifiée par le Visage. Son tenne n'est pas une fin. aussi AE. ) se distingue du Sollen car la proximité n'est pas une approche simplement asymptote de son "tenne". Mais comment définir ce "de plus en plus" ? Dans la mesure où le Visage ne cesse de percer l'immanence. Cf. p. p.. souligné par l. p. Alors que celui-ci. car en notre étude recherche. "L'infini ne traduit pas son immensité actuelle..comme si les dimensions en elles-mêmes non-éthiques de la percée incessante étaient trop petites pour accueillir la transcendance comme "inadéquation par excellence". n'instaure l'éthique qu'en second -comme signification que prend la transcendance. p.130 enveloppant un accroissement qualitatif: le long de l'incessance de la présence du Visage doit se développer un "de plus en plus". l'infini (. Elle la trouve dans dehors de toute finalité dans une responsabilité qui toujours s'accroC(' ("Dieu et la philosophie" in DD.l'accroissement qualitatif enveloppé par l'incessance .

si cette mort ne met pas un terme au déploiement de la transcendance. il est "donné" dans le Visage selon une futurition 71. c'est que. 66 67 . p. Inanticipable. le "temps infini" sans faire référence à la fécondité69. 74 "Diachrorùe et représentation" in EN. 335. Lévinas adopte donc ici à nouveau la démarche consistant à défirùr la transcendance indépendamment de l'éthique (puisque ce "temps infini" n'est pas en lui-même éthique). 335-336. 192. dans un "temps infini"67. 12 Aussi l'étude "Diachrorùe et représentation" la décrit-elle comme "rupaue de l'ordre naturel de l'être" (in EN. selon une percée de l'être ou du (registre du) Même comme tel72. "la fécondité libère le sujet du définitif de la mort. 70 Ici encore nous utilisons les guillemets pour signifier combien ce futur ne désigne pas une chose qui serait inadéquate. "De l'Un à l'Autre" (1983) et "Diachronie et représentation" (1985). depuis Totalité et Infini. La radicalisation de la transcendance (comme percée incessante) à laquelle procède Totalité et Infini ne repose pas seulement sur la définition d'un "de plus en plus" . p. p.. si la profondeur (de la percée) de la trace est un "passé qui me concerne ( ."66 Bref. dans une étude juste postérieure à cet ouvrage. Précisément. comme le souligne Feron. 45. tout comme la trace. dans Totalité et Infini. 73 "De l'Un à l'Autre" in EN. "La signification et le sens" in HA. cette futurition du Visage semble jouer dans la dimension du futur exactement le même rôle que la trace du Visage dans celle du passé. 105. ) en dehors de toute réminiscence.éthique . "Diachrorùe et représentation" in EN. Lévinas semble considérer la fécondité comme permettant de déployer. de toute référence à un présent remémoré"73. D'abord.131 fallait donc confier à l'éthique le soin de relayer cette percée et de déployer une telle transcendance. p."74 QL. symétriquement. sensiblement évolué. Mais considérer une telle futurition nous reconduit à examiner le problème de la percée du Visage. la transcendance68. Nous soulignons). 71 Cf. "un futur qui ne me parvient pas comme un à-venir. souligné par Lévinas. Plus précisément. Sur ce point. TI. Ensuite. comme horizon de mes anticipations ou protentions. celle de (la percée de la) futurition désigne. p. 68 Cf. p. 69 Cf. thématisent explicitement ce "futur rigoureusement inadéquat"70. 192. 192. pour Lévinas. de toute rétention. Deux textes récents. la futurition semble structurée. inimaginable. TI. 172. p. il semble que Lévinas ait. de toute représentation. Ainsi décrit-il. p..mais aussi sur celle d'un temps qui est au-delà de la mort de la subjectivité (accueillant le Visage).

à la lumière par exemple de l'étude "Diachronie et représentation" . à étudier la signifiance exceptionnelle de la trace" (in HA.répondent . souligné par Lévinas). 231). au-delà sur lequel déboucherait en quelque sorte la percée du monde comme tel que désigne le Visage78.132 Avant d'expliciter ces questions. Cest à cette dernière que nous faisons ici reférence.mais constamment . 80 Ainsi. 52). notons que la thématisation de la futurition peut être considérée comme l'aboutissement ou la radicalisation de ce qui n'est qu'esquissé dans Totalité et Infini : la constitution de la transcendance selon un déploiement temporeJ7S. "La trace de l'autre" est également repris et intégre dans une étude plus large : "La signification et le sens" (1964). concernant la presence du Visage. deux textes de Lévinas rédigés après Totalité et Infini. Certes. aussi TI. .et cette réponse tient en l'étude de la traceso. 52. 78 Cf.. 76TI.. p. 51. La profondeur de la percée Si l'incessance du Visage est omniprésente dans Totalité et Infini.place à un déploiement temporel.meme si celle-ci laisse discrètement . il n'en demeure pas moins que l'insistance de cet ouvrage sur sa "franche présence"76 semble. cette "franche présence" relève d'une percée du monde et du registre du Même comme tels mais précisément en tant que telle.) Comment le visage peut-il ne pas être simplement représentation vraie oil l'Autre renonce à son altérité 1 Pour y repondre nous aurons. 79 Ces deux textes sont regroupés dans la seconde édition de En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger. les analyses de Totalité et Infini (cf. in HA. Mais quel est cet au-delà? A cette question. p..contestant fortement le privilège philosophique du présent . 77 TI. p. Lévinas semble soucieux de mettre en évidence cette rigoureuse non-mondanité du Visage ou la profondeur de sa percée. elle ne peut signifier aucun monde (toujours adéquat ou immanent) : "l'abstraction du visage est visitation et venue qui dérange 1S Nous l'avons dit: dans Totalité et Infini la transcendance (ou l'infini) du Visage est surtout pensée l partir de sa "franche presence" . 236. p. Lévinas allant jusqu'à considérer un "iœpuisable futur de l'infini" (TI. quelque peu problématique. 73.qu'elle se "contente" de percer? Dès Totalité et Infini. ne demeure-t-eUe pas fmalement prisonnière du monde. en terminant. Que peut signifier la trace du Visage ? En tant que percée du monde comme tel. p. 62. Il y précise en effet que le Visage procède d'un "au-delà du monde''77."La trace de l'autre" (1963) et "Enigme et phénomène" (1965)19 . elle precise ensuite : "Comment une telle production possible 1 (. p. si l'étude "La signification et le sens" reprend d'abord.

67. 86 Cf. "Mais ne recherchons-nous pas encore ce dont procède le visage comme sphère. 64. 84 "La signification et le sens" in HA. comme monde derrière notre monde '!''114 Mais comment définir un tel "terme". Ainsi. toute donation adéquate ne donne que du mondain83. p. Cf. revient à la recherche d'un "terme" absolument non-mondain. Ce qui ne s'inscrit en rien dans l'être comme BI "La signification et le sens" in HA. souligné par Lévinas.celle-ci circonscrivant une position en soi puis une manifestation adéquate à la conscience86 . 53. p.comme celle de Laruelle . le doute qui s'y déploie invalide précisément son "milieu de visibilité" ou "le voir apodictique de l'évidence prétendument indubitable". d'autre part. Cf. Y répondre exige une définition de la mondanité comme telle. C'est en vertu de cette équivalence que la recherche de la signification de la trace. 1-IV. "La signification et le sens" in HA. aussi "La signification et le sens" in HA.c'est que la trace signifie au-delà de l'être. ne donne plus." ("La signification et le sens" in HA. p. 83 Ou. p. c'est-à-dire de ce dont procède le Visage en tant que percée du registre du Même comme tel. 64. de définir celle-ci par opposition au mondain comme tel '! Oui .du moins du point de vue de ce dernier. comme lieu. en creux.de donnt relevant du mondain ou de l'etre.lequel revèle et introduit!' Absent signifit dans l'inlmanence. pour le dire de manière logiquement équivalente.133 l'immanence sans se fixer dans les horizons du Monde''111.car le mondain et le registre de l'adéquation ou du Même semblent considérés par Lévinas comme strictement équivalents dans la mesure où tout ordre mondain est adéquat82 et aussi où. et. "lnadtquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'être''). si elle est adtquate. 66. avec Lévinas : "si la signifiance de la trace. ss Les trois passages citts dans cette phrase proviement de "Philosophie et subjectivit6" in EPU. 65) n faudrait ici considtrer le cas particulier de la donation comme telle de Marion qui.le début de "Enigme et phénomène" donne de même.enveloppe un tel questionnement. ne se transfonne pas aussitôt en droiture qui marque encore le signe . Suffit-il dès lors. que la Vie comme auto-affection inextatique est la seule réponse à la question qui prolonge logiquement la description de l'universalité du doute : "Mais que reste-t-il alors '!''115 En définissant la mondanité ou l'être comme tel en tant que présence . 82 Cf. d'une part. réciproquement. qu'en invalidant la totalité du monde. la solution de Lévinas. 1-111. 62. dans sa lecture des Méditations métaphysiques de Descartes. p. aussi "La signification et le sens" in HA. c'est parce que Henry définit cette dernière comme reposant sur la phénoménalité extatique du voir qu'il peut affirmer. pour conquérir sa signification. . 62. p. Cf. 52. comme monde '! Avons-nous été assez fidèle à l'interdiction de rechercher l'au-delà. un tel "au-delà" '! La problématique de Henry . ne s'inscrivant plus dans le monde (ou l'être) comme tel. p.

en "apparaissant" comme trace . p. 211. participent encore de lui. d'une part. .un à-venir . Seuls "termes" ne s'inscrivant plus dans l'être ou dans le monde comme tel. Nous soulignons.du Visage en tant qu'elles désignent une percée (ou un arrachement) du monde (de l'ordre mondain) et du Même comme tels. 90 HA. Avant d'envisager la thématisation lévinassienne de la subjectivité. 67. 1-111. "Adéquation ou inadéquation ?" Rappelons par ailleurs que seuls deux textes récents thématisent explicitement ce futur. "La rigueur de l'incessance". "90 "La signification et le sens" et "Enigme et phénomène" .. Celleci est structurée selon une percée incessante de l'immanence comme telle. "Pour que l'arrachement à l'ordre ne soit pas ipso facto participation à l'ordre.et comme futurition . ce passt immtmorial . imaginé ou anticipéBB.et ce futur inanticipable . le Visage.134 telB7 ne peut désigner. ) le point où le monde s'incline vers un passt et un temps."89 En somme. 73.. selon cette définition. dans ce paragraphe...thématisée. aussi "Un Dieu Homme ?" in EN. p. "La trace est(.. Nous soulignons.et de la futurition .et à un futur inanticipable. a. elle. c'est-à-dire ce passé immémorial -et ce futur inanticipable. d'autre part.sont les seules significations possibles de la trace . a. que cette percée signifie un passé immémorial et un futur inanticipable. 89 "Enigme et phénomène" in EDE.. Mais. il convient de préciser. 87 Par ce "en rien" nous voulons marquer la différence entre le "tenne" que nous cherchons et le . Visage ou la trace qui. perce l'horizon du monde et du Même comme tels pour "mener" à un passé immémorial. que cette incessance enveloppe un accroissement qualitatif d'ordre éthique : la responsabilité-pour-autrui du Soi signifiée par le Visage ne cesse de s'accroître. résumons notre analyse de la révélation du Visage et de sa transcendance. afin de saisir sa radicalité.et ne pouvant être protenu. eux. c'est-à-dire un "terme" n'ayant jamais été présent. qu'une non-présence. 88 Sur les rapports entre ces deux types de détenninations de ce passé et de ce futur. que le passé de l'Autre n'ait jamais été présent. ) précède son entrée dans l'ordre. cf. p. il faut que cet arrachement ( . ni en soi ni à la conscience : un passé n'ayant jamais été présent et ne pouvant être remémoré (ou retenu) ou un futur n'étant pas un futur présent . en tant que perçant l'etre. dans cet ouvrage .ainsi que "De l'Un à l'Autre" et "Diachronie et représentation" -prolongent ainsi Totalitt et Infini en donnant la profondeur de la percée du Visage .

si l'on étudie le "terme" auquel le Visage est "inadéquat''94 (ou le "terme inadéquat" au Visage) : on évoquera alors la "transcendance de la vie"9S. 10. p. Tl. Bien loin de consacrer l'indépendance de celle-ci relativement au Visage. il s'emploie ainsi à tirer les conséquences pour elle de la révélation du Visage . la transcendance est lisible non seulement dans le Visage. p. en ellemême. 9S "La Philosophie et l'Eveil" in EN. Bref..et toute l'œuvre confirme cette conquête de la subjectivité "à partir d'une phénoménologie du visage''91. 92 Essentiellement centré sur Autrement qu'ltre.si l'on s'attache au "terme inadéquat" à la subjectivité (ou auquel la subjectivité est inadéquate) : il est alors question "de l'éclat ( . Nous voulons simplement ici souligner combien !"'inadéquation par excellence" engage. Cf. lOS. Nous avons souligné combien il convenait pour préciser la forme et la radicalité (ou la profondeur) de la transcendance du Visage. p. Dès Totalité et Infini Lévinas &Monce que la subjectivité authentique est celle qui accueille le Visage d'autrui. ce paragraphe ne s'intéresse pas au futur inanticipable signifié par le Visage. 94 Précisons le à nouveau : il est inexact de considérer le Visage comme un ''terme inadéquat". Mais en tant qu'elle enveloppe !"'inadéquation par excellence". p. Justifions tout d'abord notre utilisation du terme de percée. Ainsi l'épreuve du Visage n'est-elle pas seulement radicale mais plus exactement. ) de la transcendance dans le visage d'autrui''93 -mais aussi dans la subjectivité. 91 Emmanuel LéviNJS. radicalement subjective ou humaine. deux dimensions.. en tant qu'instituant la subjectivité ou l'homme. Préface.voilà la thèse que nous défendons dans ce paragraphe92. souligné par l. si nous privilégions le terme de "percée" pour décrire le Visage et la subjectivité c'est d'abord parce qu'il convient à la forme et à la radicalité de la transcendance et ensuite parce que celle-ci se déploie identiquement dans le Visage et dans la subjectivité. . relatives à la subjectivité et au Visage. Et cette transcendance de la vie est identique à celle du Visage : dans la stricte mesure où le Visage perce (incessamment) le registre du Même.de ce qui est adéquat à la conscience-. Mais quelle est cette subjectivité ? Parce qu'elle s'institue en face du Visage en tant que percée incessante de l'être comme tel dans la profondeur du passé immémorial. la subjectivité comme Soi est également structurée selon cette percée . celle-ci est percée (incessamment). 12.135 DU VISAGE AU SOI C'est après Totalité et Infini.évinas.et notamment dans Autrement qu'êtreque Lévinas s'attache à la subjectivité en tant que telle. Préface. 90. 93 Tl..

cette transcendance ?96 De la percée du Visage à celle du Soi Dans Réduction et donation. puis perce son registre et celui du Même. pour le Visage (comme nous l'avons vu) et pour la subjectivité (comme nous allons le voir). Bref.ou respectant la spécificité de . ne sont pas abonl6es dans cet ouvrage. 96 Ces questions. dans son œuvre. l'exclusivité. Cette identité ne nous donne-t-elle pas à penser que le Je en face du Visage se définit.par exemple celle comme percée ? La multiplicité de ces descriptions de la transcendance ne circonscrit-elle pas précisément le langage "adéquat". ce bouleversement de la conscience sera également incessant . Et si cette percée du Visage est incessante. relatives à la dicibilité et à la pensabilité de la transcendance. du savoir et du thématiser . Cette multiplication des termes désignant la transcendance. si le Visage se donne d'abord à la mesure de.136 Si Lévinas utilise souvent la "percée". éclatement. Y apparaissent de nombreux autres : débordement. Marion identifie le Je à la donation qui l'institue et cette identification signifie. conforme à . etc. . semble-t-il. loin de contredire notre interprétation.donc du thème même de percée ? N'est-ce pas pour respecter cette transcendance comme percée de l'immanence et donc l'irréductibilité du Visage (et du Soi) à tout thème.et la subjectivité disignera précisément un tel bouleversement incessant. rupture. ce terme n'a cependant pas. Ce sont elles qui nous conduisent à parler de la percée comme d'un problbM de la pensée 97 Cf. la révélation du Visage en tant que percée du registre du Même comme tel ne peut qu'instituer une subjectivité comme conscience bouleversée.la conscience. 1-IV. défection.à condition de considirer le Visage comme une percée incessante de l'être . arrachement. dénucléation. ne confirme-t-elle pas bien plutôt précisément sa structure comme percée de l'immanence. fission. que la nature du donné donné par cette donation et celle du Je sont identiques97. la subjectivité instituée par sa révélation ne doit-elle pas aussi être pensée comme participant de deux ordres correspondants : celui du Même et celui de l'Autre(-dans-le-Même) ? Plus exactement.ou adiquatement à .également comme une telle pen:ée? Si le Visage participe à la fois du monde (de l'être ou du registre du Même) et du non-mondain (de ce qui ne revient pas au Même). inversion. que Lévinas varie les descriptions et évite de l'amarrer à une description particulière . toujours immanent. il ne peut que la bouleverser ou la désarçonner (pour reprendre deux termes lévinassiens).

Et s'il se donne. p. 53. Nous soulignons. il nous faut donc ici souligner que le Visage disarçonM les vis6es intentionnelles plu!Ot qu'il ne les Néanmoins. 79."lOO Aussi est-il sans doute quelque peu inexact de considérer . ne saurait accueillir le Visage. d'abord. en tant qu'il se donne d'abord dans le sensible. la subjectivité comme conscience ne peut être que désarçonnée. n reprend en conséquence la percü du Visage sa phénoménalisalion intentionnelle initùlle (cf. dans cet ouvrage. note 1). 184. simplement opposée à la conscience. Car celui-ci se donne d'abord dans le sensible ou est d'abord un phénomène intentionnel -et Autrement qu'être relève. essentiellement présente98. 99 "Et cependant ( . participe de la conscience. Autremenl qu'ltre ne semble apponer rien de nouveau relativement à Totaliti et Infini et aux deux textes juste postérieurs (et étudiés plus haut) auxquels Alltremenl qu'ltre fait d'ailleurs reférence l propos du Visage (cf.la subjectivité.l'affection du Visage simplement comme impliquant une passivité radicale de la subjectivité. le Visage est pour ainsi dire moins pregnanL lOO "La signification et le sens" in HA. Dans les textes où il centre ses analyses sur la subjectivité en tant que telle. Cette distinction s'explicite parfois ainsi : la responsabilité précède (ou est en deçà de) la conscience. une conscience (intentionnelle). intentionnellement. adéquatement à la conscience. D'une manière générale. Autrement dit. comme Totalité et Infini. retournée ou bouleversée. "Insistons ( . souligné par Lévinas). dans une cerwne mesure. en insistant sur cette opposition entre la responsabilité comme relevant d'un passé immémorial et la conscience. De meme que nous avions precisé que le Visage rompt le contexte plutôt qu'il ne se se donne sans contexte (cf. d'abord. . etc. le cœur de la pensée lévinassienne de la subjectivité ? Non. cette phénoménalité du Visage99. pourquoi. Lévinas insiste incontestablement sur la distinction entre la subjectivité comme responsabilité qu'il décrit et les subjectivités définies par la philosophie comme conscience.. AE. il se montre à une connaissance comme si le plan du coMu était tout de meme ultime" (AE. ) sur le sens que comporte l'abstraction ou la nudité du visage qui perce l'ordre du monde et le bouleversement de la conscience qui répond à cette "abstraction". décrite dans des textes antérieurs. P· 241.comme tendent à le faire certains textes de Lévinas .137 Explicitons avec Lévinas cette conquête du Je. Qu'Ailtremenl qu'ltre cette percée du Visage. Le Visage. AE. parce que le Visage participe du monde ou du registre du Même. p. 54.. cela implique que la subjectivité qui l'accueille est. 52. p. p. la description du Visage comme précédant le sens doMé par les intentionnelles peut également se justifier dans la mesure où il est trace d'un lmmlmoriaJ. concernant la structure de l"'apparaftre' du Visage. explique sans doute.. AE.) le visage se fait apparoir et épiphanie . donne d'abord prise à l'activité de 98 Cf. dans ce chapitre. d'une précession qui tient au passé immémorial en lequel "naît" cette première. qui l'accueille.. Même. avant de signifier en perçant le sensible et le registre du Même. p. Mais a-t-on atteint. 144-145). Mais le Visage ne reste pas dans le monde et dans le registre du Même : il les perce et en face d'une telle percée. a. puisqu'une subjectiviU. aussi "La signification et le sens" in HA. "La percée du Visage'')..

106. plus haut dans ce chapitre. Le seul texte de Totalité et Infini où Lévinas détaille son analyse de la cinquième Méditation Cartésienne de Husserl est le suivant : "La constitution du corps d'Autrui dans ce que Husserl appelle "la sphère primordiale" ( . désarçonnement ou inversion qui serait impossible si le Visage n'était pas d'abord objet d'une visée intentionnelle. reste toujours un phénomène intentionnel et donc à la mesure de l'intentionnalitél06. lOS TI. même s'il se refuse à l'intuition. 10411. p. AE. p. dans chacune de ses étapes que l'on prend pour une description de la constitution. Alors que le Visage se donne d'abord intentionnellement avant de désarçonner la conscience intentionnelle. la compréhension de ce corps d'autrui. 63. un seul autre (bref) passage évoque cette Méditation de Husserl (cf. dans Totalité et Infini..mais plutôt le désarçonnèrnent (ou non) de la conscience intentionnelle. p.. "Dieu et la philosophie" in DO. comme d'un alter ego . Cf. ce ne semble pas être la reconnaissance (ou non) de la phénoménalisation intentionnelle d'autrui qui distingue Husserl de Lévinas .. "l04 Il semble moins souligner l'absence de phénoménalisation intentionnelle du Visage que "des mutations de la constitution d'objet en une relation avec Autrui" en face du Visage.. 1ID. 11. 160. les traumatise ou les inverselOI : "la relation" "avec l'autre homme" "est irréductible à l'intentionnalité ou (. Ancrée en une analyse de Totalité et Infini. ) Autrui me mesure d'un regard incomparable à celui par lequel je le d«ouvre.. 103 Cf.le Visage désarçonne autant cette conscience que cette liberté. 106 Cf. les désarçonne. il apparaît possible de préciser la comparaison des thématisations lévinassienne et husserlienne du rapport à autrui.. "La percée du Visage". p. p. p..dissimule. Autrement dit. . puis les défait. 101 Cf. l'autrui husserlien.. "Transcendance intentionneUe et "Même"''). il convient de préciser qu'en désarçonnant le Meme (dont il perœ le registre). Nous soulignons) 102 "Henœneulique et au-delà" in EN. des mutations de la constitution d'objet en une relation avec Autrui . Mais cette inversion( . où l'Autre se présente comme Autrui et où le mouvement la thémalisation s'inverse. A notre connaissance. l'étude "Violence et métaphysique" de Derrida semblait considérer que le point de divergence essentiel entre Husserl et Uvinas concernait la phénoménalisation intentionnelle (ou non) d'autrui103.) elle repose. 86. 63..138 la conscience et de ses représentations." (TI. 231).. Puisque le Même désigne autant la conscience (théorique) que la liberté du Moi en tant qu'eUes saisissent et s'approprient (cf. "Inadéquation et subjectivité" ("L'ego husserlien est-il absorbé par l'être ?"). c'est-à-dire le désarçonnement ou la "véritable inversion"l05 de la visée intentionnelle par le Visage. 88."!02 A ce stade de notre étude. ). Cette idée d'inversion de la conscience ou du regard intentionnel semble inhérente au concept de Visage (car un visage est autant vu que voyant). sur une intentionnalité qui échoue.tous deux considèrent autrui comme se donnant intentionnellement . d proprement parler. " . p.. 1-111. Nous soulignons.

Nous soulignons "s'inverse". d'autre part. "Inadéquation et subjectivité" (''L'absorption du sujet par l'être"). 111 "Un Dieu Homme?" in EN. 112 "Un Dieu Homme?" ln EN. dans ce texte. aussi AE. Nous avons souligné combien son analyse du Visage permettait de le considérer comme relevant d'une transcendance perçant l'immanence comme tellel09. d'une part. Cf. p. p."ll3 Que de cette rencontre du Visage découle. que cette rencontre ou cet "événement"ll4 ramène le Moi . s'en arrache. en conséquence. le Visage comme percée du registre de l'adéquation. puis s'en arrache. 147.. p. 75. une sortie de l'être. "le fait pour l'être de se vider de son être. . 74-75.à Soi liS et. Mais. où la relation avec auttui est décrite en ces termes : "L'"apprésentation" husserlienne qui n'arrive pas à la satisfaction. 75.expérience manquée . 107 In EN. 75. 110 Cf. p. etc. en sort : perce l'être.du Même . plus haut dans ce chapitre. du savoir ou de la représentation . p. "La percée du Visage".comme conscience toujours adéquate. d'une part. que ce retour du Moi m. 114 "Un Dieu Homme?" ln EN. parce qu'elle s'institue en face du Visage. cette analyse est immédiatement suivie d'une autre concernant la subjectivité. "Un Dieu Homme?" in EN. à l'accomplissement intuitif de la re-présentation s'inverse . du savoir et de la représentation 108 ? En d'autres termes. p. c'est-à-dire aussi une sortie hors de l'être. Cette inversion de la conscience désigne une sortie ou une percée de l'être (de cette conscience) par la subjectivité. liS Cf. souligné par Lévinas. 239. p. pour la subjectivité.139 Cest cette radicalisation lévinassienne de l'échec intuitif husserlien (en face d'auttui) en désarçonnement ou en inversion de la conscience intentionnelle que semble mettre en évidence l'étude "Herméneutique et au-delà". 75.en un au-delà de l'expérience. en sort : les perce. on peut également le souligner en notant. 108 Sur l'absorption du sujet par l'être thématiste par Autrtlllt!fll cf. la subjectivité est d'abord tklns l'être. absorbé par l'être. Parmi les nombreux textes illustrant cette thèse. d'autre part. en tant qu'il se donne d'abord tklns le registre du savoir et du Même. Elle précise que seul !"'apparaître" du Visage d'auttui (ou du prochain) est inadéquatllO et implique. en une transcendance" lOO. AE. 113 "Un Dieu Homme?" in EN. Comment pourrait-elle. 88. "Un Dieu Homme?" in EN. p.et. "Un Dieu Homme ?" (1968) est un des plus explicites. en face du Visage. 206-212 et l- 109 Cf. 76. "une défection"lll ou un "renversement"ll2 de la subjectivité comme conscience. ne pas sortir de l'être ou percer l'être alors que Lévinas décrit. l'absorption du sujet par l'être comme découlant de l'exclusivité de l'adéquation. puis. p.

Sur l'emphase de l'être (ou de l'essance) et sur l'absorption du sujet par l'être. (. 64) 119 Respectivement. le questionnement conduit dans Autrement qu'itre à propos de la subjectivité. sur sa percée de l'être.. 27 (nous soulignons). "Notes sur le sens" in DD. "De I"Un à l'Autre" in EN. 219.et des sujets philosophiques. celui-là. 233-234.. p. Cf. p. Ou encore : "La subjectivité est prkl. Nous revenons un peu plus loin sur la peninence du concept d'an-archie pour décrire la subjectivité). ne saurait accueillir le Visage en tant qu'il relève d'abord du sensible et du Même. 117 "Etre" et "esse(a)nce" sont équivalents dans la pensée lévinasslenne (du moins à panir d'AMtrement qu'itre) : ils désignent la position du monde autant que son ex-position à la conscience. etc.. traditionnellement décrits par la philosophie.sbnent le noeud et le dénouement -le noeud ou le dénouement.Ce texte concerne "La subjectivité" (AE. )expulsion hors l'être"ll6. c'est-à-dire "conduit" au passé immémorial). . parce que le Visage ne signifie pas un nouveau monde derrière le monde sensible. Que la subjectivité désigne précisément une . Cest ce que veut dire le titre du livre :Autrement qu'être. "La subjectivité (. etc."L'" au-delà" dont vient le visage" "n'est pas un "autre monde" derrière le monde. 30. p. p. Encore une fois. Pour aller où ? Pour aller dans quelle région ? Pour se tenir à quel plan ontologique ? Mais l'arrachement à l'essence conteste le privilège inconditionnel de la question : où ? Il signifie le non-lieu"IIB. p. "Inadéquation et subjectivité" ("L'absorption du sujet par l'etre"). de couverture (nous soulignons "la percée même du subjectif'). souligné par Uvlnas).) est le point de rupture de l'essence excédée par l'Infini" . p. qui l'accueille. relevant de l'ontologie (ou de l'essencel17).. 82. Uvinas souligne "o(l ?". 163. un tel sujet. 23. AE.derrière les sujets. a-Hm en effet été assez fidèle à l'an-archie de la passivité?" (AE. la percée même du subjectif. "une ( . "ll s'agit de penser la possibilité d'un arrachement à l'essence. 62. Sur l'arrachement à l'être de la subjectivité. "L'humanité dans l'être historique et objectif.comme tels dans la profondeur de ce "nulle part" (comme passé immémorial). Apparaît ainsi le parallèle entre la conquête du Soi et celle du Visage : parce que celui-ci précisément perce . 179. "Langage et Proximité" in EDE. 21. p. p. cf. "Avons-nous été assez fidèle à !"interdiction de rcchercher l'au-delà comme monde derrière notre monde?" (in HA.. aussi AE. D'une manière générale.140 au Soi indique précisément une sortie hors de l'être ou. Nous soulignons). p. p. découlant de sa rencontre du Visage. 20) mais serait également approprié au Visage. cf. 169. 1-111. ne désigne pas un nouveau sujet un nouveau "plan ontologique"."En exposant l"en soi de la subjectivité. p.ou s'arrache à . parallèle et opposé au Moi.s'identifie à celui proposé (notamment) dans "La signification et le sens" à propos du Visage. p. "Enigme et in EDE. est également précisément structuré selon une percée de (ou un arrachement à) l'être . "Herméneutique et au-delà" in EN. p.l'être comme tel et "conduit" donc nulle part (dans l'être. qui l'accueille. Plus précisément."tt9 116 AE. Cf. p. ) c'est l'être qui se défait de sa condition d'être : le désintéressement. 103. L'au-de/d est précisément au-delà du "monde"" (ln HA. 247-249. p. ne participant plus de la conscience ou de l'être. 118 AE.de l'essence et de l'autre de l"essence" (AE. 213. p. Le Soi de doit pas être compris comme un autre sujet derrière le Moi. "La Philosophie et l'Eveil" in EN. AE. le Soi. pour le dire avec Autrement qu'être.

p.à l'éveil du Même par l'autre. "De la conscience lia veille" in DD. dans la mesure où la conscience est toujours adiquate au monde comme tel . transcendance dans l'immanence. le sujet passant du Même. la percée du monde comme tel enveloppée par l"'apparaître" du Visage est aussi profonde que la percée de (l'être de) la conscience qui l'accueille ou. Quand Lévinas évoque. p. p.. p. Toutes suggèrent qu'elle participe de l'être. Autre dans le Même. 233-234). l propos de cette ambiguM subjective. ( . sa précession sur la conscience.. en décrivant cette dernim.) Le vivre de la vie . ainsi. de cet "éclatement" du "vivre". Nous soulignons 120 Puisque elle perce retre . p. 184) -. pour le dire d'une autre manière. celul-i:i par exemr. du plus ou de l'Autre) dans l'immanence (dans l'idée. de l'immanence ou du Même sans s'y absorber120. p.l travers l'essence implssible de l'etre ' ("Paix et (1984) in Altérité et tran. dans le contenant.excluant ou assimilant l'autre . Cf. 57.)Le cadre de l'ontologie se brise ici. dans le moins.et adéquate qu'au monde comme tel -. 232).."l2t Précisons la profondeur de cette "percée du subjectif'.. seul le Visage peut la donner : cette profondeur est donc celle du passé immémorial. dans l'être ou dans le Même).incessant éclatement de l'identification.141 C'est parce que la subjectivité est précisément structurée selon une telle percée que Lévinas utilise. )Le Même dérangé par l'Autre qui l'exalte.Je : "le sub}tctif comme tel serait percée .sctndanct.. de nombreux autres textes l'attestent explicitement.. il fait sans doute référence au passi immémorial comme à ce qui. "Le vivre de la vie. n'est-il pas excession : rupture du contenant par le contenu qui précisément. anime ou inspire '! ( . On peut désormais préciser le statut de ce passé immémorial relativement à la subjectivité comme Soi.puisqu'elle "est" donc . "Que peut vouloir dire cette antiquité pen:6e de J'eue. Par là nous voulons dire précisément que. idte de l'infini. En tant qu'origine de ceux-ci. qu'elle s'origine dans celle du Visage (cf. signifié dans le Visage. 144. p. des expressions comme autrement qu'être.la rdhoe. .tout comme le Visage. 121 MDe la conscience à la veille" in DD.. 23) ou d'une "ambiguné' (AE. la fois etre et dtslnttressement" (AE.. Lévinas ne souligne (deux fois) que "vivre". plus dans le nwins. pour la décrire. 47-49.d'une Mmigme" (AE. se dégrisant de son identité et de son être. le passé immémorial signifié par le Visage s'affranchit en quelque sorte autant du registre du monde que de celui de la conscience. ( . Un passage de l'ttude "Langage et clair en ce qu'il souligne proximilt" est. in EDE. inverse ou traumatise la conscience et institue le Soi. qu'elle relève précisément d'une percée de la transcendance (de l'infini. du contenu.

126 Cf.142 sinon le traumatisme de l'éveil ·?"122 Lévinas semble condenser le statut du passé immémorial en un concept utilisé. semble-t-il. le bouleversement.que la révélation de celui-ci n'est pas radicalement subjective -dans la mesure où cette révélation n'y est que très peu envisagée. Nous soulignons) Cf. indiquerait. En deçà. AE. n serait paniculièrement surprenant que le chapitre IV publié dans sa "majeure partie" (AE. 107). "La défection ou déjà défaite de l'identité du Moi -ce qui peut. Ou encore : "Qu'un passé puisse avoir signification sans être la modification d'un présem il aurait commencé.. p. Identité défaite jusqu'au bout.que Lévinas présente comme "la pièce centrale"12S de l'ouvrage -confirme nettement cette constitution du Soi selon J'anarchie. qui s'exprime précisément dans le terme anarchie. conquièrent le plus explicitement la subjectivité directement à partir du Visage. 177 Que le Soi soit institœ par la révélation du Visage. p. la rupture de l'immanence.l'anarchie . dans toute l'œuvre lévinassienne. 10 et AE.som parmi celles qui. p. 28) réunit ces deux traits de l'anarchie. dans ce chapitre d'Autrement qu'être. On peut considérer. p. p."Langage et proximité" (1967) et "Un Dieu Homme 7" (1 %8) . sans doute. p. que si la fin du 122 "Dieu et la philosophie" in DD. 185. c'est-à-dire selon la percée de l'être dans la profondeur du passé immémorial126. 237."124 Si le chapitre IV d'Autrement qu'être .comme ne s'instituant pas en face de lui 127 . 9) en 1968 consacre l'indépendance du Soi relativement au Visage alors que deux études contemporaines. Autrement qu'être l'affinne explicitement dans ses conclusions (cf. se dire événement du Soi-même tout événement subi ou mené par un sujet. p. p. Nous soulignons. pour étayer cette affirmation.. p.mais plutôt qu'il étudie. n désigne.de (ou dans) la conscience causés par la "donation" du passé immémorial dans le Visage. AE. pour préciser sa pensée de la subjectivité :celui d'an-archie. d'abord. Note préliminaire. . p. 168. 156 (note 1). les conséquences subjectives de la révélation du Visage. Cf. Notons également que l'expression de ''bouleversement anachronique" (AE. l'enchaînement des chapitres Ill et IV et noter. Lévinas concentre ses analyses sur le Soi en tant que tel ne signifie pas qu'il le définit comme indépendant du Visage. 108 (nous soulignons).. pour elles-mêmes. 125 Cf. p. "Cette antiquité" désigne le passé Immémorial en tant que "signifiance anlérieure lia présence" ("Dieu et la philosophie" in DD. la défection . Note préliminaire. aussi AE. 123JnHA. 124 AE. 159.. 279) et même dans son chapitre IV (cf. Que. aussi "Humanisme et an-archie" in HA. notamment dans "Humanisme et anarchie" (1968)123. 169 . 82. p. p. AE. à la rigueur. sa lecture pourrait donner à penser que cette constitution est indépendante du Visage . 184). note 1. à la fois la précession du passé immémorial qui n'est pas celle d'un principe ou d'un arché (puisqu'un principe relève toujours de la présence) et le traumatisme. ("Notes sur le sens" in DD. AE. passé puisse signifier an-archiquement.

p. de cette rencontre du Visage. ce traumatisme ou cene coupure . ) coupant le fil de la conscience"132.143 premier décrit "L'obsession par Autrui dans le visage"128. voilà qui souligne davantage encore que c'est cette récurrence. à savoir la récurrence en Soi que Lévinas distingue soigneusement de la conscience de soi dans le chapitre IV.par exemple l'ego transcendantal husserlien133 -. 128 AE. de cette obsession du Visage. "L'hétérogénéité de J'ego hussertien et du monde". En résumé. Il décrit l'absorption du sujet par l'être et cette absorption comporte pour ainsi dire deux temps : le sujet s'épuise à dévoiler l'être (premier temps) ce qui a pour conséquence l'auto-dévoilement du sujet (conune objet) dans la conscience de soi (second temps)129.. 1-1. p. AE. pour le sujet. le chapitre V semble donner une piste pour interpréter cet enchaînement des chapitres III et IV. 154. Que la récurrence du Moi en Soi soit opposée à la conscience de soi. 176. c'est-à·dire aussi selon une sortie. "Inadéquation et subjectivité" (''L'absorption du sujet par l'être''). 133 Cf.conséquences de la révélation du Visage .. un traumatisme ou un désarçonnement du Moi (comme conscience ou sujet philosophique).. 175.précisément selon un échec.. 1·111. Davantage. . 144 (note 2). Le premier correspondrait à la rencontre du Visage.qui constituent précisément la subjectivité lévinassienne. p. Nous soulignons. 129 Cf. pour la subjectivité. 130 Cf. De même peut-on sans doute lire la "dés-absorption" du sujet de l'être selon deux temps opposés aux deux temps de l'absorption. selon laquelle s'institue traditionnellement en philosophie la subjectivité authentique . que Lévinas oppose au dévoilement de l'être à la fin du chapitre Le second serait la conséquence. 132 AE. une rupture ou une percée de l'être comme tel dans la profondeur du passé immémorial. la révélation du Visage en tant précisément que percée de l'être et du registre du Même comme tels dans la profondeur du passé immémorial institue la subjectivité lévinassienne -le Soi. 131 AE. le retournement du Moi en Soi circonscrit au contraire un "traumatisme ( . Nous soulignons. le second s'attache à expliciter la signification.) n'est rompu"i3i. p. Si dans celle-ci "jamais le tissu du Même( .

51. p. 243-244 où Feron suggère respectivement la percée du Visage et celle de la subjectivité. p. 318)."138 134 Cf. à tout moment. 12. 223. Le texte 1évinassien souligne seulement "perce". t35 Cf.c'est.la percée du Soi désigne celle du Dire dans le Dit (cf.ni sur son déploiement dans le Visage et dans la subjectivité . ) Contenir plus que sa capacité.. "La subjectivité réalise ces exigences impossibles : le fait étormant de contenir plus qu'il n'est possible. 213-220. Nous soulignons "incessant". p. 188. 126. semble indiquer que cet en deçà renvoie au passé immémorial et cet au-delà à la relation à autrui136. p. dans le temps : cette percée est incessante.. "Le point précis où se fait et ne cesse de se faire cette mutation de l'intentionnel en éthique. Signalons d'un mot la différence entre notre propos et le sien : Feron n'insiste pas. en face du Visage. p. en s'appuyant sur ses analyses. 219.. p. p. la percée du Visage semble structurer la son incessance le discours (cf. Est ainsi suggérée la nécessité de compléter notre description de la percée de la subjectivité. n permet d'anticiper sur les réflexions proposées au paragraphe suivant (''Transcendance et éthique'') dans la mesure où il met en évidence que l'éthique ne se déploie qu'à partir de. 66. Lévinas suggère que la subjectivité désigne précisément une percée incessante.mais s'attache plutôt à montrer combien cette transcendance est amarrée au regisœ du langage (cf. p. relever que. 138 "Langage et proximité" in EDE. Préface. Cet ouvrage a notanunent éveillé notre attention au problème de la percée134. (. QL. AE. 219 et AE. Cf. . l'être de cette dernière ne cessera. dans qu'ltre. p.. p. QL. . où l'approche perce la conscience. faire lclaler les cadres d'un contenu pensé" (TI. Celle-ci n'est pas seulement caractérisée par sa profondeur le passé immémorial mais aussi par son déploiement dans une relation. 137 "De la conscience à la veille" in DD. Feron y précise que celle-ci s'affranchit de l'être selon un en deçà et un au-delà de l'être et. p. p. 54 et p. Nous soulignons) . QL. Dès Totalité et Infini. d'être percé. davantage. par exemple QL.est peau et visage humain. QL.incessant éclatement de l'identification"137.que selon -la percée du subjectif. "La pensée de l'être et la question de J'autre" in DD. II est possible en s'appuyant sur les analyses qu'il propose dans le paragraphe "En deçà et au-delà" de son chapitre VI135 -d'approfondir notre interprétation de la subjectivité comme Soi. 108-116) ou que.dans le Visage donc dans la subjectivité. sur la structure de la transcendance en tant que telle . p.144 L'incessance de la percée du Soi La lecture de la subjectivité et de la problématique lévinassiennes que nous proposons doit beaucoup à l'ouvrage de Feron consacré à Lévinas. ) est un etre dont l'exister meme consiste dans cette réception de l'enseignement. Et cette incessance de la percée de la subjectivité découle de celle de la percée du Visage : si le Visage ne cesse de percer le registre du Même et de la conscience. comme nous. Nous soulignons). t36 Cf. 225. p. etc.. ).. 57. dans Total/tl Infini. 136. 246 . par exemple QL. dans cet incessant débordement th soi (ou temps)" (TI. On peut ainsi. "Le vivre de la vie. "Un etre recevant l'idée de 11nfini (. De l'idée de la transcendance à la question du langage. "De la conscience à la veille" in DD.

que le Visage et le Soi ne renvoient qu'à une seule et même percée. 207. 232. p.et le Je -le Soi .145 Le Visage et le Soi en parallèle Notre étude a mis en évidence le parallèle strict entre le Visage et le Soi que sa révélation institue : les deux sont structurés selon une percée incessante de l'être dans la profondeur du passé immémorial (et sont. Par exemple.celle du Moi (comme Même) par le Visage . ne peut-on considérer. comme nous le venons au chapitre. suivant (cf. la fm de l'étude "Détermination philosophique de l'idée de Culture" (1986) évoque à deux reprises la "percée de l'humain dans la barbarie de l'être"140 sans qu'il soit possible. p. Du reste. 208. Nous soulignons. 142 "Violence du visage" (entretien de 1985) in Altlritt er transcendance. in EN. le "donné" -le Visage.qui rend possible une "percée"143 du monde (et de la philosophie qui lui co- 139 Cf. p. Vie L'architecture de la problématique de Lévinas semble s'apparenter à celle de la non-philosophie de Laruelle. Nous soulignons. 173. l'expression semble désigner le Soi comme responsabilité (cf. D-11). p. Le parallèle entre le Visage et le Soi est d'ailleurs si strict que certains textes lévinassjens semblent évoquer la percée de la transcendance sans préciser explicitement si elle est lue dans le Visage ou dans le Soi. pareillement ambigus et trace139 de ce passé) . différence entre Lévinas et Laruelle tient justement à ce que la non-philosophie celui-cl n'enveloppe aucune percte du monde (et de la philosophie). dJl po111t de vue . Ego-en-Ego. si vous voulez. Cf.institué par sa "donation" . 208). AE. pour le dire en termes phénoménologiques. Toutes deux s'ancrent en un "terme" radicalement non-mondain . l'épiphanie du visage humain constitue comme une percée de la croûte de "l'être persévérant dans son être""142. Une telle percée est. m rouge de toute l'œuvre lévinassienne.le passé immémorial ou l'Un . d'affirmer si cette percée est plutôt celle du Visage ou plutôt celle du Soi141. 207). C'est que la transcendance comme percée est lisible tout autant dans le Visage que dans le Soi : '1e pense que la responsabilité ou. 140 In EN. p. m EN. 141 En sa première utilisation. p. 206.sa révélation (selon la terminologie de Totalité et Infini) sont identiques en tant que structurés selon cette percée. par conséquent. aussi "Détennination philosophique de l'idée de Culture" in EN.dont ils constitueraient respectivement le perçant et le percé comme tels? Soi. ou. en définitive. Mais sa seconde utilisation est plus ambigul! dans la mesure où elle est précédée d'une analyse du Visage (cf. 143 Nous utilisons des guiUemets car. semble-t-il.

ces deux problématiques ont été suffisamment distinguées dans la première partie de cet ouvrage pour que soient nettement suggérées la distinction entre le passé immémorial et I'U n ainsi que celle entre. pour Uvinas.dont le Soi est trace . Le "résultat" de ces "percées" est le Visage ou le Soi chez Lévinas. Une analyse rigoureuse de la non-philosophie nécessiterait de distinguer. de la transcendance mondaine que celui. 147 Cf. 144 Cf. et le sujet philosophique comme mixte. de l'être ou du registre du Même. p. pour Laruelle. 165. Lévinas. Ensuite. dans cette "espace situé entre" l'Ego-en-Ego et le mixte. dans la pensée lévinassienne."rôle" qui est joué. ceux fédérant l'Un. d'un côté.comme force (de) pensée146. p. la non-philosophie. n'en définit que deux : le Soi et le Moi (comme sujet philosophique). d'autre part. En ce sens. l'essence du sujet comme instance trQIIScendanlok et la fon:e (de) pensée. le sujet non-philosophique. Lui sont inhérents deux "termes" subjectifs : la Vie dans son auto-affection inextatique et le sujet philosophique en tant qu'exclusivement déterminé par la phénoménalité de lArue/le. des mixtes. Nous nous contenterons de souligner deux points. les rapports liant le passé immémorial. 14S Cf. ont besoin de la transcendance mondaine (qu'ils "percent"). on peut également considérer la problématique de Henry.c'est-à-dire. "Vers la non-philosophie" ("De la transcendance du Visage à l'immanence de l'Un"). seuls des termes moiulains peuvent perœr le monde (seuls des philosophes peuvent pen:er la philosophie). en définissant l'Ego-en-Ego comme "terme" radicalement non-mondain . Tout d'abord. 1-V. entre les rapports instaurés par Uvinas et ceux décrits par Laruelle. qui en lui-même n'est pas humain -conquiert un homme "mieux protégé".146 appartient144). Muni de cette perspective. pour le dire d'une autre manière. on peut "situer" le Soi "au niveau" du sujet non-philosophique dans la mesure où les deux. les identités non-autopositionnelles et la transcendance mixte (mondaine ou philosophique)145. on peut noter que la non-philosophie de Laruelle enveloppe trois "termes" d'ordre subjectif ou humain : l'Ego-en-Ego comme Un. PrN. Nous ne pouvons ici comparer et différencier précisément ces deux architectures (cela nécessiterait une présentation des identités non-autopositionnelles et des concepts qui les décrivent). . Sans tenir compte des différences. le passé immémorial.et l'Un qui détermine-en-dernière-instance le sujet non-philosophique) et. de Lévinas. et les identités non-autopositionnelles (déterminées-en-dernièreinstance par l'Un) chez Lamelle. Lévinas et les Médilolions Métaphysiques" et 1-VI. le Visage (ou le Soi) et le registre du Même et. suggérées à l'instant. d'une part. comme Soi. de l'autre. lui. 11-11.situé en quelque sorte entre l'Ego-en-Ego et la transcendance mixte147 . "Penser en second" (''Olanger de posture"). par un "terme". car radicalement "protégé". 146 Cf. 125 et 11-11. "Henry. impossible ou. sont déterminés par un terme radicalement nonmondain (respectivement le passé immémorial . PrN.

suppose ou repose sur la transcendance -en elle-même non éthique . pour le moment. 149 "Dieu et la philosophie" (1975) in DO. le passé immémorial. "correspond" au passé immémorial de Lévinas et à l'Un de Laruelle. Lévinas semble inverser les rOtes de la transcendance et de l'éthique et constituer celle-là selon celle-ci. Afin de préciser la forme et la radicalité de la transcendance et de comprendre. en conséquence. que celle-ci soit le contenu de celle-là. Lévinas le souligne souvent. Lévinas semble être moins un 148 Les texres de Henry (du moins ceux étudiés dans cet ouvrage) ne semblent pas mettre l'accent sur une quelconque "percée" de la phénoménalité extalique par la Vie inextatique. "tenne" radicalement nonmondain 1passé immémorial Ego-en-Ego (Un) Vie inextatiaue "terme" de "percée" mondephilosophie Même sujet mixte sujet extatiaue Uvinas lArue lie Henry VisiU!e ou Soi force (de) pensée TRANSCENDANCE ET ÉTHIQUE Que notre étude n'ait. Précisément. Cf.. ISO "En général" car. Bref. "La rigueur de la transcendance" (''La rigueur de l'incessance'').dont elle épouse les formes et qu'elle colore en en donnant la signification (éthique)ISI. pour Lévinas.147 extatique. le futur inanticipable) de la transcendancelSO. !SI Que la transcendance soit la forme de l'éthique. 101.. Uvinas inscrit en général l'éthique dans les formes en elles-mêmes non-éthiques (la percée. La première est le "terme" radicalement non-mondain de Henry et. Par exemple dans Totalité et Infini quand il présente la transcendance ou l'idée de l'infini comme "une structure formelle" dont "la face positive (. Cette perspective semble légitimée par la nature des rapports liant transcendance et éthique : il semble en effet que l'éthique soit non pas secondaire mais seconde relativement à la transcendance. dans quelle mesure Lévinas excède le cadre de la philosophie en tant qu"'immanence même"l49. p. l'éthique. en ce sens. il nous a paru important. ) . Le tableau suivant résume ces trois solutions.. d'essayer d'évacuer ou d'abstraire de la pensée lévinassienne toute signification éthique. "se situe au niveau" du Moi de Lévinas et du sujet nùxte philosophique de Laruellel48. pour ainsi dire pas évoqué les thèmes éthiques de l'œuvre de Lévinas pourrait surprendre. en général. structure l'éthique selon celles-ci. dans un prenùer temps. En d'autres termes. plus haut dans ce chapitre. en caractérisant la responsabilité comme se déployant selon un accroissement qualitatif. comme sujet philosophique. l'incessance. Le second.

IS3 "Dieu et la philosophie" in DO. . p. irreprésentable. "Idéologie et idéalisme" (1973) in DO. par exemple QL. a. 114 (note 15). 32-33. AE. 75). de l'être : "aller vers l'autre c'est la percée de l'humain dans l'être. elle. "Dialogue sur le penser-à· l'autre" (1987) in EN."IS3 On peut nettement confirmer une telle présupposition de la transcendance par l'éthique en soulignant combien la responsabilité-pour-autrui du sujet se déploie selon. de la transcendance et non pas l'éthique que notre étude recherche. 26).comme rupture de l'l!tre.. p. par leur titre. Justice et Amour" (entretien de 1982) in EN. Notre étude. incessantelS8. c'est-à-dire dans le passé immémorial dont elle est traceiS7 -et est. 157 a.ne fassent pas. p. par le sujet. p. que Lévinas affranchit (en quelque sorte) la responsabilité de la percée et constitue éthiquement la transcendance de équivaut dans le concret au discours qui se précise comme relation éthique" (Tl.et c'est en ce point. AB. de plus. 115.sans référence à sa responsabilité ou à sa dimension éthique). 238. p. 152 "Dieu et la philosophie" in DO. c'est-à-<lire un responsable d'autrui (cf.et du futur inanticipablelS4. p. p. p. par exemple. Elle la trouve dans l'éthique.. 225. p. 1SS Que le Visage institue le Soi comme percée dont la signification ou le contenu est donné par l'éthique. elle "naît" dans la profondeur de cette percée. comment les dimensions de celle-ci pourraient-elles ne pas accueillir la responsabilité de cette subjectivité ? Vérifions-le brièvementiSS. 156 ''Philosophie. 241. a. . référence à l'éthique 7 Sur ce point.Totalité et Infini et Autrement qu'2tre. de nombreux textes le soulignent. p.ou a pour structure (ou forme) -le Soi en tant que percée incessante de l'être dans la profondeur du passé inunémorial. 132. Nous soulignons. le long de cette incessance se développe un accroissement qualitatif de la responsabilité . Nous soulignons. son contenu ou sa signification : un penseur "de la signification ithique de la transcendance"IS2."IS6 Ensuite. un "autrement qu'être". par exemple "Humanisme et an-archie" in HA. cette responsabilité ne se déploie qu'à partir de cette percée. p. p. Cf. par exemple AB. 86. notre étude s'accorde à nouveau avec celle de Feron. N'est-il pas également significatif que les deux ouvrages principaux de Lévinas. 78) ou dans Autrenu!llt qu'ltre quand il décrit le passé immémorial comme "Immémorial. "C'est la signification de l'au-delà. Dans la mesure où toute l'œuvre lévinassienne présente la responsabilité comme signifiée et se déployant dans le face à face avec le Visage et où notre étude a montré que la forme de la subjectivité en face du Visage est cette percée. IS4 Plusieurs textes donnent une signification éthique au Soi lui-même en soulignant qu'il désigne un accusatif donc un accusé. 168-169. Tout d'abord. par exemple "Un Dieu Homme 7" in EN. En outre.ce que font également cenaines analyses d'Autrement qu'2tre (considérant le Soi. précise que "Tous les attributs négatifs qui énoncent l'au-delà de invisible" (AB.148 penseur de l'éthique qu'un penseur de la transcendance trouvant dans l'éthique sa coloration. 25) l'essence se font positivité dans la responsabilité" (AB. p. p. comme cette percée. 93. distingue le Soi (ou sa forme) de sa signification éthique (son contenu) . en ce point seulement. 158 a. p. 98. (par exemple) "Langage et proximité" in EDE.

) c'est ramener les choses en soi à l'horizon de leur apparaître. p. selon IUle réduction phénoménologique" (QL. . la transcendance et Dieu aux "prestations subjectives" qui leur donnent sens . p. Lévinas procède phénoménologiquement163. QL. 176-177. d'un au-delà16S. "De l'Un à l'Autre" in EN. "Je pense que. 166 TI. cette responsabilité engage le sujet pour un futur inanticipabJe160.à l"'apparaître" ou à la "donation" du Visage -. 139-140. 162 DD.comme 159 Cf. PERCÉE. Cf.:évinas. p. HC!l?. p. dans ce chapitre. Cf. Si Lévinas est "phénoménologue" ce n'est pas seulement. "Comment penser et dire le non-philosophable ? 16S Sur ce point encore. l'ouvrage de Feron s'est avéré particulièrement précieux. Bref. Cf. Henry et Husserl"). "Diachronie et représentation" in EN. 173-17S.et son éthique . En ce sens on peut considérer. l-IU. Cf. sa pensée ou sa "phénoménologie" relève par rapport à celle de Husserl. 1-111. 192-193 et. Lévinas considère le Visage d'abord comme se donnant à une conscience intentionnelle. p. Il semble légitime de décrire le rapport entre ces deux "phénoménologies" par cette locution adverbiale ("au-delà") dans la mesure où. aussi "Violence du visage" in Altérité et transcendance. 161 Cf. P· 268-278. 2Sl.. dans la mesure où il restitue l'idée de l'infini.. 230). 163 Comme le note Feron. par delà cette apparente négativité de l'idée de l'Infini. "164 Si Lé vinas estime "faire de la phénoménologie". les horizons oubliés de sa signification abstraite"162. "Sur l'idée de l'infini en nous" (1988) in EN. "Inadéquation et subJectivité" ("f. une "Phénoménologie de l'idée de l'Infini" ou de la transcendance consistant à "rechercher. ''La rigueur de la lrallScendance" ("La rigueur de l'incessance"). Cest aussi parce que cet "apparaltre" institue une subjectivité dépourvue de mondanité. 10-11.149 l'éthique 159. muni d'une démarche conforme à celle de Husserl. Préface à l'tdilion alletnaluk. aussi les conclusions d'Autrement AE. sa démarche semble se situer dans la droite ligne de celle de Hussert161 -notamment parce qu'elle circonscrit. p. la problématique de Lévinas relativement à la phénoménologie et à la philosophie. 247. malgré tout. "La rigueur de la transcendance". ce que je fais. La phénoménologie ( . p. Enfin. souligné par Lévinas.. à notre sens.. puis comme inversant. plus haut dans ce chapitre. PHÉNOMÉNOLOGIE ET PHILOSOPHIE Situons. on peut également considérer que Lévinas "met le problème de l'existence de Dieu entre parenthèses. parce qu'il privilégie l"'apparattre" à ce qui apparai't. Avant-propos. Comme nous l'avons déjà souligné. comme Lévinas l'affirme lui-même. p. de leur phénoménalité. c'est de la phénoménologie ( . 281. avec Lévinas. pour achever ce chapitre. "Inadéquation et subjectivité" ("Lévinas. sa "Phénoménologie du visage"166 . rompant ou perçant cette conscience.. 164 "Questions et réponses" in DD. p. in EN.' et Husserl") et la conclusion de notre ouvrage.). 160 Cf. retournant.

1-V. que cette dernière n'est pas seulement "le point où le monde s'incline vers un passé et un temps"172 mais aussi celui où la pensée lévinassienne comme phénoménologique "s'incline" vers une pensée qui n'est plus philosophique.ne saurait probablement prendre concrètement place et sens que dans la phénoménologie . aussi "Notes sur le sens" in DD. Du reste. p. 173 Cf.150 procédant d'une "rupture"167.. p. 172 "La signification et le sens" in HA. "La signification et le sens" in HA. On pourrait ainsi dire. 170 AE. 185. 228. partant du dévoilement du prochain. 169 Cf. Nous soulignons. p. aussi "Langage et proximité" in EDE. 185. Dans la mesure où elle enveloppe une "transcendance inconvertible en immanence"171 et où la philosophie comme telle est lue par Lévinas comme immanence. "Herny. Cf. 248. en reprenant les termes de la description de la trace. finalement. "Le langage éthique auquel la phénoménologie a recours pour marquer sa propre interruption (. Nous soulignons) Cf.. Lévinas et les Méditolions Métaphysiques" et l-VI. 67. p. 234. 18." ("Diachronie et représentation" in EN. Nous soulignons. que la pensée lévinassienne a son point de départ dans la phénoménologie husserlienne et son point d'arrivée hors de la philosophie ou. Nous soulignons. n'est-il pas nécessaire qu'en perçant le monde la trace du Visage perce aussi la philosophie ? 167 "Diachronie et représentation" in EN. . dans la mesure où la problématique de Lévinas souligne. 168 Transcendance et intelligibilité. 150 (noce 1). 220. l7l AE. Aucun langage autre qu'éthique n'est à même d'égaler le paradoxe où entre la description phénoménologique qui. ). Le passage en entier rend bien compte du rapport de Lévinas à la phénoménologie : "L'absolu . au moyen de la valeur d'adéquation. la co-appartenance du monde et de la philosophiel73. p. de son apparaCtre. d'une "destruction"168 ou d'une interruption de la phénoménologie (husserlienne)169.mot abusif. p. p.qu'appelle le visage d'autrui."170 Mais la trace du Visage n'interrompt pas seulement la phénoménologie husserlienne.ou dans la rupture de la pMnoménologie. 65. p. cette rupture de la phénoménologie husserlienne désigne plus radicalement une rupture de la philosophie comme telle. le lit dans la trace qui l'ordonne visage selon une diachronie nonsynchronisable dans la représentation. p.

la pensée non-philosophique est en secondi : l'Ego-enEgo n'est pas pour elle un objet de décision majs sa cause de-dernière-instance. Mais Laruelle la refuse qu'elle Jend à présenter l'Ego-en-Ego comme premier et précédant la pensée. Uvinas y précise que l'Autre et le Même ne sont pas deux tennes différents.ou plutôt non entretenus . "Radicalement autonome". il est possible que la conquête par Uvinas de la transcendance soit. philosophes.laruellienne.par l'Un2. 54-55) et. à l'origine de la définition par Laruelle de l'immanence de l'Ego-en-Ego en tant qu'Un. 2 Cf. pour la pensée non-philosophique.CHAPITRED Laruelle ou penser selon-l'Un Qui est l'Ego-en-Ego conquis par Laruelle ? Ce chapitre précise tout d'abord en quel sens en tant qu'Un (ou Un-en-Un). positionnés l'un par rappon à l'autre dans un système (ou une totalité). VERS LA NON-PHILOSOPHIE De la transcendance du Visage à l'immanence de l'Un Dans la mesure où elle s'enracine en une thématisation de rapports entre l'Autre et le Même. inscrits dans un système. Il explicite ensuite la radicale autonomie de l'Ego-en-Ego puis souligne ses conséquences. donc comme mscrit dans un ordre. Car. dans une certaine mesure. de ceux entretenus. '-rhéorie de l'uni-latéralité" (p. dans ce chapitre.. . Cf. décisives. du point de vue de Laruelle. dans Totalité et Infini Uvinas propose une description des rapports entre l'Autre et le Même qui n'est pas sans évoquer celle. les termes sont 1 Ce chapitre privilégie cette Jerminologie (''pensée" ou "penser en second'') dans la mesure oo elle indique le changement de posture qu'implique la non-philosophie. dans ce chapitre. "Penser en second" (''Changer de posture''). des relations et des mixtes. l'Ego-en-Ego se distingue du Soi de Uvinas et de la Vie de Henry et dans quelle mesure ces deux auteurs demeurent. En particulier. par exemple biographie de l'homme ordinaire. Contrairement au logos philosophique qui commence par décider.

24. p. 9 PM. représentation .de l'immanence comme telle .. Enfin. 79. Le premier étage est celui du Même où prennent place le Moi philosophique (conscience. le premier désignant celui de l'immanence.152 saisissables par le Moi. II-I. 6TI."5 Nous retrouvons ici le résultat de l'étude conduite au chapitre précédent : l'Autre (ou la transcendance) désigne précisément la "rupture"6 ou la percée du Même (ou de la totalité) comme teJ1.. "La transcendance prétendue se résorberait ainsi dans l'unité du système qui détruirait l'altérité radicale de I'Autre. différent donc d'un rapport "classique" entre deux termes autonomes ou en soi. 28.. Autre d'une altérité constituant le contenu même de I'Autre. " . 11-1 et notamment "La percée du Visage". p. l'écart ou la distance avec le Même. En s'appuyant sur les analyses conduites au chapitre précédent.. 5 Tl. Ce rapport entre le Même et l'Autre. 329. p. précisément et seulement. p. l'altérité ellemême. Autrement dit. les deux autres ceux de la transcendance en tant qu'elle circonscrit une percée de l'immanence dans la profondeur du passé immémorial et du futur inanticipable. l'Autre et le Même ne forment pas une totalité ou un système car si tel était le cas. il apparaît possible de considérer sa problématique comme organisée selon trois étages. l'Autre ne serait pas Autre mais reviendrait au Même. 8 Respectivement Tl."4 Comment dès lors définir l'Autre? Non pas comme un terme en soi. 24.ce serait à nouveau nécessairement le réduire au Même . "Le Visage comme "franche présence" ?". p. adéquats au Moi3. . ) et le monde en tant qu'adéquat à ce Moi. Comment Lévinas pourrait-il du reste affranchir la transcendance de tout rapport constitutif . qui serait ensuite comparé au Même et jugé Autre . Totalité et Infini le décrit comme ""rapport sans rapport"" ou encore comme "relation sans relation''8.de tout mixte alors qu'en tant qu'inadéquation (par excellence) elle engage d'emblée deux "termes" non plus certes en soi mais encore positionnés l'un par rapport à l'autre: l'homme et le Visage (comme "inadéquat" à l'homme) ? Essayons d'approfondir cette lecture de Lévinas.mais comme désignant. 190. le 3 Cf. autonome. Le second est celui de la percée . Le principe de minorité de Laruelle souligne qu'en conséquence la transcendance lévinassienne ne peut désigner l'humanité radicale puisqu'elle demeure prise dans un rapport -"fût-il de non-rapport''9. 4TJ. 7 Cf.que désignent précisément le Visage et le Soi.

on peut le considérer comme articulant les deux autres étages. en tenant le point de vue de Laruelle. 12 Lamelle fait signe vers une telle lecture : "Un temps qui ne serai.l Absolu <·:·> au temps ontico-ontologique" (PM. point de sortie ou de percée de la philosophie selon Lévinas..153 troisième est celui du passé immémorial et du futur inanticipable sur lesquels "débouche" cette percéelO. Peut-être pourrait-on suggérer schématiquement une certaine homogénéité ou continuité entre le présent et comme résultant le passé immémorial en précisant que ce denûer peut. en général le dont l'altérité est simplement porrte à l'absolu).elle foas. "Etenuser ou absolutiser une extase temporelle (l'averur ou le passé. 187.. il est impossible de percer. On peut donc considérer. p. Lévinas et les Méditations Métaphysiques". que contaminer 10 a. le Visage (ou le Soi) est en quelque sorte le point d'articulation du mixte passé immémorial/présent. (. 190. on peut également le confirmer en s'appuyant sur la problématique de Heruy : tous deux relèvent de la phénoménalité extatique. 11-1. si l'on veut.)ne trouerait pas lborizon de l'Eire..." (PM. un point typiquement philosophique (en tant que participant des deux contraires que sont le présent. Pour Lévinas. que si le premier et le troisième étages de la problématique lévinassienne sont hétérogènes. p. p. "Heruy. de son point de vue. " . le premier et le troisième étages sont hétérogènes car le passé immémorial (ou le futur inanticipable) n'a jamais été (ou ne sera jamais) un présent Mais cette définition fait apparaître le rapport constitutif entretenu par ce passé (ou ce futur) avec le présent: ce passé désigne précisément. pour Laruelle. il se définit par rapport à lui . un refus du présent . 214. en luimême. semble-Hl.. comme "conduisant" du premier au troisième. 1-V. '"La rigueur de la transcendance". il est donc amarré au présent . Laruelle souligne.amarrées aux réalités philosophiques comme à ce dont elles s'affranchissent .comme le Visage ou le passé immémorial ..comme n'en relevant pas. un passé absolu qui n'a jamais été présent. a. selon nous. de sortir ou d'interrompre la philosophie.. Une telle opération ne peut en effet que reposer sur la définition de "réalités" . mais qui reste associé ou contigu à un présent qu'il suppose encore et auquel il entretient malgré tout une ultime relation constitutive"ll. ce qw met en évtdence cette constitution de la tianseendance relativement au présent). il ne le sont pas radicalement et définissent plutôt un mixte (hiérarchisé) passé immémorial/présent. En tant qu'il participe à la fois du Même et du passé immémorial -en tant qu'ambigu écrit Lévinas .et le passé immémorial). Cest que précisément. Que ces deux "tenues" ne soient pas radicalement hétérogènes. la jonction ou le lien entre le Même qu'il perce et le passé immémorial qu'il signifiel2.ou le Même. Aussi le Visage.comme à ce qu'il refuse . ) c'est subordonner une nouv. 11 PrN.. fall allusion à la problématique de Lévinas) . serait-il au contraire.t pas un ( . Nous soulignons ce qut. être d'une instauration de la dimension temporelle hors de portée du Même. En ce qui concerne le second étage de la problématique lévinassienne -celui de la percée .

la philosophie . p. 110. 19 AE. aussi et notamment le troisième paragraphe du chapitre V d'Autrement qu'ltre intitulé "Du Dire au Dit ou la sagesse du Désir" (AE. 39. Autrement dit. p. note 47. A propos de l'utilisation par Laruelle d"'absolue"..demeurent prises dans des rapports constitutifs. Voilà qui nous conduit à "chercher" l'Ego-en-Ego en tant qu'Un. seuls des philosophes peuvent prétendre sortir de . comme la transcendance de HusserliS ou de Marion16. 1-111. 177. p. 37. à revenir depuis la transcendance (le second et le troisième étages) vers l'immanence (le premier étage) . non pas parce qu'elle est. "La plùlosoplùe et le monde usuel". parce qu'il sépare l'immanence et la transcendance (en conquérant la seconde comme percée de la première). 14 Thl. En définitive. même la transcendance la plus radicale. l-VI. à rendre compte de celle-ci à partir de celle-là ou. D faudrait mettre en évidence combien cene articulation repose sur la définition de la transcendance comme pen:ée de l'immanence (ou du Dit) par le Visage (ou le Dire).ou percer . "Heruy.I-IV. cette prétention est par conséquent illusoire : "il ne s'agit pas de nier la philosophie ou de "sortir" d'elle. dans des mixtes. Nous soulignons). cf. à la mesure de l'immanence (ou de l'Eire) mais parce qu'elle se constitue en tant que percée ..en tant que radicalement affranchi 13 Sur le caractère philosoplùque de l'interruption de la plùlosophie. 17 PM.à partir de ce Dire (. Ainsi. Cf. Si l'on peut considérer.du moins dans Autrement qu'être . La transcendance qu'il conquiert demeure constitutivement relative à l'immanence. C'est aussi parce qu'il procède .154 ou déterminer constitutivement celles-là par celles-ci . de l'être et du Dit à partir de l'autrement qu'être et du Dire : "il faudra . la distance la plus grande -celles du passé immémorial (ou du futur inanticipable). 239.au second geste caractéristique du philosopher selon Larue lie : celui d'articulation 18. 18 Cf. . aussi "L'Appel et le Phénomène" in RM. p.rendre compte de l'ordre du Dit"19. selon les terminologies privilégiées dans cet ouvrage. ce n'est pas seulement parce qu'il définit une Dyade. que Lévinas demeure philosophe. dans ce chapitre.de l'immanence : elle ne peut "être à la fois une blessure infligée à l'Etre et être absolue"l7. Cet ouvrage cherche en effet incontestablement à refermer cette Dyade immanence/transcendance . Lévinas et la phénoménologie comme telle".. 190. d'un point de vue laruellien. souligné par Lévinas. p. ) . souligné par Laruelle. 16 Cf. cf.ou blessure . IS Cf.toutes opérations impossibles"l4. qu'inscrire ces premières dans des mixtesl3. il apparaît que Lévinas demeure pris dans le mixte philosophique immanent/transcendant. PhD. p. Cf.

L'essence du réel ou du phénomène radicalement immanent est l'invisible . 24 ThE. par définition. ce chapitre. 41. dans la mesure où l'Ego-en-Ego désigne un Ego-rien-qu'Ego ou un Ego-sans-objet . souligné par Laruelle). p. 179) . comme Henry. 120. les derniers de refusent cette terminologie parce qu'elle tend à assimiler l'Ego-en-Ego à la V1e et donc à 1UlSCnre encore dans des mixtes. s'affranchissant de toute relation constitutive avec lui. Aussi est-il nécessaire.non plus du côté (si l'on peut dire) de la transcendance20 mais de celui de l'inunanence. 76. " la nécessité de concevoir un absolu (cf. Puisque l'Ego-en-Ego. autrtmi!lll-qu'autTe" (PM. Davantage. 190.. ) tullrtmelll-que-transcendalllt. on peut se demander si l'Ego-en-Ego rien-qu'immanent ne désigne pas la Vie de Henry en tant qu'elle semble radicalement dépourvue de distance et de transcendance. L'Ego-en-Ego comme auto-affection inextatique ? Les problématiques de Laruelle et de Henry . la problématique de Lévinas ne peut lui accorder davantage de statut qu'à la Vie.155 du mixte immanent/transcendant . "La philosophie est la pensée dans laquelle la transcendance ou la distance est supposée détemùnante"24.. p. 23 Thl. p. de tout mixte Ego/objet. En effet. 25 Comme nous le verrons un peu plus loin. on peut considérer celle-ci comme "proche" de celui-là. 21 Cf. note 47) ayant "une essence(.. Laruelle. Voilà pourquoi certaines descriptions laruelliennes de l'Ego-en-Ego et de la philosophie ne sont pas sans évoquer celles de la Vie et de la philosophie proposées par Henry. "La transCendance est toujours relative-à .. est toujours relatif à ce qu'il dépasse et dont il se sépare ?" (PhD. désigne une "auto-affection"2S non extatique. 1-11. p.un Ego radicalement hétérogène à l'objet. ne reposant sur aucun écart ou aucune distance permettant de penser une adéquation (ou une inadéquation).. 22 PhN.ont été suffisamment distinguées dans cet ouvrage.qu'il soit "de l'ordre d'une auto-affection"22 ne relevant plus de la phénoménalité extatique. comme la Vie. "Le vrai manifeste est invisible dans son essence même ou fait essence de cette invisibilité. 33).et de Lévinas . "23 . Néanmoins. p. la liaison entre leur lecture de la philosophie et l'homme qu'ils conquièrent suffisamment soulignée pour qu'apparaisse sans doute assez nettement la nécessité de distinguer l'Ego-en-Ego de la Vie... Henry a montré l'objectivité des hommes institués extatiquement21. p. n'est 20 "Comment rendre "absolu" un transcender qui. dans ("L'Appel et le Phénomène" in RM. .

182). p. comme Ego. De son point de vue. "inadéquats" l'un à l'autre : "la vie ( . demeure constitué "en fonction ultime de la transcendance par opposition à laquelle. p. du point de vue de Henry. le texte de Henry est explicite : la Vie c'est essentiellement ce qui se refuse à la transcendance.selon Henry du moins -qu'un "terme" et non plus deux.s Métaphysiques". Henry demeure philosophe en tant que sa problématique se déploie encore à partir d'une séparation franche entre deux "termes" : les phénoménalités inextatique et extatique. ne s'inscrivant plus en conséquence dans des mixtes philosophiques. si. comme relevant d'une phénoménalité inextatique.que s'inscrit la Vie . Le souligner est plus délicat qu'avec la transcendance lévinassienne dans la mesure où la Vie n'engage en elle-même. Auttement dit. comme elle. 9. l'ego comme Vie se réfère encore. de cette semi-décision philosophique. en tant qu'il s'affranchit de la phénoménalité extatique pour définir l'Ego-en-Ego. selon Laruelle. "Henry. ces distances ne sont plus celles que critiquent Henry dans ses analyses consacrées à Husserl. ces distances relèvent. il désigne un homme relevant d'une immanence radicale. de son point de vue. Mais déterminées-en-dernitre-instance par l'Un. pour Lévinas. ) ne se réfère à rien d'autte qu'à elle-même''28. Laruelle serait "non-philosophe".donc dans le mixte immanent/transcendant. il se refuse en réalité autant à la phénoménalité inextatique qu'à la phénoménalité extatique et ne peut donc se voir attribuer de statut par la problématique de Henry27. comme nous le dirons. l-V. 66. Lévinas et lesMéditJJtion. p. Mais Laruelle. Ce n'est que dans le cadre de cette séparation ou. dans la transcendance."29 Par conséquent. Henry peut-il accorder un statut aux identités ou aux distances non-autopositionnelles (cf. Nous soulignons.. ontologiquement antérieure à lui et s'est justement accomplie ou s'accomplit dans cette indlpendance. elle "est indépendante de lui. il serait caractérisé"30. la Vie reste prise. non pas évidemment parce qu'elle se donne extatiquement comme le monde mais parce que 26 Cf. Descartes et Marion.où il définit la philosophie comme 27 reposant sur la phénoménalité extatique. Sur ce point. Par contre.156 donc. si l'Ego-en-Ego circonscrit une "réalité proche" de la Vie. à la transcendance. conteste cette dernière affirmation. 30 "Réponse à Deleuze" in La non-philosophie des conJemporain. Nous ne disposons pas de texte de Henry considérant la non-philosophie de Lamelle et susceptible de nous éclairer sur ce point. 28 PhM. du registre philosophique. Mais. précisément.et dans le monde. structures sur lesquelles repose le travail non-philosophique de la transcendance (de la philosophie) 7 Dans la stricte mesure . Expliciter ce dernier point revient à mettre en évidence combien la Vie en tant qu'auto-affection inextatique reste prise dans un rapport constitutif. p. en son essence.. 29 l'hM. par exemple PrN. qu'en tant donc qu'opposée à la phénoménalité extatique. ni philosophe ni "non-philosophe"26. à l'extase du regard . 63. .s.

. relevés par Henry.et nonphilosophique. 139. abolissant la distance (ou l'extase) qu'elle enveloppe.. Cf. Ils renvoient bien plutôt aux deux modes de pensée. Cf. PeN. rompt avec la donation de la transcendance. p. si immédiate soit-elle.désigne l'opération philosophique de Henry. 33 ThE. Cf. philosophique . p. cette constitution est insuffisante en tant qu'elle maintient ultimement en l'immanence la transcendance (écrasée). aussi Thl. Et penser sans auto-position exige d'affranchir l'Ego-en-Ego d'une phénoménalité inextatique qui l'inscrirait encore ultimement dans un rapport d'opposition avec la transcendance extatique. Avec l'Ego-en-Ego et la Vie. ) d'une auto-position. L'Ego-en-Ego en tant qu'Un s'affranchit cenes de la phénoménalité extatique mais.avec décision première ou autoposition . extatique et inextatique. de soi.. revendique "deux modes hétérogènes de phénoménalisation du réel" 34. 190. 142. après avoir indiqué que "La philosophie est la pensée dans laquelle la transcendance ou la distance est supposée déterminante". 135. 134. p.ou encore cette "négation de la transcendance" (PrN. 99. Laruelle et Henry définissent donc l'homme selon deux concepts distincts d'immanence radicale.. 73. pour finir par se donner elle-même selon une identification de la donation et du donné : "la donation et ce qui est donné sont le Même"32_ Reprenons. p. Laruelle se sépare de Henry en précisant : "mais où celle-ci est évidemment menacée de vide ou d'irréalité et doit donc se réaliser en prenant la forme ( . 34 Thl."35 Ainsi.ou résulte d'un écrasement de .. Nous soulignons ce qui fait sans doute référence à Henry. tranche sur . 35 PM.157 précisément elle s'affranchit du monde et de sa transcendance et se constitue selon cet affranchissement. On peut suggérer cette constitution de l'immanence de la Vie relativement à la transcendance en considérant que celle-là résulte en quelque sone de celle-ci ou d'une donation extatique qui se serait écrasée3l sur elle-même. i en tant qu'il . 36. p. " . Pour Laruelle. dans la mesure où cette Vie se définit encore. p. en tant qu'inextatique. Pour le second. à la différence de la Vie.la transcendance. le non-rapport constitutif de l'Un ne doit plus être défini par la négation de la seule distance phénoménologique. il ne s'en affranchit pas en tant que telle mais en tant qu'elle implique des rapports. Laruelle tnstste tout particulièrement dans PriiiCipes de la non-philosophie. p.. L'auto-position est la structure la plus générale du philosophique et de ses effets"33_ Si Laruelle.ou elle . ces deux modes ne sont donc pas les deux modes. Ainsi. qui reste l'œuvre d'un rappon. 31 Sur cet écrasement. 32 PhM. 121. p. 120. une "réalité" qui. celle-ci circonscrit une donation qui. . aussi EU. tout comme Henry. souligné par Laruelle. Henry ne se serait donc pas radicalement affranchi du mixte dans la mesure où la Vie l'intériorise encore (puisqu'en elle s'identifient le donné et la donanon). et par une négation.

relativement à la transcendance.. avec la transcendance. 67)) constituent deux des usages du langage promus par Laruelle pour signifier combien l'Ego-en-Ego en tant qu'Un et.158 selon Laruelle. et la Vie objective ou mondaine. .d'un "Donnéhumain-sans-donation" ('ThE. ne saurait se défmir relativement . il faut. Lévinas. Ainsi. la vision-at-Un est une expérience (de) soi radicalement intfléchie: même pas une "auto-affection" mais l'Affecté-avant-touteaffection: le Donné-avant-toute-Donation. puisque l'Ego-en-Ego. pour conquérir l'Egoen-Ego en tant qu'Un. c'est celle-ci qui le suppose pour le mélanger encore.. proposée surtout depuis Thiorle da provienne de la œcessité de distinguer l'Ego-en-Ego (ou la vision-en-Un) de la Vie (qui relève d'une donation.évinas témoignent d'une pensée de la radicalité humaine. "Heruy. et le Soi objectif ou mondain. l. 67) 37 Cf.évinas demeure philosophe. le Manifesté-avant-toute-manifestation. c'est-à-dire par opposition avec d'autres termes . elles sont encore.. en tant que radicalement autonome. du point de vue de Laruelle.. retirer tout ce qui "dans" la Vie relève du rapport. 36 L'utilisation du "sans" (dans "domé-san.ou d'une semi-décision . " .par écrasement ou percée d'autres termes et s'inscrit donc dans des mixtes et dans le monde.. Henry demeure. rigoureusement ou radicalement dépourvue de mondanité puisqu'elle se définit encore dans le cadre d'une décision . d'une manière géœraJe. L'humanité radicale qu'elles conquièrent comme Vie et Soi . il est possible que l'insistance de Laruelle sur l'idée d'un domé-sans-donation . dans la mesure où toute son œuvre s'organise à partir de l'opposition entre les phénoménalités inextatique et extatique.Aruelle (2) Si la non-philosophie de Laruelle s'accorde avec les problématiques de l. moins une donation où s'identifient le donné et la donation qu'un donné-sans-donation36.. 1-Vl.n'est pas. En définitive. Par ailleurs.évinas et de Henry pour borner l'espace philosophique dans l'espace étroit du monde et défmir un homme s'affranchissant radicalement de cet espace37. p.ou Visage . 64) ou d'un "Ego-non-donatiomel" ('ThE.. insuffisantes. de ce point de vue." (PrN. p.).à la Vie notamment . si l'on veut. la non-philosophie s'affranchissent des mixtes philosophiques. Laruelle (1)". il apparaît désonnais nécessaire de la distinguer précisément de celles-ci. 70) . p. si les problématiques de Henry et l. Pour Laruelle. l'Ego-en-Ego est donc moins une immanence excluant de soi la transcendance ou s'opposant (serait-ce nettement) à la transcendance qu'un rien-qu'immanent . I. Ou plutôt. du seul point de vue de Laruelle. parce que sa problématique relève encore d'une décision philosophique (transcendance/immanence). p. Henry.s-donation" par exemple) et celle des parenthèses ("la vision-at-Un est une expérience (de) soi" (PrN.philosophique. etc. Uvinas. philosophe. rigoureusement ou radicalement radicale. De même.

"trop" dépourvu de relations constitutives avec d'autres "termes" pour désigner. En ce sens évidemment.et en poussant donc à son terme en quelque sorte les pensées de la radicalité humaine que les problématiques de Lévinas et de Henry proposent. p. 73. en lui-même. 173. p. 107. en eUe. p. il n'est pas le résultat d'une décision philosophique. la pensée de Henry. Cf." (PrN. d'une épochè (Husserl) ou d'un dépassement (Marion) : "aucune réduction. que ces deux penseurs définissent des Dyades particulièrement distendues qu'ils ne refennent pas. aussi PrN. tout d'abord. aussi. 40 PhN. n'intériorise pas plus ou moins les réalités dépassées (la Vie. négation. aucune exclusion d'une éventuelle donnée autre que l'Un n'est nécessaire pour l'atteindre. dans ce chapitre. p. p. Cf. 229. "De la transcendance du Visage à l'immanence de l'Un". aussi PhD. plus haut dans ce paragraphe. Premièrement. p. en ce sens cet ouvrage procède à une décision philosoplûque Cf. 57. d'un point de vue laruellien. On peut donc aussi considérer qu'en instaurant l'Ego-en-Ego selon une hétérogénéité radicale . la non-philosophie a dépassé Lé vinas et Henry. 41 U1U! biographie th l'homme ordinaire. comment il ne peut être conquis ou défini. Mais pour Laruelle ce dépassement n'est pas philosophique parce qu'il est tel que la "réalité" ainsi conquise (l'Ego-en-Ego en tant qu'Un) ne garde pas. trace de ce dépassement. Laruelle parle de ""semi·plûlosophie"" (PrN.comme radicalement dépourvu de mondanité . Ce dépassement est le seul qui n'implique pas des mixtes. etc. en tant qu"'in-mixable".159 Dans la mesure où ces oppositions henryenne (entre les phénoménalités inextatique et extatique) et lévinassienne (entre la transcendance et l'immanence) sont nettes ou franches. ce qui le constitue. on peut considérer. suspension. que celle-ci relève d'un doute (Descartes)."40 Il est "trop "en soi""41 ou immanent. néantisation. la non-philosophie de Larue/le procUe d'un approfondüsement ou d'une radicalisation de celles-ci39. souligné par LarueUe) 39 Cf. ''Penser en second". le Visage).des Dyades sans Unitéou qu'ils procèdent à des semi-décisions philosophiques38. . le fondement du monde (Descartes). 38 Nous l'avons dit. où Lévinas et surtout Henry n'essaient guère d'articuler les deux "termes" de cette opposition. RADICALEMENT AUTONOME Comment conquérir et définir l'Ego-en-Ego ? Les analyses conduites au paragraphe précédent et dans le chapitre VI de la première partie mettent en évidence. 83. 136) ou de "pradque encore semt-rranscendanre de l'Immanence radicale. dans Autrement Lévinas cherche incontestablement à refermer la Dyade transcendance/immanence .

46 PM.. Cf. Ces deux terminologies se doivent de toutes façons d'être précisées : l'Un désigne un radical ne résultant pas d'une opération philosophique de radicalisation .ou si l'on veut un absolu-sans-absolution. ce qui ainsi se distingue ou se refuse dans un rapport de distinction ou de refus (avec les mixtes) . Car précisément il est impossible de se distinguer des. p. On notera que Laruelle évoque ici l'absoluité de l'Un. si l'on veut.160 lui apporte sens et être. Laruelle la refuse. 122.. 43 A propos de la Vie (ou de l'Ego comme Vie). inextatique qu'extatique. plus rigoureusement encore : un radical affranchi du mixte radicaVradicalisation. p. "Le seul argument pouvant assurer l'absoluité de l'Un (. 28. qui exclut aussi son "absence" ou son "manque""46 . 47 PM. il désigne ce qui ne relève radicalement d'aucun rapport.une immanence pour la transcendance . Précisément. Une telle distinction ou un tel refus ne peut qu'inscrire. Il n'est pas.ou de se refuser aux. aussi EU. pas plus hors-philosophie (hors-monde.c'est là le vieux geste de la transcendance philosophique dans lequel nous ne pensons plus"42.(Husserl) ou rend possible sa phénoménalité (Marion). ) c'est l'absence absolue de tout rapport dans sa "constitution" inteme"47. Ainsi. p. en lui-même.•. 18). 63.donc dans un mixte. Laruelle écrit ainsi : "l'Ego est encore posé à panir de la plùlosophie et par absuaction. Cette absence est donc toute positive : bien loin d'indiquer qu'il se définit par le refus de quelque autre terme (serait-ce même par le refus d'une 42 PhD.. mais une inséparabilité absolue qui exclut le rapport. p. il convient de préciser que cette distinction est seconde. inadéquat qu'adéquat. p. si l'Un ne relève pas de mixtes. Néanmoins. s'il se distingue. 99 . Cette terminologie est pertinente dans la mesure où 11Jn se constitue selon une absence rigoureuse de rapport et donc de relativité. des mixtes.« que dans la philosophie (dans le monde).un radical-sans-radicalisation. p. mise entre parenthèses de celle-ci qui continue donc subrepticement à le détermmer. etc. . dans ses derniers ouvrages.et cette différence est là aussi seconde -l'Un du Visage ou de la Vie qui en lui-même ou en elle-même perce ou résulte d'un écrasement de la philosophie et du monde.. 45 Cf.sans doute parce qu'elle tend à renvoyer aux absolus philosoplùques -et préfère décrire l'Un comme radical. subrepticement. qu'elle ne vient en quelque sorte que dans un second temps : elle n'appartient pas en propre à l'Un.mixtes. un absolu affranclù du mixte absolu/absolution." (PrN. on ne prétend pas ici sortir d'elle mais plutôt n'y être jamais entré" (PrN. "L'Un n'est pas ce qui se distingue de ces mixtes .radicalement. et donc reste constitutivement relatif à eux43. par exemple Une biographie de l'homme ordinaire. Mais de telles précautions pour définir l'Ego-en-Ego en tant qu'Un pourraient induire en erreur. 107) 44 " . L'Un n'est donc. ce qui se refuse aux décisions ou ce qui nie les mixtes philosophiques. 138. Tel est ce qui différencie . c'est-àdire sans que ce refus du rapport le constitue en son essence4S : "non pas l'absence d'un rapport. p. en luiméme.

). une suite. SI Thl. donc appelle. PrN. p. contrairement à ceux que déconstruit Derrida. en elle-même. 53 a.indique qu'elle désigne un commencement ou un fondementS?. Il n'engage en son essence. cette description est insuffisante 48 "L'homme est le seul être dépouiVu de contraires et de voisins" (ThE.. par exemple PrN. Peut-on ainsi également déconstruire l'Un ? Relever. rien-qu'immanent (à) soi50. p. 700). 65. en lui-même. on pourrait déconstruire en particulier la Vie de Henry. 521bl. souligné par Laruelle. 73.161 absence)48. n'est rigoureusement rien-que-luimême. p. 55 Dans TMorie des notamment. 231. est radicalement affranchi de relations constitutives.. précisément que lui-même. 134. Désignant un en soi. L'épreuve humaine de l'Un est "épreuve (d')elle-même"51. aussi 1bl. p.. par exemple. On peut également."le commencement perdu" . qu'elle est ainsi contaminée ou travaillée en son essence par d'autres termes qu'elle refuse. . p. Nous avons déjà "situé" cet Ego-en-Ego "relativement" au Visage et au Soi de Lévinas et surtout à la Vie de Henry54. Plus précisément encore : "le réel n'est pas un contraire qui fuit devant son contraire (. p. "lndéconstructible"58. il désigne "un absolu-rien qu'immanelll" (in EPU. 58 EU. etc. Cf. SO Selon "La méthode transcendantale". Ainsi la non-philosophie s'ancre-t-elle dans la découverte d'un moment humain radicalement autonome53. se donne "d'emblée comme rien-que-soi-même"52. radicalement affranchi de mixtes et donc de mondanité et de philosophie. dans ce chapitre. par exemple Thl. 64. Si Lamelle le décrit comme donné-sans-donation. 129. p. p. afin de suggérer la radicalité de cene découverte non-philosophique. 21. elle signifie que l'homme ou l'Ego en tant qu'Un est au centre (de) lui-même : "il n'est "localisé" qu'en lui-même"49. 45. "L'universalité philosophique du mixte hiérarchisé" ("Derrida et Laruelle : le philosophe sépare-t-il ou articule-t-illes deux contraires T'). que le sous-titre de Généalogie de la psychanalyse . une identité autonome55. "Vers la non-philosoplùe". l-VI. p.) mais ce qui fuit devant la paire même des contraires et devant toute décision. 57 Cf. Nous soulignons). l'Ego-en-Ego en tant qu'Un est-il susceptible d'être déconstruit par Derrida (qui s'emploie à montrer combien les en soi ou les identités philosophiques se mélangent avec d'autres termes56) ? En tenant le point de vue de Derrida. 77. (. ) Car k ne juil pas devanJ/a paire des cotllraires : il l'ignore purement et simplement" (1111. la mesurer (si l'on peut dire) à la déconstruction de Derrida. 49 PrN. S4 Cf. souligner.. Laruelle oppose l'Identité non-philosophique à la Différence philosophique au mixte). par exemple.. qu'en tant que donné-sans-donation. 148. il intériorise encore la donation dont il s'affranchit ? Non : l'Un est un "terme" qui. a. p. p. etc. 56 Cf.

pour dire vite. l'homme en tant qu'Un désigne sans doute moins une fin en soi qu'un moyen de remettre en cause l'exclusivité du mode philosophique de pensée. comme le sommet d'une hiérarchie philosophique. ou "extérieure" et de recognition) tru le reel ou d son propot. Ou encore : "Si bien que ce reel-Ego.. souligné par Laruelle) C'est à l'opération philosophique de Henry (d'écrasement. ( . du mixte donné/donation -et donc qu'il ne se constitue pas selon un affranchissement ou une soustraction de la donation (ou même du mixte donné/donation)59. 120.de la transcendance). dans ce chapitre. 47. Tout se passe donc comme si. lorsqu'elles pratiquent à leur tour la soustraction. encore d'une soustraction de la transcendance62. on peut noter que la conquête de la Vie . 60 Si la comparaison avec Derrida apparart peninente.. c'est aussi parce que les deux problématiques sont amarrées à de sérieux problèmes de langage. 203. Et tel est probablement en définitive ce qui sépare Laruelle de Henry. p." (PrN. ) il ne nous est pas demandé( .et. d'un écrasement ou. plus radicalement. ). Ceux-ci proviennent. à une logique de l'en soi ou de l'identité60. plus panlculièrement.. en conquérant l'Un. souligné par Laruelle.. relevant encore d'une semi-décision philosophique. ce qui ne relève plus de la législation philosophique : la différance. de pensée. Ces considérations suggèrent que cette conquête de l'Ego en tant qu'Un procède sans doute moins d'une réflexion sur l'homme en tant que tel que d'une thématisation .dans l'Essence de la Manifestation (1963). après une intégration en quelque sorte de la déconstruction derridienne. "Comment penser et dire le non-philosophable r' 61 Sur ce point. ) de le re-trouver en fermant les yeux ( . mais elle n'est rien sans la pensée qui lui soit appropriée. C'est pourquoi elles se vouent à une activité formelle de répétiti011 tautologique qui est le pendant de la soustraction par transcendance''63. pour Derrida. .des gestes philosophiques et des structures ou des rapports qui en découlent. p. à son roman L'amour let yeuxfermis. l'Un pour Laruelle. nous ne faisons pas d'hypothèse (philosophique. mais nous nous donnons avec lui en revanche le moyen de faire fonctionner autrement que philosophiquement la L'immanence radicale est une émergence ou une découverte par rappon à la philosophie.prolongeant et intégrant celle de Derrida . p.précède !"instauration de la déconsttuctimt 62 Cf.162 puisqu'elle vise en réalité à signifier que l'Un s'affranchit non seulement de la donation mais. la problématique de Henry ne peut que conquérir la Vie comme une fin en soi. Ces problèmes concernent donc également Henry et Lévinas.que fait allusion ce passage : "il ne nous est pas demandé non plus de le rettouver en fermant les yeux". non plus philosophique en son essence. avec le langage philosophique. "Les pensées de l'immanence radicale. de ce que Derrida et Laruelle doivent décrire. Avec cette idée d'un donné-sansdonation. n'ont évidemment pas découvert le mode de pensée original et positif qui doit accompagner la vision-en-Un. "Vers la non-philosophie" ("L'Ego-en-Ego comme auto-affection inextatique 7''). et manquer l'immanence radicale en tant qu'elle permet de déployer un nouveau mode. ne prenant pas en compte les résultats de la déconstruction de Derrida61. Car. la conclusion de notre ouvrage. 63 PrN.. cogitative.. 59 Cf. par exemple PhN.ou de soustraction.. En d'autres tennes. Laruelle revenait. Cf.

PrN. .mais que cet homrTU! ne pose plus de problèmes (philosophiques). "l'Yn est sa autre terme. c'est la pensée et le discours relatif à l'Egoen-Ego ou à l'Un.entretenus par la pensée (et le langage) avec l'Ego-en-Ego en tant qu'Un et de comprendre en quel sens sa définition ou sa constitution implique un changement de posture. ) qui soit adéquate à l'être-absolument donné et à la "solitude" de I'Un."67 Ce qui pose problème par contre. S'il était injustifié."68 Sans approfondir ici ces questions. ces questions ne se posent plus : le réel comme Ego-en-Ego ou comme Un "a-t-il besoin d'une preuve ? S'agit-il simplement de le reconnaître de l'extérieur( .non plus philosophiques . p. qui le justifierait ou le fonderait . ce qui est propre raison comme absence positive de raison en même temps que d 1rrauonahté. montrer qu'il entre en contradiction avec tel ou tel :. leur nature et leur statut. et ce paragraphe le suggère. (PM. Cela ne signifie pas que Laruelle soit dogmatique . donc l'amarrer à autre chose que lui-même. p. ) ? Cette question philosophique n'a pas davantage de sens. "L'Un. on pourrait l'invalider. Par conséquent. "L'homme n'est même plus l'objet d'une question. L'homme est hors-dequestion parce qu'il est hors-de-philosophie. 119. En revanche.car l'homme en tant qu'Un n'est pas plus injustifié que justifié66. le donné-sans-donation. une telle réponse ne pourrait donc que le manquer en tant qu'il est radicalement autonome64. 147-148) 67 EU. p.. souligné par Laruelle.. nous nous contenterons de préciser les rappons . 36.. Notre manière minimale de définir le Réel rend la démonstration de son "existence" inutile''65. s'il y a un problème maintenant crucial. 68 PrN. p. 120. n'est pas par définition lui-même un problème.. PrN.163 Mais où trouver cet Ego-en-Ego ? Comment prouver son existence ? Sur quel droit s'appuie sa conquête ? Ces questions sont philosophiques : y répondre ne pourrait que l'arnaner ou l'articuler à un autre terme. c'est une donnée primitive dont il faut partir sous peine de ne jamais la trouver. 65 66 64 Cf. c'est celui d'une forme de la pensée ( . p. 27.

691bJ. souligné par Henry. aussi l-VI. avec Lévinas et Henry. donc. 71 Laruelle assimile les décisions philosoplùques à des opérations de transcendance (cf. que celui-ci et celle-là se convenaient mutuellement12. 12 Cf. pour la pensée non-philosophique . p. p. "Cest toute la philosophie qui "manque" (. 70 . p. 77 Cf. ) le réel parce qu'elle le veut et qu'elle croit avoir suffisamment fait pour lui en le voulant . qui commence par le diviser et donc le perd"69. Pour Henry. 118. 118. 1S l't!M. la philosophie confond la phénoménalité extatique "où se meut la pensée. p. à laquelle elle se confie"74 et celle du réel. l-V. p. c'est-à-dire philosophique71. Lévinas et les Méditations Métaphysiques". 73 l'hM. La non-philosophie.la force (de) pensée . Comment dès lors commence-t-elle ? Quel est son rapport à l'Un ? Comment se rapporter à une telle "réalité" ? La philosophie comme idéalisme Nous avons vu. de cette radicale autonomie de l'Ego-en-Ego en tant qu'Un? Selon Laruelle.puisque c'est un geste de dépassement ou de transcender qui s'applique à une réalité donnée dans la transcendance. 119. par exemple PhN. Henry dénonce la confusion philosophique de la pensée et du réel : "ce que nous contestons d'entrée de jeu c'est la méprise par laquelle ce procès de la pensée se prend pour le procès de la réalité ellemême"73. SS et 1-VI. "l'essence de la phénomtnalité en général est celle de la parole''76. en tant que "terme" qui n'est pas "objet d'une acquisition par le moyen d'une opération de transcendance''70. p. Cf. p. 74 l't!M.. p. "Henry. Tel est selon lui l"'idéalisme''75 de la philosophie en vertu duquel. En particulier. subordonne celle-ci à celle-là. par exemple Thl. c'est-à-dire du logos ou de la pensée77. aussi (par exemple) l'hM. 76 l'hM. Thl. Cf.. p.164 PENSER EN SECOND Quelles sont les conséquences. que la pensée philosophique se mtlangeait avec le réel philosophique. 68) dans la mesure sans doute où le premier geste qu'elles circonscrivent désigne en quelque sorte un tratiScentkr de la tratiScendance. 111. la philosophie commence par décider. "'La philosophie et le monde usuel". 64. ne commence pas par décider : elle ne pourrait sinon que manquer l'Un en tant qu"'in-mixable". 68-69. c'est-à-dire inscrit les réalités qu'elle thématise dans le cadre de ses décisions : dans ses mixtes hiérarchisés. elle. que celle-ci présuppose.. 134.

dans la mesure où il a encore besoin de la pensée pour conquérir ou constituer le réel : la Vie ne peut-elle être considérée comme résultant d'un écrasement de la pensée ? Autrement dit. p. si l'on veut. plus radicalement. "Cette réalité originelle" désigne celle de la Vie) 80 Cf. PrN."79 Pour Henry. 140. p.165 Si Lévinas fait signe vers une remise en cause de cet idéalisme dans la mesure où il instaure le réel . le Visage et la pensée restent homogènes. p. 137 . 81 Laruelle évoque ainsi. du point de vue de Henry.. 79.précisément parce qu'il désigne une percée ou un renversement de celle-ci78. Henry demeure en effet idéalisteS! -c'est-àdire pris dans le mixte philosophique réel/pensée (ou "Ego/pensée"82). PrN.ou homogène à celle-ci . il convient. le faire-voir intérieur au logos et présupposé par lui de l'autre. pour Laruelle. pour Laruelle. 82 PrN.le Visage . p. p. relevant tous deux de la phénoménalité extatique. 78 Cf." (l'hM. se mélangent encore. que visable par la pensée. extatique. "Du Visage au Soi" ("De la percée du Visage à celle du Soi"). 117. 117. Il-l. d'une visée qui serait non plus renversée mais écrasée84. Si Henry estime ainsi rompre avec l'idéalisme de la philosophie . Henry suggère que cette hétérogénéité est la cause du philosophique de la Vie :celui-ci "s'explique sans doute par l'obscurité où cette réaltté ongmelle de la cogitatio s'enfenne par nature et ainsi la difficulté qu'il y a à la comprendre en son propre. inhérente à la pensée (et à ses visées). Pour le dire d'une autre manière : le Visage est encore visé par la pensée . Le réel et la pensée "s'opposent maintenant phénoménologiquement comme deux essences irréconciliables .celle-ci demeure donc premiüe . idéaliste. en visant Henry. 138). . p. 84 Cf. "l'idéalisme de l'auto-affection" (PrN.. 129. avec Henry la pensée n'est pas rigoureusement en second et demeure bien plutôt en définitive première83 parce que la Vie reste encore constitutivement déterminée par la pensée. par exemple PhM.. p. il demeure en définitive. pour s'affranchir de ce mélange philosophique de la pensée et du réel. 123. 79 PhM.en tant que percée de la pensée. Selon Henry. la pensée n'est plus premUre car elle ne peut pas viser la Vie . 83 Cf. Car. Cest bien plutôt en la phénoménalisation inextatique de la Vie que s'enracine la possibilité de la pensée80. radicale.comme la révélation inextatique et pathétique de la vie d'un côté.en laquelle ne se déploie plus la phénoménalité extatique inhérente à de telles visées. en tant. de définir celui-ci selon une phénoménalité inextatique tranchant nettement sur celle. De son point de vue. cette rupture n'est pas.avec la philosophie comme idéalisme .en tant que définie par opposition à elle.

86 Dans la mesure ollla Vie peut être considérée comme resultant d'une soustraction ou d'une négation de la transcendance ou encore comme son "fondement véritable" (GP.. c'est-à-dire aussi. Mais une fois là. p. "ne fonde pas. 100). 57) 91 ThE.et décisifs . p. 138. Parce qu'il est radicalement autonome. Il ne la détermine . 229. La pensée. p."autonomie relative"91. 133.pensant l'Ego ne peut être que seconde par rapport à son "objet" (l'Ego). 136. 134. ) ?"89 D'Ego lui-même on ne peut rien inférer ou plutôt on ne peut inférer qu'Ego lui-même . LarueUe le signifie en écrivant : !'"identité du reel se vit. elle constitue une conséquence de celle-ci.unilatéralement -que si elle se manifeste. 85 Cf. c'est-àPrN. 153. 49-50. et cette manifestation (de la pensée) ne lui est pas inhérente. parce qu'en lui-même -et contrairement à la Vie il ne détermine pas la pensée ou n'est pas unilatéral ou unilatéralisant (si tel était le cas il intérioriserait encore la pensée ou un rapport)86. 87 Cf. comme radicalement autonome. elle vient en quelque sorte d'ailleurs : "le projet de penser Ego suppose une cause extérieure ou occasionnelle"92. p. p. 142. Mais quel est dès lors le rapport entre la pensée et cet Ego ? Compte-tenu de la constitution de celui-ci. 30. Celle-ci cherche à répondre à la question suivante : "Que puis-je inférer d'Ego ( . .. Une telle proposition ne doit pas surprendre : bien loin d'introduire en l'Ego-en-Ego un rapport de détermination et de contredire sa radicale autonomie. p. se consomme en restant en elle-même sans avoir besoin de s'aliéner dans une représentation.. notamment PrN. 88 ThE. p. Ces points délicats . cf. il ne peut entretenir avec la pensée qu'un rapport qui soit unilatéral. 90 Dans Philosophie et non-philosophie. Nous n'explicitons pas ici la signification de cette causalité occasionnelle. 92 ThE. donc ne contient en lui même rien d'autre précisément que lui-même90. il détennine-en-<lemière-insWlCe" ou Wlilatéralernent (ThE. dispose donc par rapport à l'Ego d'une certaine autonomie . l'Ego-en-Ego en tant qu'Un est radicalement indépendant de la pensée. Théorie des Etrangers les met en évidence d'une manière particulièrement nette dans sa "Démonstration de l'être-Etranger"88. (par exemple) PrN. elle. L'Ego-en-Ego. ne lui appartient pas en propre. 89 ThE. Non générée par l'Ego.car l'Ego en tant qu'Un est radicalement autonome." (PhN. p. qu'à l'occasion de sa manifestationS? . p. la pensée . pour lui. Seconde. on peut estimer qu'elle est en elle-même unilatéralisante ou détenninante. occasionnel. Sur cene distinction de la Vie et de l'Ego-en-Ego. p. 95). s'éprouve. ce rapport ne peut être qu'unilatéral : l'Ego-en-Ego détermine la pensée sans que celle-ci le détermine en retour. lui.166 Changer de posture Radicalement autonome. radicalement hétérogène à ses visées85.

sans que. Car l'Un n'est pas un côté qui serail opposé à celui de la pensée. 195. 103 n faudrait montrer combien les concepts non-plùlosophiques el. p. p. Cf. ThE.. p. d'u!IC manière !a où est conqu1s pour la prem1ère f01s non-philosophie élaborés après Le principe de l'Un .et déterminé par . 127. ne (suis) pas divisé et rejeté hors de moimême ( . ) ." (PrN. 100 Cf. ou. 36. 101 Cf. ''Théorie de l'uni-latéralité" in Une biographie de l'homme p. c'est le penser et le parler qui viennent après Moi. p. etc. des déterminations réciproques. 99 L'uni-latéralité revendiquée par Laruelle signifie en définitive qu'il n'y a qu'un seul côté : celui de la pensée. p. la pensée est en-Un ou "s'enracine en-Ego''97. Cette détermination . le second la pensée non-philosoplùque ou la force (de) pensée délerminée-en-ilemière-instance par l'Ego. on le voit.)95.et pour "objet" (puisqu'elle le thématise non-philosophiquement) . 137.qu'il puisse tolérer en tant que radicalement autonome103. " . "Il est décisif de noter qu'Ego. Je sois divisé. ThE. 94Cf. 131. par exemple. des mixtes et des mélanges. 54-55. PrN. C'est-à-dire ensuite déterminée par l'Ego. 137. 96 Nous utilisons des guillemets car dans Principes de /Q non-philosophie Laruelle distingue l'Ego elle sujet : le premier désigne l'Un. extérieure ou étrangère94 à l'Ego (qui n'a radicalement pas besoin d'elle pour se constituer . il n'est _qu'au centre (de) lui-meme. par définition. écrit encore Laruelle. Nous soulignons. 95 Cf. 98 ThE.''98 Laruelle résume ces deux points en écrivant que l'Ego( -en-Ego) détermine unilatéralement99 ou en-dernière-instance100 la pensée. extérieur à la pensée : il est "trop en soi" pour être en lui-même extérieur et donc relatif à . en lui-mime et à proprement parler. qui. p. Car la pensée se déploie depuis l'Ego. p. si l'on veut. 9J PrN. a pour "sujet''96 . p.167 dire tout d'abord "hors-Ego''93. n'est donc pas.ou cette dualité unilatérale101 . Cf. p.. par exemple le paragraphe "Comment l'Ego délermine-en-i!emière-inslance le sujet ou la force (de) pensée. 129-133) 91 PrN. l'aliénerait dans des mixtes comme Ego/pensée) mais la pensée ne se peut que sur le fond de cette épreuve radicalement autonome et humaine de l'Ego. p. Cf. ThE. 102 PrN. de la constitution de l'Egoen-Ego : c'est la seule détermination .l'Ego. lui.. De l'auto-réflexion à la pensée axiomatique. Non pas évidement qu'en luimême l'Ego pense (ce qui le constituerait relativement à la pensée.constitue. 136. "L'Uni-latéralité est la forme de la non-philosophie comme le Mixte est celle de la philosophie. etc.sont également des conséquences de cette constitution. par exemple PrN. l'articulation non-philosophique et s'oppose à l'articulation philosophique impliquant.''102 Elle découle. donc dans des rapports. 150. Laruelle note que cette terminologie est quelque peu inadéquate à l'Ego en lanl qu'Un puisqu'elle tend à l'inscrire dans une dualité. 66..ou causalité .la pensée. lorsque Je pense ou parle. l'Ego radical a des effets sur . elle.

121. impliquant des mBanges. Le Réel fait commencer l'ordre ou le premier à la pensée. non plus philosophique en son essence ."I08 Sur ce changement de posture impliqué par la découverte de l'Un.celle-ci est secondet06. L'immanence radicale est une émergence ou une découverte par rapport à la philosophie. son ambition de ''faire fonctionner autrement que philosophiquement la pensée. Cf. 109 Ils y insistent davantage que les ouvrages (comme Le principe de minoritl) contemporains de la découverte de l'Un. Il serait en effet quelque peu inadéquat de décrire l'opposition de la non-philosophie et de la philosophie comme celle de l'Un et des mixtes. "selon-l'Un"!01 ou en-Un.). Cf. aussi ThE. plus que de manière (conversion. que l'Un n'est pas en lui-mlme premier (ce serait le presenter comme appanenant à un ordre. 132). . Cela tendrait également à ignorer ce qui semble la caractériser le plus justement : sa promotion d'un nouveau mode de pensée. 104 "Le principe de cene mutation se laisse résumer ainsi : cesser de considérer l'homme en son identitt comme regional et plùlosoplùquement "objectivé" d'un savoir et le traiter plutôt comme un donné premiet'' (ThE. "L'être-donné" désigne l'Ego-en-Ego). L'ordre ou l'wùlatéralité qui découle de l'Ego n'est plus englobant de l'Ego lui-même. Cf. réversion.. p.168 Apparaît dès lors le clwngement de posture qu'implique la découverte de l'homme ou de l'Un en tant que radicalement autonome. la pensée non-philosophique a pour cause dedernière-instance l'homme. aussi l-VI. Cela enfermerait ou figerait la non-philosophie dans une opposition de deux types de "réalité" et donnerait à croire qu'elle relève encore. etc. les derniers ouvrages de Laruelle insistent tout particulièrement109. par eJtemple PrN. Cette pensée en second.la tache étant de tirer toutes les conséquences de l'être· donné pour la pensée" (PrN. 10:5 Comme l'écrit Laruelle pour signifier combien cene détermination n'appartient pas au réel-Un lui-meme et tranche donc sur les déterminations philosoplùques toujours réciproques. " . encore une fois. 132-133. Alors que le logos philosophique conquiert l'homme ou le réel après et par une décision première. p. Si celui-là est premier. "DeuJt modes de pensée". 43). 48-49.. la non-philosophie suppose donné le réel-homme en tant que radicalement autonome104 et pense dans sa descendance.. 215. 106 La pensée non-plùlosoplùque ne peut être dite seconde qu'à condition de préciser.. PrN. semble désigner ce qui définit le plus précisément le projet non-philosophique.mais unilatéralement ou en-dernière-instance seulementiOS -par lui." (PrN. p.. p. la pensée la non-plùlosoplùe. Si le logos philosophique décide de l'homme et du réel. d'un partage ou d'une (semi-)décision philosophique. . ). etc. 120. comme la problématique de Henry. laprioritl radicale irreversible ou la primauté du Réel sur la force (de) pensée(. Laruelle signifiant ainsi combien la pensée n'est pas au principe d'elle-même mais est déterminée unilatéralement par le réel en tant qu'Egoen-Ego. donc comme relatif à ce qui le suit. mais elle n'est rien sans une pensée qui lui soit appropriée. 108 PrN. souligné par Laruelle) 107 PrN. p. p. Cf. PrN. "Il s'agit de changer de manière de penser .. Nous soulignons.sans doute parce qu'ils s'emploient davantage à tirer les conséquences de la constitution de celui-ci. déterminé. 42. p. p. 4ème de couvenure. "Principes de la nonplùlosoplùe" presente en conséquence la pensée ou la force (de) pensée comme première mais comme première-sans-refleJtion (cf.

"113 Pouvons-nous. APRÈS LARUELLE ? "Nous cessons de demander : quelle est la puissance de Hegel. demander "quelle est la puissance" de Laruelle ou comment penser après Laruelle '! Si.. p. et les mixtes qui en découlent. mais d'abord pour cause"lll .. 80. 120. en-Un plutôt que par et pour l'Etre. elle. 113 PrN. Cf. Thl. Cf. 114 Cf. p. déterminée par l'Ego lui-même à cette situation"112. p. p. 113. 131. mais suspendre seulement la foi 110Thf.169 trope. ThE.. 111 ThE. après celle-là ou dans sa descendance plutôt qu'en celle-ci et dans son tourniquet . p. 108 . les "réalités" nonphilosophiques ne peuvent pas plus être dépassées philosophiquement (par d'autres réalités) qu'elles ne sont elles-mêmes les résultats d'un dépassement philosophique (d'autres réalités). et il fait système à la fois avec la suffisance philosophique et avec la question de la "mon de la philosophie" latente dans toute revendication de celle-ci. 31.. etc. . Que peut dès lors signifier "penser après Laruelle"? A celui qui prend en compte la non-philosophie."110 . p. 61. souligné par Lamelle. de Nietzsche. "Deux modes de pensée". Premièrement. PrN. est en position première mais sans primauté. 41-42. ). 112 PrN. p. de base ou de terrain : penser depuis l'identité plutôt que dans la Différence (dans l'Etre. caractéristiques du philosopher. 22-23.. etc.) . 82-83. "la force (de) pensée. 1-VI. "Une discipline rigoureuse qui n'aurait pas l'homme pour enjeu. de Heidegger et jusqu'où s'étend-elle et comment "couper" avec elle '! C'est là un problème d'héritiers et de tradition. revenir à une pensée du monde. d'autre part. etc.. d'une part n'a pas pour fin ou intentionnalité l'élucidation de l'Ego qu'elle ne peut plus "viser" objectivement et. c'est-à-dire à la philosophie en ayant conscience de la "banalité" ou de !"'ancienneté" des gestes et des structures que l'on accomplira ou produira inévitablement ainsi que de leur non-exclusivité114_ "La non-philosophie ne prétend pas "dépasser" ou "remplacer" la philosophie ( . ces questions sont typiquement philosophiques c'est qu'elles préfigurent déjà le geste de dépassement. pour celui-ci.). 84-85 . nous. héritiers de grandes philosophies. quatre possibilités semblent s'offrir.. un tel geste est impossible : en tant que ne relevant plus de mixtes mais de dualités unilatérales. "Appliqué" à la non-philosophie. etc. Cf.

Seconde possibilité : traiter la non-philosophie "comme une doctrine quelconque dont les bases théoriques font l'objet de comparaison avec d'autres sur ses structures. . que la thèse de Lamelle ('"Economie générale des effets-d'être". Troisième possibilité : suivre la perspective non-philosophique. ttS PIN. ni de mixtes. les études de Lévinas. n conviendrait en particulier de préciser en quel sens Laruelle use de la phénoménologie comme d'un matériau pour constituer une "non-phénoménologie". inextatique qu'extatique. 4ème de couverture. 117 La non-philosophie di!s contemporains..170 philosophique"IIS. 1974. 116 La non-philosophie di!s contemporains. p. Avertissement. non publiée) usait déjà de la phénoménologie (husserlienne et heideggerienne) comme d'un matériau ou d'un "réservoir de problèmes" exploité dans une perspective qui élait alors non pas non-plùlosophique mais nietzschéenne. c'est-à-dire comme des philosophes ou des termes mondains. Henry et Lamelle conduites dans cet ouvrage. d'une manière ou d'une autre. 5-6. à ce propos."ll6 Notre ouvrage propose un tel traitement de la nonphilosophie puisqu'ilia situe relativement au contexte phénoménologique et aux problématiques de Lévinas et de Henry. à la fois la philosophie et la non-philosophie dans la mesure où ils s'emploient ainsi à concilier ou unifier deux "contraires" et continuent par conséquent à pratiquer des gestes philosophiques. Une telle définition ne pourrait sans doute que reposer sur la conquête d'une "réalité" qui -tout comme l'Ego-en-Ego n'est pas plus inadéquat qu'adéquat. Dans la mesure où il n'a pas explicité la nature de cet "organon". Selon nous. notre ouvrage n'a pas pris la mesure de la non-philosophie mais s'est contenté de présenter ses ""fondements" : l'Ego-en-Ego en tant qu'Un et la détennination-en-denùère-instance. ne désigne pas plus la différance que la présence (en soi ou à soi) . Nanterre.ne relèverait ni de dualités unilatérales. Avertissement. dactylographiée. Henry et Derrida ou le Soi. la Vie et la différance. sur ces concepts et leur filiation. Notons. c'est cette voie que suivent (ou suivront) ceux qui élaborent une problématique essayant d'exploiter. Elle consisterait en la définition d'un point de vue depuis lequel on pourrait considérer Laruelle ou l'Ego-en-Ego comme la non-philosophie a considéré Lévinas. p. 5. ) pour le traitement de la philosophie elle-même et la production de nouveaux énoncés.. délaisser le monde pour se porter depuis l'Un et la force (de) pensée vers de nouveaux "objets" et matériaux : considérer la nonphilosophie comme "un organon transcendantal ( . en définitive."ll7 La quatrième possibilité est celle que suggèrent. etc.

Mais du point de vue de Lévinas.une inadéquation . sur une constitution de la transcendance selon une percée incessante de l'immanence (1-V. cet inconnu est néanmoins reçu ou assumi par le Je-interloqué et reste donc adéquat et immanent (1-IV). ce débordement ne légitime pas. la réponse de Lévinas repose. lui. husserlienne. une remise en cause de l'immanence car Descartes le considère comme indiquant une Chose infinie.tranchant sur . Si on considère plutôt.toute autre épreuve et instituant un homme en tant que Soi perçant la mondanité. de la perception immanente (l-1) .et la philosophie -par le privilège de l'adéquation ou de l'immanence. fait signe vers une transcendance . alors. cette constitution s'affranchit aussi bien du registre de la phénoménologie que de celui de la philosophie .car perçant . Retraçons. en décrivant une épreuve humaine . Descartes. du côté de la transcendance. Cette constitution relève-t-elle encore de la phénoménologie ? Si on caractérise cette dernière. d'après nous. encore connaissable et adéquate (1-V). Comment rompre définitivement avec ce privilège de l'immanence ? A cette question.et. en définitive.c'est-à-dire de l'adéquation. le chemin parcouru avec Lévinas. tout d'abord. plus précisément. Husserl maintient le privilège de l'immanence .celle du Visage . De même Marion laisse-t-il intact ce privilège : s'il définit la donation comme telle en tant que donation d'un inconnu. désigne une percée de celles-ci (ll-1). 11-1).Comment penser et dire le non-philosophable ? L'espace parcouru dans cet ouvrage s'organise selon deux voies -celles de Lévinas et de Lamelle . la .conduisant de la phénoménologie husserlienne à (respectivement) une transcendance et une immanence non-philosophables.comme celle. la phénoménologie comme un style de pensée visant à définir des épreuves humaines spécifiques .rigoureuse ou "par excellence" dans la mesure où il décrit l'idée de Dieu comme enveloppant un profond débordement du contenant par son contenu. ne relevant plus de l'objectivité ou de l'être.instituant des hommes dépourvus d'objectivité ou de mondanité.en laissant toute inadéquation (intentionnelle) d ponle de l'ego transcendantal (l-Ill). et cet ouvrage invite à le faire.

. de la transcendance. cette conquête ne relève ni de la phénoménologie ni de la philosophie mais rend possible une nonphénoménologie ou une non-philosophie. du point de vue de Laruelle. qui désigne aussi celle de la Vie de Henry (1-11).par les mixtes qui la structure.. instituant des hommes dépourvus d'objectivité ou de mondanité.qui mène à l'Un à partir d'une analyse critique de Husserl et Kant..radicalement 1 Melllllll à l'Un. les deux points de vue de Lévinas et de Henry l'ont suggéré : le premier (notamment) en relevant que l'intentionnalité est à la mesure de la transcendance (l-Ill). d'une part. En "coupant" (ou en suggérant la "coupure" de) ce lien d'intentionnalité et (de) l'extase sur laquelle elle repose pour considérer le cogito comme enveloppant une phénoménalisation inextatique tranchant rigoureusement sur celle. de Heidegger et Nietzsche. 5). ensuite. résumons le chemin parcouru dans cet ouvrage du côté de l'immanence!. S'agit-il encore de phénoménologie ? Si on caractérise cette dernière .ne relève pas encore d'un rien-qu'immanent . Une telle démarche s'ancre. ""Le Principe de minorité" ( . . reste prise dans la transcendance . résout (ou tend à résoudre) ces difficultés husserliennes (1-V). ) commence avec l'Un( ..et Une biographie de ordinaire qui commence par l'étude de l'Un. selon Henry. du Muni cette fois du point de vue de Laruelle.. en décrivant une épreuve humaine .. dans un mixte. extatique.celle de l'Un .172 problématique de Lévinas en serait l'aboutissement ou la radicalisation côté de la transcendance.n'est pas adéquat à la rigoureuse spécificité de l'Un (car il tend à le présenter comme un aboutissement. ) et en tire les conséquences. alors. comme le terme d'un processus et donc à l'inscrire dans des relations ou des mixtes).intentionnelle justement et donc extatique -de l'auto-donation de la vie immanente et de la donation de la transcendance (1-11). Que cette intentionnalité contraigne l'immanence à se mélanger.. Pour autant. Est éloquent à ce titre le changementlaruellien d'attitude entre Le principe de minorité. ce cheminement ne relève pas à proprement parler d'une démarche nonplùlosoplùque. p. Descartes." (Une biographie de ordinaire.en tant que définie relativement à celle-ci précisément conune sa négation inextatique (11-11).et 1a philosophie . en-Un pour se poner. d'autre pan. Si on considère la phénoménologie plutôt comme un style de pensée visant à définir des épreuves humaines spécifiques. Avertissement. le second en insistant sur la structure commune . cette donation inextatique.) est une "percée" qui procède encore pédagogiquement et philosophiquement (. ) L'essai présent au contraire(. Husserl conçoit I'inunanence comme structurée selon l'intentionnalité transcendantale (à objet immanent ou transcendant) (l-1). avec la transcendance. bien plutôt. vers la philosophie et la travailler en fonction de ce qui découle de l'Un. S'affranchir définitivement ou radicalement de ce mixte immanent/transcendant conduit finalement Laruelle à conquérir l'Un comme radicalement autonome (11-11). .

... ne semble jamais faire signe vers une remise en cause de l'adéquation. le cogn. plus il est (si l'on veut) philosophe .. . en plein mixte immanent/transcendant -et plus 2 Car le positiomement relatif de Descanes (cogito) et de Husserl proposé par notre: valable si l'on adopte le point de vue de Lévinas dans la mesure selon celuH:I. "Henry. Lévinas et les MéditaJions MitDphysiques". par exemple. On pourrait. en raison de l'axe de référence du schéma et de ses deux pôles (transcendance et immanence).. contrairement à Husserl et à Descartes.173 spécifique instituant un Ego-rien-qu'Ego.o témoigne significalivement du privilège philosophique de l'adéquauon (alors que Husserl décnt une inadéquation intentionnelle). <. les penseurs sont classés selon un point de vue lévinassien. que c'est Marion qui est le plus proche de Lévinas puisque. simplement.. Selon celui de Laruelle. Ces deux classements traduisent d'abord. Selon celui de Lévinas... c'est Husserl qui est le plus philosophe -car il est. le cheminement de cet ouvrage : aussi convient-il de ne pas leur accorder trop de signification. la problématique de Laruelle en serait l'aboutissement ou la radicalisation -du côté de l'immanence. On pourrait aussi estimer. Cf.. Le double parcours de notre ouvrage est résumé par le schéma suivant. à l'inverse. la distribution des penseurs doit être interprétée différemment selon le point de vue adopté. de Husserl à Laruelle (du centre vers la droite) selon un point de vue Iaruellien.... en quelque sorte. il thématise une "réalité" (la donation comme telle) s'affranchissant de l'objectivité et de l'être.l a philosophie selon Laruelle . 1-V. considérer que Husserl est plus proche de Lévinas que Marion dans la mesure où il propose une inadéquation conune dépassement incessant (l-Ill) s'apparentant à celle définie par Lévinas alors que Marion. plus un penseur est éloigné du pôle de la transcendance.> immanence De Husserl à Lévinas (du centre vers la gauche).la philosophie selon Lévinas .> Lévinas Descartes Marion Descartes Henry· La ruelle (idée (cogito) de Dieu) transcendance <....ceci jusqu'à Descartes (cogito) inclus2. Par ailleurs. lui.

de tenir dans un "ordre des raisons" ? Du point de vue de nos trois penseurs.tendent à présenter la philosophie comme un milieu étroit. par Lévinas. Mais s'il ne peut être question de les justifier. Si les problématiques de Lévinas et de Laruelle se définissent à panir des pôles opposés (respectivement) de la transcendance et de l'immanence. toutes deux . Comment justifier . 11-11). s'accordent pour considérer ce régime comme adéquat à l'étude du monde et de ses choses mais inadapté à ce qui rigoureusement ou radicalement tranche sur ceux-ci : l'homme (1-VI). davantage. qui en quelque sorte se soutiennent d'elles-mêmes et sont trop autonomes et spécifiques pour pouvoir faire corps avec des arguments (les justifiant ou les contestant).le mixte dirait Laruelle . de les vérifier. n'ayant connu qu'un seul régime . dans celui des mixtes ou de la phénoménalité extatique. comment les penser et les décrire ? Et si ces épreuves ne sont ni justifiées ni absurdes. soient institués par des épreuves radicalement humaines. n'a-t-elle pas mis en évidence l'impossibilité dans laquelle étaient la Vie et le Visage -comme l'Un . ces épreuves tendent à briser l'alternative . homogène et répétitif. en tant que radicalement humaines.174 un penseur est éloigné de Husserl (vers la gauche ou vers la droite). justifiées ? Ou sans fondement ? Que les trois hommes définis. cette impossibilité est toute positive : elle tient à la rigoureuse spécificité de ces épreuves. voilà qui suggère l'impossibilité. par exemple.et celle de Henry . dont précisément ils ne relèvent plus ? Notre étude critique de Descartes (1-V.le Visage. l'Un ou la Vie sans les inscrire dans la transcendance mondaine. comment penser et décrire ce qui tranche radicalement sur la pensée (II- .et. Ce schéma témoigne également de la radicalité des points de vue de Lévinas et de Laruelle : celui-ci est plus radical que celui-là en ce sens qu'il inscrit dans l'espace philosophique tous les autres penseurs alors que Lévinas ne peut attribuer de statut à Henry et à Laruelle (1-V. de les critiquer. du mixte ou de la phénoménalité extatique .raison/irraison. ne risquent-elles pas d'être impensables ou indicibles ? En effet. plus il s'approche des limites de la philosophie. Laruelle et Henry. de les démontrer ou de les invalider.ou rigoureusement spécifiques-. dans le registre du Même. pour le logos. Bref. Mais ces trois contestations de l'exclusivité ou de l'autorité de la philosophie sont-elles légitimes. 1-VI).ou remettre en cause .celui du Même.

ce qui la perce (le Visage).et. Notons également que Laruelle écrit à propos de l'Un : "Une fois que l'on a conquis un objet nouveau. p. en définitive. s'imposant à nos trois penseurs.celui de la percée-.et comme telles invisibles : se refusant au regard de l'intuition -du Visage.ou par Lévinas. celui-ci : comment penser et dire les épreuves radicalement humaines . l'Un ou la Vie) . concevoir Je Visage simplement comme une percée du pas tendre à Je réduire à un thème particulier. d'élaborer un mode original de pensée et de discours adéquat à. à oblitérer sa s1grulicauon comme percée de tout thème . en est rigoureusement affranchi (l'Un) ou résulte de son écrasement (la Vie) ? Si Lévinas.175 Il). comme le suggère Derrida3. Laruelle et Henry que seront consacrés nos futurs travaux. à le réinscrire dans le registre philosophique du Même." (EU. 4 Par exemple. Positions.la nécessité. Laruelle et Henry problématisent la non-radicalité de l'épreuve humaine définie par Husserl (la perception immanente). 81. il faut élaborer une méthode de pensée nouvelle et conforme à J'objet.ou respectant/a spécificité de. en retour. 216-217) .cette "réalité" hors-philosophie. Car comment pourrait-on s'affranchir d'une telle élaboration sans redonner prise à la puissance du logos philosophique qui. la nature et le statut d'une pensée et d'un discours traitant d'une . p.donc du thème même de percée . on imagine la question que leur poserait. de thématiser la possibilité. de l'Un et de la Vie ? Est ainsi suggérée la nécessité. en un mot. toujours menace de se réapproprier ce qui d'abord s'annonce comme horsphilosophie4 ? C'est à ces modes originaux de pensée et de discours élaborés ."réalité" hors-philosophie (le Visage. non - 3 Cf.

Grasset. Paris. De Dieu qui vient à l'idée. "Philosophie et transcendance" in Encyclopédie philosophique universelle. de 1949. Biblio-Essais. La Manufacture. Paris. Seuil. 1990. Le Livre de Poche. collection "Krisis". Entre-nous. Essai sur l'extériorité (1961). Entretiens avec Lévinas Ethique et Infini. Biblio-Essais.BIBLIOORAPHIE 1. Paris. Labor et Fides. Essai sur la pensée d'Emmanuel Lévinas" (1964) in L'écriture et la différence. 1989. Points. 1992. Vrin. Biblio-Essais.Emmanuel Lévinas Ouvrages de Lévinas Théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserl (1930). 1: L'univers philosophique. Jacques Derrida. Paris. Besançon. Le Livre de Poche (première édition en 1972). 1992 1. n°4121. 1957{3. Humanisme de l'autre homme. Essais sur le penser-à-l'autre. Dialogue avec Philippe Nemo. 1984. Textes de Lévinas "La philosophie et l'idée de l'infini" in Revue de Métaphysique et de Morale. Fayard. Vrin. L'itinéraire philosophique d'Emmanuel Lévinas. 1 Cet ouvrage comprend également une introduction de Poirié à la problémalique de Lévinas. Altérité et transcendance. Paris. 1991. seconde édition (1986) de poche revue et augmentée. Genève. Cognac. Paris. vol. 1990. Paris. Totalité et Infini. Paris.l967. François Poirié. il0 4120. Paris. 1982. Millon. Etienne Feron. Fata Morgana. Autrement qu'être ou au-delà de l'essence (1974). . réimpression conforme à la 1ère éd. Ouvrages et textes sur Lévinas De l'idée de transcendance à la question du langage. Emmanuel Lévinas. 1992. Grenoble. suivie d'Essais nouveaux. "Violence et métaphysique. Le Livre de Poche. 1992. n°4058. PUF. Paris. Vrin (première édition en 1982). 1995. Transcendance et intelligibilité (conférence suivie d'un entretien) (1983). 1967. En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger. 1994.

1995. Paris. Paris. Science des hommes. 1980. 1995. vol. Paris. PUF. 1995. PUF. Badiou. numéros 5 (avril 1988) et9 (octobre 1989)2. démocratie. Paris. rassemblés par F. Mardaga. Derrida. Sartre. Théorie des étrangers. En tant qu'un. Le collectif. Russell. Husserl. Fichte. Paris. Badiou. "L'Appel et le Phénomène" in Revue de Métaphysique et de Morale.-M.François Laruelle Ouvrages de Laruelle Le principe de minorité. Editions Kimé. Bibliothèque de non-philosophie. Bibliothèque de non-philosophie. Aubier. Fichte. Laruelle. Bibliothèque de non-philosophie. Kojève. 2 Cette revue contiem des textes et des imerventions de Laruelle. . rassemblés par F. J. Aubier. Wittgenstein. J. 1992. Editions Kimé. Paris. 1989. Osiris. Fracta/ité généralisée et philosophie artificielle. 1985. 1980. 1989. Derrida. Non-philosophie. Des Autorités et des Minorités.178 Textes pour Emmanuel Lévinas. Paris. Les philosophies de la différence. "Marges et limites de la métaphysique" et "La méthode transcendantale" in Encyclopédie philosophique universelle. Althusser. Deleuze. "Réponse à Deleuze" in La non-philosophie des contemporains. collection "Epiméthée". Husserl. Deleuze. Aubier. Editions Kimé. Paris.-M. 1996. Sartre. 2. Laruelle. Textes de Laruelle "Au-delà du pouvoir. Place. Introduction critique. Kojève. Paris. 1991/1. Collection "philosophie d'aujourd'hui". Paris. Place. Philosophie et non-philosophie. Collection "l'interrogation philosophique". Liège-Bruxelles. Théorie des identités. 1986. non-psychanalyse. La non-philosophie des contemporains. Paris. Laruelle). Paris. 1981. Ouvrages et textes sur la non-philosophie de Laruelle La décision philosophique (revue non-philosophique dirigée par F. Paris. Principes de la non-philosophie. Le collectif. PUF. Althusser. PUF. Le concept transcendantal de la diaspora" in Textes pour Emmanuel Uvinas. Russell. 1: L'univers philosophique. 1991. Non-philosophie. Une biographie de l'homme ordinaire. Wittgenstein.

trad. collection "Epiméthée". Rudolf Bernet. Quadrige. Lothar Kelbel. Emile Bréhier. Paris. "Cogito et histoire de la folie" (1963) in L'écriture et la différence. Lowit. A. collection "Epiméthée". 1987/1. Peiffer et E. Husserl. Lévinas (1931). 1994. Seuil. Revue de Métaphysique et de Morale. Paris. 1950. Ouvrages sur Husserl La phénoménologie. Vrin. Idées directrices pour une phénoménologie (ldeen /. PUF.Autres Ouvrages de Husserl L'idée de la phénoménologie. 1987. Paris. G. PUF. Gallimard. Lowit in Revue de Métaphysique et de Morale. Ouvrages et textes de Henry et de Marion Généalogie de la psychanalyse. Objections et réponses. trad. Michel Henry. G. que sais-je? (onzième édition). PUF. Jacques Derrida. Descartes en phénoménologie. La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale (Krisis.Cinq Leçons ( 1907). PUF. Gallimard. Méditations Cartésiennes. 1936) trad. Ricoeur. Martial Gueroult. Paris. Chronologie. Introduction à la phénoménologie (1929). PUF. 1967. collection "philosophes". . Paris. Paris. 1913). 1990. Points. et M. Philosophie et Réception 1. GarnierFlammarion.-M. Paris. Ouvrages et textes sur Descartes Descartes selon l'ordre des raisons. 1975. présentation et bibliographie de J . Paris. La Barbarie. René Schérer. La vie du sujet. Michel Henry. 1964. trad. 1962. Paris. tome 1 (1953). 1986. Grane!. Textes sur Descartes et la phénoménologie "L'"épochè" de Husserl et le doute de Descartes" de A. Il (éd.179 3. Beyssade. Aubier. collection "Epiméthée". 1985. originale : 1981). 1992. Recherches sur l'interprétation de Husserl dans la phénoménologie. 1957/4. P. Grasset. Paris. PUF. Paris. Jean-François Lyotard. Histoire de la philosophie. Paris. L'âme et Dieu. 1979. 1994. Ouvrage de Descartes Méditations métaphysiques (1641).

180

Phénoménologie matérielle, Michel Henry, Paris, PUF, collection "Epiméthée", 1990. "Philosophie et subjectivité" de Michel Henry in Encyclopédie philosophique universelle, vol. 1 :L'univers philosophique, Paris, PUF, 1989. "Quatre principes de la phénoménologie" de Michel Henry in Revue de Métaphysique et de Morale, 1991/1 Sur le prisme métaphysique de Descartes, Jean-Luc Marion, Paris, PUF, collection "Epiméthée", 1986. Réduction et donation, Jean-Luc Marion, Paris, PUF, collection "Epiméthée", 1989. "Le sujet en dernier appel" de Jean-Luc Marion in Revue de Métaphysique et de Morale, 1991/1. "Réponses à quelques questions" (entretien avec Jean-Luc Marion) in Revue de Métaphysique et de Morale, 1991/1.
Textes sur Henry et Marion "L'épreuve affective de l'autre selon Emmanuel Lévinas et Michel Henry" par B. Forthomme in Revue de Métaphysique et de Morale, 1986/1. Les Etudes philosophiques, Michel Henry 1 Recherches, 1988/1. Revue de Métaphysique et de Morale, 1991/1. Autres ouvrages

De la grammatologie (1967), Jacques Derrida, Paris, Les Editions de Minuit,

1992.
Positions, Jacques Derrida, Paris, Les Editions de Minuit, 1972. Encyclopédie philosophique universelle, vol. II :Les notions philosophiques, Paris, PUF, 1990. Vocabulaire technique et critique de la philosophie (éd. originale : Bulletin de la Société française de Philosophie, 1902-1923 ), André Lalande, Paris, PUF (treizième édition), 1980.

TABLE DES MATIÈRES

Sigles utilisés Introduction Première partie : Positions post-husserliennes

8
9

15
17

1-1

Descartes et Husserl ou du mondain au transcendantal La mondanité de l'ego cartésien L'exclusivité de l'intentionnalité Le "principe des principes" L'intentionnalité comme donation des choses elles-mêmes Transcendantalité et intentionnalité L'hétérogénéité de l'ego husserlien et du monde Husserl ou Descartes ? Henry ou comment donner le donnant ? La mondanité de l'ego husserlien Les deux donations L'eidétisme husserlien La phénoménologie husserlienne comme philosophie du voir Regard et Vie Donnant et donné "deux modes hétérogènes de manifestation"

17 20 20 21 24 29 31 33 33 34
40

1-11

42
44 44

De Husserl à Descartes

46 47 51 52 54
59
60

1-111 Lévinas ou inadéquation et "phénoménologie"
Transcendance intentionnelle et "Même" Adéquation ou inadéquation ? Inadéquation et subjectivité L'absorption du sujet par l'être

182

L'ego husserlien est-il absorbé par l'être ? Lévinas, Henry et Husserl De Husserl à Descartes

62
65

66 69 69
73

1-IV Marion ou "donation" et subjectivité
La "donation comme telle" Henry, Lévinas et la phénoménologie comme telle

1-V

Henry, Lévinas et Descartes ou comment rompre avec le monde et la philosophie ?
L'amphibologie cartésienne Doute hyperbolique et phénoménalité extatique Le cogito comme auto-affection inextatique ? L'idée de Dieu comme double débordement ? Le profond débordement de l'idée de Dieu Deux lectures d'un même débordement "Inadéquation par excellence" et incompréhensibilité Henry, Lévinas et les Méditations Métaphysiques

77
78 78 79 83 83 87 88 91 95 95 98 100 l 00 102 103 105 105 107 109 llO 110 113 114 116

J. VI Laruelle ou l'homme est-il philosopha ble ?
La philosophie et le monde usuel La décision cartésienne L'universalité philosophique du mixte hiérarchisé Le mixte invariant philosophie/science Le mixte hiérarchisé comme structure philosophique universelle Derrida et Laruelle : le philosophe sépare-t-il ou articule-t-illes deux contraires ? Deux modes de pensée "La fermeture grecque de la pensée" Penser sans mixte La mondanité des hommes philosophiques Je et phénoménologie Les quatre ego de la phénoménologie husserlienne La décision philosophique de Marion Homme et mixte immanent/transcendant Henry, Lé vinas, Laruelle (1)

Lamelle (2) Radicalement autonome Penser en second La philosophie comme idéalisme Changer de posture Laruelle ? 158 159 164 164 166 169 Comment penser et dire le non-philosophable ? Bibliographie Table des matières 171 177 181 . Ego-en-Ego. Vie Transcendance et éthique Percée.183 Seconde partie : La transcendance du Visage et l'immanence de l'Un 11-1 Lévinas ou le Visage et le Soi : la "percée" Le Visage comme "franche présence"? La percée du Visage La transcendance comme percée incessante La rigueur de la transcendance La rigueur de l'incessance La profondeur de la percée Du Visage au Soi De la percée du Visage à celle du Soi L'incessance de la percée du Soi Le Visage et le Soi en parallèle Soi. phénoménologie et philosophie 119 121 121 124 128 129 129 132 135 136 144 145 145 147 149 151 151 151 155 11-11 Laruelle ou penser selon-l'Un Vers la non-philosophie De la transcendance du Visage à l'immanence de l'Un L'Ego-en-Ego comme auto-affection inextatique ? Henry. Lévinas.

. Husserl. Serge Valdinoci ISBN 2-84174-041-2 390 p. Non-philosophie. non-psychanalyse François Laruelle ISBN 2-841740-01-3. Russell.. le collectif ISBN 2-84174-026-9. Derrida.."Bibliothèque de non-philosophie" dirigée par François Laruelle Esthétiques non-philosophiques Gilbert Kieffer ISBN 2-84174-062-5. 210 F . démocratie. Kojève. 330 p. Badiou. Fichte. 224 p. 150 F Théorie des Etrangers Science des hommes. 236 p. 185 F La non-philosophie des contemporains Althusser. Deleuze. 160 F La traversée de 1'immanence L 'europanalyse ou la méthode de la phénoménologie.. Sartre. Wittgenstein.

fût-ce contre la phénoménologie elle-même. Et dans des moyens phénoménologiques réformés : ceux de la « donation » et du « donné-sans-donation » (Laruelle).HUGUES CHOPLIN DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE À LA NON-PHILOSOPHIE Le grand massif de la phénoménologie ne cesse de travailler et de bouger.et non-husserliennes les plus écartées.. Ce travail de cartographie post-husserlienne ne porte pas de jugement sur les phénoménologues et sur le destin de la phénoménologie. le Soi et le Visage. Hugues Chaplin est ingénieur de l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications. il part à la recherche des différentes figures de l'homme : l'Ego. Marion) par rapport à la transcendance radicale comme « percée » (Lévinas) ou à l'immanence radicale comme « identité » (Laruelle). C'est donc d'une description et d'une articulation topologiques de positions relatives qu'il s'agit. telles qu'elles peuvent être mises en place (Henry. plutôt que de l'étude érudite du détail des doctrines. On ne trouvera que les positions post. Il fallait chercher une loi de consommation et de dispersion de l'héritage husserlien. Il mesure des écarts et des émergences. ceux qui conduisent de la phénoménologie à la « non-philosophie »et à sa mise en œuvre comme« non-phénoménologie». Muni de cet instrument.. Toutes les phénoménologies ne sont pas ici convoquées. la Vie. Hugues Chaplin la trouve dans un nouveau réel à défendre : l'homme. l'Ego-en-Ego ou l'Unen-Un . il travaille actuellement sur le statut du langage chez Lévinas et Larue/le. Bibliothèque de non-philosophie dirigée par François Laruelle ISBN : 2-84174-093-5 135 F ÉDITIONS -KIJVlE .

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful