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Association Générale des
Étudiants de Paris-Sorbonne

01 40 46 32 27

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contact@ageps.org

Le bulletin sans concession de l’AGEPS, le syndicat indépendant de l’université Paris-Sorbonne, Octobre/Novembre 2013, numéro 38
Automne 2013

Eloge de la folie:

Erasme dans les marasmes de la rentree
Éditorial
Ah… la rentrée !
Une nouvelle année commence, une année où l’on
vous souhaite de réussir tout
ce que vous entreprenez, une
année où nous serons là pour
vous accompagner le mieux
possible, comme nous le faisons depuis de nombreuses
années maintenant.
Présente depuis bien longtemps, l’AGEPS continue son
travail d’aide aux étudiants,
continue à vous apporter des
informations, les plus fraiches
possibles, sur votre université, et à se battre pour
défendre vos droits et en
acquérir de nouveaux.
Beaucoup de choses changent
cette année, les calendriers, il
n’y a plus de travaux en
Sorbonne ou à Clignancourt,
la réforme des masters de
l’enseignement, et l’application de la nouvelle loi entérinant tous les changements de
la LRU. De même, en cette
année d’élections, des syndicats longtemps disparus commencent à resurgir, et de
nouvelles têtes apparaissent
dans les associations que
vous connaissez, telles que
moi même. Pourtant, certaines choses perdurent, et
l’AGEPS fait partie de ces
choses-là, fait partie des
choses sur lesquelles vous
pouvez toujours compter, qui
ont pour objectif de vous
avertir de ces changements,
et de vous défendre s’ils ne
sont pas en votre faveur.
Et nous tenions à vous
remercier, parce qu’en
échange de notre travail,
nous savons que nous pouvons toujours compter sur
vous.
N’oubliez pas : constante
depuis plus de vingt ans,
l’AGEPS est là pour vous
défendre et pour vous aider
au quotidien dans votre vie
étudiante.
Merci encore, et très bonne
année,
Eugène Sandoz
Président de l’AGEPS

Erasmus: on vide les bourses

Nul besoin de présenter le programme
Erasmus, seul programme que même les
partis eurosceptiques n’osent pas critiquer,
seul argument que les partisans de l’intégration européenne peuvent avancer sans
doute. Depuis 1987, il n’a cessé de s’étendre et son budget de croître. Rien qu’à
Paris-Sorbonne, grâce entre autres à la
qualité de notre service international,
presque 700 étudiants sont partis cette
année.
Ce départ en terre promise, possible non
seulement grâce à l’Union Européenne mais
aussi au soutien de la région, n’a jusqu’ici
jamais été remis en cause, et bien que parfois un peu obscur pour les étudiants, fonctionnait à merveille. Mais le temps de
« l’Auberge Espagnole » semble aujourd’hui
révolu ! Pour la première fois depuis sa
création, le budget d’Erasmus baisse… et on
ne parle pas d’une stagnation, mais bien
d’un trou béant : une chute de 19 à 13 milliards en un an ! Pourtant, on attend le
même travail de toutes les institutions,
européennes, nationales ou universitaires,
avec deux fois moins de budget : logique.
Le budget européen étant lui aussi en
baisse, une stagnation du budget Erasmus
aurait été compréhensible, mais cela n’explique pas un trou pareil. Fusion des différentes branches, probables coupes de per-

sonnels administratifs… résultat, des dossiers traités moins vite pour une population
toujours plus vaste – tiens, comme une
impression de déjà-vu ! La plupart des
écoles, et des universités, vont voir leur
nombre d’étudiants en mobilité internationale diminuer drastiquement, jusqu’à deux
fois moins selon certains ! La fin de toute
une époque : de moins en moins d’étudiants vont se voir offrir cette fabuleuse
opportunité et seuls quelques très rares
élus seront sélectionnés sur un critère méritoire ou social, alors que l’ampleur du programme et sa dotation lui permettaient de
rester accessible à tous.
Quand, tout à coup, dans un grand fracas, l’Union annonça qu’elle ajouterait au
système des prêts garantis par la
commission Européenne ! Miracle !
Erasmus semblait sauvé ! Mais à
quel prix ?
Erasmus permettait à tous de
partir, encourageait la construction européenne, et surtout
ouvrait l’esprit de tous les étudiants vers ces autres pays que
nous connaissons si peu. La rupture avec l’esprit d’Erasmus semble donc consommée. Et bien
qu’en cette heure de disette, où
tous les pays européens se serrent

Une rentree musclee
Vous êtes le poulet N°
13001002. Bienvenue à l’université
de
Paris-Sorbonne
!
Dénommer et classifier des
volailles en batterie, voilà le travail
de
l’administration,
SUBMERGÉE. Injoignables, irritables,
décontenancés,
les
employés bureaucratiques ont
un débit de travail au ralenti et le
traitement des dossiers semble
infini. Le service de la scolarité,
pilier de l’accueil des étudiants,
lui aussi adopte un rythme d’escargot. CONTRAINTS, ils le
sont : + 1500 dossiers à traiter
de plus que l’année dernière et 0
personnel recruté. C’est ce
constat aberrant que justifie
l’état d’austérité qui règne à
l’université.
Afin de gérer au mieux les
flux d’étudiants, il est impératif
que vous preniez rendez-vous
(via le site de Paris-Sorbonne)
avec la scolarité ; celle-ci n’a pas
le temps de vous recevoir sur le
tas. Heureusement, certains sont
pris en charge directement et
font office d’exceptions : parmi
eux figurent les étudiants étrangers ayant besoin de toute

urgence d’un certificat de scolarité pour leur titre de séjour.
La rentrée envisagée « en
douceur », qui se voyait fraîche
et inédite, se transforme en
COURSE FOLLE : va-et-vient
entre différents centres, renvois
après des attentes interminables, regards fuyants des assistants, transpiration, escaliers F,
G, H à gravir et d’innombrables
cours Trucmuche Bidule à traverser, dans tous les sens.
D’ingénus L1 sont projetés
dans l’arène, certes BAC en
poche, mais sans leurs cartes
étudiantes, INDISPENSABLES
pour les inscriptions. Des inscriptions pédagogiques dématérialisées, qui s’effectuent obligatoirement sur l’ENT, y compris pour
les étudiants flambant neufs, dès
le premier semestre. Ce manque
de corrélation laisse place à UN
GROS CALVAIRE : pas de carte
étudiante = pas d’identifiants =
pas d’accès à l’ENT = pas d’IP
web.
A une époque, plus clémente,
les étudiants sans leurs cartes,
pouvaient tout de même effectuer leurs IP, puisqu’elles étaient

la ceinture, les prêts soient une solution,
certes bancale, pour que l’UE ait un retour
sur investissement, on peut se rappeler ce
que disait Derek Bok : « Si vous pensez que
l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance ». Mais souvenons-nous aussi de ce
qui s’est passé lorsqu’on a doublé les
bourses de prêts : les seconds ont pris le
pas sur les premières et les bourses ont, de
fait, disparu.
Toutefois, l’espoir demeure, un « espoir
de fou » dirait Gandalf, que l’on prenne
enfin conscience que les retombées
d’Erasmus sont bien plus importantes que
les économies faites en le supprimant.
Nourrissons-nous de nos voyages : nous
avons faim !
Eugène Sandoz

Folie administrative

effectuées
manuellement. Cette
méthode
initiale est
désormais
presque vue comme rudimentaire. Le papier-stylo : un procédé
maintenant
révolu.
Pourtant, le système était limpide face à celui qui nous
menace aujourd’hui, (de ne
jamais en finir !). N’est-ce pas
une stratégie mécanique qui
décourage et donc établit une
présélection ?
Bonjour la TECHNOLOGIE !
Suivre les évolutions techniques
c’est bien, mettre en place une
interface fonctionnelle et performante c’est mieux. Inscriptions
ou réinscriptions administratives
sur votre Espace Numérique de
Travail ? Ou plutôt, noyade assurée dans un périple hardi ?
Le dossier en ligne discorde

du dossier papier : le logiciel ne
prend pas en compte un étudiant
qui a déjà été inscrit à l’université et lui impose donc un suivi
égal à celui d’un nouvel étudiant
–MODERNE !– ; le logiciel ne
reconnaît pas les étudiants boursiers –MODERNE !– ; l’affluence
des étudiants sur l’ENT provoque
la rupture temporelle du site
–MODERNE !–. On sent la persévérance quant à l’esthétique et la
pratique de notre outil numérique de travail –MODERNE !–.
Si l’université se situe dans
un élan de modernité, qu’elle le
respecte, qu’elle investisse dans
une interface performante et
adaptée à tous.
Savanny Hemery-Phlek

La phrase du mois
Le regard pertinent de Mme Fioraso, "J’observe que, dans les universités en
difficultés, ce sont toujours les mêmes causes qui produisent un déficit :
trop de recrutements (...) et une offre de formations trop foisonnante : il y
a, par exemple, 160 masters à Montpellier 3". Des étudiants trop encadrés
(sic !), une offre de formation riche et variée : quel scandale !

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Au fond du

velles équipes présidentielles sont élues dans
les universités du PRES.
Jusque là, il ne s'était
guère concrétisé que
dans la cérémonie des
docteurs (avec toge, lancer de toque à
gland et remise de diplôme). On nous
affirme que cette fois-ci est la bonne, on
arrête de stagner, on va faire bouger les
choses, promis juré, et puis on va avoir
plein de sous grâce à l'IDEX « Super » (cf
LSD 32) ! Et puis… et puis ça bouge difficilement, malgré la (très) bonne volonté
de certaines personnes : on a vu des initiatives du côté de la vie étudiante et culturelle, mais guère plus.
Le problème est la gouvernance : tout
le monde se tire dans les pattes et le président élu au printemps 2013 a jeté
l'éponge au bout de trois mois. Paris 2
vote en juin dernier une motion dénonçant
cette situation et annonçant chercher de
nouveaux partenaires. L'élection d'un
conseiller d'État à la présidence du PRES
face à une professeur de Paris 2 scelle le
divorce.
Le PRES étant d'abord et avant tout un
mastodonte financier et administratif, c'est
de ce côté que les problèmes arrivent :
d'abord, la nouvelle loi impose à chaque
université d'être dans un regroupement.
D'après les bruits, aucun PRES ne voudrait
de Paris 2 : seront-ils contraints de reve-

nir ? Imaginez l'ambiance : des rancœurs
encore plus exacerbées, plus aucune crédibilité pour Paris 2. Deux universités se
feront face, Paris IV et Paris 6. En outre, le
ministère veut conclure les contrats quinquennaux, qui accréditent les universités,
au niveau des PRES : estimons-nous heureux d'avoir fait faire des contrats séparés
réunis sous un même chapeau. Autre
flou : les projets pédagogiques et scientifiques sont maintenus, mais il n'y a plus de
financement : l'IDEX ne les prend plus en
charge, Assas doit donc trouver des sous,
ou bien… les autres partenaires du PRES
compenseront (ô surprise!) : faites vos
paris, nous, on a notre petite idée…
Tant d'énergie, de paperasse, de tracasseries juridiques, de guéguerres de
susceptibilités, tant d'argent dépensé pour
finalement si peu, et c'est partout pareil.
Ajoutez à ceci la politique menée sur
l'Université depuis 2007, vous obtiendrez
la situation pitoyable dans laquelle nous
nous trouvons : la pression financière
étouffe plus chaque année les universités,
les profs et les BIATSS sont accablés de
travail, les étudiants ont cours dans des
locaux délabrés… et il est à craindre que
tôt ou tard, c'est sur nous, étudiants, que
se serrera le cordon de la bourse désormais vide de nos universités. Après tout,
ce n'est pas comme si c'était un service
public, n'est-ce pas ?
Alice BENSO

valider l'idée que nous sommes condamnés à
les copier (surtout que cet acronyme ne veut
rien dire). Deuxièmement, le fait de faire figurer le nom France en premier blesse dans le
monde francophone. Une université québécoise, malgache ou algérienne ne sera pas
facilement attirée par une plate-forme immédiatement affiliée à la France alors que la
volonté affichée est de rassembler un maximum d'universités sur la même plateforme.
La création d'une plateforme française
reste importante ne serait-ce que pour l'indépendance financière qu'elle permettrait. Il
reste à voir comment celle-ci peut se
construire, comment seront rétribués les professeurs mettant des documents en ligne et
quel sera le coût pour les étudiants. Pour l’instant les demandes de rapprochement faites
par les plateformes américaines ont un certain
écho à Paris-Sorbonne. Les plateformes américaines sont déjà entrées en contact avec
Paris IV pour que notre université intègre leur
programme. Le problème avec cette union
serait l'indépendance financière vis-à-vis des
universités qui contrôlent la plateforme ainsi
que la visibilité que nous aurions (plus grande
mais réduite par rapport aux propriétaires de
la plateforme).
La question du financement du MOOC
français n'est pas explicitement exprimée. Si
Mme Fioraso parle de 12 millions versés par
l'Etat nous ne savons pas comment s'organisera l'autonomie financière de F.U.N. Faire
payer les étudiants pour avoir leurs certificats,

rendre les cours partiellements payants ou
encore chercher un partenariat public privé
pour des enseignements professionalisants
sont des formes de financement déjà
employées par les autres MOOC.
Malgré les erreurs conséquentes faites par
le ministère de l'Enseignement Supérieur et
de la Recherche (la communication et la vision
à long terme), les MOOC sont une excellente
nouvelle pour l'Université française. En effet,
un accès à Internet permettra à un individu,
partout dans le monde, d'avoir accès à des
cours de Philosophie, Physique, Histoire et
tout ce que l'enseignement français peut offrir.
La démocratisation de l'enseignement ne sera
plus freinée que par la fracture numérique et
le rayonnement culturel de la francophonie
pourrait prospérer sur ce nouveau terrain.
Les incertitudes demeurent cependant sur
l’avenir de l’Enseignement Supérieur une fois
ce nouvel outil mis en place. Pour l’instant, il
n’est pas encore question de donner des
diplômes à un étudiant qui ne suivrait qu’une
formation via les MOOC, mais quelles reconnaissances leur accorder alors ? Les MOOC
américaines rencontrent un très large succès,
même les gratuites.
Ne perdons pas espoir avec les MOOC,
peut-être la modernité finira-t-elle par pénétrer la Sorbonne et peut-être même auronsnous du réseau dans les couloirs et un serveur
qui marche pendant les IPweb.

dont la part (près de 50% aujourd'hui)
a énormément augmenté au cours des
dernières décennies : les étudiants
payent des frais d'inscription à nos
yeux exorbitants (l'équivalent de 15
000 € par an dans les universités
publiques, et parfois plus du double dans
les universités privées). Obligeant surtout
les étudiants les plus pauvres et les étudiants de classe moyenne à contracter des
prêts extrêmement lourds, ces frais ont
augmenté de 250% en 30 ans, contre une
augmentation des revenus des ménages
de 16% seulement. Au Royaume-Uni, leur
montant (aujourd'hui l'équivalent de plus
de 10 000 €) a été presque multiplié par
trois depuis 2010, lors de réformes qui ont
suscité une forte mobilisation étudiante.
On ne compte plus, dans le monde, les
réformes visant à faire payer les étudiants
pour leurs études. En France aussi, bien
qu'ils ne soient pas passés à l'acte, les
politiques en parlent. Avec, pour corollaire, le développement des prêts étudiants. Pourquoi est-ce une mauvaise
idée ?
Les opposants à l'idée du prêt arguent
qu'il est très difficile de commencer dans
la vie active avec un prêt à rembourser, et
c'est vrai. La situation des États-Unis le
prouve, où un nombre croissant d'étudiants, incapables de rembourser leur
prêt, se retrouvent dans une situation
catastrophique (interdit bancaire, etc.).

Mais il faut ajouter que ce n'est absolument pas une solution du point de vue
économique. La création d'un système de
frais d'inscriptions élevés combiné à des
prêts consiste à faire reposer le financement de l'enseignement supérieur sur les
revenus des personnes privées, dans une
conjoncture d'augmentation du chômage
et de précarité. En un mot, cela revient à
aller chercher de l'argent là où il n'y en a
pas. Le risque qui menace les États-Unis,
c'est rien moins qu'une crise financière du
type crise des subprimes, du fait des prêts
non-remboursés. La version en ligne du
magazine américain Forbes publiait fin
septembre un article suggérant pour cette
raison de tenir compte, pour accorder ces
prêts, de la solvabilité à venir des étudiants en fonction de leur domaine
d'études (un futur ingénieur est plus rentable qu'un étudiant en art). C'est inacceptable si cela revient à condamner,
comme toujours, les Lettres et Sciences
Humaines. Cela l'est moins si l'on considère que c'est la forme du prêt qui est
mauvaise, mais que ces disciplines sont
malgré tout précieuses : ce qu'il faut,
c'est les financer autrement. Et si les
bourses n'étaient pas un si mauvais
modèle ? Il n'est pas sûr que garantir des
prêts à des étudiants non-solvables coûte
moins cher à l'État...
Juliette Hallé

Actualite Paris4 - Apres le P.R.E.S.

decouvrez
l’
E.C.H.E.C
couloir
22534 étudiants portés disparus ! Du moins c'est ce que le
mot de rentrée du président
de Paris-Sorbonne, Monsieur
Barthélémy Jobert, laisse à
penser. Les étudiants n'y étant
évoqués que dans la probable
mise en oeuvre d'activités
autour des journées débat
organisées en partenariat avec
France culture et le Nouvel
Observateur... et notre administration ? Ensevelie ?! Il reste
un tout petit problème...
Comment
faire
participer
22534 étudiants à ce qui semble être, pour Monsieur Jobert,
le sujet d'une fierté communautaire,
identitaire...
en
Sorbonne ?
l
Quand la Grèce propose de
financer des cours en Sorbonne,
on peut penser à une blague ;
quand on voit comment ce projet s’organise, on se dit qu’avoir
de l’humour est très important.
En effet, après avoir proposé
l’idée de cours de grec en
Sorbonne financés par une
banque grecque, plus de nouvelles. Les tentatives pour
contacter la banque, l’ambassade et le ministère de l’enseignement grecs n’ont pas encore
reçu de réponses. Deux hypothèses peuvent être retenues,
soit on a coupé le téléphone à
toute la Grèce, soit un petit
malin nous a fait un canular
téléphonique. La seconde hypothèse nous conduirait à penser
que les Grecs gardent le sacrosaint sens de l’humour.
l
Un chaos sans précédent a
régné lors de cette rentrée...
Déjà accablés par bon nombre
de problèmes tant administratifs que pédagogiques, les étudiants ont dû affronter en outre
les interminables files d'attente
aux secrétariats des UFR, car
quels qu'aient été leurs problèmes, il s'agissait d'un passage obligatoire. Ces attentes
fastidieuses ne sont pourtant
pas à mettre sur le dos des
secrétaires, en sous-effectif
cette année faute de budget
pour remplacer les postes
vacants. Ce sont donc les enseignants qui, dans certaines UFR,
comme en Langue Française, se
sont portés volontaires pour
prêter main forte aux secrétaires, repoussant ainsi de plusieurs jours, voir d'une semaine
le début de leurs cours.
l
La pseudo autonomie des universités fait une nouvelle victime. Sur le point de connaître
un troisième budget dans le
rouge (manquent 3 millions
d’euros), l’université Montpellier
3 se voit contrainte de fermer
son antenne de Béziers. En
conséquence, l’accès à l’enseignement supérieur se voit mis à
mal dans les universités de province. Si plus de 800 étudiants
devront aller voir ailleurs,
Montpellier III voit en sus le gel
de tout recrutement, des financements des doctorants, de la
formation continue et de la formation des étudiants étrangers.
Et dire que l’U.E. se veut la première économie de la connaissance…

Vendredi 13 septembre : le Conseil
d'Administration de Paris 2 Assas vote son
départ du PRES Sorbonne Universités.
Point de superstition mal placée ! il ne
s'agit que de l'aboutissement des tensions
et difficultés de fonctionnement qui
règnent depuis la création du PRES (Pôle
de Recherche d'Enseignement Supérieur).
Petit rappel : l'histoire du PRES commence en juin 2009 (cf LSD 25). On nous
annonce un regroupement entre Paris 2,
Paris IV et Paris 6 (UPMC), pour mutualiser
les moyens et avoir une meilleure visibilité
à l'international, tout en créant une
marque « La Sorbonne ». Déjà à l'époque,
nous exprimions nos craintes devant ce
projet où n'étaient représentés ni les étudiants ni les BIATSS (personnels non
enseignants) et qui réunissait des établissements aux cultures si différentes, bientôt rejoints par d'autres plus petits.
Passons sur les divers changements de
statuts qui sont intervenus depuis, avec
souvent de fortes oppositions d'une
grande partie des communautés universitaires, sur l'interminable guéguerre entre
les universités, le Rectorat et le ministère
sur le nom. Au printemps 2012, de nou-

ACTUalite nationale

ca sent le mooc
Celui qui a fait ses inscriptions en ligne ou
tenté de joindre ses professeurs par Internet
risque de trembler à cette idée : une université en ligne ! Il ne faut cependant pas paniquer et voir le potentiel d'une telle forme d'enseignement.
En effet, le gouvernement français, après
avoir constaté la réussite des MOOC anglosaxons (Massive Online Open Courses que
nous traduirons par universités en ligne faute
de consensus sur les termes), s'est décidé à
en créer. Des cours créés pour l’occasion
seront entièrement en ligne, des reconnaissances liées à l’enseignement (pas encore des
diplômes mais un certificat) pourront être
obtenus sans jamais avoir à être présent physiquement dans une université.
Cette plateforme serait appelée F.U.N.
(France Université Numérique) et il convient
de s'attarder un peu sur cet acronyme. En
effet, les plateformes non francophones se
nomment Futurlearn, Coursera ou Edx, il n'est
pas nécessaire de démontrer que notre plateforme a un nom particulièrement ridicule et
doublement contre-productif. Premièrement,
parce que pour rentrer en concurrence avec
des universités anglaises et américaines, avoir
un nom à consonance anglophone semble

Actualite internationale

Le pret ou la vie
En 2009, la réforme libérale de l'université contenue dans la loi LRU (2007) a
trouvé l'un de ses prolongements dans la
création du Pr€tudiant. Cette nouvelle
espèce de prêt bancaire, sans conditions
de ressources et garanti à 70% par l'État,
est destinée aux étudiants, qui le remboursent une fois qu'il ont trouvé un
emploi. Sa création visait à développer en
France un tel mode de financement des
études supérieures, participant à dispenser l'État de fournir des bourses suffisantes. Il s'inspire de dispositifs existant
depuis longtemps chez nos voisins libéraux, notamment le Royaume-Uni et, un
peu moins voisins, les Etats-Unis, où il
constitue la norme. Mais il faut souligner
son corollaire : c'est que dans ces pays,
les études supérieures coûtent très cher
aux étudiants.
En France, c'est l'État, grâce au revenu
des impôts, qui finance directement l'éducation, et les étudiants à travers les
bourses. Aux États-Unis, si les États et
l'État fédéral versent aussi des bourses et
participent au financement des universités
publiques, ce mode de financement est
toujours complété par un autre, privé,

Matthieu Miné--Garros

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Deux reformes et un enterrement
Le 10 juillet dernier, dans une
relative indifférence de la part de
l'opinion publique, la loi Fioraso,
aussi appelée LRU 2 (loi sur les
Libertés et Responsabilités des
Universités), était adoptée par le
Parlement. Bien qu'elle n'ait pas
déchaîné les passions, cette réforme
a un impact sur notre Université, sur
nos formations...

Do you speak english ?
Seule exception à ce climat apathique : l'article 2. Portant sur les
exceptions relatives au principe de
l'enseignement en français, il est le
seul article à avoir fait débat sur la
scène médiatique. Cependant, rares
étaient les acteurs de ce débat qui
avait lu la loi... Car, non, l'abandon
de la langue de Molière au profit de
celle de Shakespeare n'est pas
encore à l'ordre du jour !
Cet article ne concerne en effet
qu'une poignée d'étudiants faisant
leurs études dans des programmes
financés par l'Union Européenne ou
issus d'accords entre des universités
internationales. De plus, l'anglais
n'est absolument pas imposé manu
militari par cette loi : ne serait-il pas
ridicule que dans le cadre d'un cursus franco-italien les cours se tiennent en anglais ? Enfin, tous les
enseignements de ces formations ne
se tiendront pas uniquement dans
une langue étrangère, le français y
restera bel et bien présent.

Un lycée bis
Depuis 2007 et la loi Pécresse, on
ne cesse de nous répéter que la spécialisation est la cause de l'échec des
étudiants en L1. Environ 50% d'entre eux ne passent pas en L2 de la
même filière. Cependant, la majorité
des étudiants formant ces fameux
50% se réorientent, et la réorientation ne doit pas être considérée
comme un échec pour l'étudiant !
Afin
d'endiguer
ce
taux
d’ « échec », la loi de Fioraso, en
digne héritière de la réforme de
2007, propose que le grade de la
licence soit plus général et se calque
sur le fonctionnement du lycée.
Cependant, les licences pluridisciplinaires existent déjà : à ParisSorbonne, nous en avons un bel
exemple avec la formation Culture
Antique et Monde Contemporain. De
plus, les licences monodisciplinaires
ne sont pas en soi spécialisées :
elles permettent aux étudiants d'appréhender les différents aspects
d'un domaine. En Lettres Classiques
par exemple, il n'est pas uniquement question de langue latine ou
grecque, mais de littérature, de philosophie, de religion...
L'offre de formation des universités françaises est complète et
variée, les étudiants font leur choix
selon leurs intérêts, leurs envies,
pourquoi donc leur retirer cette
liberté ? D'autant plus que le taux d'
« échec » est le même dans les
licences pluridisciplinaires et monodisciplinaires.

Les RCE : Bienvenue dans
l'iUniversity

L'équation
Rentabilité

Recherche

=

Les
Responsabilités
et
Suscitant une véritable attente
Compétences
Élargies
(RCE)*, de la part de l'ensemble de la comsynonyme d'un désengagement munauté universitaire, la thématotal de l'État envers l'Université tique de la recherche dans la loi ne
française, amorcées par la loi manquera pas de réjouir... les entrePécresse et entérinées par celle de prises ! En effet, si une stratégie
Fioraso – déception vis-à-vis de la dans le domaine de la recherche est
gauche au pouvoir qui aurait pu réinstaurée, celle-ci est plus sourevenir sur ce point de la loi – sont cieuse de la recherche appliquée que
la cause de la situation précaire fondamentale. Car oui, qu'on se le
dans laquelle se retrouvent nos éta- dise, la recherche, c'est bien, mais
blissements publics d’enseignement uniquement si l'on peut avoir un
supérieur. À l'heure actuelle, les retour sur investissement. Quant à
trois-quarts des Universités
l'avenir de
en France sont
Être ou ne pas être rentable
en déficit : c’est
le cas de Paris 1
Panthéon-Sorbonne, Angers,
Montpellier...
Afin de sauver les meubles,
les Universités
sacrifient, parmi
d'autres choses,
leur offre de formation. Nous,
les
étudiants,
sommes les premiers touchés
par cette vaine
tentative
de
sauvetage
de
nos universités.
Car l'université
Paris PanthéonSorbonne a déjà
réduit son offre
de formation de 10%. Mais, notre la recherche en sciences humaine...
établissement,
Paris-Sorbonne, ce problème semble avoir été tout
n'est pas en reste : les maquettes simplement jeté aux oubliettes.
des licences de Lettres Modernes et
Cette loi devait également revade Lettres Modernes Appliquées loriser le doctorat, le plus haut
vont être modifiées car le budget de niveau d'études qu'un étudiant
notre université ne peut supporter puisse avoir. Il n'en est rien : on
une offre de formation si riche. autorise les jeunes docteurs à pasL'éducation est désormais sacrifiée ser les concours de l'administration,
sur l'autel de la rentabilité écono- ce qu'ils pouvaient déjà faire ! Quelle
mique.
révolution ! Il n'est pas étonnant que
L'État pousse l'Université fran- 50 à 55% de nos docteurs partent à
çaise à chercher des partenaires l'étranger pour trouver un premier
dans le monde socio-économique. poste.
Sans langue de bois, il nous est
demandé de nous associer avec des
En 2012, François Hollande, lors
entreprises. À quand des licences d'un discours au Collège de France,
Total, des masters Bouygues et des disait : « Investir dans le savoir,
doctorats Apple ? L'Université ne c'est préparer la France de
peut et ne doit pas devenir une demain. » Dire une chose et faire
entreprise, elle est une institution son contraire est décidément une
républicaine et se doit d'assurer philosophie à part entière lorsqu'il
l'éducation de tous de manière gra- s'agit des réformes universitaires.
tuite et laïque.
Nos politiques auraient-ils oublié les
Les RCE semblent nous conduire dires de Danton : « Après le pain,
sur un chemin encore moins réjouis- l'éducation est le premier besoin
sant (oui oui, c'est possible) : l'aug- d'un peuple » ? Il semblerait que
mentation des frais d'inscription ! oui. À nous, étudiants, de leur rapJusqu’à présent fixés par un décret peler !
national,
cela
pourrait,
dans
quelques temps, ne devenir qu'un
Salomé Paul
lointain souvenir au vu de la
conjoncture
actuelle.
Chaque * Responsabilités et compétences
Université pourrait fixer et faire aug- élargies (RCE) : principe apparu
menter à sa guise ses frais d'inscrip- avec la première version de la loi
tion, vous savez un peu comme... LRU (2007), qui fait des universités
les universités américaines qui sont les gestionnaires de leur propre budbien connues pour assurer le prin- get et notamment de leur masse
cipe d'égalité devant le savoir !
salariale.

Le strip - Marvin & Loomis - Le jour le plus long

TRIBUNE
Le foyer AFJ: aide aux femmes
victimes de la traite
Le Foyer AFJ est une structure d’hébergement unique en
France qui assure par un accueil et une présence permanente la mise à l’abri de toute femme déterminée à rompre
avec les réseaux d’exploitation sexuelle. L’association a été
fondée le 20 juin 1967 sous le régime de la loi du 1er juillet
1901, sa vocation est l’accueil et l’hébergement sécurisant
des victimes de la Traite ainsi que de toute jeune femme en
danger ou en situation de prostitution qui demande à quitter
ce milieu. Notre action est donc d’ordre humanitaire et porte
sur un sujet sensible au sein même du pays des Droits de
l’Homme et du Citoyen au XXIème siècle : la lutte contre la
Traite humaine.
La formule “Traite humaine” désigne le processus de
recrutement, de transport, de transfert, d’hébergement de
personnes mis en œuvre à travers tout type de duperie, de
menace ou de recours à la force. Ces formes de domination
peuvent par exemple prendre le visage des proches de ces
victimes : l’offre de paiements ou d’avantages pour obtenir
le consentement d’une personne tutrice, responsable légale,
ayant autorité sur ces femmes afin de les exploiter en est
une forme des plus destructrices psychologiquement, mais
n’est pas un phénomène rare. De nombreuses associations
luttent contre ces fléaux qui touchent plus de 2.4 millions de
personnes dans le monde. A son échelle modeste face à ces
trafics, le Foyer AFJ propose ainsi dans un premier temps,
face à la détresse que ces réseaux engendrent, une mise à
l’abri des femmes qui sont parvenues à sortir de la prostitution forcée. Il propose ainsi à la fois une prise en charge de
groupe et une prise en charge individualisée de ses habitantes temporaires, pour aider ces femmes à faire évoluer
leur situation en fonction de leurs propres besoins.
Cette prise en charge consiste donc en une assistance
matérielle individualisée (aide financière hebdomadaire, des
coupons transport, des repas et des produits d’hygiène, la
prise en charge des frais d’inscription scolaire) ; un accompagnement social (évaluation de la situation médico-sociale,
domiciliation administrative, ouverture des droits sociaux
tels que la Couverture Maladie Universelle, orientation sur les
dispositifs adaptés, accompagnement physique dans les
démarches). En général, les jeunes femmes hébergées n’ont
jamais bénéficié d’un suivi social. L’accompagnement proposé par le Foyer AFJ leur permet donc de centraliser leurs
démarches administratives. C’est également l’occasion de
faire le point sur leurs droits et devoirs en tant que femmes,
en tant que personnes issues de l’immigration et en tant que
victimes. Le travail d’accompagnement permet d’appréhender les rouages administratifs et les repères institutionnels
nécessaires à leur autonomie, à la mise en place de leurs
projets d’études et de leurs projets professionnels.
Une prise en charge médicale suivie :
Les jeunes femmes présentent souvent des syndromes
de stress post-traumatique avec présence de troubles
anxieux et dépressifs. Au-delà de la série d’entretiens qui est
proposée à l’arrivée, les jeunes femmes sollicitent de
manière indirecte et informelle la psychologue du foyer
autour de nombreuses plaintes somatiques. Des orientations
pour des tests de dépistage sont proposées à l’arrivée ainsi
que de nombreux accompagnements autour de la santé
(médecine générale et gynécologie…). Pour celles qui sont en
attente de l’Aide Médicale d’Etat, les frais sont à la charge du
foyer. Nous réfléchissons à la mise en place d’un protocole
systématique de bilan médical complet pour les jeunes
femmes qui intègrent la structure. Les prises en charge font
l'objet d'un contrat entre les différentes parties. Ainsi l'établissement établit un contrat d'accueil avec une résidente sur
une échéance donnée, sur la base d'un projet et des modalités de prise en charge préalablement élaborées et formalisées.
L’action bénévole, un moteur de la vie du foyer :
Si dès leur arrivée, les femmes bénéficient d'un accompagnement global (social, juridique et médical), nous leur
proposons également des cours de français, de mathématiques, d’informatique, des sorties culturelles... Pour ce faire,
des bénévoles interviennent auprès des jeunes femmes tout
au long de la semaine et le week-end.
Nous sommes donc à la recherche de personnes qui
seraient disponibles quelques heures par semaine ou par
mois, pour venir donner des cours au sein du foyer ou proposer des activités extérieures.
Les cours peuvent se faire de manière individuelle ou en
groupe, selon vos préférences. Les niveaux d’apprentissage
sont très hétérogènes, ce qui nécessite patience et compréhension, la bonne humeur et la bonne volonté sont donc les
bienvenues ! Nous nous engageons en retour auprès de nos
bénévoles à nous rendre disponibles pour échanger sur les
difficultés rencontrées et définir avec eux des missions précises en fonction de leurs compétences et disponibilités. Si
vous êtes intéressé(e), veuillez nous contacter par mail à
l’attention de Thérèse DOZ à cette adresse :
afj.servicesocial@gmail.com.
Au plaisir de vous rencontrer,
Thérèse DOZ

LSD_38_LSD21 14/10/13 09:28 Page4

Agenda

culturel
Séries/films
Pour améliorer son anglais et suivre
les séries dès leurs sorties votre
meilleur s’appele l’Internet, mais
dans cette gigantesque base de
données il vous faut les bonnes
adresses:
LETMEWATCHTHIS est l’adresse
qu’il vous faut pour tout voir dès
leur sortie (profitez-en le streaming
est encore légal en France)
Chanson Française en Sorbonne
Pour ceux qui aiment la chanson
française (en langue Française ou
régionnales) à la Sorbonne vous
pouvez assister à des concerts
gratuits. Une séance d’information
est prévue le 29 octobre à 21h à
l‘amphi Richelieu.
entrée gratuite.
Rêver à la Renaissance
Ne dormez plus en amphi allez
regarder des gens dormir au
musée.
Du 9 octobre au 26 janvier vous
pourrez admirer les oeuvres de
Dürer, Raphaëlet leurs contemporains sur le thème du rève.
7,50€ pour les étudiants.
Dirty South Crew
Ce groupe brassant musique
classique, rock, raggae, hip hop
et jazz, tire de ce metissage
une energie communicative
qu’il pourra partager
à travers sa maturité musicale
et ses paroles engagées,
en live avec vous le 7 Novembre
au Centre Fleury
Goutte d’or-Barbara
dans leXVIIIe arrondissement,
plus d’infos sur :
www.dscofficiel.com
La mer à Paris
Soudaine envie d’un trip géologie ?
Les catacombes vous embarquent
dans l'espace et le temps
à 20 mètres sous terre
et depuis 45 milions d'années...
Jusqu’au 28 Février,
de 10h à 16h,
aux Catacombes de Paris,
1 Ter place Denfert Rochereau
XIVe arrondissement,
entrées de 5 à 8euros
Brassaï : pour l'amour de Paris
Amoureux de la photographie ?
La Ville de Paris poursuit
son exploration de la capitale
à travers le regard
de ses plus grands photographes
en présentant l’oeuvre
intense et lumineuse de Brassaï,
de novembre à mars
1 Place de l’Hôtel de Ville
de 10h à 19h du Lundi au Samedi.
Gratuit.
Astérix à la BNF
Du 16 octobre au 18 janvier,
du mardi au samedi de 10h à 19h,
venez découvrir
pour seulement 7euros
la génèse de la bande dessinée
qui nous fait office
d’Iliade et d’Odyssée.
Avec son humour critique,
comme toujours,
Astérix, notre Ulysse,
vous donnera de quoi perdre
votre latin...

Le caractère vandale
du graffiti est centré sur
sa volonté de contestation et d'imposition de
son nom. Les graffeurs
font leurs propres publicités, pour cela, ils utilisent plusieurs techniques. A ses débuts, la
mode du graffiti était les « block letters », les
lettres doivent être le plus lisibles possible. La
technique est axée sur le tracé de la lettre. En
1996, une nouvelle mode apparaît le « Throw
up » ou Flop. C'est un graffiti arrondi, rapidement exécutable, généralement bicolore noir et
chrome (argenté). Chaque lettre ne se forme
qu'en un seul trait, il permet notamment aux
graffeurs de poser leur griffe de manière plus
avancée qu’un tag mais plus rapide que le graffiti. Enfin, une autre génération de graffeurs
vandales utilise plus largement le tag qui, à la
différence du graffiti, met en scène une écriture
simple, aux traits rapides.
Les lieux eux-mêmes ne sont plus laissés au
hasard. Les graffeurs choisissent soigneusement leurs endroits ou « spots » dans la rue,

afin d’être lus par le plus de monde possible.
Avec la vandalisation de la station « Musée
du Louvre » le 12 Janvier 1992, le graffiti rentre au musée, de façon métaphorique. L’art du
graffiti commence avec Basquiat, dès 1976 il
peint sur des éléments urbains et signe sous un
pseudonyme « Samo ». Mais ce n’est que quatorze ans après, en 1990, que le graffiti perce
dans le monde de l’art avec les premières toiles
graffées signées JonOne. Ce jeune artiste s’engage dans la voie du graffiti dès 1980 à New
York. Puis exploite le graffiti comme une forme
d’art.
Certaines techniques du graffiti de rue, hissent réellement le graffiti au rang d’art comme
le « Wild Style ». Cette technique consiste à
dynamiser la forme des lettres quitte à en compliquer la lecture. Ce style dépend d’une revendication à un mouvement d’ensemble dans un
graffiti. Le graffiti est une sorte de révolution
artistique qui n’est pas sans rappeler la renaissance et l’évolution du concept d’art.

contenter d'une maison d'édition
bien plus modeste. Encore faut-il
savoir à quelle maison s'adresser.
C'est là que commencent les
ennuis et qu'on finit par s'enfoncer dans un
parcours du combattant parfois très regrettable.
Mais il faut avouer qu'après JCLattès et
Pocket on ne connaît plus grand chose et
que Google devient un outil indispensable.
Toute suite, la vie semble plus facile,
lorsqu'on découvre le nombre de maisons
prêtes à vous publier, comme les éditions
Mélibée. On ne pouvait pas rêver mieux que
de tomber sur des maisons d'éditions qui
affirment prendre en charge tous les frais
d'impression et de retirage. Quel sens de
l'humour ! L'ironie en est d'autant plus mordante lorsqu’on reçoit le contrat de publication avec ci-joint la somme de la facture qui
peut facilement s’élever à 2000 euros, sans
parler des frais de publicité. Dommage,
c'était trop beau pour être vrai ! Quant à
ceux qui maudissent l’orthographe ne vous

risquez pas trop dans ce monde, cela vous
coûterait trop cher, étant donné le tarif d'une
correction, soit 50 centimes la faute !
Les plus tenaces, ou les plus chanceux
finiront par trouver des éditeurs, certes
petits, mais honnêtes. Bien sûr il faudra s'attendre à ce que le livre soit imprimé avec
quantité de défauts lors de l'impression, et
vendu à un coût si onéreux que personne ne
songera jamais à acheter votre livre.
Finalement on se réjouira toujours de
certains auteurs, qui ont eu la merveilleuse
idée de nous écrire des livres pour nous guider dans cette univers impossible, comme
AUDACE (Annuaire à l’Usage Des Auteurs
Cherchant un Éditeur) un livre formidable,
tout comme son prix ! A moins d'avoir un
immense talent, la question qu'on finit par
se poser, n'est pas chez qui peut-on se faire
publier, mais plutôt quel en sera le prix ?

Tag : l’art vandale
Le graffiti apparaît en premier lieu à New
York à la fin des années 1960. C'est d'abord
une nouvelle manière de se distinguer avec des
lettres imposantes faites au marqueur ou à la
bombe aérosol.
C'est à partir de 1983 que le graffiti s’impose dans les terrains vagues parisiens, avec
des noms tels que Bando ou Scam qui signent
l’émergence de la culture Hip-hop à Paris. Une
compétition s’instaure entre groupes ou
« crew » où le but est de prendre des lettres de
l'alphabet classique et de les faire évoluer en
les personnalisant. Le graffiti est une écriture
dessinée, contournée avec du relief et du
volume. Deux styles se différencient : l’un se
concentre sur un objectif de contestation tandis
que l'autre va s'émanciper pour évoluer en une
forme d'art notamment avec Basquiat dès
1976.

L’Edition en perdition
Écrire est une chose, se faire publier en
est une autre. Le monde de l'édition est un
univers parsemé d’embûches, où rôdent
toutes sortes d'arnaques. Un monde dans
lequel il faut savoir faire preuve de persévérance tout comme savoir délaisser un instant
son amour-propre et reconnaître que malheureusement, le talent n'est pas encore au
rendez-vous. Quant à ceux qui cumulent les
concours littéraires comme le nombre de
pages de leur manuscrit, n'espérez pas non
plus que Gallimard sautera sur l'occasion de
vous publier, en lisant le premier chapitre de
votre livre. Et même si vos écris paraissent
engagés comme ceux de Vercors, ne songez
pas non plus aux Éditions de Minuit, c'est
peine perdue.
Pour les plus sages, les éditions de
l'Olivier ne vous apporteront pas plus de
réussites et il faudra encore se résigner et se

cours et
votre vie
universitaire
au quotidien ; que ce soit dans les différentes
commissions
qui
règlent au fil de l'année les
dossiers inhérents à la vie
sociale ou associative de la
fac... des élus vous représentent et siègent – ou du moins
sont tenus de le faire ! L'AGEPS
compte des dizaines d'élus qui
travaillent pour vous en vous
représentant. Il s'agit pour
nous de faire avancer la cause
étudiante en gagnant toujours
de nouveaux droits, et en
défendant les acquis.
Lors des examens ou des
rattrapages, de nombreux soucis existent qui doivent être
résolus afin que tous puissent
passer leurs épreuves dans les
meilleures conditions. Les élus
étudiants, de par leur expérience poussée du monde uni-

La voix des Elus
Vous qui entrez dans le
monde universitaire avec la joie
de la découverte, vous qui
arpentez les couloirs de l'université avec l'appréhension de
la nouveauté, l'AGEPS vous
annonce : pas d'inquiétude,
nous sommes là ! Des étudiants
existent qui s'engagent pour
vous, qui sont élus par vous et
qui tentent de vous faciliter la
vie.
Mais
qui
sont-ils
?
Simplement des étudiants élus
tous les deux ans par vos soins.
Que ce soit dans les Conseils
Centraux
de
l'université,
comme
le
Conseil
d'Administration, le Conseil des
Etudes
et
de
la
Vie
Universitaire, ou le Conseil
Scientifique ; que ce soit dans
les conseils de vos UFR, qui
influencent vos filières, vos

f

Étienne Granier-Deferre

versitaire, sont à même d'intervenir afin de régler tous ces
soucis en partenariat avec l'administration. Les chevauchements d'épreuves, les non respects
des
modalités
de
contrôles de connaissances
(MCC), les problèmes de salles
peuvent exister, et nos élus
peuvent se charger de les
signaler ou de les résoudre.
Nous nous chargeons également d'anticiper sur les MCC
afin de pallier les soucis éventuels. Ainsi, dans les Conseils,
nous plaidons pour la mise en
place de mesures qui favorisent
l'apprentissage et la réussite
des étudiants.
La semaine de révision ou la
compensation annuelle ne sont
que quelques mesures que
nous sommes parvenus à mettre en place grâce à notre
action quotidienne dans les
conseils. Lors du dernier conseil
d'administration, nous avons
plaidé pour la mise en place

Zone d’info

Connaissez-vous le SIUMPPS ?
Le Service Inter-Universitaire de Médecine
Préventive et de Promotion de la Santé est votre
centre de santé à Paris-Sorbonne. Il offre aux
étudiants des consultations gratuites de
généralistes, de psychologues et de spécialistes, sans oublier les événements de médecine
préventive organisés régulièrement sur vos lieux
d’études.

Si vous avez besoin d’un certificat médical, en
vue d’une pratique sportive ou pour justifier une
absence aux examens, s’il vous faut renouveler
votre ordonnance de pilule, faire ou refaire un
vaccin, ou encore pour vous procuer des préservatifs gratuits... le SIUMPPS est là pour vous !

Santé

Médecine préventive
Tout au long de l’année, le SIUMPPS vous accompagne sur votre lieu d’études lors d’actions de
prévention ou de dépistage. Calendrier :
Dépistage (IST et hépatite C) :
- Jeudi 5 décembre de 11h30 à 14h30, place de
la Sorbonne
- Jeudi 13 février de 12h à 14h30, à Clignancourt
Prévention routière et usage des drogues :
- Mardi 18 mars, de 10h à 15h, à Clignancourt
Contacts :
Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l’École de
Médecine, 75006 Paris, m° Odéon, esc. G, 3è
étage ; 01 40 51 10 00 ; siumpps@upmc.fr

Éléonore Boulard

d'un tarif préférentiel pour les
étudiants boursiers aux colloques organisés par l'université, par exemple. Nous avons
également demandé la participation des élus étudiants à la
création des maquettes de
cours, afin que les revendications qui sont les vôtres soient
portées dès la création des
enseignements.
Notre rôle est donc important, mais ne peut se jouer
sans vous : nous avons besoin
de votre soutien et de vos idées
afin de pouvoir rendre chaque
jour l'université dans laquelle
nous vivons plus juste et plus
ouverte !
Marie-Marine Akermann

01 40 46 32 27
www.ageps.org
contact@ageps.org
Syndicat indépendant de ParisSorbonne, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils
d’UFR et de 8 élus dans les conseils
centraux de Paris-Sorbonne. Étudiants, nous travaillons chaque jour à
ce que notre voix à tous soit prise en
compte. Rejoignez-nous !
Nos locaux:
SORBONNE: salle F646 galerie Claude
Bernard, esc. P, 2è étage.
MALESHERBES: salle 113, 1er étage
CLIGNANCOURT: salle 540, 5è étage
Le Sorbonnard Déchaîné :
Directeur de publication : Eugène
Sandoz, Rédacteurs en chefs :
Matthieu MINÉ-GARROS et Juliette
HALLÉ, Rédacteur en chef adjoint :
Emilien Hosten, Comité de rédaction
de ce numéro : Marie-Marine AKERMANN, Alice BENSO, Éléonore BOULARD, Axelle BRÉMONT, Étienne GARNIER-DEFERRE,
Juliette HALLÉ,
Savanny HEMERY-PHLEK, Matthieu
MINÉ-GARROS,
Salomé
PAUL,
Eugène SANDOZ. Dessins : Aloïs
SANDOZ. Maquette : Xavier HENRY.
Avec la participation du FSDIE de
Paris-Sorbonne