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5ème Conférence Internationale de Droit Maritime Le Pirée, 29 septembre au 2 octobre 2004 04 2!

" Pour une responsabilité du propriétaire de la car#aison et des acteurs en#a#és dans l$acti%ité de transport par mer des &'drocarbures( ) Professeur *ean *ac+ues La%enue ,ni%ersité de Lille 2 , -rance.

/ommaire

I 0 La remise en cause d$un discours uni+ue. 1 La 2ustification du discours ori#inel. 3 0 De la t&éorie 4 la réalité 5 les le6ons de la prati+ue. II 0 Pour une nou%elle approc&e du discours sur la responsabilité du domma#e de pollution. 1 0 1u del4 de la responsabilité du transporteur. 3 0 La responsabilité des acteurs en#a#és dans l$e7ploitation.

Le titre de cette inter%ention a un caractère %olontairement pro%ocateur +ui tend 4 faire éc&o 4 l$indi#nation ressentie par le public 4 l$occasion des dernières affaires +ui ont été particulièrement médiatisées telles +ue celles de l$8ri9a ou du Presti#e. :n pourra se remémorer en particulier l$émotion suscitée en -rance par la réaction de la Cie ;otal -ina 8lf, ren%o'ant dans l$affaire de l$8ri9a 4 la responsabilité du transporteur, ce +ui en l$espèce était parfaitement 2ustifiée sur le plan 2uridi+ue. Le fait de %oir cette m<me compa#nie <tre indemnisée du montant de sa car#aison, alors +ue le -IP:L s$a%errait incapable de répondre de manière satisfaisante au7 demandes des %ictimes, fut per6u comme rele%ant d$une 2ustice 4 deu7 %itesses . :n parla d$ini+uité, de scandale, +uand il ne s$a#issait +ue d$application ré#ulière du droit positif. Le fait d$<tre dans le re#istre de l$émotionnel n$emp<c&a pas +u$une fois de plus nombreu7 parmi nous s$interro#èrent sur l$adé+uation du s'stème d$indemnisation mis en place 4 la réalité de la réparation du p&énomène de pollution par les &'drocarbures.

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sur l$idée selon la+uelle si l$on %eut préser%er une spécificité au7 acti%ités de transports maritimes. Celui ci semblera peut <tre parado7al au7 uns. 4 l$idée +ue le milieu maritime 2ustifie le particularisme d$un droit reposant sur les ris+ues assumés entre acteurs de l$entreprise maritime. estimait +ue traiter le problème de l$indemnisation en termes de droit maritime était " une erreur d$opti+ue ! 1ntoine =ialard. /i. +ui impose une solidarité entre participants 4 l$e7pédition maritime et une di%ision du ris+ue. d$établir entre eu7 une responsabilité solidaire. cit. I 0 La remise en cause d$un discours uni+ue. 2 ?ené ?odière. selon l$ada#e des internationalistes.5 D :p. D a%ril 200D E DM. dans cette contribution. celle ci soit inscrite dans la lo#i+ue de la préser%ation du milieu marin comme " acti%ités susceptibles de créer des pollutions ). Précis DalloI. donner un coup de pied dans la fourmilière! ( /e contenter d$é%o+uer le sort promis par les politi+ues au7 armateurs %o'ous en attendant la proc&aine catastrop&e ( L$e7istence m<me de cette conférence mesure la prise de conscience de la nécessité de réformer le ré#ime d$indemnisation des domma#es de pollution des mers et. " Droit Maritime ). d$une relecture des mécanismes de la responsabilité. dans sa brillante inter%ention de%ant l$1ssociation -ran6aise de Droit Maritime D en a%ril 200D. il est d$usa#e de rappeler +ue " la terre domine la mer ). le monde des acti%ités maritimes s$en est lon#temps tenu +uand 4 lui. @ous mettrons l$accent. est la remise en cause de cette approc&e. La re%endication de ce +ui peut apparaAtre comme une lo#i+ue " terrienne ) par rapport 4 la lo#i+ue maritime. mai 200D. a%ant d$é%o+uer dans une deu7ième partie ce +ui pourrait contribuer 4 fonder une autre discours. 4 la manière de notre collè#ue 1ntoine =ialard de%ant l$1ssociation -ran6aise de Droit Maritime. du propriétaire du na%ire ou du propriétaire de la car#aison de%ait il <tre relancé ou écarté définiti%ement au nom d$un discours uni+ue sur la do7a maritime ( -allait il . il est clair +ue personne ne pourra éluder éternellement le débat. Pour ce +ui est des &'drocarbures. mais aussi d$aller plus loin en repensant la notion de " ?esponsible Part' ).nFGDH.:r ce 4 +uoi l$on assiste. nous dit ?odière 2 .Le %ieu7 débat sur la responsabilité du transporteur.pp. !99!. et s$a#rippe encore. &éréti+ues au7 autres. dans un uni%ers de ris+ues parta#és.4D5 45D.. 2 .5. on ne pourra pas faire plus lon#temps l$économie d$une réfle7ion sur la redéfinition de leur r>les respectifs. *e sou&aite +u$il contribue 4 faire é%oluer dans ce domaine spécifi+ue un ordonnancement 2uridi+ue inadapté au7 nécessités et 4 la lo#i+ue en%ironnementales +u$il ne peut plus désormais i#norer. " Le droit maritime est tout entier ordonné autour de la notion de ris+ue de mer. inter%ention 4 l$1-DM. et ce d$autant plus +ue les marc&andises mises en ris+ue ont tou2ours été fort coCteuses ). d$ailleurs. Buitte 4 ce +ue l$on s$interro#e. tout d$abord sur ce +ui dans la 2ustification de l$approc&e traditionnelle nous paraAt désormais discutable. d$ori#ines sou%ent coutumières. 1ntoine =ialard.p. Le monde maritime est un monde de traditions dont les rè#les. Il repose sur des lo#i+ues propres. au sein de celui ci. repose sur l$idée +ue dans le cas des acti%ités polluantes les acteurs et les %ictimes du drame ne sont plus les seuls marins. dans le domaine de la pollution maritime par les &'drocarbures. et +ue s$il ne saurait <tre %éritablement +uestion de transférer purement et simplement la responsabilité du transporteur au propriétaire de la car#aison.. sont 4 é%olution lentes. " -aut il réformer le ré#ime d$indemnisation des domma#es de pollution par les &'drocarbures ). p.

oO de %oir mettre en cause leur né#li#ence. +ue la poursuite d$un p&énomène +ui a conduit &ier les tribunau7 de commerce 4 succéder au7 amirautés et demain le droit commun au7 ré#lementations déro#atoires ( 5 G Jilbert Jidel. p. 1 ce titre elles seront susceptibles de se %oir appli+uer le principe du " pollueur pa'eur ). de distribution +ui " 4 terre ) sont 4 l$ori#ine et 4 l$arri%ée du processus de transport par mer des &'drocarbures. en fait.H4M ) 5. /ire' !9D2. correspondant +ui plus est au7 effets du dé%eloppement des acti%ités nationales dont ils sont une condition et un effet. mais nous %errons en fait +ue le processus est dé24 amorcé. @ous con2u#uons ici nos %erbes au futur. *:?-. Mais de%ront aussi <tre redéfinis en matière d$indemnisation. de l$affirmation de la nécessité de prise en compte des consé+uences c>tières des pollutions. . 1 la lo#i+ue de la limitation de la responsabilité de%ra succéder ainsi la lo#i+ue de la responsabilité illimitée car rien ne 2ustifie +ue l$auteur du domma#e limite la consé+uence de ses actes ou man+uements. 1insi +u$il l$écri%ait en effet5 " Il est arri%é KLM. de responsabilité. Q Cf. mutatis mutandis.GH5G H Con%ention Internationale portant création d$un fonds international d$indemnisation pour les domma#es dus 4 la pollution par les &'drocarbures. /alon 8cotop . en ce +ui concerne le droit commercial maritime. rappelons simplement +ue la Con%ention Internationale sur la ?esponsabilité Ci%ile pour les Domma#es dus 4 la Pollution par les P'drocarbures de !9G9 met en place un s'stème de responsabilité ob2ecti%e et limitéeQ. D . Dans la relation " terre mer ). Lille. I. elle impli+uera non seulement +ue les %ictimes de la pollution puissent re%endi+uer la réparation du domma#e subi. Ce particularisme s$est affaibli pour des raisons 2uridi+ues et pour des considérations économi+uesLLes causes économi+ues +ui ont atteint le particularisme du droit maritime sont le c&an#ement de caractère de l$e7ploitation maritime. Le principe de limitation de la responsabilité ' est dicté par la nature ob2ecti%e de la responsabilité.fondamentale ) alors +u$il s$a#issait de traiter une +uestion de droit de l$en%ironnement. -ran6oise :dier 5 " Le s'stème international sur la responsabilité et l$indemnisation des domma#es dus 4 la pollution par les &'drocarbures ). 1 La 2ustification du discours ori#inel @ous ne nous appesantirons pas ici sur le mécanisme combiné de la con%ention CLC G9 92G et du -IP:L H! 92 H. Collo+ue " Pré%ention et lutte contre la pollution par les &'drocarbures en Manc&e et /ud Mer du @ord ). canalisée en l$espèce sur 4 Le parado7e ne serait il pas de constater +ue ce +ui apparaAt au2ourd$&ui comme une remise en cause des approc&es classi+ues du droit maritime ne serait. p. on peut dire ainsi +u$4 tra%ers le constat de l$inefficacité des procédures d$indemnisation mises en place par le droit positif. Ci%il Liabilit' Con%ention.out en étant parfaitement d$accord a%ec cette obser%ation. on peut se demander si d$une certaine fa6on il ne s$a#it pas simplement de rappeler +ue " la terre domine la mer ). 4 R 5 fé%rier !994. mais +ue " la terre ) assume é#alement son r>le d$acteur dans la #estion de l$acti%ité pétrolière et des ris+ues +u$elle impli+ue. " Droit International Public de la Mer ). publiée par le décret nFH5 55D du 2G 2uin !9H5. il s$a#ira dès lors de s$inscrire dans une lo#i+ue +ui sera différente. si#née 4 3ru7elles le !Q décembre !9H!. de contr>le de sécurité 5 le r>le de l$8tat .H. la marine marc&ande tendant 4 de%enir de plus en plus un " prolon#ement sur mer de l$acti%ité nationale ) K?ipert. du 29 no%embre !9G9. . et dont la pollution est une consé+uence ( Dans l$espèce +ui nous intéresse. D 2uillet !9H5. p. des entreprises pétrolières de production. @$assiste t on pas au NNème siècle en matière de transport d$&'drocarbures 4 un c&an#ement de caractère de l$e7ploitation maritime . +ue son caractère de particularisme a subi +uel+ues altérations au cours du NIN ème siècle. constatait dé24 Jidel en !9D2 4. et +ue l$on assiste 4 une nou%elle é%olution +ue.

+ui.. car ce n$est pas le na%ire +ui crée le ris+ue mais la nature de la car#aison. 3eurier dans son article du DM. Le débat +ui s$or#anisa autour du c&oi7 de la personne responsable rappela. +ue s$il est classi+ue de rendre le transporteur maritime responsable des marc&andises dont il a la #arde.!9! E 8.99 5 " Lles propriétaires de na%ires ont pro#ressi%ement tout sacrifié 4 la rentabilité au moindre coCt pour tenter maladroitement de lutter sans succès contre le lamina#e par le bas de leur acti%ité du fait d$une concurrence sau%a#e et de sa consé+uence.p. Les ar#uments et interro#ations mis en a%ant 4 l$occasion de l$adoption de ce s'stème méritent d$<tre rappelés.NNI. les ar#uments sont 4 la fois t&éori+ues et prati+ues. DM@FG45. 3eurier. 1utant il est normal de retenir la responsabilité d$un na%ire nucléaire puis+u$il crée le ris+ue. de " réaliser des " coups ) financiers rentables sans trop se soucier du c&ar#eur. un s'stème d$assurance obli#atoire +ui semblait apporter la #arantie effecti%e de la réparation annoncée. de%ait lé#itimement peser sur le transporteur )!0. mais d$un domma#e causé par la marc&andise 4 un tiers. . !9G9. Le transport maritime de%enant moins affaire de mer +ue de finance. Cette c&ute %erti#ineuse a fait trop sou%ent disparaAtre l$armateur au profit du propriétaire du na%ire. et ce +ui reste de marin dans ce transport ne 2ustifie t il pas de pri%ilé#ier la mer et l$en%ironnement ( Contrairement 4 ce +ue pou%ait penser le do'en C&au%eau. ils le de%iennent par leur transport en #rande +uantité. en cas d$accident. Le do'en C&au%eau +ualifiait d$ " erreur d$ai#uilla#e ) le fait de placer la responsabilité sur les épaules du propriétaire du na%ire alors +ue la nature polluante de la marc&andise transportée est la cause directe du domma#e. Le s'stème instaurait en outre. or ce domma#e et son intensité tiennent 4 la nature dan#ereuse et nuisibleLsi les cu%es du . " Droit de la mer ).orre' Can'on a%aient été c&ar#ées de %in ou de S&is9'. p. dès l$ori#ine.rente cin+ ans après ces débats si l$on peut s$interro#er encore sur la nature dan#ereuse ou non des &'drocarbures. !9H9. Ils retrou%ent une fraAc&eur nou%elle 4 l$&eure des remises en causes. Le transport du pétrole n$en#endre pas plus de profit pour l$armateur +ue celui de toute autre marc&andise E or la c&ar#e du ris+ue doit peser sur celui 4 +ui profite de la c&ose dan#ereuse 5 le propriétaire de la car#aison. entraAne une pollution importantes. 4 disparaAtre au profit du propriétaire du na%ire +ui sera un financier tenté. La responsabilité ob2ecti%e. Le c&ar#eur de son c>té profitera des 9 D. !55. C&ron. ainsi +ue le souli#ne *ean Pierre 3eurier !!. dont l$armateur ne tire aucun profit. si les &'drocarbures ne sont pas. pas du tout du marin et encore moins de l$en%ironnement )!2.nFG45.99. !. autant il est in2uste de la retenir ici.. . Lan#a%ant. l$armateur dont parlaient nos auteurs tend. en eu7 m<mes. !! 1insi +ue l$e7pli+ue *.out le monde se sou%ient de la célèbre obser%ation du do'en C&au%eau 5 " il ne s$a#it pas de domma#e causé 4 la marc&andise. p. en particulier dans le domaine du %rac. la baisse sans précédent des tau7 de fret +u$ils n$on pas pu stopper. il n$' aurait eu aucun domma#e particulier )9. Les interro#ations formulées au2ourd$&ui ne sont en fait +u$un retour au7 interro#ation d$&ier éclairées désormais par l$e7périence. financier sans sa%oir faire maritime du moins dans le domaine des %racs. ainsi +ue le rappelle 8mmanuel Lan#a%ant dans son traité de droit de la mer 5 " +ue. c&ose dan#ereuse. !2 * P. le propriétaire du na%ire pourra aussi tirer profit des frets liés 4 la nature de la car#aison +u$il transporte. en matière de pollution liée au transports d$&'drocarbures. p. . Laurent Lucc&ini répli+uait 4 cet ar#ument. " La sécurité maritime et la protection de l$en%ironnement 5 é%olutions et limites ). faisant +ue le mau%ais na%ire a c&assé le bon ).le propriétaire du na%ire. ris+uait d$aboutir 4 une in2uste imputation de responsabilité. Cu2as. cette solution. aM Pour ce +ui est de l$imputabilité au propriétaire de la car#aison. !0 4 . fé%rier 2004. 4 raison du ris+ue créé. dès l$ori#ine.P.

!5 87ception faite naturellement des cas d$e7onération de l$art. 20D 20H. Lucc&ini. des scanneurs infrarou#es etcLLes &'drocarbures se dispersent tou2ours dans la mer. tandis +ue l$identité du propriétaire du na%ire est une donnée constante.2DH.!55. p. dès l$ori#ine. cela n$emp<c&era pas +ue le propriétaire de la car#aison puisse <tre identifié. 8mmanuel Lan#a%ant écri%ait 5 " le propriétaire de la car#aison peut c&an#er en cours de route. /ans rentrer dans une démonstration superfétatoire. cette formule 5 " en se pla6ant sur le terrain de la commodité.P. cit. La limitation de la responsabilité apparaissait comme la contrepartie de cette facilité. Laurenceau. le responsable le plus commode )!4. op. pp.. Le c&oi7 de la responsabilité ob2ecti%e du propriétaire du na%ire offrait l$a%anta#e au7 %ictimes de la facilité de mise en Uu%re !5. p. sur ce point ?. -aisant état de l$esprit du temps. bM Pour ce +ui est du caractère ob2ectif et limité de la réparation E comme nous le sa%ons les deu7 éléments étaient liés. facile 4 appré&ender ). :n sait +ue ce plafond a é%olué dans le temps en fonction certes des besoins croissant d$indemnisation mais aussi de la capacité de résistance des Cies d$assurances. comme le résultat d$une alliance ob2ecti%e. des nou%elles tec&nolo#ies et des possibilités +u$elles peu%ent offrir de sui%re sur les ordinateurs les c&an#ements de propriétaires de car#aisonsLLes boursiers +ui spéculent sur les matières premières ne s$' perdent pas et l$on %oudrait faire croire +u$il serait 4 priori impossible 4 la 2ustice d$en%isa#er de s$' retrou%er ( ?appelons nous simplement +u$il n$' a pas très lon#temps encore il était répété dans les facultés de droit +u$il était prati+uement impossible de poursui%re en cas de pollution par les &'drocarbures pour la simple raison de ceu7 ci se dispersaient dans la mer T. entre assureurs et propriétaires de na%ire. 3en+uet et . Le marc&é des assurances se déclarant ré#ulièrement incapable et encore moins disposé 4 se porter #arant des propriétaires de na%ires. montre +ue ce n$est pas tou2ours l$et&i+ue +u sous tend ce +ui est présenté comme l$e7i#ence de la rationalité mais sou%ent des con%er#ences d$intér<ts " bien compris ) +ui en fin de compte se réaliseront sur le dos des %ictimes et des contribuables. cit. !G Cf.Laurenceau. ?odière.III W2 R D. Le propriétaire du na%ire bénéficiait de la limitation de responsabilité dès lors +u$il a%ait constitué et mis 4 la disposition des %ictimes un fond d$un montant é#al au plafond de sa responsabilité. Le deu7ième ar#ument +ui fut é%o+ué en fa%eur de l$imputabilité retenue contre le propriétaire ou l$e7ploitant du na%ire a été un ar#ument prati+ue. 5 . 3en+uet et . 8dition @F! !994 !4 :p.. il est clair +ue cet ar#umentaire semble beaucoup moins pertinent 4 l$&eure des mar+ueurs de car#aisons. sous cou%ert de contrainte économi+ue. si l$e7i#ence de 2ustice doit s$arr<ter 4 la limite +ue fi7e le secteur économi+ue !H en fonction de critères +ui n$ont pas nécessairement de !D V compris les ac&eteurs de car#aisons " pied de bac ) cf. au7 dépens des %ictimes de la pollution !G. doi%ent <tre ob2ecti%ement responsables. /i la responsabilité doit reposer sur celui +ui profite de la c&ose dan#ereuse le propriétaire du na%ire et le c&ar#eur. La %ictime n$a%ait pas a prou%er la faute du propriétaire du na%ire.cit pp. La prati+ue &élas nous montrera +u$il ne sera pas plus aisé de retrou%er le propriétaire du na%ire.Les 2uristes et les #endarmes ont appris depuis 4 décou%rir les mérites de la c&romato#rap&ie en p&ase #aIeuse. :n peut se demander si cela est %éritablement 2ustifié. !H 8n ce domaine l$en+u<te de P. les car#aisons c&an#eront tou2ours de mains.9Q. l$idée de plafond de responsabilité peut apparaAtre aussi. 8t de M. le propriétaire de la car#aison !D. " Petroliers de la Ponte 5 la loi du silence )...tau7 de fret les plus bas sac&ant +ue l$état actuel du droit l$e7onère prati+uement de toute responsabilité. le propriétaire du na%ire apparaAt si l$on peut dire 0 comme la %ictime la mieu7 placée ). op. de la spectro#rap&ie de masse.

L$e7istence m<me de ce décala#e entre t&éorie et réalité ne 2ustifie t il pas d$en%isa#er une réin#énierie du s'stème d$indemnisation ( Des réformes ont certes été entreprises. mais on peut s$interro#er sur leur finalité et leur efficacité réelles.* P.out d$abord +u$aucun des ar#uments a%ancés pour 2ustifier l$adoption du s'stème CLC -IP:L ne se %érifie. le droit et le désordre économi+ue international ). . D$autre part +ue les réformes entreprises relè%ent soit du cautère sur une 2ambe de bois. L$&istoire de tous les contentieu7 inter%enus depuis !9G9 ne fait +ue démontrer 4 +uel point la ré#lementation est contournable et ne remplit pas l$ob2ectif +ui lui était assi#né 5 " la nécessité de #arantir une indemnisation é+uitable des personnes +ui subissent des domma#es du fait de pollution résultant de fuites ou de re2ets d$&'drocarbures pro%enant des na%ires ) 22. 8st ce faire preu%e d$un scepticisme e7cessif de suspecter +ue les réceptionnaires d$&'drocarbures K-IP:LM.1L. aM Le leurre de la canalisation de la responsabilité sur propriétaire du na%ire.nis et l$:il Pollution 1ct de mise en Uu%re d$une responsabilité illimitée +ui n$a conduit aucune Cie d$assurance 4 mettre la clef sous la porte. soit de la %olonté de %errouiller le s'stème en place au profit des affréteurs. une &ausse pro#ressi%e des plafonds d$indemnisation et la mise en place des mo'ens complémentaires de faire face 4 la réalité financière de la pollution. C:P8 sont l$e7pression de cette démarc&e.Q9 90. 2! Cf ?apport du 381 Mer sur le naufra#e de l$8ri9a. Le monta#e pour l$affrètement au %o'a#e Kau spotM de l$ " 8ri9a ) montre 4 +uel point il peut <tre difficile d$identifier le propriétaire réel d$un na%ire cac&é derrière des sociétés écrans 2!et combien l$idée m<me de " commodité ) dans le c&oi7 du propriétaire du na%ire comme titulaire de la responsabilité peut <tre éloi#née de l$idée +ue pou%ait en a%oir les rédacteurs de la con%ention de !9G9. cit.D. 3ien +ue le mécanisme mis en place par la con%ention ne soit pas satisfaisant celui ci n$est pas remis en cause dans ses principes fondamentau7. op. armateurs. bien au contraire. les -onds C?I/. et aucun transporteur de pétrole 4 interrompre son trafic en direction des 8tats . pp. " Le transport maritime. Pedone 200D.:=1L:PM. les compa#nies pétrolières KC?I/. Le propriétaire finit il par <tre identifié +ue l$on décou%re +u$il a su or#aniser son insol%abilité . détournées et bouc&ées ) ( /a démonstration de l$ " irresponsabilité or#anisée des propriétaires de na%ires citernes )!9 ( Les affaires de l$ " 8ri9a ) et du " Presti#e ) attei#nent 4 cet é#ard 4 l$e7emplarité 20. 3eurier. p.. 3 De la t&éorie 4 la réalité 5 les le6ons de la prati+ue. armateurs #érant du na%ire ). . 1ntoine =ialard. 22 Préambule de la con%ention CLC. 2000. bM Les reformes +ui ne posent pas la %raie +uestion 5 leurre et %errouilla#e ( /i l$on se penc&e sur l$é%olution du s'stème d$indemnisation depuis !9G9 +ue constate t on ( De%ant l$insuffisance des ni%eau7 d$indemnisation.nis. 8st il possible d$écrire une li#ne de plus sur ce su2et après 1ntoine =ialard et son apop&te#me mémorable des " canalisations percées. Les réformes du -IP:L. 20 Cf. in Mélan#es Lucc&ini R Buéneudec. les armateurs K. G .:=1L:P.rapport a%ec les e7i#ences de l$ordre public !Q( L$ interro#ation sera d$autant plus 2ustifiée lors+ue l$on é%o+uera la possibilité ou%erte par les 8tats . Bue nous montre la prati+ue ( 8ssentiellement deu7 c&oses.1LM d$a%oir acceptés dès l$ori#ine de " mettre la main 4 la poc&e ) plut>t +ue de %oir remis en cause le s'stème de canalisation de la responsabilité ob2ecti%e et le concept de responsabilité limité +ui en est le !Q !9 De la protection de l$en%ironnement ou de la réparation du domma#e écolo#i+ue par e7emple.

Le protocole additionnel %enant préciser +u$aucune demande d$indemnisation du c&ef de pollution. Les meilleurs maritimistes ima#inent depuis l$ori#ine des s'stèmes +ui. composites. de%iennent des constructions baro+ues. II Pour une nou%elle approc&e du discours sur la responsabilité du domma#e de pollution. dans certains cas les Cies d$assurances ( Les spécialistes +ue nous a%ons é%o+ués prennent actes de ce +ui apparaAt comme la fin d$un monde. et réfléc&issent au7 possibilités de colmater les fissures d$une embarcation +ui prend eau de toute part. ne peut <tre introduite contre " tout affréteur. +u$elle soit ou non fondée sur la présente con%ention. si spécificité il ' a. d$aucuns parleront d$ " usines 4 #aI ). Comment interpréter. la disparition d$un s'stème. ce n$est plus celle +ui est encore allé#uée. et leurs affrètements 4 lon# terme ( /imple adaptation 4 l$é%olution de la con2oncture ou %olonté de contourner une ré#lementation internationale dont les consé+uences pou%aient mettre en cause des profits ( :n pourra s$interro#er aussi sur le sens 4 donner 4 la réforme. ?appelons nous les articulations dans la mise en Uu%re de la responsabilité de la con%ention CLC a%ec .et de leur inefficacité.erre ) ( -aut il continuer 4 s$ac&arner dans la %oie des rafistola#es alors +ue nous sa%ons tous +ue ce +ui se passe est l$effet d$un processus économi+ue +u$on se refuse 4 mettre en cause au nom d$ intér<ts et +ui conduisent 4 mettre en a%ant le préte7te de la spécificité des acti%ités maritimes ( 1 la +uestion " -aut il réformer le ré#ime d$indemnisation des domma#es de pollution par &'drocarbures ( ) 1ntoine =ialard répond " 8%idemment oui ). @$est ce pas la mesure m<me de notre incapacité normati%e ( De la nécessité d$une refondation de l$ordonnancement 2uridi+ue sur la relation " Mer . le -ipol. puis le -ond Cope. La nécessité est claire 5 le s'stème est 4 réin%enter et il faut admettre +u$il ne pourra l$<tre sur les bases de celui +ui a éc&oué. le fait +u$après l$entrée en %i#ueur de la con%ention CLC les #randes Cies pétrolières aient brus+uement réduit l$acti%ité de leurs filiales maritimes E diminuant de manière drasti+ue le nombre des na%ires +u$elles possédaient en propre. Cristal. /imple soucis de préciser la rè#le ou %olonté de %errouiller un s'stème ( Le protocole additionnel CLC 92 a t il été une contrepartie au protocole -IP:L 92 ( L$assurance de l$immunité des affréteurs et armateurs non propriétaires contre un peu plus d$indemnisation pa'ées en #rande partie par les principau7 affréteurs +ue sont les #randes Cies pétrolières ( Les doutes dont nous nous faisons l$éc&o peu%ent ils <tre combattus par une lo#i+ue 2ustifiant le contenu du discours formulé par les tenant de ce s'stème 5 4 titre principal les Cies pétrolières et. H . -aut il dès lors aller 2us+uX4 remettre en cause ce +ui est encore présenté comme la spécificité du droit maritime ( @ous pensons +ue oui E et +ue.1LM n$a 2amais rele%é de la p&ilant&ropie et paraAt bien rele%er de l$intér<t bien compris.. aussi. de l$article III de la con%ention CLC. C?I/. armateur ou armateur #érant du na%ire )..corollaire ( Ce +ue l$on a +ualifié de " s'stème %olontariste ) K-IP:L.o%alop. de la transaction entre pou%oirs publics et ce +ue l$on cou%re du terme d$ " acteurs économi+ues ). *ean Pierre 3eurier souli#ne +ue " ce sont les bases m<mes de la responsabilité +u$il faudrait faire é%oluer ). du 2H no%embre !992. de protocoles en amendements.

uni#e. ni refus d$assurer de la part des Compa#nies d$assurancesLParado7alement m<me. il ne s$a#it +ue de remplacer " armorum ) par " economicae ) ou de +ualifier les armes en +uestion d$économi+ues T Lo#i+ue dont on trou%e dé24 une e7pression dans la con%ention de !9G9 sur l$inter%ention en &aute mer29 +ui permet 4 l$8tat d$inter%enir au nom de la " nécessité de proté#er les intér<ts de leurs populations contre les #ra%es consé+uences d$un accident de mer entraAnant KLM une pollution de la mer et du littoral par les &'drocarbures ). Ce c&an#ement d$approc&e. -. dut on pour cela. fi7e la rè#le +ui conduira 4 la réparation inté#rale du domma#e +ui est susceptible de %enir du lar#e. constater la substitution d$une spécificité 4 une autre E d$une lo#i+ue en%ironmentale du transport 24 des produits dan#ereu7 25.nis. les 8tats . ni diminution si#nificati%e du trafic %ers les 8tats . de la concrétisation iné%itable d$ un c&an#ement de lo#i+ue nécessaire( C&an#ement dont il importera de prendre acte. 29 Con%ention de 3ru7elles du 29 no%embre !9G9 sur l$ )Inter%ention en &aute mer en cas d$accident entraAnant ou pou%ant entraAner une pollution par les &'drocarbures ) Q .La pollution %ient de la mer. le monde maritime a été réduit 4 ce +ui se passait en mer. furent un temps réser%és 4 la desserte des ports européens T Plut>t +ue de #loser sur ce +ue d$aucuns ont pu considérer comme l$e7pression arro#ante d$une sorte d$unilatéralisme 2uridi+ue K %oire d$ " impérialisme 2uridi+ue )M ou la preu%e de l$ éc&ec du multilatéralime dans l$élaboration des normes. s$interro#eait sur l$inefficacité des ses normes et l$in%iolabilité du do#me. Ces domma#es sont désormais patents et le droit de l$indemnisation des pollutions %enues de la mer ne peut plus <tre l$accessoire du seul droit traditionnel des acti%ités maritimes 2H.&tml. a transposé au ni%eau international certaines mesures adoptées par le lé#islateur américain 2D. 25 L$:P1 nous apparaissant comme une des premières manifestations de cette lo#i+ue . dans les coulisses de ses réunions et collo+ues internationau7 . les " mau%ais na%ires ) interdit d$accès au7 8tats . comme nous l$a%ons dit. 8n l$espèce ici maritime. 2D 1 titre d$e7emple on pourra faire référence 4 l$introduction dans la con%ention Marpol de l$e7i#ence du " double co+ue ). :r il ne s$a#it pas de la m<me &istoire normati%e. p. après le Canada. leurs partenaires s$' sont pliés et l$:MI. 2H La présentation matérielle du précis de ?odière sur la responsabilité pour pollution par les &'drocarbures me paraAt si#nificatif de ce décala#e. :dier 5 ) Droit maritime et droit nucléaire ). fait par les 8tats . +ui s$amorce dans la lé#islation américaine n$est. " Pendant lon#temps. 1près s$<tre éle%és contre l$ " unilatéralisme ) de l$:P1.1lors +ue le monde maritime. 2G Cf.c&YsebesY te7tesY!99QY9Q:dier. /838/ 5 ?adioprotection et droit nucléaire. 2Q " Le pou%oir de la terre s$ac&è%e oO finit la puissance des armes ). elle m<me. +u$un rappel de ce +ue la terre domine la mer et +ue la terre Kl$8tatM dans le soucis de la préser%ation de son inté#rité. et de la réparation des domma#es causés par ces acti%ités.nis. écri%ait -ran6oise :dier en !99Q. cette correction d$opti+ue. Par rapport au célèbre ada#e de 3'n9ers&oe9 " Potentatem terrae finiri ubi finitur armorum %is )2Q. comme un élément d$un W4 d$une section consacrée 4 responsabilité du propriétaire du na%ire oO l$essentiel est consacré au7 con%entions de !95H et !9HG. %i%ant dans une i#norance complète des domma#es +u$il pou%ait faire subir 4 la terre )2G. Cette étude apparaAt en effet dans le c&apitre consacré au " @a%ire élément du patrimoine ). ont établi des lé#islations +ui remettent en cause l$approc&e classi+ue de la responsabilité limitée pour pollution par les &'drocarbures. Il n$' eu alors. 4 celle traditionnelle des transports maritimes . 24 Buel +u$en soit la forme.nis.nis comme l$a%ait dé24 fait le Canada. comme 2e l$ai dit précedemment. 2H5 E &ttp5YYSSS. 4 la terre de fi7er les rè#les de son indemnisation. ne pourrait on pas se demander s$il ne s$a#it pas simplement du constat.

Il s$a#it d$é%o+uer l4 les s'stèmes +ui. . 1insi +u$en dispose la section !00! KD2M K1M . Précaution ( Crainte de la contamination d$un esprit de réforme (L$:P1 fait peser sur toute personne. dans le cas d$un na%ire la partie responsable sera 5 " an' person oSnin# . 8lle comprend certes les propriétaires. allant au del4 de la stricte responsabilité du propriétaire du na%ire. @ous é%o+uerons le cas de la ré#lementation américaine et de la ré#lementation canadienne +ui dès !9Q5 a%ait en #ermes les mécanismes +u$ont dé%eloppés les 8tats . Ce +ue le protocole CLC de !992 a spécifi+uement tenu 4 écarter. +uel +ue soit le lieu de cette pollution.ne confirmation de ce c&an#ement de lo#i+ue peut <tre trou%ée dans le rappel +ue dans son pro2et initial. ! L$:P1 utilise le terme de " ?esponsible Part' ) pour dési#ner la personne +ui est 4 l$ori#ine de la pollution ou de la menace de pollution prise en compte. Le fait de souli#ner la non participation de ces " débiteurs potentiels )D2 4 la #estion du na%ire me paraAt essentiel. et remettent en cause la notion de responsabilité en introduisant la possibilité de reconnaAtre une " responsabilité illimité ). Il traduit très précisément l$idée +u$il ne s$a#it plus d$é%o+uer la spécificité du secteur marin mais d$or#aniser un s'stème de responsabilité autour des acti%ités #énératrices de profits et de pollution liées 4 l$utilisation des &'drocarbures 4 l$occasion. " décanalisent ) cette responsabilité . outre les affréteurs co+ue nue. dans l$espèce particulière +u$est l$:P1. D2 Par e7emple créanciers &'pot&écaires du na%ire. @ous %o'ons dans ces p&énomènes de déconstruction la traduction d$un constat 5 les mécanismes en %i#ueur au ni%eau international ne correspondent plus au7 nécessités actuelles de la responsabilité pour pollution par les &'drocarbures. D! /ection !002 K1M. aM L$:il Pollution 1ct américain 5 L$:il Pollution 1ct +ue l$on é%o+ue sou%ent constitue l$a%ancée fondamentale sur la %oie d$une meilleure indemnisation. en élar#issant la notion de partie responsable.1 0 1u del4 de la responsabilité du transporteur. Ces s'stèmes nationau7 contiennent 4 nos 'eu7 l$ébauc&e d$un ordonnancement 2uridi+ue nou%eau +ui ne prend plus acte d$une spécificité maritime +ui ne se 2ustifie plus. et la restriction des limitations de responsabilité pou%ant aller 2us+u$4 l$adoption d$un s'stème de responsabilité illimitée. Le principe de solidarité peut les tenir d$indemniser le domma#es de pollution. société ou #roupement dési#né et défini comme partie responsable une responsabilité con2ointe et solidaire D! et le dispositif a de +uoi in+uiéter non seulement les armateurs mais aussi tous les financiers liés de près ou de loin 4 la #estion du na%ire. or demise c&arterin# t&e %essel D0 ).nis cin+ ans plus tard. 8lle l$est sur deu7 points 5 l$élar#issement de la notion de " ?esponsible Part' ). La notion est e7tr<mement lar#e. mais aussi les opérateurs et les affréteurs co+ue nue. 9 . les créanciers &'pot&écaires du na%ire cXest 4 dire le plus sou%ent des personnes étran#ères 4 la #estion du na%ire +ui en ont seulement financé la construction ou l$ac+uisition. de la pollution marine. l$:P1 contenait aussi des dispositions impli+uant la responsabilité des D0 Il ' a une lé#ère différence entre " demise c&arter ) et bareboat c&arter ) +ui se traduisent l$un et l$autre par " affrètement co+ue nue ). operatin#. 3ien loin de traduire l$in2ustice allé#uée d$une responsabilité mise sur le dos d$étran#er 4 l$ " uni%ers ) maritime.. /e trou%ent en particulier %isés. La dimension " maritime ) cède alors le pas 4 la notion de pollution et au principe pollueur pa'eur. Le " demise c&arter ) prend en compte la possibilité de fourniture d$une partie de l$é+uipa#e.

Z 0 *us+u$en aoCt !990. d$autre part. Pour les na%ires de ce t'pe. Cette é%olution %a se trou%er accentuée par la suppression dans ce domaine de la primauté du statut fédéral sur les statuts fédérau7 DD. !0 . Mais la +uestion reste posée. Il construit les bases d$une responsabilité illimitée de l$armateur. ainsi +ue les plates formes de fora#e mobiles. ?épondant au7 sou&aits des /énateurs l$:P1 a consacré une &ausse %erti#ineuse de ces limites statutaires et au#menté sensiblement les ris+ues pour les armateurs de %oir leur responsabilité illimitée D5. par la partie responsable.compa#nies pétrolières propriétaires de la car#aison. l$a admis.&e Limitation of Liabilit' 1ct ) de !Q5!. Ces limitations se trou%ent considérablement re&aussées DH. seule la pression politi+ue d$un secteur économi+ue ma2eur a emp<c&é de la reconnaAtre. +ui dans le cadre d$un na%ire peut <tre assimilée 4 une mau%aise #estion %olontaire E la %iolation. 2 /i l$:P1 . son mandataire ou son salarié d$un rè#lement fédéral relatif 4 la sécurité. DG Il e7iste d$autres limitations de responsabilité concernant les autres t'pes de na%ires Kna%ires secsM. La plus &aute limite de responsabilité s$appli+ue au dé%ersement de pétrole par des na%ires citernes. la faute ine7cusable de cette m<me partie. la responsabilité du propriétaire et de l$affréteur ne pourra pas dépasser !200 \ par t2b DG. ?appelons ainsi +ue les limites de responsabilité ne s$appli+uent pas lors+ue l$incident a'ant entraAné la pollution a été causé par 5 la faute lourde de la partie responsable +ui sous entend une né#li#ence fla#rante dans son comportement. La condition de la faute DD D4 :P1 section !0!Q. Cela n$a%ait rien 4 %oir a%ec la prise en compte du " ris+ue lié 4 l$a%enture maritime ) et. le montant ma7imum pour un super tan9er ira 2us+u$4 G00 millions de \. les terminau7 c>tiers et ports en eau7 profondes. DH Pour les pétroliers de plus de D000 t2b un montant minimum de responsabilité est fi7é 4 !0 millions de \. Plus +ue dans le relè%ement des plafonds de limitation. le ré#ime du " -ederal [ater Pollution Control 1ct )D4 précisait +ue le montant de la limitation 4 la+uelle pou%ait <tre soumis la partie responsable était limité en fonction du tonna#e et 4 condition +ue le transporteur n$ait commis aucune faute. c$est dans la facilité a%ec la+uelle ils cèdent +ue réside la %éritable inno%ation de ce te7te. enfin.comme nous le %errons le lé#islateur canadien. D5 :P1 section !004. 4 la construction ou 4 l$e7ploitation du na%ire ou du terminal pétrolier. les terminau7 off s&ore. ne pose pas le principe #énéral de la responsabilité illimité . Pour +ue cette e7ception soit %alable. a fait +ue la lé#islation est restée pour l$instant silencieuse sur ce point. il réduit les cas de responsabilité limité et dans certains cas permet +ue celle ci de%ienne illimitée. Cette limitation pou%ait <tre ren%ersée si le #ou%ernement prou%ait +ue le transporteur a%ait commis une faute #ra%e. -ace au processus de mise en Uu%re du principe pollueur pa'eur l$affirmation d$une responsabilité limitée n$a plus rien 4 %oir a%ec une spécificité des acti%ités maritimes +ui a des allures de feuille de %i#ne. !94Q. L$:P1 consacre en effet l$élimination du principe de limitation #lobale de responsabilité de l$armateur +ui était contenu dans " . Mais parallèlement l$1ct pré%oit +ue dans certains cas ces limitations ne s$appli+ueront pas.L$:P1 institue une série de limites lé#ales 4 la responsabilité +ui fluctuent en fonction du t'pe de na%ire ou de l$installation concerné et de leur importance Ktonna#e ou fré+uentationM. Buand 4 l$idée d$implication du propriétaire de la car#aison. amendé en !9H2. en ce +ui le concerne. L$action de lobb'in# de l$industrie pétrolière américaine et internationale. il suffit +ue l$auteur de l$infraction soit le responsable lui m<me ou l$un de ses préposés. en énumérant un certains nombres de cas oO la limitation de responsabilité ne peut s$appli+uer.

*us+u$en !990. sect.nis 44. il est mieu7 +ue +uicon+ue en mesure d$en limiter les effets immédiats. K9 [&eat. prend é#alement en compte l$attitude et le comportement de la partie responsable dans le déroulement du processus de lutte et de netto'a#e de la marée noire. P'lton D . 40 :n pourra ' trou%er une raison supplémentaire 4 la restructuration de sociétés en " sin#le s&ip companies ) et une %érification de l$ambi#u^té des discours sur " 2e respecte la loi +uand elle dési#ne le propriétaire comme seul responsable ) et " 2e me restructure pour éc&apper 4 la loi si elle me considère aussi comme responsable de la pollution ) T 4! :P1 sect. KDallM!99 K!H9GM. et la " Clause de Commerce ) 4D de la constitution des 8tats . reconnaAt la possibilité d$imposer toute amende ou pénalité complémentaire 45 ainsi +ue toute mesure de pré%ention plus stricte pour les responsables de ces actes. La coopération de bonne foi du responsable présumé est ici indispensable car présent sur les lieu7 de l$incident. . par e7emple. Q KDM 45 :P1 90. DQ D9 :P1 sect. Ce modèle est transposable au ni%eau ré#ional et international. Les consé+uences de l$:P1 pour les armateurs peu%ent <tre incalculables 4 cause de la facilité a%ec la+uelle les limites de responsabilités cèdent. 4 l$intérieur du s'stème américain. 1insi +u$il le souli#ne en effet " @ot&in# in t&is 1ctLs&all affect. =I. Dans le cadre ré#ional on peut ima#iner. L$:P1. 42 1rt. La section !004 de l$:P1. la simple né#li#ence ou erreur &umaineD9 permet d$in%o+uer la responsabilité illimitée de l$armateur. est suffisante./. du principe de primauté de la loi fédérale sur la lé#islation des 8tats en matière de commerce international.. selon la " /upremac' Clause )42. de construction ou d$e7ploitationDQ./. L$abandon de ce principe permet désormais au7 8tats fédérés de mettre en place une ré#lementation encore plus répressi%e4!. =a ainsi se trou%er pri%é du bénéfice de la limitation . ce +ui semble ou%rir la %oie 4 une responsabilité illimitée #énéralisée. le responsable +ui a consciemment omis d$informer et de notifier l$incident a'ant entraAné une pollution 4 l$autorité administrati%e compétente. +ui plus est. M<me si. !! . :n pourra a titre d$e7emple é%o+uer le cas de la %iolation par la partie responsable des standards fédérau7 de sécurité. 4D C/ " Jibbons %. or be construed or interpreted as preemptin#. par e7emple. :n pourra aussi ' %oir une forte incitation 4 mieu7 #érer le facteur &umain dans l$entreprise de transport maritime. les statuts fédérau7 sur la pollution l$emportaient tou2ours sur les lois fédérés lors+ue leurs dispositions étaient en conflit. Cette rè#le peut <tre particulièrement contrai#nante si l$on se sou%ient +ue la plupart des accidents sont imputables 4 des erreurs &umaines 40.Ier. Dans sa section !0!Q l$:P1 met un terme 4 cette primauté du statut fédéral.. en l$état actuel des c&oses cette possibilité n$est ou%erte +ue dans des cas très précis. sect.ne simple erreur de route. !004 KcM K!M K3M.M ! K!Q24M 44 1rt. ] L$e7tension de la possibilité de reconnaissance d$une responsabilité illimitée %a découler aussi d$une autre inno%ation établie par l$:P1 5 la fin. Désormais. La responsabilité illimitée de%ient alors un ris+ue réel au ni%eau fédéral. 2 de la Constitution des 8tats . sect.nis et arr<t C/ _[are %. t&e aut&orit' of an' /tate or subdi%ision t&ereof from imposin# an' additional liabilit' or re+uirement Sit& respect to t&e disc&ar#e of oil or ot&er pollution b' oil Sit&in suc /tate EL ). +ue les obser%ations +ue nous allons faire puisse permettre une é%olution pro#ressi%e des différents s'stèmes européens. !0!Q KcM.personnelle disparaAt ici. :#den 22 . !0!Q KcM.

#o%ernor of [as&in#ton. a%ait entrepris en effet de modifier les approc&es traditionnelles de la responsabilité pour pollution. 4H &ttp5YYlois. . tous les plafonds de limitation pré%us par l$:P1 sont cre%és par les lé#islations internes des 8tats c>tiers.art. 1 cet é#ard. est assimilé au propriétaire +uicon+ue a. C$est dans cette lé#islation +ue l$on trou%era la formulation la plus no%atrice de ce +ue pourrait <tre la ré#lementation de demain. . La lé#islation canadienne.2 E !992. 1 l$e7ception du DelaSare. L$e7tension du concept de " partie responsable ). Dans l$e7emple américain l$idée +ue la terre domine la mer est affirmée au double ni%eau de l$8tat fédéral et des 8tats fédérés. est dé24 fortement mise 4 mal et les personnes susceptibles de %oir mise en cause leur responsabilité sont bien plus nombreuses +ue celles pré%ues par les con%entions internationales. en !99! le Parlement de l$8tat a %oté l$ " :IL /pill Pre%ention 1ct ) et 4 c&ar#é l$ " :ffice :f Marine /a%et' K:M/M) de la mise en Uu%re de la loi +ui s$appli+ue 4 tous les na%ires de plus de D00 t2b. ). en tant +ue principe fondamental 2ustifié par la nature particulière d$une acti%ité. de%ient particulièrement intéressant lors+ue l$on s$aper6oit +u$il n$était pas le seul et +u$il traduit la mise en Uu%re de mécanismes +ue l$on trou%ait dans une lé#islation antérieure +ui était dé24 allée 2us+u$4 la reconnaissance de la responsabilité des propriétaires de car#aison. les m<mes droits +ue le propriétaire du na%ire en ce +ui a trait 4 sa possession ou son usa#e ).nited /tates %.1 !2. du @eS *erse' et de @eS Vor9. dès !9Q5..?.#c. art. :n pourra %oir dans ce nou%eau retournement un s'mpt>me de la crise du s'stème de normes en matière de responsabilité et d$une instabilité ré%élatrice d$une iné%itable " ré%olution ) K Les 8c&os du 2 aoCt 2000M. le constat est élo+uent. Il apparaAt é#alement dans le r>le assi#né au7 #ardes c>tes et dans les e7i#ences 4 l$é#ard des na%ires entrant dans les eau7 sous 2uridictions. ensuite 5 " sont respecti%ement responsables. bM La loi canadienne sur la pré%ention de la pollution des eau7 arcti+ues. en acceptant de s$effacer de%ant la lé#islation des 8tats fédérés. a un moment donné.caYfrY1 !2Y 4Q L. en %ertu d$une disposition lé#islati%e ou contractuelle. G mars 2000M. de !9Q5 4H a%ait dé24 introduit les deu7 éléments +ue l$on %oit se dé%elopper dans l$:P1. c&. Cette lé#islation 4 donné lieu 4 un contentieu7 +ui a conduit la Cour /uprème 4 condamner l$8tat de [as&in#ton pour a%oir pris des mesures plus strictes +ue celles adoptées au ni%eau fédéral KC/..2ustice. nF9Q !H0!. cette responsabilité est solidaire ).. 4 tous les pétroliers ainsi +u$au7 bar#es. ! L$e7tension de la notion de partie responsable apparaAt 4 deu7 ni%eau7.49 !2 . et une #amme de domma#es de pollution très lar#ement étendue 4G. 1 l$article 2 la loi précise 4Q 5 " 1 l$é#ard d$un na%ire. c&. 1 l$article G K!M cM.40. La plupart pré%oient une responsabilité sans limite des auteurs de pollution. l$:P1 continue 4 poser le principe t&éori+ue de la limitation de responsabilité. Dans la lé#islation américaine la limitation de responsabilité. +ue les %ieilles puissances maritimes ont pu mettre un temps au compte d$un e7otisme 2uridi+ue peu respectueu7 des usa#es de la mer et des prati+ues des bureau7 londoniens . mais en ruine ab initio la réalité.8n établissant un double s'stème de responsabilité au ni%eau fédéral et au ni%eau de c&a+ue 8tat fédéré. @ous sommes asseI loin 4G La lé#islation de l$8tat de [as&in#ton est un e7emple particulièrement si#nificatif. K!9Q5M. Loc9e. /i l$on obser%e alors la réalité des s'stèmes adoptés par les 8tats fédérés.out d$abord dans la définition précise de la notion de propriétaire " oSner ).. et le mécanisme permettant de dépasser la notion de responsabilité limités. La loi sur la pré%ention de la pollution des eau7 arcti+ues.n tel p&énomène. en reconnaissant +ue c&a+ue 8tat sera en mesure d$aller bien au del4 de la norme fédérale. étant précisé " dans le cas du propriétaire d$un na%ire et des propriétaires de sa car#aison.le propriétaire du na%ire +ui na%i#ue dans les au7 arcti+ues et les propriétaires de la car#aison ).

c&. d$autre part. " Con%aincu de la nécessité de #arantir une indemnisation é+uitable des personnes +ui subissent des domma#es du fait de pollution résultant de fuites ou de re2ets d$&'drocarbures pro%enant de na%ires ). deu7 articles ou%rent. L$article 9 K!M. de procédés de retardement. en particulier E " +ue le Parlement a. n$ont #uère de sens. C$est dé24 fait T De tels débats relè%ent de combats d$arrière #arde. dépenses pertes et domma#es résultant de tout dép>t de déc&ets %isés au para#rap&e 4K!M et attribuable 4 l$acti%ité. et au transport de ces ressources 4 destination des autres marc&és du monde sont. rien n$interdit au " #ou%erneur en conseil ) de mettre en place un s'stème de responsabilité illimitée. art. /i en l$état actuel des c&oses le rè#lement 5! pré%oit une limite de responsabilité 4 concurrence de 2!0 millions de francs or. 4 sa%oir 5 " aM les frais et dépenses directement ou indirectement imputables 4 la prise des mesures %isées au para#rap&e KDM sur l$ordre du du #ou%erneur en conseil E " bM l$inté#ralité des pertes ou domma#es subis par des tiers ). Le mode de détermination concerne bien le montant de la limite de responsabilité. en termes de faisabilité.!5K!M.des dispositions de la con%ention CLC et de ses a%atars de !992. en puissance. notamment les ressources naturelles de l$1rcti+ue canadien. précise " Le #ou%erneur en conseil peut . fi7er le mode de détermination de la responsabilité d$une telle personne ).?. pour l$application de l$article G. 4 la fois. art!2 K2M. 5! C?C. Ce te7te a é#alement le mérite d$inscrire cette e7tension de sou%eraineté dans le cadre d$une approc&e résolument économi+ue et en%ironnementaliste +ui apparaAt dès le préambule de la loi 49 2M 8n de&ors des cas classi+ues d$e7emption de la responsabilité reconnus par la loi canadienne 50. par rè#lement. 50 /. 4 l$é#ard de toute action ou opération poursui%ie par une personne %isée 4 l$alinéa G K!M aM. les #laces et les tarres de l$1rcti+ue canadienL ). sur le mode de détermination de la limite de responsabilité. 4 l$opération ou au na%ire en cause. 2 K!er supplM. ou cM ou 4 l$é#ard de tout na%ire dont une telle personne est soit le propriétaire de tout ou partie de la car#aison. la possibilité d$une définition très lar#e de la responsabilité et de son montant. 8t si l$article H de la loi pré%oit +ue la responsabilité est " absolue et non subordonnée 4 la preu%e d$une faute ou d$une né#li#ence ). par é%énement ou suite d$é%ènements a'ant une m<me cause. et rè#lement c& D54. Ces différentes obser%ations montrent +ue nos débats doctrinau7 sur ce +u$il peut ' a%oir d$inconce%able 4 en%isa#er la dési#nation du propriétaire de la car#aison comme con2ointement responsable du propriétaire du na%ire. Le préambule de la con%ention CLC de son c>té dispose " Conscient des ris+ues de pollution +ue crée le transport maritime international des &'drocarbures en %rac.D54. art H. c&. le caractère limité n$apparaAt pas comme la contrepartie obli#atoire d$une responsabilité automati+ue. !D .bM. Les ar#umentaires 2uridi+ues dans bien des cas tiendront 4 l$ar#utie et 4 la mau%aise foi face 4 un p&énomène +ui s$impose 5 la prise de conscience d$un impératif en%ironnemental +ui 49 Le préambule mérite d$<tre lar#ement cité et comparé au préambule de la Con%ention CLC !9G9 pour mesurer le " saut +ualitatif ) entre les deu7 te7tes 5 " 1ttendu +ue le Parlement reconnaAt +ue des é%ènements récents se rattac&ant 4 l$e7ploitation des ressources naturelles des Iones arcti+ues. L$article G K2M dispose " La responsabilité cou%re les frais. conscience et l$intention ferme de s$ac+uitter de son obli#ation de %eiller 4 ce +ue les ressources naturelles de l$1rcti+ue canadien soient mises en %aleur et e7ploitées et 4 ce +ue les eau7 arcti+ues conti#u`s au continent et au7 iles de l$1rcti+ue canadien ne soient ou%ertes 4 la na%i#ation +ue de fa6on +ui tienne compte de la responsabilité du Canada +uand au bien <tre des Inuit et des autres &abitants de l$1rcti+ue canadien et +uand 4 la conser%ation de l$é+uilibre écolo#i+ue particulier +ui e7iste actuellement dans les Iones +ue forment les eau7. ou sur l$impossibilité de mettre en place un s'stème de responsabilité illimité. de la plus &aute importance pour le commerce international et pour l$économie du Canada .

ne nou%elle spécificité maritime 5 la pollution. :n ne peut plus le retenir lors+ue ce +ui arri%e sur la c>te de%ient domma#eable et porte atteinte au mode de %ie. sa +ualité de polluant n$en est pas moins antérieure. 8t les pollueurs. mais ils en profitent comme débiteurs ). 4 la 52 ?ené ?odière . du propriétaire de na%ire et des marc&ands propriétaires des marc&andises embar+uéesL ) :O se trou%e le ris+ue du propriétaire de marc&andises assurées ( " La rè#le a sur%écu 4 ce ré#ime 2uridi+ue d$e7ploitation des na%ires. écrit il. L$e7pédition maritime n$est plus le fait d$une associationLC$est le fait du propriétaire seul. La spécificité du monde maritime +ue l$on é%o+ue au2ourd$&ui est doublement détournée du sens +u$on lui donnait 4 l$ori#ine . !4 . :n peut dire +ue l$on c&an#e alors de ni%eau de solidarité. p. DalloI !99!. Ils souffrent comme créanciers de la responsabilité limitée. si l$on peut dire. dans l$affaire de l$8ri9a étaient 4 la foi le propriétaire du na%ire et le propriétaire de la car#aison. et +u$au ni%eau de solidarité correspondant 4 la société de l$entreprise maritime doit se substituer l$autorité d$un autre ni%eau de solidarité prenant en compte les e7i#ences de la protection Kpré%ention et réparationM de l$en%ironnement. 1insi +u$il l$e7pose en effet " Le principe de limitation se fonde KLM sur une troisième raison +ui est peut <tre la plus puissante. Ce +ue traduit précisément la lé#islation canadienne. se retrou%e a%ec les armateurs et propriétaires de car#aisons membres d$une société " en%ironnementalement ) définie et soumise 4 sa lo#i+ue. 9Q. pour n$<tre pas partie de l$entreprise maritime. Prati+uement. l$abandon s$appli+ue surtout au7 créanciers 4 raison d$aborda#e ou d$assistance." La rè#le est née 4 une épo+ue oO c&a+ue e7pédition maritime réalisait l$association du capitaine. 8t c$est la raison pour la+uelle le s'stème d$indemnisation doit <tre modifié E le reste n$est +ue littérature. " Droit maritime ). /i le s'stème 2uridi+ue e7onérait ce dernier c$est +ue le s'stème n$était pas adapté 4 cette réalité nou%elle 5 le pétrole est aussi un produit pollant. ! Comment é%o+uer l$a%enture maritime et la limitation de responsabilité +ui en était la contrepartie +uand précisément on s$é%ertue 4 faire éc&apper le propriétaire de la car#aison 4 sa responsabilité ( ?elisons ?odières 52. 3 0 La responsabilité des acteurs en#a#és dans l$e7ploitation aM . ?odière écri%ait au présent de l$indicatif E le mode du %erbe doit <tre désormais compris au passé 5 " L$entreprise maritime " était ) Lune entreprise 4 responsabilité limité ). Le problème est au2ourd$&ui celui du pollué +ui . de couler loin des c>tes et +uand les épa%es +ui par%enaient 4 la c>te étaient considérées comme des aubaines pour les populations c>tières. L$entreprise maritime est &istori+uement une entreprise 4 responsabilité limitée ). selon l$approc&e +u$en donnait Jeor#es /celle. L$ar#ument é%o+ué par ?ené ?odière était admissible tant +ue les na%ires se contentaient. ?odière a un autre ar#ument +ui mesure au2ourd$&ui la complète inadé+uation du s'stème d$indemnisation et 2ustifie sa remise en cause. Il paraAt tou2ours é+uitable +u$il n$en#a#e pas toute sa fortune sur le na%ire ou sur c&acun de ses na%ires en raison de l$importance du ris+ue de mer et de la %aleur des c&oses mises en ris+ue. M<me si c$est l$accident nauti+ue +ui le met en é%idence. Les armateurs sont récipro+uement créanciers et débiteurs les uns des autres. :O est en effet désormais le ris+ue de celui +ui a di%isé sa flotte en une nébuleuse de " one s&ip companies ) ( 2 Pour ce +ui est des propriétaires de na%ires.impli+ue +ue le pollueur soit le pa'eur.

sociétés de classification et autres partenaires de l$entreprise de transport d$&'drocarbures ris+uant d$<tre aussi impli+ués. premier W !. et des lé#islations internes tendent 4 élar#ir la notion de " ?esponsible Part' ). en demandant au7 8tats d$assumer la #estion et le contr>le de la pré%ention et de la réparation de la pollution par les &'drocarbures E !M Les pollueurs pa'eurs. C$est 4 ce moment précis +ue la lo#i+ue en%ironnementale se substitue 4 la lo#i+ue maritime dont elle mesure en l$espèce l$obsolescence. c$est l$ensemble de ceu7 +ui participent 4 l$e7ploitation de la " filière ) +ui de%ra <tre pris en considération pour la détermination. 1insi +ue le rappelle l$art. Il n$est pas illusoire de penser +ue l$adoption d$un s'stème de ce t'pe dissuaderait les affréteurs de na%ires sous normes et +ue les c&ar#eurs tentés par des " coups ) réfléc&iraient 4 deu7 fois a%ant de les tenter. !5 . deu7 a7es de réfle7ions apparaissent dans la perspecti%e de mise en Uu%re d$un principe pollueur pa'eur. Il en découlerait une &ausse certaine des coCts du frét et un assainissement de la flotte mondiale +ui réduirait notablement la sinistralité en ce domaineLles assureurs. armateur. bM 8s+uisses pour de nou%eau7 s'stèmes 5 Le transport de produit pétrolier est une acti%ité économi+ue #énératrice de profits. Deu7 p&énomènes in%erses sont actuellement ac+uis 5 des con%entions internationales tentent de %errouiller un s'stème de responsabilité limité sur le seul propriétaire du na%ire. L$un consistera 4 déterminer précisément +ui sera considéré comme pollueur Kapproc&e microM. altération de la +ualité de de l$eau de mer du point de %ue de son utilisation et dé#radation des %aleurs d$a#rément ). assureurs des uns et des autres etcLCe sera au 2u#e de remonter alors dans la c&aAne des responsabilités et de positionner le " curseur ) en fonction du comportement des différents partenaires de l$entreprise maritime. mais aussi s&ip mana#ers. entra%e au7 acti%ités maritimes. par l$&omme. Il faut alors insérer dans le tableau dépeint par ?odière un autre créancier 5 la %ictime de la pollution. de substances ou d$éner#ies dans le milieu marin. traders. !M " :n entend par pollution du milieu marin l$introduction directe ou indirecte. sociétés de classifications. Pour peut +ue l$on accepte ces prémisses. des titulaires de l$obli#ation de réparer5 propriétaire du na%ire.L$un et l$autre doi%ent <tre réparés le plus complètement possible. Cette acti%ité économi+ue doit <tre ré#ie par un s'stème permettant l$indemnité la plus complète des %ictimes de ces domma#es au m<me titre +ue le sont les domma#es nés les autres formes d$acti%ités &umaines. ris+ues pour la santé de l$&omme. La limitation se 2ustifie t elle alors par le caractère inassurable d$une responsabilité illimité ( 1ntoine =ialard 4 fait un sort 4 cet ar#ument. propriétaire de la car#aison.+ualité d$e7istence de la population 5D. L$autre 4 en%isa#er une #estion sociale de la prise en compte de cette responsabilité Kapproc&e macroM. ' compris les estuaires. Jlobalement un tel s'stème pourrait aussi <tre compatible a%ec le -IIIP:L ima#iné par 1ntoine =ialard . susceptible de causer des pré2udices et des domma#es écolo#i+ues. dans c&a+ue cas d$espèce. /i l$on pose comme principe +ue l$e7ploitation et l$ac&eminement des &'drocarbures est une acti%ité économi+ue comme une autre. ne man+ueraient pas é#alement de participer au dé%eloppement de ce #enre de prise de conscience et d$assainissement. lors+u$elle a ou peut a%oir des effets nuisibles tels +ue domma#es au7 ressources biolo#i+ues et 4 la faune et la flore marine. affréteur co+ue nue . ' compris la p<c&e et les autres utilisations lé#itimes de la mer. dans ses différents aspects de financement. d$indemnisation illimitée et 5D La définition de la notion de pollution prend alors toute sa dimension . %endeur et ac&eteur pied de bac.

d$action récursoire contre les " coauteurs ) de la pollution54. c$est le " pollué +ui pa'e ). 5G Cf. Les e7emples +ue nous fournit le droit international des s'stèmes de représentation de l$ " &umanité ).!!9 !G . pour le compte de la+uelle a#it l$1utorité. Dé24 4 l$épo+ue de la restauration monarc&i+ue. 5Q in " Le #rand bond en arrière ). pp. Le fait +u$il est difficile d$é%aluer " la t<te de macareu ou de cormoran )55.444 44G. et +ue des principes é+ui%alents 4 ceu7 +ui sont posés par les articles du Code ci%il soient transposés au ni%eau international. Le fait +ue cela ne soit pas encore le cas relè%e peut <tre de la " politi+ue 2uridi+ue ) de c&a+ue 8tat face au7 compa#nies pétrolières. +uand les armes ne sont pas é#ales. demain peut <tre de " dé%eloppement durable ). ce +u$il s$a#it d$affirmer ici c$est simplement la nécessité de %oir l$8tat reprendre le r>le +ui est le sien. . est in%estie de tous les droits sur les ressources de la aone ). Lille 2000. du principe de précaution. op. p. @ous connaissons aussi le discours ultralibéral sur la primauté nécessaire de l$économie sur l$en%ironnement. contrairement 4 ce +ue semble penser notre éminent collè#ue bordelais. ou tout simplement de ce +ui relè%e de ses pou%oirs de police administrati%e #énérale5 maintien de la sécurité. c$est la liberté +ui opprime et la loi +ui affranc&it )L@ous a%ons %u 2us+u$alors ce +ue pou%aient a%oir de dilatoires de nombreu7 ar#uments a%ancés. 5H :n pourra é%o+uer l$art. entre le ric&e et le pau%re. ce s'stème pourrait parfaitement le prendre en compte.445. la tec&ni+ue dilatoire est aussi ancienne +ue la domination. en droit de la mer notamment 5H. cit. DM.ant +u$4 faire pa'er le cito'en pour+uoi ne pas confier la c&ar#e de l$indemnisation 54 55 :p. 2004.nF GDH. 8n outre l$idée d$un " tuteur ) ou d$un " représentant ) de la nature. rien ne s$oppose fondamentalement 4 ce +ue le principe commun de la responsabilité s$appli+ue au7 consé+uences de la pollution liée au7 transports d$&'drocarbures. brocardée par 1ntoine =ialard. @on seulement en tant +u$8tat du pa%illon mais en tant +ue " pou%oir e7écutif ) en c&ar#e de traduire la préoccupation en%ironnementale e7primée par la loi et les con%entions internationales 5 +u$il s$a#isse de mise en Uu%re des principes " pollueur pa'eur ). 8nfin. en fin de parcours. 8tendre la responsabilité au7 différents acteurs de la filière pétrolière re%iendra 4 faire pa'er . il ne relè%e pas de l$impossibilité t&éori+ue ou tec&ni+ue. Cette dernière obser%ation sur l$attitude des 8tats nous amènera 4 é%o+uer ce nous appelions la perspecti%e " macro ) d$un sc&éma d$é%olution possible. ne 2ustifie pas en soit +ue l$on né#li#e la prise en compte d$un domma#e écolo#i+ue +ue l$on constate m<me si l$on ne dispose pas tou2ours des mo'ens de le mesurer 5G . 2M La #estion sociale de la réparation de la pollution. est d$autant moins inen%isa#eable +ue le mécanisme e7iste dé24. cit. +ui conseille de né#li#er l$indemnisation du domma#e écolo#i+ue. sous une forme ou sous une autre le consommateur cXest 4 dire le cito'en. tran+uillité et salubrité publi+ue.!DH W 2 de la con%ention de Monte#o 3a' du !0 décembre !9Q2 +ui dispose " L$&umanité toute entière. . entre le maAtre et le ser%iteur. p. -a'ard. /ans +u$il soit ici +uestion de &isser un +uelcon+ue pa%illon %ert au #rand mat. conduisent 4 penser +ue l$on peut très bien ima#iner +u$une institution ou une a#ence internationale puisse <tre l$a#ent de cette représentation et titulaire d$un pou%oir d$action en ce domaine. 8n l$8tat actuel des c&oses. Lacordaire e7pli+uait contre le libéralisme de JuiIot 5 " 8ntre le fort et le faible. D$autre part toutefois. ainsi +ue le rappelle 1ntoine =iallard.&èse 1rnault Comiti "La pré%ention et la réparation du domma#e écolo#i+ue ). 1insi +ue le rappelle /er#e Palimi 5Q.

nous paraAt intéressante sur deu7 points. de la C&arte de l$en%ironnement est un #este politi+ue +ui traduit peut <tre une é%olution en ce domaine. leurs assureurs . si#nifie la personne dési#née ou reconnue par l$8tat oO se trou%e l$installation comme l$e7ploitant de cette installation ) G!. d$autre part. Le concept d$ " e7ploitant d$&'drocarbures et de na%ire transportant des &'drocarbures ) nous est fourni par la ré#lementation sur la responsabilité ci%ile des e7ploitants d$installations 59et de na%ires nucléaires G0. /elon une lo#i+ue prenant en compte la dimension écolo#i+ue de la filière économi+ue +u$il s$a#it de ré#lementer. considérés comme matières dan#ereuses pourrait alors <tre reformulé . ce +ui pourrait <tre le cas de l$affrètement de na%ires sous normes par e7emple T GD :n peut ima#iner sur le modèle de la lé#islation canadienne de !9Q5 sur la pré%ention de la pollution des eau7 arcti+ue +ue l$8tat en profite pour définir des conditions particulière 4 la labellisation Kart. l$e7ploitant +u en tire profit. le non respect de ces normes puisse entraAner la mise en oeu%re d$une responsabilité illimitée !H . sur le modèle de la réparation des domma#es causés par les accidents nucléaires. Instauration d$une responsabilité ob2ecti%e élar#ie pour celui +ui crée le ris+ue. dans un opti+ue en%ironnementale. @ous en retiendrons deu7 5 a%ant le domma#e. mais aussi de fa6on récursoire et pénale 5 en mettant en 2eu7 la responsabilité ci%ile et pénale des personnes p&'si+ues et morales concernées. L$adoption. étant aussi bien la Compa#nie pétrolière +ui affrète .!2 KDM bM L et +ue .La mise en a%ant du r>le de l$8tat dans le contr>le de l$e7ploitation et du transport des &'drocarbures. dési#né ou labellisé par l$8tat GD. cette réaffirmation nécessaire du r>le de l$8tat pourra se traduire 4 différents moments du processus .&tm G! Pour les na%ires 4 propulsion nucléaire la loi fran6aise du !2 no%embre !9G5 . en -rance.. L$8tat pourrait ainsi non seulement inter%enir de fa6on pré%enti%e. Le premier nous est donné par l$article !er de la con%ention de =ienne du 2! mai !9GD +ui en son alinea cM dispose 5 " 87ploitant. &ttp5YYSSSS. susceptible de de%enir " ?esponsible Part' ) E d$autre part . une affirmation nou%elle de la protection de l$en%ironnement dans la notion d$ordre public pourrait contribuer 4 une réelle é%olution . le trader. le propriétaire du na%ire. K+ui %end ou +ui ac&èteM. de mise en %aleur en %ue d$un profit +u$elle suppose G2.frYte7teconsolideY.le#ifrance. en son article !W2 dispose 5 " est e7ploitant la personne autorisée par l$8tat du pa%illon 4 e7ploiter un na%ire nucléaire ou l$8tat +ui e7ploite un tel na%ire ). L$e7ploitant. Mutatis mutandis on pourrait ima#iner une réécriture des con%entions sur la responsabilité ci%ile pour les domma#es causés par les pollutions liées au7 dé%ersements d$&'drocarbures 59 Con%ention de Paris du 29 2uillet !9G0. l$ac&eteur. sur le modèle de l$:P1. le propriétaire de la car#aison. en ce +ui concerne une installation nucléaire. La ré#lementation internationale. ceu7 +ui participant 4 un titre ou 4 un autre au profit doi%ent aussi en parta#er le ris+ue. en la matière. Con%entions de 3ru7elles du D! 2an%ier !9GD et du !H décembre !9H!. Con%ention de =ienne du 2! mai !9GD. et derrière eu7. G0 Loi nFG5 95G du !2 no%embre !9G5.81P. leurs sociétés de classifications etcL3ref. par la création d$une poll ta7e sur les &'drocarbures alimentant un fond d$a%ance pour l$indemnisation des %ictimes de ce t'pe de pollution une fois +ue le domma#e est réalisé. et ce en application du principe pollueur pa'eur.4 l$8tat ( 1 ceci près +ue celui ci aurait pour mission de poursui%re et de se retourner contre l$ensemble de responsables du domma#e indemnisé. G2 =oire de " tirer un profit abusif de +uel+ue c&ose ) KLarousseM.#ou%. Le second par l$utilisation m<me de la notion d$ " e7ploitation ). en %eillant 4 la mise en Uu%re des normes de sécurité. /i dans l$esprit des politi+ues l$économie l$emporte encore lar#ement sur l$écolo#ie. par la définition d$un concept élar#i d$ " e7ploitant d$&'drocarbures et de na%ire transportant des &'drocarbures ).

par un autre e7ploitant E " iiM 4 défaut de dispositions e7presses d$un tel contrat. au7 termes d$un contrat écrit G5 par l$e7ploitant e7péditeur ou transporteur E " iiM 4 défaut de dispositions e7presses d$un contrat écrit. DM. -ran6ois 1rradon. en accord a%ec les con%entions internationales +u$il a%ait si#né.. bM Mettant en 2eu des &'drocarbures +ui sont en%o'és 4 ses installations et sur%enu 5 " iM après +ue la responsabilité des accidents causés par les &'drocarbures lui aura été transférée. note KG0M.. 4 l$occasion de cette affaire. note KG0M.nFGDH. @ous en donnerons un e7emple +ui pourra conduire 4 une interro#ation. l$obser%ation faite par M. GH ?apporté par /tép&ane Miribel. a%ec le consentement par écrit de l$e7ploitant GG. en particulier sur la situation de la Cie . Président de la C&ambre 1rbitrale maritime de Paris souli#nant le double lan#a#e +ue pou%ait a%oir l$8tat lors+ue " d$un c>té. comme principal responsable de la pollution créée par le naufra#e de ce na%ire ) GH.otal -ina 8lf. affreteur de l$8ri9a. a%ant +u$un autre e7ploitant n$ait pris en c&ar#e ces &'drocarburesE " iiiM si ces &'drocarbures ont été en%o'és 4 une personne se trou%ant sur le territoire d$une 8tat non contractant. :n peut ima#iner ce +ue l$application d$un tel article aurait pu donner dans l$affaire du naufra#e de l$8ri9a. Pour <tre fondamentalement différente sur le plan économi+ue aurait t elle été inconce%able au plan de l$é+uité et de la protection de l$en%ironnement ( :n rappellera. au terme d$un contrat écrit G4. par une personne se trou%ant sur le territoire d$un 8tat non contractant. l$e7istence m<me G4 :n peut ima#iner +ue les pro#rès des nou%elles tec&nolo#ies et la reconnaissance de la si#nature électroni+ue permette d$écarter l$ar#ument dilatoire de la car#aison c&an#eant plusieurs fois de propriétaire en cours de transport. La reconnaissance de cette possibilité ne man+uerait pas d$entraAner une réelle prudence de la part de l$ac&eteur +uand 4 la +ualité du na%ire +ui transporte ce +u$il ac&ète Let participerait aussi 4 l$assainissement du marc&é ) du fret. et d$un autre c>té. dési#nait la société . il cautionnait la non responsabilité de l$affreteur. seulement après +u$ils auront été c&ar#és sur le mo'en de transport par le+uel ils doi%ent +uitter le territoire de cet 8tat ). a%ant +u$elle n$ait été déc&ar#ée du mo'en de transport par le+uel elle est par%enue sur le territoire de cet 8tat non contractant. mai 200D.sur le modèle des con%entions sur la responsabilité ci%ile dans le domaine de l$éner#ie nucléaire. GG Cf. G5 Cf. " aMMettant en 2eu des &'drocarbures +ui pro%iennent ou émanent de ses installations et sur%enus " iM a%ant +ue la responsabilité des accidentsLcausés par cette matière n$ait été assumée. L$article 2 d$une nou%elle con%ention sur la responsabilité ci%ile pour les domma#es de pollutions liés au7 &'drocarbures Kmodelé sur d la con%ention de =ienne du 2! mai !9GD re%isitée dans l$opti+ue +ui est la notre M pourrait ainsi de%enir 5 " L$e7ploitant est responsable de tout domma#e dont il est prou%é +u$il a été causé par un domma#e dont il est prou%é +u$il a été causé par un accident lié au transport d$&'drocarbures.45! !Q . p.otal -ina 8lf. après +u$il aura pris en c&ar#e les &'drocarbures E " iiiM si ces &'drocarbures ont été en%o'és.

C$est au7 8tats. 8lle s$e7prime 4 tra%ers les 8tats et l$action des or#anisations internationales +ui les rassemblent. H0 1ntoine =ialard.out le monde est d$accord sur ce point.nis l$ont fait partiellement. +ui mérite d$<tre rappelé. Il n$est plus admissible +ue face au7 p&énomènes de pollution liés au7 &'drocarbures et au7 problèmes de réparation +u$ils induisent on se retranc&e derrière une pseudo spécificité des acti%ités maritime +ue toutes le obser%ations pour or#aniser la fuite des %éritables responsables de%ant leurs responsabilités financières. La terre peut poser des rè#les +ui prennent en compte les intér<ts de ceu7 +ui ' &abitent et supportent les effets de la pollution . L$assainissement et la diminution de la sinistralité résultant de la réforme dans son ensemble la rendant en tout état de cause rentable. en écartant une fois pour toute les 2ustifications plus ou moins dilatoires des lobbies du secteur des &'drocarbures . les 8tats . La cause première des p&énomènes de pollution est une demande terrienne.du double lan#a#e atteste de la nécessité de le%er l$ambi#bité. maintes fois rappelées. tout le monde en dénonce les causes 4 des de#rés polémi+ues di%ers 5 tau7 de fret et loi du profit. G9 . Ils ne doi%ent pas <tre considérés comme des &éréti+ues mais comme des précurseurs sur un c&emin oO il importe d$aller plus loin encore. Cette ta7e +ui peut <tre parfaitement indolore G9 pourrait m<me <tre préle%ée. Le Canada. Celui selon le+uel " la terre domine la mer ) . . !9 . 8tat c>tier. dans l$intér<t des %ictimes et.cit. op. p. 8tat du pa%illon.445. les propriétaires de car#aisons sont de plus en plus des #roupes industriels et financiers installés 4 terre. soient les seuls 4 a#ir au ni%eau du -IIIP:L ou d$un -IP:L réno%é. 4 tra%ers la prise en c&ar#e du domma#e écolo#i+ue. Celle ci pourrait ser%ir 4 alimenter un fond d$a%ance 4 indemnité permettant 4 l$8tat d$indemniser les %ictimes a%ant m<me +u$inter%ienne le -IP:L ou un é%entuel -IIIP:L GQ dont les fonctions ont été décrites par 1ntoine =ialard.ne simple affectation d$un pourcenta#e infime du montant des ta7es dé24 per6ues sur les &'drocarbures serait suffisant. au passa#e. par les 8tats 4 l$occasion du recou%rement de la ta7e -IIIP:L dont il en%isa#e l$instauration au nom " de la demande terrienne de pétrole +ui est 4 l$ori#ine du trafic maritime polluant )H0. de prendre en ce domaine leurs responsabilités et d$assumer leur r>le. subro#é au7 particuliers ou e7er6ant une sorte de " protection écolo#i+ue ) de ses ressortissants Kcomme on parle de " protection diplomati+ue ) en droit international publicM. dans l$affaire de l$8ri9a pourront aussi ser%ir d$e7emple pour ce +ui est de l$intér<t +ue pourrait a%oir l$établissement d$une Pollution . GQ :n pourrait aussi ima#iner +ue les 8tats. Les propriétaires de na%ires. Les insuffisances du -IP:L. Les pollués sont de plus en plus les terriens. Cette dernière citation d$1ntoine =ialard.a7e au ni%eau des 8tats. +ue nous a%ons é%o+ué deu7 fois. Mais il est encore un principe de droit international public de la mer. me permettra de conclure cette réfle7ion. des cito'ens dans leur ensemble.